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  • Tiens, le Monde se réveille…
    (réservé aux abonnés, heureusement)

    « Gilets jaunes » : les violences policières, le tabou du gouvernement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/19/les-violences-policieres-le-tabou-des-autorites_5452435_3224.html


    (crédits photo (trouvés à Jakarta…)
    Foto : AFP/Sebastien SALOM-GOMIS)

    Aucun haut responsable ne veut en parler publiquement, malgré des dizaines de vidéos explicites documentant des dérapages parfois graves.

    C’est une bataille des images, mais aussi et surtout une guerre des mots. Face aux nombreuses ­photos et vidéos de scènes où des membres des forces de l’ordre molestent des manifestants, les autorités opposent un front de défense uni, dont la ligne pourrait se résumer ainsi : « Les violences policières n’existent pas. »

    Dès le 8 mars, Emmanuel Macron avait montré la voie en répondant sèchement à un étudiant lors d’une étape du grand débat :
    « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. »

    Même interdit langagier pour le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, ­interrogé le 19 mars sur France ­Inter, qui rétorquait :
    « Arrêtons de parler des violences policières ! »

    Quant à Edouard Philippe, le premier ministre, il déclarait sèchement, sur BFM-TV, en réponse à la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, qui évoquait début mars un « usage excessif de la force » :
    « Il faudra [lui] expliquer l’ensemble des faits et notamment l’extrême violence qui s’est déchaînée contre les forces de l’ordre. »

    Pourquoi un tel tabou dans la parole publique, alors que, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », des dizaines de vidéos explicites documentent des dérapages parfois graves des forces de l’ordre ? Plus de deux cents enquêtes ont été ouvertes « pour des faits allant de l’insulte aux violences qui ont pu faire des blessés et parfois des blessés graves », selon les mots mêmes de Christophe Castaner. Plusieurs sources interrogées pointent une multitude de raisons à ce déni, à commencer par la nécessité de ne pas brusquer la base policière dont les autorités ont craint qu’elle ne fasse défaut en décembre 2018.

    Ce refus ferme de parler de ­« violences policières » trouve en effet un écho très favorable au sein des forces de l’ordre. « Je suis dans la police depuis le début des années 1980 et je n’ai encore jamais vu un ministre comme ­Castaner qui soutiennent autant ses hommes et ses femmes », dit Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-Force ouvrière, le premier syndicat au sein du ministère de l’intérieur.

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    • « Gilets jaunes » : les violences policières, le tabou du gouvernement

      Aucun haut responsable ne veut en parler publiquement, malgré des dizaines de vidéos explicites documentant des dérapages parfois graves.

      C’est une bataille des images, mais aussi et surtout une guerre des mots. Face aux nombreuses ­photos et vidéos de scènes où des membres des forces de l’ordre molestent des manifestants, les autorités opposent un front de défense uni, dont la ligne pourrait se résumer ainsi : « Les violences policières n’existent pas. »

      Dès le 8 mars, Emmanuel Macron avait montré la voie en répondant sèchement à un étudiant lors d’une étape du grand débat :
      « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. »
      Même interdit langagier pour le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, ­interrogé le 19 mars sur France ­Inter, qui rétorquait :
      « Arrêtons de parler des violences policières ! »
      Quant à Edouard Philippe, le premier ministre, il déclarait sèchement, sur BFM-TV, en réponse à la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, qui évoquait début mars un « usage excessif de la force » :
      « Il faudra [lui] expliquer l’ensemble des faits et notamment l’extrême violence qui s’est déchaînée contre les forces de l’ordre. »

      Pourquoi un tel tabou dans la parole publique, alors que, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », des dizaines de vidéos explicites documentent des dérapages parfois graves des forces de l’ordre ? Plus de deux cents enquêtes ont été ouvertes « pour des faits allant de l’insulte aux violences qui ont pu faire des blessés et parfois des blessés graves », selon les mots mêmes de Christophe Castaner. Plusieurs sources interrogées pointent une multitude de raisons à ce déni, à commencer par la nécessité de ne pas brusquer la base policière dont les autorités ont craint qu’elle ne fasse défaut en décembre 2018.

      Sentiment d’équivalence

      Ce refus ferme de parler de ­« violences policières » trouve en effet un écho très favorable au sein des forces de l’ordre. « Je suis dans la police depuis le début des années 1980 et je n’ai encore jamais vu un ministre comme ­Castaner qui soutiennent autant ses hommes et ses femmes », dit Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-Force ouvrière, le premier syndicat au sein du ministère de l’intérieur.
      Laurent Nuñez aussi a marqué des points, en tout cas chez les policiers. Invité à commenter sur BFM-TV les propos d’un colonel de gendarmerie qui parlait de « violences policières » pour qualifier le matraquage de manifestants dans un fast-food, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur avait appelé l’intéressé à faire preuve de « la plus grande prudence » et s’était limité à évoquer des « suspicions de violence ». Une séquence perçue par la maison d’en face comme un recadrage bienvenu du gendarme. « C’était absolument scandaleux d’entendre ça. Est-ce qu’après ­Sivens nous sommes allés expliquer sur les plateaux qu’ils n’auraient pas dû jeter la grenade comme ça ? Ce sont des mots inacceptables », s’emporte une source policière, en référence à la mort du manifestant Rémi Fraisse, touché par l’explosion d’une grenade offensive tirée par un gendarme mobile sur le site du barrage de Sivens en 2014.

      Confrontés aux images de violences policières lors de nombreuses interviews, le ministre de l’intérieur et son secrétaire d’Etat ont pris le parti de systématiquement appeler à respecter le temps long de l’enquête avant de qualifier les faits. Une présomption d’innocence à sens unique, quand les forces de l’ordre appellent régulièrement la justice à condamner plus rapidement et plus sévèrement les casseurs. Ce n’est souvent que sous le couvert de l’anonymat, et en usant moult périphrases, que les policiers reconnaissent des « dérapages », des « fautes » ou des « gestes déplacés ».
      Au risque que s’installe un sentiment d’impunité dans l’opinion, selon David Le Bars, patron du Syndicat des commissaires de la police nationale, organisation majoritaire : « La réalité, c’est qu’on a manqué de décisions administratives courageuses : il y a des images et des actions qui nous mettent en difficulté. Sans préjuger des suites judiciaires, il aurait pu y avoir des sanctions administratives plus fermes. »

      « Volonté de l’Etat de faire mal aux corps »

      Pour les autorités, ce combat sémantique revêt aussi une dimension symbolique. « Il y a une bataille des mots parce que ceux d’en face, en parlant de “violences policières”, veulent dire que notre emploi de la force est illégitime, alors qu’au contraire c’est nous qui avons le monopole de cette force légitime », explique une source policière. Plusieurs policiers regrettent que ne s’installe parfois un sentiment d’équivalence entre manifestants et forces de l’ordre. « Avec la querelle politique et la crise des “gilets jaunes”, on a été les otages d’un match qui a parfois donné l’impression que c’était bande contre bande, explique David Le Bars. Il y a eu un alignement de la violence, et ce sentiment a parfois pu se diffuser chez des policiers également. »

      Pour les autorités, ne pas laisser s’installer l’expression de « violences policières » est enfin une façon de se dédouaner, en refusant une lecture systémique, et en renvoyant la « faute » sur l’individu, policier ou gendarme. « “Violences policières” suggère un système, sciemment organisé, c’est évidemment faux : s’il y a faute ou manquement à la déontologie, la justice et les inspections interviennent et sanctionnent », twittait Eric Morvan, le grand patron de la police nationale, le 9 avril.
      Une approche contestée par les défenseurs des « gilets jaunes », comme Raphaël Kempf, avocat de nombreux manifestants : « Il y a une volonté de l’Etat de faire mal aux corps. Quand le gouvernement fait le choix de continuer à utiliser des armes qui peuvent mutiler, alors qu’il connaît les conséquences, c’est l’adoption d’une stratégie de la tension, dans le but de dissuader les gens de manifester. » Avec certains de ses confrères, William Bourdon, Aïnoha Pascual, Chloé Chalot et Arié Alimi, Me Kempf a saisi, le 14 avril, le Conseil d’Etat d’un référé suspension pour faire interdire la très contestée grenade lacrymogène GLI-F4, à l’origine de plusieurs mutilations, et toujours utilisée par les forces de l’ordre.

  • Gilets jaunes : on a soumis 8 vidéos (et photos) de violences policières présumées à deux avocats
    https://www.franceinter.fr/justice/gilets-jaunes-on-a-soumis-8-videos-et-photos-de-violences-policieres-pre

    Les manifestations de « gilets jaunes » ont donné lieu à de nombreuses scènes de violences partout en France depuis le 17 novembre. Des violences contre les forces de l’ordre et par les forces de l’ordre. Ces dernières estiment qu’il y a eu 1 000 blessés dans leurs rangs. De l’autre côté, 1200 à 1700 « gilets jaunes » ont été blessés par des Flash-Ball ou des grenades. Le défenseur des droits a lui-même alerté à plusieurs reprises, notamment sur la dangerosité des lanceurs de balles de défense (LBD, qui remplacent désormais les Flash-Ball). Au total, dans 78 dossiers, les parquets des tribunaux concernés ont décidé de saisir l’IGPN. 200 signalements ont été transmis. Mais, pour l’instant, aucun policier n’a été suspendu.

    Depuis le 1er décembre, sur son fil Twitter, le journaliste David Dufresne recense les vidéos circulant sur les réseaux sociaux et présentant des cas plus ou moins manifestes de violences policières. Il a signalé plus de 250 cas qui lui semblent mériter enquête. Série en cours. Il faut regarder ces images avec prudence, prévient le journaliste : « c’est vrai qu’on n’a jamais toute la scène, mais je rappelle qu’auparavant, on n’avait trace de rien ».

    Nous avons sélectionné huit de ces vidéos et photos, parce qu’elles sont symptomatiques de différents types d’interventions qui semblent poser problème au regard de la loi. Tirs de LBD, passages à tabac, gazage à la lacrymo ou simple contrôle d’identité. Nous avons demandé à deux avocats de les décrypter pour nous. Maître Laurent-Franck Lienard, habitué à défendre les fonctionnaires de police et maître William Bourdon, fervent défenseur des libertés publiques.

