• La vidéo d’une femme autochtone mourante, insultée par les soignants, choque le Canada

    https://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/La-video-d-une-femme-autochtone-mourante-insultee-par-les-soignants-choq

    La mort d’une femme autochtone au Canada fait scandale après qu’une vidéo la montrant en train de se faire verbalement abusée par du personnel de l’hôpital a été publiée. Beaucoup dénoncent des propos racistes.

    Pour Justin Trudeau, Joyce Echaquan a été victime « de la pire forme de racisme ». Le Premier ministre canadien a réagi en début de semaine devant la Chambre des communes à la mort d’une femme autochtone, dans un hôpital du Québec lundi. Joyce Echaquan, issue de la communauté atikamekw de Manawan, est décédée à 37 ans au Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière (CISSS) de Joliette. Une enquête a été ouverte afin de faire la lumière sur les circonstances de son décès. Peu avant de s’éteindre, Joyce Echaquan s’est filmée sur sa civière, alors qu’elle se plaignait d’un mal de ventre. Elle a alors montré, en direct, les conditions dans lesquelles elle était prise en charge. Sur les images, choquantes, elle est à plusieurs reprises victime d’insultes pendant qu’elle se tord de douleur et hurle.

    #peuples_autochtones #canada #féminicide #racisme #colonialisme #brutalité

  • Mon combat pour la toponymie aïnoue
    https://topophile.net/savoir/mon-combat-pour-la-toponymie-ainoue

    Si tout le monde sait que « la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre » (selon l’expression d’Yves Lacoste), on ignore plus souvent la puissance culturelle de la toponymie dans l’oppression d’un peuple par un pouvoir colonial. C’est précisément ce que nous révèle le géographe japonais Ono Yûgo à travers son combat pour la réhabilitation... Voir l’article

  • Land-grabbing in Asia displaces indigenous people : UN expert | The Business Standard
    https://tbsnews.net/world/land-grabbing-asia-displaces-indigenous-people-un-expert-130144

    “Large-scale development projects, including dams, mining, monocrop plantations and logging are increasing in the region causing serious human rights violations as indigenous people lose their traditional lands and resources,” said Special Rapporteur on the rights of indigenous peoples Francisco Cali-Tzay referring to a regional consultation organised by his predecessor in Bangkok.

    It will be presented to the Human Rights Council in September, said a media release issued from Geneva on Tuesday.

    on n’en sait pas plus pour l’instant #terres #peuples_autochtones

  • Marie Wilson : « Il est bien trop tôt pour dire que le Canada a eu un grand succès avec la Commission »
    https://www.justiceinfo.net/fr/les-debats-justiceinfo/grands-entretiens/45447-marie-wilson-trop-tot-pour-dire-canada-grand-succes-commission.ht

    LES #Grands_entretiens JUSTICEINFO.NET Marie Wilson Ancienne commissaire de la Commission vérité et réconciliation au Canada

    Le gouvernement canadien vient d’inscrire les pensionnats autochtones sur la liste officielle des évènements historiques nationaux. De 1881 à 1996 officiellement, plus de 150.000 jeunes autochtones ont été arrachés à leur famille pour y être envoyés de force dans le but de “tuer l’Indien dans l’enfant”, selon l’expression consacrée. Cette reconnaissance faisait partie des 94 appels à l’action du rapport final de la Commission vérité et réconciliation, qui avait conclu en 2015 à un « génocide culturel ». Cinq ans après, l’une des trois commissaires, Marie Wilson, revient sur le processus, en dresse le constat et en évalue l’impact. 

     

    JUSTICEINFO.NET : Qu’est-ce que cette Commission vérité (...)

  • Colombie
    La Confédération paysanne solidaire
    de la lutte pour la récupération des terres du peuple nasa

    Confédération paysanne

    https://lavoiedujaguar.net/Colombie-La-Confederation-paysanne-solidaire-de-la-lutte-pour-la-rec

    Depuis six ans les communautés indigènes du nord du Cauca, département de Colombie, ont ravivé les processus de récupération de terres qui leur ont été volées lors de la colonisation, épisodes de luttes acharnées.

    En décembre 2014, le peuple nasa occupe plusieurs propriétés terriennes détenues par les géants de la canne à sucre dont les monocultures s’étendent sur des centaines d’hectares dans la vallée. Ces terres sont les plus fertiles du département. Ce sont aussi celles dont ont été chassé·e·s les indigènes pendant la colonisation, où ils et elles ont été exploité·e·s par la suite, avec d’autres travailleu·se·rs pauvres, pour le compte des industries capitalistes qui gèrent la production de sucre de canne.

    Pendant les récupérations, la canne à sucre est coupée, les terres sont amendées et semées, réaménagées pour garantir un équilibre biologique depuis longtemps anéanti. Des animaux sont installés, pour paître les espaces non cultivés. Une véritable réappropriation paysanne pour l’autonomie et l’autosuffisance alimentaire. C’est une lutte que les communautés indigènes ont nommé « la libération de la Terre Mère », un « apport simple aux luttes du monde pour rétablir l’équilibre de la vie, détruit par le délire capitaliste ». « C’est pour cela qu’ils nous assassinent » et « c’est pour cela que nous sommes toujours debout ». (...)

    #Colombie #peuple_nasa #terres #libération #répression #assassinats #Confédération_paysanne #solidarité

  • Ce livre sort au Canada en anglais à la fin du mois, et en français l’année prochaine.

    C’est un témoignage rare et détaillé du rôle nefaste et même criminel qu’ont joué la médecine et les médecins, directement ou indirectement, dans l’entreprise raciste de colonisation du Canada, et jusqu’à aujourd’hui.

    Petite vérole, tuberculose, stérilisations forcées, enlèvements, expériences, abus, et même envers les enfants... Avec de nombreux exemples historiques, mais aussi plus récents comme celui de la campagne #TiensMaMain dont l’auteur a été l’un des protagonistes, ce document est aussi tragique, que tristement généralisable à d’autres endroits du monde...

    On en reparlera lors de l’édition en français, car ce livre intéressera probablement du monde en France, non ?

    Fighting for A Hand to Hold - Confronting Medical Colonialism against Indigenous Children in Canada
    By Samir Shaheen-Hussain
    Foreword by Cindy Blackstock
    Afterword by Katsi’tsakwas Ellen Gabriel
    Published by McGill-Queen’s University Press (Indigenous and Northern Studies series, septembre 2020)
    https://fightingforahandtohold.ca

    (Lux Éditeur traduit le livre vers le français. La publication est prévue pour le début de 2021)

    Fighting for A Hand to Hold exposes the Canadian medical establishment’s role in the displacement, colonization, and genocide of Indigenous Peoples — colonial genocide. Through meticulously gathered government documentation, historical scholarship, media reports, public inquiries, and personal testimonies, Samir Shaheen-Hussain connects the draconian medevac practice with often-disregarded crimes committed against and medical violence inflicted upon Indigenous children across the country for more than a century and a half: fomented smallpox epidemics and avoidable tuberculosis deaths; experiments and abuse in residential schools, Indian Hospitals, reserves, and communities; forced sterilization; child abduction and disappearances.

    This devastating history and ongoing medical colonialism prevent Indigenous communities from attaining internationally recognized measures of health and social well-being because of a pervasive culture of systemic anti-Indigenous racism that persists in the Canadian public health care system— and in capitalist settler society at large. This book draws on the innovative work of Indigenous scholars and activists to conclude that a broader decolonization struggle calling for reparations, restitution (including land reclamation), and self-determination for Indigenous Peoples is critical to achieve reconciliation in Canada.

    Thématique déjà abordée ici :
    https://seenthis.net/messages/662802#message662802
    https://seenthis.net/messages/695159#message695159
    https://seenthis.net/messages/703634#message703634

    #Samir_Shaheen-Hussain #Canada #Québec #Médecine #Soins #Autochtones #Peuples_autochtones #Discriminations #Racisme #Colonialisme #Colonisation #Histoire #Crimes #ça_continue...

