• Ethical OS
    https://ethicalos.org

    As technologists, it’s only natural that we spend most of our time focusing on how our tech will change the world for the better. Which is great. Everyone loves a sunny disposition. But perhaps it’s more useful, in some ways, to consider the glass half empty. What if, in addition to fantasizing about how our tech will save the world, we spent some time dreading all the ways it might, possibly, perhaps, just maybe, screw everything up? No one can predict exactly what tomorrow will bring (though somewhere in the tech world, someone is no doubt working on it). So until we get that crystal ball app, the best we can hope to do is anticipate the long-term social impact and unexpected uses of the tech we create today.

    If the technology you’re building right now will some day be used in unexpected ways, how can you hope to be prepared? What new categories of risk should you pay special attention to now? And which design, team or business model choices can actively safeguard users, communities, society, and your company from future risk?

    The last thing you want is to get blindsided by a future YOU helped create. The Ethical OS is here to help you see more clearly.

    #Philanthropie #Ethique #Omidyar_Network

  • TRIBUNE #Covid-19 : l’impératif coopératif et solidaire

    Nous, acteurs, chercheurs, élus, territoires et réseaux de l’ESS des Hauts-de-France appelons à un #engagement véritablement coopératif et solidaire pour sortir par le haut de cette #crise sans précédent.

    Les crises se succèdent à un rythme effréné

    En un temps court, nos sociétés ont été amenées à faire face à une succession de crises majeures que l’on songe à la crise financière internationale de 2008, à la crise sociale et démocratique des gilets jaunes depuis 2018, à la crise écologique qu’incarnent le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. L’arrivée et la diffusion mondiale du coronavirus fin 2019 et les réponses qui ont été fournies ont cette fois provoqué une crise multidimensionnelle sans précédent.

    À chaque crise, l’État est appelé à la rescousse : il retrouve de sa superbe, n’est plus conspué ni par ceux qui d’habitude idolâtrent la privatisation des gains ni par ceux qui vantent les bienfaits de l’austérité. À chaque crise, qui provoque un accroissement effroyable des inégalités (sociales, territoriales, de logement etc.), des appels solennels à la solidarité et à la coopération sont lancés. Quelques actes philanthropiques trouvent un large écho dans la presse : tel grand groupe décide de réorienter une ligne de production vers des produits de première nécessité sanitaire ; tel autre achète « à ses frais » des équipements en Chine ou ailleurs ; tel autre encore réduit la part des dividendes qui seront versés à ses actionnaires, tandis qu’il profite par ailleurs du filet de protection sociale du chômage partiel assuré par l’État. Telle grande fortune appelle aussi à une redistribution ponctuelle des revenus (souvent financiers) engrangés.

    L’économie sociale et solidaire, un acteur discret de réponse à ces crises

    Une partie de l’économie pourtant, fait de ces appels, là-bas ponctuels, le cœur structurel de son organisation et de son activité du quotidien. Crise ou pas crise, les initiatives solidaires, l’économie sociale et solidaire, les communs interrogent le sens de ce qu’ils réalisent, orientent leurs productions vers des activités d’utilité sociale, qui répondent à des besoins écologiques et sociaux, fondent leurs décisions sur des principes égalitaires, font de la solidarité et de la coopération la grammaire de leur dynamique.

    De nombreuses initiatives citoyennes, comme autant de solidarités auto-organisées, ont été réactives pour répondre à la crise. Souvent à bas bruit, elles ont abattu, et abattent, un travail considérable pour pallier les défaillances industrielles, et assurer, par exemple, la fabrication de masques via de simples machines à coudre, et parfois via des FabLabs et tiers lieux. Des acteurs de l’économie sociale et solidaire jouent un rôle de proximité dans le déploiement des circuits courts alimentaires, proposent des paniers de fruits et légumes en zones urbaines. Des actions autour de l’alimentaire sont démultipliées grâce à des acteurs de tiers lieux en lien avec des métropoles, ou proposent des solutions de plateformes type « open food network ». Des associations maintiennent une continuité des services publics dans le sanitaire et social malgré les risques de non distanciation physique, qu’on songe à l’aide à domicile, aux Ehpad gérés de manière associative, aux IME, aux maisons d’accueil spécialisées, dont beaucoup ont décidé de rester ouverts. Des associations continuent de défendre les sans-abris et les réfugiés, d’autres encore structurent l’entraide de proximité au quotidien. Tous les secteurs économiques sont durement touchés. Les activités culturelles et artistiques sont parmi les plus affectées. Seuls les réseaux de coopération et de solidarité leur permettent de ne pas disparaître de l’espace public. Dans l’urgence de leur survie, et conscientes de leur forte utilité sociale, certains de ses acteurs nouent des appuis politique et économique avec l’économie sociale et solidaire.

    L’État et les collectivités locales et territoriales savent bien d’ailleurs, en temps de crise, qu’ils peuvent compter sur cette économie solidaire de proximité, et plus largement sur ce tissu socioéconomique territorial, pour en amortir les effets, tandis que les mêmes ont parfois déployé une énergie non dissimulée pour réduire, avant la crise, leurs moyens d’agir et l’ont parfois instrumentalisée ici ou là comptant sur elle pour maintenir une paix sociale à moindres coûts.

    Quelles alternatives ?

    Dans quelques semaines ou quelques mois, chacun des grands acteurs économiques multinationaux espérera la reprise du « monde d’avant », un business as usual qui nous a pourtant conduits dans cette situation. Las. Les crises multiples traversées, et celles qui se succéderont certainement dans les années à venir, rendent urgent de repenser l’économie autrement. Mais vraiment autrement. Il est urgent de remplacer les dogmes du vieux monde par de nouvelles manières de penser et de pratiquer l’économie et par de nouvelles manières de vivre la démocratie. Cela est possible. L’économie sociale et solidaire en est un témoin en actes et un acteur décisif de cet après crise. Le logiciel de l’économie « conventionnelle » est suranné : logiciel de la croissance, logiciel du tout marché, logiciel techno-optimiste : non ce n’est pas dans la croissance pour la croissance, dans le marché et dans le lucre qu’on trouvera le salut de tous nos maux. Cette crise en est le plus spectaculaire contre-exemple.

    Il faut donc réhabiliter l’économie soutenable comme organisation sociale qui se donne les moyens de répondre aux besoins sociaux tout en prenant soin de ses patrimoines, écologique, social, démocratique.

    Faire toute sa place aux « corps intermédiaires »

    Les différentes crises révèlent aussi les faiblesses de nos pratiques de la démocratie. En se privant des expertises et des expériences sociotechniques et politiques des acteurs de terrains, des réseaux, des corps intermédiaires, l’État finit par produire des politiques publiques hors sol ou à rebours des urgences. Les associations écologistes alertent depuis de nombreuses années sur l’urgence climatique ; les acteurs du médico-social ne cessent d’exprimer, et bien avant le Covid-19, le manque de moyens pour faire un vrai travail de soin et de care ; les acteurs de la recherche et de la médiation scientifique en lien étroit avec l’économie sociale et solidaire contribuent à éclairer le débat et à redonner à la science sa juste place dans la société : celle qui permet le maintien d’un esprit critique ; les acteurs de proximité de l’économie sociale et solidaire, alertent depuis longtemps sur la fracture sociale (et numérique) à l’origine du mouvement des Gilets Jaunes.

    L’expertise, le regard et l’avis de tous ces corps intermédiaires, constitués de citoyens organisés et structurés, devront être pris en compte dans les choix de politiques publiques de demain.

    Démocratiser et relocaliser l’économie

    Par-dessus tout, il faut démocratiser les économies : ouvrir des espaces de délibération sur l’identification des activités essentielles, sur le pilotage des politiques publiques, en particulier locales ou sur l’impact environnemental et social des entreprises. Il faut repenser la hiérarchie des priorités économiques. Cette idée n’est pas nouvelle : au Québec, dès 1997 un collectif de l’éducation populaire, le « Collectif pour un Québec sans pauvreté » propose au ministre des Finances de l’époque l’élaboration d’un « produit intérieur doux » : il s’agissait, par la délibération démocratique, de trier les activités utiles socialement des activités nuisibles pour les sociétés. Il s’agissait aussi d’appeler à identifier des activités contributrices au bien-être social et qui étaient ignorées des comptes. De nouvelles initiatives vont dans ce sens aujourd’hui et réclament des délibérations collectives pour définir l’utilité sociale des activités.

    La démocratie ne doit plus non plus rester aux portes de l’entreprise. Il est temps de valoriser les gouvernements d’entreprise qui s’appuient sur un véritable équilibre des pouvoirs, qui rénovent les pratiques managériales et qui réinterrogent le sens du travail humain. L’expérience d’une partie des coopératives, des SCIC, CAE etc., qui sont autant de démarches coopératives et de fabriques sociales démocratiques, permet de construire les capacités socio-économiques locales dont les territoires et leurs écosystèmes ont besoin.

    La relocalisation de la production ne doit pas être synonyme de repli sur soi. L’impératif coopératif et solidaire implique un soutien massif porté, notamment, aux systèmes de santé des pays du Sud. Grands perdants de la mondialisation ils seront les plus durement touchés, à terme, par cette crise sanitaire, comme ils le sont et le seront par la crise écologique. Face aux tentations identitaires et autoritaires, ces valeurs et pratiques de solidarité internationale sont une urgence.

    Les activités du care

    Les activités de service de care et de soin, d’intérêt général ne doivent plus être mises entre les mains du marché. Il n’est pas besoin d’épiloguer, la fuite en avant du tout marché pour les activités sociales montre toutes ses failles. Il faut appeler à des partenariats durables État, collectivités locales et territoriales et ESS pour la création et le financement d’un service public du grand âge et de la perte d’autonomie : il doit être financé publiquement et géré par des organismes publics ou à but non lucratif. Il doit permettre une revalorisation structurelle des métiers dont la crise a montré de manière éclatante toute la nécessité, alors qu’ils sont souvent les moins bien considérés et les moins bien rémunérés.

