• Venezuelan oil stuck at ports, PDVSA struggles to import fuel | Reuters
    https://www.reuters.com/article/us-venezuela-politics-pdvsa-fuel-idUSKCN1PO2LA

    Venezuela’s oil inventories have started to build up at the country’s ports and terminals as PDVSA is finding it cannot export crude at its usual rate due to U.S. sanctions imposed earlier this week, according to sources and shipping data.

    Sanctions announced on Monday by the administration of U.S. President Donald Trump, aimed at driving President Nicolas Maduro out of power after his contested re-election last year, have barred PDVSA’s U.S. customers from transferring payments to the firm. That is effectively limiting state-owned PDVSA from shipping that oil because Maduro’s government cannot collect the proceeds.

    As of Wednesday, Venezuela had 25 tankers with nearly 18 million barrels of crude - representing about two weeks of the country’s production - either waiting to load or expecting authorization to set sail. Most of those were anchored near the port of Jose, the country’s largest, according to Refinitiv Eikon data.

    PDVSA responded to the U.S. sanctions by prohibiting tankers loading oil bound for the United States to leave Venezuelan ports if cargoes are not prepaid.

    In addition, PDVSA’s inability to pay for crucial imports means fuel imports are delayed, adding to the glut of tankers off Venezuela’s coast.


  • Toujours intéressant les professions de foi : ici celle de Netflix, chapitre « Competition ».
    https://www.netflixinvestor.com/ir-overview/long-term-view/default.aspx

    We compete for a share of members’ time and spending for relaxation and stimulation, against linear networks, pay-per-view content, DVD watching, other internet networks, video gaming, web browsing, magazine reading, video piracy, and much more. Over the coming years, most of these forms of entertainment will improve.

    If you think of your own behavior any evening or weekend in the last month when you did not watch Netflix, you will understand how broad and vigorous our competition is. [sic, flippant.]

    We strive to win more of our members’ “moments of truth”. Those decision points are, say, at 7:15 pm when a member wants to relax, enjoy a shared experience with friends and family, or is bored. The member could choose Netflix, or a multitude of other options.

    (…)

    Video piracy is a substantial competitor for entertainment time in many international markets. [Et merci bien.] It is free and offers very broad selection. Were video piracy to become easy, reliable, and socially acceptable, it could become our largest competitor. Global music revenues have been falling for 15 years due to large scale music piracy. Great inexpensive services like Netflix will hopefully help prevent video from following the decline of music.

    #industrie_culturelle en guerre pour capter des parts du marché mondial de l’#attention, du #divertissement et des plate-formes de #SVOD pour lutter contre le #téléchargement_illégal ou #piratage — qu’il est loin le temps où l’on réfléchissait à une licence globale.

    Comme le disait @calimaq je ne sais plus où, le rêve de licence globale a pour l’heure été réalisé par le privé, Netflix et autres GAFAM.


  • Une usine de pressage de vinyles clandestine a été démantelée au Pays de Galles
    Théophile Robert, Trax, le 27 décembre 2018
    http://fr.traxmag.com/article/49540-une-usine-de-pressage-de-vinyles-clandestine-a-ete-demantelee-au-p

    Après quatre ans de travail en collaboration, la British Phonographic Industry et la police ont arrêté quatre hommes, tenaient une usine de pressage de vinyles de contrefaçon dans le Pays de Galles.

    La British Phonographic Industry (BPI), épaulée par la police du sud du Pays de Galles a réussi à arrêter quatre hommes qui tenaient une usine de vinyles de contrefaçon. Ils produisaient sans autorisation légale des copies d’artistes de northern soul des années 1960, genre né Royaume-Uni qui a rapidement connu une certaine popularité dans le pays. Au total, 55 635 vinyles de 7 pouces, 26 de 10 et 907 de 12 ont été saisis. Ils comportaient des défauts de fabrication tels que des fautes d’orthographe ou des erreurs de police, parfois même des flous dans la typographie.

    Les quatre coupables ont été condamnés à une peine de 8 à 10 mois chacun. « Ces peines de prison sont importantes et font passer un message très fort aux pirates de la musique dans le pays. Que cela concerne un site de musique illégal sur Internet ou la vente de vinyles de contrefaçon sur eBay ou Amazon, la BPI et la police sont aux aguets et vous serez poursuivis. » assure Kiaron Whitehead, représentant de la BPI au tribunal.

    #disques #vinyles #pirates #Grande-Bretagne #northern_soul #musique #fait_divers

    A propos de Northern Soul :
    https://seenthis.net/messages/676422


  • #radio #cayenne : soirée de soutien !
    https://nantes.indymedia.org/articles/43654

    Pour sa 3ème saison, Radio Cayenne (radio Nantaise qui cause de luttes (mais pas que) a besoin d’un peu de thunes pour évoluer en qualité et possibilités ! Alors vendredi 23 novembre à partir de 18h, c’est soirée de soutien ! À La #mob', 17bis rue Général Buat, Nantes

    #Médias #boum #pirate #Médias,radio,cayenne,boum,mob,pirate


  • Libye : 95 migrants secourus par un navire commercial refusent de débarquer à #Misrata

    Près d’une centaine de migrants secourus le 8 novembre au large de la Libye par un navire commercial refusent de quitter le bateau battant pavillon panaméen. Les migrants ne veulent pas débarquer au port libyen de Misrata, d’où ils seront remis aux mains des autorités libyennes et renvoyés en centre de détention.

    Quatre-vingt-dix-huit migrants sont actuellement bloqués en pleine mer au large de Misrata, ville côtière libyenne située à l’ouest de Tripoli. Secourus jeudi 8 novembre par un navire de marchandises battant pavillon panaméen – le Nivin - alors que leur embarcation de fortune prenait l’eau, ils refusent de quitter le bateau commercial. Les migrants savent en effet qu’ils vont être remis aux mains des autorités libyennes et renvoyés en centre de détention.

    « Nous essayons de négocier avec eux depuis plusieurs jours », a déclaré lundi 12 novembre à l’agence de presse Reuters Rida Essa, commandant des garde-côtes basés à Misrata. « Nous sommes en discussion avec les autorités libyennes pour que les migrants débarquent au port de Misrata sans violence », précise à InfoMigrants Paula Esteban de l’agence des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) en Libye.

    L’agence onusienne a pris connaissance de cette affaire samedi 10 novembre. Dès lors, des membres de l’organisation montent quotidiennement à bord du Nivin. « Nous apportons de la nourriture, de l’eau, des vêtements, des chaussures, des kits d’hygiène, des couvertures… en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM) et les autorités libyennes », explique encore Paula Esteban. « Nous nous coordonnons également avec une équipe médicale pour dispenser les premiers soins », continue-t-elle. Des cas de diabète et de gale ont été recensés, et nombre de migrants ont la peau brûlée à cause de l’essence qui s’est répandue dans leur embarcation.

    La majorité des migrants sont de nationalité soudanaise, érythréenne et bangladaise, selon le HCR. Pour l’heure, InfoMigrants n’a pas réussi à savoir si des femmes et des enfants se trouvaient à bord du navire commercial.

    Les conditions de vie des migrants en Libye sont régulièrement dénoncées par les ONG. Dans les centres de détention gérés par le gouvernement, les migrants subissent de mauvais traitements : détention arbitraire, promiscuité, besoins élémentaires non respectés, manque d’hygiène, violences…

    Fin octobre, un migrant érythréen a perdu la vie en s’immolant par le feu. Ce dernier croupissait dans le centre de détention de Tariq as-Sikka, à Tripoli, depuis au moins 9 mois et avait perdu tout espoir de quitter la Libye. Lundi 12 novembre, c’est un autre érythréen qui a essayé de se pendre dans les toilettes du même centre de détention. Tous deux avaient été interceptés en mer par les garde-côtes libyens et renvoyés en Libye.

    http://www.infomigrants.net/fr/post/13305/libye-95-migrants-secourus-par-un-navire-commercial-refusent-de-debarq
    #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #Libye #résistance #spatial_disobedience #désobéissance_spatiale

    • Libya: Refugees and migrants refuse to disembark ship in desperate plea to avoid detention and torture

      Libyan, European and Panamanian authorities must ensure that at least 79 refugees and migrants who are on board a merchant vessel at the port of Misratah are not forced to disembark to be taken to a Libyan detention centre where they could face torture and other abuse, said Amnesty International today.

      The refugees and migrants, including a number of children, were found as they attempted to reach Europe by boat across the Mediterranean. Amnesty International understands that Italian and Maltese maritime authorities were involved in the operation, carried out by the merchant ship Nivin. Flying a Panamanian flag, the Nivin picked the group up in the central Mediterranean on 8 November and returned them to Libya, in what appears to be a clear breach of international law, given that Libya cannot be considered a safe place to disembark.

      “The protest on board the ship now docked in Misratah, gives a clear indication of the horrifying conditions refugees and migrants face in Libya’s detention centres where they are routinely exposed to torture, rape, beatings, extortion and other abuse,” said Heba Morayef, Middle East and North Africa Director for Amnesty International.

      “It is high time the Libyan authorities put an end to the ruthless policy of unlawfully detaining refugees and migrants. No one should be sent back to Libya to be held in inhumane conditions and face torture and other ill-treatment.”

      Like most of the refugees and migrants passing through Libya, a number of those on the ship told Amnesty International that they had been subjected to horrific human rights abuses, including extortion, ill-treatment, and forced labour, much in line with what has previously been documented in Libya by the organization. One of those on board told Amnesty International he had already been held in eight different detention centres inside Libya and “would rather die than go back there”.

      Fourteen people who agreed to leave the ship yesterday have been taken to a detention centre – among them is a four-month-old baby.

      The news comes amid reports that some refugees and migrants held at Libyan detention centres are being driven to take their own lives. A young Eritrean man was reported to have attempted suicide earlier this week. Last month a Somali man at the same detention centre died after setting himself on fire.

      “Unable to return home out of fear of persecution, and with very limited chances for resettlement to a third country, for most refugees and asylum seekers in detention centres in Libya their only option is to remain in detention, where they are exposed to grave abuses. “

      “Europe can no longer ignore the catastrophic consequences of its policies to curb migration across the Mediterranean. The protest on board this ship should serve as a wake-up call to European governments and the wider international community that Libya is not a safe country for refugees and migrants,” said Heba Morayef.

      “Under international law, no one should be sent to a place where their life is at risk. European governments and Panama must work with Libyan authorities to find a solution for the people on board to ensure they do not end up indefinitely detained in Libyan detention centres where torture is rife.

      “The international community also has to do more to increase the number of refugees they are willing to resettle, increase access for people seeking asylum and offer alternative routes to safety for thousands of people stranded in Libya with no end in sight to their suffering.”

      Amnesty International is also calling on Libyan authorities to expedite the opening of a long-awaited processing centre that will house up to 1,000 refugees and asylum seekers allowing them to relocate out of detention centers.

      https://reliefweb.int/report/libya/libya-refugees-and-migrants-refuse-disembark-ship-desperate-plea-avoid-de

    • Migrants fleeing Libya refuse to leave ship and be sent back to camps

      A total of 81 people on the cargo ship, some from Sudan, say they are staying put.

      Eighty-one migrants have refused to disembark from a merchant ship off the coast of Misrata in Libya, according to reports.

      The migrants were rescued by the ship’s crew a week ago on 10 November, 115 miles east of Tripoli, after leaving Libya on a raft.

      Fourteen people decided to leave the cargo ship and were transferred to Libya, while the remaining 81 have refused to disembark in Misrata for fear of being sent back to Libyan detention camps.

      “I prefer to die on this ship,” one of the migrants told Médecins Sans Frontières (MSF) when offered to be transferred to a Libyan medical facility.

      MSF’s Twitter account stated that “others aboard the ship, including minors, had been imprisoned and tortured for over a year at the hands of human traffickers”.

      “It’s a shame that once again the only response given to people in search of safety is prolonged arbitrary detention in the country they desperately attempt to leave,” said Julien Raickman, the MSF head of mission in Libya.

      For over a year, the Libyan coastguard, supported by Italy, has been patrolling the waters and stopping boats from leaving Libyan shores for Europe. Under the terms of the deal, Italy agreed to train, equip and finance the Libyan coastguard.

      Amnesty International estimates that about 20,000 people were intercepted by Libyan coastguards in 2017 and taken back to Libya.

      Italy’s collaboration with Libya to stop migrants has been harshly criticised by human rights groups amid allegations that it has led to grave human rights violations against those crossing the Mediterranean, including torture and slavery.

      The International Organisation for Migration (IOM), the UN’s migration agency, said it had provided food and water to the 81 migrants but they were refusing to disembark.

      A Sudanese 17-year-old onboard the ship told MSF that his brother and friend had both died at the hands of smugglers near Tripoli.

      “How come you want me to leave the ship and stay in Libya? We agree to go to any place but not Libya,” he told volunteers.

      MSF medical teams were granted access by the Libyan coastguard so they could treat all those in need.

      Doctors have provided 60 medical consultations in three days. “We mainly treated burns from the engine petrol spills and witnessed the despair aboard,” MSF said.

      “There is clearly a lack of search and rescue capacity and coordination in the central Mediterranean now,” said Michaël Neuman, director of research at MSF.

      “People are effectively getting trapped. Europe’s policy of refusing to take in rescued people has led to a spike in deaths at sea and is fuelling a harmful system of arbitrary detention in Libya.”

      NGO rescue boats have almost all disappeared from the central Mediterranean since Italy’s minister of the interior, Matteo Salvini, announced soon after taking office this summer that he was closing Italian ports to non-Italian rescue vessels.

      People seeking asylum are still attempting the risky crossing but, without the rescue boats, the number of shipwrecks are likely to rise dramatically.

      The death toll in the Mediterranean has fallen in the past year, but the number of those drowning as a proportion of arrivals in Italy has risen sharply in the past few months, with the possibility of dying during the crossing now three times higher.

      According to the IOM, so far in 2018 more than 21,000 people have made the crossing and 2,054 have died.

      https://www.theguardian.com/world/2018/nov/17/migrants-fleeing-libya-refuse-to-leave-ship-and-be-sent-back-to-country

    • Salviamo i profughi della #Nivin. Testimonianza da bordo

      Pubblichiamo un video, per cui ringraziamo Francesca Mannocchi, inviato da bordo del cargo Nivin ancorato al porto di Misurata, in Libia, sul quale più di 70 persone provenienti principalmente dall’Eritrea e dal Sudan continuano a resistere rifiutando di essere riportate nei campi di concentramento libici.
      Torniamo a chiedere: cosa farebbe ciascuno di noi al posto loro?
      L’Italia, che è responsabile della vita di queste persone per avere scelto di delegare a un paese in cui la tortura è pratica quotidiana il recupero in mare delle persone in fuga, deve immediatamente agire per proteggerle.
      Mediterranea ha già documentato, in questo come in altri casi, il ruolo del coordinamento italiano nelle operazioni effettuate dalla cosiddetta guardia costiera libica nel catturare e riportare indietro migliaia di donne, uomini e bambini verso un paese che non è un porto sicuro e dove le persone vivono sofferenze e violenze inaudite. Il caso della Nivin dimostra ancora una volta la disumanità e l’illegittimità delle scelte politiche degli ultimi governi.
      Siamo anche noi su quel cargo, su ogni gommone che rischia di affondare, in ogni centro di detenzione dove si consumano stupri e abusi, tutti i giorni.
      Chiediamo all’Italia e all’Europa di aprire subito un canale umanitario per portare queste persone al sicuro. In Libia rischiano adesso di essere trattate come pirati o terroristi per avere cercato di difendere disperatamente la propria dignità e tenere aperta la speranza di salvarsi.
      Salviamo i profughi della Nivin, prima che sia troppo tardi. Salviamo noi stessi.

      https://mediterranearescue.org/news/salviamo-i-profughi-della-nivin-testimonianza-da-bordo
      #témoignage

    • Libya is ’hell’: Migrants barricaded in cargo ship refuse demands to leave

      Migrants on the Nivin ship tell MEE they are injured and having to urinate into bottles.
      They left Libya in a rubber raft 10 days ago. From Ethiopia, Pakistan and beyond, they sought to take the well-worn passage across the Mediterranean to Europe and, as one passenger said, escape hell.

      Now more than 70 migrants, including children, are in a stand off with Libyan authorities in the northwestern port of Misrata, refusing to disembark from the Nivin, the Italian cargo ship that rescued them.

      Many have already spent months travelling across dangerous terrain at the whims of smugglers or been detained in Libyan detention centres. Some, say aid workers, have been tortured by traffickers trying to extort money.

      Barricaded inside the ship, using plastic containers in place of toilet facilities, with the crew on the upper decks, and surrounded by Libyan armed forces awaiting orders from Tripoli, they now refuse to return.

      “We won’t get off this ship,” Dittur, a 19-year-old from South Sudan who remains onboard, told Middle East Eye by phone. “We won’t return to that hell.”

      In the Mediterranean, where there are no longer NGO rescue ships on patrol, the incident sheds light on the moral maze in which merchant ships now find themselves in the absence of aid workers. It may be easier for crews to pretend not to see rubber boats rather than lose time on their course. Six ships passed the migrants before the Nivin rescued them, migrants told MEE.

      However, human rights advocates said on Friday, the standoff is also a testimony to the continuing problems within Libya’s detention centres, which the UN described earlier this year as horrific. One of the migrants told MEE smugglers picked him up from one of the centres with full knowledge of authorities.

      The protest, said Middle East and North Africa director for Amnesty International, Heba Morayef, “gives a clear indication of the horrifying conditions refugees and migrants face in Libya’s detention centres, where they are routinely exposed to torture, rape, beatings, extortion and other abuse".

      As the standoff continues, there are concerns that the protest may end in violence.
      Like six ships in the night

      The migrants’ journey began on 6 November when 95 people, including 28 minors, set off in a raft from the coastal Libyan city of Khoms.

      Dittur, one of those on board, told MEE that the group had been at sea for several hours when they realised they were in danger and tried to get help from passing ships.

      “We called the emergency number saying we were on the rubber boat, which was already in very bad condition. Six ships passed by us that night and no one rescued us. They have seen us without saving our lives,” he said.

      Finally, he said, a merchant ship arrived. It was the Nivin, a cargo ship flying a Panamanian flag, which had left the Italian city of Imperia on 7 November with a load of cars destined for the North African market.

      The crew helped everyone on board. “‘We wil bring you to Italy. Do not worry,’" Dittur said they were told.

      Intead, several hours later, the Libyan coastguard arrived. “It was our nightmare,” the migrant from South Sudan said. As the coastguard started to attempt to transfer people off the boat and the migrants realised they would be returning to Libya, they refused to disembark, a Nivin crew member and passengers told MEE.

      Communication between the Nivin and Italy’s Maritime Rescue Coordination Centre (MRCC) reviewed by MEE shows the MRCC acting on behalf of the Libyan coastguard.

      In their first contact via a cable seen by MEE, the MRCC told the Nivin to rescue the migrants on board the rubber raft and urged the crew to contact the Libyan coastguard. The number the MRCC gave for the coastguard, however, was Italian.

