person:nanni balestrini

  • Sandokan, Une histoire de camorra, Nanni Balestrini chez @entremonde
    https://entremonde.net/sandokan

    Un extrait de la Préface de Roberto Saviano

    Quand ce livre de Nanni Balestrini fut publié, plu­sieurs d’entre nous – qui vivions dans un ter­ri­toire plongé dans l’ombre – ont eu la sen­sa­tion qu’il se pas­sait enfin quel­que chose. Ce quel­que chose était la lit­té­ra­ture, capa­ble d’ouvrir comme un passe-par­tout les grilles de l’his­toire de ce ter­ri­toire. Raconter était enfin pos­si­ble. Et c’était même néces­saire pour tenter une quel­conque résis­tance. « Ici il y a un petit pont qui relie notre vil­lage au vil­lage voisin et au milieu du pont il y a un pan­neau où il y a écrit Bienvenue à mais le nom du vil­lage ne se lit pas car il est effacé par une quan­tité de trous noirs ». C’est le pan­neau qui donne la bien­ve­nue à Casal di Principe, vil­lage sous tutelle, où rien n’est permis, avec les trous des pro­jec­ti­les qui met­tent en garde. Sous le pont qui conduit au vil­lage déferle le fleuve en crue des paro­les de Nanni Balestrini, des mots entre­la­cés qui se super­po­sent et s’enchaî­nent, sans aucun appui qui don­ne­rait au lec­teur la pos­si­bi­lité de se repo­ser et repren­dre haleine.

    Sandokan n’est pas un roman sur la camorra, ce n’est pas non plus un repor­tage romancé, ni une enquête ; c’est un flux d’expé­rien­ces et de réflexions, une trace pérenne, une phé­no­mé­no­lo­gie de l’exis­tence à l’époque de la camorra. C’est en effet un récit sans ponc­tua­tion, comme peut l’être l’ora­lité d’une dis­cus­sion échangée dans un bar de pro­vince dans la déso­la­tion d’un après-midi. Et d’ailleurs, il s’agit bien d’une dis­cus­sion dans un bar. La voix du nar­ra­teur est celle d’un jeune homme qui voit sa vie se former et se cons­truire dans le laps de temps où le clan des Casalesi a atteint, avec Antonio Bardellino, le sommet le plus élevé de l’économie mon­diale et du pou­voir poli­ti­que et mili­taire. Vendettas, escro­que­ries, opé­ra­tions finan­ciè­res, morts inno­cents, élections tru­quées, une pro­vince d’Italie – celle qui res­sort des paro­les du jeune homme – qui fac­ture des capi­taux astro­no­mi­ques ensuite inves­tis n’importe où dans le monde grâce à la mor­ti­fi­ca­tion de ce ter­ri­toire. Une accu­mu­la­tion dont l’ori­gine vio­lente se méta­mor­phose ensuite en économie légi­time, en opu­lence bourgeoise.

    Pas le courage de taper un extrait significatif et pas de pdf disponible. Ce texte est #beau (malgré les coquilles)

    #étrennes #livre


  • La Horde d’or (Italie 1968-1977), une note de lecture littéraire et « existentielle », Stéphanie Eligert
    http://laviemanifeste.com/archives/11593

    La parution en février 2017 de la première traduction française de la Horde d’or – livre en constante réimpression depuis sa première édition en Italie, en 1988 – est un événement considérable, et cela à tout point de vue : politique, existentiel, théorique, textuel, narratif, documentaire, stratégique, etc.

    Pourquoi ? On a l’habitude d’entendre les 70’s italiennes qualifiées d’« années de plomb », ledit plomb étant supposé évoquer ce mélange à vocation terrifiante d’attentats et de lutte armée que n’aurait porté qu’une petite marge déviante, voire manipulée, d’« individus » issus des mouvements contestataires de 1968. Or dès les premières pages du livre – constituées des différentes préfaces et notes aux éditions de La Horde d’or en Italie, en 1988 et 1997 -, l’on comprend tout de suite que l’expression « les années de plomb », en réalité, a exactement la même fonction dans l’ordre du langage que les grenades lacrymogènes dans l’ordre policier : on les lance sur n’importe quel mouvement animé par un désir révolutionnaire afin d’enfumer, faire écran et produire de l’irrespirable là où justement, de l’espace était en train d’être rendu à l’air libre.
    Ainsi de ce bref et percutant extrait de l’avant-propos à l’édition de 1988 : Années de plomb, services secrets, massacres d’état, complot, répression, terrorisme, état d’urgence …. Ou bien, au contraire : les plus belles années de notre vie, transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc .
    (...)

