person:vital michalon

  • Démantèlement de Superphénix : Déjà 20 ans de travaux et probablement autant à venir.
    Comment évoquer Superphénix sans que reviennent à la mémoire la mort de Vital Michalon en 1977, les fuites de sodium du barillet ou encore le toit du bâtiment turbine effondré sous la neige ?... Avec le nucléaire, le temps long est de rigueur ! Débuté en 1998, le démantèlement du surgénérateur, le plus puissant construit à ce jour dans le monde, est encore loin de son terme.
    La CLI du 30 octobre dernier, à laquelle la CRIIRAD a participé, nous permet de faire le point. L’année 2018 a été consacrée à la préparation de l’ouverture de la cuve du réacteur qui a été vidée, en 2017, après 12 ans de travaux, de l’inflammable et explosif sodium liquide. Ce dernier, transformé en soude, est maintenant stocké sur le site en 38129 m3 de béton, qualifié de TFA (Très Faiblement Radioactif). Habitués à mesurer les TFA en becquerels par gramme (Bq/g), les membres de la CLI restent cois quand on les informe que les déchets TFA peuvent atteindre 100 000 Bq par kilo !
    Les dimensions exceptionnelles de la cuve (20 m de hauteur et 24 m de diamètre), ainsi que les 3 bouchons qui la ferment donnent la mesure des travaux à venir. Le couvercle coeur pèse en effet 188 tonnes pour 11 mètres de hauteur. Il est enchâssé dans 2 autres bouchons tournants : le petit (212 t et 7 m de diamètre) et le grand (540 t et 14 m). Si le petit devrait être retiré en janvier 2019, le grand sera découpé en 3 morceaux pour que le pont roulant puisse le retirer fin 2019. Après cela, il faudra démanteler l’intérieur de la cuve avec ses très nombreux composants internes puis la cuve elle-même, très radioactive. Un robot devra s’en charger. Suivra le démantèlement des 4 générateurs de vapeur…
    Le site conserve par ailleurs, en piscine, le combustible qui a été retiré de la cuve. Il s’agit de 2 coeurs chargés en plutonium. Leur spécificité ne leur permet pas d’être évacués mais on nous garantit que tout sera terminé d’ici 2035. Superphénix demeure un chantier titanesque : on en sortira 80 000 tonnes de #déchets_radioactifs alors qu’on en prévoit 9000 pour les 2 tranches de Fessenheim !
    Source : Criirad
    #nucléaire

    • ’Benalla et l’arc d’extrême droite" par Frédéric Lordon, 23 juillet 2018
      ....Faire peur en massacrant le premier venu et, sous le regard terrorisé des autres, faire passer à tous l’envie de revenir. Voilà le régime politique dans lequel nous vivons, dont les médias, dans un mélange de collusion fondamentale et d’insuffisance intellectuelle, ne diront jamais le moindre mot en toute généralité – l’affaire Benalla de ce point de vue est idéalement faite pour leur (re)donner l’impression d’être le fer de lance de la démocratie : parbleu, ils enquêtent ! ils soulèvent, ils sont intransigeants, ils n’hésitent pas à fièrement bousculer le pouvoir, ils sont la liberté en marche (pardon – enfin oui quand même, justement, la « liberté en marche », c’est-à-dire la version « En marche » de la liberté, la liberté Potemkine qui ne sait rien, ne veut rien savoir, et ne rien dire, de toutes les offenses aux libertés réelles).

    • Comme une illustration supplémentaire de cette propension des médias à croire s’acquitter d’un devoir de rapporter sans en fait jamais rien montrer, on devrait se souvenir de cette étude d’un chercheur américain (2), reprise aussi platement que possible et sans aucun esprit de suite dans la presse française, s’appuyant sur le World Values Survey et l’European Values Survey pour établir ce paradoxe que les électeurs du centre, et non les « extrémistes » comme on l’aurait attendu (souhaité), sont les moins attachés aux principes de la démocratie. Ici, il faut sans doute en revenir à la catégorie d’extrême centre, proposée par Alain Deneault (3) pour dire comme il convient cette forme inaperçue de fanatisme qu’emporte le néolibéralisme, et être un peu plus au clair quant à la question de savoir qui sont les vrais radicalisés dans la société – ils sont au pouvoir.

      (2) https://seenthis.net/messages/697160

      Traduit ici : https://lemediapresse.fr/politique-fr/les-centristes-sont-les-plus-hostiles-a-la-democratie-pas-les-extremis

    • Alors désormais nous attendons. Nous attendons de voir s’il se trouve quelque média pour enfin montrer toutes ces choses, entendons : pour les montrer vraiment, c’est-à-dire autrement que comme une série d’articles factuels mais sans suite ni cohérence, par-là voués à l’oubli et l’absence d’aucun effet politique, quelque média pour connecter ce qui doit l’être, non pas donc en en restant au confortable FN, mais en dessinant enfin l’arc qui est maintenant sous nos yeux, l’arc qui emmène de Marine Épouvantail Le Pen à Valls, Collomb, Macron, qui fait le rapport entre la violence pluri-décennale dans les banlieues et celle plus récente dans la rue, ou contre les syndicalistes trop remuants, et ceci quitte, s’il le faut (on sent qu’il le faudra…), à demander aux journalistes-remparts-de-la-démocratie d’aller puiser dans leurs souvenirs d’enfance : « relie les points dans l’ordre des numéros et tu verras apparaître une figure ». Avertissons d’emblée ces âmes sensibles : ici on va voir apparaître une sale gueule.

