• [Info « Splann ! »] À Saint-Malo, des rues polluées au #cadmium et pas de communication au public
    ▻https://splann.org/saint-malo-pollution-cadmium

    « Splann ! » révèle des analyses montrant que les sols de plusieurs zones résidentielles de Saint-Malo (35) sont contaminés au cadmium. Ces données, qui n’ont pas été rendues publiques, devraient déclencher la mise en place rapide d’un plan de dépistage et d’évaluation de la #pollution de l’air par l’Agence régionale de santé. L’article [Info « Splann ! »] À Saint-Malo, des rues polluées au cadmium et pas de communication au public est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #air #ammoniac #azote #eau #engrais #environnement #ille-et-vilaine #industrie #particules_fines #phosphate #Roullier #saint_malo #Timac_Agro

  • Les ravages de nos engrais
    ▻https://www.off-investigation.fr/les-ravages-de-nos-engrais

    Les ravages de nos engrais | photographie d’illustration, crédits : pixel1 via Pixabay Des mines aux champs, de la Tunisie à la Bretagne, la chercheuse et journaliste Arianna Poletti #A enquêté sur les multiples conséquences environnementales, économiques et sociales de l’industrie des engrais. Interview. Arianna Poletti est une exception en son genre : mi-journaliste, mi-chercheuse et entièrement trilingue. Dans son ouvrage, Les Ravages des engrais (Payot, 2026) elle propose un voyage le long de la chaîne de production des engrais phosphatés, à l’intersection entre un reportage journalistique et un travail académique ultra-documenté. Off Investigation : Comment est venue l’idée d’enquêter sur les engrais […]Lire la suite : Les ravages de nos engrais

    #Économie #Environnement

  • OCP lève 1,5 milliard de dollars : et le #cadmium cancérogène du #phosphate dans tout ça ?
    ▻https://www.afrik.com/ocp-leve-1-5-milliard-de-dollars-et-le-cadmium-cancerogene-du-phosphate-dans-

    L’Office chérifien des phosphates vient de réussir une émission obligataire hybride de 1,5 milliard de dollars, une première africaine saluée par les marchés. Mais alors que la France s’alarme d’une « bombe sanitaire » liée au cadmium contenu dans les engrais phosphatés marocains, et que l’Afrique s’apprête à en recevoir des quantités massives, une question s’impose : les milliards levés serviront-ils à résoudre enfin le problème ?

    C’est un triomphe financier comme l’Afrique n’en avait encore jamais vu. Le 16 avril 2026, l’Office chérifien des phosphates (#OCP) a finalisé la toute première émission obligataire hybride en dollars jamais réalisée par un groupe africain sur les marchés internationaux. Montant : 1,5 milliard de dollars, avec un carnet d’ordres couvert 4,6 fois et la participation de 176 investisseurs dans 23 pays. BNP Paribas, Citi et JP Morgan ont arrangé l’opération. Mostafa Terrab, PDG du groupe, peut se félicitercar l’OCP est désormais un émetteur de premier rang sur la scène financière mondiale.

    Cette levée s’inscrit dans un vaste programme d’investissement vert évalué à 13 milliards de dollars sur la période 2023-2027. L’OCP ambitionne 100 % d’énergies propres d’ici 2027, la neutralité carbone à l’horizon 2040, et une capacité de production d’engrais portée de 12 à 20 millions de tonnes annuelles. Le monde entier applaudit. Mais une question, singulièrement absente des communiqués de presse et des analyses financières, mérite pourtant d’être posée : ces milliards vont-ils permettre à l’OCP de s’attaquer sérieusement au cadmium ?

    La #France un malade sous cloche et l’#Afrique sous engrais
    Au printemps 2025, la France a découvert avec stupeur l’ampleur de sa contamination au cadmium. La Conférence nationale des médecins libéraux puis un rapport parlementaire ont tiré la sonnette d’alarme en qualifiant la situation de « bombe sanitaire ». Les dernières données disponibles dressent un tableau alarmant. La dernière étude nationale de biosurveillance ESTEBAN, menée entre 2014 et 2016 et publiée par Santé publique France en 2021, révèle que près de la moitié de la population de 18 à 60 ans dépassait déjà le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines. En mars 2026, l’ANSES a franchi un pas supplémentaire : en modélisant l’accumulation du cadmium dans l’organisme tout au long de la vie à partir des données d’exposition actuelles, l’agence confirme une « imprégnation forte et croissante » et conclut qu’une part significative de la population française dépasse les valeurs sanitaires de référence.

    Faute de nouvelle campagne de mesures biologiques sur le terrain depuis 2016, c’est cette modélisation qui constitue l’état de l’art. Les enfants français présentent des taux quatre fois supérieurs à ceux des enfants américains ou allemands. Conséquence directe, en 2023, la France a recensé près de 16 000 nouveaux cas de cancers du pancréas, un type de cancer pour lequel le cadmium est identifié comme facteur de risque certain par le Centre international de recherche sur le cancer.

    La source principale de cette contamination est connue depuis des années : les engrais phosphatés épandus sur les terres agricoles, responsables selon l’INRAE de 60 % à 75 % des entrées de cadmium dans les sols. Et la France importe 95 % de ses phosphates, principalement du Maroc. Et les gisements marocains affichent des teneurs en cadmium comprises entre 38 et 100 mg par kilogramme de P₂O₅, là où les gisements finlandais, russes ou américains restent sous les 20 mg/kg. La teneur maximale autorisée en France est encore fixée à 60 mg/kg, bien que l’ANSES préconise depuis 2019 de l’abaisser à 20 mg/kg.

    Ce scandale, encore en gestation en Europe où les systèmes de biosurveillance sont développés, risque d’être bien plus grave en Afrique. Le continent qui s’apprête à recevoir des flux d’engrais marocains sans précédent ne dispose ni des capacités épidémiologiques pour mesurer l’impact sanitaire, ni des normes réglementaires pour s’en protéger. L’OCP revendiquait en 2025 douze filiales africaines, essentiellement en Afrique de l’Ouest, Bénin, Burkina Faso, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Nigeria — mais aussi à l’Est, en Éthiopie, au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et en Zambie. Et ce n’est qu’un début.

    L’AFD finance sans condition, l’OCP exporte sans contrainte
    La récente enquête du média écologiste Vert.eco a mis en lumière un paradoxe saisissant. Le 9 mai 2025, l’Agence française de développement (AFD) a signé l’un des plus gros prêts non souverains de son histoire avec l’OCP : 350 millions d’euros, officiellement destinés à fournir aux agriculteurs africains « des engrais verts produits de manière durable ». Problème, ni ce prêt, ni aucun accord de financement lié au programme d’investissement vert de l’OCP, ne contient la moindre clause, le moindre indicateur, la moindre conditionnalité portant sur la teneur en cadmium des engrais destinés au marché africain.

    LIRE AUSSI
    L’AFD finance l’exportation du cadmium en Afrique ?
    Les indicateurs de performance conditionnant les décaissements portent sur la décarbonation, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau. Le cadmium, absent. La Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (Farm), financée par l’AFD elle-même, avait pourtant publié une étude alarmante : les sols africains, acides et pauvres en matière organique, présentent des caractéristiques qui aggravent considérablement la migration du cadmium vers les plantes et la chaîne alimentaire. La France a délibérément ignoré ces alertes. En toile de fond, la réconciliation diplomatique entre Emmanuel Macron et Mohammed VI transformait ce prêt en instrument géopolitique autant qu’en outil de développement.

    OCP : une avancée réelle en Europe, un silence assourdissant pour l’Afrique
    Il serait inexact de présenter l’OCP comme un acteur immobile. Sur le marché européen, le groupe a réalisé des progrès substantiels, sous la pression réglementaire et commerciale. Depuis le 1er février 2025, l’intégralité des engrais commercialisés par OCP Nutricrops — sa filiale européenne, afficherait une teneur en cadmium inférieure à 20 mg/kg de P₂O₅. Un alignement réglementaire saluée par les milieux industriels et sanitaires.

    Pour y parvenir, l’OCP a investi plusieurs dizaines de millions d’euros dans des technologies de décadmiation développées en collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Parmi elles, un procédé de cocristallisation perfectionné depuis six ans, capable d’éliminer environ 70 % du cadmium dans l’acide phosphorique. En 2025, le groupe produisait déjà deux millions de tonnes d’engrais grâce à cette technologie, avec l’ambition d’atteindre trois millions de tonnes d’ici 2027. Une nouvelle unité en construction à Jorf Lasfar doit permettre de produire un million de tonnes supplémentaires d’engrais décadmiés d’ici fin 2026. Ce n’est pas rien.

    Mais la question cruciale demeure : ces technologies de décadmiation sont-elles déployées pour les marchés africains ? La réponse, à ce stade, est non. La Fondation Farm souligne que la décadmiation représente un surcoût d’environ 100 dollars par tonne de P₂O₅ et ce n’est pas une technologie expérimentale, c’est un choix industriel. Et ce choix, pour l’instant, l’OCP ne l’a fait que là où la réglementation l’y oblige : en Europe.

    1,5 milliard de dollars : et si c’était l’occasion ?
    C’est là que la levée de fonds du 16 avril 2026 prend une dimension particulièrement intéressante. Avec 1,5 milliard de dollars supplémentaires mobilisés auprès d’investisseurs institutionnels en quête de critères ESG solides, l’OCP dispose désormais des capacités financières pour étendre ses technologies de décadmiation à l’ensemble de ses marchés, y compris africains. Le groupe, détenu à 95 % par l’État marocain, dont il est le premier contributeur fiscal, n’a pas de problème d’argent. Il a un problème de volonté politique.

    Le programme d’investissement vert 2023-2027 valorise à raison les avancées en matière de décarbonation, d’énergie solaire, d’ammoniac vert et de dessalement. Mais le « vert » affiché dans les documents de l’OCP reste singulièrement muet sur le cadmium. Or, le coût de la décadmiation de 100 dollars par tonne de P₂O₅, est marginal par rapport aux investissements colossaux consentis par ailleurs. Pour un groupe qui réalise 113 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, la généralisation des techniques de décadmiation à l’ensemble de la production ne représente pas un obstacle financier. Elle représente un choix stratégique et éthique.

    Les 176 investisseurs institutionnels qui ont souscrit à cette émission hybride ont-ils posé la question du cadmium dans leurs due diligences ? Les agences de notation Moody’s et S&P, qui accordent à l’OCP un traitement favorable en considérant 50 % de l’instrument comme des capitaux propres, intègrent-elles dans leurs critères les risques sanitaires liés aux métaux lourds ? La question mérite d’être posée à une époque où la taxonomie verte européenne et les exigences de reporting extra-financier des investisseurs ne cessent de se durcir. Car un procès en responsabilité pour la progression du nombre de cancer n’est pas à sous-estimer.

    Un double standard qui dure trop longtemps
    La situation actuelle pourrait se résumer ainsi : l’OCP vend à l’Europe des #engrais #décadmiés parce que Bruxelles l’exige, et exporte vers l’Afrique des engrais #non_traités parce que personne ne l’en empêche. C’est le même double standard que l’on retrouve dans d’autres industries extractives qui appliquent des normes environnementales différentes selon que le marché de destination est occidental ou africain. Ce n’est pas de la malveillance. C’est l’économie politique du #phosphate mondial, qui place la santé des populations africaines dans un angle mort réglementaire et diplomatique.

    Pourtant, des voix s’élèvent. Le député écologiste français Benoît Biteau a formulé le paradoxe avec clarté : pourquoi la France continue-t-elle à s’approvisionner en phosphates marocains pour des raisons géopolitiques alors que leurs homologues allemands ou belges se fournissent auprès de gisements naturellement pauvres en cadmium, sans surcoût notable ? En Afrique, c’est encore plus grave : les sols du continent, acides et peu tamponnés, sont plus vulnérables à l’accumulation du cadmium que les terres européennes. Les populations africaines mangeront davantage de céréales et de légumes issus de ces sols dans les décennies à venir.

