• Bon je vais raconter comment je suis allée en garde à vue à cause des tupperware d’IKEA Twitter - 10 Octobre 2018
    https://twitter.com/thepeacefulriot/status/1049759711174774784/photo/1

    Lundi dernier je suis allée au #Ikea avec mon père pour des tupp en verres qu’on avait vu en ligne, ils ont grave fonctionné du coup il en restait quelques uns en rayon, on en a donc prit 4 qui étaient fermés avec un couvercle (détail important pour la suite)-

    Donc on avait ça + des trucs de décos bref, on va en #caisse_minute et je bip les articles que je paye puis ceux de mon père dont les 4 tupp, en même temps on discute tranquille. On sort de la caisse minute et le vigile nous stop en disant qu’on a mal bipé les-

    Tupp donc on le laisse regarder et effectivement en fait il y avait un prix pour le couvercle et un autre pour le bocal, moi bien sûr j’ai pas capté donc je dis au vigile que c’est de ma faute j’ai pas fais gaffe on les a récupérer comme ça et on a pas vérifié-

    Mon père pareil il veut payer du coup les 4 bocaux, le mec dit pas de soucis ça arrive souvent même à moi venez à l’accueil je dois juste prévenir mon supérieur question de règlement (les problèmes arrivent mdr-

    Il prévient le directeur qui dit « bougez pas j’arrive » donc il descend à l’accueil, moi j’attends tranquille avec le caddie à coté. Le directeur (un suédois je pense) demande à mon père ce qu’il s’est passé donc il lui raconte il lui dit « oui encore dsl je veux payer »-

    Au final le directeur regarde mon père comme ça et il répond « ouais vous avez volé quoi »-

    Mon père il répond « bah non je vous dis on a pas fait attention c’est de notre faute c’est vrai mais on a pas voulu voler », le directeur continue en mode avouez que vous avez volé bande de voleur et je vois mon père qui commence à s’énerver-

    Je me dis sayez on est pas prêt de sortir (si j’avais su mdr) faut j’interviens ça va mieux passer. Donc je dis au mec « désolé c’est ma faute j’ai mal bipé les articles » IL ME RÉPOND QUOI ? « Donc c’est toi la voleuse !!! » Bref ça énerve encore plus mon père génial mdrr-

    Au final le directeur dit « ok bah vous admettez pas que vous avez volé je fais une déposition de vol » mon père dit bien sûr qu’il veut pas la signer et le mec lui répond « ok j’appelle la police ». Mon père là dit « ok appelez là je préfère leur parler à eux »-

    Donc on nous met dans une salle, le directeur appel la police, moi je suis là « ouais je voulais réviser ce soir moi » mon père qui répond « tu veux ils nous fassent quoi on a rien fait » (mdr j’étais naïve je l’ai cru)-

    La police arrive, c’était une femme avec ses étudiants, on est resté avec eux et pendant ce temps, la policière parlait avec le directeur, personne nous a rien demandé bref je me disais vivement je rentre tranquille et j’installe ma déco... ET LÀ-

    La policière elle vient nous voir elle dit quoi ?? « On vous embarque pour #vol à l’étalage organisé à plusieurs on vient de mobiliser une deuxième brigade pour transporter votre père, vous vous venez avec moi » moi je me dis génial c’est en train de partir en c et elle rajoute-

    « Si tu cours je te tase » donc je les suis jusqu’à la voiture, dans ma tête j’étais en pls et la cheffe disait comme quoi c’était très grave ce qu’on a fait etc... j’étais encore dans le dénis à ce moment là jme suis dis ya peut être erreur on a rien fait à par mal biper des tupp-

    Donc moi à ce stade je suis encore sereine, je fais le trajet jusqu’au commissariat, personne me parle, juste on me demande si j’ai bu bref on arrive et là c’est pas on nous lâche qu’on va être en garde à vue 24h ??? mon père il essaye d’expliquer à nouveau la situation-

    Il dit que demain il bosse, moi pareil personne nous écoute comme d’hab. Je commence à devenir blanche fluo, je leur redis qu’on a juste mal bipé des tupp et un des étudiants il hausse les épaules en mode « dsl » mais putain-

    Donc on descend moi je suis dans le mal complet je commence à avoir les larmes aux yeux, d’un côté mon père il me dit « mais c’est rien il vont vite capter qu’on a rien fait » de l’autre le policier il me fait « mais pourquoi t’es mal tu vas pas en prison »-

    "Tu avoir une brique et un gâteau demain à 7h, bon tu vas mal dormir je t’avoue mais tqt puis peut être on va prolonger à 48h de gav on nous explique qu’on va être dans des cellules séparées et ils nous emmènent au centre de la salle chacun notre tour, tout autour t’as ceux-

    qui sont en cellule qui crient et tapent contre la vitre non stop, donc l’un après l’autre on doit enlever nos lacets et tout ce qu’on a dans nos poches (heureusement j’ai pas pris de sac à main ce jour là) moi je dois enlever mon soutif devant tout le monde et j’étais en-

    jogging, comme on doit enlever les ficelles ou qu’on a et que celle de mon jogging ne s’enlevait pas bah on a du couper pour l’enlever mdr ils voulaient aussi enlever mes piercings aux oreilles à la pince, heureusement une policière leur a dit de mes laisser-

    Après cette étape on m’emmène dans la cellule, un truc minsucule avec pleins de pisse et de merde partout, j’étais clairement en train de me maudire d’avoir mal scanner des articles pendant ce temps ils ont changé les équipes donc celle qui nous a embarqué avait fini-

    Et par chance mon père avant de rentrer dans sa cellule il a dit au mec « ouais on a mal scanné des articles et on en est là » à ce moment là le mec, qui comprend pas, fait « hein quoi ? Vous êtes embarqué pour vol à l’étalage blabla » et il remonte l’info parce qu’il pige pas-

    Une autre femme dans le commissariat comprenait pas pourquoi on était là parce qu’on avait l’air de gens biens et elle a même appelé genre 2h après par la juge directement pour qu’on soit au plus vite libéré-

    Pendant ce temps j’ai mis 1h à pouvoir aller aux wc, j’ai du faire pipi en position squat équilibre, j’étais dans le mal mais bon je me suis dis « Emilie tranquille tu te reposes dans ta cellule et tu dors 8h au moins ». Je m’étais déjà faite à l’idée que j’étais une délinquante-

    Donc au final j’essaye de dormir mais à la place je pensais au casier judiciaire que j’allais avoir (pour des tupp je rappelle mdr). 1h après t’as la femme qui a appelé la juge qui vient me chercher, et me ramène dans son bureau-

    Elle me demande ce qui s’est passé je lui explique, elle est choquée elle comprend pas pourquoi on est là et elle m’explique qu’à ikea ils sont assez sévères et qu’ils sont tout le temps en train de les appeler. Elle me demande de relater les faits du coup-

    je dis que je me suis excusée et qu’on voulait payer, elle comprend pas car on lui avait dit qu’on avait vraiment voler et beaucoup de trucs. Ensuite elle me remet en cellule et 10 min après je dois faire la prise d’ADN (salive et mains entières) le mec grave sympa essayait-

