person:oprah winfrey

  • Gestation pour autrui : « En Inde, les mères porteuses sont réduites à l’état d’esclaves »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/06/22/31003-20180622ARTFIG00335-gestation-pour-autrui-en-inde-les-meres-porteuses

    Sheela Saravanan est une chercheuse indienne, titulaire d’un doctorat en santé publique, et a travaillé dans plusieurs universités allemandes. Elle appartient notamment à l’Institut d’Éthique et d’Histoire de la médecine, à l’Université de Göttingen. Féministe, elle s’intéresse aux violences faites aux femmes en Inde et dans les pays du Sud, ainsi qu’aux technologies de reproduction, en particulier la PMA.
    Elle a mené une longue enquête auprès des mères porteuses en Inde, et a publié à la suite de ses recherches A Transnational Feminist View of Surrogacy Biomarkets in India (Springer, 2018), un document réalisé à partir de nombreux entretiens. Elle y révèle les conditions terribles dans lesquelles les mères porteuses sont étroitement surveillées tout au long de leur grossesse. Entretien exclusif.

    FIGAROVOX.- Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous intéresser aux mères porteuses en Inde ?
    Sheela SARAVANAN.- En 2007, L’Inde était la deuxième destination au monde en matière de tourisme médical, grâce à la qualité de son système de santé, de ses équipements et de l’accessibilité des soins. Je pensais donc que les parents d’intention (les personnes qui ont recours à une mère porteuse pour obtenir un enfant) étaient attirés par la modernité des équipements médicaux et le haut degré de qualification des médecins, ainsi que par la permissivité de la législation indienne, la faiblesse des coûts et la disponibilité des mères porteuses.
    Mais lorsque je suis venue en Inde et que j’ai discuté avec des parents d’intention, j’ai compris en réalité qu’ils viennent surtout parce qu’en Inde, les mères porteuses n’ont absolument aucun droit sur l’enfant qu’elles portent, ni même sur leur propre corps tout au long de leur grossesse. Elles ne bénéficient d’aucun soutien légal ni psychologique. On leur demande d’allaiter l’enfant qu’elles ont porté, puis on le leur arrache sans leur apporter la moindre assistance psychologique.

    - C’est tout le contraire de ce que l’on nous montre à la télévision : dans les talk-shows comme celui d’Oprah Winfrey aux États-Unis, on nous vend une image romantique de la gestation pour autrui en Inde, comme si c’était un service rendu, entre sœurs, en quelque sorte. J’ai donc pris conscience qu’en Inde, la gestation pour autrui est une violation flagrante des droits de l’homme, et qu’elle fait encourir d’importants risques pour la santé des femmes.

    – Vous rapportez les difficultés que vous avez eues pour approcher les mères porteuses. Pourquoi les cliniques étaient-elles si réticentes à vous mettre en contact, si leur activité est légale ?

    – Malgré tout, deux cliniques ont accepté de m’aider dans mes recherches, dont une qui dispose d’un foyer pour mères porteuses, c’est-à-dire des dortoirs dans lesquels les femmes enceintes sont détenues pendant toute leur grossesse. J’ai toutefois appris plus tard que les femmes avaient reçu des consignes très strictes sur ce qu’elles avaient le droit de dire ou non.
    On leur demande d’allaiter l’enfant qu’elles ont porté, puis on le leur arrache sans leur apporter la moindre assistance psychologique.
    J’ai rapidement compris les raisons de tous ces mystères. Ces cliniques étaient impliquées dans diverses activités illégales : elles ne fournissaient aucune copie de leur contrat aux mères porteuses, elles fabriquaient de faux certificats de naissance, et se servaient même de leur influence pour émettre de faux passeports aux personnes qui souhaitaient ramener un enfant dans un pays où la GPA est illégale. Par ailleurs, de nombreuses pratiques médicales y sont contraires à toute forme d’éthique : bien qu’on n’ait pas le droit d’implanter plus de trois embryons à la fois dans l’utérus de la mère, les cliniques en implantent systématiquement cinq, et s’il y en a plus de deux qui sont viables, on procède in-utero à des avortements sélectifs. De plus, les accouchements ne se font que par césarienne. Une des mères m’a confié que même si le travail se fait douloureusement, on les conduit brutalement en salle d’opération pour les accoucher en urgence. Ces pratiques sont toutes, évidemment, illégales. Les cliniques se doutaient certainement que si je restais trop longtemps ou que j’approchais les femmes de trop près, je finirais par avoir vent de leurs pratiques, d’où leur réticence à me mettre en relation avec elles.

    - Quelles sont les conditions socio-économiques dans lesquelles vivent les femmes qui deviennent mères porteuses ? L’argent est leur seule motivation ?

    – Je n’ai rencontré aucune femme qui ait fait des études supérieures. Leurs revenus familiaux sont tous situés entre 3 000 et 6 000 roupies par mois, c’est-à-dire entre 50 et 100 euros. Pour une gestation pour autrui, elles touchent environ 3 500 euros (250 000 roupies), soit l’équivalent de trois ans de salaire. Toutes les femmes que j’ai rencontrées connaissent d’importantes difficultés économiques : de bas revenus, mais aussi des soucis de santé dans leur famille qui nécessitent des soins parfois coûteux. Même si aucune d’entre elles ne vit dans des conditions extrêmes de pauvreté, et bien que ce qu’elles gagnent grâce à la GPA ne représente pas non plus une immense fortune, ce salaire est très important pour elles car il permet à leur famille de ne pas sombrer dans la misère. Toutes sont au bord de la pauvreté : le moindre imprévu (une maladie, mais aussi un mariage ou le décès d’un proche) peut les y plonger durablement, d’autant qu’en Inde, il n’y a pas réellement de sécurité sociale.
    L’argent est donc la motivation première. Elles font souvent le calcul, pour savoir combien de grossesses elles devront réaliser avant d’être complètement à l’abri des difficultés économiques. Les cliniques les encouragent d’ailleurs, après la première GPA, à continuer : souvent, elles savent les persuader en ciblant expressément des femmes qui ont vraiment besoin d’argent. Je n’ai rencontré qu’une seule femme qui a refusé de réaliser une seconde grossesse : sa GPA lui a permis d’acheter la pauvre maison qu’elle louait auparavant avec son mari, et elle s’est remise à vendre des légumes.

    - Les parents d’intention choisissent-ils les mères porteuses ? Vous écrivez dans votre étude que « la GPA est un bazar où même la capacité d’une femme à porter des enfants a un prix ». Que voulez-vous dire ?

    – Oui, ce sont principalement les parents qui choisissent la mère porteuse, d’abord sur la base de photos et de quelques informations basiques, puis ensuite en leur faisant passer un entretien. Ils évaluent les candidates en fonction de leur apparence physique, préférant par exemple celles qui sont légèrement en surpoids car c’est un gage de bonne santé selon eux ; mais aussi en fonction de leur disposition à abandonner le bébé sitôt après la naissance. Ils privilégient nettement les plus pauvres, et s’intéressent au taux de mortalité dans leurs familles. Les mères, en revanche, n’ont pas le choix.
    Un supplément est versé aux femmes qui allaitent le bébé, et leur salaire est en partie indexé sur le poids de l’enfant à la naissance. En cas de handicap, ou si le sexe n’est pas celui désiré, elles sont en revanche moins payées. D’après un médecin, un tiers environ des parents préfèrent une mère qui a la même religion qu’eux. Une mère m’a confié qu’elle avait touché une prime, car elle appartenait à une caste de propriétaires, les Patel, qui jouissent d’un statut social prestigieux dans le Gujarat. Dans d’autres cliniques, on ne recrute que des femmes à la peau claire, et des critères de beauté ont été introduits.
    Les parents doivent débourser environ 1,1 million de roupies (18 000 euros environ), et les prix sont multipliés par le nombre de bébés en cas de jumeaux ou de triplés. Les bébés aussi sont donc une marchandise à vendre. Et en effet, comme je l’ai écrit, ces cliniques ressemblent à de gigantesques bazars, où tout a un prix : le corps des femmes, leur lait maternel, le travail de nounous que certaines font pendant quelque temps après la naissance, le nombre d’enfants, leurs poids, leur sexe, leur santé, et même jusqu’à la caste sociale ou la religion de la mère.

