person:raoul vaneigem

  • Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Appel-a-la-vie-contre-la-tyrannie-etatique-et-marchande

    Raoul Vaneigem
    Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande
    Le cri des rebelles est le cri de la vie qui renaît

    Raoul Vaneigem jette ici « de quoi grappiller quelques hypothèses et suggestions » avec le seul souci « qu’elles marquent une rupture absolue avec les préjugés et les dogmes du passé ». Il s’adresse aux révoltés qui « se sentent démunis devant l’effondrement du vieux monde et la trop lente émergence du nouveau » et « mise sur la radicalisation spontanée des individus et des collectivités ». Il prône l’autogestion généralisée.

    Notre « civilisation pyramidale », « vieille et pourrie dès le départ », s’effrite et s’effondre. « Autorité, patriarcat, patrie, famille, travail, idéologies, religions, sacralité ne suscitent plus que des ricanements, jusque dans la bouche de ceux qui veulent y croire malgré tout. » « La civilisation marchande crève et fait crever sans apprêt. Sa purulence est à vif. Elle prête à son agonie la rentabilité d’une faillite frauduleuse, elle ne s’en cache pas. » (...)

    #Vaneigem #travail #autogestion #Mai68 #gilets_jaunes

  • Procrastination nocturne 2. Quand tu t’endors crevé super tôt sans même l’avoir voulu, toute lumière allumée et que tu te réveilles à 1h35 la lampe dans la gueule…
    Après : https://seenthis.net/messages/753114

    Je me lève pour tout éteindre et me changer, j’envoie un message à mon amoureuse pour dire que je n’avais pas vu son mot vu que je m’étais endormi et…

    Du coup, devant l’ordi, je tombe sur l’onglet ouvert pour plus tard avec la préface par Robert Kurz au Debord d’Anselm Jappe
    https://seenthis.net/messages/782666
    http://www.palim-psao.fr/2019/05/la-societe-du-spectacle-trente-ans-plus-tard.par-robert-kurz-preface-a-l-

    Ce n’est pas très long, donc je me mets à la lire. Puis je suis un lien vers un article de Jappe de l’année dernière que j’avais déjà lu et épinglé :
    https://seenthis.net/messages/690117
    http://www.palim-psao.fr/2018/04/guy-debord.plus-que-jamais-en-situation-par-anselm-jappe-paru-dans-le-nou

    À partir de là, c’est foutu.

    Je me mets à relire sa fiche WP, pour lire des choses sur son suicide :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Debord
    https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/from-being-to-nothingness-1524917.html

    Je retombe sur cet article sur le livre à charge d’Apostolidès :
    https://next.liberation.fr/livres/2015/12/23/guy-debord-satiete-du-spectacle_1422654
    que @supergeante avait épinglé à l’époque :
    https://seenthis.net/messages/442991

    Du coup ça m’amène à lire sur Alice Becker-Ho et « l’affaire Riesel »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Becker-Ho
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Riesel

    Là je cherche des photos d’eux tous, et je retombe sur… le journal pro-situ américain Not Bored qui contient de nombreuses correspondances de Debord traduites en anglais et disponibles sur le web. Comme je n’ai pas les livres, pour résumer, je me plonge dedans et je passe plus de 3h à lire des lettres de Debord en pleine nuit.
    http://notbored.org/debord.html

    Je ne me rappelle plus trop dans quel ordre ça s’est passé : est-ce que j’ai d’abord cherché les mots de Debord sur Jappe, puis je suis retombé sur le conflit avec René Riesel, ou bien était-ce l’inverse ?…

    Le dernier mot de Debord sur Jappe est dans une lettre pour Makoto Kinoshita :
    http://notbored.org/debord-5April1994.html

    Dis moi si un de tes amis sait lire italien. Dans ce cas, je t’enverrais un livre d’Anselm Jappe (Debord, Edizioni Tracce, Pescara). C’est sans aucun doute le livre le mieux informé sur moi, écrit par un Allemand qui assume explicitement un point de vue Hegeliano-Marxiste.

    Mais on trouve donc aussi des choses sur « l’affaire Riesel ». À commencer par sa lettre de rupture définitive à Riesel, où en goujat sans pincettes, il traite sa femme de misérable conne et de vache :
    http://notbored.org/debord-7September1971.html

    À l’inverse dans une autre lettre il s’explique très en détail sur une autre relation libertine de son couple avec Eve et Jean-Marc :
    http://notbored.org/debord-2October1971.html
    Le point commun étant qu’il haïssait absolument le mensonge (Apostolidès dit qu’il mentait et manipulait lui-même mais je n’ai pas lu de témoignage ailleurs, qu’il était excluant, violent, etc oui, mais pas menteur et Sanguinetti dit le contraire alors qu’Apostolidès est censé s’être basé sur ses sources justement). Et que donc toute relation amoureuse et/ou sexuelle doit toujours se faire sans jamais mentir à personne (y compris pendant l’acte, ce qui est le point qui a énervé Alice avec la femme de Riesel).

    Toujours autour des mêmes gens, je tombe aussi sur un article de Bourseiller, qui au milieu de notes sur Debord et le libertinage, détaille la vie de l’écrivain et pornographe Alexander Trocchi plus que sa fiche Wikipédia. À n’en pas douter c’était un aventurier… et une grosse merde qui a prostitué sa femme enceinte (et pas qu’un peu) pour se payer de l’héroine, et moult autre.
    http://christophebourseiller.fr/blog/2017/03/transgresser-ou-disparaitre-les-situationnistes-a-lepreuve-de-

    Bon, ça a dérivé (haha) et j’avoue sans mal qu’il doit y avoir du voyeurisme à être parti dans tout ça. Je préfère généralement rester sur le contenu lui-même, comme le fait très bien le livre de Jappe justement. Mais je garde toujours en tête que les idées doivent être pratiquées au quotidien, donc il y a quand même un intérêt à savoir la vie réelle des gens (et c’était très exactement le crédo principal de Debord et tous les situs, et justement lui pensait être assez en accord avec ce qu’il disait).

    Et là, il était 5h45. Et le réveil à 7h.

    #procrastination #sérendipité #Debord #Guy_Debord #Alice_Becker-Ho #René_Riesel #situationniste #internationale_situationniste #nuit #sommeil #Robert_Kurz #Anselm_Jappe #théorie_critique #libertinage #Alexander_Trocchi #Christophe_Bourseiller #Jean-Marie_Apostolidès et #dérive !!

  • Pourquoi je ne vote pas et autres inédits, Raoul Vaneigem, éditions Le cactus Inébranlable.

    « L’important désormais c’est de s’en prendre à un système aberrant et destructeur, et non à des hommes. »
     
    Il ne déplaît pas aux médias affairistes que le puritanisme écologique soit mis dans le même sac que l’éloge de la pollution et de la liberté du commerce.

    De l’extrême gauche à l’extrême droite,ce qui prime,c’est la recherche d’une clientèle, c’est le pouvoir,le mensonge, l’imposture et la frime.

    C’est le mépris du pauvre con qui pisse sa confiance dans l’urne sans penser à la vérole du désenchantement qui, le rendant hargneux et pris d’une rage aveugle,le prédisposera à la barbarie du chacun pour soi et du tous contre tous.

