• Michel Foucault à la télévision française en 1966

    Après "Les mots et les choses", Foucault allait publier "L’archéologie
    du savoir" (1969) et surtout introduire le concept de biopolitique /
    biopouvoir dans "Naissance de la biopolitique" (1976).

    Voir aussi l’essai de Jean-Marc Mandosio « Longévité d’une imposture : Michel Foucault », paru aux éditions de l’Encyclopédie des nuisances, excellentissime entreprise éditoriale.,

    Le compte-rendu de l’ouvrage de Mandosio, latiniste à l’EPHE :

    https://anniceris.blogspot.com/2009/07/longevite-dune-imposture-michel.html

    Il y a là quelques unes des raisons de la "réception" mitigée de
    Foucault, non pas par ceux qui ne l’ont pas lu et pensent qu’il est
    forcément du même côté que nous, mais par les situs et post-situs.

    https://player.ina.fr/player/embed/I05059752/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/1

    • J’ai commencé à voire apparaitre des critiques par rapport aux pétitions de #matzneff et hier j’ai pu voire qu’il etait critiqué dans les echanges autour de « le phallus et le néant » de Sophie Robert. Merci pour la doc.
      En fait ca me fait pensé à Lacan, gouroutisme, nombrilisme misogyne, et langage abscon. Ca explique pourquoi j’ai jamais tenu plus de 10 mins à écouté Foucault mais du coup je suis pas très avancé sur ce qui fait que sa pensée est défaillante. Ou peut être la manière de dire tout et son contraire avec des mots vides et jamais définit comme « épistémé »
      Si je vais voire la définition sur wikipédia c’est vraiment obscure et la personne qui a ecrit la définition à pas l’air de savoir non plus qu’est ce que c’est l’épistémè

      Michel Foucault, dans Les Mots et les Choses, voit dans l’épistémè une notion de philosophie, d’histoire et de sociologie où alors que l’épistémologie renverrait à une généalogie du savoir, en tant qu’étude des sciences (objectifs, organisations et méthodes des objectifs, principes fondamentaux, ses enseignements, relations entre elles, etc.), l’épistémè reviendrait à contextualiser le savoir et à décrire ce qu’il est à une époque donnée.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pist%C3%A9m%C3%A8

    • Dans la vidéo, Foucault enterre l’humanisme avec Sartre « philosophe du XIXem siècle » et sa « philosophie de l’aliénation » pour faire valoir le structuralisme « … ce qu’il y a de proprement vécu chez l’homme n’est qu’une sorte de scintillement de surface au dessus de grands systèmes formels … sur lesquels flottent de temps en temps l’écume et les nuages de l’existence propre ».
      « l’homme est en train de disparaitre »
      "Ce serait déjà bien beau si la pensée pouvait découvrir ce qu’il y d’inconscient dans l’épaisseur même de ce que nous pensons"
      #conte_social
      #philosophie
      #lacan
      #inconscient

      J’analyse cette vidéo en sachant que Foucault, considéré comme un demi-dieu à la fin des années 70, a œuvré devant la commission parlementaire en 1978 pour la correctionnalisation des viols (auparavant passibles des assises) et l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle http://foucault1978.blogspot.com/2007/07/pudeur.html
      Il avait également signé plusieurs publications et pétitions en ce sens, dont celle de Matzneff.

      Je vois donc dans son discours philosophique la justification perverse de la libération de la morale en utilisant la psychanalyse et l’inconscient comme nouveaux paradigmes au-dessus des lois, et par là même, la déresponsabilisation des actes humains barbares comme le viol des enfants.

      Il a d’ailleurs travaillé à une histoire de la sexualité dont les femmes sont inexistantes et qui fait donc la part belle aux prédateurs sexuels.

      https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Histoires/Les-aveux-de-la-chair

      « Centré sur la façon dont saint Augustin et les Pères de l’Église concevaient le désir, Les aveux de la chair paraît enfin. »
      Élisabeth Roudinesco, Le Monde des Livres

      je rappelle que Saint Augustin avec Flaubert le violeur d’enfants, sont les grands maitres à penser de l’infâme et puant Pierre Bergé, qui a tenu en main les bourses du pouvoir depuis l’avènement de Mitterrand jusqu’à Macron.

      Extrait de l’avertissement/préface
      En 1976, Michel Foucault fait paraître — sous le titre La volonté de savoir — le premier tome d’une Histoire de la sexualité dont la quatrième de couverture annonce une suite prochaine en cinq volumes, respectivement intitulés :
      2. La chair et le corps ;
      3. La croisade des enfants ;
      4. La femme, la mère et l’hystérique ;
      5. Les pervers :
      6. Population et races

    • Je découvre une nouvelle pourriture chez les héritiers de Foucault, François Ewald est donc à ajouter à Dominique Lecourt.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Lecourt
      Dominique Lecourt signataire de la lettre ouverte pour la révision du code pénal, représentant légal de Althusser qu’il a aidé après le meurtre de sa femme, également proche de Denis Kessler et du cercle Le Siècle

      https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Ewald
      Ancien assistant de Michel Foucault au Collège de France

      Autrefois maoïste, il fut conseiller du MEDEF à l’époque d’Ernest-Antoine Seillière.

      Cf même article

      Foucault l’a toujours dit et répété : les textes, et surtout les siens, ne sont que des boîtes à outils. Libre à ceux qui en disposent d’en faire l’usage qu’ils ont besoin - l’héritage foucaldien pouvant ainsi être revendiqué tant dans les rangs des altermondialistes (voir Julien Coupat) que dans ceux du Medef (voir François Ewald).

  • COVID-19 : UNA MAPPA DI LETTURE / UM MAPA DE LEITURAS / PRESS REVIEW / REVUE DE PRESSE

    In un momento in cui le nostre vite, e anche le nostre capacità di comprensione, sono scosse dalla rapidità con cui gli avvenimenti si rincorrono, offriamo ai nostri lettori una mappa di letture da cui partire, per pensare il nostro immediato passato, il nostro vorace presente, e soprattutto, come sempre proviamo a fare, il futuro a partire dal presente. In ordine cronologico tra Diritto, Medicina, Economia, (Geo)Politica e Filosofia (della scienza, della storia, della vita e della morte)

    http://www.thomasproject.net/2020/03/14/coronavirus-map

    #revue_de_presse #liste #coronavirus #covid-19

    Une liste de #lecture qui porte sur la #médecine, le #droit, l’#économie, la #géopolitique, la #philosophie.
    Liste commencée en janvier 2020, en plusieurs langues... et qui est alimentée tous les jours avec de nouvelles références !

