person:raphaël kempf

  • UN ÉTUDIANT A ÉTÉ GRIÈVEMENT BLESSÉ LORS DE L’ÉVACUATION TRÈS VIOLENTE DE TOLBIAC PAR LA POLICE

    L’évacuation de la faculté de Tolbiac, vendredi matin, s’est déroulée dans une extrême violence de la part de la police. Un étudiant, déséquilibré par un policier, est tombé de plusieurs mètres de hauteur. Il est grièvement blessé.

    Paris, établissement universitaire de Tolbiac, reportage

    De nouvelles têtes ont investi Tolbiac. En lieu et place des habituels occupants, des CRS paradent à l’intérieur de l’enceinte, arrachant fresques, banderoles et autres traces tangibles de l’occupation qui s’y tenait depuis le 26 mars. À l’entrée du site de Paris-1, on ne trouve plus la chaleureuse porte de carton qui accueillait visiteurs de passage, militants et occupants, mais une dizaine de camions de police qui barrent complètement le trottoir.

    De l’autre côté de la rue, encore abasourdis par leur évacuation violente au petit matin, une vingtaine d’occupants font cercle, assis à même le sol, entourés par quelques dizaines de sympathisants, curieux et habitants du quartier. Certains terminent leur nuit, brutalement interrompue, dans des sacs de couchage. D’autres profitent de la solidarité des riverains, qui les ravitaillent en boissons et nourriture.

    Parmi les occupants, se trouve Lucas*, déjà rencontré quelques jours plus tôt. Les yeux mangés par le manque de sommeil, cet occupant de la première heure donne une autre version des faits que celle de la préfecture : « À cinq heures du matin, les guetteurs nous ont averti de l’arrivée de la police. Il y avait 300 CRS. Ceux à l’extérieur portaient des fusils d’assaut. Ceux à l’intérieur, des tronçonneuses, des matraques et des gazeuses. Ils ont tout défoncé, et maintenant, ils nous font porter le chapeau pour les violences qu’ils ont commises. »

    Adam*, qui participait à une ronde dans les couloirs ce soir-là, confirme les dégradations matérielles : « Quand on a entendu la police débarquer, on n’a pas eu le temps de faire grand-chose. On a cherché à fuir avec cinq autres gars, mais on s’est retrouvé coincés dans le sas des ascenseurs, derrière une porte blindée. L’un de nous connaissait le code des ascenseurs, alors on a essayé de monter le plus haut possible, vu que l’électricité était coupée. On s’est réfugié au quatrième étage, et on a attendu les flics. On les a très clairement entendus tout détruire, y compris les portes, lorsqu’ils montaient nous chercher. »

    Mais la violence ne s’arrête pas qu’aux objets. Lucas* évoque « trois-quatre blessés, dont un grave », chez les occupants, ainsi qu’autant d’interpellations pour « outrage et rébellion ». Des chiffres qui ne donnent pas la mesure du degré de violence atteint dans la nuit.

    Marion*, assise aux côtés de Lucas* et qui « formait aux premiers secours », raconte le traitement d’un des blessés qu’elle soignait par les forces de l’ordre : « Une personne blessée à la cheville avait fait un malaise. Je l’avais aussitôt placée en PLS [Position Latérale de Sécurité] et avec plusieurs camarades, on la protégeait de nos corps. Lorsque les flics sont arrivés avec leurs boucliers, je leur ai crié : “N’avancez pas ! On a un blessé !” Ils ont continué à avancer. Ils m’ont bousculé, m’ont fait tomber sur le blessé, l’ont piétiné. Je leur demandais d’arrêter, ils continuaient. Certains souriaient, j’en ai même vu filmer la scène. C’était le summum de la barbarie. »

    Sagaro*, occupant depuis dix jours, a lui aussi assisté à la scène, à laquelle il rajoute un détail crucial : le blessé était Noir. Pour Sagaro*, lui-même d’origine berbère, la police ciblait principalement les personnes racisées. Il mime les gestes des CRS : « Quand t’es français, ils te disent : “Avancez, avancez”, et te laissent tranquilles. Quand t’es pas français, ils profitent que tu passes devant eux pour te mettre un poing dans le ventre. Ça fait putain de mal… »

    Sagaro* a néanmoins réussi à fuir par l’arrière, en compagnie de quelques autres occupants. L’un d’eux n’a pas eu sa chance.

