person:sébastien navarro

  • Les grandes heures de l’illégalisme : Voler pour ne pas s’abîmer | Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Les-grandes-heures-de-l

    En 2008, la sociologue Anne Steiner publie le récit d’une immersion dans le milieu anar de la Belle Époque : Les En-dehors (aux éditions L’échappée). Le livre, fouillé et vivant, retrace le parcours de ces illégalistes et bandits politiques bien décidés à conjuguer leur vie au présent. Source : CQFD


  • Vous reprendrez bien un verre de glypho ? | Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Vous-reprendrez-bien-un-verre-de

    C’est l’une des bêtes noires de Monsanto – vrai titre de gloire. Mais Marie-Monique Robin n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Dix ans après Le Monde selon Monsanto, la journaliste signe ainsi un documentaire glaçant sur l’herbicide phare de la multinationale : « Le Roundup face à ses juges ». Un film qu’elle présentait récemment à Perpignan. Compte-rendu. Source : CQFD


  • Dead Mall: A mall with a high vacancy rate, low consumer traffic level, or is dated or deteriorating in some manner. For purposes of inclusion on this site, Deadmalls.com defines a dead mall as one having a occupancy rate in slow or steady decline of 70% or less.
    http://deadmalls.com/index.html
    Mais qu’est-ce qu’on va faire des centres commerciaux ??
    par Sébastien Navarro dans @cqfd n°152
    #récession #fièvre_acheteuse #centres_commerciaux #enseignes #friches_urbaines #consumérisme #cauchemar_climatisé
    Que notre règne arrive


    https://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?NumLivre=2146570128
    #JG_Ballard

    • Nous avons donc de bonnes raisons de nous opposer à ces mégacentres commerciaux qui sont autant de grand projets inutiles imposés tout comme les complexes géants de cinéma, les aéroports comme celui de Notre-Dame-desLandes, les stades géants comme OL-land, etc. On ne peut donc que se réjouir que se développent partout en Europe des résistances contre ces projets. Ces mégacentres déferlent sur l’Europe parce qu’ils régressent fortement aux états-Unis. Sur plus de 11000 malls, un tiers a fait faillite, non pas en raison de la crise mais de la saturation du désir. Ne boudons donc pas notre plaisir face à ces échecs que subissent le capitalisme et le productivisme, mais avouons cependant que la plus forte probabilité n’est pas celle du passage vers une société écologiquement et socialement responsable, vers un éco-socialisme, un socialisme gourmand (par opposition au socialisme de la misère et de la grisaille des gauches productivistes), mais celle de l’adaptation de la planète et de l’humanité avec les courants transhumanistes, aux besoins du capitalisme et du productivisme. On peut le dire autrement : malgré ces crises, malgré le pic de pétrole, malgré la récession, ce système ne s’effondrera pas de lui-même (du moins pas avant d’avoir été jusqu’au bout de sa propre logique d’accumulation, de marchandisation, de mortification).

      #Paul_Ariès
      http://www.kairospresse.be/article/le-buen-vivir-contre-les-megacentres-commerciaux


  • Suicide au travail-Nebuleuses
    http://nebuleuses.info/pratiques-de-soins-pratiques-du-corps/article/suicide-au-travail

    @Ad Nauseam - Cet article est paru dans CQFD n°147 (octobre 2016), rubrique Le dossier, écrit par Sébastien Navarro, illustré par Kalem mis en ligne sur le site de CQFD le 17/10/2016 "Mercredi 14 septembre, la coordination nationale des infirmières appelait à une journée de grève suite au suicide de cinq des (...)

    #Nebuleuses / #Mediarezo


  • Projets miniers : L’Hexagone à la foreuse

    par Sébastien Navarro, illustré par Etienne Savoye

    http://cqfd-journal.org/Projets-miniers-L-Hexagone-a-la

    Depuis 2012, on ne compte plus les projets d’extraction minière en France. Liftée façon greenwashing, la mine dite « responsable » n’aurait plus rien à voir avec un sombre tableau à la Émile Zola. Petit tour d’horizon de cette nouvelle fièvre qui promet de désastreux coups de grisou.


