person:ramon fernandez

  • " Ramon " par Dominique Fernandez
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/01/je-lai-apercu-pierre-drieu-la-rochelle.html

    « Je l’ai aperçu [Pierre Drieu La Rochelle] pour la dernière fois, à Saint-Germain-des-Prés, quelques jours avant l’hallali : l’enterrement de Ramon Fernandez m’avait fait sortir du quartier où je me cachais. Nous n’avons échangé aucune parole. A-t-il compris ce que signifiait ma présence à une pareille heure, auprès de ce cercueil où la miséricordieuse mort avait étendu notre pauvre Ramon ? »

    François Mauriac, La Table ronde, juin 1949.

    5 août 1944. Samedi. Rue Saint-Benoît. Le cortège funèbre part de la porte du 5 encadrée d’un drap noir, remonte la rue, tourne à gauche par la rue de l’Abbaye, traverse la place Saint-Germain-des-Prés. En tête du cortège, le chef de famille, qui mène le deuil et marche seul en avant, est un garçon qui aura quinze ans dans trois semaines.

    Il est en culottes courtes, car on a dit à sa mère que les Allemands aux abois raflent les adolescents à peine sortis de l’enfance. Sur sa veste grise, on a cousu un brassard noir. Il garde les yeux baissés. Chagrin ? Peur ne pas se montrer à la hauteur de la situation, devant ces centaines de regards qui l’épient ? Ou confusion extrême des sentiments dans son cœur ?

    Celui qu’on sort maintenant du fourgon pour le transporter dans l’église a été un collabo, des plus notoires.

    (...)

    Son gaullisme s’étoffe d’une admiration passionnée pour la Russie et le courage des Russes. La carte de Russie, sur son mur, est beaucoup plus grande que celle de France. Il déteste les Allemands, le bruit des bottes sur la chaussée de la rue de Rivoli, les pancartes en allemand plantées aux carrefours. Déjà mélomane, il vomit le triomphalisme pangermanique de Wagner. Mais peut-il détester, peut-il vomir celui qu’on vient de déposer devant l’autel, dans le cercueil recouvert d’un drap noir ?

    Cet homme, c’est Ramon Fernandez, et ce garçon, c’est moi.

    Le RF brodé sur le drap du catafalque semble à l’orphelin une parodiecruelle de cette République française que le mort a trahie en se faisant le complice du Reich allemand de Hitler et de l’Etat français du maréchal Pétain. Je suis né de ce traître, se dit-il, je porte son nom, il m’a légué son nom, son œuvre, sa honte, je suis son héritier.

    (...)

    C’est au début de 1943 que Marguerite Duras, ayant opté définitivement pour son camp, s’en ouvrit franchement à mon père, avec une candeur qui prouve quelle confiance elle avait en lui. « Ramon descendait l’escalier. Je l’ai abordé. Je lui ai dit : “Ramon, nous venons d’entrer dans la Résistance. Il ne faut plus nous saluer dans la rue. Ne plus se voir. Ne plus téléphoner.” » Et de conclure, par cette phrase qui vaudrait absolution s’il pouvait y en avoir une : « Il a été un roi, dans le secret et dans la discrétion »

    (...)

    Il fit aussi un éloge funèbre d’Henri Bergson qui entraîna sa rupture avec Céline. De plus, il n’écrivit pas contre les Juifs pendant la guerre et avait à cœur, selon son fils, de monter dans le wagon de queue du métro, alors imposé aux Juifs.

    (...)

    « Combien de fois, en Allemagne, en 1932, un communiste et un nazi, discutant dans la rue, ont été frappés de vertige mental en constatant qu’ils étaient d’accord sur tous les points ! ». Simone Weil


  • 10 choses à savoir sur Odile Renaud-Basso, première femme à la tête du Trésor

    http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20160601.OBS1727/10-choses-a-savoir-sur-odile-renaud-basso-premiere-femme-a-la-t

    Pour protéger sa vie familiale et ses quatre enfants – de sept à vingt ans -, cette mère de famille avait renoncé à être candidate à la direction du Trésor lorsque son prédécesseur avait été nommé. Le poste exige en effet des voyages incessants et de longues nuits de négociations à Bruxelles. Heureusement, Ramon Fernandez, directeur du Trésor de 2009 à 2014, très apprécié par ses équipes, a élaboré une charte limitant les réunions tardives, afin de préserver l’équilibre de ses collaborateurs, hommes et femmes.

    Les candidats masculins de l’époque, eux, ne devaient pas avoir d’enfants à gérer, sans doute..


  • Lobby bancaire au coeur de l’Etat, suite… | Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie
    http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2013/11/21/lobby-bancaire-au-coeur-de-letat-suite

    Lobby bancaire au coeur de l’Etat, suite…
    Publié le 21 novembre 2013 par Olivier Demeulenaere
    Pour ceux qui ignoreraient encore l’omniprésence des banquiers aux côtés d’un pouvoir prétendûment « adversaire de la finance » (cf. ici ou là), Olivier Berruyer vient de donner une suite à son billet sur l’énarchie bancaire. Il y dénonce la « forfaiture » que constituerait une nomination dont on parle : celle de François Villeroy de Galhau, actuel directeur général délégué de la BNP, à la direction du Trésor, en remplacement de Ramon Fernandez.

    Pour que le Canard [enchaîné] sorte cette information, et que le Monde la ressorte en indiquant “confirmer” les propos du Canard, c’est que les journalistes ont forcément eu confirmation de personnes très haut placées à Bercy, Matignon et/ou l’Élysée. Ce n’est pas juste une rumeur sortie d’on ne sait où…

    Et donc, que cela se fasse ou pas, on est sûr d’une chose : de très hautes personnes de l’appareil d’État ont en tous cas songé à le nommer, ce qui est gravissime, et constitue pour moi une forfaiture. Personnes n’ayant clairement pas le moindre sens de ce qu’est un symbole.

    Et ces symboles sont bafoués en permanence, comme le rappelle La Tribune dans ce papier – hélas bien loin d’être exhaustif…

    #Lobby #bancaire au coeur de l’ #Etat
    #banksters
    #forfaiture
    #BNP
    #Trésor