person:ruffin

  • « Repas de famille » : radicalité, politique et théorie de la révolution – carbure
    https://carbureblog.com/2019/05/28/repas-de-famille-radicalite-politique-et-theorie-de-la-revolution

    (...) la radicalité médiatique n’a pas de quoi tromper grand monde, et au fond, il n’y a pas mensonge sur la marchandise [1]. Ruffin est député France insoumise, et si c’est à demi-mot que Lordon appelle à voter Mélenchon en 2017, ils ne sortent jamais du champ étroit de ce qu’est la gauche de la gauche aujourd’hui : la critique de l’oligarchie et des institutions européennes, le keynésianisme social, l’éloge de la souveraineté nationale et de l’indépendance monétaire, les mérites de l’ « économie réelle » et de l’investissement productif contre les spéculateurs. Et, garantie ultime, tous n’ont évidemment que la démocratie à la bouche, de sa forme républicaine à sa forme la plus radicale.

    La question dès lors est de savoir comment il se fait que, par exemple, les anarchistes enragés de Lundi matin organisent régulièrement des rencontres avec l’économiste atterré Lordon. On supposera, pour maintenir l’intérêt de la question, qu’un goût commun pour Spinoza et le dégoût pour Marx ne sont pas des explications suffisantes.

    Ce qui lie tous ces gens-là, c’est d’abord une certaine position sociale, le lieu social qu’ils occupent ensemble tout naturellement. C’est ainsi tout naturellement qu’ils se retrouvent dans un théâtre, cet endroit si évidemment destiné à l’hygiène esthétique de la bourgeoisie, pour échanger des idées, comme on dit. Ce lieu, c’est celui du monopole de la pensée et de l’expression politique qui est le fait de certains segments de classe, qui existent précisément pour cela dans l’ensemble capitaliste. C’est le lieu du monopole du discours dont jouissent les avocats, les professeurs, les artistes, qui leur permet l’exercice du rôle qu’ils jouent dans la division sociale du travail. Beaucoup sont naturellement insatisfaits de la place secondaire que prend la production intellectuelle en tant que telle dans le capital : on a plus besoin de techniciens que de philosophes, en ce moment. Leur rôle particulier dans cet ensemble, lorsqu’ils se font militants, c’est d’aller « expliquer l’existant », comme dirait Branco, à ceux qui le vivent. Et leur vision du changement social les conduit toujours, ô merveille, à donner la première place à ceux qui détiennent ce monopole du discours : eux-mêmes. C’est ce qu’on appelle, dans leur langage, « remettre la politique au centre de la vie sociale ». Le primat de la politique ne fait alors que reconduire la bonne vieille division entre travail manuel et intellectuel, et la primauté du second sur le premier.

    • Première salve ici même :
      https://carbureblog.com/2019/05/28/repas-de-famille-radicalite-politique-et-theorie-de-la-revolution

      voir aussi : https://seenthis.net/messages/779640

      Quelques passages qui ont retenu mon attention :

      S’il y a lutte autour du salaire, c’est nécessairement dans les conditions du salaire : propriété privée, production marchande, commensurabilité de toutes choses sur la base du temps de travail, etc. Ce n’est pas une quelconque « fausse conscience » qui nous fait penser qu’on aurait besoin d’un salaire pour vivre, c’est bel et bien le cas. Ce qui doit – et peut – être dépassé ce n’est pas la conception idéologique du salaire comme juste prix du travail telle qu’elle existe dans la tête des prolétaires, conception qui serait le frein au dépassement du rapport, c’est le rapport salarial lui-même. La nécessité de ce dépassement n’est inscrite dans aucun Evangile révolutionnaire, c’est la crise du rapport salarial telle qu’elle existe historiquement, dans les crises du capital, qui donne le dépassement du rapport salarial, parce qu’alors l’existence pratique des rapports capitalistes c’est leur crise, et le prolétariat est un acteur de cette crise. Dans ce contexte seulement la critique de ces rapports peut prendre le sens de leur dépassement, elle est « critique en actes ».

      L’intense activité politico-idéologique actuelle s’origine dans des tensions de classe inédites, qui vont vraisemblablement entraîner des bouleversements majeurs, et la théorie doit en rendre compte. Quand les luttes se cristallisent autour de la politique, ce qui compte, ce n’est pas de « faire de la politique », d’exister dans le champ politique, mais d’essayer de parler de la politique dans nos propres termes. Et ce n’est pas parce que la théorie n’a aucune place attitrée au « repas de famille », et qu’aucune politique révolutionnaire n’est plus possible, qu’elle doit renoncer à se faire entendre, lorsqu’elle a quelque chose à dire.