    Tout est donc parti « des besoins concrets et matériels », les pratiques théoriques comme les pratiques ouvrières – l’inventivité de l’une s’est nourrie de l’autre, sans domination ou vision douteuse d’une avant-garde de « cadres » venus éclairer une masse de salariés supposée inapte à se libérer seule. C’est donc cette influence mutuelle, source de construction d’un « savoir sans intermédiaire », « immédiat » édifié « contre le pouvoir du capital » et sur la base de situations précises, ici et maintenant, qui a permis de libérer une inventivité demeurant aujourd’hui encore proprement magnifique. Ainsi, par exemple de la grève appelée du beau nom d’« à la chat sauvage », mise en pratique dans les milieu des années 60, dans les usines automobiles du Nord :

    La grève à « la chat sauvage » procède par arrêts imprévisibles aux points nodaux du cycle de production. Ces interruptions sont « spontanément » décrétées par les ouvriers, c’est à dire minutieusement préparées par une intelligence ouvrière qui sait utiliser à ses propres fins l’articulation productive de la coopération capitaliste. La grève « à la chat sauvage » est tout le contraire d’une simple lutte protestataire, éventuellement puissante, mais désorganisée. Elle requiert un très haut degré de cohésion et des formes actives d’organisation autonome. Celle du 15 octobre 1963 est historique parce qu’elle montre l’émergence à la FIAT d’une organisation ouvrière capable de mener une grève complètement en dehors du cadre des organisations officielles du mouvement ouvrier. Elle dément la vieille idée selon laquelle seul un petit groupe déterminé, détenteur de la conscience antagoniste ouvrière, serait en mesure d’organiser la lutte dans l’usine.
    (...)

    Livre-foule

    Le camarade du mouvement cité a également souligné autre chose d’essentiel : « Il est compliqué de parler de 77 » – je dirais : comme d’écrire à son sujet et sur tout le livre de la Horde d’or. Ainsi, depuis le début de ce texte, j’ai beau estimé nécessaire d’avoir fait des zooms précis, successifs sur les Quaderni rossi, le CUB Pirelli, les Circoli, etc. -, je ne me départis pas de l’impression, du coup, d’avoir forcé au silence tous les autres mouvements, groupes, tendances, etc., en ne les nommant pas … C’est que pour bien faire et rendre exactement compte de ce qui se passe, en termes d’impressions brutes de lecture, il faudrait sans cesse ajouter à un article sur ce livre des incises qui insufflent partout de la profondeur de champ, une multiplicité d’actions et d’acteurs (« tandis que », « en parallèle », etc.), des grondements d’usines avec 25 000 ouvriers en grève, les climats de Milan, Turin, une vaste atmosphère bienveillante, de la foule, etc.

    Et cette impression n’est pas un hasard. C’est en plus d’être un chef d’œuvre documentaire et historique, la Horde d’or est aussi une merveille formelle. Cet effet-foule, il ne me semble pas que la littérature et la poésie (expérimentale ou non) l’aient une seule fois produit – jamais, en tout cas, avec un dispositif d’une telle intensité. Ainsi, chaque zoom sur un aspect du mouvement ne semble jamais isolé des autres et de ce point de vue, la Horde d’or fonctionne comme l’anti-catalogue par excellence ; elle ne présente pas des « produits », des groupes successifs ayant pour seul étant leur fiche d’identité, mais elle tresse leurs influences dans une sorte de grande ondulation croissante. Et comme chaque composante du mouvement est toujours décrite alors qu’elle est prise dans une situation concrète, avec toutes les analyses et perceptions plurielles qui en découlent, etc., le tout, au fil de la lecture, accumule son foisonnement de détails et crée une sensation de rumeurs illimitées, d’horizons toujours plus vastes peuplant le hors cadre de la page. Comment ce livre réussit-il cela ? Tout s’est joué, semble-t-il, dans le processus d’écriture, que Nanni Balestrini (également romancier et poète – détail d’importance) décrit ainsi :
    Au fur et à mesure que nous avancions, une méthode a commencé à se dégager et tous les éléments ont trouvé leur place, petit à petit, chapitre après chapitre. Cela s’est fait de manière assez improvisée, dans un même élan, et c’est peut-être ce contexte d’écriture qui a permis que le livre soit vivant et donne cette impression d’exhaustivité. Nous avions bien sûr une idée générale, mais ce n’était pas un travail systématique, comme on l’aurait fait pour écrire un livre d’histoire. Nous avons plutôt choisi de donner une série de coups de projecteurs sur différentes situations, et c’est bizarrement cela qui donne l’impression d’un tout homogène.