    Coopérer et être solidaire

    Il faut appeler à une coopération et une solidarité plutôt qu’une concurrence et une compétitivité qui loin d’amener le bien-être s’avèrent mortifères. La crise écologique rend d’autant plus urgente et nécessaire la remise en cause de ce modèle. Les initiatives types pôles territoriaux de coopération économiques (PTCE) devront être consolidées, étendues, enrichies. Lorsqu’ils jouent vraiment la carte de la coopération, ils deviennent de véritables projets d’avenir. Ils pourront s’appuyer sur les initiatives solidaires et les communs qui s’expérimentent en continu partout sur les territoires. Les monnaies locales complémentaires pourront aussi en être un vecteur innovant, un repère utile pour orienter production et consommation vers des biens et services soutenables.

    Bien sûr il faut faire tout cela sans angélisme. Si l’économie sociale et solidaire est souvent exemplaire, elle n’est pas toujours exempte de critiques. Des financements, devenus scandaleusement exsangues, ont conduit certains acteurs à l’oubli du projet associatif, à la soumission volontaire à la concurrence, à l’acceptation de la précarisation de l’emploi. Tout cela a parfois pris le pas sur l’affirmation du projet politique et sur la coopération et la solidarité.

    C’est la raison pour laquelle il faut en appeler à des coopérations avec l’État, les collectivités locales et les entreprises locales reconnaissant véritablement les fondements et pratiques de l’économie sociale et solidaire. L’ESS doit aussi se mobiliser, avec d’autres forces sociales, pour éviter un retour au vieux monde et impulser sur une large échelle les dynamiques et les initiatives dont elle est porteuse. La mobilisation doit s’opposer au détricotage de la protection sociale, des solidarités locales, des droits démocratiques. En bref. Elle doit être un appel à prendre soin et développer les communs sociaux des territoires.

    Les crises qui ne manqueront pas d’arriver rendent cette mobilisation impérative.

    Les réseaux, acteurs, personnes signataires du présent texte sont conscients de l’immensité de la tâche, et sont convaincus que seule une coopération de tous les acteurs permettra d’infléchir le mouvement, et d’obtenir des décisions utiles à tous les niveaux politiques, institutionnels et sociaux nécessaires.

    Ils s’emploient à en concrétiser les engagements au sein de leurs réseaux par leurs initiatives respectives.

    https://chairess.org/tribune-covid-19-limperatif-cooperatif-et-solidaire
    #recherche #le_monde_d'après #solidarité #ESS #philanthropie #redistribution #alternative #business_as_usual #démocratie #économie #croissance #économie_soutenable #corps_intermédiaires #expertise #relocalisation #relocalisation_de_l'économie #éducation_populaire #produit_intérieur_doux #bien-être_social #utilité_sociale #care #soin #coopération #concurrence #compétitivité #monnaies_locales #communs #commons

  • Bill Gates Gives to the Rich (Including Himself) | The Nation
    https://www.thenation.com/article/society/bill-gates-foundation-philanthropy

    Une sérieuse critique du système #FBMG entre #business et #charité

    Bill Gates’s outsize charitable giving—​$36 billion to date—has created a blinding halo effect around his philanthropic work, as many of the institutions best placed to scrutinize his foundation are now funded by Gates, including academic think tanks that churn out uncritical reviews of its charitable efforts and news outlets that praise its giving or pass on investigating its influence.

    In the absence of outside scrutiny, this private foundation has had far-reaching effects on public policy, pushing privately run charter schools into states where courts and voters have rejected them, using earmarked funds to direct the World Health Organization to work on the foundation’s global health agenda, and subsidizing Merck’s and Bayer’s entry into developing countries. Gates, who routinely appears on the Forbes list of the world’s most powerful people, has proved that philanthropy can buy political influence.

    #philanthropie #philanthrocapitalisme
    Merci @fil

  • #Philanthropie : Le #capital se fout de la #charité - #DATAGUEULE 93 - DataGueule
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/554be54b-fd91-4e89-bddf-119813b64e73

    Ah les belles fortunes de ce monde et leur immense générosité ! L’éducation, l’art, la faim dans le monde : rien n’est trop beau, rien n’est trop grand. À condition d’y gagner en visibilité… Et de pouvoir faire une belle opération fiscale au passage. Et si parfois, ces opérations sentent bon le #conflit_d’intérêt, il ne faudrait tout de même pas cracher dans la soupe. La #générosité ça ne se discute pas. Mais au fait, elle vient d’où cette richesse ?

    #fiscalité #défiscalisation #trust #social-washing #image #philantrocapitalisme #bill_gates #mécénat_d'entreprise #fondation_louis_vuitton #contreparties #loi_Aillagon #niche_fiscale

  • « Notre droit successoral freine une certaine générosité » Gabriel Attal
    https://www.latribune.fr/economie/france/notre-droit-successoral-freine-une-certaine-generosite-gabriel-attal-83447

    [Entretien] Mécénat, fiscalité, service national universel, étudiants... le secrétaire d’Etat en charge de la jeunesse, Gabriel Attal, veut inciter les Français au don à l’occasion du Giving Tuesday célébré ce mardi 3 décembre. Il prône une philantropie "démocratique et territoriale".

    LA TRIBUNE- Pourquoi voulez-vous mobiliser pour le Giving Tuesday ?

    GABRIEL ATTAL-Le « #giving_Tuesday » entre dans ce développement de la #philanthropie que je veux promouvoir. Cette initiative, développée outre-Atlantique, est une réponse au Black Friday tourné vers la consommation de masse. Cette journée nous rappelle la nécessité de contribuer aussi à l’intérêt général. Je souhaite qu’on le développe en France, et je soutiens pour cela l’association française des fundraisers qui porte de manière opérationnelle ce projet.

    Avec Jean-Michel Blanquer, nous avons mobilisé les recteurs d’académie pour qu’il y ait des initiatives autour de cette question du don dans les établissements scolaires. Avec le ministère de la Culture et l’association Admical, nous avons construit un kit de mobilisation à destination de tous les parlementaires pour leur proposer de réunir dans leur territoire les PME, associations et fondations locales afin d’initier des synergies et d’améliorer la connaissance des dispositifs existants.

    Sur le mécénat et le financement des fondations, le gouvernement a annoncé à la fin de l’été qu’il voulait revoir à la baisse le taux de défiscalisation pour les dons supérieurs à 2 millions d’euros. Où en est ce projet ?
    Le gouvernement soutient fortement le mécénat. Il s’est beaucoup développé depuis le vote de la loi Aillagon, en 2003, qui a permis une forte incitation fiscale. Les entreprises ont aussi pris conscience de leur responsabilité sociétale et environnementale. Les consommateurs les appellent également à s’engager, à soutenir des projets d’intérêt général. Enfin, les jeunes actifs qui arrivent sur le marché du travail sont de plus en plus en attente de sens dans leur travail.

    Pour autant, un certain nombre de dérives et abus ont été constatés par la Cour des comptes et des rapports parlementaires. Il y a des situations où l’on peut légitimement se demander si le mécénat doit être soutenu à hauteur de 60% par la solidarité nationale, ou si l’argent public ne sert pas une action de communication ou de sponsoring.

    Comment limiter les dérives ?
    Le souhait du gouvernement est de fixer un cadre en travaillant sur la notion de contrepartie. Actuellement, une entreprise qui fait du mécénat a droit à une contrepartie de 25% à son don. La contrepartie n’est pas clairement définie. On ne sait pas qui calcule les 25% et comment ils sont calculés. Or, un cadre clair permettrait de régler de nombreuses dérives. C’est un travail que nous avons initié avec les entreprises et les associations. Dans le même temps, pour les 78 grandes entreprises qui donnent le plus, nous réduisons la déduction fiscale de 60% à 40% ; uniquement lorsque les dons dépassent 2 millions d’euros et en préservant les associations dites « loi Coluche ».

    Nous encadrerons aussi le mécénat de compétences. Il permet à une entreprise de détacher un salarié auprès d’une association et de défiscaliser 60% de son salaire. Aujourd’hui, certains détachements concernent des salaires supérieurs à 15.000 euros mensuels. Le gouvernement a annoncé un plafonnement autour de 9.000 euros. Ce cadre a été adopté dans le budget par l’Assemblée nationale en première lecture et il est actuellement dans la navette parlementaire.

    Combien d’entreprises seraient concernées ?
    Actuellement, 78 grandes entreprises donnent plus de deux millions d’euros de mécénat dans l’année. J’appelle ces entreprises à maintenir leurs dons. Malgré cette réduction sur le mécénat, le cadre fiscal reste favorable car elles bénéficient également de la baisse de l’impôt sur les sociétés.

    Quel est le montant de la dépense fiscale de ce dispositif pour les finances publiques ?
    C’est certes une dépense fiscale mais je considère aussi que c’est un investissement, qui s’élève aujourd’hui à environ 2 milliards d’euros par an et qui a doublé en cinq ans.
    […]
    Quelles sont vos pistes de réflexion [concernant les droits de succession] ?
    Au sein du gouvernement, nous sommes opposés à toute hausse de droits de succession. Quant à la réserve héréditaire, toute évolution doit être mûrement réfléchie car c’est une question extrêmement sensible, et qu’il faut évidemment préserver les droits des héritiers. Une possibilité pourrait être d’inverser la part réservée et la quotité disponible dans le cas des héritages les plus conséquents. Si par exemple, si il y a trois enfants, ce ne serait pas deux tiers/ un tiers. Cette inversion serait possible uniquement si ces fonds sont attribués à des associations ou des fondations. Mais nous verrons ce que propose la mission confiée aux parlementaires.

    Comment voulez-vous développer la philanthropie ?
    Je crois à une philanthropie à la française. On a tendance à penser aux fondations américaines qui ont des budgets comparables à ceux des ministères. La différence est que les personnes à la tête de ces fondations ne sont pas élues. Cette question est un enjeu démocratique alors que des pans entiers des politiques publiques sont assumés par des fondations privées aux États-Unis. La philanthropie à la française doit être démocratique. Elle doit également être territoriale. Je pense que l’on peut créer des synergies locales entre entreprises, collectivités locales, fondations et pouvoirs publics autour de projets d’intérêt général. C’est une forme de réponse à la crise des gilets jaunes.

