person:rosa parks

  • Paris, hier.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/011218/les-gilets-jaunes-debordent-dans-les-rues-de-paris

    « La mobilisation parisienne a tourné en manifestation sauvage, se mêlant parfois au défilé syndical de la CGT, mais elle fut surtout rejointe par des militants de tous horizons, pour finir dans un nuage de lacrymogènes au centre de la capitale.

    Cette fois, c’était promis, les choses se passeraient dans le calme. Ce samedi 1er décembre à Paris, le dispositif policier serait à la hauteur, et la capitale ne connaîtrait pas les scènes d’émeutes qui ont marqué les Champs-Élysées samedi 24 novembre. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait évoqué des points d’entrée rigoureusement contrôlés par les policiers, qui devaient fouiller les sacs et ne laisser passer que des manifestants pacifiques, pour garantir sérénité et sécurité aux « gilets jaunes », appelés à manifester sur les Champs-Élysées pour le troisième samedi consécutif, à 14 heures.

    Rien de tout cela ne s’est produit. La situation a dégénéré dès 10 h 30, quand les forces de l’ordre utilisaient déjà à plein gaz lacrymogènes et canons à eau, dans des situations guère éloignées de la guérilla urbaines (lire notre reportage près de la place de l’Étoile). Vers 11 heures du matin, Christophe Castaner en était déjà réduit à donner le chiffre ubuesque de « 200 manifestants pacifiques et 1 500 perturbateurs », alors que les personnes qui s’en prenaient au même instant aux forces de l’ordre ne pouvaient pas, loin de là, êtres rangées dans la classique catégorie des casseurs, qu’ils soient issus des Blacks blocs ou de l’extrême droite (même si certaines de ses figures étaient présentes).

    À 18 heures, le gouvernement annonçait 75 000 manifestants dans toute la France, mais aucun dispositif cohérent n’aura été en mesure de compter le nombre de « gilets jaunes » ou de syndicalistes parcourant Paris. Au fil des heures, des milliers de manifestants se sont retrouvés en de nombreux points de la capitale, un peu partout dans une bonne moitié de la rive droite. La préfecture de police de Paris dénombrait en fin de journée une centaine de blessés, dont 14 parmi les forces de l’ordre, un fusil d’assaut volé dans une voiture de police et 263 interpellations.

    En conséquence des sérieux affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l’ordre du début de la matinée à la fin de l’après-midi sur les Champs-Élysées, des centaines et des centaines de « gilets jaunes » ont été refoulés lorsqu’ils ont voulu rejoindre le point de rendez-vous prévu. L’après-midi qui a suivi a donné lieu à de très inhabituelles séances de déambulations collectives dans les rues de Paris, traversées de brusques accès de tension, de scènes de panique, de débordements divers, mais aussi de quelques rencontres improvisées avec les manifestants plus aguerris qui avaient prévu de mener leurs cortèges dans l’après-midi, soit avec, soit à côté des « gilets jaunes ».

    À 13 heures, devant le parvis de la gare Saint-Lazare, un soutien est déjà en train de taguer « Justice pour Adama » sur des bâches de plastique jaunes. Autour de lui, des membres du désormais célèbre collectif contre les violences policières, des syndicalistes, des « gilets jaunes » de la région parisienne ou des militants de la première heure du mouvement social, qui se sont donné rendez-vous là en début de semaine, mais sont déjà un peu perdus.

    « Les “Nuit debout”, ils sont où ? interroge une vieille dame. C’était dur de choisir où aller ce matin… » « De toute façon, c’est le bordel partout, lui répond son compagnon. Sur les Champs-Élysées, ils sont au régime “canons à eaux” depuis trois heures… » Janos, un Franco-Hongrois, peste contre la scission du mouvement anti-raciste entre Nation (où défile le mouvement Rosa Parks) et Saint-Lazare. Julien peste lui contre la scission du mouvement social entre la CGT à Bastille et les « gilets jaunes » partout ailleurs. « Il y a une fenêtre qui s’ouvre là, faut y aller ! »

    Comme cela a été régulièrement constaté ces trois semaines dans cette mobilisation, des primo-manifestantes sont également présentes, hôtesses d’accueil, aides-soignantes, profs… « Je peux pas faire grève. J’élève seule mes trois enfants. Mon travail, c’est tout ce qu’il me reste, explique Rahma. Venir le samedi, c’est la seule manière pour moi de montrer ma colère. » Les banderoles des unes et des autres se déploient, celles des étudiants de Tolbiac, celle rose potache du CLAQ (Comité de libération et d’autonomie queer) et bien sûr celle du comité Adama. Le plan jusque-là est toujours de se diriger le plus possible vers les Champs-Élysées, pour rejoindre le gros des « gilets jaunes ».

    De fait, rien ne se passera comme prévu. Car ce sont les « gilets jaunes » qui viennent chercher Saint-Lazare. Des centaines d’entre eux déboulent du boulevard Haussman au son de « Macron démission ». L’objectif, saisi à la volée, semble être le Louvre, mais le cortège se forme et se reforme, au fil des rues commerçantes du centre de Paris. « On va se faire un petit “Black Friday” » lance en criant un participant, pour rire, en passant tout près des grands magasins tout illuminés.

    « On s’est fait gazer ce matin, et depuis, on suit le mouvement, expliquent des amis « gilets jaunes » venus de Dordogne. Aucun ne connaît Paris et ils marchent presque en touristes. « Il paraît même qu’on peut visiter », dit l’un d’entre eux, en arrivant devant l’Opéra. L’avenue est noire de monde jusqu’au Louvre. Il est 14 heures et la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris s’est déjà transformée en une grande manifestation sauvage dans les rues de la capitale. « Les flics doivent être débordés, on en voit pas un seul… Personne ne nous arrête ! » s’étonne un cheminot de la CGT. Les clients du très chic Café de la paix sont sidérés, alors que les voitures s’arrêtent, pour laisser passer la foule.

    Des rues s’échappent des « grève générale ! », des « anti, anti-capitalistes ! » et autres « tous ensemble ! », slogans connus des cortèges de tête syndicaux de ces dernières années. Sauf que les « gilets jaunes » sont partout et font la masse. Comme cet ingénieur automobile, « très, très en colère », de la région parisienne, qui défile seul, ayant perdu ses compagnons en route. « Le diesel, ça fait 20 ans que l’on sait que c’est dangereux. Qui nous a poussés à en bouffer à toutes les sauces ? On crache du CO2, mais on coupe les arbres à tour de bras, de qui se moque-t-on ? Moi je veux aller à l’Élysée, pour lui dire, droit dans les yeux, à Macron, que ce n’est plus possible de continuer comme ça. »

    Sauf que la déambulation dans les rues de Paris se complique, une partie des forces de l’ordre désertant manifestement les Champs-Élysées pour tenter de remettre de l’ordre dans le centre de Paris. Car les manifestants marchent au milieu des cars de touristes, des passants des paquets plein les mains, des familles, qui regardent (et filment) le cortège, certains derrière les grilles du marché de Noël, installé dans le jardin des Tuileries.