    Il n’existe pas, à ce jour, de système de biosurveillance des métaux lourds comparable au système français en Afrique de l’Ouest. L’#OMS et les agences sanitaires africaines ne disposent pas des données épidémiologiques permettant de corréler l’exposition aux engrais phosphatés et l’incidence des cancers. Les pathologies liées au cadmium se déclarent après vingt à trente ans d’accumulation silencieuse. Si rien ne change, c’est dans les années 2040-2050 que les cancers du pancréas et du rein liés à une décennie de fertilisation massive se manifesteront en Afrique de l’Ouest. Trop tard pour ceux qui n’auront pas survécu.

    Un champion africain se doit d’avoir des ambitions africaines
    L’OCP est indéniablement un fleuron industriel africain, une réussite dont le Maroc peut être fier. Ses performances financières, son accès aux marchés de capitaux mondiaux, ses investissements technologiques en R&D, sa capacité à anticiper la réglementation européenne : tout cela est réel et mérite d’être reconnu. Mais un champion qui se veut le bras armé de la sécurité alimentaire africaine ne peut pas appliquer deux poids, deux mesures selon le niveau de richesse de ses clients.

    La levée de fonds du 16 avril 2026 offre une occasion historique. Avec des ressources financières sans précédent, une technologie de décadmiation éprouvée et des partenaires institutionnels comme l’#AFD qui pourraient conditionner leurs financements futurs à des engagements sanitaires clairs, l’OCP dispose de tous les outils pour étendre à l’Afrique ce qu’il fait déjà pour l’Europe. Ce serait là le véritable « programme d’investissement vert » : pas seulement décarboner la production, mais la rendre sûre pour tous les peuples qui en dépendent.

    L’Afrique n’est pas une décharge sanitaire. Elle mérite des engrais qui ne l’empoisonnent pas à petit feu.

    ►https://www.afrik.com/proposition-de-loi-cadmium-la-france-menace-les-phosphates-marocains-mais-lai

    #Maroc

    • ►https://www.afrik.com/proposition-de-loi-cadmium-la-france-menace-les-phosphates-marocains-mais-lai

      [...]
      La limite est que la proposition de loi vise les engrais importés, vendus ou utilisés en France. Elle ne vise pas les fruits, légumes ou autres denrées agricoles importés depuis des pays où les cultures peuvent avoir été produites avec des engrais plus chargés en cadmium.

      Concrètement, un maraîcher français serait soumis à des règles plus strictes sur ses fertilisants. Mais un fruit ou un légume importé du Maroc, ou d’un autre pays tiers, ne serait pas automatiquement interdit au seul motif que les engrais utilisés localement ne respecteraient pas les futurs seuils français. Ces produits relèvent du droit alimentaire européen, qui fixe des teneurs maximales en contaminants dans les denrées mises sur le marché, notamment pour les métaux comme le cadmium, le plomb, le mercure ou l’arsenic.

      Autrement dit, le contrôle porte sur le produit fini, pas sur toute la chaîne de fertilisation suivie hors de France. C’est une protection imparfaite qui repose sur des contrôles, des prélèvements et des rappels lorsqu’un dépassement est constaté.

      L’exemple des avocats rappelés chez Carrefour et Lidl
      L’actualité récente illustre ce décalage. Le 21 avril 2026, RappelConso a publié une fiche concernant des avocats marocains en filet de trois fruits de la marque Simpl, distribués par Carrefour, avec comme motif de rappel la présence de cadmium. Les lots concernés avaient été commercialisés dans toute la France.

      Quelques jours plus tôt, Lidl avait également rappelé des avocats du Pérou vendus en France pour dépassement de la teneur maximale autorisée en cadmium.

      Ces rappels montrent une faille du système. On peut durcir fortement les règles imposées aux agriculteurs français, tout en continuant à découvrir des dépassements sur des produits importés.

      Vers une distorsion de concurrence ?
      En l’état, la proposition de loi pose donc un double défi. Sur le plan sanitaire, elle répond à une urgence documentée, celle de réduire l’apport de cadmium dans les sols français et, à terme, dans l’alimentation. Sur le plan économique, elle crée une asymétrie potentielle.

      Les producteurs français pourraient être contraints d’utiliser des intrants plus chers, plus rares ou plus strictement contrôlés, tandis que des denrées importées resteraient soumises uniquement aux limites européennes sur le produit final. Pour éviter cette distorsion, il faudrait renforcer les contrôles aux frontières, cibler les filières à risque, publier davantage de données par origine et poser la question des conditions de production lorsque des alertes se répètent.

      La proposition de loi Cadmium ne constitue pas un bouclier alimentaire complet. Elle protège d’abord la production française de demain. Elle ne règle pas encore la question des #contaminations importées dans l’assiette des consommateurs.

  • En #Tunisie : soulèvement populaire contre l’industrie chimique

    La ville de #Gabès se situe sur la côte, à l’Est de la Tunisie, au cœur d’une région industrielle. Des usines y produisent des #engrais à base de #phosphate destinés à l’agriculture intensive. Ce complexe vieillissant pollue la mer, l’air, et empoisonne la population depuis des années. Il a d’ailleurs déjà été contesté par le passé.

    En mars dernier, le gouvernement a décidé de quintupler la production d’engrais, provoquant une augmentation de la #pollution

    Depuis plusieurs jours, la population se soulève. Affrontements avec la police, manifestations autour de l’usine, protestations devant le siège de l’industrie chimique. Les supporters ultras sont en première ligne, comme lors des Printemps arabes. Des dizaines de personnes ont été arrêtées par la police dans la nuit du 17 au 18 octobre. Le 21 octobre, une grève générale a paralysé toute la région. C’est la première vraie mise à l’épreuve du président autoritaire et raciste #Kaïs_Saïed depuis longtemps : ce dernier règne par une répression féroce depuis des années, et fait désormais face à un mouvement populaire massif, largement soutenu.

    ▻https://contre-attaque.net/2025/10/22/en-tunisie-soulevement-populaire-contre-lindustrie-chimique

  • I fosfati, la polvere nera che inquina la Tunisia

    Il mercato dei fertilizzanti per l’agricoltura industriale inquina e prosciuga una valle del Sud della Tunisia. Le comunità di Gafsa denunciano l’impatto devastante sull’ambiente dell’unica attività che offre occupazione nella regione.

    L’inchiesta in breve

    - I fosfati costituiscono la base dei fertilizzanti fosfatici, tra i più comunemente utilizzati in agricoltura intensiva. L’estrazione di questo minerale considerato materia prima strategica dall’Ue ha un costo ambientale molto elevato
    – La Tunisia ospita la quarta riserva mondiale di fosfati nella regione di Gafsa, al confine con l’Algeria. Con la guerra in Ucraina, il prezzo dei fosfati è aumentato fino a 350 dollari a tonnellata. La Tunisia vuole rilanciare la sua produzione
    - La produzione di fosfati contribuisce al 4% del PIL, ma non ha ricadute economiche su una delle regioni con il tasso di povertà più elevato. Per questo, fin dal 2008, il bacino minerario di Gafsa è teatro di proteste e manifestazioni
    - I tagli dell’acqua corrente alla popolazione e agli agricoltori sono ricorrenti, ma i pozzi della Compagnia dei Fosfati di Gafsa pompano fino a 70 litri d’acqua al secondo che confluiscono nelle laveries, grandi bacini usati per purificare il minerale
    - I fanghi di scarto delle laveries sono altamente inquinanti e rilasciano sostanze tossiche che causano la morte della fauna e della flora delle oasi ai piedi del bacino minerario
    – Il fosfato raffinato si presenta come polvere nera. Spesso il vento la disperde nell’ambiente, causando malattie e problemi respiratori alle comunità locali

    ▻https://irpimedia.irpi.eu/miniere-fosfato-inquinamento-tunisia
    #phosphate #pollution #Tunisie #fertilisants #agriculture #agriculture_industrielle #industrie_agro-alimentaire #Gafsa #extractivisme #eau #mines #poussière_noire #santé

  • L’industrie des demandeurs d’asile : l’exemple de #Nauru

    Je présente ici une étude passionnante de Julia Caroline Morris, Asylum and Extraction in the Republic of Nauru, Cornell University Press, 2023, qui intéressera non seulement les chercheurs en anthropologie des migrations, ceux qui travaillent sur les politiques d’internement, de déplacement et d’externalisation des réfugiés, mais aussi les amateurs de Critical Geography Studies, ou spécialistes de l’extractivisme ou de néocolonialisme.

    La République de Nauru est un État insulaire de 21 km2, situé au Nord-Ouest des îles Salomon et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à plus de 1000 kms tout de même, et plus loin encore des Fidji (plus au sud). C’est aussi un des États les plus densément peuplés au monde : cela peut sembler paradoxal quand on prend la mesure de son #isolement. Plus étonnant encore est la fluctuation du revenu par habitants : au milieu des années 70, le #PIB par habitant de Nauru est le second après celui de l’Arabie Saoudite. Trente années plus tard, le pays frôle la #faillite. Avant de retrouver une forme de #prospérité ces dix dernières années (bien que l’avenir demeure très incertain). Autre palmarès dans lesquels il se fait remarquer : le pays n’a quasiment aucune #autonomie_alimentaire, les terres arables ayant été rendues impropres à toute forme de culture, et les zones côtières, ainsi que le corail, ayant été pollués pour une très longue durée. Il importe donc tout ce dont il a besoin pour nourrir le population et ses taux d’#obésité et de #diabète, sont parmi les plus élevés au monde. Sans parler des autres maladies, cardio-vasculaires, affections respiratoires, dues à la toxicité de l’environnement. Et, c’est le sujet du livre de Julia Morris, ces dernières années, c’est le territoire qui compte le plus pourcentage le plus élevé de demandeurs d’asile et de réfugiés rapporté à la population totale.

    Les premiers habitants de l’île, dont il est très difficile de dater l’arrivée, des mélanésiens et des micronésiens, auxquels s’ajoutèrent probablement des voyageurs venus des côtes Philippines ou Chinoises, vécurent fort longtemps avant le débarquement des européens. Les Nauruans, organisés en douze tribus, vivaient des ressources locales, noix de coco, bananes, pandanus ou takamakas, et de poissons qu’ils pêchaient dans les lagunes. Marshall Sahlins parlerait sans doute ici de “#société_d’abondance”. La vérité c’est que nous ne savons quasiment rien de l’histoire précoloniale des Nauruans, parce que l’environnement de l’île fut totalement dévasté par l’#exploitation_industrielle du #phosphate, rendant vain le travail des archéologues.

    Approchée par les premiers européens à la toute fin du XVIIIè siècle, c’est-à-dire assez tardivement comparée aux autres territoires du Pacifique, refuge ponctuel pour des déserteurs et des contrebandiers, l’île ne fut véritablement soumise à l’emprise coloniale qu’un siècle plus tard. D’abord par les allemands, qui, “négociant” avec les autochtones, inscrivent Nauru sur la carte des flux de marchandises internationaux en commercialisant le #coprah, issu de la #noix_de_coco.