  • Coaching über alles
    par Sébastien Navarro,
    paru dans CQFD n°144 – juin 2016.
    http://cqfd-journal.org/Coaching-uber-alles

    Vulgaire. Outrancier. Provocateur. Soyons honnêtes : Marwanny nous malmène. L’impression de revivre ces épisodes de fin de banquet où l’alcool aidant, les blagues fusent dans une surenchère galopante. Au mal de côte et aux crampes des zygomatiques suivent immanquablement des moments de réflexivité. De qui ou de quoi rit-on ? Et surtout avec qui ? Si le rire est avant tout affaire de connivence et si on ne rit jamais autant que lorsqu’on égratigne les tabous, où situer les bornes dans une France post-Charlie avec des tristes sires de la trempe de Dieudonné ? Sexisme, pédophilie, racisme. Marwanny fout les mains dans le cambouis, aligne les pathétiques trombines de Séguéla, Elkabbach, Sarkozy et de… sa tante qui a voté Robert Ménard à Béziers. Plus tard, la bande annonce du blockbuster Socialiste Holocauste, nous clouera sur nos sièges. Imaginez un pastiche de Walking Dead avec un Jospin défiguré en chef zombie prônant une première république sociale-libérale des trépassés : « Un monde où la croissance pourrait enfin être éternelle, puisque tout est déjà détruit ! » « Mon travail, plaide Marwanny, c’est de déconstruire les discours du marketing, de la politique, de la publicité. Je joue beaucoup avec l’absurde, c’est moins plombant et puis surtout ça me permet d’aller vers des gens qui ne sont pas forcément des convaincus. »


  • Caryl Férey, Indien du polar
    paru dans CQFD n°141 (actuellement en kiosque)
    par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Bouquin-Caryl-Ferey-Indien-du

    Entre correction d’épreuves et virée en Équateur, Caryl Férey, globe-trotter du roman noir, nous cause de Condor, son nouveau polar à paraître le 17 mars.

    Des Maoris aux Indiens Mapuches en passant par les Zoulous, d’où te vient cette fascination pour ces peuples dits autochtones ?

    J’ai pas réfléchi à pourquoi je préférais le rock à la variété. C’est des choses que tu ressens. Quand j’étais gamin, j’étais déjà fasciné par les Indiens d’Amérique du Nord. À travers tous ces peuples rencontrés, on retrouve les mêmes problématiques. Chez nous Occidentaux, la terre nous appartient. On met du barbelé et on dit ça c’est à moi. Pour eux, c’est une ineptie totale : c’est nous qui appartenons à la terre. On est absolument irréconciliables.

    En 500 ans de colonisation, ces peuples ont beaucoup souffert. Quand je vois une population opprimée qui a tant de choses à nous apprendre, c’est comme si on tuait une part de nous-mêmes. Un chef sioux, au soir de sa vie, a dit : « Nous ne savions pas mentir, nous n’étions pas civilisés. » J’adore. Le mensonge pour eux, c’est le déshonneur total. Imagine si nos sociétés occidentales pouvaient assimiler un tant soit peu ce message, ça changerait quand même pas mal de trucs. Imagine un Cahuzac chez les Sioux : il serait banni à vie !


  • Belgique : La Grève du siècle par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Belgique-La-Greve-du-siecle

    Un demi-siècle avant les diktats de la « troïka », la Belgique essuyait déjà les plâtres de plans d’austérité tous voués à l’adoration sado-masochiste du Dieu Marché et de son dogme libre-échangiste. Résultat des courses : durant l’hiver 1960-61, le pays sera paralysé par une grève de cinq semaines, la « Grève du siècle ».

    Fin des années 1950, la situation économique du pays se dégrade et les premières grèves éclatent en Wallonie après que le gouvernement conservateur de Gaston Eyskens a tenté de fermer la moitié des mines de charbonnage. Aux grands maux, les grands remèdes : Eyskens fait voter sa fameuse « Loi d’expansion économique, de progrès social et de redressement financier », plus connue sous le nom de « Loi unique » ou « Loi de malheur ». L’enjeu du dispositif sera brillamment exposé par le ministre de la Fonction publique de l’époque, Pierre Harmel : « La nécessité se faisait sentir d’un redressement à titre principalement budgétaire de telle manière que l’équilibre des recettes et des dépenses étant assuré, nous puissions consacrer une somme de plus en plus considérable […] à des investissements pour la conversion économique en face du marché commun. » En clair, il s’agit de liquider les industries déficitaires et de sabrer dans les dépenses publiques : hausse de la TVA, réduction des allocations chômage, baisse des subventions, etc. Le 20 décembre 1960 alors que le texte est soumis à la Chambre des Représentants, la grève éclate. En Wallonie d’abord, région ouvriériste fortement ancrée à gauche, jusqu’aux terres catholiques de Flandre et Bruxelles. La Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB) soutiendra le mouvement, quand elle ne tentera pas de le contenir. Un militant se souvient : « Avec un camarade, ouvrier d’aciérie, nous allons d’un atelier à l’autre et, en une demi-journée, [l’usine] Cockerill est complètement à l’arrêt. Renard est furieux : “C’est nous qui décidons et pas la base !”, dit-il. Il ne supportait pas qu’on le déborde. »


