• How San Francisco police surveillance closed in on Black Lives Matter protests
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/san-francisco-protests-surveillance

    Activists and privacy advocates say police use of indiscriminate monitoring erodes fundamental freedoms When Marquise Rosier joined hundreds of Black Lives Matter protesters on May 31 in downtown San Francisco, he knew that the police would have their eyes on him. “My thought process going in was ‘Yeah, I know for sure they’re watching,” said the 25-year-old software engineer. Still, he felt compelled to take the risk and attend the demonstration. “I’d rather fight to feel human than live (...)

    #CCTV #activisme #police #vidéo-surveillance #BlackLivesMatter #surveillance #ACLU #EFF

  • BALLAST | David Dufresne : « En critiquant la police, on s’en prend plein la gueule »
    18 septembre 2020

    https://www.revue-ballast.fr/david-dufresne-en-critiquant-la-police-on-sen-prend-plein-la-gueule

    Passé de la presse rock au repor­tage pour la grande presse, dans les années 1990, David Dufresne s’est peu à peu éloi­gné du jour­na­lisme — un « jour­na­lisme de pes­ti­cides », dit-il, obnu­bi­lé par la nou­veau­té et la sur­face de l’in­for­ma­tion — pour tra­vailler sur le long cours : une enquête consa­crée au main­tien de l’ordre, sui­vie d’une autre sur l’af­faire Tarnac. Si la musique n’est jamais bien loin (un livre sur un club de rock, un autre sur Brel), c’est par son compte Twitter et son inter­pel­la­tion « Allô Place Beauveau », lan­cée en plein sou­lè­ve­ment des gilets jaunes, que Dufresne s’est impo­sé comme l’une des voix média­tiques cri­tiques de la vio­lence poli­cière et éta­tique. En 2019, il racon­tait, sous les traits de son alter ego Étienne Dardel, cette mobi­li­sa­tion écra­sée dans les pages du roman Dernière som­ma­tion ; il revient des­sus, au ciné­ma cette fois, avec Un pays qui se tient sage. L’occasion de le retrou­ver, convi­vial, autour d’un café sous le soleil de plomb de la capi­tale. (...)

  • La nouvelle #définition du « #terrorisme » de la #Suisse crée un dangereux précédent dans le monde, ont prévenu des experts de l’ONU en matière de droits de l’homme

    Le projet de #loi_antiterroriste de la Suisse contrevient aux #normes_internationales en matière de droits de l’homme en élargissant la définition du terrorisme et pourrait créer un dangereux précédent pour la #répression de la #dissidence_politique dans le monde, ont averti aujourd’hui les experts* de l’ONU en matière de droits de l’homme.

    Ils ont exprimé leur regret quant au refus des autorités suisses de modifier les sections controversées du projet de loi, actuellement devant le Parlement, mais ont plaidé pour un changement de dernière minute.

    « Aucune de nos recommandations n’a été mise en œuvre », ont-ils dit, faisant référence à une lettre officielle de 16 pages adressée au gouvernement, envoyée à la fin du mois de mai. « Aucune réponse satisfaisante n’a été donnée à nos principales préoccupations concernant l’incompatibilité du projet de loi avec les droits de l’homme et les meilleures pratiques internationales en matière de lutte contre le terrorisme. »

    Les experts ont été particulièrement préoccupés par le fait que, selon le projet de loi, la nouvelle définition de l’« #activité_terroriste » n’exige plus du tout la perspective d’un #crime. Au contraire, la définition pourrait même inclure des actes licites visant à influencer ou à modifier l’ordre étatique, tels que les activités légitimes des #journalistes, de la société civile et des #militants politiques.

    Selon les normes internationales, y compris le Conseil de sécurité des Nations Unies, le terrorisme comprend toujours l’intimidation ou la coercition d’une population ou d’un gouvernement par la menace ou la perpétration d’actes de violences causant la mort, des blessures graves ou la prise d’otages.

    « L’élargissement de la définition du terrorisme à toute campagne non violente impliquant la propagation de la peur va bien au-delà de l’actuel droit national suisse et contrevient aux normes internationales », ont-ils déclaré. « Cette définition excessivement large crée un dangereux précédent et risque de servir de modèle aux gouvernements autoritaires qui cherchent à réprimer la dissidence politique, notamment par la torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

    Les experts ont également mis en garde contre certains articles du projet de loi qui donneraient à la #police_fédérale un pouvoir étendu pour désigner des « #terroristes_potentiels » et décider de #mesures_préventives à leur encontre sans #contrôle_judiciaire significatif.

    « Tout en reconnaissant les graves risques sécuritaires posés par le terrorisme, nous regrettons vivement que les autorités suisses aient décliné l’opportunité de bénéficier de notre assistance technique et de notre expertise sur la manière de combiner des mesures préventives efficaces et le respect des droits de l’homme », ont dit les experts.

    Les experts ont appelé les parlementaires à garder à l’esprit l’engagement traditionnellement fort de la Suisse en faveur des droits humains et à rejeter une loi qui « est appelée à devenir une tache sérieuse dans l’héritage par ailleurs fort de la Suisse en matière de droits de l’homme ».

    Les experts se sont en outre déclarés préoccupés par les modifications complémentaires proposées du #code_pénal envisageant l’incrimination du soutien aux organisations terroristes, qui, selon eux, risquait de mettre en danger la longue et remarquable tradition humanitaire de la Suisse. Ils ont donc exhorté le Conseil national à valider une récente proposition du Conseil des Etats d’exempter expressément l’action humanitaire impartiale de la criminalisation.

    « La protection des droits humains et les mesures efficaces de lutte contre le terrorisme ne sont pas des objectifs antagoniques, mais devraient être considérés comme des intérêts complémentaires et se renforçant mutuellement dans toute société démocratique », ont-ils conclu.

    https://www.ohchr.org/FR/HRBodies/HRC/Pages/NewsDetail.aspx?NewsID=26224&LangID=F
    #droits_humains

    ping @cede

  • Contre le Covid-19, en Indonésie, des gangsters appelés en renfort par la police
    https://www.courrierinternational.com/article/partenariat-contre-le-covid-19-en-indonesie-des-gangsters-app

    Alors que le maire de Jakarta vient de durcir à nouveau les règlements sanitaires pour lutter contre la propagation du Covid-19 dans la capitale indonésienne, la police nationale envisage de recruter des bandes de gangsters pour veiller à ce que les citoyens fassent preuve de plus de discipline.

    “À chaque changement du chef de la police nationale, le nouveau candidat fait la promesse d’opérations contre les gangsters. Mais voilà qu’aujourd’hui la police, plutôt que de poursuivre les bandes de voyous, propose de les recruter pour faire appliquer les règles en vigueur contre le Covid-19. Une idée brillante suggérée par le chef adjoint de la police, le commissaire Gatot Eddy Pramono”, ironise Koran Tempo.

    Mais la population aurait tort de s’inquiéter. Le recours à ces gangsters, principalement sur les marchés, sera surveillé par l’armée et la police, et effectué de manière “humaniste”, a précisé l’adjoint du chargé de gestion de la pandémie et de la relance économique.

    #police #paywall

  • Entre deux confinements

    Balade ce soir 16 septembre 2020 dans Toulouse, 22h30, retour par le petit parc ouvert la nuit qui permet de rejoindre Blagnac à vélo.

    Un policier municipal au volant d’une voiture de police manœuvre difficilement son véhicule et on se demande même en rigolant si ils n’a pas bu parce qu’il s’y reprend à trois fois puis il cale la voiture sur le trottoir à l’entrée du parc où il a vainement tenté d’entrer.

    Sous les arbres éclairés par les lampadaires, on aperçoit une dizaine de jeunes tous avec des masques et debouts autour d’une table qui discutent silencieusement en faisant visiblement attention à la distance entre chacun.
    Je passe près d’eux pour signaler la présence des keufs, ils ont tous l’air bien calmes et une fille me sourit des yeux.

    Les policiers sont descendus du véhicule et s’approchent en brandissant le rayon lumineux de leurs torches sur les jeunes pour leur dire de dégager « pas de discussion, si vous ne partez pas immédiatement, c’est 150€ par personne »
    On est trois à regarder la scène interloqués à moins de 20 mètres de là. J’interpelle poliment mais avec une forte voix espérant leur faire honte en dénonçant publiquement leurs agissements et leur demande de cesser leur intervention, que c’est de l’abus de pouvoir parce qu’il n’y a aucune perturbation et qu’ils ont tous leurs masques et respectent les gestes barrières. Peine perdue, ce sont les jeunes qui me demandent de laisser tomber, car c’est toujours la même chose.
    Pendant ce temps, un peu plus haut sur le boulevard il y a des restaurants avec du monde à l’intérieur et autant sur les terrasses des trottoirs qui empêchent les piétons de circuler.
    J’ai juste gueulé en partant que la police ne vienne pas se plaindre que tout le monde les hait parce qu’ils sont vraiment pires que dégueulasses.

    #police_covid
    #toulouse_sous_moudenc
    #droite_toulousaine
    #commerce
    #jeunesse
    #ne_pas_laisser_faire

  • Palantir, le géant de la surveillance aux profits fantômes.
    https://korii.slate.fr/biz/palantir-peter-thiel-surveillance-introduction-bourse-ipo-convaincre-inv

    L’introduction en bourse de la firme fondée par Peter Thiel approche, mais les investisseurs doutent. Proche de la CIA, en relation avec la DGSI, fondée par un soutien de Donald Trump, l’entreprise Palantir s’est forgé une réputation sulfureuse en signant des contrats de surveillance avec les armées et polices du monde entier. Malgré une date de fondation qui remonte à 2003, la firme spécialisée dans l’analyse de données reste aujourd’hui nimbée de mystère. Elle s’est toujours employée à entretenir une (...)

    #DGSI #Palantir #CIA #algorithme #migration #police #données #surveillance #bénéfices

  • To Surveil and Predict
    https://citizenlab.ca/wp-content/uploads/2020/09/To-Surveil-and-Predict.pdf

    This report examines algorithmic technologies that are designed for use in criminal law enforcement systems. Algorithmic policing is an area of technological development that, in theory, is designed to enable law enforcement agencies to either automate surveillance or to draw inferences through the use of mass data processing in the hopes of predicting potential criminal activity. The latter type of technology and the policing methods built upon it are often referred to as predictive (...)