    Désiré*, présent depuis neuf jours, rapporte les détails de l’accident : « On s’échappait par les toits, à l’arrière du bâtiment, pour descendre dans une petite rue à côté. Les gars de la BAC [Brigade anti-criminalité] étaient à nos trousses. Un camarade a voulu enjamber le parapet pour se laisser glisser le long du mur. Un baqueux lui a chopé la cheville. Ç’a l’a déséquilibré, et le camarade est tombé du haut du toit, en plein sur le nez. On a voulu le réanimer. Il ne bougeait pas. Du sang sortait de ses oreilles… »

    Désiré* et ses camarades ont aussitôt appelé les pompiers, « en courant ». Emmené par les pompiers, dans un état d’inconscience, on ne sait pas dans quel hôpital il se trouve. Quoi qu’il en soit, la rue où a eu lieu sa chute demeure barrée par la police. Désiré*, qui est allé y jeter un coup d’œil, revient, fulminant de rage : « Les enfoirés ! Ils ont effacé toutes les traces de sang ! »

    * Les prénoms ont été modifiés

    • 10h00 « L’opération a été menée avec beaucoup de finesse », explique Florian Michel, directeur du centre Tolbiac, rapporte le journaliste Romain Lescurieux.

    • Vers 13h30 - La Préfecture de police affirme « qu’il n’y a eu aucun blessé lors de l’opération d’évacuation de ce matin »

    • 16h40 - Selon les témoignages recueillis par Reporterre, la police a effacé les traces de sang. Or, rappelle l’avocat Me Raphaël Kempf, citant l’article 434-4 du Code pénal : « Est puni de trois ans d’emprisonnement (...) le fait, en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité : De modifier l’état des lieux d’un crime ou d’un délit soit par l’altération, la falsification ou l’effacement des traces ou indices ».

    • 17h00 - Selon un.e membre de la Commune libre de Tolbiac et ami.e de l’étudiant blessé, contacté.e par Reporterre, son camarade a été transporté à l’hôpital Cochin, à Paris. Le personnel hospitalier lui a confirmé l’arrivée d’un étudiant de Tolbiac, inconscient. L’étudiant, inscrit à Tolbiac, est âgé d’une vingtaine d’années. Il est membre de la Commune libre.

    • 17h50 - Le syndicat Sud Santé Sociaux, en recherche d’informations auprès des établissements hospitaliers, indique à Reporterre n’avoir récolté aucune confirmation concernant l’admission d’un étudiant gravement blessé, à Cochin ou ailleurs, et évoque « un flou total ».

    https://reporterre.net/Un-etudiant-a-ete-grievement-blesse-lors-de-l-evacuation-tres-violente-d


  • Depuis 2015, l’état d’urgence grignote le droit de manifester
    https://www.mediapart.fr/journal/france/300517/depuis-2015-letat-durgence-grignote-le-droit-de-manifester

    « Dans une #France sous état d’urgence, le droit de manifester pacifiquement semble être de plus en plus perçu par les autorités comme une menace », indique un rapport d’Amnesty international. Depuis un an et demi, les autorités ont utilisé à 639 reprises les pouvoirs d’urgence pour empêcher des militants de participer à des rassemblements publics, dont 574 dans le cadre du mouvement contre la loi sur le travail.

    #Amnesty_international #état_d'urgence #La_France_sous_état_d'urgence

    • http://www.humanite.fr/rapport-letat-durgence-ete-pretexte-des-atteintes-aux-libertes-636766

      Après un an d’enquête, Amnesty International dénonce une restriction disproportionnée du droit à manifester en France en raison des mesures d’exception mises en place depuis fin 2015, qui s’est accompagnée d’une montée des violences policières.

      Manifester est un droit. Ce ne devrait pas être une menace à l’intégrité physique des personnes et à leur liberté. «  Je n’avais pas fait de manifestation depuis l’an 2000, raconte Laurent Théron, secrétaire hospitalier syndiqué SUD. À l’époque, c’était tranquille, on manifestait en famille. Ce jour-là, le 15 septembre 2016, à midi, je mangeais avec mes enfants. À 17 heures, j’avais un œil en moins.  » Laurent a été victime d’un tir de grenade de désencerclement à l’issue de la dernière manifestation intersyndicale contre la loi travail, à Paris. Ce syndicaliste est l’une des 82 personnes interviewées depuis un an par Amnesty International. Et le rapport de l’organisation non gouvernementale, dévoilé aujourd’hui, est accablant. Il dénonce le recours excessif à la force des autorités françaises et affirme sans détour que la prorogation de l’état d’urgence, cinq fois renouvelé depuis son déclenchement en novembre 2015, a restreint abusivement nos libertés et nos droits.

