• « L’Etat a bien nationalisé l’assurance-chômage », Jean-Michel Bezat
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/04/l-etat-a-bien-nationalise-l-assurance-chomage_5431115_3232.html

    En reprenant la main après l’échec des négociations sur la convention Unédic, Emmanuel Macron est le premier président à aller au bout de la logique du toujours plus d’Etat, souligne notre journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.

    Chronique. Dans le panthéon de l’histoire sociale, deux figures tutélaires se font face et s’opposent : Otto von Bismarck et William Beveridge. A la fin du XIXe siècle, le chancelier allemand (1815-1898) a créé des assurances sociales financées par des cotisations assises sur les revenus du travail. L’économiste britannique (1879-1963), lui, a pensé en 1942 un Etat-providence alimenté par l’impôt, moins généreux mais universel. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France s’est surtout inspirée du modèle allemand pour fonder la Sécurité sociale, sans renoncer à un idéal d’universalité qui en a fait un système hybride.

    Le gouvernement se tourne désormais vers Beveridge avec le « système de solidarité » proposé par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Puisque les droits ne sont plus attachés à un statut social fixe mais à une personne au parcours professionnel plus erratique, analyse le chef de l’Etat, « la protection sociale doit désormais se fonder sur l’individu pour ne laisser personne au bord de la route ». Une philosophie qui s’est imposée pour l’assurance-maladie ou les prestations familiales, et qui vient de s’étendre à l’assurance-chômage.

    Une bonne dose de mauvaise foi

    Car l’Etat a bien « nationalisé » l’assurance-chômage, même si celle-ci reste pour une part financée par les revenus du travail. Le mot a été lâché par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, après l’échec des négociations patronat-syndicats, incapables de s’accorder sur une nouvelle convention pour l’Unédic, qui croule sous une dette de 35 milliards d’euros (financée grâce à la garantie de l’Etat). M. Macron les a tancés, jeudi 21 février : « On est dans un drôle de système où chaque jour, dans le pays, on dit “corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire” et, quand on donne la main, on dit : “Pardon Monsieur, c’est dur, reprenez-la.” »

    Il lui faut une bonne dose de mauvaise foi pour imputer cet échec aux partenaires sociaux. Il ne les a pas « laissé faire », puisqu’il leur a imposé, avant le début des négociations, une lettre de cadrage prévoyant 1 milliard d’euros d’économies par an et un malus pour les entreprises abusant des contrats courts. Il faut aussi un zeste de cynisme pour invoquer les corps intermédiaires, lui qui en a fait si peu de cas depuis son élection. En reprenant la main, M. Macron est le premier président de la République à aller au bout de la logique du toujours plus d’Etat et à tirer les leçons d’une tendance à l’œuvre depuis belle lurette.

    Les pères fondateurs de l’Etat-providence, en 1945, voulaient qu’il soit géré par les salariés. Ils lui assignaient pour mission de « débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain » grâce au remboursement des soins, aux allocations familiales et aux pensions. Des régimes vraiment paritaires sont vite apparus avec l’Agirc (retraite complémentaire des cadres) dès 1947, l’Unédic en 1958 et l’Arrco en 1961, accompagnant la société salariale des « trente glorieuses ». Avant que l’insécurité sociale n’envahisse la société entière dans les années 1980 et n’oblige l’#Etat_social à couvrir de nouvelles populations.

    La fin d’une chimérique démocratie sociale

    Plus personne ne pleure l’esprit des ordonnances de 1945 sur la « Sécu ». A-t-on vu les « gilets jaunes », qui réclament surtout une démocratie participative de nature politique, regretter la fin d’une chimérique démocratie sociale ? Dès 1962, l’élection des administrateurs des caisses a été supprimée ; réintroduite par la gauche en 1983, elle n’a pas résisté au désintérêt croissant des salariés pour les scrutins professionnels.
    La gestion patronat-syndicats n’a pas connu meilleure fortune : elle a progressivement disparu dans les quatre branches de la Sécurité sociale et ne subsiste qu’à l’Arrco et à l’Agirc, où elle est condamnée par la création prochaine d’un régime de retraite couvrant l’ensemble de la population.

    Les chômeurs et les précaires ont afflué à Pôle emploi et aux guichets de l’aide sociale, les malades présentent des ordonnances toujours plus coûteuses, les retraités sont déjà 16 millions… La protection sociale est devenue un bien commun à spectre large. Son mode de financement a été élargi à l’ensemble des revenus avec la CSG, sa gouvernance de facto assurée par l’Etat, son budget encadré par le vote annuel d’une loi de financement au Parlement et placé sous l’œil du ministère des comptes publics… et de Bruxelles.

    Réduire les indemnités chômage des cadres

    A qui fera-t-on croire que les partenaires sociaux, si peu représentatifs, ont vocation à gérer 730 milliards d’euros de prestations, plus de deux fois le budget de l’Etat ? Avec les « ordonnances Pénicaud » sur le code du travail, M. Macron a commencé à « dénationaliser » les négociations sociales (temps de travail…) en les ramenant au niveau des branches ou des entreprises. Dans un mouvement inverse, il « nationalise » la protection sociale. Avec tous les risques politiques d’une reprise en main, qui l’oblige à assumer les décisions difficiles.

    Une première épreuve l’attend. Dans le cadre de la nouvelle convention Unédic définie par décret à l’été, le gouvernement envisage ainsi de réduire les indemnités chômage des cadres, les plus généreuses d’Europe, avec un plafond de 7 750 euros brut par mois. Nul doute que la mesure sera applaudie par les salariés du bas de l’échelle ; et qu’elle scandalisera une partie de l’électorat de M. Macron. L’autre avis de gros temps est annoncé pour la fin 2019, quand il déclenchera le big bang de la réforme des retraites.

    Les syndicats érigent volontiers le modèle beveridgien en épouvantail, symbole de prestations a minima. Il l’est, si l’on prend la version britannique ; beaucoup moins, si l’on constate la générosité des systèmes scandinaves, eux aussi financés par l’impôt. C’est des pays nordiques que M. Macron dit vouloir s’inspirer pour mieux utiliser le « pognon de dingue » de l’#Etat-providence. Cette inspiration est plutôt rassurante pour la France, où il joue un rôle majeur dans la réduction des inégalités. Mais où il est aussi un frein à la mobilité sociale.

    #chômeurs #précaires #Pôle_emploi #retraites #revenu #unedic #droits_sociaux #droit_auchômage


  • Le collectif chômeurs et précaires de Toulouse continue ses actions “coup de poing”, Sylvain Duchampt
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/collectif-chomeurs-precaires-toulouse-continue-ses-acti

    Nouvelle action du collectif chômeurs et précaires à Toulouse. Cette fois, c’est l’agence de Bellefontaine qui a été envahie. Pour le collectif la surveillance et les sanctions des chomeurs prévues dans la réforme de l’assurance chômage ne sont pas acceptables. 

    Après l’Agence Pôle Emploi Place Occitane puis celle de Jolimont, le collectif chômeurs et précaires de Toulouse ont ciblé l’agence de Bellefontaine en fin de matinée. 

    Ce collectif en lien avec le mouvement des Gilets Jaunes veut "la fin de la criminilisation des chômeurs et des précaires par le gouvernement".

    « Il y 6 millions de chômeurs en France et seulement 600 000 offres à Pole Emploi, dénonce Bérengère. Nous réclamons l’arrêt des contrôles à Pôle Emploi et l’abrogation du décret du 30 décembre. En revanche, nous souhaitons le rétablissement de l’Impôt sur la fortune, la suppression du CICE. Il faut aller chercher l’argent là où il est ! »

    Cette militante ne croit pas au Grand Débat lancé par Emmanuel Macron ? « Je n’ai plus aucune confiance dans ce gouvernement qui pratique un enfumage systématique et impose une violence sociale sans précédent, explique-t-elle »

    D’autres actions dans les prochains jours sont d’ores et déjà annoncés par le collectif chômeurs et précaires de Toulouse.

    #Pôle_Emploi #chômeurs #précaires #luttes



  • Assurance-chômage : faut-il vraiment faire des économies ?
    https://www.latribune.fr/economie/france/assurance-chomage-faut-il-vraiment-faire-des-economies-808702.html

    Un constat qui pourrait mettre du plomb dans l’aile à l’argument du gouvernement, selon lequel l’#assurance_chômage souffre d’un #déficit « structurel ». Pour François Hommeril, "la #dette actuelle de l’Unédic n’est due qu’à la dévolution par l’Etat de ses propres obligations financières à l’assurance chômage" . De quoi pousser les partenaires sociaux à demander une « réétatisation » totale du financement de #Pôle_emploi ? Selon Patricia Ferrand, l’approche devrait se faire plus mesurée :

    « Les partenaires sociaux ne remettent pas en cause la légitimité de la contribution de l’Unédic au budget de Pôle emploi, qui concourt à la bonne prise en charge des chômeurs et au retour à l’emploi. En revanche, ils demandent un rééquilibrage de l’effort financier, à part égale entre l’Etat et l’Unédic. »

    Une répartition égalitaire du financement permettrait à l’Unédic de réduire sa contribution d’un milliard d’euros par an, soit... le montant d’économies demandées à l’assurance chômage par le gouvernement. Ce qui a conduit les partenaires sociaux à lier la réforme de l’assurance chômage à la nouvelle négociation « tripartite » sur la programmation budgétaire de Pôle emploi, qui s’est ouverte pour la période 2019-2022. Dans une déclaration commune de novembre dernier, ils ont ainsi demandé à revenir sur la règle du financement automatique de Pôle emploi par l’Unédic, pour entrer dans une « logique de gestion pluriannuelle ». Celle-ci permettrait de mieux adapter le budget de Pôle emploi à la conjoncture, et d’introduire une éventuelle règle d’égalité de financement entre l’Etat et l’Unédic.

    Mais il est loin d’être sûr que l’Etat consente à cet effort financier, qui le conduirait à reprendre à sa charge une partie du déficit généré par la politique de l’emploi. Pour Mme Ferrand, "le scénario a pu être envisagé par les ministères, mais il est impossible de dire si c’est encore le cas aujourd’hui". La conclusion de la convention tripartite, qui devrait intervenir en avril, montrera de quel côté la balance a penché.

    #fabrication_de_la_dette_publique


  • Contrôle des chômeurs : les agences Pôle emploi sous tension - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/economie/controle-des-chomeurs-les-agences-pole-emploi-sous-tension-25-02-2019-801

    Le renforcement des contrôles et des sanctions vis-à-vis des chômeurs crée des crispations dans les agences. Plusieurs ont été la cible des mouvements de colère.

