• Bingo : le monsieur qui gueule contre la « société victimaire » se pose en victime.

      Affaire Duhamel : « LCI me bâillonne », juge Alain Finkielkraut, écarté de l’antenne
      https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/affaire-duhamel-c2-ablci-me-b-c3-a2illonne-c2-bb-juge-alain-finkielkraut-c3-a9cart-c3-a9-de-l-e2-80-99antenne/ar-BB1cHaj1

      Puis Alain Finkielkraut dénonce la façon dont il a été écarté de la chaîne d’informations du groupe TF 1. « C’est une éviction injuste, une éviction d’une incroyable goujaterie, s’emporte-t-il. LCI me bâillonne. Je suis sous le choc. On ne vire pas les gens pour ça. Comme si j’avais commis un délit irrémédiable. Mais qu’on écoute mes propos dans leur intégralité ! Et si on les trouve toujours ambigus, qu’on me demande de m’expliquer à l’antenne. ». « A aucun moment, je n’ai été complaisant avec Olivier Duhamel. Aucun ! assure encore le philosophe. J’essayais juste d’avoir une pensée subtile. Et je ne changerais rien aujourd’hui. Nous vivons dans un monde de délire collectif et j’en suis la victime. »

      C’est ça pauvre chou : nous vivons dans une société victimaire et j’en suis la victime.

    • La réponse à Pauline Bock (commentaire ouvert), qui précise la position d’André Gunthert sur l’analyse du « marqueur » Finkielkraut dans l’évolution de la société française sur la pédocriminalité :

      Je remercie vivement Pauline Bock d’avoir repris, vérifié et déployé mon hypothèse du « marqueur » Finkielkraut, dont la stabilité des positions permet de mesurer l’évolution des sensibilités et du débat public. Sur Twitter, certaines intervenantes ont prétendu que ma formule équivalait à tirer le rideau sur les combats féministes, et faisait le jeu des masculinistes. C’est évidemment un mauvais procès. Comme le confirme l’enquête de Pauline Bock, mieux que je n’ai pu le faire, l’accueil de la défense des pédocriminels par Finkielkraut a très manifestement évolué entre 2009 et 2021, et on peut légitimement s’en réjouir. Ce progrès ne signifie bien sûr en aucune manière que la France en serait quitte avec la culture du viol. Mais il serait à l’inverse paradoxal de laisser croire que les combats féministes sont incapables de changer la société.

      Pour contribuer à l’analyse que propose Pauline Bock, et pour préciser ma pensée, il me semble que lla réception des propos de Finkielkraut permet de mesurer un progrès, non pas sur l’ensemble des aspects de la culture du viol, mais de façon plus spécifique sur la sensibilité à la pédocriminalité. C’est en effet sur ce point que le débat public a connu la plus importante évolution, notamment avec le livre de Vanessa Springora, Le Consentement. Ce témoignage a fait bouger les lignes sur une question essentielle, auparavant absente du débat : celle de l’emprise. A la différence de Samantha Geimer, qui n’était ni consentante ni amoureuse de Polanski, Vanessa Springora décrit sa relation avec Matzneff comme la fiction d’une relation amoureuse consentie. Mais ce « consentement » apparent doit en réalité être corrigé par la différence d’âge et d’ascendant qui sépare l’adulte de l’enfant, assure son emprise, et déguise sous les traits de l’émancipation ce qui est un assujetissement.

      Cette inégalité de statut, à la source des violences sexuelles, était déjà la question centrale qui avait animé le mouvement #Metoo, à partir du modèle du harcèlement professionnel dans le domaine du cinéma. La prise de conscience de l’importance de l’emprise ôte évidemment toute pertinence à la justification de la pédocriminalité par la mise en avant de l’âge ou de l’expérience sexuelle de la victime – argument des prédateurs repris par Finkielkraut. Dans une relation de majeur à mineur, ce qui compte n’est pas l’âge de la victime, mais la différence d’ascendant entre les protagonistes. Inutile de préciser que l’agression de Samantha Geimer par Polanski, discutée en 2009 comme un « viol », coche toutes les cases de l’emprise, non seulement par la différence d’âge, mais aussi par le statut et la célébrité du violeur. Il ne serait plus possible de défendre aujourd’hui le cinéaste avec les arguments utilisés en 2009, car ils ont été invalidés par de nouvelles connaissances sur la réalité des violences sexuelles.

      En d’autres termes, l’évolution des sensibilités ne s’effectue pas par un progrès magique du débat public, qui irait naturellement de l’avant. Elle s’appuie sur une nouvelle compréhension des faits, qui se diffuse dans la société à l’instar de toute connaissance nouvelle, par l’intermédiaire de témoignages et d’alertes, par la validation et le commentaire d’autorités, mais aussi par la controverse ou les paniques morales, ou encore par l’évolution juridique et institutionnelle. Les progrès de ces différents processus sont variables et parfois contradictoires, et on sera toujours fondé à regretter que sur des questions si cruciales, la société n’avance qu’à pas comptés. Mais en tant qu’historien des cultures, et en comparaison d’autres fronts du débat public, ce qui me frappe en l’occurrence est plutôt la remarquable avancée des mentalités. Cette avancée, dans le contexte d’une résistance acharnée des privilèges du patriarcat qu’incarne Finkielkraut, est dûe à la lutte inlassable de tous les acteurs, militants, témoins, chercheurs, politiques, juristes, journalistes… Constater que leur combat n’a pas été vain est rendre hommage à leur courage et à leur opiniâtreté.

      https://twitter.com/gunthert/status/1350011979759570945
      https://www.arretsurimages.net/discussions/pedophilie-inceste-le-marqueur-finkielkraut?uuid=0d7a5c75-778a-4800-
      https://www.arretsurimages.net/articles/pedophilie-inceste-le-marqueur-finkielkraut

      (abonnées)

  • Pierre Bourdieu : « Le musée est important pour ceux qui y vont dans la mesure où il leur permet de se distinguer de ceux qui n’y vont pas »
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/musees-daujourdhui-et-de-demain-pierre-bourdieu-1ere-diffusion-2102197

    Le 21 février 1972, pour ouvrir une série d’émissions intitulée « Musées d’aujourd’hui et de demain », Jocelyn de Noblet recevait Pierre Bourdieu, qui exposait le cadre, les conclusions et les enjeux de cette passionnante étude sur la fréquentation des musées et sa signification sociale.

    • Avec la massification de cette fréquentation, il me semble que Bourdieu aurait été conduit, sans révisons déchirantes (?) à d’autres analyses.

