• « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

  • « On a rayé des cartes les petits cours d’eau, et la #sécheresse s’est répandue »
    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « petits chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les zones humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de pluie.

    [...]

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une loi sur l’#eau et les milieux aquatiques (Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques.

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des épandages de pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    edit c’est assez général, on pense flux et stock, au mépris des trames.

    #hydrologie (et Lumières éteintes) #petits_chevelus

  • Gutes Leben und langsamer Tod
    https://www.nd-aktuell.de/artikel/1201630.debatte-frankfurter-bahnhofsviertel-gutes-leben-und-langsamer-tod

    Bars und Clubs verstecken sich hinter Absperrungen : Rein darf nur, wer zahlt. Foto : B. Surmann

    A #Francfort la chasse aux #mendiants et #malades s’intensifie. Le racisme ambiant est à son apogée. La distance au programmes d’ #euthanasie n’est plus grande.

    4.8.2026 von Daniel Loick - In alten Westernfilmen ist oft zu sehen, wie ein Fort von »Eingeborenen« angegriffen wird. Diese Darstellung, so schreiben Stefano Harney und Fred Moten in »The Undercommons«, verwechselt Angreifer*innen mit Angegriffenen: In Wirklichkeit ist es das Fort, das in die Umgebung einfällt. Ein ähnliches Bild lässt sich jedes Wochenende im Frankfurter Bahnhofsviertel beobachten. Zahlreiche Bars und Clubs umzäunen öffentliche Gehwege mit Gitterabsperrungen, hinter denen sich nur aufhalten darf, wer zahlt. Ein erfolgreiches Geschäftsmodell: Hipster wie Yuppies genießen es, hier so lange, so laut und so ungezügelt feiern zu können, wie sie es in ihren eigenen Vierteln kaum dürften.

    Ein ganz anderes Bild sieht man, wenn man sich tagsüber im Bahnhofsviertel bewegt. Wer vom Hauptbahnhof in die Innenstadt läuft, stellt sich schnell die Frage, ob er versehentlich in einem Kriegsgebiet gelandet ist. Auf den engen Gehwegen liegen regungslose Körper, fast wie auf einem verlassenen Schlachtfeld. Weil sich hier nicht nur Sexarbeit und Wohnungslosigkeit, sondern auch offener Drogenkonsum konzentrieren, gilt das Frankfurter Bahnhofsviertel seit Jahrzehnten als »Problemviertel«. Durch eine baustellenbedingte Absperrung des Karlsplatzes, der normalerweise ein zentraler Aufenthaltsort für Drogennutzende ist, hat sich die Lage seit April noch einmal drastisch verschärft: Vertrieben von Polizei und privaten Sicherheitsdiensten haben die Drogen-User*innen kaum noch Orte, an denen sie sich ungestört aufhalten können. Der Effekt ist die Produktion dessen, was der Soziologe Zygmunt Bauman als »verworfenes Leben« bezeichnet hat: Menschliches Leben wird wie Müll behandelt. Beides – das exzessive Clubleben der einen und die Dehumanisierung der anderen – hängen zusammen. Wie die Siedlung im Wilden Westen, so sind auch die Clubs im Bahnhofsviertel auf eine Entwertung ihrer Umgebung angewiesen.

    Frankfurter Bahnhofsviertel

    Das Frankfurter Bahnhofsviertel gilt unter anderem wegen der großen Zahl an Drogenkranken bundesweit als Problemviertel, dem nur mit – immer mehr – Polizei beizukommen sei. Der Philosoph Daniel Loick, der zu den Auswirkungen staatlicher Gewalt forscht und selbst im Bahnhofsviertel wohnt, blickt radikal anders auf die Lage. Für ihn ist es die gezielte Vernachlässigung von Nachbarschaften und Menschen, die thematisiert werden muss.

    Zum Teil funktioniert diese Entwertung über die skandalisierenden medialen Darstellungen, deren Gegenstand das Bahnhofsviertel regelmäßig wird. Dazu zählen zum einen die Kampagnen der Boulevardpresse – am extremsten vielleicht der Bericht 2024 der englischen Zeitung »The Sun«, die zur EM anreisende Fußballfans vor dem »Zombieland« Bahnhofsviertel warnte, aber auch regelmäßige Aufmacher in »Bild« und »Welt« sowie Realityformate von RTL und Sat1, die die Einzelschicksale von Drogenkonsument*innen dramatisch in Szene setzen. Zum anderen verwenden rechte Medien wie die »Junge Freiheit« oder der Travel-Blogger Kurt Caz immer häufiger Social Media, um das Bahnhofsviertel als Drogen- und Gewaltmoloch darzustellen. Frankfurt wird hier zum Symbol für alles, was falsch läuft in Deutschland: voll mit Junkies, Ausländern und Kriminellen. Unerwünschte Bevölkerungsgruppen werden so als Störfaktoren konstruiert, gegen die sich »normale Bürger« verteidigen müssen – ein beliebtes Motiv autoritärer und faschistischer Agitation.

    Die Stadt ist nicht nur eine Infrastruktur, zu der jede*r Zugang haben sollte, sondern auch ein todbringender Prozess, den es zu unterbrechen gilt.

    Auch Gewerbetreibende des Bahnhofsviertels versuchen mittlerweile verstärkt, in die Debatte einzugreifen und bedienen sich dabei dehumanisierender Rhetoriken. Besonders häufig werden dabei Menschen symbolisch in die Nähe von Müll und Unordnung gestellt. So veröffentlichte die so genannte »Eigentümerinitiative Bahnhofsviertel«, ein Zusammenschluss verschiedener Frankfurter Unternehmen, auf ihrer Webseite eine Liste von 13 Forderungen zum Bahnhofsviertel, von denen so gut wie alle die Themenbereiche »Sicherheit und Sauberkeit« betreffen: Gefordert wird der massive Ausbau der Polizeipräsenz, Kameraüberwachung und effizientere Müllabfuhr. Noch deutlicher wird die mit viel Presse-Echo neu gegründete Initiative »S.O.S. Bahnhofsviertel«, die unter anderem vom Club- und Pizzeriabetreiber Rusbeh Toussi, dem Ex-Moderator Achim Winter (»Tichys Einblick«) sowie dem wegen Anlagebetrugs verurteilten PR-Berater Jürgen Aha unterstützt wird. Die Bildersprache auf der Webseite der Initiative erinnert an die eugenischen Phantasien der 1930er Jahre. Auf einer Grafik (»Vom Wohngebiet zur Zombie-Area«) etwa ist eine Waage zu sehen, bei der auf der einen Seite eine ganz in Schwarz gezeichnete grimmige Personengruppe mit Messern, Reagenzgläsern und Totenköpfen steht (»Junkies und Dealer«), auf der anderen Seite freundliche Geschäftsleute mit Aktenkoffern und Kindern vor der Frankfurter Skyline (»Betroffene Bürger«). Die Message: »Ein Viertel als Geisel«. Der »Zehn-Punkte-Plan« der Initiative fordert unter anderem die Einhegung der Drogennutzenden in eine »Toleranzzone«, den Einsatz von »Suchtmittelspürhunde[n]« sowie: »wirksame Drohnenbefliegungen (...)! Was sich in der Ukraine längst bewährt hat, fehlt bei uns. Gemeinsam mit Militärs aus unserer Partnerstadt Lviv sollten leistungsstarke Überwachungsdrohnen über den Straßen des Bahnhofsviertels fliegen, und zwar möglichst ganztägig«.

    Während die Vorstellung militärischer Drohnenüberwachung selbst ordnungsliebenden Frankfurter*innen noch übertrieben anmuten mag, findet der Ruf nach mehr Repression durchaus Gehör. Die Stadt Frankfurt und das Land Hessen haben mit der Umsetzung eines »Sofortprogramms« begonnen, das die Eröffnung einer neuen mobilen Polizeiwache, die Einrichtung von Waffenverbotszonen und KI-gestützte Videoüberwachung umfasst. Die Polizeipräsenz auf den Straßen ist massiv: Es ist kaum möglich, einen viertelstündigen Spaziergang durch das Viertel zu machen, ohne Betroffene*r oder Zeugin einer verdachtsunabhängigen Personenkontrolle zu werden. Am Elend im Viertel ändern all diese Maßnahmen natürlich nichts: Weder Drogenabhängigkeit noch Arbeits- und Wohnungslosigkeit lassen sich durch Repression bekämpfen. Im Gegenteil: Für diejenigen, deren Existenz ohnehin durch ständige Vertreibung und Entmenschlichung geprägt ist, bringt die Polizei mehr Stress und im Zweifelsfall einen riskanteren Konsum.
    Soziale Infrastrukturen statt Polizei

    Eigentlich braucht es nicht viel Fantasie, um sich Maßnahmen auszumalen, die den Menschen im Bahnhofsviertel wirklich helfen würden. Zum einen sind dies Maßnahmen, die etwas an ihrer Lebenssituation ändern würden, das heißt vor allem Wohnungen, Gesundheitsversorgung und eine gute Drogenarbeit, für die mit dem akzeptierenden »Frankfurter Weg« bereits eine Grundlage geschaffen wurde. Aber auch eine Hygiene-Infrastruktur mit Toiletten und Duschen, Trinkwasserspender, schattenspendende Bäume sowie Sitz- und Liegegelegenheiten würden der Verelendung entgegenwirken. Allein eine Umverteilung vorhandener Haushaltsmittel von repressiven Maßnahmen in den Ausbau von Möglichkeiten der sozialen Teilhabe würde die Situation entschärfen. Dies wirft die Frage auf, warum Gewerbetreibende, Medien und Politik so eisern an der Fantasie einer Befriedung durch Vertreibung und Repression festhalten – Strategien, die ihre Wirkungslosigkeit seit Jahrzehnten bewiesen haben?

    Gentrifizierung wird häufig als Aufwertung eines Viertels beschrieben: Cocktailbars, Galerien und Bio-Supermärkte machen eine Nachbarschaft attraktiver, verursachen höhere Mieten und zwingen so die bisherigen Mieter*innen zum Umziehen. Dieser Prozess erscheint als unintendiert und »soft«: Verdrängung ist der Kollateralschaden von Hipster-Cafés und Künstlerkneipen. Im Frankfurter Bahnhofsviertel lässt sich aber beobachten, dass Gentrifizierung auch als Abwertung eines Viertels ablaufen kann. Gerade das verruchte und »gefährliche« Image des Viertels macht es für einen Teil der Gewerbetreibenden bezahlbar und bietet den Gästen eine kulturell aufregende Hintergrundszenerie. Viele der Wochenend-Tourist*innen kommen gerade deshalb ins Bahnhofsviertel, weil ihnen hier Verhaltensweisen offenstehen, die im Westend, Nordend oder Kronberg sanktioniert würden – und die auch den regulären Bahnhofsviertel-Nutzer*innen untersagt sind: Sie sind laut, blockieren Gehwege, urinieren an die Wände. Besonders ironisch ist dabei, dass sie auch auf die gleichen Formen der Selbstmedikalisierung zurückgreifen: Alkohol, Nikotin, Kokain. Nur ist der Gebrauch dieser Substanzen in entgegengesetzte soziale Welten eingebunden: Der Gebrauch für die einen wird durchgesetzt durch die Kriminalisierung und die organisierte Vernachlässigung der anderen. Das gute Leben der einen geht mit dem langsamen Tod der anderen einher. Gentrifizierung erscheint so anders als im konventionellen Bild: Die Degradierung des Viertels zur Kulisse für Party-Tourismus wird bewusst vorangetrieben und bedient sich Mitteln der offenen staatlichen Gewalt.

