• La catastrophe et les parasols - Le Dessous des images | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=maX4kjEUMpc

    Alors que flambe la forêt girondine, des vacanciers profitent du sable, du soleil et de la mer. Cette photographie de juillet 2022 nous reprocherait-elle notre indifférence face au dérèglement climatique ? Sonia Devillers analyse cette image en compagnie de son auteur, le photographe Thibaud Moritz.

    Une plage du sud-ouest de la France, peuplée de baigneurs insouciants. Au loin, les premières fumées d’un incendie de forêt s’élèvent. Le feu va ravager plusieurs milliers d’hectares en moins de 10 jours. Diffusée le 13 juillet 2022 par l’Agence France-Presse, la photo a été largement reprise par la presse nationale et étrangère. Le contraste entre le danger et la quiétude surprend. Un effet ? Une réalité ? « Le dessous des images » vous raconte cette photo en compagnie du photographe Thibaud Moritz, son auteur, et du chercheur en sciences de l’information Maxime Fabre.

    #EMI #Image #Photographie #Médias #Climat #SVT #Presse

  • Du jeu dans le #paysage
    https://metropolitiques.eu/Du-jeu-dans-le-paysage.html

    Avec leur #atlas des régions naturelles, dont le volume 3 vient de paraître, les artistes Éric Tabuchi et Nelly Monnier proposent, par la cartographie et la #photographie, une contre-lecture des espaces de la vie quotidienne hors des métropoles. Le projet de l’Atlas des régions naturelles est moins fou qu’il n’en a l’air ; il est même assez classique à première vue. Depuis 2017, Éric Tabuchi et Nelly Monnier se proposent de constituer une archive photographique du #territoire français, riche d’environ 25 #Commentaires

    / photographie, atlas, paysage, #France, #région_naturelle, territoire

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-gaudin8.pdf

  • Clearview AI condamné à 20 M€ d’amende par la CNIL
    https://iatranshumanisme.com/2022/10/22/clearview-ai-condamne-a-20-me-damende-par-la-cnil

    Clearview AI condamné à 20 M€ d’amende par la CNIL Reconnaissance faciale : sanction de 20 millions d’euros à l’encontre de Clearview AI La CNIL a …

    #Intelligence_Artificielle #Technologie #Photographie #Société

  • L’unica donna

    La regista Immy Humes ha raccolto in un libro cento ritratti di gruppo che hanno in comune la stessa caratteristica

    https://www.internazionale.it/magazine/2022/10/20/l-unica-donna

    Katharine Graham, editrice, New York, Stati Uniti, 1975. Graham è stata la prima donna eletta nel consiglio d’amministrazione dell’Associated Press. Nel 1972 era diventata la prima amministratrice delegata del Washington Post. Il padre Eugene Meyer lo aveva comprato nel 1933 e aveva lasciato il suo ruolo al genero Philip, quando nel 1946 era diventato presidente della Banca mondiale. Nel 1963, alla morte di Philip, Graham prese il suo posto. Durante più di vent’anni alla guida del Post fece pubblicare i Pentagon papers sul coinvolgimento degli Stati Uniti nella guerra del Vietnam e le rivelazioni sullo scandalo del Watergate, che portarono alle dimissioni del presidente Richard Nixon. (Shutterstock /Ap)

    et

    https://www.smithsonianmag.com/history/these-trailblazers-were-the-only-women-in-the-room-where-it-happened

    #AP#Médias#Photographie#Femme#Feminisme

  • #Helvécia. Une histoire coloniale oubliée

    Dans son exposition photographique « Helvécia. Une histoire coloniale oubliée », le MEG lève le voile sur un aspect peu connu de l’histoire helvétique. Si la Suisse n’a jamais eu de pays placés sous sa #domination, elle a néanmoins collaboré avec des puissances coloniales à l’#appropriation de terres étrangères et à la pratique esclavagiste.

    L’exposition du MEG présente la rencontre avec les habitant-e-s d’Helvécia au #Brésil, au croisement d’une quête identitaire et d’une recherche sur le passé de cette ancienne colonie suisse.

    https://www.youtube.com/watch?v=ruoxD4d0vU4&feature=emb_logo


    https://www.meg.ch/fr/expositions/helvecia-histoire-coloniale-oubliee
    #colonialisme #colonisation #Suisse #Suisse_coloniale #colonialisme_suisse #exposition #photographie #esclavage #Helvecia #Dom_Smaz

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    voir aussi :
    #Helvécia : A Swiss Colonial History in Brazil
    https://seenthis.net/messages/972693

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    ajouté à la métaliste sur le colonialisme suisse :
    https://seenthis.net/messages/868109

    ping @cede

  • Mona Chollet : des sorcières au pouvoir de l’image (20mn)

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-9h10/l-invite-de-sonia-devillers-du-jeudi-20-octobre-2022-3382249

    L’autrice de « Sorcières » sort un nouvel essai intitulé « D’images et d’eau fraîche » chez Flammarion. Elle est notre invitée.

    Son essai sur la figure de la sorcière est devenu un best-seller, d’aucuns en ont fait un manifeste féministe. Tout en nuances, Mona Chollet publie aujourd’hui un texte où elle dévoile une passion cachée : collectionner les images. Des femmes illustres, oui, mais pas que : des enluminures anciennes, des chats, des felouques sur le Nil, des tableaux de maîtres, des images de l’hiver, de musique, de danse, de nourriture, de fenêtre...

    Ce nouveau livre, D’images et d’eau fraîche, qui paraît chez Flammarion, est rempli de photos, de gravures, de tableaux mais aussi de textes qui les racontent. Cet ouvrage parle également de Mona Chollet, à travers les images qu’elle collectionne, qu’elle garde en son sein et qu’elle a choisi de partager, sur du papier cette fois et plus uniquement sur les réseaux sociaux.

    #Pinterest#Tumblr#Instagram#Images#photographie#Mona_Chollet

  • Revisiting the widows of Duterte’s deadly ‘war on drugs’ – in pictures
    https://www.theguardian.com/global-development/gallery/2022/oct/13/revisiting-the-widows-of-dutertes-deadly-war-on-drugs-in-pictures

    In 2017, James Whitlow Delano visited Manila’s slums to photograph young women and girls who lost partners to the former Philippines president Rodrigo Duterte’s brutal campaign against suspected drug dealers. Delano has returned twice to see how their lives have changed


    The staircase at the Silingan coffee shop. As well as serving drinks, the shop also sells goods made by staff
    All photographs: James Whitlow Delano/Funded by the Pulitzer Center on Crisis Reporting

    #photographie #philippines

  • The Black Panthers protesting in Chicago, Illinois, 1969

    Hiroji Kubota: ‘At the time, the Black Panthers were starting to get popular and I managed to get to know them. For some reason, these three leaders wanted to be photographed with a very big Picasso sculpture at Chicago City Hall. “It’s not interesting,” I said. Then it started snowing so we went outside and I took this. I didn’t give them any instructions – they just went down there and saluted, never asking me anything about myself, or what I might be doing the picture for. They pretty much ignored me.’

    Photograph: Hiroji Kubota/Magnum Photos/c/o Atlas Gallery

    https://www.theguardian.com/world/gallery/2022/oct/07/black-triangle-moments-and-heroes-of-the-civil-rights-era-in-pictures
    #photographie

  • Looking for trouble: 1980s youth culture – in pictures
    https://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2022/oct/07/looking-for-trouble-1980s-youth-culture-in-pictures

    John Ingledew’s Looking for Trouble photo zine is part of a series published by the Museum of Youth Culture celebrating British subcultures. The period covered by Ingledew is from the late 1970s to the mid-1980s, a golden age of youth culture in Britain that included rockabilly, teds, punk, two-tone, ska, skinhead and mod revivals and the start of the football casuals and Perry boys, with each group having their own vibrant scene and styles


    A gang including skinheads, a punk and a Madness fan on Brighton beach in 1983. ‘I really hope there’s just as many young people having just as much a brilliant time today. Following a band or being part of a scene should be part of everyone’s teenage years.’ photo John Ingledew
    #photographie

  • This was England: Chris Killip’s pioneering photography – in pictures
    https://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2022/oct/04/this-was-england-chris-killips-pioneering-photography-in-pictures

    From shipbuilding to coal mining, Chris Killip embedded himself in local communities in the 1970s and 80s long enough to capture their solidarity – and decline


    TT Races Supporter, Isle of Man, 1971, photo Chris Killip
    #photographie #chris_killip

  • Palma, Silvana. – L’Italia coloniale

    Roma, Editori Riuniti (« Storia fotografica della società italiana », 35), 1999, 191 p., références photos, bibl.

    par Alain Gascon

    https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.1556

    Ce recueil de photographies publié dans la Storia Fotografica della Società Italiana est remarquable : à la qualité des reproductions s’ajoute le choix judicieux de documents souvent rares. Silvana Palma, qui enseigne l’histoire et les institutions des pays afro- asiatiques à l’Université de Rome, a assuré la présentation et le choix des photographies. Ce petit ouvrage complète utilement les travaux des historiens italiens sur l’aventure coloniale italienne notamment Gli Italiani in Libia et Gli Italiani in Africa Orientale d’Angelo Del Boca1. Il montre que les colonisateurs italiens n’ont pas été fondamentalement différents des autres Européens. En effet, tardive et marquée par la défaite d’Adwa, on attribue à la colonisation italienne un caractère amateur, improvisé voire bon-enfant, en contradiction avec l’âpreté et la brutalité des Anglais, des Français, des Allemands, des Belges ou des Portugais. Les nombreux Métis nés en dépit des lois raciales et les « ensablés »2, les Italiens demeurés en Éthiopie et en Érythrée après la chute de l’Impèro, en 1941, en seraient la preuve. Or, ce livre – et d’autres – montrent combien la poigne italienne n’a pas été moins rude que les autres férules coloniales. Ainsi, en couverture, on voit deux Érythréens enchaînés gardés par des soldats italiens et en page de présentation, le duc des Abruzzes qui s’embraque à Mogadiscio, porté sur un fauteuil par des Somali afin d’épargner à sa princière personne le contact de l’eau de mer. En introduction, le portrait halluciné d’un grazmach3 rebelle sur le point d’être fusillé, une bella Somalia peu vêtue et plus loin la « reconstitution » d’un village érythréen pour une exposition coloniale nous rappellent des clichés coloniaux maintes fois rencontrés.

    https://editoririuniti.it/products/litalia-coloniale?variant=29137087186

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Photographie

  • ALDO BARATTI : “FOTO-RIFLESSIONI” ED ESTETISMI DALL’AFRICA ORIENTALE

    par Claudio Crescentini

    https://lalbatros.it/index.php/arte/201-aldo-baratti-foto-riflessioni-e

    Nel recuperare i germi della crisi del pensiero e della critica “attualista” degli anni Trenta del Novecento, volta con coerenza sia contro Croce che contro Gentile, potremmo rintracciare, in funzione estetico-visiva, una chiave di lettura coerente per analizzare la fotografia di quel periodo e in particolare quella tranche di storia della fotografia italiana – tipicamente italiana – legata alle italiche colonie africane. Un settore specifico della fotografia italiana del primo Novecento sempre meno studiato, anche per motivi ideologici e che va lentamente scomparendo proprio negli ambiti di studio ufficiali nazionali. Il recupero contemporaneo non deve ovviamente apparire come di “tipo ideologico”, ma appunto di studio e conoscenza di parte del nostro passato artistico, anche quello meno, per così dire, “politicamente corretto”. La storia e quindi la storia dell’arte è fatta d’altronde anche di queste parentesi nere che però non devono gettare ombra sugli studi successivi, come ad esempio è avvenuto col Futurismo, per la rivalutazione del quale abbiamo dovuto aspettare gli storici americani degli anni Sessanta.

    In tale percorso critico risulta quindi interessante recuperare tale “frangia” di storia della fotografia, partendo dal pensiero di Adelchi Baratono,[1] in particolare per quello che riguarda la persistenza concettuale del soggetto guardante abbinata al valore tecnico-sensibile dell’esperienza estetica e per la derivante “redenzione” del concetto di praticità dell’arte e dei suoi differenti orientamenti tecnici.

    Si tratta di un concetto che, a nostro avviso, è possibile anche sostenere tramite il razionalismo critico di Antonio Banfi, del quale ci limiteremo a porre in nuce la medianità direttiva della sua riflessione estetica, nel momento in cui, proprio negli anni Trenta, la forte ripresa della riflessione sull’arte costituisce uno dei momenti più salienti e, in maggior misura, qualificanti dell’arte e del pensiero italico.

    La sfera estetica così trattata esaudisce in contemporanea due esigenze contrastanti dell’intellettuale e, per traslato, dell’artista che, per quanto riguarda la nostra analisi del fotografo Aldo Baratti, finisce per «cogliere e privilegiare la dimensione dinamica, la provocazione irrazionale, la irriducibilità istituzionale e organizzativa della realtà presente, il “caos del vivente”; e insieme quella di riorganizzarla, formalizzarne la necessità, realizzarne la “composizione razionale”».[2] Così come fa, da altro punto di vista, anche Antonio Banfi, il pensiero del quale, fra l’altro, sembra oscillare fra due dimensioni vicine seppur distinte: quella che potremmo definire del «dover essere» dell’arte e perciò della bellezza, e quella maggiormente pragmatica dal filosofo definita come «corrente di vita», di volta in volta nutrita dall’inestinguibile molteplicità e autonomia dell’esperienza estetica stessa.[3]

    Inevitabile diviene perciò l’opposizione con l’estetica crociana e la collisione con i movimenti di pensiero più aperti e internazionali che porteranno, per traslato, lo ripetiamo, a ripercorrere il concetto dell’arte – leggi ancora fotografia – di questo periodo con un’ottica completamente nuova rispetto al precedente.

    La ricomposizione avviene ancora mediante i due indicati concetti dedotti dal Banfi e che definiscono, in sintesi, la dicotomia fra dogmatismo e pragmatismo. Per intenderci: decorativismo > funzionalità; gusto contro teoria. Del resto questo è un po’ il problema di tutta la fotografia e dell’arte in generale nel decennio affrontato.[4] Ed è tutto qui – e non è da poco – tutto riassumibile per mezzo delle due già indicate categorie estetiche di Banfi, che finiscono per definire, dal nostro punto di vista, la sperimentazione di un’arte fotografica da intendere soprattutto come tecnica, media funzionale valido per sé stesso, e dall’altra la determinazione di una tecnica artistica definita dal risultato, cioè dall’immagine in sé e per sé. La fotografia quindi come dogmatismo estetico abbinato, ed è il caso esplicito dell’Italia, con l’ideologia dominante.

    Si tratta di una dicotomia già a suo tempo verificata da Guido Pellegrini, allora Presidente del Circolo Fotografico Milanese, personaggio e teorico di spicco della fotografia italiana del periodo, per mezzo soprattutto delle sue cronache e recensioni pubblicate sulle pagine della rivista «Cinema». In particolare, nel descrivere i caratteri della fotografia a lui contemporanea, ne schematizza i tratti peculiari nell’ambivalenza fra «foto statica», che riproduce passivamente la visione propria dell’occhio umano, e «foto dinamica» che riproduce ciò che «vede» la camera oscura, la quale «per mezzo del suo occhio acutissimo e luminosissimo “ferma” sulla superficie oggi enormemente sensibile, nudamente e solamente “quello che è”».[5]

    In questo periodo ci troviamo comunque nel contesto di una vera e propria rivoluzione internazionale, legata soprattutto alla diffusione della pratica fotografica che vede come mezzo principale il lancio sul mercato di nuove macchine fotografiche economiche, di medio e piccolo formato. Tipo la Rolleiflex, immessa nel mercato dal 1929, cui fece seguito nel ’33 un modello più economico, la Rolleicord, ben presto gradita e utilizzata, oltre che dai foto-cronisti, anche da molti fotoamatori.[6]

    A queste va anche ricordata la distribuzione delle più note Leica, Reflex-Korelle e Contax, la prima utilizzata, fra gli altri, anche da Robert Capa e Gerda Taro durante il loro periodo di inviati free lance per documentare la Guerra di Spagna. Ma questa è tutta un’altra storia[7] rispetto a quella che andiamo ad analizzare, con ideali, concetti e inquadrature che insegnano altro rispetto al potere dominante.

    Possiamo realmente dire che negli anni Trenta ci troviamo in piena evoluzione della fotografia istantanea, ma non ancora totalmente di tipo amatoriale come avverrà più tardi e comunque nei decenni Quaranta-Cinquanta. Istantanea quindi, ma sempre legata alla visione artistica del soggetto da riprodurre, estrapolato “dal di dentro” della cronaca per divenire storia, seppur interpretata da angolazioni e prospettive diverse come nel caso di quello che abbiamo definito come «foto-riflessioni» di Aldo Baratti.

    Presente ad Asmara, in Eritrea, probabilmente già dagli anni Venti,[8] Baratti ha fatto sicuramente parte di quella serie di italiani emigrati nella parte orientale del Corno d’Africa dalla fine dell’Ottocento,[9] con un’accentuazione numerica realmente importante proprio fra gli anni Venti e Trenta, per mezzo anche – se non soprattutto – della propaganda del Regime Fascista.[10]

    Baratti comunque rientra senza ombra di dubbio fra i diffusori del “nuovo” mezzo di riproduzione meccanica in Eritrea dove, infatti, proprio dagli anni Trenta si rileva una notevole concentrazione locale di fotografi, anche non italiani.

