person:stéphane horel

  • Lobby ? Non, peut-être
    http://www.radiopanik.org/emissions/comme-on-nous-traite-/lobby-non-peut-etre

    Pour notre quatrième étape, nous nous promenons dans le joyeux monde du lobbying. Avec les interviews de Martin Pigeon de Corporate Europe Observatory, Philippe Lamberts, eurodéputé ecologiste, Stéphane Horel, journaliste pour Le Monde, et Cedric Vallet, journaliste indépendant.

    C’est toujours du fait maison, et cette fois-ci sur mesure,

    bonne écoute,

    n’hésitez pas à écrire sur commeonnoustraite@gmail.com

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/comme-on-nous-traite-/lobby-non-peut-etre_06249__1.mp3

  • La lente prise de conscience du poids de l’#argent sur la #recherche

    Les questionnements sur l’impact des #liens_d’intérêts sur les travaux scientifiques remontent à une trentaine d’années.

    L’utilisation de la science par des #intérêts_privés est l’une des thématiques centrales de #Lobbytomie, le livre-enquête de notre collaboratrice #Stéphane_Horel, qui paraît jeudi 11 octobre aux éditions La Découverte (368 pages, 21,50 euros). Dans le monde académique, l’intérêt suscité par cette question – les liens d’intérêts agissent-ils sur la science ? – est récent : il ne remonte qu’à un peu plus de trois décennies. Singulièrement depuis le début des années 1990, un nombre croissant de chercheurs en sociologie et en histoire des sciences, mais aussi en nutrition, en toxicologie ou en épidémiologie, s’engagent dans des travaux visant à réexaminer les résultats ou les orientations de ces disciplines au prisme des financements et des conflits d’intérêts.
    "L’une des premières tentatives de répondre scientifiquement à la question de savoir si le financement d’une étude pouvait avoir un impact sur son résultat a été une étude publiée au milieu des années 1980 dans laquelle un chercheur, Richard Davidson, a divisé en deux groupes toutes les études cliniques comparant différentes thérapies, avec d’un côté celles financées par l’industrie, et de l’autre côté, toutes les autres, raconte Sheldon Krimsky, professeur à la Tufts University de Boston (Etats-Unis), le premier à avoir formalisé la notion de « biais de financement » (funding effect en anglais) et auteur d’un ouvrage pionnier sur le sujet (La Recherche face aux intérêts privés, Les Empêcheurs de penser en rond, 2004). Sa conclusion était que les travaux sponsorisés par les industriels différaient dans leurs résultats de ceux financés par d’autres sources."
    Difficile à accepter par de nombreux chercheurs ou médecins, l’idée que la science n’est pas nécessairement souveraine a été très tôt mise à profit par divers intérêts privés. De nombreux travaux d’histoire des sciences montrent sans ambiguïté, à partir d’archives industrielles, que les secteurs du sucre, de la viande, et surtout les grands cigarettiers, ont cherché avec succès, dès les années 1950 et 1960, à peser sur la science.
    « Nombreuses réticences »
    En 1978, dans leur livre The Regulation Game (Ballinger Publishing, non traduit), deux économistes spécialistes de la régulation des entreprises, Bruce Owen et Ronald Braeutigam, expliquent déjà sans fard que « les manœuvres tactiques de #lobbying les plus efficaces » sont « d’identifier les principaux experts dans chaque domaine de recherche pertinent, et de les recruter comme consultants, conseillers, ou de leur offrir des financements de recherche ». « Cela requiert un minimum de finesse et ne doit pas être trop flagrant, de manière à ce que les experts eux-mêmes soient incapables de réaliser qu’ils ont perdu leur objectivité et leur liberté d’action », poursuivaient-ils.
    « Il a fallu attendre le milieu des années1980 pour qu’une revue savante, le New England Journal of Medicine, décide de demander aux auteurs des études qu’elle publiait de déclarer leurs liens d’intérêts, explique Sheldon Krimsky. Mais les réticences ont été nombreuses, y compris dans les revues les plus prestigieuses ! » Et le mouvement est singulièrement lent. En février 1997, la revue Nature publie un éditorial annonçant qu’elle évitera de sombrer dans « le financièrement correct » et qu’elle ne demandera pas aux scientifiques qu’elle publie de déclarer leurs liens d’intérêts.
    La science, dit en substance l’éditeur de Nature, est au-dessus de cela. Quatre années plus tard, la célèbre revue britannique mange son chapeau jusqu’à la dernière couture : dans un éditorial d’une pleine page, elle annonce qu’à compter du 1er octobre 2001, elle demandera aux scientifiques qui souhaitent publier dans ses pages, de remplir un formulaire de déclaration d’intérêts.
    Entre ces deux éditoriaux antagonistes, la divulgation par la justice fédérale américaine des « tobacco documents » – ces millions de documents internes prélevés dans les quartiers généraux de Philip Morris, Lorillard, Brown & Williamson ou British American Tobacco – a crûment dévoilé l’ampleur et la sophistication des campagnes menées par les grands cigarettiers pour instrumentaliser la science en la finançant généreusement.
    Les premières analyses de cette immense documentation, publiées par le cardiologue Stanton Glantz (université de Californie à San Francisco, Etats-Unis) montrent comment l’industrie cigarettière est parvenue, pendant quatre décennies, à créer artificiellement du dissensus dans la littérature scientifique et ainsi alimenter le doute sur les dangers du tabac, à troubler la perception des vrais risques posés par la cigarette en détournant l’attention vers d’autres causes de maladie, à fabriquer de toutes pièces des éléments permettant de faire accroire au public la possibilité de bénéfices sanitaires liés à la cigarette, etc. Dans le monde académique, ces révélations sont un choc.
    L’une des études les plus célèbres montrant, à partir des tobacco documents, toute l’ampleur des effets produits par le financement des chercheurs a été publiée en 1998 par Lisa Bero et Deborah Barnes, alors chercheuses à l’université de Californie à San Francisco, dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Les deux scientifiques ont rassemblé les 106 études alors disponibles sur les effets du tabagisme passif : 39 montraient que la fumée ambiante ne présentait pas de danger et 67 concluaient à l’inverse. Pourquoi ?
    Les preuves s’accumulent
    Les auteures ont examiné tous les critères possibles permettant d’expliquer ces différences : année de la publication, taille des échantillons, nature des effets délétères recherchés, etc. Las ! « Le seul facteur permettant de prédire les conclusions d’une étude était le fait que l’un des auteurs soit ou non affilié à l’industrie du tabac », écrivent-elles. L’accès, dans les tobacco documents, aux listes de chercheurs financés par l’industrie du tabac permettait soudain de porter un regard rétrospectif sur leur production. Et de mesurer la manière dont ils avaient pesé, des années durant, sur les grandes controverses liées à la cigarette.
    Depuis, les preuves de l’effet de financement s’accumulent. La pharmacie, le sucre, les biotechnologies, les pesticides, la pétrochimie… tous ces secteurs pèsent lourdement, ou ont pesé, à des degrés divers, sur la façon dont la connaissance et la réglementation se construisent – un fait désormais consensuel dans la communauté scientifique travaillant sur le sujet. Pourtant, dans le monde de l’expertise au sens large, cette idée peine à faire son chemin : « J’ai participé à beaucoup de groupes d’expertise, raconte Sheldon Krimsky. Mais je n’ai jamais vu un expert se déporter spontanément en raison de ses liens d’intérêts, de ses participations financières, etc. Beaucoup sont encore persuadés d’être au-dessus de cela. »


