• Essais nucléaires en polynésie

    l’implantation du CEP (Centre d’Expérimentation du Pacifique) a bousillé la vie sociale de ce pays, d’une situation rurale de gens qui se suffisaient à eux-même, on est passé à un pays en voie de developpement, en quelques années, avec tout ce que cela implique, pauvreté, prostitution pour les uns, enrichissement indécent pour les autres.En fait on nous a acheté pour devenir un peuple docile.

    https://www.franceculture.fr/emissions/le-village-global/le-village-global-chronique-du-dimanche-16-mai-2021


    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2021/05/11b654c8-8927-4a5c-bb8f-90b58036fe67/838_gettyimages-ca21686.webp
    Mūtisme, réédité par au Vent des îles
    https://www.tahiti-infos.com/M%C5%ABtisme-reedite-par-au-Vent-des-iles_a200065.html

    Mu, en tahitien, signifie le silence de quelqu’un qui a quelque chose à dire mais qui se tait. C’est le sens du livre « Mu tismes », écrit par l’écrivaine Titaua Peu, réédité en avril. Le récit d’une tahitienne qui dénonce le non-dit du nucléaire et les interdits qui étouffent la Polynésie française.

    Mūtisme prend place dans les années 1980 à 2000. Il a pour point d’orgue les émeutes de 1995 qui ont fait suite à la reprise des essais nucléaires. “Elles m’ont beaucoup affectée”, rapporte Titaua Peu. Il est question, pendant cette période, de tabous et de non-dits, de frustrations et de conflits, de zones d’ombre et de silences. Ces mots qui ont gangrené la société polynésienne. “C’est l’histoire de tous les silences. Les familles tahitiennes sont très pudiques”, constate l’auteure, “elles ne disent ni l’amour ni la haine. Ce qui est perturbant pour les enfants et plus encore pour les adolescents qui prennent conscience du monde”.

    Pour Christian Robert de Au Vent des îles, il était important de rééditer cet ouvrage, cette “prise de parole collective d’un peuple, ce positionnement qui est une réalité devenue historique et que certains ont oubliée”.

    Mūtisme en près de 20 ans, n’a rien perdu de son acuité. Il reste d’actualité et résonne avec la même force malgré le temps passé


    #nucléaire #polynésie #essais_nucléaires

  • Covid-19 : nouveau confinement en Martinique
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/16/covid-19-la-martinique-a-nouveau-confinee_6077012_3244.html

    Les annonces outre-mer ne se ressemblent pas : la Polynésie française va rouvrir ses frontières aux visiteurs américains à partir du 1er mai, mais ne recevra pas de touristes français, tandis que la Martinique va se reconfiner et que la Guyane a renforcé son couvre-feu.Jeudi, Emmanuel Macron a évoqué le calendrier du progressif déconfinement en métropole, lors d’une visioconférence avec plusieurs maires. Il a donné pour horizon « vers la mi-mai », sans plus de précisions. L’hypothèse d’une différenciation territoriale en fonction de la situation sanitaire est aussi étudiée par le gouvernement.
    En Martinique, le préfet, Stanislas Cazelles, a annoncé jeudi 15 avril dans la soirée, lors d’une conférence de presse, que l’île était de nouveau confinée, le nombre de patients Covid-19 n’ayant pas cessé d’augmenter ces dernières semaines.Ce troisième confinement intervient après une première mesure de couvre-feu décrétée fin mars. Le préfet a invoqué la nécessité de « réduire les contacts » pour espérer freiner la propagation du virus, « surtout [celle du] variant anglais, qui est de plus en plus présent et qui fait des ravages ».En Guyane, devant l’intensification de la circulation du virus, la préfecture a renforcé les mesures de couvre-feu dans huit communes, dont Cayenne. Il y sera étendu de samedi 19 heures à lundi 5 heures. « Le variant P1, dit brésilien, représente aujourd’hui plus de 84 % des prélèvements positifs en Guyane », souligne un communiqué.
    La Polynésie française n’est pas confinée mais le couvre-feu y est maintenu de 22 heures à 4 heures. La collectivité rouvrira ses frontières aux visiteurs américains à partir du 1er mai. « Nous avons fait le choix de n’ouvrir à ce stade qu’aux voyageurs en provenance des Etats-Unis et y ayant séjourné plus d’un mois, principalement car la vaccination est désormais ouverte à tous et 3 millions de doses sont administrées chaque jour aux Etats-Unis », a expliqué jeudi le haut-commissaire de la République, Dominique Sorain.
    Les touristes américains devront présenter un résultat négatif de test RT-PCR trois jours avant leur vol, subiront un test antigénique à leur arrivée puis un nouveau test quatre jours après. Chaque visiteur devra aussi présenter une preuve de vaccination ou une sérologie démontrant qu’il dispose d’anticorps. Les passagers non vaccinés et sans preuve sérologique pourront venir en Polynésie mais seront placés dix jours en quarantaine et subiront un quatrième test huit jours après leur arrivée. Ce protocole sanitaire vise à empêcher l’introduction de variants. Vingt cas ont été détectés en Polynésie, tous contrôlés grâce aux tests et à la quarantaine.

    #Covid-19#migrant#migration#france#outremer#polynesie#martinique#guyane#variant#sante#circulation#frontiere#confinement#test

  • Essais nucléaires : « Nous attendons des excuses de l’Etat français »
    https://disclose.ngo/fr/article/essais-nucleaires-nous-attendons-des-excuses-de-letat-francais

    De Tahiti aux îles Gambier, Disclose a rencontré plusieurs victimes des essais nucléaires en Polynésie française. Récits d’une expérience traumatique et encore tabou.

  • #Moruroa_files.
    Enquête sur les essais nucléaires français dans le #Pacifique

    Un héritage empoisonné

    Leucémie, lymphome, cancer de la thyroïde, du poumon, du sein, de l’estomac… En Polynésie, l’héritage des essais nucléaires français est inscrit dans la chair et dans le sang des habitants. Le #strontium a grignoté les os, le #césium s’est concentré dans les muscles et les organes génitaux, l’#iode s’est infiltré dans la thyroïde.

    L’histoire de cette catastrophe sanitaire et environnementale largement méconnue a débuté le #2_juillet_1966. Ce jour-là, l’#armée_française procède au #tir_Aldébaran, le premier des 193 essais tirés pendant trente ans depuis les atolls nucléaires de Mururoa et #Fangataufa, à 15 000 km de la métropole. Le premier, aussi, d’une série de #tests parmi les plus contaminants du #programme_nucléaire français : les #essais_à_l’air_libre. Entre #1966 et 1974, l’armée a procédé à 46 #explosions de ce type.

    Disclose et #Interprt, en collaboration avec le programme Science & Global Security de Université de Princeton, aux Etats-Unis, ont enquêté pendant deux ans sur les conséquences des #essais_atmosphériques en Polynésie française. A l’aide de milliers de documents militaires déclassifiés, de centaines d’heures de calculs par ordinateur et de plusieurs dizaines de témoignages inédits, cette enquête démontre pour la première fois l’ampleur des #retombées_radioactives qui ont frappé ce territoire vaste comme l’Europe. Elle dévoile également comment les autorités françaises ont tenté de dissimuler l’impact réel de cette campagne dévastatrice pour la santé des populations civiles et militaires.

    D’après nos calculs, environ 110 000 personnes ont été dangereusement exposées à la #radioactivité, soit la quasi-totalité de la population des archipels à l’époque.

    Le 18 février 2020, l’#Institut_national_de_la_santé_et_de_la_recherche_médicale (#Inserm) a publié un rapport très attendu sur « les conséquences sanitaires des essais nucléaires » en Polynésie française. Aux termes de cette étude, les auteurs concluent que les « liens entre les retombées des essais atmosphériques et la survenue de #pathologies_radio-induites » sont difficiles à établir, faute de données fiables. Et ces deniers de souligner l’absolue nécessité d’« affiner les estimations de doses reçues par la population locale et par les personnels civils et militaires ». C’est précisément ce que nous nous sommes efforcés de faire dans le cadre de cette #reconstitution indépendante. Bien loin de l’opacité et des mensonges que l’Etat s’efforce d’entretenir depuis un demi-siècle.

    https://moruroa-files.org/fr
    #Moruroa #cancers #nucléaire #Polynésie #France #essais_nucléaires #Polynésie_française #santé #thyroïde #Disclose #santé #environnement

  • Révélations sur une épidémie de cancers en Polynésie française
    https://disclose.ngo/fr/article/revelations-sur-une-epidemie-de-cancers-en-polynesie-francaise

    Dans un rapport confidentiel obtenu par Disclose, le gouvernement polynésien reconnaît l’existence d’un « cluster de cancers de la thyroïde » liés aux essais nucléaires français.

  • Les déplacements vers l’outre-mer strictement limités
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/30/les-deplacements-vers-l-outre-mer-strictement-limites_6068204_823448.html

    Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé vendredi 29 janvier que tous les déplacements à destination ou en provenance des outre-mer seront soumis, à partir du dimanche 31 janvier, à un motif impérieux d’ordre personnel ou familial, pour des raisons de santé urgentes ou d’ordre professionnel ne pouvant être différées. A vrai dire, la seule nouveauté dans cette annonce concerne la date d’entrée en vigueur de ces mesures en Guadeloupe et en Martinique. Le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, avait annoncé, jeudi, l’extension de ces mesures de restriction dans les deux départements antillais à partir du mardi 2 février. Pour ceux-là, l’application des « motifs impérieux » vise principalement à éviter l’afflux de voyageurs en provenance de l’Hexagone pendant les vacances de février, qui commencent le 6 février pour la première zone. Durant les fêtes de fin d’année, Guadeloupe et Martinique avaient vu affluer près de 200 000 vacanciers. Depuis le 18 janvier, les voyageurs arrivant dans ces deux départements sont également soumis à un isolement de sept jours à domicile, avec l’obligation de procéder à un nouveau test PCR au terme de cette période. Un premier cas de variant anglais du Covid-19 a été détecté, vendredi, en Martinique. La Polynésie française devrait elle aussi passer sous le régime des « motifs impérieux ». Ailleurs, c’était déjà le cas pour la Guyane, où le taux d’incidence avait atteint 280 cas positifs pour 100 000 habitants mi-janvier et où les admissions en réanimation poursuivent leur hausse. De même pour La Réunion et Mayotte, en raison des suspicions de présence dans la région du variant du SARS-CoV-2 501.V2 apparu en Afrique du Sud. Un premier cas porteur de ce variant a été détecté le 15 janvier. Depuis, ce nombre est passé à 50. C’est à Mayotte que la situation apparaît la plus préoccupante. Des mesures de protection ont été prises dès le samedi 9 janvier pour limiter l’introduction de ce variant sur le territoire. Les vols au départ des Etats d’Afrique continentale de l’Est ont été suspendus par le préfet le jeudi 14 janvier

    #Covid-19#migrant#migration#france#outremer#guyane#mayotte#polynesie#martinique#reunion#sante#variant#propagation

  • Flambée de l’épidémie de Covid-19 en Polynésie française
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/27/flambee-de-l-epidemie-de-covid-19-en-polynesie-francaise_6057517_3244.html

    Dans cette collectivité d’outre-mer aux compétences partagées entre la France et le gouvernement local, le président, Edouard Fritch, et le haut-commissaire, Dominique Sorain, ne veulent pas d’un nouveau confinement. La Polynésie a déjà été confinée pendant plusieurs mois, et même placée sous couvre-feu, au début de l’épidémie. La restauration et surtout le tourisme sont en grande difficulté.Même au marché de Papeete, pourtant fréquenté par la clientèle locale, les commerçants souffrent de la baisse d’activité. « Les gens n’ont plus de travail et plus d’argent, alors certains jours, je ne vends rien, pas un bouquet, alors que je suis là seize heures par jour, mais je viens quand même, on ne sait jamais », se désespère Léa Haerea, une vendeuse qui n’a jamais vu une telle crise en cinq décennies. Une crise amplifiée par l’absence de caisse de chômage en Polynésie.
    A ses côtés, une autre fleuriste, Mareva Teuira, dénonce la gestion de l’épidémie : « Il ne fallait pas ouvrir les frontières aux touristes et aux remplaçants des fonctionnaires et des gendarmes, on aurait pu garder les mêmes, et c’est eux qui ont amené le virus. » La Polynésie a rouvert ses frontières le 15 juillet pour sauver son tourisme, et l’épidémie a commencé à se répandre deux semaines plus tard. Ce choix a accentué la défiance envers les élus, qui concentrent les reproches de cette commerçante : « Le premier cas de Covid à Tahiti, c’est une députée, et il y a quinze jours, c’est le président Fritch qui a ramené le virus de France, sans compter tous les élus venus voter à Papeete pour les sénatoriales, qui ont dispersé le virus dans les îles : pour moi, les politiques sont les premiers responsables. »
    Quelques jours après les sénatoriales organisées à Tahiti, plusieurs élus municipaux ont en effet été testés positifs au virus dans de petites îles jusqu’ici épargnées. Les îles et atolls isolés des cinq archipels polynésiens sont la principale crainte du ministère de la santé local. Beaucoup ne disposent que d’un infirmier pour tout professionnel de santé. Les cas sérieux doivent être évacués par avion vers Tahiti, l’île la plus habitée, la seule équipée d’un hôpital moderne. L’autre inquiétude porte sur les comorbidités : l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité sont des facteurs de risque très répandus parmi les Polynésiens.

