person:murray bookchin

  • Vie de Murray Bookchin

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Vie-de-Murray-Bookchin

    Janet Biehl
    Écologie ou catastrophe. La vie de Murray Bookchin

    Murray Bookchin (1921-2006), militant écologiste américain, théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire adopté et appliqué depuis quelques années au Kurdistan syrien, est peu connu en France. Janet Biehl, collaboratrice et compagne de ses dernières années, fidèle à sa promesse, retrace sa vie tout en présentant son importante œuvre théorique.

    Elle raconte comment sa grand-mère maternelle, militante russe du Partage noir, de la redistribution des terres avant de fuir les pogroms et de se réfugier à New York en 1913 avec son mari et leurs enfants, l’influença très tôt par ses récits et lui transmit la tradition révolutionnaire russe. En août 1927, après l’exécution de Sacco et Vanzetti elle lui dira : « Voilà ce que le capitalisme fait aux hommes ! N’oublie jamais ! » (...)

    #Murray_Bookchin #Janet_Biehl #écologie_sociale #anarchisme #États-Unis #Rachel_Carson #municipalisme_libertaire #Rojava #confédéralisme_démocratique #Pinar_Selek


  • Murray Bookchin, l’utopie anarchiste au prisme de l’écologie | Ernest London
    https://reporterre.net/Murray-Bookchin-l-utopie-anarchiste-au-prisme-de-l-ecologie

    Murray Bookchin (1921-2006) était un militant écologiste étasunien, théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Janet Biehl, collaboratrice et compagne de ses dernières années, fidèle à sa promesse, retrace sa vie tout en présentant son importante œuvre théorique dans « Écologie ou Catastrophe ». Source : Reporterre

    • Le bouquin « Bâtir aussi » est selon ses auteur-es parti de discussions autour d’un ouvrage de Murray Bookchin.

      https://antemonde.org/textes/postface-batir-aussi

      À l’automne 2011, les éditions Tahin party envisagent une réédition de l’article «  Vers une technologie libératrice  », écrit par Murray Bookchin en 1965 et publié une première fois dans son recueil Pour une société écologique. Pour compléter ce texte avec des réflexions plus actuelles, nous nous penchons à quelques-unEs sur cet imaginaire qui décrit une société autogestionnaire, écologique et postcapitaliste, et sommes particulièrement touchéEs par l’enthousiasme de l’auteur pour les questions techniques. Un enthousiasme à détailler les solutions matérielles déployées par ses Communes, pour produire les nombreuses choses dont chacunE a besoin. Un enthousiasme pour décrire l’imbrication de la production agricole et artistique, du travail et de la vie, depuis la mise en place de petites usines métallurgiques… jusqu’aux microcentrales nucléaires.

      Notre travail ne s’est pas uniquement nourri de nos questions mais aussi de nos désaccords. Nos polémiques, nos imaginaires en conflit, nous ont donné l’inspiration d’une réalité tout en mouvements et en divergences. Des vies pleines de contradictions et de contrariétés, où chacunE se verrait contraintE à dépasser ses limites et à en formaliser d’autres. Notre passion pour les pratiques autogestionnaires et anti-autoritaires, notre volonté de fabriquer des consensus et de penser les rapports de force, nous ont pousséEs à imaginer des mondes où chacunE pourrait trouver des prises vers l’émancipation.

      La fiction nous a permis d’ouvrir quelques fenêtres sur des existences collectives, vastes et complexes, mais sans ériger de programme, en projetant seulement des fragments nourris de notre passion pour la bidouille.

      Cette expérience à plusieurs mains n’est qu’une esquisse, quelques épisodes. Nous espérons que notre enthousiasme sera contagieux et que d’autres voudront tirer des fils, pour que ça continue à tenir.

      #science-fiction #livre #éducationPopulaire #féminisme #anarchisme #murrayBookchin #antemonde #atelier



  • BALLAST | L’abécédaire de Murray Bookchin
    https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-murray-bookchin

    On sait les méfaits du mode de production capitaliste et du productivisme sur les écosystèmes : océans acidifiés, biodiversité des sols dévastée, sixième extinction de masse1, montée des eaux… On sait les déroutes du siècle dernier en matière de résistance audit capitalisme : débâcle mondiale du communisme d’État, échec des soulèvements anarchistes, mise au pas définitive du réformisme social. Inutile de critiquer plus encore l’état des lieux : parlons plutôt des portes de sortie. L’Américain Murray Bookchin, disparu en 2006, est l’une des figures de premier plan de l’écologie sociale. Il est également, on l’a vu, le « fondateur » du municipalisme libertaire (ou communalisme) : renvoyant dos à dos les mythes du Grand Soir et du « chacun sa part », ce projet à vocation révolutionnaire et écologiste aspire à dépasser le marxisme et l’anarchisme tout en reconfigurant la société de bas en haut, commune par commune, par la démocratie directe. Retour, en 26 lettres, sur une œuvre à rebours.


  • Le narcissisme pathologique de la civilisation (par Nicolas Casaux) – Le Partage
    http://partage-le.com/2018/07/le-narcissisme-pathologique-de-la-civilisation-par-nicolas-casaux

    Le 4 mai 2018, à l’université de St. Olaf, dans le Minnesota, aux États-Unis, Noam Chomsky a prononcé un discours organisé autour, selon lui, de « la plus importante question jamais posée dans l’histoire de l’humanité », à savoir « si oui ou non la vie humaine organisée survivra », sur la planète Terre, aux nombreux problèmes de notre temps, qui se posent de manière urgente, sur le court terme plutôt que sur le long.

    Dans une tribune récemment publiée sur le site du journal Libération, Élise Rousseau, écrivaine naturaliste, et Philippe J. Dubois, écologue, affirment que la « destruction de la nature » est un « crime contre l’humanité ». Il fallait oser. Cela revient grosso modo à dire que la destruction des abeilles (et de tout ce qui vit) est un crime contre Monsanto, la destruction du golfe du Mexique un crime contre BP, la destruction de Bornéo un crime contre Ferrero, etc.

    Ce qui relie cette tribune de Libé au discours de Chomsky, c’est une même perspective culturelle, quasi hégémonique aujourd’hui, qui considère que l’humanité (et plus précisément : la civilisation) est la principale (la seule  ?) chose dont l’humanité (la civilisation) devrait se soucier. Stratégie discursive ou véritable conviction  ? La question est ouverte. Seulement, quoi qu’il en soit, l’idée est mauvaise.