    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/09/la-lente-prise-de-conscience-du-poids-de-l-argent-sur-la-recherche_5366760_3
    #influence #science #université #livre

    • Lobbytomie. Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie

      Lobby des pesticides. Lobby du tabac. Lobbies de la chimie, de l’amiante, du sucre ou du soda. On évoque souvent les « lobbies » de façon abstraite, créatures fantastiques venues du mystérieux pays du Marché, douées de superpouvoirs corrupteurs et capables de modifier la loi à leur avantage. Pourtant, les firmes qui constituent ces lobbies ne sont pas anonymes et leur influence n’a rien de magique. Leurs dirigeants prennent en toute conscience des décisions qui vont à l’encontre de la santé publique et de la sauvegarde de l’environnement.
      C’est cet univers méconnu que Stéphane Horel, grâce à des années d’enquête, nous fait découvrir dans ce livre complet et accessible. Depuis des décennies, Monsanto, Philip Morris, Exxon, Coca-Cola et des centaines d’autres firmes usent de stratégies pernicieuses afin de continuer à diffuser leurs produits nocifs, parfois mortels, et de bloquer toute réglementation. Leurs responsables mènent ainsi une entreprise de destruction de la connaissance et de l’intelligence collective, instrumentalisant la science, créant des conflits d’intérêts, entretenant le doute, disséminant leur propagande.
      Dans les cercles du pouvoir, on fait peu de cas de ce détournement des politiques publiques. Mais les citoyens n’ont pas choisi d’être soumis aux projets politiques et économiques de multinationales du pétrole, du désherbant ou du biscuit. Une enquête au long cours, à lire impérativement pour savoir comment les lobbies ont capturé la démocratie et ont fait basculer notre système en « lobbytomie ».


