• Plomb à Notre-Dame de Paris : l’Agence de santé rappelée à l’ordre
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070919/plomb-notre-dame-de-paris-l-agence-de-sante-rappelee-l-ordre

    L’Agence régionale de santé a attendu plus de deux mois avant de rendre publiques les données sur la pollution au plomb à Notre-Dame de Paris, enfreignant la loi qui l’oblige à communiquer sans délai toute information relative à l’environnement. Fait exceptionnel : le président de la Commission d’accès aux documents administratifs a rappelé à l’ordre l’ARS. Mediapart publie le document.

    #Enquête #plomb,_Notre-Dame ;_Agence_régionale_de_santé,_A_la_Une

  • Deep-sea mining  : Les industriels veulent forer les fonds marins Laurie Debove - 5 septembre 2019 - La relève et la peste
    https://lareleveetlapeste.fr/deep-sea-mining-les-industriels-veulent-forer-les-fonds-marins

    Alors que les minerais sont de plus en plus difficiles et coûteux à extraire du sol, les industriels veulent maintenant forer les fonds marins. Après avoir ravagé la terre, l’exploitation minière pourrait bien devenir le plus grand danger existant pour les océans.

    L’explosion de la demande en minerais
    Nos sociétés industrielles hyperconnectées utilisent de plus en plus de minerais et métaux rares pour leurs infrastructures. Secteur automobile, technologies de l’information et de la communication, énergies renouvelables, ils sont partout. Une seule éolienne contient 500 kilogrammes de #nickel, une tonne de #cuivre et une tonne de #métaux_rares. Un seul smartphone est fait avec 30 métaux rares différents, dont beaucoup de #cobalt. Au cours de sa vie, chaque personne occidentale consomme en moyenne deux tonnes de cuivre et 700 kilogrammes de #zinc.

    A l’heure actuelle, les mines terrestres ont encore des réserves. Mais la demande en ressources minérales devrait au minimum doubler d’ici 2050 selon une étude de l’#Ademe https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/epuisement-metaux-mineraux-201706-fiche-technique.pdf datant de 2017.

    Dans un précédent rapport, publié en juin 2014, l’#Ifremer et le #CNRS prévoyaient déjà qu’il n’y aura plus de zinc en 2025, d’#étain en 2028, de #plomb en 2030 ou de cuivre en 2039. Cette raréfaction des ressources entraîne une hausse des prix et de nombreuses tensions géopolitiques comme pour le cobalt, essentiellement produit en République du Congo. La Chine, elle, contrôle plus de 90 % du marché mondial des terres rares.

    L’exploitation minière sous-marine, ou deep-sea mining
    Face à cet appétit vorace, les industriels se tournent maintenant vers les fonds marins, qui débutent à plus de 200 mètres de profondeur. En couvrant 65% de sa surface, les fonds marins sont le plus grand écosystème de la planète. Ils sont aussi l’une des dernières zones inoccupées par l’humain. Seulement 10 % d’entre eux ont été topographiés, et moins d’1 % a été recherché et exploré à l’heure actuelle. On y trouve trois formes de métaux. 

    Dans les plaines abyssales, entre 4.000 et 6.000 mètres de profondeur, gisent les #nodules_polymétalliques, de gros cailloux brun-noir de 5 à 10 cm de diamètre qui contiennent principalement du fer et du manganèse avec du zinc, du cuivre et du #baryum. Sur les monts sous-marins, à une profondeur située entre 400 et 4.000 mètres, se trouvent les encroûtements cobaltifères qui recèlent divers minerais comme l’oxyde de #fer, le #manganèse, le cobalt, le #platine, mais également des terres rares. Enfin, les sulfures polymétalliques, aussi appelés fumeurs noirs, sont de grandes cheminées situées près des sources hydrothermales le long des dorsales océaniques, entre 1.500 et 5.000 mètres de profondeur.

    Pour l’instant, l’exploitation minière sous-marine n’a pas encore creusé son premier trou. L’industrie en est à l’étape d’exploration. Cette année, l’International Seabed Authority (ISA) a ainsi accordé 29 licences d’exploration à plusieurs pays tels que la Chine, la Corée, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Russie sur une zone d’environ 1,5 million de km2, environ la taille de la Mongolie, dans l’Atlantique, le Pacifique et l’océan Indien. 

    L’océan en danger
    Problème : l’ISA accepte toutes les demandes de licence, sans modération, même dans des endroits aussi fragiles que la Cité perdue dans l’océan Atlantique. Et les premières extractions pourraient très vite commencer, comme en Papouasie #Nouvelle-Guinée où elles sont prévues en 2020. Face à la précipitation des industriels, des ONG, institutions internationales et scientifiques tirent l’alarme. Elles appellent à un moratoire, basé sur le respect du principe de précaution, pour empêcher toute exploitation minière pendant au moins 10 ans, le temps que les scientifiques puissent mieux connaître les impacts que pourrait avoir une telle industrialisation des fonds marins.

    L’une des inquiétudes de la communauté scientifique concerneles stocks de carbone présents dans les sédiments des fonds marins. S’ils étaient touchés, cela réduirait la capacité de l’océan à absorber le #dioxyde_de_carbone et à atténuer les effets de la crise climatique. Mais ce sont aussi les fonds marins entiers et les êtres vivants qu’ils abritent qui pourraient pâtir à jamais de l’empreinte humaine.

    « Les profondeurs marines sont un habitat dans lequel tout, absolument tout, se passe très, très lentement. Les traces laissées par un équipement en provenance des premières expéditions dans les fonds marins dans les années 80 sont encore visibles à présent comme si elles avaient été faites hier. Il faut un million d’années aux nodules de manganèse, ces pépites de métal précieux du fond des océans, pour grandir ne serait-ce que de 5 à 20 millimètres. Les écologistes préviennent que tout ce qui est détruit ne se régénèrera pas avant longtemps, et peut-être même jamais. » nous avertit ainsi la Fondation Heinrich-Böll-Stiftung dans son atlas 2018 sur l’Océan.

    Les fonds marins abritent des êtres vivants incroyables comme Casper, la petite pieuvre albinos. Les scientifiques ont identifié 250 000 espèces différentes y évoluant, et ce n’est que le début ! Ils estiment qu’il pourrait y en des millions d’autres ! Les fonds marins sont indispensables au bon fonctionnement des océans, eux-mêmes indispensables aux conditions de vie actuelles sur Terre, et de toutes les espèces qui y vivent. 

    Pour l’instant, nous pouvons encore préserver ces havres de vie en repensant radicalement nos modes de vie, mettant en place une sobriété énergétique, favorisant le recyclage et la ré-utilisation des minerais déjà en circulation. Mais aussi en mettant un place un traité international contraignant avec la création de 30 % d’Aires Marines Protégées, qui devront rester intactes de toute activité humaine. Refuser cette industrialisation des fonds marins serait le premier apprentissage pour vivre en respectant les limites planétaires, et prendre au sérieux la protection de l’océan.