    #Covid-19#migration#migrant#france#polynésie#sante#archipel#systemesante#frontiere#tourisme#economie#politique

  • #Décolonisations : du sang et des larmes. La rupture (1954-2017) —> premier épisode de 2 (voir plus bas)

    Après huit années de conflits meurtriers, l’#Empire_colonial_français se fragilise peu à peu. La #France est contrainte d’abandonner l’#Indochine et ses comptoirs indiens. Les peuples colonisés y voient une lueur d’espoir et réalisent que la France peut-être vaincue. Les premières revendications d’#indépendance se font entendre. Mais la France reste sourde. Alors qu’un vent de liberté commence à se répandre de l’Afrique aux Antilles en passant par l’océan indien et la Polynésie, un cycle de #répression débute et la République répond par la force. Ce geste va nourrir des décennies de #haine et de #violence. Ce #documentaire, réalisé, à partir d’images d’archives, donne la parole aux témoins de la #décolonisation_française, qui laisse encore aujourd’hui des traces profondes.

    https://www.france.tv/france-2/decolonisations-du-sang-et-des-larmes/decolonisations-du-sang-et-des-larmes-saison-1/1974075-la-rupture-1954-2017.html
    #décolonisation #film_documentaire #colonialisme #colonisation #film

    #France #Indochine #Empire_colonial #FLN #Algérie #guerre_d'Algérie #guerre_de_libération #indépendance #François_Mitterrand #Algérie_française #Section_administrative_spécialisée (#SAS) #pacification #propagande #réformes #attentats #répression #Jacques_Soustelle #Antoine_Pinay #conférence_de_Bandung #Tunisie #Maroc #Gaston_Defferre #Cameroun #Union_des_populations_du_Cameroun (#UPC) #napalm #Ruben_Um_Nyobe #Ahmadou_Ahidjo #Milk_bar #armée_coloniale #loi_martiale #bataille_d'Alger #torture #haine #armée_française #Charles_de_Gaulle #paix_des_Braves #humiliation #camps #déplacement_des_populations #camps_de_déplacés #déplacés #internement #Madagascar #Côte_d'Ivoire #Guinée #Ahmed_Sékou_Touré #communauté_franco-africaine #liberté #Organisation_de_l'armée_secrète (#OAS) #17_octobre_1961 #accords_d'Evian #violence #pieds-noirs #rapatriés_d'Algérie #Harki #massacre #assassinats #déracinement #camp_de_Rivesaltes #invisibilisation #néo-colonialisme #ressources #gendarme_d'Afrique #Françafrique #Felix-Roland_Moumié #territoires_d'Outre-mer #Michel_Debré #La_Réunion #Paul_Vergès #Polynésie #Bureau_pour_le_développement_des_migrations_dans_les_départements_d'Outre-mer (#Bumidom) #racisme #Djibouti #Guadeloupe #Pointe-à-Pitre #blessure #mépris #crimes #mémoire

    –—

    Et à partir du Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’Outre-mer... un mot pour désigner des personnes qui ont « bénéficier » des programmes :
    les « #Bumidomiens »
    –-> ajouté à la métaliste sur les #mots en lien avec la #migration :
    https://seenthis.net/messages/414225
    #terminologie #vocabulaire

    –—

    Une citation de #Jean-Pierre_Gaildraud, qui dit dans le film :

    « Nous étions formatés dans une Algérie française qu’il ne fallait pas contester. C’était ces rebelles, c’étaient ces bandits, ces égorgeurs qui menaçaient, qui mettaient en péril une si belle France. En toute bonne foi on disait : ’La Seine traverse Paris comme la Méditerranée traverse la France’ »

    –---

    « Il faut tourner une page et s’abandonner au présent. C’est sûr, mais comment tourner une page quand elle n’est pas écrite ? »

    Hacène Arfi, fils de Harki

  • Chéribibi Acte XI est imprimé
    https://www.cheribibi.net

    En attendant d’informer les rares lecteurs de ce Chéribiblog (maintenant que tout le monde -sauf nous- est chez Mark Zuckerberg) d’évènements à venir en octobre, le ChériBibi nouveau (ci-dessus) sera ce samedi 19 septembre à Bruxelles au sein de l’excellentissime et ô combien unique cinéma Nova, à l’occase de la soirée sur le défunt ciné porno l’ABC (que j’ai eu la chance et le plaisir halluciné de pouvoir visiter avant sa destruction, merci aux camarades du Nova !). Donc si y’en a des lecteurs & lectrices dans les parages qui veulent toper ce n°11 en primeur -il sera chez tous les bons libraires le 9 octobre-, vous savez où nous trouver (le bar est au sous-sol)…

    Pis on fait la mise sous pli des abonnés mercredi 23 septembre, donc envois massifs en fin de semaine prochaine.
    Si t’es pas encore abonné, je passerais à la boîte postale mercredi midi alors arrange-toi pour que le chèque y soit.

    Tu veux ton ChériBibi ? ChériBibi veut ton grisbi !

    since : http://aredje.net/les-lapins-electriques
    https://www.magasin4.be

    #cheribibi #aredje #fanzine #vinyle #culture_populaire

  • Les essais nucléaires en Polynésie et leurs conséquences
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/table-ronde-dactualite-internationale-accord-israel-emirats-arabes-uni


    Très intéressante interview de Julien Sartre (Médiapart) au sujet des suites des essais nucléaires en Polynésie
    L’arnaque des « indemnisations », le cavalier législatif récemment voté par la Macronie pour faire en sorte de n’indemniser personne, etc...

    En première partie, retour de Polynésie française, où la question des essais nucléaires faits par la France entre 1966 et 1996 est un sujet vivace. Au-delà de leurs répercussions directes, ces essais ont encore aujourd’hui des conséquences importantes sur les populations, qui peinent à faire reconnaître leurs droits en tant que victimes. Aujourd’hui encore, l’héritage des essais nucléaires clive le paysage politique polynésien.

    #nucléaire #Polynésie #Civen

    • Mururoa, le colonialisme nucléaire.
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/tahiti-de-lautre-cote-du-miroir-44-mururoa-le-colonialisme-nucleaire

      1963, la France installe le CEP, Centre d’Expérimentation du Pacifique sur de petits atolls des Tuamotu à 18 000 kilomètres de Paris. Des agriculteurs, des pêcheurs de tous les archipels, les Marquises, les îles Sous-le-vent, les Australes sont recrutés et défrichent avec la légion étrangère les atolls de Mururoa, Fangataufa et Hao. Plus de dix mille Polynésiens contribuent à la création de la force de dissuasion nucléaire. Les essais sont réputés propres et personne ne pose trop de question devant la quantité d’argent déversé par l’Etat français. Depuis les années 2000, les associations des vétérans du Nucléaire en métropole et en Polynésie mènent le combat pour faire reconnaître les maladies radio-induites des hommes de la bombe et des habitants. La route est longue. Déni de réalité, interdit de dire, le fait nucléaire reste un fait colonial.

      + de nombreux liens sur la page de l’émission

  • En Polynésie française, le coronavirus s’est plus diffusé en une semaine qu’en cinq mois
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/08/13/en-polynesie-le-coronavirus-s-est-plus-diffuse-en-une-semaine-qu-en-cinq-moi

    En Polynésie française, le coronavirus s’est plus diffusé en une semaine qu’en cinq mois. Le territoire ultramarin a laissé revenir ses premiers touristes le 15 juillet, supprimant la quarantaine imposée jusqu’à cette date. Une soixantaine de cas de Covid-19 seulement entre mars et juillet : pour les plus optimistes, cette exception polynésienne était liée au climat ou à des facteurs génétiques. Mais les raisons objectives de ces chiffres faibles résident dans l’arrêt des liaisons aériennes et un confinement précoce, complété, par la suite, par un couvre-feu. Tous ces dispositifs ont progressivement été allégés et la Polynésie a laissé revenir ses premiers touristes le 15 juillet, supprimant la quarantaine imposée jusqu’à cette date, pour permettre aux visiteurs de profiter de Tahiti, Bora-Bora ou des atolls des Tuamotu. Il fallait sauver les hôtels et les quelque 15 000 emplois qui dépendent du tourisme, premier secteur économique local.
    Les passagers doivent bien sûr présenter un test négatif au Covid-19 avant d’embarquer, réaliser un autoprélèvement quatre jours après leur arrivée et s’engager à respecter les gestes barrières. Mais une fois sur place, touristes, Polynésiens et nouveaux arrivants se sont parfois regroupés lors de soirées festives, sans respecter les gestes barrières et le port du masque.
    Résultat, trois semaines après la réouverture des frontières polynésiennes, le virus se propage à grande vitesse : 77 cas ont été détectés depuis une semaine. L’Institut Louis-Malardé, au cœur de Papeete, réalise 250 tests par jour et de longues files d’attente se forment dans la rue. Manque de chance, ni l’un ni l’autre n’étaient à Tahiti lorsque les cas positifs ont commencé à se multiplier, le week-end dernier. Edouard Fritch était en tournée gouvernementale sur l’atoll de Rangiroa, Dominique Sorain en croisière aux Marquises. Mardi 11 août, ce dernier a pu débarquer et prendre un avion pour Tahiti. Mais pendant trois jours, les deux principales autorités locales ne se sont pas exprimées, laissant la colère couver dans la rue et sur les réseaux sociaux. Notamment contre les enseignants et les gendarmes fraîchement débarqués, à l’origine des foyers de contamination, selon le président, qui a confirmé, pendant une conférence de presse mardi, que des nouveaux arrivants étaient à l’origine de deux clusters. Mais surtout contre les autorités. Edouard Fritch mesure les risques politiques de cette crise. Il l’a montré en commettant deux fois le même lapsus lors de ce point presse pendant lequel il a employé le mot « vote », alors qu’il parlait des tests de Covid-19. Pas de mea culpa sur l’absence de communication, pas non plus de regrets exprimés sur le relâchement des mesures. Mais des promesses de sanctions contre les responsables désignés : les organisateurs de soirées et les nouveaux arrivants imprudents. « Je constate avec beaucoup d’amertume que tous les sacrifices que nous avions consentis sont partis en fumée à cause de l’irresponsabilité de quelques personnes », a regretté le président.
    Le mois d’août pourrait encore accentuer les risques de diffusion de l’épidémie. C’est la relève des fonctionnaires et des militaires postés en Polynésie. Plusieurs centaines d’enseignants et gendarmes, notamment, viennent s’installer à Tahiti ou sur l’une des îles disséminées dans les cinq archipels polynésiens. Et puis la rentrée scolaire, échelonnée t

    #Covid-19#migration#migrant#france#polynesie#circulation#tourisme#sante#communication

  • Des croisements anciens entre Polynésiens et Amérindiens mis en évidence par la génétique

    Des analyses ADN confortent l’hypothèse de l’anthropologue Thor Heyerdahl. Mais on ignore si des Amérindiens ont débarqué en Polynésie, ou si ce sont les Polynésiens qui ont « découvert » l’Amérique avant Christophe Colomb.

