• Justice : le commandant de police filmé en train de frapper à mains nues des manifestants « a agi proportionnellement à la menace » selon le Parquet
    https://www.francebleu.fr/faits-divers-justice/un-policier-filme-en-train-de-frapper-a-main-nue-des-manifestants-a-toulo

    De son côté, le procureur de la République de Toulon, Bernard Marchal, ajoute « Il y avait un contexte insurrectionnel avant et après ces vidéos, dans lequel il était impossible d’interpeller quelqu’un sans violence, et il a agi proportionnellement à la menace ».

    Dès lors, pourquoi ses collègues s’interposent pour que le commandant arrête de frapper ? De plus, sur la première bagarre : l’homme est déjà plaqué contre un mur. Immobilisé.

    #Maintien_de_L'ordre


  • #Decreto_salvini, liste de villes dans lesquelles les #associations et les #citoyens descendent en masse pour dire NON au decrét. Mais aussi résistance des institutions ecclésiastiques et judiciaires, etc. :

    #Lecce
    #Oulx
    – Lucca (les paroisses)

    #résistance #associations #citoyens #asile #migrations #réfugiés #Italie

    Et une #carte, que je vais essayer de mettre à jour régulièrement :


    http://u.osmfr.org/m/279671
    En rouge : les maires qui disent NON
    En orange : des oppositions citoyennes et de la société civile
    #cartographie #visualisation

    A voir aussi, la métaliste :
    https://seenthis.net/messages/739545


  • Une France qui se tient sage

    Aveugles et hostiles à l’intelligence d’un mouvement qui retourne contre le néo-pouvoir les #valeurs qu’on lui inculque (#disruption, #mobilité, #agilité) et qui renvoie la #police à sa #violence archaïque (#blindés, #voltigeurs et #police_montée), les médias auront été les meilleurs #chiens_de_garde du #pouvoir et de la police, mais aussi les révélateurs du mépris des #élites et des journalistes pour les gilets jaunes, ces ploucs défavorisés  : Cnews invitant #Patrick_Sébastien qui connaît ces gens-là, Le Monde les traitant d’« #invisibles » (mais aux yeux de qui  ?), des philosophes contrits qui auraient préféré voir surgir un autre #peuple, plus jeune et plus mixte, congédiant ce peuple-ci comme beauf et FN. Et tous ces #experts nous expliquant que la #révolte a lieu grâce au changement d’#algorithme de #Facebook accentuant le rôle des «  groupes  », comme si les gens n’étaient pas capables de s’assembler tout seuls, et qu’il fallait bien une intelligence supérieure pour les sortir de leur bêtise. Merci M. Zuckerberg d’illuminer nos campagnes. Or le #mouvement est d’abord un mouvement de #rond-point, de #proximité et de #rencontres, qui provoque une extraordinaire redistribution des rôles.

    Le récit raconté par les médias était répugnant. La #TV s’est encore une fois ridiculisée face à #Internet. D’un côté cette image terrifiante présentée comme sécurisante au JT de 20 h, le 15 décembre, de manifestants devant l’Opéra qu’on empêche de rejoindre les Champs sous l’œil de la police montée prête à charger. De l’autre la profusion sauvage des « vidéos de #violences_policières », qui à force deviennent un genre en soi. Au Burger King à Paris, une femme est matraquée au sol, à Biarritz, en marge de tout mouvement de foule, une autre est frappée au visage par un tir de flash-ball. D’abord on empêche de manifester, puis on parque dans une fan zone, ensuite on gaze, et la semaine suivante on interdit les casques, masques et lunettes, indices de « radicalisation ». Des #CRS caparaçonnés en Robocop visent la tête nue de gilets jaunes auxquels on retire le droit de se protéger. Résultat  : 170 personnes à l’hôpital à Paris le 8 décembre. 24 plaintes de photographes et journalistes. #Intimidation totale des manifestants. Et la honte  : Paris se refermant sur lui-même comme un château-fort face aux hordes de manants.

    Les médias n’agissent pas que par obéissance, mais par perplexité et bêtise, parce qu’il leur manque une case  : la case politique. Habitués à commenter des stratégies électorales, ils ne comprennent pas quand émerge un #fait_politique, ils ne le voient pas. Ils répètent que le mouvement n’est pas politique (alors qu’il n’est pas partisan, ce n’est pas la même chose). À la place, on le moralise (la violence, c’est mal  !), on le judiciarise. On le scinde  : les bons manifestants (qui se tiennent sages) et les mauvais (qui cassent). On parle de casseurs en mélangeant les pilleurs qui en profitent et les manifestants en colère qui se demandent jusqu’où ils sont prêts à aller. Pire encore  : on militarise le conflit. Les médias ont parlé de scènes de guerre (quand parfois brûlaient juste une poubelle et un sapin de Noël), fantasmé la guerre civile, épouvantail agité par un État irresponsable qui comptait bien monter les uns contre les autres (« il va y avoir des morts  ! »). La police a sorti les chiens, joué aux cow-boys avec ses LBD40, des flash-balls augmentés. Un quart de Paris a été transformé en ville morte, 46 stations de métro fermées le 15 décembre. Il fallait y être pour voir les gilets jaunes transformés en âmes errantes cherchant un endroit où se retrouver. Et on s’étonne de la colère du peuple alors qu’on le traite en ennemi  ?

    Le contrechamp logique est la vidéo inouïe des lycéens de Saint-Exupéry à #Mantes-la-Jolie, qui dit l’ambition de ce pouvoir de plus en plus autoritaire. Une France qui se tient sage comme une image. La #banlieue ressemblait soudain aux pires fantasmes de BFM, TF1 ou LCI  : à la Syrie. Une voix sinistre se félicitait en sifflotant  : « Voilà une classe qui se tient sage, faudra balancer à leurs profs, je pense ils ont jamais vu ça. » Des #images « choquantes » ont dit les médias  : ça n’engage à rien. Même ce planqué de Blanquer l’a dit. Alors qu’elles sont monstrueuses, inadmissibles, inexcusables. Les journalistes ont appris à l’école à ne pas donner leur avis, à recueillir les propos, citer les réseaux sociaux et réciter les éléments de langage. Des lycéens ont été agenouillés comme attendant une balle dans la tête, et jetés au milieu des poubelles, comme des détritus. Quelle leçon le petit coq français sur son fumier va-t-il encore vouloir donner au monde en matière de droits de l’homme  ?


    https://www.cahiersducinema.com/produit/edito-n751-janvier-2019-une-france-qui-se-tient-sage

    #médias #gilets_jaunes #presse #journalisme #catégorisation #bons_manifestants #mauvais_manifestants #casseurs
    ping @davduf @reka @fil


  • Le préfet de la Somme reprend un arrêté « interdisant le transport et le port sur la voie publique d’équipements individuels de protection des voies respiratoires, de casques et de lunettes de protection » dans tout le département de la Somme !

    Déjà l’arrêté qui t’interdit de te protéger en manif est pas piqué des hannetons (oué je kiffe cette expression) mais toutes les explications qui suivent et les réponses à des questions connexes valent leur pesant de cacahouètes. Bref un must-read de thread ⤵
    https://twitter.com/Juristematin/status/1081290437971927041

    A compléter par le thread d’un medic au sujet du gaz : https://twitter.com/ZadStreet/status/1081403159443136512

    (je les ramènerai par ici quand je serai sur un ordinateur, c’est pas facile de seenthisser depuis un smartphone !)


  • Richiedenti asilo: #Digos negli uffici dell’anagrafe?
    Questura e Olando smentiscono: «Notizia falsa»

    Ormai è guerra aperta tra il sindaco di Palermo e il ministro dell’Interno. È giallo su una possibile presenza degli agenti negli uffici per controllare le procedure di regolarizzazione

    https://palermo.meridionews.it/articolo/73023/la-digos-negli-uffici-anagrafe-palermo-falso
    #Palerme #contrôles_policiers #police #migrations #asile #réfugiés


  • « Gilets jaunes » : Un niveau jamais atteint de violences policières | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040119/gilets-jaunes-le-gouvernement-est-determine-en-finir

    Un niveau jamais atteint de violences policières

    L’usage de la force comme le niveau, jamais atteint jusqu’alors, des violences policières sont parfaitement assumés par le pouvoir. Selon les chiffres officiels, 1 407 manifestants ont été blessés, dont 46 grièvement, de la mi-novembre à la mi-décembre. 717 policiers, gendarmes et pompiers ont aussi souffert de violences durant cette période. Des dizaines de personnes ont été gravement blessées, mutilées parfois, par des tirs de flashball (ou LBD40) et de grenades GLI-F4 contenant de l’explosif.

    Dans un rapport publié le 17 décembre, Amnesty International dénonce une telle escalade de violence et « de nombreux cas de recours excessifs à la force par des policiers ».

    « Les forces de l’ordre ont utilisé des flashball, des grenades de désencerclement et des gaz lacrymogènes contre des manifestants majoritairement pacifiques », ajoute l’ONG, qui demande des « enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces ». Amnesty avait déjà enquêté, en 2017 et en 2015, sur les nombreuses restrictions apportées au droit de manifester et sur l’augmentation de violences policières. « L’application de l’état d’urgence et un usage disproportionné de la force ont restreint ce droit fondamental de manière préoccupante dans ce pays », notait l’organisation.

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    Une autre association, l’ACAT (Association chrétienne contre la torture et la peine de mort), a rappelé qu’elle alertait depuis 2017 « les autorités françaises sur la dangerosité des armes dont elle se dote et sur le caractère contre-productif et possiblement contraire au droit international du recours à ces armes ». « Notre police est surarmée. Ces armes sont-elles vraiment adaptées au maintien de l’ordre lors de manifestations ? Sont-elles indispensables ? »

    À l’occasion des manifestations des gilets jaunes, l’association a rappelé ses recommandations et publié le catalogue des armes aujourd’hui utilisées en maintien de l’ordre (à voir ici) :

    la création d’un organe d’enquête indépendant ;
    l’interdiction des lanceurs de balles de défense ;
    la publication annuelle de chiffres relatifs à l’usage de la force par les policiers et gendarmes : sur les utilisations d’armes, les sanctions disciplinaires pour des faits de violences et le nombre de personnes blessées ou tuées dans le cadre d’opérations de police ou de gendarmerie.

    Les ONG ne sont pas seules à s’inquiéter de la violence disproportionnée des forces de l’ordre. Le Défenseur des droits, autorité indépendante présidée par Jacques Toubon, a choisi d’ouvrir plusieurs enquêtes sur des cas de violences (en particulier les interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie en décembre). L’autorité rappelle, elle aussi, qu’elle demande depuis 2017 :

    le retrait des lanceurs de balles de défense de la dotation des forces chargées du maintien de l’ordre au cours des manifestations ;
    la réalisation d’une expertise sur les armes dites de force intermédiaire, notamment la GLI-F4, visant à mieux encadrer leur usage ;
    le renforcement de la communication et du dialogue dans la gestion de l’ordre public, avant et pendant le déroulement des manifestations ;
    la conduite d’une étude sur la mise en œuvre en France de la doctrine dite de la « désescalade de la violence ».

    L’arme qui suscite les plus vives critiques est le LDB40, qui a succédé en 2015 au Flash-Ball. Interrogé par Le Parisien, son fabricant Jean-Verney Carron reconnaît que cette arme tire des balles en caoutchouc « d’un calibre de 40 mm… c’est beaucoup plus dangereux que le Flash-ball. C’est un calibre de guerre ». Sur de courtes distances, le risque existe de traumatismes graves, voire de décès dans des cas exceptionnels.

    Car le fameux maintien de l’ordre « à la française » est de plus en plus critiqué. « Il est largement perçu comme contre-productif. Bien loin d’apaiser les tensions et de maintenir l’ordre, le recours conséquent à la force publique génère une escalade de la violence. Une autre approche, basée sur le dialogue et la désescalade, se développe chez nos voisins européens », note Aline Daillère, l’une des responsables de l’ACAT (texte à lire ici).

    Dès le mois de mai 2016, deux des meilleurs spécialistes universitaires des stratégies de maintien de l’ordre, Fabien Jobard et Olivier Fillieule, notaient « le splendide isolement » de la France. « En Allemagne, en Suède, en Suisse, l’interaction entre police et manifestants se distingue par la maîtrise et le dialogue. La police française résiste aux nouveaux modèles de maintien de l’ordre, articulés autour de la notion de désescalade », écrivent-ils dans ce texte.

    Autre spécialiste de la police et du maintien de l’ordre, Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, notait récemment que dans le contexte du mouvement des gilets jaunes, « la moindre des choses semble d’essayer d’apaiser la colère plutôt que de l’exacerber ». « Le pouvoir politique, ajoute-t-il, serait bien avisé de donner à ses forces de maintien de l’ordre les mêmes consignes claires de retenue et de stratégie de désescalade que celles qu’il a manifestement données aux forces locales de police et de gendarmerie par le biais des préfectures. »

    Le journaliste David Dufresne, auteur du livre Maintien de l’ordre, tient depuis le 4 décembre une chronique méticuleuse de ces violences policières sur Twitter et sur Seenthis. Les vidéos, témoignages et situations décrites sont accablantes pour le pouvoir et le ministre de l’intérieur, qui n’a à aucun moment rappelé aux forces de sécurité les règles basiques de déontologie, d’engagement et de proportionnalité des réponses.

