person:scott pruitt

  • #Pesticides : l’#orange amère de Californie - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/05/31/pesticides-l-orange-amere-de-californie_1730941

    Aux #États-Unis, l’utilisation du #chlorpyriphos-éthyl est interdite en usage résidentiel depuis 2000. Et son usage agricole aurait été également interdit si le directeur de l’Environmental Protection Agency (l’Agence fédérale de protection environnementale, dite #EPA) n’en avait décidé autrement. Fraîchement nommé par Donald Trump, Scott Pruitt a annulé la procédure à quelques jours de l’échéance, le 29 mars 2017, jugeant « insuffisantes » les preuves scientifiques à l’encontre du pesticide. Une cour d’appel fédérale siégeant à San Francisco a donné trois mois, à compter du 19 avril, pour que l’EPA rende une décision argumentée sur l’interdiction ou non du pesticide à usage agricole. En septembre, le Sénat de Californie votera sur une éventuelle suspension de l’utilisation du chlorpyrifos-éthyl pour deux ans, à l’échelle de son Etat. En attendant, les agriculteurs continuent d’avoir recours au chlorpyriphos-éthyl. Son usage a baissé de plus de 50 % entre 2005 et 2016. Mais aux alentours de Lindsay, il reste le quatrième pesticide le plus utilisé sur les orangers, selon le dernier rapport disponible (2016).

    #santé #justice_environnementale #agriculture #maraîchage

  • Trump se sépare de son secrétaire de l’#Environnement dans la tourmente | TVA Nouvelles
    http://www.tvanouvelles.ca/2018/07/05/trump-annonce-le-depart-de-son-ministre-de-lenvironnement

    Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi la démission de Scott Pruitt, secrétaire de l’Environnement très controversé en raison d’une cascade de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.

    #escroc #corrompu #Etats-Unis

  • Environnement : le bras armé de Trump, Scott Pruitt, sur la sellette

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/04/10/environnement-le-bras-arme-de-trump-scott-pruitt-conteste-mais-pas-coule_528

    Les dépenses du patron de l’EPA font scandale, mais il reste soutenu par le président. Et continue à détricoter méthodiquement les réglementations de l’ère Obama


    A Washington, le 6 avril, une affiche fait référence à l’affaire de location de l’appartement dans laquelle est impliqué Scott Pruitt, le directeur de l’Agence américaine pour l’environnement.

    Cela aurait dû être un couronnement pour Scott Pruitt, l’administrateur de l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA). Mais les affaires ont tout gâché : le bras armé du président Donald Trump en matière d’environnement a dû faire ses annonces en catimini en raison des scandales qui le poursuivent pour avoir dépensé plus de 100 000 dollars (80 000 euros) en avion en première classe aux frais du contribuable américain, et loué son appartement de Washington à une amie mariée à un lobbyiste pétrolier au prix dérisoire de 50 dollars la nuit.

    Il n’empêche, Scott Pruitt poursuit son travail de détricotage des régulations adoptées par Barack Obama. Mardi 3 avril, il a annoncé son intention de lever l’obligation pour les constructeurs automobiles américains de mettre sur le marché, d’ici à 2025, des automobiles consommant en moyenne 4,35 litres aux 100 kilomètres.

    Avec des cours du pétrole bas et des routes souvent en mauvais état, l’heure n’est pas aux moteurs électriques (2 % du marché) et aux petites cylindrées, mais aux voitures de sport et autres pick-up, qui engloutissent du pétrole, surtout dans les terres républicaines du Midwest. « L’objectif des dernières années a été de faire faire aux constructeurs des voitures que les gens ne veulent pas acheter. Notre objectif devrait être de rendre plus efficientes les voitures que les gens achètent », a déclaré M. Pruitt.

    Selon l’EPA, seuls 5 % des véhicules auraient respecté les futures normes en 2025, tandis que les pick-up devraient représenter à cette date 45 % du marché américain, bien plus que les 33 % prévus en 2012 lorsque fut instaurée la régulation. Pour les modèles 2016, onze des dix-sept constructeurs présents aux Etats-Unis ont vu l’empreinte carbone de leur véhicule se dégrader, les cancres étant General Motors et Ford. « C’était la bonne décision, et nous soutenons le gouvernement », a logiquement déclaré l’Alliance of Automobile Manufacturers, organisation qui regroupe douze constructeurs internationaux qui opèrent aux Etats-Unis. Tandis que Volkswagen, encore sous le choc de ses tricheries sur le diesel, a salué « un meilleur alignement des régulations sur les conditions de marché ».

    John Bozzella, président de l’Association of Global Automakers, qui représente les constructeurs japonais, coréens et quelques européens comme Ferrari, a été beaucoup plus mitigé : « Le marché mondial évolue vers un transport économe en carbone, et les Etats-Unis ont besoin de rester compétitifs », a-t-il déclaré dans un communiqué.

    « Mythe des retours en arrière »

    La décision est en contradiction avec le discours global de Donald Trump, qui se plaint que les Européens n’achètent pas de voitures américaines : l’affaire sera encore plus délicate si les règles sont assouplies excessivement et s’éloignent de la norme mondiale. Elle se heurte à la Californie, qui a le droit de fixer ses propres normes de pollution de l’air. Un privilège que M. Pruitt entend remettre en cause mais auquel l’Etat ne compte pas renoncer. Enfin, la décision de M. Pruitt n’est que le début d’un long processus réglementaire, qui risque d’être contesté en justice, d’autant que le rapport justifiant la décision de M. Pruitt a été expédié : 38 pages contre 1 217 pour celle prise sous l’administration Obama.

    C’est là qu’on trouve la limite de la méthode Pruitt. Alors que ce républicain est sur le fil du rasoir – d’autres ministres de l’équipe Trump ont été limogés pour moins que cela, et le chef de cabinet de la Maison Blanche, John Kelly, a demandé sa tête à Donald Trump, sans succès pour l’instant –, Washington débat sur son bilan réel. Le New York Times, à la ligne éditoriale anti-Trump, voit en lui celui qui rêve de passer à la postérité comme « le plus grand éradicateur de régulation sur l’industrie américaine » tandis que Politico dénonce « le mythe des retours en arrière de l’Agence de protection de l’environnement américaine sous Scott Pruitt ».

    En fait, les deux ont raison. Politiquement, l’impact de M. Pruitt est majeur. C’est lui qui a convaincu Donald Trump de sortir de l’accord de Paris sur le climat, même si cette mesure ne sera effective qu’en 2020. Cet ancien procureur de l’Oklahoma, climatosceptique lié aux lobbys pétrochimiques, est haï par la gauche, les organisations non gouvernementales et les fonctionnaires de son administration, dont il se défie : bureau insonorisé, service de sécurité draconien, intimidations professionnelles.

    Chaque jour, M. Pruitt défraie la chronique, plus trumpien que Donald Trump. Il a lancé une remise en cause de la régulation de la pollution de l’eau, nommé des proches de l’industrie dans les comités scientifiques, cherche à assouplir toutes les contraintes. Bref, une immense dérégulation, qui aurait épargné un milliard de dollars au contribuable, selon son mentor, le sénateur républicain de l’Oklahoma James Inhofe.

    Bon soldat

    Mais bien souvent, comme le note Politico, M. Pruitt se contente de bloquer des mesures annoncées par Obama mais non mises en œuvre, tandis que l’application de ses mesures de déréglementation est lente. Faute de majorité solide au Sénat, M. Pruitt passe par voie réglementaire, ce qui l’expose à des contestations en justice : « Vous ne pouvez pas gouverner uniquement par communiqué de presse. Vous devez aussi faire le dur labeur qui consiste à développer une règle qui peut résister à la contestation en justice, même si cela n’est pas sexy », a déclaré à Politico David Hayes, un ancien des administrations Clinton et Obama.

    Un moratoire sur les émissions de méthane des puits de pétrole a été suspendu par la justice fédérale, car la décision était jugée « non raisonnable » et « non autorisée ». Il a été condamné pour ne pas avoir publié des données sur l’ozone en temps voulu. Visiblement, M. Pruitt ne sait pas jusqu’où aller. Le Congrès n’a pas accepté de sabrer dans le budget de l’EPA, ce qui eût conduit à son quasi-démantèlement. A l’automne 2017, il a tenté d’organiser des débats publics sur le réchauffement climatique dans l’idée de décrédibiliser le consensus scientifique, avant d’être stoppé net par John Kelly, chef de cabinet de Donald Trump.