    Molti, infatti, i professionisti eritrei della fotografia che fuoriescono dalla consultazione dei documenti e relazioni economiche dell’epoca, che spesso però non disponevano di un locale fisso dove svolgere la loro attività, un negozio e/o uno studio, anche per la mancanza di reperire i capitali giusti per dare forma ad un importante investimento produttivo com’era appunto quello dell’apertura di una sede commerciale, e che preferivano svolgere la loro attività in maniera, diciamo così, più flessibile.

    Ci troviamo di fronte alla presenza e all’attività in loco di quelli che venivano all’epoca inseriti nella categoria dei «Fotoambulanti» che, in un certo senso, riportano alla mente l’ormai famoso personaggio di Don Pasquale il fotografo, amico e coinquilino di Felice Sciosciammocca, felicemente descritto da Eduardo Scarpetta nel 1887 in Miseria e Nobiltà e che appunto professava l’attività di fotografo – in questo caso “semi-ambulante” – sotto il Teatro San Carlo di Napoli.[11]

    Aldo Baratti al contrario è iscritto già nel 1931 nel Registro delle ditte presenti in Eritrea, al n. 43, come «ditta / ragione sociale: individuale; oggetto del commercio o dell’industria: Studio fotografico e commercio in articoli fotografici; sede e succursali: Asmara».[12]

    Un professionista quindi, con sede professionale stabile registrata a suo nome, nella città dove vive da tempo, Asmara.

    Un fotografo non di guerra quindi, ma di realtà, quella realtà “esotica” tanto amata in Italia e che Baratti esportava come parte integrante del sogno italiano in Africa. In tale contesto colpisce la sua serie fotografica delle Venere nera, realizzata negli anni 1930-35, ancora oggi indubbiamente il concept fotografico più conosciuto di Baratti (fig. 1).

    Fig. 1 Aldo Baratti, Ragazza eritrea (serie Venere nera), 1930-35, fotografia, coll. privata

    Immagini originali di ragazze in posa, riprodotte poi in cartoline distribuite anche in Italia, con appunto «(…) giovani ragazze arabe e bilene, baria e cunama. Le foto erano in bianco e nero e per l’epoca erano terribilmente audaci perché offrivano la più stupefacente collezione di seni turgidi, di pose ardite e di sguardi provocanti. Destinate originariamente alle truppe del corpo di spedizione, le cartoline avevano conosciuto una larga diffusione anche in Italia».[13]

    Ritratti di giovani ragazze di colore realizzati da Baratti con un occhio particolarmente estetizzante, come a voler quasi rafforzare l’immagine iconica delle stesse rappresentate. Con in più un tocco “esotico”, o ritenuto tale, dato ad esempio dalle pelli animali dove le ragazze venivano sdraiate e/o sedute o da autoctone decorazioni parietali di scenografia.

    Evidente anche il taglio cinematografico della rappresentazione, dove, per l’immagine di questa serie di ritratti femminili, il fotografo fa uso di una specifica delineazione dell’utilizzo di un certo tipo di pose languide, divistiche, di tipo prettamente occidentale. Pose che però caricano la forza visuale della rappresentazione mediante il confronto/scontro con la semplicità dell’atteggiamento fisionomico di queste stesse ragazze, dei loro sorrisi che rimandano ancora alle loro coetanee italiane utilizzate nel cosiddetto cinema dei “telefoni bianchi” che proprio all’epoca andava invadendo il mercato cinematografico italiano e delle colonie italiche. E che tanto piaceva al pubblico italiano d’Italia e dell’Africa italiana.[14]

    Non è ovviamente da porre in secondo piano la sensualità della posa scelta per queste ragazze, altro elemento sul quale il fotografo andava vivamente insistendo, in modo quasi da implementare un nuovo mercato dell’immagine fotografica, fra Africa ed Europa, fra nord e sud, con ragazze nere in, quelle che si potremmo definire, “pose da bianche”. Continuando con i riferimenti cinematografici, potremmo dire che Baratti fotografava ragazze nere come ragazze “della porta accanto”, ovviamente più “spudorate” e ammiccanti rispetto al coevo contraltare filmico.

    Oltre a questa serie, Baratti si specializza anche in rappresentazioni più, diciamo così, sociali, sempre da collegare alla curiosità occidentale e del pubblico della madrepatria, mediante la realizzazione di fotografie scattate nei dintorni di Asmara e raffiguranti scene di vita e di lavoro quotidiano. Come nella serie Lavoro contadino, del periodo 1932-34 (figg. 2-3).

    Fig. 2 Aldo Baratti, Bambini nella campagna dei dintorni di Asmara, (serie Lavoro contadino), 1932-34, fotografia, coll. privata❞

    Fig. 3 Aldo Baratti, Costruzione di recipienti per granaglie (serie Lavoro contadino), 1932-34, fotografia, coll. privata

    In questo caso possiamo quasi parlare di istantanea e di un lavoro sull’immagine in qualche modo “meno accurato” per quanto riguarda la composizione della scena, rispetto alla serie Venere nera realizzata da Baratti totalmente nel suo studio di Asmara.

    Scatti comunque non casuali e non preparati, ma che proprio per questa loro ricercata immediatezza riescono a definire la freschezza e la semplicità della scena fermata dal fotografo.

    In tal senso ci troviamo proprio nell’attivazione pragmatica delle teorie già riportate di Guido Pellegrini, nella più totale ambivalenza proprio fra quella realizzazione di «foto statica» e «foto dinamica» che il teorico della fotografia aveva ampiamente teorizzato negli anni Trenta in Italia.

    Il tentativo di Baratti sembra essere quello di voler superare l’impasse del foto-documento nei confronti di una (pre)meditata idea di foto d’arte composta da immagini scarne, essenziali, emblematiche, che ormai, negli anni Trenta, era diventata serva integerrima del Fascismo e che, dopo la caduta del Regime, tornerà ad essere relegata a pura fonte di documentazione più che di arte, quasi di tipo sociale, in qualche modo antropologico, etnografico. Mentre a nostro avviso Baratti cerca di realizzare una fotografia che va decisamente al di là dello stereotipo dell’idea epica del mondo divulgata, ad esempio, da molto coeva fotografia americana, per una fotografia invece che seppur puntata verso la “diversità” della rappresentazione di razze e società, riesce però a farlo con un occhio che non è solo da colonizzatore ma appunto quello curioso e indagatore del fotografo e quindi dell’arte.

    Si veda in tal senso Scena rituale (fig. 4). In questo caso la scena fotografata da Baratti è identificabile con i rituali del clero copto che proprio nella comunità cristiana italiana delle colonie d’Africa aveva trovato un ambiente decisamene benevolo e disponibile, anche per quella sua particolarità di creare fulcri monacali dediti alla preghiera e all’aiuto sociale e familiare dei credenti, soprattutto nelle zone desertiche.

    Fig. 4 Aldo Baratti, Scena rituale (o Clero copto), 1932 ca., fotografia, coll. privata

    La fotografia è giocata per giustapposizioni strutturali date dal trattamento dei corpi e dei panneggi delle vesti, come ad esempio in una fotografia di architettura di Luciano Morpurgo. Ma le fotografie di Baratti hanno comunque il pregio di non restare “mute” ma di trasmettere all’osservatore il senso, anche naturale, della realtà “così com’è”, con la pretesa quindi di “parlare”, di affermare anche un pensiero, una riflessione dell’artista fotografo relativa a ciò che vede e per chi guarda.

    Imprescindibile l’adesione alla retorica nazionalista del Fascismo, in un’epoca in cui la fotografia, con la sua connaturata attitudine indagatoria e rivelatrice, si era ormai già ampiamente avviata a divenire un potente e persuasivo mezzo mass-mediologico.

    Ma con Baratti ci sembra però che la fotografia torna ad essere, seppur nella logica di una contestualizzazione storica ben definita e di una impostazione culturale altamente identificata, elemento dinamico e pensiero, con in più quel senso più spiccatamente – sfacciatamente – esotico che tanto piaceva al Regime e ai suoi sudditi.

    La fotografia quindi si va sempre più ad integrare all’operazione intellettuale del fotografo, «foto-riflessioni» come l’abbiamo definita, in funzione ideologica e di Regime, il quale, preme ricordare, per lungo tempo ha affidato la divulgazione della propria immagine al mussoliniano Istituto Luce, laboratorio e medium di persuasione e di celebrazione dei miti del Regime stesso.

    In questo modo il fotografo Baratti supera in un colpo solo la divisione, ancora molto attuale nella pratica della fotografia italiana così come nelle teorizzazioni divulgate dalle riviste specializzate italiane del periodo, tra fotografia artistica e fotografia documentaria e sociale, cercando d’imporre, per quanto sia possibile da Asmara, un nuovo modo di fare e vedere la fotografia, focalizzata in primis su una sua propria e più totale forza di persuasione e perciò di pensiero, dove ovviamente l’intento politico non è minimamente da porre in secondo piano.

    [1] Cfr. A. Baratono, Il mondo sensibile. Introduzione all’estetica, Messina-Milano 1934.

    [2] A.L. De Castris, Egemonia e fascismo, Bologna 1981, p. 103.

    [3] Per quanto riguarda il pensiero di Antonio Banfi rimandiamo al suo Per un razionalismo critico, Como 1943 e alle Lezioni di estetica raccolte a cura di Maria Antonietta Fraschini e Ida Vergani, Milano 1945. Ricordiamo comunque che il pensiero di Antonio Banfi aveva ovviamente come unico riferimento critico la scrittura da noi nella presente sede applicato, come già anticipato, alla fotografia.

    [4] Per un maggior approfondimento della questione, sia a livello estetico che sul piano fotografico e quindi artistico del periodo, cfr. C. Crescentini, Dicotomie nella fotografia italiana all’epoca del déco, in F. Benzi a c. di, Il Deco in Italia, cat. mostra, Roma 2004, Milano 2004, pp. 302-317.

    [5] G. Pellegrini, La nuova fotografia, in «Il Progresso Fotografico», n. 3, 30 marzo 1933.

    [6] «Nell’evoluzione della macchina fotografica, vanno [anche] ricordate l’Exacta, che è stata la prima reflex monoculare di piccolo formato, cm 4x6,5 (1933), la Primarflex di Curt Bentzin, cm 5x6 (1934)». I. Zannier, Storia e tecnica della fotografia, Roma-Bari 2003, p. 160.

    [7] Una storia così bene raccontata di recente sotto forma di romanzo da H. Janeczek, La ragazza con la Leica, Milano 2017, libro vincitore del LXXII Premio Strega.

    [8] A quanto risulta dalla residua e frammentata documentazione relativa all’attività fotografica di Aldo Baratti fra l’Italia e Asmara, ricordiamo che alcune sue foto risultano pubblicate nel testo: Prime letture tigrigna. Qadamaje masehafe nebabe, Asmara, Missione Evangelica, 1928. Mentre nel 1931 risulta «Premiata foto Baratti, Asmara – Massaua. Rappresentante esclusiva depositaria della casa M. Cappelli di Milano. Lastre – pellicole – carte. Fotografie artistiche e commerciali nere e colorate. Riproduzioni e ingrandimenti. Laboratorio per stampe e sviluppi per dilettanti con perfetto macchinario moderno. Ricco assortimento di materiale fotografico di 1° ordine. Vedute – usi – costumi e tipi della Colonia in qualsiasi formato. Montature inglesi e pittura ad acquarello e olio». Cfr. L. Goglia, Africa, colonialismo, fotografia: il caso italiano (1885-1940), in Fonti e problemi della politica coloniale italiana, Atti del Convegno di Studio, Taormina-Messina, 23-29 ottobre 1989, Roma 1996, pp. 827-829.

    [9] Ricordiamo, con solo un minimo cenno storico, che l’inizio dell’occupazione italiana dell’Eritrea avvenne nel novembre 1869 con l’avviò delle trattative per la cessione della Baia di Assab al Governo italiano, portate avanti da padre Giuseppe Sapeto per conto della Società di Navigazione Rubattino di Genova. Nel 1890 l’Eritrea fu ufficialmente dichiarata colonia italiana. Cfr. per la storia del periodo, di “quel periodo”, nella sua versione commerciale: E.Q.M. Alamanni, La Colonia Eritrea e i suoi commerci, Torino 1891.

    [10] L’Eritrea, rispetto all’Etiopia e alla Somalia Italiana, fu indubbiamente la colonia con la più forte concentrazione di italiani civili. Si pensi che nel censimento del 1939 solo ad Asmara furono censiti 53.000 Italiani su una popolazione totale di 98.000 abitanti. Cfr. T. Negash, Italian colonisation in Eritrea: policies, praxis and Impact, Uppsala 1987.

    [11] Così come da trasposizione cinematografica del 1954 di Mario Mattoli, con Totò, Sophia Loren e Carlo Croccolo.

    [12] Cfr. quanto riportato presso l’Ufficio Eritreo dell’Economia, nel Registro delle ditte, 1° elenco delle ditte residenti nel territorio dello Hamasien (europei e assimilati), in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. III, n. 33-34, marzo-aprile 1931, pp. 1177-1186. Nello stesso registro è presente anche un altro Baratti, Guido, iscritto al n. 104, sempre con ditta e ragione e/o ragione sociale individuale, proprietario del locale cinema “Dante” (Idem). Ad oggi non siamo riusciti a rivelare una possibile parentela fra i due Baratti attivi contemporaneamente ad Asmara. Il nome di Baratti è ancora presente nell’elenco ufficiale del 1939. Cfr. Rilevazione degli esercizi a carattere artigiano. Elenco delle attività artigiane, in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. XII, n. 96, 31 ottobre 1939, p. 387.

    [13] A. Del Boca, L’Impero, in M. Isnaghi a c. di, I luoghi della memoria. Simboli e miti dell’Italia unita, Roma-Bari 1996, pp. 423-424. In realtà Del Boca descrive Baratti come «un furbo tipografo di Asmara», mentre in realtà, come abbiamo già in parte affermato, il fotografo è iscritto come proprietario di uno studio fotografico e, quindi, come succedeva il più delle volte in Europa, attivo in prima persona nella professione di fotografo, alla quale si andava abbinando, quella appunto di rivenditore di prodotti fotografici. Più difficile pensarlo come tipografo anche se le fotografie le stampa sicuramente da solo nel proprio edificio commerciale. Anche questo in realtà rientra nella norma della professione, almeno fino agli anni Sessanta, periodo in cui il fotografo acquisisce una maggiore autonomia gestionale e concettuale della sua professione per divenire a tutti gli effetti artista, con lo studio che si trasforma da luogo anche di vendita ad appunto studio di posa fotografica tout court.

    [14] Per una visione di tale argomento di più ampio raggio cfr. N. La Banca, L. Tomassini a c. di, Album africano, Mandria 1997.

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Photographie#Baratti#Asmara#Erythrée

  • The melancholy of an empty American diner – in pictures
    https://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2022/sep/17/the-melancholy-of-an-empty-american-diner-in-pictures

    From Edward Hopper via David Lynch to The Sopranos, the diner is a much-mythologised fixture of American culture. Canadian photographer #Leah_Frances, now based in Pennsylvania, was struck by the nostalgia evoked by these places. When many diners were left deserted after the pandemic, she started to photograph the empty booths and counters.

    “We’re no longer gathering in the way we once did,” she says. “America is a polarised nation. Highlighting the emptiness at a table, in a quintessentially American space, can serve as a metaphor for the current divisions among the people in this country.”

    https://leah-frances.com


    photo Leah Frances
    #photographie

  • via touitteure https://twitter.com/SandrineTolotti/status/1569964845705080833 je découvre #Lora_Webb_Nichols
    http://www.lorawebbnichols.org

    A remarkable 24,000 image archive by the photographer, businesswoman and homemaker Lora Webb Nichols, providing an intimate window into life on the Wyoming frontier in the early 20th century. This website features a curated selection work from the LWN archive.


    #photographie

  • William Klein
    http://www.weck.fr/2022/09/12/william-klein

    Ces derniers temps, je ne mets à jour ce site qu’avec des #Portraits de gens qui meurent… Ça devient lassant, les gens qui meurent, et le fait que ça dise aussi que je ne mets pas vraiment de nouveaux reportages, ou alors pas ici, mais sur d’autres sites… William Klein est mort aujourd’hui le 12 […]

  • L’école de Kharkiv, l’angle mort de l’empire soviétique
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/09/11/l-ecole-de-kharkiv-l-angle-mort-de-l-empire-sovietique_6141113_4500055.html

    Tous ont en commun un goût de la satire et une envie de montrer l’ordinaire de leurs vies minuscules : les files d’attente dues aux pénuries alimentaires, les cités-dortoirs toutes grises, les chairs molles et les corps informes. « Ce qui nous caractérisait, c’était une forme de brutalité », résume Evgeniy Pavlov, visage fermé de joueur de poker, regard bleu glacé.

    Les tirages sont rarement soignés. « Dans un pays jugé sans qualité, la photo se devait aussi de l’être », ajoute Roman Pyatkovka, qui, après une carrière de chef éclairagiste au théâtre de Kharkiv, décida de se consacrer à la photographie, vers 1983.

