• "#Gilets_jaunes" : que font les #policiers_en_civil au milieu des manifestants ?

    La diffusion d’images sur les réseaux sociaux de membres des forces de l’ordre en civil, le 1er décembre à Paris, a alimenté les rumeurs sur leur présence parmi les « gilets jaunes ».
    Sur la plupart des images, on voit des hommes vêtus de grandes parkas ou de doudounes, une capuche ou un casque sur la tête, le bas du visage masqué. Ils marchent près de l’Arc de triomphe ou dans les rues pavées de Paris, le 1er décembre. Parfois, un seul détail, mais de taille, les distingue des manifestants qui se sont rassemblés dans la capitale, à l’appel des « gilets jaunes » : ils portent un brassard de police.

    Plusieurs vidéos ont ainsi été diffusées sur les réseaux sociaux après la journée de violences. Et une rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre : des policiers se seraient infiltrés en civil parmi les manifestants pour agir comme des « casseurs ». Qu’en est-il réellement ? Selon nos informations, il y avait bien des policiers en civil lors de la manifestation des « gilets jaunes » le 1er décembre et il y en aura encore samedi 8 décembre. Mais la police nationale assure sur Twitter que ces agents en civil ne sont pas là « pour casser ».

    C’est leur tenue qui peut expliquer la confusion : pour passer inaperçus, les policiers en civil « s’adaptent au public ». « Alors enfiler un ’gilet jaune’, pourquoi pas. Il faut ressembler le plus possible aux gens à surveiller », révèle à franceinfo Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat majoritaire des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT).
    « Faire le tri entre vrais et faux ’gilets jaunes’ »

    « La mission, en fait, c’est de se déguiser en manifestant avec une attitude de casseur, afin de repérer les groupes hostiles qui se déplacent dans le but de tout saccager », précise à franceinfo un policier de la BAC, qui souhaite rester anonyme. « Malheureusement, certains se font démasquer. Du coup, les gens pensent qu’ils sont là pour inciter à la casse et pour décrédibiliser le mouvement, alors que ce n’est pas du tout le cas », regrette cet agent, qui travaillera en civil samedi.

    Pour Jean-Marc Bailleul, il est « paradoxal » de penser que les policiers en civil « seraient là pour faire le mal ». « C’est pour le bien des manifestants. Il faut distinguer les casseurs qui se mêlent à eux », expose le secrétaire général du Syndicat majoritaire des cadres de la sécurité intérieure. Pour y parvenir, la « solution », pour les forces de l’ordre, c’est d’être « noyé » parmi eux. « Ce n’est pas pour nuire aux ’gilets jaunes’ : c’est pour faire le tri entre vrais et faux », poursuit-il.

    « Avec des policiers en tenue, il n’y aurait pas beaucoup d’interpellations. »
    Jean-Marc Bailleul à franceinfo

    La présence de policiers en civil aux manifestations de « gilets jaunes » est loin d’être exceptionnelle : elle est même systématique dans les rassemblements conséquents. « Dans les grosses manifestations, ils protègent les CRS, les policiers en tenue et les gendarmes mobiles, entre autres. Ils viennent en appui pour le maintien de l’ordre », explique Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance police, contacté par franceinfo.

    « Il y a des policiers en civil tous les jours »

    Leur effectif varie en fonction de la ville où a lieu la manifestation et de l’ampleur de cette dernière. La plupart du temps, il s’agit de policiers qui ont l’habitude de travailler en civil. Ils sont soit issus de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (#DSPAP), soit des sûretés départementales. Il y a aussi des policiers membres des Brigades anticriminalité (#BAC). Les forces de l’ordre qui sont en première ligne – les #CRS par exemple – peuvent leur remettre les personnes interpellées, ce qui leur permet de rester mobilisées sur le terrain en permanence.

    « Il faut donc un maximum de policiers en civil pour traiter un nombre important d’interpellations. »
    Jean-Marc Bailleul à franceinfo

    Pour autant, ce ne sont pas des électrons libres. « Les policiers en civil ne sont jamais seuls. Ils sont par groupe de deux ou de trois et il y a toujours un gradé à proximité », ajoute le responsable syndical. Lorsque les manifestations sont déclarées, les organisations, comme les syndicats par exemple, disposent d’un service d’ordre. Celui-ci peut parfois repérer les casseurs et les désigner aux policiers en civil, qui se trouvent alors « le long » des défilés, détaille Jean-Marc Bailleul. Mais ce n’est pas le cas dans les manifestations de « gilets jaunes », y compris ce samedi.

    Comment s’y prennent-ils pour procéder à des arrestations ? « Ils repèrent les casseurs, les suivent et ensuite les interpellent au moment propice, quand c’est plus calme ou quand ils sont isolés », explique Jean-Marc Bailleul. « C’est un boulot de policier classique, poursuit-il. Il y a des policiers en civil tous les jours dans le métro, ou au Louvre par exemple, dans les endroits où il y a des voleurs à la tire, pour procéder à des interpellations. Car le vol ne va pas se passer juste devant un policier en tenue ou avec un brassard. »

    Ces policiers en civil ont le droit d’avoir sur eux tout leur équipement : arme, matraque télescopique, menottes, gilet pare-balles et, bien sûr, leur brassard police, même s’ils ne le montrent pas. « Mais quand on interpelle une personne on montre sa carte de police ou on dit ’police’ », précise Jean-Marc Bailleul. Leurs actions sont coordonnées par la salle de commandement. « Ils ne sont pas sous l’autorité des CRS », tient à rappeler le responsable syndical. Ils sont sous celle des commissaires ou des officiers qui représentent l’autorité civile du secteur.
    « Ils sont là pour faire remonter des informations »

    Dans les manifestations, l’autre mission des policiers en civil, c’est le renseignement. Soit ils informent le poste de commandement des CRS et des escadrons de gendarmerie, soit ils renseignent sur les casseurs et les pilleurs afin de procéder à des interpellations.

    « Les policiers en civil renseignent sur les mouvements du cortège. »
    La police nationale sur Twitter

    Sur son blog hébergé par Mediapart, le sociologue Laurent Muchielli estime que « faire du renseignement » de cette façon permet « parfois d’interpeller des leaders ou des meneurs pour maîtriser davantage la situation, diminuer éventuellement l’intensité de la manifestation et contrôler en particulier le moment toujours délicat de la dispersion à la fin d’une manifestation ».

    « Ils sont là pour faire remonter des informations aux autorités afin qu’elles adaptent le dispositif du maintien de l’ordre », précise à BFMTV Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police. Il s’agit alors d’une mission à part entière explique Jean-Marc Bailleul : « Ceux qui font du renseignement ne font que ça, sauf s’ils voient quelque chose de grave. »

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-que-font-les-policiers-en-civil-au-milieu-des-manifestant
    #police
    ping @davduf

    • D’après une mamie en 95 lors de la mémorable prise de l’Opéra Garnier par les intermittents (de 15h à 21h) qui réclamaient aussi que les droits des chômeurs soient calqués sur les leurs, il y a eut des flics infiltrés dans la salle.
      Elle était derrière l’un d’eux, les uniformes sont venus le tabasser devant elle, il hurlait comme un fou, à un moment elle l’a entendu qui disait « c’est bon, je pense que ça suffit alexandre » c’était une assez bonne stratégie pour effrayer toute la salle.
      Puis balcon par balcon les crs s’installaient à la place des manifestants qu’ils avaient fait fuir ou tabassé, certains s’étant jetés en bas. Hallucination de régime autoritaire ou les spectateurs de l’Opéra étaient peu à peu remplacés par des robocops.


  • Nombreux blessés par #flashball à Paris : la nouvelle « doctrine » #Castaner - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/121218/nombreux-blesses-par-flashball-paris-la-nouvelle-doctrine-castaner?page_ar

    « C’était impressionnant de voir autant de blessés »
    Boris est conduit à un véhicule de secours, où il rencontre une jeune fille touchée par un tir à la mâchoire, ainsi qu’un manifestant blessé à l’arcade sourcilière. « Un gradé des pompiers disait à ses collègues que les flics devaient arrêter de tirer au niveau de la tête. C’était impressionnant de voir autant de blessés. Je ne pensais pas qu’une balle en caoutchouc pouvait faire aussi mal. » Le photographe a déposé plainte à l’#IGPN.

    Membres de la BRI présents sur les #Champs-Élysées. © DR
    À 14 heures, au moment de ces tirs, c’est Fiorina, 20 ans, qui s’écroule, blessée à l’œil gauche. Elle se trouve sur le trottoir opposé, côté pair de l’avenue. « Nous étions le long du mur, près du McDo, et d’un coup, sur le trottoir d’en face, les CRS et #policiers civils se sont mis à tirer, a expliqué un témoin à Libération. J’ai entendu un bruit juste à côté de moi et j’ai vu cette fille tomber juste à côté de moi. » La jeune femme a été prise en charge à Cochin et, selon un témoignage obtenu par Libération, elle aurait « perdu la vision de l’œil gauche et ne la retrouvera jamais » et « subi de nombreuses fractures sur des os de la face et des saignements dans le cerveau ». Son entourage, qui la présente comme une « patriote » ralliée aux gilets jaunes, a fait une collecte pour couvrir ces dépenses urgentes.

    Un autre reporter d’images, Laurent Bortolussi, de l’agence Line Press, a suivi lui aussi la progression des hommes de la BRI vers l’avenue Georges V. « Cette unité de police descendait sur le côté droit des Champs, explique-t-il. C’était un mélange de civils et d’une compagnie de sécurisation. Et ils tiraient partout. Le 1er décembre, il y avait eu des heurts extrêmement violents et assez peu de blessés, et cette fois, on a eu des heurts moins violents, mais des blessés à la pelle. Les premiers incidents ont commencé vers 11 heures, et de 11 à 18 h 30, les policiers ont tiré au flashball des dizaines et des dizaines de fois. Plusieurs photographes ont été touchés. Un photographe italien a été touché à l’œil. Des tirs, on en voit plein. Il y a des moments où les policiers se lâchent et on les voit tirer à tort et à travers. »

    Policiers d’une compagnie d’intervention sur les Champs-Élysées. © karl Laske
    Laurent Bortolussi est témoin d’un tir qui a touché une dame de 70 ans, près de lui. « Ce tir est absolument incompréhensible, raconte-t-il. Elle était clairement la cible. Je regardais en direction des policiers. Et j’ai vu le tir partir de ce groupe et la percuter, et je l’ai vue hurler. À ce moment-là, je suis un peu pris à partie par la foule qui me dit de filmer ce qui se passe. Cette dame avait un gilet jaune, elle était appuyée contre un poteau, mais du fait de son âge, elle n’était ni violente, ni véhémente. Ce tir n’avait aucune nécessité de maintien de l’ordre. Il n’avait aucune justification. » Le reporter – dont on peut voir le film de la journée ici – se souvient de nombreuses personnes touchées plus légèrement, agenouillées, prostrées, après les tirs.

    Listant pêle-mêle blessures, mauvais traitements, confiscations de matériels subis par une dizaine de professionnels, l’Union des photographes professionnels (UPP) a dénoncé les « atteintes portées aux photojournalistes en exercice de leur métier », samedi.

    Questionné par Mediapart sur l’utilisation des flashball par son unité et les plaintes déposées à l’IGPN, le patron de la BRI, Christophe Molmy, renvoie sur le service communication de la préfecture. « Si c’est vrai, on traitera ça, a-t-il commenté, mais je ne vous répondrai pas. »

    Partisan d’une ligne dure et « d’un dispositif plus offensif » face aux manifestants, le patron du syndicat national des commissaires (SNCP), le commissaire David Le Bars, juge que ces blessés sont « des blessés de trop ». « S’il y a, à l’évidence des gestes inappropriés, ou des tirs ratés, on n’a pas de quoi se réjouir, commente le commissaire. Le tir de LBD doit être cadré, s’il y a un tir “tête”, c’est un tir raté. » Le syndicaliste juge néanmoins qu’il s’agit de « dommages collatéraux » et que le nouveau dispositif, « plus dynamique », a permis « d’éviter le chaos ». M. Le Bars ne veut pas commenter l’usage systématique des flashball en haut des Champs-Élysées, samedi.

    a question de la légalité de ce recours à outrance à ce type d’arme et des blessures au visage infligées à un certain nombre de manifestants sera pourtant posée. En effet, le règlement d’emploi du LBD 40 stipule expressément que « la tête n’est pas visée ». Dans son rapport consacré au « maintien de l’ordre au regard des règles déontologiques », le Défenseur des droits avait recommandé, en décembre 2017, « d’interdire l’usage des lanceurs de balle de défense dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre, quelle que soit l’unité susceptible d’intervenir ».