    - Vous avez également visité ces « surrogacy homes », ces foyers pour mères porteuses où sont retenues les femmes pendant leur grossesse. Y restent-elles par choix, ou par obligation ? Vous comparez ces lieux à des prisons…

    – En réalité, les conditions de vie dans ces foyers sont une violation flagrante des droits de l’homme : toute activité autre que liée au bon déroulement de la grossesse est bannie.
    Il s’agit d’une obligation imposée par la clinique, parfois même après la naissance si les parents d’intention souhaitent que la mère allaite l’enfant. De toute manière, après l’accouchement, elles n’ont pas le droit de retourner tout de suite chez elles. Pendant la grossesse, tous leurs mouvements sont strictement contrôlés, elles n’ont pas le droit de sortir ni d’accomplir aucune tâche du quotidien. On limite le nombre de proches qu’elles sont autorisées à voir. Elles doivent également abandonner leurs autres enfants : l’une d’entre elles, célibataire, a dû les confier à son frère tout le temps de la grossesse. Et dans la clinique, il n’y a aucun divertissement prévu pour elles : pas de télé, de radio, de livres ou d’ordinateurs, elles sont sur leur téléphone portable pratiquement toute la journée. Même dans les prisons, il y a des cours ou des espaces de récréation. On leur fait écouter de la musique sacrée à longueur de temps, car cela est supposé avoir un effet bénéfique sur les bébés. Elles sont gavées à longueur de journée, sont tenues de finir leur assiette à chaque repas. En réalité, les conditions de vie dans ces foyers sont une violation flagrante des droits de l’homme : toute activité autre que liée au bon déroulement de la grossesse est bannie.

    - Les liens avec leur famille sont donc coupés tout le temps de la grossesse ? Que disent-elles à leurs proches ?

    – Le consentement du mari est obligatoire pour devenir mère porteuse, donc la famille est toujours au courant. La plupart d’entre elles l’annoncent à leurs proches soit pendant la grossesse, soit rapidement après. Certaines d’entre elles viennent à la clinique accompagnée par une amie ou une soeur, pour se rassurer, au début. La GPA est très stigmatisée en Inde, mais la plupart du temps les femmes ne s’en soucient que très peu car elles ont le soutien de leur famille, voire même suscitent l’admiration car elles se sacrifient pour subvenir aux besoins de leurs proches. Certaines d’entre elles, malgré tout, préfèrent mentir et font croire qu’elles travaillent à l’étranger pour justifier de longs mois d’absence.

    - Quelle relation ont les mères à l’égard de l’enfant qu’elles portent ? Le considèrent-elles comme leur propre enfant ? Réussissent-elles facilement à l’abandonner, après l’accouchement ?

    – On ne cesse de leur répéter que l’enfant n’est pas à elles mais qu’il appartient aux parents d’intention. Mais en réalité, la séparation est toujours un déchirement, et la plupart des mères éprouvent une profonde tristesse. La grossesse est une pratique teintée de très fortes significations culturelles, sociales et religieuses. Toutes les mères porteuses se considèrent comme la mère de l’enfant, et elles réclament souvent d’avoir de ses nouvelles de la part des parents d’intention après l’adoption.
    Émotionnellement, la séparation avec l’enfant est presque toujours dévastatrice, d’autant plus qu’il leur est interdit de faire part de leurs sentiments : les manifestations de tendresse à l’égard du bébé sont prohibées, et elles ne peuvent en parler ni avec les médecins, ni avec les parents d’intention, ni même, bien souvent, avec leur mari. Il n’y a qu’entre elles qu’elles peuvent en discuter. Le temps qu’elles passent avec l’enfant après la naissance est très précieux pour elles, elles en gardent un souvenir grâce aux photos qu’elles prennent à ce moment. Lors de nos entretiens, ces photos sont une des premières choses qu’elles ont voulu me montrer !
    Les parents adoptifs, au contraire, ne considèrent pas la mère porteuse comme la vraie mère, et dissocient la grossesse du fait d’être « propriétaire » de l’enfant. Ils s’appuient sur le fait que la plupart du temps, les embryons sont conçus à partir de leur matériel génétique à eux. Les médecins s’appuient sur ce sentiment de propriété des parents d’intention pour faire entendre raison aux mères porteuses, et n’évoquent jamais le sentiment maternel de ces femmes devant les parents adoptifs : ils leur disent qu’elles ne s’intéressent qu’à l’argent.

    - Est-ce qu’il arrive parfois que les parents qui ont commandé l’enfant le refusent, par exemple en cas de handicap ou lorsque le sexe n’est pas celui exigé ?

    – Oui, hélas. Au cours de mon enquête, j’ai entendu dire qu’une petite fille était née avec une main en moins : la semaine suivante, la presse rapportait que cette enfant avait été retrouvée sous un pont de la ville. La mère porteuse a reconnu que c’était bien le bébé dont elle avait accouché, mais n’a pas osé se signaler à la police, de peur qu’on croit que c’était elle qui avait abandonné l’enfant, alors que les coupables étaient les parents adoptifs. D’autres enfants, selon certains articles de presse, auraient été abandonnés à l’orphelinat en raison de leur handicap ; ou pire, certains auraient été vendus à des réseaux clandestins d’adoption. Mais comme il n’y a pas de statistiques précises sur le nombre d’enfants nés dans les cliniques de GPA, on ne sait pas combien d’entre eux ont été ainsi abandonnés.

    - Vous vous dites féministe. Pourtant, d’autres féministes soutiennent au contraire la possibilité pour les femmes d’être mères porteuses, au nom du respect de l’autonomie des individus !

    – Le féminisme, dans son approche libérale, se concentre en effet sur l’autonomie de l’individu dans ses choix reproductifs. Cette approche vise à libéraliser l’accès à toutes les formes de technologies reproductives, sans que l’État n’instaure de barrières quelconques. Les techniques d’assistance médicale à la procréation (PMA) par exemple sont considérées comme un excellent moyen de résoudre les problèmes d’infertilité ; et la GPA est vue comme un marché gagnant-gagnant, avec un bébé contre de l’argent. Mais ce point de vue occulte complètement la réalité sociale : dans les faits, les femmes qui deviennent mères porteuses le font rarement par choix, mais y sont poussées à cause de leur situation économique, en raison de très fortes inégalités comme celles qui existent en Inde.
    Les féministes se sont battues pour la libération des femmes, notamment à l’égard du rôle maternel stéréotypé auquel on les assignait. Certaines féministes vont jusqu’à voir dans la GPA une étape de ce processus de libération, puisque l’activité reproductive est séparée strictement de la maternité. C’est, selon elles, une expérience libératrice, puisque cela participe de l’émancipation face à la nature, à l’instinct maternel. Mais en réalité, la GPA est une soumission complète, à la fois à la technologie et au patriarcat : en témoigne le contrôle absolu auquel les femmes sont astreintes pendant leur grossesse, au nom du fait que les femmes doivent entièrement se consacrer à l’enfant qu’elles portent. Pendant toute leur grossesse, les femmes sont exclues de toute forme de vie sociale extérieure à la clinique.
    En réalité, l’autonomie des individus n’est jamais décorrélée du contexte social dans lequel ils évoluent : chaque décision est prise dans un contexte politique, économique et culturel, car les individus appartiennent toujours à une communauté et à une histoire. Les femmes indiennes qui deviennent mères porteuses le font par devoir à l’égard de leur famille ou de leurs proches dans le besoin, en partie pour gagner leur affection ou leur respect. Elles subissent bien souvent une subtile pression de la part de leur famille, maquillée sous des liens affectifs étroits. Elles font ce choix pour permettre, aussi, à leurs enfants d’échapper à l’impasse dans laquelle elles se trouvent elles-mêmes. Certaines ont même besoin de cet argent pour payer la dot de leurs sœurs ou belles-sœurs, ce qui participe précisément au maintien d’un système de domination !
    Du reste, l’approche individualiste empêche de considérer un autre aspect de la question : 60 à 80 % des parents qui commandent un enfant sont des étrangers : ils viennent le plus souvent des pays du Nord, et descendent dans ceux du Sud où les personnes, plus pauvres, sont davantage disposées à devenir un matériau biologique.
    J’appelle donc à une interdiction mondiale de la gestation pour autrui, car c’est une pratique inhumaine tant à l’égard de la mère porteuse que pour les enfants, privés de vérité biologique sur l’identité de leur maman. Les droits des parents d’intention ne doivent pas l’emporter sur ceux de la mère, qui subit une mise à l’index de la société ainsi que des atteintes à sa santé, à son équilibre psychique, à sa liberté. Je demande aussi que s’instaure une solidarité féministe transnationale, afin de renforcer la justice reproductive : on ne peut pas bafouer ainsi les droits des personnes, sous prétexte de leur vulnérabilité.

