person:rémi fraisse

  • La matraque n’est pas une réponse politique

    Dénonçant la nouvelle loi anti casseurs, un collectif d’élus et d’intellectuels demande l’interdiction des Lanceurs de Balles de Défense (LBD) et des grenades de désencerclement.

    La répression contre les Gilets Jaunes a été massive. Les chiffres en donnent toute l’étendue, plus de cinq mille six cent interpellations et gardes à vue, plus de mille condamnations. Le bilan officiel à la fin de l’année 2018 recensait environ trois mille blessés et mutilés, des femmes et des hommes dont la vie aura été brisée.

    Le gouvernement a fait le choix d’un maintien de l’ordre brutal et disproportionné face au mouvement, dispositifs policiers démesurés, journalistes bousculés et empêchés de travailler, gardes à vue et arrestations préventives, gazages et matraquages systématiques, évacuations violentes, tirs de LBD et de grenades de désencerclement, drones, hélicoptères et blindés. En annonçant le retour de la loi anti‐casseurs, invention de la droite après le mouvement du mois de mai 1968, le premier ministre affiche la couleur. La désescalade n’est pas l’option du gouvernement. La matraque est désormais sa seule réponse politique.

    Le choix de la force et de l’affrontement est toujours la tentation d’un pouvoir affaibli et ébranlé par une exigence démocratique et sociale qui vient des profondeurs du pays et qui le conteste. L’escalade répressive et l’utilisation intensive des moyens de police finissent d’ailleurs par mettre en danger les gendarmes et les policiers eux‐mêmes.

    Le Président, le gouvernement, la majorité parlementaire et leurs relais médiatiques en appellent aujourd’hui à la défense des institutions et de la république pour mieux se protéger et pour mieux justifier la criminalisation d’un mouvement qui ne saurait se résumer aux violences que nous condamnons. Ce faisant, ils nourrissent la logique infernale de la provocation et de la répression et ils minent en fait encore un peu plus les bases de notre pacte républicain.

    Nous sommes bien en face d’une incompréhension de classe, doublée d’une tentative désespérée de mettre à l’abri une oligarchie qui a permis à Emmanuel Macron d’accéder au pouvoir. Ce choix de la répression et de la violence policière est à l’œuvre depuis longtemps dans les quartiers populaires et il touche particulièrement les pauvres, les précaires, les jeunes et les migrants. Il est également à l’œuvre contre les Zones A Défendre (ZAD) et contre les mouvements d’écologie radicale. Les victimes de ces politiques avaient une vie, des familles et des rêves. Elles ont aussi des noms, Rémi Fraisse à Sivens et Adama Traoré à Beaumont‐sur‐Oise.

    La maladie sécuritaire ne date pas d’aujourd’hui. Emmanuel Macron n’est qu’un accélérateur de particules. Il est le digne héritier des gouvernements précédents, qui avaient bien commencé le travail de régression en matière de libertés publiques et d’attaques contre le pacte social. Rappelons toutes les lois votées qui ont relégué le juge derrière le préfet, le procureur et le policier, suivies par le basculement, par cette nouvelle majorité, de dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun. Aujourd’hui, Édouard Philippe n’a plus qu’à piocher dans cet arsenal répressif, co‐construction de la droite et du gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls, pour réprimer et diaboliser un mouvement auquel il ne veut pas répondre.

    Les Gilets Jaunes ont mis le doigt sur tout ce qui ne va pas et ils le rappellent à chaque rond‐point. Il est temps de trouver des remèdes pour soulager ce corps malade qu’est devenue la France et d’apporter des réponses concrètes aux attentes de justice et de démocratie exprimées par les manifestants, notamment le rétablissement de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), la mise en place du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC), dont les modalités restent à définir, une fiscalité plus juste pour les Petites et les Moyennes Entreprises (PME) et pour les Très Petites Entreprises (TPE), notamment celles travaillant pour la transition écologique, une réelle augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) et des minima sociaux et la baisse du prix des produits de première nécessité.

    Nous devons, et nous allons combattre la nouvelle étape annoncée par le premier ministre dans la mise sous tutelle du droit de manifester, inspirée de la proposition de loi du sénateur des Républicains Bruno Retailleau. Aujourd’hui ce sont les gilets jaunes qui sont visés. Demain, nous pourrons l’être toutes et tous.

    Il est grand temps d’abandonner et d’interdire toutes les armes dites non létales dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des morts telles que les LBD et les grenades de désencerclement et d’en finir avec l’arbitraire de l’état policier, des lois et de la justice à deux vitesses, qui garantissent aux puissants et aux forces de l’ordre l’impunité et qui imposent à celles et ceux qui contestent l’ordre établi la répression sans limites.

    Mais au‐delà de ce combat contre la criminalisation et la répression de masse et pour nos libertés, une autre responsabilité nous incombe à toutes et à tous, qui exige la mobilisation la plus déterminée possible, celle de pousser au changement que les Gilets Jaunes et tant de citoyens exigent à raison aujourd’hui.

    Premiers signataires :

    Pouria Amirshahi, Patrick Apel‐Muller, Eliane Assassi, Clémentine Autain, Guillaume Balas, Julien Bayou, Esther Benbassa, Ugo Bernalicis, Olivier Besancenot, Éric Bocquet, Youcef Brakni, Damien Carême, Eric Coquerel, Sergio Coronado, Antoine Comte, Yves Contassot, Laurence De Cock, Didier Éribon, Eva Joly, Geoffroy de Lagasnerie, Pierre Laurent, Marie‐Noëlle Lienemann, Édouard Louis, Noël Mamère, Jean‐Luc Mélenchon, Danièle Obono, Pascal Savoldelli, Thomas Porcher, Assa Traoré, Marie‐Christine Vergiat

    https://www.humanite.fr/la-matraque-nest-pas-une-reponse-politique-666522
    #maintien_de_l'ordre #gilets_jaunes #violences_policières

    Texte complet :
    http://fischer02003.over-blog.com/2019/01/appel-pour-l-interdiction-des-lbd.html

    ping @davduf


  • GLI-F4, LBD 40 : derrière les sigles, une réalité sanglante - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/17/gli-f4-lbd-40-derriere-les-sigles-une-realite-sanglante_1703699

    La GLI-F4, grenade au souffle puissant

    Petite bombe dotée de 25 grammes de TNT (tolite), la grenade GLI-F4 produit, en plus d’un effet lacrymogène, une forte explosion (165 décibels à 5 mètres) provoquant un effet de souffle particulièrement effrayant pour les manifestants. Depuis l’interdiction de la grenade OF-F1 suite au décès de Rémi Fraisse à Sivens en 2014, c’est la grenade la plus puissante de l’arsenal des forces de l’ordre. « Même pour […] les plus agressifs, il est difficile de se prémunir », notait un rapport commun de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de la police nationale (IGPN), publié le 13 novembre 2014. C’est aussi, et de loin, la plus dangereuse. Ce même rapport reconnaissait ainsi que ces « dispositifs à effet de souffle […] sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu ». Et « quel que soit le moyen utilisé, comme il s’agit d’un dispositif pyrotechnique, une atteinte à la tête ou sur le massif facial ne peut jamais être totalement exclue ». Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, elle est suspectée d’avoir conduit à quatre mains arrachées, un œil endommagé (perte de la vue) et un pied blessé. Cette arme particulièrement mutilante - et que la France est la seule à utiliser en Europe en opérations de maintien de l’ordre - devrait néanmoins appartenir au passé. Les commandes ont cessé, le ministère ayant choisi de la remplacer par la GM2L. Cette dernière produit un effet lacrymogène et assourdissant, mais pas déflagrant comme la GLI-F4, selon le ministère de l’Intérieur. Reste que les stocks actuels seront bien utilisés jusqu’à épuisement.
    Le LBD 40, fusil précis et disproportionné

    En forme de fusil terminé par un gros canon, le LBD 40 (lanceur de balles de défense de 40 millimètres de diamètre) fait florès dans les rangs policiers. Fin décembre, le ministère de l’Intérieur a passé commande de 1 280 nouveaux LBD sur quatre ans. Apparus en maintien de l’ordre en France au début des années 2000, et notamment après les émeutes de 2005, les premiers LBD étaient de type Flash-Ball Super-Pro. De fabrication française, ils ont été progressivement remplacés depuis 2009 par le LBD 40, de fabrication helvétique, plus puissant et plus précis. Une caractéristique qui rend d’autant plus inexplicable le nombre important de blessés graves liés à cette arme - 71 depuis le début du mouvement des gilets jaunes, selon le recensement de Libération. Car sur le papier, l’usage du LBD est très encadré. Le tireur, explique une instruction du ministère de l’Intérieur de septembre 2014, doit viser « de façon privilégiée le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs », mais en aucun cas la tête. Chaque tir doit également faire l’objet d’un rapport détaillé. Des recommandations sans grand effet sur le nombre de bavures constatées sur le terrain. Et pour cause : « Dans le cadre d’un rassemblement sur la voie publique, le lanceur de balles de défense ne permet ni d’apprécier la distance de tir ni de prévenir les dommages collatéraux […] Au cours d’une manifestation où, par définition, les personnes visées sont généralement groupées et mobiles, le point visé ne sera pas nécessairement le point touché et la personne visée pourra ne pas être celle atteinte », expliquait le Défenseur des droits dans un rapport de décembre 2017.

    Bref, cette arme détient « un degré de dangerosité disproportionné au regard des objectifs du maintien de l’ordre ». Sensible à ce rapport, le préfet de police de Paris avait fini par renoncer au LBD en maintien de l’ordre… avant de faire machine arrière lors du mouvement des gilets jaunes, continuant ainsi à faire de la France un des rares pays en Europe (avec la Grèce, l’Espagne et la Pologne) à l’utiliser. « Le Royaume-Uni avec ses hooligans ou l’Allemagne avec ses néonazis ont aussi des vraies problématiques de maintien de l’ordre. Et pourtant, ils réussissent très bien à s’en passer », relève David Dufresne. Pour ce journaliste spécialisé, les dérives dans l’usage du LBD en France sont aussi et surtout le fait de policiers non formés au maintien de l’ordre, comme les membres des brigades anticriminalité. Un phénomène qui rejaillit avec les gilets jaunes, et qui a au moins le mérite de mettre en lumière ce « qu’il se passe depuis quinze ans dans les banlieues, sans que personne n’en parle », selon Dufresne.

    #maintien_de_l'ordre


  • La France n’en finit pas de découvrir les violences policières
    https://ehko.info/la-france-nen-finit-pas-de-decouvrir-les-violences-policieres

    [Juste qu’ici tout allait bien] pour une partie de la France volontairement « aveugle » aux violences policières. Elle les voit actuellement. La dernière fois, c’était lors des manifestations contre la « Loi travail ». Leur particularité : la police visait des individus qui ne sont habituellement pas sa cible et faisait démonstration de sa force au coeur de Paris. De nouveau, lors des manifestations de « Gilets jaunes » qui se déroulent non pas selon le parcours classique Nation ou Bastille-République mais dans des lieux où la contestation n’a en principe pas sa place, la répression policière a été pointée. Mais ces violences ne sont pas des bavures, ni l’expression d’une « benallisation des forces de l’ordre », il s’agit de l’illustration parfaite de ce qui est attendu de la police républicaine. Dans le (...)

