• Orienté plutôt vers les développeurs, ce très bon rapport de stage (en français) réalisé chez #Framasoft détaille le principe de la #fédération (#fediverse ou #fédivers comme dit l’auteure), du format #ActivityPub qui est en dessous, et aussi des nombreux autres protocoles et formats qu’il faut mettre en œuvre pour réaliser un membre du fédivers (#Webfinger et compagnie). Avec mise en œuvre d’une preuve de concept en Node.JS

    https://asso.framasoft.org/nextcloud/s/geoJBDycra8P8AX#pdfviewer

    Si quelqu’un veut ajouter la fédération à SeenThis, c’est le premier document à lire...


  • Tous féminins ? (4/4) : Poulain de la Barre, premier philosophe féministe ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/tous-feminins-44-poulain-de-la-barre-premier-philosophe-feministe

    François Poulain de la Barre a pris, de son temps, des positions féministes radicales.
    Il désirait se mettre à distance de sa masculinité en devenant philosophe et rationnel, devenir un esprit sans sexe. Il dénonçait tous les préjugés hérités des regards subjectifs masculins sur les femmes et élabora une thèse de l’égalité radicale entre les sexes.
    Il exposa sa philosophie à travers trois ouvrages importants : De l’égalité des deux sexes (1673), De l’éducation des dames pour la conduite de l’esprit dans les sciences et dans les moeurs (1674) et De l’excellence des hommes contre l’égalité des sexes (1675).
    Mais à l’époque, comment était perçu le féminisme d’un homme ?

    Marie-Frédérique Pellegrin, maîtresse de conférences à la faculté de philosophie de l’Université de Lyon
    Autrice de Poulain de la Barre : égalité, radicalité, modernité aux éditions Vrin.

    #histoire #féminisme #philosophie #femmes


  • Le #luxe mène t-il à la #luxure ? En voilà une question qu’elle est bonne ! En tout cas c’est sur elle que #philosophes, #érudits et #écrivains s’écharpaient publiquement au 18ème siècle. Retour vers le Siècle des #Lumières...

    http://sms.hypotheses.org/4221

    #luxe, #luxure, #philosophie, #philosophe, #écrivain, #débat, #lumière, #progrès, #aristocratie, #puissants, #littérature, #politique, #littéraire


  • University alerts students to danger of leftwing essay

    Prevent critics slam Reading for labelling ‘mainstream’ academic text as extremist.
    An essay by a prominent leftwing academic that examines the ethics of socialist revolution has been targeted by a leading university using the government’s counter-terrorism strategy.

    Students at the University of Reading have been told to take care when reading an essay by the late Professor Norman Geras, in order to avoid falling foul of Prevent.

    Third-year politics undergraduates have been warned not to access it on personal devices, to read it only in a secure setting, and not to leave it lying around where it might be spotted “inadvertently or otherwise, by those who are not prepared to view it”. The alert came after the text was flagged by the university as “sensitive” under the Prevent programme.

    The essay, listed as “essential” reading for the university’s Justice and Injustice politics module last year, is titled Our Morals: The Ethics of Revolution. Geras was professor emeritus of government at the University of Manchester until his death in 2013. He rejected terrorism but argued that violence could be justified in the case of grave social injustices.

    Waqas Tufail, a senior lecturer in criminology at Leeds Beckett University who wrote a report about Prevent last year, described the case at Reading as “hugely concerning”. Another Prevent expert, Fahid Qurashi of Staffordshire University, said the move showed how anti-terrorism legislation is “being applied far beyond its purview”.
    Guardian Today: the headlines, the analysis, the debate - sent direct to you
    Read more

    Ilyas Nagdee, black students’ officer for the National Union of Students, said the case again highlighted “misunderstanding of the [counter-terrorism guidance].”

    The strategy, itself controversial, is meant to divert people before they offend, and requires universities to monitor students’ and academics’ access to material that could be considered extremist. The scheme has repeatedly come under fire since its remit was expanded by the coalition government in 2011. Critics argue that it has curtailed academic freedom by encouraging universities to cancel appearances by extremist speakers and for fostering a “policing culture” in higher education.

    Tufail added: “This text was authored by a mainstream, prominent academic who was well-regarded in his field, who was a professor at Manchester for many years and whose obituary was published in the Guardian. This case raises huge concerns about academic freedom and students’ access to material, and it raises wider questions about the impact of Prevent.” The text was identified as potentially sensitive by an academic convening the course. “This is almost worse because it means academics are now engaging in self-censorship,” Tufail said.

    Nagdee said: “Prevent fundamentally alters the relationship between students and educators, with those most trusted with our wellbeing and development forced to act as informants. As this case shows, normal topics that are discussed as a matter of course in our educational spaces are being treated as criminal”.

    The University of Reading said: “Lecturers must inform students in writing if their course includes a text deemed security-sensitive, and then list which students they expect will have to access the material.

    “As laid out in the Counter-Terrorism and Security Act 2015, the University of Reading has put policies in place to take steps to prevent students being drawn into terrorism.” One aspect of this is to safeguard staff and students who access security-sensitive materials legitimately and appropriately used for study or research.”

    https://www.theguardian.com/education/2018/nov/11/reading-university-warns-danger-left-wing-essay
    #université #it_has_begun #UK #Angleterre #surveillance #censure #gauche #droite #Reading #Prevent_programme #terrorisme #anti-terrorisme #violence #liberté_d'expression #liberté_académique #extrémisme #Norman_Geras



  • Faut-il en finir avec la Nature ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/faut-il-en-finir-avec-la-nature

    Avec Philippe Descola, anthropologue et professeur au Collège de France.

    http://rf.proxycast.org/1495177294119968768/12360-25.10.2018-ITEMA_21866349-1.mp3

    Vers le tiers, Olivia Gesbert lui passe un extrait de Aurélien Barrau et Philippe Descola réagit. Il dit que l’anthropocène en fait c’est juste pour le capitalisme (mais sans prononcer le mot). Et qu’il faut se garder de comparer avec les vieilles civilisations, parce que oui elles ont transformé leur environnement mais ça n’a rien à voir avec ce que la civilisation industrielle a fait avec les énergies fossiles.