    #civilisation #effondrement

    • Sans cette dévalorisation de l’autre, cette absence d’empathie, de préoccupation pour l’autre, pour les autres (espèces vivantes), nous ne serions pas, en tant que culture, en train de dévaster la planète et d’exterminer ses habitants non humains. Sans cette absence d’empathie, de préoccupation pour l’autre, pour les autres (êtres humains), nous ne serions pas, en tant que culture, en train d’asservir et d’exploiter notre prochain de manière systémique. Une des principales raisons pour lesquelles nous en sommes rendus dans la situation désastreuse où nous sommes aujourd’hui correspond donc au narcissisme et à la psychopathie culturels de la civilisation industrielle. C’est parce que, de manière systémique (culturelle), nous ne nous soucions pas des autres (êtres humains ou espèces non humaines), mais seulement de nous-mêmes (l’individualisme de nos sociétés modernes), que nous les exploitons ou que nous les détruisons.

      Une question se pose alors, très différente de celle dont Chomsky affirme qu’elle est la plus importante de l’histoire de l’humanité : tandis qu’elle extermine les espèces vivantes à une cadence inégalée depuis qu’une météorite s’est écrasée sur la planète il y a plus de soixante millions d’années, à quel point est-il indécent et dément pour la civilisation (ou pour la vie humaine organisée) de continuer à se lamenter sur son seul sort  ? En réduisant, dans l’intention de la faire cesser, la destruction de la nature à un problème pour l’humanité (et plus précisément, pour l’humanité industrialisée), les auteurs de la tribune de Libé font appel à ce même narcissisme qui l’encourage en premier lieu. S’il y a un fond de vérité à la fameuse citation d’Einstein selon laquelle « on ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celle qui l’a créé », alors, en toute logique, cela n’a aucune chance d’aboutir.

      J’ai quand même l’impression qu’il court deux lièvres à la fois en dénonçant et la défense de la civilisation (en rappelant que la civilisation, c’est l’État et que beaucoup d’être humains ont vécu et tentent encore de vivre sans) et l’#anthropocentrisme. Ça se voit dans l’extrait ci-dessous où on passe sans transition des non-humains aux « peuples indigènes »...

      Que des milliards de non-humains meurent chaque année, directement ou indirectement tués par la civilisation industrielle, qui pollue, contamine ou détruit par ailleurs tous les écosystèmes du globe, et dont l’expansion mortifère anéantit inexorablement, aujourd’hui encore, les peuples indigènes qui subsistent, ça ne pose pas problème, ça n’incite pas à agir. Que la destruction planétaire entreprise par la civilisation industrielle finisse par se retourner contre elle — Mon dieu, nous allons y passer nous aussi  ! — ça, c’est inadmissible. Il faut agir  ! Vite, sauvons notre peau.

      Moi qui suis assez branchée « écologie sociale » et qui vois le problème d’un conservationnisme masculin, blanc et bourge, j’ai envie de faire le tri dans ce gloubi-boulga plein de choses intéressantes. Oui, on a une sérieuse dérive anthropocentrique de la part des écologistes et plus aucun questionnement éthique. Mais un des buts que nous pouvons nous assigner, c’est celui d’une vie sur Terre vivable par tou·tes et pas seulement la conservation d’un système qui se porte mal, certes, mais qui est assez résilient pour se remettre de son problème humain (ça me rappelle un dessin de Terre malade qui explique qu’elle a chopé l’humain) dans des temps assez courts, genre quelques centaines de milliers d’années.

      C’est important, de prendre un peu de recul et de débusquer quand l’anthropocentrisme devient indécent, de remettre un peu d’éthique dans notre écologie, mais c’est à prendre avec des pincettes, comme les discours d’Yves Paccalet
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Paccalet
      auteur de l’inoubliable L’humanité disparaîtra, bon débarras.

    • Oui certes, beaucoup de remue-méninge dans cet article angoissé et cependant les deux derniers paragraphes semblent laisser entrevoir une lueur, celle mise en évidence par Murray Bookchin avec son concept d’"écologie sociale", justement. Quant à savoir si c’est un bienfait pour « la planète » que l’humanité disparaisse (totalement ou du moins sous sa forme organisée), je pense que nous n’aurons jamais la réponse, ni nous à notre échelle de vie ni les générations survivantes à venir. Car même si les membres de cette humanité restreintes continuent à (se) raconter des histoires et à les transmettre, de là à ce que ces nouvelles « cultures » fassent le tour de la planète en quelques semaines et imprègnent les pensées de toutes et tous comme c’est actuellement le cas, non, ce ne sera plus possible. Donc, là non plus, pas la peine de creuser dans ce genre de sillon, nous n’avons d’autres choses plus utiles à faire.


  • Éloges des mauvaises herbes - Ce que nous devons à la ZAD
    https://bibliothequefahrenheit.blogspot.com/2018/06/eloges-des-mauvaises-herbes-ce-que-nous.html#more

    Par Ernest London

    Écrit dans l’urgence de l’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ce livre regroupe les textes de seize personnalités intellectuelles, littéraires et artistiques cherchant à penser l’importance de ce qui se joue là.

    La puissance publique dévoile sa faiblesse en affirmant, menaces et destructions à l’appui, qu’elle ne peut tolérer sur son territoire un espace qui fabrique d’autres mondes, explique Jade Lindgaard, coordinatrice de l’ouvrage et journaliste à Mediapart. « La loi protège la propriété privée et l’agriculture polluante. »

    David Graeber, auteur de la préface, prévient que ce livre est « une des nombreuses armes dont nous avons besoin pour défendre la pérennité sur le long terme de cette expérience si singulière » tant ceux qui remettent en cause l’équilibre actuel ne doivent jamais être perçus comme victorieux. « Des alternatives aussi visibles font voler en éclat l’idée que, en dépit de la répétition des crises, le système actuel doit absolument être rafistolé afin de conserver le statu quo. »

    Il présente la ZAD comme expérience de « politique préfigurative », à beaucoup plus petite échelle mais comparable à celle des zapatistes du Chiapas et des kurdes du Rojava. Convaincu que le système s’effondre et que dans cinquante ans le capitalisme n’existera plus, peut-être remplacé par quelque chose de pire, il affirme qu’il est de notre devoir d’empêcher la machine militaire et bureaucratique de broyer ceux qui essayent de penser à ce à quoi un monde meilleur pourrait ressembler.

