person:yazid dib

  • Sétif : Lakhdar Taarabit, pionnier du 08 mai 1945, n’est plus – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/01/06/setif-lakhdar-taarabit-pionnier-du-08-mai-1945-nest-plus

    S’il n’est plus, il restera tout de même dans les annales glorieuses de cette page si historique d’un mardi sanglant et criminel d’un certain 08 mai 1945. 

    C’est une triste vérité de le dire clairement. Il est parti dans un grand silence. Venant de tirer sa révérence à 93 ans dans une totale obscurité environnementale, c’est comme s’il est mort depuis longtemps. Il ne sort plus, il n’est plus l’invité en prime des émissions médiatiques à chaque commémoration de ces tragiques et douloureux « événements » du printemps sétifien 1945. On le zappe. Il était pour nous, enfants dès l’indépendance le symbole, presque l’icône de cette insurrection. La fondation dite du 08 Mai, devenue coquille vide depuis la disparition de Boumaaza et de Boukhrissa, s’est recroquevillée dans un cachet, un cartable, une seule personne et des repas. Cette fondation pourtant à vocation nationale s’est transmutée en une succursale de quartier n’officiant qu’à côté de la wilaya. 

    C’est à elle qu’aurait été dévolu le devoir de présenter tous les honneurs à cet homme et s’abstenir d’éclipser les quelques noms restants pour le seul but de se faire apparaître, seule et exclusive. Nonobstant cette défection, Si Lakhdar Taarabit a eu droit à une oraison funèbre pieusement prononcée par un autre grand monsieur du mouvement national, Cheikh Bouzid Gharzouli , ancien maire de Sétif, ancien détenu à Lambèse. Il a fait savoir à l’assistance, non sans pincement de cœur, tout le long parcours du défunt, depuis son jeune âge, son élan progressiste, son ardeur patriotique, son adhésion à tous les courants politiques prônant la libération de l’Algérie, du PPA au FLN. 

    Son enterrement n’aurait été qu’un rassemblement familial, s’il n’y avait pas ses compagnons de lutte et quelques citadins. Au moment où le wali de Sétif et d’autres autorités étaient présents dans ce cimetière, le maire de la ville, les élus communaux de cette même ville que celle du défunt ont fait défaut. Deux élus nationaux, enfants de la ville ont marqué leur présence au moment où les autres, soit 19, auraient autre affaire. Même le tout fraîchement élu sénateur n’a pas cru bon venir inaugurer son premier protocole funéraire. Oui, c’est un peu baroque, qu’au lieu de méditer et d’intensifier ses implorations l’on fait dans le comptage de l’assistance. C’est dire que le décès de ce grand monsieur, l’un des derniers moudjahidine et précurseurs du 08 mai 1945, traduit une certaine insouciance qui commence à s’installer p’tit à p’tit dans le compartiment de l’amnésie. 

    Heureusement que l’Etat, représenté par le wali demeure toujours là, vigilant à ne pas laisser s’éteindre la flamme d’un nationalisme en perte d’audience. Dans le cimetière, il n’y avait pas de jeunes, ni ces représentants foisonnant la société dite civile, ni encore ceux qui prétendent être les notables de la ville. Ainsi, il y a des enterrements profitables et d’autres charitables. Les funérailles comptent également s’inscrire dans un registre de mondanité, loin de toute foi ou compassion. 

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5271406

  • Veuleries – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/29/veuleries

    Il se peut que tout un chacun abrite en son sein une infime partie non identifiée de lâcheté. Le cas contraire, un minimum certain reste cependant encollé, tel un fond de marc asséché dans certaines parois de soi. Mais, les vrais lâches tentent toujours d’en faire l’extraction pour l’adopter telle un mode de vie. Un élixir. Ce sont ces gens qui n’osent croiser des regards sur d’autres, ni pouvoir poser leurs yeux sur d’autres. Ils ont peur de confronter la rue. Ils la détournent en détournant leur personne à l’aide de faux appels. Si l’on se cache par mauvaise ruse derrière un Iphone, voulant éviter sa nudité, c’est que l’on est en pleine déconfiture de son Moi. L’escobarderie ainsi s’élève criarde et devient sans rougir une fonction chez certains. La parodie d’une fonction est une nature chez d’autres. Le pire dans les deux cas, c’est de les prendre en absolue exactitude et surtout y croire résolument. La lâcheté est en nous. Les lâches autour de nous.

    Le sens insouciant que concède la désinvolture des gestionnaires fonciers obscurcit parfois la tonalité d’un discours de traque et de lutte contre les dilapidateurs des réserves vitales. Ces gens-là, les lâches donneurs de lots, les agenceurs font des terres battues, en jachère, rouges ou noires, un appétit qui n’aurait d’égal que le goût enivrant de leur petitesse. L’enfant d’hier que dissimulait l’architecte hiérarchisé d’un passé pas très lointain restera petit et sommaire malgré les traits d’adulte responsable qu’il s’acharne à démontrer. Ce n’est pas par l’adjonction de sa personne à un cercle du pouvoir que la ruralité et l’indigence de l’esprit trouveront toutes les vertus de la noblesse. Non pas au poste de faire rentrer dans la mondanité. On n’ose pourtant croire à duper autrui que lorsqu’on croit réussir la duperie. Voilà qu’une botte d’ivraie se voit en stères de blé, qu’un vulnérable poussin élevé sous les semelles de maîtres apprend mal, à caqueter comme un coq, voyant son plumage prendre ampleur et couleur. Ces personnes comme d’autres font la politique, l’administration et le commerce. On peut bâtir des Fx dans une culture arabe sans pour autant en avoir le brio d’un bon maçon d’office de gestion. Cendreux communs à qui la réflexion était réprouvée car futile et malhabile, les lâches sont heureux. Une insignifiante quantité d’exécution. Des outils pleins de regards absents, une oreille sans analyse. Ainsi chez ces gens-là, ce n’est pas de la lâcheté s’il s’agit de sauver sa peau ou fuir ses réalités, c’est même de l’intelligence. Du saut en hauteur malgré ses bassesses.

    Il est facile de croire en son étoile, mais difficile en montant de pouvoir rester soi. C’est cette suffisance, cette incomparable situation longtemps appétissante qui, au fil de l’exercice, dégénère en petitesse. Heureux celui qui arrive à reconnaître son rang. Publié par El-Yazid Dib.

  • Le cadenas pour et contre Moad Bouchareb – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/25/le-cadenas-pour-et-contre-moad-bouchareb

    Le cadenas n’est pas un engin machinal de fermeture. Il ouvre aussi des portes à bien d’autres. C’est bel et bien par ce cadenas que Bouchareb est devenu ce qu’il est. Les faits, les scènes, les films sont là. L’histoire aussi. Cependant ce cadenas, à défaut d’un mécanisme adéquat ou d’un automatisme légal d’accès, ne s’inscrit que dans le provisoire. Si l’on dit habituellement que c’est le provisoire qui dure, en politique c’est cette durée qui est provisoire. Les mêmes « cadenasseurs », selon un journal en ligne, s’apprêteraient à le « lui mettre sous le cou ». Ils lui auraient reproché un travail fractionnaire, une tête qui prend des airs et un goût vers l’esprit du club privé. Ses amis.

    Il semblait bien en avoir beaucoup avant qu’il n’accède aux envoûtements du perchoir. Il en a rajouté des dizaines depuis pour élaguer d’autres centaines qu’il scrutait inutiles, inopérants et sans objet. A Sétif, sa toile serait rétrécie comme une peau de chagrin. Bien plus égal à lui-même, car surpassant sa nature, bon enfant, digne fils de moudjahid ; il n’arriverait tout de même pas, tel que me racontait un vieux de la vieille garde partisane locale, d’avoir les gènes matriciels des hommes de Sétif, ne se fiant qu’à des carriéristes et des applaudisseurs du chef de l’instant. La désignation malhabile et d’autorité, décidée extra-parti, d’un candidat aux sénatoriales à contrario du résultat flagrant des primaires, était sa première preuve de force. Exhumer des cadavres politiques, réanimer un feu éteint et vouloir sacraliser un endormi sénateur qui n’avait même pas pu se faire classer confortablement dans une liste communale, ce n’est que de la prise de revanche sur un temps mal aimé. Bon bref.Donc l’opinion nationale qui s’en fout de cette instance dirigeante, contrairement à ces opportuniste, hypocrites et mercenaires, est en attente d’un repositionnement pour un éventuel retour à ce qui se dit être légal. Le congrès.A ce stade de responsabilité, avoir entre ses mains la destinée de la plus grande machine politique du pays requiert du grand tempérament. Nous sommes encore loin de cette phase où ce parti puisse être géré par un jeune. Bouchareb semble se redécouvrir dans un univers qu’il comptait bien comprendre. Peut-être, s’est-il un temps soit peu aguerri aux luttes locales, mais celles qui se passent au sommet n’ont pas les identiques couleurs. Ça se passerait en dehors de toute volonté, loin de toute valeur idéologique. Avoir en face, en mode de concertation un Salah Goudjil, un Belkhadem, un Belayat, l’on ne peut que les écouter. Pas un mot à dire. Ces gens-là ne sont pas dans le parti ; ils sont le parti. Alors, se contenter d’en endosser l’habit d’un simple administrateur de routine ne doit pas donner le tournis ou se dire que l’on est déjà dans les pages dorées de l’histoire. Les « 6 » historiques vous observent et il n’y aura jamais ni de sept, huit ou de suivants. L’histoire grandiose s’est fermée, sans nul cadenas et s’ouvre à nouveau par un cadenas. La vôtre s’est dejà enregistrée. Elle peut toutefois connaître des tournants bienveillants et salvateurs. A vous de bien rejouer.
    L’on ne blâme jamais un bébé dans son apprentissage à l’effort de marcher, de faire ses premiers pas. L’on doit l’aider, ce qui est du devoir naturel de ses parents biologiques ou adoptifs. Beaucoup d’éléments sont à sa décharge. Il offre une beauté faciale et manie morphologiquement bien le verbe et toute sa syntaxe. Il n’en manque que l’accord des temps et des genres. S’il subit l’impératif et le conditionnel, il croit savoir puiser ses grammaires du passé décomposé. Ya Rayess, fini le temps de la conjugaison uniquement à la première personne du singulier. C’est la démocratie, fut-elle façadière qui impose le « nous ». Le cadenas n’était-il pas une affaire de « tous », de « vous » ? Bonne année. Par El-Yazid Dib.

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5270931

  • Ministre, dites-vous ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/24/ministre-dites-vous

    Il y a un début d’éclaircissement pour comprendre que la maladie du président a été mise à profit par certains ministres trop en vue, qui non seulement sèment l’illusion de faire du bon travail, mais s’arrogent insidieusement le droit constitutionnel de parler au nom du peuple. Avec une fausse conviction, une hypocrisie engloutie et une imposture verbale, ils jubilent à déclarer, n’ayant nul contrôle et sans rougir que « le peuple est content de telle ou telle réalisation » qu’il est « conscient des défis et des enjeux… » Ce peuple, pourtant n’a élu d’une façon ou d’une autre aucun ministre. Ils se disent, le servir, être à l’écoute de ses préoccupations, qu’il est au cœur de leurs soucis au même moment où le citoyen est toujours en butte à des embûches, des inégalités et à des différences de traitement. De ces ministres, de leur ego, de leur carence de confiance, il y en a de ceux qui, imbus de leur p’tite personne, vaniteux, arrivistes, prétentieux, parvenus, suffisants, vous font haïr l’Etat et vous poussent à l’exil, fut-il intra-muros. 

    Si le président était encore dans toute sa santé, il n’aurait jamais accepté de tels mauvais joueurs de rôles. Etre le ministre de quelqu’un de très fort, ne peut que traduire sa propre force. Etre le président que l’on veut fort d’un ministre moins fort, exprime un malheur de nomination. Malheureusement, les manœuvres de coulisses ou de laboratoires ne font pas que créer les gènes d’un ministre. Sûres et rassurées, elles vont jusqu’à moduler en fonction des besoins pressentis au portefeuille ministériel concerné ; l’ossature complaisante du futur et serviable candidat. Bouteflika, malgré tout comme dirait l’autre, mériterait mieux en termes de ministres. 

    Le fiel vous broie à vouloir chercher un quelconque brin de leur prouesse, une idée originale, efficace et à moindre coût. Rien, une gestion courante, apte à se faire par n’importe qui. En prononçant des discours, en organisant des journées, en inaugurant des festivités, ils croient qu’ainsi est fait le travail d’un ministre. Apparaître, se faire voir, se laisser entendre, reste un bon banal cahier des charges fonctionnel. Dans le principe ce n’est pas aux chaînes de télévision apprivoisées de créer une image pour un ministre qui n’en a pas. Hélas chez nous, l’exemple est visible. Les télévisons et les slogans d’actions vides font encore hélas des mythes et donnent un faux punch à ceux qui originellement en manquent. 

    Certains walis n’avaient de but que de se voir couronner d’une auréole ministérielle. Si quelques-uns avaient réussi à faire l’exception du seul fait qu’ils incarnaient parfaitement l’autorité tranquille et disposaient d’une personnalité adéquate, Abdelkader Ouali, Abdelwahab Nourri entre autres, d’autres par contre croyaient qu’une proximité ou un lieu de natalité pourrait leur procurer le droit d’accès à l’équipe gouvernementale et leur maintien. Pis les rendre célèbres ! 

    Ils étaient des militants, les ministres d’antan. Ils sont des fonctionnaires. Ils étaient des décideurs, tel Yazid Zerhouni. Ils sont des demandeurs d’avis. Ils étaient les serviteurs d’un Etat, ils sont au service des leurs. Entre ministres d’hier et d’aujourd’hui, il y a toute une génération de cran, de gabarit et de stature. Ils ne prêtaient pas le flanc tous azimuts. Des hommes de baroud, de parole et de nif. Le risque dans la gestion de leur département n’était pas incarné dans la fâcherie d’un cercle, mais bien dans le remords ou le chagrin qu’entraînerait une faillite ou une sensation terrifiante de mission inaccomplie ou échouée. Ils étaient des modèles et non des modules.

