person:thomas frank

  • Chatelet et le devenir-gibier de la jeunesse en France
    http://www.dedefensa.org/article/chatelet-et-le-devenir-gibier-de-la-jeunesse-en-france

    Chatelet et le devenir-gibier de la jeunesse en France

    Dans les années soixante, rappelle Thomas Frank, on a imposé le slogan Think Young, pour célébrer la marchandise et la non-culture nouvelles à base de pub et de communication, une « culture d’usurpateur », disait Guy Debord, qui veut faire oublier comment elle est arrivée au pouvoir. On chassa les anciens et la tradition pour imposer le jeunisme consumériste à base de gilet James Dean, de rébellion creuse, de chewing-gum Hollywood et de coca-cola ; cela marcha comme sur des roulettes.

    Cinquante plus tard, on a une jeunesse de dystopie, à 90% ruinée par l’immobilier, par les études, promue à des petits boulots disqualifiés, à des exils ingrats, à un nomadisme cheap et à un abrutissement technologique festif.

    Malgré cela les jeunes valent mieux que (...)


  • Thomas Frank et la dérive de la gauche milliardaire
    http://www.dedefensa.org/article/thomas-frank-et-la-derive-de-la-gauche-milliardaire

    Thomas Frank et la dérive de la gauche milliardaire

    Thomas Frank est l’auteur d’essais reconnus en Amérique sur la collusion de la subversion et des milliardaires. Dans The Conquest of cool, il exposa comment la pub et le Big Business recyclèrent la contre-culture et la contestation dans les années 60 (il parle d’un changement de paysen cinq ans). Plus récemment, Frank explique comment, en Amérique comme en France, les riches votent à gauche. Dans cet article publié par Le Monde diplomatique il montre et dénonce la collusion entre les forces milliardaires et la bourse des valeurs morales tenue par une clique d’oligarques branchés. Deux cibles : les Clinton et le duo Weinstein.

    Tout ce que dit Thomas Frank est frappé au coin du bon sens : une seule observation, à savoir que la trahison du pauvre - (...)


  • Un formidable article de Thomas Frank sur les méfaits du journalisme mainstream, faussement neutre et résolument militant.
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/FRANK/56895

    Jamais la presse américaine n’avait aussi ouvertement pris parti dans une élection. Mois après mois, elle s’est employée à discréditer tous les candidats qui lui déplaisaient, à commencer par le sénateur « socialiste » du Vermont Bernie Sanders, concurrent de Mme Hillary Clinton lors de la primaire démocrate. Or les scores réalisés par celui-ci dans les États-clés, ceux où Mme Clinton a été battue à la présidentielle, n’interdisent pas de penser qu’il aurait obtenu un meilleur résultat contre M. Donald Trump.

    À coups de tribunes, d’éditoriaux et de billets de blog, le Washington Post a servi de boussole et de métronome à la campagne de dénigrement menée contre le candidat progressiste — qui proposait une assurance- maladie universelle et publique, une forte augmentation du salaire minimum, la gratuité des universités, etc. Avec ses appels incessants à la courtoisie et sa prédisposition quasi génétique au consensus, ce quotidien est bien plus qu’un « journal de référence » : il fait office de gazette d’entreprise pour l’élite méritocratique, laquelle a transformé la capitale fédérale en arène privatisée pour ses pratiques.

    Les chroniqueurs et éditorialistes du Washington Post sont des « professionnels » au plein sens du terme. Bien éduqués, toujours connectés, arborant souvent des accréditations, ils gagnent confortablement leur vie. Quand ils croisent de hauts fonctionnaires, des professeurs d’université, des médecins, des financiers de Wall Street ou des entrepreneurs de la Silicon Valley — tous très bien payés également —, ils voient en eux des pairs. Ou d’anciens camarades d’études : cinq des huit membres actuels de la direction éditoriale du Washington Post sont passés par l’une des universités de la prestigieuse Ivy League...

    #Trump_élection

    http://lvsl.fr/entretien-avec-thomas-frank

    • Je dis aujourd’hui que les médias français, pour ne parler que d’eux, sont malades. Malades d’abord d’une illusion d’optique, produit de nouvelles lunettes posées sur notre nez par la douce hégémonie culturelle américaine et qui est la recherche fanatique de la pureté, du jugement universel, du slogan d’évangile. Mais aussi malade de son ardeur aux sermons, aux communions et aux excommunions, par les pasteurs de la nouvelle cléricature. Comme le gouvernement « centriste » français, elle est aussi malade de sa détestation des contradictions et des contradicteurs, littéralement incompréhensible pour ceux qui croient que l’ordre dominant est non seulement stable et démocratique, mais aussi révélé par des sciences politiques qui ressemblent pourtant, de plus en plus, à des pratiques de magie primitive. Enfin, elle est aussi malade de cette prétention crédule à la neutralité dans un monde sans centre, de la croyance naïve dans l’universalité des formes de la bonté et de la méchanceté humaine, de l’adoration fétichiste des vedettes, de l’excitation par la vitesse et la mise en chiffres de tout, du mépris de l’histoire, de l’obscur et du refoulé… Bref, la liste est longue.

      Mais pourtant on ne voit pas, dans mon milieu, où est le problème. On ne veut pas voir la démobilisation générale dans les rédactions, l’atmosphère de fin de règne, de long naufrage. On ne voit pas la désaffection générale des citoyens, et même la « haine » bien réelle, passion triste, des épuisés, des invisibles, des moins que rien, des vilains et des infréquentables, de ceux que depuis des années les écrans et les pages oublient ou humilient. On n’entend pas les coups de gueule définitifs des gens devant les plateaux parfumés et bavards, les injures furieuses, le ras-le-bol des téléspectateurs. On ne voit pas les dents serrés des pigistes, les impostures à la mode, les calomnies de couloirs des placardisés et des ambitieux, les crocs-en-jambe permanents des chefs de service. On ne voit pas les grossières erreurs, les tartarinades grotesques, les émois navrants, les mensonges patents, le manque de culture, les idioties paternalistes, la banale médiocrité de pas mal de nos productions. On ne voit pas cette détestation grandissante de nos prétentions et de nos aveuglements par une foule grossissante et exaspérée.

      Ce qu’on voit est seulement le plaidoyer pompeux, claquemuré, hypersensible, d’une cléricature dont le trône vacille et qui ne comprend pas pourquoi. Avec, protestant de l’autre côté de la porte fermée, disant qu’il est temps de se ressaisir, la figure bien pratique du chef de l’opposition de gauche, qui a bien vu que nous sommes tous rangés, dos au mur, dans le grand hall des nouveaux pouvoirs, faisant bloc autour d’eux et exigeant une seule tête dans les rangs. On dénonce donc le haineux dans de bien navrantes conditions.

      J’imagine que si je connaissais personnellement Jean-Luc Mélenchon, j’aurais de longues discussions avec lui sur le sujet, qui ne seraient pas nécessairement toujours paisibles. Mais enfin, je commencerais par le remercier d’avoir insisté et proposé d’organiser la colère, plutôt que lui laisser la bride sur le cou, puisque tel est son propos. Et j’éviterais de me tourner en ridicule en le couvrant d’opprobres et de placards qui n’ont rien à voir avec sa pensée. J’aurais trop peur de passer pour un imbécile.

      Par Léonard Vincent, journaliste et écrivain, membre de la rédaction du Média, ancien responsable de Reporters sans frontières

      https://lemediapresse.fr/medias-fr/sur-la-haine-de-melenchon


  • LesInrocks - Comment la #gauche s’est embourgeoisée
    https://www.lesinrocks.com/2018/04/23/livres/comment-la-gauche-sest-embourgeoisee-111074963

    Qu’est-ce que le Parti démocrate aujourd’hui ? Hillary Clinton est celle qui l’a peut-être le mieux résumé, bien qu’involontairement, lors d’un voyage en Inde après la présidentielle : “Je l’ai emporté dans des endroits qui représentent deux tiers du produit intérieur brut américain”. C’est cet inversement de la base électorale du parti de Franklin Roosevelt, l’instigateur du New Deal, qui travaille Thomas Frank. “Les démocrates sont toujours un parti de #classe. D’ailleurs, ils témoignent d’une #sollicitude admirable pour les intérêts de la classe qu’ils représentent”, souligne-t-il avec une ironie mordante.


  • Pourquoi les riches votent à gauche ?
    https://la-bas.org/5057

    Pourquoi les pauvres votent à droite. C’était le titre du best-seller de Thomas Frank publié en 2008, qui se demandait pourquoi les pauvres, censés aspirer à plus de redistribution et d’égalité, votent contre leurs intérêts. Dix ans plus tard, le journaliste originaire du Kansas revient avec un nouveau livre : Pourquoi les riches votent à gauche. Comment peut-on être riche, néo-libéral et pourtant progressiste ou « de gauche » ? Extraits.Continuer la lecture…

    #Vidéo #USA


  • Bibliographie sur le vote FN :

    Discutée là :

    https://seenthis.net/messages/595515
    https://seenthis.net/messages/595617

    Des livres :

    –Pourquoi les pauvres votent à droite, Thomas Frank (2013)
    –Le Pari du FN, Hervé Le Bras (2015)
    –Les Français d’abord, de Valérie Igounet (2017)
    –Le Vote FN au village, Violaine Girard (2017)
    –Les Classes populaires et le FN, Gérard Mauger et Willy Pelletier (2017)

    Des articles :

    –Les trois visages du vote FN
    Joël Gombin, Le Monde Diplomatique, décembre 2015
    https://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/GOMBIN/54357

    –L’héritage toxique de Metaleurop. Les silences d’Évin-Malmaison.
    Aude, La Brique, le 9 novembre 2016
    http://labrique.net/index.php/thematiques/droit-a-la-ville/837-l-heritage-toxique-de-metaleurop-les-silences-d-evin-malmaison

    –Mon voisin vote Front national
    Willy Pelletier, Le Monde Diplomatique, janvier 2017
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
    http://www.campuslille.com/index.php/entry/les-classes-populaires-et-le-fn-willy-pelletier

    –Les mille et une voies du vote Front national
    Gérard Mauger et Willy Pelletier, Libération, le 19 mars 2017
    http://www.liberation.fr/debats/2017/03/19/les-mille-et-une-voies-du-vote-front-national_1556879

    –The Dark Side of France
    Al Jazeera News, le 4 mai 2017
    http://www.aljazeera.com/programmes/peopleandpower/2017/05/dark-side-france-170503082525808.html

    Un film :

    –Retour à Forbach, de Régis Sauder (2017)

    Une vidéo :

    –10.6 millions d’électeurs FN : Diaboliser ou entendre ?
    Osons Causer, Youtube, le 10 mai 2017
    https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII

    #France #Elections_présidentielles_2017 #Vote_FN #FN #Racisme
    #recension


  • Une question qui me tarraude un peu, pour laquelle je ne semble pas trouver la trace d’un questionnement commun, mais aussi, c’est ma faute, je me suis volontairement coupé de la campagne en cours et je n’ai pas vraiment l’intention de remettre les doigts dans la prise, je tente surtout de venir en aide à ma grande fille nouvelle électrice et qui se désole du choix qui est désormais le sien, bref je ne vois pas beaucoup d’interrogations à propos des prochaines élections de l’Assemblée. Si Le Pen est élue j’imagine que le sort de l’Assemblée sera de peu d’importance, la Vème république devrait se retrovuer hors sol très rapidement. En revanche si Macron est élu avec quelle majorité va-t-il gouverner ?

    Je dis ça je ne dis rien, comme dirait la jeune électrice à laquelle j’essaye de venir en aide. Vous qui suivez tout cela avec un peu plus d’attention et de suite dans les idées que moi, est-ce que c’est un sujet qui est plus communément abordé ?

    • Je n’ai rien vu passé pour le moment. Mais je rêve d’un truc impossible, genre un système de coalition à la scandinave : pour cela il faudrait que Mélenchon se calme un peu et trouve en lui la sagesse de s’ouvrir et de faire un accord avec Hamon ou équivalent pour présenter des candidats uniques (éventuellement avec Poutou), pour emporter la majorité parlementaire et participer au gvt Macron pour le modérer un peu.

      Ceci bien sur dans la perspective où l’apocalypse n’aura pas lieu. Depuis ce débat en naufrage, je suis un peu plus rassuré, mais à peine.

    • Par ailleurs, j’ai très envie de faire un truc mais je suis trop loin de la France. J’ai vraiment envie d’aller dans les circonscriptions, communes et zones où Le Pen fait ses meilleurs scores et essayer de comprendre chez celles et ceux qui ont voté pour elle, ce qui les séduit, ce qui les pousse à adhérer à ses thèses et son idéologie. Juste parler, s’entretenir, écouter, ouvrir grand les yeux et les oreilles.

      Si l’une ou l’un de vous connait quelqu’un, chercheur ou journaliste sérieux qui fait ou a fait ce travail d’enquête de fond, je suis preneur.

    • @reka Juste avant que tu ne remplisses indûment ton panier (bio, forcément bio le panier), le film de Sauder répond effectivement à ta demande, dans le sens où il part à la rencontre des racines du problème. Il réalise l’exploit de donner à comprendre le mécanisme sans l’aborder frontalement, en interviwant des personnes qui si elles ne votent pas nécessairement pour le FN, vivent en compagnie de telles personnes et donc comprennent et expliquent parfaitement leurs raisonnements. La force du film réside bien davantage dans ce qu’il parvient à démontrer en suggérant, de même c’est un documentaire qui parle à la première personne du singulier.

      En revanche le livre de Valérie Igounet est lui plus une analyse historique du discours du FN, mais dans cette perspective, tu trouveras en filigrane de l’analyse l’évolution des mentalités et comment elle a été savamment travaillée par les cadres du FN, notamment tout ce qui concerne la dédiabolisation.

      Voilà cette fois, je crois que je t’ai tout dit.

    • @reka Tout d’abord désolé de citer un journal que tu proscris habituellement.
      Mais quand tu penses :

      J’ai vraiment envie d’aller dans les circonscriptions, communes et zones où Le Pen fait ses meilleurs scores et essayer de comprendre chez celles et ceux qui ont voté pour elle, ce qui les séduit, ce qui les pousse à adhérer à ses thèses et son idéologie. Juste parler, s’entretenir, écouter, ouvrir grand les yeux et les oreilles.

      Un article qui date, je crois de 2001 a vu son heure de gloire dans le dernier Diplo, vu l’actualité :
      Mon voisin vote Front national
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      Il m’a ouvert les yeux sur la variété d’électeurs, loin des stéréotypes de « brebis perdues » ou de « racistes jusqu’à l’os ».
      Même @marielle l’a cité https://seenthis.net/messages/557773

    • De ce que j’ai retenu, Macron prévoit de faire passer des lois par ordonnance. Je crois qu’il y a quelques garde-fous pour ne pas que l’exécutif décide de tout tout seul mais il n’empêche qu’il se passera des avis de l’Assemblée nationale au max de ce qu’il peut faire.

    • Rapidement sur le point juridique.
      Pour légiférer par ordonnances, il faut une habilitation du Parlement. Les ordonnances prises diffèrent des lois en ce qu’elle sont assimilées à des règlements (plus proche de l’administratif que du legislatif, avec d’ailleurs un contrôle du juge administratif) : elles entrent en vigueur immédiatement, sans avoir besoin de décrets d’application. Par contre, pour qu’elles prennent valeur de lois, il faut une ratification du Parlement avant un certain délai.
      Donc pas débats, comme avec le 49,3 mais quand même un contrôle parlementaire. Il faut donc avoir une majorité favorable. (Et j’imagine que ça peut se faire en début de mandat pour des « réformes », mais que ça ne peut pas devenir une méthode dans la durée.)
      Après il serait loin d’être le premier à utiliser des ordonnances : c’est beaucoup employé pour simplifier des lois, assurer leur cohérence les unes par rapport aux autres dans le temps, pour transposer du droit européen en droit français, etc. La nouveauté serait plutôt d’utiliser le dispositif pour des « réformes » : des projets de lois habituellement largement discutés à l’assemblée (ainsi que dans la rue — et c’est ce dernier point qui doit vouloir être évité).

    • Dans l’esprit, le candidat Macron travaille main dans la main avec les dirigeants du monde bancaire et financier, des multinationales, du MEDEF, et de toute la sphère politico-[médiatico]industrielle qui a construit à grands coups de boutoirs l’espace glaçant du monde dérégulé du libéralisme moderne. Les paradis fiscaux sont leur refuge secret et leur arme de prédilection, mais créer un paradis fiscal à l’échelle de la France est l’objectif assumé.

