• « Ceux qui disent que tout est “#race” ont autant tort que ceux qui disent que rien n’est “race” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/23/catherine-coquery-vidrovitch-ceux-qui-disent-que-tout-est-race-ont-autant-to

    Certains appellent à #décoloniser les savoirs. Qu’en pensez-vous ?

    L’approche #postcoloniale invite à faire attention aux concepts que nous utilisons car ils sont nés d’une culture complexe qui remonte à l’histoire de l’esclavage, de la colonisation et de la décolonisation. Le mot « ethnie », par exemple, a été réadapté par les ethnologues allemands de la fin du XIXe siècle car ils ont constaté que dans l’Afrique précoloniale, il y avait des Etats. Seulement, on ne pouvait pas dire qu’il y avait des Etats à l’européenne en Afrique. Ils ont alors repêché le mot grec ethnos, « le #peuple », pour parler d’ethnie. Mais ça ne désigne pas la même chose : avec l’#ethnie, il y a l’idée d’une consanguinité. Cela ne correspond pas du tout à l’Afrique, où il y a toujours eu des mélanges et où il y en a de plus en plus ! L’ethnie est un terme colonial dont il faut se méfier. Il y a besoin d’un travail de déconstruction d’un vocabulaire et de concepts qui donnent une idée fausse des réalités politiques.

    Que pensez-vous de la résurgence du terme de « race » ?

    Tous les gens raisonnables et honnêtes savent que les races n’existent pas. Seulement, le racisme, lui, existe. Et donc l’idée de race (et non la race), aussi. Il n’y a aucune raison de ne pas l’étudier, parce qu’elle tient une place importante dans la société. Si vous êtes une jeune femme noire ayant fait peu d’études, vous avez moins de chances de trouver un emploi que si vous êtes un jeune homme blanc. C’est un fait. Pourquoi ne pas en tenir compte ? L’approche décoloniale a une idée-force intéressante qui est de dire que l’analyse sociale est complexe et qu’elle ne peut pas se résumer à la classe, qu’elle doit également prendre en considération le genre et la race.

    Les #universalistes et les ~décoloniaux s’apostrophent de façon extrêmement violente alors qu’il suffirait de faire un effort pour comprendre ce que chacun veut dire. Bien sûr que l’universel est important ! Mais il n’est pas occidental, blanc. Il est multiple. Ces querelles m’agacent un peu car elles sont à la limite de l’honnêteté intellectuelle, de part et d’autre. Ceux qui disent que tout est race ont autant tort que ceux qui disent que rien n’est race. A une époque de leur histoire, les Français ont été esclavagistes, donc racistes – puisqu’il s’agissait d’un #esclavage noir. C’est incontestable. Qu’il y en ait des relents aujourd’hui, c’est une réalité. Le tout est d’en avoir conscience pour pouvoir s’en détacher.

    • le début de cet entretien avec Catherine Coquery-Vidrovitch

      Figure fondatrice de l’#histoire_africaine en France, à qui l’on doit des découvertes importantes sur l’#histoire_coloniale et esclavagiste de l’Hexagone, Catherine Coquery-Vidrovitch publie Le Choix de l’Afrique (La Découverte, 304 pages, 22 euros) dans lequel elle revient sur son parcours hors norme mais aussi ce qui l’a poussée à travailler sur l’Afrique subsaharienne, perçue par ses pairs dans les années 1960 comme une terre sans histoire.

      Quel était le contexte intellectuel de vos débuts ?

      Il n’y avait pratiquement pas d’historiens travaillant sur l’Afrique subsaharienne. Seuls les anthropologues s’y intéressaient. Les Britanniques avaient créé deux chaires d’histoire africaine en 1947 – année de la première indépendance d’un pays dit du Sud, l’Inde –, l’une à la School of Oriental Studies de Londres, l’autre au Ghana. Mais en France, rien.

      J’ai été engagée, au tout début des années 1960, au sein de la sixième section de l’Ecole pratique des hautes études, dirigée par #Fernand_Braudel (1902-1985). Avec l’Ecole des annales, il avait participé à renouveler la conception de l’#histoire et il avait créé des aires géoculturelles rassemblant des chercheurs de différentes disciplines, y compris pour l’#Afrique_subsaharienne. C’était totalement nouveau. Pour les historiens français de l’époque, les sociétés africaines n’avaient pas d’histoire.

      Quelles étaient les sources dont vous disposiez ?

      Les archives sur l’Afrique subsaharienne étaient abondantes à cause du sens administratif et archivistique des colonies. Celles de l’Afrique-Occidentale française étaient rassemblées à Dakar, celles de l’Afrique-Equatoriale française à Brazzaville. Elles sont extrêmement riches à partir des années 1880. Mais ce qui m’intéressait, ce n’était pas l’histoire coloniale, celle des administrateurs et des colonisateurs, mais celle des Africains. Comment avaient-ils subi la conquête coloniale ? Qu’est-ce que cela avait changé ? Les sources écrites ne manquaient pas, mais il fallait les rassembler ; cela n’avait presque pas été fait parce qu’on pensait que les sources africaines étaient uniquement orales.

      Dans votre dernier ouvrage, « Le Choix de l’Afrique », vous revenez régulièrement sur le lieu d’où vous parlez : celui d’une femme blanche, qui a eu une enfance clandestine pendant la seconde guerre mondiale. Pourquoi ?

      L’objectivité, extrêmement importante pour un historien, n’existe jamais totalement. On reste toujours une personnalité fabriquée par une enfance, des influences, des opinions, qui choisit de s’intéresser à un sujet plutôt qu’un autre. Ce qui m’intéressait dans ce livre, c’était de reconstituer, après coup, pourquoi j’ai choisi l’Afrique.

      Mon enfance clandestine a énormément joué. J’avais entre 4 et 9 ans durant la seconde guerre mondiale. Mes parents et mes grands-parents étaient des juifs non pratiquants, parfaitement intégrés à la société française et s’il n’y avait pas eu Vichy et les lois contre les juifs, je n’aurais probablement que très peu su que je l’étais. Mon père est mort pendant la guerre, son père s’est suicidé de désespoir et mon grand-père maternel a été dénoncé, puis gazé à Auschwitz. Je sais ce que c’est que de se sentir étrangère à son propre pays. Je sais ce que c’est que d’être « occupé ». Les colonisés ont eux aussi été occupés et personne ne les a vus sous ce jour-là. Mon enfance a été une étape de mon choix de l’Afrique.

      La seconde étape a été la découverte de l’Algérie pendant la guerre alors que mon mari y faisait son service militaire. J’étais anticolonialiste comme beaucoup de jeunes à l’époque, et contre la guerre d’Algérie.

      A quoi l’Afrique que vous découvrez en 1965 ressemblait-elle ?

      Je suis arrivée au Gabon dans une petite dictature néocoloniale. Les Français étaient encore là. La première chose qui m’a sauté aux yeux était leur #racisme. J’avais l’impression d’être en 1880 ! Alors qu’on était cinq ans après l’indépendance. C’était une situation totalement néocoloniale, notamment parce que l’école coloniale n’avait formé que quelques auxiliaires pour les postes subalternes. Jusque dans les années 1980, tout ce qui demandait un peu de savoir et de responsabilité, comme la fonction publique, était détenu par les Français. En 1965, l’adjoint du ministre de l’intérieur du Gabon était un ancien administrateur colonial. J’ai vu ainsi la genèse de la « #Françafrique » avec une très forte solidarité de l’ensemble des expatriés, qui ne fréquentaient pas les Africains.

      Cela a changé à partir des années 1990-2000. Avec la fin de la guerre froide et l’organisation des conférences nationales, on a vu se constituer des sociétés civiles. Et un effort scolaire énorme a été fait. Or, un enfant qui va à l’école sera actif quelque trente ans plus tard. Ça correspond à aujourd’hui.

      Y a-t-il une différence entre une approche française et une approche africaine de l’histoire ?

      Oui et non. Nous n’avons pas le même point de vue, c’est certain, et nous ne voyons pas nécessairement les mêmes choses. C’est pour cela qu’il est intéressant de travailler ensemble. Du côté français, il y a l’héritage d’une conscience de supériorité qui traîne encore dans pas mal d’esprits d’historiens et de chercheurs spécialisés en études africaines. Du côté africain, il y a eu une réaction nationaliste très forte dans les années 1970-1980 affirmant que l’histoire africaine devait être faite par des Africains. Cet afrocentrisme est le pendant exact de l’européocentrisme.

      Ça existe encore, mais beaucoup moins qu’avant. Les sciences sociales sont devenues internationales avec la multiplication des échanges et le développement d’Internet. Aujourd’hui, on a basculé dans une histoire globale, mondiale, comparée. C’est un acquis assez récent du côté européen, qui a longtemps eu une histoire occidentalo-centriste : on étudiait le monde à partir du point de vue européen.

      Il est important, dites-vous, de reconnecter l’histoire africaine à l’#histoire_mondiale

      Pendant plus de vingt ans, j’ai donné un cours aux Etats-Unis sur la place de l’#Afrique dans l’histoire du monde et j’ai fini par en faire un livre, Petite histoire de l’Afrique (La Découverte, 2011). Le rôle de l’économie et des cultures africaines dans le monde est multiséculaire. Mais en France, probablement à cause de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, on l’a ignoré.

      L’Afrique subsaharienne a été très importante sur le plan économique international pendant tout le Moyen Age, par exemple. Avant la découverte de l’Amérique, la quasi-totalité de l’or du monde partait en Occident ou en Asie à partir des mines d’Afrique subsaharienne. L’Afrique a joué un rôle important dans l’histoire du monde, mais qui le sait ? Ne pas enseigner l’histoire africaine revient à fausser l’évolution de l’histoire du monde. (...)

  • #Canada : Des femmes atikamekw qui allèguent avoir été stérilisées contre leur gré se tournent vers les tribunaux
    https://www.ledevoir.com/societe/648630/des-femmes-atikamekw-qui-alleguent-avoir-ete-sterilisees-contre-leur-gre-s

    Deux femmes atikamekw de Manawan affirment avoir été stérilisées contre leur gré au centre hospitalier de Lanaudière, à Joliette. Elles viennent de déposer une demande à la Cour supérieure pour exercer une action collective contre le CISSS de Lanaudière et deux de ses anciens médecins au nom de toutes les femmes atikamekw qui auraient subi de telles interventions sans avoir donné leur consentement libre et éclairé, et ce, depuis 1971.


    Photo : Martin Bureau Agence France-Presse Les demanderesses affirment que les défendeurs ont violé « leurs obligations déontologiques et civiles d’informer et d’obtenir le consentement libre et éclairé » de leurs patientes avant de pratiquer une intervention chirurgicale.

    « Parmi les pratiques discriminatoires graves qui ont cours au CISSS de Lanaudière, il existe un phénomène répandu de stérilisation subie par les femmes atikamekw sans leur consentement ou sans que ce consentement ne soit libre et éclairé. C’est notamment le cas des deux demanderesses », écrivent les avocats du cabinet Dionne Schulze, qui ont déposé la demande d’autorisation d’exercer une action collective à la Cour supérieure du Québec le 27 octobre dernier.

    Le CISSS de Lanaudière et les médecins visés ont indiqué dans des documents de cour déposés le 11 novembre avoir l’intention de contester.

    Unetelle et Madame X, qui sont nommées dans le document sous ces faux noms pour préserver leur vie privée, sont toutes deux originaires de Manawan, une petite communauté d’environ 3000 habitants située à 180 kilomètres de Joliette.

    Le 17 décembre 2004, Unetelle a été admise à l’hôpital de Joliette pour son cinquième accouchement, prévu par césarienne. « À aucun moment avant l’intervention, Unetelle n’a eu d’échange avec la Dre [Yvonne Brindusa] Vasilie ou tout autre membre du personnel soignant au sujet d’une intervention chirurgicale stérilisante », écrivent les avocats.

    « Malgré l’absence de toute connaissance de la procédure envisagée et encore moins du consentement de Unetelle à cette intervention, la défenderesse Dre Vasilie a procédé à l’installation de clips de Filshie lors de la césarienne. »

    La médecin n’aurait assuré aucun suivi par la suite et n’aurait rien dit à la patiente au sujet de la stérilisation. Ce n’est qu’un an plus tard, alors qu’elle croyait être de nouveau enceinte, qu’elle aurait appris qu’elle avait subi une stérilisation. « Elle était sous le choc et ne comprenait pas pourquoi on avait procédé à cette intervention », précisent les avocats.

    Pressions du médecin
    Madame X, elle, était suivie par le docteur Richard Monday, qui a depuis pris sa retraite, selon le document de cour. Selon la demanderesse, le médecin était « méchant avec elle, son ton était menaçant et il faisait souvent des remarques racistes ou désobligeantes envers les Autochtones ».

    Les avocats donnent plusieurs exemples de propos dégradants qui auraient été tenus : « Tu es encore enceinte », « C’est le temps de te faire une ligature », « Tu as trop d’enfants », « Tu ne dois pas avoir de maison et tu dois être sur le “BS” », « vous, les Autochtones, vous avez tous des problèmes d’alcool ».

    Selon la demanderesse, le médecin a insisté pour qu’elle subisse une opération stérilisante dès sa troisième grossesse. Après son cinquième accouchement, en 1993, à l’âge de 27 ans, elle aurait « cédé aux pressions » du médecin, qui lui « aurait laissé croire […] que cette opération était nécessaire compte tenu de sa situation médicale ou socio-économique ».

    Les avocats prétendent que le médecin a procédé à une ligature des trompes sans que la principale intéressée ait donné son consentement libre et éclairé.

    Pour les deux femmes, la stérilisation a entraîné des effets néfastes majeurs dont certains subsistent encore à ce jour : dérèglements hormonaux, incompréhension, culpabilité, sentiment d’humiliation, colère, peur et perte d’identité à titre de femme atikamekw. Aujourd’hui, elles sont toutes deux familles d’accueil pour des enfants de la communauté.

    Les histoires d’Unetelle et de Madame X décrites dans les procédures ressemblent à celle de Marie, une femme algonquine de Pikogan qui a confié au Devoir https://www.ledevoir.com/societe/600935/autochtones-et-soins-de-sante-une-femme-algonquine-et-crie-denonce-une-ste en mai avoir été stérilisée contre son gré dans des circonstances similaires à l’hôpital d’Amos. L’émission Enquête https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/2945/sterilisations-non-consenties-quebec-canada-racisee-autochtone a également publié un reportage récemment qui faisait état d’une dizaine de cas de femmes autochtones stérilisées contre leur gré au Québec.

