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  • « Ligue du LOL » : la délicate question des sanctions
    Pauline Graulle
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160219/ligue-du-lol-la-delicate-question-des-sanctions

    C’est l’histoire d’un procès qui n’aura peut-être jamais lieu. Une semaine après les révélations sur la Ligue du LOL, la première affaire d’ampleur de cyberharcèlement en France pose une interminable série de questions à l’institution judiciaire : quels actes précis doivent être jugés, sachant que des centaines de tweets – de preuves – ont été détruits ? Qui doit être jugé, sachant que les harceleurs présumés ont souvent agi en « raids » ? Et d’abord, à qui revient-il de juger l’affaire ?

    Car ici, rien n’est simple. Pénalement, les actes de harcèlement, qui ont, pour la plupart, eu lieu entre 2008 et 2011, sont prescrits. Selon la loi du 28 février 2017 (lire ici), les victimes peuvent en effet déposer plainte dans un délai de six ans après la survenue des faits. Trop tard, donc. « Normalement, la question de la prescription pénale se pose à l’issue d’une enquête : exceptionnellement, le procureur peut quand même décider d’enquêter malgré une apparente prescription si les faits sont particulièrement graves et que la question de faits de nature criminelle se pose. Mais puisqu’il ne s’agit là que d’une affaire délictuelle, elle ne sera probablement jamais portée sur le terrain pénal », confirme Éric Morain, qui a été l’avocat de la journaliste Nadia Daam, victime en 2017 d’une campagne de harcèlement émanant d’un forum pour 18-25 ans du site jeuxvideo.com.

    © Reuters. © Reuters.

    Impossible de porter devant un tribunal les actes commis par les membres de la Ligue du LOL ? « Il est pourtant primordial que la justice s’en empare, estime Éric Morain. D’abord, parce que l’affaire ne doit pas se solder par un tribunal populaire sur les réseaux sociaux où une meute répondrait à une autre meute. Ensuite, parce que la société est amnésique, et qu’il ne faut pas que, dans quelques années, tout le monde ait oublié. » Enfin, et ce n’est pas un petit sujet : sans justice, pas de possibilité de reconnaissance des victimes, ni de possibilité de rédemption des coupables…

    Faute de procédure au pénal, Éric Morain réfléchit désormais au moyen d’assigner les responsables au civil. « Tout cela est en chantier », glisse-t-il à Mediapart, soulignant la difficulté des affaires de harcèlement (notamment sexuel), où les victimes doivent généralement entreprendre un long travail sur elles-mêmes avant de se sentir légitimes à passer à l’action judiciaire. De son côté, SOS Racisme a procédé, lundi 11 février, à un signalement auprès du parquet de Paris, afin qu’une enquête préliminaire soit ouverte.

    En attendant, la colère monte dans l’opinion : depuis une semaine, la twittosphère n’en finit plus d’exhumer les tweets des harceleurs présumés de la Ligue du LOL. Les témoignages glaçants ont envahi la presse, qui commence à enquêter sérieusement sur ces cas exposés au grand jour. Plus la société découvre l’étendue de l’affaire, plus la demande sociale est forte de punir les coupables.

    Résultat, comme dans un jeu de dominos, les employeurs des membres de la Ligue du LOL – pour la plupart des journalistes, communicants, développeurs ou graphistes exerçant au sein d’entreprises ayant pignon sur rue – se retrouvent en première ligne. À Télérama, Slate.fr, Publicis, Libération ou la mairie de Paris, les dirigeants et les ressources humaines se voient contraints, bon gré mal gré, de gérer la délicate question des sanctions. Un vrai casse-tête.

    Car sur quel motif sanctionner un salarié quand les faits n’ont pas été commis sur le lieu de travail, qu’ils remontent pour certains à une période antérieure à leur embauche ou qu’ils entrent dans une « zone grise », coincée entre le droit et la morale ? « Si les actes n’ont pas été commis sur le lieu de travail, le champ disciplinaire est à oublier », souligne Isabelle Taraud, avocate en droit du travail.

    Il y a aussi l’épineux problème de ceux qui ont été membres de la Ligue du LOL mais qui ne sont, pour l’heure, pas accusés de harcèlement à proprement parler. C’est par exemple le cas du journaliste de Télérama Olivier Tesquet : « La liste de “membres présumés” partagée anonymement sur le site Pastebin a contribué à aplanir les responsabilités, laissant croire qu’un groupe Facebook était une société secrète à l’intérieur de laquelle chacun est comptable des actions de tous les autres, explique-t-il à Mediapart. Je suis soulagé que le travail d’enquête vienne clarifier les choses, mais j’aurais préféré qu’il intervienne en amont. »

    Pour l’instant, l’intéressé a été reçu pour un entretien par la direction de Télérama, qui souhaitait en savoir plus sur son implication. Un entretien formel avec les ressources humaines est prévu la semaine prochaine : « À ce jour, personne ne nous a rapportés un tweet défaillant. Et d’ailleurs, Olivier, qui a présenté des excuses publiques, n’a supprimé aucun tweet », indique Catherine Sueur, du directoire de Télérama, qui ajoute qu’à l’automne, une enquête sur le harcèlement sexuel a été lancée au sein du groupe dans l’idée de mettre en place un plan d’action.
    « Nous sommes tombés de notre chaise »

    Plus fondamentalement, l’affaire pose un problème central : est-il vraiment du ressort de l’entreprise de sanctionner les personnes ayant participé, de près ou de loin, aux agissements de la Ligue du LOL ? « Cette affaire est complexe, car elle relève de faits qui ont eu lieu hors de l’entreprise, explique Judith Krivine, avocate spécialisée en droit du travail. Je vais le dire de manière abrupte, mais un mari qui bat sa femme ne peut pas être licencié pour cela. Ou alors, il faudrait démontrer que cela a un effet dans le cadre de son contrat de travail. »

    © Reuters. © Reuters.

    Un dirigeant de journal fait part, en off, de son malaise : « Vu le contexte de curée médiatique, c’est un discours qui est difficile à entendre en ce moment, mais ces salariés ont aussi droit au respect du droit du travail. C’est une question d’humanité, mais aussi une question juridique : il ne faudrait pas que ça finisse aux prud’hommes et qu’on se retrouve à payer 200 000 euros de dommages et intérêts. »

    Le collègue de l’un des hommes impliqués confie lui aussi sa perplexité : « Ce que les gens de la Ligue ont fait est immonde, mais mon collègue est au fond du trou : la pendaison en place publique qui a lieu en ce moment sur les réseaux sociaux, ce n’est pas acceptable, il faut garder la tête froide. Surtout que le cyberharcèlement n’est pas l’apanage de la Ligue du LOL. J’ai vu tourner des choses horribles dont personne ne parle. Et pendant ce temps-là, certains sont bannis sans autre forme de procès, et sans espoir de pouvoir se racheter. »

    Pour l’heure, chacun au sein des directions d’entreprise a trouvé ses propres réponses – en fonction des statuts, des types de contrats, etc. À la mairie de Paris, Julien Verkest, développeur web, et Gautier Gevrey, graphiste, tous deux membres de la Ligue et auteurs notamment de tweets antisémites (lire notre enquête ici), ont été convoqués, l’un après l’autre, en début de semaine, par l’adjoint à la direction de la communication au sein de laquelle ils travaillent.

    Ces deux agents administratifs municipaux seront reçus dans une dizaine de jours par la direction des ressources humaines, qui a été saisie « sur des bases légales ». Ensuite, seront déclenchées, ou non, des mesures administratives. « Ces deux agents travaillent en back office, dans les services, et ne sont pas “visibles” du grand public, du coup, leur présence ne porte pas atteinte à l’image de la mairie de Paris, justifie une source proche de la Ville de Paris quand on s’étonne de la lenteur du processus. Par ailleurs, à ce stade, les ressources humaines n’ont pas de lecture juridique de l’affaire. »

    Chez Slate.fr, site d’information ayant pourtant vu défiler en son sein ces dernières années bon nombre de journalistes membres de la Ligue, aucune sanction n’a pour l’instant été prise. Au risque pour le journal de se montrer d’un laxisme coupable aux yeux du grand public ? « Les explications détaillées que Christophe Carron [rédacteur en chef de Slate et ancien membre de la Ligue du LOL – ndlr] nous a fournies nous ont convaincus de son absence d’implication personnelle dans des actes répréhensibles ou contraires à nos valeurs », rétorquent, dans une tribune, Jean-Marie Colombani, président de Slate, et Marc Sillam, son directeur général.

    Libération, en revanche, a décidé immédiatement la « mise à pied à titre conservatoire » du chef adjoint au Web Alexandre Hervaud et de Vincent Glad, fondateur de la Ligue, qui officiait en tant que pigiste. Le quotidien a lancé une enquête interne, au terme de laquelle la direction décidera d’éventuelles sanctions.

    Publicis Consultants, où Renaud Loubert-Aledo, accusé d’avoir harcelé plusieurs personnes, travaille en CDI depuis 2011, a décidé de la mise à pied immédiate de ce collaborateur, qui avait rejoint la Ligue en 2010. « Avec l’article de Libération [publié le 8 février – ndlr], nous sommes tombés de notre chaise », raconte un membre de la direction. Une enquête est lancée au sein de l’agence pour savoir si des faits de harcèlement – sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle – ont eu lieu au sein de l’entreprise. « Pour l’instant, il semble que rien ne ressorte, mais nous verrons bien. Par ailleurs, le service juridique du groupe est en train de travailler sur le sujet. »

    Quel sera le sort réservé aux salariés : licenciement, rupture conventionnelle, blâmes ? Pour l’instant, le mystère demeure. Isabelle Taraud rappelle que les affaires mettant en cause des comportements de salariés sur Facebook ne sont pas nouvelles, et qu’il existe de la jurisprudence en la matière. « Si l’entreprise veut se séparer de son salarié pour des faits problématiques qui ont eu lieu en dehors de sa vie professionnelle, il faut qu’il y ait eu un “trouble objectif porté au bon fonctionnement de l’entreprise”, explique l’avocate, qui prend pour exemple la perte par un salarié de son permis de conduire. L’enjeu, pour les employeurs, consiste à le démontrer dans la lettre de rupture. Mais évidemment, on ne peut pas s’en tenir à la rumeur, il faut que les faits soient prouvés. » Et ce n’est pas le plus simple.

    #harcelement #discrimination #justice #sanctions #licenciement #liguedulol


  • Harcèlement : l’onde de choc dans les écoles de journalisme après l’affaire de la Ligue du LOL
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/15/harcelement-l-onde-de-choc-dans-les-ecoles-de-journalisme-apres-l-affaire-de

    Depuis quelques jours, à la suite des révélations sur l’existence d’un cyberharcèlement mené par des trentenaires issus des médias et de la communication, la parole se libère au sein des écoles de journalisme. A l’ESJ Lille tout d’abord, l’une des plus renommées et surtout celle dont est issu le fondateur du groupe informel la Ligue du LOL, Vincent Glad. L’incident était jusqu’ici resté entre les murs de l’école. Il s’est déroulé en septembre 2017, peu avant la déflagration #metoo. Dans un amphithéâtre bondé de l’ESJ, Sandrine Rousseau, une des quatre élues écologistes qui avaient accusé publiquement l’année précédente Denis Baupin de harcèlement et d’agressions sexuels, intervient devant une cinquantaine d’étudiants sur les stéréotypes de genre dans les médias.

    Elle en garde un souvenir cuisant. Un petit groupe de jeunes hommes, dans le style « boy’s club », ne cesse de marquer sa désapprobation par des « moqueries, des rires, des choses vraiment désagréables », témoigne Sandrine Rousseau. « Si la fille est bourrée, on peut quand même en profiter ! », lance l’un d’eux. Un sentiment de malaise s’installe, selon les témoignages recueillis par Le Monde. Alors qu’elle évoque en fin d’intervention les titres de presse employant l’expression « crime passionnel », lorsqu’il s’agit de meurtre ou d’assassinat, elle est interpellée sur la sincérité de son combat.

    Sur le moment, elle n’a pas trouvé les mots, finissant par claquer la porte. Dès le lendemain, elle les a couchés dans une lettre aux « étudiant.e.s » : elle s’attendait à un « débat sur l’ampleur des violences faites aux femmes et les ressorts sociaux de ces violences, pas un procès en starification ou en cupidité ». « La Ligue du LOL ne m’a pas étonnée, lorsque c’est sorti », dit-elle aujourd’hui. Une étudiante présente ne comprend toujours pas ce moment. « J’ai eu honte, mais en même temps cela ne correspond pas à ce que nous sommes au quotidien. Notre promotion n’est pas qu’un petit groupe de mecs machos », observe-t-elle, sous le couvert de l’anonymat. D’ailleurs, certaines étudiantes ont envoyé à titre personnel un mail d’excuse à Sandrine Rousseau.