      Article remarquable ! C’est comme si au travers de cette affaire, tout devenait transparent jusqu’au mensonge du Monde à propos de son soit-disant contrepouvoir

    • merci @aude_v parce que la façon de crier au loup de Lordon est fatiguante (et à côté de la plaque compte tenu de la violence policière intrinsèque cf Maurice Rajsfus) et combien je suis d’accord avec ta phrase

      est-ce que le rôle de la police est de dispenser des châtiments corporels ou d’amener les personnes qui ont commis des délits devant la justice

      #punishment_park

    • Lordon est comme pleins d’autres intellos qui n’ont un point de vue sur les choses que très éloigné... « du terrain ». Ils ont une pensée très construite, très intéressante, ils font des liens entre les choses passionnants. Mais oui, ils ont des « blancs » dans leur réflexion, simplement parce qu’ils n’y croient pas à ces violences tant qu’elles ne les touchent pas. Ils ne le savent pas qu’elles font système, et qu’elles disent quelque chose.

      Cela m’a aussi choqué cette tentative de sa part de mettre une date sur le début d’un quelque chose plus violent. Ce quelque chose, pour lui, dans l’alimentation de sa culture politique, c’est de découvrir que les socialistes AUSSI sont des pourritures, et que même, ils le sont encore plus que les ennemis politiques « normaux », ceux de droite. Nous, là, ici, on le sait « à coup sûr » depuis 2005 en général que les PS sont des ordures. On savait que le ver était dans le fruit depuis un moment... là, si je cherche, je me souviens de DSK et du gouvernement Jospin... Les 35 heures d’un côté, les privatisations à tout va de l’autre... Mais on pourrait aussi se souvenir de Delors, de Maastricht... puis de 1983 encore plus loin...

      Bref. On en revient à l’état et à sa violence légitime qui mériterait bien qu’on la remette en cause. La peine de mort est abrogée et on (la justice, les journalistes, nous ?...) trouve « normal » que des citoyens meurent au contact des forces de l’ordre. Comment ne pas utiliser le mot « impunité » quand on constate que ces membres des forces de l’ordre ressortent d’un tel évènement sans aucune sanction d’aucune sorte.
      Et on pourrait ensuite embrayer sur les mutilations. Sur Ruffin qui n’est au courant de rien à propos d’Adama Traoré ; lui aussi, très cultivé, mais grosse impasse sur les violences racistes...
      Etc.

      @aude_v : Condoléances. On ne choisit pas forcément les gens qui nous accompagnent tout au long de notre vie... mais même avec des désaccords, ils étaient là et en faisaient partie... de notre vie.

    • Au journal télévisé, ils ont (très rapidement) montré des vidéos où ces deux personnes lançaient des verres en direction des forces de l’ordre. Ce n’était pas du « canardage ». Mais à priori, ils avaient commis un acte répréhensible (justifiant tabassage et pourquoi pas, mise à mort, évidemment, si par hasard, ces fâcheux avaient eu l’outrecuidance d’obliger les forces de l’ordre d’en arriver à de telles extrémités).

    • Quelle honte, ce comportement d’Alexandre Benalla lors de la manif du 1er mai ! Les syndicats de policiers en ont eu l’estomac retourné : « Nous sommes ici face à un comportement de petite frappe de cité qui tranche avec l’attitude professionnelle des CRS », s’est insurgé Patrice Ribeiro, patron du syndicat Synergie-Officiers ("Le Figaro", 20/7).
      Quand les CRS matraquent eux-mêmes les manifestants, c’est beaucoup plus « professionnel ».

      #Le_Canard_enchaîné 25/7/2018


      https://trouden.blogspot.com
      #Troud #police #matraque

    • Vidéo : comment Benalla et Crase, au cœur du dispositif policier, lancent les deux interpellations - Libération
      http://www.liberation.fr/france/2018/07/22/video-comment-benalla-et-crase-au-coeur-du-dispositif-policier-lancent-le

      Presque au contact de la ligne de CRS, on reconnaît sans difficulté les deux manifestants qui seront quelques instants plus tard interpellés par Alexandre Benalla et Vincent Crase. Ce couple, qui parle en grec et en français dans les vidéos et qui n’est pas réapparu depuis, jette alors violemment trois objets sur la ligne de CRS, qui est à quelques mètres d’eux. Juste avant que la jeune femme leur fasse un bras d’honneur.

  • De Creys Malville à Sivens : Vital Michalon et Rémi Fraisse (Rediffusion) | France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/de-creys-malville-a-sivens-vital-michalon-et-remi-fraisse-r

    Le 31 Juillet 1977, sur le site dédié à la centrale nucléaire Superphenix, et le 25 octobre 2014, sur le site promis au barrage de Sivens, Vital Michalon et Rémi Fraisse, militants écologistes sont tombés sous les grenades offensives de la gendarmerie. Souvenirs de leurs proches.
    "La mort de Rémi Fraisse nous a tout à la fois bouleversé, nous a relancé et nous a peut-être remis en action."