    La préfiguration c’est « relever avec constance le défi de se comporter les uns vis-à-vis des autres comme nous le ferions dans une société véritablement libre », ce qui est l’exact contraire de l’idée que la fin justifie les moyens !

    La contribution de Virginie Despentes pourra dérouter. Si elle comprend bien en quoi la ZAD est un grain de sable qui enraye la propagande affirmant qu’ « il n’y pas d’alternative », elle imagine une multiplication de tels lieux qui serviraient de refuge aux précaires, aux « manants », d’aujourd’hui et de demain ! Elle semble, pour sa part, admettre le statu quo comme irrémédiable.

    John Jordan, artiste-activiste résidant sur la ZAD met en avant la « culture de la résistance » particulière qui y a pris forme et rappelle que tout ce que nous avons obtenu l’a été grâce à la désobéissance. Il insiste sur l’importance de produire nos propres récits des luttes que nous vivons. Il a vu se mêler ici la résistance et la création, le combat et la construction. À Nicolas Hulot qui prétend que « l’écologie ce n’est pas l’anarchie », il rappelle que les premiers théoriciens de l’écologie furent précisément des anarchistes : Élisée Reclus pour qui l’être humain est la nature prenant conscience d’elle-même, Pierre Kropotkine qui promut l’évolution comme coopération et non seulement comme compétition, et plus tard Murray Bookchin qui développa le concept d’écologie sociale pour éviter l’effondrement écologique en nous débarrassant de toutes formes de domination.

    Il explique pourquoi « la séparation opérée entre l’individu et le tout est une fiction » et que « seuls les comportements qui font place sur le long terme à la fertilité et à la diversité de l’écosystème tout entier pourront se perpétuer ». La défense de la ZAD est une lutte pour les communs contre la propriété privée. « C’est un combat pour l’avenir, un combat que nous ne pouvons pas perdre. »

    « Cette action militaire, la pire [en France] depuis au moins 1968, est évidemment une violation du droit des citoyens qui ouvrent les chemins d’une transition écologique et économique pour nous sortir de cette voie sans issue faite de cupidité, de violence, d’inégalité et de non-durabilité vers laquelle les puissances économiques et politiques poussent l’humanité et la Terre. » L’activiste indienne Vandana Shiva est catégorique : « Cette violence revient à effacer l’avenir. »

    Les collectifs qui s’expriment sur la ZAD ont pris conscience de leur pouvoir à être « le changement que nous voulons voir dans le monde » selon la formule de Gandhi. Leurs actes sont criminalisés tandis que les crimes contre la nature et les personnes sont protégés par la force armée. Le gouvernement français devrait y envoyer ses jeunes pour leur apprendre à vivre dignement, en paix avec la terre, plutôt que ses Robocops.

    La ZAD est un mouvement de « réappropriation de nos communs » qui sont des « formes démocratiques de gouvernance ».

    Olivier Abel, professeur de philosophie, avoue ne s’être pas intéressé à Notre-Dame-des-Landes avant l’intervention du 9 avril. La disproportion des moyens mis en oeuvre lui fait alors comprendre que nous ne sommes plus dans une société politique où les lois peuvent être contestées voire transgressées au moins symboliquement et marginalement, mais dans une « société bétaillère », une « société technologique ». 

    De la même façon, Geneviève Pruvost, sociologue du travail… et de la police, interprète ces opérations policières massives à caractère militaire comme une mise à nue des priorités politiques du gouvernement car cette « résistance au progrès et au confort moderne », cette « forme de lutte d’une sidérante simplicité, à la portée de tout le monde peut se répandre comme une trainée de poudre, sans coup férir ».

    Bruno Latour, professeur à Sciences Po, surprendra pas sa naïve injonction à l’État d’accepter les enseignements des zadistes en matière de développement des territoires.

    Christophe Bonneuil, directeur de recherche en histoire au CNRS, remet en perspective ce conflit comme « la radicalisation d’une guerre des mondes » entre les « modernisateurs » qui se conçoivent comme séparés de la nature, et les « terrestres » qui assument leur appartenance à la terre et expérimentent des formes avancées d’émancipation et d’autogestion démocratique.

    Starhawk, activiste et écoféministe américaine qui se présente comme sorcière, résume en un texte bref et incisif l’enjeu : « Maintenant les communs veulent reconquérir cette terre. » « Les paysans traditionnels et les anarchistes ont uni leurs forces pour revitaliser la terre, pour faire pousser de la nourriture, pour construire des structures sauvages et créatives, et pour offrir l’hospitalité à tous. Un tel rêve représente une menace existentielle pour un ordre mondial qui exige que tout soit objectivé, quantifié, monétisé. Mais ce monde-là est en train de tous nous tuer. »

    Kristin Ross qui connait bien la ZAD pour s’y être rendue de nombreuses fois analyse cette « accumulation d’expériences, de solidarités et de partages » qui constitue une telle menace pour le néolibéralisme qu’Emmanuel Macron n’a pas hésité à déchaîner autant de violence. « La ZAD n’est pas une utopie mais une communauté qui fonctionne depuis 10 ans. » Elle contredit « le récit classique selon lequel 68 aurait épuisé et enterré les dernières illusions révolutionnaires et que désormais, faute d’alternative, il faut renoncer à changer le monde. »

    Pablo Servigne, « chercheur in-Terre-dépendant » trouve lui aussi des mots justes : « Notre-Dame-des-Landes est un point clé pour la compréhension de notre époque, c’est le lieux de friction entre l’imaginaire de continuité et l’imaginaire de rupture. »

    Wilfrid Lupano, scénariste de la série BD des Vieux Fourneaux dans laquelle il a imaginé une ZAD, raconte sa visite à la bibliothèque du Taslu et explique qu’à l’heure de la désertification des campagnes, il n’y a pas d’autre territoire rural en France qui attire autant de jeunes désireux d’y construire une vie remplie de sens.

