• Le gouvernement commande 40.000 grenades lacrymogènes _ Reporterre -
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-commande-40-000-grenades-lacrymogenes

    Dans un avis de marché public paru le 23 août, le gouvernement lance la commande de 40.000 grenades lacrymogènes de « désencerclement », pour un montant de 1,7 million d’euros.

    En mai, il avait déjà lancé la commande de grenades pour 17 millions d’euros.

    #grenades #guerre_aux_pauvres #violence #en_marche #police #France


  • Les #violences_de_genre à l’épreuve du droit

    ❝Quand la critique féministe renouvelle le droit. Présentation du dossier
    Marta Roca i Escoda, Pauline Delage et Natacha Chetcuti-Osorovitz

    Légiférer sur les « violences de genre » tout en préservant l’ordre patriarcal. L’exemple du #Nicaragua (1990-2017)
    Delphine Lacombe

    Les violences au sein du couple au prisme de la #justice_familiale.
    Invention et mise en œuvre de l’ordonnance de protection
    Solenne Jouanneau, Anna Matteoli

    Les politiques de lutte contre les violences de genre en #Belgique et les #femmes_migrantes : entre volonté de #protection et #contrôle_migratoire
    Isabelle Carles

    Déqualifier les #viols : une enquête sur les mains courantes de la #police_judiciaire
    Océane Pérona

    Sous condition « d’émancipation active » : le droit d’asile des prostituées nigérianes victimes de #traite des êtres humains
    Prune de Montvalon
    #traite_d'êtres_humains #prostitution #Nigeria #migrations

    https://ds.hypotheses.org/3483
    #genre #violence #droit #revue




  • De l’intérieur des murs – lettre d’Athènes Par Dimitris Alexakis

    Dans cette lettre sont exposés les motifs qui poussent l’auteur à décliner l’invitation à participer à des rencontres autour de « l’#Europe de la #culture ». Cette Europe campée sur ses privilèges ne peut continuer à célébrer ainsi sa grandeur et à se gargariser de son dynamisme culturel, alors qu’elle ferme ses portes à de plus en plus de populations démunies, qu’elle cède aux courants réactionnaires et s’enferme dans ses murs.

    Dans quelle mesure est-il possible de « réenchanter le projet européen » ? La réalité politique de l’Europe me paraît autrement plus sombre que ne le laisse supposer le texte en forme de manifeste qui semble inspirer ces rencontres. Elle s’illustre dans des « opérations de sauvetage » à l’envers ; les plus riches sont évacués dans l’heure et les plus démunis laissés sur le carreau. Elle repose sur la collaboration de l’#UE avec des régimes de type dictatorial (Turquie, Soudan…) et des territoires mis en coupe réglés par les esclavagistes (Libye) ; les #frontières de l’Europe, et ses #camps, sont bien au-delà de l’Europe. En feignant d’être mise en crise par l’arrivée des #réfugié.e.s syrien.ne.s, l’Europe s’efforce en réalité de construire un consensus contre les exilé.e.s. Face à des guerres et des dérèglements qui s’inscrivent pourtant dans le long terme, elle adopte en urgence des textes toujours plus répressifs. Lorsqu’elle finit par les accepter sur son sol, elle « dispatche » les réfugié.e.s aux quatre vents en leur déniant la qualité de sujets porteurs d’histoires. Elle induit une acceptation de la mort à ses portes de ceux qui demandent secours (fuyant aujourd’hui la #guerre, demain les effets du #réchauffement climatique et les guerres d’un nouveau genre que la raréfaction des ressources naturelles engendrera) et une insensibilisation des opinions publiques à ces morts.

    « La #sécurité de chaque Européen se construit dans les #barbelés de la frontière orientale et dans les profondeurs de l’Egée » dit un graffiti aperçu ces jours-ci dans une petite rue du quartier de Patíssia. « La solidarité est notre arme », répond un slogan tagué près de la station Àgios Nikólaos.

    #Grèce #2015 #gauche #écologie #migrants #Frontex #big_society #forteresse #Méditerranée #UE #Union #racisme #police #austérité #hospitalité #solidarité #résistances #mouvements

    https://aoc.media/opinion/2018/08/23/de-linterieur-murs-lettre-dathenes

    • Chère L.,

      Le hasard fait que je termine cette lettre le 21 août, jour marquant la fin officielle du programme de tutelle auquel la Grèce est soumise depuis plusieurs années. Je peux imaginer la façon dont politiques et journalistes salueront l’événement en France. Ici, la nouvelle a été effacée il y a quelques semaines par les incendies qui ont ravagé une zone résidentielle du bord de mer, faisant 96 morts. Sur l’île de Tínos, nous avons été avertis de l’incendie par une odeur de bois brûlé sur la mer. Nous avons appris le lendemain la disparition de C., que nous connaissions à peine mais qui nous avait quelques fois rendu visite au KET, l’espace de création théâtrale que nous avons fondé en 2012. Nous avons été soulagés lorsque Sotíris, dont la maison de campagne se trouve à quelques kilomètres du sinistre, a fini par répondre au téléphone. Le souvenir des incendies qui avaient en 2007 dévasté le Péloponnèse nous est revenu en mémoire. Avec l’assassinat d’Alèxandros Grigorópoulos, le 6 décembre 2008, et l’attaque à l’acide contre Konstantína Koúneva, représentante syndicale des employées du nettoyage, les incendies de 2007 font partie des premiers signes avant-coureurs de « la crise grecque ».

      Combien de morts ont « fait » les programmes d’austérité ? Nous ne l’apprendrons jamais, car ils ne sont simplement pas comptables.

      Tu m’as demandé récemment si je souhaitais participer aux rencontres autour de « l’Europe de la culture » que ton institut organise cet automne en Grèce. Cette lettre a pour objet de préciser les raisons pour lesquelles je ne le souhaite pas.

      Le lieu choisi – un des plus beaux sites archéologiques de Grèce – me paraît en porte-à-faux par rapport au réel dont nous sommes témoins – celui des quartiers populaires, des aires de jeux désaffectées, des hôpitaux publics où on apprend un jour que tel service d’importance vitale (celui des transfusions sanguines) a fermé, que tel appareil ne marche plus (et qu’on en fera venir un de l’hôpital le plus proche, mais seulement dans six jours) ou que tel médicament n’est plus distribué en Grèce qu’au compte-gouttes (et qu’il va donc falloir faire le tour des pharmacies de la ville ; depuis quelques mois, les produits prescrits ici sous une même ordonnance doivent être retirés auprès d’un point de vente unique).

      La police française nous permettait de discuter au calme des « nouvelles formes de mobilisation » tandis que, de l’autre côté du fleuve, elle réprimait celles et ceux qui se mobilisaient.

      Nous sommes trop proches des ruines de l’État-providence pour que celles du monde antique nous disent grand-chose. Nous nous efforçons de parler à partir du lieu où nous sommes, et la mobilité dont nous continuons de jouir nous paraît déplacée quand tant d’autres sont condamnés à l’immobilité des camps.

      J’avoue avoir de moins en moins envie d’intervenir dans ces panels où jeunes artistes, diplômé.e.s de grandes écoles et responsables de startups sont invités à incarner la face lumineuse ou positive d’une Europe « malmenée » mais « tournée vers l’avenir ». Ce sont des espaces voués à rapprocher des individus aux profils sociaux identiques et où les problèmes qui fâchent et ceux qui font mal sont laissés au dehors.

      Le dernier panel de ce type auquel j’ai eu l’occasion de participer, ce printemps, était consacré aux « activistes de la culture » et se tenait dans une grande université française. Les accès aux bâtiments étaient gardés ; une manifestation de lycéen.ne.s, d’étudiant.e.s et de cheminots solidaires avait lieu au même moment de l’autre côté du fleuve dans le cadre du mouvement contre Parcoursup, le nouveau dispositif de sélection des candidat.e.s aux études supérieures. La police française nous permettait de discuter au calme des « nouvelles formes de mobilisation » tandis que, de l’autre côté du fleuve, elle réprimait celles et ceux qui se mobilisaient.

      C’est une image de l’Europe.

      La violence que les autorités exercent contre les réfugié.e.s, les collectifs de malades ou de précaires, les professionnel.le.s de l’éducation, de la santé, de la Poste, les syndicats paysans et ouvriers, les sans-logis, la jeunesse, les retraité.e.s du Sud et les individus offrant assistance aux sans-papiers et criminalisés à ce titre – toute cette violence multiforme, policière, sociale, symbolique ne traverse ces espaces que comme un écho assourdi. Les intervenant.e.s y ont tendance à dépeindre l’Europe comme un corps en souffrance et à y éluder toute critique directe des instances, des partis et des personnes de pouvoir – a fortiori lorsqu’une institution d’État accueille ou coorganise le forum. Par opposition à un discours politique « dépassé », l’accent est porté sur les alternatives (« novatrices ») et les solutions d’avenir que seraient censées fournir l’ingénierie culturelle, la mise en réseau, la culture digitale ou les « nouvelles solidarités » (dont le projet que tu m’as envoyé omet de rappeler qu’elles prennent racine en Grèce dans la contestation des programmes d’austérité – comme si, à partir de juillet 2015, tout un champ d’expérimentation sociale s’était détaché des conditions politiques qui l’ont fait naître et avait vocation à être capté par l’entreprenariat). Peut-être est-ce là, d’abord, que le bât blesse : dans une période marquée par l’effritement ou la disparition de la gauche traditionnelle, à quelles conditions ces « activistes de la culture » peuvent-ils briguer la place vacante du politique ? Sans doute en partageant le risque assumé par celles et ceux qui vivent et luttent en marge et sans filet sur tout le continent. Nous devons tisser nous-mêmes les alliances et les réseaux dans lesquels nous nous inscrivons et nous démarquer du processus en cours de gentrification des « quartiers créatifs » ; concevoir nos lieux comme des espaces politiques socialement hétérogènes où de jeunes artistes et de jeunes précaires côtoient les mineurs isolés hébergés par telle structure du voisinage, les employées de ménage et aides à domicile originaires de Géorgie ou d’Ukraine et les retraitées frappées par les coupes budgétaires aux côtés desquelles nous vivons.

      Dans quelle mesure est-il possible de « réenchanter le projet européen » ? La réalité politique de l’Europe me paraît autrement plus sombre que ne le laisse supposer le texte en forme de manifeste qui semble inspirer ces rencontres [1]. Elle s’illustre dans des « opérations de sauvetage » à l’envers ; les plus riches sont évacués dans l’heure et les plus démunis laissés sur le carreau. Elle repose sur la collaboration de l’UE avec des régimes de type dictatorial (Turquie, Soudan…) et des territoires mis en coupe réglés par les esclavagistes (Libye) ; les frontières de l’Europe, et ses camps, sont bien au-delà de l’Europe. En feignant d’être mise en crise par l’arrivée des réfugié.e.s syrien.ne.s, l’Europe s’efforce en réalité de construire un consensus contre les exilé.e.s. Face à des guerres et des dérèglements qui s’inscrivent pourtant dans le long terme, elle adopte en urgence des textes toujours plus répressifs. Lorsqu’elle finit par les accepter sur son sol, elle « dispatche » les réfugié.e.s aux quatre vents en leur déniant la qualité de sujets porteurs d’histoires. Elle induit une acceptation de la mort à ses portes de ceux qui demandent secours (fuyant aujourd’hui la guerre, demain les effets du réchauffement climatique et les guerres d’un nouveau genre que la raréfaction des ressources naturelles engendrera) et une insensibilisation des opinions publiques à ces morts [2].

