• Henry Laurens : « On est sur la voie d’un processus de destruction de masse » à Gaza, entretien avec Rachida El Azzouzi (19 novembre 2023).

    Pour l’historien, spécialiste de la Palestine, professeur au collège de France, « l’effondrement des conditions sanitaires et l’absence de ravitaillement à destination des populations concernées peuvent indiquer que l’on est sur la voie d’un processus de destruction de masse » dans la bande de Gaza.

    L’historien et universitaire Henry Laurens est l’un des plus grands spécialistes du #Moyen-Orient. Professeur au Collège de France où il est titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du #monde_arabe, il a mis la question palestinienne au cœur de son travail. Il est l’auteur de très nombreux livres dont cinq tomes sans équivalent publiés entre 1999 et 2015, consacrés à La question de Palestine (Fayard).
    Dans un entretien à Mediapart, il éclaire de sa connaissance l’exceptionnalité du conflit israélo-palestinien et le « corps à corps que même l’émotion n’arrive pas à séparer » dans lesquels les deux peuples sont pris depuis des décennies. Il dit son pessimisme quant à la résolution du conflit qui peut durer « des siècles » : « Vous ne pouvez espérer de sortie possible que par une décolonisation, mais à horizon immédiat, cette décolonisation n’est pas faisable. Dans les années 1990, elle l’était. Il y avait 30 000 colons. Aujourd’hui, ils sont 500 000 dont quelques dizaines de milliers qui sont des colons ultrareligieux et armés. »

    Plus d’une vingtaine de rapporteurs de l’organisation des Nations unies (ONU) s’inquiètent d’« un génocide en cours » à Gaza. Est-ce que vous employez ce terme ?

    Il y a deux sens au terme de « génocide ». Il y a le #génocide tel que défini par l’avocat polonais Raphael Lemkin en 1948, la seule définition juridique existante, aujourd’hui intégrée au protocole de Rome créant la #CPI [Cour pénale internationale – ndlr]. Lemkin a été obligé, pour que ce soit voté par les Soviétiques et par le bloc de l’Est, d’éliminer les causes politiques du génocide – massacrer des gens dans le but de détruire une classe sociale –, parce qu’il aurait fallu reconnaître le massacre des koulaks par les Soviétiques.

    La définition de Lemkin implique que ceux qui commettent un génocide appartiennent à un autre peuple que celui des victimes. D’où le problème aussi qu’on a eu avec le #Cambodge, qu’on ne pouvait pas appeler un génocide parce que c’étaient des Cambodgiens qui avaient tué des Cambodgiens. Là, on est dans une définition étroite. C’était le prix à payer pour obtenir un accord entre les deux Blocs dans le contexte du début de la #guerre_froide.

    Vous avez ensuite une définition plus large du terme, celui d’une destruction massive et intentionnelle de populations quelles qu’en soient les motivations.

    Il existe donc deux choses distinctes : la première, ce sont les actes, et la seconde, c’est l’intention qui est derrière ces actes. Ainsi le tribunal international pour l’ex-Yougoslavie a posé la différence entre les nettoyages ethniques dont la motivation n’est pas génocidaire parce que l’#extermination n’était pas recherchée, même si le nombre de victimes était important, et les actes de génocide comme celui de Srebrenica, où l’intention était claire.

    On voit ainsi que le nombre de victimes est secondaire. Pour Srebrenica, il est de l’ordre de 8 000 personnes.

    L’inconvénient de cette #logique_judiciaire est de conduire à une casuistique de l’intentionnalité, ce qui ne change rien pour les victimes. 

    Au moment où nous parlons, le nombre de victimes dans la bande de #Gaza est supérieur à celui de Srebrenica. On a, semble-t-il, dépassé la proportion de 0,5 % de la population totale. Si on compare avec la France, cela donnerait 350 000 morts.

    Le discours israélien évoque des victimes collatérales et des boucliers humains. Mais de nombreux responsables israéliens tiennent des discours qui peuvent être qualifiés de génocidaires. L’effondrement des conditions sanitaires et l’absence même de ravitaillement à destination des populations concernées peuvent indiquer que l’on est sur la voie d’un processus de destruction de masse avec des controverses à n’en plus finir sur les intentionnalités. 

    La solution à deux États n’est plus possible.

    La crainte d’une seconde « #Nakba » (catastrophe), en référence à l’exil massif et forcé à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1948, hante les #Palestiniens. Peut-on faire le parallèle avec cette période ?

    La Nakba peut être considérée comme un #nettoyage_ethnique, en particulier dans les régions autour de l’actuelle bande de Gaza où l’#intentionnalité d’expulsion est certaine. Des responsables israéliens appellent aujourd’hui à une #expulsion de masse. C’est d’ailleurs pour cela que l’Égypte et la Jordanie ont fermé leurs frontières.

    Dans l’affaire actuelle, les démons du passé hantent les acteurs. Les juifs voient dans le 7 octobre une réitération de la Shoah et les Palestiniens dans les événements suivants celle de la Nakba.

    Faut-il craindre une annexion de la bande de Gaza par Israël avec des militaires mais aussi des colons ?

    En fait, personne ne connaît la suite des événements. On ne voit personne de volontaire pour prendre la gestion de la bande de Gaza. Certains responsables israéliens parlent de « dénazification » et il y a une dimension de vengeance dans les actes israéliens actuels. Mais les vengeances n’engendrent que des cycles permanents de violence.

    Quelle est votre analyse des atrocités commises le 7 octobre 2023 par le Hamas ?

    Elles constituent un changement considérable, parce que la position de l’État d’Israël est profondément modifiée au moins sur deux plans : premièrement, le pays a subi une invasion pour quelques heures de son territoire, ce qui n’est pas arrivé depuis sa création ; deuxièmement, le 7 octobre marque l’échec du projet sioniste tel qu’il a été institué après la Seconde Guerre mondiale, un endroit dans le monde où les juifs seraient en position de sécurité. Aujourd’hui, non seulement l’État d’Israël est en danger, mais il met en danger les diasporas qui, dans le monde occidental, se trouvent menacées ou, en tout cas, éprouvent un sentiment de peur.

    Le dernier tome de votre série consacrée à « La question de Palestine » (Fayard) était intitulé « La paix impossible » et courait sur la période 1982-2001. Vous étiez déjà très pessimiste quant à la résolution de ce conflit, mais aussi concernant l’avenir de la région, comme si elle était condamnée à demeurer cette poudrière. Est-ce que vous êtes encore plus pessimiste aujourd’hui ? Ou est-ce que le #conflit_israélo-palestinien vous apparaît soluble, et si oui, quelle issue apercevez-vous ?

    La réelle solution théorique serait d’arriver à un système de gestion commune et équitable de l’ensemble du territoire. Mais un État unitaire est difficile à concevoir puisque les deux peuples ont maintenant plus d’un siècle d’affrontements.

    Qu’en est-il de la solution à deux États, dont le principe a été adopté en 1947 par l’ONU, après la fin du mandat britannique ? Est-elle possible ?

    La solution à deux États n’est plus possible dès lors que vous avez 500 000 colons, dont quelques dizaines de milliers qui sont des #colons ultrareligieux et armés. Vous avez une violence quotidienne en #Cisjordanie. La sécurité des colons ne peut se fonder que sur l’insécurité des Palestiniens. Et l’insécurité des Palestiniens provoque la violence qui engendre l’insécurité des colons.

    C’est un cercle vicieux et vous ne pouvez espérer de sortie possible que par une décolonisation, mais à horizon immédiat, cette #décolonisation n’est pas faisable. Dans les années 1990, elle l’était. Il y avait 30 000 colons. On pouvait, sans trop de dégâts, faire une décolonisation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. 

    Aujourd’hui, nous sommes dans une position de domination, et cette solution peut prendre des siècles parce qu’il y a l’exceptionnalité juive qui crée une exceptionnalité israélienne qui elle-même crée une exceptionnalité palestinienne. C’est-à-dire que sans être péjoratif, les Palestiniens deviennent des juifs bis.

    Qu’entendez-vous par là ?

    Nous sommes depuis le 7 octobre devant un grand nombre de victimes. Mais ces dernières années, nous en avons eu bien plus en Irak, en Syrie, au Soudan et en Éthiopie. Cela n’a pas provoqué l’émoi mondial que nous connaissons aujourd’hui. L’émotion a été suscitée parce que les victimes étaient juives, puis elle s’est déplacée sur les victimes palestiniennes. Les deux peuples sont dans un corps à corps que même l’émotion n’arrive pas à séparer.

    Les années 1990 ont été marquées par les accords d’Oslo en 1993. Relèvent-ils du mirage aujourd’hui ?
     
    Non, on pouvait gérer une décolonisation. Mais déjà à la fin des accords d’Oslo, il n’y a pas eu décolonisation mais doublement de la #colonisation sous le gouvernement socialiste et ensuite sous le premier gouvernement Nétanyahou. Ce sont l’occupation, la colonisation, qui ont amené l’échec des processus. Il n’existe pas d’occupation, de colonisation pacifique et démocratique.

    Aujourd’hui, c’est infiniment plus difficile à l’aune de la violence, des passions, des derniers événements, des chocs identitaires, de la #haine tout simplement. Qui plus est, depuis une trentaine d’années, vous avez une évolution commune vers une vision religieuse et extrémiste, aussi bien chez les juifs que chez les Palestiniens.

    La Palestine fonctionne en jeu à somme nulle, le progrès de l’un se fait au détriment de l’autre.

    Vous voulez dire que le conflit territorial est devenu un conflit religieux ?

    Il a toujours été religieux. Dès l’origine, le mouvement sioniste ne pouvait fonctionner qu’en utilisant des références religieuses, même si ses patrons étaient laïcs. La blague de l’époque disait que les sionistes ne croyaient pas en Dieu mais croyaient que Dieu leur avait promis la Terre promise.

    Le projet sioniste, même s’il se présentait comme un mouvement de sauvetage du peuple juif, ne pouvait fonctionner qu’en manipulant les affects. Il était de nature religieuse puisqu’il renvoyait à la Terre sainte. Vous avez une myriade d’endroits qui sont des #symboles_religieux, mais qui sont aussi des #symboles_nationaux, aussi bien pour les #juifs que pour les #musulmans : l’esplanade des Mosquées, le tombeau des Patriarches, le mur des Lamentations. Et puis il y a les gens qui se sentent mandatés par Dieu.

    De même, les musulmans ont cherché des alliés en jouant sur la solidarité islamique. Dès les années 1930, la défense de la mosquée Al-Aqsa est devenue un thème fédérateur.

    Pourquoi est-il devenu difficile d’invoquer une lecture coloniale du conflit depuis les massacres du Hamas du 7 octobre ?

