person:pascal riché

  • L’inflammation, une immunité innée qui s’est retournée contre l’humanité
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/14/l-inflammation-mal-du-siecle_5461715_3224.html

    Cette réaction de défense de notre corps a protégé l’humanité depuis des centaines de milliers d’années. La vie moderne et sédentaire percute une physiologie façonnée par l’évolution.


    Des cellules de cerveau humain reproduites par ordinateur.

    L’inflammation, chacun de nous l’a déjà éprouvée dans sa propre chair. Ça rougit et ça gonfle ; ça brûle et ça lance. C’est, en réalité, une réaction de défense normale de notre corps, face à une agression : ­infection, blessure physique, tumeur… Partout, dans notre corps, des cellules sentinelles patrouillent. Dès qu’elles détectent un signal suspect, elles envoient des « molécules SOS ». Très vite, les soldats de l’inflammation accourent. C’est que l’enjeu est vital.

    Les armes de cette immunité innée ont été rodées depuis des centaines de milliers d’années. Il s’agissait de juguler nos ennemis ancestraux : ces hordes sournoises de microbes, ces dents et ces griffes des grands prédateurs, ces défenses de mammouths, ces massues des tribus rivales… L’inflammation, ou comment protéger l’humanité chancelante, livrée à un milieu hostile.

    Et pourtant. « L’inflammation est-elle notre amie ou notre ennemie ? », s’interroge le professeur Charles Serhan, de l’Ecole de médecine d’Harvard (Massachusetts, Etats-Unis). « C’est une arme critique pour notre survie. Mais un excès d’inflammation fait le lit de nombreuses maladies chroniques. »

    Depuis trente ans, sa face sombre se révèle peu à peu. Et l’on découvre l’ampleur des dégâts. Elle a beau œuvrer à bas bruit, cette inflammation, quand elle devient chronique, n’en est pas moins la plus meurtrière des pandémies :
    Diabète de type 2
    Infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux
    Obésité
    Cancers
    Asthme
    Maladies neurodégénératives et psychiatriques
    Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou des articulations
    Psoriasis

    La liste est longue de ces « maladies de civilisation » qui nous minent, sous l’attaque sournoise et répétée d’une alimentation trop riche et d’une ­sédentarité trop grande. Aucun pays n’est épargné.
    « Nous sommes passés, en une centaine d’années, de l’ère des maladies infectieuses à l’ère de l’hygiène et des antibiotiques », résume la professeure ­Karine Clément, spécialiste des maladies cardiométaboliques à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), à Paris. L’ère, également, de l’agriculture ­industrielle, de la révolution des transports et de l’informatique.

    Les forces de pression évolutives qui, durant des centaines de milliers d’années, se sont exercées sur l’humanité de l’ère préindustrielle ne pouvaient anticiper cette révolution qui, au XXe siècle, allait tout bouleverser – pour le meilleur et pour le pire. Elles ont retenu ceux qui survivaient aux infections, aux famines et aux griffes des grands fauves. Comment ? En sélectionnant trois caractères. Pour résister aux infections, il fallait un système immunitaire hyperactif. Revers de la médaille aujourd’hui : une tendance accrue à l’inflammation chronique. Pour résister aux famines, il fallait pouvoir stocker facilement le gras. Revers de la médaille aujourd’hui : une tendance au diabète et à l’obésité. Pour résister aux blessures, il fallait un sang qui coagule facilement.

    Revers de la médaille aujourd’hui : une tendance à la formation de caillots sanguins, menaçant de boucher nos artères.
    Une armée de l’ombre, œuvrant et communiquant par une myriade d’acteurs cellulaires et de molécules chimiques, nomade par essence, élusive : la complexité de notre système immunitaire explique qu’on ait longtemps méjugé son rôle dans cette pandémie moderne.
    Il a fallu attendre la fin du XXe siècle pour mieux cerner la coupable. Et comprendre que, quand cet incendie n’est pas éteint, il ronge à ­petit feu notre organisme. Corrode nos artères. Gangrène notre tissu graisseux. Abîme notre cœur et notre cerveau. Sape nos poumons et notre intestin. Attaque nos articulations. Mine nos muscles et notre foie…

    Premier tissu concerné : la graisse corporelle. « Longtemps le tissu adipeux n’a pas été jugé noble, raconte Karine Clément. Et puis, dans les années 1990, on s’est aperçu qu’il n’était pas qu’un sac inerte rempli de graisse. » Les personnes ­obèses ont des taux sanguins accrus de marqueurs de l’inflammation, découvre-t-on. Dont la fameuse CRP, cette protéine plus abondante dans le sang des patients atteints de maladies chroniques inflammatoires.

    Altération de tous les organes

    Les cellules adipeuses, quand elles se gonflent de gras, fabriquent des messagers de l’inflammation (TNF-alpha, interleukines…), montre-t-on ensuite. Ceux-ci attirent des cellules de l’immunité qui s’accumulent. « Chez les personnes obèses, les gènes de l’inflammation sont très fortement activés dans ces cellules », relève Karine ­Clément. Sous l’action des messagers sanguins, l’inflammation gagne tout l’organisme. « Le fonctionnement de tous les organes est altéré. »Dont le cerveau. Une étude publiée dans Cell Metabolism, le 3 janvier, livre un résultat étonnant. Dans un modèle de souris obèses, les chercheurs ont observé une sénescence accrue des cellules immunitaires du cerveau, ou « microglie ». « Ces cellules sénescentes sont un moteur-clé de l’anxiété induite par l’obésité », indiquent les auteurs, de la Mayo Clinic (Etats-Unis). Elles altèrent la production de nouveaux neurones (neurogenèse) chez l’adulte. En les éliminant, ils sont parvenus à restaurer une neurogenèse et à réduire l’anxiété des rongeurs.

    Et l’athérosclérose, ce fléau mondial ? Ce processus d’érosion des artères a été disséqué. L’offensive commence par un dépôt de graisses (LDL-cholestérol) dans la paroi des artères, où il subit une oxydation. « C’est là qu’entre en jeu l’inflammation, raconte Alain Tedgui, Grand Prix 2018 de l’Inserm (Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris). Ce LDL oxydé attire des globules blancs du sang, qui pénètrent dans la plaque. Là, ces cellules se gorgent de LDL oxydé. » Cette boule de graisse grossit, devient plaque d’athérome. « Les macrophages qu’elle renferme sont totalement inaptes à nettoyer les dégâts. » Ils meurent, forment des ­débris qui s’accumulent. Mais ils hébergent des molécules qui favorisent la coagulation : une bombe à retardement. « Plus tard, quand la plaque se fissurera, ils entreront en contact avec le sang : d’où la formation d’un caillot. » Et ce sera l’accident, brutal et ravageur : l’infarctus ou l’AVC.

    Là encore, l’immunité apparaît mi-ange, mi-démon, comme le montreront Alain Tedgui et Ziad Mallat. Certaines molécules anti-inflammatoires, par exemple, sont protectrices (IL-10 et TGF-bêta). Autre découverte : chez des souris ayant fait un infarctus, la taille des plaques peut être réduite par un médicament « anti-CD20 », qui inhibe les cellules délétères.

    Suite logique : chez l’homme, deux essais cliniques préliminaires sont en cours à l’université de Cambridge (Royaume-Uni), sous la direction de Ziad Mallat. Tous deux concernent un petit nombre de patients ayant fait un infarctus. Tous sont sous statine, bêtabloquant et IEC (la triade médicamenteuse classique après un tel accident). Le premier essai évalue, en sus, de faibles doses d’IL-2 pour favoriser l’expansion de cellules bénéfiques. Le second essai teste l’effet d’un anti-CD20.
    Les affections psychiatriques aussi sont ­concernées. « Depuis les travaux de Robert Dantzer, à l’Inserm de Bordeaux, on sait que des cytokines pro-inflammatoires agissent sur le cerveau », indique Pierre Ellul, du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP). Environ 30 % à 45 % des patients déprimés présentent des taux accrus de CRP, ce marqueur de l’inflammation. « Ils répondent moins bien aux antidépresseurs classiques. » Pour le moment, le concept reste théorique. « Mais, dans cinq à dix ans, cela pourrait changer. »

    C’est une retombée inattendue de l’inflammation : elle jette des ponts entre disciplines. Parce qu’elle est un moteur commun de nombreuses affections, on comprend leur association fréquente chez une même personne. Ainsi les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (une maladie inflammatoire des articulations) souffrent-ils plus souvent d’athérosclérose ; les patients diabétiques ou obèses font plus souvent des cancers ou des accidents cardio-vasculaires ; tous, aussi, souffrent plus de dépressions sévères. « Que les patients atteints de maladies chroniques soient plus déprimés, cela semble logique. Mais ce lien est plus fort avec les maladies inflammatoires », relève Pierre Ellul.