  • #Canada.Un jeune autochtone en #grève_de_la_faim pour alerter l’opinion sur les #suicides dans sa communauté

    Après une #marche de 635 kilomètres, un activiste autochtone de 24 ans a entamé le 31 juillet une grève de la faim devant le parlement de la #Saskatchewan. Il entend faire pression sur le gouvernement de la province pour qu’il adopte un projet de loi sur la #prévention_des_suicides, qui touchent fortement la population autochtone.

    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/canada-un-jeune-autochtone-en-greve-de-la-faim-pour-alerter-l
    #résistance #peuples_autochtones

    #paywall

  • ‘We’ve Already Survived an Apocalypse’: Indigenous Writers Are Changing Sci-Fi - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/08/14/books/indigenous-native-american-sci-fi-horror.html

    Dimaline, along with Waubgeshig Rice, Rebecca Roanhorse, Darcie Little Badger and Stephen Graham Jones, who has been called “the Jordan Peele of horror literature,” are some of the Indigenous novelists reshaping North American science fiction, horror and fantasy — genres in which Native writers have long been overlooked.

    Their fiction often draws on Native American and First Nations mythology and narrative traditions in ways that upend stereotypes about Indigenous literature and cultures. And the authors are gaining recognition in a corner of the literary world that has traditionally been white, male and Eurocentric, rooted in Western mythology.

    Some authors say that sci-fi and fantasy settings allow them to reimagine the Native experience in ways that wouldn’t be possible in realistic fiction. Writing futuristic narratives and building fantasy worlds provide a measure of freedom to tell stories that feel experimental and innovative, and aren’t weighted down by the legacies of genocide and colonialism.

    “We’ve already survived an apocalypse,” said Roanhorse, who is of Ohkay Owingeh Pueblo descent.

    For Indigenous authors, writing themselves into sci-fi and fantasy narratives isn’t just about gaining visibility within popular genres. It is part of a broader effort to overcome centuries of cultural misrepresentation.

    “What most people know about Native people was created by outsiders, so it’s no surprise that it’s faulty,” said Debbie Reese, who is tribally enrolled at Nambé Pueblo and founded the site American Indians in Children’s Literature, which analyzes representations of Native people and beliefs in children’s books.

    While Indigenous writers are still underrepresented in the literary world, especially in genre fiction, their work is having an outsize impact. Roanhorse won two of the genre’s most prestigious awards, the Hugo and the Nebula, for her 2017 short story, “Welcome to Your Authentic Indian Experience™,” and the Locus Award for best first novel for “Trail of Lightning.” Both works have been optioned for screen adaptations.

    Dimaline’s novel, “The Marrow Thieves,” which unfolds in a dystopian future where Indigenous people are hunted for their bone marrow, won the Kirkus prize for young adult literature and is being adapted into a television series. She and Roanhorse have signed multi-book deals with major publishing houses in recent years.

    #Lecture #Science_fiction #Peuples_indigènes

  • Idées pour retarder la fin du monde

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Idees-pour-retarder-la-fin-du-monde

    Ailton Krenak
    Idées pour retarder la fin du monde
    postface d’Eduardo Viveiros de Castro

    Ailton Krenak appartient au peuple krenak, dont le territoire se situe dans la vallée du rio Doce, dans l’État du Minas Gerais, au sud-est du Brésil, et dont l’environnement est affecté par les extractions minières. À la fin des années 1980, il participe à la création de l’Union des nations indigènes, milite et organise l’Alliance des peuples de la Forêt. Il interroge ici l’« idée d’humanité » construite au long de « ces deux ou trois mille ans » : « La colonisation du monde par l’homme blanc européen a largement été guidée par le principe qu’une humanité éclairée devait aller à la rencontre d’une humanité, restée dans l’obscurité sauvage, pour l’irradier de ses lumières. Cette aspiration au cœur de la civilisation européenne a toujours été justifiée par le postulat qu’il n’existe qu’une manière d’être ici sur la Terre, une certaine vérité, ou une conception de la vérité, censée guider la plupart des choix effectués à différentes périodes de l’histoire. »

    « Si nous sommes une seule humanité, comment justifier que, selon de savants calculs, près de la moitié de celles et ceux qui la composent soient totalement dépossédés des conditions minimales qui leur permettraient de subvenir à leurs besoins ? La modernisation a poussé ces gens hors des campagnes et des forêts pour en faire de la main-d’œuvre, et aujourd’hui ils s’entassent dans des favelas en périphérie des métropoles. Ces gens ont été arrachés à leurs collectifs, à leurs lieux d’origine, et ont été jetés dans ce broyeur appelé “humanité”. » (...)

    #Viveiros_de_Castro #Brésil #nations_indigènes #humanité #forêt #peuples #Eduardo_Galeano #Bolsonaro #colonialismes #mondialisation #cosmovision

  • #Bayer - #Monsanto Celebrates the Law to Promote Native Seed

    On March 24, in the midst of the crisis by Covid-19, the so-called federal law for the promotion and protection of native corn was approved with the unanimous vote of the Senate. With such a title many will have assumed that it would be a rule to stop the assault of transnational GM companies on seeds, indigenous peoples and peasant communities. Unfortunately, this is not the case. Beyond the intention of its promoters, this provision favors key interests of the companies that have wanted to advance in the country with their GM and other high-tech seeds for two decades.

    For this reason, the #Mexican_Seed_Association_AC (#AMSAC), whose board is made up of #Syngenta, #Bayer (now owner of #Monsanto), #Corteva (merger of #Dow and #DuPont-PHI Mexico) and other major global seed companies issued a bulletin the same day congratulating legislators on the approval of the law. They declare that this law “is an important step, (…) because it will give certainty to corn producers throughout the country”. They emphasize that “they will continue working to promote the object of this law (…) taking advantage of technological developments, such as improved seeds”. (https://tinyurl.com/vo9pawr)

    AMSAC is a board member of the National Agricultural Council (CNA), which in turn is a founding member of the #Business_Coordinating_Council. They represent, for the most part, the business sectors that have devastated peasant life, sustainable production and healthy food. The six global transnational companies that own more than 70 percent of the global seed and agrochemical markets (and 100 percent of the transgenic seeds) have been on the AMSAC board of directors for years. It is the main lobbyist for the seed industry, acting in conjunction with the ANC. They are the ones who fought for and obtained privileges for the transnationals in all the existing laws regarding seeds and patents. (https://tinyurl.com/ruoc3ka ; https://tinyurl.com/t6lxfov)

    Before the final vote in the Senate, from which the initiative came, the law to promote native corn was voted, with changes, in the Chamber of Deputies on March 18, with 270 votes in favor. No one opposed it anymore. Could it be that the PRI, PAN, PRD, Morena and all the parties suddenly realized the importance of protecting the corn peoples, their seeds and cultures against the transgenic invasion? Of course not. Because the law does not provide for such a thing. Nor does it prevent the patenting of peasant seeds. But it does separate corn from its peoples, reducing the complex process of thousands of years of many peoples creating milpas, assemblies, forests, and their own forms of government to the promotion of #community_seed_banks, an expression that the majority of the peoples reject, because it comes from the financial system and is alien to their conception of seeds as an element in the integral politics, economy, and worldview of their peoples. Furthermore, it establishes that only native corn is recognized by #Conabio, not by the peoples and communities themselves. It imposes on them a new #National_Maize_Council, which although merely consultative, has 16 members, of which only six are from indigenous communities or agrarian ejidos.

    But the main reason why the transnationals applaud this law is because it will delimit geographical areas, where the authorities will recognize that there are native maize production systems, which means it opens up the rest of the country to plant any other seed, from hybrids to transgenics or the new biotech seeds that the companies call genetic editing.

    Monsanto, Syngenta, and other companies have insisted on this point for decades: that areas must be defined, that in reality they are not interested in planting where there are farmers, only in the rest of the country. Against this fallacious and extremely risky position, which would eventually cause GM contamination to reach the entire country, we have insisted that all of Mexico – and Mesoamerica – is the center of origin of maize and therefore the planting of any genetically manipulated seed should be prohibited.

