• La Police rennaise est dans les clous, et même, elle les enfonce !
    https://expansive.info/La-Police-rennaise-est-dans-les-clous-et-meme-elle-les-enfonce-2061

    L’insécurité policière à #Rennes, un bilan non exhaustif des années récentes. Article présent dans le trentième numéro du journal Harz-Labour. #Analyses

    / #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Répression_-_Justice_-_Prison, #Antiracismes_-_colonialismes, Rennes, #Information_-_médias, Vérité & Justice, #Criminalisation_du_mouvement_social, #HarzLabour

    #Vérité_&_Justice

  • #Minorités / #Majorités

    Des #villes coupées, couturées, rafistolées, des vies assignées, mais aussi émancipées : de l’analyse des #politiques_ségrégationnistes aux réflexions sur le caractère inclusif des #espaces_publics en passant par la #négociation des expériences minoritaires individuelles et collectives, les villes constituent des lieux privilégiés de l’analyse des relations entre #groupes_minoritaires et #groupes_majoritaires. La vive actualité scientifique sur le sujet en France comme ailleurs en témoigne. On peut notamment penser au colloque Question raciale / questions urbaines (https://www.pacte-grenoble.fr/actualites/question-raciale-questions-urbaines-frontieres-territoriales-et-racia) : frontières territoriales et #racialisation organisé en février 2019 à Grenoble, au dernier numéro de l’Information géographique (2019) consacré aux géographies de la #différence en ville, ou encore aux nombreuses sessions de la conférence annuelle de l’American Association of Geographers 2020 (https://aag.secure-abstracts.com/AAG%20Annual%20Meeting%202020/sessions-gallery) abordant des questions urbaines sous l’angle des #rapports_sociaux (perspectives féministes, marxistes, empruntant à la Critical Race Theory ou aux approches du Settler Colonialism). C’est dans la continuité de cette actualité que s’inscrit le #13 de la revue Urbanités. En refusant de donner a priori la primauté thématique d’un rapport social sur un autre tout en mettant l’accent sur les mécanismes de production du minoritaire et du majoritaire, ce numéro propose une pluralité de lectures des manières dont les contextes urbains participent à la (re)production des positionnements sociaux, et par conséquent, à la redéfinition du rapport entre minorités et majorités en ville.

    http://www.revue-urbanites.fr/13-edito

    Sommaire :

    Edito

    #Minorités_sexuelles en #exil : l’expérience minoritaire en ville à l’aune de #marginalisations multiples

    Les riverains contre le nourrissage des #pigeons à #Paris

    Construire sa place en #montagne quand on vient des #quartiers_populaires : un enjeu pour l’#éducation_populaire

    Mouvements de #résistance autochtones et #street-art décolonial aux #États-Unis. De la réserve de #Standing_Rock aux murs d’#Indian_Alley

    Hiérarchie sociale et politique pour la visibilité sur le territoire dans un espace ségrégé. Le cas des républicains nord-irlandais

    « L’infusion » d’approches genrées dans l’urbanisme parisien : métaphore d’une propagation aux échelles organisationnelles et individuelles

    Point(s) de rencontres dans les villes émiriennes : le partage d’espaces publics où les minorités sont majoritaires

    #revue #urban_matter #géographie_urbaine #ségrégation #genre #peuples_autochtones #Irlande_du_Nord #Emirats_Arabes_unis #USA

    –---

    Avec cette note :

    La revue Urbanités a la joie de vous annoncer la parution en ligne de son treizième numéro thématique, consacré à la question des rapports entre minorités et majorités en ville. Nous tenons également à souligner que ce numéro ne pourrait pas exister sans les apports précieux de chercheur·e·s aux statuts largement précaires. Sans elleux, ce numéro ne compterait qu’un article et sa direction serait amputée. Ces contributeur·trice·s essentiel·le·s au fonctionnement des revues méritent une plus grande visibilité et une plus grande stabilité professionnelle, garantes d’une recherche de qualité.

  • VOTRE RÉFORME, NOTRE COLÈRE : ENCORE DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

    Nous, étudiant.e.s en études de genre, ne pouvons continuer d’étudier les #systèmes_d'oppressions et les effets désastreux des #politiques_néolibérales, sans laisser entendre notre voix et celles des oublié.e.s. Mobilisé.e.s contre la réforme des #retraites, nous prenons la parole pour partager notre analyse féministe des #discours du gouvernement.

    DÉCRYPTAGE FÉMINISTE DES DISCOURS DU GOUVERNEMENT

    Nous, étudiant.e.s en études de genre de l’Université du Mirail (UT2J), ne pouvons continuer d’étudier quotidiennement les systèmes d’oppressions et les effets désastreux des politiques néolibérales, sans laisser entendre notre voix et celles des oublié.e.s. Mobilisé.e.s contre la réforme des retraites au sein du mouvement social, nous prenons la parole pour partager notre analyse féministe des discours du gouvernement proclamant les femmes “#grandes_gagnantes” de cette réforme.

    Macron et son gouvernement nous promettent une réforme plus “universelle”, “égalitaire” et “équitable”. Nous en aurions besoin : les #hommes perçoivent en moyenne 68% de retraite propre de plus que les femmes, environ 670 euros supplémentaires par mois 1. La réforme néolibérale menée par Macron renforcera les #inégalités existantes contrairement à ce qui est martelé. Tout le monde va y perdre, surtout les femmes.

    “Le gouvernement présentera dans les prochaines semaines un projet de réforme du système des retraites, dont les principales bénéficiaires seront les femmes.” 2

    Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations

    Les femmes 3 subissent des carrières précaires et discontinues : chômage, congé parental, temps partiel subi, discriminations à l’embauche, plafond de verre et écarts de salaire. Pourquoi devraient-elles en payer le prix lors du calcul de leur pension de retraite ? Prendre en compte l’intégralité de la carrière dans le calcul des retraites, c’est faire le choix de discriminer davantage les femmes et de les condamner à la précarité à vie.

    Quant à la prétendue pension « minimale » de 1000 euros par mois, elle est réservée aux personnes qui ont pu mener une carrière complète, ce qui exclut de fait beaucoup de femmes. Sans parler du fait que le gouvernement Macron ne garantit même pas une retraite supérieure au seuil de pauvreté.4

    “Moi j’adore pas le mot de pénibilité parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible.” 5

    Emmanuel Macron, président de la République

    Les conditions de travail peuvent être une souffrance, et leur ignorance, une violence. La pénibilité et les droits à la retraite qui en découlent ne sont pensés qu’au masculin. Les femmes sont poussées à travailler principalement dans les métiers du soin et des services à la personne où ni leurs compétences, ni la pénibilité des tâches effectuées, ne sont reconnues. Aujourd’hui, les critères de pénibilité qui permettent un départ anticipé à la retraite ciblent des métiers majoritairement masculins : 75% des bénéficiaires sont en fait des hommes. A quand une reconnaissance de la pénibilité de ces métiers et l’ouverture de droits à la retraite associés ?

    “Mise au point sur les pensions de réversion : aucun bénéficiaire actuel ne verra sa pension de réversion diminuer ne serait-ce que d’un centime.” 6

    Emmanuel Macron, président de la République

    90% des bénéficiaires de la pension de réversion 7 sont des femmes. Le gouvernement Macron, en remettant en cause l’âge d’ouverture des droits, rend de plus en plus incertain les conditions d’accès à ce qui est souvent l’unique ressource économique des veuves. En réservant cette pension aux personnes mariées, il fait aussi le choix de discriminer d’autres modes de vie tels que le concubinage, le pacs... En supprimant l’accès aux personnes divorcées et/ou remariées, la réforme contraint les femmes dépendantes financièrement à rester mariées. L’Etat fait prendre un risque supplémentaire aux victimes de violences conjugales : un comble quand l’égalité femmes-hommes est la prétendue “grande cause du quinquennat”.

    “Moi j’appelle chaque couple à réfléchir et à respecter l’autonomie financière des femmes, […] l’Etat peut mettre en place des politiques publiques mais il ne peut pas prendre les décisions à la place des couples.”8

    Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations

    La réforme prévoit une majoration de la pension de 5% par enfant, qui peut être soit partagée soit prise par l’un des deux parents. Il sera dans l’intérêt financier du couple de valoriser la pension la plus élevée, souvent celle de l’homme. Certaines mères pourraient donc ne plus toucher aucune compensation : un grave recul pour leur autonomie financière.