      On peut aussi se souvenir de critiques qui furent adressées à cette école de pensée, dont celle-ci, qui m’avait paru à l’époque tout à fait salubre, du Collectif « Révoltes logiques » : L’empire du sociologue , 1984 [compte-rendu]
      https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1984_num_72_1_2413_t1_0173_0000_1

      Bourdieu et Rancière discutés, Charlotte Nordmann, 2007 [compte-rendu]
      https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_2007_num_152_1_4665

      La théorie bourdieusienne, affirme-t-il, ne permet aucune émancipation sociale. Au lieu de donner aux individus des outils pour lutter contre la domination dont ils sont victimes, elle redouble celle-ci (...)

      #culture #distinction #capital_culturel #musées #sociologie #sociologie_de_la_domination #domination #Pierre_Bourdieu #vidéo

    • Les étranges relations au béarnais de Bourdieu
      https://journals.openedition.org/lengas/4401

      A la fois distant et proche, Pierre Bourdieu entretenait des relations ambigües avec le béarnais. Tout en évoquant sa « haine de l’accent » dans le film de Pierre Carles, il était parrain de la Calendreta de Pau. S’il n’a pas écrit de livre sur cette langue, il s’y réfère dans plusieurs ouvrages ; pour lui, le béarnais est le lien avec le monde du père. C’est donc le point de vue du « transfuge », comme il se définissait lui-même, qui apparaît ici et là. A partir de ces informations disséminées, cet article tente de reconstituer le puzzle pour comprendre ces étranges relations liées à une position sociale.
      [...]
      S’il maîtrise parfaitement le français, pour intégrer l’élite intellectuelle en montant à Paris, il doit aussi apprendre de nouveaux codes sociaux mais surtout se débarrasser du principal stigmate du provincial : l’accent.

      Quand on vient d’un petit milieu, d’un pays dominé, on a de la honte culturelle. Moi j’avais de la honte de mon accent qu’il fallait corriger [Il l’avait totalement abandonné, s’en était purgé, ndc], j’étais passé par l’Ecole Normale etc.,

    • Je suppose qu’on peut avoir le même genre de critique et limites de cette critique avec les bibliothèques municipales : des lieux que l’on prétend être de la culture pour tous, mais qui sont en même temps extrêmement déterminés sociologiquement. Mis les critiquer comme simplement élitistes, comme les musées, revient à passer à côté d’énormément de considérations et de parcours.

      Également : passer à côté du fait que, depuis l’interview de Bourdieur en 1972, cette question de la détermination des publics est un problème qui n’est plus du tout ignoré par ces institutions et les collectivités qui les financent.

    • Marrant, parce que je trouve que les bibliothèques ont durci leur accès à tout·es avec toujours ce déterminisme social ancré dans une certaine culture qui dispose du droit d’être valorisée dans ces lieux. Pas qu’avec l’informatisation des prêts, il faut aussi montrer sa feuille d’impôt chaque année pour avoir le droit à une carte moins chère pour emmener un livre, avec des bibliothécaires qui te réclament du fric pour 3 jours de retard, te foutent la honte, ça ressemble trop à une institution comme la CAF où tu passes ton temps à réclamer tes droits, pour toi, pour les autres, et ça donne pas bien envie.
      Ce ne sont pas tant les bibliothécaires que le système mis en place qui ne donne plus goût à personne.

    • Il y a un moment que j’ai trouvé très frappant dans cet entretien de 72, qui donne l’impression que Bourdieu lui-même, avec son statut d’intellectuel qui parle du fait d’apprendre à voir, n’a pas l’air, lui-même, de voir grand chose dans les musées.

      Il a ces grandes tirades vers la fin à propos de cette vision de « l’art pour l’art » depuis le XIXe siècle, comme si les musées se résumaient à cela. Et surtout une anecdote (l’entretien donne d’ailleurs l’impression d’une sociologie basée sur des anecdotes qu’on lui a racontées, c’est assez marrant) : des ouvriers commentent des œuvres, et n’en disent pas grand chose (« j’aime, j’aime pas ») ; et ce qu’il souligne, c’est qu’un bourgeois commente les mêmes œuvres, avec des mots différents (« ah ça c’est formidable »), mais au fond, conclut Bourdieu, il n’a rien à en dire non plus. Ce qui amène tout de même à une conclusion dramatique : au fond les musées et l’art, selon cette anecdote, il n’y a rien à en dire, puisque même les bourgeois qui s’octroient une légitimation par l’art, n’ont rien à en dire non plus.

      Du coup, l’impression d’une tautologie : certes il y aurait l’aspect très déterminé des publics qui vont au musée, mais si dans le même temps, en tant qu’observateur, tu considères que c’est de l’art pour l’art, et que de toute façon personne n’a rien à en dire, il est assez évident que la conclusion de ton point de vue, ce sera que le rôle principal (voire unique) des musées, c’est la légitimation de la bourgeoisie. Puisque la perception que tu en as toi-même, c’est celle d’une profonde vacuité.

    • Je te trouve injuste @arno Bourdieu parle du pouvoir symbolique que s’arroge les musées et, de ce que j’en comprends, de l’usage de ce pouvoir comme distinguo social à contrario de la culture paysanne, ouvrière auxquelles il n’est pas donné de valeur.
      (Perso c’est vraiment un truc qui me taraude, cette destruction des soit disants sous-cultures)
      Ce n’est donc pas la vacuité de l’art qu’il questionne, ni la valeur des œuvres en soi, mais ce basculement vers l’Art pour l’Art et de notre difficulté à voir face à la sacralisation symbolique du musée, qu’il compare à la religion. De fait, est-il possible de faire évoluer notre regard, quelque soit notre positionnement social puisque « l’Art de voir » est contenu par la structuration même du musée et son appropriation à des fins de conservation. (On mettra bientot un paysan empaillé)

      Bref, je trouve que c’est vraiment intéressant ce qu’il dit, ses interventions sont entrecoupés de musiques trop fortes et donc c’est difficile de suivre sa pensée mais c’est vraiment bien à écouter.

  • Pierre Bourdieu, en 1998, sur le néolibéralisme :
    https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609

    Le néolibéralisme est un programme de destruction méthodique des collectifs [...] visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manœuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation.

    #travail #économie #néolibéralisme

  • Des débats vraiment faux ou faussement vrais | Pierre Bourdieu
    http://lmsi.net/Des-debats-vraiment-faux-ou

    Alors qu’Emmanuel Macron lance un grand « débat » en guise de réponse au mouvement des gilets jaunes, il nous a semblé utile de reproduire ce texte paru dans Sur la télévision, et consacré aux « débats de société » tels que les médias audiovisuels les conçoivent et les mettent en scène. Certains des « invités permanents » (et notamment Luc Ferry et Alain Finkielkraut...) sont, vingt ans après, hélas les mêmes que ceux qu’évoque Pierre Bourdieu. Mais ce qui a hélas encore moins changé, c’est la structure et la scénographie de ces débats doublement « faux » : par leur objet (des faux problèmes, ou pire : des vrais problèmes mal posés) et par leurs dispositifs de verrouillage de la parole... auxquels s’ajoutent désormais les milliers de policiers mobilisés à chaque moment de ce « grand débat national ». Source : Les (...)