    #algorithme #biométrie #géolocalisation #police #racisme #données #facial #prédiction #reconnaissance #sexisme #biais #discrimination (...)

    ##CitizenLab

  • Violences sexuelles : deux policières racontent leur travail au quotidien - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130920/violences-sexuelles-deux-policieres-racontent-leur-travail-au-quotidien?on

    Pour la première fois, les deux femmes à la tête de l’unité « mineurs » de l’OCRVP, en pointe dans la lutte contre la pédocriminalité et chargée de dossiers sensibles comme les affaires Matzneff, Epstein ou le témoignage d’Adèle Haenel, expliquent comment elles enquêtent sur les violences sexuelles. Et alertent sur le manque de moyens criant des services dédiés aux mineurs victimes.

    #paywall, seenthis pliiiiiiz, ne l’as tu point vu trainer sur les internet ???

    • Tataaaa !

      Elles pourraient être les héroïnes de la série Unbelievable, ce tandem de policières soudé qui ne compte pas ses heures pour traquer les violeurs en série. La commandante Véronique Béchu et son adjointe, la capitaine Katie Steel, dirigent le groupe central des mineurs victimes au sein de l’OCRVP (Office central pour la répression des violences aux personnes), spécialisé dans la lutte contre la pédocriminalité en France.

      Sur leurs bureaux, des dossiers sensibles comme les affaires Gabriel Matzneff, Jeffrey Epstein ou encore le témoignage d’Adèle Haenel. Et pléthore d’enquêtes plus « anonymes » (détention ou diffusion d’images pédopornographiques, corruption de mineurs, viols et agressions sexuelles sur mineurs, etc.), aux ramifications parfois internationales.

      Créé en 2006, l’OCRVP est, avec la brigade de protection des mineurs de Paris, le seul office de police judiciaire à enquêter sur cette thématique. Mais à ce travail d’investigation s’ajoute une dimension internationale et stratégique : participation à des groupes de travail au sein d’Europol et d’Interpol, animation de séminaires, formations, partenariats en France et à l’étranger.

      Habituées à travailler dans l’ombre, les deux policières ont accepté, pour la première fois, de raconter à Mediapart le travail au quotidien de leur unité. À une condition, que nous avons acceptée : aucune question sur le fond des procédures judiciaires en cours (lire notre Boîte noire).

      Ces deux anciennes de la brigade des mineurs évoquent leurs méthodes d’audition et d’enquête, la fierté de mener un travail aux effets concrets dans cette thématique « sacerdoce ». Mais elles alertent aussi, alors que le gouvernement organise à l’automne des états généraux sur la protection de l’enfance, sur le manque de moyens criant de leur unité, qui compte vingt fois moins d’enquêteurs que celle de leurs homologues britanniques. Ces dix-huit derniers mois, le nombre de leurs dossiers a explosé de plus de 200 %, notamment en raison de #MeToo. « On est clairement en sous-nombre. […] On est obligés de prioriser les dossiers, c’est atroce. […] Il faut une prise de conscience à tous les niveaux. »

      Mediapart : Pourquoi choisit-on de devenir policières sur ce sujet difficile de la pédocriminalité ?

      Véronique Béchu : Je suis dans la thématique depuis dix-sept ans, je n’avais pas d’appétence particulière au départ. Mais lorsque j’étais assistante de justice au cours de mes études de droit, 80 % des dossiers qui partaient aux assises et dont je m’occupais étaient des affaires de mœurs concernant des mineurs. Cela m’a plu. C’est l’une des thématiques où l’on se sent le plus utile, où l’on voit immédiatement les effets de ce que l’on fait, en matière de protection de l’enfance, de mise hors d’état de nuire d’un abuseur, d’une personne violente.

      La protection des personnes représente pour moi le métier de policier tel qu’il existe dans l’imaginaire de tous. Par ailleurs, cette thématique fait consensus. Il y a beaucoup de partenariats possibles à monter avec le milieu médical, le monde judiciaire, l’éducation nationale, Europol et Interpol, des ONG, et on travaille tous dans la même direction, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres thématiques.

      Katie Steel : On traite des dossiers à un niveau plus important, on contribue davantage à changer les choses, car nous sommes en contact avec les partenaires qui influencent les campagnes de prévention, les évolutions législatives, etc., alors qu’en brigade des mineurs, très beau service dont nous sommes issues, on les subit, on passe davantage d’un dossier à un autre.

      Quelle est la spécificité des enquêtes sur la pédocriminalité ?

      V. B. : Il y a une dimension psychologique à prendre en compte dans tous les dossiers de violences sur les personnes, que l’aspect « mineurs » ne fait qu’exacerber. Si on veut pouvoir recevoir des confidences qui sont extrêmement compliquées à obtenir, tant du côté des victimes, de leurs entourages, que des auteurs, il faut faire preuve de psychologie, savoir être vraiment dans l’écoute, la compréhension. Être dans l’empathie, mais pas trop, ne pas se laisser déborder, ne pas avoir de préjugés.

      Dans nos dossiers, on a l’habitude de dire qu’il n’y a pas de normalité, pour mettre à l’aise les gens, parce que c’est extrêmement important qu’ils ne se sentent pas jugés, quelle que soit la façon dont ils agissent, ou ce qu’ils ont pu faire. C’est la même chose pour les violences sexuelles à l’égard des majeurs. Une personne peut avoir une sexualité qu’on pourrait, avec nos propres référents, qualifier de « débridée » ou « d’inhabituelle », cela ne veut pas pour autant dire qu’elle a cherché à être agressée. Donc pas de jugement. On reçoit les informations brutes.

      Dans les affaires de violences sexuelles, on fait encore face au stéréotype de la « victime parfaite », dont le comportement, la vie, la tenue devraient être irréprochables. Comment luttez-vous contre ce préjugé ?

      K. S. : La « victime parfaite » n’existe évidemment pas. En tant que policiers, nous traitons toutes les victimes de la même manière. Chez les jeunes mineurs, c’est plus facile que chez les adolescents et les majeurs, où ce préjugé existe : l’enfant a moins de vécu et potentiellement un parcours davantage en ligne droite ; et on n’attend rien d’un enfant, car il est toujours vu, par tout le monde, comme une victime.

      V. B. : Cela peut être piégeux, d’ailleurs. Il est estimé actuellement qu’à partir du moment où c’est un enfant, il a toujours raison. Or, absolument pas : sa parole n’est pas d’or.

      Pourquoi un témoignage de victime peut-il mettre des décennies à surgir, et en quoi cela complique-t-il l’enquête ?

      V. B. : Quand les faits sont intervenus dans le cadre familial, on sait pertinemment que parler a des conséquences sur de nombreuses personnes, que cela fait voler en éclats l’image que toute la famille peut avoir de la personne visée par les dénonciations, que c’est déstabilisant pour la victime, qu’il y a la peur du qu’en-dira-t-on. C’est vraiment une décision extrêmement personnelle. Jamais on ne leur dira, même si cela fait des années, même s’il y a eu d’autres victimes ensuite : « Mais vous auriez dû parler avant. » Jamais.

      K. S. : Il y a le traumatisme, qui fait qu’on met de côté et que cela remonte plus tard, la honte, la culpabilité. Et, souvent, la victime aime bien la personne qui l’agresse, même si elle n’aime évidemment pas les abus. Parfois, on reçoit des gens qui ne sont pas encore prêts à porter plainte, on discute, on ne les force jamais à déposer plainte. Par contre, on les informe du délai de prescription. Il arrive qu’ils reviennent la veille de la prescription.

      Comment mène-t-on des auditions de victimes enfants – des enfants parfois si jeunes qu’ils parlent à peine ? A-t-on progressé dans ces techniques d’audition ?

      V. B. : On est formés pour cela – une formation de deux à trois semaines. Chaque audition est différente, parce que chaque enfant est différent. On applique en l’adaptant un nouveau protocole plus précis (protocole du NICHD – National Institute of Child Health and Human Development), en trois phases.

      La première phase est la mise en confiance – particulièrement important pour les tout petits. D’abord, on établit les règles de communication. On s’identifie – on n’est pas son copain, il faut toujours qu’il ait en tête que nous sommes une autorité –, tout en ayant un lien qui soit fluide avec lui. On n’est pas en tenue, on est dans une salle adaptée aux enfants, où il y a des jeux, la possibilité de faire des dessins. On essaye de voir s’il fait la différence entre la vérité et le mensonge.

      K. S. : Il faut qu’on puisse instaurer un dialogue. On donne notre attention à l’enfant. La plupart du temps, il aime être écouté. On part par exemple d’un événement récent qui lui a plu, comme son dernier goûter d’anniversaire, on lui demande de le raconter en détail, on l’entraîne à utiliser sa mémoire.

      V. B. : Cela nous permet de voir son niveau de langage, sa psychomotricité, s’il arrive à se repérer dans le temps et dans l’espace, et nous aiguille dans le type et la formulation des questions qu’on va pouvoir lui poser. La deuxième phase, on laisse l’enfant parler – comme pour les adultes, d’ailleurs. Car 80 % des éléments utiles et non pollués dans une audition sont donnés au cours de ce « récit libre ».

      Dans cette phase, on ne demande pas de précisions, même si l’enfant a du mal à tout raconter de façon chronologique et avec les détails. Parce que si l’on coupe quelqu’un dans son récit, il ne reprendra jamais là où il s’est arrêté. Le travail de mémoire est perturbé, c’est terminé. La troisième phase, ce sont les questions, qui doivent obligatoirement être ouvertes.

      K. S. : On rebondit uniquement sur les éléments qu’ils nous ont apportés dans le récit libre. Par exemple, si on pense que quelque chose s’est passé dans une voiture, mais que l’enfant ne nous a jamais parlé de voiture, on ne va pas dire : « Est-ce que ça s’est passé dans une voiture ? », on va poser des questions beaucoup plus ouvertes, pour savoir s’il nous en parle.