      La révolution est une rupture violente au sein de l’ordre capitaliste, qui s’origine dans la crise, et pas un procès d’adaptation sociale visant à limiter les dégâts produits par le capital dans son développement normal. Elle a pour résultat la perte de tout ce que possèdent ses acteurs, ou de ce qui les possède, qui est aussi ce pour quoi ils se battent. On aime mieux dès lors s’entendre proposer la réparation d’injustices ou d’inégalités, qu’une théorie qui n’a d’autre perspective à offrir que la guerre civile et le démantèlement de toutes les conditions d’existence. On ne choisit pas délibérément d’entrer dans une telle dynamique : la révolution est quelque chose qui se produit, dans quoi les acteurs sont pris, elle n’est ni un projet ni un grand récit fédérateur. Il n’y a pas de révolutionnaires avant la révolution, qui sauraient comment faire. A tout prendre, nous préférerions un revenu minimum démocratiquement négocié à la guerre civile et à la répression sauvage qui sont la toile de fond quasiment assurée d’une révolution. Et à choisir, nous aimerions évidemment plus encore voir le prolétariat rejeter d’un bloc ses conditions d’existence, dans une insurrection spontanée des consciences. Mais il se trouve que le monde se moque de nos préférences : dès lors, le plus sage et le plus efficace est de se demander ce qui se passe, plutôt que ce que nous voulons.

  • Essai. Comment 1938 éclaire notre présent
    https://www.humanite.fr/essai-comment-1938-eclaire-notre-present-672244
    https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/1048x350/public/images/65812.HR.jpg?itok=xFdN9soY

    Dans son dernier ouvrage, le philosophe Michaël Fœssel explore la fin des années 1930 par le biais de la presse de l’époque.

    Le thème du « retour des années 1930 » tend à devenir l’un des lieux communs de notre époque, marquée par l’inquiétante résurgence des extrêmes droites en Europe et dans le monde. Mais, bien évidemment, la thèse d’une répétition à l’identique de l’histoire ne saurait résister longtemps à l’examen. Dès le début de son dernier ouvrage, Michaël Fœssel y insiste : « Aucun événement historique ne se reproduit sous la forme et dans les circonstances où il est advenu une première fois. » Et pour s’en convaincre, il suffit de songer un instant à l’impact des outils numériques sur les modes de mobilisation collective.

    Mais une fois la chose entendue, il n’est pas interdit d’aller « à la rencontre » d’un certain passé avec les préoccupations du présent. Et c’est précisément à cette démarche que nous convie le philosophe, en se centrant pour sa part sur l’année 1938. Son intérêt s’est porté sur cette date un peu par hasard. Tombé d’abord sur un éditorial particulièrement abject, paru dans un journal collaborationniste daté d’un jour de juin 1944, à un moment où la perspective d’une victoire alliée ne faisait plus de doute, il a éprouvé le besoin de remonter quelques années en arrière. « Je me suis souvenu que Je suis partout existait avant l’occupation allemande. Je me suis dit qu’il ne serait peut-être pas inutile de voir ce que ces types écrivaient avant cela », explique-t-il. Et il se trouve que c’est en 1938 que le ton du journal se précise, délaissant les précautions rhétoriques de ses débuts pour assumer ouvertement son antisémitisme. De là, Michaël Fœssel a pu explorer toute une période, son imaginaire dominant, sa « guerre des mots » et ses décisions politiques.

    1938, c’est l’année des accords de Munich, par lesquels les Français et les Britanniques, au prétexte de préserver la paix, livrent la Tchécoslovaquie à Hitler. C’est l’année de la démission de Blum et des pleins pouvoirs à Daladier, lequel entend « remettre la France au travail » par une série de « décrets-lois » mêlant recours aux heures supplémentaires et facilitation des licenciements, hausses de taxes sur les produits de première nécessité, suppressions de postes de fonctionnaires, mais aussi, déjà, des mesures contre les étrangers : traque et répression des « clandestins », « déchéance de nationalité » facilitée… 1938, c’est également, le 30 novembre, l’échec d’une grève générale et sa répression inouïe (10 000 ouvriers licenciés, près d’un millier de syndicalistes condamnés à de la prison ferme). « Au cours des mois qui suivent, il ne sera plus question de revendications sociales, seulement des victoires de la “République”, de l’“unité nationale” et de la “restauration de l’autorité de l’État” », observe Michaël Fœssel.

    Les analogies avec certains aspects de notre actualité crèvent les yeux. À travers des formes renouvelées, ne retrouve-t-on pas, de nos jours, le même mélange de libéralisme économique débridé et d’autoritarisme politique, la même tentative de neutraliser la colère sociale par l’agitation de sujets identitaires ?

    Fondamentalement, comme le résume l’auteur lui-même, « le détour par 1938 permet de voir en accéléré une démocratie qui prétend se défendre en empruntant les armes de ses adversaires les plus acharnés ». En creux, le message est clair : pour empêcher la « récidive », il n’est point d’autre voie que la défense intransigeante et l’approfondissement de la démocratie. Un livre essentiel dans nos temps troublés.

    • Toutes les citations exhumées se révèlent « raccord », tant à 80 ans de distance se fait jour le même jeu pervers et redoutable sur le « ressentiment » populaire, sciemment déchaîné par un pouvoir qui fait mine d’y répondre et de le tempérer.