    Die regulären Drogennutzenden des Bahnhofsviertels selbst kommen in der öffentlichen Debatte nur als Kranke oder als Gefahr vor. Sie haben keine oder nur strafrechtlich relevante Handlungsmacht: Sie sind Objekte, über die von anderen bestimmt werden muss. An dieser Objektifizierung wirken nicht nur die Medien und die Politik, sondern auch die privilegierten Bevölkerungsgruppen mit – Gewerbetreibende, gut situierte Nachbar*innen, Party-Tourist*innen. Zum einen müssen sie sich gegenüber dem allgegenwärtigen Leid kalt und indifferent machen und können die Menschen, die sich ansonsten noch auf der Straße aufhalten, nicht als echte Gegenüber wahrnehmen. Zum anderen können sie auch eine Macht über das verworfene Leben genießen – sie wissen, dass sie jederzeit die Polizei rufen können, um souverän über andere Menschen im öffentlichen Raum verfügen zu können. Eine ähnliche Macht üben im Bahnhofsviertel auch viele männliche Freier über Sexarbeiter*innen aus, insbesondere wenn diese schutzlos sind, etwa weil sie Drogen nehmen oder einen unsicheren Aufenthaltsstatus haben. Alles ist käuflich, alles ist wegwerfbar, auch das Leben der Anderen. Das Verhältnis zwischen den Reichen und den Armen, den Yuppies und den Junkies ist also nicht nur ungleich, sondern differenziell: Die einen haben nicht nur mehr Macht als die anderen, sondern auch Macht über sie.

    Im Bahnhofsviertel – eine kleine Nachbarschaft, die nicht mehr als 0,5 Quadratkilometer umfasst – konzentrieren sich wie kaum anderswo in Deutschland die globalen Krisen. Der zentrale gesellschaftliche Gegensatz ist hier unmittelbar sichtbar: Rund um den Karlsplatz Armut und Leid, im Hintergrund Soll und Haben, die glitzernden Zwillings-Wolkenkratzer der Deutschen Bank, die im letzten Jahr einen Umsatz von 32 Milliarden Euro erwirtschaftet hat. Aus dem Zusammenspiel von Gentrifizierung und Staatsgewalt, das sich hier wie unter einer Lupe beobachten lässt, kann man zweierlei lernen. Erstens darf man sich die Produktion von »verworfenem Leben« nicht als etwas vorstellen, das nur an den Grenzen der Gesellschaft geschieht. Diese Prozesse finden in ihren Zentren statt, inmitten der Innenstädte, und zwar zwischen Gemeinschaften, die sich in enger räumlicher Nähe zueinander befinden. Und zweitens wird jeder Versuch, das Elend im Bahnhofsviertel und anderswo zu mildern, humanitäre Geste bleiben, solange nicht die gesellschaftlichen Strukturen verändert werden, die menschliches Leben als entbehrlich definieren. Die Stadt ist nicht nur eine Infrastruktur, zu der jede*r Zugang haben sollte (wie es die »Recht auf Stadt«-Bewegungen fordern) und ein Reichtum, den wir uns aneignen können (wie es in den Vergesellschaftungs-Debatten diskutiert wird), sondern auch ein todbringender Prozess, den es zu unterbrechen gilt.

    #gentrification #extermination #nazis #petitite_bourgeoisie

  • #Iran : comment le fiasco des États-Unis contribue à remodeler l’équilibre des forces
    https://lvsl.fr/iran-comment-le-fiasco-des-etats-unis-contribue-a-remodeler-lequilibre-des-forc

    Les objectifs annoncés par l’administration américaine, au lancement de l’opération Epic Fury, semblent bien loin : démantèlement du programme nucléaire iranien, récupération de l’uranium enrichi, destruction des capacités balistiques du pays, voire renversement du « régime »... Au-delà du fiasco diplomatique et militaire pour les Etats-Unis, la séquence - toujours en cours - annonce une recomposition des rapports de force au Moyen-Orient. Et à l’échelle mondiale, l’Iran a rendu au #pétrole son statut d’arme de #guerre, avec une intensité jamais vue depuis les années 1970.

    #International #Les_États-Unis,une_puissance_menacée ? #République_islamique_d'Iran #Sanctions #Trump

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Pour la rupture écologique : écorégions, le projet radical de Mélenchon | Claire Lejeune, Julien Théry
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/pour-la-rupture-ecologique-ecoregions-le-projet-radical-de-melenchon-clair

    Pour rompre avec la logique suicidaire du productivisme, LFI propose un nouveau découpage régional conditionné par l’objectif de la transition écologique. Les éco-régions seront définies en relation avec les équilibres environnementaux

    #Écologie #Politique

    • à 21’

      On n’a pas encore tranché le sujet de la cartographie à ce stade. Et donc la carte qui a été présentée par Jean-Luc Mélenchon, c’est une des hypothèses possibles. Mais il pourrait aussi y avoir une cartographie qui suive les bassins versants de rivières, et donc ça correspondrait davantage à 23-24 écorégions qu’à 13...

      Claire Lejeune est en charge du dossier à LFI

    • Pourquoi Jean-Luc Mélenchon et LFI proposent de « restructurer les régions françaises autour des fleuves » – franceinfo
      https://www.franceinfo.fr/environnement/actions-ecologiques/jean-luc-melenchon-et-lfi-veulent-restructurer-les-regions-autour-des-fle

      Dans le projet imaginé par le binôme, les limites des nouvelles collectivités seraient calquées sur celles des 24 sous-bassins qui structurent la métropole. « Les fleuves, les rivières et les affluents déterminent des formes de paysage et des géologies spécifiques. Mais aussi différents types d’organisation de l’activité et de l’installation humaine, justifie Claire Lejeune. Ça donne donc une cohérence en termes de protection des rivières et des fleuves tout le long de leurs tracés. »

    • Hello ! ah non, je n’ai pas suivi ni étudié leur projet, mais il faudrait que je le fasse et que je confronte leurs idées avec mon petit background de géographie régionale. J’ai passé les 5 années de mes études de géo avec des géographes qui discutaient de la taille pertinent et des paramètres qui faisait une région la plus gouvernable. Et on a fait plu d’une analyse multifactorielle :-) sur cette question, en fait complètement fascinante et qui me donne une idée pour un billet visionscarto d’ailleurs.

      Merci pour l’inspiration !

    • J’essaie de mettre ci-dessous quelques idées, un peu en vrac (veuillez en excuser) et rapidement...

      L’origine de cette idée est intéressante. Le concept de #biorégion (pensé comme #bassin_versant) est né aux Etats-Unis à la fin des années 1970 sous la plume de #Peter_Berg et #Raymond_Dasmann. C’est le texte fondateur du #biorégionalisme (aujourd’hui très à la mode en Italie, par ailleurs, voir notamment #Alberto_Magnaghi) :
      https://cascadiaunderground.org/reinhabiting-california

      Le mouvement biorégionaliste se rattache à la #deep_ecology, qui a connu des dérives racistes... en effet, on tombe vite dans « tout ce qui est de la biorégion est bon, tout ce qui vient de l’extérieur est mauvais », pour la faune et la flore, mais aussi pour les êtres humains.

      Personnellement, je ne pense pas que la solution est dans les « bonnes frontières », je ne pense pas que les « bonnes frontières » existent, les découpages sont toujours arbitraires, toujours « artificiels », la question est politique, et ce qui doit guider c’est le projet commun à l’intérieur du découpage choisi et en lien (de manière non coloniale, non violente, non extractiviste, etc.) avec les autres territoires.

      Des chercheureuses ont fait des analyses critiques intéressantes du concept.

      Meredith fait une critique en 6 points du biorégionalisme, dont le danger des dérives fascistes :

      The micro-regional focus of bioregionalism is a small unit of physical space, typically a watershed region. In bioregional discourse, natural systems become metaphors for cultural coherence. However, when we look for laws embedded in the natural world, those that are found do not then reveal themselves as principles which apply to systems of culture. Further, within most individuals, the sense of regional identity spans several scales because our past narratives and present affiliations span several localities. Humans are not immersed in singular niches, nor is the bioregionalist an existential, primordial localist, for his or her choice has been crafted.

      https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13668790500115755

      Olsen en a également fait une critique dans un autre article scientifique :
      The Perils of Rootedness : On Bioregionalism and Right Wing Ecology in Germany

      https://www.jstor.org/stable/43324334

      Sur les #frontières_artificielles (en Afrique) l’édifiante analyse de #Camille_Lefebvre :
      https://seenthis.net/messages/868129#message868130

      Et aussi cet autre article édifiant de Gonon et Lasserre :
      Une critique de la notion de frontières artificielles à travers le cas de l’Asie centrale

      Depuis la disparition de l’URSS, en 1991, l’Asie centrale est partagée entre cinq États. Complexes, ses frontières sont passées brutalement du statut de frontières intérieures à celui de frontières internationales. Certains auteurs n’hésitent pas à recourir à la catégorie de « frontière artificielle » pour les décrire. Pourtant, ce concept est fort réducteur et contestable, tout autant que celui de « frontière naturelle » : tous les deux renvoient à des représentations très idéologiques des frontières étudiées. Par ailleurs, l’histoire des tracés témoigne des préoccupations qui ont présidé au découpage de l’Asie centrale à l’époque soviétique : elle révèle des critères de gestion qui ne font pas des frontières de l’Asie centrale des tracés ontologiquement différents des autres frontières du monde. Les États nouvellement indépendants d’Asie centrale ont, certes, hérité de frontières complexes, mais la question de leur gestion pacifique relève beaucoup plus des volontés politiques des gouvernements que d’une prétendue nature artificielle des tracés.

      https://www.erudit.org/fr/revues/cgq/2003-v47-n132-cgq720/008090ar

      >> En gros, je pense que c’est une illusion et une idée simpliste celle de croire qu’on peut résoudre les problèmes écologiques (mais également sociaux et politiques) juste en déplaçant les frontières.

      #écorégions

    • Une réponse plus structurée de #Frédéric_Giraut :

      Le géographe Frédéric Giraut réagit aux « écorégions » promues par Jean-Luc Mélenchon : « Le biorégionalisme ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs »

      La proposition du candidat « insoumis » à l’élection présidentielle de redessiner la carte de France autour de 13 nouvelles zones s’inscrit dans une tradition de pensée qui fait primer les données naturelles et de supposés héritages culturels sur les réalités sociales et économiques, estime le géographe dans une tribune au « Monde ».

      La proposition de revoir le gabarit et la taille moyenne des régions françaises n’apparaît pas comme exaltante pour une campagne électorale présidentielle, sauf à la lier à une philosophie du rapport à l’#environnement. C’est ce que propose Jean-Luc Mélenchon en s’inscrivant dans un courant idéologique états-unien, celui du biorégionalisme.
      En effet, c’est dans le contexte américain, c’est-à-dire d’une société de pionniers, qu’a été formalisé dans les années 1970 ce courant de réforme radicale et utopiste, antimoderne et anti-urbain. Il propose de substituer au découpage en Etats fédérés, largement fondé sur des blocs géométriques constitués au fur et à mesure de la conquête, un découpage naturel censé être également plus proche des cadres de peuplement amérindiens.
      Il s’agit, autrement dit, de retrouver une logique territoriale organique pour effacer le cadre abstrait imposé par la colonisation, et fonder une société régionale solidaire, en harmonie avec les cadres de vie à préserver. La figure la plus fameuse d’une telle écorégion est la #Cascadia, qui réunirait des espaces de la côte Pacifique jusqu’au cœur des Rocheuses à cheval sur la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. C’est donc aussi le cadre national qui est remis en cause dans une sorte de panaméricanisme de petites éco-nations.

      Ce courant de pensée utopiste, jamais repris par les grands partis, postule l’#autarcie comme idéal social et environnemental. Il a certainement le mérite de pousser à prendre en compte les #bassins_versants [ensembles naturels drainés par un fleuve ou une rivière avec les crêtes ou les lignes de partage des eaux comme frontières] et les massifs comme des entités incontournables pour une gestion environnementale, au-delà du seul aménagement des fleuves par les grands travaux, et de mettre en débat les logiques productivistes, extractivistes et fonctionnalistes. Mais il ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs. C’est bien là sa limite fondamentale, y compris pour les projets politiques transformateurs, décoloniaux et écologistes.