      « La sécurité de chaque Européen se construit dans les barbelés de la frontière orientale et dans les profondeurs de l’Egée » dit un graffiti aperçu ces jours-ci dans une petite rue du quartier de Patíssia. « La solidarité est notre arme », répond un slogan tagué près de la station Àgios Nikólaos.

      Les invocations aux « valeurs humanistes », à « l’État de droit » ou à la « démocratie transnationale » dont le projet européen serait porteur rappellent par ces temps de violence ce qu’écrivait Hannah Arendt en 1951 à propos du « fossé entre les efforts des "idéalistes" (…) qui s’entêtent à considérer comme inaliénables ces droits humains dont ne jouissent que les citoyens des pays les plus prospères et les plus civilisés, et la situation des sans-droit. » Ces appels en faveur d’une « Europe des droits » passent trop aisément sous silence la part tenue dans l’histoire de nos libertés par la privation de liberté et l’exploitation d’autrui, l’appropriation de ses ressources et la guerre.

      Cette volonté de sauvegarde d’un mode de vie qui ne peut, faute de ressources, être étendu ou partagé, concerne aussi la place tenue par ces nations dans le commerce des armes ; la France, en particulier, semble d’autant moins disposée à offrir refuge aux victimes des conflits qu’elle joue un rôle de premier plan dans ce commerce criminel.

      La réinvention du politique, partout à l’œuvre, est partout en butte à la violence d’État. Il ne se passe pas un jour sans que le nouveau contrat social que les dirigeants des pays les plus riches proposent à leurs ressortissants, un pacte fondé sur l’égoïsme, l’indifférence, le maintien par tous les moyens des privilèges dont les sociétés développées ne pourront continuer à jouir qu’au détriment du reste du monde, rencontrent des résistances ; et aucune de ces résistances ne se déploie dans un cadre et selon un imaginaire purement et simplement européens.

      C’est peut-être un élément-clef du paysage actuel et de l’échec prévisible des propositions alternatives à l’échelle de l’Europe ou de l’Union (la distinction entre les deux paraissant de plus en plus rhétorique) qui se font jour depuis 2015 et court-circuitent au passage le niveau local. Les succès électoraux récents de formations néo-libérales (en France) ou néo-fascistes attestent à leur façon de la vivacité mortifère de l’idée européenne. Une part croissante de l’électorat semble acquise à l’idée que le maintien des privilèges du Nord en matière environnementale passera par une politique de fermeture des frontières et de collusion avec des régimes de terreur.

      Cette volonté de sauvegarde d’un mode de vie qui ne peut, faute de ressources, être étendu ou partagé, concerne aussi la place tenue par ces nations dans le commerce des armes ; la France, en particulier, semble d’autant moins disposée à offrir refuge aux victimes des conflits qu’elle joue un rôle de premier plan dans ce commerce criminel. Ce nouveau contrat social est peut-être l’implicite, au XXIesiècle, de « l’idée européenne » et conduit à envisager la politique actuelle et à venir de l’Union à la lumière du phénomène du réchauffement climatique, de la place dévolue à l’industrie des armes dans les économies développées, des migrations forcées que ces deux phénomènes ne cesseront de produire et des formes contemporaines de violence coloniale.

      Politique d’expulsions et de « gestion des flux » sans égard pour la situation des demandeurs d’asile et pour celle de leurs pays d’origine, renforcement du contrôle, « externalisation » de la détention, abandon des naufragés au mépris du droit de la mer. La violence contre les migrant.e.s et le refus des grandes puissances de répondre au défi du réchauffement climatique apparaîtront probablement dans les années qui viennent comme deux phénomènes non pas disjoints mais de plus en plus convergents. Incapables de remettre en cause le modèle sur lequel elles sont assises, et qui ne peut qu’être bouleversé par l’adoption de politiques à la mesure de la destruction environnementale en cours, nos sociétés semblent se préparer à répondre aux conséquences les plus dramatiques de la crise écologique par le renforcement de leur arsenal policier et militaire : réponse ciblant non les causes du réchauffement mais ses premières victimes, tenues à l’extérieur des murs.

      La fermeture des frontières aux victimes du réchauffement climatique, si absurde qu’elle soit (le phénomène ne s’arrêtera pas plus aux frontières que le nuage radioactif de Tchernobyl ne s’était arrêté en 1986 à la frontière franco-allemande), apparaît sous cet angle comme le socle d’un nouveau contrat social et les politiques contre les migrants comme des préparatifs de guerre, acclimatant les opinions publiques occidentales à cette violence qui vient et est déjà exercée, de façon plus ou moins avouée, en leur nom.

      Mais « notre » mode de vie ne nous appartient pas.

      Parler, écrivait Descartes dans sa belle "Lettre à Newcastle", parler comme un être humain et non comme une machine, c’est répondre à propos. L’incapacité de la gauche politique, traditionnelle ou en voie de recomposition, à articuler un discours novateur à la mesure de notre époque tient vraisemblablement à ce qu’elle ne cesse pas d’inscrire sa pensée et son action dans un mode de vie radicalement inégalitaire – puisqu’il ne peut être que l’apanage d’un petit nombre. Ce discours soucieux de ménager justice environnementale, accueil des réfugiés et poursuite des objectifs de croissance – voire, dans certains cas, soutien à l’industrie de l’armement – n’est tout simplement pas crédible, faute de cohérence interne.

      Articuler un autre discours exige de rompre en pensée et pratique avec ces formes de vie et de production dans lesquelles la gauche ne cesse, comme dans des sables mouvants, de s’enliser. S’il ne peut être identifié au « nous » des nations développées, le sujet politique à partir duquel cet autre discours devient possible est à l’œuvre dans la pratique des mouvements de solidarité associant ressortissants de l’UE et non-ressortissants de l’UE, Européens et extra-Européens. Son paradigme est naïf, fraternel, humaniste et anticolonial. Il repose sur un certain sentiment de la dignité et de la beauté des autres, sur l’alliance de militant.e.s, de citoyen.ne.s et de personnes de bonne volonté du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest et refuse de manière aussi simple que frontale de se soumettre aux frontières établies qui sont d’abord des frontières intérieures, des lignes de partage subjectives.

      L’implicite serait alors le suivant : refuser les frontières en place et la partition mondiale entre privilégiés et démunis reviendrait à contester à la racine la perpétuation d’un système de production, de développement et de domination condamnant une partie croissante de l’humanité à l’exil, à l’esclavage ou à la mort.

      La rencontre, les échanges d’idées, les échanges amoureux, le dialogue, l’invention et la création ne peuvent avoir lieu qu’au travers et de part et d’autre de ce mur.

      Je reviens à la citation d’Hannah Arendt, tirée du dernier chapitre de "L’Impérialisme" :

      « Aucun paradoxe de la politique contemporaine ne dégage une ironie plus poignante que ce fossé entre les efforts des idéalistes bien intentionnés, qui s’entêtent à considérer comme “inaliénables” ces droits humains dont ne jouissent que les citoyens des pays les plus prospères et les plus civilisés, et la situation des sans-droit. Leur situation s’est détériorée tout aussi obstinément, jusqu’à ce que le camp d’internement – qui était avant la Seconde Guerre mondiale l’exception plutôt que la règle pour les apatrides – soit devenu la solution de routine au problème de la domiciliation des “personnes déplacées”. »

      Comme le note Christiane Vollaire [3], cette « ironie poignante », éprouvée par Arendt moins de dix ans avant l’écriture de ces lignes, alors qu’elle fuyait le nazisme, « est au cœur du monde contemporain ». Pour un grand nombre de migrants, l’Europe a cessé d’être un lieu, et a fortiori un lieu d’accueil. Pour un grand nombre d’Européen.ne.s, l’Europe a dans le même temps cessé d’être un horizon (de projection, de désir, de pensée politique ou de création) pour devenir un mur, un enclos et un piège, espace où « notre liberté » dépend plus que jamais de la sujétion des autres. La rencontre, les échanges d’idées, les échanges amoureux, le dialogue, l’invention et la création ne peuvent avoir lieu qu’au travers et de part et d’autre de ce mur. C’est dans ses failles que quelque chose de l’ordre du désir et de la politique peut recommencer et recommence à circuler. Pas au centre du monde mais de l’intérieur des murs où nous nous battons pour respirer, en attendant qu’ils cèdent.

      (Athènes, mardi 21 août 2018)

      [1] https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/idees/europe-annee-zero

      [2] Lire le travail de recension entrepris depuis 1993 par le réseau United : http://unitedagainstrefugeedeaths.eu/wp-content/uploads/2014/06/ListofDeathsActual.pdf

      [3] « Langue du déplacement, barbarie de l’enfermement ». intervention de C. Vollaire le 6 février 2016 pour l’association Le sujet dans la Cité. http://www.lesujetdanslacite.com/1/upload/languedudeplacement_christiane_vollaire.pdf

      Dimitris Alexakis, animateur d’un espace de création dans le quartier de Kypsèli, Athènes

      @colporteur


  • Violences policières : un phénomène grandissant ?

    En France, contrairement à d’autres pays européens, il y a peu de transparence sur les chiffres des victimes de la police. Fin juin, pour la première fois, l’IGPN, la police des polices, a pourtant levé le voile sur ce phénomène qui génère bien des fantasmes, car il est peu documenté.

    https://www.franceculture.fr/societe/violences-policieres-un-phenomene-grandissant

    #violences_policières #violence #police #France #statistiques #2017

    Pour une discussion complète sur le sujet, voir le fil de @sinehebdo :
    http://seen.li/cvvd


  • Par l’interrogatoire serré d’un militant de gauche, le Shin Bet viole une décision de la Haute Cour
    Amira Hass, Haaretz, le 25 juillet 2018
    http://aurdip.fr/par-l-interrogatoire-serre-d-un.html

    Geva a aussi déclaré qu’il n’était pas un interrogateur, mais plutôt la personne responsable pour les affaires concernant la gauche radicale et la « dalag ». C’est seulement plus tard que Kronberg a compris que ce terme était une abréviation pour « délégitimation ».

    Avant la rencontre, qui a duré environ une demi-heure, les affaires de Kronberg avaient été fouillées et il a lui-même subi une fouille au corps. On lui a dit que c’était destiné à s’assurer qu’il n’avait pas d’appareil d’enregistrement.

    Selon l’Association pour les droits civils en Israël, convoquer des militants pour des entretiens d’avertissement « est une pratique inacceptable qui ne devrait pas exister et qui n’a aucune place dans un pays démocratique. Nous entendons avec une grande inquiétude que l’agent du Shin Bet s’est défini comme ‘responsable à propos de la délégitimation’. Il est interdit au Shin Bet de fonctionner comme une police de la pensée et de saper la liberté d’expression ».

    #Palestine #BDS #Daniel_Kronberg #Taayush #Shin_Bet #criminalisation_des_militants #liberté_d'expression #censure #police_de_la_pensée


  • Can the Manufacturer of Tasers Provide the Answer to Police Abuse ? | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2018/08/27/can-the-manufacturer-of-tasers-provide-the-answer-to-police-abuse

    Tasers are carried by some six hundred thousand law-enforcement officers around the world—a kind of market saturation that also presents a problem. “One of the challenges with Taser is: where do you go next, what’s Act II?” Smith said. “For us, luckily, Act II is cameras.” He began adding cameras to his company’s weapons in 2006, to defend against allegations of abuse, and in the process inadvertently opened a business line that may soon overshadow the Taser. In recent years, body cameras—the officer’s answer to bystander cell-phone video—have become ubiquitous, and Smith’s company, now worth four billion dollars, is their largest manufacturer, holding contracts with more than half the major police departments in the country.