  • #Geoffroy_de_Lagasnerie, 23 janvier 2002, la mort de #Pierre_Bourdieu
    https://www.franceinter.fr/emissions/une-journee-particuliere/une-journee-particuliere-01-avril-2018

    Le jeune sociologue accompagne les luttes des dominés d’aujourd’hui « mais sans l’aspect critique que se donne habituellement la sociologie ». Des « luttes orphelines » selon lui, pour dénoncer un Etat de droit non respecté par l’Etat lui-même. Comme celle d’#Assa_Traoré, qui réclame justice pour son jeune frère, #Adama, mort au cours d’une interpellation musclée par des gendarmes en juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Celles des AntiFas – ces militants antifascistes radicaux en lutte contre le FN et l’extrême droite radicale– ou des groupes de défense de la liberté animale aux méthodes très démonstratives.

    http://rf.proxycast.org/1418369760072048640/17869-01.04.2018-ITEMA_21634497-0.mp3

    • Réponse aux attaques conjointes de fdesouche, de la LICRA et du Ministère de l’Éducation Nationale contre Sud Éducation 93 - article publié le 20 novembre 2017

      Après deux journées d’études sur l’intersectionnalité interdites aux enseignant-es à Créteil en mai dernier, après un colloque sur l’islamophobie censuré à Lyon en septembre, c’est au tour d’un stage organisé par Sud Éducation 93 de susciter la vindicte de la fachosphère.

      Depuis dimanche 19 novembre au soir, le syndicat Sud Éducation 93 est victime d’insultes de la part de plusieurs groupes très actifs sur les réseaux sociaux et connus pour leurs positions d’extrême droite, suite aux critiques diffamatoires contre un stage de formation syndicale sur l’antiracisme à l’attention des personnels d’éducation les 18 et 19 décembre.

      Cette campagne se traduit par des messages mensongers, de haine et d’attaques sur les réseaux sociaux. De plus, le syndicat Sud Éducation 93 subit depuis lundi matin un grand nombre d’appels téléphoniques déversant des insultes.

      Le stage est annoncé sur notre site depuis le 19 octobre sans avoir suscité la moindre réaction. Or, il aura fallu attendre dimanche 19 novembre dans l’après midi, et un article paru sur le compte Facebook de « FdeSouche », pour que quelques heures après la LICRA, puis le lendemain le ministre reprennent ces propos.

      Nous souhaitons souligner et dénoncer la coïncidence des agendas des réseaux d’extrême droite et de notre ministère.

      Les attaques portent sur un « tri des origines » qui serait fait sur les participants du stage. Sud Éducation 93 condamne fermement ces propos et compte porter plainte pour diffamation contre tous les sites et individus qui propageraient ces propos. Un dépôt de plainte est par ailleurs en cours concernant les insultes téléphoniques reçues à ce jour.

      Les questions abordées par le stage sont des questions essentielles dans l’enseignement aujourd’hui. Il est inutile de nier des questions que les enseignant-es vivent au jour le jour. Le combat contre le racisme est au cœur de la société multiculturelle mais aussi au cœur des programmes scolaires, notamment ceux d’EMC. Ce stage entend donner des temps et des moyens de réflexions sur ces questions cruciales.

      Nous apprécierions qu’au lieu de calquer son agenda sur celui de « FdeSouche » notre ministre, et les organisations qui se réclament de l’égalité républicaine, s’intéressent aux manques de moyens dont souffrent l’École et nos élèves. La liste est non exhaustive : manque de postes à tous les niveaux (agent-es, AED, enseignant-es, personnel-les administratif), professeur-es non remplacé-es, manque de moyens dans les dotations pour les collèges, les lycées, les écoles, manque d’établissements dans le territoire, absence d’une véritable médecine scolaire, ...

      Nous rappelons enfin que tou-tes les personnel-les ont été invité-es à s’inscrire à ce stage (d’ailleurs complet).

      http://www.sudeducation93.org/Reponse-aux-attaques-conjointes-de.html

    • #blasphème #sens_commun #manif_pour_tous #racisme_d'Etat #racisme #non-mixité

      « On parle de “non-mixité raciale”, on parle de “blanchité”, on parle de “racisé” c’est-à-dire les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique sont utilisés au nom soi-disant de l’antiracisme alors qu’en fait ils véhiculent évidemment un racisme », a critiqué M. Blanquer.

      #vocabulaire #langage #domination_blanche #épouvante

    • Blanquer attaque la fédération SUD éducation à l’assemblée nationale - Racisme d’État, personnes racisées, non-mixité, discriminations : mise au point [21 novembre]
      http://www.sudeducation.org/Blanquer-attaque-la-federation-SUD.html

      Nous avons pris connaissance de l’intention de M. Blanquer de porter plainte pour diffamation contre le syndicat SUD éducation 93 au motif que celui-ci utilise le terme de “racisme d’État”. Si le ministre veut attaquer en justice toutes les organisations qui utilisent ce terme, la fédération SUD éducation en fait partie. En effet, son dernier congrès, en 2015, s’est donné parmi ses objectifs de combattre le racisme d’État, outil de division des travailleurs et des travailleuses.

    • C’est pas une atteinte aux libertés syndicales ce que fait Blanquer ? Il me semble que le droit de se réunir est une liberté fondamentale. Comme la liberté de s’exprimer sur le racisme d’etat. Est-ce qu’un ministre peut porter plainte pour la diffamation d’une entité comme celle d’Etat ? Est-ce qu’on peut diffamé un Etat ? Si je dit que la langue française est sexiste est-ce qu’il va m’attaqué pour diffamation de la langue ? Ca fait un peu comme si il y avait atteinte à une marque et une mentalité de copyright. On a même plus le droit de choisir comment et avec qui se réunir ni de quoi on peut parler ni des mots qu’on veut utiliser et pas non plus de la manière de les accordés.

    • Jean-Michel Blanquer ne peut pas poursuivre un syndicat pour diffamation
      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/11/23/jean-michel-blanquer-ne-peut-pas-poursuivre-un-syndicat-pour-diffamation_521

      Le droit français ne permet pas au ministre de l’éducation nationale de porter plainte contre SUD-Education 93. Il peut, en revanche, poursuivre son représentant.

      C’est assez incroyable qu’un ministre ne connaisse pas le B-A-ba du droit de la république qui lui paye son salaire pour la représenté.

      Jean-Michel Blanquer, en tant que personne physique, peut donc porter plainte contre une autre personne physique.

      L’article de monde est quand même un peu à la masse de pas rappeler que Blanquer n’est pas diffamé en tant que personne physique car Blanquer n’est pas l’Etat et la République incarné.