    En plus de remettre en question leur indépendance financière, cette mesure libérale nie l’existence de rapports de pouvoir au sein des couples. Toutes les femmes auront-elles vraiment leur mot à dire dans le partage de la majoration ?

    Sous couvert de nécessité budgétaire, le gouvernement attaque les fondements de notre système de retraite. Cette réforme ouvre la porte à la capitalisation au détriment d’un système solidaire. Pensé en 1945 comme une libération du travail, les choix politiques d’aujourd’hui le transforment en “une antichambre de la mort”.9

    Les vrais grands gagnants du système Macron sont encore une fois les fonds de pensions, les compagnies d’assurance, les héritiers du patrimoine, les grands patrons, les élites...

    Les vraies grandes perdantes sont encore une fois les femmes, surtout quand se croisent les discriminations liées au racisme, au handicap, à la pauvreté, aux sexualités, à la vieillesse, à la maternité...

    Pour être juste, notre système de retraite doit être repensé.

    Cette réforme n’est ni universelle, ni équitable, ni égalitaire.

    Quand ces principes sont brandis comme des étendards hypocrites, exigeons une véritable politique féministe !

    Quand le gouvernement choisit d’ignorer et réprimer le cri de la rue, soyons plus nombreuses et crions plus fort !

    Par les étudiant.e.s du Master GEPS - GEPS en lutte

    1 : Calcul réalisé en prenant les femmes comme valeur de référence parmi les données de l’Insee. Soit, si les femmes touchent 40 % de moins que les hommes en moyenne, alors les hommes touchent 68% de plus que les femmes de retraite propre.

    2 : Courrier daté du 3 décembre 2019 de Marlène Schiappa à la présidente du Haut-Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes.

    3 : “Femmes” à considérer en tant que groupe social (ensemble de personnes ayant des caractéristiques ou des buts communs partagés) et non comme une catégorie biologique.

    4 : Le seuil de pauvreté en France en 2015 s’établit à 1015 euros par mois pour une personne seule. Source : INSEE

    5 : En déplacement à Rodez le 3 octobre 2019 pour défendre la réforme des retraites.

    6 : Twitter @EmmanuelMacron, 26 juin 2018

    7 : Sénat- Étude de législation comparée n° 167 - décembre 2006 - Les pensions de réversion

    8 : Dans une interview filmée le 13 décembre 2019 pour Elle.fr, "Réforme des retraites : Marlène Schiappa explique ce qui va changer pour les femmes"

    9 : Ambroise Croizat, ministre-ouvrier communiste fondateur de la Sécurité Sociale a réclamé que la retraite “ne soit plus l’antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie” et pas seulement pour ceux qui sont déjà malades ou qui souffrent vraiment trop : pour tout le monde.

    https://blogs.mediapart.fr/geps-en-lutte/blog/220120/votre-reforme-notre-colere-encore-des-violences-faites-aux-femmes
    #réformes #colère #femmes #néolibéralisme #violence #décryptage_féministe #féminisme

    ping @karine4

  • Les privatisations de l’éducation

    Les processus de privatisation « en » éducation et « de » l’éducation concernent désormais la plupart des pays du monde.
    Dans un contexte de #mondialisation et d’#internationalisation accrues des systèmes éducatifs, la mise en œuvre, ces dernières décennies, de mesures spécifiques de privatisation, le développement d’un #secteur_marchand de l’éducation, mais aussi des évolutions sociétales de fond concernant les notions d’#individualisme et d’individu interrogent d’une nouvelle manière les enjeux liés aux privatisations.
    La promotion des #intérêts_privés est-elle compatible avec un processus d’éducation ? Induit-elle irrémédiablement, par exemple, une conception utilitariste de l’éducation ? Quel est son impact sur les nouvelles générations et leur capacité à faire société ? Finalement, les privatisations en cours de l’éducation en changent-elles la nature ou ne s’agit-il que d’une différence de modalité d’organisation ou de gouvernance ?
    Pour répondre à ces questions, ce dossier rassemble les contributions de treize chercheurs en éducation, spécialistes mondiaux réputés ou auteurs d’enquêtes pionnières dans leur domaine, dont les travaux permettent d’envisager une grande diversité de cas (#Angleterre, #Chili, #Côte_d’Ivoire, #États-Unis, #France, #Inde, #Suède). Il met également en évidence des problématiques transversales à de nombreux pays, comme le développement du #soutien_scolaire_privé en Asie ou les stratégies mises en œuvre par des entreprises privées pour influencer les #politiques_éducatives.
    Quelle que soit la définition retenue, tous les auteurs soulignent la croissance sans précédent de la privatisation ces dernières années. Illustrer cette diversité est l’un des objectifs majeurs de ce dossier qui donne à voir trois principales formes de privatisation, non exclusives et clairement liées les unes aux autres : une privatisation par le biais de politiques publiques spécifiques, une privatisation par le marché et une privatisation par une prise en compte croissante d’aspirations et d’intérêts individuels privés.

    https://journals.openedition.org/ries/8837
    #privatisation #revue #éducation #utilitarisme #USA #Etats-Unis

    • L’Ecole peut-elle échapper à sa privatisation ?

      « C’est une lame de fond qui est à l’oeuvre ». La formule de Xavier Pons (UPEC), dans le nouveau numéro (82) de la Revue internationale d’éducation, montre la puissance d’un phénomène mondial. La privatisation de l’enseignement peut prendre des formes variées, endogène ou exogène, avouée ou masquée, systématique ou très localisée, elle est à l’oeuvre partout. Elle pose plusieurs défis. Celui de la qualité de l’enseignement, car dans de nombreux pays elle entraine son déclin. Et un fort enjeu politique et social : comment des systèmes éducatifs privés peuvent ils transmettre des valeurs communes et encourager le commun ? Ce numéro, dirigé par Xavier Pons et Thierry Chevaillier, particulièrement réussi, visite 8 pays : le Chili, les Etats-Unis, la Suède, la Côte d’ivoire, l’Inde, la Chine, l’Angleterre, sans oublier la France. Tous sont touchés. La privatisation c’est l’avenir de l’Ecole ?

      Une privatisation exogène

      Si la privatisation est à l’oeuvre dans les systèmes scolaires du monde entier, force est de constater qu’elle prend des formes bien différentes. Peut-être est en Suède ou en Angleterre qu’elle s’affiche de la façon la plus visible. En Suède le système éducatif a été totalement dérégulé dans les années 1990. L’Etat a autorisé les écoles privées, y compris lucratives, et les a financées grâce à un système de chèque éducation, les familles ayant la possibilité de choisir leur école. Aujourd’hui un jeune sur quatre est dans une école privée. Le fort développement de ce secteur a attiré des grands groupes privés et du capital risque. 68% des établissements privés sont des sociétés par action. Tous ces changements se sont faits petit pas après petit pas, au nom de la liberté des familles, par choix politique.

      En Angleterre, selon Anne West, l’Etat a autorisé des « academies », c’est à dire des écoles publiques gérées par des organismes privés, d’abord pour relever le niveau d’établissements publics populaires. Aujourd’hui une école primaire sur trois et 3 établissements secondaires sur 4 sont des academies ou des free schools, un autre type d’école privée. Dans des comtés entiers l’éducation a pu être confiée à des sociétés privées comme Atkins Education dans le comté de Southwark. On a là des privatisations exogènes, le secteur privé entrant dans le secteur public et y réalisant des profits.

      Quand les idées du privé pénètrent l’Ecole

      Il y a aussi des formes endogènes où ce sont les idées , les pratiques du privé qui s’imposent dans le public. C’ets ce qu’on voit avec le New Public Management. Il a déjà pénétré la plupart des pays développés. Nous vivons en ce moment en France une ultime tentative pour le faire accepter à travers le « nouveau métier enseignant » et les nouvelles formes de gestion passées dans la loi de transformation de la fonction publique. Le nouveau plan pour l’éducation adopté en Wallonie (Belgique) préfigure ce qui attend la France : il rend les écoles responsables des résultats des élèves et prévoit des sanctions si les objectifs évalués ne sont pas atteints.

      La privatisation des esprits

      Il y a aussi des formes plus masquées de la privatisation. C’est le cas du développement du soutien scolaire privé ou encore du développement d’une offre parallèle à l’école d’Etat justifiée par des raisons idéologiques ou la recherche d’une autre pédagogie. C’est aussi le développement de l’école à la maison. Là aussi ce développement s’appuie sur une tendance de fond de la société : l’individualisation.