    Essayait de me faire rire parce qu’il comprenait pas la situation et trouvait ça ridicule qu’on nous ai embarqué. Au final il me prend en photo avec la pancarte avec écrit mon nom prénom taille poids (1m56 pour 48kg ptdr ridicule la délinquante) j’étais comme ça sur les photos-

    On me remet en cellule le temps que mon père relate les faits puis on nous rend nos affaires, on signe le truc de fin de gav, on nous raccompagne à la sortie et voilà on a dû payer un uber pour retourner à ikea chercher la voiture et première phrase que mon père me dit-

    C’est « alors cette sortie père/fille t’en as pensé quoi ? »

    Morale de l’histoire : scannez bien vos articles et n’oubliez pas que vous pouvez aller en gav pour des tupp #mdr

    #violence #police



  • “Après la chasse à l’homme, la chasse à courre” dans l’Oise : la colère des syndicats de police Jennifer Alberts - France3 Regions - 8 Octobre 2018
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/oise/apres-chasse-homme-chasse-courre-oise-colere-syndicats-

    Depuis plusieurs week-ends, la chasse à courre dans l’Oise est sous haute surveillance : des policiers et des gendarmes sont déployés pour éviter les débordements avec les opposants à cette pratique. Une mission qui n’est pas du goût des syndicats de police.

    Depuis un mois, les chasses à courre organisées dans l’Oise sont encadrées par des représentants des forces de l’ordre. Lors de chaque rassemblement, une dizaine de policiers ou de gendarmes est déployée dans les forêts du département pour éviter les altercations entre veneurs et anti-chasse à courre.

    Un dispositif mis en place par la préfecture de l’Oise pour assurer la sécurité des deux camps.

    Un mandat qui n’est pas du goût du syndicat de police Alliance. Quelques jours après l’arrestation de Redoine Faïd dans l’Oise justement, Alliance ironise sur ses comptes de réseaux sociaux sur cette nouvelle mission jugée « polluante ». En jouant sur la métaphore filée de la vénerie, le syndicat s’offusque que « les policiers soient les palefreniers de quelques nantis (...) aristocrates »

    Des effectifs de Creil, Compiègne et Beauvais auraient en effet été assignés samedi 6 octobre à cette tâche « indue » .

    #oligarchie #caste #chasse #larbins #police #france


  • #Radicalisation express - Du Gaullisme au Black bloc
    https://lundi.am/Radicalisation-express-Du-Gaullisme-au-Black-bloc

    En fait c’est quelques temps après, en #prison, que je réaliserai que la méthode de #provocation par la #violence sous ce mot abject de « maintien de l’ordre » et qui a été utilisé dans les #manifestations est strictement la même que celle utilisée dans les quartiers où vivent les #pauvres depuis plusieurs dizaines d’années (en fait depuis toujours). Je prends conscience que ce n’est pas la #police qui a dérapé mais que ces méthodes sont celles de la police depuis toujours. Et qu’elles sont confirmées par le code pénal sous les accusations de rébellion, outrage etc.


  • Comme une prière : à la mémoire de Zak Kostopoulos par Dimitris Alexakis

    Le vendredi 21 septembre 2018, Zak Kostopoulos, activiste #LGBTQI+, séropositif et drag queen (Zackie Oh), a été assassiné dans des circonstances atroces et à la vue de tous dans le centre d’#Athènes. Ce lynchage est le fait de « bons citoyens » qui ont agi sous la protection et avec le concours de la #police grecque. Ces faits ont été suivis d’une entreprise sans précédent de désinformation de l’opinion publique et de culpabilisation de la victime, notamment accusée par les assassins puis une grande partie de la presse d’avoir essayé de commettre un cambriolage, avant que cette version ne s’effondre à l’épreuve des témoignages et des vidéos recueillis depuis lors.

    « Je suis terrifiée par le fascisme qui monte, écrit C., sa vitesse. » « Je suis terrifiée par la pensée que nous ne saurons peut-être jamais ce qui t’est arrivé. » « Je suis terrifiée à la pensée que nous nous étions promis de nous retrouver bientôt pour que tu me maquilles et que nous avons fini par nous retrouver à tes obsèques. » « Je suis terrifiée à l’idée que tu t’es retrouvé seul, entièrement seul face au démon que tu redoutais tant, la haine. » « Je suis terrifiée quand je pense, je n’arrête pas d’y penser, que tu as laissé échapper ton dernier souffle entouré d’assassins qui voyaient en toi quelqu’un de dangereux ; dangereux, toi !? » « Je suis terrifiée par leur haine mais me souviens que tu arrivais à convertir tout ce qui te terrorisait en motif d’action. Et je te promets que tes assassins seront condamnés. Je t’en donne ma parole, notre parole à tou.te.s. La société que tu voulais, c’est nous qui allons la construire, même si c’est la dernière des choses que nous ferons jamais. »

    https://vacarme.org/article3181.html

    #Grèce #fascisme #paraétatique #citoyens #minorités #LGBT #gay #trans #lesbiennes #queer #assassinat #violence #désinformation #résilience #résistances #mouvement


  • Judge Dredd’s not dead

    Le gouvernement des Juges dans la méga-cité

    Par Bruno Thomé

    http://jefklak.org/judge-dredds-not-dead

    Carlos Ezquerra nous a quitté la semaine dernière. RIP.

    En 1977, deux ans après la mort du général Franco, le dessinateur espagnol avait imaginé l’uniforme aux larges épaulettes dorées de Judge Dredd, personnage phare des comics britanniques, évoluant dans un monde post-apocalyptique régi par un État policier ultra autoritaire. Plus de quarante ans après, l’implacable flic du futur opère toujours dans les BD et au cinéma ; une série TV est même en production. Alors que, selon un récent rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police française n’a jamais autant tiré à balles réelles sur la population, le Juge Dredd et son permis de tuer sur place constituent-t-il un modèle pour la police moderne ?


  • Un policier de la DGSI écroué pour vente d’informations confidentielles
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/un-policier-de-la-dgsi-ecroue-pour-vente-d-informations-confidentielles-2

    Sur le Darknet, le gardien de la paix était notamment en contact avec des membres du crime organisé. Un policier affecté à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a été placé en garde à vue puis mis en examen le 26 septembre à Nanterre (Hauts-de-Seine). Il se trouve deux jours plus tard en détention provisoire. Ce gardien de la paix, appartenant à une division sensible du principal service de renseignement intérieur français, est soupçonné d’avoir monnayé les informations auxquelles il (...)

    #DGSI #police #monitoring



  • Cher Zak, chère Zackie, hier nous sommes allé.e.s à ton enterrement

    ׀ FILTIG ׀ lettre ouverte à Zak Kostopoulos

    Le vendredi 21 septembre 2018, Zak Kostopoulos, activiste #LGBTQI+, séropositif et drag queen (Zackie Oh), a été assassiné dans des circonstances atroces et à la vue de tous dans le centre d’#Athènes. Ce lynchage est le fait de « bons citoyens » qui ont agi sous la protection et avec le concours de la #police grecque. Ces faits ont été suivis d’une entreprise sans précédent de désinformation de l’opinion publique et de culpabilisation de la victime, notamment accusée par les assassins puis une grande partie de la presse d’avoir essayé de commettre un cambriolage, avant que cette version ne s’effondre à l’épreuve des témoignages et des vidéos recueillis depuis lors.