      En Europe, la #régionalisation, ou division des territoires en régions, a combiné références historiques héritées et aires de polarisation des grandes villes, ceci aussi bien dans les systèmes fédéraux, régionalistes que centralisés. Le biorégionalisme reste cantonné aux questions de gestion des ressources naturelles, avec notamment les agences de l’eau françaises (ex-agences de bassins) qui constituent un modèle et se déclinent au niveau local en périmètres de contrats de rivière ou de milieu.

      Mais vouloir faire du bassin versant l’alpha et l’oméga de l’#organisation_territoriale régionale promeut cette figure « naturelle » hors de sa fonction actuelle. Elle devient alors une alternative radicale à l’organisation territoriale fondée sur des solidarités historiques et culturelles et sur des réalités fonctionnelles (emplois, transports, échanges économiques, fournitures de grands équipements) autour de #métropoles étendues et polarisantes. Ce deuxième point était au centre de la définition initiale des périmètres de régions françaises.
      Les « #métropoles_d’équilibre », dotées de grands équipements aux grandes heures de l’#aménagement_du_territoire, trônaient alors au cœur de régions polarisées, dont les dénominations ne s’interdisaient plus des références aux provinces historiques. L’agrandissement-fusion des régions en 2016 a éloigné le lien systématique à la métropole chef-lieu, mais le cadre de référence reste celui des solidarités historiques qui ont pu construire des bassins économiques couplé aux logiques métropolitaines.

      Dès lors, quel serait l’enjeu de refonder un découpage régional sur le principe biorégional ? Changer d’échelle pour concevoir la #transition_écologique impérative ? Mais cela est plus une question de changement institutionnel que de découpage, et nécessiterait plutôt d’instaurer des sortes de puissantes régions-Länder sur le modèle allemand ou régions-generalidades sur le modèle espagnol. Ceci en supprimant les départements et en instaurant une tutelle sur les municipalités. Ce n’est pas dans le projet mélenchonien.

      La #coopération_métropolitaine dans le viseur

      S’agit-il de mettre les logiques environnementales au cœur des politiques publiques ? Mais la question centrale est la question énergétique et, sauf à croire que l’on reviendra à l’âge des grands travaux hydrauliques et nucléaires de la source à l’embouchure des fleuves comme priorité d’aménagement, les enjeux sont avant tout métropolitains, qu’il s’agisse du logement et des systèmes de mobilités décarbonées.

      Or, dans le découpage esquissé en écorégions, les cadres départementaux subsistent et des espaces métropolitains sont éclatés entre plusieurs régions, comme la métropole lyonnaise et la partie française de l’aire genevoise notamment, ou restent coupés de leur arrière-pays comme Nantes, ou encore sont dissous dans un gigantesque ensemble comme la région parisienne rattachée aux confins normands bien éloignés de la Seine.

      Outre ces aspects liés au découpage, une telle réforme attaquerait avant tout l’idée de gouvernement métropolitain, qui a déjà tant de mal à exister en France. La proposition mélenchonienne rejoint, par cet aspect, la vision territoriale de la droite et de l’extrême droite, qui ont également la coopération métropolitaine dans le viseur. Ceci pour des raisons très différentes : promotion de clubs de communes nanties, refus des solidarités dans l’allocation des ressources et de la localisation des équipements, et plus fondamentalement croyance dans l’idéologie de la fragmentation concurrentielle des aires urbaines par « communautés d’intérêts » avec recours massif aux services privés à la carte.

      A d’autres échelles, on sait la pensée de Jean-Luc Mélenchon adepte de concepts « réalistes », qui expliquent les logiques géopolitiques par les seuls rapports de force et les supposées légitimités culturelles de grandes puissances. Particulièrement celui de « zone tampon légitime » pour certains impérialismes, à condition qu’ils s’appuient sur l’argument de la proximité culturelle et historique.

      Ainsi, le Donbass et une bonne partie des pays baltes pour la Russie ou Taïwan pour la Chine, et leurs millions de citoyens, pourraient légitimement basculer dans les pires dictatures en exercice à l’issue de « conférences des frontières ». Celles-ci étant forcément dominées par ces mêmes concepts réalistes censés fonder les principes de légitimité indépendamment du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. On pense alors aux funestes expériences qui constituent les modèles : Berlin (1885), Yalta (1945) ou récemment Dayton pour la Bosnie-Herzégovine (1995) et ses déplacements de population.

      La campagne sera territoriale à toutes les échelles, et certaines convergences paradoxales sont à noter. A la social-démocratie maintenant de décliner son projet territorial et environnemental loin des facilités simplificatrices qui pourraient dissoudre les rares cadres métropolitains de redistribution et de planification de la transition, et loin du fantasme mortifère des zones tampons impérialistes légitimes.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/22/le-geographe-frederic-giraut-reagit-aux-ecoregions-promues-par-jean-luc-mele

    • Je ne suis pas sur qu’une fois au pouvoir, ils veuillent le faire.

      Et si j’ai bien compris, c’est pas un découpage uniquement selon les bassins versants (t’as vu la gueule des formes que ca fait), ca prend en compte plus de critères (comme les bonnes vieilles distances aux sous préfectures, mais de nos jours, on s’en fout. Et puis on accepte que les gens fassent 200km pour un hôpital, alors ... (troll) ).
      C’est plus dans le cadre d’une grande décentralisation. Si des régions doivent s’auto gérer, alors autant de pas leurs donner de contraintes trop artificielles.
      Déjà, ils veulent garder les départements (pas vu d’avis contraire). Or les départements de Napoléon ont souvent leurs limites sur les courts d’eau, donc ca contredit la création de zone par bassin versant.

      Je suis surpris que ca prenne une tournure fasciste directement. A croire que tout peut devenir fasciste quand c’est utilisé par des fascistes. Limite vs frontière...

      Mais je pense qu’ils vont dérouler tout le programme de la FI au fil des mois avant les elections, surtout pour montrer qu’ils ont bossé.
      Et ils commencent par les sujets sûrement les moins névralgiques. Y’en a au moins 40... on a le temps.
      https://melenchon2027.fr/livrets-2022

    • Pour moi l’objectif 1 de ce projet, c’est de faire rallier EELV rapidement pour enfoncer le clou de « la gauche c’est nous et c’est nous qu’on a une dynamique de rassemblement », pour le vote utile y compris législatives. Objectif électoral à court terme.

      L’objectif 2, c’est de faire sauter les baronnies LR et PS et que LFI (+ verts) gagnent une poignée de régions. C’est un projet qui va pousser encore plus le PS à s’allier avec LR pour les achever. Une telle refonte entraînerait au passage le rebrassage de gouvernance des agences de l’eau, ARS, CA d’hôpitaux, chambres consulaires, PNR, ONF, etc... Sans compter que la redéfinition des compétences régionales entraîne un redispatching de compétences sur les autres échelons (départements : lycées, formation et développement économique par ex...). Objectif électoral à moyen et long terme.

      Le reste c’est les objectifs tertiaires, mais de façade (résilience et régénération, air, santé...) Objectifs politiques. Mise en œuvre et efficacité pas garantie, c’est un euphémisme.

      M’enfin dans le contexte de verrouillage socio technique et politico économique dans lequel nous baignons et qui nous mène à l’extinction, je trouve ça sympa des gens qui veulent faire (un peu) bouger les lignes du business as usual. Pas de quoi sauter au plafond, mais sympa.

  • Der Schiedsspruch zum Südchinesischen Meer – eine USA-Philippinen-Mogelpackung
    https://overton-magazin.de/hintergrund/politik/der-schiedsspruch-zum-suedchinesischen-meer-eine-usa-philippinen-mog

    A qui appartier la mer à l’intérieur de la ligne en neuf traits (九段线 pinyin : nánhǎi jiǔduàn xiàn) ? En quoi cela me concerne-t-il ?


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_en_neuf_traits

    Imaginons que je sois le roi d’Allemagne et que je souhaite récupérer la moitié de la Pologne, l’Alsace-Lorraine et tout ce qui appartenait autrefois à la monarchie danubienne, parce que je voudrais fonder une nouvelle Grande Allemagne qui prendrait au moins la forme d’une confédération d’États sous mon contrôle.

    Sympa, non ?

    https://www.youtube.com/watch?v=BzGHhaMUqSQ

    Rio Reiser - König von Deutschland

    Pour que tout cela paraisse légal et normal, je ferais mettre en place un tribunal d’arbitrage que je dominerais, qui inviterait tous les propriétaires actuels des territoires que je convoite ; ceux-ci refuseraient bien sûr de participer à cette mise en scène, et ce par le biais d’une note diplomatique officielle.

    Et voilà, ils auraient ainsi déposé leur mémoire en défense sous la forme de cette note, et mon beau tribunal arbitral pourrait statuer en toute régularité, dans le sens que je souhaite. Une victoire sur toute la ligne, du moins devant le tribunal arbitral.

    C’est à peu près ainsi que s’est déroulée, il y a 10 ans, la procédure devant la Cour permanente d’arbitrage de La Haye concernant la mer de Chine méridionale. Je n’y étais bien sûr pas présent, mais les parties en intéressées étaient : les Philippines et d’autres vassaux des États-Unis, ainsi que la République populaire de Chine, bénéficiant en partie du soutien argumentatif de l’État insulaire qui prétend parler au nom de tout l’immense Empire du Milieu.

    Qui a raison ? La Chine ou la coalition composée notamment des États-Unis, du Japon et des Philippines ? Je n’en ai aucune idée, suis-je juriste ? L’essentiel, c’est qu’ils ne vident pas la mer de Chine méridionale de ses poissons, qu’ils laissent les combustibles fossiles dans le sol et qu’ils ne s’entretuent pas. En cas de doute, je me range du côté des petits pêcheurs qui gagnent leur vie sans chaînes du froid industrielles ni filets remorqués gigantesques.

    20.7.2026 von Robert Fitzthum - Der Schiedsspruch des Ständigen Schiedshofs in Den Haag bezüglich des Südchinesischen Meeres, der am 12. Juli 2016 auf Antrag der Philippinen gefällt wurde, war 10 Jahre später nun Anlass für die Philippinen und die USA eine politische Show abzuziehen und einige europäische Staaten und die EU nahmen gerne daran teil. So erklärten u.a. Deutschland, Italien, Rumänien, Slowenien und die drei baltischen Zwergstaaten, dass sie „…bekräftigen, dass der vor 10 Jahren vom Schiedsgericht ergangene Schiedsspruch ein bedeutender Meilenstein ist und zwischen China und den Philippinen endgültig, rechtsverbindlich und definitiv ist“.

    Diese geopolitisch motivierte Stellungnahme wurde von China, genauso wie vor 10 Jahren der Schiedsspruch selbst, zurückgewiesen und die Botschafter der unterzeichnenden Staaten zum Rapport ins Außenministerium bestellt. Seit vielen Jahrzehnten gibt es Diskussionen und Auseinandersetzungen zwischen den Südchinesisches Meer – Anrainerstaaten über die Frage der Souveränität über das Gebiet. Das Thema geht jedenfalls Staaten, die außerhalb der Region ihren Sitz haben, nichts an.
    Wie kam es überhaupt zum Schlichtungsverfahren?

    Der damalige philippinische Außenminister Alberto del Rosario, der die Schlichtung von philippinischer Seite vorantrieb, eröffnete inzwischen (2017) ein Beratungs- und Lobbyunternehmen, das Stratbase ADR Institute.

    Als ‚Kurator‘ von Stratbase ADR fungierte der steinreiche philippinische Geschäftsmann Manuel V. Pangilinan, seit den 1980er Jahren ein enger Bekannter von del Rosario, der für ihn vor seiner Berufung zum Außenminister in der Firma Philex Mining Corporation und der First Pacific Corporation gearbeitet hatte. Del Rosario war bis März 2011 Direktor von Philex Mining Corporation, als dessen Enkelfirma Forum Energy (Mutter Forum Energy PLC in Großbritannien gelistet!) vom philippinischen Außenministerium im Februar 2010 die Schürfrechte für Öl und Gas auf der Reed Bank im Südchinesischen Meer verliehen wurden. Es gab nur ein Problem: die Reed Bank liegt innerhalb der chinesischen ‚Neun-Punkt-Linie‘ und diese überlappt sich mit der philippinischen 200 Meilen Wirtschaftszone. Ohne offizielle Bestätigung der philippinischen 200 Meilen-Zone keine Öl- oder Gasförderung.