    Par Hervé Morin Publié, lemonde.fr, mercredi 8 juillet 2020

    En 1937, le jeune anthropologue norvégien Thor Heyerdahl et sa femme Liv débarquent à Fatu Hiva, une île des Marquises, pour leur voyage de noces. Le séjour du couple de Robinson se prolonge. Heyerdahl est fasciné par des légendes locales, selon lesquelles les occupants de l’île seraient venus du Soleil-Levant. Dix ans plus tard, il s’embarque depuis le Pérou sur un radeau de balsa, pour prouver qu’un tel voyage d’est en ouest est possible. Le 7 août 1947, après cent un jours de mer, lui et ses cinq coéquipiers s’échouent sur un atoll des Tuamotu, au terme de 7 000 km d’une navigation mouvementée, apportant une éclatante démonstration de la faisabilité d’une telle dérive.

    L’odyssée du Kon-Tiki deviendra mythique dans le grand public, mais jusqu’à ce jour, les cercles académiques continuent de débattre avec fièvre de l’hypothèse d’Heyerdahl. La théorie dominante étant que le Pacifique a progressivement été exploré et colonisé depuis l’Asie, par les « nomades de la mer » de la civilisation Lapita, sur une période courant de 1 500 avant J.-C. à la fin du XIVe siècle.

    Sans nier la prépondérance de cette ruée maritime vers l’est, une étude, publiée le 9 juillet dans Nature, appuie l’intuition initiale d’Heyerdahl. Elle compare les génomes de 807 individus issus de 17 îles du Pacifique et de 15 groupes amérindiens de la côte du Pacifique. Alexander Ioannidis, postdoctorant à l’université de Stanford, et ses collègues, mettent en évidence des croisements qui seraient survenus vers 1 200 après J.-C. entre Polynésiens et Améridiens, à une époque où les premiers étaient en pleine exploration des derniers confettis du Pacifique.

    Génétique, linguistique et botanique

    Heyerdahl aurait-il vu juste ? « Nous ne pouvons pas dire si les Polynésiens ont atteint les Amériques et sont repartis (avec une certaine ascendance amérindienne), ou si les Amérindiens se sont rendus en Polynésie, comme le croyait Heyerdahl, mais nous pouvons confirmer qu’il y a eu contact, comme il le pensait, répond Alexander Ioannidis. Cela signifie que les influences culturelles des Amérindiens ont pu se propager dans la lointaine Polynésie, comme le théorisait Heyerdahl. »

    L’analyse génétique conforte des indices d’une autre nature, qui mêlent linguistique et botanique. « D’autres chercheurs avaient noté que la patate douce, dont nous savons qu’elle était originaire des Amériques et qu’elle y était largement utilisée comme culture, est arrivée en Polynésie des siècles avant que les marins européens n’atteignent le Pacifique, rappelle Alexander Ioannidis. En outre, le nom de la patate douce, dans de nombreuses langues polynésiennes, kumara, ressemble au nom autochtone utilisé pour la désigner dans certaines langues du nord-ouest de l’Amérique du Sud. »

    N’est-il pas trop beau pour être vrai que le signal le plus fort d’un héritage génétique d’origine amérindienne – provenant des Zenu de Colombie – pointe vers Fatu Hiva, vers 1150 après J.-C., là même où Heyerdhal a été happé par les légendes insulaires ? « Ce n’est pas une coïncidence totale, puisque cette île a été incluse dans notre base de données en partie à cause de ces légendes, répond Alexander Ioannidis. Nous avons trouvé un signe de contact sur Fatu Hiva, là où nous avons cherché, mais il y a beaucoup d’autres îles des Marquises et des Tuamotu qui ne figurent pas dans notre base de données, si bien que nous ne pouvons donc pas dire avec certitude où le contact a eu lieu précisément. »

    La « marge d’approximation » de la génétique

    L’étude de Nature évoque la « possibilité intrigante » que les Amérindiens aient été les premiers à s’installer à Fatu Hiva, et que des navigateurs venus de l’ouest soient arrivés en second lieu. Mais l’alternative a la préférence d’Alexander Ioannidis : « Je pense qu’il est plus probable que des Polynésiens aient atteint les Amériques, étant donné leur technologie de voyage et leur capacité démontrée à parcourir des milliers de milles en haute mer, ce qu’ils faisaient avec succès, à cette époque, à la recherche de nouveaux territoires insulaires. » Un voyage de cette nature a été recréé en 1976 par l’expédition, d’Hawaï à Tahiti, du Hokulea, un bateau polynésien traditionnel, bien plus manœuvrant qu’un radeau de balsa.

    « Il est également possible que certains Amérindiens, qui disposaient de bateaux empruntant la route commerciale côtière de l’Equateur-Colombie vers la Méso-Amérique, aient dérivé dans l’océan Pacifique et, portés par les courants équatoriaux, aient atteint les Tuamotu, convient Alexander Ioannidis. C’est exactement là qu’Heyerdahl a débarqué lors de son voyage de dérive reconstitué avec le Kon-Tiki depuis l’Amérique du Sud. » Mais l’hypothèse d’une découverte précolombienne des Amériques par d’aventureux Polynésiens reste pour lui plus convaincante.

    « Le sujet est vraiment fascinant ! », commente Vincent Lebot (Cirad) qui, en 2013, avait dirigé une étude génétique sur la diffusion de la patate douce dans le Pacifique, laquelle appuyait déjà fortement l’hypothèse de transferts du tubercule depuis l’Amérique du Sud (région du Pérou et de l’Equateur) vers la Polynésie. Il estime que la méthodologie et les marqueurs génétiques décrits dans Nature sont « suffisamment solides pour révéler des échanges entre deux populations qui étaient, à cette époque, suffisamment distantes génétiquement. » Lui aussi penche pour l’hypothèse d’un aller-retour de Polynésiens en Amérique, qui « auraient ramené avec eux des femmes ou des marins amérindiens ». Il note cependant que la génétique laisse « une marge d’approximation » concernant la datation de ces échanges, et salue le fait que les auteurs eux-mêmes mentionnent les limites de leur modèle.

    Héritage génétique indéchiffrable

    Jusqu’alors, l’hypothèse d’une origine amérindienne des Polynésiens avait été essentiellement testée sur les habitants de l’île de Pâques (les Rapa Nui), précisément parce qu’elle est la plus proche du continent américain (3 525 km des côtes chiliennes, tout de même), et distante de plus de 2 000 km de Pitcairn, la première île habitée vers l’ouest. L’héritage génétique de ses habitants était particulièrement indéchiffrable, du fait d’échanges, au XIXe siècle, avec des navigateurs d’origines européenne et amérindienne (peuples chiliens précolombiens). Les analyses ADN apportaient des résultats contradictoires sur une influence amérindienne antérieure.

    Une indécision tranchée par l’étude de Nature : « La composante amérindienne préhistorique sur Rapa Nui, sur laquelle tant de recherches ont porté, est probablement issue d’un événement de contact non pas sur Rapa Nui, mais quelque part en amont dans le processus de colonisation polynésienne des îles du Pacifique », y lit-on. L’arrivée d’ADN amérindien sur l’île de Pâques est datée de 1380.

    Combien d’individus ont-ils été impliqués dans ces croisements dont la trace génétique ténue s’est conservée et diffusée si largement dans l’immensité du Pacifique ? « Nous ne pouvons pas le dire, mais nous pouvons dire que l’ascendance amérindienne sur les différentes îles étudiées a été héritée des mêmes ancêtres, répond Alexander Ioannidis. Tous les ancêtres amérindiens préeuropéens proviennent également de la même région du nord de l’Amérique du Sud et datent d’à peu près la même époque. Cela nous amène à penser qu’une seule expédition a permis d’apporter ces ancêtres sur une île de la Polynésie orientale. Puis, lorsque les dernières îles polynésiennes éloignées ont été colonisées (comme l’île de Pâques), cette trace ancestrale a été portée vers ces nouveaux territoires avec les nouveaux colons, dans leur ADN désormais combiné. »

    « La nouvelle étude de Ionnidis et al. est passionnante et les résultats sont très convaincants, estime le paléogénéticien Lars Fehren-Schmitz (Université de Californie, à Santa Cruz), qui avait pourtant publié, en 2017, une étude excluant tout apport génétique amérindien avant l’arrivée des Européens sur l’île de Pâques. L’idée de déplacer l’attention de Rapa Nui vers d’autres communautés de Polynésie orientale me paraît logique, étant donné que même l’expérience de Thor Heyerdahl ne l’a pas conduit à Rapa Nui. Je suis particulièrement enthousiaste quant à leur hypothèse selon laquelle un flux génétique pourrait provenir de groupes vivant dans le nord de l’Amérique du Sud-Amérique centrale. »

    Pour lui, la preuve la plus convaincante de l’ascendance amérindienne chez des individus des communautés insulaires viendra, in fine, de l’analyse d’ADN ancien prélevé sur des squelettes datant de l’époque préeuropéenne. « Mais c’est aux communautés de ces îles de décider si cette question les intéresse », conclut-il.

    Hervé Morin

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/07/08/des-croisements-anciens-entre-polynesiens-et-amerindiens-mis-en-evidence-par

    #anthropologie #génétique #Amérindiens #Amérique #Polynésie #Pacifique

  • En Polynésie, l’État français refuse d’abandonner sa politique coloniale
    https://reporterre.net/En-Polynesie-l-Etat-francais-refuse-d-abandonner-sa-politique-coloniale

    Depuis le 8 juin, Oscar Temaru, le chef indépendantiste polynésien, est en grève de la faim, contestant une nouvelle décision judiciaire à son encontre. Pour les autrices et auteurs de cette tribune, il est plus que temps que l’État français clarifie les rapports qu’il entretient avec cette collectivité d’outre-mer du Pacifique, stratégique pour les expérimentations nucléaires dont elle a été le théâtre. Source : Reporterre

  • Essais nucléaires : le mépris détonant de l’état
    https://www.tahiti-pacifique.com/Essais-nucleaires-le-mepris-detonant-de-l-etat_a1644.html

    Ô surprise, un communiqué envoyé par le haut-commissariat confirme que l’État français cède officiellement au Pays, à titre gratuit, l’ancien bâtiment du commandement de la Marine pour installer en Polynésie le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires. Sis boulevard de la Reine Pomare, sur le front de mer de Papeete, ce site est donc voué à accueillir le futur Centre de mémoire, mais, comme nous l’avons pointé du doigt à maintes reprises (lire notamment notre édito “#Centre_de_mémoire : on se souviendra surtout de l’ingratitude de la France envers la #Polynésie…”, TPM n° 420, du 15 novembre 2019), il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb ! Aussi, ce sera au Pays de financer sa construction, ce qui paraît aberrant eu égard “la dette” que la France métropolitaine se doit d’honorer. L’affront hexagonal est alors monté d’un cran, lorsque l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, un projet de loi visant “la clarification” et une meilleure “interprétation” des règles d’indemnisation des victimes des #essais_nucléaires en #Polynésie_française, et ce, au beau milieu de “diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de #Covid-19” (lire pages 12 à 15)…

    • il s’agit en réalité d’un cadeau empoisonné, puisqu’il contient de l’amiante et du plomb !

