• "Comme dans un #ping-pong" : 34 personnes coincées sur un îlot d’#Evros, à la frontière gréco-turque (à partir du 30.03.2022)

    Pendant plus de 48 heures, 34 migrants, dont des enfants, sont restés bloqués sur une petite île au milieu du fleuve d’Evros, à la frontière entre la Turquie et la Grèce, les deux pays se rejetant la responsabilité de leur prise en charge. C’est finalement une décision de la Cour Européenne des droits de l’Homme qui a poussé au lancement d’une évacuation ce vendredi. Ce type de situation se multiplie en raison de la « systématisation » des refoulements par les autorités grecques, selon les ONG.

    Depuis le 30 mars, 34 migrants étaient bloqués sur un îlot au milieu du fleuve Evros, qui marque la zone frontalière entre la Grèce et la Turquie. « Nous avons reçu de leur part des photos de voitures de police et de pompiers, vers midi : a priori, ils sont donc sur le point d’être évacués ou viennent de l’être... Mais nous n’avons pas encore reçu de confirmation », relate Lorenz, responsable du réseau d’activistes Alarm Phone, qui a donné l’alerte.

    Parmi ces personnes, on compte quatre femmes, dont une enceinte, et six enfants de moins de dix ans, signalent Alarm Phone et Border Violence Monitoring Network (BVMN), dans un communiqué commun paru le 31 mars.

    « Ils ont très froid la nuit et craignent que la pluie arrive. Ils nous rapportent que leurs réserves d’eau et de nourriture sont épuisées au point qu’ils les rationnent en ne les donnant qu’aux enfants », décrivaient les deux organisations.

    « Appel humanitaire : nous sommes coincés depuis deux jours sur une île grecque de la rivière d’Evros. Nous avons de jeunes enfants, des femmes et un vieil homme », précisait le groupe de 34 exilés dans un message d’alerte envoyé le 31 mars à diverses organisations internationales.

    https://gw.infomigrants.net/media/resize/my_image_big/68042b71878f53d09875b1d79ed3e07c8f69ff26.jpg

    « Une fois encore, Frontex reste inactif et met des vies en danger »

    Alarm Phone et BVMN assurent avoir prévenu, le 30 mars, les autorités grecques, l’agence Frontex, ainsi que le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Mais aucune évacuation ni forme d’assistance n’avait été réalisée.

    Dans la foulée, Frontex a confirmé avoir reçu l’appel de détresse, mais « n’a fait que le transférer aux autorités grecques », pointent les deux organisations. À leurs yeux, « une fois encore, Frontex reste inactif et met des vies en danger ».

    Alarm Phone et BVMN ont également pu joindre au téléphone des officiers grecs. Ces derniers ont reconnu avoir connaissance de cette situation, « et ont assuré qu’ils ramèneraient les personnes en Grèce ». Mais sans mettre en oeuvre cette promesse. Une nuit de plus s’est donc écoulée.
    Déblocage de la situation grâce à la CEDH

    Le déblocage de la situation est venue de la Cour Européenne des droits de l’Homme (CEDH). Saisie en urgence de l’affaire, celle-ci a imposé des mesures provisoires de protection de ces 34 personnes. Elle a notifié l’État grec, au matin de ce 1er avril, de son obligation de fournir un abri et des vivres au groupe.

    « La décision de la CEDH est un argument fort, et un instrument puissant. Dans ce cas concret, elle a créé la pression dont nous avions besoin pour augmenter les possibilités d’évacuation des personnes », souligne Lorenz. De quoi « redonner un peu d’espoir, ce matin, au groupe avec lequel nous sommes resté en contact permanent ».

    Mais aux dernières nouvelles, les personnes demeuraient toujours « épuisées et très effrayées, car la situation reste très incertaine », insiste Lorenz. Et pour cause : la menace d’un refoulement vers la Turquie continue de planer.
    « Les deux autorités jouent avec la vie des gens comme dans un ping-pong »

    « On voit beaucoup de cas de personnes qui arrivent sur le territoire grec, se font repérer, et refouler par les autorités sur ces petites îles dans la rivière », affirme Lorenz. C’est là que commence le jeu géopolitique : « ces îles sont-elles sur le territoire grec, ou turc ? Ce n’est souvent pas clair. Les deux autorités jouent avec la vie des gens comme dans un ping-pong ».

    https://twitter.com/alarm_phone/status/1509610524559953923

    « Nous sommes toujours en contact avec le groupe et ils viennent de nous dire qu’ils ont été attaqués par des hommes en tenue militaire », relayait Alarm Phone dans un tweet hier. Les 34 personnes témoignaient alors auprès des ONG avoir vu des « véhicules militaires et des voitures banalisées » rôdant sur la rive non loin de l’îlot, ainsi que des « drones » dans les alentours.

    « Nous souffrons du froid, mais nous ne pouvons pas allumer un feu pour nous réchauffer à cause de l’armée grecque (...) Les militaires grecques terrifient les enfants et les femmes avec leurs méthodes, ils veulent que nous nous rendions pour nous ramener en Turquie », écrivaient-elles dans leur message aux organisations internationales. Or, toutes ces personnes souhaitent demander l’asile en Grèce, indiquent les ONG.

    Les intimidations, et surtout les « pushback » (refoulements à chaud), sont ainsi monnaie courante dans la région de l’Evros. Ils sont documentés par les acteurs de terrain, ONG et enquêtes médiatiques, malgré le déni des autorités.

    Une situation qui se répète

    Pas plus tard qu’à la mi-mars 2022, un groupe de 30 Syriens était également resté bloqué sur un îlot pendant près de cinq jours. Selon leurs témoignages, les autorités grecques elles-mêmes les auraient refoulés sur ce bout de terre.

    Dans cette opération, un petit garçon de quatre ans, le fils de l’une des personnes du groupe, s’est noyé. Suite à la couverture médiatique et la mobilisation d’ONG autour de cette affaire, les autorités grecques avaient finalement porté assistance aux autres migrants du groupe, le 18 mars.

    En janvier également, 25 Syriens et 4 Turcs étaient restés coincés de la même façon. Comme le rapportait la presse grecque, Athènes refusait d’organiser leur sauvetage, leur intimant de retourner par leurs propres moyens en Turquie, en traversant l’Evros. « Les courants du fleuve sont forts en hiver. Il est impensable de laisser des personnes entrer dans l’eau », s’offusquait alors Nathalie Gruber, la porte-parole de l’association Josoor, auprès d’InfoMigrants.

    Ce type de situations, avec des groupes laissés sur des îlots sans pouvoir en repartir, a été documenté et médiatisé tout au long de l’année 2021 également. « Depuis 2020, craignant des représailles, les Grecs ne déposent plus toujours les migrants côté turc, ils ne s’approchent plus des rives voisines, ils laissent les exilés sur ces îles entre les deux pays », expliquait Natalie Gruber à InfoMigrants.
    Une pratique ancienne, mais qui se normalise

    « Les pushback ont toujours été une pratique constante de la violence aux frontières, depuis le milieu des années 90. Mais ces deux dernières années, on observe une normalisation de cette violence. Cela devient une pratique systématique », décrit Lorenz.

    « Ici, ça se fait très souvent. La zone frontalière est militarisée (interdite aux civils), ce n’est pas compliqué, personne ne nous surveille », confirmait un ex-policier grec dans un témoignage recueilli par InfoMigrants. Il agissait ainsi, d’après ses dires, depuis les années 90.

    Depuis de nombreuses années, les populations sur la route de l’exil traversent l’Evros depuis les rives turques pour entrer en Union européenne. Mais la crise migratoire de mars 2020, pendant laquelle des dizaines de milliers de migrants sont arrivés en Grèce via Kastanies après l’ouverture des frontières turques, a tout aggravé. « Nous avons aujourd’hui 850 militaires le long de l’Evros », avait déclaré un garde-frontière de la région à une équipe d’InfoMigrants sur place. « Frontex est présent avec nous ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/39597/comme-dans-un-pingpong--34-personnes-coincees-sur-un-ilot-devros-a-la-
    #limbe #zone_frontalière #île #Evros #asile #migrations #réfugiés #frontières #fleuve_Evros #Turquie #Grèce #Thrace #îlots

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    ajouté à la métaliste sur #métaliste sur des #réfugiés abandonnés sur des #îlots dans la région de l’#Evros, #frontière_terrestre entre la #Grèce et la #Turquie :
    https://seenthis.net/messages/953343

    • NON-assistance for 34 people stuck on a Greek islet in the border river between Turkey and Greece

      Joint Statement by Alarm Phone & Border Violence Monitoring Network (BVMN)

      For almost two days, 34 people – including four women, one of whom is pregnant, six children under the age of 10 and 24 men – are stuck on a small islet of the Evros river at the land border between Turkey and Greece. The Greek authorities, as well as Frontex and the UNHCR, have been informed since mid-day yesterday, March 30. Since then, the group has reported that from the Greek side, military vehicles as well as unmarked cars have been visiting the Greek river bank next to the islet, and drones have reportedly spotted the area. The group still has not been evacuated. We urge the Greek authorities to rescue them off the islet immediately.

      They are freezing at night and are worried it will start raining soon. They report that their food and water supplies are so low that they are now rationing their supplies to the children only.