      At 7.39pm on 7 November, MRCC writes to Nivin: “On behalf of the Libyan Coast Guard… please change course and drive at maximum speed at the indicated latitude.” The MRCC shared another Italian phone number as a point of contact.

      At 9.34pm in an email seen by MEE, the Libyan Navy, with the Maltese navy, Eunavfor Med and the Italian Navy copied in, tells Nivin: “As a Libyan authority, I order you to recover the boat and we will give instructions to disembark.”
      ’They are desperate’

      The cargo ship arrived in Misrata on 9 November. On Wednesday, after days-long mediation between Libyan authorities and the migrants, a Somali woman and her three-month-old baby, along with 12 others, disembarked.

      Doctors Without Borders (MSF) staff at the port of Misrata negotiated with Libyan authorities, who carried food and medicine on board to injured migrants who have burns and abrasions. Now 70 remain barricaded in the ship.

      “They are desperate,” Julien Raickman, MSF’s head of mission, told MEE. “In the group, there are several people, including children, tortured by traffickers to extort money. A patient in serious condition refused to be taken to a medical facility in Libya. He said he would rather die on the merchant ship.”

      There are no toilets, so the migrants are using plastic bottles to urinate. Journalists have not been allowed to access the ship, the port or even the city of Misrata. Outside at the port, armed forces wait for instructions from Tripoli, according to a source inside the port.

      From Tripoli, Libyan naval commander Anwar El Sharif told MEE: “They are pirates, criminals. We do not consider them migrants and this is no longer a rescue operation for people in danger. They set fire to the ship’s cargo and attempted to kill the crew,” he said.

      “We will treat them as they deserve, that is, as terrorists. It is a work of special forces, counterterrorism. They will be in charge of evacuating the ship.”

      But those still onboard deny that they set cars on fire or tried to kill anyone. Instead, they say that they were burned by fuel from the rubber raft they originally set sail on.

      They also sent photos to MEE showing scratches and scars which they say are wounds they sustained in detention centres in Tripoli and Tajoura, a nearby town that many of them, including Dittur, were trying to flee.
      Impossible escape

      Two years ago when he was 17, Dittur said he escaped from South Sudan, crossed a desert and was arrested the first time he tried to cross the Mediterranean. He was imprisoned for seven months in Bani Walid detention centre in Libya.

      That first attempt, he said, was followed by another. And then another, even as he continued to be extorted by smugglers.

      “Every time, more torture, and more money to ask my family to let me go, and every time, they [the smugglers] let me go. I worked, free, to try to leave again,” he said.

      “When [Libyan authorities] held me again in a prison, I asked to be able to give my documents to humanitarian organisations, they told us that they would help us out, to get away from there. But months went by, no one showed up," he said.

      Passengers with him on the raft, he said, were kept in a shed in the countryside before smugglers transported them to the coast.

      Dittur said he had been picked up by smugglers at the Tariq al-Sikka detention centre in Tripoli, which is managed by the Government of National Accord’s Ministry of the Interior.

      “Smugglers can enter whenever they want in prisons,” he said. “They come to make arrangements with those who want to leave and enter to take away who can pay his share, with me they did so, two weeks ago.”


      https://www.middleeasteye.net/news/we-do-not-return-hell-migrants-refuse-leave-ship-standoff-libyan-auth

    • Ancora in trappola i dannati della Nivin

      La nave cargo NIVIN con il suo carico di naufraghi, persone soccorse l’8 novembre scorso in acque internazionali, a circa 60 miglia dalle coste libiche, è ferma nella parte più interna del porto di Misurata, mentre i migranti (uomini, donne e minori, provenienti da paesi diversi non “sicuri”, Etiopia, Eritrea, South Sudan, Pakistan, Bangladesh e Somalia, esseri umani tutti assai vulnerabili per gli abusi subiti già prima della fuga dalla Libia) si rifiutano di sbarcare, temendo di subire ancora altre torture nei centri di detenzione dai quali erano riusciti ad allontanarsi. A Misurata la posizione dei migranti in transito rimane assai critica, tanto che i “dannati” della NIVIN non vogliono scendere a terra, senza garanzie sul loro futuro, sebbene la città non sia interessata da scontri violenti come Tripoli, e si riscontri la presenza in zona di oltre 400 militari italiani (missione MIASIT), sempre che nel frattempo anche questi, come le navi della missione Nauras di base a Tripoli, non siano stati ritirati.

      Il segnale transponder della NIVIN (per la identificazione della rotta) è di nuovo acceso da quando la nave è attraccata a Misurata, dopo essere rimasto spento dal giorno del soccorso, l’8 novembre, fino al momento dell’ormeggio in porto due giorni più tardi. Rimangono dunque oscure le circostanze reali dell’intervento di ricerca e soccorso nel quale sono rimaste coinvolte 95 persone in evidente pericolo di vita. A differenza degli anni passati, sono venuti meno i comunicati della Guardia costiera italiana (Imrcc). La NIVIN, che batte bandiera panamense, era in rotta dall’Italia verso Misurata ( ultima posizione riferita prima dello spegnimento del transponder 34,41 Nord, 13,58 Est, con rotta 146 °, a circa 70 miglia da Misurata), quando riceveva una richiesta di intervento dalle autorità di ricerca e salvataggio italiane e maltesi per una operazione SAR ( search and rescue) in favore di un barcone carico di un centinaio circa migranti, alla deriva in alto mare. Dalle rilevazioni che sono rimaste disponibili al pubblico sembra che il soccorso sia avvenuto al limite tra la zona SAR libica e quella maltese. Le stesse autorità italiane e maltesi indicavano successivamente al comandante della nave soccorritrice il trasferimento delle competenze di coordinamento al Comando congiunto della Guardia costiera di Tripoli (JRCC).

      Il primo allarme, raccolto nella sera del 7 novembre, era stato rilanciato da ALARMPHONE, e quindi girato dalla nave Jonio dell’operazione Mediterranea alle Centrali di coordinamento (MRCC) delle guardie costiere di Italia e Malta. In in secondo momento queste autorità di coordinamento avevano rilevato la posizione dell’imbarcazione da soccorrere e avevano asserito che la stessa si trovava all’interno della zona SAR libica, Una zona SAR autoproclamata dal governo di Tripoli il 28 giugno scorso e riconosciuta dall’IMO (Organizzazione marittima internazionale) senza alcun rilievo sulla impossibilità, per le autorità tripoline e per la cosiddetta Guardia costiera libica, di garantire una effettiva attività di ricerca e salvataggio in una area che non corrispondeva allo sviluppo costiero del territorio sotto controllo da parte del Governo di riconciliazione nazionale (GNA) con sede a Tripoli.

      Eppure ancora nel mese di dicembre del 2017 l’IMO rilevava che le autorità libiche non avevano ancora una effettiva capacità di ricerca e salvataggio in acque internazionali, e il governo di Tripoli ritirava la sua prima dichiarazione sull’esistenza di una zona SAR “libica”. In sei mesi nulla era cambiato nelle dotazioni delle autorità libiche, a parte i corsi di formazione condotti a bordo di navi militari europee, l’arrivo di qualche motovedetta donata dall’Italia e il coordinamento delle attività SAR garantito da unità della Marina militare italiana, presenti nel porto militare di Abu Sittah a Tripoli, nell’ambito della missione NAURAS. Tutte circostanze accertate dai giudici penali che ad aprile scorso hanno dichiarato comunque la Libia come un “paese terzo non sicuro”, quando si è proceduto, prima al sequestro ( a Catania), e poi al dissequestro (a Ragusa) della nave OPEN ARMS della omonima Organizzazione non governativa. Ma nel frattempo infuriava la campagna di criminalizzazione del soccorso umanitario e neppure l’archiviazione delle indagini contro due ONG avviate dalla Procura di Palermo, che pure dichiarava la Libia come un “paese terzo non sicuro”, metteva a tacere gli imprenditori dell’odio che su questa campagna avevano imbastito la propria avanzata elettorale.

      In piena estate, una prima grave conseguenza della istituzione di una zona SAR attribuita alle competenze delle autorità tripoline e della corrispondente “Guardia costiera” si era verificata nel caso dei respingimenti eseguiti dal rimorchiatore battente bandiera italiana ASSO 28. Che alla fine di luglio riportava nel porto di Tripoli decine di naufraghi soccorsi a 70 miglia dalla costa, dunque in acque internazionali, nei pressi delle piattaforme offshore gestite dall’ENI e dall’ente per il petrolio libico (NOC) nel bacino di Bouri Field, di fronte alla città di Sabratha. Negli ultimi mesi, a partire dal 28 giugno si calcola che oltre 1.200 persone abbiano perso la vita sulla rotta del Mediterraneo centrale, è un dato che probabilmente è superato dalla realtà di tante altre stragi che sono rimaste nascoste, come stava succedendo anche nel caso del soccorso di Josepha. Un numero di vittime che, in termini percentuali, ormai quasi una persona su sette che tenta la traversata perde la vita, che non ha precedenti negli anni passati. La macchina del fango che lo scorso anno era stata attivata contro le ONG ha continuato a sommergere anche queste vite. Le ONG sono state costrette a ritirare le loro navi, quando non sono incappate, come a Malta, in provvedimenti di sequestro del tutto immotivati.

      Il caso della NIVIN appare ancora più grave per le possibili conseguenze sulle persone che si sono asserragliate sulla nave, e rende ancora più evidente le conseguenze della creazione “a tavolino” di una zona SAR libica che non soddisfa esigenze di ricerca e soccorso, privilegiando la salvaguardia della vita umana in mare, ma risponde soltanto alle politiche si chiusura dei porti degli stati europei. Che mirano ad esternalizzare i controlli di frontiera per delegare alle autorità libiche le attività SAR in modo da non dovere più garantire un porto sicuro di sbarco, come sarebbe imposto dalle Convenzioni internazionali. In realtà sia l’Unione Europea che l’Alto Commissariato delle Nazioni Unite per i rifugiati hanno finora escluso che la Libia possa essere considerata un “porto sicuro di sbarco”. Per l’UNHCR la Libia, o meglio nessuno dei governi che si dividono il suo territorio, è attualmente in grado di garantire “porti sicuri di sbarco”. Eppure secondo dati dell’UNHCR la sostanziale cessione di sovranità sulle acque internazionali rientranti nella cd. zona SAR libica aveva come conseguenza che “as of 14 November, the Libyan Coast Guard (LCG) has rescued/intercepted 14,595 refugees and migrants (10,184 men, 2,147 women and 1,408 children) at sea.”

      Secondo il più recente rapporto delle Nazioni Unite, con specifico riferimento al caso dei migranti intrappolati a bordo della NIVIN nel porto di Misurata, “the humanitarian community reiterates that disembarkation following search and rescue should be to a place of safety, and calls for the peaceful resolution of the situation. Under all circumstances, obligations under International Human Rights Law must be respected to ensure the safety and protection of all rescued people. The humanitarian community continues to advocate for alternatives to detention and transfer from disembarkation points to appropriate reception facilities for assistance, screening and solutions.

      Sorprende che a fronte di posizioni tanto nette delle Nazioni Unite, condivise anche dall’Unione Europea, un organismo internazionale come l’IMO, con sede a Londra, direttamente collegato con le stesse Nazioni Unite, consenta il mantenimento di una finzione, la cosiddetta zona SAR libica, che corrisponde alle esigenze politiche di alcuni paesi che vogliono in questo modo limitare il numero delle persone che fanno ingresso nel loro territorio, anche se si tratta di persone che richiedono una qualsiasi forma di protezione, o sono particolarmente vulnerabili per gli abusi subiti nel loro viaggio. Anche Amnesty International richiama i rischi che correrebbero i migranti ancora a bordo della Nivin, qualora fossero costretti allo sbarco a Misurata.

      In realtà se rimane da dimostrare in questa ultima occasione che il soccorso sia avvenuto effettivamente nella SAR libica e non nella zona SAR maltese, peraltro controversa anche in rapporto alle autorità italiane, appare confermato da fonti diverse che le autorità italiane e maltesi hanno risposto alle chiamate di soccorso delegando alla centrale di coordinamento congiunto libica (JRCC) le successive attività di ricerca e salvataggio. Come ha osservato Human Rights Watch, ancora una volta l’esistenza di una zona SAR libica e le dispute sulla competenza nei soccorsi tra gli stati mettono a rischio vite umane.

      Secondo quanto riferisce Francesca Mannocchi, “il viaggio dei migranti è iniziato il 6 novembre, quando 95 persone, tra cui 28 minori, sono partite a bordo di un gommone dalla città costiera di Khoms”. Come denunciato dai naufraghi, sei navi li avevano già avvistati, prima dell’intervento della NIVIN, ed hanno proseguito sulla loro rotta. Quando le autorità libiche hanno fatto intervenire la nave cargo per i soccorsi, il gommone aveva quasi raggiunto la zona SAR maltese, se non si trovava già al suo interno.

      Ormai da mesi le autorità oscurano i sistemi di rilevazione satellitare durante le attività di ricerca e salvataggio sulle rotte libiche, come se volessero nascondere le loro responsabilità, ed impedire l’accertamento di violazioni sempre più gravi del diritto internazionale e dei Regolamenti Europei. Le attività di monitoraggio aereo sulla rotta del Mediterraneo centrale sono infatti affidate ad assetti appartenenti alle operazioni Sophia di Eunavfor MED e Themis di Frontex, che dovrebbero operare nell’ambito dei Regolamenti europei n.656 del 2014 e 1624 del 2016, che privilegiano la salvaguardia della vita umana in mare, rispetto all’esigenza di difendere i confini e di contrastare l’immigrazione irregolare via mare.

      Dopo essere stati soccorsi/intercettati in acque internazionali dalla NIVIN, che si era posta nel frattempo sotto coordinamento SAR delle autorità libiche, per quanto i migranti manifestassero al comandante della nave le conseguenze alle quali sarebbero stati esposti in caso di ritorno in Libia e la volontà di chiedere protezione in Europa, questa si dirigeva verso il porto di Misurata, dove faceva ingresso nella giornata del 10 novembre. Come riferisce un recentissimo statement dell’UNHCR, “on 10 November, a commercial vessel reached the port of Misrata (187 km east of Tripoli) carrying 95 refugees and migrants who refused to disembark the boat. The individuals on board comprise of Ethiopian, Eritrean, South Sudanese, Pakistani, Bangladeshi and Somali nationals. UNHCR is closely following-up on the situation of the 14 individuals who have already disembarked and ensuring the necessary assistance is provided and screening is conducted for solutions. Since the onset, UNHCR has advocated for a peaceful resolution of the situation and provided food, water and core relief items (CRIs) to alleviate the suffering of individuals onboard the vessel.

      Le autorità libiche considerano adesso come “illegali” i migranti a bordo della NIVIN, e si arriva alle minacce proferite dal comandante della guardia costiera di Tripoli Qacem che parla anche di “ammutinamento”. Come sono del resto ritenuti “illegali”, tanto da Serraj che da Haftar, e dalle autorità di Misurata, i migranti in transito in Libia. Quattordici dei più disperati a bordo della NIVIN, tra cui una donna ed un bambino, hanno accettato di sbarcare, sempre su richiesta della Guardia costiera libica, e sono stati portati in un centro di detenzione vicino al porto. Le stesse autorità, con l’aiuto della Mezzaluna rossa, dell’OIM e dell’UNHCR, hanno fornito agli altri naufraghi cibo, acqua, coperte e altri generi di prima necessità, ma la situazione rimane ancora bloccata dopo giorni di negoziati. I migranti chiedono di non essere sbarcati in un paese non sicuro, dove la loro integrità fisica, e la loro vita potrebbero essere a rischio.

      “Sono disperati – dice Julien Raickmann, capo missione di MSF – ci sono diverse persone, compresi i minori, torturati dai trafficanti per estorcere denaro. Un paziente in gravi condizioni ha rifiutato di essere portato in una struttura medica in Libia. Ha detto che preferirebbe morire sulla nave mercantile”. “Per i 70 migranti ancora a bordo non ci sono bagni, usano le bottiglie di plastica per urinare. Ai giornalisti è interdetto non solo l’accesso alla nave e al porto ma anche l’accesso alla città di Misurata. Chi prova a superare il check point verso Misurata rischia di essere espulso dal paese. I pochi giornalisti presenti in Libia, compresa Repubblica, sono costantemente monitorati dall’intelligence libica”, ha scritto Francesca Mannocchi.

      A raccontare al telefono questa storia alla giornalista è stato Dittur, diciannove anni, viene dal Sud Sudan. Il ragazzo ha anche raccontato di essere stato prelevato “dai trafficanti nel centro di detenzione ufficiale di Tariq al Sikka, a Tripoli, gestito dal ministero dell’Interno del governo Serraj. “I trafficanti possono entrare quando vogliono nelle prigioni, entrano a fare accordi con chi vuole partire e entrano per portare via chi può pagare la sua parte, con me hanno fatto così. Due settimane fa”. Come osserva Paolo Salvatore Orru’, “una storia di straordinario dolore e di ordinaria follia”.

      La situazione a bordo della NIVIN è ormai insopportabile e va scongiurato il rischio di un intervento violento, di polizia o di milizie, che potrebbe avere conseguenze imprevedibili, con un elevato numero di vittime. Non sembra possibile difendere i migranti che richiedono protezione in Europa seguendo il percorso dell’asilo extraterritoriale, per la evidente contrarietà dei paesi europei a riconoscere il diritto alla vita di chi viene soccorso in mare. Occorre tuttavia insistere, oltre questa vicenda ancora in corso, nella direzione della richiesta di visti umanitariin favore dei migranti intrappolati nei centri di detenzione in Libia. Una questione che va affrontata a livello di Nazioni Unite, se l’Unione Europea continuerà a dimostrare il suo disinteresse, se non la sua sostanziale avversione.

      Come hanno dimostrato precedenti anche recenti, tra i tanti il caso dell’intervento della Guardia costiera libica contro la nave umanitaria SEA WATCH del 6 novembre 2017, i ricorsi alla Corte europea dei diritti dell’Uomo non hanno consentito alle vittime alcuna tutela effettiva, ed immediata. Chi subisce una violazione dei diritti sanciti dalla Convenzione Europea a salvaguardia dei diritti dell’Uomo, si ritrova costretto a subire in Libia una situazione di grave precarietà, se non di detenzione, che non consente il conferimento della procura ad un legale, e quella tracciabilità dei ricorrenti richiesta dalla Corte di Strasburgo per non cancellare un ricorso dal ruolo. I tempi del ricorso sul caso Hirsi appaiono purtroppo assai lontani. Nel caso della NIVIN, se non si riuscisse a provare una responsabilità diretta di agenti di paesi aderenti al Consiglio d’Europa, si potrebbero porre anche complesse questioni di giurisdizione che non permetterebbero un immediata risposta alla richiesta di aiuto che ancora in questi giorni viene da persone disperate che si ritrovano su una nave nel porto di Misurata nella condizione di essere rigettati da un momento all’altro nella condizione “infernale” dalla quale erano riusciti ad allontanarsi.