    #lgbt #queer #zakkostopoulos #zak #Grèce

    https://www.lautrequotidien.fr/articles/2018/9/29/0514ges4b1leust52qw9dugwo35m1k?rq=zak+kostopoulos

    _________________

    • Filtig - Δολοφόνοι

      These are the peaceful citizens
      Those that defend their property
      These are the lads that do not cry
      The world of television spectacle

      These are the guys who fuck
      These are the women who know their place
      Those who drink after work
      Those who mind their business
      Those

      Those who choose the good girls
      Those who choose the real men
      Those that produce proper Greek kids
      The seed of the Hellenic youth

      Those who kill, wipe and finish
      Those who protect us from the immigrants
      Those who “are not racists, but”
      Those who remember what Athens was once like
      Those

      Murderers, murderers, murderers

      Those who have no problem with faggots
      they have no problem as long as they do not see them
      Those who have no problem with foreigners
      they have no problem as long as they do not meet them
      Those who do not hate women
      They do not hate them if they do not listen to them
      Those who have no problem with junkies
      They have no problem as long as they don’t dirty their space
      Those

      Those who have clean hands
      Those who have clean sidewalks
      Those who have clean parks
      Those who have clean shores
      Those who have a clean conscience
      Those who have a clean record
      Those who have clean bodies
      Those who have pure, clean blue-white blood

      Murderers, murderers, murderers

      https://www.youtube.com/watch?v=vFbQpN-dWlI&feature=youtu.be

    • Commentaire important de la réalisatrice et activiste Zoe Mavroudi à propos des derniers développements (publié en anglais sur FB ce dimanche 30 septembre) :

      Friends:
      As many of you know, the queer community in Greece is under shock for the past nine days over the public lynching in broad daylight in central Athens of Zak Kostopoulos, an HIV+ gay activist and drag performer and a widely loved and influential human being.

      I would kindly suggest to those who can handle descriptions of violence at this time, to consider reading and sharing the article I’m posting here. It is the first English-language piece of journalism from a Greek outlet, which details the latest developments, including from medical exams and forensics. It also traces the media coverage of the murder and the disgraceful and sloppy attempt at victim blaming which unfolded during the first hours. Mainstream outlets reproduced stigmatizing hate speech in an attempt to paint Zak as a “burglar” who threatened passer-by at knife point as a result of an unspecified substance abuse. The claims quickly collapsed and were exposed as a blatant attempt to conceal and whitewash the role of not only the men who attacked Zak (possibly three males) but also of the police, in his death.

      I would add to the information in the piece, two things:
      1. a suggestion made recently on facebook by one of the lawyers involved with the prosecution of evidence that the cause of death was positional asphyxia brought on during Zak’s arrest when police handcuffed his arms behind his back and dragged him lifting his feet up from behind; all this while he was bleeding profusely from head wounds (a disturbing video of the moment of the arrest is online).
      2. a suggestion made by the same lawyer that blood traces shown in video on the glass door of the shop Zak allegedly attempted to rob were from inside. This would mean Zak was already bleeding when he entered the shop, possibly after an earlier attack. A prominent LGBT-rights figure in Greece has also suggested he knows of evidence that Zak’s lynching started before he entered the store and the doors closed behind him trapping him inside.

      For additional info on the case, and in lieu of comprehensive announcements from the Greek LGBTQ+ organizations, I would also recommend that you check out the page “Justice For Zak/Zackie” (@justice4ZakZackie) on Facebook.

      My condolences to those of you abroad who knew him.

      https://www.thepressproject.gr/details_en.php?aid=134723

      #zak #zakkostopoulos #lgbt #lgbtqi #queer #Grèce #athènes


  • Une #app permet à la #police turque de surveiller les #expatriés #opposants d’Erdoğan

    Recep Tayyip Erdoğan, l’autoritaire président turc, n’apprécie pas outre mesure qu’on pense différemment de lui. S’il est relativement facile de fliquer les opinions des citoyens en Turquie, c’est moins évident à l’extérieur du pays. C’est là qu’intervient l’application #EGM, un acronyme derrière lequel se cache #Emniyet_Genel_Müdürlüğü, la Direction générale de la Sécurité du pays.

    Disponible sur iOS comme sur Android, cette app permet aux fans du chef de l’État turc de partager avec la police du pays les messages postés sur les réseaux sociaux par les opposants du régime originaires du pays, mais qui n’habitent pas en Turquie. Là où la parole est plus libre.

    Ces dénonciations peuvent rendre la vie difficile aux expatriés dans leur pays d’accueil (les loyalistes d’Erdoğan sont très actifs pour défendre l’honneur de leur président, y compris en dehors de la Turquie), mais aussi lorsqu’ils décident de revenir en Turquie pour des vacances ou revoir des proches.

    L’émission Report Mainz de la chaîne ARD rapporte (https://www.ardmediathek.de/tv/REPORT-MAINZ/Wie-Erdogan-Angst-und-Misstrauen-in-Deut/Das-Erste/Video?bcastId=310120&documentId=56370572) le témoignage d’un citoyen turc vivant en Allemagne qui a reçu des menaces après avoir posté sur Facebook un billet critique sur Erdoğan. Le harceleur a partagé une capture écran de l’app EGM avec le message en question :
    Apple voudra-t-elle faire le ménage dans l’App Store et supprimer cette application ? La délation et le harcèlement ne font généralement pas bon ménage avec les règles de bonne conduite de l’App Store, et maintenant que l’affaire est médiatisée, il est possible que le constructeur veuille s’en débarrasser.

    Reste qu’Apple n’est pas dans une position confortable, alors que la Turquie est un marché pour lequel le constructeur investit beaucoup. Erdoğan a menacé Apple d’un boycott cet été, suite aux pressions économiques de la Maison Blanche : « S’ils ont des iPhone, il y a des Samsung de l’autre côté, et nous avons aussi notre Vestel [un fabricant local, ndr] », a-t-il déclaré, bien qu’il soit un utilisateur d’iPhone lui-même1.

    Cette histoire, « sortie » dans les médias allemands, intervient dans un contexte chargé pour les relations entre la Turquie et l’Allemagne, où vivent 3 millions de Turcs. Recep Tayyip Erdoğan est actuellement en visite officielle en Allemagne, qui a d’ailleurs remporté l’organisation du prochain Euro de football de 2024 au nez et à la barbe de… la Turquie.


    https://www.igen.fr/app-store/2018/09/une-app-permet-la-police-turque-de-surveiller-les-expatries-opposants-derdogan

    #surveillance #Turquie #traque #Erdogan
    cc @etraces @albertocampiphoto



  • France : un défenseur des droits des migrants condamné pour un tweet

    #Loan_Torondel, un militant des droits des réfugiés, vient d’être déclaré coupable de diffamation pour avoir publié un tweet. La #liberté_d'expression et la défense des droits humains est en danger en France.

    Cette affaire met en lumière le #harcèlement dont souffrent les bénévoles venant en aide aux migrants et aux demandeurs d’asile qui se retrouvent sans-abri dans le nord de la France après le démantèlement en 2016 de la "jungle" de Calais.