    Pour tout lire, il faut au moins 40 vies !

    ping @simplicissimus

  • Günther Anders
    Entretien avec Fritz J. Raddatz (1985)

    https://lavoiedujaguar.net/Gunther-Anders-Entretien-avec-Fritz-J-Raddatz-1985

    F.J. Raddatz : Je vois dans l’ensemble de votre travail une contradiction très complexe ; cette contradiction se présente à moi en trois éléments, à vrai dire difficilement conciliables. D’une part vous dites : « Quoi que nous fassions, c’est toujours plus ou moins en vain. » D’autre part l’ensemble de vos travaux ne fait que présenter le contraire, qui est de lutter contre ce « en vain », changer tout de même quelque chose, créer une conscience, au moins combattre l’analphabétisme mental, moral aussi. Mais, j’en viens au troisième point, vous dites quelque part que l’être humain est, c’est votre expression, « contingent ». Comment prétendez-vous relier ces trois éléments très contradictoires ?

    G. Anders : Non, je ne dirais pas qu’il y a là des contradictions ; ce sont tout au plus des contradictions apparentes. S’il m’arrive très souvent d’affirmer, de façon exagérée, que rien ne sert à rien, c’est en fait pour des raisons tactiques, à savoir pour m’opposer à ces hommes politiques et à ces journalistes du happy end, qui ne craignent pas de faire dans l’optimisme. Le mot « espérance », à travers Ernst Bloch, a malheureusement pris un caractère de solennité — pour tout le monde, même pour le plus réactionnaire des hommes politiques. Naturellement, de cet épais volume du Principe Espérance, ils n’ont lu que le titre. Au demeurant, l’espérance n’est absolument pas un principe, mais une émotion justifiée. Si je suis — pour utiliser cette expression triviale — très « pessimiste », c’est pour lutter contre cet optimisme rayonnant, que l’on rencontre même chez ceux qui sont au courant de la situation nucléaire. Au fond, ce que je prêche — mais je sais que par là j’en demande beaucoup à la moyenne des gens, peut-être beaucoup trop — c’est, dans la pratique, de faire des efforts comme s’ils ne savaient pas combien nos chances sont minimes. (...)

    #Anders #philosophie #espérance #Ernst_Bloch #culpabilité #morale #Husserl #Heidegger #Adorno #Horkheimer #Walter_Benjamin #Marcuse #Brecht #Marx #décalage #machine #engagement #Auschwitz #Hiroshima #Beckett

  • L’adolescence du #droit international
    http://www.laviedesidees.fr/Valery-Pratt-Nuremberg-droits-homme-cosmopolitisme.html

    À propos de : Valéry Pratt, Nuremberg, les #droits_de_l'homme, le cosmopolitisme - Pour une #Philosophie du droit international, éditions Le bord de l’eau. Le droit international est aujourd’hui en pleine mutation et V. Pratt espère qu’il devienne très vite un droit cosmopolitique, qui dépasserait le principe de souveraineté des États pour protéger les individus. Mais cette évolution est-elle réellement souhaitable ?

    #guerre #Etat
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200311_pratt.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200311_pratt.docx

  • #Dette_publique : #austérité avec #intérêts - #DATAGUEULE 96 - DataGueule
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/a57b0b52-3bda-49b2-ae5c-365f0dc600c1


    /static/previews/a57b0b52-3bda-49b2-ae5c-365f0dc600c1.jpg

    #Transition_écologique, lutte contre la #pauvreté, réforme des #retraites : il est une data qui permet de justifier toutes les inactions et les rigueurs... Mais c’est le chiffre de la dette publique, bien sûr ! Et parce que nous vivons soit disant au dessus de nos moyens, il nous faudrait nous soumettre aux créanciers et au chantage à l’austérité. Bien sûr. Pourtant, à bien y regarder c’est moins les dépenses publiques que les cadeaux fiscaux qui creusent notre dû. Alors, au fait, à qui profite la dette ?

    #traité_de_Maastricht #carmen_reinhart #kenneth_rogoff #isf #impôt #trésor_public #banque_centrale #Grèce #sécurité_sociale #fiscalité #pression_fiscale #propriété_privée #philosophie #expropriation #révolution_française #défaut_sur_la_dette #audit_de_la_dette #lutte_des_classes #flat_tax #dépenses_fiscales #niches_fiscales #inflation #responsabilité_politique

    Invité : Arthur Jatteau, MCF en économie et sociologie à l’université de Lille, membre des #économistes_atterrés

  • The #Climate-Migration-Industrial_Complex

    Thirty years ago there were fifteen border walls around the world. Now there are seventy walls and over one billion national and international migrants. International migrants alone may even double in the next forty years due to global warming. It is not surprising that over the past two decades, we have also seen the rise of an increasingly powerful global climate-security market designed to profit from (and help sustain) these crises. The construction of walls and fences to block rising sea levels and incoming people has become one of the world’s fastest growing industries, alongside the detention and deportation of migrants, and is projected to reach $742 billion by 2023. I believe we are witnessing the emergence of what we might call a “climate-migration-industrial complex.”

    This complex is composed of private companies who profit by securitizing nation-states from the effects of climate-related events, including migration. This includes private detention centers, border construction companies, surveillance technology consultants and developers, deportation and transportation contractors, and a growing army of other subcontractors profiting from insecurity more broadly. Every feature of this crisis complex is an opportunity for profit. For example, even when security measures “fail” and migrants cross borders illegally, or remain beyond their visas to live without status as “criminals,” there is an entire wing of private companies paid to hunt them down, detain them, and deport them just across the border, where they can return and begin the market cycle all over again. Each step in the “crimmigration” process now has its own cottage industry and dedicated army of lobbyists to perpetuate the laws that support it.

    Here is the incredible double paradox that forms the backbone of the climate-migration-industrial complex: right-wing nationalists and their politicians claim they want to deport all undocumented migrants, but if they did, they would destroy their own economy. Capitalists, on the other hand, want to grow the economy with migrant labor (any honest economist will tell you that immigration almost always leads to growth in GDP), but if that labor is too expensive, then it’s not nearly as profitable.