    #audio #radio #France_Culture #anthropologie #philosophie #Nature #Culture #Philippe_Descola


  • Combien de philosophEs ?
    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/16/combien-de-philosophes_1685772

    La tribune de nos collègues et amies historiennes, publiée dans le Monde le 4 octobre, a su esquisser le tableau d’une situation intolérable, que nous, #femmes philosophes, ne connaissons que trop bien. Nos expériences ressemblent largement aux leurs : asymétrie des carrières, plafond de verre, discriminations dans les recrutements - ce qui est commun à toutes les travailleuses -, mais trop souvent encore invisibilité de nos recherches et donc de nos concepts, mépris pour nos contributions à la discipline ; voire déni pur et simple de notre statut même de philosophes. Si la reconnaissance collective de cet état de fait appelle de nouvelles solidarités entre intellectuelles, elle se double d’un sentiment de colère lorsque, désirant nous compter en vue de lancer notre propre appel, nous constatons que nous ne sommes pas 440 philosophEs en poste à l’université. En France, les départements de philosophie sont de petites unités. Il n’empêche, dans cette matière, les maîtresses de conférences sont minoritaires en comparaison de leurs homologues masculins (87 sur 240 soit 36 %), et pour ce qui est des professeures (39 sur 169 soit 23 %), leur nombre se réduit à peau de chagrin si on regarde les Professeur·e·s en « classe exceptionnelle » : 4 femmes pour 51 hommes. Sur la fin ou en début de carrière, une même problématique : on a ainsi régulièrement assisté, ces dernières années, à des campagnes de recrutement (à l’université ou au CNRS) où seuls des hommes sont finalement classés, en dépit d’un sex ratio équilibré des candidat·e·s, à compétences strictement égales. En 2018, la campagne de recrutement de MCF : 12 hommes, 2 femmes.

    Quelques jours avant les très masculins Rendez-vous de l’histoire de Blois, évoqués par les historiennes, s’est tenu un rendez-vous incontournable de notre discipline, dans ce qu’elle a de plus académique : les 4, 5 et 6 octobre, les Rencontres philosophiques de Langres étaient consacrées à « l’art ». Sur 10 conférences, 8 étaient assurées par des hommes. Un tour d’horizon des auteurs mobilisés lors de ces sessions permet de mesurer une autre dimension du problème : aucune philosophE. Combien d’autrices sont enseignées au programme de philosophie de terminale ? Au sein des cursus universitaires ? Quasiment aucune. L’« exception » Hannah Arendt ne nous satisfait plus. Des philosophEs dans l’histoire, il y en a bien des centaines : elles ne sont pas « mineures » mais minorisées. Y compris dans les pratiques contemporaines, on ne compte plus le nombre de soutenances de thèse, de colloques en « non-mixité » : entre-soi des hommes qui pensent sur des hommes pour des hommes. Les travaux de philosophEs sont moins lus, moins cités, moins débattus ou avec moins de probité intellectuelle. Bien plus qu’un préjugé, il y a ici une production d’ignorance arrogante. Ne nous trompons pas de débat : il n’est pas question de féminiser la #philosophie mais bien plutôt de la démasculiniser ! Puisqu’en l’état, la philosophie pense majoritairement « en tant qu’homme » tout en s’obstinant à prétendre au neutre. Une fois établi ce constat, le débat se resserre communément sur celui de « la parité », dont on nous assure qu’elle constitue une réponse politique adaptée aux inégalités de genre (obligation de parité dans les assemblées et comités élus ou nommés). Même si elle est un moyen pragmatique de pallier la persistance des discriminations, il n’en reste pas moins que la parité n’entame pas le stigmate, comme en témoignent les remarques des hommes philosophes lorsqu’il s’agit de dégoter une femme philosophe (n’importe laquelle pourvu qu’elle soit une femme) pour parvenir au quota imposé. Du côté des femmes, le manque d’outil efficace pour lutter contre l’inégalité génère des mécanismes d’effacement et de renoncement : nombreuses sont celles qui sont encore contraintes de travailler à l’écart, de travailler dans l’ombre. Le temps des petites mains (et) des Grands Hommes est révolu. Or, inversement, nous ne devrions pas être dans la nécessité d’en faire deux, trois fois plus que nos collègues, pour faire carrière : à prendre des responsabilités au sein des équipes, des comités, des instances dirigeantes, éditoriales, etc. souvent aux dépens de nos propres recherches.

    Enfin, ce dispositif suscite aussi des formes pernicieuses de division entre femmes. Combien de cabales laisserons-nous encore se mener contre les « féministes », mais aussi contre les collègues qui, dit-on, « geignent » sur les discriminations sexistes, racistes, sur le harcèlement, les réunions prévues aux heures de la sortie d’école, du bain ou du dîner - ou tout simplement aux heures où on est en droit de faire autre chose -, sur les mails le dimanche, sur les colloques, les congrès, souvent inconciliables avec nos vies matérielles ? Sans aucun doute, des hommes parmi nos collègues assument les « tâches domestiques ». La réponse véritable n’est donc pas dans la parité mais plutôt dans l’édification de pratiques solidaires visant à contester des normes dominantes, empêcher que se perpétuent des rapports de pouvoirs iniques dont quasiment seules les femmes font les frais.

    Mais à l’évocation de nos vies de philosophes, on oppose une fin de non-recevoir. L’idée même que se développent les philosophies sur le genre, le #féminisme, la sexualité, les antagonismes sociaux, environnementaux, sur le décolonial, le handicap ou tout autre courant « hétérodoxe », suscite souvent des silences entendus qu’accompagnent parfois des pratiques effectives d’exclusion de celles et ceux qui s’y spécialisent. Or, ces recherches se font, envers et contre toutes les résistances, même si le plus souvent, elles obligent à un décentrement (géographique, institutionnel, professionnel), par rapport au parcours jusque-là « classique » des carrières. Il est donc regrettable qu’il y ait, en lieu et place de débats dignes de ce nom au sein de la discipline, des formes d’appropriation « sans risque » de ces recherches encore largement disqualifiées comme « militantes » ou des formes de retraduction de ces problématiques en des termes plus policés. Les frontières entre ce qui serait « politique » et ce qui serait purement « théorique » sont souvent poreuses et à trop les rigidifier on vide la pensée critique de sa capacité à créer de nouvelles coordonnées de réflexion et d’investigation. Enfin, espérons que la publication d’ouvrages qui s’avèrent des critiques délirantes de la philosophie féministe témoigne non de la prégnance mais des derniers soubresauts d’un positivisme paternaliste : le sexisme ne doit plus définir l’ethos du philosophe patenté et ses expressions licites ne doivent plus constituer un mode de reconnaissance entre pairs.