      Occorre allora porre due questioni urgentialle Nazioni Unite ed alle agenzie che più direttamente seguono il caso dove sono presenti, l‘UNHCR e l’OIM in primo piano, per quanto concerne la situazione nel preteso punto di sbarco a Misurata, e in una prospettiva più ampia, all‘IMO a Londra, che con il suo segretariato vigila sulla ripartizione delle zone SAR (ripetiamo di ricerca e salvataggio, non di respingimento) tra i diversi stati che si dichiarano responsabili. Stati che in base alle Convenzioni internazionali sarebbero obbligati ad un costante coordinamento per garantire soccorsi immediati e lo sbarco in un place of safety, in un porto sicuro, quale in questo momento non può essere definito il porto di Misurata o altro porto libico.

      1) Le persone intrappolate a bordo della NIVIN vanno evacuate al più presto attraverso un corridoio umanitario, trattandosi per la loro provenienza e per le condizioni attuali, di persone altamente vulnerabili, come quelle poche decine di persone che sono state evacuate nei giorni scorsi da Tripoli verso Roma, con una cornice di propaganda che le autorità politiche potevano certamente evitare. La loro scelta forzata di non scendere a terra in porto, a Misurata, è dettata dal timore di subire trattamenti disumani e degradanti, non certo dalla volontà di impadronirsi della nave. Se non sarà possibile il loro resettlement in Italia, si dovrà trovare un altro stato europeo disposto ad accoglierli.

      2) Le Nazioni Unite, al pari dell’Unione Europea, non possono dichiarare che la Libia non garantisce “porti sicuri di sbarco” e continuare però a legittimare le attività di intercettazione in acque internazionali delegate alle motovedette delle diverse milizie libiche. Non si possono le reali condizioni di abbandono nella zona SAR libica, istituita dall’IMO il 28 giugno di quest’anno, e le condizioni disumane che i migranti ritrovano quando vengono riportati a terra, anche se nei porti, nei quali rimane ancora possibile accedere, UNHCR ed OIM tentano di fornire i primi aiuti e di individuare i casi più vulnerabili. Ma tutti i migranti fuggiti dalla Libia, che vengono riportati a terra dopo essere stati intercettati in alto mare, sono soggetti vulnerabili, come dimostra anche questo ultimo caso della NIVIN. Tutti hanno diritto allo sbarco in un place of safety.

      Occorre sospendere immediatamente il riconoscimento di questa zona SAR che di fatto non è garanzia di soccorso e salvaguardia della vita umana in mare, ma solo pretesto per operazioni di respingimento delegate alla sedicente Guardia costiera “libica”, che neppure “libica” riesce ad essere, allo stato della divisione del paese tra diverse autorità politiche e militari. Occorre anche chiarire i limiti dei livelli di assistenza e di coordinamento della stessa Guardia costiera libica da parte di paesi come l’Italia che non solo inviano motovedette da impiegare nelle attività di intercettazione, ma continuano a svolgere un ruolo attivo di coordinamento delle attività operative, anche al di fuori delle operazioni di ricerca e salvataggio (SAR). Sono del resto noti i rilevanti interessi economici italianinei principali porti petroliferi libici e nelle piattaforme offshore situate in acque internazionali. Impianti che in mare sono difesi anche dalle navi della Marina Militare della operazione Mare Sicuro, che sono dispiegate in prossimità degli impianti di estrazione del greggio. E che negli ultimi mesi non si sono fatte certo notare in attività di ricerca e salvataggio di persone in situazione di pericolo, che si è preferito affidare agli interventi delle navi commerciali, dopo l’allontanamento forzato delle ONG.

      L’Unione Europea, al di là della campagna elettorale permanente tutta rivolta a negare il diritto alla vita dei migranti intrappolati in Libia, dovrà rivolgere all’IMO una richiesta forte di sospendere il riconoscimento di una zona SAR libica, fino a quando in Libia non si saranno stabilite autorità centrali, e la Libia non avrà aderito, e applicato effettivamente, la Convenzione di Ginevra del 1951 sui rifugiati. Prima di allora, qualunque coinvolgimento di assetti navali o aerei europei in attività di intercettazione in acque internazionali, poi affidate alla sedicente Guardia costiera “libica”, potrebbe configurare oggettivamente una grave violazione dei divieti di respingimento sanciti dall’art. 33 della Convenzione di Ginevra, dall’art. 19 della Carta dei diritti fondamentali dell’Unione Europea e dell’art. 4 del Quarto Protocollo allegato alla CEDU, che vietano le espulsioni ed i respingimenti collettivi.

      Le organizzazioni non governative, ma anche le associazioni di armatori, devono essere ascoltate dal Segretariato dell’IMO, finora chiuso a qualunque sollecitazione, che deve sospendere il riconoscimento di una zona SAR “libica”, fino a quando non esista davvero uno stato libico unitario capace di organizzare coordinamento e mezzi di salvataggio. Va risolta una situazione di incertezza sulle competenze di soccorso e nella individuazione di un porto sicuro di sbarco che mette a rischio vite umane. Questi problemi non si risolvono con accordi bilaterali e rientrano anche nell’area di competenza dell’IMOn e delle Nazioni Unite.

      “With the adoption of the International Convention on Maritime Search and Rescue (“SAR Convention”) in 1979, IMO has made great strides in the implementation of that Convention and the development of the global SAR plan, designating SAR regions of responsibility to individual IMO Member States aiming at covering the entire globe. In addition, since 2000, IMO has made continuous efforts to strengthen the global network of search and rescue services and regions established under the SAR Convention, including the establishment of a framework of regional Maritime Rescue Co-ordination Centres and Maritime Rescue Sub-Centres in Africa for carrying out search and rescue operations following accidents at sea”.

      Questione che non si può lasciare alle trattative tra stati, o tra questi e ONG o singoli armatori, ogni volta che si verifichi un un incidente, come è successo negli ultimi mesi. Basti pensare ai diversi casi di boicottaggio dei soccorsi operati dalla nave Aquarius, fino alle pressioni italiane su Gibilterrra e Panama per il ritiro della bandiera, ed al blocco dei porti per giorni rispetto ad interventi di soccorso operati da navi commerciali come la Alexander Maersk.

      Occorre ricostruire quella collaborazione virtuosa tra navi umanitarie delle Organizzazioni non governative ed unità della Guardia costiera italiana che ha permesso negli ultimi anni di salvare decine di migliaia di vite. Occorre fare finalmente chiarezza sui ricorrenti tentativi di criminalizzazione dell’intervento umanitario, che ancora non sono riusciti a produrre un solo risultato certo in sede processuale.

      Gli organismi europei, e soprattutto l’agenzia FRONTEX, oggi definita Guardia di frontiera ecostiera europea, dovranno rispettare rigidamente gli obblighi di salvataggio, sanciti soprattutto dal Regolamento n.656 del 2014, e tutti i suoi assetti, comresi quelli impegnati nell’operazione Sophia di Eunavfor Med, dovranno anteporre la salvaguardia della vita umana in mare, alla finalità del contrasto dell’immigrazione irregolare. Operando diversamente gli agenti responsabili potrebbero esser chiamati a rispondere del loro operato davanti alla Corte di Giustizia dell’Unione Europea, quale che sia l’esito delle prossime elezioni europee. Il rispetto dello stato di diritto, dei principi costituzionali, delle Convenzioni internazionali e dei Regolamenti, come delle Direttive europee, non si può condizionare in base all’andamento dei risultati elettorali. Come dovrebbe essere garantito, anche, a livello nazionale, per l’amministrazione della giustizia. Anche nell’accertamento delle responsabilità degli stati nell’omissione o nel ritardo riscontrabile nelle operazioni di ricerca e salvataggio.

      Infine, con la consapevolezza che si tratta di attendere, ma che alla fine si potranno accertare responsabilità internazionali che altrimenti godrebbero della più totale impunità, occorre attivare un circuito permanente di denuncia di quanto sta avvenendo nel Mediterraneo centrale, rivolto alla Corte Penale internazionale,che già si sta occupando della sedicente “Guardia costiera libica”, in casi nei quali i governi nazionali si dimostrano complici o indifferenti. Se qualcuno ha smarrito il valore della vita umana, o pensa di poterlo strumentalizzare a fini politici, è bene che si riesca, anche se in tempi più lunghi, ad accertare fatti e responsabilità.

      https://comune-info.net/2018/11/ancora-in-trappola-i-dannati-della-nivin

    • Migranti, Mediterranea: «Irruzione delle truppe libiche sulla nave Nivin»

      L’allarme della nave delle ong che da settimane svolge un servizio di soccorso e assistenza in mare

      Secondo quanto apprende Mediterranea, la nave delle ong che da settimane svolge un servizio di soccorso e assistenza in mare, forze armate libiche hanno fatto irruzione sulla nave Nivin, ancorata nel porto di Misurata in Libia.

      https://www.lapresse.it/cronaca/migranti_mediterranea_irruzione_delle_truppe_libiche_sulla_nave_nivin_-858090/news/2018-11-20

      Le tweet de Mediterranea:

      Apprendiamo che forze armate libiche hanno fatto irruzione sulla #Nivin, dalle 11.41 non si hanno notizie dei profughi a bordo. ITA ed EU non permettano violenza su persone che lottano per non essere ancora torturate. #Misurata @italyMFA @UNHCRlibya

      https://twitter.com/RescueMed/status/1064854071813775360?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E10

    • Les migrants du Nivin ont été débarqués à #Misrata et accusés de « #piraterie »

      Les autorités libyennes ont évacué mardi 20 novembre les 77 migrants qui refusaient depuis 10 jours de débarquer à Misrata. D’après les reporters de France 24 sur place, qui ont pu s’entretenir avec une source officielle ils ont été ramenés en centre de détention et sont accusés de « piraterie ».

      Mardi 20 novembre vers 10h30 heure de Paris, selon plusieurs sources concordantes, les autorités libyennes ont mené une opération musclée pour déloger les 77 migrants qui refusaient de sortir du navire commercial depuis 10 jours. Selon un média local, l’opération a été ordonnée par le procureur général de Misrata.

      « On a vu passer ce matin des ambulances qui fonçaient à toute allure et de nombreux fourgons avec des hommes en armes à l’intérieur », précise à InfoMigrants un humanitaire sur place. Les organisations internationales ont pour l’heure peu d’informations sur la situation, les autorités libyennes les ayant tenues à l’écart de l’évacuation. « On n’a pas été autorisés à suivre l’opération, on nous a bloqué l’accès », note encore l’humanitaire. L’opération s’est donc déroulée sans témoins.

      InfoMigrants a tenté de joindre, Victor*, son contact à bord mais c’est un homme se présentant comme un garde-côte libyen qui a répondu. « Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il n’y a plus personne dans le bateau et que les migrants sont dans de bonnes conditions », a-t-il déclaré, laissant penser que le téléphone du migrant soudanais avait été saisi.

      Plusieurs sources évoquent au contraire une situation tendue. Selon le directeur de la sécurité et de la sûreté de la zone franche de Misrata interrogé par l’équipe de France 24 en Libye, les autorités libyennes ont fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc pour évacuer le bateau. Plusieurs personnes ont été blessées et sont désormais prises en charge à l’hôpital de Misrata.

      Des migrants accusés de « piraterie »

      D’après la même source, les migrants non blessés ont été envoyés au centre de détention de Kararim, à Misrata. Ils sont accusés de « piraterie », a expliqué le Directeur de la sécurité et de la sûreté de la zone franche de Misrata, à l’équipe de France 24.

      Un garde-côte libyen, joint par InfoMigrants plus tôt dans l’après-midi, a affirmé que certains des migrants avaient été présentés au procureur général.

      Secourus le 8 novembre au large de la Libye par un navire commercial battant pavillon panaméen, les migrants refusaient de débarquer au port de Misrata. « Plutôt mourir que de retourner en Libye », affirmaient-ils à InfoMigrants. Pendant des jours, les organisations internationales ont essayé de négocier avec les autorités libyennes une solution alternative aux centres de détention, sans succès.

      Elles redoutaient également l’usage de la force pour faire sortir les migrants calfeutrés à l’intérieur du bateau. Lundi 19 novembre, un membre d’une organisation internationale déclarait sous couvert d’anonymat à InfoMigrants : « Les Libyens font finir par perdre patience ».
      Les organisations internationales se disent aujourd’hui inquiètes du sort qui sera réservé aux leaders de la contestation. « On va être attentif à leur situation mais aussi à celles des autres migrants du Nivin », conclut un humanitaire.


      http://www.infomigrants.net/fr/post/13459/les-migrants-du-nivin-ont-ete-debarques-a-misrata-et-accuses-de-pirate


  • Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française René Naba - /oumma.com
    https://oumma.com/deconstruction-des-mythes-fondateurs-de-la-grandeur-francaiseune-lecture-frac
    http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deconstruction-des-mythes-fondateurs-de-la-grandeur-francaise

    Une lecture fractale de l’Histoire de France : Réponse à Bruno Gollnisch, Philippe Val, Philippe Douste Blazy et Nicolas Sarkozy

    La scène se passait en juin 1998, il n’y a pas si longtemps, huit ans environ à peine, un mois avant la grande communion multicolore du Mondial, la première victoire de la France bariolée dans le championnat du Monde de Football : Bruno Gollnisch, le successeur potentiel du dirigeant du Front National Jean Marie Le Pen, exhibait, au terme d’une conférence de presse, un attaché-case, dont il révélait le code secret de verrouillage comme un trophée de guerre (1).

    Le code secret par définition doit demeurer secret. Il se conserve comme une sainte relique. Pour M.Gollnisch, cela n’est évidemment pas le cas : le secret est public surtout lorsqu’il s’agit de stigmatiser, surtout lorsqu’il s’agit de glaner un succès à bon compte. Chacun a les satisfactions intellectuelles de son niveau d’éducation.

    Ménageant ses effets, il déclame en public sa combinaison magique de trois chiffres, l’égrenant lentement 7-3-2 dans un mouvement jouissif libérateur. 732. l’effet est assuré. 732, #Poitiers. La victoire controversée de #Charles_Martel sur les troupes arabes d’Abdel Rahman.

    Cela se passait donc en 1998 et #Gollnisch prenait pour référence un événement datant de 1266 ans. 1266 ans de rumination historique. Sans doute la marque manifeste du zèle d’un néophyte. 1266 ans de rumination pour ce Français de la troisième génération, comme l’on désigne en France les petits fils d’immigrés, en l’occurrence un petit fils d’immigrés allemands.


    Correspondant de guerre sur les théâtres d’opérations extérieurs du territoire métropolitain, l’exhibition impudique de Bruno Gollnisch, la passivité des #journalistes présents devant sa vaine et vaniteuse démonstration ont opéré comme un déclic en moi me propulsant dans une navigation sidérante dans le tréfonds de la conscience française, dont je souhaite vous livrer les conclusions sans appétence polémique particulière, dans le droit fil de la thématique de ce colloque « D’une rive à l’autre, Ecrire l’Histoire, Décoloniser les Esprits ».

    L’exercice ne relève ni de la démagogie, ni d’un populisme de bon aloi, de bonne guerre il est vrai, dans ce genre de démonstration. Il vise à apporter une contribution à la clarification sémantique et psychologique du débat post-colonial par le pistage des non-dits de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français.

    Ni populisme, ni démagogie, ni dénigrement non plus. Mais l’application de l’analyse de contenu à de constats qui s’ils sont lapidaires ne sont nullement sommaires ni rudimentaires.

    Une thérapie par électrochocs en somme. Un voyage révélateur des présupposés d’un peuple, des ressorts psychologiques d’une nation et de la complexion mentale de ses dirigeants.

    Embarquons nous donc pour ce voyage de #déconstruction des mythes fondateurs de la #grandeur_française avec un grand merci pour Bruno Gollnisch d’en avoir été, involontairement, l’élément déclencheur.
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    Le Panache français ou le mythe de la grandeur
    Le propos n’est pas anodin. Il correspond à une réalité indéniable : la dernière grande victoire militaire française remonte à deux siècles. Oui deux siècles exactement. #Austerlitz. Certes il y eut #Valmy et le Pont d’Arcole. Puis Austerlitz. Le panache français en somme. Puis. Plus rien….drôle de panache. Ce fut ensuite Waterloo (1815), face aux Anglais, Sedan (1870), face aux Allemands, Fachoda (1898), qui brisa net l’accès de la France aux sources du Nil, au Soudan. Soit près d‘un siècle de désastres militaires ininterrompus, compensés, il est vrai, par les conquêtes coloniales notamment l’#Algérie. A croire que les expéditions coloniales sont d’utiles palliatifs aux désastres nationaux et par transposition au débat contemporain, les immigrés d’indispensables dérivatifs aux difficultés internes.

    #VERDUN 1916 et Rethondes I (l’armistice du 11 novembre 1918), cent ans après Waterloo refermeront la parenthèse néfaste. Mais là, les Français ne sont pas seuls. Ils ne peuvent plus revendiquer la victoire à leur bénéfice exclusif. C’est une « victoire alliée » qu’ils devront partager avec leurs alliés britanniques et américains mais aussi avec les nouveaux venus de la scène internationale : les #Basanés. 550.449 soldats de l’Outre mer dont 173.000 Algériens, soit 20 pour cent des effectifs et 10 pour cent de la population du pays participeront à l’effort de guerre de la France. 78.116 #ultramarins tomberont sur le champ d’honneur, soit l’équivalent de la totalité de la population de #Vitrolles et d’#Orange prises ensemble, les deux fiefs de l‘extrême droite française contemporaine.

    La pensée peut paraître sacrilège mais elle correspond, là aussi, à la réalité : Verdun est à ce titre autant une victoire française qu’une victoire arabe et africaine. Certes la « chair à canon » était présentée comme étant de peu de valeur face à la qualité des stratèges du Haut commandement. Mais le fait est là aussi démontré : Après Verdun beaucoup avaient cru naïvement que la France s’était réconciliée avec la victoire. Et bien non. 1940 et #Rethondes Bis (la capitulation de #Montoire du 21 juin 1940) apporteront la preuve du contraire. #Monte_Cassino (1944) lavera l’honneur français mais la plus grande victoire française de la Deuxième Guerre mondiale est une victoire mixte : Cent mille (100.000) soldats alliés, contre 60.000 Allemands, ainsi que 4000 ressortissants du #Maghreb auront payé de leur vie cette victoire. 4.000 originaires du Maghreb sur 6.300 tués dans les rangs français, soit les 2/3 des effectifs. Monte Cassino est donc tout autant une victoire alliée, qu’une victoire française, arabe et africaine.

    Le schéma est identique en ce qui concerne le domaine naval. Le dernier fait d’armes français -controversé tout de même- remonte à #Aboukir (1799). Puis ce fut au tour de Trafalgar (1805), Toulon (1942), le Charles de Gaulle et son hélice manquante durant la guerre d’Afghanistan (2001), la première guerre du XXI me siècle, enfin les pérégrinations de l’ancien joyau de la flotte française, le Clemenceau, en 2005. On aurait rêvé meilleur traitement à De Gaulle et à Clemenceau, tout de même deux personnages considérables de l’Histoire de France.

