• Ces trésors pillés par les nazis qui ont atterri chez des collectionneurs juifs Jenni Frazer - Time of Israel
    Source : https://fr.timesofisrael.com/ces-tresors-pilles-par-les-nazis-qui-ont-atterri-chez-des-collecti
    Après que des antiquités ont été données au Victoria and Albert Museum, leur "histoire cachée" a été révélée


    La collection Rosalinde et Arthur Gilbert, photographiée le 15 novembre 2016. (Les galeries Rosalinde et Arthur Gilbert. © Victoria and Albert Museum, Londres)

    LONDRES (Jewish News) – Un jour de 1969, Arthur Gilbert, un immigrant juif londonien à Los Angeles, se promenait dans un magasin d’antiquités sur Rodeo Drive, le quartier chic de la ville, et est tombé amoureux.

    Plus précisément, il est tombé amoureux d’une forme d’art étonnante et presque oubliée – ce que Gilbert appelle la micromosaïque : des milliers et des milliers de minuscules morceaux de verre qui forment une image, presque indiscernable d’une peinture.

    Cette technique, mise au point à Rome au XVIIIe siècle et appliquée à des objets allant de plateaux de table exquis à des tabatières, est devenue le cœur de l’une des plus extraordinaires collections d’arts décoratifs jamais possédée par un musée : la collection Rosalinde et Arthur Gilbert, en prêt permanent au Victoria and Albert Museum depuis 2008.

    Même sans la « manie de la micromosaïque », l’histoire des Gilbert est extraordinaire.

    La belle Rosalinde Gilbert a rencontré le bel Abraham Bernstein – comme on l’appelait à l’époque – lors d’un bal organisé au musée de cire de Madame Tussauds à Londres ; ils se sont mariés en 1934.

    Avec seulement 500 livres sterling, le couple lance une maison de haute couture pour femmes, Rosalinde Gilbert Limited, basée sur les créations de cette dernière. Comme tout le monde s’adressait à Arthur (tel était à présent son prénom), en tant que M. Gilbert plutôt que M. Bernstein, il changea de nom légalement – et il devint finalement Sir Arthur Gilbert à la fin de sa longue vie.


    Le collectionneur Arthur Gilbert tient une pièce sur cette photo non datée. (Crédit : The Rosalinde and Arthur Gilbert Galleries. Victoria and Albert Museum, Londres)

    En 1945, l’entreprise de mode connaît un tel succès que les Gilbert s’installent en Californie, avec l’intention de prendre leur retraite. Mais le génie d’Arthur pour s’enrichir dans l’immobilier le conduit à une seconde carrière, faisant de lui un magnat de l’immobilier et profitant du boom de la construction d’après-guerre à Los Angeles.

    Mais comme l’explique le Dr. Jacques Schuhmacher, curateur de la provenance et de la spoliation au Victoria and Albert Museum (V&A), les Gilbert ont commencé à constituer leur collection « à une époque où les lacunes dans la provenance [l’historique détaillé de la propriété d’une œuvre d’art] n’étaient pas considérées comme un problème ».

    Et donc, involontairement, Arthur et Rosalinde, eux-mêmes enfants d’immigrants juifs d’Europe de l’Est, ne se sont pas demandé si ce qu’ils achetaient pouvait avoir été pillé par les nazis à d’autres collectionneurs juifs pendant la Shoah.

    Après la mort de Rosalinde en 1995, Arthur a fait don de la collection à la Grande-Bretagne. Elle a d’abord été conservée à Somerset House avant d’être transférée au V&A.


    Jacques Schuhmacher, conservateur de la provenance et de la spoliation au Victoria and Albert Museum. (Autorisation : Schuhmacher/ Victoria and Albert Museum, Londres)

    Elle est désormais administrée par un trust, qui continue d’acheter des objets pour enrichir la collection.

    Schuhmacher, historien né à Francfort qui a passé son doctorat à Oxford, est arrivé au V&A en 2018 pour commencer des recherches méticuleuses sur les 1 000 objets de la collection Gilbert.

    Il est devenu à la fois amateur d’art et détective, suivant les traces écrites dans des archives poussiéreuses, identifiant les propriétaires originaux d’un objet, puis essayant de retracer son parcours entre 1933, lorsque les nazis sont arrivés au pouvoir, et 1945, la fin de la guerre.

    À ce jour, Schuhmacher, en collaboration avec Alice Minter, conservatrice de la collection Gilbert, pense que 80 objets de la collection présentent des lacunes dans leur provenance.

    Toutes ces lacunes ne sont pas dues au pillage nazi, mais Schuhmacher en a identifié au moins huit avec ce qu’il appelle des « histoires cachées » – et chaque objet a une histoire fascinante.

    Tenter d’expliquer l’histoire de chaque œuvre d’art était un défi en soi, car le V&A insiste normalement pour que chacun de ses objets ne soit légendé que par 60 mots. Dans ce cas, une dérogation spéciale a dû être accordée pour que les légendes explicatives doublent ce chiffre.


    Une horloge en argent et ivoire, fabriquée en Allemagne vers 1690. (Crédit : The Rosalinde and Arthur Gilbert Galleries. Musée Victoria et Albert, Londres)

    L’une des pièces les plus remarquables est une somptueuse horloge en argent et ivoire incrusté, dont on pense qu’elle a été fabriquée en 1690, mais qui n’a été assemblée sous sa forme actuelle qu’en 1880.

    Elle a appartenu à un horloger juif prospère de Francfort, Nathan Ruben Frankel, qui est mort en 1909. Mais personne ne sait ce qu’il est advenu de l’horloge – qui présente au niveau supérieur la minuscule figure d’un navigateur regardant la mer – entre la mort de Frankel et son acquisition par Arthur Gilbert à Milwaukee en 1979.

    Les descendants de Frankel, Friedrich et Klara Frankel, avaient une entreprise horlogère florissante à Francfort qu’ils ont été contraints de vendre aux nazis. Le couple a fui en France en 1938 et a survécu à la guerre en se cachant.

    Mais on ne sait pas s’ils possédaient encore l’horloge lorsque les nazis ont repris leur affaire – ou s’ils l’ont récupérée après la guerre. Peut-être s’agit-il d’un mystère qui ne sera jamais résolu.

    Il y a également une splendide paire de portes filigranes qui ornaient autrefois un monastère à Kiev. Ces portes, aujourd’hui exposées dans les galeries de la collection Gilbert du V&A, appartenaient autrefois à S. et J. Goldschmidt, parmi les plus célèbres marchands d’art juifs de Francfort et de Berlin.


    Portes du monastère de Kiev. (Crédit : Galeries Rosalinde et Arthur Gilbert. © Victoria and Albert Museum, Londres)

    Après la saisie de leur entreprise par les nazis en 1937, les portes ont finalement été vendues à Londres. Mais là encore, l’histoire de la propriété de ces objets inestimables présente de grandes lacunes.

    Il est difficile de juger Rosalinde et Arthur pour ne pas avoir posé plus de questions sur le fait que les objets de leur collection étaient le résultat du pillage nazi.

    Peut-être ont-ils été simplement influencés par le fait que certains de ces objets provenaient de la collection du magnat de la presse William Randolph Hearst. Mais on ne saura peut-être jamais où ils se trouvaient pendant la Shoah.

    #art #gros_sous #histoire #capitalisme #shoah #shoa #William_Randolph_Hearst #pillage #nazisme #Musées

  • #Algériennes

    La guerre d’Algérie, cette guerre qui n’était pas nommée comme telle, est un événement traumatisant des deux côtés de la Méditerranée. Ce récit raconte la
    guerre des femmes dans la grande guerre des hommes...
    Béatrice 50 ans, découvre qu’elle est une « enfant d’appelé » et comprend
    qu’elle a hérité d’un tabou inconsciemment enfoui : elle interroge sa mère et son père, ancien soldat français en Algérie, brisant un silence de cinquante ans. Elle se met alors en quête de ce passé au travers d’histoires de femmes pendant la guerre d’Algérie : Moudjahidates résistantes, Algériennes victimes d’attentat, Françaises pieds noirs ou à la métropole... Ces histoires, toutes issues de témoignages avérés, s’entrecroisent et se répondent. Elles nous présentent des femmes de tout horizon, portées par des sentiments variés : perte d’un proche, entraide, exil, amour…

    https://www.marabout.com/algeriennes-1954-1962-9782501121002
    #BD #bande_dessinée #livre

    #guerre_d'Algérie #appelés #Algérie #France #armée_française #tabou #silence #maquis #Harki #massacre #meurtres #FLN #camps #entraide #Bourg-Lastic #femmes #Cimade #La_Cimade #honte #rapatriés #mémoire #résistance #liberté #indépendance #napalm #viols #viols_collectifs #mujahidin #douars #guerre_de_la_mémoire #fellaga #genre #patriarcat #commandos_punitifs #pillages #pieds-noirs #organisation_clandestine_des_Français_contre_l'indépendance (#OAS)

  • La cueillette des plantes sauvages, un monde très lucratif en manque de régulation
    https://reporterre.net/La-cueillette-des-plantes-sauvages-un-monde-tres-lucratif-en-manque-de-r

    « On constate des #pillages de ces #plantes, mais aussi d’autres comme l’ail des ours ou le thé d’Aubrac », dit Alexandre Dufour, cueilleur adhérent à l’Association française des professionnels de la #cueillette de #plantes_sauvages (AFC) et à la coopérative Sicarappam. Des abus qui, selon lui, seraient principalement le fait d’une main-d’œuvre « non formée à la cueillette, parfois saisonnière, étrangère et sous-payée, qui fait du volume ». Constat équivalent du côté du Parc national des Cévennes. Malgré des règles strictes encadrant depuis 2017 la cueillette de cinquante-six espèces en zone cœur (au centre du parc), Frantz Hopkins, chargé de mission à la flore au parc, observe ponctuellement une « cueillette opportuniste dans un monde devenu très concurrentiel ».

  • Des paysages et des visages, le voyage intellectuel de #Felwine_Sarr

    Felwine Sarr nous invite, dans "La saveur des derniers mètres", à partager ses voyages à travers le monde, mais aussi un cheminement intellectuel, celui d’un homme qui veut repenser notre manière d’#habiter_le_monde et redéfinir la relation entre l’Afrique et les autres continents.

    L’économiste sénégalais Felwine Sarr est l’un des intellectuels importants du continent Africain. Ecrivain et professeur d’économie, il est également musicien. Deux de ses livres ont notamment fait date : Afrotopia (2016) et Habiter le monde (2017). Avec Achille Mbembé, il est le fondateur des Ateliers de la pensée de Dakar. Chaque année, des intellectuels et artistes s’y rencontrent lors d’un festival des idées transdisciplinaire pour “repenser les devenirs africains” à travers des concepts adaptés aux réalités contemporaines.

    La littérature, les arts, la production d’imaginaires et de sens demeurent de formidables boussoles pour l’humanité. Nous sommes dans une crise de l’imaginaire, nous n’arrivons pas à déboucher les horizons. (Felwine Sarr)

    L’utopie nous dit qu’on peut féconder le réel, faire en sorte qu’il y ait un surcroit de réel. (...) Le premier travail est d’imaginer qu’ "il est possible de..." (...) Il faut reprendre le chantier qui consiste à dire qu’il existe des horizons souhaitables, qu’il faut les penser, les imaginer, et travailler pour les faire advenir. (Felwine Sarr)

    Felwine Sarr a été, avec l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, chargé de rédiger un rapport sur la restitution des œuvres d’art africaines spoliées lors de la colonisation, remis à Emmanuel Macron en novembre 2018.