    L’intervention qui tranche le plus dans ce concert d’appels à résister et qui est d’autant plus important, est signée Amandine Gay, cinéaste, universitaire et afroféministe. Elle ne manque en effet aucune occasion de poser frontalement la question raciale et reproche l’attitude qu’Aimé Césaire appelait le « fraternalisme » et qui pollue toujours les milieux alternatifs de la gauche française : les zadistes n’ont pas cherché à nouer des contacts avec les agriculteurs de la Caraïbe ou avec les Amérindiens de Guyane qui se font violemment et illégalement expulser de leur propre terre par exemple, pour inscrire leur lutte au niveau international, pour proposer « une perspective écologique et décoloniale ». La survie de la ZAD pendant neuf ans est l’expression même d’un « privilège blanc ». Il a fallu la mort de Rémi Fraisse pour que les militants anticapitalistes, écolos et alternatifs blancs se mobilisent massivement contre les violences policières. Loin de critiquer la lutte des zadistes et de leurs nombreux soutiens, elle leur montre la fracture invisible entre les différentes luttes puisqu’ils appellent tant à la « convergence des luttes ».

    Le regard de l’architecte Patrick Bouchain est également fort intéressant. Il rappelle qu’un bail emphytéotique est envisageable pour confier ces terres à ceux qui en réclament l’usage mais pas la propriété, et que leur acte est une désobéissance à la « stupidité républicaine » plutôt qu’à l’ordre républicain qui n’a d’ailleurs pas eu besoin de beaucoup de courage pour s’attaquer à 250 personnes pacifiques. « Avec les cabanes de la ZAD, on a l’exemple d’un habitat contextuel par manque de moyens. Il est rudimentaire, mais il est aussi préparatoire à ce qu’il faudrait faire désormais. C’est une glorification de la liberté de construire. »

    Enfin, l’écrivain d’anticipation Alain Damasio imagine dans une longue nouvelle, notre monde en 2041 alors que les grandes villes, après les stades, ont été rachetées par des marques et que les ZAD se sont multipliées (87 en France et 364 en Europe). Notre-Dame-des-Landes a été vendue aux enchères par morceaux. Attachés aux arbres, six mille personnes ont sauvé la forêt. « L’usage fonde le droit, il n’en dépend pas. L’usage c’est ce qui fait que le portenaouak et le tout-à-l’égo ne viennent pas remplacer le diptyque argent+propriété qui fonde l’ordre dégueu du capitalisme qu’on a dégagé de nos vies. » « Ils pacifient, nous opacifions. Nous sommes l’ombre de leurs nombres, le zéro de leur réseau ; la friche de leurs chiffres. » La grande vertu de ce genre littéraire est de donner à voir le futur, même proche, d’inviter à réfléchir autrement, à se projeter un peu plus loin. C’est réussi.

    Étrange sensation que de sauter ainsi d’un point de vue à l’autre. L’exercice permet finalement de les confronter tour à tour à son propre avis, d’approfondir ses réflexions, de les porter à ébullition, et donnerait presque envie de jeter quelques notes personnelles sur les pages blanches finales. Malgré quelques bénéfiques divergences, le constat est unanime : c’est bel et bien un épisode de la guerre civile en cours qui se joue là, l’écrasement d’une preuve bien vivante qu’un autre monde est possible. C’est pourquoi, même si cet ouvrage ne le dit pas, il faut rejoindre les Comités de soutien de la ZAD, aller y faire un tour, apporter sa pierre à l’édifice, reconstruire ce qui a été détruit, écouter aussi la parole de ceux qui y vivent.

    Éloges des mauvaises herbes - Ce que nous devons à la ZAD
    Alain Damasio, Virginie Despentes, David Graeber, Bruno Latour, Pablo Servigne, Vandana Shiva, Kristin Ross, Olivier Abel, Christophe Bonneuil, Patrick Bouchain, Amandine Gay, John Jordan, Wilfried Lupano, Geneviève Pruvost, Nathalie Quintane, Starhawk
    Coordonné par Jade Lindgaard
    210 pages – 15 euros
    Éditions Les Liens qui libèrent – Paris – Juin 2018
    http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-%C3%89loge_des_mauvaises_herbes-9791020906427-1-1-
    Les recettes des ventes de ce livre iront aux activités développées sur la ZAD

    #ZAD #NDDL #vivre_la_commune #communs #territoires


  • Mai 1968-2018 : prendre la parole, encore et toujours

    Actualité de Mai-68

    Par Daniel Blanchard

    Photos de Bruno Barbey

    http://jefklak.org/mai-1968-2018-prendre-la-parole-encore-et-toujours

    Avant de partir aux États-Unis rejoindre le penseur écologiste libertaire Murray Bookchin, Daniel Blanchard s’engagea pleinement dans le mouvement du 22-Mars, puis dans les comités d’action durant le bouillonnant printemps français de 1968. Proche un moment de Guy Debord, avec qui il rédige en 1960 les Préliminaires pour une définition de l’unité du programme révolutionnaire, Blanchard est aussi un membre actif de Socialisme ou Barbarie (1949-1967), organisation révolutionnaire et revue héteromarxiste, anti-stalinienne avant l’heure, fondée par Cornelius Castoriadis et Claude Lefort. Cinquante ans après Mai-68, loin des commémorations ronflantes et matraquantes des « évènements », Daniel Blanchard livre dans Jef Klak son regard singulier sur ce moment radical de réappropriation de la parole. Un texte qui éclaire le mouvement social en cours, plus que jamais en proie à l’autoritarisme du pouvoir étatique.


  • Mai 1968-2018 : prendre la parole, encore et toujours
    http://jefklak.org/mai-1968-2018-prendre-la-parole-encore-et-toujours

    Avant de partir aux États-Unis rejoindre le penseur écologiste libertaire Murray Bookchin, Daniel Blanchard s’engagea pleinement dans le mouvement du 22-Mars, puis dans les comités d’action durant le bouillonnant printemps français de 1968. Proche un moment de Guy Debord, avec qui il rédige en 1960 les Préliminaires pour une définition de l’unité du programme révolutionnaire, Blanchard est aussi un membre actif de Socialisme ou Barbarie (1949-1967), organisation révolutionnaire et revue héteromarxiste, anti-stalinienne avant l’heure, fondée par Cornelius Castoriadis et Claude Lefort. Cinquante ans après Mai-68, loin des commémorations ronflantes et matraquantes des « évènements », Daniel Blanchard livre dans Jef Klak son regard singulier sur ce moment radical de réappropriation de la parole. Un texte qui éclaire le mouvement social en cours, plus que jamais en proie à l’autoritarisme du pouvoir étatique.