    Pour la même raison, on comprend les bénéfices collatéraux d’un traitement anti-inflammatoire, prescrit contre une maladie, sur les autres pathologies associées d’un patient. Ici, les exemples abondent. « Nous soignons des enfants atteints de lupus sévère », raconte Pierre Ellul. Beaucoup ont des dépressions associées, qui résistent aux antidépresseurs. « Mais quand nous traitons ces lupus par des thérapies ciblant l’inflammation, nous guérissons souvent ces dépressions. »

    Plus inattendu encore : en 2017, les résultats de l’essai Cantos étaient publiés dans le NEJM. Portant sur plus de 10 000 patients ayant une CRP élevée, cet essai évaluait l’impact d’une molécule médicament ciblant l’inflammation (le canakinumab, un anti-IL-1bêta de Novartis) sur le risque d’accident cardio-vasculaire. Ce médicament diminuait ce risque. Mais, en plus, il a fait chuter la mortalité par cancer du poumon et le risque d’arthrite ou de goutte…

    Les cancers, maintenant. « Le rôle de l’inflammation est très exploré. Il est très variable selon les types de tumeurs. Dans les cancers du sein “triple négatif”, par exemple, on voit beaucoup de cellules inflammatoires autour des tumeurs. Mais pas dans les cancers du sein hormono-dépendants », indique le professeur Christophe Le Tourneau, responsable du département d’essais cliniques précoces et d’innovation de l’Institut Curie (Paris et Saint-Cloud). Les cancers colorectaux, par ailleurs, sont associés aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ; les cancers du foie, à certaines hépatites…

    La question de la poule et de l’œuf

    « L’inflammation chronique est responsable de près de 20 % de tous les décès par cancer dans le monde », estime Shawn Demehri, de l’hôpital général du Massachusetts, dans les PNAS en février. Son équipe a identifié deux déclencheurs d’une inflammation chronique qui favorise des cancers de la peau et du côlon chez la souris. Il s’agit d’un messager chimique, l’IL-33, et d’une catégorie de cellules, des lymphocytes T régulateurs. Leur blocage prévient ce risque de cancers.
    L’inflammation chronique a d’autres effets pernicieux. Elle s’est révélée associée à un déclin cognitif accru. La preuve : pendant vingt ans, une équipe de l’université Johns Hopkins, à Baltimore (Etats-Unis), a suivi 12 336 individus, âgés de 57 ans en moyenne au début de l’étude. Résultats, publiés le 13 février dans Neurology : au bout de vingt ans, le déclin cognitif était supérieur de 12 % chez ceux qui avaient, en début d’étude, les taux les plus élevés de CRP, un des marqueurs de l’inflammation.

    Un doute surgit ici. Cette inflammation est-elle la cause ou la conséquence de ces maladies ? Le débat n’est pas clos. « C’est l’éternelle question de la poule ou de l’œuf, observe Alain Bessis, directeur de recherche au CNRS et professeur attaché à l’ENS (Paris). Par exemple, on sait depuis longtemps que des cellules immunitaires du cerveau, la microglie, sont activées dans toutes les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques…) ou psychiatriques (dépression, autisme, schizophrénie…). » Mais la place de cette inflammation reste incertaine. En tout cas, elle entretient le cercle vicieux.

    « L’inflammation chronique est responsable de près de 20 % de tous les décès par cancer dans le monde », Shawn Demehri, hôpital général du Massachusetts

    « L’inflammation chronique est absolument causale, puisque, si vous interférez avec elle, vous pouvez inverser le cours de ces maladies », assure de son côté Gökhan Hotamisligil, de l’Ecole de santé publique d’Harvard, dans le magazine d’Harvard (mai-juin 2019). Il cite l’exemple du diabète : si vous rendez une mouche diabétique, et qu’ensuite vous bloquez la réponse inflammatoire, vous guérissez son diabète. De même chez la souris, le singe et l’homme, avec les bons outils de blocage. « Bien sûr, plus l’espèce est évoluée, plus les voies de l’inflammation sont complexes. Si bien qu’il est plus difficile d’identifier les processus exacts à manipuler. »

    Et les maladies inflammatoires des articulations, comme la polyarthrite rhumatoïde ? « La compréhension des mécanismes de l’inflammation a permis d’identifier des cibles pour développer des traitements très efficaces », résume le professeur Pascal Richette, rhumatologue à ­l’hôpital Lariboisière à Paris (il déclare des liens d’intérêts avec Pfizer, Lilly, Roche, Celgene). Parmi ces ­cibles, le TNF-alpha et l’IL-6, qu’inhibe une panoplie de molécules aux noms étranges (infliximab, adalimumab, étanercept, tocilizumab, canakinumab…), apparues depuis une vingtaine d’années. Et franchement, il est rare qu’un médicament puisse changer à ce point la vie des malades – auparavant très handicapés par des douleurs et la perte de fonction des articulations touchées. Au prix, certes, d’un risque accru de certaines ­infections. « Mais, globalement, ces traitements sont bien tolérés, en regard de leur efficacité. »

    Au fond, la question est : pourquoi cette inflammation à bas bruit persiste-t-elle ? C’est ici qu’entre en scène le professeur Charles Serhan. Il a ­déterré un trésor : une superfamille de molécules qui, après la phase aiguë de l’inflammation, viennent éteindre ce feu. Il les a nommés « SPM ». ­Résolvines, protectines, marésines, lipoxines : autant de petits lipides qui, en temps normal, mettent fin à cet incendie.

    « Charles Serhan est sur ma liste personnelle des nobélisables, confie Jean-Marc Cavaillon, de l’Institut Pasteur. Son travail sur la compréhension de la résolution de l’inflammation est admirable. » Pourquoi ces molécules sont-elles, parfois, impuissantes à combattre ce feu ? Peut-être sont-elles débordées, l’incendie couvant sans répit. Peut-être sont-elles altérées. « En cas d’obésité et de diabète de type 2, les résolvines sont perturbées », note Karine Clément. Ces molécules ou leurs avatars de synthèse (seuls à être brevetables !) sont à l’étude, chez l’animal et l’homme.

    Effets bénéfiques de l’activité physique

    Mais le plus simple, pour limiter ce feu, n’est-il pas d’adopter des modes de vie favorables ? Le sport, d’abord. A court terme, on sait qu’une activité physique intense induit une inflammation aiguë, vite résolue. Mais, à long terme, un exercice physique régulier, au contraire, a des effets anti-inflammatoires. En témoigne cet essai retentissant, publié en 2007 dans la revue Circulation. Au total, 27 055 femmes ont été suivies sur onze ans. Verdict : un tiers environ des bienfaits de l’activité physique régulière sur le risque ­d’accidents cardio-vasculaires ont été attribués à une baisse de l’inflammation.
    Et la nutrition ? Une restriction calorique chronique abaisse les marqueurs de l’inflammation. Pas facile à mettre en pratique.

    Mieux vaut privilégier une alimentation riche en « bons acides gras » ­nécessaires à la fabrication des SPM, ces « pompiers de l’inflammation ». On les trouve principalement dans les poissons gras, certaines algues, des œufs, de la viande de poulet ou de bœuf. « Bien sûr, il ne suffit pas de manger du poisson pour avoir ces bons acides gras. Mais cela ne peut pas faire de mal ! », estime Jean-Marc Cavaillon.
    Une alimentation vertueuse ? Plus facile à dire qu’à faire. Car l’évolution ne nous a guère sélectionnés pour nos aptitudes à apprécier les choux de Bruxelles. Bien au contraire : elle a favorisé notre appétence pour le sucre et le gras. Peut-on lui en vouloir ? Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce que nos ancêtres sont passés au travers de son filtre implacable.

    • Inflammation : « Mieux vaut stimuler sa résolution qu’empêcher son déclenchement... », Propos recueillis par Florence Rosier

      https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/05/14/inflammation-mieux-vaut-stimuler-sa-resolution-qu-empecher-son-declenchement

      Pour Charles Serhan, de l’Ecole de médecine d’Harvard, la découverte de la famille des SPM - résolvines, protectines...- offre l’espoir de contrôler l’inflammation d’une façon précise et sûre.

      Charles Serhan est professeur d’anesthésie à l’Ecole de médecine d’Harvard et d’immunologie à l’Ecole de médecine dentaire d’Harvard (Massachussetts, Etats-Unis). Il dirige aussi un centre sur les thérapies expérimentales des lésions d’ischémie-reperfusion, au Brigham and Women’s Hospital de Boston. Depuis vingt-cinq ans, il explore les mécanismes cellulaires et moléculaires de résolution de l’inflammation. Il a découvert une superfamille de molécules, les SPM, produites par l’organisme après la phase aiguë de l’inflammation. Leur mission : éteindre cet incendie.