    Victorieuse avec ses anciens colonisés, la France retrouvera le chemin de la défaite lorsqu’elle se dressera contre eux. Carbonisée à #Dien_Bien_Phu (1954) contre le Vietnam, première victoire d’un pays du tiers monde sur un pays occidental, ainsi qu’en Algérie (1954-1962).
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    Le tryptique républicain (#Liberté, #Egalité, #Fraternité), le mythe fondateur de l’exception française.
    A) La liberté : 
La Colonisation est la négation de la Liberté. La #Colonisation n’est pas, loin s’en faut, « la mise en valeur des richesses d’un pays transformé en #colonie » selon la plus récente définition du dictionnaire « Le Petit Robert » Edition -2007

    La liberté et La colonisation sont proprement antinomiques. Car la colonisation est l’exploitation d’un pays, la spoliation de ses richesses, l’asservissement de sa population au bénéfice d’une #Métropole dont elle est, en fait, un marché captif, le réservoir de ses matières premières et le déversoir de son surplus démographique, de sa main d’œuvre et de sa surpopulation, le volant régulateur du chômage et de l’inflation dans les sociétés occidentales.

    Contraire aux idéaux de Liberté, d’Egalité et de fraternité, les principes fondateurs de la Révolution Française, la colonisation est le fossoyeur de l’#idéal_républicain. Elle l’aura été quand bien même d’illustres figures françaises, telles Léon Blum, la conscience morale du socialisme, auront voulu – déjà- en célébrer les bienfaits comme un devoir de faire accéder à la civilisation les peuples primitifs (2).

    Par transposition au débat contemporain, la rhétorique de #Léon_Blum est comparable à celle de la nouvelle conscience de la nouvelle gauche française, le philosophe #André_Glucksman, présentant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 comme une contribution occidentale à l’instauration de la démocratie en terre arabe et non comme la mainmise américaine sur les gisements pétroliers de ce pays. « Le fardeau de l’homme blanc », théorisé par l’anglais Kipling, est un alibi commode, le thème récurrent à toutes les équipées prédatrices du monde occidental.
    B ) L’Egalité : 
L’exception française est une singularité : Premier pays à avoir institutionnalisé la terreur comme mode de gouvernement, avec Maximilien de Robespierre, sous la Révolution française (1794), la France sera aussi le premier pays à inaugurer la #piraterie_aérienne, en 1955, avec le déroutement de l’avion des chefs historiques du mouvement indépendantiste algérien Ahmad Ben Bella, Mohamad Khider, Mohamad Boudiaf et Krim Belkacem), donnant ainsi l’exemple aux militants du tiers-monde en lutte pour leur indépendance.

    La récidive dans la singularité est aussi un trait de l’exception française : En effet, ce pays jacobin, égalisateur et égalitaire se singularisera, aussi, en étant le seul pays au monde à avoir officialisé le « #gobino-darwinisme juridique », à avoir codifié en Droit « la théorie de l’inégalité des #races », une codification opérée sans discernement, pour promouvoir non l’égalité, mais la #ségrégation.

    La « Patrie des Droits de L’Homme » et des compilations juridiques modernes -le code civil et le code pénal- est aussi le pays de la codification discriminatoire, le pays de la codification de l’abomination : le pays du« #Code_Noir » de l’esclavage, sous la Monarchie, du « Code de l’#indigénat » en Algérie, sous la République, qu’il mettra en pratique avec les « expositions ethnologiques », ces « #zoos_humains » (3) dressés pour ancrer dans l’imaginaire collectif des peuples du tiers monde l’idée d’une infériorité durable des « peuples de couleur », et, par contrecoup, la supériorité de la race blanche comme si le blanc n’était pas une couleur, même si elle est immaculée, ce qui est loin d’être le cas.

    Un chiffre suffit à démontrer l’inanité de ce principe d’égalité : Trois membres du dernier gouvernement de l’ère chiraquienne présidé par Dominique De #Villepin (2005) ont été affectés à la mise en œuvre de ce principe dans ses diverses déclinaisons : la cohésion sociale (Jean Louis Borloo), la promotion de l’égalité des chances entre Français de souche et Français naturalisés (Azouz Begag) enfin la parité Hommes-femmes (Catherine Vautrin).

    Ce principe d’égalité est pourtant l’un des principes fondateurs de la République, entériné comme bien commun de la nation depuis deux siècles. Que n’a-t-on songé à le mettre en œuvre auparavant ? A croire que la laïcité ce concept unique au monde ne s’est forgé que pour servir de cache-misère à un #chauvinisme récurrent de la société française.

    Les hochets offerts épisodiquement non aux plus méritants mais aux plus dociles, en guise de lot de consolation, loin d’atténuer cette politique discriminatoire, en soulignent la parfaite contradiction avec le message universaliste de la France. Ils l’exposent à de douloureux retours de bâtons.

    C) Fraternité : Le #Bougnoule, la marque de stigmatisation absolue, le symbole de l’ingratitude absolue.
    La fraternisation sur les champs de bataille a bien eu lieu mais la fraternité jamais. Jamais pays au monde n’a autant été redevable de sa liberté aux peuples basanés et pourtant jamais pays au monde n’a autant compulsivement réprimé ses alliés coloniaux, dont il a été lourdement redevable de sa survie en tant que grande nation. De Fraternité point, mais en guise de substitut, la stigmatisation, la #discrimination et la #répression à profusion.

    Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à #Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de #Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à #Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

    ((A noter qu’en Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population #Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -#Canada, #Australie, #Nouvelle Zélande, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’#Inde et du #Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (#Indochine, Algérie).

    « Bougnoule » tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante-mortem.
    La revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul, apporte l’#alcool »- le breuvage galvanisateur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs.

    Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXme siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux #Nord-Africains. Synonyme de #bicot et de #raton » (4). Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », #arabo-berbères et #négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par « #ratonnade » une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

    Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse, d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral…….Une revanche posthume du bougnoule, en quelque sorte.
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    La France du triptyque républicain : une vision ethniciste face au phénomène exogène.
    L’affirmation peut paraître péremptoire, n’y voyons aucune malice, mais correspond néanmoins à la réalité historique : Le clivage communautaire a préexisté en France dans l’esprit des autorités et des citoyens du pays d’accueil bien avant qu’il ne prenne corps dans l’esprit des migrants.

    Par transposition du schéma colonial à l’espace métropolitain, l’immigré en France a longtemps été perçu comme un indigène, ce qui faisait paradoxalement de l’immigré, l’indigène de celui qui est étymologiquement l’indigène (5), une main-d’oeuvre relevant de la #domesticité de convenance, dont l’expatriation assurait sa subsistance et l’obligeait par voie de conséquence à un devoir de gratitude envers le pays hôte.

    D’extraction modeste, affecté à des taches subalternes et pénibles de surcroît non valorisantes, l’immigré, parqué en marge des villes, était par définition et par destination un être en marge de la société, un élément #marginal et non une composante de la société française. Il n’avait de ce fait ni droit de cité, ni droit de regard, ni a fortiori droit de parole.

    L’immigré a été d’autant plus occulté qu’il deviendra durant les années 1950-1970 responsable de tous les maux diplomatiques et économiques français : du désastre de Dien Bien Phu, en 1954, à la Guerre d’Algérie, à l’expédition franco-britannique de Suez contre le symbole du nationalisme arabe Nasser, en 1956, à l’affrontement de Bizerte et la décolonisation de l’Afrique, en 1960, à la 3ème guerre israélo-arabe de juin 1967, à la première crise pétrolière, en 1973, autant d’événements qui ont fini par diaboliser l’immigré notamment “#arabo-musulman” dans le regard du français.

    Dans le domaine de l’imaginaire et le champ de la production intellectuelle, l’arabe représentait alors par compensation “le mal absolu” identifié dans le langage courant par cette rodomontade musculatoire : “le bougnoule à qui l’on doit faire suer le burnous”.

    Par un faux effet d’optique, la France se donnera l’illusion de venger ses avatars d’Algérie et, par un philosémitisme actif, l’illusion de sa rédemption, substituant une arabophobie à une judéophobie, en somme une injustice à une autre injustice, feignant par là même d’ignorer que l’injustice ne se combat pas par une autre #injustice.

    Symptomatique de cet état de fait, le #harki, celui-là même qui dans le schéma mental français devait représenter le bon arabe ou le bon immigré puisqu’il s’était rangé de son côté, c’est à dire du bon côté, sera gommé de la conscience nationale et dissimulé dans les recoins arides du pays, dans une démarche symbolique destinée à refouler ce « déchet du colonialisme » dans le tréfonds de la conscience.

    La crispation identitaire française remonte, en fait, sur le plan national, aux premières vagues d’immigration de l’ensemble arabo-musulman, principalement du Maghreb, le ponant du monde arabe, plus précisément à la Première Guerre Mondiale (1914-1918). Avec 1,4 millions de morts, 900 000 invalides, la France déplorera la perte de 11 pour cent de sa population active du fait du premier conflit mondial, à laquelle il conviendrait d’ajouter les dégâts économiques : 4,2 millions d’hectares ravagés, 295 000 maisons détruites, 500 000 endommagés, 4.800 km de voies ferrées et 58.000 km de routes à restaurer et 22 900 usines à reconstruire et 330 millions de m3 de tranchées à combler.

    Les premiers travailleurs immigrés, des #Kabyles, arriveront en France dès 1904 par petits groupes, mais la Première Guerre Mondiale provoquera un effet d’accélérateur entraînant un recours massif aux « travailleurs coloniaux » auxquels se superposeront les renforts des champs de bataille comptabilisés sous une autre rubrique.

    L’indigène lointain cède la place à l’immigré de proximité. De curiosité exotique que l’on exhibe dans les zoos humains pour glorifier l’action coloniale française, le mélanoderme deviendra progressivement une donnée permanente du paysage humain de la vie quotidienne métropolitaine, sa présence vécue comme une contrainte, exacerbée par la différenciation des modes de vie entre immigrés et métropolitains, les fluctuations économiques et les incertitudes politiques du pays d’accueil

    Paradoxalement, dans la période de l’entre-deux guerres (1918-1938), la France va favoriser la mise en place d’une « République Xénophobe » (6), matrice de l’idéologie vichyste et de la « préférence nationale », alors que son besoin en main d’oeuvre est criant. Bien que contribuant à sortir la France de son champ de ruine, les travailleurs immigrés seront tenus en suspicion, pistés au sein d’un grand « fichier central ».

    Soumis pour l’obtention de la carte de séjour à une taxation équivalant parfois à un demi mois de salaire, source de revenus complémentaire pour l’Etat français, ils seront de surcroît perçus comme porteurs d’un triple péril : péril économique pour leurs concurrents français, péril sanitaire pour la population française dans la mesure où l’étranger particulièrement les Asiatiques, les Africains et les Maghrébins étaient présumés porteurs de maladies, péril sécuritaire pour l’Etat français.

    Près de deux cent mille « #travailleurs_coloniaux » (200 000) seront ainsi importés d’Afrique du Nord et du continent noir par de véritables corporations négrières, telle la « Société générale de l’immigration » (#SGI), afin de pallier la main d’oeuvre française principalement dans le bâtiment et l’industrie textile en remplacement des soldats français partis au front. Dans la cohorte de travailleurs immigrés, venus d’abord principalement d’Italie et de Pologne, les Maghrébins feront l’objet d’une attention spéciale de la part des pouvoirs publics.

    Un « Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains chargé de la répression des crimes et des délits » est constitué le 31 mars 1925. Un bureau spécial rien que pour les Maghrébins, précurseur du « service des #questions_juives » que le pouvoir vichyste mettra en place en 1940 pour la surveillance des nationaux français de « race ou de confession juive » durant la Seconde Guerre mondiale.
    ((NDLR Citation de l’article de la juriste Danièle Lochak « La race, une catégorie juridique ? »
    (http://www.anti-rev.org/textes/Lochak92a ) :
    « la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs dispose : “Est regardé comme juif pour l’application de la présente loi toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif”. Cette définition, qui laisse en suspens la question de savoir comment sera déterminée l’appartenance des grands-parents à la race juive, sera remplacée, dans la loi du 2 juin 1941, par une définition plus explicite : “Est regardé comme juif :

    1° celui ou celle appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu d’au moins trois grands-parents de #race juive, ou de deux seulement si son conjoint est lui-même issu de deux grands-parents de race juive. Est regardé comme étant de race juive le grand-parent ayant appartenu à la religion juive ;

    2° celui ou celle qui appartient à la religion juive et qui est issu de deux grands-parents de race juive”. »

    L’intitulé de l’office en dit long quant à l’opinion du gouvernement français et de ses intention à l’égard des « indigènes » d’Afrique du Nord. Le phénomène ira en s’amplifiant avec la Deuxième Guerre Mondiale et les trente glorieuses années de l’après-guerre (1945-1975) qui suivirent la reconstruction de l’Europe, où le besoin de « chairs à canon » et d’une main d’oeuvre abondante à bas prix provoqueront un nouveau flux migratoire égal en importance au précédent.

    Luxe de raffinement, le recrutement s’opérait selon des critères d’affinités géographiques au point de constituer de véritables couples migratoires en particulier entre Renault et l’embauche kabyle, charbonnages de France et les travailleurs du sud marocain, de même qu’en Allemagne, Wolkswagen et les immigrés turcs.

    A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, les travailleurs coloniaux faisaient même l’objet d’une #notation en fonction de leur nationalité et de leur race (7) avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance notamment au sein des Algériens où les Kabyles bénéficiaient d’un préjugé plus favorable que les autres composantes de la population algérienne. Le Kabyle était invariablement noté 5/20, l’arabe 4/20 et l’Indochinois 3/20. Ho Chi Minh témoin de cette humiliante notation ethnique lors de son séjour parisien, se vengera trente ans plus tard en infligeant à son ancien maître l’une des plus humiliantes défaites militaires du monde occidental, la défaite de Dien Bien Phu en 1954.

    Muettes, les blessures de l’histoire ne cicatrisent jamais.
    La France s’affiche volontiers révolutionnaire mais se révèle, en fait, profondément conservatrice. La France du triptyque républicain a eu un comportement liberticide avec la colonisation, ethniciste dans sa politique migratoire, un comportement sociocide dans sa structuration socio-culturelle et démographique.
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    Le mythe de la politique arabe de la France
    Philipe Val, le directeur conformiste de l’hebdomadaire faussement anarchiste Charlie Hebdo, impute la collaboration vichyste anti-juive à « la politique arabe de la France ». Ce mémorialiste des temps modernes qui se vit en rival contemporain du cardinal de RETZ, s’imagine, par ce raccourci non pas audacieux mais hasardeux, exonérer la France de l’#antisémitisme récurrent de la société française.

    Sauf à prêter aux Arabes une capacité d’anticipation d’une hardiesse rare confinant à un machiavélisme suprême, en vue de soudoyer l’Etat-Major français pour le conduire à faire condamner pour « haute trahison » un officier français de confession juive, le Capitaine Alfred Dreyfus, ou encore à gangrener le haut commandement politico-militaire français en vue de savourer le désastre de 1940, l’antisémitisme en France a préexisté à la présence arabe et musulmane en France.

    Le plus grand déferlement d’Arabes et de Musulmans en France est survenu à l’occasion de la Deuxième Guerre Mondiale, non pour l’appât du gain -« pour manger le pain des Français »-, mais bien pour libérer avec d’autres le pays du joug nazi, pour aider à la défense d’un pays que ses habitants n’ont pas su, pas pu ou pas voulu défendre… C’est-à-dire près de cinquante ans après l’affaire Dreyfus et dans la foulée de la capitulation de Montoire.

    Et, que je sache, le « Bureau des affaires juives », a eu pour précurseur immédiat « le Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains » dont la création, en 1925, n’a pas suscité la moindre protestation des Français sans doute trop occupés à l’époque à magnifier leur supériorité dans l’admiration des « zoos humains »

    La thèse de Philipe Val ne résiste pas à une analyse un tant soit peu sérieuse. Mais qui a jamais soutenu que Philippe Val était un analyste ? Sérieux de surcroît ? Elle participe néanmoins d’une falsification de l’Histoire, d’un sournois travail de révisionnisme anti-arabe.

    Une politique se juge sur la durée. A l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, se révèle être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. Qu’on en juge. L’histoire en est témoin.

    La contribution des Arabes à l’effort de guerre français en 1914-1918 pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine a été franche et massive. Sans contrepartie. La France, en retour, vingt ans après cette contribution, a témoigné de sa gratitude à sa façon…… en amputant la #Syrie du district d’Alexandrette (1939) pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première guerre mondiale.

    Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, la France, récidiviste, carbonisera la première manifestation autonomiste des Algériens, à Sétif, le jour même de la victoire alliée, le 9 mai 1945, une répression qui apparaîtra rétrospectivement comme une aberration de l’esprit sans doute unique dans l’histoire du monde, dont les effets se font encore sentir de nos jours.

    Dix ans plus tard, en 1956, de concert avec Israël et la Grande Bretagne, la France se livre à une « expédition punitive » contre le chef de file du nationalisme arabe, Nasser, coupable d’avoir voulu récupérer son unique richesse nationale « le Canal de Suez ». Curieux attelage que cette « équipée de Suez » entre les rescapés du génocide hitlérien (les Israéliens) et l’un de leur ancien bourreau, la France, qui fut sous Vichy l’anti-chambre des camps de la mort.

    Curieux attelage pour quel combat ? Contre qui ? Des Arabes, ceux-là mêmes qui furent abondamment sollicités durant la deuxième guerre mondiale pour vaincre le régime nazi, c’est-à-dire l’occupant des Français et le bourreau des Israéliens. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme élaborée de l’exception française, on aurait rêvé meilleure expression de la gratitude.

    Très concrètement, la politique arabe de la France a consisté, historiquement, en une opération de restauration de la souveraineté nationale dans les centres de décision du pouvoir politique français, après la guerre de juin 1967, par la rupture de la relation fusionnelle qui existait qui, au mépris de l’intérêt national, entre services français et israéliens.

    Bon nombre d’entre vous se rappellent peut-être le chef de la mission d’achat militaire israélienne en France disposait, à l’époque, non pas à l’ambassade israélienne, mais au sein même du ministère français des armées, d’un bureau jouxtant celui du directeur de cabinet du ministre, une proximité sans précédent même dans les pays colonisés.

    Bon nombre d’entre vous gardent peut être présent à l’esprit l’implication des services israéliens et français dans l’enlèvement du chef charismatique de l’opposition marocaine #Mehdi_Ben_Barka, en 1965, en plein jour, en plein Paris, ou encore le vol des cinq vedettes de Cherbourg par les Israéliens (Décembre 1969), la plus concrète manifestation sinon de la connivence du moins de la passivité des services français à l’égard des coups de main israéliens.

    L’ouverture de la France vers les pays arabes, en 1967, au terme d’une rupture de onze ans consécutive à l’expédition de Suez, lui a valu un regain de prestige après deux décennies de déboires militaires en Indochine et en Algérie, la conquête des marchés pétroliers, notamment l’#Irak, l’ancienne chasse gardée des Anglais, la percée majeure de la diplomatie gaulliste de la seconde moitié du XXme siècle, ainsi que de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite,

    L’illustration patente de la disparité de traitement entre Français et Arabes est la première crise de l’#énergie en 1973. A cette date, la France est officiellement le partenaire privilégié du Monde arabe, officiellement épargnée par le boycottage pétrolier anti-occidental, le principal bénéficiaire du boom pétrolier, le principal bénéficiaire des contrats pétro-monarchiques, mais les Français se cramponnent à une xénophobie lancinante, crispés sur un comportement guidé par une psychorigidité nourrie d’une nostalgie de grandeur.