      On reconnais bien là la générosité désintéressée de ces gens... Ils auraient pu leur faire cadeau des atolls ayant servi aux tirs aussi, tant qu’à faire...

  • Le Tavini (re)demande la décolonisation et la dépollution nucléaire à l’État | Radio1 Tahiti
    https://www.radio1.pf/le-tavini-redemande-la-decolonisation-et-la-depollution-nucleaire-a-letat

    Le Tavini Huiraatira avec son leader Oscar Temaru et ses soutiens ont rappelé leur volonté de connaître la vérité sur les #essais_nucléaires effectués en #Polynésie française. Le tavana de Faa’a en a par ailleurs profité pour réaffirmer sa volonté de #décolonisation pour la Polynésie française, réinscrite sur la liste des états non-autonomes selon l’ONU. Si l’objet officiel de cette intervention concernait le nucléaire et la décolonisation, le leader du #Tavini n’a pu échapper aux questions concernant les élections municipales.

    #colonisation

  • De la Polynésie à Paris, Parcoursup joue avec les nerfs des lycéens et des journalistes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/08/de-la-polynesie-a-paris-parcoursup-joue-avec-les-nerfs-des-lyceens-et-des

    Major de Polynésie au bac, la jeune fille expliquait à l’AFP sa déception de ne pas être prise dans les prépas qu’elle voulait. L’histoire a fait le tour des médias, le ministère dément... Cela montre surtout la tension actuelle autour du nouveau système d’affectation.

    La photo a fait le tour des sites des journaux ce week-end. Une jeune fille, souriante, avec une fleur rose fraîchement coupée en guise de barrette à cheveux. Ranitea Gobrait, polynésienne, vient de décrocher son bac avec 20,32 de moyenne sur 20 (grâce aux options). Belle perf. Major du bac sur l’archipel, elle est championne du 800 mètres nage libre en prime. Cela méritait bien un portrait, de ceux que l’on trouve par flopées pour « incarner » les résultats du bac.

    A Papeete, le correspondant de l’AFP s’y colle. Il énumère sa collection de 20 sur 20 (philo, histoire, mandarin, espagnol, anglais, histoire…), blague presque sur ses petits écarts, son 15 en TPE (travaux personnels encadrés) et son « 18 en sports »…. Mais voilà, cette brillante jeune fille est un peu amère. « Les grandes prépas nous ont laissées de côté, nous les îles d’outre-mer », dit-elle. Le journaliste explique qu’elle a été « refusée dans tous les établissements parisiens dans lesquels elle a postulé, et reste en liste d’attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat pour une prépa d’ingénieur. » Puis, citant la proviseure du lycée : « On est forcé de constater qu’être en Polynésie française, ça peut défavoriser les élèves qui demandent des formations bien particulières […] Cette année, avec Parcoursup, ça a été un peu plus flagrant » qu’avec #APB, l’ancien système.

    Dans le contexte actuel, ce témoignage a une résonance particulière : Parcoursup, qui s’applique pour la première année, a modifié radicalement les règles d’affectation dans le supérieur. Et suscite donc forcément, questionnements et inquiétudes. Ainsi, par exemple, au moment des premiers résultats de Parcoursup, les élèves (et leurs profs) de banlieue parisienne avaient cette même impression désagréable de ne pas être sur le même pied d’égalité que les Parisiens, et de passer « après ». Un ressenti, tout aussi difficile à prouver qu’à évacuer.

    Samedi soir, à 23h01, communiqué de la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal : « Les équipes de Parcoursup ont consulté le dossier de la bachelière polynésienne, afin de pouvoir lui proposer l’accompagnement nécessaire. Il ressort du dossier que celle-ci a reçu et refusé plusieurs propositions d’admission, notamment dans des classes préparatoires aux grandes écoles qu’elle avait appelées de ses vœux, à Paris. » Le communiqué est factuel. Mais on devine entre les lignes un « Yeesss ! » de l’équipe de Frédérique Vidal, tenant là, la preuve éclatante de la manipulation des médias qui entretiendraient l’angoisse auprès des élèves.

    Ordre de préférence

    Au réveil, dimanche, une journaliste du Figaro embrayait, dénonçant sur Twitter notamment cette politique du clic qui pousse les médias à publier des infos sans les vérifier. Le portrait de Ranitea Gobrait (ou plutôt la dépêche AFP comme on dit dans le jargon journalistique) a en effet été largement diffusé tel quel samedi sur la plupart des sites internet des médias régionaux et nationaux (dont Libération et le Figaro).

    De cette histoire, on peut tirer deux enseignements. Le premier, c’est la force de frappe de l’#AFP, à laquelle tous les médias sont abonnés et font pleine confiance… de sorte que la moindre imprécision, ou erreur, se propage à toute allure, et de façon incontrôlée. A fortiori le week-end quand les médias tournent avec des équipes réduites.

    Mais cet épisode met au jour un autre élément, sur le fonctionnement de Parcoursup cette fois : la difficulté, sinon l’impossibilité, de mesurer la satisfaction des élèves. Jusqu’ici, sur APB, les candidats hiérarchisaient leurs vœux par ordre de préférence. Avec le nouveau système, le classement a été abandonné. Cette jeune fille avait été acceptée dans une prépa parisienne certes, sauf qu’il s’agirait d’une prépa éco… et qu’elle aspire à un cursus scientifique. Guillaume Ouattara, étudiant ingénieur en informatique passionné de #Parcoursup qu’il décortique sur Twitter et sur un blog hébergé par le Monde, explique : « Le ministère part du principe qu’un candidat est satisfait à partir du moment où l’un de ses vœux est accepté, mais l’on voit bien que c’est plus compliqué. L’histoire de Ranitea en est une illustration. »
    Marie Piquemal

    Voilà donc le fameux mot de l’histoire et c’est pas brillant. Finalement Ranitea Gobrait qui est une élève hyper brillante de filière scientifique (peu de doute là-dessus) n’a pas été acceptée en prépa scientifique, qui est la filière à laquelle elle aspire, mais en prépa éco. Mais comme les vœux ne sont plus hiérarchisé le gouvernement peut à loisir se targuer qu’elle a menti en disant ne pas avoir été satisfaite, pratique non ?
    Sauf que des questions centrales se posent. Pourquoi a t’elle été refusée dans ces prépas scientifiques vu ses résultats ? Et là, une hypothèse se pointe : peut-être parce qu’elle vient effectivement de Polynésie, et qu’en plus de ça c’est une fille ? Double peine ! Et on repense aux jolis slogans de « il n’y a pas assez de filles dans les filières scientifiques bla bla bla… » Mais si avec des dossiers comme ça elles n’arrivent pas à y rentrer elles doivent faire quoi au juste ? Qu’on me prouve que les admis aux prépas qu’elle visait ont eu des meilleurs résultats et là on pourra commencer à parler.
    Et on en revient à l’enquête sur le parcoursup des filles http://www.laviedesidees.fr/Le-Parcoursup-des-filles.html déjà mis en lien sur seenthis mais je ne sais plus où.
    Donc, parcoursup discrimine mais comme il n’y a pas de hiérarchisation, on pourra jamais clairement le prouver, enfin, disons que c’est plus compliqué qu’en écrivant un petit article à la va vite à partir d’une dépêche AFP. Et dans son cas c’est très simple puisqu’elle le dit elle même, elle n’a pas obtenu l’orientation qu’elle désirait alors qu’elle est major de Polynésie, c’est pas compliqué.
    Alors, au lieu de la faire passer pour une écervelée ou une enfant gâtée qui râle alors qu’elle a eu ce qu’elle voulait, faudrait peut-être commencer à faire de l’investigation ! Allez les journalistes, au boulot vraiment là, parce que les articles comme ceux du dessus où il faut à moitié lire entre les lignes pour essayer d’avoir un début de positionnement ça prend la tête.

    #polynésie #discriminations #outre-mer #dom #Gobrait #bac #sélection #enseignement_supérieur #éducation

  • Major du bac en Polynésie, elle n’a rien pour l’année prochaine
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/07/07/97001-20180707FILWWW00071-major-du-bac-en-polynesie-elle-n-a-rien-pour-l-an

    Il y a ceux qui se contente d’avoir le bac, ceux qui sont aux rattrapages, ceux qui visent les mentions ou même l’exploit comme cette jeune polynésienne. Avec 20,32 de moyenne générale au baccalauréat elle est la major de l’archipel, une récompense ultime qui se solde par une triste conclusion : elle n’a toujours pas d’établissement pour l’accueillir l’année prochaine en métropole. Elle a été refusée partout à Paris et reste sur liste d’attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat pour une classe préparatoire d’ingénieurs.

    « Je trouve ça aberrant. Je ne suis pas la seule dans ce cas : il y a beaucoup de bons élèves qui subissent le fait d’être à Tahiti. Les grandes prépas nous ont laissés de côté, nous les îles d’Outre-mer. On devrait nous laisser notre chance », explique Ranitea Gobrait. Comme elle, plusieurs de ses amies n’ont pas été admise dans l’hexagone avec des moyennes au dessus de 18 au bac. 

    Pour Valérie Faua, directrice du lycée privé La Mennais, « on est forcé de constater qu’être en Polynésie française, ça peut défavoriser les élèves qui demandent des formations bien particulières (..) cette année, avec Parcoursup, ça a été un peu plus flagrant : avec APB, il y avait moins de cas comme ceux-là », affirme-t-elle.


    Photo : http://dom-tom.niooz.fr/ranitea-gobrait-la-collectionneuse-de-20-20-26129055.shtml
    Une lycéenne qui excelle dans tous les domaines
    Pourtant Ranitea se sent tout à fait prête à quitter le Pacifique sud : elle a déjà passé un an en Chine, entre sa Première et sa Terminale, et parle désormais couramment le mandarin. Cette césure dans une éducation entièrement passée dans les établissements catholiques de Tahiti l’a transformée : « La mentalité orientale est plus tournée vers le respect », estime-t-elle. « Ca m’a fait gagner en maturité et en autonomie, j’ai appris sur le partage, et l’humilité ».

    Avec des 20 sur 20 à toutes les matières sauf 15 en TPE, 18 en sport, 17 en SVT et 18 à l’écrit et 19 à l’oral en français, la jeune lycéenne est très ambitieuse : « Elle veut toujours être la meilleure à l’école comme dans le sport : elle veut améliorer ses performances, et en même temps elle est humble et discrète, elle est très réservée », raconte sa mère, Georgette Bryant.

    Car en plus d’avoir une moyenne exceptionnelle au bac, elle est aussi championne de Polynésie du 800 mètres nage libre. Elle nage deux heures tous les soirs, du lundi au jeudi, et affectionne les longues distances. « J’emporte mes devoirs à la piscine », précise-t-elle.

    Avec tous les atouts en poche pour réussir dans la vie, la jeune polynésienne qui rêve de métropole « ne sais pas quel métier faire, mais j’aime les maths : j’aime le fait de ne jamais abandonner quand on a des blocages ».

