• Ariane Chemin : « Tout d’un coup, nous nous rendons compte qu’Emmanuel Macron dirige la France de manière assez opaque »
    https://www.franceculture.fr/politique/ariane-chemin-tout-d-un-coup-nous-nous-rendons-compte-qu-emmanuel-macr

    Entretien | La journaliste du Monde qui a révélé l’affaire Benalla se confie. Ariane Chemin évoque quelques coulisses de son enquête et réagit aux critiques d’Emmanuel Macron sur le travail de la presse. Un chef de l’Etat dont elle s’inquiète de « la petite équipe » pour diriger la France.

    Bon, elle se confie vite fait, hein !
    #benalla #police #journalisme #macron

    • http://www.legorafi.fr/2018/07/20/affaire-benalla-les-policiers-inquiets-que-cela-jette-le-discredit-sur-les-

      « Il faut clairement faire la différence » explique le responsable syndical. « D’un côté vous avez le #faux_policier qui frappe le manifestant et c’est mal, ce n’est pas une attitude normale, c’est une mauvaise image. De l’autre côté vous avez le vrai policier qui frappe le manifestant. Il ne faudrait pas que les erreurs de l’un ternissent l’image de l’autre ». Il ajoute aussi le trouble palpable qui s’est emparé de la profession depuis quelques heures. « J’ai des amis CRS qui se posent la question : est-ce qu’ils pourront encore frapper des manifestants en tout impunité ou cette impunité sera-t-elle le monopole des faux policiers de l’Elysée, il faudra une limite légale pour encadrer cela ».

      #legorafi


      http://tanxxx.tumblr.com/post/108463176979

    • Je notais ici aussi la légèreté des révélations sur l’enquête.
      https://seenthis.net/messages/710873

      D’abord, je n’ai pas la primeur de l’information. Je fais une enquête. C’est différent. On ne va pas m’apporter l’information toute cuite sur un plateau et je n’ai pas une primeur par rapport à d’autres.

      Elle pourrait garder un silence diplomatique sur ses sources mais non, il faut qu’elle nous assure qu’elle a enquêté pendant trois mois.

      Et alors, retournement d’opinion ? Finalement Benella c’est le bon gars (qui tape ses femmes et aime le foot, comme nous, quoi) et tout ça n’est qu’un drame de l’amitié virile ?

      (À ce sujet, je reposte cet élément sur le virilisme de l’équipe :

      Au SO, chacun son surnom : autour d’« Alex », il y a « Momo Testo » (pour « testostérone »), « Kamel Judoka » ou encore « Barbiche ». Sur une messagerie privée, Benalla résume ce que lui inspirent les consignes des policiers : ils n’ont qu’à « se faire enculer. »

      https://twitter.com/ArianeChemin/status/1020304771633303553)

    • Il aura donc fallu qu’éclate l’affaire Benalla pour que l’Elysée décide de se conformer à la loi sur la transparence de la vie publique votée après l’affaire Cahuzac. Ce texte oblige depuis 2013 « les membres des cabinets ministériels et les collaborateurs du président de la République » à transmettre une déclaration d’intérêts et de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). L’absence de dépôt de l’une de ces deux déclarations est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. La loi a beau être claire, seuls les conseillers nommés au Journal officiel se soumettaient à ces exigences. Les chargés de mission et conseillers officieux échappaient, eux, à tout contrôle.

      Ces pratiques de contournement des règles de la transparence semblent en passe d’être révolues. C’est du moins ce qu’a annoncé Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, jeudi 26 juillet, aux sénateurs de la commission des lois. Ses membres s’efforcent de comprendre comment Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, a pu se retrouver dans les manifestations du 1er-Mai, à Paris, et molester deux personnes. « J’ai demandé à ce que les services adressent, hier, un message aux intéressés afin que (…) [leur] situation puisse être régularisée », a assuré M. Kohler. « Preuve que nos travaux sont utiles à l’amélioration du fonctionnement de la présidence de la République », a relevé, avec un brin d’ironie, Philippe Bas, le président (LR) de la commission.

      A l’Elysée, ils seraient huit conseillers concernés, dont deux pour lesquels le secrétaire général dit ne pas savoir « si le principe s’applique au regard de la définition d’un collaborateur du président de la République ». On touche là le cœur du problème : la définition de collaborateur du président, et plus largement de collaborateur d’un responsable politique, n’existe pas. Pour la Haute Autorité, ce flou...

      #paywall
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/28/elysee-les-collaborateurs-officieux-vont-declarer-leur-liens-d-interet_53369


  • Scoop : Derrière l’affaire Benalla, la question des violences policières
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/07/28/derriere-l-affaire-benalla-la-question-des-violences-policieres_5337080_1653

    Afin de les appuyer dans leur mission, les gardiens de la paix ont été dotés d’armes non létales de plus en plus violentes : Flash Ball, Taser et grenade de désencerclement. Au moment d’évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en avril, dix mille grenades lacrymogènes ont été tirées en dix jours. Une utilisation massive qui pose question.

    « Ironie de l’histoire, relève Christian Mouhanna, ces armes ont été introduites aux Etats-Unis pour limiter le recours à l’arme à feu. En France, où les policiers en faisaient peu usage, cela a créé une incitation indirecte à être plus violent. »

    Après 8 jours de vidéos et scandale Benalla, #police « #armes_non_létales » #violences_policières #sociologues et #réformateurs #Jobard


  • Benalla a été confié à une nounou issue du gang des Zemour. LGS - 28 Juillet 2018 - Jacques-Marie BOURGET
    https://www.legrandsoir.info/benalla-a-ete-confie-a-une-nounou-issue-du-gang-des-zemour.html

    La boucle est fermée, Alexandre Benalla a été pris en main par l’ancien "attaché de presse" du gang des Zemour. Marc Francelet v , la nounou d’Alexandre, saura guider la langue du jeune homme et refreiner ses éventuelles impulsions. La France est sauvée.

    « Pour la première fois depuis le déclenchement de l’affaire qui porte son nom, Alexandre Benalla parle. Barbe rasée pour ne pas être importuné, l’ancien chargé de mission de l’Elysée, accusé d’avoir molesté deux manifestants en marge des manifestations du 1er Mai, a accepté de répondre longuement aux questions du Monde.

    L’entretien, que nous n’avons pas fait relire, s’est déroulé à Paris, mercredi 25 juillet, au domicile de Marc Francelet, un ancien journaliste reconverti dans les affaires, qui se présente aujourd’hui comme « communicant ». Lors de la séance photo, réalisée en fin de journée, est apparue Michèle Marchand, figure de la presse people et très proche du couple Macron. Preuve que dans la tempête, M. Benalla n’est pas un homme seul. »


    Voilà le texte exact qui introduit l’entretien donné par Alexandre Benalla au quotidien Le Monde. Pour ceux qui ne sont pas les habitués des arrières cuisines de la presse, où l’atmosphère sent le rance des petits arrangements, Marc Francelet est un élément indispensable comme l’eau dans le Ricard. Voilà près de 50 ans que « Marco » grenouille, corrompt, fait chanter, menace, embrouille et ment. Marc sait que les journalistes gagnent peu, ou pas assez. Ils ont besoin de thunes ou équivalents. Et lui est là.

    Un soir, alors journaliste à l’Express, je suis surpris en décrochant mon manteau de la patère de sentir un volume inhabituel dans ma poche intérieure. C’était une grosse liasse de billets, il y en avait pour lourd. Et j’ai compris. Francelet étant passé là quelques heures plus tôt, c’était lui le sponsor caché. Je lui téléphone :

    « C’est toi qui a mis de l’argent dans ma poche ? »

    « Oui, je sais que tu pars pour un voyage au Japon et, là-bas, il faut des sous pour acheter des gadgets. »

    Je lui retourne son fric. C’est ça Francelet, l’achat à crédit où à long terme. Ainsi il a eu de nombreux amis dans la presse. Enfin, en 1980, quelques heures après la mort de mon père, ayant un peu plus de quatre sous dans ma poche, il a cette fois réussi à ce que la monnaie passe vers la sienne. Sans retour.

    J’ai connu ce garçon en 1975 après qu’il eut fait un premier séjour en prison. Intermédiaire dans une affaire d’Utrillo volés lors d’un hold-up, Francelet avait fait en sorte que les toiles de l’artiste se retrouvent vendues comme du bon pain au Japon ! Sa fille, alors un bébé, ayant besoin d’une opération à un pied, « Marco » étant à nouveau en taule, j’ai offert une poussette à sa femme. C’est vous dire si je connais ce bandit de longue date. Dans la foulée il est devenu l’attaché de presse du gang des Zemour. Depuis il n’a jamais cessé de côtoyer le banditisme comme le goéland suit le sardinier. D’exercer sa force de persuasion sur des industriels suivant une méthode qui, un moment, lui a permis d’utiliser à sa guise le jet privé de la Générale des Eaux. De temps en temps, un chantage qui a mal tourné, des pierres précieuses envolées... Marco retourne à la case prison, mais finalement assez peu pour un garçon qui mène un train de vie de nabab sans jamais avoir travaillé autre chose que l’embrouille. Jusqu’à devenir l’ayant droit des mémoires d’Ariel Sharon, puisque l’individu est très lié à certains clans en Israël. Pensez qu’il a un jour escroqué "Dédé la sardine", André Guelfi, d’une énorme somme en lui présentant un faux article (très utile pour Dédé) qui, assurait-il, serait publié dans Le Monde grâce à son intervention !

    J’écris tout cela dans le vide, contre le vent puisque je sais très bien que, pour la grande presse, Marco n’est qu’un confrère marginal, et rigolo. Utile. Le Monde II a naguère consacré un ahurissant papier à ce malfaiteur présenté comme le prototype du « grand reporter » aventurier. Je vous jure que c’est vrai ! Et ce matin, le même Monde, cette fois quotidien, nous dit qu’il questionne Alexandre Benalla « dans l’appartement de Marc Francelet »... Francelet tombe ici comme Jawad le « Logeur de Saint Denis », il est incontournable. Sans l’offenser, ce copinage ne contribue pas à blanchir l’auréole d’Alexandre Benalla. Qui ignore sans doute, faute d’une note de Collomb, la vraie nature du Francelet.

    Pour les lecteurs non convaincus, ou ayant du temps à perdre, je conseille l’ouverture de ces quelques liens qui seront pour eux l’occasion de lire un peu de polar. En cette période de vacances c’est utile de rebondir sur les rires de d’une affaire dans laquelle, comme l’écrit Le Monde, Benalla « n’est pas seul dans la tempête »... Le Monde a derrière lui une vraie culture de la perfidie et du coup de pied de l’âne, en écrivant cette phrase les journalistes subodorent un lien entre l’Elysée et Francelet, la nounou d’Alexandre. Ce jeune tabasseur a besoin d’un guide capable de lui dire ce qu’il doit dire et ce qu’il doit taire. Je me souviens que, lors de l’un de ses séjours en prison, Marco s’est retrouvé dans la même cellule qu’un père de famille ayant torturé son fils alors surnommé par les journaux « L’enfant du placard ». Depuis sa taule notre communiquant passe murailles a réussi à vendre à Match le témoignage de ce père indigne... et repentant. Au moment de la rédaction de la confession, quand le texte du papa n’était pas assez dur, cru, violent, Francelet exigeait qu’il reprenne sa copie vers le pire. Voyez que, pour la « com » Marco contrôle. La "com" ? Il l’a dans le sang des autres. Nul doute que le désarroi de l’élève Alexandre est maintenant calé dans de bons rails, sans risque de débordement. Nous ne saurons rien.

    Jacques-Marie BOURGET

    http://admi.net/archive/www.bakchich.info/Marc-Francelet-et-les-trois-cents,03945.html
    http://www.liberation.fr/societe/2012/10/14/les-comptes-et-legendes-de-marc-francelet_853213
    https://www.letemps.ch/monde/chute-roi-relations-publiques-embarrasse-presse-parisienne
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Francelet
    #communication #en_marche #histoire #police #mafia #amis #corruption #journalisme #médias


    • Comme d’hab les flics inversent la culpabilité et blament les victimes :

      Le procureur de la République de Paris François Molins s’en inquiète : « Lorsque je lis les synthèses de police, le matin, je suis toujours effaré de voir le nombre de viols et d’agressions sexuelles qui, souvent, renvoient à un phénomène de suralcoolisation ou de soumission chimique des victimes. » De quoi compliquer un peu plus la tâche des enquêteurs. « Depuis quelques années, 20% de nos plaignantes sont des femmes alcoolisées, précise le commissaire Pinot. Il est plus difficile dans ce contexte de recueillir les témoignages et de démontrer le refus du consentement. »

      Moins de 2 % des affaires de viol débouchent sur une condamnation des auteurs par une cour d’assises. Beaucoup de plaintes finissent à la poubelle. « C’est le cas de 70 % d’entre elles, déplore le Dr Muriel Salmona, médecin psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. Et 15 % des dossiers aboutissent devant un tribunal correctionnel, car le viol est requalifié en agression sexuelle, voire en simples violences volontaires. » Elle qui, depuis huit ans, forme de nombreux policiers à l’accueil des victimes, dénonce « les stéréotypes dont ils sont envahis ». « Ils ne conçoivent le viol que s’il est commis par un inconnu avec menace et violence, affirme-t-elle. Or, il y a contrainte de fait quand la victime est trop alcoolisée pour donner son accord à une relation sexuelle. » En effet, le Code pénal définit le viol comme tout acte de pénétration sexuelle commis par violence, contrainte, menace ou surprise.

      #viol #culture_du_viol #police


  • Toulon : Un policier soupçonné de viol sur une détenue au tribunal
    https://www.20minutes.fr/faits_divers/2314219-20180727-toulon-policier-soupconne-viol-detenue-tribunal

    Un policier, âgé de 59 ans, et affecté au service des escortes du tribunal de grande instance de Toulon, a été mis en examen jeudi pour viol aggravé par une personne dépositaire de l’autorité publique.

    Il a été incarcéré, comme le rapporte Var-Matin. Le brigadier-chef avait été placé en garde à vue mardi sur décision du procureur.
    Fellation contre appel téléphonique ?

    Une femme de 35 ans a porté plainte pour viol, alors qu’elle était détenue dans les cellules du tribunal. Elle aurait demandé au policier qui la gardait d’aller aux toilettes, avant son transfert vers la prison des Baumettes dans l’attente de son jugement. C’est là qu’elle aurait pratiqué une fellation. Mais un appel à destination de la famille de la détenue a été retrouvé sur le téléphone du policier. S’agirait-il d’une contrepartie ?

    Selon une source proche de l’enquête, l’homme nie avoir formulé une telle demande. Il a été placé en détention provisoire jeudi soir par le juge des libertés et de la détention, après que le parquet a requis son incarcération.

    #police #viol #culture_du_viol #domination_masculine



  • Une police de caractères libre pour l’INRIA
    https://maly.io/@Troll/55403

    L’ INRIA a mandaté les typographes Black[Foundry] afin de leur créer une #typographie à l’occasion de leur 50ème anniversaire.

    Et vous savez quoi ... elle est belle ^^ et cerise sur la #typo, elle est téléchargeable gratuitement sous licence « SIL Open Font License 1.1 », ce qui inclut même l’usage commercial.

    https://github.com/BlackFoundry/InriaFonts
    https://black-foundry.com/blog/inria-serif-and-inria

    #police_de_caractère #typographie #fontes #fontes_libres #INRIA




  • En pleine affaire Benalla, la police gaze des agriculteurs en colère et le peloton sur le Tour de France Henri Carmona - 24 Juillet 2018 - Revolution Permanente
    http://www.revolutionpermanente.fr/En-pleine-affaire-Benalla-la-police-gaze-des-agriculteurs-en-co

    Ce 24 juillet, après 30km de course, des agriculteurs en colère entendaient bloquer la route du Tour de France. La police, comme à l’accoutumée, a largement arrosé de lacrymogène les manifestants... au point que les coureurs eux mêmes ont dû mettre pied à terre et être soigné !

    https://www.dailymotion.com/video/x6q01b9


    Vidéo que j’ai ajouté à l’article


    La répression au grand air / Crédit photo : Reuters

    La répression a encore frappée. Une fois de plus, à coup de lacrymogène, et les traditionnelles images voyant les victimes se soigner avec du sérum physiologique qui vont avec. Sauf que, surprise, il s’agit aujourd’hui des coureurs du Tour de France qui ont dû recourir à la petite pipette bien connue des manifestants, surtout depuis 2016.