      V. B. : Il faut que notre question enclenche un nouveau récit. Pas juste une réponse, oui/non. Il faut proscrire les questions à choix multiples, parce que l’enfant ne retiendra que le dernier choix…

      K. S. : Même chose avec les réponses dans les questions, par exemple : « Le ciel est orange, n’est-ce pas ? » Ça, c’est catastrophique, parce que l’enfant est habitué à dire « oui » aux adultes, donc il répondra « oui ».

      Retenir l’attention d’un enfant le temps d’une audition est difficile. Comment gère-t-on et interprète-t-on ses silences, sa lassitude, ses refus de répondre ?

      V. B. : Les techniques d’évitement (par exemple quand il n’écoute pas ou est moins attentif), les silences, peuvent aussi vouloir dire des choses. Il ne faut pas essayer de combler ces silences, ils peuvent être stratégiques à un moment où les faits sont compliqués à verbaliser. On retranscrit dans nos procès-verbaux le comportement de l’enfant, s’il s’agite, se lève tout le temps, etc., et les auditions sont communiquées aux pédopsychiatres qui vont examiner les enfants aux unités médico-judiciaires. Ce double examen médical et psy est obligatoire dans les procédures d’abus sexuels sur mineurs.

      K. S. : On peut aussi utiliser les silences : si on les laisse s’installer, la personne auditionnée va vouloir d’elle-même parler au bout d’un moment pour les combler. Alors on obtiendra peut-être des informations supplémentaires.
      « On retrace le parcours de vie complet de l’auteur comme de la victime, dans tous les domaines »

      Est-ce que le fiasco judiciaire de l’affaire Outreau en 2004 a changé quelque chose dans votre travail ? Avez-vous davantage peur de témoignages biaisés, de paroles d’enfants influencées, d’un effet de contamination ?

      V. B. : Ce n’est pas une peur, mais c’est quelque chose qu’on a toujours à l’esprit. Nous n’avons pas eu besoin d’Outreau pour savoir que la parole de l’enfant ne doit pas être prise à 100 %. Cela reste une base pour une enquête, la procédure n’en reste pas moins à charge et à décharge. Et si rien ne contextualise l’audition d’un enfant, c’est extrêmement compliqué. Après Outreau, on a continué à travailler de la même façon, simplement le protocole d’audition a été adapté, parce que de nouvelles techniques (le protocole du NICHD notamment) sont arrivées. Il n’y a pas eu d’énorme révolution.

      Quel peut être le cheminement d’un enfant qui est victime de pédocriminalité ? Comment arrive-t-il jusqu’à vous ?

      V. B. : À la brigade des mineurs, la plupart du temps, on part du témoignage de l’enfant ou d’un signalement – effectué par les écoles, les infirmières scolaires, les psychologues, les médecins, les pédiatres, les mères, des proches de la famille, quelqu’un de confiance à qui l’enfant s’était confié. Nous, on fait plutôt le cheminement inverse, puisque, en dehors des dossiers spécifiques et sensibles, on constate l’infraction sur Internet. Et donc on essaie d’aller jusqu’à l’enfant, de l’identifier et de recevoir ses déclarations.

      Qu’est-ce qui peut justifier un signalement ?

      V. B. : C’est tout le problème, il n’y a pas de critère, c’est propre à chacun. Il y a actuellement des réflexions sur l’idée d’un panel de signaux faibles, sur lequel les gens pourraient s’appuyer pour faire des signalements. Les personnes ont souvent peur de faire des signalements, peur des conséquences, pour elles ou pour les protagonistes.

      Mais rappelons que toute personne qui aura fait un signalement, même s’il ne débouche pas sur des faits avérés, ne sera jamais poursuivie de quoi que ce soit. On considère qu’elle a fait son travail de citoyen. Souvent, les signaux faibles montrent un problème, pas forcément des abus sexuels, cela peut être des abus psychologiques, une carence familiale, une situation matérielle et morale défaillante.

      Quels sont ces signaux faibles ?

      K. S. : Un enfant qui travaillait très bien à l’école et qui, du jour au lendemain, lâche complètement. Un enfant qui se remet à faire pipi au lit. Un mineur dans un club de sport qui, après le match, est le seul à ne pas aller sous la douche avec les copains. C’est peut-être parce qu’il est pudique, mais ça peut aussi être parce qu’il a des hématomes ou que cela le dérange d’être nu car, pour lui, c’est le moment où il arrive quelque chose. Ces signaux ne veulent pas forcément dire qu’il y a des abus sexuels, mais ce sont des petites choses qui, cumulées, peuvent amener à s’inquiéter.

      Dans les dossiers de violences sexuelles, comment sort-on du parole contre parole et arrive-t-on à établir les faits ?

      K. S. : Tout dépend de l’ancienneté des faits et de l’existence ou non de preuves matérielles. S’il n’y en a pas, l’important est de recueillir le maximum de témoignages possibles, à charge et à décharge.

      V. B. : Ce sont d’ailleurs les dossiers les plus longs et ceux où l’on fouille le plus. Dans une affaire sur des faits anciens, j’ai entendu environ 350 personnes pour établir les faits. C’est un gros travail d’environnement, où l’on retrace le parcours de vie complet de l’auteur comme de la victime, dans tous les domaines. Après, on cherche les incohérences dans les discours, on fait des recoupements.

      K. S. : Par exemple, la victime nous dit que le mis en cause dort avec des chaussettes. Lui, il dit que non. On va questionner tout l’entourage, ses anciennes compagnes, pour savoir s’il dort avec des chaussettes ou pas. Si elles disent que oui, cela nous donne un élément pour dire que, s’il a menti sur un détail aussi insignifiant, il est donc susceptible de mentir sur des points plus cruciaux. Cela permet également de renforcer la véracité des propos de la victime : elle disait la vérité sur le fait qu’il dorme avec des chaussettes.

      Quelles peuvent être les preuves matérielles dans vos enquêtes ?

      V. B. : On peut trouver de l’ADN, des documents (mails, lettres, carnets scolaires, carnets de santé, etc.), des données téléphoniques (avec la limite de la loi et de la courte durée de conservation), des images vidéo. Par ailleurs, dans les affaires de violences sexuelles, les victimes font l’objet d’un examen médical approprié et sont aussi vues – comme les mis en cause – par des psychiatres ou des psychologues, ce qui nous donne des éléments de personnalité.

      Retrouve-t-on un profil type des pédocriminels ?

      V. B. : Psychologique, oui. Ils ont souvent au moins trois traits de caractère redondants : égocentrés, narcissiques ; immatures affectivement ; et incapables de mettre en place des relations interpersonnelles avec des gens de leur âge. Mais il n’y a pas de profil d’âge, socio-culturel, professionnel.

      Dans la cybercriminalité, ce sont des hommes. Quand il y a des femmes impliquées, c’est le plus souvent dans le cadre d’un couple, et en général les abus qu’elles commettent ne sont pas pour leur propre plaisir sexuel mais pour celui de leur conjoint. Enfin, les femmes abuseuses le font plutôt dans un cadre intra-familial.

      K. S. : Il peut y avoir des profils très différents. Ceux qui cherchent l’attention ou l’amour de l’enfant ; ceux qui l’utilisent comme un objet, peu importe son attitude, pour leur propre plaisir ; ceux qui se disent « amoureux » de lui.

      Le risque du mensonge des victimes, d’un faux témoignage, est souvent agité dans les affaires de violences sexuelles. Les études existantes évoquent des chiffres oscillant entre 0,62 % et 10 % de plaintes « infondées », selon les pays et les définitions. A-t-on des chiffres en France ?

      V. B. : Non, la thématique des violences sexuelles est celle où l’on a le moins de statistiques. On a beaucoup de témoignages dans ce sens, mais on ne peut pas appeler cela des « faux témoignages ». Cela peut être une adolescente qui a eu des relations sexuelles consenties, ne veut pas que cela se sache et pour s’extraire du courroux familial dit qu’elle a été abusée. Ou un enfant instrumentalisé par ses parents dans le cadre d’une procédure de séparation.

      K. S. : Car, dans ce cadre, des choses peuvent être suggérées ou dites par les parents, même sans vouloir faire de mal, et hors contexte… Mais on est formés à pouvoir faire la différence et on arrive à déceler assez vite ce type de déclarations, d’abord dans le récit de la personne, ensuite dans le reste de l’enquête, qui le démontre très vite.

      Dans l’un de mes dossiers, une jeune femme avait dit avoir été violée dans le métro. On a récupéré toutes les vidéos du métro. En réalité, elle avait loupé son oral d’examen et dit à ses parents que c’était parce que cela s’était passé après un viol : ils l’avaient emmenée déposer plainte. Dès le début de l’audition, on avait des doutes : son comportement, sa façon de raconter, certains éléments. Mais nous avions de toute façon enquêté sans jugement, en récoltant des éléments à charge et à décharge.

      Et du côté du mis en cause ?

      K. S. : On dresse son CV, puis on le laisse raconter, dans une phase de discours libre, sans poser de questions ou dire ce que l’on a. Cela permet de faire émerger des incohérences par rapport à ce qu’il va répondre ensuite, lors de questions plus précises.

      Comment on identifie un pédocriminel ? Quelles sont vos méthodes d’enquête ?

      V. B. : Nos techniques d’enquête doivent rester discrètes, voire secrètes. Les pédocriminels lisent beaucoup sur le sujet – y compris dans la presse –, pour s’adapter et ne pas commettre d’erreurs qui mèneraient à leur identification. Sur les forums de conseils, ils écrivent : « Je vais commencer à diffuser, je veux savoir comment me protéger. » Donc nous ne pouvons rien divulguer.

      K. S. : C’est vraiment une communauté, ils discutent entre eux de la manière de faire, sur des forums, des blogs. On a des dossiers où l’on voit des communications du type : « Je vais essayer d’agresser ma fille, elle a 5 ans, comment je fais ? » Sur le darknet, on trouve des tutos expliquant comment agresser sans laisser de traces. Ou encore des tentatives de reconstitution d’enquêtes sur des affaires médiatisées, à partir d’articles de presse.

      V. B. : C’est une communauté qui s’adapte, qui est très mobile. Europol a d’ailleurs mis en place un site, Trace an Object, consultable par tous, qui permet d’extraire le décor d’une vidéo intéressant les enquêteurs et, par l’intervention des internautes, d’identifier le lieu de production des images (par exemple via l’un des objets du décor). C’est une aide particulièrement appréciable du public, compte tenu de la charge de travail inhérente à cette thématique.