    Trump is the Janus-faced embodiment of this anti-immigrant, pro-economy dilemma and the solution to it — not that he necessarily knows it. With one hand, migrant labor is strategically criminalized and devalorized by a xenophobic state, and with the other, it is securitized and hyper-exploited by the economy. It is a win-win situation for right-wing capitalists but a crucial element is still missing: what will continue to compel migrants to leave their homes and work as exploited criminals in an increasingly xenophobic country?

    This is where the figure of the climate migrant comes in. What we call “climate migrants” or “climate refugees” are not the victims of merely “natural disasters,” because climate change is not a strictly natural process — it is also highly political. The causes of climate-related migration are disproportionately produced by rich Western countries and the effects are disproportionately suffered by poorer countries. The circumstances that determine who is forced to migrate are also influenced by the history of colonialism, global inequality, and the same conditions that have propelled economic migration for decades. In short, the fact that climate change benefits the perpetrators of climate destruction by producing an increasing supply of desperate, criminalized, physically and economically displaced laborers is no coincidence. In fact, it is the key to the Trump “solution.”

    Another key is the use of climate change to acquire new land. When people are forced to migrate out of a territory, or when frozen territories thaw, new lands, waters, and forests become open to extractive industries like mining, drilling, fishing, and logging. Trump’s recent (and ridiculous) bid to buy the thawing territory of Greenland for its oil and gas reserves is one example of this. Climate-stricken urban areas open up new real estate markets, as the gentrification of New Orleans after hurricane Katrina illustrated. In other words, climate change might not mean the end of capitalism, but rather could actually signal its resurgence from current falling rates of ecological profit. During colonialism, everything and everyone that could be easily appropriated (oil, slaves, old-growth forests, etc.), was gobbled up. The workers who are left today under post-colonialism demand more money and more rights. The minerals left are more expensive to extract. This is why capitalists have increasingly retreated to financial speculation, and now to monetizing their own crises.

    If only there were new ways, the capitalist dreams, to kick start the economy and cheaply dislodge huge numbers of people from their land, devalorize their labor, and then appropriate that labor extremely cheaply. In other words, if climate change did not exist, capitalism would have to create it. Luckily for the capitalists, it does exist, because they did create it. Climate migrants now form what we might call a “disposable climate labor army,” conscripted out of a standing reserve of global poverty from wherever the next climate-related disaster strikes, and deployed wherever capitalism demands precarious, securitized, and criminalized labor to be exploited.

    We need to rethink the whole framing of the climate migration “crisis.” Among other things, we need a more movement-oriented political theory to grapple better with the highly mobile events of our time — what I call a “kinopolitics.” The advent of the Capitalocene/Kinocene makes possible today the insight that nature, humans, and society have always been in motion. Humans are and have always been fundamentally migratory, just as the climate and the earth are. These twin insights might sound obvious today, but if taken seriously, they offer a complete inversion of the dominant interpretive paradigms of the climate and migration crises.

    Humans and Earth have always been in motion, but not all patterns of motion are the same. There is no natural, normal, or default state of the earth or of human society. Therefore, we have to study the patterns of circulation that make possible these metastable states and not take them as given. This is what I have tried to work out in The Figure of the Migrant (2015) and Theory of the Border (2016). Unfortunately, the dominant framework for thinking about the climate and migrant crises is currently upside down. It starts from the perspective of a triple stasis: 1) that the earth and human society are in some sense separable and static, or at least stable, structures; 2) that the future should continue to be stable as well; and 3) that if there is not stability, then there is a “crisis.” Mobility, then, is a crisis only if we assume that there was or should be stasis in the first place. For example, migrants are said to destabilize society, and climate change is said to destabilize the earth.

    From a kinopolitical perspective, we can see that the opposite is, in fact, true: Humans were first migratory, and only later settled into more metastable patterns of social-circulation (made historically possible by the social expulsion and dispossession of others). Migrants are not outside society but have played a productive and reproductive role throughout history. Migrant movements are constitutive and even transformative elements of society, rather than exceptional or marginal phenomena. The real question is how we ever came to act and think as if societies were not processes of social circulation that relied on migration as their conditions of reproduction. The earth, too, was first migratory, and only later did it settle into metastable patterns of geological and atmospheric circulation (e.g. the Holocene). Why did we ever think of the earth as a stable surface, immune from human activity in the first place?

    The problem with the prevailing interpretation of climate change and migration is that the flawed paradigm that has defined the “crisis,” the notion of stasis, is also proposed as the solution “Let’s just get things back to normal stability again.” In short, I think a new paradigm is needed that does not use the same tools that generated the “crisis” to solve it — i.e. capitalism, colonialism, and the nation-state.

    Today’s migrant “crisis” is a product of the paradox at the heart of the capitalist, territorial nation-state form, just as the climate crisis is an expression of the paradox at the heart of anthropocentrism. The solutions, therefore, will not come from the forms in crisis but only from the birth of new forms-in-motion that begin with the theoretical primacy of the very characteristic that is dissolving the old forms: the inherent mobility of the migrant climate and the climate migrant.

    https://publicseminar.org/essays/the-climate-migration-industrial-complex

    #complexe_militaro-industriel #réfugiés_environnementaux #réfugiés_climatiques #murs #barrières_frontalières #business #climat #changement_climatique #sécurité #rétention #détention_administrative #privatisation #contrôles_frontaliers #kinopolitics #kinopolitique #kinocène #mobilité #circulation #crise #stabilité #philosophie #ressources_pédagogiques #Etat-nation

    –—

    #catastrophes_naturelles :

    What we call “climate migrants” or “climate refugees” are not the victims of merely “natural disasters,” because climate change is not a strictly natural process — it is also highly political. The causes of climate-related migration are disproportionately produced by rich Western countries and the effects are disproportionately suffered by poorer countries. The circumstances that determine who is forced to migrate are also influenced by the history of colonialism, global inequality, and the same conditions that have propelled economic migration for decades. In short, the fact that climate change benefits the perpetrators of climate destruction by producing an increasing supply of desperate, criminalized, physically and economically displaced laborers is no coincidence.

    –-> @karine4

    #terres #accaparement_des_terres :

    Another key is the use of climate change to acquire new land. When people are forced to migrate out of a territory, or when frozen territories thaw, new lands, waters, and forests become open to extractive industries like mining, drilling, fishing, and logging.