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5270885

  • La question – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/20/la-question

    Qui peut nous dire comment sera fait notre demain politique ? Se présentera t-il ou non ? 

    Transition ou continuité ? Prolongation ou anticipation ? Entente ou consensus ? 

    Personne ne le sait. 

    Oser décrire ou réfléchir des prospectives politiques de chez nous, est un domaine divin. (ilm el ghayb). La sorcellerie toutes couleurs confondues a fait ses aveux d’impuissance. Allah ghaleb ! Chacun prend son imaginaire pour scenario et son fantasme pour probabilité. 

    A force de ne voir rien venir, l’on se sent myope. Et ce n’est pas parce que l’on ne voit rien, que rien n’arrivera. L’on suppute, l’on suppose, pas plus. Cependant le flou en tant que procédé est tout de même une image. Écrire n’est pas un acte toujours volontaire. Il est une dictée qui vous somme depuis une histoire, une rue, une image, un être ou un fait à sortir de votre emprisonnement. Écrire est aussi une déclaration d’amour à la passion qui vous le fait vivre. 

    C’est briser le cou à la léthargie et tordre le pli au jour et à la nuit. Mais penser à disserter sur une invisibilité, sur un climat muet, sur une conséquence relève de l’érudition surhumaine. Cependant ce ne sera pas en bloquant sciemment les aiguilles d’une montre que l’on empêchera le temps d’avancer.  

    Ou en changeant le tic-tac que l’on pourra transformer le concert de la postérité. L’histoire est comme le temps. Imprenable. Sans état d’âme. L’actualité est ainsi rendue imperceptible pour devenir un outil manipulatoire aux mains de ceux qui croient faire l’avenir d’une nation. Une manipulation politico-génétique. Que ce soit mis à leur profit d’embellir davantage le label historique, terni par les affres d’une chronologie lente et pesante, ou au secours d’une fin de règne mal-en-point ; le recours à l’opacité gestionnelle reste injustifiable à plus d’un titre. 

    Le président comme tout homme imbu et fortifié par la chance systémique eut d’abord l’idée de vouloir aplatir tout embryon d’idée de résistance pour pouvoir enfin imposer avec fermeté sa vision publique des choses, le contours des intérêts de sa nation et la recherche du bonheur à jamais perdu de son peuple. Bouteflika n’est plus le candidat de 1999. Peu loquace, discret et presque aphasique. Il ne signifie plus le consensus d’alors tant que la concorde n’eut pu embrasser toutes les frontières nationales. Il intercepte avec un vif pressentiment, l’avenir incertain qui à la défaveur de la conjoncture internationale mettant en branle la logique de la puissance au dépens du droit et de la légalité ; ne peut se faire garantir un écoulement chronique heureux plein de bonne humeur, de santé et de prospérité. Le vœu se fige à l’intention. La politique au désir de la survivance. La fin d’un conte, idyllique soit-il est toujours un commencement pour un autre. C’est pratiquement pareil en politique où les élections font le compte à contresens d’un conte qui peut durer cinq ans. Tous les mandats s’écourtent devant la vitesse du temps et le vieillissement des cellules qui ne donnent au temps que le temps d’un souvenir ramassé à un autre. 

    Loin d’un président, fort dans son temps, le gouvernement est assimilé à une réunion de personnes que ni l’unicité de programme somme toute divergent, ou de vision politique, ni le partage de compétence sectorielle ne semblent pouvoir composer aisément un capital-savoir ou un commando de choc homogène. II y a de ces ministres qui attisent la haine populaire par leur mesquinerie ou leur audace pernicieuse. 

    L’Algérie tarde à venir au bout de ses peines. Sa présomption à la décision et l’engagement d’éradiquer le malheur qui ronge les corps et les âmes ; il n’est à la lumière des intérêts réciproques qu’une formalité constitutionnelle impossible à contourner. 

    La nécessité fait taire la stérilité. Celle-ci à son tour se perpétue telle une passion irrésistible chez l’adolescent. Ravageuse et irresponsable. L’on ne se rend compte de l’importance de la vie philosophique, de soi et d’autrui qu’une fois la politique et ses effets nihilistes vous empoisonnent l’environnement. Le sud brûle sous des gaz non encore consumés, sans qu’aucun sapeur apte à éteindre le feu n’ait à se faire voir. 

    L’ANP a d’autres chats à fouetter qui ne cessent de miauler dangereusement le long des frontières. Les demandes de « wilayisation », le dégout national, les inégalités sociales, les mérites brimés, la promotion des médiocres et toute la litanie sont une affaire préliminaire du gouvernement. Ce staff qui n’arrive plus à mettre la tête là où il le fallait, se contentant de graisser la patte à la bouderie. Au lieu d’aller au fond des choses, il les effleure croyant guérir le mal par des pansements budgétaires. C’est fort possible que l’on arriverait à faire taire une colère, alors que l’essentiel était de faire taire la douleur. Voire, attaquer les causes élégiaques. 

    Ouyahia ne bouge pas la main pour secouer la léthargie qui cerne les autres mains. Bouteflika de même. Sinon quelquefois, à coup de messages. Lui qui campe à sa manière dans un silence mi-figue mi-raisin face, non seulement aux désirs nourris de toute part de le voir partir les mains derrière le dos, mais aussi envers ses multiples courtisans, flagorneurs et cornemuseurs de tout bord. Ah, s’il était dans ses formes d’antan que deviendraient ces nouveaux magnats parvenus à ses étages ? Ces ministres qui mentent en ne cessant de dire que c’est sur instructions du président qu’ils inaugurent un p’tit guichet municipal. Enfin tant qu’il y des hommes il y aura tout le temps des cajoleurs. 

    Si la turpitude politique et l’excès de prudence tactique de nos politiciens s’attardent et se retardent à dégager clairement un choix, le questionnement absurde qu’il est mais réel et indiscutable suivant, reste de mise : que faire pour que l’avenir du pays ne soit plus sujet à hypothèque ? Les positions observées chez tous les acteurs nationaux, partis, pouvoir, opposition, élite à ce sujet ne se sont jusqu’à présent exprimées qu’à travers des positions simulées et suggérées par les médias. Que font ces sénateurs, ces députés ? A part pointer le nez dans une salle, une ouïe dans les coulisses et une main dans la poche de la cagnotte nationale. 

    Pendant ce temps, le temps est au profit du vide, à l’attentisme stérile et inadéquat, du moins à ses hommes. Ils se rassérènent ; ces « attendeurs » de la diversion probable qui déchirerait les rangs mal serrés d’un pouvoir en phase de désunion. Contrairement à eux, Bouteflika utilise même en graphie un langage de paix et de bons offices. N’est-il pas un enfant légitime du vrai FLN ? N’était-il pas un officier supérieur de la glorieuse ALN ? Ne fut-il pas un défenseur acharné des peuples opprimés ? Le ministre le plus jeune de la planète ? Le traqué par la cour des comptes ? Le grand routard du golfe lors de sa traversée des grands déserts ?  

    Le témoin du partage du monde ? Le compagnon des grandes figures ? Mais, c’est là où ses concurrents le prennent en piège. Ils disent que Bouteflika est un verbe d’Etat qui ne se conjugue qu’au passé simple. Une antériorité. Même recomposé ; son énoncé est une antinomie de l’instant et du futur. 

    Ce n’est plus une évidence de dire que la force de l’un se puise parfois et en certaines circonstances dans la déficience de l’autre. La marge de manœuvre qui s’offre souverainement au président de la république va lui permettre avec toute l’aisance voulue de pouvoir réunir les conditions nécessaires à la finition de son mandat. Mais là, rien ne filtre. L’on ne sait rien. Les supputations vont bon train comme tous les scenarios qui se cogitent. Alors, l’on baigne dans l’attente. 

    Avec cette énième attente de voir mieux ; l’image semble moins claire que ne l’est le complexe intime entre un pouvoir et ses forces invisibles. Evoluant en toute évidence au sein et dans la proximité immédiate de ce même pouvoir, l’autre pouvoir sans silhouette ni apparence renforce son anonymat par la sensation qu’il fait dire, que quelque chose existe, immatérielle, incolore, inodore et c’est bien elle qui tracte tout le fil d’un avenir incertain. Que tout est artificiel, bien réfléchi, compartimenté et murmuré à bon escient à l’adresse de l’opinion publique et selon des besoins conçus et insatiables de curiosité. Les gens savourent les mystères et pensent démêler les énigmes du sérail. 

    Le rédacteur moins érudit que l’ensemble, impuissant déclare son incompréhension totale de la « chose ». À défaut de myopie, la diplopie ou le fait de voir double vous attrape sur tous les angles monoculaires. Si l’on arrive à distinguer des spectres, l’on est toujours loin de pouvoir les identifier. Mirage ou réalité ? C’est ça le propre dit-on d’une politique, mais pas d’une sincérité obligatoire en pareil cas. 

    L’acte politique ne semble depuis longtemps ne s’exercer qu’aux paliers des discours. Les élus nationaux ne semblent pas être dans la sainteté des secrets du sommet. Ils se donnent l’impression, suite à des chuchotements d’avoir obtenu l’oscar du prochain lauréat, du nouveau ministre ou du redéploiement d’un tel wali. Ce qui fait dire que la politique est l’inverse de la météo. En présence de gros nuages la probabilité d’averses est ressentie à un fort taux. 

    Brouiller les pistes, créer des amalgames, planter le doute, affermir la crainte, aplatir l’impossibilité ; est-ce là un guide de gestion ? this is the question. 

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5270763

  • Bouchareb ne va pas durer longtemps – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/13/bouchareb-ne-va-pas-durer-longtemps

    Avec ou sans Bouchareb, le FLN est condamné à assurer sa propre survie. Alimenté par l’ambition des uns et la nostalgie des autres arrivera-t-il à sauver son histoire ? 

    Bouchareb ne va pas durer longtemps. Il prépare déjà sa succession. L’angoisse du prochain conclave devant designer ou même plébisciter le futur patron n’atteint plus tout le corps social. Seuls les plus intéressés par les privilèges continueront à se lamenter sur le sort à faire subir à ce prestigieux étendard. Et s’ils venaient à le quitter tous, pour le laisser, à défaut de musée, entre de mains juvéniles et compétentes. L’on sait que de nouvelles énergies, jeunes et vigoureuses épaulent dans son soubassement ce vieux parti. Mais hélas le commandement semble bien leur échapper, pour cause, que le reflexe d’appropriation subsiste encore dans la moelle sèche d’os poliomyélitiques. Encore que, à la faveur des printemps arabes, des NTIC, du facebook, de l’handicap managérial des tenants et aboutissants ; ces jeunes militants auront à penser dés à présent à initier un novembre-bis la réappropriation politiquement partisane n’est-elle pas une revendication légitime ? Le parti vacillera d’une rive à l’autre lorsque la vantardise empêche le bon sens d’unir la saveur du mythe à la réalité de l’erreur. La présence structurelle du parti semble donner entre deux échéances électorales l’impression d’une simple existence d’un néant dynamique soit l’illusion de la coquille vide. Ce grand parti libérateur et rédempteur, artisan du sentiment nationaliste ne serait il plus habité par ces élans rassembleurs et unitaire de la composante patriotique ? Aurait-il subi, à l’instar d’autres corporations le syndrome de l’usure et du vieillissement méthodique et fonctionnel ? Cet anachronisme qui ne devait point sévir au sein des forces vives et centrifuges serait pourtant devenu une nature essentielle pour le fonctionnement de tout l’appareil tant central que local. 

    Si la libération du pays avait exigé dans le temps l’utilité nécessaire d’un front unique apte à pouvoir mener vers les rives de l’indépendance l’immense volonté populaire, il en serait un peu autrement après la période post-indépendance. Le parti se transformant en un appareil usuel de propagande commençait à se faire sortir de l’option politique qui devrait tendre à réunir davantage les potentialités managériales et gestionnaires. Il faisait plus dans l’inquisition que dans la persuasion politique. L’Etat se confondait dans la rigueur qu’exerçait par fonction non élective le commissaire du parti. L’administration ne trouvait issue que dans l’application de résolutions. 

    L’unicité du parti n’avait rien apporté comme élément fondateur d’une nation si ce ne fut cette discipline quoique honnie, mais qualifiée d’indispensable pour éviter toute dérive. Le moindre vent de vouloir dire ou faire des choses en dehors d’un « cadre organisé » s’assimilait de facto à un acte contre-révolutionnaire. La démocratie n’avait qu’une signification occidentale et bourgeoise au moment où, l’appropriation de l’outil de travail, la justice sociale et l’égalitarisme rimaient avec la négation des classes. L’embourgeoisement condamné à plus d’un titre sera une fois la démocratie mise sur scène, un mode apte à appâter les foules et gagner croit-on, l’estime de la populace. Les slogans d’à bas l’impérialisme et la réaction se tairont et les vociférateurs feront la chaîne devant les ambassades des pays qualifiés ainsi. Le parlement en 1976 , qui est rapport aux récents ; ne constituait qu’un regroupement de gens réunis pour la galerie tout en faisant office d’une preuve tenant lieu d’un amphithéâtre de libre expression dans le cadre d’une démocratie « responsable et organisée » 

    En fait de classes, elles n’avaient certes aucun statut juridique sauf que la réalité matérielle de certains pontes en disposait autrement. L’opulence ne signifiait pas un rang mercantile donné beaucoup plus qu’elle voulut signifier un état d’esprit. La division sociale n’était pas douée d’être perçue telle une expression justifiant l’option politique prise dans la théorie de la lutte des classes. La bourgeoisie d’alors se limitait à un affichage idéologique tacite et dissimulé parfois contraire, dit-on aux principes de la révolution populaire. 