    Les « factieux », selon Castaner, les « insurrectionnels », selon Griveaux, mettent aujourd’hui en tête de leurs revendications le respect du droit de manifester, l’arrêt des violences et de l’impunité policière. « La répression que vous menez sans aucune retenue sur l’ensemble des lanceurs d’alerte et des citoyens de ce pays est une déclaration de guerre sans cesse renouvelée », écrivent les auteurs des « vœux » au chef de l’État. L’escalade est en route. Le gouvernement le sait et mise à nouveau sur cette stratégie du pire pour tenter d’en finir avec les gilets jaunes.

    #maintien_de_l'ordre


  • Pour une campagne unitaire contre la #répression

    Depuis le 17 novembre, une répression terrible

    Le bilan du tout sécuritaire de Macron depuis le début des Gilets Jaunes ne cesse de s’alourdir. Une femme a été tuée à Marseille, touchée par un tir de grenade lacrymogène de la police[1]. Si la liste n’est pas complète, nous savons déjà que 4 manifestant•e•s ont eu une main arrachée par des grenades GLI-F4 (des grenades qui contiennent 25 grammes de TNT, responsable de la mort de Rémi Fraisse en 2014 et utilisées seulement par la police française en Europe) ; plus d’une dizaine de Gilets Jaunes ont perdu un œil après des tirs de flashball en plein visage. Ajoutons aux dégâts dus au flashball des dizaines de mâchoires éclatées, ainsi que des tirs sur des manifestant•e•s pacifiques, des tirs dans le dos et les traumatismes qui y sont liés[2]. Ce sont des centaines de blessures causées par cette arme.

    Les flics sont aussi adeptes des tabassages en règle à coups de matraques, de pieds et de poings, comme on peut le voir sur les centaines de vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, et particulièrement contre des individu•e•s isolé•e•s, souvent à terre.

    Les dommages causés à long terme par les grenades lacrymogènes sont pour l’instant peu connus[3] mais il est certain que les dommages immédiats provoquent de multiples symptômes qui vont des vomissements aux brûlures cutanées ou même aux intoxications des bronches.

    La police est le bras armé du gouvernement, et la Justice s’en fait le relais. Des milliers de personnes ont été interpellées et, dans la très grande majorité, simplement parce qu’elles portaient du matériel pour se protéger de la police, à savoir des masques à poussière de chantier ou encore des lunettes de piscine.

    La majorité des garde à vue a donné lieu à des comparutions immédiates, qui ne laissent pas à la défense le temps de se préparer. Résultat ? Des peines de prisons ferme ou avec sursis sont prononcées, ainsi que des interdictions de territoire pour des durées aléatoires[4] [5] [6].

    Là aussi, il est très difficile de faire un rapport exhaustif mais une chose est sûre : les flics tabassent, les juges condamnent. Le prix de la révolte se paye cher.

    La violence contre les lycéen.ne.s, dont la scène de Mantes-La-Jolie s’est fait le terrible emblème, atteste elle aussi de l’état d’esprit général des flics et de la bourgeoisie[7]. Même les mineur.e.s ne sont pas épargné.e.s par cette violence éhontée, qui vise clairement à couper court à toute volonté de se révolter et de lever la voix. Il est salutaire de constater qu’encore plus d’injustice ne mène en fait qu’à encore plus de révolte.
    Le dialogue social ne lui suffit plus : le gouvernement choisit de franchir un cap dans la répression

    Nous nous souvenons que dès son investiture, Macron avait acheté un stock inédit de grenades lacrymogènes, anticipant la violence avec laquelle il allait mener sa politique[8]. Nous l’avons vu à Paris mais aussi partout en France, où durant deux semaines consécutives, l’exécutif a déployé presque tous les flics de France pour contenir les Gilets Jaunes, soit 89.000 personnes. Des blindés ont été déployés dans la métropole et on a même vu le retour des voltigeurs, ces binômes à moto responsables de la mort de Malik Oussekine en 1986 et qui ont sorti un flingue ce 22 décembre après avoir provoqué une foule pacifique[9].

    Après avoir cédé instantanément sur les revendications des flics qui menaçaient de faire grève, Macron a voulu les récompenser d’une autre manière, en plus d’augmenter largement primes et salaires : il a commandé du matériel encore plus puissant, pour faire mal, comme pour dire à ses troupes « continuez comme ça les gars, détruisez-les ». Ainsi, 450 flash-ball « multi-coups » ont été achetés (ces armes létales à moins de 25 mètres peuvent tirer en rafale jusqu’à 6 balles en caoutchouc dur, grenades assourdissantes ou lacrymogènes). 1280 lanceurs mono-coups s’ajoute à cet achat[10]. Il s’agit donc d’un message clair : il faut équiper les flics encore plus, afin qu’ils puissent encore plus tuer, éborgner, mutiler en toute impunité.

    Macron cherche donc le tout répressif, calfeutré qu’il est dans son palais présidentiel, entouré de ministres lessivé•e•s, lui-même au bout du rouleau, incapable de sortir sans maquillage et dans l’impossibilité, sur conseil de ses proches, de sortir dans la rue ou de prendre des vacances[11].
    Une violence dans la répression qui existait depuis plusieurs années

    Cela fait des années que la police réprime, provoque et tue impunément dans les quartiers populaires. Il faut noter que la violence policière ne vient pas de nulle part. Depuis la guerre d’Algérie, la gestion néo-coloniale des quartiers populaires a permis à la police de développer une stratégie contre-insurrectionnelle dans la métropole, faisant ses armes d’abord parmi les prolétaires non-blanc.he.s, parmi les plus pauvres et les plus exploité.e.s.

    La militarisation de la police, le développement de la BAC aux méthodes ultra-violentes et anxiogènes, le contrôle au faciès et l’enfermement "préventif", tous ces éléments que subit aujourd’hui le mouvement social ont été affinés contre les non blanc.he.s, durant des dizaines d’années et le plus souvent dans le silence le plus complet de la part des organisations dites du mouvement ouvrier. Chaque année, une dizaine de personnes meurent sous l’effet de cette politique répressive, qui met aussi en lumière qu’avant d’être réprimés pour ce qu’ils font, certaines le sont pour ce qu’ils sont.

    Par ailleurs, au cours des dernières années, on compte des dizaines de milliers d’arrestations et de poursuites contre des militant.e.s syndicaux ou du milieu associatif[12]. Des condamnations à de la prison ferme pour militantisme n’ont malheureusement pas attendu les gilets jaunes pour exister. Aide aux migrant.e.s, activité syndicale (même quand, comme Gaël Quirante, on est normalement protégé par un mandat syndical), lutte contre un licenciement : rien n’est épargné par la répression policiaire et juridique.

    Les contre-réformes dont la classe dominante a besoin (baisse du coût du travail, plus grande flexibilité des travailleurs/euses, facilitation des licenciements), elle en a besoin vite. Et Macron, le président par ordonnance, a promis d’obéir. Il est clair qu’il compte passer en force avec ses réformes structurelles sur les retraites, l’assurance chômage, la fonction publique…

    Dans ce contexte, tout est bon pour empêcher les Gilets Jaunes de franchir un cap dans la mobilisation : d’une part poursuivre et renforcer le « dialogue social » dont il a hérité des gouvernements précédents et d’autre part, continuer de réprimer tout ce qui bouge.

    Si nous laissons faire la répression contre les Gilets Jaunes, nous laissons faire un précédent qui fonctionnera comme norme contre tout futur mouvement de contestation sociale.
    Les organisations du mouvement ouvrier doivent s’unir pour mener une campagne

    Rappelons que le 6 décembre, Solidaires a sauvé l’honneur des directions syndicales en refusant de signer une déclaration commune des confédérations qui saluaient une prétendue ouverture au dialogue du gouvernement, tout en condamnant la violence… dans l’expression des revendications pour ne pas dire des manifestant.e.s !! [13] Et Solidaires, toujours contrairement aux autres directions nationales, a fini par appeler à rejoindre les Gilets Jaunes, même si il a fallu attendre le 15 décembre pour cela.

    Les organisations syndicales doivent condamner les mutilations et à l’emprisonnement de travailleurs et de travailleuses en lutte. Notre indignation ne peut pas se manifester que lorsque des syndiqué•e•s sont touché•e•s.

    Leur silence ne peut plus durer

    Peut-on accepter l’idée que manifester, aujourd’hui, c’est risquer de perdre un œil ou une main ? Que de manifester avec ses enfants, c’est risquer que celleux-ci soient aspergé•e•s de gaz lacrymogènes ? Qu’il soit normal que des primo-manifestant•e•s, équipé•e•s de maigres protections, soient condamné.e.s à de la prison ferme ou avec sursis ? Certainement pas ! Les organisations du mouvement ouvrier doivent dénoncer sans relâche ces pratiques qui contreviennent au droit de manifester et apporter tout leur soutien aux victimes de l’arbitraire policier et judiciaire.

    Souvenons-nous que si nous sommes syndiqué•e•s, ce n’est pas pour négocier le recul social, mais le combattre.

    Localement, des assemblées de Gilets Jaunes commencent à prendre des positions et à s’organiser contre la répression, plusieurs associations ont déjà fait des déclarations en ce sens. Chassaigne a commencé à porter la question à l’Assemblée nationale[14]. Ces initiatives doivent s’unir pour porter une campagne commune. Assez des lois et de la justice à deux vitesses, protégeant les patrons, les riches et leurs gardes, frappant sans retenue les prolos, les pauvres et les militant-e-s.

    Ensemble, exigeons :

    – une amnistie générale et sans condition pour toutes les victimes de la répression policière et judiciaire exercée par le gouvernement Macron ;

    – l’abandon et l’interdiction de toutes les armes dites non-létales mais dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des mort.e.s, telles que les flash-balls et les grenades de désencerclement ;

    – que la lumière soit totalement faite sur les chaînes de commandement responsables des violences policières ayant abouti à des blessures de manifestant.e.s.

    – la fin de l’impunité des policiers qui violent les lois en frappant des manifestants à terre, en visant au flash-ball à hauteur de visage, en réalisant des tirs tendus de grenade lacrymogènes, etc.

    https://tendanceclaire.org/article.php?id=1508
    #violences_policières #France #police
    ping @davduf


  • Je suis une femme de 30 ans et je n’ai jamais agi ... Témoignage d’une gilet jaune de Bourgogne
    https://tendanceclaire.org/article.php?id=1506

    Je suis une femme de 30 ans et je n’ai jamais agi pour la France, mises à part quelques manifestions, toujours entraînée par mes proches. Jamais je n’ai fait quelque chose de moi-même. Mais j’ai pris conscience. A 30 ans, il s’en passe des choses, on fait, malgré soit, un bilan. Et après 13 ans de bons et loyaux services à l’usine, à la caisse d’un supermarché, dans des brasseries, chez des personnes âgées à faire le ménage... J’ai pris conscience, que moi, comme beaucoup d’autres, je serai probablement toujours au smic car je n’ai aucune évolution possible. Et le #smic, il sert à survivre, mais il ne permet pas de vivre dignement. Je pense que depuis que je suis maman, il n’y a pas un seul jour où je ne rêve pas à plus d’argent. Bien sur qu’il y a pire, en France et ailleurs, j’ai un travail, j’ai un toit, j’ai mangé du foie gras à Noël. Mais parce qu’il y a pire on ne peut pas rêver à mieux ? Et cet éventuel mieux ne permettrait pas d’aider aussi les autres, les plus démunis ? J’ai toujours demandé de l’aide, partout où j’allais, pour tenter de vivre dignement. Mais j’ai aussi toujours apporté la mienne. J’ai toujours donné une pièce à un SDF dans la rue, j’ai travaillé bénévolement dans des foyers d’enfants en difficulté, je suis allée faire la toilette de dames âgées qui ne pouvaient plus le faire elles même. Et tout ça juste pour aider.

    Les présentations faites, j’en viens à mon message, le vrai.

    Nous (ou plutôt vous) avez commencé ce mouvement en réponse à la hausse du prix du carburant, noble cause quand on sait que de nos jours, nous sommes tous obligés de prendre notre véhicule pour aller travailler. Bien sur, si on peut se déplacer à pieds ou à vélo, parfait, mais nous sommes une minorité à pouvoir le faire. Avec toute la meilleure volonté du monde, je ne peux pas aller travailler à 15 kilomètres à vélo avec un enfant de 7 ans. Une fois, une fille que je connais m’a dit « moi je m’en fous du prix de l’essence, quand je vais à la pompe je mets 50 euros à chaque fois donc je ne m’en rends pas compte ». Ok, très bien.