    N’y-a-t-il pas un risque d’affaiblir la puissance publique ?
    On ne peut pas opposer le développement de la philanthropie et de la puissance publique. Derrière le don privé et le mécénat d’entreprise, il y a toujours la puissance publique, ne serait-ce que par le biais de la défiscalisation. Les deux sont complémentaires et se renforcent. Certaines associations et fondations peuvent parfois être plus rapides, plus agiles, pour répondre à des besoins qui émergent ; il faut accompagner cela.

    Où en est le projet de service national universel (#SNU) ? Après un premier test en juin, le dispositif sera-t-il renouvelé ?
    Après la préfiguration avec 2.000 jeunes, j’ai confié une évaluation à des chercheurs et sociologues spécialistes de la jeunesse. Les retours sont très encourageants. Les objectifs assignés au SNU comme la mixité sociale, la cohésion territoriale, le partage des valeurs de la République et l’engagement ont été tenus. Les échanges que j’ai pu avoir avec les parents sont aussi extrêmement encourageants. Le dispositif va se déployer et concernera autour de 30 000 jeunes en juin prochain. Cette fois-ci, tous les départements déploieront le SNU.

    Quel est le coût annuel de ce dispositif critiqué par les organisations étudiantes ?
    À partir de la préfiguration de juin dernier, le coût d’une généralisation pour 800.000 jeunes serait de l’ordre de 1,6 milliard d’euros ; mais il va y’avoir des économies d’échelle. Le coût par jeune devrait baisser dès 2020. En année pleine, le coût se situerait en année pleine entre 1 milliard et 1,5 milliard. Le Président de la République a toujours été clair sur le fait que, derrière le coût budgétaire, il y avait surtout un investissement fort pour notre jeunesse. Aujourd’hui, un décrocheur scolaire représente en moyenne 230 000 euros de fonds publics alloués pour son accompagnement. Il y en a environ 100 000 chaque année. Je vous laisse faire le calcul... le SNU est donc potentiellement à terme une source d’économies.
    […]
    Où en est le projet de revenu universel d’activité (RUA) ?
    Une concertation a été lancée au printemps dernier. C’est une transformation profonde de notre modèle d’accompagnement social qui regrouperait les aides sociales en une allocation socle et simplifierait donc considérablement les choses pour les bénéficiaires. L’idée est d’améliorer ainsi le recours et de renforcer le lien droits-devoirs pour bénéficier de la solidarité nationale. Je co-préside, avec Frédérique Vidal, un collège dédié à la question des jeunes dans le revenu universel d’activité qui travaillent à déterminer la nécessité de créer un RUA pour les jeunes ou non.

    La prime d’activité va-t-elle être élargie aux étudiants ?
    Je l’ai déjà dit, je souhaite que nous y réfléchissions. Je ne peux pas me résoudre à l’idée que des étudiants mettent en péril leurs études car ils sont contraints de trop travailler. Actuellement, la prime d’activité se déclenche lorsque l’on travaille au minimum à hauteur de 80% du SMIC. Travailler autant quand on est étudiant est quasiment impossible, sauf à alimenter l’échec dans l’enseignement supérieur. J’ai demandé à ce que l’on étudie le déclenchement de la prime d’activité en soutien aux étudiants, dès lors qu’ils travaillent au moins 12 heures par semaine.

    • On apprend de ces trucs quand même :

      le mécénat de compétences. Il permet à une entreprise de détacher un salarié auprès d’une association et de défiscaliser 60% de son salaire. Aujourd’hui, certains détachements concernent des salaires supérieurs à 15.000 euros mensuels. Le gouvernement a annoncé un plafonnement autour de 9.000 euros.

    • Ce mécénat de compétences permet à des entreprises comme Orange de placer ses « futurs retraités » (des gens avec de l’expérience et qui donc « coûtent cher ») dans des assos qui acceptent car elles n’ont pas les moyens de refuser puisqu’on leur refusent des subventions par ailleurs. Sauf que la défiscalisation permise par ce type d’opération fait que l’état récupère moins de sous, et peut donc donner moins de subs aux assos en question. Elle est pas belle la vie ?

    • Ah oui c’est un florilège ! Celle-ci par exemple

      Aujourd’hui, un décrocheur scolaire représente en moyenne 230 000 euros de fonds publics alloués pour son accompagnement.

      A part l’armée (SNU) et la police qui les récupèrent parce qu’on les fait glisser subrepticement dans cet entonnoir sans issue, je voudrais vraiment connaitre quel est l’accompagnement du décrocheur scolaire.
      Pour les décrocheurs que je connais, ils ont eu droit à un coup de fil pour répondre à une enquête d’une question, zéro suivi, aucune aide financière ni d’études publiques possibles. Il y a surement une commission qui s’occupe de réfléchir à savoir si leurs parents leur laisseront 1/3 tiers ou 2/3 de la part réservataire de leur non retraite.
      #marché_des_pauvres

    • Et donc, on a tout un monde d’acronymes qui se nourrit sur les djeuns décrocheurs
      – Le Groupe de prévention au décrochage scolaire (GPDS)
      – Les Missions de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS)
      – Le Service Académique d’Information et d’Orientation (SAIO)
      – Les structures de retour à l’école (SRE)
      – Les réseaux Formation Qualification Emploi de l’éducation nationale FOQUALE
      – Les plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD)
      – Le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC)

      Bon je m’arrête, ça me fait pas rire, ça fait cher 230000€ le décrocheur pour rien raccrocher du tout, un bon mal de crâne administratif où on lui évite juste d’augmenter le nombre de chômeurs et de s’inscrire à Pôle Emploi ?

      A mettre en face du fait qu’il n’y a qu’un·e seul·e médecin scolaire pour 10.000 enfants et donc aucune possibilité de suivi psychologique sur place en cas de problème alors que harcèlement ou agressions à l’école ou au lycée particulièrement sur les filles sont les mêmes que de l’autre côté des grilles voire pire, mais ça, faut demander au médecin scolaire n’est-ce pas.
      https://www.unicef.fr/article/1-medecin-scolaire-pour-10-000-eleves-au-lieu-de-5000

  • • Le mythe de la philanthropie

    À l’heure de la montée des inégalités, les élites philanthropes prétendent vouloir « changer le monde ». Anand Giridharadas montre qu’elles ne font en fait que détourner le changement social dans leur propre intérêt, refusant de bouleverser le système qui les a consacrées.

    https://laviedesidees.fr/Anand-Giridharadas-Winners-take-all.html
    #capitalisme #phylanthropie #libéralisme #mythe

    • Le philanthrocapitalisme et les « crimes des dominants » | Cairn.info
      https://www.cairn.info/revue-politix-2018-1-page-29.htm

      Cet article a deux objectifs principaux. Dans une première partie, nous définissons la notion de « philanthrocapitalisme », un mouvement mondial qui prétend accroître l’efficacité de la philanthropie en appliquant les logiques de marché issues du monde de l’entreprise à la sphère caritative. À l’encontre d’autres analyses du philanthrocapitalisme, nous suggérons qu’une augmentation du volume des dons privés ne constitue pas une caractéristique intrinsèque des nouveaux modèles philanthropiques. Leur nouveauté réside plutôt dans l’attribution de subventions directes à de grandes entreprises grâce aux dons provenant d’organisations philanthropiques telles que la Fondation Bill et Melinda Gates. Cela nous amène à notre second point, où nous défendons l’idée selon laquelle la caractéristique la plus importante de la nouvelle philanthropie réside dans la façon dont les philanthrocapitalistes manient une rhétorique pro-marché pour conférer une certaine légitimité morale aux réglementations favorables aux entreprises et aux dépenses publiques qui exacerbent les inégalités économiques. Cette légitimité ne peut durer que tant que les conséquences négatives des transferts de richesse des fonds publics vers les entreprises sont stratégiquement ignorées. Nous postulons que les organisations philanthrocapitalistes remplissent une fonction épistémologique et moralisatrice qui soustrait à la vue du public les préjudices causés par les entreprises. En nous appuyant sur le concept d’autorité charismatique de Max Weber et sur les travaux de criminologues portant sur les « crimes des dominants », nous examinons comment et pourquoi une élite d’acteurs philanthropiques, dont l’existence et les agissements nuisent souvent au public, a réussi à présenter comme socialement bénéfique le recours à des solutions de marché en réponse à des problèmes humains.

  • Oligarchs, as U.S. Arts Patrons, Present a Softer Image of Russia - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/10/06/arts/russia-oligarchs-arts.html

    Since the fall of the Soviet Union, rich Russians have emerged as influential patrons of the arts and Western cultural organizations have often been the beneficiaries. Carnegie Hall, the Metropolitan Museum of Art, the Art Institute of Chicago, the Brooklyn Academy of Music and Lincoln Center are among those who have received gifts from moneyed Russians or the companies they control over the past decade.

    Stay on top of the latest in pop and jazz with reviews, interviews, podcasts and more from The New York Times music critics.

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    Though wealthy patrons have long used the arts to advance their individual tastes and social standing, much of the Russian giving is different. While the oligarchs also promote their personal preferences and support a wide range of cultural activities, they often employ philanthropy to celebrate their homeland, depicting it as an enlightened wellspring of masterworks in dance, painting, opera and the like.

    These patrons have been quite public in their philanthropy, and there is little evidence that their donations have been directed or coordinated by Moscow. But they all enjoy good relations with the Kremlin — a prerequisite to flourish in business in Russia — and their giving fits seamlessly with President Vladimir V. Putin’s expanding efforts to use the “soft power” of cultural diplomacy as a tool of foreign policy.

    The effect, however cultivated, helps burnish the image of a nation whose aggression in Ukraine and election meddling have led it to be viewed by many as a hostile power.

    In 2005, Mr. Potanin’s foundation helped finance an 800-year survey of Russian art, from icons to 19th-century paintings, called simply “Russia!” at the Guggenheim. Mr. Putin spoke at the opening.

    “Such events,” Mr. Putin said, “are the best and most eloquent way to understand a country that possesses huge humanistic and spiritual potential, a country such as Russia.”