    L’édification nationale formée de taches de grandes envergures tels que le barrage vert, la transsaharienne, le volontariat dans la campagne, devait se partager par tout un chacun sans quoi les idéaux majeurs d’une révolution jeune et ferme n’auraient point eu les mérites dignes de la grandeur d’une nation à peine sortie des affres séculaires de la dépendance colonialiste. 

    Ce fut un temps où l’engagement politique ne variait nullement de l’ardeur à pouvoir continuer la révolution autrement et sur d’autres fronts. L’école, la rue, l’usine et tout espace de la vie active ne pouvait être extrait à un militantisme qui ne cesse de déborder jusqu’aux fins de tous les rouages institutionnels. 

    Le parti se trouvait coincé entre les serres d’un système qui voulut en faire un simple mécanisme de règlement de compte historique. Tantôt il prêchait la bonne parole au profit d’un pouvoir, tantôt il faisait dans l’éloge et la déification de personnes. Il était ainsi devenu au regard des foules le réceptacle de l’échec de toute politique. Ils prescrivirent insidieusement d’en faire le parti unique. Il jouait le rôle sans avoir en finalité le mot ou l’ultime mot. Dans cette lancée le FLN ne pouvait survivre aux mites qui le rongeaient. Les figures de proue commençaient à lui causer une sérieuse hémorragie pour voir d’autres noms s’élever et s’ériger à l’avenir en des symboles incontournables dans l’échiquier politique algérien. 

    C’est ainsi que l’on s’aperçoit au fur et à mesure de l’effilement de toutes les élections que les batailles dans le parti n’ont jamais pris l’allure de courants idéologiques contradictoires. Les conflits opposaient les personnes, les clans et les familles et non les idées ou la nature de projets sociaux. Il reste édifiant encore de pouvoir constater avec lassitude que même avec la survenance, d’ailleurs salutaire d’autres associations politiques, le FLN tient à contrario du discours à imposer une caste au nom d’une légitimité, non plus historique mais militantiste. L’opportunisme est confectionné grâce à l’octroi d’une carte ou le renouvellement d’une autre. La lutte n’apparaît qu’autour de l’échéance de vote qui fera, croit-on toujours savoir, des hommes publics pour ceux qui ne sont que de quelconques noms usuels. 

    Les éventuels candidats dont les portraits lacérés et en déchets pavoisent toujours les arcades des grandes avenues et des petits douars, n’ont de cure que la magouille des coulisses, le beni-amiss politique et la hargne inégale d’occuper le confort d’un bureau qu’ils n’auraient pu avoir par diplôme ou qualification professionnelle. Même les sénatoriales de 2018 n’ont pas échappé à cette façon d’agir à contre-courant de la légalité éditée par le parti où certaines élections primaires, n’ont pas été validées par l’instance provisoire, leur préférant la désignation d’autorité. L’on parle d’une dizaine de cas. Sétif voit également le parti pris, la revanche et le retour à une mauvaise histoire personnelle récente. Dommage. 

    Le sens éveilleur de ceux qui ne vivent que par la légende, les rapports et la carte du parti, ne sera certainement pas capable d’entraîner dans un élan enthousiaste, l’électorat comme fut le cas lors des dernières législatives. Comment une population locale qui ne connaît de certains noms que l’habitude de les voir resurgir aux moments opportuns, puisse croire le discours redondant tendant à faire du renouveau et du rajeunissement un credo sacro-saint du parti nouvelle-version alors que le plateau candidatural qui lui était serait présenté n’offre que du réchauffé ? Qu’ont-ils fait ces éternels candidats, ratés à tout métier, retraités précoces en perpétuelle attente de meilleures opportunités électorales ? Ils pensent avoir sous la main les instances élues alors qu’ils n’arrivent point à faire l’unanimité dans leur quartier ! 

    Par principe, par coutume « boulitique » il échoit au simple citoyen de juger juste à la lumière du mandat électif en cours, les prouesses passives et actives des auteurs élus, qui ont causé l’érosion au crédit-confiance accordé aléatoirement au FLN. Ainsi à travers le menu offert aux électeurs, la diversité des profils présente une indigence accrue en matière de valeur politique. Le plateau électoral dévoilé lors des précédentes joutes, aurait d’un goût insipide, fade et amère tant les éléments le composant plus ou moins furent extraits des archives mouillées pour s’introniser dans les accointances clanales ou parentales. 

    Supplanté par ses arrières gardes, le FLN n’entend pas se refaire selon la norme mondiale d’un parti moderne et politique. Il ne devait ce respect quelquefois intact que par le mythe qu’il tente d’entretenir au moyen de recours itératif et sans cesse rabâché à la légitimité historique. Mais en réalité que lui reste t-il de tout cela ? Il n’est plus le représentant du mouvement national quoique s’essayant de s’inscrire dans une mouvance de démocratie et de modernisme. Développant un double discours, il tressaute tel un appareil en manque d’énergie et apporte jusqu’aux fonds du ridicule la preuve de la contradiction et de la discorde. L’on a l’impression que chez ce parti tout fonctionne comme avant avec une certitude en bout qu’il ne faut pas le dire ou l’écrire. La cajolerie exercée envers les militants ne sera pas de la même conviction qu’exigerait un lectorat vif et vivace. Les plus grincheux des militants ne pouvaient soutenir des listes imposées. 

    La tentative du moins déclarée d’opérer la décantation menant vers un assainissement progressif des rangs tenus en tête par les vieux randonneurs du FLN, n’aura certainement pas lieu. Hélas pour ce mouvement de premières heures. Patrimoine immatériel ; il ne peut demeurer une possession de quelques autoproclamés éternels détenteurs. 

    La restitution de ces trois initiales confisquées sournoisement par des potentats ou des néo-dinosaures est à réclamer par tous au nom de l’histoire, des martyrs et des profondes fibres de la nation. Il restera tout de même ce parti d’avant garde qui a su galvaniser à un certain moment le sentiment national. Il aura été contre vents et marées le catalyseur des efforts libérateurs et de l’emploi rédempteur pour le recouvrement de l’indépendance nationale. Comme il aura l’avantage du mérite de pouvoir continuer sa trajectoire non sans faire ablation de tous les microbes qui le gangrènent et faire table rase des méthodes inquisitoires qui l’abîment, des clans qui le minent et de la fourberie immorale qui gravite comme un essaim autour de son noyau dur.                                                                  
    par El Yazid Dib      

                                                                        http://www.lequotidien-oran.com/?news=5270461

  • Le FLN est-il toujours crédible ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/23/le-fln-est-il-toujours-credible

    Crise ou pas crise. Démission de l’un ou limogeage de l’autre. L’essentiel est dans l’avenir que prévoit la providence à ce prestigieux Front, devenu Parti. La fièvre chronique ayant frappé l’APN et les primaires du Sénat motive la question en titre. 

    La présence structurelle du parti semble donner entre deux échéances électorales l’impression d’une simple existence d’un néant dynamique soit l’illusion de la coquille vide. Ce grand parti libérateur et rédempteur, artisan du sentiment nationaliste ne serait-il plus habité par ces élans rassembleurs et unitaires de la composante patriotique ? Aurait-il subi, à l’instar d’autres corporations le syndrome de l’usure et du vieillissement méthodique et fonctionnel malgré le renfort d’une jeunesse hélas en mal de formation idéologique ? Cet anachronisme qui ne devait point sévir au sein des forces vives et centrifuges serait pourtant devenu une nature essentielle pour le fonctionnement de tout l’appareil tant central que local. 

    Si la libération du pays avait exigé dans le temps l’utilité nécessaire d’un front unique apte à pouvoir mener vers les rives de l’indépendance l’immense volonté populaire, il en serait un peu autrement après la période post-indépendance. Le parti se transformant en un appareil usuel de propagande commençait à se faire sortir de l’option politique qui devrait tendre à réunir davantage les potentialités managériales et gestionnaires. Il faisait plus dans l’inquisition que dans la persuasion politique. L’Etat se confondait dans la rigueur qu’exerçait par fonction non élective le commissaire du parti. L’administration ne trouvait issue que dans l’application de résolutions. Il subsiste cependant, nonobstant le multipartisme certaines intercessions du même genre. 

    L’unicité du parti n’avait rien apporté comme élément fondateur d’une nation si ce ne fut cette discipline quoique honnie, mais qualifiée d’indispensable pour éviter toute dérive. Le moindre vent de vouloir dire ou faire des choses en dehors d’un « cadre organisé » s’assimilait de facto à un acte contre-révolutionnaire. La démocratie n’avait qu’une signification occidentale et bourgeoise au moment où, l’appropriation de l’outil de travail, la justice sociale et l’égalitarisme rimaient avec la négation des classes. L’embourgeoisement condamné à plus d’un titre sera une fois la démocratie mise sur scène, un mode apte à appâter les foules et gagner croit-on, l’estime de la populace. Les slogans d’à bas l’impérialisme et la réaction se tairont et les vociférateurs feront la chaîne devant les ambassades des pays qualifiés ainsi. Le parlement en 1976 ne constituait qu’un regroupement de gens réunis pour une utilité tout en faisant office d’une preuve tenant lieu d’un amphithéâtre de libre expression dans le cadre d’une démocratie « responsable et organisée » mais à voir sa composante aujourd’hui, les regrets de cette période vous tiennent au cou. Des gens de tout bord. Des députés, au moins certains n’ont aucun punch, ni gabarit, ni ne peuvent tenir la gorge en hauteur. 

    En fait de classes, elles n’avaient certes aucun statut juridique sauf que la réalité matérielle de certains pontes en disposait autrement. L’opulence ne signifiait pas un rang mercantile donné beaucoup plus qu’elle voulut signifier un état d’esprit. La division sociale n’était pas douée d’être perçue telle une expression justifiant l’option politique prise dans la théorie de la lutte des classes. La bourgeoisie d’alors se limitait à un affichage idéologique tacite et dissimulé parfois contraire, dit-on aux principes de la révolution populaire. En ce jour l’oligarchie a pris en otage ce faramineux sigle. Ou sont-ils ce socialisme, cette lutte de classes, cette charte nationale ? La représentativité élective sous ce parti tend de jour en jour à devenir l’apanage de la finance, du clanisme et loin d’un consensus idéologique ou d’un courant politique défini. On l’aurait vu dans les dernières joutes électorales et en ces jours-ci, fin novembre 2018 dans le renouvellement du tiers sénatorial. 

    L’édification nationale formée de taches de grandes envergures tels que le barrage vert, la transsaharienne, le volontariat dans la campagne, devait se partager par tout un chacun sans quoi les idéaux majeurs d’une révolution jeune et ferme n’auraient point eu les mérites dignes de la grandeur d’une nation à peine sortie des affres séculaires de la dépendance colonialiste. Oui cela va paraitre un langage ancien, obsolète et dépassé. Mais, c’est cela l’âme d’un parti, sa raison d’être sinon ; il n’exprimera qu’une association d’intérêt disons…public. 

    Ce fut un temps où l’engagement politique ne variait nullement de l’ardeur à pouvoir continuer la révolution autrement et sur d’autres fronts. L’école, la rue, l’usine et tout espace de la vie active ne pouvait être extrait à un militantisme qui ne cesse de déborder jusqu’aux fins de tous les rouages institutionnels. Maintenait nous assistons à une forme de militantisme qui ressemble beaucoup plus à une recherche de gain et de profit. La parti s’est transformé en une agence d’emploi, un organisme recruteur et non pas une tribune hissant la voix du peuple profond. Ce sont ces sacrées indemnités introduites depuis 2012 pour les élus qui ont faussé le jeu. Le militantisme doit être un acte bénévole et gratuit. La seule rétribution ce sera cette satisfaction à pouvoir su élever le niveau de la conscience politique des grandes masses. Oui, vous y verrez là, un discours ancien, obsolète et dépassé. Allah ghaleb. 

    Le parti qui jusqu’ici remporta la victoire sur un plan et la perdit sur tous les autres se trouvait coincé entre les serres d’un système qui voulut en faire un simple mécanisme de règlement de compte historique. Tantôt il prêchait la bonne parole au profit d’un pouvoir, tantôt il faisait dans l’éloge et la déification de personnes. Il était ainsi devenu au regard des foules le réceptacle de l’échec de toute politique. Il en était prescrit insidieusement d’en faire le parti unique. Il jouait le rôle sans avoir en finalité le mot ou l’ultime mot. Dans cette lancée le FLN ne pouvait survivre aux mites qui le rongeaient. Les figures de proue commençaient à lui causer une sérieuse hémorragie pour voir d’autres noms s’élever et s’ériger à l’avenir en des symboles incontournables dans l’échiquier politique algérien. 

    Octobre 1988 ne fut en d’autres termes qu’un salut politique pour la résurrection du FLN. Jusqu’aux soupirs languissants de l’agonie organique il lui avait permis en fin de cheminement un certain « ressourcement ». Bien ou mal opérée, cette nouvelle démarche dynamique n’aurait pas réussi totalement du seul fait de l’insistance farouche et sournoise de l’ancienne garde. Manœuvrant à distance, les caciques ne lâchent pas les rennes qui les ont traînés aux zéphyrs de la gloire Du jeune Etat. Les coulisses ne sont plus utiles, pour eux plus que ne le sont les eaux troubles de ce qu’ils qualifieront de démocratie. Cette dernière est là d’abord au service de leurs intérêts. Puis, elle aura à servir dans un proche avenir ceux de leurs relais que sont les futurs certains personnages politiques façonnés dans le coté cour de l’immeuble coté infecte de la corporation. 

