person:mona chollet

  • STÉPHANE FRANÇOIS « LA NÉOSORCELLERIE, ENTRE BRICOLAGE ET ÉCOFÉMINISME »
    https://laspirale.org/texte-588-stephane-francois- la-neosorcellerie-entre-bricolage-et-ecofeminisme.html

    STÉPHANE FRANÇOIS « LA NÉOSORCELLERIE, ENTRE BRICOLAGE ET ÉCOFÉMINISME »Qu’elles prétendent se dresser contre Trump ou le machisme ambiant, c’est un fait, les sorcières sont à la mode. De l’ouvrage que vient de leur consacrer la journaliste Mona Chollet à Sabrina, la dernière série pour adolescent.e.s, les adeptes du balai et des chaudrons occupent les têtes de gondoles et font la une de la presse culturelle.

    Une enquête de Stéphane François au cours de laquelle on croise de modernes occultistes (ou prétendus tels), des militantes écoféministes, un rosicrucien, membre de la Société Théosophique, le « Dieu Cornu » et la « Grande Déesse », un démonologue, quelques historiens, et enfin Heinrich Himmler et son Ahnenerbe, le centre de recherche de la SS.

    Un article de Stéphane (...)

    https://laspirale.org/texte-588-stephane-francois-%C2%A0la-neosorcellerie-entre-bricolage-et-ec
    #laspirale

    • Intéressant, merci ! Un exemple de plus de la résistance à reconnaître le rôle déterminant de la misogynie (avec des arguments bien faiblards). cc @mad_meg

    • Je trouve assez drole qu’il demande des noms d’universitaires et se plaigne que Michelet ne soit pas cité. Or Michelet est souvent cité dans les écrits féministes sur les sorcières, en particulier dans Caliban, il y a une partie pour salué son apport sur le sujet et sa compréhension de l’aspect misogyne de cette persécution. Le fait de demander des noms d’universitaires masculins, seuls reconnus par ce journaliste, alors que les féministes vont bien sur privilégié des recherches plus récentes et d’historiennes. D’autre part les féministes ne sont pas historiennes et n’en ont rien à faire de ses barbons d’universitaires.
      La partie sur le féminicide est idiote, le mot féminicide est construit sur la racine de -icide, pas génocide en particulier, mais aussi, homicide, matricide, parricide, infanticide, écocide...

      Par contre je suis d’accord sur la partie à propos de l’essentialisme dans le neo-paganisme, le wicca et certains ecoféminismes. Je suis très opposé à l’idée d’un matriarcat primordiale et les trucs de deesses mère nature me fatiguent beaucoup. J’aime pas les religions, même féministes.

      Après j’ai souris sur le fait qu’il dit qu’il y a des féministes radicales qui s’intéressent aux sorcières.
      En tout cas c’est une promo quand même des sorcières avec pas mal de noms pour se documenté mais avec une grosse couche de mansplanning.

    • Sans trop vouloir me dédouaner de cet article de Stéphane François publié sur le site de laspirale.org j’efface rarement ce qui arrive de ce site puisque j’ai inscrit son flux-RSS dans mes préférences.
      2 liens externes de laspirale :
      https://www.witchboston.org
      http://witchpdx.com
      Après ça, j’ai toujours pas lu ton livre @mona

      Stéphane François est docteur en sciences politiques et historien des idées. Aussi maître de conférence à l’IPAG (Institut de Préparation à l’Administration Générale) de l’Université de Valenciennes. Il fréquente les universitaires d’un peu trop près pour moi, même en dehors du féminisme, comme le remarque @mad_meg J’ai souvent trop de mal à suivre leurs thèses.
      https://seenthis.net/messages/710843
      https://comptoir.org/2017/04/03/stephane-francois-les-nationalistes-revolutionnaires-ont-toujours-ete-a-la
      https://tempspresents.com/author/stephanefrancois
      #Stéphane_François

    • Ok je comprend mieux la partie sur les SS et Himmler maintenant que j’ai quelques infos sur Stéphane François. Merci @vanderling
      J’avais pas relevé cette partie du texte qui est à mes yeux un grossier point godwin. Pour continuer dans son registre il aurais du ajouter que certains nazis étaient végétariens et que certaines féministes le sont aussi ! Il y a des nazis qui se sont intéressés à l’ésotérisme, au paganisme, à l’indouisme, à l’antiquité romaine. Est ce que les personnes qui s’intéressent à ces sujets sont affiliées aux nazis pour autant ? Et c’est un peu paradoxale de se servir d’un rapprochement pareil quant tu m’apprend à quel sujet il consacre son étude.

    • Je t’avoue mon ignorance @mad_meg je ne connais pas Jules Michelet, à part son nom et qu’il était historien. Suite au lien que tu as posté ci-dessus conférence sur les sorcières par des féministes. Voici un lien (qui en contient bcp d’autres) que j’ai trouvé sur le site de france culture avec les voix de Jacques Munier et Céline du Chéné qui me sont plus familières que celle de Michelet.

      Si la figure de la #sorcière paraît plus positive, c’est grâce à « La Sorcière » de #Jules_Michelet mais aussi aux mouvements féministes des années 1970 qui s’en sont emparés pour en faire un objet d’étude, il existe même une branche en gender studies intitulée witch studies.

      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/sorcieres-44-sorcieres-nature-et-feminismes


  • Mad Men (1/4) : Les années 1960 de Matthew Weiner

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/mad-men-14-les-annees-1960-de-matthew-weiner

    La série préférée de Mona Chollet @mona qui a entre autre fait une brillante prestation sur France Inter dans un contexte pas très facile :)

    https://www.franceinter.fr/emissions/par-jupiter/par-jupiter-12-novembre-2018

    Adulée ou décriée, « Mad Men » est en tout cas une série discutée, analysée encore aujourd’hui, près de trois ans après la dernière saison. Ce premier volet est consacré aux références cinématographiques et littéraires aux sources de cette série américaine à succès.



  • The Season of the Witch - Max Dashu On Why We Sexualize, Trivialize, and Fear the Witch - AfterEllen
    https://www.afterellen.com/general-news/565785-the-season-of-the-witch-max-dashu-on-why-we-sexualize-trivialize-

    There is a pornography of devils arising in the torture chambers, and it’s saying the witch has sex with the devil. What the tortured women are forced to do in order to make the torment stop is to repeat the fantasies back to their torturers. This has had a huge impact on European culture and on the way sexuality is framed when you think about the tropes around sexuality, dungeons, torture, chains, gags, binding women. This is all infused with things that were actually practiced on real women’s bodies in the torture chambers.

    (...)

    We can’t say 9 million burned at the stake. The question of how many women were affected? Were accused? Were shunned? Were denounced? That number could easily surpass nine million.

    The number of women who taught their daughters keep your head down because this is what can happen to you. There was a huge impact on the way women raised their daughters to keep this from happening to them. I have seen accusations that this number was picked by feminists to surpass the number killed in the Holocaust and that’s false because the number estimated well predates that.

    #sorcières

    • Je n’étais pas conscient d’avoir brûlé une seule sorcière, mais peut-être que je l’ai fait sans m’en rendre compte.

      Ça sonne comme des male tears, @david2, un truc qui nous invite à te rassurer sur le fait que non on n’a pas voulu te faire du mal, c’est plutôt une adresse à ce système de merde. Et à la fin, hop, une demi-heure de temps de féministe t’aura été consacrée (plutôt qu’à autre chose). WTF ?

    • @david2 nooooon, y’a encore des bolos sur seenthis pour sortir ce genre de choses ?

      Sinon, si quelqu’un est preneuse du féminisme + lutte des classes, je suis partant !

      Tu nous fatigues avec toujours la même ritournelle gaucho anti-féministe de type « je serai pas féministe tant qu’on aura pas réglé la lutte des classes », « libérez d’abord les hommes et seulement ensuite les femmes, les enfants, la nature et ses petits icebergs suivront »
      Franchement, je te conseille de lire le livre de Mona, mais surement tu vas refuser qu’une femme te conseille. Tu y apprendrai pourtant tout ce que nous avons perdu hommes et femmes confondues dans notre dialectique au monde d’aujourd’hui et tout ce qu’il nous faut réinventer.

    • @david2 Le tutoiement et l’usage de bolos (une grande première pour moi héhé) m’ont été inspiré par les 3 lignes que tu as effacé. Il eut été préférable que tu uses avant tout du discernement que tu exprimes maintenant. Car le moins qu’on puisse dire est que cela portait à la provocation. Or tu ne sembles même pas l’admettre puisqu’il apparait qu’il aurait suffit de deviner la pensée que tu développes dans tes derniers messages. Faisant ainsi de toi une victime incomprise qui va quitter seenthis par notre outrecuidance à t’avoir bashé. (ce qui revient ici à ce qui disait @aude_v, faire de toi une victime à consoler)

      Or, j’assume parfaitement d’avoir été bête et méchante parce que tout les jours en tant que femme je subis ce genre de remarques que je ne peux plus supporter en silence. Alors certes, c’est tombé sur toi, et je m’exprime comme je peux mais on ne me fera ni taire ni culpabiliser pour autant. Et il serait dommage que tu prennes personnellement ce qui s’adressait également aux hommes qui me liront et par delà aux nombreux militants mâles gauchiste qui ont à plusieurs reprises attaqué le féminisme comme étant une lubbie de bourgeoises. Tu ne serais pas le premier à sortir ce genre de blague déplacée qui consiste à faire comprendre aux féministes ou à celles qui voudraient les rejoindre qu’elles se trompent ou qu’elles ne suivent pas la bonne voie et que seul la lutte des classes importe. Et si elles ne comprennent pas c’est qu’elles ont mal interprétées. Trop fort. Parce que tu n’es pas une femme tu n’as jamais subi ce genre d’intervention systématique qui vise à déconsidérer toute parole ou acte féministe qui ne vise pas la libération ouvrière ou la lutte des classes.


  • @mona invitée de la grande table
    Tabalabala balabala !
    Du bûcher à #MeToo, la revanche des « sorcières » ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/du-bucher-a-metoo-la-revanche-des-sorcieres

    Née des cendres des bûchers, se revendiquant de cette figure mythique qu’est la sorcière, une autre forme de féminisme fait son chemin. Pour en parler, Mona Chollet, journaliste au « Monde diplomatique », auteure de « Sorcières, la puissance invaincue des femmes » (La Découverte, 2018).