    The cameras have little intrinsic value, but the information they collect is worth a fortune to whoever can organize and safeguard it. Smith has what he calls an iPod/iTunes opportunity—a chance to pair a hardware business with an endlessly recurring and expanding data-storage subscription plan. In service of an intensifying surveillance state and the objectives of police as they battle the public for control of the story, Smith is building a network of electrical weapons, cameras, drones, and someday, possibly, robots, connected by a software platform called Evidence.com. In the process, he is trying to reposition his company in the public imagination, not as a dubious purveyor of stun guns but as a heroic seeker of truth.

    A year ago, Smith changed Taser’s name to Axon Enterprise, referring to the conductive fibre of a nerve cell. Taser was founded in Scottsdale, Arizona, where Smith lives; to transform into Axon, he opened an office in Seattle, hiring designers and engineers from Uber, Google, and Apple. When I met him at the Seattle office this spring, he wore a company T-shirt that read “Expect Candor” and a pair of leather sneakers in caution yellow, the same color as Axon’s logo: a delta symbol—for change—which also resembles the lens of a surveillance camera.

    Already, Axon’s servers, at Microsoft, store nearly thirty petabytes of video—a quarter-million DVDs’ worth—and add approximately two petabytes each month. When body-camera footage is released—say, in the case of Stephon Clark, an unarmed black man killed by police in Sacramento, or of the mass shooting in Las Vegas, this past fall—Axon’s logo is often visible in the upper-right corner of the screen. The company’s stock is up a hundred and thirty per cent since January.

    The original Taser was the invention of an aerospace engineer named Jack Cover, inspired by the sci-fi story “Tom Swift and His Electric Rifle,” about a boy inventor whose long gun fires a five-thousand-volt charge. Early experiments were comical: Cover wired the family couch to shock his sister and her boyfriend as they were on the brink of making out. Later, he discovered that he could fell buffalo when he hit them with electrified darts. In 1974, Cover got a patent and began to manufacture an electric gun. That weapon was similar to today’s Taser: a Glock-shaped object that sends out two live wires, loaded with fifty thousand volts of electricity and ending in barbed darts that attach to a target. When the hooks connect, they create a charged circuit, which causes muscles to contract painfully, rendering the subject temporarily incapacitated. More inventor than entrepreneur, Cover designed the Taser to propel its darts with an explosive, leading the Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms to classify it a Title II weapon (a category that also includes sawed-off shotguns), which required an arduous registration process and narrowed its appeal.

    A few years after Tasers went on the market, Rick Smith added a data port to track each trigger pull. The idea, he told me, came from the Baltimore Police Department, which was resisting Tasers out of a concern that officers would abuse people with them. In theory, with a data port, cops would use their Tasers more conscientiously, knowing that each deployment would be recorded and subject to review. But in Baltimore it didn’t work out that way. Recent reports in the Sun revealed that nearly sixty per cent of people Tased by police in Maryland between 2012 and 2014—primarily black and living in low-income neighborhoods—were “non-compliant and non-threatening.”

    Act II begins in the nauseous summer of 2014, when Eric Garner died after being put in a choke hold by police in Staten Island and Michael Brown was shot by Darren Wilson, of the Ferguson Police. After a grand jury decided not to indict Wilson—witness statements differed wildly, and no footage of the shooting came to light—Brown’s family released a statement calling on the public to “join with us in our campaign to ensure that every police officer working the streets in this country wears a body camera.”

    In the fall of 2014, Taser débuted the Officer Safety Plan, which now costs a hundred and nine dollars a month and includes Tasers, cameras, and a sensor that wirelessly activates all the cameras in its range whenever a cop draws his sidearm. This feature is described on the Web site as a prudent hedge in chaotic times: “In today’s online culture where videos go viral in an instant, officers must capture the truth of a critical event. But the intensity of the moment can mean that hitting ‘record’ is an afterthought. Both officers and communities facing confusion and unrest have asked for a solution that turns cameras on reliably, leaving no room for dispute.” According to White’s review of current literature, half of the randomized controlled studies show a substantial or statistically significant reduction in use of force following the introduction of body cameras. The research into citizen complaints is more definitive: cameras clearly reduce the number of complaints from the public.

    The practice of “testi-lying”—officers lying under oath—is made much more difficult by the presence of video.

    Even without flagrant dissimulation, body-camera footage is often highly contentious. Michael White said, “The technology is the easy part. The human use of the technology really is making things very complex.” Policies on how and when cameras should be used, and how and when and by whom footage can be accessed, vary widely from region to region. Jay Stanley, who researches technology for the American Civil Liberties Union, said that the value of a body camera to support democracy depends on those details. “When is it activated? When is it turned off? How vigorously are those rules enforced? What happens to the video footage, how long is it retained, is it released to the public?” he said. “These are the questions that shape the nature of the technology and decide whether it just furthers the police state.”

    Increasingly, civil-liberties groups fear that body cameras will do more to amplify police officers’ power than to restrain their behavior. Black Lives Matter activists view body-camera programs with suspicion, arguing that communities of color need better educational and employment opportunities, environmental justice, and adequate housing, rather than souped-up robo-cops. They also argue that video has been ineffectual: many times, the public has watched the police abuse and kill black men without facing conviction. Melina Abdullah, a professor of Pan-African studies at Cal State Los Angeles, who is active in Black Lives Matter, told me, “Video surveillance, including body cameras, are being used to bolster police claims, to hide what police are doing, and engage in what we call the double murder of our people. They kill the body and use the footage to increase accusations around the character of the person they just killed.” In her view, police use video as a weapon: a black man shown in a liquor store in a rough neighborhood becomes a suspect in the public mind. Video generated by civilians, on the other hand, she sees as a potential check on abuses. She stops to record with her cell phone almost every time she witnesses a law-enforcement interaction with a civilian.

    Bringing in talented engineers is crucial to Smith’s vision. The public-safety nervous system that he is building runs on artificial intelligence, software that can process and analyze an ever-expanding trove of video evidence. The L.A.P.D. alone has already made some five million videos, and adds more than eleven thousand every day. At the moment, A.I. is used for redaction, and Axon technicians at a special facility in Scottsdale are using data from police departments to train the software to detect and blur license plates and faces.

    Facial recognition, which techno-pessimists see as the advent of the Orwellian state, is not far behind. Recently, Smith assembled an A.I. Ethics Board, to help steer Axon’s decisions. (His lead A.I. researcher, recruited from Uber, told him that he wouldn’t be able to hire the best engineers without an ethics board.) Smith told me, “I don’t want to wake up like the guy Nobel, who spent his life making things that kill people, and then, at the end of his life, it’s, like, ‘O.K., I have to buy my way out of this.’ ”

    #Taser #Intelligence_artificielle #Caméras #Police #Stockage_données


  • Des polices pour détecter la contrefaçon
    Jeanne Corriveau - 8 août 2018 - Le Devoir _
    https://www.ledevoir.com/societe/533921/des-polices-pour-detecter-la-contrefacon

    Les polices de caractères ont souvent une histoire étonnante, dans laquelle s’entremêlent enjeux graphiques, économiques et sociopolitiques. Cinquième texte d’une série estivale consacrée à ce sujet.

    Le commun des mortels ne prête pas toujours attention aux caractères typographiques avec lesquels les textes qu’il lit sont composés. Dans certains cas, toutefois, le choix d’une police de caractères peut avoir des conséquences politiques insoupçonnées. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, les polices Calibri et Times New Roman se sont retrouvées au coeur de polémiques concernant la contrefaçon de documents.

    En 2016, embourbés dans une affaire de corruption à la suite de la publication des Panama Papers, Nawaz Sharif, alors premier ministre du Pakistan, et sa fille Maryam avaient remis à la justice des documents en preuve dans une tentative pour se disculper. Parmi ces documents figurait une déclaration faite par Maryam Sharif prétendument signée en février 2006.

    Or, ont découvert les enquêteurs, la déclaration était composée en Calibri, une police de caractères qui n’a été distribuée commercialement par #microsoft qu’en 2007, ce qui laisse croire que le document a été contrefait. Calibri allait-elle faire tomber le premier ministre ?

    En entrevue au journal pakistanais Dawn, le bureau du designer Lucas de Groot, qui a conçu la police Calibri pour Microsoft, a précisé qu’une version bêta de Calibri était disponible en 2006, mais que celle-ci était destinée aux programmeurs et aux « freaks » de technologie. Il paraissait donc « très peu probable » que quelqu’un ait pu utiliser cette police pour des documents officiels.

    Condamné à 10 ans de prison pour corruption, Nawaz Sharif a finalement pris le chemin du pénitencier au début du mois de juillet dernier. De son côté, sa fille a reçu une sentence de sept ans de prison.

    Le « Rathergate »
    La police Times New Roman a elle aussi été mêlée à une controverse politique. En 2004, le journaliste #Dan_Rather, de l’émission 60 minutes, diffusée sur #CBS, avait présenté en ondes des documents qui semblaient démontrer que le président américain George W. Bush avait pu bénéficier d’un traitement de faveur pour être affecté à la Garde nationale du Texas dans les années 1970 et, du même coup, échapper à la guerre du #Vietnam. Il s’agissait de rapports internes du colonel Jerry Killian, mort en 1984, qui dirigeait l’escadron de la Garde du Texas.

    La veuve du colonel Killian, de même que plusieurs blogueurs et médias ont mis en doute l’authenticité du document, relevant diverses incongruités, dont l’utilisation de fontes dites proportionnelles, par opposition à celles de taille fixe, ainsi que la présence des caractères « th » mis en exposant dans « 111 th » ou « 147 th ». Les machines à écrire des années 1970 étaient-elles en mesure de produire de telles fontes ? Selon divers experts, le document en question semblait plutôt avoir été réalisé par ordinateur avec la police Times New Roman, offerte avec le logiciel Word de Microsoft. L’affaire a embarrassé CBS.

    Dan Rather a par la suite présenté ses excuses et quitté ses fonctions.

    L’univers numérique
    Calibri et Times New Roman ont deux points en commun : non seulement se sont-elles retrouvées au centre de controverses, mais elles ont toutes deux été lancées dans l’univers numérique comme police par défaut dans le logiciel Word de Microsoft, la Calibri ayant délogé son aînée en 2007. Mais alors que la Calibri a à peine 10 ans d’âge, la création de la Times New Roman remonte à 1931.

    Cette police de caractères avait été commandée auprès du typographe Stanley Morison par le quotidien britannique Times. Stanley Morison fit appel à l’artiste Victor Lardent, qui dessina cette police de caractères. Inspirée des fontes Plantin et Perpetua, la police Times New Roman, dotée d’empattements, est étroite, ce qui permet de corder plus de mots dans une ligne. Un avantage pour les journaux. Elle est aussi vantée pour sa lisibilité.

    Conçue pour la presse écrite et largement utilisée dans l’édition, la police Times New Roman a connu une seconde vie dans l’espace numérique. Mais une telle gloire a ses revers. Surexposée et omniprésente, elle rappelle à certains leurs travaux scolaires. D’autres diront qu’elle est fade, sans émotion et qu’elle dénote la paresse de l’auteur qui ne se serait pas donné la peine de chercher une autre police plus originale et plus proche de sa personnalité.