    - Peut-on s’opposer à la gestation pour autrui tout en soutenant les techniques d’assistance médicale à la procréation ?

    – Non, je ne crois pas, dans la mesure où les techniques de PMA supposent de trier et de manipuler un matériel biologique, et par conséquent de réifier la race ou l’appartenance ethnique des embryons. Ces techniques, comme la GPA, renforcent les discriminations sociales. En cette ère d’importants progrès médicaux et scientifiques, nous devons prendre du recul et considérer les implications et conséquences de tous ces bouleversements dans la reproduction humaine : nous avons, à cet égard, une lourde responsabilité. Avec le don de gamètes, bien que dans une moindre mesure par rapport à la GPA, il y a déjà une forme de marchandisation du corps. Ces pratiques se ressemblent toutes par leur impact sur la psychologie humaine, la façon dont elles brouillent les identités.

    À mon sens, les technologies reproductives ne sont acceptables moralement que si elles n’impliquent qu’une intervention sur le corps de la personne qui en fait le choix pour elle. Mais il ne peut y avoir de droits reproductifs, qui impliquent une opération invasive ou nuisible sur une tierce personne. La sélection des gamètes, le choix du sexe de l’enfant, le diagnostic préimplantatoire sont autant de techniques qui renforcent toujours certaines formes de discriminations.

    - En revanche, est-ce que l’interdiction de la GPA ne risque pas de laisser ces pratiques se perpétuer souterrainement, dans des conditions pires encore ?

    – Non, car en réalité, même légale, la gestation pour autrui s’accompagne de pratiques terribles. En 2013, de très jeunes femmes venues des régions les plus pauvres d’Inde ont été enlevées, échangées, violées et forcées à devenir mères porteuses. Une jeune fille a notamment été forcée d’accoucher à six reprises après son enlèvement, à l’âge de 13 ans ! Il y a de très nombreux trafics similaires en Inde, avec des femmes venues souvent du Népal ou de Thaïlande. D’autant que la GPA intéresse de moins en moins de femmes à cause de la diminution des salaires. Comme pour la prostitution, une interdiction formelle n’empêchera certainement pas certains trafics souterrains, mais permettra de créer des plateformes légales pour aider les femmes qui en sont victimes à se pourvoir en justice, tandis qu’un système permissif favorise l’essor des réseaux clandestins.

    #GPA #femmes #exploitation #domination

  • 60 Minutes: Oprah Winfrey goes inside the memorial to victims of lynching - CBS News
    https://www.cbsnews.com/news/inside-the-memorial-to-victims-of-lynching-60-minutes-oprah-winfrey

    There is a reckoning taking place in America over how we remember our history. Much of the focus has been on whether or not to take down monuments that celebrate the Confederacy. But this story is about a new monument going up in Montgomery, Alabama. It documents the lynchings of thousands of African-American men, women and children during a 70 year period following the Civil War.

    #lynchage #assassinat #ségrégation #racisme #Bryan_Stevenson #états_unis #alabama #montgomery #noirs

  • Why 60 Minutes aired photos of lynchings in report by Oprah - CBS News

    https://www.cbsnews.com/news/why-60-minutes-aired-photos-of-lynchings-in-report-by-oprah

    Même remarque pour Eli Vallet :) qui signale cet opus sur son excellent fil (malheureusement sur FB).

    Why 60 Minutes aired photos of lynchings in report by Oprah

    The reason behind the broadcast’s decision to show graphic photographs of lynchings in this week’s report by contributor Oprah Winfrey

    2018 Apr 08 By Brit McCandless Farmer

    Wes Johnson was about 18 years old when he was murdered in a cotton field in southern Alabama. It was 1937, and according to newspaper reports at the time, a mob of men had dragged him from his jail cell before he could stand trial for the charge against him: assaulting a white woman. Today, only one photograph is known to exist of Johnson, a single picture to preserve his image for posterity—his lifeless body hanging from a tree.

    Bryan Stevenson wants to honor the legacy of Johnson, and thousands like him, with a new memorial for victims of lynching in America. Stevenson is a lawyer and founder of the Equal Justice Initiative, a non-profit organization that investigates the lynchings of African Americans. To commemorate the victims whose cases they’ve examined, the organization recently bought six acres of land in Montgomery, Alabama and constructed a memorial.

  • Deneuve VS Oprah : réactionnaires contre progressistes ? | Cécile Manchette
    http://www.revolutionpermanente.fr/Deneuve-VS-Oprah-reactionnaires-contre-progressistes

    La semaine aura débuté avec le discours acclamé d’Oprah Winfrey aux Etats-Unis aux Golden Globes pour finir avec la tribune d’une centaine de femmes françaises de la sphère intellectuelle et culturelle pour défendre « le droit d’importuner » des hommes. Des réactions d’une part et d’autre de l’Atlantique suite au phénomène Metoo qui s’est ouvert avec l’affaire Weinstein. D’un côté « l’anti-féminisme » ultra-réactionnaire qui banalise la culture du viol, de l’autre le féminisme néolibéral d’Hollywood qui se veut « cool ». Un féminisme bien loin des intérêts réels de la majorité des femmes exploitées et opprimées. Source : Révolution (...)

  • Whoa, Oprah in 2020 ? | Alternet
    https://www.alternet.org/oprahs-golden-globes-speech-stokes-talk-presidential-bid-0

    Un autre point de vue (plutôt positif) sur la candidature d’Oprah Winfrey... si elle s’accorde avec Bernie Sanders et Elizabeth Warren. Le spectacle commence... encore trois ans !

    Winfrey’s challenge is to prove she can be an effective candidate, as opposed to an effortless talk show host. That means clearly articulating progressive public policy goals in the way that Bill Clinton and Barack Obama both excelled at. (The fact that Clinton and Obama did not always govern as progressives should be a reminder that Winfrey, if elected, might not be a progressive president either.)

    Perfecting her personal appeal is not the challenge for Winfrey. Honing her political message is. What she needs to do, if she wants to be taken seriously as a would-be president, is to clarify her policy agenda.

    The most common objection I heard from Twitter is that Winfrey is a billionaire. Liberal voters will want to know if she pledges allegiance to the billionaires’ party known as Wall Street. Independent voters are going to want to know if she is serious. Men who didn’t go to college will want to know if she cares about their paychecks. And activists are going to want to know if she’s tough enough to withstand the coming attacks from Breitbart and Fox News.

