• Des PFAS omniprésents dans les eaux de baignade en France : « Même la mer n’est pas un sanctuaire »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/03/des-pfas-omnipresents-dans-les-eaux-de-baignade-en-france-meme-la-mer-n-est-

    Une étude inédite de l’association Surfrider a quantifié des polluants éternels dans 107 sites de baignade français (océan, mer, lacs, rivières). Cette pollution chimique n’est pas prise en compte par la réglementation.

    #Pollution #PFAS

    • Une étude de Surfrider révèle la présence de PFAS dans l’Océan
      https://www.surfrider.fr/actualites/pfas-eaux-de-baignade-etude-surfrider-foundation-europe


      Carte de l’état chimique des 107 sites de prelèvements étudiés lors de la campagne PFAS 2025 réalisée par Surfrider

      Les PFAS. Un acronyme qui s’est imposé récemment dans le débat public, dans les médias, dans les conversations. Pourtant, ces substances n’ont rien de nouveau : elles sont présentes dans notre quotidien depuis les années 1950. Sans que nous ne le soupçonnions vraiment. 

      Depuis plusieurs années maintenant, ces substances chimiques synthétiques persistantes et mobiles font l’objet d’une attention scientifique et médiatique croissante. Malgré cela, et bien que la recherche scientifique ait progressé sur le sujet, il reste encore beaucoup à comprendre sur l’étendue de cette pollution et ses effets. 

      Un nombre croissant d’études et de rapports rendent compte de l’étendue de cette pollution dans l’environnement (dans les sols, l’air…), dans de nombreux objets du quotidien (jouets, ustentiles de cuisine, vêtements techniques…) et même dans notre organisme (lait maternel, sang).
      Concernant les milieux aquatiques en particulier, l’essentiel des études se sont concentrées sur les eaux continentales ainsi que l’eau destinée à la consommation. 

      Mais qu’en est-il des eaux dans lesquelles nous nous baignons, plongeons, nageons, surfons etc. ? A ce jour, aucune étude d’envergure n’avait jusque là été menée sur ce sujet en Europe. 

      C’est la raison pour laquelle Surfrider Foundation Europe, avec le soutien du laboratoire Eurofins, a lancé une étude inédite sur le territoire français, avec un objectif clair : documenter la présence des PFAS dans les eaux côtières et continentales, et contribuer à une meilleure connaissance de cette pollution dans les milieux aquatiques fréquentés par le grand public.

  • 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • Pfas, due dirigenti della Solvay di Spinetta Marengo a processo per disastro ambientale
    https://lavialibera.it/it-schede-2739-pfas_due_dirigenti_della_solvay_di_spinetta_marengo_a_pro

    Il tribunale di Alessandria ha rinviato a giudizio due ex direttori di stabilimento di Syensqo Solvay di Spinetta Marengo con l’accusa di disastro ambientale colposo per l’inquinamento da pfas. Si aprirà il 16 novembre prossimo il secondo procedimento per la grave contaminazione del territorio alessandrino provocato dall’industria chimica. Lo ha stabilito nel pomeriggio di oggi, 25 giugno 2026, la giudice per l’udienza preliminare Arianna Ciavattini che ha mandato a processo Stefano Bigini e Andrea Diotto, due ex direttori dell’impianto che produce pfas e altre sostanze chimiche nell’area a sud est di Alessandria. Insieme a due manager, la giudice ha chiamato in causa anche la Solvay Specialty Polymers spa quale responsabile civile, che sarà chiamata a risarcire in caso di condanna. (…)

    #ECOLOGIA_●_MOVIMENTI

  • Incinérateurs de plastiques : la fabrique d’une « fable écologique »
    https://www.liberation.fr/environnement/incinerateur-a-plastiques-la-fabrique-dune-fable-ecologique-20260611_CFY5

    Les industriels les appellent « chaufferies #CSR », pour combustible solide de récupération. Il s’agit en réalité d’#incinérateurs destinés à brûler les #plastiques non recyclés de nos poubelles jaunes, les restes de meubles en #bois vernis ou peints, des tonnes de #textiles broyés et de #déchets industriels. La chaleur issue de la combustion est récupérée pour alimenter une usine voisine ou un réseau de chauffage urbain. Un business à plusieurs milliards d’euros que les géants Veolia, Suez et Dalkia se disputent… Avec le soutien de la puissance publique. Ces installations bénéficient en effet d’une fiscalité très avantageuse et de centaines de millions d’euros de subventions publiques.

    A mesure que ces projets apparaissent au grand jour, des collectifs de citoyens, notamment des médecins, s’alarment des risques sanitaires et de l’inconséquence de les installer à quelques mètres d’habitations. L’association Zero Waste appelle à un moratoire alors que la France détient près d’un tiers des incinérateurs d’Europe (119 d’ordures ménagères, et 8 CSR), en capacité suffisante pour les déchets actuels. Pourquoi donc en construire de nouveaux alors que l’urgence écologique impose de changer nos modes de consommation ?

    [...]

    A les entendre, les déchets ne sont plus un problème, mais une solution : un combustible made in France. La loi pour la transition énergétique de 2015 a donné une assise légale à ces CSR, et mis le business sur les rails. Débuts timides jusqu’à la guerre en Ukraine, sept ans plus tard. Les tensions d’approvisionnement en gaz deviennent un tremplin inespéré pour la filière, l’argument en or pour convaincre, même avec un rendement énergétique limité.

    Veolia, Suez et Dalkia se positionnent sur ce nouveau marché, où l’on trouve aussi Paprec, Idex, Guyot environnement, Coriance ou encore la multinationale américaine Urbaser qui tente de chiper des parts du gâteau… particulièrement crémeux en cas de deal avec une collectivité : rentrées d’argent assurées pendant vingt-cinq ans.

    [...]

    L’avis du 29 avril, que Libération a consulté, établit l’ambiguïté comptable : « La libération massive et instantanée de ce carbone [liée à la combustion du bois] dans l’atmosphère crée une dette climatique immédiate qui ne pourra être compensée par la croissance forestière que sur un temps long (plusieurs décennies). » Un espoir pour les nombreuses luttes locales sur les projets de chaufferies CSR : « Pire encore que le bois. Vous ajoutez les #Pfas et tout un tas de polluants. Il faut une prise de conscience nationale. »

    A Strasbourg, Thomas Bourdrel, lui aussi médecin et à l’origine du collectif Air santé climat, se désole de l’absence de débat : « J’ai l’impression de revivre la promotion du diesel par les pouvoirs publics, avec cette capacité des politiques à fermer les yeux devant une réalité scientifique. » Son alerte remonte à 2019, lors de la mise en route de l’une des toutes premières chaufferies CSR dans un quartier populaire de Strasbourg. Depuis, selon une note de janvier 2026 de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, 44 projets sont à l’étude… En toute opacité : la liste de leur emplacement n’est pas publique et les riverains en apprennent l’existence très tardivement. Libération publie en exclusivité la carte d’une partie de ces incinérateurs nouvelle génération sur les rails.

    [...] « On crée des verrous économiques en misant sur un flux constant de déchets sur la durée. » Pauline Debrabandère, responsable plaidoyer de Zero Waste France, en est convaincue : « Les industriels n’ont aucun intérêt à une réduction de déchets, vu qu’ils gagnent de l’argent en les brûlant. »

    [...]

    La France est championne européenne du nombre d’incinérateurs, et… mauvaise élève en recyclage. Seuls 26% de nos emballages plastiques sont recyclés alors que l’objectif était d’atteindre 50 % en 2025. Résultat : 1,5 milliard d’euros de pénalités versées à l’Union européenne l’année dernière. « Je pense qu’il faut maintenant bouger », a réagi, penaud, Emmanuel Macron, exigeant l’ouverture d’une concertation en vue d’actions concrètes, « la consigne de bouteilles pourra en faire partie ». L’association Zero Waste pointe le peu d’argent public consacré à la prévention et au tri des déchets, qui est pourtant la première alternative pour éviter de multiplier les chaufferies CSR. Cela représentait 1 % du budget des collectivités locales en 2022, contre 39 % pour le traitement. La construction des incinérateurs représente des dizaines de millions d’euros et les contrats d’exploitation se chiffrent pour certains en milliards. Une fois en route, l’installation carbure jour et nuit, sept jours sur sept… pendant vingt-cinq ans en moyenne.