    Jamais à la mode
    Le designer graphique Denis Dulude reconnaît que la police Times New Roman n’est guère prisée par les professionnels de la typographie et du graphisme. « Elle est un peu mal-aimée. À l’époque où elle est arrivée, elle venait dans la boîte. Beaucoup de gens l’avaient utilisée pour faire des lettres et des logos qui n’étaient pas nécessairement faits par des designers graphiques. Elle n’a jamais été à la mode. Pour cette raison, on a peut-être été un peu frileux avec cette police. »

    Denis Dulude a toutefois osé utiliser Times New Roman pour un projet de catalogue de photos. Or, il y a mis sa touche personnelle en retirant de tous les « S » majuscules l’empattement du bas. « Je me la suis appropriée en faisant ma propre version. J’ai aussi brisé un peu l’espacement entre les lettres pour qu’elle soit un peu plus maladroite et saccadée. C’est la seule façon que j’ai trouvée pour être à l’aise avec cette police », admet-il.

    #Panama_Papers #typographie #Calibri #Times_New_Roman #Pakistan #Imprimerie #Police de #Caractère #Histoire #médias #art #typographique #mise_en_page #Lay_out


  • “Il y a trop d’incohérences madame.” / PAYE TA POLICE
    https://payetapolice.tumblr.com/post/177069999218/il-y-a-trop-dincoh%C3%A9rences-madame

    En mai mon mec me viole. Le lendemain, je vais déposer plainte. Le bridagier n’est pas empathique. Il s’exécute et transforme ma déposition à sa sauce mais je peux à peine la corriger puisque je dois partir à l’UMJ. Le lundi, le flic m’appelle pour la confrontation. Je refuse, il s’énerve et me dit “mais monsieur va passer la nuit en garde en vue”. Je lui réponds que ce n’est pas mon problème. Il me dit que si je ne viens pas le lendemain il fait classer l’affaire. Le lendemain, le violeur reconnait tout du bout de lèvres et minimise en évoquant un jeu. Sidérée, j’étouffe presque de rage mais il en a dit assez pour que je sois rassurée pour la suite. Pourtant, le flic éteint la caméra et ses abus orduriers commencent, il me crie dessus en m’expliquant que je mens et qu’il ne me croit pas. Il vocifère et appuie ses arguments sur ses “ressentis” grotesques en me déclarant, irascible “ici on n’est pas au Maghreb”. Là, je comprends que le mec est raciste et que je suis considérée comme une mythomane. Par contre, il est très respectueux avec cet enfoiré d’agresseur pervers. Allié du violeur, il lui dit gentiment que ce n’est rien et qu’il sera libéré dans l’heure. J’éclate en sanglots et là, le fonctionnaire sadique me lance, “et en plus, vous n’allez pas jouer les victimes”. Là, c’est la 4ème dimension. Je rentre chez moi doublement sidérée et reste en boule dans mon lit. Le lendemain le flic m’appelle pour me donner le rendez-vous avec l’expert psychologue puisqu’il faut vérifier si je suis la menteuse. Durant cet appel, je lui demande si la partie où il m’agresse a été enregistrée. Il s’énerve et me demande pourquoi je lui pose cette question perverse et me menace. J’en tombe de ma chaise. Le psy me dit qu’il me croit. Cela fait plus de deux mois que j’attends que le procureur qualifie et depuis, je passe ma vie en thérapie et mon avocat s’est bien foutu de moi. J’ai fait un signalement à l’IGPN qui a logiquement couvert ce fonctionnaire bien noté ayant “la confiance des magistrats” ce qui n’augure rien de bon et depuis, je m’attends à une classement sans suite. Alors, tous les beaux discours sur la libération de la parole, et les blabla sur le fait d’avoir le courage de porter plainte pour protéger les éventuelles victimes c’est de la démagogie. Je ne regrette pas ma plainte sinon, cela aurait été bien pire mais j’ignorais que de vouloir faire reconnaitre un acte aussi abominable était un calvaire. Je suis dans une petite ville, dans le 66 et j’ai honte d’être dans un pays où les femmes sont vilipendées parce qu’elles ont osé dénoncer des agresseurs qui bénéficieront d’une impunité automatique vu comment les policiers traitent les victimes. J’ai la nausée parce que j’ai subi une triple peine : le viol, l’agression du flic et enfin le silence de la justice. En attendant le violeur vit sa vie et n’est pas inquiété. C’est injuste mais les stéréotypes restent présents surtout en matière de viols conjugaux. Depuis, j’ai la nausée mais je ne lâcherai pas et j’irai jusqu’au bout, n’en déplaise à ces deux machos qui ont cru m’abattre.

    #viol #police #justice #injustice #acab #culture_du_viol #fraternité


  • La police talonne les cyclistes du South Side
    Mary Wisnievki, reporter au Chicago Tribune, spécialiste de la mobilité, a mis en évidence en mars 2017, que la police verbalisait différemment les cyclistes noirs.. En un an, rien n’a changé sous le ciel de la Chi-City
    http://residenchi.constantvzw.org/2018/07/30/mobilite-la-police-talonne-les-cyclistes-du-south-side


    #chicago #mobilité #vélo #discrimination #police


  • #Police: devenez «#collaborateur occasionnel» - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/devenez-collaborateur-occasionnel-de-la-police_2031269.html


    #les_mots_sont_importants

    Un policier peut-il réquisitionner un scooter ?

    La réquisition du scooter et de son pilote par le fonctionnaire de police mis en cause sont elles conformes à la loi et aux pratiques en vigueur ? « Pour commencer, ce terme de réquisition est un abus de langage qui vient semer le doute », estime notre source. « Une réquisition c’est une notion précise appuyée par l’article 60 du code procédure pénale. On est dans ce cas de figure par exemple quand la police appel à un serrurier pour ouvrir une porte ». Pour être précis, il faut parler de « sollicitation », développe ce policier. « Dans le cas de figure de la rue Condorcet, on a un fonctionnaire qui propose à un particulier de devenir un collaborateur occasionnel de la police ».

    Mais ce type de sollicitations est extrêmement rare. « Je ne l’ai vu faire qu’une fois en 25 ans de carrière », assure un gradé contacté par L’Express.


  • A Lisieux, une femme agressée par son ex-petit ami dénonce «  un manque d’empathie  » au commissariat
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/08/17/a-lisieux-une-femme-agressee-par-son-ex-petit-ami-denonce-un-manque-d-empath

    Deux semaines après son agression, les hématomes à la tête et à la main sont résorbés, mais l’indignation reste intacte. Dans un bistrot de Lisieux (Calvados), Marion – le prénom a été changé –, qui travaille dans un magasin de vins et de spiritueux, pose d’emblée : « En soi, mon histoire est d’un banal affligeant. » Les faits, un ex-petit ami alcoolisé qui s’introduit chez elle par effraction, en pleine nuit, « saccage » son appartement, la frappe et la menace, apparaissent comme un énième épisode dans la litanie des violences faites aux femmes. Mais l’accueil reçu au commissariat, lorsqu’elle est venue pour porter plainte, suscite encore sa colère. La jeune femme de 24 ans a décidé de déposer plainte vendredi 17 août auprès du procureur de la République contre trois policiers.

    Marion s’était rendue en courant, samedi 4 août au petit matin, au commissariat de Lisieux « pour y trouver refuge », mais n’a « rien trouvé, sauf du mépris ». Dans la nuit du vendredi au samedi, alors qu’elle était revenue quelques heures plus tôt d’une soirée, elle dormait dans son appartement, au premier étage d’un immeuble, lorsqu’elle a été réveillée « vers 5-6 heures » par l’explosion d’une vitre et l’intrusion de son ex-copain, 27 ans, fou de rage. Monté par des grilles du rez-de-chaussée, il fouille les pièces, renverse les meubles et la menace avec un couteau trouvé dans la cuisine. « J’ai essayé de le sortir. Je l’ai menacé d’appeler la police », se souvient Marion. Sans succès. Après une bagarre, elle parvient à s’échapper et court au commissariat.
    « Vous êtes hystérique »

    « Trois agents, deux hommes et une femme, étaient à l’accueil. Je leur explique ce qui vient de se passer, que je voudrais porter plainte, raconte-t-elle. Ils m’ont répondu : “Vous êtes hystérique, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse pour vous, Mademoiselle ?” J’étais stressée, avec une bosse au front d’un coup que j’avais reçu, et eux m’ont dit : “Ecoutez, vous sentez l’alcool, on ne peut pas prendre votre plainte.” »

    Les agents n’appellent pas l’officier de police judiciaire d’astreinte. Ils lui proposent, assure-t-elle, de la raccompagner à son domicile. Elle trouve cela « absurde », car potentiellement dangereux, et refuse. « Et là ils m’ont laissée en plan sur une chaise de l’accueil. » Son « ex », arrivé quelques minutes plus tard, est jugé beaucoup plus calme par les policiers, qui le laissent repartir après avoir pris son identité. Ils appellent toutefois les secours, au vu de la blessure au front. « Les pompiers sont arrivés et c’est là que j’ai reçu écoute et soutien », dit Marion, qui a finalement porté plainte contre son agresseur lundi 6 août, avant de se voir prescrire huit jours d’incapacité totale de travail (ITT).

    La jeune femme déplore « un manque d’empathie total et de professionnalisme » des trois policiers. Sa mère, elle, s’étonne de ce qu’elle a entendu, le 4 août, en milieu de matinée, au commissariat. « J’ai demandé à un policier, en faisant mine d’être sérieuse : “En gros, elle vous a fait chier ?” Et il m’a répondu : “Oui, voilà, c’est ça, Madame !” » Marion ne tient pas à mettre tous les policiers « dans le même panier », mais espère que son histoire permettra d’améliorer les conditions d’accueil des victimes dans les commissariats. Le 6 août, la comédienne Eva Darlan, dans la région cet été, a publié un post sur son compte Facebook, pour dénoncer cette « petite histoire ordinaire ».

    La police nie tout dysfonctionnement et avance un récit sensiblement différent. L’état de la jeune femme « n’était pas compatible avec le dépôt d’une plainte, elle était dans un état de choc complet, n’arrivait pas à faire un récit cohérent de son agression », affirme Julien Miniconi, directeur adjoint de la sécurité publique du Calvados. Il souligne que les policiers l’ont gardée « quarante-cinq minutes », jusqu’à la venue des pompiers, et assure que les agents « ne lui ont pas proposé de la raccompagner chez elle, mais au contraire l’ont empêchée de partir à plusieurs reprises ». « Il n’y aura pas de procédure diligentée à l’encontre de ces fonctionnaires qui n’ont pas failli à leur mission », affirmait-il jeudi 16 août.

    Interpellé le 8 août, l’ex-petit ami a été placé en détention. Sous le coup d’une peine de prison aménageable de trois mois, pour des délits routiers en état de récidive, il devrait rester en prison jusqu’à son procès, prévu le 16 octobre. En France, selon l’Insee, moins de 20 % des femmes victimes de violences se rendent au commissariat ou à la gendarmerie.