    • Le site semble avoir des difficultés à charger sa page, voici le contenu :
      <p><strong>[Juste qu’ici tout allait bien]</strong> pour une partie de la France volontairement « aveugle » aux violences policières. Elle les voit actuellement. La dernière fois, c’était lors des manifestations contre la « Loi travail ». Leur particularité : la police visait des individus qui ne sont habituellement pas sa cible et faisait démonstration de sa force au coeur de Paris. De nouveau, lors des manifestations de « Gilets jaunes » qui se déroulent non pas selon le parcours classique Nation ou Bastille-République mais dans des lieux où la contestation n’a en principe pas sa place, la répression policière a été pointée. Mais ces violences ne sont pas des bavures, ni l’expression d’une « benallisation des forces de l’ordre », il s’agit de l’illustration parfaite de ce qui est attendu de la police républicaine. Dans le système politique actuellement en place, le rôle des bien nommées « force de l’ordre » est de garantir l’ordre établi et la protection des intérêts des entités et groupes au pouvoir. Parler de bavures, débordements, dérives, c’est méconnaître ce rôle dévolu à la police.</p>
      <p>Alors, les ministres de l’Intérieur protègent ceux qui appliquent leur politique, y compris de la manière la plus brutale. Avant Christophe Castaner, Nicolas Sarkozy l’avait fait. Juste après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, 17 et 15 ans, en 2005 dans un transformateur électrique, alors qu’ils étaient poursuivis par des policiers. Ces décès, qui ont marqué une partie de la population, ont été le départ de semaines de révoltes dans les quartiers populaires. Le ras-le-bol y explosait. Mais Zyed et Bouna étaient et restent présentés comme forcément coupables, comme toutes les victimes de violences policières de ces quartiers. Que des études d’institutions sérieuses prouvent le risque accru de contrôles et violences policières sur les hommes, noirs et arabes, de quartiers populaires, ne fait pas réagir. Dans leur grande majorité et systématiquement, les médias reprennent sans aucun recul <a href="https://sanstransition.tumblr.com/post/154500110841/les-bavures-polici%C3%A8res-en-10-le%C3%A7ons.">les propos du ministre de l’Intérieur et les déclarations policières</a>.</p>
      <p>Les deux adolescents ne seront pas les dernières victimes de violences policières en France. Selon les collectifs mobilisés sur ces questions, la police ferait 10 à 15 morts par an « des Noirs et des Arabes de 7 à 77 ans » pour reprendre les conclusions d’une étude du média <a href="https://sanstransition.tumblr.com/post/131276973351/la-police-r%C3%A9publicaine-fran%C3%A7aise-tue-des-arabes">Bastamaga> qui porte sur plus de 50 ans. En 2015, ce sera au tour d’Adama Traoré de mourir dans un commissariat. C’est ni plus ni moins qu’une affaire d’État. Lors d’un match de football en juillet 2018, des participants s’étaient émus de la présence de blindés de l’armée sur place. Ces blindés ont été aussi déployés dans des « départements et territoires d’Outre-Mer » durant des révoltes sociales, contre « la vie chère » notamment. Justement, c’est bien dans les quartiers populaires et ces territoires qu’ont été expérimentées « les méthodes de maintien de l’ordre » et avant, dans les territoires colonisés par la France – l’Algérie en tête, comme l’explique le chercheur indépendant et docteur en sociologie Mathieu Rigouste, qui a aussi établi le lien entre la gestion sécuritaire des quartiers populaire et l’ordre colonial, dont nous reproduisons l’intégralité d’une interview ci-dessous.</p>
      <p>C’est quasi mécanique, quand un Etat porte atteinte aux droits d’un groupe &#8211; surtout minorisé et vulnérable &#8211; et que le reste de la population ne réagit pas, il finit tôt ou tard par appliquer cette politique sur l’ensemble de la population.</p>
      <p>Zyed et Bouna, comme les personnes perquisitionnées après la vague d’attentat de 2015 étaient vus comme coupables, dans un « Etat de droit », où la peine de mort a été abolie, comme le sont désormais les Gilets jaunes ou le fut Rémi Fraisse – à ceci près, et la différence est fondamentale, que les premiers sont ciblés pour ce qu’ils<em> sont</em> et les autres pour ce qu’ils <em>font</em>.</p>
      <p>Mais ces violences ne sont pas prêt de cesser : si l’image de la police et de la gendarmerie qui forment les forces de maintien de l’ordre d’autres pays se fissure, un objectif demeure, énoncé lors d’une conférence au 20e salon Milipol « de la sécurité intérieure des Etats » : la France veut « devenir leader européen » voire « mondial » dans plusieurs domaines de la sécurité. « L&#8217;objectif est de doubler le chiffre d’affaires de la filière ». Ainsi, le gouvernement ne s’y est pas trompé en octroyant une prime aux policiers, maillon indispensable à la garantie du pouvoir et la mise en place de sa politique mais qui pourrait faiblir et le lâcher, dans un contexte de tension constante et d’état d’urgence.</p>
      <p><span><strong>Warda Mohamed</strong></span></p>
      <p> </p>
      <p><strong>[La questions des violences policières]</strong>, avec le mouvement des Gilets jaunes, a semblé surgir soudain, comme sans précédent. Une anomalie, une brisure dans le ciel sécuritaire républicain et serein. Pourtant, des signes avant-coureurs étaient là pour alerter. Et ces violences ne sont que l’indice d’une militarisation de la gestion de l’ordre, social, économique, politique. Alarmisme ? Exagération ? L’état d’urgence, et sa durée anormalement longue de deux ans, illustre pourtant ce tropisme sécuritaire. D’abord s’est constatée, durant l’application de ce régime dérogatoire, une utilisation opportuniste contre des militants écologistes ou les mouvements sociaux. Puis certaines mesures de ce régime ont été, avec la loi dite <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2017/10/30/INTX1716370L/jo/texte">SILTa> (loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme) , introduites dans le droit commun. L’inscription dans le droit commun de certaines mesures de l’état d’urgence a, en dehors de toute situation de terrorisme ou de danger pour la nation, offert aux pouvoirs publics une formidable machine coercitive contre tout mouvement social ou contestataire. Loi travail et loi de lutte contre le terrorisme seront votées en quasi-concomitance. Tandis qu’on prétend vouloir simplement « désépaissir » le code du travail, on épaissit, dans le mouvement inverse, le code pénal. Vases législatifs communicants qui ne sont en rien anodins.</p>
      <p>L’état d’urgence a interrogé, de façon presque automatique, les rapports structurels qu’entretiennent la violence d’État, la militarisation de la police, la mondialisation de la question du terrorisme et la gestion intérieure des populations, notamment dans les quartiers populaires. L’état d’urgence a-t-il été un laboratoire qui aura permis à l’État de tester in vivo des mesures de police administratives restrictives de libertés, bien au-delà de ce que la menace terroriste nécessitait ? Autrement dit, peut-on considérer que l’état d’urgence, tel qu’il a été prorogé quasiment pendant deux ans, ait pu servir dans un premier temps de ballon d’essai ou mise en application in vivo, en ingénierie humaine, de mesures dérogatoires ? Parce que cet état d’exception a été présenté comme une réponse à une situation exceptionnelle, qu’il a semblé provisoire dans sa durée et son ampleur, ses mesures extrêmement dérogatoires n’ont pas inquiété, en dehors de certaines ONG ou juristes. Puis, ne nous leurrons pas, pour la quasi-totalité de la population française, l’état d’urgence a été invisible, à part la présence « rassurante » de soldats lourdement armés dans les rues. Le fait qu’il ait été circonscrit majoritairement à une population musulmane, populaire, vivant déjà en périphérie sociale, économique et géographique, du reste de la population, a joué dans cette acceptation passive et reconnaissante de cet état d’urgence.</p>
      <p>L’esprit de l’état d’urgence, fait de logique de suspicion et d’ordre sécuritaire a contaminé la gestion de l’ordre. Moins protéger et mieux punir…<br />
      La « militarisation » de la gestion des mouvements sociaux se devinait dès 2008, dans le Livre blanc de la Défense. Le concept classique de « Défense nationale » y semblait lié, de façon étonnante, à la notion de « sécurité nationale ». Si cette « militarisation » intérieure s’installe, la frontière pourtant nécessaire entre défense nationale et sécurité intérieure risque de n’être plus que théorique. Un fil ténu auquel sont suspendues les libertés et droits de l’homme et tout le fragile édifice de l’État de droit. La militarisation de la gestion des mouvements sociaux, c’est aussi un monde où les exo-guerres (guerres extérieures contre des populations étrangères) se coupleront avec des endo-guerres (guerres à l’intérieur contre sa propre population). La frontière ne sera plus garante de rien, ni limite, ni protection, ni sanctuarisation.</p>
      <p>Parmi les voix qui ont alerté et alertent encore, celle de Mathieu Rigouste, chercheur indépendant, docteur en sociologie et militant anti-sécuritaire. Auteur de nombreux ouvrages, dont <em>L’Ennemi intérieur</em>.<em> La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine</em> (La Découverte, 2009) ou encore <em>La Domination policière : une violence industrielle</em> (La Fabrique, 2012), il a également analysé dans son dernier ouvrage, <em>État d’urgence et business de la sécurité</em> (Niet, 2016), comment l’état d’urgence s’intègre dans une logique de gestion des populations jugées dangereuses et de capitalisme sécuritaire. Avec son aimable autorisation, nous reproduisons l’interview publiée dans le livre <em>L’état d’urgence (permanent)</em> (<a href="http://www.meltingbook.com/book-letat-durgence-permanent/">Editions Meltingbook, avril 2018, Hassina Mechaï, Sihem Zine</a>). Cette interview explique parfaitement les mécanismes qui ont mené à la gestion sécuritaire des mouvements sociaux, dont la répression du mouvement des « Gilets jaunes » a été l’illustration.</p>
      <p><span><strong>Hassina Mechaï</strong></span></p>
      <p><strong>[Ehko]</strong> compte bien travailler sur ces questions éminemment préoccupantes.</p>
      <p><span><strong>L’état d’urgence a-t-il pu servir de laboratoire in vivo de stratégie contre-insurrectionnelle, cantonné à une partie seulement de la population, avant son élargissement visiblement prévu par son inscription dans le droit commun ?</strong></span></p>
      <p>Le capitalisme a dû se restructurer face aux crises qu’il provoque. D’abord soupape, la marchandisation de la « guerre intérieure » est devenue pour lui un moyen de survie. Et, parce qu’il bénéficie de l’expérience de la gestion des territoires colonisés où il a pu développer des formes de contrôle et d’exploitation, l’impérialisme français peut l’appliquer également dans des zones intérieures, « endocoloniales », comme les quartiers populaires.<br />
      L’état d’urgence a eu une double fonction de laboratoire et de vitrine. La fonction de laboratoire a permis d’expérimenter une forme d’état d’urgence sur une longue période. Du coup, d’éprouver aussi les modalités d’une guerre intérieure. Cela a permis de faire de l’état d’urgence une vitrine pour montrer un savoir-faire français dans la guerre intérieure et la contre-insurrection. Cela permet de générer des contrats dans les marchés de la sécurité, marchés qui ne concernent pas que du matériel mais également des formations, de doctrine, de conseil et d’audit en sécurisation.<br />
      Dans la dimension de laboratoire, s’est joué également une chose très importante, que j’appelle une forme de « militarisation rhéostatique ».</p>
      <p>Le nouveau modèle de militarisation du territoire devient capable d’être en permanence nivelé, en fonction des besoins de contrôle social des classes dominantes. Comme avec le rhéostat d’un radiateur : alterner, en fonction des nécessités, des dispositifs adaptés à la guerre classique, la guerre de basse intensité, le contrôle des foules, le maintien de l’ordre ou la police quotidienne… Il s’est joué cela à travers Sentinelle et la création des nouvelles réserves de l’armée. Une possibilité de militariser instantanément le territoire et de régler le taux de militarisation en fonction de la menace perçue, désignée, établi par l’état-major. On peut ainsi envisager une militarisation sectorielle, celle des quartiers populaires à l’état de siège total. Les mouvements sociaux pourront être concernés également. D’autant plus que s’esquisse la possibilité d’une jonction entre les quartiers populaires, les étudiants et le reste des mouvements sociaux. Une forme de reconnaissance, d’interaction et d’organisation collectives a émergé depuis deux ou trois ans. Il existe des possibilités d’intersections permettant aux luttes de se rencontrer. Le pouvoir a donc d’autant plus intérêt à mettre en œuvre des mécanismes de contrôle, de division et d’écrasement des plus précarisés.</p>
      <p><span><strong>Vous parlez de fascination de l’appareil militaire et policier pour l’état d’urgence. En quoi, et pourquoi fascine-t-il ?</strong></span></p>
      <p>L’état d’urgence est un dispositif politique extrêmement symbolique. Il signale l’ouverture d’un champ de la guerre intérieure. Il sonne l’entrée symbolique sur le territoire national, avec l’opération Sentinelle, du pouvoir militaire. Évidemment, et c’est encore plus vrai avec l’avènement de la Ve République, le pouvoir militaire n’est jamais complètement écarté de la gestion du territoire. Désormais, l’état d’urgence, implicitement, annonce que toute la place est faite sur le territoire national à la possibilité de la montée en puissance du pouvoir militaire. Ne l’oublions pas, la Ve République s’est constituée sur le coup d’État du 13 mai 1958. Mais, plus largement, tout le corpus constitutionnel de la Ve République porte l’empreinte d’une possibilité de guerre contre-insurrectionnelle ou contre-subversive, comme l’article 16 de la Constitution du 4 octobre 1958, lequel prévoit qu’en période de crise les « pleins pouvoirs » peuvent être donnés au président de la République française.</p>
      <p>D’autres dispositions également considéraient que, dans le cadre de la guerre froide, la possibilité de « guerre intérieure et de guerre totale », pour reprendre le langage de l’époque, est imminente et permanente. Il fallait donc avoir constamment les moyens de suspendre la séparation des pouvoirs et que le chef de l’État puisse déclarer lui-même la guerre intérieure. Ce modèle constitutionnel a été exporté en même temps que les méthodes françaises de contre-insurrection. La Colombie, par exemple, a une Constitution très proche de la Constitution française. La plupart des anciennes colonies françaises, en Afrique subsaharienne, ont des équivalents dans leur constitution de l’état d’urgence et de l’article 16. Mais, au-delà de la Ve République et de sa Constitution, l’ensemble des systèmes juridiques dans l’histoire du droit sont basés sur l’exception. On ne crée pas de normes juridiques sans délimiter les cadres exceptionnels de l’emploi de ces normes. Plus largement, tous les États se créent sur le pouvoir militaire, sur la clôture du moment de la guerre et autour des élites militaires. Ces élites, l’État profond, sont toujours à la fondation d’un nouvel État. Ils emportent avec eux forcément un répertoire d’exception. Ils ont en général la maîtrise de la nécro-politique, la gestion de la mort, de la coercition, de la violence comme mode de gouvernement.</p>
      <p><span><strong>Comment comprendre l’état d’urgence, dans l’optique de ce capitalisme sécuritaire ?</strong></span></p>
      <p>Le capitalisme sécuritaire sous-entend l’ouverture des marchés de la sécurité. Ce capitalisme a été la soupape, puis la roue de secours, avant de devenir désormais le moyen principal de restructuration du capitalisme international. Ce capitalisme sécuritaire dérive directement des marchés militaires, qui se sont constitués à travers les deux guerres mondiales. Les complexes militaro-industriels ont alors émergé et le capitalisme occidental s’est organisé autour de la guerre permanente. Dans la période post-1968, et après la crise pétrolière de 1973, on a vu s’ouvrir des sous-marchés décalqués sur le keynésianisme militaire, des marchés de la guerre intérieure, de la sécurité. Ceux-là ont permis de restructurer le capitalisme, de le sauver aussi. Ils ont servi également à mettre en place des modèles de contre-révolution, de contre-insurrection, partout dans le monde, au moment où, en 1968, les événements ont montré aux classes possédantes que les peuples pouvaient et commençaient à se réorganiser. En somme, l’état d’urgence permet aux industriels de la violence de tirer profit de cette guerre intérieure, ainsi qu’une restructuration juridico-politique de l’État-nation.</p>
      <p><span><strong>Ce capitalisme sécuritaire, et son importance dans l’économie française, expliquerait-il les ambiguïtés de la politique étrangère française ?</strong></span></p>
      <p>Ce sont moins des ambiguïtés qu’un indice d’une politique structurelle et systémique. L’Arabie Saoudite, par exemple, depuis le début des années 1970, donc dès le début de la formation du capitalisme sécuritaire, est le principal client du complexe militaro-industriel français, qui, semble-t-il à certaines périodes, n’existe qu’en s’appuyant sur ce marché fondamental.</p>
      <p><span><strong>Dès lors l’état d’urgence n’a-t-il pas empêché et opacifié toute question sur cette politique, qui mêle si intimement diplomatie, économie et marchés militaires ?</strong></span></p>
      <p>L’état d’urgence a pu permettre d’installer une chape de plomb idéologique. Je ne suis pas certain cependant que cette chape ait été totalement étanche. J’ajouterai un bémol car, avant même l’état d’urgence, il y avait très peu de questionnement critique dans les médias mainstream. Beaucoup des grands médias, ne l’oublions pas, appartiennent à des géants de la vente d’armes et du capitalisme français. En outre, leurs structures rédactionnelles sont souvent liées à des instituts de sécurité ou de défense. Ces instituts forment des responsables qui entretiennent en permanence des relations de communication avec les médias. Cela permet une maîtrise du langage médiatique par le pouvoir militaire. Enfin, élément propre au champ médiatique, les médias dominants ne sont pas faits pour laisser passer du discours critique, et leur fonctionnement interne prohibe toute possibilité de rupture du discours dominant. Cependant, je note que, paradoxalement, dans certains milieux, en plein état d’urgence, alors que les classes dominantes pouvaient y voir une forme de pacification sociale, on observe un processus de montée en puissance de nouvelles formes de révolte et des réagencements des capacités critiques des classes populaires. L’existence de ce marché sécuritaire fondamental au cœur du capitalisme français et le lien avec ces pétromonarchies sont devenus des faits beaucoup mieux connus.</p>
      <p><span><strong>À partir de cette idée d’ennemi intérieur, l’état d’urgence ne brouille-t-il pas encore plus la notion de guerre, celle-ci pouvant être intérieure quand les guerres extérieures sont qualifiées de simples « opérations » ?</strong></span></p>
      <p>C’est là un des modes de fonctionnement du capitalisme sécuritaire. Ce dernier brouille les frontières de l’État-Nation à travers la mondialisation capitaliste. Dans la doctrine militaire, on considère qu’il n’y a plus d’« intérieur » ni d’« extérieur » et que l’ennemi « terroriste » est partout. Mais, dans la réalité, on constate bien que les frontières et leur défense sont au cœur de la gouvernementalité contemporaine. Pourtant, il y a une logique de brouillage qui est liée à un processus d’hybridation des domaines militaire et policier. Hybridation en termes industriels et économiques, dans le sens où ces marchés de la guerre permanente et de la police quotidienne se traversent et s’enchevêtrent. On peut développer des produits d’un côté ou un autre et s’en servir pour faire la guerre ou la police. Il y a un aller-retour permanent entre la guerre intérieure et la police extérieure. Cette hybridation se retrouve dans la pensée contre-insurrectionnelle, dans la pensée de l’exception et dans les mécanismes réels de développement du capitalisme militaire.</p>
      <p><span><strong>Dès lors, l’état d’urgence a-t-il été une façon pour le pouvoir politique de donner des garanties d’action et de fermeté au pouvoir militaire ?</strong></span></p>
      <p>Le pouvoir politique est complètement inféodé au pouvoir militaire. Il n’avait pas forcément besoin de lui fournir des garanties d’action. Plus largement, il y a un entrelacement, ou enchevêtrement, des pouvoirs politique, militaire, policier et économique. Sur les questions d’ouverture des états d’exception, il me semble nettement que c’est le pouvoir militaire qui décide. L’immense majorité des politiques fait une confiance absolue au pouvoir militaire, car, d’une part, ils n’y connaissent pas grand-chose et, d’autre part, parce que la fonction militaire et l’industrie militaire sont des piliers majeurs de l’économie et du système politique de la Ve République.</p>
      <p><span><strong>Comment articuler et comprendre l’état d’urgence et le fait qu’il trouve sa source dans une loi qui a été utilisée pendant la guerre d’Algérie ?</strong></span></p>
      <p>Du point de vue de l’état-major militaire, l’origine coloniale de cette loi est très bien connue. Voilà pourquoi ce dispositif a été utilisé à ce moment-là, car il appartient à un répertoire principal, une sorte de malle à outils privilégiée, tout simplement parce qu’il appartient à la structure de la société française, laquelle, historiquement, est une société impérialiste. Elle conserve donc, au cœur de ses institutions, des répertoires coloniaux et militaires qui lui servent à se restructurer, à se ressourcer quand les nécessités historiques lui imposent de créer de nouveaux dispositifs. Le répertoire colonial contre-insurrectionnel est peut-être la malle à outils la plus privilégiée par les fractions qui dominent l’état-major. Or, ce sont elles qui conseillent la haute hiérarchie politique. Il me semble également que l’état d’urgence est un moyen qui les fascine, dans le sens où il permet la montée en puissance des appareils, doctrines et personnels militaires. Cette montée en puissance est portée par le capitalisme sécuritaire, cette économie-politique qui caractérise l’ère dans laquelle nous nous trouvons.<br />
      L’état d’urgence est aussi l’indice plus large au fait qu’on donne toujours plus de place, de légitimité et de visibilité, à ces méthodes contre-insurrectionnelles, dont l’état d’urgence fait partie. Enfin, ce dispositif juridique présente un entre-deux assez malléable, qui facilite un large spectre d’actions, une grande liberté de réglage entre l’État de droit et l’état de siège. Il donne lieu à l’ouverture d’une capacité d’autonomie supérieure pour les institutions militaires, policières et de renseignement. Cette capacité élargie permet de mener des guerres de basse intensité à l’intérieur du territoire, sans avoir à placer l’ensemble de la société en état de guerre. L’état d’urgence a été créé à l’origine pour pouvoir mener la guerre coloniale sur le territoire de l’État. Il permet de mener une forme de guerre policière à une partie de la population, sans que tout le pays et toute son économie soit en état de siège.</p>
      <p><span><strong>Pourquoi l’état d’urgence a-t-il semblé viser d’abord une catégorie de la population, en l’occurrence les musulmans ?</strong></span></p>
      <p>Ils ont été visés à double titre : ils sont musulmans et ils vivent, pour beaucoup, dans des quartiers populaires. Un inconscient raciste structure aussi toute la culture dominante en France. Les appareillages militaires et médiatiques de construction de l’ennemi intérieur fonctionnent à plein régime depuis une cinquantaine d’années. Ils désignent un ennemi intérieur dans le masque du musulman pauvre. Les attentats seraient le fruit d’un « islamisme », qui serait lui-même une sorte de dérivation de l’islam. Il faudrait donc encadrer les lieux de prolifération de ces « virus subversifs », comme cela se dit en langue militaire. Or, le principal référent religieux du sous-prolétariat en France est l’islam. Les figures d’ennemi intérieur servent à diviser les classes populaires et à délimiter une partie de la « population » à dissocier et ségréguer.</p>
      <p>Puis, au-delà de l’état d’urgence, la Ve République se fonde sur, dans et à travers la guerre d’Algérie. À l’époque l’ennemi intérieur était le fellagha. Les figures de l’ennemi intérieur évoluent dans la pensée militaire française, depuis la guerre d’Algérie jusqu’au milieu des années 2000, et épousent la figure de l’immigré postcolonial. La guerre coloniale a été la matrice de l’ordre sécuritaire. De la guerre d’Algérie à la Nouvelle-Calédonie, puis aux révoltes des quartiers populaires en 2005, l’état d’urgence permet d’intensifier les moyens de la chasse aux « ennemis intérieurs », ainsi que l’emploi de dispositifs visant à paralyser la vie sociale de toute les parties de la « population » suspectées d’être des « terreaux de subversions ».</p>
      <p><strong>Propos recueillis par <span>Hassina Mechaï</span>, février 2018.</strong></p>