    Le sionisme est à l’origine un corps étranger dans la région. Pour arriver à ses fins, il a eu besoin d’un soutien européen avant 1914, puis britannique et finalement américain. Israël s’est posé comme citadelle de l’#Occident dans la région et conserve le #discours_colonial de la supériorité civilisatrice et démocratique. Cet anachronisme est douloureusement ressenti par les autres parties prenantes.

    Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les responsables sionistes n’hésitaient pas à se comparer à la colonisation britannique en Afrique noire avec la nécessité de mater les protestations indigènes. 

    La Palestine fonctionne en jeu à somme nulle, le progrès de l’un se fait au détriment de l’autre. La constitution de l’État juif impliquait un « transfert » de la population arabe à l’extérieur, terme poli pour « expulsion ». La #confiscation des #terres détenues par les Arabes en est le corollaire. Les régions où ont eu lieu les atrocités du 7 octobre étaient peuplées d’Arabes qui ont été expulsés en 1948-1950.

    Dire cela, c’est se faire accuser de trouver des excuses au terrorisme. Dès que vous essayez de donner des éléments de compréhension, vous vous confrontez à l’accusation : « Comprendre, c’est excuser. » Il faut bien admettre que le #Hamas dans la bande de Gaza recrute majoritairement chez les descendants des expulsés. Cela ne veut pas dire approuver ce qui s’est passé.

    Le slogan « From the river to the sea, Palestine will be free » (« De la rivière à la mer, la Palestine sera libre ») utilisé par les soutiens de la Palestine fait polémique. Est-ce vouloir rayer de la carte Israël ou une revendication légitime d’un État palestinien ?

    Il a été utilisé par les deux parties et dans le même sens. Les mouvements sionistes, en particulier la droite sioniste, ont toujours dit que cette terre devait être juive et israélienne au moins jusqu’au fleuve. Le parti de l’ancêtre du Likoud voulait même annexer l’ensemble de la Jordanie.

    Chez certains Palestiniens, on a une vision soft qui consiste à dire que « si nous réclamons un État palestinien réunissant la bande de Gaza et la Cisjordanie, nous considérons l’ensemble de la terre comme la Palestine historique, comme partie de notre histoire, mais nous ne la revendiquons pas dans sa totalité ».

    Israël depuis sa fondation n’a pas de #frontières définies internationalement. Il a toujours revendiqué la totalité de la Palestine mandataire, voire plus. Il a ainsi rejeté l’avis de la Cour internationale de justice qui faisait des lignes d’armistice de 1949 ses frontières permanentes.

    Cette indétermination se retrouve de l’autre côté. La libération de la Palestine renvoie à la totalité du territoire. D’autres exigeaient la carte du plan de partage de 1947. Pour l’Organisation de libération de la Palestine (#OLP), faire l’#État_palestinien sur les territoires occupés en 1968 était la concession ultime.

    Les Arabes en général ont reçu sans grand problème les réfugiés arméniens durant la Grande Guerre et les années suivantes. Ces Arméniens ont pu conserver l’essentiel de leur culture. Mais il n’y avait pas de question politique. Il n’était pas question de créer un État arménien au Levant.

    Dès le départ, les Arabes de Palestine ont vu dans le projet sioniste une menace de dépossession et d’expulsion. On ne peut pas dire qu’ils ont eu tort…

    Le mouvement islamiste palestinien, le Hamas, classé #terroriste par l’Union européenne et les États-Unis, est aujourd’hui le principal acteur de la guerre avec Israël…

    Définir l’ennemi comme terroriste, c’est le placer hors la loi. Bien des épisodes de décolonisation ont vu des « terroristes » devenir du jour au lendemain des interlocuteurs valables. 

    Bien sûr, il existe des actes terroristes et les atrocités du 7 octobre le sont. Mais c’est plus une méthodologie qu’une idéologie. C’est une forme de guerre qui s’en prend aux civils selon les définitions les plus courantes. Jamais un terroriste ne s’est défini comme tel. Il se voit comme un combattant légitime et généralement son but est d’être considéré comme tel. Avec l’État islamique et le 7 octobre, on se trouve clairement devant un usage volontaire de la cruauté.

    La rhétorique habituelle est de dire que l’on fait la guerre à un régime politique et non à un peuple. Mais si on n’offre pas une perspective politique à ce peuple, il a le sentiment que c’est lui que l’on a mis hors la loi. Il le voit bien quand on dit « les Israéliens ont le droit de se défendre », mais apparemment pas quand il s’agit de Palestiniens.

    D’aucuns expliquent qu’Israël a favorisé l’ascension du Hamas pour qu’un vrai État palestinien indépendant ne voie jamais le jour au détriment de l’#autorité_palestinienne qui n’administre aujourd’hui plus que la Cisjordanie. Est-ce que le Hamas est le meilleur ennemi des Palestiniens ? 

    Incontestablement, les Israéliens ont favorisé les #Frères_musulmans de la bande de Gaza dans les années 1970 et 1980 pour contrer les activités du #Fatah. De même, après 2007, ils voulaient faire du Hamas un #sous-traitant chargé de la bande de Gaza, comme l’Autorité palestinienne l’est pour la Cisjordanie. 

    Le meilleur moyen de contrer le Hamas est d’offrir aux Palestiniens une vraie perspective politique et non de bonnes paroles et quelques aides économiques qui sont des emplâtres sur des jambes de bois. 

    Quel peut être l’avenir de l’Autorité palestinienne, aujourd’hui déconsidérée ? Et du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, pressé par la base de renouer avec la lutte armée et le Hamas ?

    Le seul acquis de l’Autorité palestinienne, ou plus précisément de l’OLP, c’est sa légitimité diplomatique. Sur le terrain, elle est perçue comme un sous-traitant de l’occupation israélienne incapable de contrer un régime d’occupation de plus en plus dur. Elle est dans l’incapacité de protéger ses administrés. Le risque majeur pour elle est tout simplement de s’effondrer.

    Le Hamas appelle les Palestiniens de Cisjordanie à se soulever. Un soulèvement généralisé des Palestiniens peut-il advenir ?

    En Cisjordanie, on a surtout de petits groupes de jeunes armés totalement désorganisés. Mais la violence et la répression sont devenues quotidiennes et les violences permanentes. À l’extérieur, l’Occident apparaît complice de l’occupation et de la répression israéliennes. L’Iran, la Chine et la Russie en profitent.

    Le premier tome de votre monumentale « Question de Palestine » s’ouvre sur 1799, lorsque l’armée de Napoléon Bonaparte entre en Palestine, il court jusqu’en 1922. Avec cette accroche : l’invention de la Terre sainte. En quoi cette année est-elle fondatrice ?

    En 1799, l’armée de Bonaparte parcourt le littoral palestinien jusqu’à Tyr. En Europe, certains y voient la possibilité de créer un État juif en Palestine. Mais l’ouverture de la Terre sainte aux Occidentaux est aussi l’occasion d’une lutte d’influences entre puissances chrétiennes. 

    Dans le tome 4, « Le rameau d’olivier et le fusil du combattant » (1967-1982), vous revenez sur ce qui a été un conflit israélo-arabe, puis un conflit israélo-palestinien. Est-ce que cela peut le redevenir ?

    Jusqu’en 1948, c’est un conflit israélo-palestinien avant tout. En 1948, cela devient un #conflit_israélo-arabe avec une dimension palestinienne. À partir de la fin des années 1970, la dimension palestinienne redevient essentielle.

    Ben Gourion disait que la victoire du sionisme était d’avoir transformé la question juive en problème arabe. Les derniers événements semblent montrer que le #problème_arabe est en train de redevenir une #question_juive.

    Le rôle des États-Unis a toujours été déterminant dans ce conflit. Que nous dit leur position aujourd’hui ? 

    La question de Palestine est en même temps une question intérieure pour les pays occidentaux du fait de l’histoire de la Shoah et de la colonisation. Il s’y ajoute aux États-Unis une dimension religieuse du fait du biblisme protestant et du « pionniérisme ». Les Palestiniens leur semblent être quelque part entre les Indiens et les Mexicains…

    La « République impériale » vient encore de montrer son impressionnante capacité de projection militaire dans la région, mais aussi son incapacité à obtenir un règlement politique satisfaisant.

    Pourquoi ce conflit déclenche-t-il autant de passions et clive-t-il autant dans le monde entier, où comme en France, le président appelle à « ne pas importer le conflit » ?

    C’est un conflit gorgé d’histoire. La Terre sainte est celle des trois religions monothéistes. Le conflit lui-même porte avec lui la mémoire de la Shoah et de la colonisation, d’où l’extraordinaire position d’exceptionnalité des acteurs.

    Vous avez écrit cinq tomes sur la question de Palestine. Après l’ultime « La Paix impossible », quel pourrait être le sixième ?
     
    Peut-être le retour de la question juive, mais c’est loin d’être une perspective encourageante.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/191123/henry-laurens-est-sur-la-voie-d-un-processus-de-destruction-de-masse-gaza

    #discours_génocidaire #religion (s) #sionisme

  • Appel d’urgence à la communauté internationale – mettez fin au transfert forcé en Cisjordanie
    Posted on octobre 30, 2023 | B’Tselem | Traduction J.Ch. pour l’AURDIP
    https://aurdip.org/appel-durgence-a-la-communaute-internationale-mettez-fin-au-transfert-force-

    Au cours des trois dernières semaines, depuis les atrocités du Hamas du 7 octobre, les colons ont exploité le manque d’attention du public envers la Cisjordanie, ainsi que l’atmosphère générale de rage contre les Palestiniens, pour intensifier leur campagne de violentes attaques dans une tentative de transfert forcé des communautés palestiniennes. Au cours de cette période, pas moins de treize communautés d’éleveurs ont été déplacées. Encore bien plus sont en danger d’être forcées à fuir dans les jours à venir si une action immédiate n’est pas entreprise.

    Les fermiers palestiniens sont particulièrement vulnérables à cette époque, saison annuelle de la récolte des olive, parce que, s’ils ne peuvent pas ramasser leurs olives, ils vont perdre une année de revenus. Hier, Bilal Muhammed Saleh, du village d’As-Sawiya au sud de Naplouse, a été assassiné alors qu’il s’occupait de ses oliviers. Il est le septième Palestinien a avoir été tué par les colons depuis le début de la guerre en cours.