    Au-delà de ces persistants effets de forclusion intellectuelle, il est urgent de s’interroger aussi sur ce qui en constitue le terreau : la division sexuelle du travail intellectuel et la reproduction sociale d’une élite dont les déterminations en termes de genre ne sont pas le seul impensé. L’entre-soi des philosophes, comme le pré carré de leur bibliothèque, a un sexe, une classe, une couleur. Combien sommes-nous de filles et fils de prolétaires, combien de « Noir·e·s », « d’Arabes », combien de descendant·e·s de la colonisation, combien sommes-nous issu·e·s de l’histoire des migrations ? Aujourd’hui, la reproduction sociale n’aura jamais été aussi totale dans les Grandes Ecoles dont sont issu·e·s la plupart des philosophes. En marge, dans les universités les plus paupérisées, l’enseignement de la philosophie peine à ne pas être dilué dans des parcours « découverte ». Ce qui se joue à marche forcée, c’est la transformation de la philosophie en un produit de luxe, permettant à quelques happy few de continuer à croire que leurs conditions matérielles d’existence se confondent avec l’Universel. Pointer le solipsisme masculin, au moment même où les réformes universitaires n’en finissent pas de menacer notre discipline, nous oblige à objectiver tous les privilèges qui s’érigent en dogmes et participent d’un régime disciplinaire du savoir philosophique et de ses productions. Par contraste, il s’agit de mettre en lumière d’autres points de vue, d’autres perspectives depuis lesquelles nous philosophons : témoigner de la richesse des œuvres et des manières de faire de la philosophie qui ont permis, depuis des années, de renouveler la recherche, de réformer les pédagogies, de décentrer, décloisonner les corpus que nous partageons avec nos étudiant·e·s.

    Au-delà de cette tribune, première en son genre en France, nous appelons à des assises des femmes philosophes afin de réfléchir et d’œuvrer ensemble à l’égalité.


  • #Gaston_Bachelard : « Une armoire, il faut qu’elle soit vieille... Il n’y a pas de mystère sans cachotterie, d’où le tiroir »
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/gaston-bachelard-une-armoire-il-faut-quelle-soit-vieille-il-ny-a-pas-d

    De La poétique de l’espace, livre de philosophie un peu fantaisiste, qui n’entendait rien démontrer, comme il le présentait dans l’émission que nous allons entendre, Gaston Bachelard disait :

    « Nous voulons examiner des images bien simples, les images de l’espace heureux. L’espace saisi par l’imagination ne peut rester l’espace indifférent livré à la mesure et à la réflexion du géomètre. Il est vécu. Et il est vécu, non pas dans sa positivité, mais avec toutes les partialités de l’imagination. Sans cesse l’imagination imagine et s’enrichit de nouvelles images. C’est cette richesse d’être imaginé que nous voudrions explorer. »

    #philosophie



  • Je découvre un #podcast complètement barré sur la #littérature et la #philosophie, Comme en passant. Par exemple dans cet épisode, qui clôt une série autour des #monstres, Gilles Deleuze, Michel Foucault et d’autres participent au podcast et dialoguent avec son producteur.
    https://commeenpassant.fr/monstrueux-phenomene-de-bordure

    - Et d’abord, pourquoi vous rappliquez tous là aujourd’hui ? (...) Michel, pourquoi t’es là ?
    – J’aimerais vous interroger un peu sur le mot pourquoi.
    – Bon, joue pas au plus con, parce que tu sais très bien que tu vas perdre.

    https://audio.ausha.co/brQGF5KpG1vy.mp3

    #audio


  • Intervention de l’April dans le Master I2L le 12 octobre 2018
    https://www.april.org/intervention-de-l-april-dans-le-master-i2l-le-12-octobre-2018

    Début : 12 Octobre 2018 - 09:00Fin : 12 Octobre 2018 - 16:00

    François Poulain, administrateur de l’April, interviendra le 12 octobre 2018 à l’université de Calais dans le cadre du Master I2L (Ingénierie du Logiciel Libre) sur le thème : « Logiciel libre : droit d’auteur, #Licences, communautés et enjeux de société ». La matinée est consacrée principalement à la présentation des concepts du droit d’auteur, du logiciel libre, et de son histoire au travers du projet GNU. L’après-midi est consacré à des questions autour des communautés du libre, de l’activité de l’April, et plus largement des enjeux du présent et du futur. Pour en savoir plus sur ce master vous pouvez vous rendre sur le site de l’université du Littoral. Voyez également notre page consacrée aux (...)

    #Le_Logiciel_Libre #L'association #Philosophie_GNU


  • La « démocratie illibérale », une notion trompeuse | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/031018/la-democratie-illiberale-une-notion-trompeuse?onglet=full

    La généalogie d’une notion

    Dans les sphères intellectuelle et médiatique, cela fait deux décennies que le terme de « démocratie illibérale » est de plus en plus employé, notamment depuis la parution d’un article de la revue Foreign Affairs en 1997. Son auteur, le journaliste américain Fareed Zakaria, qualifiait déjà la démocratie illibérale d’« industrie en croissance ». Il prenait acte de la prolifération de dirigeants démocratiquement élus, mais bafouant allègrement les droits fondamentaux des citoyens, autant que les limites juridiques posées à l’empire de la puissance publique. « La démocratie est florissante, le constitutionnalisme libéral ne l’est pas », résumait-il.

    Une démocratie qui ne protège pas contre la tyrannie d’un chef, d’un groupe ou même d’une majorité, mérite-t-elle encore ce nom ? On peut en douter, et c’est pourquoi certains auteurs se sont élevés contre la notion de démocratie illibérale, qu’ils décrivent comme un oxymore. Pour l’économiste hongrois János Kornai, la formule n’aurait pas plus de sens que celle d’un « pape athée ». Pour le philosophe allemand Jan-Werner Müller, son emploi néglige que les attaques contre le pluralisme des médias ou l’indépendance de la justice reviennent à saper les fondements mêmes d’une démocratie effective. Dans un récent entretien, le philosophe néerlandais Luuk Van Middelaar suggère le terme plus cru d’« autocratie électorale » pour qualifier le régime hongrois (et l’on pourrait émettre une remarque similaire à l’égard de la Turquie).