    C’est le « contexte d’écriture » et donc une nouvelle fois, une situation précise, un certain agencement des subjectivités qui a précipité la mise en forme de la Horde d’or. Dans le même entretien, Balestrini explique d’ailleurs que les auteurs s’étaient retrouvés dans un appartement de Rome, travaillant au milieu d’une pièce où étaient progressivement ramenés, par grosses valises, tous les livres, tracts, documents imprimés durant les deux décennies révolutionnaires. En termes d’ambiance (et de la masse de souvenirs qui a dû « se lever » de ces textes, du grain du papier, des particularités d’impression, etc. – comme les fleurs de papier japonaises de la Recherche), il est évident que les auteurs ne pouvaient qu’opter pour un travail non systématique, qui se laisse absorber par l’acuité successive des « coups de projecteurs sur différentes situations ». C’est que le mouvement de la Horde d’or a été si fondamentalement existentiel (dans ses causes politiques, ses expressions, ses expérimentations théoriques, ses stratégies, etc.) qu’un livre en racontant l’histoire ne pouvait pas trouver d’autre matrice formelle que le récit. De fait, Bianchi, toujours dans le même entretien, précise que lors de la composition du livre, c’est Balestrini qui a « transposé son art du montage du roman à l’essai », et il ajoute que :

    La spécificité du livre tient au fait qu’il met en présence des matériaux très divers. Il y a bien sûr des textes théoriques, mais la structure de fond reste celle du récit. Les luttes avaient produit une telle richesse qu’il n’était pas nécessaire d’adopter un point de vue surplombant comme l’aurait fait une démarche universitaire. Le simple récit des faits était déjà porteur d’énormément de sens.

    La spécificité de la Horde d’or, c’est d’abord sa « structure de fond de récit », et non sa description théorique de l’autonomie ; « le simple récit des faits » a été suffisant – nul besoin de « surplomb », et donc de dénivelé hiérarchisant, dominant entre narration et faits narrés, et qui aurait eu, en plus, pour conséquence de séparer l’interprétation des expériences vécues. Or ces expériences ont été d’« une telle richesse » qu’elles ont formulé, à même leur réalisation concrète, « déjà énormément de sens ». La théorie était pratique – et en cela, il était inévitable que l’autonomie, dans son constant « processus de singularisation », trouve sa plus juste forme discursive dans le récit ou disons, pour faire large (et débarrasser tout de suite ce point de l’analyse de la question de la fiction) : la description subjective, la libre analyse à hauteur de « je » et de « nous ».

    Certes, tous les livres traitant un moment d’histoire révolutionnaire comportent des récits, mais la particularité radicale de la Horde d’or, c’est que les fragments subjectifs n’y sont pas utilisés comme des accessoires figuratifs, mis en position d’illustrer l’affirmation centrale des historiens, etc. Le schéma de la Horde d’or est totalement autre : les récits y forment le cœur même des chapitres ou de toute partie destinée à re-présenter une tension théorique et pratique ponctuelle dans l’histoire du mouvement. Précisons qu’il s’agit de récits de manifestation bien sûr, mais aussi de comptes-rendus d’actions dans les villes, d’exposés stratégiques ou de divergences, de tracts, de chansons, etc.

    En plus, même les passages théoriques sont des récits puisqu’à la lecture, ils n’apparaissent jamais sous l’allure de concepts en train de dérouler leur logique ; au contraire, dans presque tous les textes choisis, les auteurs / collectifs racontent comment des concepts se sont directement articulés à des configurations existentielles réelles (telle grève, telle réaction à telle occupation, etc.). Même, et surtout, les textes de Primo Moroni et Nanni Balestrini – introductifs ou conclusifs, montant les différents documents entre eux – se construisent comme des récits où l’essentiel d’une situation politique est planté « sous les yeux » avec une efficacité toujours admirable (en trois ou quatre paragraphes, tout est là : les grandes données socioéconomiques d’une ville à tel moment, son climat, les enjeux théoriques précis qui la traversent, etc.).

    En fait, il n’y a quasiment pas de théorie « pure » dans la Horde d’or, ou de théorie hors sol (si ce n’est le chapitre sur le marxisme-léninisme !). Il n’y a pas même, je crois, de pire contresens pour la Horde d’or que l’idée d’une « théorie hors sol ». C’est que l’émergence de la « vague révolutionnaire » italienne, comme sa durée, n’ont été possibles, on l’a dit, que parce que la théorie avait su, à un moment donné, devenir creativa, immanente, articulée à même l’existentiel, comme les grèves à la chat sauvage. Et là où cela intéresse pleinement la littérature et la théorie du texte, c’est qu’en procédant ainsi, par « coups de projecteurs » successifs, le montage de la Horde d’or invente une nouvelle forme de livre, elle aussi autonome. En effet, est-ce que ce « tout homogène » qui réussit à être créé alors qu’il n’y a « bizarrement » aucune unification des multiples matériaux cités, cela ne rappelle pas exactement l’atmosphère et le degré de maturité hallucinant auquel était parvenu le mouvement en 77, dans les couloirs de l’université de Bologne ? Que ce soit sur un plan structurel ou dans le détail des textes, l’homologie est complète entre la forme-foule de la Horde d’or et celles inventées pendant deux décennies par le mouvement.
    (...)