      L’idée même que les impôts, les taxes, tout ce qui finance le bien public est un frein à l’expression de la liberté de créer de la richesse prônée par ces « disrupteurs » est une sorte de vol généralisé, assumé et mensonger qu’ils aimeraient beaucoup faire passer pour une forme de modernité incontournable. Ce qu’ils oublient, c’est que toute la richesse créée par les entreprises les plus performantes qu’ils souhaitent « libérer » ne peut se générer que par le maintien d’infrastructures et de biens publics au meilleur niveau : réseaux routiers, télécommunications, éducation, administrations, aides publiques, maintien du tissu associatif, gestion du patrimoine, culture, etc…

      Que la gestion de l’argent public soit mauvaise, mal répartie, soumises à des pressions, des conflits d’intérêt, c’est une certitude. Mais faire croire qu’il faudrait en dépenser moins, et dans le même temps qu’il faudrait en collecter moins, et surtout laisser les clés de la gestion économique globale à des acteurs économiques privés de type vautours, est un plan marketing politique assez étonnant. Le formidable engouement pour Uber, vaillante startup libérant les pauvres banlieusards de leur carcan du chômage forcé, en leur permettant de devenir leur « propre patron » comme VTC, a vite démontré l’inanité de la dérégulation libérale du capitalisme de plateforme. Aujourd’hui, les chauffeurs Uber protestent en masse, étranglés par les crédits inremboursables, soumis à des horaires monstrueux et, cerise sur le gâteau, pouvant prétendre gagner moins que le Smic en fin de mois en étant leur propre « patron ». Un patron totalement soumis et subordonné à l’entreprise disruptive Uber qui a augmenté ses profits en passant sa « commission » sur les courses de 20 à 25%. Pas de règles, Uber est libre d’étrangler ses chauffeurs, eux-même déclarés libres de travailler comme ils le souhaitent, puisque « entrepreneurs ».

      Le rêve d’une société où chacun peut « entreprendre », avec des règles minimales, qui « fluidifieraient » les échanges, l’emploi, est celui des prédateurs de l’économie néo-libérale, l’économie financière. Les startups n’en sont qu’une partie émergée, puisqu’au final, le projet de Macron n’est rien d’autre que la création [déjà en cours de constitution] d’un grand espace commercial, où les Français pourront aller consommer 24/24, et travailler le maximum avec le moins de règles possibles, tout en étant sommé de ne pas profiter de l’argent public des organismes paritaires sociaux, le tout dans un rapport de force entre détenteurs du capital et les autres, totalement distendu au profit des premiers.

      https://reflets.info/la-societe-deregulee-en-marche-demmanuel-macron

      Un article assez objectif.

    • Ouh la, il y a deux sujets très différents sur ce fil :

      1) avec quelle majorité Macron va gouverner ?

      2) qui vote FN et pour quelles raisons ?

      #France #Elections_présidentielles_2017

      Pour le premier sujet :
      –L’extrême gauche sera comme d’habitude exclue du parlement
      –Vu les scores du FN, ils vont probablement avoir beaucoup plus de députés qu’avant, mais « grâce » au scrutin majoritaire, ils n’en auront pas tant que ça
      –Vu l’Etat du PS de Hamon, ils vont probablement avoir beaucoup moins de députés qu’avant
      –Vu la jeunesse de la France Insoumise, les disputes avec le Front de Gauche, les reproches faits à Mélenchon suite au premier tour, l’allergie qu’il suscite encore chez beaucoup, et surtout le fait que le temps n’est pas encore venu d’une reconfiguration de la gauche, donc les Mélenchonistes vont arriver localement en conflit avec les candidats PC ou PS et, lui aussi, « à cause » du scrutin majoritaire, il va probablement y avoir peu d’élus de ce camp là
      –Je soupçonne donc un gros score pour la droite au sens large : les Républicains de toutes obédiences (des pires aux moins pires, de Fillon à Bayrou en passant par Sarkozy et Juppé), des Macronistes convaincus (un conglomérat de traîtres et de bras cassés qui ne savent pas trop où ils sont ni où ils vont), et la droite du PS (Valls et tous les autres traîtres). C’est donc avec cette clique de merde que Macron va faire sa majorité, son gouvernement, et son premier ministre (on parle de Laurence Parisot, ça fait mal...). Et puis en vrai ce sera le CAC40 qui gouvernera, et le FN qui lui succédera...

      #Emmanuel_Macron
      –-------------------------------------

      Pour le second sujet, je note :
      –Retour à Forbach, de Régis Sauder (film, 2017)

      –Les Français d’abord, de Valérie Igounet (livre, 2017)

      –Le Vote FN au village, Violaine Girard (livre 2017)
      https://seenthis.net/messages/595570

      –Mon voisin vote Front national, par Willy Pelletier (article, 2017)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      (mais #paywall)
      Et une causerie sur le même sujet ici :
      https://seenthis.net/messages/594804

      –Et une discussion ici, mais qui n’est qu’un échange d’opinions pas très étayés :
      https://seenthis.net/messages/595515

      #Vote_FN #FN #Racisme

    • Reconfiguration : et il faudrait que ça continue d’ailleurs. La FI est à l’offensive, en particulier ces jours derniers vis à vis du PC, qui se montre comme d’habitude gourmand... à vouloir utiliser l’image de la FI tout en se présentant contre les candidats de la FI... très à la façon du PS en fait, dans sa façon de négocier.

    • On peut espérer que la FI termine le boulot entamé aux présidentielles en tuant presque définitivement le PC et le PS (pour ce dernier ce sera plus difficile). C’est quand même quelque chose que de nombreux militants de gauche souhaitaient depuis un bout de temps tellement ces 2 partis sont pourris jusqu’à l’os. Il faut se rappeler que le PCF, sans Mélenchon qui tire l’attelage, c’était 1% aux présidentielles de 2007... Ils ont foutu en l’air le front de gauche par purs calculs de plats de lentilles, ce qui leur arrive est donc tout à fait normal de mon point de vue et je serais la FI je n’aurais aucune confiance dans le PCF (je crois que c’est le cas du coup). Quant aux verts, difficile de leur accorder beaucoup plus de crédit, mais c’est peut-être moins difficile car les pires opportunistes sont finalement déjà partis depuis quelques temps (chez Macron ou PS).
      Vu de plus ou moins loin (j’envisage de peut-être m’investir dans la FI, même si ma sensibilité libertaire me donne quelques remords...), je pense qu’il ne faut clairement pas attendre de Mélenchon qu’il signe des accords électoraux au risque de voir tout ce qu’il a construit s’effondrer, autrement dit, je pense qu’il n’a même pas ce pouvoir. J’ai ouïe dire que le NPA (ou au moins un nombre conséquent de ses militants) discuterait sur le fait de se dissoudre dans la FI. Bref, je pense que l’avenir à court terme de la « vraie » gauche est là dedans, avec tous les inconvénients que cela peut avoir. Je ne me lasse pas d’admirer tout de même ce formidable coup de pied dans la fourmilière que la FI a réalisé et j’ai une vision plus optimiste que d’autres : il est possible qu’il y ait un nombre conséquent de députés FI même si effectivement il y a plus de chances que la droite l’emporte.


  • @gata cite ce texte :

    « Avec moi » (le 7 mai)
    Pierre Tevanian, Les Mots Sont Importants, le 30 avril 2017
    http://lmsi.net/Avec-moi-le-7-mai

    Avec ce commentaire (https://seenthis.net/messages/594094) :

    Je ne sais pas trop quoi en penser mais Tevanian (dans son long texte, très bon et honnête, texte évoqué dans ce fil mais jamais cité pour l’instant, je crois) parle aussi de la peur (de sa peur) à la fin et il écrit aussi ça :

    J’ai évoqué le paternalisme, c’est-à-dire ce mélange de posture antiraciste protectrice, de condescendance raciste et de tolérance sans limites à l’égard des discriminations, que Macron partage par exemple avec François Hollande. Mais dans beaucoup des prises de positions que j’ai lues, la question du racisme n’est même pas évoquée, et on se contente d’affirmer un lien mécanique entre l’ultralibéralisme de Macron et le triomphe du lepénisme dans cinq ans. Je reconnais dans ces équations simplistes une pauvreté intellectuelle typiquement franchouillarde, qui consiste d’une part à réduire le vote FN à un vote de protestation sociale, un vote ouvrier, un vote de pauvre, de perdant de la mondialisation libérale, bref un cri de souffrance, en minorant gravement la centralité du racisme dans ce vote (pourtant maintes fois revendiquée par les électeurs eux-mêmes, dans les enquêtes « sortie des urnes »), y compris dans sa frange ouvrière (qui par ailleurs ne représente qu’un septième du vote FN), et d’autre part à ne parler du racisme de cet électorat que comme un réflexe mécanique de peur de l’autre lié à la conjoncture économique – ce qui revient à nier les mécanismes sociaux, culturels et idéologiques spécifiques qui alimentent le racisme ou au contraire le battent en brèche.

    –---------------------------------------------------

    Je respecte et j’apprécie le travail de Tevanian, mais cette fois ci je ne suis pas d’accord, je ne sais pas ce que les autres en pensent.

    Mona Chollet, Dominique Vidal et Pierre Tevanian, parmi d’autres, avancent cet argument : Macron ce sera le capitalisme, alors que Le Pen ce sera le capitalisme + le racisme. Ils ajoutent que le racisme est le point qui leur semble le plus important, et que c’est trop facile de s’abstenir pour des blancs qui n’en subiront pas les conséquences.

    Je suis effectivement un blanc, un bourgeois relativement épargné par l’avenir sombre que nous proposent Trump et Le Pen, et aussi un marxiste qui pense que tout est d’abord question de domination sociale. Je suis conscient que l’un des effets les plus sévère, violent, injuste, cruel, insupportable est celui du racisme, de la discrimination de populations entières à cause de leurs origines, de leur aspect ou de leurs pratiques, et je suis aussi de ceux qui pensent que c’est l’une des questions les plus urgentes à régler, à combattre, et à laquelle il faut s’adresser. Néanmoins, je ne confonds pas l’effet et la cause. Je continue de croire (j’ai peut-être tort, mais je ne suis pas naïf) que le racisme n’est qu’une conséquence des inégalités sociales, du malaise social, de la crise sociale.

    Je ne dis pas que le vote FN n’est qu’un vote d’ouvrier et de pauvres, mais oui, en total désaccord avec Pierre Tevanian, je dis que le vote FN est un vote de colère, de protestation, de perdants de la mondialisation libérale, de réflexe lié à la conjoncture économique, de laissés pour compte qui voient une classe dirigeante et financière s’enrichir de façon indécente tout en nous disant que c’est la crise et qu’il faut se serrer la ceinture, qu’on ne pourra plus avoir une retraite, une éducation et des soins gratuits, alors que notre pays et notre planète n’ont jamais été aussi riches, etc. C’est un vote de perte de confiance envers les hommes et les femmes politiques et leurs partis qui nous gouvernent et nous ruinent depuis des décennies, et qui assombrissent notre avenir. Cette perte de confiance, elle me touche aussi. Je ne vote pas Le Pen parce que je ne pense pas que ce soit la solution, mais je comprends la colère, et je comprends aussi le majeur dressé sous forme de Brexit, de Trump ou de Le Pen.

    Alors oui, je pense que dans un tel contexte, le racisme n’est qu’une conséquence, la recherche d’une solution facile, d’un bouc émissaire à faire payer en temps de crise. Oui, je remarque que là où la crise est moins sévère, le fascisme et le racisme avancent moins fortement. Et nos dirigeants actuels en sont, à mon avis, triplement responsables : 1) car ce sont également eux qui, dans leurs discours, ont pointé du doigt ces boucs émissaires ; 2) parce que dans leurs pratiques, ils n’ont pas attendu le FN pour commencer déjà à les opprimer socialement, géographiquement, judiciairement etc. 3) parce que, ils le savent, le capitalisme pourra fleurir tout aussi bien sous un gouvernement FN.

    Donc je suis convaincu que Macron n’est pas la solution à Le Pen. Macron est la cause de Le Pen, et celui qui jette de l’huile sur son feu. Pour combattre le racisme de Le Pen, il faut combattre sa source qui est, selon moi, dans l’ultralibéralisme de Macron. Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme, car pendant ce temps, plus de 7 millions de Français ont rejoint le vote FN. Ce sont ces 7 millions de Français qui devraient poser question. Toute solution cherchée ailleurs, chez les abstentionnistes par exemple, est d’une myopie qui, me semble-t-il, ne résoudra rien, ni à court ni à long terme...

    #France #Elections_présidentielles_2017 #Abstention #Barrage
    #Pierre_Tevanian #Vote_FN #FN #Racisme

    • Je n’ai pas lu le même passage, surtout la fin. Je n’avance pas un avis en ce qui me concerne car ce n’est pas clair pour moi non plus, mais au niveau de son argumentation, il ne dit pas « ils sont racistes et c’est comme ça ».

      À la fin de l’extrait, à l’exact inverse, il dit clairement que l’argumentation dont vous parlez qui consiste à dire que ça vient surtout de la cause économique empêche de prendre en compte tous « les mécanismes sociaux, culturels et idéologiques spécifiques [autres qu’économiques] qui alimentent le racisme ou au contraire le battent en brèche ».

      Donc il parle bien, non pas d’un fait qui arrive de nul part, mais de causes, et d’autres causes que celle économique. Ça me parait beaucoup moins simpliste qu’une raison juste morale, ce qui d’ailleurs serait bizarre puisque Tevanian fait partie du courant de pensée qui récuse complètement l’anti-racisme moral, et qui dit que le racisme est systémique. Mais systémique ne veut pas dire forcément que des raisons économiques.

      C’est comme ça que j’ai compris le passage, moi, pour l’instant.

    • Pas plus que les raisons économiques du racisme, Tévanian ne récuse l’antiracisme moral, sinon l’usage dépolitisant qui peut en être fait (SOS racisme par exemple).

      « dépasser l’antiracisme moral » (dont je ne comprends pas bien pourquoi il devrait être dépassé [2]).

      [2] Il faudra un jour revenir sur ce fait singulier, et à vrai dire problématique : le discrédit absolu de l’adjectif « moral » dans le monde militant, et la plus-value symbolique, la présomption de clairvoyance, de lucidité, d’intelligence stratégique et de courage que suffit à donner la mise en congé ostensible et théâtralisée de tout soucis moral.

    • ❝[Mona Chollet, Dominique Vidal et Pierre Tevanian, parmi d’autres] avancent que le racisme est le point qui leur semble le plus important, et que c’est trop facile de s’abstenir pour des blancs qui n’en subiront pas les conséquences.❝
      En termes de paternalisme, et précisément tel que décrit par Tevanian ( i.e. , « ce mélange de posture antiraciste protectrice, de condescendance raciste et de tolérance sans limites à l’égard des discriminations ») c’est déjà pas mal ! Ou alors, c’est une rime qui s’est arrimée de travers.
      Je ne pense être fondamentalement contre la démocratie (on me brulerait vif pour moins) mais dans le contexte français, des français, ma foi vacille entre les bêtes de l’apocalypse et les agités de la révolution.

      Être jeune biaise certainement mon sens des responsabilités - mais je ne crois pas que le vote utile (dont le résultat est un des axiome de notre raisonnement aujourd’hui) prenne en compte des considérations politiques à long terme.

      ❝Les gens sont fous, les temps sont flous.❝ scandait Jacques Dutronc , et ça ne fait qu’empirer.
      [Edit : merci, ça me paraissait aussi un peu élever pour du Antoine.. :s]

    • J’ai dit ça, moi ? Heureuse de l’apprendre.

      Il y a des non-Blancs qui clament qu’ils n’iront jamais voter Macron et des Blancs qui n’hésitent pas une seconde, donc on va éviter les résumés simplistes. Mais le nombrilisme blanc qui se fout du racisme et ne comprend pas la peur de certains face à la perspective d’un FN au pouvoir, ça existe, et on en a des témoignages éclatants ci-dessus.

      En ce qui me concerne j’ai la faiblesse de vouloir éviter de vivre dans un pays dirigé par des fascistes si je peux y faire quelque chose (ou de préférer que ça arrive dans 5 ans, si c’est inévitable, plutôt que tout de suite), mais c’est très personnel.

      Envie de hurler dès que je lis que parler de racisme serait avoir une posture « morale », je suppose que c’est le signe que cette campagne se termine.

      Si le problème n’était que de désespoir économique tout le monde aurait voté Mélenchon, non ? Pour autant personne ne parle de « racisme intrinsèque ». On en fait quoi de la stratégie du bouc émissaire et de ce racisme déversé à jet continu par tous les médias, dans tous les secteurs de la société, depuis bien 15 ans ? (Un autre choix des élites qui suscite nettement moins d’indignation que la fabrication de la candidature Macron, tiens.) Le racisme existe indépendamment de la situation économique (il y a des riches racistes, des pays riches et racistes, il y a l’héritage colonial, etc.) mais il flambe lorsqu’il est attisé pour faire oublier un système économique inique. On n’est pas condamnés à la pensée binaire, hein.

      « Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme. » Arf... Lire ça avec un FN à 21%. Les bras m’en tombent.

    • Ce que je voulais dire c’est que tu étais l’une de celles et ceux qui, à raison, ramenait la question du racisme au centre du choix du second tour :

      Mais est-ce que c’est la seule explication ? Pour beaucoup de militants de gauche, le racisme et l’islamophobie sont des questions secondaires, abstraites, voire inexistantes, qui ne les concernent pas et qui les mettent profondément mal à l’aise ; souvent, même, ils les partagent plus ou moins consciemment. Et même si on flaire l’imposture de sa vitrine « sociale », le programme économique du FN ne suscite pas la même vindicte que les mesures (objectivement terrifiantes) annoncées sans complexes par les macroniens.

      https://seenthis.net/messages/593585

      De même, je ne lis ici ni nombrilisme blanc, ni personne qui se fout du racisme, ni personne qui n’a pas peur de la perspective d’un FN au pouvoir, ni même personne qui voudrait aussi, si possible, éviter de vivre dans un pays dirigé par des fascistes, aujourd’hui ou dans 5 ans. On peut au moins être d’accord là dessus, plutôt que de s’invectiver sur de mauvaises raisons.