    Nous devons reprendre notre élan notamment en reconstruisant un rapport à notre patrimoine, à notre histoire. (Felwine Sarr)

    Son livre La saveur des derniers mètres (éditions Philippe Rey) est une invitation au voyage intellectuel et physique, le voyage des idées et des hommes, un plaidoyer presque, pour l’importance des rencontres et du dialogue avec l’autre. La confrontation avec des ailleurs (Mexico, Mantoue, Le Caire, Istanbul, Port-au-Prince, Cassis, Kampala, Douala), mais aussi le retour chez soi, l’île de Niodior, sa terre natale, son point d’ancrage, sa matrice. Imaginaire en voyage et voyage des imaginaires.

    Goûter à la saveur du monde est un droit qui doit être équitablement réparti. Il faut considérer la mobilité comme un droit fondamental. (Felwine Sarr)

    Un récit entre le carnet de voyage, les notes de l’économiste, les réflexions anthropologiques et les évasions poétiques. Une plongée intime dans des transports de la pensée et du coeur.

    Voyager permet d’avoir un regard en biais, en relief, à la fois en dedans et en dehors. (Felwine Sarr)

    Appartenir à une île, c’est devoir la quitter. (Felwine Sarr)

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/des-paysages-et-des-visages-le-voyage-intellectuel-de-felwine-sarr

    Lecture d’un texte de #Tanella_Boni :

    « Y aurait-il, depuis toujours, des peuples et des individus qui auraient droit à l’#aventure, suivraient leurs désirs de se déplacer en bravant toute sorte d’obstacles, et d’autres qui n’en auraient pas le droit. #Nous_sommes_tous_des_migrants et tout migrant a des #rêves et des #désirs. Certes, les lois doivent être respectées et les passages aux frontières autorisés, on ne part pas comme ça à l’aventure, dit-on. Comme ça, sur un coup de tête. Ou par pur #plaisir. Mais qui donc part aujourd’hui par pur plaisir sur les routes inhospitalières de nulle part. Dans certains pays où le mal-être des individus est palpable, chacun pourrait habiter quelque part, il y aurait moins de migration illégale. Je rêve, tandis que l’on continue de mesurer le seuil de pauvreté dans le monde. De nombreux pays africains vivent en dessous de ce seuil. Tout compte fait, est-ce que je sais de quoi habiter est le nom ? »

    –-> à l’occasion du festival Banquet d’été 2020

    #faire_monde #restitution #pillage #art #Afrique #colonialisme #imagination #imaginaire #utopie #futur #téléologie_inversée #covid-19 #coronavirus #rêves_collectifs #ouvrir_les_futurs #frontières #habiter #mobilité #migrations #liberté_de_mouvement #citoyenneté #liberté_de_circulation #inégalités #décolonialité #décolonial #décolonisation

    –—

    Il parle notamment des #ateliers_de_la_pensée (#Dakar) qu’il a co-fondés avec #Achille_Membé
    https://lesateliersdelapensee.wordpress.com

    ping @karine4 @isskein

  • Even Ben-Gurion thought ‘most Jews are thieves’
    Gideon Levy | Oct. 4, 2020 | 2:48 AM | Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/opinion/.premium-in-the-words-of-israel-s-founder-most-jews-are-thieves-1.9206301

    The quote in the headline wasn’t uttered by an antisemitic leader, a Jew hater or a neo-Nazi. The words are those of the founder of the State of Israel, two months after it was founded. Prime Minister David Ben-Gurion was furious, or at least pretended to be, at a meeting of his political party Mapai, in light of the wave of looting of Arab property by the new Israelis throughout the nascent state.

    The concept of a state born in sin had never been so concrete: “Like locusts, the residents of Tiberias swarmed into the houses…”; “total and complete robbery…not a thread was left in [any house]”; and “soldiers wrapped in Persian rugs in the streets,” are a few of the descriptions of what happened in front of everyone, and was never told as it really was.

    Now the historian Adam Raz wrote about it: “Looting of Arab Property in the War of Independence,” and Haaretz’s Ofer Aderet reported on it in a shocking article in Haaretz on Friday. It should weigh on what is left of the conscience of any proper Zionist, and flood us with feelings of deep shame and guilt even after 72 years.

    The authorities turned a blind eye and thus encouraged the looting, despite all the denunciations, the pretense and a few ridiculous trials. The looting served a national purpose: to quickly complete the ethnic cleansing of most of the country of its Arabs, and to see to it that 700,000 refugees would never even imagine returning to their homes.

    Even before Israel managed to destroy most of the houses, and wipe from the face of the earth more than 400 villages, came this mass looting to empty them out, so that the refugees would have no reason to return.

    The looters therefore were motivated not only by ugly greed to possess stolen property right after the war was over, property belonging in some cases to people who were their neighbors just the day before, and not only by the desire to get rich quick by looting household items and ornaments, some of them very costly. The looters also served, consciously or unconsciously, the ethnic purification project that Israel has tried in vain to deny all through the years. The looters were a cog in the large machine of the expulsion of the Arabs.

    This looting, in which almost everyone took part, was the small looting, the one that proved if only for a moment that “most of the Jews are thieves,” as the founding father said. But that was mini-looting compared to the institutionalized looting of property, houses, villages and cities – the looting of the land.

    And so, the intentions of the heads of the Jewish community who allowed the looting are more infuriating than the individual descriptions of it. It is amazing that it was never talked about, another one of the apparatuses of denial and repression by Israel society.

    Thirst for revenge and drunkenness with victory after the difficult war might perhaps explain, even partially, the participation of so many. War is an ugly thing, and so is the day after. But when the looting reflects not only momentary human weakness but is intended to serve a clear strategic goal – purifying the country of its inhabitants – words fail.

    Anyone who believes that a solution will ever be found to the conflict without proper atonement and compensation for these acts, is living in an illusion. Now think about the feelings of the descendants, the Arabs of Israel and the Palestinian refugees, who are living with us and alongside us. They see the pictures and read these things – what crosses their minds?

    Perhaps a few of them once came across a Persian rug that belonged to their parents, or a glass display case that was their grandmother’s, a memory from their childhood, resting in the home of a Jew whose house they cleaned. Perhaps they see their grandmother’s coffeepot or their grandfather’s ancient sword on display in some Jewish home they were renovating.

    They will never be able to see the villages of their ancestors: Israel demolished most of them, to leave not a shred. But one small stolen souvenir from the home that was lost might cause a tear to fall. Just ask the Jews enraged over any stolen Jewish property.

    #Pillage

    • Jewish soldiers and civilians looted Arab neighbors’ property en masse in ’48. The authorities turned a blind eye
      Ofer Aderet | Oct. 3, 2020 | 7:47 AM | Haaretz.com
      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium.highlight.MAGAZINE-jews-looted-arab-property-en-masse-in-48-the-au

      Refrigerators and caviar, champagne and carpets – a first-ever comprehensive study by historian Adam Raz reveals the extent to which Jews looted Arab property during the War of Independence, and explains why Ben-Gurion stated: ‘Most of the Jews are thieves’

      “We turned a mahogany closet into a chicken coop and we swept up the garbage with a silver tray. There was chinaware with gold embellishments, and we would spread a sheet on the table and place chinaware and gold on it, and when the food was finished, everything was taken together to the basement. In another place, we found a storeroom with 10,000 boxes of caviar, that’s what they counted. After that, the guys couldn’t touch caviar again their whole life. There was a feeling on one hand of shame at the behavior, and on the other hand a feeling of lawlessness. We spent 12 days there, when Jerusalem was groaning under horrible shortages, and we were putting on weight. We ate chicken and delicacies you wouldn’t believe. In [the headquarters at] Notre Dame, some people shaved with champagne.”

      – Dov Doron, in testimony about looting in Jerusalem

      *

      On July 24, 1948, two months after establishment of the State of Israel, David Ben-Gurion, head of the provisional government, voiced some extreme criticism about its people: “It turns out that most of the Jews are thieves… I say this deliberately and simply, because unfortunately it is true.” His comments appear in black and white in the minutes of a meeting of the Central Committee of Mapai, the forerunner of Labor, stored in the Labor Party Archives.

      “People from the Jezreel Valley stole! The pioneers of the pioneers, parents of Palmach [pre-state commando force] children! And everyone took part in it, baruch Hashem, the people of [Moshav] Nahalal!... This is a general blow. It’s appalling, because it shows a basic flaw. Theft and robbery – and where does this come to us from? Why have the people of the land – builders, creators, pioneers – come to deeds like this? What happened?”

      The protocol was unearthed by historian Adam Raz in the course of his research for his new book which, as its title suggests, addresses a highly charged, sensitive and volatile issue: “Looting of Arab Property in the War of Independence” (Carmel Publishing House, in association with the Akevot Institute for Israeli-Palestinian Conflict Research; in Hebrew). The task he undertook was daunting: to collect, for the first time in a single volume, all existing information about the pillaging of Arab property by Jews during the 1947-49 Israeli War of Independence – from Tiberias in the north to Be’er Sheva in the south; from Jaffa to Jerusalem via the villages, mosques and churches scattered between them. Raz pored over 30 archives around the country, perused newspapers of that era and examined all extant literature on the subject. The result is shattering.

      “Many parts of the Israeli public – civilians and soldiers alike – were involved in looting the property of the Arab population,” Raz tells Haaretz. “The pillaging spread like wildfire among that public.” It involved the contents of tens of thousands of homes, stores and factories, of mechanical equipment, farm produce, cattle and more, he continues. Also included were pianos, books, clothing, jewelry, furniture, electrical appliances, engines and cars. Raz has left to others investigation of the fate of the land and buildings left behind by the 700,000 Arabs who fled or were expelled in the war. He focuses on movables only, items that could be stuffed into bags or loaded onto vehicles.

      Ben-Gurion is not the only senior figure Raz quotes. Yitzhak Ben-Zvi, Ben-Gurion’s fellow law student decades earlier, and later Israel’s second president, also mentioned the phenomenon. According to his account, those who engaged in looting were “‘decent’ Jews who view the act of robbery as natural and permissible.” In a letter, dated June 2, 1948, to Ben-Gurion quoted by Raz, Ben-Zvi wrote that what was happening in Jerusalem was doing “dreadful” damage to the honor of the Jewish people and the fighting forces.

      “I cannot remain silent about the robbery, both [that which is] organized by groups and [that which is] unorganized, by individuals,” he wrote. “Robbery has become a general phenomenon… Everyone will agree that our thieves fell upon the abandoned neighborhoods like locusts on a field or an orchard.”

      Raz’s thorough archival work turned up countless quotes, which make for painful reading, from senior and junior figures in the Israeli public and establishment, from leaders to low-ranking troops.

      In an archival file of the Custodian of Absentees’ Property (i.e., property owned by Palestinians who left their homes or the country after passage of the Nov. 29, 1947, UN partition resolution, which was seized by the Israeli government), Raz located a 1949 report by Dov Shafrir, the official custodian, which states: “The panicky mass flight of the Arab residents, leaving behind immense property in hundreds and thousands [of] apartments, stores, warehouses and workshops, the abandonment of crops in the fields and fruit in gardens, orchards and vineyards, all this amid the tumult of the war… confronted the fighting Yishuv [pre-1948 Jewish community in Palestine] with a grave material temptation… passions of revenge, moral justification and material allurement tripped up a great many… Events on the ground rolled down a slope unchecked.”