    Un coureur soigné après l’intervention musclée de la police / Crédit photo : F. Mons / L’Équipe

    La raison de ce gazage massif ? Des agriculteurs entendaient bloquer la route pour exprimer leur colère après la fin du classement en zone défavorisée de l’Ariège. Et comme il est de coutume en macronie, les forces de répression ont eu recourt à la force pour disperser les manifestants. Les images sont explicites, tandis que les commentateurs de la course parlait de violents affrontements pour légitimer l’acte répressif des policiers.

    Sauf que les quelques images disponibles ne révèlent aucune violence des manifestants, mais au contraire une intervention musclée des CRS où la grosse dizaine d’agriculteurs présents avait disposé de bottes de pailles. Le comble du grotesque semble même être atteint lorsque les forces de répression décident de faire face, matraque à la main, à... des moutons ! En effet, les agriculteurs semblaient vouloir bloquer la route, si besoin, à l’aide du troupeau. C’est ainsi que l’agence Reuters a saisi ce cliché, où l’on voit les policiers prêt à en découdre... On ne rigole pas avec le « monopole de la violence légitime ».

     ?
    La police face au sheep block ? / Crédits photo : Reuters

    Alors que l’affaire Benalla ébranle l’ensemble de la V° République, il semble que les forces (officielles) de répression ont tenu à « remettre les points sur les i », et démontrer que leurs méthodes d’intervention sont dignes des barbouzes de l’Élysée. Un épisode répressif de plus en macronie.

    #police #violence #en_marche #etat_de_guerre #Agriculteurs #Tour_de_France #répression #politique


  • Benalla et l’arc d’extrême droite, par Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/benalla-et-l-arc-d-extreme-droite

    L’affaire Benalla, c’est la police qui en parle le mieux. « Nous avons le sentiment que d’une affaire Benalla, on est en train de faire une affaire de police (1) », déclare un syndicaliste policier. Précisément. Et d’ajouter dans un éclair de lucidité dévastatrice : « Ce n’est pas ça la police. Il a ruiné notre image. » Bien sûr, avant d’être dévastatrice, cette lucidité est paradoxale puisqu’elle prend la forme retournée de la dénégation, ce tour du psychisme qui fait dire la vérité mais en énonçant le contraire de la vérité. En lieu et place de « ça n’est pas ça la police » et « il a ruiné notre image », le lecteur attentif aura évidemment rectifié de lui-même pour entendre « la police, c’est tout à fait ça (si ça n’est pas bien pire) » et « il a mis en pleine lumière ce que nous sommes ».

    La mise au débat public des manières réelles de la police via les méfaits d’un séide de seconde zone fait irrésistiblement penser à Al Capone, tombé pour fraude fiscale. Hegel appelait « ruse de la raison » cette manière particulière qu’emprunte parfois l’histoire pour s’accomplir : les tournants majeurs se négocient au milieu des broutilles, et l’Histoire majestueuse avance par les forces des histoires de cornecul. L’Histoire de la période présente, c’est qu’il y a un problème de police, et même de police-justice, dans ce pays, un problème de première grandeur, où il faudra bien se décider à voir un symptôme politique.

    #police #Etat_policier #démocratie_blindée #barbouzes


    • ’Benalla et l’arc d’extrême droite" par Frédéric Lordon, 23 juillet 2018
      ....Faire peur en massacrant le premier venu et, sous le regard terrorisé des autres, faire passer à tous l’envie de revenir. Voilà le régime politique dans lequel nous vivons, dont les médias, dans un mélange de collusion fondamentale et d’insuffisance intellectuelle, ne diront jamais le moindre mot en toute généralité – l’affaire Benalla de ce point de vue est idéalement faite pour leur (re)donner l’impression d’être le fer de lance de la démocratie : parbleu, ils enquêtent ! ils soulèvent, ils sont intransigeants, ils n’hésitent pas à fièrement bousculer le pouvoir, ils sont la liberté en marche (pardon – enfin oui quand même, justement, la « liberté en marche », c’est-à-dire la version « En marche » de la liberté, la liberté Potemkine qui ne sait rien, ne veut rien savoir, et ne rien dire, de toutes les offenses aux libertés réelles).

    • Comme une illustration supplémentaire de cette propension des médias à croire s’acquitter d’un devoir de rapporter sans en fait jamais rien montrer, on devrait se souvenir de cette étude d’un chercheur américain (2), reprise aussi platement que possible et sans aucun esprit de suite dans la presse française, s’appuyant sur le World Values Survey et l’European Values Survey pour établir ce paradoxe que les électeurs du centre, et non les « extrémistes » comme on l’aurait attendu (souhaité), sont les moins attachés aux principes de la démocratie. Ici, il faut sans doute en revenir à la catégorie d’extrême centre, proposée par Alain Deneault (3) pour dire comme il convient cette forme inaperçue de fanatisme qu’emporte le néolibéralisme, et être un peu plus au clair quant à la question de savoir qui sont les vrais radicalisés dans la société – ils sont au pouvoir.

      (2) https://seenthis.net/messages/697160

      Traduit ici : https://lemediapresse.fr/politique-fr/les-centristes-sont-les-plus-hostiles-a-la-democratie-pas-les-extremis

    • Alors désormais nous attendons. Nous attendons de voir s’il se trouve quelque média pour enfin montrer toutes ces choses, entendons : pour les montrer vraiment, c’est-à-dire autrement que comme une série d’articles factuels mais sans suite ni cohérence, par-là voués à l’oubli et l’absence d’aucun effet politique, quelque média pour connecter ce qui doit l’être, non pas donc en en restant au confortable FN, mais en dessinant enfin l’arc qui est maintenant sous nos yeux, l’arc qui emmène de Marine Épouvantail Le Pen à Valls, Collomb, Macron, qui fait le rapport entre la violence pluri-décennale dans les banlieues et celle plus récente dans la rue, ou contre les syndicalistes trop remuants, et ceci quitte, s’il le faut (on sent qu’il le faudra…), à demander aux journalistes-remparts-de-la-démocratie d’aller puiser dans leurs souvenirs d’enfance : « relie les points dans l’ordre des numéros et tu verras apparaître une figure ». Avertissons d’emblée ces âmes sensibles : ici on va voir apparaître une sale gueule.

      Article remarquable ! C’est comme si au travers de cette affaire, tout devenait transparent jusqu’au mensonge du Monde à propos de son soit-disant contrepouvoir

    • L’Histoire de la période présente, c’est qu’il y a un problème de police, et même de police-justice, dans ce pays, un problème de première grandeur, où il faudra bien se décider à voir un symptôme politique.

      Il est optimiste sur notre capacité à en faire quelque chose, de cette affaire.

      Au reste, il appartiendrait à une minutieuse enquête de sociologie des médias d’éclairer ce mystère de l’émoi qui a saisi les rédactions au spectacle d’une scène de violence que, dans leur propre norme désormais déformée, les manifestants ne seraient pas loin de trouver « ordinaire ». C’est que depuis deux ans, en fait depuis la manifestation COP 21 du 29 octobre 2015, date d’inauguration de l’état d’urgence à usage des opposants politiques, la violence policière déployée contre les manifestants n’a cessé de passer des seuils.

      Rémi Fraisse, mon gars, c’était en novembre 2014, dix ans pile après Sébastien Briard, un autre manifestant tué.

      Lien vers https://www.nytimes.com/interactive/2018/05/23/opinion/international-world/centrists-democracy.html.

      Sur l’extrême centre... Je suis engagée dans une discussion pénible avec mon oncle républicain centriste laïcard jacobin. D’habitude il est très ouvert, il examine tout avec une absence de préjugés remarquable. Mais je crois qu’il est tombé amoureux de Macron. Je cherche à trouver des terrains d’entente : respect de la loi (pour tou·tes !), droits humains, le kit républicain de base. Et je crois qu’il n’en veut plus, qu’il ne veut plus que de la liberté.

      Évidemment, le fait que les personnes tabassées ont jeté une canette l’a convaincu du bien fondé des coups de matraque (et j’ai l’impression qu’il a envie de dépasser le détail sur qui les donne). Alors je continue : est-ce que le rôle de la police est de dispenser des châtiments corporels ou d’amener les personnes qui ont commis des délits devant la justice ? Même le kit républicain a peu de succès. Oui, c’est inquiétant, j’espère que c’est son âge plutôt que l’esprit du temps qui le fais dégringoler comme ça d’une grande exigence à... ce truc.

      Mon autre centriste de la famille a repéré très vite le proto-fascisme de Macron et refusé de faire barrage. Comme quoi, quand on se sert de son cerveau...

    • merci @aude_v parce que la façon de crier au loup de Lordon est fatiguante (et à côté de la plaque compte tenu de la violence policière intrinsèque cf Maurice Rajsfus) et combien je suis d’accord avec ta phrase

      est-ce que le rôle de la police est de dispenser des châtiments corporels ou d’amener les personnes qui ont commis des délits devant la justice

      #punishment_park

    • 2014, c’est aussi la massification des slogans ACAB et « Tout le monde déteste la police », je daterais de là cette nouvelle ère. Qui ressemble pas mal aux précédentes : pendant le CPE un syndicaliste Sud est resté entre la vie et la mort, en 1977 Vital Michalon a été tué en manif anti-nuc... C’est pour les blancs, sans compter les personnes qui ne sont tuées pour aucune raison de répression politique, simplement parce que c’est la gestion habituelle des populations pauvres et racisées.

      Lordon est brillant, j’aime bien une grosse partie de son texte et je te remercie @philippe_de_jonckheere d’avoir attiré notre attention dessus. C’est bien d’avoir ce porte-parole dont on espère qu’il ne convainc pas que les convaincu·es, mais ce n’est pas le type le plus révolutionnaire du moment, il a un certain prisme qui lui fait louper d’autres réalités. Bref.

      J’ai perdu mon oncle aujourd’hui, ça m’a fait pleurer. Y’a un vieux plein de merde à la place qui m’a accusée d’être de mauvaise foi alors que je lui proposais chaque fois de trouver un terrain d’entente pour ensuite diverger tranquillement : s’il trouve normale la répression policière des manifs, c’est qu’il a abandonné l’idée que les gens qui commettent des délits doivent être puni·es par la justice ? ou est-ce qu’il trouve normal de mutiler les gens au hasard dans une foule ? Sérieux, on peut penser que les actes violents en manif méritent répression sans perdre mon estime. Et puis parler de 1917 systématiquement pour critiquer Mélanchon, c’est tellement bas de plafond... alors qu’on peut poser le curseur tranquillement entre égalité de liberté. Mais le pire, c’est que ses sorties contre le pape et l’Église (grossières et monolithiques) me font craindre qu’il ait été abusé enfant. Et que ça l’ait poursuivi jusqu’à 69 ans, ça me rend triste. C’est peut-être seulement qu’il a perdu le sens de la mesure. Espérons.

    • Lordon est comme pleins d’autres intellos qui n’ont un point de vue sur les choses que très éloigné... « du terrain ». Ils ont une pensée très construite, très intéressante, ils font des liens entre les choses passionnants. Mais oui, ils ont des « blancs » dans leur réflexion, simplement parce qu’ils n’y croient pas à ces violences tant qu’elles ne les touchent pas. Ils ne le savent pas qu’elles font système, et qu’elles disent quelque chose.

      Cela m’a aussi choqué cette tentative de sa part de mettre une date sur le début d’un quelque chose plus violent. Ce quelque chose, pour lui, dans l’alimentation de sa culture politique, c’est de découvrir que les socialistes AUSSI sont des pourritures, et que même, ils le sont encore plus que les ennemis politiques « normaux », ceux de droite. Nous, là, ici, on le sait « à coup sûr » depuis 2005 en général que les PS sont des ordures. On savait que le ver était dans le fruit depuis un moment... là, si je cherche, je me souviens de DSK et du gouvernement Jospin... Les 35 heures d’un côté, les privatisations à tout va de l’autre... Mais on pourrait aussi se souvenir de Delors, de Maastricht... puis de 1983 encore plus loin...

      Bref. On en revient à l’état et à sa violence légitime qui mériterait bien qu’on la remette en cause. La peine de mort est abrogée et on (la justice, les journalistes, nous ?...) trouve « normal » que des citoyens meurent au contact des forces de l’ordre. Comment ne pas utiliser le mot « impunité » quand on constate que ces membres des forces de l’ordre ressortent d’un tel évènement sans aucune sanction d’aucune sorte.
      Et on pourrait ensuite embrayer sur les mutilations. Sur Ruffin qui n’est au courant de rien à propos d’Adama Traoré ; lui aussi, très cultivé, mais grosse impasse sur les violences racistes...
      Etc.

      @aude_v : Condoléances. On ne choisit pas forcément les gens qui nous accompagnent tout au long de notre vie... mais même avec des désaccords, ils étaient là et en faisaient partie... de notre vie.

    • #exécutions_extra-juciaires, je crois qu’il va falloir s’habituer à mettre des noms sur les choses.

      Mon oncle (qui est toujours à 37° mais quelle place vas-je lui faire dans ma vie maintenant ?) le dit bien : oui mais Benella n’était pas si en tort que ça parce que les manifestant·es qu’il a frappé·es au sol « n’étaient pas des enfants de choeur se rendant à l’église mais des ??? qui étaient entrain de canarder les CRS ». (On dirait qu’il et elle ne manifestaient même pas, d’après le témoignage d’un photographe qui a une centaine de clichés pour le démontrer.) Si c’est acceptable, les violences policières (sauf quand on n’a pas le bon statut), c’est que les personnes victimes de ces violences sont coupables : couleur de peau tendancieuse, propension dangereuse à afficher ses idées dans la rue, etc. C’est des exécutions et des châtiments corporels, qu’ils servent à intimider plus qu’à punir compte peu pour ceux et celles qui les subissent. Et pour les autres qui y ont encore échappé.

    • Affaire Benalla : le couple agressé « avait une attitude extrêmement pacifique »
      https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-couple-agresse-avait-une-attitude-extremement-pacifi

      Sur la place, le couple de jeunes victimes des coups portés par Alexandre Benalla et Vincent Crase “avait une attitude extrêmement pacifique”, qu’il qualifie de “souriante et décontractée.” « Je ne suis pas certain que ces deux jeunes faisaient partie des manifestants », affirme Naguib Michel Sidhom. “J’ai l’impression qu’ils étaient là peut-être par hasard.” En référence au rôle d’observateur pour lequel Alexandre Benalla avait reçu une autorisation, Naguib Michel Sidhom assure : “Ceux qui était observateurs, c’était plutôt les deux jeunes.”

    • Au journal télévisé, ils ont (très rapidement) montré des vidéos où ces deux personnes lançaient des verres en direction des forces de l’ordre. Ce n’était pas du « canardage ». Mais à priori, ils avaient commis un acte répréhensible (justifiant tabassage et pourquoi pas, mise à mort, évidemment, si par hasard, ces fâcheux avaient eu l’outrecuidance d’obliger les forces de l’ordre d’en arriver à de telles extrémités).

    • Quelle honte, ce comportement d’Alexandre Benalla lors de la manif du 1er mai ! Les syndicats de policiers en ont eu l’estomac retourné : « Nous sommes ici face à un comportement de petite frappe de cité qui tranche avec l’attitude professionnelle des CRS », s’est insurgé Patrice Ribeiro, patron du syndicat Synergie-Officiers (« Le Figaro », 20/7).
      Quand les CRS matraquent eux-mêmes les manifestants, c’est beaucoup plus « professionnel ».

      #Le_Canard_enchaîné 25/7/2018


      https://trouden.blogspot.com
      #Troud #police #matraque

    • Vidéo : comment Benalla et Crase, au cœur du dispositif policier, lancent les deux interpellations - Libération
      http://www.liberation.fr/france/2018/07/22/video-comment-benalla-et-crase-au-coeur-du-dispositif-policier-lancent-le

      Presque au contact de la ligne de CRS, on reconnaît sans difficulté les deux manifestants qui seront quelques instants plus tard interpellés par Alexandre Benalla et Vincent Crase. Ce couple, qui parle en grec et en français dans les vidéos et qui n’est pas réapparu depuis, jette alors violemment trois objets sur la ligne de CRS, qui est à quelques mètres d’eux. Juste avant que la jeune femme leur fasse un bras d’honneur.