      La question est de savoir si voter Macron est une solution, ou s’il continue à alimenter la source qui fait monter mécaniquement le score du FN.

      De cette question résulte celle du rôle de l’ultralibéralisme mis en place depuis 30 ans, et qui va être continué par Macron, dans la montée du FN, et dans la montée du racisme.

      Cette question semble plus difficile que je ne le croyais, puisque le lien me semblait évident, alors qu’à @mona il ne l’est pas, même si elle reconnaît que le racisme « flambe lorsqu’il est attisé pour faire oublier un système économique inique ».

      C’est dans cette hypothèse que je posais la question, mais je me trompe peut-être, qu’il est donc peut-être plus efficace de se battre contre ce « système économique inique » que contre sa conséquence, le racisme, sans que ça veuille dire que je me fous de la conséquence, juste que je cherche ce qui est plus efficace !

      @mona pose une autre question intéressante : « Si le problème n’était que de désespoir économique tout le monde aurait voté Mélenchon, non ? » que je reformule ainsi : « quand l’ultralibéralisme engendre la colère, pourquoi cette colère va plus vers l’extrême droite que vers l’extrême gauche ? » Je pense que les réponses sont complexes et contextuelles, mais j’en vois quelques unes :
      –les réponses de l’extrême droite sont plus simples à comprendre (c’est la faute aux immigrés)
      –les réponses de l’extrême droite qui flattent l’égoïsme sont plus populaires en temps de crise, quand on a moins envie de partager
      –les réponses de l’extrême droite donnent l’illusion qu’on peut s’en sortir sans complètement renverser le système capitaliste
      –les réponses de l’extrême droite, le racisme en particulier, sont bien relayées dans les médias et par les grands partis en France
      –beaucoup de membres de l’extrême gauche viennent de la gauche, et cette gauche en France est jugée (à tort ou à raison, mais parce qu’elle a participé à plusieurs gouvernements) comme complice du « système » et du marasme ultralibéral dans lequel on se trouve
      –peut-être aussi qu’en effet la gauche et l’extrême gauche, en France mais aussi dans le monde entier, on mal fait leur boulot d’explication et que, depuis 30 ans, on n’entend plus beaucoup les idéaux de gauche, et ils ne sont plus si clairs que ça
      –si le but de certains électeurs est de faire un gros « FUCK », de se venger en faisant chier le monde, alors voter FN est plus efficace que voter à l’extrême gauche
      Il y en a sûrement d’autres, qu’en pensez-vous ?

    • Qui vote FN et pour quelles raisons, demande @reka ici :
      https://seenthis.net/messages/595617

      Et quelques pistes :

      –Pourquoi les pauvres votent à droite, de Thomas Frank (livre, 2013)

      –Retour à Forbach, de Régis Sauder (film, 2017)

      –Les Français d’abord, de Valérie Igounet (livre, 2017)

      –Le Vote FN au village, Violaine Girard (livre 2017)
      https://seenthis.net/messages/595570

      –Mon voisin vote Front national, par Willy Pelletier (article, 2017)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      (mais #paywall)
      Et une causerie sur le même sujet ici :
      https://seenthis.net/messages/594804

    • je trouve épouvantable de pouvoir encore exonérer la gauche ainsi :

      ...cette gauche en France est jugée (à tort ou à raison, mais parce qu’elle a participé à plusieurs gouvernements) comme complice du « système » et du marasme ultralibéral dans lequel on se trouve

      Complice ? du début de destruction des droits des chômeurs dès 1982 à la création des centres de rétention, du blocage des salaires au déblocage des loyers, de la modernisation de la police à coups de milliards (depuis 1981) à l’état d’urgence, de la glorification de l’entreprise comme coeur de la société aux privatisations, de l’explosion - sous l’égide du « mérite »- des inégalités de revenu à la multiplication des pauvres, de la multiplication des stages et d’innombrables de précarisation... bon j’arrête là une liste interminable des ACTES de cette gauche (de droite) depuis 36 ans.

      le fondé de pouvoir du capital Macron vient après l’élève d’Hec Hollande. Ni "trahison, ni « complicité », un rôle premier, décisif, majeur dans la restauration capitaliste.

      Si « la gauche et l’extrême gauche, en France mais aussi dans le monde entier, on mal fait leur boulot d’explication » (une foi dans la pédagogie dont le rapport avec l’émancipation n’ a rien d’évident), c’est peut-être aussi de ne toujours pas réussir à déciller sur le rôle de cette gauche. Qui éduquera les éducateurs ?

    • J’ai tenté de comprendre le vote FN et le rôle de Macron et ses copains banquiers dans tout ça.

      J’aimerais préciser une chose : quand je dis qu’il me semble que la crise pousse les gens vers le FN, je ne veux pas forcement dire que je pense qu’elle ne pousse que les plus pauvres vers le FN. En partie, cela pourrait être vrai, mais en partie les plus pauvres finissent surtout par cesser de voter.

      Le phénomène qui est probablement le plus efficace pour le FN est celui des classes moyennes qui s’appauvrissent un peu, mais surtout qui voient des gens en dessous d’eux s’appauvrir beaucoup et qui sont terrorisés de devenir comme eux (c’est d’ailleurs une stratégie connue du capitalisme : avoir un fort taux de chômage permet de faire pression sur ceux qui ONT un emploi pour qu’ils soient tellement « contents » qu’ils ne réclament ni augmentation de salaire, ni amélioration des conditions de travail, de chômage, de retraite ou même de transport, d’éducation et de soins de santé).

      Le reste du raisonnement reste valable : la terreur entraîne la recherche d’un bouc émissaire, ce bouc émissaire (l’immigration qui, effectivement, peuple les couches inférieures du confort moderne) est soufflé par ceux qui ne veulent pas être rendus responsables et, finalement, le racisme du FN est surtout une conséquence indirecte (bien que grave) du capitalisme. Macron et ses copains en étant la principale cause. C’est mon opinion en tout cas, mais je peux me tromper...

      Néanmoins, revenons aux plus pauvres...

      Depuis quelques semaines j’ai parfois eu du mal à expliquer pourquoi je m’abstenais, quel était le calcul, la motivation etc. Et puis hier soir, je suis allé voir (en retard par rapport à tout le monde), I, Daniel Blake, le dernier film de Ken Loach. En sortant de ce film, j’ai compris rétrospectivement pourquoi je n’ai pas voté et pourquoi je ne pourrai jamais voter pour Macron. La politique de Macron et ses amis banquiers est celle qui désespère le monde, qui donne envie, au choix, de pleurer, de tuer, de se suicider et/ou de voter FN. On a gagné 5 ans, mais on a pris le plus court chemin pour s’y rendre...

      #Ken_Loach #Cinéma #Daniel_Blake

      https://seenthis.net/messages/534010
      https://seenthis.net/messages/539415
      https://seenthis.net/messages/542080
      https://seenthis.net/messages/596365

      Et la réalité dépasse clairement la fiction :

      Prison ferme pour vol d’une valeur de 20 euros
      Le Figaro, le 25 avril 2017
      https://seenthis.net/messages/593354

      #Justice #Injustice #Vol #Prison

    • Je dis tout ça, et je m’aperçois qu’au même moment, l’équipe de #Osons_Causer (quoi qu’on en pense) dit à peu près la même chose ici :

      10.6 millions d’électeurs FN : Diaboliser ou entendre ?
      Osons Causer, Youtube, le 10 mai 2017
      https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII

      Critiqué là :
      https://seenthis.net/messages/597540

      Avec des références, ce qui donne (je n’ai pas tout lu) :
      https://seenthis.net/messages/597642

    • Donc je suis convaincu que Macron n’est pas la solution à Le Pen. Macron est la cause de Le Pen, et celui qui jette de l’huile sur son feu. Pour combattre le racisme de Le Pen, il faut combattre sa source qui est, selon moi, dans l’ultralibéralisme de Macron. Je me demande même si on n’a pas perdu trop de temps à combattre le racisme sans combattre le capitalisme, car pendant ce temps, plus de 7 millions de Français ont rejoint le vote FN. Ce sont ces 7 millions de Français qui devraient poser question. Toute solution cherchée ailleurs, chez les abstentionnistes par exemple, est d’une myopie qui, me semble-t-il, ne résoudra rien, ni à court ni à long terme...

      Tout à fait @sinehebdo et je suis persuadée que combattre le racisme c’eut été de voter au premier tour pour le programme le plus égalitaire, celui de L’avenir en commun de la France Insoumise même si on éprouvait de l’aversion pour JLM, le meilleur programme selon Jean Gadrey.

      « Pour que les choses soient (encore plus) claires, je n’ai pas voté pour B. Hamon mais pour J.L. Mélenchon. Pour son programme, le meilleur selon mes critères, plus que pour sa personnalité... »
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2017/05/10/l%e2%80%99echec-de-benoit-hamon-s%e2%80%99explique-aussi-pa

    • Bon, je ne veux pas trop en rajouter sur Tevanian que j’aime bien par ailleurs, et dont j’aime bien aussi la « La mécanique raciste », mais il me semble ici qu’il passe à côté de la question posée.

      Qu’il y ait des racistes pauvres et des racistes riches, et des mécanismes spécifiques, ne fait aucun doute.
      Que le racisme soit au minimum l’un des ressorts du vote FN, ne fait aucun doute non plus.

      La question posée à laquelle il ne répond pas est : y a-t-il d’autres raisons que le racisme qui peut pousser quelqu’un, riche ou pauvre, à voter FN ?

    • Virginie Despentes est d’accord avec Tevanian et les autres... :

      #Virginie_Despentes : “Ma colère est une colère de vaincu”
      Nelly Kaprièlian, Les Inrocks, le 26 mai 2017
      https://seenthis.net/messages/601851

      D’après toi, les gens votent FN par détresse ou par ignorance de ce qu’est vraiment ce parti  ?

      Je ne crois pas trop à l’ignorance dans ce pays. Je ne crois pas que le vote FN soit un vote contestataire, c’est un vote raciste, un vote pro-répression policière, un vote pro-torture, un vote de gens qui croient qu’il suffit de taper fort pour que tout rentre dans l’ordre. Un vote d’enfant qui croit qu’il faut que papa soit autoritaire et qu’alors tout va bien se passer. Il me semble que les électeurs FN imaginent que ça ne va s’appliquer qu’aux délinquants ou aux Arabes, et comme on leur explique que le problème en France, c’est pas la pauvreté et la confiscation des richesses, mais les Arabes, ils se disent que ça ira mieux.

      #paywall

    • Je copie à la main une autre citation de la fin de l’entretien, qui contredit (il me semble) la précédente :

      C’est clair que je suis plus en colère.
      La crise de 2008, on commence seulement à comprendre qu’elle est sous-tendue par une théorie. Dans La Stratégie du choc, Naomi Klein écrit sur les théories de Chicago : si un groupe est choqué par une tempête, ou un attentat, et si tu provoques un deuxième choc, les gens feront ce que tu veux, un gouvernement pourra faire passer toutes les lois qu’il veut, ils ne réagiront pas. Je pense que c’est concerté ; les plus riches ont décidé de nous faire une guerre, ce que dit aussi la sociologue Monique Pinçon-Charlot. Je suis furieuse de ne pas l’avoir compris à ce point-là, et furieuse car ça provoque la montée des populismes en Hongrie, en Pologne, en France.

      Alors, le Vote FN, contestataire ou raciste ?

    • Pourquoi c’est forcement l’un à l’exclusion de l’autre ? Les personnes subissant la stratégie du choc décrit par Naomi Klein ET qui sont racistes votent FN. Les gens qui subissent la même chose mais ne sont pas racistes ne votent pas FN. Et il y a des gens qui ne subissent pas la stratégie du choc mais en bénéficient largement et qui sont racistes et qui votent FN. Le gros de l’electorat FN ce sont les commerçants, les militaires, les flics, les agriculteurs et après tout ca il y a des ouvriers.

      S’en ficher du racisme au point de voter FN pour être prétendument contestataire c’est être raciste. Voter FN c’est choisir un vote réactionnaire qui est aussi une regression pour les femmes et la persecuution des homos assurés. Les gens qui choisissent de contester de cette manière ne peuvent pas être dispensé du caractère raciste (sexiste et homophobe) de leur choix.

    • La crise de 2008, on commence seulement à comprendre qu’elle est sous-tendue par une théorie.

      Vraiment ?
      Je trouve cela particulièrement lent à la détente, parce qu’il suffit d’être du côté de la cognée pour comprendre très très vite de quoi il en retourne vraiment : https://blog.monolecte.fr/2008/10/09/ceci-nest-pas-une-crise

      Pour le racisme et le FN, ça marche tant que tu penses que le FN est raciste. Si tu as un tout petit peu d’historicité, tu sais que le FN est raciste, mais…

      Le markéting politique, ça marche. Pas tout le temps (hein, Fillon, mais la marche était tout de même vachement haute !) et pas sur tout le monde, mais ça marche.
      Donc oui, le #pinkwashing de Marine Le Pen a marché et il faut avouer que les médias industriels l’ont bien aidée en banalisant totalement son parti. Bien sûr, pas sur tout le monde, mais quand même. Il y a aujourd’hui des gens racisés qui pensent réellement que le Pen fille n’est pas sous-tendue par une pensée raciste et qui croient en toute bonne foi qu’elle s’est vraiment fritée avec son père pour des questions idéologiques (et non stratégiques). Y a des gens qui pensent que le FN sera totalement normalisé quand le père Le Pen passera l’arme à gauche. Il y a des jeunes qui ne connaissent pas la vie et l’œuvre du père Le Pen, qui ont une éducation historique limitée et qui trouvent dans le FN un parti accueillant pour les jeunes. Y a même des gens qui croient que le FN est vraiment un parti populaire, c’est à dire, préoccupé par le petit peuple et qu’il a un programme social.

      Ne pas oublier non plus le #confusionnisme cultivé avec beaucoup de soin et de cynisme par l’extrême droit en général et le FN en particulier : quand on voit les empoignades que ça a pu créer chez des gens politisés, éduqués et prévenus, je ne vois pas comment ça n’aurait pas fait des ravages dans la population que l’on va qualifier de moins attentive, ceux qui s’informent devant TF1 ( France 2 ou M6) et se distraient devant Hanouna, par exemple. D’ailleurs, leur rhétorique #anti-système a tellement bien marché que tout le monde s’en est emparé pour grappiller des voix, avec le succès que l’on connait. Donc, ce serait bien de ne pas négliger l’efficience de la #propagande de #banalisation et de confusion que nous nous tapons depuis des années.

      Ne pas négliger non plus le fait que comme un bateau qui coule, tout le landernau politique donne sévèrement de la gite à droite, ces derniers temps et que quand tu entends un Premier ministre socialiste tenir publiquement et revendiquer des propos délibérément racistes, avec l’approbation plus ou moins prononcée d’une part des classes politiques et médiatiques, il y a de quoi être confus quant à ce qui définit le #racisme : « Bah, c’est pas raciste de dire que les gitans, c’est tous des voleurs, hein, tout le monde sait ça ».
      De la même manière que nos #institutions sont à présent et de manière évidente, devenues profondément racistes : pour qu’on s’émeuve des crimes policiers contre les racisés, il a fallu qu’un gars se prenne 10 cm de matraque dans l’anus… Rien que d’énoncer les faits me file le vertige. Et encore, j’ai comme l’impression que l’émotion est bien passée et que tout le monde trouve plus ou moins normal aujourd’hui que les racisés risquent tout le temps d’être brutalisés ou tués par la #police. De la même manière que la plupart des gens ne s’émeuvent pas plus que cela du fait que les racisés prennent systématiquement des peines de prison fermes pour des délits mineurs quand les blancs prennent du sursit pour des faits plus lourds et que les riches ne sont jamais inquiétés, même pour des crimes.

      Tout cela est devenu banal, normal, tout comme tout le monde s’est habitué à l’idée qu’à une #manifestation, tu prends le risque réel et tangible d’être grièvement blessé…

      Donc oui, le FN est un parti raciste, oui les racistes continuent à voter massivement et fidèlement pour ce parti qui leur correspond, mais non, ce n’est pas la seule composante de l’électorat FN. Eh oui, des gens croient sincèrement que le FN n’est pas raciste, mais que cet honorable parti fait l’objet d’une campagne de dénigrement organisé par les #merdias (ce mot est un indicateur encore plus précis que celui d’anti-système) qui veulent saboter le seul parti anti-système !

      Oui, ne pas oublier que le #complotisme et la #victimisation font aussi partie de la #stratégie de #contamination des esprits du FN…

    • Ne pas négliger non plus le fait que comme un bateau qui coule, tout le landernau politique donne sévèrement de la gite à droite, ces derniers temps et que quand tu entends un premier ministre socialiste tenir publiquement et revendiquer des propos délibérément racistes, avec l’approbation plus ou moins prononcée d’une part des classes politiques et médiatiques, il y a de quoi être confus quant à ce qui définit le #racisme.

      Ah oui, on peut affirmer que lorsque le bateau société fait eau de toute part, le Landernau politique (et l’opinion par conséquent) se réfugie à tribord. Les « bons-vieux » fantasmes de retour à « l’ordre et à la morale » ne mourront jamais complètement.
      La plus grande confusion s’est emparée de l’équipage et des passagers mais ce qui définit le racisme n’a pas changé : c’est principalement ceux ou celles qui le définissent qui sont à la ramasse.