    #maintien_de_l'ordre

  • Le combat de Mme Tran contre Monsanto et l’agent orange Paris et Vietnam, reportage - 25 Octobre 2018 - Reporterre
    https://reporterre.net/Le-combat-de-Mme-Tran-contre-Monsanto-et-l-agent-orange

    Tran To Nga est née et a grandi au Vietnam. Les épandages massifs de défoliants par les avions militaires états-uniens durant la guerre l’ont empoisonnée, comme des millions de ses compatriotes, qui souffrent encore des ravages causés par la dioxine. Elle a intenté un procès à Monsanto et Dow Chemical, qui ont fabriqué ces poisons, au nom de toutes les victimes et « pour la santé du monde entier ».

    Lundi 7 novembre 2016, j’ai rendez-vous avec Nga à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Son temps est rare, et celui qu’elle m’octroie me donne l’impression de faire partie de son intimité. J’attends, assise sur un banc au rez-de-chaussée de l’hôpital ; un livre à la main, comme toujours, je n’entends pas sa voix frêle m’appeler depuis l’extrémité de la salle d’attente. Je m’assois à côté d’elle, et lui demande des nouvelles. De sa santé, d’abord, puis du procès qu’elle mène contre les principales firmes chimiques états-uniennes, responsables des épandages de défoliants pendant la guerre du Vietnam. Entre ses prises de sang, à l’occasion de l’attente entre chaque rendez-vous, j’apprends qu’il a fallu cinq longues années avant d’arriver au procès. Tran To Nga est franco-vietnamienne. Ancienne militante, combattante et journaliste, elle a vécu la guerre d’Indochine, puis celle du Vietnam, contre les États-Unis. Aujourd’hui, ces combats sont derrière elle, mais leurs traces perdurent dans son corps. Nga a un taux de dioxine très élevé dans le sang. Elle souffre de l’alpha-thalassémie, une maladie qui affecte la production des globules rouges, de chloracné sous-cutanée (une forme sévère d’acné) et du diabète de type 2. Insidieuses et imperceptibles blessures de guerre. Même si ces maux paraissent invisibles quand on regarde Nga, ils sont pourtant bien réels.


    « Laisser la conscience se réveiller, assumer le mal qu’on a causé, et se rassembler pour le réparer. » Tran To Nga

    « L’humanité n’est pas une espèce animale : c’est une réalité historique », écrivait Simone de Beauvoir en 1964, peu après le début de la guerre du Vietnam (1961-1973). C’est sur les visages, les corps et les paysages que s’exprime l’histoire d’un pays. À partir de l’année 1962, le gouvernement des États-Unis a lancé l’opération « Ranch Hand » (« ouvrier agricole ») et déversé plus de 80 millions de litres de défoliants sur la partie Sud du Vietnam. Parmi eux, l’agent orange, mais aussi l’agent blanc, l’agent vert, l’agent bleu, l’agent rose et l’agent violet… « The Rainbow Herbicides », selon l’armée états-unienne, les « herbicides arc-en-ciel ». L’acide 2,4,5-T est l’une des molécules herbicides de l’agent orange, massivement épandu pour détruire la couverture végétale qui enveloppait et protégeait les résistants vietnamiens. Cet acide contient de la dioxine, qui s’est disséminée à travers les forêts, les ruisseaux, les nappes phréatiques, et a peu à peu contaminé la faune, la flore et les habitants du pays.

    « Et, tout à coup, une pluie gluante dégouline sur mes épaules, se plaque sur ma peau » 

    Plus de quarante ans après la fin du conflit, la guerre continue de s’exprimer sur le visage des nouveau-nés. Le dernier rapport de Vava (The Vietnam Association for Victims of Agent Orange/Dioxin) publié en août 2016 confirme que, au Vietnam, la majorité des malformations génitales, des décès prénataux et des fausses-couches sont dus à l’agent orange. La dioxine est un agent tératogène (du grec, « teras, teratos », « monstre » et « genos », « gène »). Parmi ses formes d’expression les plus graves, on liste : absence de membres, bec-de-lièvre, tumeur(s) externe(s), microcéphalie, hydrocéphalie, cécité, surdité, autisme, retard mental, cancers, diabètes… Selon ce même rapport, 4,8 millions de Vietnamiens auraient été exposés directement ou indirectement à la dioxine et 150.000 enfants auraient des malformations de naissance (ce chiffre provient, d’après le rapport, de statistiques encore incomplètes).


    Kien est une victime de l’agent orange. Il souffre d’une tumeur externe sur la partie droite du visage et de chloreacné ; il est présent dans le film de Jean-Marc Turine « Liên de Mê Linh »

    Dans son livre Ma terre empoisonnée, paru début 2016, Nga cite sa grand-mère qui, à peine quelques années après sa naissance, lui disait : « Prépare-toi à une vie difficile, ma petite. » Tran To Nga est née le 30 mars 1942 à Soc Trang, une région prospère grâce à la culture du riz. Dès son plus jeune âge, elle a été plongée dans une rude existence. Fille d’une figure militante communiste au Vietnam, Nga a été impliquée dans la guerre dès ses 8 ans, étant utilisée comme agent de liaison. Après des études de chimie à Hanoï, elle a rejoint le Sud, parcourant la « piste de Truong-Son » [1] avec, en tête, l’espoir de libérer le pays. Sa force de caractère et ses convictions politiques lui ont permis de tenir dans la jungle et dans la prison où elle fut emprisonnée, torturée, et où est née sa seconde fille.

    « Un jour, je suis en train d’écrire un article au fond de ma tanière, éclairée par un lampion, quand un avion nous survole, passant et repassant au-dessus de l’abri en cercles de plus en plus resserrés. Intriguée, je sors. Le C-123 vole à basse altitude. De ses entrailles s’échappe une sorte de nuage blanc qui fait tache dans le bleu du ciel. Je le contemple comme on regarderait un vol d’oiseaux migrateurs, sans bouger. Et, tout à coup, une pluie gluante dégouline sur mes épaules, se plaque sur ma peau. Une quinte de toux me prend. Maman, venue me rejoindre, me crie d’aller vite m’asperger d’eau et de changer de vêtements, en m’expliquant ce que je n’ai pas encore compris : “C’est du défoliant, de l’agent orange, Nga !” » [2].


    Des avions états-uniens en opération d’épandage de produits chimiques lors de la guerre du Vietnam.

    Après cet incident, Nga accouche d’une petite fille, qui décède peu de mois après. Nga pensait que c’était en raison des conditions de vie et du manque d’hygiène. Aucun lien ne s’était encore tissé entre l’agent orange et cette mort prématurée.

    « Il faut que les gens se rassemblent, non seulement pour les victimes, mais pour la bonne santé du monde entier » 

    C’est seulement après des tests sanguins en 2011 que Nga eut la preuve qu’elle avait été contaminée par l’agent orange. Aujourd’hui, les circonstances lui demandent encore de solliciter l’énergie qui lui reste, à presque 75 ans, pour les victimes de la dioxine. Les Vietnamiens ne peuvent pas mener de procès contre les firmes qui ont fabriqué ces produits. Leur gouvernement empêche les avocats de participer à des procès internationaux par peur de dégrader les relations économiques avec les États-Unis.


    Portraits d’un ancien combattant vietnamien au mur d’une demeure de famille de victimes. La photo a été prise pendant une journée de visite des familles avec l’association VNED, dans la province de Quang Binh.

    Nga, qui est à la fois vietnamienne, française — depuis que le gouvernement français lui a décerné la Légion d’honneur — et victime de l’agent orange, rassemble les conditions nécessaires pour mener ce procès. C’est lorsqu’elle a témoigné au tribunal international d’opinion pour les victimes vietnamiennes de l’agent orange/ dioxine, qui s’est déroulé à Paris les 15 et 16 mai 2009, qu’André Bouny, auteur de l’essai Agent orange, apocalypse Viêt Nam (éditions Demi-Lune lui a proposé d’intenter un procès aux géants de la pétrochimie. Nga a refusé, d’abord ; puis, André Bouny lui a dit qu’il ne s’agissait pas de « sa justice à elle », mais de celle de l’ensemble des victimes. « Quand on m’a expliqué que c’était pour les autres victimes, j’ai tout de suite accepté », dit-elle. Épaulée par trois avocats, maîtres William Bourdon, Amélie Lefebvre et Bertrand Repolt, Nga s’est lancée en 2011 dans ce combat long et difficile.


    Tran To Nga au cinéma Le Vox, à Fréjus (Var), pendant une séance de dédicace, cet été.

    Nga et ses avocats n’espèrent pas une victoire juridique, mais marquer les esprits. Ce combat, qui revêt la forme d’un procès, est avant tout un combat pour l’humanité : « Il faut que les gens se rassemblent, non seulement pour les victimes, mais pour la bonne santé du monde entier. » « J’agis pour que les crimes de la guerre ne soient pas oubliés ; pour que l’ensemble de la communauté internationale se mobilise contre les écocides et les génocides », ajoute-t-elle. Car ce procès ne renferme pas que la seule visée mémorielle. Monsanto continue à semer la mort dans le monde entier. Le premier tribunal international et citoyen, qui a eu lieu le mois dernier à La Haye pour dénoncer ses crimes, en est la preuve.

    Accusé d’#écocide et d’être la cause de nombreux maux, #Monsanto subit maints procès. Alors qu’il ne répond pas systématiquement à toutes les plaintes, il a décidé de le faire contre cette « belle dame » (la signification du prénom de Nga) de 75 ans, comme les 25 autres sociétés accusées, dont #Dow_Chemical. Cette réponse est une première victoire pour Nga et ses avocats : ces firmes s’inquiètent du symbole qu’elle représente.


    Ma terre empoisonnée, par Tran To Nga et Philippe Broussard, éditions Stock, 304 p., 19,5 €

  • La Française Mélina Boughedir comparaît de nouveau pour « terrorisme » en Irak
    https://information.tv5monde.com/info/la-francaise-melina-boughedir-comparait-de-nouveau-pour-terror

    Il existe de « lourdes interrogations sur les pressions qui auraient été exercées par la #France pour provoquer un nouveau procès », affirme à l’AFP William Bourdon, avocat parisien de Mme Boughedir qui a fait le déplacement à Bagdad.