    • La « militarisation » de la gestion des mouvements sociaux se devinait dès 2008, dans le Livre blanc de la Défense. Le concept classique de « Défense nationale » y semblait lié, de façon étonnante, à la notion de « sécurité nationale ». Si cette « militarisation » intérieure s’installe, la frontière pourtant nécessaire entre défense nationale et sécurité intérieure risque de n’être plus que théorique.

      Pour le coup, ça ne tombe pas du ciel tout d’un coup. Quand j’ai fait mon service militaire dans les années 70s, on nous présentait les différentes composantes de la Défense nationale et, parmi elles, la #Défense_opérationnelle_du_Territoire (ou #DOT), toujours dans ses missions à ce jour.

      Si WP, nous la présente ainsi (intégralité de l’article…)
      Défense opérationnelle du territoire — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fense_op%C3%A9rationnelle_du_territoire

      En France, la défense opérationnelle du territoire (DOT) est selon le code de la défense, la participation des armées « au maintien de la liberté et de la continuité d’action du Gouvernement, ainsi qu’à la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la nation ».

      Elle définit la mission confiée aux militaires sur le territoire français :
      • Protection des installations militaires en tout temps
      • Assurer la protection du territoire national et de s’opposer à un éventuel ennemi à l’intérieur de celui-ci
      • Organiser les opérations de résistance militaire en cas d’invasion.

      La pratique sur le terrain n’omettait jamais d’y ajouter la lutte contre le célèbre #ennemi_intérieur (Super-Dupont, à l’époque l’appelait #Anti-France) qu’en ces temps post-soixante-huitards il ne fallait pas chercher bien loin et que les cadres de l’armée faisait, si on leur en laissait la possibilité, commencer en gros dès le premier gréviste…

      Comme l’indique ce résumé d’une présentation de la DOT dans un article de septembre 1986 (texte pdf intégral en ligne)…

      La Défense opérationnelle du Territoire (DOT) - Alain BIZARD - Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques
      https://revue-pouvoirs.fr/La-Defense-operationnelle-du.html

      La Défense opérationnelle du Territoire, en liaison avec les autres formes de défense militaire et avec la défense civile et économique, concourt au maintien de la liberté d’action du Gouvernement ainsi qu’à la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la nation (décret du 1er mars 1973).

      Sa mise en oeuvre est décrétée par le Gouvernement en présence d’une menace extérieure reconnue par le Conseil de Défense. Les moyens à la disposition de la DOT ont été récemment restructurés ; le rôle de la gendarmerie a été accru et chaque échelon territorial dispose maintenant de forces leur permettant des interventions plus rapides.
      Néanmoins, composée essentiellement d’unités créées en mobilisation, la DOT aura besoin, pour être à même de remplir efficacement sa mission, d’un matériel moins obsolète et d’un entraînement plus soutenu mené en liaison toujours plus étroite avec la défense civile.

      … la DOT était essentiellement confiée à des réservistes (rappelés à l’occasion) et était donc le GROS morceau de la formation des appelés, je veux dire en dehors d’éplucher les patates et de fournir des ordonnances aux officiers… La "vraie" guerre, contre une armée ennemie étant réservée aux professionnels, évolution qui aboutit à la suppression (je vois d’ailleurs qu’il ne s’agit que d’une suspension) du service militaire en octobre 1997 pour les jeunes nés après le 1er janvier 1979.

    • Mathieu Rigouste fait remonter cette violence au maintien de l’ordre dans les colonies et particulièrement pendant la guerre d’Algérie. Mais le propos de @davduf, c’est qu’il ne s’agit plus de ce maintien de l’ordre mais d’un autre régime. Edit : Tristan Leoni critique Rigouste dans Manu militari, pour lui le quadrillage des villes par les bidasse n’est qu’une opération de com et c’est pas dans l’armée que ça se passe mais dans la police, autre culture, autre institution.
      http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/manu_militari.html

      Pas de quoi m’exprimer sur le sujet mais ça sent vraiment mauvais (et j’ai honte de faire partie des petit·es blanc·hes de centre-ville pour qui Rémi Fraisse ou mai 2016 ont été un tournant).

    • C’est clair, qu’en matière de maintien de l’ordre public il y a des moments clefs qui nous amènent à aujourd’hui : la repression des révoltes d’esclaves, celle de la commune, la conquête de l’Algérie. Il y a beaucoup de parallèles à faire entre la vision du complexe sécuritaire actuel et les « enseignements » tirés de ces moments historiques. Un jour quand je #procrastinerai moins, je mettrais par écrit la conférence que j’ai faite sur le sujet l’année passée :)


  • Sivens : le gendarme qui avait lancé une grenade et blessé une femme condamné à six mois de prison avec sursis
    mardi 8 janvier 2019 à 20:06 - Mis à jour le mardi 8 janvier 2019 à 21:59 Par Bénédicte Dupont et Suzanne Shojaei, France Bleu Occitanie et France Bleu
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/sivens-huit-mois-de-prison-requis-contre-le-gendarme-qui-avait-lance-une-

    Six mois de prison avec sursis, interdiction de porter et détenir une arme pendant six mois et 1.000 euros d’amende, condamnation plus clémente que les réquisitions prononcée ce 8 janvier par le tribunal correctionnel de Toulouse à l’encontre du gendarme ayant lancé une grenade dans une caravane à Sivens le 7 octobre 2014, blessant grièvement une zadiste. Le militaire n’aura pas d’inscription dans son casier judiciaire et va pouvoir continuer à exercer son métier. Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, l’interdiction de porter et détenir une arme pendant un an et l’interdiction d’exercer une mission de maintien de l’ordre pendant trois ans.

    "J’ai fait une erreur « 
    L’affaire avait été éclipsée par une histoire similaire, bien plus dramatique : la mort trois semaines plus tard d’un jeune écologiste sur ce même site, Rémi Fraisse, tué par une grenade lancée par un gendarme là encore Cette fois, la victime, une femme de 25 ans à l’époque, militante anti-barrage avait eu la main grièvement atteinte par des éclats de plombs en caoutchouc. Ce 7 octobre 2014, la scène avait été filmée par l’un des quatre occupants de la caravane, elle a été diffusée pendant l’audience. Le militaire n’avait pas attendu que tous les zadistes sortent et avait lancé la grenade sur un matelas de la caravane. » Vous vous êtes senti menacé ?", a demandé le procureur. « Non, répond le gendarme de 49 ans, expérimenté. Je voulais la lancer à côté de la caravane pour leur faire peur. J’étais fatigué, on travaillait jour et nuit sur le barrage à Sivens. J’ai fait une erreur, c’était inapproprié. » (...)

    #violences_policières #Sivens


  • Maintien de l’ordre et violences policières : ce que l’histoire nous apprend
    http://theconversation.com/maintien-de-lordre-et-violences-policieres-ce-que-lhistoire-nous-ap

    Les manifestations des gilets jaunes de ces dernières semaines ont soulevé à nouveau la question des violences policières et d’un usage accru de la violence par les forces de l’ordre, une question déjà posée en 2016 à l’occasion du mouvement contre la « loi travail ». On voudrait apporter un éclairage historique sur ce phénomène supposé de « retour » de la violence. Il ne s’agit pas de relativiser les agissements policiers, mais d’inscrire les événements dans l’évolution du maintien de l’ordre en France.
    Calmer le « citoyen momentanément en colère »

    Le maintien de l’ordre repose en France depuis longtemps sur des unités spécialisées : les gendarmes mobiles, apparus en 1921, complétés par les CRS, à partir de 1944, avec le recours à certaines périodes à des unités non permanentes comme les compagnies d’intervention de la Préfecture de Police à Paris dans les années 1950-1960.

    A l’origine de ces forces se trouve la préoccupation de ne plus recourir à l’armée, de ne plus traiter le manifestant comme un « ennemi » mais un « citoyen momentanément en colère ».

    La montée de ces forces est aussi liée au développement de la manifestation canonique dans les formes légitimes d’expression politique depuis la fin du XIXème siècle. Les moyens mortels (armes à feu) sont évacués, remplacés après-guerre par des instruments en principe non létaux dont la matraque est l’emblème, puis les gaz à partir de 1947 et enfin les grenades assourdissantes.
    Les grévistes forcent le barrage de police le 20 mars 1906. Wikimedia
    Un matériel plus sophistiqué

    Depuis Mai 68 (qui avait pris la police au dépourvu), la sophistication du matériel s’est accentuée avec le développement des protections individuelles et des véhicules, le perfectionnement de l’armement. Le maintien de l’ordre s’est aussi technicisé, puisqu’après de longues décennies d’apprentissage « sur le tas » au sein des unités, il fait l’objet d’un enseignement spécifique, comme au centre de Saint-Astier, créé par la gendarmerie au lendemain de Mai 68 puis devenu permanent, où les unités s’entraînent régulièrement dans le décor d’une ville fictive. Les agents s’aguerrissent aux manoeuvres et aussi à la maîtrise de soi nécessaire au métier. Un répertoire s’est alors fixé, fondé sur son caractère défensif, la planification, le contrôle à distance des manifestants, le retardement de l’usage de la force, et le dialogue, voire la cogestion avec les organisateurs des manifestations pour faciliter leur encadrement policier. Depuis quarante ans, les effectifs de ces forces sont restés stables, autour de 30 000 hommes (17 000 gendarmes mobiles, 13 000 CRS). Elles peuvent recevoir le renfort d’autres forces de police, dont le maintien de l’ordre n’est cependant pas le « métier ». Ces interventions ont été à l’origine de violences policières (comme la mort de Malik Oussekine à Paris le 6 décembre 1986).
    CRS et manifestants pendant la lutte contre l’extension du camp militaire, Larzac, France, années 1970. Community of the Ark of Lanza del Vasto/Wikimedia, CC BY-ND
    Quel critère pour définir la violence policière ?

    La question du niveau de violence policière et de son évolution est éminemment complexe. Quel critère retenir en effet ?

    Le seul nombre de morts, souvent retenu, montrerait cependant que le maintien de l’ordre devient plus meurtrier en France à partir de 1879, en particulier pendant la période de l’après-guerre, marquée par la guerre froide et la guerre d’Algérie.

    En témoignent les épisodes sanglants du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962, qui ont fait respectivement au moins cent morts et 8 morts à Paris.

    Cette seule courbe contredit l’existence d’un processus séculaire graduel de « réduction de la violence » et de pacification du maintien de l’ordre. En dehors de rares grands événements très meurtriers, il est difficile pour certains spécialistes de juger du niveau de violence policière le critère du nombre de morts dissimule d’autres formes de violence (charges, interpellations et intensité de la répression) et le « niveau de violence » renverrait avant tout aux perceptions de la manifestation.

    Si on s’en tient à ce seul critère mesurable, depuis un siècle, des phases d’apaisement relatif alternent avec des cycles de violence : celui qui oppose les organisations communistes à la police et culmine avec les manifestations contre le général Ridgway en mai 1952, puis la police aux Algériens en 1960-1962. Ces épisodes montrent que la violence policière fait toujours partie du répertoire d’action de l’État et a pu être un recours dans certaines circonstances.
    Contact plus fréquent

    La question du « retour » des violences policières doit être lue à la lumière des transformations du maintien de l’ordre depuis les années 2000. Celui-ci a été modifié par la lutte contre les « violences urbaines », autrement dit les émeutes des quartiers populaires (2005 et 2007). Les unités sont devenues plus mobiles et plus offensives, tant grâce à un armement plus agressif qu’en projetant des forces destinées à interpeller les émeutiers en vue d’une répression judiciaire.

    Il s’ensuit une transformation notable des formes de maintien de l’ordre, où le contact est plus fréquent, avec toutes les occasions de violence que peuvent provoquer de telles situations. Aux dispositifs adoptés lors des manifestations parisiennes des gilets jaunes, on peut appliquer des constats dressés à l’occasion du mouvement contre la loi travail en 2016 .
    Manif du 11 novembre 2018 contre l’invitation de Donald Trump pour les commémorations du 11 novembre 1918 par M. Macron. Jeanne Menjoulet/Flickr, CC BY-SA

    On note ainsi une dimension offensive marquée, avec des tirs de lanceur de balle de défense (LBD) (communément appelé Flashball), le déploiement massif d’unités dédiées à l’interpellation de manifestants par un pouvoir politique désireux d’afficher le soir même « la restauration de l’ordre », en utilisant des agents venus des BAC et de la BRI, et non des professionnels du maintien de l’ordre.

    Tout cela tend à brouiller les frontières entre encadrement des manifestations et police des « violences urbaines ». De telles interventions, perçues comme un usage indiscriminé de la force, ne manquent pas de générer des phénomènes de solidarisation des manifestants et de nouvelles violences.
    Des pratiques françaises pointées du doigt

    A cet égard, les spécialistes pointent des pratiques françaises à rebours des stratégies de « désescalade » menées dans d’autres pays européens, qui passent par le dialogue continu avec les organisateurs et les manifestants : depuis la présence d’officiers de liaison médiateurs, comme les Peace Units aux Pays-Bas, les « officiers de dialogue » en Suède, jusqu’à des panneaux lumineux donnant les instructions de la police à ceux qui défilent.
    Intervention de ‘Peace Units’ néerlandais lors d’une manifestation sportive.

    La sophistication de l’arsenal n’est pas non plus synonyme de pacification : le LBD et les grenades de désencerclement sont des armes susceptibles d’entraîner de graves blessures. Les forces de l’ordre conservent aussi des instruments archaïques, comme les grenades offensives (responsables de la mort de Rémi Fraisse à Sivens en 2014).

    Si l’on peut évoquer un apaisement tendanciel ou relatif de la violence du maintien de l’ordre depuis 1968, la situation reste ouverte : l’usage de la violence dépend in fine du degré de légitimité des protestataires aux yeux de l’autorité politique et des forces de l’ordre.

    #maintien_de_l'ordre


  • Les contestations des violences policières ont une histoire
    http://theconversation.com/les-contestations-des-violences-policieres-ont-une-histoire-109272

    Arrestations de « gilets jaunes » et plaintes de ces derniers pour brutalité ou violences policières continuent d’attirer l’attention médiatique, notamment en raison des moyens utilisés : lanceurs de balles de défense (LBD – communément appelés « flash-ball »), grenades lacrymogènes, grenades de GLI-F4 (la France étant le seul pays européen à les utiliser dans le cadre du maintien de l’ordre).