    Mais c’est la découverte d’énormes gisements de phosphates qui changera à tout jamais le destin de l’île. “Le phosphate, clé de la vie. Un miracle de la nature exploité par l’ingéniosité de l’homme pour le bénéfice de tous.” déclarait le bureau philatélique de Nauru en 1983. “Bénéfice de tous“, il faut le dire vite. L’#extraction massive du phosphate devient un enjeu pour les empires coloniaux compte tenu de l’accroissement démographique : il permet d’accroître les rendements au point qu’on peut parler, avec la découverte des #engrais phosphatés, d’une véritable #révolution_agricole, et de nourrir les populations métropolitaines. Les conséquences de ce rush colonial vers le phosphate, qui aura permis d’assurer la prospérité des nations coloniales, y compris l’Australie voisine, seront amères pour les Nauruans. Julia Morris le résume ainsi :

    “Nauru est un pays où l’industrie du phosphate et son cortège de #pollutions – #déchets_toxiques, maladies respiratoires et alimentaires, #dépendance – sont palpables. Les effets de l’extraction du phosphate ne sont pas seulement ressentis par les personnes directement employées dans les champs d’extraction et les usines de traitement, comme Tony, mais s’étendent bien au-delà du point de production à forte intensité de main-d’œuvre. Depuis 1906, le #minerai_de_phosphate de Nauru est exploité et exporté vers les agriculteurs du monde entier. Paradoxalement, cela a laissé peu d’écosystèmes viables pour le développement agricole de Nauru. La richesse en phosphate aurait pu industrialiser Nauru, mais elle a laissé un cycle de dépendance à l’égard des fast-foods importés. Le système de santé de Nauru est marqué par les conséquences de l’interventionnisme colonial. Le dernier rapport publié par le ministère de la santé de Nauru (2011) indique que 77,8 % de la population de Nauru est en surpoids et que 45,6 % est obèse. En 1975, la prévalence du diabète à Nauru était de 34,4 %. Les Nauruans se classaient ainsi au deuxième rang mondial pour le taux de diabète le plus élevé jamais enregistré, tout en se plaçant au deuxième rang mondial pour le PIB par habitant, derrière l’Arabie saoudite. Aujourd’hui, le gouvernement consacrant environ 20 % de ses dépenses annuelles de santé au diabète, les chiffres ont légèrement baissé. Mais avec 30 %, Nauru conserve l’un des taux de diabète les plus élevés au monde. Ces taux sont associés à un éventail de maladies non transmissibles liées à l’alimentation, notamment les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques. Les #cancers évitables, notamment le cancer gastro-intestinal, le cancer du col de l’utérus et le cancer du poumon, sont importants au sein de la population locale. Une espérance de vie de cinquante-cinq ans est l’un des sous-produits du changement de mode de vie de l’ère coloniale et le coût humain d’une économie basée sur l’extraction.” (Julia Morris, op. cit. p. 69-70).


    Dès le début des années 90, les réserves de phosphate s’épuisent, l’extraction, ayant creusé de plus en plus profondément les terres, laisse l’île dévastée, et la manne économique diminue drastiquement. S’ensuit une période chaotique, politiquement et socialement, où les dirigeants du pays, devenu indépendant en 1968, font le choix de transformer Nauru en #paradis_fiscal, spécialisé dans le #blanchiment_d’argent. Jusqu’au nouveau miracle, qu’on appellera la “#solution_Pacifique“, c’est-à-dire la mise en place par le gouvernement Australien d’une politique de “#remigration_offshore”, suite à l’affaire du #Tampa, un navire Norvégien qui avait recueilli 433 migrants 433 migrants afghans et irakiens en route pour l’Australie dérivant sur un bateau de pêche indonésien, migrants auxquels le gouvernement Howard refuse d’accorder l’asile. Nauru devient alors un des centres de rétention externalisée par l’Australie (avec la base navale de Lambrum à Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée) : avec cette nouvelle manne économique, l’argent australien contre l’internement des réfugiés “en attente d’une régularisation (très) éventuelle”, une véritable #industrie_des_réfugiés se déploie sur l’îlot. Elle se poursuit jusqu’à aujourd’hui, avec des intensités variables, quel que soit d’ailleurs la couleur politique des gouvernements Australiens (conservateurs ou travaillistes). On y construit tout un réseau d’infrastructures complexes, destinés aussi bien au contrôle et à la surveillance des réfugiés qu’à l’accueil d’une population très importante d’intervenants étrangers, chargés de la logistique et de la #militarisation de l’île, mais aussi des avocats, des médecins, des officiels australiens, des interprètes et de nombreux experts envoyés par les ONG.

    La plupart des études portant sur les zones d’internement des migrants, par exemple en Méditerranée, portent sur les conditions d’existence des réfugiés. Plus rarement sur les acteurs institutionnels de ce qu’on peut appeler une véritable industrie de la re-migration offshore. Mais on oublie souvent de s’intéresser aux populations autochtones qui habitent les territoires où sont édifiés les infrastructures de l’internement. En donnant alternativement la parole aux trois groupes d’acteurs directement engagés dans cette société organisée autour de l’industrie des réfugiés, les réfugiés et demandeurs d’asile mais aussi les travailleurs de cette industrie, et surtout les Nauruans eux-mêmes, Julia Morris échappe à l’attraction des narratifs du gouvernement australien tout autant qu’aux récits sensationnalistes qui critiquent ces politiques de répudiation offshore en invoquant la figure racisée du Nauruan “sauvage, barbare, cruel, intéressé” (cet argument qui critique la relégation des migrants dans des pays tiers, en dénonçant la barbarie et l’inhumanité des hôtes autochtones, se retrouve actuellement par exemple en Grande-Bretagne, autour du projet de remigration offshore au Rwanda)

    C’est l’immense mérite du livre décapant de Julia Morris, qui n’épargne pas les discours “humanistes” des opposants à ces politiques d’internement offshore (notamment dans la gauche Australienne), de donner la parole aux Nauruans eux-mêmes, piégés dans ces récits produits par l’imaginaire politique occidental.

    ▻https://outsiderland.com/danahilliot/lindustrie-des-demandeurs-dasile-lexemple-de-nauru
    #Australie #externalisation #asile #réfugiés #migrations #extractiviste #industrie_agro-alimentaire #pacific_solution

    ping @karine4

    • Asylum and Extraction in the Republic of Nauru

      Asylum and Extraction in the Republic of Nauru provides an extraordinary glimpse into the remote and difficult-to-access island of Nauru, exploring the realities of Nauru’s offshore asylum arrangement and its impact on islanders, workforces, and migrant populations. Drawing on extensive fieldwork in Nauru, Australia, and Geneva, as well as a deep dive into the British Phosphate Commission archives, Julia Caroline Morris charts the island’s colonial connection to phosphate through to a new industrial sector in asylum. She explores how this extractive industry is peopled by an ever-shifting cast of refugee lawyers, social workers, clinicians, policy makers, and academics globally and how the very structures of Nauru’s colonial phosphate industry and the legacy of the “phosphateer” era made it easy for a new human extractive sector to take root on the island.

      By detailing the making of and social life of Nauru’s asylum system, Morris shows the institutional fabric, discourses, and rhetoric that inform the governance of migration around the world. As similar practices of offshoring and outsourcing asylum have become popular worldwide, they are enabled by the mobile labor and expertise of transnational refugee industry workers who carry out the necessary daily operations. Asylum and Extraction in the Republic of Nauru goes behind the scenes to shed light on the everyday running of the offshore asylum industry in Nauru and uncover what really happens underneath the headlines. Morris illuminates how refugee rights activism and #RefugeesWelcome-style movements are caught up in the hardening of border enforcement operations worldwide, calling for freedom of movement that goes beyond adjudicating hierarchies of suffering.

      ▻https://www.cornellpress.cornell.edu/book/9781501765841/asylum-and-extraction-in-the-republic-of-nauru

      #livre

  • Le groupe Breton Roullier possède deux usines sur un site tunisien dévasté par la pollution
    ▻https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-du-vendredi-20-octobre-2023-4998308

    Le géant de l’#agroalimentaire breton #Roullier exploite deux usines à Gabès dans le sud de la Tunisie. Il achète du #phosphate à un complexe chimique qui détruit l’#environnement à proximité.

  • The Culprit Behind Dead Zones and the Threat to Our Water Supply — ProPublica
    ▻https://www.propublica.org/article/phosphorus-the-culprit-behind-dead-zones-threat-to-water-supply

    Voilà comment l’industrie resout le problèm du manque de phosphore qu’elle adressait au dix neuvième siècle en dépouillant les fosses communes des grands champs de bataille - elle pollue les lacs et rivières au point de menacer l’approvisionnement en eau potable.
    ▻https://seenthis.net/messages/999516

    17.4.2023 by Anna Clark - As bright green plumes of toxic algae spread over Lake Erie in the summer of 2014, suffocating one of the largest lakes on earth, reporter Dan Egan was there. He had arrived in Toledo, Ohio, to investigate what had sickened the water — and how treatment plants might not be able to purify it.

    Indeed, that’s exactly what happened. The day after he returned home to Wisconsin, Toledo warned people to stop drinking, boiling or bathing in tap water. Ohio’s governor declared a state of emergency. And Egan soon published an expansive report in the Milwaukee Journal Sentinel about how we got to a place where people living by such an abundant source of life-giving freshwater could not drink it or even touch it.

    As the Journal Sentinel’s Great Lakes reporter for nearly 20 years, where he was twice a finalist for the Pulitzer Prize, and now writing magazine stories, Egan has long explored the tension between people and place. From invasive species to the multibillion-dollar recreational fishing industry to Chicago’s fraught relationship with Lake Michigan, he serves as a watchdog for the massive inland seas. The narrative power of his first book, “The Death and Life of the Great Lakes,” helped it reach a wide audience. A New York Times bestseller, it won both the Los Angeles Times Book Prize and the J. Anthony Lukas Award.

    Egan’s new book, “The Devil’s Element: Phosphorus and a World Out of Balance,” tells the urgent story of the 13th element to be discovered. (It’s the 15th element on the periodic table.) The unchecked flow of phosphorus into our waterways — often from farm runoff — contributes to “dead zones” and toxic algae blooms. At the same time, as an essential ingredient in fertilizer, phosphorus turns vast swaths of land green, nourishing crops and animals. It makes life possible for billions of people.

    Phosphorus, he writes, isn’t only essential to us; it is us. It’s found in our bones, teeth, even our DNA. In the naturally replenishing cycle, animals eat phosphorus-rich plants and then return the element to the soil when they defecate or die and decay. The soil then grows the next generation of plant life. Thanks to the remnants of long-dead organisms, phosphorus is also found in rare caches of sedimentary rocks on ancient seabeds. But in the 19th century, humans figured out how to break the cycle — systematically taking rocks, guano and even bones from one place to fertilize the soil of another place. Today, the world’s food supply depends on diminishing phosphorus reserves in places like Bone Valley, Florida, and the Western Sahara. At the same time, excess phosphorus from both plant and animal farms spills into our water and spoils it.
    Dan Egan Credit: Mike De Sisti/Milwaukee Journal Sentinel

    Egan’s reporting takes him not only to the Great Lakes, which hold about a fifth of all the freshwater on the face of the planet, but also to Germany, where an alchemist first isolated the combustible element and where traces of phosphorus cast down by World War II firebombers still wash ashore — with alarming results. We follow him to the saltwater beaches of the Mississippi Gulf Coast, once thought safe from the telltale shock of green, and to Ontario’s Experimental Lakes Area, where scientists discovered the connection between phosphorus and algae, much to the chagrin of detergent makers of the era. Along the way, Egan explores the Clean Water Act’s “yawning exemption” for agriculture and how some scientists fear we’ll hit “peak phosphorus” in a few decades.

    Egan, now the Brico journalist in residence at the Center for Water Policy in the University of Wisconsin-Milwaukee’s School of Freshwater Sciences, spoke with ProPublica about phosphorus, algae and the perils and possibilities of book-length journalism. This interview was edited for length and clarity.
    You’ve spent nearly 30 years covering environmental stories, first in Idaho and Utah and then at the Milwaukee Journal Sentinel. What are the earliest stories you remember writing about toxic algae blooms?