    Des ordinateurs endommagés, des téléphones inutilisables… et plus de 3 000 euros de dégâts. Le 15 février dernier, l’intrusion d’un petit groupe d’une quarantaine de personnes dans les locaux de la plate-forme de Pôle emploi spécialisée dans les contrôles des chômeurs à Chantepie, près de Rennes (Ille-et-Villaine) a laissé des traces.

    Fin janvier, à Saint-Étienne, des chômeurs et des militants associatifs et syndicaux ont débarqué dans une agence quand vendredi dernier, ce sont des sites de Pôle emploi à Paris (dans le XVIIIe arrondissement), Toulouse (Haute-Garonne), Ussel (Corrèze), Lyon (Rhône-Alpes), Besançon (Franche-Comté) ou Nantes (Loire-Atlantique) qui ont été ciblés par des groupes de trente à soixante personnes.

    Des « envahissements » où l’on retrouve pêle-mêle des militants d’extrême gauche, d’associations historiques de défense des chômeurs comme Agir ensemble contre le chômage (AC !), mais aussi de la CGT, de Sud solidaires et même quelques Gilets jaunes. Comme le constate Pôle emploi, ces opérations se passent la plupart du temps de manière pacifique mais reflètent un contexte de crispations grandissantes tant du côté des chômeurs que des salariés.

    #chômeurs #sanctions #radiations #allocation #droit_au_chômage #Pôle_emploi #occupation



  • ARTE Regards - Camgirls
    Le business du cyberporno en Europe de l’Est
    https://www.arte.tv/fr/videos/079475-013-A/arte-regards-camgirls

    À Budapest, Szandra gagne sa vie comme webcam-girl : elle se dévêt devant une caméra sous le regard d’internautes anonymes du monde entier, qui la payent pour réaliser en direct leurs fantasmes sexuels. Derrière l’illusion de l’argent facile, le prix à payer est élevé : sur chaque euro dépensé par ses clients, elle ne touche que 30 centimes. Sans compter les conséquences psychologiques...

    Selon la jeune femme de 25 ans, difficile de garder foi en l’humanité quand on exerce ce « métier ». Or, les bas salaires et la crise du marché du travail poussent de plus en plus de femmes d’Europe de l’est, souvent diplômées, à se lancer dans cette branche florissante de l’industrie du sexe, qui concurrence celle du #porno.

    #cyberporno

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=76&v=XHyd11BOvHg


    les deschiens : la brouette espagnole

    • Dernière page du n°173 de @cqfd un article de Tiphaine Guéret, illustré par Kalem.

      Le service public vous soutient – Quand Pôle emploi fricote avec l’industrie du sexe > Lorsque l’État décide de passer un coup de rabot sur les chiffres du chômage, il ne fait pas dans la dentelle. Et autorise même #Pôle_emploi à dénicher des recruteurs dans les salons de massages érotiques et autres bars à hôtesses. Une façon comme une autre de s’attaquer au chômage de masse.

      http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no173-en-kiosque

      Avec un renvoi vers un entretien de morgane Merteuil (2014) dans la revue Vacarme @vacarme
      https://vacarme.org/article2599.html#nh2-2

      On a accusé le #Strass de faire le jeu du libéralisme en étant contre l’abolition de la prostitution, de participer à une réification des corps et des désirs …

      C’est complètement idiot de croire que dans une société capitaliste néo-libérale, il y aurait des sphères qui pourraient lui échapper. Les relations sexuelles ont une valeur d’échange, elles participent directement des flux du capitalisme, et il faut le prendre en compte. Lutter contre ne passe pas par un décret ou une déclaration. Finalement, c’est refuser de le prendre en compte qui fait le jeu du libéralisme. Notre but est d’insérer les travailleurs du sexe dans le cadre de la législation, afin d’assurer la même protection à tous les travailleurs. Par exemple, il est très difficile pour une travailleuse du sexe de trouver un logement parce que son propriétaire sera considéré par la loi comme un proxénète. Donc elle se tournera vers le marché clandestin, et là c’est le libéralisme le plus fou qui règne. La question n’est pas morale, elle est économique.

      Conclusion du papier de T.Guéret dans ce n° 173 de CQFD ( en vente partout )

      Au regard du durcissement des mesures qui visent les chômeurs, le fait que Pôle emploi intègre à son panel d’offres celles qui proviennent de l’industrie du sexe a de quoi inquiéter. Un dilemme de plus pour ces chômeurs et chômeuses : se désaper ou être radié·e ?

      @tradfem
      #industrie_du_sexe


  • Les #chômeurs bientôt contrôlés 24h/24 ?

    « Le respect des droits des chômeurs dépend de plus en plus de leur ténacité, se désole une conseillère. J’ai souvenir d’une personne à qui Pôle emploi certifiait qu’elle avait eu un trop perçu. Elle a téléphoné, écrit, rencontré une médiatrice, a finalement été reçue par un responsable départemental qui a finalement reconnu qu’elle avait raison. Quelqu’un de moins tenace aurait baissé les bras, et remboursé la somme qui lui était pourtant due. »

    Un autre outil de contrôle devrait être expérimenté à partir du mois de juin. Il a fait bondir les conseillers : il s’agit d’un carnet de bord numérique, que les demandeurs d’emploi devront remplir chaque mois à l’occasion du renouvellement de leur inscription. Le maintien de l’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi est subordonné à la mise à jour de ce carnet de bord. « Il faudra que les gens justifient de 35 heures de recherche active, s’indigne Daniel. Certains contrôleurs ne vont pas faire de cadeaux. Ça va vraiment être très violent. Tout ça pour faire baisser les chiffres du chômage. »

    #PôleEmploi #contrôle #sanction #chômage

    https://www.bastamag.net/Cela-va-vraiment-etre-tres-violent-des-agents-de-Pole-emploi-reagissent-au


  • Radiations : « Pôle Emploi verse d’une main des indemnités et les reprend de l’autre » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/23/radiations-pole-emploi-verse-d-une-main-des-indemnites-et-les-reprend-de-

    Depuis décembre, l’organisme peut supprimer les allocations aux demandeurs jugés pas assez actifs. Une démarche de renforcement des contrôles qui exaspère les usagers.

    « Pôle Emploi, c’est l’ami dont tu espères ne jamais avoir de nouvelles. » Surtout pour un #contrôle. Tour à tour au #chômage et en emploi #précaire depuis dix ans, Cécile, Nantaise de 40 ans, était déjà amère envers #Pôle_Emploi. La rupture a fini d’être consommée l’an passé : « Je débutais une formation, et là, on m’informe que je suis contrôlée. Ça m’a pris un temps fou pour fournir tous les justificatifs. »

    En fin de compte, l’organisme d’indemnisation et de placement des demandeurs d’emploi juge les démarches de recherche de cette chargée de mission suffisantes. La procédure s’arrête donc net. Pas de radiation temporaire. Ni d’allocations supprimées, comme peuvent le craindre les chômeurs perçus comme pas assez zélés. Longtemps restée théorique car relevant de la compétence des préfets, cette seconde menace est devenue bien réelle depuis la parution, fin décembre, d’un décret. Ce dernier est issu du projet de loi de septembre pour la liberté de choisir son avenir professionnel, transférant ce pouvoir à Pôle Emploi.

    « Jusqu’à présent, l’allocation n’était que suspendue le temps de la radiation, explique l’administrateur de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), Jean-Paul Domergue. Désormais, c’est une suppression pure, sauf lorsqu’il s’agit du tout premier manquement pour absence à un rendez-vous en agence. » Quand il se réinscrit, le chômeur a donc perdu une partie de ses droits à l’indemnisation. Autre changement, ce même décret allonge aussi la sentence lorsque les « actes positifs » pour retrouver un emploi sont jugés insuffisants (si le chômeur refuse à deux reprises une « offre raisonnable d’emploi » ou est incapable de justifier sa recherche) : de quinze jours, la radiation passe à un mois dès le premier manquement (deux mois au deuxième, quatre au troisième). La pénalité est en revanche réduite à un mois (contre deux auparavant) pour un rendez-vous zappé lors du premier manquement.

    Equipe des « radiateurs »
    Cette fois-ci, Cécile y a donc échappé. « Mais, avec tout ça, je n’ai pas eu le temps de trouver un contrat de qualification et j’ai dû laisser tomber ma formation », souffle-t-elle. Depuis, pas de nouvelles de Pôle Emploi, sauf quelques offres « pas vraiment adaptées » : « Parce que j’ai bossé dans la formation et que je parle plusieurs langues, ils m’ont déjà proposé un poste de formateur boucher parlant turc. C’en est risible, mais à la longue c’est désespérant », rage-t-elle. Cet hiver, Geoffroy, la trentaine, au RSA, a aussi eu affaire au service de contrôle des demandeurs d’emploi. A la recherche d’un poste de psychologue en région parisienne, il a dû argumenter plus longtemps avant que Pôle Emploi ne le lâche.

    Après avoir rempli un questionnaire, envoyé des preuves de recherche, il est convoqué pour un entretien téléphonique « au ton très policier » au cours duquel un agent de contrôle l’interroge sur ses motivations. Lorsque ce dernier lui propose un atelier pour identifier son « profil de compétences », il botte en touche. « J’en avais déjà fait un, on m’avait sorti que j’avais un bon relationnel et j’ai fini par recevoir des offres pour faire hôte d’accueil », se souvient-il. Ce refus, selon lui, a pu jouer en sa défaveur. Quelques jours plus tard, il reçoit une lettre d’avertissement avant radiation. « J’avais pourtant répondu à l’intégralité des offres du site de Pôle Emploi dans mon domaine en Ile-de-France », peste-t-il. Quelques recours plus tard, il réussit à faire annuler la décision. Pour Viviane, bientôt 50 ans, bénéficiaire de l’allocation de solidarité spécifique (environ 500 euros par mois), en revanche, la mauvaise nouvelle est tombée début janvier. Les éléments fournis à Pôle Emploi n’ont pas suffi à convaincre le #contrôleur de sa bonne volonté. « Je lui ai pourtant dit que mon bassin d’emploi est sinistré, que ma mobilité est limitée, ce qui restreint mes recherches, que je postule à des offres même au smic », grince-t-elle.