    Des spécialistes du maintien de l’ordre n’ont pas manqué de relever l’usage de ces armes dites « non-létales » qui blessent très grièvement, mutilent et tuent.

    Si elles sont en effet significatives d’une évolution du maintien de l’ordre, pour comprendre comment les individus dénoncent des violences policières, il convient de revenir sur une histoire longue de ces mobilisations.
    Liste non exhaustive des victimes de violences policières écrites sur le sol de la Place de la république, le 18 mai 2016, pour protester contre le rassemblement « contre la haine anti-flic » organisé par des syndicats de police. Anthony Pregnolato
    Une histoire de mobilisations dans les quartiers populaires

    Même s’il n’est pas possible de comptabiliser les violences des forces de l’ordre en l’absence d’un instrument de mesure systématique, hormis les moments de fortes répressions des manifestations, les violences touchent principalement une population « cible » des policiers : des jeunes hommes vivant dans les cités des quartiers populaires, provenant des classes sociales précarisées, immigrés ou héritiers de l’immigration post-coloniale.

    Cette population est la plus sujette à des contrôles d’identité – souvent une prémisse aux violences policières – et trouve le plus souvent la mort dans une interaction avec la police. Le tableau à la fin de l’ouvrage d’Abdellali Hajjat, La Marche pour l’égalité et contre le racisme sur la marche de 1983 et le recensement de Basta ! donnent les chiffres à ce jour les plus complets.

    L’histoire des dénonciations des violences policières se retrouve essentiellement dans les mobilisations de l’immigration post-coloniale et des quartiers populaires dès les années 1960.
    Affiches à Belleville, le 10 juin 2017, lors de la commémoration des 10 ans de la mort de Lamine Dieng. Anthony Pregnolato
    Rock against the Police

    Ces mobilisations sont notamment marquées par Rock against the police de 1980 à 1983, la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, et par la mobilisation du Comité contre la double peine puis du Mouvement de l’immigration et des banlieues dans les années 1990 et 2000 (les ouvrages de Mogiss H. Abdallah et de Karim Taharount retracent cette histoire militante).

    Mais cette histoire comprend aussi une récurrence des rébellions après qu’un jeune habitant d’une cité soit tué par la police, et par une succession de plaintes portées par des collectifs de familles de victimes – au prix de plusieurs années de procédure judiciaire, qui aboutissent peu à un procès – qui demandent « Justice et Vérité ». Ces victimes de violences policières suscitent généralement peu l’attention médiatique en dehors de la catégorie « faits divers » pour deux raisons principales. D’une part elles appartiennent aux franges les plus marginalisées, ne disposant pas forcément de ressources en terme de capital culturel, économique ou politique. Et d’autre part il existe un traitement politique et médiatique stigmatisant qui reprend les cadres de représentations policiers et criminalise ces quartiers.
    Manifestations du collectif « Justice pour Adama » devant la Gare du Nord à Paris, le 30 juillet 2016. Dominique Faget/AFP

    Cependant, certaines de ces mobilisations parviennent exceptionnellement à exister médiatiquement et politiquement – en fonction de ressources militantes ou du contexte pouvant être plus favorable à l’attention porté aux faits – comme récemment le Comité Justice pour Adama ou l’affaire de Théo Luhaka. Ces mobilisations c’est aussi une histoire de la répression de l’engagement politique.
    Criminalisation des victimes

    L’incarcération des proches d’Adama Traoré en témoigne, rappelant les accusations d’« outrages », de « violences » sur agents, ou de « diffamation » qu’ont connus les habitants et militants à Mantes-la-Jolie en 1991, à Châtenay-Malabry en 2001, à Dammarie-les-Lys en 2002, à Villiers-le-Bel en 2007 – de même qu’Amal Bentounsi attaquée en justice par Manuel Valls en 2014, ou encore l’intensification des contrôles et des violences policières dans le quartier de la victime.

    L’observation menée durant mon travail de thèse révèle qu’au regard de la police, de la justice, des autorités étatiques et de l’espace médiatique, les victimes de violences policières et leurs proches qui se mobilisent font l’objet d’une criminalisation, d’un soupçon de culpabilité (elles doivent prouver qu’elles n’ont pas « mérité » cet usage de la force), et d’une remise en question du statut de victime.

    L’un des enjeux pour elles est donc la reconnaissance politique et juridique du statut de victime, en plus de la reconnaissance de la culpabilité de ou des agents de police. Il faut comprendre aussi que cette légitimité à être une victime – et donc l’illégitimité de l’usage de la force par la police – dépend en partie du groupe social d’appartenance (réel ou supposé) de la personne qui porte plainte et de sa position sociale dans la société – donc de sa légitimité aux yeux des institutions policières, judiciaires et politiques.
    Concurrence de légitimité ?

    Ainsi, on peut se demander si, à la mort de Rémi Fraisse en 2015, puis lors de la COP 21 ou durant le printemps 2016 jusqu’aux mobilisations actuelles, la médiatisation et la politisation des violences des forces de l’ordre ne résulte pas en partie de l’émergence de « nouvelles » figures de victimes apparaissant comme plus légitimes (militant écologique, manifestants retraités ou personnes âgées « gilets jaunes ») ?

    Cela aurait pu favoriser une transformation des cadres de représentations de l’espace médiatique et une attention plus favorable aux dénonciations des violences des forces de l’ordre.

    La même question se pose aujourd’hui lorsque des journalistes portent plainte pour violences policières subies en couvrant les manifestations – même si cela était déjà dénoncé en 2016.
    Manifestation à Brest le 8 décembre 2012 contre le projet d’aéroport Notre-Dame des Landes : certains manifestants apparaissent-ils plus légitimes que d’autres ? Non à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes/Flickr, CC BY-SA
    Une évolution du maintien de l’ordre plus violente ?

    Mais cette hypothèse ne doit pas relativiser les transformations du maintien de l’ordre des dernières années pointées par plusieurs spécialistes, avec une évolution allant à l’encontre de la logique de « désescalade », l’accroissement de l’usage des armes dîtes « non-létales », ainsi qu’une extension du spectre de la criminalisation des individus – qui touche les manifestant-e-s.

    Censée répondre à ce qui est perçu comme une augmentation des violences protestataires (qui est loin d’être nouvelle), depuis les années 2000 et particulièrement depuis la décennie 2010, l’usage de grenades lacrymogènes, de grenades explosives et de LBD se font de plus en plus fréquents dans les mobilisations collectives.

    Dans la même période, après avoir été grièvement blessés ou ayant perdus un œil à cause d’un tir de LBD, des victimes, leurs proches et des militants dénoncent leur usage (Collectif 8 juillet, Geoffrey Tidjani, Désarmons-les ou l’Assemblée des blessés).

    Dans les procès pour usage abusif de LBD que j’ai observé dans le cadre de mon doctorat, la défense ou le tribunal mettent souvent en avant un manque de formation à l’usage de l’arme et la marge d’erreur du tir. Même s’il y a des condamnations à du sursis ou à l’interdiction de port d’arme, la responsabilité a ainsi tendance à être renvoyé aux supérieurs hiérarchiques.

    C’est notamment suite à ce constat que plusieurs membres de l’Assemblée des blessés décident de lancer des requêtes collectives auprès du tribunal administratif contre l’usage de ces armes. Tout récemment, des victimes de grenade GLI-F4 portent plainte au parquet de Paris ou contre le ministre de l’Intérieur pour avoir autorisé son usage dans les manifestations.
    Des manifestants criminalisés ?

    Même si ce n’est pas nouveau, depuis Notre-Dame-des-Landes et durant les mobilisations de 2016, de plus en plus de personnes tentent de se protéger (casque, masque à gaz, lunettes de plongée ou de ski). La pratique du black bloc s’étend pour faire face physiquement aux forces de l’ordre. Et des équipes médicales mobiles – « street médic » – se développent pour apporter les premiers soins.

    Ces modes d’organisation sont alors criminalisés, notamment à partir de l’application de l’article 222-14-2 du code pénal (mis en place sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy en 2010) qui permet de condamner une supposée volonté de s’en prendre aux forces de l’ordre ou de vouloir s’en défendre.

    Face à cela, le traitement médiatique et politique donne l’impression d’une augmentation de la violence dans les cortèges. Cependant, des spécialistes rappellent que la désignation de « mauvais manifestants » par le terme de « casseurs » n’est pas nouvelle, et qu’elle sert tant à délégitimer un mouvement social qu’à en légitimer sa répression. D’autres chercheurs rappellent la tendance à oublier les violences qu’ont connus les soulèvements populaires (à cinq minutes), ou celles des groupes autonomes des années 1970.
    Des condamnations perçues comme iniques

    Lorsque les violences et abus policiers sont reconnus, les condamnations sont presque exclusivement à minima des peines maximales prévues par la loi, même lorsque la légitime défense n’est pas reconnue pour une balle dans le dos.

    L’étude de Cédric Moreau de Bellaing sur l’Inspection générale des services (IGS) – l’ancêtre de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) – révèle que « les dénonciations d’usage abusif de la force par la police aboutissent moins souvent à une sanction que celles de tout autre type d’atteintes ; et, lorsque ces cas de violences sont sanctionnés, ils le sont proportionnellement moins gravement que les autres formes de déviances policières ». Si le même type d’enquête systématique était fait pour les condamnations au pénal, on pourrait s’attendre à une conclusion similaire.

    Enfin, la reconnaissance politique et juridique du statut de victime et de la culpabilité de l’agent de police accusé dépend en partie de deux facteurs. D’une part, dans les procès on retrouve des logiques sociales de légitimation de la parole policière et de délégitimation de la parole de la victime (même s’il peut arriver que le « faux et usage de faux » soit reconnu et condamné). D’autre part, des catégorisations politiques (« casseurs », « voyous ») et des dispositions juridiques (« outrage et rébellion », article 222-14-2) rendent possible la criminalisation de tout individu en interaction conflictuelle avec les forces de l’ordre.

    Aujourd’hui, l’attention est portée sur l’usage de la force policière dans les manifestations des « gilets jaunes ». Au regard de l’histoire de ces mobilisations contre les violences des forces de l’ordre, concernant les plaintes engagées ces derniers jours, il reste à voir si les tribunaux remettront en cause la légitimité de cet usage de la violence physique de l’État.

    Que ce soit dans les quartiers populaires ou dans les manifestations, l’expérience des violences des forces de l’ordre et de la répression peut entraîner des formes de défiance vis-à-vis de l’État et de ses institutions, et peut avoir des effets sur les modes de politisation des individus.

    #maintien_de_l'ordre


  • Oui, la France est bien le seul pays d’Europe à utiliser des grenades explosives contre les manifestants
    https://rmc.bfmtv.com/emission/la-france-seul-pays-au-monde-a-utiliser-des-grenades-explosives-contre-le

    Cette grenade explosive s’appelle la GLI-F4. C’est celle-ci qui avait arraché la main d’un manifestant de la #ZAD de NDDL qui avait tenté de la ramasser en 2017. C’est cette même grenade qui avait blessé au pied, en août 2017, un manifestant à Bure en Lorraine.

    Une forte explosion

    Cette grenade a trois caractéristiques quand elle explose. Elle libère du gaz lacrymogène, elle provoque un bruit intense estimé à 165 décibels dans un rayon de cinq mètres. C’est, à titre de comparaison, plus fort qu’un avion au décollage qui produit environ 140 décibels. Surtout, elle provoque une forte explosion grâce à un explosif déjà présent dans une autre grenade, la OF-F1. Celle-ci était responsable de la mort de Rémi Fraisse en octobre 2014 à Sivens. Elle a été interdite depuis.

    Même les forces de l’ordre ont reconnu que cette grenade présente un risque. En 2014, les inspections générales de la police et de la gendarmerie ont reconnu dans un rapport que ces dispositifs étaient bien “susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu”. Et qu’elles constituaient "le dernier stade avant de devoir employer des armes à feu".

    Utilisée jusqu’à épuisement des stocks

    Si elle n’a pas été interdite, la #GLI-F4 pourrait l’être prochainement. Le 24 mai 2018, selon le bulletin officiel, le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il allait renouveler ses stocks de grenades, mais n’a pas commandé de nouvelles GLI F4. "Il a été décidé de ne plus fabriquer de cette grenade", a expliqué le ministère. Pourtant, celle-ci continuera d’être utilisée jusqu’à épuisement des stocks.

    Elle sera remplacée par la GM2L, qui existe déjà. Selon le ministère de l’Intérieur contient aussi un effet lacrymogène et assourdissant, mais n’a pas l’effet déflagrant de la GLI-F4.

    #Maintien_de_L'ordre


  • Pour une campagne unitaire contre la #répression

    Depuis le 17 novembre, une répression terrible

    Le bilan du tout sécuritaire de Macron depuis le début des Gilets Jaunes ne cesse de s’alourdir. Une femme a été tuée à Marseille, touchée par un tir de grenade lacrymogène de la police[1]. Si la liste n’est pas complète, nous savons déjà que 4 manifestant•e•s ont eu une main arrachée par des grenades GLI-F4 (des grenades qui contiennent 25 grammes de TNT, responsable de la mort de Rémi Fraisse en 2014 et utilisées seulement par la police française en Europe) ; plus d’une dizaine de Gilets Jaunes ont perdu un œil après des tirs de flashball en plein visage. Ajoutons aux dégâts dus au flashball des dizaines de mâchoires éclatées, ainsi que des tirs sur des manifestant•e•s pacifiques, des tirs dans le dos et les traumatismes qui y sont liés[2]. Ce sont des centaines de blessures causées par cette arme.

    Les flics sont aussi adeptes des tabassages en règle à coups de matraques, de pieds et de poings, comme on peut le voir sur les centaines de vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, et particulièrement contre des individu•e•s isolé•e•s, souvent à terre.

    Les dommages causés à long terme par les grenades lacrymogènes sont pour l’instant peu connus[3] mais il est certain que les dommages immédiats provoquent de multiples symptômes qui vont des vomissements aux brûlures cutanées ou même aux intoxications des bronches.

    La police est le bras armé du gouvernement, et la Justice s’en fait le relais. Des milliers de personnes ont été interpellées et, dans la très grande majorité, simplement parce qu’elles portaient du matériel pour se protéger de la police, à savoir des masques à poussière de chantier ou encore des lunettes de piscine.

    La majorité des garde à vue a donné lieu à des comparutions immédiates, qui ne laissent pas à la défense le temps de se préparer. Résultat ? Des peines de prisons ferme ou avec sursis sont prononcées, ainsi que des interdictions de territoire pour des durées aléatoires[4] [5] [6].

    Là aussi, il est très difficile de faire un rapport exhaustif mais une chose est sûre : les flics tabassent, les juges condamnent. Le prix de la révolte se paye cher.

    La violence contre les lycéen.ne.s, dont la scène de Mantes-La-Jolie s’est fait le terrible emblème, atteste elle aussi de l’état d’esprit général des flics et de la bourgeoisie[7]. Même les mineur.e.s ne sont pas épargné.e.s par cette violence éhontée, qui vise clairement à couper court à toute volonté de se révolter et de lever la voix. Il est salutaire de constater qu’encore plus d’injustice ne mène en fait qu’à encore plus de révolte.
    Le dialogue social ne lui suffit plus : le gouvernement choisit de franchir un cap dans la répression

    Nous nous souvenons que dès son investiture, Macron avait acheté un stock inédit de grenades lacrymogènes, anticipant la violence avec laquelle il allait mener sa politique[8]. Nous l’avons vu à Paris mais aussi partout en France, où durant deux semaines consécutives, l’exécutif a déployé presque tous les flics de France pour contenir les Gilets Jaunes, soit 89.000 personnes. Des blindés ont été déployés dans la métropole et on a même vu le retour des voltigeurs, ces binômes à moto responsables de la mort de Malik Oussekine en 1986 et qui ont sorti un flingue ce 22 décembre après avoir provoqué une foule pacifique[9].

    Après avoir cédé instantanément sur les revendications des flics qui menaçaient de faire grève, Macron a voulu les récompenser d’une autre manière, en plus d’augmenter largement primes et salaires : il a commandé du matériel encore plus puissant, pour faire mal, comme pour dire à ses troupes « continuez comme ça les gars, détruisez-les ». Ainsi, 450 flash-ball « multi-coups » ont été achetés (ces armes létales à moins de 25 mètres peuvent tirer en rafale jusqu’à 6 balles en caoutchouc dur, grenades assourdissantes ou lacrymogènes). 1280 lanceurs mono-coups s’ajoute à cet achat[10]. Il s’agit donc d’un message clair : il faut équiper les flics encore plus, afin qu’ils puissent encore plus tuer, éborgner, mutiler en toute impunité.

