• La Malédiction du #pétrole

    Le pétrole est devenu indispensable à l’économie mondiale, c’est sa plus grande richesse, mais aussi sa plus grande malédiction. Retraçant l’histoire de ce paradoxe les auteurs se penchent avec acuité sur le sujet.
    Depuis près d’un siècle et demi, l’or noir a été le moteur de la croissance et la source des plus grands malheurs. Combien de temps cet état va-t-il durer alors que même la catastrophe écologique du réchauffement climatique ne semble pas peser dans la décision de s’en passer ? Mais à quand remonte cette course à l’abîme ? C’est ce que les auteurs entreprennent de raconter.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-la-malediction-du-petrole/album-malediction-du-petrole

    #BD #bande_dessinée #livre

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  • « Les plates-formes doivent prendre leurs responsabilités face à la précarité et la mise en danger de leurs livreurs »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/05/20/les-plates-formes-doivent-prendre-leurs-responsabilites-face-a-la-precarite-

    La massification de cette activité doit s’accompagner d’une régulation du modèle d’exploitation inhumain de ces plates-formes et d’une protection des livreurs en vertu du droit du travail. En effet, le qualificatif d’« autoentrepreneur » est bien loin de la réalité de leur quotidien. Plusieurs décisions de justice ont déjà permis de faire la lumière sur les pratiques intolérables de ces plates-formes.
    Le lien de subordination

    Car le lien de subordination est avéré entre ces entreprises, leurs algorithmes et les livreurs. Rythme de travail infernal, systèmes de notation, de pénalités infligés par les plates-formes sur des critères de performance et de disponibilité. Voici la « liberté » qu’elles vantent tant. Les verdicts s’accumulent partout et sont sans appel.

    Pas de contrat de travail, aucun droit ni protection sociale, pas de cotisation retraite, chômage, pas de congés, pas d’indemnisation ni couverture des frais médicaux en cas d’accidents hormis de très rares motifs précisés dans les contrats d’assurance des plates-formes.
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    Pas de salaire minimum non plus, ni de rémunération pendant les temps d’attente, elle est fixée à la tâche, au nombre de kilomètres parcourus, calculée en toute opacité par les applications. La cadence de travail des livreurs leur est imposée à la fois par les algorithmes des plates-formes, par les exigences d’immédiateté des clients, et par cette forme de rémunération qui leur impose de travailler le plus possible, sans pause ni congé.

    Des contrats de travail doivent être signés, afin de leur donner accès à leurs droits les plus fondamentaux. L’organisation de formations, la dotation en accessoires de sécurité nécessaires (casque, lumières, rétros, sonnette, manteau réfléchissant, etc.) doivent devenir des obligations légales.

    Un travail important doit également être mené au niveau des collectivités sur l’adaptation de l’espace public à tous les modes de déplacement, avec des aménagements sécurisés pour tous les cyclistes, mais aussi de la pédagogie pour une prise de conscience des automobilistes sur le partage de la voie publique.
    Faire évoluer la loi

    Il nous faut aussi nous interroger collectivement sur nos comportements et sur le modèle de société que nous voulons pour l’avenir de nos enfants. Derrière un simple clic sur l’une de ces plates-formes, c’est un système d’exploitation d’hommes et de femmes précaires, forcés à se soumettre à ce modèle faute d’avoir accès à un emploi juste et sécurisant.

    #Livreurs #Droit_travail #Plateformes #Nouvelle_domesticité

  • Avec la propriété fractionnée, tableaux et baskets rares accessibles à tous

    (AFP) - Un Basquiat, des Yeezy ou une Ferrari à portée de toutes les bourses, c’est la promesse des plateformes de propriété fractionnée, de plus en plus nombreuses, qui vendent des participations dans ces objets rares, à partir de quelques dollars.

    Transformer un tableau à 6 millions de dollars en 284.420 parts à 20 dollars pièce : c’est l’opération qu’a réalisée, sur le papier, la plateforme Masterworks, avec « The Mosque », de Jean-Michel Basquiat, au printemps 2020. Dans ces conditions, pas question d’accrocher la toile chez soi, de garer une Lamborghini dans son garage ou de ranger ces six bouteilles de Romanée-Conti dans la cave à vin.

    Mais avec un morceau de propriété, équivalent aux actions d’une société cotée, n’importe qui peut désormais profiter directement d’une hausse de la valeur de ces biens, comme un collectionneur fortuné. Qu’il s’agisse des tableaux ou de cartes de baseball, « ce n’est pas une industrie nouvelle », fait valoir Ezra Levine, directeur général de Collectable, plateforme spécialisée dans les objets sportifs de collection.

    « Ce n’est pas comme les cryptomonnaies, inventées il y a dix ans », dit-il. « Ce sont seulement les moyens qu’ont les gens de participer (à ce marché) qui ont radicalement changé », dit-il.


    Cartes Pokémon
    Slugger, surnom d’un collectionneur qui a préféré rester anonyme, a réalisé un bénéfice de 500% sur quelques actions d’une boîte de cartes Pokémon, dont le prix initial était de 125.000 dollars. La plateforme Rally l’avait proposée via une introduction en Bourse, similaire à la mise sur le marché de n’importe quelle société et soumise au contrôle du régulateur américain des marchés, la SEC.

"Ces plateformes ont ouvert cette catégorie d’actifs à des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une carte (de collection de Michael) Jordan", résume John Schuck, dont les participations atteignent environ 20.000 dollars dans des voitures, des tableaux ou des objets sportifs.

Le concept de la propriété partagée d’actifs physiques n’est pas récent et a commencé avec l’immobilier. Depuis une vingtaine d’années, il s’était élargi aux jets privés et autres yachts, mais avec des prix d’entrée toujours élevés, inaccessibles au grand public. Les nouvelles plateformes les ont radicalement abaissés, jusqu’à moins de dix dollars l’action.

De tels prix d’entrée permettent par exemple d’accéder à des baskets de collection, dont la culture « sneakers » a fait des objets cultes, explique Gerome Sapp. Sa plateforme, Rares, mettra ainsi en vente, mi-juin, des actions de la paire de Nike Air Yeezy 1 inspirée par Kanye West, qu’elle a acquise 1,8 million de dollars fin avril, un record.


    « Un pur investissement » 

Mais la dimension affective n’est plus la même, car la plupart des actionnaires ne verront jamais l’objet en personne, à la différence des collectionneurs à l’ancienne. Rally a bien ouvert un musée à New York, qui présente une partie des pièces cotées sur la plateforme, et Masterworks une galerie, mais peu comptent s’y rendre.

"Le fait que je ne puisse pas les toucher ôte toute émotion", explique Gregg Love, qui appartient à cette génération de collectionneurs d’un nouveau genre. « Je ne ressens aucune connexion avec aucun de ces objets », confirme Slugger. « Pour moi, c’est un pur investissement et un divertissement ».

Considérée comme pionnière de cette nouvelle tendance de propriété fractionnée, Rally a connu une accélération majeure avec la pandémie, et a dépassé les 200.000 utilisateurs, avec environ 25 millions de dollars d’actifs cotés sur la plateforme. Derrière Rally, trois plateformes concurrentes - Otis, Collectable et Masterworks, plus orientée art - comptent, ensemble, plus de 200.000 utilisateurs. Beaucoup d’entre eux sont cependant actifs sur plusieurs plateformes en même temps.

Pendant la pandémie, télétravail, confinement et réduction des loisirs ont offert du temps et de l’épargne à de nombreux Américains, notamment de jeunes professionnels, qui se sont tournés vers la Bourse ou de nouveaux investissements.

"Beaucoup de gens avaient de l’argent sur leur compte et cherchaient un endroit où le placer (...), nous avons été gâtés avec les retours sur certains investissements depuis un an", dit John Schuck. Avec la sortie progressive de la crise sanitaire, il observe désormais « un ralentissement » du marché, dit-il. D’autres évoquent aussi l’effet d’une augmentation peut-être trop rapide de l’offre.


    Brusques fluctuations 


    Même si le prix de nombreux objets demeure supérieur, parfois sensiblement, à leur valeur d’introduction, certains s’inquiètent parfois de brutales fluctuations de prix, nettement plus marquées qu’en Bourse.

La propriété fractionnée est encore un marché expérimental, où les risques sont bien réels en matière de valorisation. Slugger évoque des « ventes paniques » de récents investisseurs, alors que « rien n’a changé fondamentalement pour l’essentiel de ces actifs ».

Pour Ezra Levine, à long terme, les plateformes offrent néanmoins « une méthode de valorisation beaucoup plus optimale » qu’avant. Elles ont renforcé transparence et démocratisé l’accès, de sorte que « beaucoup de gens peuvent peser sur les prix, plus seulement un petit groupe ».

    Source : https://fr.fashionnetwork.com/news/Avec-la-propriete-fractionnee-tableaux-et-baskets-rares-accessibl

    #propriété_fractionnée #propriété_partagée #plateformes #actions #bourse #petits_actionnaires #capitalisme #finance

  • « C’est un métier extrêmement risqué, déjà, le fait d’être payé à la tâche amène les livreurs à prendre plus de risques ». Une livreuse Deliveroo nous a parlé de ses conditions de travail et des méthodes de son syndicat (CGT UberEats/Deliveroo Lyon) pour organiser des travailleurs et des travailleuses confrontés à la baisse de leurs rémunérations et à l’indifférence des plateformes quand à leur santé et à leur sécurité. Il y a 10 jours encore, un livreur Uber eats, Rumel Ahmed, décédait après avoir été percuté par un camion à Paris, sans que personne ne s’en émeuve. Il est le dernier sur la liste des morts provoquées par la course à la rentabilité mais heureusement, il y en a qui résiste aux cadences que l’on veut leur imposer.

    #Ubereats #Deliveroo #CGT #plateformes #livreurs #grève

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    https://lespetitssoirs.fr/2021/05/14/lutter-pour-ses-droits-a-lheure-du-capitalisme-numerique-une-livreuse

  • L’#enseignement_numérique ou le supplice des Danaïdes. Austérité, surveillance, désincarnation et auto-exploitation

    Où l’on apprend comment les étudiants en #STAPS de #Grenoble et #Saint-Étienne ont fait les frais de la #numérisation - #déshumanisation de l’#enseignement bien avant l’apparition du coronavirus. Et comment ce dernier pourrait bien avoir été une aubaine dans ce processus de #destruction programmé – via notamment la plate-forme #FUN (sic).

    Les #plateformes_numériques d’enseignement ne datent pas de la série quasiment continue de confinements imposés aux universités depuis mars 2020. Enseignante en géographie à l’Université Grenoble Alpes, je constate le développement croissant d’« outils numériques d’enseignement » dans mon cadre de travail depuis plus d’une dizaine d’années. En 2014, une « #licence_hybride », en grande majorité numérique, est devenue la norme à Grenoble et à Saint-Étienne dans les études de STAPS, sciences et techniques des activités physiques et sportives. En 2020, tous mes enseignements sont désormais numériques à la faveur de l’épidémie. Preuves à l’appui, ce texte montre que le passage total au numérique n’est pas une exceptionnalité de crise mais une #aubaine inédite d’accélération du mouvement de numérisation global de l’#enseignement_supérieur en France. La #souffrance et les dégâts considérables que provoque cette #numérisation_de_l’enseignement étaient aussi déjà en cours, ainsi que les #résistances.

