person:pascal poot

  • Géographies en mouvement - Des #tomates à faire rougir les agronomes - Libération.fr
    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2016/08/16/des-tomates-faire-rougir-les-agronomes

    Comme si cela allait de soi pour les contribuables, Xavier Beulin, patron de la #FNSEA, réclamait le 10 août dernier pour les agriculteurs un énième plan d’aides alors que le marché peine à réguler l’#économie_agricole. L’occasion de regarder les solutions alternatives.

    Le cas de Pascal Poot commence à être connu et commenté jusqu’aux journaux télévisés. Mais il faut encore le faire connaître si on veut sauver l’#agriculture du désastre environnemental et financier dans lequel la FNSEA l’a mise depuis plusieurs décennies . Et renvoyer dans leurs labos les « ingénieurs » de l’#INRA co-responsables de cet effondrement de notre agriculture. Imaginez une région caillouteuse comme peut l’être le Languedoc, sur les hauteurs de Lodève. Pas d’eau l’été, des trombes à l’automne, une région frisquette l’hiver. Pourtant, le #Conservatoire_de_la_tomate de #Pascal_Poot est un défi à la science agronomique. Un jardin de cocagne sans système d’arrosage, ni engrais ni pesticides, ni tuteur, ni entretien. Des milliers de plants donnant au bas mot 20 kg de tomates par pied ! Comment s’y prend-il ?

    #agronomie

  • Tomates sans eau ni pesticide : cette méthode fascine les biologistes - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/04/tomates-sans-eau-ni-pesticide-cette-methode-fascine-les-biologistes

    « La plupart des plantes qu’on appelle aujourd’hui “mauvaises herbes” étaient des plantes que l’on mangeait au Moyen-Age, comme l’amarante ou le chiendent... Je me suis toujours dit que si elles sont si résistantes aujourd’hui c’est justement parce que personne ne s’en est occupé depuis des générations et des générations.

    Tout le monde essaye de cultiver les légumes en les protégeant le plus possible, moi au contraire j’essaye de les encourager à se défendre eux-mêmes. J’ai commencé à planter des tomates sur ce terrain plein de cailloux il y a une vingtaine d’années, à l’époque il n’y avait pas une goutte d’eau.

    Tout le monde pense que si on fait ça toutes les plantes meurent mais ce n’est pas vrai. En fait, presque tous les plants survivent. Par contre on obtient de toutes petites tomates, ridicules. Il faut récolter les graines du fruit et les semer l’année suivante. Là on commence à voir de vraies tomates, on peut en avoir 1 ou 2 kilos par plant.

    Et si on attend encore un an ou deux, alors là c’est formidable. Au début on m’a pris pour un fou mais au bout d’un moment, les voisins ont vu que j’avais plus de tomates qu’eux, et jamais de mildiou, en plus, alors les gens ont commencé à parler et des chercheurs sont venus me voir. »

    #maraichage #semence

    • C’est quand la recherche, l’ingénierie, se mettent à être séparées des sujets sur lesquels portent les inventions. Lorsqu’il y a des groupes (des castes ?) de scientifiques et d’ingénieurs, qui cherchent et inventent des choses extérieurement aux activités et gens auxquelles serviront ces inventions.

      Pendant une trèèèèès longue période de notre histoire, la majorité des inventions fut le fruit des gens qui les utilisaient (pas toutes, évidemment, il y a des exceptions notables, mais la majorité oui). De nos jours, ce rapport est totalement inversé.

    • #épigénétique #semences

      « Son principe de base, c’est de mettre la plante dans les conditions dans lesquelles on a envie qu’elle pousse. On l’a oublié, mais ça a longtemps fait partie du bon sens paysan.

      Aujourd’hui, on appelle cela l’hérédité des caractères acquis, en clair il y a une transmission du stress et des caractères positifs des plantes sur plusieurs générations.

      Il faut comprendre que l’ADN est un support d’information très plastique, il n’y a pas que la mutation génétique qui entraîne les changements, il y a aussi l’adaptation, avec par exemple des gènes qui sont éteints mais qui peuvent se réveiller.

      La plante fait ses graines après avoir vécu son cycle, donc elle conserve certains aspects acquis. Pascal Poot exploite ça extrêmement bien, ses plantes ne sont pas très différentes des autres au niveau génétique mais elles ont une capacité d’adaptation impressionnante ».

    • « Le travail de #sélection des #semences montre qu’on peut pousser le végétal vers des conditions impressionnantes. Mais l’#agriculture moderne a perdu ça de vue, elle ne repose pas du tout sur la capacité d’adaptation.

      Or dans un contexte de changement rapide du #climat et de l’#environnement c’est quelque chose dont le monde agricole va avoir besoin. Il va falloir préserver non seulement les semences mais aussi les savoir-faire des agriculteurs, les deux vont ensemble. »

    • Ça fait cinq ans je crois, que je sélectionne mes semences de tomates (justement) avec l’idée que d’année en années elles devraient s’adapter aux conditions du jardin. L’année dernière, elles ont été malades bien plus tard qu’ailleurs. Et encore, parce que je les avais laissé pousser en buissons touffus, ce qui a maintenu une certaine humidité sur les feuilles. J’avais refilé des plants à un ami qui lui a retiré les feuilles au fur et à mesure pour les aérer, ils n’ont pas du tout été touché par le mildiou.

    • Le journaliste parle de Germinance et de graines del Pais puis met un lien des semences pour la tomate Gregory Altaï sur Rustica, je rêve !

      Une partie de ces graines sont vendues dans l’illégalité, parce qu’elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés végétales du GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et plants). Cela énerve beaucoup Pascal Poot, jusque là très calme :

      « L’une de mes meilleures variétés, c’est la Gregori Altaï. Mais elle n’est pas inscrite au catalogue, peut-être parce qu’elle n’est pas assez régulière pour eux. Beaucoup de variétés sont comme ça. A l’automne dernier, le semencier Graines del Païs a eu un contrôle de la répression des fraudes qui a établi près de 90 infractions dans leur catalogue.

      Le principe c’est qu’on ne nous autorise à vendre que les graines qui donnent des fruits qui sont tous pareils et qui donnent les mêmes résultats à chaque endroit. Pour moi, c’est le contraire du vivant, qui repose sur l’adaptation permanente. Cela revient à produire des clones mais on veut en plus que ces clones soient des zombies. »