  • A deux clicks de la paix dans le monde
    Par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/A-deux-clicks-de-la-paix-dans-le

    Sur le site petitionpublique.fr, on apprend que la pétition est « l’une des plus anciennes méthodes de la démocratie ». Servi par l’industrie numérique, le citoyen du monde peut désormais « agir sur le monde » sans sortir de chez lui. Vertige de l’amour virtuel…

    En arrivant sur le site lapetition.be, vous aurez le choix entre apporter votre signature pour sauver la crèche « Au Jardin de Kassiopée », vous opposer à la libération de Marc Dutroux ou à l’implantation d’un abattoir rituel à Guéret (Creuse). Les Pussy Riot, bientôt citoyennes d’honneur de la ville de Paris ? Rien de plus facile, la pétition est mise en ligne par la plate-forme change.org. De son côté, le site Avaaz – présenté comme « mouvement mondial en ligne qui donne aux citoyens les moyens de peser sur les prises de décision partout dans le monde » – nous informe en temps réel du nombre de personnes ayant signé pour un moratoire sur les pesticides tueurs d’abeilles : en 36 heures, 2 428 444 personnes ont déjà répondu présent.


  • Esclavage patrimonial
    par Sebastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Esclavage-patrimonial

    Le 31 décembre 2012, un rassemblement était prévu à Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour soutenir Badia placée sous le coup d’une OQTF. Puis tout fut annulé. Épuisée, elle venait d’être hospitalisée.

    Quelques jours auparavant, elles étaient cinq clandestines à sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s’être échappées d’un enfer conjugal. Fatima : « Je suis rentrée en France le 30 avril 2011. Je n’avais jamais eu l’idée de vivre ici. J’étais la seule fille de mes parents, j’étais inscrite à la fac de droit. Mon mari était français et m’avait promis que je pourrais poursuivre mes études en France, qu’on allait faire notre maison mais on est restés dans sa famille. On est huit à la maison, je suis la dernière à manger. Il m’a interdit la fac, de regarder la télé ou de parler à mes parents au Maroc. C’est mon beau-père qui est méchant : si je casse quelque chose dans la cuisine, il le dit à son fils et il me tape et m’insulte. » Á bout de forces, Fatima a appelé un cousin à l’aide qui a fait intervenir une association : « Ils ont constaté les bleus sur mon corps. Mais les gendarmes du village ont dit que j’étais une menteuse. Qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne sait rien de la loi française. » Fatima s’est enfuie.


  • Ultragauche : le marronnier par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Ultragauche-le-marronnier

    Après les casseurs dans les manifs, les médias ne ratent pas l’occasion d’agiter le chiffon rouge de l’ultragauche lors de contestations sociales radicales, pour couper la lutte de tout soutien populaire. Et justifier la répression.

    Lundi 3 décembre, le thème du « Téléphone sonne » sur France Inter était : « L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : Nécessité économique ou désastre écologique ? » Sur le plateau, deux invités se font face : Christophe Clergeau (PS) et Pascal Durand (EELV). 19 h 48, Pierre Weill, taulier de l’émission, lit le message d’un auditeur à l’attention de Pascal Durand : « Admettez-vous qu’il y a parmi les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des gens qui sont des sortes d’anarcho-autonomes, viscéralement anticapitalistes ? Pour eux, un aéroport, c’est un symbole d’argent, un symbole de la société de consommation. Tout dialogue avec ce genre de militants violents est impossible. » Durand botte en touche, parle de la grande manifestation non-violente du 17 novembre, entre 30 000 et 40 000 pékins, des centaines de tracteurs… Hargneux, Weill le coupe et revient à la charge : « Mais y a-t-il aussi des anarcho-autonomes ? » Agacé, Durand change de braquet et aborde le sujet des violences policières avant d’avouer qu’il n’est même pas sûr « que des gens de cette nature soient arrivés sur le site ». C’est alors au tour de Clergeau de dégainer et d’intimer aux élus, sous-entendus ceux de EELV, de « se désolidariser de cette violence et [de ne pas] faire l’autruche comme s’il n’y avait pas ces personnes-là. »


  • Pas de droits, pas de chocolat par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Pas-de-droits-pas-de-chocolat

    Einstein affirmait qu’il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé. Malgré la difficulté, quelques chercheurs se sont attaqués à celui selon lequel, dans ce pays, les « assistés » se gavent d’aides sociales. Résultat : quasiment un pauvre sur deux ne réclame rien à l’État !