    Une politique structurelle de #transformation_numérique de l’enseignement supérieur

    La licence hybride de l’UFR STAPS à Grenoble, lancée en 2014 et en majorité numérique, autrement dit « à distance », est une des applications « pionnières » et « innovantes » des grandes lignes stratégiques du ministère de l’Enseignement supérieur en matière d’enseignement numérique définies dès 2013. C’est à cette date que la plateforme FUN - #France_Université_Numérique [1] -, financée par le Ministère, a été ouverte, regroupant des #MOOC - Massive Open Online Courses - ayant pour but d’« inciter à placer le numérique au cœur du parcours étudiant et des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche [2] » sous couvert de « #démocratisation » des connaissances et « #ouverture au plus grand nombre ». De fait, la plateforme FUN, gérée depuis 2015 par un #GIP - #Groupe_d’Intérêt_Public [3] -, est organisée autour de cours gratuits et en ligne, mais aussi de #SPOC -#Small_Private_Online_Course- diffusés par deux sous-plateformes : #FUN-Campus (où l’accès est limité aux seuls étudiant·e·s inscrit·e·s dans les établissements d’enseignement qui financent et diffusent les cours et doivent payer un droit d’accès à la plateforme) et #FUN-Corporate (plate-forme destinée aux entreprises, avec un accès et des certifications payants). En 2015, le ministère de l’Enseignement supérieur présentait le nouveau « #GIP-FUN » et sa stratégie pour « mettre en place un modèle économique viable en développant de nouveaux usages de cours en ligne » avec :

    - une utilisation des MOOC en complément de cours sur les campus, voire en substitution d’un #cours_magistral, selon le dispositif de la #classe_inversée ;
    - une proposition de ces #cours_en_ligne aux salariés, aux demandeurs d’emploi, aux entreprises dans une perspective de #formation_continue ;
    – un déploiement des plateformes en marques blanches [4]

    Autrement dit, il s’agit de produire de la sur-valeur à partir des MOOC, notamment en les commercialisant via des #marques_blanches [5] et des #certifications_payantes (auprès des demandeurs d’emploi et des entreprises dans le cadre de la formation continue) et de les diffuser à large échelle dans l’enseignement supérieur comme facteur de diminution des #coûts_du_travail liés à l’#encadrement. Les MOOC, dont on comprend combien ils relèvent moins de l’Open Source que de la marchandise, sont voués aussi à devenir des produits commerciaux d’exportation, notamment dans les réseaux postcoloniaux de la « #francophonie [6] ». En 2015, alors que la plateforme FUN était désormais gérée par un GIP, vers une #marchandisation de ses « produits », était créé un nouveau « portail de l’enseignement numérique », vitrine de la politique du ministère pour « déployer le numérique dans l’enseignement supérieur [7] ». Sur ce site a été publié en mars 2016 un rapport intitulé « MOOC : À la recherche d’un #business model », écrit par Yves Epelboin [8]. Dans ce rapport, l’auteur compare en particulier le #coût d’un cours classique, à un cours hybride (en présence et via le numérique) à un cours uniquement numérique et dresse le graphique suivant de rentabilité :

    Le #coût fixe du MOOC, à la différence du coût croissant du cours classique en fonction du nombre d’étudiants, suffit à prouver la « #rentabilité » de l’enseignement numérique. La suite du document montre comment « diversifier » (depuis des partenariats publics-privés) les sources de financement pour rentabiliser au maximum les MOOC et notamment financer leur coût de départ : « la coopération entre les universités, les donateurs, des fonds spéciaux et d’autres sources de revenus est indispensable ». Enfin, en octobre 2019, était publié sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur un rapport intitulé « #Modèle_économique de la transformation numérique des formations dans les établissements d’enseignement supérieur [9] », écrit par Éric Pimmel, Maryelle Girardey-Maillard et Émilie‐Pauline Gallie, inspecteurs généraux de l’éducation, du sport et de la recherche. Le rapport commence par le même invariable constat néolibéral d’#austérité : « croissance et diversité des effectifs étudiants, concurrence nationale et internationale, égalité d’accès à l’enseignement supérieur dans les territoires et augmentation des coûts, dans un contexte budgétaire contraint », qui nécessitent donc un développement généralisé de l’enseignement numérique. La préconisation principale des autrices·teurs du rapport tient dans une « réorganisation des moyens » des universités qui :

    « consiste notamment à réduire le volume horaire des cours magistraux, à modifier les manières d’enseigner (hybridation, classes inversées...) et à répartir différemment les heures de cours, voire d’autres ressources, comme les locaux par exemple. Les économies potentielles doivent être chiffrées par les établissements qui devront, pour ne pas se voir reprocher de dégrader les conditions d’enseignement, redéployer ces montants dans les équipements ou le développement de contenus pédagogiques. »

    Autrement dit encore, pour financer le numérique, il s’agit de « redéployer » les moyens en encadrement humain et en locaux, soit les moyens relatifs aux cours « classiques », en insistant sur la dimension « pédagogique » du « redéploiement » pour « ne pas se voir reprocher de dégrader les conditions d’enseignement ». Le financement du numérique dans l’enseignement universitaire par la marchandisation des MOOC est aussi envisagé, même si cette dernière est jugée pour l’instant insuffisante, avec la nécessité d’accélérer les sources de financement qu’ils peuvent générer : « Le développement de nouvelles ressources propres, tirées notamment de l’activité de formation continue ou liées aux certificats délivrés dans le cadre des MOOCs pourrait constituer une voie de développement de ressources nouvelles. » Un programme « ambitieux » d’appel à « #flexibilisation des licences » a d’ailleurs été lancé en 2019 :

    Au‐delà de la mutualisation des ressources, c’est sur la mutualisation des formations qu’est fondé le projet « #Parcours_Flexibles_en_Licence » présenté par la mission de la pédagogie et du numérique pour l’enseignement supérieur (#MIPNES / #DGESIP) au deuxième appel à projets du #fonds_pour_la_transformation_de_l’action_publique (#FTAP) et financé à hauteur de 12,4 M€ sur trois ans. La mission a retenu quatre scénarios qui peuvent se combiner :

    - l’#hybridation d’une année de licence ou le passage au #tout_numérique ;

    - la transformation numérique partielle de la pédagogie de l’établissement ;

    - la #co‐modalité pour répondre aux contraintes ponctuelles des étudiants ;

    - les MOOCS comme enjeu de visibilité et de transformation.

    Le ministère a pour ambition, depuis 2013 et jusqu’à aujourd’hui, « la transformation numérique partielle de la pédagogie des établissements ». Les universités sont fermées depuis quasiment mars 2020, avec une courte réouverture de septembre à octobre 2020. L’expérience du passage au numérique, non plus partiel, mais total, est en marche dans la start-up nation.

    Nous avons déjà un peu de recul sur ce que l’enseignement numérique produit comme dégâts sur les relations d’enseignement, outre la marchandisation des connaissances qui remet en cause profondément ce qui est enseigné.

    A Grenoble, la licence « pionnière » de STAPS- Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives

    En 2014 et dans le cadre des politiques financières décrites précédemment, était lancée à Grenoble une licence « unique en son genre » de STAPS- Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives dont voici le fonctionnement :

    Les universités Grenoble-Alpes et Jean-Monnet-Saint-Étienne proposent une licence STAPS, parcours « entraînement sportif », unique en son genre : la scolarité est asynchrone, essentiellement à distance, et personnalisée.

    Cette licence s’appuie sur un dispositif de formation hybride : les étudiant·e·s s’approprient les connaissances chez eux, à leur rythme avant de les manipuler lors de cours en présentiel massés.

    Le travail personnel à distance s’appuie sur de nouvelles pédagogies dans l’enseignement numérique : les cours #vidéos, les #screencasts, #quizz et informations complémentaires s’articulent autour de #parcours_pédagogiques ; des sessions de #classe_virtuelle sont également organisées à distance [10].

    Dès 2017, des enseignant·e·s de STAPS faisaient paraître un texte avec la section grenobloise du syndicat FSU - Fédération Syndicale Unitaire - intitulé « Les STAPS de Grenoble sont-ils un modèle à suivre ? ». Les auteur·trice·s expliquaient que, en 2014, la présidence de l’université avait instrumentalisé un « dilemme impossible : “la pédagogie numérique ou la limitation d’accueil” ». Il s’agit ici d’un exemple significatif de technique néolibérale de capture de l’intérêt liée à la rhétorique de l’#austérité. Ce même non-choix a été appliqué dans l’organisation de la #PACES à Grenoble, première année de préparation aux études de médecine : numérique ou limitation drastique des étudiant·e·s accueilli·e·s. La tierce voie, toujours écartée, est évidemment celle de recruter plus d’enseignant·e·s, de personnels administratifs, de réduire les groupes d’amphithéâtres, de construire des locaux qui permettent à des relations d’enseignement d’exister. En 2017, les enseignant·e·s de STAPS constataient, effectivement, que « l’enseignement numérique permet(tait) d’accueillir beaucoup de monde avec des moyens constants en locaux et personnels enseignants titulaires (postes) ; et même avec une diminution des #coûts_d’encadrement ». Elles et ils soulignaient dans le même temps que le niveau d’#épuisement et d’#isolement des enseignant·e·s et des étudiant·e·s était inédit, assorti d’inquiétudes qui résonnent fortement avec la situation que nous traversons aujourd’hui collectivement :

    —Nous craignons que le système des cours numérisés s’accompagne d’une plus grande difficulté à faire évoluer les contenus d’enseignements compte tenu du temps pour les réaliser.
    — Nous redoutons que progressivement les cours de L1 soient conçus par un seul groupe d’enseignants au niveau national et diffusé dans tous les UFR de France, l’enseignant local perdant ainsi la main sur les contenus et ceux-ci risquant de se rigidifier.
    — Un certain nombre de travaux insistent sur le temps considérable des jeunes générations accrochées à leur smartphone, de 4 à 6 heures par jour et signalent le danger de cette pratique pour la #santé physique et psychique. Si s’ajoutent à ces 4 à 6 heures de passe-temps les 3 ou 4 heures par jour de travail des cours numériques sur écran, n’y a-t-il pas à s’inquiéter ?
    — Si les étudiants de L1 ne sont plus qu’une douzaine d’heures par semaine à l’université pour leurs cours, qu’en est-il du rôle de #socialisation de l’université ?

    (…)

    Il est tout de même très fâcheux de faire croire qu’à Grenoble en STAPS en L1, avec moins de moyens humains nous faisons aussi bien, voire mieux, et que nous ayons trouvé la solution au problème du nombre. Il serait plus scrupuleux d’exposer que :

    — nous sommes en difficulté pour défendre la qualité de nos apprentissages, que sans doute il y a une perte quant aux compétences formées en L1 et que nous devrons compenser en L2, L3, celles-ci. Ce qui semble très difficile, voire impossible ;
    — le taux de réussite légèrement croissant en L1 se fait sans doute à ce prix et qu’il est toujours faible ;
    — nous nous interrogeons sur la faible participation de nos étudiants au cours de soutien (7 % ) ;
    — nous observons que les cours numériques n’ont pas fait croître sensiblement la motivation des étudiants [11].

    Ces inquiétudes, exprimées en 2017, sont désormais transposables à large échelle. Les conditions actuelles, en période de #confinement et de passage au tout numérique sur fond de #crise_sanitaire, ne sont en effet ni « exceptionnelles », ni « dérogatoires ». Ladite « #exceptionnalité de crise » est bien plus l’exacerbation de ce qui existe déjà. Dans ce contexte, il semble tout à fait légitime de s’interroger sur le très probable maintien de l’imposition des fonctionnements généralisés par temps de pandémie, aux temps « d’après », en particulier dans le contexte d’une politique très claire de transformation massive de l’#enseignement_universitaire en enseignement numérique. Ici encore, l’analyse des collègues de STAPS publiée en 2017 sur les modalités d’imposition normative et obligatoire de mesures présentées initialement comme relevant du « volontariat » est éloquente :

    Alors qu’initialement le passage au numérique devait se faire sur la base du #volontariat, celui-ci est devenu obligatoire. Il reste à l’enseignant ne souhaitant pas adopter le numérique la possibilité d’arrêter l’enseignement qui était le sien auparavant, de démissionner en quelque sorte. C’est sans doute la première fois, pour bon nombre d’entre nous, qu’il nous est imposé la manière d’enseigner [12].