    • Du racisme aux politiques de racialisation
      Eric Fassin, Médiapart, le 18 novembre 2014
      https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/181114/du-racisme-aux-politiques-de-racialisation

      Les responsables nationaux, mais aussi locaux, prétendent certes répondre à une demande populaire, comme si le racisme d’État pouvait s’autoriser de celui qui est censé définir les « riverains ».

      Une plainte contre #Eric_Fassin ?

      #racialisation

    • Racisme d’Etat et libertés syndicales : Derrière l’écran de fumée… de réelles attaques !
      #Solidaires, le 22 novembre 2017
      https://www.solidaires.org/Racisme-d-Etat-et-libertes-syndicales-Derriere-l-ecran-de-fumee-de-reell

      Le Ministre de l’Education, JM Blanquer, s’en prend violemment depuis plusieurs jours au syndicat SUD Education 93, membre de la fédération SUD Education et de l’union départementale Solidaires 93.

      Tout est parti d’une dénonciation de racisme supposé d’un stage syndical (parce qu’il prévoit des ateliers réservés aux personnes victimes du racisme), dénonciation relayée très largement par l’extrême-droite puis par JM. Blanquer lundi. Le ministre s’est rendu compte de son erreur grossière et, de fait, a changé rapidement son discours plus tard dans la journée à l’Assemblée nationale : c’est désormais l’utilisation de la notion de « racisme d’Etat », abordée dans le stage, qu’il juge « diffamatoire » et au sujet de laquelle il a annoncé vouloir déposer une plainte pour ce motif.

      Mettons les choses au point, pour l’Union syndicale Solidaires :

      L’accusation de racisme à l’encontre de SUD Education 93 est ridicule et volontairement malveillante au vu des valeurs, des positions et combats portés par ce syndicat et ses militant-es : Solidaires lutte pour l’égalité entre tous et toutes, quelles que soient leurs origines, et combat le racisme et le fascisme, et SUD Education 93 ne déroge pas à ces principes. Il ne s’agit pas de partager tous les détails du contenu du stage mis en cause, mais on ne peut inverser ni la réalité ni l’engagement des personnels de l’Education nationale membres de Sud éducation 93 pour leurs élèves et les populations de Seine-Saint-Denis.

      L’Union syndicale Solidaires et certaines des structures qui la composent mettent en œuvre depuis des années en lien avec leur engagement dans le mouvement féministe des réunions séparées de femmes et elle ne partage pas l’idée qu’une telle pratique appliquée à des personnes victimes du racisme constituerait un scandale.

      Il s’agit d’un stage syndical : c’est aux syndicats de construire leurs formations en toute liberté. Il n’est pas question que l’extrême-droite ou des ministères s’immiscent dans les contenus des formations syndicales.

      Le racisme existe dans nos sociétés. Et le "racisme d’Etat" aussi. Ce n’est pas un slogan, c’est un concept utilisé et pensé par des chercheuses et chercheurs mais aussi par des dizaines de structures associatives, syndicales ou politiques. Une rapide interrogation sur un moteur de recherche sur internet permettra à JM Blanquer de s’en rendre compte. Des statistiques, études et recherches effectuées à la demande des ministères eux mêmes font état de situations de discrimination liées à l’origine réelle ou supposée, aux noms, quartiers, dans la société, dans l’emploi public, dans l’école... Nous refusons de mettre sous le tapis une situation qui concerne des millions de personnes dont une partie d’entre nous, au quotidien. Nous refusons de nous faire dicter ou imposer les termes du débat par celles et ceux qui participent à construire et entretenir les problèmes.

      Nous sommes face à une volonté de manipuler politiquement et médiatiquement un stage de quelques dizaines de personnes. Pendant ce temps, on ne parle pas des conséquences sociales des mesures prises par ce gouvernement, qui touchent fortement des départements comme la Seine-Saint-Denis et le quotidien de la population qui y vit. Derrière le rideau de fumée, on trouve des attaques contre les droits sociaux, la suppression des contrats aidés, la destruction des services publics, en particulier de l’Education, bref la destruction du tissu social qui alimente les haines et la xénophobie... Ce contre-feu gouvernemental cache mal la volonté de nier la situation de racisme vécue en particulier en Seine-Saint- Denis et ses aspects structurels.

      L’Union syndicale Solidaires apporte son soutien au syndicat SUD Education 93, à ses adhérent-es qui font face à un déchaînement d’une rare violence et aux menaces de la part l’extrême-droite. Nous ne doutons pas que ce gouvernement cherche aussi à limiter les libertés syndicales et d’expression, en particulier chez les fonctionnaires qui militent pour transformer la société.

      L’Union syndicale Solidaires continuera son combat pour les libertés individuelles et collectives, pour l’égalité de tou-tes, contre toutes les discriminations.

      #liberté_syndicale #syndicats #France

    • Suite :

      « Blanchité », « racisé », « racisme d’État » : M. Blanquer, ces concepts sont légitimes dans le débat public
      Mélusine, Libération, le 23 novembre 2017
      https://seenthis.net/messages/647064

      "Racisme d’Etat" : derrière l’expression taboue, une réalité discriminatoire
      Pierre Ropert, France Culture, le 24 novembre 2017
      https://seenthis.net/messages/647064

      On y cite #Michel_Foucault : une plainte à titre posthume contre lui aussi ?

      Chronique d’une année scolaire : quand le Ministre parle
      K. D., La Rotative, le 24 novembre 2017
      https://seenthis.net/messages/647120

    • Pour une mise en perpective du racisme d’État, une référence étonnamment non citée, sauf erreur de ma part, par tous les commentateurs alors même que c’est lune des analyses les plus fortes de cet enjeu : « Il faut défendre la société », Cours au Collège de France (1975-1976) de Michel Foucault, texte intégral en ligne
      https://monoskop.org/images/9/99/Foucault_Michel_Il_faut_defendre_la_societe.pdf