    Les « gilets jaunes », souvent non familiers de la capitale, virent des bords, ne sachant guère ou aller, et la plupart des accès pour sortir du quartier sont désormais bloqués par les gendarmes mobiles. « Faut pas partir à Bastille, il n’y a personne là-bas ! » crie un jeune homme, très équipé, avec masque à gaz, sweat-shirt noir et gilet jaune. Il essaie de dévier le flux vers la cour du Louvre, sans grand succès. Une partie des manifestants décide néanmoins de tenter de rejoindre l’autre mouvement du jour, le défilé CGT.

    Le syndicat avait en effet annoncé sa traditionnelle manifestation des précaires et des privés d’emploi depuis des semaines, entre la place de la République et celle de la Bastille, et a finalement attiré bien au-delà des militants qui participent classiquement à ce défilé. Dans le métro arrivant place de la République, des dizaines de « gilets jaunes » peuplent les rames qui arrivent régulièrement. Certains sortent à l’air libre, vers un espace libéré des gaz lacrymos, d’autres repartent, direction les Champs-Élysées, tous chantent « Macron, démission ! » Au départ du cortège, on trouve aux côtés des gilets rouges syndicalistes, de très nombreux gilets jaunes, pas seulement frappés du logo CGT.

    « Ici, c’est les pas-contents organisés, on se fera moins casser la gueule ! » rigole Franck, qui a entamé la conversation avec Marité, René et Magali, qui ne se connaissaient pas dix minutes plus tôt, mais qui ont vécu la même séquence d’événements et font les mêmes récits que leurs homologues ayant fui vers les grands boulevards.

    « On est venus ce matin aux Champs-Élysées et, lorsqu’on a voulu approcher des points d’entrée, on a immédiatement été inondés de lacrymogènes, déjà 300 mètres avant les checkpoints », raconte Franck, venu de Seine-et-Marne. La colère à peine contenue, il lâche que « Macron, il laisse gazer son peuple, comme Bachar el-Assad ! »

    Marité, retraitée venue de Rosny-sous-Bois, répète encore et encore : « Je demande pardon d’avoir voté Macron, je me dénonce devant la CGT ! » Elle a travaillé 42 ans, son mari 44, ils touchent à deux 2 900 euros de retraite et ne décolèrent pas. Elle détaille la pancarte qu’elle porte sur le dos : « En 2018, la hausse de la CSG nous a fait perdre 460 euros, et l’abattement de 30 % de la taxe d’habitation nous a rapporté 410 euros, c’est une perte nette de 50 euros ! »

    Longtemps après que les manifestants de la CGT, accompagnés de cortèges de Sud et de la FSU, ont quitté la place, des « gilets jaunes » arrivent à République, y restent quelque temps, puis repartent. Stéphane, Morgane et Marion viennent eux aussi de Seine-et-Marne. « On est venus, mais on ne savait pas où se poser. Aujourd’hui, c’est un peu partout dans Paris », glisse Stéphane. « On voulait être présents, mais sans être assimilés aux casseurs des Champs-Élysées », indique Morgane.

    En quelques minutes de conversation, les trois amis dénoncent les travaux pour la piscine au fort de Brégançon, la rénovation de la salle des fêtes de l’Élysée, la taxe carbone, « qui ne sert presque pas à la transition écologique », « les efforts qu’on demande toujours aux mêmes, aux petits », et dénoncent même les allocations obsèques offertes aux députés, « alors que toi, tu dois prendre un crédit pour payer le cercueil de ta grand-mère ». Les dents serrées, Morgane lance une phrase dont on entend des déclinaisons depuis le début du mouvement, un peu partout en France : « Marie-Antoinette s’est gavée elle aussi juste avant la Révolution. Et on lui a coupé la tête. »

    Dans le cortège de la manifestation CGT, on retrouve les marqueurs habituels de ce type de défilé. La sono envoie du Bernard Lavilliers, les slogans dénoncent la réforme de l’ISF et appellent à « éradiquer la pauvreté, [car] il n’y a pas de fatalité ! » Mais le speaker au micro du petit carré de la CGT Seine-et Marne répète aussi, dans un français fautif mais terriblement explicite, « Convergeons la colère ! »

    Pour converger, au milieu des militants syndicaux, Laurent, salarié d’Air France, a décidé de poser un jour de grève. « Je suis pour que les luttes se mettent ensemble et pour une fois, on voit que pas mal de gens, de colères, s’agrègent, s’enthousiasme-t-il. Alors, je me suis dit que suivre la CGT était pas mal, elle qui connaît bien la lutte sociale. »

    À ses côtés, une jeune femme décidée et tout de noir vêtu ne veut pas donner son prénom mais se revendique « anonyme parmi les anonymes » : « Je suis salariée d’un grand groupe français, je rejoins le mouvement de ceux qui en ont marre de tout, je veux qu’on me respecte, qu’on m’écoute. Avec le même salaire, il y a dix ans, je vivais beaucoup mieux, aujourd’hui, je m’en sors tout juste. »

    Au hasard des rues, entre République et Nation, des « gilets jaunes » auront aussi pu croiser le cortège du collectif Rosa Parks, qui avait choisi de longue date ce samedi pour manifester contre « le racisme et le néolibéralisme ». Fort de seulement quelques dizaines de personnes à Nation à 14 heures, le défilé a atteint un millier de participants une heure plus tard en arrivant place Léon Blum, devant la mairie du XXIe arrondissement. On y trouve quelques figures connues, l’organisateur Omar Slaouti, la militante antiraciste Sihame Assbague, la figure des Indigènes de la République Houria Bouteldja, l’historienne Ludivine Bantigny.

    Les slogans, explicites, dessinent les combats de ces hérauts de l’antiracisme opposés à « l’universalisme » défendu par de nombreux intellectuels français : « La loi contre le voile, contre la burqa, on n’en veut pas ! Les “Je suis Charlie”, on n’en veut pas ! Les Badinter, les Fourest, les Finkielkraut, on n’en veut pas ! L’islamophobie, ça suffit ! »

    Une belle place est faite à l’association Droit au logement, aux adversaires de la Françafrique, à la coordination des sans-papiers, dont les slogans sont acclamés. Éric Beynel, le co-porte parole du syndicat Solidaires, est dans les rangs pour démarrer son après-midi, avant de se rendre ailleurs dans les rues de Paris. « On sent une vraie révolte, constate-t-il. Et l’absence de réponses concrètes du gouvernement et du président ne peut qu’entretenir cette révolte. »

    Retour vers Concorde, où des médias télé se font huer. « Usurpateurs », crient les manifestants, furieux d’être assimilés, selon eux, à des casseurs, alors que les premiers chiffres circulent sur la mobilisation du jour à Paris. « On voulait aller calmement manifester. Je suis venu en train, j’avais ma carte d’identité dans la poche. On s’est pris tellement de lacrymos qu’on a détalé comme des lapins », raconte un « gilet jaune » d’une cinquantaine d’années. Il sort une cartouche en caoutchouc de sa poche : « Voilà ce qu’on s’est pris, des tirs de Flash-Ball ! C’est qui les casseurs ? » Deux femmes, qui cherchent encore dans quel sens aller, opinent du chef.