    Les éditions « Le cactus Inébranlable » LE LIEN  : http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/acheter-nos-livres/catalogue/pourquoi-je-ne-vote-pas.html

    Avec Raoul Vaneigem (Pourquoi je ne vote pas et autres inédits), la forme courte qui alterne avec des textes plus copieux prend davantage la forme de brulots en totale harmonie avec le discours du situationniste non-aligné, bien connu pour sa ferveur libertaire, pourfendeur de l’aliénation au travail, chantre de l’hédonisme, du « rire de la vie » qui est « passer outre à tout ce qui nous fait payer matériellement et mentalement, à tout ce qui nous pourrit l’existence », un rire qui fatalement « n’est pas le bienvenu quand le ridicule est partout ». Mais qui sous-tend de son indéfectible espérance en un monde plus joyeux la vaillance des propos polémiques et vigoureux répandus dans ce livret. Qu’il s’agisse de ces textes réunis sous la bannière de « Rien ne résiste au rire de la vie » et de « Pourquoi je ne vote pas » (où l’auteur voit dans la pratique électorale « le mépris du pauvre con qui pisse dans l’urne sans penser à la vérole du désenchantement qui, le rendant hargneux et pris d’une rage aveugle, le prédisposera à la barbarie du chacun pour soi et du tous contre tous ». Textes suivis de « Conversation avec Jacques Rétif » où, face au Boussutois, Vaneigem explicite ses théories politico-philosophiques sur le (mauvais) état du monde en concluant qu’il faut « affirmer partout la prééminence absolue du droit de vivre sur les droits du commerce et de la finance ». Quant aux dessinateurs Serge Poliart et Joseph Ghin, ils illustrent le recueil avec une gouaille, un humour, une fantaisie débridée et un foisonnement graphique en parfaite adéquation avec un certain rire de la vie.

    Ghislain Cotton (Le Carnet et les Instants)

    #Raoul_Vaneigem #élections #démocratie

  • Fonder des territoires | Raoul Vaneigem
    https://www.revue-ballast.fr/fonder-des-territoires-par-raoul-vaneigem

    Raoul Vaneigem, philosophe belge et ancienne figure de l’Internationale situationniste, publie ce jour, 2 mai 2019, son dernier livre aux éditions Libertalia : Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande. Un texte qui entend prendre en charge, en pleine mobilisation sociale des gilets jaunes, la toute aussi cruciale qu’ancienne question « Que faire ? ». Il ne saurait, selon lui, être question de s’emparer du pouvoir central (par les urnes ou par les armes) : fort des dernières expériences menées au Chiapas, au Rojava et dans les ZAD françaises, l’auteur enjoint à rompre en masse avec l’État et ses relais, à faire sécession pour « fonder des territoires » auto-administrés. Nous en publions un chapitre, affaire de ravitailler les débats sur la bataille en cours. Source : (...)

  • Tout est possible, même les assemblées d’autogestion
    au milieu des carrefours, dans les villages, dans les quartiers

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Tout-est-possible-meme-les-assemblees-d-autogestion-au-milieu-des-ca

    (...) le propos de mon livre est principalement de secouer la résignation, l’indifférence et l’apathie qui jusqu’à ce jour ont toléré que la désertification de la terre et de la vie soit froidement programmée et imposée, avec un cynisme croissant, aux dépens des populations du Globe. Qu’une grande explosion de colère éclate soudain, inopinément, avec les mobiles dont l’apparence seule est futile, me procure donc une grande satisfaction. Ils se sont levés pour préserver leur place, dites-vous ? Quelle place ? Ils n’ont pas de place dans ce beau monde affairiste qui les exploite comme consommateurs télécommandés, comme producteurs de biens qu’ils doivent payer, comme fournisseurs, bureaucratiquement contrôlés, de taxes et d’impôts qui vont renflouer les malversations bancaires. Certes, le grand cri du « ¡ya basta ! », du « il y en a marre ! », peut retomber, tourner court. La servitude volontaire a maintes fois connu des révoltes sans lendemain. Mais même si la colère des gilets jaunes stagne et reflue, une grande vague véritablement populaire — et non pas populiste — s’est élevée et a prouvé que rien ne résiste aux élans de la vie. (...)

    #Vaneigem #entretien #gilets_jaunes #conscience_humaine #autogestion #démocratie_totalitaire #Notre-Dame-des-Landes

  • Chroniques de la couleur

    Une grosse recension de textes (et autres médias) sur les Gilets Jaunes.

    Les liens cliquables sont par là :
    http://inter-zones.org/chroniques-de-la-couleur

    –—

    Sophie Wahnich : Les gilets jaunes et 1789 : Résurgences révolutionnaires, 18 Décembre 2018

    Achille Mbembe : Pourquoi il n’y aura pas de gilets jaunes en Afrique, 18 décembre 2018

    Michalis Lianos : Une politique expérientielle – Les gilets jaunes en tant que peuple, 17 décembre 2018

    Fanny Gallot : Les femmes dans le mouvement des gilets jaunes : révolte de classe, transgression de genre, 17 décembre 2018

    Stéphane Zagdanski : Réflexions sur la question jaune, 17 décembre 2018

    Yves Pagès : Bloqueurs de tous les ronds-points, rions jaune… et ne cédons rien, 17 décembre 2018

    Alessandro Stella : Gilets jaunes et Ciompi à l’assaut des beaux quartiers, 16 décembre 2018

    Juan Chingo : Gilets jaunes : Le retour du spectre de la révolution, 16 décembre 2018

    Pierre-Yves Bulteau : À Saint-Nazaire : Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte, 15 décembre 2018

    Florence Aubenas : Gilets jaunes : La révolte des ronds-points, 15 décembre 2018

    Sarah Kilani et Thomas Moreau : Gilets jaunes : Pour la gauche, l’antifascisme ne doit pas être une option, 15 décembre 2018

    Anonyme : Danse imbécile ! Danse ! Notes sur le mouvement en cours, 14 décembre 2018

    Jean-Baptiste Vidalou : L’écologie du mensonge à terre, 14 décembre 2018

    Toni Negri : Chroniques françaises, 14 Décembre 2018

    David Graeber : Les gilets jaunes font partie d’un mouvement révolutionnaire plus large, 14 décembre 2018

    Jérôme Ferrari : On fera de vous une classe bien sage, 13 décembre 2018

    Etienne Balibar : Gilets jaunes : Le sens du face à face, 13 décembre 2018

    Jérôme Baschet : Pour une nouvelle nuit du 4 août (ou plus), 13 décembre 2018

    Andreas Malm : Ce que le mouvement des gilets jaunes nous dit du combat pour la justice climatique, 13 décembre 2018

    Collectif : Communiqué de la coordination de Saint-Lazare, 12 décembre 2018

    Michèle Riot-Sarcey : Les gilets jaunes ou l’enjeu démocratique, 12 décembre 2018

    Mathieu Rigouste : Violences policières : Il y a derrière chaque blessure une industrie qui tire des profits, 12 décembre 2018

    Leslie Kaplan : Un monde soudain devenu injustifiable aux yeux de tous, 12 décembre 2018

    Pierre Dardot et Christian Laval : Avec les gilets jaunes : Contre la représentation, pour la démocratie, 12 décembre 2018

    Jacques Rancière : Quelle égalité de la parole en démocratie ? 12 décembre 2018

    Collectif : Gilets jaunes : Une enquête pionnière sur la révolte des revenus modestes, 11 décembre 2018

    Cédric Durand et Razmig Keucheyan : Avec les gilets jaunes, pour une nouvelle hégémonie, 11 décembre 2018

    Cédric Durand : Le fond de l’air est jaune, 11 décembre 2018

    Joshua Clover : Les émeutes des ronds-points, 11 décembre 2018

    Joao Gabriell : À propos du discours de Macron du 10 décembre, 11 décembre 2018

    Femmes en lutte 93 : Acte V Gilets jaunes : La place des femmes et LGBT est dans la lutte, 10 décembre 2018

    Michelle Zancarini-Fournel : Le mouvement des gilets jaunes favorise la cohésion intergénérationnelle des milieux populaires, 10 décembre 2018

    Syllepse : Gilets jaunes : Des clefs pour comprendre, 10 décembre 2018

    Annie Ernaux : Il n’y a pas de nouveau monde, ça n’existe pas, 9 décembre 2018

    Alain Bertho : Il ne s’agit pas d’un simple mouvement social, 8 décembre 2018

    Jérôme Baschet : Lettre à celles et ceux qui ne sont rien, depuis le Chiapas rebelle, 8 décembre 2018