    Négligence du CISSS ?
    Les demanderesses affirment que les défendeurs ont violé « leurs obligations déontologiques et civiles d’informer et d’obtenir le consentement libre et éclairé » de leurs patientes avant de pratiquer une intervention chirurgicale, d’autant plus que celle-ci était « non essentielle et non urgente ».

    Selon les demanderesses, le CISSS de Lanaudière « connaissait ou devait connaître l’existence d’une pratique répandue de stérilisation non consentie des femmes atikamekw au sein de son établissement », raison pour laquelle l’établissement est également visé par la requête.

    Elles soutiennent que le CISSS de Lanaudière aurait permis, « par ses actions ou par sa négligence », que des « actes fautifs » soient commis « en toute impunité » par les équipes médicales, ce qui engage « sa responsabilité civile directe ».

    Les deux femmes ont longtemps eu peur de dénoncer les actes qu’elles auraient subis, notamment en raison du « contexte colonial et de la crainte qu’elles éprouvent plus spécifiquement à l’endroit des médecins et du personnel travaillant au CISSS de Lanaudière », un phénomène qui a été documenté notamment dans le rapport de la commission Viens et pendant les audiences de la coroner sur le décès de Joyce Echaquan.

    « Le courage de [Joyce] Echaquan a permis aux membres du groupe de trouver la force de dénoncer les actes fautifs subis au CISSS de Lanaudière », précisent les avocats.

    Le CISSS de Lanaudière a décliné la demande d’entrevue du Devoir. « En suivi de votre demande, nous n’accorderons pas d’entrevue ni de commentaire à formuler à ce moment-ci, considérant que le dossier suit son cours au niveau judiciaire », a répondu par courriel la directrice des relations publiques de l’établissement, Pascale Lamy.

    Les docteurs Monday et Vasilie n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue du Devoir. Les allégations des procédures judiciaires n’ont toujours pas été prouvées, et les défendeurs n’ont pas encore eu l’occasion de faire valoir leur point de vue devant le tribunal.

    #Femmes #Peuples_autochtones #nations_premières #colonies #stérilisation #médecins #docteurs #eugénisme #racisme #discrimination #autochtones

  • #Canada Les recherches ne révèlent aucun reste humain sur le site de l’ancien Hôpital Camsell D’après les informations de Stephen David Cook
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1834031/hopital-camsell-edmonton-autochtones-arret-fouilles

    Des fouilles pour trouver des restes humains sur le site de l’ancien Hôpital Camsell, à Edmonton, ont pris fin vendredi après que des équipes n’en ont découvert aucun.

    L’établissement avait accueilli des patients autochtones du nord de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest pendant des dizaines d’années, notamment pour traiter des cas de tuberculose. Le site situé au coin de la 128e Rue et de la 144e Avenue est prévu d’accueillir des propriétés résidentielles.

    L’été dernier, un radar à pénétration de sol avait permis de creuser dans 13 endroits, mais les recherches ont été infructueuses. Jeudi et vendredi, 21 anomalies ont fait l’objet de trous dans la terre, mais seuls des débris ont été remontés à la surface.

    D’autres recherches ne sont pas prévues sur le site.

    Selon le chef de la Première Nation Papaschase, Calvin Bruneau, des préoccupations persistent étant donné que tant de personnes ont déclaré que des gens avaient été enterrés à cet endroit : “Que leur est-il arrivé ? Ont-ils été retirés et enterrés autre part ? ”

    Il dit avoir entendu des témoignages au fil des ans de projets de développement qui ne prenaient pas en compte que des restes humains pouvaient exister à certains endroits.

    “L’ennui, c’est que personne ne veut parler, affirme le chef Bruneau, qu’il s’agit d’anciens employés, d’anciens promoteurs ou de constructeurs [ …] Tout est passé sous silence. ”

    Les recherches sur le site de l’ancien Hôpital Camsell ont été financées par le promoteur immobilier. L’architecte, Gene Dub, dit avoir fait ce geste après avoir été bouleversé par la découverte au printemps des restes de 215 enfants enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique.

    #peuples_autochtones #histoire #disparitions #fosse_commune #enfants #pensionnat #école #cadavres #vol #viols #peuples_premiers #nations_premières #premières_nations #autochtones #colonialisme #extermination #génocide #tuberculose

  • Une géohistoire populaire de Nantes Christophe Batardy
    https://metropolitiques.eu/Une-geohistoire-populaire-de-Nantes.html

    Un livre retraçant l’histoire populaire de Nantes explore des lieux et des édifices autres que ceux généralement retenus dans les ouvrages d’histoire locale. Au fil des pages, le regard décentré dessine une géohistoire populaire de Nantes, mise ici en relief par la cartographie de Christophe Batardy.
    Recensé : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc’h, Histoire populaire de Nantes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, 480 p.

    Comme le rappellent les auteurs en introduction, rares sont les travaux d’historiens qui tentent d’écrire une histoire populaire. Howard Zinn en 1999 ouvre la voie avec son ouvrage, Une histoire populaire des États-Unis, suivi en France par Michelle Zancarini-Fournel et plus récemment encore Gérard Noiriel. L’Histoire populaire de Nantes constitue la première tentative d’écriture d’une histoire locale du populaire, du « silence du grand nombre » pour reprendre une formule d’Arlette Farge

    Les auteurs proposent ainsi de faire « sortir le peuple de la nuit des temps » (titre du premier chapitre). Ils considèrent néanmoins qu’il ne s’agit pas pour autant d’une contre-histoire de Nantes mais plutôt d’« une autre manière d’interroger l’histoire », refusant toute démarche « populiste » qui ferait du peuple « un acteur idéal de l’histoire ». Dans l’ouvrage, celui-ci est d’ailleurs considéré de manière différente selon les périodes. Jusqu’au XIXe siècle il s’agit de la population dont le sort dépend d’acteurs sociaux qui constituent une élite politique et économique. À partir du XIXe siècle, c’est une définition plus politique qui est retenue, celle du Nantais Ange Guépin – témoin et acteur des journées révolutionnaires de juillet 1830 – qui considère qu’il y a « désormais un peuple en France, mais plus de populace ». La Révolution française est passée par là avec l’apprentissage de la politique. Le peuple tente d’être acteur de son Histoire.

    L’ouvrage est découpé en vingt-quatre chapitres, auxquels s’ajoutent une annexe chronologique (« Le temps du peuple ») et deux chapitres de conclusion dont l’un, « L’atelier de l’historien », décrit utilement la démarche des auteurs, dans un souci de transparence – même si on pourra regretter la quasi-absence d’appareil bibliographique, qui rend difficile l’accès aux travaux mobilisés. Comment les auteurs sont-ils parvenus à rendre compte des différentes incarnations du peuple à chaque période ? Et que produit cette histoire par le bas en matière de découpage chronologique et de regard porté sur le patrimoine local ? Ce sont ces deux questionnements qui ont guidé la lecture de l’ouvrage.

    Avant le XIXe siècle : le peuple et les élites
    À la Renaissance sont mises en place une administration municipale et une gestion des archives qui rend possible pour la première fois un comptage des « pauvres », c’est-à-dire ceux qui n’ont pas de biens et peuvent à tout moment tomber dans la mendicité. Si au milieu du XIVe siècle, 5 à 8 % des 20 000 habitants sont mendiants, ceux susceptibles de rejoindre cette classe représentent la moitié de la population. Parallèlement, la charité dépend de moins en moins de l’Église et de plus en plus de la bourgeoisie, qui s’est arrogé la gestion municipale, souhaitant éviter les troubles engendrés par cette pauvreté sans pour autant faire participer le peuple à la vie locale. Les auteurs récusent à ce propos les affirmations des historiens nantais Olivier Pétré-Grenouilleau et Guy Saupin, selon lesquelles le vote pour les maires et échevins en 1598 aurait produit une ouverture politique par l’intégration des habitants (p. 61).

    L’ouvrage ne comporte pas de carte, qui aurait permis au lecteur de situer le quartier du Marchix, ou la rue de la Casserie (première rue mentionnée p. 54) et le quartier Saint-Léonard (p. 60), seul quartier pauvre situé dans l’enceinte de Nantes au XVIIe siècle, les autres quartiers populaires étant alors situés dans les faubourgs (Saint-Nicolas, Saint-Jacques). Dès le XVIIIe siècle se dessine une géographie ouvrière avec ses milliers d’ouvriers habitant les mêmes quartiers, préfigurant déjà les concentrations de la révolution industrielle. Les indienneurs (ouvriers fabricants les « indiennes », ces étoffes peintes ou imprimées) résident dans les îles de la Loire et dans les faubourgs du sud (Pirmil et Saint-Jacques), alors que les tisserands habitent dans le quartier du Marchix et de Saint-Clément, et les travailleurs des chantiers près de la rue de la Fosse.

    Un comptage des occurrences des toponymes permet de proposer une cartographie (figure 1) des lieux et des édifices qui participent de cette histoire populaire. Pour la période précédant le XIXe siècle, le Sanitat, dédié aux contagieux et l’Hôtel Dieu qui accueille les indigents sont ainsi les lieux les plus cités dans l’ouvrage. A contrario, il n’est question du château des Ducs de Bretagne qu’à cinq reprises. Cette histoire populaire fait ainsi émerger de nouveaux lieux, différents de ceux qui sont aujourd’hui les plus connus, en proposant de les inclure dans le patrimoine local. Une nouvelle géographie patrimoniale se dessine.


    Figure 1. Occurrences des lieux cités dans Histoire populaire de Nantes
    Cartographie : Christophe Batardy – CNRS-ESO Nantes. D’après A. Croix, T. Guidet, G. Guillaume et D. Guyvarc’h, Histoire populaire de Nantes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017.

    La chronologie propose également un autre regard. La date de 1532 est mise en exergue non pas tant parce qu’elle correspond, pour l’histoire de la monarchie et la mémoire régionale, à la date du rattachement de la Bretagne au royaume de France et à l’entrée de François 1er dans la ville, mais parce que la ville de Nantes connaît alors la « pire famine » de son histoire (p. 49).

    La question de l’autre, de l’étranger, de celui qui est considéré comme extérieur à la ville par la majorité des habitants même s’il y réside, est ici questionnée. En 1572 pour la Saint Barthélémy, il n’y a déjà plus de protestants dans la ville, raison pour laquelle il n’y a pas de massacre à Nantes. En revanche en 1622, 700 personnes sont capturées lors des affrontements entre troupes royales et armée protestante et sont entassées au Sanitat, puis massacrées (p. 81). En 1636 et 1637 des émeutiers s’en prennent à des Portugais qu’ils accusent d’être des juifs convertis.

    Les auteurs reviennent aussi sur les mythes qui entourent certaines personnalités de l’histoire nantaise. C’est le cas de Petitpierre, célèbre indienneur, dont l’histoire ne retient habituellement que les indiennes sortant de sa manufacture, et dont les auteurs soulignent son rôle dans l’exlpoitation économique des classes populaires locales (p. 113). De la même façon Gérard Mellier – maire de Nantes de 1720 à 1729 – n’est pas selon eux le grand maire vanté dans l’histoire de Nantes. Bon nombre de ses interventions témoignent de son rejet des classes populaires considérées comme dangereuses, au point d’envisager l’expulsion des vagabonds vers Terre-Neuve.

    XIXe et XXe siècle : le peuple et la politique
    Les auteurs soulignent que le XIXe siècle est aussi sans pitié pour les pauvres, le vol d’un mouchoir pouvant donner lieu à une condamnation à trois mois de prison en 1835. Le bureau de bienfaisance de la ville secourt ainsi jusqu’à 20 000 indigents aux alentours des années 1846-1849, soit le quart de la population nantaise (p. 204). Les inégalités sociales sont telles qu’un ouvrier d’une conserverie ne peut pas s’acheter une boîte de sardines avec le salaire d’une journée. La différence avec l’Ancien Régime est que l’on ne meurt plus de faim. Au XIXe siècle, le choléra sévit aussi de manière récurrente en raison de la mauvaise qualité de l’eau distribuée et de la pollution de l’Erdre, utilisée comme dépotoir. Mais les inégalités sont fortes entre classes sociales : si la mortalité infantile est de 9 % en centre-ville, elle atteint 50 % rue des Olivettes ou rue des Fumiers (actuel rue Marmontel) aux alentours de 1830. Au même moment, près de 600 prostituées logent dans une trentaine de rues, dont la rue d’Ancin, celle des Trois-Matelots et la rue des Marins.

    À partir du XIXe siècle, la ville s’étend avec la révolution industrielle. En 1908, les communes de Chantenay et de Doulon sont annexées à Nantes, qui gagne alors 30 000 habitants, dont deux tiers d’ouvriers. Même si ces deux quartiers populaires sont les lieux le plus souvent cités dans l’ouvrage (figure 1), les auteurs n’évoquent pas les conséquences politiques de ces annexions. Nantes, en effet, à la différence de la plupart des grandes villes françaises, ne verra pas l’apparition d’une « banlieue rouge », bastion du communisme municipal, qu’auraient pu former Chantenay et Doulon si elles étaient restées indépendantes.

    Selon les auteurs, il n’existe pas vraiment de ségrégation spatiale en centre-ville au XIXe siècle. Aucune rue n’y est exclusivement bourgeoise en raison d’une mixité verticale, à l’instar du Temple du Goût dans le quartier du Bouffay (p. 215). . . . . .

    La suite : https://metropolitiques.eu/Une-geohistoire-populaire-de-Nantes.html

    #Nantes #Histoires #Géographie #histoire_populaire #peuple #bourgeoisie #exploitation #classes_sociales

    • Réforme des Chambres régionales des comptes : « La fin d’un contre-pouvoir réel à celui des élus » Benjamin Peyrel
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      Inutile de se mentir  : le sujet est aussi technique qu’il est important. Appelée de ses vœux par l’ensemble des acteurs concernés depuis plusieurs années, la réforme a donc été longue à être élaborée. Son objet  ? Modifier en profondeur le fonctionnement de l’ensemble des juridictions financières du pays  : la Cour des comptes, bien sûr, mais aussi l’ensemble des Chambres régionales des comptes. Soit les institutions qui, au niveau national et local, ont pour mission de s’assurer du bon emploi de l’argent public par l’État et les collectivités, puis d’en rendre compte au public.

      Pays de la Loire et des jugements prononcés par ses magistrats. C’était le cas, pour ne citer que quelques exemples récents, à propos du transfert du CHU de Nantes, de la gestion de l’École des Beaux-Arts et de la condamnation de son trésorier ou encore des rapports entre la ville de Nantes et les Machines de l’île.