    Le président apprécie l’engagement de Scott Pruitt, auquel on prête l’ambition de devenir sénateur ou gouverneur de l’Oklahoma, voire ministre de la justice ou encore président des Etats-Unis en 2024. Si M. Trump le garde, c’est aussi parce que, à l’approche des élections de mi-mandat, le locataire de la Maison Blanche aura le plus grand mal à faire valider par le Sénat, où la majorité n’est actuellement que d’une voix, un aussi bon soldat pour le remplacer. Le vent tournera-t-il ? M. Pruitt était lundi à la Maison Blanche pour la réunion de cabinet. Mais le bureau de l’éthique gouvernementale est saisi du dossier.

  • Environnement : comment Trump tente de museler les scientifiques américains

    http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/23/les-scientifiques-americains-cible-d-une-chasse-aux-sorcieres_5233983_3210.h

    L’Agence de protection de l’environnement (EPA) subit de plein fouet l’offensive de la Maison Blanche pour saper la préservation de la nature et du climat au profit de l’industrie.

    Le candidat Donald Trump s’y était engagé dès février 2016 : « Le département de la protection environnementale : nous allons nous en débarrasser dans presque toutes ses formes », même si on conservera « quelques friandises ». Promesse tenue : sous la houlette de Scott Pruitt, climatosceptique notoire de l’Oklahoma, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) se saborde consciencieusement et démantèle les régulations environnementales adoptées sous Barack Obama.

    Pour cela, il faut agir sur les hommes. Scott Pruitt mène donc une véritable guérilla contre des fonctionnaires et des scientifiques qui lui sont hostiles. Dans une atmosphère paranoïaque, il a fait déminer pour 3 000 dollars (2 500 euros) son bureau pour vérifier qu’il n’y avait pas de micro caché et s’est fait financer pour 25 000 dollars une cabine de télécommunications sécurisée pour pouvoir s’entretenir confidentiellement avec la Maison Blanche. Victime de menaces et sous protection policière rapprochée, Scott Pruitt agit sur quatre axes : découragement des salariés, voire intimidation, même s’il n’y est officiellement pour rien ; recomposition des comités scientifiques en y nommant des défenseurs des industries polluantes ; réduction au silence des scientifiques ; sabrage du budget et des effectifs.

    Les salariés intimidés par une officine ultraconservatrice

    La syndicaliste Nicole Cantello, par exemple, raconte sa mésaventure. Ce 15 février, cette avocate salariée de l’EPA depuis vingt-six ans est devant son ordinateur. Soudain, elle voit apparaître une demande de recherche de ses courriels : tous ceux qui mentionnent le nom de Pruitt. Cette requête ne tombe pas par hasard. Dix jours plus tôt, le 6 février, elle a organisé une manifestation à Chicago contre la nomination par Donald Trump de M. Pruitt. Bien sûr, rien n’émane de l’EPA ou de M. Pruitt. La demande d’information a été formulée par le juriste Allan Blutstein, qui dirige America Rising, une officine ultraconservatrice qui aide les républicains à constituer des dossiers. « J’étais stressée. J’ai pensé qu’ils voulaient me discréditer », s’est alors inquiétée Mme Cantello.

    Tous ceux qui se sont opposés publiquement à M. Pruitt sont dans le collimateur d’America Rising. Michael Cox (Etat de Washington) figurait sur la liste noire pour avoir envoyé lors de son départ à la retraite une lettre ouverte cinglante à M. Pruitt, tout comme Gary Morton, qui avait manifesté contre les coupes budgétaires à Philadelphie. « C’est une chasse aux sorcières contre les employés de l’EPA qui ne font que tenter de protéger la santé humaine et l’environnement. Ils essaient de nous intimider et de nous réduire au silence », a accusé Gary Morton dans le New York Times.

    Dans sa vingtaine de requêtes, Allan Blutstein revendique avoir « été à la pêche » en visant ceux qui disaient du mal de M. Pruitt, des syndicalistes mais pas toujours, pour vérifier s’ils violaient les règles de l’EPA. Le problème, c’est qu’il a le droit en sa faveur, comme l’explique Nicole Cantello. « Nous avons la loi sur la liberté d’information, et chacun peut demander mes mails. C’est légitime si c’est pour savoir si je fais bien mon travail », nous confie-t-elle, en sa qualité de syndicaliste, en communiquant par adresse mail et téléphone privés.

    C’est ce même droit qu’utilisent les médias pour avoir accès à l’agenda détaillé de M. Pruitt. L’affaire a cependant tourné au scandale quand on a découvert que l’EPA avait signé un contrat – depuis annulé — de « surveillance médiatique » de 120 000 dollars avec une société associée à America Rising.

    Des comités scientifiques probusiness

    Scott Pruitt excelle dans l’art d’utiliser les armes de ses adversaires. On accuse les entreprises dont il écoute les avis d’être en conflit d’intérêts. Il use de ce même argument pour chasser des comités scientifiques chargés de conseiller l’EPA, ceux qui bénéficiaient de subventions de la part de cette dernière. « Nous devons nous concentrer sur la science, pas sur la science politique », a déclaré M. Pruitt en octobre. La manœuvre permet d’exclure les scientifiques financés sur fonds publics. Donna Kenski en a été la victime. Cette démocrate travaille pour une agence de Chicago qui analyse la qualité de l’air des grands lacs et reçoit indirectement de l’EPA, par l’intermédiaire de l’Etat de l’Illinois, 900 000 dollars. Son mandat de trois ans au sein de cet organisme a été révoqué prématurément. Elle avait été nommée à l’époque contre l’avis du sénateur de l’Oklahoma, le climatosceptique James Inhofe.

    Ces départs permettent de faire de la place aux défenseurs des entreprises. Ainsi, Michael Honeycutt a été nommé président du bureau de conseil scientifique de l’EPA. Ce toxicologue texan est connu pour avoir jugé excessives les normes sur l’ozone fixées par l’agence environnementale et a cosigné une étude accusant celle-ci d’avoir exagéré les bénéfices sur la santé d’un air plus pur. Il retrouvera dans ce comité le Californien Robert Phalen, célèbre pour avoir estimé que « l’air moderne est un peu trop pur pour une santé optimale », mais aussi l’ancien directeur de recherche de l’entreprise pétrolière de l’Oklahoma Phillips 66, ou encore l’ancien responsable environnement de la compagnie d’électricité d’Atlanta Southern Co, l’un des plus gros émetteurs de CO2 des Etats-Unis.

    Les comités scientifiques s’ouvrent à des gens « qui croient que le travail de l’EPA est de stimuler l’économie américaine, car elle est plus importante que la santé de gens et l’environnement », déplore un scientifique réduit au silence.

    Pour nommer les cadres dirigeants de l’EPA, une confirmation du Sénat est souvent nécessaire : William Wehrum a ainsi été investi de justesse pour (dé)réguler la protection de l’air, alors qu’il a longtemps défendu les entreprises pétrolières. Mais Michael Dourson, qui a par le passé été payé pour critiquer des études scientifiques défavorables à ses clients de la chimie et du pétrole, a dû renoncer à prendre en charge la direction des risques chimiques et de pollution.

    Les scientifiques réduits au silence

    C’était en septembre. Un colloque devait se tenir à Rhode Island sur les conséquences du réchauffement climatique qui affecte la baie de Narragansett, le plus grand estuaire de la Nouvelle-Angleterre, situé entre Boston et New York. Trois scientifiques de l’EPA devaient y prendre la parole mais, à la dernière minute, la direction le leur a interdit, au prétexte qu’il ne s’agissait pas d’un événement EPA. Une trentaine de manifestants ont protesté, avec des pancartes : « La science, pas le silence ».

    Les consultations de l’agence perdent désormais en crédibilité et servent de plate-forme politique. Pour annuler la loi sur l’air de Barack Obama, qui aurait pu servir de feuille de route pour respecter l’accord de Paris, l’EPA a tenu une séance publique en Virginie-Occidentale, dans un bassin minier. M. Pruitt vient de rajouter trois réunions, dont une à Gillette, capitale charbonnière du Wyoming.