    C’est ainsi que l’on s’aperçoit au fur et à mesure du défilé de toutes les élections que les batailles dans le parti n’ont jamais pris l’allure de courants idéologiques contradictoires. Les conflits opposaient les personnes, les clans et les familles et non les idées ou la nature de projets sociaux. Il reste édifiant encore de pouvoir constater avec lassitude que même avec la survenance, d’ailleurs salutaires d’autres associations politiques, le FLN tient à contrario du discours à imposer une caste au nom d’une légitimité, non plus historique mais conjoncturellement obéissante. L’opportunisme est confectionné grâce à l’octroi d’une carte ou le renouvellement d’une autre. La lutte n’apparaît qu’autour de l’échéance de vote qui fera le plus souvent des hommes publics pour ceux qui ne sont que de quelconques noms usuels. Il n’y qu’à voir ces récentes candidatures au Senat. L’ego a aveuglé presque tout le monde ou ce ptit tout le monde aspire sans nul égard au profil adéquat, à désirer sans scrupules devenir sénateur. Les actuelles primaires, qui ne devraient pas avoir lieu sont la preuve de ce manque de fermeté centrale. L’on aurait dû imposer ces primaires dans les élections locales et laisser les militants dresser les listes à soumettre aux citoyens électeurs. Et non l’inverse. Car en matière de Senat, l’affaire se joue en interne et tous les militants ne sont pas tous électeurs. L’on n’a pas à mener campagne au sein même de son parti. Et alors que faire lors du vote du 29 décembre ? Il va falloir aussi refaire une autre campagne pour encore s’assurer la voix des siens, de son propre parti. Drôle de situation, drôle d’irresponsabilité. 

    Le sens éveilleur de ceux qui ne vivent que par la légende, les rapports et la carte du parti, ne sera certainement pas capable d’entraîner dans un élan enthousiaste le resserrement des rangs que les intérêts personnels ont dispersés. Comment une population locale qui ne connaît de certains noms que l’habitude de les voir ressurgir aux moments opportuns, puisse croire le discours redondant tendant à faire du renouveau et du rajeunissement un credo sacro-saint du parti nouvelle-version alors que le plateau candidatural qui lui serait présenté n’offre que du réchauffé ? Qu’ont-ils fait ces éternels candidats, ratés à tout métier, oisifs en perpétuelle attente de meilleures opportunités électorales ? 

    Faisant dans une nébuleuse volonté, sa propension de changement, il n’arbore qu’une démocratie circonstancielle dénuée de toute logique propre à un parti où le centralisme démocratique était une règle d’or. La probable défection collective des vrais militants, les opportunistes, les attentistes et la présence intense et dense des profiteurs sans idéologie ni cognition et dont l’unique but n’est autre que de continuer à se positionner dans un confort matériel singulier insistent pour jeter un regard sérieux et radical dans les entrailles du parti. La nouvelle direction reste tenue à apporter un rafraichissement, non seulement dans l’organisation territoriale des bureaux de Mouhafadha mais également dans l’esprit de ceux qui viennent s’enrôler. 

    Bouchareb ou un autre Secrétaire général sont dans le devoir moral et historique de redresser cette situation où règnent la rente, le carriérisme et l’entremise malsaine. Etre membre du bureau politique ou du comité central ne doit plus faire rire. Tellement pris en dérision, ce titre si peu ou prou noble dans le passé qu’il recommande à la direction centrale de penser à tracer des pré-requis, un canevas critériologique et de s’atteler dans le prochain congrès à réaménager les conditions y afférentes. Il doit émaner d’un parcours studieux, d’une aptitude à la réflexion, de stature, de forte dimension, de personnalité, de maturité politique le tout dans une envergure nationale. Il y lieu aussi de finir avec cet automatisme disant qu’un député est forcement membre du CC. Si l’on avait à citer des noms, wallah c’est le fou-rire qui prendra le dessus.                                      
    par El Yazid Dib                                                                                                               http://www.lequotidien-oran.com/?news=5269492

  • La folie des sénatoriales – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/17/la-folie-des-senatoriales

    Photo : S.Sellami                                                                                                                                                   

    Le 29 décembre au soir nous aurons de nouveaux élus nationaux à la haute chambre. Les sénateurs. A quoi sert en fait un sénateur ? 

    À valider un système, sans pour autant lui chercher des éléments correctifs ou révolutionnaires. Il est là, comme le député à s’absenter et ne s’asseoir qu’en cas de danger pour son statut. Il est là à la recherche d’investissement, à se procurer un toit à Alger, à guetter tel ou tel ministre, à fuir les siens, ces témoins de sa précarité, à ne plus fréquenter les cafés maures qui l’ont vu se trimbaler, à ne plus répondre aux appels répertoriés leur préférant le « numéro privé ». 

    L’Assemblée dans ses deux formes est une merveille universelle, dans son fond un tremplin pour l’ambition démesurée et une tribune pour ceux en mal de médiatisation. Le poste que procure le mandat parlementaire en ses deux versions n’obéit à nulle circonspection si ce n’est celle de savoir à quelle caisse de retraités, dans cinq ans ; faudrait-il piocher les arrhes et les dividendes engrangés par l’occupation d’un siège dans le cénacle des automates goinfres et faméliques. 

    D’anonymes individus, inconnus dans leurs contrées il en a fait, se disent-ils, de prestigieux défenseurs des intérêts suprêmes de la nation. C’est cette confusion d’intérêts qui fait la différence. Certains prennent leur p’tit ego pour une affaire d’ordre public, d’autre y voit là une mission divine de devoir sortir le peuple de ses longues mélancolies. 

    Décembre est là pour raffiner les têtes, et affûter les envies. Voilà qu’arrive la période des bourgeons à implanter aléatoirement au sénat tant coté cour que jardin. C’est toute l’envie de porter un costume galvanisé et une cravate inoxydable qui agite les candidats aux sénatoriales de décembre. C’est cette irrésistible sensation de croire atteindre un sommet inégalé pour se contenter de finir sa course politique, qui suscite les élus d’hier à plus d’ardeur, de ferveur et d’audace. Le ticket d’accès, pensent-ils, à la permission de tout avoir, tout dire et tout voir passe par ce forcing. Quand ils n’ont pu se résoudre à faire scintiller une carrière professionnelle ; ils se jettent par revanche sur celle dite politique. 

    Les primaires n’ont été d’aucune utilité, tant que l’utilité était déjà devancée, au début ; dans la liste initiale ayant permis la qualité d’électeur privilégié. Le collège électoral. Ainsi la farce qui aurait donné ce trouble psychique de croire opiniâtrement que l’on peut être sénateur est cette gabegie qui avait permis à quiconque de se porter sur des listes localement électorales. L’on peut devenir un élu dans une commune, mais pas forcément candidat potentiel aux sénatoriales. Le sénat ne doit pas être une petite affaire de quartier ou un autre mode de recrutement quand on est sans emploi, sans métier, sans profil, sans capacités. Il exige d’autres paramètres. La stature, la personnalité et la valeur morale. Ce n’est pas un diplôme de professeur de géométrie ou d’algèbre, une fortune d’importateur ou une ancienneté préhistorique du parti qui octroie la primauté au sénat. C’est autre chose. L’humilité, la maturité politique agissante et le désintéressement personnel. 

    Malheureusement on les voit venir, ces candidats de tous horizons. Celui qui se savait tout petit et suait juste pour être un délégué communal mendiant ces maudites indemnités, le voilà -et pourquoi pas- s’agripper et prétendre devenir sénateur ! Cette prétention a vaincu leur auto-évaluation et les a totalement aveuglés. 

     
    par El Yazid Dib                                                                 

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5269201

  • Le virus des primaires – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/15/le-virus-des-primaires

    A l’apparence, tout semble s’inscrire dans la démarche d’une pratique démocratique. L’urne étant une balance qui par principe ne doit ni mentir ni produire des injustices, sauf qu’elle est là aussi pour contenir des voix le plus souvent sans conviction. Dans les coulisses, c’est la négociation du donnant-donnant et du réveil des cellules dormantes d’un régionalisme intra-muros. Abstraction faite du commerce politique qui se favorise dans la transaction des cessions d’adhésion. C’est une question de caisse et d’encaisse.

    L’on aurait vu dans ces primaires rejaillir un autre spectre de subterfuge machiavélique. L’emprunt de voix. Des candidats recrutent le temps de l’opération primaire des élus-électeurs d’autres corporations afin d’accomplir l’abject et réintégrer ensuite, en fin de vote, leurs formations d’origine. Ainsi, il y a tout ce qui pousse l’analyste à rire et s’abstenir d’en pleurer, tellement la vilenie et la vente de soi en sont devenues des agios bancaires. La loyauté a fini par foutre le camp du camp où est censée se mener une bataille de punch et de gabarit et non pas une démonstration de malice, de forfaiture, de corruption de mœurs et de tartuferie. Ces primaires, dans certains cas, ne vont donner que de la mauvaise haleine partisane. Le sénat, si l’on tient à ses valeurs cardinales et génésiaques, n’est pas un club attenant à une culture de tabac à priser, de grosse gueule ou de folles ambitions. L’on voit mal un affairiste, une vulgarité, un sans-emploi, une instabilité politique, une connerie, une frénésie de candidature dans la peau d’un sénateur. Un sénateur de 40 ans est encore un stagiaire. Il finira tôt ses classes, sans même pouvoir y apprendre le cours de la vie. Et puis que deviendra-t-il après la forclusion du mandat ? Le désert et la nostalgie. La frustration et désenchantement.

    Si le rajeunissement était pris en option dans le processus tant rabâché du renouvellement des instances, la notion n’exprimerait pas qu’il fallait confier des tâches de représentation à des poupons ou à des personnes quelconques et indifférentes. Aussi le renouvellement ne peut rimer avec la réincarnation des momies ou la réparation pâteuse des épaves extirpées du cimetière politique.

    Tout reste à revoir. En l’état actuel des choses : rien ne stimule la paisibilité des rangs quand un académicien, un mathématicien, un professeur d’université se le dispute à un rien bardé uniquement d’une armée de voix toutes enrôlées aveuglement. Il ne reste que la croyance intrinsèque de ses propres idéaux, de sa lutte et de son combat, quoique perdant une manche ; contre cette domination grégaire du faux nombre.
    par El Yazid Dib                                                                                                                         http://www.lequotidien-oran.com/?news=5269145

  • SILA : commerce ou culture ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/08/sila-commerce-ou-culture

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    SILA : commerce ou culture ?
    novembre 8, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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     Quele sont donc les paramètres liés à l’importance d’un salon dédié au livre ? Le nombre de copies vendues ou celui des visiteurs ? Le chiffre d’affaires réalisé ou le remplissage des parkings et autres espaces y attenant ? A qui aurait en finalité profité l’organisation d’un tel salon ? Quelle est cette plus-value intellectuelle que va apporter cette manifestation ?

    Sans oser attenter à la solennité du lieu ou à l’esprit intrinsèque de l’événement, tout salon n’est que confort d’assise et d’abandon aux nonchalances du cuir et du velours des sièges et sofas. Dans une administration, un salon cache un bureau, dans une entreprise, l’exposition dissimule la machine de production, dans une justice il éclipse la balance et que divulgue-t-il enfin dans la vente de livres ?

    La foire dans le livre comme toute autre est où le premier profit est le profit. Entre l’éditeur et l’écrivain le fossé n’est fait que du nombre de feuillets, du bristol et de l’encre usitée. Ce folklore paginé ne profite qu’aux industriels de la barbotine alfatière. Il y avait autant de livres que moins de lecteurs, autant d’auteurs que moins d’éditeurs. Autrement dit et vu sous un autre angle ce commerce de l’intelligence est aussi un monde où se disputent l’art et l’intérêt, la gloire et le gain. Ainsi un amalgame vient chaque année pour s’instaurer dans l’idée génésiaque présidant à l’organisation d’une exposition commerciale. Le public est confondu. Enfants à la recherche de manuels scolaires, avec une croyance ferme qu’il pourrait s’agir là d’une kermesse à bas prix ; se pressent en compagnie de mères dont le seul souci réside dans l’économie des frais de fournitures scolaires. Les autres, rares mais plus avertis et habitués sont préparés à épier les nouveautés dans le rang des best-sellers nationaux ou étrangers. Les libraires peu nombreux emplissent l’étagère beaucoup plus par du papier-fort et des boites de couleurs que des dernières œuvres littéraires. Chez eux aussi le spectre de l’informel fait ravage. Derrière chaque libraire se cache un éditeur. Derrière chaque grand éditeur se cache une grosse machine d’imprimerie. Le plus gros de l’âme d’un livre ne se situe plus dans le fil romanesque qui ‘anime mais bel et bien dans le vacarme des rotatives toussant de jour comme de nuit. Le réseau de distribution ressemble étrangement à celui qui se pratique dans l’agro-alimentaire. Les retards de livraison, les crédits à la vente, le défaut de paiement, le retour d’invendus font la même scène que s’il s’agissait de pomme de terre ou parpaings bitumeux. Ainsi pour paraphraser un ami en butte à l’édition l’on saura bien dire que « derrière chaque livre, il existe une grosse affaire d’argent » pas pour son auteur, mais pour son fabricant.

    S’il y a un mérite qui existe dans ce salon, c’est qu’il met en relief timidement de nouveaux noms. Ceux à qui le monde de l’édition demeure un obstacle plus saumâtre et laborieux que l’œuvre elle-même. Par contre les « clients potentiels » sont les eternels convives, les seuls modérateurs et les animateurs privilégiés. Ils sont toujours les mêmes. On les voit un peu partout. Ce sont presque comme ces leaders de partis qui n’apparaissent qu’à l’intermittence des échéances électorales. Il est en toute évidence un vrai salon calfeutré et capitonné pour certains au moment ou nombreux autres sont dans l’antichambre, le patio ou les couloirs poisseux d’un espace qui ne peut dire son véritable raisonnement. C’est une affaire de location du sol. A 6000 dinars le mètre carré, les petites boites on ne les voit pas. Cependant celles appartenant à l’Etat sans y être impliquées directement dans le processus du livre mais gravitant autour comme des scories, y sont majestueusement installés. Juste pour la galerie. Façon de dire, on est là.

    Les statistiques fournies par les organisateurs ne montrent que des chiffres sur le nombre des éditeurs, exposants, leurs nationalités. Il n’existe aucun renseignement sous forme de bilan dressé au titre du salon précédent. En fait l’on aimerait être édifié sur le profil du visiteur de ce salon. Visiteur, curieux, badaud, lecteur, accrocs, revendeur, libraire ? Son niveau, son rang, ses goûts, ses préférences ? Sa langue de lecture ? Enfin son intérêt, son amour pour la chose culturelle ?