  • Une mauvaise critique par une mauvaise personne qui a acheté le mauvais livre. Elle voulait sans doute un livre de cul, de la bonne vieille sorcellerie a l’ancienne avec des sabbats nues au clair de lune. déception.

    Change rien Mona, ton livre est une référence, pas une romance.

    Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet : malaises dans le patriarcat – Cultur’elle
    https://leschroniquesculturelles.com/2018/10/24/sorcieres-la-puissance-invaincue-des-femmes-de-mona-cholle

    j’ai regretté que certains points ne soient pas davantage approfondis (toute la dimension sexuelle par exemple est trop peu analysée, je soupçonne Mona Chollet de ne pas être très à l’aise avec le sujet)

    • Vu le début de la phrase elle semble chercher la recette du « ciment du couple » :

      J’ai parfois été en léger désaccord (notamment sur le premier chapitre qui me semble un peu trop ramener le fait d’être en couple à une soumission aux diktats de la société et trop oublier l’amour),...

      #hétérocentrisme #amour


  • Sorcières - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Sorcieres

    Ici Mona Chollet rejoint cette inspiration féministe dont je parlais plus tôt et que l’éditrice Isabelle Cambourakis a elle aussi placée sous le matronage des sorcières, en intitulant ainsi une belle collection d’écrits féministes cités ici, parfois d’inspiration directement écologiste (notamment dans le recueil Reclaim coordonné par Émilie Hache), parfois moins directement (Sorcières, sages-femmes et infirmières de Barbara Ehrenreich et Deirdre English). Qu’importe car l’essentiel, quand il est question d’écologie, n’est peut-être pas de causer de réalités naturelles comme le climat ou les sols mais d’oser questionner cette ambition de connaître la nature pour l’exploiter ou la contrôler, la modéliser, la compenser sans jamais mettre sérieusement en question la manière folle dont nous vivons, le mal que nous faisons à nous-mêmes, aux bêtes et aux plantes. En ça, Sorcières peut être lu comme un livre féministe ET écologiste.

    • Je vais profiter de cet espace pour parler un peu de mon vécu de meuf (comme le fait @mona dans le livre, parce que nous acceptons que notre réflexion soit ancrée dans une expérience et ne constitue pas seulement une suite d’éclairs sur des sujets abstraits) dans des milieux très masculins, les revues politiques et les milieux technocritiques, soit l’avant-garde de l’écologie. À la parution de Beauté fatale, j’ai publié une chronique du livre dans la revue écolo que j’animais à l’époque avec (ou malgré) un groupe d’hommes parmi lesquels un intendant de lycée qui nous servait de lumière et éclairait nos débats sans jamais bouger un doigt pour assurer… l’intendance de notre entreprise commune. Beauté fatale était un peu en décalage avec nos sujets, anti-industriels et écologistes, et j’ai publié sur mon blog nombre de chroniques de livres que je n’ai pas proposées à la revue mais celle-ci, sans savoir trop pourquoi, j’y tenais. Cela m’a valu, de la part de l’intendant, de sévères critiques quand la revue est arrivée dans sa boîte aux lettres : pourquoi donc abordais-je dans ma chronique la question de l’insécurité des femmes et de son exploitation par les hommes ? Cette question ne figurait pas dans le livre. Croyait-il. Je lui ai répondu que ma lecture était plus riche que la sienne parce que le texte faisait écho à une expérience que l’autrice et moi avions en commun, expérience dans laquelle le sentiment d’être malcomprenante ou incompétente, la peur d’être dénigrée ou simplement non validée, était plus communes que dans la sienne. Il m’a accusée d’« essentialisme », comme la trentaine de fois précédentes où j’ai eu l’outrecuidance de le renvoyer à son ignorance de tout ce que ça implique, d’être femme et perçue comme telle dans une société sexiste. Plus tard j’ai même eu droit à "androphobe". J’ai mis un temps fou à comprendre que mon contradicteur, qui se définissait non pas comme proféministe mais comme féministe à part entière, qui avait suivi un séminaire universitaire sur le genre qui lui servait d’argument d’autorité, qui bien qu’hétéro et prêt à tout pour s’assurer une béquille féminine (compagne ou amie, l’important était d’être à son service) expliquait à qui acceptait de l’écouter combien la pensée queer avait périmé la pensée féministe, qui bien sûr adooorait Mona et allait l’écouter, peut-être la remercier entre quatre yeux aux présentations de bouquin, que cette sombre caricature de réappropriation d’un mouvement aussi vital pour nous que le féminisme ne m’utilisait pas comme contradictrice mais comme réceptacle de son discours. Un genre de sparring partner pour avoir l’impression de ne pas bavasser en face d’un miroir.

      Il n’était pas le seul avec cette fascination douteuse : d’autres hommes dans la revue ont chroniqué le livre Faiseuses d’histoires d’Isabelle Stengers et Vinciane Despret (qui s’attache lui aussi à valoriser la manière qu’ont les femmes de comprendre et de parler du monde) ou coordonné un dossier sur les sorcières dans lequel une seule contributrice a été sollicitée pour cinq ou six mâles mieux placés pour parler de la prétention à la rationalité de nos sociétés, dans lesquelles l’irrationnel revient sous d’autres formes, aimables ou franchement inquiétantes. Cet engouement pour des écrits féministes n’a jamais changé la qualité de nos échanges, le manque d’empathie, la montée en abstraction, la compétition pour épater les autres, l’ambiance moqueuse et surtout la spécialisation des tâches (intendance et mise en œuvre féminines, pensée et conception masculines), soit un environnement toxique, alors que nous prétendions dénoncer cette toxicité, montrer d’où elle venait pour tenter de penser et vivre autrement que ça. Il en faudra, des ouvrages féministes, des sorts et des potions pour apprendre à se protéger et forcer les hommes à nous respecter, nous et pas seulement nos jolies idées.

    • J’ai lu le bouquin en six heures (plus une pause douche-brunch), ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un bouquin par jour. (J’ai plus Internet à la maison, c’était le but.)

      J’ai failli pleurer en lisant l’extrait de la préface de Gloria Steinem, sa rencontre avec un médecin qui lui a permis de vivre sa vie comme elle l’entendait et non pas comme lui avait décidé.

      Voilà, je me demandais si j’avais loupé un truc depuis que @monolecte disait qu’elle était en train de le lire. Vous en avez discuté quelque part ?


  • Épisode Sorcières #1 | La poudre
    https://soundcloud.com/nouvelles-ecoutes/la-poudre-episode-sorcieres-1-mona-chollet

    Dans ce tout premier épisode de la série « Sorcières » de La Poudre, Mona Chollet décrypte pourquoi la société a besoin de sorcières et parle de son enfance en Suisse. Elle raconte aussi les modèles de sorcières contemporaines, le fait d’avoir “une vie à soi”, les fondements économiques de la chasse aux sorcières, la confiscation de la médecine, l’écoféminisme, l’héritage culturel de la féminité, la chasse aux sorcières, un crime de masse misogyne ainsi que la radicalité féministe. Mona Chollet est une journaliste et essayiste née en 1973 à Genève, en Suisse. Son dernier livre, « Sorcières : la puissance invaincue des femmes » a été publié en septembre 2018 aux éditions La Découverte. Durée : 1h02. Source : Nouvelles (...)

    http://rss.art19.com/episodes/0b5849af-0620-4d09-8350-d02d8f795fe5.mp3


  • La sorcière contre le patriarcat
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2018/09/13/la-sorciere-contre-le-patriarcat_5354336_3260.html

    Dans son essai « Sorcières. La puissance invaincue des femmes », Mona Chollet rappelle comment un qualificatif infamant est devenu un symbole féministe.

    La scène a été photographiée en Pologne au mois de mars, pendant les manifestations contre le durcissement de la législation sur l’avortement. Une jeune femme – blouson de cuir et masque en papier sur le visage – tient une pancarte sur laquelle est inscrit un cri de ralliement des mouvements féministes contemporains : « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à brûler. » Quelques mois plus tôt, les membres du « Witch Bloc » défilaient à Paris au cri de « Macron au chaudron ! ».

    Etrange figure que celle de la sorcière. Avant d’être érigées par certaines, depuis les années 1960, en symbole de la lutte des femmes contre toutes les formes de domination masculine, les sorcières furent persécutées entre le XVIe et le XVIIIe siècle, essentiellement en Europe et en Amérique. Bien que certains hommes aient aussi été accusés de sorcellerie, ce sont des femmes qu’inquisiteurs et exorcistes poursuivirent et auxquelles ils firent subirent d’atroces supplices parce qu’elles vivaient à l’écart, n’enfantaient pas ou ne fréquentaient pas les églises.

    Jusqu’à aujourd’hui le mot transporte le pire du sexisme patriarcal. Les hommes n’appellent en effet « sorcières » que les femmes qui s’affranchissent de leur loi en refusant de se laisser cantonner au gazouillis insignifiant en matière de conversation, en ne chérissant pas béatement l’enfantement ou en ne soumettant pas leur corps – cheveux compris – aux canons de beauté qu’ils ont édictés. Dernier exemple en date : des électeurs de Donald Trump et des soutiens de Bernie Sanders qualifièrent Hillary ­Clinton de « sorcière » pendant la campagne présidentielle américaine de 2016.

    Grande chasse

    Dans ce livre écrit d’une plume alerte, la journaliste Mona Chollet rappelle certaines caractéristiques de cette grande chasse aux sorcières sur laquelle s’ouvrit la modernité. La fin des formes communautaires de vie et de travail rendait les femmes dépendantes d’un mari et dangereuses celles qui refusaient cette soumission. L’obsession pour la fertilité féminine transformait d’autre part en fardeau les femmes vieillissantes qui ne s’effaçaient pas pour autant face aux hommes. La science naissante s’acharnait, enfin, à disqualifier toutes les formes de savoir fondées sur un rapport simple à la nature, comme la connaissance des plantes, dans laquelle certaines femmes étaient pourtant devenues maîtresses alors que la médecine virile se fiait encore aux astres.

    L’intérêt du livre tient cependant moins à l’enquête historique, qui mériterait de plus amples développements et quelques nuances, qu’à son prolongement contemporain. En puisant dans la littérature, le cinéma, les sciences sociales et sa propre trajectoire, Mona Chollet entre en effet elle-même en résonance avec ces sorcières de toutes les époques qui incarnèrent à ses yeux « la femme affranchie de toutes les dominations ».