      http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Lobbytomie-9782707194121.html

  • Sécurité alimentaire : l’agence européenne minée par les conflits d’intérêts, selon une ONG
    http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2017/06/14/securite-alimentaire-l-expertise-europeenne-mise-en-cause-par-les-co

    L’ONG a analysé les déclarations publiques d’intérêts de plus de deux cents scientifiques répartis dans les dix groupes d’experts de l’agence européenne. Chacun d’eux est dévolu à un domaine précis (pesticides, OGM, additifs alimentaires, matériaux au contact des aliments…) et se trouve régulièrement amené à évaluer la sûreté des substances entrant dans la chaîne alimentaire. C’est-à-dire de tout ce qui finit, d’une manière ou d’une autre, dans l’assiette des Européens.

    « Nous avons analysé un à un tous les liens d’intérêts déclarés par ces experts et nous concluons que 46 % d’entre eux sont en conflit d’intérêts, direct ou indirect, avec des entreprises dont ils sont censés évaluer les produits », explique Martin Pigeon, chercheur à CEO et auteur du rapport – en partie fondé sur des données réunies entre janvier et avril 2016 par la journaliste indépendante Stéphane Horel, devenue depuis collaboratrice du Monde.

    Ces liens peuvent être la détention d’actions, des contrats de consultance, des financements de recherche… Ils peuvent être directs si ce sont des entreprises qui sont à l’origine des flux financiers, indirects si ces financements transitent par d’autres organisations (sociétés savantes, associations professionnelles, organismes de rattachement…).

    « Pour être clair, les intérêts financiers de tous les experts travaillant dans les panels de l’EFSA ont été minutieusement évalués, en accord avec les règles strictes d’indépendance de l’agence », se défend-on à l’EFSA.

    L’agence considère généralement comme un conflit d’intérêts une situation où l’expert a reçu des financements liés au produit qu’il est chargé d’évaluer. Schématiquement, un scientifique ayant perçu d’une entreprise un financement en rapport avec un produit A, peut conduire une expertise sur un produit B commercialisé par la même entreprise sans que le lien avec l’industriel soit considéré comme un conflit d’intérêts par l’EFSA.

    #Santé_Publique #Alimentation #Conflits_intérêt

  • Pesticides : la Commission ne peut toujours pas reconnaitre un « perturbateur endocrinien »
    https://www.crashdebug.fr/international/12880-pesticides-la-commission-ne-peut-toujours-pas-reconnaitre-un-pertur

    Si vous ne savez toujours pas ce que sont les perturbateurs endocriniens, ne loupez pas ce documentaire : Endoc(t)rinement (Stéphane Horel)

    La saga continue sur les perturbateurs endocriniens. La Commission européenne, qui envisageait de soumettre ses propositions au vote, a été forcée de constater le 21 décembre qu’elle ne bénéficiait pas du soutien des Etats membres sur les critères permettant de reconnaître un "perturbateur endocrinien".

    Discussions interminables

    Il y a une dizaine d’années, la Commission a entrepris de préciser juridiquement la définition d’un perturbateur endocrinien. On sait en effet que certaines substances chimiques entraînent des effets indésirables sur le système hormonal des êtres vivants, au point de causer des maladies comme le diabète et l’obésité, la stérilité (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #International

  • Stéphane Horel : « À Bruxelles, la vie des gens est moins prioritaire que la bonne santé de l’industrie chimique »
    http://multinationales.org/Stephane-Horel-A-Bruxelles-la-vie-des-gens-est-moins-prioritaire-qu

    L’Union européenne n’a toujours pas réglementé l’usage des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques aux effets sanitaires colossaux utilisées dans de très nombreux produits de consommation courante. Malformations, cancers, obésité... Les perturbateurs endocriniens sont pourtant à la source de bien des maux. Ce retard, qui vient d’être condamné par la justice européenne, ne doit rien au hasard. Les industries de la #Chimie, des pesticides ou du plastique pratiquent un #Lobbying intensif, et (...)

    #Invités

    / Chimie, Lobbying, #influence, #santé_environnement, #union_européenne, #nouvelles_technologies, normes et (...)