      Yesterday, the group sent this message to several organizations:

      “Humanitarian appeal: We have been stuck for two days on a Greek island in the Evros river. We have young children, women and an old man. We suffer from lack of food and two children are in poor health. We hope to help us reach the Cross or the Red Crescent. We cannot get out of here and our situation is tragic.

      Please help us. This is our situation for two days. We suffer from cold, but we cannot light a fire to warm up because of the Greek army and the children are suffering from cold in the middle of the island. Greek soldiers terrify children and women with their methods, they want us to surrender ourselves to take us back to Turkey.”

      At noon on March 30 Alarm Phone alerted Greek authorities, Frontex and UNHCR in order to assist the group in getting off the islet. On the phone, Greek officers first told Alarm Phone they did not find the group. They later acknowledged, however, knowing about the case and assured to bring the people to Greece. Despite their promises, the group remains stuck on the islet without any help ever since. Also, Frontex confirmed having received the distress call, however only forwarding it to the Greek authorities. Once again, Frontex stays inactive and puts people’s lives at risk.

      In a similar incident on March 18, a child drowned, as reported by ECRE. Any loss of life would be on the authorities who remained inactive despite knowing about the distress situation!

      The Border Violence Monitoring Network (BVMN) reached out to the European Court of Human Rights (ECtHR) and called to invoke Interim Measures on this case to push for their safe passage to Greece. The people are tired, desperate and need immediate assistance – they cannot stay another night on the island. We demand immediate intervention!

      https://alarmphone.org/en/2022/03/31/non-assistance-for-34-people

  • #Pologne - #Biélorussie : positions GPS et vidéos, les appels à l’aide des migrants bloqués dans la #forêt

    Ils viennent du Yémen, de Syrie, d’Irak ou de République démocratique du Congo : depuis le mois d’août, des milliers de migrants tentent de traverser la frontière polonaise depuis la Biélorussie. Pour le gouvernement polonais, ces migrants sont instrumentalisés par le chef d’État biélorusse, Alexandre Loukachenko, et doivent être reconduits à la frontière. Refoulés des deux côtés, des hommes, des femmes et des enfants se retrouvent alors bloqués le long de la frontière, en pleine forêt. Certains tentent de lancer l’alerte.

    Pour ce nouveau numéro de Ligne Directe, « Pologne, Biélorussie : piège en forêt pour les migrants » (à voir ci-dessus), Maëva Poulet, journaliste des Observateurs de France 24, était avec Gulliver Gragg, correspondant de France 24, en tournage pendant la semaine du 4 octobre dans la région frontalière de Poldachie, en Pologne. Elle revient, dans ce carnet de reportage sur les alertes lancées par les migrants aux ONG et à la presse.

    « Nous allons probablement rencontrer une famille avec des enfants. Voulez-vous vous joindre à nous ? » Samedi 9 octobre. Il est 15 heures lorsque Piotr Bystrianin nous envoie ce message. Piotr est membre de la #Fondation_Ocalenie, une ONG polonaise d’aide aux migrants et réfugiés basée à Varsovie. Depuis cet été, chaque semaine, leur équipe se relaie pour être présente à 200 km de la capitale, dans la région frontalière de #Podlachie pour surveiller cette crise migratoire inédite en Pologne, et venir en aide aux migrants.

    Une position GPS nous est envoyée : direction le petit village de #Stara_Luplanka. C’est ici qu’une famille venue du Kurdistan irakien a été repérée. Après sept jours de marche depuis la Biélorussie, elle est arrivée en Pologne en échappant au contrôle des gardes-frontières. « Nous recevons des alertes concernant la présence de groupes de migrants », explique brièvement Piotr Bystrianin. Ce que nous savons, c’est que beaucoup de migrants envoient leur position GPS, aux organisations ou à la presse, pour appeler à l’aide.

    Une « #guerre_hybride » entre la Pologne et la Biélorussie

    Le rendez-vous est en lisière de forêt, près d’un champ de maïs. Karolina Szymańska, également membre de la fondation, nous fait signe d’attendre : « Nous devons d’abord discuter avec ces gens ». C’est un père seul et ses quatre enfants, âgés de 8 à 14 ans. « Ils ont très froid et ils ont peur », explique Piotr pendant que sa collègue leur offre à boire, à manger et des vêtements chauds.

    Au téléphone, un traducteur arabophone explique au père la situation. Car la stratégie de la Pologne est claire : les migrants se trouvant côté polonais doivent être refoulés à la frontière, en Biélorussie. Le parlement polonais y a autorisé les gardes-frontières le 14 octobre. Et ce, même s’il s’agit de demandeurs d’asile.

    La Pologne estime en effet que ces migrants ne sont pas en danger en Biélorussie, pays dans lequel ils sont arrivés légalement, en avion, munis de visas. C’est également ce qui fait dire à l’Union européenne que le régime de Minsk mène une « guerre hybride » : en réponse à des sanctions européennes, la Biélorussie chercherait à déstabiliser les 27 en envoyant des migrants aux frontières.

    « Parfois, ils les ramènent dans la forêt, même s’il y a des enfants »

    Pour que cette famille irakienne échappe à un refoulement, Piotr et Karolina n’ont qu’une option à proposer : la demande d’asile. Mais il faut que la famille veuille l’enregistrer en Pologne, et donc rester en Pologne. Or, selon le gouvernement polonais, beaucoup veulent en réalité rejoindre l’Allemagne, l’Angleterre, ou la France. Il faut aussi, pour mener une demande d’asile, être en mesure d’expliquer que l’on fui des craintes de persécutions ou des conflits. Ce n’est pas le cas de tous les migrants qui traversent cette frontière.

    Dans le cas de cette famille, plusieurs éléments lui permettent de solliciter l’asile. « La famille va donner procuration à [Karolina], et elle va appeler les gardes-frontières pour leur demander de venir. Elle va les aider dans leur demande de protection internationale en Pologne. »

    Nous attendons alors deux heures l’arrivée des gardes-frontières. C’est à eux d’enregistrer la demande. Reste qu’avec la nouvelle loi, ils n’y sont pas obligés. Les médias ont été invités par l’ONG pour aider à faire pression. « Parfois, ils les ramènent dans la forêt, même s’il y a des enfants », insiste Piotr. Ce soir-là, grâce à la mobilisation de Piotr et Karolina - et peut-être à la présence de plusieurs caméras dont la nôtre - la famille sera amenée au poste des gardes-frontières, où elle passera la nuit, au chaud, en attendant la suite de l’instruction de sa demande.

    « C’est comme un #ping-pong »

    Si cette famille a pu être aidée, c’est aussi parce qu’elle a réussi à dépasser la zone de l’état d’urgence : une bande de 3 km tracée par la Pologne tout du long de sa frontière avec la Biélorussie, formellement interdite d’accès aux organisations comme aux journalistes.

    Le long de la frontière, les migrants se retrouvent donc seuls entre les gardes-frontières polonais et biélorusses. Côté polonais, ils sont ramenés manu militari en Biélorussie… En Biélorussie, ils sont également refoulés : depuis octobre, le pays refuse de laisser entrer les migrants déjà passés côté européen. « La seule chance de sortir de la Pologne, c’est d’entrer en Biélorussie. La seule chance de sortir de la Biélorussie, c’est d’entrer en Pologne. C’est comme un ping-pong », confie Nelson (pseudonyme), un migrant originaire de la République démocratique du Congo qui a contacté notre rédaction.

    Nelson a filmé et documenté les nuits passées entre les deux pays, dans un « #no_man's land » labyrinthique dans les bois, où les températures chutent à 0 degré la nuit en ce mois d’octobre. « On a rencontré quelques militaires polonais. Je leur ai dit, voilà, moi je viens du Congo, j’aimerais demander l’asile. Ils m’ont dit ’tu ne vas rien faire’. Ils ont commencé à nous embarquer de force et ils nous ont ramenés à la frontière. C’est la première nuit que nous avons passée dehors, avec mes enfants », poursuit Nelson. L’une de ses vidéos montre ses enfants dormir dans la forêt, sans tente, à même le sol, près d’un feu de camp. « Il faisait extrêmement froid, et extrêmement sombre ».


    Côté frontière #Pologne - #Biélorussie, des migrants alertent également. La Pologne les refoule en Biélorussie... qui les renvoie en Pologne. Ils se retrouvent donc coincés dans la forêt entre les deux pays. Ici des messages envoyés sur WhatsApp à notre journaliste @maevaplt (3)
    — Les Observateurs (@Observateurs) October 22, 2021
    https://twitter.com/Observateurs/status/1451574931192365059

    « On ne peut plus continuer »

    Ces images, comme celles d’autres migrants qui appellent à l’aide, sont de rares témoignages de ce qu’il se passe dans la bande frontalière interdite d’accès. Depuis septembre, au moins neuf personnes sont mortes d’hypothermie ou d’épuisement dans la forêt.

    D’autres migrants ont contacté notre rédaction depuis cette zone, parfois sans réussir à envoyer d’images. Certains ont envoyé des messages de détresse. « Il fait froid, il n’y a rien à manger, c’est un enfer », nous a écrit un Congolais. « On ne peut plus continuer », dit un Irakien dans un audio WhatsApp. « Bonjour madame, je suis à la frontière », écrit encore une migrante dont nous ne connaissons pas l’origine. Elle n’enverra aucun autre message après celui-ci.