    Depuis le début de ce mouvement, nous nous sommes tous éparpillés, et à juste titre. Nous avons abordé de nombreux sujets qui fâchent, qui nous fâchent. Nous nous sommes éloignés de notre idée de base, et je trouve ça bien, nous nous sommes tous réveillés, à notre niveau. Nous ne sommes pas tous agacés pour les mêmes choses et c’est ce qui fait notre force. Notre différence. Nous sommes de gauche, de droite, nous sommes des extrêmes, nous sommes parents, nous sommes célibataires, nous avons 17 ans, nous avons 35 ans, nous avons 60 ans, nous sommes actifs, nous sommes retraités, nous sommes SDF, nous vivons en appartement ou en maison, nous habitons au nord, au sud, nous habitons à la capitale, nous habitons dans des petits villages méconnus. Nous sommes là, ensemble, et nous nous fichons les uns et les autres de qui nous sommes. Restons unis.

    On nous prend pour des idiots à la télé, 12 000 personnes samedi 29/12/18 ? Qui peut encore croire à ce mensonge ignoble ? Pour qui veut-on nous faire passer ? Des crétins ignorants qui déambulent dans les rues faute de mieux ? Toutes les pages facebook à elles seules, toutes les vidéos postées prouvent le contraire. Nous n’étions pas 12 000 samedi dernier, nous étions beaucoup plus et vous le savez. Ne nous laissons plus prendre pour des imbéciles, ne nous laissons par traiter de menteurs par des gens qui l’ont décidé. Ces pseudo journalistes qui bavent leurs conneries à la télé me font vomir. Quand tu as décidé d’être journaliste c’est ça que tu voulais faire ? Parler du nouvel album de Jennifer, d’une année sans Johnny, des vacances de Macron à Saint Trop ? Tu voulais nous faire croire, à nous, le peuple, que lorsque les premières neiges arrivent en France alors le reste du monde ne souffre plus, que lorsque les soldes d’été commencent il n’y a plus de famine, que la sortie du dernier film avec Kev Adams était plus importante que le réchauffement climatique ?

    TU VOULAIS NOUS FAIRE CROIRE A NOUS, QU’ON ETAIT VIOLENT ?

    Tu voulais nous faire passer pour des monstres, des casseurs, des voleurs, des menteurs ? Tu voulais nous faire croire qu’on était 12 000 ce samedi ? C’est ça que tu voulais quand tu as fait ton école, tu voulais divulguer de la merde à la France, à la terre entière ? Tu voulais nous faire croire qu’à cause de nous les magasins perdaient de l’argent ? Tu voulais nous faire croire que Auchan était en souffrance par notre faute ? Sais tu combien d’entre nous peuvent encore faire leurs courses à Auchan ? Tu as voulu obéir, tu as voulu t’écraser, tu as voulu être sûr de bien toucher ton salaire à la fin du mois en nous faisant passer pour des terroristes, très bien, reste bien caché derrière ton bureau.

    Car les journalistes, ce sont nous, et nous n’avons pas fait d’école pour ça. Nous sommes allés sur le terrain, le vrai, nous sommes allés au bon endroit et nous avons vu, nous avons entendu et nous avons filmé. Mais ne prends pas nos vidéos qui montrent le vrai visage des gens et des choses. Ne montre pas nos chants, nos danses, nos mots, nos gestes, nos marches pacifiques. Ne montre pas ça tu as raison. Nous avons des yeux et ils n’ont pas besoin de regarder la télé. Pour la première fois depuis des décennies, l’argent que nous avons mis dans nos téléphones nous servent à filmer la réalité de la France.

    Car nous avons vu, nous qui étions dehors, comment on traite les femmes, les enfants dans ce pays. Et bien sur les hommes ne sont pas en reste.

    Alors je suis allée dehors, moi, la timide, la peureuse, la nerveuse, la stressée de la vie, celle qui trouve toujours autre chose à faire que quelque chose d’important, et j’ai vu. Dijon est une petite ville et nous étions près de 5000 le 15 décembre, un groupe soudé, léger, dans la bonne humeur et la légèreté, à marcher tranquillement. Nous nous sommes trouvés face à des rues entières complètement bouchées, bloquées par des voitures de police et des hommes en uniforme, bloquées par des grillages, bloquées par des hommes casqués, armés, armurés. Nous n’avons pas pu avancer, nous avons été traités de terroristes, les « badauds » ont été enfermés dans les magasins et les restaurants pour que nous ne leur fassions pas de mal. Nous avons rebroussé chemin, dans le calme, avec pour ambiance une mini fanfare et des gens costumés. Nous sommes arrivés à la place de la République, les forces de l’ordre suivaient chacun de nos mouvements. Nous étions là, dehors, debout, à discuter, à observer quand les premières grenades ont été lancées, nous enfumant tous. Alors forcément, moi, comme de nombreuses personnes présentes, nous ne connaissions pas cette sensation d’étouffer, nous ne savions pas ce que ça faisait de ne plus pouvoir respirer, d’avoir les yeux qui brûlent. Et pourtant je voulais rester, je voulais voir, je voulais sentir, je voulais observer. Les gaz en partie évacués, nous nous sommes ressoudés mais les jets ont été de plus en plus nombreux. Personne n’avait chargé, personne n’avait crié, personne n’avait d’arme, personne n’avait pris aucun équipement de la ville pour faire de barricades, de feu ou que sais-je encore. LES GENS ETAIENT JUSTE DEBOUT DANS LA RUE. Et nous avons été chassés, nous citoyens. L’homme est libre d’aller et venir là où bon lui semble et nous avons été privés de ce droit. Nous avons dû fuir contre les forces de l’ordre qui avaient été missionnées et envoyées pour nous faire fuir.

    #Gilets_Jaunes

    • @davduf :

      Nous n’avons pas pu avancer, nous avons été traités de terroristes, les « badauds » ont été enfermés dans les magasins et les restaurants pour que nous ne leur fassions pas de mal. Nous avons rebroussé chemin, dans le calme, avec pour ambiance une mini fanfare et des gens costumés. Nous sommes arrivés à la place de la République, les forces de l’ordre suivaient chacun de nos mouvements. Nous étions là, dehors, debout, à discuter, à observer quand les premières grenades ont été lancées, nous enfumant tous. Alors forcément, moi, comme de nombreuses personnes présentes, nous ne connaissions pas cette sensation d’étouffer, nous ne savions pas ce que ça faisait de ne plus pouvoir respirer, d’avoir les yeux qui brûlent. Et pourtant je voulais rester, je voulais voir, je voulais sentir, je voulais observer. Les gaz en partie évacués, nous nous sommes ressoudés mais les jets ont été de plus en plus nombreux. Personne n’avait chargé, personne n’avait crié, personne n’avait d’arme, personne n’avait pris aucun équipement de la ville pour faire de barricades, de feu ou que sais-je encore. LES GENS ETAIENT JUSTE DEBOUT DANS LA RUE. Et nous avons été chassés, nous citoyens. L’homme est libre d’aller et venir là où bon lui semble et nous avons été privés de ce droit. Nous avons dû fuir contre les forces de l’ordre qui avaient été missionnées et envoyées pour nous faire fuir.



  • Lille Le jeune homme blessé par balle par la police, rue Solférino, est mort Lakhdar Belaïd - 1 Janvier 2019 - la voix du nord
    http://www.lavoixdunord.fr/515161/article/2019-01-01/le-jeune-homme-blesse-par-balle-par-la-police-est-mort

    Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, la police ouvrait le feu sur un véhicule rue Solférino, dans le centre de Lille. Grièvement blessé, son chauffeur est décédé dans la nuit de lundi à mardi.

    Il avait 24 ans et avait été très gravement blessé par balles à l’issue d’une intervention de police en plein secteur festif lillois. Abderrahmane Hammouch, l’avocat de la famille de B., 24 ans, confirme officiellement le décès de ce jeune habitant du quartier de Fives. Longtemps resté dans le coma, B. a finalement succombé à ses blessures dans la nuit de lundi à mardi. « La famille veut clairement savoir ce qui s’est passé il y a un mois », poursuit Me Hammouch.

    Le Fivois aurait paniqué
    Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, la police surveille une Clio blanche stationnée rue Solférino. Ce véhicule de location n’a pas été rendu à temps et a été signalé aux autorités. Un Renault Scenic noir finit par déposer un passager près du véhicule. Cet homme se dirige alors vers la Clio.

    À ce moment, B. est au volant du Renault Scenic, un véhicule totalement en règle, précisent ses proches. Face à l’opération de police visant à interpeller la personne venue récupérer la Clio, le Fivois aurait paniqué et tenté de prendre la fuite. A-t-il cherché à éviter un contrôle ? Des policiers ont-ils craint pour leur sécurité ? La Direction départementale de la sécurité publique évoquera un « coup de feu en légitime défense pour stopper le véhicule ».

    Une enquête de la police des polices
    Le monospace terminera sa course un peu plus loin. Blessé au ventre, B. en a perdu le contrôle. Quand les secours arrivent, il est en arrêt cardiaque et sera réanimé par le SAMU. Les proches du défunt exigent dorénavant l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction.

    « La famille n’a pas accès au dossier »
    « Pour le moment, seule l’Inspection générale de la police nationale est saisie de l’affaire, rappelle Abderrahmane Hammouch. La famille n’a pas accès au dossier. » Le défenseur de la famille n’exclut pas non plus le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile. Il annonce d’ores et déjà la constitution d’un pool d’avocats pour se saisir de l’affaire, avec ses confrères Alice Cohen-Sabban et Benoît Cousin.

    #violence_policière #Lille #Fives
     #police #violences #guerre-aux-pauvres #répressions #luttes_sociales #répression_policière #violence_policière #Lille #Lille_Fives #France


  • Attendue depuis plus de 20 ans par les policiers municipaux et les élus locaux, l’accès direct aux fichiers du système national des permis de conduire -SNPC- et système des immatriculations de véhicules -SIV- est sur le point d’être expérimenté sur le territoire. Les polices municipales de Montpellier et de la Grande-Motte ont été choisies.
    https://twitter.com/myMetropolitain/status/1078937348447105025
    https://e-metropolitain.fr/2018/12/29/police-municipale-montpellier-grande-motte-tester-fichiers
    @arno
    source : #twittoland
    #Hérault #police #PSQ #Montpellier #fichiers


  • #Plogoff

    Après le choc pétrolier de 1973, la France passe au tout nucléaire. Plogoff, commune de Bretagne, est retenue pour l’établissement d’une centrale. De l’incompréhension des habitants naît la contestation puis la résistance. Ce n’est qu’en 1981 que le projet est stoppé par Mitterrand, comme promis durant sa campagne. À l’instar de Fukushima, la centrale de Plogoff devait se situer sur une faille sismique.


    https://www.editions-delcourt.fr/serie/plogoff.html
    #BD #bande_dessinée #livre #nucléaire #résistance #Bretagne #France #EDF #centrale_nucléaire #énergie #violence #violences_policières #CRS #police #justice #ordre #Pentecôte_antinucléaire #anti-nucléaire

    Sur la violence des manifestants/opposants et celle des institutions :


    #violence_institutionnelle #violence_organisée #hypocrisie

    « Le procureur cherche une décision politique. L’essentiel est de savoir pourquoi la violence naît dans une société. Elle est le #cri de ceux qui ne peuvent plus parler »


  • « Gilets jaunes » : la « police des polices » saisie de 48 affaires de violences policières présumées
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/12/28/l-igpn-saisie-de-48-affaires-de-violences-policieres-presumees_5403279_16535

    L’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », a été saisie par la justice de 48 affaires de violences policières présumées lors de manifestations des « #gilets_jaunes » et des lycéens au cours des dernières semaines, a annoncé, vendredi 28 décembre, le ministère de l’intérieur. [...]

    Depuis le début du mouvement, le 17 novembre, dix « gilets jaunes » sont morts et plus de 1 500 personnes ont été blessées, dont une cinquantaine gravement, selon des sources policières. Les forces de #police et de #gendarmerie, qui ont procédé à plus de 5 500 #interpellations et mis plus de 5 000 personnes en #garde_à_vue, déplorent de leur côté plus de 1 000 blessés.

    #violences_policières @davduf mais tu as du le voir


  • Drôme | Blocage d’Amazon par les gilets jaunes : dégradations en série
    https://www.ledauphine.com/drome/2018/12/25/montelimar-blocage-d-amazon-degradations-en-serie

    Lors de la dernière action de #blocage d‘#Amazon, samedi à Montélimar, une trentaine de #gilets_jaunes, dont la plupart avaient le visage bien dissimulé pour ne pas être identifiés, avaient fini, en fin de soirée, par pénétrer sur le parking de la plateforme #logistique

    Tout en lançant des fumigènes, ils auraient tenté d’aller crever des pneus ou encore d’ouvrir les remorques de camions. Mais les policiers, qui avaient évité jusque-là d’aller au contact lors de cet énième blocage, sont intervenus pour éviter le pillage, même si les camions ouverts étaient vides. Ils ont mis en fuite les individus. Ceux-ci auraient eu le temps d’arracher des câbles qui relient les tracteurs de camions aux remorques.

    Un vrai dispositif de guérilla urbaine avait été mis en place. Des containers et chariots avaient été volés aux commerces alentours pour finir brûlés sur les quatre #barricades. Celles-ci avaient été positionnées pour barrer le boulevard Charles-André en vue d’un affrontement avec les forces de l’ordre. Elles étaient aspergées de produits inflammables.