    Cette condamnation pour #diffamation en raison de la publication de ce tweet établit un précédent dangereux pour quiconque filme ou photographie les méthodes disproportionnées qui sont employées par la police française à Calais et dans le reste du pays. Alors même qu’il est légal de photographier les interventions de police.


    Le tweet a été publié en janvier 2018 par Loan Torondel, un défenseur des droits humains qui suivait alors la situation humanitaire des migrants à Calais dans le cadre de son travail pour l’association L’Auberge des Migrants.

    Il faisait de manière ironique référence aux propos président de la République qui avait déclaré la veille : « Nous sommes la nation française », en faisant le parallèle entre la solidarité invoquée par celui-ci et les conditions inhumaines vécues par les migrants.

    La photographie jointe au tweet montre des agents de police français se tenant au-dessus d’un homme qui semble être un migrant assis sur un sac de couchage. La légende suggère que les agents de police sont sur le point de prendre la couverture de cet homme, et ce, en plein hiver.

    La condamnation en diffamation pour la simple publication d’un tweet peut avoir un effet paralysant et dissuader les bénévoles de faire état sur le terrain de potentiels comportements abusifs. De plus, cette décision laissera les migrants et les réfugiés dans une situation encore plus précaire.

    Nous suivons de près et sommes au fait du harcèlement, par le biais du système judiciaire, à l’encontre des défenseurs des droits des migrants dans la région de Calais, et nous mobiliserons pour les dénoncer.

    Nous continuerons de soutenir Loan Torondel qui a fait appel de la décision.

    https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/un-militant-condamne-pour-un-tweet
    #condamnation #délit_de_solidarité #réseaux_sociaux #migrations #réfugiés #tweet #twitter #asile #Calais #forces_de_l'ordre #police #violences_policières #it_has_begun





  • Belgique : L’enquête sur le piratage de Belgacom pointe vers les services secrets britanniques Belga - 20 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_l-enquete-sur-le-piratage-de-belgacom-pointe-vers-les-services-secrets-b

    Les conclusions du parquet fédéral de l’enquête sur l’opération de piratage de Belgacom, mise à jour fin 2013, pointent vers les services secrets britanniques GCHQ, rapportent De Tijd et L’Echo jeudi.

    Le parquet général a pu reconstituer une grande partie des faits et a transmis un rapport confidentiel sur ses principales conclusions au ministre de la Justice Koen Geens. L’enquête s’est appuyée sur un vingtaine de slides « top secret » du Network Analysis Centre, un département du GCHQ, que le lanceur d’alerte Edward Snowden a communiqués parmi d’autres documents à la presse sur l’Operation Socialist, le nom de code que les services secrets britanniques GCHQ ont donné au piratage. Dans le cas du piratage de Belgacom, la cible était les « routeurs GRX » de Belgacom et de BICS, dans le but d’accéder aux communications entre smartphones par roaming, quand des opérateurs laissent des clients d’autres opérateurs accéder à leur réseau. Les communications étaient interceptées via des opérations « homme-du-milieu », qui consistent à dévier vers soi des communications sans que ni l’expéditeur, ni le destinataire ne s’en rendent compte.


    Pour y parvenir, il a été nécessaire de pirater des ordinateurs de personnes clés au sein de Belgacom, par exemple dans l’entretien et la sécurité. Elles sont notamment tombées dans le piège via de faux messages LinkedIn. Les experts sont persuadés que le feu vert au piratage a été donné à un très haut niveau, peut-être même par le ministre britannique des Affaires étrangères. Si les slides n’avaient pas fuité, les preuves contre les Britanniques seraient relativement maigres.

    #espionage #piratage #Belgique #angleterre #belgacom #GCHQ #linkedin #Edward_Snowden #prism #surveillance #révélations_d'edward_snowden #police


  • La #police et les #indésirables

    Les #pratiques_policières de contrôles-éviction, visant à évincer certaines populations de l’#espace_public, participent aux processus de #gentrification. M. Boutros met en lumière le rôle central des forces de l’ordre dans les dynamiques de #transformation_urbaine.

    En décembre 2015, dix-huit adolescents et jeunes adultes du 12e arrondissement de Paris déposaient une plainte pénale collective à l’encontre de onze policiers d’une même brigade : le #Groupe_de_Soutien_de_Quartier (#GSQ), surnommé la « #brigade_des_Tigres » du fait de son écusson représentant un tigre fondant sur une proie. Les plaignants reprochaient aux policiers des #violences physiques, des #attouchements sexuels, des #arrestations_arbitraires, des destructions de biens et des #injures_racistes, à l’occasion de #contrôles_d’identité entre 2013 et 2015 [1]. Le 4 avril 2018, trois des policiers mis en cause ont été condamnés en première instance pour violences volontaires aggravées [2].

    La #plainte, parce qu’elle concernait un grand nombre de faits, reprochés aux mêmes policiers sur plusieurs années, a donné lieu à une enquête qui n’a pas seulement porté sur les faits dénoncés mais a également interrogé les pratiques quotidiennes de cette brigade, et les instructions qui lui étaient données. Au delà des preuves des faits de #violence, l’enquête de la police des polices a révélé une pratique policière jusqu’ici peu connue, que les policiers appellent le « #contrôle-éviction ». Il s’agit de #contrôles_d’identité dont l’objectif est de faire quitter les lieux à des personnes considérées comme « indésirables », même en l’absence d’infraction. Bien qu’il n’y ait aucune base légale à cette pratique, l’enquête a montré que la brigade des Tigres était missionnée par sa hiérarchie pour contrôler et « évincer » de l’espace public certaines populations, notamment des « #regroupements_de_jeunes », composés principalement d’adolescents #Noirs et #Maghrébins issus des #classes_populaires.

    Comment expliquer la perpétuation de telles pratiques policières en plein cœur de #Paris ? On le sait, en #France, le contrôle d’identité est un outil central du travail policier, et il cible de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme Noirs ou Arabes et issus de #quartiers_populaires [3]. D’après des enquêtes ethnographiques, les policiers rationalisent ces pratiques discriminatoires sur trois modes : ces #contrôles_au_faciès permettraient de trouver des infractions, de recueillir des informations, et d’affirmer le #pouvoir_policier envers des jeunes en instaurant un rapport de force physique [4]. Si les enquêtes existantes ont examiné les rationalités policières des contrôles discriminatoires, on en sait peu sur les dynamiques locales qui façonnent ces pratiques. L’affaire de la brigade des Tigres permet d’analyser comment ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police participe à l’instauration et au maintien d’un certain #ordre_social urbain.

    À partir d’une analyse de l’affaire de la brigade des Tigres (examen du dossier de l’enquête judiciaire, observation du procès, entretiens avec plaignants, habitants et avocats), cet article propose d’examiner la pratique du contrôle-éviction telle qu’elle s’inscrit dans une dynamique urbaine de gentrification, processus par lequel un quartier anciennement populaire se transforme progressivement avec l’arrivée de nouveaux habitants de classes moyennes ou supérieures [5].