    La Horde d’or maintenant

    Quels sont-ils, ces raccords dans l’axe ? Il faudrait un long texte pour déployer dans le détail toutes les résonances (théoriques, affectives, stratégiques) qui se bousculent à la lecture de la Horde d’or. Mais pour le dire vite, disons que l’aire des autonomies, comme on l’a surnommée, vient nous montrer la manière dont combler les blancs, ou les fondus au noir, de la tradition insurrectionnaliste française, et cela donc grâce à :

    – Une proximité sensible fondamentale et incontournable avec les lieux d’exploitation (cf. les enquêtes ouvrières des Quaderni rossi et le désir de connaître précisément « la vie dans l’usine », « l’organisation du commandement » dans les ateliers ou dans les entreprises, les open space, etc. – en transformant les paroles recueillies en corecherche et « savoir immédiat, direct » d’une lutte) ;

    – Une attention maximale portée à la dimension existentielle et subtile de situations diffuses de révolte, où qu’elles surgissent (sur le marché du travail, dans les universités, les zones rurales, etc.) ;

    – Une mise en phrase simple et anti-idéologique de ces révoltes existentielles (cf. les passages cités d’Elvio Fachinelli, du CUB Pirelli et du Gruppo Gramci), propre à susciter chez n’importe quel lecteur une reconnaissance concrète de ses propres sensations, et donc une bascule possible dans la lutte ;

    – Le choix du récit ou de toutes formes textuelles susceptibles de mettre en forme l’autonomie in situ ou « dans le temps » comme disait Proust.

    Car c’est peut-être cela l’essentiel de la Horde d’or, cette richesse merveilleuse, ce contre-capital qu’elle donne en partage au fil de ses 660 pages et laisse en souvenir : l’autonomie en acte – c’est à dire l’autonomie en tant qu’elle réussit à être « l’immanence : une vie » ou « réappropriation de la vie » comme disaient les Circoli. Et avec cet héritage d’actions directes, situées, sensibles, immanentes, nous – aujourd’hui – savons aussi comment transformer « le plomb » en or.

    #luttes #autonomie #Italie #histoire #récit #toctoc ?


  • Autonomie en Italie : La horde d’or, entretien avec Nanni Balestrini et Sergio Bianchi - Journal #de traduction
    https://nantes.indymedia.org/articles/37181

    Livre-documentaire qui parcourt l’histoire italienne de 1950 à 1980, La horde d’or est aussi un livre d’histoires, d’analyse politique, une boîte à outils, une auto-enquête, un recueil de chansons, une collection de tracts, un récit nombreux aux fils entrecroisés, un livre partisan qui ne dit jamais « je », mais met en présence des énoncés multiples et singuliers. Cet ouvrage retrace le foisonnement théorique, culturel et langagier, et la grande inventivité sociale qui ont caractérisé, à cette période, le besoin de communisme en Italie.

    #Archives #Médias #Répression #Resistances #contrôle #social #luttes #salariales #/ #prisons #centres #rétention #précarité #actions #directes #quartiers #populaires #transports #gratuits #squat #lutte #logement #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #exclusion #chômage #Archives,Médias,Répression,Resistances,contrôle,social,luttes,salariales,/,prisons,centres,de,rétention,précarité,actions,directes,quartiers,populaires,transports,gratuits,squat,lutte,logement,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement,exclusion,chômage



  • Lecture musicale de Blackout à la Librairie du Boulevard ce vendredi
    https://www.facebook.com/events/1454313404860009

    Blackout, c’est un poème de l’auteur italien Nanni Balestrini publié aux Editions Entremonde (Genève). Une tentative de remémoration des dix années de lutte de la gauche extra-parlementaire dans les années 1970 en Italie à base de collages, répétitions, télescopages de son et de mots. Un poème révolutionnaire tant dans son contenu que dans sa forme qui a son origine dans un concert hommage lié à la mort du chanteur Demetrio
    Stratos (du groupe Area).