    Même en acceptant cette « théorie de la démocratie “réduite” », selon l’expression du philosophe André Tosel, la notion de démocratie illibérale reste problématique. Pour que ladite procédure de sélection ne soit pas biaisée, elle exige des conditions qui sont précisément celles auxquelles s’attaquent les promoteurs assumés de la démocratie illibérale. Autrement dit, à supposer que la démocratie réellement existante se ramène à un marché sur lequel s’affrontent des entrepreneurs politiques, encore faut-il que la concurrence soit « libre et non faussée » – ce qui implique une presse libre et indépendante, l’absence de contrainte sur les électeurs, et la possibilité pour des opposants de s’organiser et de disposer d’un accès minimal à des ressources économiques et médiatiques.

    Quoique non dénuée de signification, la notion de démocratie illibérale est donc trompeuse dans le débat public actuel. D’une part, elle risque de faire passer pour une variante de démocratie ce qui n’en est qu’une forme altérée, marquée par une involution autoritaire. D’autre part, elle est inadaptée à la diversité des mécanismes de « dé-démocratisation » à l’œuvre dans le pays censé l’incarner, à savoir la Hongrie. Enfin, elle est utilisée dans une construction rhétorique binaire, supposant que les démocraties libérales classiques sont préservées de la dégénérescence observée chez les autres.

    Or, de plus en plus de travaux soulignent la fragilité des démocraties dites « consolidées » (en référence à leur qualité et à leur ancienneté). Inédite, cette fragilité pourrait être plus préoccupante que celle des pays récemment démocratisés, laquelle pour le coup ne constitue pas une surprise.

    Certains spécialistes des enquêtes-valeurs menées à travers le monde ont ainsi pointé un déclin du soutien exprimé par les citoyens à la démocratie comme régime. Il existe une controverse sur la réalité et surtout le caractère structurel de ce déclin, qui ne pourra être confirmé qu’avec le temps. Mais Roberto Foa et Yascha Mounk insistent pour pointer une « tendance à s’ouvrir à des alternatives non démocratiques, spécialement forte parmi les citoyens qui sont à la fois jeunes et riches ». Mobilisant également des baromètres sur la qualité de la démocratie, ils signalent sa dégradation dans une écrasante majorité des démocraties occidentales par rapport aux décennies 1990 et 2000.

    En rapport avec ces indicateurs, on peut remarquer que la soustraction de pans entiers de l’action publique à l’influence des électeurs a progressé ces dernières années, notamment dans l’Union européenne. L’inscription dans le marbre de la participation au marché mondial et de l’austérité publique semble bien avoir dessiné une sorte de « domaine réservé ». Hors de portée des citoyens ordinaires, ce dernier profite à certains intérêts plutôt qu’à d’autres, avec toujours les mêmes dans le rôle des gagnants et des perdants. Même dans sa définition minimale, la démocratie perd alors beaucoup de sa substance, dans la mesure où le pluralisme partisan n’a plus guère d’incidence dans des décisions majeures pour nos conditions d’existence.

    #Philosophie_politique #Démocratie


    • Rick Roderick on Marcuse - One-Dimensional Man [full length] | 45 Min.

      https://www.youtube.com/watch?v=WNAKr1TQ0xc

      This video is 4th in the 8-part video lecture series, The Self Under Siege: Philosophy in the Twentieth Century (1993). Lecture Notes:

      I. Marcuse became a pop figure, the philosopher of the 60s. He expressed a key contradiction in modernity. Modernity is “enlightenment”, the end of myth and dogma, the power of reason; but it is also the rise of technology, capitalism, specialization, instrumental reason and the return of myth and dogma. The enlightenment built an intellect powerful enough to surrendering dogmatically before the powers of technology. This is the “Dialectic of Enlightenment” as analyzed by Herxheimer and Adorno and popularized by Marcuse. II. Instrumental rationality, information-based individual reason, leads to irrational outcomes. Individual monologic rationality is not rational in the totality of overall system. How did the force of the love of reason become itself unreasonable? The self cannot escape siege under the sway of instrumental reason alone, it drains the world of meaning and leads to the entwinement of myth and enlightenment. The film “Dr. Strangelove” is one long example of the contradictions outlined by Marcuse. III. Instrumental reason is the product of a one-dimensional society that produces one-dimensional human beings. Marcuse criticizes our society along at least two dimensions. First, the inner dimension: anxiety, despair, nausea and a massive industry in drugs to deal with these pathologies. A society of addicts. Second, the outer social world: alienation (separation from the subject and the object and the self in Marx’s sense); rationalization (bureaucracy and technical action in Weber’s sense). These produce a one-dimensional culture or banality which reduces human suffering and human desire to trivia and image.

      IV. Such humans have by now become deeply skeptical and cynical about almost everything; in particular, the government and the culture industry. Beyond that, we are becoming skeptical about our history, our meaning, our purpose and the general fate of the species.

      V. Marcuse’s method of criticism is called internal critique which measures a society against its own historically accumulated concepts and ideals in order to point out the gap between the actual social practices and the principles.

      VI. Marcuse also never lost faith in the human species to reconstruct itself, to begin anew. This hope of liberation transcended the field of economics and standard Marxism, as well as the achievements of the so-called free and democratic world of today. He also rested his hope in the possibility of that the self could be won against the odds. Today, unfortunately, this view will seem to many quaint.

      For more information, see http://www.rickroderick.org

    • #lumières #raison #rationalité #séparation #addiction #aliénation #banalisation #complexité #démocratie #désillusion

      –-------------------------

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

      #Herbert_Marcuse, né le 19 juillet 1898 à Berlin et mort le 29 juillet 1979 à Starnberg (Bavière), est un philosophe, sociologue marxiste, américain d’origine allemande, membre de l’École de Francfort avec Theodor Adorno et Max Horkheimer.

      [...]

      Il est notamment l’auteur et de L’Homme unidimensionnel (1964), qui veut démontrer le caractère inégalitaire et totalitaire du capitalisme des « Trente Glorieuses ». Ces affirmations lui valurent des critiques, notamment celle qui proclamerait la tolérance envers toutes les opinions sauf les opinions « qui perpétuent la servitude », malmènent l’autonomie au profit du statu quo répressif et protègent « la machine de discrimination qui est déjà en service »4. Pour Marcuse, la tolérance envers des idées qui servent le système de domination et d’oppression est une dénaturation du concept de tolérance : Marcuse oppose la vraie tolérance, qui est nécessairement émancipatrice, à une perversion opportuniste de l’idée de tolérance, qu’il qualifie de « tolérance répressive ». Selon Marcuse, c’est la « tolérance répressive » qui a autorisé la prise du pouvoir par le parti nazi en Allemagne5. Pour Marcuse, « une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté – la non-liberté efficace, lisse, raisonnable qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même ».