      The testimony of Haim Kremer, who served in the Palmach’s Negev Brigade and was sent to Tiberias to prevent looting, was found in the Yad Tabenkin Archive, in Ramat Gan. “Like locusts, the residents of Tiberias swarmed into the houses… We had to resort to blows and clubs, to beat them back and force them to leave things on the ground,” Kremer stated.

      The diary of Yosef Nachmani, a Tiberias resident who had been a founder of the Hashomer Jewish defense organization, was deposited in its archive and contains the following entry about events in his city in 1948: “The Jewish mob rampaged and started to loot the shops… By the dozens and dozens, in groups, the Jews proceeded to rob the Arabs’ homes and shops.”

      Many soldiers, too, “didn’t hang back and joined in the festivities,” wrote Nahum Av, the Haganah commander of the Old City of Tiberias, in his memoirs. Jewish soldiers who had just done battle against Arabs were posted at the entrance to the Old City, he wrote, in order to prevent Jewish residents from breaking into the homes of Arabs. They were armed “when confronting Jews who tried to force their way into the city with the aim of robbing and looting.” Throughout the day, “crowds thronged around the barriers and tried to burst in. The soldiers were compelled to resist with force.”

      In this connection, Kremer noted that “there was competition between different units of the Haganah… who came in cars and boats and loaded all kinds of objects… refrigerators, beds and so on.” He added: “Naturally, the Jewish crowd in Tiberias burst in to do likewise. It left a very harsh impression on me, the ugliness of it. It stains our flag… Our struggle is harmed at its moral level… disgraceful… such a moral decline.”

      People were seen “wandering between the looted shops and taking whatever remained after the shameful theft,” Nahum Av added in his account. “I patrolled the streets and saw a city which until not long beforehand had been more or less normal. Whereas now it was a ghost town, plundered, its shops broken into and its homes empty of occupants… The most shameful spectacle was of people rummaging among the heaps that remained after the great robbery. One sees the same humiliating sights everywhere. I thought: How could it be? This should never have been allowed to happen.”

      Netiva Ben-Yehuda, an iconic Palmach fighter who took part in the battle for Tiberias, was uncompromising in her description of the events. “Such pictures were known to us. It was the way things had always been done to us, in the Holocaust, throughout the world war, and all the pogroms. Oy, how well we knew those pictures. And here – here, we were doing these awful things to others,” she wrote. “We loaded everything onto the van – with a terrible trembling of the hands. And that wasn’t because of the weight. Even now my hands are shaking, just from writing about it.”

      Tiberias, conquered by the Jewish forces in April 1948, was the first mixed, Jewish-Arab city to be taken in the War of Independence. It was “an archetype in miniature of everything that would take place in the months ahead in the country’s Arab and mixed cities,” Raz says. In the course of his research, he discovered that no official data exist about the looting, its physical and monetary scope. But clearly, such acts took place extensively in every such town.

      Indeed, Raz found accounts similar to those about Tiberias in documentation of the battle for Haifa, which took place a few days later, on April 21 and 22. “As they fought and conquered with one hand, the fighters found time to loot, among other items, sewing machines, record players and clothing, with the other hand,” according to Zeev Yitzhaki, who fought in the city’s Halisa neighborhood.

      “People grabbed whatever they could… Those with initiative opened the abandoned shops and loaded the merchandise onto every vehicle. Anarchy reigned,” added Zadok Eshel, from the Carmeli Brigade. “Along with the joy at the city’s liberation and the relief after months of blood-soaked incidents, it was shocking to see the eagerness of civilians to take advantage of the vacuum and raid the homes of people whom a cruel fate had turned into refugees.”

      Yosef Nachmani, who visited Haifa after it was taken by the Jewish forces, wrote, “Old people and women, irrespective of age and religious status, are all busy looting. And no one is stopping them. Shame and disgrace overwhelm me; there’s a desire to spit on the city and leave it. This will take its revenge on us and in the education of the youth and the children. People have lost all sense of shame, acts like these undermine the society’s moral foundations.”

      So widespread was the looting and theft that the general prosecutor who accompanied the fighting forces in Haifa, Moshe Ben-Peretz, stated in June 1948: “There is nothing [left] to take from [the] Arabs. Simply a pogrom… And the commanders all have excuses; ‘I just got here two weeks ago,’ etc. There is no one to detain.”

      *

      “There were so many houses in ruins, and smashed furniture lying amid the heaps of rubble. The doors of the houses on both side of the street were broken into. Many objects from the houses lay scattered on the sidewalks… On the threshold of the house was a cradle leaning on its side, and a naked doll, somewhat crushed, was lying next to it, its face pointing down. Where is the baby? Which exile did he go into? Which exile?”

      – Moshe Carmel, commander of the Carmeli Brigade, about the looting in Haifa

      Members of the Yishuv’s Chamber of Commerce and Industry had warned about possible looting. “In the future we will stand before history, which will address the subject,” they wrote to the pre-state leadership body the Emergency Committee. The army’s Judicial Service Staff, part of the military justice apparatus, noted, in a document entitled “Epidemic of Looting and Robbery”: “This affliction has spread to all the units and all the officer ranks… The robberies and the pillage have assumed appalling dimensions, and our soldiers are occupied with this work to an extent that endangers their preparedness for battle and their devotion to their tasks.”

      Members of the Communist Party also spoke out on the subject. In a memorandum to the People’s Administration (the provisional government cabinet) and Haganah headquarters, the party referred to “a campaign of looting, robbery and theft of Arab property in frightening dimensions.” Indeed, “The great majority of the homes of the Arab residents have been emptied of all valuables, the merchandise and commodities have been stolen from the shops, and the machines have been removed from the workshops and factories.”

      After the conquest of Haifa, Ben-Gurion wrote in his diary about “total and complete robbery” in the Wadi Nisnas neighborhood, perpetrated by the Irgun, the pre-state militia led by Menachem Begin, and Haganah forces. “There were cases in which Haganah people, including commanders, were found with stolen items,” he wrote. A few days later, in a meeting of the Jewish Agency executive, Golda Meir noted that “in the first day or two [following the city’s conquest], the situation in the area of conquests was grim. In the sector taken by the Irgun, especially, not a thread was left in [any] house.”

      Reports about the looting also appeared in the press. At the end of 1948, Aryeh Nesher, Haaretz’s Haifa correspondent, wrote, “It turns out that the Jewish people has also learned this profession [theft], and very thoroughly, as is customary with Jews. ‘Hebrew labor’ now exists in this vocation, too. Indeed, the scourge of thefts has struck Haifa. All circles of the Yishuv took part in it, irrespective of ethnic community and country of origin. New immigrants and former denizens of Acre Prison, longtime residents from both East and West without discrimination… And where are the police?” A reporter for Maariv, who took part in a tour of Jerusalem in July 1948, wrote, “Bring judges and police officers to Jewish Jerusalem, for we have become as all the nations.”

      *

      “All along the way there is no house, no store, no workshop from which everything was not taken… Things of value and of no value – everything, literally! You are left with a shocked impression by this picture of ruins and heaps of rubble, among which men are wandering, poking through the rags in order to get something for nothing. Why not take? Why have pity?”

      – Ruth Lubitz, testimony about looting in Jaffa

      Raz, 37, is on the staff of the Akevot Institute (which focuses on human-rights issues related to the conflict), and edits the journal Telem for the Berl Katznelson Foundation. (He is also a frequent contributor of historical pieces to Haaretz.) Though he does not possess a doctoral degree, his résumé includes a number of studies that could easily have served as the basis for a Ph.D. thesis – about the Kafr Qasem massacre, the Israeli nuclear project and Theodor Herzl. The looting of Arab property by Jews has been written about before, but Raz is apparently the first to have devoted an entire monograph to the subject.

      “Unlike other researchers who have written about the war, I view the looting as an event of far greater order than what has been said about it previously,” the historian notes. “In the book, I show how disturbed most of the decision makers were about the looting and the dangers it posed to Jewish society, and the degree to which it was a contentious issue among them.”

      He also maintains that there has been a “conspiracy of silence” about the phenomenon. As a result, even now, in 2020, colleagues who read the book prior to its publication were “surprised by its scale,” he says.

      He describes the plundering of Arab property by Jews as a “singular” phenomenon, because the looters were civilians (Jews) who stole from their civilian neighbors (Arabs). “These were not abstract ‘enemies’ from across the seas, but yesterday’s neighbors,” he says.

      On what grounds do you claim that this was a singular event? History shows that in World War II, the Polish public also looted the property of their Jewish neighbors, who had lived alongside them peacefully for centuries. Maybe this is a response that’s not unique to our case? Maybe it’s human nature?

      Raz: “Looting in wartime is an ancient historical phenomenon that is documented in texts thousands of years old. My book does not deal with the phenomenon in general, but with the Israeli-Arab-Palestinian case. It was important for me to emphasize that the looting of Arab property was different from ‘regular’ wartime looting. These weren’t American soldiers, for example, who plundered the Vietnamese, or Germans thousands of kilometers form home. These were civilians who looted their neighbors across the street. I don’t mean that they necessarily knew Ahmed or Noor whose property they stole, but that the neighbors were part of a shared social civil fabric.

      “The Jews from Haifa and the area who looted the property of close to 70,000 Arabs in Haifa, for example, knew the Arabs whose homes they pillaged. That was certainly the case also in the mixed cities and the villages that existed next to kibbutzim and moshavim. The book is rife with examples attesting to the fact that the looters knew that what they were doing was immoral. Furthermore, the public knew that the majority of the Palestinian community had not taken an active part in the fighting. In most cases, in fact, the looting took place after the fighting, in the days and weeks following the Palestinians’ flight and expulsion.”

      Still, it’s not the only case of its kind.

      “As a historian, I am not an advocate of comparative history, and I didn’t find that much could be gleaned about the Israeli case from pillaging that took place in history.”

      *

      From Haifa, Raz’s book moves to Jerusalem, where the looting went on for months, he says. He quotes the diary of Moshe Salomon, a company commander who fought in the city: “We were all swept up by it, privates and officers alike. Everyone was seized by a craving for possessions. They rummaged through every house, and some found food, others found expensive objects. The mania attacked me, too, and I was barely able to stop myself. In this regard there is no limit to what people will do… It’s here that the moral and human slope starts, so one can understand the meaning of the doctrine that says that moral values and humanity become blurred in war.”

      Yair Goren, a Jerusalem resident, related that “the hunt for booty was intense… Men, women and children scurried hither and thither like drugged mice. Many quarreled over one item or another in one of the heaps, or over a number of items, and it reached the point of bloodshed.”

      The operations officer of the Harel Brigade, Eliahu Sela, described how “pianos and armchairs in gold and crimson were loaded onto our trucks. It was awful. It was awful. Fighters saw a radio and said, ‘Hey, I need a radio.’ Then they saw a dinner set. They threw out the radio and took the dinner set… Soldiers pounced on bedding. They loaded and loaded [things] in their coats.”

      David Werner Senator, one of the leaders of Brit Shalom, which advocated Arab-Jewish coexistence in one state, and a senior administrator at the Hebrew University of Jerusalem, described what he saw: “These days, when you pass through the streets of Rehavia [an upscale Jerusalem neighborhood], you see everywhere old people, young folk and children returning from Katamon or other neighborhoods with bags filled with stolen objects. The booty is diverse: refrigerators and beds, clocks and books, undergarments and clothing… What a disgrace the Jewish robbers have brought on us, and what moral ruin they have brought on us! Clearly, a terrible licentiousness is spreading among both younger and older people.”