    Blackout, c’est aussi un projet au long cours entre le contrebassiste Vincent Bertholet de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp et l’auteur-metteur en scène Jérôme Richer. Ils travaillent comme un groupe de rock. Ils répètent dans une cave quand ils en ont le temps. Leur volonté est de proposer une lecture-spectacle qui s’apparente plus à un concert qu’à une pièce de théâtre.

    http://librairieduboulevard.ch


  • Lecture musicale de Blackout par Jérôme Richer et Vincent Bertholet

    http://www.youtube.com/watch?v=5XYcAYKUL-A&list=UUi6n-gyAXWmxwZQEyZ8EOkA

    Rendre en vers la parabole des mouvements contestataires des années soixante-dix — leur force, leur rage, leur déclin — c’est l’exploit réussi par Nanni Balestrini. Par un savant équilibre entre la rigueur de la composition, qui repose sur des habiles techniques combinatoires, et une langue fragmentaire, portant inscrite en elle-même la trace d’une histoire en devenir, l’auteur donne vie à une mosaïque vaste et mouvante. Blackout apparaît incontestablement comme le grand poème épique de cette saison de révoltes. Lamentation funèbre pour la mort du mouvement mais aussi ultime cri de rébellion et d’espoir, cette épopée des vaincus, dont l’architecture répétitive évoque un mythique éternel retour, vibre de l’élan des grands événements collectifs et résonne d’une multitude de voix, personnelles et publiques.

    #musique #poésie #New_York


  • Année zéro - d’après le poème Blackout de Nanni Balestrini, en présence de l’auteur
    http://www.mabeloctobre.net/creations/annee-zero/#inline1

    Année zéro est une proposition de spectacle autour de l’œuvre de l’artiste italien Nanni Balestrini, d’après le poème Blackout et ses œuvres plastiques et des propos filmés de l’auteur (recueillis pour l’occasion).

    Balestrini a su traduire les tensions qui traversèrent l’Italie après 1968 dans son écriture, comme dans sa production plastique, profondément traversées par le politique aussi bien dans leur contenu que dans leur forme. Réinterrogeant le rapport entre langage et réalité, il fait violence aux mots pour mieux rattraper le réel. Il recourt aux techniques du cut-up (découpage), du fold-in (pliage), des permutations, de la répétition et se libère des signes de ponctuation. Dans ses compositions plastiques, le mot est pris pour matière comme chez les Dadaïstes ou les Lettristes (voire notamment Paysages verbaux, Colonnes verbales, Avec les yeux du langage, Langue fleurie…). Prenant son inspiration dans le tumulte des conflits sociaux, Balestrini arrive à insuffler à son écriture et à ses collages l’énergie de la contestation collective.

    #théâtre #Italie #poésie


  • Ce soir, Année zéro au théâtre de Saint Quentin en Yvelines :
    http://www.mabeloctobre.net/creations/annee-zero

    Année zéro est une proposition de spectacle autour de l’œuvre de l’artiste italien Nanni Balestrini, d’après le poème Blackout et ses œuvres plastiques et des propos filmés de l’auteur (recueillis pour l’occasion).

    Balestrini a su traduire les tensions qui traversèrent l’Italie après 1968 dans son écriture, comme dans sa production plastique, profondément traversées par le politique aussi bien dans leur contenu que dans leur forme. Réinterrogeant le rapport entre langage et réalité, il fait violence aux mots pour mieux rattraper le réel. Il recourt aux techniques du cut-up (découpage), du fold-in (pliage), des permutations, de la répétition et se libère des signes de ponctuation. Dans ses compositions plastiques, le mot est pris pour matière comme chez les Dadaïstes ou les Lettristes (voire notamment Paysages verbaux, Colonnes verbales, Avec les yeux du langage, Langue fleurie…). Prenant son inspiration dans le tumulte des conflits sociaux, Balestrini arrive à insuffler à son écriture et à ses collages l’énergie de la contestation collective.

    C’est cette vitalité structurelle que la mise en scène va chercher à restituer pour faire entendre les voix des années de plomb, sous forme de pièce poétique, musicale et visuelle, s’apparentant à un oratorio politique, qui hormis la musique, puise uniquement dans l’univers de Balestrini et célèbre la nécessité du verbe.

    #Italie #opéraïsme


  • Balestrini au théâtre à partir de demain :
    http://www.mabeloctobre.net/creations/annee-zero/#inline1

    Année zéro est une proposition de spectacle autour de l’œuvre de l’artiste italien Nanni Balestrini, d’après le poème Blackout et ses œuvres plastiques et des propos filmés de l’auteur (recueillis pour l’occasion).