      «  Le but proclamé du gouvernement était de prévenir d’autres attentats, pointe Marco Perolini, l’auteur du rapport d’Amnesty International, “Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France”. Maintenant, un an et demi après, il est évident que les mesures d’urgence ont été utilisées pour un tout autre motif  : prévenir des troubles à l’ordre public et non des actes terroristes.  » Le chercheur et son équipe ont recensé 639 mesures individuelles pour empêcher des personnes de manifester entre novembre 2015 et le 5 mai 2017. «  Les raisons avancées sont très vagues, poursuit ce secrétaire international de l’ONG, basée à Londres. Frédéric s’est vu interdire de manifester dans le centre de Rennes de septembre 2016 à janvier 2017, sans qu’il lui soit reproché des faits de violence.  » Sa seule participation à différentes manifestations a suffi à le rendre «  inquiétant  » aux yeux de la préfecture.
      Des militants dans le viseur des renseignements généraux

      Maître Raphaël Kempf a ainsi défendu une dizaine de militants interdits de rassemblements, dans le viseur des renseignements généraux qui avaient rédigé des notes blanches (non signées) sur leurs comptes. Le seul défaut de ces citoyens engagés était de participer régulièrement à des manifestations. Dans la majorité des cas, l’avocat a obtenu du tribunal administratif qu’il annule ces interdictions (voir entretien ci-contre). La situation d’état d’urgence a aussi permis au bon plaisir des préfectures d’adopter 155 décrets interdisant des rassemblements publics. «  Or ces mesures n’ont rien à voir avec des menaces terroristes, dénonce Marco Perolini. Il y a un détournement de leur usage et la logique préventive est utilisée par les autorités françaises pour gérer le maintien de l’ordre.  »

      Si l’enquête d’un an, réalisée auprès de manifestants, syndicalistes, journalistes, représentants du ministère de l’Intérieur, de la Justice, de préfectures, décrit l’usage prétexte de ces mesures d’urgence pour bannir de façon injustifiée certaines personnes de manifestations ou interdire des rassemblements, Amnesty alarme sur de nouvelles stratégies de maintien de l’ordre public qui entraînent des restrictions illégales du droit à la liberté de réunion. «  Il y a eu un recours immodéré au confinement de manifestants très souvent pacifiques, accuse Nicolas Krameyer, membre des équipes d’observation d’Amnesty International sur certains cortèges. La nasse peut être autorisée dans le droit international pour séparer des manifestants violents des autres. Mais nous avons constaté que les nasses étaient employées fréquemment, sans donner d’explication, dans un but d’encerclement des manifestants totalement pacifiques, les privant de liberté de circulation et de manifestation.  » Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté d’association a dénoncé plusieurs fois cette tactique «  préjudiciable à la jouissance des droits  », tout comme en France le Défenseur des droits en 2015 à propos d’une manifestation contre le mariage pour tous.
      «  Les gendarmes fouillaient les gens et jugeaient au faciès... »

      Mariana Otero peut témoigner de cette tactique systématique. La documentariste était présente sur le pont de la Concorde le jour où un rassemblement s’est spontanément formé devant l’Assemblée nationale pour dénoncer le recours au 49-3 afin d’imposer la loi travail. «  À 16 heures, il y avait une cinquantaine de personnes, mais énormément de cars de CRS. Les gendarmes fouillaient les gens et jugeaient au faciès si vous n’étiez pas touriste, et vous obligeaient alors à rentrer dans la nasse. Les gens étaient extrêmement calmes.  » La réalisatrice sera empêchée de filmer, accusée d’avoir frappé un CRS, emmenée au commissariat… Le garçon qui s’était interposé pour la protéger sera, lui, placé en garde à vue. «  J’ai été témoin d’énormes violences des CRS. Moi-même, j’ai très peur d’aller filmer en manifestation, nous sommes dans un climat de terreur.  »