    This position of the so-called law of promotion and other serious errors of it – now approved – were clearly expressed by the Network in Defense of Maize since the publication of the commissions’ opinion, in October 2019 (https://tinyurl.com/vjk8qyl).

    Meanwhile, the #Monsanto_Law, as the current biosafety law passed in 2005 is called, remains untouched by all the now-legislators and officials who promised in the campaign that they would repeal it. Furthermore, Semarnat participated in an online forum on biosafety at the Biodiversity Convention in 2020 and its representative joined the seed industry’s position that there is no need to establish new biosafety frameworks, not even for the highly dangerous genetic promoters, transgenic exterminators.

    Why are none of the officials and legislators doing their job to really guarantee biosafety and that what AMLO announced, that no GM maize will be allowed in the country, is a reality?

    https://schoolsforchiapas.org/bayer-monsanto-celebrates-the-law-to-promote-native-seed

    #appropriation_intellectuelle #maïs #graines #semences #Mexiques #loi #peuples_autochtones #Chiapas #OGM #agriculture #multinationales #industrie_agro-alimentaire #loi #brevets #agriculture_paysanne

  • Campagne de solidarité avec les peuples originaires d’Oaxaca

    CNI

    https://lavoiedujaguar.net/Campagne-de-solidarite-avec-les-peuples-originaires-d-Oaxaca

    À la Sexta nationale et internationale,
    Aux réseaux de soutien, de résistance et de rébellion,
    Au Réseau contre la répression et pour la solidarité,
    Aux médias libres et autonomes,

    Le 23 juin dernier, un séisme de 7,4 degrés dont l’épicentre se trouvait dans l’État d’Oaxaca a frappé plusieurs communautés de la montagne et de la côte, lesquelles souffrent encore des conséquences de la catastrophe : glissements de terrain, routes bloquées, maisons, écoles et cliniques effondrées, communautés isolées, problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité. Selon les données des autorités de l’État, à la fin du mois de juin, 87 communes étaient toujours en état d’urgence et 157 se trouvaient dans une zone sinistrée. Et malheureusement, au moins dix personnes sont mortes.

    Il ne s’agit pas seulement d’une catastrophe « naturelle » ; ce que subissent aujourd’hui les communautés indigènes d’Oaxaca est principalement dû à la négligence, à la corruption, au pillage, à l’exploitation et au mépris tant des mauvais gouvernements que du système capitaliste, qui ne s’intéressent qu’à gagner de l’argent au détriment de la vie sur la planète. (...)

    #Mexique #Oaxaca #peuples_originaires #solidarité

  • Ella Cara Deloria, l’indispensable Sioux de Franz Boas
    https://www.telerama.fr/idees/ella-cara-deloria-lindispensable-sioux-de-franz-boas-6658728.php

    Née en 1889 dans une réserve dakota, Ella Cara Deloria fut, pour le fondateur de l’anthropologie moderne américaine Franz Boas, une indispensable traductrice de la langue et des coutumes sioux. Qu’elle s’employa à défendre et à faire connaître sa vie durant. Pourtant, son travail n’a jamais été reconnu…

    Dans les années 1930, lorsqu’elle résidait à Manhattan, l’Américaine d’origine sioux Ella Cara Deloria (1889-1971) avait l’habitude de déjeuner tous les jeudis avec les représentants éminents des sciences humaines américaines, soit le Pr Franz Boas (1858-1942) et ses élèves, Ruth Benedict et Margaret Mead. Le premier, enseignant à l’université Columbia, spécialiste des Amérindiens, est considéré comme le fondateur, au début du XXe siècle, de l’anthropologie américaine moderne. Les secondes, ses émules, domineront la discipline à sa suite. Ella Cara Deloria, quant à elle, a été la collaboratrice du maître, rencontré dans cette même université en 1914 alors qu’elle étudiait à l’école normale pour devenir institutrice et éducatrice. Elle parle couramment tous les dialectes des communautés sioux sur lesquels il travaille : une « perle rare », comme le lui écrira Boas plus tard.

    Reste que son nom ne dit pas grand-chose aux États-Unis, hormis dans les communautés concernées, et encore moins en Europe. Figure de l’ombre, Ella Cara Deloria a pourtant réalisé durant quinze ans des enquêtes sur le terrain et effectué de nombreuses traductions, cheville ouvrière indispensable aux recherches de Boas. Elle a ensuite continué avec Ruth Benedict, tout en menant des travaux personnels sur la culture traditionnelle et les langues autochtones. Formée sur le tas mais non diplômée, femme, et de surcroît indienne — autant de freins importants, à l’époque, à une pleine reconnaissance —, elle est la première ethno-linguiste de terrain à avoir étudié de l’intérieur sa propre communauté.

    « Belle comme le jour », ou Anpetu Washte-win, son nom en langue dakota (un des trois groupes dialectaux sioux), est née dans la réserve de Yankton, Dakota du Sud, terre ancestrale des Indiens des plaines — les Sioux, de leur nom générique. Ella a 2 ans lorsque l’armée attaque, un petit matin de décembre 1890, un campement dans la réserve voisine de Pine Ridge. Les Sioux y sont réunis autour du chef Big Foot pour une danse rituelle interdite par les autorités. Trois cent cinquante personnes, dont beaucoup de femmes et d’enfants, sont tués. Tragédie historique, le massacre de Wounded Knee marque la fin de plus d’un siècle de guerres indiennes. Parqués dans des réserves qui se réduisent comme peau de chagrin, les autochtones s’étiolent, leur population tombe, fin XIXe, à trois cent mille personnes, voire cent cinquante mille selon les estimations les plus basses ; ils sont cinq millions aujourd’hui. Les enfants sont envoyés dans des pensionnats où il leur est interdit de parler leur langue. Objectif du gouvernement : l’assimilation forcée.

    Une vie nomade et modeste

    L’histoire se répétera à Wounded Knee en 1973, deux ans après la mort d’Ella Cara Deloria, avec l’occupation, cette fois-ci pacifique, du site durant plus de deux mois par des militants autochtones en lutte contre la corruption des Affaires indiennes et la spoliation de leurs droits (Le Renouveau indien aux États-Unis, de Joëlle Rostkowski, éd. Albin Michel). Ella Cara a vécu entre ces deux dates symboliques, consciente que l’époque était en train de basculer. « Elle fait partie de cette génération qui a connu des transformations incroyables, alors elle s’est adaptée. Son idée a toujours été de faire valoir la pertinence de la culture et de l’histoire des siens pour qu’ils puissent se faire eux-mêmes une place moderne dans la société », explique son petit-neveu, Philip Deloria, professeur d’histoire à la prestigieuse université de Harvard, spécialiste de l’histoire indienne. Fils d’un activiste célèbre, Vine Deloria, lui-même neveu d’Ella, il a publié l’année dernière un livre sur une autre inconnue de la famille, Susan, la sœur de notre ethnologue sioux (Becoming Mary Sully : Toward an American Indian Abstract, de Philip Deloria, University of Washington Press, 2019, en anglais). 

    Sur les rares photos en noir et blanc, Ella Cara Deloria incarne les deux faces d’un même personnage complexe et fascinant. D’un côté l’intellectuelle new-yorkaise dynamique, robe à jabot et chignon impeccable, et de l’autre la Sioux dakota tout aussi élégante, robe de peau ornée de perles et de piquants de porc-épic, le front ceint d’un bandeau brodé retenant ses nattes. Le costume traditionnel lui sert surtout pour la promotion de ses conférences sur son peuple, qu’elle organise dans tout le pays, sillonnant les États-Unis en voiture. Elle y dort aussi parfois, et vend, pour gagner quelques sous, des artefacts en perles brodées. Ella vit avec sa sœur, Susan, qui a pris comme nom d’artiste « Mary Sully » pour signer les illustrations de couverture de ses livres et de superbes fresques colorées rappelant l’art brut. En parallèle à ses activités ethnographiques, Ella se fait aussi institutrice dans différents établissements du Dakota, prof de gymnastique et de danse au Texas, éducatrice au YMCA, consultante du Bureau des Affaires indiennes, pour lequel elle effectue des missions, notamment en pays navajo ou en Floride. Sa situation économique est compliquée, avec un père âgé et sa sœur à charge. La famille passant avant tout, elle renonce plusieurs fois à des propositions de travail de Boas.