    Why is she running? What does she want to accomplish? These are the basics of What It Takes to run for president. And American political history is littered with seemingly strong candidates—Ted Kennedy in 1980, Mitt Romney in 2012—who fizzled because they lacked credible answers to those questions.

    If Winfrey can answer those two questions to the satisfaction of the average Bernie Sanders voter, she’ll be the frontrunner for the Democratic presidential nomination in 2020.

    #Politique #USA #Spectacle

  • Oprah, Don’t Do It - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/08/opinion/oprah-2020-president-globes.html

    I am not immune to Oprah’s charms, but President Winfrey is a terrible idea. It also underscores the extent to which Trumpism — the kowtowing to celebrity and ratings, the repudiation of experience and expertise — has infected our civic life. The ideal post-Trump politician will, at the very least, be a deeply serious figure with a strong record of public service behind her. It would be a devastating, self-inflicted wound for the Democrats to settle for even benevolent mimicry of Mr. Trump’s hallucinatory circus act.

    Indeed, the magical thinking fueling the idea of Oprah in 2020 is a worrisome sign about the state of the Democratic Party. That Ms. Winfrey could probably beat those considered likely front-runners — Joe Biden, Bernie Sanders, Kirsten Gillibrand — is testament to how demoralized and devoid of fresh political talent the post-Obama party has become.

    In a way, the conversation on the left (and the anti-Trump right) around Ms. Winfrey is more troubling than the emotional immaturity and anti-intellectualism pulsing out of the red states that elected Mr. Trump. Those voters have long defined themselves in opposition to the intellectual seriousness Democrats purport to personify.

    If liberals no longer pride themselves on being the adults in the room, the bulwark against the whims of the mob, our national descent into chaos will be complete. The Oprah bandwagon betrays the extent to which social causes and identities — and the tribal feelings they inspire — have come to eclipse anything resembling philosophical worldviews. American politics has become just another team sport, and if suiting up a heavy hitter like Ms. Winfrey is what it takes to get the championship ring, so be it.

    The idea that the presidency should become just another prize for celebrities — even the ones with whose politics we imagine we agree — is dangerous in the extreme. If the first year of the Trump administration has made anything clear, it’s that experience, knowledge, education and political wisdom matter tremendously. Governing is something else entirely from campaigning. And perhaps, most important, celebrities do not make excellent heads of state. The presidency is not a reality show, or for that matter, a talk show.

    #Politique #USA

  • This moving photo essay flips the script on race expectations

    In a feature titled “Let’s Talk About Race” for O, the Oprah Magazine’s May 2017 issue on race, photographer #Chris_Buck published a photo essay reversing the roles of women of color and white women. Buck, who is white, was commissioned by the editor-in-chief at O, Lucy Kaylin, who curated the feature to encourage more open conversation about race. Kaylin told Mic News that the concept came out of a meeting with Oprah Winfrey herself.


    https://mic.com/articles/177195/these-three-pictures-make-a-powerful-statement-about-race-and-power-among-women

    #photographie #clichés #racisme #xénophobie #rôles_inversés
    cc @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere @reka

  • Toujours plus de stars enseignent dans les universités, en Suisse aussi RTS - Katja Schaer/oang

    http://www.rts.ch/info/suisse/7992417-toujours-plus-de-stars-enseignent-dans-les-universites-en-suisse-aussi.h

    ❞ Les universités américaines et britanniques accueillent toujours plus de stars au sein de leur corps enseignant. En Suisse, celle de Saint-Gall a engagé le boxeur ukrainien Wladimir Klitschko.
    . . . . .
    Dès cet automne, l’actrice américaine Angelina Jolie enseignera à la prestigieuse London School of Economics. Mais d’autres célébrités américaines ont été recrutées par des universités anglo-saxonnes, comme le producteur Spike Lee, l’animatrice Oprah Winfrey ou encore l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright. ❞
    #foutage-de_gueule

  • « La Majordome de Lee Daniels », ou l’art d’envelopper les luttes dans un drapeau.
    http://www.lecinemaestpolitique.fr/la-majordome-de-lee-daniels-ou-lart-denvelopper-les-luttes-dans

     Le Majordome de Lee Daniels a connu un succès au box office, un succès en salle, aidé sans doute par un défilé d’acteurs et actrices qui donne presque le tournis : Forest Whitaker, Oprah Winfrey, David Oyelowo, Yaya Dacosta, Cuba Gooding Jr., Clarence Williams III, Lenny Kravitz, Mariah Carey, Vanessa Redgrave, Jane Fonda, Robbie […]

    #Cinéma #racisme

  • Dopage dans le football : enquête interdite
    Le Magazine de la rédaction - France Culture

    http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/02/s06/NET_FC_1255c291-901c-4d81-b7dc-83ce72447864.mp3

    http://www.franceculture.fr/emission-le-magazine-de-la-redaction-dopage-dans-le-football-enquete-i

    Dans le #cyclisme, les aveux ont été spectaculaires. Lance Armstrong, sept victoires dans le #Tour_de_France, et cette interview choc, face à Oprah Winfrey en 2013, où le sportif américain admet avoir usé d’ #EPO, d’ #hormones de croissance et autres substances illicites lors des compétitions.

    Le 21 janvier dernier, le coureur Danilo di Luca affirme que 90% du peloton du Giro, le tour d’Italie, est #dopé. Lui même vient d’écoper d’une suspension à vie.

    Mais si la petite reine trempe depuis des années dans les scandales de #dopage, le sport « roi » comme on surnomme le #football, serait à l’abri de ces pratiques interdites.

    Pas de dopage pour les as du ballon rond.

    Malgré quelques tests positifs (plutôt rares

    il est vrai), malgré le procès de la #Juventus de Turin qui déboucha en 2004 sur de la prison ferme pour certains protagonistes, on veut croire que les sportifs les mieux payés au monde ne boivent pas de cette eau là.

    Or, si on contrôle aujourd’hui 10% des coureurs cyclistes, seul un #footballeur professionnel sur 2000 fait l’objet d’un contrôle.

    A quatre mois de la #Coupe_du_monde de football, et alors que s’ouvrent les #Jeux_olympiques de Sotchi, enquête sur l’omerta qui règne sur toutes les procédures liées au dopage dans le football.

    Un reportage d’Emmanuel Leclère.

  • Täschligate*
    http://africasacountry.com/taschligate

    Retired pop legend Tina Turner, a long-time resident of Zürich’s ‘Goldküste’ (Gold Coast), the coveted area of marvellous villas on the lake of Zürich, had much to celebrate this year: she got married to her long-time companion Erwin Bach, a former music label executive, during a lavish ceremony at her lake-side villa ‘Algonquin.’ Much of the local […]

    #MEDIA #class_politics #Oprah_Winfrey #racism #Switzerland #Zurich

  • Larry King, vedette de CNN, rejoint Russia Today
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1787

    L’une des stars des médias américains les plus en vue vient de passer dans le camp adverse. Il ne s’agit pas d’Oprah Winfrey, l’animatrice et productrice américaine de télévision, qui est derrière le programme le plus vu dans l’histoire de la télévision. Mais de Larry King, l’animateur de radio et de télévision, considéré comme l’un des plus grands interviewers des temps modernes, avec l’estimation de plus de 50 000 entretiens avec les personnages de tous les domaines. Le présentateur de télévision, (...)