    Et alors que le ciel au-dessus de la grande roue se noircit de la fumée des voitures incendiées, au point de friction entre les plus remontés et les forces de l’ordre, et que l’air sature à force de gaz lacrymogènes, certains poursuivent leurs discussions, imperturbables : « Si on lance un processus de destitution, ça peut faire avoir un effet », assure l’un, quand une autre se lamente : « Notre problème, c’est que nous ne sommes manifestement pas d’accord sur tout. Je ne vous connais pas mais j’imagine qu’on n’a pas voté pareil… Mais ce qui nous rassemble, c’est quand même que tous ici on trouve anormal de ne pas pouvoir vivre correctement avec un Smic, non ? » Un homme et sa belle-sœur, venus de l’Oise par le train de l’après-midi, laissent filtrer leur amertume et leurs idées politiques : « Il n’y a pas beaucoup de migrants avec nous ici, pourtant, avec tout l’argent qu’ils touchent ! »

    La réponse des forces de l’ordre finit par porter ses fruits et les « gilets jaunes » côté Concorde se dispersent à nouveau dans les rues adjacentes, vers 17 heures. Les gens courent dans tous les sens. Une passante demande, innocemment, rue Caumartin, qu’on lui indique où se trouve l’hôtel du Ritz, des paquets dans les mains. « Alors là, madame, pour le Ritz, ça va être compliqué… », répond le seul non-« gilet jaune » du trottoir. Sur Haussmann, que l’on avait quitté deux heures plus tôt, la situation s’est considérablement tendue. Des camions de CRS barrent le boulevard et les consignes sont donnés par mégaphone : « Dispersez-vous. Les personnes repérées en train de jeter des projectiles s’exposent à des tirs de gaz lacrymogènes. »

    Vers 16 h 30, alors que le crépuscule arrive déjà, l’ambiance devient à contrario étrangement calme place de la Bastille. Les bataillons syndicaux du cortège CGT ont disparu depuis une bonne heure. Mais des grappes de « gilets jaunes », une petite centaine peut-être, sont répartis sur toute la place, avec un attroupement prononcé au milieu du rond-point, sous la colonne de Juillet. Pas un policier en vue pendant de longues minutes, alors qu’au croisement avec le boulevard Henri IV, certains manifestants ont profité d’une rue en travaux pour monter une barricade très étendue.

    Soudainement, plusieurs cars de police arrivent et la tension monte d’un cran. À peine débarqués et sans ménagement, les policiers chassent les « gilets jaunes » de leur position sous la colonne, dans un grand nuage de lacrymos. Ils se tournent ensuite vers ceux qui tiennent la barricade. L’incompréhension est totale de la part des manifestants qui observent la scène : « Nous, on est pacifiques, et ils viennent pour nous dégager… Comme ça, ça fait des images pour BFM, voilà », glisse l’un d’eux, avant de tourner les talons, à la recherche d’un autre lieu de rassemblement.

    Et la journée n’est pas finie : plusieurs magasins, dont les Galeries Lafayette et le Printemps, ont été évacués en fin d’après-midi. Selon Le Monde, des personnes s’en sont pris en début de soirée au palais Brongniart, qui accueillait autrefois la Bourse de Paris, dans le IIe arrondissement parisien. Selon les constatations de journalistes sur place, des vitrines sont brisées et des boutiques pillées rue de Rivoli. En début de soirée, les policiers semblaient reprendre le contrôle de la place de l’Étoile, où des centaines de manifestants étaient encore présents. Les barricades montées au nord de la place de la Concorde étaient en cours de démontage. La maire de Paris a fait part de sa « profonde indignation » face aux violences dans la capitale.

    Repoussée et bloquée sur toutes les avenues menant à l’Étoile, la foule des manifestants est redescendue vers Saint-Lazare par le boulevard Haussman, où les barricades ont été nombreuses. Aux abords de la gare, les forces de l’ordre ont chargé à cheval. « Ce sont des chevaux qui n’ont peur de rien, ils sont éduqués pour », témoigne une « gilet jaune » venue avec sa fille d’une vingtaine d’années. « Les femmes descendent dans la rue, et même toutes seules, ça devrait interpeller les gens non ? Un peuple heureux ne se soulève pas. » Vers 18 h 30, des groupes de deux à trois cents personnes continuaient de renverser des voitures et d’ériger des barricades à proximité des Champs-Élysées, poursuivis par la police.

    Sous terre, c’est à peine mieux. Les agents de la RATP égrènent la longue liste des stations de métro fermées au public, sur une large partie de la rive droite. Les gens vont et viennent dans les couloirs, de plus en plus fâchés. Sur la ligne 8, un « gilet jaune » brandit un bout de carton, sur lequel il a écrit « Initiative législative citoyenne », et tente de lancer la discussion avec les passagers. Une femme décline son offre : « Non, merci, mais si vous voulez bien me dire comment rentrer chez moi, je ne suis pas contre. » »


  • Gilets jaunes, cheminots, collectifs antiracistes ou précaires : les appels à converger vers les Champs-Elysées ce 1er décembre
    https://www.bastamag.net/Gilets-jaunes-cheminots-collectifs-antiracistes-ou-precaires-les-appels-a

    Alors que des gilets jaunes appellent à se mobiliser à nouveau sur les Champs-Elysées le 1er décembre, des cheminots ainsi que le Comité Adama invitent à se joindre à eux. Deux autres mobilisations, l’une contre le chômage et la précarité, l’autre « pour exiger égalité et dignité pour tous et toutes » à l’initiative du collectif Rosa Parks, sont également prévues. Retrouvez les différents lieux de rassemblements, dans un contexte où des lycéens veulent poursuivre le blocage des lycées dès le 3 décembre, et que (...)

    ça bouge !

    / Démocratie !, #Luttes_sociales, #Syndicalisme

    #ça_bouge_ ! #Démocratie_ !

    • Pourquoi les Champs-Elysées ?
      C’est pas leur monde.

      le blocage des zones commerciales, des entrepôts, des péages . . . . ça les touche directement au portefeuille et ça leur fait peur, vraiment peur.
      Faire changer les choses, c’est pas faire des vidéos pour TF1.