      An operations officer in the Etzioni Brigade, Eliahu Arbel, described soldiers “wrapped in Persian rugs” that they had stolen. One night, he came across a suspicious armored vehicle. “We discovered that it was filled with refrigerators, record players, carpets and what have you.” The driver said to him, “Give me your address, I’ll bring whatever you want to your house.” Arbel continues: “I didn’t know what to do. Arrest him? Kill him? I told him, ‘Get the hell out of here!’ And he drove off.” Subsequently, he recalled, “A neighbor told my wife that an electric refrigerator could be had cheaply in a certain store. I went to the store and encountered the man from the armored vehicle there. He said, ‘For you, 100 liras!’ ‘Aren’t you ashamed?!’ I said to him. He replied, ‘If you’re an idiot, I have to be ashamed?’”

      *

      “I brought a few fine things from Safed. For Sara and me I found exquisitely embroidered Arab dresses, and they might be able to alter them for us here. Spoons and kerchiefs, bracelets and beads, a Damascene table and a set of gorgeous coffee demitasses made of silver, and above all, yesterday Sara brought a huge Persian carpet, totally new and beautiful, beauty like I never saw before. A living room like that can compete with that of all the rich folk of Tel Aviv.”

      – A Palmach fighter, about the looting of Safed

      There are only marginal references in Raz’s book to the reverse phenomenon: cases in which Arabs looted Jewish property.

      In a footnote you write, “Arabs, too, looted and pillaged during the war.” One might also wonder why you didn’t describe the plundering of Jewish property in Arab countries after the Jews fled or were expelled from them. Wouldn’t it have been proper to refer to that?

      “The book is a historical document, not an indictment. Let me tell you a story. I was invited to deliver a lecture at Ariel University [in the West Bank] in the wake of the publication of my book about the Kafr Qassem massacre. At the end, someone in the audience, who was apparently overwrought by what I had said, asked me, ‘Why didn’t you write about the massacre that the Arabs perpetrated against the Jews in Hebron in 1929?’ Well, the title of this book is ‘Looting of Arab Property by Jews in the War of Independence.’ It’s not ‘Looting and robbery in the history of the Israeli-Arab conflict from the First Aliyah to the Trump Plan.’

      “I think that the looting of Arab property during the war is a singular and distinctive case – at least singular enough to write a book about it. I think that this plundering of property exerted, and continues to exert, considerable influence on the relations between the two people who share this land. The book shows, on the basis of much documentation, that an integral part of the Jewish public took part in the looting and theft of the property of more than 600,000 people. It doesn’t resemble the pogroms and the robbery carried out by the Arabs during the Palestine riots. The plundering of Jewish property in the Arab states – a fascinating subject in itself – is also unrelated to my book, whose first section is intended to describe the looting as a widespread phenomenon over the span of many months, and whose second section explains how such acts are interwoven with a political approach.”

      You write that “there is no comparison between the scale of looting” by the Arabs and that of the Jews, and that in any case most of the Arab plunderers “were from neighboring countries and not local residents.” What is the basis of that assertion?

      “It’s a simple matter. The Arab residents fled or were expelled – and fast. They didn’t have the time or ability to start dealing with closets, refrigerators, pianos and with the property in the thousands of homes and shops that were left behind. They fled in a hurry and the great majority of them thought they would be back in a short time. The country was emptied of its Arab population within a span of days, and civilians and soldiers moved quickly to plunder their possessions.

      “The Arab fighting forces, the great majority of whom were not local residents, also engaged in looting. But the scale is completely different. And, of course, the conquests of the Arab fighters were, happily, quite few. Kibbutz Nitzanim, which was taken by Egyptian forces, was looted and subjected to massive destruction. I do note in certain places (in the case of Jaffa or the Etzion Bloc, say) that the Arab forces engaged in looting. Even the British did some pillaging in the tumult of the hasty evacuation. But not on the same scale. You have to understand that the Jewish forces captured Tiberias, Haifa, West Jerusalem, Jaffa, Acre, Safed, Ramle, Lod and other locales. On the other side, the Arab fighters captured, for example, Kibbutz Yad Mordechai, Nitzanim and the Etzion Bloc.

      “Haifa, for example, had a population of 70,000 Jews and a similar number of Arabs before the war. After the Israeli conquest of Arab Haifa, around 3,500 Arabs were left in the city. The property of the 66,500 Arabs who fled from the city was looted by the Jews, not by the beaten and frightened Arab minority.”

      What befell the looters? Archival documents show that between dozens and hundreds of cases were opened against suspected looters, both civilians and soldiers. However, Raz points out, “As a rule, the punishments were always light, if not ridiculous,” ranging from a fine to six months in jail. Raz’s opinion was apparently shared by some of the cabinet ministers, as is attested to by correspondence from 1948.

      Justice Minister Pinhas Rosen wrote, “Everything that has been done in this area is a disgrace to the State of Israel, and there is no appropriate response by the government.” His colleague, Agriculture Minister Aharon Zisling, complained that “the greatest robbery in the few cases of trials… received the lightest punishment.” Finance Minister Eliezer Kaplan wondered “whether this is the way to do battle against robbery and thefts.”

      *

      “The people who came with the trucks went from house to house and removed the valuable items: beds, mattresses, closets, kitchen utensils, glassware, sofas, curtains and other objects. When I returned home, I wanted very much to ask my mother why they were doing this – after all, that property belongs to someone… But I didn’t dare ask. The sight of the empty city and the taking of all the possessions of its inhabitants, and the questions all this aroused in me, haunted me for years.”

      – Fawzi al-Asmar, about the looting in Lod

      Following a comprehensive discussion about the plundering that went on in the country, Raz turns to its political implications. “This is not purely an account of looting, it is a political story,” he writes. The pillaging, he maintains, “was tolerated” by leaders in the political and the military arenas, and first and foremost by Ben-Gurion – despite his condemnations in official forums. Moreover, according to Raz, the looting “played a political role in shaping the character of Israeli society. It was allowed to proceed apace with no interference. That fact calls for a political explanation.”

      And what is that explanation, as you see it?

      “The plundering was a means to realize the policy of emptying the country of its Arab residents. First, in the simple sense, the looting turned the looters into criminals. Second, it turned the looters who perpetrated individual acts willy-nilly into accomplices to the political situation – passive partners in a political-policy approach that strove to void the land of its Arab residents, with a vested interest in not allowing them to return.”

      That may be so in certain cases, but do you really think that the ordinary person on the street who saw a beautiful table and stole it, considered the matter carefully and said to himself, “I am stealing this table so that its owners will not be able to return, for political reasons”?

      “The person who looted his neighbor’s property was not aware of the process in which he was an accomplice to a political line that aimed to prevent the Arabs’ return. But the moment you enter your neighbor’s building and remove the property of the Arab family that had been living there until the day before, you have less motivation for them to return in another month or another year. The passive partnership between a specific political approach and the individual looter also had a long-term influence. It reinforced the political idea that espoused segregation between the peoples in the years after the war.”

      Without justifying the thieves, what do you think should have been done with this property? Transfer it to the Red Cross? Distribute it to the Jews in an “orderly” way?

      “The question is not what I, the historian, would want to happen to the Arab property. To offer recommendations 70 years after the events is inane. The book shows that there were decision makers who were critical of what was happening in real time, both at the level of the events on the ground and at the political level. They thought that the fact that Ben-Gurion had permitted the looting was intended to create a particular political and social reality, and was a tool in Ben-Gurion’s hands to achieve his purposes. The reason [for such an approach] lies in the fact that there is a substantive difference between the looting by masses of Jewish citizens of the property of Palestinians who left their homes, shops and farms, and the collection of the property by an authorized institution. Socially and politically, it’s significantly different.

      “And that was exactly the point of Ben-Gurion’s critics: that the looting was creating a corrupt society and served the line of segregation drawn between Arabs and Jews. Ministers and decision makers, such as the minister of minority affairs, Bechor Shalom-Sheetrit, and Zisling and Kaplan, were critical of the plundering by individuals. In their view, one authority, effective and with concrete power, should have been created to aggregate all the property and see to its distribution and handling. Ben-Gurion objected to this idea and torpedoed it.”

      What did you take away personally from the comprehensive research you conducted, beyond the historical documentation? As a person, as a Jew, as a Zionist?

      “The looting of Arab property and the conspiracy of silence around it constitute to this day actions with which the Jewish public, and the Zionist public, of which I am a part, must come to terms. Martin Buber said in this context (in a letter written at the time), ‘Inner redemption cannot be acquired unless we stand and look into the face of the lethal character of the truth.’”

    • Israël - 7 octobre 2020
      La génération fondatrice d’Israël était une génération de pillards
      Par Odeh Bisharat - Haaretz
      http://www.ism-france.org/analyses/La-generation-fondatrice-d-Israel-etait-une-generation-de-pillards-artic

      05.10.2020 - Selon l’historien Adam Raz, dans son livre « Le pillage des biens arabes dans la guerre d’indépendance » (Maison d’édition Carmel, en association avec l’Institut Akevot pour la recherche sur le conflit israélo-palestinien ; en hébreu), le Premier ministre David Ben-Gourion a déclaré en juillet 1948 : « Il s’est avéré que la plupart des Juifs sont des voleurs. » C’est ce qui m’a rendu le plus furieux dans l’article d’Ofer Aderet, qui a fait la critique du livre.

      Après tout, si cet homme était responsable de l’expulsion d’environ 800.000 Arabes, comment s’attendait-il à ce que ses subordonnés se comportent ? Sauver le mobilier des expulsés dans des cartons, le blé dans des greniers, les chèvres dans des enclos et l’or dans des coffres-forts - jusqu’au retour des expulsés ? (...)

  • Funérailles interdites : le pouvoir à la botte de l’industrie néerlandaise

    La sentence est tombée, irrévocable. Les Funérailles de la pêche artisanale, co-organisées par BLOOM, LIFE, la Plateforme de la Petite Pêche et Pleine Mer et qui devaient réunir de nombreux pêcheurs et citoyens pour dénoncer le baptême du chalutier géant SCOMBRUS de 81 mètres, ont été interdites par arrêté préfectoral.

    https://www.bloomassociation.org/funerailles-interdites

    https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/a-concarneau-pecheurs-et-associations-se-mobilisent-contre-l-arrivee-d-un

    #société #environnement #biodiversité #pêche #pillage_ressources #mer #europe

  • « La situation est incontrôlable » : au #Soudan, les #sites_antiques à la merci des chercheurs d’#or
    https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/la-situation-est-incontrolable-au-soudan-les-sites-antiques-a-la-merci-

    « Sur le millier de #sites_archéologiques plus ou moins connus au Soudan, au moins une centaine ont été détruits ou endommagés par des #chercheurs_d'or », estime Hatem al-Nour, directeur des #Antiquités et des Musées soudanais.

    #patrimoine #pillage #archéologie

  • Palestinians accuse Israel of stealing 1,500-year-old Christian relic from Bethlehem | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/news/palestinians-accuse-Israel-stealing-1500-year-old-christian-relic-bet
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/images-story/Church+of%20nativity_Bethlehem_AFP.jpg

    Palestinians have accused Israel of an “abominable act of thuggery and cultural appropriation” after a 1500-year-old Christian relic was “stolen” by Israeli forces early on Monday.

    Video footage posted online by the PLO Department of Public Diplomacy and Policy showed Israeli forces escorting a large flatbed truck out from the town of Tuqu, in the occupied West Bank district of Bethlehem.

    The rare artefact, which dates back to the Byzantine period, was used as a water basin for baptisms and is one of three known relics of its kind.

    The other two include one recently discovered at the Church of the Nativity in Bethlehem and another belonging to a church in Beit Jibrin, an ancient Palestinian town left in ruins following Israel’s 1948 invasion.