    Seule chance pour eux de se faire aider, partager avec les organisations présentes à la frontière leur position GPS… depuis une forêt où le réseau internet et téléphonique est instable, et sans électricité pour recharger son téléphone.

    https://observers.france24.com/fr/%C3%A9missions/ligne-directe/20211025-pologne-bielorussie-migrations-migrants-foret-ong-human

    #Ocalenie #frontières #asile #migrations #réfugiés #Belarus #limbe #blocage

    –-> je rapatrie ici des infos d’un fil de discussion que j’avais mis sur un fil qui traite quand même d’un peu d’autre chose... mot d’ordre « de l’ordre dans les archives »
    >> fil de discussion sur le #mur qui est en train d’être construit à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie :
    https://seenthis.net/messages/927137
    #murs #barrières_frontalières

    –-

    ajouté à la liste des #zones_frontières créée pour pouvoir expulser/refouler des migrants :
    https://seenthis.net/messages/795053

    • « Hamza me dit qu’il a peur de mourir de froid dans la forêt ». Reportage avec les bénévoles à la frontière qui tue, entre la Biélorussie et la Pologne

      La #zone_frontalière entre la Biélorussie et la Pologne est devenue le théâtre d’une #crise_humanitaire. Face aux violations de droit multiples de la part des autorités polonaises et bélarusses, et au silence indifférent des institutions européennes, des réseaux de militants et de locaux apportent une aide de base à ces personnes en détresse.

      Par Agata Majos, à #Hajnówka – Depuis quelques jours, je fais partie du réseau militant #Grupa_Granica. Notre travail, c’est de soulager la souffrance des personnes qui se cachent dans la forêt polonaise. Si trouvés par des garde-frontières ou par la police, le risque est grand qu’ils soient de nouveau repoussés en Biélorussie. Cauchemar sans fin qui, pour certains, finira par la mort.

      Le 2 septembre, la Pologne a introduit l’état d’urgence sur une bande qui jouxte la frontière. Seuls les habitants de cette zone peuvent y accéder. La présence des militants et des médias est interdite. Nous opérons pourtant dans les forêts qui se trouvent de notre côté.

      Mon premier jour au QG des militants, près de la ville de Hajnówka. Je vais à ma première intervention. Un groupe de six personnes, cinq Syriens et un Irakien. C’est leur dixième séjour sur le sol polonais. Les gardes-frontières polonais les ont repoussés déjà neuf fois. Ça fait un mois qu’ils essayent de traverser cette forêt.

      Au début, lorsqu’on les approche, ils ont peur de nous. On siffle. C’est pour les rassurer, comme ça ils savent qu’on n’est pas des gardes-frontières. Qu’on a des bonnes intentions.

      Ils dévorent la nourriture qu’on apporte. Pour certains, ça fait des jours qu’ils n’ont pas mangé. On leur donne de l’eau, du pain, de la nourriture en boite (thon ou pâté), du chocolat, des barres énergétiques, de la soupe chaude. La soupe ne devrait pas être trop épicée – ils sont nombreux à avoir des problèmes gastriques. C’est parce qu’ils mangent très peu et ils boivent de l’eau boueuse des flaques, des marais et des ruisseaux.

      On apporte aussi des couvertures d’urgence. Des chaussures et des chaussettes – les pieds sont souvent dans le pire état. Des batteries externes, absolument essentielles, car avec un portable chargé ils peuvent se localiser sur une carte, écrire un mot à leurs familles. Un portable chargé peut sauver la vie dans ces conditions infernales.

      Les signes de leur séjour en Biélorussie, on les voit partout sur leurs corps.

      On se met autour du feu, on sort un paquet de cigarettes. Un moment rare de détente, comme si on était à une soirée entre amis. Un des réfugiés, Omar*, nous montre les photos de sa femme et deux enfants, âgé de deux et cinq ans. On demande s’ils sont toujours en Syrie. Il répond que non, qu’ils sont en Biélorussie à la frontière. J’essaie de ne pas imaginer dans ma tête ce qu’ils se passe avec eux.

      Les réfugiés que l’on rencontre racontent que ce qui se passe du cote bélarusse de la frontière, c’est le pire. Les signes de leur séjour en Biélorussie, on les voit partout sur leurs corps. Des blessures causées par le fil barbelé, des ecchymoses par les coups de garde-frontières. Certains ont des blessures causées par les morsures des chiens policiers.

      Omar me montre une photo de lui en Syrie, puis se pointe du doigt. Sur la photo, il est bien habillé, soigné, il est dans un restaurant avec un ami. Ici, maintenant, il est dans des vêtements sales, la barbe qui n’a pas été rasée depuis des semaines. C’est comme s’il voulait dire : regarde ce que je suis devenu. Il me montre sa main, un morceau de son doigt manque. Effet de son passage de la frontière.

      Dans un sac à dos qu’on a apporté, on trouve un paquet de Toffifee. Ils l’ouvrent et nous en proposent. Au début on refuse, on dit qu’ils en ont plus besoin que nous. Mais ils ont besoin de partager. Je prends mon Toffifee et je le cache dans ma poche. Je n’arrive pas à le manger, le ventre serré.

      Il est temps de partir. « Quand je m’installe à Berlin, je vous inviterai tous », dit Omar.
      « Ça marche ! », on répond en riant, tout en sachant qu’il y a peu de chance que ça arrive vraiment.

      On rentre au QG des militants pour se reposer un peu quand soudain l’information nous tombe dessus : six enfants sont à l’hôpital de Hajnówka avec leur mère hospitalisée. On ne sait pas encore ce qui va leur arriver. Il faut leur préparer des vêtements chauds, au cas où ils seraient repoussés de nouveau. Ça peut paraitre fou, mais rien ne nous étonne plus dans cet enfer.

      On apprend que le plus petit a trois ans et que le plus grand fait 150 cm. Je fouille dans les cartons dans notre dépôt. Je cherche des bonnets, chaussures, manteaux les plus chauds possible. Je me demande ce qui a bien pu se passer avec l’humanité pour que l’on soit là, à chercher des vêtements chauds pour des tout petits enfants, qui vont peut-être devoir passer des jours, ou des semaines, dans une forêt froide et humide. Je n’arrive pas à comprendre.

      Ce sont des questions que les militants se posent tous les jours. Avant de venir sur place, avec mes trois amis avocats, on a appelé une avocate en droit d’asile qui nous a expliqué la procédure. Pourtant, on sait très bien qu’on entre dans une zone ou la loi n’existe plus. Ou ces procédures-là, prescrites par la loi nationale et internationale, ne sont plus applicables. Quelques chanceux vont pouvoir déposer une demande d’asile – généralement quand il y a des médias, des enfants, les cas « médiatiques ». Pour le reste, c’est le refoulement en Biélorussie. Rappel : les médias n’ont pas accès la zone sous état d’urgence.

      Comme chaque semaine, Wanda et Robert, deux habitants d’un village qui se trouve dans la zone interdite, viennent à notre base. On leur donne des vêtements et des chaussures. Ils racontent que parfois, dans les villages au plus près de la frontière, on entend des voix venant des champs du maïs qui appellent « au secours ! ». Certains habitants reviennent avec de l’aide. D’autres appellent les autorités.

      Depuis quelques jours, certains habitants de la région allument un feu vert devant leurs maisons. C’est un signe pour des réfugié-e-s que c’est une maison ou ils peuvent venir se réchauffer, manger quelque chose, charger leur portable, se reposer un peu avant de reprendre la route. L’initiative est de Kamil Syller, habitant du village Werstok.

      Certains habitants de la zone font eux-mêmes des interventions dans des forêts. Ils sont très engagés mais leurs possibilités sont limitées. Comme la zone est fermée aux personnes de l’extérieur, on ne peut pas y aller les soulager. Ils se retrouvent seuls face à une souffrance difficile à imaginer.

      – « Ce qui serait utile, c’est une formation médicale, dit Robert, Pour savoir comment reconnaître les symptômes d’hypothermie. Comment savoir que la personne est dans un état critique et qu’il faut appeler les secours ? »

      Mais appeler une ambulance signifie aussi que les garde-frontières sont avertis (l’ambulance est obligée de le faire). En conséquence, c’est un « push-back » quasiment garanti.

      Notre groupe militant collabore étroitement avec l’ambulance des Médecins à la Frontière (Medycy na granicy), une initiative des médecins et ambulanciers qui fournissent de l’aide médicale aux réfugié-e-s. Ils le font d’une manière bénévole. Depuis des semaines, ils font appel aux autorités pour les laisser entrer dans la zone de l’état d’urgence. Sans résultat.

      Ce jour-là, les Médecins à la Frontière nous informent qu’ils soignent un groupe de trois personnes – deux Irakiens et un Turc. Les gardes-frontières ont remarqué l’ambulance et sont déjà sur place. Il faut y aller pour recueillir des procurations des réfugié-e-s. C’est leur seule chance pour commencer la procédure d’asile. On y va.