    #violence_d'état #militer #radio #Sivens #barrage #centrale

    Déjà signalé lors de la 1e diffusion ici :
    https://seenthis.net/messages/417680

  • Il y a quarante ans, l’Etat tuait Vital Michalon, jeune antinucléaire
    https://reporterre.net/Il-y-a-quarante-ans-l-Etat-tuait-Vital-Michalon-jeune-antinucleaire

    Le 31 juillet 1977, près de 60.000 antinucléaires convergeaient vers le site de la centrale en chantier de Superphénix, à Malville, en Isère. La violente répression causait une centaine de blessés et la mort de Vital Michalon. La férocité de l’État ce jour-là a profondément marqué le mouvement antinucléaire. Reporterre raconte cette journée tragique, avec ceux qui l’ont vécue, dont un frère de Vital.

  • Il y a quarante ans, l’État tuait Vital Michalon, jeune antinucléaire
    https://reporterre.net/Il-y-a-quarante-ans-l-Etat-tuait-Vital-Michalon-jeune-antinucleaire

    Touchant retour en arrière, à l’époque du tout à l’atome et de la création de Superphénix, que les moins de 20 ans... Histoire du nucléaire, de la contestation et de la violence d’État. Histoire d’une famille meurtrie aussi. Histoire de l’arrogance triomphante de la science et des militaristes. Et puis l’inéluctable conclusion au goût de gâchis, en 2 paragraphes. Superphénix n’a servi qu’à pourrir la vie des gens : avant, pendant, et pour des décennies encore...

    Le 19 juin 1997, le Premier ministre, Lionel Jospin, a annoncé l’abandon de Superphénix. Un arrêté ministériel du 30 décembre 1998 conduisit à son arrêt définitif. La pression de l’opinion publique, le coût démesuré de la filière et l’accord signé entre les socialistes et les Verts ont poussé cette décision. D’après les calculs de Raymond Avrillier, au total l’installation n’a fonctionné que six mois durant les cinq premières années, deux ans durant les huit ans de son autorisation légale, et un peu plus d’un an, illégalement, de 1994 à 1997.

    Depuis, des travaux de déconstruction ont été engagés, notamment le déchargement des 650 assemblages radioactifs présents dans le cœur du réacteur, et leur entreposage dans une piscine située à proximité de la centrale. Plus de 14 tonnes de plutonium irradié sont ainsi stockées à Creys-Malville. Les 5.500 tonnes de sodium liquide ont été transformées en 39.000 mètres cubes de blocs de béton-sodium légèrement radioactifs, également entreposés sur le site. Et le démantèlement pourrait encore prendre plusieurs années. Des gendarmes gardent en permanence l’ex-centrale, interdisant photos et arrêts prolongés devant le site.

  • La #ZAD de #Notre-Dame-des-Landes : une zone de non-droit revendiquée, beaucoup de dissensus, et une société en devenir.
    La Gueule Ouverte
    http://lagueuleouverte.info/La-ZAD-de-Notre-Dame-des-Landes-une-zone-de-non-droit-revendiquee-

    C’est un lieu très hétérogène au niveau des visions, analyses. Certains définissent la politique comme « une activité faite avec un impact conscient sur son milieu », une façon de critiquer l’apolitisme comme passivité et absence de conscience. Mais d’autres, à l’Université du Haut Fay affirment qu’il n’y a pas de politique commune à la ZAD.
    Néanmoins, au cœur de cette politique on trouve un point commun, c’est l’habiter. Des gens vivent ici, sur ces terres où l’on avait expulsé de nombreux paysans depuis longtemps parfois.
    Le ciment, c’est bien sûr l’opposition à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes, mais aussi, contre la répression. Leur communication ils la font par le bouche à oreille, beaucoup, et un peu via Internet. Ils refusent les médias, qui ne s’intéressent qu’au spectaculaire, c’est à dire lorsque la maréchaussée tabassent, et que le bruit des armes se fait entendre, mais pas à l’essentiel qui est la recherche de l’autonomie.

    • Je découvre avec grand plaisir ce blog, qui semble s’être formé à l’occasion de la #COP21 :

      Durant la COP21, notre adresse était à la Maison Ouverte, 17, rue Hoche, 93100 Montreuil, France.
      Aujourd’hui, la COP21 terminée, La Gueule Ouverte est à la fois partout, comme la ZAD et nulle part, comme l’utopie.

      Il se présente comme la suite possible du journal La Gueule Ouverte https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gueule_ouverte_%28journal%29 :