    L’exploitation minière sous-marine deviendra-t-elle le dernier choix de la civilisation thermo-industrielle ? Continuerons-nous à extraire sans nous soucier des conséquences pour le vivant ? Ou allons-nous lutter pour protéger nos écosystèmes ? La dernière bataille pour le maintien de la vie sur Terre pourrait bien avoir commencé.

    #minerais #Océans #Mers #fonds_marins #matières_premières #extractivisme #environnement #pollution #multinationales #ressources_naturelles #pollutions #écologie

  • Notre-Dame de Paris : les alertes enterrées par le ministère de la culture
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120819/notre-dame-de-paris-les-alertes-enterrees-par-le-ministere-de-la-culture

    Malgré plusieurs rapports d’inspection alertant, depuis mai, sur les défaillances des installations de décontamination au plomb et les risques encourus par les salariés sur le chantier et aux alentours, le ministère de la culture n’a pas jugé bon d’intervenir. Contre son avis, le préfet de région Michel Cadot a finalement imposé, le 25 juillet, la suspension du chantier, qui devrait reprendre vers le 16 août.

    #Enquête #plomb,_ministère_de_la_culture,_Notre-Dame,_A_la_Une

  • Notre-Dame : des taux de plomb chez les enfants supérieurs au seuil de vigilance
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050819/notre-dame-des-taux-de-plomb-chez-les-enfants-superieurs-au-seuil-de-vigil

    Sur 82 enfants contrôlés après l’incendie de Notre-Dame, dix ont des taux de plomb dans le sang supérieurs au seuil de vigilance, selon les chiffres communiqués en juillet par l’agence régionale de santé. Certains frôlent même le seuil déclenchant une déclaration de saturnisme. Les familles touchées sont laissées sans réponse. Mediapart a recueilli le témoignage de l’une d’elles.

    #Santé #plomb,_Notre-Dame,_paris,_Agence_régionale_de_santé

  • Après l’incendie de Notre-Dame, une plainte contre la pollution au plomb
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/07/29/pollution-au-plomb-autour-de-notre-dame-plainte-contre-x-pour-mise-en-danger

    Trois mois après l’incendie de Notre-Dame, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, la préfecture de police et la Mairie de Paris avaient convié la presse le 19 juillet à un « point de situation » visant à rassurer les Parisiens sur les risques liés à la pollution au plomb. « Toutes les données que nous avons pu collecter jusqu’ici montrent que la santé de la population a été préservée », avait répété le directeur de l’ARS, Aurélien Rousseau. Il n’a pas convaincu tout le monde.

    Selon les informations du Monde, l’association Robin des Bois a déposé une plainte contre X pour « mise en danger de la personne d’autrui », vendredi 26 juillet, devant le tribunal de grande instance de Paris. En pointe sur les dossiers de pollution, l’association avait, la première, alerté sur les risques sanitaires après la catastrophe. Entre la toiture et la flèche, près de 400 tonnes de plomb ont pris feu le 15 avril et sont retombées sous forme de poussières sur le site et aux alentours, sur un périmètre indéterminé.

    Jusqu’à 500 000 microgrammes par mètre carré sur le parvis de Notre-Dame (toujours fermé au public) ou encore 20 000 µg/m2 autour de la très fréquentée fontaine de la place Saint-Michel (jamais fermée au public). Très au-dessus de la « valeur environnementale » de 5 000 µg/m2 retenue par l’ARS pour caractériser le « bruit de fond » parisien ; une valeur qui ne constitue pas une « référence sanitaire », précise l’Agence.

    « Ça me fait bondir d’entendre ça d’une institution de santé », réagit Annie Thébaud-Monny, directrice de recherches honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

    « Les taux retrouvés sont gigantesques. Ils correspondent à ce qu’on peut voir sur des chantiers de dépollution de sites de recyclage de batteries ou de traitement de déchets électroménagers. Ils sont la marque d’une contamination massive qui fera forcément des victimes. »

    Les deux lanceurs d’alerte sont également « très inquiets pour les travailleurs ». Sur le chantier de Notre-Dame, il y a encore quelques semaines, certains ouvriers ne portaient pas de masque de protection. Le préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot, a suspendu jeudi les travaux à la suite d’un rapport de l’inspection du travail pointant des failles béantes dans les règles de précaution sanitaires.

    Celles-ci n’étaient « pas suffisamment » ni « systématiquement appliquées » et « les installations de décontamination [étaient] sous-dimensionnées », a indiqué le préfet. « La minimisation qui a été faite est catastrophique. Les précautions qui s’imposaient n’ont pas été prises. Un suivi médical doit être mis en œuvre, et à vie car comme pour l’amiante, les cancers peuvent apparaître dix, vingt ou trente ans plus tard », met en garde la chercheuse.

    Jacky Bonnemains est également préocuppé par la situation des agents de la Ville de Paris qui balaient sans protection les rues autour de la cathédrale, des commerçants ou des bouquinistes. L’inquiétude gagne aussi les rangs des pompiers. Le collectif fédéral CGT des services départementaux d’incendie et de secours a écrit au commandement de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Intitulé « Incendie de Notre-Dame, une opération plombée », le courrier vise à « connaître les mesures prises pour les agents engagés ». La CGT attend toujours la réponse.

    « Les autorités jouent la montre car elles savent que l’empreinte de l’incendie va petit à petit diminuer et se déplacer », estime Jacky Bonnemains. Le 19 juin, la SNCF a dû fermer la station Saint-Michel du RER C et la nettoyer après avoir constaté des niveaux élevés de plomb sur une passerelle. Selon la SNCF, les poussières auraient été « apportées par les semelles des chaussures » des usagers.
    Niveaux « très atypiques »

    Les particules de plomb se sont également déplacées dans l’air. Airparif, l’organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, n’a pas constaté d’augmentation de la concentration en plomb à Paris après l’incendie. Mais sa seule station urbaine mesurant encore le plomb (depuis son interdiction dans l’essence en 2000) est située dans le 18e arrondissement, au nord de la capitale. Or, lorsque la cathédrale a pris feu, le vent venait de l’est, poussant le panache de fumée vers l’ouest, le long de la Seine.