    #palestine #pillage #antiquités

  • CrimethInc. : Qu’est-ce qu’ils et elles veulent dire lorsqu’ils et elles parlent de paix
    https://fr.crimethinc.com/2020/06/05/quest-ce-quils-et-elles-veulent-dire-lorsquils-et-elles-parlent-de-pa

    Annotations :

    Comme chacun·e sait, sans les #émeutes de Ferguson, la plupart des gens n’auraient jamais entendu parler du meurtre de #Michael_Brown. Les policiers blancs tuent des centaines d’hommes noirs chaque année sans que la plupart d’entre nous n’en entendent parler. Le gouverneur Nixon veut nous faire croire que ce silence – l’absence de protestation et de perturbation – est la paix qui produira la #Justice. vous ne pouvez pas avoir de riches et de pauvres sans que la police n’impose la relation inégale qui existe concernant l’accès des personnes aux ressources dont elles ont besoin. Vous ne pouvez pas avoir de blanc·he·s, qui infléchissent et stabilisent cette division de (...)

    #polices #racisme #Etat #-USA #-Ferguson #pillage #pacification

  • سرقة الآثار من سوريا إلى العراق : شرق المتوسط... حضارة في مهبّ اللصوص
    https://al-akhbar.com/Literature_Arts/287015

    نشرت «المؤسّسة الثقافية الفدرالية الألمانيّة» أخيراً، تقريراً يُظهر أن 98% من القطع الأثرية القادمة إلى ألمانيا من شرقي البحر المتوسط هي أعمال مسروقة تمّ تهريب معظمها من سوريا والعراق (بين 2015 و2018). يستند التقرير إلى مسح لحوالى 6000 قطعة فنية في الأسواق الألمانيّة وحدها. أمر يسلّط الضوء على تلك التي لا تزال عالقة في الأسواق العالميّة والآتية من دول أخرى يشملها التحقيق مثل لبنان وفلسطين والأردن وبلدان أخرى

    Selon un rapport allemand officiel, 98% des antiquités en provenance du Moyen-Orient sont volées, essentiellement en Syrie et en Irak. L’étude porte sur la période 2015/2018 et sur 6000 pièces.

    #archéologie #pillage

  • The Israeli army’s plunder in the service of the occupation
    Soldiers seized tens of thousands of shekels in a West Bank village last week. One man had to cancel his wedding and another lost the payment for a machine he’d sold. Little matter that they had proper documentation
    Gideon Levy, Alex Levac | Mar. 12, 2020 | 11:04 PM - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-the-israeli-army-s-plunder-in-the-service-of-the-occupation-1.8670

    Ahmed Musalah was supposed to be married today, Friday, March 13, in the Burhan banquet hall in his village, Az-Zawiya. About 2,000 guests were invited, almost the entire village, which is in the northern West Bank, and the plan was for them to celebrate with the bride and groom into the wee hours of the night.

    Musalah is a good-looking man of 30 with a nicely trimmed beard; his bride, Hoda, is also from Az-Zawiya. Everything was set for the big day; after all, there are few other occasions for rejoicing here. All that had to be done beforehand was to pay – in cash, as is the custom among Palestinians in the West Bank – for the hall, a beauty parlor for the bride and a suit for the groom.

    But last Wednesday night, March 4, the couple’s dream of a happy wedding was shattered abruptly. Large numbers of Israel Defense Forces troops swooped into Musalah’s house and confiscated all his money, 13,000 shekels (about $3,700), which, he tells us, was earmarked to pay for the wedding. “Mabruk, mabruk” – some of the soldiers mockingly congratulated the would-be groom, as he tried to explain to the commander of the confiscation operation that the money was for his wedding.

    On Sunday, after much agonizing, he decided to call off the wedding, or at least to postpone it indefinitely – he’s not sure, he says. In any event, there’s no way to pay for it.

    On that same Wednesday night last week, an IDF unit invaded a different house in the village, where they confiscated tens of thousands of shekels from two brothers, Rafat and Alian Mukadi, on the grounds that it was “terrorist money.” Alian is an engineer and a businessman; his money was earmarked for payment for an industrial machine he’d purchased in Tel Aviv and was planning to sell in the village – we saw the receipts and the authorization documents – but that made no difference to the soldiers. They took all the money. Nor did it make a difference for Rafat, who showed the troops documents attesting to his sale of land in the village on behalf of their his uncle, who lives in Jordan. The soldiers took all the money from that transaction, too – all plundered in the name of the state.

    The sum total seized that fateful night in Az-Zawiya was 51,262 shekels ($14,645), from the homes of Musalah and the Mukadis. Theirs is a fairly small village in the Salfit district, not far from the Green Line, near the towns of Biddya and Mas’ha. All three are known for their extensive commercial ties to Israel. But now, in Az-Zawiya, the spate of disturbing and disgraceful tasks carried out by Israeli soldiers in their mission as policemen of the occupation has sunk to this: operating as bailiffs and plunderers on behalf of their handlers from the Shin Bet security service, for whom they act as subcontractors.

    Rafat Mukadi, 40 years old and the father of two, is waiting for us in the living room of his home. In 2016, he was released after serving a 14-year sentence in an Israeli prison, but he has yet to find a proper job. On October 11, 2002, at the height of the second intifada, he donned an explosive belt and traveled to Tel Aviv to carry out a suicide attack. He says he entered a random, crowded restaurant along the promenade, he doesn’t remember its name, and was going to blow himself up. But then he saw “normal human beings,” in his words. One of them was a young mother with her daughter sitting opposite her and a baby in her arms. That image was the clincher. At the last moment, he backed off, ran into the street, was hit by a car, arrested, tried and convicted. The prosecution asked for a life sentence, but after he proved his contrition he was given a 14-year term.

    About a month after his release, he married Aslam, from a village near Nablus. Mukadi, muscular and stocky, says he’s tried his hand at all kinds of jobs, but has had a hard time adjusting to life these last years; he and his family live off an allowance the Palestinian Authority pays to released prisoners. He has decided to devote his life solely to himself and his family, and to avoid all political or other public activities. About half a year after his release, army and Shin Bet personnel came to his house to check on him, but they had not returned since – until last Wednesday night.

    At 1:30 A.M. he was in the living room with his eldest son, 3-year-old Mohammed, who had woken up. Baby Nur a-Din was asleep with his mother in the other room. Suddenly Rafat heard noises outside. He lives on the third floor of the family house; Alian, 29, lives on the first floor with his wife and their 2-year-old son.

    The soldiers entered Alian’s apartment, and a few minutes later, they ordered him to call Rafat to come down. Alian was sitting in the living room, surrounded by soldiers, male and female, some of them masked. Alian studied engineering in Cyprus, and when he returned home he was placed in administrative detention – incarceration without a trial – for a year, although he was never told why. About a month ago, Alian was summoned to the Eyal checkpoint for a meeting with “Marjan,” the Shin Bet agent who’s in charge of the region; their meeting lasted two hours. “Why not work with us?” Marjan suggested. According to Alian, Marjan tried to recruit him to be a collaborator, but he refused. Marjan threatened him: “Even in another 100 years, you won’t be able to go abroad.” Then, last Wednesday, soldiers entered Alian’s apartment.

    At first they said they had come in connection with a stolen car. Then they said to Alian, “There’s too much money in your house.” The commanding officer announced that the troops would search the premises, and asked Alian if he had money in the house. Alian replied, “Hey, are you asking me about rifles? Of course there’s money in the house. Is that forbidden? You don’t have money in your house? It’s normal. Everyone keeps money at home.” The officer told Alian to bring it to him; there were 32,000 shekels ($9,140) in packets with rubber bands around them, and another 2,600 shekels in loose cash.

    During our visit, Alian explains that he buys various sorts of industrial machines for clients in the territories. He shows the relevant document from a recent transaction to Abdulkarim Sadi, a field researcher for the Israeli human rights organization B’Tselem, who is accompanying us. Alian says he showed the same things to the IDF officer: an agreement for the sale of a CNC plasma cutting machine (used for precision cutting of various types of metals), on behalf of a client named Bashar Daraas. Alian shows us a video clip demonstrating the workings of the Italian-made machine, which costs 114,000 shekels. Daraas paid an advance of 18,000 shekels for it, and another 32,000 shekels – the exact sum arranged in the packets – when the contract was signed on March 2. Two days before the nighttime raids in Az-Zawiya.

    The officer perused the contract and consulted on the phone with Shin Bet agent Marjan, before proceeding to confiscate Alian’s money. Why are you taking it, he demanded. The officer replied only that it was illegal. If it’s not legal, Alian pressed him, why don’t you arrest me? That question did not get an answer, perhaps because there was no answer. Another question without an answer is how Alian is suppoed to conduct business from now on, as transactions are generally done in cash in the territories.

    In the meantime, Rafat had come downstairs, where he was ordered by the officer to return to his apartment and come back with all of his money. “We have information that you have $8,170 in your house,” the officer said, threatening to conduct a search. But searches were not carried out in either apartment. Rafat brought down his wife’s handbag with all the cash they had: 3,000 Jordanian dinars ($4,230) and another 800 shekels. The officer left him 200 shekels ($57) “for humanitarian reasons” and took the rest.

    Naim Kadad, Rafat’s refugee uncle in Jordan, owned a plot of land in Az-Zawiya and had asked his nephew some time ago to sell it and send him the proceeds. Rafat made the sale and wired the money via Western Union, in stages. He shows us the agreement for the sale, to Ahmed Abd al-Al from Qalqilyah, dated September 16, 2019. He also has the power-of-attorney document from Kadad. Now he shows us the Western Union receipts: payments of 1,400 dinars on December 29, another 2,100 dinars the next day, 2,000 more on January 8, 2020, and 2,000 on February 19. One final amount was to be wired, Alian tells us – the money that was confiscated.

    The soldiers left at 4 A.M.

    The bridegroom whose wedding was cancelled, Ahmed Musalah, shows up in Alian’s home during our visit. He works in a furniture store in Biddya and he, too, served time in an Israeli prison, from 2013 to 2017 – but is not willing to tell us why, saying he’s forgotten. He woke up at night to the sight of soldiers in his living room, questioning his father, Hamdan. At first the soldiers said they had come to search for weapons, but no search was carried out in his home, either. They only wanted money. As the officer counted out the 13,000 shekels in cash, Musalah tried to explain that it was for his wedding. The officer left him, as with Rafat, 200 shekels “for humane purposes.” Half an hour after they arrived, the soldiers departed with the money.

    Asked about the raid, the IDF Spokesman’s Office gave this statement to Haaretz: “On the night between March 3 and March 4, 2020, an operation was carried out to seize terrorist funds in the village of Azawiya [sic]. The seizure was carried out under the law that applies in the region, and involved a sum that was equivalent to the amount of money the Palestinians received from the Hamas terrorist organization. The IDF will continue it campaign against the transfer of terrorist funds in the area in order to prevent and deter the maintenance of ties of any sort with the Hamas organization.”

    #Pillages #colonialisme_de_pillages

  • Farine de teff : main-basse sur une tradition africaine

    Pendant plus de quinze ans, une société néerlandaise a fait prospérer un brevet qu’elle avait déposé en Europe sur la farine de teff, une céréale servant d’aliment de base en Éthiopie et en Érythrée depuis des siècles, en dépit des protestations de nombre d’ONG qui considèrent cette pratique comme un vol des cultures traditionnelles, notamment africaines. Enquête.