  • Racisme, exploitation, répression : nos alliances contre-attaquent
    http://www.platenqmil.com/blog/2018/07/18/racisme-exploitation-repression--nos-alliances-contre-attaquent

    Appel de la Plateforme d’Enquêtes Militantes, à participer massivement à la manifestation du Comité Adama, le 21 juillet à Beaumont-sur-Oise, deux ans après la mort d’Adama Traoré, étouffé par la police lors d’un contrôle.
     
    Nous pensons qu’il est important de saisir ce moment pour établir et consolider des liens multiples avec toutes celles et ceux des quartiers populaires qui se battent contre le racisme d’Etat.

    #Adama_Traoré #violences_policières #luttes_sociales


  • Je ne peux qu’applaudir la vaillance de la presse à retrouver l’auteur de violences inadmissibles contre de jeunes manifestants le premier mai dernier, je suis admiratif des moyens et de l’intelligence sans doute déployées pour retrouver cette aiguille pourrie dans un meute, ce serait même de nature à infléchir la sévérité de mon jugement quant aux méfaits de la reconnaissance faciale. Bref je trouve ce premier résultat encourageant, chapeau messieurs-dames les journalistes, quel brillant début, votre opiniâtreté a payé !

    Il vous reste désormais à passer au peigne fin le reste de toutes les autres meules de foin, à savoir toutes ces innombrables vidéos de violences policières ces soixante-dix dernières années.

    Hardi ! Pendant que le fer est chaud


  • Pour ceux qui sont mutilés par des flashball. Un conseil juridique. | Face aux armes de la police
    https://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/2018/07/20/pour-ceux-qui-sont-mutiles-par-des-flashball-un-co

    Ces derniers jours les mutilations aux flashball/LBD se sont multipliées sur fond de victoire de l’équipe de France. A Lyon, Grenoble et aussi à Villeneuve-la-Garenne pour les affaires qui sont relayées dans la presse. Dans les trois cas nous apprenons qu’une plainte a été déposée.
    Il y a quelques semaines trois policiers étaient acquittés après avoir blessé une mère de famille avec une grenade à Villemomble en 2013.

    Nous tentons de faire parvenir ce message aux personnes blessées. Merci de leur faire suivre l’info si vous les connaissez, ou de faire circuler.

    #flashball #maintien_de_l'ordre #police « #armes_non_létales » #blessés_par_la_police #droit #défense_militante #tribunal_administratif


  • Nous déposons plainte contre Alexandre BENALLA et contre x - News/Actualités-Vigi Ministère de l’Intérieur
    http://www.vigimi.fr/f/actualites-fr/entry/nous-deposons-plainte-contre-alexandre-benalla-et-contre-x

    A VIGI. des paroles oui, mais suivies par des actes. Nous avons fait le choix de déposer plainte contre Monsieur Alexandre BENALLA et contre X, par l’intermédiaire de notre avocat Maître BOUZROU.

    Nous n’avons aucune confiance dans la Présidence de la République qui n’a pas saisi le Procureur de la République, en contradiction avec le Code de Procédure Pénale, pour les délit d’usurpation de fonction et port illégal d’un uniforme.

    #vigimi #cgt

    • Ce qui est étonnant, c’est que le scandale explose 7 semaines après les faits. Grâce à un journaliste qui aurait reconnu l’individu, paraît-il ? Mouais ... Vous me direz, c’est sûr, ils ne doivent pas être majoritaires les policiers syndiqués à cette section de la CGT.

    • Sébastien Lecornu fut le « commandant de peloton d’Alexandre Benalla, en 2012 ou 2013 »
      https://lemonde.fr/politique/article/2018/07/20/quand-sebastien-lecornu-commandait-alexandre-benalla_5334169_823448.html

      « Pas un mauvais gendarme, au contraire »

      Selon le secrétaire d’Etat, qui a quitté la réserve de la gendarmerie après son élection à la mairie de Vernon (Eure) en 2014 — il fut également président (LR) du conseil départemental de l’Eure de 2015 jusqu’à son entrée au gouvernement, en 2017 —, Alexandre Benalla « n’était pas un mauvais gendarme de réserve, au contraire ». Les deux hommes étaient notamment chargés de faire des patrouilles pour lutter contre les cambriolages, lors des vacances d’été et de Noël, ou de mener différentes opérations de prévention.

      Selon M. Lecornu, Alexandre Benalla l’aurait d’ailleurs sorti d’un « très mauvais pas » lors d’une opération menée conjointement dans le nord de l’Eure. A la recherche d’un individu « présumé dangereux », ils l’auraient retrouvé à bord d’une voiture dans un lotissement. Celui-ci aurait alors foncé sur leur véhicule de fonction, côté passager, où se trouvait le futur secrétaire d’Etat. « Benalla, qui était au volant, a eu le réflexe d’enclencher la marche arrière et de reculer in extremis notre voiture », se souvient Sébastien Lecornu.

      Depuis cette période, les deux hommes se seraient recroisés à différentes occasions, notamment lors de cérémonies de la gendarmerie, et seraient restés en contact sur le réseau Facebook, où ils sont amis. « Je savais qu’il avait travaillé pour des membres du Parti socialiste, mais je l’ai surtout revu régulièrement à l’Elysée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron », assure le proche d’Edouard Philippe et de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics.

      Le chauffeur de M. Lecornu au conseil départemental de l’Eure, qui l’a suivi au ministère de la transition écologique, aurait également maintenu le contact entre les deux hommes. « C’est un réserviste de la gendarmerie lui aussi, qui connaît très bien Alexandre Benalla. Il est donc arrivé que tout le monde se croise à des événements ou prenne des cafés ensemble près de la mairie » de Vernon, explique un proche du secrétaire d’Etat.

      le #nervi ... il agit comme tel ...


  • MACRON, OU LE RETOUR DES MILICIENS

    Le journal Le Monde, révèle ce mercredi 18 juillet qu’un haut responsable du parti au pouvoir, et très proche du Président de la République a tabassé des manifestants le 1er mai dernier, à Paris.

    Alexandre Benalla se serait porté volontaire pour « assurer le maintien de l’ordre » aux côtés des policiers. C’est donc en tant que milicien volontaire, en dehors de tout cadre légal, qu’on lui a prêté un casque de policier, et qu’il a commis des exactions volontaire sur les opposants au gouvernement.
    Notamment le tabassage en règle d’un manifestant au sol. Des méthodes de mafieux, ou de fascistes. Ces violences volontaires ont été filmées.

    Alexandre Benalla a été chargé de la sécurité de Macron. Il est aujourd’hui chargé de mission à l’Elysée, au sein du cabinet présidentiel. Il fait donc partie de la garde rapprochée du président.

    Des proches du gouvernement peuvent aller cogner impunément des opposants, avec l’accord de l’Etat qui leur offre du matériel de police. Cela ne se passe pas sous l’Ancien Régime. Ni à Téhéran, Moscou ou Caracas. Mais à Paris, en 2018, sous le règne de Macron.

    Source :
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappant-un-ma

    https://www.youtube.com/watch?v=MDSmwM6Z3hU

    • Alexandre Benalla licencié ! Enfin une pétition victorieuse :)
      À la lecture des articles, le dircab de Macron Patrick Strzoda semble administrer la milice, il doit faire valoir ses droits à la retraite en octobre, il pourrait anticiper. À moins que le milicien en sache décidémment trop sur le fric de la campagne ou d’autres turpitudes...

      En attendant la suite, un chef de parti, une garde des sceaux, un président de l’Assemblée nationale et un président de groupe accordant leurs violons hier

      #affaire_d'État

    • Donc le gars qui est responsable de la sécurité du président et qui va se délasser un jour chômé en s’adonnant à un loisir un peu pervers, mais très à la mode, tabasser du manifestant, il intervient assez lâchement, nous l’avons vu, en étant finalement sous la protection des CRS autour de lui, et donc je pose la question, soit les CRS autour de lui sont au courant de qui il est et ils sont complices, ou soit encore ils ne savent pas qui le type est et ils n’interviennent pas pour protéger les deux jeunes personnes attaquées, et là ce n’est plus de la complicité mais non assistance à personnes en danger (qui plus est dans l’exercice de leur fonction qui est justement de protéger la population).

    • Cette milice (ils étaient trois ou davantage) agit sous le contrôle « administratif » du dircab de la présidence, l’ex préfet de Ille et Villaine qui a géré la flicaille à Rennes, Patrice Strzoda qui étaient parmi les préfets donnant pour consigne orale (?) aux policiers de pas exhiber leur « numéro d’immatriculation administrative » (loi de sécurité 2017) / matricule.

      Il est vraisemblable que les diverses attaques dont LREM a été l’objet partout en France (meetings perturbés, interpellations publiques, permanences vandalisées) a convaincu tout ce beau monde qu’une extrême gauche et des anarchistes allait continuer à s’en prendre à Salcon et qu’il fallait prendre les devants par l’action (on ne sait pas trop ce qu’il en est en matière de renseignement).

      Ils sont pas bien malins, tout le monde l’aura compris. Mais c’est bien le préfet de Paris qui intègre à ses troupes ces deux observateurs auréolés du prestige Élysée (ça s’entend « laissez nous les coudées franches »). Par exemple pour passer vraiment pour un baqueux, il aurait été de bon ton d’utiliser une matraque télescopique et d’avoir un casque qui ne soit pas très étonnamment siglé CRS (usuellement ils ont des casques civils), et mieux, de mettre une cagoule ou de se masquer ( ce que font les policiers, y compris en uniforme).

      A priori, même schéma qu’à la fac de Montpellier où c’est le recteur lui même qui coordonnait les profs et doctorants qui ont fait office de nervis pour attaquer les étudiants en lutte. Ils aiment les patrons, il leur en faut.
      Ce qui est dur pour Salcon dans cette affaire est que le geste initial (ne pas se débarrasser d’un collaborateur filmé à diverses reprises lors d’actions troubles) semble devoir être tenu pour des raisons qui pourraient être impératives (le fric de la campagne, durant laquelle Benalla n’était pas armé pour des prunes ? d’autres affaires).

      #terroriser

    • Ce qui m’étonne dans cette histoire, c’est l’amateurisme incroyable de l’Elysée qui envoie un de ses proches, quasiment à visage découvert, pour faire la basse besogne. Pourquoi envoyer un type aussi aisément reconnaissable et aussi proche du chef de l’état ? Ca n’a aucun sens. Si ce Benalla s’est simplement laissé emporter par son « enthousiasme » sans avoir obéi à des ordres directs dans ce cas précis, c’est tout aussi incroyable, voire plus incroyable encore : comment votre présidence peut-elle embaucher un type pareil à un poste pareil ? Il n’y a aucune évaluation psychologique lors d’une embauche ? En Belgique c’est incontournable.

    • @marie_lou, je pense que nos bonshommes se lâchent, que leur arrogance se déchaîne. Macron président qui se met à tapoter la tête du pape, à se déchaîner comme un supporter en rut dans la loge VIP, ça correspond à une idée du pouvoir qui extrait du vil peuple et permet tout, comme d’aller casser du manifestant (et de la manifestante, si je me souviens bien) parce qu’on est assez proche du pouvoir pour en être aussi ivre. Ce n’est pas une surprise : on l’a vu, christique, lors de ses meetings, on se demandait s’il prenait des substances mais c’était ça : le pouvoir et les privilèges qu’il apporte dans notre pays. C’est une idée assez française, monarchiste, de se penser au-dessus des autres, des lois et de la morale. Il me semble que les chevilles enflent moins ailleurs.

      Peut-être qu’ailleurs on scanne les gens qui ont accès au pouvoir, qu’on s’inquiète qu’ils et elles soient psychologiquement équilibrées, mais en France c’est bien un certain déséquilibre qui est moteur chez ceux et celles qui ont soifs de pouvoir et qui espèrent pouvoir en être un jour ivres. Et derrière, on a toute une structure complaisante qui accorde ses passe-droits : pouvoir aller casser du gaucho avec une compagnie de CRS sous prétexte d’observation alors que plein de mini-fafs piaffent d’envie devant ce privilège.

    • @alain1, il y a bien des faits spécifiquement français, sans être essentiellement français. La Ve République est parmi les régimes les plus monarchiques au monde, ça encourage des personnalités un peu mégalo et qui ont moins le sens du compromis que dans les pays où gouverner, c’est faire alliance... Quant à savoir d’où elle vient, c’est peut-être d’un soubresaut de l’histoire, assez anecdotique mais qui s’est enkysté. Si on avait gardé la IVe, notre vie politique serait peut-être très différente. Je ne psychologise pas l’histoire et encore moins les peuples, j’observe des structures.

      « Monarchie ploutocratique » ? La ploutocratie, c’est un régime où une classe de riches gouverne, ça correspond assez bien au système US. Mais monarchique ? Il est présidentiel (et à ce titre un peu monarchique) mais les personnalités passent vite et les appareils restent, ce sont eux qui font la loi d’habitude. Je crois qu’ils sont rares, les moments où ils se font déborder par des individus seuls, comme l’était Trump en 2015 (seul avec son pognon et son bagout).

    • @aude_v Je pense que le pouvoir est une drogue, du moins il agit sur les hommes comme une drogue dont ils ne peuvent se passer pour vivre. ça me fait penser au Syndrome d’hubris. Ce sont des symptômes d’une maladie mentale récemment répertoriée qui se développerait durant l’exercice du pouvoir. Perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir. Ce n’est pas rassurant tout ça. Vu d’ici on sent que le peuple français gronde et il a raison d’être en colère...

      Ici aussi rien ne va notre gouvernement fédéral doit trouver 2,6 milliards d’euros pour maintenir son budget dans la trajectoire européenne. Nous avons une monarchie constitutionnelle, parlementaire dont la succession au trône est déterminée par primogéniture. Alors que le pays tout entier se voit imposer des mesures d’austérité. Cette monarchie inutile possède toujours des privilèges de l’Ancien Régime et ça coute 37millions d’euros au contribuable sans oublier l’entretien de plusieurs palais pour toute la famille royale. Mais chut ! Ce n’est pas correct de parler de tout ça. Si je commence, je n’arrêterais pas...

    • Encore inconnu du grand public il y a quelques jours, le profil d’Alexandre #Benalla se précise au fil des révélations. En déplacements officiels ou en vacances : le jeune homme de 26 ans à la carrure imposante n’est jamais loin d’Emmanuel #Macron.


      Dessin de Deligne pour #Urtikan.net
      http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/alexandre-benalla-emmanuel-macron-une-affaire-detat


  • « Le Monde » identifie sur une vidéo un collaborateur de Macron frappant un manifestant le 1er mai à Paris
    https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappa

    Cette histoire est hallucinante. Un policier menteur libéré à Nantes, un homme de main de l’Elysée qui frappe les gens à terre (vous me direz que c’est une excellente métaphore de toute la politique de Macron que de s’attaquer aux plus faibles)... qui a dit "Etat policier" ? Tuer la contestation dans l’oeuf par la violence, ce n’est pas la République. On est en train de passer à "autre chose". "Démocratie autoritaire" est un terme en deça même de la réalité. Il faudrait analyser les nouvelles formes politiques basées sur l’intimidation. Intimidation par tweets chez Trump, par la menace financière contre la presse, par la marginalisation des chercheurs qui contestent l’ordre des multinationales, par la peur d’être désigné comme appartenant à un groupe anti-étatique comme en Turquie, par la menace du chômage pour tous, par..., par..., par toutes les méthodes possibles pour imposer le silence, le replis dans la coquille, la fin des solidarités.
    Oui, cet agent de l’Elysée est plus qu’un symptôme du dérèglement politique et social que nous vivons.

    Une mise à pied de quinze jours et toujours un bureau à l’Elysée… C’est la sanction que s’est vu signifier, dans la plus grande discrétion, Alexandre Benalla, un proche collaborateur du président de la République, après s’être livré, le 1er mai, à des violences restées inconnues jusqu’ici. Ce jour-là, ce chargé de mission d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, s’en est pris à un jeune homme qui se trouvait à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Il s’est vite éloigné, de peur d’être reconnu.