    Im Februar 2011 wurde del Rosario als Außenminister bestellt, 2012 ermutigte er Pangilinan nach China zu Verhandlungen mit dem chinesischen Ölkonzern China National Offshore Oil Corp. (CNOOC) zu fliegen um eine Kooperation zu vereinbaren. Als das scheiterte wurde 2013 wurde von den Philippinen unter Federführung del Rosario’s der Ständige Schiedshof angerufen. Zufall?

    Die Optik ist verheerend, es sieht so aus, als ob del Rosario in eine Position gehievt wurde, um seinem alten Unternehmen die Bohrrechte zu verschaffen. Auf die Frage einer Journalistin, ob er nicht einen Interessenskonflikt hatte, als er als Außenminister die Schlichtung aktiv betrieb, antwortete del Rosario: “Ich finde, das ist unfair. Ich habe für das Land gearbeitet.“ Man sieht also, es gibt eine enge persönliche Verbindung zwischen Experten und Geschäftsleuten der USA, Japans und der Philippinen. Es fällt schwer, hier keine gute, zielgerichtete Planung dahinter zu sehen……Das sind die Hintergründe, wie es zur Schlichtung kam.
    ‚Lawfare’ (Juristischer Feldzug) und der ‚Ständige Schiedshof‘ – der US-Trick um China an den Pranger zu stellen

    Der damalige philippinische Präsident Aquino und sein Außenminister Alberto del Rosario, gedrängt von den USA und geführt vom mit – nach philippinischen Quellen – ca. 30 Millionen US Dollar gut bezahlten Washington-Büro der amerikanischen Anwaltskanzlei FoleyHoag LLP, ließ 2013 einen Antrag auf ein Schiedsverfahren vor dem ‚Ständigen Schiedshof’ (englisch ‚Permanent Court of Arbitration‘, abgekürzt PCA) in Den Haag einbringen, konstituiert unter Annex VII des Seerechtsübereinkommens.

    Was ist der Ständige Schiedshof? Dazu Wiikipedia: „Die Schiedsinstanz, seit 1900 mit Sitz in Den Haag (Niederlande), ist eine administrative Einrichtung ohne unmittelbare Entscheidungsbefugnis. Der PCA ist kein internationales Gericht im eigentlichen Sinne. Er bietet den Streitparteien nur die Strukturen, um eine Streitigkeit durch ein Schiedsgericht beizulegen.“ Der PCA hat nichts zu tun mit dem ‚Internationalen Gerichtshof‘ (IGH), der ebenfalls seinen Sitz in Den Haag hat. Und er hat auch nichts mit den Vereinten Nationen zu tun.
    Was wollten die Philippinen vom Schiedshof?

    Die Philippinen wollten 2 Punkte zu ihren Gunsten entschieden haben: die von der damaligen Republik China schon vor dem 2. Weltkrieg als Grenzen ihrer territorialen Rechte verlautbarte Neun-Punkt-Linie als ungültig zu erklären und zu befinden, dass einige im Südchinesischen Meer befindlichen Meereserhebungen keine ‚Inseln‘ im Sinne von UNCLOS sind. Daraus abgeleitet, dass diese Meereserhebungen deshalb keine eigenen ‚Ausschließlichen Wirtschaftszonen‘ haben und deshalb die philippinische ‚Ausschließliche Wirtschaftszone’ von 200 Seemeilen unbestritten gültig ist. Das betrifft vor allem die Fischereirechte an der Scarborough Shoal und Öl- und Gasvorkommen an der Reed Bank.

    China lehnte in einer Note die Teilnahme am Schiedsverfahren ab. Erstens, weil es der Meinung war, dass vor der Frage der Zuteilung von Wirtschaftszonen die Frage der Souveränität der Inseln und maritimen Features in der Südchinesisches Meer gelöst werden muss. Der PCA wird deshalb von China als nicht zuständig erachtet, da eine Schiedssprechung über Souveränitätsfragen auf Basis UNCLOS rechtlich nicht abgedeckt ist.

    Und zweitens hat China schon 2006, basierend auf Artikel 298 UNCLOS, öffentlich erklärt, dass es Schiedsverfahren über ‚Maritime Abgrenzung‘ und ‚Historische Rechtstitel’ als Grund für Schiedsverfahren ausschließt, ein Recht unter Artikel 298 UNCLOS, das auch von ca. 30 anderen Staaten, darunter Großbritannien, in Anspruch genommen wird. Drittens hat China mit den Philippinen eine Vereinbarung geschlossen, dass die gemeinsamen Probleme in bilateralen Gesprächen behandelt werden.
    Geschobenes Schiedsverfahren mit nur einem (!) Teilnehmerstaat

    Das Schiedsgericht hat den Fall trotz der chinesischen Einwände angenommen, d.h. es gab ein Schiedsverfahren mit nur einem Teilnehmerstaat. Diese absurde Tatsache wäre für ein ehrenhaftes Schiedsgericht ein weiterer Grund gewesen, sich für nicht zuständig zu erklären. Das temporäre Schiedsgericht hat noch dazu die chinesische Note, dass China nicht teilnimmt, als ‚plea‘, als Verteidigungsschrift, als Teilnahme, uminterpretiert, eine äußerst unfaire Vorgangsweise.

    Wer wählte die Schlichter (4 europäische Juristen und einen afrikanischen, der die meiste Zeit seines Berufslebens in Europa und den USA verbracht hat) aus? Die Auswahl von Schlichtern hat natürlich großen Einfluss auf den Ausgang von Schiedsentscheidungen. Einen Schlichter wählten die Philippinen und gemäß Article 3(e) of Annex VII UNCLOS wurden die restlichen 4 Schlichter des temporären Schiedshof vom ‚President of the International Tribunal for the Law of the Sea‘ ausgewählt. Der Präsident war 2013 der rechte japanische Jurist Shunji Yanai. Yanai ist kein Unbekannter, da er in Japan Vorsitzender des vom damaligen Präsident Abe gegründeten ‚Advisory Panel on Reconstruction of the Legal Basis for Security‘ war, das die Aufgabe hatte, als Expertenpanel Abe’s Uminterpretation der japanischen Verfassung abzusegnen. Also das, was die jetzige Ministerpräsidentin Takaichi zusammen mit einer Aufrüstung Japans durchführen will. Yanai war also voll positiv involviert in die japanische Politik, die sich u.a. auch gegen die chinesischen Positionen im Ost- und Südchinesischen Meer richtet.

    Und Shunji Yanai kennt die europäische Juristenszene und weiß, wen man wofür auswählen kann, um das gewünschte Ergebnis zu erzielen. Yanai kannte auch die philippinische Seite des Verfahrens gut. Er hatte früher schon mehrmals mit dem amerikanischen Anwalt Bernard Oxman zusammengearbeitet, der die Philippinen in der Schlichtung präsentierte. Oxman hat enge Beziehungen zur US-Regierung, er war von 1968 bis 1977 im US- Aussenministerium Assistent für Rechtsberatung betreffend Meeresangelegenheiten, Umwelt und Wissenschaft.
    USA und Philippinen bekamen das gewünschte Ergebnis

    Als Ergebnis der guten ‚Vorarbeit‘ ergab sich für die USA, die Interesse an einer Zuspitzung der Situation gegen China hatten und haben, und für die Philippinen in wesentlichen Punkten das gewünschte Ergebnis aus der Schlichtung. Die ‚neun-Punkt-Linie‘ wurde als ungültig erklärt, den Meereserhebungen im umstrittenen Gebiet der Spratly-Inseln wurde durch eine nicht nachvollziehbare enge Auslegung der Merkmale einer Insel der rechtliche Status von Inseln abgesprochen (unverständlicherweise auch der von Taiwan administrierten Taiping – Insel) und China wurde wegen Verletzung der philippinischen 200 Seemeilen breiten Ausschließlichen Wirtschaftszone, Bildung von künstlichen ‚Inseln‘ in dieser und Behinderung philippinischer Fischer beim Scarborough Shoal gemahnt.

    China hat den Spruch nicht anerkannt und wird ihn auch weiterhin nicht umsetzen. Die dazu schweigsame Administration auf Taiwan hat den Spruch ebenfalls nicht anerkannt, vor allem die Aberkennung eines Inselstatus für Taiping ist auf schwere Kritik gestoßen.

    10 Jahre nach Veröffentlichung des Spruchs wurden von den USA und EU-Staaten eine antichinesische Pressekampagne entfacht, mit dem Inhalt, dass der Spruch umzusetzen wäre, China müsse sich an internationales Recht halten. Das verlangt gerade die USA, die Völkerrecht bei allen Themen verletzt die sie außenpolitisch angreift und die angeblich so wertefesten EU-Staaten, denen es beim Völkermord in Palästina die Rede verschlägt. Man muss hier darauf hinweisen, dass die USA UNCLOS nicht einmal ratifiziert haben, es offiziell also gar nicht anerkennen, aber die lautesten Schreier sind, weil es gegen China geht. Sie haben sich nicht so laut geäußert als Großbritannien 2013 wegen einer Verletzung des Seerechts bei den Chagos-Inseln (Mauritius) verurteilt wurde. Großbritannien hat den Spruch ignoriert. Die USA haben auch 2017/2018 nicht aufgeschrieen, als Kroatien den Spruch über die Bereinigung der Seegrenzen zu Slowenien ignorierte.
    Wie kann eigentlich Souveränität erworben werden?

    Das internationale Recht zur Frage des Erwerbs und des Verlusts von Souveränität ist von Grundsätzen und Regeln nach dem Internationalen Gewohnheitsrecht, wie es von Gerichten in Urteilssprüchen festgehalten wurde (‚case law’ ) bestimmt.

    Die Frage nach der Souveränität über ein Gebiet hat nichts mit Entfernung vom ‚Mutterland‘ (vgl. Großbritannien – Falkland, US – Guam), gewisse wirtschaftliche Nutzung (Fischerei!) u.ä. zu tun, sondern die Frage ist, ob ein Gebiet nach jetzt allgemein akzeptierten Methoden (bzw. in früheren Zeiten auch gewaltsame Eroberung) erworben wurde und regelmäßig dauerhaft kontrolliert und administrativ verwaltet wurde.

    China argumentiert seine Territorialansprüche auf Inseln und Gewässer des Südchinesisches Meeres mit bis 2000 Jahre rückreichenden historischen Argumenten in Anlehnung an die üblichen Bestimmungen im Souveränitätsrecht.

    Die Frage der Souveränität ist zu klären, bevor man über Meeres-Wirtschaftszonen, die davon ausgehen, reden kann. Der philippinische, von den USA unterstützte Weg zum Ständigen Schiedshof in Den Haag, der auf Basis UNCLOS entscheiden sollte, war ein Irrweg, da in UNCLOS keine rechtliche Basis für Souveränitätsbestimmungen enthalten ist. Abgesehen vom rechtlichen Fehler sollte hier China eine Falle gestellt und ein bösartiges abgekartetes Spiel abgezogen werden.
    Robert Fitzthum

    Robert Fitzthum, Jahrgang 1951, studierte Sozial- und Wirtschaftswissenschaften an der Universität Wien und arbeitete als IT-Manager in österreichischen Banken sowie als selbstständiger Unternehmensberater. Er lebt seit 2013 als Schriftsteller in China. Er schrieb „China verstehen” (Promedia-Verlag, 2018) und „Erfolgreiches China” (Goldegg- Verlag, 2021). „Chinas ‚Neue Reise‘: Sozialistische Modernisierung und die Bedeutung der Volksdemokratie” erscheint 2026.

    Mehr Beiträge von Robert Fitzthum →
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    Kommentare

    Vende
    20. Juli 2026 um 12:43 Uhr

    Ein Schelm wer denkt das absichtlich kein Bild der 9 Dash Linie in dem Artikel ist.
    Hier das Bild dazu: https://en.wikipedia.org/wiki/Nine-dash_line

    Möge sich der geneigte Leser ein eigenes Bild von den Ansprüchen Chinas machen.