    #Philanthropie #Art #Russie #Propagande

  • Bill Gates : L’incroyable arnaque derrière sa fondation - Le Média –YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Dqzt6yAmdDE

    Le journaliste Lionel Astruc a enquêté sur la fondation de l’ex-patron de Microsoft, Bill Gates, l’un des hommes les plus riches de la planète. Avec un budget annuel de près de 5 milliards de dollars, et sous prétexte de lutter contre les inégalités, la fondation Gates nourrirait un système destructeur. Entretien.

  • The Problem With Sugar-Daddy Science - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2019/09/problem-sugar-daddy-science/598231

    The MIT Media Lab has an integrity problem. It’s not just that the lab took donations from Jeffrey Epstein and tried to conceal their source. As that news was breaking, Business Insider reported that the lab’s much-hyped “food computer” didn’t work and that staff had tried to mislead funders into thinking it did. These stories are two sides of the same problem: sugar-daddy science—the distortion of the research process by the pursuit of money from ultra-wealthy donors, no matter how shady.

    The problem is, blank checks never come without strings. Something’s always exchanged: access, status, image. That’s where sugar-daddy science comes in. (Hat tip to Heidi N. Moore, who inspired the term with her Twitter critiques of what she calls sugar-daddy journalism.) Research labs cultivate plutocrats and corporate givers who want to be associated with flashy projects. Science stops being a tool to achieve things people need—clean water, shelter, food, transit, communication—and becomes a fashion accessory. If the labs are sleek, the demos look cool, and they both reflect the image the donor wants, then mission accomplished. Nothing needs to actually work.

    The Media Lab took sugar-daddy science to a new level. Epstein’s interests in science, like a desire to “seed the human race” by impregnating dozens of women and to have his head and penis frozen after his death, were more literally sexual than most. But he didn’t invent the hustle. It’s an old philanthropy problem: Donor gratification takes precedence over results.

    The MIT Media Lab already had a reputation for this before Epstein. Its One Laptop per Child project was a notorious failure. Like the food computer, it was based on a faulty premise (laptops aren’t known to actually make a difference in a child’s education), wildly oversold (the laptops were supposed to be powered by hand crank, but a working hand crank was never actually developed, and all models were powered by electrical cord), and built to fulfill donor dreams rather than a demonstrated real-world need.

    A project for futuristic, bio-inspired design took $125,000 from Epstein and made him a light-up orb as a gift—over objections from students working in the project lab. This lab’s work includes, among truly visionary work like biomanufactured chitin structures, showpiece clothing demos. One set was purported to show how biodesign could help wearers survive harsh conditions on other planets. The clothes are, however, entirely nonfunctional, and were photographed on skinny, half-naked women.

    How do we stop sugar-daddy science? The only long-term solution is to bring back federal funding so researchers can stop relying on donations from the beneficiaries of widening inequality. America’s competitiveness on the world stage depends on research and development. If we can’t make science that actually works, our nation is toast. Writers such as Anand Giridharadas have written relentlessly about reviving public research and other social services. This, however, has to be fixed through the democratic process, which will take time.

    So what can research institutions do to ensure the integrity of their work? There are obvious solutions, such as: Don’t take money from people who are on your banned-donor list for being convicted pedophiles. Basic oversight, like financial audits, can go a long way.

    #Philanthropie #Médialab #MIT #Sugar_Daddy_Science

  • On Joi and MIT - Lessig - Medium
    https://medium.com/@lessig/on-joi-and-mit-3cb422fe5ae7

    Par Larry Lessig

    Un texte très intéressant. Au fond, c’est tout le système de financement des universités par les « donateurs » et ce que ceux-ci recherche dans leur « philanthropie » qui est en jeu. Il pousse forcément à ne pas se poser la question de l’origine de l’argent...

    A couple of weeks ago, I signed a petition (the site has since been taken down, but you can see it at archive.org) expressing my support for Joi Ito. Not unexpectedly, that signing produced anger and outrage among many, and among some of my friends. I had wanted, in the spirit of the Net, to respond and explain then. I was asked by Joi’s friends not to. Yesterday’s events terminate that injunction. What follows is an explanation and an account, with as little emotion as I can muster.

    I had known of Joi’s contact with Epstein since about the beginning. He had reached out to me to discuss it. We are friends (Joi and I), and he knew I would be upset by his working with a pedophile. He knew that because he knew that I had been extensively abused as a kid, and that I am ferocious in my anger at people and institutions that protect abusers. (Defenders of the Catholic Church just love me for this.) Indeed, as I have come to understand myself, I see this anger as the whole reason for the work I do. Institutional corruption is just a fancy way to frame the dynamic of the weak enabling evil to do wrong.

    Our conversations then were about his diligence to determine whether Epstein remained an abuser. I am constitutionally skeptical about claims that pedophiles reform. Pedophilia is alcoholism; it is never gone (without chemical castration), it is only suppressed. Or so I can’t help but believe — I am not a scientist, and I have studied the facts not so deeply. But it is how I feel the wrong that evil is. It is how Joi knew I felt it. And so we had what would not have been an easy conversation about whether this criminal continued his soul-sucking crimes.

    Joi believed that he did not. He believed Epstein was terrified after the prosecution in 2011. He believed he had come to recognize that he would lose everything. He believed that whatever else he was, he was brilliant enough to understand the devastation to him of losing everything. He believed that he was a criminal who had stopped his crime. And nothing in his experience with Epstein contradicted this belief.

    It was not my fight. I didn’t have the stomach or the ability then to do my own investigation. I wish now I had just screamed “don’t” to Joi. But I didn’t—and I wouldn’t have. Indeed, though I don’t remember this precisely, I probably told him that if he was convinced, then it was ok. Because the truth is that—as I thought about it then—if Joi believed as he did after real diligence, I didn’t believe he was wrong to take Epstein’s money anonymously.

    That belief — of mine—was a mistake, for reasons that I’ll return to below. But we should start with why that belief is even conceivable before I return to why it is wrong.

    #MIT #Joi_Ito #Epstein #Philanthropie

  • The Perils of Billionaire Philanthropy | The Nation
    https://www.thenation.com/article/philanthropy-charity-inequality-taxes

    At this year’s World Economic Forum at Davos, billionaire Michael Dell, the 25th-wealthiest man in the world, weighed in on new proposals to tax the very wealthy. Dell said he was “much more comfortable” giving through his private foundation “than giving…to the government.” He’s not the first billionaire to confuse his obligations to society and conflate charitable giving with paying taxes.

    Indeed, the discussion about solutions to most social problems are too often sidetracked by stories of beneficent billionaires and their charitable deeds. Lost in a fog of generosity is the recognition that philanthropy is not a substitute for a fair and progressive tax system and robust public investments in poverty alleviation, infrastructure, economic opportunity, and social protection.
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    To be sure, there is strategic philanthropy in the United States that sustains a vibrant independent sector. But that sector is in jeopardy, thanks to the increasingly top-heavy nature of philanthropy and the ways that the super-wealthy are creating a taxpayer-subsidized extension of their private wealth and power.

    Philanthropy mirrors the wealth inequality trends of society overall, with more wealth and therefore more giving clout concentrating in the hands of billionaires like Dell. Charitable giving vehicles, such as donor-advised funds, are now part of the menu of tax avoidance strategies that the ultra-rich use to stash their wealth. The risk in this increasing inequality is not only to the independence of the nonprofit sector, but also for our democracy and society as a whole.

    At its root, fixing philanthropy is vital for the future of our democracy. For every dollar a billionaire donates to charity, we the people chip in anywhere from 37 to 57 cents in the form of lost tax revenue, depending on how aggressive the donor’s tax avoidance strategies are. In other words, taxpayers effectively provide matching funds for the donation priorities of private donors, whether for a new wing of an art museum or a brand-new performing arts center at a private high school. The public interest in charity oversight rests on this partnership; if a donor doesn’t want government oversight and public accountability of their charitable giving, they should simply forgo the charitable deduction.

    As the donor base shrinks to the wealthy and affluent, the resulting philanthropy reflects the social priorities of advantaged groups. As Catholic University law professor Roger Colinvaux warns, “Philanthropy will increasingly become a self-serving vanity project for one segment of society, and less worthy in a true philanthropic sense.”

    #Philanthropie #USA

  • MIT’s “disqualified” donors aren’t necessarily banned from donating, says Media Lab whistleblower - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/614299/mit-media-lab-jeffrey-epstein-joichi-ito-signe-swenson-disqualifie

    Last week, the director of MIT’s famed Media Lab, Joichi Ito, resigned after reports about his relationship with the disgraced financier Jeffrey Epstein. The New Yorker reported that Ito had taken donations from Epstein—at the time already convicted of soliciting a minor for prostitution—and tried to conceal them, even though MIT listed Epstein as a “disqualified” donor.

    Signe Swenson, a former fund-raiser at the Media Lab, leaked the emails that brought Ito down with the help of Whistleblower Aid. We talked to her in an attempt to better understand how fund-raising worked and what the rules were around accepting donations.

    Much of what Swenson told us has already been reported elsewhere. The main new clarification is that she says the “disqualified donors” list didn’t usually mean a donor’s money was off limits under MIT’s rules, but just that the person was considered unlikely to donate. She also reiterated claims, buttressed by the emails, that at least one MIT officer outside the Media Lab knew of the Epstein donations. (In a community-wide email sent out today, MIT president Rafael Reif acknowledged that senior administration were aware of Epstein’s donations to the Media Lab and agreed they should be accepted anonymously.) This interview has been lightly edited for clarity.

    #MIT #Philanthropie

  • Jeffrey Epstein’s Donations Create a Schism at M.I.T.’s Revered Media Lab - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/09/05/business/media/mit-media-lab-jeffrey-epstein-joichi-ito.html

    Joichi Ito gave himself some advice in 2008: “Reminder to self,” he wrote on Twitter. “Don’t invest with or take money from creeps,” although he used an earthier term.

    Then, over the next decade, he accepted about $1.7 million from Jeffrey Epstein.

    That money from Mr. Epstein, the disgraced financier who killed himself in jail last month while facing federal sex-trafficking charges, was split between Mr. Ito’s own investment funds and the prestigious center he leads at M.I.T., the Media Lab. His apology last month prompted two academics to announce plans to leave and led to calls for Mr. Ito to step down from the lab, an institution that is proudly indifferent to scholarly credentials and seeks a future marrying technology and social conscience.