      Un journal multimédia(s) de la Contre-COP et de la COP21 à la fois, diffusant en ligne des articles de fond et des articles d’actualité, textes, images (photos, illustrations, dessins), films, sons et entretiens…
      Ce journal s’appelle La Gueule Ouverte et c’est un journal commun, co-produit par les #médias-libres, indépendants, alternatifs. Oui, il s’agit de ranimer pour un temps la mémoire de cette feuille historique, premier journal écologique français digne de ce nom. Et de faire revivre, autant que possible, une certaine effervescence contemporaine du journal.
      Né en 1972, mort en 1980, il a fait vivre l’écologie politique avant la lettre, d’une manière radicale et drôlatique, avec une bonne partie de l’équipe de Charlie Hebdo et de Hara Kiri, plus des intervenants occasionnels ou réguliers, connaisseurs de l’écologie et de ses problématiques. Et d’autres dessinateurs, venus d’horizons divers.
      Pierre Fournier et Henri Montant (Arthur), assistés d’Isabelle Cabut, ont fait rayonner l’exigence écologique à un moment où le besoin s’en faisait sentir, parfois cruellement. C’est l’époque de Creys Malville et du premier mort, Vital Michalon, parmi les manifestants écologiques (déjà dû à une grenade offensive), le 31 juillet 1977.
      C’est là que nombre d’entre nous ont découvert l’écologie et se sont intéressé(e)s à l’écologie politique.
      Ce projet est né de la rencontre entre des Décroissants, radicaux de l’écologisme et des médias indépendants, radicaux de l’information démocratique, non marchande, partagée avec les lecteurs/lectrices. Un vrai journal ne peut être la propriété que de ses lecteurs. Le média s‘appelle donc La Gueule ouverte et le lieu d’accueil à Montreuil, la Maison Ouverte, s’appelle pendant la COP21, « Initiatives décroissantes pour le climat ». Un média center y est proposé durant les deux semaines de la COP21 à tout média indépendant, libre, alternatif, "pas pareil", ainsi qu’à tout reporter/rapporteur indépendant ayant besoin d’un lieu adapté pour fabriquer de l’information différente.

      http://lagueuleouverte.info/a-propos-14

    • A lire aussi, dans la foulée : Des jours heureux. Le 27 février 2016, à Notre Dame des Landes. : http://lagueuleouverte.info/Des-jours-heureux-Le-27-fevrier-2016-a-Notre-Dame-des-Landes

      De quoi Notre Dame des Landes est-il le non ? C’est toujours instructif que de faire un tour sur la zad. Un micro-climat y règne, bénéfique. Mais la manif du 27 février 2016, c’est autre chose. Un modèle « des jours heureux » (le nom du programme de refonte globale de la société du Conseil National de la Résistance). L’esprit de résistance qui y souffle inspire à chacun(e) la voie et bien-sûr la voix. C’est l’expérience proposée par ce reportage photo et texte à la rencontre des « zadistes » du 27 février.


  • Reuters : Rémi Fraisse avait « les mains en l’air » quand il a été tué
    http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN0WR1AA

    Rémi Fraisse avait « les mains en l’air » quand il a été tué en octobre 2014 par une grenade offensive tirée par un gendarme mobile sur le site du barrage de Sivens (Tarn), a-t-on appris vendredi d’une source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart.

    Un an après la mort de Rémi Fraisse, des témoignages contredisent la version officielle 20 octobre 2015 / Marine Vlahovic

    Reporterre a recueilli des informations et des témoignages qui contredisent le rapport des forces de l’ordre.

    http://reporterre.net/Un-an-apres-la-mort-de-Remi-Fraisse-des-temoignages-contredisent-la-vers

    De Creys Malville à Sivens : Vital Michalon et Rémi Fraisse : (1/2) Les Pieds sur terre Sonia Kronlund
    http://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/de-creys-malville-sivens-vital-michalon-et-remi-fraisse-12

    Le 31 Juillet 1977, sur le site dédié à la centrale nucléaire Superphenix, et le 25 octobre 2014, sur le site promis au barrage de Sivens, Vital Michalon et Rémi Fraisse, militants écologistes sont tombés sous les grenades offensives de la gendarmerie. Souvenirs de leurs proches.

    #Rémi_Fraisse #barrage_de_Sivens #Sivens #Tarn
    #Reuters #Vital_Michalon #Creys_Malville

  • Entendez-vous dans nos campagnes…
    http://ptitrouge.larotative.info/spip.php?article8

    Pendant un mois et demi, l’équipe d’un journal d’info alternatif des années 70 reprend du service. Et ça commence fort, avec un retour sur Creys-Malville et la mort de Vital Michalon.

    Il y a un an, donc, Rémi Fraisse était tué par une grenade en pleine cambrousse, lors d’une manifestation écolo , et tout de suite tout le monde ressort le cold case Creys-Malville.
    C’était en 1977. Pendant des semaines avant la manif contre la construction du surgénérateur de Malville, Superphénix, le débat courait un peu partout : fallait-il y aller ou pas ?
    Les organisateurs annonçaient une « marche pacifique offensive », à l’initiative en particulier du Comité Malville de Grenoble et de la coordination des comités Malville qui avaient leur journal Superpholix et Radio Active, une radio pirate.

    Le discours dominant était belliqueux.La présence de la garde prétorienne trotskiste (les troupes bien organisées de la LCR et quelques autres) aussi bien que de militants allemands était claironnée, provoquant un sérieux pétage de plombs du préfet du coin en pleine conf’ de presse, parlant d « occupation par les boches » voyant débouler « la bande à Baader » (ceux qui ne savent pas ce que c’est, allez vous rafraîchir la mémoire sur Gogol, on ne va tout de même pas tout vous mâcher), et n’hésitant pas à ajouter « s’il le faut je ferai ouvrir le feu sur les contestataires ».
    Tout le monde savait que l’ambiance risquait fort d’être particulièrement rock n roll. Ici, au P’tit Rouge, nous avions décidé de ne pas y aller, l’envoi de gamins pacifistes au casse-pipe dans la luzerne n’a jamais été vraiment notre truc et la dérive militaro d’une partie de ce que la grande presse appelait « l’extrême gauche » ne nous fascinait pas plus que ça.