    Une généalogie étonnante

    Remonter l’arbre généalogique des Deloria révèle les brassages nord-américains. Côté paternel, une arrière-grand-mère yankton a épousé un explorateur français, Philippe Des Lauriers, huguenot établi sur les rives du Missouri en 1822. Comme nombre de ses concitoyens à la charnière du XXe siècle, leur fils, Francis Deloria — version américanisée du patronyme français —, chaman célèbre et leader charismatique, se convertira à la fin de sa vie à la religion chrétienne épiscopale. Le fils de celui-ci, Francis junior, père d’Ella, est le premier Indien ordonné prêtre en Amérique — il a droit à une statue dans la cathédrale nationale de Washington. Côté maternel, la filiation s’avère tout aussi étonnante, avec un arrière-grand-père artiste, d’origine anglaise, Thomas Sully, portraitiste de La Fayette et de la reine Victoria, et un grand-père officier de cavalerie, héros de la guerre de Sécession puis de la conquête de l’Ouest et par conséquent tueur d’Indiens. Pourtant, sa fille épousera le fils du grand chaman Deloria…

    À la fin du XIXe siècle, le père d’Ella fonde une mission dans la réserve de Standing Rock, Dakota du Sud, où grandissent ses enfants. Ils étudient en anglais, mais à la maison tout le monde parle dakota, la langue des ancêtres, qu’Ella Cara étudiera toute sa vie, enregistrant et retranscrivant des milliers de légendes et de mythes, décortiquant la phonétique et la grammaire de dizaines de dialectes, publiant une Grammaire dakota épaisse comme un bottin. Son dictionnaire dakota/anglais, riche de cinq mille entrées, n’a jamais été édité. Rédigé au début des années 1940, son roman Waterlilly (Nénuphar) ne sera publié en anglais et en français par une maison d’édition canadienne que vingt ans après sa mort. Captivant et d’une écriture limpide — exactement comme parle la grand-mère du récit, qui tient en haleine les gamines en mocassins —, il raconte le destin de trois générations de femmes dakota dans la seconde moitié du xixe siècle. Et devient culte. Rendant enfin justice à Ella Cara Deloria, fascinante représentante d’une dynastie étonnante.

    Sophie Cachon

    #peuples_premiers #native_american #anthropologie #linguistique #patriarcat #discrimination

    A propos de Franz Boas : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Boas

  • “Get the Hell Off”: The Indigenous Fight to Stop a Uranium Mine in the Black Hills – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/politics/2020/05/the-black-hills-are-not-for-sale

    Today, Brave and other Lakota elders are staring down yet another encroachment on their historic lands: a 10,600-acre uranium mine proposed to be built in the Black Hills. The Dewey-Burdock mine would suck up as much as 8,500 gallons of groundwater per minute from the Inyan Kara aquifer to extract as much as 10 million pounds of ore in total. Lakota say the project violates both the 1868 US-Lakota treaty and federal environmental laws by failing to take into account the sacred nature of the site. If the mine is built, they say, burial grounds would be destroyed and the region’s waters permanently tainted.

    A legal win for the Lakota would represent an unprecedented victory for a tribe over corporations such as Power­tech, the Canadian-owned firm behind Dewey-­Burdock, that have plundered the resource-rich hills. And it could set precedents forcing federal regulators to protect Indigenous sites and take tribes’ claims more seriously. The fight puts the Lakota on a collision course with the Trump administration, which has close ties to energy companies and is doubling down on nuclear power while fast-tracking new permits and slashing environmental protections—even using the coronavirus pandemic as an excuse to further roll back regulations. All of this makes Black Hills mineral deposits more attractive than they’ve been in decades.

    #peuples_autochtones #extractivisme

  • « N’oublions jamais que l’Amazonie est une source inépuisable de savoirs médicaux »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/06/n-oublions-jamais-que-l-amazonie-est-une-source-inepuisable-de-savoirs-medic

    Une fois de plus, les peuples autochtones de l’Amazonie brésilienne payent les frais d’épidémies venant de l’extérieur de leur monde. Dans le passé, les grippes, rougeoles, tuberculoses ou malarias importées ont exterminé des ethnies entières. Aujourd’hui des villages indigènes à plus de 1 000 km de Manaus sont victimes du coronavirus. Pour l’instant, seulement dans l’Alto Solimões chez les Kokama et Tikuna, ethnies avec qui j’ai travaillé, les morts se comptent par dizaines et ailleurs la situation est parfois pire. Les données concernant les contaminations et les décès dans ces peuples si dispersés étant très difficiles à évaluer, nous attendons souvent d’être informés par ceux qui arrivent dans les villes avec des malades et parfois des morts à bord de leur pirogue, après quatre ou cinq jours de voyage. Il est impossible de nier la situation sanitaire alarmante au Brésil.(...) les pandémies toujours désastreuses pour eux, les indigènes d’Amazonie ont aussi à se confronter à un problème existentiel, à savoir : comment préserver leur vie traditionnelle face à une pression permanente de la civilisation dominante ? On aime souvent décrire ces peuples premiers comme les « gardiens de la biodiversité » et les « docteurs de la Nature ».
    (...) les peuples amazoniens ont besoin de l’aide d’urgence pour éviter que la Covid-19 ne provoque pas un vrai génocide. Mais au regard des autres menaces qu’ils affrontent, il est urgent qu’ils trouvent une voie pouvant assurer leur survie à long terme. L’isolement éternel n’est pas une option car l’envahissement par le monde extérieur ne s’arrêtera pas.

    #Covid-19#migrant#migration#bresil#amazonie#sante#peupleautochtone#isolement#circulation

  • La spoliation financière : les paysans,
    « associés » du Train maya

    Violeta R. Núñez Rodríguez

    https://lavoiedujaguar.net/La-spoliation-financiere-les-paysans-associes-du-Train-maya

    Le projet baptisé « Projet de développement Train maya », principal projet d’infrastructures de l’actuel gouvernement fédéral mexicain (présidence de la République, 2019), annonce que, pour la première fois, les terres des paysans ne seront pas expropriées pour mener à bien un projet de « développement », contrairement à ce qui s’est produit à d’autres moments de l’histoire ; que ne seront pas élaborés de projets (barrages, centrales hydroélectriques, exploitations minières, routes, ponts, aéroports, entre autres) sans respecter la propriété sociale. À ce sujet, l’un des premiers documents qui présentait le Train maya de façon très générale indique que, « dans le cas des constructions des gares, les propriétaires individuels ou communautaires pourront céder leurs terrains et devenir des associés du développement local » (Fonatur, 2019). Mais pourquoi cette affirmation est-elle importante ?

    Selon le Registre agraire national, dans les États où il est prévu de mettre en place le Projet de développement du Train maya, 52 pour cent de la propriété de la terre correspond en moyenne à la propriété sociale ; même si dans quelques États, comme le Quintana Roo, cette propriété atteint plus de 60 pour cent. Ce qui signifie que plus de la moitié de la superficie ne correspond ni à la propriété privée ni à la propriété publique mais à un type de propriété qui date de l’époque préhispanique et que le Mexique a institutionnalisée après la Révolution mexicaine : les ejidos et communautés agraires (noyaux agraires). Ce régime de propriété, constitué de 5 375 ejidos est fondamentalement géré par des paysans indiens. (...)

    #Mexique #mégaprojets #Train_maya #propriété #peuples_originaires

  • Solidarité avec San Mateo del Mar, Oaxaca, Mexique

    Asamblea de Pueblos del Istmo

    https://lavoiedujaguar.net/Solidarite-avec-San-Mateo-del-Mar-Oaxaca-Mexique

    La situation que traverse la communauté ikoots de San Mateo del Mar, dans l’isthme de Tehuantepec, État d’Oaxaca, met en évidence le lien pervers entre la politique de développement de l’État et les agissements du crime organisé dans notre pays. Durant plus d’une décennie, San Mateo del Mar a lutté pour la défense de son territoire face aux menaces constantes que représentent l’installation de parcs éoliens, la privatisation des terres, la construction d’une digue et la modernisation du port de Salina Cruz.