      (...) ce discours de la lutte des races – qui, au moment où il est apparu et a commencé à fonctionner au XVIIe siècle, était essentiellement un instrument de lutte pour des camps décentrés – va être recentré et devenir justement le discours du pouvoir, d’un pouvoir centré, centralisé et centralisateur ; le discours d’un combat qui est à mener non pas entre deux races, mais à partir d’une race donnée comme étant la vraie et la seule, celle qui détient le pouvoir et celle qui est titulaire de la norme, contre ceux qui dévient par rapport à cette norme, contre ceux qui constituent autant de dangers pour le patrimoine biologique. Et on va avoir, à ce moment-là, tous les discours biologico-racistes sur la dégénérescence, mais aussi toutes les institutions également qui, à l’intérieur du corps social, vont faire fonctionner le discours de la lutte des races comme principe d’élimination, de ségrégation et finalement de normalisation de la société. Dès lors, le discours dont je voudrais faire l’histoire abandonnera la formulation fondamentale de départ qui était celle-ci : « Nous avons à nous défendre contre nos ennemis parce qu’en fait les appareils de l’État, la loi, les structures du pouvoir, non seulement ne nous défendent pas contre nos ennemis, mais sont des instruments par lesquels nos ennemis nous poursuivent et nous assujettissent. » Ce discours va maintenant disparaître. Ce sera non pas : « Nous avons à nous défendre contre la société », mais : « Nous avons à défendre la société contre tous les périls biologiques de cette autre race, de cette sous-race, de cette contre- race que nous sommes en train, malgré nous, de constituer. » La thématique raciste va, à ce moment-là, non plus apparaître comme instrument de lutte d’un groupe social contre un autre, mais elle va servir à la stratégie globale des conservatismes sociaux. Apparaît à ce moment-là – ce qui est un paradoxe par rapport aux fins mêmes et à la forme première de ce discours dont je vous parlais – un racisme d’État : un racisme qu’une société va exercer sur elle-même, sur ses propres éléments, sur ses propres produits ; un racisme interne, celui de la purification permanente, qui sera l’une des dimensions fondamentales de la normalisation sociale. Cette année, je voudrais alors parcourir un petit peu l’histoire du discours de la lutte et de la guerre des races, à partir du XVIIe siècle, en la menant jusqu’à l’apparition du racisme d’État au début du XXe siècle.

      #racisme_d’État

      @rezo ?

    • Le droit français ne permet pas au ministre de l’éducation nationale de porter plainte contre SUD-Education 93. Il peut, en revanche, poursuivre son représentant. (...)
      En effet, aucune personne morale (entreprise, association, organisation, syndicat…) ne peut être attaquée pour diffamation ou injures (qu’elles soient publiques ou non).

      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/11/23/jean-michel-blanquer-ne-peut-pas-poursuivre-un-syndicat-pour-diffamation_521
      Portés à montrer leur force face à toute opposition, ils ne se souviennent même pas qu’ils imposent à des structures collectives de désigner des responsables légaux individuels contre lesquels agir en justice.
      #hybris_de_gouvernement

    • « Nous en avons assez des tergiversations et des atermoiements de tous ces “responsables’’ élus par nous qui nous déclarent “irresponsables’’ (…). Nous en avons assez du racisme d’État qu’ils autorisent. » #Pierre_Bourdieu, Contre-feux, 1998

      Une plainte à titre posthume contre lui aussi ?

      Sur le racisme d’Etat : brèves remarques à l’attention de Jean-Michel Blanquer et de quelques autres
      Olivier Le Cour Grandmaison, Médiapart, le 27 novembre 2017
      https://seenthis.net/messages/647829

  • L’abécédaire de Pierre Bourdieu
    http://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-pierre-bourdieu

    Quinze ans après sa mort, Pierre Bourdieu est un nom qui résonne encore. Sociologue charismatique, il fut à la fois un méticuleux savant auscultant les mécanismes de la domination avec les outils d’une jeune science — « la sociologie est un métier », ne cessera-t-il de répéter —, et un intervenant vigoureux dans le débat public. Avec un sens du devoir qui tranche avec l’essentiel des agitateurs médiatiques contemporains, Pierre Bourdieu fit du savoir scientifique un outil pour tenter d’infléchir le réel — et non l’inverse. De ses travaux d’ethnologie en Kabylie à l’analyse des « structures sociales de l’économie », le chercheur n’aura eu de cesse d’apporter sa contribution : une pensée critique à large spectre. Cet abécédaire se veut le témoignage d’un intellectuel en prise avec son époque et la marche du monde.

    http://zinc.mondediplo.net/messages/46689 via Ballast
    #Pierre_Bourdieu

    • Ma soirée est foutue : je suis en train d’essayer de savoir ce qu’est l’inverse de cette affirmation :

      Pierre Bourdieu fit du savoir scientifique un outil pour tenter d’infléchir le réel — et non l’inverse

      – Pierre Bourdieu fit du réel un outil pour tenter d’infléchir le savoir scientifique ? (ce qui ne me semble pas fondamentalement coupable)
      – Pierre Bourdieu fit de l’outil un réel pour tenter d’infléchir le savoir scientifique ?
      – Pierre Bourdieu fit du savoir réel un outil pour tenter de faire d’infléchir le scientifique ?
      – Pierre Bourdieu fit du savoir scientifique un outil pour tenter de {ne pas} infléchir le réel ?
      – Pierre Bourdieu fit du scientifique réel un savoir pour tenter d’infléchir l’outil ?
      – le réel fit de Pierre Bourdieu un outil pour faire réfléchir les scientifiques ?

       :-))

  • Contretemps | « Aucun #marxisme sociologique n’a vraiment fait école en France ». Entretien avec Quentin Ravelli
    http://www.contretemps.eu/entretien-ravelli-burawoy

    Quentin Ravelli est chargé de recherche au CNRS en #sociologie et auteur de La Stratégie de la bactérie. Une enquête au cœur de l’industrie pharmaceutique. Sous le titre Produire le consentement (dont on pourra lire ici un extrait, et ici un compte-rendu), il a traduit récemment Manufacturing Consent, de Michael Burawoy, grand classique de la sociologie marxiste. Lors de cet entretien nous revenons sur l’héritage du marxisme dans l’ethnographie et les sciences sociales françaises.

    CT : Tu as récemment traduit et publié Produire le consentement du sociologue marxiste britannique Michael Burawoy. Ce n’est pas une figure encore très connue en France. Pourrais-tu le présenter ? De quoi parle donc son livre ?

    QR : Vu depuis la France, Michael Burawoy peut avoir l’air d’un animal étrange, car il est à la fois ethnographe, marxiste et nord-américain. On peut être ethnographe marxiste, voire marxiste américain, mais marxiste américain et ethnographe marxiste, cela fait beaucoup. Pourtant, dans un pays où l’anticommunisme a été si virulent, le marxisme est en fait plus répandu et assumé dans les sciences humaines qu’il ne l’est en France. Peut-être justement parce que, cantonné aux universités, à une radicalité académique, il apparaît moins dangereux ? En tout cas, malgré la forte influence des idées communistes en France pendant la guerre froide et la « chasse aux sorcières » du maccarthysme aux États-Unis, les chercheurs se réclamant explicitement du matérialisme historique sont aujourd’hui plus présents outre-Atlantique. En témoigne, entre autres, l’existence d’une section « Marxist Sociology » au sein de l’American Sociological Association, la principale association professionnelle en la matière. Ce type d’organisation se distingue de l’influence, en France, de francs-tireurs – souvent des philosophes – comme Alain Badiou, Étienne Balibar ou Georges Labica...