    « Je ne serais pas surpris si on retrouvait dans quelques mois la signature de Notre-Dame jusque dans les coquilles Saint-Jacques en baie de Seine », Jacky Bonnemains, président de Robin des Bois

    Airparif a, en revanche, constaté des niveaux « très atypiques » sur son site de surveillance de Limay dans les Yvelines, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Paris, situé dans la direction des vents pendant l’incendie. Dans la semaine du 15 au 22 avril, la concentration en plomb y a atteint 0,108 µg/m3 (contre seulement 0,003 µg/m3 à la station du 18e arrondissement). Des niveaux qu’Airparif avait jusqu’ici seulement retrouvés ponctuellement, par exemple sur le site industriel de Bagneaux-sur-Loing, en Seine-et-Marne (0,091 µg/m3 en 2017). « Ces éléments tendent à indiquer qu’il y aurait un impact de l’incendie dans la zone de retombée du panache, et que cette zone serait relativement éloignée de Paris », en déduit Airparif. Pour autant, l’ARS n’y a pas diligenté de prélèvements sur le terrain.
    Lire aussi Pollution au plomb autour de Notre-Dame : la Mairie de Paris lance un « nettoyage renforcé » des écoles

    Le président de Robin des Bois s’inquiète enfin pour la Seine, réceptacle des poussières de plomb drainées par les eaux de pluie ou celles utilisées par les agents municipaux pour nettoyer les rues. D’autant que la station d’épuration d’Achères (Yvelines), qui traite 60 % des eaux usées de l’agglomération parisienne, tourne au ralenti depuis un incendie (le troisième en dix-huit mois) début juillet. Plusieurs tonnes de poissons morts ont été repêchées dans le fleuve après ce nouvel incident. « Je ne serais pas surpris si on retrouvait dans quelques mois la signature de Notre-Dame jusque dans les coquilles Saint-Jacques en baie de Seine. »

    #Plomb #Environnement #Silence #Conditions_travail

  • Notre-Dame de Paris : après l’incendie, un scandale sanitaire
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040719/notre-dame-de-paris-apres-l-incendie-un-scandale-sanitaire

    Des taux de concentration au plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé ont été relevés sur les sols à l’intérieur et aux alentours de la cathédrale Notre-Dame, selon des documents confidentiels consultés par Mediapart. Ni l’agence régionale de santé ni la préfecture de police de Paris n’ont communiqué ces résultats aux riverains, minimisant les dangers encourus.

    #France #Notre-Dame_de_Paris,_plomb

    • Des taux de #plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé ont été relevés à l’intérieur et aux alentours de Notre-Dame, par plusieurs laboratoires dont celui de la préfecture de police de Paris, après l’incendie qui a ravagé la cathédrale.

      « Ce sont des taux qu’on ne voit jamais, précise Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l’Inserm et spécialiste de la santé publique. Sur des chantiers pollués comme une usine de recyclage de batteries, par exemple, les taux sont douze fois supérieurs. Là, avec des taux 400 fois supérieurs, les conséquences pour la santé peuvent être dramatiques. Il faut absolument qu’il y ait un suivi médical, y compris pour les pompiers qui sont intervenus. Ce suivi est d’autant plus important que les effets sur la santé peuvent être différés dans le temps. »

      Les autorités concernées, le ministère de la culture, l’agence régionale de santé (ARS), la préfecture de police, passent cette pollution sous silence et, ce faisant, n’appliquent pas les mesures prévues par la loi pour protéger les salariés et les riverains.

      L’incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, qualifié de « terrible drame » par le président Emmanuel Macron, avait provoqué un immense élan de générosité, avec plus de 400 millions d’euros récoltés en quelques jours pour la reconstruction de l’édifice.

      L’Élysée désigne alors son « représentant spécial », le général Jean-Louis Georgelin, pour veiller à l’avancement des travaux. Ils iront vite, assure le président de la République, « sans jamais transiger sur la qualité des matériaux et la qualité des procédés ». En revanche, ils se font au détriment de la santé des intervenants et des populations alentour.

      En effet, avec l’incendie, près de 400 tonnes de plomb, substance classée cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR), contenues dans la toiture et la flèche de la cathédrale, sont parties en fumée, polluant l’édifice et ses environs. Comme le signale l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), « une exposition régulière au plomb peut entraîner des conséquences graves pour la santé ». Le saturnisme, l’intoxication au plomb par inhalation ou ingestion, peut, selon la gravité, entraîner des troubles digestifs, des lésions du système nerveux ou encore des problèmes de stérilité.

      Les autorités connaissent très bien ces risques. Mais il faudra attendre deux semaines après l’incendie, soit le 27 avril, pour que la préfecture de police de Paris et l’ARS diffusent, en toute discrétion, un communiqué invitant les riverains à nettoyer leurs locaux à l’« aide de lingettes humides » et à consulter leur médecin si nécessaire.

      À l’intérieur de la cathédrale, selon des documents datés du 3 mai que Mediapart a pu consulter, les prélèvements sont de 10 à 740 fois supérieurs aux seuils autorisés. À l’extérieur, la situation n’est guère plus brillante. Sur le parvis, les taux de concentration en plomb prélevés sur le sol sont 500 fois au-dessus du seuil réglementaire. À l’extérieur de la zone du chantier, sur certains ponts, dans des squares ou certaines rues, ces taux sont de 2 à 800 fois supérieurs au seuil.

      Selon des inspecteurs contactés par Mediapart, « ce sont des taux tout à fait exceptionnels. Généralement, sur des chantiers dits pollués, les taux peuvent être de 20 à 100 fois supérieurs au seuil. Mais rarement au-delà. Et déjà, à ce stade, des protections très strictes doivent être prises pour protéger les ouvriers. Un suivi médical peut également être exigé ».

      Le secret est bien gardé, comme le montre une réunion du 6 mai dont le contenu a été rapporté par plusieurs sources à Mediapart.

      Ce jour-là, dans les bureaux de l’agence régionale de santé, se retrouvent autour de la table des responsables du laboratoire central de la préfecture de police, de la mairie de Paris, du centre antipoison, de la caisse régionale d’assurance maladie et de la direction du travail. La question rapidement débattue est : faut-il ou pas communiquer les résultats des prélèvements ?


      Carte des pollutions au plomb autour de Notre-Dame, résultats des prélèvements du laboratoire central de la préfecture de police de Paris, 6 mai 2019.

      La préfecture fait part de son embarras, certains de ses locaux étant touchés par cette pollution au plomb. Avec des taux deux fois supérieurs au seuil de vigilance, la biberonnerie et la salle « mille-pattes » de la crèche de la préfecture doivent être fermées pour une décontamination en urgence. Ce qui sera fait dans les jours qui suivent.

      Mais dans certains appartements de fonction, les taux peuvent aussi être jusqu’à cinq fois supérieurs au seuil de vigilance. Mediapart ne sait pas si des travaux y ont été depuis lors réalisés. De nouveaux prélèvements ont été faits par la préfecture pour vérifier l’état de ses locaux après décontamination. Ils n’ont pas, à ce jour, été communiqués aux agents.

      Toujours est-il qu’afin de ne pas alarmer ses propres agents, la préfecture explique lors de la réunion qu’elle ne souhaite pas publier les résultats de ces prélèvements. Réserve partagée par l’ARS qui affirme, quant à elle, ne pas vouloir répondre aux sollicitations des associations de riverains ou de défense de l’environnement. Elles n’auront qu’à se tourner vers la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), expliquent posément les représentants de l’ARS, qui semblent avoir oublié leur mission première, celle de prévenir les risques sanitaires.