    • Je pense qu’elle aurait dû se rendre à l’hosto d’abord : c’est à peu près safe, elle peut y faire constater ses blessures et être soignée parce qu’en effet l’agression lui a fait du mal, psychiquement comme physiquement (la menace de mort est super crédible, nombre de femmes meurent comme ça dans le monde et le dernier exemple que j’ai en tête, c’était au Brésil devant les caméras de télé pendant plusieurs jours : intrusion de l’ex, menace et assassinat, pendant ce temps : « Que voulez-vous, crime passionnel, c’est un garçon très amoureux »).

      Ça ne dédouane pas les flics du fait qu’ils l’ont accueillie comme une merde, l’assument (« elle nous a fait chier ») et ont manqué de l’orienter proprement : ils ont appelé les pompiers qui ont mieux fait le job mais auraient peut-être dû le faire plus tôt et lui signifier mieux qu’ils s’occupaient de son cas d’une autre manière qu’en prenant sa plainte. Ça ne dédouane pas non plus Le Monde de son titre minable : bouh bouh, j’aimerais recevoir de l’empathie. C’est pas de l’empathie, c’est de l’accueil. Les flics en France se flattent de ne pas être des travailleurs sociaux et c’est un problème en soi : ils sont au service du public, accueillent des personnes en détresse et devraient être mieux formés à cette dimension dévalorisée de leur travail parce que féminine. Ça donne envie de s’acheter un calendrier des pompiers, ce énième récit de l’incurie des flics et de leur machisme de merde.

      Et clairement, d’après leurs critères de merde, ils sont en faute : ils ont laissé repartir un gars qui juste après a été collé au trou tellement il a de casseroles. Comment ont-ils fait pour prendre l’identité d’un type, découvrir sur leur petit ordi qu’il était sous le coup d’une décision de justice, constater qu’il foutait un gros désordre (même à ne pas comprendre exactement de quel désordre il s’agissait) et juger que tout allait bien, au revoir monsieur, vous avez l’air moins dangereux que madame ? Mystère...

    • Le titre du e-monde est bien merdique effectivement. Leurs trolls de commentaires se moquent d’ailleurs de ces victimes qui veulent de l’empathie. Un des « arguments » avancé par ces trolls est aussi que les condé ont rendu service à la victime en refusant sa plainte car elle avait bu de l’alcool et ceci rendrait toute plainte irrecevable.

    • 500 femmes racontent leur accueil en gendarmerie ou commissariat
      https://legroupef.fr/payetaplainte-500-femmes-racontent-leur-accueil-en-gendarmerie-ou-commissa

      Refus de prendre une plainte et culpabilisation de la victime. Dans neuf cas sur dix, les témoignages de faits plus ou moins récents (70% datent de moins de cinq ans) font état d’une mauvaise prise en charge, « le fait le plus fréquent étant le refus de prendre une plainte ou le découragement de la victime à porter plainte ». Viennent ensuite « la remise en question de l’importance des faits » et « la culpabilisation des victimes », selon l’enquête.

    • C’est un sujet grave mais Le Monde a bien nourri son incompréhension, on va pouvoir continuer à s’en taper. Les trolls ont bien répondu à la perche du quotidien de référence, grrr !

      Sur Twitter j’avais vu la photo d’une affiche contre les violences (message dont on sait qu’ils sont merdiques parce qu’ils flattent les coupables) dans un commissariat, avec en-dessous un rappel très très neutre, hein, de la loi sur les fausses dénonciations. Sur un sujet pareil, alors que les violences ne sont pas assez dénoncées et pas assez punies au regard du mal qu’elles font (mais que sur les femmes et les enfants), c’est criminel. Criminel aussi de parler de « délation » comme l’a fait Macron.

      N’empêche, je ne monterais pas cette affaire-ci en épingle...

    • #aude_v le titre et le fait que ct le monde m’avaient éloignée de l’importance du truc. C’est infect de titrer « manque d’empathie », on ne demande pas à la police d’être sympathique, on lui demande de faire son boulot et d’enregistrer le dépôt de plainte.

      Pour une histoire de logement insalubre contre un privé richissime (80 immeubles dans Clichy, on va pas défendre les locataires dans ce cas), qui durait depuis des années, mon dépot de plainte a été refusée au commissariat. Ils m’ont dit de me rendre au tribunal d’instance, arrivée là-bas le tribunal d’instance m’a dit d’aller au commissariat … Au final j’ai abandonné, et c’est bien ce qu’ils veulent, qu’on les laisse bosser pour des choses simples.
      Les vols de portable ont une meilleure prise en charge, au moins c’est sans émotion à gérer, ainsi les assurances sont contentes et les papiers bien remplis.


  • Invisible Institute Relaunches the Citizens Police Data Project
    https://theintercept.com/2018/08/16/invisible-institute-chicago-police-data

    The long effort by the Invisible Institute to gain access to internal police files is an important chapter in the struggle for civil rights in Chicago. Today the Invisible Institute, in collaboration with The Intercept, releases the Citizens Police Data Project 2.0, a public database containing the disciplinary histories of Chicago police officers. The scale of CPDP is without parallel : It includes more than 240,000 allegations of misconduct involving more than 22,000 Chicago police (...)

    #police #surveillance #discrimination


  • Les caméras corporelles de la police ouvertes aux pirates
    https://www.zdnet.fr/actualites/les-cameras-corporelles-de-la-police-ouvertes-aux-pirates-39872403.htm#xtor=RS

    Sécurité : Il est possible que des enregistrements cruciaux puissent être modifiés ou supprimés en raison de vulnérabilités dans le logiciel des caméras corporelles équipant les policiers. L’utilisation de caméras corporelles par les forces de l’ordre est un sujet controversé. Bien que de telles technologies puissent aider à protéger les policiers en dissuadant les comportements physiques inappropriés et en donnant aux citoyens qui ont été injustement accusés de crimes des moyens de preuve, la question de (...)

    #camera #police #surveillance #vidéo-surveillance #hacking


  • La typographie du mal _ Stéphane Baillargeon - 16 Aout 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/534580/la-typo-gothique-n-a-pas-reussi-sa-redemption-apres-1945

    Les polices de caractères ont souvent une histoire étonnante dans laquelle s’entremêlent enjeux graphiques, économiques et sociopolitiques. Dernier texte d’une série estivale consacrée au sujet.

    Le traitement de texte Word, de très, très loin le plus populaire du monde, propose des dizaines de polices de caractères — le Brunel Poster, le Tahoma, le Verdana et l’Optima —, mais pas le gothique, qui ne fait pas partie du lot de base. Normal. Qui en voudrait ? Qui s’en servirait ? Ce que les Anglais appellent la « black letter » et les Allemands, l’écriture brisée ou fracturée (Gebrochene Schrift ou Frakturschrift) a pratiquement disparu de l’usage courant.

    La typo caractéristique, avec ses arcs rompus, ne survit que dans les logos d’anciennes compagnies (Seagram) et de très vieux journaux (The New York Times), sur les pochettes de disque de groupes de musique métal et les écussons de clubs de méchants motards.

    C’est un peu beaucoup la faute aux nazis. Le gothique est sorti exsangue de la Seconde Guerre mondiale, mais pas exactement pour les raisons que l’on pourrait croire. Les virages abrupts ne manquent pas avec cette manière d’écrire…

    Antiqua-Fraktur
    En Allemagne, les caractères de l’écriture fracturée (la Fraktur en allemand) ont été en concurrence avec l’écriture dite latine ou antique (l’Antiqua) bien avant 1933. L’opposition reposait sur des fondements politico-idéologiques multicentenaires.

    Sur son passionnant site http://j.poitou.free.fr/pro/html/ltn/gothique-a.html consacré aux langages, aux écritures et aux typographies, le professeur d’études germaniques Jacques Poitou rappelle que Luther exigeait les lettres gothiques pour sa traduction en allemand de la bible, laissant les formes latines aux textes en latin. Gutenberg a donc imprimé en Textura http://www.gutenbergdigital.de/bibel.html# (une variante gothique du XIVe siècle) ses premiers exemplaires du Livre.

    Au contraire, les frères Grimm, pourtant folkloristes à souhait, n’avaient que de mauvais mots pour cette typographie dite nationale. Ils la trouvaient « informe et laide », « dégénérée et sans goût ».

    Les Allemands parlent de la Schriftenstreit ou de l’Antiqua-Fraktur-Streit. Cette querelle (Streit) s’est amplifiée après l’unification de l’Allemagne à la fin du XIXe siècle.

    Pour les nationalistes, l’Antiqua « vide et creuse » symbolisait tout ce qui était étranger. La « profondeur » de la Fraktur devenait une spécificité nationale. Otto von Bismarck aurait refusé un livre qui n’était pas publié en gothique.

    Au contraire, une société pour l’ancienne écriture (Verein für Altschrift) a tenté à partir de 1885 de favoriser dans l’empire allemand l’expansion de l’écriture latine dominante dans le monde depuis la Renaissance. L’ancienne manière était à l’évidence la plus moderne. Le Reichtag a voté contre cette proposition en 1911.

    Une révolution culturelle
    Les nazis ont plongé dans la controverse politicotypographique. Dans un essai récent intitulé La révolution culturelle nazie (Gallimard), l’historien Johann Chapoutot expose la cohérence intellectuelle et rationnelle du projet hitlérien. Cette révolution conservatrice préconise un retour aux origines en s’appuyant sur les notions de la race, du sang et de la terre.

    Dans cette conception du monde, la communauté prime l’individu et la lutte pour la préservation du peuple germanique se fait en préservant les traits intrinsèques fantasmés tout en combattant à mort les supposées menaces extérieures biologiques, intellectuelles ou culturelles. Tous les éléments de la vie passent au tamis sombre, de l’histoire à la géographie, de l’art à l’éthique. Le professeur Chapoutot cite le juriste nazi Hans Frank qui modifie l’impératif catégorique universel de Kant avec cette formule : « Agis de telle sorte que le Führer, s’il prenait connaissance de ton acte, l’approuverait. »

    L’écriture est donc aussi enrôlée dans la révolution culturelle. Le gothique est célébré comme distinction graphique du peuple aryen. Les SS en pincent aussi pour l’alphabet runique. L’État militaire et totalitaire a trouvé sa police. Un décret de 1934 interdit aux éditeurs juifs d’utiliser la Fraktur. Le nombre d’ouvrages en allemand imprimés dans cette fonte passe de 5 % avant 1933 à près de 50 % en 1935. Mein Kampf, livre programmatique du Führer, est publié avec les caractères fracturés.

    Cette position change radicalement après le début de la Seconde Guerre mondiale. Les nazis se rendent à l’évidence que le reste de l’Europe utilise l’Antiqua. La propagande doit donc délaisser la Fraktur pour rejoindre les peuples conquis, habitués aux styles latins depuis des siècles.

    Dès mars 1940, Berlin décide que les publications préparées pour le Reich doivent se faire dans l’antique manière. Le 3 janvier 1941, la chancellerie publie un décret décrivant le gothique comme une « écriture juive », une de ses versions datant du Moyen Âge, la Schwabacher.

    Le 10 janvier, un communiqué de presse explique ainsi la décision : « Un peuple qui a l’ambition d’être une puissance mondiale doit avoir une écriture qui permette à tous les peuples d’étudier la langue allemande, sans qu’une prétendue écriture nationale les en empêche. »

    Folklorique
    Le pouvoir interdit aussi aux écoles d’enseigner la Sütterlin, une forme cursive dérivée de la Fraktur. Cette calligraphie inventée en Prusse en 1915 est remplacée par la Normalschrift, en fait la cursive latine qu’apprennent encore les écoliers allemands, comme tous les Européens.