      La privatisation peut aussi progresser en passant par l’expérimentation ou le soutien social, rappelle X Pons. Il donne en exemple Teach for France, devenu Le choix de l’école. Ce programme américain, soutenu en France par l’Institut Montaigne et l’Education nationale, utilise des élèves des grandes écoles pour les envoyer dans les classes de quartiers populaires comme contractuels. « Au nom de cela on promeut une autre vision de la carrière des enseignants et de leur gestion. C’est une stratégie des acteurs privés de passer par là pour avoir un effet d’entrainement sur le système éducatif ».

      Quelles conséquences ?

      Quelles conséquences peut avoir cette privatisation ? La Revue de Sèvres cite la baisse des résultats scolaires en Suède. Mais une récente livraison de l’OCDE montre que c’est aussi le cas au Chili, autre pays phare, ou encore en Finlande, en Australie, aux Pays Bas et Belgique, tous pays marqués par le New Public Management. La recherche du profit amène les entreprises scolaires a faire travailler des proportions croissantes de maitres peu formés et moins onéreux. Là où le privé est très installé les effets peuvent être plus graves sur les élèves pauvres. Par exemple en Angleterre des écoles non rentables sont fermées par leurs exploitants privés les laissant sans solution de scolarisation.

      Les enseignants sont aussi dans les premières victimes. Pour assurer la rentabilité de la privatisation, on va exiger davantage d’eux pour des rémunérations plus faibles. Les plus expérimentés sont remplacés par des contractuels.

      Mais la privatisation menace aussi les communs. Elle encourage la fragmentation de la société. Les groupes privés, associatifs ou marchands, colportent des valeurs qui peuvent s’opposer aux valeurs collectives. La Revue en donne des exemples saisissants en Inde, par exemple. La privatisation devient ainsi un enjeu politique majeur.

      Mais comment la controler ou l’éradiquer ? La Revue montre que la privatisation s’accompagne du passage dans l’ombre de la gestion de l’école ce qui rend les politiques de controle plus difficiles. « Je crois à la vertu de l’exemple », estime cependant Xavier Pons. « Dans les études d’opinion les Français sont pour le libre choix de l’Ecole à 72% et même 85% dans les quartiers défavorisés. Mais une fois mis devant le choix ils se posent des questions ». Le meilleur barrage à la privatisation serait -il éthique ?

      http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/02/06022020Article637165711505818185.aspx?actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkN

  • Libertés numériques - un festival à Rennes et dans sa région
    https://expansive.info/Libertes-numeriques-un-festival-a-Rennes-et-dans-sa-region-2014

    Projections, discussions sur le lien entre les technologies et la vie privée, autour des médias, des ateliers bidouille en non-mixité, des échanges à propos des téléphones et de leur implication dans notre intimité.. le Festival des Libertés Numériques 2020 ouvre ses portes cette semaine, et il y en a pour tous les goûts ! #Infos_locales

    / Une, #Sciences_-_Technologies, #Cultures_-_Contre-cultures, #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Information_-_médias

    https://fdln.insa-rennes.fr
    https://fdln.insa-rennes.fr

  • Aux origines #coloniales de la #crise_écologique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/24/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique_6027034_3232.html

    C’est une petite phrase qui n’a pas manqué de faire réagir les nombreux critiques de Greta Thunberg, la jeune égérie suédoise du combat contre le dérèglement climatique. Le 9 novembre 2019, une tribune intitulée « Why we #strike again » (« Pourquoi nous sommes à nouveau en grève »), dont elle est une des trois signataires, affirme que « la crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits humains, de la justice et de la volonté politique. Les systèmes d’#oppression #coloniaux, #racistes et #patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. » « Nos dirigeants #politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités », poursuit ce texte, reprenant là l’un des arguments avancés par l’#écologie_décoloniale : la #crise_climatique serait liée à l’histoire #esclavagiste et #coloniale de la #modernité_occidentale.

    • Dès les années 1970, des chercheurs afro-américains ont fait le lien entre la question écologique et la colonisation. « La véritable solution à la crise environnementale est la décolonisation des Noirs », écrit Nathan Hare en 1970. Cinq ans plus tard, le sociologue Terry Jones parle, lui, d’« écologie d’apartheid ». Cette approche sera développée dans les années 1990 par les penseurs décoloniaux latino-américains présents dans les universités américaines, tels Walter Mignolo à Duke (Caroline du Nord), Ramón Grosfoguel à Berkeley (Californie) ou Arturo Escobar à l’université de Caroline du Nord.

      Derrière paywall, article complet ici.
      https://www.seneplus.com/developpement/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique

    • Ecologie décoloniale : « Une connexion se fait aujourd’hui entre l’animisme et le droit moderne occidental »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/24/ecologie-decoloniale-une-connexion-se-fait-aujourd-hui-entre-l-animisme-et-l

      Quand a-t-on commencé à parler d’écologie décoloniale ?

      Déjà dans les années 1960, le sociologue péruvien Anibal Quijano intégrait dans sa critique du colonialisme la question de l’écologie. Il n’emploie pas le terme même d’écologie décoloniale, mais l’idée est là. Trente ans plus tard, on assiste à la dissémination de la pensée décoloniale sud-américaine avec notamment les travaux du sémiologue argentin Walter Mignolo et la critique du développement de l’anthropologue d’origine colombienne Arturo Escobar qui cherche à revitaliser des conceptions plurielles, authentiques et animistes. En Europe, il a fallu attendre les années 2000, avec notamment le travail de l’anthropologue Philippe Descola (Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005), pour que soit posée la question des écologies plurielles. Mais il n’est pas encore question d’écologie décoloniale. Le philosophe Bruno Latour juge la pensée d’Arturo Escobar folklorisante. Quant à Philippe Descola, il estime que le structuralisme est davantage pertinent que l’approche décoloniale.

  • En France comme en Europe, l’immigration occupe une place importante dans les débats politiques. Retour sur cette question à partir du cas de l’émigration espagnole vers les amériques aux 16e et 17e siècles et de la naissance d’une politique migratoire. #immigration #histoire #population #territoires #politiques #migrations #Espagne

    https://sms.hypotheses.org/22490

    Les politiques migratoires contemporaines se concentrent essentiellement sur l’impact des mouvements de populations sur les territoires d’« accueil ». L’Espagne des XVIe et XVIIe siècles se préoccupait, quant à elle, de réguler l’émigration pour éviter de déstabiliser une société ibérique aux conditions de vie difficiles. L’histoire est donc susceptible d’éclairer les politiques migratoires.

    En France, en Europe, en Amérique et dans nombre de pays d’Asie et d’Afrique, la question de l’immigration domine actuellement les débats politiques. La mobilité de millions d’hommes et de femmes inquiète. Dans ces considérations agitées, les déplacements sont perçus sans tenir compte de l’origine des déplacés. Ce qui compte principalement est le fait que l’immigré est un étranger. Parti « d’on ne sait où », il est extérieur, et c’est l’unique point commun de tous les immigrés (...)

  • Thierry Schaffauser - Les mouvements « LGBT », la retraite, et les luttes sociales
    https://expansive.info/Thierry-Schaffauser-Les-mouvements-LGBT-la-retraite-et-les-luttes-social

    Harz-labour n°29 : Thierry Schaffauser, analyse l’évolution des mouvements LGBT, qui conduit la majorité des associations à se tenir à distance du mouvement social en cours, à ne rien dire des discriminations vécues par les retraités LGBTIQ, et même trois associations à porter plainte contre des grévistes de la RATP, pendant que ceux-ci sont menacés de révocation par leur direction. #Analyses

    / Une, #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, #Répression_-_Justice_-_Prison, #Syndicalismes_-_Travail, #Rennes, #Paris, #Mouvements_sociaux, #Criminalisation_du_mouvement_social, Retraites (et le reste) 2019-2020, (...)