      Selon une personne présente à cette réunion, « l’ARS joue la montre. En ne communiquant pas sur les résultats, elle oblige les associations à s’adresser à la Cada et donc à s’engager dans un long parcours. Mais une fois qu’elles auront obtenu ces prélèvements, l’ARS pourra dire que ces résultats sont anciens et qu’ils ont depuis baissé. C’est d’un cynisme à toute épreuve ».

      Conclusion de cette réunion : le 9 mai, la préfecture et l’ARS signent un communiqué très laconique, qui minimise les risques, alors même que certains prélèvements sur les sols sont de 20 à 400 fois supérieurs au seuil réglementaire sur des sites très fréquentés, comme le pont et la fontaine Saint-Michel, lieux non fermés au public, ou certains squares, temporairement interdits mais rouverts depuis.

      En taisant les dangers de la sorte, les autorités veulent éviter un effet de panique et s’épargner une polémique.

      Contactée par Mediapart, la préfecture de police déclare « que le laboratoire central a fait des prélèvements en urgence qui ont été transmis en toute transparence à l’ARS, afin qu’elle prenne les dispositions nécessaires ».

      De son côté, jointe par Mediapart, l’ARS n’a pas contesté, dans un premier temps, les propos tenus lors de la réunion du 3 mai. Elle a expliqué « ne pas percevoir le problème qu’ils soulèvent ». Mais avant la publication de cet article, l’ARS nous a rappelés et expliqué qu’en fait, elle ne souhaitait ni infirmer ni confirmer les propos tenus lors de la réunion.

      L’agence explique avoir pris les précautions d’usage et avoir fait, à la demande de particuliers, des prélèvements qui ont, à ce jour, permis de découvrir un cas de saturnisme, sans que cela ne soit alarmant, selon l’agence.

      Selon nos informations, les derniers prélèvements effectués le 13 juin sur le chantier ont cependant donné des résultats d’un même ordre de grandeur que les précédents tests.

      Mais les associations, dont celle des familles victimes de saturnisme, ignorent tout de ces résultats. Leur demande auprès de l’ARS étant restée lettre morte, elles s’apprêtent, comme l’avaient imaginé les autorités, à saisir la Cada…

      L’une des riveraines, mobilisée sur cette question, explique « avoir plusieurs fois demandé des précisions. Mais l’ARS ou la préfecture entretiennent un flou qui n’est pas rassurant pour les familles. S’il n’y a pas de danger, comme ils l’affirment, il suffit de transmettre l’ensemble des prélèvements. Or, nous les attendons encore ».

      Sur le chantier, la direction régionale des affaires culturelles (Drac), maître d’ouvrage, opte elle aussi pour la politique de l’autruche. Et surtout, ne décrète aucune mesure pérenne pour protéger les salariés.

      Les contrôles de sécurité effectués sur le chantier ont révélé que des ouvriers sur place n’avaient reçu aucune formation à cet effet. Alors qu’ils manipulent des gravats contaminés, certains agissent sans masque ni gants.

      Les constats de l’inspection du travail ne s’arrêtent pas là. À plusieurs reprises, elle a relevé le non-respect des procédures réglementaires mais aussi de graves dysfonctionnements des sas de décontamination, dispositifs indispensables pour protéger les salariés du risque d’intoxication et éviter toute propagation de poussières à l’extérieur. Certaines douches de décontamination ne fonctionnent pas. Pire : certains sas de décontamination ont été installés au milieu d’une zone contaminée.

      Au bout du compte, les salariés peuvent aller et venir dans la cathédrale sans passer par ces sas. À l’extérieur, sur le parvis pollué, où les taux de plomb peuvent être 500 fois supérieurs au seuil autorisé, certains ouvriers travaillent sans aucune protection.

      Contacté par Mediapart, Bruno Courtois, expert en prévention du risque chimique et chargé du dossier « plomb » à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), explique que « ces taux sont particulièrement élevés et s’agissant de poussières de plomb consécutives à un incendie, on peut supposer qu’il s’agit de particules très fines qui passent donc facilement dans le sang. Les mesures de prévention et de protection doivent donc être renforcées pour confiner le plomb. Les sas de décontamination permettent dans ces cas primordiaux d’éviter que les ouvriers ne rentrent chez eux avec les poussières de plomb ». Pourtant, rien de tel n’a été mis en œuvre sur le site de la cathédrale.

      Selon des sources proches du chantier, le ministère de la culture n’est pas mécontent que des ouvriers se promènent sans protection à l’extérieur de la cathédrale, n’éveillant ainsi aucune crainte parmi « les touristes ou les riverains ».

      En fait, la mairie de Paris avait proposé de décontaminer le parvis de la cathédrale – un chantier de deux semaines estimé à 450 000 euros. Pour cette phase spécifique de décontamination, les ouvriers devaient porter des scaphandres. Sous le couvert de l’anonymat, un proche du dossier confirme : « Des hommes en scaphandre sur le parvis de la cathédrale auraient effrayé les passants. L’existence d’un danger aurait été évidente. »

      Le ministère de la culture a donc préféré reprendre la main et a choisi de faire décontaminer la zone en quelques jours seulement, par des salariés peu protégés, et n’ayant pas revêtu les tenues d’usage. Cette précipitation a pour résultat que le parvis est aujourd’hui encore contaminé.

      Sourd aux différentes relances des contrôleurs, le ministère de la culture s’affranchit allègrement des règles du code du travail.

      Dès le 9 mai, l’inspection du travail a pourtant alerté la Drac, chargée des travaux sur le chantier, sur la nécessité de prévoir des mesures de protection contre les risques d’intoxication au plomb pour les salariés. Plus d’un mois plus tard, le 19 juin, le constat des ingénieurs de sécurité de la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (la Cramif), également chargée de contrôler le chantier, demeure accablant : « Les taux de concentration en plomb dans les poussières sont élevés et largement au-dessus du seuil réglementaire. Les salariés sont donc toujours exposés à des risques d’intoxication par le plomb […], les installations dédiées à la décontamination des salariés ne répondent pas aux dispositions du code du travail. »

      Le cabinet du ministre de la culture Franck Riester assure auprès de Mediapart que « des mesures ont été prises », sans pouvoir préciser lesquelles et explique qu’une réunion avec la direction du travail s’est tenue le 27 juin pour que « tout se passe au mieux ». Mais cela n’a rien arrangé. Les procédures de décontamination demeurent très en deçà des exigences réglementaires.

      Le ministère de la culture profite d’une situation qui lui est favorable. Le maître d’ouvrage relevant du droit public, l’inspection du travail ne peut ni le verbaliser ni le mettre en demeure.

      Contactées par Mediapart, ni la Cramif ni la direction de l’inspection du travail n’ont accepté de répondre à nos questions.