      Dans une interview aux Échos, le 15 septembre, Pierre Moscovici se félicitait d’une réforme «  historique  », dont l’objectif serait de «  se concentrer sur les fautes graves, avec de vraies sanctions à la clé, plutôt que des contrôles tatillons sans suite effective  ». Un point de vue loin d’être partagé au sein des juridictions qu’il contrôle. D’Acteurs publics à Mediapart (auquel Pierre Moscovici a répondu dans un plaidoyer pour la réforme), plusieurs articles de presse se sont récemment fait l’écho des craintes qu’inspire le projet gouvernemental aux magistrats financiers. Leurs principales craintes  : la «  disparition du juge des finances publiques locales dans les territoires  » et «  l’affaiblissement programmé  » des CRC, comme l’expliquait le Syndicat des juridictions financières (SJF), dans un communiqué publié le 14 septembre.
      Représentant du SJF dans les Pays de la Loire, Louis-Damien Fruchaud explique à Mediacités les risques que, selon lui, une telle réforme fait peser sur la justice financière au niveau local.
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      L’intégralité de l’article avec les liens : https://www.mediacites.fr/interview/nantes/2021/09/30/reforme-des-chambres-regionales-des-comptes-la-fin-dun-contre-pouvoir-ree

  • Tombes découvertes au Canada : l’Église catholique versera 30 millions de dollars aux autochtones
    https://www.ouest-france.fr/monde/canada/tombes-decouvertes-au-canada-l-eglise-catholique-versera-30-millions-de

    Après des excuses formelles prononcées la semaine passée, l’Église catholique a annoncé, lundi, le versement de 30 millions de dollars aux survivants des pensionnats des peuples autochtones. Ces derniers mois, plus d’un millier de tombes ont été découvertes près d’anciennes institutions religieuses du pays.


    Des personnes s’embrassent devant un mémorial de fortune érigé, au niveau de l’ancien pensionnat indien de Kamloops, en hommage aux 215 enfants dont les restes ont été découverts enterrés près de cet établissements situé en Colombie-Britannique. | COLE BURSTON / AFP

    Les évêques catholiques du Canada se sont engagés lundi à verser 30 millions de dollars canadiens pour soutenir les initiatives en faveur des survivants des pensionnats pour autochtones après avoir présenté des « excuses formelles » la semaine dernière.

    Ces fonds seront débloqués sur cinq années pour « remédier à la souffrance causée par les pensionnats au Canada », expliquent les évêques dans un communiqué publié lundi 27 septembre.

    Il s’agira de « soutenir des programmes et des projets dédiés à l’amélioration de la vie » des survivants des pensionnats et de leur communauté, a déclaré Mgr Raymond Poisson, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

    Vendredi dernier, les évêques avaient exprimé leur « profond remords » et présenté « leurs excuses sans équivoque » aux peuples autochtones après la découverte ces derniers mois de plus d’un millier de tombes près d’anciens pensionnats dirigés par l’église catholique.

    « Traumatisme historique »
    Une nouvelle fois, les évêques reconnaissent dans le communiqué publié lundi l’existence d’un « traumatisme historique et toujours présent, causé par le système des pensionnats ».

    Dans le pays, très marqué par ces révélations, de nombreuses voix s’étaient élevées pendant l’été pour demander des excuses de l’Eglise et même du pape en personne.

    Au total, plus d’un millier de tombes anonymes près d’anciens pensionnats catholiques pour autochtones ont été retrouvées cet été, remettant en lumière une page sombre de l’histoire canadienne et sa politique d’assimilation forcée des Premières Nations.

    Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis, et inuits ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

    #Canada #peuples_autochtones #histoire #disparitions #fosse_commune #enfants #pensionnat #école #cadavres #vol #viols #peuples_premiers #nations_premières #premières_nations #autochtones #colonialisme #extermination #génocide

    • Toujours plus ignoble l’église catholique

      Les survivants des pensionnats des peuples autochtones devront donc faire approuver leur #projet par ceux qui :
      – Les ont volé.
      – Tué, entre autres par contamination de maladies.
      – Violé leurs enfants.
      – Tué leurs enfants dans d’immondes soit disant pensionnats.

      Et il ne faudra pas qu’ils oublient de dire merci.

  • « Bolsonaro est en train de faire adopter un arsenal législatif qui démantèlera les droits des Indiens sur leurs terres »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/08/bolsonaro-est-en-train-de-faire-adopter-un-arsenal-legislatif-qui-demanteler

    La France ne doit pas se rendre complice de l’ethnocide et de l’écocide en cours au Brésil, affirme un collectif d’anthropologues et d’historiens, parmi lesquels Philippe Descola et Anaïs Fléchet, plaidant pour l’application de sanctions de la part de l’UE.

    Tribune. Depuis le 22 août, 6 000 Indiens du Brésil, issus de 170 peuples différents, ont planté leurs tentes sur l’esplanade des ministères à Brasilia pour s’élever contre une menace inédite sur leurs droits et leurs terres. Ils entendent peser sur une décision de la Cour suprême concernant une demande de l’Etat de Santa Catarina de reprendre possession d’une partie de la terre indigène Ibirama-Laklano revendiquée par le peuple Xokleng. L’enjeu est d’importance puisque cette décision confirmera la doctrine en vigueur ou la remplacera par une autre, très défavorable aux droits des Indiens.

    (...) A titre d’exemple, le territoire des Yanomami fait déjà l’objet de cinq cents demandes formelles d’extraction minière. Une fois les lois votées, on voit mal comment ces demandes pourraient ne pas être acceptées. Ce serait alors, dans cette seule terre, 30 000 kilomètres carrés de forêt qui seraient ouverts à l’exploitation, soit la superficie de la Belgique.

    #ethnocide #écocide #déforestation #droits_originaires

    (rare absence de paywall pour une tribune)

  • #Souveraineté_alimentaire. Aux États-Unis, les Amérindiens veulent “décoloniser leur assiette”

    La pandémie de Covid-19 a accru la volonté d’#autonomie_alimentaire des Amérindiens, qui renouent aujourd’hui avec les semis, les cultures et les #pratiques_culinaires traditionnelles pour “rééduquer” leur palais.

    Au printemps 2020, alors que le Covid-19 se propageait aux États-Unis, #Daniel_Cornelius a fait ses #semis. Membre de la nation #Oneida du Wisconsin, il vit dans la campagne vallonnée du sud de Madison, où il a planté des carottes, des tomates ainsi que des plantes traditionnelles amérindiennes : fèves, citrouilles et maïs.

    Il a aidé d’autres Amérindiens à faire de même. En juin, il a pris son tracteur manuel, direction le Nord, jusqu’aux Chippewas du lac du Flambeau, pour les aider à retourner et à préparer la terre selon la tradition.

    Puis, il a amené des graines de courge à la réserve Menominee du #Wisconsin, où les habitants ont aménagé des parterres de culture surélevés comme le faisaient leurs ancêtres.

    Il a collecté du sirop sur des érables et a ramassé du riz sauvage puis, en septembre, il s’est rendu à une foire dans la réserve Oneida, près de Green Bay, où il les a échangés contre des poivrons, des œufs de caille et de la soupe de maïs. “Presque tout le monde voulait de ce sirop d’érable”, raconte-t-il.

    Renouer avec les pratiques traditionnelles

    Cornelius fait partie du mouvement dit de “souveraineté alimentaire”, de plus en plus populaire chez les Amérindiens, qui vise à augmenter la production locale et à renouer avec l’agriculture et les pratiques culinaires traditionnelles.

    C’est un phénomène à grande échelle qui va de la culture d’un potager par des familles dans leur jardin jusqu’au développement d’un réseau d’organisations régionales et nationales dédiées à la coopération entre tribus, au partage de techniques agricoles et à la préservation de variétés ancestrales.

    “Les gens sont demandeurs de ces produits, explique Cornelius, également conseiller technique pour le Conseil agricole intertribal de Billings, dans le Montana, et professeur à l’université du Wisconsin. Et ils ont aussi soif de connaissances.”

    Pour de nombreux Amérindiens, le retour à des produits et cultures traditionnels s’inscrit dans un effort plus large pour se “décoloniser”. Une façon de réparer les ravages économiques et culturels infligés par les descendants d’Européens qui les ont chassés de leurs terres, enfermés dans des réserves et envoyés dans des pensionnats et ont tout fait pour les couper de leurs racines.

    Cela ne passe pas seulement par un regain d’intérêt pour les #plantes_ancestrales mais aussi par un retour à une certaine vie économique et culturelle, et à des coutumes et des traditions liées à la #nourriture et à sa production.

    Des effets bénéfiques sur la santé

    Sur le plan pratique, la souveraineté alimentaire est une solution qui vise plus d’autonomie et qui ouvre également des perspectives économiques dans les communautés les plus pauvres.

    (#paywall)

    https://www.courrierinternational.com/article/souverainete-alimentaire-aux-etats-unis-les-amerindiens-veule
    #peuples_autochtones #USA #Etats-Unis #décolonisation #alimentation #agriculture

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    • Seeds and beyond: Native Americans embrace ‘food sovereignty’

      Last spring, as COVID-19 swept the nation, Daniel Cornelius planted. A member of the Oneida Nation of Wisconsin, he lives in the rolling farm country south of Madison, where he planted carrots and tomatoes, as well as traditional Native American crops – beans, pumpkins, and corn in hues ranging from cream to deep red and bearing names like Tuscarora white, Mohawk yellow, and Bear Island flint.

      He helped others plant, too. In June he took his small walk-behind tractor north to help members of the Lac du Flambeau Band of Lake Superior Chippewa start gardens, heaping the soil in long mounded rows in imitation of traditional planting hills. He brought squash seeds to the reservation of the Menominee Indian Tribe of Wisconsin, where members have been building raised beds after ancient Menominee practice. He tapped box-elder trees for syrup and gathered wild rice, and in September he brought them to a bartering event on the Oneida reservation, near Green Bay, where he traded them for peppers, quail eggs, and corn soup.

      “Almost everyone wanted that box-elder syrup,” he says.

      Mr. Cornelius is part of a growing “food sovereignty” movement among Native Americans, an effort aimed at increasing local food production and reviving Indigenous agricultural and culinary practices. It’s a broad-ranging movement that includes families growing vegetables in backyard gardens and an ever-expanding network of regional and national organizations devoted to fostering intertribal cooperation, sharing agricultural know-how, and promoting the use and preservation of traditional crop varieties.

      “People are hungry – literally hungry to eat these foods,” says Mr. Cornelius, who is also a technical adviser for the Intertribal Agriculture Council, based in Billings, Montana, and an instructor at the University of Wisconsin-Madison. “But also, in a more figurative sense, they’re just hungry for knowledge.”

      For many Native Americans, the return to traditional foods is part of a wider effort to “decolonize” their people, a way to repair the economic and cultural damage inflicted by European Americans who drove them from their lands, confined them to reservations, sent them to boarding schools, and tried to sever them from their old ways. It means not just planting old seeds but reviving the economic and cultural life, the ceremonies, the customs and beliefs, around food and food production.

      In a practical sense, food sovereignty offers a path toward greater self-sufficiency and economic opportunity in poor communities. Perhaps more critical are its potential benefits for public health. Native Americans face high rates of diabetes, heart disease, obesity, and other conditions that food sovereignty advocates say result from a dependence on processed foods.

      “We’ve got to get back to a diet and food system that our bodies and our babies can handle,” says Gary Besaw, head of the Department of Agriculture and Food Systems on the Menominee reservation.

      Since it emerged a year ago, COVID-19 has given new urgency to these efforts. The coronavirus hit Native American communities hard: In December, the Centers for Disease Control and Prevention reported that Native Americans and Alaskan Natives were 3 1/2 times more likely than white Americans to become infected with the virus. Yet, while COVID-19 has revealed the vulnerability of Native peoples, it has also inspired more of them to plant, fish, gather, and hunt.

      “People are seeing the weakness within our current food system,” says Rebecca Webster, who with her husband, Stephen, grows corn and other traditional crops on the Oneida reservation. “They want to know where their food is coming from. They want to take control back.”

      Much of the food sovereignty movement focuses on seeds: growing and preserving them, as well as finding and distributing old and not-yet-forgotten varieties. Some of this work requires research, like figuring out where a seed company acquired its varieties long ago. It also involves hunting down a variety that someone has been growing – and then producing enough seed to share. Organizations like Seed Savers Exchange, based in Decorah, Iowa, and long devoted to promoting heirloom seeds, have in recent years been growing Native varieties and sending out seeds to a small number of established growers. In addition, an expanding universe of workshops and YouTube videos is available to teach aspiring growers how to use Native agricultural techniques.
      The “Three Sisters”

      The most popular seeds are the “Three Sisters” of Indigenous agriculture: corn, beans, and squash. They are traditionally grown together in mounds, as the Websters do on the Oneida reservation. The cornstalks serve as a trellis for the bean vines, while the beans, which are legumes, enrich the soil for the corn. The squash sprawls out all around. A modification of this strategy is to grow the corn and beans in mounded rows, with squash on the ends. Many Native growers also plant tobacco and sunflowers.

      When the pandemic struck, the demand for seeds soared. People had more time at home; they also were rattled by local food shortages. On the Meskwaki Settlement in Tama, Iowa, Shelley Buffalo, local foods coordinator for the Meskwaki Food Sovereignty Initiative, grappled with a “huge increase” in requests for seeds. “There were many people who were gardening for the first time,” she says. Appeals to the Traditional Native American Farmers Association “nearly depleted what we had,” says Clayton Brascoupé, a farmer in Tesuque Pueblo, New Mexico, and the group’s program director.

      “There were people contacting us from a lot of new places,” he says. “They said, ‘Can you send seed?’”

      But it’s not all about seeds. Native Americans are also raising bison, spearing fish, picking chokecherries, harvesting wild rice – and much more.

      It’s a movement that touches every tribe in the United States and reflects both the geographical and historical diversity of Native American communities. The Quapaw Nation of Oklahoma raises bison on lands recovered from lead and zinc mining and operates its own meat processing plant. The Muckleshoot of Washington state have hosted workshops on how to fillet a salmon and slice up an elk. Ndée Bikíyaa, or People’s Farm, is trying to revive agriculture among Arizona’s White Mountain Apache. Minnesota’s Red Lake Ojibwe sell mail-order wild rice and chokeberry jam. And in Hugo, Minnesota, just outside the Twin Cities, the organization Dream of Wild Health teaches Native children how to garden; a program for teenagers is called Garden Warriors.

