person:yves michel

  • Monnaies fondantes, pour quoi faire ?, par Zoupic
    http://www.zoupic.com/2013/12/07/monnaies-fondantes-pour-quoi-faire

    Il y a plusieurs fonctions dans la #monnaie : unité de compte, réserve de valeur et moyen d’échange. Ces fonctions sont parfois contraires… la réserve de #valeur a attrait à ce qui relève de la propriété privée alors que le moyen d’#échange est plus une fonction publique..

    Donc si j’#épargne et garde toute la monnaie chez moi pour le futur, je peux en priver les autres pour réaliser leurs échanges. C’est ce que l’on observe à l’échelle mondiale où l’#argent est ultra concentré dans certaines zones et complètement absent à d’autres endroits.

    Le #capitalisme avec l’intérêt valorise la #thésaurisation : le fait d’épargner et d’accumuler. 100 deviendront 104 à la fin de l’année.
    La fonte (développée par Silvio Gesell) mais qui existait déjà au moyen âge (monnaie de Surestarie) et en Égypte ancienne permet de diminuer la valeur de la monnaie avec le temps (comme le font les biens naturels périssables) et donc d’encourager la circulation. Pour cela voir le très bon livre de Bernard Lietaer : Au cœur de la monnaie aux éditions Yves Michel.

    #livre #économie

    • A fond d’accord avec cette idée : la valeur c’est comme tout le reste, ça se dégrade avec le temps quand c’est stocké.
      L’argent n’est pas une richesse inerte, c’est une matière périssable.
      D’un point de vue purement fonctionnel les épargnants ne devraient pas recevoir des intérêts, mais en payer au contraire quand ils confient leurs capitaux à des emprunteurs. C’est grâce aux emprunteurs que la richesse accumulée va rester en vie dans la vraie économie, au lieu de pourrir dans un coin et partir éventuellement en fumée.
      Dans la vraie vie, c’est l’emprunteur qui rend service à l’épargnant, pas l’inverse. C’est l’emprunteur qui travaille pour maintenir la valeur de l’argent accumulé, et qui garantit au prêteur que son argent lui sera restitué intact dans le futur.
      Il a fallu tout la fourberie capitaliste pour nous persuader que l’argent était un volume limité et stockable, que nous devions en accepter la pénurie au lieu d’en créer nous mêmes, et que l’argent pouvait être converti en privilège de propriété privée. Il a fallu l’enfumage capitaliste pour nous faire trouver normal le privilège de rente, pour nous faire comme normal que le stockage de l’argent puisse le démultiplier... pppfff...

      Sinon une monnaie qui fond ça existe : c’est n’importe quelle monnaie qui fonctionne dans un schéma d’inflation. Mais pour que l’inflation soit vertueuse, faudrait juste que la création monétaire soit dans les mains de tous, pour que l’inflation n’appauvrisse pas les uns au bénéfice des autres ..
      L’Euro a au contraire était créée au nom de la lutte contre l’inflation, c’est un concept fumeux, c’est le rêve de tout capitaliste : une monnaie qui ne peut pas se dévaloriser avec le temps, une monnaie qui ne fond pas, qu’on peut stocker, accumuler, concentrer... pour absorber toute la richesse qui entre dans sa sphère d’influence (effet gravitationnel en quelque sorte..) L’argent qui gonfle, au lieu de l’argent qui fond... (dans tous les sens du terme..)


  • Les siphonnés d’Emmaüs par Noël Godin
    http://cqfd-journal.org/Les-siphonnes-d-Emmaus

    Si vous avez envie de vous shooter à l’utopie, quelques conseils de lecture.

    Orchestré par un ex-PSU chargé de mission auprès du conseil général du Rhône (Pierre Thomé), ce qui nous engagerait plutôt à jeter son livre à la flotte, Créateurs d’utopies (éd. Yves Michel) n’est effectivement pas très poilant. Mais il fourmille d’infos éclairantes. La différence claire et nette comme balayette, par exemple, entre l’autogestion, fondée sur l’initiative populaire autonome, et la démocratie participative, fondée sur l’initiative d’élus locaux veillant à ce que les citoyens qu’ils invitent à s’exprimer n’aient aucune vraie marge de manœuvre. L’autogestion, l’ouvrage la raconte, un peu mollassement, à travers les précurseurs utopistes (Rabelais, Fourier, Cabet), à travers les frères ennemis anarchistes et marxistes, à travers la Commune et les conseils ouvriers, à travers les Canuts, les Lip, les Tanneurs, les femmes en lutte, les rebelles algériens, le Larzac, Plogoff, mai 68, les Indignés et désobéissants d’aujourd’hui « bravant les pouvoirs institués ».

    Je m’apprêtais à transmuer en torche-cul Quelle utopie pour le mouvement Emmaüs ? de Germain Sarhy, que m’ont expédié les éditions Golias, quand mon attention fut harponnée par le sous-titre du livre : Emmaüs Lescar-Pau (1982-2012) : Histoire d’une pépinière d’alternatives. Et j’ai alors réalisé que le mouvement Emmaüs international, ce n’était pas seulement les chiffonniers scrofuleux de l’abbé Pierre. Mais aussi un laboratoire d’altruistes souvent « insoumis et belliqueux », refusant en général le misérabilisme catho, guerroyant contre les normalités-flics, construisant des « lieux de vie alternatifs » sans permis de construire et pratiquant l’accueil inconditionnel « à l’opposé de toute la politique actuelle en matière d’immigration » (un gros crachat multicolore en passant sur le Hortefeux hollandesque Manuel Valls !).

    Deux lectures autrement palpitantes : Un homme de tempérament de David Lodge (Rivage) qui retrace les combats pour l’amour libre – et les esclandres qu’ils déclenchèrent dans le Londres de la Belle Époque – de H. G. Wells, l’auteur de La Guerre des mondes et d’Une utopie moderne (1905). ce qui n’alla pas sans quelques esclandres dans le Londres de la Belle Époque. L’utopie de Wells apparaît trop élitiste, hélas, et trop cruchement platonicienne pour qu’on en pince pour elle. L’autre livre-clé pour l’été, c’est Insurrection de Paolo Pozzi (Nautilus), un reportage à chaud, touchant en diable, sur les autonomes italiens de 1977 qui désiraient changer le monde tout de suite « et qui croyaient que le changer pouvait être marrant. »