    #Mai68 #mouvement #Socialisme_ou_barbarie #Debord #Murray_Bookchin


  • Covoiturage : bienvenue dans un capitalisme de crevards
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Covoiturage-capitalisme-de-crevards

    Mais depuis que le covoiturage est devenu une pratique commune, je rencontre plutôt des personnes qui me prennent pour un billet de banque. Les conducteur les plus sympa que je croise désormais, c’est ceux qui ont la fibre commerciale et ont investi dans une plus grosse voiture pour prendre plus de monde et maximiser leur profit. Je finis par adopter le masculin au lieu de l’écriture épicène parce que dans mon expérience (j’ai beaucoup covoituré vers 2010-2011) les conducteurs sont souvent des hommes et les passagères des femmes. Et ça se sent.

    #covoiturage #capitalisme #transport #train


  • Bookchin : #écologie radicale et #municipalisme libertaire
    https://www.revue-ballast.fr/bookchin-ecologie-radicale-et-municipalisme-libertaire

    Murray Bookchin, né en 1921 et décédé en 2006, est très peu connu et très peu traduit en France. Cette amnésie est d’autant plus surprenante que ses travaux furent précurseurs dans des domaines qui occupent aujourd’hui le premier plan de toute réflexion politique : la question du lien entre le capitalisme et l’environnement ; celle de la démocratie directe décentralisée. Sur ces deux thèmes, Bookchin a ouvert des pistes parfaitement intempestives, au sens nietzschéen : d’une inaltérable actualité. Fondateur de l’écologie sociale radicale d’un côté, théoricien du municipalisme libertaire de l’autre, il fut un anarchiste viscéral, soucieux de ne jamais céder devant les tendances nihilistes plus portées sur le mysticisme du retour à la nature que sur la transformation de la Cité. Revisiter ce parcours intellectuel dans le siècle, c’est aussi mesurer la force d’inertie de nos sociétés, leur incapacité à prendre en considération l’urgence écologique et le déficit démocratique autrement qu’en y répondant par l’adaptation de la novlangue néolibérale — verdissement de la finance et autre greenwashing d’un réel qui s’obstine pourtant à aller… mal. Mais surtout, Bookchin offre des pistes positives pour penser le monde à venir, sans renoncement au politique ni naïveté spontanéiste. L’auteure brosse ici à grands traits le portrait d’un homme libre et de son combat pour « résister avec des idées même lorsque les événements inhibent temporairement la capacité à agir¹ ».

    #écologie_sociale


  • texte intéressant qui inscrit les zad dans une histoire politique, loin des clichés véhiculés par les médias, sans parler des délires de certains tentant de faire passer la zad de nddl pour un « vietnam des pauvres » (lire l’hilarant et intelligent article de Télérama : http://www.telerama.fr…/a-notre-dame-des-landes,-le-vietna… )
    par contre il me semble que l’auteur - Guillaume Origoni - ne fait que caresser un aspect politique sans jamais le nommer : l’écologie. il me semble que c’est pourtant un aspect essentiel des zones à défendre... car ce qu’elles défendent c’est aussi un rapport à notre environnement, en questionnant la société productiviste et marchande dans laquelle nous vivons, ainsi que les politiques d’aménagement du territoire. c’est un point de rencontre entre la tradition urbaine de la mouvance libertaire et celle de l’écologie radicale (qui peut parfois être éloignée dans sa vision du monde de celle des libertaires). l’auteur le décrit sans l’écrire quand il parle des zad comme des usines pour « la légitimité et l’identité de l’ultra-gauche actuelle ». car cette identité a du intégrer - ou développer - l’écologie dans son corpus idéologique. on pourrait alors ouvrir les références vers Murray Bookchin (qui irrigue également peut-être moins pour l’écologie que pour le le communalisme libertaire, le combat des Kurdes), vers d’autres expériences de vie collectives comme Tarnac, Longomaï ou la Vieille Valette. il faudrait aussi parler de l’influence qu’ont pu avoir les expériences de campements provisoires contre les frontières (comme le camp no border à Strasbourg en 2002), qui eux-même influencèrent la forme des mobilisations contre les sommets internationaux avec par exemple en 2003 le Village alternatif anticapitaliste anti-guerres (vaaag) à Annemasse, en plein mouvement altermondialiste. ces expériences portaient en elles les germes des zad. les questions écologiques étaient déjà fortement inscrites dans les fondations de ces expériences. il y eut d’ailleurs un camp action climat en 2009 à nddl à la suite duquel les premiers zadistes s’installèrent.

    sinon, deux remarques. il me semble qu’il y a une erreur dans ce passage de l’article : « Le gouvernement d’Édouard Philippe semble à son tour inquiet de la charge qui lui incombe quant à la prochaine évacuation des militants restés présents à Notre-Dame-des-Landes, malgré le résultat de la consultation locale qui a dégagé une majorité favorable à l’extension de l’aéroport de Nantes. »
    Quand il parle de la consultation locale, l’auteur parle bien du referendum, on est d’accord ? mais il me semble pourtant que le referendum a donné une majorité à la construction du nouvel aéroport justement, et non l’extension de l’aéroport actuel. à moins que j’ai mal compris ce passage ?

    et plus trivialement (quoi que ?) pourquoi une affiche zapatiste pour illustrer l’article (dans la version publiée sur tempsprésents.com) ? il y aurait certainement bien des choses à dire sur l’influence que le mouvement indigène du sud-est mexicain peut avoir, aussi bien sur les aspects organisationnels, que dans le rapport à l’environnement sur une partie de la mouvance libertaire présente sur les zad. les zapatistes ne sont-ils pas d’une certaine manière à l’origine de la vague altermondialiste quand ils organisaient leurs rencontres intergalactiques, abandonnant la voie historique de la guérilla au sud des usa pour se muer en un mouvement mêlant mouvement armé et mouvement de la « société civile ». en cela la transition du pouvoir militaire de l’ezln vers un pouvoir civil dans les zones zapatistes, symbolisée par la transformation des « aguascalientes » en « caracoles », est révélatrice d’un changement d’époque.