    « La politique de lutte contre la fraude [sociale] est portée par un feu roulant de propos stigmatisants. Sans chercher à polémiquer sur leur forme, il faut néanmoins comprendre que ces discours ont pour effet de culpabiliser les ayants droit, entraînant ainsi des non-recours et donc des non-dépenses. » Voilà le constat que l’on trouve dès les premières pages du bouquin L’Envers de la fraude sociale, paru ces jours-ci.

    Aux commandes de l’ouvrage : un certain Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), fondé en 2003 par le politologue Philippe Warin et la sociologue Catherine Chauvaud. Après un quinquennat sarkozyste délirant de surenchère sur ces assistés siphonnant le jus clairet de nos finances publiques, après les « RSA-canapés » du Figaro et le « cancer de la société » de Wauquiez, les analyses de l’Odenore tombent à pic pour dévoiler les dommages collatéraux de cette guerre contre les pauvres. Dans la mire des chercheurs, la notion de « non-recours », définie la situation d’une personne éligible à certains droits sociaux, mais qui, pour certaines raisons, n’en bénéficie pas.

    #cqfd


  • On puce bien les moutons | Sébastien Navarro (CQFD)
    http://www.cqfd-journal.org/On-puce-bien-les-moutons

    Utilisé en lycée et collège, le logiciel Pronote est surtout connu pour sa fonctionnalité d’agenda des devoirs en ligne. Mais, derrière le côté pratique de l’outil, se cachent une batterie de mouchards, véritables jalons d’une philosophie orwellienne à l’œuvre dans toute la société. Source : CQFD


  • Les zombies du « présentéisme » par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Les-zombies-du-presenteisme

    La bonne nouvelle est tombée début septembre dernier : le taux d’absentéisme dans les entreprises françaises est à son plus bas niveau depuis 2007 [1]. En moyenne, le salarié français ne s’arrête plus que 14,5 jours par an contre 17,8 en 2009. L’heureuse nouvelle est colportée par l’Alma consulting group, un cabinet international d’expertise spécialisé dans le conseil en diminution de charges sociales et de coûts. Las, après avoir consacré le tire-au-flanc espèce en voie de disparition, le rapport pointe une épidémie en plein essor : le présentéisme. La symptomatologie du bobo ? Des salariés qui s’accrochent à leur fauteuil comme autant d’arapèdes à leur rocher pour un productivisme dérisoire, des zélés qui ne comptent plus leurs heures sup’ malgré un état physique ou moral au bord de la déglingue. Au final, un travailleur zombie, « présent physiquement, mais psychiquement absent ». Un drame humain mais pas que, puisque l’épidémie coûterait à l’Europe, ô désastre suprême, la bagatelle de 20 milliards par an.

    « Le présentéisme regroupe des situations très différentes, explique le psychanalyste et psychiatre Christophe Dejours. Il y a des gens arrêtés par leurs médecins qui continuent de travailler, parce que sinon ils pensent à leurs angoisses. Ils se plongent alors dans une forme d’activisme pour éviter que leur “pensée libre” ne reparte. Il y a des cas où les médecins sont obligés par leurs patients à délivrer des aptitudes au travail, alors même que la santé du salarié est menacée par ses conditions de travail. C’est l’exemple du gars qui bosse dans la métallurgie avec un taux de plomb dans le sang important. Ces gens prennent des risques considérables avec leur santé tout simplement pour pouvoir bouffer. Enfin, il y a cette catégorie de travailleurs déjà fortement engagés dans leur boulot qui, si jamais leur boîte fait l’objet de dégraissage ou devient plus concurrentielle, compensent en travaillant davantage. »


  • Les « hommes couverture » par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Les-hommes-couverture

    1972, blocs H de la prison de Long Kesh en Irlande du Nord. Une quarantaine de militants de l’Irish Republican Army (IRA), emmenés par Billy McKee, se lancent dans une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques. L’obtention d’un tel statut, outre qu’il permet de s’affranchir des règles pénitentiaires ordinaires et de porter des vêtements civils, vise à une reconnaissance du combat politique porté par les Républicains en lutte pour l’unification de leur île. Sous la pression, le gouvernement britannique bricole un statut spécial qui reconnaît tacitement les militants de l’IRA comme des prisonniers de guerre. De courte durée. Le 1er mars 1976, Albion la perfide renoue avec sa stratégie de criminalisation des indépendantistes irlandais : fin du statut spécial pour les futurs prisonniers.


