person:rami younis

  • Pillés à Beyrouth il y a 35 ans, maintenant projetés à Tel Aviv
    Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine | Source : +972
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/12/11/pilles-a-beyrouth-il-y-a-35-ans-maintenant-projetes-a-tel-aviv

    A still from the film “Looted and Hidden.”

    Par Rami Younis, le 4 décembre 2017

    « Pillés et cachés » puise dans les archives de films capturés par l’armée israélienne en 1982, et braque les projecteurs sur d’autres biens volés par Israël : l’histoire du cinéma palestinien.

    Des images rares issues des archives des films et photographies palestiniens qui documentent des décennies de l’histoire palestinienne d’avant 1948 et d’après la Nakba voient finalement le jour dans un nouveau film de Rona Sela qui est conservatrice, chercheure en histoire et culture visuelle, et chargée de cours à l’université de Tel Aviv. Presque toutes ces images d’archives ont été confisquées dans les attaques de l’armée israélienne contre le bureau de l’Organisation de Libération de la Palestine à Beyrouth en 1982 : des documents et des photos ont alors été pris.
    (...)
    « Dans le passé, j‘ai recherché de la propagande sioniste datant d’avant l’établissement de l’État d’Israël » a dit Sela, en expliquant ce qui l’a motivée à faire le film. Un des principaux motifs qui revenait constamment était l’image du Juif qui arrive dans une zone désolée, comme si la terre avait attendu que le Juif arrive et la fasse fleurir ».

    « Cela m’a conduite à rechercher des documents de l’histoire palestinienne » a poursuivi Sela. « J’ai cherché dans des matériaux ici et à l’étranger afin de montrer à un public israélien que la Palestine existait avant 1948 ».

    https://seenthis.net/messages/612498

    #archives_palestiniennes

  • Looted from Beirut 35 years ago, now on display in Tel Aviv
    https://972mag.com/looted-from-beirut-35-years-ago-now-on-display-in-tel-aviv/131187

    The relatively short film is moving: it is hard not to wonder how these images would have influenced the development of Palestinian cinema had they not been stolen and made inaccessible to Palestinian producers.

    Films by Palestinians consistently make waves and win prizes internationally, against all the odds and despite Israel’s cultural warfare against Palestinian artists. It is not a stretch to say that the potential of Palestinian #cinema could have been even greater had parts of its history not been hidden from the eyes of the world.

    #vol #histoire #Palestine

  • Palestinians have no role to play in Israel’s film academy
    Rami Younis, +972 Mag, le 25 août 2016
    http://972mag.com/palestinians-have-no-role-to-play-in-israels-film-academy/121574

    “Out of the 982 members of the Israeli Academy of Film and Television, there is not a single Palestinian”

    A propos de Ein Hod:
    Ein Hod, un village d’artistes très fermé
    Emmanuel Dror, Le Courrier, le 16 octobre 2011
    http://www.lecourrier.ch/occupation_artistique