    Macron cherche donc le tout répressif, calfeutré qu’il est dans son palais présidentiel, entouré de ministres lessivé•e•s, lui-même au bout du rouleau, incapable de sortir sans maquillage et dans l’impossibilité, sur conseil de ses proches, de sortir dans la rue ou de prendre des vacances[11].
    Une violence dans la répression qui existait depuis plusieurs années

    Cela fait des années que la police réprime, provoque et tue impunément dans les quartiers populaires. Il faut noter que la violence policière ne vient pas de nulle part. Depuis la guerre d’Algérie, la gestion néo-coloniale des quartiers populaires a permis à la police de développer une stratégie contre-insurrectionnelle dans la métropole, faisant ses armes d’abord parmi les prolétaires non-blanc.he.s, parmi les plus pauvres et les plus exploité.e.s.

    La militarisation de la police, le développement de la BAC aux méthodes ultra-violentes et anxiogènes, le contrôle au faciès et l’enfermement "préventif", tous ces éléments que subit aujourd’hui le mouvement social ont été affinés contre les non blanc.he.s, durant des dizaines d’années et le plus souvent dans le silence le plus complet de la part des organisations dites du mouvement ouvrier. Chaque année, une dizaine de personnes meurent sous l’effet de cette politique répressive, qui met aussi en lumière qu’avant d’être réprimés pour ce qu’ils font, certaines le sont pour ce qu’ils sont.

    Par ailleurs, au cours des dernières années, on compte des dizaines de milliers d’arrestations et de poursuites contre des militant.e.s syndicaux ou du milieu associatif[12]. Des condamnations à de la prison ferme pour militantisme n’ont malheureusement pas attendu les gilets jaunes pour exister. Aide aux migrant.e.s, activité syndicale (même quand, comme Gaël Quirante, on est normalement protégé par un mandat syndical), lutte contre un licenciement : rien n’est épargné par la répression policiaire et juridique.

    Les contre-réformes dont la classe dominante a besoin (baisse du coût du travail, plus grande flexibilité des travailleurs/euses, facilitation des licenciements), elle en a besoin vite. Et Macron, le président par ordonnance, a promis d’obéir. Il est clair qu’il compte passer en force avec ses réformes structurelles sur les retraites, l’assurance chômage, la fonction publique…

    Dans ce contexte, tout est bon pour empêcher les Gilets Jaunes de franchir un cap dans la mobilisation : d’une part poursuivre et renforcer le « dialogue social » dont il a hérité des gouvernements précédents et d’autre part, continuer de réprimer tout ce qui bouge.

    Si nous laissons faire la répression contre les Gilets Jaunes, nous laissons faire un précédent qui fonctionnera comme norme contre tout futur mouvement de contestation sociale.
    Les organisations du mouvement ouvrier doivent s’unir pour mener une campagne

    Rappelons que le 6 décembre, Solidaires a sauvé l’honneur des directions syndicales en refusant de signer une déclaration commune des confédérations qui saluaient une prétendue ouverture au dialogue du gouvernement, tout en condamnant la violence… dans l’expression des revendications pour ne pas dire des manifestant.e.s !! [13] Et Solidaires, toujours contrairement aux autres directions nationales, a fini par appeler à rejoindre les Gilets Jaunes, même si il a fallu attendre le 15 décembre pour cela.

    Les organisations syndicales doivent condamner les mutilations et à l’emprisonnement de travailleurs et de travailleuses en lutte. Notre indignation ne peut pas se manifester que lorsque des syndiqué•e•s sont touché•e•s.

    Leur silence ne peut plus durer

    Peut-on accepter l’idée que manifester, aujourd’hui, c’est risquer de perdre un œil ou une main ? Que de manifester avec ses enfants, c’est risquer que celleux-ci soient aspergé•e•s de gaz lacrymogènes ? Qu’il soit normal que des primo-manifestant•e•s, équipé•e•s de maigres protections, soient condamné.e.s à de la prison ferme ou avec sursis ? Certainement pas ! Les organisations du mouvement ouvrier doivent dénoncer sans relâche ces pratiques qui contreviennent au droit de manifester et apporter tout leur soutien aux victimes de l’arbitraire policier et judiciaire.

    Souvenons-nous que si nous sommes syndiqué•e•s, ce n’est pas pour négocier le recul social, mais le combattre.

    Localement, des assemblées de Gilets Jaunes commencent à prendre des positions et à s’organiser contre la répression, plusieurs associations ont déjà fait des déclarations en ce sens. Chassaigne a commencé à porter la question à l’Assemblée nationale[14]. Ces initiatives doivent s’unir pour porter une campagne commune. Assez des lois et de la justice à deux vitesses, protégeant les patrons, les riches et leurs gardes, frappant sans retenue les prolos, les pauvres et les militant-e-s.

    Ensemble, exigeons :

    – une amnistie générale et sans condition pour toutes les victimes de la répression policière et judiciaire exercée par le gouvernement Macron ;

    – l’abandon et l’interdiction de toutes les armes dites non-létales mais dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des mort.e.s, telles que les flash-balls et les grenades de désencerclement ;

    – que la lumière soit totalement faite sur les chaînes de commandement responsables des violences policières ayant abouti à des blessures de manifestant.e.s.

    – la fin de l’impunité des policiers qui violent les lois en frappant des manifestants à terre, en visant au flash-ball à hauteur de visage, en réalisant des tirs tendus de grenade lacrymogènes, etc.

    https://tendanceclaire.org/article.php?id=1508
    #violences_policières #France #police
    ping @davduf


  • Du XIXe siècle aux « gilets jaunes » : vers une pacification du maintien de l’ordre ?
    https://www.franceculture.fr/droit-justice/du-xixe-siecle-aux-gilets-jaunes-vers-une-pacification-du-maintien-de-

    Lors du mouvement des « gilets jaunes », toutes les méthodes de la police sont ainsi scrutées et critiquées : l’utilisation des grenades GLI F4, que la France est le seul pays à employer (les grenades offensives F1, encore plus puissantes, ont été retirées après la mort de Rémi Fraisse en 2014 à Sivens, l’engin s’était coincé entre son corps et son sac à dos), l’usage des Flash-Balls en tirs tendus qui provoquent éborgnements, arrachages de dents ou de gencives. L’utilisation d’additifs pestilentiels dans les canons à eau (issus de sang macérés, normalement destinés à éteindre les incendies), les charges de la cavalerie en plein Paris et le déploiement de véhicules blindés.

    Face aux nombreux blessés, le journaliste David Dufresne interpelle le ministère de l’Intérieur sur son compte Twitter. L’émission Envoyé Spécial sur France 2 a aussi consacré un reportage complet sur ces violences (un jeune homme édenté, une jeune femme éborgnée, un autre amputé de la main pour avoir ramassé une grenade). La police, de son côté, explique n’avoir jamais été confrontée à une telle brutalité et avoir été forcée de répliquer. Jets de pavé, de boules de pétanque, de barreaux de grilles utilisés comme des javelots, France Info cite aussi des manifestants qui brisent du verre sur le sol pour empêcher les chevaux de passer....

    #Maintien_de_L'ordre


  • Éloges des mauvaises herbes - Ce que nous devons à la ZAD
    https://bibliothequefahrenheit.blogspot.com/2018/06/eloges-des-mauvaises-herbes-ce-que-nous.html#more

    Par Ernest London

    Écrit dans l’urgence de l’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ce livre regroupe les textes de seize personnalités intellectuelles, littéraires et artistiques cherchant à penser l’importance de ce qui se joue là.

    La puissance publique dévoile sa faiblesse en affirmant, menaces et destructions à l’appui, qu’elle ne peut tolérer sur son territoire un espace qui fabrique d’autres mondes, explique Jade Lindgaard, coordinatrice de l’ouvrage et journaliste à Mediapart. « La loi protège la propriété privée et l’agriculture polluante. »

    David Graeber, auteur de la préface, prévient que ce livre est « une des nombreuses armes dont nous avons besoin pour défendre la pérennité sur le long terme de cette expérience si singulière » tant ceux qui remettent en cause l’équilibre actuel ne doivent jamais être perçus comme victorieux. « Des alternatives aussi visibles font voler en éclat l’idée que, en dépit de la répétition des crises, le système actuel doit absolument être rafistolé afin de conserver le statu quo. »

    Il présente la ZAD comme expérience de « politique préfigurative », à beaucoup plus petite échelle mais comparable à celle des zapatistes du Chiapas et des kurdes du Rojava. Convaincu que le système s’effondre et que dans cinquante ans le capitalisme n’existera plus, peut-être remplacé par quelque chose de pire, il affirme qu’il est de notre devoir d’empêcher la machine militaire et bureaucratique de broyer ceux qui essayent de penser à ce à quoi un monde meilleur pourrait ressembler.

    La préfiguration c’est « relever avec constance le défi de se comporter les uns vis-à-vis des autres comme nous le ferions dans une société véritablement libre », ce qui est l’exact contraire de l’idée que la fin justifie les moyens !

    La contribution de Virginie Despentes pourra dérouter. Si elle comprend bien en quoi la ZAD est un grain de sable qui enraye la propagande affirmant qu’ « il n’y pas d’alternative », elle imagine une multiplication de tels lieux qui serviraient de refuge aux précaires, aux « manants », d’aujourd’hui et de demain ! Elle semble, pour sa part, admettre le statu quo comme irrémédiable.

    John Jordan, artiste-activiste résidant sur la ZAD met en avant la « culture de la résistance » particulière qui y a pris forme et rappelle que tout ce que nous avons obtenu l’a été grâce à la désobéissance. Il insiste sur l’importance de produire nos propres récits des luttes que nous vivons. Il a vu se mêler ici la résistance et la création, le combat et la construction. À Nicolas Hulot qui prétend que « l’écologie ce n’est pas l’anarchie », il rappelle que les premiers théoriciens de l’écologie furent précisément des anarchistes : Élisée Reclus pour qui l’être humain est la nature prenant conscience d’elle-même, Pierre Kropotkine qui promut l’évolution comme coopération et non seulement comme compétition, et plus tard Murray Bookchin qui développa le concept d’écologie sociale pour éviter l’effondrement écologique en nous débarrassant de toutes formes de domination.

    Il explique pourquoi « la séparation opérée entre l’individu et le tout est une fiction » et que « seuls les comportements qui font place sur le long terme à la fertilité et à la diversité de l’écosystème tout entier pourront se perpétuer ». La défense de la ZAD est une lutte pour les communs contre la propriété privée. « C’est un combat pour l’avenir, un combat que nous ne pouvons pas perdre. »

    « Cette action militaire, la pire [en France] depuis au moins 1968, est évidemment une violation du droit des citoyens qui ouvrent les chemins d’une transition écologique et économique pour nous sortir de cette voie sans issue faite de cupidité, de violence, d’inégalité et de non-durabilité vers laquelle les puissances économiques et politiques poussent l’humanité et la Terre. » L’activiste indienne Vandana Shiva est catégorique : « Cette violence revient à effacer l’avenir. »

    Les collectifs qui s’expriment sur la ZAD ont pris conscience de leur pouvoir à être « le changement que nous voulons voir dans le monde » selon la formule de Gandhi. Leurs actes sont criminalisés tandis que les crimes contre la nature et les personnes sont protégés par la force armée. Le gouvernement français devrait y envoyer ses jeunes pour leur apprendre à vivre dignement, en paix avec la terre, plutôt que ses Robocops.

    La ZAD est un mouvement de « réappropriation de nos communs » qui sont des « formes démocratiques de gouvernance ».

    Olivier Abel, professeur de philosophie, avoue ne s’être pas intéressé à Notre-Dame-des-Landes avant l’intervention du 9 avril. La disproportion des moyens mis en oeuvre lui fait alors comprendre que nous ne sommes plus dans une société politique où les lois peuvent être contestées voire transgressées au moins symboliquement et marginalement, mais dans une « société bétaillère », une « société technologique ». 

    De la même façon, Geneviève Pruvost, sociologue du travail… et de la police, interprète ces opérations policières massives à caractère militaire comme une mise à nue des priorités politiques du gouvernement car cette « résistance au progrès et au confort moderne », cette « forme de lutte d’une sidérante simplicité, à la portée de tout le monde peut se répandre comme une trainée de poudre, sans coup férir ».

    Bruno Latour, professeur à Sciences Po, surprendra pas sa naïve injonction à l’État d’accepter les enseignements des zadistes en matière de développement des territoires.

    Christophe Bonneuil, directeur de recherche en histoire au CNRS, remet en perspective ce conflit comme « la radicalisation d’une guerre des mondes » entre les « modernisateurs » qui se conçoivent comme séparés de la nature, et les « terrestres » qui assument leur appartenance à la terre et expérimentent des formes avancées d’émancipation et d’autogestion démocratique.

    Starhawk, activiste et écoféministe américaine qui se présente comme sorcière, résume en un texte bref et incisif l’enjeu : « Maintenant les communs veulent reconquérir cette terre. » « Les paysans traditionnels et les anarchistes ont uni leurs forces pour revitaliser la terre, pour faire pousser de la nourriture, pour construire des structures sauvages et créatives, et pour offrir l’hospitalité à tous. Un tel rêve représente une menace existentielle pour un ordre mondial qui exige que tout soit objectivé, quantifié, monétisé. Mais ce monde-là est en train de tous nous tuer. »

    Kristin Ross qui connait bien la ZAD pour s’y être rendue de nombreuses fois analyse cette « accumulation d’expériences, de solidarités et de partages » qui constitue une telle menace pour le néolibéralisme qu’Emmanuel Macron n’a pas hésité à déchaîner autant de violence. « La ZAD n’est pas une utopie mais une communauté qui fonctionne depuis 10 ans. » Elle contredit « le récit classique selon lequel 68 aurait épuisé et enterré les dernières illusions révolutionnaires et que désormais, faute d’alternative, il faut renoncer à changer le monde. »

    Pablo Servigne, « chercheur in-Terre-dépendant » trouve lui aussi des mots justes : « Notre-Dame-des-Landes est un point clé pour la compréhension de notre époque, c’est le lieux de friction entre l’imaginaire de continuité et l’imaginaire de rupture. »

    Wilfrid Lupano, scénariste de la série BD des Vieux Fourneaux dans laquelle il a imaginé une ZAD, raconte sa visite à la bibliothèque du Taslu et explique qu’à l’heure de la désertification des campagnes, il n’y a pas d’autre territoire rural en France qui attire autant de jeunes désireux d’y construire une vie remplie de sens.

    L’intervention qui tranche le plus dans ce concert d’appels à résister et qui est d’autant plus important, est signée Amandine Gay, cinéaste, universitaire et afroféministe. Elle ne manque en effet aucune occasion de poser frontalement la question raciale et reproche l’attitude qu’Aimé Césaire appelait le « fraternalisme » et qui pollue toujours les milieux alternatifs de la gauche française : les zadistes n’ont pas cherché à nouer des contacts avec les agriculteurs de la Caraïbe ou avec les Amérindiens de Guyane qui se font violemment et illégalement expulser de leur propre terre par exemple, pour inscrire leur lutte au niveau international, pour proposer « une perspective écologique et décoloniale ». La survie de la ZAD pendant neuf ans est l’expression même d’un « privilège blanc ». Il a fallu la mort de Rémi Fraisse pour que les militants anticapitalistes, écolos et alternatifs blancs se mobilisent massivement contre les violences policières. Loin de critiquer la lutte des zadistes et de leurs nombreux soutiens, elle leur montre la fracture invisible entre les différentes luttes puisqu’ils appellent tant à la « convergence des luttes ».

    Le regard de l’architecte Patrick Bouchain est également fort intéressant. Il rappelle qu’un bail emphytéotique est envisageable pour confier ces terres à ceux qui en réclament l’usage mais pas la propriété, et que leur acte est une désobéissance à la « stupidité républicaine » plutôt qu’à l’ordre républicain qui n’a d’ailleurs pas eu besoin de beaucoup de courage pour s’attaquer à 250 personnes pacifiques. « Avec les cabanes de la ZAD, on a l’exemple d’un habitat contextuel par manque de moyens. Il est rudimentaire, mais il est aussi préparatoire à ce qu’il faudrait faire désormais. C’est une glorification de la liberté de construire. »

    Enfin, l’écrivain d’anticipation Alain Damasio imagine dans une longue nouvelle, notre monde en 2041 alors que les grandes villes, après les stades, ont été rachetées par des marques et que les ZAD se sont multipliées (87 en France et 364 en Europe). Notre-Dame-des-Landes a été vendue aux enchères par morceaux. Attachés aux arbres, six mille personnes ont sauvé la forêt. « L’usage fonde le droit, il n’en dépend pas. L’usage c’est ce qui fait que le portenaouak et le tout-à-l’égo ne viennent pas remplacer le diptyque argent+propriété qui fonde l’ordre dégueu du capitalisme qu’on a dégagé de nos vies. » « Ils pacifient, nous opacifions. Nous sommes l’ombre de leurs nombres, le zéro de leur réseau ; la friche de leurs chiffres. » La grande vertu de ce genre littéraire est de donner à voir le futur, même proche, d’inviter à réfléchir autrement, à se projeter un peu plus loin. C’est réussi.