    –-> @odilon
    #extractivisme #colonialisme

    –---------

    @sinehebdo, un nouveau mot :
    –-> #crimmigration
    #mots #terminologie #vocabulaire

    Et aussi... la #kinocène

    –---

    Lien avec le #capitalisme :

    If only there were new ways, the capitalist dreams, to kick start the economy and cheaply dislodge huge numbers of people from their land, devalorize their labor, and then appropriate that labor extremely cheaply. In other words, if climate change did not exist, capitalism would have to create it. Luckily for the capitalists, it does exist, because they did create it. Climate migrants now form what we might call a “disposable climate labor army,” conscripted out of a standing reserve of global poverty from wherever the next climate-related disaster strikes, and deployed wherever capitalism demands precarious, securitized, and criminalized labor to be exploited.

    #expoitation #travail #disposable_climate_labor_army #pauvreté

    signalé par @isskein

    ping @fil @reka

  • https://lundi.am/Le-coronavirus-et-l-etat-d-exception-en-chacun

    Rappel pour les élèves du premier rang : le contrat social qui a inspiré et inspire le plus le réseau de pouvoir n’est pas celui de Jean-Jacques Rousseau mais bien celui de Thomas Hobbes - « Le Léviathan » - ayant engendré entre autres le courant utilitariste dont le panoptique de Jeremy Bentham. Ce brillant ouvrage d’urbanisme (Le Panoptique !) à l’usage de nos gouvernants a enfanté l’architecture de la plupart de nos prisons mais aussi de nos écoles. Peu intéressés par la science-politique et l’urbanisme carcéral, vous vous demandez quel est le rapport entre ce contrat social et le caractère terrorisant de cette grippe ?

    #coercition #terreur_d'état #gestionnaires_du_cheptel_humain

  • #Achille_Mbembe, l’#universel_africain
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/24/achille-mbembe-l-universel-africain_6030591_3232.html

    Achille Mbembe décrit un monde où, y compris au sein des démocraties libérales, « l’état de guerre se répand au sein de l’état civil »

    Il est des fantômes qui accompagnent les vivants et les marquent à jamais. Les pas de l’historien et philosophe Achille #Mbembe, depuis sa plus tendre enfance, sont portés par ceux de #Ruben_Um_Nyobè, leader nationaliste camerounais tué par l’armée française, puis effacé des mémoires par le régime camerounais après l’indépendance. « L’histoire de #Um_Nyobè m’a longtemps hanté et a marqué ma trajectoire intellectuelle au point que l’écriture a été, pour moi, un acte de réparation », explique le #philosophe, qui est l’un des penseurs les plus en vue d’#Afrique_francophone.

    [...]

    Dans #Brutalisme, il dénonce d’ailleurs la « #frontiérisation » des espaces qui entrave la liberté de mouvement des femmes et des hommes à l’intérieur du continent, mais également sur l’ensemble du #globe.

    « La #frontière est devenue le nom de la violence organisée », écrit-il, « le lieu de la non-relation » où s’opère le « déni d’une humanité commune », à tel point que le monde se transforme en une multitude de camps où l’on parque des populations, y compris des enfants, que l’on ne saurait accepter chez soi, réactivant ainsi la haine de l’autre. Revenant sur le développement de la technologie au service d’une surveillance généralisée, Achille Mbembe décrit un monde où, y compris au sein des démocraties libérales, l’état d’exception devient la norme, où « l’état de guerre se répand au sein de l’état civil », et où les polices emploient des armes habituellement utilisées sur les champs de bataille. « Naturalisation de la #guerre_sociale », le brutalisme est le symptôme de « l’âge de la #prédation et de l’#extraction » qui tue notre #planète. C’est « l’âge de la #combustion_du_monde ».

  • Raymond #Aron, libéral malgré lui
    http://www.laviedesidees.fr/Iain-Stewart-Raymond-Aron-Liberal-Thought-Twentieth-Century.html

    À propos de : Iain Stewart, Raymond Aron and Liberal Thought in the Twentieth Century, Cambridge,. Lecteur tardif de Montesquieu et de Tocqueville, contempteur de Mai 68 et laissant derrière lui un héritage éclaté, Raymond Aron entretient avec la tradition libérale une relation complexe, suggère I. Stewart. Mais le #libéralisme est-il l’angle le plus fécond pour appréhender sa pensée ?

    #Philosophie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200224_aron.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200224_aron.pdf

  • La pensée comme arme

    Miquel Amorós

    https://lavoiedujaguar.net/La-pensee-comme-arme

    Agustín García Calvo
    Histoire contre tradition. Tradition contre Histoire

    Agustín García Calvo, si l’on tient compte de l’immense activité qu’il déploya à intervenir dans des causeries, des conférences, à écrire des articles et à défendre toutes les causes perdues, nous semble aujourd’hui un penseur sous-estimé. Certes, il continue d’avoir de l’influence, mais son nom n’est plus brandi aussi souvent qu’autrefois dans les assemblées de jeunes ou dans les centres autogérés, sans parler des programmes de l’Université, des débats théoriques de haut vol ou des discussions qui ne dépassent pas — comme il aurait dit — « la Politique que font les politiciens qui font la politique ». Affilié à aucune école, il était étranger aux modes philosophiques, hostile aux hommages et à la télévision, et indifférent à la reconnaissance académique. Méprisant le manque d’estime des autorités, ses réflexions furent toujours à contre-courant de tout ce qui était établi. Néanmoins, nous en aurions attendu davantage des nouvelles générations plus enclines, si tant est que cela soit possible, à tout questionner que les précédentes. Peut-être cela est-il en partie dû au refus manifeste d’Agustín de donner des recettes, d’offrir des solutions toutes faites ou d’accepter les positions de chef de file, ou bien encore à son refus délibéré de toute étiquette. (...)

    #García_Calvo #Miquel_Amorós #contre-courant #Histoire #tradition #domination #langage #coutume #écriture #philosophie #conscience #temps #surréalisme #communauté #association #commun #Nietzsche #Landauer #Clastres #Marx #peuple #révoltes #action

  • Essai sur la bêtise : l’un et le multiple
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?987-Essai-sur-la-betise-l-un-et-le

    Troisième partie des Prolégomènes de l’ « Essai sur la bêtise » de Michel Adam, Puf 1975, pp. 38-59. Les intertitres sont de nous. On pourra également lire la partie précédente : « Essai sur la bêtise : le discernement » Si la bêtise semble pouvoir caractériser une conduite humaine typique, elle n’est pas pour autant univoque. Mais vouloir rendre compte de sa diversité nous permettra de préciser sa spécificité. Peut-être n’y a-t-il pas de différence de nature d’une espèce de bêtise à une autre, mais dans (...) Démarches personnelles - Psychè

    / Adam M., #Anthropologie, #Philosophie, #Insignifiance, #Livre, Type (...)