    Depuis 2020, l’utopie réalisée. Passage total à l’enseignement numérique dans les Universités

    Depuis mars et surtout octobre 2020, comme toutes les travailleur·se·s et étudiant·e·s des universités en France, mes pratiques d’enseignement sont uniquement numériques. J’avais jusqu’alors résisté à leurs usages, depuis l’analyse des conditions contemporaines du capitalisme de plateforme lié aux connaissances : principalement (1) refuser l’enclosure et la #privatisation des connaissances par des plateformes privées ou publiques-privées, au service des politiques d’austérité néolibérale destructrices des usages liés à l’enseignement en présence, (2) refuser de participer aux techniques de surveillance autorisées par ces outils numériques. Je précise ici que ne pas vouloir déposer mes cours sur ces plateformes ne signifiait pas me replier sur mon droit de propriété intellectuelle en tant qu’enseignante-propriétaire exclusive des cours. Au contraire, un cours est toujours co-élaboré depuis les échanges singuliers entre enseignant·e·s et étudiant·e·s ; il n’est pas donc ma propriété exclusive, mais ressemble bien plus à un commun élaboré depuis les relations avec les étudiant·e·s, et pourrait devoir s’ouvrir à des usages et des usager·ère·s hors de l’université, sans aucune limite d’accès. Sans défendre donc une propriété exclusive, il s’agit dans le même temps de refuser que les cours deviennent des marchandises via des opérateurs privés ou publics-privés, déterminés par le marché mondial du capitalisme cognitif et cybernétique, et facilité par l’État néolibéral, comme nous l’avons vu avec l’exposé de la politique numérique du ministère de l’Enseignement supérieur.

    Par ailleurs, les plateformes d’enseignement numérique, en particulier de dépôt et diffusion de documents, enregistrent les dates, heures et nombres de clics ou non-clics de toutes celles et ceux qui les utilisent. Pendant le printemps 2020, sous les lois du premier confinement, les débats ont été nombreux dans mon université pour savoir si l’ « #assiduité », comme facteur d’ « #évaluation » des étudiant·e·s, pouvait être déterminée par les statistiques individuelles et collectives générées par les plateformes : valoriser celles et ceux qui seraient les plus connectées, et pénaliser les autres, autrement dit « les déconnecté·e·s », les dilettantes. Les éléments relatifs à la #fracture_numérique, l’inégal accès matériel des étudiant·e·s à un ordinateur et à un réseau internet, ont permis de faire taire pendant un temps celles et ceux qui défendaient ces techniques de #surveillance (en oubliant au passage qu’elles et eux-mêmes, en tant qu’enseignant·e·s, étaient aussi possiblement surveillé·e·s par les hiérarchies depuis leurs fréquences de clics, tandis qu’elles et ils pouvaient s’entre-surveiller depuis les mêmes techniques).

    Or depuis la fermeture des universités, ne pas enseigner numériquement signifie ne pas enseigner du tout. Refuser les plateformes est devenu synonyme de refuser de faire cours. L’épidémie a créé les conditions d’un apparent #consentement collectif, d’une #sidération aussi dont il est difficile de sortir. Tous les outils que je refusais d’utiliser sont devenus mon quotidien. Progressivement, ils sont même devenus des outils dont je me suis rendue compte dépendre affectivement, depuis un rapport destructeur de liens. Je me suis même mise à regarder les statistiques de fréquentation des sites de mes cours, les nombres de clics, pour me rassurer d’une présence, là où la distance commençait à creuser un vide. J’ai eu tendance à surcharger mes sites de cours de « ressources », pour tenter de me rassurer sur la possibilité de resserrer des liens, par ailleurs de plus en plus ténus, avec les étudiant·e·s, elles-mêmes et eux-mêmes confronté·e·s à un isolement et une #précarisation grandissantes. Là où la fonction transitionnelle d’objets intermédiaires, de « médias », permet de symboliser, élaborer l’absence, j’ai fait l’expérience du vide creusé par le numérique. Tout en étant convaincue que l’enseignement n’est jamais une affaire de « véhicule de communication », de « pédagogie », de « contenus » à « communiquer », mais bien une pratique relationnelle, réciproque, chargée d’affect, de transfert, de contre-transfert, que « les choses ne commencent à vivre qu’au milieu [13] », je n’avais jamais éprouvé combien la « communication de contenus » sans corps, sans adresse, créait de souffrance individuelle, collective et d’auto-exploitation. Nombreuses sont les analyses sur la difficulté de « #concentration », de captation d’une #attention réduite, derrière l’#écran. Avec Yves Citton et ses travaux sur l’#écologie_de_l’attention, il m’apparaît que la difficulté est moins celle d’un défaut de concentration et d’attention, que l’absence d’un milieu relationnel commun incarné :
    Une autre réduction revient à dire que c’est bien de se concentrer et que c’est mal d’être distrait. Il s’agit d’une évidence qui est trompeuse car la concentration n’est pas un bien en soi. Le vrai problème se situe dans le fait qu’il existe toujours plusieurs niveaux attentionnels. (…) La distraction en soi n’existe pas. Un élève que l’on dit distrait est en fait attentif à autre chose qu’à ce à quoi l’autorité veut qu’il soit attentif [14].

    La souffrance ressentie en tant que désormais « enseignante numérique » n’est pas relative à ce que serait un manque d’attention des étudiant·e·s généré par les écrans, mais bien à l’absence de #relation incarnée.

    Beaucoup d’enseignant·e·s disent leur malaise de parler à des « cases noires » silencieuses, où figurent les noms des étudiant·e·s connecté·e·s au cours. Ici encore, il ne s’agit pas de blâmer des étudiant·e·s qui ne « joueraient pas le jeu », et n’ouvriraient pas leurs caméras pour mieux dissimuler leur distraction. Outre les questions matérielles et techniques d’accès à un matériel doté d’une caméra et d’un réseau internet suffisamment puissant pour pouvoir suivre un cours et être filmé·e en même temps, comment reprocher à des étudiant·e·s de ne pas allumer la caméra, qui leur fait éprouver une #intrusion dans l’#espace_intime de leur habitation. Dans l’amphithéâtre, dans la salle de classe, on peut rêver, regarder les autres, regarder par la fenêtre, regarder par-dessus le tableau, à côté, revenir à sa feuille ou son écran…pas de gros plan sur le visage, pas d’intrusion dans l’espace de sa chambre ou de son salon. Dans une salle de classe, la mise en lien est celle d’une #co-présence dans un milieu commun indéterminé, sans que celui-ci n’expose à une intrusion de l’espace intime. Sans compter que des pratiques d’enregistrement sont possibles : où voyagent les images, et donc les images des visages ?

    Pour l’enseignant·e : parler à des cases noires, pour l’étudiant·e : entendre une voix, un visage en gros plan qui ne le·la regarde pas directement, qui invente une forme d’adresse désincarnée ; pour tou·te·s, faire l’expérience de l’#annihilation des #corps. Même en prenant des notes sur un ordinateur dans un amphithéâtre, avec un accès à internet et maintes possibilités de « s’évader » du cours, le corps pris dans le commun d’une salle engage des #liens. Quand la relation ne peut pas prendre corps, elle flotte dans le vide. Selon les termes de Gisèle Bastrenta, psychanalyste, l’écran, ici dans la relation d’enseignement, crée l’« aplatissement d’un ailleurs sans au-delà [15] ».

    Le #vide de cet aplatissement est synonyme d’#angoisse et de symptômes, notamment, celui d’une #auto-exploitation accrue. Le récit de plusieurs étudiant.e.s fait écho à l’expérience d’auto-exploitation et angoisse que je vis, depuis l’autre côté de l’écran. Mes conditions matérielles sont par ailleurs très souvent nettement meilleures aux leurs, jouissant notamment de mon salaire. La précarisation sociale et économique des étudiant·e·s creuse encore le vide des cases noires. Plusieurs d’entre elles et eux, celles et ceux qui peuvent encore se connecter, expliquent qu’ils n’ont jamais autant passé d’heures à écrire pour leurs essais, leurs dissertations…, depuis leur espace intime, en face-à-face avec les plateformes numériques qui débordent de fichiers de cours, de documents… D’abord, ce temps très long de travail a souvent été entrecoupé de crises de #panique. Ensuite, ce temps a été particulièrement angoissant parce que, comme l’explique une étudiante, « tout étant soi-disant sur les plateformes et tout étant accessible, tous les cours, tous les “contenus”, on s’est dit qu’on n’avait pas le droit à l’erreur, qu’il fallait qu’on puisse tout dire, tout écrire, tout ressortir ». Plutôt qu’un « contenu » élaborable, digérable, limité, la plateforme est surtout un contenant sans fond qui empêche d’élaborer une #réflexion. Plusieurs étudiant·e·s, dans des échanges que nous avons eus hors numérique, lors de la manifestation du 26 janvier 2021 à l’appel de syndicats d’enseignant·e·s du secondaire, ont également exprimé cet apparent #paradoxe : -le besoin de plus de « #contenu », notamment entièrement rédigé à télécharger sur les plateformes pour « mieux suivre » le cours, -puis, quand ce « contenu » était disponible, l’impression de complètement s’y noyer et de ne pas savoir quoi en faire, sur fond de #culpabilisation d’« avoir accès à tout et donc de n’avoir pas le droit à l’erreur », sans pour autant parvenir à élaborer une réflexion qui puisse étancher cette soif sans fin.

    Face à l’absence, la privatisation et l’interdiction de milieu commun, face à l’expression de la souffrance des étudiant·e·s en demande de présence, traduite par une demande sans fin de « contenu » jamais satisfaite, car annulée par un cadre désincarné, je me suis de plus en plus auto-exploitée en me rendant sur les plateformes d’abord tout le jour, puis à des heures où je n’aurais pas dû travailler. Rappelons que les plateformes sont constamment accessibles, 24h/24, 7j/7. Poster toujours plus de « contenu » sur les plateformes, multiplier les heures de cours via les écrans, devoir remplir d’eau un tonneau troué, supplice des Danaïdes. Jusqu’à l’#épuisement et la nécessité - politique, médicale aussi - d’arrêter. Alors que je n’utilisais pas les plateformes d’enseignement numérique, déjà très développées avant 2020, et tout en ayant connaissance de la politique très offensive du Ministère en matière de déshumanisation de l’enseignement, je suis devenue, en quelque mois, happée et écrasée par la fréquentation compulsive des plateformes. J’ai interiorisé très rapidement les conditions d’une auto-exploitation, ne sachant comment répondre, autrement que par une surenchère destructrice, à la souffrance généralisée, jusqu’à la décision d’un arrêt nécessaire.

    L’enjeu ici n’est pas seulement d’essayer de traverser au moins pire la « crise » mais de lutter contre une politique structurelle de #destruction radicale de l’enseignement.

    Créer les milieux communs de relations réciproques et indéterminées d’enseignement, depuis des corps présents, et donc des présences et des absences qui peuvent s’élaborer depuis la #parole, veut dire aujourd’hui en grande partie braconner : organiser des cours sur les pelouses des campus…L’hiver est encore là, le printemps est toujours déjà en germe.

    https://lundi.am/L-enseignement-numerique-ou-le-supplice-des-Danaides

    #numérique #distanciel #Grenoble #université #facs #France #enseignement_à_distance #enseignement_distanciel

    • Le #coût fixe du MOOC, à la différence du coût croissant du cours classique en fonction du nombre d’étudiants, suffit à prouver la « #rentabilité » de l’enseignement numérique.

      mais non ! Si la création du MOOC est effectivement un coût fixe, son fonctionnement ne devrait pas l’être : à priori un cours en ligne décemment conçu nécessite des interactions de l’enseignant avec ses étudiants...

  • Droit du travail : un chauffeur Uber requalifié en « salarié »
    http://www.bonnes-nouvelles.be/site/index.php?iddet=2849&id_surf=&idcat=305&quellePage=999&surf_lang=fr

    Je me sens comme un esclave : je travaille de longues heures chaque jour, sous les ordres d’une application, mais je n’ai pas de quoi me payer un salaire à la fin du mois. » Guillaume* est chauffeur indépendant, ou « limousine » comme on dit chez Bruxelles Mobilité, où il a obtenu sa licence il y a un peu plus de deux ans. Depuis novembre 2018, il « collabore » avec Uber, qui organise le transport rémunéré de citadins dans la capitale et un peu partout dans le monde. À ce stade, il n’a « plus rien à (...)

    #Uber #procès #législation #conducteur·trice·s #GigEconomy #travail

    • Je me sens comme un esclave : je travaille de longues heures chaque jour, sous les ordres d’une application, mais je n’ai pas de quoi me payer un salaire à la fin du mois. »

      Guillaume* est chauffeur indépendant, ou « limousine » comme on dit chez Bruxelles Mobilité, où il a obtenu sa licence il y a un peu plus de deux ans. Depuis novembre 2018, il « collabore » avec Uber, qui organise le transport rémunéré de citadins dans la capitale et un peu partout dans le monde. À ce stade, il n’a « plus rien à perdre », nous explique-t-il. « Mais peut-être, quelque chose à gagner ». À savoir : devenir salarié de la multinationale.