    C’est une crêpe épaisse couleur sable, sur laquelle les cuisinières dispersent les purées, les viandes mijotées, les ragoûts. Des lambeaux déchirés avec la pince des doigts servent à porter le repas à la bouche. Depuis des siècles, c’est ainsi que l’on mange en Éthiopie et en Érythrée : sur une injera, une grande galette spongieuse et acidulée fabriquée à base de teff, une graine minuscule aux propriétés nutritives exceptionnelles, riche en protéines et sans gluten. Depuis trois mille ans, on la récolte en épi dans des brassées de fines et hautes herbes vertes sur les hauts-plateaux abyssins.

    Mais une cargaison de teff expédiée en 2003 aux Pays-Bas a aussi fait la fortune d’une petite société privée néerlandaise. Dirigée par l’homme d’affaires Johannes « Hans » Turkensteen et le chercheur Jans Roosjen, cette structure baptisée à l’époque Soil & Crop Improvements (S&C) a en effet prospéré sur un brevet européen s’appropriant l’utilisation de cette « super céréale », alors que le marché du bio et des aliments sans gluten connaissait une expansion progressive.

    Un voyage d’affaires

    Tout avait commencé quelques mois plus tôt par un voyage de Hans Turkensteen à Addis-Abeba. Se prévalant du soutien de l’Université de sciences appliquées de Larenstein, l’homme d’affaires avait signé, en mars 2003, un mémorandum avec l’Organisation éthiopienne de la recherche agricole, l’EARO, accordant à sa société la livraison de 1 440 kg de graines de teff, prétendument destinées à l’expérimentation scientifique.

    « Turkensteen a fait croire à un accord mutuellement bénéfique pour toutes les parties : un meilleur rendement du teff pour les agriculteurs éthiopiens et un programme de lutte contre la pauvreté pour l’université, raconte le journaliste éthiopien Zecharias Zelalem, qui a mené sur le sujet une grande enquête pour le quotidien éthiopien Addis Standard. Il a même utilisé le prétexte de la grande famine de 1984 pour convaincre les signataires, affirmant que si les paysans éthiopiens avaient eu un meilleur teff à l’époque, le désastre n’aurait pas eu lieu. »

    Or, parallèlement, S&C a déposé auprès de l’agence néerlandaise des brevets une demande de protection des « méthodes de transformation » du teff ; un brevet finalement accordé le 25 janvier 2005, contraignant tous ceux qui souhaiteraient produire de la farine de teff ou des produits issus de la graine éthiopienne à obtenir une licence auprès d’eux, contre le paiement de royalties. Au bas du document figurait cette mention pour le moins étonnante pour une farine utilisée depuis des millénaires : « Inventeur : Jans Roosjen ».

    « Étonnement, les autorités éthiopiennes n’ont pas admis - ou n’ont pas voulu admettre - la supercherie, se désole Zecharias Zelalem. Même après que l’Université de Larenstein a exprimé des doutes et commandé un rapport d’enquête sur l’accord et même après que les Néerlandais ont reçu un "Captain Hook Award" [une récompense infamante baptisée d’après le pirate de dessin animé Capitaine Crochet et décernée chaque année par une coalition d’ONG, la Coalition contre la biopiratie, ndlr] en 2004, pour leur exploit en matière de biopiraterie. »

    Sans autres entraves que les protestations et la mauvaise publicité, les deux associés ont donc continué leur moisson de brevets. Les années suivantes, ils ont d’abord obtenu une licence auprès de l’Office européen des brevets, lui ouvrant le droit de faire des demandes auprès des agences de protection de la propriété intellectuelle d’Allemagne, d’Australie, d’Italie et du Royaume-Uni.

    « Les plus étonnant, explique l’avocat allemand Anton Horn, spécialiste de la propriété intellectuelle, est que le bureau européen des brevets leur aient accordé un brevet exactement tel qu’ils l’avaient demandé. C’est très rare. D’habitude, on fait une demande plutôt large au départ, afin que le périmètre puisse être réduit pendant son examen par le bureau des brevets. Là, non. Il a été accepté tel quel, alors que, pour ma part, il m’a suffi de trente minutes pour comprendre que quelque chose clochait dans ce brevet. » Du reste, ajoute-t-il, celui-ci a été refusé par les agences des États-Unis et du Japon.

    Treize années de bénéfices

    Pourtant, pendant les treize années suivantes, personne n’est venu s’opposer à ce que Zecharias Zelalem considère comme « un pillage des traditions éthiopiennes et un pur et simple vol des paysans éthiopiens ». C’est la curiosité de la presse éthiopienne qui a commencé à perturber des affaires alors florissantes.

    Toutefois, de faillites opportunes en changements de noms, la compagnie néerlandaise, rebaptisée entre-temps ProGrain International, a tout fait pour conserver les droits acquis par son tour de passe-passe juridique. Elle a continué à développer son activité, au point que Turkensteen a pu, par exemple, célébrer en grande pompe, en 2010, la production de sa millième tonne de farine de teff dans ses usines d’Espagne, de Roumanie et des Pays-Bas. À raison de 100 euros le kilo, selon le compte effectué en 2012 par l’hebdomadaire éthiopien Addis Fortune, son bénéfice a été considérable, alors que l’Éthiopie n’a touché, en tout en pour tout, qu’environ 4 000 euros de dividendes, selon l’enquête du journaliste Zecharias Zelalem.

    Mais l’aventure a fini par atteindre ses limites. Un jour de 2017, saisi par un ami éthiopien devenu directeur du Bureau éthiopien de la propriété intellectuelle, l’avocat Anton Horn a d’abord suggéré aux associés néerlandais de ProGrain International, par courrier, d’abandonner, au moins en Allemagne, leurs droits sur la farine de teff. Mais le duo néerlandais n’a pas répondu. Puis une société ayant acheté une licence à la société de Turkensteen et Roosjen a attaqué le brevet néerlandais devant un tribunal de La Haye, refusant dorénavant de lui payer des royalties. Pari gagné : le 7 décembre 2018, la justice lui a donné raison et « annulé » le brevet, estimant qu’il n’était ni « innovant » ni « inventif », tandis que, simultanément, sur ses propres deniers, Anton Horn a contesté le brevet en Allemagne devant les tribunaux et obtenu, là aussi, son annulation. Deux coups portés au cœur de la machine industrielle des Néerlandais, après quinze ans sans anicroche.

    Abandon progressif

    Sollicités par RFI, ni la société détentrice des brevets restants ni Hans Turkensteen n’ont souhaité donné leur version de l’histoire. Mais le duo néerlandais semble avoir abandonné la partie et renoncé à ses droits. Annulé aux Pays-Bas et en Allemagne, le brevet reste cependant valide aujourd’hui dans plusieurs pays européens. « Mais depuis août 2019, le non-paiement des frais de renouvellement du brevet devrait conduire logiquement, durant l’été 2020, à l’annulation de celui-ci dans tous les pays de l’espace européen », espère Anton Horn.

    Cette appropriation commerciale d’une tradition africaine par une société occidentale n’est pas un cas unique. En 1997, la société américaine RiceTec avait obtenu un brevet sur le riz basmati, interdisant de fait la vente aux États-Unis de riz basmati cultivé dans ses pays d’origine, l’Inde et le Pakistan. « En 2007, la société pharmaceutique allemande Schwabe Pharmaceuticals obtenait un brevet sur les vertus thérapeutiques de la fleur dite pélargonium du Cap, originaire d’Afrique du Sud et connue pour ses propriétés antimicrobiennes et expectorantes, ajoute François Meienberg, de l’ONG suisse ProSpecieRara, qui milite pour la protection de la diversité génétique et culturelle. Brevet finalement annulé en 2010 après une bataille judiciaire. Et c’est aujourd’hui le rooibos (un thé rouge, ndlr), lui aussi sud-africain, qui fait l’objet d’une bataille similaire. »

    Des négociations internationales ont bien été engagées pour tenter de définir un cadre normatif qui enrayerait la multiplication des scandales de vol de traditions ancestrales par des prédateurs industriels. Mais elles n’ont pour l’instant débouché sur rien de significatif. Le problème est que, d’une part, « tous les pays ne protègent pas les traditions autochtones de la même manière, explique François Meierberg. Les pays scandinaves ou la Bolivie, par exemple, prennent cette question au sérieux, mais ce sont des exemples rares. » L’autre problème est que nombre d’États industrialisés refusent d’attenter à la sainte loi de la « liberté du commerce ». Au prix, du coup, de la spoliation des plus démunis.

    http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200212-farine-teff-main-basse-une-tradition-africaine
    #teff #farine #alimentation #céréale #céréales #agriculture #Afrique #tef #injera #Pays-Bas #brevet #industrie_agro-alimentaire #mondialisation #dynamiques_des_suds #ressources_pédagogiques #prédation #géographie_culturelle #culture #Hans_Turkensteen #Turkensteen #Jans_Roosjen #Soil_&_Crop_Improvements (#S&C) #brevet #propriété_intellectuelle #gluten #bio #EARO #licence #loyalties #Université_de_Larenstein #Captain_Hook_Award #biopiraterie #pillage #vol #ProGrain_International #justice #innovation #appropriation_commerciale #RiceTec #riz #riz_basmati #basmati #Inde #Pakistan #Schwabe_Pharmaceuticals #industrie_pharamceutique #big_pharma #multinationales #mondialisation #globalisation

    L’injera, plat cuisiné dans la #Corne_de_l'Afrique, notamment #Erythrée #Ethiopie :


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Injera

    ping @reka @odilon @karine4 @fil @albertocampiphoto

  • Main basse sur l’#eau | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/082810-000-A/main-basse-sur-l-eau

    Le prometteur marché de l’eau s’annonce comme le prochain casino mondial. Les géants de la finance se battent déjà pour s’emparer de ce nouvel « or bleu ». Enquête glaçante sur la prochaine bulle spéculative.

    Réchauffement climatique, pollution, pression démographique, extension des surfaces agricoles : partout dans le monde, la demande en eau explose et l’offre se raréfie. En 2050, une personne sur quatre vivra dans un pays affecté par des pénuries. Après l’or et le pétrole, l’"or bleu", ressource la plus convoitée de la planète, attise les appétits des géants de la #finance, qui parient sur sa valeur en hausse, source de #profits mirobolants. Aujourd’hui, des #banques et fonds de placements – Goldman Sachs, HSBC, UBS, Allianz, la Deutsche Bank ou la BNP – s’emploient à créer des #marchés porteurs dans ce secteur et à spéculer, avec, étrangement, l’appui d’ONG écologistes. Lesquelles achètent de l’eau « pour la restituer à la nature », voyant dans ce nouvel ordre libéral un moyen de protéger l’environnement.

    En Australie, continent le plus chaud de la planète, cette #marchandisation de l’eau a pourtant déjà acculé des fermiers à la faillite, au profit de l’#agriculture_industrielle, et la Californie imite ce modèle. Face à cette redoutable offensive, amorcée en Grande-Bretagne dès #Thatcher, la résistance citoyenne s’organise pour défendre le droit à l’eau pour tous et sanctuariser cette ressource vitale limitée, dont dépendront 10 milliards d’habitants sur Terre à l’horizon 2050.