    #Retraites_et_le_reste_2019-2020 ##HarzLabour
    https://expansive.info/IMG/pdf/harz-labour_no29-3.pdf

  • Service National Universel : Non à l’embrigadement de la jeunesse !
    https://expansive.info/Service-National-Universel-Non-a-l-embrigadement-de-la-jeunesse-1990

    Dès juin 2020, le Service National Universel SNU durera un mois entier et concernera 30 000 élèves de seconde ou en décrochage scolaire, sur la base du volontariat avant de devenir obligatoire d’ici peu. Causerie populaire sur le sujet le mercredi 22 janvier à #Rennes #Infos_locales

    / #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Guerres_-_Armement, Rennes, #Fédération_Anarchiste

  • Avocats en grève : libérez les retenu-e-s du centre de rétention de #Rennes !
    https://expansive.info/Avocats-en-greve-liberez-les-retenu-e-s-du-centre-de-retention-de-Rennes

    Dans le cadre de leur mouvement de grève, les avocats de Rennes demande la remise en liberté de toutes les personnes retenues au CRA. #Infos_locales

    / Une, #Migrations_-_Luttes_contre_les_frontières, #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Répression_-_Justice_-_Prison, Rennes, #Mouvements_sociaux, Retraites (et le reste) 2019-2020

    #Retraites_et_le_reste_2019-2020

  • Petit guide rapide des manifestant·es aux urgences
    https://expansive.info/Petit-guide-rapide-des-manifestant-es-aux-urgences-1976

    Un·e manifestant·e tarrivant aux urgences est, avant tout... un·e patient·e ! Vous à ce titre de tous les droits et garanties liées à cet état. Cette brochure a été écrite par Sud Santé Social Rennes en 2016 durant la lutte contre la loi travail mais reste d’une brûlante actualité #Guides_pratiques

    / #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Répression_-_Justice_-_Prison, #Soins_-_Santé_-_Psychiatrie_-_Médic, #Criminalisation_du_mouvement_social

  • #Rennes, un policier condamné pour avoir soutiré 32 500 euros à un patron de bars
    https://expansive.info/Rennes-un-policier-condamne-pour-avoir-soutire-32-500-euros-a-un-patron-

    Un ancien policier, responsable des débits de boissons à Rennes, a été condamné ce mardi soir à trois ans de prison par le tribunal correctionnel. Le prévenu s’est fait remettre 32 500 euros en liquide entre janvier 2012 et mars 2014 par un patron de bars. #Infos_locales

    / #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Répression_-_Justice_-_Prison, Rennes

    https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/a-rennes-un-policier-condamne-a-trois-ans-de-prison-pour-avoir-soutire-

  • La fin du #néo-libéralisme et la renaissance de l’#histoire by Joseph E. Stiglitz - Project Syndicate
    https://www.project-syndicate.org/commentary/end-of-neoliberalism-unfettered-markets-fail-by-joseph-e-stiglitz-2019-11/french

    La forme de #mondialisation prescrite par le #néolibéralisme a laissé les personnes et des sociétés entières dans l’incapacité de prendre en main une bonne part de leur propre destinée, comme l’a expliqué si clairement Dani Rodrik de l’université Harvard et comme je l’affirme dans mes récents ouvrages, Gobalization and Its Discontents Revisited [non encore traduit] et Peuple, pouvoir et profits. Les conséquences de la libéralisation des marchés de capitaux furent particulièrement odieuses : dès lors qu’un candidat à la présidence d’un marché émergent perdait les faveurs de #Wall_Street, les #banques retiraient leur argent du pays. Les électeurs étaient alors placés devant un choix cornélien : céder à Wall Street ou faire face à une grave crise financière.

    On disait aux citoyens ordinaires, même dans les pays riches : « Vous ne pouvez pas mettre en place les #politiques que vous voulez – qu’il s’agisse de protection sociale, de salaires décents, d’impôt progressif ou de système financier correctement régulé – parce que le pays perdra sa compétitivité, que les emplois disparaîtront et que vous souffrirez. »

    Dans les pays riches comme dans les pays pauvres, les élites promettaient que les politiques néolibérales allaient conduire à une croissance économique plus rapide et que les profits allaient ruisseler, de sorte que tout le monde, même les plus pauvres, allait devenir plus riche. Pour y parvenir, il fallait toutefois accepter des salaires plus bas pour les travailleurs et les réductions d’importants services publics pour tous les citoyens.

    Les élites proclamaient que leurs promesses étaient fondées sur des modèles économiques scientifiques et sur des « recherches prouvées ». Eh bien, quarante ans plus tard, les chiffres sont là : la croissance a ralenti, et les fruits de cette croissance sont allés massivement vers l’infime minorité des plus riches. Tandis que les salaires stagnaient et que la Bourse s’envolait, les revenus et le patrimoine s’entassaient bien plus qu’ils ne ruisselaient.

    #dictature

  • Le lacrymo et les 1 % | Anna Feigenbaum
    http://www.contretemps.eu/petite-histoire-gaz-lacrymo-feigenbaum

    « Une préoccupation fondamentale traverse le débat sur le gaz lacrymogène : quelle est la relation entre le profit financier et la violence policière ? » D’abord utilisé sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, le gaz lacrymogène fut peu à peu intégré, non sans entorses aux conventions internationales, à la panoplie du maintien de l’ordre civil aux États-Unis puis dans l’Empire colonial britannique et, enfin, partout dans le monde. Il a fini par jouer, dans le raidissement du contrôle social, un rôle central, qui en fait l’un des piliers des pouvoirs établis ainsi qu’un fructueux produit pour l’industrie de l’armement. Source : (...)

  • Scaling Fences : Voices of Irregular African Migrants to Europe

    The Scaling Fences: Voices of Irregular African Migrants to Europe report presents the results of an extensive study exploring the perspectives and experiences of 1970 individuals who migrated through irregular routes from Africa to Europe, originating from 39 African countries.

    Its aim is to contribute to a better understanding of the relationship between migration and development. The Scaling Fences report is the second major review of contemporary development issues affecting Africa to be published by UNDP’s Regional Bureau for Africa.

    Highlights

    58% of respondents were either earning (49%) or in school (9%) at the time of their departure. For a majority of those earning, income appears to have been competitive in the national context.
    For 66% of respondents earning, or the prospect of earning, was not a factor that constrained the decision to migrate.
    62% of respondents felt they had been treated unfairly by their governments, with many pointing to ethnicity and political views as reasons for perception of unfair treatment.
    77% felt that their voice was unheard or that their country’s political system provided no opportunity through which to exert influence on government.
    41% of respondents said ‘nothing’ would have changed their decision to migrate to Europe Average earnings in Europe far outstrip average earnings in Africa, even in real terms.
    67% of those who did not want to stay permanently in Europe said their communities would be happy if they returned, compared to 41% of those who did want to live permanently in Europe.


    https://www.africa.undp.org/content/rba/en/home/library/reports/ScalingFences.html
    #rapport #migrations #asile #réfugiés #rapport #PNUD #push-factors #facteurs_push #motivations #profil

    ping @_kg_ @karine4

    • Les politiques migratoires européennes créent du #populisme en Afrique, sans limiter les départs clandestins

      Dans un rapport, le PNUD estime ces politiques inefficaces et contre-productives et dénonce une instrumentalisation politique de l’Aide au développement

      En matière de lutte contre l’immigration clandestine, « les décideurs politiques doivent changer d’approche ». La conclusion du rapport « En escaladant les clôtures », du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), rendu public lundi 21 octobre, porte un jugement sévère sur les stratégies européennes face à l’immigration irrégulière. « L’instrumentalisation de l’aide internationale au développement à des fins politiques ne devrait pas avoir un impact à long terme sur les facteurs des migrations africaines irrégulières », préviennent ses auteurs.

      Au moment où le gouvernement d’Édouard Philippe veut faire de l’aide publique au développement un levier, le PNUD rappelle au contraire que ce type d’approche envoie « un mauvais signal aux électorats européens en leur faisant croire que de telles stratégies marcheront sur le long terme ».

      Fruit de plus de 1900 entretiens réalisés auprès de migrants africains installés dans treize pays d’Europe, le rapport du PNUD analyse en profondeur le profil des personnes qui quittent leur pays pour entrer de façon irrégulière en Europe et les raisons qui ont présidé à leur choix.

      L’émigration va s’accentuer

      L’étude montre que les candidats au départ - qui avaient en moyenne 24 ans au moment de leur arrivée en Europe - sont en général, dans leur pays, mieux lotis que leurs pairs. Sans faire partie d’une élite, ils ont « manifestement bénéficié des progrès du développement en Afrique au cours des dernières décennies ». Originaires des zones urbaines à 85 %, ils présentent des niveaux d’études supérieurs à la moyenne des gens de leur génération. Ainsi, 43 % des sondés avaient complété le cycle secondaire. En outre, 49 % avaient des revenus au moment de leur départ et, parmi eux, les deux tiers gagnaient au-dessus du revenu moyen dans leur pays.