    #zad #nddl

    https://jean-jaures.org/nos-productions/zad-zones-a-defendre-se-defendre-de-qui-pour-defendre-quoi


  • #EcologieSociale • Il sort d’où ce Murray #Bookchin ?

    « Celles et ceux qui, en Europe ou ailleurs, tentaient contre vents et marées, de faire connaître Murray Bookchin, son importance politique au sein des mouvements sociaux américains, son influence sur la pensée anarchiste et libertaire, sont aujourd’hui en partie récompenséEs de leurs efforts.

    Le fait que son nom soit associé à un processus politique en cours en Syrie Nord, au confédéralisme démocratique au Rojava, contribue à rendre à nouveau visible la pensée de l’Ecologie Sociale. Et face à l’écologie libérale et capitaliste, il était grand temps que la supercherie du capitalisme vert, censée répondre à la destruction humaine, sociale et écologique de la planète trouve sa réponse, en cohérence. » (...)

    http://www.kedistan.net/2017/11/10/ecologie-sociale-murray-bookchin


  • Bookchin et le spectre de l’anarcho-syndicalisme Pierre Bance /1er m - SERPENT - LIBERTAIRE
    http://serpent-libertaire.over-blog.com/2017/09/bookchin-et-le-spectre-de-l-anarcho-syndicalisme-pierre-bance/1er-m.html

    À l’heure où l’on apprend que les idées de Murray Bookchin [1] sur le municipalisme libertaire inspireraient tant les organisations kurdes de Turquie …


  • http://www.librairie-quilombo.org/notre-environnement-synthetique

    L’année 1962 est une date clef dans l’histoire de l’écologie politique. Deux ouvrages très importants paraissent en effet à cette date aux Etats-Unis d’Amérique qui vont se révéler décisifs pour l’entrée de la #pensée_écologiste sur la scène politique. Le premier est mondialement connu. C’est celui de Rachel Carson, Un printemps silencieux, dénonçant les conséquences de l’usage des pesticides agricoles, principalement le DDT, sur les milieux naturels.
    Son succès fut immédiat et mondial. Le second n’eut pas cette reconnaissance. Il ne figura pas parmi les best-sellers américains bien qu’il fut défendu par de grands scientifiques. Publié six mois avant le livre de Rachel Carson par #Murray_Bookchin (1921-2006) – sous le nom de plume de Lewis Herber –, il s’intitulait Our Synthetic Environment et passait en revue les causes de la très rapide détérioration de l’environnement naturel outre-Atlantique, conséquence de l’accélération du développement du capitalisme après la Seconde Guerre mondiale qui bouleversait de nombreux aspects de la vie quotidienne des personnes qui en avaient été jusque-là relativement préservées.
    Ce livre important n’avait jamais été traduit en français. Il nous a semblé important de combler cette lacune. Notre environnement synthétique est en effet un texte fondamental pour l’écologie politique, d’une remarquable lucidité sur les désastres écologiques qui s’annonçaient tout en s’efforçant de présenter une voie pour éviter le pire. Il était donc grand temps de rendre hommage au travail et à l’esprit visionnaire de Murray Bookchin.

    @aude_v #écologie #décroissance


  • De retour de la révolution du Rojava
    http://www.revue-ballast.fr/de-retour-de-revolution-rojava

    Une révolution socialiste, féministe, pluri-ethnique et écologiste prend forme depuis près de cinq ans : quelque part en Syrie, au nord d’un pays divisé par la guerre, en région autonome kurde : le Rojava. L’anthropologue libertaire américain David Graeber va jusqu’à la qualifier de « l’un des rares points lumineux » de la région et de l’une « des grandes expériences démocratiques du monde ». Les principaux ennemis de la révolution ? Le fascisme théocratique de Daech et l’autocratie turque. Nous suivons avec un vif intérêt l’évolution de la situation et traduisons, pour le lectorat francophone, cet entretien de Peter Loo paru il y a trois mois de cela dans les colonnes du site Novara Media : professeur d’anglais bénévole, il a passé plus d’un an sur place dans le cadre du groupe de solidarité anticapitaliste Plan C Rojava. Et livre, à son retour, une analyse pédagogique de la situation, soucieux des grandes réalisations autant que des limites certaines .

    • La révolution ne correspond pas ici au fantasme parfait de certains révolutionnaires occidentaux. Cela n’a pas été le soulèvement spontané de l’immense majorité des gens, ils n’ont pas aboli l’État (à supposer que cela soit possible) ou le capitalisme, et il y a encore des problèmes à régler. Malgré le fait que ce n’est pas le communisme ici et maintenant, cette révolution a besoin d’applaudissements et de soutiens. Comme toutes les révolutions, elle n’est pas apparue achevée une fois pour toutes, elle se construit sur le tas, en faisant face à beaucoup d’opposition. Contrairement à de nombreuses révolutions, celle-ci est assez difficile à définir : les étiquettes « anarchiste » ou « révolution sans État » obscurcissent plus qu’elles ne font voir. Ce que nous savons cependant, c’est que cette révolution impulse des formes de démocratie populaires, la libération des femmes et certaines formes d’économie de la solidarité. La vie au Rojava est meilleure pour les gens que dans la plupart des régions du Moyen-Orient. Pour ceux qui sont effrayés de voir des révolutionnaires ayant un réel pouvoir de changer les choses plutôt que de se maintenir à jamais dans la « résistance », je voudrais citer Murray Bookchin (dont l’influence sur la lutte ici est clairement exagérée dans certains milieux) : « Les anarchistes peuvent appeler à l’abolition de l’État, mais une coercition d’une certaine forme sera nécessaire pour prévenir le retour de l’État bourgeois en pleine force et avec une terreur débridée. Le fait qu’une organisation libertaire échoue, du fait de la peur déplacée de créer un "État", à prendre le pouvoir quand elle le peut, avec le soutien des masses révolutionnaires, est au mieux de la confusion, au pire une perte totale de ses nerfs . »