      “This year was a big wake-up call for our tribe,” says Greg Johnson, a member of the Lac du Flambeau Band and an expert in cooking muskellunge, a predatory fish found in northern lakes, which he does by wrapping it in birch bark and baking it in the ground, under a fire. Mr. Johnson says that worries over the food supply sent twice the number of his band than usual out to spear walleyed pike in northern Wisconsin lakes early last spring, a tradition among his people. More people hunted deer later in the year; he taught some of them how to can the venison.

      “In many respects, for me it was really good to see that,” he says. “There were people you never thought would get wild rice. There were people who you never thought would get wild medicines. It was really incredible.”
      Chef participation, too

      Getting the food is only part of the movement. A growing number of chefs are promoting Native cuisine, among them Sean Sherman, an Oglala Lakota and recipient of a James Beard Award. The founder and CEO of The Sioux Chef business in Minneapolis, Mr. Sherman directs a food lab devoted to teaching Native culinary approaches. COVID-19 delayed his plan to open a restaurant, but it inspired a new form of outreach: ready-to-eat meals prepared in the Twin Cities and distributed to Native communities around the region. By December, a crew of 24 workers was sending 6,000 meals a week. It distributed 500 meal kits before the holidays, including the fixings for what Mr. Sherman describes as a Native grain bowl – Potawatomi corn, bison meat, dried blueberries, and puffed wild rice. “That was a fun one,” he says.

      Efforts to revive Native foods are not new. Mr. Brascoupé recalls an intertribal meeting in Gallup, New Mexico, in 1992 at which older farmers voiced concerns about their dwindling numbers. “They also saw a decline in people’s health,” he says. “They tied those two together.”

      In the years since, Mr. Brascoupé has seen a steady increase in the ranks of Native farmers. And what started as a rural movement, he says, has moved to cities, where many Native Americans live – to community gardening and programs teaching Native gardening and culture to children. Mr. Brascoupé attributes much of the resurgence not to tribal initiatives, which have become widespread, but to younger individuals carrying on the work of their elders. Once a young farmer himself, he now has grandchildren who farm.

      “A lot of what we see now started with young people,” Mr. Brascoupé says. “It was more from the bottom up than the top down, from tribal governments.”

      Indeed, the food sovereignty movement builds upon the perseverance and determination of individuals and families who have worked over many years to keep Native food traditions alive. One of these people is Luke Kapayou, who grew up on the Meskwaki Settlement. “When I was growing up, all of us, we had to help with the gardens,” he recalls. “Most of the families had their own gardens.”

      As Mr. Kapayou got older, however, he noticed that fewer people were gardening. And those still doing it were planting fewer old varieties – mainly just corn, the most prized of Native foods. He resolved to keep growing traditional beans and squash, and he began to seek out other varieties both on and off the settlement. He consulted old ethnographies. He even tried – unsuccessfully – to track down seeds at a New York museum.

      “Most of the seeds that me and my family are growing in our garden are what my parents and great-grandparents were growing,” he says. “They’ve been growing for a thousand years. I don’t know, I think I believe these seeds are sacred. They’re very special. It makes me want to keep growing them, and I want to make sure our kids keep growing them.”
      Plenty of challenges

      Despite its successes, the food sovereignty movement still faces plenty of challenges. Growing old crop varieties can be labor-intensive: If done in the traditional way, they are planted and harvested by hand, with the three main crops – corn, beans, and squash – planted together. Also, growers need to take care that nearby field crops, especially corn, don’t cross-pollinate with traditional varieties. And it takes time to preserve the foods – usually by drying – and to cook them up in traditional dishes, such as corn soup, which Mr. Kapayou prepares outside in an old kettle over a wood fire. In addition, efforts to take advantage of Native treaty rights for hunting and fishing continue to meet resistance – as when a group of non-Native people harassed Mr. Johnson while he speared walleyes at a Wisconsin lake last April.

      Nor is it easy to get people to renounce modern processed foods. Nicky Buck knows this well. A member of the Prairie Island Indian Community in Minnesota, she grew up behind a McDonald’s and ate sugar sandwiches as a child – and developed kidney disease as an adult. Today she eats – and promotes – Native foods in her community.

      “You just have to retrain your palate,” she says. “You have to decolonize your palate.”

      Decolonizing the palates of the young poses a special challenge. Parents make sloppy Joes out of bison meat and substitute flint corn for wheat pasta. Ms. Webster, the mother of two teenage daughters, says, “We’re trying to show that corn is cool enough even though there’s a frozen pizza looking at them.”

      The gardening itself may occasion a complaint from younger ones, but it’s good family time. Indeed, the food sovereignty movement is often about bringing people together – growing, harvesting, trading seeds and food, and, of course, eating. A Native foods cooperative on the Oneida reservation has 15 member families and saw more applications to join last year than ever before. “There are a lot of folks showing interest,” says Lea Zeise, who manages the co-op.
      A year-round effort

      Food sovereignty is a year-round effort. Over the winter, gardeners have been cooking up what they harvested and preserved in the fall – the dried beans, the canned venison, the corn boiled and dried and stored in glass jars. In northern Wisconsin, members of the Lac du Flambeau Band were busy with winter spearing, chopping holes through 28 inches of ice to get to the fish.

      “We’re going to get as many muskies as we can,” says Mr. Johnson. “We have a lot of younger people who want to do this.”

      Others are looking forward to spring – planning their gardens, shelling dried corn for seed, and in some cases looking beyond the pandemic to a resumption of the workshops and conferences that have helped spread the food sovereignty movement. “People can’t wait to get together,” says Mr. Cornelius.

      In the meantime, Mr. Cornelius, like other food sovereignty advocates, is heavily booked on Zoom. He’s also full of plans for his own farming. In midwinter he was thinking he should plant his greenhouse soon. He was also trying to figure out how to tap more trees in early spring, including a stand of silver maples on land he just bought last year – 51 acres, mostly woods, plus the derelict buildings of an old dairy farm. He hopes to bring in cattle. His friends say he should raise bison. Maybe someday, he tells them.

      “One step at a time,” he says.

      https://www.csmonitor.com/USA/Society/2021/0222/Seeds-and-beyond-Native-Americans-embrace-food-sovereignty

      #semences #graines

  • Mexico City to swap Columbus statue for one of indigenous woman

    A statue of Italian explorer Christopher Columbus, which stood on one of the main avenues of Mexico City, will be replaced by one of an indigenous woman.

    Mexico City Mayor #Claudia_Sheinbaum said the bronze likeness of Columbus would be moved to a park and a statue of an #Olmec woman would take its place.

    The Columbus statue was removed from its plinth last year ahead of protests.

    Protesters have toppled Columbus statues in Latin America and the US.

    Christopher Columbus, an Italian-born explorer who was financed by the Spanish crown to set sail on voyages of exploration in the late 15th Century, is seen by many as a symbol of oppression and colonialism as his arrival in America opened the door to the Spanish conquest.

    Mayor Sheinbaum made the announcement on Sunday at a ceremony marking the international day of the indigenous woman.

    She said that relocating the statue was not an attempt to “erase history” but to deliver “social justice”.

    Ms Sheinbaum said that the Columbus statue “would not be hidden away” but that the civilisations which existed in Mexico before the Spanish conquest should receive recognition.

    The mayor said that sculptor #Pedro_Reyes was working on a statue of a woman from the Olmec civilisation, which flourished in the Gulf of Mexico from 1200 BC to 400 BC, to replace that of Columbus on Reforma Avenue.

    The plinth on which the Columbus statue stood has been empty since 10 October 2020 when it was removed “for restoration purposes” just two days before planned protests marking the arrival of Columbus in 1492.

    Some activists had issued calls on social media for the statue to be toppled.

    https://www.bbc.com/news/world-latin-america-58462071

    #Mexico_City #mexique #statue #monument #Colomb #Christophe_Colomb #toponymie #toponymie_politique #femmes #femme_autochtones #peuples_autochtones #justice_sociale #mémoire

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  • Rocky Mountain peak officially given traditional #Stoney_Nakoda name, erasing racist label

    Peak near #Canmore will now be known as #Anû_Kathâ_Îpa (#Bald_Eagle_Peak)

    A prominent mountain peak in #Alberta's Rocky Mountains has officially been given the name it was called by Indigenous people for generations.

    The feature, located near the summit of Mount Charles Stewart, has had a racist and sexist nickname since the 1920s.

    The formation, visible from the mountain town of Canmore, will now be known by its original #Stoney_Nakoda name, Anû Kathâ Îpa, or Bald Eagle Peak.

    Chief Aaron Young of Chiniki First Nation said his daughter voiced anger at the mountain’s “shameful and derogatory” name for years.

    “Today, we will certainly honour our women.… It is on behalf of them that I stand here today with our council and elders to give thanks to our creator for guiding us in the naming of Bald Eagle Peak, Anû Kathâ Îpa,” Young said on Monday, standing in front of the peak.

    “A racist and sexist term has finally been cast aside. The Stoney people are grateful.”

    Young said the peak’s traditional name comes from the mountain’s location along eagle migratory routes. He said it was traditionally a location where locals would collect feathers.

    The peak was renamed during a ceremony with Stoney Nakoda elders last year, but Monday’s announcement marked the official change — meaning the landmark will be updated on provincial and federal place-name databases and maps.

    The landmark was previously known as S---w’s T-t. The first word, which comes from the Algonquin language, once simply meant woman but has since evolved into a term used to disparage Indigenous women.

    The province is also working toward renaming another offensively nicknamed mountain in #Banff_National_Park. Provincial officials said the government is working together with Parks Canada and Indigenous communities to identify a new name.

    “Sadly, sometimes the common names given to places are inappropriate and offensive, even an embarrassment to use,” said Alberta Culture Minister Ron Orr. “We’re correcting the official record for two of those places.”

    https://www.cbc.ca/news/canada/calgary/bald-eagle-peak-renamed-1.6150616
    #Canada #toponymie #toponymie_politique #montagne #racisme #peuples_autochtones #Mount_Charles_Stewart #Charles_Stewart #femmes #toponoymie_féministe #sexisme

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  • Pauvreté des programmes culturels
    De la gauche et de l’art

    par Evelyne Pieiller

    Ouvrant leurs collections aux foules avec l’appui des pouvoirs publics, MM. François Pinault ou Bernard Arnault deviennent les saints patrons des arts, dont ils contribuent à fixer les prix. Les industries culturelles promeuvent des formes qui modèlent la perception et les valeurs. Mais nombre de progressistes portent le combat ailleurs, en demandant à l’art des comptes sur son utilité sociale.

    Les moments de franche rigolade ont été assez rares pendant la crise sanitaire. Il y en a pourtant eu un, en plein confinement : lorsque le président Emmanuel Macron, en bras de chemise, quasiment ébouriffé et l’air intense, s’est adressé à des artistes pour leur expliquer le sens de la vie et du « timing » : « Robinson Crusoé, il ne part pas avec des grands principes, il va dans la cale chercher ce qui va lui permettre de survivre. Du fromage. Du jambon. Des choses très concrètes. Pour pouvoir ensuite inventer quelque chose et créer. Robinson, quand le naufrage est là, il ne se prend pas les mains dans la tête [sic] en essayant de faire une grande théorie du naufrage (1). »

    Si cette argumentation peut faire l’effet d’un sketch comique, elle paraît néanmoins relever du bon sens. Il est en effet peu commode de « se prendre les mains dans la tête ». Il est tout aussi vrai, côté jambon-fromage, que les besoins élémentaires sont généralement prioritaires, comme le rappelle Bertolt Brecht dans L’Opéra de quat’sous, avec son « D’abord la bouffe ensuite la morale ». À l’évidence, le propos présidentiel visait à remettre les artistes à leur place. Du concret, pas de la théorie.

    M. Macron n’est pas le seul à vouloir les remettre à leur place. C’est aujourd’hui une position commune à nombre de mouvements et de penseurs considérés comme progressistes. Leur place : non plus à part, vaguement éthérée, au-dessus des simples mortels que n’ont pas favorisés les muses, mais de plain-pied avec leurs concitoyens, face aux mêmes urgences et nécessités. De façon cohérente, c’est l’art lui-même qui est jeté à bas de son piédestal.

    Il suffit pour s’en convaincre de lire les programmes des partis dits de gauche, ou de voir leur concrétisation dans les municipalités qu’ils gèrent. L’exemple écologiste est édifiant. À Bordeaux, dans le cadre d’une grande campagne destinée à « faire participer le maximum de Bordelais et Bordelaises à la définition de la politique culturelle », via une plate-forme où l’on peut donner son avis, des affiches, en mars 2021, demandaient innocemment : « La cuisine, c’est de la culture ? », « La culture, ça coûte trop cher ? », « Artiste, c’est un métier ? » Le « forum » ainsi ouvert n’est pas un « événement pensé par et pour les professionnels », mais une « coconstruction », car « chacun.e est porteur [sic] de culture ». L’élu, M. Pierre Hurmic, entend engager une réflexion sur les lieux « pour qu’ils soient tout autant des lieux de création artistique que des lieux de discussion, de rencontres et des lieux-ressources », explique son adjoint Dimitri Boutleux (2). Tête de liste Europe Écologie - Les Verts (EELV) pour la métropole en 2021, Mme Pascale Bonniel Chalier, enseignante en management culturel, renchérit : « On impose la culture aux gens sans leur donner le choix, sans écouter leurs cultures, or nous sommes dans la coconstruction (3). » M. Éric Piolle, maire de Grenoble, précise : « Après la grande phase Malraux et la grande phase Lang, on est arrivés au bout. (…) On ne doit plus être dans une logique surplombante, verticale, descendante. » Un de ses conseillers résume : « Le maire veut rendre la culture, trop longtemps parisienne et élitiste, aux Grenoblois (4). » En bref, il faut du local, de l’horizontal, de l’accessible. Du populaire. De l’authentique. De l’animation. Et de la coconstruction. En clair, baissons les subventions élitistes et rendons les « lieux » aux « gens ».
    Ce que le public « ne sait pas qu’il désire »

    Du côté du Parti communiste français, longtemps un ardent promoteur de l’implantation de lieux de création dans ses villes, le propos est flou sur l’art (« redéfinir les missions artistiques et citoyennes » des établissements subventionnés), et « tendance » sur la nécessité de l’« accès à la culture dans un processus d’appropriation et de valorisation des pratiques culturelles de chacune et chacun » (5). Le Parti socialiste, dans les textes qui préparent son congrès de septembre 2021, fait dans la sobriété : les artistes doivent aller dans les écoles. Quant à La France insoumise, son livret-programme, sensiblement plus étoffé, rappelle avec autant de force que d’originalité que « l’art est une source d’émotions, d’invention », et entend « encourager » la… « coconstruction de la programmation culturelle avec les publics ». Quelques banalités : l’opéra est une « pratique culturelle marquée par de profondes inégalités », « les plus aisé.e.s se réservent les visites fréquentes et l’art “savant” ». Mais le parti de gauche dénonce également la culture de masse qui « permet de formater les comportements ». Place aux droits culturels : « Chacun.e doit pouvoir manifester son existence, sa créativité. » Développons donc les « pratiques artistiques et amateurs » (6).