    #Sivens #grenades

    poke @rezo

    • 38 ans plus tard, la #police est la même, il n’y a pas de raison que ça change, et la « #gauche » qui est provisoirement au pouvoir en ce moment nous prépare les nouveaux Sivens, les nouveaux Malville, il suffi d’entendre Manuel Valls, dans son rôle favori de pète-sec aux sourcils froncés, agitant la trique sous le nez des zadistes de Notre Dame des Landes, préparez les pansements, c’est pour bientôt.
      38 ans plus tard, la #désinformation est la même, rappelez vous comment a été annoncée la « découverte d’un corps » sur le site de Sivens, sans parler de lien avec les #affrontements qui venaient de se dérouler, puis, forcés par les témoignages diffusés en live sur les réseaux (hé oui, on n’est plus en 1977) les « autorités » ont concédé que c’était bien un manifestant qui était décédé on ne savait pas trop comment, ah, oui, il avait un sac à dos. Ils en ont tous. Il avait dû le bourrer d’explosifs…

  • De Creys Malville à Sivens : Vital Michalon et Rémi Fraisse : (1/2) - Information - France Culture
    http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-de-creys-malville-a-sivens-vital-michalon

    Le 31 Juillet 1977, sur le site dédié à la centrale nucléaire Superphenix, et le 25 octobre 2014, sur le site promis au barrage de Sivens, Vital Michalon et Rémi Fraisse, militants écologistes sont tombés sous les grenades offensives de la gendarmerie. Souvenirs de leurs proches.

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10078-06.10.2015-ITEMA_20811554-0.mp3

    #violence_d'état #militer #radio

  • Fête du nucléaire
    http://rebellyon.info/fete-du-nucleaire

    Fête du nucléaire ! Ni pour ni contre, un peu de mémoire, beaucoup d’ alcool... Ce 29 août 2015. 40 ans après les premières manifs contre Malville et la mort de Vital Michalon, retrouvons nous à la Maison Bulle (lieu construit par les écolo résistants de l’époque) à partir de 15 h pour débattre (...) — la mort de Vital Michalon, Expression - contre-culture, Ecologie - nucléaire - alternatives, Manchette, La carte !

  • Des casseurs et du gaz, mais que fait la police ?
    http://www.canalsud.net/?Des-casseurs-et-du-gaz-mais-que

    Une émission dédicacée à Vladimir Martynenko, liberté immédiate pour ce héro de la classe ouvrière. Retour sur les événements de la semaine et un certain nombre de mensonges qui nous en rappellent d’autres, d’un autre mort dans une situation assez similaire, Vital Michalon. Si l’histoire se répète toujours comme une farce ce n’est vraiment pas drôle. Enfin, des membres de l’association Pierredomachal, nous parlerons du projet de gazoduc Eridan… Durée : 1h30. Source : Canal Sud

  • Conflit de pouvoirs : pour Rémi Fraisse
    http://blogs.mediapart.fr/blog/arie-alimi/021114/conflit-de-pouvoirs-pour-remi-fraisse

    Je ne connaissais pas Rémi Fraisse. Et je ne pensais pas en acceptant de défendre ses parents, en qualité de parties civiles, que j’aurai également à le défendre.

    Car depuis une semaine, depuis le moment où il s’est effondré, touché par une grenade lancée par un membre de la gendarmerie mobile, il ne se passe pas un moment sans que l’on fasse offense à sa personne et à sa mémoire. Casseur, djihadiste vert, ecoloterroriste…. Le discours du gouvernement ou de certains syndicats agricoles s’est établi et n’a cessé de monter en puissance. D’abord pour tenter de nier l’existence même des origines de sa mort. Rappelons-nous que dans les premiers moments, on ne parlait que d’un corps découvert dans la foret. On apprendra plus tard que le parquet, la direction de la gendarmerie et le gouvernement savaient déjà ce qu’il s’était passé puisque les gendarmes avaient quelques instants après sa mort ramassé le corps de Rémi.

    • Pourquoi ne pas assumer ses responsabilités et dire : nous l’avons tué. Notre politique l’a tué. Nous n’avons pas voulu choisir la voie du dialogue, nous avons voulu montrer que nous sommes forts aux yeux des Français, et cela passe par des démonstrations de violences contre ces militants majoritairement pacifistes. Nous les avons harcelés, frappés, nous avons brulé leurs effets personnels, les avons délogés sans autorisations judiciaires, puis nous avons fait usage de Flash balls, de grenades fumigènes et de désencerclement. Et comme ils ne partaient toujours pas, nous avons fait lancer des grenades contenant des explosifs, en les jetant sans sommations, sans respecter les règles élémentaires d’usage de ces grenades, en l’air directement sur les manifestants, ou même dans des lieux clos, comme dans une caravane occupée. Nous les avons blessés, alors qu’ils tentaient simplement de sauver notre patrimoine naturel, eux qui ont cette conscience que nous n’avons plus, à force de vouloir produire et gagner toujours plus.

      #violence_d'état #violences_policières #meurtre #répression

    • De Creys Malville à Sivens : Vital Michalon et Rémi Fraisse : (1/2), Les Pieds sur terre
      http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-de-creys-malville-a-sivens-vital-michalon

      Le 31 Juillet 1977, sur le site dédié à la centrale nucléaire Superphenix, et le 25 octobre 2014, sur le site promis au barrage de Sivens, Vital Michalon et Rémi Fraisse, militants écologistes sont tombés sous les grenades offensives de la gendarmerie. Souvenirs de leurs proches [dont la mère de Rémi Fraisse].