    Le salon international du livre d’Alger est une circonstance formidable dans la mesure où il participe à la médiatisation de la production littéraire nationale ou étrangère. Il tient à aider les maisons d’éditions dans un travail supplémentaire de marketing qu’elles n’arrivent pas encore à maîtriser sauf par quelques panneaux d’une publicité timide à insérer dans certains quotidiens nationaux. Si ce n’étaient les rubriques culturelles de quelques rédactions, personne n’en saurait davantage sur tel ou tel auteur. Ainsi tous s’équivaudront. Croyez-vous que pour être édité il vous faudrait de l’aptitude ? Le talent devra exister avant la germination du désir envers l’édition. Le piston dans l’édition bat son plein. C’est ainsi que certaines maisons d’éditions à peine de disparaître doivent fournir un grand effort vers la promotion de leur produit. L’ENAG, entreprise publique confond les rôles qui lui sont attribués. Elle se noie dans la complexité de l’édition et du commissariat du salon. Elle oublie ses auteurs. Sinon elle fait dans les deux poids deux mesures. Wacini est invité à déjeuner, l’autre ou les autres en séance de signature pas même une bouteille d’eau. Le grand mal de cette entreprise se situe dans sa politique d’édition, si du moins elle existe. Elle est totalement absente. Un déclic lui doit être administré dans son volet de politique promotionnelle éditoriale, sans ça, c’est l’asphyxie. Sans la subvention publique, elle mourra. Pari.

    Il fut un temps où le temps était au monopole de l’unique société nationale d’édition et de diffusion (sned) que de rares noms avaient pu émerger des presses politiquement grincheuses et parcimonieuses de cet organisme de l’Etat. Avec l’avènement de la démocratie, conditionnée dans son essence par la liberté d’expression, la chose imposait sans ambages l’ouverture du monde de l’édition. Il n’y a pas plus nostalgique que de revisiter les années passées où la foire du livre, au plan local ou régional constituait un événement. En ces temps là, la révolution culturelle ne manquait que d’une culture révolutionnaire. Sinon, le soutien accordé aux prix du livre importé, sur budget de l’Etat ne rimait pas avec commercialité, rentabilité ou performance des entreprises.

    Le SILA, devrait à l’aide de ses sponsors (peu nombreux et hors champ culturel) créer l’envie de lire. Il devra entre autre ; de paire avec ses « clients » et patentés que sont les éditeurs inciter à la consommation bibliographique. Il n’est cependant en aucun cas responsable de la léthargie dans laquelle se trouve la situation atrophiée du taux négligeable de lecture actuelle. Le prix est certes déterminant dans la relance de la lecture, mais il ne peut être l’unique facteur de la régression lectorale. Que faut-il attendre pour la politique du livre, que si dans un pays le prix d’un livre de poche dépasse celui de la poule de chair ? Le constat est amer. L’école ne fait plus donner l’envie de lire et de bouquiner. Nos universités ne sont que des débats de restauration, de transport et d’hébergement. Enfin cette reculade face à l’ardeur de dévorer les pages, de connaître les chefs d’œuvres universels, de découvrir les nouveaux talents, les poètes en herbe, les néo-nouvellistes suscite à bien des égards beaucoup d’inquiétude.

    Le problème en somme n’est donc pas un cas d’édition. Ni encore de production. Il s’agit d’une absence manifeste d’acheteurs. Les éditeurs choisissent, et c’est une légitimité, l’aspect commercial, loin de l’authenticité d’un travail intellectuel. Combien ceci va remporter s’exprime en centimes et non pas en audience. Ceci reste corroboré par la convoitise acharnée pour le livre scolaire, point de fixation des imprimeries privées, car les « acheteurs » sont répertoriés sur les bancs des écoles et bien obligés d’honorer la commande, sinon le ministère de l’éducation ou de la solidarité nationale le fera à leur place.

    Enfin le Sila ressemble bel et bien à ce monde que nous vivons dehors. Il y ceux qui sont déjà connus et qui semblent rapporter et ceux qui y viennent croyant se faire connaitre. J’ai vu des auteurs dédicaçant tout le long de la semaine leurs œuvres. Ils pointent la journée entière, se fixent derrière l’amas de livres et attendent d’y apposer une dédicace. L’on dirait qu’ils sont recrutés journaliers chez leurs éditeurs. D’autres moins nombreux, à l’instar de Yasmina Khadra ou Daoud qui ont crée une longue file d’attente ou Azzedine Mihoubi doivent leur aura à autre chose. Le talent ? Le statut ? Les médias ? Deux plumes, deux livres. Poids et mesures.                                                                                                                              par El Yazid Dib                                                                                                                      http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5268829

  • SILA : commerce ou culture ? - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/preview

    Quels sont donc les paramètres liés à l’importance d’un salon dédié au livre ? Le nombre de copies vendues ou celui des visiteurs ? Le chiffre d’affaires réalisé ou le remplissage des parkings et autres espaces y attenant ? A qui aurait en finalité profité l’organisation d’un tel salon ? Quelle est cette plus-value intellectuelle que va apporter cette manifestation ? 

    Sans oser attenter à la solennité du lieu ou à l’esprit intrinsèque de l’événement, tout salon n’est que confort d’assise et d’abandon aux nonchalances du cuir et du velours des sièges et sofas. Dans une administration, un salon cache un bureau, dans une entreprise, l’exposition dissimule la machine de production, dans une justice il éclipse la balance et que divulgue-t-il enfin dans la vente de livres ? 

    La foire dans le livre comme toute autre est où le premier profit est le profit. Entre l’éditeur et l’écrivain le fossé n’est fait que du nombre de feuillets, du bristol et de l’encre usitée. Ce folklore paginé ne profite qu’aux industriels de la barbotine alfatière. Il y avait autant de livres que moins de lecteurs, autant d’auteurs que moins d’éditeurs. Autrement dit et vu sous un autre angle ce commerce de l’intelligence est aussi un monde où se disputent l’art et l’intérêt, la gloire et le gain. Ainsi un amalgame vient chaque année pour s’instaurer dans l’idée génésiaque présidant à l’organisation d’une exposition commerciale. Le public est confondu. Enfants à la recherche de manuels scolaires, avec une croyance ferme qu’il pourrait s’agir là d’une kermesse à bas prix ; se pressent en compagnie de mères dont le seul souci réside dans l’économie des frais de fournitures scolaires. Les autres, rares mais plus avertis et habitués sont préparés à épier les nouveautés dans le rang des best-sellers nationaux ou étrangers. Les libraires peu nombreux emplissent l’étagère beaucoup plus par du papier-fort et des boites de couleurs que des dernières œuvres littéraires. Chez eux aussi le spectre de l’informel fait ravage. Derrière chaque libraire se cache un éditeur. Derrière chaque grand éditeur se cache une grosse machine d’imprimerie. Le plus gros de l’âme d’un livre ne se situe plus dans le fil romanesque qui ‘anime mais bel et bien dans le vacarme des rotatives toussant de jour comme de nuit. Le réseau de distribution ressemble étrangement à celui qui se pratique dans l’agro-alimentaire. Les retards de livraison, les crédits à la vente, le défaut de paiement, le retour d’invendus font la même scène que s’il s’agissait de pomme de terre ou parpaings bitumeux. Ainsi pour paraphraser un ami en butte à l’édition l’on saura bien dire que « derrière chaque livre, il existe une grosse affaire d’argent » pas pour son auteur, mais pour son fabricant. 

    S’il y a un mérite qui existe dans ce salon, c’est qu’il met en relief timidement de nouveaux noms. Ceux à qui le monde de l’édition demeure un obstacle plus saumâtre et laborieux que l’œuvre elle-même. Par contre les « clients potentiels » sont les eternels convives, les seuls modérateurs et les animateurs privilégiés. Ils sont toujours les mêmes. On les voit un peu partout. Ce sont presque comme ces leaders de partis qui n’apparaissent qu’à l’intermittence des échéances électorales. Il est en toute évidence un vrai salon calfeutré et capitonné pour certains au moment ou nombreux autres sont dans l’antichambre, le patio ou les couloirs poisseux d’un espace qui ne peut dire son véritable raisonnement. C’est une affaire de location du sol. A 6000 dinars le mètre carré, les petites boites on ne les voit pas. Cependant celles appartenant à l’Etat sans y être impliquées directement dans le processus du livre mais gravitant autour comme des scories, y sont majestueusement installés. Juste pour la galerie. Façon de dire, on est là. 

    Les statistiques fournies par les organisateurs ne montrent que des chiffres sur le nombre des éditeurs, exposants, leurs nationalités. Il n’existe aucun renseignement sous forme de bilan dressé au titre du salon précédent. En fait l’on aimerait être édifié sur le profil du visiteur de ce salon. Visiteur, curieux, badaud, lecteur, accrocs, revendeur, libraire ? Son niveau, son rang, ses goûts, ses préférences ? Sa langue de lecture ? Enfin son intérêt, son amour pour la chose culturelle ? 

    Le salon international du livre d’Alger est une circonstance formidable dans la mesure où il participe à la médiatisation de la production littéraire nationale ou étrangère. Il tient à aider les maisons d’éditions dans un travail supplémentaire de marketing qu’elles n’arrivent pas encore à maîtriser sauf par quelques panneaux d’une publicité timide à insérer dans certains quotidiens nationaux. Si ce n’étaient les rubriques culturelles de quelques rédactions, personne n’en saurait davantage sur tel ou tel auteur. Ainsi tous s’équivaudront. Croyez-vous que pour être édité il vous faudrait de l’aptitude ? Le talent devra exister avant la germination du désir envers l’édition. Le piston dans l’édition bat son plein. C’est ainsi que certaines maisons d’éditions à peine de disparaître doivent fournir un grand effort vers la promotion de leur produit. L’ENAG, entreprise publique confond les rôles qui lui sont attribués. Elle se noie dans la complexité de l’édition et du commissariat du salon. Elle oublie ses auteurs. Sinon elle fait dans les deux poids deux mesures. Wacini est invité à déjeuner, l’autre ou les autres en séance de signature pas même une bouteille d’eau. Le grand mal de cette entreprise se situe dans sa politique d’édition, si du moins elle existe. Elle est totalement absente. Un déclic lui doit être administré dans son volet de politique promotionnelle éditoriale, sans ça, c’est l’asphyxie. Sans la subvention publique, elle mourra. Pari. 

    Il fut un temps où le temps était au monopole de l’unique société nationale d’édition et de diffusion (sned) que de rares noms avaient pu émerger des presses politiquement grincheuses et parcimonieuses de cet organisme de l’Etat. Avec l’avènement de la démocratie, conditionnée dans son essence par la liberté d’expression, la chose imposait sans ambages l’ouverture du monde de l’édition. Il n’y a pas plus nostalgique que de revisiter les années passées où la foire du livre, au plan local ou régional constituait un événement. En ces temps là, la révolution culturelle ne manquait que d’une culture révolutionnaire. Sinon, le soutien accordé aux prix du livre importé, sur budget de l’Etat ne rimait pas avec commercialité, rentabilité ou performance des entreprises. 

    Le SILA, devrait à l’aide de ses sponsors (peu nombreux et hors champ culturel) créer l’envie de lire. Il devra entre autre ; de paire avec ses « clients » et patentés que sont les éditeurs inciter à la consommation bibliographique. Il n’est cependant en aucun cas responsable de la léthargie dans laquelle se trouve la situation atrophiée du taux négligeable de lecture actuelle. Le prix est certes déterminant dans la relance de la lecture, mais il ne peut être l’unique facteur de la régression lectorale. Que faut-il attendre pour la politique du livre, que si dans un pays le prix d’un livre de poche dépasse celui de la poule de chair ? Le constat est amer. L’école ne fait plus donner l’envie de lire et de bouquiner. Nos universités ne sont que des débats de restauration, de transport et d’hébergement. Enfin cette reculade face à l’ardeur de dévorer les pages, de connaître les chefs d’œuvres universels, de découvrir les nouveaux talents, les poètes en herbe, les néo-nouvellistes suscite à bien des égards beaucoup d’inquiétude. 

    Le problème en somme n’est donc pas un cas d’édition. Ni encore de production. Il s’agit d’une absence manifeste d’acheteurs. Les éditeurs choisissent, et c’est une légitimité, l’aspect commercial, loin de l’authenticité d’un travail intellectuel. Combien ceci va remporter s’exprime en centimes et non pas en audience. Ceci reste corroboré par la convoitise acharnée pour le livre scolaire, point de fixation des imprimeries privées, car les « acheteurs » sont répertoriés sur les bancs des écoles et bien obligés d’honorer la commande, sinon le ministère de l’éducation ou de la solidarité nationale le fera à leur place. 

    Enfin le Sila ressemble bel et bien à ce monde que nous vivons dehors. Il y ceux qui sont déjà connus et qui semblent rapporter et ceux qui y viennent croyant se faire connaitre. J’ai vu des auteurs dédicaçant tout le long de la semaine leurs œuvres. Ils pointent la journée entière, se fixent derrière l’amas de livres et attendent d’y apposer une dédicace. L’on dirait qu’ils sont recrutés journaliers chez leurs éditeurs. D’autres moins nombreux, à l’instar de Yasmina Khadra ou Daoud qui ont crée une longue file d’attente ou Azzedine Mihoubi doivent leur aura à autre chose. Le talent ? Le statut ? Les médias ? Deux plumes, deux livres. Poids et mesures. 
                             

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5268829

  • Le putsch – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/11/le-putsch

    Un putsch est une déchirure dans la soierie de la loi. Il ne peut se justifier dans un Etat de droit ou aspirant à le devenir. Il arrive souvent de se faire aux dépens d’une stabilité qui arrangerait plus une partie qu’une autre. Il peut toutefois s’argumenter et aller chercher des raisons qui n’ont pas moralement raison d’être. Du moins pour le cas échéant.