    #Démarches_personnelles_-_Psychè #Adam_M. #Type_anthropologique

    • You should actively support gay rights, animal rights, anti-semitism, anti-patriarchy, veganism etc. If you don’t – not because you are against it, but because it is not your priority – then you are a bad activist.

      […]

      Crenshaw opened the door to bring in all kind of oppression under one umbrella.

      […]

      An oppressed person will need a PhD degree to understand his or her oppression.

      […]

      The third critique is that intersectionality levels all oppressions. One experience can not be valued higher or lower than another experience of oppression. In the case of slavery the patriarchal oppression of black women is not different from the patriarchal oppression of white women. The difference between black and white women is not in patriarchal oppression but in the experience of racism, which white women don’t experience. Is a white women with the power to sell a black man or woman on the same road of patriarchy as the black women? This is clearly ridiculous. The oppression of black people during slavery is not at the same level as the oppression of white women by white men. Intersectionality levels these oppressions and can not make a distinction in the hierarchy of human suffering.

      […]

      We have an age-old alternative for the concept of intersectionality that captures the sentiment of unity and that is the concept of solidarity. It is not based on the intersection of oppression but on the empathy, sympathy and love for people who are struggling for peace, justice, dignity and welfare.

      Complément pour le fait que ce soit flou, pas clair :
      https://seenthis.net/messages/821375

      https://www.youtube.com/watch?v=FMEhyKqMWmA

      #intersectionnalité #décolonial #féminisme #individualisme #philosophie #sociologie #critique

  • Voilà un livre qui a l’air passionnant
    Abondance et liberté - Pierre CHARBONNIER - Éditions La Découverte
    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Abondance_et_libert__-9782348046780.html

    Sous la forme d’une magistrale enquête philosophique et historique, ce livre propose une histoire inédite : une histoire environnementale des idées politiques modernes. Il n’ambitionne donc pas de chercher dans ces dernières les germes de la pensée écologique (comme d’autres l’ont fait), mais bien de montrer comment toutes, qu’elles se revendiquent ou non de l’idéal écologiste, sont informées par une certaine conception du rapport à la terre et à l’environnement.
    Il se trouve que les principales catégories politiques de la modernité se sont fondées sur l’idée d’une amélioration de la nature, d’une victoire décisive sur ses avarices et d’une illimitation de l’accès aux ressources terrestres. Ainsi la société politique d’individus libres, égaux et prospères voulue par les Modernes s’est-elle pensée, notamment avec l’essor de l’industrie assimilé au progrès, comme affranchie vis-à-vis des pesanteurs du monde.
    Or ce pacte entre démocratie et croissance est aujourd’hui remis en question par le changement climatique et le bouleversement des équilibres écologiques. Il nous revient donc de donner un nouvel horizon à l’idéal d’émancipation politique, étant entendu que celui-ci ne peut plus reposer sur les promesses d’extension infinie du capitalisme industriel.
    Pour y parvenir, l’écologie doit hériter du socialisme du XIXe siècle la capacité qu’il a eue de réagir au grand choc géo-écologique de l’industrialisation. Mais elle doit redéployer l’impératif de protection de la société dans une nouvelle direction, qui prenne acte de la solidarité des groupes sociaux avec leurs milieux dans un monde transformé par le changement climatique.

    à ajouter à https://seenthis.net/messages/818991

  • « L’#élan_créateur » intact de la philosophe centenaire #Simone_Debout

    « La #sexualité, c’est un humus sur lequel poussent toutes les grandes idées. » Voilà le credo d’une sacrée philosophe, née en 1919, résistante au nazisme, spécialiste de #Charles_Fourier dont elle a décapé la #modernité_radicale : Simone Debout. Les éditions Claire Paulhan ont eu la riche idée de réunir sa #correspondance avec #André_Breton dans un ouvrage somptueusement illustré, qui vient d’être publiée.


    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/010120/lelan-createur-intact-de-la-philosophe-centenaire-simone-debout?onglet=ful
    #philosophie #féminisme

  • Snowden, Constant et le sens de la liberté à l’heure du désastre | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/12/20/snowden-constant-et-le-sens-de-la-liberte-a-lheure-du-desastre

    Aurélien Berlan

    Les géants du numériques ont aboli la « vie privée », face visible de la liberté des Modernes. C’est au contraire à l’autre versant de cette conception de la liberté qu’il faudrait renoncer : être délivrés des nécessités de la vie, rendue possible par l’instauration de dispositifs lointains et aliénants. Il s’agit alors de reconquérir la liberté de subvenir à nos vies.

    A propos d’Edward Snowden, Mémoires vives, Seuil, Paris, 2019.

    Les appels à décréter « l’état d’urgence écologique » qui foisonnent aujourd’hui à l’adresse des Etats sont le dernier avatar d’une idée qui hante une partie du mouvement écologiste depuis longtemps. Compte tenu des liens historiques entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception occidentale moderne de la liberté, enrayer l’aggravation des nuisances et la multiplication des catastrophes que ces sociétés provoquent supposerait d’engager une politique étatique volontariste, voire dirigiste, supposant de restreindre les libertés, que ce soit sous la forme d’un renouveau républicain ou d’une dictature verte1. Entre la nature et la liberté, il faudrait choisir – et vu le degré de dégradation environnementale déjà atteint, manifeste dans la brutalité de l’effondrement en cours du vivant, on n’aurait en réalité pas le choix.

    Sur les terrains de lutte ayant une dimension écologiste, là où des gens se mettent en danger pour empêcher tel ou tel projet désastreux de se réaliser, qu’il s’agisse d’un méga-transformateur électrique pour exporter de l’énergie prétendument verte (comme en Aveyron où l’Amassada vient d’être expulsée manu militari), d’une mine de lignite (à Hambach en Allemagne où l’intervention de la police a provoqué un mort) ou d’une poubelle nucléaire (à Bure où les militants font l’objet d’une répression judiciaire acharnée), c’est un autre son de cloche que l’on entend en général. Les militant-es ne se battent pas pour que les prérogatives de l’Etat soient encore renforcées après deux décennies de lois « antiterroristes » (utilisées contre la contestation écologiste lors de la COP 21) et cinquante ans de politiques « sécuritaires », mais pour reconquérir une liberté que le capitalisme industriel, avec la complicité des Etats, nous a selon eux ravie.