      Les témoignages les plus directs (...) concernent la manif contre la centrale de Creys Malville. Ils peuvent aider à comprendre (comme tant d’autres situations durant le pouvoir de la droite depuis 1958) comment Mitterrand a été élu en 1981, comment marchait à l’époque ce « éviter le pire » sans cesse réutilisé par « la gauche » et vidé depuis de toute signification.

  • Barrage de Sivens : les alertes des écolos ont été ignorées - Page 1 | Mediapart
    http://www.mediapart.fr/journal/france/271014/barrage-de-sivens-les-alertes-des-ecolos-ont-ete-ignorees

    Barrage de Sivens : les alertes des écolos ont été ignorées

    27 octobre 2014 | Par Jade Lindgaard et Louise Fessard

    Rémi Fraisse, le militant de 21 ans mort dimanche au rassemblement contre le barrage de Sivens dans le Tarn, a été tué sur le coup par une explosion, selon le procureur d’Albi. L’un des avocats de la famille dit penser « fortement à une grenade ». Début octobre, une jeune militante avait déjà failli perdre la main après le jet par un gendarme d’une grenade dans une caravane. Depuis plusieurs semaines, Cécile Duflot et d’autres écolos alertaient sur la tension entretenue par les forces de l’ordre et les pouvoirs publics.

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    Au moment où le ministère de l’écologie dévoilait officiellement le contenu d’un rapport d’experts très critique sur le projet de barrage de Sivens (Tarn), lundi après-midi, des manifestants bataillaient contre les forces de l’ordre à Albi, et des rassemblements se tenaient dans plusieurs dizaines de villes en hommage à Rémi Fraisse, 21 ans, mort dans la nuit de samedi à dimanche lors d’affrontements avec les gendarmes mobiles. Plus de 600 personnes ont ainsi manifesté dans le centre-ville de Nantes, pour dénoncer la « violence d’État ».

    Le drame tant redouté du côté de Notre-Dame-des-Landes s’est finalement produit dans la zone humide du Testet, occupée depuis des mois par des opposants au chantier. L’annonce du décès du jeune homme provoque une grande émotion chez les militants et sympathisants écologistes, exprimée toute la journée de lundi sur les réseaux sociaux. En quarante ans, seules deux autres personnes ont perdu la vie lors d’une action pour une cause environnementale : Vital Michalon, un professeur de physique-chimie de 31 ans, lors d’un rassemblement contre le réacteur nucléaire Superphénix, à Creys-Malville, en 1977 ; et Sébastien Briat, 22 ans, écrasé par un train de déchets nucléaires qu’il tentait d’arrêter, en 2004.
    Dessin en hommage à Rémi Fraisse (Tant qu'il y aura des bouilles).Dessin en hommage à Rémi Fraisse (Tant qu’il y aura des bouilles).

    Cette tristesse s’est teintée d’indignation avec les témoignages de manifestants affirmant que Rémi Fraisse a pu être tué par un jet de grenade. Cette hypothèse n’est à ce stade « ni confirmée, ni infirmée » par les premiers résultats de l’autopsie. Quels que soient les résultats de l’enquête sur les conditions exactes du décès du jeune homme, cet événement tragique jette une ombre indélébile sur un projet de barrage dispendieux, destructeur de son environnement, au service d’une agriculture industrielle, entaché de conflits d’intérêts.

    Ce projet a été porté à bout de bras, envers et contre presque tous, par le président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, notable socialiste, tout juste réélu sénateur en septembre. « On ne peut que déplorer ce qui s’est passé, un décès est toujours atroce, a-t-il réagi lundi. Je suis très désolé de la tournure prise par les événements. Qui aurait imaginé un tel déchaînement ? »

    Sur cet immense gâchis humain, écologique et économique, la ministre de l’écologie Ségolène Royal est jusqu’ici restée très discrète. Depuis l’annonce du décès, pas un mot de compassion, ou même de condoléances, n’est venu du gouvernement. Ce n’est que lundi soir, peu avant minuit, que le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a réagi dans un communiqué : « Je pense à la famille et aux proches de Rémi Fraisse, touchés par ce drame, et à leur peine. Ce gouvernement est attaché à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette disparition. » Mardi matin, sur France Info, l’ex-ministre du logement et député écologiste Cécile Duflot a demandé une commission d’enquête sur les conditions de la mort du jeune homme qu’elle considère comme une « tache indélébile sur l’action du gouvernement ».

    Comment Rémi Fraisse est-il mort ?

    Rémi Fraisse a été projeté au sol et tué sur le coup par une explosion. « La plaie importante située en haut du dos a été causée, selon toute vraisemblance, par une explosion », a affirmé Claude Dérens, le procureur de la République d’Albi, lundi, lors d’une conférence de presse. Des analyses du laboratoire de la police scientifique doivent encore établir si « une grenade, lancée depuis la zone où les gendarmes étaient retranchés » a pu être « à l’origine de l’explosion », a-t-il indiqué.

    Selon le procureur, « la déflagration a été forte puisque le jeune homme a été projeté au sol de façon violente » et « la mort a été instantanée ». « L’objet à l’origine de l’explosion n’a pas entraîné de flamme » et « aucune trace de particule métallique ou plastique n’a été retrouvée dans la plaie », a-t-il ajouté. Claude Dérens n’a pas pour autant jugé utile de nommer un juge d’instruction, se contentant d’une enquête préliminaire sous son autorité directe. De son côté, la famille de Rémi Fraisse a annoncé son intention de déposer plainte pour homicide volontaire.