    Le budget sabré, les salariés désertent

    Au printemps, M. Trump a indiqué qu’il voulait diminuer de 30 % le budget de l’EPA, qui atteignait 8 milliards de dollars en 2017, et réduire ses effectifs de 3 200 personnes sur un total de 15 000. La Chambre a proposé une réduction de 8 % et le Sénat de 2 %, soit environ 150 millions de dollars. Mais les budgets consacrés à l’eau, à l’environnement, au climat sont ciblés et baissent de 10 % environ. Faute d’accord, le budget 2017 est provisoirement reconduit à un niveau ayant baissé de plus de 20 % depuis le début de la décennie.

    La voie budgétaire ne sera peut-être même pas nécessaire, car le travail de sape de Scott Pruitt porte ses fruits, comme l’a révélé, le 22 décembre, le New York Times. Depuis que Donald Trump est au pouvoir, 700 personnes ont quitté l’agence – retraite, démission, transaction –, dont plus de 200 scientifiques : une centaine de spécialistes de la protection de l’environnement et 9 directeurs de départements. Sur les 129 embauches de l’année, seules 22 sont des scientifiques ou des étudiants scientifiques.

    De surcroît, M. Pruitt n’a que 150 inspecteurs chargés de faire respecter la réglementation, alors que la loi exige un minimum de 200. Et l’EPA ne veut plus prendre en charge les frais du ministère de la justice, qui est son bras armé pour attaquer les contrevenants. L’atmosphère est crépusculaire. Comme 20 personnes non remplacées de son bureau de San Francisco, Lynda Deschambault est partie de l’agence au bout de vingt-six années. Elle a confié son désarroi au New York Times : « Le bureau était une morgue. »

  • Pruitt Bars Some Scientists From Advising E.P.A. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/10/31/climate/pruitt-epa-science-advisory-boards.html

    Très fort ! Accuser les chercheurs qui touchent de l’argent de l’Agence fédérale de conflit d’intérêt, quand les industriels en seraient « par nature » exemplts. Ça c’est de la rhétorique...

    Mais ce n’est pas nouveau. Chez nous, on dénonce facilement les « chercheurs militants » (l’injure suprême, demandez à Gilles-Eric Séralini). mais personne ne considère ceux qui sont sous contrat d’entreprise comme des « militants du marché ». Pourtant...

    Scott Pruitt, the head of the Environmental Protection Agency, stripped a half-dozen scientists and academics of advisory positions Tuesday and issued new rules barring anyone who receives E.P.A. grant money from serving on panels that counsel the agency on scientific decisions.

    The move will effectively bar a large number of academic researchers, many of them experts in fields ranging from toxicology to epidemiology, from advising the E.P.A. on scientific matters, since the agency is one of the largest funders of environmental research.

    Mr. Pruitt was expected to appoint several industry representatives to the panels. He did not impose any new restrictions to prevent them from offering advice on environmental regulations that may affect their businesses.

    #Recherche #Conflits_intérêt #EPA #Indépendance_scientifique

  • USA: le Plan #climat d’Obama est abrogé - La Libre
    http://www.lalibre.be/actu/international/usa-le-plan-climat-d-obama-est-abroge-59dd2180cd70461d2689b0fe

    Le chef de l’Agence américaine de protection de l’Environnement (EPA), Scott Pruitt, a signé mardi un projet de décision abrogeant un ensemble de mesures prises par l’administration Obama pour lutter contre le changement climatique.

    Cette abrogation, une promesse de campagne de Donald Trump, intervient quelques mois après la décision du président américain de quitter l’accord de Paris sur le climat, estimant qu’il était défavorable aux Etats-Unis. Cet accord avait été signé en décembre 2015 par 195 pays, dont les Etats-Unis de Barack Obama, pour limiter la hausse de la température mondiale.

  • Court Blocks E.P.A. Effort to Suspend Obama-Era Methane Rule - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/07/03/climate/court-blocks-epa-effort-to-suspend-obama-era-methane-rule.html

    Dealing a legal blow to the Trump administration, a federal appeals court ruled on Monday that the Environmental Protection Agency cannot suspend an Obama-era rule to restrict methane emissions from new oil and gas wells.

    The 2-to-1 decision from the United States Court of Appeals for the District of Columbia Circuit is a legal setback for Scott Pruitt, the E.P.A. administrator, who is trying to roll back dozens of Obama-era environmental regulations. The ruling signals that the Trump administration’s efforts to simply delay environmental and public health actions are likely to face an uphill battle in the courts and require a more painstaking process.

    #Environnement #USA #contre-pouvoirs

  • EPA Takes First Step to Repeal Clean Water Rule - Pacific Standard
    https://psmag.com/environment/epa-takes-first-step-to-repeal-clean-water-rule

    The Environmental Protection Agency took the first formal step on Tuesday to repeal the Clean Water Rule, which the Trump administration hopes to replace with a more industry-friendly version.

    “We are taking significant action to return power to the states and provide regulatory certainty to our nation’s farmers and businesses,” EPA head Scott Pruitt said in a statement.

    The Obama-era regulation, which was based on a review of more than 1,200 peer-reviewed scientific studies and the input of hundreds of stakeholders, was meant to protect our nation’s waterways from pollution, and determine which water bodies were subject to federal oversight. A 2015 survey found that 80 percent of Americans, including 94 percent of Democrats and 68 percent of Republicans, supported the rule.

    “Once again, the Trump Administration has agreed to do the bidding of the worst polluters in our country, and once again it’s putting the health of American families and communities at risk,” Michael Brune, executive director of the Sierra Club, said in a statement.

    #Environnement #Eau #USA

  • La science entre en résistance

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/04/17/la-science-entre-en-resistance_5112561_1650684.html

    Le 22 avril, une mobilisation planétaire aura lieu dans plus de 500 villes pour défendre la recherche et la démarche scientifique, basée sur des faits vérifiés et la rationalité.

    « Mon superpouvoir c’est la science », « Levez-vous pour la science ! », « De la science pas du silence », « La science c’est vrai », « Liberté = vérité »… Sur les tee-shirts, les pancartes, les tracts, les slogans sont prêts. Le 22 avril, Jour de la Terre, dans plus de 500 villes dans le monde, des chercheurs et des citoyens vont marcher pour défendre les sciences. Le mouvement est parti spontanément de discussions en ­ligne aux Etats-Unis, quelques jours après l’investiture du président Donald Trump, le 20 janvier.

    A quelques jours de l’événement, l’excitation est grande dans la communauté scientifique. Ce ­dimanche de printemps, au cœur du parc du ­Golden Gate à San Francisco, devant l’Académie des sciences de Californie, qui abrite un musée d’histoire naturelle, un groupe de chercheurs interpelle les passants. Les militants sont des néophytes, qui descendent rarement dans la rue, mais la campagne et les premières décisions de Donald Trump les ont poussés hors de leurs laboratoires.

    Entre autres, il y a eu la nomination d’un climato­sceptique, Scott Pruitt, à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Puis les restrictions de circulation, finalement annulées, pour les étrangers de certains pays musulmans. Ou bien la panique, dans certains laboratoires, de voir des données scientifiques disparaître et la mise sur pied, par des volontaires, de mesures de sauvegarde d’urgence. Puis, mi-mars, des annonces de coupes budgétaires sans précédent dans les budgets de l’EPA (− 31 %), des Instituts nationaux de la santé (NIH, − 18 %), du département de l’énergie (− 17 %, dont − 50 % sur la ligne recherche et développement de cette administration).

    A quoi il faut ajouter les ­critiques récurrentes et méprisantes de l’élu républicain Lamar Smith sur l’utilité de projets de recherche financés par la Fondation nationale des sciences (au budget de plus de 7 milliards de dollars, pour l’instant non concerné par les annonces préliminaires). La barque est bien chargée.

    Mars plutôt que la Terre

    Seule la NASA semble préserver l’essentiel avec un budget 2018 ne subissant qu’une légère baisse (19,1 milliards de dollars, contre 19,5 milliards pour l’exercice en cours). La réalité est plus contrastée : autant le programme martien est mis en majesté, avec notamment l’objectif d’envoyer des hommes sur la Planète rouge, autant ceux d’observation de la Terre et de son environnement devront se serrer la ceinture. Pas moins de quatre projets de satellites risqueraient ainsi d’être annulés…

    « Ce budget sera un désastre pour la place des Etats-Unis dans les sciences et technologies et pour la contribution des sciences à la qualité de vie et à la sécurité des citoyens américains », assène John ­Holdren, professeur de politique environnementale à l’université de Harvard et dernier directeur du ­bureau de la science et de la technologie à la Maison blanche sous Barack Obama.