  • Avec les « Rosa Parks », contre le #Racisme d’État
    https://nantes.indymedia.org/articles/43737

    Trente-cinq ans après les « Marches pour l’égalité », treize ans après la mort de Zyed et Bouna dans le transformateur de Clichy et la révolte des banlieues, un appel est lancé par un collectif qui prend le nom de Rosa Parks, célèbre héroïne des droits civiques : « Le 30 novembre, c’est sans nous ! Le 1 er décembre, c’est 100 % nous ! » (1) Autrement dit, après avoir marqué, par la grève ou l’abstention, le vide que creuserait leur absence de la vie sociale, ceux qui se définissent comme « héritiers de l’immigration coloniale » et « victimes de discours et d’actes racistes dont le caractère structurel fait système » reparaîtront pour « occuper la place », réclamant « égalité et dignité pour tous et toutes ». Je forme des vœux pour que cette initiative originale soit un succès, et voici (...)

    #Répression #Resistances #contrôle #social #/ #actions #directes #immigration #sans-papieres #frontieres #Racisme,Répression,Resistances,contrôle,social,/,actions,directes,immigration,sans-papieres,frontieres


  • BALLAST | Omar Slaouti : « Nous organiser »
    https://www.revue-ballast.fr/omar-slaouti-nous-organiser

    Le collectif Rosa Parks appelle à une grève antiraciste, celle des « héritiers de l’#immigration_coloniale », le 30 novembre prochain. À quitter, le temps d’une journée, les lieux de travail et de scolarisation, les réseaux sociaux et les espaces de consommation — pour réapparaître, le lendemain, sur les grandes places des villes de France. Pour parler de cette mobilisation, nous retrouvons, au lendemain de l’émeute des gilets jaunes sur l’avenue des Champs-Élysées et à la veille du soutien que le Comité Adama apporte à ces derniers, l’un des porte-parole du collectif dans les locaux de l’Association des travailleurs maghrébins de France : Omar Slaouti, militant et professeur de physique-chimie à Argenteuil.

    • Les corps intermédiaires doivent entendre qu’ils ne sont plus ceux qui donnent le la. Et c’est une très bonne nouvelle. Et certains ont la rage ! Ils ne comprennent plus, ils ne supportent plus de perdre la main. C’est la particularité de cette période : la spontanéité, l’auto-organisation et le questionnement des organisations traditionnelles — ce qui ne veut pas dire, en rien, qu’elles sont inutiles. Elles ne peuvent simplement plus dire quand démarre la grève et quand elle doit cesser. Il faut désormais conjuguer ces deux dynamiques.

      Un exemple : les gilets jaunes mettent le feu aux Champs-Élysées et on entend des gens, blancs et à visage découvert, nous expliquer que cette colère est des plus légitimes ; à La Réunion, on a, pour bien moins, des dispositifs policiers fous et des violences incroyables. L’État et son bras armé, la police, ne sont pas les seuls dans l’affaire : le monde journalistique sait lui aussi différencier.

      Des gilets jaunes au(x) gants noirs : égalité, justice, dignité ou rien !
      Collectif Rosa Parks, Mediapart, le 21 novembre 2018
      https://blogs.mediapart.fr/collectif-rosa-parks/blog/211118/des-gilets-jaunes-aux-gants-noirs-egalite-justice-dignite-ou-rien

      Disons-le clairement : il n’y aura pas de front large contre le régime de Macron ou contre le fascisme qui s’annonce si l’immigration et les banlieues qui constituent quelques millions d’âmes sont ignorées.

      #Omar_Slaouti #Rosa_Parks #Gilets_Jaunes #racisme #banlieues


  • 30/11 : c’est sans Nous ! 01/12 : c’est 100 % Nous !
    https://nantes.indymedia.org/articles/43519

    « Contre la gestion raciale des populations qui ne peut que provoquer la dislocation du lien social, voire injecter le poison de la guerre civile, NOUS, citoyens français, militants associatifs, politiques ou syndicaux, travailleurs, chômeurs, NOUS, Noirs, Marrons, Rouges, Jaunes, Gris, Blancs et pas très clairs, décidons de faire la grève de la France le 30 novembre et le lendemain, de célébrer une France de la justice et de la dignité, à l’appel le collectif Rosa Parks. »

    #antifascisme #paris


  • #Claudette_Colvin: The 15-year-old who came before Rosa Parks - BBC News
    http://www.bbc.com/news/stories-43171799

    n March 1955, nine months before Rosa Parks defied segregation laws by refusing to give up her seat to a white passenger on a bus in Montgomery, Alabama, 15-year-old Claudette Colvin did exactly the same thing. Eclipsed by Parks, her act of defiance was largely ignored for many years. She herself didn’t talk about it much, but she spoke recently to the BBC.

    “There was segregation everywhere. The churches, buses and schools were all segregated and you couldn’t even go into the same restaurants,” Claudette Colvin says.

    “I remember during Easter one year, I was to get a pair of black patent shoes but you could only get them from the white stores, so my mother drew the outline of my feet on a brown paper bag in order to get the closest size, because we weren’t allowed to go in the store to try them on.”

    #états-unis #racisme #droits_civiques


  • Time’s Up ? « LRB blog
    https://www.lrb.co.uk/blog/2018/01/16/sophie-smith/times-up

    Reese Witherspoon announced that she ‘will now officially divide time like this: “Everything that happened before @Oprah speech : Everything that will happen after”.’ The workers she stood alongside might disagree. Monica Ramirez of the Alianza Nacional de Campesinas pointed out that ‘Farmworker women … have a long history of combating workplace sexual violence.’

    The problem with thinking in terms of breaks and moments is that it risks obscuring not just how tedious the work of politics can be, but also the mismatch between the occasional swiftness of democratic politics and the slow rate of structural change. On the whole – in the absence of war, revolution or crisis – socioeconomic shifts come incrementally. Oprah reminded her audience that Rosa Parks worked for the NAACP long before she kept her seat on the bus. That moment after which nothing could be the same was the result of slow-burning grassroots organisation.

    History may not be the only thing at issue between these groups of women. The #Time’s_Up movement uses the language of radical left-wing politics. But it has yet to do radical left-wing politics. Whether or not this happens will determine whether Time’s Up’s invocations of ‘solidarity’ and ‘structural change’ represent something more than the mere co-option of leftist rhetoric. Talk of ‘exploitation’ is a case in point. Sexual exploitation is itself bound up with wider power differentials, not just between men and women, but between rich and poor.