    #parcoursup #université #sélection #france #Polynésie #éducation #universités #parcours_sup #algorithme #enseignement_supérieur #étudiants #discrimination #Tahiti #grandes_ecoles

  • L’œuvre négative du colonialisme français aux Antilles : la production et la reproduction d’une pigmentocratie Saïd Bouamama - 15 Juin 2018 - wordpress.com
    https://bouamamas.wordpress.com/2018/06/15/loeuvre-negative-du-colonialisme-francais-aux-antilles-la-produ

    La Guadeloupe et la Martinique sont célébrées dans le discours dominant comme le symbole du métissage réussi. L’angle mort de ce discours est celui de la reproduction de ce que Raphaël Confiant nomme la « pigmentocratie[i] » qui structure le système social des Antilles dites « françaises » de l’époque esclavagiste et coloniale jusqu’à aujourd’hui. Ce système social reste en effet caractérisé, rappelle le chercheur canadien Adrien Guyot, par « une hiérarchisation sociale basée sur les notions de race et de couleur, amenant par là même la création de néologismes comme « éthnoclasse » pour faire référence aux classes sociales dont le principal critère d’appartenance est l’ethnie[ii] ». Sur le plan économique la structure des Antilles dites « françaises » reste coloniale. La prise en compte des contextes historique, économique et géostratégique est incontournable pour saisir cette réalité coloniale qui se reproduit.
     


      Le génocide des autochtones et intensification de la traite
    C’est avec l’arrivée de Christophe Colomb que commence la violence puis le génocide des peuples autochtones des Antilles. La colonisation d’Haïti par les espagnols en 1496, de Puerto-Rico en 1508, de la Jamaïque en 1509 et de Cuba en 1511 impose la domination espagnole sur l’ensemble des Grandes Antilles. Le résultat de cette domination ne tarde pas : l’extermination des peuples autochtones. « Rien que pour l’île d’Hispaniola où débarque Colomb lors de son premier voyage, on dénombre 300000 personnes en 1492, 50000 en 1510, 16000 en 1530, 1000 en 1540[iii] » rappelle l’historien Frédéric Dorel. Pour les petites Antilles la résistance des peuples autochtones (Les Kalinas ou Kallinagos que les colonisateurs espagnols appellent « indiens Caraïbe ») est telle que les espagnols ne parviennent pas à s’implanter[iv]. La colonisation française qui débute en 1635 poursuit le génocide des peuples autochtones enclenché par les espagnols : « Les nouveaux conquérants entreprennent l’élimination systématique des Indiens et la colonisation des petites Antilles par le moyen de la traite africaine[v] » résume Chantal Maignan–Claverie, spécialiste des Antilles françaises.

    La résistance des peuples autochtones conduit en réponse au projet d’éliminer les « Caraïbe » comme groupe social sur leur propre terre. Trois leviers sont actionnés pour atteindre ce but : L’appel à la traite pour répondre au besoin en main-d’œuvre du capitalisme de plantation ; l’expulsion des autochtones de leurs îles (Ainsi en 1650 les « Caraïbes », sont expulsés de Martinique) ; la pratique systématique du viol des femmes autochtones. « Le viol des femmes indiennes par les colons s’inscrivait dans une politique « d’épuration ethnique » visant à faire disparaître les Caraïbes en tant que groupe[vi] » souligne l’historien Nicolas Rey. L’extermination des autochtones a, bien sûr, comme conséquence immédiate une intensification de la traite.

    La résistance des esclaves fut comme ailleurs au rendez-vous. Elles prennent en premier lieu la forme de révoltes. Argumentant son projet d’abolition de l’esclavage, Victor Schoelcher met en avant ces révoltes récurrentes. Répondant à ses opposants qui affirment que les noirs préfèrent la servitude, il déclare : « Pourquoi donc alors tant de révoltes d’esclaves de tous côtés ? […] Si les Nègres se félicitent tant de leur sort, pourquoi donc alors les colons tremblent-ils sans-cesse[vii] ? ».

    La seconde forme de la résistance fut comme dans toute la région le marronnage c’est-à-dire la fuite des esclaves pour constituer une société parallèle libre dans les montagnes des colonies. Si la taille des îles ne permet cependant pas à cette forme de révolte de prendre l’ampleur qu’elle a prise dans d’autres pays du continent américain, elle contribue avec les insurrections à mettre à l’ordre du jour la question de l’abolition. Abolir l’esclavage apparaît aux yeux de républicains de plus en plus nombreux comme la seule manière de sauvegarder les colonies et le capitalisme de plantation qui les caractérisent.

    Le capitalisme de plantation  
    Le capitalisme de plantation que permet la traite débute par la culture du tabac pour très vite se réorienter vers la canne à sucre et la banane. Au même moment où en Europe le travail servile est abandonné au profit du salariat, l’esclavage devient aux Antilles la forme prédominante du travail. Le capitalisme de plantation peut dès lors se résumer comme suit :
    « Elle suppose, d’une part, l’organisation du travail de centaines d’esclaves encasernés ou casés, travaillant en brigades surveillées par des équipes de gardes-chiourme, pour la production extensive d’une plante unique (la canne à sucre) dont la transformation industrielle (toujours effectuée sur place, sur la plantation même) donnent lieu à des produits (essentiellement le sucre, la mélasse et le rhum) valorisables avec profit sur un marché. Elle implique par conséquent, d’autre part, l’investissement d’importants capitaux […], La plantation suppose enfin l’existence d’un vaste marché aux prix rémunérateurs dans les métropoles européennes[viii]. »
    La concentration des terres dans les mains de latifundistes est ainsi dès le début du capitalisme de plantation une caractéristique essentielle des économies antillaises. La concrétisation matérielle en est l’habitation-sucrerie, « centre moteur de l’économie coloniale[ix] ». En Martinique, rappelle l’historien Antillais Jean-Pierre Sainton, « une trentaine de propriétaires se partageait plus de 43 % des terres » dès 1671 en ajoutant qu’ « avec un temps de retard, l’évolution sera similaire en Guadeloupe[x] ». Quelques dizaines de familles blanches possèdent la plus grande partie de la terre et contrôlent ainsi l’ensemble de l’économie.
    L’abolition de l’esclavage ne mettra pas fin à la concentration foncière mais au contraire l’accentuera. L’indemnisation des propriétaires d’esclaves au moment de l’abolition contribuera à cette reproduction et accentuation de la concentration foncière. La loi du 30 avril 1849 prévoit en effet que les maîtres recevront une indemnité de dédommagement de 470 francs 20 centimes par esclave en Guadeloupe et de 430 francs 47 centimes pour la Martinique. Pour les anciens esclaves aucune indemnisation n’est prévue. « La restructuration post-esclavagiste, grandement impulsé par le capital bancaire, accentuera le degré d’accaparement des principaux moyens de production par la minorité oligarchique[xi] » résume le chercheur en sciences politiques Alain Philippes Blérald. Si la concentration foncière est commune, les processus vont cependant être différents pour les deux colonies. En Martinique les grandes familles békés de l’industrie sucrière restent les propriétaires des grands domaines, alors qu’en Guadeloupe le capital financier prend le relais. Les multinationales Somdia, Grands Moulins, Shneider, etc., investissent massivement dans le capitalisme de plantation. Cette différence a bien entendu des effets sur la structure foncière contemporaine.

    Le projet d’une généralisation de l’auto-exploitation en Guadeloupe
    En Guadeloupe la crise de l’économie sucrière sous le double effet du développement du sucre de betterave et de la concurrence de nouveaux pays producteurs conduira au retrait de ces grands groupes à la recherche d’investissement plus rentables. La production passe ainsi de 175 000 tonnes en 1965 à 107 000 tonnes en 1975 et à 56 000 tonnes en 1981[xii].

    L’Etat français accompagne ce retrait en achetant près de 11 000 hectares confiés à une société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER). Sur ces terres vivent 3300 agriculteurs soit 1000 ouvriers agricoles et 2300 exploitants ayant un « bail de colonat partiaire », un statut hérité de la période de l’abolition définit comme suit par le géographe Guy Lasserre : « le propriétaire maintint la jouissance gratuite de la case et du jardin vivrier aux esclaves libérés qui acceptaient de rester sur le domaine. Une parcelle de 1 ou 2 ha était attribuée en métayage au colon, à charge pour lui de livrer ses cannes au propriétaire de l’habitation. Le colon partiaire recevait pour son travail, le tiers ou la moitié de la valeur de la production[xiii]. »

    La naissance de la SAFER en 1965 se réalise alors que la production cannière a commencé sa chute et que des mobilisations des salariés agricoles pour de meilleurs salaires d’une part et pour l’accès à la terre, d’autre part, se développent. A partir de 1977 ces mobilisations se radicalisent et prennent la forme d’une occupation et d’une mise en exploitation des terres vacantes non exploitées. C’est ce contexte qui explique le projet de « réforme foncière » dès la décennie 60 mais avec une accélération à partir de la décennie 80. Le projet est résumé comme suit par le sociologue Christian Deverre : « [Un] transfert de la production directe à des exploitants individuels, mais contrôle du débouché final par les anciens groupes de planteurs, [Une] substitution du prix du marché au salaire comme forme de soumission du travail agricole […] Ce type de « réforme agraire » [est] basée sur l’hypothèse de l’acceptation par le paysan de son auto-exploitation – et de celle de sa famille[xiv] ».

    Il s’agit on le voit d’une tentative de généralisation du colonat partiaire dont l’effet est de faire passer l’exploitation d’une forme directe à une forme indirecte. Le discours idéologique d’accompagnement est, bien entendu, celui de la « justice sociale ». Dans les faits, précise Christian Lasserre, nous sommes en présence : « [D’un] contournement de l’obstacle que représente la hausse continue des coûts salariaux sur les domaines capitalistes. Toute l’organisation des redistributions foncières tend à maintenir la production de canne sur les nouvelles exploitations, tandis que les usines restent entre les mains et sous la gestion des grands groupes sucriers[xv]. »

    La Cofepp par exemple (Compagnie financière européenne de prise de participation) est prédominante dans le contrôle de la production de cannes à sucre. Actionnaire principale à 51 % de la SMRG (Sucrerie Rhumerie de Marie Galante), la Cofepp est contrôlée par la famille Cayard, des Békés de Martinique. Elle a fait un bénéfice de 23 millions d’euros en 2015 et contrôle 80 % du rhum guadeloupéen mais aussi 70 % du Rhum martiniquais et réunionnais[xvi].

    La culture de la banane qui bénéficie de la baisse de celle de la canne à sucre et qui devance désormais celle-ci est également dominée par de grands groupes industriels et financiers sous la forme du colonat. Les gros planteurs békés dominent l’ensemble du système sur fond de « collusion entre l’Etat et planteurs békés […] dénoncée à de nombreuses reprises[xvii] ». Ces gros planteurs disposent, en outre, de moyens de réagir dont sont dépourvus les petits et moyens producteurs. Ceux-ci disposent « d’un monopole de fait » que l’économiste Athanasia Bonneton résume comme suit : « lorsque les cours de la banane baissent dans le marché métropolitain, les gros planteurs réduisent la coupe. Par contre, les petits et moyens planteurs ne peuvent pratiquement pas refuser de fournir leurs régimes[xviii]. »
     
    Le « grand féodalisme » béké en Martinique
     
    La concentration foncière et le pouvoir des grandes familles békés est encore plus forte en Martinique. Le capital local a gardé en Martinique une prédominance perdue en Guadeloupe. Nous empruntons l’expression « grand féodalisme » béké à André Breton qui l’utilise en 1942 pour caractériser Eugène Aubéry, une des figures caricaturale des grandes familles béké[xix]. L’origine de cette différence avec la Guadeloupe est le résultat de la séquence historique de la révolution française :

    « Le destin de la Guadeloupe s’est séparé de celui de la Martinique lors de la période révolutionnaire, au cours de laquelle s’est déroulée une séquence d’événements dont la portée symbolique demeure encore aujourd’hui particulièrement prégnante. Les planteurs de la Martinique se réfugièrent en effet dans le giron de la Grande-Bretagne, échappant ainsi à la première libération des esclaves promulguée en 1794 à la Guadeloupe par le représentant de la Convention Victor Hugues, suite à sa reconquête de l’île sur les Anglais. L’esclavage fut rétabli sur l’île par Bonaparte en 1802, au prix d’une répression sanglante contre la résistance menée, sous la conduite de certains de leurs officiers, par les anciens esclaves devenus soldats de la République. Mais la plantocratie locale, décimée durant les troubles, se trouvait trop amoindrie pour absorber les événements postérieurs du XIXe siècle, à savoir l’abolition définitive de l’esclavage en 1848 et la concentration foncière autour des usines centrales de la seconde moitié du siècle. La Martinique, quant à elle, avait conservé intactes les vieilles structures antérieures à la Révolution, les planteurs ayant pu maintenir leur contrôle sur les terres et garantir la prééminence du capital local, ce qui a assuré le prolongement direct du système mis en place aux origines[xx]. »
     