    Raoul Vaneigem : Les raisons de la colère, 8 décembre 2018

    Laurent Mucchielli : Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des gilets jaunes, 8 décembre 2018

    Les Gilets Jaunes de St Nazaire et leur Maison du Peuple, 7 décembre 2018

    Appel des gilets jaunes de Commercy à la formation d’assemblées populaires, 7 décembre 2018

    Lundimatin : Ici La Réunion ! 7 décembre 2018

    Pierre Bance : L’heure de la commune des communes a sonné ! En soutien à l’appel de Commercy, 7 décembre 2018

    Alèssi Dell’Umbria : Marseille, Debout, Soulève-toi ! 7 décembre 2018

    Eric Hazan : Paris n’est pas un acteur, mais un champ de bataille, 7 décembre 2018

    Rafik Chekkat : À Mantes-la-Jolie, domination policière et humiliation de la jeunesse, 7 décembre 2018

    Etienne Penissat et Thomas Amossé : Gilets jaunes : des automobilistes aux travailleurs subalternes, 6 décembre 2018

    Plateforme d’Enquêtes Militantes : Une situation excellente ? 6 Décembre 2018

    Alain Bertho : Gilets jaunes : Crépuscule du parlementarisme, 6 décembre 2018

    Frédéric Gros : On voudrait une colère, mais polie, bien élevée, 6 décembre 2018

    Danielle Tartakowsky : Les gilets jaunes n’ont rien de commun avec Mai 68, 6 décembre 2018

    Ballast : Gilets jaunes : Carnet d’un soulèvement, 5 décembre 2018

    Frédéric Lordon : Fin de monde ?5 décembre 2018

    Eric Toussaint : Gilets jaunes : Apprendre de l’histoire et agir dans le présent - Des propositions à ceux et celles qui luttent, 5 décembre 2018

    Grozeille, Que leur nom soit Légion : À propos des gilets jaunes, 5 décembre 2018

    Samuel Hayat : Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir, 5 décembre 2018

    Sophie Wahnich : La structure des mobilisations actuelles correspond à celle des sans-culottes, 4 décembre 2018

    Stefano Palombarini : Les gilets jaunes constituent une coalition sociale assez inédite, 4 Décembre 2018

    Édouard Louis : Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père, 4 décembre 2018

    Chantal Mouffe : Gilets jaunes : Une réaction à l’explosion des inégalités entre les super riches et les classes moyennes, 3 décembre 2018

    Yves Pagès : La façade du triomphalisme macronien ravalée à l’aérosol par quelques bons-à-rien, 3 décembre 2018

    Yannis Youlountas : Cours, gilet jaune, le vieux monde est derrière toi ! 3 décembre 2018

    Les Lettres jaunes, Bulletin de lecture quotidien des Gilets Jaunes, pour aller plus loin ! 3 décembre 2018

    Alain Bihr : Les gilets jaunes : pourquoi et comment en être ? 2 décembre 2018

    Gérard Noiriel : Pour Macron, les classes populaires n’existent pas, 2 décembre 2018

    Temps critiques : Sur le mouvement des Gilets jaunes, 1 décembre 2018

    Zadibao : Climat jaune et changement de gilet, 30 novembre 2018

    Plateforme d’Enquêtes Militantes : Sur une ligne de crête : Notes sur le mouvement des gilets jaunes, 30 novembre 2018

    Lundimatin : Le mouvement des Gilets Jaunes à la Réunion, 29 novembre 2018

    Sophie Wahnich : Postérité et civisme révolutionnaire, 28 novembre 2018

    Le comité Adama rejoint les gilets jaunes : Ce n’est pas une alliance au prix d’un renoncement politique, 27 novembre 2018

    Comité Adama : Si nous voulons changer notre destin, nous devons lutter dans la rue, 26 novembre 26

    Bruno Amable : Vers un bloc antibourgeois ? 26 novembre 2018

    Benoît Coquard : Qui sont et que veulent les gilets jaunes ? 23 novembre 2018

    Félix Boggio Éwanjé-Épée : Le gilet jaune comme signifiant flottant, 22 novembre 2018

    Anshel K. et Amos L. : Les amours jaunes, 21 novembre 2018

    Les Chroniques de La Meute, 18 novembre 2018

    Aurélien Barrau : À propos de la manif du 17 novembre, 15 novembre 2018

  • Résistance politique : analyse du dernier livre de Raoul Vaneigem et réflexions sur l’autogestion de la vie quotidienne…
    https://resistance71.wordpress.com/2018/12/13/resistance-politique-analyse-du-dernier-livre-de-raoul-vanei

    <i>Lecture de circonstance tout à fait approprié à la dynamique du mouvement national des Gilets Jaunes. Rappelons-nous sans cesse que l’action sans la</i> …

  • Les raisons de la colère

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Les-raisons-de-la-colere

    On est en droit de s’étonner du temps qu’il a fallu pour que sortent de leur léthargie et de leur résignation un si grand nombre d’hommes et de femmes dont l’existence est un combat quotidien contre la machine du profit, contre une entreprise délibérée de désertification de la vie et de la terre.

    Comment a-t-on pu tolérer dans un silence aussi persistant que l’arrogance des puissances financières, de l’État dont elles tirent les ficelles et de ces représentants du peuple, qui ne représentent que leurs intérêts égoïstes, nous fassent la loi et la morale.

    Le silence en fait était bien entretenu. On détournait l’attention en faisant beaucoup de bruit autour de querelles politiques où les conflits et les accouplements de la gauche et de la droite ont fini par lasser et sombrer dans le ridicule. On a même, tantôt sournoisement, tantôt ouvertement, incité à la guerre des pauvres contre plus pauvres qu’eux, les migrants chassés par la guerre, la misère, les régimes dictatoriaux. Jusqu’au moment où l’on s’est aperçu que pendant cette inattention parfaitement concertée la machine à broyer le vivant tournait sans discontinuer. (...)

    #gilets_jaunes #Raoul_Vaneigem #colère #État #profit #commerce

  • Contribution à l’émergence de territoires libérés
    de l’emprise étatique et marchande

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Contribution-a-l-emergence-de-territoires-liberes-de-l-emprise-etati

    Fort du constat que « jamais la terre et la vie n’ont été dévastées, avec un tel cynisme, pour un motif aussi absurde que cette course au profit », Raoul Vaneigem se prête au jeu du « que faire ? ». Il tente d’échapper aux vaines injonctions au « devoir de lucidité » en livrant ses proposions : réunir « la conquête du pain et la conquête de la vie authentique » par l’émergence de territoires libérés de l’emprise étatique et marchande.

    Raoul Vaneigem commence par un traditionnel état des lieux, dézingue à tout va : la dictature du profit et le culte de l’argent, le totalitarisme démocratique qui a « si bien gangrené les mentalités que personne ne refuse de payer à l’État des impôts qui, loin d’améliorer le sort des citoyens, servent désormais à renflouer les malversations bancaires », la désertification de la terre et de la vie quotidienne, la colonisation consumériste, le capitalisme spéculatif et financier et la résignation qui entérine le tout. Le capitalisme moderne a réduit la valeur d’usage à zéro tandis que la valeur marchande tend vers l’infini : « La valeur spectaculaire est une valeur marchande. » (...)

    #Raoul_Vaneigem #autogestion #vie_quotidienne #Notre-Dame-des-Landes #que_faire #radicalité #Chiapas #zapatistes #recension

  • [vidéo] Hommage à la ZAD
    http://www.lille43000.com/index.php/joomla-fr/en-santiags/889-hommage-a-la-zad

    « Ce qui se passe à Notre Dame des Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. » Raoul Vaneigem. Durée : 18 min. Source : Lille 43000

  • SOLIDARITÉ AVEC NOTRE-DAME-DES-LANDES
    Raoul Vaneigem

    Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. Là où l’État et les multinationales qui le commanditent avaient juré d’imposer leurs nuisances, au mépris des populations et de leur environnement, ils se sont heurtés à une résistance dont l’obstination, dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, a fait plier le pouvoir. La résistance n’a pas seulement démontré que l’État, « le plus froid des monstres froids », n’était pas invincible — comme le croit, en sa raideur de cadavre, le technocrate qui le représente —, elle a fait apparaître qu’une vie nouvelle était possible, à l’encontre de tant d’existences étriquées par l’aliénation du travail et les calculs de rentabilité.