    I come at this without a background in science or environmental studies. But being out in Idaho, I was thrown to the wolves, literally, because wolf reintroduction was a huge issue. I also covered salmon recovery and grizzly bear recovery. That was a crash course in environmental journalism.

    But I don’t remember writing about algae until 2014. I was in Toledo the week before they lost their water, doing a story on what would happen if Toledo lost their water.
    What did you come across in your reporting that surprised you?

    When I was writing about the algae blooms in Lake Erie, I was mostly reading about the algae blooms. I was just introduced to phosphorus along the way. I didn’t put much of it in my first book. But the idea that we need rocks to sustain modern agriculture — somebody was saying, “Yeah, it comes out of Florida, it comes up on trains to the various fertilizer factories.” “Rocks? Any rocks?” “No, special rocks.”

    And then, the whole stuff about grinding bones and spreading them on crops. I wasn’t bored writing this book, I will tell you that.

    What really caught my eye was how phosphorus doesn’t exist on its own in the environment. It’s always bound with oxygen atoms to make phosphates, which are stable, or noncombustible. But when they first isolated pure phosphorus in the late 1600s, it was magical stuff. It got above 80 Fahrenheit, and it just burst into flames and will not stop. Nothing will stop it. I guess you saw this in the book — a guy that’s burned goes into the water, and then he comes out of the water, and it flares up again.

    And then you see that it was used as a weapon. But it’s also this essential fertilizer. Of the three big [elements in] fertilizers — nitrogen, potassium and phosphorus — phosphorus is the limiting [or least available] element.

    There’s this paradox of how we’re just squandering these relatively scarce deposits and at the same time we’re overdosing our waters to the point where sometimes you can’t drink them, you can’t swim in them, it kills dogs, it threatens people.
    How does the nuance here compare to our relationship with other materials that have proved vexing, such as lead, or PFAS, or even the vinyl chloride recently unleashed on East Palestine, Ohio?

    With any toxin or element that we exploit and pollute the environment, there was a reason we did it. But phosphorus is so essential and also just so potentially harmful. Managing this stuff was hard enough when we had a billion people, but now we’re zooming toward 9 billion.

    We need to change the way we’re using this, or there’s two consequences, and they’re not exclusive. We’re going to poison the crap out of our waters, or we’re going to run out of easily accessible deposits and have food shortages.

    That’s the story. There’s a lot unfolding fast here. And I think it’s only going to accelerate.
    What is slowing people down in restoring what you call “the virtuous cycle” of phosphorus?

    It’s probably the agriculture lobby. They know there’s a problem, but it’s not being adequately addressed or we wouldn’t have these chronic blooms in every state in the union.

    As far as slowing down people, I don’t know. It’s just not something people talk about. People would ask, “Are you writing another book?” I’d say, “Yep.” “What’s it about?” “Phosphorus.” And they’d look at me like I just told them I was diagnosed with something really bad.
    And these are your book fans, asking what you’re writing next!

    That alone is daunting. On the other hand, when you start telling people about how we mined the battlefield of Waterloo for all the [human] bones to grind them up to throw them on crops to grow turnips in England? That gets people’s attention.

    There’s so much that goes into modern food production that we’re just divorced from. There’s been books written about this, and very good books, but I don’t think anybody has written a book for popular consumption that connects the dots between the food on a table and the poisoned waters. And also the lengths we’ve gone to find this precious substance that nobody thinks about.
    Your book discusses a number of 20th century wins, such as the revival of Lake Erie after it was virtually declared dead and the pushback against the detergent industry’s overuse of phosphorus. Do you see a blueprint here for how to tackle problems with phosphorus today?

    It’s useful to look at when we first tangled with phosphorus as a pollutant in the 1960s and ’70s and solved the problem, largely by banning phosphates in detergents. But it’s not entirely applicable. Today it’s a much bigger problem. It’s more diffuse. When we could plug a pipe or cap a smokestack to stop the pollutants, that’s easy. But now that it’s spread on the landscape, we’ve got these legacy phosphorus deposits. They’re going to be leaching into the water for decades. Even if we clamp down on CAFOs [concentrated animal feeding operations] tomorrow, there’s so much inertia in the system. It’s like climate: Things are going to get worse before they get better.

    But it’s also important that we do look back and see that we have been successful. And we also have an obligation to just try. We have a chance to make things better for future generations. We should take advantage of it.
    Before we leave off, is there any part of the book that you’d like to underline? Water or fertilizer, mining or politics, what would you like to make sure gets through to the public?

    It’s a deep question and requires something of a deeper answer. But I think it’s the circle of life. It’s not just “The Lion King.” It’s real. And the thing that stitches it together in this case is phosphorus. We’ve got to learn that you don’t use it and chuck it. You use it again and use it again and use it again and use it again, if we’re going to stay fed and have waters that are safe enough to fish in and swim in and drink from and have your pets play in. This book is about the circle of life, manifested in phosphorus.

    #capitalisme #agriculture #engrais #chimie #phosphates

  • Les morts de Waterloo ont-ils été transformés en fertilisant agricole au 19e siècle ?
    ►https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/les-morts-de-waterloo-ont-ils-ete-transformes-en-fertilisant-agrico


    Au dix neuvième siècle les capitalistes britanniques exploitaient sans scrupules les soldats encore àprès leur mort. Depuis la première guerre mondiale les hécatombes atteignent des dimensions qui poussent les états à tenter l’apaisement des survivants en fournissant des sépultures individuelles à un maximum de tombés. Les progrès dans la fabrication d’engrais chimiques leur facilitent la tâche.

    21.6.2022 par Bernadette Arnaud - Des fouilles archéologiques menées depuis 2015 sur le site de la bataille de Waterloo (1815) n’ont livré que de très rares restes humains... Or ces modestes découvertes soulèvent une question majeure : où sont passés les corps des dizaines de milliers d’hommes et de chevaux de cette bataille napoléonienne ? Une explication, -peu relayée tant elle est macabre-, voudrait qu’ils aient pu être transformés en engrais à usage agricole… Un mystère qui devrait être prochainement réexaminé par de nouvelles fouilles archéologiques menées sur le célèbre site.

    Comme chaque année depuis 2015, -hors la période de pandémie de Covid-19-, l’organisation britannique « Waterloo Uncovered », un organisme qui travaille en coopération avec des militaires blessés ou atteint du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), participe à des recherches archéologiques dans la plaine de Waterloo (Belgique), lieu de la grande bataille napoléonienne de 1815. Sous la houlette de l’archéologue Tony Pollard, directeur du Centre d’Archéologie des Champs de batailles de l’Université de Glasgow (Ecosse), une soixantaine de participants ont déjà exploré de nombreux secteurs du champ de bataille. En 2019, passant particulièrement au crible les alentours de la ferme de Mont-Saint-Jean, l’un des épicentres des combats, ils avaient ainsi été mis au jour des munitions et surtout trois os provenant de membres inférieurs - probablement issus d’amputation - dégagés à proximité du bâtiment ayant servi d’hôpital de campagne. L’un des os dégagés portait encore des marques de scie... « Cette découverte poignante a immédiatement transformé l’atmosphère de la fouille, tissant un lien direct entre les personnes qui avaient souffert ici en 1815 et les soldats vétérans présents », avait alors déclaré Tony Pollard dans une interview au Guardian.

    ▻https://www.sciencesetavenir.fr/drupal/files/2022-06/warterloo-uncovered.JPG
    Un des rares ossements humains mis au jour dans la plaine de Waterloo, lors de fouilles archéologiques. Crédits : Waterloo Uncovered

    Une pénurie de restes humains qui interroge

    L’exhumation de ces restes humains constituait surtout une première pour l’archéologue écossais qui étudie la plaine de la bataille de Waterloo, « le plus affreux carnage que j’ai jamais vu », selon le maréchal Ney (1769-1815). La pénurie d’ossements exhumés intrigue en effet depuis longtemps le spécialiste : à ce jour, sur ce site où se sont affrontés près de 269.000 hommes et où 47.000 d’entre eux environ ont perdu la vie ou ont été blessés, un seul squelette complet a été récupéré ! En 2012, lors du creusement d’un parking, la dépouille d’un soldat a en effet été recueillie. Il appartenait à la King’s German Legion (KGL) du roi Georges III, des unités militaires hanovriennes formées en Grande-Bretagne et Irlande entre 1803 et 1816. La balle de mousquet ayant entrainé sa mort a même été retrouvée au milieu de ses côtes, l’ensemble étant désormais exposé dans le musée du site.


    "La Bataille de Waterloo, le 18 juin 1815", par Clément Auguste Andrieux (1829-1880). Crédits : AFP

    A la recherche des fosses communes

    Que sont donc devenues les dépouilles des soldats de Waterloo ? Interrogation à laquelle Tony Pollard vient de consacrer un article dans le Journal of Conflict Archaeology paru ce 18 juin 2022. L’archéologue écossais y développe en effet une hypothèse : « S’il est extrêmement rare de trouver des restes humains sur ce champ de bataille, c’est que de nombreuses fosses communes ont été pillées et les os broyés pour être utilisés comme engrais dans les années qui ont suivi la bataille de 1815 ». Des propos qu’il avait déjà tenu dans un article du Telegraph le 17 juillet 2019 relayé par le très sérieux Smithsonian Institute du 18 juillet 2019 qui évoquait de son côté « les fabricants d’engrais anglais qui récupéraient ces os »… ! Diantre ! Dans la presse anglo-saxonne, les choses semblaient établies ! Mais de ce côté-ci de la Manche ? Sommes-nous face à une rumeur, un élément de folklore à classer dans la longue liste des légendes urbaines ? Ou bien s’agit-il de faits historiques avérés ? A bien lire ce qui a été écrit autour des affrontements homériques que furent les batailles napoléoniennes, il demeure difficile aujourd’hui encore de se faire une idée de la réalité de ces comportements profanatoires, alors que les cimetières de la Première (1914-1918) et Seconde guerres mondiales (1939-1945) sont l’objet de tous les soins et commémorations. Rappelons que la considération attribuée à l’individualisation des corps des soldats morts au combat n’est seulement advenue qu’avec la Première guerre mondiale.


    Emplacements indicatifs de possibles lieux de sépultures, de concentrations de fosses, ou de bûchers, après de récentes analyses de sources. Crédits : Waterloo Uncovered

    Toujours est-il que pour tenter de cartographier l’emplacement des fosses et lieux de sépultures non repérés à ce jour, l’archéologue écossais raconte avoir réuni tous les témoignages d’archives et informations existants émanant de témoins oculaires présents au lendemain de la bataille de 1815. Des croquis, des peintures, des récits, signalant des lieux où avaient été creusées des fosses, grandes ou petites (cf. carte). En particulier des dessins récemment découverts, et des lettres et documents personnels inédits d’un certain James Ker, un marchand écossais vivant à Bruxelles au moment de l’affrontement, dont les informations recueillies à Waterloo dès le 19 juin 1815 n’avaient jamais été publiées. « Il serait vraiment intéressant de retrouver l’emplacement des fosses desquelles des os ont été extraits, car toute perturbation produit des anomalies géophysiques dans les sols », explique ainsi Tony Pollard. Pour tenter de les localiser, des relevés du champ de bataille utilisant des méthodes électromagnétiques devraient démarrer au cours des prochaines fouilles archéologiques. Interrogé, le Dr. Kevin Linch, expert en guerres napoléoniennes à l’Université de Leeds (qui ne participe pas à ces recherches), a déclaré de son côté, « qu’il y avait de bonnes raisons de penser que les os des morts avaient été prélevés pour être utilisés comme engrais ». Des travaux prochains qu’approuvent la Napoleonic & Revolutionnary War Graves Charity, pour lequel il serait important de retrouver et connaitre ce qui est véritablement advenu des dépouilles.