      Vous avez découvert toute une famille de molécules « pompiers de l’inflammation ». Quand et comment interviennent-elles ?
      En temps normal, la réponse inflammatoire est protectrice : son rôle est de défendre l’organisme contre une agression (infection, traumatisme…). Une fois cette mission accomplie, en principe, elle se résout spontanément. On a longtemps cru que ce processus était passif, mais il n’en est rien : il met en jeu un programme actif et coordonné. Mes recherches se sont centrées sur les molécules qui le contrôlent. Dans les années 2000, mon équipe a découvert les résolvines, puis les protectines et les marésines. Avec les lipoxines, elles forment une superfamille, les SPM (« specialized pro-resolving mediators »). Elles stimulent la résolution de l’inflammation et réduisent la douleur associée. Plusieurs aident aussi à résoudre les infections et à régénérer les tissus. Toutes sont des lipides (molécules de gras), ce qui en fait un mode de signalisation à part.

      Que se passe-t-il quand l’inflammation persiste à bas bruit ?
      Il arrive en effet – c’est même fréquent – que l’inflammation ne se résorbe pas. Pourquoi ? Les causes possibles sont nombreuses. Ce peut être parce que le facteur d’agression persiste lui-même (infection latente, excès de nourriture grasse et sucrée, exposition chronique à des toxiques…). Ou bien les SPM sont débordées, inefficaces, ou elles ne sont pas produites. Certaines maladies ou déficiences du système immunitaire entrent aussi en jeu.

      Cette inflammation persistante est un moteur du vieillissement accéléré, mais aussi du développement de nombreuses affections chroniques, soit autant de « maladies de civilisation » : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, cancers, asthme…

      Quelles sont les promesses médicales liées à la découverte des SPM ?
      La découverte de ces molécules ouvre l’espoir de contrôler l’inflammation d’une façon plus précise et plus sûre. Car plutôt que d’empêcher l’inflammation, mieux vaut en stimuler la résolution. Aujourd’hui les médicaments anti-inflammatoires sont très utilisés. Mais ils bloquent nos défenses naturelles : d’où leurs nombreux effets indésirables – immunosuppression et infections, surtout. Par contraste, les SPM laissent l’inflammation accomplir sa mission de défense, puis elles mettent fin au processus et nettoient le champ de bataille. Leur utilisation pourrait donc éviter les séquelles au long cours d’une inflammation persistante, sans les effets indésirables des anti-inflammatoires classiques.

      Dans quelles maladies ces molécules semblent-elles prometteuses ?
      Les résolvines, par exemple, ont montré leur intérêt contre la parodontite (inflammation des gencives) chez le lapin, et contre la colite (inflammation du côlon) chez la souris. Les protectines peuvent prévenir les accidents vasculaires cérébraux ischémiques chez le rat. Les lipoxines ont atténué des pleurésies (inflammation de la plèvre, autour des poumons) chez la souris. Et les marésines ont accéléré la cicatrisation des plaies et bloqué la perception de la douleur chez la souris. Certaines SPM sont aussi à l’étude chez des joueurs professionnels de football américain, très exposés aux lésions tissulaires. D’autres pourraient être utilisées pour contrôler l’inflammation liée à la reprise de la circulation sanguine dans les tissus, après une opération. En Chine, leurs effets sont évalués contre l’asthme ou le psoriasis. En Australie, contre la polyarthrite rhumatoïde…

      Et la maladie d’Alzheimer ?
      De nombreux patients présentent des déficits en certaines SPM, comme la neuroprotectine D1. Des travaux sont en cours pour caractériser les liens entre ces déficits, l’inflammation associée à la maladie et le défaut d’élimination des lésions cérébrales (les « plaques amyloïdes »). La plupart de ces études concernent des modèles animaux. Sur un petit nombre de patients, ces molécules ont semblé sans danger et montré des signes d’action encourageants. Mais beaucoup reste à faire.
      Vous venez de publier un article sur les effets anticancer de l’aspirine, qui semble mobiliser ces molécules ?

      Dans l’édition du 12 mars des PNAS, nous montrons en effet comment l’aspirine stimule la production de certaines résolvines. Celles-ci, à leur tour, inhibent la croissance tumorale, in vitro et chez la souris. L’intérêt potentiel : ces résolvines sont actives à des taux bien plus faibles que l’aspirine, d’où l’espoir d’un effet bénéfique sans la toxicité de l’aspirine.

      Pour maintenir des niveaux suffisants de SPM dans notre organisme, ne nous suffit-il pas de consommer des aliments riches en leurs précurseurs, comme les poissons gras ?
      Je pense, en effet, que nous pouvons maintenir des niveaux suffisants de SPM en mangeant des aliments riches en leurs précurseurs, à partir desquels notre corps les fabrique. Pour les résolvines, les protectines et les marésines, ces précurseurs sont l’EPA et le DHA, deux acides gras « omega-3 » trouvés principalement dans les huiles de poissons gras (anchois, sardines, maquereaux, saumon, huile de foie de morue) et certaines algues. Les lipoxines, elles, sont dérivées de l’acide arachidonique, présent dans les œufs, le poisson, la viande de poulet ou de bœuf. Pour autant, notre alimentation occidentale reste très pauvre en ces précurseurs.

      Le régime alimentaire de la Vieille Europe n’est-il pas plus favorable, ici, que le régime américain à base d’aliments gras, sucrés et ultratransformés ?
      Je ne connais pas, honnêtement, les taux comparés de SPM des populations d’Europe et des Etats-Unis. Mais je pense que nous pourrions améliorer nos apports alimentaires en EPA et en DHA. A vrai dire, nous ignorons les niveaux d’aliments que nous devrions consommer pour bénéficier d’un taux de ces molécules optimal, pour notre santé. Déterminer ces niveaux est d’ailleurs sur notre liste de choses à faire ! Mon laboratoire a récemment développé une technique pour mesurer les taux de SPM circulant dans le sang de chaque personne.

      Les SPM, molécules naturelles, ne sont pas brevetables. Intéressent-elles l’industrie pharmaceutique ?
      Dans mon laboratoire, nous avons fabriqué des versions synthétiques des résolvines. Certains de ces analogues pourraient être développés sous forme de médicaments. Plusieurs ont déjà été évalués dans des essais cliniques préliminaires, ce qui nécessite une collaboration étroite avec des Big Pharma. Les institutions qui accueillent mon laboratoire détiennent plus de cent brevets sur les SPM, dont les inventeurs sont moi-même et mes collaborateurs.

      Où quand nos défenses nous attaquent.

      #inflammation #inflammation_chronique


  • JB empêche tout le monde de dormir...

    De Geoffroy de Lagasnerie à Alain Soral, d’Ariane Chemin à Daniel Schneidermann, de Panamza à Claude Askolovitch, de Bruno Jeudy à Sylvain Courage, d’Olivier Truchot à Pascal Riché, de Marc-Olivier Fogiel à Pierre Haski, un immense front s’est levé contre moi en quelques heures.

    Des plus ignobles penseurs racialistes au progressistes d’apparat les plus vains, un seul mot d’ordre, répété jusqu’à la pâmoison, sous toutes ses formes, sur les réseaux sociaux, les médias, leurs infinis moyens de communication, a semblé les lier.

    La levée de boucliers a été incroyable dans sa diversité et sa brutalité, après un mois de silences feints. Il a fallu que je révèle qu’une dizaine de médias m’avaient successivement invité puis annulé en moins de 48 heures pour parler de Crépuscule, et que tous confirment tout en signant des mots d’excuse d’écolier plus pitoyable les uns que les autres, pour que soudain les vannes s’ouvrent. De C Politique au Quotidien en passant par l’Obs, la matinale de RMC chez Bourdin et tant d’autres, tous se sont empressés de prétendre qu’il n’en avait rien été. Enfin, que si, mais que tout s’expliquait.

    Cela faisait alors cinq mois qu’aucun d’entre eux n’avait dit un mot d’un texte qui a été plusieurs centaines de milliers de fois téléchargé et qui s’est retrouvé immédiatement propulsé en tête de tous les classements de vente, sans une publicité. Face à la rupture du réel, à la violence de cette soudaine mise en abyme - l’ouvrage montre comment l’espace informationnel français est devenu un marché où s’échangent et se trafiquent les petits secrets contre promotions et avancées - les dénégations et les (dis)qualificatifs ont commencé à pleuvoir à une vitesse fascinante : fasciste, homophobe, mythomane, antisémite, complotiste, agent des russes et des chinois, sioniste, psychotique, millionnaire caché, imposteur, narcissique, arrogant, sexiste se sont succédés, avec tout le sérieux du monde, en des espaces autorisés ou se croyant censurés, du site d’Arrêt sur images à celui d’Egalité et Réconciliation en passant par CheckNews, Mediapart et les comptes twitter et facebook de certains de nos plus importants dominants.

    Tout cela, sans qu’à aucun moment, aucun d’entre eux ne soit en mesure de répondre à cette simple question :
    Pourquoi, depuis cinq mois, ce texte, qui révèle notamment comment Edouard Philippe à fait recruter sa femme à SciencesPo après avoir attribué des subventions à l’institution, n’a-t-il été abordé une seule fois par un média institutionnel, si ce n’est sous l’angle de son succès ?

