• BALLAST | #Christian_Laval : « Penser la #révolution »
    https://www.revue-ballast.fr/christian-laval-penser-la-revolution

    « Les altermondialistes et les bourdieusiens, quelles que soient leurs immenses qualités d’alerte, n’ont pas fait le travail de connaître l’adversaire, d’aller voir en détail ce qu’il disait. »

    Notre préoccupation était de montrer que le #néolibéralisme était très largement un constructivisme : qu’il visait à construire institutionnellement, juridiquement, politiquement, des marchés, et que l’Union européenne en était le parfait laboratoire (pas un rempart !). Cela ne peut pas être compris si on s’en tient à l’ultralibéralisme anti-institutionnel, ou si on le déchiffre comme un retour à Adam Smith qui n’a rien à voir avec le marché commun.

    « Il nous faut en effet une perspective #révolutionnaire qui n’abolit pas l’#État mais le transforme en profondeur selon un nouveau principe #politique. »

    l est nécessaire de réaliser qu’il ne suffit pas de quelques lois ou décrets interventionnistes pour balayer les transformations qui se jouent depuis 40 ans. Il est sans doute trop tard pour recréer l’Europe sur d’autres bases, d’où l’idée de certains selon laquelle il faudrait se recentrer sur l’État national en se débarrassant des contraintes européennes qui sont celles du marché. On reviendrait à un monde d’États-nations… Mais c’est sous-estimer la profondeur des transformations accomplies dans le sens de l’État entrepreneurial et managérial : comment, dans les services publics, révolutionner les rapports avec les agents, les usagers, etc. ? On ne peut pas revenir en arrière, on doit tout changer ! Or, comment procéder ? Il ne suffit pas de clamer qu’on veut revenir à l’État républicain !

    Pour faire court, à terme, l’atelier remplacerait le gouvernement. Or nous ne le croyons pas du tout : nous pensons que le gouvernement est une dimension incontournable du social, que la politique ne peut se dissoudre, que l’auto-gouvernement est encore gouvernement. Croire qu’on peut se passer de gouvernement, c’est croire à des logiques immanentes au social qui suffiraient à l’organisation de la société : plus besoin de droit, de délégation, ni de rien, car le social se suffirait à lui-même. Cette idée est un décalque de la pensée économique libérale, en réalité ! Saint-Simon est le personnage clef de cette récupération : l’industrie contiendrait en elle-même des forces (une « puissance », en termes #spinoziens), comme le marché pour les libéraux. C’était un grand lecteur d’Adam Smith et de Jean-Baptiste Say, mais il les contestait pour dire : ce n’est pas l’anarchie du marché mais l’organisation de l’industrie qui est le principe de la société. Et les anarchistes vont dans le même sens quand ils croient à la seule reprise en main du social par lui-même, par ses propres forces, une fois débarrassé du patronat et de l’autorité.

    ez les penseurs du conseillisme, on retrouve ce phénomène : la société est un maillage de Conseils ouvriers ; chez le premier #Castoriadis on voit cela, un mythe actif né du saint-simonisme qui conçoit la société comme un domaine productif organisé par les producteurs, et finalement comme une association de producteurs. Or nous croyons avec #Pierre_Dardot qu’il faut penser le politique. Les communards qui ont lu le dernier Proudhon vont, eux, concevoir leur action politique dans un schéma fédéraliste et communaliste. Même #Marx va, de bonne foi je crois, reconnaître dans la Commune ce qu’il appelle « la forme politique enfin trouvée de l’émancipation économique » ! Là se situe un virage qui nous semble fondamental. Il fallait peut-être attendre cette expérimentation historique extraordinaire pour y deviner une avancée considérable dans la manière de penser la société future. Ce que Marx continuera d’ignorer, c’est quand même que les communards ont inventé cette « formule » grâce à des penseurs comme Proudhon — l’ennemi idéologique de Marx —, qui avaient imaginé la transformation sociale sur le mode de la communauté de communes. Quant à nous, nous n’abandonnons ni #Proudhon ni Marx car, sur des partitions différentes, ils permettent de comprendre les révolutionnaires du XIXe siècle en tant qu’ils ont inventé des formes institutionnelles nouvelles. Pour nous il y a un continuum des penseurs, de Marx et Proudhon à Castoriadis et Gurvitch en passant par Merleau-Ponty, des Conseils et des Soviets à Mai 68 et au Chiapas, qui permettent, sur une même ligne alors qu’ils semblent ennemis, de penser la révolution, non comme prise de pouvoir par un parti mais comme réinvention, ré-institution profonde de la société.

  • L’urgence démocratique
    https://www.mediapart.fr/journal/france/250317/l-urgence-democratique

    Un rassemblement de Nuit debout en mai 2016, place de la République à Paris. © Reuters L’époque est plus que jamais asservie au couple du #néolibéralisme agressif et du nationalisme identitaire et xénophobe. Casser cette mécanique devrait être la tâche prioritaire d’une gauche régénérée. Elle n’y parviendra pas dans les semaines qui viennent, estiment le philosophe #Pierre_Dardot et le sociologue #Christian_Laval qui, dans ce texte, tordent également le cou à la notion de « #populisme de gauche ».

    #France #Fillon #Hamon #Le_Pen #Macron #Mélenchon #néofascisme #présidentielle_2017

  • Dardot et Laval : comment sortir de la nuit néolibérale
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/050616/dardot-et-laval-comment-sortir-de-la-nuit-neoliberale

    Pourquoi la #Crise de 2008 et ses conséquences ont-elles accentué les logiques néolibérales plutôt que de les remettre en cause ? Que peut-on envisager face à la crise historique de la #gauche ? #Pierre_Dardot et #Christian_Laval explorent ces questions dans leur dernier ouvrage. Entretien.

    #Culture-Idées #Capitalisme #démocratie #Essais #néolibéralisme #Syriza

  • Une semaine sur les #communs
    Les Nouvelles vagues, par Marie Richeux

    Toute cette semaine, nous parlons du commun.

    Aujourd’hui, nous sommes avec le philosophe #Pierre_Dardot, auteur avec Christian Laval de Commun, Essai sur la révolution au XXIème siècle (La Découverte, 2014) . Dans cet essai, les deux auteurs tentent de refonder le concept de commun pour en faire un principe réel d’action permettant de « sortir du capitalisme ».

    http://rf.proxycast.org/997994207819866112/13954-23.02.2015-ITEMA_20726501-0.mp3

    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouvelles-vagues-le-commun-15-le-commun-comme-principe-re

    #biens_communs #biens_privés #biens_publics
    @hlc @romaine