      Ces éléments laissent entendre que « le développement de l’Afrique est de nature à encourager les mouvements migratoires, et que ces derniers vont nécessairement s’accentuer tandis que « la plupart des pays d’Afrique atteignent à peine les niveaux de croissance et de développement à partir desquels l’émigration commence à s’intensifier ». Par conséquent, les auteurs battent en brèche « l’idée qu’il est possible de réduire la migration par le biais de réponses programmatiques et politiques conçues pour l’empêcher ».

      Les entretiens menés par le PNUD montrent qu’un des facteurs décisifs au départ est, chez les jeunes Africains, un sentiment d’exclusion sociale et de frustration vis-à-vis d’aspirations et de rêves qui n’ont aucune perspective de réalisation dans les pays d’origine. Malgré des situations plus favorables que celles de leurs pairs, les personnes sondées avaient pour 70 % d’entre elles le sentiment de ne pas gagner assez. Et pour 77 %, le sentiment que leur voix n’est pas entendue par leurs gouvernements. « Leur ambition a dépassé les opportunités disponibles localement, résume les auteurs. Le développement ne va pas assez vite et ses gains sont inégaux et limités ». L’immigration se révèle alors, pour ces personnes dont la trajectoire de vie est ascendante, un « investissement pour un meilleur avenir », un choix rationnel qui engage une « prise de risque calculée ».

      Les résultats de l’étude montrent aussi que les sondés proviennent de foyers plus nombreux que la moyenne de leur pays, ce qui laisse supposer une pression économique supplémentaire. En effet, 51 % des migrants interrogés contribuaient à l’économie du foyer avant leur départ. Même si la migration reste une décision multifactorielle, qui repose aussi sur des considérations en matière d’accès à l’éducation, de gouvernance ou de sécurité, 60 % des sondés ont évoqué le travail et le fait d’envoyer de l’argent à leur famille comme étant la première raison qui a motivé leur départ.
      Transferts bien supérieurs à l’aide au développement

      En 2017, les transferts d’argent depuis l’Europe vers l’Afrique subsaharienne ont représenté 25,3 milliards de dollars en 2017, rappelle le PNUD, qui souligne au passage que les montants sont bien supérieurs à ceux de l’aide publique au développement, de quoi mettre en doute la capacité de ce levier financier à dissuader les mouvements migratoires. En Europe, parmi les 38 % de migrants sondés qui déclarent des revenus, 78 % envoient de l’argent à leur famille. Ils gagnent alors en moyenne 1 020 dollars par mois, un salaire inférieur au salaire moyen du pays d’accueil - et même au salaire minimum en vigueur lorsqu’il en existe un -, mais cela représente trois fois la somme que les migrants percevaient en Afrique (lorsqu’ils y travaillaient) et leur permet d’envoyer un « salaire africain » à leur famille. Ce qui fait dire aux auteurs que la mobilité sociale ainsi obtenue est équivalente à un saut générationnel, malgré un phénomène de déclassement. En effet, les migrants qui travaillent en Europe occupent à 60 % des emplois peu qualifiés, le plus souvent dans le nettoyage, l’agriculture ou au domicile de particuliers, contre 29 % dans leur pays d’origine.

      En outre, les opportunités de travail sont limitées par l’absence de statut légal : 64 % des sondés déclarent ne pas avoir d’autorisation de travail dans le pays d’accueil, une proportion qui diminue au fil du temps. Parmi ceux arrivés avant 2005 en Europe, ils ne sont plus que 28 % dans ce cas. A ce propos, les auteurs soulignent que dans la recherche d’un droit au travail, le système d’asile est devenu l’une des seules options disponibles, en l’absence d’autres voies légales, alors même que les personnes n’ont pas migré pour des raisons humanitaires.

      Plus généralement, l’entrée irrégulière en Europe va de pair avec une vulnérabilité accentuée dans le pays d’accueil, qui pour une minorité significative, va perdurer dans le temps. La perspective d’une vie stable devient alors pour eux inatteignable, tandis que des expériences de privation, de faim, de difficultés d’accès aux soins, d’absence de revenus et de sans-abrisme se prolongent.
      Du « gagnant-gagnant »

      Pour le PNUD, l’approche - qui caractérise de plus en plus d’États européens - qui consiste à détériorer les conditions d’accueil des migrants pour dissuader leur venue, ne fait qu’aggraver les populismes : « La présence de migrants sans-papiers plongés dans les limbes de la clandestinité de façon prolongée nourrit l’inquiétude de l’opinion publique et les discours inflammatoires ».

      Il existe pourtant des solutions « gagnant-gagnant » face à la migration, assure le PNUD. Les entretiens montrent que le succès relatif rencontré par les migrants est corrélé à la façon dont ils se projettent dans l’avenir. Ainsi, 70 % des sondés ont déclaré vouloir vivre de façon permanente en Europe. Mais cette proportion diminue à mesure que grandit le sentiment de « mission accomplie », ce qui renforce l’idée d’une migration vécue comme un investissement. « Aider les personnes à atteindre leurs objectifs leur permettra non seulement de contribuer légalement et pleinement au marché du travail européen mais, à terme, devrait encourager le retour dans leur pays d’origine », soulignent les auteurs.

      Le développement de voies de migration circulaire, la régularisation des migrants déjà établis en Europe, mais aussi le développement d’opportunités pour la jeunesse en Afrique et la lutte contre les systèmes gérontocrates sont autant de défis que le PNUD encourage à relever. « Cependant, reconnaissent les auteurs du rapport, cela nécessite du courage politique en Afrique comme en Europe ».

      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/10/21/les-politiques-migratoires-europeennes-creent-du-populisme-sans-limiter-les-
      #politique_migratoire #politiques_migratoires #EU #Europe #UE

    • Un rapport de l’ONU favorable aux régularisations de migrants

      Un rapport analyse la situation et le parcours des migrants économiques arrivés irrégulièrement en Europe et pointe des politiques mal ajustées. Non seulement, il est vain de chercher à stopper la migration économique issue des pays africains, mais les mesures « décourageantes » contribuent à fixer la population en Europe.

      Dans la lignée des engagements formulés dans le pacte pour les migrations de Marrakech, qui appelait à récolter davantage de données objectives, le Programme des Nations unies pour le développement apporte un nouvel éclairage sur des mouvements migratoires sous-investigués : la migration économique irrégulière. L’occasion de régler quelques « malentendus » (politiques) en travaillant sur un échantillon large. Le PNUD a interrogé plus de 3.000 migrants arrivés en situation irrégulière en Europe (dont 275 en Belgique) pour n’étudier les profils que des 1.970 déclarants être venus pour des motifs économiques.

      93 % des répondants se sont trouvés en danger dans leur trajet vers l’Europe, la moitié ne s’y attendant pas au moment du départ. Pour autant, ils ne sont que 2 % à déclarer qu’ils n’auraient pas migré sachant ce qui les attendait. Et lorsqu’on leur demande ce qui les aurait fait rester au pays (une meilleure situation économique, pas de problème personnel, connaître les conditions de vie réelle une fois en Europe…), 41 % répondent : « rien ». Une détermination de nature à interroger la capacité de quelque mesure que ce soit à stopper les flux Afrique-Europe pour cette population. « Les données challengent la faisabilité de la dissuasion directe et des interventions préventives, suggérant que les décideurs politiques devraient revoir leur approche », souligne le rapport. « L’instrumentalisation de l’aide au développement à des fins politiques ne peut pas, de manière réaliste, amener à une réduction des facteurs de migration. »
      Plus la situation est précaire, moins on souhaite rentrer

      Interrogées sur leur avenir, 70 % des personnes affirment vouloir rester définitivement en Europe. Mais si l’on affine les critères en se penchant sur les migrants ayant une situation stable et des revenus (parce qu’ils ont été régularisés ou travaillent au noir), la proportion s’inverse : 51 % pensent rentrer dans leur pays d’origine. Des résultats plutôt contre-intuitifs, dans la mesure où on pourrait s’attendre à ce que les personnes ayant les situations les plus précaires soient davantage tentées de repartir. « Il semble que les politiques censées avoir un effet décourageant n’ont pas d’impact sur l’envie de rentrer, relève Mohamed Yahya, auteur principal du rapport. C’est plutôt l’inverse qui se passe parce que les personnes doivent récupérer l’investissement de la famille et des amis. » Le rapport souligne la honte de rentrer sur un récit d’échec, sans avoir été capable d’envoyer de l’argent régulièrement. Cette pression s’illustre dans une autre réponse du questionnaire : parmi les migrants souhaitant rentrer, 67 % pensent que leur communauté serait heureuse de les voir rentrer, contre seulement 41 % pour ceux souhaitant rester définitivement.