    Depuis la nomination du président municipal Bernardino Ponce Hinojosa, en octobre 2019, le harcèlement à l’encontre des habitants de San Mateo del Mar n’a cessé d’augmenter. Cette nomination survint à la suite d’élections organisées par l’Institut électoral de l’État et par Participation citoyenne d’Oaxaca, qui non seulement n’ont pas respecté le système normatif interne mais qui en plus ont fait l’objet de graves irrégularités. Ces faits ont réveillé la colère et l’opposition des habitants de San Mateo envers le président imposé et ont provoqué l’escalade du conflit.

    La nuit du 2 mai 2020, la communauté de San Mateo dénonçait déjà la violente agression qu’elle vivait et qui s’est achevée par une attaque à main armée dans l’agence municipale de Huazantlán del Río. (...)

    #Mexique #Oaxaca #peuples_originaires #éoliennes_industrielles #massacre #solidarité

    • As Brazil’s confirmed overall death toll from Covid-19 passes 50,000, the virus is scything through the country’s indigenous communities, killing chiefs, elders and traditional healers – and raising fears that alongside the toll of human lives, the pandemic may inflict irreparable damage on tribal knowledge of history, culture and natural medicine.

      The Munduruku people alone have lost 10 sábios, or wise ones. “We always say they are living libraries,” said Alessandra Munduruku, a tribal leader. “It’s been very painful.”

      The victims include prominent figures such as Paulinho Paiakan, a Kayapó leader who fought alongside rock star Sting against the Belo Monte dam.

      The indigenous organisation Apib has logged at least 332 Covid-19 deaths, and 7,208 coronavirus cases across 110 communities. “We are facing extermination,” said its executive coordinator, Dinamam Tuxá.

      Indigenous leaders such as Tuxá say the government of the far-right president, Jair Bolsonaro, is failing to protect the country’s 900,000 indigenous people – many of whom live in small communities, where dozens often share the same house.

      #Brésil #culture_vernaculaire

  • Les réseaux sociaux russes, lanceurs d’alerte de la catastrophe de #Norilsk

    Le 3 juin, le président russe Vladimir Poutine a déclaré l’#état_d’urgence au niveau fédéral, après la fuite le 29 mai d’au moins 20 000 tonnes de #diesel dans une rivière du Grand Nord. La catastrophe a été provoquée par l’effondrement d’un réservoir de la #centrale_thermique de Norilsk, en #Sibérie orientale.

    À Vladimir Potanine, dirigeant de l’entreprise en cause Norilsk Nickel (premier producteur de nickel au monde), le chef du Kremlin a adressé les reproches suivants : « Pourquoi les agences gouvernementales n’ont-elles été mises au courant que deux jours après les faits ? Allons-nous apprendre les situations d’urgence sur les réseaux sociaux ? »

    Ce sont en effet des vidéos postées par des citoyens sur les #réseaux_sociaux qui ont alerté les autorités sur le drame. Depuis des années en Russie, ils constituent un canal de communication important pour les experts et les écologistes qui cherchent à alerter sur les #catastrophes_industrielles et les conséquences du #changement_climatique. Cela offre à la #société_civile une mine d’informations et un espace où s’expriment les critiques sur le manque d’action et d’anticipation de l’État et des entreprises face à ces situations d’urgence.

    Cette nouvelle catastrophe a suscité grâce aux réseaux une attention médiatique nouvelle, pour ces régions isolées où des drames écologiques se jouent régulièrement.
    https://www.youtube.com/watch?v=0kakLGwXGzM&feature=emb_logo

    Un temps précieux perdu

    Précisons que la catastrophe du 29 mai est particulièrement préoccupante. Plus encore que le pétrole, le diesel est extrêmement toxique et les sauveteurs de #Mourmansk, spécialisés dans la #dépollution, ne sont arrivés sur place que 40 heures après la catastrophe du fait du délai entre la survenue de l’#effondrement et l’alerte. Un retard qui n’a permis de récupérer qu’une infime quantité de diesel.

    La majeure partie du carburant a coulé au fond de la rivière #Ambarnaïa et déjà atteint le #lac_Piassino. Le #carburant est en train de se dissoudre dans l’#eau ce qui rend sa collecte difficile et il n’est pas non plus envisageable de le brûler, ce qui libérerait des substances toxiques en quantité trop importante.

    L’#Arctique ne compte par ailleurs ni route ni réservoir pour collecter les #déchets. En construire près des zones polluées est impossible, la #toundra étant marécageuse et impraticable. Les sites de déversement ne sont donc atteignables que par hélicoptère et l’été dans l’Arctique étant très court, le temps presse.

    Rappelons que le #Grand_Nord fait continuellement la triste expérience de la #pollution par le #pétrole, lors de son exploitation et de son acheminement.

    Succession de catastrophes

    La région de Norilsk n’en est en effet pas à son premier #désastre_écologique. Dans cette zone industrielle, les #rivières revêtent déjà toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, non seulement à cause des #hydrocarbures mais également d’autres #activités_industrielles (rejets de #métaux_lourds et de #dioxyde_de_souffre de la #mine de #nickel et du centre industriel métallurgique).

    Convoquée à l’occasion de la fuite massive, la mémoire d’Internet met en lumière les catastrophes passées. En 2016, la rivière #Daldykan à Norilsk avait elle aussi pris un aspect rouge. Les autorités locales et fédérales et les médias locaux avaient alors gardé le silence pendant plusieurs jours. Après avoir nié l’accident, #Norilsk_Nickel avait fini par l’admettre une semaine plus tard tout en assurant que le phénomène ne présentait aucun danger pour l’#environnement. Sous la pression de la société civile locale, images à l’appui, les autorités avaient été poussées à ouvrir une enquête.

    Et il y a seulement trois mois, le 4 mars, dans la même région, près de 100 tonnes de diesel se répandaient dans les glaces de la rivière #Angara après la rupture d’un #pipeline.

    Ces catastrophes lointaines, qui surviennent dans des régions peu peuplées, n’attirent généralement pas l’attention médiatique. Celle de Norilsk, par son ampleur et sa portée internationale, suscite une prise de conscience nouvelle.

    État incapable et entreprises négligentes

    La catastrophe réveille les débats sur les réseaux sociaux russes autour de la gestion du risque environnemental et l’absence totale de responsabilisation des entreprises polluantes en Russie. Les principes de pollueur-payeur, de prévention et de précaution, si difficiles à faire appliquer en France, n’y existent tout simplement pas.

    Les monstres de l’industrie (pétrole, gaz naturel et divers métaux) échappent au contrôle de l’État. Pour preuve, les services d’inspection fédéraux n’ont même pas été admis sur place par les vigiles de Norilsk Nickel, comme l’a déploré Svetlana Radionova, la responsable du Service fédéral de contrôle des ressources naturelles et de la protection de l’environnement, le 30 mai dernier sur son compte Facebook.

    Cette fuite constitue pourtant la plus grande catastrophe environnementale qu’a connue l’Arctique. Dans cette région, la #décomposition_biologique des produits issus du pétrole est extrêmement lente et pourrait prendre au moins 10 ans. Un drame qui aura des répercussions sur les milieux arctiques, déjà très vulnérables : comme l’expliquait en 2018 la géographe Yvette Vaguet,« Les #lichens peuvent nécessiter jusqu’à 30 ans pour repousser et un saule nain peut ici être vieux d’un siècle ».

    Fonte du #permafrost et catastrophes industrielles

    Depuis des années, des chercheurs spécialistes de l’Arctique tentent d’alerter via les réseaux sociaux, faute d’une prise de conscience dans la classe politique. On ne compte plus les dommages causés par le changement climatique aux écosystèmes : les feux de forêt se multiplient, la couverture neigeuse diminue fortement et l’épaisseur de la glace dans la #mer_de_Kara rétrécit de plus en plus rapidement – elle a commencé cette année à fondre un mois plus tôt que d’habitude.