      Début juillet, Guillaume a introduit une demande de qualification de sa relation avec la plateforme d’origine américaine auprès de la Commission administrative de règlement de la relation de travail (CRT). Quand la nature de votre relation avec votre donneur d’ordre ou votre employeur vous apparaît comme suspecte, cet organe est là pour analyser votre cas et décider, si au regard de la législation locale, vous êtes salarié ou indépendant.

      « Je ne gagne pas ma vie décemment »

      Guillaume, sur papier, appartient à la seconde catégorie de travailleurs (les deux seules existant en droit du travail belge). Il a enregistré une société en personne physique, son véhicule lui appartient, il a obtenu seul les autorisations nécessaires pour exercer son métier. « Avec Uber, je ne connais que les inconvénients de ce statut, en aucun cas les avantages. Je ne gagne de toute façon pas ma vie décemment, donc j’ai décidé d’aller jusqu’au bout », poursuit le trentenaire.

      Une démarche concluante puisque Le Soir a appris que la CRT lui avait donné raison à travers une décision longue de 12 pages rendue le 26 octobre dernier : Uber est bien, selon la Commission qui dépend du SPF Sécurité sociale, l’employeur de Guillaume. Précisément, la CRT conclut après un examen approfondi que « les modalités d’exécution de la relation de travail sont incompatibles avec la qualification de #travail_indépendant ».

      Pour aboutir à cette conclusion – la question est épineuse et fait débat dans bon nombre de pays européens ainsi qu’aux États-Unis (lire ci-contre) –, plusieurs éléments contractuels ont été analysés. Notamment ceux qui concernent la #liberté_d’organisation_du_travail et d’organisation du #temps_de_travail de Guillaume, deux démarches inhérentes au #statut_d’indépendant. Deux leitmotivs aussi utilisés par Uber depuis son lancement : l’entreprise estime, en effet, que la #flexibilité de ses chauffeurs ainsi que leur #liberté de prester quand ils le souhaitent et pour qui ils le souhaitent est à la base de sa « philosophie ».

      « Je ne peux pas refuser une course »

      « La réalité est bien différente », détaille Guillaume. « Uber capte quasi tout le marché à Bruxelles et, si je suis connecté à l’#application, je n’ai pas le #droit_de_refuser une course. Si je le fais, Uber abaisse ma “#cotation”. Si je le fais trois fois de suite, Uber me vire », détaille Guillaume. Qui précise qu’il lui est également impossible de jongler entre plusieurs plateformes. « Si je suis sur deux applications et que j’accepte une course pour un autre opérateur et qu’Uber me demande d’être disponible, je suis obligé de refuser la course. Au final, comme expliqué, cela me porte préjudice. »

      Guillaume, en outre, ne connaît pas son itinéraire avant d’accepter de prendre en charge un client. « On peut m’envoyer à 10 kilomètres. Soit un long trajet non rémunéré pour un trajet payé de 1.500 mètres. » S’il choisit de dévier du chemin imposé par la plateforme, par bon sens ou à la demande d’un client pressé, le chauffeur se dit également régulièrement pénalisé. Chez Uber, le client est roi. Quand ce dernier commande une course, l’application lui précise une fourchette de #prix. « Évidemment, si je prends le ring pour aller jusqu’à l’aéroport, le prix de la course augmente car le trajet est plus long, mais le client peut très facilement réclamer à Uber la différence tarifaire. Même s’il m’a demandé d’aller au plus vite. » Dans ce cas de figure, la différence en euros est immédiatement déduite de la #rémunération de Guillaume.

      La CRT estime que le chauffeur ne peut pas influer sur la manière dont Uber organise un #trajet, qu’il « n’a aucune marge de manœuvre quant à la façon dont la prestation est exercée. (…) En cas de non-respect de l’#itinéraire, si le prix de la course ne correspond pas à l’estimation, il peut être ajusté a posteriori par Uber, le passager peut alors obtenir un remboursement mais le chauffeur ne sera payé que sur base du prix annoncé à ce dernier. (…) A aucun moment, un dialogue direct entre le chauffeur et le passager n’est possible. (…) De telles modalités obligent le chauffeur à fournir une prestation totalement standardisée. »

      Un chantier dans le « pipe » du gouvernement

      Guillaume n’est pas naïf, ses représentants qui l’ont accompagné dans la démarche administrative – le syndicat CSC via sa branche dédiée aux indépendants #United_Freelancers et le collectif du secteur des taxis – ne le sont pas non plus. Il sait que l’avis de la CRT est « non contraignant » pour Uber mais qu’elle a de lourdes implications pour son cas personnel. À moins d’être requalifié comme « salarié » par l’entreprise elle-même (un recommandé a été envoyé à ce titre aux différentes filiales impliquées en Belgique), il ne peut désormais plus travailler pour Uber.

      De son côté, Uber explique qu’il « n’a pas encore pas encore reçu le point de la vue de la CRT » mais qu’il « estime que la justice bruxelloise a déjà tranché en 2019 le fait que ses chauffeurs étaient indépendants » (un procès a opposé l’entreprise au secteur des #taxis et lui a donné raison, mais ce dernier a fait appel et le jugement n’a pas encore été rendu). La société américaine pourrait d’ailleurs attaquer la décision en justice. L’anglaise #Deliveroo avait opté pour cette démarche en 2018 après que le même organe a acté en 2018 qu’un de ses #coursiers indépendants était en réalité salarié de la plateforme (l’audience aura lieu en septembre de cette année).

      « Notre priorité est de faire réagir les autorités. Uber, comme d’autres plateformes, doit occuper ses travailleurs selon une qualification conforme à la réalité du travail. Soit les #prestataires sont véritablement indépendants et devraient, dès lors, pouvoir fixer leurs prix, leurs conditions d’intervention, choisir leurs clients, organiser leur service comme ils l’entendent… Soit Uber continue à organiser le service, à fixer les prix et les règles, à surveiller et contrôler les chauffeurs, et ceux-ci sont alors des travailleurs salariés », cadrent Martin Willems, qui dirige United Freelancers et Lorenzo Marredda, secrétaire exécutif de la CSC Transcom.

      Au cabinet du ministre en charge du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS), on confirme avoir déjà analysé les conclusions de la CRT et la volonté de débuter rapidement un chantier sur le sujet avec les partenaires sociaux. « Nous allons nous attaquer à la problématique des #faux_indépendants des #plateformes_numériques, comme décidé dans l’accord de gouvernement. L’idée est bien d’adapter la loi de 2006 sur la nature des #relations_de_travail. Cela pourrait passer par une évaluation des critères nécessaires à l’exercice d’une #activité_indépendante, par un renforcement des critères également. Mais il s’agit évidemment d’une matière qui doit être concertée », précise Nicolas Gillard, porte-parole.

      * Le prénom est d’emprunt, les décisions de la CRT sont anonymisées quand elles sont publiées.

      Des pratiques désormais similaires chez les taxis

      A.C.

      Selon le collectif des Travailleurs du taxi et la #CSC-Transcom, les problèmes constatés chez Uber sont actuellement également une réalité chez d’autres acteurs du secteur, en l’occurrence les #centrales_de_taxis. « Les taxis indépendants sont très dépendants des centrales. Et depuis leur #numérisation, il y a vraiment un glissement des pratiques. Les chauffeurs de taxi indépendants ne savent pas non plus où on les envoie avant d’accepter une course », explique Michaël Zylberberg, président du collectif. « La dernière version de l’application #Taxis_Verts est un clone de celle d’Uber. Au début, il y a cette idée de #concurrence_déloyale mais, comme le problème n’a pas été réglé, les centrales tendent à copier les mauvaises habitudes des plateformes. Cela est très inquiétant pour les travailleurs, qui perdent progressivement leur #autonomie », ajoute Lorenzo Marredda, secrétaire exécutif de la CSC-Transcom.

      Des décisions dans d’autres pays

      Mis en ligne le 13/01/2021 à 05:00

      Par A.C.

      Lors de son introduction en Bourse en 2019, Uber expliquait collaborer avec 3 millions de chauffeurs indépendants dans le monde. Fatalement, face à une telle masse de main-d’œuvre, qui se plaint souvent de #conditions_de_travail et de #rémunération indécentes, procès et interventions des législateurs ponctuent régulièrement l’actualité de l’entreprise. Ces derniers mois, trois décisions retiennent particulièrement l’attention.

      En #Suisse

      Plusieurs cantons sont en plein bras de fer avec la plateforme américaine. A #Genève et à #Zurich, les chauffeurs Uber sont désormais considérés comme des salariés. Les caisses d’#assurances_sociales réclament des sommes très importantes à l’entreprise, qui refuse jusqu’à présent de payer les #cotisations_sociales employeurs réclamées.

      En #France

      La# Cour_de_cassation a confirmé en mars dernier que le lien entre un conducteur et l’entreprise est bien un « #contrat_de_travail ». Les arguments utilisés se rapprochent de ceux de la CRT : la plus haute juridiction du pays a jugé que « le chauffeur qui a recours à l’application Uber ne se constitue pas sa propre clientèle, ne fixe pas librement ses tarifs et ne détermine pas les conditions d’exécution de sa prestation de transport ». Une #jurisprudence qui permet d’appuyer les demandes de #requalification des chauffeurs indépendants de l’Hexagone.

      En #Californie

      Une loi contraint, depuis le 1er janvier 2020, Uber et #Lyft à salarier ses collaborateurs. Les deux entreprises refusant de s’y plier ont investi environ 200 millions de dollars pour mener un référendum citoyen sur la question qu’ils ont remporté en novembre dernier, avec un texte baptisé « #proposition_22 ». Qui introduit pour les dizaines de milliers de chauffeurs concernés un #revenu_minimum_garanti et une contribution à l’#assurance_santé.

      #néo-esclavage #ordres #Bruxelles_Mobilité #sous-traitance #travailleur_indépendant #salariat #salaire #Commission_administrative_de_règlement_de_la_relation_de_travail (#CRT) #Belgique #droit_du_travail

  • En Corée du Sud, pendant la pandémie des livreurs meurent d’une surcharge de travail - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180121/en-coree-du-sud-pendant-la-pandemie-des-livreurs-meurent-d-une-surcharge-d

    La situation des #livreurs des #plateformes de #e-commerce devient un problème national en Corée du Sud. Les restrictions sanitaires liées à la #pandémie a augmenté la demande, sans que les entreprises ne s’adaptent. Selon les syndicats, 19 d’entre eux seraient décédés d’une #surcharge de #travail en 2020.

    #livraison #exploitation #droit_du_travail

  • Le Digital Services Act expliqué ligne par ligne (articles 1 à 24) [partie 1]
    #paywall https://www.nextinpact.com/article/45070/le-digital-services-act-explique-ligne-par-ligne-article-1-a-24

    Comme pour le RGPD, [*Marc Ress*, qui fait un boulot absolument prodigieux sur Next Impact & sur Twitter] vous propose une présentation ligne par ligne du fameux #DSA. 74 articles précédés de 106 considérants introductifs. En coulisse, se dévoile le futur de la régulation des intermédiaires en ligne, plateformes et hébergeurs compris. Voilà donc notre première partie.

    /.../

    Le grand jour du DSA, qui entame désormais son long processus législatif, est certes un texte horizontal, mais le règlement laisse intactes les législations verticales, celles relatives à certains secteurs. On pense déjà à la directive sur le droit d’auteur ou le futur texte contre les contenus terroristes.

    Télécharger (en anglais) le Digital Services Act : https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/proposal_for_a_regulation_on_a_single_market_for_digital_services.pdf

    Le texte accompagne une autre législation en devenir, celle sur les marchés numériques. Elle pilotera notamment les marketsplace, mais aussi tous les autres « contrôleurs d’accès », ces « plateformes qui ont une forte incidence sur le marché intérieur [et] qui constituent un point d’accès important des entreprises utilisatrices pour toucher leur clientèle » (nous y reviendrons).