      Les trois hommes sont déshydratés, affamés, avec des symptômes d’hypothermie. Ils ont bu de l’eau contaminée d’un ruisseau, ils ont des symptômes d’intoxication alimentaire. Un homme, Hamza, est dans un état grave. On va à l’hôpital dans la ville de Hajnówka. En route, on passe à côté d’une autre ambulance. On voit une personne à terre, recouverte d’une couverture de survie. On se demande si elle est toujours vivante.

      Hamza prend mon portable. Avec mon outil de traduction, il dit qu’il ne peut pas rentrer en Biélorussie, il raconte qu’ils les ont battus et maltraités. Il a peur de mourir de froid dans la forêt.

      Je verrai cette personne plus tard à l’hôpital. C’est un jeune homme, il a survécu. Quand je le vois aux urgences, le médecin me demande de lui dire, avec l’application de traduction de mon téléphone, qu’il va aller prendre une douche. Il tremble énormément, je n’ai jamais vu une personne trembler autant. Je mets la langue kurde et je parle à mon portable. Il ne m’entend pas mais je vois qu’il essaye de me dire quelque chose. Je me rapproche pour l’entendre, sa voix est très faible. « No Belarus, no Belarus », il dit. Partout sur son corps, des blessures et des traces de coups.

      Après deux ou trois heures, les trois réfugiés avec qui je suis venue se sentent beaucoup mieux. Je recueille des procurations. Je leur dis pourquoi la demande d’asile est leur seule possibilité dans cette situation. J’essaie de leur expliquer que le fait de faire la demande ne garantit pas qu’ils ne vont pas être de nouveau repoussés en Biélorussie. Hamza prend mon portable. Avec mon outil de traduction, il dit qu’il ne peut pas rentrer en Biélorussie, il raconte qu’ils les ont battus et maltraités. Il a peur de mourir de froid dans la forêt. Je ne sais pas quoi lui répondre, comment le réconforter. Je sais très bien, on l’entend tous les jours, que la loi ne fonctionne pas. Mais je ne peux rien lui garantir.

      On a un moment libre. Un militant, Olek, me raconte que quand il était petit, il passait l’été dans ces forêts, ou ses parents ont une maison de vacances. Il raconte comment il ramassait des champignons et faisait du vélo. Moi je lui raconte que l’année dernière je suis venue dans un des villages d’à côté pour écouter le brame du cerf. On se dit qu’on ne pourra plus jamais venir ici comme touristes. Qu’on ne pourra jamais se promener dans ces forêts sans penser à toutes ces personnes qu’on a rencontré parmi les arbres, dont on ne connaitra jamais le sort.

      Comme celui d’Omar et de son groupe. Ou celui de Hamza ses deux amis Irakiens. Je contacte les garde-frontières pour apprendre où ils les ont pris – étant leur conseillère, j’ai le droit d’avoir accès à cette information. Pourtant, on m’informe que personne ne sait où ils sont, personne ne les a jamais vus.

      Tout comme les six enfants de l’hôpital de Hajnówka. Plusieurs institutions, dont l’adjoint au Défenseur des droits, ont essayé d’intervenir en leur faveur.

      Mon Toffifee, je le tiens encore dans ma poche. Je n’arrive toujours pas à le manger.

      * Les noms des militants et des réfugié-e-s ont été changés

      https://courrierdeuropecentrale.fr/no-belarus-no-belarus-reportage-avec-les-benevoles-a-la-fron

    • Entre la Pologne et le Belarus, les migrants abandonnés dans une #zone_de_non-droit

      Le Parlement polonais a voté, le 14 octobre, la construction d’un mur à sa frontière avec le Belarus. Mais aussi la possibilité de refouler les migrants, coincés entre les deux pays, dans une forêt où l’état d’urgence a été décrété.

      Un mur d’une valeur de 350 millions d’euros et le « droit » de refouler les migrants qui se présentent à ses frontières avec le Belarus. C’est ce qu’a voté le Parlement polonais, jeudi 14 octobre, faisant fi du droit international, qui interdit la pratique du push back (refoulement) lorsque les personnes en migration déclarent vouloir demander l’asile dans un pays. Des mesures qui surviennent au moment où la Pologne a créé, à sa frontière, une zone enclavée en pleine forêt, où les migrants restent bloqués sans eau ni nourriture, dans des conditions de vie extrêmes.

      Dimanche 17 octobre, à l’initiative de groupes féministes, des manifestations se sont tenues à Varsovie et dans plusieurs autres villes polonaises, comme Cracovie, pour dénoncer ces refoulements et les « actions scandaleuses des autorités vis-à-vis des personnes à la recherche d’un refuge en Pologne ». Le même jour, un ressortissant ukrainien qui transportait vingt-sept migrants irakiens dans une voiture aurait été arrêté par les garde-frontières polonais, selon l’ambassade de France en Pologne.

      Depuis l’été dernier, la Pologne est devenue l’un des principaux points de passage des migrants qui, venant du Belarus, tentent de traverser la frontière pour rejoindre l’Allemagne et l’Europe de l’Ouest. Les forces de l’ordre polonaises sont accusées par plusieurs ONG, dont Amnesty International, d’abandonner à leur sort des demandeurs d’asile se présentant à leurs frontières et de les renvoyer de force vers le Belarus. Ainsi, mi-août dernier, Amnesty International a pu documenter et prouver, grâce à une enquête numérique, le « renvoi forcé illégal » d’une trentaine d’Afghans ayant déposé une demande d’asile en Pologne vers le Belarus.

      « Des personnes demandent l’asile dans un pays de l’Union européenne et un État membre de l’Union européenne viole de manière éhontée leurs droits : l’Union européenne doit agir rapidement et fermement pour dénoncer ces atteintes flagrantes au droit européen et international », avait alors dénoncé Eve Geddie, directrice du bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.

      En catimini, dès le 20 août, la Pologne a officialisé le refoulement des migrants par le biais d’un arrêté ministériel. L’état d’urgence décrété dans cette zone frontalière, côté polonais, début septembre, a ensuite fortement restreint l’accès aux ONG et journalistes, les empêchant de documenter le quotidien des personnes vivant ou se présentant à la frontière. C’est dans le cadre de la loi sur le renforcement de la sécurité aux frontières de l’État, adoptée mardi 19 octobre, que le Parlement a légalisé la pratique du refoulement.

      Le Parlement polonais peut voter ce qu’il veut, les refoulements restent une violation du droit international.

      Jan Brzozowski, chercheur et spécialiste des migrations

      « Les migrations sont une nouvelle fois utilisées pour des raisons politiques, analyse le Polonais Jan Brzozowski, chercheur à l’université d’économie de Cracovie et spécialiste des migrations. Mais le Parlement polonais peut voter ce qu’il veut, les refoulements restent une violation du droit international. Ces mesures n’ont donc aucune valeur à l’extérieur de la Pologne. On n’attend pas du gouvernement qu’il accepte toutes les demandes d’asile mais que la loi internationale soit respectée, donc que les migrants qui se présentent à notre frontière, même illégalement depuis le Belarus, soient autorisés à déposer une demande de protection et qu’elle soit étudiée sérieusement. »

      Pour Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, ce scénario ressemble fort au conflit né entre la Grèce et la Turquie il y a quelque temps. « Le Belarus utilise sa frontière avec la Pologne pour mettre l’Europe dans une situation difficile, en permettant à qui en a l’envie de rentrer sur le territoire sans visa. C’est ainsi que des Afghans ou des Irakiens prennent l’avion pour Minsk et entrent, à l’aide de passeurs ou autrement, sur le territoire polonais. Cela fait partie des intentions de Loukachenko d’utiliser la pression migratoire pour mettre une pression politique sur l’Europe, qui a émis beaucoup de sanctions à l’égard de son régime », souligne-t-elle.

      Problème : l’instrumentalisation de la question migratoire par les deux pays engendre une situation catastrophique à la frontière, en particulier dans cette zone de non-droit où nul ne peut accéder. Déjà sept personnes ont perdu la vie depuis l’été et nombre d’observateurs ont constaté des cas d’hypothermie, de maladies liées à l’environnement de vie, de mal ou non-nutrition.

      « Il faut imaginer une zone de 400 kilomètres de long et 3 kilomètres de large, en état d’urgence, où les seules personnes habilitées à y être sont les garde-frontières. Une zone forestière où il n’y a rien, où l’on ne peut se protéger du froid et où l’on n’a pas à manger. Les réfugiés qui y sont coincés n’ont pas le droit de la traverser pour aller sur le reste du territoire polonais, au risque d’être renvoyés dans cette zone ou d’être repoussés vers le Belarus. Ces push back, sans prise en compte de leur situation individuelle, sont illégaux au regard du droit international. Mais finalement tout est illégal, y compris le fait de les bloquer dans cette zone sans leur apporter une aide humanitaire », résume Agnès Callamard, experte des droits humains, qui rappelle la responsabilité du gouvernement polonais dans ces multiples violations du droit international.

      Les gens boivent l’eau des marais, certains tombent malades.