      [...]


  • Avec tous les autres
    https://laviedesidees.fr/spip.php?article4172

    La transformation du monde passe par la transformation de soi. L’éthique de la considération, selon C. Pelluchon, doit nous permettre de relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, afin qu’à nouveau nous puissions vivre avec les autres êtres, quels qu’ils soient.

    #Recensions

    / #éthique, #morale, #care, #animaux, #philosophie_morale

    • La transformation du monde passe par la transformation de soi.

      Elle, je pense qu’elle va finir par m’énerver. Ça a commencé quand les camarades qui m’ont maltraitée l’ont invitée à parler de l’éthique de la vulnérabilité, comme si les mots ne voulaient rien dire et qu’on pouvait se branler la nouille en écoutant des philosophes tout en exploitant des camarades femelles vulnérables à côté. J’en ai marre. Autant j’aime la morale, autant celle-ci est vraiment trop tournée vers l’individu.

      Cependant le texte ne se réfère pas explicitement à ce qui fait obstacle dans les interrelations sociales ou les techniques de gouvernement, il reste axé sur l’élaboration de la transformation du rapport à soi : quid de la violence sociale issue de visions stéréotypées du monde versus l’humilité comme méthode, quid de l’éducation frustre versus l’idéal rousseauiste d’éducation (p. 195-203), quid de la dispersion futile du soi versus la capacité à cultiver l’attention. Tous ces seconds termes sont développés comme des nécessités pour la considération. Les obstacles, dont la portée serait plus proprement politique, restent en creux au profit d’une mise en avant de l’éthique.

      Manière de dire que c’est un chouïa dépolitisé, comme réflexion ?

      il sera épineux pour des non-philosophes de s’approprier ce travail malgré la nécessité politique qu’il le soit.

      Pas sûre qu’il soit si nécessaire que ce travail sorte de l’université...


  • Avec tous les autres
    http://www.laviedesidees.fr/Avec-tous-les-autres.html

    La transformation du monde passe par la transformation de soi. L’éthique de la considération, selon C. Pelluchon, doit nous permettre de relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, afin qu’à nouveau nous puissions vivre avec les autres êtres, quels qu’ils soient.

    #Recensions

    / #éthique, #morale, #care, #animaux, #philosophie_morale




  • La {polis} grecque et la création de la démocratie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?916-la-polis-grecque-et-la-creation

    Texte extrait d’une #Conférence prononcée le 15 avril 1982 à New York lors d’un symposium « Sur les origines de nos institutions », faisant partie des Hannah Arendt Memorial Symposia in Political Philosophy organisés par la New School for Social Research. L’original anglais a été publié en autonme 1983 par le Graduate Faculty Philosophy Journal de la New York School (vol. IX, n° 2). La présente traduction est due à Pierre-Emmanuel Dauzat ; elle a été revue par l’auteur. Elle omet une première partie (...)

    #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création

    / Castoriadis C., #Histoire, #Philosophie, #Politique, Antiquité, Conférence, #Démocratie_directe, #Création_sociale-historique, #Grèce, (...)

    #Castoriadis_C. #Antiquité #Assemblée




  • La polis grecque et la création de la démocratie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/916-la-polis-grecque-et-la-creation

    Texte extrait d’une conférence prononcée le 15 avril 1982 à New York lors d’un symposium « Sur les origines de nos institutions », faisant partie des Hannah Arendt Memorial Symposia in Political Philosophy organisés par la New School for Social Research. L’original anglais a été publié en autonme 1983 par le Graduate Faculty Philosophy Journal de la New York School (vol. IX, n° 2). La présente traduction est due à Pierre-Emmanuel Dauzat ; elle a été revue par l’auteur. Elle omet une première partie (...)

    Apports théoriques : Imaginaire, culture, création

    / Castoriadis C. , Histoire , Philosophie , Politique , Antiquité , Conférence , Démocratie directe , Création sociale-historique , Grèce , (...)

    #Apports_théoriques_:_Imaginaire,_culture,_création
    #Castoriadis_C.
    #Histoire
    #Philosophie
    #Politique
    #Antiquité
    #Conférence
    #Démocratie_directe
    #Création_sociale-historique
    #Grèce
    #Assemblée


  • Contre la Gauche du Capital
    https://www.youtube.com/watch?v=vrfwanUmoAU

    Un peu embêtant comme il parle, mais assez courte vidéo de vulgarisation de la critique de la valeur.

    L’idée de révolution semble s’être dissoute en l’air, de même que toute critique radicale du capitalisme. Bien sûr, on admet généralement qu’il y aurait de nombreux détails à changer dans l’ordre du monde. Mais sortir du capitalisme tout court ? Et pour le remplacer par quoi ? Qui pose cette question risque de passer soit pour un nostalgique des totalitarismes du passé, soit pour un rêveur naïf. Mais au regard de notre situation écologique et sociale il est bien nécessaire de porter une critique radicale du capitalisme, de mettre à nu son caractère destructeur, et en même temps historiquement limité.

    #capitalisme #critique_de_la_valeur #wertkritik #crise #économie #philosophie #gauche

    Beaucoup d’autres vidéos de vulga philosophico libertaire.

    Conquérir notre autonomie
    https://www.youtube.com/watch?v=BXv4Txr9CYU


  • Allocution de la philosophe #Kathleen_Stock à Brighton
    https://tradfem.wordpress.com/2018/07/23/allocution-de-la-philosophe-kathleen-stock-a-brighton

    La philosophe britannique Kathleen Stock s’est adressée il y a quelques jours à un auditoire réuni à Brighton par l’organisation féministe A Woman’s Place UK pour discuter des droits des femmes et des transfemmes. Elle nous a accordé la permission de traduire et afficher ses propos, qualifiés d’inacceptables par un lobby qui a cherché à empêcher par des pressions et du piquetage la tenue de cette conférence. Jugez-en, et veuillez diffuser ce texte dans votre réseau si vous en aimez la qualité.
    On trouvera plus bas une entrevue de Mme Stock accordée à un journal local.