      Ceux qui adoptent une position d’ultragauche au Rojava, et qui placent la révolution hors de portée, mettent plus en évidence les faiblesses de leur propre positionnement politique que celles de la révolution qui se met en place ici. Une vraie révolution est une masse de contradictions dont la plupart doivent être affrontées à mesure qu’elles apparaissent. Ce qui fait qu’il est particulièrement important pour la gauche libertaire de soutenir cette révolution, c’est qu’elle affronte ces contradictions sans en passer par la dictature d’un parti politique. Il y a d’autres moyens pour la gauche d’exprimer sa solidarité avec le Rojava, et la lutte plus large dont il est un des éléments dans la région, que d’écrire des articles et de partager des trucs sur Facebook. Diffuser des informations sur ce qui se passe ici est bien sûr important, mais les exigences des organisations politiques qui soutiennent la révolution ici, et qui en ont la capacité, sont bien plus élevées. En Grande-Bretagne, par exemple, le groupe de solidarité pour le Rojava du Plan C travaille avec des structures dirigées par des Kurdes, qui organisent des débats et des manifestations ; il a rassemblé de l’argent, notamment pour un bus-école et du matériel médical, et envoie maintenant des volontaires pour faire du travail civil. Il y a quelques groupes de solidarité kurdes qui travaillent dur en Grande-Bretagne également, qui font du très bon travail. Si on les compare à avec des campagnes de solidarité au long cours comme les campagnes de solidarité pour la Palestine, les campagnes de solidarité des Kurdes sont encore très jeunes au Royaume-Uni. L’intensification massive du rôle contre-révolutionnaire de la Turquie, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières, susceptible de s’étendre à l’Irak cette année, augmente encore la nécessité de cette solidarité. Des structures nationales efficaces de solidarité doivent être rejointes ou créées, et fédérées à un niveau international. C’est un peu cliché, mais nous ne pouvons pas oublier ce slogan : « La solidarité n’est pas un mot, c’est une arme. »


  • REVOLUTION IN #ROJAVA BY #MICHAEL_KNAPP, #ANJA_FLACH, AND #ERCAN_AYBOGA

    In the last decades, “weak thought” philosophies and postmodern approaches have accustomed a great part of critical scholarship to think that revolutions are no longer suitable for the political agenda of the 21st century. According to the authors of Revolution in Rojava, the Rojava experience challenges this assumption. Based in Germany and in Syria, Michael Knapp, Anja Flach, and Ercan Ayboga have been direct witnesses of this revolution and provide an example of participatory and sympathetic social fieldwork that uses “a feminist, internationalist, ecological and left-libertarian approach” (xxvi). The book was translated into English by Janet Biehl, anarchist thinker and biographer of Murray Bookchin (1926-2001), and the foreword was written by another anarchist scholar, David Graeber, who argues that this experience upsets long-lasting assumptions that “peoples of the Middle East were desperately backwards” (xiii).


    http://societyandspace.org/2017/01/18/revolution-in-rojava-by-michael-knapp-anja-flach-and-ercan-ayboga
    #livre #révolution #Kurdistan #compte-rendu #recension
    cc @isskein


  • « La peur du peuple » de Francis Dupuis-Déri lu de près par Pierre Sauvêtre dans Contretemps :

    Enfin, et surtout, en mettant en avant, à travers leur résurgence dans les mouvements contemporains, les pratiques, les formes et les institutions de la démocratie directe (assemblées mixtes et non-mixtes, assemblées de quartier, groupes d’affinité, consensus, mandat impératif, fédéralisme, dêmos et plèbe, autogestion, conseillisme et communalisme, etc.), Francis Dupuis-Déri tranche avec un imaginaire maintenant convenu, qu’on trouve sous des formes diverses chez Jacques Rancière, Miguel Abensour ou Martin Breaugh, de la démocratie radicale comme « brèche » – moment insurgeant d’affirmation égalitaire introduisant une discontinuité et une suspension de l’ordre inégalitaire mais dont la vocation est le reflux inéluctable des énergies créatrices – pour lui préférer la conception d’un combat de long haleine pour remplacer le régime représentatif par l’institution et la permanence de la démocratie directe, dont d’autres signes marquent l’actualité : le renouveau du municipalisme dans les « villes rebelles » en Espagne, la relecture de Cornelius Castoriadis, la timide sortie de l’ignorance de Murray Bookchin en France, ou encore la réinterprétation de la révolution comme processus instituant. A l’imaginaire de la trouée succède celui de la substitution, à celui de la brèche celui de l’institution permanente de la norme de réciprocité et d’égalité.

    #démocratie_directe #Francis_Dupuis-Déri #anarchie

    http://www.contretemps.eu/sauvetre-avenir-democratie-directe


  • L’homme qui parlait à l’oreille d’Öcalan-Kedistan
    http://www.kedistan.net/2016/07/29/homme-qui-parlait-oreille-ocalan

    @Ad Nauseam - Un article du Monde diplomatique de ce mois de juillet revient sur les relations épistolaires entre Öcalan, le leader emprisonné du PKK, et un penseur anarchiste américain, Murray Bookchin. Nous leur emboîtons le pas, considérant que la description d’un dialogue entre un leader politique issu du (...)

    #Kedistan / #Mediarezo



  • Dans le numéro de juillet 2016, en kiosques
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/07


    L’autodestruction du Parti socialiste ; la sale guerre du président Erdoğan ; Murray Bookchin, écologie ou barbarie ; grande braderie en Grèce ; le legs britannique à l’Europe ; « Jobs Act » italien, le grand bluff de Matteo Renzi ; « Loi travail », information sous contrôle ; le revenu garanti et ses faux amis ; Singapour, Malaisie, Indonésie : triangle de croissance ou triangle des inégalités ? Au Venezuela, le désarroi des militants chavistes ; Norilsk, ville polaire, cité du nickel ; Baltique, de la mer en partage au partage de la mer ; autocritiques cathodiques en Chine ; soleil, plage et plus à Lesbos ; Eduardo Galeano, la voix de la fraternité ; le vieux monde et la mer (…)


  • #blockchain : un rêve technocratique totalitaire -... - A lire ailleurs
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/143051866843/blockchain-un-r%C3%AAve-technocratique-totalitaire

    Michel Bauwens (@mbauwens), théoricien de l’économie collaborative et fondateur de la Peer-to-peer foundation, règle son compte à la Blockchain sur Le Monde.fr : “La #technologie n’est jamais neutre. C’est un terrain de conflit influencé par les imaginaires et les intérêts des personnes en charge de son design. La blockchain dérive ainsi d’une vision de l’homme très particulière : des individus autonomes passent des contrats entre eux. Ils n’ont pas besoin de collectif, de communauté. Et les contrats sont fondés sur une forme de propriété. (…) La blockchain reste techniquement problématique, pour deux raisons. D’une part, pour créer de la confiance entre deux personnes, elle demande de vérifier l’intégralité du réseau. C’est loufoque ! A cause de l’énergie dépensée, mais aussi en termes de confiance humaine. (...)