    #Actualité,_événement,_opinion,_intérêt_général,_information,_scoop,_primauté #censure,_presse,_journaux,_dictature,_expressions,_liberté #arts,_culture,_littérature,_cinéma,_critique,_performances,_styles

  • SEB utilise-t-il des techniques préventives de guerre de l’information ?
    http://www.knowckers.org/2013/04/seb-utilise-t-il-des-techniques-preventives-de-guerre-de-l%E2%80%99inform

    Le vendredi 15 février 2013, Oprah Winfrey, présentatrice adulée de la télévision américaine, tweetait à ses 16 millions de followers : « This machine… T-Fal Actifry has changed my life. And they are not paying me to say it » et publiait sur Instagram une photo d’elle avec la fameuse …

    #www.knowckers.org

  • « Le féminisme d’affaires selon la patronne de Facebook »

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/03/11/le-feminisme-d-affaires-selon-la-patronne-de-facebook_1845867_3222.html

    Sandberg, chantre des réseaux sociaux, qui dit avoir toujours rêvé de diriger un mouvement social, a lancé dès mercredi son site, LeanIn.org ("Bougez-vous") où les femmes sont invitées à poster leur expérience. Parmi les premières contributions, on trouve une galerie de femmes puissantes, comme la présentatrice vedette Oprah Winfrey, l’actrice Reese Witherspoon et l’ancienne première dame Laura Bush.

    Le Monde a depuis modifié son titre, mais celui-là est quand même vachement mieux : « féminisme d’affaires », il fallait l’inventer

    et « diriger un mouvement social », oh que c’est beau - c’est vrai que si on pensait davantage à faire un business plan des grèves, elles réussiraient mieux

    #8marsFAIL #wtf

  • Pour la première fois, Oprah Winfrey pose avec ses cheveux au naturel en couverture de son magazine - Jezebel
    http://jezebel.com/5931195/oprahs-beautiful-natural-hair-makes-its-debut-on-o-magazine

    The September issue of O just hit stands, and the cover model is, as always, Oprah herself. But the joyous-looking photograph by Ruven Afanador is special: Oprah’s hair appears in its natural state.

    #femmes #racisme

  • #Cancer Culture - S. Lochlann Jain
    https://anthropology.stanford.edu/people/lochlann-s-jain

    Usually cancer is studied as a distinct, finite, disease that some unfortunate people get. Nevertheless, over half of all Americans will be diagnosed with an invasive cancer. In this book, based in extensive analysis of the history, politics, and science of cancer, as well as years of fieldwork, I examine the ways that cancer is not separate from, but is central to medical, political, and social economies.

    lire en particulier “Be Prepared” et “Cancer Butch”

    • https://anthropology.stanford.edu/sites/default/files/jain.beprepared.pdf

      Did my mind declare war on my body ?

      J’ai passé un peu de temps pour mettre le pdf en texte ici (en OCR car ce sont des images du livre de mauvaise qualité), de manière à ce qu’il puisse être lu par les non anglophones. J’ai corrigé les premières pages, si j’ai le courage je ferais la suite au fur et à mesure.
      Dans tous les cas, ce texte méritait d’être diffusé, j’espère que l’auteur sera d’accord.

      I don’t blame people for not knowing how to engage with a person with cancer.
      How would they? Heck, I hadn’t either. Despite the fact that each
      year 70,000 Americans between the ages of fifteen and forty are diagnosed
      with the disease and that incidence in this age group has doubled in the last
      thirty years, many of my friends in their thirties have never had to deal with
      it on a personal level.

      I remember when my cousin Elise was undergoing chemotherapy treatment while in her early thirties. When I met her I couldn’t even mention it,
      couldn’t (or wouldn’t, or didn’t) say that I was sorry or ask her how it was
      going---even though it was so obviously the thing that was going on. I was
      thirty-five for God’s sake, a grown—up, a professional, a parent, and cancer
      was so unthinkable that I couldn’t even acknowledge her disease. When my
      former partner’s sister showed up at our house all bald after her chemotherapy, my only remark was, “Hey, you could totally be a lesbian.” I was terrified,
      or in denial. More likely I had picked up the culture of stigma and this disabled me from giving genuine acknowledgment. But whatever sympathetic spin you want to put on it, I sucked in all the ways that I had to learn how to deal with later. Indeed, an assumption of exceptionalism was only the flip side of my own shame.

      Fantasies of agency steep both sides of diagnosis. On the “previvor” side,
      images continually tell us that cancer can be avoided if you eat right, avoid
      Teflon and smoking, and come from strong stock. Alternatively, tropes of
      hope, survivorship, battling, and positive attitude are fed to people post-
      diagnosis as if they were at the helm of a ship in known waters, not along
      stormy and uncharted shores. And yet, so little of cancer science, patient
      experience, or survival statistics seems to provide backing for the ubiquitous
      calls for hope in the popular culture of cancer. After all, who would celebrate
      a survivor who did not stand amid at least a few poor SOBs who fell?

      Everyone who has "battled,” “been touched by,” “survived,” been “made
      into a shadow of a former self,” or has been called to inhabit the myriad can-

      170

      car cliches has been asked to live in a caricature. As poets say in rendering
      their craft, clichés serve to shut down meaning. Clichés allow us not to think
      about What we are describing or hearing about: we know roses are red. People
      with cancer are called to live in and through—even if recalcitrantly—these
      hegemonic clichés by news articles, TV shows, detection campaigns, patient
      pamphlets, high—tech protocol—driven treatments, hospital organizations and
      smells, and everyday social interactions. Such cultural venues as marches
      for hope, research funding and direction, pharmaceutical interests, survivor
      rhetoric, and hospital ads constitute not distinct cultural phenomena, but
      overlap to form a broader hegemony of ways that cancer is talked about and
      that in turn control and diminish the ways that cancer culture can be inhab-
      ited and spoken about. Cancer exceeds the biology of multiplying cells. But
      the paradoxes of cancer culture can also be used to reflect on broader Ameri—
      can understandings of health and the mismatch of normative assumptions
      with the ways people actually live and die. "lhe restricted languages of cancer
      are not innocent.

      For an example of how individuated agency is used in cancer, one might
      look to the massive literature and movement spurred by Bernard Siegel,
      which is based in the moral complex of cancer and what he describes as the
      “exceptional patient.” In Love, Medicine, and Miracles: Lessons Learned about
      Self—Healing from a Surgeon’s Experience with Exceptional Patients, Siegel
      writes about having the right attitude to survive cancer(1). In Siegel’s View and
      its variants, surviving cancer becomes a moral calling, as if dying indicates
      some personal failure. Siegel—style literature offers another form of torture
      to people with cancer: Did my mind declare war on my body? Am I a cold,
      repressed person? (Okay, don’t answer that.) This huge and punishing industry preys on fear as much as any in the cancer complex and adds guilt to the mix.
      As one woman with metastatic colon cancer said on a retreat I attended,
      “Maybe I haven’t laughed enough. But then I looked around the room and
      some of you laugh a lot more than I do and you’re still here.” She died a year
      later, though she laughed plenty at the retreat.

      It’s no wonder that shame is such a common response to diagnosis. The
      dictionary helps with a description of shame: “The painful emotion arising
      from the consciousness of something dishonoring, ridiculous, or indecorous in one’s own conduct or circumstances, or of being in a situation which
      offends one’s sense of modesty or decency.(2)” Indeed, cancer does offend. People in treatment are often advised to wear wigs and other disguises, to joke
      with colleagues; they are given tips on how to make others feel more at ease.
      One does want to present decency, to seem upbeat. And so do others. A quick

      171

      “you look good,” with a response of “oh, thanks,” offers a Welcome segue to
      the next discussion topic and enables a certain propriety to circumscribe the
      confusion of proper responses to illness, to the stigma embodied by the possibility of a short life and a painful death. One person with metastatic disease
      calls herself, semi-facetiously, “everyone’s worst nightmare.” Others Speak
      about how hard it is to see the celebration of survivors while knowing that
      they themselves are being killed by the disease.