    "Enterrer les morts au Château d’Hougoumont après la bataille de Waterloo (1815)". Aquarelle de James Rouse, de 1817. Crédits : Journal of Conflict Archaeology

    Ce que l’histoire nous dit, c’est qu’à Waterloo, les morts auraient été inhumés ou incinérés. Les descriptions des carnets du Capitaine Coignet (1799-1815), l’un des célèbres soldats de la Garde Impériale, n’en font pas mystère puisqu’elles indiquent que « pendant huit jours des buchers brulèrent nuit et jour » ; ou que « les dépouilles des soldats morts étaient entassés dans des fosses ». Ce qu’ont confirmé quelques autres découvertes de fosses napoléoniennes effectuées au 21e siècle, à l’instar des 3.000 squelettes exhumés à Vilnius (Lituanie) en 2001 (lire Sciences et Avenir n° 663). D’autre part, des documents rapportent que dès la fin des combats, nombreux étaient ceux qui se rendaient sur les champs de bataille pour « dépouiller » les morts, prélever les vêtements des soldats, leurs chaussures, leurs armes, -parfois jusqu’à leurs dents pour en faire des prothèses ! Une collecte d’artefacts revendus en « souvenirs » connue des historiens.


    Dépouillés de leurs vêtements, de leurs biens, de leurs armes et tout ce qui pouvait avoir la moindre valeur, les morts de Waterloo ont été placés dans plusieurs fosses communes... Crédits : Journal of Conflict Archaeology

    Contactés, des spécialistes de l’étude des traitements funéraires des champs de batailles ont rappelé que pour ces périodes napoléoniennes « les sites étaient complètement nettoyés après les batailles, et qu’une quinzaine de charniers sont documentés à travers l’Europe, ce qui ne correspond donc pas une absence totale de corps ». Néanmoins, la question que pose l’archéologue Tony Pollard n’est pas anodine : des milliers d’hommes -et des dizaines de milliers de chevaux- tués sur les champs de bataille des guerres napoléoniennes ont-ils connu, -ou non-, ce destin, que d’avoir au 19e siècle, été transformés en fertilisant agricole ?

    Ce thème peu évoqué semble en fait lié au développement agricole de l’époque. Un sujet sur lequel travaille l’archéologue Ecossais qui a confié à Sciences et Avenir être actuellement en train d’écrire un livre sur le sujet.

    Des sociétés d’engrais ont-elles fait irruption dans les sépultures des guerres napoléoniennes ?

    Pour comprendre, revenons au contexte de l’époque. Au 19e siècle, l’agrochimiste allemand Justus von Liebig (1803-1873) met en lumière le principe de fertilisation. Pour croître dans de bonnes conditions, les plantes doivent pousser dans un sol riche en azote, en potassium et phosphore. L’idée majeure étant qu’une fois les récoltes effectuées, il fallait rendre à la terre les nutriments prélevés sous peine de voir les sols s’appauvrir. Mais où trouver les précieux minéraux en quantité ? Le fumier procuré par les animaux des fermes jusque-là ne suffisait plus en ces aubes de révolution industrielle et de croissance des populations à nourrir. Pour produire plus, les cultures nécessitaient l’apport de quantités massives de fertilisants.

    Dans les années 1830-1840, les os, très riches en phosphate de calcium, auraient alors été considérés comme d’excellents engrais… Brûlés ou broyés ils étaient répandus dans les champs pour augmenter les rendements. Ainsi bien des fossiles paléontologiques ont-ils fini pulvérisés. Mais ils ne sont pas les seuls, semble-t-il ! Des entreprises anglaises auraient alors pensé au trésor qui se trouvait enfouis sous les champs de bataille... Elles se seraient rendues sur les sites des guerres napoléoniennes pour récupérer les ossements des soldats et chevaux tombés, ensuite broyés et vendus aux agriculteurs britanniques.

    « Des fosses communes ont été vidées par des entrepreneurs à la recherche d’os utilisés comme engrais pour faire de la farine d’os dans la première moitié du 19e siècle. Il existe de nombreux journaux faisant références à cette pratique à l’époque - avec les principaux champs de bataille européens dans lesquels étaient recherchés des tombes contenant de grandes quantités d’os. Leipzig est un autre champ de bataille mentionnés dans ce contexte. Les os ont été expédiés vers des ports tels que celui de Hull en Angleterre, mais également vers l’Écosse, où ils étaient broyés pour être utilisés comme engrais afin de favoriser la croissance des cultures. Seuls les charniers valaient la peine [des fosses contenant des corps en quantité, ndlr] et des contacts locaux ont probablement dû être payés pour identifier l’emplacement de ces sépultures. Ce qui ne veut pas dire que chaque charnier a été traité de cette manière, mais beaucoup semblent l’avoir été », a expliqué à Sciences et Avenir, l’archéologue Tony Pollard, lors d’un précédent échange.

    Auraient ainsi été visités les champs de bataille d’Austerlitz, Waterloo et quelques autres. En 1822, un journal britannique rapportait d’ailleurs : « On estime que plus d’un million de boisseaux d’os humains et inhumains [chevaux, ndlr] ont été importés du continent européen l’année dernière dans le port de Hull. Les quartiers de Leipzig, Austerlitz, Waterloo et de tous les lieux où se sont déroulés les principaux combats de la dernière guerre sanglante ont été balayés de la même façon par les os du héros et du cheval qu’il a montés. Ainsi rassemblés chaque trimestre, ils ont été expédiés au port de Hull, puis acheminés aux broyeurs d’os du Yorkshire, qui ont installé des moteurs à vapeur et des machines puissantes dans le but de les réduire à l’état de granulaire. [..Ils ont été envoyés principalement à Doncaster, l’un des plus grands marchés agricoles de cette partie du pays, et son vendus aux agriculteurs pour qu’ils fassent purifier leurs terres…] »

    Une campagne géophysique « ambitieuse »

    Dans le Journal de la société statistique de Paris, et sa séance du 4 mars 1863, on pouvait lire : « La culture anglaise est tellement pénétrée de l’importance du rôle du phosphate de chaux comme engrais, que des spéculateurs ont fouillé pour elle, tous les champs de bataille de l’Europe, et que récemment encore, des navires apportaient, dans les ports anglais, où elle se vendaient à gros bénéfice, des cargaisons d’ossements humains recueillis en Crimée ».

    Toutes ces matières finirent toutefois par s’épuiser. Ces pratiques auraient cessé dans les années 1860, après une campagne de rumeurs contre les agriculteurs, soulignant qu’ils jetaient les corps de leurs propres enfants dans les champs. Il est à noter que ces mêmes usages, la transformation en engrais, concernèrent les momies égyptiennes rapportées par cargaisons entières -un fait largement confirmé par des documents historiques. A partir de 1841, remplaçant les ossements, ces engrais aurait été recherché dans les îles à guano -des montagnes de déjections d’oiseaux marins- acheminées en Grande-Bretagne et dans l’ensemble de l’Europe depuis les îles Chincha, au large des côtes du Pérou.

    Pour déterminer une fois pour toute si les restes des morts de Waterloo ont fini broyés en « farine d’os », Tony Pollard et ses équipes du « Waterloo Uncovered » souhaitent pouvoir mener dans les années qui viennent, une campagne géophysique « ambitieuse » pour tenter d’identifier les zones où le sol a été perturbé et où aurait pu se trouver l’emplacement d’anciennes fosses… vidangées.

    Le 18 juin 1815, se sont opposés dans la plaine de Waterloo, à 18km au sud de Bruxelles, les forces françaises constituées de 74.000 hommes et 266 canons, aux Forces alliées (195 000 hommes), composées des armées anglo-hollando-Belges : 68.000 hommes, et prussiennes : 127.000 hommes. Débutée à 11h35, la bataille s’est achevée autour de 21h par la défaite des troupes napoléoniennes. Les pertes françaises (tués et blessés) se sont élevées aux alentours de 20.000 hommes, de même que les pertes alliées, 20.000 hommes tués et blessés dont 7.000 prussiens).
    Dictionnaire des batailles de Napoléon, d’Alain Pigeard, editions Taillandier.


    Forces en présence dans la plaine de Waterloo, le 18 juin 1815 (en bleu, les armées napoléoniennes). Crédits : Journal of Conflict Archaeology

    Histoire de plantes : l’engrais des champs de bataille
    Par Marc Mennessier Publié le 30/03/2018
    ▻https://www.lefigaro.fr/jardin/2018/03/30/30008-20180330ARTFIG00257-histoire-de-plantes-l-engrais-des-champs-de-batai

    Le mystère de la disparition des corps des soldats à la bataille de Waterloo enfin résolu ?
    ▻https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2022-06-22/le-mystere-de-la-disparition-des-corps-des-soldats-a-la-bataille-de-wat

    #capitalisme #agriculture #engrais #chimie #phosphates #guerre #histoire #Belgique #Waterloo #bataille

  • Tu préfères avoir du cadmium dans tes légumes ou t’aligner sur les intérêts du Kremlin ?

    Phosphates : quand un combat écolo s’aligne avec les intérêts du Kremlin
    ▻https://www.politico.eu/article/phosphates-combat-ecolo-aligne-interets-kremlin

    le Maroc, principal fournisseur de l’Europe, accuse un niveau particulièrement élevé de #cadmium dans ses #phosphates. La Russie, deuxième fournisseur de l’UE, a des phosphates à teneur moindre en cadmium et milite donc pour un abaissement des seuils européens — qui exclurait donc son rival marocain et lui permettrait même, à l’heure de la guerre en Ukraine, d’ouvrir un nouveau front de dépendance avec le Vieux Continent.

    C’est dans ce contexte que l’organisation Safer Phosphates pousse ses idées. [...] Elle est citée dans #Lobbyfacts, une base de données tenue par des ONG utilisant le registre européen de la transparence, comme l’un des leviers utilisés par PhosAgro (rebaptisée Purefert depuis). Premier producteur d’engrais phosphatés en Europe, cette multinationale russe est aussi liée à Poutine — l’un de ses actionnaires principaux (au moins jusqu’en 2018) a été son ancien directeur de campagne.

    Sur l’usage et la dangerosité du cadmium (dont ne parle pas du tout l’article, trop occupé à chercher des liens avec Moscou), voir par exemple : ▻https://seenthis.net/messages/678000

  • 5 questions à Roland Riachi. Comprendre la #dépendance_alimentaire du #monde_arabe

    Économiste et géographe, Roland Riachi s’est spécialisé dans l’économie politique, et plus particulièrement dans le domaine de l’écologie politique. Dans cet entretien, il décrypte pour nous la crise alimentaire qui touche le monde arabe en la posant comme une crise éminemment politique. Il nous invite à regarder au-delà de l’aspect agricole pour cerner les choix politiques et économiques qui sont à son origine.