      Le rapport signale un «  recours excessif voire arbitraire à la force  » par les autorités, l’usage «  non nécessaire  » de matraques, gaz, balles en caoutchouc, grenades. Nicolas Krameyer s’inquiète de la banalisation de l’usage de la force et du renforcement du sentiment d’impunité des forces de l’ordre. «  J’ai été opéré il y a un mois du genou, et je sens les séquelles de l’agression au quotidien, témoigne Gildo, agent territorial syndiqué CGT. Le médecin du travail m’a obtenu un aménagement de poste au travail. Je ne cours plus depuis un an. En vingt-cinq ans de manifestations, je n’ai jamais vécu ça. On m’a ceinturé, on a essayé de m’asphyxier mais ma plainte contre les policiers à l’IGPN (l’Inspection générale de la police nationale – NDLR) a été classée sans suite. Moi, je passe en procès le 8 juin.  »

      «  Le gouvernement a tellement voulu faire passer la loi travail qu’il a tenté d’écœurer les manifestants, réagit Véronique Poulain, de SUD commerces et services, blessée au pied par une grenade de désencerclement le 26 mai 2016. Une copine, en voyant des reportages en Allemagne, a cru que nous étions en guerre civile  ! Avec les ordonnances prévues par Macron, il y aura forcément d’autres manifestations. On va se faire gazer. Mais manifester est un droit. Les forces de l’ordre sont là pour protéger les citoyens, pas pour s’en prendre à eux.  » Le gouvernement français doit lever l’état d’urgence, réclame en conclusion Amnesty International. En réponse, le nouveau président a déjà annoncé vouloir le prolonger jusqu’en novembre.

      Des organIsatIons appellent au retour au droIt commun

      Dans une lettre adressée au président de la République, plusieurs organisations de la société civile (le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature, la Ligue des droits de l’homme, la Quadrature du Net, Amnesty International…) appellent à la nonprorogation de l’état d’urgence. «  Nous tenons  par ailleurs à vous rappeler  le coût social, politique et  institutionnel très élevé de  l’état d’urgence qui autorise  des mesures impliquant  des atteintes graves aux  libertés individuelles sans  contrôle en amont du juge  judiciaire et sans que   le contrôle a posteriori   du juge administratif  permette de compenser  cette absence de contrôle   a priori. Un régime  d’exception ne saurait   durer si longtemps  impunément pour   la République et ses  citoyens », écrivent-elles.

      Kareen Janselme
      Journaliste, rubrique social


    • Un sociologue de 35 ans, Nicolas Jounin, a été condamné jeudi à Bobigny à six mois de prison avec sursis pour avoir frappé un policier au printemps lors d’une manifestation contre la loi Travail, des faits qu’il dément.

      D’après le témoignage d’un commissaire de police. Estimant qu’il était « venu avec l’intention d’en découdre », le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis. « Mon client se réserve le droit de faire appel », a réagi auprès Me Raphaël Kempf. L’avocat, qui juge que « la relaxe s’imposait », dénonce notamment le fait que la décision du tribunal ne s’appuie que sur le témoignage d’un commissaire de police, « qui présente des contradictions ».


  • Interdictions de manifester, un récit rennais
    https://lundi.am/Interdictions-de-manifester-un-recit-rennais

    Nous avions évoqué dans notre édition du 14 septembre la création d’un collectif d’interdits de manifs qui appelait tous leurs co-interdits à s’unir. La semaine dernière, nous avions aussi publié une interview de Raphaël Kempf et Aïnoha Pascual, deux avocats très impliqués contre cette mesure d’exception de plus en plus souvent utilisée. Cette semaine, en collaboration avec le collectif interdits de manif nous publions témoignage rennais, ainsi qu’un manuel de défense. Mais que fait le gouvernement avec (...)

    « https://interditsdemanif.noblogs.org »


  • Interdictions de manifester, comment les combattre ?
    https://lundi.am/Interdictions-de-manifester-comment-les-combattre

    Nous avions évoqué dans notre édition du 14 septembre la création d’un collectif d’interdits de manifs qui appelait tous leurs co-interdits à s’unir. La semaine dernière, nous avions aussi publié une interview de Raphaël Kempf et Aïnoha Pascual, deux avocats très impliqués contre cette mesure d’exception de plus en plus souvent utilisée. Cette semaine, en collaboration avec le collectif interdits de manif nous publions ce manuel de défense ainsi qu’un témoignage rennais. Les interdictions de « manifester (...)

    « https://interditsdemanif.noblogs.org »
    « http://interditsdemanif.noblogs.org/files/2016/09/R%C3%A9f%C3%A9r%C3%A9-libert%C3%A9-%C3%A0-remplir.pdf »
    « https://interditsdemanif.noblogs.org/files/2016/09/R%C3%A9f%C3%A9r%C3%A9-libert%C3%A9-%C3%A0-remplir.pdf »


  • Des bêtes à la barre
    Les animaux ont-ils droit à un avocat ?