    Dans les faits, le virage idéologico-typographique n’empêche pas le gothique de continuer une partie de sa vie enténébrée dans le IIIe Reich, bien qu’à moindre échelle. Der Stürmer, torchon antisémite de Julius Streicher, condamné du procès de Nuremberg, est publié avec les fontes cassantes jusqu’à son dernier exemplaire en 1945. D’autres journaux, comme le Berliner Morgenpost, mélangent les deux caractères : les titres en Fraktur et les sous-titres en Antiqua.

    L’Allemagne conquise va poursuivre un temps dans cette situation de « double écriture ». Dans les zones occupées, les consignes alliées s’affichent en style latin tandis que le nom des rues demeure en gothique. À la longue, la Fraktur a toutefois pris un sens folklorique, par exemple en publicité pour exprimer une idée de tradition. Une seule lettre a réussi son transfert d’une manière à l’autre, le eszett (ß), équivalent d’un double S.

    Pour le reste, la vieille police quasi millénaire ne s’est pas remise de l’association ambiguë avec le régime totalitaire. Dans l’imaginaire occidental, le gothique est en partie devenu la typographie du mal…

    _ D’une écriture à l’autre
    Le théologien Alcuin (mort en 804) encouragea la copie de nombreux manuscrits en utilisant une nouvelle écriture cursive ronde et régulière, la minuscule Caroline (nommée en l’honneur de l’empereur Charlemagne), qui s’imposa vite dans toute l’Europe. L’écriture gothique et ses tracés anguleux entrent en concurrence à partir du tournant de l’an 1000. Elle imite, ou en tout cas rappelle, l’arc brisé en architecture et devient l’écriture moyenâgeuse par excellence. Plusieurs manières gothiques se succèdent : primitive (jusqu’au XIIIe siècle) ; textura (XIIIe et XIVe siècles) ; rotunda (XIVe et XVe) ; bâtarde ou Schwabacher (XVe siècle) ; puis Fraktur (XVIe), qui va finir par désigner tous les gothiques allemands par opposition aux écritures latines (ou Antiqua). En langue allemande, tous ces styles sont des écritures brisées (Gebrochen Schriften), tandis que seule la textura est désignée comme « Gothische Schrift ».

    #Imprimerie #Police de #Caractère #Gothique #Histoire #livre #médias #littérature #art #typographique #typographie #mise_en_page #Lay_out #Allemagne


  • Le #Brésil devient l’un des 10 pays les plus violents au monde - Amériques - RFI
    http://www.rfi.fr/ameriques/20180812-bresil-criminalite-hausse-violence-feminicides-presidentielle-bolsonaro

    Au Brésil, une femme a été blessée au visage par une balle perdue, dans un hôpital, atteinte lors d’affrontements entre bandes rivales dans l’une des banlieues de Rio de Janeiro les plus touchées par la criminalité. Un fait divers qui illustre à quelques mois de la présidentielle la #violence croissante à laquelle les Brésiliens sont de plus en plus exposés : près de 64 000 #homicides ont été recensés en 2017, soit plus de sept par heure.

    #féminicides #drogue #police



  • Calais : des associations dénoncent « une volonté d’intimidation des bénévoles » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/08/calais-des-associations-denoncent-une-volonte-d-intimidation-des-benevole

    Dans un rapport publié mercredi matin, quatre associations d’aide aux migrants présentes sur le terrain font état d’une surveillance constante de leurs membres par la police.

    Surveillance constante, violences physiques et verbales, tracas administratifs et contraventions multiples : ce matin, quatre associations d’aide aux migrants viennent de rendre public un rapport qui détaille le harcèlement policier dont elles se disent victimes à #Calais. L’Auberge des migrants, Utopia 56, Help Refugees et Refugee Infobus, présentes sur le terrain tous les jours, ont décidé de documenter cette pression, qui, si elle ne date pas d’aujourd’hui, s’est visiblement accentuée. « Ces mesures reflètent une volonté d’intimidation des bénévoles agissant dans le nord de la France », affirment-elles. Les éléments rapportés s’échelonnent entre le 1er novembre 2017 et le 1er juillet 2018.

    Contraventions et palpations

    On connaissait la pratique des contraventions, fréquentes quand on se gare près d’un campement de migrants à Calais. Motif le plus courant : « Stationnement très gênant. » Les camionnettes ou les voitures personnelles peuvent avoir deux roues à cheval sur un trottoir, reconnaissent les associations, mais ce sont des coins plutôt isolées, terrains vagues ou zone industrielle. « Il est également arrivé que le même véhicule reçoive deux amendes pour stationnement très gênant à quatre minutes d’intervalle », pointe le rapport, en reproduisant les contraventions. En tout, l’Auberge des migrants a payé à l’Etat 2 719 euros pour 22 amendes, en huit mois. S’y ajoutent une surveillance constante lors des distributions de nourriture et les contrôles policiers, en augmentation : 205 depuis le 1er novembre, mais 66 rien qu’au mois de mai. Les associations ont sorti une statistique, marque pour elles d’une pratique discriminatoire : les palpations de sécurité ont concerné quatorze femmes et deux hommes. Pourtant, les femmes ne sont pas beaucoup plus contrôlées que les bénévoles masculins.

    La pression sur les bénévoles peut aussi passer par des convocations au poste de police : c’est ce qu’ont vécu deux membres de l’Auberge des Migrants. Ils distribuaient des tentes et des sacs de couchage après une expulsion d’un campement, et ont dû comparaître pour une audition libre, pour « avoir été les instigateurs d’une installation sur une propriété privée », explique le rapport. Rien n’a été finalement retenu contre eux.

    Aucune condamnation

    Plus grave, les militants associatifs sont régulièrement molestés, affirment-ils, lorsqu’ils sont témoins d’une expulsion d’un campement de migrants. Le rapport recense 37 cas. Les CRS prennent souvent mal toute tentative de les filmer. Charlotte Head, bénévole anglaise à Help Refugees en témoigne : son téléphone lui a été arraché et jeté à terre. Elle va le récupérer, le #CRS lui dit de « se casser ». Elle poursuit : « Un autre policier, placé dans mon dos, m’a attrapée au niveau de la gorge avec son bras et m’a violemment jetée à terre. »

    La préfecture du Pas-de-Calais parle d’« accusations qui ne sont pas nouvelles », et rappelle : « Force est de constater que les rares plaintes déposées ou les signalements auprès de l’IGPN n’ont conduit jusqu’à présent à aucune condamnation. »
    Stéphanie Maurice correspondante à Lille

    #migrants #police #harcèlement_policier #IGPN #bénévoles


  • Pays Basque : une soixantaine de migrants bloqués à #Irun

    En provenance d’Afrique de l’Ouest, ces migrants sont refoulés par la #police française à #Hendaye. Les services sociaux sont débordés. Les associations viennent à la rescousse.

    De plus en plus de migrants se retrouvent bloqués à Irun et #Saint-Sébastien. Depuis deux mois, la Croix rouge espagnole a fait venir au Pays Basque Sud 2.000 des migrants ayant accosté en Andalousie. Des migrants refoulés à la frontière par la police française. Résultat : dans la province du #Gipuzkoa, services d’accueil sont débordés.

    Irun n’est pas devenu un nouveau Vintimille, mais les scènes sont inhabituelles. Depuis quinze jours, ils sont désormais une soixantaine de migrants à errer dans les rues d’Irun. Des jeunes hommes en provenance d’Afrique de l’Ouest en majorité (Cameroun, Guinée-Konakry, Burkina Faso, Côte d’Ivoire...). Certains dorment dans la rue, à la gare de la RENFE ou au Ficoba, près de la frontière.

    La municipalité a bien ouvert un centre d’hébergement de 28 places, habituellement destiné aux personnes souffrant du froid l’hiver. Il est plein. Ce sont les associations qui ont lancé l’alerte ces dernières semaines.

    Contrôles renforcés à la frontière

    Pour Jon de l’association SOS Racisme à Irun la situation est provoqué par un renforcement récent des contrôles de la police. La préfecture des Pyrénées Atlantiques dément toute chasse aux sans-papiers, les contrôles étant les mêmes depuis les attentats de 2015. En revanche.... l’Etat suit de près un possible transfert des flux migratoires, de l’Italie désormais plus fermée vers l’Espagne.


    https://www.francebleu.fr/infos/international/pays-basque-une-soixantaine-de-migrants-bloques-a-irun-1533712255

    #refoulement #France #push-back #Espagne #frontières #migrations #asile #réfugiés

    • Francia usa una medida antiterrorista para devolver migrantes a España

      Una parte de las devoluciones se hace de forma oficial, pero otra sin avisar a las autoridades españolas y en menos de 20 minutos.

      La gendarmería francesa está intensificando este verano sus controles en los pasos fronterizos con el País Vasco y el aumento de la presencia de patrullas ha cuadruplicado desde principios de año las cifras de migrantes, sobre todo subsaharianos, devueltos en tiempo récord a territorio español. Una parte de las devoluciones se hace de forma oficial y amparadas legalmente, al menos en el papel, en un acuerdo bilateral de readmisión, pero otra de manera extraoficial, en ocasiones en menos de 20 minutos y sin siquiera avisar a las autoridades españolas.

      La fórmula francesa, justificada en el restablecimiento de los controles fronterizos vigente desde finales de 2015 tras el atentado en el teatro Bataclán, resulta un quebradero de cabeza a este lado de la frontera. La policía no tiene control de las expulsiones y las instituciones que amparan a los migrantes están desbordadas. Por cada persona devuelta con garantías hay más de diez rechazadas sin ellas. Ya son 3.200 subsaharianos que se han quedado atrapadosen Euskadi en su viaje hacia Europa y que han tenido que ser atendidos por entidades humanitarias, según el Gobierno vasco. Las readmisiones oficiales contempladas en un acuerdo entre Francia y España, de 2002, han sido apenas 411 desde enero. Del resto no hay registro oficial. “Es completamente ilegal, además de un abuso. Ya existe un protocolo para readmitirles más o menos garantista, pero este procedimiento incumple todas garantías”, critica un agente de la Brigada de Extranjería. Al Ministerio del Interior le consta el problema y la Comisaría General de Extranjería ya busca una solución con sus homólogos franceses, según una portavoz.

      Los datos de devoluciones de años anteriores han puesto de manifiesto la deportación de potenciales refugiados que intentan llegar a países como Alemania o Reino Unido a través de la frontera sur. En 2014 y 2015, por ejemplo, España aceptó 407 sirios expulsados por Francia. “Uno de los fundamentos para una buena defensa es saber en qué procedimiento se encuentra la persona. Si no hay procedimiento no hay garantías. A los que llevan a la comisaría al menos se les da asistencia, a los otros los dejan en la calle”, denuncia el profesor de la Universidad del País Vasco, Iker Barbero.

      La policía francesa se ampara en el restablecimiento de los controles fronterizos, vigente desde finales de 2015, para devolver a España a los migrantes, sin pasar por las autoridades españolas, a migrantes interceptados en los puntos de paso entre ambos países. Tras los atentados de noviembre de aquel año, el Francia recurrió al artículo 2.2 del Convenio de Schengen, que permite estos controles entre las fronteras entre Estados de la Unión Europea, “cuando el orden público o la seguridad nacional lo exigen”. Desde entonces ha prolongado varias veces esta medida, en principio, extraordinaria, que deja en suspenso labata apertura de las fronteras interiores de la UE y la libre circulación de personas.