    À l’est de Paris, d’autres unités de Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) interviennent. Antoine Coste, un graphiste 25 ans, est touché à la tête dans la soirée par un tir de flashball, boulevard Saint-Martin. Habitant le quartier République, il était descendu voir « par curiosité » et « sympathie » la fin du rassemblement avec des amis. Il est surpris par une charge des policiers parisiens sur la place, se retrouve seul et est touché par un tir alors qu’il se prépare à rentrer chez lui (voir ici une vidéo qui témoigne de la violence de la charge policière). « Il y avait une charge et la foule s’engouffrait dans le boulevard en direction de Strasbourg-Saint-Denis, explique Antoine. Ca sifflait, ça criait : “Macron démission !” Je me suis retourné pour voir ce qui se passait au niveau de la place de la République et j’ai reçu l’impact, d’un coup sec, puissant. Je me suis pris ce coup, je suis tombé au sol et je me suis relevé. Je ne sentais plus mon côté gauche. J’ai regardé ma main qui était pleine de sang. Les gens disaient que j’avais été touché à la tête. » Un manifestant inconnu le guide jusqu’à une ambulance, puis disparaît. « Quand j’étais dans le camion, je l’ai vu partir par le hublot et j’ai pensé : “Merde, je n’ai pas pu lui dire merci.” »
    Il a ainsi perdu l’un des témoins du tir policier. Hospitalisé à Cochin, Antoine a été opéré, mais il craint de perdre son œil.

    « Dans le cadre d’un rassemblement sur la voie publique, notait aussi le rapport du Défenseur des droits, le lanceur de balle de défense ne permet ni d’apprécier la distance de tir, ni de prévenir les dommages collatéraux. Au cours d’une manifestation, où par définition les personnes visées sont généralement groupées et mobiles, le point visé ne sera pas nécessairement le point touché et la personne visée pourra ne pas être celle atteinte. » Le rapport soulignait que même en cas de respect de la doctrine d’emploi, l’arme pouvait provoquer de graves blessures comme la perte d’un œil, « qui confère à cette arme un degré de dangerosité disproportionnée au regard des objectifs de maintien de l’ordre ».

    Le changement de « doctrine » opéré par Christophe Castaner laisse dubitatifs les analystes du maintien de l’ordre. Fabien Jobard, chercheur au CNRS rattaché au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), juge que l’institution a été gagnée par « un début de psychose » devant certaines scènes montrant la faiblesse du dispositif policier et des policiers eux-mêmes, le 1er décembre. « Parler de violence inouïe, voire de guerre civile était une forme de surenchère, juge Fabien Jobard. La guerre civile, ce n’est pas ça… Les #CRS font un travail très anxiogène, et y ajouter une communication qui mise tout sur la peur ne peut rien arranger. »

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  • Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir | Samuel Hayat -
    https://samuelhayat.wordpress.com/2018/12/05/les-gilets-jaunes-leconomie-morale-et-le-pouvoir

    (...)Difficile de ne pas être saisi par le mouvement en cours. Tout y est déconcertant, y compris pour qui se fait profession de chercher et d’enseigner la science politique : ses acteurs et actrices, ses modes d’action, ses revendications. Certaines de nos croyances les mieux établies sont mises en cause, notamment celles qui tiennent aux conditions de possibilité et de félicité des #mouvements_sociaux. D’où sinon la nécessité, du moins l’envie, de mettre à plat quelques réflexions issues de la libre comparaison entre ce que l’on peut voir du mouvement et des connaissances portant sur de tout autres sujets. A côté des recherches sur le mouvement en cours, espérons que l’éclairage indirect que donne la confrontation à d’autres terrains pourra dire quelque chose de différent sur ce qui a lieu.

    La situation

    Les images rapportées par les médias comme les déambulations personnelles pendant les événements du 1er décembre ont donné à voir un Paris jamais vu, ni en 1995, ni en 2006, ni 2016, trois moments pourtant où l’espace-temps habituel des mobilisations parisiennes s’était trouvé profondément déformé. Certains ont pu parler d’émeutes ou de situation insurrectionnelle. C’est possible, et pourtant rien ne ressemble à ce qui a pu avoir lieu durant les insurrections de 1830, 1832, 1848 ou 1871. Toutes ces insurrections avaient lieu au quartier, mettant en jeu des sociabilités locales, un tissu relationnel dense permettant aux solidarités populaires de se déployer. Mais le 1er décembre, le feu a pris au cœur du Paris bourgeois, dans ce nord-ouest parisien qui n’avait jusqu’ici jamais été vraiment le théâtre de telles opérations. Loin d’être menées par des forces locales, érigeant des barricades pour délimiter un espace d’autonomie, ces actions ont été le fait de petits groupes mobiles, habitant souvent ailleurs.

    Évidemment, les sociabilités locales jouent dans la formation de ces groupes. Il suffit de regarder ailleurs qu’à Paris pour voir la réappropriation collective d’un territoire, la formation de liens durables… Mais le 1er décembre, ces solidarités se sont déplacées dans un espace de manifestation lui-même plutôt habituel : les lieux du pouvoir national. On est là dans un registre tout à fait moderne, n’en déplaise à ceux qui parlent de jacqueries : c’est bien d’un mouvement national et autonome dont il s’agit, pour reprendre les catégories clés par lesquelles Charles Tilly qualifie le répertoire d’action typique de la modernité. Mais les règles de la manifestation, fixées de longue date (on situe généralement leur formalisation en 1909[3]), sont ignorées : pas de cortège, pas de responsables légaux, pas de parcours négocié, pas de service d’ordre, pas de tracts, de banderoles, d’autocollants, mais des myriades de slogans personnels inscrits au dos d’un gilet jaune.

    Toute la pratique du #maintien_de_l’ordre en est bouleversée, et on a pu voir combien les professionnels de la répression, malgré leur nombre, leur armement, leur entraînement, s’étaient trouvés débordés, incapables d’assurer même leur propre sécurité, sans parler de celle des biens et des personnes. On peut penser que les forces de l’ordre ne vont pas accepter longtemps de se faire ainsi malmener, et les violences policières, déjà très nombreuses, risquent d’encore s’amplifier [comme le confirme déjà des lynchages policiers le 1/12 et les innombrables tirs #policiers qui ont mutilés au moins quatre #lycéens ce derniers jours, ndc] , comme les appels à l’extension de l’usage de la force, voire à l’état d’urgence. Cet échec du maintien de l’ordre physique est allé de pair avec un échec encore plus complet du maintien de l’ordre symbolique : un président en déplacement pour un sommet international, un gouvernement inaudible (la rançon à payer pour un pouvoir personnel s’étant entouré de courtisans médiocres pour qu’aucune ombre n’en affaiblisse l’éclat), le pseudo-parti au pouvoir (LREM) occupé le même jour à élire un nouveau délégué général, comme si de rien n’était. (...)

    Les #revendications, justement, méritent qu’on s’y attarde. On en sait peu sur la manière dont elle a été composée, mais une liste de 42 revendications a été diffusée et largement reprise, tant dans les groupes que par les médias. Ces revendications possèdent quelques traits remarquables qui ont déjà été relevés : elles sont majoritairement centrées sur les #conditions_de_vie, bien au-delà de la seule question du prix de l’essence ; elles contiennent des prises de position contre la libre circulation des #migrants ; elles proposent des changements institutionnels qui renforcent le contrôle citoyen sur les élu.e.s, dont la rémunération se trouverait d’ailleurs ramenée au #salaire_médian. Cette liste a été qualifiée de « magma de revendications hétéroclite ». Il me semble au contraire qu’elle est profondément cohérente, et que ce qui lui donne sa cohérence est aussi ce qui a permis à la mobilisation des gilets jaunes de prendre et de durer : elle s’ancre dans ce que l’on peut appeler l’#économie_morale des #classes_populaires.

    L’économie morale des #Gilets_Jaunes

    Le concept d’économie morale est bien connu des chercheur.e.s en sciences sociales. Il a été développé par l’historien E. P. Thompson pour désigner un phénomène fondamental dans les mobilisations populaires au XVIIIe siècle : celles-ci faisaient appel à des conceptions largement partagées sur ce que devait être un bon fonctionnement, au sens moral, de l’économie. Tout se passait comme s’il allait de soi que certaines règles devaient être respectées : le prix des marchandises ne devait pas être excessif par rapport à leur coût de production, des normes de réciprocité plutôt que le jeu du marché devaient régler les échanges, etc. Et lorsque ces normes non écrites se trouvaient bafouées ou menacées par l’extension des règles du marché, le peuple se sentait tout à fait dans son droit en se révoltant, souvent à l’initiative de #femmes, d’ailleurs. Leur mobile était bien économique, mais pas au sens habituel : ils n’étaient pas mus par des intérêts matériels au sens strict, mais par des revendications morales sur le fonctionnement de l’économie.


  • Gilets Jaunes à Paris : compte-rendu à chaud du bouillonant 1er décembre
    https://paris-luttes.info/paris-gilets-jaunes-compte-rendu-a-11168

    Ce samedi 1er décembre, nous avons participé à la manifestation des gilets jaunes, troisième journée de mobilisation autour de revendications toujours aussi larges. Cette manifestation s’est transformée en l’une des plus grandes émeutes que la capitale ait connue depuis 30 ans. Un compte-rendu à plusieurs mains, forcément incomplet vu l’étendue des événements, qui n’arrivera néanmoins pas à tirer des lignes claires sur l’identité du mouvement...

    Violences à Paris : qui sont les 380 gardés à vue
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/violences-a-paris-parmi-les-gardes-a-vue-une-majorite-de-gilets-jaunes-02

    Selon des sources concordantes, la plupart des personnes interpellées appartiennent bien au mouvement des Gilets jaunes. Des hommes jeunes, venus de province sans passé judiciaire qui appellent à la « résistance ». (...)

    Il semble que la majorité des 380 personnes placées en gardes à vue ne soient pas des professionnels politisés du désordre mais des manifestants Gilets jaunes. (...)

    Lors de leur audition en garde à vue, beaucoup estiment avoir fait « acte de résistance ». Comme en écho à ce discours, ces scènes qui se sont répétées samedi après-midi : des manifestants applaudissent aux exactions, aux vitrines vandalisées, aux voitures retournées et brûlées quand ils ne se risquent pas à venir au contact des policiers.

    un chef d’oeuvre du Parisien

    Pref hier :

    #manifestation #émeute #Gilets_Jaunes #répression

    • Définitivement la plus belle avenue du monde...
      https://a-louest.info/Definitivement-la-plus-belle-avenue-du-monde-617

      Retour absolument non exhaustif, sur les événements du samedi 1er décembre à Paris sur la place de l’Étoile et alentours.

      Ceux qui étaient présents dans les rues de Paris hier ont vécu un moment d’une rare intensité tant dans les #affrontements, qu’en terme d’émotion : de mémoire, il n’y a aucune manifestation en Europe sur ces 30 dernières années qui tienne la comparaison. Il faut peut-être remonter 50 ans en arrière, au moment de mai 1968, pour retrouver une situation comparable dans les rues de la capitale. Hier la police a clairement perdu la bataille, perdu le contrôle. Les gilets jaunes ont triomphé.

      Nous sommes arrivés place de l’étoile vers 13h30, la même place où, quatre mois auparavant, des milliers de personnes fêtaient la victoire de l’équipe de France. Cette fois, des milliers de gilets jaunes étaient bien présents, impossible de faire un décompte des personnes, la foule s’étalait dans les rues adjacentes et perpendiculaires à celles qui desservent la place de l’étoile. Jamais, d’ailleurs, on n’aurait pu imaginer une telle émeute, deux week-ends de suite, dans un endroit qui abrite les ambassades du monde entier, quartier dans lequel les marques de luxe se battent pour être présentes et lieu de la bourgeoisie parisienne depuis plusieurs siècles maintenant.