    • Perso je ne comprends pas comment le FN est banalisé. Tout ce que j’ai vu c’était des journalistes qui cognaient de manière agressive sur des représentants du FN qui étaient invités, contrairement à toutes les autres formations politiques. L’auditeur de radio (ou de télé j’imagine) qui en a marre et qui veut tout changer, je le trouve pas idiot de se dire que le parti anti-système c’est le FN vu le traitement médiatique qui en est fait.

    • Je suis d’accord avec la confusion qu’il y a avec le mot racisme aujourd’hui et l’impacte de la TV. J’ai pas la TV et les seuls personnes susceptibles de voter FN que je croise dans la vie sont dans la bourgeoisie, du coup j’ai une vision probablement déformée des choses.

      Admettons que les programme à la Hanouna influent sur la normalisation des idées du FN, faut quand même être à la base homophobe et sexiste pour regarder ce programme et s’en divertir. Qu’il y ai beaucoup de personnes des classes populaires qui regardent ca c’est possible mais faut déjà être des classes populaires ET homophobe pour trouver ca amusant. Et je pense pas que être de classe populaire implique automatiquement d’être homophobe ou que l’homophobie soit plus rependue chez les classes populaires que dans les autres classes. Par contre il faut être homophobe pour trouver « l’humour » de cette émission divertissante.

      Je pense qu’il est important de parler du racisme, de la xénophobie, (et aussi sexisme, homophobie) le définir et rappeler l’historique du racisme au sein du FN, et de surtout pas faire comme si la spécificité du FN ne reposait pas là dedans. C’est la clé du problème. Si il y a quelques ouvriers qui sont ignorants du racisme du FN il faut les en informé et pas faire comme si le FN n’était pas/plus raciste. J’ai l’impression que le fait de parler en terme de « contestation OU racisme » ou dire que le vote ouvrier FN pourrait ne pas être raciste (+sexiste+homophobe+) c’est encore banalisé le FN. Même pensé sérieusement que le FN soit un vote contestataire ca me dérange. C’est pas vraiment ce que j’appellerai « contestataire » ou alors c’est de la contestation « réactionnaire » car le FN est un parti qui prône un retour vers un système et des valeurs traditionnelles.
      J’ai pas de contacte avec ces ouvriers qui votent FN et ne savaient pas que c’était un parti raciste, sexiste, homophobe dont le programme est réactionnaire. Peut être qu’ils sont nombreux, mais je peu pas croire que ce soit vraiment le cas. Je pense que les gens (ouvriers ou pas) comprennent très bien le fond de ce qu’est la « préférence nationale » et que ceux qui votent FN entendent profité de leur privilèges au détriment d’autres personnes. Qu’ils fassent les hypocrites ou qu’ils soient dans le déni de dominants est typique, c’est comme ca que ca fonctionne, mais c’est pas parce que c’est des ouvriers qui se comportent ainsi qu’on devrait jouer le déni qu’ils demandent.

    • J’ai écrit mon message du dessu après celui de @monolecte du coup je suis en retard.

      Sur le fait que les médias ne banalisent pas le FN, j’ai quant même souvent l’impression que le vocabulaire et les thématiques du FN sont banalisées par les partis et les médias. Mais je ne sais pas comment sont traité les candidat·e·s puisque c’est pas le genre de choses que je regarde dans la press.
      Par rapport à la banalisation du FN il y a cet article de libé trouvé ce matin qui me semble exemplaire :
      https://seenthis.net/messages/603160

      edit sur le sois disant éléctorat ouvrier du FN voire ceci https://seenthis.net/messages/603055

    • #racisme (banalisation du) : certains l’assument ouvertement

      Lu ce matin dans la presse locale :

      Un garçon originaire du Rwanda a été insulté, son ami frappé, dans et devant un bar de la rue Bressigny à Angers, dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai.
      Cette nuit-là, les deux amis se rendent dans cet établissement pour boire un verre.
      A peine sont-ils entrés dans le bar qu’ils sont alpagués par un individu, qui s’adresse au garçon blanc (le pote du Rwandais) : « Ton pote, c’est une sous-race. Sa race est inférieure à celle de mon chien ».
      Un autre individu y va de ses remarques : « Vive la race blanche ».
      Propos agrémentés de saluts nazis. Ambiance.

      Après enquête, trois jeunes garçons ont été identifiés et sont convoqués en justice le 28 juin prochain.

      Parmi eux François-Aubert Gannat , fils de Pascal Gannat , chef de file régional du Front national.

      Un détail de poids, au-delà de l’étiquette politique (tiens ? on dirait que l’étiquette politique a quand même de l’importance) , quand on sait que ce même garçon a été condamné pour des faits similaires… deux jours seulement avant ces nouveaux actes !

      En savoir plus sur le lascar :
      https://www.google.fr/search?q=francois+aubert+gannat&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwi5rtaLjZ3UAhXGtBoKHa2JD


  • CONTRE LA CONSTITUANTE
    La démocratie directe sans le peuple ?

    « C’est ainsi qu’avance l’histoire, en se bouchant la mémoire comme on se bouche les oreilles. (…) Mais quoi ? L’histoire n’est amère qu’à ceux qui l’attendent sucrée... »
    Sandor Krasna, Sans Soleil, Chris Marker, 1983

    Depuis quelques années, le relatif regain d’intérêt pour la démocratie directe a engendré une multitude d’initiatives, essentiellement par l’intermédiaire de sites web, de blogs, de forums ou de listes de diffusion indépendants des groupuscules et partis politiques. Ces individus ou collectifs, issus ou non du mouvement des « indignés » français du printemps 2011, pourraient à l’avenir former un milieu politique fertile, à condition de rompre leur isolement réciproque pour éprouver leurs positions1.
    Depuis peu s’y développe un courant d’idées bien particulier, gravitant autour d’une idée centrale : la voie vers la démocratie directe passerait par la convocation d’une assemblée Constituante composée de personnes tirées au sort parmi la population et chargées d’établir une nouvelle constitution française.
    Cette approche rompt, salutairement, mais sans le dire, avec de nombreux présupposés idéologiques hérités des mouvements politiques qui ont ravagé le XXe siècle et qui visaient, eux aussi, un changement radical de société. Mais c’est, nous semble-t-il, pour retomber dans d’autres illusions. C’est donc à la discussion de celles-ci que ce texte voudrait inviter.

    LE COURANT PRO-CONSTITUANTE

    La nébuleuse dont il est ici question paraît largement s’inspirer d’Étienne Chouard. Celui-ci s’est politisé et fait connaître lors du référendum pour le Traité Constitutionnel Européen de 2005. Il avait alors présenté un contre-argumentaire qui avait rencontré un écho important. Prenant acte de la victoire du « non », et à rebours du vide politico-intellectuel contemporain, il a depuis entrepris une réflexion visant à avancer une alternative à l’Europe techno-bureaucratique. Cela l’a amené, de manière très cohérente et en découvrant l’histoire politique de la Grèce Antique, à cette proposition de Constituante tirée au sort, moyennant un blog prolifique (« Le plan C » 2). Peu à peu, d’autres initiatives lui ont emboîté le pas (« Le Mes — sage », « Gentils Virus », etc.) ou s’en sont inspiré plus ou moins explicitement (« Vraie démocratie », « Objectif démocratie », « La Constituante en marche », « La démocratie », « Les citoyens constituants », etc.) 3.
    Ce courant nous est proche à trois égards : d’abord, il part d’une critique du régime actuel, du mode électoral et du gouvernement représentatif, perçus comme l’expression politique de l’oligarchie qui domine la société. Cette contestation se fait dans des termes très proches de ceux que nous employons depuis des années. De même, sa référence à la Grèce Antique lui fait très clairement concevoir la démocratie directe à travers des notions oubliées : assemblées générales souveraines, mandats impératifs, destitution des délégués, tirage au sort, rotation des siège ou reddition des comptes. Enfin, son approche détone d’avec l’encombrant héritage marxiste-léniniste qui imbibe toujours, mezzo voce, les franges gauchisantes rêvant d’un Grand Soir organisé pour porter au pouvoir quelques détenteurs de la Vérité historique – ou d’avec son symétrique, un spontanéisme anarchisant misant angéliquement sur le surgissement soudain de rapports sociaux harmonieux et apaisés. Ces formes de messianisme allant de pair avec le fait de remettre toujours à plus tard la conception d’une autre organisation de la société, leur refus permet donc – à nous comme au courant pro-Constituante – l’ouverture de véritables chantiers politiques.

    PROJET ET CRITIQUES

    Pour autant, à l’examen, le projet de ces militants pro-Constituante présente une multitude de lacunes, d’incohérences ou de contradictions – que les contre-argumentaires proposés ne font qu’approfondir et multiplier4 – et qui ne peuvent que discréditer leurs porteurs et notre visée politique. Ce sont elles que nous allons pointer en suivant, étape par étape, le protoscénario que l’on peut déduire de leurs écrits. Résumons celui-ci en quelques mots :
    1) La Constituante est convoquée par un moyen ou un autre (référendum, initiative du Chef de l’État...) ;
    2) les délégués sont tirés au sort parmi la population ;
    3) ils travaillent durant un temps déterminé à l’élaboration d’une nouvelle constitution française instaurant la démocratie directe ; 4) cette Constitution est soumise à ratification par référendum.

    Voilà le projet, tel qu’il se présente dans sa version la plus répandue, et la plus sérieuse. Mais avant d’entrer dans le détail, livrons d’emblée l’axe principal de notre critique : Les proConstituantes veulent la démocratie directe, mais sans l’activité foisonnante d’un peuple visant une transformation sociale, idée à laquelle ils associent sans doute le déchaînement de la violence, alors que nous y entendons toute autre chose : l’auto-organisation des gens, c’est-à-dire la formation d’institutions autonomes locales se substituant aux pyramides hiérarchiques actuelles. Ce refus du soulèvement populaire et de l’élaboration d’une autre société par les premiers concernés amène paradoxalement les pro-Constituante à évincer de leur scénario le principal acteur : le peuple. Option sans doute renforcée par la conscience, ou du moins l’intuition, que les aspirations de nos contemporains sont sensiblement éloignées de ces visées.
    Cette éviction tacite des gens ordinaires porte donc les pro-Constituante à viser une action uniquement institutionnelle, légaliste et technique, sans qu’il ne soit jamais exigé du peuple, relégué au statut d’entité abstraite, autre chose qu’une adhésion formelle à l’idée surplombante d’une Constituante tirée au sort5. Jamais, nulle part, n’est envisagée sérieusement une pratique autonome des gens telle qu’elle a pu se déployer dans toutes les révolutions depuis deux ou trois siècles, en s’opposant à d’autres forces sociales. C’est pourtant par ce processus constituant que la collectivité invente une autre organisation sociale, et se crée elle-même en tant que sujet politique.
    En ne citant qu’à titre d’illustration l’histoire, l’héritage et l’expérience de la démocratie directe léguée théoriquement par les Lumières, puis pratiquement par les révolutions, le mouvement ouvrier et ses suites, nos pro-Constituante en évacuent le trait essentiel : la praxis, ce lien indissoluble entre la pensée et l’action politique populaire, qui fonde la légitimité de chacun à s’occuper des affaires de tous. Leur approche, on le verra, ne protège des crises et de la violence qu’au prix de l’échec et de la récupération politique. Elle s’interdit de penser réellement une autotransformation radicale de la société, qui ne peut demeurer à cette heure, faut-il le préciser, qu’une interrogation ouverte.

    Avant d’avancer quelques pistes en conclusion, nous évoquerons les soubassements idéologiques de cette mouvance qui prône une « révolution par le haut », à l’instar des tenants du « revenu garanti », qui apporteront quelques éléments de compréhension quant à l’aveuglement d’É. Chouard et de ses plus proches défenseurs vis-à-vis des milieux d’extrême droite ou complotistes6.

    1 – Processus de convocation de la Constituante

    Tel que le présentent les pro-Constituante, le processus amenant à la formation de l’assemblée Constituante est très flou : il est question de « pression populaire » et/ou de l’élection d’un Président de la République qui s’engagerait à convoquer ladite Constituante, sans plus de détail, comme beaucoup l’ont fait depuis (Mélenchon, Montebourg,...). Un peu plus conséquents et sérieux, des sites évoquent, mais par des processus identiques, l’établissement préliminaire de Référendums d’Initiatives Populaires, consultations initiées par une part significative de l’électorat, dont le modèle suisse est le plus connu.

    Improbabilité du Référendum d’Initiative Populaire (RIP)
    Ce 19 novembre 2013, l’Assemblée Nationale a bel et bien adopté le RIP... mais en le rendant totalement inapplicable7 ! Cet épisode laisse entrevoir ce qu’une telle initiative peut devenir dans le contexte actuel, avec d’un côté un pouvoir en panne de légitimité et de l’autre une population marquée par le chacun-pour-soi et qu’aucun projet commun ne rassemble plus. Les dominants seront d’autant plus enclins à récupérer ce type de consultation que dans les années qui viennent, les réactions de la population vont aller croissant face à la dégradation permanente de ses conditions de vie. Ces référendums ne seront alors qu’un moyen d’acheter momentanément la paix sociale au prix de quelques concessions, au coup par coup et sans remettre en question l’ordre social existant. Cela peut aussi devenir un moyen efficace de s’allier la population par un chantage à « l’unanimisme républicain » face aux multiples crises qui convergent et commencent à faire sentir leurs effets très concrètement. De son côté, une population conservatrice et paniquée peut transformer ce genre de consultation populaire en instrument au service du maintien de ses privilèges ou à l’adoption de mesures réactionnaires. L’exemple suisse, sans être univoque, est tout de même instructif.
    C’est pourquoi faire du RIP un fétiche est particulièrement mal venu. L’essentiel ici est moins le dispositif en lui-même que l’état d’esprit de la population, qui s’en empare (ou pas) pour en faire en fait (ou pas) un instrument démocratique au service du bien commun.

    Improbabilité d’un référendum sur une Constituante tirée au sort
    Mais passons sur les modalités de déclenchement d’un tel référendum, et abordons la question des résistances que pourrait soulever une question référendaire ne portant sur rien moins qu’un changement de régime politique.
    Il semble évident que toute initiative mettant sérieusement en cause les échelles de souveraineté en place verra se mobiliser contre elle l’État et tous ses services officiels ou secrets, tous les lobbys économiques internationaux, les médias et les personnalités et bien entendu tous les appareils politiques et syndicaux qui ne peuvent être qu’oligarchiques par essence8. Si jamais une campagne de référendum pour la désignation d’une assemblée Constituante tirée au sort a lieu, elle subira une offensive de dénigrement telle qu’on en a rarement vu dans l’histoire, renouant avec des pratiques immémoriales, mais oubliées des Européens repus (à noter que la société est à ce point délabrée qu’il suffirait même au pouvoir de suspendre simplement ses activités de maintien de l’ordre pour voir s’instaurer une terreur par en bas et susciter une panique sociale). À moins qu’elle ne subisse un escamotage ultérieur : l’expérience, inaugurale pour certains, du référendum de 2005 sur la constitution européenne finalement imposée deux ans plus tard par le parlement parle est édifiante. Que la population se révolte alors et le pays se retrouvera dans une situation de crise politique inédite. Son issue est prévisible : l’oligarchie en sortira par la voie royale ouverte par les contestataires eux-mêmes en convoquant effectivement une Constituante, mais composée cette fois de personnalités nommées par élections.
    C’est ce que propose par exemple actuellement le Parti de Gauche, qui y trouvera l’occasion d’y placer de nouvelles têtes fraîchement encartées et fermement tenues par la nomenklatura. Rien n’en sortira hormis la consolidation du pouvoir de quelques-uns. L’exemple, tant vanté, de « la révolution islandaise », et notamment sa Constituante invalidée en 2011 après trois mois de travail, devrait servir de leçon tant le feuilleton des forfaitures des briscards de la politique y est paradigmatique.

    2 – Désignation des délégués

    Mais admettons que le principe initial d’une Constituante tirée au sort soit finalement adopté. Un tel mode de désignation, résolument novateur dans la France d’aujourd’hui, pose un certain nombre de problèmes, et notamment celui de la représentativité, qui est pourtant le principal argument de ses partisans.

    L’autosélectivité des délégués
    Soit ce tirage se fait a priori au sein du corps électoral, soit il se fait parmi une liste de volontaires. Plaçons-nous dans le second cas (ou dans les deux en admettant le refus de siéger serait scrupuleusement respecté et qu’il sera un recours d’autant plus utilisé que chacun saura qu’il s’agit d’une magistrature absolument déterminante pour l’histoire du pays et que chacun sera au centre de toutes les attentions) : le filtre de l’autodésignation sera un biais inévitable.
    Nous retrouverons donc ces biais déjà bien connus par les jurés d’assises, mais démultipliés au centuple : ne siégeront que ceux qui considèrent leurs opinions présentables et s’estiment aptes à siéger, c’est-à-dire à faire partie de l’élite qui de facto dessinera l’avenir pour des décennies. Faut-il alors préciser que l’assemblée sera en majorité composée par la classe moyenne, masculine, blanche, éduquée, insérée, valide, citadine, etc.9 ? Les exceptions seront ramenées à leurs statuts de déviants lors des toutes premières délibérations solennelles par les mécanismes bien connus de disqualification et de conformisme groupal. Telle est la société actuelle et telle sera l’assemblée Constituante, si aucun processus ne vient bousculer au sein du peuple lui-même les représentations sociales qui maintiennent l’organisation sociale telle qu’elle est.