    .

    Patient 0
    20. Juli 2026 um 15:23 Uhr

    Die Ansprüche werden genauso von Taiwan (Freund des Westens) erhoben und in Teilen von anderen Staaten. Da kann man genauso urteilen. Im Artikel gehts um die Winkelzüge des Westens die Gebiete zu bekommen, nicht um die historische Ursache.

    Die 9 Punkt Linie ist im übrigen nicht irgendeine Linie im Wasser sondern umfasst Inseln. Die Frage wäre wem die gehören, dem gehören auch die Wasserflächen. Der Ursprung stammt aus dem Jahr 1935, da wirds etwas schwerer das zu bestreiten.

    Aus meiner Sicht wäre ein Kompromiss gut. Alle Länder geben ihre exteritorialen Kolonien zurück. Falklandinseln von GB (deren gepunktete Linie scheint mir auch recht groß), Guyana + Südsee von Frankreich, Südsee von den USA usw Grönland von Dänemark.

    .

    Theo Noestonto
    20. Juli 2026 um 15:30 Uhr

    @Vende: Dieses „Bild“ hat sich der geneigte Leser längst gemacht und selbst der dem ÖR bzw. dem Mainstream fröhnende Konsument hat sich „dein“ bereits hunderte Male präsentiertes „Bild“, auch Karte genannt, verinnerlicht.

    .

    Qana
    20. Juli 2026 um 15:31 Uhr

    Das chinesische Außenministerium hat 2020 über seine Botschaften eine messerscharfe und sonnenklare Rationale zu den Ansprüchen verbreiten lassen, welche die PRC mit der „9-dash-line“ verknüpft. Ich finde es merkwürdig, daß Fitzthum den Text anscheinend nicht kennt.
    https://kw.china-embassy.gov.cn/eng/zgxw/202009/t20200911_1572845.htm
    Hauptinhalt:
    Anders, als unser Freund von der NATO behauptet, beansprucht China die von der Linie umfaßten Areale nicht, ich wiederhole, nicht als Territorialgewässer

    Allerdings sehr wohl als „Gegenstand von Interesse“, nämlich so:

    As early as in 2002, China signed the DOC with ASEAN countries, committing to resolve disputes by peaceful means, through dialogue and consultation by parties directly concerned … China has actively advanced consultations on the COC. We wish to develop a set of substantive and effective rules, to provide a stronger underpinning for peace in the South China Sea…
    We have persistently called for „pursuing joint development while setting aside disputes“. Under this framework, we recognize the energy needs of other littoral states, and are ready to seek win-win and all-win …
    China’s construction activities on some islands and reefs in the past few years are both to improve the living conditions there, as public goods for the South China Sea, and to meet the need of safeguarding China’s own security.
    Faced with the rising military pressure from non-regional countries, we certainly have the right of self-preservation as a sovereign state.
    Third, China is committed to observing international law, UNCLOS included. … After the Convention entered into force, there appeared overlapping claims to maritime rights and interests. We maintain that parties, without prejudice to their positions, seek acceptable solutions through diplomatic dialogue and consultation in accordance with law.

    As for disputes over maritime delimitation, the Chinese government has issued a policy statement in 2006, excluding the disputes from the compulsory dispute settlement procedures under relevant UNCLOS provisions.

    Das ist ein geradezu erschöpfendes Beispiel für „Imperialismus der chinesischen Art“:
    Die PRC will gutnachbarliche Beziehungen zu den Anrainerstaaten erpressen, indem sie so lange auf einem informellen, rein militärisch aufrecht erhaltenen Territorialanspruch auf die umstrittenen Gewässer beharrt, wie die Anrainer sich nicht zu den Grundbedingungen bekennt, die es für bilaterale Ausverhandlungen von Nutzungs-, Zugangs- und Hoheitsrechten stellt, nämlich:
    a) Keinerlei Instrumentalisierung durch, oder im militärpolitischen Sinne von, „Drittstaaten“.
    b) (Das ist implizit) Keine Militarisierung außer durch die PRC

    Das ist Imperialismus, keine Frage, aber es ist der Imperialismus einer Regionalmacht und darin weitgehend identisch mit den Ansprüchen der RF an seine Anrainer.
    Was umgekehrt heißt: Wer sich mit Ansprüchen und Argumenten dagegen stellt, die nicht auf regionalpolitischen nebst der Regionalpolitik angehörigen ökonomischen Interessen basieren und sich ausschließlich auf solche berufen, tut dies weltmachtpolitisch.
    Ca y est.

    .

    Qana
    20. Juli 2026 um 15:33 Uhr

    Das chinesische Außenministerium hat 2020 über seine Botschaften eine messerscharfe und sonnenklare Rationale zu den Ansprüchen verbreiten lassen, welche die PRC mit der „9-dash-line“ verknüpft. Ich finde es merkwürdig, daß Fitzthum den Text anscheinend nicht kennt.
    https://kw.china-embassy.gov.cn/eng/zgxw/202009/t20200911_1572845.htm
    Hauptinhalt:
    Anders, als unser Freund von der NATO behauptet, beansprucht China die von der Linie umfaßten Areale nicht, ich wiederhole, nicht als Territorialgewässer

    Allerdings sehr wohl als „Gegenstand von Interesse“, nämlich so:

    As early as in 2002, China signed the DOC with ASEAN countries, committing to resolve disputes by peaceful means, through dialogue and consultation by parties directly concerned … China has actively advanced consultations on the COC. We wish to develop a set of substantive and effective rules, to provide a stronger underpinning for peace in the South China Sea…
    We have persistently called for „pursuing joint development while setting aside disputes“. Under this framework, we recognize the energy needs of other littoral states, and are ready to seek win-win and all-win …
    China’s construction activities on some islands and reefs in the past few years are both to improve the living conditions there, as public goods for the South China Sea, and to meet the need of safeguarding China’s own security.
    Faced with the rising military pressure from non-regional countries, we certainly have the right of self-preservation as a sovereign state.
    Third, China is committed to observing international law, UNCLOS included. … After the Convention entered into force, there appeared overlapping claims to maritime rights and interests. We maintain that parties, without prejudice to their positions, seek acceptable solutions through diplomatic dialogue and consultation in accordance with law.

    As for disputes over maritime delimitation, the Chinese government has issued a policy statement in 2006, excluding the disputes from the compulsory dispute settlement procedures under relevant UNCLOS provisions.

    Das ist ein geradezu erschöpfendes Beispiel für „Imperialismus der chinesischen Art“:
    Die PRC will gutnachbarliche Beziehungen zu den Anrainerstaaten erpressen, indem sie so lange auf einem informellen, rein militärisch aufrecht erhaltenen Territorialanspruch auf die umstrittenen Gewässer beharrt, wie die Anrainer sich nicht zu den Grundbedingungen bekennt, die es für bilaterale Ausverhandlungen von Nutzungs-, Zugangs- und Hoheitsrechten stellt, nämlich:
    a) Keinerlei Instrumentalisierung durch, oder im militärpolitischen Sinne von, „Drittstaaten“.
    b) (Das ist implizit) Keine Militarisierung außer durch die PRC

    Das ist Imperialismus, keine Frage, aber es ist der Imperialismus einer Regionalmacht und darin weitgehend identisch mit den Ansprüchen der RF an seine Anrainer.
    Was umgekehrt heißt: Wer sich mit Ansprüchen und Argumenten dagegen stellt, die nicht auf regionalpolitischen nebst der Regionalpolitik angehörigen ökonomischen Interessen basieren und sich ausschließlich auf solche berufen, tut dies weltmachtpolitisch.

    .

    marschpapst
    21. Juli 2026 um 15:20 Uhr

    Seit ich denken kann, werden die Philippinen von korrupten, westlich orientierten Regierungen verarscht. Alles Andere zum Thema ist Augenwischerei, und es wird zum Angriff auf chinesische Politik benutzt.
    Wem nützt das, bleibt die übliche Frage…

    Sans rire, tout ce qui m’intéresse c’est d’avoir accès libre au Kiautschou (膠州, Jiāozhōu), la porte vers la ville de la famille Kong (孔姓) à Qufu (曲阜市, Qūfù Shì)au Shandong (山东, Shāndōng), parce que c’est la région où Richard Wilhelm et ses amis chinois ont élaboré l’influente traduction allemande du Daodejing ( 道德經 / 道德经 / Dàodéjīng) .
    https://de.wikipedia.org/wiki/Daodejing

    Karin Betz. „Die rückständigen Europäer“ – Mit Richard Wilhelms Nachlass auf Gedankenreise in die Kolonialgeschichte
    https://babelwerk.de/nachgelassenes/die-rueckstaendigen-europaeer

    Er schrieb seinem Verleger, dass „das Taoteking schon so oft übersetzt ist, daß sich eine Neuübersetzung kaum lohnen dürfte“. Aber Diederichs, der erkannte, wie sehr die pazifistische, antimaterialistische intellektuelle Elite Deutschlands nach solchem Stoff lechzte, machte Druck und Wilhelm zog die Arbeit vor: „Mit Laotse eile ich so sehr ich kann. Doch muß immer alles sehr reiflich stilisiert werden, was bei ihm noch weit mehr Mühe macht als bei den ‚Gesprächen‘. Ich schreibe oft einen Paragraphen 5-6 mal, ehe er mir die richtige Form zu haben scheint. […] Er wird übrigens in Europa mehr ziehen als die Gespräche Kungs.“

    https://www.mdpi.com/religions/religions-14-01546/article_deploy/html/images/religions-14-01546-g002.png

    Daodejing : Die 2.500 Jahre alte Kunst des Nicht-Handelns, neu übersetzt und umfassend kommentiert
    https://www.l-iz.de/bildung/buecher/2022/08/daodejing-die-2-500-jahre-alte-kunst-des-nicht-handelns-neu-uebersetzt-und-umfa

    Tsingtau / Kiautschu



    #droit_international #pêche #frontières #pétrole

  • ’Contre la #présomption de #légitime_défense pour les forces de l’ordre’ : l’Assemblée classe la pétition, qui ne sera donc pas débattue
    https://lcp.fr/actualites/contre-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre-l-assemblee

    La commission des lois de l’#Assemblée_nationale qui se penchait, ce mardi 21 juillet au soir, sur la suite à donner à la #pétition « Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » a décidé de la classer, considérant qu’elle n’avait pas vocation à faire l’objet d’un débat dans l’hémicycle. Elle avait recueilli plus de 720.000 signatures sur la plateforme du Palais-Bourbon dédiée aux pétitions citoyennes.

    #pan

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    Tu te disais à une époque qu’une pétition à 500K signatures, tout de même, ça avait de la gueule. Ça permettait de se compter. Et puis quoi, le Parlement n’allait pas s’asseoir dessus. On allait pouvoir avoir un vrai débat, puis-qu’apparemment, il n’avait pas pu avoir lieu. Et puis... Voilà, même à 2 millions de signatures, tes pétitions, elles sont classées, sans autre effet qu’une réunion en commission.

    https://seenthis.net/messages/1182904#message1182911

  • (Mai 2026)

    La guerre au Moyen-Orient ébranle le système des #pétrodollars, qui lie l’Arabie saoudite aux #Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/05/12/la-guerre-au-moyen-orient-ebranle-le-systeme-des-petrodollars-qui-lie-l-arab

    Les Américains, censés protéger la région, sont cette fois-ci à l’origine du conflit, conjointement avec Israël. Les pays du Golfe se sont retrouvés bombardés par l’Iran, endommageant des installations pétrolières et gazières importantes. Puis Téhéran a bloqué le détroit d’#Ormuz, mettant un coup d’arrêt à l’essentiel de leurs exportations en hydrocarbures. « Le conflit actuel a probablement ébranlé un des principaux piliers du régime des pétrodollars, qui était la sécurité en échange de la vente du pétrole en dollars », note Mme Sachdeva.