    Bête noire des chômeurs, le service de contrôle des demandeurs d’emploi a été généralisé en 2015 à toute la France, après une première expérimentation. Son but : vérifier que les inscrits à Pôle Emploi, qu’ils soient indemnisés ou non, se donnent bien les moyens de retrouver un travail. Mais pas que. « On ne contrôle pas pour sanctionner, mais aussi pour faire un électrochoc aux demandeurs, les remettre sur le chemin, assure-t-on à la direction de Pôle Emploi. Cela peut avoir un effet redynamisant. » Même si, reconnaît l’organisme dans une note de 2018, « ces situations de redynamisation » ne représentent que « 5 % de l’ensemble des contrôles ». En fin de course, selon cette même note, 14 % des personnes contrôlées de manière aléatoire sont radiées. En 2016, les enquêtes de Pôle Emploi ont abouti à 20 000 radiations (la plupart pour quinze jours). Ce qui, selon la CGT, ne veut pas dire qu’ils sont tous tire-au-flanc, « l’immense majorité des personnes privées d’emploi cherch[a]nt à travailler dignement ». Des chiffres qui devraient logiquement, au fil des mois, gonfler sous l’effet du renforcement de l’équipe des « radiateurs », sobriquet répandu en interne pour nommer ces agents dédiés à la surveillance.

    A peine plus de 200 fin 2017, ils sont désormais 600 et vont passer à 1 000 à moyen terme. Un « métier porteur », vantait un document présenté dans les agences au moment du recrutement interne. « On a voulu dissocier le contrôle et l’accompagnement pour ne pas biaiser la relation de confiance avec les demandeurs d’emploi, explique-t-on du côté de la direction de Pôle Emploi. Désormais, les conseillers chargés du suivi des demandeurs d’emploi n’ont plus aucune mission de contrôle. » A une nuance près : ces derniers peuvent toutefois « signaler » des dossiers à leurs collègues contrôleurs. Ce qui ne représente que 9 % des inspections, les autres étant réalisés après une sélection aléatoire (42 %) ou un travail ciblé sur certains critères (49 %). Mais « le nombre de signalements tend à s’accroître », note Pôle Emploi dans une note de 2018. De quoi écorner un brin le rapport de confiance. Ou inviter à une grande prudence. « Il faut avoir un bon relationnel avec ton conseiller », explique Rémy, 24 ans, du Pas-de-Calais. Il jongle entre intérim, CDD et allocs chômage. Après trois radiations pour rendez-vous manqué, il ne veut plus s’y laisser prendre. Il a des « combines ». « Le 31 décembre, j’ai envoyé un mail pour souhaiter un bon réveillon à ma conseillère », raconte-t-il, sûr de son coup.

    « Ça m’a démotivé »
    Aux commandes du site Recours radiation, qui vient en aide aux demandeurs d’emploi, Rose-Marie Pechallat, ex-salariée de Pôle Emploi, s’insurge face aux nouvelles prérogatives accordées à l’organisme, ce dernier devenant « juge et partie : d’une main il verse des indemnités, de l’autre il les reprend ». Et ce d’autant plus que les critères permettant de trancher les cas sont, selon elle, trop « imprécis et artificiels ». Faux, répond Pôle Emploi, qui liste les différentes étapes - analyse du dossier, questionnaire par voie postale, analyse des réponses, échange téléphonique et, en dernier recours, entretien physique - qui « laissent une large place aux débats contradictoires ». Loïc, 19 ans, de Saône-et-Loire, lui, n’a pourtant « rien compris ». Inscrit à Pôle Emploi sans être indemnisé, il dit avoir été très actif. « Je faisais tous les ateliers qu’on me proposait, j’avais même un accompagnement renforcé. Et un jour, je reçois une lettre d’avertissement avant radiation car je ne serais pas assez impliqué. » Dans la foulée, il rapplique à son agence, où on lui indique qu’il est déjà radié. Le jeune homme cherche à comprendre, puis lâche vite l’affaire : « Ça m’a démotivé. Je me suis dit que ça irait aussi vite en cherchant de mon côté. Aller à Pôle Emploi me faisait finalement perdre du temps. »

    « Chronophage », « humiliante » : l’expérience ne laisse pas indemne nombre de contrôlés. « Ça affecte le moral », pointe Cécile. « C’est une violence qui n’est pas frontale mais insidieuse », abonde Geoffroy. Pour l’association SNC, ces nouvelles mesures sont « de nature à stigmatiser les chercheurs d’emploi en renforçant une image négative de "profiteurs du système" ». Rose-Marie Pechallat, de Recours radiation, retient surtout le sentiment de #peur : « Les gens craignent désormais de voir leurs conseillers. Ils se demandent ce qu’il faut dire ou ne pas dire pour éviter les problèmes. »

    Peur d’être radié, mais aussi d’être déclassé. Car un autre passage du décret de décembre inquiète les demandeurs d’emploi : l’abrogation de la définition du « #salaire antérieurement perçu », jusqu’alors pris en compte pour déterminer « l’offre raisonnable d’emploi » qu’un chômeur ne peut refuser qu’une seule fois. Même chose pour le critère d’éloignement par rapport au domicile, supprimé par la loi de septembre. Conséquence : « La personne ne sera plus en droit de refuser un emploi moins bien rémunéré, éloigné ou difficile d’accès », précise l’association SNC. Sauf à bien préciser les choses lors de son inscription, au moment de définir son projet personnalisé d’accès à l’emploi.

    De quoi faire bondir les syndicats. « Le risque, c’est qu’on précarise un certain nombre de salariés au chômage, dit le numéro 1 de FO, Yves Veyrier. Même discours de la CGT : « Le gouvernement et ses soutiens veulent constituer une armée de précaires obligés d’accepter les emplois les plus dégradés. » La CFDT, elle, dénonce une évolution « injuste ». Voire inefficace, complète Jean-Paul Domergue, de l’association SNC : « Si la personne ne s’y retrouve pas, le reclassement ne sera pas durable. »

    Décision finale
    Viviane (1), ex-assistante de direction, croit pour sa part que le mouvement est déjà enclenché : il n’y a pas longtemps, son conseiller lui a dit d’« aller voir du côté de la mise en rayon, ça recrute ». Pour Jean-Paul Domergue, ces règles pourraient pénaliser davantage les plus précaires. En 2016, le taux radiation était de 17 % pour les ouvriers non qualifiés, contre 4 % pour les cadres (17 % pour les niveaux inférieurs au CAP-BEP, contre 5 % au-delà de bac + 2). Preuve que « la différence de capacité à valoriser sa situation, ses démarches, joue » sur la décision finale.

    S’il est, dit-il, nécessaire d’« essayer de concilier aspirations et réalité du marché du travail », cela doit d’abord passer par un « accompagnement soutenu ». Or, regrette-t-il, dans un contexte de baisse de ses effectifs, Pôle Emploi va accroître les moyens dédiés au contrôle au détriment de l’accompagnement. D’où son appel à réorienter les priorités. « Sans quoi les gens les plus avertis vont mieux s’en sortir. Et les moins débrouillards se feront coincer. »

    (1) Le prénom a été changé à sa demande.

    #radiations #sanctions #droits_sociaux #allocataires


  • Le Défenseur des droits s’inquiète de l’effet de la dématérialisation sur l’accès aux services publics
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/17/le-defenseur-des-droits-s-inquiete-de-l-effet-de-la-dematerialisation-sur-l-

    Alors que fin octobre, le premier ministre a redit son ambition « que 100 % des services publics soient accessibles en ligne à l’horizon 2022 », le Défenseur des droits a publié, jeudi 17 janvier, son premier rapport entièrement consacré à la #dématérialisation, dans lequel il alerte sur le risque que cette mutation crée de nouvelles #inégalités d’accès aux #services_publics. « Aucune organisation administrative, aucune évolution technologique ne peut être défendue si elle ne va pas dans le sens de l’amélioration des #droits, pour tous et pour toutes », prévient le Défenseur des droits en introduction.

    Or, c’est justement ce que souligne le rapport par des exemples concrets : l’amélioration des droits d’une majorité de Français – grâce à la simplification des démarches administratives, accessibles en ligne – ne rime pas avec l’amélioration des droits de tous. Comment font ceux qui vivent dans une zone blanche, dépourvue de toute connexion Internet et mobile ? Certes seuls 0,7 % des Français sont concernés, mais c’est tout de même 500 000 personnes. Sans compter les zones grises, où le débit de la connexion est trop faible pour réaliser de longues procédures correctement : l’inscription sur le site de #Pôle_emploi prend entre vingt et quarante-cinq minutes avec téléchargement de pièces jointes.

    Outre cette fracture territoriale, il y a aussi une fracture sociale : le rapport souligne que 19 % des Français n’ont pas d’ordinateur à domicile et 27 % pas de smartphone. Sans compter ceux qui n’ont pas non plus de scanner, équipement incontournable pour l’envoi de pièces justificatives. Il y a, en outre, une fracture culturelle : si une majorité de Français sont très à l’aise dans l’univers numérique, un tiers s’estiment peu ou pas compétent pour utiliser un ordinateur. Or, parmi eux, se trouvent ceux qui en sont les plus tributaires pour toucher les allocations auxquelles ils ont droit : personnes âgées, personnes handicapées, #allocataires de minima sociaux.

    Pannes, blocages, dérives
    Les entraves viennent aussi de problèmes techniques, défauts de conception ou manque d’ergonomie des sites hébergeant les procédures. En cela, la catastrophique mise en œuvre du Plan préfectures nouvelle génération qui, depuis novembre 2017, oblige à faire les demandes de carte grise ou de permis de conduire uniquement en ligne, semble l’exemple à ne pas suivre. Pannes, blocages, lenteurs, erreurs, ont occasionné parfois des situations préjudiciables : faute de permis, certaines personnes ont saisi le Défenseur des droits après avoir perdu leur emploi.

    Un autre exemple concerne les #droits_des_étrangers. Le dépôt des demandes de titre de séjour occasionnant d’interminables files d’attente, trente préfectures ont rendu obligatoire la prise de rendez-vous en ligne. Mais le nombre de rendez-vous étant limité, les sites bloquent toute demande dès que le quota est atteint, rendant parfois leur prise impossible.
    S’ajoutent d’autres dérives : s’engouffrant dans ces failles, des prestataires privés proposent désormais moyennant finances d’effectuer certaines démarches de carte grise comme de titres de séjour, à la place des demandeurs. Avec même parfois, dénonce le Défenseur des droits, un accès privilégié à des procédures accélérées.
    Face à ces fractures, ces loupés, ces dérives, la première recommandation du Défenseur des droits est simple : « Qu’aucune démarche administrative ne soit accessible uniquement par voie dématérialisée. »

    • #Dématérialisation des #services_publics : le #Défenseur_des_droits contre le « tout numérique » | Banque des Territoires
      https://www.banquedesterritoires.fr/dematerialisation-des-services-publics-le-defenseur-des-droits-

      Si la dématérialisation des services publics permet d’améliorer l’accès aux services publics pour une majorité d’usagers, elle conduit à en exclure d’autres. Bien souvent les plus en difficulté, les moins équipés, les plus précaires, regrette le Défenseur des droits dans son rapport présenté ce 17 janvier. Maintenir une voie #papier et téléphonique, identifier et accompagner les publics en difficulté figurent parmi les principales recommandations du Défenseur des droit qui s’oppose donc au principe du « tout #numérique ».