    Le feu avait aussi été mis à un transformateur dans une rue adjacente pour, semble-t-il, volontairement couper l’éclairage public et peut-être gêner l’assaut des #forces_de_l’ordre, si l’ordre avait été donné d’évacuer le site (ce qui n’a pas été le cas). Enfin, certains murets le long des entreprises ont été démontés en vue d’utiliser des pierres comme projectiles.

    #sabotage palliatif royal de l’impossibilité / difficulté de faire #grève

    • L’imMonde donc, puisque pref’ et proc’ il y a (mais aussi #défense_collective)

      Une #vidéo de la scène, filmée par une caméra de #surveillance_municipale, a été décortiquée à l’audience. Les quatre prévenus, dont une militante du PCF, ont été identifiés parmi une vingtaine de personnes. « Facilement », de l’aveu des policiers qui les ont arrêtés, car tous affichaient un signe distinctif : pantalon rouge, baskets orange, sac à dos rose… Preuve qu’ils ne cherchaient pas à se cacher pour en découdre, selon la défense, qui envisage de faire appel.
      M. Fayet et un collègue ont essuyé de nombreux coups, qui leur ont valu respectivement trois et deux jours d’interruption de travail. « En vingt-huit ans de police, je n’ai jamais vu une telle avalanche », a confié le commissaire dans un témoignage lu par le tribunal. Il était absent à l’audience. Le procureur a, lui, rapproché les faits de Valence des « actes dégueulasses » commis samedi à Paris quand des manifestants s’en sont pris à des policiers à moto.
      Une scène filmée
      « Je n’ai jamais donné de coup à qui que ce soit », a rétorqué à la barre la militante du PCF, une boulangère de 37 ans, condamnée à trois mois ferme. Sur la vidéo, on la voit surtout s’emparer du bonnet du #commissaire à terre, geste censé, sur le coup, « détourner son attention pour qu’il ne sorte pas son arme ». « C’était on ne peut plus stupide », reconnaît-elle. L’accusation, elle, est convaincue qu’elle voulait emporter « un trophée ».
      Un cordiste en formation de 22 ans admet avoir porté un coup de pied, geste « inadmissible », dont il s’excuse. Mais s’il est intervenu, dit-il, c’est pour tenter de mettre fin à une bagarre, sans savoir qu’il s’agissait de policiers. De même pour un autre prévenu. Mais dans ce cas, « pourquoi ne pas s’en prendre à celui qui [dans l’attroupement] porte une batte de baseball ? », interroge le procureur.
      Très visible sur la vidéo, ce #manifestant_armé n’aurait pas été vu par les prévenus, qui tous soutiennent que ce que l’on peut analyser à l’écran aujourd’hui ne correspond pas à ce qu’ils pouvaient voir compte tenu de la confusion qui régnait ce jour-là.
      Les quatre avaient été placés en détention avant d’être libérés le 20 décembre dans l’attente de leur procès. Ils sont ressortis #libres du tribunal, applaudis par leurs soutiens, dans l’attente de comparaître devant le juge d’application des peines.

      Du ferme pour 3 jours d’#ITT...
      #police


  • Manif gilets jaunes : les premières avancées de l’enquête - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/manif-gilets-jaunes-les-premieres-avancees-de-l-enquete_2053869.html

    Vol d’un fusil d’assaut, violences contre les forces de l’ordre, pillages... Les pistes de la #police commencent à aboutir.

    C’est un travail de Bénédictin qui porte ses premiers fruits. Après cinq week-ends de mobilisation des gilets jaunes et de multiples arrestations, les enquêteurs de la #police_judiciaire parisienne commencent, selon nos informations, à identifier les auteurs des infractions les plus graves. Le tout nouveau procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, avait prévenu sur RTL : « Ceux qui rentrent le samedi (après la manifestation), sans avoir été interpellés, ne sont pas pour autant quittes avec la #justice. (...) Ce n’est pas le régime du ’pas vu, pas pris’. (...) Sur la base des vidéos et des témoignages, la police judiciaire interpellera encore des auteurs d’infraction. » 

    Le 5 décembre, les policiers du premier district, qui couvre le centre et l’ouest de la capitale, ont ainsi retrouvé un individu soupçonné d’être impliqué dans le #vol d’un fusil d’assaut HK G36 appartenant aux forces de l’ordre. Quatre jours plus tôt, en plein chaos, cette arme a été dérobée dans le coffre d’un véhicule de police stationné près de l’Opéra. Le suspect, mis en examen et écroué notamment pour « vol avec violences » et « infraction à la législation sur les armes », détenait une munition du HK G36, d’après une source proche du dossier. « Elle lui aurait été donnée, selon ses explications, par le voleur de l’arme. On essaie de remonter la piste et de déterminer qui est en possession du fusil d’assaut », explique à L’Express une source policière.

    Les « gilets jaunes » les plus violents, progressivement rattrapés par la justice
    https://www.franceinter.fr/justice/les-gilets-jaunes-les-plus-violents-progressivement-rattrapes-par-la-jus

    [...]La brigade criminelle a été saisie pour les actions les plus violentes, mais pour l’instant non résolues contre les forces de l’ordre. « On ne lâchera jamais », disent les enquêteurs. Il s’agit de deux agressions, avec pour victimes « un flic et un gendarme ». « On a vu le collègue gardien de la paix de la préfecture de police littéralement lynché, avec son nez et sa mâchoire fracturés, son fémur amoché ». Un gendarme mobile, visé sur la place de l’Étoile, a d’abord reçu des barrières de sécurité, puis un tir d’une bombe agricole bourrée de clous et de boulons, qui ont transpercé les protections et provoqué des brûlures.

    Les gendarmes évoquent quant à eux l’attaque et l’incendie de la Gendarmerie d’Autoroute de Narbonne, avec du personnel qui a pu s’échapper de peu par l’arrière du bâtiment, juste avant la mise à feu. Les enquêteurs ne veulent rien dire des indices et des vidéos enregistrées de ce 1er décembre. Reste que l’un des principaux chefs d’#enquête est persuadé que les auteurs des faits les plus graves finiront par être rattrapés par la patrouille dans les semaines qui viennent.


    • @colporteur : c’est largement un portfolio, voilà le texte :

      Les gueules cassées du Flash-Ball Près de trente gilets jaunes ont eu le visage meurtri par des tirs non-réglementaires. Entre traumatisme et incompréhension, ils essaient de se reconstruire.

      23 déc. 2018 - par Paul Conge / Photos : T.Biju-Duval et P.C

      David court comme si le diable était à ses trousses. Les Champs-Elysées ne sont plus qu’un enfer de gaz et de déflagrations ce 1er décembre. Le trentenaire en gilet jaune zigzague à l’aveugle, loin de cette « guerre », et le voilà rue Paul-Valéry, nez-à-nez avec des CRS. Il prend la main de Laure, sa compagne, ils avancent vers eux en douceur et les bras en l’air. David, formel : « Il n’y a pas eu de sommation. » Juste ce bruit sourd, cette cartouche tirée à toute vitesse, cet uppercut foudroyant dans sa bouche. David s’écroule, Laure crie, David crache du sang et quatre de ses dents.

      Pendant qu’il est sonné, David a quelques flashs : l’air épouvanté d’un pompier à la vue du trou dans sa lèvre, la spatule en bois qu’une infirmière glisse dans sa bouche, la « soucoupe de lumière » du bloc opératoire à l’hôpital Saint-Joseph... « J’ai cru que j’allais y rester », remet-il.

      Quinze jours d’ITT plus tard — le médecin lui en a prescrit 45 — David se terre maintenant dans son salon carrelé, à Bouafle (Yvelines), un gros sparadrap sur la lèvre pour cacher le trou. Ce tailleur de pierre à la gueule d’ange ignorait tout des armes à feu. Il sait à présent que son visage a été buriné par une cartouche en caoutchouc propulsée à 330km/h par un lanceur de balle de défense (LBD, ex-Flash-Ball). « C’était un tir pour blesser, de la violence gratuite », estime cet Yvelinois de 31 ans accro à sa moto.

      26 blessés au visage
      Os de la mâchoire éjectés, multiples fractures, gencive arrachée, sinus défoncés, de même que les dents, « de la canine à la première molaire »... « J’ai l’impression de ne plus avoir de mâchoire », dit le jeune gilet jaune, en cherchant ses organes disparus avec sa langue. On lui a un peu rafistolé la lèvre, mais il en manque un morceau. Sous morphine, codéine et antidépresseurs, il attend ses futures opérations, ainsi qu’une greffe d’os, qu’on lui extraira de la hanche. Mais il a toutes les chances de rester défiguré à vie.

      David
      Opposant pas très farouche à la loi CPE en 2006, David était venu défiler à Paris pour montrer à sa petite-amie « ce que c’est une manif ». Et par solidarité : « Je suis intérimaire. Les chantiers sont super loin. Les impôts nous saignent. On se sent tous concernés. »

      Avant qu’il ne fasse les frais de ce tir non-réglementaire. Car les cartouches de LBD 40 ne sont en aucun cas censées percuter le visage. La notice d’utilisation enjoint bien au contraire à viser « sous les épaules ». Pourtant, beaucoup de balafres similaires ont été relayées sur les réseaux sociaux. Thomas, 20 ans, de Nîmes, a eu la joue déchiquetée. Maxime, 40 ans, d’Avignon, a eu la mâchoire fracturée. Fiorina, 20 ans, d’Amiens, a perdu un œil... Selon le décompte d’Explicite, parmi les centaines de blessés, au moins 26 ont eu le visage touché.

      LBD 40, plus dangereux que le Flash-Ball
      « Le visage agit comme un pare-choc de voiture, il se casse pour protéger la boîte crânienne », relève Ludovic Bénichou, chef du service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital Saint-Joseph, où furent hospitalisées plusieurs des victimes du LBD 40. « Quand le projectile est lancé à haute vélocité, il emmagasine une forte énergie cinétique, absorbée ensuite par l’impact, ce qui fait des dégâts : la maxillaire peut partir en miettes, l’orbite peut casser, il y a des pertes de tissus... Quand ça atteint la bouche, ça emporte pas mal de dents. »

      « Le LBD40 fait évidemment plus de dégâts »
      Le chirurgien poursuit : « Pour les soigner, on utilise la traumatologie faciale, qui a été inventée pendant la Première Guerre mondiale pour réparer les ’gueules cassées’ » - ces « poilus » dont le visage a été massacré par les balles allemandes. Chirurgie reconstructrice, chirurgie esthétique, greffes osseuses... « Au bout, ce ne sera pas comme s’il n’y avait rien eu, mais ça améliore les choses », poursuit le médecin.

      Comment expliquer un telle quantité de blessés au visage ? Par deux phénomènes au moins. D’abord, le remplacement progressif du Flash-Ball par des lanceurs de balles de défense 40mm, ou « LBD 40 » dans le jargon. « Le LBD 40, plus précis, fait évidemment plus de dégâts, puisque la cartouche est plus fine », note Guillaume Verney-Carron, directeur général de l’entreprise qui fabrique le Flash-Ball.

      D’autre part, un glissement dans la doctrine du maintien de l’ordre : « Avant, le Flash-Ball était utilisé pour se sortir d’une situation délicate, embraye le directeur. Maintenant, on en a changé la doctrine d’emploi : le LBD 40 est utilisé à toutes les sauces, et à plus grande distance. » Ainsi, rien que sur la journée du 1er décembre, quelque 776 cartouches de LBD 40 ont été tirées, preuve de leur utilisation massive.

      Réveils en sursaut et libido à zéro
      « Cette arme ne devrait pas exister. J’en vois pas l’intérêt. Les policiers ont des matraques et ils savent très bien s’en servir », s’agace David qui souhaite désormais leur disparition de l’arsenal de la police. « C’est du maintien de l’ordre, pas la guerre ! » Comme certains blessés militaires, David se réveille en sursaut de ses cauchemars, la nuit, persuadé d’avoir entendu des bruits de déflagration.

      Il y a d’autres séquelles post-traumatiques. Sa libido est à zéro, il a perdu 10 kilos, il ne peut plus se moucher et prend pour seul repas des boissons protéinées. Devant une glace, il n’accepte pas son visage déformé. « On m’a enlevé une partie de moi-même, énonce David en fondant en larmes. J’ai failli prendre ma moto et me foutre en l’air. » Son visage se clôt : « Ce tir a détruit beaucoup. Des années de ma vie. Je veux qu’on me rende ma mâchoire. »

      Le monde à travers le trou de la serrure
      Les traumatisés, tels des animaux blessés, se terrent dans leur tanière. Ainsi, Jérôme, éborgné par un tir de LBD 40, le 24 novembre dernier, ne quitte plus trop la pénombre de l’appartement familial de Chartres (Eure-et-Loire). « Je supporte mal la lumière », confie-t-il, un bandeau de pirate sur l’œil gauche. Alors le salon est tristounet à quelques jours de Noël, stores baissés de moitié et lampadaires tournés vers les murs.