    Malheureusement, le gouvernement israélien est favorable à ces attaques et ne fait rien pour arrêter cette violence. Au contraire : des ministres du gouvernement et autres responsables soutiennent la violence et, dans de nombreux cas, l’armée est présente ou même participe à la violence, y compris dans des incidents où les colons ont tué des Palestiniens. Qui plus est, depuis que la guerre a commencé, il y a eu un nombre croissant d’incidents dans lesquels il a été rapporté que des colons violents ont attaqué les communautés palestiniennes voisines sous uniforme militaire et en utilisant des armes livrées par le gouvernement.

    Avec une grande inquiétude et une claire compréhension du paysage politique, nous attestons que la seule façon de mettre fin à ce transfert forcé en Cisjordanie est une intervention claire, forte et directe de la communauté internationale.

    Le moment est venu d’agir.

    A Land for All – Two States, One Homeland | Akevot Institute | Amnesty International Israel | Association for Civil Rights in Israel | B’Tselem | Bimkom – Planners for Planning Rights | Breaking the Silence | Combatants for Peace | Comet-ME | Emek Shaveh | HaMoked : Center for the Defence of the Individual | Haqel – In Defense of Human Rights | Itach-Maaki – Women Lawyers for Social Justice | Ir Amim | Jordan Valley Activists | Kerem Navot | Machsom Watch | Mothers Against Violence Israel | Other Voice | Parents Against Child Detention | Physicians for Human Rights Israel | Policy Working Group (PWG) | Psychoactive | Rabbis for Human Rights | Re’acha Kamocha | Social Workers for Welfare and Peace | The School for Peace in Wahat al-Salam Neve Shalom | Torat Tzedek | Yesh Din | Zazim – Community Action | Zochrot

    #ONGIsraéliennes #7oct23

  • La guerre de Gaza et la situation mondiale. Vincent Présumey, 23/10/2023
    https://aplutsoc.org/2023/10/24/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale-vincent-presumey-le-23-10-2023

    Il est indispensable d’intégrer ce qui est pour l’instant la #guerre de #Gaza mais pourrait devenir plus et pire, depuis les 7-8 octobre 2023, à l’analyse globale de la crise mondiale contemporaine. Le plus grand danger intellectuel, et par voie de conséquence politique et moral, serait de croire à un feuilleton déjà connu, tant les forces en présence dans cette région du monde sont observées, mythifiées, assimilées dans les consciences depuis des décennies. Ce danger est aggravé par le fait que la question en surplomb dans la situation mondiale, c’est celle de la #guerre_mondiale. Devant un théâtre où tout le monde croit reconnaître les siens, et devant un danger que l’on préfère souvent ne pas nommer, grande est la tentation de fuir sans phrases, fuir la démarche qui consiste à analyser pour trouver comment agir en intégrant le nouveau et pas en répétant seulement le connu ou ce que l’on croit connaître.

    Réciter les slogans et s’y réfugier n’est plus que conservatisme devant la catastrophe et ne conjure rien du tout. Le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté, inséparables, devraient être de rigueur.

    Le tournant du 7 octobre 2023 est l’évènement le plus retentissant, au plan mondial, depuis le 24 février 2022. Il ne nous ramène nullement à l’avant 24 février. Au contraire, il nous engage plus encore dans le XXI° siècle des guerres et des révolutions.

    Plan du texte :

    Le cadre dans lequel cette guerre survient.
    « Sud global » contre « Occident », ou le discours de l’impérialisme multipolaire.
    La balance de la justice, vraiment ?
    Le sens historique des #pogroms des 7-8 octobre.
    La nature de la guerre israélienne contre Gaza.
    La place de l’#Iran.
    A propos du « deux poids deux mesures ».
    Le positionnement de Washington et la possibilité sous-jacente de la guerre mondiale.

    ... Qu’il soit nécessaire, pour analyser la place de la guerre engagée le 7 octobre, d’une analyse mondiale intégrant la guerre en Ukraine et reliant les deux guerres, semble [...] tout à fait inenvisageable, voire impensable. Sud global contre Occident impérialiste, telle est la représentation idéologique qui doit submerger tout autre discours, toute autre réflexion

    ... plus riches des dures leçons de l’histoire et des combats anticolonialistes, sont les réflexions de nos camarades ukrainiens propalestiniens, que les pogroms révulsent et qui s’écrient, comme Hanna Perekhoda : « Notre Hamas, nous l’avons eu ! », c’était l’OUN, et cela pourrait être Azov : ces camarades, aux premiers rangs de la lutte de libération nationale, récusent ces organisations, leurs méthodes et leurs crimes, antisémites et antipolonais, récusent tout amalgame mythique entre leur lutte à eux, la guerre de libération actuelle, et la tradition « bandériste », et savent combien la nation ukrainienne a payé et paie cher ces crimes et cet amalgame, « nazi-ukrainien », cette équation raciste que, s’agissant des Palestiniens, Gilbert Achcar croit conjurer en dénonçant leur « nazification », mais qu’il conforte en fait, en montant un échafaudage idéologique pour nous expliquer que les crimes du Hamas, dans sa petite « balance de la justice » qui ne serait soi-disant « pas métaphysique » et pas occidentale, sont des crimes de bonne qualité puisque ce sont des crimes commis du bon côté.

    .... « S’il y a une leçon à tirer de la guerre de libération algérienne, c’est bien que le terrorisme contre les civils dessert les luttes des opprimés et des exclus (...) » - écrivait Mohamed Harbi, qui sait de quoi il parle, dans Hommes et libertés, n°117, janvier-mars 2002.

    .... Pas plus que le Hamas ne combattait l’oppression nationale et coloniale israélienne les 7 et 8 octobre, l’armée israélienne ne « riposte » ou n’exerce des « représailles » visant à « détruire le Hamas » à Gaza. Il s’agit de la plus monstrueuse opération menée contre cette population civile emprisonnée dans un immense ghetto

    .... Beaucoup de commentateurs parlent d’une « seconde #Nakba ». Là encore soyons clairs : c’est pire. L’histoire n’est pas répétition, et tant que le capitalisme conduit biosphère et genre humain à l’abîme, elle est aggravation. C’est pire parce que de plus grande dimension, parce que la population gazaouie n’a pas où aller, l’Égypte fermant ses portes, l’errance au Sinaï, ce vieux mythe n’est-ce pas, signifiant la décimation, pire aussi parce que le nettoyage ethnique en Cisjordanie pourrait bien être le corollaire.

    ... l’Iran. Engagé dans une fuite en avant par peur de la révolution, peur de « Femmes, Vie, Liberté », la caste oligarchique ultra-réactionnaire des mollahs a un programme, un programme de réaction sur toute la ligne, et le génocide du peuple judéo-israélien en fait partie. Il en fait partie, à côté de la répression sauvage en Iran, de l’écrasement des kurdes, de la vassalisation de l’Irak, de l’inféodation du #Liban aux structures mafieuses du #Hezbollah, et du charcutage de la Syrie avec l’expulsion des arabes sunnites d’une grande partie du territoire.

    ... Le rôle contre- révolutionnaire de l’Iran lui a permis d’avoir la tolérance états-unienne, contre la révolution syrienne, et l’alliance russe. .....

    en pdf
    https://aplutsoc.files.wordpress.com/2023/10/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale_vp_2023-10-23.p

    #campisme #Israël #E-U #U.S.A #impérialisme_multipolaire #guerre_en_Ukraine #internationalisme #Gilbert_Achcar #Franz_Fanon #pogroms (by both sides) #Jewish_Voice_for_Peace #crimes_contre_l’humanité #gazaouis

  • En Tunisie, le président Kaïs Saïed se rebelle contre la politique migratoire européenne
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/10/03/en-tunisie-le-president-kais-saied-se-rebelle-contre-la-politique-migratoire

    Sur le sujet des #migrations irrégulières, rien ne va plus entre la Tunisie et l’Union européenne (UE). En des termes explicites, le président Kaïs Saïed a rejeté les 127 millions d’euros d’aides annoncées le 22 septembre par la Commission européenne, dont 67 millions alloués à un programme d’assistance opérationnelle en matière de migration, en plus d’un appui budgétaire à hauteur de 60 millions d’euros. « La Tunisie […] n’accepte pas la charité ou l’aumône. Notre pays et notre peuple ne veulent pas de sympathie, mais exigent le respect », a déclaré Kaïs Saïed dans un communiqué publié lundi 2 octobre dans la soirée.

    .... le plan de la Commission européenne évoque « la possibilité d’un arrangement de travail entre la Tunisie et Frontex et d’une task force de coordination au sein d’Europol pour lutter de manière plus ciblée contre le trafic de migrants sur la route migratoire vers #Lampedusa via la Tunisie », en plus d’accélérer la fourniture d’équipements et de renforcer « la formation des garde-côtes et des autres services répressifs tunisiens ».

    Sur la même ligne, le président français, Emmanuel Macron, a apporté son soutien à Giorgia Meloni et a indiqué, lors d’une interview diffusée le 24 septembre, vouloir conditionner l’aide budgétaire apportée aux Tunisiens et proposer en échange « d’embarquer des experts, du matériel sur leurs côtes pour démanteler les réseaux de passeurs ». « C’est un partenariat respectueux », a-t-il assuré, rappelant qu’« on a eu en quelques heures plusieurs milliers de migrants qui arrivent à Lampedusa et qui partent tous du port de Sfax », deuxième ville de Tunisie et principal point de départ des candidats à la traversée vers l’Europe.

    #Frontex #pogroms #Tunisie #racisme #migrants #réfugiés #Méditerranée #frontières

  • Des Juifs tués par des Polonais inclus dans la demande de réparation à l’Allemagne Par Judah Ari Gross - Time of israel
    https://fr.timesofisrael.com/des-juifs-tues-par-des-polonais-inclus-dans-la-demande-de-reparati

    Un dossier, publié la semaine dernière par le gouvernement polonais pour justifier ses nouvelles demandes de réparations à l’Allemagne pour la Seconde Guerre mondiale, mentionne la mort de Juifs tués pourtant par des citoyens polonais, et non par des nazis.

    Le troisième tome de ce rapport, long de plus de 1 300 pages, et intitulé « Rapport sur les pertes subies par la Pologne du fait de l’agression et de l’occupation allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1945 », comprend une liste de 9 293 villages, villes et agglomérations où des « atrocités nazies allemandes » ont été commises, ainsi que leur nombre de victimes. La Pologne a réclamé 1 300 milliards d’euros de réparations pour les dommages subis.


    Le grand rabbin polonais Michael Schudrich, deuxième à partir de la droite en cravate bleue, prend la parole à côté d’ecclésiastiques catholiques lors de la cérémonie de commémoration de Jedwabne, le 11 juillet 2021. (Crédit : Krzysztof Bielawski)

    Commentant la publication du dossier et les demandes de réparations, le vice-Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a déclaré que l’argent était avant tout une « compensation pour la mort de plus de 5,2 millions de citoyens polonais ».