    #loi #régulation #commerce #plateformes #internet

  • The Substackerati, by Clio Chang - Columbia Journalism Review
    https://www.cjr.org/special_report/substackerati.php

    (Substack = Uber for journalism)

    Newsletters go back at least as far as the Middle Ages, but these days, with full-time jobs at stable media companies evaporating—between the 2008 recession and 2019, newsroom employment dropped by 23 percent—Substack offers an appealing alternative. And, for many, it’s a viable source of income. In three years, Substack’s newsletters—covering almost every conceivable topic, from Australian Aboriginal rights to bread recipes to local Tennessee politics—have drawn more than two hundred fifty thousand paid subscribers. The top newsletter authors can earn six figures, an unheard-of amount for freelance journalists.

    (...) They have a system, created by a former employee named Nathan Baschez, that measures a Twitter user’s engagement level—retweets, likes, replies—among their followers. This person is then assigned a score on a logarithmic scale of fire emojis. Four fire emojis is very good—Substack material. Best and McKenzie will reach out and suggest that the person try a newsletter. The four-fire-emoji method turned up Heather Cox Richardson, a history professor at Boston College, whose Substack, Letters from an American—political with a historical eye—is now the second-top-paid.

    (...) “Substack is not the sort of thing that is going to create a sustainable next phase, but it can open the door (...) “GoFundMe can help us see things we’re not seeing and put money where it would not go,” Schneider said. “Of course, we don’t want a GoFundMe society.”

    (...) as you peruse the lists, something becomes clear: the most successful people on Substack are those who have already been well-served by existing media power structures. Most are white and male; several are conservative. Matt Taibbi, Andrew Sullivan, and most recently, Glenn Greenwald—who offer similar screeds about the dangers of cancel culture and the left—all land in the top ten.

    (...) It’s a bit of a brain twister: Substack, eager to attract customers over Mailchimp or WordPress, has begun to look like it’s reverse engineering a media company. But all the while, its founders insist that they simply provide a platform. By not acknowledging the ways in which they are actively encouraging (and discouraging) certain people to use Substack, and the ways they benefit monetarily from doing so, they obscure their role as publishers.

    (...) As more journalists embark on independent careers, the need for support infrastructure, beyond Substack, will become increasingly urgent. Labor organizing, the traditional method for making an industry more equitable, will have to adapt to the new conditions, especially as more and more industries embrace the independent-contractor model. Accountability is harder when the company you work for refuses to acknowledge what field it’s operating in. Yet people like Peck are still workers, even if they lack a boss.

  • Vers l’éclatement de la bulle de la publicité en ligne ? | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/pulse/vers-l%25C3%25A9clatement-de-la-bulle-publicit%25C3%25A9-en-ligne-dominiqu

    Oui, Dominique Boullier a raison, nous ne sommes pas dans un marché biface traditionnel, mais dans un marché à trois têtes :
    – l’usager ou l’usagère
    – le client de la plateforme (celui qui paye, donc l’annonceur)
    – le marché symbolique qui se traduit par la variation du cours de l’action (et qui joue autant pour la plateforme que pour les annonceurs).

    Dans cet article de Wired (https://www.wired.com/story/ad-tech-could-be-the-next-internet-bubble), que m’a fait passer Guilhem Fouetillou, l’auteur montre bien comment aucun chiffre de taux de conversion ou de retour sur investissement ne permet de justifier le montant actuel des investissements publicitaires en ligne. Toutes les marques attendent de voir qui osera arrêter de payer les plates-formes pour des placements publicitaires opaques (on ne sait pas où elles sont placées), à des tarifs opaques (des enchères sophistiquées), pour des résultats indémontrables en termes de comportement client (voir les travaux de Jean Samuel Beuscart sur le sujet). Les marques (et les petites encore plus que les grandes) continuent à faire la fortune de Google, Facebook et Amazon pour se rassurer, au cas où ça marcherait selon les principes (au choix) du « ça ne peut pas faire de mal » ou « si on ne le faisait pas, on ne sait pas ce qui pourrait se passer » ou encore « si les autres le font, c’est qu’il y a une bonne raison ». Bref, de l’imitation pure et simple, du comportement moutonnier habillé de justifications savantes pour ne pas paraitre trop bête. Mais ce qui se passe est une arnaque pure et simple de la part des plates-formes, comme le font les traders vis-à-vis des investisseurs, qui là aussi, sous prétexte de « digital » et de « machine learning », font avaler toutes les couleuvres qu’ils veulent à leurs clients en prenant une marge d’intermédiaire invraisemblable.

    Que s’est -il passé ? Il se trouve que tout un chapitre de mon récent livre (« Comment sortir de l’emprise des réseaux sociaux ») l’explique, en montrant comment la publicité est devenue affaire de réputation vis-à-vis des investisseurs tout autant que vis-à-vis des clients ordinaires. Les indicateurs de l’activité en ligne sont toujours aussi peu pertinents et n’ont pas pris la force d’une convention (à la différence des mesures d’audience des mass médias) mais ils servent à envoyer des signaux aux marchés (financiers) sur l’attractivité de la marque. Tout ça pour ça. Car la publicité de maintenant est une publicité à haute fréquence comme le trading et elle est désormais à visée financière plus que marchande.

    Et comme mon éditeur, Le Passeur, est d’une grande bonté, il m’a autorisé à reproduire le chapitre de mon livre qui en parle. Une exclusivité pour mon réseau Linkedin ;-)) (mais tout le reste du livre mérite la lecture, je vous le garantis !)

    #Publicité #Marché_biface #Plateformes #Economie_numérique

  • Connaissez-vous Civvl, le Uber des expulsions ? | korii.
    https://korii.slate.fr/biz/etats-unis-logement-crise-civvl-uber-expulsions-plateforme-huissiers-dem

    « Les expulsions sont les prestations qui connaissent la plus forte croissance, en raison du Covid-19 », claironne Civvl. Cette application américaine propose de jouer les huissiers ou les déménageuses en free-lance, pour déloger des locataires en délicatesse avec leurs propriétaires. Une sorte de Uber des expulsions, qui menacent des millions d’Américain·es en raison de la pandémie.

    « Le chômage est à un niveau record et beaucoup [de personnes] ne peuvent pas ou ne paient tout simplement pas de loyer et d’hypothèques. Nous sommes engagés par des propriétaires et des banques contrariées, afin de récupérer des propriétés résidentielles saisies », explique Civvl sur le site de petites annonces Craigslist.

    Selon l’entreprise, des milliers d’huissières et de déménageurs sont nécessaires afin d’exécuter les procédures d’expulsion qui se multiplient dans le pays. Comme le font les autres plateformes, elle vante la flexibilité de son modèle ainsi que l’avantage de pouvoir y travailler en devenant son propre patron ou sa propre patronne.

    « C’est tordu que des prolétaires en difficulté soient tentés par des prestations comme le transport de meubles ou le rôle d’huissier pour une entreprise comme Civvl, expulsant d’autres prolétaires de leur maison afin de pouvoir eux-mêmes payer leur loyer », dénonce la juriste et militante du droit au logement Helena Duncan.

    Vice a d’abord cru à un canular. Mais Civvl est une application bien réelle, détenue par OnQall, une entreprise qui propose l’ubériseration de toutes sortes de tâches « en dehors des principaux centres urbains ». Elle a également développé les apps LawnFixr (entretien des pelouses) CleanQwik (nettoyage) et MoveQwik (déménagement).

    #Plateformes #Nouvelle_domesticité #Expulsions

  • TLAXCALA : Brésil : les coursiers par application préparent une nouvelle grève pour le 25 juillet
    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=29322

    Les coursiers des plateformes de livraison prévoient un nouvel arrêt de travail national pour le 25 juillet. L’action en faveur de meilleures conditions de travail poursuivra le mouvement connu sous le nom de Breque dos Apps (Coup de frein aux apps) qui a eu lieu pour la première fois le 1er juillet et a rassemblé des milliers de travailleurs dans plusieurs villes du pays.

    Parmi les revendications qui continuent d’être des lignes directrices prioritaires pour la grève, figurent une rémunération plus juste grâce à l’établissement d’un taux minimum par course plus élevé que le taux actuel, ainsi qu’un paiement équitable et standardisé entre les platesforme par kilomètre parcouru.

    La suspension immédiate des blocages de livreurs sans justification, qui selon les organisateurs de la grève sont souvent effectués par des entreprises telles que Rappi, Ifood, Loggi et UberEats, est également l’une des principales revendications.

    L’informalité en hausse

    Au milieu de la crise socio-économique aggravée par le coronavirus, de nombreux travailleurs informels ont cherché à se faire coursiers par applications pour essayer de s’assurer une certaine source de revenus. Ce service a été considéré comme une activité essentielle pendant la quarantaine.

    Selon les informations envoyées à notre journal par Rappi, la plateforme comptait environ 200 000 livreurs enregistrés en Amérique latine au mois de mars. Mais, avec le début de la pandémie, ce chiffre a augmenté de 111 %. IFood, pour sa part, a indiqué avoir reçu plus de 175 000 demandes d’inscription en mars de cette année. En février, les coursiers inscrits étaient 85 000.

    Malgré l’augmentation significative du nombre de travailleurs et l’offre de main-d’œuvre plus importante qui en a résulté, les taux n’ont pas été modifiés, ce qui a directement compromis le revenu des coursiers.

    Une étude récente du Réseau de études et de surveillance de la réforme du travail (Remir Trabalho) a montré que parmi les coursiers interrogés, 60,3 % ont signalé une baisse des salaires depuis la pandémie.

    27,6 % ont déclaré que le revenu s’était maintenu et seulement 10,3 % ont déclaré qu’ils gagnaient plus d’argent. L’enquête a permis d’interroger 252 personnes de 26 villes entre le 13 et le 20 avril par un questionnaire en ligne.

    #Nouvelle_domesticité #Brésil #Plateformes #Livraison #Grève

  • Politiques du non-accueil en #Tunisie : des acteurs humanitaires au service des politiques sécuritaires européennes

    « La réponse est claire : c’est non […] Nous n’avons ni les capacités ni les moyens d’organiser [des] centres de rétention » [1]. C’est par ces mots qu’en juin 2018, Tahar Chérif, ambassadeur tunisien auprès de l’Union européenne, réitérait le refus de la Tunisie d’accueillir sur son sol des camps où seraient « stocké·e·s » les migrant·e·s dont l’Union européenne ne veut pas. Ce refus faisait suite à la proposition de la Commission européenne d’installer en Afrique du Nord des « plateformes de débarquement » pour les migrant·e·s secouru·e·s dans les eaux internationales, faute d’accord entre les États européens pour se répartir la charge de leur accueil, alors que l’Italie annonçait la fermeture de ses ports. Mais si la Tunisie, aux côtés des autres pays africains, rejetait haut et fort le plan de la Commission et continuait à soutenir que jamais elle ne consentirait à devenir le garde-frontières de l’Union européenne, cela fait en réalité longtemps qu’elle accepte divers outils destinés au contrôle des migrant·e·s d’Afrique subsaharienne [2] sur son territoire. Après l’échec de l’approche régionale des plateformes de débarquement, l’Union européenne semble avoir pris le parti de mettre en place des #arrangements de #contrôle_migratoire fragmentés et progressifs, dont la Tunisie est le candidat privilégié. À mesure que la situation sécuritaire en Libye se dégrade [3], elle semble en effet devenir la nouvelle cible de la stratégie européenne d’#externalisation_des_frontières, et accumule progressivement les ingrédients qui tendent à la transformer en #zone_de_contrôle_migratoire.

    Mais si la Tunisie offre une meilleure image en termes d’accueil pour ces populations migrantes que la Libye, l’expérience vécue par les migrant·es semble tout autre. « Vivre en Tunisie, ce n’est plus possible. Je dois repartir en Libye ». En ce début d’année 2020, cette phrase est dans la bouche de plus en plus de personnes migrantes, pourtant venues trouver refuge en Tunisie après leur expérience libyenne. Alors qu’en Libye les affrontements reprennent de plus belle, comment peut-on donc expliquer que des dizaines, voire des centaines de personnes quittent un pays en paix et ayant la réputation d’être plus ou moins hospitalier [4], pour un pays en plein chaos et extrêmement dangereux pour elles ? C’est de cette question et du constat répété du « #non-accueil » des personnes migrantes sur le sol tunisien qu’est partie cette recherche de trois mois sur les politiques de gestions des migrations en Tunisie.