    Une société expérimentant les richesses de la solidarité, de l’imagination, de la créativité, de l’agriculture renaturée, une société en voie d’autosuffisance, qui a bâti boulangerie, brasserie, centre de maraîchage, bergerie, fromagerie. Qui a bâti surtout la joie de prendre en assemblées autogérées des décisions propres à améliorer le sort de chacun. C’est une expérience, c’est un tâtonnement, avec des erreurs et des corrections. C’est un lieu de vie. Que reste-t-il de sentiment humain chez ceux qui envoient flics et bulldozers pour le détruire, pour l’écraser ?

    Quelle menace la Terre libre de Notre-Dame-des-Landes fait-elle planer sur l’État ? Aucune si ce n’est pour quelques rouages politiques que fait tourner la roue des grandes fortunes. La vraie menace est celle qu’une société véritablement humaine fait peser sur la société dominante, éminemment dominée par la dictature de l’argent, par la cupidité, le culte de la marchandise et la servitude volontaire.

    C’est un pari sur le monde qui se joue à Notre-Dame-des-Landes. Ou la tristesse hargneuse des résignés et de leurs maîtres, aussi piteux, l’emportera par inertie ; ou le souffle toujours renaissant de nos aspirations humaines balaiera la barbarie. Quelle que soit l’issue, nous savons que le parti pris de la vie renaît toujours de ses cendres. La conscience humaine s’ensommeille mais ne s’endort jamais. Nous sommes résolus de tout recommencer.

    Raoul Vaneigem, Barcelone, le 13 avril 2018
    --
    https://lavoiedujaguar.net/Solidarite-avec-Notre-Dame-des-Landes

  • Solidarité avec Notre-Dame-des-Landes

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Solidarite-avec-Notre-Dame-des-Landes

    Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. Là où l’État et les multinationales qui le commanditent avaient juré d’imposer leurs nuisances, au mépris des populations et de leur environnement, ils se sont heurtés à une résistance dont l’obstination, dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, a fait plier le pouvoir. La résistance n’a pas seulement démontré que l’État, « le plus froid des monstres froids », n’était pas invincible — comme le croit, en sa raideur de cadavre, le technocrate qui le représente —, elle a fait apparaître qu’une vie nouvelle était possible, à l’encontre de tant d’existences étriquées par l’aliénation du travail et les calculs de rentabilité. (...)

    #Notre-Dame-des-Landes #Raoul_Vaneigem #volonté_de_vivre #solidarité #créativité #État #assemblées_autogérées

    • C’était une réponse à :

      Salut Raoul,

      La situation devient critique pour la zad, tous les signaux sont au
      rouge. Le gouvernement annonce que des destructions/expulsions de grande ampleur peuvent reprendre dès le début de la semaine prochaine, « tranquillement mais sans légèreté » dit le Premier ministre. Pour le dire franchement, nous jouons actuellement toutes nos cartes, sans quoi il risque bientôt de n’y avoir plus de zad à sauver. Le #Taslu mobilise donc tous ses soutiens pour ce week-end.

      – Nous proposons de rejoindre dimanche à 14h les « troupes de
      l’imaginaire ». L’appel est ici : https://letaslu.noblogs.org On
      espère vivement pouvoir compter parmi nous des personnalités du monde des livres et des idées. Si vous en connaissez, si vous avez des
      contacts, n’hésitez pas à les solliciter. Pour ceux qui le
      souhaiteraient, il sera également possible de rester veiller à la
      Rolandière pour être sur place dès le lundi matin.

      – Si vous ne pouvez pas vous déplacer, nous vous proposerons de signer une tribune qui est en cours de rédaction. Nous la lirons au début de l’initiative de dimanche, tout en la proposant pour parution lundi aux quotidiens nationaux.

      Nous vous appelons toutes et tous à venir pour sauver un bout de monde d’une destruction inique, qui ne concerne pas seulement des habitats, mais qui vise tout simplement l’espoir.

      #nddl #zad #terres #notre-dame-des-landes #raoul_vaneigem

      https://seenthis.net/messages/688645

  • La nuit des Béguines, une histoire de femmes puissantes et émancipées au Moyen Âge, racontée dans un livre
    http://information.tv5monde.com/terriennes/la-nuit-des-beguines-une-histoire-de-femmes-puissantes-et-eman

    Nombre d’entre elles étaient veuves, et rejoindre le béguinage leur permettait aussi d’échapper à des tentatives de remariage imposé par les familles, au nom des alliances sociales et de la bienséance. Elles mettaient en avant leur foi, mais n’étaient pas recluses comme les religieuses. Dedans et dehors en quelque sorte : une vie en communauté entre des murs, dans de petites maisons individuelles, entourées de jardins médicinaux, dont elles pouvaient sortir comme elles le voulaient pour vaquer à leurs activités professionnelles, spirituelles, sanitaires, prophylactiques ou charitables.

    Très beau roman

    cc @mad_meg bien sûr
    #béguines

    • En cette période de montée des idéologies de crise agressives (néo-nationalisme, islamisme, racisme, virilisme) et de manipulation capitaliste (publicité, consommation, électoralisme) des frustrations découlant de ce même capitalisme, une relecture actualisée (et critique) de La psychologie de masse du fascisme de Reich nous permet de comprendre ces phénomènes en échappant d’une part à un réductionnisme économiciste incapable de penser « la part subjective de l’histoire » et d’autre part à une psychologie individualisante, biologisante et conservatrice incapable de critique sociale, mais aussi de penser une libération révolutionnaire des frustrations capitalistes – avec Pierre-Ulysse Barranque, doctorant, co-directeur de In Situs. Théorie, spectacle et cinéma chez Guy Debord et Raoul Vaneigem (Grupen, 2013) et surtout auteur de « Wilhem Reich et la Révolution allemande. Penser l’entre-deux-guerres avec Marx et Freud » (Contretemps).

      http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/wilhelmreich.mp3

      #audio #radio #Radio_Libertaire

  • CHANGER DE GÉRANT NE CHANGERA QUE LES APPARENCES

    « La seule sauvegarde de l’État, c’est de répandre la peur et le désespoir. Il y réussit assez efficacement en accréditant une manière de vision apocalyptique. Il répand la rumeur que demain sera pire qu’aujourd’hui. La sagesse consiste donc, selon lui, à consommer, à dépenser avant la banqueroute, à rentabiliser tout ce qui peut l’être, quitte à sacrifier son existence et la planète entière pour que l’escroquerie généralisée se perpétue. »
    Raoul Vaneigem, L’État n’est plus rien, soyons tout.

    Personne ne peut prédire l’avenir, encore moins en ces temps d’incertitude et de confusion. Le contrôle de la crise, censé éviter le désastre général, se réduit à l’acceptation d’un renforcement des contraintes, ainsi qu’à un appauvrissement du plus grand nombre qui permet l’inflation sans fin des profits d’un petit nombre d’accapareurs. La catastrophe annoncée par les experts scientistes du pouvoir implique automatiquement la solution inévitable, qui se résume à des contraintes implacables imposées à notre survie amoindrie, une administration du désastre des plus autoritaire. La fiction annoncée d’une crise totale a été inventée pour pouvoir imposer les nouvelles consignes de soumission renforcée à la réorganisation sociale du capitalisme nouvellement mondialisé. L’hypothèse d’une catastrophe imminente permet de faire disparaître artificiellement le désastre mortifère qui est déjà là. L’empoisonnement généralisé de la vie n’est pas concevable par les experts scientistes, car l’ampleur du désastre, qui est déjà là, n’est pas calculable en utilisant les outils qui ont servi à le produire.