    Tout le monde garde présent à l’esprit les traits d’humour d’une époque où les Français exultaient de compenser leur absence de ressources naturelles par une prétendue supériorité intellectuelle, affichant leur fierté de ne “pas avoir de pétrole mais des idées”, formule qui peut se décrypter de la façon suivante : “pas d’essence, mais la quintessence de l’esprit”, humour que sous-tendait une #arabophobie ambiante dans une période où les arabo-musulmans étaient cloués au pilori pour avoir osé frigorifier les Français avec leur crise de l’énergie.

    Le renchérissement du coût du pétrole était vécu comme un crime de lèse-majesté, alors qu’il s’agissait d’un problème de rajustement des prix du brut, longtemps outrageusement favorables aux économies occidentales.

    La contradiction entre l’ouverture pan-arabe de la diplomatie française et la crispation identitaire de l’opinion française posait déjà à l’époque le problème de la mise en cohérence de la politique française à l’égard du fait arabo-musulman.

    L’universalisme français a pratiqué à destination du monde arabo-musulman une « politique des minorités », contraire à ses principes fondateurs, institutionnalisant et instrumentalisant le confessionalisme et le communautarisme, se servant des Maronites (au Levant) et des Kabyles (au Ponant) comme levier à une re-christianisation de la rive méridionale de la Méditerranée, interdisant aux Algériens sur le sol même de leur patrie, l’usage de leur langue nationale, infligeant à ce pays un dégât plus important que les ravages de 130 ans de la colonisation, le dommage de l’esprit,— l’acculturation—, dont les effets corrosifs et pernicieux se font encore sentir de nos jours et qui expliquent pour une large part les crises cycliques entre les deux pays.

    La politique arabe de la France c’est cela aussi. Muettes et douloureuses, les blessures de la mémoire ne cicatrisent jamais.
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    La France : Aimez- là ou quittez-là ou le mythe de l’excellence française
    Ce mot d’ordre n’a même pas le mérite de l’originalité. IL a été emprunté à #Ronald_Reagan, le président Rambo des Etats-Unis de la décennie 1980 (1980-1988) qui entendait par cette formule neutraliser les critiques contre l’aventurisme américain dans la période post Vietnam (1975-1980).

    Empruntée à Reagan en vue de son application électoraliste en France par le dirigeant de la droite traditionaliste #Philippe_de_Villiers, reprise et amplifiée par…#Nicolas_Sarkozy, ce « Français de la deuxième génération » selon la dénomination en vigueur en France pour les citoyens originaires du tiers monde.

    Le clonage de l’Amérique n’est pas la marque de l’originalité.

    Les basanés de France sont là et bien là. Durablement ancrés dans le paysage politique et social français. Eux dont « le rôle positif » n’a jamais été célébré avec solennité, sinon que d’une manière, incidente quand il n’a pas été plus simplement nié ou controversé.

    En France, non pas leur pays d’accueil, mais leur pays d’élection.

    Déterminés à défendre la haute idée que la France veut donner d’elle-même au Monde.

    A combattre tous ceux qui fragilisent l’économie par une gestion hasardeuse, tous ceux qui discréditent la politique par une connivence sulfureuse,

    Tous ceux qui polluent l’image de la France, à coups d’emplois fictifs et de responsabilité fictive, de rétro-commissions et de frais de bouche, de délits d’initiés et d’abus de biens sociaux

    Ces messieurs des frégates de Taiwan et de Clearstream,
    Du Crédit Lyonnais et de la Compagnie Générale des Eaux,
    D’Elf Aquitaine et d’EADS,
    D’Executive Life et de Pechiney American-Can
    Des marchés d’Ile de France et de HLM de Paris, de la MNEF et d’Urba-Gracco,
    Ceux qui dévalorisent leur justice à coups d’affaires d’#Outreaux, d’écoutes téléphoniques illégales, de tri sélectif et de « #charters de la honte »
    Qui dévalorisent leurs nationaux à coups de bougnoule et de ratonnades, de racaille et de Karcher.

    Contre la « France d’en bas » qui gouverne le pays, la France des basses manoeuvres et des bas calculs, des « zones de non droit et de passe-droits », des nominations de complaisance et des appartements de fonction, la France qui refuse de donner un coup de pouce au SMIC, qui « cristallise », c’est-à-dire, fige à sa portion congrue, les retraites des anciens combattants « basanés » de l’armée française, mais qui relève de 70 pour cent le salaires des ministres nantis, qui gorge de « stock options et de parachutes dorés » les gérants en déconfiture, tels ceux de Vinci et de Carrefour, qui recycle la forfaiture dans l’honorabilité, propulsant au Conseil d’Etat, le temple de la vertu républicaine, en guise de rétribution pour services rendus dans la diversion de la justice, tel ministre de la justice, passé dans l’histoire comme le plus célèbre intercepteur d’hélicoptères des annales judiciaires internationales.

    En un mot contre cette posture du mépris et de l’irresponsabilité la singulière théorie du fusible à la française » qui exonère le responsable de toute responsabilité par une sorte de privilège anti-démocratique tirant sa justification dans une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française.

    Contre la criminalisation du politique, cet état de fait symptomatique de la France contemporaine illustré particulièrement par la présidence Chirac, dont la double mandature (1995-2000), douze ans, aura été polluée par de retentissants scandales politico-financiers en rapport avec l’argent illicite, sans pour autant que soit discrédité le chef de l’état français -le parangon de la « fracture sociale », de « l’état modeste » et d’un « siècle de l’Ethique », réélu en dépit des dérives autoritaro-mercantiles de son magistère.

    Le président Chirac précisément et non son prédécesseur François Mitterrand, en application de l’aveu d’un spécialiste du brigandage politique, Jean Montaldo, un chiraquien désabusé qui soutient, paroles d’expert, que « de Mitterrand à Chirac nous sommes passés du stade artisanal au stade industriel », dans le domaine de la corruption (8).

    N’y voyez aucune interférence électoraliste ou partisane : L’histoire d’aujourd’hui est la mémoire de demain et il importe d’être vigoureux dans la dénonciation des dérives contemporaines pour prévenir de douloureuses réminiscences de la mémoire future.

    « Le casier judiciaire de la République » présente ainsi l’édifiant bilan suivant : Neuf cent (900) élus mis en examen soit pour #délinquance financière, soit pour atteintes aux biens et aux personnes y compris les crimes sexuels. Ce bilan porte sur la décennie 1990-2000. Gageons que le bilan de la présente décennie est en passe d’être identique.

    La « #tolérance_zéro » à l’égard de la criminalité en col blanc se devrait d’être pourtant un impératif catégorique de l’ordre républicain en vertu du principe de l’exemplarité de l’Etat.

    La capitulation de Sedan face à l’Allemagne en 1870-71 a donné naissance à la III me République, la capitulation de Montoire (9) face à Hitler en 1940 à la IV me République (1946), celle de Dien Bien Phu et d’Algérie en 1955, à la V me République (1958), avec leurs cortèges de grandes institutions : Sedan à la création de « sciences po », l’Institut des Etudes Politiques de Paris et Montoire à la fondation de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration (1945). Le pays des « Grandes Ecoles », des concours pépinières des élites, des scribes et des clercs, -cinq millions de fonctionnaires en France en l’an 2.000, le plus fort contingent de l’Union européenne, soit 20 pour cent de la population active- ne tolère pas de retour sur son passé. Il ne conçoit que les perspectives d’avenir. Jamais de rétrospectives, ni d’introspection. toujours des prospectives. Une fuite en avant ?

    Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat s’impose tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil, en guise de mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre l’amnésie sur les « crimes de bureau » de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XX me siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

    Cette dérive a été sanctionnée d’ailleurs lors de la première consultation populaire à l’échelon national du XXI me siècle. « Une des plus grandes bévues démocratiques de l’histoire contemporaine de la France », selon l’expression de l’écrivain indo britannique Salman Rushdie, la présidentielle de 2002 qui avait mis aux prises un « superfacho » et un « supermenteur », -selon la formule en vigueur à l’époque-, révélera aux Français et au Monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé par les élites depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (1945), au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation #postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane. Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde auraient dû pourtant banaliser la présence des « basanés » sur le sol français, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration conférer à l’Islam

    le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’#Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.

    Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la #Conférence_Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

    L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91) ou encore la guerre d’Afghanistan (2001-2002), la guerre d’Irak et la guerre du Liban (2006).

    Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses.
    Facteur d’intermédiation socioculturelle, les bougnoules des temps anciens, #sauvageons des temps modernes, paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à devenir de véritables « passeurs de la #Francophonie », l’avant-garde de « l’arabofrancophonie culturelle » (10) que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.

    A l’entame du IIIème millénaire, la « patrie de la mémoire courte » souffre d’évidence d’un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d’une grave crise d’identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l’apport culturel de l’immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l’ambition de la France de faire de la Francophonie, l’élément fédérateur d’une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l’hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.
    .
    Conclusion
    Cinq ans après la bourrasque lepéniste aux présidentielles françaises de 2002, alors que la France s’apprête, en 2007, à se choisir un nouveau président, il m’a paru salutaire de pointer les incohérences françaises. De démystifier le discours politique officiel, et, au delà du clivage droite-gauche de la classe politique française, de recentrer le débat sur le fait migratoire en mettant l’imaginaire français à l’épreuve des faits historiques et de la réalité quotidienne nationale en vue d’apporter ma contribution à la mutation post-coloniale de la France.

    L’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est antinomique d’une culture de l’#impunité et de l’#amnésie, une culture érigée en un #dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

    Mes remerciements renouvelés vont donc en premier lieu à Bruno Gollnisch, Philippe Val, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy, initiateur, en tant que député de Toulouse, du projet de loi controversé sur le « rôle positif » de la colonisation, ainsi que naturellement à Nicolas Sarkozy, pour leur inestimable contribution à la remise en ordre de ma formation universitaire, un exercice qui m’a permis de prendre conscience du « rôle positif » de la colonisation….. des Colonies par rapport à la Métropole et des colonisés à l’égard de leurs colonisateurs-oppresseurs.

    Merci aussi aux organisateurs de ce colloque qui m’ont donné la possibilité devant un auditoire savant, patient ( et indulgent à mon égard ), de procéder à une « déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française », pour le plus grand bénéfice du débat public contradictoire et de la recherche universitaire.

    Notes
    1) Contribution de l’auteur au colloque de SEPTEMES-LES-VALLONS 6- 7 OCTOBRE 2006, organisé par Festival TransMediterranée (fmed@wanadoo.fr) sur le thème « D’UNE RIVE A L’AUTRE, ECRIRE L’HISTOIRE, DECOLONISER LES MEMOIRES »
    2 Léon Blum invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française ». « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture », écrira-t-il dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1925) cf « Quand Tocqueville légitimait les boucheries » par Olivier le Cour Grandmaison et « une histoire coloniale refoulée » par Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel- Dossier général sous le thème « Les impasses du débat sur la torture en Algérie »-Le Monde Diplomatique juin 2001. Alexis de Tocqueville légitimera les boucheries considérant « le fait de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants, comme des nécessités fâcheuses auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ». De son côté, Jules Ferry soutiendra dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895 qu’ « il y a pour les races supérieures un droit par ce qu’il y a un devoir pour elle. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».
    3) « Zoos humains, de la Vénus Hottentote aux Reality Show » Ed. La Découverte Mars 2002, ouvrage réalisé sous la direction d’un collectif d’historiens et d’anthropologues membres de l’Association connaissance de l’Afrique contemporaine (Achac-Paris),Nicolas Bancel (historien, Université Paris XI), Pascal Blanchard (historien, chercheur CNRS), Gilles Boetsch (anthropologue, Directeur de recherche au CNRS), Eric Deroo (cinéaste, chercheur associé au CNRS) et Sandrine Lemaire (historienne, Institut européen de Florence). De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques seront donnés au jardin d’acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris de 1878 et de 1889 dont le clou pour celle de 1889 étaient aussi bien l’inauguration de la Tour Eiffel que la visite d’un « village nègre ». Suivront les expositions de Lyon (1894), les deux expositions coloniales de Marseille (1906 et 1922), enfin les grandes expositions de Paris de 1900 (diorama sur Madagascar, 50 millions de spectateurs) et de 1931 dont le commissaire général n’était autre que le Maréchal Lyautey. cf. « Le spectacle ordinaire des zoos humains » et « 1931. Tous à l’Expo » par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Manière de voir N°58 Juillet Août 2001, op cité.
    4 Dictionnaire Le Petit Robert 1996.
    5 « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » René Naba-Editons l’Harmattan-2002
    6 « La République Xénophobe, 1917-1939 de la machine d’Etat au « crime de bureau », les révélations des archives » de Jean Pierre Deschodt et François Huguenin Editions JC Lattès septembre 2001.
    7 « Une théorie raciale des valeurs ? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre » par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in « L’invention des populations », ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob).
    8 Jean Montaldo, auteur de deux ouvrages sur la corruption présidentielle : « Chirac et les 40 menteurs » Albin Michel 2006, « Mitterrand et les 40 voleurs » Albin Michel.
    9 l’armistice a été signé le 22 juin 1940 symboliquement à Rethondes au même endroit, dans le même wagon, que l’armistice du 11 novembre 1918. Toutefois l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Si l’armistice constituait une cessation des hostilités, la rencontre de Montoire a représenté dans l’ordre symbolique le voyage à Canossa de Pétain et constitué en fait une capitulation dans la mesure où Pétain a cautionné la collaboration avec le régime nazi quand bien même l’Allemagne reniant ses promesses avait annexé l’Alsace-lorraine, août 1940.
    10 « Arabo-francophonie culturelle : l’expression a été forgée en 1995-1996 par Stellio Farangis, ancien secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie.


  • Pour conserver la mémoire du web, Internet Archive durcit ses méthodes
    par Julien Lausson pour numerama le 25 avril 2017
    https://www.numerama.com/tech/252324-pour-conserver-la-memoire-du-web-internet-archive-durcit-ses-method

    Depuis plus de vingt ans maintenant, la fondation américaine Internet Archive poursuit une mission démesurée : explorer et mémoriser le web afin de « permettre à tous d’accéder au savoir, gratuitement et pour toujours ». Ainsi, chaque semaine, elle enregistre 300 millions de nouvelles pages dans sa base de données, de façon à ce que chacun puisse les consulter ultérieurement.

    Mais pour la fondation américaine, il y a un problème. Et ce souci s’appelle robots.txt. « Les fichiers robots.txt ont été inventés il y a plus de 20 ans afin d’aider les ‘robots’, surtout ceux des moteurs de recherche, à savoir quelles sont les sections d’un site web qui devraient être explorées et indexées pour la recherche », explique Internet Archive. Or, ce petit fichier baptisé robots.txt entrave le bon fonctionnement de son projet.

    Pour Internet Archive, la question d’un changement complet de philosophie se pose. L’archivage du web ne doit plus se faire en tenant compte des déclarations des fichiers robots.txt qui s’adressent avant tout aux moteurs de recherche. Il doit se faire en prenant en compte le point de vue de l’utilisateur, de façon à lui montrer le web tel qu’il est aujourd’hui. Et tel qu’il était autrefois.

    #WWW #Web #Tech #mémoire #archivage #référencement https://archive.org

    • Les archives de l’Internet accusées de diffusion pirate par des auteurs
      par Antoine Oury pour actualitte le 29 janvier 2018

      Archive.org, l’Internet Archive, est sans aucun doute l’un des sites les plus précieux d’internet : pour les chercheurs dans de nombreux domaines, il est carrément incontournable. Depuis les années 1990, cette plateforme archive les pages web, mais rassemble aussi les collections numérisées de plusieurs bibliothèques, surtout américaines. L’Open Library, un site satellite qui propose des livres numériques sous droit, souvent indisponibles, en prêt, est désormais attaquée par des auteurs qui lui reprochent une diffusion pirate de livres numériques.

      Néanmoins, la plateforme a donné son point de vue à travers un texte signé par Brewster Kahle, un des fondateurs de l’Open Library. Dans ce post https://blog.archive.org/2018/01/24/digital-books-on-archive-org, Kahle explique qu’une grande partie des ouvrages des bibliothèques, qui participent activement à l’Open Library, datent d’avant 1923, ce qui signifie qu’ils sont dans le domaine public. Pour le reste, certains ouvrages sont présents à des fins d’accessibilités, numérisés et traités par le consortium Daisy pour les publics empêchés de lire. Certes, quelques ouvrages publiés entre 1923 et 1961 sont aussi présents dans l’Open Library, mais cela ferait suite à une autorisation spéciale qui s’appliquerait aux livres indisponibles.

      Pour le reste, Kahle assure de la bonne volonté de l’Open Library, et confirme qu’il est possible de faire retirer un titre contrevenant avec un simple message. Sauf que la page d’accueil de l’Open Library fait bel et bien apparaitre des titres visiblement encore sous droits...

      En somme, la vie juridiquement très mouvementée de l’Internet Archive et de l’Open Library risque encore de connaître quelques soubresauts... Certes, Internet Archive est reconnu comme une bibliothèque par certaines juridictions aux États-Unis et pourrait peut-être prétendre au fair use, cette exception au copyright à des fins d’éducation et de préservation du patrimoine, mais rien n’est moins sûr.

      https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/les-archives-de-l-internet-accusees-de-diffusion-pirate-par-des-auteurs/87020

      #Patrimoine #éducation #archivage vs #piratage #open_librairie #Fair_Use https://archive.org


  • Belgique : L’enquête sur le piratage de Belgacom pointe vers les services secrets britanniques Belga - 20 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_l-enquete-sur-le-piratage-de-belgacom-pointe-vers-les-services-secrets-b

    Les conclusions du parquet fédéral de l’enquête sur l’opération de piratage de Belgacom, mise à jour fin 2013, pointent vers les services secrets britanniques GCHQ, rapportent De Tijd et L’Echo jeudi.

    Le parquet général a pu reconstituer une grande partie des faits et a transmis un rapport confidentiel sur ses principales conclusions au ministre de la Justice Koen Geens. L’enquête s’est appuyée sur un vingtaine de slides « top secret » du Network Analysis Centre, un département du GCHQ, que le lanceur d’alerte Edward Snowden a communiqués parmi d’autres documents à la presse sur l’Operation Socialist, le nom de code que les services secrets britanniques GCHQ ont donné au piratage. Dans le cas du piratage de Belgacom, la cible était les « routeurs GRX » de Belgacom et de BICS, dans le but d’accéder aux communications entre smartphones par roaming, quand des opérateurs laissent des clients d’autres opérateurs accéder à leur réseau. Les communications étaient interceptées via des opérations « homme-du-milieu », qui consistent à dévier vers soi des communications sans que ni l’expéditeur, ni le destinataire ne s’en rendent compte.