    Les temps où « répondre à un voisin, parler haut, avoir un fort caractère ou une sexualité un peu trop libre, être une gêneuse d’une quelconque manière suffisait à vous mettre en danger » sont peut-être révolus. Mona Chollet excelle cependant à suggérer à quel point les femmes doivent toujours, pour se libérer, prendre le risque de devenir des sorcières et parfois en payer le prix, qu’il soit léger (mais pourquoi suggère-t-on toujours aux femmes célibataires de s’adjoindre la compagnie d’un chat ?) ou écrasant (ainsi de la violence domestique que déclenchent parfois les velléités d’autonomie des femmes dans le couple moderne).

    Le monde vu par les femmes

    Devenir sorcière, ce n’est pas seulement, pour une femme, dénoncer l’injustice ou la violence qui lui sont faites. En suivant le destin de plusieurs figures qui empruntèrent cette voie, comme Gloria Steinem aux Etats-Unis ou Simone de Beauvoir en France, et en livrant au lecteur des expériences plus personnelles, Mona Chollet met le lecteur sur la piste de quelque chose de plus essentiel encore : devenir sorcière, c’est affirmer, sans peur et sans détour, « à quel point le monde vu par les femmes est différent du monde que l’on nous vend tous les jours ».

    Le rejet du patriarcat, qui fut pour Mona Chollet la cause de la grande panique masculine au terme de laquelle tant de sorcières furent brûlées, fut aussi, plus tard, la matrice d’où naquirent tous les féminismes. Pour les sorcières d’hier et d’aujourd’hui, c’est tout un monde qui est à reconquérir, avec pour seules armes le refus de l’asservissement de la nature à la loi des hommes et un rapport plus humain au savoir, à l’économie et à la politique.


    • « C’est une histoire qu’on refoule beaucoup. Moi-même, j’ai réalisé que je ne la connaissais pas. Quand on pense au sabbat, au pacte avec le diable, ces éléments nous paraissent fantaisistes ; ils nous amènent à penser que les chasses aux #sorcières elles-mêmes étaient fantaisistes, irréelles, alors que c’étaient des crimes de masse. Il y a un refus de regarder cette histoire en face et une bataille d’interprétation autour d’elle. Beaucoup d’historiens n’acceptent pas le fait qu’il s’est agi d’un crime de masse misogyne. »
      #féminicide #femmes

    • C’est drôle, je n’avais pas forcément relié ces phrases à cette démarche d’émancipation, mais c’est tout à fait juste. Ce qui m’a toujours agacée à propos de la soi-disant victimisation, c’est le discours qui veut nous faire croire que se dire victime de quelque chose va nous rendre faibles et va faire de nous des créatures gémissantes. J’ai toujours eu l’impression que c’était l’inverse. C’est en prenant conscience qu’on est victime, qu’on peut se libérer. Dire qu’il ne faut pas se victimiser, c’est dire en réalité qu’il ne faut pas se battre. Si on ne passe pas par cette étape, comment se libérer ?

      Mais tellement, ça m’agace à chaque fois que je vois (et donc y compris chez des réelles « victimes », de racisme, de sexisme, etc) ce mantra super présent de nos jours de se distinguer des victimes « non moi je suis pas une victime ».

    • Ouiii, merci ! Les gens qui daubent sur les victimes sont souvent du côté de ceux et celles qui leur marchent dessus. Quand j’entends le mot « victimaire » (comme ici récemment, hum hum), je sors mon revolver. C’est rien de dégradant, rien de génial non plus, c’est ce qu’on en fait, de cette réalité. Et on peut très bien partir de ce constat-là pour se battre (alors que partir de l’idée que tout va bien, c’est plus compliqué).

    • Vous dessinez les trois types de « sorcières » pourchassées : les femmes indépendantes, les femmes qui n’ont pas d’enfant, les vieilles femmes. Pourrait-on inclure, dans la femme indépendante, la femme qui ne se cantonne pas à la sphère domestique ? La sorcière, c’est aussi celle qui détourne les objets traditionnellement associés à la sphère domestique, comme le balai…

      Oui. C’est en quelque sorte la suite de mon ouvrage Chez soi — Une odyssée de l’espace domestique. La chasse aux sorcières correspond à un moment où les femmes sont chassées de nombreux corps de métiers, où on les assigne au rôle maternel et à la sphère domestique. L’indépendance des femmes et la participation à la vie sociale sont mal vues.

      #Mona_Chollet #Ballast #Sorcières #Femmes #childfree #no_kids #nullipare




  • Sorcières - Mona CHOLLET - Éditions La Découverte
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Sorci__res-9782355221224.html

    Sorcières
    La puissance invaincue des femmes
    Mona CHOLLET
    Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?
    Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

    Version papier : 18 €

    Vivement la rentré !

    • "Sorcières", de @mona , explique pourquoi les femmes qui ne veulent pas d’enfant sont vues comme les sorcières d’aujourd’hui

      Quel est le point commun entre les femmes qui ne désirent pas d’enfant aujourd’hui et les sorcières d’autrefois ? Pour la journaliste du Monde diplomatique Mona Chollet, dont le livre « Sorcières - La puissance invaincue des femmes » est paru jeudi 13 septembre, ces deux types de femmes se ressemblent plus qu’on ne le croit.

      Dans cet essai, l’auteure de « Beauté fatale » et de « Chez soi » décortique cette figure de notre histoire -et de notre imaginaire- et démontre comment des femmes d’aujourd’hui, celles qui s’émancipent de certaines normes sociales, sont en fait des héritières directes de celles qu’on traquait, chassait, censurait, éliminait à la Renaissance.

      « Elles ont réprimé certains comportements, certaines manières d’être. Nous avons hérité de ces représentations forgées et perpétuées au fil des siècles. Ces images négatives continuent à produire, au mieux, de la censure, ou de l’autocensure, des empêchements ; au pire, de l’hostilité, voire de la violence », explique Mona Chollet, qui relève trois types de femmes étant des sorcières des temps modernes : « la femme indépendante -puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant -puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité, et la femme âgée -devenue, et restée depuis, un objet d’horreur ».

      C’est surtout la deuxième catégorie de femmes, celles qui font le choix de ne pas devenir mères, qui a donné à Mona Chollet l’envie d’écrire sur les sorcières, comme elle l’explique à Cheek Magazine.

      Refuser d’être mère

      De nos jours, souligne la journaliste, seulement 4,3% des femmes françaises déclarent ne pas vouloir d’enfant. Le nombre de femmes sans enfant a même baissé tout au long du XXe siècle. Aux États-Unis, elles sont aussi de plus en plus nombreuses.

      Dans cette enquête passionnante, Mona Chollet analyse les motifs, tellement divers, qui ont pu motiver et motivent encore certaines femmes à résister, d’une certaine manière, à ce que la société attend d’elle : devenir mères.

      Parmi celles-ci, le refus de mettre au monde un enfant qui n’a rien demandé, dans une société qui ne semble pas à la hauteur, avec un avenir qui paraît s’assombrir. Mona Chollet cite ainsi l’écrivaine française Corinne Maier qui voit « dans la procréation le verrou du système actuel, dans la mesure où elle nous conduit à perpétuer un mode de vie qui nous mène à la catastrophe écologique ». Pour Corinne Maier, « nous vivons dans une société de fourmis, où travailler et pouponner modèle l’horizon ultime de la condition humaine. Une société pour laquelle la vie se limite à gagner son pain et à se reproduire est une société sans avenir car sans rêves ».

      Ascension sociale

      Mona Chollet décrit également les envies et parcours de ces femmes qui, en prenant la décision de ne pas enfanter, s’extraient de leur milieu social, poursuivent leurs ambitions, grimpent les échelons et attribuent leur ascension à cette décision. Par exemple, Gloria, 43 ans, qui décrit dans les travaux de la chercheuse Carolyn M. Morell : « Si j’avais été gentille et docile, aujourd’hui, je vivrais probablement en Floride avec six enfants, je serais mariée à un mécanicien et je me demanderais comment payer la prochaine facture ».

      La journaliste évoque également ces femmes qui ne veulent pas reproduire le schéma de leur propre enfance malheureuse, celles qui trouvent que la vie est dure et ne veulent pas la transmettre, celles qui veulent mener leur vie seules ou au contraire se consacrer pleinement à leur couple, sans tierce personne dans le cocon. Au final, il existe sûrement autant de raisons de ne pas enfanter que de femmes.

      C’est sans compter toutes celles qui sont mères mais regrettent de l’être, un tabou peut-être encore plus important mais qu’on a pu voir émerger en 2016 en Allemagne à travers le hashtag #RegrettingMotherhood.

      Sorcières modernes

      Quant à Mona Chollet, qui livre régulièrement son expérience personnelle tout au long de l’essai, elle estime, par exemple, ne pas pouvoir « ajouter un membre à la société alors que celle-ci a si spectaculairement échoué à établir un rapport harmonieux à son milieu vital et semble si bien partie pour le détruire tout à fait ».

      En quoi ces femmes sont-elles des sorcières d’aujourd’hui ? Parce qu’à leur époque, entre autres, elles étaient celles qui n’enfantaient pas, qui vivaient à l’écart de la société.

      Ces dernières années, à travers les mouvements féministes, la figure de la sorcière a considérablement gagné en popularité. Si certaines livrent leurs recettes de potions ou d’amulettes sur les réseaux sociaux, d’autres se reconnaissent dans le pouvoir très particulier des sorcières : celui de s’extraire des injonctions sociales, des représentations attendues de la féminité, renversent l’ordre des choses et choisissent de vivre telles qu’elles l’entendent. Un pouvoir qui, aujourd’hui comme à la Renaissance, rend ces femmes aussi menaçantes que fascinantes.

      https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/15/sorcieres-de-mona-chollet-explique-pourquoi-les-femmes-qui-ne-veulent-pas-denfant-sont-vues-comme-les-sorcieres-daujourdhui_a_23526093/?ncid=other_twitter_cooo9wqtham
      #maternité


  • Les obsessions de Franz-Olivier Giesbert - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Les-obsessions-de-Franz-Olivier
    Avec de vrais morceaux de @mona dedans !!