    • Ah oui, le défenseur des droits est merveilleux, gloire à lui, cessons de lutter contre l’informatisation, sûr que les institutions vont nous rendre plus libres.

    • Péripétie toute fraîche, peu connue et pas vraiment commentée, me semble-t-il.

      –-----------------
      dans un souci d’amélioration de la qualité du service rendu aux contribuables (j’imagine…) et de suppression de pas mal de postes de fonctionnaires (ça, c’est sûr !)

      Les autres moyens de paiement | impots.gouv.fr
      https://www.impots.gouv.fr/portail/particulier/les-autres-moyens-de-paiement

      Vous pouvez payer par chèque dans la limite de 1 000 €.
      En 2018, les montants supérieurs à 1 000 € doivent obligatoirement être payés par prélèvement mensuel ou à l’échéance ou par paiement direct en ligne sur le site impots.gouv.fr ou par smartphone ou tablette.

      Ce montant sera abaissé à 300 € en 2019.
      Votre chèque doit être libellé à l’ordre du TRESOR PUBLIC et envoyé au centre d’encaissement accompagné du TIPSEPA (pour servir de référence à votre paiement) sans le signer, ni le coller, ni l’agrafer. Le TIPSEPA ne doit être accompagné d’aucun autre document.

      Les chèques sont encaissés au fur et à mesure de leur réception.

      (au passage, on appréciera la clarté des instructions pour le paiement par chèque…)

      Le non respect du paiement direct par internet est (était ?) sanctionné d’une pénalité de 0,2% du montant avec un montant minimum de 15 €

      –-------------

      Devant le triomphe de cette obligation et l’énorme afflux « d’incidents fiscaux » en découlant, il a bien fallu se résoudre :

      Gérald Darmanin annonce la suppression des pénalités de 15 euros minimum en cas de paiement des impôts par chèque
      https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=E60720DB-31A2-4808-BE93-73FDF1C296C0&filename=511

      GERALD DARMANIN
      MINISTRE DE L’ACTION ET DES COMPTES PUBLICS
      Communiqué de presse

      Paris, le 7 décembre 2018 – N°511

      Lorsqu’un contribuable ne paye pas ses impôts par un moyen prévu par la loi (par exemple un paiement par chèque pour un montant supérieur à 1 000 €), il est prévu, en application d’une disposition adoptée dans la loi de finances pour 2016, qu’il reçoive une lettre de relance comportant une pénalité de 0,2 % avec un minimum de 15 €.

      Le Ministre de l’Action et des Comptes publics a demandé à l’administration fiscale de ne pas poursuivre les contribuables récemment concernés, à l’occasion du paiement de la taxe foncière. Ils n’auront pas à payer cette pénalité qui sera remise sans démarche de leur part.
      « Nous encourageons au paiement dématérialisé des impôts mais aucune pénalité ne sera appliquée à ceux qui paient par chèque, et j’ai demandé à l’administration fiscale de rembourser tous ceux à qui une pénalité a été appliquée récemment lors du paiement de la taxe foncière. Le rôle de l’administration est d’abord d’accompagner les usagers, pas de les sanctionner », a déclaré Gérald Darmanin.

    • Quand tu regardes les pratiques culturelles des Français et leurs usages d’Internet (voir l’enquête annuelle du ministère par Olivier Donnat), tu vois bien que les 20 % de gens qui n’ont pas d’ordi, pas de scanner, de savent pas envoyer des pièces par mail ou formulaire, ce ne sont pas les plus riches (litote).

      Je tiens donc beaucoup, pour raisons perso et politiques, à la possibilité de faire des démarches matérielles et je m’en sers autant que possible. Sauf que... même en y passant une demi-heure, même en allant en mairie, je n’ai pas trouvé l’adresse à laquelle envoyer le Cerfa pour une demande de logement social dans le 94. Je crois que le défenseur des droits s’était déjà exprimé dans ce sens.

      @touti, pas que ce soit la parole la plus intéressante qui soit produite en France aujourd’hui mais c’est une mauvaise conscience de l’intérieur et je trouve qu’il fait bien le boulot. Il s’était exprimé très vite sur les mineurs étrangers, par exemple. Dans un dîner de famille, montrer que même Jacques Toubon est catastrophé par le proto-fascisme des autorités, c’est un bon argument pour secouer ses interlocuteurs et interlocutrices.

    • Dématérialisation et atomisation des pauvres : hier je n’ai pas pu payer ma facture #EDF : ma carte « de pauvre » #Crédit_Agricole ne passe pas. Entendre par là que la carte faite pour que tu ne sois jamais à découvert (donc safe) est refusée par de + en + de transactions
      Évidemment les 2 parties se renvoient la balle de responsabilité mais là où tu vas rire, c’est qu’il n’y a plus de boutique EDF à côté de chez moi et qu’il est désormais impossible de payer directement à #la_poste, ne reste que le TIP pour lequel je dois... payer un timbre ! Et pendant ce temps là, les bureaux de poste près de chez moi ferment, eux aussi,les uns après les autres... http://lacgt44.fr/spip.php?article2044
      #ouroboros
      Du coup quand je lis les craintes du #Defenseur_des_droits sur la dématérialisation, je ne peux que comprendre parfaitement ce dont il parle... et le remercier, tout en sachant que comme pour le reste le #gouvernement ne l’écoutera pas.


  • « Cela va vraiment être très violent » : des agents de Pôle emploi réagissent aux sanctions contre les chômeurs
    https://www.bastamag.net/Cela-va-vraiment-etre-tres-violent-des-agents-de-Pole-emploi-reagissent-au

    La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, (...)

    #Résister

    / #Transformer_le_travail, #Protections_sociales, #Inégalités, #Ma_vie_au_travail, Quel avenir pour nos protections sociales ?, A la (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?


  • La Pile de CV : Quand Pôle Emploi fait de la discrimination par l’argent ! | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/jean-yves-mignet/blog/030119/la-pile-de-cv-quand-pole-emploi-fait-de-la-discrimination-par-l-arge

    Et c’est là que les choses commencent à devenir intéressantes. Lorsqu’on se connecte à l’application, on comprend directement que les créateurs sont des adeptes de la #StartupNation.

    .../...

    Mais le comble de l’ignominie est atteint lorsque l’on descend un petit peu plus bas dans l’application. Une petite ligne « Booster mon CV » (voir capture) apparaît. Et là, tout un manège se dévoile : on peut gagner 500 points d’XP en partageant son profil, mais également en regardant une vidéo promotionnelle, et, tenez-vous bien… en payant ! On peut donc lire « Ajoute 10 000 XP à ton profil pour une durée limitée : 5 jours, 16,99€ ! ».

    #chômage #pôle_emploi #racket


  • #Pôle_Emploi se transforme pour mieux accueillir les usagers
    https://www.ladepeche.fr/article/2018/12/31/2932887-pole-emploi-se-transforme-pour-mieux-accueillir-les-usagers.html

    « Deux personnes effectuant un service civique sont également affectées à l’accueil des usagers, souligne Florence. Elles sont là pour orienter et conseiller. »

    #service_civique, qui devient la norme dans le service public (également vu en préfecture, par exemple), après les associations...

    Ce n’est pas un emploi mais du #volontariat :

    6.2.6. Est-ce que le Service Civique ouvre droit au chômage ?
    Non, le Service Civique n’étant pas un emploi salarié, il n’ouvre pas droit au chômage.

    7.1. Service Civique et emploi
    7.1.1. Est-ce que le Service Civique est un emploi ?
    Non, une mission de Service Civique n’est pas assimilable à un emploi salarié. Le Service Civique ne relève pas du code du travail, il obéit à des dispositions propres définies dans le code du service national. En particulier, vous n’êtes pas dans une relation de subordination avec votre organisme d’accueil mais dans une relation de collaboration. Par ailleurs, votre action en tant que volontaire ne doit pas se substituer à l’action des professionnels mais la compléter.

    3.1.1. Quel est le montant de l’indemnité de Service Civique ?
    Le Service Civique ouvre droit à une indemnité financée par l’Etat de 472,97 euros net par mois quelle que soit la durée hebdomadaire du contrat.
    En plus de ces 472,97 euros, vous pouvez percevoir une bourse de 107,66 euros si :

    vous êtes bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA) au moment de la signature du contrat de Service Civique ou si vous appartenez à un foyer bénéficiaire du RSA ;
    vous êtes titulaire d’une bourse de l’enseignement supérieur du 5ème, 6ème ou 7ème échelon au titre de l’année universitaire en cours. Ce critère ne vous concerne donc que si vous poursuivez vos études en même temps que votre mission.

    Enfin, les organismes d’accueil doivent vous verser une prestation nécessaire à la subsistance, l’équipement, l’hébergement ou au transport. Elle peut être servie en nature, au travers notamment de l’allocation de titre-repas, ou en espèces. Le montant minimal mensuel de cette prestation est fixé à 107,58 euros.

    La foire aux questions des volontaires
    https://www.service-civique.gouv.fr/faq-volontaire

    –-
    Rajout
    Je sais que ce n’est pas nouveau mais ça m’hallucine à chaque fois, déjà que y’ait pas eu plus de réaction que ça dans les assos.

    En suivant #service_civique :

    Un article de Mediapart (février 2018)
    « #Pôle_Emploi fait toujours plus de place au #service_civique »
    https://seenthis.net/messages/668765
    Je rajoute le début visible de l’article :

    Fin janvier, Julie a reçu un drôle de message de sa conseillère Pôle emploi. Cette Toulousaine de 25 ans, diplômée d’un master, cherche un travail. Pourtant, ce jour-là, ce n’est pas un contrat de travail que Pôle emploi lui propose, mais une « mission ». Un service civique, plus exactement, au sein même de son agence locale, qui cherche trois personnes « pour une #mission (service civique) d’accompagnateur dans l’utilisation des nouveaux outils numériques de Pôle emploi » , à partir du 1er mars. « Si la mission vous intéresse et que vous pensez avoir le profil, merci de m’envoyer votre C.V. par mail » , propose la conseillère. « Je reçois souvent des offres complètement à côté de la plaque, par exemple pour devenir chauffeur de poids lourd, mais cette proposition m’a fait bondir, raconte la jeune femme. En proposant à ses demandeurs d’emploi de postuler, Pôle emploi reconnaît qu’elle considère le service civique comme un emploi pas cher ! En plus, j’ai déjà effectué un service civique, dans la communication au service culturel d’une mairie. »

    Un article de La Rotative (mars 2016)
    « A Pôle Emploi, des services civiques sous-payés et non-formés pour accueillir les chômeurs »
    https://seenthis.net/messages/474741

    Et dès 2015, @colporteur relayait les infos.