    Représentativité problématique
    Mais faisons momentanément fi de ces considérations psychosociologiques, et admettons que les quelques milliers de délégués seront « représentatifs » de la société actuelle, au pourcentage près – on attendra pour savoir les critères de cette « représentativité »... Ils compteront alors, comme le pointe par exemple très pertinemment « Objectif Démocratie » sans y répondre convenablement, 7 % d’illettrés et près de 30 % ne maîtrisant pas la lecture, facteurs qui ne disqualifient certainement pas à l’exercice démocratique, mais qui rend éminemment problématique un travail constitutionnel de type parlementaire. Bien plus : la Constituante sera, à l’image du pays, profondément et irrécusablement divisée entre classes sociales, classes d’âge, affiliation idéologiques voire appartenances religieuses ou ethniques, corporations, lobbys, etc.

    Sans aucun remaniement des opinions provoqué, comme en mai 68, par la créativité collective d’un bouillonnement social de la société, d’un peuple expérimentant et mettant à l’épreuve par son action même les idées, les principes et les affiliations les plus diverses, sans l’immense effort populaire nécessaire pour sortir des impasses idéologiques en inventant des idées nouvelles et en se réappropriant les expériences du passé, les débats de l’assemblée Constituante ne pourront que s’embourber dans tous les faux clivages contemporains ou en créer de nouveaux dans lesquels la population ne se reconnaîtra pas.

    3 – Travail de la Constituante

    Mais passons outre une fois de plus : voilà nos délégués lambda assis sur leurs sièges de l’assemblée, travaillant pour le bien du peuple, mais sans aucun contrôle de celui-ci... La situation rappelle celle dénoncée : Car on retrouve ici intacte l’idée selon laquelle le pouvoir de décision repose toujours entre les mains de quelques-uns, tandis que le peuple est invité
    à perdurer dans sa passivité, selon le principe fondamental du système représentatif10.

    Des délégués incontrôlables
    Car que la population se passionne pour ces débats ou en attende patiemment des solutions à ses problèmes, elle n’a rien à en dire, ces tirés au sort étant absolument souverains de leur jugement, s’informant, délibérant et décidant en leur for intérieur. Il faut être clair : Ils ont été nommés, eux, pour élaborer une nouvelle constitution, et on ne voit pas au nom de quoi ils auraient des comptes à rendre quant à leurs choix, ni à qui, pendant leur mandat comme après. Certes, certains parlent « d’ateliers constituants locaux » composés de citoyens chargés d’épauler les délégués dans leur travail. Mais si ces délégués décident sous influence, alors ces « ateliers », qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite, seront de bien peu de poids face aux pressions extraordinaires auxquelles seront soumis nos élus, de la part de tout ce que l’oligarchie compte de think tanks, de groupes d’intérêts, de réseaux d’influence, de lobbys plus ou moins officiels, de circuits de corruption, de pressions mafieuses, etc. C’est, très exactement, ce qu’ont vécu les Tunisiens, ou même les Français devant le spectacle régulier de l’ascension hiérarchique dans l’entreprise ou dans les institutions républicaines... À moins d’isoler totalement les délégués de toute influence, donc de les couper radicalement d’une vie sociale qui faisait d’eux autre chose que des professionnels de la politique.

    Une constitution enfin démocratique ?
    Ces quelques milliers de personnes chargées d’écrire « seules » une constitution pour la France ont été désignés parce qu’elles ne sont justement pas spécialistes de la politique. Sans aucune préparation et provenant d’un peuple vivant dans l’apathie depuis des générations, sans aucune expérience du pouvoir réellement démocratique, ni même de pratiques sociales ou politiques un tant soit peu dégagée de la mentalité oligarchique, elles auront à fixer l’organisation de la vie politique d’un pays habité par 70 millions d’habitants et comptant parmi les dix grandes puissances mondiales. Enfants de De Gaulle, de Mitterrand et de Sarkozy, on voit mal nos délégués systématiser l’amateurisme en politique, instituer des assemblées souveraines, et démanteler l’État comme organe séparé du corps social, requisit minima pour parler raisonnablement de démocratie directe.
    Il y a fort à parier que nos représentants ne façonneront qu’une constitution qui ressemblera fort à celles que nous avons connues, sans doute agrémentée de quelques organes consultatifs ou contre-pouvoirs citoyens – c’est d’ailleurs la perspective explicite d’E. Chouard lui-même11.

    4 – Résultats possibles de cette Constituante & ratification

    Mais passons là encore et imaginons qu’enfin l’assemblée soit parvenue à se mettre d’accord sur un texte, et que celui-ci soit soumis à ratification à la population par référendum. De quoi cette Constituante sans révolution peut-elle accoucher ?

    Une constitution parfaite, mais inapplicable
    Commençons par le meilleur des cas : la constitution finale pose les principes d’une véritable démocratie directe, prononçant la dissolution de tous les corps oligarchiques qui régissent le pays, des ministères aux médias en passant par les trusts, et instaurant assemblées générales, contrôle des délégations, tirage au sort, autonomies locales, tribunaux populaires, etc. Supposons que la population française l’adopte par référendum et voici donc nos 40 millions de citoyens,
    à qui l’on a demandé d’attendre patiemment depuis le début, se réveillant un beau matin, conviés par injonctions gouvernementales à intervenir dans des assemblées où ils n’ont jamais mis les pieds, à prendre en charge des tâches dont ils n’ont même jamais entendu parler, contrôlant des délégués à l’aide de dispositifs jamais expérimentés, invité à réinventer un travail qu’ils n’ont jamais osé remettre en cause, à appliquer des lois incompréhensibles, etc. sans même parler des conséquences concrètes, matérielles et économiques des choix faits par leurs délégués, si jamais ceux-ci avaient pris conscience de l’inéluctable déplétion énergétique et opté pour une décroissance...
    Évidence première : une constitution ne vaut que si elle répond, peu ou prou, aux aspirations du peuple – et une démocratie directe imposée par en haut rappellerait de bien mauvais souvenirs, celui de Khadafi et de son funeste Livre vert pour ne citer que le plus caricatural, et parmi les derniers d’une longue série. Il y aurait, bien sûr, la possibilité d’une ratification article par article. Mais en ce cas les débats, tardifs, mais passionnés, qui se dérouleront alors ne manqueront pas de pousser à la réécriture du texte final, ne serait-ce que pour lui donner une orientation cohérente et significative. Il ne serait pas étonnant qu’une majorité de la population renvoie plutôt une nouvelle Constituante au travail, et continue à vaquer à ses occupations – en espérant que tous ceux qui voient tout ce processus d’un mauvais œil depuis le début veuillent bien garder l’arme au pied.

    Une crise politique sans précédent
    Car tel est l’enjeu : si la nouvelle constitution opère un réel changement vers un partage élargi du pouvoir, il y a fort à parier que ses opposants n’en resteront pas là, et ouvriront une crise politique profonde, sinon un affrontement, que les proConstituantes cherchent justement à contourner. Un bref regard sur le déclenchement de la guerre civile espagnole à l’été 1936 montre que les puissants se laissent rarement déposséder avec le fair-play souhaité.
    Plus grave encore : cela fait des décennies que les crises multiples qui traversent nos sociétés s’amplifient et commencent à interagir dangereusement. Et cela fait des décennies que les populations demandent massivement à d’autres de les résoudre. Qu’il s’agisse du chaos économique, des tensions internationales, de la fragmentation des territoires12, d’émeutes nihilistes ou de retour aux archaïsmes religieux, le contexte inévitablement précaire dans lequel travaillera la Constituante sera extrêmement anxiogène. Ni la population, encore une fois dépossédée des moyens de s’approprier la situation, ni l’Assemblée Constituante, rivée à sa tâche, n’auront de marge de manœuvre. La magie qui nimbe aujourd’hui le terme de « démocratie » pourrait bien se dissiper au contact de réalités désagréables – sans même évoquer les « opérations Condor » que des puissances étrangères, les milieux militaires et autres « services » français pourraient bien déclencher. Avaliser la nouvelle constitution sera alors plutôt une manière de faire cesser une dangereuse instabilité. Le cas égyptien de ce mois de janvier 2014 est encore instructif de ce point de vue.

    Retour à la normale
    Mais les idéologies contemporaines n’ayant jamais été remises en causes et l’époque des « trente glorieuses » restant l’horizon implicite de tous les comportements, tout porte plutôt à croire que l’assemblée accouchera d’une constitution sans grandes ruptures avec les précédentes. Bien sûr seront insérés ici ou là des articles novateurs, contrebalançant quelques profondes régressions dont notre époque a le secret. Mais le but final, avoué ou non, n’est-il pas essentiellement la réconciliation du peuple avec lui-même et avec ses élites enfin « moralisées » ?


    « Le véritable esprit de 1789 consiste à penser, non pas qu’une chose est juste parce que le peuple le veut, mais, qu’à certaines conditions, le vouloir du peuple a plus de chances qu’aucun autre vouloir d’être conforme à la justice. »
    Note sur la suppression générale des partis politiques, Simone Weil, 1940, Climats, 2006.

    On le voit, de la convocation de l’assemblée Constituante au texte final, ce protoscénario est grevé d’approximation, d’illusions et de problèmes insolubles dans le cadre dans lequel il est posé. Ces insuffisances nous semblent faire système et révéler des biais idéologiques dont il faudrait dégager la réflexion.

    LES BIAIS IDÉOLOGIQUES DE LA DÉMARCHE

    On pourrait résumer les critiques précédentes à travers trois contradictions.

    L’écriture d’une constitution n’est pas adaptée à la situation actuelle.
    La question d’une autre constitution peut être un processus invitant chacun à envisager une autre société, à partir des expériences concrètes de chacun, mais elle ne peut qu’être l’amorce d’une réflexion générale sur le monde que nous voulons, et, avant toute chose, sur le monde tel qu’il est. En désignant la constitution comme « la cause des causes » (n’ont-ils jamais entendu parler du Royaume-Uni ?), les proConstituantes relaient la mystification des Modernes qui veut que le fonctionnement d’un pays se résume à quelques pages imprimées, conjurant la réalité immaîtrisable d’une collectivité s’autodéfinissant perpétuellement dans les comportements quotidiens de tout-un-chacun13. Une constitution est le condensé d’une destinée qu’un peuple se donne, en acte, l’avenir qu’une population vit, sinon déjà, du moins en puissance. La confusion mentale actuelle, la sénilité sans fin des vieilles lunes idéologiques, les mirages consuméristes, l’interpénétration voulue de la vie avec les réseaux étatiques, la renaissance des peurs et des haines archaïques, tout cela forme une pensée éclatée très éloignée de ce que requiert un projet de société populaire et vivant. Maintenir, hic et nunc, que la priorité doit être l’écriture d’une Constitution, quelles qu’en soient les modalités, c’est le faire, inéluctablement par contumace du peuple.

    Le tirage au sort n’est pas adapté à la société telle qu’elle est. Dispositif égalitaire, le tirage au sort des délégués, plus que tout autre, sous-entend une collectivité entièrement travaillée par la perspective individuelle et collective de l’exercice du pouvoir. Alors que les proConstituantes ne l’entendent que comme un moyen de créer une représentation vraiment représentative, le tirage au sort est autant un processus de désignation qu’un moyen d’autoéducation d’un peuple : il nécessite la régularité, la rotation des mandats et la généralisation, non seulement pour être représentatif au fil du temps, mais surtout pour devenir mode de gouvernement, et culture particulière d’une société qui fait corps avec ses institutions et s’édifie par leur entremise. Sinon, il n’est que déguisement de l’autodésignation des plus aptes, paravent à l’influence déterminante de quelques « conseillers », c’est-à-dire maintien des mécanismes de domination sous couvert de nomination de « bons élus », jaillis miraculeusement d’une plèbe perpétuellement passive. La diversité de son usage dans l’histoire14, et l’intérêt que lui portent les apprentis oligarques contemporains devrait faire réfléchir15.

    Le tirage au sort pour l’écriture d’une constitution. L’importance écrasante qu’est l’écriture d’une constitution est difficilement compatible avec son écriture par quelques délégués tirés au hasard et non contrôlés. À moins de supposer, perspective cauchemardesque, une population homogène et unanime – auquel cas la Constituante est une formalité de quelques jours – la discussion des grands principes politiques et philosophiques, la décision des grandes orientations du pays, la prévision des macro-mécanismes organisant l’essentiel de la société, la mise au point des dispositifs d’exercice et de contrôle du pouvoir, tout cela ne peut qu’avoir eu lieu au sein du peuple lui-même, engageant la quasi-totalité des individus dans une confrontation tous azimuts d’opinions. Les grands clivages de celles-ci doivent alors pouvoir se retrouver dans l’organe constituant et les délégués le composant doivent pouvoir être sommés de rendre régulièrement des comptes, sans que le hasard puisse donner l’avantage aux uns ou aux autres contre l’argumentation rationnelle et la délibération collective. Lier tirage au sort et écriture d’une constitution c’est, quel que soit le contexte, livrer l’avenir d’un pays aux mains de quelques-uns, aussi bien intentionnés soient-ils.

    UNE DÉMOCRATIE DIRECTE SANS PEUPLE

    Les proconstituantes reprennent donc des éléments propres à la démocratie directe, mais sans les extirper des fondements de ce qu’on appelle la « philosophie politique » moderne, qui allie le formalisme juridique, le système représentatif et l’aphonie du peuple. Plus grave encore : ils avalisent l’amnésie du XIXe siècle et entérinent le déni du XXe, en ignorant l’histoire moderne des peuples en quête de liberté. L’image qui se dégage de tout cela est bien celle d’une révolution sans peuple, guidée pacifiquement par quelques bons élus garantis par la seule technique du tirage au sort16. C’est là la solution trouvée pour contourner deux obstacles qui se dressent inévitablement face à quiconque se réclame de l’émancipation de tous et de chacun.

    C’est d’abord l’héritage inassumable de tous les courants marxistes-léninistes du XXe siècle, qui ont noyé l’aspiration à l’autonomie dans l’autoritarisme, la logomachie et la fossilisation, rivalisant avec les barbaries17 nazies, empêchant toute réappropriation des expériences populaires d’auto-institution de la société. Mais l’oubli n’est pas le deuil, et cette occultation, on l’a vu, condamne les proconstituantes à une terrible cécité.

    C’est, ensuite, l’époque contemporaine où les tenants de la démocratie directe se trouvent face à un peuple qui n’en veut que dans la mesure où elle sera la garante de petites jouissances privées que la crise économique, le pillage de la planète et l’attrait du modèle occidental condamnent à plus ou moins long terme18. Les mouvements qui se sont produits, qu’il s’agisse des mouvements sociaux français ou des « indignés » français ou grecs, sont marqués par la réaction face à la disparition progressive d’un monde qui promettait abondance et sécurité19. Cette réaction prend parfois des formes démocratiques, mais peut aussi s’incarner – et c’est de plus en plus souvent le cas – dans des mouvements d’extrême droite, nationaliste comme en Grèce, ou religieuses comme en régions musulmanes. Face à ce fait massif, nos proConstituantes tentent de faire l’économie de ce peuple trop incertain, de la même manière qu’à l’opposé, les démagogues par vocation hallucinent une population idéalisée et sans contradictions20. Dans les deux cas, une question, primordiale à nos yeux, n’est pas posée : celle du type d’individu que forme la société, qu’elle exige pour son maintien, qu’il s’agisse de l’individu actuel, son comportement, sa mentalité, ses réflexes, ses désirs et ses représentations, ou de l’individu requis pour et par une société démocratique21.

    Finalement, on peut inscrire cette idée d’une Constituante tirée au sort dans le courant des doctrines réformistes qui émergent systématiquement en période d’oligarchie délégitimée et de risques de déclassements massifs pour les classes moyennes en plein désenchantement : il y est question, à chaque fois, d’aménager le cadre existant en empruntant froidement quelques techniques ou dispositifs démocratiques plus ou moins radicaux, pour que se dégage une élite responsable capable de remettre le pays dans le droit chemin du progrès et de maintenir le niveau de vie. Ainsi, il n’y aurait qu’a convaincre chacun de la pertinence d’une Constituante tirée au sort, la magie du dispositif fera le reste, et si débat, conflit, déchirure ou violence il y a, ce sera dans l’enceinte feutrée d’une assemblée rassemblant ce peuple miniature que l’on pourra toujours congédier si d’aventure la pièce tournait mal. De ce point de vue, il est possible de comprendre les relations baroques qu’É. Chouard entretient avec des milieux nationalistes, antisémites ou complotistes : elles relèvent sans doute moins d’une volonté confuse de renouer avec une population depuis longtemps abandonnée par la gauche et l’extrême-gauche22 ou de tendances personnelles inavouées que de l’idée que tous les clivages seront surplombés et transmués par les séances de l’Assemblée Constituante, véritable boîte noire chargée (et sans doute investie tel par la population) de résoudre par procuration les problèmes colossaux que nous posent un XXIe siècle qui ne s’annonce pas chantant.