    Par Raphaël Kempf

    http://jefklak.org/?p=3228

    Dernièrement, des députés français se sont demandé si les bêtes étaient en droit des « biens meubles » comme les autres, pour finalement leur accorder le statut enviable d’« êtres vivants doués de sensibilité ». Un juge de San Francisco a, quant à lui, considéré que la loi sur les droits d’auteur ne pouvait s’appliquer à un macaque qui s’était pris en photo avec un appareil volé. Jef Klak – dont le dernier numéro papier disponible en librairies, « Selle de ch’val » interroge notre relation aux animaux non humains – revient ici sur les exemples historiques de procès d’insectes nuisibles et autres animaux criminels, quand la justice des hommes considérait les bêtes sujets de droit.



  • « Le voile islamique est un fossile vivant
    qui se porte comme un charme »

    Histoire des régimes de visibilité
    dans les cultures musulmanes et chrétiennes.

    Entretien avec Bruno Nassim Aboudrar

    Propos recueillis par Raphaël Kempf

    http://jefklak.org/?p=2823

    Et si le voile islamique masquait davantage la vue de celui qui le regarde que de celle qui le porte ? Professeur d’esthétique à la Sorbonne-Nouvelle (université Paris 3), Bruno Nassim Aboudrar vient de publier Comment le voile est devenu musulman (Flammarion, 2014), ouvrage qui explore la manière dont le regard travaille le monde, en islam et dans la chrétienté. Disséquant la peinture et la photographie orientalistes, l’auteur montre comment un certain regard colonial, révulsé par le voile, continue de se poser sur ce bout de tissu devenu l’image de l’islam, paradoxalement religion sans image.


  • États-Unis : Les flics américains, de vrais petits soldats
    par Raphaël Kempf
    http://cqfd-journal.org/Etats-Unis-Les-flics-americains-de

    Landy Black est fier de son nouveau jouet : un véhicule blindé, résistant aux mines et pouvant essuyer sans danger des tirs nourris. Plus connu sous le nom de MRAP (mine resistant, ambush protected), ce mastodonte surmonté d’une tourelle vaut la bagatelle de 700 000 dollars. Le chef de la police de Davis, une ville universitaire proche de Sacramento, en Californie, en a vanté les mérites auprès du conseil municipal en août 2014. Obtenu gratuitement, rappelle-t-il aux édiles, il s’agit « d’une version légère des blindés que l’armée a utilisés en Afghanistan ». Et Landy Black lui trouve de nombreuses qualités : il consomme peu, est en bon état et permettra à sa police de mieux faire face à tout type d’événements comme en cas de tuerie de masse ou encore si ses subordonnés doivent essuyer des attaques armées. Il reconnaît toutefois à demi-mots que sa capacité de résistance aux mines ne devrait guère lui être utile…

    #militarisation_police


  • Sous les révoltes arabes | Raphaël Kempf (La Revue des Livres)
    http://www.revuedeslivres.fr/sous-les-revoltes-arabes

    La plupart des commentateurs occidentaux, dont la vision est déformée par l’idéologie du « choc des civilisations » et l’islamophobie ambiante, ont perçu les révoltes arabes comme des « miracles » incompréhensibles. Une multitude d’observateurs décrivent pourtant depuis plusieurs années les transformations profondes qui bouleversent les sociétés arabes et témoignent de leur vitalité, en dépit de la chape de plomb imposée par des États autoritaires. Ces analyses peuvent-elles nous aider à comprendre les événements de l’année 2011 ? C’est la question à laquelle cet article s’efforce de répondre, en s’attachant au cas égyptien, à travers la lecture de Life as Politics d’Asef Bayat. Source : La Revue des Livres


  • Racines ouvrières du soulèvement égyptien | Raphaël Kempf
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/03/KEMPF/20245

    De nombreuses grèves ont préparé le mouvement du 25 janvier. Après la chute de M. Hosni Moubarak, les ouvriers revendiquent une amélioration de leurs conditions de vie et le droit de s’organiser. / Égypte, #Inégalités, Mouvement de contestation, #Syndicalisme, #Travail - (...) / Égypte, Inégalités, Mouvement de contestation, Syndicalisme, Travail - 2011/03

    #Égypte #Mouvement_de_contestation #2011/03