    Le présent rapport tente de documenter ces politiques de « non-accueil », tout en les inscrivant dans le contexte plus large des politiques d’externalisation des frontières de l’Union européenne et en accordant une attention particulière à la manière dont ces politiques, dans le contexte tunisien, mêlent étroitement registres #humanitaire et #sécuritaire.

    Ce rapport a été réalisé entre octobre et décembre 2019 en partenariat entre le Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux et le réseau euro-africain Migreurop. Il s’appuie sur plus de 90 entretiens avec des personnes migrantes (35 entretiens avec des exilé·e·s basé·e·s en Tunisie représentant 16 nationalités différentes), et des représentant·e·s d’organisations et d’organismes locaux et internationaux, ainsi qu’avec des chercheurs et chercheuses, et des journalistes.

    http://www.migreurop.org/article2992.html

    Pour télécharger le rapport :
    http://www.migreurop.org/IMG/pdf/politiques_du_non-accueil_en_tunisie_f.pdf

    #rapport #asile #migrations #réfugiés #Migreurop #externalisation #centres_de_rétention #rétention #camps #détention_administrative

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    Sur les #plateformes_de_désembarquement :
    https://seenthis.net/messages/703288

    #disembarkation_paltforms #plateformes_de_débarquement

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    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768701

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  • Crise sanitaire et reproduction sociale : Les plateformes en embuscade, Niels van Doorn, Eva Mos & Jelke Bosma – Agitations
    https://agitationautonome.com/2020/04/17/crise-sanitaire-et-reproduction-sociale-les-plateformes-en-embusc

    Les temps sont durs dès maintenant pour la plupart des gens, et ils vont probablement s’empirer à l’avenir. Même lorsque la pandémie mondiale causée par le COVID-19 sera maîtrisée, les conséquences de cette crise sanitaire risquent d’avoir un impact dévastateur sur nos économies nationales et locales, et ce pour des années. Toutes et tous ne seront cependant pas touché·es de la même manière et dans les mêmes proportions. Comme nous avons déjà pu le constater, le coronavirus met brutalement en lumière des inégalités de longue date en termes de revenus et de répartition des richesses. Certains disposeront des ressources (temps, espace, capital, influence, etc.) leur permettant de faire face à cette crise, voire d’en tirer profit, tandis que beaucoup d’autres, qui ne bénéficient pas de ces ressources, se battront pour leur survie et conserver leurs moyens de subsistance. À bien des égards, le Covid-19 renforce et amplifie ces inégalités et les mènera en définitive à un point de rupture. Un point que les gouvernements – même conservateurs – ont tenté d’éviter en instaurant des mesures de sauvetage économique.

    Il est important de noter, comme le montrent nos recherches, que la plateformisation actuelle du marché du #travail et des moyens de subsistance répond à une logique similaire (bien que moins drastique) de renforcement et d’amplification. Bien que le terme « disruption » soit galvaudé et qu’il décrive peut-être mal les effets économiques et sociaux exercés par des #plateformes comme Uber, Airbnb ou Deliveroo à l’échelle mondiale et locale, nous pensons néanmoins que l’on peut sans risque affirmer que nombre de ces effets sont conséquents. Les plateformes réorganisent la façon dont les gens travaillent et gagnent leur vie, mais aussi la façon dont les citoyens et leurs gouvernements gèrent et prennent en charge les autres – et elles le font d’une manière que nous n’avons pas encore comprise. Apparues dans le sillage de la récession de 2008, elles contribuent à accentuer la répartition inégale des opportunités et des risques (selon la classe, le genre, la race et la nationalité), alors même qu’elles prétendent renforcer l’autonomie des travailleur·ses.

    Pourtant, ces dernières semaines, il est devenu évident que le Business as usual ne tient plus pour ces entreprises (qui n’existent évidemment pas en vase clos), car elles sont non seulement confrontées à de nouveaux défis, mais doivent aussi saisir les opportunités qui naissent de la crise actuelle. Entre-temps, nous voyons apparaître toutes sortes de nouvelles initiatives locales reposant sur ce système de plateformes, animées par des réseaux de citoyens et d’organisations publiques et privées visant à aider les membres les plus vulnérables de leurs communautés. Dans ce billet de blog en trois parties, nous nous appuyons sur les derniers résultats de nos projets de recherche respectifs ainsi que sur différents témoignages d’actualité afin de donner un aperçu de la manière dont le COVID-19 affecte l’organisation du travail et la reproduction sociale des plateformes dans les pays du Nord. La première partie, cet article, traite de la Gig economy et des plateformes à la demande (voir également ces articles essentiels de la Fondation FairWork et du projet de recherche Platform Mobilities – ce dernier en allemand) ; la deuxième partie abordera les conséquences pour Airbnb et les autres plateformes de location à court terme ; enfin, la troisième partie traitera des initiatives de base qui mobilisent les modèles et les technologies des plateformes dans le secteur social pour lutter contre la crise du coronavirus. Les deux parties suivantes seront donc publiées ultérieurement sur le site Platform Labor.

  • « Je clique et hop ! » : l’envers des plateformes e-commerce
    https://radioparleur.net/2020/04/11/desastre-ecologique-amazon

    Les plateformes d’e-commerce comme Amazon causent des désastres écologiques et sociaux d’une ampleur phénoménale. La conférence « Je clique, et hop ! » organisée par le collectif « 94 ça chauffe ! » remet du concret et de la réflexion derrière ce geste, devenu banal, d’acheter sur internet sans se poser de questions. Durée : 2h06. Source : Radio Parleur

    https://audio.ausha.co/B404zcY4zOKB.mp3

  • Swinging the Vote ? – The Markup
    https://themarkup.org/google-the-giant/2020/02/26/wheres-my-email

    The Markup set up a new Gmail account to find out how the company filters political email from candidates, think tanks, advocacy groups, and nonprofits.

    We found that few of the emails we’d signed up to receive —11 percent—made it to the primary inbox, the first one a user sees when opening Gmail and the one the company says is “for the mail you really, really want.”

    Half of all emails landed in a tab called “promotions,” which Gmail says is for “deals, offers, and other marketing emails.” Gmail sent another 40 percent to spam.

    For political causes and candidates, who get a significant amount of their donations through email, having their messages diverted into less-visible tabs or spam can have profound effects.

    “The fact that Gmail has so much control over our democracy and what happens and who raises money is frightening,” said Kenneth Pennington, a consultant who worked on Beto O’Rourke’s digital campaign.

    “It’s scary that if Gmail changes their algorithms,” he added, “they’d have the power to impact our election.”

    Google communications manager Katie Wattie said in an email that the categories “help users organize their email.”

    “Mail classifications automatically adjust to match users’ preferences and actions,” she said. “Users really like the tab organization.”

    Gmail enables the tabs by default, but they can be disabled. Wattie declined to say whether most users keep the tabs, but an email deliverability firm said about 34 percent of respondents to a 2016 survey said they use them.

    The tabs also serve another purpose: ad inventory. While Gmail does not sell ads in the primary inbox, advertisers can pay for top placement in the social and promotions tabs in free accounts.

    Some fear that, as a result, Gmail has the same conflict of interest that exists on social networks: If the platforms make it too easy to reach people for free, no one will buy ads.

    “The worry is that they want to basically turn Gmail into a Facebook-style news feed where you have to pay for placement in the inbox,” said Ryan Alexander, a Democratic digital consultant.

    Wattie, the Google spokesperson, replied: “What you describe is not on our roadmap for Gmail.”

    A coalition of eight progressive advocacy groups in the U.S. noticed a similar change at about the same time and said it suppressed donations and petition signatures. We reviewed email data provided by Democracy for America, CREDO Action and SumOfUs and found their Gmail open rates did drop that spring, by about 50 percent compared with email sent to subscribers using other email providers.

    “We believe that our ability to inform and engage the public in political action, which we believe is fundamental to a healthy democracy, is being impeded,” the coalition wrote in a letter to Google in November 2018.

    #Gmail #Democratie #Politique #Plateformes

  • #Frontex wants to disembark refugees in Senegal

    #Hera“ is the only Frontex maritime mission on the territory of a third country. A new agreement might extend this joint border #surveillance.

    The EU border agency Frontex wants to bring back refugees picked up in the Atlantic Ocean to Senegal. The EU Commission should therefore negotiate a so-called #Status_Agreement with the government in Dakar. The proposal can be found in the annual report (https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-6294-2020-INIT/en/pdf) on the implementation of the Regulation for the surveillance of external sea borders (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:32014R0656). It regulates the maritime „operational cooperation“ of Frontex with third countries.

    It would be the first agreement of this kind with an African government. So far, Frontex has only concluded Status Agreements with a number of Western Balkan countries for the joint surveillance of land borders. The only operation to date in a third country (https://digit.site36.net/2019/11/25/frontex-expands-operations-in-eu-neighbouring-countries) was launched by the Border Agency in Albania a year ago.

    Frontex has been coordinating the joint operation „Hera“ in the Atlantic since 2006 (https://frontex.europa.eu/media-centre/news-release/longest-frontex-coordinated-operation-hera-the-canary-islands-WpQlsc). The reason for the first and thus oldest EU border surveillance mission (http://www.statewatch.org/analyses/no-307-frontex-operation-hera.pdf) was the arrival of many thousands of refugees in boats on the Canary Islands via Morocco, Mauritania, Cape Verde and Senegal. For a short period of time, the German Federal Police had also participated in „Hera“ (http://dipbt.bundestag.de/doc/btd/16/098/1609888.pdf), in addition to Portugal, France, Italy, Finland and Luxembourg. Already in 2007 the arrivals decreased drastically. For the past year, Frontex’s „Migratory Map“ (https://frontex.europa.eu/along-eu-borders/migratory-map) records only 711 irregular arrivals (by December) on Gran Canaria, Tenerife and the other Spanish islands. According to media reports (https://www.laprovincia.es/canarias/2020/03/03/canarias-supera-1200-personas-llegadas/1260792.html), this number has been nearly doubled in the first two months of 2020 alone.

    „Hera“ is the only maritime mission in which Frontex coordinates an operation which, with Senegal, also takes place in the 12-mile zone, the exclusive economic zone and the airspace of a third country. In „Themis“, „Indalo“ and „Poseidon“, the operational plan only covers waters under the jurisdiction and monitoring of EU Member States.

    Currently, „Hera“ is operated by Spain as the „host state“ with support from Portugal. The two countries patrol with frigates and smaller ships and carry out aerial surveillance with a helicopter. They first transmit their information to a control centre in Las Palmas, to which Morocco, Mauritania and Senegal have sent liaison officers. Processed intelligence is then forwarded to the International Coordination Centre (ICC) in Madrid, which manages all operations of the Spanish border authorities and is also responsible for cooperation with Frontex.

    If suspicious boats are detected in the area of operations in „Hera“, a report is made to the competent Maritime Rescue Operations Centre (MRCC). All those picked up in the Spanish Search and Rescue zone have been able to disembark in the Canary Islands in recent years.

    If the refugees are still in the Senegalese #SAR zone, the national coast guard brings them back to the West African country. With a Status Agreement, Frontex assets could do the same. According to SAR Info, a Canadian information platform, the Senegalese national #MRCC (https://sarcontacts.info/countries/senegal) is also responsible for the rescue coordination off the coast of Gambia, Guinea-Bissau and Mauritania.

    Before each operation, Frontex is required to assess the possible disembarkation of intercepted refugees in the third countries concerned. In the report for 2018, Leggeri writes that his agency, with the „host states“ of the missions „Themis“ (Italy) and „Indalo“ (Spain), considered such disembarkations to Libya and Tunisia as well as to Morocco to be incompatible with regulations to which Frontex is bound.

    From Frontex’s point of view, however, disembarkations would be possible for Turkey and Senegal, as the governments there do not violate basic fundamental and human rights and also adhere to the principle of non-refoulement, according to which refugees may not be returned to countries from which they have fled. So far, says Leggeri, Frontex and the EU Member States involved in „Poseidon“ and „Hera“ have not forced any persons to Turkey or Senegal.