    [...]

    En France, la jeune femme est visée par un mandat de recherche délivré dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris le 2 août 2016, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », selon une source judiciaire.

    « Il y a un antagonisme inédit entre le pouvoir politique français et la justice », poursuit Me Bourdon qui a interpellé dans une lettre ouverte M. Le Drian avec ses confrères Martin Pradel et Vincent Brengarth.

    Dans cette missive consultée par l’AFP, ils dénoncent une « volonté à tout prix, et au sacrifice des principes fondamentaux, que (leur) cliente ne revienne pas » et une « ingérence inacceptable ».

  • En Malaisie, la traductrice qui en savait trop

    https://www.lemonde.fr/international/article/2018/05/28/en-malaisie-la-traductrice-qui-en-savait-trop_5305535_3210.html

    Une jeune Mongole assassinée, des commissions occultes, un ex-premier ministre sur la sellette : après l’arrivée d’un nouveau gouvernement, la justice va-t-elle rouvrir le dossier ?

    La Mongole était jolie et résidait en Malaisie, où elle avait été la maîtresse d’un conseiller du ministre de la défense d’alors, et peut-être même celle du ministre lui-même. Elle avait 28 ans, elle était traductrice. Elle parlait, outre le mongol, le russe, le chinois, l’anglais et un peu le français. Elle s’appelait Altantuya Shaariibuu. Et elle en savait trop.

    Altantuya s’était retrouvée, notamment en raison de ses contacts sur l’oreiller, indirectement associée – ou impliquée – dans l’affaire de la vente de trois sous-marins à la Malaisie par la France en 2002, un scandale d’Etat dont l’onde de choc continue aujourd’hui de se propager dans l’Hexagone : en juillet 2017, un ancien président de la Direction des constructions navales et un ex-directeur général délégué du groupe français Thales (ex-Thomson), ont été mis en examen pour « corruption active ». Récipiendaires probables de commissions illégales versées en Malaisie : des responsables au plus haut niveau du gouvernement. Les Français avaient de bonnes raisons de mettre la main au portefeuille pour graisser la patte aux bonnes personnes : le contrat s’élevait à près d’un milliard d’euros…

    Le corps pulvérisé

    Altantuya Shaariibuu a payé au prix fort, de la manière la plus terrible et la plus spectaculaire qui soit, le fait d’en savoir trop : le 18 octobre 2006, elle est enlevée en plein Kuala Lumpur par deux policiers d’un corps d’élite de gardes du corps rattaché au bureau du premier ministre. Traînée de force dans un véhicule banalisé, elle est emmenée dans le faubourg de Shah Alam, à la sortie de Kuala Lumpur. Là, elle est abattue d’une balle dans la tête avant que des explosifs de type C-4 soient placés sur son corps. Le cadavre d’Altantuya est pulvérisée au point que l’on ne retrouvera presque rien d’elle.

    La raison de cet assassinat s’explique très probablement par le fait que la jeune Mongole était en train de faire chanter son ancien amant, Abdul Razak Baginda, à l’époque directeur d’un cercle de réflexion mais aussi proche de Najib Razak, alors ministre de la défense. Ce dernier allait ensuite devenir premier ministre, jusqu’à la spectaculaire défaite de son parti aux élections du 8 mai dernier…

    Altantuya Shaariibuu avait en effet été arrêtée alors qu’elle faisait un scandale devant la résidence d’Abdul Razak Baginda, vociférante et menaçante. Elle avait auparavant exigé de son « ex » qu’il lui verse une commission de 500 000 dollars, promise mais non versée. Faute de quoi elle révélerait les secrets des troubles combines autour de la vente des sous-marins. Après son meurtre, des photos ont circulé, la montrant en train de festoyer en des temps plus heureux, dans un restaurant parisien avec Baginda et… Najib Razak. Peut-être était-elle aussi l’amante de ce dernier, ont laissé entendre certaines rumeurs.

    Réouverture du dossier

    L’échec électoral de « Najib » et de son parti a des chances de provoquer la réouverture d’un dossier (scandale des sous-marins et donc, du même coup, l’assassinat d’Altantuya) mis sous le tapis depuis des années. Et Najib Razak, déjà empêtré dans un scandale d’Etat où il est soupçonné d’avoir siphonné l’équivalent de plus de 600 millions d’euros de fonds publics sur son compte en banque, pourrait se retrouver, si les langues se délient un peu trop, impliqué cette fois, non seulement dans une affaire de corruption mais aussi, fut-ce indirectement, dans un assassinat…

    « Il faut que le nouveau gouvernement relance l’enquête sur l’affaire de la vente des sous-marins [français] », vient de déclarer l’ancien juge de la haute cour, Gopal Sri Ram. Le 16 mai, le président de Mongolie, Khaltmaagiyn Battulga, a adressé un message de félicitations au nouveau premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, qui avait déjà été auparavant premier ministre et l’était encore quand le contrat des sous-marins fut signé entre la France de Jacques Chirac et la Malaisie : « L’assassinat d’Altantuya Shaariibuu a créé une atmosphère défavorable entre nos deux pays et j’espère sincèrement que votre Excellence accordera toute son attention [à ce cas] afin que justice soit rendue », écrit notamment le chef d’Etat mongol.

    L’ONG malaisienne Suaram, qui a demandé que des poursuites judiciaires soient diligentées à propos du scandale des sous-marins, a engagé à Paris l’avocat William Bourdon. Ce dernier vient de dire aux journalistes du site en ligne Malaysiakini qu’il était prêt à se rendre cet été à Kuala Lumpur, pour « briefer » le nouveau gouvernement sur l’affaire.

    Des ordres venus de très haut

    Une voix lointaine pourrait s’avérer cruciale dans le « dossier » Altantuya Shaariibuu : l’un de ses deux agresseurs, Sirul Azhar Umar, condamné à mort en 2009 par une cour malaisienne, mais sans qu’aucun mobile de son meurtre n’ait alors été invoqué, est en prison en Australie. Il s’y était enfui en 2014 alors que sa condamnation était jugée en appel en Malaisie et qu’il avait été libéré sous caution.

    De sa prison, il a donné plusieurs interviews, dans lesquelles il a assuré avoir servi de « bouc émissaire ». Il a parfois laissé entendre que les ordres d’assassiner la jeune Mongole venaient de très haut. Le jour précédant son incarcération en Australie, en 2015, conséquence d’une demande faite par Interpol, Sirul avait envoyé un mystérieux SMS à un contact, resté anonyme, mais qui aurait été proche des services de renseignements malaisiens.

    « Salut patron. Je suis en difficulté. Je veux deux millions de dollars australiens avant que vous veniez me rendre visite. Je ne reviendrai pas en Malaisie. Je ne veux pas faire tomber le premier ministre. »
    Lire aussi : Mahathir et Anwar, un improbable tandem à la tête de la Malaisie

    Plus tard, Sirul se rétracta, comme s’il réalisait qu’il lui fallait ménager ses arrières : des émissaires du parti de Najib Razak étaient venus le voir dans sa cellule. Il jura par la suite au site Malaysiankini « qu’au Nom de Dieu, l’honorable premier ministre Najib Razak n’a jamais été impliqué dans [le meurtre d’Altantuya] et n’a jamais eu de liens avec cette affaire ».

    Mais l’« honorable » premier ministre, qui n’a jamais été très « honorable », n’est plus premier ministre. Le 1er juin, l’ancien flic et ci-devant assassin devrait à nouveau comparaître devant la justice australienne. Osera-t-il révéler tout ce qu’il sait ?

    • Amende revue à la baisse pour Antoine Deltour L’essentiel - afp - 28 Mars 2018
      http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/Amende-revue-a-la-baisse-pour-Antoine-Deltour-12754817

      #LUXEMBOURG - Le lanceur d’alerte à l’origine de l’affaire LuxLeaks a été rejugé ce mardi 27 Mars 2018 .

      Antoine Deltour a été rejugé mardi, devant la cour d’appel de Luxembourg, dans un volet de l’affaire Luxleaks où il se voit reprocher le vol de documents de formation interne à son ancien employeur, le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). Une amende d’un montant inférieur à 1 500 euros a été réclamée à son encontre par l’avocat général. À l’issue de l’audience, la cour a mis son arrêt en délibéré au 15 mai. Ce procès, où Antoine Deltour comparaissait seul, est la conséquence de l’annulation en janvier par la Cour de cassation de sa condamnation à une peine de prison avec sursis, prononcée en appel en mars 2017.


      L’affaire LuxLeaks avait éclaté en novembre 2014, avec la révélation d’accords fiscaux entre des multinationales et l’administration fiscale luxembourgeoise par l’intermédiaire du cabinet PwC. C’est Antoine Deltour et son ex-collègue chez PwC Raphaël Halet qui avaient transmis les documents concernant les « tax rulings » (rescrits fiscaux) à un journaliste français, Édouard Perrin, lequel avait rendu public le scandale. Dans ce nouveau procès, Antoine Deltour n’est plus mis en cause pour le vol et la transmission des rescrits fiscaux. Le statut protecteur de lanceur d’alerte lui a été reconnu par la Cour de cassation.

      « Lassé de ce marathon judiciaire »
      Mais il lui est toujours reproché le vol de 26 000 pages de documents de formation qu’il aurait pu monnayer auprès de concurrents de PwC, d’après l’analyse de son ex-employeur. « Le vol était sans lien nécessaire avec le lancement d’alerte (...) Il n’est pas en soi et par nature une manifestation de la liberté d’expression », a relevé mardi l’avocat général John Petry. Il a réclamé « une amende d’un montant inférieur à celui décidé par la cour d’appel » en mars 2017, à savoir 1 500 euros.

      À l’époque, Antoine Deltour avait aussi écopé de six mois de prison avec sursis. À propos de cette nouvelle audience, prévue initialement sur deux jours mais qui n’a duré que quelques heures mardi, Me William Bourdon, avocat d’Antoine Deltour, a évoqué « des péripéties minuscules ». « Il n’y a que les avocats de PwC qui pensent que cette histoire de documents de formation est un sujet intéressant », a-t-il dit, accusant ces derniers d’être « de très mauvais perdants ».