    Bonjour à toutes et à tous.

    Je suis universitaire à l’Université du Sussex, au département de philosophie.

    L’un de nos domaines est celui de la philosophie politique, le fait de discuter de ce qui est juste ou injuste dans les conventions sociales et politiques, y compris les lois. Avoir des opinions, mais aussi soutenir ces opinions avec des arguments rationnels.

    Au cours des derniers mois, j’ai décidé de faire un peu de philosophie politique publique. J’ai commencé à écrire sur les problèmes que posent des changements proposés à la Loi sur la reconnaissance de l’identité sexuelle, et sur leur interaction avec la Loi sur les égalités.

    J’ai affiché une série d’essais sur la plate-forme Medium, qui se trouve facilement en cherchant mon nom et le mot «  Medium  », ou en cliquant sur le tweet épinglé en haut de mon fil Twitter. J’ai aussi écrit un certain nombre de textes pour le journal The Economist, qui sont aussi épinglés sur mes pages Internet.

    J’énonce clairement dans mes écrits que j’appuie entièrement les droits des personnes trans à vivre sans subir de violence, de discrimination ou de haine.

    Je tiens également à faire la distinction entre les transactivistes et les personnes transgenres.

    Par «  transactivistes  », je désigne des organisations comme Stonewall, Gendered Intelligence, etc., qui sont socialement très visibles, politiquement puissantes et ont beaucoup d’argent. Elles ont un message politique central, assez simpliste. Elles promeuvent agressivement le mantra «  les transfemmes sont des femmes  », qui signifie apparemment pour elles «  littéralement des femmes, dans tous les sens possibles  », et elles sont partisanes du critère d’auto-identification. Il est important de noter que ce ne sont pas toutes les personnes trans qui sont d’accord avec ces organisations ou considèrent qu’elles parlent en leur nom.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://medium.com/@kathleenstock/notes-for-my-talk-to-a-womans-place-uk-brighton-17th-july-2018-f1b607414119 et https://medium.com/@kathleenstock/full-text-of-interview-with-brighton-argus-45a23acfe92e

    #transfemme #genre #allocution #discrimination #débat #philosophie


  • #Kathleen_Stock : Ce que je crois (et ne crois pas) à propos du sexe et du genre
    https://tradfem.wordpress.com/2018/07/22/ce-que-je-crois-et-ne-crois-pas-a-propos-du-sexe-et-du-genre

    On me demande aussi, plus généralement, ce que veut dire être une femme selon moi. Je suis assez certaine que ce n’est pas un sentiment subjectif, ou un ensemble de préférences et de comportements «  féminisés  ». Je n’ai pas particulièrement l’impression d’être une femme, et la plupart de mes préférences et de mes comportements ne sont absolument pas féminisés. Je suis néanmoins une femme. Pour le reste, j’y réfléchis encore. Je regrette beaucoup le caractère restreint des choix offerts par la littérature savante. Les philosophes qui, dans d’autres contextes, sont très créatifs dans leur théorisation de questions ontologiques tendent dans ce domaine à énoncer dogmatiquement des mantras plutôt simplistes, sans doute en partie par crainte des critiques. (De fait, il n’est pas clair que tout autre type d’assertion serait publiée.)

    Voici une liste de choses dont je suis par contre plus certaine. Je crois que les échanges d’ordre philosophique et éthique perdent au change si on en omet des enjeux comme ceux-ci. Les propos qui suivent ne s’adressent donc pas aux personnes déjà engagées dans le débat : celles qui adoptent la position critique du genre, ou celles qui sont «  pro-trans  » (ce qui est déjà une fausse dichotomie, au moins sur le plan théorique). Contrairement à nous, ces personnes réfléchissent déjà à tout cela. Ces phrases s’adressent plutôt à mes collègues philosophes, dans une tentative de souligner certains éléments qui semblent évidemment pertinents à tout point de vue adopté sur l’identité sexuelle ou les questions appliquées connexes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://medium.com/@kathleenstock/what-i-believe-about-sex-and-gender-and-what-i-dont-15da1cba88c6

    _Kathleen Stock enseigne la philosophie à l’Université du Sussex. Ses essais brisent un silence qu’elle déplore au sein de cette communauté concernant les enjeux associés aux revendications transgenristes. Elle subit présentement une cabale du lobby trans : piquetage de ses cours, diffamations diverses, revendication qu’elle soit congédiée, etc. On peut lire d’autres textes (ici et en cours de traduction) détaillant sa position sur le site medium.com/@kathleenstock et s’abonner à son fil Twitter : https://twitter.com/Docstockk._

    #transfemme #philosophie #LGBT #misogynie

    • #femmes
      Comment avoir du recul en toutes choses.

      [...] le vice n’a point pour mère la science,
      Et la vertu n’est pas fille de l’ignorance.

      Théodore Agrippa d’Aubigné (Baudelaire a placé cette citation en exergue des Fleurs du Mal)

    • C’est un texte très intéressant. D’abord il condamne les comportements grégaire des féministes « pro-trans » (je déteste cette expression et j’ai l’impression que l’autrice la manie aussi avec des pincettes) :
      –stigmatisation des discours autres sous prétexte de « transphobie »,
      –refus de se poser des questions et d’avancer ensemble (y compris chez les intellectuelles, sensibles à une certaine intimidation, ce qui commence à devenir inquiétant),
      –priorisation systématique des personnes trans sur les femmes cis (peut-être de la part de la presse parce que c’est plus exotique mais de la part des militantes c’est pour des raisons plus fines que dans le texte dont des vécus trans dont certains sont plus douloureux que la plupart des vécus des femmes cis, une empathie supérieure à celle que les hommes leur rendent, probablement l’envie de se montrer super open dans un contexte de ringardisation du féminisme, etc.)

      Tout ça, je l’ai vécu dans la sphère féministe où j’ai évolué et j’aimerais dire comme l’autrice : discutons-en, faisons avancer les arguments, la vindicte ne sert à rien qu’à faire briller vos ego (« je suis trop la féministe cool de la 3e vague, les autres sont des réacs intolérantes ! »).