    Or, la liste des atrocités inclut des villages qui ont été le théâtre de pogroms commis par des Polonais contre des Juifs – dont le plus tristement célèbre est sans doute le village de Jedwabne https://fr.timesofisrael.com/topic/Jedwabne , où plus de 300 Juifs ont été brûlés vifs par des Polonais de souche – ainsi que d’autres meurtres de Juifs qui peuvent aussi être attribués à des citoyens polonais. Les attaques directes menées par des citoyens polonais contre des Juifs ont eu lieu principalement dans l’est de la Pologne en 1941, lorsque l’Allemagne a reconquis la région aux mains des Soviétiques, qui la contrôlaient avec brutalité depuis 1939 en vertu du pacte Ribbentrop-Molotov.

    Jan Grabowski, professeur d’origine polonaise à l’Université d’Ottawa et chercheur réputé sur la Shoah, trouve l’inclusion de ces atrocités dans la liste « tout à fait effroyable ».

    « Je ne sais vraiment pas s’il s’agissait d’un acte d’obscurcissement intentionnel ou d’une inclusion irréfléchie de sources peu fiables datant des années 1950 et 1960. Ce n’est pas à moi de le dire », a-t-il déclaré au Times of Israel dans un courriel jeudi.

    Ailleurs par contre, Grabowski a ouvertement accusé, les auteurs du dossier d’avoir intentionnellement ignoré les crimes polonais commis contre les Juifs et a rejeté le dossier comme étant de la propagande.

    « Il s’agit d’un document purement politique qui n’a aucune valeur historique », a-t-il déclaré.

    Ces dernières années, la Pologne a mené un effort largement controversé pour présenter la Shoah comme un crime perpétré uniquement par l’Allemagne, et a même adopté une loi en 2019 qui rend illégale toute accusation de crimes nazis à l’encontre de la nation polonaise. Cette loi, ainsi que les autres efforts de la Pologne sur ce front, l’ont mise en profond désaccord avec les principaux experts de la Shoah – dont Grabowski, qui a été poursuivi devant un tribunal civil polonais en vertu de cette loi – et avec Israël. Cet été, Israël a annoncé qu’il interrompait les voyages de ses écoles secondaires en Pologne https://fr.timesofisrael.com/un-voyage-detudiants-israeliens-en-pologne-annule-suite-a-une-brou pour y enseigner la Shoah, en grande partie suite à la demande insistante du gouvernement polonais de valider le programme, ce qu’Israël a compris comme signifiant la suppression des discussions sur les collaborateurs polonais.

    Le rapport, publié au début du mois, ne mentionne pas les crimes commis contre les Juifs par les civils polonais et les autorités polonaises, alors qu’il existe de nombreuses preuves historiques de tels actes.


    L’historien Jan Grabowski. (Crédit : Autorisation)

    « L’obscurcissement réel et prémédité est clairement visible dans le volume I (‘Études historiques’) d’où toute responsabilité polonaise pour les pertes juives a été soigneusement retirée », a déclaré Grabowski.

    « Dans le rapport, il n’y a, par exemple, pas une seule mention de la tristement célèbre ‘police bleue’ polonaise, responsable de dizaines de milliers de morts juives. De même, il n’y a pas un mot sur les pompiers volontaires polonais qui ont participé à la liquidation des ghettos et sur les innombrables ‘spectateurs’ polonais qui se sont joints aux actions de liquidation », a-t-il ajouté.

    La Police bleue était une unité polonaise créée par l’Allemagne après la prise du pays par les nazis. Bien que le bilan de la Police bleue soit encore débattu par les historiens, certains experts ont décrit son traitement des Juifs comme « méprisant, et parfois pire que celui des Allemands ».

    Les pompiers volontaires polonais étaient parfois chargés de rechercher les Juifs qui se cachaient et de les remettre aux nazis pour qu’ils les assassinent.

    Dans le cadre de ses recherches, Grabowski a estimé que sur les 6 millions de Juifs tués pendant la Shoah – dont environ 3 millions de Juifs polonais – quelque 200 000 ont été tués par des Polonais ou à la suite d’actions polonaises pendant la Shoah.

    Dans le cadre de ses travaux de recherche, M. Grabowski a fait l’objet de critiques sévères de la part du gouvernement polonais et de poursuites judiciaires de la part de citoyens polonais https://fr.timesofisrael.com/pologne-2-specialistes-de-la-shoah-condamnes-a-sexcuser-pour-inexa en vertu de la loi de 2019 du pays.

    Outre les crimes perpétrés par les Polonais sous la direction des nazis, comme la police bleue, Sara Bender, professeure à l’université de Haïfa, a également écrit un article fondamental sur les crimes perpétrés par des citoyens polonais de leur propre gré au cours de l’été 1941, après le retrait des forces soviétiques de l’est de la Pologne.

    Dans l’article de 2013, intitulé Not Only in Jedwabne : Accounts of the Annihilation of the Jewish Shtetlach in Northeastern Poland in the Summer of 1941 , Bender détaille les pogroms menés par les Polonais contre leurs voisins juifs dans les villages de la région.

    « Les Polonais ont commis trois ‘boucheries’… au total 300 Juifs ont été assassinés… Les femmes juives ont fait appel à l’intelligentsia polonaise… mais ils ont refusé de les aider… Ce sont les soldats allemands qui ont mis fin au pogrom, après avoir été payés par les Juifs », se souvient Bender en citant un survivant du village de Szczuczyn.

    Dans le même article, Bender décrit des agressions similaires commises par des civils polonais contre des Juifs dans huit autres villages cet été-là.

    Le gouvernement de droite actuel de la Pologne a rejeté les tentatives visant à dépeindre les Polonais comme les instigateurs des crimes contre les Juifs, et a toujours attribué la responsabilité finale à l’Allemagne.

    Le dossier de 1 300 pages et la demande de 1 300 milliards d’euros de réparations ont été au centre des célébrations nationales de l’anniversaire de la guerre, qui a commencé le 1er septembre 1939 avec le bombardement et l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie et qui ont été suivis de plus de cinq ans d’occupation brutale. Des dizaines d’économistes, d’historiens et d’autres experts ont travaillé sur le dossier pendant environ cinq ans avant qu’il ne soit publié ce mois-ci.

    L’Allemagne a rejeté les demandes de compensation de la Pologne, se référant à la décision prise par la Pologne en 1953 de renoncer officiellement à ses revendications à l’égard de l’Allemagne de l’Est.

    #pologne #génocide #pogroms #propagande #police_bleue

  • L’#Ukraine : 20 ans avant la Shoah, les pogroms ont tué 100 000 Juifs – puis ont été oubliés. Rich Tenorio
    https://fr.timesofisrael.com/20-ans-avant-la-shoah-les-pogroms-ont-tue-100-000-juifs-puis-ont-e

    Au début des années 1920, des milliers d’enfants juifs réfugiés d’Ukraine affluent à Moscou, fuyant une série de pogroms terrifiants. Le légendaire artiste juif, Marc Chagall, se souvient avoir donné des cours d’art, à certains de ces réfugiés, dans un orphelinat juif situé à l’extérieur de la capitale soviétique. Il s’est souvenu des atrocités horribles dont ils ont parlé – leurs parents assassinés, leurs sœurs violées et tuées, et les enfants eux-mêmes chassés par le froid, épuisés et affamés.


    Des Juifs britanniques manifestent pour protester contre les pogroms de 1918-1921. (Crédit : avec l’aimable autorisation de Jeffrey Veidlinger)

    Contrairement à la Shoah, cette première vague de violence antisémite, a été largement oubliée par l’Histoire. Pourtant, à l’époque, elle faisait la Une des journaux. De 1918 à 1921, plus de 1 100 pogroms ont tué plus de 100 000 Juifs dans une région qui fait partie de l’Ukraine actuelle. Cette violence, à grande échelle, a fait craindre que, la haine antisémite, ne menace la vie de six millions de Juifs en Europe. L’écrivain Anatole France faisait partie de ceux qui ont fait de telles prédictions ; moins de 20 ans plus tard, ces craintes se sont réalisées.

    L’histoire de ces pogroms funestes est relatée dans un nouveau livre, In the Midst of Civilized Europe : The Pogroms of 1918-1921 and the Onset of the Holocaust, [« Au milieu de l’Europe civilisée : les Pogroms de 1918-1921 et le début de la Shoah] par Jeffrey Veidlinger, professeur d’histoire et d’études juives à l’université du Michigan.

    « Je pense qu’à l’heure actuelle, ils ne sont pas du tout très connus, principalement parce qu’ils ont été tellement dépassés par la Shoah », a déclaré Veidlinger au Times of Israel lors d’un entretien téléphonique. « Dans l’entre-deux-guerres, ils étaient très connus. D’une certaine manière, il semble que tout le monde n’écrivait que sur eux à l’époque. »

    Enraciné dans un précédent projet de recherche linguistique avec des Juifs âgés parlant yiddish en Ukraine qui ont raconté à Veidlinger avoir survécu aux pogroms, le livre ramène les lecteurs à ce moment troublant de l’histoire pendant la guerre civile russe.

    « C’est terrifiant et effrayant », a déclaré Veidlinger. « Il est difficile d’écrire ce témoignage. C’était difficile pour moi de l’entendre, et probablement difficile pour eux de le raconter. »

    La phrase titre provient des craintes de la France pour l’avenir du judaïsme européen. Le poète et journaliste français, a noté que, certains des pogroms se sont produits au même moment que les pourparlers de paix de Versailles destinés à mettre fin à la Première Guerre mondiale. L’un d’entre eux, a peut-être été, le plus grand massacre de Juifs de l’histoire moderne jusqu’à cette date : le pogrom de Proskuriv, le 14 février 1919, avec 911 morts recensés, soit, selon Veidlinger, un tiers du total réel.
    « Je pense que c’était presque un génocide », a déclaré Veidlinger à propos du pogrom de Proskuriv. « Il montre comment la violence s’est intensifiée pendant la très courte période de temps entre novembre 1918 et février 1919 ».