    #normes_et_régulations
    "http://reseau-environnement-sante.fr/2011/04/04/la-declaration-de-wingspread-a-20-ans/la-declaration-de-wingspread"
    "http://www.who.int/ceh/publications/endocrine/en"
    "http://press.endocrine.org/doi/full/10.1210/er.2009-0002"
    "http://press.endocrine.org/doi/pdf/10.1210/er.2015-1093"
    "http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/01/environnement-les-enfants-naissent-pre-pollues_4779381_3244.html"
    "http://www.ecpa.eu"
    http://www.stephanehorel.fr
    "http://www.cefic.org/About-us/Our-Members"

  • Bisphénol A, phtalates, pesticides : Bruxelles condamnée pour son inaction

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/12/16/bisphenol-a-phtalates-pesticides-bruxelles-condamnee-pour-son-inaction_48330

    C’est la première fois, depuis dix ans, que la Commission est condamnée après un « recours en carence » introduit par un Etat membre auprès du Tribunal de l’Union européenne.

    Il n’y a, bien sûr, pas de condamnation pécuniaire, mais le coup est rude. Le Tribunal de l’Union européenne a condamné la Commission européenne, mercredi 16 décembre, pour « avoir manqué à [ses] obligations » sur le dossier des perturbateurs endocriniens (PE).

    En vertu du règlement européen de 2012 sur les biocides, Bruxelles devait publier, au plus tard le 13 décembre 2013, les critères scientifiques permettant de réglementer ces molécules de synthèse agissant sur le système hormonal et présentes dans une variété de produits courants (pesticides, plastifiants, bisphénols, solvants, etc.). Or, constate le Tribunal dans son arrêt, « la Commission n’a pas adopté de tels actes » définissant les PE, en dépit d’« une obligation claire, pré́cise et inconditionnelle de [les] adopter » précisée par la réglementation.

    Pour expliquer son retard, la Commission avait plaidé devant le Tribunal la nécessité de conduire une « étude d’impact », avant de définir les critères englobant les PE. Et ce, afin notamment d’évaluer le fardeau économique pour les entreprises, que représenterait une telle réglementation.

    L’argument n’a pas été jugé valable par les juges européens, qui constatent qu’« aucune disposition du ré̀glement n’exige une telle analyse d’impact ». Des documents internes à la Commission, rendus publics dans un document récent de la journaliste Stéphane Horel (Intoxication, La Découverte, 2015) montrent que cette étude d’impact, préalable à la prise d’une définition des PE, avait été expressément demandée au secrétariat général de la Commission par l’industrie chimique européenne.

  • « L’industrie a mis toutes ses forces en #lobbying pour faire dérailler le projet de réglementation sur les #perturbateurs_endocriniens », soutient Stéphane Horel
    http://www.usinenouvelle.com/article/l-industrie-a-mis-toutes-ses-forces-en-lobbying-pour-faire-derailler-

    La direction générale #Santé de la Commission affirme pourtant donner plus de poids aux voix de la #société_civile, qui disposent de moins de ressources en lobbying que l’industrie...

    Mon enquête montre clairement que la DG Santé a empêché la DG #Environnement de bien faire son travail. Et maintenant qu’elle a le dossier entre les mains, elle fait preuve d’un manque de transparence absolu, tout en revendiquant le contraire. Son argument : dire qu’il y a une controverse scientifique, alors que dans le monde extérieur il y a un consensus scientifique. Toutes les sociétés savantes prennent la parole les unes après les autres pour dire qu’il y a un problème et qu’il est largement temps de légiférer ! Mais ce sont des sujets profondément #politiques. Et les #intérêts commerciaux sont sur-représentés à Bruxelles. La société civile ne fait pas le poids.

    #chimie #pesticides

  • Intoxication. #Perturbateurs_endocriniens : une bataille d’influence contre la santé
    http://reporterre.net/Intoxication-Perturbateurs-endocriniens-une-bataille-d-influence-contre-

    Après trois ans d’enquête et le dépouillement de milliers de pages de documents confidentiels, Stéphane Horel lève le voile dans ce livre sur ces stratégies employées par les #lobbies de la #chimie, des #pesticides et du #plastique et leurs alliés pour court-circuiter la réglementation. Ces documents permettent une incroyable plongée dans l’intimité de la correspondance entre lobbyistes et fonctionnaires de la Commission européenne. En direct de la « bulle bruxelloise », où la complaisance à l’égard de l’industrie semble la norme, cette enquête en forme de thriller raconte aussi le combat de ceux qui résistent à l’influence pour défendre une certaine idée de l’intérêt général et de la démocratie.

    #santé

  • Un groupe de #scientifiques hostiles au projet de réglementation européenne des #perturbateurs_endocriniens lié à l’industrie.
    Par Stéphane Horel et Brian Bienkowksi
    [traduction francaise d’un] [a]rticle publié par Environmental Health News le 23 septembre 2013
    http://www.huffingtonpost.fr/stephane-horel/perturbateurs-endocriniens-conflits-dinterets-a-haute-dose_b_5658447.