    The report signed by Frontex director Fabrice Leggeri is as usual one year late, the paper published last week refers to 2018. That was the same year in which the European Union once again wanted to set up „regional disembarkation centres“ in North Africa (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/IP_18_4629). There, asylum applications of persons seeking protection would be examined even before they reach Europe. All the governments in question rejected the proposal, and the African Union also opposed it a year ago. Led by Egypt, the 55 member states criticise the planned EU facilities as „de facto detention centres“ (https://www.theguardian.com/world/2019/feb/24/african-union-seeks-to-kill-eu-plan-to-process-migrants-in-africa).

    In the report, Leggeri complains that Frontex has too little competence in its four maritime missions. Bilateral agreements, such as those Italy has concluded with Libya (https://www.hrw.org/news/2020/02/12/italy-halt-abusive-migration-cooperation-libya) or Spain with Morocco (https://english.elpais.com/elpais/2019/02/21/inenglish/1550736538_089908.html), allow for much closer cooperation with North African coastguards.

    https://digit.site36.net/2020/03/01/frontex-wants-to-disembark-refugees-in-senegal
    #Sénégal #asile #migrations #réfugiés #externalisation #désembarquement #surveillance_frontalière #accord #accords #frontières

    Et pas mal de matériel sur seenthis autour de...
    #plateformes_de_désembarquement #disembarkation_paltforms #plateformes_de_débarquement #regional_disembarkation_platforms #Albanie #Océane_atlantique #Atlantique #Allemagne

    –-> voir notamment ici, dans la métaliste sur l’externalisation des contrôles frontaliers :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765334

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  • Les #outils_numériques de l’#humanitaire sont-ils compatibles avec le respect de la #vie_privée des #réfugiés ?

    Pour gérer les opérations humanitaires dans le camp de réfugiés syriens de #Zaatari en #Jordanie, les ONG ont mis en place des outils numériques, mais l’#innovation a un impact sur le personnel humanitaire comme sur les réfugiés. Travailler sur ce camp ouvert en 2012, où vivent 76 000 Syriens et travaillent 42 ONG, permet de s’interroger sur la célébration par le monde humanitaire de l’utilisation de #nouvelles_technologies pour venir en aide à des réfugiés.
    http://icmigrations.fr/wp-content/uploads/2020/01/DSCN8950.jpeg

    Après plusieurs années d’observation participative en tant que chargée d’évaluation pour une organisations non gouvernementales (ONG), je suis allée plusieurs fois à Amman et dans le camp de Zaatari, en Jordanie, entre 2017 et 2018, pour rencontrer des travailleurs humanitaires de 13 organisations différentes et agences de l’Onu et 10 familles vivant dans le camp, avec l’aide d’un interprète.

    Le camp de Zaatari a été ouvert dès 2012 par le Haut Commissariat aux Réfugiés pour répondre à la fuite des Syriens vers la Jordanie. Prévu comme une « #installation_temporaire », il peut accueillir jusqu’à 120 000 réfugiés. Les ONG et les agences des Nations Unies y distribuent de la nourriture et de l’eau potable, y procurent des soins et proposent un logement dans des caravanes.

    Pour faciliter la #gestion de cet espace de 5,2 km2 qui accueille 76 000 personnes, de très nombreux rapports, cartes et bases de données sont réalisés par les ONG. Les #données_géographiques, particulièrement, sont collectées avec des #smartphones et partagées via des cartes et des #tableaux_de_bord sur des #plateformes_en_ligne, soit internes au camp comme celle du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), soit ouvertes à tous comme #Open_Street_Map. Ainsi, grâce à des images par satellite, on peut suivre les déplacements des abris des réfugiés dans le camp qui ont souvent lieu la nuit. Ces #mouvements modifient la #géographie_du_camp et la densité de population par zones, obligeant les humanitaires à modifier les services, tel l’apport en eau potable.

    Les réfugiés payent avec leur iris

    Ces outils font partie de ce que j’appelle « l’#humanitaire_numérique_innovant ». Le scan de l’#iris tient une place à part parmi ces outils car il s’intéresse à une partie du #corps du réfugié. Cette donnée biométrique est associée à la technologie de paiement en ligne appelée #blockchain et permet de régler ses achats au #supermarché installé dans le camp par une société jordanienne privée. Avant l’utilisation des #scanners à iris, les réfugiés recevaient une #carte_de_crédit qu’ils pouvaient utiliser dans divers magasins autour du camp, y compris dans des #échoppes appartenant à des réfugiés.

    Ils ne comprennent pas l’utilité pour eux d’avoir changé de système. Nour*, une réfugiée de 30 ans, trouvait que « la #carte_Visa était si facile » et craint de « devenir aveugle si [elle] continue à utiliser [son] iris. Cela prend tellement de temps : “ouvre les yeux”, “regarde à gauche”, etc. ». Payer avec son corps n’a rien d’anecdotique quand on est réfugié dans un camp et donc dépendant d’une assistance mensuelle dont on ne maîtrise pas les modalités. Nisrine, une autre réfugiée, préférait quand « n’importe qui pouvait aller au supermarché [pour quelqu’un d’autre]. Maintenant une [seule] personne doit y aller et c’est plus difficile ». Sans transport en commun dans le camp, se rendre au supermarché est une contrainte physique pour ces femmes.

    Le principal argument des ONG en faveur du développement du scan de l’iris est de réduire le risque de #fraude. Le #Programme_Alimentaire_Mondial (#Pam) contrôle pourtant le genre de denrées qui peuvent être achetées en autorisant ou non leur paiement avec la somme placée sur le compte des réfugiés. C’est le cas par exemple pour des aliments comme les chips, ou encore pour les protections hygiéniques. Pour ces biens-là, les réfugiés doivent compléter en liquide.

    Des interactions qui changent entre le personnel humanitaire et les réfugiés

    Les effets de ces #nouvelles_technologies se font aussi sentir dans les interactions entre le personnel du camp et les réfugiés. Chargés de collecter les #données, certains humanitaires doivent régulièrement interroger des jeunes hommes venant de zones rurales limitrophes (qui forment la majorité des réfugiés) sur leur hygiène ou leurs moyens de subsistance. Cela leur permet de créer des #indicateurs pour classer les réfugiés par catégories de #vulnérabilité et donc de #besoins. Ces interactions sont considérées par les réfugiés comme une intrusion dans leur espace de vie, à cause de la nature des questions posées, et sont pourtant devenues un des rares moments d’échanges entre ceux qui travaillent et vivent dans le camp.

    Le #classement des ménages et des individus doit se faire de manière objective pour savoir qui recevra quoi, mais les données collectées sont composites. Difficile pour les responsables de projets, directement interpellés par des réfugiés dans le camp, d’assumer les choix faits par des logiciels. C’est un exercice mathématique qui décide finalement de l’#allocation de l’aide et la majorité des responsables de programmes que j’ai interrogés ne connaissent pas son fonctionnement. Le processus de décision est retiré des mains du personnel humanitaire.

    Aucune évaluation de la #protection_des_données n’a été réalisée

    La vie privée de cette population qui a fui la guerre et trouvé refuge dans un camp est-elle bien protégée alors que toutes ces #données_personnelles sont récoltées ? Le journal en ligne The New Humanitarian rapportait en 2017 une importante fuite de données de bénéficiaires du Pam en Afrique de l’Ouest, détectée par une entreprise de protection de la donnée (https://www.thenewhumanitarian.org/investigations/2017/11/27/security-lapses-aid-agency-leave-beneficiary-data-risk). En Jordanie, les #données_biométriques de l’iris des réfugiés circulent entre une banque privée et l’entreprise jordanienne qui exploite le supermarché, mais aucune évaluation de la protection des données n’a été réalisée, ni avant ni depuis la mise en œuvre de cette #innovation_technologique. Si la protection des données à caractère personnel est en train de devenir un objet de légalisation dans l’Union européenne (en particulier avec le Règlement Général sur la Protection des Données), elle n’a pas encore été incluse dans le #droit_humanitaire.

    De la collecte de données sur les pratiques d’hygiène à l’utilisation de données biométriques pour la distribution de l’#aide_humanitaire, les outils numériques suivent en continu l’histoire des réfugiés. Non pas à travers des récits personnels, mais sur la base de données chiffrées qui, pense-t-on, ne sauraient mentir. Pour sensibiliser le public à la crise humanitaire, les équipes de communication des agences des Nations Unies et des ONG utilisent pourtant des histoires humaines et non des chiffres.

    Les réfugiés eux-mêmes reçoivent peu d’information, voire aucune, sur ce que deviennent leurs données personnelles, ni sur leurs droits en matière de protection de données privées. La connexion Internet leur est d’ailleurs refusée, de peur qu’ils communiquent avec des membres du groupe État Islamique… La gestion d’un camp aussi vaste que celui de Zaatari bénéficie peut-être de ces technologies, mais peut-on collecter les #traces_numériques des activités quotidiennes des réfugiés sans leur demander ce qu’ils en pensent et sans garantir la protection de leurs données personnelles ?

    http://icmigrations.fr/2020/01/16/defacto-015-01

    #camps_de_réfugiés #numérique #asile #migrations #camps #surveillance #contrôle #biométrie #privatisation

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  • Surveillés, exploités : dans l’enfer des #livreurs_à_vélo

    Dans cette enquête inédite, Le Média révèle les mécanismes de #surveillance des livreurs mis en place par les plateformes pour mieux les exploiter, et plus largement les conditions de travail scandaleuses auxquelles ils sont soumis : temps de travail excessif, mise en danger de mort...

    Depuis quelques années, les livreurs à vélo sont apparus dans le paysage urbain. Avec leurs sacs colorés, ils parcourent les rues des plus grands villes européennes. Ils travaillent pour des #plateformes_numériques, souvent dans des conditions plus que précaires.

    Dans cette enquête inédite, nous révélons les mécanismes de surveillance des livreurs mis en place par des plateformes telles que #Deliveroo, #Foodora ou #Uber_Eats pour mieux les exploiter, et plus largement les conditions de travail scandaleuses auxquelles ils sont soumis. À partir de l’histoire de #Frank_Page, jeune livreur Uber Eats décédé à la suite d’un accident de voiture près de l’autoroute, nous retraçons la façon dont les plateformes numériques de livraison imposent des rythmes dangereux et affectent aux livreurs des parcours potentiellement meurtriers.

    Mais cette histoire en cache plein d’autres. Derrière cette organisation du travail prétendument novatrice se cachent des pratiques régulières de répression syndicale, chez Deliveroo ou chez Uber. De Bordeaux à Dijon, en passant par Paris, les livreurs qui essaient de s’organiser face aux plateformes en paient le prix, parfois chèrement. Et cela ne se limite pas à la France.