    Pour y parvenir, il a été nécessaire de pirater des ordinateurs de personnes clés au sein de Belgacom, par exemple dans l’entretien et la sécurité. Elles sont notamment tombées dans le piège via de faux messages LinkedIn. Les experts sont persuadés que le feu vert au piratage a été donné à un très haut niveau, peut-être même par le ministre britannique des Affaires étrangères. Si les slides n’avaient pas fuité, les preuves contre les Britanniques seraient relativement maigres.

    #espionage #piratage #Belgique #angleterre #belgacom #GCHQ #linkedin #Edward_Snowden #prism #surveillance #révélations_d'edward_snowden #police


  • Explosion du #minage illicite de #cryptomonnaies liée à une fuite de la #NSA (rapport)
    https://actu.orange.fr/societe/high-tech/explosion-du-minage-illicite-de-cryptomonnaies-liee-a-une-fuite-de-la-ns

    « Cette activité est passée d’un sujet quasi-inexistant à quelque chose qui est presque universellement placé en tête de la liste des menaces de nos membres », a indiqué Neil Jenkins, responsable analytique de l’Alliance, dans un blog.

    L’une des raisons est la fuite en 2017 opérée par un groupe de #pirates connu comme les Shadow Brokers du logiciel EternalBlue développé par la NSA pour exploiter des vulnérabilités du système d’exploitation #Windows de #Microsoft.


  • Gaza/militants anti-blocus : la Suède dénonce une violation du droit international
    Par Le Figaro.fr avec AFP | Mis à jour le 08/08/2018
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/08/08/97001-20180808FILWWW00189-gazamilitants-anti-blocus-la-suede-denonce-une-vi

    Stockholm a accusé Israël d’avoir violé le droit international après l’interception d’un bateau anti-blocus battant pavillon suédois, au large de la bande de Gaza, et la détention des militants qui se trouvaient à bord, dont sept étaient renvoyés aujourd’hui en Suède. « Le gouvernement (suédois) a été en contact avec les autorités israéliennes au sujet du “Ship to Gaza”, l’organisation dont le bateau “Liberté pour Gaza” a été intercepté vendredi soir par la marine israélienne, a déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.

    “Et il a insisté sur le fait que les actions des autorités israéliennes concernant le liberté pour Gaza” battant pavillon suédois et les personnes à son bord ne s’appuient pas sur le droit international », poursuit la cheffe de la diplomatie dans une lettre à Ship to Gaza, qui l’a rendue publique mercredi. Sept militants suédois, qui se trouvaient à bord et détenus par la marine israélienne, ont été renvoyés en Suède, a annoncé par ailleurs Ship to Gaza.

    Quatre sont revenus mercredi dans le pays scandinave, les trois autres sont attendus plus tard dans la journée, a déclaré à l’AFP le porte-parole de Ship to Gaza pour la Suède, Dror Feiler. Le navire transportait du matériel médical à destination de l’enclave palestinienne, et avait à son bord 12 membres d’équipage et militants venus de Suède, d’Espagne, du Canada, d’Allemagne et de France. Tous ont été renvoyés d’Israël, a indiqué M. Feiler. En tout, quatre bateaux sont partis de Scandinavie mi-mai et se sont arrêtés en chemin dans quelque 28 ports. Le “liberté pour Gaza” est le deuxième bateau de cette “Flottille de la Liberté” à être intercepté en chemin pour “briser le blocus”, selon l’association.

    #Gaza


    • Ca entre en contradiction avec ce que dit le #PIR il me semble qu’illes soutennaient que l’homosexualité était une invention occidentale du XIXeme.

      L’affirmation « dans l’Islam le sexe n’était pas 1 péché » me semble un peu bizzare. L’Islam c’est quand meme assez vaste et varié, même au moyenn-age. Il y a peut etre des cultures musulmanes moins répressives que d’autres mais là on fait comme si l’Islam était un truc homogène plus progressif que les pratiques en Europe ( en Europe les rois, nobles et curés pouvaient très bien etre homo aussi et il y avait aussi des femmes travestis en soldats) et c’est quoi « le sexe n’est pas un péché » ? Pas de pécher d’adultère en Islam ? Pas de repression de la sexualité hors mariage ?

      Sinon il me semble que l’Europe utilisait aussi le système galien à la même époque, une théorie que je qualifierait pas de « lumineuse » mais plutot de profondément misogyne. La pathologisation de la sexualité féminine remonte à Hippocrate. Penser que le lesbiannisme est une démangeaison des petites et grandes lèvres ca conduit à l’excision, infibulation, viols « thérapeuthiques » et pas à une acceptation du lesbiannisme contrairement à ce que laisse entendre ce texte.

      Le texte précise que ces lesbiennes ont toutes finies mariées, donc violées car je pense pas que le texte parle de mariages homo. L’occultation de ces viols en série est quant même pas top top.

      #historicisation

    • J’apprécie ici la volonté de ne pas rester dans cette interprétation historiquement fausse et politiquement correcte des pratiques homosexuelles qui ont un seul visage, celui des LGBT occidentaux/ales.

      J’en profite pour poster ce truc, à défaut de retrouver les textes en question.

      Massad Joseph, Desiring Arabs
      https://journals.openedition.org/gss/2986

      Plus récemment, en France, une interview de Joseph Massad (Massad, 2013a) a été l’occasion d’un vif débat entre Philippe Colomb, Stephane Lavignotte (Colomb, Lavignotte, 2013) et l’auteur de Desiring Arabs (Massad, 2013b). Presque toutes les critiques se concentrent sur les attaques politiques contre ce que l’auteur appelle l’International gay, terme désignant l’ensemble des associations de défense des droits LGBT, des ONGs de défense des droits de l’Homme, et des scientifiques occidentaux engagés dans le soutien à ces causes (pour une critique plus nuancée à ce sujet voir : Lagrange, 2008, pp. 179-183).

      Les deux polémistes sont des « camarades » du temps que j’étais une imbécile et s’en sont bien pris dans leur gueule de libéraux occidentalo-centrés.



  • L’Eugénisme En Marche - ou Heureux les pauvres en esprit car le royaume de la manipulation génétique leur est promis Gérard COLLET - 23 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/l-eugenisme-en-marche-ou-heureux-les-pauvres-en-esprit-car-le-royaume-

    Le sieur Laurent Alexandre, ci-devant urologue et actuel entrepreneur [1] a récemment confié à l’Express une tribune fort humblement intitulée « Pourquoi #Bourdieu avait tort » [2]. Voilà donc le sort de P. Bourdieu et d’un pan de la sociologie scellé sans appel par les 50 lignes à l’emporte-pièce du tribun.

    Les lignes en question au demeurant, et quelque provocantes qu’elles paraissent, semblent avoir soulevé fort peu d’intérêt, ne déclenchant apparemment pas le moindre buzz : une recherche sur l’Internet ne mentionne en effet qu’une seule recension notable d’ailleurs fort peu élogieuse, et une critique acerbe qui à vrai dire s’intéresse davantage au journal qu’il l’a publiée qu’à l’auteur [3].

    Ce faible écho n’est guère surprenant, car le tribun, sous des dehors révolutionnaires au sens #macronien du terme, n’y fait montre que du positivisme le plus suranné, d’un #scientisme béat qu’on croyait passé de mode, et du réductionnisme le plus élémentaire. Toutes ces qualités étant rehaussées il est vrai d’un si singulier manque de curiosité. En effet, M. Alexandre semble ignorer les mises en garde précises et nombreuses de l’auteur grâce auquel il pense pulvériser pour le compte Pierre Bourdieu et tous les travaux mettant en évidence l’importance du milieu dans la réussite sociale. Enluminées aussi d’un esprit si rigoureusement critique qu’il passe sous silence les réflexions de fond sur le réductionnisme scientifique pourtant au principe de son article historique.


    Reste que quelques aspects conjoncturels de cette tribune, bien inscrite dans l’air du temps, suggèrent de creuser un peu plus avant le pourquoi et le comment d’un tel pétard mouillé. Car ce pétard passablement truqué œuvre à l’accréditation lancinante d’idées fort dangereuses.

    Qui est L.A.
    Il est évidemment utile de connaître une part du parcours et des engagements de l’auteur afin de tenter comprendre d’où il parle, pourquoi il le fait, et quels sont les credo intellectuels et politiques qui constituent le soubassement de son interprétation des travaux en neurologie et en sciences cognitives. Et ses éventuels intérêts trébuchants.
    Si l’on en croit sa biographie telle que décrite par Wikipédia et confortée par nombre d’articles répertoriés sur le web, L.A. est donc médecin urologue, mais il est bien davantage un représentant de la classe IEP/ENA et créateur d’entreprises. Personnalité libérale proche d’#Alain_Madelin, il est également présent dans la presse via ses rachats et plusieurs journaux font obligeamment place à ses credo.

    L’essentiel de ses interventions (tribunes, conférences) se situe dans le domaine des « technologies », en particulier celles de l’ingénierie génétique ; elles révèlent un héraut du #transhumanisme dissertant complaisamment sur l’immortalité à court terme et les éventuels bienfaits « humanistes » des dites #NBIC. Cette passion visionnaire restant bien entendu totalement indépendante de ses intérêts personnels, investis entre autres dans une société de séquençage d’#ADN. Celle-ci n’étant que le prolongement concret de celle-là.

    On trouve également parmi ses fort nombreuses déclarations, des prises de position erratiques et tonitruantes sur le sujet, allant de la mise en garde alarmiste contre les apprentis sorciers à la #futurologie enthousiaste. Le dénominateur commun étant comme par hasard l’appel à des « investissements massifs ». Car L.A. n’ignore évidemment pas que les avancées technologiques fulgurantes en NBIC et en IA ne tombent pas du ciel, ni de laboratoires marginaux et improvisés, mais sont bel et bien le produit de choix politiques influencés par les nombreux lobbyistes si attentifs au progrès humain...

    Que nous dit-il ?
    De manière fort simpliste [4], L.A. assène des chiffres dont la signification est assez sibylline, mais qu’il explicite aimablement pour nous après les avoir radicalement simplifiés :

    On sait aujourd’hui que l’ADN détermine plus de 50 % de notre intelligence. L’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique.

    La formule chiffrée présente la compacité d’une publicité de pâte dentifrice ou de crème anti-rides, et le pourcentage bien rond est évidemment garant d’élégance scientifique [5].

    Cette rigueur prend cependant quelques libertés avec l’arithmétique : les deux parts de 50% sont apparemment modulées par un mystérieux coefficient idéologique, puisque la moitié revenant à l’école et à la culture « ne pèse pas beaucoup », tandis que l’autre moitié est « décisive ». Voilà donc une manière singulière d’accommoder les chiffres à la sauce ingénierie génétique.

    On apprend ensuite que pour la lecture elle-même, le rôle de l’école et de l’environnement culturel est marginal. Et l’on se prend à regretter que l’analyse soit encore incomplète puisqu’elle peine toujours à démontrer que le gène de la lecture est usiné à l’origine pour la lecture syllabique et tout à fait incompatible avec la lecture globale.

    En dépit de ce petit goût d’inachevé, le degré de précision des analyses mentionnées est tel qu’il laisse envisager qu’il faudrait doubler l’effort individuel et la contribution familiale des malheureux ayant reçu un « mauvais #patrimoine » pour qu’ils puissent espérer concurrencer les heureux #héritiers [6].

    Notre tribun s’essaye ensuite à démontrer que l’évidente corrélation entre #QI et #pauvreté est taboue [7], ce qui participe incontestablement au déclin de la France.

    Alexandre insiste lourdement, dans de nombreux articles, sur le rôle joué par le QI (et par son origine génétique sous-entendue) dans la « réussite » [8]. Derrière cette affirmation s’en dissimule (mal) une seconde : celle de l’origine raciale de cet « avantage comparatif » génétique.

    L. Alexandre prend ici appui sur le phénomène amorcé en France par la sidération des sphères ministérielles devant les résultats des enquêtes internationales de « compétences ». Le nouveau ministre, comme ses prédécesseurs, se devant de fournir une explication. Qui mette si possible hors de cause les choix institutionnels.

    Pour ce qui concerne la lecture, les résultats de l’enquête #Pirls (Programme international de recherche en #lecture #scolaire, touchant les écoliers de CM1) n’étaient pas très bons en 2012 (cf. Le Monde du 13/12/2012). Ceux de 2017 sont encore plus mauvais, au point de déclencher une prise de parole quasi immédiate du ministre de l’Éducation nationale.

    Mais alors ? La baisse continue du QI de la France [9], d’emblée imputée par le ministre aux horreurs du « #pédagogisme », traduit-elle une baisse génétique corrélée ? Les résultats comparés au niveau européen représentent-ils le potentiel génétique des différentes populations ? Faut-il révéler que les irlandais sont particulièrement doués de gènes performants, et les maltais particulièrement handicapés par leurs #gènes insulaires ?

    En fait, contrairement à ce que disent ces auteurs, sans cesse pleurnichant sur les interdits dont ils seraient victimes malgré les titres de presse et les chaires dont ils disposent dans les journaux, c’est bien l’idée d’un « héritage » des dons qui est la plus répandue. On en trouve trace partout dans le langage, dans les récits historiques, et dans les discussions de Bar du commerce [10].

    Énoncer la théorie #complotiste de l’éléphant dans le couloir est en effet une contre vérité totale [11].

    Reste juste à préciser ce que sont ces « capacités » devenant subrepticement « intelligence » [12]. Mais il est assez clair que l’unité de mesure suggérée ici est en dernier ressort la capacité à « créer sa boîte » et à « développer » l’ « #innovation » susceptible d’arracher des « parts de marché ».

    Il existe en fait deux variétés de fans des fondements génétiques de « l’intelligence » : il y a les « conservateurs », dans l’acception macroniste du monde, pour qui la #race, l’origine, la #caste... disent tout sur l’intelligence de manière définitive, et il y a les « progressistes », En Marche vers l’amélioration de l’espèce, qui dissimulent leur condescendance de classe derrière le vœu pieu de « réparer » les héritages pénalisants. Ces derniers peuvent alors se réclamer d’un « humanisme » qui fleure bon la pitié charitable, mais en réalité se placent d’emblée dans le cadre de la guerre de tous contre tous : la supériorité chinoise doit être surclassée de toute urgence !

    Ce discours a pour but d’ancrer l’idée de supériorités « naturelles » indiscutables, de contrer toute réflexion suggérant des politiques égalitaires voire compensatoires, et surtout de rendre « l’égalitarisme » responsable du « déclin », par l’étouffement de l’énergie des plus doués. Lesquels bien évidemment ne rêvent qu’entreprise, reprises, placements, start-up, concurrence et parts de marché.

    Ce que font semblant d’ignorer ces tartuffes, c’est que l’égalitarisme n’est pas un « programme » mais une attitude philosophique et politique refusant l’enfermement des individus pour cause d’hérédité, de race, de couleur, de QI. Ils feignent d’avoir oublié que l’assise des anciens régimes féodaux était précisément de cette nature, de même que celle des privilèges ici, des castes là-bas. Que la déclaration des droits de l’homme est une déclaration de principe et d’intention et prétend justement affranchir l’Homme d’un calcul de QI ou des résultats d’un séquencement de #génome.

    Les malheureux semblent n’avoir pas compris, que la relativisation de l’interprétation du QI et la défiance vis-à-vis de son utilisation partent du même principe qui refuse que l’on prétende définir, limiter, arrêter le devenir d’un individu, son chemin, ses désirs et sans ambitions en lui opposant un bête chiffre censé le résumer.

    Mais le point d’orgue de l’article en est sans conteste l’émouvant prétexte humaniste : lutter contre le déterminisme génétique pour compenser les inégalités. Beau projet. En contradiction cependant avec l’opposition radicale et méprisante à « l’égalitarisme ». Car l’égalitarisme on le sait, est gauchiste, irresponsable et contraire au progrès lorsqu’il s’agit d’éducation, mais il devient humaniste et porteur d’avenir dès qu’il s’agit d’ingénierie génétique.

    Pourquoi cette tribune n’a pratiquement aucun intérêt scientifique et frôle l’imposture.
    Il faut d’abord noter que les déclarations à l’emporte-pièce de #Laurent_Alexandre ne se préoccupent d’aucune des mises au point de R. Plomin lui-même, et ne font allusion qu’à des aspects parcellaires des travaux de P. Bourdieu.

    Comme le rappelle en effet dans un article assez complet la rédaction du site Chronik [13], les découvertes de Plomin ne nient pas, contrairement à ce que fait croire Laurent Alexandre, l’influence de l’environnement : bien au contraire, elles lui donnent une place fondamentale. Dans un article de 2004 publié par l’American Psychological Association,Robert Plominexplique en effet : http://webspace.pugetsound.edu/facultypages/cjones/chidev/Paper/Articles/Plomin-IQ.pdf

    « Si l’influence des facteurs génétiques sur l’intelligence est d’environ 50 %, cela signifie que les facteurs environnementaux expliquent le reste de la variance. »
    
 
Plus grave encore, selon les mêmes auteurs, la présentation donnée par notre tribuniste émérite constitue l’erreur type que dénonce R. Plomin :

    Nombre de lecteurs de bonne foi peuvent comprendre que l’intelligence de leur enfant est à plus de 50 % déterminée par les gènes dont il a hérité. Mais voilà, c’est précisément cette manière de « comprendre » qui est la plus importante contre-vérité, la plus grave erreur, la « number one fallacy » contre laquelle nous prévient Plomin, notamment dans son interview à la BBC en octobre 2015. [14]

    Le site Mute fournit pour sa part de manière bien documentée quelques précisions sur le travail entrepris par Plomin et son équipe :

    Mais lorsque des centaines de milliers de marqueurs génétiques furent ainsi passées au crible, les chercheurs n’ont trouvé que quelques associations entre des SNPs (polymorphismes d’un seul nucléotide), dont le plus efficient expliquait un peu moins de 1 % de la variance aux tests psychométriques, et les autres moins de 0,4 % (cf par exemple Harlar 2005, Craig 2006, Butcher 2008). L’effet est si faible qu’il faut répliquer ce genre d’études pour exclure les faux positifs. Et, en aucun cas, on ne trouve pour le moment de gène massivement impliqué dans les différences d’intelligence entre individus. De plus, Les deux propriétés essentielles sont ici la pléiotropie (un même gène a plusieurs effets) et la polygénicité (un même trait dépend d’une multitude de gènes) [15]

    Ce qui adoucit singulièrement les déclarations à l’emporte-pièce de L.A., mais nécessite il est vrai un peu plus de réflexion.

    D’où sortent encore des chiffres hallucinants de précision comme :

    Nos différences de capacités de lecture en sont issues à 64 % du patrimoine génétique, la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers.

    Mais de quelle lecture s’agit-il donc, et comment sont mesurées ces « capacités » ?

    Par ailleurs, il y a une contradiction absolue à avancer ces affirmations et dans le même temps à charger les méthodes d’apprentissage de tous les maux. Et comment interpréter alors avec un tel prisme les nombreux résultats d’enquêtes internationales ? Le surgissement des « capacités » des chinois, coréens et autres signe-t-il donc une modification de leur patrimoine génétique [16], eux qui étaient considérés il y a un siècle comme des « peuples de coolies » [17] ? Ou bien seuls 50% de ces résultats sont-ils attribuables aux gènes chinois ?