    Dans les deux cas, il ne s’agit bien sûr pas de la même liberté – notion dont on sait à quel point elle est polysémique. Dans le premier discours, c’est la conception (néo)libérale de la liberté qui est en ligne de mire, c’est-à-dire la liberté d’échanger et de faire des affaires sans entraves (« laisser faire, laisser passer »), sur les deux plans individuel (« je fais ce que je veux ») et entrepreneurial (« dérégulation des marchés ») – et l’on retombe dans les vieilles ornières du débat opposant les libéraux aux interventionnistes, qu’ils se disent socialistes, républicains ou écologistes. Dans le second discours, c’est une autre idée de la liberté qui est en jeu, que les militant-es désignent en général par la notion d’autonomie en un sens qui ne se réduit pas au fait de « se donner ses propres lois » (l’autonomie politique, au sens étymologique), mais implique aussi de pourvoir à ses propres besoins – c’est de cela dont il est question quand on parle d’autonomie matérielle en général, et en particulier d’autonomie énergétique, alimentaire, médicinale, etc.❞

    • Excellent article !

      Car le désir d’autonomie qui anime une partie du mouvement écologiste, et bien au-delà, invite à lire l’histoire autrement, à penser que si une conception de la liberté a triomphé, c’est l’aspiration à la délivrance – vieux rêve dont le transhumanisme incarne aujourd’hui la radicalisation high-tech : en promettant le dépassement de la mort et en faisant miroiter la colonisation de Mars aux riches qui s’inquiètent tout de même de leurs chances de survie sur la Terre dévastée, cette idéologie réactualise le fantasme d’être délivré des aspects négatifs de la condition terrestre. Or, ce fantasme s’est historiquement imposé contre les aspirations à l’autonomie des classes populaires qui, pendant des siècles, ne se sont pas battues pour être déchargées des nécessités de la vie, mais pour avoir libre accès aux moyens de subsistance, en premier lieu la terre, permettant de prendre en charge ces nécessités.

      […]

      En réalité, les révélations de Snowden n’en étaient que pour celles et ceux qui ne s’étaient jamais interrogés sur les tenants et aboutissants de l’informatisation de leurs activités, ou qui ne le voulaient pas. Pour les autres, elles ne faisaient qu’administrer les preuves irréfutables de ce qu’ils avaient déjà dénoncé, dans l’indifférence générale. Le rappeler, ce n’est pas amoindrir le mérite de Snowden, mais mettre en évidence sa véritable contribution au débat, absolument décisive : avoir permis de démasquer les béni-oui-oui de la High-tech, qui taxent toute critique de « conspirationniste » ou de « technophobe ». Grâce à Snowden, on sait désormais que les discours rassurants sur la révolution numérique sont le fait, au mieux de grands naïfs se voilant la face, au pire de marchands de sable cyniques que l’informatisation du monde renforce et enrichit.

      […]

      Si la sacralisation de la vie privée avait gardé de sa force, on aurait pu s’attendre – c’est ce qu’espérait Snowden – à ce que ses révélations provoquent une levée de boucliers de ce type. Il n’en fut rien. En France, la plupart des gens qui se disaient choqués n’envisageaient pas pour autant de modifier leurs pratiques de communication, comme s’il n’y avait rien d’essentiel à défendre ici, et donc aucune raison de se mobiliser ou de changer ses habitudes électroniques. Ce que l’affaire Snowden a révélé fut pour lui une cruelle désillusion : la liberté pour laquelle il avait pris tant de risques ne faisait plus vibrer grand monde11. Est-ce à dire que la liberté ne nous importe plus ? Ce n’est pas ce que suggère le matraquage idéologique persistant à vendre n’importe quelle réforme et n’importe quelle innovation dans l’emballage de la « liberté ». En réalité, l’indifférence suscitée par Snowden tient au fait que nous nous sentons toujours aussi « libres » qu’avant, comme si la violation de la vie privée n’affectait plus notre liberté. Mais alors, n’est-ce pas le mot liberté qui aurait changé de sens ? Si la véritable révélation de Snowden concerne la dissolution de la liberté des Modernes dans les réseaux de fibre optique, alors nous serions, comme Constant en son temps, à un tournant dans l’histoire du mot liberté, qu’il nous faudrait interroger à nouveau. Où en est-on dans l’histoire du sens de la liberté ?

      […]

      Nous pouvons dès lors reformuler le problème posé par Snowden. Si nous nous sentons toujours libres aujourd’hui, ce n’est peut-être pas que le sens de la liberté aurait fondamentalement changé, mais plus simplement que l’inviolabilité de la sphère privée n’était pas la seule chose qui faisait la valeur de la liberté aux yeux des Modernes, ou la chose principale qui faisait qu’ils se sentaient libres. Mais alors, quelle qualité constituait le cœur de la liberté bourgeoise ?

      […]

      Ce que signe l’affaire Snowden n’est donc pas tant la fin de la liberté des Modernes que celle de l’interprétation libérale qui la définissait par l’inviolabilité de la vie privée. En réalité, ce critère constitutionnel, effectivement bafoué aujourd’hui, masque le fait que les Modernes aspirent d’abord à autre chose, à la délivrance à l’égard des nécessités politiques et matérielles de la vie sur terre. C’est justement ce que suggère l’indifférence suscitée par les révélations de Snowden. C’est aussi ce que confirme une lecture attentive de Constant. Et c’est également ce qu’une histoire de la liberté moderne montrerait. Car face à la conception libérale de la liberté comme délivrance à l’égard des soucis matériels et politiques, le socialisme a souvent, dans ses tendances marxistes dominantes, surenchérit sur ce désir de délivrance en rêvant de surmonter le « règne de la nécessité » par le productivisme industriel et de dépasser la conflictualité sociale dans « l’administration des choses25 ».

      #Aurélien_Berlan #philosophie #liberté #libéralisme #démocratie #politique #capitalisme #anti-industriel #subsistance #autonomie #Edward_Snowden #Benjamin_Constant #vie_privée #privacy #Modernité #transhumanisme @antonin1

    • C’est un très beau texte, et bien écrit. Berlan reprend l’alternative de Constant sur les deux libertés, montre que la liberté individuelle ne peut exister sans liberté politique, collective, et qu’on nous vend la première, censée compenser la perte de la seconde, dans un contexte où celle-ci ne peut pas s’exercer. Et il étend la notion classique de liberté politique en liberté d’assurer et de contrôler ses conditions de vie matérielle, sa subsistance. Au final, c’est comme ça que je l’entends, nous avons accepté le « ou bien oui bien » de cette fausse alternative en prenant la seconde, dénuée de son sens et protégée par de bien maigres garde-fous et déclarations d’intention, parce qu’elle nous libère des nécessités de la vie en nous fourguant des biens et services bien « pratiques » (bagnole, télécom, bouffe produite par des spécialistes, objets à deux balles mais en nombre, la #poubelle_industrielle avec ses nuisances écologiques qu’on feindra de déplorer).