    Chaque four est dimensionné pour un tonnage précis, établi à l’avance dans le cahier des charges. 350 000 tonnes annuelles à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), 43 460 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), plus de 400 000 tonnes à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), selon des documents internes consultés par Libération. « Pour avoir la meilleure rentabilité, il faut alimenter en quantité constante », explique, sous couvert d’anonymat, un ingénieur un temps dans le business. Les fours fonctionnent même les jours de canicule, les préfets le savent : pendant la phase de démarrage, il y a toujours plusieurs heures sans aucune filtration des fumées.

    Pour s’assurer un « gisement » suffisant − c’est le terme utilisé −, les industriels voient loin. Ainsi dans sa délibération votée fin décembre, le Conseil de #Paris a validé la possibilité de ratisser dans un rayon de 300 kilomètres pour alimenter la chaufferie qu’il souhaite installer à Vitry-sur-Seine, à cinq kilomètres de la capitale.

    [...] Sur le sujet, les lignes politiques sont, pour le moins, floues. A Paris, le projet de chaudière CSR a été ficelé par Dan Lert, élu écologiste, et compte parmi ses opposants Mathilde Panot, député LFI du Val-de-Marne. Tandis qu’à Montpellier, René Revol, un proche du patron des Insoumis, soutient le projet du maire socialiste Michaël Delafosse…

    [...]

    Autre cas d’école : Comité 21, une association qui « accompagne les acteurs publics et privés pour faire converger les initiatives et construire des réponses collectives aux défis écologiques, sociaux et économiques ». Cette association est présidée par Antoine Pellion qui est aussi le directeur adjoint du groupe Idex, en charge de développer des centrales d’énergie à partir de CSR. Avant de rejoindre le groupe privé, Antoine Pellion était au cœur de l’appareil de l’Etat. Secrétaire général à la planification écologique entre 2022 et 2025, après avoir été conseiller environnement de Macron en début de premier mandat. Mieux : en 2014, il faisait partie du cabinet de la ministre de l’écologie Ségolène Royal au moment même où se tricotait la loi transition écologique qui donne un cadre légal aux chaufferies CSR. Mélange des genres ? Contacté, Antoine Pellion n’a pas donné suite.

    L’Etat soutient à fond la filière. C’est inscrit dans « la Stratégie nationale bas-carbone » et la programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035 », rappelle-t-on chez Dalkia, « ravi » que Libération s’intéresse à cette filière en devenir.

    Les chaufferies CSR sont, de fait, boostées par des centaines de millions d’argent public. Entre 2016 et 2024, sept appels à projets ont ainsi été lancés par l’#Ademe, l’agence publique de la transition écologique. Soit 21 projets et 240 millions d’euros de subventions engagées. En 2023, 23 % du fonds économie circulaire (71 millions) a servi à soutenir des projets de chaufferies CSR, note la sénatrice Christine Lavarde (LR), membre de la commission des finances dans un récent rapport d’information. Qui s’étonne, au passage, que des sociétés du CAC40 et cabinets de conseil soient éligibles à cet argent public.

    Le robinet des subventions s’est refermé l’année dernière avec la crise budgétaire. Valérie Jouvin, cheffe du service de valorisation des déchets à l’Ademe, le regrette : « Nous n’avons plus de ligne budgétaire dédié. Mais nous continuons d’accompagner les projets en cours. » A Montpellier, François Vasquez, ancien élu en charge des déchets, enrage. « L’institution chargée de notre transition écologique finance des incinérateurs déguisés, et donne une caution morale aux élus. » Le nouveau maire de Lannemezan, Laurent Lages (sans étiquette), le formule ainsi : « Quand l’Ademe soutient, on a vite fait de penser que c’est un bon projet. » Quel que soit le lieu ? Dans l’analyse des dossiers, l’emplacement, et notamment la proximité avec des #écoles, des habitations ou un hôpital, n’entre pas dans les critères de l’Ademe. « Une réglementation existe, les services de la préfecture et la direction régionale de l’environnement (Dreal) mènent des études d’impact et délivrent les autorisations. Nous, on s’assure que les feux sont verts », répond Thierry Rolland, en charge d’accompagner la filière à l’Ademe.

    L’opportunité des CSR est-elle débattue en interne ? Thierry Rolland balaye : « Non. Les craintes des riverains sont entendables, mais il faut bien faire quelque chose de nos déchets non recyclés. Mieux vaut les brûler que les enfouir. » Pour Francis Finot, cette argumentation s’arrête en chemin : « La combustion ne fait pas tout disparaître. Elle crée des poussières très toxiques en partie captées par les filtres… qui sont ensuite enfouies. »

    Ce soutien public aux CSR pénalise, par ricochet, les solutions alternatives. « Vous avez beau proposer des solutions de recyclage, c’est compliqué de rivaliser. Les élus cherchent la solution la moins chère et la plus rapide », raconte, dépité, un entrepreneur du secteur, qui s’exprime sous anonymat de peur de se mettre des élus à dos.

    Dans ses pronostics optimistes, l’Ademe table sur 20 millions de tonnes de CSR potentiellement mobilisables en 2040, contre un million aujourd’hui. « Une partie pourrait partir à l’exportation », précise Roland Marion, directeur de l’économie circulaire, rappelant l’objectif fixé par le secrétariat à la planification écologique d’atteindre 4 millions d’ici 2030. Dans une note publiée au creux de l’été 2025 sur l’impact environnemental de la filière, l’agence admet que vu « que plus des 2/3 du potentiel de CSR est issu de déchets d’activités économiques et que la composition est fortement incertaine, il n’a pas été possible de définir une composition précise du CSR ». Ces déchets sont donc classés comme non dangereux sans en connaître la composition. A fortiori le cocktail des molécules porté à haute température. Amélie Boespflug, du collectif 3R, en reste sans voix : « Et cela ne questionne aucun responsable de ce pays ? »

  • « La majorité des émissions de PFAS en Europe provient des climatiseurs et des pompes à chaleur, pourtant fers de lance de la décarbonation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/03/la-majorite-des-emissions-de-pfas-en-europe-provient-des-climatiseurs-et-des

    L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) vient de rendre deux avis très importants sur les substances per- et polyfluoroalkylées (#PFAS). Les experts soutiennent la demande des agences environnementales de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège et du Danemark de restreindre drastiquement leur utilisation. Ces avis démentent le discours rassurant, voire « rassuriste », distillé depuis deux ans dans le débat public français, notamment par l’ex-ministre de la transition écologique (2018-2019) François de Rugy [vice-président du conseil régional des Pays de la Loire depuis 2025].

    Là où il plaide pour une subtile distinction entre « bons » et « mauvais » PFAS, l’ECHA tranche : c’est l’ensemble de cette famille chimique qui doit être appréhendée comme un problème systémique. Le rapport souligne le caractère vain d’une approche « substance par substance ». Evaluer la toxicité de plus de 10 000 molécules différentes – quand moins de 50 ont été sérieusement étudiées à ce jour – relève de la chimère réglementaire. Cette méthode offre aux industriels une stratégie d’esquive perpétuelle, leur permettant de remplacer une molécule interdite par un clone chimique tout aussi suspect.

    Trois constats implacables imposent cette restriction. Premièrement, la quasi-indestructibilité de ces composants. Ce qui fait leur intérêt technique produit aussi leur danger : ils s’accumulent de manière irréversible dans la #biosphère, augmentant mécaniquement, jour après jour, notre exposition et les #risques_sanitaires qui lui sont liés. Deuxièmement, les propriétés de ces substances étant très appréciées, leur utilisation devrait tripler d’ici à 2050. Troisièmement, l’illusion technologique de la dépollution. « Une fois les PFAS présents dans l’environnement, leur retrait de l’eau, des sédiments ou de la biomasse est extrêmement difficile et coûteux, voire impossible », note l’agence européenne.

    Prenez l’#eau_potable. Les technologies de filtration actuelles ne détruisent rien : elles séparent. L’osmose, la technologie disponible la plus efficace, produit d’un côté de l’eau pure, de l’autre un concentré hautement toxique dont on ne sait que faire, hormis le diluer ou le rejeter en aval, comme s’apprête à le faire le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, déplaçant ainsi le problème [Veolia conserve l’énorme contrat de distribution de l’eau en Ile-de-France https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/01/25/veolia-conserve-l-enorme-contrat-de-distribution-de-l-eau-en-ile-de-france_6. Face à cette impasse, une seule issue : il faut couper le flux des PFAS à la source.