    Une famille juive se tient devant sa maison saccagée après le pogrom de Kishinev en 1903. (Crédit : domaine public)

    Outre les témoignages recueillis par Veidlinger au cours du siècle actuel, il en a consulté de nombreux autres dans les archives – notamment des récits plus contemporains de survivants et de travailleurs humanitaires, juifs et chrétiens, qui ont cherché à les aider. Entre-temps, il a découvert que les pogroms avaient de nombreux auteurs différents. Des membres des deux camps opposés, le rouge et le blanc, dans la guerre civile russe ont participé aux violences, tout comme de nombreux soldats et civils ukrainiens et polonais, ainsi que des chefs de guerre locaux
    . . . . .
    L’hostilité à l’égard des Juifs allait se coaliser dans les pogroms de 1918-21. Une section effrayante du livre raconte quatre de ces pogroms dans l’ordre chronologique, dont deux épidémies distinctes dans la ville de Zhytomyr. Collectivement, ils représentent les multiples façons dont les pogroms, ont éclaté, qu’il s’agisse d’événements isolés commis par des unités de l’armée mécontentes ou d’actions à plus grande échelle impliquant davantage de troupes.


    Corps des victimes juives du pogrom d’Orvuch, en Ukraine, en février 1919. (Crédit : Domaine public)

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    Veidlinger relate également la situation dans la Pologne voisine, où l’un des premiers de ces pogroms a eu lieu – à Lemberg (aujourd’hui Lviv) en novembre 1918, alors que l’indépendance de la Pologne était établie.
    Le livre décrit le viol de femmes et de jeunes filles juives et la destruction de rouleaux de la Torah, les auteurs du pogrom comprenant des soldats polonais ainsi que des civils.
    L’auteur décrit les pogroms, contre les Juifs en Pologne, comme étant mieux documentés, à l’époque, que ceux en Ukraine. Un conflit entre les deux pays a empêché un enquêteur international – le juif américain Henry Morgenthau, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’Empire ottoman – d’accéder à la zone de guerre de l’Ukraine. Le livre cite des déclarations controversées, que Morgenthau a faites plus tard dans ses mémoires, comme le fait de décrire certains rapports de pogroms en Pologne ; comme exagérés par les dirigeants de la communauté juive, et de blâmer le sionisme comme une cause des pogroms.


    Funérailles de rouleaux de la Torah, profanés après le pogrom de Kishinev en 1903, au cours duquel 49 Juifs ont été assassinés et des centaines de femmes violées (Crédit : domaine public).
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    Pendant ce temps, en Allemagne, Adolf Hitler est lui-même en quête de vengeance – pour la défaite allemande lors de la Première Guerre mondiale – et utilise les craintes de bolchevisme prétendument propagées, par les réfugiés juifs, comme carburant pour porter le mouvement nazi au pouvoir.


    Symon Petliura, un homme d’État ukrainien des années 1920, accusé du meurtre de 50 000 compatriotes juifs (Crédit : capture d’écran YouTube)

    Cependant, tous les Juifs ukrainiens ne sont pas partis. Pour ceux qui n’avaient pas les moyens ou le désir d’émigrer, un résultat tragique se produisit deux décennies plus tard, après que l’Allemagne nazie eut envahi l’Union soviétique dans le cadre de l’opération Barbarossa en 1941. Les massacres de Juifs perpétrés par les nazis, notamment à Babi Yar cette année-là, font écho aux pogroms de 1918-21. Des Ukrainiens – y compris des descendants des auteurs des pogroms précédents – ont aidé les nazis, à massacrer les derniers Juifs de la région. À Bila Tserkva, en août 1941, les nazis hésitaient à massacrer un groupe d’enfants juifs, et laissaient les auxiliaires ukrainiens, tuer les enfants à la place.

    « Nous imaginons la nature de la Shoah comme Auschwitz, très mécanisé et bureaucratisé », a déclaré Veidlinger. Pourtant, a-t-il ajouté, il y avait aussi « la Shoah par balles, la façon dont la Shoah, s’est manifesté en Ukraine, ainsi qu’en Biélorussie et en Lituanie. Nous voyons les tueries comme beaucoup plus intimes, beaucoup plus participatives, plus ouvertes. Cela attire naturellement les comparaisons avec les pogroms. C’est très similaire aux pogroms de 1918 à 1921 ».

    Pourtant, a-t-il réfléchi, « les conséquences de la Shoah, ont été tellement plus graves que ces pogroms particuliers [de 1918 à 1921] ont tout simplement disparu de la mémoire ».

    #pogroms #Shoah #antisémitisme #violence #génocide #Pologne #Biélorussie #Lituanie #mémoire

  • Israel must deal with settler violence sooner rather than later
    Haaretz Editorial | Nov. 15, 2021 |
    https://www.haaretz.com/opinion/editorial/.premium-israel-must-deal-with-settler-violence-sooner-rather-than-later-1.

    For decades, the pattern of Israeli violence toward Palestinians in the West Bank has been one of “private rampages,” the declared goal of which was to expel Palestinians from their public and private spaces, thereby gradually gaining control of yet another dunam, another spring or another cistern.

    A B’Tselem report calculates how much land was closed off to Palestinians through systematic violence just by residents of five illegal outposts and one settlement in five different parts of the West Bank that were surveyed. It amounted to 28,000 dunams (7,000 acres).

    Long-time settler leader Ze’ev Hever estimates that the approximately 150 outposts and individual farms have succeeded in gaining control of about 200,000 dunams across the West Bank – more than twice the built-up areas of all the settlements combined.

    The sanctity of this mission is evidenced by the fact that attacks on Palestinians justify violating the religious prohibitions of Jewish holidays and Shabbat. They include cutting down and burning olive trees, torching mosques, vandalizing cars, grazing sheep in Palestinian pastures and orchards, stealing harvests, using drones to spy on Palestinians and attacking farmers and shepherds with dogs, stones and even live fire.

    The helplessness of the forces of law and order in the face of this settler violence and the culture of the outposts proves that this is not just a case of bureaucratic failure. If the political and legal establishment wanted to, it could find ways to put an end to this Jewish terror. The reason for this official helplessness is simple. The B’Tselem report explains: The government and the settlers share a common goal of wresting control of as much Palestinian territory in the West Bank as possible and pushing the Palestinians into densely populated, non-contiguous enclaves.

    Israel does this by fictitiously declaring areas live-fire zones or nature reserves; prohibiting Palestinian building, urban development and connections to water and electricity in Area C; destroying buildings and cisterns; and cutting off water supplies.

    Many Palestinian communities continue to live on their land despite the difficult conditions that Israel has imposed on them. Armed attacks by settlers, protected by the army and granted immunity by the legal system, have succeeded where official actions have failed: Often Palestinians can no longer reach their land and even abandon their homes. The settlers are flexing their muscles more than ever.

    Greater determination and a greater sense of urgency are needed both by Israelis and the international community to curb the growing number of expropriations and deportations that the settlers are undertaking in cooperation with the Israeli establishment. The indifference of Israeli civil society is tantamount to consent, and it will pay for it dearly.

    The above article is Haaretz’s lead editorial, as published in the Hebrew and English newspapers in Israel.

    #colonialisme_de_peuplement

  • Israel’s ultra-Orthodox are its latest neo-fascist thugs
    Gideon Levy | Apr. 24, 2021 | 11:41 PM - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/opinion/.premium.HIGHLIGHT-israel-s-ultra-orthodox-are-its-latest-neofascist-thugs-

    The most frightening and depressing thing that happened in Jerusalem recently isn’t the pogroms against the Palestinians. These of course are endlessly frightening and depressing, but most frightening and depressing is something new about the identity of the assailants.

    We already had the Lehava phalanxes, the La Familia militias and the hilltop thugs, and now the ultra-Orthodox have joined in. There’s a new bully in the neighborhood and they’re scarier than all the rest.

    The rioters in shtreimels might sweep Israel to fascist places it hasn’t known before, thanks to their huge electoral potential. The ultra-Orthodox are the reserves of the neo-Nazi movement developing in Israel, and they promise a great future for MKs Bezalel Smotrich and Itamar Ben-Gvir.

    Without the ultra-Orthodox, those two are a mere curiosity. Thanks to the ultra-Orthodox, their party might become the Alternative for Germany or the Sweden Democrats of Israel, yet much more extreme than those two most far-right parties in Western Europe. The brownshirts could change their color to white. This is frightening because the ultra-Orthodox are many, and it’s depressing because there was once a different ultra-Orthodox majority that I once respected and knew, one fallen victim to persecution and ostracism.

    The original sin was the establishment of huge ultra-Orthodox settlements in the 1990s that became the largest settlements in the West Bank, much larger than their ideological predecessors. What began as a low-cost housing solution, free of political beliefs, became extreme nationalism. With terrifying speed, those who until a generation ago were considered non-Zionist or political doves with leaders like Rabbi Elazar Shach and Rabbi Ovadia Yosef became bearers of the flag of Israeli fascism.

    Where are the days when they burned trash bins only because of desecration of the Sabbath, and who would have thought we would miss those days? Where are the rabbis who said “there’s no obstacle to relinquishing parts of the Land of Israel” and “relinquishing [these lands] for peace is not relinquishing,” as Rabbi Shach said.

    The fear came true: The views of the ultra-Orthodox were decided by their place of residence. They proved that it’s impossible to live on stolen Palestinian land without hating its owners. They settled in the Palestinian West Bank and became wonderfully integrated into the apartheid landscape around them. They became haters of Arabs and supporters of the far right. The road from there to participation in pogroms was short.

    In last month’s election they expressed this clearly. The Religious Zionism alliance became the third largest party in their community. In Jerusalem it won 9 percent of the vote and in Betar Ilit 10 percent, six times more than Likud. In Bnei Brak and in Modi’in Ilit, the largest Jewish city in the territories, it’s the third largest party. With reserves like this, one day we’ll have a Kahanist as prime minister; half of Israel already considers Naftali Bennett a legitimate candidate and even longs for him.

    True, only a few hundred ultra-Orthodox took part in the pogroms, but the rabbis did nothing to stop them, maybe because they knew that the genie was out of the bottle. Now the numbers will grow. The young ultra-Orthodox might change the rules of the game.

    The pictures from the past few days in Jerusalem are terrifying. Leave aside “proper” media coverage, which tries to maintain “balance” when on one side is the occupation, which has no balance. Leave aside the shocking pronouncements by the public security minister and the police commanders who condemned only Palestinian violence. This violence is the most justified and restrained act of resistance against injustice and other violence, and it comes as a direct response to the police’s ongoing abuse of the Palestinians in Jerusalem and the pogroms against them by far-right extremists.

    Make no mistake: The mass attacks on Arabs in Jerusalem are the harbingers of Israeli neo-Nazism. Intimidating marches, beatings, arson, looting and calls for death are exactly what neo-Nazism looks like. God save us from its ultra-Orthodox emissaries who have joined the fray.