      Est-ce que le fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (Fijais) a fait avancer les choses ? À l’inverse, est-ce qu’on n’est pas trop rivés sur ce fichier dans certaines enquêtes ?

      K. S. : Cela permet un suivi régulier des personnes qui y sont inscrites, notamment de leur adresse actuelle. Quand on a un fait sur un lieu précis, ce fichier s’avère très utile. Il permet aussi d’empêcher certaines personnes d’accéder à des professions avec des enfants, même si ce contrôle devrait être impératif pour un certain nombre de professions et concerner également les bénévoles.

      V. B. : On voit aussi le parcours criminel des individus, s’il y a une escalade dans la commission des faits, qu’untel a potentiellement pu passer à l’acte avec un contact physique avec le mineur. Mais, a contrario, ce n’est pas parce qu’il n’est pas dans le fichier qu’on va se dire : « On laisse tomber. » On aura plutôt le réflexe de se dire : « Lui est toujours passé sous les radars », et on va essayer de trouver pourquoi.

      Obtenez-vous souvent des aveux en garde à vue ?

      V. B. : Oui, dans la majorité de nos procédures. Parce que souvent nous avons les preuves matérielles avant. Beaucoup ont même tendance à expliquer leur geste. Certains sont « soulagés » d’avoir été attrapés. Ceux-là ne sont pas des prédateurs, ils ont parfois de l’empathie pour les enfants qu’ils ont agressés. En jouant là-dessus, et sur l’importance pour l’enfant que l’auteur reconnaisse les faits, souvent ils viennent aux aveux. D’autres peuvent parler librement de ce qu’ils ont fait aux enfants, car ils en sont malheureusement fiers, estimant que c’est un mode de vie qui devrait être légalisé.

      Combien de dossiers sont traités chaque année par les policiers spécialisés dans les violences faites aux mineurs ?

      V. B. : Nous avons environ 250 à 300 saisines par an. Nous sommes 14 enquêteurs, on fait une moyenne de 25 à 30 gardes à vue à l’année, ce qui mobilise quatre personnes par garde à vue, le plus souvent en province, et ce qui revient à être parti une semaine sur deux. Ce sont des dossiers très souvent avec des volets internationaux, donc des missions à l’étranger. Chaque dossier est piloté par un directeur d’enquête, auquel on peut assigner un assistant, si besoin – notamment pour les dossiers complexes ou sensibles, comme Matzneff ou Epstein.

      Combien de temps passez-vous en moyenne sur un dossier ?

      V. B. : Quand on commence une enquête, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Un dossier sur lequel on peut se dire qu’en trois mois, c’est fini peut s’avérer énorme, avec un élément à l’origine de l’enquête qui n’était, en fait, que la partie émergée de l’iceberg : on peut alors y passer des années. On peut identifier rapidement l’auteur, ou parfois on peut avoir un dossier de corruption de mineurs dans lequel on a pléthore de victimes (parfois plusieurs dizaines), et cela nous prendra deux ans. Et dès qu’il y a un volet international, on multiplie par trois le temps, minimum.

      Avez-vous constaté une augmentation du nombre de dossiers dont vous êtes saisies ces deux dernières années ?

      V. B. : Oui, en dix-huit mois, nos saisines ont augmenté d’environ 200 à 250 %. Cela s’explique d’une part par l’utilisation d’outils qui nous permettent de détecter des auteurs potentiels et des victimes. Et, d’autre part, par la libération de la parole, la prise de conscience sur ces questions.

      K. S. : Il y a aussi davantage de signalements, notamment pour les faits commis à l’étranger, sur des Français qui voyagent, car les gens commencent à devenir plus vigilants.

      Donc il y a eu aussi un « effet #MeToo » sur les dossiers de pédocriminalité ?

      K. S. : Oui, pour les adolescents et pour les faits anciens. Après #MeToo, on a eu plus d’appels en brigade des mineurs pour des faits anciens.

      V. B. : Après la diffusion du film Polisse (2011) de Maïwenn aussi. Des gens de 70 ans nous appelaient pour dire qu’ils avaient été victimes. Avant, beaucoup ne savaient pas qu’il y avait des services dédiés à la lutte contre la pédocriminalité.
      « Dans notre unité, nous sommes 14 enquêteurs, quand les Britanniques sont 250 »

      Avec quels moyens enquêtez-vous ?

      V. B. : Dans notre unité, nous sommes 14, quasiment au même niveau qu’en Roumanie (10 enquêteurs), quand les Britanniques sont, pour leur part, 250 et les Néerlandais 130. Il faudrait que nous soyons dix fois plus. On est clairement en sous-nombre. Tous les services dédiés aux mineurs victimes sont engorgés, à chaque niveau. Y compris nos partenaires : la justice, les médecins, les psychologues, les experts psy. Il faut une prise de conscience à tous les niveaux.

      Avez-vous l’impression que le gouvernement prend la mesure de ce gigantesque problème de santé publique ?

      V. B. : Ça commence. On est aux balbutiements de la prise de conscience. On milite pour qu’il y ait un plus grand nombre de services spécialisés et formés dans toutes les professions concernées par les violences sexuelles envers les mineurs.

      Tous les enquêteurs ne sont pas formés spécifiquement pour les auditions d’enfants victimes ?

      V. B. : Non, c’est le souci. Il n’y a pas assez de formations, cela coûte très cher. Très souvent, les collègues sont déjà affectés avant d’être formés. Il faudrait qu’il soit obligatoire de faire une série de stages avant d’arriver dans les services, comme c’est le cas au renseignement. Quand je suis arrivée à la brigade des mineurs, j’ai d’abord assisté à des auditions derrière la glace sans tain, puis j’ai été « officiellement » formée quatre ans après. Ce n’était qu’une formalité, car je faisais déjà des auditions depuis longtemps, en utilisant des techniques que mes collègues m’avaient eux-mêmes enseignées.

      Mais maintenant, ce n’est plus possible, d’une part parce que le protocole du NICHD est très particulier et, d’autre part, parce les enquêteurs formés en poste ont trop de dossiers, et donc plus le temps de le faire. D’autant que, avant, les enquêteurs restaient très longtemps en poste, en moyenne dix, douze, voire quinze ans, ce qui n’est plus automatiquement le cas maintenant. Ce sont des services usants.

      Le gouvernement a annoncé la tenue, à l’automne, d’états généraux de la lutte contre les violences faites aux enfants. Qu’en attendez-vous ?

      V. B. : Beaucoup. Une augmentation significative des moyens humains, toutes professions confondues, et un plan national interministériel sur la thématique, permettant ainsi une cohérence d’actions entre tous les partenaires de la thématique. D’ailleurs, nous avons déjà réfléchi, à notre niveau, à un développement central et local de notre unité, un projet qui a reçu l’agrément du directeur central de la police judiciaire. Car aujourd’hui, on manque de moyens humains, on est obligés de prioriser les dossiers et ça, c’est atroce. On ne devrait pas avoir à le faire.

      K. S. : L’augmentation du nombre de dossiers et le manque de temps génèrent beaucoup de frustration et de stress chez les enquêteurs. Ils veulent faire plus et ce n’est pas possible.

      Les enquêteurs travaillant sur cette thématique difficile bénéficient-ils d’un suivi psychologique ?

      V. B. : À la différence des autres services traitant la thématique, nous avons un « suivi » psy (deux entretiens par an), mais c’est l’exception.

      K. S. : Dans notre unité, cela a été rendu obligatoire, mais ça ne l’est pas dans ce type de service, cela doit être une volonté de la hiérarchie.

      Comment se détache-t-on de ces sujets difficiles ?

      V. B. : On essaie d’avoir une cohésion, d’échanger ensemble sur nos dossiers, de déjeuner en groupe, de rire pour se libérer aussi. Et quand on voit que parfois des collègues ne sont pas capables de passer à autre chose sur un dossier, on a un débriefing psy exceptionnel. On essaye d’être très à l’écoute et vigilantes en tant que cheffes d’unité.

      Ces dossiers génèrent-ils davantage de burn-out ? Car votre responsabilité est énorme…

      V. B. : Je pense au contraire qu’il y en a moins. Parce qu’on se sent particulièrement utiles, que cette thématique est communautaire, même au sein des policiers, et qu’il y a une cohésion dans les unités qu’on retrouve peut-être moins ailleurs. Mais c’est vrai que cette thématique est un sacerdoce. On ne fait pas des heures de fonctionnaire. On est rappelables le week-end, pendant les congés. Des collègues reviennent pendant leurs congés sur des dossiers qui leur tiennent à cœur. Pour certaines techniques d’enquête comme l’enquête sous pseudonyme, ce n’est pas 9 heures-18 heures : la surveillance des réseaux, des tchats, c’est du H 24.

      Est-ce que pour vaincre la pédocriminalité, il ne faudrait pas renforcer d’autres moyens que les vôtres, en amont ?

      V. B. : Il faut absolument agir en matière de prévention : interventions en milieu scolaire, dans le milieu sportif, auprès du personnel éducatif mais aussi des enfants et des parents, comme on le fait sur la thématique des drogues. En Scandinavie, les agressions sont en baisse parce que les enfants sont vigilants. Être maintenu dans la méconnaissance et l’ignorance ne protège pas les enfants, c’est le contraire.

      K. S. : Les mineurs produisent eux-mêmes les images qui peuvent être utilisées par les pédocriminels, parce qu’ils se prennent en photo, sont derrière leurs écrans, pensent parler à des mineurs. Si on faisait davantage de prévention, on pourrait diminuer de moitié ce type de dossiers de corruption de mineurs.

      Comment jugez-vous l’accueil dans les commissariats sur le sujet des violences sexuelles ?

      V. B. : Quand on se présente dans un commissariat, on est en général reçu par une personne à l’accueil, pas nécessairement formée au recueil de la parole des victimes. Il faudrait mettre en place un système de pré-plainte, pour les dossiers qui ne sont pas des flagrants délits, qui ne nécessitent pas d’obtenir immédiatement des preuves matérielles (prélèvements, blocage de caméras), avec la possibilité de prendre rendez-vous.