      « Je commence à être lassé de ce marathon judiciaire, mais je crois que c’était l’épilogue », a déclaré de son côté Antoine Deltour, devant des journalistes. Selon lui, le dernier volet jugé en appel est « parfaitement accessoire » et « le président de la cour d’appel l’a très bien compris ». Des trois prévenus au départ de la procédure, Antoine Deltour est le seul encore inquiété. La justice luxembourgeoise avait relaxé le journaliste #Édouard_Perrin en première instance, une décision confirmée en appel. Concernant #Raphaël_Halet, il a écopé de 9 mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende en première instance tandis qu’en appel seule la sanction financière a été retenue.

      #LuxLeaks #Antoine_Deltour #fraude_fiscale #union_européenne #UE #PwC #violence #acharnement_judiciaire

  • Amende revue à la baisse pour Antoine Deltour L’essentiel - afp - 28 Mars 2018
    http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/Amende-revue-a-la-baisse-pour-Antoine-Deltour-12754817

    #LUXEMBOURG - Le lanceur d’alerte à l’origine de l’affaire LuxLeaks a été rejugé ce mardi 27 Mars 2018 .

    Antoine Deltour a été rejugé mardi, devant la cour d’appel de Luxembourg, dans un volet de l’affaire Luxleaks où il se voit reprocher le vol de documents de formation interne à son ancien employeur, le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). Une amende d’un montant inférieur à 1 500 euros a été réclamée à son encontre par l’avocat général. À l’issue de l’audience, la cour a mis son arrêt en délibéré au 15 mai. Ce procès, où Antoine Deltour comparaissait seul, est la conséquence de l’annulation en janvier par la Cour de cassation de sa condamnation à une peine de prison avec sursis, prononcée en appel en mars 2017.


    L’affaire LuxLeaks avait éclaté en novembre 2014, avec la révélation d’accords fiscaux entre des multinationales et l’administration fiscale luxembourgeoise par l’intermédiaire du cabinet PwC. C’est Antoine Deltour et son ex-collègue chez PwC Raphaël Halet qui avaient transmis les documents concernant les « tax rulings » (rescrits fiscaux) à un journaliste français, Édouard Perrin, lequel avait rendu public le scandale. Dans ce nouveau procès, Antoine Deltour n’est plus mis en cause pour le vol et la transmission des rescrits fiscaux. Le statut protecteur de lanceur d’alerte lui a été reconnu par la Cour de cassation.

    « Lassé de ce marathon judiciaire »
    Mais il lui est toujours reproché le vol de 26 000 pages de documents de formation qu’il aurait pu monnayer auprès de concurrents de PwC, d’après l’analyse de son ex-employeur. « Le vol était sans lien nécessaire avec le lancement d’alerte (...) Il n’est pas en soi et par nature une manifestation de la liberté d’expression », a relevé mardi l’avocat général John Petry. Il a réclamé « une amende d’un montant inférieur à celui décidé par la cour d’appel » en mars 2017, à savoir 1 500 euros.

    À l’époque, Antoine Deltour avait aussi écopé de six mois de prison avec sursis. À propos de cette nouvelle audience, prévue initialement sur deux jours mais qui n’a duré que quelques heures mardi, Me William Bourdon, avocat d’Antoine Deltour, a évoqué « des péripéties minuscules ». « Il n’y a que les avocats de PwC qui pensent que cette histoire de documents de formation est un sujet intéressant », a-t-il dit, accusant ces derniers d’être « de très mauvais perdants ».

    « Je commence à être lassé de ce marathon judiciaire, mais je crois que c’était l’épilogue », a déclaré de son côté Antoine Deltour, devant des journalistes. Selon lui, le dernier volet jugé en appel est « parfaitement accessoire » et « le président de la cour d’appel l’a très bien compris ». Des trois prévenus au départ de la procédure, Antoine Deltour est le seul encore inquiété. La justice luxembourgeoise avait relaxé le journaliste #Édouard_Perrin en première instance, une décision confirmée en appel. Concernant #Raphaël_Halet, il a écopé de 9 mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende en première instance tandis qu’en appel seule la sanction financière a été retenue.

    #LuxLeaks #Antoine_Deltour #fraude_fiscale #union_européenne #UE #PwC #violence #acharnement_judiciaire

  • Assassinat d’Henri Curiel : la « piste algérienne » sera-t-elle confirmée ? – JeuneAfrique.com

    http://www.jeuneafrique.com/514906/politique/assassinat-dhenri-curiel-la-piste-algerienne-sera-t-elle-confirmee

    Alors que l’enquête sur le meurtre du militant franco-égyptien, tué à Paris le 4 mai 1978, a été rouverte en France. Ses proches continuent de considérer que c’est au soutien du FLN algérien que le commando d’assassins s’en est pris.

    Henri Curiel, juif franco-égyptien, né au Caire en 1914, un temps proche du Parti communiste, a animé un réseau de « porteurs de valises » en soutien au Front de libération national algérien (FLN) et fondé Solidarité, un réseau d’appui aux luttes de libération nationale, notamment à l’ANC sud-africaine, possiblement financé en partie par Alger. Le militant tiers-mondiste a été tué à Paris le 4 mai 1978, dans des circonstances encore non élucidées.
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    inRead invented by Teads

    L’affaire avait été classée en 1992, puis le dossier rouvert et refermé en 2000 et en 2008 à la suite de nouvelles révélations. Le 9 janvier, l’enquête a été rouverte. La juge d’instruction Laurence Lazerges a été désigné pour rouvrir ce « dossier non résolu », comme le révélait Médiapart le 16 janvier. Fils du militant assassiné, Alain Gresh, directeur du journal en ligne OrientXXI, espère que l’annonce permettra de relancer l’intérêt de l’opinion publique pour une affaire dont il dit qu’elle est « avant tout politique ».

    Des zones d’ombres sur les commanditaires

    La famille de Curiel a saisi la justice en octobre 2015, forte de nouveaux éléments : les aveux posthumes du militant d’extrême-droite René Resciniti de Says, contenus dans un livre paru en avril de la même année, Le roman vrai d’un fasciste français (La Manufacture) de Christian Rol.

    L’auteur, qui a recueilli les propos de Resciniti de Says, assure que ce dernier a abattu Curiel de trois balles à bout portant en compagnie d’un complice, alors que le militant franco-égyptien sortait tout juste de l’immeuble où il vivait, rue Rollin, à Paris.

    « Les discussions avec le parquet ont duré un certain temps », concède Me William Bourdon, avocat de la famille Curiel depuis plusieurs années et qui préfère rester discret pour le moment, comme il l’explique à Jeune Afrique, à propos d’une affaire « très sensible ».

    L’avocat reste confiant, persuadé que cette nouvelle enquête « permettra de faire avancer la vérité sur les circonstances de l’assassinat ainsi que les donneurs d’ordre. »

    Car la zone d’ombre de l’affaire Curiel est bien le commanditaire de son assassinat. Dans le livre de Rol, Resciniti de Says confesse aussi sa proximité avec Pierre Debizet, dirigeant du Service d’action civique (SAC), organisation et service d’ordre gaulliste qui entretenait des accointances avec le pouvoir.

  • Enquête pour « financement du terrorisme » : le double jeu de LafargeHolcim
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/12/13/enquete-pour-financement-du-terrorisme-le-double-jeu-de-lafargeholcim_522878

    Des fichiers introuvables en perquisition, des licenciements opportuns… La direction de LafargeHolcim mène-t-elle un double jeu ? Depuis l’ouverture d’une enquête judiciaire visant des faits de « financement du terrorisme » commis par Lafarge en Syrie, le cimentier – devenu LafargeHolcim en 2015 – a reconnu à maintes reprises que des « erreurs inacceptables » avaient été commises par sa filiale syrienne, et a promis de collaborer avec la justice. Mais les derniers développements de l’instruction laissent planer le doute sur sa bonne volonté.

    Afin de comprendre si les versements de Lafarge Syrie à des groupes terroristes, dont l’organisation Etat islamique (EI), ont été validés par la maison mère, les trois juges chargés du dossier ont diligenté, le 14 novembre, deux perquisitions simultanées. L’une dans les bureaux parisiens du cimentier, l’autre au siège d’un de ses principaux actionnaires à Bruxelles, le Groupe Bruxelles Lambert (GBL).
    Fichiers « javellisés » avant perquisition

    La déception a été à la hauteur de leurs attentes. Des éléments de comptabilité et des procès-verbaux concernant la Syrie étaient manquants. « Des fichiers ont été passés à l’eau de Javel », résume une source proche du dossier.

    Ce comportement a ulcéré l’ONG de défense des victimes de crimes économiques Sherpa, qui avait porté plainte avec constitution de partie civile contre LafargeHolcim, le 15 novembre 2016. Mardi 12 décembre, lors d’une conférence de presse, son président, William Bourdon, et son avocate, Marie Dosé, ont accusé le cimentier de faire « obstacle » à la justice. Outre les fichiers « javellisés » avant perquisition, ils dénoncent le peu d’entrain du groupe à transmettre aux enquêteurs les pièces qui lui sont demandées.

    #terrorisme #javel (comme quoi un #grand_homme #grand_patron comme Eric Olsen sait s’en servir)

  • Au Tracé provisoire
    Tout le monde tombe se blesse et git
    Sophie, elle, restée debout, joue

    Les rêves que l’on fait
    Après la projection
    De Step Across The Border

    Avec Sarah
    Bref échange au petit-déjeuner
    A propos de Corps et âme d’Ildikó Enyedi

    Plaisir d’apprendre
    Que Sarah, Satoko, Clément et Juliette
    Ont suivi ma prescription de Corps et âme

    Ce que Sarah me raconte
    De la vie à la fac
    Plaisir d’apprendre cette vie et ses engagements

    Zoé a appelé se marraine
    Et a organisé son week-end
    À Rennes après l’Étreinte. 13 ans !