    #Palestine #Apartheid #Cinéma #Ein_Hod #Culture #BDS #Boycott_culturel

    • On entend souvent dire qu’il ne faut pas mélanger la culture et la politique, que les artistes sont des agents de paix et qu’une œuvre d’art ne doit pas payer le prix de son origine géographique. En temps de guerre, les circonstances sont parfois plus complexes. Exemple avec le village d’Ein Hod, au nord-ouest d’Israël, l’un des seuls villages d’artistes au monde. Comme partout ailleurs dans le pays, les quelques centaines de Palestiniens de ce village – autrefois appelé Ayn Hawd – ont été expulsés lors de la guerre de 1948 (la Nakba). La plupart se réfugient alors en Cisjordanie, dans le camp de Jénine. Une trentaine d’entre eux s’échappent néanmoins, se cachent dans les collines environnantes et construisent un nouveau village à moins de 2 km du premier, qu’ils baptisent à nouveau Ayn Hawd.
      L’histoire de ces deux villages ne s’arrête pas là. Après l’expropriation des villages palestiniens, l’armée israélienne avait pour habitude d’en détruire systématiquement les maisons. L’ancien village de Ayn Hawd fait figure d’exception grâce au peintre et architecte Marcel Janco, qui travaillait alors pour le gouvernement israélien : il obtient en 1953 l’autorisation de préserver les maisons et d’en faire le village d’artistes qu’on connaît aujourd’hui sous le nom légèrement modifié de Ein Hod.
      C’est la raison pour laquelle on est frappé par la beauté de ses maisons, palestiniennes et par conséquent très différentes des autres habitations de cette région du nord d’Israël. Les villages palestiniens avoisinants, comme ceux de Kafr Saba, Al Tira, Qaqun ou Tantoura, n’ont pas eu cette « chance » : ils ont été rayés de la carte après l’expulsion de leurs habitants, forcés de s’enfuir, ou massacrés dans le cas de Tantoura. A Ein Hod, seule la mosquée a été partiellement détruite pour être transformée en café-restaurant aujourd’hui envahi par les touristes.

      Symbole de la « ségrégation »
      Par la suite, le Fonds national juif a planté des centaines de milliers de pins sur les collines, pour cacher les ruines des villages palestiniens détruits. Fierté de l’agriculture sioniste qui faisait « fleurir le désert », ces arbres causent d’importants dégâts écologiques : inadaptés à l’écosystème local, ils doivent être replantés fréquemment et leurs aiguilles, en tombant au sol, détruisent la flore autochtone. En décembre 2010, c’est la présence massive de ces pins qui a accéléré les incendies dramatiques durant lesquels les villages de Ein Hod et Ayn Hawd ont été touchés et temporairement évacués. Aujourd’hui, une coalition d’artistes réunis autour de Dan Ben-Arye, sculpteur à Ein Hod, exige l’arrachage de ces arbres...
      A leur manière, ces deux villages illustrent la « ségrégation » en Israël et montrent ce qu’impliquerait, pour chaque Israélien, de renoncer à certains privilèges pour rendre justice aux Palestiniens. En effet, les artistes de Ein Hod créent des œuvres d’art et habitent dans de magnifiques maisons dont les véritables propriétaires palestiniens vivent juste à côté, dans des habitations de fortune et des conditions précaires. Jusqu’en 2005, bien que payant des impôts, les Palestiniens de Ayn Hawd n’étaient pas reliés à une route goudronnée, n’avaient pas accès à l’éducation, ni aux services de santé publique, à l’eau courante et l’électricité.
      A Ein Hod, en revanche, les quelques 600 artistes israéliens bénéficient de 22 galeries, 14 ateliers, deux musées, une salle de concerts et un amphithéâtre. Depuis 1953, le village de Ein Hod est régi par un comité, avec des règles strictes pour accepter ou refuser tout résident. Jamais ce comité n’a accepté que d’anciens habitants palestiniens du village y reviennent, comme des citoyens égaux en droit. C’est au prix d’un combat de plusieurs décennies que les habitants de Ayn Hawd ont finalement obtenu, en 2005 et sans l’aide de leurs voisins, que l’Etat israélien reconnaisse officiellement leur existence et leur accorde les ressources dont sont encore privés des dizaines d’autres villages palestiniens non reconnus.
      Le journaliste Max Blumenthal relate en 2010 que, selon une guide officielle de Ein Hod, aucune recherche historique ne permettait d’affirmer avec certitude que ce village avait été occupé par des Arabes avant 1948. D’autres habitants de Ein Hod lui certifient que les relations entre les deux villages sont « bonnes », alors que les Palestiniens de Ayn Hawd affirment qu’elles sont inexistantes.