    Et, sur ce point encore, le rapport de l’ECHA est très instructif. Si le débat public s’est cristallisé en France autour de certains objets emblématiques – le fart des skis et les poêles Tefal en particulier –, le document montre une bien plus grande variété de sources : pesticides, mousses à incendie, électronique, etc. Il révèle aussi que la majorité des émissions de PFAS en Europe provient des #gaz_fluorogénés (39 000 t/an sur 68 000 t/an) c’est-à-dire principalement des climatiseurs et des #pompes_à_chaleur. Le paradoxe est cruel. Ces machines, devenues les fers de lance de la décarbonation pour remplacer le fioul et le gaz, ou parfois indispensables pour s’adapter aux canicules anthropiques, ne sont pas non plus innocentes. Les #gaz_fluorés qu’elles utilisent se dégradent dans l’atmosphère en acide trifluoroacétique (TFA), un PFAS ultra-mobile que l’on retrouve désormais de l’eau de pluie européenne jusqu’aux glaces de l’Antarctique.

    Certes, des alternatives existent, comme le propane. Mais celui-ci réintroduit le risque d’inflammabilité et d’explosion. Le biologiste américain Barry Commoner rappelait dès les années 1970 une loi fondamentale de l’écologie : « Il n’y a pas de repas gratuit. » La « solution » technologique, sans #externalité_négative, n’existe pas.
    Au terme d’une analyse des substitutions possibles, l’agence trace deux chemins. Le premier, au vu des risques, prévoit une interdiction totale sous dix-huit mois, promettant une baisse des émissions de 96 %. Le second, plus pragmatique, dessine une interdiction générale assortie de dérogations transitoires de cinq à douze ans pour les secteurs critiques, permettant une réduction de 82 %. Quelle que soit la voie choisie, l’ECHA a le mérite d’inaugurer un nouveau temps du débat sur les PFAS. L’enjeu n’est plus les risques qu’ils posent, mais de définir démocratiquement ce qu’est un usage « essentiel » à la société qui justifierait de continuer à en émettre.

    Jean-Baptiste Fressoz (Historien, chercheur au CNRS)

    #climatisation

  • Pompieri e #Pfas: livelli contenuti in un primo screening italiano, ma la ricerca internazionale frena gli entusiasmi
    https://irpimedia.irpi.eu/pompieri-pfas-primo-studio-incompleto

    Il primo studio ufficiale sui Pfas nei pompieri italiani rassicura, ma è incompleto, non ancora validato dalla comunità scientifica e non indaga l’esposizione professionale L’articolo Pompieri e Pfas: livelli contenuti in un primo screening italiano, ma la ricerca internazionale frena gli entusiasmi proviene da IrpiMedia.

    #Lavoro #Salute

  • #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • Des chercheurs français et chinois sur le point d’éradiquer un des #PFAS - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/environnement/pfas/des-chercheurs-francais-et-chinois-sur-le-point-deradiquer-un-des-pfas

    L’acide #trifluoroacétique, un PFAS présent notamment dans le milieu aquatique, pourrait être neutralisé par une technique de #dégradation mise au point par un groupe de chercheurs franco-chinois.

    Encore un piège technologique des chinois, assurément.
    (https://seenthis.net/messages/1171530)

  • IA : Un giga data center ultrapolluant aux portes de Paris | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/environnement/53735-un-giga-data-center-aux-portes-du-chateau

    Le plus grand #centre_de_données du pays doit voir le jour d’ici deux ans, au sud de #Paris, près de #Vaux-le-Vicomte. Un rapport de l’autorité environnementale révèle que «  #Campus_IA  », un équipement présenté comme exemplaire, consommera la puissance électrique d’un #EPR à lui tout seul, émettra des #fumées #toxiques et laissera fuiter des #PFAS dans l’air...

    Une consommation électrique de mégalopole, plusieurs centaines de groupes électrogènes, des mégaclimatiseurs remplis de PFAS… Sans trop d’égards pour l’environnement, le plus grand #datacenter de #France, voire d’#Europe, doit sortir de terre d’ici à 2028 à #Fouju. Ce village de #Seine-et-Marne (600 habitants) se situe à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de la capitale. Non loin de là, le vénérable château de Vaux-le-Vicomte pourra offrir, de ses étages élevés, une vue imprenable sur le centre de données. Royal  !

    #Data_center

  • #Pfas nelle tute dei pompieri, l’impatto dell’inchiesta IrpiMedia accelera dopo anni di silenzio
    https://irpimedia.irpi.eu/pfas-vigili-del-fuoco-risultati

    Ne avevamo scritto nell’estate del 2023 e da allora abbiamo continuato a cercare di ottenere risposte. Come un #Lavoro giornalistico riesce a produrre ancora risultati, grazie alla collaborazione con la società civile L’articolo Pfas nelle tute dei pompieri, l’impatto dell’inchiesta IrpiMedia accelera dopo anni di silenzio proviene da IrpiMedia.

    #Salute

  • #alessandria: EX DIRIGENTI A PROCESSO
    https://radioblackout.org/2026/03/alessandria-ex-dirigenti-a-processo

    Domani, giovedì 12 marzo, al tribunale di Alessandria è prevista l’udienza preliminare del processo per disastro ambientale colposo legato all’inquinamento da #pfas: i giudici dovranno decidere se autorizzare il procedimento nei confronti di due ex dirigenti dello stabilimento chimico di #spinetta_marengo. In altre parole, si stabilirà se ci sono gli elementi sufficienti per aprire […]

    #Blackout_Inside #L'informazione_di_Blackout #salute_dei_lavoratori #solvay
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/SolvayAlessandria.mp3

  • Syensqo Solvay: nelle case degli alessandrini si respira cloroformio
    https://lavialibera.it/it-schede-2586-syensqo_solvay_nelle_case_degli_alessandrini_si_respira_c

    Le vie dell’inquinamento sono infinite. Chi abita in via Giuseppe Garibaldi, nella frazione di Spinetta Marengo, ad Alessandria, a poche decine di metri dallo stabilimento Syensqo Solvay, respira nel salotto di casa 6 microgrammi per metro cubo di cloroformio, un microgrammo di tetracloruro di metano, tetracloroetile e altri inquinanti provenienti dal polo chimico. Il dato è contenuto nella recente relazione prodotta dall’Agenzia regionale per la protezione ambientale (Arpa) di Alessandria – già recapitata all’Asl e al sindaco della città piemontese – che fa seguito all’ordinanza emessa nel 2022 dalla stessa amministrazione comunale che vietava ai residenti l’uso delle cantine delle case ubicate vicino allo stabilimento, dove per l’appunto sono state ancora una volta riscontrate tracce (...)

    #ECOLOGIA_●_MOVIMENTI

  • « Ce qu’on a découvert est sidérant » : contre les géants de la chimie, elles défendent 200 citoyens intoxiqués aux PFAS
    https://reporterre.net/Ce-qu-on-a-decouvert-est-siderant-contre-les-geants-de-la-chimie-elles-d

    Dès sa création en 2021, le cabinet s’est plongé dans les dossiers de la vallée de la chimie, vaste territoire industriel au sud de Lyon. « On a commencé par analyser les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), les rapports administratifs de la Dreal [la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement], les mises en demeure, les arrêtés préfectoraux, raconte l’avocate de 39 ans. Ce qu’on a découvert est sidérant : des dizaines de non-conformités, mais pratiquement aucune sanction. »

    Lorsque les révélations d’« Envoyé spécial » et « Vert de rage » en 2022 ont mis en lumière la contamination massive aux PFAS, Kaizen était déjà sur le terrain. Louise Tschanz a alors tenté une stratégie audacieuse : le référé pénal environnemental, un mécanisme d’urgence encore très peu utilisé par la justice, qui vise à mettre très rapidement un terme à une pollution constatée ou à en limiter l’ampleur. L’objectif : contraindre les industriels à financer des mesures immédiates — études sanitaires, analyses environnementales — au nom du principe pollueur-payeur.

  • Les #PFAS pourraient fortement #contaminer plus de 75 millions d’#Européens et coûter jusqu’à 1 700 milliards d’euros à l’#UE
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/01/29/pfas-le-cout-de-la-pollution-dans-l-union-europeenne-pourrait-atteindre-1-70

    Une #étude commandée par la #Commission européenne évalue le #fardeau pour les sociétés européennes en fonction de l’évolution de la réglementation et de la diffusion des #polluants #éternels dans l’#environnement et les #organismes.