    Balestrini a su traduire les tensions qui traversèrent l’Italie après 1968 dans son écriture, comme dans sa production plastique, profondément traversées par le politique aussi bien dans leur contenu que dans leur forme. Réinterrogeant le rapport entre langage et réalité, il fait violence aux mots pour mieux rattraper le réel. Il recourt aux techniques du cut-up (découpage), du fold-in (pliage), des permutations, de la répétition et se libère des signes de ponctuation. Dans ses compositions plastiques, le mot est pris pour matière comme chez les Dadaïstes ou les Lettristes (voire notamment Paysages verbaux, Colonnes verbales, Avec les yeux du langage, Langue fleurie…). Prenant son inspiration dans le tumulte des conflits sociaux, Balestrini arrive à insuffler à son écriture et à ses collages l’énergie de la contestation collective.

    C’est cette vitalité structurelle que la mise en scène va chercher à restituer pour faire entendre les voix des années de plomb, sous forme de pièce poétique, musicale et visuelle, s’apparentant à un oratorio politique, qui hormis la musique, puise uniquement dans l’univers de Balestrini et célèbre la nécessité du verbe.

    #théâtre #littérature #opéraïsme #Italie


  • Balestrini au théâtre
    http://www.mabeloctobre.net/creations/annee-zero

    Année zéro est une proposition de spectacle autour de l’œuvre de l’artiste italien Nanni Balestrini, d’après le poème Blackout, des extraits du roman La Violence Illustrée, ses œuvres plastiques et des propos filmés de l’auteur (recueillis pour l’occasion).

    Balestrini a su traduire les tensions qui traversèrent l’Italie après 1968 dans son écriture, comme dans sa production plastique, profondément traversées par le politique aussi bien dans leur contenu que dans leur forme. Réinterrogeant le rapport entre langage et réalité, il fait violence aux mots pour mieux rattraper le réel. Il recourt aux techniques du cut-up (découpage), du fold-in (pliage), des permutations, de la répétition et se libère des signes de ponctuation. Dans ses compositions plastiques, le mot est pris pour matière comme chez les Dadaïstes ou les Lettristes (voire notamment Paysages verbaux, Colonnes verbales, Avec les yeux du langage, Langue fleurie…). Prenant son inspiration dans le tumulte des conflits sociaux, Balestrini arrive à insuffler à son écriture et à ses collages l’énergie de la contestation collective.

    #littérature #théâtre #Italie


  • Vendredi prochain : Lecture de Blackout au Théâtre de l’Usine
    https://www.facebook.com/events/580956265270539/?ref=22

    « Nous avons l’intention de prendre ce que nous voulons et ce que nous voulons, c’est ce dont nous avons besoin. »

    Représentation de Blackout de Nanni Balestrini dans le cadre d’une soirée de soutien aux inculpés du contre-sommet du G8 à Gênes en 2001.

    Blackout, c’est un travail en cours que Jérôme Richer de la Cie des Ombres et le contrebassiste Vincent Bertholet de l’Orchestre tout puissant Marcel Duchamp (qui vient d’enregistrer son nouvel album avec John Parrish, l’alter ego de PJ Harvey) ont entrepris. A terme, ils souhaitent créer un véritable spectacle. Ils travaillent comme un groupe de rock. Ils répètent dans une cave quand ils ont le temps. Leur volonté est de créer un spectacle qui s’apparente plus à un concert qu’à une pièce de théâtre.

    Blackout, c’est quoi ? Un poème de l’auteur italien Nanni Balestrini (dont Jérôme Richer a déjà mis en scène Nous voulons tout en 2011-2012). Une tentative de remémoration des dix années de lutte de la gauche extra-parlementaire dans les années 1970 en Italie à base de collages, répétitions, télescopages de son et de mots. Un poème révolutionnaire tant dans son contenu que dans sa forme qui a son origine dans un concert hommage lié à la mort du chanteur Demetrio Stratos (du groupe Area), très engagé dans les luttes politiques. Plus d’informations sur le texte sur le site de l’éditeur Entremonde.

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=sDnGRKT1rG8


  • Ce n’est qu’une pub (toutes mes confuses), mais l’objet peut aussi se cueillir...

    NANNI BALESTRINI
    Nous voulons tout
    Nouvelle édition revue et augmentée.

    Du printemps à l’automne 1969, partant de la célèbre usine turinoise Fiat, la révolte ouvrière enflamme l’Italie et lance son cri de guerre contre la classe bourgeoise : nous voulons tout. C’est « l’automne chaud », moment fort de la longue vague révolutionnaire qui va secouer la péninsule au cours des années soixante-dix. Au centre des luttes trône la figure de l’ouvrier-masse, emblème de la rage, de la spontanéité et de l’autonomie ouvrière, qui affirme le refus du travail et la destruction violente du système d’exploitation capitaliste. Par une narration sans répit, en prise directe avec la réalité des révoltes et la voix de ses protagonistes, Nanni Balestrini plonge au cœur de l’émergence linguistique et politique de ce nouveau sujet révolutionnaire, il fait entendre dans la chair même du texte le passage de la rébellion instinctive et individuelle du protagoniste à la dimension collective de la lutte. Expérimentation littéraire, ancrage historique et puissance de l’oralité font de ce roman l’un des témoignages les plus audacieux et vivants de la longue saison des révoltes.