    C’est fantastique de voire que c’est des étudiant E s qui s’excusent !


  • Ligue du LOL : aux racines d’une affaire de harcèlement qui secoue les médias français
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/14/ligue-du-lol-aux-racines-d-une-affaire-de-harcelement-qui-secoue-les-medias-

    Sur Twitter, les récits des méfaits de certains des membres de cette Ligue du LOL se multiplient ces derniers jours. Des « stars » auxquelles il était impensable de s’opposer, sous peine d’excommunication. Ils se veulent décalés et assument être des « trolls » – à l’époque, en 2010, quatre ans après la création de Twitter, on ne parle pas encore de « harceleurs ».

    Leurs victimes les décrivent comme arrogants, blessants et attaquant « en meute ». Celles et ceux qui ne leur plaisent pas subissent une vindicte numérique, des « raids » hostiles. Une ancienne blogueuse, Capucine Piot, raconte par le menu un « travail de démolition quotidien ». Des piques sur son physique, sur le moindre de ses Tweet.

    Une blogueuse féministe, Daria Marx, témoigne des attaques reçues lorsqu’elle a lancé une cagnotte pour acquérir un scooter. Son numéro de téléphone a été mis sur Leboncoin.fr, au bas d’une annonce de vente de scooter. « Les gens m’appelaient et me demandaient si je vendais mon scooter, en m’appelant “Madame Grosse”, le nom renseigné dans l’annonce », explique-t-elle. Elle a aussi eu droit à un photomontage pornographique avec sa tête. Stephen des Aulnois a, depuis, reconnu en être l’auteur.

    Les membres de la Ligue du LOL sont également accusés d’avoir commis des canulars cruels et anonymes. De grandes zones d’ombre persistent, dix ans après, entretenues par l’utilisation de comptes communs, de faux profils et le talent de dissimulation des membres du groupe. Et les aveux se font au compte-gouttes.

    David Doucet a reconnu avoir usurpé l’identité du producteur d’une émission de télévision très en vue auprès d’une jeune chroniqueuse scientifique, Florence Porcel. Il lui a proposé du travail pour mieux l’humilier ensuite en diffusant l’enregistrement du canular, effacé depuis, après que l’affaire a éclaté.

    « Ils avaient une envie de nuire sans limites », se souvient Martin Médus, un blogueur harcelé. En 2012, l’un des « loleurs » publie une photo retouchée de ce petit-fils de déportée. Le jeune homme apparaît avec une croix gammée sur le torse. « Ils s’en prenaient à tout le monde : aux hommes, aux femmes, aux juifs, aux autres, peu importe, se souvient la photographe Laurence Guenoun. Ils trouvaient une aspérité, et pour peu que la personne ait un peu de notoriété, ils lui sautaient dessus. Ils étaient organisés. C’était leur terrain de jeu. »

    Le retour de bâton est brutal pour ceux qui se présentaient comme des défenseurs du LOL. De l’anglais laughing out loud, « rire aux éclats », l’acronyme recouvre toute une culture, empruntée aux forums américains, aux mèmes – ces images détournées et réutilisées à l’infini – et aux communautés anonymes comme 4chan, célèbre pour son univers malsain. Au sein de la Ligue du LOL prédominait le sentiment que l’Internet leur appartenait.
    Une aristocratie des « early adopters »

    Au début des années 2010, le journalisme numérique tâtonne, entre budgets fragiles et notoriété à construire. Nombre de médias traditionnels tentent de s’adapter à un « Web 2.0 » qui se veut participatif. De ce décor en plein bouleversement émerge le fantasme d’ une aristocratie des early adopters, ceux qui ont usé des potentialités des nouvelles technologies avant les autres .

    « La génération des 30-40 ans a été bloquée par les soixante-huitards. Nous n’avons pas d’aînés dans la profession. Personne pour nous défendre, personne à imiter. Nous créons un nouveau métier », déclare Vincent Glad, cité dans « Les forçats de l’info », un article publié dans Le Monde en mai 2009.

    #Ligue_LOL #Cyberharcèlement


  • « #Ligue_du_LOL » : les mécanismes de l’effet de meute
    https://www.franceculture.fr/sociologie/ligue-du-lol-les-mecanismes-de-leffet-de-meute

    Depuis jeudi 8 février, un article de la rubrique Checknews, chez Libération, a dévoilé l’existence de la « Ligue du LOL », un groupe Facebook très actif entre 2009 et 2012 regroupant une trentaine d’utilisateurs populaires sur les réseaux sociaux. De nombreux témoignages ont mis à jour des campagnes de cyber-harcèlement envers des femmes et des minorités (origine ethnique, orientation sexuelle…) menées à l’époque par des membres de ce groupe, et auxquelles auraient participé plusieurs journalistes ayant évolué depuis au sein des rédactions parisiennes. Parmi eux, Alexandre Hervaud et Vincent Glad (fondateur du groupe), aujourd’hui mis à pied par Libération, David Doucet, des Inrocks, Guilhem Malissen, avec qui Nouvelles Ecoutes a suspendu sa collaboration, ou encore Stephen des Aulnois, rédacteur en chef et fondateur du Tag parfait, qui a annoncé quitter son poste… pour ne citer qu’eux.

    Après des années sans compte Twitter, je sors du silence pour un thread sur la #liguedulol dont j’ai aussi été victime. Explications.
    — capucine piot (@capucinepiot2) February 8, 2019

    Alors que le hashtag #LigueduLol remontait en tendance ce week-end, les « excuses » des anciens membres de ce groupe ont posé la question de leur responsabilité. L’un d’eux, Baptiste Fluzin, directeur de création ayant admis avoir harcelé de nombreuses personnes dans un billet d’excuses publié sur Linkedin, précisait que « rien ne justifiait [ce] comportement de meute ». Décryptage de ces mécanismes de groupe toxiques avec le professeur de psychologie sociale Laurent Bègue, auteur de Psychologie du bien et du mal (Odile Jacob, 2011) :


  • La #Ligue_du_LOL était aussi une machine à broyer des femmes - Politique - Numerama

    https://www.numerama.com/politique/463806-la-ligue-du-lol-etait-aussi-une-machine-a-broyer-des-femmes.html

    [Enquête Numerama] Il y a dix ans, être une femme ciblée par la Ligue du LOL revenait à mettre le doigt dans un engrenage bien particulier. Influence, pouvoir, harcèlement et photos intimes volées : de nouveaux témoignages recueillis par Numerama montrent l’étendue d’un système où des femmes, volontaires ou non, étaient tour à tour convoitées, dénigrées, moquées, harcelées.

    Depuis la publication d’un article de Libération les accusant de cyberharcèlement le 8 février 2019, plusieurs membres de la « Ligue du LOL » ont publié des explications ou des excuses en ligne. La Ligue du LOL était le nom d’un groupe Facebook, créé par le journaliste Vincent Glad, qui rassemblait une trentaine de journalistes, communicants, blogueurs, et qui a harcelé en ligne de nombreux internautes francophones.


  • J’ai subi des raids de la Ligue du LOL et ça a pesé sur ma carrière | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/173364/ligue-du-lol-temoignage-journaliste-harcelement-raids

    Léa Lejeune a subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. Elle raconte les raids incessants, leur impact sur sa carrière et son engagement pour la défense des femmes journalistes.

    Au début, on échange sur les réseaux sociaux (vous retrouverez des blagues), on a l’air potes, au fur et à mesure, ça se gâte.

    Entre 2011 et 2013, j’ai subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. C’était souvent des blagounettes en 140 caractères, puis des commentaires injurieux, d’autres sur ma sexualité ou encore des commentaires sur le blog féministe que je tenais à l’époque, « Les diablogues du vagin ». Ensuite, il y a eu des « raids » organisés autour de certains tweets féministes ou d’articles que je publiais en ligne, une critique ciblée mais récurrente. À l’époque, nous évoquions des concepts féministes qui commençaient à peine à émerger dans le débat public français : le patriarcat, la culture du viol et le manspreading.

    Souvent des membres de la Ligue du LOL faisaient des blagues, d’autres critiquaient mes capacités professionnelles, j’avais encore des choses à apprendre. Plusieurs fois, ils ont suggéré que j’avais eu des relations sexuelles avec mon chef de service d’alors pour avoir mon poste en CDD à Libération.

    Quand on reçoit ce genre de message au travail, on ne sait pas comment réagir : on tremble, on rougit, on tente de désamorcer les choses avec humour, de se justifier vis-à-vis d’eux ou de faire de la pédagogie. J’ai perdu beaucoup de temps à faire ça et j’ai nourri ces trolls. Un mauvais réflexe. Un jour, ils me sont tombés dessus parce qu’il y avait une erreur secondaire dans un article (sur l’intitulé de poste d’un interviewé), le raid a commencé : quarante messages en deux heures qui se moquaient de moi. Prise de panique, j’ai mal réagi et commis une erreur professionnelle, une mauvaise réaction, pour laquelle je me suis confondue en excuses le jour même au sein du journal. Mais le raid a recommencé, redoublé, des dizaines et dizaines de messages. Dans un contexte économique difficile, alors que j’avais encore des progrès professionnels à faire, cela a joué contre l’obtention de mon CDI. Mon supérieur ne m’a pas aidée à faire face au cyber-harcèlement, peut-être ne savait-il pas comment s’y prendre, je n’ai pas su me défendre. J’ai pris un autre chemin professionnel. C’est après ce raid-là que j’ai coupé les ponts avec les membres de la Ligue du LOL que je connaissais.

    Ma réponse pour y échapper a d’abord été de tweeter « chiant » ou factuel, de partager des articles économiques et de ne plus m’essayer à l’humour. Puis de me concentrer sur mon travail pour prouver que je peux faire un travail journalistique de qualité. Vous ne lirez pas mes enquêtes sur les inégalités de salaires hommes-femmes dans le CAC40, ni celle sur le vrai business model de Station F, ils sont peu partagés sur internet car je suis plus discrète.

    Avec certaines victimes, nous sommes entrées en contact pour nous serrer les coudes. Pourquoi n’avons-nous pas parlé pendant toutes ces années ? Parce que ces gens-là avaient des postes importants, étaient amis avec des rédacteurs en chef influents ou des personnes à des postes de direction à Slate, à Libération, aux Inrocks, dans la presse people ou magazine –ceux qui sont cités parmi les membres de la Ligue du LOL. Précaires, nous avions peur de perdre des opportunités de travailler. Surtout, à l’époque, le cyber-harcèlement n’était pas encore puni par la loi en France. Il y a un aspect systémique dans le harcèlement pratiqué par des journalistes hommes, blancs, en poste ou en responsabilités, qui s’en prennent à des consœurs plus jeunes et dans la précarité. Parmi leurs autres victimes, il y avait aussi beaucoup d’hommes qui ne correspondaient pas aux normes idéales de la virilité, des personnes LGBT+, d’autres personnes racisées.

    Nous n’avons pas parlé car nous n’avions plus beaucoup de preuves : la quasi-totalité de ces messages a été effacée, de nombreux comptes ont été supprimés. Il y a un problème dans cette impunité. À quel titre un canard de gauche et progressiste peut-il permettre à des journalistes en poste d’écrire des tweets de blagues sexistes, homophobes ou racistes ? Même s’il ne s’agit plus de harcèlement ciblé...

    Mais le 3 novembre 2017, quand Libération a publié une tribune de soutien à Nadia Daam, journaliste pour 28 minutes et Europe 1 cyber-harcelée par les membres du site jeuxvideos.com, Prenons la Une n’a pas signé. Car parmi les signataires, il y avait plusieurs personnes qui avaient participé à mon harcèlement dont Vincent Glad et Alexandre Hervaud qui critiquaient sans gêne les autres. La tribune utilise ces mots : « Nous voulons simplement dire aux brutes qui la persécutent qu’elle n’est pas seule, que nous pensons, comme elle, qu’ils sont des êtres lâches, minables et méprisables, et que nous attendons patiemment, mais avec confiance, que la justice et la communauté même du web les mettent hors d’état de nuire ».

    Certains anciens harceleurs, comme Vincent Glad ou Guilhem Malissen ont construit, je le crois, une réflexion sur ces thèmes, appris à mieux réagir, voire adopté notre vocabulaire. Cela prouve notamment que nous avons gagné la bataille des idées, au moins dans ce milieu journalistique parisien. Je m’en réjouis. Merci pour vos excuses messieurs, continuez à réfléchir, intégrez ces concepts. Mais aujourd’hui faisons en sorte que le secteur des médias ne porte plus cette toxicité en lui. J’espère que nous y contribuons avec Prenons la Une.