      Paradoxalement donc, en maintenant les personnes dans un statut précaire, l’Etat encourage la fixation des personnes. Dans ses recommandations, le rapport encourage à recourir aux régularisations, soulignant que les marchés du travail parvenaient déjà à absorber une partie de la population concernée.

      « Toute l’attention côté européen porte sur le management de la migration – comment réduire les flux –, tandis que côté africain, l’enjeu c’est “comment avoir des voies légales” », constate Mohamed Yahya. « Il y a un vide pour l’instant au niveau des voies d’accès légales. Or, vu les conditions en Afrique et le profil des personnes qu’on a rencontrées, il est possible de faire quelque chose qui fonctionne. Ce qui est sûr, c’est que la migration irrégulière génère du stress sur la communauté hôte, donne l’impression qu’on ne contrôle pas les frontières. On espère que le rapport contribuera à construire quelque chose parce que sinon, on va continuer à renforcer des perspectives négatives. Il faut que les sociétés se posent la question : quelle migration peut bien fonctionner en Europe ? »

      Les résultats de l’enquête menée dans 13 pays européens dessinent une population jeune (24 ans en moyenne), plus urbaine, plus éduquée et plus argentée que la moyenne des pays d’origine. « Ce n’est pas le manque de travail qui pousse majoritairement à partir mais le manque de travail de qualité, le manque de choix, de perspectives », souligne Mohamed Yahya, principal auteur de l’étude du Pnud. Le rapport recommande de poursuivre la création de zone de libre-échange en Afrique et de travailler sur les structures de pouvoirs dans lesquels les jeunes ne se reconnaissent pas.
      Une stratégie familiale

      Les migrants interrogés viennent souvent de familles plus nombreuses que la moyenne du pays d’origine. 53 % ont bénéficié du soutien financier de la famille ou d’amis pour couvrir le coût de la migration (jusqu’à 20 fois le salaire moyen pour un ressortissant de l’Afrique de l’Est). Les chercheurs voient une stratégie familiale dans nombre de ces trajectoires qui induit un besoin de retour sur investissement.
      38 % travaillent

      38 % des migrants interrogés travaillent dans le pays hôte. Parmi eux, seuls 38 % le font de manière légale. D’après les projections, le niveau de salaire atteint en Europe équivaut à un bon de 40 ans en avant par rapport à la courbe de développement du pays d’origine. 78 % des personnes qui travaillent renvoient de l’argent vers leur pays d’origine.

      https://plus.lesoir.be/255033/article/2019-10-21/un-rapport-de-lonu-favorable-aux-regularisations-de-migrants

      #travail #stratégie_familiale

  • Révisionnisme historique. Le déshonneur du Parlement européen | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/revisionnisme-historique-le-deshonneur-du-parlement-europeen-677700

    Le Parlement européen a voté il y a quelques jours une résolution scélérate censée souligner l’« importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ». En réalité, cette mémoire est bafouée ligne par ligne, laissant présager un « avenir » sombre pour l’Europe. Visant à mettre un trait d’égalité entre communisme et nazisme, ce texte mobilise des considérants qui sont chacun des modèles de propagande et de révisionnisme historique.

    La signature du pacte germano-soviétique est ainsi obsessionnellement désignée comme cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Ce grossier raccourci historique permet d’absoudre cyniquement aussi bien le national-socialisme, son idéologie de mort et les régimes fascistes des années 1930 que l’atermoiement meurtrier et parfois connivent des chancelleries occidentales avec le nazisme, et la complicité active de puissances d’argent avec les régimes fascistes et nazi.

    Silence est fait sur le traité de Versailles et ses conséquences. Aucun mot n’est consacré aux accords de Munich d’octobre 1938, ce « Sedan diplomatique » qui a livré les peuples européens au « couteau de l’égorgeur », ce « début d’un grand effondrement, la première étape du glissement vers la mise au pas », comme l’écrivait dans l’Humanité le journaliste et député communiste Gabriel Péri, fusillé par les nazis.

    Tout le faisceau de causes mobilisées par des générations d’historiens pour tenter d’expliquer le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale est bazardé au profit d’une bouillie antirusse sans aucun égard pour le sacrifice immense des Soviétiques dans l’éradication du nazisme.

  • La commune est à nous ! Comprendre le #municipalisme en 8 étapes en ligne

    Nous affirmons que la #commune appartient à ses habitants et qu’il est nécessaire de la reconquérir pour la gérer différemment (#féminisation, #collégialité, #bienveillance …). C’est ça le municipalisme !

    « La commune est à nous ! », accessible en ligne, répond à vos questions en 8 étapes pour comprendre la #radicalité_démocratique et construire une nouvelle #éthique_politique. Quelles sont les clés pour ouvrir collectivement les portes d’une #municipalité ? Quelles expériences existent déjà, quels sont leurs succès, leurs difficultés ? Quelles méthodes utiliser pour inclure les habitants ? Comment animer une #assemblée_citoyenne et parvenir à une décision portée par tous ?

    Les modules

    Au cours de 8 modules répartis sur 6 semaines vous aurez l’occasion de traiter des sujets des plus politiques aux plus pratiques :

    Module 1 : Présentation du MOOC et de son fonctionnement
    Module 2 : Qu’est-ce que le municipalisme et quelle est son histoire ?
    Module 3 : Quelles sont les étincelles qui amènent au municipalisme, le terreau favorable et les différentes stratégies de mobilisation qui en résultent ?
    Module 4 : Comment se préparer à des candidatures électorales et nouer des alliances sociales et politiques ?
    Module 5 : Sur quels principes, valeurs et processus reconstruire la confiance en la #démocratie et les institutions dans sa commune ?
    Module 6 : Que signifie organiser un système démocratique PAR, POUR et AVEC les gens ?
    Module 7 : Quelles #politiques_publiques et quels résultats pour répondre aux enjeux sociaux, écologiques et démocratiques ?
    Module 8 : Comment trouver des marges de manœuvre et des stratégies pour peser sur les échelles de décision supra locales ?

    Ces sujets seront portés par des habitants qui portent ces expériences et des spécialistes. Vous aurez la possibilité d’interagir avec eux ainsi qu’avec les participants-es lors des webinaires et des rencontres locales, et aurez à votre disposition de nombreuses ressources.

    https://la-commune-est-a-nous.commonspolis.org
    #mooc #cours
    ping @karine4 @nepthys

  • A Shadowy Industry Group Shapes Food Policy Around the World - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/09/16/health/ilsi-food-policy-india-brazil-china.html

    [T]he #International_Life_Sciences_Institute, an American nonprofit with an innocuous sounding name [...] has been quietly infiltrating government health and #nutrition bodies around the world.

    Created four decades ago by a top #Coca-Cola executive, the institute now has branches in 17 countries. It is almost entirely funded by Goliaths of the agribusiness, food and pharmaceutical industries.

    The organization, which championed tobacco interests during the 1980s and 1990s in Europe and the United States, has more recently expanded its activities in Asia and Latin America, regions that provide a growing share of food company profits. It has been especially active in China, India and Brazil, the world’s first, second and sixth most populous nations.

    In China, the institute shares both staff and office space with the agency responsible for combating the country’s epidemic of obesity-related illness. In Brazil, #ILSI representatives occupy seats on a number of food and nutrition panels that were previously reserved for university researchers.

    And in India, Dr. Sesikeran’s #leadership role on the food labeling committee has raised questions about whether regulators will ultimately be swayed by processed food manufacturers who say the red warning #labels would hurt sales.

    “What could possibly go wrong?” Amit Srivastava, the coordinator of the advocacy group India Resource Center, asked sarcastically. “To have a covert food lobby group deciding public health policy is wrong and a blatant conflict of interest.”

    #états-unis #santé #sucres #agro-business #irresponsables #politiques

  • « Le #classement_de_Shanghaï n’est pas fait pour mesurer la qualité des universités françaises »

    Pour le chercheur #Hugo_Harari-Kermadec, ce classement a surtout poussé la #France à faire des choix qui vont à l’encontre de « l’esprit de #service_public ».

    Le classement de Shanghaï des universités, dont la dernière édition est rendue publique jeudi 15 août, et les #politiques_d’excellence qui soutiennent cette #compétition entre établissements ont accentué la #polarisation de l’#enseignement_supérieur français, c’est-à-dire la logique de #distinction de quelques établissements au détriment des autres.