  • Un terroriste virtuel par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Un-terroriste-virtuel

    « Shérif fais-moi peur » version gauloise. Le docteur en physique Adlène Hicheur a appris à ses dépens qu’il vaut mieux ne pas se laisser prendre dans les filets paranoïaques de l’antiterrorisme. Pour de simples échanges de mail avec un islamiste virtuel, il vient de prendre quatre ans ferme.

    « Le but de l’anti-terrorisme n’est jamais de saisir réellement des faits, des éléments, ni même des intentions, mais de raconter une histoire qui fait peur pour pouvoir ensuite mieux rassurer. Si pour l’affaire de Tarnac, la petite histoire a rapidement déraillé, dans le cas d’Adlène Hicheur, elle semble fonctionner parfaitement. » Le préambule est signé Mathieu Burnel, un des dix inculpés de l’affaire de Tarnac. Le 15 mars 2012, lui et Benjamin Rosoux, autre inculpé tarnacois, participaient à une conférence de presse en soutien à Adlène Hicheur, incarcéré depuis octobre 2009 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.


  • Que d’ondes, que d’ondes par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Que-d-ondes-que-d-ondes

    Nouveau coup dur pour les opposants à la floraison chaotique d’antennes relais sur notre territoire : le 14 mai dernier, sur commande du Conseil d’État, le tribunal des conflits se prononçait sur la juridiction compétente – tribunal de grande instance ou tribunal administratif (TA) – en cas de contentieux entre un riverain et un opérateur de téléphonie mobile. Ce sera donc le TA. Détail juridique ? Pas vraiment, d’après Stéphane Sanchez, animateur national de la Coordination nationale stop antennes-relais : « Une fois informés de la construction d’une antenne, les riverains auront un délai de deux mois pour saisir le TA sur la base d’un vice de forme. Les opérateurs faisant poser les panneaux d’information par voie d’huissier, le vice de forme sera impossible à prouver. On ne pourra plus exiger le démontage d’une antenne pour quelque prétexte que ce soit, mais si on tombe malade à cause des ondes, on pourra demander des indemnisations. Super ! On soigne les conséquences, mais pas la cause. On crèvera, mais riche ! »

    En 2011, le Conseil d’État avait retiré la compétence des maires quant à l’installation des antennes et pylônes de relais de téléphonie sur leur commune. « Depuis, les élus locaux sont juste bons à donner les autorisations pour que tu installes une clôture autour de chez toi, et basta ! », ironise Stéphane. En octobre 2012, des membres de la coordination seront reçus au Sénat où ils espèrent pouvoir faire évoluer la législation et constituer un lobby face à celui des opérateurs. En cas d’échec, les opposants fomentent d’ores et déjà des actes de désobéissance pour ne point finir sous des trombes d’ondes.


  • Miterrand et l’Algérie par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Mitterrand-et-l-Algerie

    En ce temps-là, la prison située dans la partie haute de la casbah d’Alger s’appelait Barberousse, souvenir du célèbre corsaire à la botte de l’empire ottoman. On imagine l’effroi qu’un tel nom pouvait provoquer chez les prisonniers... En cette nuit du 19 juin 1956, Abdelkader Ferradj et Mohamed Ben Zabana marinent eux aussi sûrement dans l’effroi : au premières lueurs de l’aube, ce seront les deux premiers militants du Front de libération nationale (FLN) à être guillotinés. Leur exécution a été actée deux semaines auparavant par la chancellerie française. Le ministre de la Justice, un certain François Mitterrand, a refusé le recours en grâce des deux condamnés.

    Mitterrand est déjà aux manettes du pouvoir quand l’insurrection algérienne démarre, le premier novembre 1954. Mendès France, Président du Conseil – nous sommes sous la IVe République – en a fait son ministre de l’Intérieur. En réponse à la Toussaint Rouge, le premier flic de France fait dissoudre le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques de l’indépendantiste Messali Hadj. Quelques jours plus tard, Mitterrand tient un discours de fermeté devant les députés de l’Assemblée nationale. « L’Algérie, c’est la France » sera suivi par un : « Je n’admets pas de négociations avec les ennemis de la patrie. La seule négociation, c’est la guerre. » L’indépendance de l’Algérie ? Idée inconcevable à l’époque, même dans le camp de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance, petite formation politique de modérés gaullistes et socialistes, que préside Mitterrand. Ce dernier est plutôt partisan d’un colonialisme français à visage humain. La brutalité de la police tricolore en Algérie le taraude : il missionne Germaine Tillion, la célèbre résistante, pour investiguer sur des exactions commises par la flicaille outre-Méditerranée.