      Premier fait notable, l’énorme dispositif policier déployé : canon à eau, escadrons par centaine, surtout empêcher d’aller vers l’Elysée et de prendre les champs.
      A notre arrivée, l’arc avait déjà été tagué : « augmentation du RSA », « justice pour Adama », « les gilet jaunes triompheront » et plein d’autres.

      Et à ce moment-là, la préfecture de police prend une décision étonnante : envoyer une unité d’une vingtaine d’hommes pour protéger la tombe du soldat inconnu alors que personne ne s’était préoccupé de ce symbole. Volonté peut-être du gouvernement de faire une image de policiers protégeant une image symbolique.

      Bien évidemment, mettre un escadron au centre d’une place entourée de milliers de gilets jaunes n’était pas la meilleure idée : la suite logique de cette situation a été l’attaque de ce petit escadron, sacrifié par l’Etat, jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus tenir leurs position et rentrent dans les rangs situés autour de la place de l’étoile. Scène incroyable, mais ce n’était que le début.

      Dans la foulée, des manifestants montent dans l’arc de triomphe, pillent le magasin de souvenirs de merde pour les touristes, montent sur le toit et brandissent des gilets jaunes accompagnés de drapeaux français. C’est le moment où la police a complètement perdu la place jusqu’au soir : il est 15h.

      Impossible de tout raconter, mais on ne peut pas faire l’impasse sur la présence de trop nombreux groupes d’#extrême_droite organisés, attaquant à 100 contre 40 un groupe d’antifascistes, dans la confusion générale d’une émeute généralisée.

    • 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre
      https://carbureblog.com/2018/12/03/1er-decembre-2018-porter-plus-loin-le-desordre

      Le samedi 1er décembre, le mouvement des Gilets jaunes a cessé de s’appartenir, il a cessé d’être le mouvement de la France blanche-d’en-bas qu’il était à ses débuts. Face au prévisible refus de l’Etat de satisfaire la moindre revendication (comme en atteste le refus ou l’incapacité des « #porte-paroles » du mouvement de rencontrer le Premier ministre), face aussi à l’aspect dérisoire que prend toute revendication au regard des existences insupportables qui sont les nôtres, et grâce à la convergence en milieu urbain de TOUTES les colères, le contenu révolutionnaire de la période actuelle a commencé à apparaître sous la croûte des discours et des idéologies, et ce contenu est le chaos. La question est désormais de savoir où ce qui a commencé va s’arrêter, ou plutôt jusqu’où ce qui a commencé ici pourra porter le désordre. Déjà, ceux qui sont à l’origine du mouvement font office d’arrière-garde poussive de ce qu’ils ont initié, en appellent à la raison et réclament dans le JDD le retour à l’ordre républicain. Ils sont l’incarnation du mouvement à ses débuts, et leur frilosité montre assez ce que ce mouvement n’est déjà plus. Ils se satisferaient d’un moratoire sur le prix du carburant, d’une hausse quelconque de quoi que ce soit ou de l’organisation d’un référendum sur la transition énergétique, là où se dessine un mouvement qui veut tout emporter sur son passage, et ne parvient plus à se cristalliser sur aucun discours ni aucune revendication, si ce n’est « Macron démission », répété comme une espèce de mantra en appelant au néant, à la disparition de tout ce qui représente ce monde. « Macron démission » c’est à la fois la limite politique de ce mouvement, et l’appel à la fin de toute politique.

      Face à ce qui s’est produit le samedi 1er décembre, il serait absurde de continuer à qualifier ce qui se passe de « mouvement contre la vie chère », de maquiller en revendication économique ce qui va de toute évidence bien plus loin. Samedi, les « cahiers de doléances » ont servi à allumer des incendies. Le mouvement des Gilets jaunes avait déjà dépassé ce stade de la revendication économique dès la première semaine, pour entrer dans sa phase politique populiste, pour exiger que l’Etat se retire devant le peuple ou que le peuple se fasse Etat. Nous avons critiqué cette phase et déterminé le contenu des revendications portées par la France blanche-d’en-bas dans sa médiation de classe, montré les limites de cet interclassisme, pointé le danger de l’union nationale populaire des uns contre les « autres ». A peine avions-nous fini de faire la critique de cette phase que nous n’en étions déjà plus là.

      Il manquait à ce mouvement une dose de nihilisme pour donner du sens à son « apolitisme » : la rencontre avec les « quartiers » lui a apporté ce qui lui manquait pour correspondre au « mouvement réel », qui n’est pas celui du progrès social mais celui de la destruction de la société, et pour joyeusement s’y reconnaître comme chez soi. (...)


  • En Grèce, des policiers impliqués dans la mort d’un activiste LGBT

    C’est un condensé de la Grèce éreintée par des années de crise et d’austérité. Un cocktail mortel de haine et d’intolérance, face à des passants silencieux. Mais c’est aussi une histoire qui montre les survivances, sous le pouvoir Syriza, des violences policières et d’une justice sélective qui ont longtemps caractérisé ce que l’on appelle en Grèce le parakratos, cet « État profond » qui s’est maintenu au sein de certaines autorités après la chute de la dictature des Colonels, en 1974.

    par Amélie Poinssot

    C’est un condensé de la Grèce éreintée par des années de crise et d’austérité. Un cocktail mortel de haine et d’intolérance, face à des passants silencieux. Mais c’est aussi une histoire qui montre les survivances, sous le pouvoir Syriza, des violences policières et d’une justice sélective qui ont longtemps caractérisé ce que l’on appelle en Grèce le parakratos, cet « État profond » qui s’est maintenu au sein de certaines autorités après la chute de la dictature des Colonels, en 1974.

    Cela se passe le 21 septembre dernier. Sur une vidéo, on voit un jeune homme coincé à l’intérieur d’une bijouterie, qui, pour s’en échapper, tape dans une vitre avec un extincteur. À l’extérieur de la boutique, deux autres hommes l’empêchent de sortir et le frappent violemment. Sur d’autres images, tournées quelque temps plus tard, on retrouve la victime dehors, gisant par terre, rouée de coups par des policiers. Autour de la scène, il y a des dizaines de témoins.

    Ce jeune homme, c’est Zak Kostopoulos – Zakie de son nom de scène –, une personne bien connue des milieux LGBTQI athéniens (voir sous l’onglet Prolonger). En quelques instants, tabassé sur la place publique et en plein jour, cet activiste gay et performeur drag queen de 33 ans a perdu la vie. Depuis, ses amis et sa famille se mobilisent pour faire établir la vérité et juger les coupables. Car, pour l’heure, tout indique que l’enquête n’a pas suivi un cours normal et que les auteurs des violences bénéficient d’étranges protections.

    https://www.youtube.com/watch?v=smRTYl2ygu8


    Les images de l’agression dont a été victime Zak Kostopoulos © Ert

    Plusieurs faits soulèvent en effet des interrogations. Tout d’abord, les huit policiers qui interviennent sur le lieu de l’altercation ne viennent en aucun cas porter secours à Zak. Au contraire : ils frappent à leur tour le jeune homme, puis le menottent alors qu’il est agonisant. La victime est ainsi emmenée, mains attachées, en ambulance à l’hôpital, où elle est déclarée morte à son arrivée. « C’est une pratique habituelle, que vous l’appréciiez ou non », dira, quelque temps plus tard, à propos de ces coups portés par les représentants de l’ordre, le porte-parole du syndicat de la police athénienne, Dimosthenis Pakos.

    Autre problème : les forces de police quittent aussitôt les lieux sans les sécuriser et sans faire de prélèvements. Pendant plus d’une heure, la bijouterie et ses alentours sont ouverts au tout-venant, le cordon sanitaire habituel n’est pas installé pour permettre l’enquête préliminaire, et le propriétaire du magasin qui a frappé Zak nettoie tranquillement sa boutique. « Il a eu assez de temps pour retirer les caméras de surveillance qui existent en principe dans toutes les bijouteries », souligne Stavroula Louzi, une amie de Zak, contactée par Mediapart. De fait, lorsque l’enquête commencera enfin, les premiers éléments indiqueront qu’il n’y avait pas de matériel vidéo dans la boutique. Or un enregistrement aurait été crucial pour reconstituer l’enchaînement des faits. Comment et pourquoi Zak s’est-il retrouvé tout seul coincé à l’intérieur du magasin ? La question pour l’instant est sans réponse.

    Une autre irrégularité est très vite constatée dans l’enquête : alors que les vidéos tournées à l’extérieur par des témoins de la scène font très rapidement le tour du Web, le procureur n’en tient pas compte dans le premier dossier judiciaire constitué. Circule alors dans les principaux médias grecs la version d’une tentative de vol. Selon ce scénario, la victime serait un toxicomane qui aurait voulu cambrioler la bijouterie et le propriétaire de la boutique aurait réagi en légitime défense. Ce scénario ne tient pas la route face aux vidéos amateurs, où l’on voit l’agresseur harceler une victime effrayée et paniquée. Mais il faudra attendre le 10 octobre – soit plus de deux semaines après le meurtre – pour que le procureur joigne ces éléments à l’enquête.

    Par ailleurs, regrette l’avocate de la famille de Zak, Anny Paparousou, les témoignages des très nombreuses personnes ayant assisté à la scène manquent à l’appel : « La police prétend que les personnes que l’on voit sur les vidéos ne sont pas identifiables. Elle n’a pas fait de recherche de témoins. Finalement, il nous manque donc deux matériaux importants : les caméras de surveillance et les témoignages. »

    Pourquoi de tels manquements ? D’après l’avocate, tout cela relève d’un « scénario de résistance », dont le but est de faire passer l’intervention de la police pour une simple interpellation et de minorer sa responsabilité dans la mort de Zak. Il faut dire que la Grèce a derrière elle une longue histoire de violences policières qui sont restées impunies ou n’ont été sanctionnées que très légèrement. La plus emblématique d’entre elles a été le meurtre de l’adolescent Alexis Grigoropoulos, tué par une balle de policier reçue dans le dos, il y a bientôt dix ans, le 6 décembre 2008. Ces violences ont par ailleurs émaillé les innombrables manifestations qui ont accompagné les cures d’austérité depuis 2010.

    Mais un autre élément intervient dans le tableau. L’endroit où s’est déroulée l’agression, près d’une des places centrales d’Athènes, Omonia, est un quartier depuis longtemps déshérité, où se croisent toxicomanes et petits trafics en tout genre. La crise économique et financière du pays a vu s’ouvrir là de nombreux petits magasins de rachat d’or, où les Grecs pouvaient vendre leurs bijoux de famille en échange d’argent liquide. De nombreux témoignages soulignent que ces « bijouteries » sont en réalité alimentées par des vols, et que tout cela se ferait en toute impunité devant les forces de police, qui sont présentes quotidiennement dans le quartier. On comprend bien, dès lors, pourquoi la police aurait tout intérêt à étouffer son rôle dans l’affaire.

    Le meurtre de Zak a donné lieu à des réactions officielles. Le ministre de la protection du citoyen (équivalent du ministre de l’intérieur, le ministère de tutelle de la police grecque) a exprimé ses regrets. « Il semble qu’il y ait une volonté politique, mais c’est comme si les services n’y obéissaient pas ou étaient totalement déconnectés entre eux, explique l’avocate Anny Paparousou à Mediapart. Il y a une distorsion entre les propos exprimés par les responsables politiques et la situation réelle des services chargés de l’enquête. Les deux agissent de façon asymétrique. »

    Les huit policiers qui ont participé au tabassage de Zak ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. Mais ils ne sont pas mis en cause dans l’enquête pour l’instant. De son côté, après avoir été placé en détention provisoire pendant 24 heures, le propriétaire du magasin a été remis en liberté. D’après des journalistes grecs, son complice – que l’on voit également frapper Zak sur les vidéos – continue, sous le nom de Snake (serpent), de répandre sur Twitter la thèse d’un cambrioleur drogué. Ils ont par ailleurs établi que cet homme était membre d’un groupuscule ultranationaliste grec, Front patriotique.