      K. S. : Quand il y a un service spécialisé sur le lieu de plainte, les victimes sont généralement rapidement reçues pour être entendues par des personnes formées. Malgré cela, souvent, ce personnel formé fait défaut dans les commissariats. Mais ces dernières années, des programmes de formation ont été mis en place.

      Comment expliquez-vous que, dans certains procès-verbaux, on trouve encore des propos problématiques ou des jugements de la part des policiers, sur la tenue des victimes par exemple ?

      K. S. : C’est souvent une maladresse dans la façon de poser les questions qui sont nécessaires à l’enquête. Parfois, les enquêteurs manquent simplement de pédagogie : quand on questionne les personnes sur des détails de leur vie, ou sur la manière dont elles étaient habillées, il faut expliquer pourquoi. Dire par exemple qu’il est important qu’on connaisse la tenue vestimentaire pour notre travail d’exploitation des vidéos issues des caméras de vidéosurveillance, ou bien pour identifier d’éventuels vêtements retrouvés comme étant ceux portés par la victime au moment des faits, et donc faire des recherches d’éventuelles traces.

      Il y a, encore aujourd’hui, des refus de prendre des plaintes pour des faits de violences sexuelles. Comment l’expliquez-vous ?

      K. S. : Il y a une nouvelle charte d’accueil dans les commissariats, qui précise l’obligation de prendre les plaintes. Quand j’ai travaillé en commissariat, jamais on n’a refusé de prendre des plaintes. C’est très rare. Même si elles étaient peut-être mal prises, les plaintes étaient prises.

      V. B. : Le souci, en général, c’est que la personne se présentant au commissariat s’est dit : « C’est maintenant, je suis prête, j’y vais », après y avoir pensé pendant des jours, des mois ou des années. Et lorsqu’elle arrive, il est possible que tout le monde soit occupé, qu’on lui annonce plusieurs heures d’attente ou qu’on ne puisse pas recueillir son témoignage dans de bonnes conditions. Et c’est peut-être pour cela qu’on ne prend pas la plainte immédiatement. Mais, encore une fois, c’est certain qu’il y a quelque chose à faire en termes de moyens humains et de pédagogie auprès des victimes potentielles se présentant dans leur commissariat. D’autant que si, dès le début, la relation avec la victime est biaisée par un mauvais accueil, c’est compliqué pour le reste de la procédure.

      Vous vous heurtez souvent, dans vos enquêtes, à la prescription. En 2018, le délai est passé de vingt à trente ans pour les crimes sexuels sur mineurs. Qu’est-ce que cela change ?

      V. B. : Pour l’instant, rien, parce que la loi n’est pas rétroactive. Mais avoir gagné dix ans, c’est incomparable.

      K. S. : Trente ans pour ce type de faits [à partir de la majorité – ndlr], c’est raisonnable. Souvent, il y a un traumatisme tel que la personne n’est pas en mesure, avec le silence autour de ce type de faits, d’en parler, et ne peut le faire que lorsqu’elle est stable dans sa vie – par exemple en couple, avec une famille, donc souvent assez tard. À 38 ans, on n’est pas forcément prêt, à 48 ans davantage.

      Au Canada, l’imprescriptibilité est le principe retenu pour tous les crimes. Dans l’une de nos enquêtes, une victime s’interrogeait : « Pourquoi l’État déciderait qu’à partir de tant d’années je dois pardonner ? » Qu’est-ce que changeraient la suppression de la prescription ou un nouvel allongement des délais ?

      V. B. : À un moment donné, le temps passant, cela devient compliqué de récolter des preuves. On ne peut plus enquêter dans de bonnes conditions : tous les témoins seront décédés ou ils ne se souviendront plus d’éléments pouvant aider à la manifestation de la vérité.

      K. S. : Il faut savoir que, prescription ou pas, on travaille. Si la personne veut venir déposer plainte ou témoigner, on va la recevoir, on prend toujours sa plainte. Notamment parce qu’il y a potentiellement des risques que l’individu sévisse encore.

      V. B. : Et est-ce qu’une victime de 60 ans recherche obligatoirement que son auteur soit condamné à une peine de prison ? Il faudrait un statut un peu autre qu’une condamnation pénale, et c’est très compliqué.

      Par contre, il y a un travail de pédagogie à faire auprès de la victime sur la prescription des faits (sur le fait que cela ne doit pas la freiner dans son désir de parler de ce qu’elle a subi). Car même si les faits sont prescrits, il n’en reste pas moins que c’est extrêmement important pour elle de se retrouver un jour au sein d’un tribunal, de pouvoir témoigner et de voir que, grâce à son intervention, d’autres personnes ont révélé des faits non prescrits et que cela a permis de mettre un coup d’arrêt aux activités de l’individu. C’est gratifiant, valorisant, elle devient un maillon à part entière de la chaîne.

      Que répondez-vous à ceux qui sont surpris par les moyens mis en œuvre et la rapidité dans les enquêtes – très médiatisées autour des témoignages d’Adèle Haenel ou de Vanessa Springora ?

      V. B. : Ce n’est pas traité plus vite parce que ce sont des personnalités, c’est faux. Par exemple, si l’enquêteur chargé du dossier dit « médiatique » a un dossier d’une petite fille abusée sexuellement au même moment où il est censé faire la garde à vue du mis en cause du dossier médiatique, on laissera tomber la garde à vue pour travailler sur l’enfant en danger immédiat.

      K. S. : Pour nous, ce qui importe, c’est l’urgence actuelle : les victimes qui sont encore en danger potentiel et les flagrants délits.

      Certains soulignent en particulier la réactivité de la justice dans l’ouverture des enquêtes visant Christophe Ruggia (mis en examen après la plainte d’Adèle Haenel) et Gabriel Matzneff, ou la rapidité des investigations dans « l’affaire Ruggia » et sa mise en examen deux mois et demi après l’ouverture de la procédure.

      V. B. : L’enquête concernant les faits dénoncés par Adèle Haenel est à peine entamée. Cela prendra des mois. Le temps judiciaire est, de toute façon, toujours long. Après, on agit en fonction du risque de dépérissement des preuves. C’est tout un équilibre de données qui font qu’à l’instant T on choisit plutôt tel ou tel dossier.

      K. S. : Dans la plupart des cas, les mis en cause ne sont pas au courant de l’enquête en cours et on préfère avoir le plus d’éléments possibles avant de les interroger. Mais quand ils sont au courant, c’est important de faire la garde à vue rapidement, parce qu’ils peuvent potentiellement faire disparaître des preuves. Quant aux ouvertures d’enquêtes préliminaires par le parquet, dès qu’on est au courant des faits, on ouvre automatiquement, dans tous les dossiers, tous les jours. Sauf que ce n’est pas dans les journaux…

      Avez-vous connu des entraves sur des dossiers concernant des personnalités connues ? Notez-vous une évolution à ce niveau-là ?

      K. S. : Peu importe la personne mise en cause, je traiterai le dossier de manière identique. On aura de moins en moins de gens protégés, car les personnes aux responsabilités ne veulent plus être mêlées à des investigations dans notre thématique, même le fait d’être juste ami avec la personne mise en cause peut mettre à mal une carrière.

      Que pensez-vous du débat sémantique pédophilie/pédocriminalité ? Quel terme utilisez-vous ? Et jugez-vous, comme certains, le terme « pédocriminel » militant ou trop idéologique ?

      V. B. : « Pédocriminalité », on trouve cela très bien, ce n’est militant en rien. La pédocriminalité est une réalité, qui a plusieurs dimensions : des violeurs, des agresseurs, des diffuseurs, des détenteurs, des consultants. « Pédophile » ne regroupe pas l’intégralité des individus auxquels on a affaire. Cela veut dire « qui aime les enfants », nous estimons que ce n’est pas de l’amour, ce sont eux qui se targuent d’aimer les enfants. Et les pédophiles concernent les enfants prépubères, or, il y a de plus en plus de pédocriminels qui ont accès à des enfants tout juste pubères.

      De la même manière, l’expression « tourisme sexuel » n’a plus cours dans les instances internationales, on parle d’agresseurs d’enfants itinérants. Car le tourisme, c’est sympa, pas les agressions d’enfants…

      Dans un rapport publié le 7 septembre, auquel la France a participé, Interpol alerte sur l’accroissement de l’activité des pédocriminels sur Internet durant l’épidémie de Covid et la réduction du nombre de signalements de cas de violences ou d’exploitation sexuelles d’enfants. L’avez-vous constaté à votre niveau ?

      K. S. : Tout à fait. Le confinement a eu un impact significatif sur les téléchargements de contenus pédopornographiques (plus de téléchargements et pour des quantités plus importantes). Concernant les signalements, il y en a eu, mais, pour l’instant, nous n’avons pas le recul nécessaire pour connaître l’impact du Covid sur les faits intrafamiliaux. Au cours du confinement, nous avons participé au dispositif mis en place par l’association L’Enfant bleu dans le jeu vidéo très prisé des enfants Fortnite, qui permettait de signaler être victime d’abus : 600 signalements ont été effectués.

      #violences_sexuelles #témoignage #police #OCRVP #pédocriminalité #Véronique_Béchu #Katie_Steel

    • Comment on identifie un pédocriminel ? Quelles sont vos méthodes d’enquête ?

      V. B. : Nos techniques d’enquête doivent rester discrètes, voire secrètes. Les pédocriminels lisent beaucoup sur le sujet – y compris dans la presse –, pour s’adapter et ne pas commettre d’erreurs qui mèneraient à leur identification. Sur les forums de conseils, ils écrivent : « Je vais commencer à diffuser, je veux savoir comment me protéger. » Donc nous ne pouvons rien divulguer.

      K. S. : C’est vraiment une communauté, ils discutent entre eux de la manière de faire, sur des forums, des blogs. On a des dossiers où l’on voit des communications du type : « Je vais essayer d’agresser ma fille, elle a 5 ans, comment je fais ? » Sur le darknet, on trouve des tutos expliquant comment agresser sans laisser de traces. Ou encore des tentatives de reconstitution d’enquêtes sur des affaires médiatisées, à partir d’articles de presse.

      V. B. : C’est une communauté qui s’adapte, qui est très mobile.

      c’est ça le vrai complot pédo, que la conspiration #Qanon ridiculise, ces abrutis.