    –-
    Ce début d’année, annonce de la préfecture de Creuse :
    « Appui et soutien d’actions polyvalentes de prévention et sensibilisation du public »
    https://www.service-civique.gouv.fr/missions/appui-et-soutien-dactions-polyvalentes-de-prevention-et-sensibi

    Quoi ?
    Le volontaire du service civique assiste les services de l’Etat dans les missions de la direction des services du cabinet et plus particulièrement au service départemental de la communication interministérielle. Dans ce cadre, il sera amené à :
    - participer aux opérations de valorisation de l’action de l’Etat (plan départemental d’actions de sécurité routière, journée européenne du patrimoine, rencontres de la sécurité intérieure, campagnes des actions gouvernementales...),
    - apporter un soutien aux actions de sensibilisation du public en lien avec le milieu associatif,
    - rencontrer les partenaires (sécurité routière, sécurité civile et sécurité intérieure) afin de mettre en oeuvre des actions communes, grâce à la création notamment d’outils de mise en partage et de diffusion,
    - participer à la communication à destination des élus en matière de prévention et d’information.
    Le volontaire du service civique vient compléter le dispositif existant et apporte un point de vue et une expérience extérieure à l’institution. Le volontaire investira les champs partiellement ou non couverts par les services de l’Etat.
    Cette mission exige des qualités d’écoute, un sens développé du contact et du service public, de la discrétion, une bonne présentation ainsi qu’une facilité pour communiquer ou s’exprimer en public. De même, seraient appréciées des connaissances de l’outil informatique (libre-office) et de rédactions.
    Quand ?
    À partir du 25 février 2019 (10 mois, 28 h/semaine)



  • Les syndicats critiquent le nouveau barème de sanctions contre les chômeurs, Bertrand Bissuel
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/31/les-syndicats-critiquent-le-nouveau-bareme-de-sanctions-contre-les-chomeurs_

    Les syndicats critiquent le nouveau barème de #sanctions contre les #chômeurs
    Le dispositif s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer le #contrôle des demandeurs d’emploi.

    Il faut toujours garder un œil sur le Journal officiel : à défaut d’être exaltante, la lecture de cette publication peut s’avérer instructive, en particulier entre Noël et le Jour de l’an. Démonstration vient d’en être faite avec l’édition du dimanche 30 décembre, qui contient près de 20 #décrets_d’application de la loi « avenir professionnel » – une réforme votée l’été dernier sous la houlette de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. L’un des décrets parus dimanche a trait « aux droits et aux obligations » des chômeurs, ainsi qu’au « suivi de la recherche d’emploi ». Le contenu de ce texte, éminemment sensible, est grosso modo en ligne avec les intentions affichées initialement par le gouvernement. A une réserve près, qui n’est pas anodine : elle porte sur les sanctions prononcées contre un inscrit à Pôle emploi qui contrevient à ses devoirs.

    Dès le départ, l’exécutif avait manifesté le souhait de revoir le barème des « peines » applicables. Le 20 mars, des pistes très précises avaient été dévoilées à la presse par le ministère du travail. Il avait alors été indiqué qu’un chômeur qui ne se présente pas à un rendez-vous avec son conseiller chez #Pôle_emploi serait radié des listes durant deux semaines et non plus pendant deux mois. « On diminue par quatre [la durée de] la sanction, qui était complètement disproportionnée sur ce sujet-là », avait expliqué l’entourage de Mme Pénicaud. Finalement, la « punition » sera un peu plus lourde qu’annoncée : un mois de #radiation (au lieu de quinze jours, donc), ce qui la place tout de même à un niveau inférieur à celui en vigueur avant la réforme ; durant cette période, la prestation cesse momentanément d’être versée.

    Un autre changement s’est produit par rapport à la communication gouvernementale. Il concerne une option, également évoquée le 20 mars, pour l’ensemble des « manquements » du demandeur d’emploi (à l’exception du rendez-vous manqué avec son conseiller, sans motif valable). L’idée présentée à l’époque consistait à dire que, à la première incartade (par exemple, le fait de ne pas rechercher activement un poste), l’#allocation serait suspendue pendant un mois – les droits restant acquis et pouvant être utilisés plus tard, en cas de besoin. Si le chômeur commet un deuxième écart, le ministère avait précisé que la prestation serait supprimée durant deux mois – ce qui signifiait, cette fois-ci, une amputation des droits d’une durée équivalente. A la troisième « infraction », le coup de bâton serait de quatre mois.

    Ce schéma-là a été corrigé : à l’avenir, l’allocation sera supprimée (et non pas suspendue) un mois dès le premier manquement, sauf pour le chômeur qui omet de se rendre à une convocation par Pôle emploi ; dans cette dernière situation, la prestation ne sera supprimée qu’à partir du deuxième « loupé » et ce, pour deux mois (quatre mois, au troisième « loupé »). Une source au sein de l’exécutif justifie ces ajustements par la volonté d’être « plus simple et plus cohérent ».

    La teneur du décret ne constitue pas une surprise pour les syndicats. Ils avaient été consultés sur ce dispositif, notamment lors d’une réunion, le 4 décembre, du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Cnefop). Plusieurs centrales avaient, alors, exprimé leur désapprobation mais ces prises de position, en pleine crise des « gilets jaunes », étaient passées relativement inaperçues.

    « Chasse aux chômeurs »

    Aujourd’hui, leur analyse reste la même. Les mesures finalement retenues vont « globalement dans le sens du durcissement », déplore Marylise Léon (CFDT). « Nous avons pris connaissance du projet de décret, lors de son examen par le Cnefop, sans concertation préalable, renchérit Michel Beaugas (FO). Sous prétexte de simplification et d’équité, le texte durcit les dispositions existantes. Ce sont ces “petites découvertes” qui causent, parfois, l’exaspération des organisations de salariés. » « Depuis sa soi-disant contrition du 10 décembre [le jour des annonces faites en réponse aux doléances des « gilets jaunes »], Macron n’a pas changé dans sa volonté de faire la “chasse” aux chômeurs, en continuant à mélanger allègrement les 0,4 % de fraude et l’immense majorité des chômeurs qui cherchent à travailler dignement », confie Denis Gravouil (CGT).

    Par ailleurs, le décret transfère, comme prévu, de l’Etat vers Pôle emploi certains pouvoirs de sanction (notamment la suppression de l’allocation). Une innovation qui déplaît à Marylise Léon car elle risque, selon elle, de nuire à la « relation de confiance » qui doit prévaloir entre le chômeur et le service public de l’emploi.

    • « M. Macron rêve d’une flexibilité à l’allemande » - Denis Gravouil, membre de la commission exécutive confédérale de la CGT, en charge du dossier #emploi/chômage.
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/22/denis-gravouil-cgt-m-macron-reve-d-une-flexibilite-a-l-allemande_5412529_323

      Le président demande un durcissement des #sanctions et des baisses d’#allocations-chômage aux partenaires sociaux. Des exigences inacceptables, estime le négociateur de la CGT dans une tribune au « Monde ».

      Tribune. Un décret pris le 30 décembre 2018 en application de la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a attiré l’attention sur le durcissement des sanctions contre les #chômeurs. Il ne s’agit pas simplement de suspendre, et même de supprimer, les allocations pour de prétendus manquements : une redéfinition de « l’#offre_raisonnable_d’emploi » permet d’obliger une personne inscrite à Pôle emploi à accepter à peu près n’importe quel emploi sans référence au #salaire antérieurement perçu, voire sans référence à sa qualification.

      Au-delà de ces sanctions qui font l’amalgame entre l’immense majorité des chômeurs et les 0,4 % de fraudes, la nouvelle loi permet au gouvernement de faire rouvrir la négociation de la convention assurance chômage entre patronat et syndicats, un an avant l’échéance. Ainsi, le gouvernement peut désormais décider de faire modifier une convention Unédic en cours, ce qu’il s’est empressé de faire par sa lettre de cadrage du 25 septembre 2018 aux organisations siégeant à l’Unédic. Il entend ainsi imposer 3,9 milliards d’euros d’économies en trois ans, soit 1,3 milliard par an sur 37 milliards d’indemnités versées. Cela signifierait une perte moyenne considérable de 3,5 % sur les allocations, pour des personnes dont le revenu moyen est de 1 200 euros par mois.

      Mais cette lettre de cadrage vise particulièrement les travailleurs précaires, celles et ceux dits « en activité réduite », c’est-à-dire 800 000 personnes parmi les 2,2 millions inscrites dans les catégories B et C des chiffres mensuels du chômage. Elle exige de revoir à la baisse le calcul des allocations lorsqu’il y a « cumul » – en fait, alternance – de périodes de travail, généralement en CDD courts, et de chômage indemnisé, de revoir la durée de ce cumul, ou encore sa possibilité même ; par exemple lorsqu’une assistante maternelle, qui peut garder jusqu’à trois enfants, n’en garde plus qu’un ou deux (généralement parce que la famille inscrit son enfant à l’école maternelle).

      Destruction des droits
      Déjà touchés par des baisses de droits dues aux conventions 2014 et 2017, nombre de personnes pourraient ainsi perdre 10 % à 30 % de leur allocation, soit 100 à 200 euros par mois, voire ne plus percevoir d’allocations du tout. Ce sont des intérimaires, des extras de l’hôtellerie, des assistantes maternelles, souvent des jeunes ou des personnes poussées vers la sortie avant l’âge de la retraite : une armée de réserve aux contrats de plus en plus courts ou à temps partiel, un volant de précarité à laquelle sont « accros » bon nombre d’employeurs, petits et gros.

      La nouvelle sortie d’Emmanuel Macron sur « les Français qui ont perdu le sens de l’effort » est symptomatique : le président croit fermement que couper les vivres aux chômeurs, totalement ou partiellement, les obligera à accepter toutes sortes de contrats de travail que les employeurs s’empresseront de créer. Après tout, les Britanniques ont bien leur contrat zéro heure (par lequel un salarié est lié à un employeur, qui le fait travailler s’il le veut bien de 1 à 40 heures par semaine, et ne le paye qu’à ce moment-là) ; les Allemands ont les mini-jobs, mis en place en même temps que les lois Hartz IV, qui ont instauré de fortes sanctions pécuniaires, touchant chaque année un chômeur sur trois.