    Contacté, Me Arié Alimi, l’un des avocats de la famille, dit penser « fortement à une grenade ». Lundi matin, le site d’information Reporterre a publié un témoignage en ce sens. « Il était à trente mètres de moi sur ma gauche, y affirme un jeune homme, qui dit s’appeler Camille. Je l’ai vu se faire toucher alors qu’il y avait des explosions à côté. Ils ont envoyé des grenades explosives, des tirs de flashballs. Après, cette personne s’est retrouvée à terre. » « Les militaires de la gendarmerie ne sauraient être mis en cause sur la seule base de témoignages, parfois anonymes, présentés par certains médias », a réagi dans un communiqué Denis Favier, le directeur général de la gendarmerie nationale. Selon la version des gendarmes relayée dans Le Monde, « à l’heure du décès de Rémi Fraisse, une seule grenade offensive aurait été lancée par les militaires » et les gendarmes s’interrogeraient « sur le contenu du sac à dos du défunt ».

    Sur place, la journaliste de Reporterre a, elle, photographié dimanche une trace de sang, entourée de bleu, ainsi que des trous, causés selon elle par des impacts de grenade. Comment expliquer que la scène n’ait pas été protégée plus tôt à la suite de la mort de Rémi Fraisse ? « Toute la journée de dimanche, le site a été ouvert au public, affirme Pascal Barbier, un ami de Jean-Pierre Fraisse, père de la victime. Vers 16 heures, ce sont les opposants qui ont mis une barrière de sécurité autour du lieu de la mort de Rémi. À côté de la tache de sang, on a retrouvé son sac à dos avec ses papiers d’identité. »

    Que s’est-il passé le week-end dernier dans la vallée de Sivens ?

    Rémi Fraisse venait de passer son BTS en environnement. Fils d’un élu apparenté Nouvelle Donne de Plaisance-du-Touch, dans l’agglomération toulousaine, le jeune militant était botaniste bénévole à Nature Midi-Pyrénées, une association affiliée à France Nature Environnement (FNE). « On ne lui connaissait aucune pathologie cardiaque et ce n’était pas un garçon organisé pour monter au combat, explique Me Emmanuel Pierrat, l’un des avocats de la famille. Il militait pacifiquement depuis des années. »

    Chez les quelque 2 000 militants anti-barrage venus ce week-end de toute la France sur l’ancienne zone humide du Testet, aujourd’hui entièrement défrichée, l’émotion était intense lundi matin. Installés autour de la métairie, à une dizaine de minutes à pied du chantier du barrage où ont eu lieu les affrontements avec les gendarmes mobiles, beaucoup n’ont appris la mort du jeune homme que le dimanche matin au réveil.

    Selon le communiqué de la préfecture du Tarn, il a été découvert vers 2 heures du matin par les gendarmes. Ceux-ci auraient repéré son corps gisant et fait une sortie pour le récupérer et le soigner. « Les gendarmes présents sur site étaient retranchés dans l’aire de stockage des engins de chantier et ont été attaqués en règle par le groupe de manifestants violents, approximativement une centaine qui jetaient des cocktails Molotov, des engins pyrotechniques et des pierres sur le grillage et à l’intérieur depuis l’extérieur », a affirmé dimanche soir le procureur de la République, Claude Dérens.

    « Tout le samedi après-midi, il y a eu de gros nuages de fumée de l’autre côté, avec les policiers qui lançaient des bombes lacrymos, des grenades assourdissantes, raconte une jeune militante, venue des Alpes-de-Haute-Provence, sous couvert d’anonymat. Les gens n’étaient pas au courant de ce qui se passait. C’était censé être festif, il y avait de la musique. C’était bizarre comme ambiance. Il y a eu un appel sous le chapiteau où se tenaient les conférences, pour aller voir. Les gens ont fait une chaîne humaine pour s’y rendre. C’était totalement pacifiste. Mais les flics n’arrêtaient pas de balancer. »

    Plusieurs personnes seraient reparties vers minuit à l’assaut des gendarmes. « Là, la réponse est disproportionnée : flashballs, grenades assourdissantes et invalidantes en tirs tendus, dit Pascal Barbier, qui s’appuie sur le récit de la compagne de Rémi Fraisse. Rémi s’est retrouvé dans ce groupe d’opposants qui ont mené une action musclée. Il était parti sans aucune protection. Il a pris un projectile. Il s’est effondré pendant une charge policière. Ils l’ont traîné pour le ramener derrière la ligne des forces de l’ordre. »

    Contactée, la préfecture du Tarn n’a pas souhaité préciser le nombre de gendarmes mobiles déployés samedi soir, ni leurs objectifs. D’après plusieurs témoins, il ne restait pourtant plus grand-chose à protéger sur le chantier du barrage. Guillaume Cros, président du groupe EELV au conseil régional Midi-Pyrénées, précise que l’Algeco et le générateur installés avaient été incendiés. « Si bien que le samedi, il n’y avait plus rien à défendre sur la zone, dit-il. Pourtant ils ont fait venir des centaines de gardes mobiles. » Selon un spécialiste en biodiversité présent sur place, neuf camionnettes de gendarmes mobiles étaient ainsi stationnées autour de l’Algeco incendié, « entouré par une grille de 2,50 mètres ». « Sachant que c’était à l’extérieur, qu’il n’y avait rien à casser donc rien à protéger, pourquoi mettre des forces de l’ordre ? » s’interroge une source policière.