    Natacha Polony, Eric Zemmour, Jacques Julliard, Brice Couturier, Elisabeth Lévy, Franz-Olivier Giesbert, Valérie Toranian, Arnaud Leparmentier, Jean Quatremer, mais aussi le dessinateur Plantu : tels sont les nouveaux héros du #livre de Sébastien #Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran et Laurence De Cock, Les #éditocrates 2. Le cauchemar continue, qui parait aux éditions La Découverte. Parce que, plus que jamais, il nous parait utile, et même vital, de rire des cuistres et de mettre à nu les fabricants de consensus réactionnaire, sécuritaire et raciste, nous ne pouvons qu’en recommander la lecture. Après l’introduction, en voici un nouvel extrait.

    #média


  • Le cauchemar continue - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Le-cauchemar-continue
    Présentation du livre de Sébastien Fontenelle, Mona Chollet @mona , Olivier Cyran et Laurence De Cock, Les éditocrates 2

    Natacha Polony, Eric Zemmour, Jacques Julliard, Brice Couturier, Elisabeth Lévy, Franz-Olivier Giesbert, Valérie Toranian, Arnaud Leparmentier, Jean Quatremer, mais aussi le dessinateur Plantu : tels sont les nouveaux héros du livre de Sébastien Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran et Laurence De Cock, Les éditocrates 2. Le cauchemar continue, qui parait aujourd’hui aux éditions La Découverte. Parce que, plus que jamais, il nous parait utile, et même vital, de rire des cuistres et de mettre à nu les fabricants de consensus réactionnaire, sécuritaire et raciste, nous ne pouvons qu’en recommander la lecture. En voici déjà l’introduction.


    #éditocrates #la_découverte


  • @raspa Un (encore) joli billet de Mona Chollet, pour te motiver à lire Beauté Fatale un jour : http://www.la-meridienne.info/Comme-si-ta-vocation-etait-de-me-conforter-dans-la-mienne
    C’est à propos d’un livre d’André Gorz où il parle de son épouse, livre « hommage » sorti un an avant leur décès :

    Un hommage, donc ; mais un hommage au goût amer, dès lors qu’on fait abstraction de la sympathie qu’inspirent la figure de Gorz et cette longue fidélité mutuelle. Leur histoire reprend un schéma trop familier : lui, l’intellectuel en devenir qui écrit fiévreusement ; elle, la compagne dévouée qui croit en lui dès le début, qui lui sert d’assistante, de documentaliste, de conseillère, d’interlocutrice, de relectrice. Elle prend des boulots alimentaires pour contribuer à la subsistance du couple, tandis que lui n’accepte que des emplois en lien avec la vie intellectuelle (il a été journaliste à L’Express et au Nouvel Observateur). Elle fait « monter sa cote » grâce à son charme et à son talent pour « recevoir », tempérant l’austérité de son compagnon solitaire et aidant ainsi sa carrière. Son intelligence et sa culture à elle, décrites par tous les proches du couple, ne serviront qu’à mettre en valeur celles de son mari ; elles n’auront eu qu’une valeur ornementale.

    Ça fait écho à des conversations de ces vacances, des couples au bord de l’explosion justement parce que certaines femmes commencent à ne plus accepter ça, d’être des ornements, des supportrices éternellement bienveillantes, qui suivent leur champion dans sa carrière, gèrent la maison, les enfants et la vie sociale, mais mettent leur propre vie entre parenthèse. (et puis Jackie Kennedy, aperçue dans ma série du moment, femme intelligente et cultivée, avec plein de choses à creuser derrière l’icône glamour de femme de président jeune, sexy et martyr de l’Histoire, qui clairement n’a pas eu la vie facile avec son infernal JFK de mari...).

    L’un des invités de Laure Adler laisse entendre qu’elle ne se reconnaissait pas vraiment dans le portrait qu’il avait dressé d’elle dans ce livre : elle insistait sur le fait que c’était sa vision à lui. Nous ne connaîtrons jamais sa version à elle. En dehors de rares enregistrements de sa voix, tout ce qui reste d’elle sera passé par sa médiation, par son regard à lui.

    C’est un tel gâchis... Mais il y a de telles montagnes de censure et d’autocensure à déplacer pour résoudre ce gâchis... Pour avoir vu une collecteuse de témoignages pour les archives municipales d’une ville de l’agglo s’escrimer (avec bienveillance et patience) à faire parler une vieille femme qui n’avait rien à raconter, sous prétexte que c’était pas intéressant, qu’elle s’était « juste » occupée des 3 enfants du couple (pendant que son mari construisait leur maison avec les Castors, participait à moultes associations, engagements syndicaux etc), je sais à quel point c’est dur, mais ça me désespère. On ne saura pas ce que veut dire élever trois enfants dans cette ville dans l’immédiat après-guerre, dans des maisons autoconstruites par les hommes du quartier... mais pour lesquelles les femmes, qui y passaient ensuite leur journée, n’avait pas été consultées. Il manque au moins la moitié de l’histoire :-( Alors que

    Il nous reste à lire des histoires où les femmes puissent aussi envisager de croire en elles-mêmes.


  • Is #Facebook bad for you? Facebook says it is, and the company has a solution : more Facebook
    https://qz.com/1158984/is-facebook-fb-bad-for-you-facebook-says-it-is-and-the-company-has-a-solution

    Yesterday (Dec. 15), a strange post went up on Facebook’s corporate blog. It was strange because it suggested that Facebook might, in fact, be bad for you.

    What solution can the social network provide? The same answer it gives to every question: namely, more Facebook.

    https://newsroom.fb.com/news/2017/12/hard-questions-is-spending-time-on-social-media-bad-for-us

    The post was the latest in Facebook’s somewhat new series, “Hard Questions.” This set of blog posts aims to address concerns that social media broadly, and Facebook specifically, might be having a negative impact on society. Topics include “Hate Speech,” “How We Counter Terrorism,” and the latest one, “Is Spending Time on Social Media Bad for Us?”

    The structure of these posts is usually the same. Step one: identify some ill in society. Step two: admit that people think technology, and Facebook, might be contributing to that ill. Step three: assert that more Facebook, not less, is the cure for said ill.

    In the new post on the potential downside of social media, the authors, who are researchers at Facebook, begin by correctly saying that people are worried about the effect social media has on relationships and mental health. They then point to research that suggests scrolling through Facebook, and blindly hitting the “like” button, makes people feel like crap. “In general, when people spend a lot of time passively consuming information—reading but not interacting with people—they report feeling worse afterward,” they write.

    The key phrase is “passively consuming.” The authors’ solution to this problem is not, as you might think, using Facebook less. It is using it more, and more actively. Instead of just liking things, and scrolling through our feeds, they suggest that we should be all-in. Send more messages, post more updates, leave more comments, click more reaction buttons. “A study we conducted with Robert Kraut at Carnegie Mellon University found that people who sent or received more messages, comments and Timeline posts reported improvements in social support, depression and loneliness,” they cheerily note.

    They then adds a caveat that “simply broadcasting status updates wasn’t enough; people had to interact one-on-one with others in their network.” But wait. Isn’t Facebook a social network, connecting me to hundreds or thousands of other people? I don’t need Facebook to interact one-on-one, over text, email, or coffee.

    Facebook might admit it has some negative effects, but it is unwilling to face up to the fact that the solution might be using it less. This latest post mentions Facebook’s “take a break” feature. This will hide your ex-partner’s profile updates for you after a break-up, to help in “emotional recovery.” Because, sure, that seems healthier than just not using Facebook at all for a little while.

    Pretty much every Facebook post about the ill effects of the platform follows this formula. Hate speech on Facebook is a problem. The solution? Use Facebook more to tag hate speech, so we can get rid of it. Kids are on Facebook, and it might not be good for them. The solution? Give them Facebook Messenger Kids, a new app made just for them. Facebook is causing political divisiveness in America. The solution? Use Facebook to build digital “communities.”

    Turns out Facebook’s “hard questions” are actually pretty easy. The answer, after all, is always the same.

    #tmi #fomo #déconnexion

    Nombre de Dunbar
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Dunbar

    Le nombre de Dunbar est le nombre maximum d’individus avec lesquels une personne peut entretenir simultanément une relation humaine stable. Cette limite est inhérente à la taille de notre cerveau impliqué dans les fonctions cognitives dites supérieures, le néocortex.

    Ce nombre est estimé par l’anthropologue britannique Robin Dunbar entre 100 et 230 personnes et a une valeur admise en pratique de 150 personnes.

    Ce nombre provient d’une étude publiée en 1992 par le chercheur Robin Dunbar. Dans cette étude, il analyse la taille du néocortex de différents primates et la compare au nombre d’individus de leurs groupes respectifs. Il a ainsi extrapolé ses résultats afin de déterminer un nombre maximum pour la taille d’un groupe d’humains. Ce nombre ne devrait donc théoriquement pas dépasser 150 individus. Au-dessus de ce nombre, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Il faut ensuite passer à une hiérarchie plus importante, avec une structure et des règles importantes (on le voit par exemple à l’échelle d’un pays et de son gouvernement).

    Dunbar indique par ailleurs que le langage que nous avons collectivement développé joue un rôle important dans notre capacité à entretenir des relations sociales avec environ 150 personnes. En effet, le fait de pouvoir parler à plusieurs individus simultanément permet d’établir des rapports efficaces et durables entre nous tous. En l’absence d’un tel outil de communication collective, chacun d’entre nous passerait la moitié de son temps à entretenir individuellement chacun de ses liens sociaux.

    Différentes études ont retrouvé des résultats proches du nombre de Dunbar dans le comportement des utilisateurs de réseaux sociaux sur Internet, en particulier sur Twitter ou Facebook.

    Dans le @mdiplo, voir :

    · Le prix de la déconnexion, par Evgeny Morozov (23 février 2017) https://blog.mondediplo.net/2017-02-23-Le-prix-de-la-deconnexion

    · Le malade virtuel, par Virginie Bueno (juin 2015) https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/BUENO/53095

    · Twitter jusqu’au vertige, par @Mona Chollet (octobre 2011) https://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/CHOLLET/21103


  • Théorie du genre humain | ARTE Radio
    https://www.arteradio.com/son/61657888/theorie_du_genre_humain

    Une création de Carla Green

    Pour la grammaire française, on le sait, « le masculin l’emporte ». Et même dans les podcasts de France Culture, on dit encore « homme » pour dire « humain ». Carla, ça la rend folle que les Français oublient comme ça la moitié de l’humanité. Un délicieux podcast féministe avec l’accent californien.