    • #démocratie_autoritaire, comme nouveau concept après la #démocratie_de_façade, c’est pas mal, sinon la politique de Macron et l’attitude de celles et ceux qui le soutiennent, en tête Amélie de Montchalin, m’inspire souvent le terme #crapulerie_policée ou to put it more mildly #politique_d_imposture et enfin pour exprimer le niveau en général raz des paquerettes de la pensée des macronistes, #pensée_régressive (je pense à la belle sortie de Jupée qui répondait à la minablerie d’un député macroniste lors des discussions sur les droits humains). Y a du boulot pour remonter le niveau.

    • #proto-fascisme, what else ?

      Je crois que c’est @monolecte qui avait posté un texte sur les caractéristiques du fascisme et entre l’homme providentiel, les violences policières, le désaveu du clivage droite-gauche, le mépris pour les plus vulnérables, pour l’État de droit et compagnie, la France de Macron ressemble à un pays qui a choisi le proto-fascisme pour ne pas sombrer direct dans le fascisme. Et c’est dommage, parce que je pense que beaucoup des électeurs et électrices du second tour (et peut-être du premier) pensaient donner un autre message, libéral dans les deux sens du terme.

    • Violences sur un manifestant : le parquet ouvre une enquête visant un collaborateur de Macron
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-le-parquet-de-paris-ouvre-une-enquete-prelimina

      L’enquête préliminaire vise Alexandre Benalla. Elle porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique.

      Qui est Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai ? Ariane Chemin

      Peu connaissent le visage de « l’adjoint au chef de cabinet » du président, identifié comme ayant frappé un jeune manifestant. Mais à l’Elysée son goût pour les démonstrations de force ne passe pas inaperçu.

      Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée à Paris, le 18 mai 2017.
      C’est la règle pour les « chargés de mission » auprès de la présidence de la République : leur nom n’a pas besoin d’être publié au Journal officiel (JO). Alexandre Benalla, l’homme qui a frappé, le 1er mai, un jeune manifestant place de la Contrescarpe, à Paris, coiffé d’un casque de policier – ce qui lui a valu une mise à pied de quinze jours –, n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de l’Elysée.

      Rares sont ceux, hormis les chargés de la sécurité de ministres, les journalistes, les conseillers et le personnel de l’Elysée – où il dispose d’un bureau – qui connaissent le visage, voire l’existence, de « l’adjoint au chef de cabinet » d’Emmanuel Macron.

      Les premières armes politiques d’Alexandre Benalla remontent à 2011. « Il était tout jeune, 20 ans à peine, se souvient Eric Plumer, ancien responsable du service d’ordre national du Parti socialiste. Il avait fait la sécurité de plusieurs artistes, il en voulait, il était intelligent et compétent, dans mon souvenir, posé. Nous sommes en pleines primaires socialistes, je le charge de la protection de Martine Aubry. Puis je le prends dans mon service d’ordre durant la campagne 2012 de François Hollande. »

      « Viré manu militari » par Montebourg

      Il se met ensuite brièvement au service d’Arnaud Montebourg, avant d’être « viré manu militari » par ce dernier : « Le SPHP [le Service de protection des hautes personnalités] me l’avait proposé comme chauffeur en 2012, raconte au Monde l’ancien ministre du redressement productif. Je m’en suis séparé au bout d’une semaine après une faute professionnelle d’une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite. »

      On retrouve enfin ce très jeune homme au JO au printemps 2015. Par arrêté du premier ministre de François Hollande, ce titulaire d’un master de droit est admis dans la quarantaine d’étudiants et de jeunes professionnels de moins de 35 ans autorisés à suivre la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ), une semaine de formation de haut niveau organisée à l’école des officiers de la gendarmerie à Melun. Un an et demi plus tard, il rejoint la campagne de M. Macron, où il est nommé responsable de la sécurité du candidat, pour un salaire de 3 500 euros net.

      Selon des indiscrétions de lettres confidentielles, La Lettre A et Maghreb Confidentiel, il a travaillé plusieurs années pour le groupe Velours, spécialisé dans la sécurité privée et fondé par d’anciens policiers. D’après le registre du commerce marocain, il devient le codirigeant d’une antenne montée par l’entreprise à Casablanca, en octobre 2015, qui cesse vite son activité avant d’être dissoute en 2017.

      Pistolets, Flash-Ball et boucliers antiémeute

      Comme l’entourage du nouveau chef de l’Etat, son nom apparaît ensuite à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017.

      Durant la campagne présidentielle, plusieurs conseillers proches de M. Macron s’interrogent. Par exemple, lorsque M. Benalla, du moins selon les « MacronLeaks », fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers antiémeute. « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés, je trouve même ça dangereux », rétorque alors par e-mail Cédric O, trésorier de la campagne et aujourd’hui conseiller à l’Elysée chargé des participations de l’Etat et de l’économie numérique.

      Le responsable de la sécurité du candidat Macron ne manque en effet pas d’imagination. Le 17 avril 2017, 20 000 personnes sont réunies à l’AccorHotels Arena de Paris, le plus gros meeting de la campagne. On craint une opération terroriste. M. Benalla a une idée. « Une trappe avait été sciée, racontera à Midi Libre, Ludovic Chaker, coordinateur des meetings. En cas de tir, le pupitre devait basculer et M. Macron, se retrouver dans la partie creuse de la scène où avaient été placés un kit de secours et un gilet pareballes. »

      Même les professionnels de la sécurité privée connaissent mal M. Benalla. En avril 2016, le jeune consultant a pourtant créé une Fédération française de la sécurité privée avec une connaissance, Vincent Crase. Cet officier de réserve de la gendarmerie basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle. C’est avec lui que M. Benalla commande les fameux pistolets qui inquiétaient Cédric O.

      Le goût des démonstrations de force

      « La commande a été refusée par la direction d’En marche ! », confie au Monde Vincent Crase. Cette association, selon les statuts déposés à la Préfecture de police de Paris, se voulait « un lieu d’échange entre les différents acteurs de la sécurité privée » et entendait régler « tous les différends entre les professionnels du secteur et les pouvoirs publics ou les clients ». Les activités de cette ambitieuse fédération n’ont laissé aucune trace : elle a été dissoute rapidement.

      A l’Elysée, en revanche, le caractère d’« Alexandre » et son goût pour les démonstrations de force ne passent pas inaperçus. Lors d’un meeting à Caen du candidat d’En marche !, le 4 mars 2017, des témoins se souviennent l’avoir vu soulever de terre et évacuer manu militari un photographe local, qui s’était approché de trop près à son goût de l’ancien ministre de l’économie. Et, à l’occasion d’un déplacement de M. Macron dans un centre de formation des apprentis de Tours, le 15 mars, le « M. Sécurité » du chef de l’Etat s’en était aussi pris à un commissaire de police en tenue, accusé de ne pas libérer assez vite le passage au président de la République. « Alexandre, faut pas l’embêter », avait soufflé ce jour-là un proche de M. Macron qui assistait à la scène.

      Alexandre Benalla au lendemain de la victoire française au foot

      Un autre #gendarme_réserviste, de #LREM celui-ici, intégré au dispositif policier ce Premier Mai
      https://lemonde.fr/politique/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-l-elysee-annonce-avoir-mis-fin-a-toute-collabor

      Bruno Roger-Petit a également annoncé que M. Benalla était ce jour-là accompagné d’un autre homme, Vincent Crase – que l’on voit également sur la vidéo –, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D’après le porte-parole, ce dernier était « très ponctuellement mobilisé comme d’autres réservistes par le commandement militaire de la présidence de la République ».

      Au cours de l’intervention filmée le 1er mai, M. Crase a « outrepassé son autorisation de la même manière qu’Alexandre Benalla et a été sanctionné comme lui d’une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire », a déclaré Bruno Roger Petit. « Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République », a-t-il ajouté.

      et lui était armé ce jour là

      Toujours plus loin. @enmarchefr appelle à re-créer des milices à Nantes
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1019531540756299777

      Pour le flicage généralisé transcourant c’est open bar. Se rappeller la #garde_nationale de Hollande, et noter qu’Hidalgo envisage de créer une police municipale armée à Paris
      https://seenthis.net/messages/708749

      On frappe à terre (Contrescarpe, Premier Mai), on abat d’un tir dans la nuque (Ababakar, Le Breil), on mitraille un fuyard (Luis, à Montargis, il y a un an), on écrase à plusieurs gendarmes un Noir jusqu’à l’étouffer à mort (Adama Traoré), c’est le panard de terroriser les déviants, les opposants (utilisation constante de grenades « de désencerclement » comme arme offensive lors de charges policières), d’écraser les faibles (innombrables condamnations à la prison, destruction des effets des migrants à la rue, tri social relancé par parcoursup, coupure d’eau des fontaines publiques, ..., ...). Ça pue.

      Le preneur de vue avait été gazé
      https://twitter.com/NicolasLescaut/status/991380127803170816

      L’incroyable dans cette affaire, c’est pas tant le maintien des traditions barbouzardes au sein de l’État -Salcon affiche ouvertement une grossièreté et une intransigeance qui sont un appel constant et réitéré à exercer la domination par tous les moyens nécessaires mais aussi tout simplement pour le plaisir - que cette généralisation d’un « effet Rodney King » où la multiplication des images et leur mise en circulation pèse d’un poids inédit (y compris contre les salariés, les manifestants, les mis en cause par la justice, etc.).

      Image encore, voilà que je trouve un autre Salcon s’amuse, faites en autant .

      #police #sécuritaire #décomplexé #préfet #Collomb #Elysée #barbouzes (aux petits pieds) #milice #nervis #vidéo #scandalisation #mdr

    • Un militant communiste accuse Alexandre Benalla de l’avoir frappé lors de la déclaration de candidature de Macron
      https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/un-militant-communiste-accuse-alexandre-benalla-de-lavoir

      Ça fait du bruit, pour l’impunité c’est beaucoup moins pratique que les policiers anonymes et sans matricule, mais, rendez vous compte, c’est « la plus forte sanction jamais infligé à un collaborateur de l’Elysée : 15 jours de mise à pieds … » ( Bruno Roger-Petit, porte parole de la présidence).

      #observation_participante

    • LA MILICE DE MACRON - A propos de « l’affaire Benalla » -
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1020035513909219328

      ...il y a aussi un troisième homme, lui aussi en civil, pas encore identifié, qui prend le relai de Benalla lorsqu’il exfiltre brutalement une jeune manifestante. Ces hommes semblent eux aussi se connaître, fonctionner ensemble. (...)

      Depuis mercredi, ce qui choque les #médias et la classe politique, ce ne sont pas les innombrables exactions commises contre les manifestants depuis des mois.

      Ces violences policières ont causé des centaines de blessures, et parfois des mutilations, et ont abondamment été filmées et documentées. Ce qui choque, c’est le caractère « non-règlementaire » des agressions commises par le milicien Benalla.

      Si les mêmes violences avaient été commises par les CRS ou la BAC, personne ou presque n’aurait réagi. Ce que les médias reprochent à Benalla et ses complices, c’est de ne pas avoir été officiellement policiers.

      @ellensalvi, Journaliste - Mediapart
      https://twitter.com/ellensalvi/status/1020048309740802049

      Quelque chose d’étrange dans la présentation que fait l’Élysée des fonctions d’#AlexandreBenalla.

      – Adjoint du chef de cabinet (poste déjà occupé par un autre)
      – En charge de la sécurité du président (responsabilité du seul patron du GSPR)

      Pourquoi a-t-il été recruté au juste ?

      Une SARL, des achats d’armes, un employeur/protecteur commun, pour cette affaire d’État.

      #milice #présidence

    • http://www.vududroit.com/2018/07/affaire-benalla-code-penal-quoi-faire

      Le comportement d’Emmanuel Macron est désarmant de sincérité. Le président de la République affiche un narcissisme permanent et infantile auquel vient s’ajouter un étonnant sentiment d’impunité. Et avec lui, aucune relâche, nous avons droit tous les jours à un épisode destiné à nourrir notre stupéfaction devant l’absence de limites du personnage. Il y a eu l’épisode qui a suivi la victoire française en Coupe du Monde de football, occasion à laquelle Emmanuel Macron a été incapable de se maîtriser, en a fait des tonnes de façon gênante, avant de signifier son égoïsme méprisant avec la confiscation de la descente du bus sur les Champs-Élysées. « Moi d’abord, les autres ne sont rien. »Il y a maintenant l’incroyable affaire qui concerne une espèce de « garde-du-corps-porte-flingue-conseiller » à l’Élysée auprès du chef et dont on apprend qu’il joue les nervis en allant casser du passant dans les rues de Paris. Une vidéo nous montre Monsieur Alexandre Benalla profitant d’un temps libre pour revêtir les signes liés à la fonction de policier et passer à tabac les gens qu’il soupçonne d’être des opposants à son patron. Au plan juridique, judiciaire et administratif, cette affaire est d’une gravité exceptionnelle. Elle s’est déroulée il y a plus de deux mois et demi et jusqu’à présent, la seule conséquence avait été une mise à pied de 15 jours de l’apprenti milicien !

      Ces psychopathes qui nous gouvernent.

    • Ça fait du bien de lire vos analyses, spécialement @colporteur. Je vois que l’affaire se déploie sur les réseaux sociaux, plus de vingt-quatre heures même... Mais la mémoire est courte sur la violence déployée ce jour-là contre tou·tes les manifestant·es (les copines de ma batucada ont été choquées, incapables de continuer, peur pour les prochaines fois - ça sert à ça, dissuader d’aller manifester). La mémoire courte, c’est sur les #violences_policières qui touchent spécialement les classes populaires et les personnes racisées depuis... Sarko, Pasqua, Papon, on ne sait plus quand ça a commencé mais ça pend au nez du gouvernement représentatif français depuis des décennies, cette façon de livrer une partie du corps social à la violence d’État.

      Je ne sais pas comment appeler l’entreprise de prédation du bien commun avec force collusion entre intérêts privés et État mais ce que vous appelez démocratie ci ou ça, ça n’est que la manière dont des groupes sociaux demandent au peuple de consentir à sa domination sous prétexte de démocratie, à vrai dire un gouvernement représentatif avec des caractères majoritairement aristocratiques produits par le vote, soit le choix des personnes jugées (sur des critères peu clairs et peu consensuels) les meilleures pour assumer les potes éligibles.

      Le moment Sarko, et aujourd’hui le moment Macron (mêmes chevilles qui ont pris la taille des colonnes du Panthéon, mêmes impairs chez le pape, mêmes chaises rabaissées pour avoir l’air plus grand, on dirait un clone) sont ce moment où ce gouvernement-là, de longue date au service des winners de la guerre économique dont il dicte les règles, cède à la tentation fasciste avec la liste que je connais précédemment...

      Allez, pour se faire plaisir.
      https://www.change.org/p/on-veut-le-licenciement-d-alexandre-benalla-et-non-une-simple-mise-%C3%A0-pi

    • @aude_v merci mais guère d’analyse de ma part, tout juste d’hypothétiques scénarios (et l’argent dans tout ça ? par exemple), et des extraits de presse et twitts

      Un aperçu d’un moment de #crise_de_régime, hier, selon Le Monde

      Dans cette ambiance électrique, l’agenda si bien huilé de l’exécutif est chamboulé. Les députés ont du mal à poursuivre l’examen de la révision constitutionnelle. Les incidents de séance se multiplient. Depuis une semaine, les débats sur cette réforme s’éternisaient, cette fois ils s’enlisent. A 18 heures, un conciliabule s’improvise dans la cour d’honneur du Palais-Bourbon. Après avoir quitté précipitamment le siège de LRM, Christophe Castaner échange avec François de Rugy, Richard Ferrand, Nicole Belloubet, Marc Fesneau, président du groupe MoDem, la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet et la conseillère parlementaire d’Edouard Philippe.

      Des membres de cabinets ministériels sont également présents, « au bout de leur vie », relate un participant. Des députés de l’opposition immortalisent la scène sur Twitter. Tout le monde perçoit le désarroi du premier cercle. La crise se déroule à ciel ouvert.

      Aujourd’hui, outre la GàV du suspect (...) et son licenciement (la barbouze au petit pied doit changer d’appart, il loge à l’Élysée...), trois responsables #policiers sont suspendus #fusibles
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/20/affaire-benalla-trois-responsables-policiers-ont-ete-suspendus_5333963_3224.

      Il s’agit de deux membres de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de #police et d’un commandant chargé de faire la liaison entre la #préfecture et l’#Elysée.