    Les capitalos-trafiquants milliardaires ont instauré une situation d’urgence permanente qui justifie les décisions arbitraires antidémocratiques, une stratégie de choc, où tout s’accélère, répandant la culpabilité, la peur et l’insécurité pour faire passer de force leurs plans d’austérité et de récession sociale, au risque de détruire l’économie. Plus il y a de dettes plus leurs profits augmentent. C’est une fuite en avant qu’ils feront durer aussi longtemps qu’ils le pourront.

    Les gouvernements, à la solde de la haute bourgeoisie, utilisent la peur de l’emballement de la crise pour renforcer l’exploitation en bloquant les salaires, détruisant le droit du travail et la protection sociale, et aussi, en durcissant les pressions policières et administratives sur les populations, pour faire accepter le rationnement et la misère.
    Les craintes affichées, et les alertes lancées par les experts sont effectivement traduites par des ordres indiscutables dès qu’il s’agit de faire adopter les normes d’une survie encore plus rationnée, en faisant prendre le « venin de la servitude » pour une vertu salvatrice. Le spectre de la catastrophe est utilisé comme conditionnement d’une soumission renforcée aux capitalos-trafiquants. La croyance stupide en leur toute-puissance engendre une peur qui accrédite l’invincibilité d’un système qui s’effondre un peu partout.

    L’apparente autodestruction du capitalisme n’est peut-être qu’un leurre pour mieux faire passer les pressions infernales sur des populations apeurées. Le système opaque de la finance évolue rapidement, les milliardaires s’adaptent très vite, car ils en ont les moyens, et ils anticipent les dépressions qu’ils provoquent, les krachs qu’ils déclenchent pour rafler le pactole. La crise c’est la guerre que la haute bourgeoisie a déclarée aux prolétaires, qui ont oublié qu’ils l’étaient, ainsi qu’à la petite bourgeoisie qui se fait plumer à chaque fois qu’une bulle financière éclate. Cette guerre peut durer longtemps. Le pillage qu’elle engendre nous apparaît sans fin. Quelques milliers d’individus à l’avidité maladive, aux fortunes gigantesques et aux pouvoirs sans limites, sont en train de ruiner l’économie réelle qu’ils ont délaissée parce qu’elle ne rapportait plus assez, malgré les pressions des actionnaires. Tant qu’il restera quelque chose à rafler, ils ne s’arrêteront jamais.

    Les tentatives étatiques de contrôle des flux financiers des capitalos-trafiquants, sont déjà vaines et sans effet notoire, car ce marché parallèle leur échappe totalement. Il faudrait être devin pour prédire l’avenir. L’autodestruction est probable, mais pas certaine, car il faut tenir compte des grandes facultés d’adaptation de ces grands usurpateurs, dès lors qu’il s’agit d’accomplir leurs mauvais coups en silence, de réaliser leurs forfaits dans la plus grande discrétion.
    Les restructurations des dettes souveraines, seules alternatives à la faillite proposées par les économistes et les politiques, ne font en fait que gagner un peu de temps en le perdant à ne rien faire sinon déplacer le problème dans un futur proche qu’ils espèrent meilleur sans trop y croire.
    Tout le monde peut aujourd’hui, se rendre compte que cette crise est devenue permanente pour la grande majorité, mais une aubaine pour une toute petite minorité qui en tire ses meilleurs profits.

    Lukas Stella, L’invention de la crise, escroquerie sur un futur en perdition, 2011 (extrait).

  • Pour saluer les occupants
    de Notre Lande des Dames
    et des ZAD à travers le monde

    Raoul Vaneigem

    http://lavoiedujaguar.net/Pour-saluer-les-occupants-de-Notre

    Chanson Terre libre par Fanchon Daemers
    Paroles de Raoul Vaneigem
    écrites sur l’air de Άσ’ τα τα μαλλάκια σου

    Je suis d’ici et de nulle part
    le monde est mon regard
    le désir guide mes pas
    la vie est mon combat
    mon jardin est sans frontières
    ma patrie c’est la Terre
    jamais État ni mafia
    ne s’en appropriera

    #Raoul_Vaneigem #Notre-Dame-des-Landes #ZAD #chanson_grecque #Fanchon_Daemers

  • Soutien à la Zad de Notre-Dame des Landes - Raoul Vaneigem, Aout 2016

    Partout dans un monde que les entreprises financières et multinationale polluent et détruisent systématiquement, des mouvements de résistance apparaissent pour défendre ce qui subsiste de vie et de bio-diversité contre la violence mafieuse du profit, contre la dictature de l’argent qui propage la barbarie, sans même avoir, le plus souvent de prétexte religieux ou idéologiques. Dans la confusion et le chaos des valeurs anciennes et nouvelles, naissent des territoires que la solidarité d’hommes et de femmes tente de libérer de l’emprise de la marchandise et de l’État, qui lui sert de gendarme. Revendiquer la priorité de l’humain sur l’économie est devenu le moteur d’un mouvement qui fluctue, connait des hauts et des bas, semble parfois disparaître mais renaît sans cesse avec une obstination accrue. La Zad de Notre-Dame des Landes participe de cette tendance. Elle concrétise aujourd’hui un projet que les multinationales et l’État, à leur botte ; vont s’efforcer d’anéantir. La seule répression policière risquant de heurter les sensibilités (comme on l’a vu dans la lutte contre le barrage du Tested), la bouffonnerie gouvernementale a fait appel à la clownerie citoyenne en organisant un référendum.

    Qui accorde la liberté de parole selon le principe « une demie-heure pour Hitler, une demie heure pour les Juifs » ne risque pas trop de surprises. Si le gouvernement qui hésiterait à proposer un référendum sur le maintient ou le retrait de l’Europe, a pris l’initiative de proposer un vote sur le choix entre Vinci et une « poignée d’amoureux de plantes vertes », c’est qu’il était aussi sûr du résultat que ceux qui persistent à appeler démocratie un régime corrompu, inféodé aux oligarchies arasant la terre sous le rouleau compresseur de la rentabilité. Comme les Zapatistes du Chiapas en ont fait l’expérience, il n’y a pas de dialogue possible entre des hommes et des femmes qui revendiquent le droit de vivre, et des instances étatiques, bureaucratiques, politiques qui cautionnent les empoisonneurs de l’agro-alimentaires, les pollueurs de la pétrochimie, les paysagistes du gaz de schiste, des gisements aurifères, des grands travaux d’intérêt public, les collègues de Goldman-Sachs et tutti quanti.

    La vie est la seule arme qui ne tue pas.
    Elle est notre seule défense. Il n’y a pas de solutions venues d’en haut. Tout vient de la base et doit rester à la base. Vivent les térritoires libérés de la prédation étatique et marchande !

    Raoul Vaneigem - pour Solidarité sans frontières


    El Batia Mourt Sou N° 74, paru le 27/08/2016
    http://www.lagalerie.be/poliart

    #nddl #zad #notre-dame-des-landes #france #aéroport #raoul_vaneigem #société #référendum #Zad

  • Par Ouï-dire La désobéissance nécessaire Première partie, de Christine van Acker
    http://podaudio.rtbf.be/pod/lp-pod_par_ouc3af-dire_25068511.mp3


    (Déjà sur le Radiophone)

    En fin d’émission, « La Rengaine des Résignés », paroles de Raoul Vaneigem par Fanchon Daemers.

    Christine Van Acker explore une vertu peu pratiquée : la désobéissance.

    Quand la démocratie n’est plus qu’un masque mort sur la face du pouvoir marchand, arrive un temps où le seul chemin pour lui rendre son vrai visage est celui de la désobéissance.


    Pour désobéir, certains s’organisent en mouvements, en syndicats, s’assemblent, préméditent, complotent : Nuits debout, Climate Games, Greenpeace, les désobéissants, les Bomspotter, Poussy riots, objecteurs de croissance, ZAD (zones à défendre), et tant d’autres... Ils organisent des formations à l’action directe non-violente, à la désobéissance civile. Ils s’infiltrent dans le système, sabotent, modifient les connexions, déboulonnent les pensées figées, détournent les consignes. Certains sont bien connus du grand public, d’autres oeuvrent dans l’ombre quand ils n’en font pas leur activité principale.