    L’accord sur les pétrodollars est d’autant plus mis à mal qu’il est déjà attaqué depuis plusieurs années. Les Etats-Unis, qui importaient beaucoup de pétrole des pays du Golfe en 1974, sont devenus exportateurs nets d’hydrocarbures et ne représentent plus un client important. « Inversement, la région vend désormais beaucoup à l’Asie », rappelle Aditya Saraswat, analyste du pétrole basé à Dubaï pour Rystad Energy, une société de consultants. La Chine est aujourd’hui l’un de ses clients majeurs. Or, comme pour le reste de son commerce, elle demande à effectuer ses transactions en yuans, sa monnaie.

    Progressivement, elle semble y parvenir. S’il n’existe aucune statistique officielle sur les devises utilisées dans le pétrole du Golfe, la presse chinoise rapporte qu’en mars 41 % des ventes de l’Arabie saoudite à la Chine ont été réalisées en yuans. Par ailleurs, l’Iran et la Russie contournent depuis des années les sanctions américaines en évitant le dollar. « Il y a eu des transactions en cryptoactifs, en roupies indiennes et en yuans », note Robin Mills, qui dirige la société de consultants Qamar Energy, et est basé à Dubaï.

    A petits pas, Riyad s’éloigne donc des pétrodollars. En 2023, la Chine et l’Arabie saoudite ont signé un accord de swap, un échange de devises : les banques centrales des deux pays se sont engagées à se fournir des yuans et des riyals en cas de besoin. L’Arabie saoudite a aussi rejoint le projet mBridge, un système de paiement qui lie la Chine, la Thaïlande, les Emirats arabes unis et Hongkong. Celui-ci permet de réaliser des transferts internationaux d’argent en contournant Swift, le réseau dominé par les pays occidentaux. « Les rails pour faire des transactions [de pétrole] hors du dollar ont été posés », déclare Mme Sachdeva.

    Si la pression sur les pétrodollars est avérée, le basculement complet vers des « pétroyuans » ou un système alternatif s’annonce cependant très lent. Les ventes de pétrole hors dollars demeurent « marginales », estime M. Saraswat. Le principal obstacle est de trouver des alternatives crédibles. Le yuan, en particulier, est plus difficile à convertir, parce que la Chine impose de forts contrôles des capitaux, contrairement aux Etats-Unis : « Accumuler des yuans pose des problèmes, parce que ce n’est pas une devise ouverte », observe M. Saraswat.

    Par ailleurs, l’ensemble de l’économie des pays du Golfe est aujourd’hui basé sur la monnaie américaine. « Leurs devises sont indexées sur le dollar, et leur politique monétaire est de facto celle de la banque centrale américaine », ajoute Isabelle Mateos y Lago, l’économiste en cheffe de BNP Paribas. En sortir serait très difficile : « La marche à franchir est haute », poursuit-elle.

    Enfin, ces pays cherchent à se diversifier hors du pétrole, et sont pour cela très dépendants des investissements… américains. « Intelligence artificielle, data centers, tourisme, finance : tous ces secteurs sont liés au dollar », estime M. Saraswat. En clair, la simple volonté politique de quitter le giron du billet vert serait insuffisante. Mais les forces centrifuges pour s’éloigner du système du pétrodollar sont là.

  • Soutien au Festival International du Film Insulaire de Groix (FIFIG)
    https://bellaciao.org/Soutien-au-Festival-International-du-Film-Insulaire-de-Groix-FIFIG

    Festivaliers, cinéphiles fidèles, bénévoles anciens ou actuels, sommes atterrés par la décision du Conseil départemental de supprimer la subvention correspondant à 10% du budget du festival. #Contributions

    / #Pétitions, #Nord-Ouest, #Cinéma_-_Vidéo, #Elections_-_Elu.e.s, #Solidarités

  • Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre
    https://bellaciao.org/Contre-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre

    Le 7 juillet 2026, l’Assemblée Nationale est appelée à se prononcer sur la proposition de loi n°691, portée par le député Eric Pauget (LR), visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Un amendement gouvernemental instaurant une présomption de légalité des tirs a déjà été adopté en première lecture le 22 janvier 2026. Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette pétition, demandons aux député·es de voter (…) #Contributions

    / #Pétitions

    • Les policiers incriminés perdraient tout sens moral.
      Tout être humain a besoin lorsqu’il tue une autre personne que la justice soit rendue de façon équitable.
      Les policiers ont eux aussi une conscience qui les hante.
      Ce serait écarter les policiers de l’humanité. C’est profondément dommageable pour toute l’humanité.

  • Contre la #présomption de #légitime_défense pour les #forces_de_l'ordre. - Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. - Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale
    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    #gardiens_de_la_paix

    Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
    Avatar Isam EL KHALFAOUI
    26/06/2026
    Identifiant : N°6334

    Le 7 juillet 2026, l’Assemblée Nationale est appelée à se prononcer sur la #proposition_de_loi n°691, portée par le député Eric Pauget (#LR), visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Un amendement gouvernemental instaurant une présomption de légalité des tirs a déjà été adopté en première lecture le 22 janvier 2026.
    Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette #pétition, demandons aux député·es de voter contre la #PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026. Ce texte, examiné en commission des lois en janvier 2026, est désormais inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire. Son adoption constituerait une atteinte grave à l’État de droit, à nos engagements européens et au principe constitutionnel d’égalité devant la #loi.

    Cette demande repose sur quatre #motifs_graves_et_documentés.

    Premier motif : un bilan humain qui rend ce #texte_inadmissible.
    La loi de 2017 ayant élargi les conditions d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a produit des effets documentés et alarmants. Selon le recensement indépendant du média Basta !, confirmé par les données de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), 66 personnes ont été tuées lors d’interventions policières en 2024, dont 27 par arme à feu, record absolu depuis 1967.
    La France a été interpellée à trois reprises par les organes de l’ONU comme le pays de l’Union Européenne comptant le plus grand nombre de personnes tuées ou blessées par des agents de la force publique. Adopter une nouvelle loi présumant la légalité des tirs policiers aggraverait mécaniquement cette tendance.

    Deuxième motif : une violation caractérisée de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et de l’obligation de l’État de protéger le droit à la vie.
    La jurisprudence constante de la CEDH impose à l’État une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains de ses agents. Il appartient à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire et proportionné et non aux victimes ou à leurs proches de prouver son illégalité. La Cour a affirmé que cette obligation est un élément intégral du devoir de l’État de protéger la vie, rendre justice aux victimes d’un usage illégal de la force et prévenir la répétition de tels actes.
    Qu’un agent de l’État prenne la vie d’autrui constitue la plus grave ingérence aux droits humains possible. Le cadre déontologique de toute force de l’ordre doit poser un principe clair : en cas de doute, ne tirez pas. Ce principe est incompatible avec une présomption de légalité du tir.

    La PPL n°691 inverse précisément cette logique. En présumant la légalité du tir, elle transfère la charge de la preuve sur les victimes, libère l’État de son obligation de justification, et va à l’encontre du concept même des droits humains. Voter ce texte exposerait la France à des condamnations répétées à Strasbourg.

    Troisième motif : une rupture de l’égalité des citoyens devant la loi, contraire à la redevabilité des forces de l’ordre et susceptible d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
    Le principe d’égalité des citoyens devant la loi est consacré par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le Conseil constitutionnel en est le garant et sanctionne régulièrement les dispositions qui y portent atteinte sans justification objective et proportionnée.
    En créant une présomption de légalité au bénéfice exclusif des agents armés de l’État, la PPL n°691 établit une différence de traitement radicale entre la puissance publique et le citoyen ordinaire. Aucun autre justiciable ne bénéficie d’une telle présomption lorsqu’il cause la mort d’autrui. Cette inégalité structurelle, qui n’est justifiée par aucune nécessité proportionnée à l’objectif poursuivi, est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel.
    Au-delà de la question constitutionnelle, ce texte porte atteinte à un principe fondamental de l’État de droit : la redevabilité des forces de l’ordre. Conférer à des agents de l’État le pouvoir de faire usage de la force létale implique nécessairement un contrôle juridictionnel effectif de cet usage. C’est précisément ce contrôle qui fonde la légitimité de la police dans une démocratie. Une force de l’ordre soustraite à la reddition des comptes ne perd pas seulement sa légitimité juridique, elle perd la confiance de la population qu’elle est censée protéger. Ce texte affaiblit la police autant qu’il affaiblit l’État de droit.
    Nous appelons les parlementaires qui doutent de la constitutionnalité de ce texte à saisir le Conseil constitutionnel avant promulgation, conformément à l’article 61 de la Constitution.

    Quatrième motif : un texte qui paralyse les enquêtes judiciaires et détruit les droits des victimes.
    Si la légalité du tir est présumée dès l’ouverture du feu, l’infraction disparaît au moment même où elle est susceptible d’être commise. Cette logique rend impossible le placement en garde à vue dans les premières heures cruciales qui permettent d’éviter les concertations et de préserver les preuves. Elle vide l’instruction judiciaire de sa substance et prive les familles de victimes de toute voie de recours effective.
    Une telle présomption porte le risque qu’il n’y ait aucune investigation prompte, efficace et impartiale puisque c’est souvent seulement après une investigation approfondie que les éléments permettant de douter de la légitimité de l’action policière ressortent. Le Comité contre la Torture des Nations Unies a déjà recommandé à la France en 2024 de veiller à ce que toutes les allégations d’usage excessif de la force fassent l’objet d’une enquête rapide, approfondie et impartiale par une instance indépendante. Cette loi va dans la direction opposée.
    Ce constat est partagé par des professionnels du droit : le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France, et la CGT-Intérieur s’opposent à ce texte pour des raisons techniques. Ce dernier a relevé que ce texte introduirait “une logique plus proche de l’accusatoire, sans en donner les garanties”.

    NOTRE DEMANDE
    Pour l’ensemble de ces motifs, violation de la jurisprudence de la CEDH, atteinte au principe constitutionnel d’égalité devant la loi pour toutes et tous, impact dévastateur sur le fonctionnement de la justice, aggravation prévisible du nombre de morts, nous demandons aux député·es de l’Assemblée Nationale de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026.
    La France est déjà le pays d’Europe comptant le plus grand nombre de personnes tuées par des agents de la force publique. Ce texte aggravera mécaniquement ce bilan. Les représentant·es du peuple ont le pouvoir et la responsabilité de l’arrêter.
    Nous demandons donc aux députés de :
    – Voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026 ;
    – Demander publiquement au gouvernement de soumettre ce texte au Conseil d’État pour avis avant le vote ;
    – Soutenir la demande d’avis public adressée au Défenseur des droits sur la constitutionnalité et l’impact discriminatoire de ce texte.

    Cette pétition ne constitue pas un procès fait aux forces de l’ordre. Elle est un appel à la défense de l’État de droit, adressé aux représentant·es du peuple français, avant qu’une loi aux conséquences humaines et juridiques graves ne soit adoptée sans les vérifications qui s’imposent.

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • Una “flotta ombra” ha trasportato #Petrolio in #Israele fino alla fine del 2025
    https://irpimedia.irpi.eu/flotta-ombra-petrolio-israele

    La raffineria di Haifa lo trasformava in carburante per i mezzi usati a Gaza. Le petroliere spegnevano il loro radar a chilometri di distanza dalle coste, per rendersi invisibili. Tra i trader più importanti c’è la società Petraco L’articolo Una “flotta ombra” ha trasportato petrolio in Israele fino alla fine del 2025 proviene da IrpiMedia.

    #Mondo #Russia #Sanzioni

  • #Devoir_de_vigilance : #TotalEnergies condamnée à prévenir les #risques_climatiques liés à l’utilisation de ses #carburants

    Dans un #jugement qui fera date, la justice a estimé que la multinationale pétrogazière manque à son devoir de vigilance tant qu’elle n’intègre pas mieux les conséquences climatiques de ses activités. Les juges lui donnent six mois pour décrire et prévenir les #risques liés à la combustion des énergies fossiles qu’elle extrait, ce qu’elle a toujours refusé de faire.

    En pleine canicule, TotalEnergies se prend une douche froide ! Ce jeudi, le géant français des énergies fossiles a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris pour manquement à son devoir de vigilance climatique, dans un contentieux qui l’opposait depuis 2020 à plusieurs ONG (Notre Affaire à tous, Sherpa, France nature environnement) et à la Ville de Paris.