      L’épilogue du livre saute aux yeux. En voici un extrait :

      « L’avantage de 1938 est de condenser en quelques mois des évolutions à l’œuvre depuis plus d’une décennie dans le présent : radicalisation conservatrice du discours camouflée par une idéologie postpartisane, triomphe des solutions libérales en pleine crise du libéralisme économique, perception des procédures démocratiques comme un obstacle à la mise en œuvre d’une politique efficace, renforcement inexorable du pouvoir exécutif, multiplication des lois sécuritaires, restrictions dans la politique d’accueil des réfugiés, stigmatisation d’une minorité religieuse à la faveur d’une “guerre” officiellement déclarée contre ses membres les plus fanatiques. Le tout sur le fond d’une montée apparemment irrésistible des “nationaux” rebaptisés ”populistes” sans que cette nouvelle appellation nous éclaire beaucoup dans l’intelligibilité du phénomène. »

      Et Michaël Fœssel de poursuivre :

      « Le détour par 1938 permet de voir en accéléré une démocratie qui prétend se défendre en empruntant les armes de ses adversaires les plus acharnés . »

      http://www.universitepopulairetoulouse.fr/IMG/pdf/article_800632.pdf

  • Chers Socios,

    Je vous écris cette lettre avant de rejoindre la manifestation parisienne du 1er mai de ma chambre d’hôtel. Depuis deux semaines et mon accord pour rejoindre le Média, ma vie et mes habitudes ont été bouleversées. Je ne pensais pas accepter l’offre qui m’a été faite par l’équipe du Média. J’avais et j’ai toujours un livre en préparation. Je n’ai pas tout à fait terminé un documentaire sur le terrorisme et je démarre bientôt le tournage de « La très grande évasion », que certains d’entre vous ont soutenu. J’avais une vie plutôt confortable entre la réalisation de mes documentaires et l’écriture. Si j’ai décidé de rompre cet équilibre et de me lancer, loin de chez moi, à Montreuil, dans l’aventure de la web tv du futur, c’est d’abord et avant tout parce que j’y crois.

    Je pense que vous, Socios – vous êtes 17 000 à avoir fait des dons ou à avoir pris une adhésion – avez permis en deux années tumultueuses la création d’un formidable outil dans le paysage médiatique qui est très loin d’avoir atteint sa mesure. Vous avez permis la création d’un studio de télévision, l’achat de matériel, micros et caméras, et surtout, par votre investissement, vous avez permis de faire vivre et de faire travailler une trentaine de journalistes, de pigistes, de techniciens. Vous nous avez donné de l’indépendance et de la liberté qui nous ont permis d’être un espace à part, engagé, qui a démontré sa nécessité. C’était important de se lancer voici deux ans. Ça l’est encore plus aujourd’hui, en ces temps où le libéralisme s’est rependu sur l’ensemble de la sphère médiatique, où le mouvement des gilets jaunes a été si maltraité par les chaînes tout infos, mais aussi par les chaînes et les radios mainstream.

    J’ai accepté de relever ce défi parce que j’ai la conviction que, si nous sommes bons, sincères et déterminés, et si vous nous en donnez les moyens, qu’il y a un large espace pour une télévision et un média libre et ambitieux sur internet.

    Le Média s’est créé sous les auspices de la France Insoumise puis, grâce à Aude Lancelin, en défense des gilets jaunes. Pour cette phase trois qui démarre, sans rejeter ce passé, j’aimerais professionnaliser davantage Le Média, lui offrir plus de moyens et le lancer plus avant sur le terrain du journalisme. Un journalisme d’enquêtes, de chroniques incisives, de découvertes d’histoires et de personnages qui ne passent pas ailleurs à la télévision.