      Social grace is a good thing. But given the scope of the disease --- half of all
      Americans die of it and many more go through treatment --- one might wonder what or whom such an astonishing cultural oversight serves. After all how can cancer, a predictable result of an environment drowning in indus:
      trial and military toxicity, be dishonoring or indecorous ? I don’t mean its
      side effects; the physical breakdown of the body is perhaps definitive of the
      word “indecorousf” But these pre- and post-diagnosis calls to disavowal can
      help illuminate the ugly underside of American’s constant will to health, its
      normative assumptions about health and the social) individual, and generational traumas that it propagates. Expectations and assumptions about life span and their discriminatory and generational effects offer but one of many venues for such an exploration.

      Survivorship in America

      Perhaps it’s a class issue, but I didn’t really think about survival until I was
      called to consider being in the position of the one who might be survived.
      I was just tootling along until I was invited by diagnosis to inhabit this category, to attend retreats, camps, and support groups, to share an infusion
      room—to do all kinds of things with many people who have not, in fact,
      survived cancer—and thus to survive them at their memorial services, the
      garage sales of their things> and in the constructing and reading of memorial
      Websites and obituaries.

      To be sure, cancer survivorship (as opposed to either cancer death or
      just plain survival) comes with its benefits. I got a free kayak, albeit with a
      leak. When things are going really wrong I think about how my life insur-
      ance could pay for some cool things for my kids, or that maybe I don’t have
      to worry about saving for a down payment since in order for a home to be
      , a good investment you should really plan to live in it for five years. Some-
      times,when you find yourself buying into those cancer mantras of living in
      the moment, you can look around from a superior place at all the people
      scurrying around on projects you have determined do not matter—and then

      172

      go and do the laundry or shop for groceries, just like everyone else. Or like
      Bette Davis does in the movie Dark Victory as she dies of a brain tumor; you
      can consider yourself the lucky one, not having to survive the deaths of those
      You love. You have that strange privilege of being able to hold the materiality
      of your own mortality up against every attempt to make value stick. You may
      Wonder, as I do, how anyone survives the death of a parent or a sibling or a
      close friend or lover—the things that are purportedly normal life events—
      until you go through it yourself.3

      On the other hand, it may be easy to devolve into the narcissism of unremitting fear.
      I like to keep in mind what a driver once told me when I asked
      him what it was like to drive celebrities such as Oprah Winfrey around New
      York He said, “They like to think they are important. But after every funeral
      I’ve been to, people do the saaaaame thing. They eat.”

      The doctor survives the clinical trial, the child survives the parent, the
      well survive the sick But how have we come to take this survivorship for
      granted, as something to which we are entitled? Even a century or two ago
      there would have been a good chance that several of us would have died in
      childbirth or of some illness. Devastating as it may have been, we would have
      expected this. And we don’t exactly live in a medical nirvana. The United
      States is not even in the top ten for the longevity of its population. In fact, the
      United States is missing from the top twenty or even thirty for longevity in
      the world. In some studies, it’s not even in the top forty.4 Despite this statistic,
      the United States spends more than any other nation on health care. Part of
      Americans’ dismal life expectancy results from the broad lack of access to
      health care as well as the broader and well-documented discrimination in
      health care against the usual suspects: African Americans, women, younger
      people, and queers. But other factors that afiect even those with excellent
      access to excellent care play in as well: the high levels of toxins in the environment, including those in human and animal bodies; cigarettes; guns; little
      oversight for food, automobile, and other product safety; high rates of medical error.

      In short, despite the insistent rhetoric of health, American economies
      simply do not prioritize it. That’s okay. There is no particular reason that the
      general health of a population should trump all other concerns. But given the
      evidence, how do we come to believe this disconnect between dismal health
      status in the United States and the entitlement to normative health and life
      span? What kind of management has this necessary disavowal required? And
      what about the obverse of this question: how do these stories constitute those
      who are forced to drop out? After all, if survival is a moral and financial

      173

      Figure 13.1: The 2006 “Put Your Lance Face On” campaign from American Century
      Investments. This version of the promotional photo omits the warning, required in print
      advertisement publications, that it is possible to lose money by investing (included in the
      original).

      expectation and entitlement, then mortality must be constituted as something outside of normal life, even though these early deaths pay for pension:
      and other deferred payments. Even though everyone will die. I hypothesize
      that stigma and shame offer a way to examine and challenge ideals of health
      and the Ways that normative life spans have been constructed.

      Accumulation

      For analytical wealth in this matter, nothing beats a recent advertisement for
      American Century Investments that featured Lance Armstrong (figure 13.1).

      Armstrong has provided something of a translational figure for the nexus
      of industry, cancer, and humanitarianism that constitutes the discourses of
      cancer survivorship, foregrounding and even heroizing cancer survivors. His
      own story relentlessly underpins this cultural work.

      174

      While some accounts of Armstrong’s success go so far as to credit chemotherapy for literally rebuilding his body as a cycling machine, and others link his drive and success to his cancer experience, Armstrong continually presents himself in public as a survivor, claiming that his greatest success and pride is having survived cancer. In his autobiography, It’s Not About the Bike, Armstrong describes how, when diagnosed with testicular cancer in 1996,
      he actively sought the best care available to overcome a poor prognosis. He
      chose a doctor Who offered a then-new treatment that turned out to revolutionize the treatment for testicular cancer, turning the disease from a highrisk cancer to a largely curable one even in its metastatic iteration. This coincidence in the timing of his disease and this new treatment has enabled him to make his own agency in finding medical care into another inspirational aspect of his cancer survival story.

      In fact, cancer treatments are some of the most rote, protocol-driven
      treatments in medical practice, perfect examples of what historian Charles
      Rosenberg has detected as the rationalization of disease and diagnosis at
      the expense of the humanness of individual patients.5 Yet Armstrong’s story
      serves several purposes. It overemphasizes the role of agency in the success
      of cancer treatment, a View that correlates well With the advertising messages
      of high—profile cancer centers. It overestimates the curative potential of treatments for most cancers, something we would all like to believe in. And it
      propagates the myth that everyone has the potential to be a survivor—even as, ironically, survivorship against the odds requires the deaths of others.

      This Armstrong story comes with real social costs for many people surviving with and dying of cancer. Mixiam Engelberg’s graphic novel, like so many cancer narratives, ends abruptly with the recurrence of her metastatic disease and her subsequent death. One prominent page other book has a cartoon with her holding a placard stating, “Lance had a different cancer,” in response to her friends’ and colleagues’ comparison of her With Armstrong and their terrifying denial of her actual situation.6 So, While many cancer survivors consider Armstrong an icon and inspiration, others feel that he is misrepresentative of the
      disease. He at once gives them impossible standards of survivorship while at
      the same time building his heroism on the high death rates of other cancers.

      The American Century Investments advertisement summons the reader
      to “Put Your Lance Face On.” After gazing into the close—up image of a determined looking Armstrong and thinking quietly to oneself, “What the fuck?”
      one reads that “putting on a Lance face” “means taking responsibility for your
      future. . . . It means staying focused and determined in the face of challenges.
      When it comes to investing . . .” This ad is about Lance the Cyclist, sure; it

      175

      is also about Lance the Cancer Survivor. Control over one’s future h
      together the common thread of cancer survival, Tour de France victor Olds
      smart investing. But all this folds into the tiny hedge at the bottom of tfieand
      Past performance is no guarantee of future results . . . it is possible to lad:
      money by investing.” Even the Lance Face can see only so far into the fumrose

      ’This warning, necessary by law, echoes a skill essential to living in cae:
      talism. In heij study of market traders, Caitlyn Zaloom finds that “a tradJ 1.
      must learn to manage both his own engagements with risk and the ph 31 Z
      sensations and social stakes that accompany the highs and lows of wignc
      and losing. . . . Aggressive risk taking is established and sustained by routiIlTig
      zation and bureaucracy; it is not an escape from it.”7 The conflation of Arm—
      strong as athlete and cancer survivor in this ad offers the perfect personifica-
      tion of market investing, since the healthy functioning of a capitalist orde;
      requires a valorization of focused determination and responsibility for one’s
      future. By now a truism, liberal economic and political ideals require citi—
      zens to place themselves within a particular masochistic relationship to time
      What else but an ethos of deferred gratification would allow such retirement
      plans to remain solvent?