    Les régions de Russie à permafrost, cette combinaison de glace et de terre qui représente environ 60 % de la masse terrestre du pays, ne peuvent plus supporter la même charge que dans les années 1980. Or la plupart des structures construites à l’époque soviétique pour l’exploitation des ressources n’ont jamais été remplacées, alors même que le problème est connu de longue date.

    Dans la région de Norilsk, la fonte du permafrost entraîne donc l’affaissement des installations, comme l’avait déjà alerté un rapport du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, publié en 2018. La catastrophe du 29 mai en est la conséquence directe, provoquée par l’effondrement d’un des piliers du réservoir que la compagnie n’avait jamais remplacé depuis 1985.

    La #faune et la #flore du Grand Nord menacées

    Parmi les avertissements adressés par les chercheurs sur les réseaux sociaux, une préoccupation revient régulièrement, celle des effets du changement climatique et des activités humaines sur la faune et la flore du Grand Nord.

    La région de #Taimyr, dont Norilsk est la capitale, a déjà déploré la disparition d’un emblématique renne sauvage : en l’espace de 15 ans, 40 % des animaux du plus grand troupeau sauvage de rennes au monde ont disparu.

    En cette période de crue printanière, le diesel répandu par la catastrophe va imprégner tous les pâturages de #cerfs de la plaine inondable. Or la #chasse – au #cerf notamment – constitue avec la #pêche le principal moyen de subsistance des peuples indigènes de Taimyr. Sur les sites et les pages Internet où échangent ces populations, l’inquiétude est palpable. Gennady Shchukin, chef de la communauté #Dolgan, militant et adjoint du conseil de district #Dolgano-Nenets, a d’ailleurs publié sur les réseaux sociaux une lettre adressée au président Poutine et à différents hauts fonctionnaires pour réclamer une enquête publique et transparente et faire part de sa préoccupation.

    « Les cerfs ne survivront pas lorsqu’ils traverseront la rivière. Le diesel se déposera sur le corps de l’animal. Il ne survivra pas à l’hiver. L’animal ne pourra pas se débarrasser de ce film, et il ne pourra pas se réchauffer. Nous ne pourrons pas non plus vendre cette viande car elle aura une odeur de diesel. Les cerfs mourront et se décomposeront dans cette mer de diesel, dans la toundra. Le même sort attend les oiseaux et les poissons de l’Arctique. »

    Une autre voix, celle d’Alexander Kolotov, président de l’ONG écologiste Plotina.Net, résume ainsi la situation.

    « Je pense qu’un déversement de diesel de cette ampleur montre que nous ne disposons pas actuellement de technologies suffisamment sophistiquées pour faire face à des catastrophes d’une telle ampleur. Et cela soulève la question suivante : dans quelle mesure devrions-nous continuer à envahir et vouloir dompter l’Arctique, si nous ne pouvons faire face à la catastrophe ? »

    Sur l’Internet russe, des informations circulent, des alertes sont lancées, des critiques sont adressées. On y découvre effectivement les situations d’urgence… mais aussi l’histoire des catastrophes industrielles d’une région, leurs effets à long terme et l’incurie de l’État en la matière.

    https://theconversation.com/les-reseaux-sociaux-russes-lanceurs-dalerte-de-la-catastrophe-de-no
    #peuples_autochtones

  • Structures minuscules

    Yásnaya Elena Aguilar Gil

    https://lavoiedujaguar.net/Structures-minuscules

    Quel serait le niveau de mortalité du coronavirus dans un monde où il n’existerait pas de macrostructures comme le capitalisme ?

    De paroles attribuées à Démocrite, le biologiste français Jacques Monod a tiré le titre principal de son extraordinaire livre Le Hasard et la Nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne. La citation complète attribuée au philosophe du sourire est la suivante : « Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité. » Plutôt que de discuter la pertinence de cette citation dans la situation actuelle, j’aimerais revenir sur les passages les plus troublants du livre de Monod qui m’ont initiée à la passionnante question de savoir si les virus sont ou non des êtres vivants. On sait qu’il s’agit d’entités biologiques constituées de matériel génétique qui infectent des cellules où se reproduisent de multiples copies de ces entités. Les virus sont si petits que la plupart d’entre eux ne peuvent pas être observés par les microscopes optiques courants. Ce sont de minuscules structures qui transitent entre le monde de l’inerte et celui du vivant. Au cours de l’histoire de l’humanité, et même avant leur découverte, elles ont mis en crise et révélé le fonctionnement de macrostructures d’une autre nature. Le nouveau coronavirus qui a provoqué la pandémie du Covid-19 dans le monde montre la radiographie d’une gigantesque structure socio-économique comme le capitalisme (...)

    #Mexique #peuples_originaires #coronavirus #macrostructures #microstructures #Démocrite #Jacques_Monod #États-nations #communalité #Vandana_Shiva

  • À propos du débat actuel sur les énergies renouvelables au Mexique
    Nous ne voulions pas le dire, mais nous allons le dire :
    « Nous vous l’avions dit »

    Asamblea de Pueblos del Istmo

    https://lavoiedujaguar.net/A-propos-du-debat-actuel-sur-les-energies-renouvelables-au-Mexique-N

    Isthme de Tehuantepec, Oaxaca, Mexique, 25 mai 2020

    Depuis deux semaines, la publication au Journal officiel par la Secretaría de Energía de l’accord qui définit la politique de fiabilité, de sécurité, de continuité et de qualité du système électrique national a suscité une discussion ininterrompue au sujet des énergies renouvelables ; ce document (qui mériterait une analyse plus approfondie mais, en tout cas, ne résout aucun problème et ne bloque pas l’avancée des énergies renouvelables au Mexique) dit en substance que dorénavant la Secretaría de Energía prend le contrôle du Système électrique national et que, conjointement avec la Commission de régulation de l’énergie et la Commission fédérale de l’électricité, elle « prendra en charge la transmission et la distribution » (elle ne le faisait pas déjà ?) en appliquant une nouvelle réglementation — c’est ce qui fait pleurer les grandes entreprises, car ce « nouvel ajustement implique des conditions à satisfaire par les énergies renouvelables, notamment les parcs éoliens et photovoltaïques », ainsi que le paiement d’impôts.

    Plus rapides que Speedy Gónzales, les grands consortiums d’énergies renouvelables ont obtenu un amparo contre cet accord ; il y a quelques jours également, les gouverneurs de sept États se sont concertés pour bloquer ce même accord, et tout le débat national et international est en train de se convertir en un cirque politique et médiatique de plus, entre ceux qui sont les plus forts, qui ont de meilleurs arguments et qui se défendent le mieux, laissant de côté l’analyse critique en profondeur de la situation (...)

    #Mexique #Oaxaca #peuples_originaires #éoliennes_industrielles

  • Guatemala : un expert en médecine naturelle et guide spirituel maya, correspondant de diverses universités de pharmacie brûlé vif pour sorcellerie

    Quemaron vivo a un experto en medicina natural en Guatemala por supuesta brujería
    https://www.elnacional.com/mundo/queman-vivo-a-un-experto-en-medicina-natural-en-guatemala-por-supuesta-b
    (je ne garde pas la photo)

    Domingo Choc Che, conocido como Abuelo Domingo, era miembro de un equipo de investigación farmacéutica conformado por científicos del University College de Londres, Reino Unido, y de la universidad de Zúrich, Suiza

    Un grupo de personas linchó y quemó vivo a un experto en medicina natural y guía espiritual maya el pasado 6 de junio en una aldea cerca del municipio de San Luis, en Guatemala, porque supuestamente practicaba la brujería.

    Domingo Choc Che, conocido como Abuelo Domingo, era miembro de un equipo de investigación farmacéutica conformado por científicos del University College de Londres, Reino Unido, y las universidades de Zúrich, Suiza, y del Valle, Guatemala.