    J’ai été en ce début d’année à l’initiative de l’édition du livre de Juan Branco « Crépuscule ». Vous avez sans doute entendu parler de cet ouvrage. Il décrit, entre autres, les réseaux médiatiques et les liens oligarchiques qui ont amené Emmanuel Macron au pouvoir. Le livre va bientôt dépasser les 100 000 exemplaires vendus, sans un seul article dans la presse ou dans la télévision dite « mainstream ». C’est, à mes yeux, l’exemple ultime qui montre que deux mondes se font face : un vieux monde fait de médias lourds, généralement peu enclins à critiquer le pouvoir. Et un nouveau monde, autour d’internet et des réseaux sociaux, où l’on ne fait plus très bien la part des choses entre information et désinformation, entre rumeurs et faits avérés. Mon ambition pour Le Média est d’inventer un espace intermédiaire sur internet, un média sérieux, drôle et innovant. Nous devons le construire avec humilité, patiemment, et nous avons besoin de vous pour cela. Du fait des crises successives, Le Média était au bord de la faillite collective. De nombreux salariés avaient ou allaient quitter le navire. Je n’ai aucun grief ni aucune animosité à l’égard de ma prédécesseure Aude Lancelin. Son départ soudain a crée un émoi au sein de la rédaction du Média, tant Aude occupait une place centrale, monopolisant tous les pouvoirs. Elle était à la fois directrice de la publication, présidente de la société de presse et directrice de la rédaction. Contrairement aux rumeurs circulant ça et là : elle n’a jamais été démissionnée et personne de la France Insoumise ou parmi les historiques ayant lancé Le Média n’a œuvré en coulisses pour la pousser dehors ou me mettre à sa place. Je suis quand même le premier concerné pour vous dire cela. La gestion d’Aude Lancelin était discutée à l’intérieur du Média. Non pas pour son travail rédactionnel, unanimement salué, mais pour sa gestion humaine de l’équipe et parce qu’elle centralisait visiblement trop de pouvoir. J’essaye de ne pas prendre parti en énonçant cela. L’équipe du Média a donc voulu créer un contre-pouvoir en lui retirant la présidence de la société de presse mais en lui laissant la direction de la rédaction. Aude Lancelin a refusé. C’est son choix, mais en démissionnant elle a crée une nouvelle crise qu’il fallait résoudre. Il fallait soutenir l’équipe, faire taire les rumeurs de manipulation, stopper les premiers désabonnements suite à une campagne sur Twitter et surtout amener Le Média vers des rivages plus apaisés.

    J’ai accepté la proposition qui m’a été faite pour ces raisons. Et pour bâtir un nouveau projet, lancer de nouvelles émissions. Je vous en dirai davantage bientôt concernant ces nouveaux programmes. D’ailleurs, je vous tiendrai régulièrement informés par ce type de courriers. Plus que jamais, nous avons besoin de vous. J’ai besoin de vos soutiens. L’équilibre du Média est encore fragile. Vous êtes les Socios mais vous êtes aussi les proprios… J’ai refusé d’être président de la société de presse, je ne m’occupe que de la rédaction. C’est à vous de décider si nous sommes dans la bonne direction. Merci d’être là et de continuer à nous suivre de près.

    Amicalement,

    Denis Robert, le 1er mai

    Le Media

    94 rue des Sorins 93100 Montreuil FR

    • Bon. j’ai des réserves sur Le Média, mais j’admire Denis Robert pour son courage et son travail. J’ai des réserves sur Ruffin, mais je suis d’accord avec beaucoup de ses approches et de ses idées, etc...

      La vie n’est pas simple. Et les alternatives « visibles » sur « comment bien s’informer aujourd’hui » ne sont pas nombreuses. Par contre, en travaillant beaucoup, en recherchant beaucoup et en testant beaucoup, on peut produire un bouquet de lieux (sites Internets, blogs, comptes réseaux sociaux, collectifs, médias alternatifs, réflexions personnelles, trucs genre seenthis pour l’intelligence collective, etc...) totalement formidable pour avoir en permanence une grande et belle fenêtre ouverte sur le monde.

    • A sa naissance, la presse libre n’était-elle pas généralement « d’opinion » ?
      Quand la grande presse obfusque tout ce qui dérange ses fondements capitalistes et autoritarismes, je ne peux que soutenir les alternatives d’opinion vertes et rouges... Une nouvelle naissance de la presse...

  • Grand #débat : des intellectuels pris en otage - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/19/grand-debat-des-intellectuels-pris-en-otage_1716086

    En le regardant parler pendant huit heures, écoutant certes chacun et répondant en effet aux questions, j’ai compris à quoi nous servions. Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir.

    Sur les questions économiques et sociales, là où il y aurait en effet pu avoir débat, c’est-à-dire discussion animée sur des solutions diverses, la porte a été systématiquement refermée. La réponse aux toutes premières questions a clairement indiqué la voie : il n’y aura ni augmentation des dépenses publiques (ici litanie sur la dette léguée aux générations futures) ni augmentation des impôts des plus aisés (là refrain sur le poids de la pression fiscale) ni grand plan d’investissement dans la transition écologique et sociale (Nicolas Sarkozy l’a fait, et cela n’a rien changé…) ni expérimentation du revenu de base. Fermez le ban.

    • Avec toutes ces boules à facettes, je propose que ce soit un jour sur deux la salle de bains collective parce que danser c’est bien mais se laver c’est pas mal aussi, faudra repeindre les machins romains dorés en jaune, c’est moins cher. Et virer ces chaises qui sont d’un triste.

    • Frédéric Lordon ainsi que Gérard Noiriel ont refusé cette prise d’otage. La réponse de Lordon :

      Cher Monsieur Macron,

      Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron, je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous réattaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau.

      En réalité, sur la manière dont vous utilisez le langage pour « débattre » comme vous dites, nous sommes assez au clair depuis longtemps. C’est une manière particulière, dont on se souviendra, parce qu’elle aura fait entrer dans la réalité ce qu’un roman d’Orwell bien connu avait anticipé il y a 70 ans très exactement – au moins, après la grande réussite de votre itinérance mémorielle, on ne pourra pas dire que vous n’avez pas le sens des dates anniversaires. C’est une manière particulière d’user du langage en effet parce qu’elle n’est plus de l’ordre du simple mensonge.