    Apres tout ce temps passé uniquement dans des déclarations par-ci et par-là ; la situation au parlement est en passe de devenir un vrai problème dans les mains du chef de l’Etat. Lui seul peut en résoudre les contours en vertu de la constitution. Ni le conglomérat des députés, ni les instances organiques des partis engagés, ni encore les chaines de télévision rangées d’un côté ou de l’autre n’ont cette capacité de faire basculer la pesée. L’opinion publique, à travers les réseaux sociaux est quasiment pour la théorie de la table rase, à défaut d’être carrément avec la personne de Bouhadja, comparée à celle de Ould Abbes ou d’Ouyahia. Elle y voit là un subterfuge dont le résultat n’est connu pour personne. A qui profite le départ de Bouhadja ? Pas de réponse pour le moment. Cela fait partie des voies impénétrables du système. Enfin le temps le dira.

    D’habitude c’est à l’aile dite d’opposition de faire balancer le titulaire du siège majoritaire d’un quelconque perchoir. Les manigances et les jeux de coulisses se font et se défont au gré des intérêts et des enjeux en place. La situation ainsi créée au sein de l’institution parlementaire n’est pas indemne de ces intrigues de palais. Apres les coups et les supputations en sourdine, voilà les accusations en clair. De la confrontation entre Ould Abbes et Bouhadja à celle d’un Flniste président de l’Assemblée et le secrétaire général du RND ; la situation n’est pitoyable que pour le FLN. Ouyahia aurait réussi à mettre à mettre en branle la stratégie de la rébellion parlementaire. Pourtant cet esprit de putsch interne ne semble pas couler d’eau de source. Ni l’un, ni l’autre n’ont la libre initiative pour ramener leur zizanie au sein même de l’équilibre de la constitution, mettant en porte à faux, en l’exigeant l’arbitrage du président de la république.

    Le militantisme, ses valeurs, ses constances et toute son éthique veulent que Bouhadja, moudjahid, député et président élu soit bien protégé, défendu et préservé par son Parti, son Secrétaire général et ses députés. La légalité, quant à elle exige le respect et l’application de la loi et ses règlements. Pousser quelqu’un à la démission est loin de constituer, par défaut de disposition légale, une procédure honnêtement politique ou vice-versa. Sinon, dans une certaine mesure, quelque part dans une Assemblée populaire de wilaya l’élu RND n’ayant pas la majorité, s’en est trouvé président, les activités gelées depuis une année sans pour autant que la démission ne lui soit une sortie de secours. Alors pourquoi Ouyahia demandait-il à Bouhadja de partir ? Il susurre, murmure et donne donc l’exemple à suivre à cette APW pour agir de la sorte. Une forme de légalisation du putsch.

    Jusqu’à preuve contraire, Bouhadja est toujours un militant du FLN. Il a ainsi subi en plus d’une motion de retrait de confiance de la part de ses camarades et autres qui leur sont alliés, un communiqué dans le même sens du bureau politique. Alors pourquoi n’a-t-on pas procédé au retrait de sa qualité de militant et de membre du comité central pour qu’ensuite on l’exclue des rangs du parti ? Drôle de dilemme. Ould Abbes expulse Bouhadja du parti qui l’avait vu naitre. Terrible et lourde sentence. Ouyahia en rigolerait sous cape.

    Et puis cette dissolution à qui l’on colle insidieusement un rapport au report des élections présidentielles peut avoir lieu. Elle ferait me disait un ami 400 et quelques députés malheureux mais 40 millions d’algériens tous heureux. Prérogative exclusive du président de la république ; Ouyahia n’avait pas à dicter son impossibilité, ni la certitude de sa non faisabilité. Se sent-il déjà dans la peau d’un président ou se prend t-il toujours pour le verbe sacré et présidentiel ?

    La dissolution peut être un salut public renforçant l’élan qui s’entreprend à remodeler le paysage dirigeant du pays. Le calendrier permet qu’elle se fasse avant la fin de l’année et concomitamment au renouvellement du tiers sénatorial, sans toutefois influencer aucunement sur le cours normal des présidentielles d’avril 2019. Il n’y a aucun lien d’effet ou de causalité entre des élections législatives anticipées et un hypothétique ajournement de l’échéance présidentielle. Cette propagande aurait été mise en relief pour dissuader une probable dissolution, seule alternative pour la résolution de la crise qui frappe les instances parlementaires. Les auteurs de cette explication, en fait totalement erronée, tentent d’induire dans le flou l’opinion publique et partant la mobiliser hargneusement pour contrecarrer « le report » qui n’existe que dans leur tête.

    Si l’Etat se respecte et se donne cet aspect légaliste, les choses devront ainsi se faire et la dissolution serait un net refus de tout esprit de putsch et une sacralisation à la pratique démocratique. Cependant, cette décision de renvoyer d’un coup des élus à cause de calculs intra-partisans déclenchés par certaines voix à l’écoute de dictée, ne serait pas sans ternir l’image d’un pays stable et encore debout.

    L’on parle d’une forte majorité de députés qui auraient signé la motion de retrait de confiance envers leur président. Cette motion n’est prévue par aucun texte. L’opinion publique aimerait bien avoir la liste de ces députés. Ont-ils vraiment souscrit avec la mention lu et approuvé suivie d’une signature manuscrite ou a-t-on juste aligné leurs noms et prénoms sans qu’ils ne sachent ? Ainsi les députés pétitionnaires ont agit en contradiction de toute légalité. Eux les législateurs, les concepteurs de l’esprit et de la lettre des lois ont préféré l’action politique au respect de la loi qu’ils ont eux même édictée et votée. Ceci n’est pas le bon exemple à produire en face d’une population en quête permanente d’une quiétude sociale et politique. La contagion peut atteindre le niveau local, où en dépit de dispositions réglementaires, les communes peuvent y recourir à tout moment. Le blocage institutionnel doit être pris en charge pour combler ces vides juridiques criards.

    Et puis pourquoi a-t-on peur d’une éventuelle dissolution ? Au pire de la peur, elle provoquera au bonheur de la société une refondation du paysage politique. Une phase transitoire. Le FLN et le RND, machines redoutables connaitraient une certaine métamorphose, les autres partis s’oublieront vite dans les interstices d’une fugace histoire qui n’aurait rien à retenir d’eux, sauf la bouffonnerie et l’espièglerie. Des noms mourront, d’autres naitront et ainsi ira le monde.                                                                                                                        par El Yazid Dib                                                                                                                      http://www.lequotidien-oran.com/?news=5267509

  • Ministres sortants, leur vie loin des ors de la République ! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/21/ministres-sortants-leur-vie-loin-des-ors-de-la-republique

    Ministres sortants, leur vie loin des ors de la République !
    septembre 21, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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     Photo : S. Sellami.                                                                  

    Dans ces mêmes colonnes, El Yazid Dib, abordant ce sujet, écrivait bien à propos : « Que de noms et de noms sont partis dans la masse sans pouvoir se détacher d’une ivresse de pouvoir, sans pouvoir oser se mêler à la foule » ! 
    Après de longues années à occuper des postes ministériels, certains membres du gouvernement, qui compteront parmi les sortants, auront du mal à s’accoutumer à leur nouvelle vie. Plus de voiture de fonction, encore moins de chauffeur ou gardes du corps, leur quotidien va redevenir « normal » ! 

    Si pour certains ministres, cette nouvelle vie est difficile à appréhender du fait des regards de la société, des amis et de la famille, pour d’autres par contre, la réintégration dans la « vie civile » se fera sans heurts. 

    Mais avant d’aborder cela, arrêtons-nous, un instant, sur la question du jour : quelle est la durée de vie d’un ministre en politique ? 

    Il faut dire que la fonction est éphémère et beaucoup de ministres l’ont appris à leurs dépens. En moyenne, ils restent en poste deux où trois. Aujourd’hui avec les multiples remaniements gouvernementaux, les erreurs de casting, les révocations pour fautes graves et les démissions pour cause de maladie (très rares certes), la durée en poste d’un membre du gouvernement est limitée ; pour autant, certains ont réussi à rester en place plus de 10 ans (Boubekeur Benbouzid, par exemple). 

    Et l’autre question qui vient à l’esprit, est la suivante : y a-t-il une vie loin des ors de la République ? 

    Des cabinets, aux postes de ministres, des personnalités politiques ont réussi parfois à mettre leur expérience et leurs réseaux à contribution des partenaires privés ou publics désireux de développer un projet. 

    L’exemple d’Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères français est à ce titre, élogieux ; il a décidé de quitter la politique en 2007, après l’échec aux présidentielles de Lionel Jospin. Il a rejoint le secteur privé où il a créé, avec succès, une société de « conseil en géopolitique et en stratégie internationale ». 

    Tout comme lui, l’algérien Lakhdar Brahimi s’est inscrit dans la même trajectoire. Ancien ministre des affaires étrangères, Secrétaire Général Adjoint de la Ligue Arabe et de l’ONU, il a été aussi « envoyé spécial » en charge de nombreux dossiers, ce qui ne l’a pas empêché par la suite, de trouver les ressources nécessaires pour enseigner à « science-po Paris ». 

    Son exemple reste tout de même exceptionnel, car pour beaucoup d’anciens ministres, passer d’un rythme de travail épuisant à une vie normale est en soi, une épreuve dans les jours qui suivent la passation des pouvoirs. Le retour au quotidien peut-être très difficile pour certains d’entre eux, voire pire, car la mention « ancien ministre » sur leur C.V se révèle être un handicap, plutôt qu’un atout. 

    Beaucoup de ministres, à coup sûr, vont rejoindre la cohorte des anciens ministres installés à l’étranger. A croire les statistiques, sur 700 anciens ministres ou députés, 500 pour le moins ont fait le choix volontaire d’aller vivre à l’étranger, en Europe ou dans les pays arabes. 

    Et cela pose à l’évidence un sérieux problème : comment peut-on par exemple, reconduire ou nommer un ministre dont le projet, une fois évincé du gouvernement, est d’aller s’établir à l’étranger ? 

    Peut-il vraiment se consacrer à développer un pays dans lequel ni lui encore moins ses enfants ne voudront y vivre ? 

    Ceci étant dit, nos responsables, une fois de l’autre côté de la Méditerranée, s’arrangent pour se faire recruter comme consultants, et cadres d’entreprises « performants » pour ce qui concerne les anciens de la Banque d’Algérie, PDG et autres cadres de Sonatrach. 

    Mais on les retrouve aussi dans des métiers plus surprenants comme le commerce, l’hôtellerie, la restauration et même la boucherie « hallal » ! 

    Au pays, il faut le dire aussi, d’anciens ministres moins chanceux, une fois débarqués du gouvernement, restent confinés chez eux, à broyer du noir, au moment même ou leurs collègues, plus introduits, sont revenus à la politique, par la députation ! En 2007 par exemple, 17 ex-ministres ont été élus à l’APN ; d’autres, plus chanceux, ont bénéficié de « parachutes dorés » : Djamel Ould Abbès, Said Berkat, Nouara Djaaffar, Hachemi Djiar entre autres et aussi Boubekeur Benbouzid, celui-là même qui a occupé le poste de ministre de l’éducation nationale pendant plus de 15 ans, avec le résultat que l’on sait ! Ils ont été désignés dans le tiers présidentiel, au Sénat. 

    Dure la vie d’un ministre ? Peut-être pas, mais la chute n’est pas sans conséquence sur leur personne, voire leur propre entourage. Un ex-ministre, Kamel Bouchama en l’occurrence, racontait ainsi son éviction : « tu fais du bon travail, lui avait dit le président Chadli, mais je dois confier ton portefeuille à quelqu’un d’autre ; sois patient, tu auras de nouvelles responsabilités dans quelques temps ». Les mois passèrent et l’ex-ministre à eu tout le temps de mesurer le vide qui l’entourait et aussi de compter les journées, non sans entrainer femme et enfants, selon ses dires, dans une « ambiance neurasthénique » ; il a beaucoup fumé et souffert aussi de migraines et de lumbago. Son téléphone est resté muet, plus de 10 ans, jusqu’au jour où il a été nommé ambassadeur en Syrie. 

    De cette expérience traumatisante, il a tiré un livre qu’il a intitulé, à juste titre, « Mémoires d’un rescapé » ; « je l’ai écrit pour raconter l’affliction et les souffrances de tous les cadres de mon pays : dès qu’ils ne sont plus dans les bonnes grâces des décideurs, ils sont jetés, sans remord ni considération ! », a-t-il tenu à le souligner. 

    Est-il si dur de quitter le pouvoir ? Comment passe-t-on, du jour au lendemain, du statut de ministre à celui de citoyen lambda ? Après la disgrâce, la révocation ne peut-elle être que brutale ou, au contraire, le départ est plutôt synonyme de délivrance pour le ministre limogé ? 

    Toutes les réponses à ces questions sont également à rechercher dans l’expérience éprouvante de Halim Benattalah, ancien secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale à l’étranger. Il n’a pas eu droit à une audience, encore moins à une explication de son éviction du gouvernement. Il raconte que c’est Ahmed Ouyahia, le premier ministre d’alors qui lui a annoncé, sèchement et brièvement la sentence : « le président a décidé de ne pas vous reconduire dans vos fonctions ! ». J’ai reçu la nouvelle avec un pincement au cœur a confié Benattalah ; ce n’est jamais agréable de se faire congédier. Tout s’arrête subitement ! Il faut tout de suite préparer un projet de vie et surtout, ne pas se laisser aspirer par la vacuité qui s’installe après la fin de fonctions. 