    A l’époque, le simple fait de détenir un appareil photo peut entraîner l’accusation d’espionnage. « Le mot “groupe” était mal vu de la part des autorités soviétiques », rappelle Evgeniy Pavlov. Le KGB, qui envoyait ses agents de l’ombre dans les universités, avait aussi infiltré le club de photo de Kharkiv. Oleg Malevany, l’un des membres de Vremya, est pris en filature. « Personne n’a été emprisonné, comme ce fut le cas dans les années 1930, mais on sentait toujours une présence invisible, c’était très troublant », confie Boris Mikhaïlov.

    #photographie #Kharkiv

  • ALDO BARATTI : “FOTO-RIFLESSIONI” ED ESTETISMI DALL’AFRICA ORIENTALE

    Nel recuperare i germi della crisi del pensiero e della critica “attualista” degli anni Trenta del Novecento, volta con coerenza sia contro Croce che contro Gentile, potremmo rintracciare, in funzione estetico-visiva, una chiave di lettura coerente per analizzare la fotografia di quel periodo e in particolare quella tranche di storia della fotografia italiana – tipicamente italiana – legata alle italiche colonie africane. Un settore specifico della fotografia italiana del primo Novecento sempre meno studiato, anche per motivi ideologici e che va lentamente scomparendo proprio negli ambiti di studio ufficiali nazionali. Il recupero contemporaneo non deve ovviamente apparire come di “tipo ideologico”, ma appunto di studio e conoscenza di parte del nostro passato artistico, anche quello meno, per così dire, “politicamente corretto”. La storia e quindi la storia dell’arte è fatta d’altronde anche di queste parentesi nere che però non devono gettare ombra sugli studi successivi, come ad esempio è avvenuto col Futurismo, per la rivalutazione del quale abbiamo dovuto aspettare gli storici americani degli anni Sessanta.

    In tale percorso critico risulta quindi interessante recuperare tale “frangia” di storia della fotografia, partendo dal pensiero di Adelchi Baratono,[1] in particolare per quello che riguarda la persistenza concettuale del soggetto guardante abbinata al valore tecnico-sensibile dell’esperienza estetica e per la derivante “redenzione” del concetto di praticità dell’arte e dei suoi differenti orientamenti tecnici.

    Si tratta di un concetto che, a nostro avviso, è possibile anche sostenere tramite il razionalismo critico di Antonio Banfi, del quale ci limiteremo a porre in nuce la medianità direttiva della sua riflessione estetica, nel momento in cui, proprio negli anni Trenta, la forte ripresa della riflessione sull’arte costituisce uno dei momenti più salienti e, in maggior misura, qualificanti dell’arte e del pensiero italico.

    La sfera estetica così trattata esaudisce in contemporanea due esigenze contrastanti dell’intellettuale e, per traslato, dell’artista che, per quanto riguarda la nostra analisi del fotografo Aldo Baratti, finisce per «cogliere e privilegiare la dimensione dinamica, la provocazione irrazionale, la irriducibilità istituzionale e organizzativa della realtà presente, il “caos del vivente”; e insieme quella di riorganizzarla, formalizzarne la necessità, realizzarne la “composizione razionale”».[2] Così come fa, da altro punto di vista, anche Antonio Banfi, il pensiero del quale, fra l’altro, sembra oscillare fra due dimensioni vicine seppur distinte: quella che potremmo definire del «dover essere» dell’arte e perciò della bellezza, e quella maggiormente pragmatica dal filosofo definita come «corrente di vita», di volta in volta nutrita dall’inestinguibile molteplicità e autonomia dell’esperienza estetica stessa.[3]

    Inevitabile diviene perciò l’opposizione con l’estetica crociana e la collisione con i movimenti di pensiero più aperti e internazionali che porteranno, per traslato, lo ripetiamo, a ripercorrere il concetto dell’arte – leggi ancora fotografia – di questo periodo con un’ottica completamente nuova rispetto al precedente.

    La ricomposizione avviene ancora mediante i due indicati concetti dedotti dal Banfi e che definiscono, in sintesi, la dicotomia fra dogmatismo e pragmatismo. Per intenderci: decorativismo > funzionalità; gusto contro teoria. Del resto questo è un po’ il problema di tutta la fotografia e dell’arte in generale nel decennio affrontato.[4] Ed è tutto qui – e non è da poco – tutto riassumibile per mezzo delle due già indicate categorie estetiche di Banfi, che finiscono per definire, dal nostro punto di vista, la sperimentazione di un’arte fotografica da intendere soprattutto come tecnica, media funzionale valido per sé stesso, e dall’altra la determinazione di una tecnica artistica definita dal risultato, cioè dall’immagine in sé e per sé. La fotografia quindi come dogmatismo estetico abbinato, ed è il caso esplicito dell’Italia, con l’ideologia dominante.

    Si tratta di una dicotomia già a suo tempo verificata da Guido Pellegrini, allora Presidente del Circolo Fotografico Milanese, personaggio e teorico di spicco della fotografia italiana del periodo, per mezzo soprattutto delle sue cronache e recensioni pubblicate sulle pagine della rivista «Cinema». In particolare, nel descrivere i caratteri della fotografia a lui contemporanea, ne schematizza i tratti peculiari nell’ambivalenza fra «foto statica», che riproduce passivamente la visione propria dell’occhio umano, e «foto dinamica» che riproduce ciò che «vede» la camera oscura, la quale «per mezzo del suo occhio acutissimo e luminosissimo “ferma” sulla superficie oggi enormemente sensibile, nudamente e solamente “quello che è”».[5]

    In questo periodo ci troviamo comunque nel contesto di una vera e propria rivoluzione internazionale, legata soprattutto alla diffusione della pratica fotografica che vede come mezzo principale il lancio sul mercato di nuove macchine fotografiche economiche, di medio e piccolo formato. Tipo la Rolleiflex, immessa nel mercato dal 1929, cui fece seguito nel ’33 un modello più economico, la Rolleicord, ben presto gradita e utilizzata, oltre che dai foto-cronisti, anche da molti fotoamatori.[6]

    A queste va anche ricordata la distribuzione delle più note Leica, Reflex-Korelle e Contax, la prima utilizzata, fra gli altri, anche da Robert Capa e Gerda Taro durante il loro periodo di inviati free lance per documentare la Guerra di Spagna. Ma questa è tutta un’altra storia[7] rispetto a quella che andiamo ad analizzare, con ideali, concetti e inquadrature che insegnano altro rispetto al potere dominante.

    Possiamo realmente dire che negli anni Trenta ci troviamo in piena evoluzione della fotografia istantanea, ma non ancora totalmente di tipo amatoriale come avverrà più tardi e comunque nei decenni Quaranta-Cinquanta. Istantanea quindi, ma sempre legata alla visione artistica del soggetto da riprodurre, estrapolato “dal di dentro” della cronaca per divenire storia, seppur interpretata da angolazioni e prospettive diverse come nel caso di quello che abbiamo definito come «foto-riflessioni» di Aldo Baratti.

    Presente ad Asmara, in Eritrea, probabilmente già dagli anni Venti,[8] Baratti ha fatto sicuramente parte di quella serie di italiani emigrati nella parte orientale del Corno d’Africa dalla fine dell’Ottocento,[9] con un’accentuazione numerica realmente importante proprio fra gli anni Venti e Trenta, per mezzo anche – se non soprattutto – della propaganda del Regime Fascista.[10]

    Baratti comunque rientra senza ombra di dubbio fra i diffusori del “nuovo” mezzo di riproduzione meccanica in Eritrea dove, infatti, proprio dagli anni Trenta si rileva una notevole concentrazione locale di fotografi, anche non italiani.

    Molti, infatti, i professionisti eritrei della fotografia che fuoriescono dalla consultazione dei documenti e relazioni economiche dell’epoca, che spesso però non disponevano di un locale fisso dove svolgere la loro attività, un negozio e/o uno studio, anche per la mancanza di reperire i capitali giusti per dare forma ad un importante investimento produttivo com’era appunto quello dell’apertura di una sede commerciale, e che preferivano svolgere la loro attività in maniera, diciamo così, più flessibile.

    Ci troviamo di fronte alla presenza e all’attività in loco di quelli che venivano all’epoca inseriti nella categoria dei «Fotoambulanti» che, in un certo senso, riportano alla mente l’ormai famoso personaggio di Don Pasquale il fotografo, amico e coinquilino di Felice Sciosciammocca, felicemente descritto da Eduardo Scarpetta nel 1887 in Miseria e Nobiltà e che appunto professava l’attività di fotografo – in questo caso “semi-ambulante” – sotto il Teatro San Carlo di Napoli.[11]

    Aldo Baratti al contrario è iscritto già nel 1931 nel Registro delle ditte presenti in Eritrea, al n. 43, come «ditta / ragione sociale: individuale; oggetto del commercio o dell’industria: Studio fotografico e commercio in articoli fotografici; sede e succursali: Asmara».[12]

    Un professionista quindi, con sede professionale stabile registrata a suo nome, nella città dove vive da tempo, Asmara.

    Un fotografo non di guerra quindi, ma di realtà, quella realtà “esotica” tanto amata in Italia e che Baratti esportava come parte integrante del sogno italiano in Africa. In tale contesto colpisce la sua serie fotografica delle Venere nera, realizzata negli anni 1930-35, ancora oggi indubbiamente il concept fotografico più conosciuto di Baratti (fig. 1).

    Immagini originali di ragazze in posa, riprodotte poi in cartoline distribuite anche in Italia, con appunto «(…) giovani ragazze arabe e bilene, baria e cunama. Le foto erano in bianco e nero e per l’epoca erano terribilmente audaci perché offrivano la più stupefacente collezione di seni turgidi, di pose ardite e di sguardi provocanti. Destinate originariamente alle truppe del corpo di spedizione, le cartoline avevano conosciuto una larga diffusione anche in Italia».[13]

    Ritratti di giovani ragazze di colore realizzati da Baratti con un occhio particolarmente estetizzante, come a voler quasi rafforzare l’immagine iconica delle stesse rappresentate. Con in più un tocco “esotico”, o ritenuto tale, dato ad esempio dalle pelli animali dove le ragazze venivano sdraiate e/o sedute o da autoctone decorazioni parietali di scenografia.

    Evidente anche il taglio cinematografico della rappresentazione, dove, per l’immagine di questa serie di ritratti femminili, il fotografo fa uso di una specifica delineazione dell’utilizzo di un certo tipo di pose languide, divistiche, di tipo prettamente occidentale. Pose che però caricano la forza visuale della rappresentazione mediante il confronto/scontro con la semplicità dell’atteggiamento fisionomico di queste stesse ragazze, dei loro sorrisi che rimandano ancora alle loro coetanee italiane utilizzate nel cosiddetto cinema dei “telefoni bianchi” che proprio all’epoca andava invadendo il mercato cinematografico italiano e delle colonie italiche. E che tanto piaceva al pubblico italiano d’Italia e dell’Africa italiana.[14]

    Non è ovviamente da porre in secondo piano la sensualità della posa scelta per queste ragazze, altro elemento sul quale il fotografo andava vivamente insistendo, in modo quasi da implementare un nuovo mercato dell’immagine fotografica, fra Africa ed Europa, fra nord e sud, con ragazze nere in, quelle che si potremmo definire, “pose da bianche”. Continuando con i riferimenti cinematografici, potremmo dire che Baratti fotografava ragazze nere come ragazze “della porta accanto”, ovviamente più “spudorate” e ammiccanti rispetto al coevo contraltare filmico.

    Oltre a questa serie, Baratti si specializza anche in rappresentazioni più, diciamo così, sociali, sempre da collegare alla curiosità occidentale e del pubblico della madrepatria, mediante la realizzazione di fotografie scattate nei dintorni di Asmara e raffiguranti scene di vita e di lavoro quotidiano. Come nella serie Lavoro contadino, del periodo 1932-34 (figg. 2-3).

    In questo caso possiamo quasi parlare di istantanea e di un lavoro sull’immagine in qualche modo “meno accurato” per quanto riguarda la composizione della scena, rispetto alla serie Venere nera realizzata da Baratti totalmente nel suo studio di Asmara.

    Scatti comunque non casuali e non preparati, ma che proprio per questa loro ricercata immediatezza riescono a definire la freschezza e la semplicità della scena fermata dal fotografo.

    In tal senso ci troviamo proprio nell’attivazione pragmatica delle teorie già riportate di Guido Pellegrini, nella più totale ambivalenza proprio fra quella realizzazione di «foto statica» e «foto dinamica» che il teorico della fotografia aveva ampiamente teorizzato negli anni Trenta in Italia.

    Il tentativo di Baratti sembra essere quello di voler superare l’impasse del foto-documento nei confronti di una (pre)meditata idea di foto d’arte composta da immagini scarne, essenziali, emblematiche, che ormai, negli anni Trenta, era diventata serva integerrima del Fascismo e che, dopo la caduta del Regime, tornerà ad essere relegata a pura fonte di documentazione più che di arte, quasi di tipo sociale, in qualche modo antropologico, etnografico. Mentre a nostro avviso Baratti cerca di realizzare una fotografia che va decisamente al di là dello stereotipo dell’idea epica del mondo divulgata, ad esempio, da molto coeva fotografia americana, per una fotografia invece che seppur puntata verso la “diversità” della rappresentazione di razze e società, riesce però a farlo con un occhio che non è solo da colonizzatore ma appunto quello curioso e indagatore del fotografo e quindi dell’arte.

    Si veda in tal senso Scena rituale (fig. 4). In questo caso la scena fotografata da Baratti è identificabile con i rituali del clero copto che proprio nella comunità cristiana italiana delle colonie d’Africa aveva trovato un ambiente decisamene benevolo e disponibile, anche per quella sua particolarità di creare fulcri monacali dediti alla preghiera e all’aiuto sociale e familiare dei credenti, soprattutto nelle zone desertiche.

    La fotografia è giocata per giustapposizioni strutturali date dal trattamento dei corpi e dei panneggi delle vesti, come ad esempio in una fotografia di architettura di Luciano Morpurgo. Ma le fotografie di Baratti hanno comunque il pregio di non restare “mute” ma di trasmettere all’osservatore il senso, anche naturale, della realtà “così com’è”, con la pretesa quindi di “parlare”, di affermare anche un pensiero, una riflessione dell’artista fotografo relativa a ciò che vede e per chi guarda.

    Imprescindibile l’adesione alla retorica nazionalista del Fascismo, in un’epoca in cui la fotografia, con la sua connaturata attitudine indagatoria e rivelatrice, si era ormai già ampiamente avviata a divenire un potente e persuasivo mezzo mass-mediologico.

    Ma con Baratti ci sembra però che la fotografia torna ad essere, seppur nella logica di una contestualizzazione storica ben definita e di una impostazione culturale altamente identificata, elemento dinamico e pensiero, con in più quel senso più spiccatamente – sfacciatamente – esotico che tanto piaceva al Regime e ai suoi sudditi.

    La fotografia quindi si va sempre più ad integrare all’operazione intellettuale del fotografo, «foto-riflessioni» come l’abbiamo definita, in funzione ideologica e di Regime, il quale, preme ricordare, per lungo tempo ha affidato la divulgazione della propria immagine al mussoliniano Istituto Luce, laboratorio e medium di persuasione e di celebrazione dei miti del Regime stesso.

    In questo modo il fotografo Baratti supera in un colpo solo la divisione, ancora molto attuale nella pratica della fotografia italiana così come nelle teorizzazioni divulgate dalle riviste specializzate italiane del periodo, tra fotografia artistica e fotografia documentaria e sociale, cercando d’imporre, per quanto sia possibile da Asmara, un nuovo modo di fare e vedere la fotografia, focalizzata in primis su una sua propria e più totale forza di persuasione e perciò di pensiero, dove ovviamente l’intento politico non è minimamente da porre in secondo piano.

    [1] Cfr. A. Baratono, Il mondo sensibile. Introduzione all’estetica, Messina-Milano 1934.

    [2] A.L. De Castris, Egemonia e fascismo, Bologna 1981, p. 103.

    [3] Per quanto riguarda il pensiero di Antonio Banfi rimandiamo al suo Per un razionalismo critico, Como 1943 e alle Lezioni di estetica raccolte a cura di Maria Antonietta Fraschini e Ida Vergani, Milano 1945. Ricordiamo comunque che il pensiero di Antonio Banfi aveva ovviamente come unico riferimento critico la scrittura da noi nella presente sede applicato, come già anticipato, alla fotografia.

    [4] Per un maggior approfondimento della questione, sia a livello estetico che sul piano fotografico e quindi artistico del periodo, cfr. C. Crescentini, Dicotomie nella fotografia italiana all’epoca del déco, in F. Benzi a c. di, Il Deco in Italia, cat. mostra, Roma 2004, Milano 2004, pp. 302-317.

    [5] G. Pellegrini, La nuova fotografia, in «Il Progresso Fotografico», n. 3, 30 marzo 1933.

    [6] «Nell’evoluzione della macchina fotografica, vanno [anche] ricordate l’Exacta, che è stata la prima reflex monoculare di piccolo formato, cm 4x6,5 (1933), la Primarflex di Curt Bentzin, cm 5x6 (1934)». I. Zannier, Storia e tecnica della fotografia, Roma-Bari 2003, p. 160.

    [7] Una storia così bene raccontata di recente sotto forma di romanzo da H. Janeczek, La ragazza con la Leica, Milano 2017, libro vincitore del LXXII Premio Strega.