    #Masculinisme #Ligue_LOL #Médias #Cyberharcèlement


  • Affaire de la « Ligue du LOL » : onde de choc dans les médias - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110219/affaire-de-la-ligue-du-lol-onde-de-choc-dans-les-medias

    Depuis vendredi, les accusations publiques émanant de femmes et d’hommes harcelés en ligne se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Plusieurs journalistes ayant pris part à ce harcèlement ont d’abord tenté de s’excuser, avant de démissionner ou d’être mis à pied.

    Souvent sous leur vrai nom, ou derrière de faux comptes, ces jeunes journalistes, alors incontournables sur le réseau social Twitter, les ont inondés d’injures sexistes, homophobes ou racistes, se sont livrés à des canulars, des mises à l’index ou des menaces, ont réalisé des photomontages pornographiques ou ont divulgué des numéros de téléphone personnels…

    La liste des méfaits de ces « twittos influents », numériques ou « dans la vraie vie », est longue. Elle a laissé de profonds traumatismes chez les victimes, dont certaines évoquent leur « peur » toujours aussi présente et pointent l’influence délétère des membres de la Ligue du LOL sur leur insertion professionnelle.

    Vendredi 8 février, alors même que se concluait un procès Baupin très suivi sur Twitter, c’est un article rédigé par l’équipe de Checknews – la cellule de « fact checking » de Libération –, qui a mis le feu aux poudres. À la suite de plusieurs témoignages diffusés sur les réseaux sociaux, il revient sur la Ligue du LOL, ce groupe Facebook créé en 2009 par Vincent Glad, rassemblant une trentaine de journalistes, déjà en poste ou en devenir.

    À l’époque, ce petit groupe affinitaire rassemble une large majorité de jeunes hommes, bien décidés à devenir les fers de lance d’un nouveau style de journalisme, le « LOL journalisme ». Une pratique émergente dans les années 2000, qui vise à traiter l’actualité de manière moqueuse et divertissante.

    Bon nombre d’entre eux accéderont à des postes très « en vue » dans des médias « progressistes » français. Pendant plusieurs années, ces journalistes se sont livrés, au su et au vu de toute la twittosphère (mais avant que celle-ci n’accède à son audience de masse actuelle), à des agressions en règle de dizaines d’internautes, journalistes ou blogueurs.

    Ce week-end, plusieurs anciens membres de la Ligue du LOL ont publié des textes sur les réseaux sociaux pour présenter leurs excuses, plaidant pour certains l’erreur de « jeunesse » au moment des faits (ils avaient entre 25 et 30 ans). « On se disait qu[’Internet] était une grande cour de récré, un grand bac à sable. C’était du trolling, on trouvait ça cool. Aujourd’hui, on considèrerait ça comme du harcèlement », a écrit Vincent Glad.

    Considèrerait oh ! conditionnel ou futur antérieur, c’est une conjugaison étrange...

    #Ligue_LOL #Cyberharcèlement


  • Ligue du LOL : après les accusations de cyberharcèlement, les sanctions
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/02/12/ligue-du-lol-apres-les-accusations-de-cyberharcelement-les-sanctions_5422300

    A Libération – dont le service de fact-checking Checknews a été le premier à faire état de ces agissements vendredi 8 février –, le numéro trois du service Web Alexandre Hervaud et le journaliste pigiste Vincent Glad, fondateur de la « Ligue du LOL », ont été mis à pied à titre conservatoire lundi. Une partie de la conférence de rédaction, à laquelle n’ont pas participé les deux intéressés, a été consacrée au sujet. Le climat était grave, presque pesant, avec des chefs « aux mines d’enterrement », selon une personne présente.

    Après avoir informé l’assistance des mesures prises, Laurent Joffrin, directeur de la publication et de la rédaction, a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour établir les faits précis. « Cela ne préjuge en rien d’une culpabilité quelconque et nous lançons donc une enquête interne pour savoir ce qu’il s’est passé, a expliqué au Monde M. Joffrin. Nous n’avons rien à cacher. C’est nous qui sortons l’information. Nous réagissons tout de suite. » De plus, le journal a consacré sa une de mardi et quatre pages au sujet : « Les médias à l’heure des comptes », a titré le quotidien de gauche.

    #Ligue_LOL #Médias


  • La Ligue du LOL : et après - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2019/02/11/ligue-du-lol-apres

    Je prétends donc qu’il est impossible de comprendre ce qu’il s’est passé dans la ligue du lol (mais aussi avec le 18-25, également avec Marsault mais également avec autant de groupes beaucoup moins constitués) si on ne s’interroge pas sur la construction de la virilité blanche et surtout contre qui elle se construit. Il ne s’agit pas, question m’a été posée, de dire que seuls les hommes blancs harcèlent bien évidemment. Il importe de se poser la question des boy’s club ; lorsque j’en ai parlé sur twitter il semble que l’expression ait été prise au pied de la lettre comme un club véritablement formé. Le boy’s club désigne pour moi simplement la socialisation masculine, du vestiaire à la salle à café, des comités de direction aux pages privées facebook où l’on construit et entretient sa masculinité sur le dos des minorités.

    #domination_masculine

    • Les femmes ne sont pas les seules victimes de harcèlement de cette ligue de journalistes médiocres ; il y a aussi des penseurs et des hommes engagés :

      Qui est ce que je découvre dans la « #ligueduLol » ? Des journalistes en masse, comme @AlexHervaud qui me harcèle depuis des mois, mais aussi @oliviertesquet, @vincentglad et d’autres mâles premiers qui le rejoignaient « pour le fun », distillant des leçons d’une arrogance affolée.

      Voilà le sentiment de toute puissance qui habite les journalistes en notre pays. Vous croyez à leurs excuses, en leurs communiqués stéréotypés ? Oubliez. Ils mentent pour sauver leur peau : incapables de la moindre pensée, ces trentenaires prépotents et évidés n’ont jamais cessé.

      Or cette coterie n’est qu’une parmi bien d’autres, en un petit Paris où les journalistes aiment à désigner leurs têtes de turc pour se les payer, alimenter leurs favoris, abuser de leur accès privilégié à l’espace public pour promouvoir leur médiocrité.

      Sans remise à plat de l’ensemble de la profession, de ses asservissements oligarchiques et les jeux de cour qui ne cessent d’en dériver, cette polémique ne sera qu’une inutile mise au pilori d’êtres qui n’ont mérité que notre mépris. Il est temps de recommencer à penser.

      Et à ceux qui pensent que tout cela est insignifiant : non, c’est exactement ce genre de logiques qui ont amené au dévoiement démocratique dont Macron a été tiré. A d’autres échelles, avec d’autres pouvoirs. Les mêmes coteries auxquels au quotidien, en ces sphères, on assiste médusé.

      Juan Branco

    • Et je vais même renforcer mon propos en signifiant que l’une des plus violentes harceleuses sur ce media, capable de mener des campagnes délirantes, est une femme journaliste à l’opinion. D’où mon post où je parle bien du côté mâle premier mais étends aussi le raisonnement.

      https://twitter.com/anatolium/status/1094660163926179843

      « Il y a eu des victimes et des bourreaux chez les hommes et chez les femmes. »

      « Toute cette affaire révèle en effet que le journalisme mainstream s’opère dans un milieu compétitif, très parisien, où écraser l’autre, faire preuve de méchanceté, voire de petitesse et célébrer l’entre-soi de classe priment sur les compétences, l’empathie et l’éthique. »

    • Détestes tu à ce point Juan Branco pour parler de récup.
      Je pense qu’il y a une majorité de femmes harcelées mais aussi des personnes qui sortent du cadre néo-libéral médiocre des journalistes mainstream hommes et femmes dominantes.
      @val_k :)
      « Ligue du LOL » : Aurore Bergé rattrapée par ses anciens tweets


      https://twitter.com/Le_Figaro/status/1094858720176234497

    • Je ne le détestais pas du tout mais qu’il ramène la couverture à lui comme ça, et que je doive expliquer ici aussi que ce serait bien que les mâles qui prennent déjà beaucoup de place soient capables de se taire ou juste retweeter les victimes et attendre un peu avant de perrorer, oui ça me saoule grave.
      En attendant, je me délecte de voir le château de cartes s’écrouler :

      Depuis ce matin.
      Vincent Glad et Alexandre Hervaud mis à pied par @libe.
      @brainmagazine suspend sa collaboration avec Glad.
      Démission de Stephen des Aulnois.
      @NouvEcoutes cesse sa collaboration avec Guilhem Malissen.
      David Doucet mis à pied par @lesinrocks.

      Ménage.
      #LigueDuLol

      https://twitter.com/Elsa_Gambin/status/1094973668093059072?s=19

    • Oui, leurs excuses tardives et leurs mensonges uniquement pour sauver leur peau ne les auront donc pas protégés ; mais attention Libé reste toujours au service de l’oligarchie même à travers cette juste mise à pied qui est une sanction disciplinaire (comme l’avertissement ou le blâme) mais pour une courte durée.
      https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/02/10/journalistes-reseaux-sociaux-et-harcelement-comprendre-la-polemique-sur-la-l

    • Bah, je suis dégoûtée : Nicolas Voisin vient de dire qu’il en a salarié quelques uns (et même des pas encore outés), des loleurs de mes deux, qui s’étaient bien sûr mal comporté, voire l’avaient lui-même intimidé et qu’effectivement, à la place de ces sales types, il aurait eu le fric d’embaucher des gens plutôt comme moi.

      Je me console en me disant que je ne suis pas devenue une journaliste parisienne qui a réussi, imbue d’elle-même et aveugle dans son microcosme, genre, aujourd’hui, j’aurais seulement peur des GJ et je ne comprendrais rien à ce qui se passe.

    • #cyberharcèlement
      Je connais des enfants qui en 2011 se sont fait harcelés avec flot de haine sous le post de leur photo. Certains ont attendu d’en parler à des adultes et s’en sont ouverts il y a moins d’un an ! maintenant qu’ils sont majeurs. Les harceleurs étaient leurs camarades de classe et leurs suiveurs qu’ils ne connaissaient pas, et il y a eu grave mise en danger de leur vie et grosse dépression pour des familles qui ne comprenaient pas ce qu’il se passait. Le sillage de ces pourris de la ligue du Lol.


  • J’ai, il y a huit ans, et pendant plusieurs années, été harcelé par la Ligue du Lol | Benjamin LeReilly
    https://medium.com/@LeReilly/jai-il-y-a-huit-ans-et-pendant-plusieurs-ann%C3%A9es-%C3%A9t%C3%A9-harcel%C3

    Tout le monde savait, à l’époque, tant qui en était que ce qu’ils faisaient. Les membres les moins virulents savaient ce que faisaient les membres les plus virulents. J’ai reçu des messages insultant des deux tiers des membres, ceux-là même qui se défendent d’avoir fait usage de comptes fakes ou de ne pas avoir participé hors du groupe. J’ai, plusieurs années après, reçu régulièrement des pics de la part de membres, ceux-là même qui disent avoir quitté le groupe il y a bien longtemps. Tous, ou presque, mentent. Source : Relevé sur le Net...

    • DariaMarx » Ma Ligue du LOL
      http://dariamarx.com/2019/02/10/ma-ligue-du-lol

      Ils se sont calmés quand le féminisme est devenu chic. Tendance.

      Ils se sont calmés quand certaines femmes sont devenues puissantes.

      Ils se sont calmés parce qu’ils ont accédé à des postes importants. Plus le temps de faire de la merde quand on est rédacteur en chef des Inrocks j’imagine.

      Voilà le nom de mes harceleurs, ceux qui m’ont particulièrement chassés et blessés :

      La liste complète est ici , les autres m’ont aussi insultés, mais je n’ai pas le souvenir de leur harcèlement, juste d’être régulièrement moquée.

      Vincent Glad – travaille pour Libé

      Renaud Loubert Aledo – @claudeloup – Agence Publicis Consultants – pires souvenirs

      Vadim Poulet – @vadimplt – agence JWT Paris

      Guillaume Livolsi – @lapin_blanc – pires souvenirs

      Guilhem Malissen – ex @pornkid maintenant @GuilhemMalissen – Nouvelles Ecoutes – m’a présenté des excuses suite à l’explosion de l’affaire sur la ligue du Lol

      Stephen des Aulnois – @desgonzo – Le Tag Parfait – a notamment fait tourner des photos pornos avec mon visage – j’ai déposé une main courante contre lui, je l’ai confronté IRL, il ne s’est pas excusé.

      Gautier Gevrey – @woumpah

      Julien Le Rouvreur – jfdescelestins – continue à ce jour, encore horrible.

      D’autres n’étaient pas dans la Ligue, mais ont profité de la meute pour me détruire. C’est raté.