    Ainsi, nous révélons en exclusivité que Deliveroo a espionné des syndicalistes en Angleterre en essayant de recueillir des données privées et en espionnant leurs réseaux sociaux. Le flicage ne s’arrête pas là. Grâce à l’association #Exodus_Privacy, nous avons aussi découvert comment certaines applications - celle de Deliveroo, notamment - surveillent leurs livreurs et récoltent certaines données, qui sont par la suite redirigées vers de régies publicitaires, exposant ces entreprises à une potentielle violation de la loi européenne sur la vie privée.

    https://www.youtube.com/watch?v=vASAMVRiy8s&feature=emb_logo


    https://www.lemediatv.fr/emissions/les-enquetes/surveilles-exploites-dans-lenfer-des-livreurs-a-velo-sJHkn_vURXeCnFw7IvBks

    A partir de la minute 33, il y a une interview avec Paul-Olivier Dehay, fondateur de l’ONG Personal data.io (https://wiki.personaldata.io/wiki/Main_Page).
    Il explique comment les plateformes de livreurs utilisent les données collectées :

    « On peut diviser son groupe d’ ’employés’ grâce à ces outils, et commencer à appliquer des traitements différents à chacun de ces sous-groupes. Par exemple offrir des bonus à certains et pas à d’autres, des encouragements, faire des expériences de traitements différents. C’est un outil managérial pour gérer la force ouvrière des livreurs. Ces plateformes cherchent à opérer en ayant un maximum d’informations sur le marché, mais par contre en livrant un minimum d’informations à chaque entité pour faire son travail. Donc quand un livreur livre un plat il ne sait pas si dans l’heure il va avoir encore 3 ou 4 boulots, il n’a aucune information sur les prédictions ou quoi que ce soit, parce que la plateforme cherche à pousser un maximum de risques économiques vers les livreurs, et cherche à optimiser toujours dans son intérêt. On voit que l’asymétrie d’information pour ces plateformes est stratégique pour eux. Uber n’a pas de voiture, Deliveroo n’a pas de vélo, ce qu’ils ont c’est de l’information, et de l’information qui vaut de l’argent pour des restaurants, pour des livreurs, et pour des consommateurs au final. C’est mettre tous ces acteurs ensemble qui va permettre à la plateforme de faire de l’argent. On peut tout à fait imaginer un scénario où chacune des parties se réapproprie un maximum de ces données et au final se demande ’En fait, pourquoi on a besoin de cet intermédiaire ? Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas agir avec des outils qui nous permettent d’interagir directement’. Si on suit cette logique d’exposition de la plateforme, de mise à nu de la plateforme, on se rend compte qu’au final il n’y a rien derrière, il n’y a rien qui a vraiment une valeur, c’est dans l’#asymétrie de l’information qu’ils construisent la valeur »

    #exploitation #travail #conditions_de_travail #précarité #surveillance #gig_economy #économie_de_la_tâche #livreurs #auto-entrepreneurs #liberté #enquête #deliveroo_rider #téléphone_portable #smartphone #syndicats #risques #accidents #coursiers #coursiers_à_vélo #grève #accidents #décès #morts #taxes #résistance #taux_de_satisfaction #Dijon #Brighton #algorithme #déconnexion #Guy_MacClenahan #IWGB #réseaux_sociaux #flexibilité #sanctions #contrôle #Take_it_easy #dérapage #strike #pisteur #géolocalisation #publicité #identifiant_publicitaire #Appboy #segment.io #Braze #information #informations #charte #charte_sociale
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  • Coup d’État sur la « #loi_haine »

    La #loi « contre la haine » s’est transformée en loi sécuritaire au nom de la lutte « anti-terroriste ». Ce bouleversement a été acté hier à 22h30, par un #amendement (http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/2583/AN/161) de dernière minute proposé par le gouvernement et adopté par les députés serviles de l’Assemblée nationale. Ce #coup_de_force du gouvernement, imposé in extremis, est une nouvelle démonstration d’#anti-parlementarisme. L’honneur des députés exige qu’ils rejettent la loi dans son ensemble.

    Alors que la loi exigeait initialement de retirer les #contenus_illicites en 24 heures, elle impose désormais aux #plateformes de retirer en une heure les contenus que la #police lui signalera comme relevant du #terrorisme ou d’#abus_sur_mineurs. La police décidera seule des contenus relevant du terrorisme – sans le contrôle d’un juge. On l’a déjà vu abuser illégalement de ce pouvoir pour qualifier des propos militants de « terroristes » afin de les faire censurer – la justice avait alors attendu plus d’une année pour dénoncer ces abus de la police.

    De plus, alors que la loi ne concernait initialement que les plateformes ayant plusieurs millions de visiteurs par mois (Facebook, Twitter, Youtube…), les nouvelles mesures « anti-terroristes » visent désormais n’importe quelle plateforme, de toute taille. Il pourra s’agir du forum de n’importe quel site de presse, d’une plateforme militante, d’un petit hébergeur associatif ou de tout nœud d’un réseau social décentralisé tel que Mastodon ou PeerTube.

    Le délai d’une heure est matériellement impossible à respecter pour la grande majorité des plateformes Web (typiquement pour les signalements qui leur seraient faits de nuit). Ces plateformes n’auront d’autres choix que de fermer boutique ou de déléguer leur modération aux outils de censure automatisée fournis par Google et Facebook. Dans tous les cas, les grands vainqueurs seront ces deux dernières entreprises, dont la concurrence sera anéantie ou mise sous leur joug.

    Enfin, alors que la loi initiale ne prévoyait que des #sanctions financières, les nouvelles mesures prévoient des sanctions concrètes, drastiques. Si une plateforme ne censure pas un contenu dans l’heure qui suit sa notification par la police, la police pourra exiger que les fournisseurs d’accès à Internet empêchent l’accès à cette plateforme depuis la France.

    Une concentration totale des pouvoirs

    La #concentration_des_pouvoirs dans les mains de la police est totale : c’est à la fois elle qui décide quelles plateformes attaquer, qui qualifie un contenu comme étant illégal et qui met en œuvre sa sanction. L’ensemble du Web français est à sa merci.

    Si la police était mal intentionnée, il lui suffirait de publier anonymement et au milieu de la nuit des messages « terroristes » sur les plateformes de son choix pour les faire censurer (car presque aucune plateforme ne peut avoir des modérateurs réveillés toute la nuit pour répondre dans l’heure à la police). Rien dans la loi n’empêche de tels abus.

    Notons que cette situation n’est pas entièrement nouvelle : c’est la loi anti-terroriste de 2014 qui avait créé ce dispositif de #censure_policière. À l’époque toutefois, le délai pour répondre à la police était de 24 heures. Il passe aujourd’hui à #1_heure, démultipliant les risques d’abus.

    Un coup de force anti-parlementaire

    Le Parlement n’a jamais eu l’occasion de débattre des dangers de ce nouveau délai d’une heure imposé à l’ensemble du Web. Le Parlement n’a même pas eu l’occasion d’en prendre connaissance. Pendant des mois de débats sur la proposition de loi « contre la haine », le Parlement n’a parlé que de sujets bien éloignés du terrorisme. Ce n’est qu’au dernier moment, en séance publique lors de la 2ème lecture à l’Assemblée nationale, et alors que le sujet n’avait pas été abordé en commission des lois, que le gouvernement est parvenu à lui imposer ces changements, par surprise et par ignorance. Il aurait pourtant fallu en débattre pendant des mois, en auditionnant des dizaines d’acteurs, pour prétendre respecter nos principes démocratiques.

    La situation a tout pour rappeler un autre dossier : le règlement européen contre les contenus terroristes, qui prévoit lui aussi un délai de retrait en #une_heure. L’an dernier, la Commission européenne et les États membres avaient exercé une terrible pression sur le Parlement européen pour qu’il adopte en première lecture un texte en urgence avant les élections européennes (voir notre page de campagne : https://www.laquadrature.net/censureterro). Tout avait été fait pour empêcher un véritable débat, mais il avait pu au moins durer quelques semaines – permettant notamment de limiter la censure policière par l’autorisation préalable d’un juge ou d’une autorité indépendante (et la loi française serait ici contraire à la position du Parlement européen).

    Hier, le débat n’a pas même eu lieu.

    Le gouvernement semble s’être lassé de la comédie démocratique. L’avis des parlementaires n’a plus aucune conséquence sur le processus législatif : à quoi bon leur permettre de s’en faire un ? Autant gagner du temps et leur demander de tout signer à la dernière minute et sans leur expliquer.

    Si les députés ont encore un semblant de respect pour leurs fonctions démocratiques, ils doivent s’opposer à cette proposition de loi. Au moins du fait que le gouvernement a entièrement nié et insulté celles-ci hier. Et du fait, aussi, que le gouvernement a manipulé diverses volontés et associations luttant contre la haine afin de dévoyer au final la loi vers ses objectifs purement sécuritaires.

    Formellement, l’Assemblée nationale doit encore décider d’adopter ou non cette proposition de loi dans son ensemble aujourd’hui. Tout député ne qui ne votera pas contre cette loi actera que le gouvernement l’a démis de ses fonctions.

    https://academia.hypotheses.org/8795
    #sécurité #terrorisme #anti-terrorisme #censure #réseaux_sociaux #internet

    ping @isskein @karine4 @reka @simplicissimus @davduf @daphne @marty @mathieup

  • Technopouvoir comment les nouvelles technologies nous gouvernent
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/diana-filippova-technopouvoir-technologies-de-gouvernement

    Pourquoi est-il plus difficile de comprendre comment la technologie oriente nos choix ?

    D. F. : Parce que la technologie est ubiquitaire, liquide, diffuse. Elle a cessé d’exercer un pouvoir direct sur nous pour être intégrée dans des technologies de pouvoir indirectes. Elle se fond de mieux en mieux dans l’environnement qui est le nôtre, de telle façon qu’on finit par ne plus la voir et oublier qu’elle est là. Une technologie comme la reconnaissance faciale illustre parfaitement cette réalité : elle est invisible, on ne sait pas grand-chose sur son utilisation (par qui ? pour quoi ?) et elle est confondue avec notre environnement.

    Vous écrivez vous-même : « La critique des technologies n’a jamais été si prégnante et pourtant rien ne change ». Comment l’expliquez-vous ?

    D. F. : Pour comprendre pourquoi rien ne change, il faut comprendre que les critiques qui sont habituellement formulées à l’encontre des technologies ont été comprises par le technopouvoir et intégrées en son sein. Par ailleurs, ce que j’expliquais sur l’intégration croissante des techniques dans les sphères politique, économique, sociale explique également la difficulté qu’il y a à les refuser. La Chine et les États-Unis sont de très bons exemples de cette intrication entre pouvoir politique et pouvoir technologique. Ce mouvement existe bien sûr en Europe, et il se double d’un enjeu de souveraineté numérique puisque nous utilisons massivement des technologies et infrastructures étrangères pour nos services tant privés que publics.

    #Technopouvoir #Société_numérique #Plateformes

  • Une alternative à Netflix : les 8 #plateformes_de_streaming du #cinéma d’auteur - Les Inrocks

    https://www.lesinrocks.com/2019/04/05/cinema/actualite-cinema/une-alternative-netflix-les-8-plateformes-de-streaming-du-cinema-dauteur

    Autour des géants de la SVOD Netflix et Amazon Prime Video fleurissent plusieurs plateformes spécialisées dans le cinéma d’auteur et de patrimoine, qui attirent de plus en plus de cinéphiles. En voici 8, à la programmation variée et exigeante.

    #films

    • Le point est que l’offre est « limitée » par les réstrictions géographiques des versions sous-titrées ou doublées selon le pays d’abonnement. Si je prends Mubi en étant en Allemagne je vais avoir des versions doublées en allemand ou des VO sous-titrées en allemand et en anglais dans le meilleurs des cas voire des Vo non sous titrées... Je peux prendre un abonnement france mais quid de ma compagne.La force de Netflix est dans cette abesence de limite. Après il faut se frapper la production c’est vrai.

  • Géants du web : les nouveaux bras de fer (1/3) : Fiscalité, données personnelles, libre-concurrence : l’Union Européenne en résistance
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/geants-du-web-les-nouveaux-bras-de-fer-13-fiscalite-donnees-personnell


    La Commission européenne à la concurrence a infligé en mars une amende à Google, la troisième pour « pratiques illégales » sur les smartphones et l’application Android. Les mesures juridiques et fiscales sont-elles suffisantes pour espérer réguler ces entreprises ?

    Francis Bloch
    professeur d’économie à l’université Paris 1 et à l’Ecole d’économie de Paris, spécialiste de la fiscalité du numérique.
    Anne Bellon
    politiste, chercheuse associée à l’université Paris 1, spécialiste des politiques numériques et de la régulation d’Internet.
    Parminder Jeet Singh,
    directeur exécutif de l’association indienne IT for change

    #audio #GAFA #intéressant

  • L’application Uber admet 6 000 agressions sexuelles dans ses véhicules en deux ans aux Etats-Unis
    https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/l-application-uber-admet-6-000-agressions-sexuelles-en-deux-ans-aux-eta

    Après des années à refuser de chiffrer le problème, Uber a révélé avoir enregistré près de 6 000 agressions sexuelles aux Etats-Unis en deux ans. L’application, qui propose un service de réservation de voitures avec chauffeur, est largement accusée d’inefficacité et de mauvaise volonté dans ce domaine.

    Le géant du secteur a publié, jeudi 5 décembre, un rapport détaillé sur la sécurité, qui révèle que 5 981 agressions sexuelles ont été rapportées par des utilisateurs ou des conducteurs de son service, ainsi que des tiers, sur le territoire américain en 2017 et 2018. Ce chiffre comprend des attouchements, des tentatives d’agression et des viols. Le même rapport dénombre 19 homicides sur la même période.

    #culture_du_viol #plateformes