    Il y a là enfin une réelle « union de la gauche ». Attaques contre l’art pour nantis, défiance envers les « professionnels », désir de les mettre au service d’animations diverses, salut à la spontanéité des « identités culturelles », mise en avant des amateurs, exaltation de la créativité, validation des goûts du public : la « démocratisation » flirte par moments avec la démagogie, loin de Jean Vilar, fondateur du Festival d’Avignon en 1947 et longtemps directeur du Théâtre national populaire, qui avait pour ambition de « faire partager au plus grand nombre ce que l’on a cru jusqu’ici devoir réserver à l’élite », tout en soulignant qu’« il faut avoir l’audace et l’opiniâtreté d’imposer au public ce qu’il ne sait pas qu’il désire ». On se faisait alors, dans le sillage du Front populaire et du Conseil national de la Résistance, une autre idée du peuple, et des forces de l’art.

    Ce qu’avancent les prescriptions actuelles se retrouve dans de nombreuses analyses et notions du champ universitaire. Rien de plus commun que le refus de la hiérarchisation en art, et ce qui autrefois, avant la fin des années 1960, était dédaigné comme sous-culture a depuis longtemps conquis ses galons d’honorabilité. Assurément, comme le formule avec précision Philippe Olivera à propos de la littérature, sa « représentation dominante (…), loin de s’imposer comme par nature, est le résultat d’un travail de légitimation et de discrimination », qui a relégué dans des « genres dits mineurs » des « espaces qui sont souvent des refuges du discours critique ». La valorisation du roman noir, par exemple, comme « reflet, conscient ou non, de ce qu’est l’époque et de la résistance à cette époque », selon l’expression de l’auteur Marin Ledun, ne fait plus débat, sauf peut-être chez les conservateurs crispés, même si la notion de « genre » — polar, noir, thriller, science-fiction, etc. — demeure, signalant une marque, et un registre (7). Le propos sarcastique du compositeur Pierre Boulez, rappelé dans Majeur/ Mineur (8), ne paraît plus guère audible : « Toutes les musiques elles sont bonnes, toutes les musiques elles sont gentilles. Ah ! le pluralisme, il n’y a rien de tel comme remède à l’incompréhension. (…) Tout est bien, rien n’est mal, il n’y a pas de valeur, mais il y a le plaisir. » Hiérarchiser semble définitivement réactionnaire. Car, comme le dit M. Jack Lang dans le même ouvrage, « la vraie distinction est à établir entre la beauté et la laideur, mais qui peut en être l’arbitre suprême ? ». Ce lexique n’a effectivement plus cours. Ce qui fait aujourd’hui la valeur de l’objet artistique, ce sont son projet et son usage, qui doivent être directement identifiables dans le combat contre les diverses formes de la domination, y compris celle du « bourgeois cultivé ».

    Ce combat libérateur s’exprime notamment dans l’« art documentaire », dont la philosophe Carole Talon-Hugon interroge vigoureusement la revendication à « être un modèle appelé à subvertir le savoir académique », adoubé par les institutions officielles, tant artistiques qu’universitaires (9). Cet « art documentaire », qui se déploie en installations, théâtre, films, utilise documents, archives, etc., pour témoigner de la réalité, être un révélateur de la vérité, à des fins politiques. Mélange de fiction, de mise en scène et de données factuelles, s’appuyant sur l’« histoire vraie » et l’attention au sensible, il brouille la frontière entre réel et représentation, entre travail artistique et savoir objectif, entre vérité et émotion. Le document, au service de la dénonciation du système, justifie l’œuvre.

    La réflexion sur un art politique, et notamment sur l’art documentaire, est conduite également par le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie, enseignant à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. Il incite à « élaborer une éthique des œuvres », qui oblige l’artiste à se demander : « Ce que je fais va-t-il m’inscrire dans le divertissement, la diversion, la complicité au monde ? » Pour une pratique véritablement « oppositionnelle », il faudrait refuser l’art, au sens « esthétique » du terme, et l’imagination, deux « complices des forces de l’ordre ». Et s’employer « à dire la réalité, à dire la vérité, à la montrer, contre les mystifications instituées et les récits mensongers ». Place à l’art explicite, rejetant le poids de références stigmatisantes, qui se devra également de questionner l’ensemble des dispositifs mis en jeu par sa création et sa diffusion. Il faudra donc non seulement refuser l’« entre-soi », mais aussi s’abstenir d’exposer dans un musée, où s’exhibe le « plaisir de la distance de classe », ou de jouer dans une salle de concert classique, excluante en tant que telle (10).

    On pourrait conclure que mieux vaut directement militer. Pourtant, Lagasnerie signale que tout n’est pas perdu : « Ce sont en fait plutôt les auteurs centraux, ou dont les œuvres parviennent à conquérir une certaine centralité publique et institutionnelle, qui produisent les avancées révolutionnaires les plus importantes. » Ah ? Révolutionnaires, vraiment ? Et il conclut par un éloge du cynisme : autant utiliser tout ce qui peut permettre de remplir ce rôle, accepter de ruser avec l’impureté de l’argent, de l’institution, en résumé des pouvoirs, pour faire exister la pureté des « pratiques émancipatrices ». Ce n’est d’ailleurs pas si compliqué : un essai précieux, L’Art et l’Argent, souligne que les « élites contemporaines » aiment « qu’on les agresse ». À preuve, le rappel de la « culpabilité coloniale » dans le travail de l’artiste Adel Abdessemed séduit M. François Pinault (11).

    Ce même recueil met en relation certaines de ces évidences jugées progressistes avec le règne du néolibéralisme. Élitiste ? Plus personne ne l’est, bien au contraire. Voyez les « grands » collectionneurs : leurs collections, riches en « pompiers » séduisants, « sont de nature à devenir des attractions touristiques ». L’art ? Il sert l’« idéologie des manageurs », à travers le développement de la créativité dont chacun est doté. Sa spécificité ? Tout peut faire art, y compris la mode, le « luxe » — d’ailleurs, Jeff Koons crée des sacs pour Louis Vuitton. Le jugement esthétique ? L’émotion, le « ressenti » suffisent, proclament les journalistes. Son utilité dans la vie « citoyenne » ? Le programme de la biennale Manifesta 13 Marseille, initiative d’une fondation privée, est typique : il s’agit désormais, « au-delà des sujets artistiques et culturels », de se centrer « sur l’humain et ses problématiques écologiques ».
    Une « communication des inconscients »

    Jadis, à gauche, la réflexion fut souvent moins en accord avec les tendances du marché, moins prompte à confondre l’affichage moraliste et la visée transformatrice. Antonio Gramsci, cofondateur du Parti communiste italien, rappelait que « l’art est éducatif en tant qu’art, mais non comme art éducatif ». Theodor W. Adorno analysait le rôle des industries culturelles : insuffler la « voix de leurs maîtres » aux consommateurs (12). On interrogeait le poids de l’idéologie dominante qui façonne la « spontanéité » des demandes. Le philosophe hongrois Georg Lukács, membre de la République des conseils en 1919, s’élevait contre la réduction de l’art au « sociologisme vulgaire » — la réduction de toute perspective artistique à des questions de classe (13). Pierre Bourdieu, étudiant les conditions de la « révolution symbolique » opérée par Édouard Manet, soulignait qu’elle s’accomplit en apportant des contradictions aux codes en vigueur, tout en précisant que « la communication entre une œuvre d’art et un spectateur est une communication des inconscients beaucoup plus qu’une communication des consciences (14) »… Enfin, comme l’écrivait Adolfo Sánchez Vázquez, philosophe communiste qui s’exila au Mexique à la fin de la guerre d’Espagne, s’il faut aspirer à la socialisation de la création, celle-ci n’interviendra que dans une société « qui n’est plus régie par le principe de rentabilité », l’artiste devenant alors le « créateur des possibilités de création que d’autres doivent réaliser » (15).

    En attendant, rappelons avec Bourdieu que l’art peut être porteur de dissonances, susceptibles d’induire une nouvelle représentation du monde. Brecht approuve. Charlie Chaplin aussi.

    #art #culture #coconstruction #artiste #peuple

    • J’ai trouvé ce texte assez juste, interessant et plutot déséspérant pour mon avenir d’artiste qui doit faire de la coconstruction pour espéré bouffer tout en culpabilisant de "la honte d’être artiste" comme le dit le dernier bouquin de Lagagnerie que j’ai lu.
      https://artais-artcontemporain.org/lecture-lart-impossible-de-geoffroy-de-lagasnerie

      "Enfin, vers la fin de l’ouvrage, Geoffroy de Lagasnerie prône un cynisme programmatique et invite les artistes à exposer, sans âme , chez Vuitton ou au Palais de Tokyo. Le « cynisme » porté par l’auteur n’est que le cynisme du monde. Philosopher chez Bolloré ou écrire chez Lagardère, exposer chez Vuitton, c’est penser, créer dans un monde malade. Ne demandons pas aux artistes, une vertu que nous autres sommes incapables de revêtir. Créer dans un monde mauvais semble de plus en plus impératif."
      J’imagine qu’il dit ca pour défendre Assa Traoré et Paul B. Preciado qui sont proches de lui et font de la pub respectivement pour louboutin et LVMH. Mais en fait l’art cynique c’est le plus rentable et le plus valorisé aujourd’hui et j’arrive pas complétement à adhéré à ca non plus (surtout faire un art sans ame pfff à quoi bon faire de l’art alors..) meme si c’est vrai que c’est plutot des patriarches qui peuvent s’acheter mes patriarches et ca me rend plus triste qu’autre chose.

      Les ccl sur un sujet pareil c’est pas evident et Mme Pellier sur le diplo ne s’en sort pas mieux avec la sienne qui est décevante comme un beau soufflé qui s’abouse à la sortie du four.

  • #I_padroni_della_Terra #2021


    Rapporto sull’accaparramento della Terra 2021 : conseguenze su diritti umani, ambiente e migrazioni

    A quattro anni dal primo Rapporto “I padroni della Terra”, e anche in quest’ultimo anno e mezzo nel quale il mondo si è fermato a causa del COVID-19, l’accaparramento delle terre a danno dei popoli originari e delle comunità contadine è proseguito con la medesima intensità, se non maggiore.

    Se nel 2018 denunciavamo nelle pagine di quel primo Rapporto come i grandi attori economici, finanziari e politici, concentrassero nelle loro mani 88 milioni di ettari di terre, nel 2020 questo fenomeno ha raggiunto e superato i 93 milioni di ettari, strappati alle popolazioni locali e ai Paesi e consegnati ad un sistema “estrattivista” – per cui non devono esserci limiti allo sfruttamento delle risorse naturali – che sta portando il nostro Pianeta ad un punto di non ritorno.

    E il rapporto ne descrive con accuratezza e aggiornamento i flussi di investimento dai Paesi di origine a quelli “ bersaglio” , oggetto degli investimenti, e la loro distribuzione settoriale

    Un sintomo evidente ne è la stessa pandemia, come già denunciato un anno fa nel terzo Rapporto, che ci mostra la diffusione della zoonosi, di fronte ad uno sfruttamento smodato, non regolamentato ed illimitato delle risorse naturali, in un mondo in cui invece le risorse naturali sono limitate e sempre più rare.

    Questi 93 milioni di ettari di terra (pari alla superficie di Germania e Francia messe insieme) sono oggetto di accaparramento da parte di un sistema fagocitante che produce scarti e che, in un loop infinito, genera nelle persone del mondo occidentale nuove necessità effimere, funzionali al mantenimento del sistema stesso. E’ il modello tecnocratico e consumista denunciato da Papa Francesco.

    Il rapporto evidenzia l’interconnessione del land grabbing con le crisi generate da questo modello , dal cambiamento climatico alle migrazioni e agli sfollamenti, dalle disuguaglianze nella proprietà fondiaria allo sfruttamento indiscriminato e all’inquinamento della natura, dalla corsa alle terre rare essenziali per l’innovazione tecnologica, come il cobalto per le batterie delle auto elettriche, alle discriminazioni di genere e allo sfruttamento del lavoro minorile.

    Interconnessione che ne esaspera e ne accelera la non sostenibilità, minandone dall’interno la parabola temporale: cambiamenti climatici, migrazioni causate anche dalla desertificazione di numerose aree del mondo, incremento delle diseguaglianze tra gli abitanti del Pianeta, che a seconda della loro posizione sullo scacchiere mondiale hanno garantiti o meno i propri diritti umani più basilari.

    L’accaparramento delle terre e le crescenti disuguaglianze, come si legge nel Rapporto, colpiscono le comunità più vulnerabili e più fragili, e pesano in maniera ancora maggiore su donne, ragazze e bambine, schiacciate da società patriarcali e da tradizioni secolari di discriminazioni. Le più vulnerabili tra i vulnerabili pagano il prezzo maggiore anche rispetto al fenomeno del land grabbing.

    Nelle pagine del Rapporto sono inoltre messe in evidenza le storie di resistenza dei popoli indigeni nella difesa della propria terra e dei propri diritti. Sono storie di lotta per la tutela della Terra, che è bene universale e bene comune, come lo sono le sue risorse. Una resistenza portata avanti con coraggio soprattutto dalle donne, che emergono come protagoniste, attiviste per i diritti e contro le iniquità e le ingiustizie.

    A questo si affianca il racconto dettagliato di alcune delle attività di cooperazione allo sviluppo degli Organismi ­Soci di FOCSIV che, grazie alle centinaia di volontari e operatori, ogni giorno, in tanti villaggi, periferie, scuole, centri sanitari, campagne, comunità, con fatica e con entusiasmo si pongono a fianco di queste comunità,mettendo in pratica i valori, i principi e le finalità della Federazione. Valori che sono alla base della nostra visione: la giustizia sociale, l’uguaglianza, la fratellanza, la responsabilità personale e la corresponsabilità.

