person:nasrin sotoudeh

  • Opinion | Two Women, Heroes for Our Age - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/03/13/opinion/hathloul-sotoudeh-iran-saudi-arabia.html

    They are women who bravely challenged misogyny and dictatorship, one in Iran, the other in Saudi Arabia. Those two nations may be enemies, but they find common cause in their barbaric treatment of women — and since they are trying to squelch and smother these two women, we should shout their names from the mountaintops.

    Nasrin Sotoudeh, 55, is a writer and human rights lawyer who for decades has been fighting for women and children in Iran. Her family reports that this week she was sentenced to another 33 years in prison, on top of a five-year sentence she is now serving, plus 148 lashes.

    Loujain al-Hathloul, 29, a leader of the Saudi women’s rights movement, went on trial Wednesday after months of imprisonment and torture, including floggings, sexual harassment, waterboarding and electric shocks.

    Her sister Alia al-Hathloul told me that Loujain was finally presented with the charges against her, which included communicating with human rights organizations and criticizing the Saudi “guardianship” system for women.

    I previously suggested that Hathloul should get the Nobel Peace Prize, and she has now been nominated for it. So let me revise my proposal: Hathloul and Sotoudeh should win the Nobel together for their courageous advocacy of women’s rights before rival dictators who share one thing: a cruel misogyny.

    I know I’ll get notes from people who harrumph that the problem is simply Islam. That’s too glib, but it is fair to say that Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman and Iranian Ayatollah Ali Khamenei together tarnish the global image of Islam more than any army of blasphemers could.

    “This sentence is beyond barbaric,” the U.S. State Department said of Sotoudeh’s reported sentence. Quite true. But the State Department refuses to be equally blunt in denouncing Hathloul’s torture and imprisonment; that’s because it sees the Saudis as allies and the Iranians as enemies.

    What the Trump administration doesn’t seem to understand is this: If you care about human rights only in countries that you despise, you don’t actually care about human rights.

    Alia al-Hathloul said that her sister was ordered to sign a letter requesting a royal pardon, and did so, and that the torture appears to have ended. I’m hoping that the crown prince is looking for a way to climb down from his brutal mistreatment of the women’s rights activists and will eventually grant the pardon that she “requested.”

    Meanwhile, Iran seems to be cracking down harder. Amnesty International reports that Iran arrested more than 7,000 dissidents last year and that the 38-year combined sentence for Sotoudeh, if true, is the harshest imposed against a human rights defender in Iran in recent years. Iran state media suggested that she had been given a shorter sentence, but Sotoudeh and her family have much more credibility than Iran’s government.

    “The shockingly harsh sentence against her is a signal of just how unnerved the Iranian authorities have become,” Kumi Naidoo, the secretary general of Amnesty International, told me. He noted that women’s rights activists in Iran have become bolder, sometimes waving their head scarves on a stick and posting videos on social media.

    “With this cruel sentence, the Iranian authorities appear to be seeking to make an example of Nasrin Sotoudeh and to intimidate other women’s rights defenders,” he said.

    Sotoudeh’s husband, Reza Khandan, was separately sentenced in January to six years in prison, for posting updates about his wife’s case on Facebook. The couple has two children, a 12-year-old son named Nima and a 19-year-old daughter named Mehraveh. Hadi Ghaemi of the Center for Human Rights in Iran said that relatives may now have to raise Nima and Mehraveh.

    “My dearest Mehraveh,” Sotoudeh once wrote her daughter from prison, “you were my main motivation for pursuing children’s rights. … Every time I came home from court, after having defended an abused child, I would hold you and your brother in my arms, finding it hard to let go of your embrace.”

    #femmes #héros #arabie_saoudite #iran


  • En Iran, l’avocate Nasrin Sotoudeh condamnée à une lourde peine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/13/l-avocate-iranienne-nasrin-sotoudeh-lourdement-condamnee_5435370_3210.html

    La justice iranienne a fait connaître, lundi 11 mars, une peine d’emprisonnement prononcée par un tribunal révolutionnaire de Téhéran contre l’avocate Nasrin Sotoudeh, en son absence et à une date inconnue. Déjà retenue depuis neuf mois à la prison d’Evin, dans la capitale iranienne, Mme Sotoudeh est condamnée à cinq ans de prison pour « rassemblement et collusion contre le régime » et à deux ans pour « insulte au Guide suprême », a déclaré son juge, Mohammad Moghisseh, à l’agence semi-officielle ISNA.