    De l’Australie à l’Europe en passant par les États-Unis, cette investigation décrypte pour la première fois les menaces de la glaçante révolution en cours pour les populations et la planète. Nourri de témoignages de terrain, le film montre aussi le combat, à la fois politique, économique et environnemental, que se livrent les apôtres de la #financiarisation de l’eau douce et ceux, simples citoyens ou villes européennes, qui résistent à cette dérive, considérant son accès comme un droit universel, d’ailleurs reconnu par l’#ONU en 2010. Alors que la bataille de la #gratuité est déjà perdue, le cynisme des joueurs de ce nouveau #casino mondial, au sourire carnassier, fait frémir, l’un d’eux lâchant : « Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix. »

  • La colonisation du savoir
    https://www.hobo-diffusion.com/catalogue/1440/la-colonisation-du-savoir

    Tabac, coca, quinquina, cacao, gaïac, peyotl, poisons, abortifs… De 1492 au milieu du XVIIIe siècle, les Européens s’approprient en Amérique d’innombrables plantes médicinales. Au moyen d’expéditions scientifiques et d’interrogatoires, ils collectent le savoir des Indiens ou des esclaves pour marchander des drogues, et élaborent avec elles les premières politiques de santé. Dans le même temps, inquisiteurs et missionnaires interdisent l’usage rituel de certaines plantes et se confrontent aux résistances des guérisseurs. Botanique, fraudes et sorcellerie : entre les forêts américaines et les cours du Vieux Monde, ce livre raconte l’expansion européenne comme une colonisation du savoir.

    #colonisation #plantes_médicinales #savoirs #pillage #livre

  • Israeli singers form bridge to Arab countries
    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/12/israel-morocco-egypt-bahrain-jordan-zehava-ben-sarit-hadad.html

    Israeli journalists attending the Regional Economic Conference in Bahrain in June were surprised to find local music stores selling CDs by Israeli artists such as Eyal Golan, Sarit Hadad and Moshe Peretz. What these performers all have in common is that their music, which is often noted for its vocal trills, is described in Israel as Middle Eastern or Mediterranean. The singers are often accompanied by local instruments like the oud, a short-necked, lute-like string instrument, and the darbuka, a goblet-shaped hand drum.

    Israeli Middle Eastern music has long been popular in Arab countries, including the Palestinian territories, finding an audience in the latter part of the previous century. The singer Zehava Ben performed in 1996 in Jericho. Once considered the most popular Israeli singer in the Arab world, Ben has performed in many of the Arab states as well. In 2008, she entertained the idea of concerts in Lebanon and Gaza, but the Israeli security services stopped her from doing so. The pop singer Sarit Hadad performed in Jordan in 1997 under the name Sirit Hadad Mutra Beit Al Carmel, and while there, she even recorded an album of songs in Arabic.

    Israel is considered a foreign transplant in the Middle East, largely because of its different culture, but Israel has a large population of Mizrahim, Jews from Arab lands, who immigrated in the 1950s and 1960s. The current estimate is that they and their descendants make up between one-quarter and one-third of Israel’s Jewish population, but accurate figures are difficult to calculate. The Mizrahim tend to sustain a connection to the native language of their parents’ generation, usually the Arabic dialect of their countries of origin.

    The singer-songwriter Avihu Medina is behind some of the biggest hits on the Israeli Middle Eastern music scene. He told Al-Monitor that he sometimes thinks that Israeli Middle Eastern music is more popular in the Arab world than it is in Israel. A Yemeni Jew born in 1948, Medina took part in the fight to add this style of music to the Israeli soundtrack. Before that, Israeli music had been dominated for decades by music editors and opinion makers who preferred Western genres and traditional music from Eastern Europe, mostly Russian and popular in the 1950s and 1960s in Israel. They disparaged Middle Eastern music, even though, as Medina pointed out, oriental music was much more connected to the region than the music promoted by the decision-makers.

    #israël #pillage #spoliation #méditerranée #accaparement #dépossession #spoliation

  • Vers une histoire de la violence , Le Courrier Suisse, 3 novembre 2019, par Francois Cusset
    https://lecourrier.ch/2019/11/03/vers-une-histoire-de-la-violence

    Vers une histoire de la violence
    La violence parle le langage du pouvoir. Le terme a toujours été le pivot d’un « tour de magie ancestral », selon ­l’historien François Cusset, qui consiste à agiter le « fantasme d’une violence imminente » pour justifier une violence « présente, dûment rationalisée ». L’histoire de la violence ? « Une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations. »
    dimanche 3 novembre 2019 François Cusset
    Vers une histoire de la violence
    Déploiement de la police montée lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris. FLICKR/CC/JEANNE MENJOULET
    Analyse

    Quand l’oligarchie athénienne qualifie de « barbare », il y a 2500 ans, l’immense majorité de la population extérieure à l’oligarchie – femmes, non-propriétaires, esclaves, étrangers, ennemis –, ce mot suffit à justifier par avance la violence d’Etat qui pourra être exercée contre eux. Et l’opération est plus explicite encore quand le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush déclare en 2002 : « Un Etat voyou est n’importe quel Etat que les Etats-Unis déclarent tel ». Au-delà de la paranoïa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiqué de la formule sert à soumettre la justice à la puissance, ancestral coup de force rhétorique qui rappelle que si, comme le posait jadis (Blaise) Pascal le janséniste, « la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique », l’équilibre de ces deux pôles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

    Les exemples ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant à agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaïque, pour justifier une violence présente, dûment rationalisée. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse pour le danger supposé de certains d’entre eux ou juste, à mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas distribuer sans limites, ni faire violence à ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israélien qui déchiquette quelques familles dans les territoires palestiniens pour l’attentat terroriste qu’ils seraient là-bas, d’après les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

    Ou encore, moins spectaculaire, le militant écologiste qu’on jette en prison pour avoir arraché des plants de maïs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk délogé avec brutalité de sous une porte cochère parce que sa forme de vie ou ses atours sont associés par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou à l’égoïsme anti-social. On n’est jamais très loin de l’autre bout du spectre, où la jeune femme venue déposer plainte pour agression sexuelle et le citadin gay pour insulte homophobe se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence à la bienséance voire à l’ordre public. Par cette inscription, cette façon de légitimer les arbitraires d’Etat, par les méfiances et les rancœurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la déflagration d’un instant, est une chaîne de conséquences, une émotion circulatoire, le piège d’un circuit sans fin.

    C’est le premier problème que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nécessaire, mais délicat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de résistance, est donc hautement problématique. Car si la violence légitime est exercée au nom d’une violence antérieure, pour « pacifier » les sociétés comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’être à double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquêtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue période qui va du XVIe au XIXe siècles, nous a toujours été présenté comme celui d’une atténuation et d’un encadrement juridique et politique (voire « civilisationnel ») de la violence – alors que l’historiographie récente a pu enfin démentir cette approche et démontrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont été bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualité ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles étaient censées réduire.

    A l’insécurité résiduelle, avant le Code pénal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, où en effet on pouvait impunément détrousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substitué ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive légale, à mesure que se creusait le fossé entre le danger objectif et la sanction pénale : entre les années 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides, mais aussi de délits pénaux moindres, la population carcérale a été multipliée par 2,3, « inutilement » en somme.

    Pour compléter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne – conquête coloniale et formation de l’Etat – on peut ajouter que celle-là s’est prolongée, une fois acquises les indépendances nationales sur les continents concernés (de 1802 pour Haïti à 1962 pour l’Algérie), sous la forme d’un endocolonialisme1 du cru, entretenu par la tutelle économique et morale des anciennes métropoles, ou des nouvelles puissances. Quant à celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existé, d’acquérir une forme rationnelle et systématique et une échelle absolument inédite, qui culminèrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’être un naïf anarchiste pour y voir une conséquence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat « paroxystique ». Plus simplement dit : Napoléon fait édicter les codes civil et pénal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les âmes des autochtones, mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposées peu à peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de désordres imprévus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgés de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus têtus des années 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix à l’ère du « zéro mort » policier, sur les cadavres de Malik Oussékine, Carlo Giuliani ou Rémi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligées par les policiers français en 30 samedis de « gilets jaunes ».

    En plus de la colonisation qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriération guerrière, et de l’Etat moderne qui aurait pénalisé les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaît enfin au début du XXe siècle), le troisième pilier de cette histoire de la modernité comme pacification sociale et restriction de la violence est à trouver du côté de la civilité. A partir du XVIIe siècle, la civilité est diffusée par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles règles descendantes, prônées par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces règles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’être pudique et mesuré en toutes occasions.

    C’est la grande thèse du sociologue Norbert Elias sur le « processus de civilisation » comme intériorisation des normes et autorépression de la violence. Sauf qu’elle a été mal comprise, et que même Elias, plus subtil que ses exégètes, en énumérait les limites : la violence des barrières sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-être et les complexes imputables à cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siècles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisés qui n’ont pas droit à un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dérogent à tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand même, grosso modo, dans l’ensemble, réduite la violence collective et pacifiées les mœurs communes.

    La pire violence est rationnelle

    Une histoire de la violence à l’ère moderne doit donc être surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prétexte, multiforme et récurrent, d’en prévenir, d’en punir, d’en empêcher ou d’en « civiliser » la violence première – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inéduquée, infantile, subjective, incontrôlable, là où la violence punitive, parce que légitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, légale, élaborée, légitime, adulte, objective, mesurée.

    Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que pour pointer et endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus à l’idée qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvé de lui-même) et qu’au terme d’une évolution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans même parler du commerce).

    C’est précisément ce postulat profondément ancré, ce postulat d’une violence chaotique des origines à endiguer et à prohiber, qu’une véritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catégorie de violence, doit avoir à cœur de démonter – de mettre à nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de démonter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui présentaient la résistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce récit des origines nous voile les vérités de l’histoire, à l’instar des fictions sur « l’état de nature », bien sûr introuvable dans l’histoire réelle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur méchant Léviathan venu encadrer le chaos effrayant où « l’homme est un loup pour l’homme », aussi bien que les angélismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilité partout promue des forces à double effet, émancipatrices et répressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

    Pendant ce temps, les violences insurrectionnelles décriées et brutalement réprimées, au présent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communauté réelle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancées effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalité sociale et des libertés civiles – au fil de trois siècles d’émeutes et d’insurrections noyées dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrès de l’histoire moderne n’eurent jamais été obtenus.

    La violence instinctuelle existe évidemment, mais elle n’est que ponctuelle, là où la violence instituée, rendue invisible par les dispositifs de justification étatico-normatifs, dévaste et tue partout et en continu. « Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalité », concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pérennité de la vie sur Terre, ou les trésors d’intelligence stratégique et de créativité esthétique déployés pour produire à l’excès et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la désolante illustration – outre qu’ils rappellent que derrière les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dévastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychés, exsangues, humiliées, pressurisées, réduites à la haine de soi et à l’horizon bouché des rivalités constantes, dont on ne se libère qu’en sautant par la fenêtre.

    Notes
    1. ↑ Forme de néocolonialisme où, malgré l’indépendance nationale, le pays colonisé reste économiquement et politiquement sous l’emprise du colon.

    L’auteur est historien des idées et professeur à l’Université de Nanterre. Récente publication : Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence, La Découverte, 2018.

    Article paru (version longue) dans Moins !, journal romand d’écologie politique, dossier : « La violence en question », n°43, oct.-nov. 2019.

  • #Luxembourg : 62% du personnel soignant est étranger Olivier Loyens - 9 Octobre 2019 - l’essentiel
    http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/62-du-personnel-de-soin-vient-de-l-etranger-31134319

    Près de deux tiers des professionnels de santé au Grand Duché sont étrangers. Cette dépendance pourrait provoquer une crise du système de soins

    Un seuil critique a été dépassé. Le Luxembourg n’étant pas autonome pour faire fonctionner son système de santé, les professionnels de la santé étrangers représentent, aujourd’hui, 62% de l’effectif total des professions médicales et de santé du pays. C’est le principal enseignement de l’étude sur « l’état des lieux des professions médicales et des professions de santé au Luxembourg », dont les résultats ont été présentés ce mardi à Luxembourg.