      Les problèmes qu’elle note :

      –l’individualisation du genre

      les modifications proposées à la Loi britannique sur la reconnaissance de l’identité sexuelle permettront aux hommes biologiques d’être légalement reconnus comme des femmes sans aucune confirmation médicale ou psychologique de la part d’organismes professionnels. Ils pourront simplement «  s’autodéclarer  ». Ils seront capables de le faire sans les moindres i) intervention chirurgicale ou prise d’hormones  ; ii) modification de tenue  ; iii) période concrète et explicite de «  vie en tant que femme  »  ; la loi ne couvrira plus ces questions.

      Être femme étant un fait social, il semble compliqué qu’on puisse l’être dans son coin... On passe d’un contrôle violent des personnes trans (psychiatrisation, obligation d’opération et d’appropriation de stéréotypes de genre) à une absence de regard social (alias : fête du slip). Ne pas être perçue comme une femme dans l’espace social (parce qu’on a des caractères externes perçus comme masculins sans l’ombre d’un doute, parce qu’on s’habille comme s’habillent les hommes, etc.), c’est ne pas avoir l’expérience de vie d’une femme, c’est ne pas être une femme.

      Il y a entre les deux tout un monde plus respectueux des personnes trans et de l’intelligence de ce qui fait une femme. Par exemple : j’ai une copine pas opérée, pas psychiatrisée, qui ne passe pas super bien parce qu’elle est grande et qu’elle a la mâchoire carrée mais elle prend assez d’hormones pour ne pas avoir le menton noirci de barbe en train de repousser (et accessoirement pour ne pas pouvoir violer) et elle ne s’habille pas comme un gars, je vois donc en elle une femme parce qu’elle ne donne à personne la possibilité de voir en elle un homme et qu’elle ne profite pas du privilège masculin cis.

      Historiquement, les «  espaces réservés aux femmes  » ont été créés en présupposant que les femmes (comme on les définissait alors) étaient vulnérables à la violence des hommes biologiques (les personnes ayant un pénis, des testicules et une force largement supérieure) qui éprouvaient envers les femmes biologiques un intérêt sexuel ou autre.

      Comme je l’ai dit plein de fois, j’ai vu un bonhomme (jouant pour des raisons que j’ignore la comédie de se dire femme tout en se présentant au reste du monde comme un homme et en continuant de jouir des privilèges associés à cette position) draguer des meufs dans un espace safe comme celui-ci où il avait été reçu par complaisance envers son auto-identification. Draguer des femmes dans un espace non-mixte qui accueille des femmes victimes de violences... c’est une agression, on n’est pas en boîte de nuit et il s’est fait virer direct. Je serais les copines qui l’ont accueilli, je me poserais des questions pour la suite.

      Il semble manquer de données de qualité, issues de sources fiables, pour nous aider à comprendre comment les intérêts des femmes non trans et ceux des transfemmes pourraient ou non se concurrencer, ou interagir autrement, en termes réels.

      Ici l’autrice demande qu’on prenne la question au sérieux pour sortir du genre d’argument qui tient à une anecdote comme celle que je viens de vous raconter ;-).

      Elle parle aussi de temps de parole supérieur pour les trans et cite le fait que le Parti travailliste compte faire passer les transfemmes dans les quotas de femmes (ça tombe bien, on sait que le corps politique ne veut pas trop de femmes), que 300 femmes ont démissionné pour dire leur opposition et que cela a été l’occasion d’une super teuf organisée par la nouvelle responsable des questions qui regardent les femmes au Parti, une meuf trans de 19 ans (à qui ses trois ou quatre années de socialisation féminine doivent donner un super recul pour comprendre les problèmes auxquels sont confrontées les femmes). Julia Serrano, activiste trans, raconte que les femmes trans sont beaucoup assertives et confiantes en elles que les femmes cis (mais elle n’en tire aucune conclusion, sinon qu’à titre perso elle préfère les femmes trans), elles sont donc susceptibles de prendre beaucoup de place dans le mouvement des femmes, d’autant plus si les cis se flagellent en prétendant les dominer de leur privilège cis.

      Il existe diverses motivations pour se déclarer transfemme et vivre en tant que telle. L’une d’entre elles est ce qu’on appelle la dysphorie de genre, la sensation extrêmement forte et pénible de vivre dans le «  mauvais  » corps. (...) Un autre motif qui a longtemps été communément cité est l’«  autogynéphilie  ».

      Lien vers http://alicedreger.com/autogyn.

      Certaines de ces transfemmes se définissent comme «  lesbiennes  ». (...) Dans les communautés lesbiennes, certaines jeunes lesbiennes ressentent une pression sociale et morale à considérer les transfemmes qui ont conservé pénis et testicules comme d’éventuelles partenaires sexuelles.

      Pression sociale sur la sexualité, encore un truc super sympa !

      Je trouve que la présence disproportionnellement visible des personnes transgenres et celle de transfemmes particulièrement bruyantes dans le mouvement LGBT a pour effet de détourner de façon misogyne l’attention et les fonds des problèmes et des préoccupations des lesbiennes et des bisexuelles de la communauté.

      Avant, c’était autre chose qui détournait l’attention des problèmes des lesbiennes et des bies... Sauf qu’aujourd’hui, beaucoup d’entre elles trouvent normal de s’effacer et se flagellent d’avoir des privilèges cis (qui sont assez douteux)

      Toutes les transfemmes n’ont pas les mêmes opinions. (Je sais que cela ne devrait pas être une surprise, mais ça l’est apparemment  !).

      Le mot «  TERF  » est une insulte utilisée par les gens du «  lobby pro-trans  » pour agresser la position critique du genre. (...) Il est malheureux que cette expression soit parfois reprise de façon non critique

      Les philosophes ont un ensemble unique de compétences pour négocier ce terrain complexe. Elles et ils ne le feront pas de manière satisfaisante en partant du postulat que la position critique du genre est moralement répugnante. Ils ne le feront pas non plus s’ils ignorent largement, ou s’ils ne font que reconnaître du bout des lèvres la réalité matérielle, pour la moitié de la population humaine, créée par une transformation du concept public culturel et juridique du statut de femme.