      Jérôme
      Il faut le voir, ce costaud au crâne rasé, ancien agent de sécurité, les 40 ans marqués, qui s’est petit à petit replié sur lui-même. « Il a changé, s’attriste son épouse en voyant son regard viser le sol. Avant c’était un ’bonhomme’, comme on dit. Maintenant, il est fragilisé, son visage n’est plus éclairé, ses épaules sont rentrées... »

      « Une des seules choses que j’aimais chez moi, c’était mon regard »
      Cet ancien maître-chien était à la recherche de sa femme sur les Champs-Elysées lorsque c’est arrivé : « Ça a juste fait boum dans ma tempe ». Cette cartouche fatale a chamboulé sa vie. « J’ai l’impression de regarder le monde par le trou de la serrure », déplore âprement Jérôme. Son champ de vision s’est rétréci comme peau de chagrin. Le drame pour cet homme qui adorait piloter sa vieille Audi GT 80 et les séries de science-fiction. Aujourd’hui commercial, il n’est pas sûr d’oser affronter le regard des clients. Dans la rue, il est reluqué. « Le regard des gens n’est pas évident », souffle cet ancien parachutiste.

      Jérome et son épouse
      Pour Jérôme, qui jure qu’il n’était pas hostile, cette blessure est une énième injustice et un énième couperet. Lui qui, déjà, vilipendait ce monde « dominé par une poignée d’individus milliardaires », quand lui devait se résoudre « à prendre des crédits à la consommation pour payer les loyers en retard ». Pour que ses filles puissent se nourrir, « des fois, je ne mangeais rien pendant trois jours », dit-il. Et les fins de mois sont toujours aussi ric-rac.

      Maintenant, il souffre de terribles maux de tête, et le traumatisme l’a rendu plus anxieux. « J’ai peur qu’il m’arrive le moindre truc à l’autre œil, et que je devienne aveugle. Quand je me regarde, je me sens diminué. Je me suis jamais trouvé très beau.. mais une des seules choses que j’aimais chez moi, c’était mon regard. C’est celui de mon oncle », dit-il. Une larme s’échappe soudain de son œil de pirate, dernier signe de vie qui émanera de cet organe mort.

      Un mauvais tir ?
      Jérôme, entraîné aux armes quand il était militaire, ne croit pas à l’erreur de tir : « Je pense qu’il a visé la tête intentionnellement. Certains y prennent presque du plaisir. » Avocat de flics, maître Laurent-Franck Lienard n’est pas tendre à ce sujet avec ses clients : « Lorsqu’ils disposent d’armes intermédiaires, [les policiers] ne sentent pas la même inhibition et montrent une tendance très nette à y recourir, y compris lorsque la situation ne le justifie pas. (…) On ne compte plus les usages de cette arme en dehors de tout cadre légal, pour ’faire du bruit’, ’faire courir les jeunes’ ou ’se faire plaisir’… des notions bien éloignées de l’action policière ! »

      « Comme à la chasse, vous pouvez faire un mauvais tir », nuance le fabriquant du Flash-Ball. Habilitée au LBD 40, une source policière lui emboîte le pas : « On n’est pas tireurs d’élite et ça n’est pas une arme de précision. C’est comme à la boxe : ne pas viser la tête, ne pas viser la colonne… On fait toujours, toujours, au mieux. Mais on n’est pas infaillible. Ça dépend si la personne court, de la distance, des conditions climatiques, s’il y a du vent... »

      « Comme à la chasse, vous pouvez faire un mauvais tir »
      Seul hic, beaucoup de ces gueules cassées ne présentaient aucun danger immédiat. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent au contraire des personnes pacifiques percutées de plein fouet par des tirs de LBD. Sollicitée, la place Beauvau n’a pas donné suite à nos demandes.

      « Tout ça alors qu’on défendait des droits... », conclut Jérôme. « Je ne regrette pas malgré tout. Je ne regrette rien, parce qu’il y a eu une prise de conscience collective... et je souhaite du plus profond de mon être qu’il se passe quelque chose. Je suis content d’avoir participé à ça, même si je l’ai payé très cher. »

    • Dans une interview à #Chasse_Passion de septembre, Guillaume Verney Caron pleure pour être soutenu par la france dans la fabrication d’armes à tuer des humains.

      Interview Guillaume Verney-Carron au sujet du VCD10
      https://www.youtube.com/watch?v=GLKmCoNyH4M

      Jamais mieux servi que par soi même, il écrit des articles à sa gloire dans la tribune.


      https://acteursdeleconomie.latribune.fr/debats/opinion/2016-09-16/la-fin-du-famas-pour-l-armee-francaise-et-maintenant-qu

      Le Famas, produit à Saint-Etienne et qui équipait depuis 1979 l’armée française sera bientôt remplacé par un modèle allemand HK 416. Son fabricant Heckler und Koch ayant remporté l’appel d’offres de l’Etat. Le sentiment d’amertume passé, Guillaume Verney-Carron, directeur général de l’entreprise stéphanoise éponyme, qui avait postulé pour maintenir la production de l’arme française sur son territoire historique, lance un appel pour que la filière française puisse continuer à vivre, et qu’elle retrouve ses lettres de noblesse.

      A quoi travaillent les lobbys de chasse à l’assemblée nationale ?

      #industrie_de_l'armement

    • La violence est une tradition française à préserver

      Verney Carron
      Verney-Carron Security. Since back in 1650, and then again the watershed year 1820, the family-run business has demonstrated wisdom, intelligence and level-headedness needed to navigate the transition from expert craftsmanship to cutting-edge, avant-garde industrial expertise, enabling us to carve out a position as trade-leading pace-setter.
      [Search domain www.verney-carron-security.com/en/] https://www.verney-carron-security.com/en


  • Policiers agressés aux Champs-Elysées : les motos de tous les dangers - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/12/24/policiers-agresses-aux-champs-elysees-les-motos-de-tous-les-dangers_16995

    L’évolution de cette doctrine est résumée par un acronyme à la préfecture de police de Paris : DAR, pour dispositif d’action rapide. Ces groupes plus légers que les unités spécialistes du maintien de l’ordre (CRS et gendarmes mobiles) ont pour consigne d’aller justement au contact des manifestants pour disperser le plus vite possible et interpeller. Parmi ces DAR, on retrouve le groupe moto de la compagnie de sécurisation et d’intervention de Paris. L’utilisation de ces policiers à moto rappelle forcément les « voltigeurs », dissous après la mort de Malik Oussekine. D’autant plus qu’ils ont pour mission, comme leurs ancêtres, de disperser la manifestation. Avec une différence cependant, au lieu d’un « bidule », ces policiers sont désormais équipés de fusils à balles en caoutchouc (LBD40) et de grenades explosives. Ils ne foncent donc pas dans la foule mais peuvent se positionner à proximité d’un cortège pour tirer. Les samedis 8 et 15 décembre, ils étaient ainsi une cinquantaine, « destinés à pouvoir se rendre rapidement en tout point de la capitale pour intervenir en cas de troubles » avait expliqué la préfecture à Libération.

    Samedi dernier, ce sont donc quatre policiers à moto de la compagnie de sécurisation et d’intervention de Paris qui sont envoyés face aux « gilets jaunes ». Ces agents, rompus aux interventions de lutte contre la criminalité, ne sont pas du tout des spécialistes de la gestion de foule, un savoir-faire bien spécifique dans la police et la gendarmerie. La scène, filmée et largement relayée depuis, est un parfait exemple du risque pris par les autorités dans l’utilisation de telles unités pour intervenir lors de manifestations.

    Seul rempart : leur arme à feu

    A l’aide de grenades - trois détonations correspondant à des grenades de désencerclement sont audibles sur la vidéo, une arme qui propulse 18 galets en caoutchouc à très forte vitesse et peut gravement blesser au visage - ces policiers tentent de disperser la foule. Le samedi 8 décembre, David Dufresne, journaliste et auteur d’un livre référence sur le maintien de l’ordre, avait assisté à une scène similaire, où les policiers avaient cette fois réussi leur manœuvre : « Trois motos dont une avec deux policiers s’étaient arrêtées, ils avaient lancé des grenades de désencerclement, puis étaient partis tout aussi vite qu’ils étaient arrivés. » Mais ce samedi, les policiers ne parviennent pas à se replier assez rapidement. Les explosions des grenades provoquent une réaction d’hostilité des manifestants, qui fondent sur les fonctionnaires, peu nombreux. Les « unités constituées », capables de faire face sans tirer à balle réelle sont trop éloignées. Les quatre motards sont en danger, avec pour seul rempart leur arme à feu. Une situation redoutée par les forces de l’ordre et qui apparaît en contradiction avec la tradition du maintien de l’ordre en France.

    Interrogée à propos de cet événement, la préfecture de police de Paris n’a pas répondu à nos questions. « On considère que l’on est face à des violences urbaines et non plus une manifestation traditionnelle », expliquait récemment à Libération un haut gradé de la préfecture pour justifier cette nouvelle méthode. La scène des Champs-Élysées résonne désormais comme un avertissement pour les autorités.

    #Maintien_de_L'ordre #Police #Voltigeurs


  • Magouilles, nazisme et violence : un « policier repenti » se livre - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211218/magouilles-nazisme-et-violence-un-policier-repenti-se-livre

    Nicolas a récemment quitté la police. Il venait de commencer sa carrière dans une unité de la gare du Nord, à Paris. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il raconte un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la violence. Et comment la sensation de devenir « agressif et raciste » l’a fait renoncer au métier.

    #police #violence #nazisme

    • On attend la même confession de la part de Madame #martine_aubry, et de ses amis #PS qui dirigent #Lille, du #préfet du département du #Nord à propos du bar bar identitaire du #Vieux-Lille « la #citadelle ».

      * Lille Les antifascistes remontent à l’assaut de la Citadelle et réclament sa fermeture 23 Décembre 2018
      http://www.lavoixdunord.fr/511915/article/2018-12-23/les-antifascistes-remontent-l-assaut-de-la-citadelle-et-reclament-sa-fe

      À nouveau mobilisées par l’édifiante enquête de la chaîne Al Jazeera sur le bar identitaire du Vieux-Lille, les associations antifascistes sont repassées ce dimanche . . .

      « C’est quand même incroyable que la diffusion du reportage n’ait pas ipso facto entraîné la fermeture de ce bar fréquenté par des nazis ! » Mélanie, 30 ans . . .

      L’enquête menée par Al Jazeera confirme que nous avions raison. Martine Aubry et le préfet auraient dû l’interdire. On voit ce que ça donne... »

      L’immense majorité des militants est consternée par les images et les mots entendus dans le reportage de la chaîne qatarienne.

      « C’est fou, y’a même un mec qui a planifié un attentat à la voiture bélier sur le marché de Wazemmes », tonne un manifestant. . . .
      Beaucoup ont aussi retenu les saluts nazis, les références implicites au Troisième Reich . . . . .


      Le vieux lille, puisque curieusement, sur le web, pas de photo de la façade du bar facho _


  • « #Gilets_jaunes » : des #policiers violemment pris à partie par des #manifestants sur les Champs-Elysées, L’imMonde #Police
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/23/gilets-jaunes-des-policiers-lynches-sur-les-champs-elysees-selon-griveaux_54

    Le porte-parole du #gouvernement, Benjamin Griveaux, a dénoncé samedi soir le visage « raciste » des auteurs des violences qui ont émaillé les rassemblements. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, salue « l’attitude exemplaire » des forces de l’ordre.

    En fait ces flics à moto étaient d’abord à pied, occupés à lancer de loin et hors de tout danger 3 " #grenades_de_désencerclement “ sur un groupe de manifestants, mais la plupart des journalistes se refusent à dénombrer les explosions qui surviennent avant la mise en fuite des policiers, dont l’un aura pour défendre une moto au sol jugé nécessaire de braquer les manifestants...
    https://www.youtube.com/watch?v=Uvzy1olFtTQ

    #Maintien_de_l'ordre #storytelling #communication #violences_policières " #armes_non_létales " #arme_à_feu #vidéo


  • A Nice, la majorité des écoles disent « non merci » au policier
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/21/a-nice-la-majorite-des-ecoles-disent-non-merci-au-policier_5400835_3224.html

    Des policiers dans les écoles ? A Nice, la mesure, proposée par la municipalité en réponse à la menace terroriste, a du mal à passer. Sur les 154 écoles primaires de la ville, seules 18 ont accepté cette proposition, selon un chiffre communiqué par la mairie à l’Agence France-Presse.

    #Police #Sécuritaire #Education


  • Les voitures Tesla acquises par la police bâloise sont trop connectées Alain Arnaud/pym - 21 Décembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/regions/autres-cantons/10089290-les-voitures-tesla-acquises-par-la-police-baloise-sont-trop-connectees.

    Les nouvelles Tesla de patrouille acquises par la police de Bâle-Ville sont hyper-connectées. Beaucoup trop, même, aux yeux du préposé bâlois à la protection des données, qui les prive momentanément de sortie.
    Elles font pourtant la fierté de la police locale, ces sept Tesla flambant neuves. Mais elles doivent rester au garage, le temps de régler le délicat problème de la confidentialité des données. Car les Tesla sont bourrées de sensors, de micros, de caméras, qui recueillent en permanence toutes les données possibles et les transmettent immédiatement au serveur du fabricant américain, qui capte jusqu’au moindre mot prononcé par les agents à bord, leur localisation précise et le détail de tous les déplacenmments.