      Poursuivant la destruction des droits ouverte par la loi #travail et les ordonnances, M. Macron rêve de la même flexibilité : et tant pis si le nombre de #travailleurs_pauvres en Allemagne est proportionnellement cinq fois plus élevé qu’en France. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, seulement 2,4 millions sont indemnisées, 11 millions de personnes sont dans le « halo du chômage » si on compte toutes celles qui ne sont pas inscrites, généralement par découragement.

      Fraude marginale
      Toutes les études de grande ampleur auprès des demandeurs d’emploi montrent qu’ils passent leur temps à chercher un emploi stable et digne, que la fraude, selon Pôle emploi même, n’est que de 0,4 %, malgré les amalgames développés à longueur de petites phrases par le président et sa majorité pour justifier une réforme purement financière.

      La fable des 300 000 emplois non pourvus ressort régulièrement, alors que les études de la direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle elle-même montrent que 150 000 offres d’emplois qualifiés ne trouvent pas preneur facilement (faute de disponibilité de la qualification exigée) et que 150 000 autres offres sont retirées par des entreprises, généralement de petite taille et sans service de recrutement, bien qu’elles aient reçu des candidatures.

      Face aux millions de salariés privés d’emploi, en plein mouvement des « gilets jaunes », il est temps de proposer autre chose que les stages sans fin, les CDD à répétition, les huit ans en moyenne que mettent les jeunes à trouver un CDI, les temps partiels de quelques heures.

      Il faut cesser de détruire des emplois publics pour répondre aux besoins citoyens. Il faut répondre aux délocalisations par des investissements dans un développement durable de l’industrie et des services. Il faut faire reculer la précarité en décourageant les employeurs qui fractionnent les contrats au détriment des salariés comme de leurs concurrents. Il faut cesser de transformer la protection sociale en « filet de sécurité » minimal troué de toute part. Il faut instaurer une véritable sécurité sociale professionnelle assurant un revenu de remplacement à toutes celles et ceux qui sont privés du droit au travail, pourtant inscrit dans la Constitution.

      #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit #précaires

    • La visite de Macron chez les teutons est de mauvais augure pour les chômeurs. On entend souvent et depuis longtemps :
      « les allemands y arrivent bien, pourquoi pas nous ? »
      LaREM finira par imposer une loi du style Hartz IV et la conclusion de l’article de Denis Gravouil sur le style " Y’a qu’à, faut qu’on " ni changera pas grand chose si les chômeur·e·s ne se syndique pas en masse ou n’investissent pas les associations de chômeurs. Je dis ça alors que je ne suis plus syndiqué et que la politique individualiste ultra-libérale de Macron fait rage. Je compte que sur moi-même et encore de moins en moins.


  • Grève et rassemblement à Pôle Emploi le mardi 20 novembre : l’accès aux droits des chômeurs dans la ligne de mire
    https://rebellyon.info/Greve-et-rassemblement-a-Pole-Emploi-le-19801

    Les salariés de #Pôle_Emploi seront en grève ce mardi 20 novembre. Rassemblement à partir de 9h devant le Pôle Emploi de la Part-Dieu pour dénoncer la baisse des effectifs et l’automatisation des services entraînant notamment la fermeture des accueils. Stop à la spirale où les chômeurs ont de moins en moins de droits et de plus en plus d’obligations.

    source : @rebellyon
    #chômage #chômeur·euses



  • Dans la restauration, le « tu marches ou tu te casses » ne séduit plus - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/09/18/dans-la-restauration-le-tu-marches-ou-tu-te-casses-ne-seduit-plus_1679334

    Il suffirait donc de traverser la rue pour trouver un boulot ? Voilà donc un discours du chef de l’Etat, proche de celui du patronat, qui depuis des mois, ressasse ses « difficultés à embaucher ». Tour d’horizon des métiers dits en tension, où l’offre ne rencontre pas toujours la demande.

    Trouver un emploi dans la restauration ? Aussi simple que de traverser la rue, selon le président de la République, à en croire son petit échange avec un jeune chômeur, dimanche. Parmi les premiers à rebondir, Didier Chenet, le président du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie-restauration (GNI-Synhorcat), a salué la sortie d’Emmanuel Macron : « Nous avons la diversité des métiers dans l’hôtellerie et la restauration qui fait que nous sommes capables d’accueillir les professionnels de tous les horizons. » Y compris, donc, les demandeurs d’emploi formés à l’horticulture, comme l’interlocuteur du chef de l’Etat.

    Avec un déficit de salariés estimé à 125 000, selon Didier Chenet, le secteur leur ouvre les bras. Tout comme, en juillet, il demandait à pouvoir embaucher plus aisément des migrants. Roland Heguy, de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), lui, chiffre le nombre de postes non pourvus entre 50 000 et 100 000, évoquant « une pénurie historique de main-d’œuvre ». Pour Pôle emploi, d’ici 2022, 308 000 postes seront à pourvoir dans les deux secteurs. Bonne nouvelle pour endiguer le chômage, aujourd’hui à 9% ? Las, « l’offre et la demande ne se rencontrent pas », pointe le responsable de l’Umih. Ce que confirme Pôle emploi, notant que les employeurs des métiers de l’hôtellerie et de la restauration « rencontrent des difficultés de recrutement supérieures à la moyenne des métiers ».

    « Des insultes, un traitement inhumain »

    « Rien de nouveau », réagit Laurent Bigot, secrétaire national de la CFDT Services. Selon lui, ce « problème d’attractivité » est lié aux conditions de travail : « Il faut travailler le soir, les dimanche, certains salariés ont de longues coupures dans leur journée de travail, cela ne peut pas aller à tout le monde. » « On a des contraintes, mais pas plus qu’ailleurs, souligne Didier Chenot, côté patronal. La différence, c’est que nous sommes à contre-courant : plus c’est la fête, plus on bosse. » Et de pointer « la nouvelle génération » qui, selon lui, serait plus regardante sur les conditions de travail, avant d’accepter une offre. Un discours que l’on retrouve dans le message posté sur Facebook, fin août, par les gérants d’un restaurant audois. Expliquant devoir mettre la clé sous la porte pour cause de difficultés de recrutement, ils y dénoncent le turnover et le comportement d’employés : « Le déséquilibre entre l’offre et la demande fait qu’aujourd’hui les salariés se sentent libres de faire ce que bon leur semble. »

    « Serveur, c’est un métier très dur. A 45 ans, certains ne peuvent plus exercer. Ils ont mal au dos, à l’épaule, à force de marcher, de porter. C’est pareil pour les femmes de chambre dans l’hôtellerie, souligne de son côté Laurent Bigot. « On n’a aucun avantage, aucune considération, et beaucoup de pression », résume, en colère, une serveuse brestoise, la trentaine, qui vient de quitter un poste et d’en débuter un nouveau. Elle raconte son quotidien : « Des supérieurs odieux, des insultes, un traitement inhumain. » La faute, en partie, estime-t-elle, au stress de la profession, et au manque d’effectif qui fait que la tâche est encore plus dure pour ceux qui sont en poste. « Un chef cuisinier, il fait du 8 heures-minuit minimum. Certains prennent de la drogue pour tenir », raconte-t-elle. Si elle « aime son métier », elle « comprend donc que les gens n’aient pas envie d’y travailler ».

    « Coup de pied dans le cul »

    « Les choses changent un peu, nuance Laurent Bigot, de la CFDT. Mais dans certaines TPE, on est encore sur une gestion paternaliste, avec des exigences fortes. C’est la culture du coup de pied dans le cul, du "Tu marches ou tu te casses". Mais eux aussi voient la nécessité de changer cette image. » Reste une chose qui évolue, en revanche, peu : les salaires. « Dans la majorité des cas, les gens sont au smic », explique le cédétiste. C’est environ ce que gagne la serveuse brestoise, au bout de quinze ans d’expérience. Parmi les revendications de la CFDT, à défaut d’augmentation salariale : des contreparties au travail du dimanche, pour l’heure inexistantes, du fait de règles dérogatoires.

    « On est dans la moyenne basse, mais on n’est pas plus mauvais que d’autres », se défend Didier Chenet, du GNI-Synhorcat, arguant que le secteur offre les « derniers métiers où l’ascenseur social fonctionne, avec 80% des cadres passés par le premier échelon ». Sans convaincre le responsable de la CFDT : « Les employeurs ne se sont jamais penchés sur les parcours professionnels. Certains salariés se retrouvent sans perspectives d’évolution, alors ils vont voir ailleurs. » Autre argument du patronat pour séduire : la prépondérance des CDI. Avec un taux de CDI des salariés de l’hébergement et de la restauration (hors intérim) de 82,1%, le secteur est en effet à peu près dans les clous, par rapport à la moyenne nationale (88,2%). Mais aujourd’hui, 86% des embauches s’y font en CDD. Et 60% des projets de recrutement sont saisonniers. Ce qui fait du secteur un des plus coûteux pour le régime de l’assurance chômage. Et aussi un terreau potentiel à précarité.
    Amandine Cailhol

    Alors cette citation là elle va faire partie de mon best of je crois :

    ils y dénoncent le turnover et le comportement d’employés : « Le déséquilibre entre l’offre et la demande fait qu’aujourd’hui les salariés se sentent libres de faire ce que bon leur semble. »

    Quant à la drogue, pour avoir bossé un moment dans ce milieu, je confirme que ça consomme à fond dans les cuisines.

    #restauration #exploitation #chômage #pôle_emploi #travail #macron

    • Quant à la drogue, pour avoir bossé un moment dans ce milieu, je confirme que ça consomme à fond dans les cuisines.

      Dans le bâtiment aussi je suis tombé, une fois, sur une équipe qui tournait à la coke. Elle posait des ouvertures en PVC. 2 appart par jour, va suivre..


  • On a retrouvé le chômeur conseillé par Macron : « venez avec moi chercher du travail », lui répond l’intéressé Jean-Gabriel Bourgeois, édité par Romain David - 18 Septembre 2018 - Europe 1
    http://www.europe1.fr/societe/on-a-retrouve-le-chomeur-conseille-par-macron-venez-avec-moi-chercher-du-tra

    Au micro de la matinale de Nikos Aliagas sur Europe 1, le jeune chômeur qui a interpellé Emmanuel Macron pendant les Journées du patrimoine avoue avoir peu goûté les conseils du président de la République.

    TÉMOIGNAGE EUROPE 1
    Leur échange a fait le buzz tout le week-end. Samedi, Jonathan Jahan, jeune chômeur qui cherche du travail dans l’horticulture, a interpellé Emmanuel Macron sur sa situation, dans les jardins de l’Elysée, à l’occasion des Journées du patrimoine. Le chef de l’Etat lui a conseillé, un peu sèchement, de se tourner vers un secteur qui recrute davantage. « Il y a des tas de métiers, il faut y aller ! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue et je vous en trouve », lui-a-il lancé. Un conseil abondement commenté et qui passe plutôt mal auprès de l’intéressé. 