      Ils étudient si bien les autonomes (et leurs propres troupes...) avec leurs observations participantes, ils pigent si bien ce qui se passe dans cette société filmée par tous les bouts qu’ils ont pas retenu que « pas vu pas pris » implique dans nombre de cas d’avoir à se masquer.

      edit La préfecture de police de Paris embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla, Soren Seelow et Julia Pascual

      Les policiers s’indignent qu’un «  observateur  » de l’Elysée ait pu outrepasser son rôle. Des cadres de la préfecture de police sont mis en cause.

      La stupéfaction le disputait à la colère dans les rangs des forces de l’ordre, jeudi 19 juillet, alors que l’« affaire Benalla », du nom de cet employé de l’Elysée surpris en train d’interpeller et de molester deux manifestants le 1er mai, affublé d’un casque de police, prenait l’ampleur d’un scandale. Alexandre Benalla, 26 ans, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, avait été suspendu deux semaines, puis réintégré au service de la présidence de la République. Une mansuétude incompréhensible pour bon nombre de policiers.

      Au-delà de son retentissement politique, cet épisode fragilise la préfecture de police de Paris (PP), chargée de l’organisation du maintien de l’ordre et de l’accompagnement des « observateurs », dont faisait théoriquement partie M. Benalla le 1er mai. Trois cadres de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), qui gère les manifestations dans le ressort de la PP, ont ainsi été suspendus jeudi soir à titre conservatoire : Laurent Simonin, un contrôleur général membre de l’état-major de la DOPC ; le commissaire Maxence Creusat, également membre de l’état-major ; et un commandant, chargé de la liaison entre l’Elysée et la PP. Ils sont soupçonnés d’avoir récemment fait parvenir un film de l’incident issu de la vidéosurveillance à l’employé de l’Elysée.

      Benalla connu des services de la préfecture

      D’après nos informations, la demande d’intégrer M. Benalla à la manifestation a en outre été faite directement par l’Elysée auprès de la DOPC, sans passer par le ministère de l’intérieur. Une autorisation sans doute facilitée par son statut particulier : M. Benalla, qui a travaillé durant la campagne présidentielle de M. Macron en tant que responsable de la sécurité, puis comme « chargé de mission » à l’Elysée, est en effet loin d’être inconnu des services de la préfecture.

      « Je l’ai croisé plusieurs fois pendant la campagne, confirme un commissaire de la PP, et il était très présent sur les déplacements présidentiels. » Ce n’est pas la première fois qu’il participait à un service d’ordre, ajoute David Le Bars, du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) : « Cela fait des mois qu’il est présent sur les gros dispositifs de maintien de l’ordre. Il participe aux briefings préliminaires et aux débriefings et vient avec sa radio, donne des orientations à des commissaires en jouant de sa qualité. »

      D’après les informations du Monde, M. Benalla était également présent au sein de la salle de commandement de la DOPC, le soir du 1er mai, lorsque le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police, Michel Delpuech, ont rendu visite aux troupes. Mais selon une source policière, ce n’est que le lendemain, en découvrant les vidéos, que la haute hiérarchie de la PP aurait rapporté l’incident au ministère de l’intérieur.

      Lire aussi : Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla

      Brassard et talkie-walkie

      Le 1er mai, M. Benalla était présent place de la Contrescarpe, à Paris. Le secteur est placé sous l’autorité déléguée du commissaire Maxence Creusat, qui a été suspendu jeudi soir. La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montre M. Benalla et l’un de ses proches — Vincent Crase, employé de La République en marche — participant à l’interpellation de deux manifestants, un jeune homme et une jeune femme. Selon une information du Monde, la présence de ce second collaborateur occasionnel de l’Elysée n’avait pas été autorisée par la PP, qui ne l’aurait découverte que jeudi 18 juillet, lorsque l’Elysée a dévoilé son identité au lendemain de la révélation du scandale.

      Sur plusieurs films, on aperçoit M. Benalla frapper un jeune homme et s’en prendre à une jeune femme, sous le regard passif de CRS. Comment expliquer que M. Benalla ait pu bénéficier d’autant de largesses dans son encadrement ? « L’Elysée, ça fout la trouille à tout le monde », lâche, prosaïque, Philippe Capon, du syndicat de gardiens de la paix UNSA-Police. « On n’est pas obligé de jouer les laquais de la présidence ! », s’étrangle un commissaire.

      Place de la Contrescarpe, ainsi que sur d’autres images prises dans Paris, un homme en civil accompagne M. Benalla sans jamais s’interposer : il s’agit pourtant d’un membre de l’état-major de la DOPC, Philippe Mizerski, chargé d’encadrer l’« observateur » de l’Elysée, et qui ne pouvait donc ignorer sa qualité. Jeudi, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs déclaré identifier « formellement » ce policier comme étant celui qui lui « a demandé (…) de [s]e retirer de la marche silencieuse », en hommage à Mireille Knoll, le 28 mars, où il avait été chahuté. Une vidéo atteste de la présence de ce fonctionnaire.

      Autre question soulevée par cette affaire : comment Alexandre Benalla a-t-il pu arborer un brassard de police, ainsi qu’en témoignent plusieurs vidéos ? La PP précise qu’elle dote les observateurs qu’elle accueille « de casques et de gilets pare-balles permettant d’assurer leur protection. » Les brassards de police ou la radio portative, en revanche, ne font pas partie du matériel attribué.

      « Des amateurs »

      Afin d’éclaircir ces aspects du dossier, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé, jeudi, au Sénat, avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Cette enquête administrative vient en complément de l’enquête judiciaire ouverte jeudi matin par le parquet de Paris pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », dans le cadre de laquelle M. Benalla et M. Case ont été placés en garde à vue vendredi. Le parquet de Paris a par ailleurs à son tour cosaisi l’IGPN pour mener l’enquête judiciaire.

      Ce n’est pas la première fois que M. Benalla témoigne de son goût pour les attributions régaliennes. Compte tenu de son rôle pendant la campagne présidentielle et à l’Elysée, il bénéficie d’une autorisation de port d’arme. D’après nos informations, la demande a été faite par l’Elysée auprès de la PP et a été satisfaite en octobre 2017. M. Benalla est donc connu du SDLP, le service de police spécialisé dans la protection des personnalités, et de son émanation le GSPR, chargé de la protection du président de la République.

      Sa situation ne manque pas, là non plus, d’interroger. « Depuis quand met-on des amateurs pour s’occuper de la protection du président alors qu’on a des policiers et des gendarmes qui sont des professionnels ?, interroge Jean-Paul Mégret, du Syndicat indépendant des commissaires de police. Résultat, on se retrouve avec des gens qui n’ont aucun sang-froid. » Un connaisseur de la question fait remarquer que « c’est la première fois depuis le général de Gaulle qu’on contourne les services officiels ».

      #vidéo #violences_policières

    • Quelques têtes tombent dans la police ? C’est allé vraiment très loin, parce que Hollande n’avait fait mettre à pied personne à l’automne 2016 quand les flics manifestaient le visage caché, en armes et autres joyeusetés interdites par la loi. C’était passé comme une lettre à la poste (distribuée par un député !). C’est marrant, de voir ce qui ne froisse pas nos concitoyen·nes et ce qui les choque.

    • Non bis in idem.

      Je suis toujours atterré par la capacité de la presse à aboyer avec la meute. Et l’absence de mobilisation du moindre neurone…

      À propos du motif de licenciement d’A. Benalla, «  mais pas pour les événements du 1er mai  ». cf. p. ex.

      Alexandre Benalla. Le point sur l’affaire qui secoue l’Elysée - France - LeTelegramme.fr
      https://www.letelegramme.fr/france/alexandre-benalla-le-point-sur-l-affaire-qui-secoue-l-elysee-20-07-2018

      Alexandre Benalla n’est pas licencié pour les violences du 1er-Mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant : il « aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir », explique l’Elysée.

      … on rappellera qu’il ne peut être licencié pour ce fait, puisqu’il a déjà été sanctionné. Même symboliquement (et encore…) N’importe quelle instance juridique, Tribunal Administratif, probablement, mais on ne sait rien de son contrat (on va certainement encore apprendre des choses…) et donc, peut-être Prud’hommes, quelle que soit la juridiction, l’employeur se ferait exploser un tel motif de licenciement. (note aux journalistes : c’est qu’il faut indiquer les 7 semaines de délai en plus du rappel de l’impossibilité de double sanction).

      On notera d’ailleurs que le motif retenu est tout à fait délicieux – et tombe à pic, un contentieux là dessus serait intéressant à suivre : si on appliquait une telle (future) jurisprudence Benalla, il manquerait rapidement une part considérable de la police et de la gendarmerie, étant donné les habitudes d’accès illégal au STIC, voire de commercialisation de ses infos (moisies…)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_traitement_des_infractions_constat%C3%A9es#Fuites

    • Entre autres détails du Parisien,…

      Il est quasiment certain que l’identification du gugusse et la transmission au Monde sont issues de la #Grande_Maison.

      Les réseaux d’Alexandre Benalla au cœur de l’enquête - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-reseaux-d-alexandre-benalla-au-coeur-de-l-enquete-20-07-2018-7828155.

      Selon nos informations, le jeune chargé de mission a été aperçu mercredi soir en train de récupérer un CD-ROM contenant les fameuses vidéos, dans un bar du VIIIe arrondissement de Paris. Benalla comptait, semble-t-il, s’en servir pour préparer sa défense. Il va devoir s’en expliquer devant les enquêteurs. Dans l’attente, les trois policiers ont été suspendus administrativement à titre conservatoire.

    • Où l’on apprend que la @prefpolice conserve les images de vidéo surveillance au delà du délai maximal d’un mois.

      https://twitter.com/raphkempf/status/1020560892948344832
      Se découvrir filmé, après coups (prise par trois objectifs ici, sans compter la vidéo surveillance)

      Ça se complique pour les politiciens ? Une réponse à la défense de l’honneur de la police par la gauche représentative :

      Quand la vidéo est sortie le 1er mai, personne, jamais, n’a dit « ça peut pas être des flics, ils se comportent pas comme ça », pas @Francois_Ruffin, pas la FI. Personne.
      On y a tous vu que du feu, précisément parce qu’on sait qu’ils se comportent comme ça.

      https://twitter.com/Aur0rax/status/1020540665028136960

      #nervi #bouffon #barbouze_manquée #vidéosurveillance #boomrang

    • question que nul ne pose ?

      cf. mon message d’il y a 2 jours. Visiblement, l’incroyable grade de lieutenant-colonel, sans parler des (encore plus) incroyables avantages et rémunération, passe très très mal dans un corps qui n’a pas vraiment besoin de cette cerise pour avoir des états d’âme (dont l’expression est illégale…)


  • Agressions sexuelles le soir de la finale du Mondial : la police appelle les victimes à porter plainte
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/18/agressions-sexuelles-le-soir-de-la-finale-la-police-appelle-les-victimes-a-p
    Allez y c’est important pour la comm’ à Macron. Et ne manquez pas l’occasion de vous faire humilié publiquement par les flics, les juges, les médias et les politiques tout en vous faisant siphonner vos revenus par des avocats pour au final obtenir, dans le meilleur des cas, un non-lieu.

    « Personne n’est intervenu », observe la Nantaise, qui se dirige alors vers les forces de l’ordre pour leur demander d’intervenir. « Ils m’ont dit : “Nous, on est là pour le terrorisme ! Il faut que vous alliez porter plainte.” »

    Depuis #metoo il n’y a pas eu de programme de formation des flics et juges sur les violences sexuelles, donc c’est exactement comme d’habitude. Ils le disent eux même : “Nous, on est là pour le terrorisme !"

    #violences_sexuelles #harcèlement_sexuel #violences_masculine #fraternité #police

    • C’est juste que les flics ont recu des ordres correspondant à la place des femmes dans la république. je croi pas que le fait de s’envelopper des insignes du FN suffise à immunisé les francais racialisés contre le stigmate du « terroriste » ou celui du « garçon arabe ». En cas de plainte, les flics et juges se bougerons seulement si les mise en cause sont bazanés.

    • https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/07/17/violences-sexuelles-une-volonte-de-ne-pas-condamner

      D’autant qu’il y a peu de victimes qui ont donné des noms, la plupart se sont bornées à raconter ce qu’elles avaient subi, et chez celles qui ont donné des noms, il y avait la volonté de protéger d’autres victimes, comme toujours.Et parler de délation dans ce contexte, à propos de crimes graves que théoriquement tout citoyen doit dénoncer, c’est quand même assez indécent. Et en plus, poser que ces crimes ne pouvaient être dénoncés qu’en portant plainte, c’est quand même se moquer du monde : ce n’est pas pour rien qu’il n’y a que 9% de plaintes déposées, qu’au final 70% de ces affaires sont classées et qu’il n’y a que 1% de condamnations. Et on sait que les procédures judiciaires sont maltraitantes : notre enquête a montré que 80% des victimes disent avoir très mal vécu les procédures judiciaires. Et que dans l’état actuel, porter plainte, ce n’est pas du tout une garantie d’être jugée, d’être entendue, en fait, les femmes se retrouvent forcément mises en cause, traitées comme des coupables – on ne peut donc pas leur renvoyer cette injonction de porter plainte. Certaines y arrivent parce qu’elles ont du soutien, où qu’elles croient que la justice va répondre à leurs demandes –mais ça se révèle un piège affreux pour elles. Mais pour l’instant, avec la justice actuelle, faire cette injonction aux victimes, c’est un déni total de réalité.

      ...

      Dissociation traumatique qui est à l’origine de la vulnérabilité à d’autres violences, parce que les agresseurs repèrent immédiatement que les victimes sont dissociées donc qu’elles n’ont pas la capacité de pouvoir leur échapper et de se défendre. Et cette dissociation fait aussi que personne n’en a rien à faire, parce que de toute façon, elles ont l’air complètement à l’ouest, on ne va pas du tout les protéger, parce que personne n’a peur pour elles. C’est effarant de constater, quand on discute avec les magistrats qui s’opposent à l’allongement de la prescription, voire à l’imprescriptibilité que nous demandons, que jamais ils n’évoquent le fait que permettre à des victimes de porter plainte, ça permet de protéger d’autres victimes et, en ayant une justice qui agit, de mettre hors d’état de nuire les violeurs : le fait que ça protège d’autres victimes, ça ne les intéresse jamais. J’ai vu ça dans les commissions auxquelles j’ai participé, et à l’échelon du syndicat de la magistrature ; à l’échelon individuel, il y a des magistrats qui sont bien, avec qui on peut travailler. Mais la majorité des magistrats sont contre nous, la majorité des médecins aussi, donc on doit « travailler contre ». On sent que la majorité de ces hommes dominants ne veulent absolument pas renoncer à leurs privilèges, continuer à se servir comme ils veulent quand ils veulent et pouvoir exercer les pires violences tranquilles dans leur coin.

    • C’est juste que les flics ont recu des ordres correspondant à la place des femmes dans la république.

      Et peut-être même pas de façon explicite. C’est leur fonctionnement profond et basique renforcé par une formation délétère qui fait que la police met en doute la parole des victimes ou tourne en dérision leurs plaintes, renforçant ainsi les humiliations qu’elles ont subies.

      #sexisme #hypocrisie (des pouvoirs publics) #communication_politique


  • Que la police décide des livres à lire, “cette seule pensée fait frémir”
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/que-la-police-decide-des-livres-a-lire-cette-seule-pensee-fait-fremir/89974?origin=newsletter

    Deux romans, The Hate U Give d’Angie Thomas et All American Boys, de Jason Reynolds et Brendan Kiely, ont fait l’objet d’attaques sévères. Accusés de présenter une image biaisée des forces de police, ces ouvrages voyaient poindre l’index déictique d’organisations locales. Et les élèves du lycée de Charleston en seraient privés, tout bonnement.

    Des livres Young Adult qui attisent la haine des policiers, voilà qui semblait louche. Très louche. Pour John Blackmon, président d’une organisation fraternelle de policiers de l’État de Caroline du Sud, ces livres pratiquaient une forme d’endoctrinement nuisible pour l’image de la police.

    L’Authors Guild, qui défend les intérêts des écrivains aux États-Unis, est récemment intervenue : sa directrice générale, Mary Rasenberg, rue dans les brancards dans une lettre ouverte adressée à l’organisation policière. « Les tentatives de censure de la part des forces de l’ordre ne sauraient être tolérées dans une démocratie. Les éducateurs doivent rester libres de choisir des livres sur tous les sujets pour les lectures de leurs élèves », lance-t-elle.