    Ou bien encore, la #Chine aurait-elle, avant-même les « #start-up » macroniennes et nonobstant les brevets en gestation dans l’entreprise de L.A., découvert la pierre philosophale NBIC permettant la production en série de génies de la recherche-développement ?

    Ignorent-ils aussi, Alexandre et ses followers , qu’au XIX° siècle les premiers touristes anglais riches qui visitent notre pays, et singulièrement les Alpes (E. Whymper entre autres), y sont stupéfaits par l’omniprésence du « crétinisme » et l’arriération générale des populations qu’ils découvrent. Il faut croire que là encore un phénomène improbable a modifié les gènes des alpins pour en faire, au XXI° siècle des humains quasi normaux.

    On pourrait également renvoyer L.A. -mais il est vrai qu’à la date de sa tribune il ignorait probablement les faits- au rapport parlementaire [18] rendu public ce printemps.

    On y lit par exemple :

    Le département (93) cumule des taux de chômage, de pauvreté et de difficultés scolaires bien supérieurs aux moyennes nationales. Face à ce constat, les moyens humains y sont pourtant inférieurs aux autres territoires : deux fois moins de magistrats, par exemple, au tribunal d’instance d’Aubervilliers, que dans un tribunal parisien équivalent. Dans les écoles « le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis »

    Les dés sont donc singulièrement pipés, et il devient très délicat, M. Alexandre, de distinguer ce qui relève de la supériorité des gènes des élèves parisiens de ce qui relève du milieu, n’est-il pas vrai ?

    A travers l’ensemble de ces recherches, au fond, il apparaît que les liens désespérément recherchés entre « gènes » et « intelligence » s’obstinent à ne pas se montrer, et bien entendu, à part Laurent Alexandre on ne trouve pas un seul chercheur pour suggérer encore qu’il existerait des « séquences de code » directement responsables de l’intelligence. Si toutefois il avait pris la peine de tenter une définition de la dite intelligence, mais sans doute veut-il encore faire croire que le QI dont il se gargarise dans nombre d’interventions est un indicateur largement satisfaisant.

    Plus honnête, croisant les réflexions des neurologues, de l’épigénétique, de la sociologie, de la psychologie, de la pédagogie, des sciences cognitives en général, l’article pourrait alors se résumer à la formule :

    P’têt bien que l’héritage génétique a une certaine influence sur l’intelligence, et p’têt bien que l’environnement, les conditions de la croissance et de l’éducation en ont aussi une.

    Ce qui avouons-le est totalement renversant et en surprendra plus d’un. Et que Pierre Bourdieu admettait parfaitement [19]. Notre hardi tribuneur aurait certes gagné à lire quelques autres textes plus larges et plus synthétiques sur le sujet [20] ; mais une compréhension correcte, étayée, de bon sens et non biaisée n’était sans doute pas dans le propos de L.A., archétype des vulgarisateurs à l’affût de bribes de travaux scientifiques susceptibles d’apporter de l’eau à leur moulin quitte à en commettre une exégèse aventureuse. Toutes époques, tous les intérêts et toutes les idéologies ont tenté ainsi de subtiliser les travaux de recherche. Et à l’ère technocratique, surtout s’ils produisent de beaux chiffres [21].

    Au final, l’apport de la tribune alexandrine serait inexistant si elle n’était faussée et caricaturale, et s’il ne tirait des conclusions tout à fait gratuites, primaires et dangereuses.

    On voit donc sans effort exagéré transparaître dans le texte publié par l’Express, ce que L.A. et un certain nombre de commentateurs ont voulu faire dire à R. Plomin, lequel comme on l’a vu s’en est bien défendu.

    Il s’agit essentiellement de prétendre raviver la querelle #inné-acquis sur de nouvelles bases incontestables parce que chiffrées, pour espérer enfin faire basculer l’histoire dans le sens de l’inné. Or quelles que soient les intentions charitables (et surtout pragmatiques) affichées, vouloir à tout prix privilégier l’inné est une démarche enfermante, celle-là même qui renvoie les dominés à leur prétendue #infériorité « naturelle ». Discours que l’on retrouve dans les discours de tous les dominants, de l’esclavage au nazisme en passant par la droite américaine la plus obscurantiste et ségrégationniste. Alors que le choix de l’éducabilité est par nature émancipateur, qui présuppose une égalité de principe et s’attache à la rendre réalisable.

    Il s’agit aussi de redonner vie au #scientisme [22], que l’on croyait durablement disqualifié mais qui ressurgit de ses cendres à chaque « #innovation #R&D ». Il s’agit d’y ajouter hypocritement la promesse de l’amélioration génétique, faisant ainsi le lit d’un transhumanisme au masque humaniste et égalitariste. Hypocrisie fort utile cependant à toute la #startuposphère de l’ingénierie génétique, qui trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir un jour fabriquer de l’humain OGM et tenter de damer le pion à la croissance de Facebook.

    Reste que si cette promesse est déçue, comme celle de l’immortalité au bout du chemin de la recherche NBIC, il demeurera la « démonstration » de la nature génétique des différences d’intelligence, justifiant bien entendu les différences de statut humain.

    Il s’agit enfin d’accréditer obstinément une approche réductionniste, fétiche des technocrates avides de chiffres. Un réductionnisme dopé par l’informatique et sa nouvelle dimension « big data » qui n’en est pas avare, et en produit bien davantage que tous les L.A. de la terre peuvent en digérer.

    Il semble pourtant que, prévenu par Karl Popper, tout scientifique sait les limites de cette approche, mère du déterminisme. Car si le réductionnisme peut selon Popper constituer une étape méthodologique fructueuse, il ne peut en aucun cas constituer une doctrine, et l’extrapolation de résultats « réduits » à la réalité est toujours hasardeuse [23].

    Et l’on retrouve également dans cette rhétorique le projet de la sociobiologie, qui prétend expliquer tous les comportements humains sur des bases biologiques, puis plus tard génétiques. Et nombreux sont les scientifiques de toutes disciplines qui ont mis en garde contre un schéma explicatif dont ils dénoncent les évidents effets pervers tant socio-politiques que scientifiques.

    Ou tout cela nous mène-t-il ?
    On serait donc tenté de conclure que la tribune en question est tout simplement totalement dénuée d’intérêt, et n’est qu’un pot-pourri d’approximations, de contre-vérités, de travestissements partiaux de résultats scientifiques, d’absence de réflexion et de rigueur. De soupçonner qu’elle n’était là que pour faire acte de présence dans les média et rester en vue. Le premier réflexe serait donc de l’ignorer simplement et de ne plus jamais ré-ouvrir le journal qui l’a publiée [24].

    Mais ce serait oublier que ce texte poursuit en réalité deux objectifs bien précis, complémentaires, et lourds de conséquences.

    Le premier est d’alimenter en eau fraîche le moulin de la macronie en avançant l’hypothèse de « start-up » susceptibles de doper au CRISPR-Cas9 l’intelligence française dont L.A. et ses amis nous révèlent qu’elle laisse tant à désirer, et qu’elle sera bien insuffisante dans le « monde réel » de la lutte de tous contre tous [25].

    Le second est que compère L.A., par là même avance ses pions en tentant de montrer tout ce que l’ingénierie génétique pourrait apporter à l’économie française, se chiffrant comme à l’ordinaire en points de croissance et donc en créations d’emploi. Hypothétiques. En tous cas en perspectives radieuses pour les intérêts de ce secteur prometteur.

    L’invocation du ministre #Blanquer, de son proche collaborateur Dehaene et de la vision macronienne du monde souligne d’ailleurs la nature éminemment politique de la prétendue avancée scientifique :

    .. C’est-à-dire accentuer la stratégie du ministre Blanquer, développer la recherche en pédagogie et donner des moyens aux grands spécialistes de la cognition : Stanislas Dehaene, François Taddei, Franck Ramus...

    Et bien entendu l’approche « pédagogique » suggérée est majoritairement centrée sur cette vision selon laquelle, comme le déclare volontiers S. Dehaene, l’imagerie cérébrale va ouvrir les portes à la compréhension de l’acte de lire. Loin de cette équipe l’idée de s’appuyer sur les travaux pédagogiques d’approche globale et humaine : il s’agit plutôt d’un « retour à l’ancien monde (!), avec la glorification du modèle purement transmissif. Et elle ignore superbement l’ensemble des travaux de fond, de longue haleine, nourris de savoirs, de savoir-faire et d’expériences multiples. Là encore, « La #Science » aurait tranché de manière indiscutable et désigné les procédures « efficaces ». Il n’est pour s’en rendre compte que de lire certaines réactions approfondies aux projets du ministre [26].

    Tout ce galimatias n’a finalement pour but que de déguiser sous les aspects d’une « science dure » à la mode, capable de présenter des chiffres et des images numériques, une démarche idéologique non explicitée.

    Or cette démarche conduit tout naturellement à faire surgir un eugénisme -bien entendu positif- et à un transhumanisme justifié par la concurrence déloyale et le péril du « gène jaune » augmenté [27]...

    Il y a là, répétons-le, le fond commun de tous les racismes, les esclavagismes, les misérabilismes et de toutes les formes de mépris social : la volonté de renvoyer les dominés à leur place en affirmant qu’ils sont « nés comme ça ». On l’a trouvé à toute époque et sous tous climats, et la convocation des « neurosciences » (extrapolées, tronquées, manipulées, parfois même trahies) n’est que le nouvel alibi justificatif, paré des plumes de l’imagerie cérébrale.

    Laurent Alexandre, toutefois, manque singulièrement d’audace dans la voie qu’il s’est tracée, et hésite à exposer toutes les conséquences prévisibles de son approche de l’inné et de l’acquis : s’il se lâchait vraiment, il nous révélerait sans aucun doute la base génétique des inégalités qui perdurent entre hommes et femmes. Mais nous proposerait bien vite une ingénierie susceptible d’upgrader le second chromosome X des malheureuses.

    On sait évidemment l’idée de « l’amélioration de la race » vieille comme le monde, elle n’a pas attendu L.A., ni le « traitement de textes génétique » ; et depuis le II° Reich jusqu’aux inventeurs du transistor, nombreux sont ceux qui ont parié sur cette voie... Sans grand succès et avec moult dégâts.

    Un chemin beaucoup plus direct vers l’amélioration de la race que celui prêché par L.A. (encore que pas accessible à tous) fut en effet imaginé dans les années 80 du XX° par une Banque des spermes d’exception créée par R.K. Graham [28]. C’était aux US bien entendu, la Chine n’étant alors pas encore le point de mire des eugénistes. L’un des plus célèbres des généreux et altruistes donateurs fut William_Shockley, glorieux inventeur de l’effet transistor et prix Nobel de physique 1956 [29].

    Mais il semble bien, hélas, qu’aucun des rejetons des spermatozoïdes hyper-performants n’ait inventé la Moulinette-à-faire-la-vinaigrette ni même le Repasse-limaces, et l’on ignore si le « pack » fourni par la Banque Graham comprenait à la fois le gêne des semi-conducteurs et celui des traces de paranoïa...

    La seule nouveauté de cette tribune est donc bien sa conclusion en forme d’humanisme en trompe l’œil : certes les nuls sont nuls de naissance et aucune éducation n’y pourra rien, mais la macronie dans sa grande générosité (à moins qu’il s’agisse de pragmatisme) va les aider en faisant appel à L.A. et ses collègues. Elle va « réparer » ces mal dotés de l’ADN, et du même coup de ciseau génétique assurer les « avantages concurrentiels » de la France face à l’Asie.

    L’émouvant slogan : « Se battre et dynamiter le déterminisme génétique ! » claque comme une bannière progressiste, et propulse même L.A. et toute la techno-sphère macronienne dans l’univers sulfureux de l’insoumission, de la révolte, de la lutte finale contre les injustices de la nature...

    Le procès, ici, est clair et a deux aspects complémentaires. Affirmer la grande générosité visionnaire des nouvelles équipes gouvernementales, prêtes à faire la courte échelle aux sous-doués pour qu’ils viennent faire concurrence aux élites. Conforter la volonté de Macron de transformer la France en start-up nation, en privilégiant les visées réductionnistes et scientistes de Blanquer [30] et des équipes de numéricologues et de leur amis entrepreneurs. Lesquels n’attendent que les investissements massifs (publics ?) qui vont leur permettre de créer les « boîtes » de demain [31]. Et tout cela sans laisser place une seconde à la réflexion sur le monde dans lequel ils prétendent ainsi nous entraîner.

    Il n’est au reste pas surprenant que tout ce que la macronie compte de Laurent Alexandre et autres hérauts de la croissance innovante s’empare avec gourmandise de travaux tels que ceux de l’équipe de R. Plomin. Quitte à ne lire que la surface des résultats scientifiques, à se hâter de détourner les travaux pour les citer à l’appui de leur vision orientée du monde.

    Et c’est dans ce droit fil qu’apparaît l’argument massue : la dénonciation hypocrite de la licence qui régnerait en Chine vis-à-vis de l’IA et du transhumanisme : « Aucune norme éthique ne semble freiner les transhumanistes chinois ».

    Et c’est pour mieux conclure : « La Chine disposera d’un avantage considérable dans la société de l’intelligence », suggérant que les « lois de la concurrence » nous obligeraient aussi à accepter à contrecœur l’eugénisme du XXI° siècle à visage (trans)humain.

    Gérard COLLET

    [1] D’une société belge de séquençage ADN selon sa biographie Wikipédia.
    [2] Voir : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/determinisme-pourquoi-bourdieu-avait-tort_2002043.html
    [3] Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express... En un mot : oui. Voir : http://www.acrimed.org/Sciences-peut-on-publier-n-importe-quoi-dans-L
    [4] Mais il est vrai que le format « Tribune » de l’Express ne permet pas de faire dans la dentelle.
    [5] On sait en effet très bien qu’Oral-B élimine 100% de plaque dentaire en plus, que par certaine crème anti ride « l’ovale du visage est redéfini pour 82 % des femmes » tandis que 96% des femmes constatent plus de fermeté...
    [6] En effet, « Nos différences de capacités de lecture sont issues à 64 % de cet héritage, tandis que la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers. » Or il est clair que 2 x 33 % est supérieur à 64 %.
    [7] Tabou indiscutablement lié à la domination culturelle des idées crypto-marxistes, diffusées sournoisement par les chaînes de télévision et les organes de presse écrite.
    [8] Voir par exemple : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/face-a-l-intelligence-artificielle-le-tabou-du-qi-est-suicidaire_1894152.ht puis aussi : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [9] Statistiquement s’entend, car il y demeure heureusement quelques grands esprits échappant à la malédiction.
    [10] A titre d’exemple, cet extrait de L’Autre Amérique, Arte, 29/5/2018. : « Ce portrait le Justin Trudeau présente en beau gosse bien né, fils de Pierre Elliott Trudeau [...]. Outre ce lignage, qu’en est-il des convictions de Justin, de sa vision pour le Canada [...] . »
    [11] Cette théorie a été popularisée par Mme Smith-Woolley, une élève du professeur Robert Plomin, personnalité controversée qui a longtemps soutenu l’idée que l’intelligence est très fortement héréditaire. Elle compare la génétique à “l’éléphant dans le couloir” [en référence à l’expression anglaise “the elephant in the room”, qui évoque un problème évident que personne ne veut ou ne peut voir et ne veut discuter, ndt] et pense qu’elle devrait être enseignée aux futurs professeurs. Toby Young, libertarien provocateur et activiste en matière d’éducation, apparaît comme co-auteur de cet article. M. Young s’est récemment attiré l’opprobre pour avoir écrit que la génétique étant le facteur dominant de la réussite scolaire, les écoles ne faisaient que peu de différence. (https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/reussite-la-spirale-du-succes-63020)
    [12] Dont le sens reste propriété de M. Alexandre. En tous cas, il n’aura pas la place de les définir.
    [13] https://chronik.fr/denigrement-de-pierre-bourdieu-laurent-alexandre-t-nom.html
    [14] Voir note précédente.
    [15] Article publié sur le site Mute : http://we-the-mutants.blogspot.fr/2008/09/plomin-et-la-chasse-aux-gnes-de.html
    [16] http://www.bilan.ch/techno/made-china/le-succes-du-systeme-scolaire-chinois
    [17] En tous cas par les entrepreneurs de l’époque, ancêtres spirituels de L.A.. A ce sujet, on lira avec intérêt Cochinchine de Léon Werth.
    [18] L’état recule en Seine Saint-Denis, rendu public en mai 2018.
    [19] Voir note 11.
    [20] Albert Jacquard dans « L’Héritage de la liberté » expliquait de manière lumineuse l’articulation des deux genèses.
    [21] Rapprocher des instrumentalisations de Darwin (Contresens_Darwin) Voir aussi https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2017/09/09/lecobusiness-de-darwin-leur-evolution-et-la-notre : l’entreprise Darwin à Bordeaux !)
    [22] Tout problème humain quel qu’il soit peut être résolu par « la science ».
    [23] Voir à ce sujet Karl Popper ou la connaissance sans certitude, ChapitreXVII Échec au réductionnisme, Page 109.
    [24] Voir à ce sujet l’article d’ACRIMED : « Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ? »
    [25] Selon Acrimed, il s’agit là d’ « un article pseudo-scientifique cachant mal ses objectifs politiques : défendre une certaine vision de l’éducation, en l’occurrence celle du gouvernement actuel ». Voir note 1.
    [26] Dans ce contexte, la création du conseil scientifique, présidé par Stanislas Dehaene et où neurobiologistes et psychologues cognitivistes sont dominants, est une forme de coup de force qui, de plus, désorganise le paysage français de l’évaluation où les acteurs sont déjà nombreux. (Fondation Copernic – Axel Trani (coord.) : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation, Éditions Syllepse.
    [27] Selon une autre « tribune tonitruante de L.A. : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [28] Le narcissique homme d’affaires pense que son action va permettre de maintenir « un certain niveau d’intelligence » dans une société américaine en crise. Graham avait 38 ans d’avance sur L.A..
    [29] Selon sa biographie Wikipédia : A partir de là, les tendances dominatrices et paranoïaques de Shockley commencèrent à s’exacerber. Et il s’évertua à éclipser les deux autres co-inventeurs du célèbre effet.
    [30] M. Blanquer ne limite évidemment pas sa vision à cette facette. Cependant il est clair que le ministre veut une place primordiale pour les neurosciences et affirme volontiers que sur plusieurs débats pédagogiques « la science a tranché ». Confortant ainsi l’approche réductionniste.
    [31] M. Alexandre, pour sa part, ne pourra pas participer pleinement à ces investissements massifs en France, puisque sa biographie le décrit comme résident fiscal belge. (Wikipédia cite à ce sujet « L’Obs). Mais il pourrait bien en profiter.


  • Pourquoi il faut en finir avec le « sorcier blanc » - Libération
    http://www.liberation.fr/sports/2018/06/20/pourquoi-il-faut-en-finir-avec-le-sorcier-blanc_1660493

    En fin de thèse à l’université Paris-Descartes, où il travaille sur le thème de la vulnérabilité sociale des athlètes, Seghir #Lazri passera pendant le Mondial quelques clichés du foot au tamis des sciences sociales.