    « Je l’ai eu un peu en travers de la gorge » . « Je ne m’attendais pas à le croiser au départ. J’ai pris une photo avec lui, je lui ai serré la main et puis je me suis dit : c’est le moment où jamais de lui poser la question », raconte Jonathan Jahan, joint par Europe 1. « Mais ce qu’il a dit n’est pas normal. Je l’ai eu un peu en travers de la gorge, j’avais envie de lui dire : dans ce cas-là, venez avec moi en chercher ! », raconte ce jeune homme de 25 ans.

    Les bars et les restaurants de Montparnasse. Emmanuel Macron l’a notamment invité à aller frapper à la porte des bars et restaurants qui sont autour de la gare Montparnasse, un quartier de Paris notamment réputé pour ses crêperies et ses nombreux cinémas. « Vous faites une rue là, vous allez à Montparnasse […] vous faites la rue avec tous les cafés et les restaurants... Franchement, je suis sûr qu’il y en a un sur deux qui recrute en ce moment. Allez-y », lui a conseillé le chef de l’Etat. « Il n’y a pas de problème, s’il y a du boulot, qu’il m’accompagne jusqu’à Montparnasse ! Je vais faire l’essai dans la semaine, on verra par la suite », explique encore Jonathan Jahan.

    « Je me lève à 6 heures pour chercher du travail » . « J’ai déjà travaillé dans la restauration, j’ai déjà fait de la plonge », indique-t-il. « Aujourd’hui, j’envoie des CV et je reçois des lettres et des lettres de refus. Je me lève le matin et je me dis : ’pourquoi je me lève à 6 heures pour aller chercher du travail alors que je sais la réponse’. Malgré tout je le fais quand même », poursuit le jeune homme. « Je ne fais pas ça pour faire le buzz, je fais ça pour savoir ce qu’il en est par rapport à l’emploi », assure-t-il, avant de glisser, amer : « Et je vois que ça n’avance pas… »

    Les horticulteurs se mobilisent. Toutefois, la discussion qu’a eu Jonathan Jahan avec le président de la République, mais surtout les remous suscités sur les réseaux, pourraient bien l’aider à débloquer sa situation. Le président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP) a en effet indiqué lundi à Franceinfo avoir reçu de nombreuses offres d’emplois à son attention. « On s’est transformé en Pôle emploi  ! Donc, on appelle ce jeune chômeur à se mettre en contact avec nous  », a-t-il déclaré, tout en rappelant que l’horticulture restait un secteur assez fragile avec 5.000 emplois perdus en sept ans.

    #manu #emmanuel_macron #chomage #pôle_emploi #rue


  • Selon une étude, 50 % des offres de Pôle #Emploi_sont illégales voire inexistantes
    https://www.bastamag.net/Selon-une-etude-50-des-offres-de-Pole-emploi-sont-illegales-voire-inexista

    Le Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires (CNTPEP-CGT) vient de publier les résultats d’une étude réalisée les 30 et 31 août 2018, portant sur les offres disponibles sur le site internet de Pôle emploi. Résultat : sur les 1708 offres étudiées, 50% contenaient, selon cette étude, des mentions illégales . « Cela signifie que ces annonces contreviennent au code du travail, mais aussi au référentiel interne de Pôle emploi qui reprend cette réglementation en y ajoutant quelques précisions (...)

    En bref

    / #Syndicalisme, Emploi , #Services_publics

    • J’ai déjà signalé à Pôle les offres d’emploi que je reçois dans ma boîte : emplois de factotums pour du secrétariat (je suis secrétaire... de rédaction) ou du recouvrement de dettes (ouf !), rémunérations trop basses (temps très partiel) ou très élevées (je n’ai pas cherché quelle escroquerie ça pouvait être), parfois exprimées à la semaine (comme jadis), pour des particuliers, des hommes qui n’ont pas même une adresse postale (c’est embêtant, je n’ai aucun indice sur le lieu de travail !).

      Visiblement, n’importe qui a accès à mon CV, probablement qu’un numéro de Siret n’est pas requis pour le consulter parce que ces employeurs sont chelous (« #secteur_informel », on va dire, pour les plus réglos). J’ai donc décidé de le dépublier. Depuis, je suis tranquille, je n’ai plus à envoyer d’insultes à des sales mecs qui me dérangent en me faisant miroiter un boulot de merde.

    • Moi je les ai signalés à mon conseiller, les emplois de recouvreur de dettes, alors il a dû me répondre, par politesse. Mais bah...

      @monolecte, tous les sites qui prévoient d’avoir des visites se font aider pour examiner a posteriori les publis... Mais pas Pôle, alors qu’ils n’ont aucune modération a priori ?

      Aujourd’hui, la moitié des 600 000 annonces publiées chaque année le sont par l’un des 123 partenaires de l’institution. Contrairement aux offres issues de Pôle emploi, elles ne sont pas validées par un agent avant d’être diffusées.

    • Je me suis inscris à une réunion d’information et de présentation d’une formation d’accompagnement vers l’emploi, sur les conseils de madame DuDu ma conseillère pôle-emploi.
      Une formation pour seniors qui doit durer 4 mois quand même avec une période d’immersion en entreprise (ça sent la noyade) rémunéré que dalle sinon avec les allocs des chômedu·e·s
      Je vais quand même y aller à cette réunion et plutôt 2 fois qu’une sinon je suis radié et histoire de montrer un peu d’enthousiasme. ça sent le piège à cons et la coercition déguisé. J’ai pas fini de trimer en intérim, plutôt que de marner pour un taulier je me fais torpiller par deux exploiteur. C’est vous dire si je suis volontaire.


      #ça_sent_le_sapin #madame_DuDu


  • Pour faire baisser le chômage Pôle Emploi recrute… des services civiques - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Pour-faire-baisser-le-chomage-pole-emploi-19488

    c’est juste une petite annonce pour un service civique, envoyé je suppose à une bonne partie de leurs « jeunes inscrits » (plus ou moins à la louche, je suis plus en âge de faire un service civique).
    En parcourant un peu plus en détail l’offre quelque peu surprenante, on y apprend qu’ils cherchent 2 accompagnateurs pour du travail d’accompagnement numérique ! Il y a quelques années lorsque tu déposais un dossier de demande de service civique on te demandait de rajouter du « fun » parce que ça devait pas ressembler à du travail, tu te dis que Pôle Emploi doit avoir les bons filons pour déposer des dossiers de service civique. Parce que niveau fun y a aucun effort de fait, ton boulot consiste à :« 

    Accompagnement à l’inscription des demandeurs d’emplois en difficultés
    Aide pour scanner les documents administratifs (bulletins de paie, arrêt maladie)
    Explication du fonctionnement du site pôle emploi
    Recense les besoins et les souhaits des demandeurs d’emplois »

    #service_civique #pôle_emploi #chômage #précarité


  • Montreuil : le tribunal déboute les deux chômeurs qui attaquaient Pôle emploi - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/montreuil-le-tribunal-deboute-les-deux-chomeurs-qui-attaquaient-pole-empl

    Deux demandeurs d’emploi avaient saisi le #tribunal_administratif jugeant une #formation inadaptée. Leurs demandes ont été déboutées.

    Deux #chômeurs longue durée réclamaient 50 000 € chacun à Pôle emploi après une formation jugée « bidon ». Le tribunal administratif de Montreuil vient de les débouter de leur demande. Ces derniers estimaient avoir subi un lourd préjudice après avoir participé à une formation de cuisinier agréée et financée par l’établissement public de juin 2016 à février 2017 à Paris et Créteil (Val-de-Marne). « On passait notre temps à recopier des recettes de cuisine » , avait notamment déclaré Khedidja Mezidi, l’une des participantes à cette formation lors de l’audience du 2 mai.

    Le tribunal a suivi les recommandations du rapporteur public qui estimait que #Pôle_emploi n’avait pas commis de faute. Un appel de ce jugement « est très probable », estime Me Emilie Videcoq, l’avocate des deux chômeurs. Philippe Nackaerts, secrétaire général de la section travailleurs #précaires à la CGT, n’est pas surpris par cette décision. Pour lui, le tribunal n’a pas suffisamment pris en compte « les conséquences qu’ont eu ces formations sur la santé et le physique de ces deux #stagiaires », estime-t-il.


  • Réforme de l’assurance chômage : « négative pour le Service Public de l’Emploi et coercitive envers les chômeurs » | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/reforme-de-lassurance-chomage-negative-pour-le-service-public-de-lemploi-et

    A l’heure où le gouvernement prépare une loi joliment intitulée « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » à l’intention des demandeurs d’emploi, un agent de Pôle emploi, Emmanuel M’HEDHBI, délégué Syndical SNU Pôle emploi et la porte-parole nationale du MNCP Marie LACOSTE, nous ont fait part de leur point de vue sur la réforme de l’assurance chômage.

    #chômage #chômeurs #Unedic #Pôle_emploi


  • L’Unédic affiche un trop-versé de 1 milliard d’euros, Sarah Belouezzane et Bertrand Bissuel, 24.04.2018
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/04/24/l-unedic-affiche-un-trop-verse-de-1-milliard-d-euros_5289763_823448.html

    Les allocations octroyées à tort aux demandeurs d’emploi ont progressé de 36 % en trois ans.

    Le phénomène ne date pas d’hier mais son ampleur semble s’être accrue depuis quelques années. En 2017, les #allocations octroyées à tort aux demandeurs d’emploi ont franchi – de peu – la barre du milliard d’euros. Les montants en jeu apparaissent, de prime abord, spectaculaires, tout comme leur progression : + 36 % entre janvier 2015 et décembre 2017. Des mesures de prévention sont à l’étude. Elles doivent être examinées, mercredi 25 avril, par le bureau de l’Unédic, l’association copilotée par les partenaires sociaux qui gère l’assurance-chômage.

    Les prestations allouées en trop aux chômeurs ont déjà fait l’objet d’un rapport spécifique du médiateur national de Pôle emploi, en 2013. Un « exercice périlleux », écrivait, à l’époque, Jean-Louis Walter, car il conduit à se pencher sur une problématique complexe, politiquement sensible, qui recouvre plusieurs dimensions : « La fraude », mais aussi des situations de détresse sociale où « la nécessité contraint à (…) dissimuler une activité pour conserver [l’]indemnisation ». « Et puis il y a aussi les erreurs et les omissions par manque d’information », complétait M. Walter.