    Lundi 19 novembre, les examens histologiques (c’est-à-dire des tissus biologiques) et toxicologiques effectués sur le corps de la victime ont établi formellement ce que disaient ses proches depuis le début : Zak n’était aucunement sous l’effet de drogues lorsqu’il s’est retrouvé dans le magasin. Ce n’était pas un toxicomane à la recherche d’argent. « Un pas a été fait vers la vérité », estime Stavroula Luzi. Mais le chemin est encore long. « Je n’ai pas seulement perdu un ami. Et ce n’est pas seulement un meurtre à caractère raciste et homophobe, poursuit la jeune femme. C’est une affaire politique. Car Zak représentait beaucoup de choses. Il avait fait partie des premiers en Grèce, il y a huit ans, à déclarer publiquement sa séropositivité. Pour lui, ce virus ne devait pas être une honte, et il encourageait les autres personnes touchées à faire de même. »

    Les associations liées aux communautés gay, lesbienne et trans d’Athènes, ainsi que les proches de Zak, ont organisé de nombreuses manifestations pour que justice soit faite sur le meurtre de leur ami. La prochaine, le 1er décembre, se déroulera sous les fenêtres du commissariat central d’Athènes.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/241118/en-grece-des-policiers-impliques-dans-la-mort-d-un-activiste-lgbt

    #Grèce #policiers #activiste #LGBT #crise #Syriza #violences_policières #justice #Zak #LGBTQI #gay #drag_queen # #vidéos #Grigoropoulos #lesbienne #trans #Athènes


  • Répression du mouvement antifasciste : perquisition et garde-à-vue, six lyonnais.e.s interpellé.e.s - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Repression-du-mouvement-antifasciste-19775

    Mardi 13 novembre, à 6h du matin, six #militant.e.s antifascistes ont vu leurs portes défoncées par des #policiers cagoulés. Après plus de 24 de garde-à-vue, elles et ils sont accusé.e.s d’avoir, une nuit d’avril dernier, muré le local fasciste « Bastion Social » et sont poursuivis pour dégradation, outrage et même « #association_de_malfaiteurs ».

    Petite réflexion quant aux perquisitions qui ont eu lieu aux domiciles des camarades et des parents de certains camarades.

    https://twitter.com/antifa_lyon/status/1063007757580820481

    Au delà des dégâts matériels, ils se sont permis de prendre, de voler des biens dont il est intéressant de noter la mesquinerie de la justice et de la police

    1/ le matériel militant : tous les tracts, les autocollants, les affiches, les badges, les cartes postales le moindre support politique a été volé. Pour que tout ça soit détruit par la police sur demande du procureur. C’est plusieurs centaines d’euros de matos envolé qu’ils sont venus nous prendre chez nous pour en faire quoi ? les foutre à la poubelle. On a le sentiment que le droit de se réunir, de penser la politique, d’en faire des écris, des images, en faire une contre-culture et dénié. Quel intérêt de nous voler pour destruction un drapeau, une affiche ? C’est troublant que la #justice et la police dans un pays avec soit-disant es libertés démocratique se permette cela. Le message est clair, on peut venir chez vous, voler vos affaires, les détruire sous prétexte que cela soit du domaine du politique.
    Les flics et les magistrats le font sans sourciller. Mais le mieux dans l’histoire c’est quand même la saisi de nos lectures pour destruction aussi !
    On a pas pu s’empêcher de voir les autodafés à l’époque du III reich.

    Ils nous ont volé des dizaines de #livres, pris au hasard dans nos affaires. Dans certains cas des romans qui n’ont rien à voir. Pour au final les envoyer à la destruction ! On nous denie le droit de lire ? En tant que militant politique nous n’avons pas le droit de lire des essais,
    des écrits de militants, des penseurs de la lutte des classes, des penseurs de l’ecologie radicale, des romans sociaux ? Ces flics sont entrés chez nous, dans notre intimité, et ont littéralement volé avec l’assentiment des magistrats nos livres et pour faire quoi ?? Les détruire

    • Après les perquisitions, arrestations, destructions policières et avant procès : Appel à soutien pour les antifascistes lyonnais-e-s
      https://www.lepotcommun.fr/pot/9svw75wb

      Lors de ces perquisitions, les policiers se sont permis de prendre tout notre matériel militant. Ce sont des milliers d’autocollants, 600 badges, des centaines d’affiches, 4 drapeaux de notre organisation qui ont été pris et envoyés à la destruction.

      Ils se sont permis de prendre tous nos vêtements qui pouvaient avoir de près ou de loin une connotation politique. Des t-shirts estampillés « antifa », avec un poing levé, nos t-shirts et sweat de soutien au comité Adama « vérité et justice pour Adama », ceux-ci envoyé aussi à la destruction.
      Enfin, encore plus choquant, ils nous ont pris beaucoup de livres. Il est difficile pour nous d’établir une liste exhaustive. Des listes d’objets ont été soumises à la signature de nos camarades mais elles ne nous ont pas été communiqués par la suite.

      Vu qu’il existe des personnes qui doutent de notre bonne foi tant ceci parait outrancier, voici les titres dont nous sommes sûrs qu’ils ont été pris et détruits, puisqu’ils étaient sur la liste des destructions et non sur celle des scellés. Veuillez noter qu’il peut y avoir jusqu’à 10 exemplaires de ces titres :

      · Le théorème de la Hoggra de Mathieu Rigouste
      · La domination policière de Mathieu Rigouste
      · Permis de tuer du collectif Angles morts
      · Comment la non-violence protège l’Etat de Peter Gelderloos
      · La galaxie Dieudonné
      · Aube Dorée le livre noir du parti nazi grec de Dimitri Psarras
      · La commune du Rojava L’alternative kurde à l’État-nation par Collectif
      · Le guide d’autodéfense numérique Edition Tahin Party
      · Vengeance d’Etat - Villiers-le-Bel, des révoltes aux procès par Collectif Angles morts
      · Pourquoi faut-il punir ? Par Catherine Baker
      · L’homme et la terre de Elisée Reclus
      · Pirhanas de Roberto Saviano . (Un roman qui n’a rien à voir avec tout ça, mais chose insolite il se trouve que l’auteur est très engagé contre le ministre de l’intérieur Matéo Salvini).

      Entre le matériel militant, les vêtements et les livres, le préjudice financier se situe sans doute à plusieurs milliers d’euros.

      A ceci devront s’ajouter les frais de justice : plusieurs avocats nous ont défendus et poursuivront le suivi judiciaire jusqu’à un hypothétique procès.

      Nous tenons à préciser que la justice ne dispose d’aucune preuve qu’un quelconque délit ait été commis par nos camarades.

      Toutes ces raisons nous obligent à ouvrir un pot commun pour faire face à cette répression.
      Nous avons eu énormément de messages de soutien partout en France et en Europe de la part d’individu-e-s, groupes politiques ou associations.
      Nous vous en remercions, ceci est très important pour nous, la solidarité est notre force et elle est une arme pour résister.


  • « Le Monde » identifie sur une vidéo un collaborateur de Macron frappant un manifestant le 1er mai à Paris
    https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappa

    Cette histoire est hallucinante. Un policier menteur libéré à Nantes, un homme de main de l’Elysée qui frappe les gens à terre (vous me direz que c’est une excellente métaphore de toute la politique de Macron que de s’attaquer aux plus faibles)... qui a dit "Etat policier" ? Tuer la contestation dans l’oeuf par la violence, ce n’est pas la République. On est en train de passer à "autre chose". "Démocratie autoritaire" est un terme en deça même de la réalité. Il faudrait analyser les nouvelles formes politiques basées sur l’intimidation. Intimidation par tweets chez Trump, par la menace financière contre la presse, par la marginalisation des chercheurs qui contestent l’ordre des multinationales, par la peur d’être désigné comme appartenant à un groupe anti-étatique comme en Turquie, par la menace du chômage pour tous, par..., par..., par toutes les méthodes possibles pour imposer le silence, le replis dans la coquille, la fin des solidarités.
    Oui, cet agent de l’Elysée est plus qu’un symptôme du dérèglement politique et social que nous vivons.

    Une mise à pied de quinze jours et toujours un bureau à l’Elysée… C’est la sanction que s’est vu signifier, dans la plus grande discrétion, Alexandre Benalla, un proche collaborateur du président de la République, après s’être livré, le 1er mai, à des violences restées inconnues jusqu’ici. Ce jour-là, ce chargé de mission d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, s’en est pris à un jeune homme qui se trouvait à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Il s’est vite éloigné, de peur d’être reconnu.

    • #démocratie_autoritaire, comme nouveau concept après la #démocratie_de_façade, c’est pas mal, sinon la politique de Macron et l’attitude de celles et ceux qui le soutiennent, en tête Amélie de Montchalin, m’inspire souvent le terme #crapulerie_policée ou to put it more mildly #politique_d_imposture et enfin pour exprimer le niveau en général raz des paquerettes de la pensée des macronistes, #pensée_régressive (je pense à la belle sortie de Jupée qui répondait à la minablerie d’un député macroniste lors des discussions sur les droits humains). Y a du boulot pour remonter le niveau.

    • #proto-fascisme, what else ?

      Je crois que c’est @monolecte qui avait posté un texte sur les caractéristiques du fascisme et entre l’homme providentiel, les violences policières, le désaveu du clivage droite-gauche, le mépris pour les plus vulnérables, pour l’État de droit et compagnie, la France de Macron ressemble à un pays qui a choisi le proto-fascisme pour ne pas sombrer direct dans le fascisme. Et c’est dommage, parce que je pense que beaucoup des électeurs et électrices du second tour (et peut-être du premier) pensaient donner un autre message, libéral dans les deux sens du terme.

    • Violences sur un manifestant : le parquet ouvre une enquête visant un collaborateur de Macron
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-le-parquet-de-paris-ouvre-une-enquete-prelimina

      L’enquête préliminaire vise Alexandre Benalla. Elle porte sur les chefs de violences par personne chargée d’une mission de service public, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique.

      Qui est Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai ? Ariane Chemin

      Peu connaissent le visage de « l’adjoint au chef de cabinet » du président, identifié comme ayant frappé un jeune manifestant. Mais à l’Elysée son goût pour les démonstrations de force ne passe pas inaperçu.

      Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée à Paris, le 18 mai 2017.
      C’est la règle pour les « chargés de mission » auprès de la présidence de la République : leur nom n’a pas besoin d’être publié au Journal officiel (JO). Alexandre Benalla, l’homme qui a frappé, le 1er mai, un jeune manifestant place de la Contrescarpe, à Paris, coiffé d’un casque de policier – ce qui lui a valu une mise à pied de quinze jours –, n’apparaît pas dans l’organigramme officiel de l’Elysée.

      Rares sont ceux, hormis les chargés de la sécurité de ministres, les journalistes, les conseillers et le personnel de l’Elysée – où il dispose d’un bureau – qui connaissent le visage, voire l’existence, de « l’adjoint au chef de cabinet » d’Emmanuel Macron.

      Les premières armes politiques d’Alexandre Benalla remontent à 2011. « Il était tout jeune, 20 ans à peine, se souvient Eric Plumer, ancien responsable du service d’ordre national du Parti socialiste. Il avait fait la sécurité de plusieurs artistes, il en voulait, il était intelligent et compétent, dans mon souvenir, posé. Nous sommes en pleines primaires socialistes, je le charge de la protection de Martine Aubry. Puis je le prends dans mon service d’ordre durant la campagne 2012 de François Hollande. »

      « Viré manu militari » par Montebourg

      Il se met ensuite brièvement au service d’Arnaud Montebourg, avant d’être « viré manu militari » par ce dernier : « Le SPHP [le Service de protection des hautes personnalités] me l’avait proposé comme chauffeur en 2012, raconte au Monde l’ancien ministre du redressement productif. Je m’en suis séparé au bout d’une semaine après une faute professionnelle d’une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite. »

      On retrouve enfin ce très jeune homme au JO au printemps 2015. Par arrêté du premier ministre de François Hollande, ce titulaire d’un master de droit est admis dans la quarantaine d’étudiants et de jeunes professionnels de moins de 35 ans autorisés à suivre la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ), une semaine de formation de haut niveau organisée à l’école des officiers de la gendarmerie à Melun. Un an et demi plus tard, il rejoint la campagne de M. Macron, où il est nommé responsable de la sécurité du candidat, pour un salaire de 3 500 euros net.

      Selon des indiscrétions de lettres confidentielles, La Lettre A et Maghreb Confidentiel, il a travaillé plusieurs années pour le groupe Velours, spécialisé dans la sécurité privée et fondé par d’anciens policiers. D’après le registre du commerce marocain, il devient le codirigeant d’une antenne montée par l’entreprise à Casablanca, en octobre 2015, qui cesse vite son activité avant d’être dissoute en 2017.