    De la police d’écriture à la police de la pensée

    « Cette ingérence doit cesser — attendu qu’elle est clairement basée sur le contenu des livres en question. C’est une violation flagrante du droit des étudiants, en regard du premier amendement, et une tentative inappropriée de la part des forces de l’ordre. »

    Et de poursuivre : « C’est un principe fondamental de la démocratie que la police n’ait aucun rôle à jouer dans les livres qui devraient être ou ne pas être lus. »

    Quelle représentation de la police
    dans les livres jeunesse ?

    Dans le même mouvement, l’AG, avec le soutien de la National Coalition Against Censorship, a également écrit à la directrice de l’établissement ciblé. « Plutôt que de restreindre les listes de lecture, nous vous exhortons à encourager vos élèves : qu’ils découvrent différents points de vue, et que cela les engage à des discussions critiques sur les enjeux sociétaux. »

    Mais Mary Rasenberger n’en démord pas : « Qu’on laisse les enseignants enseigner. Qu’une police locale s’immisce dans les choix pédagogiques, c’est ce à quoi on s’attend dans un État policier. Cette seule pensée fait frémir. »

    #Censure #Police #Etats-Unis


  • Dans les centres pour exilés, la réalité des #violences_policières

    L’intervention massive des forces de police dans les centres d’accueil ou de transit pour réfugiés a régulièrement fait les gros titres ces six derniers mois en Allemagne. Il semblerait que l’irruption régulière de camions de forces armées jusqu’aux dents soit devenue la norme, notamment dans le paysage bavarois, où plusieurs incidents ces derniers mois dans les centres d’#Ellwagen, #Donauwörth, et #Bamberg ont été repris par les journaux nationaux.

    Quel beau spectacle que la fougue des policiers armés qui débarquent à l’aube dans les centres d’accueil pour exilés, à grands renforts de camions, de sirènes, de gazs lacrymogènes, de chiens entrainés. On s’interroge : que se passe-t-il ? Un attentat ? Une prise d’otages ? Un braquage armé ? Non, juste un homme menotté qui refuse d’être expulsé et qui crie pour qu’on le laisse libre, ou un groupe de personnes qui se plaint de la qualité de la nourriture à la cantine.

    David loge dans le centre de Donauwörth en Bavière. Il se souvient de cette nuit de mars 2018, lorsque la police est arrivée à 3 heures du matin pour chercher un homme devant être expulsé vers l’Italie. Les policiers pensaient le trouver dans le centre, or cette nuit là il n’était pas dans sa chambre : « Il y avait du bruit dans les couloirs, les gens ont commencé à sortir de leur chambre pour voir ce qu’il se passait. Puis la sonnette d’alarme a retenti et tout le monde est sorti du bâtiment, c’est la procédure. Mais la police entourait les immeubles, ils étaient très nombreux, et ils nous ont poussés dans les bâtiments avec des gazs lacrymogènes. On est restés enfermés pendant des heures. » Au terme de cette intervention, trente-deux personnes ont été arrêtées. « On a écrit des lettres à la police, aux hôpitaux, mais personne ne pouvait ou ne voulait nous dire où ils étaient. » Aujourd’hui, certains ont été libérés, certains ont été expulsés. deux sont encore en prison.
    Une violence institutionnalisée

    Les demandeurs d’asile qui arrivent en Allemagne pour demander la protection de l’Etat se retrouvent être la cible de violences systématiques tolérées sinon encouragées par les institutions. Les hommes africains noirs souffrent particulièrement de cette stigmatisation. Si le racisme a toujours existé dans la société allemande, le phénomène a pris de l’ampleur après les évènements du nouvel an 2015 à Cologne, où des femmes avaient été agressées dans les rues de la ville. Depuis, la diabolisation de l’homme noir a eu pour conséquence la criminalisation des exilés. Dès lors, les policiers ne sont jamais présentés comme ceux qui commettent les actes de violence, mais comme les victimes du Migrant. A Berlin, certains parcs ou cafés où se retrouvent les exilés ont été désignés comme des « endroits dangereux ». En Bavière, la loi caractérise jusqu’aux centres d’accueil comme tels, justifiant ainsi les contrôles impromptus de policiers surentrainés, qui peuvent pénétrer dans les chambres des exilés et violer leur intimité en toute impunité. Sur tout le territoire, les contrôles au faciès sont la norme : comment repérer le Migrant ? Par son style vestimentaire …. et surtout sa couleur de peau.

    Bamberg est un centre de transit avant expulsion en Bavière, modèle des futurs Anker Zentren chers à Horst Seehofer, bavarois et ministre de l’intérieur du gouvernement fédéral. Les conditions de vie y sont particulièrement difficiles : interdiction de travailler, obligation de résidence, bons d’achat en guise d’argent de poche, emplois proposés à 80 centimes l’heure. Là, c’est une entreprise de sécurité privée qui gère le centre et qui n’hésite pas à brutaliser ses résidents. L’association Justizwatch fait état de plusieurs cas de coups et blessures entre 2017 et 2018, et d’intimidations des victimes lorsqu’ils essayent de porter plainte.

    Les exilés font donc face à un quotidien difficile et à un climat tendu où la situation peut facilement déraper, alors même qu’ils vivent dans la peur de se faire expulser à toute heure du jour ou de la nuit. Ces incertitudes ainsi que l’impression de tourner en rond créent un climat délètère pour leur santé physique et psychologique. S’ajoutent à cela les violences, et le sentiment d’injustice face à la criminalisation des exilés relayée par certains médias. Christel et Hassan vivent dans le centre d’Ellwangen. Ils étaient présents lorsque quatre policiers sont venus chercher un Togolais pour l’expulser en Italie, le 1er mai. Mais celui-ci a refusé de les suivre. Menotté, il a commencé à crier et ses voisins de palier sont sortis pour voir ce qui se passait. Les quatre policiers ont alors décidé de partir, laissant l’homme attaché. Christel raconte ce qu’elle a vu depuis le bâtiment des femmes trois jours plus tard : « La police est revenue. Avec des dizaines de voitures, des chiens. Il y avait une vraie ambiance de terreur, nous pensions toutes que nous allions être renvoyées en Afrique ! On ne pouvait pas sortir, personne ne nous a expliqué ce qu’il se passait. C’était le milieu de la nuit, et on pouvait seulement voir des hommes à moitié nus debout et menottés dans le froid – car il fait froid dans le sud de l’Allemagne ! ». Cette nuit-là, de nombreuses personnes ont été blessées. « Mais le pire a été de voir les vidéos postés dans les médias et les réseaux sociaux ensuite ! » s’exclame Hassan. « Tout le monde disait que les réfugiés avaient attaqué les policiers, mais c’est faux ! C’est pourquoi nous avons décidé de nous exprimer et de communiquer notre version des faits. »

    Une stratégie de criminalisation des exilés

    Or ce n’est pas seulement en Bavière que ces évènements se produisent. Un groupe de tchétchènes a publié une lettre ouverte le 3 juillet dernier pour dénoncer les contrôles de police systématiques subis par des familles, parfois par des enfants, dans la ville de Cottbus : ainsi que le comportement ouvertement islamophobe des administrations.
    La réponse policière aux actes de résistance, de protestation, ou simplement de survie des exilés est bien trop souvent disproportionnée, voire spectaculaire. Mais ce spectacle n’est il pas destiné d’abord à l’opinion publique, pour montrer que l’Etat a « la situation sous contrôle », et que les « individus à risques » sont matés et réduits au silence ? Cette violence quotidienne et systématique interroge l’agenda d’institutions qui doivent par ailleurs justifier des traitements inhumains et des expulsions à la chaine. Or, il est bien plus facile de mener sa vile besogne si celui que l’on maltraite est considéré par la majorité comme un dangereux criminel. Il est donc fondamental de porter le témoignage des victimes, en attendant que les tribunaux saisis par les victimes s’expriment sur la violation de leurs droits.

    https://medialibre.info/echanges-partenariats/dans-les-centres-pour-exiles-la-realite-des-violences-policieres

    #police #violence_policière #Allemagne #asile #migrations #réfugiés #centres_pour_réfugiés #centres_de_transit #centres_d'accueil


  • Didot, la police de caractères à l’élégance révolutionnaire Jean-François Nadeau 17 Juillet 2018 Le Devoir

    https://www.ledevoir.com/societe/532541/didot-le-caractere-de-l-elegance-revolutionnaire

    Les polices de caractères ont souvent une histoire étonnante, dans laquelle s’entremêlent enjeux graphiques, économiques et sociopolitiques. Deuxième texte d’une série estivale consacrée à ce sujet.


    Depuis plus de trois siècles, le nom de Didot est étroitement lié aux livres édités en français. À compter de 1698, la famille Didot, véritable dynastie, a eu la mainmise sur de vastes secteurs du monde de l’imprimerie. Cela en bonne partie grâce au développement de caractères qui portent leur nom. Le caractère Didot, d’un genre sérieux, donne dans une large mesure son élégance à la typographie française.
    La plupart des grandes oeuvres de la culture française ont été largement diffusées grâce aux caractères Didot. À compter du XVIIIe siècle, on ne peut en effet imaginer les fables de La Fontaine, les oeuvres de Sade ou encore celles de Molière sans les visualiser dans des mises en page structurées par de fins calculs mathématiques que permettent les lettres dessinées et fondues par les Didot.

     Depuis l’arrivée des formats numériques, dominés par le monde anglo-saxon et sa propre tradition typographique, le caractère Didot, si longtemps omniprésent pourtant, s’est effacé pour la première fois du quotidien des lecteurs de langue française. Ce caractère avec empattements, ces extensions fines du corps de la lettre, n’est pas d’emblée parmi les premiers choix qui s’offrent aux lecteurs à fleur d’écrans.


    Le recueil des « Fables de La Fontaine » de l’imprimerie de Pierre Didot l’aîné, en 1802

    Dans Illusions perdues, Balzac fait de la famille Didot une assise pour le développement de ce grand roman. Pour un écrivain comme Balzac, comme pour nombre d’autres, le nom de Didot brillait forcément au firmament des lettres.
    C’est une femme, Marie-Anne, qui serait à l’origine de cette importante entreprise à laquelle la pensée française s’est associée de longue date pour en assurer la diffusion. Mais les archives au sujet des Didot sont plutôt maigres. De rares dossiers retrouvés dans les fabriques de la famille, les livres qu’ils ont matérialisés, les collections personnelles de quelques descendants, tout cela suffit à peine à donner une idée de leur emprise sur la diffusion des idées.

    Révolutionnaire
    Le célèbre typographe et graphiste Pierre Faucheux, à qui l’édition française doit des centaines de maquettes de livres au XXe siècle, ne cachait pas sa profonde affection pour le caractère Didot. « Le Didot m’a toujours fasciné. Lorsque Jean-Jacques Pauvert, dans les années quatre-vingt, a décidé de publier les oeuvres complètes de Sade, il s’adressa à moi. Il n’y avait à mes yeux qu’une typographie possible : le Didot. […] Le Didot mord de ses lames et découpe le nom du marquis. »


    Si le caractère fait certainement l’affaire des révolutionnaires, c’est que l’époque pullule d’écrits de toutes sortes qu’il faut imprimer et diffuser au mieux. Mais les Didot ne font pas eux-mêmes la révolution. Loin de là. D’autant qu’on puisse en juger, ils font surtout des affaires en or. Les activités d’imprimerie de la famille Didot s’imposent au point de se jouer des époques autant que des régimes politiques.

    Les affaires de la famille prennent d’abord un bel élan avec François Didot (1689-1759). Pendant quatre ans, il va d’abord apprendre son métier, sans aucun salaire, chez un libraire. Les libraires sont alors doublés d’imprimeurs. Les deux métiers se donnent la main. François Didot finit par obtenir un certificat de mérite du recteur de l’Université de Paris, qui montre qu’il sait lire le latin et le grec. D’abord libraire, il est reçu ensuite imprimeur. C’est sous sa gouverne que seront notamment publiés les livres très populaires de l’abbé Prévost, dont son très beau Manon Lescaut . François Didot va apparemment lui arracher un à un les feuillets de ses livres dans les cabarets où il traînait et se mourait.

    Son fils, François Ambroise Didot (1730-1804), invente le point typographique, une mesure révolutionnaire qui permet de calibrer plus finement encore les textes et d’assurer une mise en page parfaite, selon des équations mathématiques implacables. Jusqu’à François Ambroise, les caractères étaient fondus dans des dimensions assez variables qui ne permettaient pas des combinaisons justes tant les proportions étaient déficientes. Il va inventer une nouvelle fonderie qui met de l’avant la rationalité du système du point typographique, devenu très vite une référence. Les alliances entre riches familles d’imprimeur vont aussi aider les Didot. La famille devient de plus en plus incontournable.

    Son frère, Pierre François (1732-1795), dit le jeune, imprimeur de la Cour, est un graveur de caractères formidable dont la réputation dépasse largement la puissance de son atelier. Ses propres fils vont accroître encore davantage la réputation familiale. On n’en finirait plus de passer à travers l’arbre généalogique de cette famille à l’emprise tentaculaire.

    Napoléon
    Mais de cette famille, c’est Firmin Didot (1764-1836) qui sera peut-être le plus connu. Graveur, fondeur, il popularise le « point Didot », mesure de référence dans l’imprimerie française, tout en étant aussi un fameux graveur de caractères. Il sera par ailleurs élu député et défendra les intérêts de la librairie et de la presse. Et c’est lui qui voit à regrouper, sous le patronyme familial, les activités de l’entreprise pour les transmettre à son arrière-petit-fils, Robert Firmin-Didot, grand imprimeur aussi, doublé d’un collectionneur.

    En 1811, Firmin Didot réalisait un nouveau caractère à la demande de Napoléon, le Didot millimétrique, dont le nom est tiré du système métrique. Dans des notes personnelles, Firmin rappelle que le grand Benjamin Franklin, imprimeur à ses débuts, avait confié son propre fils à la famille Didot afin qu’il apprenne au mieux le métier. C’est ce que l’on perçoit d’ailleurs vite dans le roman de Balzac : quiconque aspirait à devenir un typographe respecté devait passer d’abord chez les Didot pour être formé.

    L’imprimerie Firmin-Didot existe toujours, mais elle appartient désormais à CPI, un grand groupe européen, spécialisé dans l’impression de livres. Nombre de livres continuent néanmoins de porter, tant par le caractère que par la marque de fabrique, le nom Didot.

    #Imprimerie #Police de #Caractère #Didot #femme #mathématiques #Histoire #livre #médias #littérature #art #typographique #typographie #mise_en_page #Lay_out


  • By Stifling Migration, Sudan’s Feared Secret Police Aid Europe

    At Sudan’s eastern border, Lt. Samih Omar led two patrol cars slowly over the rutted desert, past a cow’s carcass, before halting on the unmarked 2,000-mile route that thousands of East Africans follow each year in trying to reach the Mediterranean, and then onward to Europe.

    His patrols along this border with Eritrea are helping Sudan crack down on one of the busiest passages on the European migration trail. Yet Lieutenant Omar is no simple border agent. He works for Sudan’s feared secret police, whose leaders are accused of war crimes — and, more recently, whose officers have been accused of torturing migrants.

    Indirectly, he is also working for the interests of the European Union.

    “Sometimes,” Lieutenant Omar said, “I feel this is Europe’s southern border.”

    Three years ago, when a historic tide of migrants poured into Europe, many leaders there reacted with open arms and high-minded idealism. But with the migration crisis having fueled angry populism and political upheaval across the Continent, the European Union is quietly getting its hands dirty, stanching the human flow, in part, by outsourcing border management to countries with dubious human rights records.

    In practical terms, the approach is working: The number of migrants arriving in Europe has more than halved since 2016. But many migration advocates say the moral cost is high.

    To shut off the sea route to Greece, the European Union is paying billions of euros to a Turkish government that is dismantling its democracy. In Libya, Italy is accused of bribing some of the same militiamen who have long profited from the European smuggling trade — many of whom are also accused of war crimes.

    In Sudan, crossed by migrants trying to reach Libya, the relationship is more opaque but rooted in mutual need: The Europeans want closed borders and the Sudanese want to end years of isolation from the West. Europe continues to enforce an arms embargo against Sudan, and many Sudanese leaders are international pariahs, accused of committing war crimes during a civil war in Darfur, a region in western Sudan.