      Bien sûr, dans vos institutions, on continue de mentir, grossièrement, éhontément. Vos procureurs mentent, votre police ment, vos experts médicaux de service mentent – ce que vous avez tenté de faire à la mémoire d’Adama Traoré par experts interposés, par exemple, c’est immonde. Mais, serais-je presque tenté de dire, c’est du mensonge tristement ordinaire.

      Vous et vos sbires ministériels venus de la start-up nation, c’est autre chose : vous détruisez le langage. Quand Mme Buzyn dit qu’elle supprime des lits pour améliorer la qualité des soins ; quand Mme Pénicaud dit que le démantèlement du code du travail étend les garanties des salariés ; quand Mme Vidal explique l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers par un souci d’équité financière ; quand vous-même présentez la loi sur la fake news comme un progrès de la liberté de la presse, la loi anti-casseur comme une protection du droit de manifester, ou quand vous nous expliquez que la suppression de l’ISF s’inscrit dans une politique de justice sociale, vous voyez bien qu’on est dans autre chose – autre chose que le simple mensonge. On est dans la destruction du langage et du sens même des mots.

      Si des gens vous disent « Je ne peux faire qu’un repas tous les deux jours » et que vous leur répondez « Je suis content que vous ayez bien mangé », d’abord la discussion va vite devenir difficile, ensuite, forcément, parmi les affamés, il y en a qui vont se mettre en colère. De tous les arguments qui justifient amplement la rage qui s’est emparée du pays, il y a donc celui-ci qui, je crois, pèse également, à côté des 30 ans de violences sociales et des 3 mois de violences policières à vous faire payer : il y a que, face à des gens comme vous, qui détruisent à ce point le sens des mots – donc, pensez-y, la possibilité même de discuter –, la seule solution restante, j’en suis bien désolé, c’est de vous chasser.

      Il y a peu encore, vous avez déclaré : « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un Etat de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : « Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité ». La question – mais quasi-psychiatrique – qui s’en suit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez.

      Des éléments de réponse nous sont donnés par un article publié il y a de ça quelques jours par le Gorafi sous le titre : « Le comité de médecine du ministère de l’intérieur confirme que le LBD est bon pour la santé ». On peut y lire ceci : « Christophe Castaner s’est réjoui des résultats des tests du comité de médecins et a aussitôt signé une ordonnance qualifiant de rébellion et outrage à agent toute personne qui mettrait en cause la fiabilité de cette étude ». M. Macron, voyez-vous la minceur de l’écart qui vous tient encore séparé du Gorafi ? Vous êtes la gorafisation du monde en personne. Sauf que, normalement, le Gorafi, c’est pour rire. En réalité, personne ne veut vivre dans un monde gorafisé. Si donc le macronisme est un gorafisme mais pour de vrai, vous comprendrez qu’il va nous falloir ajuster nos moyens en conséquence. Et s’il est impossible de vous ramener à la raison, il faudra bien vous ramener à la maison.

      Tous les glapissements éditorialistes du pays sur votre légitimité électorale ne pourront rien contre cette exigence élémentaire, et somme toute logique. En vérité, légitime, vous ne l’avez jamais été. Votre score électoral réel, c’est 10%. 10% c’est votre score de premier tour corrigé du taux d’abstention et surtout du vote utile puisque nous savons que près de la moitié de vos électeurs de premier tour ont voté non par adhésion à vos idées mais parce qu’on les avait suffisamment apeurés pour qu’ils choisissent l’option « ceinture et bretelles ».

      Mais quand bien même on vous accorderait cette fable de la légitimité électorale, il n’en reste plus rien au moment où vous avez fait du peuple un ennemi de l’État, peut-être même un ennemi personnel, en tout cas au moment où vous lui faites la guerre – avec des armes de guerre, et des blessures de guerre. Mesurez-vous à quel point vous êtes en train de vous couvrir de honte internationale ? Le Guardian, le New-York Times, et jusqu’au Financial Times, le Conseil de l’Europe, Amnesty International, l’ONU, tous sont effarés de votre violence. Même Erdogan et Salvini ont pu s’offrir ce plaisir de gourmets de vous faire la leçon en matière de démocratie et de modération, c’est dire jusqu’où vous êtes tombé.

      Mais de l’international, il n’arrive pas que des motifs de honte pour vous : également des motifs d’espoir pour nous. Les Algériens sont en train de nous montrer comment on se débarrasse d’un pouvoir illégitime. C’est un très beau spectacle, aussi admirable que celui des Gilets Jaunes. Une pancarte, dont je ne sais si elle est algérienne ou française et ça n’a aucune importance, écrit ceci : « Macron soutient Boutef ; les Algériens soutiennent les Gilets Jaunes ; solidarité internationale ». Et c’est exactement ça : solidarité internationale ; Boutef bientôt dégagé, Macron à dégager bientôt.