      Anna Alboth, membre de l’ONG Minority Rights Group

      Anna Alboth, membre de l’ONG Minority Rights Group, estime qu’environ 5 000 personnes seraient aujourd’hui parquées dans cette forêt, au milieu des marécages et des animaux sauvages, sans ressources pour survivre. « On ne peut pas parler d’un afflux, ces mesures sont disproportionnées », relève Agnès Callamard. « Les gens boivent l’eau des marais, certains tombent malades. Les gens ne connaissent pas la géographie des lieux et ne sont pas habitués au froid. Plusieurs migrants nous ont raconté qu’ils n’avaient pas mangé ni bu pendant des jours. Nous, on est juste des travailleurs humanitaires, personne ne nous a préparés à patrouiller en forêt à la recherche de personnes cachées pour leur donner une simple bouteille d’eau », regrette Anna Alboth, qui vient de passer plusieurs semaines à la frontière, rencontrant des groupes de femmes seules, des familles, des enfants, venus pour la plupart de l’Afrique de l’Ouest (Congo, Nigéria), du Kurdistan irakien, de Syrie et du Yemen.

      Si quelques habitants tentent d’aider les migrants sur place, une majorité d’entre eux, rapporte Anna Alboth, appellent la police pour dénoncer leur présence aux abords de la forêt, répondant aux conseils des policiers. « Ils font du porte-à-porte pour inviter les gens à dénoncer les migrants, en affirmant qu’ils sont dangereux et en leur conseillant de bien fermer leurs fenêtres et porte d’entrée le soir. Ils affirment aussi transférer les migrants dénoncés vers des centres d’accueil où ils peuvent demander l’asile, ce qui est faux. 95 % d’entre eux n’en ont pas la possibilité et sont refoulés. »

      Une« propagande » également dénoncée par le chercheur Jan Brzozowski, qui rappelle qu’un programme scandaleux a été diffusé récemment en Pologne, insinuant que les migrants détenaient du matériel illégal sur leurs téléphones comme du contenu pédopornographique, ou étaient des sympathisants de l’État islamique. « Un mensonge total visant à manipuler les gens. La population adhère à la propagande du gouvernement polonais et n’est pas suffisamment informée. Elle ignore ce qu’il se passe à la frontière. »

      L’idée d’une “invasion” prépare la population à accepter le pire des agissements.

      Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

      À ses yeux, l’une des priorités serait de « sensibiliser » les Polonais sur la réalité du terrain, car le gouvernement polonais actuel accorde une « importance forte » à l’opinion publique. « Cela doit passer par le peuple. Le soutien, même symbolique, des ONG travaillant sur les droits humains à travers le monde peut aussi aider. Quant à l’idée de sanctions au niveau européen, je crois que ce serait contreproductif : on voit bien comment les relations avec l’Union européenne se détériorent dans un contexte où la Pologne espère gagner en autonomie. »

      Jeudi 7 octobre, le Tribunal constitutionnel polonais a rendu une décision venant contester la primauté du droit européen (lire ici notre entretien). Au Parlement européen, mardi 19 octobre, les députés ont appelé la Commission européenne à « utiliser tous les outils à sa disposition pour défendre les citoyens polonais » et à lancer des procédures d’infraction envers la Pologne.

      La dynamique actuelle aux frontières entre la Pologne et le Belarus rejoint, pour Agnès Callamard, ce que l’on voit ailleurs dans le monde et en Europe concernant les migrations : la symbolique de « l’invasion » s’installe dans les esprits, propagée par les milieux de droite et d’extrême droite. Et tant pis si des personnes (y compris des enfants) « meurent de faim ».

      « La majorité des Polonais est d’accord pour que le gouvernement prenne ces mesures, note la secrétaire générale d’Amnesty International, qui revient d’un séjour en Pologne. On n’arrête pas de les bombarder de messages insinuant que le pays est envahi et que s’il ne fait rien, cela aboutira à la même situation qu’en 2015. L’idée d’une “invasion” prépare la population à accepter le pire des agissements. On voit cela partout en Europe, où l’on essaie d’habituer les gens à déshumaniser les réfugiés. Et ça marche. »

      https://www.mediapart.fr/journal/international/201021/entre-la-pologne-et-le-belarus-les-migrants-abandonnes-dans-une-zone-de-no

    • Video shows Polish guards using tear gas to push back migrants

      A group of migrants stuck at the Belarusian-Polish border trying to cross the border barrier has been repelled by guards using tear gas, the Polish Border Guard said. Up to 15,000 migrants and refugees could be stranded in the border region between the two countries.

      A group of migrants stuck on the Polish-Belarusian frontier for weeks tried to break through the border barrier, according to the Polish Border Guard.

      Near the village of Usnarz Gorny, six people threw wooden logs onto the barbed wire fence in an effort to topple it, the agency said in a tweet on Wednesday (October 20) that included a video of the incident. The migrants also threw stones at border guards and soldiers, the tweet added. Some were equipped with axes and pliers, it said.

      https://twitter.com/Straz_Graniczna/status/1450830048035024903

      Border guards used tear gas to stop the migrants, which can be seen in the last 15 seconds of the video. Nevertheless, 16 of them eventually forced their way into Polish territory but were pushed back to the other side of the border, according to the agency.

      It is important to note that the information provided by the Polish Border Guard cannot be independently verified because Poland has imposed a state of emergency in the border region. Journalists and aid workers are not allowed in.

      Over the past few months, thousands of mainly Middle Eastern migrants have been trying to reach the European Union via Belarus. They chose paths to EU member states Lithuania, Latvia and Poland. According to news agency dpa, around 15,000 migrants have gathered at the Polish-Belarusian border since then. The Lithuanian government on Wednesday spoke of a total of 6,000 to 7,000 who could be waiting at the EU external border with Belarus.

      Read more: Germany mulls sanctions to stop migration from Belarus amid growing concern over rights violations
      Geopolitical conflict

      The governments of Poland and other EU countries as well as EU institutions have repeatedly accused Belarusian ruler Lukashenko of allowing people from countries like Iraq and Lebanon to travel toward the bloc’s external borders via Belarus to put pressure on the EU and sow division. On Wednesday, Germany’s interior minister, Horst Seehofer, accused Belarus of organizing human trafficking, calling it a form of “hybrid threat by weaponizing migrants.”

      Underlying the recent spike in irregular migrant arrivals to the EU via Belarus is a complicated geopolitical conflict. In May, Lukashenko’s security forces diverted a Ryanair plane with a Belarusian activist on board flying from Greece to Lithuania. As a result, the EU imposed sanctions on Belarus.

      In return, Lukashenko indicated that Belarus could retaliate by loosening border controls for irregular, western-bound migrants as well as drug trafficking.

      On Wednesday, the body of a Syrian was found in a river in the border region between Poland and Belarus. It was the eighth recorded migrant death since the beginning of the surge in arrivals. Amnesty International, the Council of Europe and others have repeatedly criticized member Poland for its treatment of migrants at the border with Belarus.

      https://www.infomigrants.net/en/post/35949/video-shows-polish-guards-using-tear-gas-to-push-back-migrants

      #Usnarz_Gorny #push-backs #refoulements

    • Freezing to death: the migrants left to die on the Poland-Belarus border – video
      https://www.youtube.com/watch?v=uassRA0qF-s

      Migrants are dying in Poland’s forested border with Belarus, as the countries are locked in a geopolitical standoff. Polish authorities accuse Belarus of deliberately abandoning migrants near its border in an attempt to destabilise the EU because the bloc imposing sanctions on Belarus after its disputed election.

      Poland has responded by declaring an emergency zone, forbidden to journalists and activists, where it is believed that, hidden from sight, they are illegally forcing people seeking asylum back over the border instead of processing applications. We follow Piotr Bystrianin, an activist trying to locate desperate migrants in the woods before the border guards do.

      https://www.theguardian.com/world/video/2021/oct/22/freezing-to-death-the-migrants-left-to-die-on-the-poland-belarus-border

      #froid

  • En vrac sur le Web
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#vrac

    C’est Noël, la fête du petit Jésus et de tous les enfants pour les adeptes de la religion chrétienne… mais ces bondieuseries sirupeuses ne nous ferons pas oublier l’attirance criminelle que portent certains prêtres auxdits enfants, avec sinon la bénédiction, du moins la tolérance de la hiérarchie de l’Eglise. A force de répéter que la femme, c’est le démon… comment s’étonner de tels agissements. Récemment, les « incartades » d’un évêque avec une spécialiste de la théologie, relation entre deux adultes consentants, a attiré les foudres sur ce religieux qui aimait trop sa prochaine. Il a vite été démis de ses fonctions…

    #Noël #catholique #anarchisme #UTCL #LouiseMichel #CourantAlternatif #PingouinGoéland

  • #Angleterre : Vague de quarantaines à cause du Covid : inquiétude d’avoir des rayons vides dus à la "pingdémie" au Royaume-Uni.
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_vague-de-quarantaines-a-cause-du-covid-inquietude-d-avoir-des-rayons-vid

    Au Royaume-Uni, on craint de plus en plus que la « #pingdémie » ne provoque des pénuries alimentaires. "Nous sommes très préoccupés par la situation", a reconnu le ministre de l’Économie, Kwasi Kwarteng, interrogé sur des photos de rayons vides dans les supermarchés. "Nous suivons l’évolution de la situation."

    En une semaine, des centaines de milliers de personnes au Royaume-Uni ont reçu via une application officielle un appel à se mettre en quarantaine à domicile. Elles sont considérées comme ayant été en contact avec une personne testée positive au coronavirus et ont donc été "pinguées", ce qui signifie qu’ils ont reçu une notification sur leur téléphone.