    Des enquêtes étatsuniennes ont montré que, dans les quartiers en voie de gentrification, on observe une augmentation des contrôles policiers proactifs et agressifs ciblant les populations perçues par les nouveaux arrivants comme source de désordres et d’incivilités, notamment les SDF et les jeunes Noirs et Latinos [6]. Le procès des policiers du 12e arrondissement indique qu’une dynamique similaire existe à Paris. L’analyse montre que les plaignants étaient la cible de contrôles répétés et violents, souvent sans motif légal, parce qu’ils étaient considérés comme « indésirables » dans l’espace public, du fait de leur origine sociale et ethnique. Dans ce quartier où persistent des zones d’habitat social au sein d’un quartier largement gentrifié, des tensions grandissantes ont émergé sur la question de l’occupation de l’espace public. Certains habitants des classes moyennes et supérieures, majoritairement Blancs, ne toléraient pas la présence de jeunes hommes Noirs et Maghrébins des classes populaires dans l’espace public, surtout en groupes, car cette présence était perçue comme source d’incivilités et de désordres. Ces habitants réclamaient régulièrement des autorités des actions pour assurer la « tranquillité publique ». Pour répondre à ces demandes, le GSQ était envoyé pour procéder à des « contrôles-éviction » sur certains secteurs. Mais loin de cibler uniquement ceux les auteurs d’infractions, ces contrôles ciblaient les groupes d’adolescents issus de l’immigration et des classes populaires, quel que soit leur comportement.

    Ainsi, par les contrôles-éviction, la police accompagne le processus de gentrification et se met au service des acteurs qu’elle perçoit comme légitimes dans le quartier en leur garantissant un espace public libéré des « indésirables ».
    Contrôles violents, détentions illégales, injures racistes

    En décembre 2015, 17 garçons et une fille, âgés de 15 à 24 ans, tous issus de l’immigration et de familles populaires, déposaient collectivement plainte pour dénoncer 44 faits de violence commis entre 2013 et 2015 par les policiers du Groupe de Soutien de Quartier (GSQ) du 12e arrondissement de Paris. Les plaignants dénonçaient des agressions physiques lors des contrôles d’identité, tel que des coups de poing, coups de matraque, claques, clés de bras, et usage excessif de gaz lacrymogène. Plusieurs plaignants faisaient également état d’agressions sexuelles, notamment des attouchements des parties génitales lors des palpations de sécurité, accompagnés de coups et railleries si le contrôlé se débattait. Plusieurs plaignants dénonçaient également des injures racistes de la part de certains policiers (« sale noir », « espèces de singes », « je pisse sur le Ramadan »). Enfin, la plainte évoquait de nombreuses conduites au poste sans motif et hors du cadre légal, que les avocats qualifiaient d’« arrestations arbitraires et séquestrations ». L’enquête a en effet révélé que le GSQ emmenait régulièrement des adolescents au commissariat, sans se conformer aux procédures d’interpellation ou de vérifications d’identité. Dans leurs auditions, les plaignants racontent qu’on leur demandait le plus souvent de s’asseoir sur le « banc de vérif’ », et au bout de quelques heures, sans avoir vu d’Officier de Police Judiciaire ou fait l’objet de procédure de vérification d’identité, on appelait leurs parents pour venir les chercher.

    Suite à l’enquête de la police des polices, quatre policiers ont été renvoyés au tribunal correctionnel pour trois faits de violences physiques, pour lesquels il existait des preuves matérielles (certificats médicaux, photos, témoignages concordants). Les autres faits ont été classés sans suite pour insuffisance de preuves. Si les conduites au poste abusives n’ont pas été poursuivies pénalement, elles ont fait l’objet d’un avertissement ferme de la part du Procureur de la République. Dans un courrier au Directeur de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne, le Procureur s’alarmait d’un « grave dysfonctionnement sur le cadre des conduites au poste et des procédures de vérification d’identité au sein du commissariat du 12e arrondissement », et prévenait que l’absence systématisée de respect des procédures de vérification d’identité pouvait donner lieu à des poursuites pénales pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par dépositaire de l’autorité publique.

    Il ressort du dossier de l’enquête que les humiliations, les violences, et les conduites au poste hors cadre légal, avaient pour objectif de faire partir les personnes contrôlées de l’espace public. En effet, le GSQ était explicitement missionné par la hiérarchie du commissariat pour procéder à des « contrôle-éviction » sur certains secteurs ; et les éléments du dossier montrent que les contrôles se terminaient systématiquement soit par une injonction à quitter les lieux, soit par une conduite au poste. « La phrase qui revenait le plus souvent », raconte un plaignant, « c’était : ‘si on vous revoit ici, c’est commissariat direct !’ » (Entretien avec l’auteure, 24 mai 2018). Au procès, un des policiers confirmera : « On passe notre temps à expliquer aux jeunes qu’ils sont dans un lieu où ils n’ont pas à être ».

    Pour les avocats des plaignants, ces pratiques policières représentent un dévoiement des outils juridiques donnés aux policiers, et ont pour objectif non pas la lutte contre la délinquance mais le « nettoyage » des espaces publics. Comme l’explique Maître Felix de Belloy :

    Les policiers, pendant le procès, ont quasiment fait l’aveu qu’ils utilisent les catégories du code de procédure pénale pour faire un travail de nettoyage ou de gardiennage... Ils ont pris des bouts de code de procédure pénale, par exemple le contrôle, et ils ajoutent « contrôle-éviction ». On fait un contrôle pas pour contrôler leur identité mais pour qu’ils déguerpissent. Ou on les emmène au poste et on utilise la procédure de verif’ uniquement pour les mettre au frais quelques heures. C’est de la séquestration mais on appelle ça de la vérif’. Entretien avec l’auteure, 18 avril 2018

    Le dossier de l’enquête révèle que ces contrôles ciblaient toujours les mêmes personnes, que les policiers désignaient par le terme « indésirables ».
    Les jeunes Noirs et Maghrébins, des « indésirables » à évincer

    Dans le dossier de l’enquête figurent toutes les mains courantes d’intervention des brigades de l’unité d’appui de proximité, dans lesquelles les policiers résument leurs interventions. Sur environ 300 mains courantes d’intervention, aux côtés des interventions pour tapage ou vol, un tiers concernent des interventions pour des « indésirables ». Au procès, les avocats des plaignants ont interrogé les policiers mis en cause sur ce terme :

    Avocat : Dans la main courante que vous avez rédigée, vous avez écrit à « nature de l’affaire », en majuscules, « INDESIRABLES », et pour « type d’événement », « Perturbateurs - Indésirables ». Qu’est-ce que ça veut dire, « indésirables » ? (...) C’est qui les indésirables ?
    Policier : C’est un trouble à la tranquillité publique.
    Avocat : Donc les indésirables c’est les jeunes ?
    Policier : Ça peut être n’importe qui, ça peut être des jeunes, ça peut être des SDF. C’est des indésirables pour les gens qui habitent le quartier.

    En effet, les mains courantes pour « indésirables » indiquaient toutes que l’intervention ciblait soit des jeunes soit des SDF. Au procès, le chef de brigade a affirmé que le terme « indésirables » figure dans le logiciel de main courante, une information qui nous a été confirmée par plusieurs policiers dans d’autres commissariats [7].