    But the relationship is unmistakably deepening. A recent dialogue, named the Khartoum Process (in honor of Sudan’s capital) has become a platform for at least 20 international migration conferences between European Union officials and their counterparts from several African countries, including Sudan. The European Union has also agreed that Khartoum will act as a nerve center for countersmuggling collaboration.

    While no European money has been given directly to any Sudanese government body, the bloc has funneled 106 million euros — or about $131 million — into the country through independent charities and aid agencies, mainly for food, health and sanitation programs for migrants, and for training programs for local officials.

    “While we engage on some areas for the sake of the Sudanese people, we still have a sanction regime in place,” said Catherine Ray, a spokeswoman for the European Union, referring to an embargo on arms and related material.

    “We are not encouraging Sudan to curb migration, but to manage migration in a safe and dignified way,” Ms. Ray added.

    Ahmed Salim, the director of one of the nongovernmental groups that receives European funding, said the bloc was motivated by both self-interest and a desire to improve the situation in Sudan.

    “They don’t want migrants to cross the Mediterranean to Europe,” said Mr. Salim, who heads the European and African Center for Research, Training and Development.

    But, he said, the money his organization receives means better services for asylum seekers in Sudan. “You have to admit that the European countries want to do something to protect migrants here,” he said.

    Critics argue the evolving relationship means that European leaders are implicitly reliant on — and complicit in the reputational rehabilitation of — a Sudanese security apparatus whose leaders have been accused by the United Nations of committing war crimes in Darfur.

    “There is no direct money exchanging hands,” said Suliman Baldo, the author of a research paper about Europe’s migration partnership with Sudan. “But the E.U. basically legitimizes an abusive force.”

    On the border near Abu Jamal, Lieutenant Omar and several members of his patrol are from the wing of the Sudanese security forces headed by Salah Abdallah Gosh, one of several Sudanese officials accused of orchestrating attacks on civilians in Darfur.

    Elsewhere, the border is protected by the Rapid Support Forces, a division of the Sudanese military that was formed from the janjaweed militias who led attacks on civilians in the Darfur conflict. The focus of the group, known as R.S.F., is not counter-smuggling — but roughly a quarter of the people-smugglers caught in January and February this year on the Eritrean border were apprehended by the R.S.F., Lieutenant Omar said.

    European officials have direct contact only with the Sudanese immigration police, and not with the R.S.F., or the security forces that Lieutenant Omar works for, known as N.I.S.S. But their operations are not that far removed.

    The planned countertrafficking coordination center in Khartoum — staffed jointly by police officers from Sudan and several European countries, including Britain, France and Italy — will partly rely on information sourced by N.I.S.S., according to the head of the immigration police department, Gen. Awad Elneil Dhia. The regular police also get occasional support from the R.S.F. on countertrafficking operations in border areas, General Dhia said.

    “They have their presence there and they can help,” General Dhia said. “The police is not everywhere, and we cannot cover everywhere.”

    Yet the Sudanese police are operating in one unexpected place: Europe.

    In a bid to deter future migrants, at least three European countries — Belgium, France and Italy — have allowed in Sudanese police officers to hasten the deportation of Sudanese asylum seekers, General Dhia said.

    Nominally, their official role is simply to identify their citizens. But the officers have been allowed to interrogate some deportation candidates without being monitored by European officials with the language skills to understand what was being said.

    More than 50 Sudanese seeking asylum in Europe have been deported in the past 18 months from Belgium, France and Italy; The New York Times interviewed seven of them on a recent visit to Sudan.

    Four said they had been tortured on their return to Sudan — allegations denied by General Dhia. One man was a Darfuri political dissident deported in late 2017 from France to Khartoum, where he said he was detained on arrival by N.I.S.S. agents.

    Over the next 10 days, he said he was given electric shocks, punched and beaten with metal pipes. At one point the dissident, who asked that his name be withheld for his safety, lost consciousness and had to be taken to the hospital. He was later released on a form of parole.

    The dissident said that, before his deportation from France, Sudanese police officers had threatened him as French officers stood nearby. “I said to the French police: ‘They are going to kill us,’” he said. “But they didn’t understand.”

    European officials argue that establishing Khartoum as a base for collaboration on fighting human smuggling can only improve the Sudanese security forces. The Regional Operational Center in Khartoum, set to open this year, will enable delegates from several European and African countries to share intelligence and coordinate operations against smugglers across North Africa.

    But potential pitfalls are evident from past collaborations. In 2016, the British and Italian police, crediting a joint operation with their Sudanese counterparts, announced the arrest of “one of the world’s most wanted people smugglers.” They said he was an Eritrean called Medhanie Yehdego Mered, who had been captured in Sudan and extradited to Italy.

    The case is now privately acknowledged by Western diplomats to have been one of mistaken identity. The prisoner turned out to be Medhanie Tesfamariam Berhe, an Eritrean refugee with the same first name as the actual smuggler. Mr. Mered remains at large.

    Even General Dhia now admits that Sudan extradited the wrong man — albeit one who, he says, admitted while in Sudanese custody to involvement in smuggling.

    “There were two people, actually — two people with the same name,” General Dhia said.

    Mr. Berhe nevertheless remains on trial in Italy, accused of being Mr. Mered — and of being a smuggler.

    Beyond that, the Sudanese security services have long been accused of profiting from the smuggling trade. Following European pressure, the Sudanese Parliament adopted a raft of anti-smuggling legislation in 2014, and the rules have since led to the prosecution of some officials over alleged involvement in the smuggling business.

    But according to four smugglers whom I interviewed clandestinely during my trip to Sudan, the security services remain closely involved in the trade, with both N.I.S.S and R.S.F. officials receiving part of the smuggling profits on most trips to southern Libya.

    The head of the R.S.F., Brig. Mohammed Hamdan Daglo, has claimed in the past that his forces play a major role in impeding the route to Libya. But each smuggler — interviewed separately — said that the R.S.F. was often the main organizer of the trips, often supplying camouflaged vehicles to ferry migrants through the desert.

    After being handed over to Libyan militias in Kufra and Sabha, in southern Libya, many migrants are then systematically tortured and held for ransom — money that is later shared with the R.S.F., each smuggler said.

    Rights activists have previously accused Sudanese officials of complicity in trafficking. In a 2014 report, Human Rights Watch said that senior Sudanese police officials had colluded in the smuggling of Eritreans.

    A British journalist captured by the R.S.F. in Darfur in 2016 said that he had been told by his captors that they were involved in smuggling people to Libya. “I asked specifically about how it works,” said the journalist, Phil Cox, a freelance filmmaker for Channel 4. “And they said we make sure the routes are open, and we talk with whoever’s commanding the next area.”

    General Dhia said that the problem did not extend beyond a few bad apples. Sudan, he said, remains an effective partner for Europe in the battle against irregular migration.

    “We are not,” he said, “very far from your standards.”

    https://www.nytimes.com/2018/04/22/world/africa/migration-european-union-sudan.html
    #Soudan #externalisation #asile #migrations #contrôles_frontaliers #frontières #réfugiés #police_secrète #Europe #UE #EU #processus_de_Khartoum
    signalé par @isskein

    • Sudan : The E.U.’s Partner in Migration Crime

      The first part of our new investigation finds key individuals in the Khartoum regime complicit in #smuggling and trafficking. Reporting from Egypt, Sudan, Eritrea and the Netherlands reveals security services involved in a trade they are meant to police.


      https://www.newsdeeply.com/refugees/articles/2018/01/19/sudan-the-e-u-s-partner-in-migration-crime
      #soudan #migrations #réfugiés #asile #EU #Europe #complicité #UE #trafic_d'êtres_humains #traite #processus_de_khartoum #Shagarab #Omdurman #Rapid_Support_Forces #RSF #frontières #contrôles_frontaliers #Free_Lions

    • Inside the EU’s deeply flawed $200 million migration deal with Sudan

      The EU has allocated over $200 million to help Sudan stem migration since 2015
      Asylum seekers allege Sudanese officials are complicit in abuse, extortion
      Traffickers said to hold people for weeks, beat and torture them for money
      Arrivals in Italy from Horn of Africa fell to a fraction in 2017, but new routes are opening up
      Crackdown has seen asylum seekers rountinely rounded up, taken to Khartoum to pay fines or be deported
      The EU insists strict conditions govern the use of its money and it is monitoring for abuses

      https://www.irinnews.org/special-report/2018/01/30/inside-eu-s-deeply-flawed-200-million-migration-deal-sudan-0

    • Enquête sur les dérives de l’aide européenne au Soudan

      En l’absence d’une prise en compte des causes profondes des migrations, seuls les officiels corrompus et les trafiquants tirent bénéfice de la criminalisation des migrants. Alors que des millions de dollars de fonds de l’Union européenne affluent au Soudan pour endiguer la migration africaine, les demandeurs d’asile témoignent : ils sont pris au piège, et vivent dans un état perpétuel de peur et d’exploitation dans ce pays de transit.

      https://orientxxi.info/magazine/enquete-sur-les-derives-de-l-aide-europeenne-au-soudan,2298

      Traduction française de cet article :
      https://www.irinnews.org/special-report/2018/01/30/inside-eu-s-flawed-200-million-migration-deal-sudan

    • L’Europe collabore avec un dictateur pour mieux expulser vers le Soudan

      Migreurop demande l’arrêt immédiat de toutes les collaborations initiées par l’Union européenne et ses Etats membres avec la dictature d’Omar El-Béchir et avec tout Etat qui bafoue les droits fondamentaux.

      Lorsqu’il s’agit d’expulser des étrangers jugés indésirables, rien ne semble devoir arrêter l’Union européenne (UE) et ses États membres qui n’hésitent pas à se compromettre avec Omar el-Béchir, le chef d’État du Soudan qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux pour génocide, crimes contre l’Humanité et crimes de guerre.

      Il y a longtemps que l’UE a fait le choix de sous-traiter à des pays tiers, sous couvert d’un partenariat inéquitable et avec des fonds issus du développement, la lutte contre l’immigration irrégulière et même la gestion de la demande d’asile. Ce processus d’externalisation, qui s’accompagne de la délocalisation de la surveillance des frontières européennes très en amont de leur matérialisation physique, a été encore renforcé à la suite de la si mal nommée « crise des réfugiés » [1].

      Ainsi, dans le cadre du Processus de Khartoum, initié par l’UE en 2014 et consolidé suite au Sommet de La Valette de fin 2015, les régimes les plus répressifs, tels que le Soudan et l’Erythrée – que des dizaines de milliers de demandeurs d’asile cherchent à fuir – bénéficient de subsides pour retenir leur population et « sécuriser » leurs frontières… sans que l’UE ne se préoccupe des atteintes dramatiques portées aux droits humains dans ces pays.

      Dans ce domaine, l’UE et les États membres agissent de concert. Ainsi, de nombreux pays européens n’hésitent pas à renvoyer vers Khartoum des ressortissants soudanais - peu importe qu’il puisse s’agir de demandeurs d’asile - et à collaborer avec les autorités locales pour faciliter ces expulsions.

      Dernièrement, c’est dans un parc bruxellois que des émissaires soudanais procédaient à l’identification de leurs nationaux en vue de leur retour forcé, semant la terreur parmi les personnes exilées qui y campaient [2].

      Si l’affaire a suscité de vives réactions, le gouvernement belge s’est retranché, pour se justifier, derrière l’exemple donné par ses voisins et continue de programmer des expulsions de ressortissants soudanais [3].
      En France, une coopération similaire existe ainsi depuis 2014 : des représentants de Khartoum auraient visité plusieurs centres de rétention pour identifier des ressortissants soudanais et faciliter leur renvoi [4]. Selon les chiffres dont disposent les associations qui interviennent dans les CRA français, 9 personnes auraient été renvoyées vers le Soudan depuis 2015 et environ 150 remises à l’Italie et exposées au risque d’un renvoi vers Khartoum depuis le territoire italien.

      Par ailleurs, des retours forcés vers le Soudan ont eu lieu depuis l’Allemagne, l’Italie et la Suède, grâce notamment à des accords de police bilatéraux, souvent publiés uniquement à la suite des pressions exercées par la société civile [5] . L’Italie, à l’avant-garde de la vision sécuritaire en matière de collaboration dans le domaine des migrations, a ainsi conclu en août 2016 un accord de coopération policière avec le Soudan, dans le cadre duquel 48 personnes, originaires du Darfour, ont été refoulées à Khartoum. Celles qui ont pu résister à leur renvoi depuis l’Italie ont demandé et obtenu une protection, tandis que cinq des personnes refoulées ont porté plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme [6].

      Ces accords et pratiques bafouent en effet toutes les obligations des pays européens en matière de respect des droits humains (droit d’asile, principe de non-refoulement, interdiction des expulsions collectives et des traitements inhumains et dégradants, droit à la vie, etc…) et révèlent le cynisme qui anime l’Union et les États-membres, prêts à tout pour refuser aux exilés l’accès au territoire européen.

      Il faut le dire et le répéter : toute forme de coopération avec les autorités soudanaises bafoue les obligations résultant du droit international et met en danger les personnes livrées par les autorités européennes au dictateur Omar el-Béchir.

      Le réseau Migreurop et ses membres demandent en conséquence l’arrêt immédiat des expulsions vers le Soudan et de toute démarche de coopération avec ce pays.

      http://www.migreurop.org/article2837.html


  • Hidalgo réfléchit à une police municipale armée, Béatrice Jérôme, LE MONDE | 17.07.2018
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/07/17/hidalgo-reflechit-a-une-police-municipale-armee_5332651_1653578.html

    A moins de deux ans des municipales, la maire de Paris dit ne pas avoir de « tabous » sur ce sujet sensible.

    Menace terroriste, protection des touristes, délinquance, cambriolages en hausse, tensions croissantes dans les quartiers populaires, théâtres de trafic de stupéfiant ou de rixes mortelles entre bandes… Face à l’insécurité à Paris, Anne Hidalgo ne veut pas rester l’arme au pied. Longtemps hostile à la création d’une police municipale, la maire de la capitale prépare un aggiornamento. « Pourquoi pas une police parisienne ? », a-t-elle confié, le 2 juillet, à quelques journalistes, avant d’ajouter : « Sur l’armement non plus, je n’ai pas de tabous ».

    Un changement important dans cette capitale où la sécurité est avant tout de la responsabilité de la police nationale. Selon ses mots, la maire juge que « le dispositif est perfectible, tant en termes de moyens que de répartitions des compétences », à propos du partage des rôles entre policiers nationaux et agents de sécurité de la ville.

    Lire aussi : Police municipale à Paris : un débat juridique épineux, dans un contexte particulier
    https://lemonde.fr/police-justice/article/2018/07/17/police-municipale-a-paris-un-debat-juridique-epineux-dans-un-contexte-partic

    Si elle préempte le débat à deux ans des municipales, elle se garde de le trancher. Une façon de ne pas braquer les écologistes et les communistes, qui, au sein de sa majorité, sont vent debout contre une police municipale, armée ou pas. Elle fera « des propositions » début 2019 au vu d’un audit indépendant commandé par la ville et qui sera rendu à la fin de l’année.

    Futur sujet pour les municipales

    Enlisée par ailleurs dans le fiasco de Vélib’ et critiquée sur la propreté de sa ville, Mme Hidalgo entend couper l’herbe sous le pied de ses adversaires qui ne manqueront pas de lui reprocher son bilan en matière de sécurité. Parmi ses concurrents éventuels en 2020, Pierre-Yves Bournazel, député (Agir) de Paris prône depuis longtemps la création d’une police municipale armée, à l’instar de la droite et de l’UDI-MoDem à Paris. Gaspard Gantzer, à la tête de son mouvement « Parisiennes, Parisiens », estime qu’« une police parisienne armée est une des toutes premières priorités pour Paris ». « Il faudra une police municipale armée à Paris, confie également Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement qui se prépare à défier la maire sortante. Mais c’est bien beau de le dire. On fait comment ? Moi je consulte, j’y travaille. »

    Elle a beau être à l’offensive, la maire de Paris sait que le terrain est miné. Et ce n’est pas le rapport confidentiel posé sur son bureau depuis mai qui devrait la rassurer. L’étude de 120 pages que Le Monde s’est procurée, commandée à un administrateur de la ville, Hervé Hulin, visait à répondre aux revendications des syndicats en faveur d’un armement renforcé des agents après la mort du policier Xavier Jugelé, en avril 2017, lors d’une attaque terroriste sur les Champs-Elysées. Consacré à l’armement des agents parisiens, le rapport estime que « le statu quo » paraît « difficile ». Mais il insiste sur « les risques et les dangers » d’une évolution et rappelle que leurs missions actuelles ne l’exigent pas.