    Cette avocate de 55 ans est célèbre pour sa défense de manifestants emprisonnés, comme de jeunes femmes ayant défié les lois de la République islamique en se dressant, sans voile, dans l’espace public. Cette peine sévère pourrait cependant n’être qu’un acompte, alors que la justice iranienne empile les condamnations contre elle, dans une grande opacité.

    Son mari, Reza Khandan, a précisé à l’Agence France-Presse qu’elle avait été condamnée, dans un second dossier, pour sept chefs d’accusation, à une série de peines dont l’addition donne le tournis : 33 ans. M. Khandan a déclaré à l’AFP que la plus lourde de ces peines, pour « incitation à la débauche », s’imposait aux autres : Mme Sotoudeh s’est donc vue promettre au moins dix ans derrière les barreaux, et 148 coups de fouet. Selon son juge, l’avocate a refusé de se faire remettre le dernier verdict, et son dossier a été renvoyé au tribunal d’appel.

    (...) Mme Sotoudeh fait les frais de la répression qui accompagne le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire.

    Aujourd’hui, l’avocate fait les frais de la répression qui accompagne le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire, en mai 2018. Selon Amnesty International, plus de 7 000 personnes ont été emprisonnées l’an dernier, à la suite des manifestations contre les blocages économique et politique du pays. En janvier 2018, Mme Sotoudeh avait été parmi les premières à annoncer la mort, en prison, de manifestants. Elle a pu également gêner l’institution judiciaire, en dénonçant la publication d’une liste de vingt avocats agréés pour défendre des accusés politiques, parmi lesquels elle ne figurait pas.

    Défense des « filles de la rue Enqelab »

    Avant tout, Mme Sotoudeh a pris fait et cause pour les « filles de la rue Enqelab », souvent très jeunes, qui ont osé depuis le début de l’année 2018 se dévoiler en pleine rue, juchées sur des transformateurs électriques ou des ronds-points, pour dénoncer l’obligation de port du voile en public faite aux Iraniennes.

    Le gouvernement du modéré Hassan Rohani a cherché à circonscrire la portée de leurs actes à un débat de société, sans en faire le symbole d’une contestation radicale du « système ». La justice, instance conservatrice, a, de son côté, prononcé des peines relativement clémentes contre certaines de ces femmes.
    Lire aussi En Iran, Nasrin Sotoudeh, la voix des anti-voile

    Cependant, la presse ultraconservatrice voit en elles un instrument des partisans d’un changement de régime, basés à l’étranger, et des « faucons » de la Maison Blanche. Elle n’a pas manqué de noter que la journaliste Masih Alinejad, initiatrice d’une campagne incitant les Iraniennes à se dévoiler en public, avait rencontré le secrétaire américain aux affaires étrangères, Mike Pompeo, en février à la Maison Blanche.

    Cette presse note également qu’une jeune Iranienne, Shaparak Shadjarizadeh, condamnée en 2018 à deux ans de prison ferme et à 18 ans de sursis, a pu quitter le pays pour s’établir au Canada. Elle y était intervenue en décembre 2018 devant le Parlement, pour demander des sanctions contre l’Iran, suscitant des critiques sur les réseaux sociaux iraniens.

    Peu après, le médecin Farhad Meysami, détenu en Iran pour avoir soutenu le mouvement des filles de la rue Enghelab, avait affirmé qu’il préférait demeurer derrière les barreaux plutôt que d’accepter le soutien offert au mouvement par l’administration américaine.

    Le 9 mars, le quotidien Javan, lié aux gardiens de la révolution, la principale force armée iranienne, a dénoncé l’intégration par le président français de Mme Sotoudeh à un conseil consultatif du G7. Il y voyait un premier test, par une puissance étrangère, du nouveau chef de l’autorité judiciaire, Ebrahim Raissi. Cet ancien rival ultraconservateur de M. Rohani à la présidentielle de mai 2017 a été nommé la semaine dernière par le Guide suprême.

    Louis Imbert

    J’ai gardé le nom du journaliste pour cet article qui (d)étonne dans le parti-pris général du _Monde sur les questions en #Iran.