  • Operation Legend Is Bringing Surveillance Tech to Cities
    https://theintercept.com/2020/09/13/police-surveillance-technology-operation-legend

    Using federal grants, cities are contracting with companies that hack smartphones and detect gunshots. In August, 40 federal agents arrived in Memphis. Some were already on the ground by the time U.S. Attorney Michael Dunavant announced the onset of Operation Legend and the city became, along with St. Louis, the seventh to be targeted by the Justice Department’s heavy-handed initiative to reduce violent crime. Many of the agents are on temporary assignment, working in collaboration with (...)

    #FBI #algorithme #CCTV #capteur #technologisme #police #ACLU #activisme #BlackLivesMatter (...)

    ##surveillance

  • Targeted
    https://projects.tampabay.com/projects/2020/investigations/police-pasco-sheriff-targeted/intelligence-led-policing

    Pasco’s sheriff created a futuristic program to stop crime before it happens. It monitors and harasses families across the county. Pasco County Sheriff Chris Nocco took office in 2011 with a bold plan : to create a cutting-edge intelligence program that could stop crime before it happened. What he actually built was a system to continuously monitor and harass Pasco County residents, a Tampa Bay Times investigation has found. First the Sheriff’s Office generates lists of people it considers (...)

    #algorithme #police #prédiction #harcèlement #surveillance #notation

  • Avant la rentrée des « gilets jaunes », la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre réaffirmée
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/09/11/darmanin-annonce-un-nouvel-encadrement-du-lbd-lors-des-operations-de-maintie


    Des agents de la BAC équipés de LBD, lors d’une manifestation conre la réforme des retraites, à Paris, le 19 décembre 2019. ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

    Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé un encadrement renforcé des tirs de lanceurs de balle de défense et des grenades moins dangereuses.

    Un encadrement renforcé des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD) et des grenades moins dangereuses : à la veille de la mobilisation de rentrée des « gilets jaunes », le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, vendredi 11 septembre, de légers aménagements, mais pas de bouleversement, de la doctrine du maintien de l’ordre en vigueur.
    Ces annonces ont été faites lors de la présentation du nouveau schéma national du maintien de l’ordre qui réaffirme la doctrine en vigueur depuis fin 2018, après le saccage de l’arc de Triomphe. Elles interviennent alors que plusieurs rassemblements de « gilets jaunes » sont annoncés dans plusieurs villes, dont Paris, Marseille, Toulouse, Lyon, Lille, Nantes, Nice, Bordeaux et Strasbourg.

    Les mesures gouvernementales avaient été initiées par le prédécesseur de M. Darmanin, Christophe Castaner, après des polémiques à répétition sur la gestion controversée des manifestations par les forces de l’ordre. Plusieurs personnes avaient été gravement blessées par des tirs de LBD et de grenade.

    Les conclusions de ces travaux ont été reportées à de nombreuses reprises, notamment en raison de la crise sanitaire puis de l’arrivée du nouveau ministre place Beauvau début juillet. C’est la « première fois » qu’un tel document est produit en France, s’est félicité le ministre de l’intérieur, qui s’exprimait lors de la cérémonie d’installation officielle de la nouvelle chef des CRS, Pascale Regnault-Dubois.

    Floutage des visages des agents

    Concernant les moyens mis à la disposition des forces de l’ordre, l’usage du LBD est maintenu, mais son encadrement strict est généralisé. Dorénavant, chaque tir devra être obligatoirement soumis à l’accord d’un « superviseur ». C’est déjà le cas pour les CRS et les gendarmes mobiles et à Paris, mais ailleurs, les effectifs de sécurité publique et les unités venues en renfort pour encadrer les manifestations n’en disposent pas.
    Gérald Darmanin a par ailleurs confirmé le remplacement des grenades à main de désencerclement (GMD) par un nouveau modèle, réputé moins dangereux. Ce modèle, déjà acheminé auprès des forces de l’ordre, sera utilisé dès ce samedi, a-t-il affirmé.

    En janvier, Christophe Castaner avait déjà annoncé le retrait d’une autre arme intermédiaire, la grenade explosive GLI-F4, composée de TNT et également accusée d’avoir causé de graves blessures chez les manifestants. Un retrait alors symbolique puisque les stocks étaient en voie d’épuisement chez les gendarmes mobiles et les CRS.
    La nouvelle GMD est « deux à quatre fois moins impactante », selon une source policière et son bouchon allumeur « ne saute plus ». C’est ce bouchon qui causait le plus de blessures graves.
    Le ministre a répété par ailleurs sa volonté d’imposer aux chaînes de télévision et aux réseaux sociaux le floutage des visages des agents.

    Envoi de SMS groupés

    Pour améliorer l’information des manifestants, il est prévu de moderniser le texte des « sommations » utilisé lorsque la manifestation dérape. Ce texte, rénové et plus simple, fera l’objet d’un décret soumis au Conseil d’Etat pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2021.
    Il est envisagé également la mise en place de panneaux de signalisation, de hauts-parleurs et l’envoi de SMS groupés pour une meilleure communication. Les SMS seraient envoyés aux manifestants par les opérateurs téléphoniques qui les achemineraient à leurs abonnés. Le gouvernement prévoit une application au premier semestre 2022.

    Un effort est prévu pour renforcer ou créer, là où elles n’existent pas, des structures destinées à nouer le dialogue entre les manifestants et les autorités avant et pendant les rassemblements. Sa mise en œuvre est espérée au début de l’année prochaine. Une tâche compliquée pour les responsables de la sécurité publique qui ont du mal à trouver des interlocuteurs, notamment au sein des « gilets jaunes ».

    Chez les syndicats, on se satisfait d’une « doctrine confirmée ». « C’est ce qu’on demandait », a résumé Jean-Paul Nascimento, secrétaire national CRS UNSA-Police. A l’instar de Fabien Vanhemelryck (Alliance), ils ont accueilli avec soulagement le maintien du LBD, dont ils craignaient le retrait.

    Satisfaction aussi sur le floutage des visages. « On demandait cette loi depuis très longtemps », rappelle Alliance, et la modernisation des sommations et la communication, une décision qui « va dans le bon sens » selon Grégory Joron, secrétaire national CRS d’Unité SGP-Police.

    #police #maintien_de_l'ordre

  • Dufresne : « La police, pas une milice, doit être identifiable et rendre des comptes » | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/110920/dufresne-la-police-pas-une-milice-doit-etre-identifiable-et-rendre-d

    Le ministre de l’Intérieur veut interdire qu’on diffuse les images des policiers en opération. « Un signal extrêmement préoccupant pour les libertés », alerte le journaliste qui assure que les policiers ne sont pas filmés « par plaisir ». « À un moment donné, l’impunité ne doit plus être la règle », réclame-t-il.

    Visages des policiers floutés : « L’idée du ministre de l’Intérieur, c’est de protéger les policiers qui nous protègent », explique Marlène Schiappa
    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/violences-policieres/visages-des-policiers-floutes-l-idee-du-ministre-de-l-interieur-c-est-d
    https://www.dailymotion.com/video/x7w46va

    https://www.youtube.com/watch?v=y3HBeBqGV34


    TRUST #police #milice

  • États-Unis : quand la réduction des budgets de la #police ouvre la porte aux firmes privées de « sécurité » – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/etats-unis-police-securite-privee

    Pendant un week-end de juin, Chicago a dépensé jusqu’à 1,2 million de dollars pour engager l’AGB et deux autres sociétés de #sécurité privées afin de disposer plus de 100 gardes non armés « afin de protéger les magasins de détail, les épiceries et les pharmacies locales », dans les quartiers sud et ouest de la ville, selon le bureau de la maire Lori Lightfoot [première femme maire noir de la ville depuis 2019, parti démocrate]. Le contrat était temporaire, mais Tifair Hamed, le vice-président du marketing et de la communication de l’AGB, affirme que la ville peut faire appel aux services de sa firme sur une base permanente.

    Dans l’ensemble, dit Tifaire Hamed, les affaires ont crû d’environ 25% depuis le mois de mai 2020, tant pour le secteur de la surveillance des commerces que pour les services de formation à des ports dissimulés d’armes. Les heures de travail des gardes stationnés devant les magasins de détail, les sous-stations de services d’électricité et les immeubles commerciaux ont augmenté. La clientèle de la firme s’est élargie pour inclure les hôtels. Elle cherche à engager le plus grand nombre possible de gardes.

    #privatisation

  • Technology has codified structural racism – will the EU tackle racist tech ?
    https://www.euractiv.com/section/digital/opinion/technology-has-codified-structural-racism-will-the-eu-tackle-racist-tech

    The EU is preparing its ‘Action Plan’ to address structural racism in Europe. With digital high on the EU’s legislative agenda, it’s time we tackle racism perpetuated by technology, writes Sarah Chander. Sarah Chander is a senior policy adviser at European Digital Rights (EDRi), a network of 44 digital rights organisations in Europe. 2020 is the year the EU ‘woke up’ to structural racism. The murder of George Floyd on the 25th May spurred global uprisings, penetrating even the EU’s political (...)

    #Microsoft #IBM #algorithme #biométrie #criminalité #migration #police #racisme #technologisme #prédiction #sexisme #BigData #LGBT #discrimination #profiling (...)