    Quitter le pouvoir, les privilèges, c’est un déchirement pour tous ceux qui ont eu à l’exercer. Certains sont anéantis, car la perte du statut de ministre est vécue comme une honte et une déchéance. Ceux qui s’accrochent aux privilèges dépriment, divorcent même, quand ils ne perdent pas leurs enfants. Ceux qui surmontent leur peine, deviennent invivables pour leur entourage. Comme s’ils étaient amputés d’une partie d’eux-mêmes ! Ceux-là n’aspirent qu’à revenir à tout prix, caressant l’espoir d’être rappelés de nouveau ; ils se résigneront très vite, contrairement aux revanchards qui rejoindront l’opposition au prix de renoncements inimaginables ! 

    Pendant ce temps-là, l’anglais Tony Blair est devenu conseiller d’une Banque Internationale, l’allemand Gerhard Schröder est rentré comme consultant dans une grande firme internationale et le français Dominique de Villepin a ouvert un cabinet d’avocat ! Tout comme les ministres Jack Lang ou Luc Ferry qui ont repris leur chaire de professeur à l’université ! 

    Ce qui a inspiré l’ancien ministre de la formation et de l’enseignement professionnel El Hadi Khaldi et bien avant lui Ahmed Djebbar, l’ancien ministre du président Mohamed Boudiaf, qui sont restés au pays, aux côtés de leurs étudiants qu’ils ont rejoints dès leur sortie du gouvernement ! 

    Tout ceci pour dire que les anciens ministres ne quittent pas forcément le pays après leur départ du gouvernement et qu’en conséquence nul n’a le droit de leur jeter l’opprobre au motif fallacieux que « tous sont pourris ! ». 

    D’autres anciens responsables, se sont faits remarqués par exemple, par leur talent d’écrivain : 

    – Kamel Bouchama, justement, ancien ministre de la jeunesse et des sports et aussi ambassadeur, auteur à succès d’une quinzaine de livres 

    – Karim Younes, ancien ministre, ex-président de l’APN qui vient de publier un 3ème livre intitulé « La chute de Grenade ou la nouvelle géographie du monde ». 

    – Abdelkader Khelil, ancien délégué au développement économique et à l’aménagement territorial, écrivain lui aussi et auteur d’analyses politiques et économiques, aussi nombreuses que pertinentes 

    – Zinedine Sekfali ancien ministre du tourisme, analyste et essayiste à succès. 

    – Abdellatif Benachenhou ancien ministre des finances qui n’a de cesse de débattre, généreusement, de toutes les questions économiques et financières de l’heure. 

    – Nour Eddine Boukrouh, qu’on ne présente plus ! Ancien ministre, personnalité politique attachante, polémiste redoutable ; libre penseur, il se veut au dessus de la mêlée et ne se consacre qu’aux débats d’idées. Il a inventé le mot « ghachi », qui depuis a fait l’objet de nombreux mémoires de fin d’études. 

    Et enfin, l’ancien ministre Cherif Rahmani qui se manifeste régulièrement, à longueur de colonnes, par des contributions remarquées et remarquables dans son domaine de compétence, l’environnement. 

    A l’heure justement où l’on évoque un changement de gouvernement, certains ministres en perdent le sommeil. D’autres, convaincus qu’ils ne feront pas partie du prochain staff ministériel, ont commencé, déjà, à préparer leurs cartons. Ils auront à abandonner, en un éclair, les dossiers en cours, la voiture avec chauffeur, la villa au club des pins et, surtout, passer de la lumière à l’ombre et des honneurs au téléphone qui ne sonne plus ! 

    La rançon des vaincus en quelque sorte ! 
    par Chérif Ali.                                                                  http://www.lequotidien-oran.com/?news=5266499

  • Tu vas être ministre, toi aussi – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/16/tu-vas-etre-ministre-toi-aussi

    Eh bien sûr, pourquoi pas toi ? Tant que ceux qui ont en mains toutes nos trajectoires, destins, prospectives et avenirs ne sont pas bien lotis au plan des triomphes et des victoires. Sinon, pourquoi, toi et tes amis, tes copines, tes espiègles acolytes, tes retraités médisez à longueur de chicha, le lycée, la rue, la plage, les cortèges officiels ? Tu crois déjà pouvoir améliorer les choses. Tu penses que l’être est une façon de pouvoir comprendre tes multiples populations, tes différents administrés ? C’est ainsi, en cette position que tu vas t’en éloigner. Tu n’auras plus d’amitié en zappant ton original entourage au profit d’un nouvel aréopage. Tu seras un grand intérêt chez ceux qui savent te cajoler et une victime chez ceux qui t’aiment.

    Toi aussi tu sauras faire charpenter tes discours et arborer devant chaque caméra un sourire et une mine te montrant trop sérieux ou peu imbu de ta personne. Au début tu dicteras tes propos et les feras transcrire pour les débiter avec verve et appétit, puis au fil des tribunes et des podiums, tu diras n’importe quoi, tu liras avec emphase et insensibilité ce que l’on voudrait que tu dises. Tu sais, mon fils, mon frère, les idées à ce niveau-là s’effilochent quand elles se trouvent confrontées à la réalité, le temps se rétrécit lorsqu’il est poursuivi par les promesses. Ne promets rien. Ne prends pas pour amour ton décret de nomination, car tous les décrets sont appelés à s’enterrer dans le même journal officiel qui avait fait naître le premier. Le seul décret valide est celui de ta conscience et de tes premières ardeurs, le gène et la matrice. Ne dit-on pas que le fil d’or, contrairement à celui d’un autre métal abrupt, s’amincit, ne se corrompt pas et ne se rompt jamais ? De mon temps, mes ministres à moi étaient tous des symboles, des cœurs fortement algériens. Estampillés comme des labels de bonne sève et d’authentiques produits, mes ministres à moi décidaient et savaient seuls le quand, le comment et le pourquoi de le faire. Ni l’indécision permanente ni l’hésitation ne les hantaient. Un oui ou un non était toujours là comme une sentence sans recul ni tergiversation. Ils n’étaient pas des binationaux, ni jouissaient d’une carte tricolore pour une résidence sur les berges du Rhône ou de la Seine. Le transfert d’argent à l’étranger ne pouvait permettre aux douanes de saisir des millions et des millions de devises. S’il se faisait, il s’exécutait par un truchement d’un expatrié juste pour l’acquisition d’une Renault 16 TX ou quelques fringues griffées. L’agenda téléphonique des ministres de mon temps ne supportait pas autant d’entrepreneurs, de promoteurs, d’industriels et d’importateurs ou de chiffres roses. Il y avait le contact révolutionnaire de poètes, de journalistes, de moudjahidines, de condamnés à mort. « Rien n’est comparable à la qualité d’un ministre qui arrive si ce n’est le défaut d’un ministre qui part ». Il est de ces ministres qui s’efforcent de croire faire mieux que les autres et se leurrent de se découvrir en des rédempteurs de torts. Le suivant va donner l’apparence d’être le meilleur et sera vite rattrapé par son remplaçant qui aura à son tour ce terrible et traître sentiment d’être aussi le meilleur. Et ainsi dans la suite du cycle rotatif qui persiste, la grande valse va se poursuivre avec ou sans toi. En fait, ne cherche pas à te caser dans l’un de ces critères que tu crois prédominants dans le choix du futur ministrable. Tu ne sauras jamais les cerner. Ils n’existent pas.                                                          Publié par El-Yazid Dib                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         http://www.lequotidien-oran.com/?news=5266276

  • Ministres et Walis, quel profil ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/03/ministres-et-walis-quel-profil

    Il existe des gens dont le sort, estiment-ils, est lié intimement à un remaniement ministériel, à un mouvement de walis ou à un autre plus dense et en hauteur. D’autres, le leur est fixé sur une loi de finances complémentaire, sur des taux d’importation et sur des crédits budgétaires ou de dépenses publiques. C’est dire que chacun trouve son compte dans le compte d’un autre. L’effet domino existe bel et bien dans la détention d’une partie du pouvoir ou dans le confort d’une aisance financière. Si l’un est fort, sa puissance pourra rejaillir sur son environnement immédiat. Si l’autre est riche, son opulence se reflétera, même éparse, sur tout son espace vital, commercial ou d’affaires. Il y est aussi et le plus fréquemment présent et faisable que l’un puisse se confondre à l’autre pour qu’en finalité se forme un groupement d’intérêt binaire, sans raison sociale, ni enseigne lumineuse. Ainsi se font et se défont les allégeances et les compromissions, mais aussi les convergences et les concessions.

    Après le mouton, la pandémie, le « parkingcide » et autres incarnations ahurissantes, revoilà les supputations sur un probable redéploiement gouvernemental qui refont surface façon de faire tenir le souffle à la rumeur jusqu’à l’annonce officielle. Il viendra ce remaniement, ce mouvement. Ceci n’est pas une exclusivité d’information. Ce n’est qu’une déduction d’un empirisme vécu jusque-là, depuis la naissance du régime. A chaque coup, un coup salutaire. Ce n’est pas à cause du sit-in des médecins résidents ou du choléra que le ministre de la Santé va partir. Ce n’est pas à cause des fruits et légumes, des terres en jachère, de l’approvisionnement inégalitaire en blé pour les minotiers que le ministre de l’Agriculture va partir. Le mauvais débit du net ou l’attente postale, les chaînes de retraités devant les guichets ou sur les trottoirs de banques, les dérives de la communication off-shore, les logements made in China, l’invasion de la Tunisie par les touristes algériens, les fatwas saugrenues et le salafisme rampant ne seront que quelques brins de causes chez certains pour motiver en ne l’expliquant pas la fin de missions des gestionnaires concernés. Il en est ainsi pour autant de titulaires de département ministériel. La cause d’un départ n’est pas forcément ni légalement dans une défaillance de gestion, elle peut être dans celle qui justifie l’arrivée de l’autre. Faire évacuer un endroit et l’attribuer pour cause de vacance. Presque une affectation foncière, voire fonctionnelle suite à une déshérence. Un terrain, soit un siège que l’on rend res nullius.

    Ils doivent être ces arrivants, à défaut de porteurs d’espoir, des étendards pleins de sourires et d’entrain à même ne serait-ce que d’atténuer la grisaille qui pourfend la quotidienneté. Je rêve de ministres qui puissent exister non pas par présentéisme, cet excès de présence mais à travers le ressenti de chacun des chagrins de quiconque des citoyens. Je rêve de voir dans ces futurs ministres l’ombre d’un martyr qui lui chuchote à chaque oubli le sens du sacrifice et la valeur de la patrie, la muse d’un poète qui lui inspire à chaque discours la noblesse de l’art et de l’oraison, le regard d’un enfant, l’amour d’une maman, les siens qui lui font rappeler à chaque signature l’humanisme et la modestie.

    La persistance se fait également pour ces walis qui vont partir et ceux qui vont venir, revenir ou se maintenir. Certains de ces personnages ont été engloutis dans l’uniforme qui s’est révélé trop large pour leur frêle corpulence. D’autres ont été effacés par impuissance d’avoir pu ou su égaler leurs précédents. Quel que soit l’habit, en soie soit-il, il ne peut éternellement couvrir la nudité originelle, si disgrâce génétique y est. La grâce est un attribut de seigneur, et la seigneurie est un poinçon de simplicité, de mesure et de décence. Il y a aussi de ces walis qui croient pouvoir faire pleuvoir le ciel ou avoir mainmise sur le soleil quand bien même frôlent-ils l’ironie, le burlesque et la bouffonnerie. Il y a aussi en face des walis qui vous font aimer le pays et ses élections. Mais où est donc passé ce temps-là où le ministre était Ministre, le wali, Wali ? Je rêve de ceux qui seront là demain pour couronner nos attentes, entériner nos désespoirs ou ensevelir nos cadavres.        Publié par El-Yazid Dib..

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5265504

  • Au cœur des nouveaux métiers – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/08/12/au-coeur-des-nouveaux-metiers

    Depuis un certain temps, des agissements devenus comme des habitudes dures sont venus estampiller le quotidien de notre présent. Au nom de la loi, ces activités sont déclarées nocives, coupables et pouvant constituer la maille des fléaux sociaux. Elles prolifèrent au fur et à mesure du gain facile qu’elles procurent. Sans imposition, sans formalisme ni procédure d’inscription, l’activité est vite repérée à la pressante nécessité d’y recourir. On n’a pas à regarder un panneau indicateur ou une enseigne lumineuse pour se diriger vers le bon endroit. Il suffit juste de faire une rotation visuelle, et voilà votre besoin rapidement satisfait.
    Le parckingeur : tout est chez lui un espace gardé. Pas d’amendes, ni de procès-verbal pour stationnement dangereux, non autorisé ou gênant. C’est lui le policier de la place. Il est une gourde. C’est le percepteur de droits de camper là où il vous l’indique. Que de crimes odieux ne furent pas commis par ces surveillants autoproclamés pour « refus d’obtempérer ».
    Le tabatier : vendeur de cigarettes mi-mobile, mi- fixe. Posant son cageot à même un coin, un pignon sur rue, socle à une future baraque qui deviendra une bâtisse le long de l’inertie d’un contrôle et au cours du sommeil sans répit d’une administration parfois compromise. Un bureau de tabac, de confiserie, de carte de recharge téléphonique. Il est le sauveur de minuit. Toutes les insomnies viennent chercher chez lui leur quintessence.

    Le clandestin : chauffeur par défaut de taxi banalisé, marchand de kilométrages ; il est là devant son volant, sirotant son marc dans ce gobelet biodégradable. Sans statut particulier et loin d’une réglementation étouffante, il se dit rendre un service public et disponible à tout moment.

    Le souteneur scolaire : il prétend vendre le savoir. Celui qui aurait à manquer d’être fourni par une école publique en phase de déperdition scolaire. C’est un métier qui se pratique au crépuscule des jours moroses, dans les interstices des examens finaux. Dans les caves, les garages en totale insécurité, la profession est florissante.

    Le cambiste : il est là telle une banque à guichet ouvert, papillotant des liasses. C’est ce mouvement itératif de billets qui fait de lui une enseigne bancaire. Le taux de change est à jour et fortement respecté. Une bourse sans siège, sans régulation étatique.