  • Le profil type du « complotiste » ? Un jeune gueux qui ne vote pas pour Macron 7 Février 2019 Frustration _
    https://www.frustrationlarevue.fr/le-profil-type-du-complotiste-un-jeune-gueux-qui-ne-vote-pas-pour

    Voici l’incroyable conclusion qui ressort du dernier sondage pondu par l’inénarrable Rudy Reichstag, directeur de l’officine pro-gouvernementale de l’observatoire du conspirationnisme, créé en 2007, Conspiracy Watch. Un an après un premier sondage déjà extrêmement perfectible et orienté, voilà qu’ils en remettent une couche en précisant cette fois que, o surprise, les gueux ainsi que les jeunes seraient les plus touchés par le conspirationnisme. C’est dire qu’un tel sondage tombe à point nommé, où les tentatives de-crédibilisations d’un mouvement des gilets jaunes composés de tartufes complotistes à la Maxime Nicolle font bondir les bourgeoisies de droite comme de gauche de leur siège doré.

    “Les seniors sont moins concernés. Mais tout ça est corrélé au niveau de diplôme (les diplômés du supérieurs sont moins poreux que ceux qui n’ont pas ou que le Bac), au niveau de vie (plus on fait partie des défavorisés, plus on adhère à ce types de contenus)”, explique ainsi ce cher Rudy Reichstag sur France inter .

    Faire du complotisme une affaire de classe est évidemment une manière de désigner et de dénigrer des imbéciles à remettre dans le droit chemin de la Vérité à coup d’éducation aux médias infantilisant et de fact-checking pour se racheter une crédibilité maintes fois perdues et, par conséquent, à contenir ou retenir toute remise en question de l’ordre économique sociale et politique existant. C’est que le complotisme de l’Elysée, comme le décrit si bien Frédéric Lordon dans son dernier billet , qui consiste à fantasmer sur des gilets jaunes soit disant contrôlés par l’affreuse main russe afin de se déresponsabiliser n’est nullement décrit dans ce sondage, comme celui des anti-complotistes complotistes souvent macronistes. Hélas, l’auto-analyse, ça n’est pas pour tout de suite non plus. Car en effet il ressort également de cette « enquête » une résistance au complotisme chez les Français qui ont voté Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, mais que l’électorat de Jean Luc Mélenchon, de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont Aignan sont d’avantage sensibles aux théories conspis. Diantre ! 

    Et s’il y a bien un naïf pour se laisser berner par ce genre de sondage, c’est le journaliste qui, par un mimétisme navrant, s’embourbe dans la brèche à recracher bêtement des conclusions à peine exagérées. « Le fléau du complotisme en France : une menace pour notre démocratie », titre le quotidien régional La Dépêche, « Sondage sur le complotisme : 4 enseignements à tirer », s’inquiète le JDD. Pourtant, il leur fallait seulement cinq petites minutes afin de questionner par téléphone Rudy Reichstag sur sa méthodologie douteuse : quels sont les échantillons ? Sont-ils réellement représentatifs ? Quel est le degré de réponses « trolls » ? Pourquoi ces catégories ? Les réponses sont-elles suffisamment nuancées ? Certains journalistes, décidément en roue libre, n’hésitent pas à conclure, comme sur France inter : « Une enquête qui montre une nouvelle fois que les Français sont de plus en plus perméables aux théories complotistes et notamment les jeunes adultes » (3).

    Ils leur suffisaient également pour certains de dix petites minutes supplémentaires afin d’interroger les nombreux raccourcis surprenants qui sont une nouvelle fois effectués ici, c’est-à-dire mettre au même niveau la croyance en la terre plate et le fait que ministère de la Santé soit de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins, qui relève plus d’une défiance générale envers les institutions qui mériterait d’être interrogée plutôt que blâmée.

    Cette confiance aveugle de ces journalistes envers cette enquête sans l’once d’esprit et de recul critique est, elle aussi, très inquiétante. Le sondage ne mérite aucune contre-expertise, ce qu’ils appellent en rédaction ou en école de journalisme le fameux « contre-pied », imposé une fois sur deux en fonction de leur « idéologie » non assumée, lorsque c’est par exemple trop « militant », mais rarement dans ce genre de cas présent. Vivement les analyses incroyablement fines de spécialistes et de chercheurs/euses en tout genre, de Marie Peltier en passant par Tristan Mendes France, qui étaient étonnement bien silencieux lorsque des journalistes accusaient des gilets jaunes d’avoir foutu le feu à des voitures devant le siège du quotidien Le Parisien.

    En parallèle de ce qui semble bien être un véritable naufrage journalistique ridiculement cocasse, le journaliste Vincent Glad explique la raison pour laquelle selon lui les journalistes ont tardé à parler des violences policières lors des manifestations des gilets jaunes : « Au début, je ne voulais pas y croire, je me disais que ce n’était pas possible. Le gouvernement ne pouvait pas sciemment demander à sa police de tirer à coup de lanceur de balle de défense sur la tête des manifestants. J’ai l’impression que j’ai été victime de l’habitus journalistique qui fait qu’on se méfie toujours de toute théorie du complot, qu’on est toujours trop mesuré, trop lent avant de s’indigner. Je me disais « ce n’est pas possible, l’État ne peut pas faire ça, ça ne peut être que des bavures isolées ». Tout est dit.

    #libération #enfumage #complotisme #Vérité #journaliste #journalisme #fake_news #croyance #vaccins #oligarchie #rudy_reichstag #vincent_glad


  • Revue de presse continue spéciale Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Gilets jaunes : « Je n’ai jamais vu autant de blessés graves »

    En pleine crise des « gilets jaunes », Bruno Le Maire alerte sur les inégalités

    Vincent Glad, journaliste « expert » en gilets jaunes

    Besançon : le grand débat dégénère après l’intrusion de “gilets jaunes”, le patron de LREM pris à partie

    Bruno Le Maire clôt le débat : le gouvernement ne changera pas

    La CGT appelle à faire grève pour « l’urgence sociale » le 5 février

    La loi « anti-casseurs » prépare la criminalisation des manifestants

    Quand le vent se lève, s’envole le décor libéral

    « C’est ça, la justice ? Eh ben vivent les gilets jaunes, ils ont raison ! » comparutions immédiates, Paris, 14 janvier

    Les Gilets jaunes sont le premier mouvement social écologiste de masse

    Macron : sa grande campagne nationale est-elle légale ?

    Granddebat.fr : le site Internet pas si neutre du grand débat national de Macron

    (...la suite...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • Libé n’est pas “Gilets jaunes” – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/7045

    par André Gunthert

    En résumé, si les Gilets jaunes se conformaient à l’avis de Laurent Joffrin, plutôt que de tourner en rond dans leur bulle de filtre non filtrée, il n’y aurait pas de gouffre ni de raison de s’émouvoir. Au passage, l’expert ès réseaux sociaux trahit le biais que l’ensemble du dossier tente de dissimuler. « Leur vérité », dit-il, laissant entendre que celle-ci ne saurait être confondue avec celle de Libération ou de la presse, dont Laurent Joffrin nous assure qu’elle n’a pas démérité.

    Question de point de vue. Pour Stéphane Delorme, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma : « Le récit raconté par les médias était répugnant. La TV s’est encore une fois ridiculisée face à internet. D’un côté cette image terrifiante présentée comme sécurisante au JT de 20h, le 15 décembre, de manifestants devant l’Opéra qu’on empêche de rejoindre les Champs sous l’œil de la police montée prête à charger. De l’autre la profusion sauvage des vidéos de violences policières, qui à force deviennent un genre en soi ».

    Si, malgré l’observation attentive de Vincent Glad, cette vérité, celle des violences d’un pouvoir désemparé et d’une désinformation d’un niveau rarement atteint, reste distincte de la vérité que peut admettre un quotidien des classes supérieures, ce n’est pas parce que les acteurs du mouvement se jugent mal représentés. Mais bien parce que ceux dont c’est la mission et le métier ont construit le récit de la crise en fonction d’un filtre bien plus puissant que la bulle de filtre, puisqu’il est invisible même aux yeux d’un grand professionnel comme Laurent Joffrin : le filtre de la conscience de classe.

    Ceux qui doutent que la crise des Gilets jaunes est fondamentalement un conflit de classes, miroir de l’accélération historique des inégalités et de la concentration des profits, n’ont, pour s’en convaincre, qu’à observer son accueil par les classes supérieures, qui ont rarement opposé une réaction d’une telle violence à un mouvement social quel qu’il soit. La négation de toute désinformation, telle que nous la livre candidement Libération, est encore une confirmation de cette désinformation – la manifestation, non d’un défaut des méthodes du journalisme, mais d’un barrage social, d’une impossibilité de voir.

    Ce que nous répète Libération, pour justifier la critique du mouvement – « le faible nombre de manifestants, les dérapages xénophobes ou violents de certains, la confusion née d’un refus obsessionnel de toute représentation » (Joffrin) – n’est que le récit en boucle d’une vision de classe qui a condamné d’emblée la colère des plus modestes. Pour sortir de cette impasse, encore faudrait-il que la classe médiatique aperçoive, comme on l’apprend en première année de sociologie, qu’elle ne peut pas s’exclure du champ social, qu’elle est juge et partie. Diagnostic pertinent, la « crise de la représentativité » ne saurait être seulement une crise dont les producteurs de représentation rejettent la responsabilité sur les représentés.

    #Gilets_jaunes #Médias


  • affordance.info : Après avoir Liké, les gilets jaunes vont-ils voter ?
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/les-gilets-jaunes-vont-ils-voter.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad3a51481200d-600wi

    par Olivier Ertzscheid

    Chacun d’entre nous est en relation avec ce que l’on appelle des liens « forts » et des liens « faibles ». Les liens « forts » ce sont nos « vrais » amis / famille, les gens avec qui l’on interagit le plus souvent. Et les liens « faibles » sont « les amis de nos amis », c’est à dire les cercles relationnels plus distants, mais dont la force et la capacité de prescription est également très efficace en cela qu’ils permettent d’avoir accès à d’autres cercles, d’autres réseaux. C’est la théorie de la force des liens faibles développée par Mark Granovetter en 1971 et dont Facebook est l’incarnation absolument parfaite.

    Facebook dispose du graphe complet des liens forts et des liens faibles de chacun des 2,2 milliards de nos profils. C’est déjà fascinant (et angoissant) mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

    A un autre niveau du graphe on trouve les différentes « interactions » dont le célèbre « Like ». Et là encore, pour chacun d’entre nous, et au prisme de chacun de nos liens faibles ou forts, Facebook dispose de l’ensemble des « Like » que nous avons déposés et qui renseignent là encore assez admirablement sur nos opinions politiques, religieuses, sur notre situation sociale, sur nos intentions d’achats, sur nos goûts et nos dégoûts culturels, etc. Là encore les chiffres sont dantesques : 4,5 milliards de Likes distribués chaque jour, presque 5 milliards de contenus partagés chaque jour et plus de 10 milliards de message chaque jour. Bref « une version post-moderne de la Stasi » comme disait Julian Assange.

    Et puis au milieu de tous ces graphes déjà tous reliés entre eux, il existe aussi, dans la structure du réseau lui-même, des points qui jouent le rôle « d’attracteurs ». Ces points peuvent être des profils individuels, par exemple les gens qui ont statistiquement beaucoup plus de liens forts ou de liens faibles que les autres, et qui sont donc, pour le dire très vite, plus « influents » ou qui sont des « aiguilleurs de viralité » beaucoup plus efficaces ; et puis il y a, donc, les pages et les groupes. Dont le Compteur officiel de gilets jaunes (« Combien sommes-nous de gilets jaunes ? »).

    Le deuxième truc important c’est qu’il s’agisse d’un groupe (il faut s’y inscrire) et non d’une page (à laquelle on peut s’abonner ou que l’on peut "liker"). Un groupe, on y "entre". Et une fois qu’on y est entré, l’algorithme de Facebook va faire le reste. Et comme le rappelait l’excellent Vincent Glad :

    "Le mouvement a été sans conteste aidé par le nouvel algorithme Facebook qui survalorise les contenus de groupes au détriment des contenus postés par des pages (et donc par les médias). Après quelques likes sur un groupe, on se retrouve submergé du contenu de ce groupe dans son fil d’actualités. Le nouvel algo a précipité les gilets jaunes dans une « bulle de filtre » où ils ne voient presque plus que du contenu jaune."

    Pour Facebook il est donc très facile de très précisément savoir, à l’échelle de chaque profil individuel, qui a liké, commenté, approuvé ou désapprouvé tout ou partie des revendications, et de le faire revendication par revendication, profil par profil, avec un niveau de granularité très fin. Non seulement c’est très facile mais en plus c’est la base de son modèle économique, de son architecture technique, et de ses récents et récurrents ennuis ...