    Tesla dispose même des moyens de modifier à distance la capacité des batteries.

    Les particuliers doivent accepter la « transparence »
    La presse alémanique, qui révèle l’affaire, estime que les autorités ont manqué de vigilance. En tout cas, le préposé à la protection des données, Beat Rudin, se pose des questions sur l’existence ou non d’un accord entre la police et le constructeur : « On ne sait pas vraiment si et comment les données personnelles captées dans ces voitures seront utilisées, lesquelles seront enregistrées et si Tesla recevra ces informations », assène-t-il. 

    Car les particuliers qui font l’acquisition d’une Tesla sont tenus de signer les conditions générales de l’entreprise et ainsi de donner leur accord à la transmission automatique de toutes les données du véhicule.

    140’000 francs l’unité
    Hier soir, le commandant de la police bâloise affirmait à la télévision alémanique qu’il retirerait les cartes SIM Tesla des véhicules pour les remplacer par celles de la police.
    Or, si tel est le cas, certains se demandent quel était l’intérêt de se doter de ces sept véhicules à 140’000 francs l’unité, un montant jugé exorbitant par nombre de politiques bâlois.

    #tesla #piege_à_cons
    #voiture_autopilotée #voiture_autonome #transport #voitures_autonomes #voiture #mobilité #automobile #robotisation #innovation #batteries #électricité #accidents#elon_musk #économie #baudruche #police #surveillance #données #contrôle


  • Magouilles, nazisme et violence : un policier repenti se livre

    A lire absolument.
    Pas tant par rapport au nazisme mais surtout dans la propension à l’ultra #virilisme, gourdin couillu dans lequel se projettent les flics, et particulièrement la BAC pour se motiver en intervention...

    Nicolas a récemment quitté la police. Il venait de commencer sa carrière dans une unité de la gare du Nord, à Paris. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il raconte un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la violence. Et comment la sensation de devenir « violent et raciste » l’a fait renoncer au métier.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/211218/magouilles-nazisme-et-violence-un-policier-repenti-se-livre #police #milice #militarisme #violencespolicieces


  • Magouilles, nazisme et violence : un policier repenti se livre, « Être de gauche est vu comme être vulnérable, un peu comme ce qui est prêté aux femmes », Mathieu Rigouste
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211218/magouilles-nazisme-et-violence-un-policier-repenti-se-livre?onglet=full

    Nicolas a récemment quitté la #police. Il venait de commencer sa carrière dans une unité de la gare du Nord, à Paris. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il raconte un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la #violence. Et comment la sensation de devenir « violent et #raciste » l’a fait renoncer au métier.

    Le fonctionnement intime du pouvoir policier est difficile à observer. Lorsqu’un chercheur y est accepté, les policiers ne lui donnent à voir que ce qu’ils veulent bien. Les témoignages d’anciens policiers ayant rompu assez clairement avec l’institution et le métier pour les décrire sans filtre sont extrêmement rares (voir en Boîte noire).

    Nicolas Garnier (les prénom et nom ont été changés) a quitté la police ces dernières années. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il dépeint un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la violence. Ce qu’il raconte permet de mieux décrire la mécanique de production des pratiques policières. Il a préféré rester anonyme, par « peur de recevoir des menaces » de ses anciens collègues.

    Il était affecté gare du Nord, là où ont été contrôlés en mars 2017 trois ex-lycéens en voyage scolaire qui ont porté plainte contre l’État pour contrôle discriminatoire. L’audience a eu lieu en octobre 2018 au tribunal de grande instance de Paris. Les trois lycéens ont été déboutés le 17 décembre mais ont décidé de faire appel.

    Nicolas a mal vécu son passage dans la police. « Il y a encore quelque chose de coincé, comme si je n’avais pas réglé cette affaire », confie-t-il. Son profil est assez répandu dans les bases de l’institution policière. Il a été socialement construit comme un mâle blanc de « classe moyenne ». Mais sa subjectivité n’est pas représentative des policiers de voie publique. Comme il le reconnaît, il était très marginal dans son commissariat et n’a jamais connu aucun autre policier qui ait, comme lui, rompu avec le métier « par principe ». Identifié à « un gauchiste » par ses collègues, il sait qu’on ne lui montre certainement pas tout. Un de ses collègues prévenait ainsi les autres : « N’allez pas trop loin devant Nicolas. » Les pratiques qu’il rapporte peuvent donc être considérées comme une partie émergée de l’intimité du pouvoir policier.

    L’utilité, la vengeance et l’action
    Nicolas Garnier est né à Paris au début des années 1990, son père est enseignant et sa mère employée. Sa scolarité a été « classique bien qu’un peu douloureuse ». À la suite d’un bac pro, il cherche « un boulot pour être utile aux gens ». Il pense à la police. Lorsqu’on lui demande d’où venait cette idée, il est catégorique : « Les reportages à la télévision me donnaient toujours une vision positive de la police, dans le sens où je me disais, “c’est bien, ils arrêtent des mauvaises personnes, ils sont utiles”. Je m’identifiais à eux, j’avais envie d’être comme eux. » La mystification du #pouvoir_policier joue un rôle fondamental dans l’engagement mais aussi dans la fabrication de l’agent de police.

    Nicolas rapporte une autre dimension de son enrôlement. « Dans mon adolescence, j’ai été agressé environ six fois, par des Noirs et des Arabes. Je ne m’étais pas particulièrement dit “les Noirs et les Arabes sont des méchants”, je m’étais juste dit “il y a des cons et faut empêcher les cons d’agir”. » Le pouvoir policier attire des personnes désireuses de mettre en œuvre leurs conceptions personnelles de la justice. On y trouve nécessairement une part importante d’engagements basés sur des ressentiments racistes, sexistes et de classe. « Je suis blanc, j’ai été agressé deux fois au couteau, une fois dans le hall de mon immeuble, le jour de mon anniversaire, donc il y avait aussi une sorte de rancœur en moi, je pense, qui m’a motivé. »

    Nicolas évoque aussi l’un des motifs d’engagement les plus répandus, « le besoin d’action ». Mais il porte dessus un regard désormais critique. « Je vous dis ça avec du recul, je pense que j’aurais pu travailler en association si j’avais vraiment voulu, mais je devais avoir un besoin de décharge d’agressivité, une envie d’utiliser la #force. Je pense que c’est ce que je recherchais. Voilà, une sorte de besoin de #vengeance, d’utilité et d’#action. »

    Sélectionner et préparer le corps policier
    Après un premier échec au concours des cadets de la République, Nicolas Garnier est pris l’année suivante. La formation a lieu rue Albert dans le XIIIe arrondissement parisien, à côté d’Olympiades. Un chef commence par exiger qu’il se coupe les cheveux. L’enseignement se concentre sur le sport et les interventions mais aborde aussi « le pénal, la légitime défense et le code de la route ». Les concurrents sont notés et classés. En fonction de leur rang, ils choisissent parmi des postes à pourvoir. Le concours permet de repérer ceux qui sont employables et disciplinables pour mieux évacuer les ingérables. Les « profils de gaucho » comme le sien semblent acceptés « tout comme ceux profondément fainéants, même avec des notes très basse, un absentéisme, et une volonté par les formateurs de les exclure ».

    Selon l’ancien policier, il s’agit « de garder à tout prix de la main-d’œuvre pour l’institution ». Nicolas est « plutôt bien classé » et demande la brigade des réseaux ferrés. « C’est comme ça que je suis arrivé à gare du Nord. J’étais content, je me suis dit : “Il va y avoir de l’action”. » Sa détermination reste intacte durant la formation. « Ça allait encore, ma vision, ça s’arrêtait à un milieu très #viriliste et enfantin, un peu gamin, qui cherche à se moquer des autres, à bizuter, mais ça ne m’avait pas tant choqué. »

    Durant son premier stage dans un commissariat parisien, il note « une sorte de flemme à travailler ». Selon Nicolas Garnier, ses anciens collègues « cherchent à #en_faire_le_moins_possible et essaient d’éviter certaines affaires et même d’éviter les affaires en général ». Son second stage a lieu dans une grande gare parisienne où il décrit encore « une ambiance de planqué ». Malgré l’écart de plus en plus évident entre la fiction, la formation et le terrain, le jeune homme reste déterminé à travailler selon l’image qu’il avait de la police.

    Lors de stages auprès des unités d’élite du Raid, la présentation des #armes et des techniques d’intervention participe à renforcer une culture de l’« action ». Une initiation au maintien de l’ordre avec des compagnies de CRS institue en profondeur cet « #esprit_de_corps policier » fasciné par « l’intervention ». Ces dispositifs permettent aussi de repérer les marginaux et les contrevenants.

    « Une brigade un peu spéciale »
    Lorsqu’il est finalement affecté gare du Nord, Nicolas Garnier déchante vite. « Je suis tombé dans une brigade un peu spéciale, ambiance #fasciste, qui prônait le nazisme. Quelques-uns avaient une allégeance à Hitler et les autres étaient complices, sans avoir les mêmes mots mais prenaient quand même bien plaisir à faire des insultes racistes. »

    Selon l’ancien policier, chez les collègues de son unité, « la construction politique est soit absente, soit un cliché de l’#extrême_droite ». Ils votent tous Front national et leurs discussions quotidiennes évoluent dans un « fourre-tout idéologique avec Marine et les étrangers en tête ». On peut imaginer qu’ils sont à ce titre relativement représentatifs des 47 % de policiers et militaires qui assumaient voter FN dans une enquête du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, publiée en 2017.

    Dans le commissariat, la hiérarchie est représentée par une major, un brigadier et des lieutenants qui passent de temps en temps. Ils n’ont pas ce type de propos devant les agents qui s’en gardent eux aussi lorsqu’un gradé entre dans la pièce. « Il y avait quand même une sorte de honte auprès de la hiérarchie. »

    Dans la gare, l’unité surveille notamment les fraudes aux portiques et les trains arrivant d’Amsterdam. Les policiers de cette unité travaillent ensemble depuis longtemps, ils se voient chez les uns et les autres. Il y a « un Guadeloupéen » parmi eux. « Ça amenait toujours des situations extrêmement gênantes et cependant, lui-même partageait des a priori extrêmement discriminants, mais pas de manière aussi franche que les autres, mais il était souvent d’accord sur les agissements et les attitudes méprisantes à l’égard des minorités. »

    Cette brigade « un peu spéciale » est en fait complètement intégrée au fonctionnement normal de l’institution policière.

    L’ancien policier se souvient aussi de l’importance du #sexisme dans l’équipe et dans l’institution. « Ça imprègne tout le corps policier, c’est omniprésent, c’est un milieu viriliste. » Il évoque des manières de prendre « à la rigolade » les dépôts de #plainte_pour_viol. Mais aussi des situations révélatrices de la multiplicité des violences rendues possibles par le pouvoir policier. Il évoque par exemple un policier qui tentait d’extorquer des vidéos érotiques personnelles à une femme venue porter plainte contre son ex-compagnon qui la menaçait de les publier. Les violences sexistes des policiers s’inscrivent elles aussi dans une culture dominante. « Être de gauche est vu comme être vulnérable, un peu comme ce qui est prêté aux femmes », résume Nicolas Garnier.

    L’ancien policier a fini par comprendre que la culture policière ne s’accommode pas seulement des pratiques violentes et discriminatoires. Elle les légitime et les valorise. Nicolas Garnier raconte ainsi comment ses collègues « avaient tabassé un mec à l’arrière du commissariat ». L’homme avait perdu une dent, les policiers avaient filmé la scène et se passaient la #vidéo sur un téléphone. « Ils étaient fiers, ils y faisaient référence de temps en temps. »

    Un autre policier pouvait cracher sur un SDF allongé au sol juste pour impressionner les collègues. La formation à cette #culture_de_violence s’opère quotidiennement au contact des pratiques policières banalisées. Nicolas Garnier se souvient qu’une fois, où il devait maintenir au sol « un type insupportable, qui insultait tout le monde », l’homme leur avait craché sur les chaussures. Son collègue lui avait dit : « Tiens, je vais te montrer comment faire. » Il avait essuyé sa chaussure sur la personne menottée. « C’est une sorte de formation, décrypte l’ancien policier. D’abord, c’est de l’humiliation et puis l’envie de renvoyer à l’autre sa violence. »

    Nicolas Garnier en est sûr : « Cette idéologie, c’était ce qui les faisait tenir au travail, ils s’accrochaient coûte que coûte à ces idées, peut-être pour donner du sens à leur #travail. »

    Contrôler les corps « africains », « nord-africains » et « méfiants »
    Cette idéologie participe effectivement à légitimer des pratiques quotidiennes. Nicolas Garnier perçoit chez ses collègues « une satisfaction à user de la violence contre les minorités noires et arabes ».