      Pistolets, Flash-Ball et boucliers antiémeute

      Comme l’entourage du nouveau chef de l’Etat, son nom apparaît ensuite à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017.

      Durant la campagne présidentielle, plusieurs conseillers proches de M. Macron s’interrogent. Par exemple, lorsque M. Benalla, du moins selon les « MacronLeaks », fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers antiémeute. « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés, je trouve même ça dangereux », rétorque alors par e-mail Cédric O, trésorier de la campagne et aujourd’hui conseiller à l’Elysée chargé des participations de l’Etat et de l’économie numérique.

      Le responsable de la sécurité du candidat Macron ne manque en effet pas d’imagination. Le 17 avril 2017, 20 000 personnes sont réunies à l’AccorHotels Arena de Paris, le plus gros meeting de la campagne. On craint une opération terroriste. M. Benalla a une idée. « Une trappe avait été sciée, racontera à Midi Libre, Ludovic Chaker, coordinateur des meetings. En cas de tir, le pupitre devait basculer et M. Macron, se retrouver dans la partie creuse de la scène où avaient été placés un kit de secours et un gilet pareballes. »

      Même les professionnels de la sécurité privée connaissent mal M. Benalla. En avril 2016, le jeune consultant a pourtant créé une Fédération française de la sécurité privée avec une connaissance, Vincent Crase. Cet officier de réserve de la gendarmerie basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle. C’est avec lui que M. Benalla commande les fameux pistolets qui inquiétaient Cédric O.

      Le goût des démonstrations de force

      « La commande a été refusée par la direction d’En marche ! », confie au Monde Vincent Crase. Cette association, selon les statuts déposés à la Préfecture de police de Paris, se voulait « un lieu d’échange entre les différents acteurs de la sécurité privée » et entendait régler « tous les différends entre les professionnels du secteur et les pouvoirs publics ou les clients ». Les activités de cette ambitieuse fédération n’ont laissé aucune trace : elle a été dissoute rapidement.

      A l’Elysée, en revanche, le caractère d’« Alexandre » et son goût pour les démonstrations de force ne passent pas inaperçus. Lors d’un meeting à Caen du candidat d’En marche !, le 4 mars 2017, des témoins se souviennent l’avoir vu soulever de terre et évacuer manu militari un photographe local, qui s’était approché de trop près à son goût de l’ancien ministre de l’économie. Et, à l’occasion d’un déplacement de M. Macron dans un centre de formation des apprentis de Tours, le 15 mars, le « M. Sécurité » du chef de l’Etat s’en était aussi pris à un commissaire de police en tenue, accusé de ne pas libérer assez vite le passage au président de la République. « Alexandre, faut pas l’embêter », avait soufflé ce jour-là un proche de M. Macron qui assistait à la scène.

      Alexandre Benalla au lendemain de la victoire française au foot

      Un autre #gendarme_réserviste, de #LREM celui-ici, intégré au dispositif policier ce Premier Mai
      https://lemonde.fr/politique/article/2018/07/19/violences-sur-un-manifestant-l-elysee-annonce-avoir-mis-fin-a-toute-collabor

      Bruno Roger-Petit a également annoncé que M. Benalla était ce jour-là accompagné d’un autre homme, Vincent Crase – que l’on voit également sur la vidéo –, un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. D’après le porte-parole, ce dernier était « très ponctuellement mobilisé comme d’autres réservistes par le commandement militaire de la présidence de la République ».

      Au cours de l’intervention filmée le 1er mai, M. Crase a « outrepassé son autorisation de la même manière qu’Alexandre Benalla et a été sanctionné comme lui d’une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire », a déclaré Bruno Roger Petit. « Il a été mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République », a-t-il ajouté.

      et lui était armé ce jour là

      Toujours plus loin. @enmarchefr appelle à re-créer des milices à Nantes
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1019531540756299777

      Pour le flicage généralisé transcourant c’est open bar. Se rappeller la #garde_nationale de Hollande, et noter qu’Hidalgo envisage de créer une police municipale armée à Paris
      https://seenthis.net/messages/708749

      On frappe à terre (Contrescarpe, Premier Mai), on abat d’un tir dans la nuque (Ababakar, Le Breil), on mitraille un fuyard (Luis, à Montargis, il y a un an), on écrase à plusieurs gendarmes un Noir jusqu’à l’étouffer à mort (Adama Traoré), c’est le panard de terroriser les déviants, les opposants (utilisation constante de grenades « de désencerclement » comme arme offensive lors de charges policières), d’écraser les faibles (innombrables condamnations à la prison, destruction des effets des migrants à la rue, tri social relancé par parcoursup, coupure d’eau des fontaines publiques, ..., ...). Ça pue.

      Le preneur de vue avait été gazé
      https://twitter.com/NicolasLescaut/status/991380127803170816

      L’incroyable dans cette affaire, c’est pas tant le maintien des traditions barbouzardes au sein de l’État -Salcon affiche ouvertement une grossièreté et une intransigeance qui sont un appel constant et réitéré à exercer la domination par tous les moyens nécessaires mais aussi tout simplement pour le plaisir - que cette généralisation d’un « effet Rodney King » où la multiplication des images et leur mise en circulation pèse d’un poids inédit (y compris contre les salariés, les manifestants, les mis en cause par la justice, etc.).

      Image encore, voilà que je trouve un autre Salcon s’amuse, faites en autant .

      #police #sécuritaire #décomplexé #préfet #Collomb #Elysée #barbouzes (aux petits pieds) #milice #nervis #vidéo #scandalisation #mdr

    • Un militant communiste accuse Alexandre Benalla de l’avoir frappé lors de la déclaration de candidature de Macron
      https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/un-militant-communiste-accuse-alexandre-benalla-de-lavoir

      Ça fait du bruit, pour l’impunité c’est beaucoup moins pratique que les policiers anonymes et sans matricule, mais, rendez vous compte, c’est « la plus forte sanction jamais infligé à un collaborateur de l’Elysée : 15 jours de mise à pieds … » ( Bruno Roger-Petit, porte parole de la présidence).

      #observation_participante

    • LA MILICE DE MACRON - A propos de « l’affaire Benalla » -
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1020035513909219328

      ...il y a aussi un troisième homme, lui aussi en civil, pas encore identifié, qui prend le relai de Benalla lorsqu’il exfiltre brutalement une jeune manifestante. Ces hommes semblent eux aussi se connaître, fonctionner ensemble. (...)

      Depuis mercredi, ce qui choque les #médias et la classe politique, ce ne sont pas les innombrables exactions commises contre les manifestants depuis des mois.

      Ces violences policières ont causé des centaines de blessures, et parfois des mutilations, et ont abondamment été filmées et documentées. Ce qui choque, c’est le caractère « non-règlementaire » des agressions commises par le milicien Benalla.

      Si les mêmes violences avaient été commises par les CRS ou la BAC, personne ou presque n’aurait réagi. Ce que les médias reprochent à Benalla et ses complices, c’est de ne pas avoir été officiellement policiers.

      @ellensalvi, Journaliste - Mediapart
      https://twitter.com/ellensalvi/status/1020048309740802049

      Quelque chose d’étrange dans la présentation que fait l’Élysée des fonctions d’#AlexandreBenalla.

      – Adjoint du chef de cabinet (poste déjà occupé par un autre)
      – En charge de la sécurité du président (responsabilité du seul patron du GSPR)

      Pourquoi a-t-il été recruté au juste ?

      Une SARL, des achats d’armes, un employeur/protecteur commun, pour cette affaire d’État.

      #milice #présidence

    • http://www.vududroit.com/2018/07/affaire-benalla-code-penal-quoi-faire

      Le comportement d’Emmanuel Macron est désarmant de sincérité. Le président de la République affiche un narcissisme permanent et infantile auquel vient s’ajouter un étonnant sentiment d’impunité. Et avec lui, aucune relâche, nous avons droit tous les jours à un épisode destiné à nourrir notre stupéfaction devant l’absence de limites du personnage. Il y a eu l’épisode qui a suivi la victoire française en Coupe du Monde de football, occasion à laquelle Emmanuel Macron a été incapable de se maîtriser, en a fait des tonnes de façon gênante, avant de signifier son égoïsme méprisant avec la confiscation de la descente du bus sur les Champs-Élysées. « Moi d’abord, les autres ne sont rien. »Il y a maintenant l’incroyable affaire qui concerne une espèce de « garde-du-corps-porte-flingue-conseiller » à l’Élysée auprès du chef et dont on apprend qu’il joue les nervis en allant casser du passant dans les rues de Paris. Une vidéo nous montre Monsieur Alexandre Benalla profitant d’un temps libre pour revêtir les signes liés à la fonction de policier et passer à tabac les gens qu’il soupçonne d’être des opposants à son patron. Au plan juridique, judiciaire et administratif, cette affaire est d’une gravité exceptionnelle. Elle s’est déroulée il y a plus de deux mois et demi et jusqu’à présent, la seule conséquence avait été une mise à pied de 15 jours de l’apprenti milicien !

      Ces psychopathes qui nous gouvernent.

    • Ça fait du bien de lire vos analyses, spécialement @colporteur. Je vois que l’affaire se déploie sur les réseaux sociaux, plus de vingt-quatre heures même... Mais la mémoire est courte sur la violence déployée ce jour-là contre tou·tes les manifestant·es (les copines de ma batucada ont été choquées, incapables de continuer, peur pour les prochaines fois - ça sert à ça, dissuader d’aller manifester). La mémoire courte, c’est sur les #violences_policières qui touchent spécialement les classes populaires et les personnes racisées depuis... Sarko, Pasqua, Papon, on ne sait plus quand ça a commencé mais ça pend au nez du gouvernement représentatif français depuis des décennies, cette façon de livrer une partie du corps social à la violence d’État.

      Je ne sais pas comment appeler l’entreprise de prédation du bien commun avec force collusion entre intérêts privés et État mais ce que vous appelez démocratie ci ou ça, ça n’est que la manière dont des groupes sociaux demandent au peuple de consentir à sa domination sous prétexte de démocratie, à vrai dire un gouvernement représentatif avec des caractères majoritairement aristocratiques produits par le vote, soit le choix des personnes jugées (sur des critères peu clairs et peu consensuels) les meilleures pour assumer les potes éligibles.

      Le moment Sarko, et aujourd’hui le moment Macron (mêmes chevilles qui ont pris la taille des colonnes du Panthéon, mêmes impairs chez le pape, mêmes chaises rabaissées pour avoir l’air plus grand, on dirait un clone) sont ce moment où ce gouvernement-là, de longue date au service des winners de la guerre économique dont il dicte les règles, cède à la tentation fasciste avec la liste que je connais précédemment...

      Allez, pour se faire plaisir.
      https://www.change.org/p/on-veut-le-licenciement-d-alexandre-benalla-et-non-une-simple-mise-%C3%A0-pi

    • @aude_v merci mais guère d’analyse de ma part, tout juste d’hypothétiques scénarios (et l’argent dans tout ça ? par exemple), et des extraits de presse et twitts

      Un aperçu d’un moment de #crise_de_régime, hier, selon Le Monde

      Dans cette ambiance électrique, l’agenda si bien huilé de l’exécutif est chamboulé. Les députés ont du mal à poursuivre l’examen de la révision constitutionnelle. Les incidents de séance se multiplient. Depuis une semaine, les débats sur cette réforme s’éternisaient, cette fois ils s’enlisent. A 18 heures, un conciliabule s’improvise dans la cour d’honneur du Palais-Bourbon. Après avoir quitté précipitamment le siège de LRM, Christophe Castaner échange avec François de Rugy, Richard Ferrand, Nicole Belloubet, Marc Fesneau, président du groupe MoDem, la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet et la conseillère parlementaire d’Edouard Philippe.

      Des membres de cabinets ministériels sont également présents, « au bout de leur vie », relate un participant. Des députés de l’opposition immortalisent la scène sur Twitter. Tout le monde perçoit le désarroi du premier cercle. La crise se déroule à ciel ouvert.

      Aujourd’hui, outre la GàV du suspect (...) et son licenciement (la barbouze au petit pied doit changer d’appart, il loge à l’Élysée...), trois responsables #policiers sont suspendus #fusibles
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/20/affaire-benalla-trois-responsables-policiers-ont-ete-suspendus_5333963_3224.