    Après y avoir consacré deux jours d’audience en février – un délai hors normes pour ce genre d’affaire –, le tribunal vient de donner raison aux quatre requérantes dans leur interprétation du devoir de vigilance, tel qu’instauré en mars 2017 par la loi du même nom.

    Pour la première fois, le juge reconnaît notamment que la prévention des « atteintes graves » aux humains et à l’environnement qui incombe à la multinationale doit également prendre en compte les risques climatiques liés à ses activités.

    Plus important encore, il ajoute que cette #responsabilité_climatique s’étend non seulement à ses émissions directes – liées au fonctionnement de ses propres installations – mais aussi indirectes (scope 3), c’est-à-dire à la combustion des produits pétroliers et gaziers qu’elle extrait et met sur le marché.

    90% des émissions « oubliées » par TotalEnergies

    Jusqu’ici, TotalEnergies a toujours vivement refusé d’intégrer les #émissions de #scope_3 à son plan de vigilance, arguant qu’elles étaient de la seule responsabilité de ses client·es. Elles ont pourtant représenté 90% de ses émissions en 2024, sur un total (scopes 1, 2 et 3) de 376 millions de tonnes de CO2 équivalent, selon l’entreprise.

    Pour le tribunal, TotalEnergies est au contraire bien « en mesure d’exercer une #influence » sur ces émissions qui font « partie des incidences négatives résultant de la propre activité du groupe ». « Il n’est pas contesté que l’extraction du pétrole ou du gaz est destiné à être mis sur le marché et à être consommé [sic] », cingle-t-il dans sa décision, insistant sur le « #lien_de_causalité très fort qui existe entre l’extraction du #pétrole et sa combustion, et partant, des émissions de gaz à effet de serre ».

    En conséquence, le tribunal donne six mois à la société pour compléter son plan de vigilance « en ajoutant les émissions de gaz à effet de serre de scope 3 dans la cartographie des risques et les mesures les concernant ». « C’est fondamental », insiste Sébastien Mabile, avocat des requérant·es. « Si TotalEnergies doit prendre en compte le scope 3, toutes les entreprises soumises au devoir de vigilance vont être tenues de le faire aussi », se félicite-t-il.

    Le juge donne rendez-vous à l’entreprise le 21 janvier 2027 pour vérifier la teneur des mesures mises en œuvre. Si elles sont jugées insuffisantes, le tribunal pourra prononcer une nouvelle condamnation.

    https://vert.eco/energie/devoir-de-vigilance-totalenergies-condamnee-a-prevenir-les-risques-climatiques
    #justice #condamnation #industrie_du_pétrole #énergies_fossiles #énergie

  • How Beavers Are Bringing America’s Dead Deserts Back to Life

    Every day, scientists, engineers, communities, and ordinary people are quietly fixing the planet. Forests are being replanted. Rivers are running clean again. Species we thought were gone are coming back. Whole technologies are pulling carbon out of the sky.This channel tells stories of the people, the projects, and the breakthroughs that are actually making Earth better.

    https://www.youtube.com/watch?v=exsCSUdjQX8

    #castors #écologie #désert #USA #Etats-Unis #eau #rivière #renaturation #histoire #chasse #végétation #Oregon #Hudson's_bay_company #George_Simpson #fur_desert #Peter_Skene_Ogden #élevage #bovins #sécheresse #restauration #inondations #beaver_dam_analogue (#BDA) #poissons #faune #coût #Bridge_Creek #John_Day_River

    John Day (rivière)


    https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Day_(rivi%C3%A8re)

    • Beaver Dam Analogs (BDA)

      Revitalisation method

      The Beaver Dam Analog revitalisation method uses simple, nature-inspired techniques to initiate the beneficial long-term effects caused by natural beaver dams in streams. The BDAs are built cost-effectively using simple tools – usually an axe, shovel, chainsaw and pile driver. No heavy construction machinery is needed. The building materials are sourced from the immediate surroundings.

      BDAs are among the most sustainable measures in stream revitalisation. Their construction and maintenance initiates ecological restoration processes leading to the recovery of small and medium-sized streams to a near-natural state.

      https://www.beaverdamanalogs.ch

    • Ecosystem experiment reveals benefits of natural and simulated beaver dams to a threatened population of steelhead (Oncorhynchus mykiss)

      Beaver have been referred to as ecosystem engineers because of the large impacts their dam building activities have on the landscape; however, the benefits they may provide to fluvial fish species has been debated. We conducted a watershed-scale experiment to test how increasing beaver dam and colony persistence in a highly degraded incised stream affects the freshwater production of steelhead (Oncorhynchus mykiss). Following the installation of beaver dam analogs (BDAs), we observed significant increases in the density, survival and production of juvenile steelhead without impacting upstream and downstream migrations. The steelhead response occurred as the quantity and complexity of their habitat increased. This study is the first large-scale experiment to quantify the benefits of beavers and BDAs to a fish population and its habitat. Beaver mediated restoration may be a viable and efficient strategy to recover ecosystem function of previously incised streams and to increase the production of imperiled fish populations.

      https://www.nature.com/articles/srep28581

  • Leak Exposes Members of Peter Thiel’s Secretive ‘Dialog’ Society | WIRED
    https://www.wired.com/story/leak-exposes-members-of-peter-thiels-secretive-dialog-society

    Intéressant ce mélange entre société secrète et pieds nickelés. Tout à fait à l’image de l’extrême droite mondiale.

    More than 200 of the world’s elites registered for a retreat whose agenda runs from panels on cult-building and sex to prepping for World War III. An associated app offers matchmaking.
    Image may contain Peter Thiel Face Head Person Photography Portrait Crew Cut Hair Adult Clothing and Formal Wear
    Photograph: Nordin Catic/Getty Images

    A trove of internal records from a secret society for powerful figures in US politics, finance, and tech was left exposed online, WIRED has confirmed, naming participants in its events and revealing sensitive personal details they were assured would stay private.

    The group, called Dialog, is a private, invitation-only organization cofounded in 2006 by the billionaire tech investor Peter Thiel. It convenes US officials, foreign government figures, and Silicon Valley executives at off-the-record annual retreats. Dialog has spent two decades declining to disclose its members.

    A directory in the website’s code was first revealed by the Swiss hacktivist maia arson crimew. Known for exposing the US government’s No Fly List and breaching the surveillance-camera company Verkada, crimew tells WIRED the directory surfaced via an anonymous tip. WIRED independently verified its contents.

    A source separately provided WIRED with the registration list for Dialog’s 2026 retreat, which names 222 people and records what the list describes as each registrant’s membership status and attendee type, including “active member” and “guest.” The retreat is scheduled for August 12-16 at a venue near Dublin, Ireland.

    The same data lays out a program of off-the-record sessions, including: “Money (Does?) Buy Happiness,” “Bring Back Nuclear,” “Navigating WWIII,” “Battlefield Technologies,” and “How’s Your Sex Life?” Other talks include “Build-a-Cult,” moderated by the founder of the Christian networking site Pray.com, and “Build-a-Party,” run by a former White House national security official.

    Together, alongside the mundane fare of a typical thought leadership conference, the documents show an extraordinary convergence of power. The registration records list General Alexus Grynkewich, NATO’s supreme allied commander Europe and the head of US European Command, who took the post in July 2025 and is recorded on the leaked list as having attended Dialog gatherings since 2021. The website directory names sitting Trump administration officials, two US senators, six members of the Paypal Mafia, a former Middle East chief of intelligence, and a sitting ambassador to the United States, along with the founders and directors of many of the country’s largest surveillance, data-broker, and advertising-data companies.

    Those executives appear side by side with senior US officials overseeing their industries. Auren Hoffman, Dialog’s chairman, founded the location-data broker SafeGraph and the identity-resolution firm LiveRamp, two of the most important suppliers in the consumer data economy. He appears in the directory alongside Treasury secretary Scott Bessent, whose department writes the rules on financial data, and Senator Ted Cruz, chairman of the Commerce, Science, and Transportation Committee, which oversees the Federal Trade Commission and its data-privacy authority.

    Palantir cofounder Joe Lonsdale, whose software runs case management for US Immigration and Customs Enforcement and data fusion for the Pentagon and intelligence community, is listed in the same society as Army secretary Dan Driscoll and Representative Jim Himes, the ranking member of the House Intelligence Committee, which oversees agencies Palantir contracts with.

    None of the individuals named in this story responded to requests for comment. Raffi Grinberg, who lists himself as Dialog’s executive director on his LinkedIn profile and is the author of the self-help book How to Be a Grown-Up, did not respond to a request for comment.

    The registration records appear to show not only who belongs to Dialog but who attends. Of the 222 people signed up for the 2026 retreat, according to the leaked records, 87 are marked as first-time attendees. Others list histories stretching back more than a decade, and a handful to the society’s founding 20 years ago. None of the registrants, Grynkewich included, used a government email address. All registered with personal or corporate accounts, placing their attendance outside the email systems subject to public-records laws.

    What ties the roster together more than any title or office is a shared preoccupation with artificial intelligence, longevity, and the near future. Asked on a sign-up form to predict the future, registrants returned again and again to the same theme: that AI will reorder work, war, education, and belief within a few years. Several foresee mass labor displacement and a swing back toward unions and government programs; others predict an “AI winter,” domestic terrorism targeting data centers, criminal defendants choosing AI lawyers over public defenders, or religious revival provoked by the disruption.

    “Societal degeneration,” predicted one person, “will continue to accelerate.”

    Members also list talents like “funhouse construction,” accent imitation, backcountry skiing, urban exploration, and “meditative and psychedelic inquiry into the nature of reality”; one offers “compassion and existential dread,” another “dinner parties, keeping secrets, remembering birthdays.” Their book recommendations skew toward the canonical and optimization-minded, Marcus Aurelius and Milan Kundera alongside Annie Duke’s Thinking in Bets, Peter Attia’s Outlive, and, from at least one attendee, Thiel’s own Zero to One.

    Dialog also plays matchmaker. Its participant form asks registrants whether they are “looking for love” and offers to include “Single Man,” “Single Woman,” or “Other” respondents in “future matchmaking.” A separate site, dating.dialog.org, hosts an app pitched as “meaningful connections for exceptional people.”

    The form also gathers sensitive answers, including each registrant’s "political leaning,” which Dialog promises “WILL NOT be shared in the app or with other participants, ever.” That data, and the matchmaking responses, were exposed in the leak.

    The records sit in Airtable, a commercial database. For each participant, Dialog logs a membership status, every retreat the person has attended, a biography, a home city, and a private access token. WIRED is not publishing the tokens, which function as login credentials, or the personalized account links that contain them.

    The leaked registration list also names senior figures absent from the public directory of 113: Randy Kroszner, a former governor of the Federal Reserve who now serves on the Bank of England’s Financial Policy Committee; Hallie Hoffman, a former general counsel and acting chief of staff of the Drug Enforcement Administration; Jonathan Greenblatt, the chief executive of the Anti-Defamation League; Peter Goettler, the president of the Cato Institute; Ryan Stowers, the executive director of the Charles Koch Foundation; and Roger Myerson, a Nobel laureate economist at the University of Chicago.

    It also lists a cluster of Google and Google DeepMind executives, among them Tom Lue, who leads global affairs for the company’s frontier AI division, and one working journalist, Souad Mekhennet, a former national security correspondent for The Washington Post. (She is listed as running an event called “Ulysses Book Club.”)

    The rest of the membership spans hedge fund and private equity billionaires, current and former foreign officials, network television actors, best-selling authors, and religious leaders.

    One of several internal documents Dialog left exposed on the same online database that held its registration records is a guide for event moderators, urging them to remind participants that everything is “off the record” and that comments should be concise and “nonobvious.” It also coaches them to model brief introductions to “avoid status signaling” in a room full of senators, dignitaries, and tycoons.