      As offensive as this ad is in its use of disease to create business, Ann.
      Strong’s story constitutes a culturally acceptable version of courage, cancer
      and survival that serves to comfort a population With increasing cancer rates,
      and the ad puts to use and propagates these notions of survivorship. As one:
      person wrote about giving Armstrong’s autobiography to her mother as she
      was dying of cancer, “I wanted her to be a courageous ‘surVivor’ too. I think
      we find it less creepy or at least difficult When people assume the role of sur-
      vivor, where they pretend they’re going to live an easy and long life.”8

      You can be angry at cancer; you can battle cancer. One campaign under-
      written by a company that builds radiation technology even allows people to
      write letters to cancer. But to be angry at the culture that produces the dis-
      ease and disavows it as a horrible death is to be a poor sport, to not live up to
      the expectations of the good battle and the good death witnessed everywhere
      in cancer obituaries. A bad attitude of this genre certainly will never enable
      you to become an exceptional patient. It’s as though a death threat blackmails
      cancer anger and frustration. But more astonishing still is the way in which
      this “poor sport” characterization carries over even into other cancer events.

      There is nothing wrong With having fun while making money. As one
      under—forty person who has been living in the cancer complex for over tWO
      decades said, “A fundraiser is where you invite people to a big fun event,
      serve great drinks, and do everything oossible for them not to think about

      176

      cancer.”You do want people to feel good and strong so that they will open
      their wallets, but this humanitarian charity model (“Swim for women With
      cancerl”) obscures the politics and paradoxes of such divisions. As one per—
      son organizing a fundraiser for her particular and rare cancer said as she
      thought about asking her doctors to attend her event, “They’ve made enough
      money off my cancer, they could pay some back” I signed on as the mixolo—
      gist for the event and spent several hours designing circus—themed drinks

      with little cotton candy garnishes.

      Time and Accumulationv

      Armstrong’s class, gender, and curable cancer allow his iconic status to
      overshadow the simple fact that cancer can completely destroy your financial
      savings and your family’s future. Sixty percent of personal bankruptcies in
      the United States result from the high cost of health care.11 This news, won—
      derful for people working in the healthcare industry since many people wifl
      pay anything for medical goods and services, means that cancer can be a
      long, expensive disease, paid for over generations.

      When one’s financial planner asks, semi—ironically, how long you plan to
      five, he calls up the paradox of survivorship. Middle— and upper—class Ameri—
      cans are asked to plan for an assumed longevity, and to be sure, a properly
      planned life span combined With a little luck comes with its rewards. But in
      times of trouble, the language of financial service starts to show cracks, even
      for healthy youngish people. The other day, When interviewing a Fidelity rep—
      resentative about my decreasing retirement account, the representative kept
      using the phrase “as your retirement plan grows.” When I pointed out that it
      had, in fact, shrunk by 45 percent, he just stared at me blanldy.‘ When, as an
      experiment, I asked him about people who don’t make it to the age of sixty-
      five, he pleaded, “You really need to think about it as a retirement plan.”

      No matter how we are interpellated to think about these accounts, non—
      normative life spans tell us about the ways that capitalist notions of time and
      accumulation work both economically and culturally. Many kinds of eco—
      nomic benefits, for example, are based in an implied life span: you work now,
      and we’ll pay you later. Social Security benefits are granted on the basis of
      how much you have put into the system over the years, and they last until
      you or your survivors are no longer eligible. Middle-class jobs often include
      not only salaries, but what are known as “deferred payments.” Pensions fall
      into this category, as do penalty—free retirement savings, and the benefit some
      academics get of partial payment of their children’s tuition.

      177

      If you croak, some of these contributions may revert back to your estate;
      others may be disbursed to qualifying survivors; others Will be recycled into
      the plans that will pay for the education of your colleagues’ children. As With
      any insurance policy, such calculations require that the state or the employer
      offer salary packages in the form of a financial hedge on your mortality and
      calculate the averages over the Whole workforce. Payments for those Who
      get old depend on the fact that some will die young. It’s not personal; it’s
      statistical. ‘

      Actually, I take that back. I guess there is not much that is more per50na1
      than your sex life, and if
      you are heterosexual and married—that is, if you say
      you are sleeping with one person only and that person is of the opposite sex
      and over a certain age—your cancer card Will play more lucratively. If you
      fit these criteria, you may be able to pass on these benefits and enable your
      loved ones to pay off some of your medical debts or provide a way toward
      a more comfortable life in (and sometimes because of) your absence. The
      survivorship of a spouse is a state—endowed right, enabled in the form of a
      cash benefit and various forms of tax relief. A husband’s or Wife’s death will
      enable his or her spouse to receive Social Security checks for decades. This
      cash enables a sort of proxy—survival by fulfilling your responsibility toward
      the support of your spouse and possibly the support of your children.

      This is precisely how one person explained to me his reasoning behind
      a recent change of genders: he can now legally have a Wife, legally bring her
      into the country, and legally offer her the protections of Social Security. For
      the same reasons, my lawyer advised me to marry a man, so that my hus-
      band could give the survivor—cash to my girlfriend. For the same reasonS,
      my mother was bummed out When I turned out not to be straight. Health is
      social and institutional as well as physical. Capital and family legitimate and
      live through each other, in some sense rendering each other immortal.12

      Social Security might be seen as ensuring that those Who do not conform
      to its measures of social legitimacy—people with forms of support that do
      not fall into the marriage category—are not given the forms of security into
      Which they are asked to pay while they live. Straight marriage presents a form
      of cultural longevity for the institution of marriage, and the labor of those
      who cannot partake in such survivorship literally underwrites the security of
      the individuals who can.13

      Historians of marriage have documented how ideas about the well—being
      of children led to these forms of social support. But take a closer look, and
      you will see that it’s only some children who benefit from these protective
      policies. Here’s an example. My employer offers a housing benefit that gives

      178

      some employees financial assistance in purchasing a house. It also describes
      death as a “severed relationship.” The relationship between my employer and
      an employee of the university can pass through a surviving partner—they
      included same—seX couples in their benefits plan in 1992, alb eit as taxable ben—
      efits rather than the untaxed benefits that straight people receive#such that
      a surviving partner may continue to live in a house purchased with the help
      of this fringe benefit. However, if an employee has children and no partner,
      the relationship is severed and the children are “SOL” (shit out of luck); they
      must sell the house no matter what the market is like and return the down
      payment loan to the employer. The debt cycles of illness and the early deaths
      of a parent are thus differently borne out through what counts as legitimate
      survival, thus reinforcing and rewarding normative social structures.

      But more important to my argument here, these retirement and Social
      Security benefits offer one means by which the terms of life span come to
      be taken for granted by the middle class in the United States. They make life
      span into a financial and moral calling, albeit one that the state will be will—
      ing to partially subsidize in the event of the deaths of the citizens who fulfill
      its principles of economic and sexual responsibility

      All this rests on a premise critical to economies in America: time and
      accumulation go together. You need the former to get the latter, and you have
      more smfi as you get older. No wonder people want to freeze themselves.
      Seriously. Cryonics offers an obvious strategy to maximize capitalist accu—
      mulation. On my salary, I’ll be able to pay for my kids’ college tuition in one
      hundred and fifty years. If I could freeze myself and my daughters and let
      my savings grow over that time, then come back to life after all the work of
      accumulation has been done for me, well, I could take full advantage of both
      the deferral and the gratification.” This may sound ludicrous, but it’s basi-
      cally the next step of what is already happening; people already freeze their
      eggs and sperm in order to maintain their fertility to a point at Which they
      have gained the sort of financial security that time and accumulation (are
      supposed to) bring.