    Alors, pour convaincre notamment les parlementaires de réviser ce budget pendant les prochains mois de discussions, ceux qui passent sur le parvis de ce musée d’histoire naturelle de San Francisco sont invités à écrire, sur une ardoise ou une affiche, pourquoi ils « aiment les sciences ». Beaucoup s’exécutent de bonne grâce, les enfants en première ligne. « La science, c’est cool », déclare un bambin qui sait déjà écrire. « J’apprends des choses intéressantes sur les plantes », renchérit son frère. A 85 ans, Larry Mersmann est ravi de donner son avis : « Je soutiens la science parce qu’elle me permet de me brosser les dents avec des produits chimiques », révèle-t-il. « Parce que c’est un mélange parfait de logique et de mystère », proclame une autre pancarte.

    Comptes « alternatifs » sur Twitter

    Rien de critique ni de négatif dans l’événement. Le message de la marche du 22 avril se veut positif, enthousiasmant, dynamique et non partisan. Il n’est pas question d’avoir l’air de « politiser » la science, et le nom de Donald Trump n’est même pas prononcé par les organisateurs. Mais personne n’est dupe. Jamais la physique et les mathématiques n’ont été aussi populaires aux Etats-Unis que depuis que l’ancien animateur de « The Apprentice », célèbre émission de télé-réalité, occupe la Maison Blanche. « La » science est devenue un terme générique, une allégorie de la « résistance », mot d’ordre déjà lancé dans des manifestations mi-février protestant contre les suspensions de visas pour certains étrangers.

    Des chercheurs, déjà présents sur Twitter pour parler de leurs travaux, ont ouvert d’autres comptes plus « politiques ». « On ne peut plus se cantonner à être un électeur lambda », explique George Thomason, un économiste qui ne s’était pas mobilisé depuis la guerre du Vietnam. D’autres encore ont créé des comptes « alternatifs » ou ­ « renégats » pour contrer les consignes de restriction de l’expression des comptes officiels d’agences gouvernementales (NASA, EPA, NIH…).

    D’autres enfin, comme le biologiste du développement Michael Eisen ont annoncé qu’ils se présenteraient aux prochaines élections parlementaires. « Je compte bien œuvrer avec d’autres auprès du secteur privé, de la société civile ou du monde académique pour corriger le budget », indique John Holdren. « La science est un langage qui a besoin de nos voix », proclame Gary Schoofs, biologiste dont le père a fui l’Allemagne nazie en 1939.

    MÊME À STANFORD, INSTITUTION RICHISSIME,
    LE FINANCEMENT PRIVÉ N’Y SUFFIT PAS.

    Engagé donc, mais « épuisé », déclare Francis Aguisanda, 25 ans, en première année de doctorat à Stanford. « Ça ne fait même pas cent jours ­depuis l’investiture de Trump, et j’ai déjà la tête qui tourne. » L’étudiant se destine à la recherche sur les cellules souches. Son père et son grand-père souffrent d’une maladie dégénérative qui les rend sourds, et il se doute qu’il est le prochain sur la liste. Sous George W. Bush, la recherche sur les cellules souches avait été sévèrement encadrée. Sous Obama, libéralisée.

    « Trump n’a pas dit grand-chose, mais Mike Pence [le vice-président, un chrétien traditionaliste qui a déjà défendu des thèses créationnistes] a pris position en faveur de l’arrêt du financement public de la recherche », indique Francis Aguisanda. Le laboratoire où il travaille va ­peut-être disparaître. « C’est terrible, pas seulement pour les scientifiques mais pour les gens que nous essayons de soigner », s’alarme-t-il. Même à Stanford, institution richissime, le privé n’y suffit pas. La politique fédérale reste prépondérante et les financements locaux ­suivent, ou pas. « L’incertitude, c’est ça qui est ­difficile à vivre, dit le jeune chercheur. On n’a aucune idée de ce qui va nous arriver dans une semaine, un mois… »

    Monique Smith, 33 ans, « post-doc » dans le secteur des neurosciences à Stanford où elle étudie le rôle de la dopamine dans les addictions, est elle aussi directement affectée par les coupes énormes annoncées dans le budget des NIH ainsi que par une profonde réorganisation de l’institution. « De 3 000 à 4 000 R01 sont menacés », résume-t-elle, évoquant les bourses financées par les NIH pour soutenir un projet de recherche. Dans son labo, le moral est au plus bas. « J’ai 80 000 dollars d’emprunts étudiant, j’ai trois diplômes, et je vais devoir quitter mon ­domaine, redoute-t-elle. Et une partie de ma ­famille a voté pour Trump… »

    Moins d’inscriptions d’étudiants étrangers

    « Il faut réaliser que l’importance des sciences de la Terre va bien au-delà de l’étude de l’influence de l’homme sur l’environnement. C’est un système d’observation qui aide à faire des prévisions ­météo, à préparer les populations aux catastrophes naturelles (ouragans, pollutions…), à les protéger du changement climatique ou à assurer la qualité de l’air et de l’eau », rappelle Eric Rignot, un chercheur français de la NASA, qui regrette les coupes annoncées dans le domaine des sciences de la Terre et notamment l’arrêt d’au moins quatre missions spatiales sur ce thème.

    Cette volonté de cibler certains programmes de recherche et de réviser les secteurs à financer avait déjà été exprimée durant la campagne, sur le site Sciencedebate. org. Par exemple, sur la santé, le candidat Donald Trump déclarait alors : « En période de ressources limitées, on doit s’assurer que la nation en a pour son argent. On ne peut jeter l’argent à ces institutions et penser qu’on sera servi (…). Nos efforts de soutien à la recherche (…) devront être équilibrés avec les autres demandes. »

    D’autres signes ne trompent pas sur la faible appétence pour les sciences de la nouvelle ­administration. Contrairement à Barack Obama, qui s’était entouré de Prix Nobel et de chercheurs de renom, Donald Trump n’a pas fait du domaine une priorité. Le 45e président n’a pas encore nommé le conseiller scientifique de la Maison Blanche ni les cadres du bureau de la science et de la technologie, un groupe créé en 1976 par le Congrès. « Ni les administrateurs de la NASA, ou de la National Oceanic and atmosphérique Administration ou encore des Centers for Disease Control and Prevention (Centres de prévention et de contrôles des maladies) », liste John Holdren.

    « Seuls quelques-uns ont été nommés, alors qu’il y a des centaines de postes à pourvoir », déplore le chimiste Kishore Hari, un des coordinateurs ­nationaux de la Marche pour la science. Fils d’un ingénieur arrivé d’un village indien dans les ­années 1960, Kishore Hari manifeste aussi au nom de ce père à qui les Etats-Unis ont donné tant d’opportunités. « Il n’avait même pas de quoi se payer le billet d’avion. C’est le gouvernement américain qui le lui a offert, raconte-t-il. Aujourd’hui, ce genre d’histoire est en voie d’extinction. L’élection de Trump a eu un effet réfrigérant. »

    Déjà, le nombre d’inscriptions d’étudiants étrangers est en baisse. Selon une étude citée le 16 mars par le New York Times, 40 % des universités font état d’une baisse des candidatures pour l’année 2017-2018. Un article de la revue Nature Biotechnology de 2012 rappelait aussi que 40 % de la force de travail dans les laboratoires des Etats-Unis est étrangère. Il y a un risque « de perte d’éléments les plus actifs et les plus productifs qui vont peut-être chercher des horizons meilleurs ailleurs qu’aux Etats-Unis », estime Eric Rignot.