    Christine Van Acker en a rencontré quelques-uns pour nous qui, à leur manière, avec engagement, avec culot, avec humour, avec poésie ont choisi le parti de la désobéissance parce qu’elle était nécessaire.

    Cette première partie se concentre sur les déclencheurs, intimes ou sociaux, qui décident à se lancer dans l’action.
    Source : http://www.rtbf.be/lapremiere/emissions_par-oui-dire?programId=272

    #Désobéissance_civile #violence_d’état #Anne_Morelli #Zad #Raoul_Vaneigem #Fanchon_Daemers #Révolte #Banques #institutions #Joie #désirs #Belgique #Darien #Art_money #audio #radio #Radios_libres #Luttes_Sociales #droit_des_femmes #Résistances

  • Éloge de la paresse affinée

    Raoul Vaneigem

    http://lavoiedujaguar.net/Eloge-de-la-paresse-affinee

    Dans l’opinion qui s’est forgée à son propos, la paresse a beaucoup gagné au discrédit croissant dont s’est grevé le travail. Longtemps érigé en vertu par la bourgeoisie, qui en tirait profit, et par les bureaucraties syndicales, auxquelles il assurait leur plus-value de pouvoir, l’abrutissement du labeur quotidien a fini par se faire reconnaître pour ce qu’il est : une alchimie involutive transformant en un savoir de plomb l’or de la richesse existentielle.

    Cependant, l’estime dont se prévaut la paresse n’en continue pas moins à souffrir de la relation de couple qui, dans la sotte assimilation des bêtes à ce que les humains ont de plus méprisable, persiste à accoler la cigale et la fourmi. Qu’on le veuille ou non, la paresse demeure prise au piège du travail qu’elle rejette en chantant. (...)

    #travail #quotidien #grève #Albert_Cossery #Nietzsche #Cocagne

  • "Soyons réaliste, demandons l’impossible."

    Titrant à partir d’un slogan de l’époque, Mai 68 : soyons réalistes, demandons l’impossible se propose de rendre compte de la façon dont cinq témoins – connus ou moins - de mai 1968 ont vécu la période, et ce qu’ils estiment en avoir retiré, d’un point de vue sociétal ou plus personnel. Philippe Godard signe toutes les notes de bas de page, la chronologie (de 1958 à la fin des années 1970), la bibliographie et aussi l’introduction de cet ouvrage. Dès les premières pages, le ton est donné : Philippe Godard est contre le néolibéralisme actuel et déplore le manque d’imagination de notre société. Mai 1968 aura été une révolution qui dépasse les clivages politiques, une prise de conscience d’une volonté générale de liberté et d’émancipation. Assez virulent, l’auteur précise toutefois qu’une interprétation n’est pas la vérité unique, puis laisse la place aux interviews, entièrement libres (pas de jeu de questions-réponses).

    la suite : http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/153-mai-68-soyons-realistes-demandons-l-impossible-1863.html

    Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations

    en lecture intégrale ici-même :
    http://arikel.free.fr/aides/vaneigem/traite-1.html

    L’insignifiant signifié

    En se banalisant, la vie quotidienne a conquis peu à peu le centre de nos préoccupations (1). - Aucune illusion, ni sacrée ni désacralisée (2), - ni collective ni individuelle, ne peut dissimuler plus longtemps la pauvreté des gestes quotidiens (3). - L’enrichissement de la vie exige, sans faux-fuyants, l’analyse de la nouvelle pauvreté et le perfectionnement des armes anciennes du refus (4)

    1

    L’histoire présente évoque certains personnages de dessins animés, qu’une course folle entraîne soudain au-dessus du vide sans qu’ils s’en aperçoivent, de sorte que c’est la force de leur imagination qui les fait flotter à une telle hauteur ; mais viennent-ils à en prendre conscience, ils tombent aussitôt.
    Comme les héros de Bosustov, la pensée actuelle a cessé de flotter par la force de son prore mirage. Ce qui l’avait élevée l’abaisse aujourd’hui. A toute allure elle se jette au-devant de la réalité qui va la briser, la réalité quotidiennement vécue.

    La lucidité qui s’annonce est-elle d’essence nouvelle ? Je ne le crois pas. L’exigence d’une lumière plus vive émane toujours de la vie quotidienne, de la nécessité, ressentie par chacun, d’harmoniser son rythme de promeneur et la marche du monde. Il y a plus de vérités dans vingt-quatre heures de la vie d’un homme que dans toutes les philosophies. Même un philosophe ne réussit pas à l’ignorer, avec quelque mépris qu’il se traite ; et ce mépris, la consolation de la philosophie le lui enseigne. A force de pirouetter sur lui-même en se grimpant sur les épaules pour lancer de plus haut son message au monde, ce monde , le philosophe finit par le percevoir à l’envers ; et tous les êtres et toutes les choses vont de travers, la tête en bas, pour le persuader qu’il se tient debout, dans la bonne position. Mais il reste au centre de son délire ; ne pas en convenir lui rend simplement le délire plus inconfortable.

    Les moralistes des XVI° et XVII° siècles règnent sur une resserre de banalités, mais tant est vif leur soin de le dissimuler qu’ils élèvent alentour un véritable palais de stuc et de spéculations. Un palais idéal abrite et emprisonne l’expérience vécue. De là une force de conviction et de sincérité que le ton sublime et la fiction de l’« homme universel » raniment, mais d’un perpétuel souffle d’angoisse. L’analyste, s’efforce d’échapper par une profondeur essentielle à la sclérose graduelle de l’existence ; et plus il s’abstrait de lui-même en s’exprimant selon l’imagination dominante de son siècle (le mirage féodal où s’unissent indissolublement Dieu, le pouvoir royal et le monde), plus sa lucidité photographie la face cachée de la vie, plus elle « invente » la quotidienneté.

    La philosophie des Lumières accélère la descente vers le concret à mesure que le concret est en quelque sorte porté au pouvoir avec la bourgeoisie révolutionnaire. Des ruines de Dieu, l’homme tombe dans les ruines de sa réalité. Que s’est-il passé ? A peu près ceci : dix mille personnes sont là, persuadées d’avoir vu s’élever la corde d’un fakir, tandis qu’autant d’appareils photographiques démontrent qu’elle n’a pas remué d’un pouce. L’objectivité scientifique dénonce la mystification. Parfait mais pour montrer quoi ? Une corde enroulée, sans le moindre intérêt. J’incline peu à choisir entre le plaisir douteux d’être mystifié et l’ennui de contempler une réalité qui ne me concerne pas. Une réalité sur laquelle je n’ai prise, n’est-ce pas le vieux mensonge remis à neuf, le stade ultime de la mystification ?

    Désormais, les analystes sont dans la rue. La lucidité n’est pas la seule arme. Leur pensée ne risque plus de s’emprisonner ni dans la fausse réalité des dieux, ni dans la fausse réalité des technocrates !

    2

    Les croyances religieuses dissimulaient l’homme à lui-même, leur bastille l’emmurait dans un monde pyramidal dont Dieu tenait lieu de sommet et le roi de hauteur. Hélas, il ne s’est pas trouvé le 14 Juillet, assez de liberté sur les ruines du pouvoir unitaire pour empêcher les ruines elles-mêmes de s’édifier en prison. Sous le voile lacéré des superstitions n’apparut pas la vérité nue, comme le rêvait Meslier, mais bien la glu des idéologies. Les prisonniers du pouvoir parcellaire n’ont d’autre recours, contre la tyrannie que l’ombre de la liberté.