    Ces informations, Facebook est en capacité de les « vendre », à tel ou tel parti politique dans le cadre de n’importe quelle élection. Pour être précis - c’est important - il ne « vendra » pas « le nom de Untel qui a liké telle proposition » mais il permettra à tel annonceur agissant pour tel parti politique ou tel lobby, d’afficher la bonne publicité ou le bon argument au bon moment sur le bon profil pour le convaincre que son candidat soutient cette idée. Bref très exactement ce qui s’est produit dans le cadre du scandale Cambridge Analytica (avec toute les histoires de « dark posts » et autres « shadow profiles ») et qui, sachons-le, va continuer de se produire puisque la seule décision de la plateforme après ledit scandale fut de promettre davantage de transparence.

    #OhWait.

    On a donc, une nouvelle fois un assez gros problème qui se profile à l’horizon pour autant que l’on soit attaché à une version républicaine de la démocratie. Parce que quelle que soit l’issue du mouvement des Gilets Jaunes et indépendamment de sa temporalité propre, il est absolument évident que les prochaines élections en France vont se jouer sur la cinquantaine de thèmes qui sont présentés ici. En commençant par ceux liés au pouvoir d’achat.

    Quelle que soit l’issue du mouvement, la base de donnée « opinion » qui restera aux mains de Facebook est une bombe démocratique à retardement ... Et nous n’avons à ce jour absolument aucune garantie qu’elle ne soit pas vendue à la découpe au(x) plus offrant(s).

    Il n’est pas impossible que cette émancipation leur soit également volée parce qu’une nouvelle fois, il faut le dire, le répéter et le comprendre, Facebook facilite autant les révolutions sociales qu’il en compromet la victoire. Et qu’une plateforme commerciale privée se substituant à un espace de débat public a d’abord vocation à instrumentaliser toute forme d’expression singulière ou groupale au service de ses seuls intérêts économiques.

    Ajoutez à cela le fait que voilà des décennies que l’action politique a privé et amputé les classes populaires et intermédiaires d’un peu de leur pouvoir d’achat et de beaucoup de leur dignité. Considérez également toutes ces années où la parole et la voix de ces mêmes classes populaires et intermédiaires, pour autant qu’on leur ait permis de l’exprimer, a été niée dans son expression même, notamment au moment du référendum européen de 2005. Et puis tant que vous y serez, n’oubliez pas d’ajouter aussi toutes ces années à refuser la proportionnelle et à déconnecter toujours davantage la votation de la représentation pour s’étonner ensuite de la montée des abstentions.

    Ce que les Gilets Jaunes sont en train de tenter de rebâtir dans une errance politique qui n’est mesurable qu’à l’aune de leur désespérance idéologique c’est, simplement, fondamentalement et essentiellement, un espace réel de revendications. Rien d’autre. Autour de ronds-points qui sont leurs assemblées. Un espace réel de revendications toutes légitimes. Oui. Toutes légitimes car toutes relevant d’un sentiment d’urgence. Et cette urgence est moins celle des fins de mois difficiles que celle d’une dignité à reconstruire.

    Que la rationalité politique classique et les alcôves classiques du compromis (la fameuse « table des négociations ») paraissent tout à fait inatteignables n’est une surprise que pour ceux qui ont laissé ce fiasco s’organiser tant qu’il leur permettait de préserver leurs intérêts. Chaque plateau télé, chaque débat radiophonique confrontant les moins radicaux des Gilets Jaunes aux plus modérés des représentants politiques l’affirme avec l’évidence d’une formidable claque dans la gueule.

    #Facebook #Gilets_jaunes #Démocratie


  • (6) Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modérateurs Facebook - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/30/dans-le-combat-final-des-gilets-jaunes-jupiter-va-affronter-des-moderateu

    Plusieurs des porte-parole du mouvement sont les administrateurs de groupes Facebook très influents. Ils conçoivent leur action dans une transparence totale et sont soumis en temps réel à la supervision et la critique de leurs congénères.

    Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modérateurs Facebook

    Dans un mouvement sans chef, qui est le patron ? A un moment, il faut bien une structure pour coordonner la lutte, déterminer une liste de revendications, répondre à la presse et négocier avec le gouvernement. Pour répondre à cette problématique, les gilets jaunes ont mis en place une « délégation » de huit « communicants officiels » chargés de prendre contact avec le gouvernement.

    Qui sont ces huit porte-parole ? Comment ont-ils été désignés ? Le sujet est inflammable au sein des gilets jaunes qui prônent une démocratie directe, un horizontalisme radical dans lequel chaque voix doit se faire entendre de la même manière. Ce n’est pas très démocratique mais l’équipe des huit s’est auto-nommée, autour d’un canal historique des gilets jaunes : Eric Drouet (qui a depuis annoncé se retirer de la délégation ce jeudi), créateur de l’événement Facebook du 17 novembre, et Priscillia Ludosky, créatrice de la pétition contre la hausse du prix du carburant qui a tout lancé.

    Dans ce nouveau genre de mobilisation, où la participation en ligne est toute aussi importante que les blocages sur les ronds-points, les chefs par défaut sont les admins des pages Facebook. Eric Drouet et Priscillia Ludosky sont maintenant tous les deux admins du groupe La France en colère !!!, qui comprend 250 000 personnes. Dans le groupe des huit, une troisième tête se dégage : le charismatique Maxime Nicolle aka Fly Rider, qui avait été invité chez Cyril Hanouna. Il gère Fly Rider infos blocages, un groupe de 62 000 personnes qui suivent ses Facebook live quotidiens.

    S’il fallait tracer les limites d’un ancien et d’un nouveau monde, Emmanuel Macron et Philippe Martinez apparaissent comparés à Eric Drouet et Maxime Nicolle comme la relique d’une époque révolue. Ces deux leaders des gilets jaunes renouvellent totalement la manière de gérer un mouvement social.

    Avec eux, tout se passe en direct sur Facebook, via des lives où les deux porte-parole se retrouvent sous un feu nourri de questions et de critiques, auxquels ils répondent toujours, avec un grand calme et une certaine responsabilité (malgré la diffusion parfois de fausses informations).

    On se demanderait presque pourquoi BFM TV ne les diffuse pas en direct à l’antenne. Ces lives n’ont pas moins de pertinence dans le conflit qu’un discours d’Emmanuel Macron ou Edouard Philippe. Alors que, parmi les gilets jaunes, plus personne ne croit au discours des médias traditionnels, ces Facebook live, et plus largement toutes les vidéos qui circulent sur le réseau, apparaissent comme le seul média fiable.

    Exemple de ces dialogues entre gilets jaunes et leurs leaders informels. Sur un live de Maxime Nicolle, un internaute lui écrit en commentaire : « Et après ça il faut accepter des milliers de jeunes migrants, j’en ai marre des gens qui se voilent la face et qui se demandent où part le fric des Français. » Très calme, sans cette panique typique du journaliste télé confronté à une question qui sort du cadre, Nicolle lit la question et répond du tac au tac : « L’immigration, elle est due à quoi ? A la France qui vend des armes à des pays qui bombardent les civils. Au lieu de traiter la conséquence en étant raciste contre les immigrés, si tu veux que ça change, faut s’attaquer à la source du problème et arrêter de vendre des armes à ces pays. »

    On peut évidemment douter de cette explication un peu simpliste, mais force est de constater que Maxime Nicolle joue là le rôle d’un corps intermédiaire – typiquement d’un leader syndical – en canalisant la colère populaire, en répondant aux inquiétudes des éléments les plus extrêmes de sa base. Dans les groupes de gilets jaunes, il y a une vraie différence entre le ton posé de ces Facebook lives, fascinants moments de débat public, et la violence parfois affligeante des commentaires.
    Démocratie de l’audience

    Nicolle et Drouet le répètent sans cesse, ils ne sont pas des chefs ou des porte-parole mais de simples « messagers » de la colère des gilets jaunes qu’ils répercutent sur les plateaux télé ou dans les palais de la République. « Il faut pouvoir informer les gens, expliquait Nicolle dans un Facebook live. Il y a des gens comme moi et d’autres qui font des vidéos parce qu’ils ont des facilités d’élocution, que d’autres n’ont pas. Si nous, on ne le fait pas, personne ne le fera à notre place. » C’est une démocratie de l’audience : le succès de leurs groupes et de leurs Facebook lives leur donne une mission d’information et de représentation par rapport aux autres gilets jaunes.

    Cela a été très peu relevé mais il s’est passé un événement considérable lors de la rencontre entre les deux représentants des gilets jaunes et François de Rugy mardi soir : la réunion a été diffusée en Facebook live par Eric Drouet, en caméra cachée, sans l’accord du ministre de l’Ecologie.

    Maxime Nicolle le disait dans une vidéo : « Je ne sais pas si je serai convoqué pour aller discuter à l’Elysée mais si c’est le cas, ce sera filmé en direct. Sinon ça ne vaut pas la peine. » Pour les gilets jaunes, une réunion avec le gouvernement ne peut qu’être diffusée en direct, sinon ils manqueraient à leur obligation de transparence et pourraient trahir, dans l’opacité des négociations politiques, les revendications de la base. La République en marche, le mouvement participatif le moins participatif de tous les temps, incapable de toute transparence, ferait bien de s’en inspirer.

    Sondage sur le groupe Facebook de Maxime Nicolle aka Fly Rider.

    La différence entre un élu politique et un représentant gilet jaune est que ces derniers sont soumis en temps réel à la supervision et à la critique de leurs congénères. On découvre là un séduisant modèle de démocratie directe.

    Commentaires les plus likés pendant le direct d’Eric Drouet au ministère de l’Ecologie.

    Contrairement à ce que pensent les gilets jaunes, persuadés que Macron les censure par l’entremise de Facebook, leur meilleur allié s’appelle Mark Zuckerberg. Le mouvement a été sans conteste aidé par le nouvel algorithme Facebook qui survalorise les contenus de groupes au détriment des contenus postés par des pages (et donc par les médias). Après quelques likes sur un groupe, on se retrouve submergé du contenu de ce groupe dans son fil d’actualités. Le nouvel algo a précipité les gilets jaunes dans une « bulle de filtre » où ils ne voient presque plus que du contenu jaune.

    Cette mise en avant des groupes résulte d’un changement de paradigme de Mark Zuckerberg, qui a décidé, à l’issue d’une tournée dans l’Amérique profonde, de développer la fonctionnalité Groupes du réseau.

    « Connecter ensemble les amis et la famille a été quelque chose très positif, déclarait Zuckerberg en 2017. Mais je pense qu’il y a ce sentiment général que nous avons une responsabilité pour faire plus que cela et pour aider les communautés et aider les gens à être exposé à de nouvelles perspectives et rencontrer de nouvelles personnes – pas seulement donner la parole aux gens, mais aussi aider à construire un terreau commun pour que les gens avancent ensemble. » Qui mieux que les groupes de gilets jaunes ont appliqué la doctrine de Zuckerberg ?

    Le patron de Facebook a pensé la fonctionnalité Groupes comme une manière de désenclaver l’Amérique périphérique : « Je vais aller dans une église et le prêtre va me dire : "Je sais que si une usine ferme dans ma ville, je vais faire de l’aide psychologique à de nombreuses personnes le mois suivant." Quelqu’un doit s’occuper de cela. Les structures qui aidaient les gens sont en train de disparaître. »

    Les admins de groupe Facebook, dont les prérogatives ne cessent d’être augmentées par Zuckerberg, sont les nouveaux corps intermédiaires, prospérant sur les ruines des syndicats, des associations ou des partis politiques. Ayant méticuleusement fait disparaître ces courroies de transmission entre lui et le peuple, Emmanuel Macron se retrouve maintenant en frontal face à des admins de page Facebook.

    Dans le combat final des gilets jaunes, Jupiter va affronter des modos. Qui vont le filmer en direct en vidéo verticale et n’hésiteront pas à le kickban s’il refuse de donner pièce à leurs revendications. Bonne chance, Manu.
    Vincent Glad auteur du blog l’An 2000 sur liberation.fr

    #Facebook #Gilets_jaunes #Mobilisation #Groupes_facebook


  • Les Gafa dans la ville : un quartier de Berlin repousse Google
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/les-gafa-dans-la-ville-un-quartier-de-berlin-repousse-google_1689452

    L’alliance inattendue entre les riverains anticapitalistes et de jeunes expats hacktivistes dessine le nouveau combat des années à venir contre l’irruption des géants du Web dans la ville.

    Il y a toujours de bonnes raisons de détester son voisin. A fortiori quand il s’appelle Google. Depuis deux ans, des affiches « Google ist kein guter Nachbar ! » (Google n’est pas un bon voisin), s’affichaient partout sur les murs du quartier berlinois de Kreuzberg. Après une longue et intense mobilisation, les riverains viennent d’obtenir une éclatante victoire qui résonne dans le monde entier : la société renonce à installer comme prévu un « Google campus » au bord du canal de Kreuzberg. Oui, un petit quartier peut à lui seul repousser un géant du Web.