      While cryonics suspends biological life as capitalism proliferates, uncon-
      trollably duplicating cells work to immobilize biological life. Cancer paro-
      dies excess. It could not be farther from the metaphors of an external enemy
      attacking the body imagined by visions of targeted chemotherapy, the broad
      political imaginary of the war on cancer, or the trope of the courageously
      battling and graciously accepting patient. If wealth rots the soul, accumulat-
      ing tumors rot the host. It just grows, sometimes as a tumor you should have
      noticed but didn’t, sometimes as a tumor you can’t help but notice but can’t

      179

      remove. It may just live there; you may touch it each day. It may disappear 0r ‘-
      it may wrap its way around your tongue. Either way, its changing size may 7’,
      make it seem living or dying. It inhabits a competing version of time, not ,
      yours, to which such things as savings and retirement are supposed to cor. ’

      relate, but its own, to which such words as “a o tosis” and “runawa ” ,
      Y aCCrue.

      These versions of competing time reveal a lot about life spans in capitalism ,

      Conclusion

      Alas, the Lance Face aims not toward the growing demographic of cancer

      survivors whose bodies experience the fissures of the immortal pretensions of :

      economic time. Unlike manypeople who calculate their odds and cash out their

      retirement policies after diagnosis, or the friends of mine Who told me thatI L
      was the inspiration for them to live in the moment and renovate their home, or ~
      those ads that regularly appear in Cure magazine that offer to buy the life insux. 3
      ance policies of people with cancer in exchange for a percentage, the Lance ad;

      replays tiresome injunctions to future thinking, saving, and determination. :
      The ad encourages the potential consumer of banking products to workin the ;
      broader interests of capital. Simply put, the ad uses cancer for its own ends and ’

      is able to do so because of the way that cancer rhetorics have so unquestion—
      ingly oyerlapped With notions of progress and accumulation in capitalism.

      The cultural management of cancer terror follows to some extent the,
      Cold War strategies of damping nuclear terror. You may have wondered why

      the phrase “you are the bomb” presents itself as something of a compliment

      Whereas, in a romantic situation, the comment “you are the gas chamber”,
      may not go over that well. Anthropologist Joseph Masco has analyzed how

      Americans didn’t just turn the threat of nuclear annihilation into atomic

      cafes, bikinis, and B—sz cocktails on their own; we were taught to survive

      through specific governmental programs sought to manage the emotional
      politics of the bomb. Nuclear terror, as a paralyzing emotion, was converted
      into nuclear fear, “an affective state that would allow citizens to function
      in a time of crisis.”5 Such emotional management required a two-pronged
      approach. First, citizens were asked to “take responsibility for their own
      survival.” Second, enemy status was displaced from nuclear war onto public
      panic, such that the main threat was perceived as inappropriate reactions to‘
      detonation, rather than to the bomb itself. Even With increased bomb testing
      and its release of radiation into the atmosphere, the discovery of high levels
      of radiation in American flesh and teeth, and the corresponding increasing
      of cancer rates along fallout routes and among nuclear workers, the nuclear

      180

      threat was always constituted as coming from the outside, never as the pre-
      dictable and calculated risk of American nuclear programs. In that sense, the
      forms of emotional management that resulted from military technologies
      underpin cancer culture in the United States as much as the technologies of
      Chemotherapy and radiation do.

      To be sure, the increasing use of the language of survivorship in main—
      stream cancer culture offers a welcome change from the days when people
      with cancer were asked to use plastic cutlery so as not to infect those around
      them or were not told of their diagnoses in order to protect them. Now, the
      Person who survives cancer walks a fine line between courage and deception,
      horror and the quotidian, in ensuring that American models of health retain
      their normative status. Lance Armstrong offers the perfect venue for such
      disavowals, as he currently rises as if in a second coming, high above the
      Nike building at Union Square in San Francisco and other American cities,
      his Lance face in perfect shape, With another sufficiently vague, sportsmanly
      tag line: “Hope Rides Again.”

      What if, instead of some broad and grammatically, if not afiectiyely,
      meaningless aim as marching and riding “for hope,” fundraisers attempted to
      ban any one of the thousands of known carcinogens in legal use? What if we
      walked, ran, swam, rode not for hope, but against PAH, MTBE, EPA or any
      other common carcinogen? Such an effort would require naming. the prob—
      lem rather than the symptom, and recognizing how we are all implicated. It

      would require that we invest in cancer culture not as a node of sentimentality
      but as a basic fact of American life.

      NOTES

      1. Bernie S. Siegel, Love, Medicine, and Miracles: Lessons Learned about Ser—Healing
      from a Surgeon’s Experience with Exceptional Patients (New York: Harper and Row, 1986).

      2. Oxford English Dictionary, 2nd ed., s.v. “Shame.”

      3. Again, I think it is easier to speak facetiously from the position of having a non—
      metastatic diagnosis.

      4. Stephen Ohlemachter, “US Slipping in Life Expectancy Rankings,” Wash—
      ington Post, August 12, 2007, httpzllwww.washingtonpost.com/wp—dyn/content/arti-
      c1e/2007/ 08/12/AR2007081200113html.

      5. See Charles E. Rosenberg, “The Tyranny of Diagnosis: Specific Entities and Indi—
      vidual Experience,” The Milbank Quarterly 80, no. 2 (June 2002): 237—60.

      6. Miriam Engelberg, Cancer Made Me a shallower Person (New York: Harper,
      2006).

      7. Caitlin Zaloom, “The Productive Life of Risk,” Cultural Anthropology 19, no. 3
      (Angust 2004): 365.

      181

      8. Personal correspondence with author, April 10, 2008.

      9. Personal correspondence with author, March 15, 2009.

      10. Personal correspondence with author, April 11, 2009.

      11. See David U. Himmelstein, Deborah Thorne, Elizabeth Warren, and Steflie W001-
      handler, “Medical Bankruptcy in the United States, 2007: Results of a National Study)” "me
      American Journal ofMedicz’ne 122, no. 8 (August 2009): 741—46. -

      12. These structures carry invisible costs even for straight people Who believe
      themselves to be outside of these cycles. Think for example of the shooting of Harvey
      Milk and George Moscone. The short sentence given to Dan White for the shooting is
      usually ascribed to the fact that, since Milk was queer, the judge believed that his life Was
      not worth much. Moscone Was considered collateral damage. See The Times of Harvey
      Milk, dir. Rob Epstein, 90 min, Black Sand Productions, 1984.

      13. This kind of structural attention to cultural institutions and actual care are
      understudied For example, When President Barack Obama made an exception to his i
      usual homophobic platform to call for allowing same-sex couples to be able to visit their
      partners in hospitals, he was making a way for partners to be able to love each other
      and to be able to share a deep experience. Advocacy and protection are huge parts of
      contemporary medical care. I have eome across hundreds of examples of this in my years
      of research. This aspect of contemporary medical care includes everything from making
      sure that medical records are transferred properly or read, that medical allergies are made
      known, that machinery is working, that people wash their hands and are given the proper
      doses of medication. Such bedside advocacy is an enormous, and understadiei part of
      healthcare provision.

      14. Tiffany Romain is working on an important dissertation on this subject in the
      Department of Anthropology at Stanford University.

      15. Joseph Masco, “Survival Is Your Business: Engineering Ruins and Affect in Nuclear
      America,” Cultural Anthropology 23, no. 2 (May 2008): 366.

      182