    #Jerusalem #pogroms

    • The privatization of violence: Right-wing Jerusalem thugs are an arm of the state
      Don’t look at the rioters in Jerusalem as some eccentric Haredi nationalists, a mob unrelated to us, the civilized Israelis
      Amira Hass | Apr. 26, 2021- Haaretz.com
      https://www.haaretz.com/opinion/.premium-the-privatization-of-violence-right-wing-jerusalem-thugs-are-an-ar

      “When you hear the cries ‘May your village burn down,’ does that represent you?” Suleiman Masswadeh, a reporter for the Kan Public Broadcasting Corporation, asked a young woman who participated in the rioting by Lehava – a hard-right, anti-Arab organization – in downtown Jerusalem on Thursday. Sporting a “Kahane was right” sticker on her chest, she replied: “Not in that way. I don’t say that it should burn down, but that you should leave the village and we’ll go live in it.”

      Now that’s an answer that sums up our history in a nutshell: It’s not necessary to burn things down, it’s enough merely to expel the Palestinians and then inhabit their homes.

      The Lehava people are not alone in this battle. Almost at the outset of the holy month of Ramadan on April 12, the Israel Police created a provocation when they blocked the Damascus Gate plaza as a sitting and gathering place for Jerusalem’s young men, with the pathetic excuse of easing access for the masses of worshippers. And yet such a step wasn’t taken prior to the coronavirus period, when the number of worshippers was far greater.

      So why now? Whether the provocation was the result of foolishness, or a deliberate attempt to destroy the atmosphere of togetherness typical of these days of Ramadan – it should be viewed in a more general context, as Yudith Oppenheimer and Aviv Tatarsky of Ir Amim, an NGO that focuses on Israel’s policies in Jerusalem, write on the website Siha Mekomit (Local Call, the Hebrew version of the +972 website): "Those who are following what’s been happening in Jerusalem in the past two years will detect a direct line linking incessant police harassment in [the East Jerusalem neighborhood of] Isawiyah and the events of recent days at the Damascus Gate.

      "What the two have in common is the targeting of an area in which there is active Palestinian life, entering it with large police forces and unrelenting attempts to cause friction during a period whose end is not in sight.”

      “Why did the Israel Police declare a curfew here of all places,” ask Oppenheimer and Tatarsky, and reply: “The implied message is: You want a holiday? Fine, observe it in your own home, behind walls and doors. The holiday lights are on display above Damascus Gate as they are every year, but the city square is empty, battered and bleeding, and the municipality that put up the lights is keeping mum. The police are creating ‘evidence’ by means of ongoing friction with the Palestinian residents. In the end, if not by force then by even more force, the disturbing pictures surface, which in turn justify the additional use of force and the further displacement of Palestinian residents from their public sphere.”

      Just as there is a connection between the police harassment in Isawiyah and at Damascus Gate, there’s a connection between the right-wing spectacles of hatred and high-handedness in downtown Jerusalem and the Old City – and the attacks by the settlers throughout the West Bank (another one was reported at the time this article was being written on Saturday: Israelis leaving the outpost of Havat Ma’on attacked farmers from the village of Al-Tawani who were working their land. According to initial reports, two Palestinians and two activists from the Israeli-Palestinian anti-occupation group Ta’ayush, who escorted them, were wounded.

      Lehava and the impassioned young people who answer its call are among the privatized branches of the government, the Jerusalem Municipality and the police, who implement their policy of making Palestinians disappear from the public sphere – just as the hilltop hooligans are another privatized arm for implementing the government policy of cramming Palestinians into densely populated enclaves and taking over most of the area of the West Bank.

      Land-grabbing right-wing NGOs with a religious and messianic patina, such as Regavim, Amana, Elad, Ateret Cohanim and Ad Kan, are other nongovernment branches, which, with their impressive financial resources, constitute a tailwind for the state’s institutions and their consistent Zionist policy. Their mother ship is the Gush Emunim movement and its incarnation as the Yesha (Judea and Samaria) Regional Council.

      Individual, unbridled and messianic violence – which for decades has been met by one blind eye and one winking eye of the law enforcement authorities – is a vital component of the belligerence of the most Jewish country in the world. In its democratic way (namely, with the support of most of its Jews), this Jewish state is working on the erasure of the Palestinian past, present and future in this land.

      The appetite of those rioters, the ultranationalist right-wing posses in Jerusalem and the South Hebron Hills, increases with every judicial decision that permits the takeover by a right-wing NGO of a Palestinian neighborhood such as Sheikh Jarrah and Silwan, with every uninvestigated attack against a Palestinian farmer on his own land by Israelis who emerge from Havat Ma’on or Yitzhar, with every license allowing the Civil Administration to declare Palestinian land as state land, and to allocate it to a settlement or adjacent outpost.

      “Disappearing” the Palestinians from the public sphere and crowding them into enclaves may turn out to be a preface to another mass expulsion of Palestinians from the country. That crime against humanity was in the past advocated by a religious Jew like Meir Kahane and a secular Jew like Rehavam Ze’evi, and is now being repeated by their successors, the Hardalim (Haredi nationalists) Itamar Ben-Gvir and Bezalel Smotrich, in various guises.

      Don’t look at the rioters in Jerusalem as just some eccentric Hardalim and Haredim, a rabble that is unrelated to us, the civilized Israelis who, with good taste and good manners, ostensibly uphold the rule of law. The rioters are becoming stronger and multiplying, because Israelis who consider themselves “decent” centrists (and support parties including Labor, Kahol Lavan and Yesh Atid) have lived and are living in peace with these despicable acts of Israel’s governments and their privatized and reinforced satellites.

      Perhaps if this country’s friends – Europe and the United States – warn Israel about its policies and impose sanctions against it – the Israeli “center” will wake up and stop being silent, indifferent, remaining on the sidelines or actively supporting that policy.

    • Point de presse du 26 avril 2021 - France-Diplomatie-Ministère des Affaires étrangères
      https://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?fichier=ppfr2021-04-26.html#Chapitre3

      3. Israël/Territoires palestiniens - Dégradation de la situation sécuritaire (26 avril 2021)

      La France est vivement préoccupée par les tensions et les violences des derniers jours à Jérusalem, notamment autour de la vielle ville, ainsi qu’en Cisjordanie. Elle condamne fermement les tirs de roquette depuis la bande de Gaza qui ont visé des zones habitées du territoire israélien en violation du droit international. La France rappelle dans ce contexte son attachement indéfectible à la sécurité d’Israël.

      La France appelle l’ensemble des acteurs à la retenue, à mettre un terme à toutes les violences et à permettre un retour au calme dans l’ensemble des territoires palestiniens. Toutes les actions qui concourent à l’escalade doivent cesser.

      Les violences des derniers jours viennent souligner la nécessité de la relance d’un processus politique crédible, dans le cadre du droit international et sur la base de la solution des deux Etats. La France y est engagée aux côtés de ses partenaires allemand, égyptien et jordanien.

      #FranceDiplo

  • La crise de la vérité

    Johannes Vogele

    https://lavoiedujaguar.net/La-crise-de-la-verite

    http://www.palim-psao.fr/2021/04/la-crise-de-la-verite-par-johannes-vogele.html#_ftnref3

    L’action ne se passe nulle part, c’est-à-dire dans le monde réel. L’année 2020 n’a pas seulement été celle de la redécouverte de la pandémie, mais aussi un grand festival de théories du complot, dans toutes leurs diversités et sensibilités. Non pas que ces formes d’interprétation de la réalité soient nouvelles ; elles s’inscrivent dans une longue histoire, ont certainement une préhistoire et sans doute de l’avenir.

    À une époque où l’idée même de vérité est déjà bien abîmée, où les explications, les promesses et autres prévisions de la part des « sources autorisées » ont du plomb dans l’aile et où l’idée de l’avenir est devenue une question de croyance, le marché aux récits « alternatifs » est devenu florissant. Puisque la vérité sortant de la bouche des politiques, des économistes et des scientifiques a perdu le statut de la parole de l’oracle, il s’agit de chercher ailleurs et, surprise, l’offre dépasse tous les espoirs. De l’autre côté, l’on s’offusque : la démocratie, la science sont attaquées et comme un seul homme, nous devons les protéger à nos corps défendant. La critique si nécessaire de freedom and democracy, de l’idéologie et de la pratique dominantes, éveille aujourd’hui le soupçon de conspiration contre la sécurité de l’État et de la société. Et nous voilà enfermé·e·s à nouveau dans la binarité caractérisant toute la modernité capitaliste : démocratie ou dictature, Bien ou Mal, les Lumières ou l’obscurité. Ce texte tente de comprendre sur quel terrain commun ces ennemi·e·s juré·e·s se placent et si une critique dialectique peut — sinon en finir tout de suite — au moins déstabiliser des formes de pensée se croyant indépassables. (...)

    #crise #vérité #complotisme #conspiration #mystification #capitalisme #racisme #antisémitisme #sorcières #pogroms #Thomas_Mann #QAnon

  • Hautes-Pyrénées. Ils construisent un mur pour empêcher l’accueil de migrants - France - LeTelegramme.fr
    http://www.letelegramme.fr/france/hautes-pyrenees-ils-construisent-un-mur-pour-empecher-l-accueil-de-migr

    Un mur à la Donald Trump… en beaucoup plus petit, et surtout en France. Des riverains d’un hôtel de Séméac, en Hautes-Pyrénées, ont construit, dans la nuit de ce dimanche à ce lundi, un mur d’une vingtaine de mètres de long et de près de deux mètres de hauteur pour barrer l’entrée de l’établissement, rapporte France 3 Occitanie. Ce dernier doit être transformé en centre d’accueil pour migrants, ce contre quoi le Collectif Séméac proteste.

    Le collectif assure avoir monté son mur - en parpaings - « en toute légalité avec toutes les autorisations nécessaires ». Les membres du collectif s’opposent à l’installation de ce centre d’accueil et dénoncent un « manque de concertation ». Autre élément bloquant : il se situe dans un quartier résidentiel.

  • Précarité. La chasse aux bénéficiaires du RSA bat son plein
    http://www.humanite.fr/precarite-la-chasse-aux-beneficiaires-du-rsa-bat-son-plein-636579

    Contrôle des comptes bancaires, chantage au bénévolat… certains départements dirigés par la droite organisent un flicage très serré des plus pauvres, sautant sur le moindre prétexte pour réduire ou supprimer leurs maigres allocations.