    Le harrag : voyageur sans visa. Il brûle les vagues et défie les ressacs. Au périr de son âme, le rêve de l’outre-mer, d’une meilleure vie que celle qu’il tente d’éteindre, vaudrait pour lui les incertitudes de l’aventure. Le « métier » fait jalouser d’innombrables candidats pour les faire embarquer su r les chaloupes de la mort.

    L’auto-brûlé : symbole d’une expression oppositionnelle personnelle ; le suicide par le feu ne se pratique que pour des considérations touchant un tant soit peu à la politique de gestion des affaires publiques. Pour un refus de logement, un ajournement d’examen, une allumette sur un corps aspergé tiendrait lieu d’une délivrance ou d’une satisfaction posthume.

    Il y a bien d’autres métiers fortuits et spécifiques à chaque saison et selon l’occasion. Il suffit de créer le besoin ou de le sentir venir pour faire émerger un travail. Il n’y est exigé ni formation ni contrat de pré-emploi. Une audace, un défi, un fait accompli. Publié par El Yazid Dib.

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5216632

  • Les Arabes vont-ils s’entendre ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/03/08/les-arabes-vont-ils-sentendre

    Alger abrite la 35ème session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur. Savoir lutter contre l’extrémisme, le terrorisme, la radicalisation et leurs activités connexes est une expérience devenue une science algérienne acquise dans la chair et le sang et qui n’est plus à démontrer. Pourvu qu’il y ait de l’écoute de part et d’autre.

    Cette réunion des ministres de l’intérieur des Etats arabes va encore se plonger dans les mécanismes utiles pour la lutte contre affres du terrorisme. Devenu un cauchemar persistant, ce fléau qui pour des raisons transparentes presque à moitié connues ne sévit presque que dans l’espace arabo-musulman. Ailleurs, il semble être étouffé. L’Algérie en a été « bien » servi en la matière. C’est à ce titre que la lutte algérienne ait pu influencer tous les modes tactiques de combat pour devenir un référentiel incontournable dans toutes les approches manant à éradiquer cette monstruosité. Loin de vouloir fédérer définitivement les Arabes, le Conseil d’Alger va avoir au moins cette prouesse de les réunir malgré un climat interne délétère, pour leur faire sentir la lourdeur de la géopolitique qui se pend au-dessus de chaque tête. Du terrorisme au droits de l’homme à la démocratie jusqu’au statut de la femme, à l’impact des soubresauts économiques, la haute menace sécuritaire ou une intifadha populaire demeure dans son entièreté face à tous les systèmes actuels de gestion des affaires publique dans ces pays.

    L’histoire des Arabes, si elle avait connu de l’apogée et des mérites reste tout de même assez riche en événements douloureux. Elle ne fut en réalité qu’une kyrielle de guerres, de combats et d’éloges post mortem à l’honneur des grandes victoires d’une ère enterrée. Le nouveaux temps avec leurs nouveaux défis et enjeux font qu’il n’est plus possible de vivre sur ses lauriers ou continuer encore à s’adosser sur des légendes et des épopées. Pour certains, le lâcher du lest n’est qu’une adaptation aux nouvelles exigences d’une jeunesse montante qui ne pense plus comme ses aïeux ni croit en ces délégations de pouvoir divin. La commune mesure est une convergence, pour eux, dans l’optique de la destinée de leur peuple. Ils s’estiment investis de l’oracle astral. Les régimes politiques des provinces arabes, tellement distincts dans leur anatomie constitutionnelle, surviennent difficilement à tracer une distance commune, ne serait ce qu’en vertu d’une défense collective de la question palestinienne. Les royaumes considèrent avec acuité, l’intérêt de survie du trône, les républiques le font d’une manière à garder une telle apparence, les autres s’essayent à la continuité d’une vie tranquille et paisible.

    C’est au Caire en 1977 qu’il fut décidé de mettre sur pied un conseil des ministres arabes de l’intérieur. Il n’y avait alors aucun signe prémonitoire d’un éventuel printemps arabe. Cependant le climat fut tout de même plein de lourdeur et de mauvaises perceptions dues aux effets contestataires de l’accord camp David. En 1980, à Taif le conseil a vu le jour. Il s’est assigné toute une multitude de missions. De la consolidation de la coopération en termes de sécurité publique à la conjugaison des efforts pour lutter contre la criminalité. Le terrorisme et sa phénoménale expansion n’étaient pas encore à la une des priorités, mais faisaient cependant resurgir certains zéphyrs annonciateurs d’un proche avenir macabre et douloureux.

    L’Algérie, faudrait-il le dire sans langue de bois n’a de leçon à ne recevoir de personne. Où étaient ces pronostiqueurs, tous ces laboratoires d’analyse quant le sang a commencé à couler au début des années 90 ? En ce moment là, l’éclatement des crânes de nos gosses, nos vieux et l’éventrement de nos femmes faisaient l’ouverture des flashs d’info des satellites alors balbutiants. L’on ne peut oublier qu’en face de cette terreur, de cette monstrueuse atrocité, les pires commanditaires roulaient la mécanique, en toute impunité dans les sofas des salons somptueux sis à Londres, Paris, Washington ou dans certaines tentes dorées golf-persiques. . Les puissances mondiales de l’époque et certaines entités arabes méconnaissaient les méfaits de ce que nous avions préludé, dans nos chairs, à qualifier de terrorisme. Ils prétendaient qu’il s’agissait là, de mouvement politique ou de manifestations populaires. Le « qui tu qui » finissait le travail de sape pour aboutir dans un cycle diabolique à un isolement entier et hypocrite. L’Algérie se trouvait être l’enfant contagieux, le lépreux. A ne plus approcher. Seuls nos mines et gisements, nos bouches et nos hydrocarbures continuaient à nous faire exister sous la forme d’un marché glouton. Dans le corps d’un concitoyen en voyage, l’on décryptait un tueur, l’on y sentait un assassin. A peine prononcé, que le nom de l’Algérie, comme effluve répugnant giclé de nos tombes se répandait sur le visage étranger qui vous faisait face. Pour certains, l’on est arrivé aux limites de la dénégation pour se faire passer maladroitement pour un autre, qu’Algérien. En ce moment, nous enterions nous même nos morts et couvrions de pleurs nos nécropoles. Bref. Nous avons traversé le tunnel. Nous vivons la paix que nous voulons partager dans une réconciliation nationale.

    Ce « sommet des intérieurs » s’annonce dans l’actualité inter-arabe comme étant un menu vitaminé pour la sortie de l’engourdissement que vivent ces pays. Pour le monde arabe, il semble ne revêtir qu’un autre aspect d’un quelconque et énième regroupement de dirigeants arabe. Mais en réalité il en est autrement. La conjoncture internationale démontre bien l’utilité d’un sérieux et d’une profonde conviction en l’unité arabe. L’hégémonie anglo-saxonne, l’Europe et la « fâcherie » de l’oncle Sam, exigent des entités arabes nonobstant la zizanie qui mine leurs liens du fait d’un alignement donné, à plus d’écoute et d’attention de l’un vers l’autre. Il faudrait savoir s’écouter et s’entendre de se dire des choses, des vérités et des réalités pas toujours bonnes à dire.

    L’idéal n’est plus dans le regroupement conjoncturel que ne l’est l’accord pour la nouvelle vision de co-gérer la chose arabe. Néanmoins il est attendu de ce Conseil un moindre effort pour une refondation de ce qui devra dorénavant lier les membres de la ligue. Certes il ne s’agit là que des ministres de l’intérieur, mais autrement dit c’est à partir de ces grands ministères que toutes les politiques intérieures se font et se défont. La politique étrangère de chacun des pays membres est basée en toute légitimité sur ses propres intérêts. Cela ne devrait pas par principe causer des troubles relationnels quand l’intérêt cesse d’être partagé. Cet intérêt, on le voit n’est plus confiné dans sa case originel d’un simple gain économique. Il se situe en plein centre d’une hégémonie géostratégique. Chacun cherche à sa façon de dominer la région où la course au leadership est toujours en vogue. Le plus dramatique dans ces perturbations avait dépassé le plan diplomatique et s’est installé carrément dans une guerre chaude, meurtrière et inutile en tous cas tant pour les uns que pour les autres. Qu’a-t-elle rapporté l’hostilité entre l’Arabie saoudite et le Yémen ou le Qatar ? Que vont-ils nourrir ces sentiments anti-syriens au sein de la masse des futurs enfants de ce pays ? Si chacun a ses raisons, chacun aussi a ses tords. L’unique victime dans ses affrontements sont les peuples. Alors qu’au moment où les autres, les « kouffars » s’investissent dans des conglomérations, les nôtres s’éparpillent et se pulvérisent de jour en jour. A cette cadence nous arriverons à la reconstitution de la matrice initiale pour ne se reconnaitre que dans l’étiquetage de petites tribus grégaires, familiales et clanales.

    Heureusement que l’Algérie, par une diplomatie de niveau avait su et œuvre encore pour une totale stabilité du monde arabe. Le positionnement pour les justes causes est un percept novembriste qui avait tout le temps imprégné la démarche diplomatique du pays. Ainsi, dans les confits qui se font et opposent les uns aux autres ; elle n’est ni contre l’un ni pour l’autre. La neutralité agissante et positive fait d’elle une solennité et une sérénité afin de dénouer les imbroglios tout doucereusement et surtout par la permanence d’un dialogue studieux. Va-t-on en parler profondément ? y aura-t-il de l’écoute mutuelle cependant ?

    Il y a toutefois une triple équation à résoudre dans cette conjoncture du regroupement. Le ministre de l’intérieur de l’Arabie saoudite s’est annoncé en visite officielle en Algérie à deux jours de l’ouverture des travaux de la 35 eme session du conseil des ministres de l’intérieur. Chercherait-il à se distinguer ainsi de ses collègues ? Il était invité, lit-on par deux ministres. Bedoui et Louh l’accueillant à l’aéroport. Si l’un est tout désigné par attributions, l’autre ne constitue-t-il pas là une pléthore protocolaire ? Et il a été reçu par le Président de la république. La résolution ne se trouverait-elle pas dans ces « relations historiques privilégiées » ?                                                                                                                                                       par El Yazid Dib .                                                                                                                                                                                                                                             http://www.lequotidien-oran.com/?news=5258093

  • Créer le bonheur est une attribution de l’Etat - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2017/10/creer-le-bonheur-est-une-attribution-de-l-etat.html

    Si le terme « bonheur » n’est pas cité dans le programme d’action du gouvernement d’Ouyahia, les rédacteurs attentifs l’auraient sémantiquement remplacé par « bien-être ». Ainsi il y est dit que : « le développement de l’économie de l’énergie (…) constitue enfin, un élément principal de l’amélioration du bien-être de la population ». Cependant, le rédacteur constitutionnel, tenu par une lexicologie orthodoxe, aurait évité d’inscrire en calligraphie le « bonheur ». Les mots bonheur, joie, bien-être ou vocables synonymes ne semblent pas avoir un assentiment graphique dans le corpus constitutionnel. Juste cette phrase en préambule de la Constitution qui insinue que le bonheur social semble y avoir élu domicile. « …une société où règnent la légalité et l’épanouissement de l’homme dans toutes ses dimensions ». 

    Pourtant depuis l’émergence de ces lois solennelles, la félicité sociale et populaire a été toujours mise en valeur évidente. Ainsi, l’on retrouve dans la déclaration unanime des 13 Etats unis d’Amérique réunis en congrès le 14 juillet 1776 que « Tous les hommes sont créés égaux…. le peuple a le droit de changer, d’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. ». La Constitution française de 1793 affirme clairement dans son article premier que « Le but de la société est le bonheur commun ». La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 confirmée par la Constitution de 1946 et de 1958 stipule « Les représentants du peuple français […] ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, […] afin que les réclamations des citoyens […] tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous ». 

    Si les constitutions sont établies, les gouvernements installés, les lois mises en exergue, c’est que la seule finalité missionnaire des institutions qui en découlent s’encarte dans la création, la gestion et le maintien permanent de ce phénomène immatériel de faire se sentir heureux sujets ou citoyens. Mais quand la joie s’évade et le sourire quitte les cœurs, seule l’amertume s’impose et s’accouple au désespoir pour devenir un couple maudit à subir. 

    Plusieurs questionnements s’affichent et s’élèvent devant plusieurs impasses. Le pays en ses divers démembrements est-il en mesure de savoir produire des gens simplement heureux ? Il en est de même pour leur gestion laquelle ne doit passer que par l’obligation de rendre en cible attentionnée la jubilation à celles et ceux qui ne l’ont plus. Il suffit d’un petit rien pour faire sourire un homme. Un accueil ordinaire pour obtenir sa paperasse, une petite gentillesse pour transformer une mauvaise humeur en politesse. Le citoyen ne cherche pas de câlins ou des gliglis. Il ne veut pas de clowns. Un p’tit motif pour sourire et une cause pour ne pas mourir bête. Juste de l’impulsion et des égards. A quoi sert la montée sur ses chevaux, bomber son torse ou sentir ses excréments lorsqu’on est condamné un jour de descendre du piédestal et revenir se moudre anonymement dans la masse ? Alors ne vaudrait-il pas mieux créer et donner du bonheur pour l’avoir un jour en fin de course ? 

    C’est à juste titre quand l’on entend se dire que le manager, l’authentique, le capable est celui qui sait donner de la passion au laboureur et de la substance à la semence. La mauvaise mine et la réclusion ne sont-elles pas les parents pauvres des modiques et des craintifs ? L’assurance chez un gouverneur demeure ainsi à l’éternelle estampille de son gabarit. Le citoyen dans ses rapports sociaux, qui n’est ni soumis, ni à-plat-ventriste, croit toujours servir debout son Etat. Il se place volontiers pour servir l’Etat et pas plus. Que dire de ces maires, de ces responsables de niveau, de ces mal-élus ou mal-nommés fraîchement enjolivés, de ces nouveaux apparatchiks, de ces tenanciers d’ascenseurs ? 
                                                          Par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com