    On Wednesday, at a meeting billed in an email as the start of “a process of dialogue and recovery” that two attendees said had begun with a group breathing exercise, the rift was unexpectedly pulled open just as it appeared to be closing.

    Roughly 200 people gathered to address the lingering anger at Mr. Ito — a tech evangelist whose networking skills landed him in the White House to discuss artificial intelligence with President Barack Obama and prompted the psychedelic proselytizer Timothy Leary to call him his godson. Mr. Ito, who has helped the lab raise at least $50 million, revealed that he had taken $525,000 from Mr. Epstein for the lab and $1.2 million for his own investment funds.

    Nicholas Negroponte, a prominent architect who helped found the lab in 1985, told the crowd that he had met Mr. Epstein at least once since Mr. Epstein’s 2008 guilty plea in Florida for soliciting a minor for prostitution, and had advised Mr. Ito about the donations.

    “I told Joi to take the money,” he said, “and I would do it again.”

    The words stunned the crowd, just before the meeting adjourned. Mr. Ito saw the comments as so damaging to his conciliatory efforts that he fired off a message to Mr. Negroponte just after midnight. “After I spent 1.5 hours apologizing and asking permission to make amends, you completely undermined me,” Mr. Ito wrote in the email, which was reviewed by The New York Times.

    #MIT #Medialab #Jeffrey_Epstein #Nicholas_Negroponte #Joi_Ito #Philanthropie

  • How an Élite University Research Center Concealed Its Relationship with Jeffrey Epstein | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/news/news-desk/how-an-elite-university-research-center-concealed-its-relationship-with-j

    The M.I.T. Media Lab, which has been embroiled in a scandal over accepting donations from the financier and convicted sex offender Jeffrey Epstein, had a deeper fund-raising relationship with Epstein than it has previously acknowledged, and it attempted to conceal the extent of its contacts with him. Dozens of pages of e-mails and other documents obtained by The New Yorker reveal that, although Epstein was listed as “disqualified” in M.I.T.’s official donor database, the Media Lab continued to accept gifts from him, consulted him about the use of the funds, and, by marking his contributions as anonymous, avoided disclosing their full extent, both publicly and within the university. Perhaps most notably, Epstein appeared to serve as an intermediary between the lab and other wealthy donors, soliciting millions of dollars in donations from individuals and organizations, including the technologist and philanthropist Bill Gates and the investor Leon Black. According to the records obtained by The New Yorker and accounts from current and former faculty and staff of the media lab, Epstein was credited with securing at least $7.5 million in donations for the lab, including two million dollars from Gates and $5.5 million from Black, gifts the e-mails describe as “directed” by Epstein or made at his behest. The effort to conceal the lab’s contact with Epstein was so widely known that some staff in the office of the lab’s director, Joi Ito, referred to Epstein as Voldemort or “he who must not be named.”

    In a statement last month, M.I.T.’s president, L. Rafael Reif, wrote, “with hindsight, we recognize with shame and distress that we allowed MIT to contribute to the elevation of his reputation, which in turn served to distract from his horrifying acts. No apology can undo that.” Reif pledged to donate the funds to a charity to help victims of sexual abuse

    Epstein’s apparent role in directing outside contributions was also elided. In October, 2014, the Media Lab received a two-million-dollar donation from Bill Gates; Ito wrote in an internal e-mail, “This is a $2M gift from Bill Gates directed by Jeffrey Epstein.” Cohen replied, “For gift recording purposes, we will not be mentioning Jeffrey’s name as the impetus for this gift.” A mandatory record of the gift filed within the university stated only that “Gates is making this gift at the recommendation of a friend of his who wishes to remain anonymous.” Knowledge of Epstein’s alleged role was usually kept within a tight circle. In response to the university filing, Cohen wrote to colleagues, “I did not realize that this would be sent to dozens of people,” adding that Epstein “is not named but questions could be asked” and that “I feel uncomfortable that this was distributed so widely.” He wrote that future filings related to Epstein should be submitted only “if there is a way to do it quietly.” An agent for Gates wrote to the leadership of the Media Lab, stating that Gates also wished to keep his name out of any public discussion of the donation.

    Epstein, who socialized with a range of high-profile and influential people, had for years been followed by claims that he sexually abused underage girls. Police investigated the reports several times. In 2008, after a Florida grand jury charged Epstein with soliciting prostitution, he received a controversial plea deal, which shielded him from federal prosecution and allowed him to serve less than thirteen months, and much of it on a “work release,” permitting him to spend much of his time out of jail. Alexander Acosta, the prosecutor responsible for that plea deal, went on to become President Trump’s Secretary of Labor, but resigned from that post in July, amid widespread criticism related to the Epstein case. That same month, Esptein was arrested in New York, on federal sex-trafficking charges. He died from suicide, in a jail cell in Manhattan, last month.

    In the summer of 2015, as the Media Lab determined how to spend the funds it had received with Epstein’s help, Cohen informed lab staff that Epstein would be coming for a visit. The financier would meet with faculty members, apparently to allow him to give input on projects and to entice him to contribute further. Swenson, the former development associate and alumni coördinator, recalled saying, referring to Epstein, “I don’t think he should be on campus.” She told me, “At that point it hit me: this pedophile is going to be in our office.” According to Swenson, Cohen agreed that Epstein was “unsavory” but said “we’re planning to do it anyway—this was Joi’s project.” Staffers entered the meeting into Ito’s calendar without including Epstein’s name. They also tried to keep his name out of e-mail communication. “There was definitely an explicit conversation about keeping it off the books, because Joi’s calendar is visible to everyone,” Swenson said. “It was just marked as a V.I.P. visit.”

    Zuckerman began providing counsel to other colleagues who also objected. He directed Swenson to seek representation from the legal nonprofit Whistleblower Aid, and she began the process of going public. “Jeffrey Epstein shows that—with enough money—a convicted sex offender can open doors at the highest level of philanthropy,” John Tye, Swenson’s attorney at Whistleblower Aid, told me. “Joi Ito and his development chief went out of their way to keep Epstein’s role under wraps. When institutions try to hide the truth, it often takes a brave whistle-blower to step forward. But it can be dangerous, and whistle-blowers need support.”

    Questions about when to accept money from wealthy figures accused of misconduct have always been fraught. Before his conviction, Epstein donated to numerous philanthropic, academic, and political institutions, which responded in a variety of ways to the claims of abuse. When news of the allegations first broke, in 2006, a Harvard spokesperson said that the university, which had received a 6.5-million-dollar donation from him three years earlier, would not be returning the money. Following Epstein’s second arrest, in 2019, the university reiterated its stance. Many institutions attempted to distance themselves from Epstein after 2006, but others, including the M.I.T. Media Lab, continued to accept his money. When such donations come to light, institutions face difficult decisions about how to respond. The funds have often already been spent, and the tax deductions already taken by donors. But the revelations about Epstein’s widespread sexual misconduct, most notably reported by Julie K. Brown in the Miami Herald, have made clear that Epstein used the status and prestige afforded him by his relationships with élite institutions to shield himself from accountability and continue his alleged

    #MIT #Philanthropie #Joi_Ito #Jeffrey_Epstein

  • Letter regarding Jeffrey Epstein and MIT | MIT News
    http://news.mit.edu/2019/letter-regarding-jeffrey-epstein-and-mit-0822

    Et bien, si toutes les institutions pratiquaient ainsi (notamment celles qui ont reçu des don de la famille sackler) on avancerait sur le pouvoir extraordinaire donné aux riches d’influencer la recherche et la culture.

    Last and most importantly, to Jeffrey Epstein’s victims, on behalf of the MIT administration, I offer a profound and humble apology. With hindsight, we recognize with shame and distress that we allowed MIT to contribute to the elevation of his reputation, which in turn served to distract from his horrifying acts. No apology can undo that. In response, we will commit an amount equal to the funds MIT received from any Epstein foundation to an appropriate charity that benefits his victims or other victims of sexual abuse.

    #Epstein #MIT #Philanthropie

  • Soixante ans après Malraux, vers la privatisation de la culture
    https://www.franceculture.fr/politique/soixante-ans-apres-malraux-vers-la-privatisation-de-la-culture


    Le ministère de la Culture, rue de Valois, à Paris.
    Crédits : Olivier Boitet - Maxppp

    La #loi_Aillagon de 2003 offre de tels avantages aux entreprises (60 % de déduction fiscale pour les dons, contreparties et allègements fiscaux pour les fondations) que le #mécénat s’est largement développé ; les fondations culturelles des grandes entreprises se sont multipliées. A tel point qu’un rapport de la Cour des comptes révélait en novembre 2018 que les dépenses publiques en la matière - dues à la défiscalisation du mécénat - coûte chaque année près d’un milliard d’euros à l’Etat. Mais sur 70 000 entreprises qui pratiquent le mécénat, une trentaine seulement (les plus grosses) bénéficie des trois quarts de ces allègements fiscaux. 

    Autre point gênant pour ce dispositif mécénat : le cas de la fondation LVMH qui appartient à Bernard Arnault, l’un des hommes les plus riches du monde, et dont la construction du musée a coûté 7 fois plus que prévu et a été supportée à 60% par de l’argent public. Pour lutter contre ce qu’il appelle un manque à gagner fiscal, le gouvernement prévoit donc de revoir les règles du mécénat et notamment la défiscalisation des dons qui passerait de 60 à 40%. La nouvelle loi est prévue à l’automne.

    Pourtant, de plus en plus d’affaires sortent qui mettent en doute le mécénat culturel et surtout ses contreparties. Dans le domaine de la culture, l’entreprise mécène fait un don d’intérêt général défiscalisé à 60% et peut prétendre à des contreparties à hauteur de 25% de son don. Ainsi, certains mécènes voient par exemple leur nom gravé en lettres d’or sur les murs de certains musées ou peuvent monter des expositions à la gloire de leur marque dans les locaux de ces musées. Surtout, avoir leur nom magnifié par une institution culturelle de renom est une manière très efficace de conquérir de nouveaux marchés ou de redorer son image.