    [8] A quanto risulta dalla residua e frammentata documentazione relativa all’attività fotografica di Aldo Baratti fra l’Italia e Asmara, ricordiamo che alcune sue foto risultano pubblicate nel testo: Prime letture tigrigna. Qadamaje masehafe nebabe, Asmara, Missione Evangelica, 1928. Mentre nel 1931 risulta «Premiata foto Baratti, Asmara – Massaua. Rappresentante esclusiva depositaria della casa M. Cappelli di Milano. Lastre – pellicole – carte. Fotografie artistiche e commerciali nere e colorate. Riproduzioni e ingrandimenti. Laboratorio per stampe e sviluppi per dilettanti con perfetto macchinario moderno. Ricco assortimento di materiale fotografico di 1° ordine. Vedute – usi – costumi e tipi della Colonia in qualsiasi formato. Montature inglesi e pittura ad acquarello e olio». Cfr. L. Goglia, Africa, colonialismo, fotografia: il caso italiano (1885-1940), in Fonti e problemi della politica coloniale italiana, Atti del Convegno di Studio, Taormina-Messina, 23-29 ottobre 1989, Roma 1996, pp. 827-829.

    [9] Ricordiamo, con solo un minimo cenno storico, che l’inizio dell’occupazione italiana dell’Eritrea avvenne nel novembre 1869 con l’avviò delle trattative per la cessione della Baia di Assab al Governo italiano, portate avanti da padre Giuseppe Sapeto per conto della Società di Navigazione Rubattino di Genova. Nel 1890 l’Eritrea fu ufficialmente dichiarata colonia italiana. Cfr. per la storia del periodo, di “quel periodo”, nella sua versione commerciale: E.Q.M. Alamanni, La Colonia Eritrea e i suoi commerci, Torino 1891.

    [10] L’Eritrea, rispetto all’Etiopia e alla Somalia Italiana, fu indubbiamente la colonia con la più forte concentrazione di italiani civili. Si pensi che nel censimento del 1939 solo ad Asmara furono censiti 53.000 Italiani su una popolazione totale di 98.000 abitanti. Cfr. T. Negash, Italian colonisation in Eritrea: policies, praxis and Impact, Uppsala 1987.

    [11] Così come da trasposizione cinematografica del 1954 di Mario Mattoli, con Totò, Sophia Loren e Carlo Croccolo.

    [12] Cfr. quanto riportato presso l’Ufficio Eritreo dell’Economia, nel Registro delle ditte, 1° elenco delle ditte residenti nel territorio dello Hamasien (europei e assimilati), in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. III, n. 33-34, marzo-aprile 1931, pp. 1177-1186. Nello stesso registro è presente anche un altro Baratti, Guido, iscritto al n. 104, sempre con ditta e ragione e/o ragione sociale individuale, proprietario del locale cinema “Dante” (Idem). Ad oggi non siamo riusciti a rivelare una possibile parentela fra i due Baratti attivi contemporaneamente ad Asmara. Il nome di Baratti è ancora presente nell’elenco ufficiale del 1939. Cfr. Rilevazione degli esercizi a carattere artigiano. Elenco delle attività artigiane, in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. XII, n. 96, 31 ottobre 1939, p. 387.

    [13] A. Del Boca, L’Impero, in M. Isnaghi a c. di, I luoghi della memoria. Simboli e miti dell’Italia unita, Roma-Bari 1996, pp. 423-424. In realtà Del Boca descrive Baratti come «un furbo tipografo di Asmara», mentre in realtà, come abbiamo già in parte affermato, il fotografo è iscritto come proprietario di uno studio fotografico e, quindi, come succedeva il più delle volte in Europa, attivo in prima persona nella professione di fotografo, alla quale si andava abbinando, quella appunto di rivenditore di prodotti fotografici. Più difficile pensarlo come tipografo anche se le fotografie le stampa sicuramente da solo nel proprio edificio commerciale. Anche questo in realtà rientra nella norma della professione, almeno fino agli anni Sessanta, periodo in cui il fotografo acquisisce una maggiore autonomia gestionale e concettuale della sua professione per divenire a tutti gli effetti artista, con lo studio che si trasforma da luogo anche di vendita ad appunto studio di posa fotografica tout court.

    [14] Per una visione di tale argomento di più ampio raggio cfr. N. La Banca, L. Tomassini a c. di, Album africano, Mandria 1997.

    https://lalbatros.it/index.php/arte/201-aldo-baratti-foto-riflessioni-e
    #Aldo_Baratti #photographie #photographie_coloniale #Afrique_orientale #Corne_de_l'Afrique #colonialisme #colonisation #exotisme

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    via @olivier_aubert

  • #Colonia_per_maschi. Italiani in Africa Orientale: una storia di genere

    Quella degli italiani che combatterono o lavorarono nelle colonie africane del fascismo è una storia poco e mal conosciuta. Questo libro intende fornire un contributo di conoscenza sui comportamenti e i sentimenti di quanti, militari o civili, furono coinvolti nella colonizzazione dell’Etiopia (1935-41). Attraverso lo studio di memorie e diari inediti, ma anche della propaganda e della letteratura coloniale coeva, il volume indaga sul significato del colonialismo per gli italiani in termini di identità maschile, sia sul piano dell’esperienza vissuta che su quello dell’immaginario e della rappresentazione, pubblica e privata. Partendo dall’ipotesi della conquista coloniale come «terapia» per arginare la «degenerazione» del maschio e, in questa chiave, dal mito dell’Africa come luogo di frontiera e «paradiso dei sensi», il saggio intreccia l’analisi dei modelli maschili e delle politiche coloniali del fascismo con la ricostruzione delle esperienze quotidiane e delle percezioni di sé degli italiani. In particolare, sulla scia di molti studi coloniali stranieri focalizzati sulle variabili di genere e razza, l’analisi si sofferma sulla sfera dei complessi e multiformi contatti con gli uomini e le donne della società locale. Ne emerge un quadro articolato e contraddittorio, un complesso di relazioni tra colonizzatori e colonizzati sicuramente caratterizzato da gerarchie e razzismo, ma anche da rapporti amicali, erotici e omoerotici, paternalistici e, talora, paterni.
    Come scrive Luisa Passerini nella prefazione, questo libro è un «contributo originale [...] a un tema di grande rilevanza, che permette di comprendere meglio sia la complessità del passato recente della nazione sia le difficoltà di fare i conti con il suo retaggio coloniale».

    http://www.ombrecorte.it/vecchio/more.asp?id=129&tipo=documenta

    #colonialisme #colonisation #Italie_coloniale #colonialisme_italien #genre #femmes #livre #masculinité #identité_masculine

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    • La conquête de l’Éthiopie et le rêve d’une #sexualité sur ordonnance (1), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

      PARTIE 1

      Le 9 mai 1936, à Rome, dans un discours retransmis par des milliers de haut-parleurs dans toute l’Italie, Mussolini annonce la conquête de l’Éthiopie. Du Palais de Venise où il est acclamé par une foule en liesse, le Duce prétend donner au monde une leçon de civilisation, célébrant le combat de l’Italie contre « l’arbitraire cruel », « l’esclavage millénaire » et la victoire de la justice sur la barbarie. La veille, dans un climat analogue, le Duce s’est adressé aux organisations féminines du régime, et a remercié les femmes d’avoir soutenu l’héroïsme de leurs frères, fils et maris en résistant aux sanctions décrétées par la Société des Nations1. Quelques mois plus tôt pour la journée de la « Foi », des cohortes de femmes avaient offert leur alliance, le don de l’anneau nuptial symbolisant l’engagement de toute la nation dans l’aventure coloniale.

      Cette communion des genres sur l’autel de l’impérialisme fasciste ne doit pas masquer que la guerre d’Éthiopie fut un pic d’exaltation de la virilité par un régime qui l’avait élevée à des sommets jamais atteints2. « Rappelez-vous que la passion des colonies est la plus masculine, la plus fière et la plus puissante qu’un Italien puisse nourrir ; aimez-les plus encore pour les sacrifices qu’elles nous ont coûtés et qu’elles nous coûteront que pour les richesses qu’elles pourront nous apporter. Préparez-vous à mesurer dans les colonies votre force de dominateur et votre pouvoir de condottiere » exhortait le maréchal Rodolfo Graziani, devenu vice-Roi d’Éthiopie en juin 19363. Guerre coloniale et fasciste, le conflit éthiopien fut pensé comme un temps fort dans la stratégie destinée à créer un « homme nouveau fasciste »4. Soldats et colons étaient invités par le Duce, le maréchal Graziani et les élites fascistes à se comporter en peuple dominateur et impitoyable. Tous les moyens furent bons pour écraser un adversaire aussi mal équipé que déterminé : emploi de gaz asphyxiants, bombardements, massacres de civils, anéantissement des élites5. L’Éthiopie fut le théâtre d’une violence extrême. Soldats et hiérarques expérimentèrent l’hubris guerrière, comme aux meilleurs temps du squadrisme, l’infériorité présumée des indigènes autorisant une cruauté particulière. Dans son journal, l’intellectuel et hiérarque fasciste Giuseppe Bottai déplorait des épisodes de barbarie dont s’étaient principalement rendus coupables des officiers et dirigeants : « Le mouton des classes moyennes devient un petit lion, confondant l’héroïsme et la cruauté »6. Starace, le secrétaire national du parti fasciste, n’avait pas hésité à donner l’exemple, se livrant à des exercices de tir sur des prisonniers tandis que des soldats prenaient la pose près de cadavres ou brandissaint des restes humains comme des trophées.

      En dépit de discours affichant un humanisme à l’italienne, les autorités fascistes ne réprimèrent pas ces pratiques barbares des combattants, jugeant plus important de modifier les comportements sur un autre terrain : celui de la sexualité. Quelques mois après le début des hostilités, les relations des Italiens avec les femmes éthiopiennes devinrent, aux yeux des élites fascistes, une véritable « question » politique et une bataille prioritaire du régime.

      Les Éthiopiennes, obscurs objets de désir

      Préparée par plusieurs décennies d’idéologie nationaliste, la conquête de l’Éthiopie avait suscité de nombreuses attentes au sein de la population italienne. Au désir des plus démunis d’accéder à la propriété foncière s’ajoutaient des motivations plus complexes où se mêlaient confusément, comme dans d’autres contextes coloniaux, exotisme et érotisme. La beauté légendaire des femmes de la région n’était pas pour rien dans l’attrait de cet Eldorado, l’espoir de les posséder apparaissant aussi légitime que la prétention à s’emparer des terres.
      Photographies d’Éthiopiennes forcément dénudées, comme dans la plupart des représentations des femmes africaines jusqu’aux années Trente, romans populaires publicités et chansons avaient aussi contribué, avant et pendant la conquête, à répandre le stéréotype de créatures à la sensualité exacerbée, offertes au plaisir de l’homme blanc7. Dans l’Italie puritaine qui n’autorisait la nudité que dans l’art, les poitrines des Éthiopiennes nourrissaient tous les fantasmes. « Les Italiens avaient hâte de partir. L’Abyssinie, à leurs yeux, apparaissait comme une forêt de superbes mamelles à portée de main » se souvient Léo Longanesi8. Pendant la guerre, de nombreux dessins humoristiques véhiculés par la presse ou des cartes postales opposaient l’image d’un peuple d’hommes arriérés et sauvages et de femmes séduisantes et avenantes9. Dans un registre qui se voulait humoristique, le dessinateur Enrico De Seta, sur une carte intitulée « Bureau de poste », montrait un soldat devant un guichet postal. Il s’apprêtait à expédier un curieux colis : une femme abyssine empaquetée dans une couverture, dont dépassaient la tête et les pieds10 !

      En 1935, la chanson Faccetta Nera, (Petite frimousse noire) avait accompagné les troupes en campagne. Composée d’abord en dialecte romain, la chanson était devenue très populaire dans sa version italienne11. Les paroles étaient à l’image des sentiments complexes des colonisateurs à l’égard des femmes africaines : volonté de possession et de domination, promesse de libération et de civilisation, désir et fascination. « Facetta Nera, Belle abyssine, attends et espère, l’heure est prochaine. Quand nous serons près de toi nous te donnerons une autre loi et un autre roi. Notre loi est esclavage d’amour, notre slogan est liberté et devoir etc. »12.

      L’imaginaire des romanciers ou chansonniers n’était pas sans rapport avec une certaine réalité des rapports hommes femmes en Éthiopie. Tandis qu’en Italie les interdits pesant sur la sexualité des femmes étaient encore très forts, l’Éthiopie offrait aux femmes, surtout aux Amharas, une liberté plus grande, les relations hors mariage n’étant pas frappées d’opprobre comme dans les sociétés catholiques européennes. Non seulement le concubinage était une pratique qui n’était pas réprouvée par l’entourage – le mariage dämòs permettait aux femmes une forme d’union contractuelle temporaire- mais il pouvait s’inscrire, comme l’ont révélé des travaux récents, du point de vue des Éthiopiennes, dans le cadre d’une stratégie d’élévation sociale, voire d’émancipation13. La pratique du madamismo était répandue, en Somalie et en Érythrée, y compris parmi les fonctionnaires et militaires de haut grade14. En Érythrée, le fonctionnaire Alberto Pollera, pour convaincu qu’il fût des bienfaits de la colonisation, et en dépit de ses responsabilités, n’en avaient pas moins six enfants de deux femmes érythréennes15. Comme l’écrit Giulia Barrera : « The madamato was a set of relationships grounded in the material basis of colonialism and shaped by colonial discourse but it was lived out by concrete individuals : by men who participated in very different ways in the colonial enterprise and by women who were note merely passive victims »16.

      Pour les 300 000 pionniers et soldats présents après la conquête, certains subirent, effectivement, le « doux esclavage » mentionné par la chanson. Même quand la fascination n’était pas au rendez-vous, le concubinage s’imposait presque par défaut, représentant « la véritable institution des rapports sexuels sous le colonialisme »17. En dépit de la propagande visant à les attirer, bien peu de femmes de métropole avaient accepté de s’installer sur place, craignant l’insécurité ou des conditions de vie précaire. Peu après la conquête, un navire de 2000 épouses et fiancées fut appareillé à destination de l’Empire18. En 1938, 10 000 Italiennes avaient accepté de participer à l’aventure coloniale, dont la moitié dans la capitale de l’Empire. Le régime avait également cherché à installer des prostituées blanches recrutées dans la péninsule mais, là encore, l’offre était restée largement inférieure à la demande19. Les hommes continuaient de fréquenter assidûment les sciarmute, les prostituées indigènes, que les autorités s’efforçaient contrôler. Parmi les 1500 femmes autorisées à faire le commerce du sexe à Addis Abeba, et contrôlées lors de visites médicales, les autorités distinguaient trois catégories, identifiables à la couleur d’un petit drapeau affiché sur leur tucul, l’habitation traditionnelle : jaune pour les officiers, verte pour les soldats et travailleurs, noir pour les troupes coloniales. Cette prostitution encadrée et hiérarchisée ne couvrait pas davantage les besoins et certains responsables militaires s’indignaient des longues files d’attente devant les bordels indigènes. Restaient enfin les prostituées occasionnelles ou clandestines, présentes sur l’ensemble du territoire.

      Entre l’exploitation sexuelle des indigènes et la chasteté existait toute une gradation de comportements. Le concubinage fut l’un d’entre-eux qui présentait, avant d’être placé hors la loi, de nombreux avantages pour les colons. Avant la conquête de l’Éthiopie, dans les colonies italiennes d’Afrique noire, Somalie et Érythrée, il était fréquent que des fonctionnaires de l’administration coloniale ou des militaires vivent avec des femmes africaines. Les compagnes des Italiens étaient nommées les madame et le concubinage le madamismo. Ces unions donnaient souvent lieu à la naissance d’enfants métis qui eurent la possibilité, à partir de 1933, en vertu de la « Loi organique pour l’Érythrée et la Somalie » d’obtenir la nationalité italienne20. En Érythrée, en 1935, on comptait 1000 métis sur une population de 3500 Italiens21. Pour les colons, la mise en ménage avec des Éthiopiennes, résultait de motivations diverses, parfois concomitantes, qui n’excluaient pas le sentiment amoureux : disposer d’une compagne pour partager le quotidien et les tâches ménagères, disposer d’une partenaire sexuelle stable et plus sûre que des prostituées. Le journaliste Indro Montanelli, enrôlé comme volontaire en Éthiopie à l’âge de 23 ans, fut nommé à la tête d’un bataillon d’indigènes Érythréens. Il dit avoir « acheté » à son père pour 500 lires, une jeune fille de douze ans. Pratique répréhensible en métropole mais diffusée dans les colonies, celle-ci était justifiée en ces termes : « mais à douze ans [en Afrique] les jeunes filles sont déjà des femmes ». À son départ, il revendit la jeune fille « petit animal docile » à un officier de haut rang, lequel disposait déjà d’un « petit harem »22 Selon son témoignage, la jeune fille était musulmane.