    #posture #politique


  • #Recy_Taylor, Who Fought for Justice After a 1944 Rape, Dies at 97

    Recy Taylor, a 24-year-old African-American sharecropper, was walking home from church in Abbeville, Ala., on the night of Sept. 3, 1944, when she was abducted and raped by six white men.

    The crime was extensively covered in the black press and an early catalyst for the civil rights movement. The N.A.A.C.P. sent a young activist from its Montgomery, Ala., chapter named Rosa Parks to investigate. African-Americans around the country demanded that the men be prosecuted.
    But the attack, like many involving black victims during the Jim Crow era in the South, never went to trial. Two all-white, all-male grand juries refused to indict the men, even though one of them had confessed.


    https://www.nytimes.com/2017/12/29/obituaries/recy-taylor-alabama-rape-victim-dead.html
    #histoire #résistance #viol #USA #Etats-Unis #racisme #viols #femmes #femmes_noires #intersectionnalité


  • Kashink, street artiste rebelle et insolite
    http://www.barbieturix.com/2017/10/25/kashink-street-artiste-rebelle-et-insolite

    On vous avait déjà parlé de cette artiste engagée lorsque l’on évoquait les grandes figures féminines du street art, milieu encore quasi exclusivement masculin. En effet, loin des traditionnels graffs girly, Kashink a toujours préféré peindre des têtes de morts à la mexicaine ou encore d’immenses visages colorés aux yeux multiples, souvent surmontés de punchlines féministes (« Girls just wanna have fun-damental rights »). D’origine slave et hispanique, Kashink a baigné dans un univers artistique fait de tatouages, de musique et de comics (son nom d’artiste provient d’ailleurs d’onomatopées qu’elle avait pu lire dans les bulles de comics). Après de longues études et un début de carrière dans les RH, elle envoie tout valser pour se consacrer à la pratique artistique, notamment la peinture sur mur (peinture acrylique ou à la bombe) et les collages.

    Aujourd’hui, Kashink est une trentenaire atypique : tous les jours, elle dessine deux lignes fines au-dessus de ses lèvres en guise de moustache, cassant ainsi les stéréotypes masculin/féminin, elle a également défendu le mariage pour tous en montant le projet “50 cakes of gay”, peignant ainsi plus de 300 “gâteaux pour tous” en France, aux USA, en Espagne ou encore en Autriche, et elle continue de se battre pour les droits des minorités. Elle parle d’ailleurs elle-même de funtivism, contraction de fun et activisme, pour décrire son travail engagé, c’est-à-dire faire passer des messages tout en faisant sourire ses interlocuteurs.

    Installée dans le 20e à Paris, elle multiplie les travaux personnels dans différentes villes du monde entier (Berlin, Abidjan, Détroit…), ainsi que les projets collaboratifs et engagés, comme la fresque « Rosa Parks » rue d’Aubervilliers dans le 19e, la campagne « Mon corps, mes droits » d’Amnesty International, en participant au M.U.R à Oberkampf, en travaillant sur les devantures des magasins Naturalia (dans le cadre d’une opération solidaire avec l’artiste Stew), ou encore en réalisant des peintures contre la montée des extrêmes (comme sur le chantier de rénovation du Musée de La Poste).

    Actuellement, Kashink élargit ses horizons et se lance dans d’autres projets, notamment dans la réalisation de courts métrages et dans la musique, et elle nous confie trouver beaucoup de plaisir à travailler l’image autrement que de manière statique.


    Peux-tu nous en dire plus sur tes influences artistiques (street art ou autre) ?

    Mes influences artistiques sont très diverses, mais quand j’étais ado, mes plus grands “chocs esthétiques” ont été Frida Kahlo, Orlan, Fernando Botero, et aussi les performances de Leigh Bowery et l’univers de Gilbert et Georges. J’ai grandi en banlieue parisienne dans les années 90 donc j’ai vu se développer la scène graffiti, ce qui m’a aussi énormément influencée car c’est d’abord l’envie de faire des trucs interdits qui m’a poussé à me lancer.
    De notre point de vue (chez BBX !), on perçoit le street art comme, notamment, une contre-culture féministe et militante. Tu penses que l’art est indissociable d’une démarche activiste ?

    Je pense que le street art doit rester militant, en tout cas ça me plait plus quand ça fait passer un message. Sinon ça devient de la déco urbaine et je trouve ça dommage. Mon engagement vient aussi de ma personnalité et de ma volonté de bousculer les clichés et les codes esthétiques. C’est une démarche personnelle que je n’impose à personne, mais je trouve que la visibilité qu’on a dans la rue est une bonne opportunité pour parler de sujets profonds.
    Est-ce que tu aurais des conseils à donner aux street artistes en herbe (moi la première qui bataille encore avec une simple bombe) ?

    Pour se lancer dans le street art, il faut se demander pourquoi tu le fais, quel est le but d’un geste illégal potentiellement artistique. De quoi tu veux parler, comment aborder le sujet en image ou en texte. Le plus important, c’est de développer un style personnel, ton délire à toi. Même si techniquement ce n’est pas parfait au début, ce n’est pas grave si l’intention y est. Et après il faut perdurer, ne pas lâcher l’affaire, continuer à peindre et à rester visible dans la rue, autant que possible.

    #kashink #stree_art #espace_publique #art #genre et #shamless_autopromo (car j’ai participé à la table ronde sur les femmes et le street art avant hier ^^)


  • Anne Hidalgo et la Licra en croisade contre la non-mixité - regards.fr
    http://www.regards.fr/web/article/anne-hidalgo-et-la-licra-en-croisade-contre-la-non-mixite

    Certains, qui n’ont jamais eu besoin de lutter pour leur émancipation et pour l’égalité, ont trouvé un nouveau passe-temps : chercher quel événement organisé par et pour les personnes racisées ils vont pouvoir attaquer. L’été dernier, le camp décolonial de Reims avait donné des haut-le-cœur aux antiracistes spécialistes ès "racisme anti-blancs" (camp qui, au demeurant, avait réuni 170 personnes). Cette année, c’est donc au tour du collectif Mwasi d’en faire les frais. En cause : l’organisation du "Nyansapo Fest", un "festival afroféministe", à Paris du 28 au 30 juillet.
    Anne Hidalgo dans la foulée de la fachosphère

    Concrètement, ce festival se décompose en quatre espaces : un premier réservé aux femmes noires, un deuxième aux personnes noires, un troisième aux femmes racisées et un dernier ouvert à tout le monde, comme il est clairement indiqué sur la brochure du programme.

    Le 26 mai, sur le forum de jeuxvideo.com, la fachosphère organise la fronde pour dénoncer cet événement. Et les dominos tombent. Fdesouche et le FN d’abord. Puis la Licra s’en fait l’écho, osant sur Twitter un « Rosa Parks doit se retourner dans sa tombe ». Enfin viennent Ni putes ni soumises, SOS Racisme, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), Raphael Enthoven, Joann Sfar, etc.