    #homme #langage #sexisme #invisibilisation #femmes #education #domination_masculine


  • Ainsi donc, #Liliane_Bettencourt n’est plus… Rappelons toutefois que, sur ces 10 dernières années, elle s’est enrichie de plus de 20 milliards d’euros, soit en moyenne 4000 € par minute (alors même que cette période correspond à la perte de ses facultés – elle était sous tutelle –, démontrant le lien intrinsèque pour le capitalisme entre les revenus, l’“effort” et le “mérite”).
    Rappelons que par la double vertu de l’“optimisation” et de l’“évasion” fiscale, on estime qu’elle ne payait sur cette même période que 8 à 9% d’impôts sur ses revenus.

    http://www.autrefutur.net/In-memoriam-Liliane-Bettencourt


    Un lien vers la page wikipédia de son papa #Eugène_Schueller et un papier de Mona Chollet @mona « L’Oréal ou la science de l’éternel féminin » pour le monde diplomatique @mdiplo - juin 2009.
    source : autrefutur.net - graphisme : Sébastien Marchal
    http://webradio.univ-paris13.fr/?p=10522
    http://www.lamenuiserie.org/expo

    • Pourquoi les Français ignorent encore que le fondateur de L’Oréal fut un « agent de l’ennemi » 4 déc. 2013 Par Annie Lacroix-Riz Blog : Le blog de Annie Lacroix-Riz
      https://blogs.mediapart.fr/annie-lacroix-riz/blog/041213/pourquoi-les-francais-ignorent-encore-que-le-fondateur-de-l-oreal-fu

      La volonté de censurer la vérité historique n’est pas en France chose nouvelle. Fréquentant assidûment depuis 1970 les archives du 20e siècle, sur des sujets (et une façon de les traiter) jugés inconvenants, et m’employant à informer de leur teneur mes étudiants ou le public, je me suis souvent heurtée à la censure, sur les plans éditorial et médiatique.
      . . . . . . .
      J’ai en effet consacré des recherches à Eugène Schueller, industriel fondateur de la société l’Oréal, aux liens avec l’extrême droite déjà notoires dans les années 1930 – membre de la Cagoule et de la synarchie ‑, dès juin 1940 collaborationniste économique et politique – aryanisations de « biens juifs » incluses ‑, familier et « agent » des chefs de la Gestapo, ami et protecteur de grands cagoulards sicaires (et, souvent, de leurs descendants), parmi lesquels Jacques Corrèze, qu’il recycla après la Libération dans ses diverses sociétés à des postes directoriaux, qu’ils eussent dû faire un stage en prison ou non.
      . . . . . . . .
      #L’Oréal



  • @gata cite ce texte :

    « Avec moi » (le 7 mai)
    Pierre Tevanian, Les Mots Sont Importants, le 30 avril 2017
    http://lmsi.net/Avec-moi-le-7-mai

    Avec ce commentaire (https://seenthis.net/messages/594094) :

    Je ne sais pas trop quoi en penser mais Tevanian (dans son long texte, très bon et honnête, texte évoqué dans ce fil mais jamais cité pour l’instant, je crois) parle aussi de la peur (de sa peur) à la fin et il écrit aussi ça :

    J’ai évoqué le paternalisme, c’est-à-dire ce mélange de posture antiraciste protectrice, de condescendance raciste et de tolérance sans limites à l’égard des discriminations, que Macron partage par exemple avec François Hollande. Mais dans beaucoup des prises de positions que j’ai lues, la question du racisme n’est même pas évoquée, et on se contente d’affirmer un lien mécanique entre l’ultralibéralisme de Macron et le triomphe du lepénisme dans cinq ans. Je reconnais dans ces équations simplistes une pauvreté intellectuelle typiquement franchouillarde, qui consiste d’une part à réduire le vote FN à un vote de protestation sociale, un vote ouvrier, un vote de pauvre, de perdant de la mondialisation libérale, bref un cri de souffrance, en minorant gravement la centralité du racisme dans ce vote (pourtant maintes fois revendiquée par les électeurs eux-mêmes, dans les enquêtes « sortie des urnes »), y compris dans sa frange ouvrière (qui par ailleurs ne représente qu’un septième du vote FN), et d’autre part à ne parler du racisme de cet électorat que comme un réflexe mécanique de peur de l’autre lié à la conjoncture économique – ce qui revient à nier les mécanismes sociaux, culturels et idéologiques spécifiques qui alimentent le racisme ou au contraire le battent en brèche.

    –---------------------------------------------------

    Je respecte et j’apprécie le travail de Tevanian, mais cette fois ci je ne suis pas d’accord, je ne sais pas ce que les autres en pensent.

    Mona Chollet, Dominique Vidal et Pierre Tevanian, parmi d’autres, avancent cet argument : Macron ce sera le capitalisme, alors que Le Pen ce sera le capitalisme + le racisme. Ils ajoutent que le racisme est le point qui leur semble le plus important, et que c’est trop facile de s’abstenir pour des blancs qui n’en subiront pas les conséquences.

    Je suis effectivement un blanc, un bourgeois relativement épargné par l’avenir sombre que nous proposent Trump et Le Pen, et aussi un marxiste qui pense que tout est d’abord question de domination sociale. Je suis conscient que l’un des effets les plus sévère, violent, injuste, cruel, insupportable est celui du racisme, de la discrimination de populations entières à cause de leurs origines, de leur aspect ou de leurs pratiques, et je suis aussi de ceux qui pensent que c’est l’une des questions les plus urgentes à régler, à combattre, et à laquelle il faut s’adresser. Néanmoins, je ne confonds pas l’effet et la cause. Je continue de croire (j’ai peut-être tort, mais je ne suis pas naïf) que le racisme n’est qu’une conséquence des inégalités sociales, du malaise social, de la crise sociale.

    Je ne dis pas que le vote FN n’est qu’un vote d’ouvrier et de pauvres, mais oui, en total désaccord avec Pierre Tevanian, je dis que le vote FN est un vote de colère, de protestation, de perdants de la mondialisation libérale, de réflexe lié à la conjoncture économique, de laissés pour compte qui voient une classe dirigeante et financière s’enrichir de façon indécente tout en nous disant que c’est la crise et qu’il faut se serrer la ceinture, qu’on ne pourra plus avoir une retraite, une éducation et des soins gratuits, alors que notre pays et notre planète n’ont jamais été aussi riches, etc. C’est un vote de perte de confiance envers les hommes et les femmes politiques et leurs partis qui nous gouvernent et nous ruinent depuis des décennies, et qui assombrissent notre avenir. Cette perte de confiance, elle me touche aussi. Je ne vote pas Le Pen parce que je ne pense pas que ce soit la solution, mais je comprends la colère, et je comprends aussi le majeur dressé sous forme de Brexit, de Trump ou de Le Pen.

    Alors oui, je pense que dans un tel contexte, le racisme n’est qu’une conséquence, la recherche d’une solution facile, d’un bouc émissaire à faire payer en temps de crise. Oui, je remarque que là où la crise est moins sévère, le fascisme et le racisme avancent moins fortement. Et nos dirigeants actuels en sont, à mon avis, triplement responsables : 1) car ce sont également eux qui, dans leurs discours, ont pointé du doigt ces boucs émissaires ; 2) parce que dans leurs pratiques, ils n’ont pas attendu le FN pour commencer déjà à les opprimer socialement, géographiquement, judiciairement etc. 3) parce que, ils le savent, le capitalisme pourra fleurir tout aussi bien sous un gouvernement FN.

    Donc je suis convaincu que Macron n’est pas la solution à Le Pen. Macron est la cause de Le Pen, et celui qui jette de l’huile sur son feu. Pour combattre le racisme de Le Pen, il faut combattre sa source qui est, selon moi, dans l’ultralibéralisme de Macron. Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme, car pendant ce temps, plus de 7 millions de Français ont rejoint le vote FN. Ce sont ces 7 millions de Français qui devraient poser question. Toute solution cherchée ailleurs, chez les abstentionnistes par exemple, est d’une myopie qui, me semble-t-il, ne résoudra rien, ni à court ni à long terme...

    #France #Elections_présidentielles_2017 #Abstention #Barrage
    #Pierre_Tevanian #Vote_FN #FN #Racisme

    • Je n’ai pas lu le même passage, surtout la fin. Je n’avance pas un avis en ce qui me concerne car ce n’est pas clair pour moi non plus, mais au niveau de son argumentation, il ne dit pas « ils sont racistes et c’est comme ça ».

      À la fin de l’extrait, à l’exact inverse, il dit clairement que l’argumentation dont vous parlez qui consiste à dire que ça vient surtout de la cause économique empêche de prendre en compte tous « les mécanismes sociaux, culturels et idéologiques spécifiques [autres qu’économiques] qui alimentent le racisme ou au contraire le battent en brèche ».

      Donc il parle bien, non pas d’un fait qui arrive de nul part, mais de causes, et d’autres causes que celle économique. Ça me parait beaucoup moins simpliste qu’une raison juste morale, ce qui d’ailleurs serait bizarre puisque Tevanian fait partie du courant de pensée qui récuse complètement l’anti-racisme moral, et qui dit que le racisme est systémique. Mais systémique ne veut pas dire forcément que des raisons économiques.

      C’est comme ça que j’ai compris le passage, moi, pour l’instant.

    • Pas plus que les raisons économiques du racisme, Tévanian ne récuse l’antiracisme moral, sinon l’usage dépolitisant qui peut en être fait (SOS racisme par exemple).

      « dépasser l’antiracisme moral » (dont je ne comprends pas bien pourquoi il devrait être dépassé [2]).

      [2] Il faudra un jour revenir sur ce fait singulier, et à vrai dire problématique : le discrédit absolu de l’adjectif « moral » dans le monde militant, et la plus-value symbolique, la présomption de clairvoyance, de lucidité, d’intelligence stratégique et de courage que suffit à donner la mise en congé ostensible et théâtralisée de tout soucis moral.