      Il s’agit de deux membres de la direction de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de #police et d’un commandant chargé de faire la liaison entre la #préfecture et l’#Elysée.

      Ils étudient si bien les autonomes (et leurs propres troupes...) avec leurs observations participantes, ils pigent si bien ce qui se passe dans cette société filmée par tous les bouts qu’ils ont pas retenu que « pas vu pas pris » implique dans nombre de cas d’avoir à se masquer.

      edit La préfecture de police de Paris embarrassée et fragilisée par l’affaire Benalla, Soren Seelow et Julia Pascual

      Les policiers s’indignent qu’un «  observateur  » de l’Elysée ait pu outrepasser son rôle. Des cadres de la préfecture de police sont mis en cause.

      La stupéfaction le disputait à la colère dans les rangs des forces de l’ordre, jeudi 19 juillet, alors que l’« affaire Benalla », du nom de cet employé de l’Elysée surpris en train d’interpeller et de molester deux manifestants le 1er mai, affublé d’un casque de police, prenait l’ampleur d’un scandale. Alexandre Benalla, 26 ans, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, avait été suspendu deux semaines, puis réintégré au service de la présidence de la République. Une mansuétude incompréhensible pour bon nombre de policiers.

      Au-delà de son retentissement politique, cet épisode fragilise la préfecture de police de Paris (PP), chargée de l’organisation du maintien de l’ordre et de l’accompagnement des « observateurs », dont faisait théoriquement partie M. Benalla le 1er mai. Trois cadres de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), qui gère les manifestations dans le ressort de la PP, ont ainsi été suspendus jeudi soir à titre conservatoire : Laurent Simonin, un contrôleur général membre de l’état-major de la DOPC ; le commissaire Maxence Creusat, également membre de l’état-major ; et un commandant, chargé de la liaison entre l’Elysée et la PP. Ils sont soupçonnés d’avoir récemment fait parvenir un film de l’incident issu de la vidéosurveillance à l’employé de l’Elysée.

      Benalla connu des services de la préfecture

      D’après nos informations, la demande d’intégrer M. Benalla à la manifestation a en outre été faite directement par l’Elysée auprès de la DOPC, sans passer par le ministère de l’intérieur. Une autorisation sans doute facilitée par son statut particulier : M. Benalla, qui a travaillé durant la campagne présidentielle de M. Macron en tant que responsable de la sécurité, puis comme « chargé de mission » à l’Elysée, est en effet loin d’être inconnu des services de la préfecture.

      « Je l’ai croisé plusieurs fois pendant la campagne, confirme un commissaire de la PP, et il était très présent sur les déplacements présidentiels. » Ce n’est pas la première fois qu’il participait à un service d’ordre, ajoute David Le Bars, du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) : « Cela fait des mois qu’il est présent sur les gros dispositifs de maintien de l’ordre. Il participe aux briefings préliminaires et aux débriefings et vient avec sa radio, donne des orientations à des commissaires en jouant de sa qualité. »

      D’après les informations du Monde, M. Benalla était également présent au sein de la salle de commandement de la DOPC, le soir du 1er mai, lorsque le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police, Michel Delpuech, ont rendu visite aux troupes. Mais selon une source policière, ce n’est que le lendemain, en découvrant les vidéos, que la haute hiérarchie de la PP aurait rapporté l’incident au ministère de l’intérieur.

      Lire aussi : Sous la pression, l’Elysée lâche Benalla

      Brassard et talkie-walkie

      Le 1er mai, M. Benalla était présent place de la Contrescarpe, à Paris. Le secteur est placé sous l’autorité déléguée du commissaire Maxence Creusat, qui a été suspendu jeudi soir. La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montre M. Benalla et l’un de ses proches — Vincent Crase, employé de La République en marche — participant à l’interpellation de deux manifestants, un jeune homme et une jeune femme. Selon une information du Monde, la présence de ce second collaborateur occasionnel de l’Elysée n’avait pas été autorisée par la PP, qui ne l’aurait découverte que jeudi 18 juillet, lorsque l’Elysée a dévoilé son identité au lendemain de la révélation du scandale.

      Sur plusieurs films, on aperçoit M. Benalla frapper un jeune homme et s’en prendre à une jeune femme, sous le regard passif de CRS. Comment expliquer que M. Benalla ait pu bénéficier d’autant de largesses dans son encadrement ? « L’Elysée, ça fout la trouille à tout le monde », lâche, prosaïque, Philippe Capon, du syndicat de gardiens de la paix UNSA-Police. « On n’est pas obligé de jouer les laquais de la présidence ! », s’étrangle un commissaire.

      Place de la Contrescarpe, ainsi que sur d’autres images prises dans Paris, un homme en civil accompagne M. Benalla sans jamais s’interposer : il s’agit pourtant d’un membre de l’état-major de la DOPC, Philippe Mizerski, chargé d’encadrer l’« observateur » de l’Elysée, et qui ne pouvait donc ignorer sa qualité. Jeudi, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs déclaré identifier « formellement » ce policier comme étant celui qui lui « a demandé (…) de [s]e retirer de la marche silencieuse », en hommage à Mireille Knoll, le 28 mars, où il avait été chahuté. Une vidéo atteste de la présence de ce fonctionnaire.

      Autre question soulevée par cette affaire : comment Alexandre Benalla a-t-il pu arborer un brassard de police, ainsi qu’en témoignent plusieurs vidéos ? La PP précise qu’elle dote les observateurs qu’elle accueille « de casques et de gilets pare-balles permettant d’assurer leur protection. » Les brassards de police ou la radio portative, en revanche, ne font pas partie du matériel attribué.

      « Des amateurs »

      Afin d’éclaircir ces aspects du dossier, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé, jeudi, au Sénat, avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Cette enquête administrative vient en complément de l’enquête judiciaire ouverte jeudi matin par le parquet de Paris pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique », dans le cadre de laquelle M. Benalla et M. Case ont été placés en garde à vue vendredi. Le parquet de Paris a par ailleurs à son tour cosaisi l’IGPN pour mener l’enquête judiciaire.

      Ce n’est pas la première fois que M. Benalla témoigne de son goût pour les attributions régaliennes. Compte tenu de son rôle pendant la campagne présidentielle et à l’Elysée, il bénéficie d’une autorisation de port d’arme. D’après nos informations, la demande a été faite par l’Elysée auprès de la PP et a été satisfaite en octobre 2017. M. Benalla est donc connu du SDLP, le service de police spécialisé dans la protection des personnalités, et de son émanation le GSPR, chargé de la protection du président de la République.

      Sa situation ne manque pas, là non plus, d’interroger. « Depuis quand met-on des amateurs pour s’occuper de la protection du président alors qu’on a des policiers et des gendarmes qui sont des professionnels ?, interroge Jean-Paul Mégret, du Syndicat indépendant des commissaires de police. Résultat, on se retrouve avec des gens qui n’ont aucun sang-froid. » Un connaisseur de la question fait remarquer que « c’est la première fois depuis le général de Gaulle qu’on contourne les services officiels ».

      #vidéo #violences_policières

    • Quelques têtes tombent dans la police ? C’est allé vraiment très loin, parce que Hollande n’avait fait mettre à pied personne à l’automne 2016 quand les flics manifestaient le visage caché, en armes et autres joyeusetés interdites par la loi. C’était passé comme une lettre à la poste (distribuée par un député !). C’est marrant, de voir ce qui ne froisse pas nos concitoyen·nes et ce qui les choque.

    • Non bis in idem.

      Je suis toujours atterré par la capacité de la presse à aboyer avec la meute. Et l’absence de mobilisation du moindre neurone…

      À propos du motif de licenciement d’A. Benalla, «  mais pas pour les événements du 1er mai  ». cf. p. ex.

      Alexandre Benalla. Le point sur l’affaire qui secoue l’Elysée - France - LeTelegramme.fr
      https://www.letelegramme.fr/france/alexandre-benalla-le-point-sur-l-affaire-qui-secoue-l-elysee-20-07-2018

      Alexandre Benalla n’est pas licencié pour les violences du 1er-Mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant : il « aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir », explique l’Elysée.

      … on rappellera qu’il ne peut être licencié pour ce fait, puisqu’il a déjà été sanctionné. Même symboliquement (et encore…) N’importe quelle instance juridique, Tribunal Administratif, probablement, mais on ne sait rien de son contrat (on va certainement encore apprendre des choses…) et donc, peut-être Prud’hommes, quelle que soit la juridiction, l’employeur se ferait exploser un tel motif de licenciement. (note aux journalistes : c’est qu’il faut indiquer les 7 semaines de délai en plus du rappel de l’impossibilité de double sanction).

      On notera d’ailleurs que le motif retenu est tout à fait délicieux – et tombe à pic, un contentieux là dessus serait intéressant à suivre : si on appliquait une telle (future) jurisprudence Benalla, il manquerait rapidement une part considérable de la police et de la gendarmerie, étant donné les habitudes d’accès illégal au STIC, voire de commercialisation de ses infos (moisies…)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_traitement_des_infractions_constat%C3%A9es#Fuites

    • Entre autres détails du Parisien,…

      Il est quasiment certain que l’identification du gugusse et la transmission au Monde sont issues de la #Grande_Maison.

      Les réseaux d’Alexandre Benalla au cœur de l’enquête - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-reseaux-d-alexandre-benalla-au-coeur-de-l-enquete-20-07-2018-7828155.

      Selon nos informations, le jeune chargé de mission a été aperçu mercredi soir en train de récupérer un CD-ROM contenant les fameuses vidéos, dans un bar du VIIIe arrondissement de Paris. Benalla comptait, semble-t-il, s’en servir pour préparer sa défense. Il va devoir s’en expliquer devant les enquêteurs. Dans l’attente, les trois policiers ont été suspendus administrativement à titre conservatoire.

    • Où l’on apprend que la @prefpolice conserve les images de vidéo surveillance au delà du délai maximal d’un mois.

      https://twitter.com/raphkempf/status/1020560892948344832
      Se découvrir filmé, après coups (prise par trois objectifs ici, sans compter la vidéo surveillance)

      Ça se complique pour les politiciens ? Une réponse à la défense de l’honneur de la police par la gauche représentative :

      Quand la vidéo est sortie le 1er mai, personne, jamais, n’a dit « ça peut pas être des flics, ils se comportent pas comme ça », pas @Francois_Ruffin, pas la FI. Personne.
      On y a tous vu que du feu, précisément parce qu’on sait qu’ils se comportent comme ça.

      https://twitter.com/Aur0rax/status/1020540665028136960

      #nervi #bouffon #barbouze_manquée #vidéosurveillance #boomrang

    • question que nul ne pose ?

      cf. mon message d’il y a 2 jours. Visiblement, l’incroyable grade de lieutenant-colonel, sans parler des (encore plus) incroyables avantages et rémunération, passe très très mal dans un corps qui n’a pas vraiment besoin de cette cerise pour avoir des états d’âme (dont l’expression est illégale…)


    • Par ailleurs, la bravoure et la combativité attendues des animaux éclairent, en miroir, l’exercice de la force par les cynopoliciers et la conception du professionnalisme dans les brigades canines. La réduction des compétences animales à l’agressivité rend compte d’une réduction des compétences humaines à la violence. La formation des agents cynotechniques vise à réveiller leur animalité, qui fait partie de la façade (Goffman, 1973) des brigades canines. Les cynopoliciers arborent sur leurs uniformes des écussons ayant pour motifs des chiens et des loups, certains étant représentés dans leur férocité. Cette iconographie symbolise l’identité de leur corps professionnel. Se pose donc la question de la mesure policière (Moreau de Bellaing, 2009) dans l’usage d’une force augmentée par la force animale : les cynopoliciers sont-ils en mesure de domestiquer cette émotion au travail ? Sur ce point, l’ethnographie met en lumière les discordances entre la fréquence des entraînements et la réalité des interventions en situation réelle. La mission des brigades canines n’est, du reste, pas nécessairement d’intervenir, mais d’incarner la potentialité d’une force coercitive animale.