    ▻https://www.carep-paris.org/5-questions-a/5-questions-a-roland-riachi
    #agriculture #alimentation #colonialisme #céréales #autosuffisance_alimentaire #nationalisation #néolibéralisme #Egypte #Soudan #Liban #Syrie #exportation #Maghreb #crise #post-colonialisme #souveraineté_nationale #panarabisme #militarisme #paysannerie #subventions #cash_crop #devises #capitalisme #blé #valeur_ajoutée #avocats #mangues #mondialisation #globalisation #néolibéralisme_autoritaire #révolution_verte #ouverture_du_marché #programmes_d'ajustement_structurels #intensification #machinisation #exode_rural #monopole #intrants #industrie_agro-alimentaire #biotechnologie #phosphates #extractivisme #agriculture_intensive #paysans #propriété_foncière #foncier #terres #morcellement_foncier #pauvreté #marginalisation #monoculture #goût #goûts #blé_tendre #pain #couscous #aide_humanitaire #blé_dur #durum #libre-échange #nourriture #diète_néolibérale #diète_méditerranéenne #bléification #importation #santé_publique #diabète #obésité #surpoids #accaparement_des_terres #eau #MENA #FMI #banque_mondiale #projets_hydrauliques #crise_alimentaire #foreign_direct_investment #emploi #Russie #Ukraine #sécurité_alimentaire #souveraineté_alimentaire

    #ressources_pédagogiques

    ping @odilon

  • Florida faces ’imminent’ pollution catastrophe from phosphate mine pond | Florida | The Guardian
    ▻https://www.theguardian.com/us-news/2021/apr/04/florida-imminent-pollution-catastrophe-phosphate-retention-pond-bradent

    Work crews were pumping millions of gallons of contaminated wastewater into an ecologically sensitive Florida bay on Sunday, as they tried to prevent the “imminent” collapse of a storage reservoir at an old phosphate mine.

    Officials in Manatee county extended an evacuation zone overnight and warned Sunday that up to 340m gallons could engulf the area in “a 20ft wall of water” if they could not repair the breach at the Piney Point reservoir in the Tampa Bay area, north of Bradenton.[...]

    The pond at the abandoned phosphate mine sits in a stack of phosphogypsum, a radioactive waste product from fertiliser manufacturing. The pond contains small amounts of naturally occurring radium and uranium. The stacks can also release large concentrations of radon gas.

    #extraction #phosphate #engrais #pollution #Floride

  • Remote Kiribati island calls for help with water crisis | RNZ News
    ▻https://www.rnz.co.nz/international/pacific-news/438074/remote-kiribati-island-calls-for-help-with-water-crisis

    One of the most remote islands in the Pacific is pleading for help from New Zealand and Australia to deal with a water crisis.

    The #Kiribati island of #Banaba, just six kilometres in area and 285 kilometres from its nearest neighbour, Nauru, is struggling.

    The island was decimated by #phosphate mining many years ago with most of the population relocating to Rabi Island in Fiji in the 1940s.

    But several hundred people still live there and an elder, Roubena Ritata, has taken to Facebook to draw attention to the acute need of water, sanitation and hygiene assistance.

    The island had two desalination plants but they were both out of action, with the Kiribati Government seeking parts for repair.

    It’s been three months since the second desalination plant on the island was broken and it’s been almost a year without substantial rain

    Ritata said people were drinking salty water, children were suffering diarrhoea and skin diseases were rampant.

    He said New Zealand and Australia were the beneficiaries of the phosphate mining and now the islanders were asking both countries to help out in the crisis, “because they have the resources and capacity to do so.”

    “We are thankful for the assistance provided by the Kiribati government, but it is not good enough. We are calling on Australia and New Zealand and the international community to respond to this crisis because they have the resource and capacity to do so,” Ritata said.

    #extraction #pollution #eau #désalinisation

  • Des #pêcheurs pris dans un étau

    « La mer c’est la liberté. Aujourd’hui nous sommes emprisonnés à même l’eau » déplore Slah Eddine Mcharek, président de l’Association Le Pêcheur pour le développement et l’environnement[1] à #Zarzis. Leurs projets sont ambitieux : protection des ressources aquatiques, développement d’une pêche durable et responsable et défense de la pêche artisanale. Mais les obstacles sont de taille : pris entre la raréfaction des ressources halieutiques, les menaces à leur sécurité, la réduction de leur zone de pêche et la criminalisation du sauvetage des migrants en mer, les pêcheurs se retrouvent enserrés dans un véritable étau.

    Au-delà de la petite ville de Zarzis et de ses plages où se côtoient hôtels de luxe, corps de naufragés et pêcheurs en lutte, le récit de Slah Eddine rappelle l’importance de la justice migratoire et environnementale.

    La mer, déchetterie nationale

    Depuis quelques années, un phénomène prend de l’ampleur : les rejets de déchets plastiques envahissent les rives et encombrent les zones où travaillent les pêcheurs. Faute d’un système opérationnel de collecte des ordures ménagères et de sensibilisation aux risques liés à la pollution des eaux par le plastique, ces déchets s’entassent dans les canaux de la ville avant de se disperser dans la mer, au point que les pêcheurs réclament l’interdiction des sacs plastiques.

    Aux déchets ménagers s’ajoute le problème des rejets industriels. Slah Eddine déploie une carte du bassin méditerranéen et pointe du doigt le sebkhet el melah (marais salant) des côtes de Zarzis. Le salin appartient à Cotusal, vestige colonial d’une filiale française qui a exploité pendant longtemps les ressources salines de la Tunisie, dans le cadre de concessions avantageuses qui n’ont pas été renégociées depuis l’indépendance[2]. L’exploitation du sel dans cette région, en plus de saliniser les terres agricoles, rejette des produits de traitement du sel dans la mer. Surtout, les eaux zarzisiennes sont polluées par les rejets du Groupe Chimique Tunisien, notamment le phosphogypse, et par les eaux usées non traitées par l’ONAS (Office National de l’Assainissement). Cette dernière ne remplit pas sa mission de traitement des eaux industrielles et ménagères, notamment sur l’île de Djerba. Une partie des eaux est traitée de manière inefficace et insuffisante, l’autre non traitée du tout.

    Un équilibre écologique rompu

    Pour les êtres vivants qui habitent ces eaux, les rejets industriels mêlés aux déchets et eaux usées ne peuvent faire que mauvais mélange. « La mer est devenue des toilettes à ciel ouvert » s’indigne Slah Eddine, pointant cette fois du doigt deux poissons dessinés sur une affiche. L’un est le loup de mer et l’autre la dorade. « Là où les usines rejettent leurs eaux, ces poissons n’y vivent plus » explique-t-il. La contamination de ces eaux rompt un équilibre essentiel à la survie de la faune et la flore maritimes.

    Dans ces eaux, la reproduction marine est difficile sinon impossible, entraînant la disparition de plusieurs espèces de poissons et notamment les espèces cartilagineuses. Les éponges souffrent quant à elles du réchauffement climatique et présentent depuis quelques années des signes de maladies, au désespoir des familles qui vivent de leur commerce. Ainsi, en 2017, suite à la montée des températures (24°C à 67m de profondeur !), de nombreuses éponges sont mortes, par leur fragilité aux changements du milieu ou par une épidémie favorisée par cette augmentation de température[3].

    L’accumulation des pollutions a fini par asphyxier toute forme de vie dans les eaux proches de Djerba et Zarzis et notamment dans le golfe quasi fermé de Boughrara. Les pêcheurs estiment que 90 % des poissons et mollusques auraient disparu en dix ou vingt ans, privant beaucoup de personnes, notamment des jeunes et des femmes, d’un revenu stable. Mais alors que les pêcheurs de Gabès reçoivent des compensations à cause de la pollution et viennent pêcher sur les côtes de Zarzis, les pêcheurs zarzisiens ne reçoivent rien alors qu’ils sont aussi affectés.

    Plus au nord, sur les côtes sfaxiennes, c’est un autre phénomène qui s’est produit deux fois cette année, en juin puis en novembre, notamment à Jbeniana : la mer est devenue rouge, entrainant une forte mortalité de poissons. Le phénomène a été expliqué par la présence de microalgues eutrophisant la mer, c’est-à-dire la privant de son oxygène. Mais la version officielle s’arrête là[4], la prolifération de ces microalgues n’a pas été expliquée. Or, des phénomènes similaires sont connus à d’autres endroits de la planète, notamment dans le golfe du Mexique où la prolifération des algues est due à l’excès d’engrais phosphaté et azoté qui se retrouve dans la mer, ou du rejet d’eaux usées, qui produisent des concentrations trop importantes de matières organiques[5]. Il est donc fort probable que les rejets concentrés en phosphate du Groupe Chimique Tunisien à Gabès et Sfax, d’autres rejets industriels et ménagers et/ou des rejets d’engrais agricoles par les oueds soient à l’origine du phénomène.

    Le coût de Daesh

    Alors que certaines espèces disparaissent, d’autres se multiplient en trop grand nombre. Le crabe bleu, surnommé « Daesh » par les pêcheurs de la région du fait de son potentiel invasif et destructeur, en est le meilleur exemple. Cette espèce, apparue fin 2014 dans le golfe de Gabès[6], a rapidement proliféré au large des côtes, se nourrissant des poissons qui jusque-là constituaient le gagne-pain des pêcheurs du coin. « Daesh détruit tout : les dorades, les crevettes, les seiches …. Tous les bons poissons ! » s’exclame-t-il. La voracité du crabe bleu a aggravé les problèmes économiques de bien des pêcheurs. Si la chair de cette espèce invasive fait le bonheur de certains palais et qu’un marché à l’export est en plein développement en direction de l’Asie et du Golfe, les habitants de Zarzis qui vivent de la pêche artisanale, eux, ne s’y retrouvent pas. « Un kilo de loup ou de dorade se vend 40 dinars. Un kilo de crabe bleu, c’est seulement 2 dinars ! » affirme un pêcheur de l’association.

    Le calcul est vite fait, d’autant plus que les crabes bleus font assumer aux pêcheurs un coût du renouvellement du matériel beaucoup plus important, leurs pinces ayant tendance à cisailler les filets. « Avant l’arrivée de Daesh, nous changions les filets environ deux fois par an, maintenant c’est quatre à cinq fois par ans ! » se désole l’un d’entre eux.

    Bloqués dans un Sahara marin

    Comme le martèlent les pêcheurs, « la zone de pêche de Zarzis est devenue un Sahara, un véritable désert ». Suite au partage international de la Méditerranée, les pêcheurs zarzisiens sont cantonnés dans des eaux côtières, qui se vident de poisson suite aux désastres écologiques et à la surpêche.

    « Avant 2005 et le dialogue 5+5[7] on pouvait accéder à des zones de pêche intéressantes, mais depuis les autres pays ont agrandi leur territoire marin ». En effet, c’est en 2005 que la Libye met en place sa zone de pêche exclusive, interdisant ainsi l’accès aux pêcheurs tunisiens. La Tunisie met elle aussi en place sa zone économique exclusive[8], mais, à la différence de la zone libyenne[9], elle autorise des navires étrangers à y pêcher. Les chalutiers égyptiens sont particulièrement présents, et s’ajoutent aux chalutiers tunisiens (de Sfax notamment) qui ne peuvent plus pêcher dans les eaux poissonneuses libyennes. Il arrive même que ces chalutiers pénètrent dans les eaux territoriales, en toute impunité. En plus des désastres écologiques, les eaux du sud tunisien se vident ainsi de leurs poissons à cause de la surpêche.

    Limites des différentes zones maritimes tunisiennes[10] :

    Or, les frontières officielles ne semblent pas délimiter la zone où les pêcheurs tunisiens peuvent réellement travailler, cette dernière étant manifestement beaucoup plus restreinte et empiétée par la zone libyenne. Sur la carte maritime qu’il a déployée devant lui, Slah Eddine matérialise la zone où les pêcheurs de Zarzis peuvent pêcher de manière effective et montre en resserrant ses doigts l’évolution de la zone de pêche libyenne au détriment de la zone tunisienne. Mais alors, pourquoi ce déplacement de frontière maritime n’apparaît dans aucun texte ou accord international[11] ? Y a-t-il des accords cachés ? Les garde-côtes libyens s’arrogent-ils le droit de pénétrer les eaux tunisiennes ? Ou les pêcheurs tunisiens auraient-ils intégré l’obligation de ne pas pénétrer une zone tampon pour ne pas craindre pour leur sécurité ?