    Au nom de quoi Google ne ferait-il pas un bon voisin ? Après tout, Google est propre, poli, pas trop bruyant et paye sans doute sa tournée à la fête des voisins. Le maire de Berlin, d’ailleurs, se montrait ravi de l’investissement de Google. La capitale allemande se targue d’être une nouvelle capitale européenne des start-up, une « Silicon Allee » capable de rivaliser avec Paris ou Londres, avec son vivier de jeunes créatifs venus du monde entier. Dans ce contexte, l’argent de Google est toujours le bienvenu et la ville cherche maintenant un nouveau quartier pour installer ce campus Google. Un élu du quartier voisin de Lichtenberg propose de loger Google (sans ironie aucune)… dans l’ancien QG de la Stasi. Un haut lieu du traitement des données personnelles.

    Le vrai problème c’était Kreuzberg, et sa sociologie si particulière. Ce quartier est toujours présenté comme le foyer historique de la contre-culture et de l’anticapitalisme berlinois. C’est oublier que depuis une dizaine d’années, le quartier s’est profondément gentrifié et internationalisé, devenu l’épicentre du Berlin hipster. L’arrivée de Google, dans des locaux de 3 000 mètres carrés, n’aurait pas fondamentalement changé la donne. Au début de l’année, Factory, un immense incubateur à start-up de 150 000 mètres carrés, a ouvert ses portes quelques centaines de mètres plus loin. Un projet financé en partie par… Google. Mais le combat contre le campus est devenu hautement symbolique en coalisant les deux populations très différentes qui peuplent maintenant le quartier : les anars allemands et la jeune génération d’expats. Pour les premiers, se battre contre Google est le prolongement naturel des combats contre la gentrification. Pour les seconds – qui sont ironiquement une force majeure de gentrification de quartier –, ce n’est pas tant une question de voisinage que de combat global contre Google.

    Le site Fuck off Google, porte-étendard de la lutte, a été monté par un hacktiviste français, ancien de la Quadrature du Net. Arrivé il y a deux ans, il se fait appeler Sergey Schmidt, en référence aux noms des deux fondateurs du moteur de recherche. Dans une interview donnée à Exberliner, il raconte qu’au départ, il n’osait pas aller aux « cafés anti-Google » dans une petite librairie anarchiste… parce qu’il ne parle pas assez bien allemand. Plus que la gentrification, Sergey Schmidt dénonce une entreprise qui pratique l’évasion fiscale et la collecte massive de données et veut imposer « un futur dystopique dans laquelle la fusion entre les humains et les ordinateurs est vendue comme inévitable ». Dans les réunions de quartiers, l’activiste français haranguait les riverains : « Ce n’est pas une gentrification normale. Ceux qui veulent transformer Kreuzberg en Silicon Valley ont une idéologie derrière ».

    L’alliance hétéroclite des anars berlinois et des hacktivistes expats préfigure ce qui sera un des grands combats des années à venir : la lutte contre l’invasion pernicieuse des Gafa dans les villes. « Quatre entreprises états-uniennes (Google, Apple, Facebook, Amazon), opérant partout dans le monde et disposant de moyens financiers colossaux sont en train d’investir nos quartiers. Après avoir complètement restructuré des filières entières – l’économie numérique, l’informatique, la musique, le livre, l’alimentaire – leur prochain terrain de jeu est déjà choisi : la ville », dénonce l’adjoint au maire de Paris Ian Brossat, dans son livre Airbnb, la ville uberisée. A Paris, l’élu communiste ne lutte pas (encore ?) contre Google mais contre Airbnb, qu’il accuse de vider les quartiers de ses habitants et de promouvoir une ville-Potemkine, un Disneyland pour visiteurs étrangers.

    Les théories quelque peu paranos qu’on pouvait entendre aux réunions anti-Google à Kreuzberg – « Cela commence avec un campus et ça se termine avec Google, propriétaire de tout le quartier, qui récolte les données des habitants » – ne sont plus si dystopiques que cela. A Toronto, une filiale de Google, Sidewalk Labs, a récupéré une vaste friche industrielle de 325 hectares, pour y développer un projet test de smart city, un SimCity géant où Google pourra construire des logements, des bureaux, des parcs et surtout placer des milliers de capteurs pour recueillir des données. Toronto pose le problème de l’irruption sans élection d’un acteur majeur qui pourrait prendre à terme le pouvoir sur la ville. A Seattle, Amazon a pris possession d’une partie du centre-ville pour construire son siège social. Avec de véritables ambitions urbanistes : « Nous ne bâtissons pas un campus, mais un quartier. » Le mot « campus » lui-même, qui a sans doute agité le chiffon rouge pour les activistes de Kreuzberg, est un terme utilisé par tous les géants du Web américains pour désigner leurs sièges sociaux et bien signifier leur intervention sur la ville.

    Le projet de campus berlinois était bien plus modeste mais a fini par prendre une grande importance symbolique. Chaque victoire d’un quartier, d’un voisinage contre un géant du Web va maintenant s’inscrire dans ce combat pour la suprématie sur les villes du futur. Google n’est définitivement pas un voisin ordinaire. Peut-être qu’il paye sa bouteille à la fête des voisins, mais il souhaiterait surtout payer le wi-fi à tout le monde. Et siphonner au passage les données.

    Vincent Glad

    #Google #Gafa #gentrification #fuck_off_google #dégooglelisons #Berlin


  • Une alliance des anars locaux et des hacktivistes expatriés pour contrer les GAFA dans un quartier d’une capitale. Pas mal dans un monde en pleine reconfiguration ou tout semble possible.

    L’alliance hétéroclite des anars berlinois et des hacktivistes expats préfigure ce qui sera un des grands combats des années à venir : la lutte contre l’invasion pernicieuse des Gafa dans les villes. « Quatre entreprises états-uniennes (Google, Apple, Facebook, Amazon), opérant partout dans le monde et disposant de moyens financiers colossaux sont en train d’investir nos quartiers. Après avoir complètement restructuré des filières entières - l’économie numérique, l’informatique, la musique, le livre, l’alimentaire - leur prochain terrain de jeu est déjà choisi : la ville », dénonce l’adjoint au maire de Paris Ian Brossat, dans son livre Airbnb, la ville uberisée. A Paris, l’élu communiste ne lutte pas (encore ?) contre Google mais contre Airbnb, qu’il accuse de vider les quartiers de ses habitants et de promouvoir une ville-Potemkine, un Disneyland pour visiteurs étrangers.
    théories quelque peu paranos qu’on pouvait entendre aux réunions anti-Google à Kreuzberg - « Cela commence avec un campus et ça se termine avec Google, propriétaire de tout le quartier, qui récolte les données des habitants » - ne sont plus si dystopiques que cela. A Toronto, une filiale de Google, Sidewalk Labs, a récupéré une vaste friche industrielle de 325 hectares, pour y développer un projet test de smart city, un SimCity géant où Google pourra construire des logements, des bureaux, des parcs et surtout placer des milliers de capteurs pour recueillir des données. Toronto pose le problème de l’irruption sans élection d’un acteur majeur qui pourrait prendre à terme le pouvoir sur la ville. A Seattle, Amazon a pris possession d’une partie du centre-ville pour construire son siège social. Avec de véritables ambitions urbanistes :

    « Nous ne bâtissons pas un campus, mais un quartier. » Le mot « campus » lui-même, qui a sans doute agité le chiffon rouge pour les activistes de Kreuzberg, est un terme utilisé par tous les géants du Web américains pour désigner leurs sièges sociaux et bien signifier leur intervention sur la ville

    Les Gafa dans la ville : un quartier de Berlin repousse Google
    Vincent Glad,, auteur du blog l’An 2000 sur liberation.fr, Vincent Glad auteur du blog l’An 2000 sur liberation.fr
    #gafa #smartcities


  • Le petit onglet Seenthis ne marche pas... Pour parodier le contenu de ce texte, la plate-forme au guillemet jaune censurerait-elle LinkedIn ?

    Donc, le site « humoristique » Nordpresse serait « censuré » par Facebook ? On est quand même très loin de l’humour bon enfant du Gorafi et très près de la zone rouge des fake news…

    Ce dimanche, le site parodique Nordpresse.be est remonté comme une pendule et crie à la censure car ses articles seraient bloqués par Facebook. Impossible de les partager. Quelques personnalités s’indignent (Raquel Garrido, Aude Lancelin…) et Twitter s’affole.

    Au fait, c’est quoi Nordpresse ? C’est un site parodique belge qui ne fait pas dans la dentelle. Comme le rappellent Les Décodeurs du Monde, ils se sont déjà illustrés plusieurs fois par la diffusion de nouvelles « humoristiques » particulièrement hard et trompeuses (exemple : fausse déclaration de Nicolas Dupont-Aignan se demandant si Mamoudou Gassamou n’avait pas l’intention de kidnapper le petit garçon suspendu à son balcon plutôt que de le sauver). Nordpresse a également piégé le journal Le Parisien avec de faux documents, en mars 2017, en faisant croire que Manuel Valls s’apprêtait à voter pour Emmanuel Macron.

    Pour amuser la galerie, Nordpresse n’hésite pas à créer de faux tweets ni surtout à « sourcer » ses publications avec de fausses adresses Web (ex : LeCanardEnchaine.net ou FranceInfoTele.com). C’est précisément cette pratique qui serait à l’origine du blocage par Facebook. Le réseau social interdit, noir sur blanc, cette pratique (mais n’a pas confirmé à cette heure que c’était la raison du problème). Facebook a récemment annoncé son intention de mettre les bouchées doubles pour lutter contre les fausses nouvelles.

    Fake news trash

    Nordpresse s’inscrit dans la lignée des sites américains de fake news trash, comme National Report ou Empire News, qui jouent avec le feu (de l’actualité) en permanence. Ils surfent sur tous les sujets chauds en faisant le maximum pour entretenir le doute quant à la véracité de leurs publications. Tous les ingrédients sont réunis pour des partages massifs sur les réseaux sociaux et même parfois – consécration – des reprises de leurs fausses nouvelles par des responsables politiques ou des médias qui tombent dans le panneau. Bref, du « putaclic » pur et dur.

    Comme l’écrit Vincent Glad dans son blog sur Libération.fr, Nordpresse navigue joyeusement dans la « zone grise entre parodie et fake news ». On est loin de l’humour bon enfant du Gorafi. Crier au scandale et à la censure politique pour défendre ce type de contenus est donc peut-être un peu précipité.

    Màj : Selon un communiqué de Facebook, il n’y a pas de censure mais un bug technique empêchant l’affichage des miniatures qui a été réparé.

    (Pub : je traite ce thème en détail dans mon livre « Réseaux (a)sociaux : faut-il quitter Facebook, Twitter, YouTube, Instagram ? »)

    Jérôme Colombain
    Journaliste spécialisé numérique - Radio, Web, TV

    #fake_news #parodie


  • Facebook va favoriser les contenus des proches aux dépens de ceux des marques et des médias
    https://www.nextinpact.com/brief/facebook-va-favoriser-les-contenus-des-proches-aux-depens-de-ceux-des-ma

    Facebook est contesté ces derniers mois concernant son rôle dans la diffusion de fausses informations. Et malgré toute son ingénierie, aucune solution viable n’a été pour le moment trouvée. Investissement dans le Journalism Project, financement de certains titres de presse pour vérifier si les contenus sont faux ou non, rien ne semble permettre de parvenir à une situation plus convenable. La nouvelle, attendue, est donc tombée : le service va afficher plus de contenus de la famille et des amis aux (...)

    #Facebook #algorithme #domination

    • Quatre bonnes raisons pour Facebook de privilégier l’entre-soi pour ses utilisateurs
      http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/01/16/quatre-bonnes-raisons-pour-facebook-de-privilegier-l-entre-soi-pour-ses-util

      Aujourd’hui, comme le note Vincent Glad dans Libération, une bonne partie de « la vie quotidienne, banale et infra-ordinaire, vrai pétrole des réseaux, est partie sur Snapchat et Instagram ». On pourrait rajouter des services comme WhatsApp ou Messenger – détenus par Facebook et conçus pour les smartphones –, devenus la porte d’entrée privilégiée des réseaux sociaux.
      Résultat : les utilisateurs de Facebook écrivent moins et oublient de publier et d’interagir sur leur profil. Rendre prioritaires les publications des proches est une manière de résoudre ce problème et de réhabiliter Facebook comme le lieu où l’on communique avec ses proches.
      Ces efforts coïncident avec les nouveaux outils sur lesquels Facebook met l’accent. Depuis l’été 2017, Facebook veut ressusciter les « groupes Facebook », ces forums thématiques publics ou fermés dans lesquels les utilisateurs de Facebook peuvent participer à des projets ou discuter de sujets qui les passionnent. Mark Zuckerberg aimerait qu’à terme « un milliard » d’utilisateurs de Facebook participent à des groupes. Au même moment, Facebook a permis aux marques et administrateurs de pages de lancer eux-mêmes des groupes Facebook et inciter leurs « fans » à prendre part à de nouveaux types de conversations, dans ces espaces fermés.