      Dans le film de Perret et Ruffin, un monsieur qui a normalement plus l’âge des mots croisés que celui de l’émeute – mais on a l’âge de sa vitalité bien davantage que celui de son état civil –, un monsieur à casquette, donc, suggère qu’on monte des plaques de fer de 2 mètres par 3 sur des tracteurs ou des bulls, et que ce soit nous qui poussions les flics plutôt que l’inverse. C’est une idée. Un autre dit qu’il s’est mis à lire la Constitution à 46 ans alors qu’il n’avait jamais tenu un livre de sa vie. M. Macron je vous vois d’ici vous précipiter pour nous dire que voilà c’est ça qu’il faut faire, lisez la Constitution et oubliez bien vite ces sottes histoires de plaques de fer. Savez-vous qu’en réalité ce sont deux activités très complémentaires. Pour être tout à fait juste, il faudrait même dire que l’une ne va pas sans l’autre : pas de Constitution avant d’avoir passé le bull.

      C’est ce que les Gilets Jaunes ont très bien compris, et c’est pourquoi ils sont en position de faire l’histoire. D’une certaine manière M. Macron, vous ne cessez de les y inviter. En embastillant un jeune homme qui joue du tambour, en laissant votre police écraser à coups de botte les lunettes d’un interpellé, ou violenter des Gilets Jaunes en fauteuil roulant – en fauteuil roulant ! –, vous fabriquez des images pour l’histoire, et vous appelez vous-même le grand vent de l’histoire.

      Vous et vos semblables, qui vous en croyez la pointe avancée, il se pourrait que vous finissiez balayés par elle. C’est ainsi en effet que finissent les démolisseurs en général. Or c’est ce que vous êtes : des démolisseurs. Vous détruisez le travail, vous détruisez les territoires, vous détruisez les vies, et vous détruisez la planète. Si vous, vous n’avez plus aucune légitimité, le peuple, lui, a entièrement celle de résister à sa propre démolition – craignez même que dans l’élan de sa fureur il ne lui vienne le désir de démolir ses démolisseurs.

      Comme en arriver là n’est souhaitable pour personne, il reste une solution simple, logique, et qui préserve l’intégrité de tous : M. Macron, il faut partir. M. Macron, rendez les clés.

  • Je suis furax. #Thinkerview a invité #Laurent_Obertone... et lui permet de dérouler sa pensée (il se présente comme #libertarien) avec très, trop peu de contradiction. Le nombre d’assertions fausses et des approximations est énorme, les glissements et sous entendus aussi. Le #factchecking de #CaptainFact n’y suffira pas et bien peu iront voir la vidéo sur ce support : https://captainfact.io/videos/gKE3


    La plupart du public ira seulement sur youtube et passera à côté de toutes les #fakenews. Pire, le côté gentil débat montre un mec sympa qui papote peinard et se marre avec un autre mec qui lui pose autant de questions promotionnelles (parler de son boulot, de ses précédents bouquins) que de questions tranquilles, et bien peu de contradictions.
    Selon sa présentation, Thinkerview a pour objectifs :
    – Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.
    (bah là c’est loupé)
    – Écouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.
    (peu médiatisé, c’est vite dit vu l’activité de la faschospère sur le web)
    – Appréhender toute la complexité des enjeux actuels et futurs de notre monde.
    (à force d’amalgames douteux ?)
    C’était la deuxième interview fleuve de l’après-midi pour thinkerview, le journaliste est fatigué, il fait même une pause pipi en pleine interview et porte ensuite, enfin, un peu plus de la contradiction, mais essentiellement à coup de « quelles sont vos sources ? ». Tout sourire, Obertone déroule tranquillement son rejet de la migration et de l’intégration sous couvert des « faits historiques », de « chiffres scientifiques » et surtout, très fier, de « sources bien placées » (il insistera dessus plusieurs fois).
    Obertone peinait à promouvoir son livre. L’interviewer n’explique même pas leur choix... C’est une cata....
    J’explique ça ici parce que sur twitter c’est essentiellement la fachosphere qui fait la promo de l’émission. Et ça marche quand même : déjà 81k de vues contre 37k pour « Terrorisme ou Légitime défense ? » avec Thibault de Montbrial, enregistrée elle aussi en direct quelques heures plus tôt.
    C’est la honte de laisser ça en ligne comme ça, de ne pas prendre ses responsabilités au vu de ce qui est affirmé, la théorie du #grand_remplacement et de la disparition de la « race blanche »...
    Ouaip, je suis furax !