    En 2010, la firme Perenco avait organisé au musée du Quai Branly une exposition sur le Guatemala alors qu’elle était mise en cause pour l’exploitation controversée du pétrole dans ce pays. Au Grand Palais en 2015, LVMH organisait une exposition publicitaire sur Vuitton juste à côté de celle sérieuse et scientifique sur Picasso. Le public n’y comprenait plus rien.

    En 2014, Bernard Hasquenoph avait révélé qu’un photographe amateur sud-coréen, nommé Ahaé, milliardaire poursuivi dans son pays pour corruption et notamment pour la mort de 300 adolescents dans un naufrage, aurait blanchi de l’argent via un mécénat de 2 millions et demi d’euros au Château de Versailles et de plus d’un million d’euros au Louvre. La contrepartie : des expositions de ses photos de piètre qualité dont les deux institutions, mondialement reconnues, faisaient largement la promotion. Le photographe a été retrouvé mort en 2014 et une instruction judiciaire est toujours en cours en France, la Corée du Sud demandant que les sommes versées aux institutions culturelles françaises soient récupérées.

    Le 1er juillet, le collectif PAIN a manifesté devant le Louvre où, comme à la Portrait Gallery de Londres ou au Musée Guggenheim de New York, il demande que le nom de Sackler soit retiré de l’institution culturelle. Sackler est le nom de la famille milliardaire responsable de la crise des opioïdes, qui chaque année tue 45 000 personnes par overdose aux Etats-Unis. Une crise sanitaire similaire arrive en France, or suite à une don de 10 millions de francs en 1996, le Louvre avait baptisé son aile d’antiquités orientale du nom de Sackler.

    Cela participe à un mouvement de la société civile qui n’accepte pas de voir la culture entachée par la #philanthropie_toxique. Récemment, aux États-Unis, huit artistes ont boycotté la Whitney Biennal d’art contemporain, retirant leurs œuvres pour protester contre un partenariat avec un vendeur d’armes. En France, le ministère de la Culture vient aussi de rembourser au groupe Lafarge, mis en examen dans le financement du terrorisme, le mécénat offert au musée de Cluny. De son côté, la mairie de Paris a refusé le partenariat de Total pour les JO de 2024. Chaque fois, c’est la peur de la mauvaise publicité (le fameux « #name_and_shame », nommer pour faire honte) qui a été la plus forte.

  • Louvre Removes Sackler Family Name From Its Walls - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/07/17/arts/design/sackler-family-louvre.html

    The Louvre in Paris has removed the name of the Sackler family from its walls, becoming the first major museum to erase its public association with the philanthropist family linked with the opioid crisis in the United States.

    The Louvre’s collection of Persian and Levantine artifacts is housed in a wing that has been known as the Sackler Wing of Oriental Antiquities since 1997.

    But on Wednesday, a plaque acknowledging the Sacklers’ donations had been removed from the gallery’s entrance, and references to “the Sackler Wing” on other signs in the museum had been covered with gray tape.

    Members of the Sackler family own Purdue Pharma, the maker of OxyContin, an enormously profitable and frequently abused painkiller that is the subject of numerous lawsuits in the United States.

    Les faux-culs !!!

    Nine other signs in the building that referenced the wing had been taped over. Ms. Aguirre said another large sign that acknowledged the Sackler donation had also been removed.References to “the Sackler Wing” have also been removed from the Louvre’s website.

    On Tuesday, Jean-Luc Martinez, the museum’s president, told RTL, a French radio station, that the Sackler name had been taken down because the Louvre’s policy on naming rights is that they last for 20 years.

    A spokeswoman for the Louvre did not respond to emails asking why, if naming rights only lasted 20 years, the name had not been painted over earlier.

    The Sackler family declined to comment through a spokesman from Edelman, the public relations firm that represents them in Britain.

    Ms. Goldin said she recognized that many museums could not follow the Louvre’s example without breaking their contracts, but she hoped they found a way. “I know that the museums, especially in America, have enormous trouble being funded and it’s so important museums stay open,” she said. “But museums are also about ethics and morality.”

    A spokeswoman for the Victoria and Albert Museum in London, which has a Sackler Courtyard, said in an emailed statement on Wednesday that the museum was “not considering the removal of any signage related to our past or present donors.”

    “We’re proud to have been supported by the Sacklers,” Tristram Hunt, the museum’s director, told the BBC on July 10.

    Tate did not intend to rename the Sackler escalator at Tate Modern, it said in an emailed statement on Wednesday.

    A spokeswoman for the Jewish Museum in Berlin said in a telephone interview on Wednesday that the Louvre’s move did not change an earlier statement about its Sackler staircase.

    “We will not be changing the name because we feel that renaming would be an inappropriate attempt to disguise what happened,” that statement, issued in March, said. “It would also contradict the fact that we acted in good faith.”

    #Opioides #Sackler #Louvre #Philanthropie

  • Opinion | When Your Money Is So Tainted Museums Don’t Want It - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/05/16/opinion/sunday/met-sackler.html

    “Gifts that are not in the public interest.” It is a pregnant, important phrase. Coming on the heels of similar decisions by the Tate Modern in London and the Solomon R. Guggenheim Museum in New York, the spurning of Oxy-cash seems to reflect a growing awareness that gifts to the arts and other good causes are not only a way for ultra-wealthy people to scrub their consciences and reputations. Philanthropy can also be central to purchasing the immunity needed to profiteer at the expense of the common welfare.

    Perhaps accepting tainted money in such cases isn’t just giving people a pass. Perhaps it is enabling misconduct against the public.

    This was the startling assertion made by New York State in its civil complaint, filed in March, against members of the Sackler family and others involved in the opioid crisis. It accused defendants of seeking to “profiteer from the plague they knew would be unleashed.” And the lawsuit explicitly linked Sackler do-gooding with Sackler harm-doing: “Ultimately, the Sacklers used their ill-gotten wealth to cover up their misconduct with a philanthropic campaign intending to whitewash their decades-long success in profiting at New Yorkers’ expense.”

    “No amount of charity in spending such fortunes can compensate in any way for the misconduct in acquiring them,” Theodore Roosevelt said after John D. Rockefeller proposed starting a foundation in 1909. It was not a lonely thought at the time.

    But in the decades since, not least because of the amount of philanthropic coin that has been spent (can it still be called bribing when millions are the recipients?), touching all corners of our cultural life, attitudes have changed. And, as I found in spending the last few years reporting on nonprofits and foundations, a deeply complicit silence took hold: It was understood that you don’t challenge people on how they make their money, how they pay their taxes (or don’t), what continuing deeds they may be engaged in — so long as they “give back.”

    #Opioides #Sackler #Musées #Philanthropie

  • Bill Gates, « l’homme le plus généreux du monde », ne l’est pas tant que cela
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110519/bill-gates-l-homme-le-plus-genereux-du-monde-ne-l-est-pas-tant-que-cela

    En étudiant « l’art de la fausse générosité » mise en œuvre par la fondation Gates, le journaliste Lionel Astruc dessine dans un livre d’enquête les contours d’un « philanthrocapitalisme » associant bonnes affaires et belles actions. Le concept résonne après les promesses en centaines de millions d’euros faites par les grandes fortunes françaises dans la foulée de l’incendie de Notre-Dame de Paris.

    #ESSAIS #Fondation_Gates,_Fondation_Bill_et_Melinda_Gates,_Bill_Gates,_Lionel_Astruc,_A_la_Une

  • Dans le #business de l’#humanitaire : doit-on tirer #profit des #réfugiés ?

    Depuis la crise économique de 2008 et la multiplication des conflits dans le monde, l’insuffisance des fonds alloués au secteur humanitaire n’a jamais été aussi importante. En effet seulement 59 % des besoins en la matière ont été financés en 2018.

    Pour l’une des crises humanitaires les plus médiatisées, celle des réfugiés, les chiffres sont plus alarmants encore. Le Haut-commissariat pour les Réfugiés (HCR) estime que pour l’année 2019 tout juste 14 % de l’aide nécessaire a été financée pour venir en aide aux 68,5 millions de réfugiés, demandeurs d’asile, personnes déplacées et apatrides.
    L’échec du système d’asile

    Bien que garanti par le droit international l’accueil de ces populations vulnérables reste globalement infime. En moyenne, seulement 1 % des réfugiés sont référés par le HCR pour être réinstallés dans des pays d’accueil chaque année. Le cantonnement en camps ou les installations plus ou moins précaires dans les pays limitrophes des zones de conflits deviennent les seules alternatives pour la grande majorité des réfugiés, pour qui la durée moyenne d’exil est d’environ 26 ans.

    Victimes des politiques d’asile de plus en plus restrictives des pays occidentaux plus de 85 % vivent dans des pays « en développement », dont les services élémentaires sont déjà sous pression.

    Le privé à la rescousse

    Pour pallier ces tensions, les capacités financières et innovatrices du secteur privé semblent aujourd’hui s’imposer comme une solution. Le HCR reconnaît en effet que le monde commercial joue un rôle central pour fournir des opportunités aux réfugiés et les soutenir.

    Le Pacte mondial sur les réfugiés adopté par 181 membres de l’ONU en décembre 2018 a lui aussi souligné le rôle primordial du secteur privé pour contrer les failles du système humanitaire.

    Que ce soit en termes d’emploi, d’opportunités commerciales ou de fourniture de biens et de services essentiels par l’intermédiaire de partenariats public-privé, ou encore en aidant les agences non gouvernementales ou gouvernementales à innover pour améliorer la qualité et la provision de l’aide, le monde du business semble désormais indissociable du monde humanitaire.

    Mais normaliser la condition du réfugié dans la logique économique de marché, n’est pas un artifice idéologique servant de plus en plus les intérêts corporatifs ? Et ces derniers ne passeront-ils pas avant ceux des réfugiés dans ce business désormais très rentable – fort de ses 20 milliards de dollars par an- qu’est devenu l’humanitaire ?
    De nombreuses plates-formes impliquées

    Le secteur commercial est impliqué à de nombreux niveaux du système d’asile. Par exemple, via des forums consultatifs comme la branche UNHCR Innovation du HCR créée en 2012 et financée par la fondation IKEA. Ce forum cherche à développer des moyens créatifs d’engager les entreprises et leurs ressources technologiques.