  • Pfas nelle mele, l’allarme parte dall’Alto Adige
    https://lavialibera.it/it-schede-2554-pfas_nelle_mele_allarme_parte_dall_alto_adige

    Con la frase "una mela al giorno toglie il medico di torno" si apre il nuovo dossier di analisi indipendenti prodotto dal Pesticide action network europe (Pan), un’organizzazione non governativa che analizza prodotti agroalimentari per rilevare possibili contaminazioni tossiche. I risultati tolgono la voglia di mangiare uno dei frutti più conosciuti al mondo, che persino la tradizione popolare indica come uno dei più salutari per l’essere umano. Il laboratorio indipendente che ha svolto le analisi ha considerato contaminate da pesticidi tutte le mele che superano il valore minimo di qualificazione (Loq) di 10 microgrammi di inquinante per chilo Tutti gli articoli sui pfas Il test sulle mele in 14 Paesi, maglia nera per Lussemburgo e Repubblica Ceca Nelle prime tre (...)

    #ECOLOGIA_●_MOVIMENTI

    • Pesticide cocktails, PFAS and neurotoxins in most European apples

      Apples are among the most consumed fruits in Europe. Their local production has intensified over the last decades and their production methods heavily rely on pesticides. Conventional apples are sprayed on average around 30 times a year with pesticides.

      Jointly with 13 partner organisations in 13 European countries, we have analysed pesticide residues in 59 samples of locally produced apples. Nearly all (93%) apple samples contained at least one residue of pesticide and 85% of the samples contained multiple residues of pesticides. Some samples contained up to 7 different pesticide residues.

      The authors of this report are concerned by the fact that apples are contaminated with pesticides that are considered as highly toxic. The EU category of the most toxic pesticides (namely Candidates for Substitution) contaminate 71% of the samples, while 64% of the samples contain at least one PFAS pesticide. Neurotoxic pesticides were found on 36% of the samples.

      The report underlines the issue of multiple exposure, that is not taken into account in the regulatory process. Pesticides are still risk assessed in silo, but the cocktail (synergistic) effect of pesticides is mostly disregarded. Mounting scientific evidence points at the potential impact of exposure to multiple residues of pesticides via food, in particular on reproductive diseases. The Maximum Residue Levels (MRLs) regulation (EC) 396/2005 nevertheless foresees that the European Food Safety Authority (EFSA) develops a methodology to take into account the risk of multiple exposure. Twenty years later, it is still not the case. The authors of this report regret a lack of prioritisation on this important topic.

      Finally, a striking outcome of this study is that, if they were sold as processed baby food, 93% of the apple samples would not be allowed, as they exceed the legal limit of 0.01 mg/kg. The EU has indeed set strict limits for children under the age of 3, in order to protect their development.

      The authors of this report recommend parents to give priority to organic apples, when feeding their children, and to peel them if they are non-organic. They also request decision makers to better implement the law, as a series of found substances should have been banned, because of their intrinsic toxicity, according to EU law. They also request to speed up the development of a methodology to take into account exposure to multiple pesticides via food, and, in the meantime, to set a safety factor of 10, to increase consumer protection. This report shows how much a better implementation of EU law is crucially needed, in contrast with the current proposal from the European Commission, via an Omnibus regulation on food and feed safety that will lower the level of protection of citizens and the environment.

      https://www.pan-europe.info/resources/reports/2026/01/pesticide-cocktails-pfas-and-neurotoxins-most-european-apples

      #pommes #pfas #Italie #Haut-Adige #fruits #pesticides #Europe #rapport

  • Ci avvelenano, ma servono al riarmo: dall’Ue via libera ai #pfas nell’industria bellica

    La Commissione europea si appresta ad ampliare deroghe sugli inquinanti per le aziende del comparto militare, mentre uno studio del Parlamento propone esenzioni illimitate sui pfas. Intanto la Nato stessa avvia sperimentazioni per trattare le basi contaminate. Marcolungo: «Così si privilegia l’industria rispetto ad ambiente e salute»

    Contaminano acqua e suolo per centinaia di anni, penetrano nel corpo umano attraverso la catena alimentare e si accumulano nel sangue e nei tessuti causando tumori, infertilità, danni agli organi e persino al feto durante la gravidanza. Ma servono all’industria bellica, che nell’era del riarmo non può permettersi – almeno, così viene raccontato – di farne a meno. Così, mentre in Europa continuano a emergere dati sull’estensione e la gravità della contaminazione da pfas (acronimo di sostanze per- e polifluoroalchiliche, chiamati anche “inquinanti eterni”) e proseguono le discussioni per limitarne la produzione e l’uso, sono già sul tavolo deroghe ed esenzioni per il comparto militare.

    «Deroghe illimitate»: lo studio del parlamento europeo

    Il tassello più recente risale allo scorso dicembre, quando il parlamento europeo ha pubblicato uno studio sul “ruolo dei pfas come fattori della competitività dell’industria europea”. Realizzato dalla società di consulenza britannica Rpa Ltd su richiesta della Commissione per l’industria, la ricerca e l’energia, il documento analizza l’utilizzo di queste sostanze in alcuni settori strategici, tra cui la difesa e l’aerospazio, la disponibilità di alternative e l’impatto potenziale delle restrizioni in discussione. Il quadro che emerge delinea un utilizzo molto ampio degli inquinanti eterni nell’industria bellica: sono impiegati nella produzione di armi, munizioni, apparecchi elettronici a uso militari, componenti di mezzi aerei, navali e terrestri, dispositivi di protezione individuale e schiume antincendio. Sostituirli, sostiene lo studio, sarebbe spesso infattibile e le proposte di restrizione attualmente in discussione produrrebbero “perdite economiche sostanziali e impatti occupazionali, con rischi per la competitività globale dell’Europa”. Si raccomandano quindi “deroghe illimitate per l’aerospazio, la difesa e i semiconduttori”, vista la “crescente insicurezza geopolitica globale”, e “l’esclusione dei gas fluorurati (o f-gases, di cui l’Ue ha già deciso l’abolizione entro il 2050, ndr) dalle restrizioni”.

    “È uno studio estremamente superficiale e carente dal punto di vista scientifico, il che conferma quanto la narrazione sui pfas sia distorta in favore dell’industria – commenta Christine Hermann, responsabile delle politiche in materia di sostanze chimiche presso l’ong European environmental bureau –. La richiesta di deroghe illimitate mostra che non c’è alcuna volontà di assumersi la responsabilità degli impatti sull’ambiente e sulla salute né di sviluppare alternative. D’altro canto, perché le aziende avrebbero dovuto farlo se non c’è alcun obbligo?”. “Che non ci siano alternative ai gas fluorurati è falso – aggiunge la professoressa Claudia Marcolungo, docente di Diritto ambientale presso l’Università di Padova –. Diversi studi hanno mostrato che ne esistono di praticabili, efficienti ed economicamente sostenibili”.

    Restrizioni pfas, per l’industria bellica deroghe sempre più ampie

    Di deroghe per l’industria bellica si parla già dal 2023 quando, su iniziativa di cinque Stati membri (Danimarca, Germania, Paesi Bassi, Norvegia e Svezia), ha preso avvio la discussione per limitare l’uso e la produzione di 10mila pfas in tutta l’Unione. La prima proposta prevedeva una deroga per consentire per ulteriori 12 anni l’utilizzo di queste sostanze per la refrigerazione e il condizionamento dell’aria nei veicoli militari, pur riconoscendo “potenziali perdite sostanziali in termini di benessere per i dipendenti del servizio militare”. Lo scorso agosto, la deroga proposta è stata allargata per coprire anche “applicazioni militari ed esplosivi”, con emissioni aggiuntive stimate in 17mila tonnellate di pfas. L’intero comparto militare, si legge nei documenti, sarebbe responsabile della produzione di più di 2mila tonnellate di inquinanti eterni ogni anno.

    Eppure, come ammettono gli stessi autori, l’analisi sull’impatto delle deroghe è limitata dalla scarsa disponibilità di informazioni: “La riservatezza in settori come quello militare ostacola la stima dell’impatto in termini di costi, per cui nessuna valutazione quantitativa è stata realizzata”, si legge nei documenti ufficiali che accompagnano la proposta. “Qualsiasi restrizione dipende dalla disponibilità di informazioni e abbiamo visto in passato che dove queste sono scarse, le autorità sono piuttosto restie a porre limitazioni – continua Hermann –. È evidente che, nella proposta di restrizione, il settore militare non è stato valutato con lo stesso livello di attenzione e precisione degli altri”.
    Contaminazione da pfas nelle basi militari: l’allarme Nato

    Quello che è certo è che l’inquinamento da pfas tocca già diverse aree militari: “La contaminazione sta interessando i siti della Nato e delle forze armate alleate, ponendo seri problemi alle operazioni e all’ambiente, con ripercussioni su suolo, acque, attrezzature e aree di addestramento”, si legge in un comunicato pubblicato dello scorso novembre dall’Organizzazione per la scienza e la tecnologia dell’Alleanza, che ha annunciato l’avvio di una sperimentazione internazionale per sviluppare tecnologie di trattamento, citando un “bisogno urgente”. I partecipanti selezionati (aziende, istituzioni accademiche o enti governativi) saranno ospitati nel corso del 2026 in una base militare canadese dove riceveranno fino a un metro cubo di terra contaminata per realizzare test.