  • A (Precht-Kritik) - DaybyDay ISSN 1860-2967
    http://daybyday.press/article6315.html


    David Precht signiert Bücher Lizenz: CC-BY-SA https://www.flickr.com/photos/re-publica

    Question

    „In der Geschichte der Menschheit diente die Kultur dem Leben und die Technik dem Überleben. Heute bestimmt die Technik unser Leben, aber welche Kultur sichert unser Überleben?“

    Réponse 2

    RockyMusic - Rocky Horror Picture Show (Transcript)
    http://www.rockymusic.org/showdoc/rhps-transcript.php


    Susan Sarandon screenshot CC-BY-NC https://www.flickr.com/photos/thomashawk

    Brad: I’ve done a lot; God knows I’ve tried
    To find the truth. I’ve even lied.
    But all I know is down inside I’m

    All: Bleeding...

    Janet: And super heroes come to the feast
    To taste the flesh not yet deceased.
    And all I know is still the beast is

    All: Feeding...
    Ahh, ahh...

    Narrator: And crawling on the planet’s face
    Some insects, called the human race...
    Lost in time, and lost in space,
    And meaning.

    All: Meaning.

    Réponse 2

    Auguste Blanqui - Œuvre
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Blanqui#%C5%92uvre

    Blanqui s’apparente au socialisme dit « métaphysique ». Dans son ouvrage L’Éternité par les astres (1872), élaboré, il est vrai, sur la fin de sa vie, alors qu’il subit une fois de plus la prison, il expose que la combinaison d’atomes dont nous résultons se reproduit un nombre infini de fois (dans l’infinité de l’espace et du temps), de sorte que chacun de nous a une infinité de sosies.

    #philosophie #socialisme #cinéma #éternité

    • @nepthys Effectivement, son raisonnement n’arrive au niveau de l’héroïsme dont Blanqui a fait preuve pendant toute sa vie. Pourtant l’absurdité de ses théories ne trouve d’égale que dans les affirmations scientifiques de neurologues moderne en quête de fonds de recherche. Somme toute dans le cadre de cette comparaison Blanqui reste vainqueur à cause de sa beauté romantique ;-)

      Lost in time, and lost in space and meaning.

      La question initiale nous interroge sur notre opinion par rapport aux qualités culturelles qui assureront notre survie. Le crois qu’une petite dose de romantisme a de fortes chances de nous préserver de la désolation face au forces surpuissantes de l’histoire .

      Enfin une phrase sur Spengler : Son spectre hante l’Europe incapable de s’yopposer. Le projet européeen conçu par la mésalliance Schäuble/Mittérand (je ne mentionne pas le nom du chancelier allemand de l’époque, cette figure de proue d’un navire dirigé par d’autres marins mieux qualifiés) est le sien. La droite allemande a perdu sa raison d’être face à la modernisation technologique et structurelle et rumine ses idées farfelues pour justifier sa propre existence.

      Blanqui gagne aisément contre Spengler aussi, l’affiche de la Commune de Paris en témoigne.

    • Mais comment opposer culture et technique ?

      Postulons que la culture est
      1. la production d’artefacts,
      2. les artefacts eux-mêmes (l’art),
      3. leur mémoire et sa transmission
      afin de répondre à un besoin de lecture symbolique du monde. La technique serait la production d’artefacts et de systèmes afin de répondre à un besoin pratique d’amélioration de nos conditions de vie.

      L’art, l’artisanat sont de nature technique puisque leur finalité est au départ d’ordre pratique : répondre (par un travail physique sur la matière) à un besoin (ajouter une valeur esthétique ou une dimension signifiante) à des objets, lieux, rites du quotidien. Ces artefacts n’atteindront d’ailleurs leur charge symbolique maximale qu’après être passés par le canal de la mémoire et de la transmission (j’oubliais : aujourd’hui aussi du marché) puisqu’ils seront alors unanimement reconnus comme éléments de culture.

      Si, comme (l’ingénieur) Robert Musil (L’homme sans qualités, 1930-33), on voit les pensées et les entreprises humaines comme des démarches de concrétisation de possibilités (plutôt que des réalités, cf. : « wenn es Wirklichkeitssinn gibt, muss es auch Möglichkeitssinn geben »), technique et culture tendent toutes deux à réaliser le possible, elles innovent : je vais construire le plus grand pont du monde, je vais révolutionner la manière de représenter la lumière en peinture, ou, à la croisée des deux, je vais représenter la carte sensible d’un phénomène social particulier, etc. Cette perspective permet de s’exonérer de la valorisation arbitraire de ces productions (l’une serait bien, l’autre non, l’une serait mieux que l’autre), car autant dans la culture que dans la technique les humains cherchent, selon la même logique, à amender, embellir, rendre plus agréable, plus simple, plus vivable, etc. l’existant et leur existence.

      Technique et culture sont donc difficilement dissociables et se conjuguent d’ailleurs dans la notion de civilisation.

      Opposer culture et technique revient à dire que l’une ou l’autre aurait pu primer dans le passé. Une civilisation se serait plus ou moins construite selon une finalité d’utilité pratique ou d’utilité symbolique. C’est ce que Spengler (tu as raison, son spectre hante encore l’Europe) tentait de démontrer avec sa théorie du cours cyclique des cultures humaines qui voudrait que la culture occidentale périclite inexorablement dans sa phase finale faustienne, quand l’homme faustien, maître de la technique, cherche à être maître de sa vie.
      (Théorie difficilement tenable quand on considère ne serait-ce que la nature artificielle, donc culturelle, du fantasme même de l’homme faustien.)

      Or, de plus en plus aujourd’hui, il est question de la « fin de l’Occident », ou de l’Europe, ou de la civilisation chrétienne et cela fait écho aux anciens débats de la modernité sur l’opposition « technique+sciences dures optimiste » versus « esprit+sciences humaines pessimiste » (cf. C.P. Snow : Two Cultures (1959), beau sujet d’étude et de torture en cours de master d’histoire des sciences), débat qui a du mal à cacher sa préoccupation implicite, celle de la qualité potentiellement normative de l’un ou de l’autre. Donc : que disons-nous quand nous émettons cette crainte ?

      Tout ça pour dire, Klaus, que la question que tu poses est super complexe et qu’il faudrait prévoir une semaine de discussions enflammées sous un vieux platane quelque part dans les Cévennes entre plusieurs curieuses et curieux de tous horizons pour espérer y voir plus clair.

      N’est-il pas plus simple de se demander si le capitalisme se nourrit plus facilement des productions culturelles ou techniques et tend à favoriser l’une au détriment de l’autre ? Où l’on revient à Blanqui. Prévoir donc une semaine supplémentaire sous le vieux platane cévenol…