    Pas un geste, pas une pensée qui ne s’empêtre aujourd’hui dans le filet des idées reçues. La retombée lente d’infimes fragments issus du vieux mythe explosé répand partout la poussière du sacré, une poussière qui silicose l’esprit et la volonté de vivre. Les contraintes sont devenues moins occultes, plus grossières, moins puissantes, plus nombreuses. La docilité n’émane plus d’une magie cléricale, elle résulte d’une foule de petites hypnoses : information, culture, urbanisme, publicité, suggestions conditionnantes au service de tout ordre établi et à venir. C’est, le corps entravé de toutes parts, Gulliver échoué sur le rivage de Lilliput, résolu à se libérer, promenant autour de lui son regard attentif ; le moindre détail, la moindre aspérité du sol, le moindre mouvement, il n’est rien qui ne revête l’importance d’un indice dont le salut va dépendre. Dans le familier naissent les chances de liberté les plus sûres. En fut-il jamais autrement ? L’art, l’éthique, la philosophie l’attestent : sous l’écorce des mots et des concepts, c’est toujours la réalité vivante de l’inadaptation au monde qui se tient tapie, prête à bondir. Parce que ni les dieux ni les mots ne parviennent aujourd’hui à la couvrir pudiquement, cette banalité-là se promène nue dans les gares et dans les terrains vagues ; elle vous accoste à chaque détour de vous-même, elle vous prend par l’épaule, par le regard ; et le dialogue commence. Il faut se perdre avec elle ou la sauver avec soi.

    3

    Trop de cadavres parsèment les chemins de l’individualisme et du collectivisme. Sous deux raisons apparemment contraires sévissait un même brigandage, une même oppression de l’homme esseulé. La main qui étouffe Lautréamont, on le sait, étrangle aussi Serge Essénine. L’un meurt dans le garni du propriétaire Jules-François Dupuis, l’autre se pend dans un hôtel nationalisé. Partout se vérifie la loi « il n’est pas une arme de ta volonté individuelle qui, maniée par d’autres, ne se retourne aussitôt contre toi ». Si quelqu’un dit ou écrit qu’il convient désormais de fonder la raison pratique sur les droits de l’individu et de l’individu seulement, il se condamne dans son propos s’il n’incite aussitôt son interlocuteur à fonder par lui-même la preuve de ce qu’il vient d’avancer. Or une telle preuve ne peut être que vécue, saisie par l’intérieur. C’est pourquoi il n’est rien dans les notes qui suivent qui ne doive être éprouvé et corrigé par l’expérience immédiate de chacun. Rien n’a tant de valeur qu’il ne doive être recommencé, rien n’a assez de richesses qu’il ne doive être enrichi sans relâche.

    De même que l’on distingue dans la vie privée ce qu’un homme pense et dit de lui, et ce qu’il est et fait réellement, de même il n’est personne qui n’ait appris à distinguer la phraséologie et les prétentions messianiques des partis, et leur organisation, leurs intérêts réels ; ce qu’ils croient être et ce qu’ils sont. L’illusion qu’un homme entretient sur lui et les autres n’est pas foncièrement différente de l’illusion que groupes, classes ou partis nourrissent autour d’eux et en eux. Bien plus, elles découlent d’une source unique : les idées dominantes, qui sont les idées de la classe dominante, même sous leur forme antagoniste.

    Le monde des ismes, qu’il enveloppe l’humanité tout entière ou chaque être particulier, n’est jamais qu’un monde vidé des sa réalité, une séduction terriblement réelle du mensonge. Le triple écrasement de la Commune, du Mouvement spartakiste et de Cronstadt-la-Rouge (1921) a montré une fois pour toutes les autres à quel bain de sang menaient trois idéologies de la liberté : le libéralisme, le socialisme, le bolchevisme. Il a cependant fallu, pour le comprendre et l’admettre universellement, que des formes abâtardies ou amalgamées de ces idéologies vulgarisent leur atrocité initiale par de pesantes démonstrations : les camps de concentration, l’Algérie de Lacoste, Budapest. Aux grandes illusions collectives, aujourd’hui exsangues à force d’avoir fait couler le sang des hommes, succèdent des milliers d’idéologies parcellaires vendues par la société de consommation comme autant de machines à décerveler portatives. Faudra-t-il autant de sang pour attester que cent mille coups d’épingle tuent aussi sûrement que trois coups de massue ?

    *

    Qu’irais-je faire dans un groupe d’action qui m’imposerait de laisser au vestiaire, je ne dis pas quelques idées - car telles seraient mes idées qu’elles m’induiraient plutôt à rejoindre le groupe en question -, mais les rêves et les désirs dont je ne me sépare jamais, mais une volonté de vivre authentiquement et sans limites ? Changer d’isolement, changer de monotonie, changer de mensonge, à quoi bon ! Où l’illusion d’un changement réel est dénoncée, le simple changement d’illusion devient insupportable. Or telles sont les conditions actuelles : l’économie n’a de cesse de faire consommer davantage, et consommer sans relâche, c’est changer l’illusion à un rythme accéléré qui dissout peu à peu l’illusion du changement. On se retrouve seul, inchangé, congelé dans le vide produit par une cascade de gadgets, de Volkswagen et de pocket books.

    Les gens sans imagination se lassent de l’importance conférée au confort, à la culture, aux loisirs, à ce qui détruit l’imagination. Cela signifie qu’on ne se lasse pas du confort, de la culture ou des loisirs, mais de l’usage qui en est fait et qui interdit précisément d’en jouir.

    L’état d’abondance est un état de voyeurisme. A chacun son kaléidoscope ; un léger mouvement des doigts et l’image se transforme. On gagne à tous les coups : deux refrigérateurs, une Dauphine, la T.V., une promotion, du temps à perdre... Puis la monotonie des images consommées prend le dessus, renvoie à la monotonie du geste qui les suscite, à la légère rotation que le pouce et l’index impriment au kaléidoscope. Il n’y avait pas de Dauphine, seulement une idéologie sans rapport ou presque avec la machine automobile. Imbibé de « Johny Walker, le wisky de l’Elite », on subissait dans une étrange mixture l’effet de l’alcool et de la lutte des classes. Plus rien de quoi s’étonnner, voilà le drame ! La monotonie du spectacle idéologique renvoie maintenant à la passivité de la vie, à la survie. Par-delà les scandales préfabriqués - gaine Scandale et scandale de Panama - se révèle un scandale positif, celui des gestes privés de leurs substance au profit d’une illusion que son attrait perdu rend chaque jour plus odieuse. Gestes futiles et ternes à force d’avoir nourri de brillantes compensations imaginaires, gestes paupérisés à force d’enrichir de hautes spéculations où ils entraient comme valets à tout faire sous la catégorie infamante de « trivial » et de « banal », gestes aujourd’hui libérés et défaillants, prêts à s’égarer de nouveau, ou à périr sous le poids de leur faiblesse. Les voici, en chacun de vous, familiers, tristes, tout nouvellement livrés à la réalité immédiate et mouvante, qui est leur milieu « spontané ». Et vous voici égarés et engagés dans un nouveau prosaïsme, dans une perspective où proche et lointain coïncident.

    4

    Sous une forme concrète et tactique, le concept de lutte des classes a constitué le premier regroupement des heurts et des dérèglements vécus individuellement par les hommes ; il est né du tourbillon de souffrances que la réduction des rapports humains à des mécanismes d’exploitation suscitait partout dans les sociétés industrielles. Il est issu d’une volonté de transformer le monde et de changer la vie

    Une telle arme exigeait un perpétuel réajustement. Or ne voit-on pas la Ière Internationale tourner le dos aux artistes, en fondant exclusivement sur les revendications ouvrières un projet dont Marx avait cependant montré combien il concernait tous ceux qui cherchaient, dans le refus d’être esclaves, une vie riche et une humanité totale ? Lacenaire, Borel, Lassailly, Büchner, Baudelaire, Höderlin, n’était-ce pas aussi la misère et son refus radical ? Quoi qu’il en soit, l’erreur, - à l’origine excusable ? je ne veux pas le savoir - revêt des proportions délirantes dès l’instant où, moins d’un siècle plus tard, l’économie de consommation absorbant l’économie de production, l’exploitation de la force de travail est englobée par l’exploitation de la créativité quotidienne. Une même énergie arrachée au travailleur pendant ses heures d’usine ou ses heures de loisirs fait tourner les turbines du pouvoir, que les détenteurs de la vieille théorie lubrifient béatement de leur contestation formelle.

    Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.

  • Au secours, Seenthis, mon ainée (en CM1) chantonne La Marseillaise à tout bout de champ, et ce week-end c’était carrément à tue-tête. « Ben oui, on l’apprend à l’école. »

    J’ai besoin d’un bon gros soutien psychologique, là.

    • Courage ! Moi j’avais interdit à ma fille de la chanter en lui expliquant que c’était un chant d’assassins racistes. Sinon, mets lui celle de Gainsbourg un peu plus fort !

    • Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines ?
      Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
      Ohé ! Partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
      Ce soir, l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

      2. Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
      Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
      Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau, tirez vite !
      Ohé ! Saboteur, attention à ton fardeau : dynamite !

      3. C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères !
      La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère !
      Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves !
      Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève.

      4. Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
      Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.
      Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
      Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté vous écoute.

      5. Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
      Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
      Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

    • Solution : Leur passer «  La Rengaine des résignés » de Raoul Vaneigem interprétée par Fanchon Daemers
      Sur l’air de : La fille au roi Louis
      Première interprétation : Fanchon Daemers, 2014

      http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/LaRengaine.mp3


      Ca commence au bout d’une minute

      Y a tout à perdre
      Rien à gagner
      C’est le règne
      Des résignés
      Et c’est pourquoi
      On va crever
      Dans la chambre à
      Gaz des banquiers . . . . . .

      C’est la débine 

      Et la combine
      
Chacun pour soi

      Telle est la loi
      
Et c’est pourquoi

      On va crever

      Dans la chambre à 

      Gaz des banquiers


      Où sont l’amour
      
Et l’amitié
      
Morte est 
La solidarité.
      
Et c’est pourquoi

      On va crever

      Dans la chambre à
      
Gaz des banquiers



      Pas de budget 

      Pour les Ecoles
      
Les hôpitaux
      
Car nos impôts
      
Vont financer 

      Les escaliers

      Vers la chambre à

      Gaz des banquiers

      C’est la guerre des
      
Voisins de paliers

      Tout est prétexte
      
À se flinguer.
      
Qu’importe puis-
      
Qu’on va crever,
      
Dans la chambre à
      
Gaz des banquiers



      oPur se venger 

      De leur lâch’té

      Ils attaquent
      
Les étrangers
      
Mais c’est ensemble
      
Qu’ils vont crever
      
Dans la chambre à

      Gaz des banquiers.

      L’argent fout l’camp

      Si vous pensez 

      que pour autant 

      La vie s’en va

      Vous gagnerez
      
De quoi crever
      
Dans la chambre à
      
Gaz des banquiers



      Pourtant
      le soleil 
de la vie
      
Continue à
      
Nous éclairer.
      
C’est pas le moment
      
De crever,

      Dans la chambre à
      
Gaz des banquiers


      La vraie vie 

      C’est la gratuité
      
J’veux plus payer
      
Pour engraisser
      
Ceux qui pensent
      
Nous envoyer

      Dans la chambre à
      
Gaz des banquiers



      L’argent qui tue 

      Va les tuer.
      
Il n’y aura
      
Qu’à les pousser

      Pour qu’ils achèvent
      
De crever,
      
Dans leur chambre à
      
Gaz des banquiers.

      Cette chanson est la seconde qu’a écrite Raoul Vaneigem. La première : La vie s’écoule :
      http://www.dailymotion.com/video/x15bmlw_la-vie-s-ecoule-fanchon-daemers-paroles-raoul-vaneigem_music


      Source et informations : http://www.campuslille.com/index.php/easyblog/entry/la-rengaine-des-resignes-par-fanchon-daemers

      #audio, #chanson #Radio_libre #Raoul_Vaneigem #Fanchon_Daemers #radio

    • Bonne nouvelle : dans son cahier de poésie, où il faut qu’elle fasse un dessin illustrant la Marseillaise, elle a mis un bonhomme qui chante avec la main sur le cœur et une main curieusement en l’air (tiré d’une vieille gravure, je crois), une dame, et un gros encadré marqué « STOPÉ LA GUERRE ».

  • Entretien du journal La Brique (printemps 2014) avec Raoul Vaneigem au sujet de la Grèce

    http://lavoiedujaguar.net/Entretien-du-journal-La-Brique

    En cogitant un numéro sur les pouvoirs (n° 39, mars-mai 2014), le journal La Brique s’est dit qu’il donnerait bien la parole à Raoul Vaneigem, qui, parti voir ce qu’il se passait en Grèce, a proposé de discuter de comment, là-bas, les Athéniens s’organisent pour lutter contre le pouvoir.

    Ce qui se passe en Grèce [dans les premiers mois de 2014] et que l’information spectaculaire s’emploie à dissimuler, c’est le début d’un mouvement autogestionnaire. Une réalité l’emporte sur les grandes déclarations théoriques et sur les idéologies. Et cette réalité est celle-ci : l’État qui, hier, se servait d’une partie des taxes et impôts des citoyens pour entretenir les écoles, les hôpitaux, les transports publics, les caisses de retraite et d’allocations sociales, escroque l’argent des citoyens pour financer les malversations bancaires. Le bien public est envoyé à la casse, on rogne sur tous les budgets pour augmenter le profit des mafias multinationales. (...)

    #Grèce #autogestion #pouvoir #résistance

  • L’obscurantisme a toujours été le mode d’éclairage du pouvoir

    Raoul Vaneigem

    http://lavoiedujaguar.net/L-obscurantisme-a-toujours-ete-le

    Il y a des choses avec lesquelles on ne rit pas. Pas assez !
    Scutenaire

    La bêtise est une bombe à fragmentation. Elle ne frappe pas seulement l’intelligence, sa cible de prédilection, elle se propage en trouant les consciences qui se mettent à pisser de partout. Celles — essentiellement gestionnaires — du monde étatique et politique ont célébré leur incontinence par des actions de grâce, qui leur étaient doublement profitables. Les notables ont pu, en toute immunité, remercier le ciel — fût-il celui d’Allah — de les avoir débarrassés d’une poignée d’irrévérencieux. Dans le même temps, ils se sont offert, avec une pompe nationale française, cléricalo-laïque et républicaine, le luxe de sanctifier en martyrs de la libre pensée des héritiers de Daumier et de Steinlen usant du droit, reconnu à chacun, de conchier en leur totalité les drapeaux, les religions, les margoulins politiques et bureaucratiques, les palotins au pouvoir (dont ceux qui jouèrent des coudes dans la manifestation ubuesque). Ils faisaient montre au demeurant de beaucoup de modération, si l’on compare Charlie à l’Assiette au beurre, au Père Peinard, à la Feuille de Zo d’Axa. (...)

    #Charlie #volonté-de-vivre #religions

    • La vie est aujourd’hui l’enjeu d’un véritable combat. Il se livre en chacun. La gueule de bois du désespoir, cet alcool frelaté, fait facilement vaciller et passer d’un comportement à son contraire, Entre résistance et passivité, on souhaiterait que la frontière fût nette. Elle ne l’est pas. Pourtant les enjeux sont clairs. La résignation et son impuissance hargneuse fabriquent avec une désolante facilité des apeurés ordinaires, des suicidaires, des tueurs, des terroristes (ainsi baptisés pour les distinguer des policiers en bavure, des milices des compagnies multinationales, des promoteurs immobiliers jetant les familles à la rue, des agioteurs multipliant le nombre de chômeurs, des ravageurs de l’environnement, des empoisonneurs de l’industrie agro-alimentaires, des juristes du Marché transatlantique dont les lois l’emporteront sur celles des nations.