    Émile descend en short
    Pour le petit-déjeuner
    Émile tu vas avoir froid. Grognement

    À la radio, ce n’est pas tous les jours
    L’avocat William Bourdon
    Avant qu’on n’oublie les Paradise Papers

    On oubliera les Paradise Papers
    Comme on a oublié les Panama Papers
    Comme on a oublié les Wikileaks

    William Bourdon tonne
    Qu’on fragilise les démocraties
    Peine perdue, cela se voit d’ici

    Monde dans lequel il y a
    Les Paradise papers
    Et Step Across The Border

    Dans Step Across The Border
    Fred Frith parle d’influer localement
    Sur des petites choses

    Step Across The Border
    Et tout est plus beau
    Même l’open space ce matin

    J’entame une longue lettre
    À Nicolas Humbert
    Step Across The Border comme horizon

    J’offre le Baleinié
    A mon collègue Julien
    Fous rires dans l’open space

    Je descends déjeuner
    Je tends l’oreille aux mille bruits de la rue
    C’est aussi cela l’effet Step Across The Border !

    Déjeuner vite expédié
    Métropolitain
    Café. Relecture des Anguilles

    Séance entièrement polluée
    Par l’agacement aux dessins
    De mon psy pour se concentrer

    Je ne rebondis sur aucun
    De ses coups
    Trop amortis, qui ne portent pas

    Je finis par monter au filet
    Le récit d’un rêve. Il me lobe
    D’une longue balle en cloche, liftée

    Je peux difficilement croire
    Que j’ai échangé avec lui
    A propos de tel ancien collègue

    Je sors
    Le sentiment
    D’un saignement

    Et si tout allait plutôt bien
    Et que je refusais de l’admettre
    Par pure habitude ?

    Et bien que je saigne
    Je me sens délié comme
    Je ne l’étais pas ces derniers temps

    Je reporte studieusement
    Mes corrections dans mes rêves
    En revenant, troublé, de chez l’analyste

    J’aide Sarah avec son questionnaire
    À propos de l’informatique et de ses usages
    Sarah obtient une très bonne note !

    Tentative de potimarron farci
    Pendant que ça cuit
    Je vais chercher Émile au rugby

    Discussions près de la main courante
    Pendant qu’Émile et un camarade
    Se passent le relai d’exercices de sprint

    Mon potimarron farci
    Est immangeable
    Rire des enfants !

    Deux parties d’échecs
    A couteaux tirés
    Avec Emile : 1 partout

    Je remonte la séquence
    Du Cinquième élément
    Que nous citons dans l’Étreinte

    Pendant que le fichier charge
    Je fais le tri dans mes nouvelles
    Tentatives photographiques : indécis !

    Je lis quelques pages
    De l’Essai sur le fou de champignons
    Je m’endors la lumière allumée, j’éteins

    J’éteins
    Et j’allume
    Mon respirateur

    #mon_oiseau_bleu

  • William Bourdon : « L’état d’urgence désarme l’humanisme et l’altruisme » - The Dissident - The Dissident
    http://the-dissident.eu/11984/william-bourdon-letat-durgence-desarme-lhumanisme-laltruisme

    Décrire la réalité physique des conséquences de l’état d’urgence. Cette précipitation avec laquelle, après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice des centaines d’assignations à résidence ont été annoncées dans un souci d’affichage. ça nous a fait mettre le doigt sur les ravages causés dans ces familles : les perquisitions de nuit devant les enfants, des hurlements, des appartements saccagés. Il y a aussi des dommages professionnels : des gens qui perdent leurs boulots. Ces mesures fabriquent des gisements de désespérance et génèrent chez les personnes visées une perte de confiance absolue envers l’Etat. Alors que l’Etat ne cesse d’affirmer qu’il veut reconstruire de la cohésion il la détricote ! Ensuite, cet état d’urgence s’est installé dans le paysage judiciaire français comme une évidence qui pourrait être éternelle. Les terroristes annoncent une guerre éternelle et n’attendent qu’une chose : que se mettent dans le monde des états d’exception latents et sournois. Progressivement les démocraties se sabordent. L’état de traumatisme de l’opinion publique, qu’on comprend parfaitement, est chauffé à blanc par les surenchères démagogiques et populistes en France et ailleurs. L’idée même qu’on interroge les autorités sur l’efficacité des mesures prises dans ce cadre est démonétisée. Avec la banalisation de l’état d’urgence un tabou s’est installé. Cette mise à mal de toute critique de l’état d’urgence a pour effet d’appauvrir la démocratie.

  • Neuf associations demandent le retrait du projet de loi antiterroriste
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110617/neuf-associations-demandent-le-retrait-du-projet-de-loi-antiterroriste

    Dans une démarche rare, neuf associations ont organisé une conférence commune pour demander « solennellement » au président de la République de « retirer ce projet de loi inacceptable » visant à inscrire dans le droit commun les principales mesures permises par l’état d’urgence. « Avec ce projet de loi, la #France inaugure quelque chose que seule la Turquie a tenté de faire », a déclaré l’avocat William Bourdon.

    #Droits_de_l'homme #Emmanuel_Macron #état_d'urgence #Gérard_Collomb #La_France_sous_état_d'urgence #terrorismes

  • #Biens_mal_acquis: des services de l’Etat ont été instrumentalisés contre l’avocat des ONG
    https://www.mediapart.fr/journal/international/240417/biens-mal-acquis-des-services-de-letat-ont-ete-instrumentalises-contre-l-a

    L’avocat #William_Bourdon. © Reuters William Bourdon, le fondateur de l’ONG Sherpa, initiateur de l’affaire des biens mal acquis visant plusieurs présidents africains, a déposé plainte contre X, le 16 mars dernier, pour « faux, usage de faux et dénonciation calomnieuse ». En 2015, un corbeau a tenté de discréditer l’avocat auprès de la Direction nationale des enquêtes fiscales.

    #International #France #BMA

  • Fraude fiscale : Le Luxembourg persiste et signe, à l’image de jean claude junker
    La partie civile conteste le statut de lanceur d’alerte Joseph Gaulier - L’essentiel - 21 Décembre 2016
    http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/La-partie-civile-conteste-le-statut-de-lanceur-d-alerte-12462161
    LUXEMBOURG - L’avocat du cabinet d’audit PWC s’est exprimé ce mercredi lors du procès en appel. Il a chargé Antoine Deltour et Raphaël Halet, anciens employés de la firme.

    « Ni Raphaël Halet, ni Antoine Deltour n’avaient l’intention de devenir des lanceurs d’alerte. Ils ont inventé cette histoire et cela leur a servi de stratégie de défense ». Hervé Hansen, avocat de PWC, a lourdement chargé mercredi les deux hommes condamnés en première instance, lors du procès en appel de l’affaire LuxLeaks. L’avocat demande à ce que « la qualité de victime de PWC soit de nouveau reconnue ». Le cabinet d’audit estime que son préjudice dans cette affaire n’est « pas chiffrable ». 

Hervé Hansen reproche à l’ancien salarié de PWC d’avoir changé de stratégie de défense au fur et à mesure de la procédure. « En 2012, M. Halet cherchait avec zèle l’auteur des premières fuites au sein de PWC ». C’est dans ce but qu’il aurait contacté le journaliste Édouard Perrin, « pour tenter de démasquer le coupable », selon l’avocat, qui ajoute qu’« il a entrepris des démarches que personne ne lui a demandé de faire ».

    « Il y a des limites au culot »
    Le raisonnement est le même concernant Antoine Deltour, qui serait devenu « ambassadeur de la transparence uniquement lorsqu’il ne pouvait plus se cacher ». Le vol des documents en 2010 montrerait « qu’il ne s’agit pas de quelqu’un de bonne foi », dont le « but premier était de piller le savoir-faire de PWC ». Pour les deux anciens salariés, Hervé Hansen réfute le statut de lanceur d’alerte. Il ne demande en revanche aucune condamnation à l’encontre du journaliste Édouard Perrin.

    Les avocats d’Antoine Deltour n’ont pas tardé à réagir. « Il y a des limites au culot, à l’audace. Quand une entreprise comme PWC dit qu’elle n’a pas pu chiffrer le préjudice parce que c’était trop compliqué, cela s’appelle se moquer de vous », s’est exclamé en grand orateur William Bourdon, en fixant le président de la cour d’appel, Michel Reiffers.

    « Ça aurait été la prison assurée »
    Sur le fond, les avocats expliquent qu’Antoine Deltour ne pouvait utiliser le statut de lanceur d’alerte dès 2010, parce qu’il ne l’était pas encore. Et « parce que ce statut ne garantit encore rien aujourd’hui, c’était encore pire en 2010 ! Cela ne l’aurait pas protégé, s’il le reconnaissait à l’époque, c’était la prison assurée », note Philippe Penning, l’autre avocat du Lorrain.

    « Il faudrait que le lanceur d’alerte agisse de manière préméditée ? Ce serait privilégier des attitudes pour le coup opportunistes », a repris William Bourdon. Les deux avocats demandent de nouveau que leur client soit protégé en tant que lanceur d’alerte, et donc acquitté.
    Prochaines audiences en janvier

    Le procès en appel de LuxLeaks devait à l’origine se tenir sur trois sessions. Mais les débats durant plus longtemps que prévu, deux nouvelles audiences sont prévues en janvier. Les protagonistes reviendront à la Cité judiciaires les 4 et 9 janvier.


    Philippe Penning, avocat d’Antoine Deltour sur le statut de lanceur d’alerte
    https://soundcloud.com/user-483032367/philippe-penning-avocat-dantoine-deltour-sur-le-statut-de-lanceur-dalert

    May Nalepa, avocate de Raphaël Halet, explique son agacement au micro de « L’essentiel Radio »
    https://soundcloud.com/user-483032367/may-nalepa-avocate-de-raphael-halet-au-proces-luxleaks

    #Luxembourg #Hervé_Hanse #Raphaël_Halet Antoine_Deltour #LuxLeaks #PWC #lanceur_d_alerte #audio #fraude_fiscale

  • Bataille autour du droit à l’irresponsabilité des détenteurs du pouvoir économique..

    Bataille de lobbying sur le « devoir de vigilance » des multinationales
    http://www.challenges.fr/economie/bataille-de-lobbying-sur-le-devoir-de-vigilance-des-multinationales_44082

    Grandiose !