    « C’était vraiment ce qui leur plaisait. C’était vraiment leur truc. Quand on contrôlait, il y avait un vrai mépris envers ces personnes. D’une manière générale, tout ce qui n’avait pas des codes entre guillemets bourgeois, soit une manière de s’habiller dans les codes des gens qui ont de l’argent. Mais des Blancs aussi, s’ils avaient des signes de #pauvreté sur eux, n’avaient le droit qu’à très peu de respect. »

    L’ex-policier précise que cela s’exprimait « par des tons très secs, des boutades à peine déguisées devant les personnes, toujours en gardant les limites de ne pas être ouvertement insultant ».

    Nicolas Garnier reconnaît que « la majorité des personnes qui se faisaient contrôler étaient des personnes non blanches » mais il lui paraît « difficile » d’évaluer si les contrôles étaient effectués au faciès. « C’était plus imprégné, il y avait un état d’esprit, selon lequel les #Noirs et les #Arabes étaient des sous-personnes, des “sous-races”, dont il fallait contrôler les actions. Mais ce n’était pas dit par la hiérarchie. »

    Ces pratiques de contrôle des corps prennent pourtant forme à l’intérieur d’un cadre institutionnel. Les documents de formation aux Gestes techniques du professionnel d’intervention (GTPI) assurent que « l’important lors d’une intervention est de figer la situation afin de ne pas en perdre le contrôle et de restreindre toutes les possibilités d’action de(s) l’interpellé(s) ». Des textes juridiques précisent les gestes, attitudes et postures auxquelles se conformer. « Les fonctionnaires doivent mettre en œuvre un comportement de surveillance ou de prévention, ralentir, s’arrêter, intervenir », tout en « travaillant en autonomie ». C’est dans cet espace d’« autonomie » relative que sont mises en œuvres les pratiques réelles du maintien de l’ordre social.

    La posture du policier doit s’adapter au statut social de la personne et du territoire qu’il doit contrôler. « Dans les quartiers sensibles, explique un document de formation, il convient de se déplacer en restant toujours vigilant. » La discrimination des corps est elle aussi instituée.

    Lorsqu’ils interviennent sur appel de la radio, les policiers reçoivent des messages désignant « en général des personnes non blanches ». « Donc ce n’était pas notre choix de contrôle », insiste Nicolas Garnier. Ses documents de formation enseignent à décrire une personne par des « types » issus de l’#ethnologie_coloniale : « Caucasien, méditerranéen, moyen-oriental, maghrébin, asiatique/eurasien, amérindien, indo-pakistanais, métis/mulâtre, africain/antillais, polynésien et mélanésien (dont “canaques”). »
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    Nicolas se souvient que dans les communications radio, on employait surtout « Nord-Africain » et « Africain ». Ces dispositifs de profilage racial amorcent une chaîne de pratiques de surveillance et de contrôle, de brimades et de coercitions marquant les corps reconnus comme « Africains » et « Nord-Africains » par les policiers.

    « Ce qui était ciblé, ce n’était pas forcément une couleur mais plus une attitude où on sentait de la méfiance chez la personne », assure l’ex-policier. Cette focalisation détermine le ciblage de corps « méfiants » parce que régulièrement confrontés aux #violences_policières et aux discriminations. Cette disposition de la pensée policière à repérer ce qui se méfie d’elle détermine des pratiques de ségrégation et de prédation, ainsi qu’une prétention à soumettre tout ce qui se sent menacé par l’ordre social et le pouvoir policier.

    Le monopole de la violence légale
    Tout comme cette « brigade un peu spéciale », les violences policières s’intègrent sans difficulté dans les dispositifs législatifs et judiciaires chargés de les contrôler. Si l’#État revendique effectivement le monopole légitime de la violence, il dispose surtout de son monopole légal.

    Durant la formation aux cadres juridiques d’emploi de la force, on présente aux élèves policiers le « code de déontologie », on distribue des livrets informatifs sur « la démocratie », « les libertés individuelles et collectives » qui permettent de légitimer l’existence d’un cadre éthique, moral, légal. Ce rituel autorise l’entrée dans un champ où les pratiques réelles peuvent prendre des formes très éloignées des principes mis au fronton de l’institution.

    C’est ainsi que durant sa formation aux GTPI, Nicolas Garnier apprend à mettre des menottes. On lui indique les zones du poignet qui peuvent être douloureuses, en expliquant qu’il faut « essayer de ne pas faire mal ». Ce qui rend possible la diffusion de pratiques de coercition d’autant plus facilement qu’on vient d’enseigner les zones douloureuses.

    Après une courte réflexion, Nicolas Garnier se souvient d’ailleurs : « Pendant la formation, on nous a dit qu’effectivement, si la personne ne se laissait pas faire, il était possible d’appuyer sur ses menottes pour créer des douleurs au poignet, ça c’était officiel aussi, et qu’une fois que la douleur avait été créée, la personne avait plus tendance à se laisser faire. »

    S’il insiste pour rappeler que « l’idée principale c’est tout de même d’infliger le moins de douleur possible », l’ancien policier explique qu’on lui a pourtant bien enseigné « des clefs de bras, des coups de poing et coups de pieds, type boxe française, des points de pression ». « Même si on nous disait qu’il ne fallait pas mettre de coups, donc je ne sais pas pourquoi on nous l’enseignait, mais on nous apprenait tout de même à mettre des coups. »

    Les violences policières les plus quotidiennes n’entrent pas en conflit avec le cadre judiciaire. Nicolas Garnier se souvient ainsi d’un contrôle d’identité « sur un type, sans raison ». L’homme s’enfuit en courant mais les policiers réussissent à le rattraper. Il est alors coincé dans un local et ne peut s’enfuir. « Et là, je sens chez mes collègues qu’il y a une montée, chez moi aussi, de violence et d’agressivité, qu’ils ont déchargé sur ce type en usant de la force qui était complètement disproportionnée. » « Il n’y avait pas nécessité de l’écraser par terre, de lui mettre les menottes extrêmement fortes. » Mais « au niveau de la loi, ils arrivent encore à se couvrir, ça peut passer », reconnaît Nicolas Garnier.

    L’#impunité_judiciaire quasi totale dont bénéficient les crimes policiers est assez bien connue. Mais les violences quotidiennes sont elles aussi couvertes par la collaboration de l’institution judiciaire. L’ex-agent de police se souvient qu’un de ses collègues avait mis un coup de genou dans le ventre d’« un minot de 14 ans qui faisait vraiment chier en insultant », « pour le faire taire ». L’adolescent avait ensuite été interpellé et emmené au poste.

    Dans son procès-verbal (P.-V.), le collègue ment et écrit que le petit a tenté de lui mettre « un coup de boule ». Au tribunal, un magistrat vient voir le policier en question et le félicite : « Bravo pour votre interpellation. On a revu les caméras et effectivement on a bien vu le coup de boule qu’il a essayé de vous mettre. » Nicolas considère qu’on peut parler d’une forme de « collusion dans le mensonge entre la justice et la police ».

    Les compétences en droit des officiers de police judiciaire permettent de faire entrer la réalité des pratiques dans les cadres de la loi. L’ancien policier se souvient ainsi de techniques consistant pour l’officier à faire reprendre les P.-V. par les agents lorsque ce qu’ils avaient déclaré ne permettait pas de « prendre l’affaire » parce que le parquet l’aurait refusée. Au sujet d’un pseudo-fraudeur, Nicolas Garnier confie : « Donc on a changé la réalité, on l’a mis à la poubelle, on a refait un P.-V., on a menti sur le procès-verbal et on a dit qu’il avait effectivement fraudé. » Il arrivait aussi « qu’on invente des insultes ».

    Puis il décrit un fait moins connu. « Quand on se fait insulter par quelqu’un, on rajoute des insultes au magistrat dans la plainte. Exemple : le type nous dit “sale flic de merde” et on rajoute “les juges je me les fous au cul, jamais j’aurais quoi que ce soit”. Il y a une sorte de mépris de la justice dans le corps policier. On dit qu’ils sont laxistes, que les délinquants se sentent en liberté. »

    Les policiers savent aussi s’arranger avec la loi. Nicolas Garnier confirme un fait déjà connu de l’inspection générale de l’administration. « Ça se fait, une ou deux fois par mois de se mettre un “outrage à agent”, c’est, je ne sais plus, entre 200 et 500 euros, qui tombent, grâce au service d’aide aux victimes et ils touchent leur cachet même si la personne est insolvable. Et dans ce cas, on n’invente pas des insultes, on provoque, on cherche la personne. »

    Fabriquer et discipliner le corps policier
    Lorsque je lui demande pourquoi si peu de policiers rompent comme il l’a fait, Nicolas Garnier explique que son expérience de la police le fait penser à celle de Milgram, réadaptée à la télévision en « Jeu de la mort ». Et il ajoute : « Après, il faut aussi se demander pourquoi on veut rentrer dans la police à la base. C’est l’un des éléments mis en avant par l’historien Maurice Rajsfus pour expliquer la subjectivité policière : on ne devient pas impunément policier. »

    L’ancien policier pense reconnaître une « sorte de perversion de l’usage de la force, prétendument légitime, une sorte de #jouissance liée à la situation de supériorité ». Il considère cela comme une compensation. « Ce métier est dur, alors ils arrivent à tenir en trouvant une compensation, en étant des connards. Je le perçois comme ça. Dans mon cas, c’est peut-être ce qui serait arrivé, j’aurais fini par trouver des compensations en déchargeant mon agressivité sur certaines personnes. Et je me serais dit “c’est normal”. On finit par s’habituer, se dire “c’est pas énorme”, et ça peut grimper. Parce que dans ce milieu, la violence est vraiment répandue. On finit par penser banales des choses qui ne le sont pas. Moi, j’ai pu m’en rendre compte grâce à des références extérieures mais je ne sais pas si tout le monde peut s’en rendre compte. »

    La formation passe aussi par des pratiques de défiance et d’intimidation pour faire respecter « l’esprit de corps ». « Il y a des bizutages, certains collègues te prenaient en photo en train de dormir pour faire pression sur toi. » Nicolas Garnier pose des questions sur le temps matinal passé à « ne rien faire au commissariat » et ne rit pas aux blagues racistes. On lui fait comprendre qu’il est « emmerdant ».

    Puis un jour, un collègue l’intercepte et lui explique « entre quatre yeux, avec un ton menaçant », qu’il a intérêt à se « tenir à carreau » parce que « la police c’est une grande famille, on est très solidaires entre nous, si jamais il y en a un qui commence à causer des problèmes, on sait le régler… » Alors, Nicolas décide de pas trop « ouvrir sa gueule ».

    Cette chaîne de programmation commence à transformer Nicolas Garnier en policier de terrain. « C’est un métier difficile et je sentais que j’étais en train de rentrer dans une sorte de mimétisme avec mes collègues, je pense que j’étais en train de devenir comme eux. Je commençais à avoir des réflexions racistes sur les Noirs et les Arabes. Je me suis dit que c’était quand même bizarre que je commence à penser comme ça. »

    L’ancien policier se souvient d’« une nana complètement folle, qui nous insulte pendant qu’on la ramène au commissariat ». « Je sens que je commence à monter en agressivité. » La femme est amenée « dans un autre endroit du poste, où il y a moins de monde ». Elle crache alors sur un des collègues que Nicolas appréciait particulièrement.

    « Là, ça m’a fait vriller et j’attrape la nana, je l’amène au sol de façon violente. Comme mes collègues avaient fait pendant la course-poursuite contre l’autre type, je me suis mis à faire pareil en fait. Un usage de la force disproportionné en raison d’une agressivité qui monte en soi. Je lui mets le visage par terre pour qu’elle ne nous crache pas dessus, de façon trop forte par rapport à ce qu’elle avait fait. »

    Mais à la différence de nombreux autres policiers, Nicolas Garnier est resté socialisé dans un groupe d’amis qui fissurent son formatage. « Je me suis dit “merde, qu’est-ce que t’es en train de faire et de devenir ?” Soit je commençais à coller, soit je partais. » Nicolas Garnier finit par décider de rompre avec la police.

    Toutes les situations décrites par Nicolas Garnier ont eu lieu en l’espace d’une seule année. Elles décrivent un monde de violences déterminé par la position de pouvoir des policiers sur les #corps qu’ils contrôlent. Alors qu’il évoque les techniques d’intervention, Nicolas note qu’on lui avait appris à ne pas regarder dans les yeux une personne plus grande que soi, « pour ne pas qu’elle se sente en supériorité, toujours cette idée de domination ».

    Les pratiques policières sont structurées par les systèmes sociaux de domination. Une brigade néonazie s’intègre bien dans les cadres du pouvoir policier parce que la violence et les discriminations, légales et illégales, font partie intégrante des répertoires réels du maintien de l’ordre social. Ce ne sont pas des accidents, pas des dysfonctionnements, ce sont les productions d’une machinerie institutionnelle qui remplissent des fonctions rationnelles pour la reproduction d’une société inégalitaire.

    Mathieu Rigouste est chercheur indépendant en sciences sociales. Il est l’auteur, notamment, de La Domination policière : une violence industrielle (La Fabrique, 2012) et État d’urgence et business de la sécurité (Niet, 2016).