    De acuerdo con lo reseñado por RT, el hombre fue muerto por sus vecinos debido a que creían que había causado daño a varios miembros de la comunidad y los habitantes de esa aldea. Durante el suceso, impidieron que las fuerzas de orden público accedieran al lugar.

    • Qui était Domingo Choc Che,

      Domingo Choc Che, guía espiritual asesinado en Guatemala | En Profundidad | teleSUR
      https://www.telesurtv.net/telesuragenda/guatemala-domingo-choc-che-asesinato-guia-espiritual-20200609-0059.html

      Domingo formaba parte de investigaciones científicas sobre medicina maya, que en colaboración con universidades de Suiza e Inglaterra, buscaban la creación de documentos y libros sobre el antiguo conocimiento maya de las medicinas naturales.

      El asesinato de Domingo Choc Che, el pasado 6 de junio en la comunidad de San Luis, departamento de Petén en Guatemala, despertó la indignación de la población, quienes consideran que su muerte violenta representa no solo una injusticia, sino la máxima expresión de la discriminación y los estigmas por cuestión de etnia y fe.

      Reconocido científico maya, Choc Che era un experto en medicina natural y trabajaba en la Asociación de Concejos de Guías Espirituales Releb’Aal Saq’E (ACGERS).

      Considerado un experto en medicina natural maya, Choc Che tenía un “conocimiento profundo de las plantas, de las oraciones que hacía, una formación que traía desde su infancia, de sus abuelos maternos y que fue cultivando hasta convertirse en un experimentado”, explica el también guía espiritual Rolando Quib en entrevista exclusiva para teleSUR.

      Según recuerda Quib, quien conoció a Domingo hace más de 15 años atrás, “era una persona muy humilde, muy trabajadora, un médico maya muy entregado al conocimiento de las plantas medicinales, a la atención comunitaria, pero sobretodo, también era un campesino de su trabajo, que cultivaba y vivía con ello”.

      Compromiso con el conocimiento
      Refiere Quib que, en los últimos años, Domingo estaba en un proyecto científico internacional en el que comenzaba a revalorizar o socializar el conocimiento que tienen los médicos quekchíes, grupo étnico al norte de Guatemala. 

      Al respecto, la antropóloga médica de la Universidad del Valle de Guatemala, Dra. Mónica Berger, afirma que Domingo formaba parte de investigaciones científicas sobre medicina maya, que en colaboración con universidades de Suiza e Inglaterra, buscaban la creación de documentos y libros sobre el ancestral conocimiento maya de las medicinas naturales.

      Un vasto conocimiento que, al decir de Quib, Choc Che ponía a disposición del bien de ayudar a las personas, de contribuir con el saber popular, que utilizaba para “que la humanidad no estuviera enferma, que se curara y cuidara”. 

      Según el también guía espiritual, José Che, Domingo tenía más de 20 años de ser Ajilonel (herbalista), y realizaba largos y lejanos recorridos en busca de las plantas con las que sanaba.

      Mientras, Rolando Quib recuerda que las dolencias tratadas por Domingo podían ser físicas como la diabetes, varios tipos de cáncer, el susto o el miedo, fracturas, la epilepsia, e incluso se realizan operaciones espirituales en diversas partes del cuerpo, “no importando que grupos de creencias tengan”.

      Reconocimiento a su labor
      Dentro del mundo de los guías espirituales, de los médicos mayas, lo conocían como el “Abuelo Domingo”, y dentro del concepto quekchí, lo llamaban el “Abuelo Ku” por sus amplios conocimientos.

      Además, por su respeto a la madre naturaleza, a su comunidad, a las personas con las que convivía, así como a sus pacientes y a su forma de actuar. Un guía espiritual guatemalteco a quien, afirma Quib, “le tenían mucho respeto”.

      Trasfondo de violencia
      Sin embargo, el aprecio y reconocimiento hacia su profesión no era generalizado. Domingo vivía en la aldea Chimay, en ella, según explica a Rolando Quib, “existían diferentes grupos religiosos que le molestaba mucho su trabajo con la medicina natural, su conocimiento de plantas, el uso de velas, y de ahí se comenzó a manejar el mal concepto de brujo”.

      Bajo la falsa premisa de brujería y de haber enfermado espiritualmente a una persona que murió en un centro asistencial, al guía espiritual se le llevó a la muerte envuelto en llamas, en su aldea Chimay, a más de 370 kilómetros al noreste de Ciudad de Guatemala.

      Para la Dra. Mónica Berger, el asesinato del respetado Ajq’ij (guía espiritual) habla de prejuicios estigmatizantes que ven equivocadamente a los herbalistas como brujos. Además, considera su muerte como haber “quemado una biblioteca”, pues su amplio conocimiento implica la pérdida de todo un caudal que nunca pudo ser documentado completo.


      Al menos 20 personas han sido asesinadas en los últimos años por considerarlos «brujos».
      Foto: Ecoreinita

      Para la escritora de la agencia de noticias Prensa Guatemalteca, Quimy De León, el asesinato de Domingo no es un hecho aislado, pues desde la invasión y la colonia, ha habido un estigma y una persecución a personas que hacen prácticas espirituales diferentes a la judeocristiana. Según De León, este fenómeno no ha parado de ocurrir, y en los últimos años se han afianzado en las comunidades.

      También explica que el discurso de vincular a las poblaciones originarias, en este caso mayas, con la hechicería y la brujería, el diablo y la maldad, proviene desde la invasión y de la propia configuración del racismo en nuestra América. “Eso, digamos, es un discurso que se ha prolongado, se utiliza hasta la fecha y considera que los pueblos indígenas son personas sin alma y que lo único que hacen en relación con sus prácticas espirituales es la brujería”, comentó.

      De acuerdo con un listado realizado por Prensa Guatemalteca, al menos 20 personas han sido asesinadas en los últimos años por considerarlos brujos.

      Sin embargo, argumenta De León que los médicos mayas como Domingo Choc realizan un trabajo preventivo, de educación a personas y a familias, trabajan la salud mental, el sistema musculoesquelético, la pediatría. “Se podría decir que son el primer nivel de atención, que ellas resuelven lo que el Estado no resuelve en estas comunidades lejanas”, enfatiza.

      Esto no fue un crimen cometido por una muchedumbre tumultuosa, como suelen ser los linchamientos en Guatemala (...) No es una cosa espontánea perpetrada por una muchedumbre. En este caso fueron cinco o seis personas que deliberadamente, en pleno toque de queda, se dirigieron a buscarlo y a sacarlo de su casa. Incluso lo retuvieron por horas. No tenemos información precisa, pero lo tuvieron horas hasta que amaneció. Y luego, le prendieron fuego”, detalla De León.

      El Ministerio Público de Guatemala, por medio de la Fiscalía Municipal de Poptún, investiga el hecho en el cual el Abuelo Domingo perdió la vida. El reproche y condena a estos sucesos ha llegado a todas las esferas de la sociedad, quienes los han calificado como un crimen imperdonable y una gran pérdida del conocimiento ancestral maya.

    • 4 membres d’une même famille arrêtés
      qui l’accusaient d’être la cause du décès d’un proche (dans l’article précédent)

      toujours dans l’article précédent (mais sans lien), les pratiques de Grand-père Ku dérangeaient «   certains groupes religieux  » (note : les évangélistes sont très actifs au Guatemala)

      Capturan a 4 personas señaladas por la muerte de Domingo Choc Che – Prensa Libre
      https://www.prensalibre.com/ciudades/peten/autoridades-desarrollan-5-allanamientos-en-aldea-donde-murio-linchado-d

      En seguimiento a la investigación por la muerte del señor Domingo Choc Che, esta mañana la Fiscalía de Distrito de Petén, con apoyo de la PNC, realiza cinco diligencias de allanamiento en aldea, Chimay, San Luis”, informó el Ministerio Público.

      La fiscalía agregó que buscaba ejecutar cinco órdenes de captura contra supuestos responsables de haber participado en la muerte del líder indígena.