    ##criminalité ##surveillance

  • UN POLICIER DÉNONCE LA PROMOTION DU CHEF CRS IMPLIQUÉ DANS LA MORT DE ZINEB REDOUANE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=CZfvM2T510E

    « La personne qui a pris le commandement de notre compagnie, qui a pris ses fonctions il y a deux jours, il ne s’agit pas d’un commandant, mais d’un officier de rang inférieur, à savoir un capitaine. C’est le capitaine Bruno Félix. Et c’est le capitaine qui dirigeait la compagnie à Marseille lors du décés de Zineb Redouane. Ce même capitaine qui d’après le retour des médias, a refusé de fournir les armes incriminées dans le décès de cette dame, alors que l’IGPN en avait fait la demande. »

  • L’ Intelligence Artificielle Totale - Le Moine Bleu - Traduction d’un extrait de David Bandurski, in China Media Project, 27 juillet 2019
    http://lemoinebleu.blogspot.com/2020/09/l-intelligence-artificielle-totale.html

    « Un néologisme a fait son apparition sur l’Internet chinois, version abrégée de l’expression "gouvernance intelligente" ― en mandarin : zhineng guanzhi ou智能管治, populairement raccourcie en zhizhi (智治) ― que nous pourrions simplement traduire ainsi : la "gouvernance par l’IA" (Intelligence Artificielle). Cette expression englobe nombre des approches nouvelles que nous avons observées en Chine, relatives au contrôle social et politique, utilisant les technologie de surveillance et les données informatiques (le Big Data). À l’origine de ce néologisme, on trouve nul autre que Chen Yixin (陈一新), directeur de la Commission Centrale des Affaires Légales et Politiques du Parti Communiste Chinois, qui supervise au niveau national la bonne application des dispositions législatives. Chen Yixin est un créateur de slogans extrêmement prolifique au service du Parti : on ne lui doit rien de moins, excusez du peu ! que les vocables de la "Nouvelle Ère" introduite par Xi Jinping. En 2018, c’est ainsi qu’il lança les fameuses "Six Emprises", groupe de termes symbolisant l’idée que les autorités devaient désormais se montrer bien plus agressives dans six domaines décisifs, liés au maintien de l’ordre et au respect de la loi. Le 21 mai de cette année 2019, Chen introduisit la notion des "Cinq Gouvernances" ― ou wuzhi (五治) ― comprenant la politique (政治), la force de loi (法治), la gouvernance morale (德治), l’auto-gouvernance (自治) et la gouvernance par l’IA (智治). "Nous devons [expliqua Chen Yixin] conduire des politiques puissantes, assurer les protections via toute la domination et la force de la loi, gouverner les mœurs, [encourager] l’auto-gouvernance et [employer] l’Intelligence Artificielle". 

    Les quatre premières "emprises gouvernementales" de cette liste étaient déjà, à dire vrai, largement familières au public, et guère connues autrement que comme des clichés anciens, des expressions administratives toutes faites : la "force de loi" renvoyant, par exemple, évidemment non à quelque protection légale [dont bénéficieraient éventuellement les citoyens] mais plutôt à l’instrumentalisation pure et simple de la loi pour assurer le contrôle du Parti. "L’auto-gouvernance", elle, ne désignait pas une quelconque forme d’autonomie mais plutôt le renforcement imposé de la discipline politique, du respect absolu de la ligne dans tout comportement. Mais le cinquième de ces concepts ― la fameuse gouvernance par l’Intelligence Artificielle ― représentait, lui, une vraie nouveauté. Cette formulation synthétisait, en réalité, toutes les options innovantes de pouvoirs de contrôle privilégiées par le Parti. Lors d’une session de travail récente, organisée à destination des cadres législatifs et portant sur le thème des politiques locales, Chen Yixin fit à ce sujet la déclaration suivante : "Nous devons placer le processus de gouvernance par l’Intelligence Artificielle à une position encore plus importante, l’élever au rang de moyen de contrôle décisif. Nous devons promouvoir la gouvernance par l’IA en tant que moyen de contrôle social et comme mécanisme opérationnel dès l’échelon municipal, comme moyen de restructurer tous les processus de travail intelligent (sic). Nous devons accélérer la modernisation du contrôle social dès le niveau municipal". Chen Yixin exprimait ainsi la conviction qu’en s’en remettant à la technologie en vigueur, le Parti pourrait de manière effective et forte identifier tous les risques, alerter de tout signe inquiétant au niveau local et, de cette manière, appliquer en temps utile des réponses efficaces, en termes de management du risque. Un tel travail, dit-il, se concentrera sur les "lieux et districts prioritaires" (重点区域部位), ainsi que sur les "secteurs industriels critiques" (重点行业领域). (...) Un tel processus pourrait s’appuyer sur des infrastructures-clé, telles que le Projet Oeil-de-Lynx (雪亮工程), visant à connecter à un réseau national une surveillance vidéo digitale totale. Comme une recherche sur Google Images suffit à s’en convaincre, le terme de "rayons X" renvoie largement en Chine, dans l’imaginaire, à l’idée de violation de la vie privée. Or, Chen Yixing évoque précisément cette gouvernance par l’IA en employant ce genre de métaphores : parlant par exemple des Big Data et de l’IA comme de "microscopes", de "rayons X", de "téléscopes" tout entier dédiés à la sécurité publique, autant d’outils permettant de promouvoir une scientificité nouvelle du maintien de l’ordre et de la stabilité dès le niveau municipal. La référence aux rayons X représente métaphoriquement toute l’extension (à laquelle le Parti prétend) de son futur accès possible au moindre aspect de la vie et des activités des Chinois, rendant celles-ci absolument transparentes, à fin de contrôle intégral. Encore une fois, la moindre recherche sur Google l’atteste, cette image des "rayons X" ne renvoie à rien de moins, du point de vue des Chinois, qu’à leur nudité complète de citoyens en regard de ces technologies appliquées. Tel est donc, en Chine, l’état des choses et de cet objectif à long terme du pouvoir, consistant à atteindre la précision et l’efficience les plus extrêmes dans le maintien de la stabilité globale (un but, d’ailleurs, pas si récent, remontant aux années 1990, incluant la surveillance de la société et la gestion des contestations). Ces "innovations" (un terme, c’est l’occasion de le rappeler, jamais positif en lui-même, ni en lui-même porteur de progrès) se trouvent activement développées par le Parti depuis 2013. Et maintenant, grâce à Chen Yixing ― vieux camarade de Xi Jinping, et qui servait sous ses ordres lorsqu’il était secrétaire de la province de Zhejiang (il devrait vraisemblablement intégrer le Politburo d’ici trois ans), nous en possédons le lexique parfait ». 

     

    Chen Yixing, à droite, trinquant avec l’assassin socialiste de Rémi Fraisse (à droite également), 2013.

    #IA #Chine

  • Quand la DGSI traque l’ultragauche dans la communauté scientifique française
    https://www.lepoint.fr/societe/quand-la-dgsi-traque-l-ultragauche-dans-la-communaute-scientifique-francaise

    Sur la seule base de contacts avec l’ultragauche, qu’il nie, un ingénieur du Centre national d’études spatiales (Cnes) a été licencié. Il est question de la protection du potentiel scientifique et technique de la nation. Du risque d’affaiblir les moyens de défense de l’État ; de les détourner « à des fins de terrorisme, de prolifération d’armes, de destruction massive ou de contribution à l’accroissement d’arsenaux militaires ». C’est du moins ce qu’affirment notre Code pénal et notre Code de la sécurité (...)

    #activisme #licenciement #surveillance #DGSI

    • Il est question de la protection du potentiel scientifique et technique de la nation. Du risque d’affaiblir les moyens de défense de l’État ; de les détourner « à des fins de terrorisme, de prolifération d’armes, de destruction massive ou de contribution à l’accroissement d’arsenaux militaires ». C’est du moins ce qu’affirment notre Code pénal et notre Code de la sécurité intérieure, et qui justifie, selon le ministère de l’Enseignement supérieur, d’avoir détruit la vie professionnelle de Mathieu*.

      Docteur en informatique, spécialiste en traduction et en gestion de ressources « termino-ontologiques » (sic), cet ingénieur du Centre national d’études spatiales (Cnes) s’est en effet vu reprocher par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) d’avoir eu des contacts en 2010 et 2017 avec l’ultragauche. Des accusations très vagues, mais suffisantes pour que le quadragénaire se voie refuser l’accès à la zone à régime restrictif (ZRR) du #Cnes et, donc, par la suite des choses, à être licencié en octobre 2019.

      Une enquête administrative aux résultats contestés

      L’histoire n’est pas banale. On la connaît pourtant dans un autre contexte, quand des personnes soupçonnées d’accointances djihadistes ou islamistes ont été assignées à résidence pendant l’état d’urgence, sur la base des fameuses notes blanches de la DGSI, des notes non signées, non datées, rarement sourcées, qui mettaient en avant leur dangerosité. Des militants écologistes avaient connu le même sort en novembre 2015, se voyant interdire de manifester par peur qu’ils créent des troubles publics pendant la COP21, dans un contexte élevé de menace terroriste.

      Mais le cas de Mathieu est différent : les autorités, sans fournir la moindre #preuve de sa dangerosité, lui interdisent tout avenir professionnel dans l’#aérospatiale, au nom d’opinions politiques ou d’amitiés à l’ultragauche qu’il est supposément censé avoir. Et qu’il nie. Tout commence en décembre 2017. Mathieu signe un CDD avec un sous-traitant du Cnes et obtient l’autorisation d’accéder à la #zone_à_régime_restrictif (#ZRR), où sont traitées des #données_sensibles.

      L’ingénieur décroche un CDI

      Mathieu travaille bien, ses collègues saluent son implication. Il obtient un CDI en avril 2019. À cette occasion, une nouvelle #enquête_administrative est menée, comme la loi le prévoit, pour vérifier que son « comportement [...] n’est pas incompatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées ». Cette enquête est obligatoire pour tout personnel qui souhaite accéder à une ZRR.

      Sans que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche le justifie, et à la surprise générale, un #avis_défavorable va cependant être rendu. Mathieu n’ayant plus accès à la ZRR du Cnes, il ne peut plus exercer ses missions. Il est licencié.

      Une #note_blanche totalement vide

      Le quadragénaire et son avocat, Me Raphaël Kempf, saisissent alors la justice pour tenter d’obtenir l’annulation de cet avis défavorable rendu par le ministère, lequel se cache derrière le « secret de la #défense_nationale » et le « #confidentiel_défense » pour refuser de se justifier. Avant, quelques semaines plus tard, de finalement accepter de livrer la note blanche de la DGSI sur laquelle est appuyée sa décision.

      Cette dernière ne comprend qu’une phrase : « Mathieu X. est connu de la Direction générale de la sécurité intérieure pour être apparu en 2010 et 2017 en relation avec la mouvance de l’#ultragauche_radicale. » De quel mouvement s’agit-il ? Dans quel cadre ? A-t-il bu une bière avec Julien Coupat ou participé à une manifestation violente aux côtés d’Antonin Bernanos ? Les #services_de_renseignements ne disent rien d’autre.