    Puisqu’y répondre, ce serait s’exposer, accepter qu’en effet, il constitue un procès en règle extrêmement dangereux pour tous les valets de l’oligarchie, une seule solution semblait avoir été univoquement trouvée : exploser l’être qui avait fait exister ces mots. Accabler, écraser, humilier, comme on le fit tant de fois avec tant d’autres, avant que d’autres ne se saisissent de son propos, et puisse menacer des positions bien installées.

    Avant que l’on puisse prétendre, qu’en effet, ce qu’il disait, était vrai.

    Alors ils l’ont fait comme je le vis faire, jour après jour, mois après mois, année après année, contre un client, camarade, ami, un certain Julian Assange, qualifié successivement de violeur, antisémite, agent du FSB et mille autres délirantes accusations par les plus grands médias, sans que personne ne s’interroge sur l’incongruence de ces successives diabolisations, la facilité avec laquelle nos médias, notre bourgeoisie, nos représentants et commentateurs préférés, soudain, se soumettaient à des paroles de pouvoir intéressées, et relayaient ces inepties sans ne jamais se censurer ni s’excuser ?

    Un être qui fut à ce point disqualifié que l’on se trouva, sept ans après, perplexes et désactivés alors qu’on le voyait, vieilli, abattu, traîné pour être enfermé, incapables de s’indigner de cette répression, commise pour une seule et unique raison : avoir dit la vérité, contre un être que l’on avait collectivement abandonnés.

    Alors à moi qui ne me suis jamais désolidarisé des gilets jaunes lorsque j’ai vu exactement la même mécanique se mettre en branle contre eux, accumulant les paroles délirantes pour tenter de les écraser, humilier, effacer d’un panorama où ils ne sauraient être toléré, on ne la ferait pas.

    Moi j’étais prêt. Ils ont formé une nouvelle génération qui ne s’en laisserait pas compter. A eux que la vérité hystérise, qui se comportent comme les pires soubrettes des régimes autoritaires lorsque ces derniers décident d’écraser un dissident que nous nous plairons, nous, à admirer, mon mépris. A eux qui ne s’engagent que lorsque l’ennemi est loin, ne touche pas à leurs propres structures de pouvoir, ne menace pas leurs intérêts, à eux qui ne savent ce que le risque est, mon reconnaissant mépris : celui d’avoir confirmé ce qu’ils étaient, et ce qui, en cet ouvrage, était écrit. Ils sont pires que ce je pensais.

    Eux que j’ai vu désespéramment mentir, se battre et se débattre pour nier la vérité, eux qui face à leur inconséquence, continuent de tenter de défendre leurs implausibles défenses, submergés par l’infatigable accumulation de preuves et d’évidences, de faits révélant leur complice inanité, mon regard sévère, et mon souverain dédain.

    Qu’ils ne prétendent plus qu’il s’agit de moi, lorsque d’eux et d’eux seuls il est question. Qu’ils ne prétendent pas qu’il s’agit du gamin qui n’a fait qu’une chose : devenir un rien pour révéler leurs misérables intérêts partagés, après s’être longtemps laissé absorber.

    Qu’ils ne prétendent pas qu’ils sont autre chose qu’une coalition ignorante d’intérêts, qui les fait se retrouver, de Soral à Lagasnerie, à faire front commun après avoir longtemps prétendu s’opposer, bourgeois liés dans la défense de leurs seuls intérêts, ne supportant pas l’exposition de leurs égales compromissions, idiots utiles d’une oligarchie installée, jouant de rebellions de pacotille pour mieux s’installer, produisant néants ou boucs émissaires dans une constance partagée, divertissant communément une population aseptisée pour les détourner des vrais enjeux touchant à leur souveraineté.

    Non ce ne sont ni les juifs, ni Benalla, ni les francs-maçons ni les policiers qui nous ont plongé dans l’effondrement que nous vivons.

    Mais cette oligarchie qu’un simple gamin, doté de ses seules mains, a été capable d’exposer alors qu’ils ne cessaient de la masquer, pour mieux s’y conformer.

    Au Crépuscule qui tient, et à l’aurore qui vient.

    Le 1er mai, faites vivre ces mots qu’ils auront tenté de dépouiller en vain.

    Érigez vous. Ne les imitez pas. Oubliez moi. Et faites naître ce Nous qui, jusqu’aux tréfonds, les poursuivra.

    Juan Branco

    https://twitter.com/Denis_Robert_/status/1117566310043590656

    • Les mots que je ne saurais jamais écrire...

      Autant le dire d’entrée de jeu : j’ai de la sympathie pour Juan Branco, non pas parce qu’il a été mon étudiant à Sciences Po mais parce qu’il vise juste, pour Assange comme pour l’oligarchie française. Je dis bien « viser » parce que c’est cela qui semble insupportable à ceux qui voudraient qu’on se contente de parler de « structure » ( effets structurels), de « système », tous discours fort nobles et savants mais qui ne permettent jamais de nommer l’ennemi. Déjà parvenir à nommer la finance ( et non l’Europe, la mondialisation, l’individualisme ou je ne sais quoi sans parler des immigrés ou des illuminati), c’est déjà un bel effort que j’avais conseillé en 2003 dans mon bouquin « déboussolés de tous les pays » et en suivant Attac. Regardez tous les discours qui se débrouillent pour ne jamais mentionner la finance, et vous savez d’emblée que ce sont des discours qui organisent l’impuissance. Faiblesse de l’analyse et impasse du programme d’action.

      Dans le cas de Juan Branco, Crépuscule ( que j’ai lu dans sa version en ligne) permet de cibler des personnes, c’est-à-dire d’arrêter de jongler avec des abstractions comme l’oligarchie ou la caste, ou le 1% etc., et de donner les noms des personnes en chair et en os qui organisent cette politique de prédation massive des richesses et de confiscation du pouvoir. Mais ça , ça ne fait pas très poli, pas très convenable, parce qu’après tout, ces gens-là, dans l’entre-soi parisien, on va les côtoyer sur un plateau télé, dans une brasserie célèbre et on ne peut pas leur cracher à la gueule quand même... La bonne éducation des plus critiques finit par paralyser tout le monde et surtout par empêcher de nommer, de cibler. Or, il faut nommer, « name et shame » est la seule stratégie, celle qui reste aux plus faibles avant la violence directe. Et on voudrait leur enlever ça ? et on voudrait rapporter cela à des paroles d’avant guerre fascisantes ? Mais la guerre est commencée, elle est même gagnée comme disait Warren Buffett en parlant de la lutte des classes , gagnée par les ploutocrates. Mais non, en fait, elle continue. Et le levier de la réputation est essentiel, car toute l’économie financière repose sur des jeux de réputation amplifiés par le numérique qui mesure tout cela jusqu’à l’obsession. M. Feher l’a montré, on cherche tous des investisseurs, on vit tous à crédit, Macron le premier, devenu le larbin de ceux qui ont investi dans sa candidature. Et si on lui « fout la honte », internationalement (avec les Champs démolis), auprès de ses copains, si on met à jour ces connivences, comme le fait Juan Branco, oui, sa réputation en prend un coup.

      C’est aussi ce qu’Assange a toujours fait. Mais là, même rengaine, la personne n’est pas très convenable, regardez sa « déchéance » : voilà comment le libéralisme autoritaire organise le discrédit, casse la réputation et rend impossible toute solidarité traitée comme complicité, de quel crime d’ailleurs si ce n’est d’avoir saboté la réputation des menteurs et des tricheurs qui gouvernent ? Donc, oui il faut faire avec des personnes, en chair et en os, bien vifs comme dirait Damasio, qui donc ont des aspérités, des débordements, et ne sont pas toujours « dans la ligne » (je croyais les partis disqualifiés pour ça précisément), mais qui au moins osent nommer et humilier, car c’est bien but , oui, humilier la caste qui nous gouverne, lui casser sa réputation, elle qui passe son temps à le faire avec les gilets jaunes que l’on traite de tous les noms.

      La bataille de la réputation est clé dans notre société de crédit généralisé en réseaux, il ne faudrait pas la perdre en sabotant la réputation de ceux qui sont au front contre une oligarchie qui a des noms et des visages désormais ( au cas où on l’aurait oublié !) grâce à Juan.

      Dominique Boullier

    • +1 avec @philippe_de_jonckheere sur le côté #homme_providentiel. On a le droit de ne pas aimer et s’il pense être le seul intello différent, c’est qu’il débarque. J’aborde sa prose sans préjugé et j’abandonne. C’est un truc de GJ ou quoi, d’inventer l’eau tiède et de se plaindre de ne pas être adulé ? La première année de militantisme ça fait ça, on est déçu. Mais on regarde autour de soi, les vieux militant.es, et on apprend que c’est une course de fond avec les obstacles.