    Nous voulons tout
    http://www.entremonde.net/Balestrini_Nous-voulons-tout

    #autonomie #Italie #salaire #révolte #livre


  • N’oubliez pas ce soir et demain :
    –- 10 janvier c’est à Marcovaldo - Libreria Caffé 61, rue Charlot
    75003 Paris (proche métro République, filles du calvaire)
    à 19h précises (début 19h15-20)

    http://www.marcovaldo.fr/evenements/blackout-de-nanni-balestrini-lecture-performance.html
    en présence d’Ada Tosatti, spécialiste de l’œuvre de Nanni Balestrini.

    –- 11 janvier 20h à la Parole Errante, 9 rue François Debergue 93100 Montreuil, suivi d’un repas à prix libre en soutien aux éditions
    Entremonde.

    “Nous avons l’intention de prendre ce que nous voulons et ce que nous voulons, c’est ce dont nous avons besoin”.

    Lecture/Performance de Blackout de Nanni Balestrini, long poème épique sur la saison des révoltes des années 1970 en Italie (Voix : Jérôme Richer - Contrebasse : Vincent Bertholet) à l’occasion d’une nouvelle édition de “Nous voulons tout” et de l’édition de “Blackout” aux éditions Entremonde, en présence d’Ada Tosatti, spécialiste de l’œuvre de Nanni Balestrini.

    Voix et contrebasse font entendre rage et déclin à la force d’un poème.

    Nanni Balestrini a beaucoup écrit sur l’italie des années ’60 et ’70, avec “Nous voulons tout”, “La violence illustrée”, “Les invisibles”, “L’éditeur”.

    Contrebasse et voix donnent à entendre “Blackout”, poème écrit à l’origine comme une “action pour voix” pour le chanteur Demetrio Stratos du groupe AREA, portant sur le blackout de New York du 13 juillet 1977. Écrit en pleine criminalisation des mouvements - Balestrini est lui-même incriminé en 1979 - “Blackout” tient du cri de rébellion et d’espoir ainsi que d’une lamentation pour la mort du mouvement.

    Le texte est morcelé, tendu, dit l’éclatement comme la possible fin “il y a eu un cri collectif guttural quand les lumières se sont éteintes”.

    “Cette fois, ce sont des révoltes collectives, pas toujours politiques, mais sociales en général. Des gens comme dans Vogliamo Tutto. Ce sont tous des groupes collectifs qui à un moment donné, de façons différentes, pour des raisons différentes, entrent en conflit avec l’ordre établi de la société.” (Nanni Balestrini)

    Jérome Richer est auteur et metteur en scène avec la Compagnie des Ombres (http://ciedesombres.blogspot.fr) et Vincent Bertholet joue depuis sa création dans l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp
    (http://otpmd.bandcamp.com)

    “le public s’est montré sous un aspect différent et il est devenu
    une chose différente”
    « les cordes vocales vibrent non pas à cause de l’air expulsé par
    les poumons mais par suite d’impulsions provenant de centre
    cérébraux (...)
    la voix comme un instrument pulsionnel derrière lequel existe
    un univers entier de désirs
    attentif à cette zone qui est entre l’univers psychique et la
    communication les liens entre pensée et parole
    le développement d’un vocalisme absolu porté à ses limites et
    aux niveaux de la découverte (...)
    du moment que les lumières se sont éteintes les négros se
    mettent en rogne se vantait un jeune noir
    en quelques minutes la nuit fut illuminée par les incendies le
    pavé fut envahi par les pilleurs » (extrait de “Blackout”)

    Nanni Balestrini est né à Milan en 1935. Membre du groupe des poètes d’avant-garde I Novissimi, il est parmi les fondateurs, en 1963, du Gruppo 63. Il travaille dans l’édition – comme directeur littéraire chez
    l’éditeur milanais Feltrinelli de 1962 à 1972 – et aussi pour le cinéma et la télévision. Il a dirigé les mensuels culturels Quindici et Alfabeta.

    Les éditions Entremonde, petite maison d’édition indépendante de critique sociale, existent depuis 2008 entre Suisse et France, et ont publié plusieurs ouvrages de Nanni Balestrini.