    Le terme « indésirables » est apparu en France à la fin du XIXe siècle dans le cadre des débats sur l’immigration [8]. Il a désigné, au fil du temps, diverses populations considérées comme étrangères au corps national (les nomades, les juifs, et les Français Musulmans d’Algérie), et a justifié des politiques d’expulsion et d’internement. Dans les années 1930, le terme a été explicitement mobilisé dans les textes gouvernementaux et les lois sur l’immigration illégale, qui faisaient de « l’élimination des indésirables » une nécessité pour protéger le corps national. L’historien E. Blanchard note la disparition du terme des textes officiels et du langage bureaucratique après la deuxième guerre mondiale. Cependant, des enquêtes récentes montrent que le terme continue d’être employé de manière informelle par des agents publics pour désigner des populations perçues comme problématiques et dont il faut gérer la présence dans les espaces publics. Par exemple, pour les agents des transports publics, le terme indésirables peut désigner les SDF, les pickpockets, ou les vendeurs à la sauvette, et dans les politiques de logement, les indésirables sont les personnes étrangères ou d’origine immigrée dont il faut éviter la concentration dans les mêmes immeubles [9].

    Le procès des policiers du 12e arrondissement a révélé que le terme est également employé par l’administration policière pour désigner des catégories de personnes dont la présence dans les lieux publics est considérée comme problématique. Au procès, les policiers mis en cause ont affirmé que les « indésirables » sont des personnes commettant des incivilités ou causant un trouble à la tranquillité publique. Cependant, les éléments de l’enquête montrent qu’en réalité, ce ne sont pas uniquement les adolescents perpétrant des infractions qui sont ciblés, mais bien tous les jeunes hommes Noirs et Maghrébins issues de familles populaires présents dans l’espace public.

    Dans certaines mains courantes, les policiers justifient ces interventions par le fait que les jeunes « traînent toute la journée » et « causent diverses nuisances (tapage, incivilités en tout genre) ». Cependant, lors des interventions policières, aucune distinction n’est faite entre ceux commettant des infractions et ceux qui sont simplement là pour se retrouver entre amis. Dans une grande partie des résumés des mains courantes, il n’est fait mention d’aucune infraction qui aurait justifié le contrôle et il est noté que le contrôle s’est fait dans le calme et sans incident. Et pourtant, systématiquement, les jeunes « indésirables » sont contrôlés et évincés. Certaines mains courantes mentionnent simplement « Contrôle et éviction d’une dizaine d’indésirables. Pas d’incidents. RAS ». Ou encore : « Sur place nous avons constaté la présence de quatre individus discutant calmement. Nous leur avons demandé de quitter les lieux, ce qu’ils ont fait sans incident » [10].

    Ainsi, pour les policiers du GSQ, la simple présence d’adolescents Noirs et Maghrébins dans l’espace public est considérée comme « indésirable » et justifie un « contrôle-éviction », même si les adolescents sont calmes et ne commettent aucune infraction. Ce n’est donc pas l’infraction ou la suspicion d’une infraction qui justifie le contrôle, mais bien l’identité des personnes contrôlées, leur origine raciale et sociale. Cette stratégie policière assumée s’inscrit dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police est mandatée pour garantir à certains habitants un espace public libéré des « regroupements de jeunes ». Si les policiers contrôlent ces adolescents à répétition, les humilient, les frappent, les agressent sexuellement, et les conduisent au poste sans motif, c’est pour les chasser des espaces publics, pour leur signifier qu’ils n’y ont pas leur place.
    Le harcèlement policier et le processus de gentrification

    Au tribunal, les policiers et leur avocat ont expliqué que les contrôles répétés envers les mêmes adolescents répondaient à une demande des habitants du quartier, qui s’en plaignaient régulièrement. L’enquête a en effet montré que certains habitants appelaient la police et envoyaient des courriers de plainte à propos des nuisances causées par des regroupements de jeunes. Sur trois ans, vingt-six courriers ont été envoyés réclamant des autorités davantage de fermeté envers des « bandes » qui occupent certains espaces. La majorité des doléances dénoncent des nuisances sonores tard dans la soirée et réclament des verbalisations systématiques. Certains courriers mentionnent également des rodéos, des trafics, et des vols. En réponse à ces doléances, le commissariat envoyait des effectifs avec l’instruction d’effectuer plus de rondes, plus d’interpellations, et comme le montre le dossier de l’enquête, plus de contrôles-éviction.

    Les courriers de plainte, ainsi que les contrôles répétés, se concentraient sur un petit nombre de rues et places du quartier Reuilly-Montgallet, correspondant aux rues où des bâtiments HLM ont été conservés au sein d’un quartier qui a fait l’objet d’une forte gentrification depuis les années 1980 [11]. Avec l’arrivée d’habitants de classes moyennes ou supérieures dans ce quartier anciennement populaire, des tensions sont apparues entre les habitants, notamment sur la question de l’occupation de l’espace public. Dans mes entretiens avec des habitants du quartier, personne ne nie que les regroupements de jeunes sont parfois bruyants et que certains commettent des délits. Cependant, les tensions ne sont pas uniquement liées au bruit ou à la délinquance. En l’absence de lieux où ils peuvent se rassembler sans consommer, les jeunes des classes populaires se rassemblent en bas de chez eux, sur les places du quartier. Cette présence de « jeunes qui traînent » et qui occupent l’espace public n’est pas tolérée par certains habitants. Comme l’explique un militant du quartier, la transformation du quartier a amené une nouvelle catégorie de personnes « qui sont beaucoup plus dérangés par cette mixité sociale et qui finalement souhaitent faire en sorte que les anciens habitants quittent le quartier parce qu’ils ont l’impression que ça dévalorise, au niveau patrimonial, le quartier » (Entretien avec l’auteure, 31 janvier 2018.). Pour certains habitants, ces groupes de jeunes, majoritairement Noirs et Maghrébins, sont considérés comme potentiellement source d’incivilités et de bruit.

    Les éléments de l’enquête montrent que, pour régler les tensions entre les habitants, les politiques municipales et policières se sont centrées sur la répression et le harcèlement des adolescents en question. La mairie renvoyait systématiquement les courriers de plainte vers le commissariat, considérant que ce « problème » devait être réglé par la police (et non pas, par exemple, par la consultation des jeunes sur leurs besoins en termes d’espaces de socialisation). De plus, la mairie a fait enlever les bancs publics et installer des caméras de surveillance pour dissuader les jeunes de rester dans les rues où les tensions se concentrent.

    De son côté, le commissariat envoyait le GSQ « tenir le terrain » face aux jeunes. Le GSQ est une « police de la tranquillité publique », c’est-à-dire une brigade chargée de gérer les petits désordres urbains et de garantir la coexistence pacifique entre les gens [12]. À la différence des brigades anti-criminalité (les BAC), son objectif premier n’est pas la lutte contre la délinquance ; elle effectue des missions de sécurisation des secteurs sensibles. En particulier, le GSQ est une des brigades crées pour gérer les « jeunes qui traînent en bande » en bas des immeubles avec une approche purement répressive de harcèlement [13]. Bien que les doléances des habitants concernent des délits (tapage nocturne, rodéos), la police considérait que la simple présence de jeunes dans les rues, même en petits groupes calmes, était un problème à régler. Les bilans annuels du commissariat, inclus dans le dossier, mentionnent les « regroupements de jeunes » comme un « problème récurrent » ; les mains courantes d’intervention déplorent régulièrement la présence de jeunes qui « reviennent systématiquement sur ces secteurs malgré nos évictions répétées tout au long de la vacation » ; et les plaignants interrogés confirment que les contrôles se terminaient systématiquement par une injonction à dégager, même lorsque leur présence ne gênait personne et que le contrôle se passait bien. Ainsi, la police se basait sur les plaintes de certains habitants pour des problèmes de tapage et de délits pour justifier des pratiques de harcèlement policier envers les adolescents Noirs et Maghrébins du quartier, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre ceux commettant des infractions et ceux simplement présents dans l’espace public.