    Après une défaite lors de la première journée contre l’Iran, le Maroc se doit de gagner contre le Portugal et l’Espagne pour espérer atteindre les huitièmes. Tous les regards sont donc portés sur son entraîneur français, Hervé Renard à qui l’on attribue tous les mérites de la qualification pour cette phase finale. Il devra donc redoubler de génie pour que « la magie » opère.

    « Magie », en effet, puisque Hervé Renard, qui est fait ses classes sur le continent africain, est l’héritier légitime de Claude Le Roy, ancien coach du Sénégal et du Cameroun (entre autres), et avec qui il partage le surnom de « Sorcier blanc » (comme Alain #Giresse, ou le défunt Henri Michel). Que faut-il donc entendre par cette formule ? Et surtout à quelle réalité sociologique renvoie-t-elle ?

    D’un point de vue organisationnel, tout d’abord, les #entraîneurs comme Hervé Renard s’inscrivent dans une logique de #globalisation mondiale du football. Si on les perçoit comme les figures de proue de la diffusion du coaching à la française en Afrique, ils ne sont, en réalité, que la partie émergée de l’iceberg. Et pour cause, certains territoires africains, notamment francophones sont depuis la fin des années 90, des hauts lieux de production de footballeurs à destination du marché européen. Les nombreux travaux du géographe Bertrand #Piraudeau, nous montrent que par la mise en place de centres de formation, mais aussi d’académies privées, le modèle de formation européen et notamment français est devenu la norme standard de toutes les écoles de football. Cela ayant pour conséquences de produire des joueurs répondant au critère du jeu européen (normalisation du style de jeu), mais aussi de légitimer la place des intervenants et entraîneurs en provenance des pays occidentaux. Aux premiers abords, Hervé Renard apparaît donc, comme un technicien du football dans un milieu social et géographique, déjà dominé par les injonctions du foot européen.

    Que faut-il entendre par « Sorcier » ?

    Par ailleurs, à ce statut de technicien, vient s’adosser cette expression de « sorcier ». Et si le terme s’invite dans les représentations collectives, c’est qu’il renvoie à deux domaines précis. D’une part, il fait écho au monde de l’élite sportive, s’apparentant à un univers sacré, selon les écrits de la psychologue du sport Claire Carrier où l’entraîneur transmet un savoir particulier, incompris des profanes. Et d’autre part, il fait allusion à une image « positiviste » des populations africaines. Autrement dit, à une représentation colonialiste circulant autour de ces populations, les réduisant à un imaginaire mystique et superstitieux. Ces individus interpréteraient la science footballistique comme une magie. Si le terme « sorcier » met en lumière une vision dévalorisante des populations africaines. La connotation « blanche » invite à questionner plus profondément ces représentations.

    Blanc, avez-vous dit ?

    En prenant en compte ce terme de « blanc » associé à « sorcier », on s’aperçoit que ce surnom renvoie d’autant plus à une dimension raciale que sociale. Pour exemple, le sélectionneur sénégalais du #Sénégal, Aliou Cissé, arrivé en France à 16 ans et ayant fait toute sa carrière en Europe, ne se voit pas assigner ce titre. Au contraire, il apparaît comme un entraîneur local, bien qu’il ait sans doute développé ses compétences en Europe. A ce propos, la chercheuse Claire Cosquer, dans un article sur ce même sujet, montre que le terme sociologique de « blanchité » accentue la fable colonialiste. Pour Claire Cosquer (en s’appuyant sur les analyses de Claude Boli), la notion même de « sorcier blanc » fait référence à une figure particulière de l’époque coloniale, qui est celle du #missionnaire. Cette effigie, à la fois paternaliste et directive, assigne les populations noires africaines à un imaginaire sauvage et enfantin. Et c’est aujourd’hui, encore par ce prisme, que le joueur africain est présenté comme puissant athlétiquement, aussi bien qu’immature intellectuellement. D’ailleurs, de Claude Le Roy à Willy Sagnol, de nombreux entraîneurs européens ne manquent pas de souligner leur manque de rigueur ou encore leur absence de sens tactique.

    Et c’est cette « altérité noire », véhiculée par le monde l’élite sportive qui consolide le terme de « Sorcier blanc », afin notamment, de légitimer la suprématie d’un capital technique sur un autre (Football européen vs football africain). Résultat d’une historicité des rapports coloniaux, la notion de « Sorcier blanc », se présentant comme passionnelle, montre que si le sport peut être un outil de déconstruction des représentations sociales, il est aussi un instrument pour les fortifier.
    Seghir Lazri

    Passionnant. Ça donne envie d’en savoir plus sur les travaux de Seghir Lazri.

    #football #Afrique #hervé_renard #entraîneur #sport #rapport_colonial #sorcier_blanc #représentations_colonialistes #aliou_cissé #noirs #paternalisme #blancs



  • Malaisie / Cabotage (1) Malacca - Philippe Revelli
    http://philipperevelli.com/cabotage-1-malacca

    Première étape d’un périple le long des côtes de la péninsule malaise, de Sumatra, de l’archipel de Riau et du golfe de Thaïlande avec, comme fil directeur, des bateaux et ceux qui les montent – cargos, pétroliers, chalutiers, remorqueurs, barges, ferries ou pirogues, matelots et capitaines ad oc, pêcheurs ou pirates : ils seront nombreux à peupler les pages de ce journal de bord.

    Cabotage / sommaire
    Malacca
    Malacca (suite)
    Johor Bahru
    Singapour
    Batam
    A bord du KM Kelud
    Port de Belawan
    Pekanbaru
    Karimun Besar
    Karimun Besar (suite)
    Songkhla, port de pêche
    Songkhla, port de pêche (suite)
    Songkhla, port de pêche (suite 2)
    Songkhla, port de pêche (suite 3)
    Songkhla, port de pêche (fin)
    Phnom Penh
    Phnom Penh (suite)
    Kampong Chhnang
    Manille

    #photographie #reportage #Asie #travail #économie #pêche #exploitation #environnement #pirates


  • #Mauritanie : des #migrants_sénégalais renvoyés dans leur pays

    En Mauritanie, le gouvernement a ordonné l’expulsion de 53 migrants sénégalais arrêtés ces derniers jours à #Nouadhibou alors qu’ils tentaient de gagner l’archipel des Canaries, en Espagne en #pirogue.

    Les migrants avaient quitté la ville sénégalaise de Thiès, lundi 28 mai dernier, à bord d’une embarcation de fortune pour les îles Canaries avant de tomber en panne non loin des côtes mauritaniennes de Nouadhibou. Le capitaine a pris la fuite et les passagers ont été récupérés par la marine mauritanienne avant leur transfert à Nouadhibou d’où ils ont été acheminés vers Nouakchott.

    C’est là que la mesure d’expulsion a été exécutée. Un premier contingent vient de quitter le pays selon le président de l’association des ressortissants sénégalais en Mauritanie. « Lundi, un premier groupe de 21 migrants est parti pour le Sénégal, explique à RFI Assane Gueye. Les autres suivront bientôt. J’ai pu leur rendre visite, j’ai vu leurs conditions d’accueil. Elles sont acceptables ».

    Assane Gueye est le seul contact direct avec ses compatriotes. Il s’est dit étonné de voir le nombre élevé de Sénégalais à bord d’une seule embarcation. « Avant, vous trouviez à bord d’une pirogue diverses nationalités, gambienne, guinéenne et malienne. Mais cette fois, il y avait 53 Sénégalais, vraiment je suis étonné ». Les 32 autres Sénégalais du centre de rétention de Nouakchott seront rapatriés dans les prochains jours suivant la signature des arrêts d’expulsion les concernant.

    http://www.rfi.fr/afrique/20180606-mauritanie-migrants-senegalais-renvoyes-leur-pays
    #it_has_begun #Sénégal #renvois #expulsions #Afrique_de_l'Ouest #migrations #Canaries #rétention #détention_administrative

    –-> vu que, selon ce qui est dit ici, il s’agirait de potentiels #candidats_à_l'émigration vers l’Europe... je me demande si il n’y a pas la petite main de l’UE derrière
    #externalisation #externalisation_des_contrôles_frontaliers #contrôles_frontaliers #frontières


  • Julia Schramm : Auf ein Glas mit der Linken-Politikerin | NEON
    https://www.stern.de/neon/magazin/julia-schramm--auf-ein-glas-mit-der-linken-politikerin-7516954.html


    Dans les rangs des membres connus du parti Die Linke il y a des politiciennes plus ou moins intelligentes. Après lecture de l’interview suivant vous pouvez juger vous-mêmes si l’ancienne « pirate » Julia Schramm a des chances d’entrer dans le panthéon des gauchistes les plus intelligents.

    Und, wie ist es bei den Linken? „Ich fühle mich da sehr wohl“, sagt sie. Zum Warmwerden die Klassiker: Regierungsbeteiligung der Linken, falls Martin Schulz, SPD, Kanzler werden sollte? „Ja, aber nur, wenn die SPD das Thema soziale Gerechtigkeit auch wirklich ernst meint.“ Linke tun sich ja mit dem Konstrukt des Nationalstaates schwer. Ihr Deutschlandverständnis? Wir reden eine knappe Stunde darüber. Um es kurz zu machen: Sie ist gegen Nationalgrenzen, aber für Verwaltungseinheiten, darüber hinaus sei Deutschland halt eine Kulturgemeinschaft, „antideutsch“ sei sie nicht, sie macht und machte aber gerne mal antideutsche Witze.

    Mal ganz konkret: Wenn sie Bundespräsidentin würde, würde sie dann bei der Vereidigung die Nationalhymne singen? Sie überlegt. „Ich denke, ich würde die Hymne nicht singen. Aber sie können sie gerne spielen.“ Bereut sie, dass sie den provokanten Reim „Sauerkraut, Kartoffelbrei, Bomber Harris, Feuer frei“ twitterte? Der Brite Harris ordnete Bombardements deutscher Städte an. Nein, es sei einfach ein Gag gewesen. Er wurde wahnsinnig oft retweetet. Ich meine, etwas Stolz zu erkennen.

    https://de.wikipedia.org/wiki/Julia_Schramm

    Im Dezember 2016 wurde sie in den Landesvorstand der Linken Berlin gewählt.

    https://de.wikipedia.org/wiki/Julia_Schramm#Datenschutzkritische_Spackeria

    Datenschutzkritische Spackeria
    Schramm wurde über kontrovers wahrgenommene Aussagen zum Thema Datenschutz öffentlich bekannt. Sie war Mitgründerin der Interessengruppe Datenschutzkritische Spackeria, die sich für Post-Privacy einsetzte. Durch ein Interview mit Spiegel Online, in dem sie Aussagen wie „Privatsphäre ist sowas von Eighties“ und „Keine Macht den Datenschützern“ vertrat, löste sie eine öffentliche Diskussion zum Thema Datenschutz aus.

    https://de.wikipedia.org/wiki/Julia_Schramm#Bombergate

    Bombergate
    Nachdem die Piratenpolitikerin Anne Helm sich im Februar 2014 die Aufschrift „Thanks Bomber Harris“ auf ihren Oberkörper gemalt und sich zusammen mit einer Femen-Aktivistin in Dresden fotografieren lassen hatte, kam es unter dem Hashtag #Bombergate in sozialen Medien zu einer teilweise leidenschaftlich ausgetragenen Kontroverse. Julia Schramm kommentierte die Aktion mit dem Tweet „Sauerkraut, Kartoffelbrei – Bomber Harris, Feuer frei“, wobei Sebastian Heiser in der taz das Wort „Kartoffelbrei“ auf die in Dresden zu Brei gebombten Deutschen („Kartoffeln“) bezog.

    #Allemagne #Berlin #politique #gauche #pirates #argh


  • Je met quelques femmes capitaine pirate

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Femme_pirate

    Jacquotte Delahaye années 1650 - années 1660 Caribéenne Jacquotte Delahaye est une pirate active dans les Caraïbes et le sujet de nombreuses histoires légendaires. Elle est surnommée « Revenue de la mort rouge » en référence à sa chevelure rousse et sa stratégie de se faire passer pour morte pour échapper à ses ennemis. Elle dirige un clan de plusieurs centaines de pirates et domina plusieurs petites îles des Caraïbes.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacquotte_Delahaye
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    Ching Shih 1775-1844 1801-1810 Chinoise Elle est considérée comme la pirate la plus puissante de l’histoire de la piraterie2. Au plus haut de son pouvoir, elle dirigeait une flotte de plus de 1 500 navires et 80 000 hommes et contrôlait la plus grande partie des eaux de la mer de Chine.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ching_Shih

    #femmes #femmes_criminelles #piraterie #historicisation


  • Via Piratenpartei Hessen: "Die #Schufa sollte in einem ersten Schri...
    https://diasp.eu/p/7138256

    Via Piratenpartei Hessen: „Die #Schufa sollte in einem ersten Schritt gesetzlich verpflichtet werden, jede Datensatzänderung den Betroffenen kostenlos mitteilen zu müssen. Dann hat sich der Spuk bald beendet... https://t.co/KbQ5f2EdlC #Piraten #Schrems #Banken #Scoring #Finanzen #Politik #Datenschutz MW“ Scoring: Hessischer Datenschützer deckt Pannen bei der Schufa auf


  • Give The Customer What They Want and Stop Worrying About Illegal Downloads
    https://hackernoon.com/give-the-customer-what-they-want-and-stop-worrying-about-illegal-downloa

    Got into an interesting debate about my last post: How I Doubled My Revenue By Breaking Up With Amazon.This author seemed appalled at the notion that I would offer my customers the option to buy a PDF version of one of my books.Even though the data told me it would reach more people, he simply didn’t get it.He writes:“OK, I’m mystified. Why would anyone in their right mind want a PDF version of an #ebook? …It’s terrible for e-reading unless you have a large screen, high resolution tablet. It’s the format commonly used on pirate book websites because it’s easy to scan a printed book and easy to conceal malware in it.”Now, there are some interesting assumptions going on here.First of all, asking “why would anyone in their right mind want a PDF version” is a bit judgmental.It seems obvious that he (...)

    #publishing #entrepreneurship #creativity #piracy


  • 21 degrés de liberté – 15
    https://framablog.org/2018/04/23/21-degres-de-liberte-15

    La communication, sur Internet et ses médias sociaux comme dans la vie, doit rester dans le cadre des lois. Mais est-il normal qu’un puissant média comme #Facebook s’arroge le droit de décider, le plus souvent sans explication ni recours, de … Lire la suite­­

    #21_degrés_de_liberté #Internet_et_société #Libertés_Numériques #Censure #controle #Liberte #PirateBay


  • Guide de la recherche documentaire dans le web scientifique libre
    https://www.projetsoha.org/?page_id=1040

    Comment bien exploiter la richesse documentaire du web scientifique libre, c’est-à-dire les millions d’articles scientifiques, de thèses et de mémoires qui sont en ligne et accessibles à tous ? Rares sont les étudiants et étudiantes d’Afrique ou d’Haïti qui bénéficient d’une formation solide dans ce domaine. Avoir un ordinateur avec un bon logiciel de navigation et une bonne connexion stable sont des conditions nécessaires pour effectuer une recherche documentaire, mais elles ne sont pas suffisantes. Il faut aussi une bonne méthode de travail et de stockage des références trouvées, ainsi qu’une stratégie utilisant de manière optimale les puissants moteurs de recherche existants. Ce guide propose une démarche en huit étapes pour apprendre à bien exploiter les millions de ressources scientifiques en libre accès, notamment en français, sur le web. Cette démarche évite les bases de données payantes des éditeurs commerciaux et encourage les étudiants et étudiantes à faire preuve de justice cognitive dans le choix de leurs références bibliographiques.

    Puisque cette page est sous licence Creative Commons 4.0 (comme tout le site), vous pouvez télécharger la version PDF de ce guide ou en copier le contenu dans le site de votre bibliothèque, afin qu’il soit le plus accessible possible. La licence Creative Commons 4.0 non seulement vous permet d’utiliser un document sans avoir à demander de permission aux auteurs, mais encourage la réutilisation et la modification, à condition de renvoyer vers la page d’origine.

    #open_access #science #recherche #piraterie


  • Quand les fermiers américains sont obligés de pirater leurs propres tracteurs pour pouvoir les réparer
    https://www.20minutes.fr/high-tech/2036523-20170323-quand-fermiers-americains-obliges-pirater-propres-tracteu

    Imaginez un fermier en plein travail dans son champ. Soudain, une panne, le tracteur s’arrête. Mais même si le temps presse pour la récolte ou le semis, pas question de le réparer soi-même : une clause l’interdit expressément. Cette histoire, ils sont nombreux à la vivre aux Etats-Unis.

    Comme le raconte le site Motherboard, https://motherboard.vice.com/en_us/article/xykkkd/why-american-farmers-are-hacking-their-tractors-with-ukrainian-fir les agriculteurs américains qui achètent un tracteur de la marque John Deere, premier constructeur mondial de matériel agricole, vivent parfois un enfer. Le contrat de licence « interdit quasiment toute réparation ou modification » de l’engin, écrit Jason Koebler, auteur de l’article.

    Imaginez un fermier en plein travail dans son champ. Soudain, une panne, le tracteur s’arrête. Mais même si le temps presse pour la récolte ou le semis, pas question de le réparer soi-même : une clause l’interdit expressément. Cette histoire, ils sont nombreux à la vivre aux Etats-Unis.


    Logiciels piratés en provenance d’Europe de l’Est
    Conséquence : il faut obligatoirement la présence d’un technicien agréé pour toute intervention technique, souvent facturée au prix fort. D’après l’enquête de Motherboard, de nombreux agriculteurs, faute de temps ou d’argent, n’hésitent plus à recourir à des logiciels piratés pour contourner le problème.

    Ces logiciels proviennent souvent de pays d’Europe de l’Est et sont ensuite vendus sur des forums Internet. Comme l’écrit le journaliste, la gamme de produit proposés comporte des outils informatiques permettant de « diagnostiquer les pannes (…) optimiser les performances du moteur (…) connecter un ordinateur au tracteur ».

    A qui appartient le tracteur ?
    Derrière cette histoire, se pose la question de la propriété. Même si l’agriculteur a acheté le tracteur, peut-il également utiliser le logiciel ? Sur son compte Twitter, le journaliste a publié la réponse de John Deere qui assure qu’un propriétaire d’engin « a la possibilité de réparer son équipement » et la réaction immédiate de Repair.org, une association qui se bat pour le droit à la réparation : « c’est n’importe quoi, affirme dans l’article le directeur de Repair.org, Gay Gordon-Byrne. Ils obligent les utilisateurs à signer un contrat de licence qui empêche de faire quoi que ce soit ».

    En résumé, même si la firme vend ses tracteurs, elle garde le contrôle total du logiciel… jusqu’à ce que ce dernier soit piraté et utilisé par les agriculteurs.

    #John_Deere #tracteurs #piratage #propriété #réparation #hacking #hackers #usa #multinationale