    Cependant, cette directive les oblige certes à communiquer dans leur rapport annuel sur les mesures prises mais ne prévoit aucune sanction en cas de manquement.
    (..)
    Le patronat vent debout

    Inacceptable pour les ONG et la gauche : « seule la menace du juge peut contrecarrer l’appât du gain de multinationales jusqu’ici en situation d’impunité », assène William Bourdon, président de Sherpa. (..)
    « On nous dit qu’avec ce texte, la France sera à l’avant-garde de l’éthique mais l’enfer est pavé de bonnes intentions, peste Pierre Gattaz, au Medef. En sur-légiférant, on rajoute encore un boulet entravant les entreprises françaises face à leurs concurrentes étrangères qui ne seront pas soumises aux mêmes règles ! » De fait, les Zara, Primark, H&M et Gap n’auront pas là les mêmes obligations que les marques textiles françaises. Ce à quoi Dominique Potier rétorque « qu’un jean fabriqué dans des conditions dignes, ce n’est que cinq euros en plus sur un prix moyen de 50 euros ».

    Pierre Pringuet, à l’Afep, se plaint du champ très large des droits à respecter « englobant les droits de l’homme comme les libertés fondamentales : or une grande entreprise française ne peut pas imposer les libertés syndicales dans certains pays d’Asie ni l’égalité homme-femme dans certains Etats au Moyen-Orient ! » Et Marie-Christine Coisne-Roquette, patronne de Sonepar, distributeur de matériel électrique, sonne l’alarme sur le caractère extra-territorial et la responsabilité étendue à toute la chaîne de sous-traitants : « Notre société est présente dans 45 pays et nous avons plus de 80.000 fournisseurs, principalement des PME locales : comment imposer à une manufacture d’artisans malaise notre bureaucratie de normes françaises ? Et comment risquer une amende et une atteinte à notre image en cas d’un abus chez l’un parmi les dizaines de sous-traitants d’un de nos 80.0000 fournisseurs ? »

    Eh bien, en relocalisant dans des pays non-esclavagistes pour maitriser ta filière de production, par exemple ?

    #on_est_incompétents_et_irresponsables_et_on_le_clame_haut_et_fort

    #RSE

  • Un follow-up :

    Une plainte déposée contre le cimentier Lafarge pour financement du terrorisme en Syrie
    http://www.20minutes.fr/monde/syrie/1961819-20161115-plainte-deposee-contre-cimentier-lafarge-financement-terr

    L’ONG Sherpa a déposé plainte à Paris contre le cimentier français Lafarge, notamment pour financement du terrorisme, après les révélations du Monde sur de possibles arrangements avec l’organisation de l’Etat islamique (EI) pour faire fonctionner un site en Syrie, a déclaré mardi son président William Bourdon.

    #Lafarge

  • Antoine Deltour, le discret artisan des LuxLeaks

    http://www.lemonde.fr/international/article/2016/04/25/antoine-deltour-lanceur-d-alerte-discret-mais-determine_4907970_3210.html

    Antoine Deltour n’a rien d’un révolutionnaire, ni d’un adepte de l’exposition médiatique. À tout juste 30 ans, le lanceur d’alerte de l’affaire LuxLeaks cultive au contraire la précision et sa timidité. Petites lunettes, air sérieux, ton posé : la seule angoisse qui transparaît chez ce spécialiste de la comptabilité, ce sont ses mains qui ne restent pas en place quand il parle. « Si j’avais pu choisir l’anonymat, j’aurais préféré rester anonyme. J’ai hâte d’en finir », assure-t-il depuis un petit café d’Épinal, la ville de son enfance où il est retourné habiter après le scandale.

    La discrétion est certes une stratégie de défense, alors qu’il doit être jugé au Luxembourg à partir du mardi 26 avril pour « vol, violation du secret professionnel et du secret des affaires, accès ou maintien dans un système frauduleux informatique, blanchiment et divulgation de secrets d’affaires ». Mais elle n’est clairement pas forcée. Ancien auditeur au sein du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), Antoine Deltour est accusé d’avoir copié des centaines d’accords fiscaux confidentiels entre des multinationales et le fisc luxembourgeois, pour les transmettre à un journaliste de l’émission « Cash Investigation », Edouard Perrin. Ce dernier comparaîtra également à ses côtés, ainsi qu’un autre employé de PwC, Raphaël Halet, qui a lui signé un accord de confidentialité avec la firme qui le menace de demander 10 millions d’euros de dommages et intérêts s’il prend la parole avant son procès.

    Vaste scandale

    (...) Mais la justice luxembourgeoise ne veut pas entendre parler de lanceur d’alerte. Des dizaines de soutiens, dont de nombreuses personnalités politiques, sont attendues devant le tribunal et à la barre. L’avocat d’Antoine Deltour, William Bourdon, promet déjà le « premier grand procès en Europe d’un lanceur d’alerte ». « Je ne souhaite pas devenir un symbole, affirme pourtant le prévenu, angoissé qu’une éventuelle condamnation compromette sa carrière de fonctionnaire, entamée en 2012. Dans son administration, ses actes ne sont pas toujours bien vus et il appréhende un peu la réaction des Luxembourgeois qui ont longtemps profité de l’opacité de la place financière locale. « Les plus hostiles sont souvent les travailleurs frontaliers qui me reprochent d’avoir craché dans la soupe. »

    Jusqu’en octobre 2010, Antoine Deltour était un anonyme au parcours aussi classique que possible parmi les centaines d’employés de PwC au Luxembourg. Père enseignant, mère médecin, il a fait toute sa scolarité à Épinal avant une prépa puis une école de commerce à Bordeaux. Là-bas, il se tourne vers l’audit parce que cette filière garantit un travail. Le Luxembourg et ses milliers de filiales de multinationales, dont certaines ne sont que de simples boîtes aux lettres, est ensuite une destination naturelle pour ce Lorrain. En 2008, après un stage, il décroche un CDI chez PwC. Le salaire est bon pour un jeune diplômé - 2 600 euros net par mois.

    Démission, avec un dossier sensible sous le bras

    Mais, « très progressivement », il se rend compte que quelque chose cloche dans ses dossiers de certification de comptes. En examinant le dossier d’une filiale d’une multinationale européenne, il calcule alors que les bénéfices de celle-ci ne sont de facto taxés qu’à 2 % ou 3 %, alors que le taux officiel au Luxembourg est de 29 %. Pour obtenir un tel taux, l’entreprise a pu profiter d’un de ces fameux rescrits fiscaux, signés à tour de bras par un fonctionnaire luxembourgeois réputé pour ne pas poser trop de questions. L’extrême prudence de PwC confirme des doutes. « Certains dossiers étaient tellement sensibles qu’on ne pouvait les consulter qu’en présence d’un salarié de l’entreprise cliente, raconte le lanceur d’alerte. En cas de contrôle douanier, on avait consigne de ne pas directement coopérer et d’appeler en urgence un associé pour ne pas donner l’accès aux données. »

    En pleine crise des dettes souveraines, l’écart entre ses convictions et ces pratiques d’optimisation fiscale lui pose de plus en plus problème. Sans être un militant, Antoine Deltour a toujours été « engagé », raconte ainsi sa sœur Amélie Deltour. En octobre 2010, fatigué par ces pratiques mais aussi par l’ambiance de travail, il pose sa démission. « La veille de mon départ, je cherche des documents de formation pour pouvoir partir avec. C’est à ce moment-là que je trouve un dossier librement accessible qui contient des centaines de taxes rulings. Des données très sensibles et pourtant non protégées, assure Antoine Deltour. Je les ai copiés et pendant des semaines, je n’en ai rien fait. »
    Ce n’est que plusieurs mois plus tard qu’il est contacté par Edouard Perrin, qui a repéré ses commentaires informés en bas d’un blog.

    L’ancien auditeur assure qu’il a accepté de confier ces documents au journaliste, en échange de son engagement à ne pas citer PwC ou le Luxembourg, et surtout à ne pas les publier. « Cash Investigation » diffusera pourtant les noms, et les rescrits fiscaux seront publiés intégralement par l’ICIJ. Après la diffusion de l’émission, PwC porte plainte pour vol. En retraçant ses connexions sur les serveurs du cabinet, les enquêteurs identifient rapidement Antoine Deltour. Mais la police française mettra du temps à le retrouver : il est placé en garde à vue en juin 2014. « C’est à ce moment qu’il nous en a parlé pour la première fois lors d’un déjeuner de famille, se souvient Amélie Deltour. Cela m’a surprise qu’il ait pris un tel risque, je ne sais pas s’il l’avait mesuré. »

    Prix du citoyen européen, mais pas de soutien officiel

    Mais la famille Deltour n’hésite pas un instant à soutenir le plus jeune des trois enfants. À la suite de son inculpation par la justice luxembourgeoise, en décembre 2014, William Bourdon lui recommande de sortir de l’anonymat. Un comité de soutien est monté, d’abord autour de sa famille et des réseaux associatifs spinaliens. Antoine Deltour reçoit le prix du citoyen européen décerné en juin 2015 par le Parlement européen. Puis il est appelé à témoigner devant la commission spéciale mise en place après le scandale. « Vous avez initié, au fond, un nouveau type de citoyenneté, en décidant de violer la loi, en en subissant les conséquences et en provoquant un débat », le félicite l’eurodéputé français Alain Lamassoure (PPE).

    En revanche, le gouvernement français ne l’a jamais soutenu officiellement. Mais Antoine Deltour dit comprendre les raisons « diplomatiques » qui poussent à cette prudence. A la veille de son procès, il a récolté plus de 100 000 signatures et 18 000 euros de dons, de quoi payer un peu ses avocats. Celui qui se voit comme un « dommage collatéral » du LuxLeaks, n’est pourtant que modérément satisfait des conséquences de ses actes. « La directive va avoir des conséquences concrètes, mais il reste du chemin à faire pour mettre fin aux pratiques fiscales dommageables », explique-t-il avant de se lancer dans une démonstration argumentée de tout ce qu’il faudrait encore changer dans les règles européennes. Derrière sa timidité, Antoine Deltour est clairement un homme déterminé, qui ne regrette rien.