    Demande de test PCR
    Les entreprises se plaignaient déjà de la pénurie de personnel due au Brexit et disent maintenant que la situation menace d’empirer à cause de cette ’pingdemie’. Selon Sky News, les chaînes d’approvisionnement "commencent à s’effondrer", car les chauffeurs routiers et les personnes travaillant dans le secteur de la viande, entre autres, restent à la maison.

    Ce nouveau type d’épidémie dominait d’ailleurs les premières pages des médias britanniques jeudi. "La ’pingdémie’ perturbe l’approvisionnement alimentaire des supermarchés", titre le Daily Telegraph. Le Sun et le Daily Mail ouvrent avec des photos d’étagères vides. "Des craintes de pénurie alors que les magasins sont touchés par la +pingdémie+", écrit le Times.

    Certaines entreprises prennent désormais les choses en main. La société Bidfood a appelé les employés "pingués" à venir travailler si un test PCR montre qu’ils ne sont pas infectés. Ces travailleurs jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire, a justifié le patron de cette entreprise, Andrew Selley, auprès de la BBC.

    Aussi dans les services publics
    Les services publics n’ont pas échappé non plus aux conséquences de la "pingdémie", la police manquant de bras pour pouvoir répondre rapidement aux appels qu’elle reçoit. La police de Cleveland dit que des congés du personnel ont finalement été retirés.

    Les Britanniques ne sont pas légalement obligés de se mettre en quarantaine à domicile pendant dix jours s’ils reçoivent une notification via l’application, qu’ils ne sont d’ailleurs pas non plus obligés de télécharger.

    De nombreuses personnes ont toutefois répondu à l’appel et le gouvernement est sous pression pour prendre des mesures. Ce dernier a déjà décidé qu’à partir du 16 août, les personnes entièrement vaccinées ne devront plus être placées en auto-isolement si elles entrent en contact avec le virus, sauf si elles sont elles-mêmes testées positives.

    #pénuries #supermarchés #ping #chaîne_alimentaire #approvisionnement #services_publics #vaccination #test_pcr #covid-19 #isolement #cas_contact #travail #économie #coronavirus #santé #surveillance #travail #confinement #covid #sars-cov-2 #pandémie #contacttracing #isolement

  • « Dix jeux cultes à (re)découvrir avant la disparition de #Flash »

    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/12/30/dix-jeux-cultes-a-re-decouvrir-avant-la-disparition-de-flash_6064847_4408996

    Parmi lesquels « Sorti en 2004, #Yetisports : #Pingu_Throw a engendré toute une suite de jeux inspirés de ce sport d’hiver un peu particulier, qui consiste à frapper un pingouin à la batte de baseball pour le faire voler le plus loin possible. Un classique qui a aussi popularisé un genre de jeux absurde. »

    Une version refaite sans Flash : https://nah.re/ruffle/1-pingu-throw.html

    #jeux_vidéo

  • « Les décrets liberticides et la répression massive des manifestations sont spectaculaires, mais il y a aussi, partout sur le territoire, chaque jour, des « petites » affaires qui en disent long sur la façon dont le pays s’enfonce inexorablement dans un Régime policier. »
    Nantes Révoltée


    https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1339247154800586756

    Les caricatures et les blagues ne sont autorisées que pour se moquer des musulman-es, des pauvres ou des opposant-es. Elles sont en revanche interdites si elles visent les riches, les puissants, le pouvoir. Le goût poisseux de la dictature qui vient.
    – Le mot #pingouin est-il un "outrage à agent ? –

    #ÉtatPolicier #OnPeutPlusRienDire #OnPeutPlusRienDessiner #OùEstCharlie #LeBruitDesBottes

  • Chrome, Safari et d’autres navigateurs ne vont plus permettre de désactiver l’audit de lien, qui permet de suivre les clics sur les liens de sites
    https://www.developpez.com/actu/255113/Chrome-Safari-et-d-autres-navigateurs-ne-vont-plus-permettre-de-desactiv

    L’article original : https://lapcatsoftware.com/articles/Safari-link-tracking.html

    L’audit de lien dont il est question ici est l’attribut « ping » des balises « a » (= lien hypertexte) qui entraîne un POST tout à fait irrespectueux de la vie privée sur l’URL donnée dans la valeur de l’attribut : cf la doc de cet attribut sur MDN : https://developer.mozilla.org/fr/docs/Web/HTML/Element/a#attr-ping qui précise bien :

    Cet attribut est généralement utilisé pour tracer un utilisateur.

    Cet attribut a été introduit par la version 5.3 de HTML5 : cf https://www.w3.org/TR/html53/links.html#sec-hyperlink-auditing
    A noter un début de discussion remettant en cause la pertinence technique du mécanisme utilisé qui pose clairement ses enjeux pour le W3C :

    Hyperlink auditing is important because advertising and referral-based user tracking are two of the primary means of generating revenue via Web sites. However, by its very nature, such tracking must be comprehensive, accurate, and unavoidable by a typical user or it simply won’t be relied upon by site owners and advertisers.

    (cf le premier message de https://lists.w3.org/Archives/Public/public-html/2009Dec/thread.html#msg183)

    ...ce qui donne un exemple typique des intérêts et de la partialité du W3C dans la fabrication des standards du web !

    #navigateur #vie_privée #ping #hyperlink-auditing #html5 #w3c #standard #lobby

  • Penguin mega-colony discovered using satellites and drones, raising scientists’ hopes
    https://news.mongabay.com/wildtech/2018/03/penguin-mega-colony-discovered-using-satellites-and-drones-raising-sc

    Scientists have discovered a ‘supercolony’ of Adélie penguins in Antarctica’s remote Danger Islands, raising hopes that the bird’s population isn’t declining as rapidly as previously thought.

    The discovery, which is documented in a paper published this week in Scientific Reports, came after Stony Brook University biologist Heather Lynch and NASA’s Mathew Schwaller noticed apparent guano stains in satellite images of the Danger Islands, a remote chain of normally ice-locked islands off the Antarctic Peninsula, in 2014.

    #Pingouins #Antarctique

  • Pour la dignité des personnes âgées et le respect des soignants | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250118/pour-la-dignite-des-personnes-agees-et-le-respect-des-soignants

    Alors qu’un mouvement de grève est prévu pour le 30 janvier, trois médecins lancent un appel à la mobilisation pour plus de moyens dans les Ehpad et le respect de la dignité des personnes âgées et des soignants. Le texte a depuis été signé par plus de 300 000 personnes.

    Nous, soignants de toutes professions, de toutes les régions de France, au nom de l’engagement humain de notre métier, il est de notre devoir d’alerter le ministère de la santé et le gouvernement sur l’insuffisance des effectifs et des moyens dans les établissements accueillant des personnes âgées (EHPAD) et dans les services d’aide à domicile.

    La réforme de la tarification introduite par la Loi vieillissement dite « ASV », qui va se traduire par des suppressions massives de postes, est unanimement rejetée par les personnels soignants et leurs syndicats.

    Les établissements accueillant des personnes âgées (EHPAD) et les services d’aide à domicile rencontrent de graves difficultés mettant en jeu la santé des résidents et des personnels soignants.

    De nombreux EHPAD ont entamé des grèves dénonçant le sous-effectif, le manque de moyens humains et financiers et parfois les actes de maltraitance aux personnes âgées, conséquences directes de ces problématiques chroniques.

    Malgré ces alertes, le Président de la République a refusé de recevoir une délégation des signataires de la lettre commune du 19/10/7 et du 07/12/17 initiée par les syndicats représentatifs du secteur.

    La Ministre de la santé considère que les difficultés des EHPAD seraient dues à « un problème de management ».

    #vieux #ephad #pingrerie_sans_limite #santé #Travail #conditions_de_travail #management #maltraitance #grève

    • Ehpad : une ex-infirmière nous a raconté sa détresse
      https://www.lemonde.fr/societe/video/2019/01/25/ehpad-par-le-manque-de-disponibilite-on-met-les-residents-en-danger_5414691_

      #VIDÉO Une ex-infirmière livre son témoignage face à ces moyens jugés insuffisants dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

      Mathilde Basset, infirmière, a récemment quitté son poste au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (#Ehpad). Elle raconte son expérience dans un #livre, J’ai rendu mon uniforme. Il suffit d’en lire un extrait pour saisir la détresse qu’elle a vécu : « Je sens que cette journée va mal tourner, car je suis seule infirmière pour 99 résidents. J’appréhende. Mais je ne dis rien. Nous sommes toutes dans le même bateau. »

      Manque de personnel, mauvaise organisation, budgets limités… le travail en Ehpad est difficile pour le personnel #soignant. Sous pression et à bout de force, nombreux sont ceux qui, comme Malthilde Basset, craquent. Et les conséquences se font sentir sur les résidents. Le manque de personnel est régulièrement considéré comme l’une des principales causes des cas de #maltraitance au sein des Ehpad.

      En janvier 2018, le personnel des Ehpad s’est mis en grève. Le but : interpeller le gouvernement sur le manque de moyens et la mauvaise gestion de leurs établissements. Pour répondre à la colère des personnels des Ehpad, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé dès janvier 2018 une série de mesures. Recrutement d’infirmiers de nuit, rénovation d’Ehpad vieillissants, renforcement du nombre d’équipes mobiles de gériatrie… Ces annonces ont été présentées comme une première étape à un plan sur le vieillissement et la dépendance qui devrait aboutir début 2019.