    « Le pays est extrêmement vulnérable et dépendant des décisions politiques et économiques des pays frontaliers en faveur des soignants », déplore Étienne Schneider, ministre LSAP de la Santé. « Toute initiative en France, en Belgique ou en Allemagne, qui viserait à rehausser les salaires des soignants engendrerait immédiatement une grave crise du système sanitaire luxembourgeois », complète Marie-Lise Lair, auteur de l’étude.

    Un plan d’action « dans les prochains mois »
    De plus, les institutions signalent des difficultés de recrutement de médecins et de certaines professions de santé, avec un allongement du délai de recrutement et un élargissement de la distance géographique pour rechercher des candidats potentiels, jusqu’en Europe de l’Est. Enfin, d’autres facteurs influencent les difficultés de recrutement, comme le coût du logement, l’absence de centre hospitalier universitaire, l’absence de faculté de médecine complète, ou encore l’absence de programme d’intégration d’un jeune médecin.

    « Devant une telle situation de dépendance, il faut revoir en profondeur l’organisation du système de santé », estime Étienne Schneider. D’autant que le pays est censé respecter un engagement pris auprès de l’Organisation mondiale de la Santé, à savoir réduire de moitié le recrutement étranger de professionnels de la santé pleinement formés, d’ici 2030.

    Quelques « mesures profondes »
    L’étude va permettre au ministère et aux autres acteurs de la santé de mettre en place un plan national d’action. En attendant, le ministre avance déjà quelques « mesures profondes » qu’il faudra prendre, comme revaloriser et rendre plus attrayantes les professions médicales (accompagner les jeunes médecins lors de leur installation, améliorer les conditions de l’exercice médical au Luxembourg, investir dans les soins primaires), revaloriser les professions de santé auprès des jeunes et des parents, ou encore renforcer le nombre d’étudiants en médecine et revoir la formation et la fonction des soignants.

    « Le plan d’action sera appliqué dans les prochains mois », promet Étienne Schneider. Les patients, qui sont les premiers à être impactés par cette pénurie de ressources en professionnels de la santé, peuvent espérer que le ministre tiendra parole, car le temps presse...

    #Santé #migrations #migrants le Luxembourg se méfie de l’#union_européenne qu’il ne peut piller totalement #ue #france #belgique #allemagne #oms #paradis_fiscaux #pillage #travail #migrations #inégalités #médecine #sante #santé_publique

    • Les principaux chiffres de l’étude
      17 595 professionnels travaillent aujourd’hui dans le secteur de la santé et des soins, dont 15 062 professions de santé réglementées (dont 6 214 infirmiers et 3 784 aides-soignants) et 2 331 médecins (dont 2 000 environ travaillent à plein temps)

      –51% des médecins sont de nationalité luxembourgeoise.

      –En 2017, les femmes représentaient près de 40% des médecins.

      –26% des médecins n’habitent pas au Luxembourg.

      –Le ratio global du médecins pour 1 000 habitants est passé de 3,13 en 2007 à 3,53 en 2017. Les cantons les moins bien dotés sont Vianden, Clervaux et Mersch.

      –D’ici 2034, 59% (hypothèse 65 ans) à 71% (hypothèse 60 ans) des médecins vont partir à la retraite.

  • Opinion | The Original Evil Corporation - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/09/04/opinion/east-india-company.html

    A propos de la Compagnie britannique des Indes orientales

    Although it has no exact equivalents, the Company was the ultimate prototype for many of today’s corporations. The most powerful among them these days do not need their own armies: They can rely on governments to protect their interests and bail them out.

    The history of the East India Company shows that Western imperialism and corporate capitalism were born hand in hand, the dragons’ teeth that spawned the modern world. As Baron Thurlow remarked in the late 1700s, when the Company was being criticized for its misdeeds and its governor-general, Warren Hastings, was on trial, “Corporations have neither bodies to be punished, nor souls to be condemned. They therefore do as they like.”

    #impérialisme #capitalisme #pillages #crimes #impunité #multinationales

  • Antiquities looted in Syria and Iraq are sold on Facebook - BBC News
    https://www.bbc.com/news/world-middle-east-47628369

    Private groups also discuss how to illegally excavate ancient tombs, according to research by academics.

    Facebook says it has removed 49 groups following the BBC’s investigation.

    The BBC has also seen evidence that antiquities are still being smuggled from Iraq and Syria into Turkey, despite a police clampdown and the retreat of the Islamic State group.

    #antiquités #pillage #syrie #irak #Turquie

  • BALLAST | Françoise Vergès : « La lutte décoloniale élargit les analyses » (1/2)
    https://www.revue-ballast.fr/francoise-verges-la-lutte-decoloniale

    C’est une bonne image ! Le Sud, ce n’est pas un espace purement géographique, mais politique. C’est le produit d’une longue fabrication par le Nord et par le système capitaliste, qui en a fait un espace de vulnérabilité, à piller et à exploiter. Ce qu’on a appelé le « #Tiers_monde » et qu’on appelle maintenant le « Sud global », c’est cette constante division de l’humanité et de la planète en deux espaces, avec des frontières mouvantes qui distinguent d’un côté les gens qui ont droit à une vie décente, qui ont accès à de l’eau ou de l’air propre, et de l’autre ceux qui n’y ont pas droit. Dans le même temps, on trouve dans ce qu’on appelle le « Nord » (y compris en Europe) des espaces construits comme des Suds. Une géographie urbaine en enclaves se développe, et partout les classes moyennes et riches se protègent en construisant des « gated communities ». Leurs membres passent d’une enclave à l’autre, de leur maison climatisée au centre commercial climatisé — autant d’espaces entretenus par des femmes et des hommes racisés (mais surtout des #femmes), surexploités puis rejetés dans des quartiers excentrés où l’eau et l’air sont pollués. Le confort de quelques-uns est construit sur l’#invisibilisation et l’#exploitation de plusieurs. Et cette construction en enclaves sécurisées, surveillées, interdites aux pauvres, est visible y compris dans les villes du Sud. Il faut constamment affiner les cartographies que construisent des États autoritaires, le #néolibéralisme et l’#impérialisme, mais aussi intégrer le fait d’un monde multipolaire.

    #colonialisme #racisme #esclavage #capitalisme #consommation

  • 16 mars : la guerre des pauvres – ACTA - Partisans dans la métropole
    https://acta.zone/le-16-mars-la-guerre-des-pauvres

    Nous avons reçu ce texte, écrit par “quelques #gilets_jaunes parisien.ne.s”, et le publions afin de compléter ceux déjà disponibles à propos de l’émeute du 16 mars dernier. En effet celui-ci s’intéresse à une pratique trop souvent ignorée (ou caricaturée) : celle du pillage.

    Combattre on sait faire que ça
    Et on repartira avec leur argent, leur sang et leurs pes-sa

    Lunatic, “Introduction”, Mauvais Oeil.

    Il y a tout ce que vous voulez aux Champs Elysées
    Joe Dassin, “Les Champs-Élysées”

    L’Acte 18 a été marqué par la destruction massive des enseignes de luxe sur les Champs-Élysées, ainsi que la réappropriation généralisée et systématique de tout ce qui s’y trouvait. Face à l’offensive médiatique actuelle qui décrit ces vols comme les actes de pilleurs et pilleuses apolitiques, nous souhaitons restituer notre version de la journée de samedi, en guise d’éloge politique du #pillage #populaire.

    En rentrant samedi soir, on va sur BMFTV, petit plaisir coupable de voir transpirer les éditorialistes : on n’est ni déçu.es ni surpris.es, le même discours convenu s’épuise à imposer sa lecture criminalisante, s’acharne à construire la panique autour des fameux casseurs. Dans le langage médiatique, les gilets jaunes sont autant de foules sauvages, de voyous, de vandales, qui saccagent, pillent et brûlent dans un déferlement de violence qui ferait pâlir les organisations terroristes les plus ambitieuses. Les médias redoublent de superlatifs, aucun mot n’est assez fort pour caractériser la situation : pour France TV Info “La plus belle avenue du monde [est] dévastée”, pour Le Monde c’est un “déferlement de rage”. Alors, devant les images de catastrophe du Fouquet’s en flammes, devant BFM, on se dit que les gilets jaunes ont quand même la classe.

    Les médias, chiens de garde du pouvoir et de la #propriété_privée
    Le lexique de la sauvagerie préside : des “assassins” aux “saccages” en passant par les “complices”, les Champs-Elysées se transforment en territoire de guerre chaotique, envahie par des raids vikings et des hordes de barbares en masque à gaz. Ce qui se joue ici, c’est la #dépolitisation de l’émeute d’une part, la déshumanisation des manifestant.es d’autre part. Il s’agit pour les médias de présenter le pillage et la destruction comme des actes incompréhensibles, réalisés sous l’emprise d’une foule haineuse, comme si les gens étaient devenus fous. (...)

  • #Trump et le coup d’État des #multinationales

    Comment Donald Trump a-t-il conquis la Maison-Blanche ? Au travers d’analyses d’observateurs et de paroles d’électeurs, Fred Peabody dessine le saisissant portrait d’une démocratie confisquée.

    Et si le 45e président des États-Unis n’était pas le symbole d’une ère nouvelle, mais au contraire l’aboutissement d’un processus entamé depuis de longues années ? Alors que la journaliste canadienne Naomi Klein a récemment comparé l’administration Trump à un « coup d’État des grandes entreprises », son compatriote philosophe John Saul (Mort de la globalisation, éd. Payot) estime, lui, que la confiscation de la démocratie et des biens publics par les intérêts privés a débuté dès la fin des années 1970, la première élection de Ronald Reagan en 1981 la rendant effective. Sa théorie du « coup d’État au ralenti » a notamment inspiré le journaliste Chris Hedges dans son analyse de l’état de l’Amérique. Pour lui, et certains de ses pairs, également interviewés ici, l’élection de Donald Trump ne constitue que le dernier rebondissement, le plus visible sans doute, d’une dérive à laquelle ses prédécesseurs démocrates, Bill Clinton et Barack Obama, ont activement prêté la main. Des pans entiers de la population américaine, notamment dans les anciennes régions ouvrières, ont ainsi été délibérément sacrifiés par les élites au nom de la libéralisation du marché, et la crise de 2008 a contribué à accélérer cet abandon.

    Outsiders
    En écho à ces réquisitoires très argumentés, le réalisateur Fred Peabody (Tous les gouvernements mentent) explore ainsi les villes dévastées de Camden (New Jersey) et de Youngstown (Ohio), anciens bastions industriels livrés au chômage et à la misère, où des sans-abri, citoyens jadis prospères, campent à deux pas de rangées de maisons murées. Et c’est l’aspect le plus passionnant, et le plus novateur, de son film, que de donner la parole à des électeurs de Trump qui, ni haineux, ni racistes, ni religieux fanatiques, expliquent pourquoi ils n’ont pu se résoudre, une fois de plus, à voter pour un parti qui les a rayés de la carte sans sourciller. Sans illusion sur Trump, ils lui reconnaissent une seule vertu : celle de l’outsider, méprisé comme eux par les politiciens professionnels et les médias. De Washington à la Rust Belt, la « ceinture de rouille », cette balade dans une Amérique oubliée fait puissamment écho à l’actualité française.


    https://www.arte.tv/fr/videos/084760-000-A/trump-et-le-coup-d-etat-des-multinationales
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