      Edit : Ceci dit, les fausses réputations de rebellitude de la part de flagorneurs... Et je ne sais pas quoi penser de Lagasnerie mais j’avais rigolé un jour en l’écoutant se flatter d’être le mec le plus radical de la salle alors que c’est un bon soc-dem, un vrai, et que les personnes dans le public qu’il prenait peut-être pour de gentilles petites libraires étaient anarchistes et bien plus radicales. Elles ont souri.


  • POUR VIVRE HEUREUX, VIVONS ÉGAUX ! RICHARD WILKINSON & FRANÇOIS RUFFIN
    Fakirpresse - Ajoutée le 5 mars 2019
    https://www.youtube.com/watch?v=VFhtgPXz3O4

    Après « Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous », Richard Wilkinson publie avec Kate Pickett « Pour vivre heureux, vivons égaux ! » : le livre de deux épidémiologistes qui devrait être une des clés de voûte pour la gauche de demain. Quand la sociologie, l’économie, le social, résonne avec la psychologie de l’époque...

    Kate Pickett et Richard Wilkinson sont épidémiologistes. Ils publient aux Liens qui Libèrent : « Pour vivre heureux, vivons égaux », 412 pages : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Pour_vivre_heureux,_vivons_%C3%A9gaux_!-556-1-1-0-


  • Les ravages insoupçonnés des inégalités de richesse, Marie Charrel
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/25/les-ravages-insoupconnes-des-inegalites-de-richesse_5427810_3234.html

    Les pays où elles sont plus élevées souffrent plus que les autres d’un large éventail de problèmes sanitaires et sociaux, détaille un nouvel ouvrage.

    Les inégalités sont mauvaises pour la santé. A première vue, le constat posé par les épidémiologistes britanniques Richard Wilkinson et Kate Pickett semble relever de l’évidence. Mais il va beaucoup plus loin, ébranlant nombre de convictions et idées reçues sur la psychologie, les relations sociales, et la façon dont elles influent sur l’économie. « Dans les pays développés très inégalitaires, les plus #pauvres ne sont pas les seuls à voir leur santé et conditions de vie se dégrader, explique M. Wilkinson, professeur honoraire à l’université de Nottingham (Royaume-Uni), de passage à Paris. Celles de toutes les classes sociales sont affectées, y compris [celles des] plus aisés. » A l’exception, néanmoins, des 1 % les plus riches.
    L’ouvrage que sa consœur et lui viennent de publier, Pour vivre heureux, vivons égaux ! (Les Liens qui Libèrent, 416 p., 24,50 €), aussi truculent qu’implacable, passe en revue les travaux, statistiques et études publiés sur le sujet ces dernières années. Y compris ceux des auteurs, qui n’en sont pas à leur premier coup d’essai : leur premier livre abordant ces questions, paru en 2009, avait déjà marqué les esprits.

    Stress social
    Ils se concentrent ici sur les pays aux revenus élevés – Etats-Unis, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, et ceux de l’Union européenne (UE). Les corrélations qu’ils mettent en lumière donnent le vertige : les pays où les #inégalités sont les plus élevées souffrent beaucoup plus que les autres d’un large éventail de problèmes sanitaires et sociaux. Ils affichent ainsi une prévalence plus forte des maladies mentales, des problèmes d’addiction au jeu plus fréquents, un niveau scolaire moins bon, plus de harcèlement entre élèves à l’école, une moindre participation à la vie citoyenne, une envolée des comportements incivils…

    Et cela ne tient pas seulement au niveau de dépenses publiques et ou de protection sociale. « Les inégalités augmentent l’anxiété liée au statut social, les inquiétudes nées du jugement des autres » , détaille M. Wilkinson. Plus l’échelle des revenus est éclatée, plus ce #stress_social est répandu. Les ménages aux revenus moyens redoutent le déclassement, tandis que les foyers aux salaires bas craignent que leurs enfants n’aient pas une vie meilleure que la leur…

    Or ces angoisses, combinées à l’absence de mobilité sociale, nourrissent une série d’effets en cascade parfois surprenants. « Elles rendent les contacts dans la société plus difficiles, ajoute l’auteur. Peinant à y faire face, certains sombrent dans la dépression ou la phobie sociale, qui débutent parfois dès l’école. » D’autres se réfugient dans les addictions. D’autres, encore, développent un narcissisme exacerbé. Lorsque la compétition sociale est forte, l’idée qu’il faut se battre bec et ongles pour gravir l’échelle se propage – quitte à écraser les autres ou à rouler des mécaniques pour s’imposer.

    Narcissisme consumériste
    En outre, le besoin de témoigner de sa réussite est lui aussi plus intense : posséder une voiture de luxe, une grande maison, des vêtements de marque… En somme, le narcissisme consumériste est l’autre face de la #phobie_sociale, détaillent les auteurs. « Cela explique d’ailleurs pourquoi les dépenses publicitaires sont moins élevées dans les pays égalitaires, comme le Danemark », note M. Wilkinson. Le besoin d’afficher les signes extérieurs de richesse y est moins prégnant, le recours à la chirurgie esthétique y est moins fréquent…
    En intensifiant la compétition sociale et l’individualisme, les inégalités donnent naissance à une culture glorifiant la prise de risque, et « effaçant la frontière entre le leadership et la domination », ajoute-t-il. Ce qui favorise au passage l’épidémie de pervers narcissiques et le harcèlement moral en entreprise.

    L’ouvrage des deux épidémiologistes s’achève sur le constat également posé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : l’explosion des inégalités est le fruit des mutations à l’œuvre depuis les années 1970 – précarisation des marchés du travail, effondrement du taux de syndicalisation, montée en puissance de la finance. Or, lorsqu’elles atteignent un niveau élevé, les inégalités finissent par peser sur la croissance et favoriser la stagnation économique. « Œuvrer à les réduire n’est donc pas seulement un impératif moral, souligne M. Wilkinson. C’est aussi une exigence économique et de santé publique. »

    « Difficile d’être très optimiste »
    Comment ? D’abord, en prenant en compte l’exigence environnementale. « En dégradant les conditions de vie, le changement climatique rend les inégalités plus explosives encore », résume l’épidémiologiste, qui esquisse une série de propositions : augmenter la taxation sur les hauts revenus tout en éradiquant les paradis fiscaux, insuffler plus de démocratie dans l’entreprise ou instaurer une forme de progressivité dans la fiscalité écologique. « Les changements à mettre en œuvre sont si conséquents qu’il est difficile d’être très optimiste », concède M. Wilkinson. Avant de conclure que l’espoir réside peut-être du côté des jeunes qui, depuis quelques semaines, manifestent en faveur de l’environnement dans plusieurs pays européens.

    #société_de_concurrence #livre


  • Richard Wilkinson : « Le changement climatique exige des sociétés plus égalitaires »
    https://lemediapresse.fr/actualites/richard-wilkinson-le-changement-climatique-exige-des-societes-plus-ega

    Richard Wilkinson est professeur émérite d’épidémiologie sociale à l’université de Nottingham. En 2009, il publie avec Kate Pickett The Spirit Level : Why mor equal societies almost always do better. Cet ouvrage important est traduit en français en 2013 aux Petits Matins, sous le titre Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous. Ils y démontraient, à l’aide […]


  • Pendant ce temps, à L’Obs… – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/7199

    Dans les locaux de L’Obs, c’est réunion de rédac. L’image sociale y était, et restitue fidèlement les propos échangés.
    — Bon, les enfants, quelqu’un a une idée pour la couv’ du prochain numéro ?
    — Si on faisait Glucksmann en Che Guevara ?
    — Excellent, mais les Inrocks y ont déjà pensé !
    — Les gueules cassées des Gilets jaunes ?
    — Jojo, tu es prié de te taire pendant que tu sers le café !
    — Olivier Faure en Bonaparte ?
    — Olivier qui ?
    — Attendez, j’ai une idée géniale ! Benalla met le souk, le gouvernement s’essuie les pieds sur les principes de la démocratie, Macron fatigue tout le monde avec ses prêches castristes, c’est le moment ou jamais de remettre le couvert avec Mélenchon !
    — Magnifique ! On fait comme d’hab’, avec la petite moustache ?
    — Non, avec la couv’ du Monde, nos lecteurs risquent de le confondre avec Macron…
    — Je sais, on n’a qu’à le faire en général Boulanger !
    — Bonne analyse, c’est d’ailleurs la même que fait Pascal Ory. Le problème, c’est que personne ne connaît la tête de Boulanger…
    — Attendez, j’ai trouvé ! On n’a qu’a lui faire un portrait à la Robespierre ! De une, Les Insoumis ne pourront même pas râler, vu qu’ils adorent ce dictateur sanguinaire. De deux, vous imaginez le défenseur des pauvres fringué en aristo, jabot et perruque poudrée ? Trop drôle ! Et en plus on est sûr d’avoir un billet de Gunthert, vu que ça renouvelle le genre !
    — C’est bien, mais est-ce qu’on est sûr que nos lecteurs ne le confondront pas avec le marquis de Sade ?
    — On n’a qu’à préciser en légende pour qu’il n’y ait pas de malentendu.
    — Top ! Vendu ! Si on fait pas un carton avec ça, je ne m’appelle plus Pascal Riché !