    Non solo pfas: per la difesa meno vincoli sulle sostanze chimiche

    I tentativi di liberare l’industria bellica dai vincoli pensati per tutelare l’ambiente e la salute non riguarda solo i pfas. Lo scorso 17 giugno, nell’ambito del piano di riarmo Readiness 2030, la Commissione europea ha presentato l’“Omnibus per la prontezza della difesa”, un pacchetto di proposte legislative volte a “semplificare i processi e rimuovere gli ostacoli normativi e amministrativi per accelerare l’incremento della produzione industriale europea nel settore della difesa”. In particolare, la proposta, sulla quale Consiglio e Parlamento hanno già espresso parere favorevole con minime modifiche, punta a emendare quattro regolamenti comunitari sulle sostanze chimiche ampliando la possibilità per gli Stati membri di stabilire esenzioni per il settore della difesa. Si tratta del regolamento Reach (che vieta o limita l’uso di 78 sostanze o categorie di sostanze, alcune delle quali cancerogene, mutagene e tossiche per la riproduzione), quello relativo alla classificazione, all’etichettatura e all’imballaggio (nella parte che riguarda le sostanze esplosive), quello sui biocidi e quello sugli inquinanti organici persistenti. In quest’ultimo caso, la proposta consentirebbe anche di bypassare gli obblighi informativi previsti dal regolamento per “motivi di tutela degli interessi nazionali e in materia di difesa al fine di proteggere le informazioni sensibili”.

    La ratio della riforma è spiegata bene nei documenti preparatori, nei quali la Commissione afferma che “i divieti o le restrizioni nell’uso di alcune sostanze sono essenziali per la salute e la sicurezza dei cittadini europei, compresi i lavoratori del settore della difesa”, ma coprono anche “gran parte delle sostanze usate per sviluppare, produrre e mantenere sistemi di difesa” e pongono quindi una “minaccia diretta alla disponibilità, all’interoperabilità e alla manutenibilità delle capacità di difesa europee e compromettono l’autonomia strategica dell’Ue”. “Sono parole inquietanti, che legittimano un gioco al ribasso sull’intero sistema normativo – commenta Marcolungo –. La difesa è utilizzata come pretesto per allargare le maglie delle deroghe e creare una sorta di stato di emergenza in virtù del quale sostanze che sono state buttate fuori dalla porta potrebbero rientrare dalla finestra”.
    Quanto pesa l’industria a Bruxelles

    Nell’analisi dei costi che accompagna la proposta si sostiene che l’ampliamento delle deroghe farà risparmiare alle aziende tempo e soldi oggi impiegati nell’adempiere ai vincoli, senza “alcun impatto negativo sugli obiettivi generali di sostenibilità ambientale delle attività della difesa”. Nessuna menzione dei costi per l’ambiente e per la salute umana. Un’omissione che non stupisce, se si guarda all’elenco delle parti coinvolte nel processo di consultazione che ha portato alla proposta: dei 171 soggetti ascoltati, 129 sono aziende o associazioni industriali, 23 sono organi Stati membri. Gli enti di ricerca e le organizzazioni non governative sono meno di una decina e nessuno è stato ammesso alla fase dei “dialoghi strategici”.

    Non solo: le informazioni disponibili sul sito del parlamento europeo mostrano che diversi eurodeputati che stanno seguendo i lavori hanno incontrato portatori di interessi – ovvero lobbisti – dell’industria della difesa, tra cui l’italiana Beretta. “L’intero processo degli Omnibus è estremamente problematico e poco democratico – continua Hermann –. La domanda è fino a che punto ci si spingerà: senza una chiara definizione degli usi essenziali per la difesa, si rischia che gli Stati permettano la continua esposizione dei cittadini a contaminazioni sempre maggiori. È una prospettiva miope”. Concorda Marcolungo: “Il problema di fondo è affermare il primato dell’industria sulle scelte politiche, sulla salute e sull’ambiente. Così si tradisce il patto sociale, ma anche le regole di mercato, perché vengono privilegiate aziende vecchio stile penalizzando invece quelle che investono in alternative verdi”.

    https://lavialibera.it/it-schede-2549-pfas_riarmo_inquinamento_industria_militare_europea

    #UE #union_européenne #industrie_militaire #dérogation #armement #pollution #contamination #munitions #armes #Readiness_2030 #règlement_Reach #Beretta

  • De plus en plus de polluants éternels mesurés dans l’eau en France | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/031225/de-plus-en-plus-de-polluants-eternels-mesures-dans-l-eau-en-france

    Dans son rapport, l’Anses explique que le #TFA est utilisé en tant que solvant, catalyseur ou réactif, et que sa présence dans l’environnement résulte de rejets industriels. Au niveau mondial, ils sont majoritairement émis par les gaz réfrigérants fluorés, dits F-gaz, utilisés depuis la fin des années 1990 pour remplacer les substances qui détruisaient la couche d’ozone.

    Mais en Europe, il est aussi massivement produit par les #pesticides. Selon l’agence de l’environnement allemande UBA, qui a réalisé une vaste étude sur le TFA en 2023, « la diffusion significative de TFA est principalement causée par l’utilisation des pesticides et précurseurs volatils du TFA (par exemple, certains réfrigérants), tandis que les sites industriels peuvent aussi causer des sources locales de pollution ».

    Un pur produit du techno-solutionnisme donc : je vire une merde (les CFC) pour la remplacer par une autre.

    #pollution #polluants_éternels #PFAS

  • #PFAS : une contamination généralisée de l’#eau_potable par le TFA, le plus répandu des polluants éternels
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/12/03/pfas-une-contamination-generalisee-de-l-eau-potable-par-le-tfa-le-plus-repan

    Nouvelle alerte sur la qualité de l’eau potable en #France. Après les organisations non gouvernementales, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (#Anses) révèle une contamination quasi généralisée de l’eau potable en France par l’acide trifluoroacétique (TFA), le plus répandu des polluants éternels, dans un rapport publié mercredi 3 décembre.

  • Press release: Chemical pollution driving men’s health crisis – stronger EU action needed | Health and Environment Alliance
    https://www.env-health.org/press-release-chemical-pollution-driving-mens-health-crisis-stronger-eu-

    A new report (executive summary and preface also available in DE, ES, FR, IT, NL and PL) commissioned by the Health and Environment Alliance (HEAL) warns that chemical pollution is fuelling a growing men’s health crisis in Europe. Prostate and testicular #cancers and infertility are on the rise. Mounting evidence links these trends to exposure to #phthalates, #PFAS, #pesticides and microplastics with widespread contamination across all age groups. Alarmingly exposure to these chemicals even before conception is associated with disorders in male offspring.

    #microplastiques

  • La nocivité des aliments ultratransformés pour la santé confirmée par une série d’études scientifiques
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/11/19/la-nocivite-des-aliments-ultratransformes-confirmee-dans-the-lancet-par-une-


    Dans une usine de pain industriel, à Saint-Vulbas (Ain), le 18 janvier 2024. OLIVIER CHASSIGNOLE/AFP

    Entre 2009 et 2023, le marché a crû, à l’échelle mondiale, de 1 500 milliards à 1 900 milliards de dollars (de 1 300 à 1 640 milliards d’euros).

    [...]

    « L’idée est toutefois de ne pas jouer uniquement sur l’information du consommateur, qui n’est pas responsable de la situation, dit M. Srour. Il s’agit aussi de changer l’environnement alimentaire dans lequel les gens évoluent. »
    Des restrictions réglementaires sur les autorisations et les quantités d’additifs sont aussi suggérées par les auteurs. Ceux-ci rappellent que le commerce d’#AUT est plus rentable que les autres filières de production alimentaire et que des mesures correctives pourraient être mises en place – par exemple par des mécanismes redistributifs, en faveur des producteurs d’aliments plus sains.

    Dans le dernier article de la série du Lancet, les chercheurs explorent les barrages dressés par les industriels pour freiner ou entraver l’action politique, influencer les perceptions du public et des décideurs, voire peser sur la production de connaissance.