      La mairie de Paris affirme avoir fait une série de prélèvements dans les établissements scolaires situés dans les alentours de la cathédrale, dont les résultats, rendus publics, sont conformes aux seuils autorisés. Quant aux mesures de l’espace public, « elles relèvent de la préfecture et de l’ARS. La mairie de Paris plaide pour une transparence mais, précise-t-elle, nous ne pouvons nous substituer à l’État ».

      Les pressions exercées sur le chantier sont fortes. Comme nous l’explique l’un des intervenants, « à chaque fois que les risques d’intoxication au plomb sont abordés, on nous rappelle “l’urgence impérieuse de consolider l’édifice”. C’est comme cela qu’on écarte le danger du plomb ».

      Une des personnes chargées du suivi des prélèvements déplore que « les instances de l’État se comportent comme lors de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. C’est aussi absurde que le nuage qui n’a pas traversé les frontières. Le plomb est resté au-dessus de la cathédrale ».

      Un salarié du ministère de la culture regrette que « toute communication sur le chantier [soit] contrôlée. On n’a pas accès à beaucoup d’information et ceux qui s’en occupent, le service des monuments historiques, sont connus pour être des taiseux contrairement aux archéologues qui se font entendre s’il y a un problème. Donc c’est la loi du silence ».

      Une « loi du silence » qui convient parfaitement au gouvernement et aux autorités sanitaires. Pourtant, les langues se délient et certaines entreprises contactées par Mediapart font part de leurs inquiétudes, ne souhaitant pas devenir des « boucs émissaires » en cas de scandale. « On tente déjà de nous faire porter la responsabilité de l’incendie. Il y a une pression énorme qui est mise sur tous les intervenants et le ministère de la culture n’assume même pas ses responsabilités en tant que maître d’ouvrage. Rien n’est fait pour préserver la sécurité et la santé des ouvriers. On nous demande de faire le travail que doit faire normalement le maître d’ouvrage », déplore l’un des chefs d’entreprise.

      Le projet de loi pour Notre-Dame de Paris, en cours d’adoption, prévoit notamment la création d’un établissement public et des dérogations aux règles d’urbanisme et de protection de l’environnement. Sur le chantier, cette perspective inquiète de nombreux intervenants selon lesquels les dangers pour la santé et l’environnement risquent de s’accroître en toute opacité.

    • Ni l’agence régionale de santé ni la préfecture de police de Paris n’ont communiqué ces résultats aux riverains, minimisant les dangers encourus.

      Et c’est pas n’importe quels riverain·es. Celleux là obtiendrons dédommagements et réparation par millions, c’est pas comme si des pauvres étaient exposé à des logements insalubres.

  • Wearing the Lead Glasses
    https://placesjournal.org/article/wearing-the-lead-glasses

    There is a room full of soil in downtown #New_Orleans. The soil is parceled into large baggies inside plastic tubs arranged on metal shelves. It’s like a library, except instead of books there are bags of earth. This is the soil archive of Dr. Howard W. Mielke, whose lab belongs to the Environmental Signaling Laboratory at the Tulane University School of Medicine. Mielke established the archive at Xavier University of Louisiana in 1991, and moved it to Tulane in 2006. He has catalogued some 17,000 bags of soil. They come from as far away as Olduvai Gorge, Tanzania; La Oroya, Peru; and Oslo, Norway — and as close as the daycare centers and playgrounds of New Orleans. All are contaminated with lead.

    #pollution #sol #plomb

  • Roman mining activities polluted European #air more heavily than previously thought
    https://phys.org/news/2019-05-roman-polluted-european-air-heavily.html

    Roman-era mining activities increased atmospheric lead concentrations by at least a factor of 10, polluting air over #Europe more heavily and for longer than previously thought, according to a new analysis of ice cores taken from glaciers on France’s Mont Blanc.

    Les glaces du #Mont-Blanc ont gardé les traces de la #pollution de l’époque Romaine | CNRS
    http://www.cnrs.fr/fr/les-glaces-du-mont-blanc-ont-garde-les-traces-de-la-pollution-de-lepoque-romain

    Cette toute première étude de la pollution durant l’#Antiquité à partir de glace alpine permet de mieux évaluer l’impact de ces émissions anciennes sur notre environnement européen et de le comparer notamment à celui de la pollution plus récente liée à l’utilisation de l’essence au #plomb dans les années 1950-1985.

    #Rome #mines

  • Autour de Notre-Dame, un silence de plomb
    https://www.liberation.fr/debats/2019/05/03/autour-de-notre-dame-un-silence-de-plomb_1724519

    L’image a tétanisé le monde : le 15 avril, la flèche embrasée de Notre-Dame, phare emblématique du patrimoine mondial, s’effondre. L’émotion internationale suscitée par ce dramatique incendie contraste avec le voile pudique qui est tombé sur ses possibles effets sanitaires. Si l’on s’est réjoui que le drame n’ait pas coûté une vie humaine, ce serait aller bien vite en besogne que de dire que le danger a disparu : les quelque 400 tonnes de #plomb contenues dans la toiture et dans la flèche de la cathédrale, comme les vernis et peintures servant à sa décoration, se sont volatilisées en d’immenses volutes jaunes chargées de particules toxiques. Dès le lendemain, Airparif attestait l’absence de #pollution de l’#air par le plomb… tout en précisant ne pas avoir les moyens ni le mandat d’effectuer des mesures spécifiques et locales. Pas de thermomètre, pas de fièvre. Voilà le public rassuré.

    Il y a là, pourtant, une invisibilisation du risque, que n’ont pas manqué de dénoncer plusieurs associations environnementales, telles Robin des Bois et l’Association des familles victimes du saturnisme (AFVS), forçant les autorités à sortir de leur réserve. Le 29 avril, après deux semaines d’un silence officiel assourdissant, la Préfecture de police de Paris a publié un discret communiqué de presse destiné aux riverains de la cathédrale, leur conseillant de procéder au ménage de leurs locaux « à l’aide de lingettes humides » et de s’adresser à leur médecin traitant « en cas de doute ». Réaction bien tardive, indications bien vagues et prévention bien négligente pour un risque toxique dont le périmètre géographique n’est pas non plus défini. Comment et quoi nettoyer ? Chaque boule à neige de la cathédrale sur les étagères des échoppes touristiques, chaque moulure des appartements voisins, chaque chaise des terrasses de café qui bordent le monument détruit ? Qui peut faire ce travail ? Faut-il porter un masque, des gants, un équipement particulier, faut-il faire appel à des personnels spécialisés ? Si le ménage a été fait sans précautions particulières dès le lendemain de l’incendie, que faire et quels sont les symptômes alarmants de l’intoxication saturnine, dont on ne prononce pas le nom ?
    Opacité du discours officiel

    Sur ce qui s’apparente à une nécessaire dépollution qui ne dit pas son nom, l’opacité du discours officiel est flagrante, enrobant le risque d’un halo coupable ; rien sur le danger avéré que représentent les poussières de plomb et les opérations de nettoyage pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, particulièrement sensibles aux ravages du poison ; rien non plus sur le devenir du square Jean-XXIII, fermé « par raison de sécurité » selon le site de la mairie de Paris, alors que le square René-Viviani, au pied de Saint-Julien-le-Pauvre, à moins de 100 mètres à vol d’oiseau, voit les bambins s’égayer joyeusement, les mains dans le sable. Or, pas plus que le nuage radioactif de Tchernobyl ne s’est arrêté aux frontières vosgiennes, les retombées chargées de plomb n’ont été limitées à l’ile de la Cité.