      Ce faisant, on comprendra pourquoi nous nous sentons toujours aussi « libres », en dépit des révélations de Snowden : parce que le système étatico-industriel, si liberticide soit-il, nous délivre toujours plus des limites et des contraintes liées à la vie humaine sur terre.

      Mais depuis, il est devenu clair que la liberté effective ne dépend pas seulement des droits fondamentaux et de l’agencement des institutions, mais aussi de conditions sociales et matérielles. Si l’on dépend d’une instance supérieure pour assurer ses besoins, on se retrouve « à sa merci » et donc potentiellement en situation d’impuissance et d’oppression

      Et si la quête de délivrance à l’égard des nécessités de la vie sur terre, le désir d’un allègement de nos conditions de vie jusqu’à l’apesanteur, jusqu’à l’idée de quitter la terre pour mener une vie extra-terrestre, a fait le lit du capitalisme industriel et du saccage de la planète, il faut rompre avec cet imaginaire et revaloriser l’autonomie comme une manière de revenir sur terre, de revenir à une vision terrestre de la liberté, compatible avec la préservation de nos conditions de vie sur notre planète fragile. En tout cas, c’est une perspective plus enthousiasmante que celle d’un état d’urgence écologique qui conduirait à une restriction draconienne du peu de libertés qui nous reste.

      Merci @rastapopoulos pour l’appel !

  • Archipélisation : comment Framasoft conçoit les relations qu’elle tisse – Framablog
    https://framablog.org/2019/12/10/archipelisation-comment-framasoft-concoit-les-relations-quelle-tisse

    Mais… c’est quoi l’archipélisation ?

    L’archipélisation est une métaphore insulaire (rappelons qu’Édouard Glissant est né dans l’archipel des Antilles), ne décrivant pas des entités isolées et évoluant selon leurs propres règles, mais comme un ensemble de petites structures indépendantes dont la capacité de développement repose sur la coopération, la mutualisation.

    « J’appelle créolisation la rencontre, l’interférence, le choc, les harmonies et les dysharmonies entre les cultures. » Par ces mots, Édouard Glissant fait de la « créolisation » une décontinentalisation, qu’il nomme archipélisation, et qu’il corrèle à ce qu’il appelle le « tout-monde ». Le monde entier, pour lui, se créolise et s’archipélise.

    Une autre façon d’appréhender ce concept est de penser un réseau de petites structures agiles et flexibles reliées entre elles par des outils conviviaux.

    Cette notion, si elle est associée à celle des outils conviviaux d’Ivan Illich ou la figure du ryzhome, héritée de Deleuze et Gattari, déjoue l’opposition entre centre et périphérie. Il s’agit donc de passer d’une vision continentale, où on essaye de faire continent tous ensemble, à une « archipélisation » d’îlots de résistance émergents. L’objectif n’est donc plus de construire un mouvement unique, monolithique, mais bien d’envisager l’avancée des luttes sous forme de coopérations entre ces différents îlots, sans essayer de se convaincre de tous faire la même chose.

    Évidemment, nous n’avons pas toutes et tous la même histoire, la même capacité de résistance, les mêmes privilèges, les mêmes tempéraments, les mêmes moyens financiers… Mais il nous parait possible de se reconnaître différent⋅es, de respecter la diversité de chacun et chacune dans leurs stratégies et leurs tactiques, tout en partageant des buts communs.

    #Framasoft #Philosophie_libre

  • Essai sur la bêtise : le discernement
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?986-Essai-sur-la-betise-le

    Deuxième partie des Prolégomènes de l’« Essai sur la #Bêtise » de Michel Adam, Puf 1975, pp. 26-38. Les intertitres sont de nous. On pourra également lire la première partie : « Essai sur la bêtise : l’autre » Après avoir situé la bêtise chez autrui, il nous faut constater que cela ne forme qu’un préambule. Ce n’est en rien constitutif de la bêtise. Nous devons délimiter maintenant le champ d’action de cette bêtise, pour l’esprit de celui que l’on peut qualifier ainsi. Nous l’envisagerons par rapport au (...) Démarches personnelles - Psychè

    / Adam M., #Philosophie, Bêtise, #Type_anthropologique, #Livre, #Insignifiance

    #Démarches_personnelles_-_Psychè #Adam_M.

  • #Philosophes emprisonnés (1) : #Socrate, mort et naissance du philosophe
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/philosophes-emprisonnes-1-socrate-mort-et-naissance-du

    Bertolt Brecht, dans La Vie de Galilée, fait dire au savant florentin que « la pensée est le plus grand divertissement de l’espèce humaine. Nul ne peut résister à la séduction des preuves ». C’était avant que l’Inquisition romaine ne le contraigne à abjurer ses idées et le condamne à la prison à vie. Pouvoir politique et pouvoir religieux de tous bords ont entretenu des rapports violents avec la philosophie et la libre pensée. Livres interdits et brûlés, sommation à abjurer et se renier, humiliation publique, exil, bannissement, emprisonnement, mise à mort…

    –—

    Philosophes emprisonnés (2) : Parce qu’elle tourne. Giordano Bruno et Galilée face à l’Inquisition romaine
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/philosophes-emprisonnes-2-parce-quelle-tourne-giordano-bruno-et

    Le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif sur le Campo de Fiori de Rome sur décision de l’Inquisition catholique romaine. En 1616, les thèses de Copernic sur la rotation de la terre autour du soleil sont mises à l’Index, et Galilée reçoit l’interdiction de les enseigner. Dix-sept ans plus tard, le grand savant qui a posé les bases de la science moderne, est condamné à abjurer et à la prison à vie.

    Pourquoi le pouvoir religieux s’est-il senti si menacé par la théorie héliocentrique ? Le soleil est-il l’arbre qui cache la forêt ?