    Un nouvel obscurantisme

    La Food and Drug Administration (FDA, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) n’a toujours pas de directeur, elle non plus. « Le type qui a été envisagé pour le poste trouve qu’il faut laisser le marché juger de l’innocuité des médicaments. C’est de la folie. Il n’y a aucun médicament dépourvu d’effets secondaires », remarque Leonard Tramiel, le fils du fondateur de Commodore et Atari Corporation. Il a inscrit lui aussi un message, sur son ardoise, en prévision de la manifestation du 22 avril : « La science ça marche. La vérité, ça compte. »

    C’est là l’un des aspects sans doute les plus profonds et les plus spécifiques de cette marche, ­apparu après cette élection : le rejet de la tendance permanente du président à contester des faits établis, ou à en considérer certains comme des opinions ou bien encore à en inventer lui-même (« Le réchauffement climatique est un canular inventé par la Chine pour nuire à la compétitivité américaine »). D’où les mots d’ordre des organisateurs pour réclamer des décisions politiques basées sur des faits établis par la démarche scientifique plutôt que guidées par des intérêts économiques ou de l’idéologie. Côté français, on n’hésite pas non plus à dénoncer ce nouvel obscurantisme.

    « Si Trump n’accepte pas les bases du raisonnement scientifique, on se demande où on en sera dans quatre ans », observe K.C. Nwogu, 30 ans, un informaticien de l’université d’Austin (Texas), de passage à San Francisco. Leonard Tramiel s’étrangle, lui, quand il entend l’expression « faits alternatifs ». « Plus que les restrictions budgétaires ou les entraves à l’entrée sur le territoire (…), il y a des gens qui ont décidé qu’on pouvait se passer des faits ; que toutes les opinions avaient autant de ­valeur, alors que les scientifiques passent leur vie à se référer aux faits, avec la conviction qu’en les soumettant à un processus de vérification, on développe des connaissances qui permettent d’améliorer la condition humaine. Un fait qui a résisté au processus scientifique, ce n’est pas la même chose qu’une opinion », estime Rush Holt, patron de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), la société savante éditrice de la ­revue Science, cité par le journal du CNRS d’avril.

    Moins d’élitisme

    Monique Smith, la post-doc à Stanford, l’affirme : « Bien sûr que nous faisons de la politique, dans le sens où nous soutenons des politiques ­basées sur les faits. Mais nous ne voulons ostraciser personne. On ne veut pas que certains pensent que la science n’est pas faite pour eux. Ce mouvement n’est pas anti-Trump. Il est dirigé contre la culture qui s’oppose à la science. »

    Pas question donc de manifester en blouse blanche le 22 avril. « Surtout pas », soupire Monique Smith. La science doit élargir ses rangs. Se ­départir de son image « hautaine ». Les chercheurs doivent montrer qu’ils sont des gens comme tout le monde, insiste Kishore Hari, qui dirige un festival éducatif des sciences à San Francisco. « Leurs travaux sont attaqués. On les traite de tricheurs et de menteurs. Ils cherchent des soutiens parmi leurs concitoyens », estime-t-il. Plus de 500 marches sont prévues dont plus de 80 à l’étranger, jusque dans des pays pauvres comme le Ghana ou le ­Nigeria. Aux Etats-Unis, on défilera dans des localités qui descendent rarement dans la rue, comme Mobile, le port pétrolier de l’Alabama, ou Oklahoma City, la capitale d’un Etat parcouru de ­secousses sismiques, associées au développement de la fracturation hydraulique.

    D.J. Patil, le « chief data scientist » de Barack Obama – il fut le premier à occuper ce poste – sera l’un des principaux orateurs à la marche de San Francisco. Autre intervenant, le directeur de l’Académie des sciences de Californie, Jonathan Foley. Contrairement à beaucoup, l’institution ne dépend pas de l’argent de Washington ; elle peut se permettre le luxe de l’indépendance. Son directeur, qui a abondamment dénoncé la « guerre contre la science », menée par certains républicains, ne craint pas de porter le fer contre la désinformation véhiculée par les climatosceptiques ou les créationnistes. Sous son impulsion, le musée diffuse auprès des professeurs des ­écoles des brochures visant à contrer la propagande anti-changement climatique diffusée par les groupes ultra-conservateurs comme le Heartland Institute, qui, fin mars, a annoncé avoir ­débuté l’expédition de brochures à près de 200 000 instituteurs.

    « Les scientifiques doivent offrir une vision positive de l’avenir »
    Jonathan Foley
    L’Académie souhaite aussi améliorer la communication des scientifiques et les rapprocher des citoyens. « On ne peut pas blâmer le public. Le milieu lui-même est largement responsable du fait que la science paraît élitiste ou obscure, ­estime Brynn McNally, la porte-parole de ­M. Foley. Prenez les journaux scientifiques par exemple : on les met derrière un pare-feu payant, l’accès est réservé à l’élite. »

    Pour M. Foley, lui-même spécialiste de l’environnement, il ne suffit pas de répéter que le changement climatique est réel. « Pour établir une véritable connexion avec le public, les scientifiques doivent offrir une vision positive de l’avenir, dans laquelle la science expose en quoi elle nous aide et comment elle fait progresser une cause noble », explique-t-il. Dans cette guerre psychologique, il faut « convaincre les cœurs et les esprits ». Si elle veut « réaffirmer son autorité morale », la science doit descendre dans la rue.

  • EPA chief unconvinced on CO2 link to global warming | Reuters
    http://www.reuters.com/article/us-usa-epa-pruitt-idUSKBN16G1XX

    The new head of the Environmental Protection Agency said on Thursday he is not convinced that carbon dioxide from human activity is the main driver of climate change and said he wants Congress to weigh in on whether CO2 is a harmful pollutant that should be regulated.

    In an interview with CNBC, EPA Administrator Scott Pruitt said the Trump administration will make an announcement on fuel efficiency standards for cars “very soon,” stressing that he and President Donald Trump believe current standards were rushed through.

    Pruitt, 48, is a climate change denier who sued the agency he now leads more than a dozen times as Oklahoma’s attorney general. He said he was not convinced that carbon dioxide pollution from burning fossil fuels like oil, gas and coal is the main cause of climate change, a conclusion widely embraced by scientists.

    I think that measuring with precision human activity on the climate is something very challenging to do and there’s tremendous disagreement about the degree of impact,” he told CNBC.

  • ’Just racist’: EPA cuts will hit black and Hispanic communities the hardest | Environment | The Guardian

    https://www.theguardian.com/environment/2017/mar/03/epa-environment-budget-cuts-pollution-justice-office

    Friday 3 March 2017 16.00 GMT
    Last modified on Friday 3 March 2017 16.52 GMT

    Planned cuts at the Environmental Protection Agency are set to fall heaviest upon communities of color across the US that already suffer disproportionately from toxic pollution, green groups have warned.
    New EPA head Scott Pruitt’s emails reveal close ties with fossil fuel interests
    Read more

    Donald Trump’s administration is proposing a 25% reduction in the EPA’s $8.1bn budget, eliminating nearly 3,000 jobs and several programs including the agency’s environmental justice office. Funding for the cleanup of lead, marine pollution, tribal lands and the Great Lakes region faces severe cuts, while climate initiatives are earmarked for a 70% budget reduction.

  • Peut-on encore échapper au changement climatique ?

    http://www.rollingstone.fr/est-ce-notre-derniere-chance-de-sauver-le-monde-du-changement-climatiqu

    « Nous n’avons pas atteint le niveau désastreux, déclare James Hansen, éminent climatologue, mais nous n’en sommes pas loin ».

    A la fin des années 1980, James Hansen est devenu le premier scientifique à apporter la preuve irréfutable que brûler des énergies fossiles réchauffait la planète. Depuis, le monde s’est réchauffé, la glace a fondu et les feux de forêts sont devenus de plus en plus fréquents. Hansen a publié des articles sur de nombreux sujets, du risque que représente la rapide montée des eaux au rôle de la suie dans les changements climatiques globaux, tout cela soulignant, de façon méthodique et vérifiable, que notre civilisation alimentée par l’énergie fossile est suicidaire.

    Les personnes nommées au cabinet de Trump sont pratiquement tous des négationnistes du changement climatique, y compris le nouveau directeur de l’Agence de Protection Environnementale, Scott Pruitt. Est-ce un signe prouvant que le négationnisme du changement climatique est devenu majoritaire ?

    Le négationnisme du changement climatique n’est jamais mort. Mon programme sur le climat à la NASA a été réduit à néant en 1981 lorsque l’administration a engagé un homme de main pour gérer le programme au Département de l’Énergie. Le négationnisme était encore très fort en 2005-2006 lorsque la Maison Blanche a ordonné à la NASA d’écourter mon temps de parole. Lorsque je me suis dressé contre cette censure en utilisant la première ligne de l’énoncé de Mission de la NASA [« comprendre et protéger notre planète »], l’administrateur de la NASA, négationniste du changement climatique, l’a supprimée. Le négationnisme n’est pas plus majoritaire aujourd’hui qu’il ne l’était dans ces années-là.