    A l’évidence, ces deux semaines de silence ne sont que le dernier épisode en date de la longue histoire de l’invisibilité de la pollution au plomb. Car ce métal familier, utilisé depuis des siècles pour de nombreux usages (canalisations, outils, jouets, maquillage et, surtout, peintures et revêtements), est pourtant un incontestable poison pour la santé humaine, responsable du saturnisme qui atteint le système nerveux, le rein, le cerveau et dégrade l’état général jusqu’à parfois entraîner la mort. Pendant deux siècles, on a peint tous les immeubles avec la fameuse céruse, pigment de plomb qui a fait des ravages parmi les ouvriers qui le fabriquaient et ceux qui l’appliquaient.
    Consentement à l’empoisonnement

    Tous voyaient l’hécatombe. Et pourtant, une puissante entreprise d’accommodement au risque a permis le maintien de ces pratiques pendant des décennies, tolérant la présence du plomb toxique dans notre environnement de travail et de vie. Malgré l’existence de substituts inoffensifs, en dépit de mobilisations médicales, syndicales et politiques intermittentes, la société dans son ensemble a durablement consenti à l’empoisonnement par ce toxique invisible omniprésent dans nos villes. Ultime et dramatique ricochet de cette intoxication, la maladie frappe depuis la fin du XXe siècle des milliers d’enfants vivant dans des immeubles insalubres dont les peintures dégradées mettent au jour le poison sous-jacent. Malgré l’amélioration de la prévention, le plomb présent dans les logements provoque encore troubles de la croissance et retards psychomoteurs irréversibles.

    Depuis le 15 avril, contrastant avec l’enthousiasme des levées de fonds, flotte autour de Notre-Dame une chappe de silence. Les pompiers qui ont courageusement défendu la cathédrale perchés au-dessus du brasier, les riverains et les commerçants du quartier dont les locaux ont été empoussiérés, les ouvriers qui vont déblayer les gravats et démonter la gigantesque cage métallique de l’échafaudage central tordu par la chaleur, ceux qui travailleront à la reconstruction du monument, doivent être informés et protégés contre le poison, selon une procédure transparente et publique.

    Pressés par l’impatience de voir Notre-Dame reconstruite, ne laissons pas, une fois de plus, occulter les dangers du poison par un silence de plomb.

  • Le plus ancien traitement de minerai de plomb en Europe. Découvertes sur le site de Pietrele sur le Bas Danube, datant du 5ème millénaire avant notre ère.

    Onze contenants biconiques des sites de l’âge du cuivre, provenant des sites de Pietrele et de Blejeşti en Roumanie ont été étudiés à l’aide de la p-XRF. Dans la plupart des cas, des traces de plomb pourraient être mesurées sur leurs surfaces.

    Des échantillons de scories provenant de deux cuves et de l’argile d’une autre ont été analysés à l’aide de méthodes de laboratoire, à savoir la SEM, la DRX, la LIA et la microscopie optique.

    Les contenant étaient évidemment utilisés comme une sorte de creuset dans lequel des restes de scories et du minerai de galène ont été détectés. On ne sait toujours pas quel produit final a été obtenu en fondant de la galène de cette manière. La quantité de ces contenant dans la colonie de Pietrele, leur apparence en tant que biens funéraires à Pietrele et à Vărăști (Roumanie) et leur présence présumée dans un certain nombre d’autres colonies de peuplement de l’âge du cuivre en Roumanie et en Bulgarie montrent l’importance de ce phénomène. Cela devait être une pratique répandue et plus ou moins connue, une part importante des habitudes culturelles au cours d’une période donnée dans le Bas-Danube et probablement même plus loin. Pour la première fois, de vastes expériences sur le minerai de plomb peuvent être présentées dans un horizon chronologique clair, env. 4400–4300 avant notre ère en Europe du Sud-Est.

    The earliest lead ore processing in Europe. 5th millennium BC finds from Pietrele on the Lower Danube
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0214218
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0214218.g025&size=inline
    https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=10.1371/journal.pone.0214218.g005
    #Néolithique #Plomb #Europe_de_l'est

  • Dans les Yvelines, la #pollution des sols au plomb menace la santé des enfants
    https://reporterre.net/Dans-les-Yvelines-la-pollution-des-sols-au-plomb-menace-la-sante-des-enf

    pendant plus d’un siècle, la plaine de « Triel-Carrières », tout comme celle d’Achères (#Yvelines) et de Pierrelaye (Val-d’Oise), ont accueilli les eaux usées de la capitale toute proche. À partir de 1895, elles ont servi d’égout géant à Paris, d’abord sans retraitement des eaux jusqu’en 1995 puis avec un retraitement partiel jusqu’en 2006, quand l’activité s’est définitivement arrêtée. Mais le #sol des trois plaines conserve de ces 111 ans d’épandage une marque indélébile. Il est gravement pollué par un cocktail de métaux lourds : mercure, arsenic, zinc, cadmium, manganèse, cuivre ou encore #plomb. Cette dernière substance inquiète particulièrement car elle fait planer sur la population avoisinante le spectre du #saturnisme.

  • Quand l’#habitat #indigne menace la #santé
    https://www.allodocteurs.fr/bien-etre-psycho/environnement-et-sante/quand-lhabitat-indigne-menace-la-sante_26209.html

    Près de Paris, Fabrice, sa femme et leurs enfants vivent à cinq dans une seule pièce de 15m2. Ils paient à leur propriétaire 510 euros de loyer non déclaré. Un loyer élevé pour un appartement en mauvais état... A cause de l’humidité, des #poussières_de_plomb se dégagent des #peintures abîmées. Mais la famille n’a pas d’autre solution : son seul #revenu, c’est le #salaire d’agent d’entretien de la mère.

    La famille vit dans cette atmosphère #toxique depuis cinq ans. Mais le propriétaire refuse de mettre son logement aux normes, et se contente d’un coup de peinture de temps en temps. « Ils ont remis de la fibre par-dessus », explique Fabrice. « Ils ont repeint et, comme il y a des bulles, ça ne tient pas. Le plomb est juste derrière, donc c’est comme s’ils n’avaient rien fait du tout. Là, ça s’écroule de partout. Il n’y a rien qui tient », poursuit-il.