    Donne e uomini che dimostrano come la cooperazione internazionale sia una necessità per un cambiamento radicale del sistema globale, verso una società più equa, più giusta e più sostenibile. Il paradigma tecnocratico e consumista, come definito da Papa Francesco, si cambia con più cooperazione per modelli di “buona vita”.

    https://www.focsiv.it/iv-rapporto-i-padroni-della-terra
    #accaparement_des_terres #peuples_autochtones #terres
    #rapport #Focsiv #statistiques #chiffres #monde

    Pour télécharger le rapport:
    https://www.focsiv.it/wp-content/uploads/2021/07/LG2021-02.07.2021-Web.pdf

    ping @odilon

  • Au #Cameroun, la #cartographie participative, « puissant outil » de reconnaissance des #droits des #Pygmées

    Pygmées en lutte (2/4). Rivières, forêts vierges, ponts, villages, lieux sacrés : grâce au #GPS, Baka et Bagyeli se sont lancés dans le quadrillage leurs territoires pour mieux les protéger.

    Dans la cour d’une maison en terre battue construite en plein cœur de #Nomédjoh, un village #Baka situé dans la région Est du Cameroun, une dizaine d’hommes, de femmes et d’enfants forment un cercle. Au centre, ils ont disposé à même le sol cinq cartes représentant leur territoire. Les yeux rivés sur ces documents abîmés par le temps et la moisissure, ils se courbent à tour de rôle et pointent du doigt « la rivière », « la forêt encore vierge », « le pont »… A y regarder de plus près, on ne voit pourtant que des points, des lignes, des légendes ou encore des chiffres colorés.

    « Ces cartes représentent les 1 950 hectares de notre #forêt. C’est notre plus grande richesse », explique avec fierté Dieudonné Tombombo, le président de la forêt communautaire. « Nous gérons nous-mêmes notre forêt qui est pour l’homme Baka un supermarché, un hôpital et une banque, renchérit près de lui, René Ndameyong, 40 ans. Avant, on n’avait droit à rien. Les Bantous nous disaient que tout leur appartenait, alors que les #peuples_autochtones sont les premiers habitants de la forêt. »

    D’après ce père de deux enfants au sourire contagieux, les Baka ont longtemps été chassés des forêts, interdits de chasse, de pêche ou encore de pratiquer des activités champêtres à certains endroits. L’introduction au début des années 2000 de la cartographie participative a permis aux communautés de mieux faire entendre leur voix. Et les peuples des forêts en ont profité.

    Validations des populations

    En 2011, l’association Rainforest Foundation, qui lutte pour la protection des peuples autochtones, a lancé l’initiative #Mapping_for_Rights, ce qui a permis de former plus de 7 000 cartographes locaux au Cameroun et en #République_démocratique_du_Congo (#RDC), et ainsi de cartographier plus de 800 communautés pour une superficie de 5 millions d’hectares. Avec l’appui des organisations non gouvernementales (ONG), il s’agit le plus souvent d’établir des cartes pour faire #barrage à l’installation de projets – routes, aires protégées, plantations agro-industrielles – menaçant la vie des communautés par l’accaparement du #foncier et les restrictions d’accès aux #ressources_naturelles.

    Les communautés se réunissent et identifient ensemble les noms des lieux sacrés, rivières, zones de pêche, de chasse, de ramassage de produits forestiers non ligneux, leurs champs, tracent les contours de leur village… Une fois les informations validées par toute la communauté (et souvent les villages voisins), des hommes formés à la cartographie vont en forêt, armés de systèmes de localisation par satellite (GPS) pour le #géoréférencement des points importants. Ces données GPS sont traitées par ordinateur. Des documents provisoires sont établis, et soumis à la validation des populations avant que les cartes définitives soient établies.

    Après l’établissement de ces cartes, la population de Nomédjoh a « pris #confiance et n’a plus eu #peur, car nous avions la preuve de ce qui nous appartenait », se souvient René Ndameyong. « Les autorités l’ont validée et aujourd’hui nous sommes un village avec un chef nommé par le gouvernement ». Depuis 2007, Nomédjoh s’est aussi vu attribuer, à sa demande, une #forêt_communautaire. Au Cameroun, la #foresterie_communautaire est un processus par lequel l’Etat cède une partie (maximum 5 000 hectares) à une communauté qui a alors la possibilité de l’exploiter.

    Grâce à la vente du #bois, Nomédjoh a construit trois studios pour les enseignants de l’école publique, a pu tôler une salle de classe, équiper quelques maisons d’énergie solaire. « Notre but principal est de protéger la forêt, tout faire pour qu’elle ne finisse pas puisqu’elle est notre vie », assure Dieudonné Tombombo.

    « Prouver l’impact sur nos sites »

    Dans le sud du pays, Assok offre un autre exemple d’une initiative réussie. Martin Abila, guérisseur traditionnel, vient officiellement d’être désigné chef du village par le gouvernement, « une première dans toute la région pour un autochtone ». Lors de la cartographie participative qui a permis au village d’être reconnu, Martin a constaté que plusieurs zones de la forêt avaient été détruites par des exploitants. Il cherche désormais des financements pour « créer une pépinière et reboiser ».

    « La cartographie participative est un puissant outil qui permet de mener des #plaidoyers pour les #droits_des_communautés auprès des autorités, des groupes agro-industriels, miniers ou de la communauté internationale », explique Samuel Nguiffo, coordonnateur du Centre pour l’environnement et le développement (CED), une ONG locale.

    Lors de la construction du #pipeline entre le Cameroun et le Tchad qui traversait les territoires #Bagyeli, ces derniers n’ont pas été consultés. Mais, grâce à la cartographie participative effectuée en 2007 en collaboration avec les Bantous, « on a pu prouver l’#impact sur nos sites. Jusqu’à aujourd’hui, cette cartographie nous sert, car les Bantous menacent de nous chasser sans passer à l’acte. On a des cartes, ce sont nos #preuves », sourit Joachim Gwodog, le chef du campement Logdiga, dans la région du Sud.

    Ces feuilles de papier « permettent de montrer qu’un village ou un campement existe, que des hommes y vivent, possèdent des ressources, des vestiges, des sites traditionnels, autant d’éléments concrets difficiles à mettre de côté », résume Marie Ba’ane, directrice de l’ONG Appui à l’autopromotion et à l’insertion des femmes, des jeunes et désœuvrés (Apifed) . Si ces cartes ne sont pas encore officiellement reconnues par l’administration camerounaise, elles sont de plus en plus prises en compte.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/08/24/au-cameroun-la-cartographie-participative-puissant-outil-de-reconnaissance-d

    #cartographie_participative #accaparement_des_terres

    –—

    voir aussi, en #Malaisie (#Bornéo) :
    #Penan Community Mapping : Putting the Penan on the map
    https://seenthis.net/messages/748077

  • Dans l’Ouest américain, la sécheresse ravive les tensions raciales
    https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-dans-louest-americain-la-secheresse-ravive-les-ten

    Cette année, le conflit s’envenime d’autant plus qu’un groupe de militants d’#extrême_droite menace de prendre le contrôle des vannes déterminant la quantité d’#eau qui irriguera les champs. Le lac, dont le pourtour fait environ 150 kilomètres, est peu alimenté par la fonte des neiges en amont et sa profondeur est suffisamment faible à certains endroits pour qu’on le traverse à pied. À la fin de l’été, comme les années précédentes, l’eau risque d’être trop chaude et toxique pour le c’waam et une autre espèce protégée, le koptu. Pour lutter contre la disparition de ces poissons, les autorités fédérales ont interdit qu’une seule goutte d’eau soit acheminée du #lac vers les #exploitations_agricoles, mais elles autorisent périodiquement que des volumes considérables d’eau servent à aider en aval une autre espèce protégée, le saumon. Les Amérindiens n’ont pas le contrôle de l’approvisionnement en eau, mais ils ont des droits juridiques en vertu d’un traité [datant de 1864] qui leur garantit de pouvoir chasser, cultiver et pêcher sur leurs #terres ancestrales. Ils signalent depuis longtemps que la mauvaise santé du lac décime les poissons, ce qui est contraire aux droits qui leur sont accordés par l’État fédéral. Privées d’#irrigation, les exploitations agricoles se meurent et entraînent dans leur chute des villes telles que Keno, Tulelake et Dairy. Des jeunes qui auraient autrefois pris la relève cherchent à partir. Les héritiers d’exploitations qui ont un statut de propriété familiale protégée depuis des générations sont furieux et inquiets.

    #sécheresse

  • #Canada : Une vague porte de nombreuses femmes autochtones à des postes de pouvoir
    https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1813587/politique-autochtone-premieres-nations-femmes-elections

    Ce n’est pas un hasard si plusieurs femmes autochtones sont élues à des postes de direction auparavant monopolisés par des hommes, disent des intervenants.

    Récemment, trois femmes ont été élues à des postes importants : Mandy Gull-Masty comme grande cheffe de la nation crie, Kahsennehawe Sky-Deer à la tête du Conseil mohawk de Kahnawake et RoseAnne Archibald au poste numéro un de l’Assemblée des Premières Nations.

    “Les communautés demandent du changement, et comment l’obtient-on, ce changement ? Eh bien, les femmes présentent une perspective différente”, soutient Lynne Groulx, la PDG de l’Association des femmes autochtones du Canada.


    La cheffe du Conseil mohawk de Kahnawake récemment élue, Kahsennenhawe Sky-Deer - Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

    “Les communautés veulent le changement, ajoute Mme Groulx. Elles sont en crise. Nous savons que nous avions des sociétés matriarcales : les femmes étaient jadis impliquées dans des rôles de leadership.”

    Bien qu’elles doivent affronter le sexisme, parfois au sein de leur propre communauté, Mme Groux dit s’attendre à voir davantage de femmes autochtones se présenter à des élections.

    Mme Gull-Masty a obtenu 64 % des voix lors du second tour des élections au sein de la nation crie, jeudi. Le fait d’avoir brisé le plafond de verre est “un plaisir absolu”, s’exclame-t-elle, mais elle convient que d’autres femmes cries ont contribué à ouvrir la voie.

    Nous avons eu beaucoup de femmes influentes. Elles n’avaient peut-être pas de titre officiel, mais elles ont joué un rôle important dans notre développement.
    Une citation de :Mandy Gull-Masty, grande cheffe du Grand Conseil des Cris du Québec


    Mandy Gull-Masty est la première femme grande cheffe du Grand Conseil des Cris du Québec - Photo : Crédit : Jared Gull

    Mme Gull-Masty, qui avait été élue cheffe adjointe en 2017, dit que sa principale priorité est de retourner dans les différentes communautés pour rencontrer les dirigeants locaux, les conseils de jeunes et les aînés.

    “Je voulais que nos jeunes se sentent vraiment engagés dans ce processus pour qu’ils se sentent à l’aise de participer et qu’ils comprennent la gouvernance et la nation cries”, explique-t-elle.

    Selon elle, l’intégration des valeurs et des traditions cries dans le processus décisionnel est une priorité majeure. S’ajoute à sa liste la protection de la langue, de la culture et de la terre cries.

    Mme Gull-Masty souhaite que les jeunes qui vont poursuivre ailleurs des études supérieures puissent avoir des occasions de revenir créer des entreprises dans la communauté.

    “Ç’a été mon cheminement. J’ai dû quitter ma communauté pour aller au collège et à l’université. Quand je suis revenue, ç’a été un grand défi de réintégrer ma communauté et de trouver un emploi.”

    À Kahnawake, Mme Sky-Deer est ravie de voir que d’autres femmes sont élues.

    Selon elle, il est important de revenir aux formes traditionnelles de gouvernance, qui incluent la présence de femmes dans des postes de pouvoir. Traditionnellement, note-t-elle, les mères de clan sélectionnaient les chefs.

    Elle compte rencontrer de nouvelles élues autochtones et espère qu’elle aura l’occasion de travailler avec elles.

    « C’est pour moi une source d’inspiration et, si les femmes peuvent s’unir et montrer une façon différente de faire les choses, des changements se produiront.
    Une citation de :Kahsennenhawe Sky-Deer, grande cheffe de Kahnawake

    Michèle Audette, qui a été nommée au Sénat jeudi, rappelle que ces victoires de femmes, ainsi que la nomination de Mary Simon au poste de gouverneure générale – la première Autochtone à occuper ce poste – surviennent après des années d’efforts.


    Michèle Audette est devenue sénatrice la semaine dernière. - Photo : Radio-Canada / Laurence Niosi

    “C’est plus qu’une coïncidence. C’est le travail acharné de nos ancêtres, de la population et de nos alliés”, souligne-t-elle.

    L’ancienne commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) croit que ces victoires envoient un message positif aux jeunes femmes et filles.

    “Peu importe de quelle partie de cette immense île de la Tortue [le nom donné à l’Amérique du Nord par certains peuples autochtones] on vient, il n’y a pas de limite, on peut réaliser son rêve. Pour moi, cela démontre que nous sommes formidables, que nous pouvons réussir.”
    #Femmes #féminisme #sexisme #racisme #discrimination #inégalités #domination_masculine #peuples_autochtones #autochtones #peuples_premiers #nations_premières

  • L’extractivisme en récits
    https://laviedesidees.fr/L-extractivisme-en-recits.html

    À propos de : Anna Lowenhaupt Tsing, Friction : délires et faux-semblants de la globalité, La Découverte,. Pourquoi le #capitalisme est-il si chaotique ? demande Anna Tsing depuis les montagnes de Bornéo saccagées par l’exploitation. Aborder les connexions globales et les idéaux universalistes comme de puissantes mises en récit permet de comprendre et de résister.

    #International #nature #écologie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210714_friction.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210714_friction.pdf

  • Pays Touareg – Berberosope
    http://www.berberoscope.com/pays-touareg

    Les #Touaregs sont un #peuple_nomade, Berbère, du Sahara. Ils sont également appelés Kel tamasheq. Tamasheq étant une variation dialectale du mot Tamazight. Ils occupent un vaste territoire de l’Afrique saharienne et subsaharienne allant du sud de l’Algérie, le sud ouest de la Libye, l’ouest du Niger, l’est du Mali et l’extrême nord du Burkina Faso.

    https://lesfillesdeillighadad.bandcamp.com/album/at-pioneer-works

  • Brazil continues to lose an entire generation of Indigenous leaders to COVID-19
    https://news.mongabay.com/2021/06/brazil-continues-to-lose-an-entire-generation-of-indigenous-leaders-t

    There have been 54,622 confirmed COVID-19 cases among Indigenous people in Brazil, according to monitoring by the Instituto Socioambiental (ISA), a Brazilian NGO that advocates for Indigenous and environmental rights. Since the beginning of the pandemic, 1,087 Indigenous people have died from the virus and 163 native groups have been affected, according to the ISA platform. There were nearly 818,000 Indigenous people in Brazil in 2010, according to the national census that year. There haven’t been any updates in the decade since, with the next census set for 2022.