    « Lorsque les hommes se rassemblent constamment par petits groupes et se parlent à l’oreille, le général a perdu la confiance de l’armée »
    Sun Tzu, L’art de la guerre

    Le lecteur sera déçu : il n’y aura pas, en conclusion, de Grande Solution proposée. Non pas que la question de l’avenir souhaitée ne se poserait pas, ou que le chemin menant à des sociétés viables et vivables ne se pose pas : tout au contraire, nombre de nos écrits depuis des années insistent, et traitent, de l’importance de ces interrogations hier si décriées. C’est plutôt que les réalités contemporaines, hétérogènes, enchevêtrées, complexes et instables, ne permettent aucun raisonnement toutes choses égales par ailleurs. Notre seule certitude – qui traverse tout ce texte : la transformation de la société visant la démocratie directe ne peut être qu’une autotransformation des institutions comme de l’individu, indissolublement lié, par l’action autonome des gens, ce qui revient à dire qu’elle doit être désirée, travaillée, mûrie dans le quotidien de chacun, qu’elle exige la lente autoformation d’un peuple à travers une myriade de contre-institutions. C’est ce que montre l’histoire bien comprise de la Grèce Antique comme celle des révolutions de ces derniers siècles23, et c’est ce qui semble être le point aveugle des proconstituantes.

    Il n’y a pas de Solution. Mais il y a une foule d’expériences historiques qu’il nous est impossible d’ignorer. On peut évoquer les sections révolutionnaires de 1789 et la Commune de Paris, bien sûr, mais même si on s’en tient au XXe siècle, on peut citer les soviets russes de 1905 et 1917, les Rätes allemands de 1918-1919, les collectivités révolutionnaires de l’Espagne de 1936, les conseils d’insurgés hongrois de 195 624, les comités de quartiers de mai 68. Plus récemment, en 2011, il y a eu les comités de sécurité du soulèvement tunisien25, les assemblées générales grecques26, espagnoles et mêmes américaines27. Que nous disent ces expériences ? Que l’aspiration du peuple à l’autogouvernement part toujours de formes d’organisation élémentaires, que les gens commencent toujours par élaborer une société à leur échelle, avec leurs moyens et la réflexion pratique qui est la leur.

    Il s’agit alors, d’abord et avant tout, d’un vaste mouvement de (re) socialisation, de libération de la parole dans les espaces les plus quotidiens, la rue, le quartier, le travail, la famille. La formation spontanée de ces groupes restreints rompt avec l’ordre ancien, relations sociales, réflexes conformistes, automatismes mentaux. Elle permet de faire le point sur la situation, de discuter de la marche à suivre et d’assurer un minimum de sécurité physique et affective pour chacun. Si le mouvement s’étend et prend de l’ampleur, progressivement, la coalition de ces petits groupes en assemblées locales institue une auto-organisation qui conduit à une gestion matérielle, par les gens eux-mêmes, des lieux d’habitation, de travail et de ravitaillement. Ces assemblées deviennent alors également le lieu de la confrontation, de l’élaboration et de la diffusion des opinions de tous, de la mise au point de formes d’action visant partout la destitution des dirigeants, l’auto-organisation de la population et la protection des personnes. L’étape suivante, la révolution proprement dite, la rupture d’avec l’ordre institutionnel existant, prend des formes différentes en fonction des lieux et des époques : il s’agirait pour nous de regrouper d’abord toutes ces collectivités en assemblées communales souveraines puis de les articuler les unes aux autres à des échelles plus grandes sous forme de fédérations puis de confédérations, déposant un à un tous les pouvoirs en place et s’y substituant, selon les principes de contrôle des délégués et de rotation des tâches.
    Ce n’est qu’alors que la question d’une nouvelle constitution pourra se poser, entérinant un fonctionnement inventé, fondé, expérimenté, et compris par tous.

    Ce processus28 ne garantit certainement pas l’instauration d’une démocratie directe. Les problèmes qui surgiront face à une population s’engageant dans une telle voie sont énormes – mais ce seront les nôtres. Il dessine, selon nous, la possibilité pour le peuple de se reconstituer en tant que corps et que sujet politique, de changer ses institutions en même temps qu’il se change lui-même, autotransformation individuelle et collective sans laquelle la démocratie directe n’est qu’un vain mot.

    Collectif Lieux Communs juin 2013 - janvier 2014

    1 On lira à ce propos l’Introduction générale dans la brochure Démocratie directe : principes, enjeux, perspectives, première partie : Contre l’oligarchie, ses fondements politiques, sociaux et idéologiques, Avril 2013, disponible sur note site : https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article679

    2 cf. http://etienne.chouard.free.fr/Europe

    3 cf. Dans l’ordre http://www.le-message.org, http://projetgentilsvirus.ouvaton.org/index.php/Accueil, http://lavraiedemocratie.fr, http://objectifdemocratie.org/pages/03alhome.html, http://laConstituanteenmarche.net, http://www.la-democratie.fr, http://lescitoyensconstituants.com

    4 On lira par exemple « Objections contre une Assemblée Constituante tirée au sort »
    http://projetgentilsvirus.ouvaton.org/index.php/Affichage_Objections_contre_le_Tirage_au_Sort

    5 Un site calcule par exemple qu’il suffirait de moins d’un an et demi pour convaincre toute la population française, si chaque militant convertissait 4 personnes par mois... C’est aussi le sens de l’initiative « Gentils Virus » ainsi dénommée pour propager la bonne nouvelle, comme si devenir partisan de la démocratie directe ne demandait finalement aucune grande remise en question quant au mode de vie actuel, et pas plus de temps que celui d’une contagion.

    6 Même sans avaliser l’hystérie collective des prétendus « antifascistes » qu’unit la haine gauchiste pour les réalités populaires, il est difficile d’admettre que l’intéressé refuse explicitement de clarifier ses positions vis-à-vis de gens tels qu’Alain Soral, Robert Ménard, Yvan Blot ou encore Robert Faurisson, par exemple.

    7 cf. l’article de Hélène Bekmezian dans Le Monde du 19.11.13 (repris sur notre site : https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article714), sobrement intitulé : « Le référendum d’initiative partagée, trop compliqué pour être vraiment efficace », et celui de Roseline Letteron du site Contrepoints.org dont l’intitulé est plus évocateur : « Adoption du référendum d’initiative populaire, sans initiative populaire ». La nouvelle n’a étrangement pas été relayée sur les sites en question.

    8 Voir l’inusable R. Michels Les partis politiques — Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, (1914, Flammarion,
    1971), dont un chapitre est disponible sur notre site.

    9 On lira par exemple avec intérêt « La Cour d’assises en examen. Réflexion-témoignage d’un juré sociologue » d’André-Marcel d’Ans, paru dans la revue Droit et Société n° 54, 2003, pp. 403 – 432, consultable ici : http://www.reds.msh-paris.fr/publications/revue/pdf/ds54/ds054-07.pdf

    10 On nous pardonnera de renvoyer les proConstituantes à leur bible, Principes du gouvernement représentatif de B. Manin (1995, Flammarion 1996), qui, rappelons-le, comporte plusieurs parties, dont certaines traitent de « la marge d’indépendance des gouvernements ».

    11 « Les grands principes d’une bonne Constitution, qui prouveraient la guérison de notre démocratie », octobre 2005 – 2007, pp.
    7 sqq. consultable ici : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Bonne_Constitution_Guerison_Democratie.pdf. Ou alors, comme l’intéressé l’envisage, nos délégués n’auront pas à se « renseigner » eux-mêmes sur toutes ces questions, mais seront
    « conseillés » par « des parlementaires et ministres » (id.)... Est-ce sérieux ?

    12 On lira par exemple le très stimulant Fractures françaises de C. Guilluy (Flammarion 2010), ou encore La crise qui vient, la nouvelle fracture territoriale de L. Davezies, (Seuil 2012), qui renouvellent l’approche de la « question sociale », cantonnée depuis des décennies, et à dessein par le pouvoir, à celle des « banlieues » et des critères ethno-raciaux.

    13 Ainsi, la constitution française de 1958 ne fait qu’entériner le déclin des conflits sociaux et politiques tels qu’ils ont bouleversé le continent depuis des siècles – et certainement pas le décréter. Le baptême du feu se fera dix ans plus tard, en mai 68, dont l’échec la consacrera.

    14 On lira par exemple de Yves Sintomer, « Petite histoire du tirage au sort en politique. D’Athènes à la Révolution française », La Vie des idées, 9 avril 2012. http://www.laviedesidees.fr/Petite-histoire-du-tirage-au-sort.html

    15 Voir par exemple « Au sort, citoyens ! », article de Pierre-André Achour (ancien secrétaire régional des Verts-Lorraine, président de Forum les débats) dans Libération du 11 avril 2013 (https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article691) qui laisse imaginer une dérive à la florentine, où les dispositifs égalitaires comme le tirage au sort étaient l’objet de tous les soins
    de l’oligarchie qui en tirait sa légitimité. cf. sur ce point le clan des Médicis. Comment Florence perdit ses libertés
    (1200-1500) de J. Heers (Perrin 2008).

    16 Les variantes, comme l’organisation de constituantes départementales ou même municipales, maintiennent étrangement les mêmes principes, comme si c’était précisément la délibération populaire qu’il fallait éviter.

    17 cf. « Devant l’abîme de l’anéantissement, le pas de côté des hommes modernes », de L. Leylavergne, disponible sur le site.

    18 Voir à ce propos « Keynésianisme improbable » de Guy Fargette « Le Crépuscule du XXe siècle » n° 25, décembre 2012, disponible sur le site.

    19 Sur les premiers on lira « Notes sur le mouvement social d’octobre 2010 », brochure n° 16 une lutte à la croisée des chemins, mars 2011, sur les seconds notre tract « Mouvements des “’indignés”’ : potentialités, limite, perspectives », et sur les troisièmes :
    « Enjeux politiques et anthropologiques du mouvement grec pour la démocratie directe », dans la brochure n° 18bis le mouvement grec pour la démocratie directe. Octobre 2011, textes disponibles sur notre site.

    20 C’est ainsi qu’il faut comprendre le second volet de l’entreprise anxiolytique de E. Hazan & Kamo, Premières mesures révolutionnaires (La fabrique 2013), qui fait suite à l’antidépressif L’insurrection qui vient (La fabrique 2007). On s’interrogera au passage sur l’utilisation du pseudonyme Kamo, notoirement porté par un bolchévique compagnon de Staline.

    21 Et que laisse totalement dans l’ombre la formule de J.Rancière qui définit la démocratie comme « Le gouvernement de n’importe qui » : l’individu démocratique tel qu’il est apparu dans l’histoire, et tel qu’il disparaît sous nos yeux, n’est précisément pas n’importe qui.

    22 On lira à ce sujet l’œuvre de J.-C. Michéa, et notamment Les mystères de la gauche : de l’idéal des Lumières au triomphe du capitalisme absolu (Climats 2013), ou C. Guilluy, op.cit., et particulièrement le chapitre « La gauche française dans le ghetto ».

    23 Sur le lien entre les deux on lira, largement inspirée de C. Castoriadis, « Les anciens et les modernes », p. 41 sqq. dans l’article
    « La démocratie directe contre la “’démocratie représentative”’ » de notre brochure Démocratie directe... op. cit.

    24 Sur cet événement méconnu et recouvert par les héritiers des régimes totalitaires « de Gauche », cf. La source hongroise, de C.
    Castoriadis (1976), ainsi que Sur les conseils ouvriers de Hongrie, de H. Arendt (1958), regroupés en brochure sur notre site, rubrique « Brochures ».

    25 Voir « Retours de Tunisie », dans la brochure n° 17bis, Les soulèvements arabes face au vide occidental, L’exemple tunisien, seconde partie, mai 2011. À noter l’initiative Doustourna, « Notre constitution » (http://doustourna.org), qui visait l’établisse — ment d’une constitution à partir de délégués relayant les avis de la population rencontrée à travers une multitude d’assemblées tenues dans le pays.

    26 Voir les brochures n° 18 & 18bis, Le mouvement grec... op.

    27 On lira à ce propos de très bon article de Thomas Frank « Occuper Wall Street, un mouvement tombé amoureux de lui-même.
    Le piège d’une contestation sans revendication » (Le Monde Diplomatique janvier 2013) qui montre très bien un autre exemple de fétichisme qui vient combler un vide culturel et politique, et sans doute plus grave, une absence déréelle volonté de transformer les choses. Texte disponible sur le site.

    28 Ce thème sera largement traité dans le troisième volet (à paraître courant 2014) de notre brochure Démocratie directe : Principes, enjeux et perspectives, troisième partie : Ce que serait une société démocratique.

    • Le problème de Soral, c’est qu’il est sur un fantasme de dévoilement. Le problème c’est que son dévoilement est totalement orienté. Ce mec est totalement obsédé par l’anti-sionisme. C’est n’importe quoi. Et son propos sur les femmes, c’est fou. On s’est engueulé avec un ami qui m’est cher, Etienne Chouard, à cause de son lien vers Egalité et Réconciliation [NDLR : le site d’Alain Soral]. On a discuté avec Etienne, avec Frédéric Lordon, Bernard Friot, François Ruffin. On a essayé de dire à Etienne d’enlever ses liens vers Egalité et Réconciliation. Mais Etienne, c’est un self made man. Il n’est dans aucune organisation politique, il n’a pas de base politique et il défend la liberté d’expression comme Chomsky qui disait « les négationnistes ont le droit de s’exprimer ». Et Etienne, qui est un type gentil, c’est aberant qu’il se prenne les anti-fas sur la gueule. Mais je comprends que ça lui arrive. Etienne dit « il y a certaines choses que dit Soral que les autres ne disent pas ». Donc il pointe des trucs très particuliers. Sur la critique de l’anti-sionisme, il va chercher des israëliens de gauche, d’extrême gauche qui sont anti-sionistes, mais il met Soral. Nous, on dit « Soral n’est pas un intellectuel ! C’est un chef de parti ! Dégage Soral de ton sôte ! » et lui nous répond « Je refuse ! D’abord, je ne veux pas m’adresser qu’à la gauche mais aussi aux gens d’extrême-droite ! » En même temps, ce que fait Etienne Chouard c’est magnifique ! Ce qu’il a fait avec le traité constitutionnel de 2005, puis sur le tirage au sort, puis sur les ateliers constituants. Il fait écrire des ateliers constituants. Il dit aux gens : « Vous prenez un article de la constitution, n’importe lequel et on l’écrit ensemble ! Une constitution, ça sert à limiter les pouvoirs. » Les gens écrivent les articles de la Consitution ! Ça c’est de l’éducation populaire ! Moi je tire mon chapeau à Etienne. Pour l’instant, il se prend tous les anti-fas sur la tronche à cause de Soral. Mais Soral c’est un piège. Qu’est-ce que tu veux dire d’un piège ? Le principe même de Soral est qu’il est piégeant. Quand je tractais sur les marchés contre le traité constitutionnel européen, il y avait aussi d’autres gens qui tractaient contre : c’était les fachos. On était tous les deux pour le non, mais pas pour les mêmes raisons. Ce qui me pose un autre problème, c’est que je suis associé parfois sur certain site à Dieudonné. Je ne tape plus jamais mon nom sur Internet, ça me fait peur ! On dit « Dieudonné, Lepage, deux humoristes politiques » ! Je ne suis pas humoriste. C’est là où le système est très fort car s’il me récupère comme humoriste, c’est que je ne suis plus dangereux. Je suis un mec qui raconte une expérience dans un ministère et je trouve ça subversif. Mais si tu dis humoriste alors ça va, c’est tranquille…

      Soral, c’est très efficace, c’est flippant et le problème de l’extrême-droite c’est qu’il joue avec des arguments simples qu’on ne peut contrer qu’avec des raisonnements compliqués. C’est pour ça que l’extrême-droite y arrive. L’extrême-droite dit : « trois millions d’arabes, trois millions de chômeurs. » Si tu veux prouver que c’est faux, il faut que tu expliques le marché du travail. Pour ça, il faut faire de l’éducation populaire. Et l’éducation populaire, c’est long ! C’est long ! Donc Soral ne fait pas de l’éducation populaire mais des raccourcis.

      https://nagerentredeuxchaises.wordpress.com/2014/02/03/franck-lepage-le-pave-soral-cest-un-piege-quest-ce-


  • Les Hommes du progrès
    par Emmanuel Sanséau,
    paru dans CQFD n°150 (janvier 2017).
    http://cqfd-journal.org/Les-Hommes-du-progres

    C’est que le mariage du « Parti du peuple » et des classes privilégiées tient de la conversion du premier aux évangiles du libre marché et du « capitalisme éclairé. » Dès le tournant des années 1970, une nouvelle génération de démocrates se prenait de passion pour le « travail créatif » et les quêtes existentielles. « Les gens éclairés ne se souciaient plus de salaire minimum et de droits des travailleurs. Mais les sottises sur l’authenticité et l’accomplissement personnel – le topo des “jeunes existentialistes” – cela ferait gagner des élections », écrit Thomas Frank [3]. Voilà que le travailleur à la chaîne, aliéné et peu sophistiqué, basculait de base électorale à force d’opposition au changement. Les Nouveaux Démocrates ont ainsi fait du renoncement une philosophie politique – nul ne peut s’opposer à « l’économie post-industrielle » – pour devenir le parti de la « classe du savoir », des « travailleurs connectés », des « innovateurs disruptifs »…

    #Boston, #Silicon_Valley, #CQFD, #Massachusetts, #GAFA


  • The Working Class, the Election, and Trump: An Interview with Sean Posey I The Hampton Institute
    http://www.hamptoninstitution.org/posey-interview-trump.html

    Although poorly covered by the media, white working class support buoyed Obama in 2008 and 2012. As the New York Times put it, Obama’s “key support often came in the places where you would least expect it. He did better than John Kerry and Al Gore among white voters across the Northern United States, despite exit poll results to the contrary. Over all, 34 percent of Mr. Obama’s voters were whites without a college degree - larger in number than black voters, Hispanic voters or well-educated whites.”