      A efectos prácticos, la policía francesa de fronteras puede verificar si la persona que entra en Francia dispone de los documentos válidos. Si a esta persona le falta algún documento, los agentes pueden impedirle la entrada en Francia. Las autoridades francesas no lo consideran una expulsión ni una devolución, sino una «no-admisión». Una fuente francesa que pidió el anonimato explicó que a estas personas se les suele entregar un papel con los motivos de la «no-admisión», pero no es necesario avisar a las autoridades españolas. Según denuncian, no solo las asociaciones humanitarias españolas, sino también alguna francesa como La Cimade, los gendarmes no discriminan entre adultos y menores, vayan o no acompañados.

      Cuatro horas

      Otra cosa ocurre cuando la persona que entra en Francia ya ha pisado territorio francés. Entonces, según la citada fuente, sí se aplica el acuerdo entre Francia y España. Este acuerdo estipula los procedimientos por los que un migrante de un tercer país puede ser devuelto al país vecino en el plazo de cuatro horas tras su entrada, y obliga a rellenar unos formularios y a avisar a las autoridades vecinas.

      Varias ONG llevan años denunciando la prolongación de los controles fronterizos dentro de la UE. También señalan que la medida se usa para un fin distinto al que estaba previsto. “Mientras que el motivo invocado para poner en práctica este arsenal de controles en las fronteras es la lucha antiterrorista, está claro que el objetivo primero es limitar drásticamente la libertad de circulación de las personas migrantes dentro de la UE y en particular las que vienen de Italia, Grecia y España”, se quejaron en noviembre de 2017 tres asociaciones francesas de apoyo al migrante. La nota criticaba que los controles eran discriminatorios, basados en el color de la piel y el aspecto físico. Las tres asociaciones presentaron una demanda ante el Consejo de Estado francés, que validó el sistema actual.


      https://elpais.com/politica/2018/08/31/actualidad/1535739245_344129.html

      #terrorisme #anti-terrorisme



  • Agression raciste à Beaune : quand l’Etat transforme les victimes en voyous
    https://www.revolutionpermanente.fr/Agression-raciste-a-Beaune-quand-l-Etat-transforme-les-victimes

    La semaine dernière, à Beaune, un groupe de jeunes de quartier s’est fait tiré dessus. Des coups de feu accompagnés d’insultes racistes « sales bougnoules, rentrez chez vous ! ». Dix jours après cette agression d’une extrême violence, le silence et l’indifférence générale sont toujours de mise et le traitement judiciaire et médiatique est marqué par l’invisibilisation du caractère raciste de l’agression et la stigmatisation des victimes, qui tendent à en être tenues pour responsables. Source : Révolution permanente


  • Polizei-Übergriffe nehmen zu, Opfer sind vor allem IT-Projekte | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Polizei-Uebergriffe-nehmen-zu-Opfer-sind-vor-allem-IT-Projekte-4119397.html

    En Allemagne tu as intérêt à te tenir tranquille si tu es un militant politique de gauche qui soutient des projets par internet. On assiste à une série de rafles chez des associations de défense des droits civiques sous prétexte d’avoir aidé des activités illégales. Il suffit de soutenir l’association Riseup qui propose des adresses mail anonymes et tu es fait. Les adresses mail @riseup étant utilisées par de nombreux militants qui veulent rendre publiques leurs activités sans dévoiler leur identité, le soutien pour leur prestataire mail suffit à la police pour envahir et détruire les locaux des défenseurs des droits civiques.

    L’intérêt de ces descentes qui n’ont qu’un trè faibles prétexte juridique et aucune justification concrète est sans doute la tentative de mettre la main sur des listes de personnes et d’associations par la police. L’ananlyse de ces données permet de comprendre les réseaux de militants susceptibles d’enfreindre
    les activités de répression dans l’avenir. Protégez vos donnés.

    Einbrüche waren in den letzten Jahren bundesweit ein großes Thema. Nun werden die Erfolge bei der Bekämpfung aber von Chaoten in den eigenen Reihen bei Hausdurchsuchungen konterkariert

    Moritz Bartl führt durchs Openlab in Augsburg, gewissermaßen Bayerns aktuell heißeste Bombenwerkstatt. Die Metallregale, die sich eine lange Wand entlang ziehen, nennt er „unser Lager-Regal“. Da haben verschiedene Mitglieder alle möglichen Kisten. Mit Hardware, USB, Festplatten, LAN-Kabel, undsoweiter, was sich so in einem Hackerspace ansammelt." Das Openlab ist ein großer Raum mit einigen Tischen, diversen Apparturen, einer Sofa-Ecke mit einer Regalwand voller Bücher sowie einer Küchenzeile. Hier hatte Bartl am 20. Juni ein hässliches Erlebnis mit der Polizei.

    „Ich hab’ meine Kiste rausgenommen und versucht, möglichst schnell mit den Beamten wieder rauszugehen“, erzählt der Mittdreißiger. „Im Rausgehen ist aber einem der Beamten aufgefallen, dass auf dem Whiteboard hier eine chemische Formel stand.“ So nahm die Polizeimaßnahme gegen Bartl eine neue Wendung. Um sechs Uhr in der Früh hatte die Polizei bei ihm geklingelt und einen Durchsuchungsbefehl präsentiert, weil der Informatiker Vorstandsmitglied des bundesweiten Vereins Zwiebelfreunde ist.

    Wegen der chemischen Formel und einiger Chemikalien, die in dem Bastelverein herumstanden, verbrachte der Hacker und Aktivist den Großteil des Tages im Polizeigewahrsam. Im Openlab brach die Polizei die Schränke auf, ohne nach einem Schlüssel zu fragen, erzählt er. Eine Liste der beschlagnahmten Gegenstände fehle bis heute.

    Das ursprüngliche Verfahren richtet sich gegen die Internetseite „Augsburg für Krawalltouristen“ die zu gewalttätigen Protesten gegen den AfD-Bundesparteitag aufrief, der zehn Tage nach der Razzia stattfand. In Sachen Openlab ermittelt die Polizei in diesem Zusammenhang immer noch wegen des Herbeiführens einer Sprengstoffexplosion. Doch schon der Ursprung der bundesweiten Razzia war seltsam, denn der Verein Zwiebelfreunde hat mit dem Gewaltaufruf nichts zu tun.

    „Wir als Verein Zwiebelfreunde verwalten Projektgelder aus verschiedenen Quellen und für verschiedene Projekte aus dem Bereich Anonymität im Internet“, erklärt Bartl. „Das bekannteste ist das Tor-Projekt.“ Für das in den USA beheimatete Kollektiv Riseup führt der Verein das offizielle europäische Spendenkonto und wickelt ein paar Zahlungen ab. Riseup bietet kostenlose E-Mail-Postfächer an, ohne Daten zu erheben. Und eine Riseup-E-Mail-Adresse stand als Kontakt in dem Internetauftritt, gegen den sich das Verfahren richtet. Deshalb der Schlag gegen die Zwiebelfreunde.

    Verantwortlich ist die Generalstaatsanwaltschaft München, denn bei ihr ist die Bayerische Zentralstelle zur Bekämpfung von Extremismus und Terrorismus angesiedelt. Die Auszüge des Spendenkontos hat sie sich von der Bank geholt. In dem Durchsuchungsbeschluss des Amtsgerichts München gegen Moritz Bartl geht es darüber hinaus um „Nutzerdaten von Personen, die Riseup in Anspruch nehmen“. Damit haben die Zwiebelfreunde aber offensichtlich nichts zu tun. Doch das ist nicht alles. „Die haben alle unsere Unterlagen beschlagnahmt“, hält Bartl fest. „Mitgliederlisten, Konten, die für andere Projekte genutzt werden, Quittungen, undsoweiter. Wir haben momentan gar nichts.“

    Der Durchsuchungsbeschluss hält aber klar fest, dass nur Gegenstände mit Bezug auf das laufende Jahr mitgenommen werden sollen. Deshalb bezeichnet der Anwalt der Zwiebelfreunde die Beschlagnahmungen in einem Fax an die Staatsanwaltschaft vom 3. Juli als offensichtlich grob rechtswidrig. Die Behörde teilte dennoch auf Anfrage mit, Zitat: Es gibt keine Anhaltspunkte für rechtswidriges Verhalten der Polizei bei den Durchsuchungen. Dem Anwalt antwortete sie am 7. Juli, die Beschlagnahme der Gegenstände sei von den Durchsuchungsbeschlüssen gedeckt. Sie habe aber immerhin einen Stopp der Auswertung angeordnet, bis ein Gericht darüber entschieden hat.

    Es geht nicht zuletzt auch um Daten von Menschen, die an Anonymisierungssoftwares wie Tails arbeiten und das über die Zwiebelfreunde abrechnen, erklärt Bartl. „Und diese ganzen Quittungen waren in einem feuerfesten Safe, den die Polizei geöffnet hätte, wenn wir sie nicht rausgerückt hätten. Das sind natürlich hochsensible Aktivistendaten. Das betrifft Leute aus verschiedenen Ländern: aus den USA, aus Spanien, aus Italien, aus Deutschland, die jetzt sozusagen davon ausgehen müssen, dass ihre Identität polizeibekannt ist.“

    Bartl, der auch Vorstandsmitglied der Stiftung Erneuerbare Freiheit ist, kann sich vorstellen, dass es von vornherein um diese Daten ging.

    Eine ähnlich seltsame Polizeiaktion gab es am 4. Juli in Dortmund. Dort ging es um einen Server des kleinen Anbieters Free, der im Projekthaus „Langer August“ im Büro des „Wissenschaftsladen Dortmund“ steht.

    Laut dem Wissenschaftsladen Dortmund, gegen den sich die Durchsuchung richtete, brach die mit Maschinenpistolen bewaffnete Polizei mit Hilfe der Feuerwehr fünf Türen auf, von denen nur drei zum Wissenschaftsladen gehören, und nahm statt eines Servers vier mit. Menschen in anderen, eigentlich nicht betroffenen Büros seien festgehalten worden, ohne nach außen kommunizieren zu dürfen. Zudem sei die zuständige Anwältin zunächst nicht ins Gebäude gelassen worden.
    „Strukturelle Repression“

    Gehörte der Server der Telekom oder stünde er in einem normalen Geschäftshaus, würde so etwas nicht passieren, sagt Constanze Kurz, Sprecherin des Chaos Computer Club (CCC). „Aus meiner Sicht wird das nur bei solchen Initiativen so hart durchgezogen, weswegen es eine Form von Repression ist.“ Das sei umso auffälliger, als bei einem Server Daten verloren gehen könnten, wenn er ohne Kooperation der Betreibenden ausgeschaltet wird. Nach so einer Kooperation habe die Polizei aber gar nicht gefragt.

    Das Dortmunder CCC-Büro war ebenfalls von der Polizeimaßnahme betroffen. Kurz sieht eine lange Tradition solcher Repressionsmaßnahmen gegen politische Projekte: „In Berlin wurden jahrelang linke Wissenschaftler ausspioniert. Wir leben in einem Land, wo jemand wie Rolf Gössner 30 und mehr Jahre lang vom Verfassungsschutz belästigt wurden und ewig durch die Instanzen klagen mussten, um sich diese Spionagebehörde vom Hals zu halten. Ich glaube schon, dass es eine Form von struktureller Repression gibt, die man thematisieren muss.“

    Obwohl die Vorstandsmitglieder der Zwiebelfreunde nur als Zeugen durchsucht wurden, wurden ihnen alle privaten Computer abgenommen (teilweise aber mittlerweile zurückgegeben). Diese Einschränkungen der privaten und geschäftlichen Computernutzung sowie der Schrecken für eine Familie, am frühen Morgen die Polizei in allen Räumen zu haben, wirken sich abschreckend aus.