    • Ces dernières semaines, la répression exercée par les gendarmes s’était nettement durcie, au point que, le 20 octobre, plusieurs élus EELV, dont l’ex-ministre Cécile Duflot, ont, en vain, alerté le préfet d’Albi. Mediapart a notamment pu recueillir le récit d’Elsa Moulin, une militante de 25 ans, qui a failli perdre une main le 7 octobre. Elle a été grièvement blessée par une grenade de désencerclement jetée par un gendarme du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) dans la caravane où elle s’était réfugiée avec trois autres militants. La scène a été filmée par l’un d’eux.

    • L’épisode est à l’époque passé inaperçu, malgré sa gravité. Ce matin-là, selon son récit, une trentaine de gendarmes du PSIG, casqués et en treillis, interviennent pour expulser trois caravanes sur la zone des travaux, dite « Gazab ». « Vers 15 heures, les gendarmes du PSIG ont commencé à s’équiper, raconte Elsa Moulin. Ils ont mis à bas un tipi avec des affaires communes, du matériel de bricolage, des bâches, ont fait un tas et y ont mis le feu. Ce n’était pas la première fois qu’ils détruisaient nos affaires. » Elle poursuit : « Les gendarmes étaient venus chercher un camping-car dont ils avaient embarqué le propriétaire la veille. Nous sommes montés sur le camping-car pour faire opposition. Ils nous ont virés brutalement, puis ils ont fait un périmètre de sécurité pour que la dépanneuse vienne le prendre. Trois d’entre nous se sont réfugiés dans une caravane, qui n’était pas sur une parcelle visée par l’arrêté d’expulsion. Les autres ont été gazés et expulsés du terrain. »

      C’est alors qu’un gendarme lance une bombe lacrymogène sous une des fenêtres de la caravane. « On a mis une couverture pour se protéger, mais il l’a arrachée », dit Elsa. Sur la vidéo, on voit ensuite le gendarme en treillis, avec un équipement correspondant à celui des PSIG, crier : « À trois, je vous laisse partir. » « C’est pas expulsable, putain ! », lui répond un des militants. Le gendarme recule et répète : « Je vous laisse partir. Vous avez le choix », tout en commençant son décompte. Il sort du champ de vision de la caméra, puis on entend les militants hurler.

      « Il a lancé une grenade sans voir où elle atterrissait, dit Elsa Moulin. Elle est tombée à un mètre de moi. J’ai cru que c’était une lacrymo, j’ai voulu la rejeter et elle a explosé. Avec la peur, je n’ai pas trop réfléchi. » Il s’agissait en fait, selon la jeune fille, d’une grenade de désencerclement. Cette arme de force intermédiaire provoque une forte détonation, ainsi que la projection de 18 galets en caoutchouc dans un rayon de 10 mètres. Selon les instructions des directeurs de la gendarmerie nationale et de la police nationale, elle peut être utilisée lorsque « les forces de l’ordre se trouvent en situation d’encerclement ou de prise à partie par des groupes violents ou armés ». « Son emploi en milieu fermé doit être limité à des situations particulières où les risques liés aux projections et à l’explosion sont réduits », prévoit cette directive, qui ordonne aux agents de s’assurer de l’état de santé de la personne après usage.

      « Les gendarmes ne se sont absolument pas préoccupés de nous. On a rejoint la métairie où l’on a appelé les pompiers, raconte Elsa Moulin. On a été coupés à cause des brouilleurs de portable. » En état de choc, la jeune femme a été opérée le soir même à Albi, puis transférée à Toulouse. Sa main a été placée dans un caisson hyperbare pendant plusieurs jours. « Les vaisseaux sanguins ont explosé à l’intérieur de la main, ce qui détruit les tissus », explique-t-elle. Elle est aujourd’hui en rééducation : « Je pense pouvoir récupérer l’usage de ma main. »

    • Éducatrice spécialisée, Elsa Moulin a été présente sur la zone du Testet de mi-février à mi-avril. « On a eu assez peu d’affaires de violences, les rares fois où nous voyions des gendarmes, c’étaient ceux du coin et on pouvait dialoguer avec eux. » Mais selon elle, la tension est nettement montée à son retour sur la zone début octobre. Elle décrit des humiliations, insultes et provocations de la part des gendarmes du PSIG.

      « Ils m’ont dit : “Ici, c’est une déchetterie, vous en faites partie et une déchetterie ça s’évacue” ou encore : “Toi ma grande, tu n’as rien pour toi”, relate-t-elle. J’ai aussi entendu : “Même mon chien, je ne le ferais pas vivre ici”. » Le blog du collectif Tant qu’il y aura des bouilles fait état de plusieurs personnes blessées par les gendarmes depuis septembre 2014. « Pour eux, nous n’avons aucune valeur, nous ne représentons rien, donc ça leur permet d’être violents, confie Elsa Moulin. Moi, je suis non violente. Notre force, c’est d’être toujours là, malgré les humiliations, malgré nos affaires détruites. Nous ne luttons pas contre eux, mais contre le barrage. »