    [...]

    As you mention, it’s foolish to discount the importance of race-and racial appeals-along with sexism. However, those who attempt to reduce Trump’s win to matters of race and gender alone are kidding themselves. Whites actually lost a net total of 700,000 jobs in the aftermath of the Great Recession-the only racial/ethnic group to experience such losses. White workers aged 25 to 54 lost nearly 6.5 million jobs during those nine years, while Asian, Latino and black workers in the same age bracket gained millions of jobs.

    And there are now almost nine million more jobs than in November 2007.

    According to an analysis by the Wall Street Journal, during the primary, Trump won 89 of the 100 counties most affected by trade with China. And most disturbingly, life expectancy for whites, predominately in the working class, is actually declining. There’s nothing similar in the West to compare it to. It’s no wonder that so many found Trump’s appeals, which aside from race, centered on trade, jobs, national and cultural renewal.

    My home state of Ohio suffered immensely after China’s entry into the WTO; that’s in addition to the deindustrialization that began in the 1970s. The inability or unwillingness of the Democrats to address the pain of the “hollowed out American Heartland,” as I call it, brought them disaster on November 8. Trump won HALF the union vote in Ohio. That’s unprecedented for a Republican candidate.

    [...]

    Those who say that Trump voters get what they deserve are actually feeding into the Trump movement. It’s important to understand where many of these people are coming from. Now, I’m not talking about the Alt-Right or the Klan elements, but I’d clearly place them in the minority. If we write off a huge chunk of the working class, how are we ever going to build a movement of working people?

    In his book, Listen, Liberal: Or, Whatever Happened to the Party of the People? Thomas Franks dissects the decades-long movement of the Democrats into the neoliberal camp. The Democratic Party is America’s left party; it’s why the party exists. Yet Democrats increasingly represent a tiny fraction of Americans, not the top 1 percent, but the top 10 percent. Unions, industrial workers, service workers, etc., have no place left to turn. Many ran to Trump’s campaign. Condemning those voters as completely stupid or as a “basket of deplorables” will simply give us eight years of Donald Trump. Liberals would do much better by looking in the mirror.

    #progressistes#pauvres


  • « C’est l’abstention, imbécile ! » Les leçons de l’élection de Donald Trump | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/121116/c-est-l-abstention-imbecile-les-lecons-de-lelection-de-donald-trump
    Article très documenté et intéressant d’Eric Fassin sur la sociologie du vote Trump et la manière d’un tenir compte dans le débat politique français

    la participation est inégalement répartie selon les catégories démographiques : sans surprise, les électeurs âgés, riches et éduqués sont surreprésentés ; traditionnellement, ceux qui ont une pratique religieuse aussi. En revanche, si les Hispaniques sont ceux qui votent le moins, les Noirs participent plus que les Blancs (à condition bien sûr d’être inscrits sur les listes électorales) ; parmi les moins diplômés, dont on parle tant, ils votent 1,7 fois plus ! Autant dire (gardons-le en mémoire) que les Blancs sans diplôme votent peu… C’est donc en pensant aussi à l’abstention qu’il convient d’analyser les informations disponibles grâce aux sondages de sortie des urnes sur la participation – en mettant l’accent sur l’évolution d’une élection présidentielle à l’autre, du moins pour les questions qui restent les mêmes depuis les années 1990.
    [...]
    Le niveau d’éducation peut-il se résumer à la classe ? On serait tenté de le penser, dans un pays où le diplôme universitaire est un indicateur d’appartenance à la classe moyenne. Toutefois, la réalité est plus complexe. En effet, si l’on considère les revenus, le résultat est différent : en dessous de 30 000 dollars, le vote démocrate l’emporte encore de 12 points ; entre 30 et 50 000, de 9 points. C’est dans les classes moyennes et supérieures que Donald Trump fait jeu égal avec Hillary Clinton. Mais il est vrai que, dans les classes populaires, le fossé s’est considérablement réduit : encore en 2012, l’écart, parmi les moins riches (jusqu’à 30 000 dollars), était encore de 28 points en faveur de Barack Obama ; en 2008, de 33 points. Même en 2004, parmi ces électeurs, John Kerry l’emportait de 20 points sur George W. Bush. Bref, si l’écart se réduit, en termes économiques, il ne disparaît pas pour autant. En revanche, c’est bien le critère culturel qui est déterminant, défini au croisement du sexe, de la race, de la religion et de l’éducation – et d’autant plus qu’il se creuse très rapidement. Il est donc indispensable de penser en termes de ce qu’on appelle « intersectionnalité ».
    [...]
    Le sexisme et le racisme de Donald Trump n’ont certes pas mobilisé contre lui les femmes et les Hispaniques ; en revanche, ils ont réussi à mobiliser une version sexiste et raciste de l’identité masculine blanche. En lui conférant une légitimité, le futur président la fait exister politiquement.
    [...]
    Il importe de ne pas rabattre cette question culturelle sur un problème de classe, comme si les deux logiques se confondaient. Certes, en 2016, les électeurs républicains ont tendance à penser que l’économie se porte mal (79%) et que leur situation familiale empire (78%). Mais la peur du déclassement ne suffit pas à définir la « misère du monde ». Il ne faut donc pas se demander « pourquoi les pauvres votent à droite », selon le titre en français d’un livre de Thomas Frank en 2004 : il portait sur le basculement républicain d’un populisme déserté par les Démocrates. En réalité, la plupart des pauvres (quand ils votent !), ne le font pas pour Donald Trump, et la plupart de ses électeurs ne sont pas pauvres.
    [...]
    Il ne suffit donc pas de reprendre le slogan de 1992 : « It’s the economy, stupid ! » Aujourd’hui, il faudrait ajouter : « C’est l’abstention, imbécile ! » Car l’électorat des classes moyennes et populaires ne s’abandonne pas en masse à la séduction de Donald Trump – même chez les Blancs. Pour autant, il n’est pas condamné au Parti démocrate. Reste une troisième option, dont on a vu qu’elle touche particulièrement les classes populaires : l’abstention.
    [... Conséquences pour la politique française]
    Le racisme et la xénophobie, tout comme le sexisme et l’homophobie, sont les symptômes, non pas d’une souffrance économique qui affecte réellement les classes populaires, mais d’un ressentiment qui traverse toutes les classes – dans l’électorat de Donald Trump comme en France dans celui de Marine Le Pen. Une politique de gauche ne saurait donc se donner pour objet premier de sauver les brebis égarées qui pourraient bien être des loups. En revanche, sa priorité devrait être de regagner celles et ceux que leur rejet du parti démocrate n’a pas fait succomber aux sirènes du fascisme. Dans les années 1980, on a parlé des « Reagan Democrats », pour qualifier ces électeurs de classes populaires qui avaient changé de camp. Peut-être parlera-t-on demain des « Trump Democrats ». Toutefois, pour refonder une politique de gauche, mieux vaudrait s’intéresser à l’abstention, qui est un vote de défiance. Plus qu’aucune autre, cette catégorie explique l’échec des partis progressistes ralliés au néolibéralisme. Il y a là une véritable réserve de voix, à condition, au lieu de les abandonner à l’abstention, de prendre le parti des abstentionnistes.

    cf. @nidal


  • Important : en avril 2015, la stratégie des Démocrates est de promouvoir un épouvantail extrémiste à droite pour obtenir la victoire finale de Clinton :
    https://wikileaks.org/podesta-emails//fileid/1120/251

    expédié dans ce mail :
    https://wikileaks.org/podesta-emails/emailid/1120

    This memo is intended to outline the strategy and goals a potential Hillary Clinton presidential campaign would have regarding the 2016 Republican presidential field. Clearly most of what is contained in this memo is work the DNC is already doing. This exercise is intended to put those ideas to paper.

    Our Goals & Strategy

    Our hope is that the goal of a potential HRC campaign and the DNC would be one-in-the-same: to make whomever the Republicans nominate unpalatable to a majority of the electorate. We have outlined three strategies to obtain our goal:

    1) Force all Republican candidates to lock themselves into extreme conservative positions that will hurt them in a general election;

    2) Undermine any credibility/trust Republican presidential candidates have to make inroads to our coalition or independents;

    3) Muddy the waters on any potential attack lodged against HRC.

    Operationalizing the Strategy

    Pied Piper Candidates

    There are two ways to approach the strategies mentioned above. The first is to use the field as a whole to inflict damage on itself similar to what happened to Mitt Romney in 2012. The variety of candidates is a positive here, and many of the lesser known can serve as a cudgel to move the more established candidates further to the right. In this scenario, we don’t want to marginalize the more extreme candidates, but make them more “Pied Piper” candidates who actually represent the mainstream of the Republican Party. Pied Piper candidates include, but aren’t limited to:

    • Ted Cruz
    • Donald Trump
    • Ben Carson

    We need to be elevating the Pied Piper candidates so that they are leaders of the pack and tell the press to them seriously.


  • Présidentielle américaine : « Nous allons voir émerger une génération de nouveaux Trumps »
    http://www.bastamag.net/Presidentielle-americaine-Nous-allons-voir-emerger-une-generation-de-nouve

    Les électeurs états-uniens n’ont d’autre choix qu’entre un milliardaire incontrôlable et une fidèle alliée de Wall Street. Tous deux sont largement impopulaires. Si le succès de Donald Trump auprès des « cols bleus en colère » a fait l’objet de nombreuses enquêtes, la responsabilité des démocrates dans le terrain #Politique toxique que sont devenus les États-Unis est demeurée relativement peu explorée. Le journaliste et essayiste Thomas Frank a analysé l’attrait grandissant des #Conservateurs parmi les classes (...)

    #Décrypter

    / A la une, Conservateurs, Politique, #Amériques, #Entretiens, #Classes_populaires, #Finance, (...)

    #Élections_


  • Forget the FBI cache; the Podesta emails show how America is run - Thomas Frank
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/oct/31/the-podesta-emails-show-who-runs-america-and-how-they-do-it

    Then there is the apparent nepotism, the dozens if not hundreds of mundane emails in which petitioners for this or that plum Washington job or high-profile academic appointment politely appeal to Podesta – the ward-heeler of the meritocratic elite – for a solicitous word whispered in the ear of a powerful crony.

    This genre of Podesta email, in which people try to arrange jobs for themselves or their kids, points us toward the most fundamental thing we know about the people at the top of this class: their loyalty to one another and the way it overrides everything else. Of course Hillary Clinton staffed her state department with investment bankers and then did speaking engagements for investment banks as soon as she was done at the state department. Of course she appears to think that any kind of bank reform should “come from the industry itself”. And of course no elite bankers were ever prosecuted by the Obama administration. Read these emails and you understand, with a start, that the people at the top tier of American life all know each other. They are all engaged in promoting one another’s careers, constantly.


  • Les démocrates américains envoûtés par la #Silicon_Valley, par Thomas Frank (mars 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/FRANK/54926 #st

    Quand ils chantent les louanges de ce secteur, arrive fatalement le moment où ils se réfèrent à #Google. Dans L’Audace d’espérer, paru en 2006, M. Obama raconte avec enthousiasme son pèlerinage au siège de la compagnie lorsqu’il était sénateur. Une fois président, il a continué de citer Google dans la moitié de ses discours sur l’état de l’Union. Les employés de l’entreprise se sont hissés sur le podium des trois donateurs les plus généreux de sa campagne de 2012. Et M. Eric Schmidt, ancien président-directeur général (PDG) et actuel président du conseil de surveillance de Google, se taille une place de choix dans les annales du social-libéralisme moderne. Il a par exemple siégé au Transition Economic Advisory Board (TEAB) du président et paradé à la tribune avec lui et ses principaux conseillers économiques trois jours après la victoire électorale de 2008. Durant la campagne de 2012, c’est encore lui qui a conseillé le candidat démocrate sur sa stratégie relative aux données de masse. Et qui a-t-on retrouvé en 2015 à la tête d’une « start-up de technologie politique » conçue pour fournir à la candidate Hillary Clinton le fin du fin en matière de ciblage des électeurs ? M. Schmidt, bien entendu. Le 137e homme le plus riche du monde — selon le classement 2015 de Forbes — est le milliardaire préféré du centre gauche américain.

    http://zinc.mondediplo.net/messages/33604 via Le Monde diplomatique


  • « Communism.com » : Le populisme de marché

    http://blog.europa-museum.org/post/2016/05/22/Le-populisme-de-marche

    A propos des Startups de merde :

    « La “nouvelle économie” c’est ça et rien d’autre... Elle atteint seulement un stade critique maintenant de ce côté de l’Atlantique, mais c’est bien d’exploitation sans limites qu’il s’agit, dans “l’innovant” comme dans l’ancien car en plus d’un mode de production, c’est une idéologie : Thomas Frank nous avait prévenus de ce qu’était communism.com... »

    Musée de l’Europe & de l’Afrique

    "Même si la Nouvelle Économie a pu nous hypnotiser pendant un temps, je pense qu’il est maintenant évident qu’il n’existe pas sur cette terre de théorie sociale, exceptée celle du droit divin des monarques, qui puisse justifier l’écart phénoménal entre les salaires des dirigeants et ceux des travailleurs (plus de 500 fois). Ou qui puisse expliquer raisonnablement la concentration d’une décennie de profits sur les comptes bancaires d’une petite minorité. Selon les gourous, le marché est capable de résoudre seul tous les conflits sociaux – avec justice et équité. Et pourtant, ce dont nous avons désespérément besoin pour restaurer le sens de la justice et de l’équité en économie, ce n’est certes pas d’un quelconque triomphe final du marché sur le corps et l’esprit humain mais bien d’une force qui soit capable de s’opposer aux marchés, de refuser de se penser en termes de Marque. Une force qui ne se contente pas de partir en quête d’authenticité. En effet, au bout du compte, il importera fort peu à celui qui paiera l’addition de la « révolution entrepreneuriale » que le type qui le licenciera porte un costume bien coupé ou arbore un piercing à la narine."

    Thomas Frank

    http://mariejulien.com/post/2016/05/22/Startups-de-merde,-vous-devriez-avoir-honte


  • Startups de merde, vous devriez avoir honte.
    http://mariejulien.com/post/2016/05/22/Startups-de-merde,-vous-devriez-avoir-honte

    Le pire dans ce genre d’entreprise (à part d’exploiter des gens s’entend) c’est de faire passer tout ça pour hyper cool et moderne, alors qu’on retourne doucement vers Germinal. Le titre de l’article parle de “craquer les codes de l’entreprise”, alors que la seule chose sur laquelle ils ont craqué, c’est le code du travail (...)

    De Musée de l’Europe & de l’Afrique - 22/05/2016, 18:39 :

    « La “nouvelle économie” c’est ça et rien d’autre... Elle atteint seulement un stade critique maintenant de ce côté de l’Atlantique, mais c’est bien d’exploitation sans limites qu’il s’agit, dans “l’innovant” comme dans l’ancien car en plus d’un mode de production, c’est une idéologie : Thomas Frank nous avait prévenus de ce qu’était communism.com... » :
    http://blog.europa-museum.org/post/2016/05/22/Le-populisme-de-marche


  • http://analysedz.blogspot.com/2016/04/les-causes-de-lechec-doccupy-wall.html

    Après avoir suscité un immense espoir partout dans le monde et non seulement aux États-Unis, le mouvement Occupy Wall Street s’est essoufflé peu à peu pour s’éteindre définitivement — au moins comme mouvement populaire d’envergure. Cet échec, si décevant, appelle l’analyse. D’autant plus qu’actuellement, en France, Nuit Debout semble reproduire certaines de ses erreurs fatales.

    Occupy et Nuit Debout
    Si la protestation en France commence contre la loi El Khomri, elle ne tarde pas à voir cette revendication diluer, pour ne pas dire disparaître. Et puis se pose la question des porte-paroles sérieusement. Frédéric Lordon, fin analyse du capitalisme contemporain certes, est-il pour autant pertinent dans ses interventions à Nuit Debout et, par ailleurs, le représente-t-il ?
    « Pas de leader, pas de revendication, pas de thématique affichée dans le mouvement Nuit Debout : est-ce une force ou une faiblesse ? », s’interroge Le Monde. Une faiblesse sans doute. Et elle avait déjà caractérisé Occupy. D’où, à mon avis, l’intérêt particulier de l’analyse que propose le journaliste américain Thomas Frank sur cette « contestation amoureuse d’elle-même », publié en janvier 2013 par Le Monde diplomatique. En effet, il n’a jamais suffi d’avoir raison et d’être animé par de bonnes intentions pour réussir, notamment pour un mouvement social.