      Avant que le racisme ne devînt doctrine officielle du fascisme, les points de vue sur les unions mixtes étaient partagés. Lidio Cipriani s’alarmait du métissage alors que les démographes Corrado Gini ou Domenico Simonelli y voyait une opportunité de régénération des populations européennes et, pour le second, un facteur de peuplement pour les colonies23. Dans la presse coloniale, les unions mixtes n’étaient pas encore dénoncées24. En février 1936, dans l’Illustrazione coloniale, Lorenzo Ratto opposait l’attitude raciste des colonisateurs britanniques à la tradition « romaine » de fraternisation avec les populations vaincues. Réprouvant le métissage avec les « nègres », il admettait les unions mixtes avec les Éthiopiennes, racialement supérieures : « les plus belles filles de race sémitico-éthiopiennes, facilement sélectionnables sur les plateaux éthiopiens pourront être choisies par les pionniers du Génie militaire rural pour faire partie de nos colonies en tant qu’épouses légitimes (…) »25.

      Texte paru in D. Herzog, Brutality and desire. War and Sexuality in Europe’s Twentieth Century, Palgrave Macmillan, 2008.

      Pour aller plus loin :

      La guerre d’Éthiopie, un inconscient italien, par Olivier Favier. Sur le mausolée au maréchal Graziani à Affile (août 2012), la naissance d’une littérature italophone et postcoloniale et le documentaire de Luca Guadagnino, Inconscio italiano (2011). Voir aussi : L’Italie et ses crimes : un mausolée pour Graziani, par Olivier Favier.
      Mémoire littéraire, mémoire historique, entretien croisé avec Aldo Zargani et Marie-Anne Matard-Bonucci, par Olivier Favier.
      Le fascisme, Auschwitz et Berlusconi, par Marie-Anne Matard Bonucci, Le Monde, 11 février 2013. Marie-Anne Matard-Bonucci est professeure d’histoire contemporaine à Paris VIII, Institut Universitaire de France. Elle est également l’auteure de L’Italie fasciste et la persécution des juifs, Paris, Puf, 2012.

      « Éloge des femmes italiennes » discours prononcé le 8 mai 1936, in B. Mussolini, Édition définitive des œuvres de B. Mussolini, ed. Flammarion, vol. XI, 1938, p. 69-71. [↩]
      Voir G. L. Mosse, L’image de l’homme. L’invention de la virilité moderne, Pocket, Agora, p. 179-203. B., Spackman, Fascist Virilities : Rhetoric, Ideology, and Social Fantasy in Italy, University of Minnesota Press, 1996. [↩]
      Cité par F. Le Houérou, L’épopée des soldats de Mussolini en Abyssinie. 1936-1938. Les ensablés, L’Harmattan, 1994, p. 50. [↩]
      M.-A. Matard-Bonucci, P. Milza, L’Homme nouveau entre dictature et totalitarisme, Fayard, 2004. [↩]
      A. Sbacchi, Legacy of Bitterness. Ethiopia end fascist Italy, 1935-1941, The Read Sea Press, 1997. Voir en particulier le chapitre 3, “Poison gas and atrocities in the Italo-Ethiopian War, 1935-1936”, p. 55-85. A. Del Boca (dir.) , I gas di Mussolini. Il fascismo e la guerra d’Etiopia, Roma, Editori riuniti, 1996. G. Rochat, « L’attentato a Graziani e la repressione italiana in Etiopia 1936-1937 », in Italia contemporanea, 1975, n. 118, pp. 3-38. Plus généralement, voir l’œuvre considérable d’A. Del Boca, de R. Pankhurst. Voir aussi A. Mockler, Haile Selassie’s war : The Italian Ethiopian campaign, 1936-41, Oxford University Press, 1984, rééd. Grafton Books, 1987. [↩]
      G. Bottai, Diario 1935-1944, Ed . Bur, 2001, p. 102, note du 16 mai 1936. [↩]
      Sur la littérature coloniale : G. Tomasello, La letteratura coloniale italiana dalle avanguardie al fascismo, Palerme, Sellerio, 1984. R. Bonavita, « Lo sguardo dall’alto. Le forme della razzizzazione nei romanzi coloniali nella narrativa esotica », in La menzogna della razza. Documenti e immagini del razzismo e dell’antisemitismo fascista, Grafis, Bologne, 1994, p. 53-62. [↩]
      Cité par A. Petacco, Faccetta nera, Mondadori, ed. 2008, p. 191. [↩]
      Voir les vignettes reproduites dans le catalogue La Menzogna della Razza, p. 156-157. Sur l’iconographie coloniale : A. Mignemi., Immagine coordinata per un impero, GEF, 1984, Novara. G. Campassi, M.-Teresa Sega, « Uomo bianco, donna nera. L’immagine della donna nella fotografia coloniale » in Rivista di storia e teoria della fotografia, vol. 4, n° 5, 1983, p. 54-62. [↩]
      L. Goglia, « Le cartoline illustrate italiane della guerra etiopica 1935-1936 : il negro nemico selvaggio e il trionfo della civiltà di Rome » dans le catalogue de l’exposition La menzogna della Razza, cit. p. 27-40. L’image décrite est située dans le catalogue, à la p. 175. [↩]
      S. Pivato, Bella ciao. Canto e politica nella storia d’Italia, GLF, Editori Laterza, Bari-Laterza, 2007, p. 161-162. [↩]
      Le texte de la chanson est publié par A. Petacco, op. cit., p. 189-190. [↩]
      Après avoir été ignorée dans leur dimension raciste et sexiste, les relations hommes-femmes ont été analysées en privilégiant la clef de lecture de l’oppression coloniale puis du genre. Voir G. Campassi, « Il madamato in Africa orientale : relazioni tra italiani e indigene come forma di agressione coloniale » in Miscellanea di storia delle esplorazioni, Genova, 1987, p. 219-260. Giulia Barrera, dans une étude pionnière, se place du point de vue des femmes érythréennes livrant une vision plus complexe des rapports de genre dans ce contexte : G. Barrera, Dangerous Liaisons, Colonial Concubinage in Eritrea, 1890-1941, PAS Working Paper, Program of african Studies, Northwestern University, Evanston Illinois, USA, 1996. [↩]
      Carlo Rossetti « Razze e religioni nei territori dell’Impero », L’impero (A.O.I). Studi e documenti raccolti e ordinati da T. Sillani, Rome, La Rassegna italiana, XVI, p. 76. L’auteur était le chef du Bureau des études du Ministère de l’Afrique italienne. [↩]
      B. Sorgoni, Etnografia e colonialismo. L’Eritrea e l’Etiopia di Alberto Pollera 1873-1939, Torino, Bollato Boringhieri, 2001. [↩]
      G. Barrera, Ibid., p. 6. [↩]
      Voir A. Gauthier, “Femmes et colonialisme” in M. Ferro (dir.), Le livre noir du colonialisme. XVIe-XXIe siècle : de l’extermination à la repentance, Poche, Pluriel, Hachette, 2006, p. 759-811. La citation est à la p. 802. Voir également A.-L. Stoler, Carnal Knowledge and Imperial Power : Race and the Intimate in Colonial Rule, Berkeley : University of California press, 2002. [↩]
      Article de Carlo Rossetti, Capo dell’Ufficio studi del Ministero dell’Africa italiana, « Razze e religioni eni territori dell’Impero », in L’impero (A.O.I). Studi e documenti raccolti e ordinati da T. Sillani, La Rassegna italiana, XVI, p. 76. [↩]
      Sur la prostitution, A. Del Boca, La caduta cit. p. 244-245. Pankhurst, R. « The history of prostitution in Ethiopia », Journal of Ethiopian Studies, 12, n° 2, p. 159-178. [↩]
      À condition, disait le texte de loi, que les intéressés « se montrent dignes de la nationalité italienne par leur éducation, culture et niveau de vie ». Loi du 6 juillet 1933, n° 999. [↩]
      Chiffre cité par A. Del Boca, op. cit., p. 248. [↩]
      Le témoignage de I. Montanelli est cité par E. Biagi in 1935 e dintorni, Mondadori, 1982, 58-61. [↩]
      Sur C. Gini, M.-A. Matard-Bonucci, L’Italie fasciste op. cit., p. 74-75. D. Simonelli, La demografia dei meticci, 1929. [↩]
      Avant la guerre d’Éthiopie, on ne trouve pas de textes dénonçant les méfaits du métissage dans la presse coloniale. Voir le mémoire de maîtrise inédit de F. Marfoli, La vision des Éthiopiens sous le fascisme : étude de quatre revues coloniales italiennes, dir. O. Dumoulin, Université de Rouen, sept-oct 2001. [↩]
      Illustrazione coloniale, Fev. 1936, n.2, « Metodo romano per colonizzare l’Etiopia ». [↩]

      http://dormirajamais.org/conquete-1

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      PARTIE 2
      La conquête de l’Éthiopie et le rêve d’une sexualité sur ordonnance (2), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

      Le spectre du #métissage

      La proclamation de l’Empire représenta un tournant dans l’histoire du racisme et de la doctrine fasciste. Jusque-là, la domination des Italiens sur les populations coloniales s’était traduite par un racisme colonial assez banal. En Libye, aucune législation sur le métissage n’avait été adoptée et les Arabes étaient autorisés à fréquenter les bordels des Européens. À une économie propre au racisme qui valorisait les populations arabes par rapport aux habitants d’Afrique noire s’ajoutaient des facteurs objectifs limitant les risques de procréation des couples mixtes : les femmes italiennes y étaient plus nombreuses et les mariages « à court terme » n’existaient pas1.

      Dans la radicalisation raciste de l’été 1936, il est difficile de savoir si la question sexuelle fit office de catalyseur ou servit de révélateur. Mussolini était ulcéré depuis longtemps par l’idée même des couples mixtes. En avril 1934, il avait exigé de retirer de la circulation le roman Amour noir : « Il s’agit des amours d’un Italien avec une négresse. Inadmissible de la part d’une nation qui veut créer un Empire »2. Deux jours après la proclamation de l’Empire, le chef du gouvernement ordonna à Badoglio et Graziani de n’autoriser aucun Italien civil ou militaire à rester plus de six mois sans femme en Éthiopie pour prévenir « les terribles et prévisibles effets du métissage »3. Échafaudant de grands projets d’expansion économique pour l’Empire, Mussolini avait expliqué, à la même époque, au baron Aloisi, chef de cabinet du Ministère des affaires étrangères, son intention d’y envoyer « beaucoup d’Italiens, mais avec l’obligation d’emmener leurs femmes, car il faut absolument éviter le danger d’une race de métis qui deviendraient nos pires ennemis »4. En juin 1936, Facetta Nera tomba en disgrâce peu après avoir subi les assauts du journaliste à succès, Paolo Monelli. Dans un article intitulé « Donne e buoi dei paesi tuoi », et peut-être écrit sur ordonnance, il mettait au défi l’auteur de la chanson de partager quelques jours de l’existence d’une « facetta nera », « une de ces abyssines crasseuses, à la puanteur ancestrale qui puent le beurre rance qui dégouline à petites gouttes dans le cou ; détruites dès l’âge de vingt ans par une tradition séculaire de servage amoureux et rendues froides et inertes dans les bras de l’homme ; pour une beauté au visage noble cent ont les yeux chassieux, les traits durs et masculins, la peau variolée »5. La plume haineuse vitupérait le romantisme à l’eau de rose de la chanson et dénonçait l’incitation à fréquenter les « petites négresses puantes », qui conduisait au métissage et au « délit contre la race ». En rupture avec le climat de badinage et de libertinage qui avait accompagné la conquête de l’Éthiopie, l’article était en phase avec l’évolution idéologique de l’époque. En novembre 1936, devant le Grand Conseil du fascisme Mussolini affirma la nécessité « d’affronter le problème racial et de l’introduire dans la littérature et la doctrine fascistes »6.

      À cette date, la constitution d’un corpus de littérature et de propagande raciste était en bonne voie. Depuis plusieurs mois, le roman d’aventure de la conquête coloniale occupait les pages des journaux. À partir de mai 1936, s’insinua bientôt la figure d’épouvante du métis, en métropole comme dans les colonies, dans les feuilles fascistes comme dans la presse dite d’information7. Non seulement le métissage portait atteinte au prestige de la race mais le métis était présenté tantôt comme un délinquant en puissance, tantôt comme un malheureux. Un haut fonctionnaire du Ministère de l’Afrique italienne brossait un tableau assez sombre : « On a assez vu, en Érythrée et en Somalie, des officiers et fonctionnaires, parfois de grade élevé, vivre maritalement avec des femmes indigènes donnant naissance à une catégorie d’infortunés ; leur paternité italienne n’empêchait pas, une fois le père rentré en métropole, et si les missionnaires n’intervenaient pas, qu’il vive son adolescence dans le milieu de la race maternelle. Ces malheureux étaient évités par les Blancs et méprisés par les Indigènes8.

      Pour la bataille de la race on fit appel à des racistes patentés tels Lidio Cipriani, lequel agitaient depuis le début des années Trente l’épouvantail du métissage entre races supérieures et inférieures9. Ses multiples expéditions « du Cap au Caire » l’avaient imposé comme spécialiste des populations africaines, par des reportages dans des journaux grand public et dans l’Illustrazione italiana10. En 1937, il devint le directeur de l’Institut et du musée d’anthropologie de Florence, l’un des plus renommés d’Italie. Il s’imposa comme l’un des acteurs de premier plan de la croisade contre le métissage jouant un rôle important dans la principale revue du racisme militant, La Difesa della razza, lancée à l’été 193811. Il mit à la disposition de la revue ses collections de photographies des populations africaines12.

      La Difesa della Razza excella dans l’invention de procédés de photomontages destinée à matérialiser visuellement le métissage. Un quart des couvertures interpellait les lecteurs sur ce thème. L’une d’entre elles montrait l’addition d’un faciès de femme blanche et d’homme noir dont il résultait un masque grotesque. Une autre accolait une tête de blanche et d’Africain : de cet étrange Janus, surgissait une tête de mort édentée. Deux mains, l’une blanche, l’autre noire s’enlaçaient laissant choir une fleur fanée. Plus classique, la couverture de mai 1940, mettait en présence une Ève africaine offrant le fruit défendu à un « aryen ». Un cactus, au premier plan signalait, une fois encore, le danger de la fusion des races13.Le Parti fasciste suscita sa propre littérature sur le sujet. En 1939, parut Le problème des métis sous l’égide de l’institut fasciste de l’Afrique italiennes14. « Dieu a créé les blancs, le diable les mulâtres » pouvait-on lire en exergue15. En Afrique, le Parti fasciste fit campagne pour changer les mentalités. Guido Cortese, secrétaire du faisceau d’Addis Abeba, interprétait fidèlement le nouveau cours politique16 : « Le folklore, celui des nus, des pleines lunes, des longues caravanes et des couchers de soleil ardents, des amours folles avec l’indigène humble et fidèle, tout cela représente des choses dépassées, qui relèvent du roman de troisième ordre. Il serait temps de détruire tout de suite les romans, illustrations et chansonnettes de ce genre afin d’éviter qu’ils donnent naissance à une mentalité tout autre que fasciste ».

      Réformer les pratiques sexuelles des Italiens dans l’Empire

      Le 19 avril 1937, un décret-loi fut adopté pour sanctionner les rapports « de nature conjugale » entre citoyens italiens et sujets de l’Empire, passibles de un à cinq ans de prison17. La loi frappait les Italiens seuls et non les sujets de l’Empire – une situation qui serait bientôt considérée comme injuste par certains fascistes qui réclameraient un durcissement de la loi18. Avec les mesures pour la défense de la race qui installèrent l’antisémitisme d’État à l’automne 1938, la question était affrontée dans le cadre de la partition entre citoyens, ou non, de race italienne. Les juifs, comme les sujets de l’Empire, n’appartenaient pas à la race italienne. Dans ce cadre, les mariages entre individus de race différente étaient interdits : même si elle s’appliquait à l’Empire, la loi visait principalement les unions mixtes impliquant des juifs, très fréquentes, alors que celles-ci prolongeaient rarissimement une situation de madamismo.

      Dans l’Empire les troupes d’occupation et les colons pouvaient continuer à fréquenter les maisons closes et les très nombreuses prostituées africaines, les sciarmute19. En juin 1939, une nouvelle loi précisait et aggravait la précédente, la répression des couples mixtes et du métissage s’intégrant dans un texte plus large de défense du prestige de la race20. Tout délit, quel qu’il fût, était passible d’une peine plus lourde (un quart à un tiers) s’il y avait atteinte au prestige de la race italienne, ou lorsqu’il était commis en présence d’un indigène ou en complicité avec celui-ci. La loi reconduisait les dispositions de 1937 sanctionnant les relations de nature conjugale entre Italiens et sujets de l’Empire mais une disposition nouvelle marquait le franchissement d’un seuil dans la lutte contre le métissage. L’article 11, « Inchiesta relativa ai meticci » invitait les Procureurs à diligenter une enquête, en présence d’un enfant métis, probablement conçu après l’entrée en vigueur de la loi d’avril 1937. Le texte annonçait (art 20, Meticci) des dispositions à venir concernant la position des métis dans l’Empire. En mai 1940, de nouvelles dispositions assimilaient les métis à des sujets africains, interdisant aux pères italiens de les reconnaître. À l’instar des mesures antisémites, les lois coloniales ignoraient le statut de métis, par crainte sans doute que l’invention d’une catégorie juridique n’installe durablement le phénomène.

      La répression s’exerça de plusieurs façons. Plusieurs officiers furent rapatriés en métropole et parfois radiés des cadres de l’armée21. S’agissant des civils, il incombait à la police et à la justice de mettre un terme à des agissements qualifiés par le Duce de « scandaleux » et de « criminels ». Une « police » du madamismo était habilitée à distribuer des « billets jaunes » de mise en garde22.