    Quels dégâts fait un gars comme Pruitt quant à nos chances de résoudre la crise du climat ?

    L’Agence de Protection de l’Environnement n’est pas le problème. Elle a été attaquée plusieurs fois par une nouvelle administration depuis que je suis en poste, mais elle survit toujours sans trop de dégâts. L’Agence de Protection de l’Environnement ne peut pas résoudre le problème climatique. C’est un problème politique.

    Beaucoup de gens disent que vous êtes un très bon scientifique, mais lorsqu’il s’agit de politique, c’est autre chose, quelque chose que vous devriez laisser aux hommes politiques.

    N’importe quoi. Ce que les scientifiques font, c’est analyser les problèmes, y compris les aspects énergétiques du problème. J’ai commencé à penser à l’énergie en 1981, quand j’ai publié un article qui disait qu’on ne pouvait pas brûler tout le charbon sinon on finirait par avoir une planète différente. Selon moi, il n’y a rien de mal au fait que les scientifiques pensent à la politique énergétique. En fait, si vous avez un point de vue scientifique sur l’implication de différentes politiques, vous devriez l’exprimer. Ce sont les hommes politiques qui essayent de vous arrêter. Et parmi eux, les gens qui ont dirigé le Goddard Space Flight Center de la NASA où j’ai travaillé pendant 33 ans.

    Avant que j’aille témoigner à Washington, j’ai reçu un coup de téléphone du directeur du centre, quelqu’un que je respecte beaucoup et qui est un très bon scientifique et un très bon ingénieur. Il m’a dit « Assurez-vous juste de ne parler que de science, pas de politique ».
    Je n’étais pas d’accord avec ça. Autre exemple : au siège de la NASA, on passait des tests de conférences de presse. Durant l’un d’entre eux, qui avait pour sujet la fonte des glaces en Arctique, on nous a posé la question « Qu’est-ce qu’on peut faire à ce sujet ? ». Le scientifique qui a répondu a déclaré « Eh bien, nous pouvons réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Certaines des personnes les plus politiques présentes dans l’agence ont dit « Non, vous ne pouvez pas dire ça. C’est politique ! » ! » [Rires]

  • Les scientifiques américains entrent en résistance contre l’administration Trump

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/01/28/aux-etats-unis-la-science-en-resistance-contre-l-administration-trump_507048

    Les agences fédérales liées à la recherche sont réduites au silence ou soumises à un contrôle politique tatillon. Une Marche pour la science est prévue bientôt à Washington pour protester.

    Si l’initiative s’avère couronnée de succès, l’histoire retiendra qu’elle a commencé comme une simple conversation sur le site Internet Reddit. Le 21 janvier, quelques internautes discutent, sur ce réseau social, de l’organisation d’une Marche pour la science – à l’image de la Marche des femmes, qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de manifestants à Washington, au lendemain de l’investiture de Donald Trump.

    Six jours plus tard, vendredi 27 janvier, le mouvement avait son logo et son site, comptait près de 230 000 abonnés à ses comptes Facebook et Twitter, et annonçait que la date de la manifestation serait arrêtée dans les prochains jours.

    En une semaine, l’administration qui s’est installée à Washington a largement contribué à cette mobilisation des scientifiques. Plusieurs événements ont mis le feu aux poudres.
    Dès le 23 janvier, des informations de presse ont fait état du gel des financements accordés par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) – contributions aux travaux de recherche soutenus par l’agence, bourses de thèse, participation à des projets de dépollution, etc.

    Gel des subventions

    L’institution – à la fois agence d’expertise et ministère de l’environnement – doit être confiée à Scott Pruitt. Lorsqu’il était procureur général de l’Oklahoma, ce dernier, climatosceptique déclaré, a poursuivi à quatorze reprises l’agence dont il doit prendre la tête, selon le décompte du New York Times. A chaque fois, il contestait les décisions de l’EPA lors de ses contentieux avec des industriels.
    En attendant le vote du Sénat confirmant l’arrivée de M. Pruitt à la tête de l’EPA, un mémo interne obtenu par le Huffington Post indique que la direction de la communication de l’agence a promulgué des restrictions drastiques à son personnel. Et ce, « jusqu’à ce que des directives soient reçues de la nouvelle administration » : « Aucun communiqué de presse ne sera publié vers l’extérieur », « aucune publication sur les réseaux sociaux ne sera publiée », ni « aucun billet de blog », « aucun nouveau contenu ne sera déposé sur aucun site Web » maintenu par l’agence, etc.

    Le mémo ajoute qu’un « conseiller en stratégie numérique rejoindra [l’agence] pour superviser les médias sociaux », précisant que « le contrôle des comptes » des personnels de l’agence « devrait être plus centralisé » à l’avenir. Les comptes Twitter officiels de l’EPA sont muets depuis le 19 janvier.


    Myron Ebell, chargé par Donald Trump de superviser la transition à la tête de l’EPA, prévoit des coupes dans les effectifs et le budget de cett agence.

    Selon Myron Ebell, haut responsable du Competitive Enterprise Institute (un think tank financé par des intérêts industriels) et chargé par Donald Trump de superviser la transition à la tête de l’EPA, un tel gel des subventions accordées par l’agence n’est pas sans précédent. « Ils essaient de geler les choses pour être sûrs qu’il ne se produit rien qu’ils ne veulent pas voir se produire, a-t-il déclaré à ProPublica. Ils veulent être sûrs de pouvoir viser les réglementations en cours, les contrats, les subventions, les embauches avant qu’ils ne soient effectifs. »

    Contrôle étroit

    Pour peu que ce gel soit temporaire, il serait « une pratique similaire à ce que des administrations précédentes ont fait pendant la période de transition », confirme le physicien Rush Holt, patron de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), la société savante éditrice de la revue Science. « Cependant, ajoute-t-il, le niveau d’anxiété est tel qu’il faut faire éclater les ballons d’essai, avant qu’ils ne deviennent une politique permanente. »

    Tout au long de la semaine écoulée, d’autres institutions fédérales étroitement connectées au monde de la recherche se sont révélées soumises à un contrôle étroit. Un mémo interne des National Institutes of Health (NIH), révélé le 24 janvier par une société savante (l’American Society for Biochemistry and Molecular Biology), précise que les employés de l’institution de recherche biomédicale ne sont en outre pas autorisés, jusqu’à nouvel ordre, à répondre aux sollicitations de parlementaires.

    Des départements du ministère de l’agriculture (USDA) dévolus à la recherche agronomique ont également été sujets à de semblables contraintes, mais l’USDA a déclaré que le mémo interne dévoilé par la presse avait été envoyé par erreur.

    En une semaine, une dizaine de comptes Twitter ont ainsi été créés pour remplacer les comptes des agences fédérales réduites au silence ou à un contrôle politique tatillon. Le compte « alternatif » de l’EPA (@altUSEPA), créé le 25 janvier, comptait 185 000 abonnés deux jours plus tard ; le compte « renégat » de la NASA (@RogueNASA), créé le même jour, avait de son côté 625 000 abonnés. Impossible, toutefois, de savoir si ces fils Twitter sont bel et bien, comme ils prétendent l’être, alimentés par des employés de ces agences fédérales entrés « en résistance ».

    Des sociétés savantes sortent de leur réserve

    Le 24 janvier, la découverte que des Tweet anodins sur le changement climatique, émis par le compte du parc national des Badlands (Dakota du Sud), avaient été effacés a suscité un émoi considérable sur les réseaux sociaux. Mais, selon des sources internes au parc, citées par le Washington Post, la suppression de ces messages aurait été décidée en interne, sans pressions extérieures.

    D’autres révélations ont jeté plus de trouble encore. La veille, le Washington Post révélait que, deux semaines plus tôt, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) annulaient discrètement et sans explications une conférence internationale prévue pour se tenir en février à Atlanta, sur le thème du changement climatique et de la santé…

    Mais une société savante, l’American Public Health Association, a déclaré, le 27 janvier, qu’elle prendrait le relais des CDC et organiserait l’événement sans recourir à des fonds fédéraux. Les CDC n’ont pas répondu aux sollicitations du Monde.