    (...)
    La question à laquelle les thuriféraires d’OWS consacrent des cogitations passionnées est la suivante : quelle est la formule magique qui a permis au mouvement de rencontrer un tel succès ? Or c’est la question diamétralement inverse qu’ils devraient se poser : pourquoi un tel échec ? Comment les efforts les plus louables en sont-ils venus à s’embourber dans le marécage de la glose académique et des postures antihiérarchiques ?
    Les choses avaient pourtant commencé très fort. Dès les premiers jours d’occupation de Zuccotti Park, la cause d’OWS était devenue incroyablement populaire. De fait, comme le souligne Todd Gitlin (5), jamais depuis les années 1930 un thème progressiste n’avait autant fédéré la société américaine que la détestation de Wall Street. (...)
    Ce qui se tramait à Wall Street, pendant ce temps-là, a suscité un intérêt moins vif. Dans Occupying Wall Street, un recueil de textes rédigés par des écrivains ayant participé au mouvement (6), la question des prêts bancaires usuraires n’apparaît qu’à titre de citation dans la bouche d’un policier. Et n’espérez pas découvrir comment les militants de Zuccotti comptaient contrarier le pouvoir des banques. Non parce que ce serait mission impossible, mais parce que la manière dont la campagne d’OWS est présentée dans ces ouvrages donne l’impression qu’elle n’avait rien d’autre à proposer que la construction de « communautés » dans l’espace public et l’exemple donné au genre humain par le noble refus d’élire des porte-parole.
    (...)

    #Occupy #NuitDebout #Protestataion #Manifestation #France #USA #Amérique


  • Ce mercredi 15 avril, des travailleurs de fast-food sous franchise McDonald’s ont rejoint des employés de Walmart dans plus de deux cents villes aux Etats-Unis, pour réclamer une augmentation à 15 dollars de leur salaire horaire minimum.

    Source (en anglais) :
    http://www.theguardian.com/business/2015/apr/13/mcdonalds-franchise-workers-denied-raise-protest

    Lire l’article que Thomas Frank consacrait à ce mouvement qui dure depuis plus de deux ans maintenant, « Révolte américaine contre les ogres du fast-food » (février 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/02/FRANK/50071

    Le mouvement est parti d’un Burger King. Situé sur une intersection routière au milieu de nulle part, l’établissement évoque davantage un fortin du Désert des Tartares qu’un restaurant. Un matin à 6 heures, une poignée d’employés s’alignent devant l’entrée du bâtiment et se mettent à scander : « Les droits du travailleur font partie des droits de l’homme ! » A cette heure matinale, les esprits peinent à s’échauffer, alors on tente un autre slogan : « On ne peut pas survivre avec 7,25 dollars ! » — allusion au salaire horaire minimum (5,36 euros) pratiqué dans cette branche.


  • David Graeber: “Spotlight on the financial sector did make apparent just how bizarrely skewed our economy is in terms of who gets rewarded” | Thomas Frank 2014-06-01

    David Graeber explains why the more your job helps others, the less you get paid

    http://www.salon.com/2014/06/01/help_us_thomas_piketty_the_1s_sick_and_twisted_new_scheme

    [...]

    Well, the casual explanation is always consumerism. The idea is always that given the choice between four-hour days, and nine or ten-hour days with SUVs, iPhones and eight varieties of designer sushi, we all collectively decided free time wasn’t really worth it. This also ties into the “service economy” argument, that nobody wants to cook or clean or fix or even brew their own coffee any more, so all the new employment is in maintaining an infrastructure for people to just pop over to the food court, or Starbucks, on their way to or from work. So, sure, a lot of this is just taken as common sense if you do raise the issue to someone who doesn’t think about it very much. But it’s also obviously not much of an explanation.

    [...]

    I have a lot of friends who grew up in the USSR, or Yugoslavia, who describe what it was like. You get up. You buy the paper. You go to work. You read the paper. Then maybe a little work, and a long lunch, including a visit to the public bath… If you think about it in that light, it makes the achievements of the socialist bloc seem pretty impressive: a country like Russia managed to go from a backwater to a major world power with everyone working maybe on average four or five hours a day. But the problem is they couldn’t take credit for it. They had to pretend it was a problem, “the problem of absenteeism,” or whatever, because of course work was considered the ultimate moral virtue. They couldn’t take credit for the great social benefit they actually provided. Which is, incidentally, the reason that workers in socialist countries had no idea what they were getting into when they accepted the idea of introducing capitalist-style work discipline. “What, we have to ask permission to go to the bathroom?” It seemed just as totalitarian to them as accepting a Soviet-style police state would have been to us.

    [...]

    When I talk about bullshit jobs, I mean, the kind of jobs that even those who work them feel do not really need to exist. A lot of them are made-up middle management, you know, I’m the “East Coast strategic vision coordinator” for some big firm, which basically means you spend all your time at meetings or forming teams that then send reports to one another. Or someone who works in an industry that they feel doesn’t need to exist, like most of the corporate lawyers I know, or telemarketers, or lobbyists…. Just think of when you walk into a hospital, how half the employees never seem to do anything for sick people, but are just filling out insurance forms and sending information to each other. Some of that work obviously does need to be done, but for the most part, everyone working there knows what really needs to get done and that the remaining 90 percent of what they do is bullshit.

    [...]

    The concept of bullshit jobs seems very convincing and even obvious to me–I used to work as a temp, I saw this stuff first-hand–but others might pull market populism on you and say, who are you to declare someone’s else’s job to be bullshit, Mr. Graeber? You must think you’re better than the rest of us or something.

    Well, I keep emphasizing: I’m not here to tell anybody who thinks their job is valuable that they’re deluded. I’m just saying if people secretly believe their job doesn’t need to exist, they’re probably right. The arrogant ones are the ones who think they know better, who believe that there are workers out there so stupid they don’t understand the true meaning of what they do every day, don’t realize it really isn’t necessary, or think that workers who believe they’re in bullshit jobs have such an exaggerated sense of self-importance that they think they should be doing something else and therefore dismiss the importance of their own work as not good enough. I hear a lot of that. Those people are the arrogant ones.
    [...]

    I think the spotlight on the financial sector did make apparent just how bizarrely skewed our economy is in terms of who gets rewarded and for what. There was this pall of mystification cast over everything pertaining to that sector—we were told, this is all so very complicated, you couldn’t possibly understand, it’s really very advanced science, you know, they are coming up with trading programs so complicated only astro-physicists can understand them, that sort of thing. We just had to take their word that, somehow, this was creating value in ways our simple little heads couldn’t possibly get around. Then after the crash we realized a lot of this stuff was not just scams, but pretty simple-minded scams, like taking bets you couldn’t possibly pay if you lost and just figuring the government would bail you out if you did. These guys weren’t creating value of any kind. They were making the world worse and getting paid insane amounts of money for it.

    Suddenly it became possible to see that if there’s a rule, it’s that the more obviously your work benefits others, the less you’re paid for it. CEOs and financial consultants that are actually making other people’s lives worse were paid millions, useless paper-pushers got handsomely compensated, people fulfilling obviously useful functions like taking care of the sick or teaching children or repairing broken heating systems or picking vegetables were the least rewarded.
    But another curious thing that happened after the crash is that people came to see these arrangements as basically justified. You started hearing people say, “well, of course I deserve to be paid more, because I do miserable and alienating work” – by which they meant not that they were forced to go into the sewers or package fish, but exactly the opposite—that they didn’t get to do work that had some obvious social benefit. I’m not sure exactly how it happened. But it’s becoming something of a trend. I saw a very interesting blog by someone named Geoff Shullenberger recently that pointed out that in many companies, there’s now an assumption that if there’s work that anyone might want to do for any reason other than the money, any work that is seen as having intrinsic merit in itself, they assume they shouldn’t have to pay for it.

    [..]

    What I ended up concluding is that working class people hate the cultural elite more than they do the economic elite—and mind you, they don’t like the economic elite very much. But they hate the cultural elite because they see them as a group of people who have grabbed all the jobs where one gets paid to do good in the world. If you want a career pursuing any form of value other than monetary value—if you want to work in journalism, and pursue truth, or in the arts, and pursue beauty, or in some charity or international NGO or the UN, and pursue social justice—well, even assuming you can acquire the requisite degrees, for the first few years they won’t even pay you.

    [...]

    So the right wing manipulates the resentment of the bulk of the working class from being able to dedicate their lives to anything purely noble or altruistic. But at the same time—and here’s the real evil genius of right-wing populism—they also manipulate the resentment of that portion of the middle classes trapped in bullshit jobs against the bulk of the working classes, who at least get to do productive work of obvious social benefit. Think about all the popular uproar about school teachers. There’s this endless campaign of vilification against teachers, who they say are overpaid, coddled, and are blamed for everything wrong with our education system.

    [...]

    But I don’t think we can solve the problem by mass individual defection. Or some kind of spiritual awakening. That’s what a lot of people tried in the ‘60s and the result was a savage counter-offensive which made the situation even worse. I think we need to attack the core of the problem, which is that we have an economic system that, by its very nature, will always reward people who make other people’s lives worse and punish those who make them better. I’m thinking of a labor movement, but one very different than the kind we’ve already seen. A labor movement that manages to finally ditch all traces of the ideology that says that work is a value in itself, but rather redefines labor as caring for other people. I think we saw the first stirrings of that kind of movement during Occupy.

    [...]

    Demographically it was a very telling. Maybe 80% of them were women. And even those who were men were mostly in caring professions: health care, social services, education. And the complaints were surprisingly uniform: basically they were all saying, “I want to do something with my life that actually benefits others; but if I go into a line of work where I care for other people, they pay me so little, and they put so much in debt, that I can’t even take care of my own family! This is ridiculous!”

    [...]

    David Graber chez seenthis:
    http://seenthis.net/recherche?lang=de&recherche=David+Graeber

    #travail #altruisme #salaire #exploitation


  • L’internationalisme n’est pas mort : dans une trentaine de pays autour du globe, les salariés de la restauration rapide s’organisent. Un combat pour l’augmentation du salaire minimum parti d’un Burger King en Caroline du Nord, auquel Thomas Frank consacrait un long reportage en février. http://www.monde-diplomatique.fr/2014/02/FRANK/50071 (#paywall)

    #FastFoodGlobal


  • Quel éléphant irréfutable dans le magasin de porcelaine ? (Sur la gauche sociétale-libérale)
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=491

    Dans un livre paru en 2007, préfacé par Serge Halimi (Le Monde diplomatique) et encensé par Jean Birnbaum (Le Monde), le journaliste américain Thomas Frank se demandait Pourquoi les pauvres votent à droite. Réponse selon nos trois journalistes de gauche : "le coup de génie des conservateurs : d’un côté, ils se sont réapproprié un thème largement abandonné par les démocrates, celui de la juste fureur des « masses » contre les élites ; de l’autre, ils ont substitué la « guerre culturelle » à la lutte de classes. Les valeurs d’abord ! « Ce qui divise les Américains, ce serait l’authenticité, et non quelque chose d’aussi complexe et dégoûtant que l’économie » (...). D’où la marginalisation des thèmes propres à la gauche (salaires, protections sociales…) et le triomphe d’enjeux touchant à l’avortement, à la religion, (...)

    #Documents
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Quel_e_le_phant.pdf

    • C’est quand même assez difficile de voir où ils veulent en venir : tout le monde est des cons et des vendus, sauf eux ? Et l’#homophobie rageuse de ce texte ne vous pose pas problème ?

    • J’ai vraiment du mal avec leur prose systématiquement clivante, stigmatisante et haineuse. J’y retrouve les même ressorts rhétoriques et langagiers que dans les productions de l’extrême droite.

      C’est dommage car ça dessert leur cause, et tout n’est vraiment pas à jeter.

    • Pour l’homophobie et/ou l’anti-féminisme de certains passages, ben si @fil, cf quelques autres discussions sur seenthis à ce sujet qu’on a eu avec @aude_v, à propos de concilier #critique_techno, #anti-industriel et féminisme.

      Mais je suis d’avis avec moi-même aussi qu’il y a plein de choses à garder. (Et je ne suis pas sûr qu’il y ait une homophobie « viscérale », ça a plus l’air d’être contre les assocs gays en vue.)

    • J’ai écrit rageuse, pas viscérale :) Je me moque bien de savoir si cette hargne leur vient des tripes ou d’ailleurs. Le fait de lire "le système" comme une conspiration des "assocs gays en vue" est en soi homophobe, en plus d’être très faible sur le plan de la véracité. Pour une Emma Cosse combien de Geneviève Fioraso ?

      Non, ils ciblent explicitement la petite frange "gay" ou "pro-gay" de l’“intelligentsia” (qu’ils définissent eux-mêmes sans autre explication que le fait qu’il y a plusieurs anciens normaliens, et en estimant être les seuls à n’en faire pas partie, ce qui est pratique). Et l’origine de cette stigmatisation vient d’une lecture du mariage pour tous comme émanant d’une sorte de complot gay visant à la marchandisation du vivant à travers la GPA.

    • Les ouvriers baisent autant et plus que les bobos. Les ouvrières n’ont jamais craché
      sur la pilule. Elles n’ont pas attendu la loi Veil pour avorter – et dans les pires conditions. Les jeunes prolos
      et les loulous d’après 68 étaient aussi drug, sex and rock n’roll que les jeunes bourges des facs et des
      lycées. On s’est toujours vanné à coups de gros mots, de grosses blagues et de gros clichés entre mecs
      d’origine différente, ça n’a jamais empêché de bosser et de jouer au foot ensemble – ça faisait même partie
      du plaisir, de la rivalité et de la compétition. On a toujours rigolé des pédés entre « virilistes », mais au fond
      « ça me regarde pas, chacun fait ce qu’il veut avec son cul, hein ! ». C’était une évidence que des copains
      de vestiaire étaient musulmans, que « chez eux, la religion, c’est très important », et que même ça leur
      imposait des règles spéciales dont on les plaignait et les blaguait - toujours en finesse - mais bon, « Tant
      que ça reste privé et qu’ils emmerdent pas le monde avec. »

      En fait c’était vachement mieux avant les lois sur l’avortement ou les lutes antiracistes. Ok on était racistes et homophobes mais c’était bon enfant, et puis Mohamed avait le droit de boire un coup avec nous de temps en temps.

      Bon esprit.

    • Si un enfant a plein de papas et de mamans, et qu’il entretient avec certains-es d’entre eux-elles, des rapports charnels, où est le problème ? Ça dérange qui ? État paternaliste, oppresseur, hors de nos lits ! Mieux vaudrait lever le tabou de l’infanticide plutôt que de culpabiliser les femmes. Un enfant n’existe que dans un désir de parentalité. Se débarrasser d’un enfant non désiré, ce n’est pas tuer mais régler un problème.

      Ah oui sur la fin c’est vraiment gore…

    • Ou du post-Céline. C’est dommage car j’avais beaucoup aimé les précédents bouquins que j’ai lus, ils étaient les rares à poser franchement les questions sur la technologie.

      Mais quand ton ennemi de classe ça devient les pédés normaliens, je pense qu’il est temps de changer d’occupation, sinon tu vas finir par tourner en rond sur toi-même, en éructant et en bavant, de plus en plus vite, jusqu’à l’explosion...

    • hallucinante, aussi, cette manière de caricaturer les critiques à l’encontre du Front National ou du mouvement poujadiste.

      Le mouvement poujadiste, de défense des petits commerçants et artisans, souleva les foules contre les grandes surfaces
      et la grande distribution capitaliste, entre 1953 et 1958. Il connut son heure de gloire en 1956, faisant élire 52 députés, dont Jean-Marie Le Pen, 27 ans, le plus jeune député de France. Le Front républicain cria au fascisme, à la bête immonde, aux heures les plus sombres de notre histoire, etc.

      Quelques années plus tard, on retrouvait des militants poujadistes au sein de l’OAS, cf http://tours.mediaslibres.org/janvier-1962-arrestation-d-un.html. Mais évidemment, ceux qui criaient au fascisme n’étaient que des cons...


  • Pourquoi les pauvres votent à #droite ?
    http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3369

    Après chaque nouveau scrutin, le même étonnement. Comment expliquer qu’une masse d’électeurs désargentés se déplace pour apporter leur soutien à ceux-là mêmes qui proposent d’abord de réduire les impôts des riches. Dans la préface au livre de Thomas Frank, « Pourquoi les pauvres votent à droite ?« , Serge Halimi donne des …

    #Nos_enquêtes #S'organiser #classes_populaires #vote


  • Pourquoi les #pauvres votent à #droite, aux #USA comme dans les #pays_riches.
    #politique #sociologie_électorale #Bush #smh
    http://www.nonfiction.fr/article-6675-p1-la_grande_reaction.htm

    Ils ne sont pas les seuls à s’interroger, comme en témoigne Pourquoi les pauvres votent à droite du journaliste et historien Thomas Frank. Dans cette enquête sur son Kansas natal, il pose cette question qui, pour de nombreux observateurs, ne devrait pas avoir lieu. Si la droite est le parti des riches, comment alors expliquer qu’il recueille les faveurs des plus déshérites ? Pourtant, au Kansas, comme dans de nombreux États américains, il est possible de voir sur le bord de la route des panneaux proclamant qu’un « travailleur qui soutient les Démocrates est un peu comme un poulet qui soutiendrait Kentucky Fried Chicken ! »