      Plusieurs procès furent attentés à des Italiens pour réprimer le délit de madamismo23. Un premier jugement fut rendu en septembre 1937. Plusieurs dizaines d’autres procès suivirent devant les tribunaux d’Addis Abeba, Asmara, Gondar, Harar. Le nombre de procès peut sembler anecdotique en regard d’un phénomène qui concernait plusieurs milliers d’individus. Mais les textes des décisions de justice sont cependant riches d’enseignements quant à la façon dont les juges interprétaient la loi. La difficulté consistait dans l’établissement du délit, avec ce que cela supposait d’atteintes à la vie privée des individus. Confronté à un premier procès pour madamismo, en novembre 1938, le Tribunal de Gondar admettait la difficulté à juger en regard du caractère récent de la jurisprudence constituée. Il résumait efficacement la ligne de conduite suivie par les juges dans la plupart des procès : « Compte-tenu des jugements rendus par les autres Tribunaux de l’Empire, ce Tribunal entend diriger l’enquête vers la recherche des preuves matérielles telle que la vie commune menée pendant un certain temps et caractérisée par des rapports sexuels réitérés ; il s’agit aussi de déceler, sur le plan moral ou psychique, les éléments attestant d’un lien spirituel particulier qui ressemble d’une façon ou d’une autre à notre affectio maritalis24. À l’évidence, le fait d’avoir des relations sexuelles avec des Africaines n’était pas en cause. Plusieurs sentences laissaient transparaître la compréhension des juges à l’égard des « besoins sexuels » des expatriés, de la nécessité d’un « défoulement physiologique ». Les rapports sexuels occasionnels avec une domestique dès lors qu’elle ne vivait pas sous le même toit n’étaient pas condamnés25.

      Le sexe était toléré avec les indigènes pourvu qu’il fût dénué de tout affect. Dans une affaire de madamismo, les juges de Gondar estimaient que l’accusé -que son attachement manifeste à la femme accablait- n’aurait pas été coupable « s’il s’était servi de la femme seulement comme prostituée en lui payant le prix d’accouplements occasionnels puis en la congédiant après avoir satisfait ses besoins sexuels »26. En dépit de l’affichage d’un tel cynisme, certains juges prétendaient imposer une morale dans le commerce sexuel entre homme blancs et femmes noires, s’indignant parfois des pratiques de certains colons27. Deux Italiens furent ainsi condamnés pour atteinte au prestige de la race, pour avoir partagé une seule chambre à coucher avec deux Éthiopiennes. « Sans nul doute, l’acte sexuel accompli en présence de tiers offense la pudeur et dénote une pudeur inférieure à celle qui existe chez les peuples civilisés, et en particulier au sein du peuple italien du fait de la conjonction heureuse des principes du fascisme et des enseignements moraux du catholicisme. Cela est d’autant plus répréhensible si l’on tient compte de la réserve notoire des femmes indigènes en matière de sexualité. »28

      Comment statuer sur l’existence de rapports sexuels dès lors qu’ils n’étaient plus « de simples échanges destinés à assouvir une pulsion physique »29. Comment établir la réalité d’une relation de nature conjugale ? La cohabitation prolongée constituait donc une présomption importante qui ne fut pas toujours considérée comme suffisante pour l’établissement des faits. Le caractère passionnel de certaines relations était considéré comme preuve de culpabilité. Quelques procès avaient été motivés par des plaintes de femmes contre la violence dont elles avaient été victimes30. La violence contre les femmes n’intéressait pas les juges en tant que telle mais en ce qu’elle révélait une dépendance affective des accusés, en proie à la jalousie. Plusieurs affaires trahissaient le manque de confiance des Italiens à l’égard de leurs compagnes31. Les recommandations de fidélité sexuelle étaient prises pour l’aveu d’une affection coupable. Les cadeaux étaient considérés comme des indices à charge : le caractère utilitaire de certains présents pouvait être plaidé mais ceux qui n’étaient manifestement destinés qu’à faire plaisir, enfonçaient les accusés32. Tous les éléments « à charge » étaient réunis dans une affaire jugée en septembre 1939. Une Africaine avait été embauchée pour 150 lires par mois comme domestique par un homme dont elle partageait le couvert et la couche. L’homme était subjugué par cette femme au point de vanter ses qualités dans son entourage, de lui offrir des parfums. Il était allé la rechercher quand elle l’avait abandonné pour épouser un « homme de sa race ». Pour les juges, la culpabilité était flagrante : « Cohabitation, table commune, confiance et tendresse, jalousie réciproque, cadeaux de coquetterie et non utilitaires font de la petite servante une compagne de vie, ce qu’est justement l’épouse »33. Les marques de tendresse ou d’attention particulière à l’égard des indigènes étaient particulièrement suspectes : raccompagner une femme chez elle le soir, la désigner comme sa femme34, lui rendre visite lorsqu’elle était malade35.

      « L’affection », la passion qualifiée parfois « d’enivrement » étaient en revanche répréhensibles. Le mot « amour » n’était jamais employé, tant les juges considéraient cette éventualité comme improbable ou inconvenante. En janvier 1939, un homme fut condamné à un an et demi de prison pour madamismo. Facteur aggravant, l’homme avait avoué aimer la femme indigène36. Il avait admis lui avoir fait des cadeaux, à elle et à sa mère. Espérant fonder un foyer, il avait préparé une lettre au Roi pour demander à l’épouser. Les juges diagnostiquaient un cas « macroscopique d’ensablement »37, « car ici, le blanc ne désire pas simplement la Vénus noire en la tenant à ses côtés pour des raisons de tranquillité et pour bénéficier de rapports faciles et sûrs mais c’est l’âme de cet Italien qui est troublée ; il est entièrement dévoué à la jeune noire qu’il veut élever au rang de compagne de sa vie et qu’il associe à tous les évènements, y compris hors sexualité, de sa vie38. »

      La lutte contre le métissage inaugura bien, sur le plan juridique, la mise en œuvre d’un racisme biologique fondé sur le principe de la pureté du sang. En ce sens, elle marquait un changement radical dans les conceptions qui avaient prévalu jusque-là en matière de citoyenneté et d’identité, dans l’Empire comme en métropole. Toutefois, ces mesures furent adoptées pour répondre à une question de gouvernance coloniale locale : il n’était pas encore question d’une politique globale de la race -à aucun moment, des mesures analogues ne furent envisagées pour prévenir les métissages arabo-italiens en Libye, autre importante colonie de peuplement italienne- ni de mesures visant les juifs39.

      La partie qui se jouait en Éthiopie concernait autant l’Italie que la corne de l’Afrique. Le front pionnier de l’Empire ramenait sur le devant de la scène les projets de révolution anthropologique et de construction de l’homme nouveau et les difficultés à les mettre en œuvre.

      Sexe, race et totalitarisme fasciste.

      Une fois l’Empire proclamé, le rêve colonial et l’utopie fasciste de l’homme nouveau se trouvèrent en contradiction, non sur le terrain de la violence mais sur celui de la sexualité. Objets de désir, d’abord instrumentalisées par la propagande, les « Vénus noires » furent bientôt diabolisées, leur fréquentation n’étant autorisée que dans le cadre d’une relation proscrivant tout affect. En organisant la prostitution en terre coloniale, le fascisme heurtait la morale en usage dans la péninsule, suscitait la réprobation du Vatican, mais se comportait comme la plupart des puissances coloniales confrontées à la demande sexuelle des troupes en campagne40.

      En revanche, en menant la lutte contre le madamismo à un niveau d’État, le fascisme se singularisait par une démarche fusionnant racisme et totalitarisme, la doctrine de la race venant au secours du projet de révolution anthropologique du régime. D’un côté, en traquant le concubinage des Italiens et des Africaines, les responsables fascistes cherchaient à prévenir le métissage au nom de conceptions racistes qui n’étaient guère originales en contexte colonial41. Mais le régime pourchassait aussi d’autres démons, les défauts supposés d’un peuple que le Duce voulait transformer : le sentimentalisme, un certain humanisme et des comportements jugés aux antipodes de la virilité fasciste.

      Dans la métropole, la volonté d’orienter les comportements affectifs et sexuels était à l’œuvre depuis plusieurs années. La famille et la procréation devaient borner l’horizon amoureux des Italiens. Dans cette perspective, l’homosexualité -masculine seulement- fut réprimée par le code pénal de 1931. En décembre 1926 une taxe sur le célibat fut adoptée, les célibataires ne cessant par la suite d’être montrés du doigt et pénalisés, par exemple dans leur carrière lorsqu’ils étaient fonctionnaires. Paolo Orano intellectuel proche du pouvoir assimilait le célibat à une forme « de fuoruscitismo » civil et social42.

      S’agissant du couple, il n’était guère besoin de légiférer sur les rapports hommes femmes tant la domination des premiers allait de soi. Toutefois, certains fascistes rêvaient aussi de marquer les relations amoureuses au sceau du totalitarisme fasciste. Dès 1915, le nationaliste Giovanni Papini, l’une des sources d’inspiration du fascisme, recommandait dans Maschilità de se libérer de la famille, du romantisme et de l’amour, opposant les femmes et hommes, le miel et la pierre, et dénonçant l’amour comme un asservissement43. Pour un régime qui érigeait la famille en absolu et qui s’appuyait sur l’Église pour gouverner, il semblait difficile, après 1922, de souscrire à la totalité de ce programme. Paolo Orano proposait une voie de compromis étant entendu que sous le fascisme, « L’État entre avec méthode et énergie au cœur de la moralité individuelle et domestique, car il est le maître de la vie sociale ». Il convenait de se libérer de l’idée bourgeoise suivant laquelle l’amour devait précéder le mariage et en finir avec les illusions romantiques et égoïstes de l’amour comme fin en soi. Le couple devenait une forme d’association tendue vers la procréation dont l’amour était une conséquence et non un préalable44.

      Cette philosophie des rapports homme femme inspira la politique fasciste en Éthiopie. L’éloignement, de plus fortes contraintes pour les hommes dans un contexte de guerre puis d’occupation permettaient, en théorie, de contrôler plus efficacement les comportements amoureux. Dans l’économie licite des pratiques sexuelles deux solutions s’offraient aux soldats colons fascistes, célibataires par force : la chasteté, le colonisateur cédant la place à une forme de moine soldat, ou la pratique d’une sexualité déconnectée de tout sentiment.

      Ceux qui firent le premier choix furent une minorité. Certains hommes mariés mirent un point d’honneur à résister à la tentation du sexe qui « était au cœur de toutes les préoccupations »45. Brandissant l’étendard de la fidélité au mariage, ils justifiaient l’obligation de chasteté et la frustration sexuelle par la morale, les valeurs du catholicisme, la loi fasciste et une répulsion d’ordre raciste46. Laissant femme et enfants dans la péninsule, Nicola Gattari était venu en Éthiopie comme soldat et y était resté pour se faire une situation, comme patron de camion. Dans certaines lettres adressées à sa femme bien-aimée, il abordait ce sujet délicat47 « Je suis un homme jeune plein de désirs mais qui peut les satisfaire ? Ces femmes noires puantes auprès de qui des milliers d’hommes de tous les âges contractent des infections ? Non, ma chérie, ton Nicola reviendra comme il est parti, je te le jure (…) Pense à nos retrouvailles, comme notre étreinte sera belle ! » Répondant à son épouse qui lui avait demandé, sans trop y croire, s’il était tombé amoureux d’une petite noire, il réaffirmait sa constance : … « Oui, je passerai peut-être pour un imbécile par rapport à d’autres et je dois admettre que ma volonté de rester fidèle aux liens sacrés du mariage doit être le fait d’un résident sur mille en Afrique. Si je me suis amouraché d’une petite négresse ? Je pourrais te répondre que pour conquérir une de ces pouilleuses il n’y a pas besoin d’être amoureux car ce sont des filles faciles : 5 lires suffisent et l’affaire est conclue ».

      La prostitution constituait donc une porte de sortie. Celle-ci ne bloquait pas nécessairement l’appel du concubinage, le passage de la condition de sciarmutta à celle de madama étant fréquente chez les femmes éthiopiennes48. En allant inspecter les chambres à coucher, en suscitant les confessions intimes lors des procès, l’État avait, en effet, pénétré « au cœur de la moralité individuelle et domestique ». De trop nombreuses barrières rendaient l’entreprise difficile dans la métropole : elle fut tentée, au nom de la lutte contre le métissage, dans l’Empire. Par leurs recommandations concernant les échanges avec les indigènes, les juges inventaient un idéal-type, celui d’une sexualité émancipée de tout sentiment, ramenée en définitive, à la « masculinité » exaltée par Papini.

      Quel fut l’impact des procès et des condamnations qui en résultèrent ? Le traitement judiciaire de la question permit aux juges de montrer leur zèle fasciste. Les sentences des procès furent autant de leçons de racisme et de fascisme, infligées peut-être surtout pour l’exemple à des hommes de milieux modestes49. En infligeant une peine d’un an et demi de prison à un prévenu manifestement amoureux d’une Éthiopienne le juge prétendait lui « éclaircir les idées »50.La répression installa un climat de peur parmi certains colons, à en juger par les comportements des couples qui se cachaient et d’amants qui se réunissaient une fois la nuit tombée51.

      En janvier 1939, l’anthropologue raciste Lidio Cipriani, était modérément optimiste : « Malheureusement l’obscénité des rapports sexuels entre Blancs et indigènes continue, mais il semblerait que les mesures racistes aient conduit à une diminution sensible des cas de fécondation indésirables … Il est probable que le blanc commence désormais à se rendre compte de l’inconvénient qu’il y a à s’abandonner sans vergogne à une femme de couleur »52. Toutefois, la plupart des témoignages invitent à penser que la loi contre le madamismo ne fut guère respectée, y compris par ceux qui devaient imposer l’ordre fasciste, et notamment les carabiniers53. En Érythrée, on dénombrait 10 000 les femmes africaines vivant avec des Italiens en 1935 et 15 000 en 194054.

      La question du sexe et du métissage, comme d’autres mesures destinées à réformer les comportements en profondeur traçait les limites de l’emprise fasciste sur les esprits et de sa capacité à façonner les mœurs.

      Texte paru in D. Herzog, Brutality and desire. War and Sexuality in Europe’s Twentieth Century, Palgrave Macmillan, 2008.

      Pour aller plus loin :

      La guerre d’Éthiopie, un inconscient italien, par Olivier Favier. Sur le mausolée au maréchal Graziani à Affile (août 2012), la naissance d’une littérature italophone et postcoloniale et le documentaire de Luca Guadagnino, Inconscio italiano (2011). Voir aussi : L’Italie et ses crimes : un mausolée pour Graziani, par Olivier Favier.
      Mémoire littéraire, mémoire historique, entretien croisé avec Aldo Zargani et Marie-Anne Matard-Bonucci, par Olivier Favier.
      Le fascisme, Auschwitz et Berlusconi, par Marie-Anne Matard Bonucci, Le Monde, 11 février 2013. Marie-Anne Matard-Bonucci est professeure d’histoire contemporaine à Paris VIII, Institut Universitaire de France. Elle est également l’auteure deL’Italie fasciste et la persécution des juifs, Paris, Puf, 2012.