    Régis n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années, certains départements, pour l’essentiel dirigés par la droite, ont décidé de renforcer les contrôles des bénéficiaires du RSA. Aux avant-postes du flicage, le Nord, l’Isère, la Drôme, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin qui, tous, se sont dotés de fonctionnaires spécialisés dans la chasse aux fraudeurs, alors même que, pour la plupart, ils s’étaient désengagés de toute politique d’insertion. « Les mêmes qui n’ont rien fait pour nous aider à nous en sortir nous accusent maintenant parce qu’il n’y a plus d’argent », constate, amer, Alain Guézou, fondateur de RSA 38 et qui avait marché en 2013 jusqu’à l’Élysée pour alerter sur le sort des allocataires. Le département le plus emblématique reste le Nord. Autorisé par la Cnil à recouper le fichier du RSA avec celui de Pôle emploi, son service de lutte contre la fraude a identifié 45 000 allocataires qui, faute d’inscription à l’ex-ANPE, risquent de voir leur RSA réduit ou supprimé

    Ailleurs, c’est la mesure prônée un temps par l’actuel ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le contrôle des comptes bancaires des allocataires, qui est choisie. Tout revenu annexe pouvant être retranché du montant des allocations (536,78 euros pour un bénéficiaire célibataire), la moindre économie, le plus petit cadeau, peuvent se retourner contre le bénéficiaire du RSA.

    • Un truc que je ne parviens pas du tout à comprendre. Si on considère que l’argument de devoir équilibrer les comptes de la nation passe par, d’une part, augmenter les recettes et d’autre part, réduire les dépenses, et qu’on commence par réduire les recettes, en tout efficacité, est-ce qu’il ne serait pas plus facile, en efficacité pure, de poursuivre les évadés fiscaux qui sont (relativement) peu nombreux, mais qui privent la collectivité de fortes sommes, plutôt que de poursuivre (à tort), les petites gens qui, elles, sont légion et seulement porteuses de petites sommes/recettes/manques à gagner. En fait, même quand on raisonne dans leurs termes, on s’aperçoit que le raisonnement ne tient pas.

    • @sinehebdo Tu auras compris que c’était, de ma part, une question toute rhétorique.

      Hier soir à la radio j’ai choppé cette information que je n’ai pas eu le temps de recouper (et j’ai d’autres choses plus urgentes à faire) : Bolloré répondait à propsos du dérapage homophobe de Cyril Hanouna que c’était bon il s’était excusé et que cela allait bien comme ça, et le commentaire du journaliste sur ce sujet était que la chaîne C8 était liée avec la société de production de Hanouna par un contrat portant sur 250 millions d’euros. En fait je reste interdit par ce chiffre, 250 millions d’euros c’est un quart de milliard d’euros. Il peut donc y avoir de tels enjeux financiers pour une émission de télévision, de disponibilité intellectuelle ?

      Et puis après, je me suis dit, non ce n’est pas possible, mais le journaliste peut se prendre les pieds dans le tapis, dire une bêtise, et personne pour corriger ensuite. Ce qui veut dire qu’en fait plus personne n’a le sens de ce que ces sommes représentent.

      Avec 250.000.000 d’euros, on peut payer 467141 mensualités de RSA.

  • Pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...
    Ursula Gauthier, celle qui appelle gentiment « minorité remuante » les auteurs d’attentats aveugles 

    Pour lire sans a priori ce qui va suivre, il faut avoir remarqué que l’auteur d’un article sur les USA (un film, un livre, des inondations, le Grand Canyon du Colorado...) n’a jamais à préciser au préalable qu’il se démarque du génocide des Peaux Rouges ou des massacres de l’armée US au Vietnam (ou en plein d’autres endroits, il n’en manque pas).

    De même, il devrait être possible d’écrire sur l’engagement russe en Syrie sans commencer par une longue dénonciation du goulag. Par conséquent, il devrait être admis d’écrire sur un événement précis survenu en Chine sans être obligé de prendre ses distances avec la Révolution culturelle, Mao, le culte de la personnalité, le système politique, médiatique, policier, judiciaire chinois, sans jurer que l’auteur n’y voit pas un modèle dont il souhaiterait l’importation en France.
    Oui, il devrait être permis d’éviter pareil préambule mais, en vérité, il est préférable d’y faire une halte, faute de quoi les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs attaquent sur une étiquette, sur une supposée allégeance politique, pour ne pas avoir à contre-argumenter sur le fond.

    Parlons maintenant d’Ursula Gauthier.

    Le 18 septembre 2015, des extrémistes #ouïgours (que le ministre sarko-socialiste Kouchner appela les « Yoghourts ») habitants du Xinjiang, République autonome chinoise « géographiquement plus proche de Kaboul que de Pékin » , armés de couperets et autres armes blanches, ont assassiné une cinquantaine de mineurs #Han travaillant dans une mine de charbon. La chasse policière aux terroristes s’est soldée par la mort de 28 d’entre eux.

    Alors que la Chine est sous le choc, Ursula_Gauthier, correspondante de L’ Obs à Pékin, nie le caractère terroriste du pogrom anti-mineurs puisque, à ses yeux, ce qui s’est passé au Xinjiang n’avait rien de commun avec les attentats parisiens de janvier et novembre : il s’agissait d’une réplique à la politique de la Chine qui brime ses minorités ethniques.

    Le monde entier a exprimé son émotion après les attentats du 13 novembre à Paris. La Chine aussi, mais Ursula Gauthier décèle dans ce pays (et dans lui seul) une « arrière-pensée » . Arrière-pensée qui vise ici à créer « un amalgame entre la lutte contre le terrorisme international et la répression contre la minorité ouïgoure, dans le Xinjiang ».

    Ces partis pris de la journaliste ont indisposé les autorités de Pékin et le visa de presse d’Ursula Gauthier ne lui a pas été renouvelé. Elle doit quitter la Chine.

    L’immuable #ONG pro-américaine #Reporters_sans_frontières dénonce le « lynchage médiatique » et la « campagne de diffamation et d’intimidation » visant la #journaliste. Son patron, #Christophe_Deloire (un Ménard-bis, à croire qu’ils en font l’élevage, à #RSF) demande au gouvernement français « une défense ferme » , etc.

    La plupart des médias hexagonaux se déclarent solidaires de la journaliste de l’Obs, mais se gardent de publier l’article qui a ulcéré Pekin.

    Le magazine Challenge s’étonne de l’adhésion du peuple chinois à la réaction chinoise : http://www.challenges.fr/media/20151228.AFP1401/chine-les-medias-et-le-gouvernement-saluent-l-expulsion-d-une-journaliste

    « Chine : 95% des internautes "soutiennent l’expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle.
Selon un pointage réalisé lundi soir, 202.318 votes sont en faveur de la décision d’expulsion, soit 94,4% du total.
La plupart des internautes chinois n’ont cependant pas pu lire l’article de la journaliste, non traduit intégralement en mandarin et désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte #censure des contenus en ligne. »

    La plupart des citoyens français ne l’ont pas lu non plus. Il n’est même pas sûr que tous les journalistes qui font corps l’ont lu. Probablement des extraits. Pour combler cette lacune, LGS vous invite donc à lire l’article dans son intégralité :http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151117.OBS9681/apres-les-attentats-la-solidarite-de-la-chine-n-est-pas-sans-ar
    A présent, nous allons en examiner quelques détails ensemble.
    Ursula Gauthier  : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng [le 18 septembre 2015] ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée ». En effet, « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïgours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation ... »

    Traduire « s’en était pris » par « ont massacré plusieurs, dizaines de... » . Comprendre dans le « probablement »  que la journaliste n’en sait rien, mais il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure sur laquelle les historiens nous en diront plus un de ces quatre, mais dont il semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient pas responsables.

    Et encore : « Mais pour #Pékin qui refuse de reconnaître sa propre responsabilité dans la montée de l’exaspération de ses minorités, la multiplication récente des incidents sanglants au #Xinjiang ne peut être que l’œuvre d’une organisation #djihadiste internationale. »
    Si vous êtes joueur, remplacez dans la phrase ci-dessus, Pékin par Paris, Xinjiang par #Bataclan et calculez à quelle heure le #RAID va débarquer chez vous, vous plaquer à terre et vous déboiter l’épaule devant vos enfants.

    Et encore : « Le hic, c’est que de nombreux experts doutent que l’ETIM [mouvement terroriste ouïgour] soit ce groupe cohérent et dangereux décrit par la Chine. Certains vont même jusqu’à douter de son existence. Après les attentats du 11 septembre, George Bush, désireux par dessus tout de nouer une alliance avec Pékin, avait accepté d’inscrire l’ETIM sur sa liste des organisations terroristes. Aujourd’hui, il ne figure plus sur cette liste ».
    Notez : de « nombreux experts » (Lesquels ?) doutent de l’existence de ce groupe naguère inscrit sur la liste des organisations terroristes par G. W. Bush dont on connaît la faiblesse, la naïveté et le refus de créer une CIA ou une NSA pour lui ouvrir les yeux.
    Ursula Gauthier invoque aussi comme explication « la #radicalisation de jeunes poussés à bout par la répression impitoyable qui écrase tous les aspects de la vie des Ouïgours : culture, langue, religion, accès à l’éducation, au travail, voire à un simple passeport ». 

    Le problème est que ce genre d’affirmations a déjà été avancé pour le #Tibet et que les observateurs pour qui le goût de la vérité journalistique l’emporte sur la #sinophobie ont démontré qu’elles étaient fausses (Voir mon livre : « Le #dalaï_lama pas si zen » , éditions Max Milo, 2011). Elles entrent en contradiction avec d’autres informations. Par exemple, dans son livre publié chez Denoël, « Les Chinois sont des hommes comme les autres » , Zheng Ruolin, grand ami de la France où il a vécu une vingtaine d’années, révèle que dans le Xinjiang, quand l’assemblée des élus se réunit il faut 5 interprètes pour qu’ils se comprennent. Cinq langues pratiquées, donc.
    L’article d’Ursula Gauthier est un article à charge contre le gouvernement chinois. Et pourquoi pas ? C’est son droit. Il n’a jamais été exigé (et c’est heureux) aux correspondants de presse occidentaux d’adhérer au PCC.

    Cette correspondante de l’Obs a même le droit (tenez-vous bien), de trafiquer un peu la réalité, de manipuler le lecteur, de parer des atours de l’information un texte de propagande que des terroristes ne renieraient pas. En France, on est habitué à ça. Le Grand Soir, Acrimed, Investig’action (pour ne citer qu’eux) en font régulièrement la démonstration.