  • IL FAUT SAUVER LE SOLDAT BOURGET !
    Etienne Pellot | 8 février 2016
    Proche&Moyen-Orient.ch
    http://prochetmoyen-orient.ch/editorient-du-8-fevrier-2016

    (...) Dans un premier temps – écoutez bien ! – le TGI de Paris déclare que Jacques-Marie Bourget n’est pas une victime puisque son statut est celui d’un soldat… Et les magistrats ajoutent que « se prononcer sur l’origine de la blessure du journaliste serait s’immiscer dans la politique d’un état étranger et démocratique ». Autrement dit, si un agent israélien a tiré sur le reporter français, c’est qu’il avait de bonnes raisons ! Fermez le ban.

    En appel les juges du TGI lisent les faits et le droit tout autrement. William Bourdon – l’avocat du reporter – glisse la Convention de Genève et celle d’Athènes sous le nez de la cour : un journaliste en zone de conflit reste un civil qu’il faut protéger, ou pour le moins épargner. Que d’efforts pour atteindre le pic du bon sens. L’envoyé de Paris-Match, (abandonné par sa rédaction), est donc une victime qu’il faut indemniser. Patatras, cette décision – qui par sa jurisprudence est une très bonne nouvelle pour tous les « reporters de guerre » – est frappée d’un recours devant la Cour de cassation !

    Résumons. Un journaliste français est tiré comme un gibier par un soldat israélien. Personne ne bouge pour demander des comptes à Tel-Aviv, ni pour soutenir le rescapé. Puis, quinze années après le drame, un tribunal reconnait enfin que l’homme de plume est une « victime ». Très bien ! Et là, subitement un Fonds de Garantie, placé sous l’autorité du gouvernement français, conteste cette qualité, à la fois à Jacques-Marie Bourget et, au-delà, à tous les confrères tués ou blessés en « zone de conflit ». On atteint les sommets de l’indicible !

  • Le 4 mai 1978, Henri Curiel, héraut des luttes anti-coloniales, était abattu par deux hommes à son domicile parisien. En mai 2015 sortait Le roman vrai d’un fasciste français, dans lequel un membre de l’Action française, René Resciniti de Says, décédé en 2012, revendique l’assassinat et dit avoir agi sur ordre du patron du service d’action civique (SAC), sorte de police parallèle dévouée au général de Gaulle. « Ce témoignage déterminant rend indispensable la réouverture de l’enquête », a expliqué, le 23 octobre dernier, la famille d’Henri Curiel par la voix de son avocat, Me William Bourdon : « Il y a des personnes qui sont encore vivantes dans l’entourage de celui qui s’auto-désigne comme l’assassin ».

    Henri Curiel, citoyen du tiers-monde, par Gilles Perrault (avril 1998)
    http://www.monde-diplomatique.fr/1998/04/PERRAULT/3642

    Voir aussi : Vers une réouverture de l’enquête sur l’assassinat d’Henri Curiel ? - France Inter http://www.franceinter.fr/depeche-vers-une-reouverture-de-lenquete-sur-lassassinat-dhenri-curiel


    http://www.dailymotion.com/video/x3arnc9_mort-d-henri-curiel-la-famille-veut-rouvrir-l-enquete_news

  • "Le Roi prédateur", de Catherine Graciet et Eric Laurent
    LE MONDE | 29.02.2012 | Par Isabelle Mandraud
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/02/29/le-roi-predateur-de-catherine-graciet-et-eric-laurent_1649783_3260.html

    On cherchera en vain quelques lignes sur la vision politique de Mohammed VI, ce que pense le palais du « printemps arabe » ou le bilan que le roi tire des réformes qu’il a lui-même initiées, telle la nouvelle Constitution approuvée par référendum, pour parer à toute contestation. Rien de ce côté-là. Sur le commerce, le business, en revanche, en veux-tu en voilà.

    Page après page, les auteurs décrivent un souverain allié de la France devenu « le premier banquier, le premier assureur, le premier agriculteur » de son pays, et un homme d’affaires de premier plan dans « l’agroalimentaire, l’immobilier, la grande distribution, l’énergie, les télécoms »... Un roi « Midas », écrivent-ils, classé au 7e rang en 2009 des monarques les plus riches par le magazine américain Forbes, et dont la fortune aurait doublé en cinq ans. Celui qui s’était vu attribuer l’étiquette de « roi des pauvres » lorsqu’il succéda à son père, Hassan II, en 1999, n’a plus rien à voir avec le roi des affaires dont il est question ici.

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    Deux journalistes français arrêtés à Paris, soupçonnés de chantage contre le roi du Maroc
    AFP / 27 août 2015 20h00
    http://www.romandie.com/news/Deux-journalistes-francais-arretes-a-Paris-soupconnes-de-chantage-contre-le-roi-du-_RP/624829.rom

    Paris - Deux journalistes français ont été arrêtés jeudi à Paris, soupçonnés d’avoir fait chanter le royaume du Maroc en demandant 3 millions d’euros pour ne pas publier un livre contenant des informations compromettantes, a-t-on appris de source judiciaire.

    Les journalistes, Eric Laurent et Catherine Graciet, ont été interpellés après un rendez-vous avec un représentant du Maroc où ils ont reçu de l’argent, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP, confirmant des propos de l’un des avocats de Rabat, Me Eric Dupond-Moretti, sur la radio RTL.

    Il y a eu remise et acceptation d’une somme d’argent, a indiqué cette source.

    Les deux journalistes, qui ont déjà écrit sur le Maroc, ont été placés en garde à vue à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) dans le cadre d’une information judiciaire ouverte mercredi pour tentative d’extorsion de fonds et tentative de chantage, a précisé la source judiciaire.

    #Mohammed_VI

    • France : le journaliste Éric Laurent arrêté pour tentative d’extorsion de fonds au roi du Maroc
      27 août 2015
      http://www.jeuneafrique.com/260243/politique/france-deux-auteurs-arretes-tentative-dextorsion-de-fonds-roi-maroc

      Les deux auteurs « ont fait du chantage au roi, à un chef d’État en fonction. Du jamais vu, c’est d’une audace folle ! », s’est exclamé l’avocat du roi. « On ne sait pas encore quels sont les mobiles, mais ils ont du être instrumentalisés, peut être par un groupe terroriste », a ajouté Éric Dupont-Moretti.

      Le dossier est désormais entre les mains de la justice française. Les deux prévenus sont désormais entendus par la police.

      D’après l’avocat du royaume, « il n’y a rien à dire » sur le livre en question. Il ne comporterait aucune révélation fracassante.

    • Deux journalistes français soupçonnés d’avoir fait chanter le roi du Maroc
      Le Monde.fr avec AFP | Mis à jour le 28.08.2015 à 10h39 | Par Matthieu Suc et Charlotte Bozonnet
      http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/08/27/deux-journalistes-francais-interpelles-pour-avoir-tente-d-extorquer-de-l-arg

      (...) Joint par téléphone jeudi soir, l’avocat de Catherine Graciet, Me Eric Moutet, invoque le respect de la présomption d’innocence : « Nous n’avons pour le moment que très peu d’éléments sur le dossier mais tout cela sent le coup monté. » Contactés, le ministère de l’intérieur et la police judiciaire parisienne ne souhaitent faire aucun commentaire sur cette affaire hautement sensible. Et le parquet de Paris n’a pas pu être joint vendredi matin.

      Incrédulité

      La nouvelle de l’arrestation a provoqué l’incrédulité dans l’entourage des journalistes. Ils ont coécrit en 2012 une enquête accusatrice sur le roi du Maroc. Intitulé Le Roi prédateur. Main basse sur le Maroc, le livre dénonçait un système de prédation économique exercée par le monarque et son entourage. Les éditions du Seuil ont confirmé jeudi à l’AFP qu’Eric Laurent et Catherine Graciet avaient un nouveau projet de livre sur le Maroc « pour une sortie en janvier-février ».

      « Je vois Catherine régulièrement et je savais qu’elle avait ce projet de livre. Quand on la connaît, ça paraît sidérant. C’est une journaliste indépendante, rigoureuse », souligne le journaliste Nicolas Beau, qui a coécrit plusieurs livres avec elle, dont La régente de Carthage : main basse sur la Tunisie en 2009 sur Leïla Trabelsi, l’épouse de l’ex-président tunisien Ben Ali. Même incompréhension au Maroc. « Nous nous sommes connus dans les années 2002-2003 au Journal hebdomadaire. Nous sommes sous le choc, et jusqu’à ce que l’on en sache plus, c’est la présomption d’innocence qui s’applique », souligne le journaliste marocain Omar Brouksy.

      Eric Laurent a lui aussi déjà écrit sur le Maroc, signant en 1993 un livre d’entretien avec l’ancien roi Hassan II, père de Mohammed VI (La mémoire d’un roi). Il est l’auteur de plusieurs livres d’enquête : Aux banques les milliards, à nous la crise, qui doit sortir le 9 septembre, La face cachée du pétrole (Plon, 2006), Bush, l’Iran et la bombe (Plon).

      Paris et Rabat ont connu une brouille diplomatique de plusieurs mois à cause d’une enquête menée à Paris sur des accusations de tortures au Maroc contre le patron du contre-espionnage (DGST) Abdellatif Hammouchi. La réconciliation a été permise notamment grâce à une nouvelle convention d’entraide judiciaire, qui a suscité l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’Homme.

    • Les journalistes se disent victimes d’un piège
      http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/qui-sont-les-journalistes-qui-ont-tente-de-faire-chanter-le-roi-du-maroc-7779532

      Les deux journalistes ne reconnaissent pas la tentative d’extorsion de fonds. Interrogés séparément, ils estiment qu’ils sont tombés dans un piège et qu’ils sont victimes d’une machination montée par le Maroc. L’avocat de la journaliste, Maître Moutet, parle de « coup monté ». Reste que l’enquête ouverte mi-août par le parquet de Paris après la plainte du Maroc, apparaît accablante : surveillances policières, photographies, enregistrements... jusqu’à ce rendez-vous dans un restaurant parisien.