    Dès 2013, certains adolescents du 12e et leurs éducateurs ont tenté d’alerter la municipalité, le commissariat, et les services de protection de l’enfance, sur les violences, y compris sexuelles, commises par les policiers du GSQ. Plusieurs réunions ont eu lieu, avec le conseil municipal de la sécurité et de la prévention, l’adjoint au maire chargé de la jeunesse et des sports, et avec la cellule de prévention du commissariat du 12e. Aucune autorité n’a réagi pour protéger ces enfants.

    En somme, les éléments de l’enquête laissent apparaître que, si le terme « indésirables » provient de l’administration policière (puisqu’il figure dans le logiciel informatique des mains courantes), la catégorie des « indésirables » est produite localement par une dynamique qui implique la police, certains habitants, et la municipalité. Indépendamment de la commission d’une infraction, les « indésirables » sont les adolescents et jeunes adultes qui se retrouvent en bas des immeubles, majoritairement des Noirs et des Maghrébins issus des classes populaires, et que la police doit « évincer ». Les contrôles-éviction s’inscrivent donc dans la dynamique urbaine locale où la police se met au service du processus de gentrification, en légitimant la présence de certains, et l’éviction d’autres, des espaces publics.
    Conclusion

    Les violences policières racistes sont de plus en plus visibles en France, notamment grâce à de fortes mobilisations autour d’affaires telles que la mort par asphyxie d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité en 2016, ou le viol de Théo Luhaka lors d’un contrôle d’identité en 2017. Pour comprendre ces violences policières discriminatoires, des chercheurs se sont penchés sur l’héritage colonial de la police française, et sur les politiques policières contemporaines qui mettent l’accent sur l’anti-criminalité et le « chiffre » plutôt que sur la prévention [14]. Cet article met en lumière la contribution d’un facteur supplémentaire, le processus de gentrification. La transformation de quartiers anciennement populaires en quartiers bourgeois crée un terrain propice à des pratiques de #harcèlement_policier envers des jeunes issus des classes populaires et de l’immigration, qui sont catalogués « indésirables », et que la police tente d’ « évincer » des espaces publics, à force de contrôles, de coups, d’humiliations, et de conduites au poste abusives.

    http://www.laviedesidees.fr/La-police-et-les-indesirables.html

    #éviction #discrimination #urban_matter #géographie_urbaine #villes #xénophobie #racisme #éviction

    • VIDEO. « J’ai déjà vu des gamins de 8 ans se faire palper, contrôler, insulter » : un policier dénonce les abus de ses collègues

      Capuche sur la tête, plongé dans le noir, il parle sous couvert d’anonymat. Dans le documentaire réalisé par le journaliste Marc Ball Police, illégitime violence, diffusé sur France 3 Ile-de-France lundi 12 novembre, Frank*, un policier, dénonce les abus de certains de ses collègues dans les quartiers populaires. "La confiance est rompue entre les jeunes et la police. Les contrôles d’identité risquent à tout moment de déraper", explique le documentaire. C’est ce qu’a constaté Frank. D’après ce gardien de la paix, certains policiers "rabaissent" les personnes contrôlées. "J’ai déjà vu des gamins de 8 ans se faire palper, contrôler, mépriser, insulter. Des gamins d’origine africaine qui, à 8 ans, sont traités de ’#petits_négros', de ’#Maltesers”, de ’#Kit_Kat', de ’#Kirikou' quand ils courent dans la rue", raconte-t-il.

      https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/video-jai-deja-vu-des-gamins-de-8-ans-se-faire-palper-controler-insulte


  • Dans la newsletter de SOS Homophobie.

    Agression et menaces de mort transphobes à Limoges : SOS homophobie, aux côtés de la victime, demande l’ouverture d’une enquête dans les plus brefs délais

    En juillet 2013, Mylène, personne trans, était assassinée à son domicile, en banlieue de Limoges. Cinq ans après, Ajda est menacée de mort devant un supermarché limougeaud dans l’indifférence générale, notamment de la police.

    Le 6 août 2018, Ajda, étudiante trans réfugiée politique d’un pays du Caucase, fait ses courses dans un supermarché de Limoges. Sur le parking, un homme en voiture commence à l’insulter et à la menacer : « PD, tafiole, je te baise, je t’encule ». Alors qu’elle prend son téléphone pour appeler la police, il la menace de mort, s’écriant « je te ferai la peau ». Puis il exprime son sentiment de totale impunité : « PD, si je te tue, je ne risque rien ». Finalement, l’homme tente de lui foncer dessus avec sa voiture. Par chance, le véhicule ne fait que la frôler mais la victime souffre de plusieurs blessures, constatées par le CHU de Limoges, entraînant plusieurs jours d’interruption totale de travail (ITT). La victime finit par se réfugier dans le supermarché où son agresseur la suit avant, par chance, de quitter les lieux. L’agresseur est filmé par les caméras de vidéo-surveillance du supermarché et la victime a eu le réflexe de prendre en photo la plaque d’immatriculation de la voiture.

    Le lendemain de l’agression, la victime dépose plainte à l’hôtel de police de Limoges. L’officier de police judiciaire retient l’infraction « d’insultes non-publiques à raison de l’orientation sexuelle ». Ni le caractère évidement public des insultes transphobes tenues sur un parking de supermarché, ni les coups et blessures constatées par le CHU, ni les menaces de mort, ni la tentative de meurtre à l’aide d’une voiture n’ont été retenus par les services de police. Un mois plus tard, la victime n’a aucune nouvelle de la police et aucune enquête ne semble avoir été conduite. Les films des caméras de surveillance du centre commercial n’ont pas été réquisitionnés, et la photo de la plaque d’immatriculation du véhicule de l’agresseur ne semble pas avoir été exploitée.

    SOS homophobie dénonce l’inaction des services de police de Limoges dans cette affaire et exprime tout son soutien à Ajda.

    L’association demande à ce qu’une enquête soit ouverte dans les plus brefs délais pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette agression transphobe. L’association se réserve le droit de se porter partie civile.

    SOS homophobie rappelle l’ancrage de la transphobie dans notre société : en 2017, elle a reçu 186 témoignages d’actes transphobes contre 121 en 2016, soit une augmentation de 53% (Rapport sur l’homophobie 2018)

    Encore ce truc où la police décide ce qui est inacceptable socialement et ce qui l’est : menaces de mort, tentative de fauchage en bagnole (et même fauchage effectif avec victime dans le caniveau, pour ce que j’en sais). Faire mine ne lutter contre « la-violence » dans ces conditions, c’est indécent.