    Mais dans ce cas précis se posent trois problèmes spécifiques  :

    1- Ursula Gauthier escamote la réalité d’un terrorisme ouïgour. Les autorités chinoises, en butte à une minorité de Ouïgours musulmans contaminés par les propagandistes d’#Al_Qaida à travers leurs centaines de kilomètres de frontière poreuse avec le Pakistan (et une autre, plus courte, avec l’Afghanistan) doivent faire face à un terrorisme réel, sanglant, appuyé depuis l’étranger. Les USA déploient (financent), via la National Endowment for Democracy (#NED) plusieurs programmes en direction du Xinjiang (comme en direction du Tibet d’ailleurs, ces deux régions voisines étant chacune un talon d’Achille de la Chine). La plupart des figures historiques de la CIA ont siégé un jour ou l’autre au Conseil d’administration ou à la direction de la NED, dont John Negroponte, nommé ensuite ambassadeur en Irak occupé, puis, de retour aux USA, big chief de tous les services de renseignements US (à ce titre, c’est lui qui avait la charge de nommer le directeur de la CIA).
    • La responsabilité d’un commando ouïgour est établie dans l’attaque d’un poste de police le 4 août 2008 au moment des jeux Olympiques de Pékin dans le Xinjiang : 16 morts.
    •  Le 28 octobre 2013, un commando ouïgour commet un attentat sur la place #Tian’anmen à Pékin : 5 morts et 40 blessés.
    • Le 1er mars 2014, un commando ouïgour commet un attentat à la gare de Kunming, capitale du Yunnan : 29 tués au couteau et 130 blessés.
    • Le 18 septembre 2015 donc, c’est l’assassinat d’une cinquantaine de mineurs.
    Policiers, touristes et promeneurs, voyageurs, travailleurs, telles sont les catégories de victimes dont on serait étonné d’apprendre qu’elles ont commis un abus, une injustice, une expropriation au Xinjiang avant d’être rassemblées par pas-de-chance sur le lieu de leur mort.

    2- Dans une vidéo, Ursula Gauthier se défend http://www.lemonde.fr/actualite-medias/video/2015/12/28/chine-entretien-avec-la-correspondante-de-l-obs-sur-le-point-d-etre-expulsee
    en disant qu’à aucun moment elle n’a approuvé le terrorisme. Certes, mais à aucun moment elle ne l’a dénoncé, à aucun moment elle n’a exprimé de la compassion envers les victimes, à aucun moment elle n’a eu une once de compréhension pour le gouvernement chinois qui prend des mesures (trop nombreuses, trop tatillonnes, trop brutales ?) pour préserver sa population des attentats et massacres aveugles contre des innocents.

    A aucun moment elle n’a des mots d’amitié pour le peuple chinois, sentiment qu’elle revendique un mois après son article militant, à quelques jours de l’expiration de son visa.

    Comment croire en effet à la sincérité de son amour (tardif et brisé) qu’elle clame dans une vidéo (ci-dessus) sous l’avalanche des reproches et dont les mots sont en contradiction avec le ton de son article, lequel est consacré à trouver, sinon des excuses, tout au moins des « justifications » aux actes sanglants ? Comment parier un yuan sur son objectivité quand pas un mot de son article n’est de nature à irriter les tueurs ?

    Si les mots « terroristes » ou « terrorisme » reviennent 17 fois dans son article, c’est toujours, entre guillemets.
    Et qui se douterait, à la lire, que des combattants Ouïgours ont rejoint #Daesh en Syrie ? 
Pour y retrouver leur langue et la maison dont ils ont été expropriés ? Par horreur de l’autorité, poussés à bout par l’impossibilité d’obtenir un passeport ? C’est cela-même ; évitons, avec l’Obs, de les confondre avec les terroristes qui ravagent la Syrie et qui envoient en Europe leurs métastases.

    3- Si Ursula Gauthier avait écrit sur les attentats terroristes de Paris _ (janvier et novembre) ce qu’elle a écrit sur les attentats au Xinjiang, elle aurait eu à en répondre devant la Justice française et elle aurait été licenciée par son journal, avec l’approbation des médias et dans le silence de RSF.

    Car, rappelons-nous Charlie Hebdo, ce n’est pas si vieux

    Des fous du même métal que les fanatiques ouïgours se sont livrés à un massacre odieux à Charlie Hebdo. Et, dans la France saisie d’effroi et de pitié, pas une seule Ursula Gauthier ne s’est avisée d’écrire ce qu’elle écrit des massacres aveugles en Chine. Pas un seul journaliste n’a mis alors des guillemets à terroristes !

    En janvier 2015, le gouvernement français a demandé qu’une minute de silence soit observée dans les écoles. Les cas de non respect ont été signalés. Ecoutons la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 14 janvier 2015, à l’Assemblée nationale (Questions au gouvernement) : http://www.dailymotion.com/video/x2eq7hn_najat-vallaud-belkacem-je-mobilise-la-communaute-educative-pour


      « S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés. Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. »

    La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a publié une circulaire demandant aux procureurs de la République de faire preuve d’une « extrême réactivité » et de « fermeté ». 
    • Un enfant de 8 ans a été conduit au commissariat pour ne pas avoir voulu « être Charlie » et pour avoir parlé de terroristes, mot dont il s’est avéré qu’il ne connaissait pas la signification.
    • Un basketteur professionnel, Akin Akingbala, pivot nigérian de l’équipe de Rouen, a été mis à la porte de son club sportif le 17 février pour un message privé repris sur le réseau social Twitter. Celui-ci, écrit à l’origine par un journaliste britannique, disait en anglais « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort.... ».
    • Le mensuel Le Monde Diplomatique de Janvier 2015 signale que la répression va de « l’inculpation de jeunes pour des dessins (oui !) à la condamnation à Grenoble à six mois de prison ferme d’un déficient mental »
    • Un homme de 28 ans qui avait crié à l’adresse de policiers : « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé » , a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère. 
    • Le quotidien Ouest France du 14 janvier 2015 nous apprend que « Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo il y a une semaine, d’après le ministère de la Justice ».

    Les rigolos, les ivrognes, les bravaches, qui se défoulent avec des plaisanteries de mauvais goût sur le sujet sont jugés sans tarder. Une dizaine de condamnations - plutôt lourdes - sont prononcées dans les jours qui suivent.

    C’était la France traumatisée de janvier 2015, celle qui sentait le Patriot act, celle où un message privé, un mot dans la rue, un article pouvaient vous conduire devant un tribunal.
    Pour Ursula Gauthier , si la Chine « une société qui n’éprouve que peu de sympathie pour le reste du monde » (mais qu’elle adôôôre, découvre-t-elle en bouclant ses valises) s’est associée en novembre à la douleur de la France c’est pour obtenir « en retour le soutien de la communauté internationale dans ses propres démêlés avec sa minorité la plus remuante : les Ouïgours du Xinjiang ». 

    D’où le titre de l’article d’Ursula Gauthier dans l’Obs : « Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées ».

    A croire que le rassemblement des chefs d’Etat pour Charlie Hebdo à Paris était dépourvu d’arrière-pensées.
    Si la presse française traverse une crise grave, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l’Etat, la conjoncture n’explique pas tout : la profession est largement discréditée et nous venons de mieux comprendre pourquoi, grâce à Ursula Gauthier. Le péché mortel d’un journaliste est de croire qu’il est intellectuellement supérieur à tous ses lecteurs, que ceux-ci n’ont aucun moyen de vérifier ce qu’il écrit ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé et un coeur froid.

    Et ces silences !
    Comment faire comprendre au lecteur la nervosité de Pékin face aux terroristes islamistes et aux séparatistes si l’on ne lui dit pas que le Xinjiang est la seconde région productrice de pétrole du pays, qu’il fournit un tiers de la consommation nationale en gaz naturel, qu’il est le premier producteur de charbon avec 40% des réserves nationales. On y trouve le plus grand gisement d’uranium du pays. Ajoutez à cela les passages de gazoducs et d’oléoducs et vous en saurez plus sur le Xinjiang.

    Ah, vraiment, il n’est pas besoin d’avoir la nostalgie de la Révolution culturelle, du Grand Timonier, Grand Commandant en Chef et Grand Pilote, de vouloir importer en France le système politique, médiatique, policier, judiciaire, culinaire (je fais référence aux insectes grillés et aux brochettes de scorpions, pas à la Tsingtao) chinois pour se démarquer de cette journaliste et pour ne pas rejoindre la meute qui regrette son expulsion alors qu’il urge surtout de dénoncer ce qu’elle écrit et son manque de probité qui est pointé par une grande partie des Internautes... sur le site de l’#Obs.

    Ah, madame Gauthier, comme vous nous dites bien que vous vous en f... des 50 mineurs massacrés à la machette, 50 #prolos qui travaillaient pour nourrir leur famille, mais qui, aux yeux « d’assassins que craignent les panthères et dont tremble un poignard quand leurs mains l’a touché » (Aragon) présentaient les défauts rédhibitoires qui attisent les haines et qui leur ont été signifiés par des cris : « On est chez nous ! » et « Allahou akbar ! ». Probablement, comme vous diriez.

    PS *. Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’#Ursula_Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au #Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les #pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

    Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des #Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le #nationalisme, le #racisme, l’#intégrisme_religieux, la #sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois.

    Mais, puisqu’elle rentre en France, je conseille à l’Obs (par gentillesse) de ne pas lui commander des articles sur le #terrorisme, calqués sur sa vision pékinoise du problème.
    http://www.legrandsoir.info/pourquoi-ursula-gauthier-de-l-obs-a-du-quitter-la-chine-et-pourquoi-on

    Maxime Vivas
    Site Le Grand Soir

  • La République dominicaine se dirige-t-elle vers une guerre contre les Haïtiens ?
    The Dominican Time Bomb - Jonathan M. Katz - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2015/07/02/magazine/the-dominican-time-bomb.html

    the intensity of the hatred and violence long directed against Haitian immigrants and Dominicans of Haitian descent in Medina’s country — and against anyone black enough to be confused for either — is staggering, like something out of Mississippi in the 1890s, or Europe before World War II.

    #Haïti #République_dominicaine #racisme #pogroms

    More than 200,000 of the haitianos slated for expulsion were born in the Dominican Republic. Many of the approximately 450,000 others have lived nearly all their lives in the country and have tenuous ties to Haiti at best.

  • A contemporary account of the German pogroms of November 1938 - World Socialist Web Site

    http://www.wsws.org/en/articles/2014/01/07/kris-j07.html

    Shortly after the November 1938 pogroms, journalist and historian Konrad Heiden wrote a work entitled Night Oath, in which he gave a detailed account of the horrific events marking the transition from social discrimination to the systematic brutalization and persecution of Jews in Germany.

    Heiden’s study is based on numerous eyewitness reports collected by the Jewish Central Information Office and the exiled Social Democratic Party, foreign press articles, and an analysis of the Nazi press. It appeared in early 1939 under the title of The New Inquisition in English, Tyskland i fara in Swedish and Les vêpres hitlériennes in French. A Dutch edition was planned, but it was eventually banned by the Dutch prime minister, in order to avoid harming Holland’s relations with Nazi Germany.

    #allemagne #nazis #pogroms