    Les pêcheurs sous les feux des groupes armés libyens

    Au-delà des problèmes économiques auxquels ils doivent faire face, les pêcheurs de Zarzis sont confrontés à de graves problèmes de sécurité dans les eaux où ils naviguent. Alors que les bateaux de pêche libyens ne se gênent pas, selon Slah Eddine, pour venir exploiter les eaux tunisiennes, il n’existe aucune tolérance pour les pêcheurs tunisiens qui s’aventurent en dehors de leur zone. Ces dernières années, le pêcheur ne compte plus les cas d’agressions, de saisies de bateaux, de menaces et prises d’otages, par les groupes armés, et parmi eux les gardes côtes officiels libyens, équipés par les programmes européens de lutte contre la migration non réglementaire.

    En 2012, un pêcheur tunisien mourrait ainsi sous les balles tirées d’une vedette côtière libyenne tandis que les 18 autres membres de l’équipage étaient faits prisonniers à Tripoli[12]. En 2015, quatre bateaux de pêche tunisiens qui avaient pénétré les eaux libyennes étaient également pris en otage par des groupes armés libyens et acheminés au port d’El Zaouira[13]. Les attaques ont eu lieu jusque dans les eaux tunisiennes, comme en février 2016 lorsque treize chalutiers tunisiens avec soixante-dix marins à bord ont été arraisonnés et emmenés dans le même port, la partie libyenne exigeant alors une rançon contre leur libération[14]. L’année suivante, en 2017, des pêcheurs libyens de Zaouira menaçaient de kidnapper tous les marins tunisiens qu’ils rencontreraient en mer en représailles au contrôle d’un chalutier libyen dans le port de Sfax par la garde maritime tunisienne. Depuis, les prises d’otage se multiplient. Enième épisode d’une saga sans fin, la dernière attaque libyenne date de septembre dernier.

    L’insécurité ne touche pas que les pêcheurs de Zarzis, mais tous les pêcheurs tunisiens qui naviguent à proximité des zones frontalières : au Sud-Est, ce sont les feux des groupes libyens qui les menacent ; au Nord-Ouest, ceux de la garde côtière algérienne. Le 31 janvier de cette année, un pêcheur originaire de Tabarka et âgé de 33 ans a été tué par les autorités algériennes alors que son bateau avait pénétré les eaux territoriales de l’Algérie[15]. « Le danger est partout ! », « on se fait tirer dessus ! », s’exclament les pêcheurs de l’Association. Entre deuil et colère, ils dénoncent l’absence de réponse ferme des autorités tunisiennes contre ces agressions et se font difficilement à l’idée qu’à chaque départ en mer leur vie puisse être menacée.

    Les autres damnés de la mer

    Comme tout marin, les pêcheurs de Zarzis doivent porter assistance aux bateaux en détresse qu’ils croisent sur leur chemin. Et des bateaux en détresse, ce n’est pas ce qui manque au large de Zarzis. Le hasard a fait que leur zone de pêche se trouve sur la route des migrants qui fuient la Libye sur des embarcations de fortune et les accidents sont fréquents dans ces eaux dangereuses. Porter secours aux survivants, prendre contact avec le Centre de Coordination des Sauvetages en Mer, ramener les corps de ceux pour lesquels ils arrivent trop tard afin de leur offrir une sépulture digne, c’est aussi cela, le quotidien des pêcheurs de Zarzis. L’effroi et la colère de l’impuissance lorsque des cadavres se prennent dans les filets pêche, l’inquiétude et le soulagement lorsque le pire est évité et que tout le monde arrive à bon port.

    Sauver des vies lorsqu’il est encore temps, c’est avant tout un devoir d’humanité pour ces hommes et ces femmes de la mer. La question ne se pose même pas, malgré les heures de travail et l’argent perdus. Pour être plus efficaces dans leurs gestes et secourir le plus grand nombre, plus d’une centaine de pêcheurs de Zarzis ont suivi en 2015 une formation de 6 jours sur le secours en mer organisée par Médecins sans frontières[16]. Alors que les politiques européennes de criminalisation des ONG menant des opérations de recherche et de secours en mer ont laissé un grand vide en Méditerranée, les pêcheurs tunisiens se retrouvent en première ligne pour les opérations de sauvetage. Aussi, quand ils partent en mer, prévoient-ils toujours de l’eau et de la nourriture en plus, des fois qu’un bateau à la dérive croise leur chemin.

    Des sauveurs que l’Europe veut faire passer pour des criminels

    Au-delà d’un devoir d’humanité, porter secours aux embarcations en détresse est une obligation inscrite dans le droit international maritime et en particulier dans la Convention internationale sur la Sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS), qui s’applique à tous les navires. Le texte prévoit l’obligation pour tous les Etats de coordonner leurs secours et de coopérer pour acheminer les personnes dans un lieu sûr[17], où la vie des survivants n’est plus menacée et où l’on peut subvenir à leurs besoins fondamentaux.

    Aussi, lorsque l’équipage de Chameseddine Bourrasine croise lors l’été 2018 une embarcation avec 14 migrants à la dérive, c’est sans hésitation qu’il décide de leur porter secours. Mais alors que les rescapés menacent de se suicider s’ils sont ramenés en Tunisie et qu’il ne saurait être question de les livrer aux garde-côtes de Libye où c’est l’enfer des geôles qui les attend, le capitaine décide d’appeler la garde côtière du pays sûr le plus proche, à savoir l’Italie. Après plusieurs tentatives de contact restées sans réponse, il décide alors de remorquer le bateau vers l’Italie pour débarquer les migrants dans un lieu où ils seront en sécurité[18]. Accusé avec son équipage de s’être rendu coupable d’aide à l’immigration dite « clandestine », ce sauvetage coûtera aux 7 marins-pêcheurs 22 jours d’incarcération en Sicile.

    Si le procès s’est résolu par un non-lieu, les pêcheurs de Zarzis restent dans le collimateur des autorités italiennes. « Nous les pêcheurs tunisiens, l’Italie voudrait nous contrôler et encore limiter la zone dans laquelle nous pouvons pêcher » se désole Slah Eddine, « les Italiens nous surveillent ! ». Il évoque aussi la surveillance d’EUNAVFOR Med, également appelée Sophia, opération militaire lancée par l’Union européenne en 2015 en Méditerranée pour, selon les mots de la Commission « démanteler le modèle économique des passeurs et des trafiquants d’êtres humains »[19]. Si l’opération militaire les surveille de près lorsqu’il s’agit du secours en mer, lorsqu’il est question d’attaques par des milices libyennes, Sophia détourne le regard et abandonne les pêcheurs tunisiens à leur sort.

    Les harraga de demain ? [20]

    « On ne peut plus, ce n’est plus possible, il n’y a plus rien », répètent les pêcheurs, acquiesçant les paroles par lesquelles Slah Eddine vient de présenter leur situation. Entre les eaux polluées, les problèmes économiques, le fléau de Daesh, les poissons qui ne se reproduisent plus, les éponges malades, les attaques libyennes, les pressions italiennes et européennes, être un pêcheur en Tunisie, « ce n’est plus une vie ». Leurs fils à eux sont partis pour la plupart, en Europe, après avoir « brûlé » la mer. Ils savent que dans cette région qui vit surtout de la pêche, il n’y a pas d’avenir pour eux.

    Et puis il y a ceux qui, privés de toute autre source de revenus, sont contraints à se reconvertir dans des activités de passeurs. Nés dans des familles où la pêche se transmet de père en fils, ils connaissent la mer, ses vents, tempêtes, marées et courants. Ils savent où se procurer des bateaux. Lorsque ces loups de mer sont à la barre, le voyage est plus sûr pour celles et ceux risquent la traversée vers l’Europe à bord d’un rafiot. Alors que les harragas tunisiens sont de plus en plus systématiquement déportés lorsqu’ils sont arrêtés par les autorités italiennes[21], certains passeurs ont troqué leur clientèle tunisienne pour une clientèle subsaharienne, de plus en plus nombreuse à mesure que leur situation en Libye se dégrade. Faute de voies régulières pour les migrants, la demande de passage vers l’Europe augmente. Et faute de ressources alternatives pour les pêcheurs, l’offre se développe.

    Or ce n’est ni la « main invisible » ni une quelconque fatalité qui poussent ces pêcheurs au départ ou à la diversification de leurs activités, mais le mélange entre le modèle de développement polluant et incontrôlé, l’inaction des autorités tunisiennes en matière de protection de l’environnement, et le cynisme des politiques migratoires sécuritaires et meurtrières de l’Union européenne.

    ▻https://ftdes.net/des-pecheurs-pris-dans-un-etau
    #environnement #sauvetage #Méditerranée #pêche #développement #émigration #Cotusal #pollution #plastique #colonialisme #sel #salines #phosphogypse #Groupe_Chimique_Tunisien #eaux_usées #reproduction_marine #poissons #éponges #Djerba #mollusques #Gabès #Jbeniana #microalgues #phosphate #crabe_bleu #Libye #différend_territorial #zone_économique_exclusive #surpêche #asile #migrations #réfugiés #criminalisation #Chameseddine_Bourrasine #EUNAVFOR_Med #Operation_Sophia #harraga

    #ressources_pédagogiques #dynamiques_des_suds

  • Illusion cartographique au Nord, barrière de sable à l’Est : les #frontières mouvantes du #Sahara_occidental
    ▻http://journals.openedition.org/espacepolitique/2644

    C’est entre 1981 et 1987 que l’Etat marocain entreprend, avec l’aide de techniciens français, la fortification militaire de lignes de dunes dans une perspective défensive. La fin des années 1970 est alors marquée par des combats violents entre les Forces armées marocaines (FAR) et le Front Polisario, qui agit dès 1976 depuis des bases arrière algérienne et mauritanienne. La prise pour cible du territoire marocain (hors de la zone controversée) et l’occupation ponctuelle de Tan Tan par les indépendantistes (opération « Houari Boumédiene ») sont vécues côté marocain comme un affront et renforcent l’idée d’un nécessaire mur de sécurisation pour protéger les centres névralgiques du Sahara, à savoir les villes, les oasis, les mines de phosphate de Bou Craa et les sources de la Saguia al Hamra (Mohsen-Finan, 2004). Entreprise à la faveur d’un renversement du rapport de forces sur le terrain par les FAR, la fortification de dunes s’étale sur plusieurs années

    #cartographie #Maroc

  • Les Pieds sur terre par Sonia Kronlund
    Journal breton - saison 2 (2/6) : Des nouvelles des voisins
    21/09/2017
    ►https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/journal-breton-saison-2-26-des-nouvelles-des-voisins

    Journal breton d’Inès Léraud

    Dans les terres bretonnes, les habitants d’un village s’organisent pour accueillir des migrants. Un peu plus loin sur la côte, Yves-Marie Lelay se bat contre les marées vertes depuis 15 ans et grâce à lui, le dernier mort probable des algues vertes, un homme retrouvé inanimé dans l’estuaire du Gouessant en septembre 2016, n’est pas passé inaperçu.

    #algues_vertes

  • Maudit soit le phosphate

    "Ce documentaire retrace l’histoire de la « #révolte de #Gafsa », qui secoua le Sud-Ouest de la #Tunisie, où se situe une importante région minière d’extraction de phosphate, durement frappée par la #pauvreté et le #chômage.