      3. Récolter davantage de données
      En incitant à échanger davantage avec ses amis, sa famille, ou au sein de groupes de discussion autour d’un réel intérêt (série, film, association, ville où on habite…), Facebook veut que nous parlions davantage de ce qui nous passionne : nos enfants, nos amis, les sports que nous pratiquons, les causes sociales ou les produits culturels qui nous concernent…
      Pour les algorithmes Facebook, voir un utilisateur discuter avec ses amis ou poster de nombreux commentaires dans un groupe dédié au dernier épisode de Game of Thrones donne davantage d’informations utiles aux publicitaires qu’une simple consultation passive d’un contenu proposé par une page. Il s’agit d’une mine d’or en termes d’expression des intérêts des utilisateurs. De quoi alimenter les bases de données de Facebook amassées sur chaque profil et améliorer la pertinence des publicités ciblées qu’il offre aux annonceurs.

      4. Gagner plus d’argent avec la sponsorisation


    • Mouarf ils vont se faire des amis :

      Les blogs du Monde Diplomatique

      Il ne s’agit pas d’articles du « Monde Diplomatique », mais de blogs hébergés par le site. Leur pertinence ne peut donc être jugée qu’au cas par cas.
      Ce site est-il fiable ?

      Attention, ce site n’est pas une source à proprement parler ou sa fiabilité est trop variable pour entrer dans nos critères. Pour en savoir plus, cherchez d’autres sources et remontez à l’origine de l’information.

      Probablement parce qu’ils n’ont pas digéré ce billet de blog :

      Politique post-vérité ou journalisme post-politique ? par Frédéric Lordon, 22 novembre 2016
      http://blog.mondediplo.net/2016-11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post

      La réponse à l’époque était « drôle » : https://twitter.com/Antonyn6/status/803972350664384512

    • Oh il y a des perles dans leurs jugements, Les déconneurs sont-ils fiables ?

      Valeurs actuelles

      Un hebdomadaire d’information généraliste positionné politiquement à droite. Le magazine a été condamné pour provocation à la haine raciale envers les Roms en 2015 après sa couverture « Roms : l’overdose ». Le site Internet et le journal mentionnent leurs clairement leurs sources et publient des informations vérifiées mais certaines enquêtes ou reprises d’autres médias sont à prendre avec précaution.

      Ce site est-il fiable ?

      Ce site est en principe plutôt fiable. N’hésitez pas à confirmer l’information en cherchant d’autres sources fiables ou en remontant à son origine.

      Fakir

      Un journal indépendant de gauche, situé à Amiens, dirigé par François Ruffin, réalisateur du film « Merci patron », avec une ligne éditoriale militante et un parti pris clairement revendiqué.

      Ce site est-il fiable ?

      Ce site peut être régulièrement imprécis , ne précisant pas ses sources et reprenant des informations sans vérification. Soyez prudent et cherchez d’autres sources. Si possible, remontez à l’origine de l’information.

    • Impressionnant :

      BFMTV

      Chaîne de télévision d’information en continu, propriété du groupe NextRadio TV.

      Ce site est-il fiable ?

      Ce site est en principe plutôt fiable. N’hésitez pas à confirmer l’information en cherchant d’autres sources fiables ou en remontant à son origine.

      –----------

      La Horde

      Un site d’extrême gauche et anti extrême droite, dont les contenus proviennent souvent de militants sans être vérifiés.

      Ce site est-il fiable ?

      Ce site peut être régulièrement imprécis , ne précisant pas ses sources et reprenant des informations sans vérification. Soyez prudent et cherchez d’autres sources. Si possible, remontez à l’origine de l’information.

      –-------------

      Paris Lutte Info

      Un site militant qui se présente comme anticapitaliste, anti-autoritaire et révolutionnaire.

      Ce site est-il fiable ?

      Ce site peut être régulièrement imprécis , ne précisant pas ses sources et reprenant des informations sans vérification. Soyez prudent et cherchez d’autres sources. Si possible, remontez à l’origine de l’information.

    • Merci @fil pour la carte.

      Le fichier .csv est vraiment pratique pour visualiser rapidement les différents avis, je le remets ici : https://framadrop.org/r/uet9Fw0uf_#zuTD8ZA0qZ1v4sf5pRgf+7hQAioSYMKrAsJ/vkQsQpo=

      @intempestive : j’ai repéré 4 sites d’extrême gauche / anars (Fakir, Paris-luttes, Rebellyon et La Horde) + les blogs du Diplo.

      Je serai vraiment intéressé d’avoir une analyse sur le fond, à la fois ce que ça sous-entend comme conception de la presse, de la « fiabilité », du fait, sans parler du méli mélo « les extrêmes sont un peu pareilles ». J’attends impatiemment le retour d’Acrimed, qui n’apparaît pas dans la base de données.

      Ca me rappelle l’intention de labelliser les sites d’info que le gouvernement Sarkozy avait évoqué en 2007 :
      http://www.zdnet.fr/actualites/bientot-un-label-de-qualite-pour-les-sites-web-d-information-39367199.htm
      http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/tessier/rapport-fev2007.pdf

      L’outil très critiquable des Décodeurs a eu le mérite de lancer quelques discussions sur Twitter (je pense qu’il y en a eu beaucoup d’autres, je note déjà celles-ci) :
      https://twitter.com/melo_meli/status/827159693835505665
      https://twitter.com/okhin/status/827166190107783168

      Sinon, l’édito du Monde au sujet du Decodex est sidérant à tous points de vue :

      La défense des faits
      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/02/02/editorial-la-defense-des-faits_5073248_4355770.html

      #journalismplaining

    • Merci @arnoferrat. Au moment où j’avais testé, Rebellyon, CQFD, La Brique, Rezo et FPP n’étaient pas encore référencés et Paris-luttes aboutissait à une page d’erreur.

      Le Décodex n’est pas un outil de vérification de la fiabilité d’un site (un Web of Trust ciblé sur les infos), mais un moyen d’#auto-légitimation et une défense de l’ordre journalistique existant. Une tentative de reprendre la main face à la défiance généralisée que subissent les médias dominants, lancée précisément au moment de la parution du « baromètre annuel des médias Kantar/La Croix », pas vraiment glorieux pour le vieux Monde et ses compagnons de linéaire
      http://www.humanite.fr/un-francais-sur-deux-ne-fait-pas-confiance-aux-medias-631554

      La radio reste le média le plus crédible pour 52% des Français, suivi des journaux, puis de la télévision. Seuls 26% font confiance à Internet.

      Les Français s’informent en premier lieu par la télévision (48%), suivi d’Internet (25%), puis de la radio (20%), et enfin par la presse papier (seulement 6%). Les chaînes d’information sont moins regardées qu’en 2016 pour « approfondir les sujets d’actualité » avec 30% d’utilisateurs, contre 44% l’année dernière.

      Le seul fait que cet outil de « vérification » censément neutre soit administré par un journal devrait suffire à le disqualifier. Tout à sa croyance ferme en la « neutralité journalistique », Le Monde ne voit même pas où est le problème dans le fait d’être juge et partie. Ou plutôt il se fait de la #publicité par d’autres moyens, en instrumentalisant la #critique_des_médias à son bénéfice.

    • Je suis d’accord avec tes arguments mais pas tout à fait avec ta conclusion. En défense de leur truc, ça répond aux angoisses d’un certain public, liées à l’actualité (fake news). Il me semble pertinent qu’un journal s’empare de ce sujet, et le format de « l’outil de vérification » est plutôt original.

      On peut critiquer le résultat tant qu’on veut, démontrer que la « neutralité » est fallacieuse, que ça ne passera jamais à l’échelle du web, que c’est très superficiel (à peine passable au niveau 1ère année de socio), mais je ne crois pas qu’il est illégitime pour un journal d’approcher ce sujet de cette façon.

      (Qu’un journal « se fasse de la publicité » en parlant de tout et n’importe quoi, c’est comment dire, la base du métier…)

      Ce qui est plus inquiétant à mon sens, à l’analyse de la carte, c’est ce que ça montre du paysage mental de nos journalistes décodeurs, ou en tout cas de la perception qu’ils ont d’Internet : une place de marché où des médias sérieux, des médias pas sérieux, des blogs militants extrémistes, et des plateformes neutres se battent pour l’attention et le buzz.

      Ou plutôt, que le web est fait de 1) la presse sérieuse et vertueuse (Le Monde et les journaux régionaux) 2) de sites qui sont soit faux-pour-rire, soit faux-par-idéologie, soit faux-par-appât-du-gain, soit encore faux-par-incurie.

      À l’exception d’un ou deux blogs scientifiques ou site de ministère, pas la moindre trace de sites institutionnels, de bases de données, d’associations, de bibliothèques, de musées, d’artistes, d’universités, etc.

      Au final si on regarde le fichier, il s’agit d’une poignée de bookmarks, commentés de manière superficielle et appartenant à des domaines assez étriqués. Les sujets couverts sont particulièrement restreints (un peu de santé, un peu de news généraliste, beaucoup d’extrême droite et de conspi).

      Si c’est ça le web qu’ils fréquentent au quotidien, je les plains du fond du cœur.

    • En défense de leur truc, ça répond aux angoisses d’un certain public, liées à l’actualité (fake news).

      Certainement. Et de fait, lutter contre le conspirationnisme ambiant est une bonne chose. Mais tous les moyens pour ce faire ne me semblent pas aussi pertinents.

      On peut critiquer le résultat tant qu’on veut, démontrer que la « neutralité » est fallacieuse, que ça ne passera jamais à l’échelle du web, que c’est très superficiel (à peine passable au niveau 1ère année de socio), mais je ne crois pas qu’il est illégitime pour un journal d’approcher ce sujet de cette façon.

      Disons que si je suis fabricante de canapés, je peux tout à fait sortir un comparatif sur la qualité de tou·tes les fabricant·es de canapés, en m’auto-attribuant au passage le bon point de la meilleure qualité, mais ça n’est pas bien sérieux. Divers commerces ne se privent pas de le faire, ils ont leurs laboratoires de tests et leurs brochures de résultats - on sait à quoi s’en tenir. Scientifiquement, ça s’appelle un biais et ça suffit à disqualifier une étude. Déontologiquement, c’est spécieux. Mais on est bien d’accord, c’est tout à fait légitime et légal de publier des choses biaisées, et ça peut être fait avec les meilleures intentions qui soient.

      À l’exception d’un ou deux blogs scientifiques ou site de ministère, pas la moindre trace de sites institutionnels, de bases de données, d’associations, de bibliothèques, de musées, d’artistes, d’universités, etc.

      Oui, c’est une sorte de carte mentale des journalistes du Monde en fait.

    • #Le_Monde : où comment s’approprier la critique des médias ... Testé le bousin hier. Ils n’ont pas encore d’avis sur « Seenthis » mais je parie qu’on aurait droit à
      « Attention, ce site n’est pas une source à proprement parler ou sa fiabilité est trop variable pour entrer dans nos critères. Pour en savoir plus, cherchez d’autres sources et remontez à l’origine de l’information. »
      Par contre là où je commence à trouver ça flippant, c’est que le réseau « Canopé » ( réseau de création et d’accompagnement pédagogique !!!, ex centres de documentation pédagogique) en fait un outil « fiable » pour les enseignants et leurs élèves qui se confrontent à l’information. Ci-dessous le lien vers le « scoop-it » de Canopé du Loiret :
      http://www.scoop.it/t/infos-docs-crdp-45

      et l’article d’Arrêt sur Image linké par la page sus-nommée :
      https://www.arretsurimages.net/articles/2017-01-25/Comment-le-Decodex-du-Monde-va-labelliser-l-infaux-en-ligne-id9493
      L’article est sous ¨Paywall" mais on n’en a cure ; rien que le début vaut son pesant de beaujolais ...

      Ce qui me fait braire, c’est que les baronnets de l’éducnat préfèrent remplacer l’esprit critique par des algorithmes. Air du temps ...

    • La fin de l’article d’ASI :

      RT et Sputnik en orange, Egalité et réconcilation en rouge, @si en vert

      A partir de combien de "mauvaises" réponses bascule-t-on de la catégorie "fiable" à "pas fiable" ? "Il n’y avait pas de critères pointus", répond Laurent. "Ce n’était pas : « A partir de 7/10, vous n’êtes pas fiable ». C’est simplement une grille qui nous a guidé dans notre choix. On ne l’a pas utilisée de manière scientifique". Le classement du Monde risque d’en froisser quelques uns : Melty, le site qui cartonne chez les 15-30 ans, où les rédacteurs sont payés au nombre de clics, se retrouve par exemple dans la même catégorie que le blog d’extrême-droite FDeSouche ou les sites financés par le gouvernement russe, Russia Today ou Sputnik : la catégorie "Orange, soit des "sites régulièrement imprécis, ne précisant pas leurs sources et reprenant des informations sans vérification".