  • Lecture-performance de Blackout de Nanni Balestrini
    http://la-parole-errante.org/index.php?cat=ACTU2013

    Le 10 janvier à la libraire Marcovaldo à Paris (voir message plus vieux) et le 11 à la Parole errante à Montreuil

    « Nous avons l’intention de prendre ce que nous voulons et ce que nous voulons, c’est ce dont nous avons besoin ».

    Lecture/Performance de Blackout de Nanni Balestrini, long poème épique sur la saison des révoltes des années 1970 en Italie (Voix : Jérôme Richer -
    Contrebasse : Vincent Bertholet) à l’occasion d’une nouvelle édition de « Nous voulons tout » et de l’édition de « Blackout » aux éditions Entremonde (www.entremonde.net), en présence d’Ada Tosatti, spécialiste de l’oeuvre de Nanni Balestrini.

    Voix et contrebasse font entendre rage et déclin à la force d’un poème.

    Nanni Balestrini a beaucoup écrit sur l’italie des années ’60 et ’70, avec « Nous voulons tout », « La violence illustrée », « Les invisibles », « L’éditeur ».

    Contrebasse et voix donnent à entendre « Blackout », poème écrit à l’origine comme une « action pour voix » pour le chanteur Demetrio Stratos du groupe AREA, portant sur le blackout de New York du 13 juillet 1977. Écrit en pleine criminalisation des mouvements - Balestrini est lui-même incriminé en 1979 - « Blackout » tient du cri de rébellion et d’espoir ainsi que d’une lamentation pour la mort du mouvement.

    Le texte est morcelé, tendu, dit l’éclatement comme la possible fin « il y a eu un cri collectif guttural quand les lumières se sont éteintes ».

    #poésie #Nanni_Balestrini #Italie


  • Lecture de Blackout le 10 janvier 2013
    http://www.marcovaldo.fr/evenements/blackout-de-nanni-balestrini-lecture-performance.html

    « Nous avons l’intention de prendre ce que nous voulons et ce que nous voulons, c’est ce dont nous avons besoin ».

    Lecture/Performance de Blackout de Nanni Balestrini, long poème épique sur la saison des révoltes des années 1970 en Italie (Voix : Jérôme Richer -
    Contrebasse : Vincent Bertholet) à l’occasion d’une nouvelle édition de « Nous voulons tout » et de l’édition de « Blackout » aux éditions Entremonde (http://www.entremonde.net), en présence d’Ada Tosatti, spécialiste de l’oeuvre de Nanni Balestrini.

    Voix et contrebasse font entendre rage et déclin à la force d’un poème.

    Nanni Balestrini a beaucoup écrit sur l’italie des années ’60 et ’70, avec « Nous voulons tout », « La violence illustrée », « Les invisibles », « L’éditeur ».

    Contrebasse et voix donnent à entendre « Blackout », poème écrit à l’origine comme une « action pour voix » pour le chanteur Demetrio Stratos du groupe AREA,
    portant sur le blackout de New York du 13 juillet 1977. Écrit en pleine criminalisation des mouvements - Balestrini est lui-même incriminé en 1979 - « Blackout » tient du cri de rébellion et d’espoir ainsi que d’une lamentation pour la mort du mouvement.

    Le texte est morcelé, tendu, dit l’éclatement comme la possible fin « il y a eu un cri collectif guttural quand les lumières se sont éteintes ».

    « Cette fois, ce sont des révoltes collectives, pas toujours politiques, mais sociales en général. Des gens comme dans Vogliamo Tutto. Ce sont tous des groupes collectifs qui à un moment donné, de façons différentes, pour des raisons différentes, entrent en conflit avec l’ordre établi de la société. » (Nanni Balestrini)

    Jérome Richer est auteur et metteur en scène avec la Compagnie des Ombres (http://ciedesombres.blogspot.fr) et Vincent Bertholet joue depuis sa création dans l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp (http://otpmd.bandcamp.com)


  • Une promesse d’insurrection | Marie-Noël Rio
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/04/RIO/47590

    Dans la « Lettre à mon ignare et pacifique lecteur » qui ouvre son roman, Nanni Balestrini avertit : « Une œuvre authentique (livre, tableau, musique) sert à te faire voir autre chose, ou mieux à changer ta façon de voir, de percevoir les choses et le monde » afin, peut-être, de susciter le désir de le (...) / #Italie, #Vietnam, #Communisme, Guerre du Vietnam 1959-1975, #Idéologie, #Littérature, Mouvement de contestation, #Violence, #Marxisme, Extrême gauche - 2012/04

    #Guerre_du_Vietnam_1959-1975 #Mouvement_de_contestation #Extrême_gauche #2012/04