    Plus de 75 ans après la citation d’André Breton la situation reste fondamentalement la même. Le leader indépendantiste Guy Cabort-Masson résume comme suit en 2002 la place des Békés dans l’économie martiniquaise : « Une caste faisant 0,8 % de la population contrôlant 60 % des terres utiles, plus de 15 % de l’économie du pays alors que le peuple de couleur n’a qu’environ 10 % de cette économie atomisée en « entreprises » ayant en moyenne entre 1 et 2 employés ![xxi] » Sept ans plus tard, un reportage de l’émission Spéciale Investigation intitulé « les derniers maîtres de la Martinique » avance les chiffres suivants : « ces personnes qui représentent 1 % de la population martiniquaise, détiennent 52 % des terres agricoles et 20 % de la richesse de l’île[xxii]. »

    La répartition des terres et des richesses selon un critère de couleur conduit à une structure sociale basée sur « hiérarchie socio-raciale[xxiii] ». Esquissant une description de cette hiérarchie, le sociologue Miche Giraud décrit comme suit la classe dominante en 1980 : « constituées de propriétaires latifundistes, des dirigeants et des principaux actionnaires des usines, des grands commerçants, dont l’immense majorité sont des Blancs créoles regroupés en quelques familles étendues le plus souvent alliées entre eux. Ces derniers possèdent plus des 2/3 des terres cultivables, la quasi-totalité des usines à sucre, les 9/10 des plantations de bananes, la totalité des conserveries d’ananas et ont également le quasi-monopole du commerce d’import-export[xxiv]. » Si les chiffres avancés ont légèrement variés depuis 1980, la structure de base reste fondamentalement la même.

    Une telle structure sociale où la couleur est le symptôme visible de la place sociale n’est possible que par l’intériorisation profonde d’un sentiment d’infériorité. « Aux Antilles la perception se situe toujours sur le plan de l’imaginaire. C’est en termes de Blanc que l’on y perçoit son semblable. […] C’est donc en référence à l’essence du Blanc que l’Antillais est appelé à être perçu par son congénère[xxv] » analysait déjà Frantz Fanon en 1953. « Les structures idéologiques héritées de l’esclavage restent gravées dans les mémoires, malgré l’évolution liée au cours de l’histoire[xxvi] » confirme l’ethnologue Ulrike Zandle 61 ans après. Ces structures continuent à irriguer la quotidienneté martiniquaise en imposant le « blanc » comme critère du souhaitable et du légitime. Un tel processus existe bien sûr également en Guadeloupe et ailleurs mais sa prégnance en Martinique est notable. Cette prégnance est un résultat historique conduisant à une correspondance plus forte qu’ailleurs entre hiérarchie sociale et hiérarchie de couleur. 
     
    Le pacte colonial maintenu
    Les inégalités colorées liées à la concentration foncière sont encore renforcées par le maintien d’un lien avec la « métropole » qui garde toutes les caractéristiques du « pacte colonial ». L’expression est définit comme suit par un document officiel de 1861 : « Sous l’empire de ce qu’on appelait le pacte colonial, la France se réservait le droit exclusif d’approvisionner ses colonies de tous les objets dont elles avaient besoin ; il était défendu aux colonies de vendre leurs produits à d’autres pays que la métropole, et de les élever à l’état de produit manufacturés ; le transport entre la métropole et les colonies était réservé aux bâtiments français[xxvii]. » Officiellement ce « pacte colonial » n’existe plus, les acteurs économiques étant libres de commercer avec qui ils veulent. Dans les faits au contraire le pacte reste, selon nous, une réalité indéniable.

    Le premier principe figurant dans cette définition, le monopole de l’approvisionnement, reste une réalité des colonies dites « françaises » des Antilles. Un regard sur les importations suffit à prendre la mesure du lien de dépendance. En 2016 la France hexagonale fournit 68.9 % du montant des importations pour la Martinique et 60, 6 % pour la Guadeloupe[xxviii]. Le deuxième partenaire étant les autres pays de l’Union Européenne (avec 13 % pour la Guadeloupe et 14.8 % pour la Martinique), nous sommes en présence d’une socialisation européenne du pacte colonial. Les importations avec les autres pays des Caraïbes plane péniblement à 5 ou 6% selon les années.

    Le deuxième principe du pacte colonial, le monopole de la métropole sur les exportations, reste lui aussi activée aujourd’hui. Les destinations des exportations révèlent la même dépendance que celle des importations. Pour la Guadeloupe les données sont les suivantes : 40 % vers la France ; 17, 7 % vers la Martinique et 12 % vers le reste de l’Union européenne. Pour la Martinique les données sont les suivantes : 73.6 % vers la France et 19 % vers deux autres colonies françaises (la Guadeloupe et la Guyane).

    Le troisième principe du pacte colonial, la spécialisation des colonies dans des cultures de rentes et de la métropole dans les produits manufacturés, est tout aussi vivace. La structure des exportations est sensiblement le même pour les deux pays, révélant la nature coloniale du lien avec la France : Ils importent des biens de consommation non durable (produits alimentaires, pharmaceutiques, etc.), des biens d’investissement (produits de l’industrie automobile, machines et équipements, etc.) et des biens intermédiaires (caoutchouc, plastiques, etc.). Ils exportent des produits agro-alimentaires (Bananes, cannes, etc.). Daniel Guérin résume comme suit en 1956 cette dépendance économique : « En bref les Antilles servent de marchés à peu près exclusifs pour les denrées alimentaires et les produits fabriqués métropolitains qu’elles échangent contre leur sucre et […] contre leur banane[xxix] ». A part des variations dans la part du sucre ou de la banane dans les exportations, rien n’a véritablement changé.

    L’enjeu économique des Antilles dites « françaises » ne se limite pas au capitalisme de plantation. Comme pour les colonies du pacifique la Zone Economique Exclusive (47 000 km² pour la Martinique et 86 000 km² pour la Guadeloupe) contient des nodules polymétalliques exploitables. A ces enjeux strictement économique, il faut ajouter ceux relevant de la géostratégie que le géographe François Taglioni résume comme suit :

    La Caraïbe présente, en outre, par l’intermédiaire des DOM français, un solide réseau de points d’appui. Fort-de-France, abrite une station-relais pour les transmissions en provenance des satellites. La Guadeloupe est une escale aérienne garante de l’indépendance militaire française. […] Enfin les forces navales françaises, anglaises et néerlandaises affirment leur présence militaire dans la zone. Les nodules polymétalliques exploitables, à des coûts certes encore très élevés, sur les fonds marins représentent peut-être pour l’avenir une richesse non négligeable.[xxx].

    Une telle logique économique avec 7000 km de séparation a, bien entendu, un coût que payent les peuples guadeloupéen et martiniquais. La dernière étude de l’INSEE datée de 2015 sur la comparaison des prix entre l’hexagone et les colonies des Antilles met en évidence des écarts de prix « significatifs » : le niveau général des prix est 12,3 % plus élevé en Martinique qu’en métropole (12.5 % pour la Guadeloupe). Cet écart est essentiellement issu d’un poste peu compressible, les produits alimentaires, qui indiquent un différentiel beaucoup plus important : 38 % pour la Martinique et 33 % pour la Guadeloupe[xxxi].

    Mais le coût payé ne concerne pas que le niveau de vie. Les guadeloupéens et martiniquais payent également ce rapport colonial sur le plan de la santé. L’utilisation de pesticides à outrance, y compris ceux dont la dangerosité est avérée, est une caractéristique de ce modèle. Avec la complicité de l’Etat français des pesticides interdits en France ont continués à être utilisés massivement en Guadeloupe et Martinique. Le scandale du chlordécone, un pesticide cancérogène et mutagène, en est une illustration dramatique. Il a été utilisé massivement aux Antilles dites « française » de 1972 à 1993 alors qu’il était interdit dans l’hexagone à partir de 1989. L’Etat français a, en effet, accordé, sur pression des gros planteurs, un moratoire de trois ans. Les effets sur la santé étaient pourtant déjà connus : cancer de la prostate, puberté précoce, prématurité lors des grossesses, troubles de la motricité et de la mémoire visuelle, etc. La journaliste du Monde Faustine Vincent résume comme suit les conséquences de cette dérogation meurtrière :
    La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés par ce pesticide ultra-toxique, utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies. Une situation unique au monde. […] Les Antilles sont contaminées pour des siècles, car la molécule est très persistante dans l’environnement − jusqu’à sept cents ans. A partir du début des années 2000, on a découvert que le chlordécone, qui passe dans la chaîne alimentaire, avait non seulement contaminé les sols, mais aussi les rivières, une partie du littoral marin, le bétail, les volailles, les poissons, les crustacés, les légumes-racines… et la population elle-même. La quasi-totalité des 800 000 habitants de la Guadeloupe (95 %) et de la Martinique (92 %) sont aujourd’hui contaminés[xxxii].

    Interdire dans l’hexagone et autoriser aux Antilles, voilà un bel exemple d’un traitement d’exception, qui est une des caractéristiques essentielles du colonialisme. Le mépris pour la santé des indigènes révélé ici par les pesticides est du même type que le mépris révélé en Polynésie avec les essais nucléaires.
     
    Les dessous d’une déportation de la jeunesse
    Le modèle colonial de développement crée logiquement une « disproportion entre la population et les ressources que le système économique actuel met à sa disposition » remarque en 1956 Daniel Guérin[xxxiii]. Toute une littérature se développe alors pour expliquer cette « poussée démographique » et proposer des solutions. Les explications sont généralement essentialistes et les solutions orientées vers le malthusianisme. Les causes sont ainsi recherchées dans la culture antillaise et la piste privilégiée en solution est celle du contrôle des naissances. Or nous le savons depuis longtemps un des facteurs déterminants de la fécondité se situe dans les conditions matérielles d’existence.