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    Philosophes emprisonnés (3) : La Bastille ou l’exil. #Voltaire, #Diderot, Sade et les « #Rousseau du ruisseau »
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/philosophes-emprisonnes-3-la-bastille-ou-lexil-voltaire-diderot

    Le 14 juillet 1789, prendre la Bastille, c’était abattre le symbole de l’arbitraire de la monarchie absolue qui enfermait sans justice. Passer par la Bastille était presque devenu un fait d’armes pour les écrivains, tant ils étaient nombreux, qui y furent détenus. Comment, dans le Siècle des Lumières, s’est exercée la répression contre les philosophes et les libres penseurs ? Voltaire embastillé et exilé, Diderot arrêté et traumatisé par sa détention, Montesquieu ou Rousseau publiant à l’étranger : c’est tout le monde du livre et des idées qui subit la censure du pouvoir royal, et les peines pour le délit de librairie peuvent aller jusqu’à la peine de mort.

    Trois cents ans après l’embastillement de Voltaire, nous sommes dans le quartier de la Bastille à Paris et au château de Vincennes, où Diderot et Sade furent emprisonnés, pour tenter de mesurer le prix de la révolution de civilisation menée par les philosophes et tout un peuple des Lumières.

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    Philosophes emprisonnés (4) : #Rosa_Luxemburg, #Antonio_Gramsci, Varlam Chalamov : penser à l’épreuve de la violence
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/philosophes-emprisonnes-4-rosa-luxemburg-antonio-gramsci-varlam

    Rosa Luxemburg, emprisonnée pour son engagement contre la guerre à la veille de la « grande boucherie ». Antonio Gramsci, prisonnier du régime fasciste. Varlam Chalamov, enfermé 17 ans dans les camps de la Kolyma soviétique. Trois destinées frappées par l’emprisonnement, trois penseurs dont l’œuvre s’est faite à l’épreuve de la violence qui pousse l’humain dans ses limites extrêmes.

    #philosophes #philosophie #repression

  • Quatre philosophes russes (4/4) : Bakounine, l’anarchiste
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/quatre-philosophes-russes-44-bakounine-lanarchiste

    Il y a beaucoup d’idées reçues sur l’anarchisme : casse, opposition violente, mort de l’ordre et des lois... Mais qu’est-ce qu’était l’anarchisme pour le philosophe Michel Bakounine ? En quoi sa remise en cause de l’Etat l’a-t-il opposé à Marx ? Quels mouvements incarnent sa pensée aujourd’hui ?

    Une émission présentée par Géraldine Mosna-Savoye
    http://atelierdecreationlibertaire.com/blogs/bakounine/retour-sur-une-emission-1236
    http://refractions.plusloin.org
    http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153790
    #Bakounine #anarchie #ACL

  • Nuit Debout et ses somnambules
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?991-Nuit-Debout-et-ses-somnambules

    Échange mail dans les mois qui ont suivi le mouvement social contre la « Loi Travail » et « Nuit Debout », au printemps 2016. Objet : Proposition d’un texte sur une suite possible à « Nuit Debout » De : D. À : #Lieux_Communs Date : 30 juil. 2016 Bonjour à vous, Votre réflexion m’apparaît essentielle, en ce qu’elle touche à la question : « quelle civilisation voulons-nous ? » Au lieu de vous restreindre au seul champ économique, vous pensez une alternative globale au modèle libéral-capitaliste. La gauche (...) #Correspondances

    / Lieux Communs, #Lettre, #Politique, Mouvement social 2016 & Nuit Debout, #Progressisme, #Relativisme, #Post-modernisme, #Assemblée, #Philosophie, #Démocratie_directe, (...)

    #Mouvement_social_2016_&_Nuit_Debout #Pseudo-subversion
    https://www.causeur.fr/brexit-referendum-democratie-elites-quatremer-139130

  • Améliorons les débats sur le genre, le sexe et les droits des transgenres
    par #Sophie_Allen, #Jane_Clare_Jones, #Holly_Lawford-Smith, #Mary_Leng, #Rebecca_Reilly-Cooper et #Kathleen_Stock
    (Des philosophes féministes radicales et critiques du concept de genre invitent leurs opposant·e·s à éviter certains arguments qui sont clairement déficients.)
    http://tradfem.wordpress.com/2019/10/05/ameliorons-les-debats-sur-le-genre-le-sexe-et-les-droits-des-tran

    Nous sommes un collectif de philosophes universitaires féministes radicales, critiques du concept de genre. Certaines d’entre nous affirment, dans leurs travaux, que les femmes sont, par définition, les êtres humains adultes femelles. Selon ce point de vue, une “transfemme” ne peut être classée comme femme, puisqu’elle n’est pas un être humain adulte femelle. Le reste d’entre nous sont présentement agnostiques sur cette question, hésitant entre 1) adopter exclusivement cette première position et 2) adopter également une position qui affirmerait l’existence d’un autre sens, significatif, à donner au concept de « femme », soit son application aux personnes occupant un certain rôle social féminin, sur la base d’une appartenance perçue à la catégorie de sexe féminin.

    Contrairement à la première acception, cette seconde définition implique qu’une partie des transfemmes comptent comme femmes, en au moins un sens. Néanmoins, cette inclusion est limitée, puisqu’un grand nombre de transfemmes n’occupent pas un rôle social féminin sur la base d’une appartenance perçue à la catégorie du sexe féminin.

    Dans les deux cas, nous sommes toutes sceptiques quant à la valeur politique de comptes rendus de l’être-femme (womanhood) qui l’identifient essentiellement à la possession d’une « identité de genre » féminine. Nous insistons toutes également sur le fait qu’il est politiquement essentiel de maintenir une différentiation conceptuelle claire entre les hommes et les femmes, afin de pouvoir continuer à identifier et à qualifier des modèles de comportements oppressifs basés sur le sexe et des stéréotypes socioculturels nocifs au sujet des « façons correctes » d’être, respectivement, des hommes et des femmes.

    Notre objectif ici n’est pas de résumer nos arguments en faveur de ces conclusions : nous le faisons ailleurs dans nos travaux (dont vous trouverez les liens sous nos noms, en tête de cet article). Nous souhaitons plutôt mettre en lumière divers sophismes et faux procès que nous avons souvent remarqués dans des réflexions sur nos travaux.

    Traduction : #Ana_MINSKI pour #Tradfem
    Version originale : http://medium.com/@kathleenstock/doing-better-in-arguments-about-sex-and-gender-3bec3fc4bdb6
    #philosophie_féministe #transgenrisme #identité_de_genre #non-mixité_féministe