  • Moins d’#inégalités pour plus de #croissance - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Moins-d-inegalites-pour-plus-de-croissance.html

    Faut-il choisir entre égalité et efficacité économique ? Ce présupposé imprègne nombre de débats publics et académiques. Mais dans un monde où les plus aisés peuvent se soustraire aux règles d’une concurrence équitable, redistribuer les richesses permettrait de concilier gains d’efficacité et baisses d’inégalités.


  • Crépuscule
    de Juan Branco

    L’histoire de l’élection de Macron avec l’aide de très riches soutiens (Xavier Niel, Bernard Arnault, ...) écrite comme un polar (un brin pompeux mais bien informé) par un beau gosse, ex-science-posard, essayiste et avocat de Wikileaks en France.

    Interview :
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/Juan-Branco-desosse-Macron

    PDF autoédité (112 pages) :
    http://branco.blog.lemonde.fr/files/2018/12/Macron-et-son-Crepuscule.pdf

    • Geoffroy de Lagasnerie sur Facebook :

      Depuis quelques semaines il m’arrive de voir des contacts relayer et soutenir le pamphlet que vient de publier Juan Branco. J’avoue que j’ai beaucoup de mal à le comprendre.

      Il me semble tellement évident que son texte rassemble les éléments de langage constitutifs d’une perception fascisante du monde : phénomènes socio-politiques réduits à quelques personnes, élites corrompues, endogames et dégénérées, associées bien sûr au pourrissement et à des scandales sexuels, qui parasiteraient le pays et contre laquelle se soulèverait le peuple sain (« Le contre-jour du pouvoir, fait de coulisses et compromissions, corruptions et inféodations, de destins mobilisés pour arracher la France à ses destinées, apparaît pas à pas » ou encore les « jeux d’influence qui pourrissent le petit-Paris. » Voir d’autres ex https://twitter.com/gdelagasnerie/status/1117028333974368256)

      Aucune analyse structurale. Tout est réduit à quelques individualités transgressives et sans morale, prêtes à tout et à tout acheter et à qui il faudrait rappeler les règles traditionnelles de notre République...

      Ajoutez à ça les pulsions misogynes et agistes de l’auteur (voir le tweet de Branco sur Brigitte Macron comme « mère de substitution » de son mari : « Je m’appelle Emmanuel, je suis un enfant-roi mal dégrossi qui s’est marié à une mère de substitution pour pouvoir rester dans un fantasme de toute puissance » https://twitter.com/gdelagasnerie/status/1117028392099098625)

      Cette rhétorique lui permet de dépeindre Macron comme un être transgressif et sans limite, selon un schéma malheureusement fortement présent aujourd’hui qui consiste à présenter comme néolibérales la liberté individuelle et les vies minoritaires et donc comme anti-néolibérale la morale traditionnelle et les pulsions réactionnaires, comme chez Michéa par exemple).

      Ajoutez aussi – car tout y est - ses pulsions homophobes, qui transparaissent dans une note où l’effondrement de notre civilisation est associé à deux figures gay - Gabriel Attal et Edouard Louis- si dissemblables qu’on se demande ce qui peut les réunir si ce n’est l’homophobie de l’auteur et le vieux thème de la décadence homosexuelle :

      « En cela, Gabriel Attal et Edouard Louis – exact revers de ce dernier - forment les deux faces d’une même et dépérissante médaille signifiante d’effondrement pour notre époque et notre civilisation, criant chacune à la conformation » https://twitter.com/gdelagasnerie/status/1117028407357968384.

      On voit que nous avons affaire ici à un petit pamphlet fasciste et malsain ( cf le thème des trusts, de Blum et la vaisselle d’or) plutôt qu’à quoi que ce soit qui aurait un rapport avec « la gauche » et donc avec la pensée.

      Si vous regardez les analyses de Sternhell sur le fascisme naïf, tout s’y trouve déjà : l’antilibéralisme, la critique des mœurs de la bourgeoisie, les médias manipulés, l’argent corrupteur. Ce méli melo indigeste est un classique des années 1930.

      Voici une « phrase » de la fin de son pamphlet : « Alors que le peuple bruit, achevons cette fable par cette simple affirmation : ces êtres ne sont pas corrompus car ils sont la corruption. Les mécanismes de reproduction des élites et de l’entre-soi parisien, aristocratisation d’une bourgeoisie sans mérites, ont fondu notre pays jusqu’à en faire un repère à mièvres et arrogants, médiocres et malfaisants. ».

      En voici une autre au début : « si Xavier Niel s’est recouvert de quelques noirceurs auxquelles échappent la plupart de ses congénères, sous forme d’enveloppes ayant alimenté un réseau de prostitution dont il dirait ne rien avoir su, l’on sait depuis bien longtemps que les fortunes sont plus souvent le fruit de putréfactions cadavériques que d’actes qualifiant aux béatifications »

      Pour moi, c’est très simple : si vous ne voyez pas que son pamphlet est dans la lignée des pamphlets d’extrême droite des années 1930, si vous n’êtes pas immédiatement répugnés par ces phrases que j’ai cités ou que je cite ici (https://twitter.com/gdelagasnerie/status/1117028284984954886) , c’est vraiment que vous n’avez plus aucun rapport avec la gauche.

    • JB empêche tout le monde de dormir...

      De Geoffroy de Lagasnerie à Alain Soral, d’Ariane Chemin à Daniel Schneidermann, de Panamza à Claude Askolovitch, de Bruno Jeudy à Sylvain Courage, d’Olivier Truchot à Pascal Riché, de Marc-Olivier Fogiel à Pierre Haski, un immense front s’est levé contre moi en quelques heures.

      Des plus ignobles penseurs racialistes au progressistes d’apparat les plus vains, un seul mot d’ordre, répété jusqu’à la pâmoison, sous toutes ses formes, sur les réseaux sociaux, les médias, leurs infinis moyens de communication, a semblé les lier.

      La levée de boucliers a été incroyable dans sa diversité et sa brutalité, après un mois de silences feints. Il a fallu que je révèle qu’une dizaine de médias m’avaient successivement invité puis annulé en moins de 48 heures pour parler de Crépuscule, et que tous confirment tout en signant des mots d’excuse d’écolier plus pitoyable les uns que les autres, pour que soudain les vannes s’ouvrent. De C Politique au Quotidien en passant par l’Obs, la matinale de RMC chez Bourdin et tant d’autres, tous se sont empressés de prétendre qu’il n’en avait rien été. Enfin, que si, mais que tout s’expliquait.

      Cela faisait alors cinq mois qu’aucun d’entre eux n’avait dit un mot d’un texte qui a été plusieurs centaines de milliers de fois téléchargé et qui s’est retrouvé immédiatement propulsé en tête de tous les classements de vente, sans une publicité. Face à la rupture du réel, à la violence de cette soudaine mise en abyme - l’ouvrage montre comment l’espace informationnel français est devenu un marché où s’échangent et se trafiquent les petits secrets contre promotions et avancées - les dénégations et les (dis)qualificatifs ont commencé à pleuvoir à une vitesse fascinante : fasciste, homophobe, mythomane, antisémite, complotiste, agent des russes et des chinois, sioniste, psychotique, millionnaire caché, imposteur, narcissique, arrogant, sexiste se sont succédés, avec tout le sérieux du monde, en des espaces autorisés ou se croyant censurés, du site d’Arrêt sur images à celui d’Egalité et Réconciliation en passant par CheckNews, Mediapart et les comptes twitter et facebook de certains de nos plus importants dominants.

      Tout cela, sans qu’à aucun moment, aucun d’entre eux ne soit en mesure de répondre à cette simple question :
      Pourquoi, depuis cinq mois, ce texte, qui révèle notamment comment Edouard Philippe à fait recruter sa femme à SciencesPo après avoir attribué des subventions à l’institution, n’a-t-il été abordé une seule fois par un média institutionnel, si ce n’est sous l’angle de son succès ?

      Puisqu’y répondre, ce serait s’exposer, accepter qu’en effet, il constitue un procès en règle extrêmement dangereux pour tous les valets de l’oligarchie, une seule solution semblait avoir été univoquement trouvée : exploser l’être qui avait fait exister ces mots. Accabler, écraser, humilier, comme on le fit tant de fois avec tant d’autres, avant que d’autres ne se saisissent de son propos, et puisse menacer des positions bien installées.

      Avant que l’on puisse prétendre, qu’en effet, ce qu’il disait, était vrai.

      Alors ils l’ont fait comme je le vis faire, jour après jour, mois après mois, année après année, contre un client, camarade, ami, un certain Julian Assange, qualifié successivement de violeur, antisémite, agent du FSB et mille autres délirantes accusations par les plus grands médias, sans que personne ne s’interroge sur l’incongruence de ces successives diabolisations, la facilité avec laquelle nos médias, notre bourgeoisie, nos représentants et commentateurs préférés, soudain, se soumettaient à des paroles de pouvoir intéressées, et relayaient ces inepties sans ne jamais se censurer ni s’excuser ?