    L’inquiétude sur la fécondité antillaise est à inscrire dans le contexte des décennies 50 et 60 qui inaugure des transformations profondes aux Antilles dites « française ». La première d’entre elle est l’ébranlement du complexe d’infériorité que les écrits d’Aimé Césaire résument. Frantz Fanon décrit comme suit en 1955 ce processus de réaffirmation de soi : « Pour la première fois, on verra un professeur de lycée donc apparemment un homme digne, simplement dire à la société antillaise « qu’il est beau et bon d’être nègre […] Ainsi donc l’Antillais, après 1945, a changé ses valeurs. Alors qu’avant 1939 il avait les yeux fixés sur l’Europe blanche […] il se découvre en 1945, non seulement un noir mais un nègre et c’est vers la lointaine Afrique qu’il lancera désormais ses pseudopodes[xxxiv]. »

    L’Afrique est pendant la décennie 50 en pleine effervescence anticoloniale avec une guerre d’Algérie qui devient rapidement une centralité dans le positionnement politique des militants africains. Se penchant sur l’identité antillaise en 1979, le sociologue Jean-Pierre Jardel résume comme suit les bouleversements de ces deux décennies :
     Depuis deux décennies environ, des changements rapides se produisent aux différents paliers de la réalité socio-culturelle des Antilles françaises. Les discours prononcés par des hommes politiques, les idées diffusées par les écrivains de la négritude, l’autonomie ou l’indépendance acquise par plusieurs îles de l’archipel Caraïbe, ont fait comprendre à une large fraction de la population qu’il existait une entité antillaise ayant ses propres valeurs, face aux valeurs de la métropole européenne. On se trouve donc en présence d’une phase de réajustement des normes et par conséquent d’une situation conflictuelle généralisée.[xxxv]

    Les émeutes de Fort de France du 20 décembre 1959 et celles du Lamentin en mars 1961 sonnent comme un avertissement aux yeux des autorités françaises. De cette époque date l’encouragement à une émigration de la jeunesse des Antilles dites « françaises » vers la métropole qui sera systématisé trois ans plus tard par la création du BUMIDOM en 1963 (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer). De 1963 à 1982, ce bureau utilise toute une panoplie de moyens divers et de promesses (de formation, de logement, d’emplois, de salaires élevés, etc.) pour pousser à l’exil toute une jeunesse afin de désamorcer une crise sociale et politique latente. Le journaliste et écrivain guadeloupéen Hugues Pagesy donne la lecture suivante de l’action du BUMIDOM en quatrième de couverture de l’ouvrage qu’il lui consacre :

    « La traite négrière n’aurait-elle servi à rien pour que, 115 ans après l’abolition de l’esclavage, un organisme d’État répondant au nom de BUMIDOM […] mette en place un système pour vider la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique, de toute une partie de leur jeunesse ? Sous prétexte de lutter contre le manque d’activité qui frappe ces régions, le BUMIDOM va en fait organiser une déportation de ces jeunes vers la France, que d’aucuns dénonceront comme étant un vrai génocide par substitution. […] L’empire qui perd petit à petit une bonne partie de ses territoires veut museler ceux d’Outre-mer. Les prétextes évoqués sont leur démographie galopante et un chômage endémique[xxxvi].

    Au total se sont près de 260 000 personnes qui ont migrés vers l’hexagone sous l’effet direct ou indirect du Bumidom dont 42 622 martiniquais et 42 689 guadeloupéens[xxxvii] : une véritable saignée dans la jeunesse antillaise compte tenu de la taille de la population et de l’âge des personnes concernées. Aimé Césaire qualifie à l’assemblée nationale cette politique de « génocide par substitution » et la délégation guadeloupéenne à la Tricontinentale de la Havane en janvier 1966 (Conférence de solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine) dénonce « la politique coloniale du gouvernement français à la Guadeloupe, notamment l’expatriation de la jeunesse[xxxviii] ».
     
    « Dissiper les malentendus » sur la question nationale
     « L’heure est venue de clarifier les problèmes et de dissiper le malentendus », c’est par ces mots que Frantz Fanon conclue l’article consacré aux émeutes de Fort de France du 20 décembre 1959 cité plus haut. Pour lui cette révolte indique une mutation dans le processus d’émergence d’une conscience nationale antillaise. Celui-ci est complexe du fait des spécificités de la colonisation aux Antilles : ancienneté pluriséculaire de la colonisation, génocide des peuples autochtones, hétérogénéité de peuplement liée à l’esclavage et aux immigrations suscitées par le colonisateur, ampleur du processus d’assimilation liée à la violence esclavagiste initiale puis par la durée pluriséculaire de la domination, histoire politique spécifique de chacune des îles, etc.

    L’ensemble de ces facteurs explique l’épisode de 1946 où « des larges masses antillaises » rappelle Aimé Césaire ont approuvées la départementalisation c’est-à-dire ont votées pour rester française. Césaire lui-même a soutenu cette option en raison du danger que constitue la proximité avec les Etats-Unis : « Une autre objection plus sévère encore est l’existence à côté des Antilles d’un voisin dont la puissance et l’appétit ne sont que trop connus[xxxix]. » Coincés entre deux dominations, les Antillais ont dans le contexte de l‘époque considérés qu’obtenir une égalité plus grande dans le cadre français étaient la seule voie possible complète Aimé Césaire[xl]. 

    Au moment où Césaire tire ce bilan de la loi de 1946 (en 1956), les peuples des Antilles dites « françaises » ont fait leur expérience de l’impasse de l’assimilationnisme. Si des spécificités sont indéniables dans le processus de conscientisation nationale, celui-ci est tout aussi indéniablement en accélération rapide dans les deux colonies.

    En Martinique le processus se traduit par la création de l’OJAM (’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique) qui inaugure son action politique par l’apposition d’immense banderoles sur les murs de tous les bâtiments publics de l’île, portant le slogan « la Martinique aux Martiniquais » le 23 décembre 1962. Un tabou est brisé. Pour la première fois une organisation revendique ouvertement l’indépendance. Dans le même temps le « manifeste de l’OJAM » est placardé sur les murs proclamant :
    Que la Martinique est une colonie, sous le masque hypocrite de département français, comme l’était l’Algérie, parce que dominée par la France, sur le plan économique, social, culturel et politique. […] En conséquence l’O.J.A.M […] Proclame le droit des martiniquais de diriger leurs propres affaires. Demande aux Guadeloupéens, aux Guyanais de conjuguer plus que jamais leurs efforts dans libération de leur pays pour un avenir commun. Soutien que la Martinique fait partie du monde antillais. Appelle les jeunes de la Martinique, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions, à s’unir pour l’écrasement définitif du colonialisme dans la lutte de libération de la Martinique[xli].

    La réponse de l’Etat français est, bien sûr, la répression. 18 militants de l’OJAM sont déférés devant la Cour de sûreté de l’Etat pour « atteinte à l’intégrité du territoire ». 5 militants écopent de peine de prisons et les autres sont relaxés. Si l’OJAM ne survit pas à cette épreuve, le mouvement indépendantiste existe désormais, même s’il reste encore minoritaire et éparpillé. A partir de la fin de la décennie 60 et tout au long de la décennie 70, les organisations indépendantistes se multiplient : Mouvement National de Libération de la Martinique (MNLA) en 1969, Groupe Révolution socialiste (GRS) en 1970, Groupe d’Action Prolétarienne (GAP) au début de la décennie 70, Mouvement Indépendantiste Martiniquais (MIM) en 1978, le Pati kominis pour lendépandans èk sosyalizm (Parti Communiste pour l’Indépendance et le Socialisme) en 1984, le Parti pour la Libération de la Martinique (PALIMA) en 1999. Malgré cet éparpillement l’idée indépendantiste progressera de manière significative depuis dernières décennies du siècle dernier. Lors des élections régionales de 1986 les indépendantistes ne comptent que pour 3 %, 6 ans plus tard le MIM devient la première force organisée du pays. Aux régionales de 1998 le MIM obtient 31, 71 % des suffrages et son président, Alfred Marie-Jeanne, devient président du conseil régional (il sera reconduit à ce poste en 2004). En dépit des multiples divisions et de la bureaucratisation suscitée par la participation au jeu institutionnel et encouragée par l’Etat français, le projet indépendantiste est désormais une réalité incontournable en Martinique.

    La décennie 60 est également celle qui voit s’organiser un mouvement indépendantiste en Guadeloupe. C’est au sein du mouvement étudiant en métropole, dans l’AGEC (Association Générale des Etudiants Guadeloupéen), qu’est lancé pour la première fois le mot d’ordre d’indépendance nationale. En Guadeloupe même c’est en 1963 qu’est constitué le GONG (Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe) dont certains membres fondateurs sont issus de l’AGEG. Peu nombreux les militants du GONG sont très actifs. Ils ont présent systématiquement pour soutenir chaque grève ouvrières, ce qui les rend rapidement populaire. « Chaque fois que des ouvriers, qu’ils soient du bâtiment ou de la canne étaient en grève ou en difficulté quelconque, le GONG, et ses militants devaient venir leur prêter main-forte[xlii] » se souvient le militant nationaliste Claude Makouke. Le mouvement social qui secoue la Guadeloupe en 1967 et le massacre qui l’accompagne, est le prétexte que prendra l’Etat français pour décapiter ce mouvement indépendantiste ayant une audience populaire grandissante.

    A l’origine du mouvement se trouve une grève des ouvriers du bâtiment pour exiger une hausse de 2,5 % des salaires. Les négociations entre le patronat et le syndicat CGTG échouent le 26 mai et une manifestation devant la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre se transforme en émeute. Les CRS tirent sur la foule provoquant les premiers décès. Les affrontements s’étendent alors à toute la ville. Lorsqu’elles cessent le lendemain un bilan officiel annonce 8 morts. La réalité du massacre mettra vingt ans à percer. En 1985 Georges Lemoine, secrétaire d’Etat chargé des départements et territoires d’Outre-mer reconnaîtra le chiffre de 87 victimes et plus d’une cinquantaine de blessés. C’est dans ce contexte que l’Etat français décide de profiter de la situation pour décapiter le mouvement indépendantiste. L’organisation et ses militants sont accusés de la responsabilité des émeutes et des victimes. 19 militants du GONG sont arrêtés et inculpés « d’atteinte à la sureté de l’Etat et à l’intégrité du territoire ». La presse colonialiste exulte à l’image du journal France-Antilles qui titre en première page et en gros caractère le 13 juin : « Le Gong est décapité. Dix-neuf arrestations à Paris et en Guadeloupe[xliii] ». Le mouvement massif de solidarité qui s’organise alors sauvera les inculpés dont le jugement de février 1968 prononce 6 peines avec sursis et 13 acquittements. En Guadeloupe même cependant 70 autres militants attendent leur jugement. Six d’entre eux écoperont de peines de prison ferme allant d’1 à 6 mois.

    Le GONG ne survie pas à cette dure épreuve mais ses militants sont nombreux à être présent dans la création ultérieure d’autres organisations indépendantistes. Ils réinvestissent d’abord leurs forces dans la dynamique syndicale en créant l’UTA (Union des Travailleurs Agricole) en 1970, l’Union des Paysans Pauvres de Guadeloupe (UPG) en 1972 et enfin l’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG) qui regroupe les deux précédente et d’autres syndicats en 1973. Tels sont les facteurs qui expliquent le lien étroit entre indépendantistes et syndicalistes en Guadeloupe. En témoigne l’élection à la tête de l’UGTG de l’indépendantiste Elie Domota et sa désignation comme porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon– Collectif contre l’exploitation outrancière), un regroupement syndical, associatif et politique qui a mené le vaste mouvement social en janvier et février 2009.

    En 1977 ces militants créent l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) qui reste jusqu’à aujourd’hui la principale organisation politique indépendantiste. A côté de celle-ci existe également le Mouvement pour une Guadeloupe Indépendante (MPGI) crée en 1981, le Konvwa pou liberasyon nasyonal Gwadloup (KNLG) fondé en 1997 et Fòs pou konstwi nasyon Gwadloup (Forces pour batir la nation guadeloupéenne) fondé en 2010. Des tentatives de luttes armées ont également eu lieu par le GLA (Groupe de Libération Armée) qui mène une série d’attentats contre des édifices publics en 1980 et 1981, puis par l’ARC (Alliance Révolutionnaire Caraïbe) menant le même type d’actions de 1983 à 1989.

    Si comme en Martinique la multiplicité des organisations, l’institutionnalisation de certains leaders, la répression et les divisions du mouvement nationaliste, le rapport des forces disproportionné avec une des principales puissances mondiale, etc., rendent difficile une perspective d’indépendance à court terme, cela ne veut pas dire que la question de l’indépendance nationale est enterré. « Le Mouvement Patriotique Guadeloupéen au niveau organisationnel et militant connaît une passe difficile, un mouvement de reflux, mais c’est là le paradoxe, les idées nationalistes n’ont jamais cessé de progresser et d’irriguer au quotidien la vie des guadeloupéens[xliv] » résume le journaliste Danik Zandwonis.