    D’autres plates-formes comme l’initiative #Connecting_Business ou encore #The_Solutions_Alliance tendent à impliquer le secteur privé dans les solutions en déplacement et en mesurer l’impact.

    Ou encore des organismes comme #Talent_beyond_boundaries ou la plate-forme française #Action_emploi_réfugiés élaborent des #bases_de_données regroupant des réfugiés et leurs #compétences techniques et académiques afin de les connecter à des employeurs potentiels dans les pays les autorisant à travailler.

    Afin de coordonner et de conseiller les actions et réponses du monde du profit, d’autres acteurs comme les consultants #Philanthropy_Advisors ont vu le jour pour promouvoir le développement de la collaboration philanthropique stratégique entre les #entreprises et le monde humanitaire, et les aider à projeter leur retour sur #investissement.

    Les marchés prospèrent

    Ainsi les partenariats public-privé avec le HCR et les ONG se multiplient, tant pour les prestations de service que l’expertise du secteur privé dans l’innovation.

    De gigantesques salons commerciaux réunissent régulièrement les grandes agences onusiennes, des ONG et des sociétés privées de toute taille afin d’essayer de prendre les marchés de l’humanitaire. Au salon DIHAD de Dubai par exemple, des stands de vendeurs de drones, de lampes photovoltaïques ou encore de kits alimentaires côtoient ceux des sociétés de services financiers comme MasterCard Worldwide ou des grands cabinets d’audit et de réduction des coûts en entreprise, comme Accenture et Deloitte.

    Cette concurrence grandissante des marchés de l’humanitaire semble suggérer que le système d’asile s’inscrit lui aussi progressivement dans un modèle néolibéral, appliquant la logique économique de marché jusque dans la sphère humanitaire.
    Abus et philanthropie des bailleurs de fonds

    Ce monde humanitaire qui pratique une logique propre à celle du monde des affaires soulève de multiples questions éthiques et pragmatiques.

    Au niveau philanthropique par exemple, les partenaires majeurs du HCR incluent des multinationales comme #Nike, #Merck, #BP, #Nestlé, #IKEA ou encore #Microsoft.

    Or, bien que l’apport financier de ces corporations soit essentiel pour contrer le manque de fonds du système d’asile, la crédibilité et la légitimité de certains partenaires a été contestée.

    Pour cause, les exploitations et abus déjà recensés à l’encontre de ces corporations. Nestlé a récemment été accusé d’esclavagisme en Thaïlande ; Nike et BP ont eux aussi été régulièrement critiqués pour leur modèle économique peu regardant des droits du travail ; ou encore Microsoft, récemment accusé d’exploitation d’enfants dans les mines de cobalt en République Démocratique du Congo. L’entreprise IKEA, bailleur majeur du HCR à quant à elle été inculpée dans un scandale d’évasion fiscale, accusée d’échapper ainsi aux taxes dans les états qui entre autres, financent le HCR.
    Des employeurs douteux

    En tant qu’employeur, le secteur privé embauche et rémunère des réfugiés dans des contextes légaux comme clandestins.

    Par exemple, 20 % de la main d’œuvre de la compagnie #Chobani, spécialiste du yaourt à la grecque implantée aux États-Unis est réfugiée. Son PDG estime que dans le monde actuel le secteur privé est l ‘agent de changement le plus efficace et a ainsi créé la fondation #Partenariat_Tent, afin de sensibiliser le monde commercial à l’importance du secteur privé dans la cause réfugiée.

    Par l’intermédiaire de cette plate-forme, plus de 20 entreprises dont #Microsoft, #Ikea, #H&M et #Hilton ont annoncé des initiatives d’#emploi destinées à contrer la crise des déplacements.

    Cependant, puisque souvent sans droit de travail dans les pays d’accueil de la majorité des réfugiés, ceux-ci sont souvent prêts à accepter n’importe quelle opportunité, et s’exposent à toute sorte de mécanisme d’exploitation, des multinationales aux petites entreprises, légalement ou dans l’économie informelle.

    Des enfants réfugiés Rohingya au Bangladesh aux Syriens en Turquie, Irak, Jordanie ou au Liban exploités dans diverses industries, les exemples d’abus par des entreprises de toutes tailles sont souvent recensés et vaguement relayés dans la presse. Parfois, les entreprises inculpées ne sont autres que des géants comme #Zara, #Mango, #Marks_and_Spencer, qui ne sont pas légalement réprimandés car il n’existe ni mécanisme de coercition ni cadre de sanction pour les multinationales.

    L’ambiguïté des sous-traitants

    Par ailleurs, les gouvernements, le #HCR et les #ONG sous-traitent progressivement l’assistance et la protection des réfugiés à divers partenaires commerciaux afin d’améliorer les conditions de vie dans des secteurs aussi divers que la finance, la provision de service, le conseil, la construction, la santé, la technologie ou encore l’éducation.

    Si de tels projets sont souvent très positifs, d’autres se font complices ou tirent profit de politiques publiques allant à l’encontre de la protection des droits humains. La multinationale espagnole #Ferrovial, un entrepreneur indépendant contracté par l’état australien pour gérer son système carcéral des demandeurs d’asile offshore, a été accusée de mauvais traitements chroniques envers les réfugiés dans des centres de détention extraterritoriaux administrés par l’Australie. Cette dernière est elle-même accusée de crimes contre l’humanité pour son traitement des demandeurs d’asile arrivés par bateau.

    Amnesty International a aussi dénoncé des actes de torture par la compagnie Australienne #Wilson_Security, sous-traitant de la filiale australienne de Ferrovial, #Broadspectrum.

    La compagnie britannique de sécurité #G4S a elle aussi fait l’objet d’une multitude d’allégations concernant des violences physiques perpétrées par ses employés dans des camps contre des réfugiés, par exemple à Daddab au Kenya, et sans conséquence pour G4S.

    Des compagnies comme #European_Homecare ou #ORS spécialisées dans la provision de service aux migrants et réfugiés ont été accusées de #maltraitance dans les milieux carcéraux envers les gardes et les réfugiés.

    Ainsi, selon un rapport de L’Internationale des services publics, la privatisation des services aux réfugiés et aux demandeurs d’asile a un impact direct sur leur qualité et aboutit à des services inappropriés, caractérisés par un manque d’empathie, et ne respectant souvent pas les droits humains.

    Le business de la catastrophe

    Par soucis d’efficacité, en privatisant de plus en plus leurs services et en laissant le monde du profit infiltrer celui de l’humanitaire, le HCR et les ONG prennent le risque de créer des conditions d’exploitation échappant aux mécanismes légaux de responsabilité.

    Aux vues de nombreuses questions éthiques, le monde commercial peut-il réellement contrer les failles étatiques et organisationnelles du monde humanitaire ? L’intégration du secteur privé dans le système de protection et d’assistance aux réfugiés, est-ce aussi en soi justifier le désengagement des États de leurs obligations en matière de protection des personnes les plus vulnérables ?

    Comment ainsi éviter que cette source d’opportunité commerciale pour les entreprises, et les opportunités d’émancipation que cela engendre pour les réfugiés, n’entraîne leur marchandisation et exploitation, dans un contexte où les cadres juridiques en matière de business et droits humains ne sont visiblement pas assez strictes ?

    https://theconversation.com/dans-le-business-de-lhumanitaire-doit-on-tirer-profit-des-refugies-
    #privatisation #partenariats_public-privé #PPP #asile #migrations #philanthropie #travail #salons_commerciaux #salons #DIHAD #néolibéralisme #sous-traitance

  • 10% Le “geste” de François Pinault ou le rêve fiscal des grands bourgeois Frustration - 16 Avril 2019
    https://www.frustrationlarevue.fr/le-geste-de-francois-pinault-ou-le-reve-fiscal-des-grands-bourgeo

    Le milliardaire français n’a pas attendu que les braises soient refroidies pour faire son annonce https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/breton-francois-pinault-va-donner-100-millions-notre-da . Sur le cadavre encore chaud de Notre-Dame-de-Paris, il a annoncé le déblocage de 100 millions d’euros pour contribuer aux réparations, et le tout a été repris en boucle par l’ensemble de nos journalistes, dont on sait que le sens de l’éthique et du recul est suspendu dès qu’un truc brûle quelque part. Tels des invités affamés piaffant d’impatience devant le barbecue, toute la meute de récupérateurs a pu ainsi bénéficier de l’exposition médiatique usuelle.

    Comme c’est la concorde nationale (chose que nombres de journalistes interprètent comme “on peut relayer tout et n’importe quoi”), il n’y a eu personne pour nous dire que 100 millions de la fortune de François Pinault s’élevant à 34 milliards d’euros http://www.leparisien.fr/economie/le-groupe-kering-de-francois-henri-pinault-aurait-soustrait-2-5-milliards , c’est un geste similaire à celui d’un Français touchant le salaire médian qui donnerait un peu moins de 10€ de son salaire mensuel. Ce que beaucoup feront certainement, tant l’attachement à ce monument historique est important, et il est fort à parier que tous n’auront pas le droit à leur petite couverture médiatique. “Pierrette Dupuis a fait un don de 40€ alors qu’elle touche moins de 1000€ de pension de retraite, un geste bien supérieur à celui de François Pinault !” titrera BFM TV ? Non évidement.

    Pas plus que les articles dithyrambiques sur les largesses du brave homme n’ont mentionné le fait qu’aux dernières estimations ce monsieur et sa famille avaient soustrait 2.4 milliards d’euros http://www.leparisien.fr/economie/le-groupe-kering-de-francois-henri-pinault-aurait-soustrait-2-5-milliards au fisc. Des milliards qui auraient pu contribuer aux salaires des pompiers héroïques de cette nuit ou… à l’entretien ou aux normes de sécurité du monument. Autant dire que le vrai titre aurait du être “le breton François Pinault doit plusieurs milliards à Notre-Dame-de-Paris : la tradition de la fraude fiscale”.