      Un être qui fut à ce point disqualifié que l’on se trouva, sept ans après, perplexes et désactivés alors qu’on le voyait, vieilli, abattu, traîné pour être enfermé, incapables de s’indigner de cette répression, commise pour une seule et unique raison : avoir dit la vérité, contre un être que l’on avait collectivement abandonnés.

      Alors à moi qui ne me suis jamais désolidarisé des gilets jaunes lorsque j’ai vu exactement la même mécanique se mettre en branle contre eux, accumulant les paroles délirantes pour tenter de les écraser, humilier, effacer d’un panorama où ils ne sauraient être toléré, on ne la ferait pas.

      Moi j’étais prêt. Ils ont formé une nouvelle génération qui ne s’en laisserait pas compter. A eux que la vérité hystérise, qui se comportent comme les pires soubrettes des régimes autoritaires lorsque ces derniers décident d’écraser un dissident que nous nous plairons, nous, à admirer, mon mépris. A eux qui ne s’engagent que lorsque l’ennemi est loin, ne touche pas à leurs propres structures de pouvoir, ne menace pas leurs intérêts, à eux qui ne savent ce que le risque est, mon reconnaissant mépris : celui d’avoir confirmé ce qu’ils étaient, et ce qui, en cet ouvrage, était écrit. Ils sont pires que ce je pensais.

      Eux que j’ai vu désespéramment mentir, se battre et se débattre pour nier la vérité, eux qui face à leur inconséquence, continuent de tenter de défendre leurs implausibles défenses, submergés par l’infatigable accumulation de preuves et d’évidences, de faits révélant leur complice inanité, mon regard sévère, et mon souverain dédain.

      Qu’ils ne prétendent plus qu’il s’agit de moi, lorsque d’eux et d’eux seuls il est question. Qu’ils ne prétendent pas qu’il s’agit du gamin qui n’a fait qu’une chose : devenir un rien pour révéler leurs misérables intérêts partagés, après s’être longtemps laissé absorber.

      Qu’ils ne prétendent pas qu’ils sont autre chose qu’une coalition ignorante d’intérêts, qui les fait se retrouver, de Soral à Lagasnerie, à faire front commun après avoir longtemps prétendu s’opposer, bourgeois liés dans la défense de leurs seuls intérêts, ne supportant pas l’exposition de leurs égales compromissions, idiots utiles d’une oligarchie installée, jouant de rebellions de pacotille pour mieux s’installer, produisant néants ou boucs émissaires dans une constance partagée, divertissant communément une population aseptisée pour les détourner des vrais enjeux touchant à leur souveraineté.

      Non ce ne sont ni les juifs, ni Benalla, ni les francs-maçons ni les policiers qui nous ont plongé dans l’effondrement que nous vivons.

      Mais cette oligarchie qu’un simple gamin, doté de ses seules mains, a été capable d’exposer alors qu’ils ne cessaient de la masquer, pour mieux s’y conformer.

      Au Crépuscule qui tient, et à l’aurore qui vient.

      Le 1er mai, faites vivre ces mots qu’ils auront tenté de dépouiller en vain.

      Érigez vous. Ne les imitez pas. Oubliez moi. Et faites naître ce Nous qui, jusqu’aux tréfonds, les poursuivra.

      Juan Branco

    • Pour moi c’est très simple le Duc Geofrey de Lannerie faisant partie intégrante du système corrompu se fait le complice du macronisme car il va de soi que lui est un véritable « progressiste » qui se bat contre les « éléments de langage d’une perception fascisante »…
      Sans aucun doute il déborde d’intelligence et a choisi son camp.
      #progressisme_d'apparât


  • Peau de vache : un nouvel endroit pour les concerts à Neudorf
    https://www.rue89strasbourg.com/peau-de-vache-un-nouvel-endroit-pour-les-concerts-a-neudorf-143618

    La Peau de Vache a ouvert ses portes au début de l’avenue Jean-Jaurès à Neudorf et Pascal Richert y était avec son crayon pour l’un des premiers concerts, celui de Cheanapa samedi 13 octobre. (lire l’article complet : Peau de vache : un nouvel endroit pour les concerts à Neudorf)


  • En France, on peut devenir prof des écoles avec 4,17/20 de moyenne Pascal Riché

    Dans les académies de Versailles et de Créteil, le seuil d’admission ne dépasse pas 5/20. Signe d’une crise des vocations pour un métier que les pouvoirs publics ne savent pas rendre attrayant.

    Dans les académies de Versailles et de Créteil, le seuil d’admission ne dépasse pas 5/20. Signe d’une crise des vocations pour un métier que les pouvoirs publics ne savent pas rendre attrayant.
    . . . . . .
    On constate qu’il existe une grande diversité des « seuils d’admission », en fonction des académies. Il est plus facile d’être reçu dans la région parisienne qu’à Rennes... Voici quelques exemples de seuils d’admission, sur 20, pour le concours externe public :

    Créteil : 4,17
    Versailles : 4,57
    Lille : 7,1
    Grenoble : 7,18
    Poitiers : 7,8
    Amiens : 8
    Rennes : 8,6
    Bordeaux : 8,8
    Toulouse : 9,18
    Lyon : 9,18
    Nantes : 9,5
    Montpellier : 10
    . . . . . .

    http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20140513.RUE3789/en-france-on-peut-devenir-prof-des-ecoles-avec-4-17-20-de-moyen


  • Xavier de La Porte sur Nova - Radio Nova renforce sa case d’avant-soirée - Libération
    http://www.liberation.fr/futurs/2017/09/10/radio-nova-renforce-sa-case-d-avant-soiree_1594816

    La grande nouveauté de la rentrée de Nova s’écoutera du lundi au vendredi entre 18 heures et 19h30. En créant l’Heure de pointe – une « émission d’actualité avec du retard », rigole le directeur Bernard Zekri – la radio musicale veut muscler son début de soirée. C’est le journaliste Xavier de La Porte, venu de France Culture, où il traitait des questions numériques, qui l’animera à partir de ce lundi.

    Ce talk est construit en deux parties. La première, explique Xavier de La Porte, s’articule autour de « thématiques hebdomadaires bizarroïdes » : « grand air » le lundi (sport, écologie…), « tracasseries » le mardi (maladie, enfants, mort…), « factory » le mercredi (numérique, design…), « les sujets qui nous fatiguent d’avance » le jeudi (politique, économie…) et « nos vies bestiales » le vendredi (sexe, animaux…). Chaque soir, le présentateur sera entouré de trois intervenants récurrents, parmi lesquels la réalisatrice Ovidie ou les journalistes Pascal Riché et Sébastien Fontenelle. « Je veux des petites discussions plutôt que des chroniques », précise la nouvelle tête d’affiche de Nova.

    Quant à la seconde partie, plus classique, elle consistera en une interview d’un ou deux invités. « Il s’agira de comprendre le bordel dans lequel on est, avec des gens ayant des idées plutôt qu’étant dans l’actualité », poursuit le Normalien et agrégé de lettres, âgé de 43 ans.

    #Xavier_de_La_Porte


  • Stanford historian uncovers a grim correlation between violence and inequality over the millennia
    http://news.stanford.edu/2017/01/24/stanford-historian-uncovers-grim-correlation-violence-inequality-mill

    La disparition (momentanée) des inégalités ne vient jamais d’une modification volontaire du comportement de l’ordre établi, mais seulement d’une perturbation radicale de ce dernier.

    Surveying long stretches of human history, Scheidel said that “the big equalizing moments in history may not have always had the same cause, but they shared one common root: massive and violent disruptions of the established order.”

    This idea is connected to Thomas Piketty’s Capital in the Twenty-First Century (2013), a New York Times bestseller Scheidel admires. Piketty found that “inequality does not go down by itself because we have economic development,” Scheidel said. “His book covers only 200 years and argues that only violent intervention can make that happen.”

    But Scheidel, who has taught a freshman seminar on long-term inequality, wanted to know if this insight can be applied to all of history. He enlisted the help of Andrew Granato, a senior majoring in economics, to compile a bibliography of more than 1,000 titles. The result is a sweeping narrative about the link between inequality and peace that harkens back to the beginning of human civilization.

    #inégalités #violence #ordre_établi


  • Life Expectancy in U.S. Declines Slightly, and Researchers Are Puzzled - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2016/12/08/health/life-expectancy-us-declines.html

    American life expectancy is in decline for the first time since 1993, when H.I.V.-related deaths were at their peak. But this time, researchers can’t identify a single problem driving the drop, and are instead pointing to a number of factors, from heart disease to suicides, that have caused a greater number of deaths.