      56Par ailleurs, le courage a trait à la virilité, une stratégie de défense contre la souffrance au travail (Dejours, 1998 ; Molinier, 2006) déployée par les policiers (Pruvost, 2007). Elle soulève, par rebond, la question de la souffrance au travail des chiens de patrouille. La naturalisation de leur dressage par les cynopoliciers, qui y voient, pour la plupart, une libération de l’instinct d’agression des chiens des entraves de la domestication — donc une modalité d’épanouissement —, voile au contraire la dégradation des conditions de vie des animaux. Les contraintes imposées aux chiens, dont la dépendance à l’agressivité et l’isolement social, annihilent leur possibilité d’actualiser d’autres répertoires comportementaux que l’agression, posant ainsi le problème du placement de ces « chiens déstructurés » à leur sortie de la police. Leur carrière se prolonge dans la garde de pépinières ou de casses automobiles. Le dressage engendre également l’apparition de troubles du comportement en chenil, dont une agressivité accrue et des auto-mutilations, qui induisent une dégradation des conditions de vie au travail des cynopoliciers. La prise en compte de la souffrance au travail des animaux permettrait d’éclairer celle des policiers, qui prend une forme aiguë dans le contexte actuel de lutte contre la délinquance et le terrorisme.



  • VIDEO. Hauts-de-Seine : « Tu vas mourir sale noir ! »... Un jeune dépose plainte contre des policiers
    https://www.20minutes.fr/justice/2282211-20180604-video-hauts-seine-vas-mourir-sale-noir-jeune-depose-plain

    Mohamed Diakité assure avoir été roué de coups par des policiers, le 2 mai.
    L’Inspection générale de la police nationale enquête sur ses accusations
    Les policiers ont également déposé plainte contre plusieurs jeunes.

    « S’il vous plaît, Monsieur… Ne me tapez pas… » Par terre, dans un hall d’immeuble de Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine), Mohamed Diakité rejoue la scène pour montrer qu’il ne ment pas. Ce jeune homme de 24 ans assure qu’il était à genoux, les mains en l’air quand il a répété sa supplique aux forces de l’ordre à trois reprises. « Mais le policier a pris sa matraque, a défoncé la porte vitrée et il m’a roué de coups de pied et de coups de poing. Après, il a placé son arme sur ma tempe. »
    Selon nos informations, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête, mercredi 30 mai, après la plainte de ce jeune homme pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de 12 jours ».
    Une grenade au sol et deux coups de feu tirés en l’air

    Ils remontent au mercredi 2 mai dans le centre de Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine). Ce soir-là, Alassane, l’un des jeunes frères de Mohamed, discute avec des amis dans la rue quand il reçoit un projectile dans l’épaule. Probablement un plomb tiré depuis une fenêtre par un voisin dérangé par le bruit. Prévenu, Mohamed arrive sur les lieux quelques minutes après la police.

    Un attroupement se forme rapidement. Et, alors que chacun tente de comprendre ce qu’il s’est vraiment passé, les esprits s’échauffent. « L’un des policiers m’a dit "Dégage !", raconte Mohamed. Comme je ne voulais pas dégager alors que mon frère avait été blessé, il m’a ceinturé et plaqué contre le sol. Il a commencé à m’étrangler et à m’étouffer avec ma capuche. »
    Ville-d’Avray, le 1er juin 2018. Mohamed Diakité assure avoir été roué de coups par des policiers.
    Ville-d’Avray, le 1er juin 2018. Mohamed Diakité assure avoir été roué de coups par des policiers. - V.VANTIGHEM

    En formation pour devenir coach sportif, Mohamed est atteint de drépanocytose, une maladie du sang qui peut engendrer de graves crises de tétanie en cas de stress. « J’ai commencé à ne plus parvenir à respirer. Comme mes amis sont au courant de ma maladie, ils sont parvenus à me tirer de là pour me libérer. »

    Présent sur les lieux, un père de famille raconte la suite de la scène à 20 Minutes. « Les policiers ont compris qu’ils étaient débordés. Une grenade de désencerclement a été jetée. Et puis, l’un d’eux a sorti son arme et tiré deux coups en l’air. Il l’a pointée vers nous en criant : "Barrez-vous où je vous allume !" Ça m’a glacé… »

    Surinfection du pouce, plaies au visage, ecchymoses sur les bras

    Mohamed profite de la confusion pour s’enfuir et se traîne, alors, jusqu’au hall d’un immeuble voisin. « J’ai sonné à tous les interphones mais les policiers m’ont retrouvé avant que quelqu’un n’ouvre la porte… C’est à cet endroit qu’ils ont fini par me rouer de coups. Ils m’ont dit : "Tu vas mourir sale noir !" » Menotté et emmené au commissariat de Sèvres, le jeune homme finit, toujours selon son récit, par faire un malaise en cellule ce qui conduit les policiers à le transférer à l’hôpital.

    Le certificat médical rédigé deux jours plus tard et que 20 Minutes a pu consulter fait état d’une surinfection au niveau du pouce où Mohamed assure avoir été mordu par l’un des fonctionnaires de police, de plusieurs plaies aux visages, d’une excoriation au niveau de la tempe et de nombreuses ecchymoses sur les bras, les côtes et les jambes. « J’évalue son incapacité totale de travail à douze jours », conclut, alors, le médecin qui l’a rédigé. « La violence policière n’est pas acceptable lorsqu’elle est déployée en dehors de toutes nécessités », résume sobrement Grégory Saint-Michel, l’avocat de Mohamed.
    Extrait du rapport médical établi après les violences que Mohamed assure avoir subies.
    Extrait du rapport médical établi après les violences que Mohamed assure avoir subies. - V.VANTIGHEM
    L’un des policiers a eu deux doigts cassés dans l’altercation

    De l’autre côté, deux fonctionnaires de police ont été blessés lors de la soirée. Selon nos informations, l’un d’entre eux a eu deux doigts cassés. Son incapacité totale de travail a, quant à elle, été évaluée à 21 jours. Ils ont porté plainte pour « violences » et « rébellion » à l’encontre de Mohamed mais aussi de deux de ses frères et d’un de leurs amis, placés en garde à vue ce soir-là. Ils seront jugés, pour cela, le 19 juin au tribunal de Nanterre.

    « Ils sont très choqués par tout ça, réagit Nadja Diaz, l’avocate des frères de Mohamed qui a également déposé une plainte à l’encontre des policiers. Ils attendent de la justice qu’elle condamne fermement les violences. Il n’est pas acceptable qu’elles puissent rester impunies alors que la France vient d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme dans un dossier similaire. »

    C’est donc désormais à l’Inspection générale de la police nationale de faire la lumière sur toute cette affaire. Elle a déjà procédé, mercredi 30 mai, à l’audition de Mohamed. « Moi, je n’ai jamais eu d’ennuis. Alors, au départ, je me suis dit qu’il s’agissait des méthodes autorisées, lâche ce dernier. Mais depuis, j’ai compris que les policiers ont abusé. C’est juste une bavure totale. »

    #baver_de_haine #baver_du_sang #violence_policière #racisme_d'etat #racisme


  • Un CRS a-t-il le droit d’arborer un insigne d’extrême droite comme on le voit sur une photo ? - Libération
    http://www.liberation.fr/checknews/2018/05/31/un-crs-a-t-il-le-droit-d-arborer-un-insigne-d-extreme-droite-comme-on-le-
    (Je mets l’intégralité de l’article pour contourner le #paywall à retardement de cet organe de presse subventionné)

    Bonjour,

    Votre question fait référence à cette image, qui circule depuis quelques jours.

    Hier, remarquions cet étrange insigne, après recherche il se trouve que c’est le « Μολων λαβε » qui signifie littéralement « viens prendre » porté comme signe de défiance et de ralliement par les suprémacistes blancs et les militants pro arme étasuniens.

    Sur la photo, qui n’est pas datée, on voit un CRS arborer sur son uniforme plusieurs insignes, dont son groupe sanguin, mais aussi ΜΟΛΩΝ ΛΑΒΕ (« viens prendre », littéralement).
    Un slogan du lobby pro-arme américain

    Les mots sont issus du récit de Plutarque de la bataille des Thermopyles, quand les armées perses ordonnent aux spartiates de déposer les armes, Leonidas (roi de Sparte) leur répond : « venez les prendre ».

    La phrase a été adoptée depuis plusieurs années comme un slogan par le lobby pro-gun américain, qui l’a reprise sur le mode du défi : « le gouvernement veut nous prendre nos armes ? Qu’il vienne ». Le merchandising autour de l’expression (tee-shirt, tatouage, stickers, etc.) tourne à plein. Un fabricant d’armes a même produit pour la NRA (la puissante National Riffle Association) un revolver « NRA spécial édition » avec « Molon labe » gravé sur le canon.

    L’expression rencontre également un certain succès (mais sans être aussi identifié à la « cause » qu’elle ne l’est pour le lobby pro armes) au sein des suprémacistes blancs, globalement émoustillés par toutes les références à Sparte (en raison du fantasme de la pureté ethnique de la cité grecque).

    D’où l’indignation de certains twittos.

    Interrogé par Checknews, le ministère de l’Intérieur explique : « le RGEPN (règlement de la police nationale, ndlr) prohibe le port sur la tenue d’uniforme de tout élément, signe, ou insigne, en rapport avec l’appartenance à une organisation politique, syndicale, confessionnelle ou associative. On ne sait pas à quelle référence l’insigne renvoie, mais il ne devrait pas figurer sur l’uniforme du CRS ».

    Beauvau ajoute que le cas « a été signalé à la cellule disciplinaire CRS. Des sanctions sont possibles. Ce qui est sûr, c’est que l’insigne disparaîtra ».

    Cordialement
    Cédric Mathiot

    Sentiment d’impunité grandissant dans la police dont les « agents » se comportent de plus en plus fréquemment comme de vulgaires petites crapules à la solde de chefs maffieux. A mettre en rapport avec ceci : https://seenthis.net/messages/698947

    Source : https://twitter.com/T_Bouhafs/status/1002132638923214849

    #policiers_voyous


  • Des profs en sortie scolaire à Paris dénoncent les propos discriminants d’un policier
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/06/01/des-enseignants-en-sortie-scolaire-a-paris-denoncent-les-propos-discriminant

    « A la vue des armes des agents de police, comme tout enfant de 12 ans, nos élèves ont été impressionnés et ont demandé aux policiers s’ils s’agissaient de vraies armes », détaille le communiqué des enseignants du collège Barbara, précisant qu’un des enfants, « sans aucune provocation », a mimé un pistolet pointé vers le ciel.

    C’est là que la situation ce serait tendue. Selon les professeurs, l’un des trois fonctionnaires de police a tenu des propos « peu corrects » à l’enfant en question, rapporte Charlotte Gouillé, professeure de mathématique au collège. « Je m’en bats les couilles que tu sois mineur, avec moi, c’est direct au commissariat ! », aurait lancé le policier, selon le communiqué, qui précise qu’un autre fonctionnaire de police a appelé les enseignants à « éduquer » leurs élèves.

    Charlotte Gouillé décrit des élèves « apeurés et choqués ». Alors qu’elle se chargeait de les conduire en dehors du parvis, deux enseignants sont allés à la rencontre des policiers pour récupérer les informations nécessaires, afin de déposer une main courante. « Ce dernier dissimule son matricule à l’aide de son arme et menace nos deux collègues de les embarquer », rapporte l’établissement dans son communiqué, qui ajoute :

    « Il revendique ses propos en affirmant que nos élèves “ne sont pas éduqués”, qu’il sait “d’où ils viennent”, insinuant que ce sont des délinquants, et que nous ne venons “pas du même monde qu’eux” et nous ne pouvons donc “pas savoir de quoi ils [nos élèves] sont capables”. »


  • « Maintenant, le policier sert de punching-ball »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020118/maintenant-le-policier-sert-de-punching-ball

    Deux #policiers ont été blessés le #31_décembre à #Champigny-sur-Marne, et un autre le 1er janvier à Aulnay-sous-Bois. La vidéo d’une gardienne de la paix rouée de coups a suscité un grand émoi sur les réseaux sociaux comme dans la classe politique. Si ces agressions suscitent une surenchère des syndicalistes, certains fonctionnaires de police l’accueillent avec fatalisme.

    #France #Emmanuel_Macron #Gérard_Collomb #réveillon


  • Kenya : Les élections ont été entachées de violences sexuelles | Human Rights Watch
    https://www.hrw.org/fr/news/2017/12/14/kenya-les-elections-ont-ete-entachees-de-violences-sexuelles

    Des violences sexuelles généralisées ont entaché les élections de 2017 au Kenya, a affirmé Human Rights Watch dans un rapport diffusé aujourd’hui. Le gouvernement kenyan devrait prendre d’urgence des mesures pour protéger les femmes et les filles, ainsi que les hommes et les garçons, contre ce type de violences.