    La diversité des moyens d’action de l’industrie #agroalimentaire est considérable, détaille Mélissa Mialon (Inserm), coautrice de la troisième synthèse : « Financement de groupes-écrans, de partis ou de personnalités politiques, soutien massif à des recherches de diversion, lancement d’actions en justice pour s’opposer à des réglementations, intimidation de chercheurs ou de journalistes ou encore marketing qui fait passer [ces industriels] pour des firmes soucieuses de la santé publique, par exemple grâce à la promotion des valeurs liées au sport. »

    Un chiffre permet de prendre la mesure de ce pouvoir. « En 2024, Coca-Cola, PepsiCo et Mondelez [Oreo, Milka, Cadbury, LU, etc.] ont dépensé 13,2 milliards de dollars en publicité, écrivent Mélissa Mialon et ses coauteurs, soit presque quatre fois le budget opérationnel de l’Organisation mondiale de la santé. »

    https://justpaste.it/ilak4

    #poison_partout_vie_bonne_nulle_part #aliments_ultratransformés #santé #maladies

    • Une bourgeoisie qui se voudrait éclairée, par la science et la comptabilité nationale, et un appel à un État garant d’un « intérêt général » :

      La malbouffe, un coût colossal pour la société
      ÉDITORIAL Le Monde
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/la-malbouffe-un-cout-colossal-pour-la-societe_6654138_3232.html

      Alors que les dépenses de santé explosent, il est urgent de mettre en œuvre des politiques de prévention contre les aliments ultratransformés et ses effets mortifères. La bataille s’annonce ardue

      [...]

      Responsabiliser, voire culpabiliser, les individus est soit insuffisant, soit inefficace. L’action doit se concentrer sur la source du problème, c’est-à-dire l’offre elle-même. La solution passe d’abord par une meilleure accessibilité des aliments sains, doublée d’une taxation renforcée sur la #malbouffe. Il faut également encadrer davantage la publicité et le #marketing pour les aliments au profil nutritionnel défavorable, particulièrement lorsque celui-ci cible les enfants. Des solutions qui, jusqu’à présent, ont rencontré en France une forte opposition.

      La bataille est ardue, au regard des moyens gigantesques dont disposent les multinationales de l’agroalimentaire. Celles-ci ont recours aux mêmes méthodes que celles que l’industrie du tabac a utilisées pendant des décennies en discréditant le discours scientifique et en n’hésitant pas à produire ses propres études éhontément biaisées. En toile de fond d’un matraquage publicitaire, elles n’hésitent pas à faire du #chantage_à _l’emploi, tout en mettant en avant le « droit au plaisir » du consommateur opposé à des politiques de #santé_publique accusées de restreindre la liberté individuelle. La vérité est que la malbouffe, au travers des maladies qu’elle provoque, détruit davantage de valeur qu’elle n’en crée pour la société, et qu’il est temps d’arrêter les frais.

    • Les aliments ultratransformés ont des effets négatifs forts sur la santé en quelques semaines
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/08/28/les-aliments-ultratransformes-ont-des-effets-negatifs-forts-sur-la-sante-en-

      Dans le cadre d’un essai clinique analogue à ceux qui sont utilisés pour tester les médicaments, des scientifiques ont étudié les impacts sur la santé d’une alimentation riche en aliments ultratransformés. De nombreux processus biologiques sont affectés.
      Par Stéphane Foucart, 28 août 2025

      Les humains ne sont pas adaptés à la nourriture industrielle ultratransformée. C’est, à grands traits, la conclusion saillante d’un essai clinique que publie une équipe de recherche internationale, jeudi 28 août, dans la revue américaine Cell Metabolism. Coordonnée par le biologiste Romain Barrès, chercheur à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Sophia-Antipolis (Inserm, CNRS et université Côte d’Azur), cette étude confirme de nombreux résultats récents issus d’observations épidémiologiques. Elle indique surtout, avec un haut niveau de preuve, que les aliments ultratransformés (AUT) sont délétères, indépendamment de la quantité de calories ingérées. Prise de poids rapide et importante, santé cardio-métabolique dégradée, équilibre hormonal perturbé, fertilité masculine altérée : selon ces travaux, inédits par la minutie du protocole mis en œuvre, ces aliments semblent avoir un impact profond sur de nombreux processus biologiques.

      « La consommation d’aliments ultratransformés a fortement augmenté au niveau mondial, écrivent les chercheurs. Elle représente désormais plus de 50 % de l’apport calorique au Royaume-Uni, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis. » Les données de la cohorte épidémiologique Nutrinet montrent qu’ environ 35 % de l’apport calorique moyen des Français provient d’AUT – ceux-ci représentent environ 80 % de l’offre de produits alimentaires de la grande distribution .

      Les AUT sont obtenus grâce à des processus industriels destinés à modifier leur texture, leur goût ou leur durée de conservation, et ils contiennent des additifs (émulsifiants, édulcorants, exhausteurs de goût, conservateurs et sels nitrités, sucre inverti, etc.) que les particuliers ne peuvent se procurer dans le commerce. Céréales du petit déjeuner, nuggets et viandes transformées, nouilles instantanées, soupes déshydratées, sauces, pains et biscuits industriels, boissons sucrées ou desserts lactés : la base de données Open Food Facts permet aux consommateurs de s’y retrouver en donnant pour chaque produit son score de transformation, selon l’échelle NOVA, dont le quatrième et dernier échelon est celui des AUT.

      Des résultats « intéressants et encourageants »
      La plus grande part des études estimant le fardeau sanitaire de ces aliments provient de travaux épidémiologiques qui comparent l’état de santé de populations consommant beaucoup de ces aliments industriels et des individus qui en mangent peu ou pas. « La plupart de ces études indiquent que les personnes qui consomment le plus d’alimentation ultratransformée ont un risque accru de certains cancers, de maladies cardio-vasculaires ou métaboliques, comme le diabète ou l’obésité, et même de troubles mentaux, explique Romain Barrès. _Mais ces travaux ne permettent pas toujours de savoir si c’est l’ultratransformation en elle-même qui représente un risque ou si ce sont les quantités excessives consommées qui sont en cause : on sait que les effets de ces aliments sur la satiété, par exemple, induisent une surconsommation par rapport aux produits non transformés. C’est à cette question, entre autres, que nous avons cherché à répondre. »

      Pour étayer le lien causal entre AUT et maladies, les chercheurs ont procédé à un essai clinique, analogue à ceux qui sont menés sur les médicaments, dans lequel ils ont enrôlé une quarantaine de personnes. Dans un premier temps, l’alimentation des participants a été contrôlée pendant trois semaines : certains s’alimentaient avec des repas ultratransformés à plus de 75 %, tandis que l’on fournissait aux autres des repas composés d’aliments pas ou peu transformés, représentant strictement le même apport calorique. Après une pause de trois mois, les participants ont ensuite entamé la seconde phase de l’essai. Pendant trois autres semaines, les rôles ont été inversés : ceux qui avaient reçu une alimentation ultratransformée ont eu droit à une alimentation peu ou pas transformée, et vice versa.

      Ces nouveaux travaux sont jugés « intéressants et encourageants » par Mathilde Touvier, chercheuse au sein de l’équipe de recherche en #épidémiologie_nutritionnelle (Inrae, Inserm, CNAM, université Sorbonne-Paris Nord), autrice de nombreux travaux sur le sujet, et qui n’a pas participé à l’étude. « Le nombre d’essais contrôlés randomisés testant expressément l’impact d’une alimentation ultratransformée sur des paramètres de santé, tout en contrôlant le rôle joué par l’apport calorique, est très limité pour le moment », précise l’épidémiologiste française, principale investigatrice de la cohorte Nutrinet, dont les données suggèrent déjà que « les AUT semblent avoir un effet au-delà de leur profil nutritionnel »_.