    • ❝[Mona Chollet, Dominique Vidal et Pierre Tevanian, parmi d’autres] avancent que le racisme est le point qui leur semble le plus important, et que c’est trop facile de s’abstenir pour des blancs qui n’en subiront pas les conséquences.❝
      En termes de paternalisme, et précisément tel que décrit par Tevanian ( i.e. , « ce mélange de posture antiraciste protectrice, de condescendance raciste et de tolérance sans limites à l’égard des discriminations ») c’est déjà pas mal ! Ou alors, c’est une rime qui s’est arrimée de travers.
      Je ne pense être fondamentalement contre la démocratie (on me brulerait vif pour moins) mais dans le contexte français, des français, ma foi vacille entre les bêtes de l’apocalypse et les agités de la révolution.

      Être jeune biaise certainement mon sens des responsabilités - mais je ne crois pas que le vote utile (dont le résultat est un des axiome de notre raisonnement aujourd’hui) prenne en compte des considérations politiques à long terme.

      ❝Les gens sont fous, les temps sont flous.❝ scandait Jacques Dutronc , et ça ne fait qu’empirer.
      [Edit : merci, ça me paraissait aussi un peu élever pour du Antoine.. :s]

    • J’ai dit ça, moi ? Heureuse de l’apprendre.

      Il y a des non-Blancs qui clament qu’ils n’iront jamais voter Macron et des Blancs qui n’hésitent pas une seconde, donc on va éviter les résumés simplistes. Mais le nombrilisme blanc qui se fout du racisme et ne comprend pas la peur de certains face à la perspective d’un FN au pouvoir, ça existe, et on en a des témoignages éclatants ci-dessus.

      En ce qui me concerne j’ai la faiblesse de vouloir éviter de vivre dans un pays dirigé par des fascistes si je peux y faire quelque chose (ou de préférer que ça arrive dans 5 ans, si c’est inévitable, plutôt que tout de suite), mais c’est très personnel.

      Envie de hurler dès que je lis que parler de racisme serait avoir une posture « morale », je suppose que c’est le signe que cette campagne se termine.

      Si le problème n’était que de désespoir économique tout le monde aurait voté Mélenchon, non ? Pour autant personne ne parle de « racisme intrinsèque ». On en fait quoi de la stratégie du bouc émissaire et de ce racisme déversé à jet continu par tous les médias, dans tous les secteurs de la société, depuis bien 15 ans ? (Un autre choix des élites qui suscite nettement moins d’indignation que la fabrication de la candidature Macron, tiens.) Le racisme existe indépendamment de la situation économique (il y a des riches racistes, des pays riches et racistes, il y a l’héritage colonial, etc.) mais il flambe lorsqu’il est attisé pour faire oublier un système économique inique. On n’est pas condamnés à la pensée binaire, hein.

      « Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme. » Arf... Lire ça avec un FN à 21%. Les bras m’en tombent.

    • Ce que je voulais dire c’est que tu étais l’une de celles et ceux qui, à raison, ramenait la question du racisme au centre du choix du second tour :

      Mais est-ce que c’est la seule explication ? Pour beaucoup de militants de gauche, le racisme et l’islamophobie sont des questions secondaires, abstraites, voire inexistantes, qui ne les concernent pas et qui les mettent profondément mal à l’aise ; souvent, même, ils les partagent plus ou moins consciemment. Et même si on flaire l’imposture de sa vitrine « sociale », le programme économique du FN ne suscite pas la même vindicte que les mesures (objectivement terrifiantes) annoncées sans complexes par les macroniens.

      https://seenthis.net/messages/593585

      De même, je ne lis ici ni nombrilisme blanc, ni personne qui se fout du racisme, ni personne qui n’a pas peur de la perspective d’un FN au pouvoir, ni même personne qui voudrait aussi, si possible, éviter de vivre dans un pays dirigé par des fascistes, aujourd’hui ou dans 5 ans. On peut au moins être d’accord là dessus, plutôt que de s’invectiver sur de mauvaises raisons.

      La question est de savoir si voter Macron est une solution, ou s’il continue à alimenter la source qui fait monter mécaniquement le score du FN.

      De cette question résulte celle du rôle de l’ultralibéralisme mis en place depuis 30 ans, et qui va être continué par Macron, dans la montée du FN, et dans la montée du racisme.

      Cette question semble plus difficile que je ne le croyais, puisque le lien me semblait évident, alors qu’à @mona il ne l’est pas, même si elle reconnaît que le racisme « flambe lorsqu’il est attisé pour faire oublier un système économique inique ».

      C’est dans cette hypothèse que je posais la question, mais je me trompe peut-être, qu’il est donc peut-être plus efficace de se battre contre ce « système économique inique » que contre sa conséquence, le racisme, sans que ça veuille dire que je me fous de la conséquence, juste que je cherche ce qui est plus efficace !

      @mona pose une autre question intéressante : « Si le problème n’était que de désespoir économique tout le monde aurait voté Mélenchon, non ? » que je reformule ainsi : « quand l’ultralibéralisme engendre la colère, pourquoi cette colère va plus vers l’extrême droite que vers l’extrême gauche ? » Je pense que les réponses sont complexes et contextuelles, mais j’en vois quelques unes :
      –les réponses de l’extrême droite sont plus simples à comprendre (c’est la faute aux immigrés)
      –les réponses de l’extrême droite qui flattent l’égoïsme sont plus populaires en temps de crise, quand on a moins envie de partager
      –les réponses de l’extrême droite donnent l’illusion qu’on peut s’en sortir sans complètement renverser le système capitaliste
      –les réponses de l’extrême droite, le racisme en particulier, sont bien relayées dans les médias et par les grands partis en France
      –beaucoup de membres de l’extrême gauche viennent de la gauche, et cette gauche en France est jugée (à tort ou à raison, mais parce qu’elle a participé à plusieurs gouvernements) comme complice du « système » et du marasme ultralibéral dans lequel on se trouve
      –peut-être aussi qu’en effet la gauche et l’extrême gauche, en France mais aussi dans le monde entier, on mal fait leur boulot d’explication et que, depuis 30 ans, on n’entend plus beaucoup les idéaux de gauche, et ils ne sont plus si clairs que ça
      –si le but de certains électeurs est de faire un gros « FUCK », de se venger en faisant chier le monde, alors voter FN est plus efficace que voter à l’extrême gauche
      Il y en a sûrement d’autres, qu’en pensez-vous ?

    • Qui vote FN et pour quelles raisons, demande @reka ici :
      https://seenthis.net/messages/595617

      Et quelques pistes :

      –Pourquoi les pauvres votent à droite, de Thomas Frank (livre, 2013)

      –Retour à Forbach, de Régis Sauder (film, 2017)

      –Les Français d’abord, de Valérie Igounet (livre, 2017)

      –Le Vote FN au village, Violaine Girard (livre 2017)
      https://seenthis.net/messages/595570

      –Mon voisin vote Front national, par Willy Pelletier (article, 2017)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      (mais #paywall)
      Et une causerie sur le même sujet ici :
      https://seenthis.net/messages/594804

    • je trouve épouvantable de pouvoir encore exonérer la gauche ainsi :

      ...cette gauche en France est jugée (à tort ou à raison, mais parce qu’elle a participé à plusieurs gouvernements) comme complice du « système » et du marasme ultralibéral dans lequel on se trouve

      Complice ? du début de destruction des droits des chômeurs dès 1982 à la création des centres de rétention, du blocage des salaires au déblocage des loyers, de la modernisation de la police à coups de milliards (depuis 1981) à l’état d’urgence, de la glorification de l’entreprise comme coeur de la société aux privatisations, de l’explosion - sous l’égide du « mérite »- des inégalités de revenu à la multiplication des pauvres, de la multiplication des stages et d’innombrables de précarisation... bon j’arrête là une liste interminable des ACTES de cette gauche (de droite) depuis 36 ans.

      le fondé de pouvoir du capital Macron vient après l’élève d’Hec Hollande. Ni "trahison, ni « complicité », un rôle premier, décisif, majeur dans la restauration capitaliste.

      Si « la gauche et l’extrême gauche, en France mais aussi dans le monde entier, on mal fait leur boulot d’explication » (une foi dans la pédagogie dont le rapport avec l’émancipation n’ a rien d’évident), c’est peut-être aussi de ne toujours pas réussir à déciller sur le rôle de cette gauche. Qui éduquera les éducateurs ?

    • J’ai tenté de comprendre le vote FN et le rôle de Macron et ses copains banquiers dans tout ça.

      J’aimerais préciser une chose : quand je dis qu’il me semble que la crise pousse les gens vers le FN, je ne veux pas forcement dire que je pense qu’elle ne pousse que les plus pauvres vers le FN. En partie, cela pourrait être vrai, mais en partie les plus pauvres finissent surtout par cesser de voter.

      Le phénomène qui est probablement le plus efficace pour le FN est celui des classes moyennes qui s’appauvrissent un peu, mais surtout qui voient des gens en dessous d’eux s’appauvrir beaucoup et qui sont terrorisés de devenir comme eux (c’est d’ailleurs une stratégie connue du capitalisme : avoir un fort taux de chômage permet de faire pression sur ceux qui ONT un emploi pour qu’ils soient tellement « contents » qu’ils ne réclament ni augmentation de salaire, ni amélioration des conditions de travail, de chômage, de retraite ou même de transport, d’éducation et de soins de santé).

      Le reste du raisonnement reste valable : la terreur entraîne la recherche d’un bouc émissaire, ce bouc émissaire (l’immigration qui, effectivement, peuple les couches inférieures du confort moderne) est soufflé par ceux qui ne veulent pas être rendus responsables et, finalement, le racisme du FN est surtout une conséquence indirecte (bien que grave) du capitalisme. Macron et ses copains en étant la principale cause. C’est mon opinion en tout cas, mais je peux me tromper...

      Néanmoins, revenons aux plus pauvres...

      Depuis quelques semaines j’ai parfois eu du mal à expliquer pourquoi je m’abstenais, quel était le calcul, la motivation etc. Et puis hier soir, je suis allé voir (en retard par rapport à tout le monde), I, Daniel Blake, le dernier film de Ken Loach. En sortant de ce film, j’ai compris rétrospectivement pourquoi je n’ai pas voté et pourquoi je ne pourrai jamais voter pour Macron. La politique de Macron et ses amis banquiers est celle qui désespère le monde, qui donne envie, au choix, de pleurer, de tuer, de se suicider et/ou de voter FN. On a gagné 5 ans, mais on a pris le plus court chemin pour s’y rendre...