      C. Ipsen, Demografia totalitaria, Il Mulino, p. 256. [↩]
      Propos rapporté par le Baron Pompeo Aloisi, chef de cabinet du ministre des affaires étrangères à partir de juillet 1932 : Journal (25 juillet 1932-14 juin 1936), Plon, Paris, 1957, p. 185. [↩]
      Télégramme de Mussolini à Badoglio et Graziani, in La menzogna cit., p. 20. [↩]
      B Aloisi, Journal, cit., p. 382. La conversation est datée du 8 mai. [↩]
      L’article parut dans La Gazzetta del popolo de Turin, le 13 juin 1936. [↩]
      G. Bottai, Diario 1936-1943, op. cit., p. 115. 19 novembre 1936. Rien ne prouve qu’à cette date, Mussolini songeait aussi à l’antisémitisme. [↩]
      La presse coloniale fut particulièrement mobilisée : en janvier 1940, Africa italiana sortait un numéro spécial « Discipline et tutelle des races dans l’Empire ». Un mois plus tard, la même revue traitait du rôle de la femme italienne dans l’Empire. [↩]
      C. Rossetti, Ibid. [↩]
      L. Cipriani, Considerazioni sopra il passato e l’avvenire delle popolazioni africane, 1932. Sur le personnage, voir : R. Maiocchi, Scienza italiana e razzismo fascista, La Nuova Italia, Firenze, 1999, p. 161-163. [↩]
      In Africa, dal Capo al Cairo est le titre du livre publié en 1932, Florence, Bemporad. [↩]
      Sur le rôle de cette revue dans le dispositif propagandiste raciste, M. A. Bonucci, L’Italie fasciste et la persécution des juifs, Perrin, 2007. [↩]
      P. Chiozzi, “Autoritratto del razzismo : le fotografie di Lidio Cipriani in La menzogna della razza, cit., p. 91-94. [↩]
      Les couvertures évoquées sont respectivement celles des numéros : A. III, 14-20/05/40
      A. III, 11- 5/04/40 ; A. IV, 3-5/12/40 ; A. III, 8-20/02/1940. [↩]
      G. Masucci, Il problema dei meticci, Istituto Fascista dell’Africa italiana, 1939, XVII. [↩]
      Un compte-rendu figure dans Razza e Civiltà, A. I, n°1, 23 mars 1940, p. 107. [↩]
      G. Cortese, Problemi dell’Impero, Pinciana, Rome, 1937. Cité in F. Le Houerou, op. cit., p.95. [↩]
      Décret-Loi (RDL) du 19 avril 1937, n°880, « Sanzioni per i rapporti d’indole coniugale fra cittadini e sudditi » [↩]
      Voir la position de Giovanni Rosso, « Il reato di madamismo nei confronti dell’indigena che abbia una relazione di indole coniugale con un cittadino italiano » in Razza e Civiltà, An I, n°1, p. 131-139. [↩]
      Voir A. Del Boca, La caduta dell’Impero, op. cit., p. 243-245. [↩]
      RDL n°1004 du 29 juin 1939. [↩]
      A. Del Boca évoque plusieurs cas, in La caduta cit. , p. 246-247. [↩]
      F. Le Houerou, op. cit., p. 95. [↩]
      La Revue Razza e Civiltà, publiée à partir de mars 1940 : il s’agissait de l’organe du Conseil Supérieur et de la Direction générale pour la Démographie et la race. Dans le cadre de la rubrique « Giurisprudenza e legislazione razziale » a publié de nombreux extraits des décisions judiciaires. Les analyses présentées ci-dessus se fondent sur l’analyse de 28 cas présentés par la revue. La moitié conclut au délit de madamismo ou d’atteinte à la dignité raciale. [↩]
      Sentence du Tribunal de Gondar du 19 novembre 1938, Président Maistro, Accusé Spano. RC, An I, n.1 p. 128-131. [↩]
      Sentence du 7 février 1939, accusé Venturiello, Pres. Carnaroli, RC, A. I, n°5-6-7, p. 549. [↩]
      Sentence du Tribunal de Gondar du 19 novembre 1938, Accusé Spano, Président Maistro RC, An I, n.1 p. 1p. 130. [↩]
      Voir Sentence de la Cour d’Appel d’Addis Abeba, 4 avril 1939, accusé Isella, Pres Carnaroli, RC, A. I, n°5-6-7, p. 552. [↩]
      Sentence du 21 décembre 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, accusés Lauria et Ciulla, Pres. Morando, RC, A. I, n°5-6-7, p.548. [↩]
      Sentence du 3 janvier 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, Accusé Melchionne, Pres Carnaroli, RC, A. I, n°5-6-7, p.548. « I congressi carnali perdono il carattere d’incontro a mero sfogo fisiologico ». [↩]
      Ainsi, le procès contre G. Spano a été suscité par une plainte de sa concubine auprès des carabiniers. Sentence du tribunal de Gondar du 19 novembre 1938, RC, An I, n°1, p. 128. [↩]
      Cour d’Appel d’Addis Abeba, Sentences du 31 janvier 1939, Accusé Seneca, Pres Guerrazzi ; 3. janvier 1939 Accusé Marca, Pres. Guerrazzi, RC, A. I, n°5-6-7, p. 548 et 551. [↩]
      Des cadeaux sont mentionnés dans plusieurs affaires. [↩]
      Sentence du 5 septembre 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, Procès contre Fagà, Pres Carnaroli, RC, A. I, n°5-6-7, p. 547. [↩]
      Sentence du 14 février 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, Procès contre Autieri, Pres Carnaroli , RC, A. I, n°5-6-7, p. 549. [↩]
      Sentence du 3 janvier 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, Procès contre Giuliano, Pres Carnaroli RC, A. I, n°5-6-7, p. 550. [↩]
      L’expression utilisée est « volerle bene ». [↩]
      On désignait comme insabbiati, « ensablés », les hommes restés vivre en Éthiopie, souvent aux côtés d’une Africaine. [↩]
      Sentence du 31 janvier 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, Procès contre Seneca, Pres Guerrazzi , RC, A. I, n°5-6-7, p 548-549 [↩]
      Outre que le métissage semblait inspirer moins de crainte s’agissant des Arabes que des populations d’Afrique noire, des raisons tenant au contexte proprement libyen expliquent un tel choix : présence plus nombreuse de femmes italiennes en Libye ; statut différent du mariage dans ce pays par rapport à l’Éthiopie. Cf. C. Ipsen, op. cit, p. 256. [↩]
      Au demeurant, en métropole aussi, le fascisme avait une politique visant à contrôler la prostitution sans l’interdire définitivement. Sur la duplicité du gouvernement italien qui réprima la présence de prostituées dans la rue et mais la tolérait dans des bordels soumis à un contrôle policier et sanitaire : V. De Grazia, Le donne nel regime fascista, Tascabili Marsili, p. 73-74. [↩]
      V. Joly écrit : « Les amours exotiques doivent être éphémères. Les femmes indigènes ne sont que des substituts qu’imposent la solitude et l’éloignement de la promise qui attend en métropole, simple rêve parfois. Elles ne doivent pas plus être sentimentales tant est vive la crainte du « métissage » affaiblissement pour la race du vainqueur », in « Sexe, guerre et désir colonial » in F. Rouquet, F. Virgili, D. Voldman, Amours, guerres et sexualité 1914-1945, Gallimard, BDIC, 2007, 62-69. [↩]
      La formule est de Paolo Orano in « Famiglia, razza, potenza », Il fascismo, vol. II, Pinciana, Rome, XVIII, p. 391-429. Le fuoruscitismo désignait l’exil antifasciste. [↩]
      Maschilità, Firenze, Libreria della Voce, 1915. [↩]
      P. Orano, Ibid. [↩]
      A. Del Boca, Gli Italiani in Africa orientale, La caduta dell’Impero, Rome-Bari, Laterza, 1982, p. 243. [↩]
      A. Del Boca donne quelques exemples parmi lesquels celui du Résident de Bacco ou encore le témoignage d’un Consul de la Milice. Ibid. p. 250. [↩]
      Ces lettres ont été publiées par S. Luzzatto, La strada per Adis Abeba. Lettere di un camionista dall’Impero (1936-1941), Paravia. Scriptorium, 2000 : Les citations sont aux pages 85 et 144. [↩]
      G. Barrera, op. cit. p. 26. [↩]
      Les sentences des procès ne permettent pas toujours de connaître la profession des accusés. Reste que l’impression dominante est celle de procès attentés à des hommes de condition modeste, issus du prolétariat ou d’une basse classe moyenne. Sur la sociologie des colons éthiopiens, F. le Houérou, op. cit., p. 115-135. [↩]
      Sentence du 31 janvier 1939, Cour d’Appel d’Addis Abeba, accusé Seneca, Président Guerrazzi, RC, A. I, n°5-6-7, p. 548-549. [↩]
      Autant qu’on puisse en juger par les allusions contenues dans certaines sentences à la crainte de perquisitions de la police pendant la nuit pour constater le délit. [↩]
      Archivio Centrale dello Stato (Rome) MCP, Gab., b. 151, lettre du 18/01/1939. Dans une autre lettre de l’hiver 1939, à une époque où il propose, il est vrai, ses services comme « consulente razziale nell’Impero », Cipriani revient sur la question (Lettre de Cipriani à Landra du 31/01/39, in ACS, MCP, Gab., b. 151). [↩]
      F. Le Houérou a recueilli 35 témoignages dont la plupart émanent des « ensablés », les Italiens restés sur place souvent après avoir vécu avec une Madama. Par sa nature, la population interviewée amplifie peut-être la réalité du phénomène. Voir en particulier, op. cit. p. 97-105. [↩]
      Chiffres cités par G. Barrera, op. cit., p. 43. [↩]

      http://dormirajamais.org/conquete-2

      via @olivier_aubert à qui je dis #merci (@olivier_aubert —> j’ai déplacé la référence ici, car plus appropriée qu’ici : https://seenthis.net/messages/972185)

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    • "Faccetta nera" - Canzone fascista italiana

      https://www.youtube.com/watch?v=OYO9FOyLggE


      00 / 2:21

      «Faccetta nera» è una delle più celebri canzoni legate al fascismo italiano. Composta nel 1935 in romanesco dal maestro Ruccione ed interpretata da Carlo Buti, verrà diffusa tra le truppe che Benito Mussolini ha mandato a conquistare l’Etiopia (all’epoca chiamata Abissinia) e diverrà subito l’inno dei soldati in Etiopia. Inizialmente vietata perché si pensava portasse sfortuna, tornerà poi alla ribalta come canto simbolo dell’impresa d’Etiopia e del colonialismo italiano. Eppure, ai gerarchi del regime questa canzone non piaceva, perché secondo la logica dell’allora segretario generale del Partito Nazionale Fascista, Achille Starace (passato alla storia come macchietta del regime), accomunava troppo italiani ed etiopi, auspicandone addirittura l’unione. Verrà quindi censurata e riscritta con un testo più maestoso, che non avrà tuttavia successo. Io la pubblico qui sul mio canale nella versione originale, quella incisa in romanesco da Carlo Buti attorno al 1935.

      TESTO DELLA CANZONE:

      Si mo’ dall’altipiano guardi er mare,
      moretta che sei schiava tra le schiave,
      vedrai come in un sogno tante nave
      e un Tricolore sventola’ pe’ te!

      Faccetta nera, bell’abissina,
      aspetta e spera che già l’ora s’avvicina!
      Quando staremo vicino a te
      noi te daremo n’antra legge e n’antro re!

      La legge nostra è schiavitù d’amore
      ma è libertà de vita e de penziere!
      Vendicheremo noi, camice nere,
      gli eroi caduti alliberando a te!

      Faccetta nera, bell’abissina,
      aspetta e spera che già l’ora s’avvicina!
      Quando staremo vicino a te
      noi te daremo n’antra legge e n’antro re!

      Faccetta nera, piccola abissina,
      te porteremo a Roma liberata!
      Dar sole nostro tu sarai baciata:
      sarai in camicia nera pure te!

      Faccetta nera, sarai romana,
      e pe’ bandiera tu c’avrai quella italiana!
      Noi marceremo insieme a te
      e sfileremo avanti ar Duce, avanti al Re!

      Noi marceremo insieme a te
      e sfileremo avanti ar Duce, avanti al Re!

      #femmes#stéréotypes#Faccetta_Nera#imaginaire #Ethiopie#AOI#propagande#Colonisation

    • The True Story of “Faccetta Nera”

      Igiaba Scego takes on the troubled history of the popular Mussolini-era song “Faccetta nera” in an essay confronting Italy’s history of colonialism and Fascism.

      https://wordswithoutborders.org/read/article/2016-04/april-2016-women-write-war-the-true-story-faccetta-negra-igiaba

      “I was on a TV talk show the other day, and something curious happened.” Those are the opening words of a Facebook post that Maryan Ismail, an Italo-Somali political activist, published recently. The curious thing that happened occurred in a television studio. Maryan, who is a longtime political activist working in Milan, has made up her mind to express her defiance of racism by speaking openly everywhere she can, including on TV. Of course, she doesn’t talk about just immigration; every important cause will find her manning the barricades: from the fight against fundamentalism (she recently lost her brother to an Al Shabaab terror attack in Mogadishu) to the issues affecting the livability of our cities. “But my skin is Black,” says Maryan, emphasizing the fact that the struggle against discrimination is one of the most important aspects of her political mission. And frequently, especially on TV, her interlocutors choose to make use of the color of her skin to attack her.

      In her post, Maryan proceeds to detail one such attack: “A rather out-of-control older gentleman, who was clearly in the throes of a fit of rage, was doing his best to string together a coherent sentence on immigration and its costs. Thrown off balance by my vigorous response, he just started singing ‘Faccetta nera’ in my face.”

      This episode had as its setting the television program Forte e chiaro, broadcast live on the local network Telelombardia. “Pointless to describe what happened next,” Maryan continues. “Let me simply say: the bitterness I feel when I see that yet another taboo has been broken is boundless. We’ve come to the point that a racist sneer is openly thrust in one’s face, for no good reason and without shame.”

      What Maryan was subjected to was a full-fledged macroaggression. In Italy, that song is more or less like using the N-word. Because of its role in Italian Fascist history, “Faccetta nera” cannot be considered a song with a neutral significance. We’ll explore that history below.

      When I heard this news, my first feelings were of indignation mixed with solidarity. But then I told myself that what happened cannot simply be filed away as racism. Of course it’s that, but it’s also much more. It says something serious and profound about the society we live in. But what, exactly?

      If you’re a woman and Black in Italy, some passing reference to “Faccetta nera” inevitably slips out sometimes. When I was a girl, they’d often sing it to me as we were leaving school at the end of the day to humiliate me, and in general, the old ditty hangs in the air like those microbes no one can escape. Lots of people seem to have it as the ring tone on their cell phones (like Lele Mora in the documentary Videocracy) and consider the song as the purest quintessence of Fascism. But even people who don’t openly claim to be adherents of Fascism can be seduced by this quickstep march. All you need to do is hum it for a minute or two, and you’ll see the arms start flailing to the drumming beat.

      One emblematic scene can be found in Dagmawi Yimer’s docufilm Va’ pensiero, where a group of mothers sing the well-known old popular song to Mohamed Ba, the Senegalese cultural mediator and actor. Ba has just finished leading a class, on the very subject of stereotypes, with the children of these women. When he hears them singing, he can scarcely believe it. He’s shaken up and discouraged. He tries to explain to them that “Faccetta nera” is a song from the twenty-year reign of Mussolini, but the women ignore him, lost as they are in the frenzied rhythm of the oom-pah-pah. They like the song, they feel some sort of forbidden pleasure in singing it, and they continue, indifferent to how they might be hurting Ba’s feelings.

      But do people who sing it really know what it means? Do they know where that song comes from? How it came about? Do they understand all the references?

      I personally consider “Faccetta nera” to be an Italian paradox. Every year, almost always during the summer or at the start of autumn, some controversy erupts concerning “Faccetta nera.” Either because someone sings it or else because some teacher (it recently happened with a group of nuns) plays it for the kids at school. And promptly rivers of ink flow, ranging from open condemnation to a sly wink of tacit support. And the whole matter is swallowed up in a tide of blah blah blah that often leaves us indifferent. Videos of the song can be found online in various versions and all you need do is take a tour of the comments on YouTube to get a clear idea that those who sing it know nothing of its history.

      In fact, there is a profusion of gratuitous lines in the commentaries like “Fascist and proud” and “Long Live Il Duce.” But do the people who write these things realize that Benito Mussolini hated “Faccetta nera”? He’d actually tried to get it banned. To his mind, it was too half-breed in nature: it sang the praises of the union between the “races,” and that was something inconceivable in his imperial Italy, which would soon after pass the race laws that deprived Jews and Africans of rights and life. The Fascist regime, in fact, had in the 1930s begun a long march to conquer Ethiopia and gain overseas possessions just like the other colonial powers (France and Great Britain). Certainly, the war that Mussolini waged against Ethiopia was anachronistic, truly something out of time. All the same, it was extremely bloody. In just a short while, Italy did what it had taken other powers a hundred years to do. The Italians unleashed an unprecedented wave of violence on Ethiopia in order to subjugate it. They even used poison gas on civilian populations, in open violation of the Geneva Convention. Mussolini wanted to establish his empire in order to prove to the other European powers that his Italy, too, was mighty, powerful, and white.

      But in fact, it’s for the color black—the “nera” in “Faccetta nera”—that that regime is remembered today, and perhaps this is the greatest paradox. Fascism, which saw itself as white and European, is associated with a popular ditty that sang the glories of a “carnal” union with the Black subjects it intended to subjugate.

      Let’s take a step back. Not many know that “Faccetta nera” was first written in romanesco, the dialect of Rome. It was penned by Renato Micheli, who planned to present it at the 1935 festival of Roman songs. The lyrics are riddled with the complete array of the period’s colonial propaganda. The newspapers and newsreels were full of Africa. The Italians were literally bombarded with African imagery from dawn to dusk. The children in their young Fascist balilla uniforms had memorized the names of the cities that Italian Fascism had set out to conquer. And so names like Mek’ele, Dire Dawa, and Addis Ababa became familiar to young and old alike.

      Italian colonialism didn’t originate under Fascism, but rather with the liberal government that followed Italy’s unification and preceded Fascism. Still, in the 1930s there was a substantial acceleration in Italian efforts to conquer colonial possessions. Mussolini wanted Africa, Italy’s place in the sun, and in order to get it he had to win over the Italians to the cause of empire. From such satirical publications as Il travaso delle idee to the mainstream Il Corriere della Sera, everyone was mobilized. One of the favorite themes emphasized in the propaganda was slavery. The newspapers were rife with pictures of enslaved Ethiopian men and women: “It’s their own government doing this to them,” they explained. “It’s the perfidious Negus; let’s go free them.” (Negus is an Amharic royal title, used for the king of Ethiopia.)

      The war was almost never presented to the Italians as a war of conquest, almost always as a war of liberation. The mechanism isn’t all that different from what we saw in the twentieth century and what we continue to see today. Let’s go free the Vietnamese! Let’s go free the Iraqis! Let’s go free the Afghans! Only to take and exploit their land, in the end, as we know too well.