    #Diaporama #Enquête #Théorie #Burawoy #exploitation #Pierre_Bourdieu #travail

  • Ce que lisent les #patrons : enquête sur la culture du #CAC_40
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/080616/ce-que-lisent-les-patrons-enquete-sur-la-culture-du-cac-40

    Ce qui distingue aujourd’hui les élites est désormais moins un répertoire classique que la capacité à tout assimiler, aussi bien la culture populaire que la culture savante, en naviguant de l’une à l’autre. Le hip-hop et l’opéra. Le rock et le baroque. Les séries TV et les sérigraphies. Quels rapports les patrons du CAC 40 entretiennent-ils avec la culture ? Une enquête de la Revue du Crieur dont le 4ème numéro sort le jeudi 9 juin.

    #Culture-Idées #Bernard_Arnault #culture_classique #Denis_Kessler #Distinction #François_Pinault #Jean-Baptiste_Rudelle #Jean-Louis_Beffa #lecture #Mathieu_Pigasse #opéra #patronat #Pierre_Bourdieu #Xavier_Niel

  • Splendeur des rentiers médiatiques

    Mais on lit les journaux comme on aime, un bandeau sur les yeux. On ne cherche pas à comprendre les faits. On écoute les douces paroles du rédacteur en chef, comme on écoute les paroles de sa maîtresse. On est battu et content parce qu’on ne se croit pas battu, mais vainqueur. M. Proust

    Misère des médias – Quand Juppé visite la Jungle
    http://www.article11.info/?Misere-des-medias-Quand-Juppe

    « Ce mercredi, Juppé était à Calais. Un déplacement de campagne comme il en existe des masses, ridicules et vains. Puisqu’on était dans le coin, on a suivi la petite troupe chargée de la mise en scène médiatique de cette visite. »

    Quand je vois, par exemple, les reporters qui se précipitent et les forêts de micros qui se dressent pour recueillir religieusement la moindre parole de nos dirigeants politiques ou de n’importe quelle personnalité réputée importante, y compris sur des sujets sur lesquels ce qu’ils peuvent dire n’a absolument aucun intérêt, je dois avouer que j’ai du mal à m’empêcher de considérer que l’humanité est en train, si ce n’était pas déjà fait, de perdre à peu près tout sens du ridicule. Et c’est une impression qui ne peut que se renforcer encore davantage quand on voit le degré d’infatuation et d’autosatisfaction que sont capables d’atteindre les représentants de la presse quand ils expliquent que ce qui se passe en pareil cas correspond à l’exécution d’une obligation quasiment sacrée qu’ils ont à remplir envers l’humanité et qui est d’une importance vitale pour elle. (Jacques Bouveresse, Au commencement était la presse )

    En ligne « Au commencement était la presse » Revue Agone n°40
    http://agone.org/revueagone/agone40/enligne/11/index.html#debut-chapitre

    Et aussi : Bouveresse Jacques, L’actualité de Karl Kraus. Bourdieu Pierre. Apropos de Karl Krauss et du journalisme. In : Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 131-132, mars 2000. Le journalisme et l’économie. pp. 119-126.
    http://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_2000_num_131_1_2671

    Jospin, Allègre, Villepin. rentiers de la politique. Par Daniel Schneidermann — 21 septembre 2007
    http://www.liberation.fr/tribune/2007/09/21/jospin-allegre-villepin-rentiers-de-la-politique_102274

    Ils sont quelques-uns, sur la scène politique, à se partager le titre enviable de rentiers médiatiques. (...)Risquons une hypothèse : le rentier médiatique tient une partie de son avantage de la fascination pour celui qui tire contre son camp. Pour la figure du banni, du transfuge, du dissident, du franc-tireur. Parce qu’ils parlent contre, ils donnent l’impression de parler vrai.

    #médias #Presse #Journalisme #rentiers_médiatiques #Jacques_Bouveresse #Pierre_Bourdieu #Karl_Krauss #Daniel_Schneidermann #article11

  • Pourquoi les élites écoutent du hip-hop
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/201215/pourquoi-les-elites-ecoutent-du-hip-hop

    « Il faut que tout change pour que rien ne change. » La célèbre phrase du Guépard s’applique aux métamorphoses récentes de l’élite américaine. Entretien avec #Shamus_Khan, professeur à Columbia, sur les stratégies mises en œuvre pour relégitimer les privilèges et produire un contexte culturel évitant la contestation des inégalités croissantes.

    #Culture-Idées #Culture #diversité #domination #école #élite #Essais #Méritocratie #ouverture #Pierre_Bourdieu #reproduction_sociale #Université

  • 20 ans de critique des médias, avec Serge Halimi, Pierre Carles, Philippe Poutou, les cheminots...
    http://upbordeaux.fr/Evenements#ancre_189

    Une après-midi d’éducation populaire qui promet, avec @mdiplo en la personne de Serge Halimi lui-même, et son vieil ami Pierre Carles. :)

    C’est à Bordeaux, mardi 11 novembre après-midi, au centre social St-Michel.

    C’est l’heure du bilan (même un jour férié). L’heure du bilan critique. Cela va faire 20 ans que Pierre Bourdieu sortait « Sur la télévision », petit livre qui fit grands bruits, aussi bien dans la polémique qu’il provoqua que comme succès de librairie inattendu (100 000 exemplaires vendus et traduit en 26 langues). Le sociologue y prouvait une homogénéisation croissante de l’information soumise aux lois du marché et de la concurrence. Les légendes auto-satisfaisantes sur l’indépendance et la pluralité volaient en éclats au milieu des cris d’orfraie de quelques-uns.

    20 ans après qu’est-ce qui a changé ? Et surtout, le mouvement de critique des médias, où en-est-il aujourd’hui ? Qu’a t’il accompli ? Quelles ont été ses erreurs ? Quelles sont ses perspectives ?

    Nos deux invités participent de ce mouvement depuis longtemps. L’un, rescapé de la télévision avec ses documentaires montrant les coulisses du journalisme, l’autre au Monde Diplomatique se battant pour un journal indépendant d’analyses politiques et internationales choisissant le parti de l’émancipation.

    Nous creuserons ça trois heures durant avec eux. Mais pas qu’avec eux, avec vous aussi, comme le veulent nos habitudes d’éducation populaire politique à l’UPB. Donc pas de grande messe mais plutôt au menu des débats mouvants et autres ateliers où vous pourrez vous exprimez. Et s’il y a quelques motivés parmi nous, qui sait, peut-être envisagerons nous sérieusement des pistes concrètes d’actions locales liées à la critique des médias. Du moins c’est notre souhait.