    Meanwhile, data from the Articulation of Indigenous Peoples of Brazil (APIB), the country’s biggest Indigenous organization, reported that in December of last year the mortality rate among Indigenous people was 16% higher than among non-Indigenous Brazilians. In its report, “#COVID-19 and Indigenous Peoples,” APIB said that “We have lost our elders who kept and shared the memories of our ancestry, the guardians of our knowledge, of our songs, our prayers, and our spirituality.”

    #Brésil #peuples_autochtones

  • Der Vernichtungskrieg | Unsere Zeit
    https://www.unsere-zeit.de/der-vernichtungskrieg-156090

    18. Juni 2021 VON Klaus WGNER - Der Krieg im Osten wurde mit zynischer Brutalität geführt. Mit den siegreichen Kriegen im Westen glaubten sich der Faschismus und die Wehrmachtsspitzen hinreichend stark, um die strategische Ostexpansion des Deutschen Reiches vorantreiben zu können. Die Aufrüstung zur vollen Kriegsstärke war vom Reichswehr-Generalstab bereits 1923 bis 1925 detailliert geplant worden. Und nach exakt diesen Reichswehr-Planungen wurde die deutsche Kriegsmaschine errichtet und genauso eröffneten die Hitlerfaschisten 1939 den Zweiten Weltkrieg.

    Die Reichswehr/Wehrmacht als das entscheidende deutsche Machtzentrum hätte Faschismus, Krieg und Vernichtung verhindern können. Die Militärs wählten die Kollaboration. Auch sie wollten den Krieg, auch den Vernichtungskrieg. Eine „saubere Wehrmacht“ gab es nicht. Von vornherein war allen Beteiligten klar, dass dieser Krieg als „weltgeschichtlicher Kampf“ gegen das „Weltjudentum“ und den „Bolschewismus“ zu konzipieren war, wie Hitler es schon in „Mein Kampf“ geschrieben hatte und wie es dann bei den vorbereitenden Gesprächen mit den Spitzen des faschistischen Staatsapparates und des Militärs immer wieder dargelegt wurde. Wie bei der Besprechung mit 200 führenden Wehrmachtsoffizieren am 30. März 1941, bei der Hitler ausdrückte, was alle dachten: der Kommunist sei „vorher kein Kamerad und nachher kein Kamerad“. Es gehe um die „Vernichtung der bolschewistischen Kommissare und der kommunistischen Intelligenz“.

    Der neue deutsche „Lebensraum im Osten“ sollte nach der Eroberung als eine Art vorindustrieller, hauptsächlich agrarischer Siedlungsraum mit spärlicher, nur notdürftig gebildeter Bevölkerung entstehen. Dazu musste die 170-Millionen-Bevölkerung der UdSSR deutlich dezimiert werden. „Die Bildung einer militärischen Macht westlich des Ural“ dürfe „nie wieder in Frage kommen und wenn wir hundert Jahre darüber Krieg führen müssten“, so hatte es Hitler vor Partei- und Wehrmachtsführern am 16. Juni 1941 ausgedrückt.

    Ebenso klar war den Nazi- und Wehrmachts-Kriegsplanern, dass das Ziel von „Barbarossa“ die Eroberung, Annexion und wirtschaftliche Ausbeutung des weiten sowjetischen Raumes, des „neuen Lebensraumes im Osten“ war. Die Eroberung „neue(r) Gebiete in Europa“ könne „in der Hauptsache nur auf Kosten Russlands geschehen“, hatte Hitler in „Mein Kampf“ geschrieben, das neue deutsche Reich solle „seinen Vormarsch auf demselben Wege beginnen, den in früheren Zeiten die deutschen Ordensritter entlangritten, diesmal jedoch, um durch das deutsche Schwert Boden für den deutschen Pflug zu gewinnen und so der Nation ihr tägliches Brot zu geben“. In die gleiche Richtung dachte auch die deutsche Generalität. Daher der Codename „Barbarossa“. Natürlich ging es nicht nur um „das tägliche Brot“, sondern vor allem auch um Arbeitskräfte, Rohstoffe, Kohle, Erze, Mineralien und insbesondere Erdöl. Das „deutsche Schwert“ hatte zu diesem Zweck die „Wirtschaftsorganisation Ost“, eine Mammutbehörde mit 20.000 Mitarbeitern, geschaffen, die damit größer war als die kriegswirtschaftlichen Verwaltungen des Reiches und aller übrigen besetzten Gebiete zusammengenommen. Strategisch betrachtet ging es um die Schaffung eines vom Deutschen Reich unangefochten beherrschten Großraums vom Atlantik bis zum Ural, von der Barentssee bis zum Nahen/Mittleren Osten.

    Schon das Kaiserreich hatte mit der Bagdadbahn und mit Hilfe der Osmanen vergeblich versucht, Zugriff auf die strategisch wichtigste Region des Globus zu erlangen. Nun versuchte es der deutsche Faschismus mit einer Art großräumiger Zangenbewegung von Nordwesten durch die Sowjetunion und von Südwesten aus Nordafrika. Das erklärte geostrategische Ziel war die Erringung einer blockadesicheren Nahrungsmittel-, Energie- und Rohstoffversorgung, der Erbeutung eines ausreichenden Arbeitskräftepotentials, um dem herrschenden anglo-amerikanischen Machtkomplex auf Augenhöhe gegenübertreten zu können. Hier lagen, wie es sich im Ersten Weltkrieg gezeigt hatte, die großen kriegswirtschaftlichen Probleme des strategisch weit unterlegenen Deutschen Reiches. Der Faschismus hatte diese Kriegsziele, die zur Erringung einer Weltmachtposition führen sollten, nicht erfunden. Sie wurden in den strategischen Zirkeln des Reiches schon seit mehr als einem halben Jahrhundert diskutiert.

    Das „tägliche Brot“ des Reiches war aus eigenen Ressourcen nicht zu sichern. Im Ersten Weltkrieg waren angesichts der britischen Seeblockade 800.000 Menschen in Deutschland aufgrund von Unterernährung gestorben. Die „Barbarossa“-Planungen sahen daher eine Nahrungsmittelversorgung aus den Ressourcen der Sowjetunion vor. Auf der Besprechung der Staatssekretäre am 2. Mai 1941 stellte Staatssekretär Herbert Backe (Ernährung und Landwirtschaft) die nach ihm benannten agro-ökonomischen Planungen für „Barbarossa“ vor. Danach sollten dort allein 8,7 Millionen Tonnen Getreide für Deutschland requiriert werden. Die Sowjetunion hatte keine Getreideüberschüsse. Den Planern war klar, dass „hierbei zweifellos zig Millionen Menschen verhungern“ werden. Die sowjetische Getreideproduktion hatte sich in Folge des Krieges in 1942 ohnehin auf 11,7 Millionen Tonnen etwa halbiert. Trotzdem wurden den sowjetischen Menschen in diesem Jahr 4,3 Millionen Tonnen Getreide, 495.000 Tonnen Fleisch, 723.000 Tonnen Speiseöle und Fette und 1,9 Millionen Tonnen Kartoffeln geraubt. Der Hunger wurde ebenso wie das Morden der Einsatzgruppen zu einem primären zynischen Mittel zur Dezimierung der Bevölkerung. Nicht nur rund eine Million Bürger Leningrads, auch drei Millionen sowjetische Kriegsgefangene ließ man bewusst verhungern. Insgesamt starben mehr als sieben Millionen Sowjetbürger durch den Hungerplan des deutschen Faschismus.

    Mit „Barbarossa“ begannen auch die systematischen Vernichtungskampagnen der als Juden, Slawen, Zigeuner oder sonstwie als „Untermenschen“ diskriminierten Menschen, sogar von Kranken und Behinderten, aber auch die Ermordung von Partisanen, Kommunisten, von Rote-Armee-Kommissaren, von Angehörigen der Intelligenz und von sowjetischen Kriegsgefangenen. Es begann die Errichtung der sechs großen Vernichtungslager Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Majdanek und Auschwitz-Birkenau. Das Morden der als „Einsatzgruppen“ verharmlosten Killerkommandos aus SS und SD hatte schon während des Überfalls auf Polen begonnen, wurde nun aber massiv ausgeweitet. Eine der bekanntesten Massenerschießungsstätten lag in der Schlucht Babij Jar bei Kiew. Hier wurden zwischen 1941 und 1943 etwa 100.000 bis 200.000 Menschen erschossen. Insgesamt ermordeten die Einsatzgruppen in der UdSSR etwa 1,5 Millionen Menschen.

    Die Dezimierung der sowjetischen Bevölkerung um 30 Millionen wurde allerdings nicht erreicht. Die deutschen Planungsstäbe hatten nicht mit dem Widerstandswillen der sowjetischen Menschen gerechnet. Nach der Operation Bagration im Sommer 1944, bei der die Rote Armee die gesamte Wehrmachts-Heeresgruppe Mitte zerschlug und rund 600 Kilometer bis Ostpreußen und Mittelpolen vorstieß, hörte das große Morden auf russischem Boden auf. „Barbarossa“ stand wieder an der deutschen Grenze.

    Wer Menschen im großen Stil umbringen will, braucht dazu eine legitimierende Theorie, die ihn und seine Anhänger davon zu überzeugen vermag, dass das, was sie tun, richtig und notwendig ist. Die lebensphilosophischen und rassebiologischen „Begründungen“ für den Vernichtungskrieg im Osten sind ebenso wenig vom deutschen Faschismus erfunden worden wie die dazu notwendigen Truppenformationen. Den Hitlerfaschisten gebührt das „Verdienst“, die seit Jahrzehnten kursierenden rassistischen und geostrategischen Wahnvorstellungen aufgegriffen, zu einer „Staatsidee“ zusammengebastelt und sie im Verlauf des Krieges hin zu einem Vernichtungswillen radikalisiert zu haben. Mit der Herausbildung des Imperialismus entwickelten seine Theoretiker den alten, häufig religiös geprägten Suprematiegedanken, der geholfen hatte, Millionen Indigene in Amerika umzubringen und Millionen Afrikaner zu versklaven, zu einem biologisch definierten, „wissenschaftlich“ begründeten Rassismus weiter. Grob verkürzend: Arthur de Gobineau hatte 1855 mit seinem „Versuch über die Ungleichheit der Menschenrassen“ gewissermaßen das Tor dazu aufgestoßen. Mit einem auf die menschliche Gesellschaft übertragenen Sozialdarwinismus wurde aus der Ungleichheit ein Überlebenskampf der Menschenrassen. Nietzsche hatte in seiner „Genealogie der Moral“ dem „Raubtier“, der „prachtvolle(n) nach Beute und Sieg lüstern schweifende(n) blonde(n) Bestie“ seine ganze Sympathie zugeschrieben. Nietzsche und seine Adepten waren im Kaiserreich und in der Weimarer Republik in rechten Kreisen entsprechend populär. Der verlorene Erste Weltkrieg hatte zu einer Radikalisierung dieser Ansichten geführt. Eine Radikalisierung, die zum Mordprogramm wurde, als nach 1941 auch dieser Krieg verloren zu gehen drohte.

    Die „vornehme Rasse“ (Nietzsche) der Arier hatte in dieser „Logik“ nicht nur das Recht, sondern es war ihre historische Aufgabe, sich von der Bedrohung und Durchmischung niederer, parasitärer Rassen zu reinigen und zu befreien. In diesem Sinne war die „Endlösung der Judenfrage“ und die Eliminierung des slawisch-jüdischen Bolschewismus ein Akt der Notwehr und der Befreiung. Die Täter, die SS- oder SD-Einsatzgruppen waren, wie Himmler bei seinen Posener Reden mehrfach betonte, Helden, welche das deutsche Volk vor der Dekadenz, dem Verfall und letztlich der Versklavung bewahrten. „Ob bei dem Bau eines Panzergrabens 10.000 russische Weiber an Entkräftung umfallen oder nicht, interessiert mich nur insoweit, als der Panzergraben für Deutschland fertig wird.“ Die millionenfachen Morde – „ein Ruhmesblatt unserer Geschichte“. In der Tat: Die Aufkündigung aller zivilisatorischen Standards, „die Umwertung aller Werte“.

    #nazis #impérialisme #guerre #shoa urss

  • Neoextractivism and state violence: Defending the defenders in Latin America

    The commodities boom in the early 2000s extended the frontiers of extractivism and has relied on state violence, making Latin America one of the most dangerous and deadly places for indigenous peoples and frontline community defenders. Focused on Peru and Colombia, this essay explores dynamics of state violence and strategies for effective resistance.

    https://longreads.tni.org/stateofpower/neoextractivism-and-state-violence-defending-the-defenders-in-latin-a

    #extractivisme #néo-extractivisme #violence #Amérique_latine #violence_d'Etat #Pérou #Colombie #peuples_autochtones #résistance

    ping @karine4

  • Emma Willard’s Maps of Time

    In the 21st-century, infographics are everywhere. In the classroom, in the newspaper, in government reports, these concise visual representations of complicated information have changed the way we imagine our world. Susan Schulten explores the pioneering work of Emma Willard (1787–1870), a leading feminist educator whose innovative maps of time laid the groundwork for the charts and graphics of today.

    We live in an age of visual information. Infographics flood the web, driven by accessible platforms that instantly translate information into a variety of graphic forms. News outlets routinely harvest large data sets like the census and election returns into maps and graphs that profile everything from consumer preferences to the political landscape. The current proliferation of visual information mirrors a similar moment in the early nineteenth century, when the advent of new printing techniques coincided with the rapid expansion of education. Schoolrooms from the Atlantic seaboard to the Mississippi frontier made room for the children of farmers as well as merchants, girls as well as boys. Together, these shifts created a robust and highly competitive market for school materials, including illustrated textbooks, school atlases, and even the new genre of wall maps.

    No individual exploited this publishing opportunity more than Emma Willard, one of the century’s most influential educators. From the 1820s through the Civil War, Willard’s history and geography textbooks exposed an entire generation of students to her deeply patriotic narratives, all of which were studded with innovative and creative pictures of information that sought to translate big data into manageable visual forms.

    When Willard began publishing textbooks in the 1820s, she knew the competition was fierce, full of sharp-elbowed authors who routinely accused one another of plagiarizing ideas and text. To build her brand, she designed cutting-edge graphics that would differentiate her work and catch the attention of the young. Take, for instance, her “Perspective Sketch of the Course of Empire” of 1835.