    • Des enregistrements semblent confirmer le chantage de deux journalistes envers le roi du Maroc
      Le Monde.fr avec AFP | 30.08.2015
      http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/08/30/des-enregistrements-semblent-confirmer-le-chantage-de-deux-journalistes-enve

      Les journalistes « piégés » selon leur avocat

      Selon une source proche du dossier, Eric Laurent a reconnu durant sa garde à vue, entamée jeudi soir, avoir formulé une offre de 3, puis 2 millions d’euros au Maroc pour le renoncement de la publication de leur livre.

      L’avocat de Catherine Graciet, Me Eric Moutet, a confirmé vendredi soir l’existence d’un « deal financier », dans un « contexte très troublant ». « Le royaume marocain a des comptes évidents à solder avec Catherine Graciet, et un nouveau livre sur l’entourage du roi est en préparation au moment où le deal financier se met en place », a-t-il déclaré à l’AFP. Pour lui, « c’est précisément l’avocat mandaté par le roi qui piège les journalistes par des enregistrements sauvages ». « Il y a dans cette affaire une logique de stratagème qui s’est mise en place », a-t-il jugé et « l’instruction devra déterminer le rôle de chacun ».

      L’avocat d’Eric Laurent, William Bourdon, qui a également reconnu auprès de l’AFP l’existence d’un « accord financier », a réfuté tout chantage ou extorsion de fonds, dénonçant un « traquenard » et une « manipulation » des autorités marocaines.

    • " une tentation, pas un chantage », la version d’Éric Laurent
      http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/30/eric-laurent-et-le-roi-du-maroc-c-est-une-tentation-pas-un-chantage_4740788_

      on voit très bien dans les procès-verbaux tirés des enregistrements : il n’y a aucune demande de ma part. Il y a encore moins de menace de chantage. Nulle part. A un moment donné, il me dit : « On pourrait peut-être envisager une rémunération, une transaction, en contrepartie d’un retrait écrit ». C’est lui qui m’amène à cette idée. A aucun moment il n’y a dans ces enregistrements une volonté de ma part de faire chanter le roi du Maroc à travers un de ses avocats. Puis ses questions vont porter sur un autre problème, celui des sources. Il va insister tout au long des réunions suivantes pour que nous livrions nos sources. Bien sûr, nous refusons. (...)
      [Puis, avant une 2e rencontre] Je me suis dis après tout, pourquoi pas, passons à autre chose. Je veux bien prendre des risques mais j’étais vraiment dans un état psychologique où je n’avais pas l’énergie nécessaire pour aller jusqu’au bout. Je vous l’ai dit, ce sujet m’effrayait. Et j’ai d’autres centres d’intérêt. Déstabiliser un régime à travers un ouvrage dans un contexte géopolitique très particulier [on n’a pas envie, quelles que soient les réserves que l’on peut avoir sur la monarchie, que s’instaure une république islamique, dit-il peu avant], cela ne me paraissait pas une bonne idée. Mon interlocuteur est arrivé au bon moment. Il a su exploiter cela. Puis il m’a piégé. Vous pouvez ne pas le croire, mais c’est lui qui m’a piégé.

    • Tout au long de ces entretiens, votre co-auteure était au courant des termes de ces discussions ?

      Elle était au courant. Je la tenais informée de tout, après chaque rencontre. Elle ne peut pas prétendre [le contraire]…

      La défense de Catherine Graciet est de dire que c’est vous qui avez tout organisé...

      C’est bien dommage, parce que c’est faux. Je veux bien avoir organisé des choses. Si j’avais tout organisé, il faudrait de sa part un total aveuglement – pour ne pas dire plus – pour rédiger le texte de l’accord et le signer. Et moi, j’aurais été le meilleur des amis de lui proposer la moitié après avoir tout organisé seul.

    • Catherine Graciet : « Je suis tombée dans un piège »
      La journaliste Catherine Graciet, mise en examen pour chantage et extorsion de fonds dans l’affaire l’opposant, avec son confrère Eric Laurent, au roi du Maroc, se confie pour la première fois.
      Propos recueillis par Pascale Égré | 31 Août 2015
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/catherine-graciet-je-suis-tombee-dans-un-piege-31-08-2015-5048739.php

      Comment cela se déroule-t-il ?
      C’est très décousu, cela dure des heures. Au début, j’évoque certaines des révélations du livre, il ne dément pas. Puis il réitère clairement sa proposition. Il s’absente parfois pendant une demi-heure en nous disant qu’il doit parler à son client. Il dit que, comme on n’a pas les documents, ce n’est plus que 1,5 M€. Il repart, revient, nous pousse à la négociation. Moi, je me sens perdue. Tout s’embrouille. Deux voix parlent dans ma tête : l’ange et le démon. Et je ne sais plus ce que je fais. Je ne pense pas à laisser tomber le bouquin ; en même temps je me dis que, si j’accepte cette somme, ça va changer ma vie...

  • Dixième anniversaire de l’avis de la Cour Internationale de Justice sur le mur dit « de séparation » en territoire palestinien occupé
    AURDIP | 10 juillet 2014 |
    http://www.aurdip.fr/Dixieme-anniversaire-de-l-avis-de.html

    – Palestine : Faudra-t-il attendre encore dix ans ?
    Jean-Claude Lefort, Ancien président de l’Association France Palestine Solidarité et député honoraire ; Ghislain Poissonnier, Magistrat ; Antoine Comte, Avocat ; (L’Humanité, le 8 Juillet 2014).
    http://www.humanite.fr/palestine-faudra-t-il-attendre-encore-dix-ans-546826

    – Quel bilan pour la France de l’avis de la Cour internationale de justice sur le mur construit en territoire palestinien ?
    Ghislain Poissonnier ; (JOL press, le 9 Juillet 2014)
    http://www.jolpress.com/france-cour-internationale-de-justice-mur-israel-27026.html

    – Cesser toute forme de soutien à la colonisation israélienne
    William Bourdon, avocat ; Monique Cerisier ben-Guiga, sénatrice honoraire ; François Dubuisson, juriste ; Jean-Claude Lefort (AFPS) ; Ghislain Poissonnier, magistrat ; Dominique Vidal, journaliste et historien ; (Médiapart, le 9 Juillet 2014).
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/090714/cesser-toute-forme-de-soutien-la-colonisation-israelienne

    – Fausse impartialité de la Haute Cour de justice israélienne
    Sharon Weill ; (Orient XXI, le 9 juillet 2014).
    http://orientxxi.info/magazine/fausse-impartialite-de-la-haute,0631

    – La Cour internationale de justice, combien de divisions ?
    Ivar Ekeland, ancien président de l’université Paris-Dauphine, président de l’association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine ; Joseph Oesterlé, professeur à l’université Pierre et Marie Curie, ancien directeur de l’institut Henri Poincaré ; Laurent Sermet, professeur à l’université de l’île de La Réunion ; Ghislain Poissonnier, magistrat ; Antoine Comte, avocat ; (La Croix, le 9 juillet 2014).
    http://www.aurdip.fr/La-Cour-internationale-de-justice.html

    – Ten years ago today, Israel’s separation wall was ruled illegal by the International Court of Justice
    More than 60 Canadian intellectuals ; (Rabble, July 9, 2014).
    http://rabble.ca/news/2014/07/ten-years-ago-today-israels-separation-wall-was-ruled-illegal-international-c

    Le mur d’Israël : quelles perspectives ?
    Imen Habib, membre de la Campagne BDS France ; Anne Spagnoli, membre de la Campagne BDS Suisse
    Politis (Paris), Huffington Post (Paris), le Courrier (Geneve), le 10 juillet 2014
    http://www.politis.fr/Un-droit-international-sans-cesse,27666.html
    http://www.huffingtonpost.fr/imen-habib/mur-israel-perspectives_b_5557477.html
    http://www.lecourrier.ch/edition_du_jeudi_10_juillet_2014_1_sommaire

    #recension

  • Une plateforme de protection des #lanceurs_d'alerte - LeMonde.fr
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/84116662174

    William Bourdon (avocat et président de Sherpa), Edwy Plenel (journaliste et président de Mediapart) et Gérard Ryle (directeur de l’Icij) annoncent dans Le Monde leur volonté de créer une plateforme européenne pour soutenir et protéger les lanceurs d’alerte. Signalons que GlobalVoice rapportait le lancement d’une plateforme de ce type par le collectif tunisien Nawaat : Nawaat Leaks.

    #liberté_d'expression

  • Interview de Paul Watson dans le Monde :

    Les défenseurs de l’#environnement sont les nouveaux ennemis. Au Canada, ils sont considérés comme des terroristes potentiels. Aux Etats-Unis, la liste du FBI les place, avec Al-Qaida et les militants des droits des animaux, parmi les menaces #terroristes intérieures les plus importantes

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/13/paul-watson-les-defenseurs-de-l-environnement-sont-consideres-comme-des-terr

    • Où l’on apprend qu’il demande l’asile en France (et qu’il est défendu par William Bourdon).

      C’est la première fois qu’il revient sur ses quinze mois de cavale en mer depuis qu’il a retrouvé la terre ferme aux Etats-Unis, le 28 octobre. A bientôt 63 ans, Paul Watson, qui possède la double nationalité canadienne et américaine, reste un eco-warrior, un défenseur farouche des océans. (…)
      Son militantisme lui vaut d’être poursuivi par Interpol. Arrêté en Allemagne en mai 2012, il réussit à s’enfuir alors que ses deux passeports lui avaient été confisqués. Il affronte aujourd’hui la justice américaine et souhaite être accueilli par la France, avec laquelle il est en train de négocier.

      Et dans le portrait que Le Monde lui consacre aussi :
      http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/14/le-militant-ecologiste-paul-watson-prisonnier-des-mers_1760339_3244.html

      Les pressions japonaises sur Paul Watson et son organisation ne relèvent pas d’une vision complotiste de l’existence : un document classé par le département d’Etat américain et révélé par WikiLeaks au journal espagnol El Pais, en janvier 2011, démontre que des discussions ont bien eu lieu entre des représentants du gouvernement japonais et la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, dans le but de retirer à l’ONG son statut caritatif, et de supprimer les déductions fiscales qui l’accompagnent, pour les donateurs. Mais elles n’ont pas abouti.