  • Joëlle Léandre : Lettre ouverte aux Victoires du Jazz - Le son du grisli
    http://grisli.canalblog.com/archives/2017/12/15/35960093.html


    #Bravo #Joëlle !!!

    Chers Messieurs,

    Non ! Que ce soit rance, trop vieux ou trop tard (il est vrai qu’avec les réseaux tout va si vite, j’oserais dire tout s’oublie vite aussi…), là, ce soir, sans farce et sans force, je refuse de me taire, de passer l’éponge, d’oublier...

    J’accuse, et je prends seule la responsabilité d’écrire car trop c’est trop (même une pantalonnade... Daniel, un producteur, se reconnaîtra). Tous ces Prix, ces Distinctions, ces Victoires du Jazz (ou plutôt Défaites du Jazz... Joël, d’un certain fanzine, se reconnaîtra), m’interpellent et me poussent à la réflexion. Je suis désolée, mais au vu des résultats des Victoires du Jazz et au look de ces quinze pingouins unis et souriant au-delà de leur talent (j’en connais plusieurs et je joue même avec certains), tout cela me questionne.

    Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune femme jeune ou moins jeune parmi les nommés de 2017 ? Est-ce une provocation ? Un jeu ? Un je-m’en-foutisme ? Quel jury décide de cela ? Les labels, les agents sont-ils derrière tout ça ? Comment se fait-il qu’au XXIe siècle, encore et encore, aucune femme ne soit nommée ? Mais c’est quoi cette mascarade, cet archaïsme, ces décisions de salons perruqueés antiques et poussiéreuses ?

    Le Jazz ne s’est pas arrêté en 1950. Certains et certaines osent, proposent, provoquent et se questionnent en terme de formes, de structures, d’instrumentation, de rythmes et de timbres... et tant et tant... Le Jazz n’a été que rencontres, risque et aventure. C’est quoi ce bazar ? pense-t-on en voyant et en lisant ces résultats.

    Vous ne pensez pas qu’une femme puisse réfléchir, composer, avoir des projets, des groupes, en leader… filer sur les routes et proposer sa musique ? Mais où en est-on ? Comment voulez-vous qu’une jeune femme qui sort d’un conservatoire (ou pas), jouant super sa clarinette, son sax ou son piano n’ait pas ce sentiment. Elle peut être attirée par une autre musique : plus libre, plus créative, une envie d’aventure, la curiosité d’aller ailleurs.

    Être attirée par le Jazz (car le Jazz a toujours été une musique créative, le reste... je ne développe pas… je pourrais…). Bref, d’aimer cette Musique et voir et lire encore et encore vos résultats masculins ! Seriez-vous indifférents ? Sorry, c’est honteux. Je vous ai dit que je prenais seule le risque de vous écrire, je le fais ! Alors, au contraire, allez vers elles, accueillez-les, écoutez-les ! Soyez curieux au lieu de vous coller, de vous agglutiner comme dans tous ces bistrots, tous, entre copains avec vos petits pouvoirs. Oui, il y a de la colère.

    J’ai 66 ans et depuis 41 ans je suis sur les routes, dans le monde entier, avec mes potes (et quelques potesses) à jouer, créer, inventer ma Musique... crier même ! Croyez-vous que c’est moi qui ai appelé Steve Lacy, Anthony Braxton, George Lewis, Peter Brötzmann ou Marilyn Crispell et tant d’autres en Europe (ou des plus jeunes) et qu’on joue du Mozart ou du Monteverdi ensemble ?

    Arrêtons ! C’est du désir tout ça. Désir d’être, d’être Soi, de créer. C’est du collectif aussi où l’improvisation est majeure. Hommes et Femmes, Femmes et Hommes, et c’est toute l’histoire du Jazz ! Maintenant, avec les femmes aussi, n’oubliez pas ! Ne les oubliez plus ! Elles sont brillantes, fortes, dérangeantes, pleines de talent, de surprises, parfois riantes et bosseuses.

    À bon entendeur, salut !

    Joëlle Léandre - décembre 2017

    #récompense #sexisme #musique #jazz

    Les Diaboliques : Jubilation 1
    https://www.youtube.com/watch?v=uRyVL916YnM

    • Je conseil cet article sur les femmes et le Jazz :

      Tenter, rentrer, rester : les trois défis des femmes instrumentistes de jazz

      https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2008-1-page-87.htm

      À l’aube du XXIe siècle, l’accès des femmes aux fonctions et aux professions les plus élevées reste difficile. Un « plafond de verre » semble ainsi limiter leur présence dans les professions et les positions sociales les plus prestigieuses (Maruani, 2005 ; Reskin, Padavic, 2002). Les mondes de l’art apparaissent aussi largement fermés aux femmes comme l’ont montré les récents travaux menés sur l’univers des « musiques populaires » (Buscatto, 2003, 2007 ; Ortiz, 2004 ; Whiteley, 1997), des arts plastiques (Lang, Lang, 2001 ; Pasquier, 1983 ; Trasforini, 2007), de la musique classique (Escal, Rousseau- Dujardin, 1999 ; Goldin, Rouse, 2000 ; Graber, 2004 ; Ravet, 2003), de la danse (Faure, 2004 ; Sorignet, 2004) ou de la littérature (Naudier, 2007 ; Saint Martin de, 1990).
      2

      Plusieurs explications sociologiques sont ainsi avancées, de manière autonome ou articulée, pour analyser les causes d’une telle ségrégation verticale. Une discrimination, souvent inavouée et difficile à prouver, peut expliquer la faible présence des femmes dans certaines activités artistiques, à l’image des musiciennes d’orchestre américaines qui ne doivent leur entrée plus régulière dans les orchestres qu’à l’usage systématique du paravent lors des auditions de recrutement (Goldin, Rouse, 2000). La difficulté de certaines femmes artistes à envisager ou à vivre l’articulation entre une vie professionnelle très prenante et une vie personnelle – dont elles gardent la charge principale – les éloignerait d’une carrière artistique au profit de l’enseignement, notamment (Pasquier, 1983 ; Ravet, 2003). En outre, un fonctionnement encore très « masculin » du monde du travail concerné – réseaux sociaux, conventions musicales, normes d’interaction – inciterait certaines femmes, et une partie des hommes, à se retirer d’un milieu jugé peu accueillant qui ne les considère pas comme des collègues « à part entière » (Buscatto, 2007 ; Lang et Lang, 2001 ; Ortiz, 2004). Des représentations et des stéréotypes sociaux sexués tendent à exclure les femmes de l’exercice d’un art ou à les cantonner dans des rôles précis souvent moins légitimes – par exemple une écriture spécialisée sur des sujets « féminins » (Bielby, Bielby, 1996) ou l’exercice amateur du piano (Lenoir, 1979). Des socialisations, différenciées dès le plus jeune âge, joueraient également dans ce sens puisque les jeunes femmes tendent à s’orienter de manière « naturelle » vers des pratiques dites féminines, à l’image du choix de certains instruments – harpe, piano ou voix (Buscatto, 2005 ; Ravet, 2003).
      3

      Le monde du jazz français offre un terrain privilégié pour étudier cette question de la « ségrégation verticale » de manière renouvelée. C’est un monde de l’art très masculin : 8 % des deux mille musiciens de jazz [1]
      [1] Ces chiffres et pourcentages, nécessairement approximatifs,...
      sont des femmes. De plus, alors qu’environ 65 % des chanteurs sont des chanteuses, les femmes constituent moins de 4 % des instrumentistes. Certains instruments se révèlent également plus « féminisés » que d’autres, à l’image du violon (9 %) ou du piano (environ 6 %) tandis que d’autres s’avèrent très peu « féminisés » – batterie (moins de 2 %), basse (aucune femme auto-déclarée), guitare (moins de 1 %) ou trompette (moins de 2 %). Et même les plus anciennes et les plus reconnues par leurs pairs, les programmateurs ou le public, n’évoluent dans ce monde que de manière secondaire et marginale. Les femmes instrumentistes sont encore peu nombreuses [2]
      [2] Au regard des avancées à l’œuvre, par exemple, dans...
      et reconnues alors qu’une majorité de critiques, d’instrumentistes et de programmateurs de jazz regrettent leur absence de manière répétée.
      4

      Une enquête ethnographique menée dans le monde du jazz depuis 1998 me permettra d’expliquer ces phénomènes de ségrégation sexuée. J’ai ainsi reconstitué les trajectoires de vie d’hommes et de femmes instrumentistes afin d’analyser simultanément les modes « masculins » de fonctionnement de ce monde de l’art et les trajectoires de vie de ces femmes et de ces hommes musiciens (Buscatto, 2007) [3]
      [3] Pour des raisons de confidentialité, je ne mentionnerai...
      .
      5

      J’expliciterai d’abord la difficile insertion des femmes instrumentistes de jazz français dans un monde professionnel saturé, hiérarchisé et précaire. Deux moments de la socialisation professionnelle semblent particulièrement importants lorsqu’on s’intéresse à la périlleuse féminisation du jazz français. D’un côté, au cours de leur jeunesse (jusque vers 30-35 ans environ), les femmes instrumentistes d’hier et d’aujourd’hui sont « sursocialisées » quand elles accèdent à un monde qu’elles apprécient alors pour ses caractéristiques « masculines ». Mais à mesure qu’elles prennent de l’âge, ces femmes voient leur position se fragiliser et devenir plus marginale, quel que soit le niveau de réputation acquis dans le passé ou le présent. En se cumulant, les conditions de vie personnelles, familiales, musicales et professionnelles multiplient leurs difficultés d’insertion dans le monde du jazz français.