    #migration #immigration #confusionnisme #nationalisme #protectionnisme #souverainisme #racisme

    • Pour qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas : ça ne me gêne pas que Obertone, Chouard et autres soient invités, ça ne me gêne pas d’entendre des opinions différentes des miennes. Je suis pour la liberté de s’exprimer quand bien même je tente de déconstruire la #kyriarchie (je viens de découvrir ce mot/concept et le trouve très pratique !) Ce qui me gène c’est que la chaine se présente comme capable de « Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites » et qu’elle ne le fasse pas. Et ici c’est très grave. Sans cette #déconstruction et l’indication claire de toutes les #manipulations (je crois qu’il détient le record chez @Captainfact), j’estime que laisser s’exprimer de telles idées, c’est collaborer à leurs progressions.

    • La solution pour rendre ça acceptable (même si personnellement, je pense qu’un mec de cet acabit qu’on voit partout à la télé et qui distille le même discours que Zemmour n’a pas besoin qu’on lui serve de nouveau la soupe sur une émission un peu underground du net) c’est que thinkerview devrait faire une video debrief en présentant les principales failles relevées sur captain fact. Et puis l’interviewer devrait faire un peu moins le malin et mieux préparer les interviews plutôt que de tout laisser reposer sur du « fact checking » a posteriori, qu’effectivement peu de monde va regarder.

    • devrait faire un peu moins le malin et mieux préparer les interviews plutôt que de tout laisser reposer sur du « fact checking » a posteriori, qu’effectivement peu de monde va regarder

      Oui c’est ça le problème principal, genre « je le fais parler longtemps et ensuite on va tout décortiquer », sauf que la majorité des gens ne vont regarder que l’interview.

    • Tsss tsss @alexcorp ! C’est pas bien de me donner envie de retourner voir une de leurs vidéos !
      Ceci dit, ce billet coup de gueule me permet de prendre acte d’une vraie modification de l’impact des réseaux virtuels : publié initialement ici, il aurait eut, je crois, peu d’impact si Thinkerview ne m’avait pas bloquée sur twitter et ainsi mise en colère au point de le diffuser sur les #réseaux_sociaux, ce que je n’avais pas initialement prévu de faire. Je l’ai donc fait à la fois sur #facebook, #twitter et #mastodon. Et bien c’est sur mastodon qu’il a eut le plus d’impact, le plus de commentaires... Vient en second twitter puis, très loin derrière, facebook (où j’ai dû le publier en mode privé, mais ça n’aurait pas changé grand chose je crois).
      C’est aussi sur Mastodon qu’il a été évoqué une piste de réponse hyper intéressante, faisant justement référence à #Arrêt_sur_image et la technique de « la ligne jaune » de #Guy_Birendaum : https://mamot.fr/@sossalemaire/101040373765679230
      Et comme toujours c’est sur Seenthis que se prolonge le plus la réflexion <3
      Ceci dit ça continue de m’intriguer de savoir que c’est suite à ma publication ici que j’ai été bloquée par Thinkerview sur twitter... seraient-ils dans les parages ?

    • @whilelm : Non !!! J’ai été bloquée avant de le faire, j’ai même dû le faire à l’aveugle, ensuite. Mais en recherchant l’historique de mes interactions avec eux, je me dis que je les ai peut-être vexés le 24 septembre dernier : https://twitter.com/search?f=tweets&q=valkphotos%20(thinkerview%20OR%20thinker_view)&src=typd ;)

      @ninachani : je n’ai aucune envie de partir sur un autre débat ici et maintenant. Mettre les deux noms ensemble ne signifie pas forcément que j’estime qu’ils ont les mêmes pensées, mais surement que ce sont des noms qui entrainent souvent des polémiques autour du fait de leur donner la parole. Si tu veux en savoir plus, n’hésite pas à aller voir les nombreux articles sur #Chouard ou #Etienne_Chouard.

    • J’ai vu avec Schneidermann, et effectivement, c’est flagrant comment tu sens le journaliste chevronné, peu importe si on est d’accord avec lui ou pas, mais qui a la tradition de bosser ses sujets avant, etc. Et l’autre qui a 3/4 de questions très générales, enfin ça fait pas très travaillé, que ce soit amateur/bénévole n’étant pas vraiment une raison à partir du moment où le but affiché est plus haut que ça.

    • @val_k ben non j’ai pas envie d’aller voir des articles SUR chouard. Je cherche des trucs problématiques (vu ce que tu dis) qu’il aurait dit ou écrit pas ce que des gens disent de lui : du 1ère main en quelque sorte. Comme j’ai écouté beaucoup d’audios/vidéos de lui sans que rien ne me pose problème, au contraire, j’aimerais savoir sur quoi se fonde le fait que par exemple tu le cites comme quelqu’un à qui il ne faudrait pas donner la parole. Et je dis ça sans aucune intention de polémiquer mais peut-être de changer d’avis sur quelqu’un dont je trouve la pensée pertinente, mais quelque chose aurait pu m’échapper.
      Je viens de regarder vite fait ton lien hashtag sur seenthis et je vois qu’il y a eu des discussions à n’en plus finir avec une réprobation générale. Et pourtant impossible de savoir ce qui fait qu’il est classé dans l’extrême-droite. Ça serait pas un phénomène un peu « moutonnesque » cette histoire s’il n’y a personne qui peut dire ce qui le gêne concrètement dans ses propos ? Je suis perplexe ! Les vidéos en lien soit ne répondent pas à mon interrogation, soit ne sont plus visibles.

