• A NOS CORPS DEFENDANTS - 2020 - 90 min - FR / ENG

    https://www.youtube.com/watch?v=zrHcc_rPacE

    Désarmons les
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    Durée : 90 min

    Année : 2019

    Réalisation : IanB

    Synopsis

    Ce film ne raconte pas une histoire. Il se veut une approche sensible et radicale des violences psychologiques et physiques infligées aux habitant·es des quartiers populaires par la police. Les récits prennent place dans la France des vingt dernières années, celle de l’après Sarkozy, et sont rapportés par les premier·e·s concerné·e·s : pas de sociologue, pas d’historien, pas de journalistes ni de storytelling. Juste la parole de celles et ceux qu’on voudrait voir silencieux·ses : Wassil Kraiker et ses parents Zohra et Abdelaziz, des jeunes d’Argenteuil, Amine Mansouri et son père Moustapha, Ali Alexis et son épouse, Ramata Dieng et Farid El Yamni…

    On y aborde la question de la domination, ou comment l’Etat traite les corps étrangers pour mieux les contrôler. Il est question de racisme, de torture et d’un combat vital pour la vérité. Les protagonistes de ce film n’avaient pas choisi de devenir un jour visibles, mais les violences systémiques en ont fait des combattant·e·s, à leurs corps défendants.

    Sur le réalisateur

    IanB est membre fondateur d’un collectif qui existe et se bat depuis 2012 contre les violences d’Etat, Désarmons-les ! Ce film, il l’a pensé à la fois comme une manière de clore un chapitre dans son combat personnel, une déclaration de guerre et un message sans concession à l’attention de celles et ceux qui oseraient encore nier le caractère systémique des violences policières.
    Contacts :

    Mail : ianb@riseup.net

    Twitter : @ianb_desarmons

    Site internet : https://volte-face.info/film-a-nos-corps-defendants

  • On tue à Nantes ! Rage et injustice | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2018/07/10/on-tue-a-nantes-rage-injustice

    Cette impression de répétition se manifeste aussi dans la mise en œuvre de toute une dramaturgie qui fabrique l’événement. On retrouve les mêmes techniques de pouvoir : quartiers bouclés par les CRS, version policière qui transforme la victime en dangereux délinquant, rend public son casier judiciaire, retire toute responsabilité aux fonctionnaires dans la mort et dénonce les « violences urbaines » des « bandes », voire des « organisations criminelles », reprise en boucle par les médias mainstream de cette version sur fond d’images de voitures ou de bâtiments publics en feu qui vient rendre inaudibles les témoignages discordants ou contradictoires. En réaction, des « marches blanches » sont organisées pour cristalliser toute l’émotion des proches et surtout demander vérité et justice. Au mieux, le gouvernement annonce des mesures, multiplie les promesses. Et puis, une fois reconduit l’ordre public, l’indifférence civile reprend le dessus, la bureaucratie avec elle. La conduite de l’instruction, souvent longue et complexe, si elle calme les esprits, débouche régulièrement sur de lourdes condamnations des « meneurs » et un non-lieu vis-à-vis des policiers mis en examen (comme ceux mis en examen en 2005 et acquittés en 2015), décision ressentie par beaucoup comme une forme d’impunité, un « permis de tuer ».

    Maintenant, que s’est-il donc passé dans le quartier du Breil pour qu’un banal contrôle d’identité conduise à un homicide ? Chaque jour apporte son lot d’informations nouvelles. À l’origine du tir du CRS, le délit de fuite n’est plus invoqué. On apprend que ce dernier n’était pas en « légitime de défense », qu’il a menti aux enquêteurs, que c’était un accident. Au fil des jours, la version policière officielle s’effondre.

    S’il est souhaitable que la mobilisation de tous les acteurs et des habitants sur place puisse ramener le calme et apporter un soutien inconditionnel aux habitant.e.s, le recours à la violence opère toujours aussi comme un court-circuit des logiques politiques afin que soient abordés les vrais problèmes – à Nantes Ouest comme ailleurs – et que justice soit rendue.

    Mais rien n’est joué. Car dans les quartiers la police tue toujours des non-blancs. La loi du 28 février 2017 a, à l’évidence, étendu l’usage des armes à feu par les policiers et les gendarmes, comme l’a montré un bilan statistique en 2018 et le drame de Nantes. Tout en cherchant à homogénéiser l’usage des armes selon que l’on était gendarme, policier ou agent de surveillance, la loi a ajouté aux principes de proportionnalité, de légitime défense et d’ordre faisant autorité, les notions « d’état de nécessité » ou « d’absolue nécessité ». La première laisse une grande latitude aux agents. Quant à la seconde, on se demandera : « Y avait-il « absolue nécessité » à tirer à bout pourtant sur Akoukabar ce 4 juillet 2018 ?

    Invoquer un « accident » quelques jours après le drame apparaît comme une volte-face grotesque. Mais ce cas n’est pas isolé et d’autres pourraient survenir. Cette loi pose donc problème dès lors qu’elle encadre moins des pratiques qu’elle ne les « couvre ». Par ailleurs, on observe sur l’uniforme de certains membres des forces de l’ordre – parfois cagoulé et sans matricule – le signe des « punishers » (en lien avec la série éponyme). Cet insigne est-bien légal ? Que signifie t-il ? Faut-il le mettre en lien avec les résultats aux élections professionnelles des listes proches de l’extrême droite qui ont rassemblé plus de la moitié des fonctionnaires de police ? Quoi qu’il en soit, pour ne pas donner raison à ceux qui parlent de « guerre » ou de « guérilla urbaine », ce sont aussi ces questions, que révèlent le drame de Nantes, dont il faudrait débattre.