    #agenda #2014-11 #2014-11-11 #Bordeaux #Serge_Halimi #Pierre_Carles #Pierre_Bourdieu #Bourdieu #critique_médias #éducation_populaire

    (promis, dans pas longtemps l’UP aura des meilleurs URL plus pérennes)

  • 17 octobre 1961 - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/17-octobre-1961

    En guise d’appel au rassemblement qui aura lieu à Paris vendredi 17 octobre, à 18h au Pont Saint Michel, pour le cinquante-deuxième anniversaire du massacre d’octobre 1961, nous reproduisons ici une brève déclaration de Pierre Bourdieu qui réussit, en peu de mots, à résumer l’enjeu de cette commémoration. Elle a été écrite, initialement, pour un Colloque organisé en 2001 à l’Assemblée Nationale par l’association 17 Octobre 1961 Contre l’Oubli et intitulé « 17 octobre 1961 : massacres d’Algériens sur ordonnance ? ».

    Par Pierre Bourdieu
    J’ai maintes fois souhaité que la honte d’avoir été le témoin impuissant d’une violence d’État haineuse et organisée puisse se transformer en honte collective. Je voudrais aujourd’hui que le souvenir des crimes monstrueux du 17 octobre 1961, sorte de concentré de toutes les horreurs de la guerre d’Algérie, soit inscrit sur une stèle, en un haut lieu de toutes les villes de France, et aussi, à côté du portrait du Président de la République, dans tous les édifices publics, Mairies, Commissariats, Palais de justice, Écoles, à titre de mise en garde solennelle contre toute rechute dans la barbarie raciste.

    #racisme #17_Octobre_1961 #répression #crime_d'état #Pierre_Bourdieu #FLN

  • "L’institution est un acte de magie sociale qui peut créer la différence ex nihilo ou bien, et c’est le cas le plus fréquent, exploiter en quelque sorte des différences préexistantes, comme les différences biologiques entre les sexes ou, dans le cas, par exemple de l’institution de l’héritier selon le droit d’aînesse, les différences entre les âges.

    En ce sens, comme la religion selon Durkheim, elle est « un délire bien fondé ». Les distinctions les plus efficaces socialement sont celles qui donnent l’apparence de se fonder sur des différences objectives (je pense par exemple à la notion le « frontière naturelle »).

    Il reste que, comme on le voit bien dans le cas des classes sociales, on a presque toujours à faire à des continuums , des distributions continues, du fait que différents principes de différenciation produisent différentes divisions qui ne sont jamais complètement superposables. Pourtant la magie sociale parvient toujours à produire du discontinu avec le continu.

    L’exemple par excellence est celui du concours, point de départ de ma réflexion : entre le dernier reçu et le premier collé, le concours crée des différences du tout au rien, et pour la vie. L’un sera polytechnicien, avec tous les avantages afférent, l’autre ne sera rien. Aucun des critères que l’ on peut prendre en compte pour justifier techniquement la distinction (comme différence légitime) de la noblesse ne convient parfaitement.

    Par exemple le plus piètre escrimeur noble reste noble (même si son image s’en trouve ternie, à des degrés différents selon les traditions nationales et selon époques) ; inversement, le meilleur escrimeur roturier reste roturier (même s’il peut tirer de son excellence dans pratique typiquement « noble » une forme de « noblesse »)..."

    ( #Pierre_Bourdieu, " Ce que Parler veut dire ")

  • « J’emploie souvent un paradigme pour décrire les luttes entre intellectuels. Je vais l’exposer parce qu’il est assez drôle : c’est une expérience de #Köhler qui est un psychologue qui a beaucoup travaillé sur l’intelligence des singes. Köhler raconte qu’un jour il a eu l’idée de suspendre une banane hors de portée des singes : un des plus malins, à un certain moment en pousse un autre sous la banane, grimpe dessus et attrape la banane ; et ensuite tous les singes sont là, une patte en l’air pour essayer de monter sur les autres, mais plus personne ne veut rester au-dessous, puisque tout le monde a compris qu’il faut être au-dessus... Cela me paraît être une métaphore des luttes intellectuelles... Quand vous assisterez à ces débats intellectuels, si vous avez cette métaphore en tête, cela vous donnera beaucoup de satisfaction et aussi beaucoup de liberté, parce que vous ne serez pas tenté de lever la patte, vous serez beaucoup plus contrôlé. »

    [#Pierre_Bourdieu, "Sur l’Etat"]

  • #Jacques_Rancière est longuement interviewé sur son dernier livre « la méthode de l’égalité ». Il évoque aussi sa pensée, sa méthode, son système philosophique, son travail sur les archives ouvrières notamment sur « la nuit des prolétaires » remarquable livre qui tend à décrire comment la classe ouvrière a rompu le cercle infernal de l’éternelle répétition du travail et du repos à travers la parole(les réunions), l’écrit (la correspondance, le récit)...
    On a coutume aujourd’hui d’opposer la pensée de #Pierre_Bourdieu à celle de Jacques Rancière, pour faire simple, l’un démontre (approche sociologique) que les structures (école, travail, éducation...) participent à la domination sociale et culturelle qui conditionnent les individus dans leurs fonctions (Bourdieu), l’autre (approche libertaire) prenant acte que la" parole" et la "conscience ouvrière" sont des facteurs qui produisent de la matière politique source d’émancipation ( Rancière). Pour ma part je ne tranche ni pour l’un ni pour l’autre je pense que ces deux systèmes sont complémentaires. Dénoncer les structures sans prises de conscience des dominés serait incomplet mais le contraire aussi.

    http://www.dailymotion.com/video/xx107q_jacques-ranciere-invite-de-en-direct-de-mediapart_new

    extrait du livre la méthode de l’égalité
    http://www.lieux-dits.eu/Presence/ranciere.htm

    Dans la pensée, il y a aussi des choses comme ça, des phrases qui vous construisent et avec lesquelles on élabore quelque chose qu’on met en rapport avec d’autres phrases venues d’ailleurs. Petit à petit, il se construit, à partir de ces refrains entêtants, une certaine forme d’intelligibilité d’un domaine, que ce soit la politique, la littérature, le cinéma ou que sais-je."p95

    "Mais aussi j’ai montré, dans l’analyse de l’émancipation, comment le problème n’était pas d’échapper aux griffes d’une sorte de monstre tentaculaire mais de concevoir la possibilité de mener d’autres vies que celle qu’on était en train de mener."p112

    "J’ai toujours essayé de dire qu’un être supposé fixé à une place était toujours en réalité participant à plusieurs mondes, ce qui était une position polémique contre cette théorie asphyxiante des disciplines, mais aussi une position théorique plus globale contre toutes les formes de théories identitaires. Il s’agissait de dire que ce qui définit les possibles pour les individus et les groupes, ce n’est jamais le rapport entre une culture propre, une identité propre et les formes d’identification du pouvoir qui est en question, mais le fait qu’une identité se construit à partir d’une multitude d’identités liée à la multitude des places que les individus peuvent occuper, la multiplicité de leurs appartenances, des formes d’expérience possibles."p113