  • Ecological trap ensnares endangered African penguins
    https://news.mongabay.com/2017/02/ecological-trap-ensnares-endangered-african-penguins

    Penguin numbers in South Africa’s Western Cape have plummeted by around 80 percent in recent decades. Biologists chalked this decline up to the disappearance of their favorite prey species, anchovies and sardines, from the Western Cape penguins’ preferred feeding grounds to the west of their nesting sites. Overfishing and changes in the water chemistry – knock-on effects of climate change – pushed breeding shoals of these fish eastward or wiped them out entirely.

    #pingouins #extinction #surpêche #climat #Afrique_du_Sud

  • Mali sends back migrants deported by France

    Mali has sent back two people who were deported from France on the same planes they arrived on, questioning whether they were even Malian citizens.

    The pair were flown to Bamako using European travel permits or “laissez-passer”, not passports or other Malian papers, the government said.

    The government said it could not accept people “simply assumed to be Malian”.

    http://www.the-star.co.ke/news/2016/12/31/mali-sends-back-migrants-deported-by-france_c1480472?platform=hootsuite

    #France #asile #migrations #renvoi #expulsions #Mali #ping-pong #migrerrance #réfugiés #aller-retour

  • Recommandations à @rezo
    Bonjour à tous.
    Il arrive que certains d’entre vous, lors de leur veille, aimeraient signaler au portail des copains des articles ou des sources qui gagneraient particulièrement à y être référencer.
    Certains utilisent @rezo pour pinguer, mais le soucis, c’est que ça ne renvoie qu’au membre qui a créé ce compte et pas à toutes les petites mains de l’ombre du prodigieux portail.

    Donc, la proposition serait de pinguer @rezo plutôt avec un tag, comme ça, tous les rezo⋅wo⋅men pourraient être alertés en s’abonnant au tag (et les autres pourraient en profiter aussi, en passant).

    Donc, je propose #rezo #ping #rezo_toc ou même #toctoc

    Et vous, vous en pensez quoi ?

    En fait, j’aime bien #toctoc, parce qu’il ne risque pas d’être relatif à autre chose (vous ne nous pinguerez pas par hasard ! )

  • Ça ne t’aura pas échappé mais bon, je note l’annonce du matin : Smic : dixième année sans vrai coup de pouce
    http://www.liberation.fr/france/2015/12/14/smic-dixieme-annee-sans-vrai-coup-de-pouce_1420648

    Pas de coup de pouce pour le Smic en 2016.

    Quand j’étais beaucoup plus jeune, il me semble que nos « représentants » prenaient un peu plus de temps avant d’enterrer les bulletins de vote au motif de la-réalité-qui-s’impose-à-nous. Mais depuis l’épisode grec, j’ai l’impression qu’il est devenu vital (quoi ? médiatiquement ?) de nous faire comprendre dès le lendemain du vote que ton vote, tu peux te le carrer là où je pense.

    • Le gouvernement peut également s’abriter derrière le comité d’experts qui, chaque année depuis son installation en 2009, recommande de s’en tenir à la revalorisation légale afin de ne pas « ajouter à l’incertitude », en cette période de reprise poussive de l’économie

      Ça abritera pas grand chose et pas longtemps, un comité d’experts

    • La dite « prime de Noël », une prime de fin d’année à destination d’une partie des précaires, instaurée par le gvt Jospin en 1998 en réponse aux mobilisations de chômeurs et précaires, était de 1000 francs, elle est aujourd’hui de... 152,45€. L’endurance que manifeste 365 jours de survie comme très pauvre rapporte 41 centimes/jour. Fallait choisir d’être milliardaire.

      Sur le #SMIC, le FN est le seul grand parti à dire vouloir l’augmenter...

      #pingres #mépris #précarité

    • Le patron :
      – je suis là pour vous faire croire que vous êtes en sécurité, si je vous augmente, non seulement le gvt sera mécontent mais je ne pourrai pas mettre d’eau chaude dans ma piscine et puis surtout surtout ça risque d’ ajouter à votre incertitude avec cette petite question lancinante dont vous ne connaissez pas la réponse pauvre cloche cette société est-elle ou non à mettre à bas ?

      #paternalisme

  • Le parti « les Républicains » se fournit en fringues au Bangladesh pour alimenter ses caisses et traficote des photos pour payer moins cher (ou pas du tout) des mannequins.| Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/06/03/premiers-couacs-dans-la-boutique-en-ligne-des-republicains

    Marianne révèle un élément plus troublant : selon ce journal, « les vêtements sont fournis par la société Solo Invest. L’entreprise a été citée dans deux drames industriels majeurs au Bangladesh », en 2005 et 2013. L’effondrement d’une #usine en 2005 qui avait provoqué la #mort de 64 personnes, et un incendie en 2013, qui avait tué sept personnes. « Sur les deux sites, l’usine Smart Fashion comme celle de Spectrum, des étiquettes au sigle du groupe français Solo Invest ont été retrouvées », poursuit Marianne.

    Contacté par le journal, le parti assure être au courant de ces scandales. La société, elle, avait fourni un démenti aux Républicains niant son implication. Les dirigeants de l’ex-UMP ont semblé croire en la bonne foi de l’entreprise. Après l’épisode Bygmalion, le parti dit en effet être « soucieux des entreprises avec lesquelles il travaille »... Mais le démenti de Solo Invest portait sur son implication dans l’effondrement du Rana Plaza en 2013, qui avait entraîné la mort de 1 134 personnes.
    (...)

    Pour vendre ses tee-shirts aux sympathisants du nouveau parti, Les Républicains ont eu recours à des mannequins. Du moins en apparence. Le Huffington Post a ainsi révélé que les modèles utilisés pour vendre la marque « Les Républicains » n’étaient jamais venus rue de Vaugirard pour la séance photo. Le cliché d’une femme vantant un tee-shirt de la série Game of Thrones a donc été repris pour y ajouter le slogan du parti : « L’alternance est en marche ».

    #affairistes #pingres #ultra_gauches

  • Un robot collaboratif japonais qui joue au ping-pong
    http://www.humanoides.fr/2014/10/07/un-robot-collaboratif-japonais-qui-joue-au-ping-pong

    Omron, spécialiste en automatisation industrielle, n’a pas cherché à fabriquer une bête de compétition. Non, Omron voit plus loin que ça. Il désire utiliser son prototype pour développer des robots plus flexibles, sachant s’adapter à l’homme, des robots destinés à peupler les usines, les fameux robots collaboratifs. Le prototype d’Omron est donc conçu pour s’adapter aux environnements dynamiques, susceptibles de changer en permanence. L’objectif recherché est de mettre au point une machine capable de déplacer, entreposer, assembler toutes sortes de composants, peu importe la forme ou les dimensions.

    #Automatisation #Industrie #Japon #Omron #Ping-pong #Preuve_de_concept #Robot #Sport

  • Il faut que je garde ça :
    <code>
    function urlExists($url=NULL)
    {
    if($url == NULL) return false ;
    $ch = curl_init($url) ;
    curl_setopt($ch, CURLOPT_TIMEOUT, 5) ;
    curl_setopt($ch, CURLOPT_CONNECTTIMEOUT, 5) ;
    curl_setopt($ch, CURLOPT_RETURNTRANSFER, true) ;
    $data = curl_exec($ch) ;
    $httpcode = curl_getinfo($ch, CURLINFO_HTTP_CODE) ;
    curl_close($ch) ;
    if($httpcode>=200 && $httpcode<300){
    return true ;
    } else {
    return false ;
    }
    }
    </code>
    #php #ping #url #curl

  • RFC 7276 : An Overview of Operations, Administration, and Maintenance (OAM) Tools

    Ce #RFC est entièrement consacré à la gestion de réseaux. Quels sont les outils existants dans les réseaux #TCP/IP, notamment l’Internet ? Ce RFC est destiné aux opérateurs réseau, aux fournisseurs d’équipements et de logiciels réseau, et aux gens de la normalisation, pour s’assurer qu’ils ont une base d’information commune sur les outils existants.

    http://www.bortzmeyer.org/7276.html

    #ping #traceroute #BFD

  • Nantes : l’association Ping démocratise la culture numérique - Fil des Territoires
    http://www.fildesterritoires.fr/nantes-lassociation-ping-democratise-la-culture-numerique443.html

    Depuis 2004, à travers des actions de sensibilisation, de formation, ou par l’organisation et l’animation d’évènements culturels, l’association nantaise Ping démocratise l’accès aux nouvelles technologies. Soutenue par plusieurs collectivités locales dont la Région, cette jeune association à la fois pointue et grand public vole aujourd’hui de ses propres ailes.

    #Nantes #Ping #HackerSpace #FabLab