    L’intoxication par le #plomb engendre le #saturnisme, une #maladie qui touche essentiellement les #enfants. Lorsqu’un médecin a proposé de faire un examen poussé pour Sabrina, Sam et Yanis, le petit dernier de 20 mois, Fabrice a tout de suite accepté : « C’est là qu’on a su qu’ils avaient du plomb dans le sang. Le plus atteint, c’est Yanis, qui a 114 microgrammes par litre de sang. » C’est plus de deux fois le taux autorisé en #France.

    La Dre Mady Denantes connaît beaucoup de familles #pauvres concernées par le saturnisme. « Quand un enfant avale du plomb, ce plomb passe dans le sang. Après, il va dans le cerveau et l’intoxique. Ces enfants sont en danger. Leur cerveau est en danger. Leur développement psychomoteur sera moins bon », alerte-t-elle.

    Le saturnisme n’est pas le seul risque. A cause de l’humidité, les personnes mal-logées sont plus sujettes aux #maladies respiratoires et infectieuses. On remarque également qu’il y a beaucoup d’#accidents domestiques dans les #logements surpeuplés.

  • Au #Ghana, avec les #damnés du « Sodome et Ghomorre » électronique - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/01/09/au-ghana-avec-les-damnes-du-sodome-et-ghomorre-electronique_1701925
    #numerique #pollution #dechets #hardware

    Ils brûlent les #câbles et les #déchets pour en récupérer du cuivre et d’autres métaux. Une combustion qui pollue les sols. Selon un rapport publié en 2013 par l’ONG américaine Blacksmith Institute, Agbogbloshie est désormais le lieu le plus pollué au monde… devant Tchernobyl. #Cadmium, #plomb, #mercure et #arsenic sont durablement présents dans les sols d’#Agbogbloshie, parfois à des niveaux 100 fois supérieurs aux seuils autorisés.

    Bœufs et moutons faméliques
    A proximité des lieux de combustion, la chaleur est insoutenable. La fumée âcre charrie des émanations toxiques. Les travailleurs tentent de s’en prémunir en mettant un linge devant leur nez. Mince rempart. « Je sens la fumée entrer dans mes poumons et j’ai régulièrement mal à la gorge », souffle Thomas, 18 ans, qui travaille dans la décharge depuis plus de cinq ans. Faute de protection, la plupart des « #salvagers » souffrent de brûlures, lésions oculaires, problèmes respiratoires chroniques. Certains développent également rapidement des cancers. « Je souffre de chaleur la nuit, j’ai du mal à respirer et je tousse souvent », dit Devit de sa voix rauque. A 36 ans, il fait figure de doyen à Agbogbloshie, après y avoir passé plus d’une dizaine d’années. Les visages, les mains, les vêtements des forçats sont couverts d’une épaisse poussière. Les traits sont tirés. La plupart des « salvagers » ont commencé à travailler dans le camp à l’âge de 10 ans. Ils errent dans le camp avec une ficelle au bout de laquelle pend un aimant pour récupérer quelques grammes de métal pour un gain de quelques centimes. « C’est vraiment l’enfer, résume Ibrahim, 26 ans. Mais il est difficile de trouver du travail à #Accra. Même si cela est mauvais pour la santé, je n’ai pas le choix. » Alors il continue de tenter de survivre dans un environnement hypertoxique.

  • Tests Showed Children Were Exposed to Lead. The Official Response: Challenge the Tests
    https://www.nytimes.com/2018/11/18/nyregion/nycha-lead-paint.html

    Within two weeks, a city health inspector visited the two Brooklyn public housing apartments where Mikaila spent her time — her mother’s in the Tompkins Houses; her grandmother’s in the Gowanus Houses — to look for the source of the lead exposure, records show. The inspector, wielding a hand-held device that can detect lead through multiple layers of paint, found the dangerous heavy metal in both homes. The Health Department ordered the Housing Authority to fix the problems.

    The discovery spurred the Housing Authority to action: It challenged the results.

    Rather than remove or cover the lead, the Housing Authority dispatched its own inspector who used a different test, documents show. The agency insisted that however Mikaila was poisoned, there was no lead in her apartments.

    #plomb #saturnisme

  • Special Report: Children poisoned by lead on U.S. Army bases as hazards ignored | Reuters
    https://www.reuters.com/article/us-usa-military-housing-specialreport/special-report-children-poisoned-by-lead-on-u-s-army-bases-as-hazards-ignor

    Like most family housing on U.S. bases today, the home wasn’t owned and operated by the military. It was managed by Villages of Benning, a partnership between two private companies and the U.S. Army, whose website beckons families to “enjoy the luxuries of on-post living.”

    The symptoms began suddenly. At 18 months, JC would awake screaming. He began refusing food, stopped responding to his name and lost most of his words.

    #privatisation #sous_traitance #etats-unis #santé

  • La pollution industrielle imprègne les habitants de Fos-sur-Mer
    https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/05/28/la-pollution-industrielle-impregne-les-habitants-de-fos-sur-mer_5305981_1652

    Elle était très attendue depuis une autre étude alarmante (Fos Epseal) publiée en janvier 2017. Une équipe universitaire franco-américaine révélait en effet que les cas de #cancers et de #diabète de type 1 étaient deux fois plus nombreux à Fos que dans le reste de la France.

    Portée par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) et validée par l’Agence régionale de santé PACA, Index conclut à une « #surimprégnation de la population de #Fos-sur-Mer en certains #polluants ». Il s’agit de « trois polluants spécifiques, typiques des #émissions_industrielles » : le #plomb, deux #furanes_heptachlorés (famille des #dioxines) et le #benzène (chez les individus les plus âgés). Si le plomb et le benzène sont reconnus comme #cancérogènes, les deux furanes identifiés présentent des niveaux de #toxicité bien moindre que la funeste « dioxine de Seveso ».

    #pollution #santé

  • Flint crisis, four years on: what little trust is left continues to wash away | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2018/apr/25/flint-water-crisis-four-years-later?CMP=twt_a-environment_b-gdneco

    It is four years since the city’s water switched to the Flint river, without lead corrosion controls, prompting the public health crisis.

    In the aftermath, Flint received presidential visits, millions of dollars in donations and government aid. It is the subject of scientific studies. It has a Netflix series, Flint Town. Walters has now won the Goldman environmental prize for activism, which comes with a $175,000 unrestricted prize. And, importantly, the state of the water is improving.

    But, despite all this attention, regular people feel that little has changed since the crisis.

    #eau #Flint #pollution

  • Thomas Midgley Jr.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Midgley_Jr%2E
    L’#ingénieur américain qui a inventé l’additif au #plomb pour l’essence, et les #CFC (chlorofluorocarbures)...