      La Policía Nacional Civil (PNC) reportó la captura de 4 familiares, dos hombres y dos mujeres.

      Fueron identificados como Ovidio Ramírez Chub, de 24 años, sus hermanos Edin Arnoldo, de 21; y Magalí Pop Caal, de 27; así como Romelia Caal Chub, de 49 años, prima de los tres anteriores.

      Todos son acusados del delito de asesinato.

    • Dans ce récit détaillé, il se confirme que certains des assassins faisaient partie de la communauté évangélique. En plus d’être des «  notables économiques  » du village.

      ¿Cuál fue la causa del crimen contra Domingo Choc Che Aj Ilonel ? – Prensa Comunitaria
      https://www.prensacomunitaria.org/cual-fue-la-causa-del-crimen-contra-domingo-choc-che-aj-ilonel2

      Algunas de las personas que lo asesinaron son “creyentes” y asisten a iglesias evangélicas, además tienen poder económico a nivel local, ya que se dedican al comercio de maíz y tienen camiones, nos aseguraron algunas personas que por temor piden confidencialidad. Por lo que no fue una muchedumbre la que cometió este crimen, fueron pocas personas, plenamente identificadas por la comunidad.

      Après la «  guerre [civile] » (la répression féroce des communautés indigènes) se sont développées mafias liées au trafic de drogue et structures paramilitaires. Dans le village, il n’y a pas moins de 5 églises (catholiques, charismatiques et évangéliques)

      Pese a los esfuerzos de reconstrucción del tejido social, los años después de la guerra, en las comunidades empezaron a sufrir una serie de problemáticas que se sobrepusieron a las dinámicas sociales ya debilitadas, algunas herencia de la contrainsurgencia usadas para controlar a la población; otras relacionadas con nuevas formas de enriquecimiento ilícito. San Luis es entrada de drogas hacia el departamento y es territorio de influencia de narcos, según el informe Grupos de poder en Petén: territorios, política y negocios, publicado en el 2011.

      En este informe se hace referencia a estructuras de “limpieza social” existentes en este municipio asociados a ex paramilitares y/o grupos criminales de alcance nacional, que se han dedicado a asesinar a jóvenes supuestamente vinculados a maras y a otras personas. Las actividades de control económico están asociadas a ganaderos tradicionales y palma de aceite. En el municipio hay un destacamento militar y solo en la aldea Chimay hay al menos cinco iglesias entre católicas, carismáticas y evangélicas.

      Le rôle traditionnel de l’Aj Ilonel (homme médecine ?)

      Carlos Morán Ical pocomchi´ investigador de la cultura maya, psicólogo y también Ajq’ij explica el rol de los aj Ilonel como Domingo Choc:

      Un Aj Ilonel es la persona, dentro del modelo de medicina maya, que tiene un don, que le permite ser quien resguarda la salud de las personas y de la familia. Es quien tiene el conocimiento de las plantas, de los ciclos lunares y conocen la época de identificación, recolección y preparado de plantas medicinales. Su función y rol comunitario es resguardar a la comunidad, es un personaje de respeto que si se requiere su consejo lo puede facilitar ya sea a personas o a las familias”.

      Todo esto lo desconocían los perpetradores de su muerte o el miedo que provoca el desconocimiento, sumado a la influencia de religiones conservadoras y fundamentalistas que logran distanciar a la gente de su propio ser.

  • An Indigenous Perspective on Looting and Riots – True Leap Press
    https://trueleappress.com/2020/06/06/an-indigenous-perspective-on-looting-and-riots

    By Cassandra Castillo, daughter of Edward D Castillo of the LuiseoCahuilla, a Native American activist who participated in the American Indian occupation of Alcatraz.

     

    Since I’m fully aware of the radical echo chamber I live in, I doubt this is a revelation to anyone but I want to share an Indigenous perspective on riots and looting.

     

    The “Great” America you are familiar with, the one that most of you live comfortably in, has literally and figuratively been stolen and developed through intense violence and genocide against First Nations and the Labour of Black Slaves who were forced here to work for our so-called “great forefathers.” The modern Capitalist economy has developed in symbiosis with and synchronously with The United States, and for some mind blowing reason “Freedom.” Capitalism was only introduced to this land in comparatively recent years, exploiting millions of lives of non-Western European immigrants. The American Economy could not have developed as quickly and as successfully without White exploitation of Black Slave labour and the global cotton trade, or the Spanish Conquistadore’s enslavement of my peoples (hence my Spanish last name).

    Capitalism here is deeply rooted in Violence. Capitalism is a way of living which values personal immediate prosperity above anything else : Human lives, health, and the abuse of all earth’s resources. Anytime a person defaces, destroys or “reclaims” property, goods or symbols of American Capitalism, it is an attack on Capitalism. Real change can happen when cost benefit analyses tip in a different direction. American Capitalism has handed over to my young generation profoundly bleak financial futures, job insecurity, the FUCKING GIG economy, diminishing pensions, un-affordable healthcare, a sick and mutilated earth, poisoned foods, Sisyphean debt, and downing education standards to name a few points of discussion. THE SYSTEM DOES NOT WORK.

    There was a very short period of time in the mid-20th century when class mobility and domestic peace was enjoyed by White Americans. The mid-twentieth century was a very unequal time for the majority of Americans as it remains today. Corporate Personhood in the capitalist market grants Macy’s more federal rights than the average person of color. Riots, looting, property destruction punches holes in the very violent system that oppresses us all. This is Newton’s Simple Third Law of Motion. This is your equal and opposite reaction to Capitalist Violence. America is suffering from Stockholm Syndrome as anchors, citizens, and politicians lament the burning of gas stations and targeting of Targets. It is devastating that small business owners have lost property. It is horrible that people are afraid in their neighborhoods. But those feelings and travesties have been felt by Black and Indigenous people for too long, welcome if you are new to these feelings of upset and unrest.

    The Black Panthers, The Weather Underground, Earth First, and other radical organizations knew to financially target Capitalist tools, because Capitalism is the problem. As a daughter of the Concow, the Pomo, the Lusenio and the Cahuilla and a daughter of the recently stolen Islands of Hawai’i, I see the blatant irony of white Americans feelings of frustration and anger over property destruction, stealing, and violent confrontations.

    I am a living breathing artifact of a land before whites, and occasionally I can still find the heart to laugh: “We learned it from you, Dad.”

    See you in the streets.

    #riots #looting #USA #peuples_premiers

  • L’Union européenne réduit son soutien au WWF, accusé de bafouer les droits des Pygmées au Congo
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/02/l-union-europeenne-reduit-son-soutien-au-wwf-accuse-de-bafouer-les-droits-de

    L’Union européenne (#UE) a décidé de suspendre une partie de ses financements au Fonds mondial pour la nature (#WWF), en raison de manquements au respect des droits humains dans le projet de création de l’aire protégée de #Messok_Dja, au Congo-Brazzaville. La sanction, entrée en vigueur le 17 avril, n’a fait l’objet d’aucun communiqué de presse. Elle constitue pourtant un sévère avertissement pour la plus grande organisation mondiale de protection de la nature et donne pour la première fois gain de cause aux communautés autochtones du bassin du #Congo menacées d’éviction par un projet de #conservation.

  • Displaced once before, an Orang Asli pleads for Kuala Langat forest reserve
    https://www.malaysiakini.com/news/510676

    The plan to develop KLIA and Putrajaya into modern world-class facilities was a landmark moment in Malaysia’s development, but those who lived in the area for generations found themselves summarily displaced.

    In the early 1990s, the rubber estate workers of Prang Besar were one such group who had to make way for Putrajaya, while the Orang Asli of Kampung Busut in Sepang was among those whose former homes were bulldozed so that KLIA could be constructed.

    The displacement and relocation was a swift affair, and the Temuan villagers were required to uproot themselves to an area 40km away with the promise of a better life in a newly developed area.

    Now talk of degazetting a huge 930-hectare swathe of the Kuala Langat Forest Reserve (North) has reawakened the fears of those forced to relocate...

    #Orang_Asli #peuples_autochtones #Malaisie