    #démocratie


  • Bookchin Archive
    http://dwardmac.pitzer.edu/Anarchist_Archives/bookchin/Bookchinarchive.html

    MURRAY BOOKCHIN’S COLLECTED WORKS
    http://dwardmac.pitzer.edu/Anarchist_Archives/bookchin/Bookchinarchive.html

    Murray Bookchin and the Kurdish resistance
    https://roarmag.org/essays/bookchin-kurdish-struggle-ocalan-rojava

    Bookchin’s municipalist ideas, once rejected by communists and anarchists alike, have now come to inspire the Kurdish quest for democratic autonomy.
    ...
    The Next Revolution includes the 1992 essay The Ecological Crisis and the Need to Remake Society. In it, Bookchin argues that “the most fundamental message that social ecology advances is that the very idea of dominating nature stems from the domination of human by human.” For an ecological society to develop, first the inter-human domination must be eradicated. According to Bookchin, “capitalism and its alter-ego, ‘state socialism,’ have brought all the historic problems of domination to a head,” and the market economy, if it is not stopped, will succeed in destroying our natural environment as a result of its “grow or die” ideology.
    ...
    In the late 1970s, while Bookchin was struggling to gain recognition for the value and importance of his theory of social ecology in the US, an entirely different struggle was emerging on the other side of the world. In the mountainous, predominantly Kurdish regions of southeastern Turkey, an organization was founded that would eventually come to adopt and adapt Bookchin’s social ecology.

    The organization called itself the Kurdistan Workers’ Party, or PKK after its Kurdish acronym, and in 1984 it launched its first attacks against the Turkish state.
    ...
    Despite the utopian desire of one day seeing the different Kurdish territories united, the struggle of the PKK focused primarily on the liberation of North Kurdistan, or Bakur — the Kurdish territories occupied by the Turkish state. Over the course of the 1990s, however, the PKK slowly started to drift away from its desire to found an independent Kurdish nation state and started exploring other possibilities.
    ...
    after the collapse of the Soviet Union in 1991, the PKK had already started to critically reflect on the concept of the nation state. None of the traditional homelands of the Kurds were exclusively Kurdish. A state founded and controlled by Kurds would thus automatically host large minority groups, creating the potential for the repression of ethnic and religious minorities in the same way the Kurds themselves had been repressed for many years. As such, a Kurdish state increasingly came to be seen as a continuation of, rather than a solution to, the existing problems in the region.

    Finally, having analyzed the interdependence of capitalism and the nation state on the one hand, and between patriarchy and centralized state power on the other, Öcalan realized that real freedom and independence could only come about once the movement had severed all ties with these institutionalized forms of repression and exploitation.
    Democratic Confederalism

    In his 2005 pamphlet, Declaration of Democratic Confederalism, Abdullah Öcalan formally and definitively broke with the PKK’s earlier aspirations of founding an independent Kurdish nation state. “The system of nation states,” he argues in the document, “has become a serious barrier to the development of society and democracy and freedom since the end of the 20th century.”

    In Öcalan’s view, the only way out of the crisis in the Middle East is the establishment of a democratic confederal system “that will derive its strength directly from the people, and not from globalization based on nation states.” According to the imprisoned rebel leader, “neither the capitalist system nor the pressure of imperialist forces will lead to democracy; except to serve their own interests. The task is to assist in developing a grassroots-based democracy … which takes into consideration the religious, ethnic and class differences in society.”

    Tatort Kurdistan
    http://tatortkurdistan.blogsport.de

    #Kurdistan #Turquie #anarchisme #écologie_sociale #municipalisme


  • Sur l’opposition #Libertarien / #Propriétarien / Libertaire :

    Murray Bookchin - The Real Roots of Traditional Libertarianism
    https://www.youtube.com/watch?v=Cnj3dObd6do

    https://theanarchistlibrary.org/library/the-anarchist-faq-editorial-collective-150-years-of-libertarian

    The facts are somewhat different. As Murray Bookchin noted, “libertarian” was “a term created by nineteenth-century European anarchists, not by contemporary American right-wing proprietarians .” [The Ecology of Freedom, p. 57] While we discuss this issue in An Anarchist FAQ in a few places (most obviously, section A.1.3) it is useful on the 150^th anniversary to discuss the history of anarchist use of the word “libertarian” to describe our ideas.

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00650825/document
    http://1libertaire.free.fr/JCAngaut01.html

    Ainsi #Murray_Bookchin 6, l’un des théoriciens #libertaires les plus importants de la fin du siècle dernier aux États-Unis, estime que les libertariens seraient plus correctement qualifiés de « propriétariens » (proprietarian). C’est là un élément à garder à l’esprit avant de décréter hâtivement que la distinction entre libéral et #libertaire serait propre à l’Europe continentale.
    Bookchin, 1987, p. 1.
    BOOKCHIN Murray, 1987, The Modern Crisis, Gabriola Island, New Society Publishers.

    #libertarian #proprietarian #Propriété #Propriétaires #Propriétaire


  • L’Homme : « La seule espèce dont les mâles tuent les femelles » - 24 janvier 2012 - Sciencesetavenir.fr
    http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20120124.OBS9673/l-homme-la-seule-espece-dont-les-males-tuent-les-femelles.html#neot

    C’est parce que l’Homme est un produit de la culture que, seul parmi les espèces animales, il pense avoir le droit de frapper ou de tuer des femmes dont il pense qu’elles sont à sa disposition. Mais c’est aussi, puisqu’il ne s’agit pas d’une « nature » contraignante de l’Homme, une raison de croire en la possibilité d’un bouleversement radical de ces représentations archaïques infondées parvenues jusqu’à nous.

    #culture #sexisme #genre #féminicide