      #Ken_Loach #Cinéma #Daniel_Blake

      https://seenthis.net/messages/534010
      https://seenthis.net/messages/539415
      https://seenthis.net/messages/542080
      https://seenthis.net/messages/596365

      Et la réalité dépasse clairement la fiction :

      Prison ferme pour vol d’une valeur de 20 euros
      Le Figaro, le 25 avril 2017
      https://seenthis.net/messages/593354

      #Justice #Injustice #Vol #Prison

    • Je dis tout ça, et je m’aperçois qu’au même moment, l’équipe de #Osons_Causer (quoi qu’on en pense) dit à peu près la même chose ici :

      10.6 millions d’électeurs FN : Diaboliser ou entendre ?
      Osons Causer, Youtube, le 10 mai 2017
      https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII

      Critiqué là :
      https://seenthis.net/messages/597540

      Avec des références, ce qui donne (je n’ai pas tout lu) :
      https://seenthis.net/messages/597642

    • Donc je suis convaincu que Macron n’est pas la solution à Le Pen. Macron est la cause de Le Pen, et celui qui jette de l’huile sur son feu. Pour combattre le racisme de Le Pen, il faut combattre sa source qui est, selon moi, dans l’ultralibéralisme de Macron. Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme, car pendant ce temps, plus de 7 millions de Français ont rejoint le vote FN. Ce sont ces 7 millions de Français qui devraient poser question. Toute solution cherchée ailleurs, chez les abstentionnistes par exemple, est d’une myopie qui, me semble-t-il, ne résoudra rien, ni à court ni à long terme...

      Tout à fait @sinehebdo et je suis persuadée que combattre le racisme c’eut été de voter au premier tour pour le programme le plus égalitaire, celui de L’avenir en commun de la France Insoumise même si on éprouvait de l’aversion pour JLM, le meilleur programme selon Jean Gadrey.

      « Pour que les choses soient (encore plus) claires, je n’ai pas voté pour B. Hamon mais pour J.L. Mélenchon. Pour son programme, le meilleur selon mes critères, plus que pour sa personnalité... »
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/05/10/l%e2%80%99echec-de-benoit-hamon-s%e2%80%99explique-aussi-pa

    • Bon, je ne veux pas trop en rajouter sur Tevanian que j’aime bien par ailleurs, et dont j’aime bien aussi la « La mécanique raciste », mais il me semble ici qu’il passe à côté de la question posée.

      Qu’il y ait des racistes pauvres et des racistes riches, et des mécanismes spécifiques, ne fait aucun doute.
      Que le racisme soit au minimum l’un des ressorts du vote FN, ne fait aucun doute non plus.

      La question posée à laquelle il ne répond pas est : y a-t-il d’autres raisons que le racisme qui peut pousser quelqu’un, riche ou pauvre, à voter FN ?

    • Virginie Despentes est d’accord avec Tevanian et les autres... :

      #Virginie_Despentes : “Ma colère est une colère de vaincu”
      Nelly Kaprièlian, Les Inrocks, le 26 mai 2017
      https://seenthis.net/messages/601851

      D’après toi, les gens votent FN par détresse ou par ignorance de ce qu’est vraiment ce parti  ?

      Je ne crois pas trop à l’ignorance dans ce pays. Je ne crois pas que le vote FN soit un vote contestataire, c’est un vote raciste, un vote pro-répression policière, un vote pro-torture, un vote de gens qui croient qu’il suffit de taper fort pour que tout rentre dans l’ordre. Un vote d’enfant qui croit qu’il faut que papa soit autoritaire et qu’alors tout va bien se passer. Il me semble que les électeurs FN imaginent que ça ne va s’appliquer qu’aux délinquants ou aux Arabes, et comme on leur explique que le problème en France, c’est pas la pauvreté et la confiscation des richesses, mais les Arabes, ils se disent que ça ira mieux.

      #paywall

    • Je copie à la main une autre citation de la fin de l’entretien, qui contredit (il me semble) la précédente :

      C’est clair que je suis plus en colère.
      La crise de 2008, on commence seulement à comprendre qu’elle est sous-tendue par une théorie. Dans La Stratégie du choc, Naomi Klein écrit sur les théories de Chicago : si un groupe est choqué par une tempête, ou un attentat, et si tu provoques un deuxième choc, les gens feront ce que tu veux, un gouvernement pourra faire passer toutes les lois qu’il veut, ils ne réagiront pas. Je pense que c’est concerté ; les plus riches ont décidé de nous faire une guerre, ce que dit aussi la sociologue Monique Pinçon-Charlot. Je suis furieuse de ne pas l’avoir compris à ce point-là, et furieuse car ça provoque la montée des populismes en Hongrie, en Pologne, en France.

      Alors, le Vote FN, contestataire ou raciste ?

    • Pourquoi c’est forcement l’un à l’exclusion de l’autre ? Les personnes subissant la stratégie du choc décrit par Naomi Klein ET qui sont racistes votent FN. Les gens qui subissent la même chose mais ne sont pas racistes ne votent pas FN. Et il y a des gens qui ne subissent pas la stratégie du choc mais en bénéficient largement et qui sont racistes et qui votent FN. Le gros de l’electorat FN ce sont les commerçants, les militaires, les flics, les agriculteurs et après tout ca il y a des ouvriers.

      S’en ficher du racisme au point de voter FN pour être prétendument contestataire c’est être raciste. Voter FN c’est choisir un vote réactionnaire qui est aussi une regression pour les femmes et la persecuution des homos assurés. Les gens qui choisissent de contester de cette manière ne peuvent pas être dispensé du caractère raciste (sexiste et homophobe) de leur choix.

    • La crise de 2008, on commence seulement à comprendre qu’elle est sous-tendue par une théorie.

      Vraiment ?
      Je trouve cela particulièrement lent à la détente, parce qu’il suffit d’être du côté de la cognée pour comprendre très très vite de quoi il en retourne vraiment : https://blog.monolecte.fr/2008/10/09/ceci-nest-pas-une-crise

      Pour le racisme et le FN, ça marche tant que tu penses que le FN est raciste. Si tu as un tout petit peu d’historicité, tu sais que le FN est raciste, mais…

      Le markéting politique, ça marche. Pas tout le temps (hein, Fillon, mais la marche était tout de même vachement haute !) et pas sur tout le monde, mais ça marche.
      Donc oui, le #pinkwashing de Marine Le Pen a marché et il faut avouer que les médias industriels l’ont bien aidée en banalisant totalement son parti. Bien sûr, pas sur tout le monde, mais quand même. Il y a aujourd’hui des gens racisés qui pensent réellement que le Pen fille n’est pas sous-tendue par une pensée raciste et qui croient en toute bonne foi qu’elle s’est vraiment fritée avec son père pour des questions idéologiques (et non stratégiques). Y a des gens qui pensent que le FN sera totalement normalisé quand le père Le Pen passera l’arme à gauche. Il y a des jeunes qui ne connaissent pas la vie et l’œuvre du père Le Pen, qui ont une éducation historique limitée et qui trouvent dans le FN un parti accueillant pour les jeunes. Y a même des gens qui croient que le FN est vraiment un parti populaire, c’est à dire, préoccupé par le petit peuple et qu’il a un programme social.

      Ne pas oublier non plus le #confusionnisme cultivé avec beaucoup de soin et de cynisme par l’extrême droit en général et le FN en particulier : quand on voit les empoignades que ça a pu créer chez des gens politisés, éduqués et prévenus, je ne vois pas comment ça n’aurait pas fait des ravages dans la population que l’on va qualifier de moins attentive, ceux qui s’informent devant TF1 ( France 2 ou M6) et se distraient devant Hanouna, par exemple. D’ailleurs, leur rhétorique #anti-système a tellement bien marché que tout le monde s’en est emparé pour grappiller des voix, avec le succès que l’on connait. Donc, ce serait bien de ne pas négliger l’efficience de la #propagande de #banalisation et de confusion que nous nous tapons depuis des années.

      Ne pas négliger non plus le fait que comme un bateau qui coule, tout le landernau politique donne sévèrement de la gite à droite, ces derniers temps et que quand tu entends un Premier ministre socialiste tenir publiquement et revendiquer des propos délibérément racistes, avec l’approbation plus ou moins prononcée d’une part des classes politiques et médiatiques, il y a de quoi être confus quant à ce qui définit le #racisme : « Bah, c’est pas raciste de dire que les gitans, c’est tous des voleurs, hein, tout le monde sait ça ».
      De la même manière que nos #institutions sont à présent et de manière évidente, devenues profondément racistes : pour qu’on s’émeuve des crimes policiers contre les racisés, il a fallu qu’un gars se prenne 10 cm de matraque dans l’anus… Rien que d’énoncer les faits me file le vertige. Et encore, j’ai comme l’impression que l’émotion est bien passée et que tout le monde trouve plus ou moins normal aujourd’hui que les racisés risquent tout le temps d’être brutalisés ou tués par la #police. De la même manière que la plupart des gens ne s’émeuvent pas plus que cela du fait que les racisés prennent systématiquement des peines de prison fermes pour des délits mineurs quand les blancs prennent du sursit pour des faits plus lourds et que les riches ne sont jamais inquiétés, même pour des crimes.

      Tout cela est devenu banal, normal, tout comme tout le monde s’est habitué à l’idée qu’à une #manifestation, tu prends le risque réel et tangible d’être grièvement blessé…

      Donc oui, le FN est un parti raciste, oui les racistes continuent à voter massivement et fidèlement pour ce parti qui leur correspond, mais non, ce n’est pas la seule composante de l’électorat FN. Eh oui, des gens croient sincèrement que le FN n’est pas raciste, mais que cet honorable parti fait l’objet d’une campagne de dénigrement organisé par les #merdias (ce mot est un indicateur encore plus précis que celui d’anti-système) qui veulent saboter le seul parti anti-système !

      Oui, ne pas oublier que le #complotisme et la #victimisation font aussi partie de la #stratégie de #contamination des esprits du FN…

    • Ne pas négliger non plus le fait que comme un bateau qui coule, tout le landernau politique donne sévèrement de la gite à droite, ces derniers temps et que quand tu entends un premier ministre socialiste tenir publiquement et revendiquer des propos délibérément racistes, avec l’approbation plus ou moins prononcée d’une part des classes politiques et médiatiques, il y a de quoi être confus quant à ce qui définit le #racisme.