    Mais c’est surtout la vive réaction d’Anne Hidalgo, en sa qualité de maire de Paris, qui a le plus surpris. Via Twitter, elle « condamne avec fermeté l’organisation à Paris de cet événement "interdit aux blancs" », en « demande l’interdiction », annonce « saisir le Préfet de police en ce sens » et se « réserve également la possibilité de poursuivre les initiateurs de ce festival pour discrimination ».

    • Arrêter Madame Hidalgo vous ne connaissez rien du racisme ordinaire qu’une femme noire - ou métis subit au quotidien à Paris et en IDF, et quand plusieurs femmes noires parlent ensembles on sent suinter un mépris des blancs et des blanches autour d’elles qui est insupportable. Alors posez vous les bonnes questions, ne jouez pas au jeu du FN et d’une LICRA radi-laïqualiser, laissez les s’exprimer sans contrainte, et méditez aussi la position du CRAN : « Quelle hypocrisie ! Personne n’est choqué par une autre non-mixité, celle qui est omniprésente dans les milieux des dominants. Ils cultivent l’entre-soi comme une stratégie de domination, en restant dans un monde d’énarques qui est masculin, quinquagénaire et bourgeois. Nous le faisons sur une autre logique, celle de l’ “empowerment”, en nous fondant sur le principe du “For us, by us”… et nous suscitons les critiques ! »


  • Rosa Parks doesn’t live here anymore
    http://africasacountry.com/2017/05/rosa-parks-doesnt-live-here-anymore

    Sitting in a back room of the Babylon Kino, in downtown Berlin, we listened as Fabia Mendoza proudly rifled off the numerous front pages her husband, the artist Ryan Mendoza, had made since the sensational story broke about the relocating of civil rights icon Rosa Parks’ house. We had just watched her documentary The White…


  • Rosa Parks, and Ryan Mendoza’s house
    http://africasacountry.com/2017/05/rosa-parks-and-ryan-mendozas-house

    Sitting in a back room of the Babylon Kino, in downtown Berlin, we listened as Fabia Mendoza proudly rifled off the numerous front pages her husband, the artist Ryan Mendoza, had made since the sensational story broke about the relocating of civil rights icon Rosa Parks’ house. We had just watched her documentary The White…


  • J’ai donc donné mon deuxième cours hier soir à l’UPop Montréal, Une histoire populaire en chansons, consacré aux Chansons Historiques et à des héro.ine.s comme Abdel Kader, Rosa Parks, Che Guevara, Angela Davis, Steven Biko, Thomas Sankara, Fares Odeh, Um Nyobe, Amilcar Cabral, Norbert Zongo, Toussaint Louverture, Alexandra Kollontaï ou Cheikh Anta Diop.
    http://www.upopmontreal.com/hiver-2017/une-histoire-populaire-en-chansons

    Moins de discussions qu’au premier cours, mais un public attentif et une bonne ambiance.
    http://entrelesoreilles.blogspot.ca/2017/03/elo270-chansons-historiques.html

    Dans deux demaines, le troisième cours sera consacré aux Chansons révolutionnaires. Pour vous consoler de l’avoir raté, ou pour raviver vos souvenirs, voici donc la playlist d’hier soir :
    https://www.youtube.com/playlist?list=PLkeA_mTMOkTv0pa55INvgpGV0Q4c28azb

    #Musique #Musique_et_politique #Histoire
    #Shameless_autopromo



  • The ’Green Book’ Was a Travel Guide Just for Black Motorists - NBC News
    http://www.nbcnews.com/news/nbcblk/green-book-was-travel-guide-just-black-motorists-n649081

    For 30 years, a New York City mailman by the name of Victor Green wrote and distributed the Green Book—a travel guide for African American motorists.

    Now, to be clear, this was not your average AAA guide or a Zagat’s providing the “hot spots” to travel, this was in actuality a life saver for black folks during the heights of segregation in the United States, from 1936-1966.

    The Green Book helped black travelers navigate the dangers and constant humiliations that racial segregation posed.
    The book included everything from gas stations that would serve African Americans to restaurants, barber shops, beauty salons and safe places to stay. So, how is it that a book that was in circulation for three decades is relatively unknown today?

    Author and playwright Calvin Ramsey is currently working to make sure that Victor Green and his efforts to keep black motorists safe are as well-known as Rosa Parks with his latest project, The Green Book Chronicles.

    “Discrimination was so real that not only did they [black travelers] pack their own food; but also their own gas. You never knew when traveling while black what was going to happen to you and if you had kids with you it just added to the anxiety,” said Ramsey.

    https://vimeo.com/146908911

    The Green Book - NYPL Digital Collections
    http://digitalcollections.nypl.org/collections/the-green-book#/?tab=about

    From the Introduction to the 1949 edition: With the introduction of this travel guide in 1936, it has been our idea to give the Negro traveler information that will keep him from running into difficulties, embarrassments and to make his trips more enjoyable. The Jewish press has long published information about places that are restricted and there are numerous publications that give the gentile whites all kinds of information. But during these long years of discrimination, before 1936 other guides have been published for the Negro, some are still published, but the majority have gone out of business for various reasons. In 1936 the Green Book was only a local publication for Metropolitan New York, the response for copies was so great it was turned into a national issue in 1937 to cover the United States. This guide while lacking in many respects was accepted by thousands of travelers. Through the courtesy of the United States Travel Bureau of which Mr. Chas. A. R. McDowell was the collaborator on Negro Affairs, more valuable information was secured. With the two working together, this guide contained the best ideas for the Negro traveler. Year after year it grew until 1941. “PM” one of New York’s great white newspapers found out about it.


  • Repli identitaire, les clichés volent en éclat :
    #narcissisme_identitaire et #délire_religieux

    Dans les milieux les plus médiatisés, ceux qui « donnent le ton » à la société parce qu’ils exercent une sorte de monopole de la parole, une sociologie de bazar, imprégnée d’un avatar du déterminisme marxiste et d’une bonne couche de post-modernisme s’est peu à peu imposée pour expliquer de façon exclusive des trajectoires individuelles.

    Tout son raisonnement, dont les développements verbeux et les ratiocinations ne sont là que pour faire illusion, se résume en une vision simplette de l’être humain : l’individu n’existerait pas dans sa complexe unicité ; il ne relèverait que d’un destin catégoriel car il n’aurait pas la moindre parcelle de libre-arbitre.

    A l’occasion de ce qu’il est convenu d’appeler la « radicalisation » , terme ne signifiant absolument rien en soi, une multitude de discours reprenant cette ligne idéologique réductrice s’est déversée dans les médias, cherchant à induire une déformation massive du réel chez tous ceux qu’ils abreuvent. On ne manquera pas d’être troublé par le constat que cet illusionnisme, qui méprise tout ce que chaque personne peut avoir d’unique, est aussi la pierre angulaire du fait religieux.