      Quant à Thinkerview, moi j’ai toujours trouvé le gars qui interview totalement insupportable. Et le fait qu’ils te bloquent à la première critique, qui est quand même argumentée et plutôt constructive, ça me laisse sur le cul ! En fait c’est le moment où on comprend qu’ils sont juste dans la posture et rien de plus profond. Leurs vidéos sont intéressantes quand l’invité a de la matière sinon ils sont vides !

    • Ah c’est exactement ça

      Leurs vidéos sont intéressantes quand l’invité a de la matière sinon ils sont vides !

      et

      le gars qui interview totalement insupportable

      à couper l’interviewé au milieu d’une réponse construite avec une question débile ou une private joke quand il connaît personnellement l’invité...

    • C’est assez amusant au final parce que ce qui est reproché à Thinkerview est de la même famille que ce qui est reproché à Chouard : donner une tribune sans suffisamment souligner les problèmes que posent certaines assertions ou certains choix.
      Je vais donc faire un énorme effort, @ninachani , (si, si, je t’assure, mon niveau d’épuisement à ce sujet est total, et ton insistance me rappelle à quel point les « Gentils Virus » ont failli tuer plein demodérateur-ices quand iels ont débarqué).
      Voici donc une vidéo qui exprime pas mal ma pensée, elle est nuancée, étayée et provient en plus d’une personne qui apprécie beaucoup Chouard dans un premier temps, elle est donc d’autant plus audible : Usul / mes chers concitoyens : https://youtu.be/QVFTC7MngDI


      Mais je vais être très claire : si ensuite tu reviens ici pour parler de Chouard plutôt que de Thinkerview, ma fatigue extrême m’obligera à te bloquer, non pour t’empêcher de parler, tu le pourras toujours, mais pour ne pas relancer la charge mentale de la modératrice / administratrice de réseaux que je suis dans l’ombre (plusieurs comptes twitter et facebook) : je ne verrai ainsi plus tes publications.
      En tout cas ton analyse finale en une phrase assassine de Thinkerview m’a bien fait rire : merci !

    • @ninachani je sais que c’est un lien vers un article (qui date un peu) mais cette discussion Ruffin/Chouard donne un aperçu des limites du bonhomme (faut descendre de 50/60 lignes pour trouver le passage utile) : http://www.fakirpresse.info/L-air-du-soupcon.html
      Mon opinion : Chouard n’est pas « facho » mais il est assez peu critique de l’extrême droite et leur donne parfois de la visibilité (en étant méchant, on pourrait appeler ça un idiot utile à l’extrême droite).

    • @val_k

      si ensuite tu reviens ici pour parler de Chouard plutôt que de Thinkerview, ma fatigue extrême m’obligera à te bloquer

      étant donné que c’est toi qui a cité Chouard dans ce fil de conversation, je trouve ça assez gonflé de me dire ça. Pourquoi tu lui donnes de la visibilité en le citant alors ?
      Je préfère m’arrêter maintenant, je déteste les menaces et ce n’est certainement pas avec ce genre d’échange que je reverrai mon jugement. Bye bye et bonne continuation.
      @alexcorp merci pour le lien. Le problème c’est que le racisme de Ruffin s’est clairement exprimé dans sa prise de parole en public quand on lui a demandé de s’engager pour défendre Adama Traoré. Par conséquent si c’est Ruffin qui est censé donner la leçon ou servir d’exemple de bonnes pratiques contre l’extrême droite, ça va pas le faire !

    • Qui se cache derrière Thinkerview, la chaîne YouTube qui surfe sur le mouvement des « gilets jaunes » ?
      https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/qui-se-cache-derriere-thinkerview-la-chaine-youtube-qui-surfe-sur-le-mo

      Un fond noir, un simple fauteuil et un invité qui répond aux questions d’un mystérieux intervieweur pendant une à deux heures, voire plus. La recette de Thinkerview paraît minimaliste, mais le succès est au rendez-vous. Lancé avec peu de moyens il y a plus de six ans, le concept de ces longs entretiens, diffusés en direct et relayés sur les réseaux sociaux, a trouvé son public.

      .

      Les invités viennent d’horizons divers avec une petite préférence pour les intellectuels iconoclastes et les contestataires de tous bords, de l’ancien ministre grec Yanis Varoufakis à l’historien et essayiste Emmanuel Todd, en passant par les journalistes Natacha Polony et Laurent Obertone ou encore la coqueluche des « gilets jaunes » Etienne Chouard. « On est au milieu de toutes les communautés qui s’écharpent sur internet, de l’extrême droite à l’extrême gauche, explique Sky. On cherche à créer un terrain neutre pour que tout le monde puisse échanger. »