    Nicolas Garnier a pris contact avec le chercheur après avoir découvert son travail sur internet, afin de restituer ce qu’il a vu et entendu. « Je ne m’étais pas tant posé de questions sur la police à ce niveau, et du coup je me suis dit que vous pourriez être une oreille pour entendre ce que j’avais à dire. Et qui en ferait peut-être quelque chose d’utile. »

    Contactée pour réagir au témoignage de l’ancien policier, la préfecture de police de Paris n’a pas donné suite.


  • « Face aux “#gilets_jaunes”, l’action répressive est d’une ampleur considérable », #Fabien_Jobard, docteur es police, propos recueillis par Marc-Olivier Bherer
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/20/face-aux-gilets-jaunes-l-action-repressive-est-d-une-ampleur-considerable_54


    Un « gilet jaune » blessé secouru par d’autres manifestants, le 15 décembre, à Nantes. JEREMIE LUSSEAU / HANS LUCAS POUR "LE MONDE"

    Le sociologue Fabien Jobard note que le bilan, en termes de blessés, de ce mouvement social est sans précédent depuis Mai 68.
    Propos recueillis par Marc-Olivier Bherer

    Fabien Jobard est directeur de recherches au CNRS, au sein du Centre de recherches sociologiques sur le #droit et les institutions pénales (Cesdip). Il est également chercheur au Centre Marc-Bloch à Berlin. Il a coécrit, avec Jérémie Gauthier, #Police : questions sensibles (PUF, 108 pages, 9,50 euros), et, avec Jacques de Maillard, #Sociologie de la police. Politiques, organisations, réformes (Armand Colin, 2015).

    Les forces de l’ordre ont réalisé un nombre record d’interpellations préventives le 8 décembre, en amont des mobilisations des « gilets jaunes ». Près de 1 500 personnes ont été arrêtées en France. Que vous inspire ce chiffre ?

    A strictement parler, ces interpellations ne sont pas préventives : elles répriment une incrimination créée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui consiste à se regrouper en vue de se préparer à commettre, par exemple, des dégradations. « En vue de la préparation » permet d’interpeller un très grand nombre de personnes dans un très large périmètre et, in fine, de les empêcher de manifester. Ce n’est pas la Préfecture de police, ce ne sont pas les policiers qui empêchent de manifester, mais bel et bien notre droit ordinaire, et c’est le signe d’une évolution marquante.

    Le droit n’exige plus des éléments matériels incontestables, comme une arme par destination [un objet qui, sans être une arme, peut être employé comme tel], pour empêcher des gens de prendre part à une manifestation, mais une simple intention déduite d’éléments incertains, mais suffisants pour placer en garde à vue durant le temps de la manifestation. Beaucoup de responsables aujourd’hui souhaiteraient réserver aux manifestants le même traitement qu’aux supporteurs de football : identifier ceux qui sont potentiellement violents dans un fichier et les assigner à résidence le jour de la manifestation.

    Mais on ne peut pas, car manifester est un #droit_fondamental (à la différence d’assister à un match de foot). Alors, l’incrimination qui permet d’interpeller sur un motif très large tout petit groupe proche du lieu de la #manifestation est un mécanisme de substitution, à coûts très élevés. Il est très coûteux car il est très consommateur de forces sur place et multiplie les occasions de face-à-face en amont de la manifestation. Près de 1 500 gardes à vue en une journée, c’est un record, bien au-delà de ce que l’on a vu à l’occasion de sommets internationaux tels que, dernièrement, le G20 de Hambourg, pourtant marqué par des destructions et, plus rarement, des pillages. Articulée à cette #justice très particulière, là aussi propre à la France, qu’est la comparution immédiate, l’action répressive est d’une ampleur considérable.

    Est-ce que le dispositif du 8 décembre, avec beaucoup de policiers mobiles, plus offensifs, s’il venait à faire référence, pourrait menacer la liberté de manifester ?

    Le déploiement de groupes très mobile de policiers est principalement dû à la nature du mouvement. Le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas un mouvement encadré et il se revendique comme tel – c’est du reste sa force. Une manifestation consiste donc plus en l’agrégation de petits groupes d’affinité, « montés » ensemble à Paris, Bordeaux, Toulouse ou ailleurs, pour rejoindre un lieu de défilé incertain, indécis, mouvant. Quelques-uns de ces groupes voient l’acte protestataire dans le fait de manifester en un lieu symbolique fort, parfois interdit, comme, à Paris, les abords de l’Elysée ou les Champs-Elysées.

    Si les pouvoirs publics décident d’empêcher toute présence sur ces lieux, ils sont contraints de déployer autant de forces mobiles qu’il y a de groupes protestataires, avec énormément de forces statiques immobilisées par ailleurs aux points d’entrée des zones interdites. Dans la journée, aux petits groupes protestataires très vite radicalisés par le cours même de l’action (l’accueil sur les lieux par les gaz lacrymogènes, par exemple) viennent se greffer des groupes qui, eux, font de la casse ou de l’affrontement avec les policiers des modes d’expression politique, puis des groupes opportunistes de pilleurs. Dans cette configuration, le maintien de l’ordre se délite en une somme confuse de courses-poursuites visant l’interpellation en flagrant délit [ben voyons, une sociologie sans terrain, sans même scruter quelques images !, on lira pas une fois le terme offensif à propos des actes de la police "étudiée", ndc] .

    Quel bilan tirez-vous de l’action de la police ?

    En #maintien_de_l’ordre, c’est le donneur d’ordres qui est en première ligne, c’est-à-dire le politique. C’est, j’insiste, la spécificité de ce métier, alors que les autres métiers policiers (sécurité publique et même police judiciaire) donnent une bien plus large marge de manœuvre aux policiers et à leur encadrement. Du reste, le #gouvernement ne s’est pas privé de faire savoir qu’il était aux commandes, à grand renfort de présence télévisuelle en salle de commandement. Une telle immixtion du politique dans la conduite des forces policières est, il faut le noter, une particularité française.

    Dans le cas d’espèce, les interventions policières ont entraîné en maintes occasions des dommages considérables : mains arrachées par les grenades, défigurations ou énucléations par des tirs de balles de défense, décès à Marseille : le bilan dépasse tout ce que l’on a pu connaître en métropole depuis Mai 68, lorsque le niveau de violence et l’armement des manifestants étaient autrement plus élevés, et le niveau de protection des policiers, au regard de ce qu’il est aujourd’hui, tout simplement ridicule.

    Encore une fois, on est en maintien de l’ordre et ce sont moins les policiers qui sont en cause ici que l’#armement dont ils disposent et les ordres qu’on leur donne. On ne trouve pas en Europe, en tout cas ni en Allemagne ni en Grande-Bretagne, d’équipements tels que les #grenades explosives et les lanceurs de balles de défense [#LBD40], qui sont des armes qui mutilent ou provoquent des #blessures_irréversibles. Engager ces armes face à des protestataires inexpérimentés, qui, pour beaucoup (on l’a vu lors des audiences de comparution immédiate), se trouvaient pour la première fois à Paris, amène une dynamique de radicalisation qui entraîne les deux camps dans une escalade très dangereuse : les uns sont convaincus qu’ils répondent à une violence excessive, donc illégitime, et les policiers, se voyant agressés, usent de tous les moyens à leur disposition.

    Seule l’arme à feu est restée inemployée, du fait de l’expérience des policiers français en matière de maintien de l’ordre. Lors du sommet de Göteborg en 2001, les policiers dépassés avaient fait usage de l’arme à feu ; et au sommet de Gênes, la même année, les policiers, chauffés à blanc, avaient pour les uns tué, pour les autres torturé.

    Que signifie à vos yeux la présence de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) lors des manifestations des « gilets jaunes » ?

    La présence de la BRI ne doit pas être surinterprétée. Elle est liée au fait qu’absolument toutes les forces disponibles ont, à Paris, été mobilisées. Cela va des sections sportives aux policiers de la brigade d’assistance aux sans-abri, en passant par les brigades équestres ou motocyclistes. C’est la conséquence de la recherche à tout prix de l’interpellation et, de ce point de vue, le politique a fait le choix de prendre des risques élevés de dérapage, d’autant plus élevés que le #Flash-Ball relève de l’équipement individuel de la plupart de ces forces d’appoint. Le tir de balles de défense contre les personnes a ainsi été au centre du dispositif, et c’est l’un des faits majeurs de ces week-ends successifs.

    Il signale, je pense, une tolérance sociale établie à l’usage de la force par la police, quand bien même un tribunal administratif estimait en 2015 que ces armes « comportent des risques exceptionnels ». En 1986, François Rigal, étudiant, perdit un œil à la suite d’un tir de grenade lacrymogène et cet événement entraîna une émotion très forte et de longues discussions, y compris parlementaires, autour des tirs tendus.

    Depuis la fin des années 1990, les tirs de balles de caoutchouc, dont le diamètre est inférieur à ce qu’une orbite oculaire peut bloquer, ont entraîné l’#énucléation d’une trentaine de personnes [à vérifier, ndc] , mais rien ne semble aujourd’hui s’opposer à l’usage banalisé de cette arme. La doctrine dite de maintien de l’ordre cède ici du terrain face à une notion en usage dans les forces de l’ordre, celle de « #violences_urbaines  », beaucoup plus incertaine et périlleuse.

    La police a récemment été confrontée et à du terrorisme et à des manifestations massives. Qu’est-ce que cette concomitance implique pour les policiers ?

    A mes yeux, le terrorisme joue à trois niveaux dans la conduite des événements. Le premier est idéologique. Les policiers sont convaincus, et les politiques l’ont répété à l’envi, qu’ils sont en première ligne dans la guerre livrée contre le terrorisme. Les faits ne sont pas non plus de nature à les contredire : ils sont pris pour cibles dans de nombreuses attaques et l’ont parfois payé de leur vie. Dans un tel contexte anxiogène, lorsque le gouvernement centre toute sa communication sur la circulation d’armes à feu parmi les « gilets jaunes », sur la volonté de tuer, sur les risques mortels auxquels s’exposent les policiers à l’occasion des manifestations, on comprend que ces derniers en viennent à très vite puiser dans l’arsenal qu’on leur met entre les mains. Dans ces conditions, avoir évité un Gênes 2001 commence à relever du miracle.

    Le deuxième niveau est juridique. La loi d’octobre 2017 reprend, parmi les dispositions des lois successives sur l’état d’urgence, la facilitation des mesures d’#interdiction_de_manifestation. La manifestation est de plus en plus envisagée comme un problème d’ordre public plus que comme une #liberté_fondamentale, et cela marque les dispositifs mis en place – à commencer par les dispositifs judiciaires : on veut interpeller pour déferrer.

    Le troisième niveau est l’épuisement des forces de l’ordre, sursollicitées depuis 2015. Beaucoup parmi les policiers ne comprennent alors pas pourquoi, dans un contexte de guerre contre le terrorisme et avec les possibilités aujourd’hui offertes par le droit, on n’interdit tout simplement pas les manifestations en amont, plutôt que de les envoyer seuls face à la contestation sociale. Face aux manifestants, l’impatience et l’épuisement sont d’emblée à leur comble. L’épilogue était, pour une fois, écrit d’avance : à leur tour, les policiers demandent des comptes à l’Etat.

    Recensement provisoire des blessés graves des manifestations du mois de novembre-décembre 2018
    https://desarmons.net/index.php/2018/12/11/recensement-provisoire-des-blesses-graves-des-manifestations-du-mois-de-d

    #Politique_pénale #mutilations #terreur (version #extra_judiciaire)


  • #Graffitis vus à #Trento 22-24.11.2018

    Meno consumismo, più banditismo


    #consumérisme

    Meno fascisti più autostoppisti


    #fascisme #autostop

    Basta fogli di via. Banditi dappertutto

    No fogli di via:

    Leghisti carogne


    #Ligue_du_nord #Lega_Nord

    Lega servi dei ricchi

    Roma ladrona, ma è comoda la poltrona

    No alla sorveglianza sociale


    #surveillance #surveillance_sociale

    No al #DASPO urbano

    Fuoco alle galere


    #prisons

    Sabotiamo la guerra


    #sabotage #guerre

    I giorni passano, i #lager restano. No #CPR


    #détention_administrative #CRA #rétention

    Attacchiamo i padroni


    #patrons #patronnat

    #Refugees_welcome


    #réfugiés

    #No_TAV


    #TAV

    #ENI assassina

    Non nominare cubetto invano

    I fascisti accoltellano, ora basta

    Basta frontiere


    #frontières

    Terrorista è lo Stato


    #Etat #Etat-nation #terrorisme

    Io imbratto, egli imbratta, voi blatte. Fanculo al daspo urbano

    Ordine. Disciplina. Quello che mi serve è un po’ di benzina


    #ordre #discipline

    Verità per #Giulio_Regeni

    Nel carcere di #Spini le guardie pestano

    Fuoco a galere e #CIE

    No border nation, stop deportation


    #renvois #expulsions

    Università per tutti. Tagli per nessuno


    #université #accès_à_l'éducation

    Le parole sono importanti. Chi parla male pensa male


    #mots #vocabulaire #terminologie

    Morte al fascio

    + sbirri morti


    #police
    #Trente #Italie #art_de_rue #street-art