    Étrange sensation que de sauter ainsi d’un point de vue à l’autre. L’exercice permet finalement de les confronter tour à tour à son propre avis, d’approfondir ses réflexions, de les porter à ébullition, et donnerait presque envie de jeter quelques notes personnelles sur les pages blanches finales. Malgré quelques bénéfiques divergences, le constat est unanime : c’est bel et bien un épisode de la guerre civile en cours qui se joue là, l’écrasement d’une preuve bien vivante qu’un autre monde est possible. C’est pourquoi, même si cet ouvrage ne le dit pas, il faut rejoindre les Comités de soutien de la ZAD, aller y faire un tour, apporter sa pierre à l’édifice, reconstruire ce qui a été détruit, écouter aussi la parole de ceux qui y vivent.

    Éloges des mauvaises herbes - Ce que nous devons à la ZAD
    Alain Damasio, Virginie Despentes, David Graeber, Bruno Latour, Pablo Servigne, Vandana Shiva, Kristin Ross, Olivier Abel, Christophe Bonneuil, Patrick Bouchain, Amandine Gay, John Jordan, Wilfried Lupano, Geneviève Pruvost, Nathalie Quintane, Starhawk
    Coordonné par Jade Lindgaard
    210 pages – 15 euros
    Éditions Les Liens qui libèrent – Paris – Juin 2018
    http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-%C3%89loge_des_mauvaises_herbes-9791020906427-1-1-
    Les recettes des ventes de ce livre iront aux activités développées sur la ZAD

    #ZAD #NDDL #vivre_la_commune #communs #territoires


  • Gérard Collomb défend sa vision du maintien de l’ordre, Julia Pascual, Le Monde
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/06/08/gerard-collomb-defend-sa-vision-du-maintien-de-l-ordre_5311692_1653578.html

    Confrontés à de nouvelles formes d’affrontements, policiers et gendarmes tentent d’adapter leur méthode.

    On imagine qu’il y aura eu des nuages épais de gaz lacrymogènes, que les blindés auront fait des embardées et qu’à petites foulées les uniformes, sous les casques et les boucliers, se seront mus comme un seul homme vers l’adversaire… Vendredi 8 juin, au centre d’entraînement de la gendarmerie nationale à Saint-Astier (Dordogne), les démonstrations conjointes des gendarmes mobiles et des CRS devaient donner l’occasion au ministre de l’intérieur de se livrer à un exercice de communication sur l’évolution du maintien de l’ordre, alors que l’opération à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) touche à sa fin et que la mobilisation contre Parcoursup s’essouffle. Deux événements dont la gestion est considérée par Gérard Collomb comme un « modèle pour l’avenir ».

    Un intermède avec ces superbes photos souvenirs de Saint-Astier
    https://www.francebleu.fr/infos/societe/dordogne-suivez-la-visite-du-ministre-de-l-interieur-gerard-collomb-15284

    Le maintien de l’ordre a, depuis quelques années, opéré sa mue. Bon gré, mal gré, marqué par la mort de Rémi Fraisse en 2014, tué à Sivens (Tarn) par un tir de grenade offensive ; la présence quasi systématique de black blocs depuis la loi travail de 2016, prêts à s’affronter aux forces de l’ordre, ou encore l’observation constante des fonctionnaires sous l’effet des caméras et autres smartphones. Pour M. Collomb, la période que nous vivons correspond à un moment de bascule, une occasion selon lui de « revisiter nos techniques, notre doctrine ». Police et gendarmerie ont d’ores et déjà cherché à s’adapter pour « réduire les tensions, prévenir les incidents », explique-t-on au ministère de l’intérieur. Cette démarche intervient également quelques mois après la parution d’un rapport du Défenseur des droits qui invitait à une gestion plus « pacifiée » du maintien de l’ordre.

    Des manifestations mieux anticipées

    « Hier, le maintien de l’ordre, c’était la réaction à une manifestation, résume le général Thierry Cailloz, sous-directeur de la défense, de l’ordre public et de la protection de la gendarmerie nationale. Aujourd’hui, on est dans une approche globale, on prend du recul pour gagner en anticipation. L’objectif, c’est de participer au processus de désescalade. »

    Cette anticipation se traduit notamment par la recherche d’une meilleure concertation avec des interlocuteurs identifiés, qu’il s’agisse de responsables d’université en amont d’une évacuation ou de syndicats avant un défilé. « A Notre-Dame-des-Landes, le rôle de médiation mené de bout en bout par la préfecture avec les franges institutionnelles des opposants a été important, souligne le colonel Richard Caminade, qui a piloté l’opération à Notre-Dame-des-Landes. Cela permettait de bien informer tous les intervenants et contribuait à faire redescendre la pression et le niveau d’agressivité de l’adversaire. »

    L’anticipation se décline aussi à travers un travail de renseignement. « A Notre-Dame-des-Landes, on s’est énormément investi aux côtés de la gendarmerie pour guider la manœuvre », souligne Hugues Bricq, chef du service central du renseignement territorial. Plus généralement, dit-il, « nous sommes montés en puissance dans l’identification des casseurs. Nous travaillons à la fois pour prévenir les risques et permettre d’orienter les interpellations lorsqu’il y a des troubles ». La présence d’agents des services de renseignement au sein des postes de commandement des opérations a été « généralisée », fait valoir le ministère de l’intérieur.

    Autre ligne directrice : le renforcement des mesures préventives, à l’image des contrôles d’identité et des fouilles de sacs effectués autour du périmètre de la manifestation sur la base de réquisitions judiciaires. « Ça n’est pas nouveau, mais ils ont pris une dimension systématique et plus qualitative, explique le général Cailloz. Ils servent à la fois un objectif de dissuasion et de détection [d’armes par destination]. » Lors de la dernière manifestation à Paris, le 26 mai, une quarantaine de personnes ont ainsi été interpellées à la suite de ces contrôles préliminaires. « A Notre-Dame-des-Landes, ces mesures ont également été mises en œuvre pour éviter les renforcements de la ZAD venus de l’extérieur », ajoute la Place Beauvau.

    La communication comme arme

    La communication fait désormais partie intégrante de la manœuvre [Subito, Monsieur Jourdain a compris qu’il faisait de la prose, ndc]. A l’heure des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continu, « il faut que l’on soit en mesure de justifier l’emploi de nos moyens », poursuit le haut gradé. A Notre-Dame-des-Landes, la captation d’images au moyen de caméras, drones ou encore de l’hélicoptère a été « une priorité, de façon à pouvoir réagir aux accusations », rapporte le général Cailloz. Les médias traditionnels ont été alimentés en vidéos retraçant les opérations d’expulsion de la ZAD, comme à Paris, où chaque manifestation donne lieu à un compte rendu en temps réel et en images de la préfecture de police, destinés aux journalistes.

    Lire aussi : Déblayage et nouvelles expulsions dans la « ZAD » de Notre-Dame-des-Landes
    https://lemonde.fr/planete/article/2018/05/17/notre-dame-des-landes-une-nouvelle-phase-d-expulsions-de-la-zad-a-debute_530

    Interpeller les fauteurs de troubles

    Face à la montée en puissance de certains manifestants désireux d’aller à l’affrontement, « notre objectif ne doit pas être d’interpeller pour interpeller », défend Gérard Collomb. Si les interpellations de masse permettent de faire cesser un trouble, elles se traduisent assez faiblement par des sanctions pénales, faute d’éléments probants imputables aux personnes. Le 1er mai à Paris, par exemple, la préfecture de police a interpellé 283 personnes, parmi lesquelles « seulement » 47 ont été déférées devant l’autorité judiciaire. « Nous devons perfectionner nos techniques d’interpellation ciblées des fauteurs de troubles », encourage M. Collomb. La présence d’officiers de police judiciaire aux côtés des forces mobiles pendant les opérations, comme ce fut le cas à Notre-Dame-des-Landes, doit contribuer à atteindre cet objectif, de même que la présence de magistrats du parquet au sein des postes de commandement des opérations. Une réflexion conjointe aux ministères de l’intérieur et de la justice a également été lancée. Place Beauvau, on plaide pour étudier la possibilité d’intervenir en amont des manifestations, « sur la base d’infractions d’associations de malfaiteurs en vue de commettre des violences en réunion ou de participer à un attroupement armé ».

    Lire aussi : Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai
    https://seenthis.net/messages/691423

    et aussi : #Maintien_de_l’ordre : la stratégie de la désescalade,
    https://seenthis.net/messages/697257

    "intervenir en amont des manifestations, « sur la base d’infractions d’associations de malfaiteurs en vue de commettre " cela veut dire procéder à des perquisitions et arrestations préventives à domicile et dans des locaux politiques, telles qu’elles étaient pratiquées sous un Giscard finissant.
    Hier un manifestant nantais a été arrêté dans le cadre dune instruction, car il aurait tapé sur une marionette de Micron dont l’incendie a depuis servi de prétexte à la "mise en cause" de 3 personnes.

    On a une espèce de feuilleté, utilisation de l’extrême droite et de la police, surveillance "orwelienne", société de surveillance et république bananière, (..., ...,) dont on peut se me demander si il pourrait finir par tourner au flan.
    #gouvernement #police #renseignement #justice


  • Des collectifs et familles de victimes demandent l’arrêt de l’emploi de grenades explosives contre les manifestants
    https://www.bastamag.net/Des-collectifs-et-familles-de-victimes-demandent-l-arret-de-l-emploi-de

    Il y a une semaine, Maxime, 21 ans, a eu la main arrachée par une grenade lancée par les forces de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes. L’enquête se poursuit pour définir les circonstances exactes de cette blessure grave. En août dernier, à Bure, un manifestant a eu un pied arraché par une grenade similaire. Il y a quatre ans, un étudiant, Rémi Fraisse, était tué par une grenade offensive lors d’une manifestation dans le Tarn... Des familles de victimes et des collectifs exigent que « soient retirées aux (...)

    ça bouge !

    / #Luttes_sociales, #Atteintes_aux_libertés

    #ça_bouge_ !


  • Les véritables questions à se poser face à la mutilation de Maxime Collectif de soutien suite à l’opération du 22 Mai effectué par les forces de l’ordre sur la ZAD de Notre Dame des Landes, ayant causé la mutilation de notre ami.
    https://blogs.mediapart.fr/collectif22mai/blog/250518/les-veritables-questions-se-poser-face-la-mutilation-de-maxime

    Cet article à pour but de mettre sous les projecteurs les véritables questions à se poser suite à ce qui est arrivé à Maxime et de répondre aux grands médias et leur acharnement médiatique.

    Tous les articles de presse sortis dans la hâte du sensationnel brodent autour d’un communiqué sans même plus d’informations, ou même d’accord auprès de la famille, constitués uniquement dans le but d’entacher la personne qui a été blessée et sa famille. Qu’il ait ou non ramassé la grenade n’est pas tant la question, celle que nous avons plutôt tendance à nous poser est la suivante : comment se fait-il que ce genre de grenade puisse faire tant de dégât ?

    Surtout après Sivens avec la mort de Rémi Fraisse ou à Bure avec la mutilation de Robin.

    Soulignons aussi dans les gros titres la redondance de l’identité du méchant zadiste, et donc du présumé coupable, bien plus encline à faire accepter les mutilations policières que lorsque qu’il s’agît d’un étudiant. A croire qu’un « zadiste » qui défend des terres et des constructions afin de bâtir un monde différent de celui qu’on nous propose mérite la répression qui accompagne son évacuation, la mutilation à Notre des Landes, à Bure, ou comme à Sivens la mort.

    Aux vues de la stratégie médiatique développée par l’état qui a été déployée dans nombre de cas de violences policières, la criminalisation des victimes et de leur famille au travers d’un processus de décrédibilisation et d’humiliation, ne nous étonne plus.

    #Zad #gardes_mobiles #maintien_de_l'ordre #armes_à_létalité_réduite #grenade_GLI_F4


  • CheckNews | Est-il vrai que la grenade GLI-F4 qui a grièvement blessé un homme le 22 mai est déconseillée en raison de sa dangerosité ?
    https://liberation.checknews.fr/question/74891/est-il-vrai-que-la-grenade-gli-f4-qui-a-grievement-blesse-un-ho

    Votre question : " Est-il vrai que les grenades offensives GLI-F4 du type de celle qui a grièvement blessé un homme à Notre-Dame-des-Landes, le 22 mai, sont d’un usage déconseillé pour le maintien de l’ordre ? En raison des nombreux dégâts qu’elles ont causé ces derniers mois ? "

    La #grenade qui a grièvement blessé, ce mardi, un manifestant sur la zad de Notre-Dame-des-Landes, en lui arrachant la main tandis qu’il tentait de la ramasser, selon les forces de l’ordre, est une grenade de type GLI-F4 (grenade lacrymogène instantanée). Sa spécificité, selon le communiqué de presse du ministère de l’Intérieur, est de produire un triple effet : "lacrymogène, sonore et souffle". Outre l’effet lacrymogène (gaz CS pulvérulant) et sonore (165 décibels à 5 mètres), elle produit en effet une forte explosion. Et est régulièrement mise en cause pour sa dangerosité. Il y a un mois d’un an, en août 2017, elle avait encore grièvement blessé au pied un jeune manifestant à Bure (Lorraine). Dans la foulée, en septembre 2017, une pétition dans Libération demandait son interdiction, ainsi que celle de toutes les grenades explosives, rappelant que les les grenades offensives de type OF-F1 avaient proscrites après le décès de Rémi #Fraisse, le 24 octobre 2014 à #Sivens.

    Plus gênant pour le ministère de l’Intérieur, la dangerosité de la GLI-F4 a été reconnue par les forces de l’ordre elles-mêmes, dans un rapport commun à l’IGPN (inspection générale de la police nationale) et de l’IGGN (inspection générale de la gendarmerie nationale), publié le 13 novembre 2014, soit quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse. Ces grenades à effet de souffle, rappelait ainsi le document, "constituent le dernier stade avant de devoir employer les « armes à feu » telles que définies par le code de sécurité intérieure". Et d’expliquer, sans ambages, que ces "dispositifs à effet de souffle produit par une substance explosive ou déflagrante sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu, tandis que ceux à effet sonore intense peuvent provoquer des lésions irréversibles de l’ouïe (pour avoir un effet efficace, une intensité sonore de 160 db mesurée à un mètre est requise)". Avant de reconnaître que "quel que soit le moyen utilisé, comme il s’agit d’un dispositif pyrotechnique, une atteinte à la tête ou sur le massif facial ne peut jamais être totalement exclue".

    Dans un article d’août 2017, le journal de la gendarmerie, l’Essor, semblait, de son côté, peu confiant dans l’avenir de la GLI-F4, eu égard à sa dangerosité. Évoquant un appel d’offre, à l’époque, de plusieurs millions d’euros sur des grenades, l’auteur expliquait que cette commande, divisée en cinq lots, "ouvre la porte, pour les gendarmes mobiles, à l’équipement d’une nouvelle génération de grenades, appelées à remplacer petit à petit les grenades lacrymogènes instantanées, les GLI F4. [...] Concrètement, ces grenades lacrymogènes et assourdissantes ne contiendront plus d’explosif". Et l’Essor d’en déduire que "ce changement était envisagé depuis quelque temps. Dans un avis daté du 24 novembre 2016 sur le projet de loi de finances pour 2017, la commission de la défense du Sénat remarquait ainsi que des études « sont en cours sur l’évolution des grenades en dotation au sein des escadrons de gendarmerie mobile, en coordination avec la police nationale. L’objectif de ces études est le remplacement des grenades GLI F4 par des grenades assourdissantes lacrymogènes sans explosif ». Rappelant que même si leurs conditions d’utilisation ont été encadrées (nécessité d’un binome), "les #GLI restent en sursis. Des associations contestent son usage, estimant que le #TNT contenu dans ces grenades est susceptible de tuer".