      “Faccetta nera” originates in that context as a song of liberation. A song, at least in its author’s intentions, that somewhat wittily sang the praises of a sort of “union” between Italians and Ethiopians. From the lyrics, however, we notice immediately that the Italian in the song is not interested in going to free Ethiopian men—only the women (somewhat like what happened recently in Afghanistan, where outsiders set off to fight a war to free women from the burqa). And the Italian in this song wants a union with African women, and only with them. A sexual, carnal union.

      For that matter, this stereotype had already been circulating for some time on the Italian peninsula. The myth of the Black Venus dates back to well before Fascism. Africa has always been viewed by its colonizers (and not only by the Italians) as virgin land to be penetrated—literally. Or as the colonial writer Mitrano Sani put it in 1934 in Femina somala, referring to his lover from the Horn of Africa: “Elo isn’t a person, she’s a thing [. . . .] that must give up its body when the white man has carnal yearnings.” An available land, in other words. And this availability often translated into the physical possession of the women of the place, through such forms as concubinage, marriages of convenience, and often outright rape.

      All you need to do is take a spin on the Internet or at the Porta Portese market in Rome, or in any other Italian flea market, and you’ll see the photos of this abuse. I recently saw one in David Forgacs’s book Italy’s Margins: Social Exclusion and Nation Formation since 1861 (Cambridge University Press, 2014), where an Eritrean woman is being held stationary in a “crucifix” position by a number of smiling Italian sailors, who have probably just raped her or are preparing to do so.

      In this sense, “Faccetta nera” is a sexist song, not just racist. A popular ditty that conceals a clear reference to sexual violence behind a fantasy of liberation. It’s no accident that at a certain point the lyrics say: “Our law is the slavery of love.” Themes that can be found as well in other popular songs of the period, such as Africanella or Pupetta mora. But also in the more sophisticated (and earlier) Aida by Verdi: Aida too, like Little Black Face (which is what “Faccetta nera” means), is a slave and the only way she can be redeemed from her condition is to become the object of a man’s desire.

      Once it was written, “Faccetta nera” knew no peace. Micheli was unable to present it at the festival of Roman songs. It was only set to music later by Mario Ruccione and sung by Carlo Buti, who made it a hit. But its first appearance was at the Teatro Quattro Fontane in Rome (now a movie theater). There a young Black woman was carried onto the stage in chains, whereupon Anna Fougez, a star of the theatrical revue of the time and a Pugliese-born woman performing with a French stage name, draped in the Italian tricolor and swinging a sword, set her free. From that moment on, the song took off.

      Italian legionnaires on their way to Africa to fight in Mussolini’s colonial war sang it, and it became one of the great successes of the twenty years of Italian Fascism, along with Giovinezza (Youth) and Topolino va in Abissinia (Mickey Mouse Goes to Abyssinia). But Micheli’s initial lyrics didn’t meet with the regime’s approval, and it meddled repeatedly. The reference to the Battle of Adwa was immediately eliminated. The regime found it intolerable that an Italian defeat should be commemorated in any way, especially the first battle won by an African country against the forces of European imperialism. Also eliminated was an entire verse that described “Faccetta Nera” as “a sister to us” and a “beautiful Italian.” A Black woman, in the regime’s view, simply could not be an Italian. That would imply rights of citizenship that Italian Fascism was far from extending to the conquered Africans. Rights of citizenship that, by a treacherous twist of historical irony, seem equally elusive in the present.

      Despite those changes, the song continued to irritate the regime, but it was too popular to be taken out of circulation. The Fascist government tried to make it disappear and in one particularly clumsy attempt, invented a “Faccetta bianca” (Little White Face), with words and music by the team of Nicola Macedonio and Eugenio Grio. A song in which a young woman bids farewell to her legionnaire fiancé at his departure for Africa. A little white face you could imagine by the hearth, submissive and virginal:

      Little White Face, when I left you
      that day on the pier, there by the steamship
      and together with the legionnaires I embarked,
      your dark eyes showed me that your heart
      was every bit as deeply stirred as mine,
      as your hand was waving farewell!

      Clearly the competition was an unequal one. The Italians were attracted by the sexual availability that the other song promised: freedom and the regeneration of the Italian male through the abuse of a passive Black body. “Faccetta nera” was also at the center of accusations of plagiarism. The case actually went before a judge.

      But this song has a lot to tell us about present-day Italy. The Black body is still at center stage. A desecrated body, often presented on the evening newscasts as a ghost or an invisible corpse of the seas. But it’s also a body that’s desired, unattainable. A body that we see printed on our sugar packets and that winks at us from a television studio, squeezed into a black latex bodysuit. A body that is used and abused. A body that is always expected to be beautiful.

      The Abyssinian woman cannot be other than the beautiful Abyssinian woman. She cannot be ugly, defaced, crippled, sick, or unavailable. Her body lives through a number of paradoxes. On the one hand, it’s yearned after, on the other, it’s insulted, denied, imprisoned. In modern Italy, the Little Black Faces aren’t only those with Black skin: all you have to do is wander off the tracks of what society considers “normal,” and you’re likely to be considered easy, accessible, rapeable. Are you bisexual, are you transexual, are you a punk, are you vintage, do you fall outside of the standards of what’s normal? Then your body becomes common property. A body to be liberated with rape, with subjugation.

      And perhaps it is in this subtext that we find the key to the song’s ongoing popularity. Italian society still carries with it an array of male sexist baggage it can’t seem to shake off, and that more often than not it’s unable even to mention.

      But instead we ought to talk about it, especially in our schools.

      I speak a great deal about how important it is to let young people hear this and other Fascist songs. I’m increasingly convinced that only an in-depth study of Fascism, with all its attendant baggage of misery, stereotypes, propaganda, and sexism, can serve to prevent a recurrence of it. The real danger lies in forgetting. Through a close analysis of “Faccetta nera” it might be possible to deconstruct its text, decolonize the minds, de-Fascistize society, reform our political culture, which has by now made the Other into the scapegoat by definition, the safety valve for everything that’s wrong with our society. It would be a genuine leap forward to be able to talk about it with some equanimity. A leap forward for this Italy of ours, a country that so rarely faces up to itself.

      #femmes #stéréotypes #caricature#désir #Faccetta_Nera #imaginaire#concubinage #union_contractuelle_temporaire #madamismo #Ethiopie #doux_esclavage #rapports_sexuels #sciarmute #prostitution #bordels #exploitation_sexuelle#AOI#colonialisme#imaginaire

  • Architettura italiana in Eritrea

    Questo libro amplia la documentazione della mostra “Asmara – Africa’s Secret Modernist City”, curata da Omar Akbar e da Naigzy Gebremedhin: la mostra, dopo l’esordio a Berlino lo scorso 2 Ottobre 2006, e dopo numerose tappe di un itinerario internazionale, viene presentata per la prima volta in Italia, a Torino, nell’ambito del XXIII Congresso Internazionale degli Architetti (29 giugno – 4 luglio 2008). Il libro, basato sull’album fotografico dei numerosi viaggi dell’autrice in Eritrea, illustra, attraverso la scelta di immagini significative, le manifestazioni architettoniche che hanno segnato il periodo coloniale italiano in Eritrea dal 1882 al 1941.

    The fruit of its author’s professional experience in Eritrea, this book provides readers with an upbeat, original presentation of the architectural developments that marked the history of the Italian colonial administration in Eritrea from 1882 to 1941, recording them with an extensive repertoire of contemporary and historical photographs and documents.
    Architects, town planners, engineers and other professionals working in the African colony seized the opportunity to experiment with new concepts, erecting modern architectural forms that they would not have been able to propose with the same degree of freedom in Italy itself, especially from the twenties onwards. The resulting artistic heritage is unique for the creative traits that range from interpretations of neoclassical taste to modern expressions of Rationalism, as well as the unusually balanced way in which they were inserted into their environmental context.

    www.editricelarosa.it/larosa/fc06.html
    http://www.editricelarosa.it/larosa/index.htm

    #architecture #livre #Anna_Godio #colonialisme_italien #colonisation #Italie #Erythrée #histoire #urbanisme #livre

    –—

    ajouté à la métaliste sur la #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

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    • Asmara. Africa’s Secret Modernist City

      Asmara, the capital of the small East African country of Eritrea, bordering the Red Sea, is one of the most important and exciting architectural ’discoveries’ of recent years. Built almost entirely in the 1930s by the Italians, who transformed it into a hotbed of radical architectural innovation, Asmara has one of the highest concentrations of Modernist architecture anywhere in the world. This superb building-by-building survey, illustrated with previously unpublished archival material and specially commissioned photography, chronicles the colonial past and remarkable survival of a city that has evocatively been described as ’the Miami of Africa’.

      The first book to explore one of the most important but least-known Modernist cities in the world
      Authoritatively written by experts with extensive first-hand knowledge of the city
      A must-have for anyone interested in architectural history and the dynamics of Modernism

      https://www.merrellpublishers.com/index.php

    • Asmara Modern Diaporama

      https://www.architectmagazine.com/photos/asmara-modern

      Architecture in Asmara Livre

      Colonial Origin and Postcolonial Experiences

      https://dom-publishers.com/products/architecture-in-asmara

      Modernist architecture in Asmara, Eritrea Article et conférence

      https://www.africaresearchinstitute.org/newsite/event/9-september-event-modernist-architecture-in-asmara-eritrea

      Il y a plétore sur Asmara mais rien à ce jour sur Addis Abeba ou l’Ethiopie en général...

    • Modernist architecture in Asmara, Eritrea

      UNESCO World Heritage Sites are natural and cultural legacies of “outstanding value to humanity…irrespective of the territory on which they are located”. Africa has less than a third of Europe’s number of sites. UNESCO is endeavouring to redress this imbalance, although the nomination process remains costly, time-consuming and dependent on specific expertise.

      The locally-based Asmara Heritage Project (AHP) was established in March 2014 and has been supported by a number of governmental and non-governmental agencies internationally. In January 2016, AHP will submit an application to have the capital city of Eritrea recognised as a World Heritage Site.

      AHP’s application will be under three of the ten criteria set out by UNESCO, stipulating that the nominated site must:

      – Exhibit an important interchange of human values, over a span of time or within a cultural area of the world, on developments in architecture or technology, monumental arts, town planning or landscape design
      – Bear a unique or at least exceptional testimony to a cultural tradition or to a civilization which is living or has disappeared
      - Be an outstanding example of a type of building, architectural or technological ensemble or landscape which illustrates (a) significant stage(s) in human history

      Urban planning and architecture constitute two distinct elements of the Asmara bid. Both are outstanding examples of their respective contributions to world heritage.

      On 9 September Dr Edward Denison, co-author of “Asmara: Africa’s Secret Modernist City” and member of the AHP team, spoke to a full house – including many Eritreans – at ARI. Here is a selection of ten things of interest from the presentation and discussion afterwards.

      1. Modernism was not an exclusively western phenomenon – it was global. Africa, Asia and South America must not be overlooked. There are “multiple modernities”. Asmara represents “perhaps the most concentrated and intact assemblage of Modernist architecture anywhere in the world”. Before the 1930s there was quite an eclectic mix of architectural styles – neo-classicism, neo-baroque and neo-romanesque. Things started to change in 1935-6, coinciding with the apogee of Fascism and the Italian invasion of Ethiopia. We know this from the architectural archive in Asmara municipality, an extraordinarily rich resource. Modernism, not Art Deco, as is often erroneously claimed, characterises many of the buildings constructed in this period.

      2. Italian planners in the early 1900s embraced the topography of Asmara as they developed their urban plans. Their designs – such as Cavagnari’s 1913 plan – sought to create a modern city that addressed the uniquely modern requirements of transportation, communication and sanitation, but did so in a way that respected and responded to the local environment while embracing modern planning principles. In doing so they created a very distinct urban plan. Although the city has since expanded and evolved substantially, the core characteristics have been retained, highlighting the success of the original designs.

      3. The planners of Asmara were, for the most part, Italians but the physical construction of the city was undoubtedly undertaken by Eritreans. Local materials, such as lignite, granite and basalt, were used as the core building material with plaster rendered over this base. This means many of the structures were built using materials not normally associated with modernism, which exploited the properties of reinforced concrete.

      4. Enda Mariam Orthodox Cathedral, built in 1938, is a unique example of rationalist/ modernist design acknowledging highland vernacular architecture. The “monkey head” building technique, using wooden dowels to bind the walls, had been used for centuries in the highlands of Eritrea and their legacy can be seen in the detailing of Enda Mariam and its surrounding buildings.

      5. The piece of the puzzle we know least about is the background and motivation of the Italian planners and architects who came to Eritrea. This is frustrating when it comes to trying to understand fully their work, their portfolios and how their work in Eritrea shaped their future careers. Were they waving the flag for colonialism or were they running away from Mussolini? One building that brings this debate into focus is the futurist Fiat Tagliero petrol station. Futurism was very popular in the 1910s, but fell out of favour under Mussolini. Yet the Fiat Tagliero was built in 1938.

      6. The municipal architectural archives in Asmara are invaluable for what they tell us about what was conceived of but never built – including what would have been Africa’s first multi-storey car-park. They shed light on the aspirations and ideas that shaped the evolution of the city. In doing so they help us to understand the thought processes of the planners and architects and the lifestyles they envisioned for its residents.

      7. Efforts to preserve Asmara’s architecture have involved citizens as well as government. Proposals from German developers in the 1990s to knock down Caserma Mussolini – a former prison and now the Bank of Eritrea – and replace it with high-rise modern developments were blocked by individuals who had been incarcerated there during the Italian period. This sort of threat still exists, but the municipality has enforced a moratorium on building (in place now for ten years) in the historic zone of the city while it updates building regulations dating from 1938, and the country passes its first Heritage laws – an essential requirement for the UNESCO bid. The momentum provided in the 2000s by the World Bank-funded Cultural Assets Rehabilitation Project has been revived and maintained.

      8. The coastal city of Massawa is much more ancient than Asmara but the state it is currently in will make a restoration hugely difficult and costly. Efforts have been made, not least under the Cultural Heritage Rehabilitation Project. However, it is hoped that the UNESCO bid will help build capacity within Eritrea and attract support internationally to carry out further work to preserve cultural heritage across the country in sites of great importance such as Massawa, Nakfa, Adulis and Qohaito.

      9. Ensuring the engagement and interaction with younger Eritreans both within the country and in the diaspora is crucial. Raising public awareness will be a key part of the AHP once the bid has been submitted. In 2003 a project, funded by the British Council, encouraged school children from across Eritrea to describe what they liked most about their built environment through poems, pictures and stories. These contributions form part of a travelling exhibition that has raised awareness about Asmara’s heritage globally by appearing in cities across Africa, Europe and the Middle East. It is hoped that with support from the international community, this exhibition can travel to Asmara and one day become a permanent exhibit in the city.

      10. Four villages were brought together on the plateau to form what became Asmara. It is a deeply historical symbol of unity. During the independence struggle, Asmara was interpreted and referred to through song, dance, education; a cultural heritage that extends beyond architecture. The city was an important reference point for Eritreans outside Asmara and played a crucial role in the struggle for national self-determination. Its unifying features remain important as Eritrea continues to try and build peace and stability.

      https://www.africaresearchinstitute.org/newsite/event/9-september-event-modernist-architecture-in-asmara-eritrea
      #modernisme #architecture_moderniste #photographie

      via @olivier_aubert

    • Architecture in Asmara. Colonial Origin and Postcolonial Experiences

      The ancient city of Asmara is the capital of Eritrea and its largest settlement. Its beautiful architecture was rediscovered by outsiders in the early 1990s. In this book, the authors offer an original analysis of the colonial city, providing a history not only of the physical and visible urban reality, but also of a second, invisible city as it exists in the imagination. The colonial city becomes a fantastical set of cities where each one reflects the others as if in a kaleidoscope.

      Architecture in Asmara. Colonial Origin and Postcolonial Experiences breaks new ground and moves us a little further along in the attempt to decipher Asmara in terms of contemporary theory. This title of the Basics series brings together scholars from a multiplicity of disciplines who have shown the ways in which colonial and postcolonial criticism has served as a platform for new, diversified readings of Asmara.

      https://dom-publishers.com/products/architecture-in-asmara
      #livre
      via @olivier_aubert

  • Lecture d’un extrait du livre « Musée Marilyn » d’Anne Savelli, paru chez Inculte, en 2022.

    http://liminaire.fr/radio-marelle/article/musee-marilyn-d-anne-savelli

    Il y a 60 ans disparaissait Marilyn Monroe, actrice, mannequin et chanteuse américaine, au sommet de sa gloire. De très nombreux livres ont été écrits sur la star hollywoodienne, essais et romans, mais aucun ne s’est réellement intéressé à la création de son image par la photographie. Anne Savelli nous invite à découvrir les multiples facettes de Marilyn Monroe que nous croyons tous connaître, en nous faisant visiter les salles d’une exposition imaginaire où chaque séance photo présente le travail de l’actrice et de la chanteuse, ainsi que sa relation déterminante aux photographes qui l’ont prises en photo, complices ou duplices, parmi lesquels André de Dienes, Eve Arnold, Milton H. Greene, Cecil Beaton, ou Richard Avedon. (...) #Radio_Marelle / #Écriture, #Langage, #Livre, #Lecture, #Art, #En_lisant_en_écrivant, #Enfance, #Podcast, #Voix, #Littérature, #MarilynMonroe, #Inculte, #Cinéma, #Photographie, (...)

    http://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_muse_e_marilyn_anne_savelli.mp4

    https://inculte.fr/produit/musee-marilyn