      « Extension du domaine du #soupçon »

      La jurisprudence est claire : pour que ces notes blanches soient prises en considération par le tribunal administratif, elles doivent pourtant apporter des éléments factuels, « précis et circonstanciés », qui puissent être, le cas échéant, contestés. « Or, mon client est ici dans l’incapacité de se défendre, s’insurge Me Kempf. Pour paraphraser Michel Houellebecq, nous sommes dans l’extension la plus totale du domaine du soupçon, soupçon qui n’est absolument pas étayé. »

      L’avocat poursuit : « Qu’est-ce que l’ultragauche ici ? De quoi parle-t-on ? Aucune indication n’est donnée quant aux personnes qui seraient membres de cette mouvance avec lesquelles Mathieu X. aurait été en relation. Il n’est pas plus précisé quelle est la nature de ces relations, si elles étaient voulues, ou seulement fortuites et occasionnelles. »

      Pas de menace

      Dans un jugement du 9 janvier 2020, le tribunal administratif de Toulouse a donné raison à l’ingénieur. « L’accès à une zone à régime restrictif est soumis à l’impératif qui s’attache à protéger les accès aux #savoirs, #savoir-faire et #technologies les plus "sensibles" des établissements publics et privés, dont le détournement et la captation pourraient porter atteinte aux intérêts économiques de la nation, renforcer des arsenaux militaires étrangers ou affaiblir les capacités de défense de la nation, contribuer à la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs, et être utilisés à des fins terroristes sur le territoire national et à l’étranger », peut-on lire dans la décision.

      Et les juges de conclure : « Il résulte de l’instruction et notamment des documents versés au dossier par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans le cadre du débat contradictoire devant le tribunal de céans que les seuls faits reprochés à Mathieu X. ne relèvent pas du secret-défense et se limitent pour Mathieu X. à "être apparu en relation en 2010 et 2017 avec la mouvance de l’ultragauche radicale". Ces éléments peu précis et circonstanciés ne constituent pas des motifs de nature à faire obstacle à ce que le requérant ne puisse pénétrer dans la zone à régime restrictif du Cnes et n’établissent pas en quoi Mathieu X. constituerait une menace pour le potentiel scientifique ou technique de la nation. »

      Le ministère de l’Enseignement supérieur a fait appel. Une audience aura lieu dans les prochains mois. Contacté, le Cnes explique ne pas avoir de marge de manoeuvre dans cette affaire et être « lié à l’avis de son ministère de tutelle ». Mathieu n’a pour le moment pas retrouvé de travail.

      https://www.lepoint.fr/societe/quand-la-dgsi-traque-l-ultragauche-dans-la-communaute-scientifique-francaise
      #DGSI #France #licenciement #extrême_gauche #ultragauche #chercheurs #liberté_académique #recherche #science #nationalisme #sécurité #MESRI

  • Montpellier
    https://technopolice.fr/montpellier

    Police prédictive et « Observatoire de la tranquillité publique » À Montpellier, comme à Marseille ou Frontignan, il existe un « Observatoire local de la tranquillité publique » (OLTP). Celui-ci est rattaché ici au Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD). Cet observatoire est en charge de créer un outil “d’aide à la prise de décision et un appui au management de l’action préventive et sécuritaire”, à travers la collecte et la cartographie des “incidents relevés” ainsi que (...)

    #algorithme #CCTV #cartographie #police #prédiction #vidéo-surveillance #surveillance #LaQuadratureduNet #Technopolice (...)

    ##technologisme

  • The Thin Blue Line Between Violent, Pro-Trump Militias and Police
    https://theintercept.com/2020/08/28/kyle-rittenhouse-violent-pro-trump-militias-police

    Police in Kenosha told armed vigilantes, “We appreciate you guys. We really do.” Then one of them killed two protesters. The videos that preceded Anthony Huber’s killing on the streets of Kenosha, Wisconsin, are jarring. Among the most chilling is one from the parking lot of an auto repair shop. Several shots ring out. In the distance, you see the gunman in jeans and a green T-shirt. A man rushes up behind him. The gunman turns. More shots ring out and the man collapses to the ground. The (...)

    #milice #police #racisme #élections #violence #BlackLivesMatter #extrême-droite

  • Grenoble : les vidéos tournées au quartier Mistral provenaient d’un clip de rap
    Publié le 01/09/2020
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/grenoble-videos-tournees-au-quartier-mistral-provenaien

    https://www.youtube.com/watch?v=Lua1IGXsL9g

    Les vidéos tournées à la cité Mistral à Grenoble, montrant des individus lourdement armés, faisaient, en fait, partie d’un clip d’un rappeur grenoblois, Corbak Hood. Ces images avaient suscité l’indignation.
    (...)

    Ces images avaient fait le tour des réseaux sociaux, une vaste opération de police et de gendarmerie avait été menée à l’initiative du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le 26 août, une enquête avait été ouverte par la Police judiciaire... Un emballement policier, judiciaire et médiatique. Le maire de Grenoble, Eric Piolle, avait qualifié l’opération menée par Darmanin, de « coup de com’ ». Les récentes nouvelles vont lui donner raison.

    Dès le 26 août, des jeunes avaient déclaré au préfet de l’Isère, lors de son point presse, que « c’était un clip de rap, que les armes étaient factices ».

    #Grenoble

  • You can cop-proof your phone, but there’s a better way to stay safe - The Verge
    https://www.theverge.com/21396098/police-brutality-protests-phone-digital-footprint-cop-proof-solidarity-saf

    sAs protesters met a wall of police surveillance this summer, tech writers set loose a flood of articles on how to “cop-proof” your phone. Bluetooth and Wi-Fi signals can be used to track you in a crowd, the articles pointed out, so it’s better to turn them off before you leave the house. Stingray devices can track you through the cellular signal, which means you might want to leave your devices on airplane mode. Police may try to search your phone if you’re detained — so experts recommend turning off biometric unlock features like fingerprints and facial recognition and rely on a password you can refuse to give up.

    Social media is the clearest example of this tradeoff. Services like Geofeedia let police surveil posts geo-tagged within a certain area, drawing from Facebook, Twitter and Instagram all at once. (There have been some API disputes — social networks aren’t thrilled about being used for surveillance — but most activists assume the basic product has remained intact.) At the same time, the broadcasting power of social media has become a huge part of modern protest infrastructure. Those channels can turn a single march into a citywide event, or knit dozens of individual protests into a nationwide movement. The surveillance and publicity are inseparable, both direct consequences of protesting in public.

    In her 2017 book Twitter and Tear Gas, Zeynep Tufekci argues for a signaling theory of protest: your willingness to march in the streets signals a personal commitment to the issue. If you’re willing to spend the day marching, you’re probably going to show up at the polls. If you’re willing to protest peacefully, you might be willing to protest less peacefully if your demands aren’t met. According to Tufekci’s theory, a retweet isn’t worth much; it’s too easy, and doesn’t signal any meaningful commitment to the issue. Public civil disobedience lies at the other end of the spectrum. When a local NAACP leader in Portsmouth gets arrested while protesting a confederate statue, for example, their willingness to be publicly charged is part of the point.

    But even with faces covered, a photograph can pose a threat to anyone in the frame. The most recent example was Lore-Elisabeth Blumenthal, who was photographed attacking a Philadelphia police car with a flaming wooden shard during a protest in May. Two police cars were set on fire during the protest, and Blumenthal was charged with felony arson based on public photos of the scene. Her face isn’t visible in the photos, but you can see her t-shirt — a handprint reads “keep the immigrants, deport the racists,” which led the police to an Etsy shop where she had left a product review. Combined with the distinctive tattoo on her forearm, it was enough for them to bring charges against her.

    #Surveillance #Police #Manifestations #Mobiles

  • #Police
    http://www.davduf.net/police-1884

    On pense qu’elle a toujours existé et qu’elle existera toujours, mais non : la #Police telle que nous la connaissons est récente et les événements actuels mettent mondialement son existence même « en question ». On trouvera dans ce livre des constats, des propos théoriques et des histoires vécues. L’ensemble est inquiétant mais cette inquiétude active est salutaire face à une institution de plus en plus militaire et violente. Amal Bentounsi est la fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine (...) Police

    / Police, #Maintien_de_l'ordre, #Allo_Place_Beauvau

  • L’essor des réseaux de caméras intelligentes, et pourquoi nous devrions les interdire
    https://www.les-crises.fr/l-essor-des-reseaux-de-cameras-intelligentes-et-pourquoi-nous-devrions-le

    Source : The Intercept, Michael Kwet La #Reconnaissance_Faciale inquiète un peu partout. Qu’on puisse, par caméra, suivre nos moindres mouvements en public préoccupe beaucoup plus que l’existence et la prévalence exponentielle des réseaux de vidéosurveillance « intelligents », alors qu’il s’agit d’un sujet tout aussi inquiétant. Les ménages et les sociétés privées commencent à connecter leurs caméras sur les réseaux policiers, et les rapides progrès de l’intelligence artificielle donnent aux réseaux de télévision en circuit fermé le pouvoir de surveiller la totalité de l’espace public. Dans un avenir pas si lointain, nos forces de police, nos magasins, et notre administration municipale espèrent pouvoir filmer notre moindre mouvement, et même mieux, l’interpréter par le biais de l’analyse des métadonnées. (...)

    #Libertés_Publiques #Surveillance_de_masse #Libertés_Publiques,_Reconnaissance_Faciale,_Surveillance_de_masse

  • Plus de flics, plus armés : accélérations sécuritaires à Rennes - expansive.info
    https://expansive.info/Plus-de-flics-plus-armes-accelerations-securitaires-a-Rennes-2351

    Renforcement de la Police Nationale

    38 nouvelles affectations en septembre, qui portent à une soixantaine le nombre d’agents supplémentaires en 2020 à Rennes : Officiellement ça permettra aux cow-boys de mieux faire la chasse aux gamins qui sèment prétendument la terreur au centre-ville (avec la création d’un groupe de lutte contre la délinquance des mineurs isolés). Mais OF prend bien soin de préciser que ces nouveaux effectifs seront aussi actifs contre les manifestations, comme si CRS, BI, GM et hélico ne suffisaient pas...

    #police #rennes