    C’est un fait avéré, Pinault et ses semblables ne veulent pas payer d’impôts : c’est moche, c’est sale, ça pue le hall d’accueil d’un centre des finances publiques éclairé au néon. ça c’est bon pour le peuple, dont tout le monde s’accorde à dire qu’en son sein, “tout le monde devrait payer l’impôt sur le revenu” histoire de bien montrer son adhésion à la République (la TVA et les impôts locaux ne suffisant apparemment pas). Les riches c’est différent, ils veulent bien donner de l’argent, mais ils aiment choisir à quoi ils contribuent. A contribution prestigieuse, destination de prestige : chaque société du CAC 40 et PDG français rivalise d’audace pour ouvrir musées, fondations, couvrir les rénovations du château de Versailles, maintenant de Notre-Dame… Payer le salaire de n’importe quel pompier anonyme ne les intéresse guère.

    Non seulement ils veulent pouvoir choisir, mais en plus ils veulent pouvoir communiquer sur leur noble choix. Quelle tristesse de recevoir son avis d’imposition tout gris et moche, même pas instagramable, alors qu’on peut se faire prendre en photo devant un palais en travaux, des enfants africains tout sourire ou Notre-Dame-de-Paris en pleine reconstruction ? Pour gérer l’aspect publicitaire de l’affaire, ils peuvent compter sur des médias qui, même lorsqu’ils ne les ont pas rachetés (après tout c’est bien de France 3 que nous tirons ce visuel), se gardent toujours de mentionner les réductions fiscales dont bénéficie tel ou tel “généreux donateur” pour sa contribution : pourtant, dès ce matin, Jean-Jacques Aillagon, présenté sobrement comme “ancien ministre de la culture” mais en fait conseiller depuis 2011 de François Pinault (c’est la concorde nationale, nos journalistes ne veulent pas nous embarrasser de détails), déclarait sur Twitter : https://twitter.com/aillagon/status/1117854441590251521 “J’invite le parlement à voter en urgence une disposition spéciale ouvrant une réduction d’impôt de 90% sur les dons qui seront faits en faveur du grand chantier de restauration de Notre-Dame”. Pas fous les mecs ! Vous savez ce que ça représente 100 millions quand on possède un jet privé, une île et des tas de résidences secondaires ?! J’aimerais bien vous y voir Pierrette !

    On se gardera bien de nous donner des éléments sur la réalité des chiffres à plein de zéro qu’ils affichent. C’est sûr de 100 millions ça impressionne, ce n’est pas Pierrette qui pourrait sortir une telle somme, mais les 40 balles de Pierrette ou les 10 balles de Paul représentent un sacrifice bien plus grand que les millions de François. Et en plus, en plus, ni Pierrette ni Paul n’ont accumulé leur petit pécule mensuel (leur salaire ou leur pension quoi), sur le dos de leurs concitoyens. Contrairement à François Pinault qui, comme tout capitaliste – c’est triste mais c’est ainsi – s’est enrichi sur la part de travail qu’il ne rémunère pas pour rémunérer ses dividendes, et sur les milliards dus au fisc et non acquittés.

    Le petit plan com’ de Pinault, ce n’est que la concrétisation du rêve fiscal de tout grand bourgeois : ne plus payer d’impôt (par la fraude ou la fin de l’ISF, merci Macron), redonner beaucoup moins en dons pour des causes qu’il choisit (le pompier, l’infirmière ou la prof attendront) et récolter au passage toute une gloire qu’il ne mérite pas.

    #fiscalité #fraude_fiscale #impôts #gloire #foutage_de_gueule

  • Tate Galleries Will Refuse Sackler Money Because of Opioid Links - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/03/21/arts/design/tate-modern-sackler-britain-opioid-art.html

    “The Sackler family has given generously to Tate in the past, as they have to a large number of U.K. arts institutions,” a Tate statement said.

    "We do not intend to remove references to this historic philanthropy. However, in the present circumstances we do not think it right to seek or accept further donations from the Sacklers.”

    Si je comprends bien, cela veut dire qu’ils ne retireront pas le nom des Sackler des lieux déjà sponsorisés... futilités.

    Tate’s statement came two days after Britain’s National Portrait Gallery said it would not accept a long-discussed $1.3 million donation from the London-based Sackler Trust, one of the family’s charitable foundations. It said the decision was taken jointly by the gallery and Trust.

    But the Thursday announcement, affecting Tate Modern and Tate Britain in London, as well as Tate Liverpool and Tate St. Ives in Cornwall, could have a bigger impact in the art world. All these galleries are major tourist attractions as well as home to large, high-profile exhibitions.

    In an email, a spokesman for the Mortimer and Raymond Sackler family said, “We deeply sympathise with all the communities, families and individuals affected by the addiction crisis in America. The allegations made against family members in relation to this are strongly denied and will be vigorously defended in court.” He did not comment on Tate’s decision.

    Ne parlons pas du Valium, qui fut la première cause des richesse de la famille Sackler. Surtout pas. Une drogue à la fois, isn’t it ? Quinze ans plus tôt.

    “The Sackler family has been connected with the Met for more than a half century,” Mr. Weiss’s statement said. “The family is a large extended group and their support of The Met began decades before the opioid crisis.”

    #Opioides #Sackler #Philanthropie #Musées

  • Museums Cut Ties With Sacklers as Outrage Over Opioid Crisis Grows - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/03/25/arts/design/sackler-museums-donations-oxycontin.html

    In Paris, at the Louvre, lovers of Persian art knew there was only one place to go: the Sackler Wing of Oriental Antiquities. Want to find the long line for the Temple of Dendur at the Metropolitan Museum of Art? Head for the soaring, glass-walled Sackler Wing.

    For decades, the Sackler family has generously supported museums worldwide, not to mention numerous medical and educational institutions including Columbia University, where there is a Sackler Institute, and Oxford, where there is a Sackler Library.

    But now some favorite Sackler charities are reconsidering whether they want the money at all, and several have already rejected any future gifts, concluding that some family members’ ties to the opioid crisis outweighed the benefits of their six- and sometimes seven-figure checks.

    In a remarkable rebuke to one of the world’s most prominent philanthropic dynasties, the prestigious Tate museums in London and the Solomon R. Guggenheim in New York, where a Sackler sat on the board for many years, decided in the last week that they would no longer accept gifts from their longtime Sackler benefactors. Britain’s National Portrait Gallery announced it had jointly decided with the Sackler Trust to cancel a planned $1.3 million donation, and an article in The Art Newspaper disclosed that a museum in South London had returned a family donation last year.

    On Monday, as the embarrassment grew with every new announcement, a Sackler trust and a family foundation in Britain issued statements saying they would suspend further philanthropy for the moment.

    “The current press attention that these legal cases in the United States is generating has created immense pressure on the scientific, medical, educational and arts institutions here in the U.K., large and small, that I am so proud to support,” Theresa Sackler, the chair of the Sackler Trust, said in a statement. “This attention is distracting them from the important work that they do.”

    The Guggenheim’s move was perhaps the most surprising, and not just because it was the first American institution known to cut ties with its Sackler supporters.

    Mortimer D.A. Sackler, a son of Mortimer Sackler, sat on the Guggenheim’s board for nearly 20 years and the family gave the museum $9 million between 1995 and 2015, including $7 million to establish and support the Sackler Center for Arts Education.

    The Guggenheim and the Metropolitan Museum had been the scene of protests related to the Sacklers. One last month, led by the photographer Nan Goldin, who overcame an OxyContin addiction, involved dropping thousands of slips of white paper from the iconic gallery spiral into its rotunda, a reference to a court document that quoted Richard Sackler, who ran Purdue Pharma, heralding a “blizzard of prescriptions that will bury the competition.”

    Last Thursday, the Guggenheim, like other American museums, stated simply that “no contributions from the Sackler family have been received since 2015 and no additional gifts are planned.”

    But a day later, amid more articles about British museums rejecting Sackler money, the Guggenheim amended its statement: “The Guggenheim does not plan to accept any gifts.”

    #Opioides #Sackler #Philanthropie #Musées

  • Lionel Astruc : « À travers sa fondation, Bill Gates contourne l’État et s’achète du pouvoir »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-16-mars-2019

    Le journaliste a enquêté sur la fondation du patron de Microsoft et de sa femme. La fondation Bill et Melinda Gates, dont l’intention affichée est de lutter contres les inégalités, investirait dans des activités "peu éthiques" et "nourrirait les fléaux contre lesquels elle prétend lutter". Écoutez cette interview... #ogm et produits phyto de #monsanto, investissement dans le pétrole, la malbouffe,... — Permalink

    #capitalisme

  • Google Approved $45 Million Exit Package for Executive Accused of Misconduct - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/03/11/technology/google-misconduct-exit-package.html

    SAN FRANCISCO — Alphabet’s board of directors agreed to pay a former top Google executive as much as $45 million when he resigned from the company in 2016 after being accused of groping a subordinate.

    The previously undisclosed sum was in the separation agreement for Amit Singhal, a senior vice president who ran Google’s search operations until February 2016. The amount was revealed on Monday in a shareholder lawsuit accusing the board of directors of Alphabet, the parent of Google, of shirking their responsibilities by agreeing to pay executives accused of misconduct instead of firing them for cause.

    The suit was part of the fallout over how Google has handled sexual harassment cases. The New York Times reported in October that Google had handsomely paid several high-ranking executives in separation agreements after they were credibly accused of sexual harassment, even though the men could have been fired for cause. In one case, Google handed a $90 million exit package to Andy Rubin, who used to head its Android division, after he was accused of sexual misconduct.

    Bon, non seulement ces gens touchent un pactole qui doit faire rêver les membres de la Ligue du LOL, mais au détour de l’article il y a cette phrase :

    Mr. Singhal left Google after an employee said he had groped her at an off-site event. Google investigated the allegation and found that Mr. Singhal had been inebriated. The company also concluded that the employee’s account was credible. At the time, Mr. Singhal said he wanted to spend more time with his family and focus on his philanthropy.

    Elle a bon dos la philanthropie !!!
    Tiens, ça me rappelle les Sackler (voir ma postface sur le rôle de la philanthropie dans « Addiction sur ordonnance : la crise des opioides ».

    #Philanthropie #Abus_sexuels #Google #Foutaises