    The discipline imposed by the group did not extend to its website. The directory was embedded in the code of dialog.org, a near-empty page, and was served to any visitor who viewed the page’s source. A separate Dialog page, at app.dialog.org, presents a sign-in screen for “Dialog Global 2026,” outside Dublin. The page invites any visitor to sign in by email or Google account and presents no terms of service, no notice that the application is restricted to members, and no indication that an invitation is required.

    Dialog has operated with little public footprint since its founding. It holds at least one retreat a year, with assigned seating, moderated sessions, and a rule that nothing said is for attribution. Past gatherings have been held at the Ritz-Carlton Dove Mountain in Arizona and the San Clemente Palace in Venice, Italy, according to Axios, which first reported the group’s plans for a campus in the Washington, DC, area. It has been likened to a tech-industry version of Bilderberg, the off-the-record gathering of Western political and business elites.

    Accounts describe retreats of around 100 participants. The 2026 registration list reviewed by WIRED names 222. Public glimpses are rare. The statistician Andrew Gelman published one of Dialog’s invitations to his blog in 2022, describing its format and a registration fee of more than $16,000. The 2014 retreat drew renewed attention this year when an invitation forwarded to the financier Jeffrey Epstein surfaced in the US Justice Department’s release of the Epstein files. A “Jeff Epstein” appears on an attached list of past participants—but the person is actually the former CFO of Oracle, not the deceased sex trafficker.

    Update 6/16/2026, 5:47 pm EDT: WIRED updated this article to correct a conflation of two people named Jeff Epstein. A small revision was also made to address a security concern raised by a Dialog representative.

    Update: 6/18/2026: 2:17 pm EDT: Following this article’s publication, The Washington Post clarified that Souad Mekhennet is a former employee of the outlet.

    #Peter_Thiel #Extrême_droite #Société_secrète #Dialog

  • En #Californie, vent de panique autour d’un projet de #taxe sur les #milliardaires
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/19/en-californie-vent-de-panique-autour-d-un-projet-de-taxe-sur-les-milliardair

    Un projet de taxe sur les milliardaires affole les magnats de la tech de Californie et les démocrates modérés, à commencer par le gouverneur sortant, Gavin Newsom. Cette initiative législative, portée par le syndicat du personnel de santé, le SEIU-UHW, propose de taxer à hauteur de 5 % le patrimoine de tous les milliardaires qui étaient résidents de Californie au 1er janvier. Grâce à une #campagne de 31 millions de dollars (environ 27 millions d’euros), la #pétition a reçu 980 438 signatures valables, soit plus que les 875 000 nécessaires, a annoncé mercredi 17 juin le bureau du secrétaire d’Etat de Californie. Elle peut donc être soumise au vote des électeurs lors des élections de mi-mandat, le 3 novembre.

    Les sondages indiquent que 54 % des électeurs soutiennent la mesure, à en croire un sondage du Public Policy Institute of California publié le 28 mai et réalisé auprès de 1 707 résidents adultes de Californie. Cette initiative recueille le plus de soutien auprès des #démocrates (76 %), des 18-34 ans (75 %) et des locataires (71 %). Les républicains de Californie s’y opposent massivement (82 %), tandis que les électeurs plus âgés, les indépendants et les propriétaires sont partagés, révèle le cercle de réflexion.

    Cette taxe unique, censée rapporter #100_milliards de dollars selon ses promoteurs, serait affectée à 90 % au système de "santé, le solde allant à l’éducation et à l’aide alimentaire. Elle pallierait les coupes fédérales décidées par Donald #Trump. Face à cette dynamique, le gouverneur #Newsom, qui devrait briguer l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2028, tente de convaincre les promoteurs du projet de retirer leur proposition. Ils doivent le faire avant le 25 juin. Après, il sera trop tard, la proposition sera certifiée par le secrétaire d’Etat de Californie et figurera sur les bulletins de #vote.

  • Con 2000$ puoi rovinare la vita a un giornalista
    https://scomodo.org/con-2000-puoi-rovinare-la-vita-a-un-giornalista

    Un «giudice AI» e un tribunale privato per processare i giornalisti, pagato da chi attacca l’informazione. Viaggio dentro Objection.AI, la nuova controversa startup di Peter Thiel che sposta la finestra di Overton verso un futuro distopico. L’articolo Con 2000$ puoi rovinare la vita a un giornalista proviene da Scomodo.

    #Evoluzione_Digitale ##ai ##giornalisti ##objection.ai ##peterthiel

  • À la conquête des carburants non fossiles
    https://actu.epfl.ch/news/a-la-conquete-des-carburants-non-fossiles

    Le secteur du #transport doit se réinventer face à ses impératifs de #décarbonation. Mais faute de parvenir à créer des véhicules véritablement révolutionnaires, c’est sur la #substitution des #carburants issus du #pétrole qu’il faudra compter.

    Pour répondre aux besoins futurs de #mobilité de l’#humanité, de nombreuses approches devront entrer en jeu. D’évidence, parvenir à imposer une certaine sobriété dans la quantité de kilomètres parcourus annuellement par chacun — surtout en avion — serait le moyen le plus efficace pour limiter l’impact climatique du secteur. Mais l’évolution des habitudes et l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus fortunée dans les pays les plus peuplés du monde (l’#Inde et la #Chine) rendent illusoire toute diminution globale des #déplacements.

    Il me semble qu’on te l’a déjà dit ici, mais à l’avenir on préférera produire des #agrocarburants pour les avions et les bagnoles plutôt que d’assurer une alimentation décente à l’ensemble de l’humanité.

    #kérosène

  • More Oil Escapes Hormuz, Keeping Traders Guessing
    https://gcaptain.com/more-oil-escapes-hormuz-keeping-traders-guessing

    LONDON, June 4 (Reuters) – The trickle of tankers exiting the Strait of Hormuz has gathered pace in recent weeks, as traders adopt stealth measures to make the crossing. While this is freeing some of the vast oil inventories trapped in the Gulf, it does not signal a slow return to normalcy. Instead, it previews the opaque, fragmented energy market the Iran war is set to leave in its wake.

    More than four months into the conflict, the U.S. and Iran are still struggling to hammer out an agreement to formally end the war and fully reopen the narrow waterway.

    The near-total closure of Hormuz stranded more than 13 million barrels of oil per day within the Gulf, forcing producers to shut down oilfields and refineries, triggering supply shortfalls and economic strain across major importing nations.

    Traffic through the strait remains a fraction of pre-war levels. On the face of it, an average of just three tankers a day has crossed in and out of Hormuz since the conflict began – roughly one-tenth of normal volumes – according to shipping monitors including LSEG and Kpler.

    But a closer look at oil stocks tells a more nuanced story.

    IN THE DARK
    An analysis of the huge volumes stored on tankers inside the Gulf suggests transit activity has quietly accelerated. It points to a growing number of ships leaving the region “under the radar” of satellite tracking systems.

    More vessels appear to be switching off their Automatic Identification System (AIS) before and after transiting the strait, adopting tactics long used by Iran to evade Western sanctions.

    In practice, tankers can “go dark” for days around the crossing, only to reappear weeks later near their destination.

    Shipping analytics firm Vortexa estimates that around 65% of outbound laden tankers transited in “dark” mode in May, showing how widespread the practice has become.

    That opacity is distorting the market’s line of sight. Reduced visibility into cargo movements and destinations makes it harder to gauge the flows underpinning benchmark pricing.

    That makes alternative indicators increasingly important.

    One key gauge of the pace of outflows is “oil on water” in the Gulf, or the volume of oil stored on tankers trapped behind the strait.

    Levels have dropped from a peak of 184 million barrels on March 22 to around 148 million barrels this week, according to Kpler data, implying an average drawdown rate of roughly 500,000 bpd.

    Crucially, that pace has accelerated over the past month. Since the start of May, depletion has increased to around 710,000 bpd, according to ROI analysis. That offers further evidence that flows out of the Gulf, while still constrained, are inching higher.

    Exactly which routes these dark tankers are taking remains unclear – as the term “dark” suggests. Many are likely using corridors designated by Iran, which has allowed limited volumes through the strait under bilateral arrangements with Asian governments including Pakistan, India, China and Japan. This underscores the region’s heavy dependence on Gulf supply. Some vessels may be paying Iran a fee for safe passage.

    Other vessels may be taking routes closer to Oman’s coastline, potentially with the tacit or active support of the U.S. Navy, which continues to play a stabilizing role in regional maritime security.

    The situation remains fluid and could shift quickly. Iran could tighten its grip on shipping at any moment, particularly if negotiations with the U.S. continue to stall.

    WHAT RECOVERY LOOKS LIKE
    After more than three months of severe economic disruption, every barrel exported offers a lifeline to revenue-starved Gulf producers such as Iraq and Kuwait, and desperate buyers in Asia.

    But a sustained recovery will require far greater clarity and stability around Hormuz.

    Producers are unlikely to restart the roughly 11 million bpd of oilfields shut in during the conflict without confidence that exports can flow reliably.

    One key constraint is logistical: the return of empty tankers to the Gulf. Without a steady inflow of vessels to load cargoes, onshore storage tanks will remain near capacity, preventing the restart of shut-in production.

    That crucial rebalancing – laden ships leaving and empty ships returning – has yet to materialize at scale.

    Shipowners and charterers remain wary of sending vessels into a region where the risk of becoming stranded remains high. Insurance premiums continue to reflect that elevated risk, reinforcing a cautious approach to redeploying fleets.

    Ultimately, the market may never return to normal, even if a political breakthrough officially “reopens” the strait.

    Tehran is seeking to retain control over traffic in the waterway and introduce a tolling system, potentially reshaping how one of the world’s most critical oil chokepoints operates. That would represent an untenable situation for Gulf producers, forcing them to find alternate routes. And if they can’t erode Iran’s position strategically, they may seek to do so militarily.

    The shift toward a more opaque trading environment in the Middle East may be providing some marginal relief. But the fragmented, dangerous reality it reflects means any respite may be short-lived.

    (The opinions expressed here are those of Ron Bousso, a columnist for Reuters.)

    • Je pense qu’il serait raisonnable d’attendre encore un peu avant de remplir ma cuve de mazout pour la prochaine « saison fraîche » :

      https://www.boursorama.com/bourse/actualites/faut-il-croire-les-marches-a-terme-du-petrole-9f396e8c7b049076b4f1ddedd7

      De l’optimisme pour qui et pour quoi ? Le déport évoqué signifie que le marché du pétrole, par les comportements induits sur les opérateurs et les ajustements de l’offre et de la demande, corrigerait la surréaction en ce moment constatée sur les prix spot.

      A priori, il y aurait là une mauvaise nouvelle pour les pays producteurs de pétrole, une bonne nouvelle pour les pays européens et nombre de pays en développement structurellement importateurs. La finance, qui sous l’effet de la spéculation et des effets de levier a tendance à certains moments à « s’autonomiser », reviendrait alors en phase avec le marché du physique : c’est l’hypothèse centrale des opérateurs sur les marchés à terme pétroliers.

      Le marché physique du pétrole va lui-même connaître de sérieux ajustements. Par-delà la question cardinale du détroit d’Ormuz et des conditions de sa réouverture, surgissent par exemple des interrogations sur l’avenir et l’effectivité de l’OPEP après la défection des Emirats Arabes Unis. En fait, l’optimisme pour les prix du pétrole avec ce scénario de retour vers des valeurs de 70 à 80 dollars le baril contrastant avec certains scénarios à 150/200 dollars, ne correspond pas à de l’optimisme pour l’économie mondiale.

      Les marchés à terme du pétrole, tout comme le FMI, sont convaincants s’ils postulent que leur scénario de chute des prix du pétrole pour la seconde partie de 2026 découle de l’effet à la fois récessionniste et inflationniste du choc pétrolier en cours. Ce choc, en pesant lourdement sur l’activité, va fortement et pour quelques trimestres contraindre la demande d’or noir et cet effet deviendra dominant dès que le détroit d’Ormuz sera rouvert, et que l’offre sera libérée, accentuée par le déstockage des volumes actuellement accumulés faute de pouvoir être acheminés.

      #pétrole_brut #spéculations (en tous genres) #récession