  • La tête dans le micro-ondes par Sebastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/La-tete-dans-le-micro-ondes

    Le populo est peut-être accro à son portable, mais qu’on lui plante une antenne relais au fond de son jardin, et le v’là qu’il s’inquiète et voit rouge. Quasi prêt à mener la fronde pour éviter de se manger un trop plein d’ondes.

    Ça bouillonne dans les têtes des habitants du village de Villeneuve de la Raho (Pyrénées-Orientales), dont les vingt-cinq antennes relais ont bénéficié dernièrement d’une importante exposition médiatique. « Tout a commencé en 1998, quand le maire nous a informés que le château d’eau allait abriter des antennes relais. À l’époque, peu de personnes étaient informées du danger des antennes. C’est grâce au travail du scientifique Roger Santini que j’ai commencé à me renseigner sur les champs électromagnétiques », explique Maryse, riveraine du château d’eau. Tout comme ses voisins, elle est rapidement victime d’insomnies, de maux de tête et doit souvent quitter son logement principal pour se mettre au vert. « À partir des années 2000, on observe une importante recrudescence de pathologies lourdes dans le quartier, poursuit Maryse. Je me suis procuré un plan cadastral et j’ai noté pour chaque maison la maladie correspondante : cancers, AVC, Alzheimer. Aucun foyer n’était épargné. Une telle concentration est quand même anormale ! » De l’anormalité au scandale sanitaire, il n’y a qu’un pas. Paulette, qui habite aussi à proximité, reprend : « Il y a le problème de l’école située au pied du château d’eau. Sur deux cent vingt élèves, trois ont un cancer. Statistiquement, ce n’est pas normal ! Les chiffres sont trop élevés. La réponse de la mairie a été de construire un bloc sanitaire à l’école pour les enfants malades ! »



  • Mauvaise mémoire par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Mauvaise-memoire

    Le 19 mars 2012, l’Algérie fêtera le cinquantenaire de son indépendance. Une pilule que n’a toujours pas digérée une partie de la communauté pied-noire. À Perpignan, un musée revisite cent trente ans d’Algérie française selon le prisme colonial. Visite guidée.

    Un petit groupe a fait le trajet depuis Béziers et s’arrête devant un tableau, une scène de torture ou d’exécution sommaire, orné d’une mise en garde : « Vous serez tous liquidés, c’est la terreur, le FLN a lancé son mot d’ordre de guerre totale et sans merci. » L’un dit : « Je crois que le peintre s’appelle Nicole Guiraud, c’est une franco-algérienne. » L’autre ajoute : « Elle a perdu un bras. C’était au Milk-Bar d’Alger en 1956. » « Évidemment, tout ça est marqué dans sa chair », conclut un dernier en désignant l’ensemble des tableaux. L’accent est pied-noir. Normal, ce lieu leur est dédié. Bienvenue au Centre de documentation des Français d’Algérie de Perpignan, inauguré en grande pompe le 29 janvier 2012 par le maire UMP de la ville, Jean-Marc Pujol (lui-même rapatrié), et le ministre de la Défense, Gérard Longuet, bien connu pour ses flirts de jeunesse avec l’extrême droite radicale. Une inauguration où l’émissaire élyséen a eu du mal avec un public toujours aussi allergique à la moindre référence gaullienne. Heureusement, il a su coller au texte de ses antisèches sarkozystes : « Je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie, sera l’année du souvenir et du recueillement, et sûrement pas celle de la repentance. » Cent trente ans de colonisation ? « Une formidable aventure. » Les colons français ? « Des hommes et des femmes » qui auront « œuvré à la grandeur de la France ». Voilà pour la grille de lecture.


  • Sur le dos des tapins, par Sébastien Navarro
    http://cqfd-journal.org/Sur-le-dos-des-tapins

    Tour à tour victimes sociales ou menaces pour l’ordre public, les prostituées n’en finissent pas de nourrir les calculs politiciens. Dernier coup en date, celui de criminaliser le client afin de tarir la source du mal. Entre-temps, les pros du trottoir s’organisent.