      Une grande part des biais expérimentaux écartés, les chercheurs ont évalué cette fois l’effet de trois semaines d’un régime alimentaire ultratransformé, à prise calorique constante. « Les résultats nous ont sauté au visage, dit M. Barrès. Nous ne nous attendions pas à des effets de cette ampleur. » Premier constat : en seulement vingt et un jours, le régime ultratransformé augmente la prise de poids de près de 1,5 kilo, principalement en masse graisseuse, par rapport à un régime pas ou peu transformé. Et ce, sans calories supplémentaires. « En fait, les personnes enrôlées dans l’essai avaient dans leur vie quotidienne un régime alimentaire déjà fortement ultratransformé, explique le chercheur. La différence de prise de poids entre les groupes s’explique en réalité par une perte de poids des individus qui ont été amenés dans notre expérience à réduire le niveau de transformation de leur alimentation. »

      La biologie des individus bouleversée

      Cette part « visible » de l’effet des AUT est associée à des bouleversements de la biologie des individus. Le taux de cholestérol, par exemple, est affecté, en lien avec une baisse de la concentration des hormones impliquées dans le métabolisme énergétique – c’est-à-dire la faculté de l’organisme à « brûler » les graisses et les sucres. Les auteurs mesurent également une tendance à la baisse des hormones impliquées dans la spermatogenèse et à une réduction de motilité des spermatozoïdes – lorsque le régime ultratransformé est associé à un excès de calories.

      L’une des pistes explicatives ouvertes par l’essai est la teneur augmentée de certains contaminants dans l’alimentation ultratransformée. Les chercheurs mesurent ainsi une tendance à l’élévation de la concentration dans le sang d’un plastifiant – un #phtalate (le cx-MINP) réputé être un perturbateur endocrinien – au terme de la transition vers un régime dominé par les AUT. « Cette contamination peut provenir aussi bien des emballages plastiques au contact des aliments que des nombreux processus de transformation qui augmentent le risque de contamination des produits finis par des polluants industriels », explique Romain Barrès. A contrario, les auteurs mesurent une concentration en « polluants éternels » (#PFAS, pour « substances per- et polyfluoroalkylées ») supérieure chez les participants, au terme du régime peu transformé – une mesure que les chercheurs ne s’expliquent pas, « peut-être liée au mode de préparation des repas non transformés par l’entreprise avec laquelle nous avons travaillé », avance M. Barrès.

      Plus surprenant, une baisse de concentration du lithium est également induite par le régime ultratransformé. « Or, le lithium est un régulateur de l’humeur, rappelle Romain Barrès. Il est possible que cela joue un rôle dans les #troubles_dépressifs associés à la consommation d’aliments ultratransformés. » En 2024, dans le British Medical Journal, une équipe internationale avait synthétisé les études observationnelles disponibles, notant non seulement des associations entre consommation d’AUT et maladies cardio-vasculaires, troubles métaboliques, cancers, mortalité toutes causes confondues, etc., mais aussi un lien avec les syndromes dépressifs.

      #maladies_cardio-vasculaires #troubles_métaboliques #cancer #dépression

  • https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/30/pesticides-et-sante-tensions-au-haut-commissariat-a-la-strategie-et-au-plan-

    De toutes les questions environnementales, c’est le sujet sensible du moment. Dans la foulée de la loi Duplomb, en juillet, et des plus de 2 millions de signatures engrangées par la pétition, qui en dénonce les effets délétères sur l’environnement et la santé, le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a remis à l’Assemblée nationale, mercredi 29 octobre, le rapport qu’elle lui avait demandé sur les politiques publiques de santé environnementale. Le document de 500 pages fait le constat d’une faiblesse globale des politiques publiques consacrées au sujet et formule une série de recommandations pour réduire le fardeau des maladies attribuables aux pollutions de l’environnement. Mais les conditions dans lesquelles la mission a été conduite témoignent de la difficulté à inscrire cette question à l’agenda politique.
    Fortes tensions entre les cinq membres de l’équipe du HCSP chargée de rédiger le rapport et la hiérarchie de leur institution – elle a été placée sous l’autorité de Clément Beaune, nommé haut-commissaire en mai –, demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations, interventions du cabinet de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, menaces de sanction à l’encontre de l’une des autrices du rapport, signalement aux ressources humaines d’une autre…
    Selon nos informations, c’est sur le volet du texte consacré aux pesticides que les pressions se sont focalisées. Jusqu’à ignorer certaines recommandations du conseil scientifique, chargé de contrôler la rigueur factuelle du texte. Quatre de ses huit membres – tous chercheurs ou inspecteurs généraux spécialistes de santé environnementale – signent d’ailleurs, en annexe du rapport, un commentaire cinglant sur le travail conduit par le HCSP.

    https://archive.ph/BCKK6

    • Pesticides et santé : tensions au Haut-Commissariat à la stratégie et au plan autour d’un rapport commandé par les députés

      Quatre des huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le document ont signé un commentaire critique soulignant leurs désaccords sur des amendements, notamment obtenus par le ministère de l’agriculture.

      [...]

      Le rapport est divisé en quatre parties : le #bruit, les polluants éternels (ou #PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées), la pollution atmosphérique aux #particules_fines et les pesticides.

      [...]

      Selon différentes versions du texte consultées par Le Monde, une étude française citée dans le rapport, indiquant un lien entre la densité de #vignes autour du domicile et le risque de leucémie de l’enfant, se retrouve qualifiée – contre l’avis des cinq rédactrices du texte – de « peu robuste au niveau régional » et « posant question ». Dans leurs commentaires, les quatre membres du conseil scientifique de la mission abondent, et objectent qu’ils avaient demandé « une reformulation qui n’a pas été prise en compte ».
      Même tentative de minimisation de résultats scientifiques sur la question-clé de l’impact sanitaire des traces de pesticides de synthèse dans l’#alimentation. Pour faire pièce à une étude française de 2018 montrant un risque diminué de certains #cancers chez les plus gros consommateurs d’aliments issus de l’#agriculture_biologique, une référence à un simple communiqué de l’Institut national du cancer (INCA) a été ajoutée, qualifiant d’« infox » le lien entre alimentation bio et réduction du risque de cancer.

      En novembre 2024, Le Monde avait révélé que les représentants d’une quarantaine d’équipes de recherche travaillant sur les liens entre nutrition et cancer avaient protesté auprès de l’INCA, demandant que ce communiqué soit corrigé. La direction de l’institution ne leur avait pas répondu. (...)

      ... dans leur texte, les rapporteurs estiment que le montant du budget de la PAC consacré à la réduction des usages de pesticides se monte à environ 700 millions d’euros, soit 8 % du budget de la PAC. Mais, dans la version finale du rapport, une estimation bien plus optimiste leur est imposée, accolée à la leur : avec un autre mode de calcul, ce serait plutôt 2 milliards d’euros fléchés vers la réduction des intrants. Le conseil scientifique s’en indigne, jugeant que 700 millions d’euros sont déjà une estimation haute.

      #pesticides #pollution #HCSP #PAC #écologie #ministre_de_l’agriculture means #FNSEA #santé x

  • « L’étendue et la diversité des contaminations transforment la distribution d’eau potable en un inextricable casse-tête réglementaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/26/l-etendue-et-la-diversite-des-contaminations-transforment-la-distribution-d-

    Il faudrait toujours avoir un œil sur le Journal officiel (JO) entre le 24 décembre et le 1er janvier car il s’y produit parfois de grandes choses, en particulier si elles nécessitent un peu de discrétion. C’est l’un des enseignements de la première carte interactive des contaminants de l’eau du robinet, établie et publiée le 16 octobre par les associations Générations futures et Data for Good. Celle-ci permet non seulement de constater de visu les profondes inégalités territoriales en matière d’accès à une eau potable de qualité, mais elle permet aussi d’entrevoir les premiers effets de deux actes réglementaires pris par le gouvernement d’Elisabeth Borne voilà près de trois ans, et subrepticement publiés au JO les 30 et 31 décembre 2022. Bien souvent, la #réglementation est à la loi ce que la contrebande est au commerce.

    Avant l’entrée en vigueur de ces textes (le décret n° 2022-1720 du 29 décembre 2022 et de l’arrêté du 30 décembre 2022 « modifiant l’arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine »), les métabolites de pesticides « non pertinents » (présumés sans danger) ne devaient pas excéder une concentration de 0,9 microgramme par litre (µg/l) dans l’eau distribuée. Sauf à ce que celle-ci ne soit plus conforme à la réglementation. Au-dessus de ce seuil, les collectivités disposaient d’une période de trois ans, renouvelable une fois, soit six ans au total, pour remettre l’eau distribuée en conformité avec les critères de qualité. Cette mesure de précaution reposait sur un constat simple : le classement d’un métabolite comme « non pertinent » dépend d’une procédure rudimentaire n’assurant pas, à elle seule, une preuve d’innocuité.

    Tout cela a pris fin sans publicité ni information, sans explications ni délibération, pendant les préparatifs de la Saint-Sylvestre 2022. (...)