    Plusieurs grandes sociétés savantes sortent ainsi de leur réserve. Le 26 janvier, Christine McEntee, directrice exécutive de l’American Geophysical Union (AGU) qui rassemble 60 000 chercheurs internationaux en sciences de la terre, écrivait à la direction intérimaire de l’EPA (nommée en attendant la validation de M. Pruitt par le Sénat) son « inquiétude à propos des directives de l’agence pour faire cesser les communications avec le public ». « Nous sommes préoccupés par le fait que ces directives bafouent les principes d’intégrité et de transparence de la recherche, poursuivait Mme McEntee. Cela pourrait même violer les règles d’intégrité scientifique de votre propre agence. »
    « La communauté scientifique hautement préoccupée »

    Outre la liberté de communiquer leurs résultats, des scientifiques employés par des agences ou des laboratoires fédéraux craignent surtout pour la sauvegarde de données scientifiques cruciales à la poursuite de leur activité de recherche.

    « Peu après l’élection de novembre 2016, des scientifiques ont commencé à télécharger et à archiver une variété de données sur le changement climatique, et à les stocker sur des sites d’archivage comme WayBackMachine », raconte Rush Holt. Selon lui, l’inquiétude est telle que des entreprises de fourniture de gaz ou d’électricité archivent elles aussi, « par prudence extrême », de telles données de crainte qu’elles ne soient bientôt plus accessibles.

    Jusqu’à présent, rien n’a semble-t-il été effacé des serveurs tenus par des agences fédérales. « Le Canada a récemment montré que des bases de données scientifiques pouvaient être détruites, dit le patron de l’AAAS. En 2014, le gouvernement [de Stephen Harper] a fermé un grand nombre de bibliothèques scientifiques et a détruit les archives qu’elles contenaient. C’est à cause de ces précédents que la communauté scientifique est hautement préoccupée des premières mesures de l’administration Trump et de ce qu’elles signifient pour l’intégrité future de l’information scientifique. »

  • Aux États-Unis, les chercheurs protègent les #données climatiques contre les menaces de l’équipe Trump
    https://reporterre.net/Aux-Etats-Unis-les-chercheurs-protegent-les-donnees-climatiques-contre-l

    La première chose à comprendre, c’est que tous les matériaux disponibles sur #Internet sont vulnérables par nature. Les liens hypertextes vers des études scientifiques peuvent facilement être brisés. C’est un phénomène très documenté. Cette #instabilité naturelle est renforcée dans un environnement #politique où les #climatosceptiques s’assurent que le changement climatique est présenté comme un sujet ouvert au débat.
    Scott Pruitt, qui est en train d’être auditionné au Congrès [pour diriger l’Agence états-unienne de protection de l’environnement, l’EPA], ne croit pas au changement climatique. Cet ex-procureur général de l’Oklahoma est connu pour avoir défendu les industriels gaziers et pétroliers adeptes de la fracturation hydraulique, au lieu d’avoir réglementé cette pratique qui cause des niveaux sans précédent de microtremblements de terre. Donc, nous avons toutes les chances de croire que les données contenues sur le site #web de l’EPA seront encore plus vulnérables.
    Mais l’EPA est juste un exemple. Il y a de multiples agences publiques et ministères dont les données sur le #climat sont menacées. En décembre, l’équipe de transition de Trump voulait que le ministre sortant de l’Énergie lui fournisse une liste de noms des personnes ayant travaillé sur l’Accord de Paris. Heureusement, il a dit non et a même autorisé les membres de son ministère à utiliser les réseaux sociaux comme ils le souhaitent, sans être punis.

  • Noël à Wall Street : l’indice Dow Jones se rapproche de 20 000
    http://www.wsws.org/fr/articles/2016/dec2016/pers-d22.shtml

    L’évènement clé est l’élection de Trump. Après une chute initiale suite au résultat inattendu du vote, la bourgoisie est rapidement parvenue à un consensus sur le fait qu’elle avait beaucoup à gagner d’un gouvernement Trump. Les cours se sont envolés, et malgré quelques interruptions mineures, la flambée continue depuis.
    Dire que le climat des affaires a changé relève de euphémisme. L’oligarchie américaine célèbre un Noël de rêve. Elle anticipe, à juste titre, que le gouvernement Trump sera celui de l’oligarchie financière. La cabale de milliardaires, de banquiers, de PDG, et de généraux qui constitue son cabinet ministériel et le cercle intérieur de la Maison Blanche est engagée à lever toutes les contraintes qui pèsent sur la capacité des riches de piller la société.
    Les banquiers comptent obtenir l’élimination des restrictions mineures sur la spéculation imposées par la loi bancaire Dodd-Frank de 2010 et, en plus, des taux d’intérêt plus élevés. C’est garanti par la présence de trois ex-banquiers de Goldman Sachs au gouvernement : le néo-fasciste Stephen Bannon (stratège en chef de la Maison Blanche), Steven Mnuchin (chef du département du Trésor) et le président de Goldman Sachs, Gary Cohn (président du Conseil national économique).
    Il est donc peu étonnant que les actions bancaires aient été au cœur de la flambée des cours ; les actions Goldman Sachs ont augmenté de plus de 33 pour cent, ce qui représente un quart de la hausse du Dow. JPMorgan Chase n’est pas à la traîne non plus (montée de 22 pour cent).
    Les sociétés énergétiques comptent éliminer toutes les contraintes sur l’exploitation des mines, le forage et la pollution, et obtenir une politique étrangère leur assurant le contrôle des ressources mondiales. Rex Tillerson, PDG du pétrolier Exxon-Mobil, dirigera la diplomatie américaine. Des serviteurs attitrés du patronat opposés à la réglementation écologique dirigent l’Agence pour la protection de l’environnement (le procureur général de l’Oklahoma Scott Pruitt), le Département de l’Energie (l’ex-gouverneur du Texas, Rich Perry) et le Département de l’Intérieur (le représentant républicain du Montana, Ryan Zinke).
    Les actions des sociétés industrielles montent en vue de baisses des salaires, d’augmentations des cadences et de baisses d’effectifs sanctionnées par par les secrétaires du Commerce, le milliardaire Wilbur Ross, et du Travail, le magnat du fast-food Andrew Puzder, qui critique l’existence d’un salaire minimum.
    Les actions des géants du transport et du bâtiment, dont Caterpillar, grimpent suite à l’annonce par Trump d’un plan d’infrastructure de mille milliards de dollars. Ceci prépare des privatisations et l’octroi de contrats juteux garantissant aux entreprises des réductions d’impôt allant jusqu’à 80 pour cent, liées à la construction d’infrastructures dont elles seront alors les propriétaires, leur assurant des revenus à perpétuité.
    Les entreprises de défense attendent avec impatience une flambée de leurs bénéfices, grâce à une augmentation massive des dépenses militaires sous Trump.
    Les grandes entreprises s’attendent toutes à une hausse de leurs bénéfices grâce à la réduction de 20 pour cent des impôts sur les sociétés ; à l’éviscération des règlements sur la santé et la sécurité des travailleurs ; aux coupes claires dans l’assurance maladie, les retraites publiques, les aides au logement, et l’éducation publique imposées par des réactionnaires sociaux dont le chef milliardaire du Département de l’ Education Betsy DeVos, Ben Carson à l’Aménagement urbain, et Tom Price au Département de la Santé et des Services sociaux. Ils comptent réduire sévèrement la part des bénéfices, tirés de la sueur des travailleurs, qui finance ensuite les services publics, ce qu’ils considèrent être un détournement intolérable de leurs richesses.

  • Les experts du climat dans le collimateur de Trump

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/14/les-experts-du-climat-dans-le-collimateur-de-trump_5048729_3244.html

    Les scientifiques redoutent une chasse aux sorcières et dénoncent des tentatives d’intimidation de la part de l’équipe de transition du président élu.