    Origines diverses

    Face à l’augmentation des trop-perçus observée sur la période récente, une « mission d’audit et de diagnostic » a été réalisée, en 2017, au siège de #Pôle_emploi et dans deux régions. Plusieurs enseignements s’en dégagent. D’abord, « plus de 80 % des #indus » sont concentrés sur des allocataires occupant un poste – et qui cumulent, du même coup, une rémunération et l’assurance-chômage. Au sein de cette catégorie, ils sont une minorité (38 %) à prétendre ne pas avoir travaillé alors que c’était le cas, en réalité. La majorité (62 %, donc) indique avoir exercé un métier mais les intéressés ne déclarent pas ou ne justifient pas « tous les salaires perçus ».

    De tels accrocs ont des origines diverses. Un exemple, parmi d’autres : « Des indus peuvent survenir car l’allocataire en situation de multiactivité est (…) tenu d’agréger lui-même ses multiples salaires, au risque de commettre une erreur dans le calcul ou un oubli », rapporte une note de l’Unédic, que Le Monde s’est procurée. Le problème peut aussi se poser pour les personnes qui ont plusieurs employeurs : c’est le cas des « assistantes maternelles », dont les revenus sont très erratiques, souligne Jean-François Foucard (CFE-CGC) ; des solutions ont été trouvées, ajoute-t-il, afin d’atténuer les difficultés.

    « L’erreur est susceptible de venir des deux côtés, des chômeurs mais aussi de Pôle emploi », fait valoir Jacqueline Balsan, présidente du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). En outre, poursuit-elle, « les allocataires sont tenus de produire des documents, comme des fiches de paie, que leur employeur ne communique pas toujours dans les délais ».

    Comment expliquer que les indus soient plus nombreux aujourd’hui ? « L’amélioration des systèmes de détection » y est pour beaucoup, notamment pour les demandeurs d’emploi « en activité réduite » (ceux qui travaillent tout en recherchant une autre poste), d’après Rémy Mazzocchi, directeur de la maîtrise des risques et de la performance à l’Unédic. Autre facteur à citer en priorité, selon lui : l’augmentation, sur la période concernée, du nombre d’inscrits à Pôle emploi qui exercent une activité réduite (2,16 millions de personnes en décembre 2017 contre un peu plus de 1,7 million en janvier 2015).

    « Faiblesses » dans les actions de recouvrement

    Le total des trop-versés est impressionnant, dans l’absolu, mais « il convient de le relativiser dans la mesure où il correspond à un peu moins de 3 % des allocations attribuées aux demandeurs d’emploi », explique Elisabeth Gueguen, directrice de la réglementation et de l’indemnisation chez Pôle emploi. Pour autant, il existe des procédures afin de récupérer les sommes allouées à tort : un peu plus de la moitié des indus sont restitués mais le taux de recouvrement a légèrement baissé, entre la fin 2016 et la fin 2017 (passant de 57,2 % à 56,9 %). Un recul imputable à, au moins, deux facteurs, décrypte M. Mazzocchi : « Certains allocataires sont dans l’incapacité de rendre les montants réclamés », dit-il. De plus, une décision du Conseil d’Etat, en 2014, a remis en cause les modalités pratiques de récupération – jusqu’alors effectuées par des retenues sur la prestation.

    Le système n’en demeure pas moins rude, pour Denis Gravouil (CGT) : « C’est catastrophique d’avoir à rembourser, alors que les personnes sont, très souvent, de bonne foi, confie-t-il. Elles se retrouvent dans des situations intenables et même si un échéancier est mis en place pour étaler les paiements, elles peuvent basculer dans la spirale du surendettement. »

    Une note, présentée en novembre 2017 au bureau de l’Unédic, a signalé des « faiblesses » dans les actions de recouvrement, notamment parce que « les contraintes (…) ne sont pas du tout » mises en œuvre pour les indus compris entre 77 et 650 euros, dans les deux régions visitées par la « mission d’audit ». Pôle emploi le reconnaît, mais l’idée, à terme, est que les indus soient récupérés « sur l’ensemble du territoire, lorsque les montants oscillent entre 77 et 650 euros », affirme Mme Gueguen.

    Pour contenir les trop-perçus, M. Walter avait préconisé, dans son rapport de 2013, d’aller « vers une simplification » des règles, notamment celles relatives à l’activité réduite, car elles sont « de nature à générer des indus, par [leur] complexité ». Cette piste vaut le coup d’être regardée, commente Eric Courpotin (CFTC), mais toute la question est de « trouver le juste milieu » : il ne faudrait pas que les demandeurs d’emploi qui travaillent fassent les frais de dispositions nouvelles et voient leur allocation amputée.

    #chômeurs_en_activité_réduite


  • Une réforme pour mieux combattre les chômeurs - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/03/21/une-reforme-pour-mieux-combattre-les-chomeurs_1637871

    D’ici la fin du premier trimestre 2019, trois fois plus de personnes seront chargées de chasser les fraudeurs, on multipliera par deux les peines encourues en cas de recherche insuffisante d’emploi... les sanctions pleuvent contre les plus faibles.

    Dans nos temps d’inégalité croissante, tous ces faibles, ces pauvres et ces exclus sont bien difficiles à supporter. Pour bloquer le réflexe empathique qui pourrait nous faire souffrir à leur contemplation, le plus simple est de ne pas les voir comme des victimes, mais plutôt comme responsables de leur situation. Ils l’ont bien cherché ! Comme le disait fort bien un député LREM, « l’immense majorité » des SDF dorment dans la rue « par choix ». Les exilés sont des clandestins ou des trafiquants, voire, parfois, des terroristes. Et les #chômeurs sont donc des fainéants ou des fraudeurs, voire des vacanciers amateurs de Bahamas comme le suggérait un autre député LREM. Tous ces gens ne méritent pas notre compassion, mais une bonne punition.

    La logique vaut pour tout ce qui est faible, avec des nuances, naturellement, selon le degré de faiblesse. Les ordonnances de septembre avaient pour but de dynamiser les salariés trop mous, incompétents ou rigides, en flexibilisant l’#emploi. Une bonne loi de répression contre les exilés est en préparation. Et, en même temps, conformément à la logique des temps, on prévoit d’accroître les sanctions subies par les chômeurs. Lutter contre le #chômage est bien difficile. Alors pour vivre heureux, luttons plutôt contre les chômeurs.

    De la misère à l’exclusion

    Pour comprendre ce qui est à l’œuvre, une petite comparaison s’impose. En droit du travail, le salarié qui commet une faute encoure une sanction disciplinaire. Celle-ci doit être précédée par un minimum de procédure contradictoire et notamment par un entretien préalable. La faute doit être prouvée par l’autorité qui sanctionne. Les amendes et autres sanctions qui viendraient ponctionner le salaire sont interdites. Et la sanction doit être proportionnée à la faute commise. En droit du chômage, aucune de ces protections n’existe. Le chômeur n’est pas un salarié. Il est bien plus bas dans l’échelle sociale et donc, il ne mérite pas de tels égards. Selon le droit actuel, la faute est présumée : c’est au chômeur de prouver qu’il a bien été diligent dans sa recherche d’emploi (alors que l’art de se préconstituer des preuves n’est pas à la portée de tous, loin s’en faut). Les #sanctions encourues sont pécuniaires. Et une faute même minime, comme un retard à un entretien ou un coup de fil raté (1), peut vous priver de revenus.

    Lorsque l’on sait que plus de 40% des chômeurs indemnisés perçoivent moins de 1 000 euros par mois (2), la perte d’un demi-mois d’allocation (ce qui est actuellement la peine la plus faible encourue), suffit généralement à ruiner un difficile équilibre tenu à force de privations et de budget calculé aux centimes. Et ce passage de la misère à l’exclusion est possible pour un rendez-vous raté, voire pour un retard. Entre la faute et la sanction, il n’y a pas de proportion. Et cette sanction peut tomber sans même que vous ayez été convoqué à un entretien préalable. La procédure est réduite à l’envoi d’une lettre à laquelle il convient de réagir dans les quinze jours… Ainsi, seuls les plus dynamiques et les plus forts ont en pratique la possibilité d’être entendus pour tenter de se défendre. Ceci est le droit actuel. Objectivement, il est déjà d’une brutalité inutile et même scandaleuse.

    Chasser les fraudeurs

    Mais peu importe l’objectivité. Seuls comptent les sentiments. Et ceux-ci nous ordonnent de sanctionner davantage les plus faibles, donc les chômeurs. C’est une cause entendue, depuis longtemps. Et, une fois de plus, nous sommes face à un gouvernement qui entend montrer sa sévérité à leur égard. On nous annonce un triplement des personnels chargés de chasser les fraudeurs d’ici à la fin du premier semestre 2019, une multiplication par deux des peines encourues en cas de recherche insuffisante d’emploi et une individualisation plus grande des pressions faites sur les chômeurs au travers d’une redéfinition de l’« offre raisonnable d’emploi ».

    De petites contreparties à ces importantes régressions sont certes prévues. Quelques milliers de démissionnaires capables de présenter un projet dûment validé par les autorités compétentes pourraient bénéficier d’une allocation. Et certaines peines actuelles, absurdes ou inappliquées, pourraient être réduites (3). En échange, la chasse aux quelque trois millions de chômeurs actuellement indemnisés sera plus intense que jamais. On aurait préféré qu’une détermination similaire inspire la lutte contre la fraude fiscale des plus riches, dont le coût est d’un ordre de grandeur bien plus grand que la « fraude » commise par les chômeurs déprimés ou découragés. Mais ce serait oublier que les plus fortunés sont, eux, présumés méritants, dynamiques, utiles…

    (1) Un rapport spécifique sur « La gestion de la liste des demandeurs d’emploi/Les radiations » du médiateur national du Pôle Emploi de janvier 2013 compte 7% des directeurs d’agence qui reconnaissent procéder à des radiations pour simple retard à un entretien et 44 % qui reconnaissent radier des listes pour absence de réponse à un entretien téléphonique.
    (2) Chiffres du Pôle Emploi, mars 2017.
    (3) En cas de retard ou d’absence à un rendez-vous au Pôle Emploi, la peine encourue pourrait être réduite à un demi-mois sans revenu (ce qui est déjà énorme), au lieu de deux mois actuellement.

    Emmanuel Dockès professeur à l’université Paris-Nanterre

    #travail #libéralisme #pôle_emploi

    • Lutter contre le #chômage est bien difficile. Alors pour vivre heureux, luttons plutôt contre les chômeurs.

      et

      On aurait préféré qu’une détermination similaire inspire la lutte contre la fraude fiscale des plus riches, dont le coût est d’un ordre de grandeur bien plus grand que la « fraude » commise par les chômeurs déprimés ou découragés. Mais ce serait oublier que les plus fortunés sont, eux, présumés méritants, dynamiques, utiles…

      #chomage