    Dix-sept sur dix-huit. Selon une enquête d’Environmental Health News, la quasi totalité des auteurs d’un éditorial controversé sur le projet de réglementation européenne des perturbateurs endocriniens sont liés à l’industrie. Ces dix-sept rédacteurs et rédacteurs en chef de plusieurs revues de toxicologie ont collaboré avec l’industrie chimique, pharmaceutique, cosmétique, et celles du tabac, des pesticides ou des biotechnologies. Certains ont bénéficié de financements d’associations industrielles. D’autres ont travaillé comme consultants ou conseillers.

    Publié dans quatorze revues scientifiques à partir de juillet 2013, l’éditorial a soulevé une vague d’indignation dans le milieu scientifique européen et à Bruxelles. Le texte critique le projet de proposition de la Direction Générale de l’Environnement de la Commission, fuité en juin 2013. Ce projet recommande une approche de précaution qui pourrait mener à l’interdiction de produits chimiques d’usage courant. Les signataires de l’éditorial, qui comptent plusieurs professeurs de toxicologie d’universités européennes, estiment que le projet, « sans base scientifique », « défie le sens commun, la science bien établie et les principes de l’évaluation des risques ». La proposition pourrait avoir des « implications inquiétantes » pour la « science, l’économie et le bien-être de l’humanité dans le monde entier », et elle est « dépourvue de la rigueur scientifique qu’exigent des dispositions législatives aussi importantes », écrivent-ils.

    (...)

    D’autres scientifiques s’interrogent pourtant sur les motivations des auteurs et relèvent l’absence de publication de leurs liens éventuels avec l’industrie (NDLR : les articles publiés dans la littérature scientifique sont en général accompagnés d’une déclaration d’intérêt des auteurs). Un éditorial critiquant une proposition de politique publique est une « initiative inhabituelle » pour des rédacteurs de revues scientifiques, jugent-ils.

    (...)

    Le 27 août 2013, quarante et un scientifiques sans conflits d’intérêts déclarés -dont Åke Bergman- ont publié une réfutation dans la revue Environmental Health. Ils y estiment « préoccupant que l’éditorial de Dietrich semble avoir été conçu comme une intervention destinée à avoir un impact sur les décisions imminentes de la Commission européenne ». L’éditorial, écrivent-ils, « ignore les preuves scientifiques et les principes bien établis de l’évaluation des risques des produits chimiques ». Spécialistes reconnus au niveau mondial, quatorze des auteurs de cette réponse, dont Åke Bergman, ont participé à la rédaction d’un récent rapport sur les perturbateurs endocriniens pour l’Organisation mondiale de la Santé et le Programme des Nations unies pour l’Environnement. Ce rapport qualifiait les perturbateurs endocriniens de « menace mondiale à laquelle il faut apporter une solution ».

    Une seconde réfutation, signée celle-là par 104 scientifiques et rédacteurs de revues scientifiques a été publiée le 18 septembre 2013. L’éditorial de Dietrich et ses collègues « dessert la Commission européenne, la science - y compris le domaine de la toxicologie -, et surtout la santé publique », écrivent-ils dans la revue Endocrinology.

  • Le dernier groupe d’experts constitué par l’EFSA mis en cause pour des conflits d’intérêts
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/13/le-dernier-groupe-d-experts-constitue-par-l-efsa-mis-en-cause-pour-des-confl

    Voilà qui ne va pas arranger la réputation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). La journaliste indépendante et documentariste Stéphane Horel vient de publier sur son site le résultat d’une minutieuse enquête sur le dernier groupe de travail formé par l’EFSA. Elle met au jour une somme importante de conflits d’intérêts divers qui pourraient peser grandement sur le rapport que ces dix-huit scientifiques doivent rendre en mars 2013.

  • Les ali-menteurs confondus | Claire Berthelemy
    http://owni.fr/2012/06/19/les-ali-menteurs-confondus

    Le documentaire Les alimenteurs de Brigitte Rossigneux et Stéphane Horel, diffusé ce mardi soir sur France 5, révèle une pléthore de conflits d’intérêts entre le #lobby de l’#agroalimentaire et les institutions. Rencontre avec la réalisatrice Stéphane Horel.

    #Cultures_numériques #ITW #Medias #Brigitte_Rossigneux #conflits_d'intérêt #industrie_agroalimentaire #les_alimenteurs #Stéphane_horel