      Ah oui, on peut affirmer que lorsque le bateau société fait eau de toute part, le Landernau politique (et l’opinion par conséquent) se réfugie à tribord. Les « bons-vieux » fantasmes de retour à « l’ordre et à la morale » ne mourront jamais complètement.
      La plus grande confusion s’est emparée de l’équipage et des passagers mais ce qui définit le racisme n’a pas changé : c’est principalement ceux ou celles qui le définissent qui sont à la ramasse.

    • Perso je ne comprends pas comment le FN est banalisé. Tout ce que j’ai vu c’était des journalistes qui cognaient de manière agressive sur des représentants du FN qui étaient invités, contrairement à toutes les autres formations politiques. L’auditeur de radio (ou de télé j’imagine) qui en a marre et qui veut tout changer, je le trouve pas idiot de se dire que le parti anti-système c’est le FN vu le traitement médiatique qui en est fait.

    • Je suis d’accord avec la confusion qu’il y a avec le mot racisme aujourd’hui et l’impacte de la TV. J’ai pas la TV et les seuls personnes susceptibles de voter FN que je croise dans la vie sont dans la bourgeoisie, du coup j’ai une vision probablement déformée des choses.

      Admettons que les programme à la Hanouna influent sur la normalisation des idées du FN, faut quand même être à la base homophobe et sexiste pour regarder ce programme et s’en divertir. Qu’il y ai beaucoup de personnes des classes populaires qui regardent ca c’est possible mais faut déjà être des classes populaires ET homophobe pour trouver ca amusant. Et je pense pas que être de classe populaire implique automatiquement d’être homophobe ou que l’homophobie soit plus rependue chez les classes populaires que dans les autres classes. Par contre il faut être homophobe pour trouver « l’humour » de cette émission divertissante.

      Je pense qu’il est important de parler du racisme, de la xénophobie, (et aussi sexisme, homophobie) le définir et rappeler l’historique du racisme au sein du FN, et de surtout pas faire comme si la spécificité du FN ne reposait pas là dedans. C’est la clé du problème. Si il y a quelques ouvriers qui sont ignorants du racisme du FN il faut les en informé et pas faire comme si le FN n’était pas/plus raciste. J’ai l’impression que le fait de parler en terme de « contestation OU racisme » ou dire que le vote ouvrier FN pourrait ne pas être raciste (+sexiste+homophobe+) c’est encore banalisé le FN. Même pensé sérieusement que le FN soit un vote contestataire ca me dérange. C’est pas vraiment ce que j’appellerai « contestataire » ou alors c’est de la contestation « réactionnaire » car le FN est un parti qui prône un retour vers un système et des valeurs traditionnelles.
      J’ai pas de contacte avec ces ouvriers qui votent FN et ne savaient pas que c’était un parti raciste, sexiste, homophobe dont le programme est réactionnaire. Peut être qu’ils sont nombreux, mais je peu pas croire que ce soit vraiment le cas. Je pense que les gens (ouvriers ou pas) comprennent très bien le fond de ce qu’est la « préférence nationale » et que ceux qui votent FN entendent profité de leur privilèges au détriment d’autres personnes. Qu’ils fassent les hypocrites ou qu’ils soient dans le déni de dominants est typique, c’est comme ca que ca fonctionne, mais c’est pas parce que c’est des ouvriers qui se comportent ainsi qu’on devrait jouer le déni qu’ils demandent.

    • J’ai écrit mon message du dessu après celui de @monolecte du coup je suis en retard.

      Sur le fait que les médias ne banalisent pas le FN, j’ai quant même souvent l’impression que le vocabulaire et les thématiques du FN sont banalisées par les partis et les médias. Mais je ne sais pas comment sont traité les candidat·e·s puisque c’est pas le genre de choses que je regarde dans la press.
      Par rapport à la banalisation du FN il y a cet article de libé trouvé ce matin qui me semble exemplaire :
      https://seenthis.net/messages/603160

      edit sur le sois disant éléctorat ouvrier du FN voire ceci https://seenthis.net/messages/603055

    • #racisme (banalisation du) : certains l’assument ouvertement

      Lu ce matin dans la presse locale :

      Un garçon originaire du Rwanda a été insulté, son ami frappé, dans et devant un bar de la rue Bressigny à Angers, dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai.
      Cette nuit-là, les deux amis se rendent dans cet établissement pour boire un verre.
      A peine sont-ils entrés dans le bar qu’ils sont alpagués par un individu, qui s’adresse au garçon blanc (le pote du Rwandais) : « Ton pote, c’est une sous-race. Sa race est inférieure à celle de mon chien ».
      Un autre individu y va de ses remarques : « Vive la race blanche ».
      Propos agrémentés de saluts nazis. Ambiance.

      Après enquête, trois jeunes garçons ont été identifiés et sont convoqués en justice le 28 juin prochain.

      Parmi eux François-Aubert Gannat , fils de Pascal Gannat , chef de file régional du Front national.

      Un détail de poids, au-delà de l’étiquette politique (tiens ? on dirait que l’étiquette politique a quand même de l’importance) , quand on sait que ce même garçon a été condamné pour des faits similaires… deux jours seulement avant ces nouveaux actes !

      En savoir plus sur le lascar :
      https://www.google.fr/search?q=francois+aubert+gannat&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwi5rtaLjZ3UAhXGtBoKHa2JD


  • #seenthis_fonctionnalités : Les thèmes privilégiés d’un.e auteur/autrice

    Grâce aux hashtags et aux thèmes automatiques, Seenthis fabrique une liste (pondérée) des thèmes privilégiés d’une personne. Cela apparaît en colonne de droite de la page d’un.e contributeur.trice. Par exemple :

    Country:France / Continent:Europe / City:Paris / #femmes / Country:Grèce / #sexisme / #Grèce / #racisme / Currency:EUR / #Palestine / #travail / Country:Israël / Country :États-Unis / #Israël / Country:Allemagne / #féminisme / Person:Encore / City:Gaza / Country:Suisse / Country:Royaume-Uni / City:Londres / City:Bruxelles / Person:Charlie Hebdo / Country:United States / #santé / Currency:USD / #prostitution / City:This / Person:Alexis Tsipras / #politique / Country:Israel / Country:Russie / #histoire / #viol / City:New York / #migrants / #cartographie / #photographie / Country:Espagne / #écologie / Company:Facebook / #inégalités / #réfugiés / Country:Palestinian Territories / Country:Italie / Person:François Hollande / #journalisme / Country:Japon / Continent:Afrique / #art / #culture_du_viol / Country:Syrie / Country:Iraq / City:Athènes / City:Lille / #France / #austérité / #littérature / Person:Manuel Valls / #Suisse / Person:Tony Blair / #misogynie / #éducation / #audio / #islamophobie / Country:Algérie / #plo / #Internet / ProvinceOrState:Cisjordanie / #asile / City:Bonne / #Union_européenne / #cinéma / PublishedMedium:The New York Times / NaturalFeature:Philippe Val / #sorcières / #livre / #revenu_garanti / City:Die / Country:Afghanistan / Person:Hillary Clinton / #photo / #chômage / Country:Danemark / Person:Mona Chollet / Region:Moyen-Orient / #gauche / City:Lyon / Country:Chine / #capitalisme / Person:Jeremy Corbyn / Country:Belgique / #colonisation / #qui_ca / City:Amsterdam / Organization:Académie française / City:London / #violence / Facility:Palestine Square / Country:Liban / #discrimination / #shameless_autopromo / #médecine / Company:Google / #radio / Country:Pays-Bas / Organization:Hamas / ProvinceOrState:Bretagne / ProvinceOrState :Île-du-Prince-Édouard / #société / City:Munich / #domination / City:Nice / City:Cologne / #Europe / Organization:Sénat / #nourriture / Region:Proche-Orient / Person:Christiane Taubira / Country:Suède / Organization:White House / Person:Donald Trump / Person:Laurence Rossignol / Company:Le Monde / #voile / #historicisation / Continent:America / #childfree / Person:Arnaud Leparmentier / #revenu_de_base / #théâtre / ProvinceOrState:Québec / Person:Philippe Rivière / #imaginaire / City:Strasbourg / Country:Finlande / City:Venise / #migrations / #Etats-Unis / Country:Arabie saoudite / City:Jerusalem / #Gaza / Country:Greece / City:Beyrouth / City:Toulouse / #islam / City:Marseille / Person:Mark Regev / Country:Grande-Bretagne / Person:encore / #Genève / City:Ramallah / #temps / #géographie / #sexe / Person:Osez / Country:South Africa / #patriarcat / Country:Pakistan / City:Bordeaux / #urbanisme / Person:Richard Malka / Person:Frédéric Lordon / Continent:Amérique / Company:The Guardian / #occupation / Person:Alain Juppé / Person:Denis Robert / Region:Méditerranée / PublishedMedium:The Guardian / #science / #BDS / City:Damas / Person:Peter Brook / City:Oslo / City:Dublin / #violences_sexuelles / City:Pomerol / City:Juif / Person:Paul Guers / City:Mayenne / #laïcité / Person:Jean-Luc Mélenchon / #censure / Organization:Tsahal / Person:Daniel Schneidermann / Organization:United Nations / Country:Bolivie / Position:Prime Minister / #domination_masculine / City:Nesle / Person:Virginia Woolf / ProvinceOrState:Maine / City:Montsoreau / Person:Jean-Louis Barrault / Person:Paul Dutron / Person:Lino Ventura / Person:Max Weber / City:La Tour / Company:Charles Oulmont /

    À une époque, on avait un gadget trop mignon : on pouvait balancer ça d’un clic sur Wordle pour obtenir une représentation graphique (ici @odilon) :
    https://www.flickr.com/photos/odilodilon/6684464421

    Flickr


  • « Les femmes ont pour injonction de ne pas prendre trop de place »
    http://jefklak.org/?p=3373

    Entretien avec Mona Chollet Propos recueillis par Claire Féasson La question de l’émancipation des femmes est loin d’être résolue. Mona Chollet est de celles qui s’attachent à décrypter les mécanismes persistants d’infériorisation des femmes. Dans Beauté fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation (...) — Textes, Entretien, Féminisme