    Ces « champions » sont aussi ceux qui accueillent la population étudiante la plus favorisée socialement. C’est ce qu’explique Hugo Harari-Kermadec, maître de conférences en économie à l’Ecole normale supérieure (ENS) Paris-Saclay et spécialiste de l’enseignement supérieur. Il est l’auteur du livre Ce que Shanghaï a fait à l’université française, qui paraîtra en octobre aux éditions Le Bord de l’eau.

    Dans toutes les éditions du classement de Shanghaï, les établissements français sont plutôt mal classés. Est-ce le symptôme d’une mauvaise santé chronique des universités françaises ?

    C’est surtout le signe que ce classement n’est pas fait pour mesurer la qualité des universités françaises. Il a une importance considérable dans le débat public français, alors que ce n’est pas le cas aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, où les établissements universitaires sont pourtant très bien classés. Ni en Allemagne, où ils sont mal placés, pour des raisons similaires à la France. Des présidents de facultés allemandes refusent même de transmettre leurs informations au cabinet de conseil qui établit le classement.

    En France, le classement de Shanghaï a entraîné des #choix_politiques, comme des #regroupements_universitaires, parfois artificiels, mais pourtant sans grands effets sur la place des établissements dans ce palmarès.

    Les faibles #performances des facultés françaises dans le classement de Shanghaï ne sont pas, en soi, un signe de mauvaise santé. Ce qui ne veut pas dire qu’elles aillent bien. Elles manquent très sérieusement de moyens, surtout pour l’enseignement. Elles doivent en permanence s’adapter à un contexte réglementaire bouleversé depuis vingt ans, à une mise en concurrence pour obtenir des financements – pour la rénovation des campus ou pour les projets de recherche.
    L’excellence de la #recherche compte énormément dans ce classement. Comment peut-elle s’articuler, dans un contexte budgétaire contraint, avec la nécessité d’accueillir en licence un nombre croissant d’étudiants ?

    La politique du gouvernement est, sans l’assumer, de créer d’un côté des « #universités-licence » sans réelle recherche, et de l’autre, quelques très grandes universités de recherche, fusionnées avec des grandes écoles.

    Cette logique est manifeste au travers des projets #IDEX (#initiative_d’excellence), ces programmes de financement de pôles universitaires qui revendiquent une excellence visible depuis Shanghaï. Mettre en avant le classement de Shanghaï dans la communication gouvernementale permet de justifier les importants #financements attribués à certains établissements – près de 1 milliard d’euros pour l’université Paris-Saclay. En outre, cette politique dite d’excellence a relégué au second plan l’accueil des nouveaux étudiants nés avec le boom démographique du début des années 2000.

    Faire de la recherche et former le plus grand nombre, est-ce contradictoire ?

    Dans la mise en œuvre des politiques publiques « d’excellence » à laquelle nous assistons, oui. Cela ne devrait pas l’être, puisque le lien entre #enseignement et recherche est la caractéristique du système universitaire.

    Le #projet_Saclay a ainsi changé un nombre incalculable de fois pour arriver à un ensemble qui pourrait être classé par Shanghaï ; c’est-à-dire ressembler institutionnellement à une université anglo-saxonne. La nouvelle #université_Paris-Saclay, qui naîtra au 1er janvier 2020, sera un établissement avec des étudiants presque tous sélectionnés, focalisé sur le niveau master et le doctorat, et avec beaucoup plus de recherche et beaucoup moins d’enseignement que dans une université française traditionnelle.

    Quels sont les effets de cette course à l’excellence, et de cette compétition entre universités françaises ?

    Au sein du collectif de recherche Acides, avec Romain Avouac, nous avons montré que les universités françaises sont très polarisées suivant l’origine sociale des étudiants.

    A #Paris-Dauphine, on ne trouve pratiquement pas d’enfants des classes populaires. A l’inverse, certaines universités d’outre-mer ou des Hauts-de-France ont très peu d’enfants de cadres, alors qu’ils constituent 40 % de la population étudiante à l’université. Et, surprise, les universités à la population étudiante la plus aisée sont celles qui sont les mieux classées par Shanghaï, et qui reçoivent les financements IDEX.

    Les #financements des politiques publiques de « l’excellence » renforcent donc indirectement la #polarisation_sociale du #système_universitaire, en donnant plus de moyens pour l’éducation des étudiants favorisés. Finalement, adapter le système universitaire français au classement de Shanghaï, c’est lui faire adopter une logique de concurrence et de #rationalisation_économique, au détriment de l’esprit de service public et des missions académiques.

    Ces classements sont-ils regardés par les étudiants ?

    La sociologue Leïla Frouillou a montré en 2017 que les classements d’universités sont en réalité peu suivis par les étudiants. Même ceux de Dauphine, pourtant bien classée par Shanghaï, n’ont pas suivi le palmarès pour choisir leur établissement, comme l’ont montré dans leurs travaux les chercheurs Séverine Chauvel et Pierre Clément.

    Il en va autrement pour les étudiants en mobilité internationale, en particulier en provenance d’Asie. D’une part parce qu’ils ne connaissent pas les universités françaises, contrairement aux étudiants français qui suivent les conseils de leurs enseignants et de leurs parents, amis, familles. D’autre part, choisir une université bien classée est un argument de poids lorsqu’il s’agit d’obtenir un prêt étudiant pour financer le voyage, le coût de la vie et les frais d’inscription.

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/08/15/le-classement-de-shanghai-n-est-pas-fait-pour-mesurer-la-qualite-des-univers
    #université #qualité #science #ranking #excellence #classes_sociales

    • Tiens tiens... comme par hasard, l’#université_grenoble_alpes s’apprête à une nouvelle fusion (que nos dirigeants n’appellent pas fusion, mais quelque chose comme rapprochement, mais tant est...).

      Après avoir fusionné les 3 universités de Grenoble en 2016 :

      Fusion des trois universités grenobloises : Université Joseph Fourier (Grenoble 1), Université Pierre-Mendès-France (Grenoble 2), Université Stendhal (Grenoble 3). La nouvelle université se dénomme désormais Université Grenoble Alpes. Elle a pour ambition d’être encore plus visible à l’international et ainsi d’attirer les meilleurs étudiants, enseignants et enseignants-chercheurs.

      https://www.univ-grenoble-alpes.fr/l-universite/decouvrir-l-uga/decouvrir-l-universite-grenoble-alpes-367937.kjspl-histoire-de-l-uga/l-histoire-de-l-uga-1105.kjsp

      ... l’Université Grenoble Alpes s’apprête à créer en janvier 2020 une nouvelle entité : l’#Université_intégrée :

      Vers une université intégrée

      Initiée en 2013 avec la mise en place d’une signature unique pour les publications scientifique, renforcée en 2014 par la mise en oeuvre des pôles de recherche puis en 2016 par la création de l’Université Grenoble Alpes et l’obtention de l’IDEX, la dynamique « Univ. Grenoble Alpes » vise à créer un grand site universitaire de rang mondial. A l’horizon 2020, un nouvel établissement rassemblant l’Université Grenoble Alpes, la Communauté Université Grenoble Alpes, Grenoble INP, Sciences Po Grenoble et l’École Nationale supérieure d’architecture de Grenoble devrait ainsi voir le jour.

      L’organisation et la gouvernance de cette université au statut juridique particulier font actuellement l’objet d’une concertation. Les groupes de concertation sont constitués de représentants des élus dans les conseils et de représentants des établissements.

      https://www.univ-grenoble-alpes.fr/l-universite/notre-strategie-politique-et-nos-grands-projets/vers-une-universite-integree/vers-une-universite-integree-369926.kjsp

      Une nouvelle structure qu’en réalité personne ne veut (la fusion de 2016 a déjà coûté beaucoup d’énergie à tout le monde, et surtout au personnel technique et administratif), mais que le président de l’UGA mène au galop... l’enjeu ? Evidemment, pouvoir accéder aux financements IDEX...

  • « L’#orientation_scolaire renforce les #inégalités », entretien avec #Agnès_van_Zanten, sociologue au CNRS

    Selon leur milieu social, les jeunes demeurent profondément inégaux dans leurs choix d’orientation. Agnès van Zanten, sociologue au CNRS et spécialiste des #politiques_éducatives, analyse le contexte dans lequel se réalisent ces #choix. Entretien extrait de lejournal.cnrs.fr.