    C’est un symposium au sujet surprenant qui devait se tenir mercredi 14 décembre à San Francisco, à l’occasion du congrès d’automne de l’American Geophysical Union (AGU), la société savante des chercheurs en géosciences. La thématique – « Le détournement de la loi américaine à des fins de harcèlement, d’intimidation et de discrédit des chercheurs » – illustre l’inquiétude de la communauté des sciences du climat devant les récentes déclarations du président élu Donald Trump.
    Une inquiétude avivée par la révélation, par la presse américaine, d’un questionnaire transmis par l’équipe de transition de M. Trump à l’ensemble des services du ministère de l’énergie américain, leur demandant notamment de dresser la liste des personnels ayant travaillé, de près ou de loin, sur la question climatique ou sur les énergies renouvelables.

    L’équipe de Donald Trump a demandé la liste des employés du ministère de l’énergie ayant travaillé sur le climat

    La crainte d’une chasse aux sorcières gagne du terrain. « En temps normal, je réserverais mon jugement en supposant a priori qu’il s’agit simplement d’une collecte d’information légitime, observe Michael Mann, le directeur du Earth System Science Center de l’université de Pennsylvanie. Cependant, cette dernière révélation ne vient pas hors de tout contexte. Cela soulève une réelle préoccupation, celle que l’équipe de transition [de M. Trump] puisse prendre des gens pour cible, en particulier des scientifiques. »

    « C’est fréquent de voir les équipes de transition interroger les structures gouvernementales sur leurs politiques, ajoute Michael Halpern, de l’Union of Concerned Scientists (UCS), une organisation de promotion de la science. Ce qui ne l’est pas, c’est de demander des listes d’employés de ces structures et de cibler des fonctionnaires qui font simplement leur travail. »

    « Inquiétude »

    Le ministère de l’énergie se refuse pour le moment à transmettre les noms de ses collaborateurs, mais cette tentative d’intimidation ne laisse pas indifférents les ONG et les think tanks investis dans la thématique climat, qui craignent eux aussi d’être la cible de l’administration entrante. « Il n’y a pas un membre du cabinet de Donald Trump qui ne soit climatosceptique », note Jesse Bragg, de Corporate Accountability International, une organisation de défense de l’environnement et des droits de l’homme.

    Mardi 13 décembre, le 45e président américain a en effet désigné Rex Tillerson, le patron du groupe pétrolier ExxonMobil, au poste de secrétaire d’Etat. « C’est cet homme lié au secteur des énergies fossiles, sans aucune expérience diplomatique, qui va représenter les Etats-Unis dans les négociations internationales sur le changement climatique », se désole Jesse Bragg.

    M. Trump a confié le ministère de l’énergie à Rick Perry, ancien gouverneur du Texas et partisan de la suppression de cette administration… Il a promis la direction de l’Agence de protection de l’environnement à Scott Pruitt, le ministre de la justice de l’Oklahoma, très hostile aux mesures prises par l’équipe Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Il y a à l’évidence dans la communauté des chercheurs en sciences du climat une inquiétude d’être harcelé, intimidé, d’être empêché de parler de ce que nous savons, c’est-à-dire de l’accumulation de faits sur le changement climatique et la manière dont les activités humaines y contribuent », explique Christine McEntee, la directrice exécutive de l’AGU.

    Un vade-mecum circule dans la communauté des chercheurs sur le climat pour les préparer au harcèlement

    Aux Etats-Unis, depuis le début des années 2000 et en vertu des lois de transparence, des think tanks néoconservateurs ou libertariens, ainsi que des ministres de la justice de certains Etats requièrent de manière systématique l’accès aux courriels ou aux documents de recherche de climatologues. Une pratique considérée par les chercheurs comme un détournement de la loi et une forme de harcèlement. Au point que, en 2011, des universitaires et des juristes ont créé le Climate Science Legal Defense Fund, qui offre une assistance juridique aux scientifiques confrontés à ces situations.
    Depuis début décembre, un petit vade-mecum rédigé par l’organisation circule dans la communauté des chercheurs sur le climat pour préparer ceux-ci « au harcèlement politique et à l’intimidation juridique » : « En cas de doute, appeler un avocat », « séparer les e-mails professionnels et personnels », « ne pas répondre aux messages de harcèlement, mais ne pas les effacer », etc.

    Parades

    Les chercheurs redoutent également que l’activité scientifique elle-même soit entravée. L’équipe de transition de M. Trump a déclaré que la NASA devrait cesser ses activités d’observation de la Terre. Une telle décision aurait un impact considérable, au-delà de la recherche américaine. Car, rappelle Stefan Rahmstorf, directeur du Potsdam Institute for Climate Impact (Allemagne), « comprendre notre planète implique une coopération mondiale des systèmes d’observation ». « Nous pensons qu’il y a un risque que les financements de la recherche et des infrastructures scientifiques soient remis en cause, dit Mme McEntee. Mais ce sont des risques que le Congrès a déjà fait peser sur nous l’an passé et nous avons réussi à les éviter. »

    La situation est toutefois jugée suffisamment inquiétante par les chercheurs eux-mêmes pour que des listes de bases de données (températures, couverture des glaces, etc.) s’échangent sur les réseaux sociaux, afin que des sites miroirs soient créés hors des Etats-Unis ou sur des sites non administrés par des agences fédérales. « Sous l’administration Bush, des chercheurs avaient remarqué que des sites Web d’agences fédérales avaient été modifiés, voire supprimés, témoigne Michael Halpern. Il y a donc une volonté de se prémunir contre ce genre de menace. D’autant plus que dans le questionnaire [adressé par l’équipe de M. Trump au ministère de l’énergie], il y avait une question spécifique sur les sites Web relatifs au climat, créés ou modifiés par ces services au cours des trois dernières années. »

    Le vent de panique ne concerne pas seulement les sciences du climat. « Des scientifiques des universités commencent à regarder les bases de données relatives à d’autres disciplines et maintenues par des laboratoires fédéraux qui pourraient être menacées et qui doivent être sauvegardées », raconte M. Halpern. Début décembre, une centaine d’ONG américaines ont par ailleurs adressé une lettre ouverte à Donald Trump et au Congrès, leur demandant de prendre conscience de la crise climatique et d’y répondre sans tarder.

    Dans la sphère des négociations sur le climat, on réfléchit à des parades. « Il ne s’agit pas pour le moment de résistance, mais plutôt de réflexion autour du repli américain ou de l’idée d’intenter des procès contre les abus du pouvoir exécutif », confie l’ex-négociatrice de la France, Laurence Tubiana.

    Pour leur part, les climatologues gardent vif le souvenir de l’administration Bush. En février 2007, l’Union of Concerned Scientists avait mené une enquête auprès de 300 scientifiques issus de sept agences fédérales (NASA, NOAA, EPA, etc.). Quelque 46 % des répondants avaient déclaré avoir « été témoin ou fait personnellement l’expérience de pressions pour éliminer les expressions “changement climatique” ou “réchauffement global”, ou d’autres termes similaires, de toute une variété de communications ». Environ 40 % avaient constaté, sur les sites Internet de leur agence, « la publication anormalement retardée ou la disparition de rapports ou de documents scientifiques sur le climat ». Et près de la moitié avait remarqué « des exigences administratives nouvelles ou inhabituelles ayant entravé des travaux liés au climat ».

  • Trump Picks Scott Pruitt, Climate Change Denialist, to Lead E.P.A. - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2016/12/07/us/politics/scott-pruitt-epa-trump.html

    President-elect Donald J. Trump has selected Scott Pruitt, the Oklahoma attorney general and a close ally of the fossil fuel industry, to run the Environmental Protection Agency, signaling Mr. Trump’s determination to dismantle President Obama’s efforts to counter climate change — and much of the E.P.A. itself.

    #EPA #changement_climatique

    (pas encore vu passer ça ici)

  • Energy Firms in Secretive Alliance With Attorneys General
    http://www.nytimes.com/2014/12/07/us/politics/energy-firms-in-secretive-alliance-with-attorneys-general.html

    The letter to the Environmental Protection Agency from Attorney General Scott Pruitt of Oklahoma carried a blunt accusation: Federal regulators were grossly overestimating the amount of air pollution caused by energy companies drilling new natural gas wells in his state.

    But Mr. Pruitt left out one critical point. The three-page letter was written by lawyers for Devon Energy, one of Oklahoma’s biggest oil and gas companies, and was delivered to him by Devon’s chief of lobbying.

    Attorneys general in at least a dozen states are working with energy companies and other corporate interests, which in turn are providing them with record amounts of money for their political campaigns, including at least $16 million this year.

    #corruption