    En créant en 2016 la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), Mme Hidalgo lui a assigné la lutte contre les incivilités du quotidien. Les 1 200 agents de surveillance de Paris (ASP) transférés le 1er janvier 2018 à la DPSP, en passant de la tutelle du préfet à celle de la Ville, y sont uniquement chargés du stationnement gênant et de la régulation de la circulation. Quant aux 900 inspecteurs de sécurité de la Ville (ISVP), leur première mission est de sévir contre les atteintes à la propreté (jets de mégots, dépôts sauvages, épanchement d’urine, crottes de chien) et contre les nuisances sonores dans les lieux publics.

    Baisse d’effectifs

    Dans les faits, pourtant, les interventions des ISVP confinent à des opérations de maintien de l’ordre. Qu’il s’agisse de fermer certains parcs la nuit, de barrer les voitures sur les Champs-Elysées piétons une fois par mois ou de lutter contre les ventes à la sauvette dans le 18e arrondissement… « Le public rencontré est plus difficile. Les gens sont moins dans le dialogue, plus dans l’agressivité », observe Frédéric Frémont, représentant CGT au sein de la DPSP.

    Les ISVP interviennent aussi de plus en plus aux côtés de la police nationale, de façon programmée ou imprévue, comme lors des attentats du 13 novembre 2015 ou de l’agression d’un militaire près du Louvre en février 2017. Avec leur uniforme bleu barré du mot « sécurité », ils sont souvent assimilés à des policiers municipaux, voire nationaux, sans avoir les mêmes armes. Outre une matraque et une bombe lacrymogène, comme les ASP, les ISVP sont dotés d’un bâton de défense, de type Tonfa.

    Dans leurs rangs, la demande d’un armement plus offensif est pressante depuis les attentats terroristes. Tous les syndicats, hormis le Supap-FSU, réclament des pistolets électriques de type Taser ou des Flash-Ball. « Nous sommes des cibles potentielles en cas d’attaques, explique Laurent Zignone, président de l’Union des cadres de Paris (UCP) au sein de la DPSP. Nous armer nous permettrait de nous protéger et de pouvoir défendre les usagers ». La plupart des organisations – UNSA, CFTC, FO, UCP, CGT – sont favorables à des armes létales pour une partie des agents et dans certaines missions. Mais le rapport Hulin souligne « la complexité » qu’engendrerait une telle décision : risque d’accidents sur les agents, exigences d’une formation, d’une protection contre le vol des armes… Armer les 900 ISVP aurait un coût élevé, qu’il estime à 10,7 millions d’euros par an.

    Plus largement, le rapport met en garde contre l’effet contre-productif d’un armement renforcé – létal ou non. Alors que la Mairie de Paris déplore la baisse régulière depuis des années des effectifs policiers à Paris, l’armement des personnels de la ville « entraînerait une restriction du nombre d’agents de police sur la voie publique », explique l’étude. A Lyon, Marseille ou Toulouse, après l’équipement de la police locale en armes létales, les effectifs de la police nationale sur le terrain ont diminué. Les agents parisiens armés devraient « assurer des missions de maintien de l’ordre qui ne sont pas de leur compétence », insiste le rapport.

    Cette crainte se fait d’ores et déjà jour au sein de la DPSP. « Notre vocation n’est pas de devenir une variable d’ajustement de la police nationale, prévient Sylvie Borst, directrice adjointe de la DPSP. Aujourd’hui, lorsqu’ils sont sollicités par la police nationale pour prêter main-forte lors d’une opération Vigipirate, nos agents peuvent refuser au motif qu’ils ne sont pas armés. Armés, ils n’auront plus la possibilité d’invoquer cette raison. »

    « Fragilité au niveau du droit »

    Le rapport préconise du coup un scénario très circonscrit qui consisterait à armer de pistolet de type Taser la seule Brigade d’intervention de Paris, unité « volante » de la DPSP, qui compte 300 ISVP. M. Hulin reconnaît que ce scénario ne répond pas « aux inquiétudes des agents face au risque terroriste », contrairement aux armes à feu.

    Qu’il soit létal ou pas, un armement renforcé supposerait une nouvelle loi, assure le rapport. A la demande de M. Hulin, la direction des affaires juridique de la ville a conduit une expertise de la loi d’avril 1999 qui autorise les maires à armer les policiers municipaux. Dans sa note de novembre 2017, la Ville estime que la règle ne s’applique pas aux agents de sécurité de Paris car ils n’ont pas le statut de policiers municipaux et ne sont pas mentionnés dans le texte de loi. Selon le rapport Hulin, cette « fragilité au niveau du droit » « exposerait la Ville » en cas d’usage d’une arme par un de ses agents à des « recours » ou des « contentieux ».

    Le débat sur la nécessité d’armer les agents de la municipalité est loin d’être clos. Interrogé par Le Monde, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, voit en tout cas plutôt d’un bon œil cette possibilité. Selon son cabinet, le cadre juridique actuel permet aux agents de la Ville chargés d’un service de police de détenir une arme de poing. « L’amélioration de la sécurité à Paris suppose une complémentarité et la coordination entre les agents de la Ville et les policiers. C’est le sens de la première convention que j’ai signée, en mars, avec Mme Hidalgo », estime le préfet.

    La préfecture considère que, dans la capitale comme ailleurs, le maire peut prendre l’initiative d’armer ses agents et l’Etat valide par un arrêté ministériel. En clair, Mme Hidalgo aurait, selon le préfet de police, non seulement le choix des armes mais aussi celui de créer – ou non – une police municipale. Si la balle est dans son camp, le dilemme est plus cruel encore.

    En 1978, Paris Maquis, « inventer la liberté »
    https://www.youtube.com/watch?v=KW-peug4e8s

    #Paris #sécuritaire #police_municipale #armes

    • « L’heure est venue de créer une police municipale parisienne », Tribune Le Monde

      Deux élus parisiens, Benjamin Djiane, apparenté PS, et Vincent Baladi, divers droite, appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les clivages partisans afin de lutter efficacement contre l’insécurité dans la capitale.

      Tribune. Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, le dernier Conseil de Paris des 2,3 et 4 juillet n’a rien tranché d’une épineuse question. Au contraire, il a écrit une nouvelle page de cette sempiternelle « saga », celle de la création d’une police municipale. Alors que la question lui était posée, la majorité municipale vient, à nouveau, de rejeter cette idée, préférant – comme toujours dans les situations où l’on ne veut pas décider – lancer un « grand audit » de la sécurité des Parisiens, c’est-à-dire élever une immense montagne qui, on peut le craindre, accouchera d’une souris.

      C’est une perte de temps. Une de plus. Un manque de courage également. Car l’heure est venue de créer une police municipale parisienne, sans tergiverser, en dépassant toutes les réticences dogmatiques, en allant également au-delà des clivages partisans, comme nous nous efforçons ici de le faire en cosignant ce texte. Nous devons avoir pour ambition une large adhésion, à droite comme à gauche, parce qu’une telle réforme engage la Ville de Paris, non pas pour une mandature, mais vers un changement structurel, lourd budgétairement, mais indispensable.

      Les policiers nationaux font déjà énormément

      Nous sommes en effet passés, ces dernières années, au rythme des transferts réguliers de compétences, d’une situation où la préfecture de police faisait tout, à une situation où la Ville de Paris doit remplir davantage de missions – circulation et stationnement, salubrité publique, bruits de voisinage, occupation illicite de l’espace public, prévention et répression des incivilités – sans pour autant s’être dotée des moyens humains adaptés. Si bien que nous nous trouvons dans la pire des configurations : l’entre-deux, c’est-à-dire moins de missions pour la police nationale (en tout cas sur le papier) et pas de police municipale, pour autant, pour prendre véritablement le relais. La conséquence ? Une dégradation de la tranquillité et de la sécurité des habitants. C’est vrai dans le centre de Paris. C’est vrai malheureusement partout, depuis la porte de Vanves (au sud de la capitale) jusqu’à celle de La Chapelle (au nord).

      Comme de nombreux élus d’arrondissement chargés de ces questions, nous sommes las de devoir toujours répondre aux habitants, qui légitimement nous interpellent, « ceci n’est pas de ma compétence » alors que ces derniers attendent justement de leurs élus locaux de régler leurs problèmes, d’avoir prise sur ce qui pourrit la vie de tous les jours : confiscation de l’espace public, vendeurs à la sauvette, noctambules bruyants ou en état d’ébriété, altercations, actes de vandalisme… La liste est longue.

      Nous dénonçons ce confort qui consiste à toujours tout renvoyer vers le préfet de police, à charger la barque, tout en s’en lavant les mains. Les policiers nationaux font déjà énormément, avec énormément de courage. Les Parisiens voient notamment combien ils sont mobilisés face à la menace terroriste. Il s’agit à un moment pour la capitale et ses élus d’assumer leurs responsabilités.

      Une force de soutien

      Berlin, Madrid, Rome ont leur police municipale. Paris, de manière paradoxale, toujours pas ! De manière d’autant plus paradoxale quand on sait que la préfecture de police a compétence sur l’ensemble de l’agglomération parisienne. Ce qui veut dire que dans de nombreuses communes de la périphérie directe de Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne (par exemple à Nanterre, Courbevoie, au Raincy, aux Lilas, à Nogent-sur-Marne ou Ivry-sur-Seine), la police nationale – la même qui intervient dans les arrondissements parisiens – est épaulée par des policiers municipaux. Paris intramuros, pourtant soumis aux mêmes phénomènes, fait exception. Le seul principe d’efficacité justifierait le contraire.

      Le principe de réalité aussi. C’est une certitude : les effectifs de la police nationale ne sont pas appelés à augmenter au cours des prochaines années. Et la fameuse Police de sécurité du quotidien [lancée par Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, en février 2018], sans effectifs supplémentaires, ne suffira pas à régler tous les problèmes. Il appartiendra donc, de plus en plus, aux maires d’assurer la sécurité publique, même si rien ne remplacera jamais la police nationale. Coupons court à tous les fantasmes : il ne s’agit pas de se substituer à cette dernière. Elle doit conserver ses missions essentielles : lutte contre la criminalité et la délinquance, maintien de l’ordre public, en particulier en cas de troubles graves, sécurisation des grandes réunions et manifestations. L’objectif est bien de créer une force de soutien intervenant dans un cadre précis.

      Dans toutes les communes de France ayant une police municipale, des conventions, établies sous l’autorité des préfets, précisent la nature, l’amplitude horaire et les lieux d’intervention des agents municipaux. Elles déterminent également les modalités de coordination avec les forces de police ou de gendarmerie, notamment en matière d’opérations de maintien de l’ordre public. Cette démarche devra être menée à Paris pour établir un périmètre des compétences adapté qui prenne bien en compte les zones intéressant l’Etat, celles liées à sa mission exclusive de protection du siège des institutions de la République et des représentations diplomatiques.

      Des négociations sont également possibles en matière judiciaire. Les policiers municipaux n’ont aucun pouvoir d’enquête ou d’interrogatoire, mais en cas de flagrant délit, ils peuvent bien évidemment intervenir, constater, entamer des procédures. On pourra également envisager un état-major et une salle de commandement communs.

      Plan de recrutement

      Toutes ces questions réclament sérieux et volonté d’aboutir. Il ne suffit pas de petites déclarations politiques opportunes, qui viennent d’ailleurs pour certaines contredire les positions constantes du passé. Il faut de vrais engagements mutuels, durables, entre la Ville de Paris et la préfecture de police pour continuer d’avancer dans un climat de confiance, vital pour la bonne entente sur le terrain. Et donc pour protéger les Parisiens. Concrètement, il faut, pour la Ville de Paris, s’engager sur un plan d’action qui couvrira au moins la durée d’une mandature, car on ne crée pas une police municipale d’un claquement de doigts, en partant de rien.

      Ce plan d’action, c’est d’abord un plan de recrutement, pour faire venir des cadres issus de la police et de la gendarmerie nationales ou d’autres polices municipales. L’intégration de ces compétences est indispensable pour aider à bâtir une force crédible. A ces recrutements doit s’ajouter un plan de formation massif. On ne fait pas, du jour au lendemain, des agents actuels de la direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP) des policiers municipaux. Il faut développer les aptitudes, les bons réflexes, les conditions physiques. Il faut enfin un plan d’équipement ambitieux intégrant le développement de la vidéoprotection, les nouvelles technologies, en particulier l’Internet des objets qui est un appui précieux pour la sécurisation bâtimentaire, la bonne coordination des équipages ou bien encore l’objectivation en temps réel des nuisances.

      Ce plan d’équipement doit intégrer les questions de l’armement. Dans ce domaine, il convient de lever un tabou. Oui, les policiers municipaux à Paris devront, comme la législation le permet, être équipés d’#armes_létales. Mais pas n’importe comment ! Et surtout pas tous d’un coup. Dire le contraire, c’est être candide. On peut envisager que, dans un premier temps, seuls les anciens policiers ou gendarmes pourraient porter une arme à feu. Puis, au fur et à mesure des montées en compétence des personnels, ce type d’armement pourrait être étendu.

      Quoi qu’il en soit, la question des équipements ne doit pas précéder la réflexion sur leur finalité. L’enjeu, c’est surtout de donner à l’ensemble des personnels des moyens matériels (Taser, matraques tonfa, gilets pare-balles, véhicules automobiles performants…) permettant d’être réactifs, dissuasifs et garantissant un haut niveau de protection pour tous. Ce qui jouera notamment sur le ressenti de la population.

      Voilà en quelques lignes, sans démagogie, l’immense chantier qui pourrait être devant nous. On peut regretter qu’il n’ait pas été entamé plus tôt, tant dans les grandes villes françaises la complémentarité entre les forces de sécurité a permis des améliorations très sensibles des conditions de vie des habitants. Il faudra, à partir de 2020, avancer une bonne fois pour toutes. Et avec des idées très claires.

      Benjamin Djiane, adjoint au maire du 3e arrondissement de Paris, chargé de la sécurité (apparenté PS) et Vincent Baladi, adjoint au maire du 8e arrondissement de Paris, chargé de la sécurité (divers droite).


  • 14 Juillet 2018 Amiens : les salariés de l’hôpital Philippe-Pinel qui occupaient le hall de l’ARS expulsés ML - 15 Juillet 2018 - France 3 Région
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/amiens/amiens-salaries-hopital-philippe-pinel-expulses-ars-151

    Les coureurs du Tour de France avaient passé la ligne d’arrivée amiénoise depuis un peu plus d’une heure quand les forces de l’ordres, ont procédé, samedi en fin d’après-midi, à l’expulsion de la dizaine de personnes qui occupaient l’entrée de l’Agence régionale de santé. « On ne s’attendait pas à ce que ça se passe un 14 juillet, alors qu’on était au calme et que le préfet avait donné l’ordre de ne pas expulser la veille », s’étonne Chrystelle Leclercq, infirmière et représentante CGT.


    Depuis deux jours, les salariés de l’hôpital Philippe-Pinel protestaient ainsi contre le manque de moyens et la dégradation des conditions d’exercice au sein de l’établissement. Une "réelle urgence" d’après les soignants mobilisés, pour laquelle ils réclament la tenue d’une table ronde réunissant l’ARS, la direction de l’hôpital, les associations de familles des patients, le personnel, leurs représentants et les deux députés François Ruffin et Barbara Pompili, qui ont affirmé leur solidarité avec le mouvement depuis ses débuts.

    « On demande juste un rendez-vous avec l’ensemble des acteurs qui font que l’hôpital continuera d’exister, souligne Chrystelle Leclercq. En réponse à ça, on nous envoie une cinquantaine de policiers. » Une réunion a été fixée à la date du 18 juillet par l’ARS. Elle doit permettre de faire le point sur les financements attribués à l’hôpital Pinel, mais les représentants syndicaux craignent que tous les acteurs concernés ne soient pas associés.

    Le mouvement continue donc. Dès ce dimanche, les personnels délogés ont décidé d’une nouvelle action : ils manifestent à présent devant l’établissement de soins psychiatriques et ce, pour une durée encore indéterminée.

    #police #violence #Hôpital #france #enmarche #ARS