    Le repli communautaire, en particulier, nous est présenté comme une conséquence inévitable de « causes sociales » . Ainsi, dans un très mauvais texte, remis en ligne sur internet au lendemain des attentats de Bruxelles, peut-on lire :

    « Si ce repli existe bel et bien, ses causes sociales en font un phénomène qui n’a rien de spécifiquement ‘communautaire’, mais qui se révèle au contraire absolument universel : c’est le repli stratégique, le réflexe de survie naturel, normal, légitime, de toute personne subissant une violence et voulant s’en préserver. » (1)

    Lorsque pour protester contre la condamnation de Rosa Parks – laquelle, le premier décembre 1955, en Alabama, en plein régime légal d’apartheid, avait fort justement refusé de laisser sa place dans un autobus à un passager blanc – un boycott de la compagnie d’autobus s’organise dans toute la ville, dure 381 jours et s’élargit sur la création d’un large mouvement des droits civiques à l’échelle de tout un pays ; lorsque les lycéens de Soweto de 1976 meurent pour briser les limites de leur bantoustan ; lorsque les beurs de 1983 manifestaient pour le mélange… étaient-ils dans le repli communautaire ? Bien évidemment, non. Tout au contraire, tous étaient conscients de la nécessité d’une extension solidaire. Comme l’écrit « Jeune Afrique » à propos de Soweto, la lutte

    « s’étend à d’autres banlieues noires autour de Johannesburg et, très vite, à quasiment l’ensemble du pays. Fait significatif, des étudiants et élèves blancs manifestent à leur tour au centre de Johannesburg et expriment leur solidarité aux émeutiers de Soweto où les forces de sécurité continuent à faucher des vies. Le 21 juin on parle, officiellement, de 140 morts, dont deux blancs. » (2)

    Affirmer que le repli que l’on observe de nos jours serait « naturel », « normal » et encore plus « universel » constitue donc une escroquerie historique, puisque l’histoire prouve que le choix inverse a souvent été fait.

    Penser que le phénomène actuel du djihadisme est la conséquence inexorable de causes sociales est tout aussi faux. Deux enquêtes, rendues publiques en mars 2016, viennent encore démontrer ce que l’on savait déjà, à savoir qu’il n’existe pas de rapport absolu entre les « causes sociales » et l’adhésion au « radicalisme » . Les djihadistes et leurs recruteurs, montrent ces enquêtes, sont recrutés dans tous les milieux sociaux, on y trouve beaucoup d’individus qui ont intégré les couches moyennes, pas mal d’entre eux ayant fait des études supérieures. Certains sont même des cadres très supérieurs : ainsi trouve-t-on parmi les principaux recruteurs de djihadistes Aziz Zaghnane, directeur marketing de Lee Hecht Harrison - filiale ibérique du de la multinationale Adecco, un des leaders mondiaux dans son domaine. Fils d’un radiologue, fan de hip-hop Aziz a fait ses études dans une école catholique et percevait un salaire annuel de 90 000 euros. Pas vraiment le portait d’un « désaffilié » ….

    Les causes sociales ne se situent donc qu’à un rang d’explication secondaire. C’est si vrai que les journalistes, habitués à diffuser le prêt-à-penser dominant imposé par la sociologie déterministe, s’en sont trouvés tout retournés dans leurs certitudes lorsqu’ils ont du commenter ces deux études. Ainsi, dans « Le Monde » on évoque, manifestement avec une pointe de regret, la faiblesse des « clichés » :

    « Les clichés auraient volontiers imaginé ces jeunes abîmés par le chômage, caïds infatigables, mais ils étaient vendeur, veilleur de nuit, employé de la sécurité sociale »

    … bref, ils étaient comme un peu tout le monde (3).

    Quant aux journalistes de « Libé » , pourtant spécialistes des contorsions idéologiques post-modernes, ils ont cherché à dresser un « portrait robot » … mais ils n’y sont pas arrivées, et pour cause :

    « Les candidats français au djihad ont des parcours et des origines culturelles si hétérogènes qu’il est presque devenu impossible d’en dresser le portrait-robot. » (4)

    Rendons justice aux journalistes : certainement sans le vouloir, en utilisant les expressions de « clichés » et « portrait-robot » , ils ont parfaitement caractérisé le caractère réducteur de la sociologie déterministe. Un individu, quoi que nous en dise celle-ci, ne s’explique pas par un « cliché » ou un « portrait robot » .

    Il n’y a pas de lutte de classe dans la ceinture du kamikaze

    Il y a donc, dans la sociologie déterministe, quelque chose de formidablement faux, c’est la négation de l’humanité de chacun au profit de son assignation à une catégorie et, il y a un résultat formidablement totalitaire, c’est que ces assignations épousent les contours les plus autoritaires du communautarisme national ou religieux. Tout cela est produit au moyen d’une argumentation effroyablement falsificatrice qui, comme on l’a vu, nie la mémoire des luttes émancipatrices passées et impose une vision délirante du présent. Cela lui confère une aptitude certaine à servir de credo à tous les totalitarismes et c’est bien là, dans cette universalité politicienne, que s’explique le succès médiatique de sa diffusion.

    Concernant la gauche et l’extrême gauche, c’est ce même type de mécanisme qui fut à l’œuvre pendant 70 ans pour cacher puis pour justifier les crimes du communisme lorsqu’il fut devenu impossible de les occulter. Ce mécanisme est maintenant à l’œuvre dans la volonté sournoise de faire entrer dans un cadre idéologique marxisant non seulement le repli communautaire mais également le djihadisme. C’est pourquoi les gauchistes affirment, contre toute vérité, que

    « le jeune djihadiste français est un ‘désaffilié’. Entendons qu’il n’est pas intégré dans l’ordre social, voire qu’il en est exclu » (5),

    ce qui leur permet, après avoir avancé l’imbécile idée d’une « islamisation de la radicalité » de faire entrer de force, au mépris des réalités, le djihadisme dans une espèce de lutte de classes qui, pour être dévoyée, serait quand même quelque part du côté du bien (celui des dominés / ex-colonisé / anti-impérialistes) contre celui du mal (celui des dominants / ex-colonisateurs / impérialistes).

    Freud, le narcissisme identitaire et le délire religieux

    Cette dialectique intellectuellement misérable vient cacher deux notions clefs qui permettent de comprendre la situation : le narcissisme identitaire et le délire religieux.

    On a reproché à Freud, qui a vécu la montée du nazisme, de n’avoir pas produit d’ouvrage antifasciste, mais Freud, quand il écrit « Malaise dans la culture » , fait mieux que ça_ : il produit une analyse de l’aliénation identitaire, une analyse valable pour n’importe quel groupe et pour n’importe quelle communauté, analyse qu’il y a tout lieu de relire aujourd’hui.