      Plutôt conformistes
      La fierté des artistes de Ein Hod est que dix d’entre eux ont reçu le prestigieux « Prix Israël » depuis 1955. Parmi ceux-ci, on trouve Haim Hefer, ancien soldat et auteur de chansons nationalistes et militaristes, ou Nathan Zach, poète d’origine allemande. Tous deux s’étant rendus célèbres pour leurs remarques racistes à l’encontre de la communauté juive sépharade, on imagine sans peine ce qu’ils pensent des Palestiniens. Fer de lance de l’art en Israël, Dana Gilerman constate pour sa part, dans un article de Haaretz, qu’« aucun artiste révolutionnaire n’est jamais sorti de Ein Hod ». Plutôt conformistes, ils aspirent surtout à recevoir des subventions étatiques et leurs créations dérivent lentement vers un artisanat pittoresque pour touristes.
      Sur le plan politique, ils se mobilisent essentiellement pour préserver leur village. Ainsi, dans le même article, l’architecte Ayelet Shalev redoute qu’à cause des promoteurs immobiliers, Ein Hod ne devienne « un simple village pour riches ». Le directeur administratif du village s’inquiète qu’une modification de la législation puisse attirer de nouveaux citoyens de l’ancienne Union soviétique, de Turquie ou de France. A aucun moment ils n’envisagent qu’il puisse y avoir des candidats Palestiniens...
      L’exemple d’Ein Hod montre que culture et politique sont imbriquées, et que les artistes israéliens ne sont pas toujours du côté de la réconciliation et de la justice.

  • Interview : Omar Barghouti, l’homme à la base du mouvement BDS
    Mardi, 16 Juin 2015 11:31 Rami Younis | publié sur +972Mag le 14 juin 2015. Traduction : Jean-Marie Flémal.
    http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=2021:interview-lhomme-a

    Q. De plus en plus de sociétés sont susceptibles de quitter Israël au cours des prochaines années suite aux efforts des BDS et ce serait un succès pour le mouvement. Cependant, que dites-vous aux citoyens palestiniens en Israël qui pourraient être confrontés à des licenciements ou à d’autres conséquences économiques suite au fait que des sociétés multinationales quitteraient le marché israélien ?

    « Omar Barghouti : C’est le régime israélien d’oppression, et non la résistance à l’occupation et à l’apartheid, qui est responsable de ceci et de toute autre conséquence de cette résistance à l’oppression.

    « Ceux qui prétendent que les BDS font du tort aux Palestiniens n’expriment pas seulement des idées non fondées et sans éthique, incapables de comprendre comment la résistance coûte toujours cher au début, mais ils se montrent également condescendants en disant aux Palestiniens qu’ils comprennent mieux nos intérêts que nous ne les comprenons nous-mêmes. Nous rejetons complètement cette attitude colonialiste. Rien ne blesse autant le peuple palestinien, que ce soit en 1948, en 1967 ou en exil, que ne l’a fait l’oppression raciste et coloniale de la part d’Israël. »

  • Interview d’Omar Barghouti, l’un des hommes qui sont derrière BDS

    Alors que le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions grandit, son co-fondateur, Omar Barghouti, est devenu une cible qu’Israël diabolise. Rami Younis (du site +972) entreprend ici avec Barghouti une discussion privilégiée sur les objectifs de BDS, ses récents succès, et les accusations d’antisémitisme de plus en plus fréquemment portées contre le mouvement de boycott.

    En anglais ici
    http://www.aurdip.fr/interview-the-man-behind-the-bds.html
    En français ici
    http://blogs.mediapart.fr/blog/stephane-m/160615/bds-interview-de-lun-des-fondateurs
    En hébreu ici
    http://mekomit.co.il/%D7%90%D7%A0%D7%97%D7%A0%D7%95-%D7%94%D7%95%D7%A4%D7%9B%D7%99%D7%9D-%D7%9
    En arabe ici
    http://www.bokra.net/Articles/1301588/%D8%A7%D9%84%D8%A8%D8%B1%D8%BA%D9%88%D8%AB%D9%8A_%D9%84%D9%80%D8%A8%D9%83%D8%