    #états-unis #démographie #espérance de vie #mortalité



  • Aude Lancelin virée pour avoir fait battre le cœur de « l’Obs » trop à gauche ? - Libération
    http://www.liberation.fr/futurs/2016/05/19/aude-lancelin-viree-pour-avoir-fait-battre-le-coeur-de-l-obs-trop-a-gauch

    Le licenciement qui se profile est d’autant plus surprenant qu’il s’apparente à un traitement spécial réservé à la journaliste. L’autre directeur adjoint de l’Obs, Pascal Riché, a, lui, été relevé de ses fonctions au prétexte des mauvaises audiences du titre sur le numérique, dont il avait la charge, et de difficultés dans sa gestion des troupes. Mais, à la différence de sa consœur, il n’est pas menacé par un limogeage et devrait retrouver un poste au sein du journal. D’où la question qui commence à agiter l’Obs : le départ probable de Lancelin est-il lié à ses opinions politiques personnelles, peu en phase avec la ligne « sociale-démocrate » historique du canard ? « Ma décision est managériale, réfute Croissandeau. La direction de la rédaction ne fonctionnait pas bien. Il fallait changer l’équipe. Le rôle d’un adjoint est aussi de participer à la prise de décision. » Traduction par un proche de Croissandeau : « Elle n’a jamais assumé sa fonction de directrice adjointe de la rédaction. Elle n’intervient jamais en réunion, ne s’intéresse qu’aux pages débats. En plus, elle est glaciale, ce qui est un problème quand vous devez entraîner une équipe derrière vous. »

    Je ne lie pas l’obs ni rue 89 et je veux bien croire que le licenciement de Aude Lancelin soit motivé par une demande de Valls et/ou Hollande, mais le fait de la largué aussi salement fait partie des privilèges qu’on accord aux femmes. La remarque que j’ai mis en gras est du sexisme.
    #sexisme



  • « Dessine-moi un sexe » - Les 400 culs
    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2014/12/-dessine-moi-un-sexe-.html

    Pendant des années, chaque fois qu’il rencontre quelqu’un, – même s’il s’agit d’un enfant de 2 ans, d’une bonne soeur ou de son contrôleur des impôts –, Patrice Bauduinet tend un petit carnet en moleskine et demande qu’on y dessine un sexe. De femme ou d’homme, peu importe.


  • Le FN s’est pris une claque aux municipales
    http://lahorde.samizdat.net/2014/04/01/le-fn-sest-pris-une-claque-aux-municipales

    Dans un article assez rafraîchissant et bien argumenté (et il n’est pas dans nos habitudes de relayer tout ce que la « presse bourgeoise » publie sur le sujet), le cofondateur de Rue89 Pascal Riché démontre que contrairement à ce que tous les médias ont affirmé, le FN n’a pas remporté lors des élections municipales de cette [&hellip

    #Actualités #Extrême_droite_institutionnelle #Front_National #Municipales_2014


  • Dominique Méda : « Il faut de nouveau réduire le temps de travail » | Rue89
    http://www.rue89.com/2013/09/22/dominique-meda-faut-nouveau-reduire-temps-travail-245942

    Dominique Méda : « Il faut de nouveau réduire le temps de travail »
    Pascal Riché | Cofondateur

    La croissance faible, une bonne nouvelle ? Pour Dominique Méda, sociologue, c’est le moment de s’en libérer pour bâtir une société plus respectueuse de l’humain.

    « La Mystique de la croissance » de Dominique Méda
    Nous sommes prisonniers de la croyance en la croissance. Elle est dans les têtes. Nos indicateurs sont tous pointés vers cet objectif. Notre système économique et social est entièrement organisé autour d’elle. Et pourtant, ne serait-ce que pour sauver la planète, il faut sortir de la logique de la croissance.

    C’est la thèse que défend la sociologue et philosophe « gorzienne » Dominique Méda, professeure à l’université Paris-Dauphine, dans son dernier essai, « La Mystique de la Croissance » (Flammarion, 2013). Entretien.

    Rue89. On a l’impression que les économistes se résignent peu à peu à l’idée que la croissance restera très basse en France, pendant très longtemps.

    Dans son livre « Le Capital au XXIe siècle » (Seuil, 2013) par exemple, Thomas Piketty écrit qu’il est illusoire de rêver d’un retour à des taux de croissance de 3%... Avez vous le sentiment que la croissance sort des têtes ?

    Dominique Méda. Pour qu’il y ait du changement dans les têtes, il faut que de grands économistes, très réputés, disent autre chose que leurs collègues. Ce qui a été le cas avec le texte de Robert Gordon [qui a prédit une croissance moyenne de 0,5% à l’horizon 2050-2100, ndlr]. D’autres économistes hétérodoxes l’avaient dit avant lui, mais on ne les écoute pas. Je pense à Jean Gadrey, par exemple. Là, c’est Gordon qui parle, alors de plus en plus d’économistes s’accordent à penser que la croissance ne reviendra pas ou que les taux de croissance seront durablement faibles.

    Certes, le changement n’est pas complet : de nombreux économistes continuent de penser qu’on peut retrouver de la croissance, notamment en investissant dans la recherche et l’éducation. Mais la doxa selon laquelle il faut absolument plus de croissance et que c’est possible se fissure : les positions sont plus variées. L’idée de la contrainte environnementale a fait son chemin, l’air de rien. De plus en plus d’économistes acceptent qu’elle constitue une limite objective.

    Le débat « croissance contre décroissance » semble dépassé, car la réalité qui s’impose, une très faible de croissance, semble réconcilier tout le monde. Est-il trop tôt pour parler de consensus ?

    Dominique Méda (Flammarion)
    Je n’irais pas jusque-là, franchement. S’il y avait un tel consensus –« on n’a plus de croissance, comment on fait ? » – on tomberait beaucoup plus rapidement sur l’idée qu’il faut remettre sur la table la réduction du temps de travail et d’autres politiques de ce genre. On n’y est pas du tout. On est dans un entre-deux : on se dit que peut-être la croissance ne reviendra pas, ou pas comme avant, mais on n’est pas prêt à prendre les mesures qui s’imposent pour s’accommoder de ce nouveau régime de croissance.

    #Croissance
    #Dominique_Méda
    #Economie
    #Temps_de_travail


  • Islande : un mythe tombe ? | Je me demandais justement pourquoi les Islandais avaient viré ceux qui les avaient sorti du pétrin contre le reste du monde pour les remplacer par ceux qui les avaient précisément foutu dans la merde.
    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=15504

    Adieu Islande la rebelle. Avec la victoire de la droite aux élections législatives de ce week-end, les Islandais ont plébiscité le retour des partis qui, en libéralisant le secteur financier, ont conduit l’île dans une grave crise économique. Un camouflet pour la gauche et « une gueule de bois pour tous ceux qui s’étaient persuadés qu’il existait sur la planète un petit peuple lucide entré en résistance contre la finance et les idées néolibérales » estime Pascal Riché sur Rue 89.


  • W.I.P. (Work In Progress) » Slow Web : On se calme et on boit frais…
    http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2013/01/17/slow-web-on-se-calme-et-on-boit-frais

    Le Huffington Post a lancé une newsletter appelée “on refait l’actu du week-end” pour ceux qui se seraient déconnecté en fin de semaine et auraient besoin d’un rattrapage. Rue89 proposait la même chose, jusqu’en juillet 2012 : il s’agissait d’un long papier publié le samedi qui récapitulait les temps forts de l’actualité survenus dans la semaine, entre le lundi et vendredi. Etait-ce le jour de publication ? Le format ? Toujours est-il que cela ne marchait pas tant que cela, regrette Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue89, qui pointe les chiffres : un peu plus de 6.000 clics par “rattrapage de l’actu” quand les autres contenus du site peuvent obtenir 50.000 clics.

    Pourtant, la lecture en différé est une réalité pour les consommateurs d’informations, qui mettent de côté des contenus pour les lire plus tard

    dans le genre, avec @lazuly on pense faire une newsletter tirée des "meilleurs" posts de #seenthis
    #information #digest #robotisation


  • Réponse à Pascal Riché : l’Union européenne est un facteur de crise - Chroniques du YÉTI
    http://yetiblog.org/index.php?post/ue-facteur-de-crise

    « Penser large » pour sortir de la crise, estime Pascal Riché dans un récent éditorial sur Rue89. Et de réclamer pour ce faire « plus d’Europe » – entendez plus de relance européenne – avec cinq ingrédients indispensables à la clé :

    de nouveaux mécanismes de solidarité européens (pays du nord/pays du sud) ;
    un « système bancaire homogène » ;
    un « assouplissement de la création monétaire » ;
    un gel et une restructuration des dettes publics ;
    une « plus grande intégration des politiques budgétaires et fiscales ».

    Ces vœux pieux se heurtent hélas à deux obstacles majeurs : l’un inhérent à la nature même du système, l’autre à l’organisation structurelle de l’Union européenne (UE) telle qu’elle apparaît aujourd’hui.