    Ses deux principales inventions ont finalement fait de lui l’un des responsables de deux des pires catastrophes environnementales du xxe siècle :

    – une #pollution généralisée de toutes les régions habitées de la planète par le plomb (90 % de tout le plomb introduit par l’humanité dans l’atmosphère de 1920 à 2000 viendrait du tétraéthyle de plomb, et il l’a été sous forme de vapeur de plomb, c’est-à-dire sous l’une de ses formes les plus bioassimilables),

    – une dégradation de la couche d’ozone responsable d’une hausse du rayonnement ultraviolet (directement cancérigène) et contribuant à former par photochimie les précurseurs de nombreux polluants de l’air, notamment à partir des émissions d’échappement des automobiles que Midgley et son collègue Kettering ont eux-mêmes contribué à développer, au sein d’une entreprise créée par Exxon et General Motors (qui continue à produire des additifs plombés pour l’essence de grands pays en développement).

    Même si cette responsabilité était clairement partagée avec son collègue et ami Kettering et avec l’entreprise « Ethyl » alors propriété à part égale de Exxon et General Motors, qui se sont fait techniquement assister par DuPont, ceci a fait dire (et écrire) à l’historien de l’environnement John R. McNeill que « Midgley (...) eut plus d’impact sur l’atmosphère qu’aucun être vivant quelconque dans l’histoire de la planète ».

  • Aux Etats-Unis, un décès sur six serait attribuable à une exposition au plomb

    http://www.lemonde.fr/medecine/article/2018/03/13/aux-etats-unis-un-deces-sur-six-serait-attribuable-a-une-exposition-au-plomb

    Une étude épidémiologique réévalue l’impact des faibles intoxications liées à la pollution au plomb : plus de 400 000 décès lui serait imputable chaque année aux Etats-Unis.

    Le chiffre est énorme et bien supérieur aux estimations antérieures : les expositions environnementales au plomb contribuent à plus de 400 000 décès par an aux Etats-Unis. Par comparaison, l’étude annuelle sur le fardeau mondial des maladies pour 2015 évaluait à 558 000 décès au niveau mondial la mortalité attribuable au plomb, en ne prenant en compte que les morts adultes. Réalisée avec une grande rigueur méthodologique, l’étude de Bruce Lanphear (Simon Fraser University, Vancouver, Canada) et ses collègues américains a été publiée, lundi 12 mars, dans The Lancet Public Health.

    Par ailleurs, l’intoxication au plomb (saturnisme) atteint d’autres organes (système nerveux, notamment avec des troubles cognitifs et du comportement). Elle survient même aux niveaux les plus bas que l’on puisse mesurer. Diverses études ont montré que les troubles les plus marqués sont associés à des niveaux plutôt bas d’exposition, précise dans un commentaire accompagnant l’article Philip Landrigan (Mount Sinai Hospital, New York). Les expositions environnementales se font par ingestion ou inhalation, le plomb ayant largement été utilisé, par exemple dans des peintures ou dans l’essence, même si sa présence a beaucoup régressé.

  • An Updated Lead-Crime Roundup for 2018, by Kevin Drum – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/02/an-updated-lead-crime-roundup-for-2018

    A few weeks ago I promised an updated roundup of evidence about the link between lead poisoning and violent crime. Here it is.

    It’s in three parts. (…)

    The lead-crime hypothesis is pretty simple: lead poisoning degrades the development of childhood brains in ways that increase aggression, reduce impulse control, and impair the executive functions that allow people to understand the consequences of their actions. Because of this, infants who are exposed to high levels of lead are more likely to commit violent crimes later in life. There are three types of research that confirm the connection between lead and crime

    et parmi les prédictions :

    Lead and terrorism. Based on when they banned leaded gasoline, I predict that Middle East terrorism will begin a long decline starting around 2020 or so.

    #plomb #criminalité #santé_publique #cerveau #prison #études_récentes (à foison)

  • En #Guyane, le #mercure et le #plomb enfin placés sous haute surveillance
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200118/en-guyane-le-mercure-et-le-plomb-enfin-places-sous-haute-surveillance

    passage de sauts (rapides) périlleux sur le Maroni pour les pirogues de fret © MB Alors que les villageois amérindiens de l’intérieur de la Guyane sont hautement menacés par les contaminations au mercure liées aux ravages de l’orpaillage, de nouvelles enquêtes révèlent de sévères expositions des populations au plomb. La #contamination par les #métaux_lourds devient « un enjeu majeur pour la population de la Guyane ».

    #France #orpaillage #pollution #santé_publique

  • Shocking scale of US drinking water crisis - BBC News
    http://www.bbc.com/news/av/world-us-canada-42141519/why-america-s-drinking-water-crisis-goes-beyond-flint

    While Flint made headlines two years ago when 12 people died due to high lead levels in the city’s water, more than 1,000 water systems across the US have drinking water that fails safety standards for lead.

    For the BBC’s America First? series the BBC’s Aleem Maqbool is exploring health and social issues where the US, the richest country in the world, does not perform well in international rankings.

    #eau #etats-unis

  • Nearly 4,000 US communities have higher rates of lead poisoning than Flint - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2017/11/16/lead-n16.html

    Nearly 4,000 US communities have higher rates of lead poisoning than #Flint
    By Jerry White
    16 November 2017

    In an updated study, Reuters news agency has identified 3,810 neighborhoods where recently recorded child lead poisoning rates are at least double those found in Flint, Michigan during the height of that city’s water crisis in 2014 and 2015. In some 1,300 of these “hotspot” communities, the percentage of children six and under with elevated lead levels was at least four times the percentage in Flint during the peak of the crisis.

    In pockets of Baltimore, Cleveland and Philadelphia, where lead poisoning has spanned generations, Reuters reported that the rate of elevated tests over the last decade was 50 percent or higher. An interactive map released with the study shows one census tract in Buffalo, New York—a former steel and auto center that, like Flint, has suffered decades of deindustrialization—where 68 percent of the children had high levels of lead.

    #eau #états-unis #Pollution #plomb #flint

  • The Fertility Rate in Flint Has Plummeted After the Water Crisis | Alternet
    http://www.alternet.org/water/fertility-rate-flint-has-plummeted-after-water-crisis

    The area has seen a dramatic rise in miscarriages and stillbirths.

    Lead-poisoned water in Flint, Michigan, may have led to a significant drop in the number of babies born in the town, according a newly released study. Researchers found that after elected leaders decided to save money by switching the city’s water supply source in 2014, the area saw a precipitous rise in miscarriages and stillbirths, as well as infants born with “health complications.” The new report was undertaken to underscore the urgent necessity of a registry to trace health effects of the contaminated water and establish precisely how many residents were exposed.

    In April, the Michigan Civil Rights Commission released a paper concluding that “the underlying issue [of the water crisis] is historical and systemic, and dates back nearly a century, and has at its foundation race and segregation of the Flint community.” The city’s population is 53 percent African American, and 45 percent of residents live below the federal poverty line, according to the Washington Post.

    #Flint #Pollution #Plomb #Néo-libéralisme