    Pour Freud les différences de règles et de tabous entre communautés, si minimes soient-elles, confèrent deux avantages qui assurent la cohésion interne du groupe. Le premier est ce qu’il nomme de façon évocatrice le « narcissisme identitaire » , le deuxième est celui de satisfaire les pulsions agressives. Le narcissisme identitaire est pour Freud une pulsion libidinale détournée quant à son but (ainsi, on emploie le mot d’ « amour » pour dire qu’on apprécie son club de foot, sa région, son entreprise, sa patrie...). A des degrés variables, cet amour pour sa communauté induit la haine de ce qui lui est extérieur. Dans un blog du Monde un psy reprend cette idée :

    « A cet égard, l’idée de ‘loups solitaires’ n’est pas probante, l’adhésion à un groupe est nécessaire. C’est ce que la psychanalyse appelle le « contrat narcissique groupal » (6).

    Un film des années 70, « Lacombe Lucien » (7), racontait la trajectoire brève et sanglante d’un jeune paysan sans aucun idée politique devenu collabo après le débarquement allié. Ce comportement improbable – mais qui a existé – ne trouve sa cohérence que dans ce « contrat narcissique » . On voyait donc le héros éponyme satisfaire à la fois son besoin de reconnaissance dans le milieu gestapiste et ses pulsions agressives, comme celle de se venger de son ancien maître d’école qui l’avait méprisé.

    C’est parce que la religion, qui satisfait ce narcissisme identitaire, est à la fois aliénation communautaire et délire collectif, qu’elle prend une dimension encore plus importante dans la société.

    En 1927 dans « L’avenir d’une illusion » Freud pointe déjà que

    « la partie la plus importante de l’inventaire psychique d’une civilisation, ce sont ses idées religieuses » .

    Un peu plus tard, en 1930, dans « Malaise dans la civilisation » il reviendra longuement sur comment la religion porte préjudice à la liberté individuelle car

    « elle impose à tous de la même façon sa propre voie pour l’acquisition du bonheur et la protection contre la souffrance. Sa technique consiste à rabaisser la valeur de la vie et à déformer de façon délirante l’image du monde réel, ce qui présuppose l’intimidation de l’intelligence »

    Intimidation de l’intelligence, négation de la valeur de la vie, déformation totale du réel,… voilà des clefs de lecture de la situation que « sociologues », journalistes et politiciens feraient bien de méditer.

    (1) http://lmsi.net/Qui-a-peur-du-communautarisme
    (2) http://www.jeuneafrique.com/175602/politique/16-juin-1976-bain-de-sang-soweto.
    (3) http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/17/a-orleans-le-djihad-pour-tuer-l-ennui_4884442_1653578.html
    (4) http://www.liberation.fr/france/2016/03/21/depuis-la-france-68-chemins-pour-le-jihad_1441133
    (5) https://blogs.mediapart.fr/jam/blog/010415/reflexions-lacaniennes-sur-le-djihadisme
    (6) http://colblog.blog.lemonde.fr/2015/03/05/fethi-benslama-au-dela-du-terrorisme-le-daechisme
    (7) « Lacombe Lucien » , film de Louis Malle, 1974.

    Article d’@Anarchosyndicalisme ! n°150 été 2016
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article817



  • Coupables d’être Noirs" de Rokhaya Diallo
    Revoir en replay et en streaming « Replay - Racisme, la vérité - Investigatiôns » - Investigations - France Ô
    http://m.franceo.fr/emissions/investigations/videos/de_paris_a_ferguson_coupables_detre_noirs_23-03-2016_1090038

    Après une série de crimes commis par la police contre des Noirs dans plusieurs villes aux États-Unis, le monde a vu émerger une génération d’activistes noirs américains qui, avec des moyens inédits, a su mobiliser l’opinion internationale. En France, les médias ont couvert cette actualité, en n’hésitant pas à dénoncer le racisme institutionnel aux États-Unis. Pourtant, notre pays est confronté à la même problématique. #Rokhaya_Diallo, militante antiraciste française et noire, a donc décidé d’aller à la rencontre de ces nouveaux activistes pour comprendre les différences entre son pays et le leur. Issus des milieux populaires, responsables religieux ou étudiants, ils s’inscrivent dans la lignée de leurs aînés Martin Luther King et Rosa Parks. Ils revendiquent pourtant leur autonomie par rapport aux mouvements historiques des droits civiques. Qui sont ces jeunes qui ont vu un Noir accéder à la Maison-Blanche alors qu’ils étaient à peine en droit de voter ? Ils constatent avec colère que leur pays n’en a pas fini avec le #racisme




  • #Rosa_Parks’ letters and photographs reveal a lifelong warrior for civil rights

    Shy and soft-spoken, Rosa Parks was the ideal candidate to lead the Montgomery Bus Boycott. She didn’t attract negative attention from the movement’s detractors and Dr. Martin Luther King Jr. regarded her as “one of the finest citizens” of the city. But underneath her calm demeanor was a woman who bore witness to white violence her entire life. When Parks wrote to friends one month after Dec. 1, 1955, the fateful day she refused to leave her bus seat, she described segregation as a “complete and solid pattern as a way of life.”


    http://www.pbs.org/newshour/rundown/rosa-parks-collection

    #lettre #photographie #droits_civiques #ségrégation
    cc @albertocampiphoto



  • Les #femmes célèbres, le maire s’en fait une montagne - France Inter
    http://www.franceinter.fr/depeche-les-femmes-celebres-le-maire-sen-fait-une-montagne

    Le conseil municipal a adopté une délibération pour annuler la décision de l’ancien maire. Les neuf rues du lotissement « les portes d’Illibéris » seront donc baptisées avec les noms des pic pyrénéens, à la place de Mère Teresa, Lucie Aubrac, Olympe de Gouges ou encore Rosa Parks. Pour la majorité de droite au conseil municipal, ces noms sont mieux adaptés au futur éco-lotissement.



  • #Perturbations trafic #ratp et #sncf #transilien le 8 mai 2014
    http://www.transports-en-commun.info/perturbations-trafic-ratp-sncf-transilien-8-mai-2014

    RER E : retards le 09 mai de 16h00 à 20h00 - Travaux pour la future gare Rosa Parks, impactant la ligne E du #RER, le vendredi 09 mai. Des retards de 3 minutes sont à prévoir entre 16h00 et 20h00...Cet article Perturbations trafic RATP et SNCF Transilien le 8 mai 2014 est apparu en premier sur Point Info Transports.

    #Infos_Trafic #Infos_Trafic_IDF #banlieue #bus #lignes #metro #trains #Tramway