    "Toute écriture un peu forte est une écriture capable de parcourir les plus grands espaces sans dire qu’elle les parcourt."p146

    « Qu’est-ce que le social pour moi ? C’est le lieu où opère constamment un conflit des compétences. Le social est le lieu où opère la question : est-ce que le fait que les ouvriers veulent gagner plus est une affaire privée ou non ? Il est le lieu où on pose la question de savoir si tel ou tel désagrément ou souffrance que vivent les gens est une pure affaire personnelle, privée, ou si c’est une question publique qui appelle une action collective. Le social est le lieu où se noue la question du partage. » p220

    bibliographie selective :
    – La méthode de l’égalité entretien avec Laurent Jeanpierre et Dork Zabunyan paru aux éditions Bayard

    –la nuit des #prolétaires existe en poche dans la collection Pluriel

    – la haine de la #démocratie paru aux éditions la Fabrique

    – Et tant pis pour les gens fatigués(livre d’entretiens) paru aux éditions #Amsterdam

    –Le #maitre_ignorant existe en poche dans la collection 10/18

    _ Bourdieu/Rancière de #Charlotte_Nordmann paru aux éditions Amsterdam

    #philosophie #Politique #Histoire #Archives #Peuple #Egalitarisme #Démocratie #Société #Gouvernance #Ouvriers #Travail #Révolution #Emancipation #Pédagogie #joseph_jacotot #livres #vidéo

    • Pas encore eu la patience d’attendre la fin des 40 (quarante !) secondes de pub pour écouter l’entretien...

      Un autre extrait de La méthode de l’égalité", DISPERSION DES IMAGES : UN AUTRE RÉGIME DE L’ART ?
      http://www.artpress.com/uploads/pdf/3680.pdf

      Le maître ignorant, première leçon
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4348

      Quant à l’opposition Bourdieu/Rancière, il ne s’agit pas d’une « coutume » mais d’un différent intellectuel et politique réel, dont on trouve des prodromes dans le cinglant "La leçon d’Althusser" (1973, republié chez La fabrique) où J.R prend ses distances avec le scientisme althusserien, et aussi dans une revue, Les Révoltes Logiques, L’empire du Sociologue (1984), dont les textes ne semblent pas disponibles en ligne (un commentaire :" une concentration statistique sur l’identité des transmetteurs et des récepteurs des messages fige l’histoire, elle renvoie chaque groupe culturel à une position qu’il doit nécessairement, inévitablement occuper. Pour Bourdieu, chaque groupe social a son goût précis, et il y a des oeuvres d’art qui offrent des valeurs figées pour répondre aux besoins propres du groupe. L’oeuvre d’art devient un message qui dit toujours la même chose pour son groupe donné.").

      C’est en revanche il me semble suite à la publication du livre de Charlotte Nordmann (Bourdieu/Rancière, la politique entre sociologie et philosophie , 2006/2008) qu’il devient « coutumier » de chercher à penser une confrontation des travaux respectifs de l’un et de l’autre par de-là leur opposition.

  • #Pierre_Bourdieu et #Jean-Claude_Passeron auteurs d’un livre ( les héritiers ) qui a fait date dans l’histoire de la sociologie s’entretiennent sur le sens et l’objet de la sociologie
    https://www.youtube.com/watch?v=3PISYZCFP58


    http://www.scienceshumaines.com/les-heritiers_fr_12988.html

    #Les_Héritiers a fait l’effet d’un véritable pavé dans la mare, en dévoilant les #mécanismes d’un fait #empirique que tout le monde constatait plus ou moins secrètement : à l’#école, les bons #élèves se recrutaient dans les milieux aisés et #cultivés (l’un allant souvent avec l’autre), alors que les enfants d’ouvriers attestaient de parcours scolaires médiocres. À l’#université ne se retrouvaient plus guère alors que les enfants de la #bourgeoisie. Pour les auteurs, c’est aux facteurs culturels, davantage qu’économiques, qu’il fallait imputer ce constat. Les enfants de cadres et de professions libérales bénéficient d’un capital culturel (conversations, #bibliothèques, fréquentation des #musées, voyages...) fourni par l’environnement familial dans lequel la culture est acquise « comme par osmose ». Or l’école légitime précisément ce type de culture qui « présuppose implicitement un corps de savoirs, savoir-faire et surtout de savoir-dire qui constitue le #patrimoine des #classes cultivées ». Pour les enfants de milieux #populaires, par contre, l’acquisition de la culture scolaire nécessite une véritable #acculturation, les apprentissages sont vécus comme des artifices, éloignés de toute #réalité concrète. Ce que les #enseignants considèrent alors comme une absence de dons de leur part n’est souvent que le résultat d’une #socialisation différente. D’où la violence symbolique d’une #institution (l’école) qui, au final, redouble les #inégalités sociales en pérennisant une véritable aristocratie scolaire (qui peut ainsi s’autoreproduire ; le thème sera développé en 1970 par les mêmes auteurs dans La #Reproduction), et en participant aussi à la fabrication de l’échec scolaire.

    #Sociologie #Sciences-sociales #Objet #Réalité #langage #Epistémologie #Positivisme #Communication #Sociologue #Capital_culturel #Ordre_social #Habitus #Livre #Vidéo

  • Le sociologue devant l’État | Humanite
    http://www.humanite.fr/culture/le-sociologue-devant-l%E2%80%99etat-488311

    Inédit. Le Sociologue devant l’État – Communication au XIe colloque : « Les sciences sociales dans les années 1980, 
défis et tâches », organisé par l’Association internationale des sociologues de langue française, 
à Paris, du 27 septembre au 1er octobre 1982.

    Je crois qu’on peut dire de la sociologie ce qu’on dirait de la Sécurité sociale : elle est un produit (indirect) des luttes sociales. Je dis indirect parce qu’il va de soi que la sociologie – le poste de sociologue d’État – n’est pas née directement en réponse à des événements politiques. Si l’impulsion vient du dehors, de ceux qui attendent de quelque chose comme une science sociale qu’elle apporte des solutions aux «  problèmes sociaux  » (…), elle reçoit sa forme propre de la logique relativement autonome de l’institution universitaire. Je l’ai déjà indiqué ailleurs, la sociologie comme science universitairement reconnue est née d’une sorte de malentendu ou de tricherie (sans tricheur). Faire reconnaître la sociologie, faire admettre qu’il s’agit d’une discipline universitaire comme les autres et, secondairement ou simultanément, tenter d’en faire une science, c’est faire disparaître, au moins dans les limites du champ universitaire, la question des fonctions de la sociologie, de la raison d’être.

    #sociologie #État #Pierre_Bourdieu