    Question du Monde à la direction générale de la santé (DGS) : « Combien de temps un métabolite non pertinent peut-il rester au-dessus de 0,9 µg/L sans que des restrictions de consommation soient édictées ? » Réponse : « La gestion est laissée à l’appréciation des autorités locales. » Quelles instructions ont-elles été données à celles-ci ? Réponse de la #DGS : _« Ce courrier, adressé aux préfets, n’est pas public. Que peut-il bien y avoir de confidentiel là-dedans ? Lorsque la discrétion ne suffit plus, il reste le secret.

    [...]

    (...) en juin, un comité d’experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (#Anses) a classé « non pertinent » le principal métabolite du glyphosate, l’AMPA. Cette décision, dont s’est désolidarisé l’un des membres du groupe de travail, repose largement sur les données fournies par l’industrie. Mais d’autres institutions – comme le Centre international de recherche sur le cancer en 2015, ou l’Inserm en 2021 – estiment que les éléments de preuve disponibles dans la littérature scientifique penchent pour la plausibilité d’un risque, notamment génotoxique, de l’AMPA. A tout le moins, il y a donc débat.

    https://justpaste.it/9tdwd

    #eau_potable #omerta #décret #contrôle_sanitaire #pesticides #PFAS #glyphosate #santé #cancer

    • Pollution de l’eau potable : le casse-tête des pour réduire les risques
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2025/03/08/en-bouteille-ou-au-robinet-l-eau-rend-parano-tous-les-deux-mois-on-nous-anno

      La qualité de l’eau en bouteille ou au robinet ne va plus de soi et oblige chacun à trouver des solutions pour boire sans trembler. Mais la filtration miracle ne coule pas de source.

      De semaine en semaine, l’eau devient une source grandissante d’inquiétude pour les Français qui s’informent. Mai 2024 : les pesticides et leurs sous-produits, apprend-on, sont présents dans 97 % des stations de contrôle des eaux souterraines, et dépassent les normes dans près de 20 % d’entre elles. Novembre : les ressources hydriques sont massivement contaminées par le TFA (acide trifluoroacétique), polluant éternel issu de la dégradation d’un pesticide reconnu comme #perturbateur_endocrinien. Le même mois, trois inspections générales soulignent l’échec global de la protection de l’eau potable : pour au moins dix millions de Français, sa qualité n’est plus garantie. En décembre, bouquet final : les trois quarts des sols français sont contaminés par les #microplastiques, nouvelle menace pour les #nappes_phréatiques.

      Aussi l’appel à témoignages sur la #qualité_de_l’eau de boisson, lancé début février sur Lemonde.fr, a-t-il mesuré le désarroi de nos lecteurs, qui oscillent entre peur et colère, partageant les mêmes sentiments d’impuissance et de trahison, une semblable défiance vis-à-vis de politiques jugés inactifs. « On m’a toujours affirmé que l’eau de Paris était extrêmement surveillée, rappelle Céline Galliot, 59 ans. Mensonge, mensonge, mensonge ! Allons-y gaiement pour l’empoisonnement généralisé ! » « Tous les deux ou trois mois, on nous annonce un nouveau polluant, déplore Dominique Chalençon, retraité alsacien. La santé des Français semble bien passer derrière les affaires. Nos pauvres enfants… » « Qu’est-ce qui est moins mauvais pour ma santé ? L’eau de source avec des microplastiques ou l’eau du robinet avec du chlore et des pesticides ? », interroge, furax, Valérie Lasserre, 52 ans, consultante en stratégie.

      [...]

      (...]taper « #filtration eau » sur un moteur de recherche conduit à une autre noyade : des centaines de marques proposent leurs systèmes de filtration individuelle sur des sites alliant jargon d’ingénieurs chimistes et propos alarmistes. « Filtrabio-100 est équipé d’un dynamiseur couplant un puissant champ magnétique à un vortex », lit-on, peu éclairé.
      Des listes sans fin de polluants censément éliminés donnent des sueurs froides. D’urgence, acheter ! « En 2024, filtrer son eau du robinet n’est plus une option, c’est un devoir pour votre santé et pour notre planète », intiment, sur leur site, les créateurs des #filtres_à_eau Pureva – lancés en 2023 par deux vingtenaires martiniquais biberonnés au chlordécone, cet insecticide jadis pulvérisé dans les bananeraies. Leur système s’accroche au robinet, d’autres ressemblent à de grosses bonbonnes métallisées, ou encore à des unités centrales d’ordinateur. L’on vous parle de #microfiltration au charbon actif, d’#osmose_inverse, de cartouches à changer continuellement… Une certitude : la déco de la cuisine ouverte sera ruinée. Puis une deuxième : il va falloir payer.

      [...]

      Dorénavant, il faudrait donc se débrouiller seul, s’offrir le luxe d’une eau saine, se fier à des entreprises privées dont on ne comprend guère le propos et redoute l’appât du gain… (...)

      (...) l’avenir s’annonce radieux pour les marchands d’osmoseurs

      https://justpaste.it/b1zqm

      Peut-on traiter efficacement son eau du robinet ?
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2025/03/07/peut-on-traiter-efficacement-son-eau-du-robinet_6576876_4497916.html

      Des graines de Moringa à l’osmose inverse, en passant par les filtres au charbon actif, plusieurs systèmes permettent d’éliminer certaines molécules, pour des efficacités et des coûts disparates.

      https://justpaste.it/9sk8s

      (un article pour propriétaires, façon Le Monde)

      #or_bleu #eau_en_bouteille #nanoplastiques #contaminations_bactériologiques #consommation #filtres_au_charbon_actif

    • Eau de pluie récupérée, filtrée, potabilisée : la ruée des particuliers sur l’or bleu
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2024/01/20/eau-de-pluie-recuperee-filtree-potabilisee-la-ruee-des-particuliers-sur-l-or

      Les sécheresses à répétition, avec leur cortège d’interdictions, et les alertes sur la pollution des nappes phréatiques persuadent de plus en plus de Français d’équiper leur maison pour récupérer l’eau de pluie, voire la rendre potable pour la consommer. Une installation vertueuse, mais coûteuse et techniquement délicate.

      Chaque Français consomme en moyenne 148 litres d’eau potable par personne et par jour, renseigne le C.I.eau, contre 106 litres en 1975. Des flots et des flots consacrés à l’hygiène, au nettoyage (pour 93 %), bien peu à la boisson ou à la cuisine (7 %). « Les besoins en eau des ménages peuvent être couverts quasiment à moitié par l’eau de pluie », jauge Bertrand Gonthiez, expert en gestion des eaux pluviales, auteur de Récupérer et utiliser l’eau de pluie (Eyrolles, 2007, 4e édition). « Ces dernières années, note-t-il, suite aux #sécheresses sévères, des particuliers en nombre grandissant ont souhaité réutiliser l’eau de pluie, au jardin d’abord, puis dans leur maison. Ils anticipent l’avenir. L’eau de pluie est disponible, pourquoi ne pas l’utiliser ? »

      [...]

      Bref, résume l’ingénieur Bertrand Gonthiez, « l’autonomie peut faire rêver, mais elle n’est pas à la portée de tout le monde ». Charge aux détenteurs d’installations autonomes, selon lui, d’exercer « une surveillance régulière, extrêmement rigoureuse, avec des analyses périodiques de l’eau par un laboratoire agréé », de changer régulièrement les filtres – ce qui coûte –, d’investir dans une citerne enterrée, de ne surtout pas se contenter des cuves en plastique exposées à la lumière et à la chaleur, complète Rémi Richart, et de « bien différencier l’eau récupérée de l’eau du réseau ». « Ce qui est simple dans une maison neuve, mais compliqué dans une vieille maison. Le danger, c’est que souvent les gens lancés dans l’autonomie n’ont pas beaucoup d’argent. » Pour trinquer à l’eau de récupération, il faut pouvoir se payer le champagne…

      https://justpaste.it/cukgt

      #eau_de_pluie #récupération_d'eau_de_pluie #cuves #potabilisation

  • PFAS : les “polluants éternels” sont partout, mais des solutions existent.

    L’Anses dresse une cartographie nationale de la contamination et alerte sur la persistance de ces composés chimiques dans l’eau, les sols et nos organismes.

    Notre article propose aussi des repères concrets pour agir :
    – filtrer son eau,
    – choisir ses ustensiles,
    – lire les étiquettes des cosmétiques,
    – assainir l’air intérieur.

    🔗 Lire :https://lenouveauparadigme.fr/polluants-eternels-peut-on-encore-sen-proteger

    #PFAS #PolluantsÉternels #Santé #Environnement #Anses #Solutions