    Ce rapport de 31 pages, intitulé « "They Were Men in Uniform" : Sexual Violence against Women and Girls in Kenya’s 2017 Elections » (« ’C’étaient des hommes en uniforme’ : #Violences_sexuelles contre des #femmes et des #filles lors des #élections de 2017 au #Kenya »), documente les effets dévastateurs, sur les plans physique, mental, social et économique, des violences sexistes et des graves violations des droits humains qui ont accompagné les récentes élections. Human Rights Watch a constaté que le gouvernement avait failli à sa responsabilité d’empêcher les violences sexuelles liées aux élections, d’enquêter de manière appropriée sur les cas avérés, de faire rendre des comptes à leurs auteurs et de s’assurer que les victimes aient accès, en temps opportun, à une assistance post-traumatique complète et de qualité. De nombreuses agressions sexuelles ont été commises par les forces de sécurité, selon des victimes.

    ...

    La plupart des femmes ont affirmé avoir été violées par des #policiers ou des hommes en uniforme, dont beaucoup étaient équipés d’armes à feu, de matraques, de cartouches de gaz lacrymogène, de fouets, et portaient des casques et d’autres éléments d’équipement anti-émeute. Dans au moins un cas, une fille est morte après avoir été violée.

    #police



    • merci du conseil @biggrizzly

      CTS a sans doute obtenu en compensation l’obtention d’un nouveau marché pour vendre ses
      #lanceurs_de_balles_à_répétition (Penn Arms), qu’on a vu à plusieurs reprises entre les mains des #policiers_français depuis un an.

      Par conséquent, les nouvelles balles de #LBD de fabrication française sont apparues sur le terrain et servent dés à présent à frapper à distance les manifestant-e-s qui ne rentrent pas chez elleux.

      Ramassées à Bobigny le 11 février 2017, à l’occasion du rassemblement suite à l’agression de Théo par les flics d’Aulnay sous Bois, les nouvelles douilles de LBD fabriquées par Alsetex et estampillées MDCP pour « munitions de défense à courte portée » (le pouvoir aime les euphémismes) ont été aussi trouvées au sol à Nantes et Paris lors des dernières attaques menées par les forces de l’ordre envers les manifestations contre les élections présidentielles.

      Ce qui différencie les nouvelles balles des anciennes, c’est leur douille de couleur noire et fabriquée dans un polymère plus léger que celui des balles CTS. Le sabot de la balle ALSETEX est également plus allongé et la mousse de la zone d’impact plus courte et plus dure.

      Les balles Alsetex sont aussi plus courtes, mesurant 9,20 cm.

      Le 1er mai 2017 à Paris : à nouveau des dizaines de blessés. Un grand nombre par des tirs de LBD.

      Le syndicat Alliance, n’étant pas à son premier mensonge, affirme que les policiers n’ont pas été autorisés à emporter leurs LBD, ce que démentent des dizaines d’images prises lors de la manifestation du 1er mai 2017.

      La police a largement fait usage des Lanceurs de Balles de Défense (LBD 40) et des grenades de désencerclement (DBD/DMP) lors de la manifestation, occasionnant des hématomes et des plaies profondes, dont certaines au visage.

      Par conséquent, les nouvelles balles de #LBD de fabrication française sont apparues sur le terrain et servent dés à présent à frapper à distance les manifestant-e-s qui ne rentrent pas chez elleux.
      et pour celleux qu’on pas de chez eux ce sera double ration (à répétition)




  • #Paris : des #bénévoles empêchés de nourrir des #migrants près du centre de La Chapelle
    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170216.OBS5413/paris-des-benevoles-empeches-de-nourrir-des-migrants-pres-du-ce

    « #Honteux ». Un collectif de bénévoles raconte avoir été empêché de distribuer un petit déjeuner à des migrants ce jeudi matin devant le centre #humanitaire de la Chapelle (Paris 18e) par des #policiers. « Après les retraits de couvertures, après les dispersions, après les pierres, on passe à l’étape suivante : les migrants sont empêchés de manger », raconte le collectif « #Solidarité Migrants Wilson » dans un post Facebook.


  • Doigt dans les fesses, palpation des testicules : la banalité méconnue des contrôles d’identité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160217/doigt-dans-les-fesses-palpation-des-testicules-la-banalite-meconnue-des-co

    Après l’agression dont a été victime Théo à #Aulnay-sous-bois, les langues se délient. Si les viols sont exceptionnels, ce n’est pas le cas des palpations humiliantes sur des zones érogènes, accompagnées d’insultes homophobes, lors des contrôles d’identité effectués sur les Noirs et les Arabes. Éducateurs, avocats, victimes et chercheurs témoignent et analysent ces humiliations.

    #France #affaire_Théo #contrôle_au_faciès #discriminations #Police #policiers #violences_sexuelles

    • Après, on s’étonne que les jeunes préfèrent se planquer dans un transfo EDF plutôt que de passer un nouveau contrôle d’identité.
      On rappelle qu’un contrôle d’identité, ça se fait sur des personnes « prises au hasard », donc des citoyens qui ne sont soupçonnés de rien du tout et qui ne devraient donc pas avoir à « prouver leur innocence » ensuite.


  • Doigt dans les fesses, palpation des testicules : la banalité méconnue des contrôles d’identité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150217/doigts-dans-les-fesses-palpations-des-testicules-insultes-homophobes-comme

    Après l’agression dont a été victime Théo à #Aulnay-sous-bois, les langues se délient. Si les viols sont exceptionnels, ce n’est pas le cas des palpations humiliantes sur des zones érogènes, accompagnées d’insultes homophobes, lors des contrôles d’identité effectués sur les Noirs et les Arabes. Éducateurs, avocats, victimes et chercheurs témoignent et analysent ces humiliations.

    #France #affaire_Théo #contrôle_au_faciès #discriminations #Police #policiers #violences_sexuelles


  • #Aulnay-sous-bois : un policier mis en examen pour #viol, les autres pour violences volontaires
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050217/aulnay-sous-bois-un-policier-mis-en-examen-pour-viol-les-autres-pour-viole

    Des #policiers ont frappé un jeune homme de 22 ans, jeudi 2 février, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Les quatre représentants des forces de l’ordre ont été mis en examen, dimanche soir, pour violences avec armes et en réunion, et l’un d’entre eux pour viol.

    #France #Fil_d'actualités #Adama_Traoré #contrôle_d'identité #Police #violences_policières


  • Soupçons de graves #violences_policières sur un homme de 22 ans à #Aulnay-sous-bois
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050217/soupcons-de-graves-violences-policieres-sur-un-homme-de-22-ans-aulnay-sous

    Dans un premier temps soupçonnés de « #viol en réunion », quatres #policiers ayant frappé un jeune homme à Aulnay-sous-Bois, jeudi 2 février, seraient finalement visés par une enquête pour « violences en réunion ». La population et le maire de la ville s’insurgent contre ce revirement.

    #France #Fil_d'actualités #Adama_Traoré #contrôle_d'identité #Police


  • Les frères Traoré reconnus coupables de violences et d’outrages contre les forces de l’ordre
    https://www.mediapart.fr/journal/france/151216/les-freres-traore-reconnus-coupables-de-violences-et-d-outrages-contre-les

    Bagui et Youssouf Traoré, frères d’Adama, comparaissaient le 14 décembre devant le tribunal correctionnel de Pontoise pour menaces, outrages et violences envers huit #gendarmes et #policiers. Reconnus coupables, ils ont été condamnés à huit et trois mois de prison ferme au terme d’une audience fleuve de plus de dix heures.

    #France #Adama_Traoré #Assa_Traoré #procès


  • Procès pour des tirs de flash-ball : mutiler et punir
    Par Le Collectif 8 juillet — 21 novembre 2016 à 08:22
    http://www.liberation.fr/debats/2016/11/21/proces-pour-des-tirs-de-flash-ball-mutiler-et-punir_1529365

    Le soir du 8 juillet 2009, nous organisons un repas dans la rue pour protester contre l’expulsion, le matin même, d’une ancienne clinique occupée et transformée en un lieu aux multiples activités sociales et politiques. Après le repas, nous marchons jusqu’au lieu expulsé. Les policiers viennent se garer près de la clinique, sans sirène ni gyrophare. Ils sortent de leurs voitures et s’équipent de leurs #flash-balls. Alors que nous nous éloignons, ils nous tirent dessus à trois reprises, sans sommation et à hauteur de visage. Une personne est touchée en plein front. Igor est touché à la clavicule, Joachim est atteint à l’œil et s’effondre. Les policiers ne lui portent pas secours et continuent à pourchasser le reste des manifestants. Trois tirs de #flash-ball éclatent de nouveau blessant à nouveau trois fois, Flo à la jambe, Gabriel à l’épaule, et Eric au niveau de la nuque. Chacun de nous aurait pu être mutilé.

    Sept ans après, trois #policiers, Patrice L.G., Mickaël G., et Julien V., vont être jugés au tribunal correctionnel de Bobigny, du 21 au 25 novembre.

    La hiérarchie policière et judiciaire aurait préféré faire reposer l’entière responsabilité des faits sur le seul #policier ayant tiré sur Joachim, disculpant les autres policiers et se disculpant par là même. Le policier aurait été jugé en tant que personne et non en tant que policier. On se serait attardé sur son profil psychologique, ses antécédents. On aurait cherché en vain la figure d’un criminel, d’un flic pourri et on n’aurait rien trouvé sinon un policier, un banal policier pour qui l’usage de la violence est tout aussi banal. On aurait fait valoir une erreur de jugement. On aurait mis en avant l’imprécision de l’arme.

    A la faveur de la comparution des trois policiers devant les tribunaux, un autre sens peut émerger. Chaque policier a tiré deux fois. Six tirs en tout, qui ont blessé six personnes. A une exception près, tous les tirs touchent le haut du corps, précisément là où la police n’a pas le droit de tirer. La répétition des tirs en direction du visage écarte l’hypothèse de simples erreurs, d’accidents, ou d’imprécision de l’arme et démontre une volonté collective de faire mal, de punir.

    Si cette volonté de punir est imputable aux policiers, elle l’est aussi à la hiérarchie. L’un des trois inculpés explique qu’on leur avait donné « carte blanche ». De manière assez ordinaire, la hiérarchie a joué sur la propension des policiers à sortir du rang, à ne pas respecter les règles, à utiliser la force arbitrairement, non pas en donnant un ordre mais au contraire, en n’en donnant pas. Le flou entretenu par la hiérarchie quant à la nature de l’opération, notre catégorisation comme dangereux, son absence lors des opérations démontrent qu’elle a laissé libre cours, voir encouragé les policiers à agir ainsi. Cette carte blanche était un permis de mutiler.

    Les policiers se sont d’ailleurs empressés de la saisir : dès qu’ils entendent l’annonce d’un déplacement des manifestants vers la Clinique et alors qu’ils ne sont pas demandés en renfort, l’équipe de jour, en fin de service, reprend ses armes et se précipite vers le stand de tir.

    Cette histoire en dit long sur l’action quotidienne de la #police. Les policiers se persuadent qu’ils font ce que la justice ne fait pas, ou pas assez, ou pas assez durement et systématiquement. Ils pensent appliquer une justice de terrain, une justice extralégale. Ils justifient ainsi leurs pratiques brutales, humiliantes et illégales par ailleurs encouragées par des objectifs chiffrés en matière de contrôles, d’arrestations. L’obsession des policiers envers les tribunaux trop laxistes trouve ici une explication.

    Le flash-ball se prête parfaitement à ces pratiques punitives. La police l’utilise comme elle utilisait jadis un bottin téléphonique, pour frapper sans laisser de trace. Sauf que ce soir-là, l’un des tirs a laissé une trace indélébile. Si Joachim n’avait été « que » blessé, et non mutilé, il n’y aurait eu aucune enquête et nous serions sans doute rentrés chez nous, la douleur au corps et la peur au ventre comme cela arrive quotidiennement en France sans que personne ne dise rien. Car pour un œil crevé, combien de corps frappés, d’anonymes portant en eux le souvenir des coups de flash-ball, de tonfas, de poings, de pieds, de grenades de désencerclement. Combien ? Des milliers.

    Le Collectif 8 juillet