    „Nach wie vor sind viele Leute noch sehr paranoid drauf, kann man fast sagen“, erklärt Moritz Bartl die Stimmung im Openlab. „Wir haben ja eigentlich viele Besucher, die werden jetzt aber alle sehr viel kritischer beäugt als vorher. Wir sind schon alle ziemlich angespannt. Das ist eine schreckliche Situation, wenn man eigentlich einfach nur kulturelle Bildungsarbeit macht.“

    Kurz und Bartl berichten beide, dass sich viele politisch aktive Menschen nun Gedanken über ihre Rechte machen, ihre Daten besser verschlüsseln und sich Telefonnummern von Anwältinnen und Anwälten zurechtlegen. Einige zeigen sich demnach eingeschüchtert und fahren ihr Engagement zurück, um ihre Familien und ihre berufliche Tätigkeit zu schützen. Viele andere lassen sich aber nicht abschrecken.

    Am 19. Juli gab es übrigens in Greifswald schon die nächste seltsam begründete Durchsuchung eines politischen Projektes, bei der die Polizei obendrauf offensichtlich die Befugnisse des Durchsuchungsbeschluss grob missachtete. (Ralf Hutter)

    #Allemagne #police #répression #activisme


  • Pourquoi les corps masculins sont-ils invisibles ?
    https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/08/05/pourquoi-les-corps-masculins-sont-ils-invisibles_5339508_4497916.html

    L’été, les corps nus des hommes sont partout, mais personne ne les voit. A contrario, celui des femmes est toujours objet de commentaires même sous douze couches de vêtements, remarque Maïa Mazaurette, qui invite les hommes à réfléchir à leur propre érotisation.

    Dois-je y voir le début de ma réconciliation avec Maïa Mazaurette ?

    #MaïaMazaurette #érotisme #homme #séxualité

    • Arrêtes-moi si je dis une bêtise mais les propos de Maïa (avec qui je suis pourtant rarement en accord) vont le même sens que cet article, non ?

      Elle parle deux fois de je suis cute :

      le sexisme ne prend pas de vacances, et profite du hashtag #jesuiscute pour se poser en terrasse

      puis

      il y a de la place aux côtés des défenseuses de #jesuiscute

      Je lis dans tout ça que Maïa ne supporte pas le mouvement #jesuiscute mais qu’elle verrait d’un bon oeil que les hommes s’en servent pour faire bouger les lignes qui les touchent eux.

    • @bmyard tu ne dis pas de bêtise, j’ai lu « jesuiscute n’est pas libérateur... » sur tumblr et je pensais le transmettre sur Seenthis. Voilà, tu m’en a donné l’occasion en répondant à ton billet. Je ne lis pas les articles de Maïa Mazaurette, ni ceux du Monde sauf ici, parfois et au travers de la dyslexie créative propulsé par @philippe_de_jonckheere

    • C’est intéressant. Je crois que c’est sur Facebook que j’ai vu une photo de téton masculin pour recouvrir tous les tétons féminins indécents, si jamais on est sur un réseau social qui a un problème avec le #corps des #femmes, systématiquement sexualisé même quand la nudité a de toutes autres raisons que l’exhibition à fins érotiques.

      les hommes font implicitement le choix de se soumettre aux codes du masculin plutôt qu’au désir féminin, quitte à perdre des opportunités sentimentales et sexuelles. Faute de moyens physiques de se mettre en valeur, certains finissent par justifier le harcèlement (il n’y aurait pas d’autre moyen d’attirer l’attention des femmes).

      Car dans cet imaginaire masculin curieusement passif, les beaux ont de la chance, les moches manquent de chance. C’est la nature. Y’a rien à faire. Les moins favorisés se moquent avec amertume des mieux lotis, comme ces « incels » (célibataires involontaires) qui appellent les beaux garçons des « Chads ». La tradition féminine, au contraire, considère la génétique comme le début de la conversation. Les femmes peuvent (doivent) toujours faire quelque chose pour s’améliorer (quitte à dépenser des fortunes pour passer sur le billard).

      Cette désincarnation des hommes ne relève pas du simple problème théorique : il s’agit d’une négation quotidienne, rabâchée, harassante, du désir féminin, considéré comme « mystérieux ». Le mystère a bon dos !

      Comble du paradoxe, on a entendu pendant les hautes heures du mouvement #metoo les hommes se plaindre… de ne pas être assez érotisés : « moi, j’adorerais qu’on me harcèle » (à ceux qui ont prononcé ou pensé cette phrase : je vous garantis que non). Du coup, les paresses masculines seraient en fait la faute des femmes (aaaah). Franchement ? Non. Même si les femmes pourraient effectivement investir plus sérieusement le champ de l’érotisation des hommes (par l’art, notamment), c’est aux hommes de faire exister leur corps dans l’espace public.

      Si les femmes pouvaient...

    • Je trouve plutot bien ce qu’ecrit Maïa Mazaurette en générale. Je comprend pas trop ce que vous lui reprocher @vanderling et @bmyard
      Le fait qu’elle écrive dans l’e-monde.fr (et avant GQ) lui permet d’etre lu par beaucoup d’hommes et je la trouve plutot courageuse. C’est quoi que vous lui reprocher exactement ?

      Sinon pour le tag jesuiscute que je connaissait pas j’avoue que le lien que tu as mis @vanderling me file un peu mal au ventre.

      Exposer son corps sexualisé n’encouragera pas les hommes à nous respecter, et ne nous apportera qu’un sentiment de liberté illusoire et périssable.

      On se croirait à la messe. Ah ces femmes qui montrent leur corps et veulent le respect des hommes !!!

      Je préféré Maïa qui dit aux hommes de se mettre une plume dans le cul pour avoir l’air moins couillons, que Cécilia L qui dit aux femmes de cacher leurs nichons pour avoir le respect des hommes.

    • Je ne reproche rien à Maïa Mazaurette @mad_meg Je ne lis pas ses chroniques dans Le Monde, GQ où ailleurs...
      Peut-être que @bmyard te donnera l’explication de sa réconciliation avec elle. J’ai trouvé le lien racinerouge.fr sur le tumblr de sous-les-juppes-des-filles. Manny Koshka ironisait la semaine dernière sur la « police des mœurs Twitter »
      je ne fréquente pas Twitter non plus, j’ai suffisamment à faire avec la « police des mœurs de Tumblr »


      #twittoland #tumblr #police_des_mœurs

    • @mad_meg @aude_v Je n’ai pas de véritable reproche à faire à Maïa Mazaurette, quand je parle de réconciliation je veux surtout dire que la prochaine fois que je verrais son nom, je prendrais la peine de lire l’article.

      Depuis une paire d’années, j’ai effectivement pris l’habitude de ne pas la lire car je ne la trouve pas très bonne auteure, souvent clivante, généralement contre-productive (c’est extrêmement visible sur d’autres plateformes ou le public est moins largement acquis à la cause féministe) et que plus souvent que pas ses articles me laissent un mauvais arrière goût alors même que sans être partisan, je suis largement acquis au féminisme.

      Je précise que pour autant je ne prétend pas que ce qu’elle écrit est sans intérêt ou à côté de la plaque en revanche mon inconfort est réel et c’est donc peut-être d’autant mieux que j’ai à nouveau envie de la lire.

    • Merci pour vos réponses @vanderling et @bmyard . J’ai tendance à pensé que lorsqu’une féministe est traité de « contre-productive » par un homme c’est qu’elle est sur le bon chemin. Le féminisme, en particulier sur les questions d’hétérosexualité que traite Maïa Mazaurette, ne peu pas être confortable pour les hommes vu l’ampleur du désastre et des changements à accomplir sur ce terrain là. C’est un des pivots de l’oppression des filles et des femmes par les garçons et les hommes.

      Pour revenir au sujet de son article. Je dirait pas que les corps masculins sont invisibilisés, c’est que les corps masculins sont déséxualisés ou désérotisés. En viriarcat les femmes sont un sexe alors que les hommes ont un sexe. La sexualité des hommes est centré sur le pénis, tandis que les femmes voient leurs cheveux, nombrils, épaules, mamelles traitées comme des organes sexuelles qu’il faut caché ou dévoilé à la convenance des hommes selon les cultures. Ce truc de « convenance » est important. Les hommes n’utilisent pas leur corps pour convenir aux femmes, ils l’utilisent pour convenir aux autres hommes en conformité aux fraternités diverses et variées. Quant les hommes sont sexualisés ou érotisés c’est pour d’autres hommes dans un contexte homosexuel. Les femmes peuvent s’approprié ces images mais c’est très rarement fait pour elles (le Yaoi est peut etre une exception ainsi que les films de Claire Denis ou quelques porno millitants)

      #fraternité

    • Oh le petit cœur blessé ! J’avais pas vu ta réponse @bmyard Les oppresseurs sont si susceptibles ! Mais c’est comme ca qu’on conserve le pouvoir. Tu as l’air de très bien savoir t’y prendre.
      Le féminisme n’est pas une lutte pour le confort de ton ego de dominant. Si tu est deja mal à l’aise avec le féminisme soft de Maïa n’avance pas plus de toute façon on pas besoin de toi.
      #allié


  • Fusillade à Beaune : les autorités refusent de confirmer la piste raciste
    https://www.mediapart.fr/journal/france/310718/fusillade-beaune-les-autorites-refusent-de-confirmer-la-piste-raciste

    algré les témoignages de victimes et de témoins, les autorités se refusaient toujours, mardi, à qualifier de « racistes » les deux attaques survenues dans la nuit de dimanche à lundi contre des jeunes du quartier Saint-Jacques de Beaune (Côte-d’Or), qui ont fait sept blessés dont un grave.

    La première est survenue vers 1 h 15 du matin, lorsqu’une Clio rouge a tenté de renverser un groupe de mineurs et jeunes majeurs regroupés près du « city park » du quartier pour discuter et jouer à la console de jeux vidéo. « Ils nous ont coursés, a raconté à France 3 un des rescapés qui s’en est sorti avec quelques égratignures. Heureusement, il y a le banc qui m’a sauvé. Sans ce banc-là, je pense vraiment que c’était fini pour moi. Parce que dans la voiture, j’ai vu à leur regard qu’ils avaient une haine envers nous. Et le pire, c’était les propos, comme quoi on était des “bougnoules”, qu’on n’avait rien à faire dans ce pays et qu’ils allaient venir calibrés. »

    Vers 4 h 30, un second véhicule, une BMW noire, s’approche du même groupe de jeunes et, cette fois, les occupants sont effectivement armés, d’un fusil de chasse selon les premiers éléments de l’enquête. La voiture s’arrête et le passager tire quatre coups de feu. Sept jeunes sont cette fois blessés, dont un grièvement. Pour les victimes et leurs amis, il ne fait aucun doute que les deux attaques, racistes, sont liées. « Il ne s’agit pas d’un règlement de comptes », assure l’un deux au journal local Le Bien public. « Ce sont des racistes. Ils sont arrivés en criant “Sales Bougnoules, rentrez chez vous”. »

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