    By the nineteenth century, timelines had become relatively common, an innovation of the eighteenth century designed to feed growing public interest in ancient as well as modern history. First developed by Jacques Barbeu-Dubourg in the 1750s, early timelines generally charted the lives of individuals on a chronological grid, reflecting the Enlightenment assumption that history could be measured against an absolute scale of time, moving inexorably onward from zero. In 1765, Joseph Priestley drew from calendars, chronologies, and geographies to plot the lives of two thousand men between 1200 BC and 1750 AD in his popular Chart of Biography.

    After Priestley, timelines flourished, but they generally lacked any sense of the dimensionality of time, representing the past as a uniform march from left to right. By contrast, Emma Willard sought to invest chronology with a sense of perspective, presenting the biblical Creation as the apex of a triangle that then flowed forward in time and space toward the viewer. Commenting on her visual framework in 1835, Willard noted that individuals experience the past relative to their own lives, for “events apparently diminish when viewed through the vista of departed years.”1 In “Perspective Sketch of the Course of Empire”, she found striking ways to represent this dimensionality of time. The birth of Christ, for example, is marked with a bright light, marking the end of the first third of human history. The discovery of America separated the second (middle) from the third (modern) stage. Each “civilization” is situated not according to its geography, as on a traditional map, but according to its connection and relation to other civilizations. Some of these societies are permeable, flowing into others, while others, such as China, are firmly demarcated to denote their isolation. By studying this map, students were encouraged to see human history as a rise and fall of civilizations — an “ancestry of nations”.

    Moreover, as time flows forward the stream widens, demonstrating that history became more relevant as it unfolds and approaches the student’s own life. Historical time is not uniform but dimensional. On the one hand, this reflected her sense that time itself had accelerated through the advent of steam and rail. Traditional timelines, she found, were only partially capable of representing change in an era of rapid technological progress. Time was not absolute, but relative. On the other hand, Willard’s approach reflected her own deep nationalism, for it asked students to recognize the emergence of the United States as the culmination of human history and progress.

    Willard aggressively marketed her “Perspective Sketch” to American educators, believing it to be a crucial break with other materials on the market. As she confidently expressed to a friend in 1844, “In history I have invented the map”.3 She also advocated for her “map of time” as a teaching device because she strongly believed the visual preceded the verbal — that information presented to students in graphic terms would facilitate memorization, attaching images to the mind through the eyes.

    Willard’s devotion to visual mnemonics shaped much of her work. In the 1840s, she published another elaborate visual device, named the “Temple of Time”. Here, she attempted to integrate chronology with geography: the stream of time she had charted in the previous decade now occupied the floor of the temple, whose architecture she used to magnify perspective through a visual convention. Centuries — represented by pillars printed with the names of the era’s most prominent statesmen, poets, and warriors —diminished in size as they receded in time, turning the viewer’s attention toward recent history, as in the “Course of Empire”. But in the Temple of Time, the one-point perspective also invited students in to inhabit the past, laying out information in a kind of memory palace that would help them form a larger, coherent picture of world history. Readers, in other words, were invited into the palace, so they too could stand at moments in world history.

    The Temple of Time is complicated, and more than a little contrived. Yet Willard reminds readers that traditional cartography relies on the same basic conceit:

    In a map, great countries made up of plains, mountains, seas, and rivers, are represented by what is altogether unlike them; viz., lines, shades, and letters, on a flat piece of paper; but the divisions of the map enable the mind to comprehend, by proportional space and distance, what is the comparative size of each, and how countries are situated with respect to each other. So this picture made on paper, called a Temple of Time, though unlike duration, represents it by proportional space. It is as scientific and intelligible, to represent time by space, as it is to represent space by space.4

    A map, in other words, is an arrangement of symbols into a system of meaning — and we use maps because we understand the language of signs that undergirds them. If the mapping of space was a human invention, she explained, one could also invent a means of mapping time.

    Willard’s creative efforts to “map time” stemmed from personal experience. Born just after the Revolution, she was part of the first generation of American women to be educated outside the home, and she chafed at the way “female education” kept more than a few areas of knowledge off limits. One of the few subjects considered suitable for both boys and girls in that era was geography, yet Willard remembered with frustration the degree to which her textbooks lacked maps. It makes sense, then, that as a young teacher in the 1810s Willard became passionate about having her pupils draw maps — not copying them (a common practice in schools for young women at the time) but rather reproducing them in rough terms from memory to demonstrate a grasp of geographical relationships.

    Willard’s own artistic creativity as a mapmaker was evident from the start. Her first textbook — a geography written with William Woodbridge and published in 1824 — includes a metaphorical map of the Amazon River and its tributaries which illustrates the evolution of the Roman Empire. (One can see in this early effort the prototype for her elaborate “Perspective Sketch” of the 1830s.)

    Willard’s creativity as an educator was equally immense. In 1819 she published a plan to publicly fund the improvement of female education, which met with more than a little resistance. Two years later, she began to implement this vision by founding the Troy Female Seminary in New York—an institution that quickly became a preeminent school for future teachers and one of the most highly regarded schools for women in the country. At Troy, Willard assumed that females were capable of studying the same subjects as their male counterparts and incorporated “masculine studies”, such as science and history, into the curriculum. Her administration of Troy, and her intensive teaching in the decade prior to and after its foundation, convinced her of the multiple failures of contemporary pedagogy and textbooks.

    In 1828, Willard issued the first edition of her History of the United States, or The Republic of America, a textbook so popular it would remain in print until the 1860s. One key element of the book’s success was the atlas that accompanied the text — a series of maps of the eastern US that Willard designed and executed with a former female student. In this series, each map marked particular moments or eras that either led toward or resulted from nationhood, including the landing on Plymouth Rock, the Treaty of Paris, or the late War of 1812 against Britain. Perhaps the most remarkable of these was the “introductory map”, which identified indigenous tribes through a series of geographic migrations, collapsing centuries of movement into a single image. In naming this the “introductory” map, however, Willard situated Native Americans in a prehistorical era antedating the ostensibly more significant events of European settlement. The single image she created was innovative and powerful, but it also rendered the violence of Native displacement as an inevitable prelude that gave way to the real drama of colonialism and the inevitable realization of national independence.

    Willard’s commitment to creative cartography, combined with her nationalism, inspired her to create a simplified American Temple of Time in the late 1840s, which revealed a firm belief in Manifest Destiny: the providential progression from the European discovery of North America in the fifteenth century to a continental empire in the present. The concept of the American Temple was interactive, framing the chronological and geographical outlines of American history to aid memorization. Students were to identify the eight geographical entities that made up the continental United States: the original thirteen colonies, New France, the Northwest Territory, Louisiana, Florida, Texas, Oregon, and the area ceded by Mexico in the 1848 treaty that ended the Mexican–American War. Students were then instructed to locate each state and territory in time by shading its existence as it became part of the country (shading the colonies as they were settled, and the states as they joined the union). If the Temple were drawn large enough, there would also be enough space along the “floor” to identify important battles. The design is complex and unwieldy, but the goal is intriguing: an interactive exercise for students to integrate history and geography in order to understand how the past had—quite literally—taken place.

    Willard’s final contribution to visual knowledge was perhaps the most straightforward, a “Tree of Time” that presented American history as a coherent, organic whole. There is, of course, a long tradition of presenting time as a tree (family trees being the most enduring), but Willard used the image not to represent ancestors as trunks and descendants as branches, but — rather oddly — to represent time arcing from left to right, like a timeline. She was so fond of the Tree of Time she used it to introduce all subsequent editions of her popular textbook History of the United States and even issued it on a much larger scale to be hung in classrooms.

    Like the Temple, the Tree presented an encompassing history of the nation that reached back past 1789 to 1492. All of North America’s colonial history merely formed the backstory to the preordained rise of the United States. The tree also strengthened a sense of coherence, organizing the chaotic past into a series of branches that spelled out the national meaning of the past. Above all, the Tree of Time conveyed to students a sense that history moved in a meaningful direction. Imperialism, dispossession, and violence was translated, in Willard’s representation, into a peaceful and unified picture of American progress.

    Ironically, it was the cataclysms of the Civil War that challenged Willard’s harmonious picture of history in the Tree of Time. In the 1844 edition of the Tree, President Harrison’s death marched the last branch of history. Twenty years later, Willard added a new branch marking the end of the US war against Mexico and the subsequent Compromise of 1850, seismic events which both raised and temporarily settled the sectional divisions over slavery. Even though the Civil War was well underway by the time she issued her last edition of tree, she marked the last branch as “1860”, with no mention of the bloody conflict that had engulfed the entire nation. Her accompanying narrative in Republic of America brought American history to the brink of war, but no further. Willard had come up against history itself.

    https://publicdomainreview.org/essay/emma-willard-maps-of-time

    #Emma_Willard #cartographie_historique #cartographie #peuples_autochtones #infographie #femme_géographe #femme_cartographe

    voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/917835

    –-

    ajouté au fil de discussion sur les femmes géographes :
    https://seenthis.net/messages/662774

    ping @visionscarto @reka

  • La voie longue et ardue de la #participation
    https://laviedesidees.fr/Lafont-Democracy-Without-Shortcuts.html

    À propos de : Cristina Lafont, Democracy Without Shortcuts, Oxford University Press. Alors qu’on parle beaucoup de #démocratie participative, la théorie #Politique semble avoir délaissé la question de la #délibération de masse. Cristina Lafont critique les raccourcis délibératifs pour s’intéresser à cette voie difficile autant que longue.

    #peuple
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210531_vandamme.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210531_vandamme.docx

  • Canada : découverte macabre dans un ancien établissement pour enfants autochtones
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20210530-canada-d%C3%A9couverte-macabre-dans-un-ancien-%C3%A9tablissement-pour-e

    Les restes d’au moins 215 enfants seraient enterrés sur le terrain de cette école où des élèves de plusieurs nations autochtones dormaient et étudiaient entre 1890 et 1963. Des experts tentent maintenant d’identifier et de rapatrier ce qu’il reste des corps.

    Les chefs autochtones de Colombie-Britannique tentent de mettre sur pied un plan pour pouvoir rendre les restes de corps à leur famille, plusieurs décennies après leur disparition. Des historiens fouillent d’ailleurs les archives laissées par la congrégation religieuse qui gérait le pensionnat pour trouver trace des décès et des enterrements d’écoliers.

    Quatre mille enfants disparus

    Cela fait 20 ans que la communauté autochtone, où se trouve cette école, s’emploie à vérifier ce que racontent les survivants qui l’ont fréquentée. Plusieurs témoignaient des décès de leurs camarades suite à des privations, à des mauvais traitements, dans parler des épidémies. L’utilisation d’un radar a permis de détecter la présence de dépouilles dans ce pensionnat que fréquentaient environ 500 enfants autochtones chaque année.

    De tels établissements existaient aux quatre coins du Canada. Ils visaient à éduquer les jeunes selon la culture dominante, en les détournant de celle de leurs parents. Au fil du temps, plus de 4 000 enfants auraient disparu, sans que bien souvent leurs familles ne soient prévenues, ni qu’elles puissent se recueillir sur leurs tombes.

  • Contre la répression des mauvais gouvernements
    Soutien à l’école normale rurale Mactumactzá dans l’État du Chiapas
    et aux peuples tepehuano et wixárika dans l’État de Jalisco

    CNI, EZLN

    https://lavoiedujaguar.net/Contre-la-repression-des-mauvais-gouvernements-Soutien-a-l-ecole-nor

    En tant que peuples originaires que nous sommes, organisés au sein du Congrès national indigène - Conseil indigène de gouvernement et de l’EZLN, nous déclarons ce qui suit :

    Premièrement. Nous répudions les actions répressives du mauvais gouvernement contre nos frères et sœurs de l’école normale rurale Mactumactzá. Une nouvelle fois, on cherche à faire taire par la violence les justes revendications des étudiants des écoles normales. Le 18 mai, le mauvais gouvernement a arrêté 91 d’entre eux, dont 74 étudiantes. Celles-ci ont dénoncé le fait que les forces de police répressives les ont traitées comme un butin de guerre et les ont harcelées sexuellement, les ont déshabillées et les ont tripotées. Les étudiant·e·s sont accusé·e·s de vouloir que les examens qu’on allait leur faire passer s’effectuent en présentiel et non en ligne. C’est là où les autorités éducatives et gouvernementales du Chiapas montrent, une fois de plus, qu’elles n’ont aucune idée de la géographie et de la situation politique et sociale dans cet État. Cette action des mauvais gouvernements résume leur plan pour l’éducation du Mexique rural : répression, mensonges et simulation. À nos sœurs et frères de l’école normale rurale Mactumactzá, nous affirmons notre solidarité totale et sans réserve, et nous appelons toutes et tous nos compañer@s de la Sexta nationale et internationale à se solidariser avec la lutte des élèves de Mactumactzá. Nous exigeons la libération inconditionnelle de tou·te·s les emprisonné·e·s.

    Deuxièmement. En tant que Congrès national indigène - Conseil indigène de gouvernement et EZLN, nous saluons la Campagne nationale et internationale pour la justice et le territoire d’Azquetltán, dans la commune de Villa Guerrero, dans l’État de Jalisco. Là-bas les sœurs et les frères de la communauté indigène autonome wixárika et tepehuana résistent pour la vie. (...)

    #Mexique #Chiapas #Jalisco #peuples_originaires #EZLN #répression #école_normale_rurale

  • Generalplan Ost - Planungshorizont Krim - Zielrichtung Ukraine - Vo...
    https://diasp.eu/p/12936309

    Generalplan Ost - Planungshorizont Krim - Zielrichtung Ukraine - Vordenker der Vernichtung - Prof. Dr. Götz Aly über die Planer einer neuen Europäischen Ordnung (1941 - 1943) im Gespräch mit Alexander Kluge. | 16.06.2017 - 45 Min.

    https://www.youtube.com/watch?v=0ZbeI1xzs48

    #Überbevölkerung #Volk_ohne_Raum #Rassismus #Osteuropa #Rassengesetze #Ostkrieg #Armut #Umsiedlungsprojekte #Aussiedlung #Rationalisierung #Modernisierung

  • Indigenous forest gardens remain productive and diverse for over a century | Ars Technica
    https://arstechnica.com/science/2021/05/indigenous-forest-gardens-remain-productive-and-diverse-for-over-a-cent

    This research, which was done in collaboration with the Tsm’syen and Coast Salish First Nations, shows that the gardens have become lasting hotspots of biodiversity, even 150 years after colonists forcibly removed the inhabitants from their villages. This work, combining archeology, botany, and ecology, is the first to systematically study the long-term ecological effects of Indigenous peoples’ land use in the region. The gardens offer ideas for farming practices that might restore, rather than deplete, local resources to create healthier, more resilient ecosystems.

    #peuples-premiers #indigènes #permaculture #forêt #jardin-forêt