    Le 5 janvier 2008, commune de #Redeyef : des chômeurs.euses organisent un #sit-in devant la mairie, marquant le début d’un mouvement de désobéissance civile qui durera 6 mois.
    Ils s’appelaient Moudhaffer, Bechir, Adnène, Leila ou encore Adel et Haroun. Ils/elles étaient instituteurs.trices, chômeur.euses, jeunes désespéré.e.s., criant leurs revendications, ensemble dans la tourmente d’un mouvement populaire sans précèdent dans l’histoire contemporaine de la Tunisie, surnommé la "#révolte_de_la_dignité".

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=foZUwchinpY

    #film #documentaire #phosphate #mines #résistance #matières_premières
    cc @albertocampiphoto @reka

  • L’agro-industrie profite de la COP22 pour vendre ses solutions à l’Afrique
    ▻https://reporterre.net/L-agro-industrie-profite-de-la-COP22-pour-vendre-ses-solutions-a-l-Afriq

    À l’occasion de la #COP22, le #Maroc défend une « initiative » pour permettre à l’#agriculture africaine de faire face au changement climatique. Louable a priori, cette intention agrège en fait les intérêts de groupes #agro-industriels et ceux de l’#industrie marocaine du #phosphate, pour un résultat incompatible avec la réduction des émissions de #gaz_à_effet_de_serre.

    #agro-industrie

  • Comment les phosphates du Maroc nourissent la planète - Libération.fr
    ►http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/2016/06/29/comment-les-phosphates-du-maroc-nourissent-la-planete

    Je suis aussi intéressé par le fait que l’exploitation du #phosphate a vu le jour dans les dernières décennies de la #colonisation européenne en Afrique du Nord (1900-1960). La création de cette industrie pendant la période coloniale a laissé des legs importants pour les États indépendants d’#Afrique_du_Nord. La #Tunisie, l’#Algérie et le #Maroc en particulier sont tous devenus indépendants avec à leur disposition d’importantes infrastructures minières de phosphate mais aussi des moyens de relier ce phosphate au tissu économique : des mines, des chemins de fer, des ingénieurs, des mineurs et des villes entières axées sur le phosphate. Les sociétés minières de phosphates elles-mêmes sont devenues des acteurs importants dans la formation post-indépendance des pays d’Afrique du Nord, en particulier au Maroc, où l’OCP a fourni des revenus substantiels à l’État. Du point de vue géopolitique, le phosphate a aussi servi à étendre l’influence régionale et mondiale de ces États. J’ai donc choisi d’étudier la façon dont le #phosphate_minier fait à la fois partie du système alimentaire mondial, mais symbolise aussi la transition d’un monde colonial vers un monde post-impérial national.

    #sahara_occidental #agriculture #engrais #extraction_minière

  • Le pétrole, le coton ou le phosphate de l’État islamique sont-ils vendus en Europe ?
    ▻http://multinationales.org/Le-petrole-le-coton-ou-le-phosphate-de-l-Etat-islamique-sont-ils-ve

    Des puits de pétrole, des gisements gaziers, des mines de phosphate, des champs de coton, des cultures de céréales… Autant de ressources sur lesquelles l’Etat islamique a mis la main grâce aux territoires qu’il contrôle en #Irak et en #Syrie. Malgré l’embargo dont il fait l’objet, une partie de ces produits sont écoulés sur les marchés, vers les pays voisins, et servent à financer sa guerre sans fin. Comment les entreprises des secteurs concernés, les négociants de matières premières, les banques et les (...)

    #Enquêtes

    / Irak, Syrie, #BNP_Paribas, #Vitol, #Trafigura, #Industries_extractives, #Textile, #chaîne_d'approvisionnement, #crimes_et_délits_économiques, #droits_humains, (...)

    #éthique
    « ▻http://www.tresor.economie.gouv.fr/10858_lutte-contre-le-financement-de-daech »
    « ▻http://www.defense.gouv.fr/operations/actualites/chammal-point-de-situation-du-12-novembre-2015 »
    « ▻http://images.info.accelus.thomsonreuters.biz/Web/ThomsonReutersGRC/%7Be9f725a3-191a-4b47-91ca-67c26fb6f298%7D_GRC01 »
    « ▻http://www.fatf-gafi.org/documents/documents/financing-of-terrorist-organisation-isil.html »
    « ▻http://www.letemps.ch/economie/2015/05/29/traders-suisses-cooperent-etats-unis-tracer-financement-islamique »
    « ►http://www.justice.gov/opa/pr/bnp-paribas-agrees-plead-guilty-and-pay-89-billion-illegally-processing-fin »
    « ▻http://www.elysee.fr/assets/Uploads/Cinquante-propositions-francaises-pour-proteger-le-patrimoine-de-lhumanite.pd »
    « ▻http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=URISERV:ps0017 »
    « ▻http://www.treasury.gov/resource-center/sanctions/Programs/Documents/syria.pdf »
    « ▻http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2199(2015) »
    « ▻http://uk.reuters.com/article/2015/11/17/uk-iraq-kurdistan-oil-idUKKCN0T61HL20151117 »
    « ►http://www.justice.gov/sites/default/files/opa/legacy/2014/06/30/statement-of-facts.pdf »

  • Épisode 5, les #Sahraouis, enfants des nuages
    PARTIE 1 : Documentaire historique

    Les Sahraouis, enfants des nuages, avec Sophie Caratini, anthropologue, auteure de La République des sables : anthropologie d’une Révolution (L’Harmattan, 2003)
    Jusqu’au départ des Espagnols du Sahara Occidental, les Sahraouis étaient nomades. Leurs migrations suivaient la pluie, d’où leur surnom d’« enfants des nuages ». Mais depuis la décolonisation en 1976, les territoires sahraouis sont occupés par l’armée et les colons marocains. Désormais, la population, sédentarisée, vit dans des camps de réfugiés, séparés de la Mauritanie par un « mur des sables », le plus long mur du monde, planté au milieu des dunes. C’est là que se construit aujourd’hui la nouvelle identité sahraouie, autour du rêve d’une nation enfin autonome.

    TRANSITION : témoignage

    Né au Sahara occidental à l’époque du protectorat espagnol, le sociologue Ali Omar Yara a trouvé refuge en France, après 15 années passées au Maroc. L’éloignement de sa terre natale n’a fait que renforcer son engagement pour la cause sahraouie.

    PARTIE 2 : Plateau d’experts
    La politique de peuplement du sud marocain

    La marche verte

    Alors que le Maroc s’apprête à célébrer les quarante ans de la Marche verte, faisons le point en deuxième heure sur la colonisation marocaine au Sahara occidental avec Ali Omar Yara, sociologue, Sébastien Boulay, anthropologue, maître de conférence à Paris Descartes, Marguerite Rollinde, politologue, chercheur à l’Institut Maghreb Europe à l’Université de Paris VIII Saint-Denis et la chanteuse Oum qui nous accompagnera aussi en musique.

    CONCLUSION : témoignage
    La chanteuse Oum est née à Casablanca en 1978. Son prénom complet « Oum el Ghaït » était donné aux petites filles nées dans le désert un jour de pluie. Alors, marocaine ou sahraouie ? Comment savoir ??? Oum est sahélienne : une femme-frontière, une enfant de la pluie. Elle nous offre ici sa vision personnelle du Sahara.

    Oum sera en concert le 25 juillet dans le cadre du festival de Robion, dans le Vaucluse, et son nouvel album "Zarabi" sera dans les bacs le 22 septembre 2015.

    Lectures :

    – La chanteuse palestinienne Kamilya Jubran a mis sa sensibilité et sa générosité au service des sahraouis d’hier et d’aujourd’hui, en lisant une libre adaptation du roman de Sophie Caratini "La fille du chasseur" (éditions Thierry Marchaisse, 2011) et des poèmes extraits des recueils "L’an prochain à Smara" de Diego (2007) et "La plume prisonnière" de Na’ana Labbat El-Rachid (2008), tous deux édités par l’Harmattan.

    – Le comédien Mahmoud Saïd a prêté sa voix à feu Hassan II

    – Le sociologue Ali Omar Yara qui a lu pour nous un extrait du « Voyage » de Malainine Lakehal, une co-édition de L’Harmattan avec la République Arabe Sahraouie Démocratique.

    Titres diffusés en fin de documentaire et en fin d’émission :

    – "Hijo de las nubes" de la chanteuse sahraouie Aziza Brahim

    – "Salam" de la chanteuse marocaine Oum

    Remerciements :

    – Annelise Signoret de la documentation de Radio France

    – Raphaëlle Lombard et Marguerite Dornier du service de presse des éditions de L’Harmattan

    – Simon Veyssière (Accent Presse)

    Revues :

    – Histoires d’exils : les jeunes Sahraouis. L’#identité_sahraouie en question de Annaïg Abjean et Zahra Julien (L’Ouest Saharien, Hors série n°3, 2004)

    – La résistance sahraouie à Gdaïm Izig : le journal d’une migration et autres chroniques (L’Ouest Saharien n°8, 2012)

    Albums :

    – Mi canto (Reaktion, 2009), Mabruk (Reaktion, 2012) et Soutak (Glitterbeat, 2014) de Aziza Brahim

    – Soul of Morocco de #Oum (Music development Company, 2013)

    ▻http://www.franceculture.fr/emission-grande-traversee-les-hommes-aux-semelles-de-vent-itinerances-

    #Sahara_occidental #phosphate #mur #indépendance #résistance #Polisario #Israël #mur #barrière_frontalière #Algérie #réfugiés #camps_de_réfugiés #Maroc #tribu #peuple #démographie #frontière #occupation #Mauritanie #conflit #guerre #nomadisme #exil #Espagne #colonialisme #colonisation #autonomie #marche_verte #nation #Hasan_II #langue
    cc @reka @daphne @marty @albertocampiphoto

  • #Pollution in Tunisia
    Dirty business
    ▻http://www.economist.com/news/middle-east-and-africa/21636443-locals-complain-about-phosphate-industry-dirty-business

    Doctors and activists allege that cancer, infertility and asthma in the cities of Gabès and Gafsa, two hubs for the industry, are unusually high. (To date the government has not studied the possible link between phosphate pollution and disease.) Not only that, but the industry uses up local water sources, causing farmers close to refineries to abandon agriculture. Gabès’ unique seaside palm oases are withering rapidly as the water table drops.

    #Tunisie #Phosphate

  • Nauru, l’île dévastée

    Connaissez-vous #Nauru ? Cette île du #Pacifique est la plus petite République du monde, apparemment semblable à des dizaines d’autres. Elle fut même, dans les années 1970-1980, l’un des pays le plus riches du monde.
    Aujourd’hui, Nauru est un État en #ruine, une île littéralement dévastée. C’est le récit de cet incroyable effondrement qu’a entrepris #Luc_Folliet. Car tout commence à Nauru avec le #phosphate, ce « cadeau de Dieu », dont l’exploitation démarre au début du XXe siècle. Lorsque les Nauruans conquièrent leur indépendance, en 1968, des centaines de millions de dollars tombent dans le portefeuille du nouvel État et de ses habitants, qui adoptent un mode de vie occidental et dépensent sans compter.
    Au début des années 1990, le phosphate s’épuise. Alors, l’île se vend à qui bon lui semble. Des centaines de #banques off-shore choisissent de s’installer dans ce nouveau #paradis_fiscal. Mais rien n’y fait, Nauru devient l’un des États les plus pauvres au monde et loue sa terre à l’Australie voisine qui peut y « exporter » ses #camps_d'internement de #réfugiés. On envisage même alors l’abandon de l’île et l’#exil de ses habitants...
    Désastre écologique, faillite économique, hyperconsumérisme, maladies chroniques : l’histoire de Nauru raconte aussi notre histoire. Elle montre comment le rêve de prospérité peut, en quelques années, virer au cauchemar.

    ►http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Nauru__l_ile_devastee-9782707164315.html
    #livre #richesse #pauvreté