    Une inquiétude confirmée par le Défenseur des droits : "Le renforcement du cadre d’utilisation de cette grenade doit être salué mais la dotation dans les opérations de maintien de l’ordre d’une arme présentant une telle dangerosité, eu égard à sa composition, reste problématique", estime un rapport de l’institution, publié en janvier 2017.
    Autre signe, enfin, de leur dangerosité, la France est le dernier pays en Europe à utiliser les grenades explosives. « L’étude d’exemples pris dans les pays voisins a permis de confirmer la spécificité française, seule nation d’Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l’ordre avec l’objectif de maintenir à distance les manifestants les plus violents », explique le rapport commun de l’IGPN et de l’IGGN.
    L. Peillon

    #NDDL #maintien_de_l_ordre #gendarmerie #luttes #manifestations


    • Parmi les plus de 160 blessés recensés en milieu de semaine par l’équipe médicale de la ZAD, nombre d’entre eux affirment l’avoir été par l’usage de ces #GLI_F4. Lors de la « dispersion » du pique-nique, trois journalistes ont d’ailleurs été blessés, touchés par des « éclats », aux jambes voire au visage.

      (...) Mais ce ne sont pas les éclats qui sont les plus dangereux lors de l’explosion d’une GLI F4. Cette dernière est souvent surnommée, à tort, « assourdissante », les gendarmes l’appelant plus simplement « offensive ». Il faut rappeler qu’une autre #grenade_offensive a récemment été retirée de l’arsenal des gendarmes mobiles : le modèle OF F1, qui est à l’origine de la mort de Rémi Fraisse. Cette dernière en plus d’être enrobée d’une fine couche de métal (à l’inverse de la GLI F4), contenait 60g de TNT (un explosif), contre 25g pour la GLI F4. Cette quantité moindre de tonite, a pourtant suffit, il faut le rappeler, à lourdement blesser un opposant au projet nucléaire de Bure, en août dernier.

      (...) L’effet terrorisant de la GLI F4 est donc moins lié aux 165db, et à la fumée noire, qu’à la capacité de destruction de sa charge explosive. Surtout quand cette dernière tombe des airs. L’effet psychologique des jets massifs de GLI F4 au lance-grenade se résume en peu de mots : « et si ça me tombait dessus, et si ça tombait sur ma tête ? »

      (...) l’usage systématique et massif des grenades GLI F4, lancées sans discernement au lanceur Cougar, ne peut pas être considéré comme un ensemble de « bavures ». Il s’agit d’une méthode, ordonnée par le Général Richard Lizurey en charge des opérations, et validée par la préfecture.

      Une méthode qui consiste à blesser (éventuellement jusqu’à la mutilation) indistinctement et massivement les opposants à la destruction de la ZAD.

      Et les #animaux pâtissent également de l’avalanche de grenades
      https://rouendanslarue.net/batons-et-reconsctruction-expulsion-zad-jour-7

      De parole de paysan, les bêtes souffrent vachement des affrontements et du gaz intensif : elles chient anormalement et ne veulent plus de l’herbe des champs gazés. Rappelons que l’opération aura déjà fait au moins un mort côté animaux : une brebis oubliée par les flics sous la bergerie des 100 noms lors de sa destruction a péri sous les décombres.

      « #armes_non_létales »


  • Affaire de Tarnac : après dix ans de procédure, l’énergie contestataire des « inculpés » est intacte - Royère-de-Vassivière (23460) - La Montagne
    https://www.lamontagne.fr/royere-de-vassiviere/politique/justice/2018/02/27/affaire-de-tarnac-apres-dix-ans-de-procedure-l-energie-contestataire-des-

    Depuis 2008, initiatives rassembleuses et regains de tension sur le plateau de Millevaches

    Depuis 2008, le plateau de Millevaches est resté un foyer actif de « subversion » idéologique. En octobre 2014, la mort de Rémi Fraisse, sur la ZAD de Sivens (Tarn), a entraîné en réaction l’affaire dite du « cadenassage des gendarmeries » entre Creuse, Haute-Vienne et Corrèze. Ce qui a ravivé la surveillance des autorités, pour peu qu’elle se soit relâchée, sur les groupes militants libertaires, écologistes, anti-capitalistes, regroupés parfois dans un but pratique sous le terme d’ « alternatifs » du plateau de Millevaches.

    Dans le même temps, ces mêmes réseaux ont tenu à démontrer leur impact positif et sur le territoire et leur « ouverture », à travers, par exemple, les fêtes de la Montagne limousine.

    #Tarnac



  • De Creys Malville à Sivens : Vital Michalon et Rémi Fraisse (Rediffusion) | France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/de-creys-malville-a-sivens-vital-michalon-et-remi-fraisse-r

    Le 31 Juillet 1977, sur le site dédié à la centrale nucléaire Superphenix, et le 25 octobre 2014, sur le site promis au barrage de Sivens, Vital Michalon et Rémi Fraisse, militants écologistes sont tombés sous les grenades offensives de la gendarmerie. Souvenirs de leurs proches.
    "La mort de Rémi Fraisse nous a tout à la fois bouleversé, nous a relancé et nous a peut-être remis en action."

    #violence_d'état #militer #radio #Sivens #barrage #centrale

    Déjà signalé lors de la 1e diffusion ici :
    https://seenthis.net/messages/417680


  • Mort de Rémi Fraisse : les juges confirment le non-lieu, les questions demeurent
    https://reporterre.net/Mort-de-Remi-Fraisse-les-juges-confirment-le-non-lieu-les-questions-deme

    Concernant le délit d’homicide involontaire, qui concernait cette fois la responsabilité de la hiérarchie, de manière beaucoup plus laconique, les juges soutiennent que « la chaîne de commandement n’a commis aucune faute caractérisée » et réfute les arguments des parties civiles, non sans quelques contradictions. Car, d’une part les juges soutiennent qu’il n’est pas de leur ressort de juger du bien-fondé de la décision administrative de garder un terrain vide. En même temps, elles assurent plus loin que le désengagement des gendarmes de la zone était une solution plus périlleuse que le maintien des troupes sur place. Enfin, concernant les contradictions dans les consignes données aux forces de maintien de l’ordre, les juges considèrent qu’elles ont été levées au vu des différentes auditions. En conclusion, « il ne résulte pas de charges suffisantes contre quiconque » pour le crime de violences ayant entraîné la mort comme du délit d’homicide involontaire.

    Voir aussi l’article mis à jour de mediapart : « Les juges délivrent un non-lieu : l’affaire Rémi Fraisse est enterrée »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090118/les-juges-delivrent-un-non-lieu-l-affaire-remi-fraisse-est-enterree

    #Sivens #Testet #GPII #Remi_Fraisse #Violences_Policières #Impunité #permis_de_tuer


  • Mathieu Rigouste‏
    @MathieuRigouste

    #Complotisme
    Les gens sont cons, ils croient qu’on leur a menti sur le financement de la campagne Sarko, sur l’amiante, la colonisation, le sang contaminé, l’égalité femmes-hommes, le Rwanda, les emplois fictifs, la justice sociale, les irlandais de Vincennes, les armes de Sadam, l’affaire Adama Traore, la guerre d’Algérie, la couleur de peau de Jesus, l’honnêteté de Fillon, le bar de Sevran interdit aux femmes, les diamants de Bokassa, les bébés de l’hopital de Benghazi, les ventes d’armes, le nucléaire, la neutralité de la justice, l’égalité des chances, la culpabilité de Dreyfus, le ruissellement et la main invisible, les frégates de Taïwan, la caisse noire de l’UIMM, les armes de la ZAD, la mission civilisatrice, le trou de la sécu, la casse de l’hôpital Necker, l’uranium au Niger, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes


  • Les juges délivrent un non-lieu : l’affaire #Rémi_Fraisse est enterrée
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090118/les-juges-delivrent-un-non-lieu-l-affaire-remi-fraisse-est-enterree

    Rémi Fraisse © DR Les juges d’instruction de #Toulouse ont rendu une ordonnance de non-lieu pour clore le dossier de la mort de Rémi Fraisse à #Sivens, après que toutes les demandes de sa famille ont été rejetées. Un enterrement judiciaire qui suit les réquisitions du parquet. Mediapart publie le document.

    #France #Barrage #Bernard_Cazeneuve #gendarmerie #grenades #Justice #violences_policières


  • BAC de Lille. Deux morts. Deux jeunes fauchés par un TER à Lille : les parents vont porter plainte
    https://blogs.mediapart.fr/ibanez-martinez-amparo/blog/191217/deux-morts-deux-jeunes-fauches-par-un-ter-lille-les-parents-vont-por

    Témoignage d’un survivant (vidéo FR3)
    https://seenthis.net/sites/1325604

    2 morts qui cherchaient à échapper à la police, et la Voix du Nord.
    Lille Insurgée - [RÉPONSE VOIX DU NORD] [POST TRÈS LONG]... | Facebook
    https://www.facebook.com/LilleInsurg/posts/520643498313543

    [RÉPONSE VOIX DU NORD] [POST TRÈS LONG]
    #JusticePourSelomEtMatisse
    Nous avions posté ceci (voir photo 1) sous le dernier article de la voix du nord concernant le décès de Selom et Matisse, fauchés par un TER, Vendredi dernier après avoir fuit un contrôle de police.
    Ils nous ont répondu en commentaire de l’article. (voir photo 2)
    Nous allons faire un peu de pédagogie.
    “Nous souhaitons répondre ici à certains commentaires, notamment celui de Lille Insurgée. Le tragique accident dont ont été victimes deux jeunes lillois a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi.”
    La mort de Selom et Matisse n’est pas qu’un “tragique accident”. C’est le résultat d’une politique menée de concert par la mairie et la préfecture. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si les décideurs s’obstinent, nous verrons d’autres “tragiques accidents”. En effet, Fives est un quartier populaire à deux pas d’une gare TGV. Il aiguise donc l’appétit des promoteurs immobiliers et des politiciens adeptes de la rénovation urbaine comme réponse aux problèmes sociaux. Il s’agit pour eux de transformer ce quartier en annexe du centre-ville et donc d’en virer les indésirables.
    Des habitants, “honnêtes citoyens” autoproclamés, mènent une campagne active sur les réseaux sociaux, à coup de pétitions et de tweets rageurs, réclamant une action ferme des pouvoirs publics vis-à-vis des jeunes qui foutent le bordel. Oui, il y a du deal, il y a des rodéos. S’en étonner ? Bonne blague. Ce quartier ouvrier construit autour de l’usine Five Caille s’est fait laminer par 40 ans de crise.
    La mairie, cédant à la démagogie électorale habituelle, a répondu aux revendications de ces honnêtes gens et a obtenu un quadrillage du quartier par la police, comme à Moulin. Celle-ci patrouille sans cesse et fait preuve de son habituel manque de retenue. Résultat : des jeunes flippent. Voilà le contexte local. Celui-ci prend place dans un contexte national de violences policières qui se généralisent (Adama, Théo, Curtis, Yassine, Angelo.... la liste est longue), sans parler de la répression, devenue systématique, des mouvements sociaux et de l’état d’urgence permanent (Loi antiterroriste). Lire à ce sujet le rapport d’Amnesty International.
    “Dès vendredi sur le net et samedi dans le journal, nous avons relaté les faits en émettant l’hypothèse d’un raccourci donnée au secours par l’un des blessés.”
    Au début, la VdN n’a émis qu’une seule hypothèse alors qu’il y en avait deux. Samedi déjà à Fives, des “rumeurs” couraient concernant une potentielle mise en cause de la police dans l’accident. La VdN s’est bien gardée d’évoquer les raisons des “incidents” de Caulier, faisant passer tranquillement les brûleurs de voitures pour une bande de barbares inconséquents.
    De plus l’hypothèse du “raccourci”, validée par la police, la préfecture puis le parquet, s’est rapidement révélée bancale. Un point important. L’argumentation de la VdN repose sur le soit-disant témoignage qu’un blessé aurait fait aux secours, en l’occurrence, des CRS et des agents de sécurité de la SNCF.
    Mise en situation : Vous vous mettez à la place de la victime. Vous fumez un joint avec des potes (ouloulou). La police arrive. Vous flippez. Vous cherchez à fuir. Vous avez un accident. Vous perdez deux amis. Vous êtes blessés. Que dites vous aux CRS ? Vous trouvez une excuse du type “raccourci”, ou vous leurs dites que vous avez fui leurs collègues ?
    Sans parler d’une autre possibilité. Il n’est pas dit que les policiers n’aient pas tout simplement menti pour protéger leurs collègues. Il est sur que pour la VdN la possibilité que des forces de l’ordre mentent est inenvisageable, cependant, ne leur en déplaise, c’est déjà arrivé. Leurs victimes font souvent des attaques cardiaques, voire ont une maladie grave qu’ils ignoraient. #AdamaOnOubliePas
    “Nos journalistes ont tenté de vérifier ces rumeurs sans parvenir à les étayer.”
    Les journalistes de la VdN auraient alors tenté de vérifier ces rumeurs sans parvenir à les étayer ? Ont-ils mis les pieds à Fives sans escorte policière ? Parlé aux jeunes du quartier ? Dès le samedi ? Car toutes les personnes au courant de l’affaire étaient unanimes sur la version des faits.
    "Samedi sur le net et dimanche dans le journal, nous avons néanmoins fait part de nos doutes en parlant de “l’étonnante explication du raccourci”.
    Leur scepticisme les honore. Mais pourtant quelques heures plus tard, la VdN relaie, sans la nuancer, la parole du procureur qui confirme la thèse du raccourci et balaie les “rumeurs” et autres “spéculations” des “pourfendeurs de la police” et des “médias libres” avec des guillemets.
    Au lieu de dire dans l’un de leurs articles sur le sujet “Des violences ont eu lieu suite à des rumeurs”, il aurait pu être intéressant, par déontologie, de développer quelles étaient ces rumeurs. Dire, par exemple, qu’elles mettent en cause la police. Mais non. La VdN a préféré les contre-vérités officielles à une vérité de la rue. Pas très étonnant.
    « Le témoin dont parle “Lille insurgée” (votre vidéo) témoigne le visage masqué, sa voix semble déformée.Son témoignage est peut-être digne de foi mais comme nous ne l’avons pas rencontré nous-mêmes, nous ne pouvons pas en être sûrs. »
    En réalité, ce n’est pas très difficile de discuter avec des gens à Fives. De plus, ce n’est pas notre vidéo, mais celle d’un média indépendant, Legacy News. Pour l’anonymat et la voix transformée, il faudra s’adresser à eux. Nous l’avons juste relayé. Mais bon, on est a pas une approximation près. Passons.
    “Tout en donnant la version officielle nous avons pourtant continué notre enquête qui nous a menée jusqu’à Aurélien dont nous avons publié le témoignage sur notre site ce lundi et dans le journal le mardi.”
    LOL. Prix Pulitzer... Ils ont envoyé un gratte-papier au rassemblement de solidarité. Ca va ? Pas trop dure à trouver ? C’était un peu risqué, chapeau. Quelle enquête. Vous avez trouvez l’info sur notre page ?
    Après avoir écrit 4 articles mettant en avant la version policière des faits, l’opinion publique reste sur les premières versions. Il n’y a qu’à lire la multitude de commentaires, en mode “ils l’ont bien cherché”, sous les articles. De plus le témoignage d’Aurélien, dans la version papier, n’occupe qu’une petite place en bas de page au fond du journal. Résultat : la foule des lecteurs de faits divers ne retient que les gros titres et l’hypothèse officielle. Bien joué.
    “Il s’agissait d’un témoignage important pour nous car le jeune homme était sur les lieux. Son témoignage nous paraissant probant et étant recoupé par d’autres sources, nous l’avons donc publié sans problème.”
    Il manquerait plus qu’ils ne l’aient pas publié. Après la merde publiée avant, il faut bien sauver les meubles et revoir la copie. D’ailleurs l’ensemble des articles produits ne sont plus accessibles et chaque lien ramène vers une “chronologie d’un drame en quatre jours” bien expurgée. Heureusement que France 3 a pris le temps de l’interviewer sérieusement. Pour le coup, c’était plutôt un bon boulot de journaliste.
    “La vérité se construit dans la durée. Tant qu’un journaliste ne détient pas de preuves ou/et de certitudes, il ne peut publier que des hypothèses, ce que nous avons fait avant de pouvoir aller plus loin.”
    Attention instant philo... La vérité ? Manifestement, d’après la VdN, ce sont les journalistes qui produisent la vérité au fil de leurs articles. Drôle d’approche constructiviste de la vérité. Désolé mais la vérité existe avant qu’ils impriment leur papier. Et en l’occurence, la VdN s’est bien assise dessus avant de se retrouver le nez dans son caca. D’ailleurs en l’absence de preuves ou/et de certitudes, ils n’ont publié qu’une seule hypothèse. Devinez laquelle ?
    “Il n’en reste pas moins qu’il reste encore une part de mystère sur ces faits. Le principal témoin explique que les jeunes ont repéré des policiers et que pour, les éviter, ils ont donc décidé de prendre ce chemin. Mais il ne parle nullement de course-poursuite, ce qui semblerait accréditer les explications des policiers en patrouille dans le quartier ce soir-là, qui disent ne pas avoir vu les jeunes.”
    Mystère ! Suspens ! Il n’en reste pas moins que ça va être la même histoire que d’hab’. Les flics vont s’en tirer à bon compte. S’il y a un procès, ils seront blanchis. La politique de quadrillage des quartiers, la guerre contre les classes populaires vont continuer à faire des morts que seules leurs familles, leurs proches et quelques “pourfendeurs de la police” pleureront. Et les jeunes continueront de flipper car ce ne sont pas, dans leur grande majorité, des apprentis Scarface imperméables à la peur.
    Oui il n’y a peut-être eu que quatre jeunes ayant eu peur des flics qui ont cherché à fuir par le mauvais chemin. Mais cette sale histoire ne tombe pas du ciel. Aujourd’hui, dans cette situation, voilà ce qu’il se passe dans la tête d’un jeune de quartier populaire. Soit, je prends la fuite en prenant un risque inconsidéré, soit je me frotte aux équipes de choc de la police républicaine. Résultat : je fuis. Cela ne vous rappelle rien ? 2005 Zyed et Bouna...
    Dur à capter pour des journalistes faitdiversiers qui passent leur temps à pomper les infos des autorités pour remplir leur journal de faits-divers anxiogènes. Mais la VdN appartient au groupe Rossel qui n’a jamais fait preuve de modération en la matière. Ni en matière de plans sociaux, hein ?
    Une petite morale ? Que la VdN cherche à se justifier et à répondre à nos accusations montre bien qu’ils ne sont pas clairs sur le traitement de ce “fait-divers”. C’est en soi un aveux. Aveux renforcé par une tentative maladroite de cacher la poussière sous le tapis en rendant inaccessibles leurs articles précédents. Ils ont assuré, une fois de plus, le service de com’ de la police et de la préf’. Rien de très étonnant pour un canard aussi boiteux, au service de la notabilité locale. Ils peuvent se donner des airs de philosophes spécialistes en déontologie journalistique. Il n’y aura que les naïfs pour leur donner du crédit. La question que nous leur posons : l’avez vous fait de bonne foi ? Auquel cas vous êtes des imbéciles. L’avez vous fait délibérément ? Auquel cas vous êtes des ordures. L’un n’excluant pas l’autre, par ailleurs...
    Et au passage, ils nous ont banni de leur Page...