    Michel Kokoreff

    Sociologue, Professeur de sociologie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

    #Quartiers #Emeutes #Police_partout_justice_nulle_part

  • Le shérif le plus coriace d’Amérique finira-t-il dans son pénitencier ?
    http://www.ouest-france.fr/monde/le-sherif-le-plus-coriace-d-amerique-finira-t-il-dans-son-penitencier-5

    Joe Arpaio, 85 ans, a été le shérif le plus célèbre des États-Unis, réélu à la sécurité du comté de Maricopa, en Arizona, de 1992 à 2016. Dans un pays où les responsables de la police sont élus, il vantait ses méthodes controversées sur les chaînes de télé, en se qualifiant de shérif « le plus coriace d’Amérique ».

    Sa cible préférée ? Les Mexicains qui traversent la frontière. L’immigration est à sa hantise, les clandestins son combat, les chasser son programme à chaque campagne électorale. Mais, en 2012, pour la juge Susan Bolton, il est allé trop loin.
    Des milices anti-immigrants

    Il a outrepassé ses droits de chef de la police arizonienne, en mettant en place des milices anti-immigrants. Elles raflaient des clandestins mexicains qui n’étaient soupçonnés d’aucun crime. L’immigration est une compétence fédérale et seuls les agents fédéraux sont habilités à intervenir. Joseph Michel, dit « Joe », le savait.

    En 2011, un juge fédéral avait déjà pris une ordonnance contre lui, afin qu’il cesse ces arrestations arbitraires et discriminantes. Lundi, la justice a conclu qu’il avait violé cette ordonnance et l’a donc condamné à six mois de prison.

    La presse américaine s’est aussitôt interrogée sur le sort de ce fils d’immigrés italiens qui a toujours fait sa loi. Va-t-il subir les terribles conditions qu’il a lui-même instaurées dans la prison de son comté ? Car les idées ne lui ont jamais manqué pour durcir la vie carcérale.

    Des chaînes de forçats au pied

    Il a ainsi rétabli le port de vêtements rayés noir et blanc et des chaînes de forçats pour les détenus qui travaillent à l’extérieur, une pratique que la plupart des États américains avaient arrêtée dans les années 1950 ! Joe Arpaio se gaussait même de l’avoir imposée aux femmes, « par pur souci d’égalité ! » Il a aussi supprimé des « luxes » comme le café, les salles de musculation, les chaînes de télévision, sauf la météo, « pour que ces abrutis sachent quelle température il va faire quand ils travailleront sur les routes ».

    De 1992 à 2016, Joe Arpaio a été constamment été réélu à la tête du comté de Maricopa en prônant un programme anti-immigrants, dans cette région frontalière du Mexique.

    Comme il l’avait promis à ses électeurs, le shérif incarcère à tour de bras ; la prison du comté est rapidement surchargée. La solution est vite trouvée et attire les caméras du pays. L’élu républicain installe des tentes en plein milieu du désert et les entoure de barbelés : ce pénitencier de plein air ne coûte que 100 000 €. Les critiques pleuvent à la vue de prisonniers suant sous les 45° de l’Arizona.

    Mais selon le journal Arizona Republic, c’est surtout de la nourriture que les détenus se plaignent. Les repas d’un prisonnier de Maricopa ne reviennent qu’à 60 cents par jour, contre en moyenne 8 dollars dans le reste des États-Unis. Afin de décourager totalement de futurs délinquants, le gros bras de l’Arizona a fait installer un message en néon rose en haut du mirador de sa prison : « Places disponibles ».
    Abus de pouvoir et discrimination raciale

    Ces excès auraient porté ses fruits. La criminalité aurait baissé de 20 % à Maricopa, entre 2004 et 2008. Mais à quel prix ? L’Arizona Republic estimait l’an passé qu’Arpaio avait déjà coûté 142 millions en frais de justice aux contribuables du comté. Ce n’est pas la première fois qu’il doit se défendre contre des accusations d’abus de pouvoir et de discrimination. En 1999, ce sont 8,5 millions de dollars qui disparaissent des finances publiques en dommages et intérêts payés à la famille de Scott Norbert, mort par suffocation dans la prison de Joe.

    En 2016, c’est à cette célèbre figure de l’autorité que le candidat Donald Trump, autre chasseur de Mexicains, confie la sécurité de son meeting de campagne. Ces deux hommes à poigne ont plus d’un point commun, dont un goût affiché pour la téléréalité. Comme le milliardaire, le shérif a eu sa petite heure de gloire dans l’émission de Fox News intitulée Smile You’re Under Arrest (Souriez, vous êtes en état d’arrestation).

    Mais si l’un a gagné sa présidentielle, le second a perdu son poste. Trop d’abus.
    Il fait appel

    Son avocat a assuré devant les caméras de la BBC, lundi, que son client n’ira pas en prison, à 85 ans. Il fera appel de la décision de la juge Susan Bolton, qu’il estime « partiale ». Joe Arpaio s’est aussi fendu d’un communiqué : il n’aurait fait que son « devoir, protéger le public ». Aurait-il peur d’être condamné à porter des sous-vêtements roses, mesure qu’il avait imposée dans sa prison pour réduire le trafic de drogues ?

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