    #violences_majoritaires #violences_de_genre #transphobie #impunité #police


  • La #police et les indésirables
    http://www.laviedesidees.fr/La-police-et-les-indesirables.html

    Les pratiques policières de contrôles-éviction, visant à évincer certaines populations de l’espace public, participent aux processus de gentrification. M. Boutros met en lumière le rôle central des forces de l’ordre dans les dynamiques de transformation urbaine.

    #Essais

    / #discrimination, #violence, police, #racisme, #espace_public



  • Faces in the Darkness: The Victims of ’Non-Lethal’ Weapons in Kashmir.
    http://time.com/longform/pellet-gun-victims-kashmir

    At first glance, their scars look like pockmarks. Some have their eyes closed; others have a far-away look, eyes glazed over. They could be gazing out at a distant view.

    But these Kashmiri men, women and children aren’t looking at anything. The darkness that surrounds them in Camillo Pasquarelli’s photographs surrounds them in life, too; they are all fully or partially blind.

    Their injuries weren’t caused by ordinary bullets. Security forces in the disputed region of Kashmir haven’t used those to police demonstrations since 2010, when they fired on protesters and killed 112 people. International outcry followed, prompting the Indian government to supply regional police and the army with pellet guns they called “non-lethal.”


  • @cdb_77 l’a déjà mis là :
    https://seenthis.net/messages/688734

    Mais il mérite une entrée à lui tout seul :

    Chronique printanière d’une frontière meurtrière
    Clair Rivière, CQFD, le 13 juillet 2018
    http://cqfd-journal.org/Chronique-printaniere-d-une

    Dans les montagnes du Briançonnais, plusieurs exilés ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Hexagone. Traqués par la police et l’extrême droite, ils sont secourus par des militants solidaires, que l’État cherche à intimider. Trois d’entre eux ont même passé neuf jours en prison.

    #France #Italie #migrants #Frontière_sud-alpine #frontières #Briançon #Hautes-Alpes #asile #migrations #réfugiés #parcours_migratoires #montagne #police #violence_policière #antifas #résistance #aintnomountainhighenough


  • Policiers, souriez, vous êtes filmés... et vous n’y pouvez rien ! - Le Point
    http://www.lepoint.fr/societe/policiers-souriez-vous-etes-filmes-et-vous-n-y-pouvez-rien-05-02-2018-219217

    C’est une note en date du 1er février et signée par le tout nouveau directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch, qui risque de susciter de vives réactions dans les rangs des policiers de terrain.

    Adressée à tous les « chefs de service », cette note rappelle que dans « l’exercice de leurs missions au quotidien, les policiers sont de plus en plus souvent confrontés à la captation de leur image ou de leurs paroles, et parfois à la diffusion de ces enregistrements dans les médias traditionnels ou sur Internet ». Or, les policiers « ne peuvent faire obstacle à l’enregistrement ou à la diffusion publique d’images ou de paroles à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ».

    Et le DSPAP de préciser encore : « Par conséquent, les policiers, qu’ils soient en uniforme ou en civil, ne peuvent pas interpeller des journalistes ou des particuliers effectuant des enregistrements dans les lieux publics ou ouverts au public, ni leur retirer leurs appareils ou détruire les prises de vue effectuées. » Frédéric Dupuch insiste également sur le fait que « la diffusion de ces images dans les médias et sur Internet ne constitue pas, à elle seule, une infraction, quand bien même les agents seraient identifiables ».

    #police


  • Yascha Mounk : « Nous vivons dans un système raisonnablement libéral mais insuffisamment démocratique »
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/idees/yascha-mounk-nous-vivons-dans-un-systeme-raisonnablemen

    La traduction française du livre de Yascha Mounk vient de paraître sous le titre « Le Peuple contre la démocratie » (éditions de L’Observatoire). Il s’agit d’un livre important tant pour l’ample synthèse de littérature scientifique qu’il offre sur les transformations contemporaines de la démocratie, que pour la présentation des travaux empiriques qu’il a conduits sur la « déconsolidation démocratique » avec Roberto Stefan Foa. Important enfin pour l’ambition théorique et politique de défense, illustration et refondation des démocraties libérales face aux vents mauvais qui soufflent en ce moment sur l’Europe et les Etats-Unis.

    Dans le contexte européen marqué aussi bien par un sentiment de dépossession démocratique face à des organes experts qui s’emparent d’un nombre toujours plus important de politiques publiques sans les soumettre à la validation populaire, ainsi que de montée en puissance des partis populistes, voire d’émergence de « démocraties illibérales », lorsque ces derniers parviennent au pouvoir – les deux phénomènes se faisant écho, ce livre fait apparaître une « grande divergence » : celle de la démocratie d’une part, de plus en plus réduite à une forme minimale de « traduction de la volonté populaire en politiques publiques », et de l’État de droit d’autre part, fondé sur les valeurs du libéralisme politique et de la philosophie des Lumières.

    Les valeurs libérales de pluralisme, de garantie des droits, de protection des libertés fondamentales sur lesquelles s’est construite la démocratie moderne se trouvent en effet forcloses de cette dernière, au profit de régimes de plus en plus unanimistes et illibéraux. À l’inverse, les instances technocratiques qui entendent préserver les libertés humaines ou économiques estiment avoir de moins en moins de comptes à rendre aux peuples souverains.


  • RN 134 : le camionneur tombé dans un ravin est décédé, la pollution s’étend
    La République des Pyrénées l publié le 28 août 2018 à 8h52, modifié à20h53
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/08/28/rn-134-le-camionneur-tombe-dans-le-ravin-est-decede,2410661.

    Un conducteur de camion était tombé dans un ravin sur la RN 134, ce lundi. Les secouristes ont annoncé son décès ce mardi matin.
    (...)
    Les secours ont tenté d’abord de remonter le camion ainsi que sa citerne remplie de chlorite de soude. Pour ce faire, deux grues ont été dépêchées sur les lieux. Mais face à la position de la cabine, ils craignent que le relevage ne provoque encore plus d’écoulement du chlorite. Dès lors, la décision a été prise de d’abord pomper le produit des cuves avant d’entamer l’extraction du tracteur du semi-remorque et de désincarcérer la victime. « C’est une course contre la montre qui va s’engager », commentait ce midi Christian Vedelago, directeur de cabinet du préfet sur place depuis ce matin. En effet, Météo France annonce un risque d’orage et de grêle ainsi que du vent sur le Béarn à partir de 17 heures. Des conditions météo qui pourraient rendre les opération plus compliquées.

    «  »""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""
    Accident en vallée d’Aspe : 200 manifestants contre les camions sur la RN 134
    Par Gildas Boënnec, publié le 30 août 2018 à 7h40.
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/08/30/accident-en-vallee-d-aspe-200-manifestants-contre-les-camion

    Les gendarmes ont soulevé les manifestants pour les déplacer sur le bord de la route.
    © g.B.

    Après l’accident ayant provoqué un décès et la pollution du gave, une manifestation a réuni 200 personnes hier près d’Accous. Les camions ont été bloqués en signe de ras-le-bol.

    #valléed’Aspe #Pollution