    Depuis quelques semaines, les effets mortels de l’#impunité_policière sont si nombreux que je ne suis pas en mesure de faire le point.

    Justifier les morts, a priori (cf le JDD et son article policier contre la ZAD), et a postériori (cf Rémi Fraisse).
    #police #hécatomberampante #media #rememberZyedetBouna

    • Et aussi :
      Ce qu’il s’est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives Lille43000 - mercredi 20 décembre 2017 20:06
      http://lille43000.com/index.php/joomla-fr/en-peignoir/873-ce-qu-il-s-est-passe-vendredi-15-decembre-a-la-cite-saint-maurice-a-

      Nous relayons ci-dessous un texte publié ce matin par le C.R.I.M.E ( https://fr-fr.facebook.com/notes/le-crime/justice-pour-selom-et-mathis/1118772024925643 ) revenant sur l’affaire des jeunes happés par un train vendredi dernier à Lille, dont deux y sont restés. Alors que le parquet contredit formellement la mise en cause de la police, les survivants racontent comment ils ont couru justement pour lui échapper. Leur témoignage est accablant et rappelle la mort de Zyed et Bouna survenue il y a douze ans.

      • Il y a des textes qu’on aimerait ne pas devoir écrire. Vendredi 15 décembre vers 21 heures, quatre jeunes ont été happés par un Train Express Régional (TER) sur la ligne Lille-Calais-Dunkerque au niveau de la cité Saint-Maurice, à la frontière des quartiers de Fives et de Saint-Maurice Pellevoisin. Deux d’entre eux sont morts. Malgré le choc et les blessures, les deux rescapés témoignent. Et démentent dignement la version de la police et de la presse locale.

      Lundi dernier, à 20h45, une centaine de personnes se rassemblent sur la place Degeyter à Fives pour rendre hommage à Selom et Mathis, morts pendant le week-end. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République explique que la version d’une course poursuite avec la police n’est qu’une « rumeur » et que les quatre jeunes auraient voulu prendre un « raccourci » le long des lignes SNCF… Les médias – La Voix du Nord en tête – se contentent de relayer cette version. Affaire classée.

      Un accident, vraiment ?
      Pour Ashraf et Aurélien, les deux rescapés que nous avons rencontrés, il ne s’agit pourtant pas d’un accident. Leurs témoignages se recoupent alors qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de se parler. Ashraf, dans une chambre de l’hôpital Roger Salengro où il est encore en observation pour quelques jours, revient sur les faits : « C’est allé hyper vite, entre trois et cinq minutes. On était assis dans la cité, ils sont entrés à six en uniformes avec leurs matraques. Ils ont couru vers nous, ils voulaient nous attraper. On a eu peur et on est partis en courant ». « Ils », ce sont les nouvelles unités de la police nationales déployées en grand nombre dans le quartier depuis septembre, tout particulièrement autour de la cité Saint-Maurice et de la place Degeyter. Le résultat ? Un net regain de tensions entre jeunes et forces de l’ordre. « Depuis deux-trois semaines, c’est vraiment tendu dans le quartier. »

      « On ne voulait pas se faire éclater encore une fois »
      Pourquoi ont-ils eu peur ? « C’est ceux qui nous frappent tout le temps, pour rien, explique Aurélien, blessé au bassin et au visage et obligé de se déplacer en fauteuil roulant. Encore hier, ils ont frappé quelqu’un. On ne voulait pas se faire éclater encore une fois. Tu sais combien de fois je me suis fait frappé ? Tu sais comment ils m’appellent ? Par mon nom de famille. Ils nous connaissent très bien et c’est toujours la même histoire. La nationale, ils te lâchent seulement quand tu cries et tu pleures... »

      Arrivés sur la voie ferrée, les jeunes ont à peine eu le temps de comprendre. « On a entendu un gros coup klaxon, raconte Ashraf. J’ai volé et je suis retombé plus loin. J’ai vu que les deux autres étaient tombés. Les secours me mettaient des claques pour pas que je m’endorme et m’obligeaient à regarder vers les buissons pour ne pas voir mes potes. Et après je me suis évanoui. Ça a été très violent : quand je me suis réveillé ici [à l’hôpital], je courais encore, dans ma tête, j’étais encore dans la poursuite. » Si Ashraf perd rapidement connaissance, Aurélien se souvient : « C’est un passager du train qui est venu faire les premiers secours et ensuite les contrôleurs et la sécu [la sûreté générale, la police de la SNCF] sont arrivés. » Contrairement à ce qui est dit dans la presse, le groupe de « CRS » arrivé sur place n’intervient pas suite au drame mais semble être celui qui a entrainé toute cette histoire.

      Les flics qui les poursuivaient ont-ils pu savoir ce qu’il leur est arrivé par la suite ? « Quand on a sauté vers les rails, ils étaient à cinq mètres derrière nous », explique Ashraf. Pour Aurélien, c’est sûr, « ils ont vu le train passer deux secondes après nous. Ils nous ont coursés jusqu’au bout. » Concernant la thèse du raccourci relayée dans la presse : « On va pas prendre un raccourci pour aller sur les rails ! s’exclame Ashraf. Un raccourci pour aller où ? »

      Intox
      On se pose donc la question : d’où vient cette version des faits ? Peut-être a-t-elle été recueillie lors d’interrogatoires réalisés le soir même, sur le lieu de l’accident (avec Aurélien) ou à l’hôpital (avec Ashraf), ce dernier ayant dû signer des documents pré-remplis et sans les lire. Au-delà du fait de témoigner contre la police auprès de la police, on imagine aussi ce que signifie ce genre de témoignage lorsqu’on vient de connaitre un traumatisme aussi important. « C’est que hier [lundi 18 décembre] que j’ai vraiment réalisé ce qui s’est passé », _ explique Ashraf.

      On comprend mieux ce qui a entrainé les feux de voitures de ce week-end à Fives. Et pourquoi les versions officielles de la justice, de la police et de la presse ont toujours autant de mal à passer aujourd’hui. L’affaire n’est donc pas classée. C’est tout un quartier qui réclame vérité et justice pour Selom et Mathis.

      Le C.R.I.M.E Lille
      Le 20 décembre 2017 *

      #Lille #Guerre-aux-pauvres #violences #police

    • Même la voix du nord confirme
      http://lavdn.lavoixdunord.fr/285028/article/2017-12-21/la-presence-de-policiers-lille-fives-avant-le-drame-confirmee

      La présence de policiers à Lille-Fives avant le drame confirmée
      Le parquet de Lille a annoncé ce jeudi après-midi l’ouverture d’une information judiciaire pour recherche des causes de la mort, après l’accident de vendredi soir à Lille, où quatre jeunes ont été percutés par un TER. Le parquet indique par ailleurs qu’une patrouille de la Brigade spécialisée de terrain (BST) était passée dans la cour Saint-Maurice peu avant le drame, appelés pour un différend.
      . . . . .
      les jeunes gens avaient pris la fuite en voyant arriver des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC), parce qu’ils craignaient « de prendre des coups de matraque » lors d’un éventuel contrôle.
      . . . . .
      Le parquet, lui, indique qu’aucune intervention de police concernant les quatre garçons n’a été enregistrée ce vendredi soir. Cependant, il précise ce jeudi, qu’une patrouille, non de la BAC mais de la BST (Brigade spécialisée de terrain), s’est rendue peu avant le drame à la cité Saint-Maurice, suite à un appel au 17 . . .


    • Profond ralbol de ce slogan rabâché, un automatisme de certains qui les empêchent radicalement d’être présents à la situation dans laquelle ils sont, comme il y a peu lors de la manif pour les 3 ans de la mort de Rémi Fraisse cheminant dans les ruelles des Halles ne trouvait souvent rien d’autre à y dire, avec des centaines de personnes sur le passage ne comprenant rien. L’identité d’abord, ça fabrique de part et d’autres des imbéciles.
      #stéréotypie
      je préfère ça

    • Le mode d’ emploi de la dictature contemporaine

      Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées (cf. les individus de type alpha, béta, gamma). Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. (cf. le rôle de la drogue et du sexe dans le roman de Huxley). En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

      Il s’agit d’une prosopopée, figure de style faisant parler un mort, dans l’esprit d’Aldous Huxley et dont l’auteur est le philosophe Serge Carfantan. Le titre de son livre est « Sagesse et révolte » écrit en 2007.

      https://lesbrindherbes.org/2014/08/16/fameuse-citation-daldous-huxley-pas

      #dictature_contemporaine


  • Rémi Fraisse tué par la gendarmerie il y a 3 ans

    La justice estime qu’aucune faute pénale ne peut être retenue contre qui que ce soit. Et pourtant, le gendarme n’avait pas respecté le « protocole » qui encadre l’usage de la grenade offensive...

    Il parait que la justice administrative va se saisir de la suite pour juger la responsabilité de l’État. Celui-là même qui a tout fait pour cacher les conséquences de ses actes et sa responsabilité les jours suivants la mort de Rémi.


  • Travailleurs détachés : l’exploitation va continuer
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2017/10/25/travailleurs-detaches-lexploitation-va-continuer_97764.html
    #travailleur_détaché #exploitation #UE

    Se poser en protecteur des travailleurs après avoir signé des ordonnances qui permettent aux patrons d’exploiter davantage leurs salariés et de les licencier à leur guise, il fallait oser ! En réalité, Macron défend les intérêts d’une fraction des patrons français, en premier lieu ceux du BTP ou du transport routier qui se plaignent d’une « concurrence déloyale et faussée ».

    • C’est sûr que ça sonne mieux que les petites phrases de Mélenchon à propos des travailleurs détachés venant manger le pain des locaux, ou sur le fait qu’il n’a jamais été pour la liberté d’installation. Reste qu’il est difficile de dissocier cette intervention parlementaire du cadre nauséabond dans laquelle elle s’inscrit et que la FI partage avec le FN : la démagogie protectionniste qui prône la division entre les travailleurs plutôt que de dénoncer les capitalistes responsables des licenciements et du chômage. Il paraît d’ailleurs que, alimenté par les militants Frontistes et Insoumis, le hashtag (mot-clé) #travailleursdetaches occupe depuis mardi matin le top des tendances Twitter...

    • Non. En revanche, il est parfaitement illusoire de tenter de s’en prendre aux capitalistes en se rangeant derrière une formation réformiste et nationaliste comme la FI.
      Face aux ravages de la mondialisation capitaliste, l’impasse du souverainisme https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/face-aux-ravages-de-la-mondialisation-capitaliste-limpasse-du-souver
      Le mouvement ouvrier français face au nationalisme https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2016/05/28/le-mouvement-ouvrier-francais-face-au-nationalisme_68271.htm

    • Sincèrement, si les gens de LO avaient la moindre envie d’être écoutés, ils ne passeraient pas leur temps à s’en prendre à ceux qui sont en mesure de comprendre et partager leurs idées.
      L’autre jour, YY évoquait la nécessité d’être plus à l’écoute des gens qui nous ressemblent, d’être moins dogmatiques, d’être plus dans la recherche de « ce qui nous rapprochent » que dans la destruction, à base d’accusations grotesques.
      Et pourtant, YY est un sacré anarchiste critique.
      Bonne soirée.

    • Pff, à Fi plein de monde est là parce qu’ils ont vu de la lumière, des possibilités mais faut pas faire croire que cette crapule de Mélanchon a pas compris ce qu’il dit et fait. Moi je ne partage pas les idées de LO et leur ouvriérisme obtus, mais sur le caractère chauvin de la direction de la FI, sur le vieux briscard et rentier de la Veme république qui la dirige, ils ont raison. Il faut se souvenir de ce qu’à pu dire JLM sur la mort de Rémi Fraisse, pour ne prendre que cet exemple du flic qu’est ce tribun.
      Quant à la base, c’est pas « le partage » assuré non plus, le chauvinisme populaire et petit bourgeois, et même des projets d’organisation patronale « alternative » qui sont en débat, pour parler du bas de la formation, ce bas que l’on entend si peu et pour ainsi dire jamais.
      Le meilleur qui puise arriver c’est que ce parking à « contestataires » réels, supposés ou potentiels échappe à son ordonnancement Républicain français. C’est pas fait.

    • Super les gars ! On va se farcir Macron pendant 10 ans alors que le programme de la FI peut être un bon début pour transformer notre société, réduire les inégalités, changer nos institutions, supprimer les ordonnances, sauvegarder notre sécurité sociale ...
      Faire confiance, essayer de se comprendre et de s’unir, aller au delà des doutes pour avancer sinon c’est le grand retour en arrière assuré.

      #travail_détaché #délocalisation_à_domicile

    • La grande mystification de la réforme de la directive sur les travailleurs détachés
      http://lvsl.fr/la-grande-mystification-de-la-reforme-de-la-directive-sur-les-travailleurs-deta

      Ça y est ! Jupiter le tient son accord. Celui qui prouvera que sa méthode est la bonne. Qu’avec ces petits bras, il saura affronter l’Allemagne et les pays de l’Est et qu’il les fera plier un par un. Lui président, l’Europe sera relancée et gare aux brebis galeuses qui se permettront une quelconque critique contre le dogme eurocrate. Au terme d’une lutte homérique, après 12 heures de négociations, un accord a été trouvé sur la directive détachement des travailleurs. Muriel Pénicaud va se démultiplier sur les plateaux pour annoncer que l’Europe sociale avance. La preuve ? La durée de détachement des travailleurs a été réduite à 1 ans, renouvelable 6 mois. Pendant ce temps, le dumping social et la mise en concurrence des peuples d’Europe continuent.

    • 38 ans de promesses d’Europe sociale

      Dès son élection, Macron a promis de remettre l’Europe sociale au coeur du projet européen, sous les applaudissements de Jean-Claude Juncker qui a fait mine de trouver ça innovant. En octobre 2017, il prétend d’ailleurs avoir réglé le sujet des travailleurs détachés, tout comme Hollande prétendait en 2012 avoir réorienté l’Europe. En fait, Macron ne fait que reprendre le flambeau de près de 40 ans de promesses non tenues et de compromis mineurs arrachés sur le social aux autres pays ou à la Commission. Petit florilège en moins de 5 minutes !
      https://youtu.be/pMRgQQ7TNrs

      https://www.les-crises.fr/video-38-ans-de-promesses-deurope-sociale-en-bref