      Dans quelle catégorie est classée Le Monde ? "Vert". Et Arrêt sur images ? "Vert aussi" répond Laurent, qui assure que "toute la presse française est en vert". Les médias traditionnels, forcément fiables, contre le reste du monde ? Voilà qui ne manquera pas de faire grincer quelques dents, au sein de la fachosphère notamment. "On en est bien conscient", répond Laurent, qui assure que le but n’est pas de se poser en police de la presse ou en apôtre de la vérité, mais juste de rendre service aux lecteurs, pour leur permettre d’identifier les sites de fake-news, mis sur le devant de la scène depuis l’élection de Trump aux Etats-Unis. "C’est une beta, on se lance, on sait que c’est perfectible", reconnaît le fondateur des Décodeurs. "Notre idée, c’est vraiment de se concentrer sur les sites pas fiables". Rendez-vous le 1er février.

    • Le pesant de beaujolais :

      Comment le « Decodex » du Monde va labelliser l’infaux en ligne
      FDeSouche, RT et Sputnik en orange, toute la presse française en vert

      « Parodique, totalement faux, peu fiable ou fiable », choisissez votre camp. A partir du 1er février, Les Décodeurs du Monde proposeront une extension, financée par le fonds Google, censée permettre aux internautes de mieux se repérer en ligne, et séparer les bons et les mauvais sites d’info. Comment ça va marcher et quelle est la définition, au juste, d’un site « pas fiable » ? Mode d’emploi, à quelques jours du lancement du « Décodex ».

      Arretsurimage.net

    • Merci pour les arguments ! L’article de Vincent Glad est plutôt intéressant également :
      http://an-2000.blogs.liberation.fr/2017/02/03/pour-chasser-les-fake-news-le-monde-donne-une-definition-du

      On pourra également signaler que dans la construction de leur liste, les Décodeurs ont manqué à la première définition qu’ils appliquent : la vérification des informations. Aucune personne ou collectif s’occupant d’un site n’ont été contactés pour connaître leurs pratiques en terme de vérification.

    • @fil @intempestive 60 000 euros, c’est ce qu’on avait demandé pour réaliser l’idée d’un atlas géopolitique ou mondialisation ou politique, on était pas encore très sur de l’approche à adopter :)

      Mais on avait envie d’imaginer la possibilité d’images carto avec des visions un peu inédites et originales, basées en même temps sur l’analyse de grosses bases de données et d’observations qualitatives, avec une extension Internet, mais je suis sur que nos décodeurs auraient classés ça en super non fiable, infos jamais vu ailleurs etc...

      A ce rythme là, les équipes et projets de recherche un peu créatives, qui proposent des pistes de réflexions un peu nouvelles, ou en tout cas peu ou pas explorées n’ont aucune chance de passer le test Decodex ou Verificator (on pouvait pas trouver des noms plus débiles d’ailleurs)

      On sait maintenant que pour le même prix, tu peux faire un truc magique qui te dit instantanément si t’es tricard ou pas quand tu aimes bien un site qui t’apprends des trucs.

      @fil

      je ne crois pas qu’il est illégitime pour un journal d’approcher ce sujet de cette façon.

      J’ai beau essayé de retourner le sujet dans tous les sens, je n’arrive pas à ne pas voir un énorme conflit d’intérêt. Je veux bien croire qu’il soit nécessaire de répondre à l’angoisse des lecteurs sur la question des fake news, et c’est pertinent de la part d’un journal comme le Monde d’y répondre (même si ce canard est vérolé jusqu’à la moële du fait de son actionnariat), mais Décodex pour faire office de Temesta ou Tranxène, ça fait plutôt placebo. Ça va pas beaucoup aider.

      Et pour un journal appartenant à des Industriels, point de vue fake news, ils auraient pu commencer à imaginer un logiciel magique qui mouline tout ce qui se dit et s’écrit dans leurs colonnes et dans tous les autres journaux qui appartiennent à des industriels (c’est pas ce qui manque), puis de faire des croisements avec des groupes de pressions, des lobbies, des amitiés politiques, etc... Là, oui, ce serait pertinent et légitime qu’ils s’emparent de ce sujet, mais bon. Ils vont pas non plus se suicider.

      Mais Comme Juliette, je reste terriblement choqué que les mecs du Monde se soient lancé dans cette initiative, que la hiérarchie a laissé faire (remarque en même temps, ils ont du se dire qu c’était un bon coup de pub - ndt : un truc bien putassier).

      Voilà, hélas : Le Monde, toujours plus bas.

      @fil Tu pointes d’ailleurs que leur univers mental Internet est minuscule. Sachant que la biodiversité Internet c’est des centaines de milliers pour ne pas dire des millions de sites en toutes langues qui évoluent, changent, produisent, proposent, invitent, crée, nous émerveillent ou nous affligent ; tous les jours, toutes les heures, on comprend que Décodex est voué à remplir les poubelles fantômes d’Internet assez rapidement tellement leur truc n’est pas soutenable dans le temps.

      C’est vrai que pour s’y retrouver et choisir « ses » sites c’est beaucoup de travail individuel (merveilleusement mis en commun sur seenthis d’ailleurs) et il me semble que pour l’instant, avec cette méthode, ça marche assez bien (seenthis fonctionne parfois comme un lieu de « peer review » : parfois, les retours des seenthisien·nes font mal parce qu’on ne s’y attend pas, mais c’est toujours très riche et au bout du compte, on apprend toujours à être plus prudent, plus critique et à encore mieux vérifier ce qu’on lit et ce qui nous plait. En tout cas, c’est foisonnant, on s’y perd avec délice, on en a la tête qui tourne, mais avec un peu de méthode, on reprend un peu le contrôle de nous même (et de nos journées de travail) :)

      Peut-être d’ailleurs qu’une fois de plus, tout ce bruit, ce n’est qu’un gros plan marketing, ou plan com, je sais pas, ou une justification qu’ils ont bien dépensés 60 000 boules pour un truc spectaculaire auquel cas on poursuit dans le grand guignol et il n’y a rien de vraiment nouveau.

    • Un logiciel magique qui mouline tout ce qui se dit et s’écrit dans leurs colonnes (…), puis de faire des croisements avec des groupes de pressions, des lobbies, des amitiés politiques

      Exactement. Ce genre de logiciel existe, pour l’analyse ou la cartographie de #controverses. Le plus souvent c’est appliqué aux « controverses scientifiques », mais il n’y a pas de raison que ça y reste confiné.

      Il faut jeter un oeil par exemple aux programmes tout à fait surprenants #Prospero et #Marlowe :
      http://prosperologie.org/?sit=22#1
      https://tcp.hypotheses.org/1039
      http://prosperologie.org/mrlw/blog

    • Un petit bilan quantitatif (graphiques à suivre plus tard)

      Comme l’explique Le Vilain Petit Canard cité dans l’article pointé ci-dessus par @arnoferrat
      https://seenthis.net/messages/566065#message567135
      l’appli est une simple interface de consultation d’un tableau de 1289 jugements « personnels ».

      Les données sont fournies dans l’article
      http://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/decodex-sous-le-capot_1461042316
      ainsi que, tout en bas dans les références, un lien vers la gg:sheet contenant les données.

    • @aude_v ah si, moi j’avais trouvé ça très chelou, j’ai même écrit pourquoi (en critique constructive parce que j’aime bien Basta !) depuis Hongkong en décembre 2015. Mais depuis, je n’ai pas consulté ce portail une seul fois et je n’ai aucune idée de ce que ça devient.

    • Le FINP oblige à « chercher » des sujets « innovants »... l’innovation n’en a rien à faire des états d’âme.
      Et là, ils ont réussi à sortir un dossier qui certes n’aurait sans doute pas du être mené par Le Monde, mais bon... ça leur a permis de croûter quelques mois hein... :-) Et si ça ne vit pas, ou si c’est mis hors ligne dans 15 jours, l’argent lui, il aura bien été dépensé.


  • On avait coutume de dire : « Les faits sont têtus ».
    Il y a un mois, Vincent Glad s’interrogeait sur la #vérité et sa valeur relative en #politique. le « policy-based evidence » aurait supplanté le « evidence-based policy ». Faudrait-il :
    s’en inquiéter ?
    s’en foutre ?
    les deux ?

    l’An 2000 - R.I.P. les faits - Libération.fr
    http://an-2000.blogs.liberation.fr/2016/10/13/trump-brexit-les-faits-sont-ils-morts

    Il faut saluer le travail de fact-checking du Washington Post pour ce qu’il est : un exercice poétique, une méditation nostalgique sur la vérité, les faits et l’empirisme. « Il est vrai que ce que dit Trump est faux. Mais dans cette ère politique de post-vérité, pourquoi prendre la peine de critiquer quelqu’un pour cela ? C’est comme si l’on reprochait à un acteur de dire des choses fausses », juge Christopher Robichaud, chercheur en éthique de la politique à Harvard

    Cette réflexion fait écho à celle de l’historien Paul Veyne qui jugeait « platonique » de parler de « vérité » avec les nazis, qui eux aussi la respectaient d’une certaine manière.

    « La valeur de vérité est inutile, elle fait toujours double emploi ; la vérité est le nom que nous donnons à nos options, dont nous ne démordions pas, si nous en démordions, nous les dirions décidément fausses, tant nous respectons la vérité ; même les nazis la respectaient, car ils disaient qu’ils avaient raison ; ils ne disaient pas qu’il avaient tort. Nous aurions pu leur rétorquer qu’ils se trompaient mais à quoi bon ? Ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde que nous, et puis il est platonique de taxer de fausseté un tremblement de terre. » Paul Veyne, extrait de Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, 1983.

    On lira dans la foulée l’article du 10/11 du même auteur où il est question d’un nouveau « régime de vérités » aux États-Unis et où V. Glad confronte ses angoisses aux « faits » du 9 novembre 2016.

    http://an-2000.blogs.liberation.fr/2016/11/10/election-de-trump

    L’Amérique peut survivre à ce brutal changement de régime de vérité. Après tout, elle a déjà survécu à 8 ans de présidence de George W. Bush. Son conseiller politique Karl Rove avait parfaitement décrit cette réalité alternative, en taxant un journaliste du New York Times de membre de la « reality-based community », expression restée fameuse aux Etats-Unis. Le journaliste avait protesté, défendant la raison des Lumières et l’empirisme. La réponse de Rove avait alors été cinglante :

    « Nous sommes un empire maintenant, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous analyserez cette réalité, nous agissons à nouveau, créant de nouvelles réalités, que vous pouvez analyser aussi. Nous sommes des acteurs de l’histoire... et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à analyser ce que nous faisons »

    #fact_checking #élections_présidentielles_US


  • Je ne lirai plus #Vincent_Glad sur Libération !
    http://www.dsfc.net/internet/tracking/vincent-glad-liberation

    Les contenus de Vincent Glad ne sont plus accessibles du fait du blocage des trackers publicitaires utilisés par Libération. Le journaliste est à l’origine de la série documentaire #Do_Not_Track.

    #Tracking #An_2000 #Arte


  • #Facebook s’inquiète que les utilisateurs partagent moins ? Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même - The Guardian
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/143153301713

    Pour la chercheuse Anna Lauren Hoffmann (@annaeveryday) pour le Guardian, si Facebook s’inquiète que les gens partagent de plus en plus de contenus tiers et de moins en moins de contenus originaux - parce que le réseau des réseaux serait de moins en moins intime estime Numerama, du fait des entrechocs des contextes relationnels explique Vincent Glad, qui font qu’il n’est pas évident de s’adresser à la fois à ses amis et à ses collègues -, la raison est peut-être à trouver dans le fait que Facebook a passé son temps à construire des outils de #partage plus que des outils pour améliorer la confidentialité. S’en prendre à “l’effondrement du contexte” relationnel, c’est oublier que Facebook a longtemps privilégié l’intérêt des entreprises et des marques au détriment des utilisateurs individuels et de leur vie (...)

    #usages


  • Pourquoi il n’existe pas un Airbnb de la brosse à dent - Libération
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/136935292174

    Les économistes John Horton (qui travaille pour Uber) et Richard Zeckhauser viennent de publier une étude (.pdf), repérée par le Washington Post, qui répond à la question des limites de l’économie du #partage, nous explique Vincent Glad sur Libération. Contrairement à nos brosses à dents, pour pouvoir être partagé un bien doit être coûteux, à la fois possédé et non-possédé par suffisamment de consommateurs, utilisé peu souvent mais pour des périodes longues, utilisé de manière prédictible. Comme nous le disions déjà dans #sharevolution, tous les objets ne sont pas conçus pour le partage. 

    #consommation_collaborative