    Vos recherches portent sur les conditions dans lesquelles les lycéens sont amenés à choisir leurs études supérieures. Que cherchez-vous précisément à mettre en lumière ?

    Agnès van Zanten : Jusqu’à présent, très peu de travaux ont été conduits dans notre pays sur les processus qui, au sein des établissements scolaires et des familles, ou encore via Internet, les plates-formes d’orientation en première année d’études supérieures, les salons d’orientation, etc., entretiennent ou creusent les inégalités entre jeunes, s’agissant de leurs choix d’orientation dans le supérieur. Pour mieux saisir pourquoi la France affiche un faible taux de scolarisation des enfants des classes populaires dans le supérieur, nous avons mis en place depuis 2013 un dispositif inédit de grande envergure. Celui-ci repose sur des questionnaires distribués auprès de 1 800 élèves de terminale et de 450 proviseurs de lycées de la région parisienne, ainsi que sur des enquêtes ethnographiques dans quatre lycées et dans plus d’une vingtaine de salons et de journées portes ouvertes d’établissements d’enseignement supérieur.

    Un des volets de cette étude concerne le rôle des lycées dans l’orientation vers le supérieur. Les pratiques dans ce domaine sont-elles vraiment à géométrie variable selon les établissements ?

    A. v. Z. : L’enquête que nous avons réalisée dans quatre lycées franciliens le montre clairement. Dans les deux établissements les plus favorisés, où il n’y a ni problème de discipline ni problème de décrochage, tous les personnels (direction, professeurs, conseillers d’éducation…) sont concentrés sur l’orientation et aident les lycéens à se projeter dans l’univers des études supérieures. On y parle de choix des filières post-baccalauréat très en amont, dès la classe de seconde.
    Les élèves reçoivent des informations et des conseils personnalisés et sont fortement incités à s’orienter vers les classes préparatoires aux grandes écoles, par lesquelles de nombreux professeurs sont passés et qu’ils perçoivent comme la « voie royale » vers l’élite. La situation est tout autre dans les lycées moins favorisés. Les équipes éducatives mobilisées sur la lutte contre le décrochage, et plus encore sur la réussite au bac, s’investissent peu dans l’orientation. On ne commence à en parler que lorsque la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur (« Parcoursup » aujourd’hui) entre en service, c’est-à-dire en janvier de l’année du bac. Les élèves n’ont donc que quelques mois pour faire leur choix.
    Par ailleurs, le peu de temps qu’ils consacrent à préparer leur orientation est le plus souvent un temps collectif. Les entretiens en face-à-face sont rares. Et on leur vante surtout les mérites des filières non sélectives de l’université et des sections de technicien supérieur qui préparent au BTS.

    À entendre ces arguments, on se dit que les lycéens ne doivent pas utiliser le dispositif Parcoursup (ex-APB) de la même façon selon qu’ils sont dans un établissement favorisé ou non…

    A. v. Z. : C’est exact. Les plates-formes techniques d’admission dans l’enseignement supérieur qui se sont succédé ces dernières années fournissent les mêmes renseignements aux lycéens et les astreignent aux mêmes procédures. Mais tous les jeunes ne sont pas égaux devant ce type d’outil, qui exige des compétences et un accompagnement, qui suppose d’élaborer des listes de choix de façon stratégique, qui réclame de la patience en cas de non-réponse rapide. Dans les établissements favorisés, des réunions sont organisées à l’intention des élèves et de leurs parents, des dépliants sont distribués, des informations sont mises en ligne sur le site du lycée. Jusqu’au remplacement d’APB par Parcoursup, on enseignait aux élèves des familles de statut élevé les ficelles pour optimiser leurs chances d’obtenir la formation recherchée (en établissant entre autres une hiérarchie des vœux en fonction de leur niveau scolaire et du degré de sélectivité de ces formations). Dans les lycées moyens, les élèves sont beaucoup moins aidés. Les conseils qu’on leur prodigue portent essentiellement sur l’utilisation formelle – et non stratégique – du système. On leur parle davantage de calendrier que de contenus, en leur recommandant notamment de ne pas oublier de saisir leurs vœux avant la clôture du dispositif.

    Plus généralement, Internet constitue la principale source d’information des adolescents sur les filières post-bac. Leur façon de s’orienter sur Internet diffère-t-elle selon leur origine sociale ?

    A. v. Z. : Pour mieux saisir leurs pratiques en la matière, nous avons collecté les traces de navigation d’élèves de terminale de sept lycées franciliens lors d’une séance sur ordinateur. En suivant leurs parcours de site en site et de page en page, après leur avoir fait remplir un court questionnaire sur leurs attentes en matière d’orientation, on voit que dans les bons lycées en général, et dans les classes scientifiques en particulier, les élèves ont appris à se débrouiller dans le labyrinthe des formations. Ils arrivent à bien discriminer les sources (sites officiels, blogs…), à estimer la valeur réelle de ce qui leur est proposé, à identifier ce qui relève du discours publicitaire (nombre d’écoles s’autoproclament « numéro un » dans un domaine…). Ils font cela très vite, individuellement, de manière réfléchie. Les élèves des milieux populaires, dont certains n’ont pas d’ordinateur personnel, sont bien moins armés face à ce genre d’exercice, consultent moins de sites et s’appuient beaucoup sur ce que font leurs camarades.

    Et le contexte familial ? Comment les enfants de milieux défavorisés sont-ils accompagnés par leur famille dans leur orientation ?

    A. V. Z. : Les réponses au questionnaire auprès des jeunes, en cours d’exploitation, montrent l’inégale capacité des familles à aider les jeunes à préparer leur orientation. Selon nos premières analyses, environ les deux tiers des lycéens issus des catégories socioprofessionnelles privilégiées parlent fréquemment du choix d’un programme d’études supérieures et, potentiellement, d’une carrière, avec leurs parents, ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces derniers ont de fortes chances d’avoir connu l’enseignement supérieur. Les élèves de milieux populaires, eux, ne sont que 20 % à discuter régulièrement d’orientation sous le toit familial. Les lycéens qui reçoivent le moins de conseils dans leur famille quant à leur orientation sont donc aussi ceux qui, le plus souvent, en reçoivent le moins à l’école, ce qui renforce les inégalités.

    Qui fréquente les salons d’orientation et quelles offres proposent ces espaces ?

    A. v. Z. : Ces salons étant pour la plupart gratuits, aucune barrière économique n’empêche les jeunes de familles à faibles moyens de s’y rendre. Mais, d’après nos observations en Île-de-France, le gros du bataillon des visiteurs est constitué de lycéens issus des classes moyennes, souvent accompagnés de leurs parents.
    Un autre problème est que ces salons, qui se définissent comme une sorte de service public, de vitrine objective des offres de formation dans le supérieur, sont la plupart du temps organisés par les acteurs marchands du secteur. Les établissements privés à la réputation au mieux moyenne (les meilleures écoles n’ont pas besoin de publicité) et aux frais de scolarité élevés s’y taillent la part du lion, et le discours anti-université y est très prégnant. Cette offre biaisée constitue elle aussi une source d’inégalités puisque le privé ne peut pas être une solution pour de nombreux jeunes.

    Quelle mesure permettrait d’améliorer de façon significative la qualité de l’orientation dans les lycées ?

    A. V. Z. : Il faudrait notamment augmenter le nombre de conseillers d’orientation psychologues. Depuis le milieu des années 1990, les pouvoirs publics n’ont pas souhaité renouveler les effectifs de cette profession aujourd’hui quelque peu en déshérence. Aux États-Unis, au contraire, où la fonction des lycées est explicitement de propulser le plus d’élèves possible vers l’enseignement supérieur, il y a souvent deux, voire trois conseillers d’orientation par établissement. En France, faute de personnel, l’orientation repose trop souvent sur les épaules des enseignants. Or, une large partie d’entre eux ne veut pas s’en occuper, et ce d’autant plus qu’ils exercent dans des lycées défavorisés et s’emploient à tenter de « boucler le programme ». Ils pensent que c’est une tâche qui n’est ni valorisée ni valorisante, qui ne fait pas partie de leur mandat officiel et qui suppose de leur part une connaissance – qu’ils n’ont pas – du système d’enseignement supérieur, un système particulièrement complexe et constamment mouvant.

    https://www.inegalites.fr/L-oriention-scolaire-renforce-les-inegalites-entretien-avec-Agnes-van-Zan