    Comme nous le disions dans nos précédents articles consacrés à Mayotte, la Kanaky et la Polynésie, la faiblesse de la conscience internationaliste et du mouvement anticolonialiste en France fait partie du rapport des forces défavorable auquel sont confrontés les militants nationalistes des colonies françaises. Qu’un tel mouvement se développe et que le rapport de forces mondial se transforme et la perspective indépendantiste redeviendra un objectif atteignable rapidement. A plus ou moins long terme l’indépendance est inévitable : la situation géographique, la rationalité économique et la communauté des traits culturels avec les autres peuples de la région orientent structurellement vers un projet de fédération des Antilles.

    Saïd Bouamama

    Notes :  
    [i] Raphaël Confiant, Aimé Césaire, une traversée paradoxales du siècle, Stock, Paris, 1993,
    [ii] Adrien Guyot, L’Amérique, un ailleurs partagé, Départment of Modern Languages and Cultural Studies, University of Albama, 2016, pp. 104-105. .
    [iii] Frédéric Dorel, La thèse du « génocide indien » : guerre de position entre science et mémoire, Revue de civilisation contemporaine Europes/Amériques, N° 6, 2006.
    [iv] Nicolas Rey, Quand la révolution aux Amériques était nègre … Caraïbes noirs, negros franceses et autres « oubliés » de l’histoire, Karthala, Paris, 2005, p. 48.
    [v]Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises. Le complexe d’Ariel, Karthala, Paris, 2005, p. 118.
    [vi] Nicolas Rey, Quand la révolution aux Amériques était nègre … Caraïbes noirs, negros franceses et autres « oubliés » de l’histoire, op. cit., p. 53.
    [vii] Victor Schoelcher, Abolitions de l’esclavage ; Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des Sang-Mêlés, Porthmann, Paris, 1840, p. 138.
    [viii] Alain Bihr, Recension du livre de Caroline Oudin-Bastide, Travail, capitalisme et société esclavagiste. Guadeloupe, Martinique (XVIIe-XIXe siècle), Revue « Interrogation ? », n° 10, mai 2010.
    [ix] Alain Philippe Blérald, Histoire économique de la Guadeloupe et de la Martinique : du XVIIe siècle à nos jours, Karthala, Paris, 1986, p. 26. 
    [x] Alain Philippe Blérald, Histoire économique de la Guadeloupe et de la Martinique : du XVIIe siècle à nos jours, Karthala, Paris, 1986, p. 26. 
    [xi] Ibid, p. 138.
    [xii] Christian Deverre, Crise sucrière et réforme foncière en Guadeloupe, Cahiers d’économie et sociologie rurales, n° 17, 1990, p. 100.
    [xiii] Guy Lasserre, La Guadeloupe. Etude géographique, Union Française d’Edition, Bordeaux, 1961, p. 393.
    [xiv] Christian Deverre, Crise sucrière et réforme foncière en Guadeloupe, Cahiers d’économie et sociologie rurales, op. cit., p. 108.
    [xv] Ibid, p. 111.
    [xvi] Luce Blanchard, Qui se cache derrière le projet de centrale thermique d’Albioma à Marie-Galante, https://blogs.mediapart.fr/luce-blanchard/blog/020217/qui-se-cache-derriere-le-projet-de-centrale-thermique-dalbioma-marie, Consulté le 10 juin 2018 à 19 h 55.
    [xvii] Muriel Bonin et Cécile Cathelin, Conversion environnementale de la production bananière guadeloupéenne : une stratégie politique et économique, Economie rurale, n° 341, mai-juin 2014, p. 76.
    [xviii] Athanasia Bonneton, La banane en Guadeloupe : les conditions économiques et sociales de la culture et de la commercialisation, CDDP Guadeloupe, 1988, p. 52.
    [xix] André Breton, Martinique charmeuse des serpents, 10/18, Paris, 1973.
    [xx] Jean-Luc Boniol, Janvier-mars 2009, trois mois de lutte en Guadeloupe, Les Temps modernes, 1/2011, n° 662-663, pp. 82-113.
    [xxi] Guy Cabort-Masson, Interview à la revue Antilla, n° 961, 9 novembre 2001, p. 6.
    [xxii] Les derniers maîtres de la Martinique, http://www.fxgpariscaraibe.com/article-27520586.html, consulté le 11 juin 2018 à 16 h 30.
    [xxiii] Ulrike Zander, La hiérarchie « socio-raciale »en Martinique. Entre persistance postcoloniale et évolution vers un désir de vivre ensemble, Revue en ligne Asylon (s), n° 11, mai 2013, http://www.reseau-terra.eu/article1288.html#nh37, consulté le 11 juin 2018 à 16 h50.
    [xxiv] Michel Giraud, races, clases et colonialisme à la Martinique, L’Homme et la société. Volume n° 55. Nº 1, 1980, p. 206.
    [xxv] Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Seuil, Paris, 1971, p. 132.
    [xxvi] Ulrike Zander, La hiérarchie « socio-raciale »en Martinique. Entre persistance postcoloniale et évolution vers un désir de vivre ensemble, op. cit.
    [xxvii] Rapport du secrétaire d’Etat de la Marine et des Colonies du 2 février 1861, Revue maritime et coloniale, tome 2, Lahure, Paris, juillet 1861, p. 53.
    [xxviii] L’ensemble des données de cette partie sont issues de deux documents de l’Institut d’Emission des Département d’Outre-Mer (IEDOM) : Guadeloupe 2016 et Martinique 2016, Paris, 2017.
    [xxix] Daniel Guérin, Les Antilles décolonisées, Présence Africaine, Paris, 1956, p. 55.
    [xxx] François Taglioni, Géopolitique et insularité : l’exemple des petites Antilles, in André-Louis Sanguin (coord.), Vivre dans une île, L’Harmattan, Paris, 1997, p. 179.
    [xxxi] INSEE première, n° 1589, avril 2016, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1908163, consulté le 13 juin 2018 à 10 h 00.
    [xxxii] Faustine Vincent, Scandale sanitaire aux Antilles, Le Monde du six juin 2018, https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/06/06/scandale-sanitaire-aux-antilles-qu-est-ce-que-le-chlordecone_5310485_3244.ht, consulté le 13 juin 2018 à 10 h 45.
    [xxxiii] Daniel Guérin, Les Antilles décolonisées, op. cit., p. 37.
    [xxxiv] Frantz Fanon, Antillais et Africains, in Pour la révolution africaine, La Découverte, Paris, 2001, p. 31 et 34.
    [xxxv] Jean-Pierre Darnel, Langues et identité culturelle aux Antilles françaises, Pluriel débat, n° 17, année 1979, p. 27.
    [xxxvi] Hugues Pagesy, Kolombie 2 : Bumidom la vérité, Editions Nestor, Gourbeyre – Guadeloupe, 2017, quatrième de couverture.
    [xxxvii] André Calmont, et Cédric Audebert, Dynamique migratoire de la Caraïbe, Karthala, Paris, 2007, p. 99.
    [xxxviii] Première conférence Tricontinentale, Interventions et résolutions, La Havane, 1966, p. 90.
    [xxxix] Aimé Césaire, Introduction au livre de Daniel Guerin, Antilles décolonisées, op. cit., p. 9.
    [xl] Ibid, pp. 10-11.
    [xli] Manifeste de l’OJAM, https://afcam.org/index.php/fr/dossiers/dossiers-4/les-collectivites-invitees-au-haut-comite/2-uncategorised/4194-le-manifeste-de-l-o-j-a-m, consulté le 14 juin 2018 à 8 h 30.
    [xlii] Xavier-marie Bonnot et Francois-Xavier Guillerm, Le sang des nègres, Galaade, Paris, 2015.
    [xliii] Raymond Gama et Jean-Pierre Sainton, Mé 67 : Mémoire d’un évènement, Société Guadeloupéenne d’Edition et de Diffusion, 1985, p. 122.
    [xliv] Danik I. Zandwonis, Guadeloupe. L’indépendance est plus proche qu’on ne le dit …, http://7seizh.info/2014/12/11/guadeloupe-lindependance-est-plus-proche-quon-ne-le-dit, consulté le 14 juin 2018 à 16 h 45.

    #barbarie génocide #histoire #colonialisme #colonisation #Noirs #Noir #nègre #Antilles #Guadeloupe #Martinique #Mayotte, #Kanaky #Polynésie #DOM #Haïti #Hispaniola #Caraïbe #France #néo-colonialisme #libéralisme_postcolonial #peuples_autochtones #békés #Révolte #Kalinas #métissage #banane #sucre #mélasse #rhum #canne_à_sucre #Indépendance
    #SAFER #auto-exploitation #migration #Cofepp #SMRG #BUMIDOM #OJAM #MNLA #GAP #MIM #PALIMA #AGEC #GONG #UTA #UPG #UGTG #LKP #UPLG #MPGI #KNLG #GLA #Cayard #importations #exportation #UE #union_européenne #prix #Santé #chlordécone
    Eugène_Aubéry Guy_Cabort_Masson #Alfred_Marie_Jeanne #Elie_Domota

  • Científicos chilenos investigan una pionera cura del cáncer con una esponja marina | Sociedad | Edición América | Agencia EFE
    https://www.efe.com/efe/america/sociedad/cientificos-chilenos-investigan-una-pionera-cura-del-cancer-con-esponja-marina/20000013-3561907
    https://estaticos.efe.com/efecom/recursos2/imagen.aspx?lVW2oAh2vjMpgV8K78X86POHr0Co-P-2bqU0Q4TncnkXVSTX-P-2bAoG0

    Un equipo de científicos chilenos dirigido por el doctor Julio César Cárdenas lidera una investigación pionera a nivel mundial para evitar la proliferación del cáncer, mediante el uso de un compuesto proveniente de una esponja marina endémica de la Polinesia.

    #éponge de #Polynésie (française)
    l’article cité date de 2010, pourquoi l’info ressort-elle aujourd’hui ?

    Fue en esta última [revista, Cell Reports] donde, en 2010, logró llevar a cabo un experimento en el que demostraba que había encontrado una manera de frenar la multiplicación de células tumorales en el cáncer de mama y de próstata.

  • Des milliardaires rêvent d’îles artificielles indépendantes pour échapper au réchauffement
    https://reporterre.net/Des-milliardaires-revent-d-iles-artificielles-independantes-pour-echappe

    Le TSI remonte à 2008. Il naît sous l’impulsion de #Patri_Friedman, petit-fils du célèbre économiste Milton Friedman, dont les ouvrages comme #Capitalisme et liberté et La liberté du choix ont nourri Ronald Reagan, Margaret Thatcher et les néolibéraux actuels. Bien vite s’y associe une des plus grosses fortunes de la #Silicon_Valley : Peter Thiel. Cofondateur du système de paiement électronique PayPal, le milliardaire est notoirement opposé à toute intervention étatique dans l’économie. De tous les entrepreneurs de la Silicon Valley, il est le seul à avoir publiquement appelé à voter Donald Trump. En outre, il fait partie des plus importants financeurs du #transhumanisme, car selon lui, « il est impossible de fixer a priori les limites de notre durée de vie ».
    Tous les volets pratiques de la vie sur des îles artificielles

    Depuis, le #TSI a consolidé ses principes — via des podcasts de consultants hérauts du #néolibéralisme — et les besoins concrets du projet. Sur le forum, les chefs d’entreprise intéressés par le TSI discutent de tous les volets pratiques de la vie sur des #îles_artificielles : la menace de la piraterie, l’évacuation des déchets, l’#autonomie énergétique… Jusqu’à aboutir l’an dernier à un projet concret, finalisé par la signature d’un « #recueil_d’intentions_réciproques » avec le gouvernement de la #Polynésie_française.

    #climat

    • À chaque fois, je me demande pourquoi on ne rappelle pas qu’il s’agit, avec ces histoires d’île de riches, de la lubie d’Ayn Rand dans son Atlas Shrugged (La Grève), dont le principe final est que les riches se retirent du monde, laissent le système s’effondrer, pour ensuite reconstruire la société selon leurs critères à eux.

    • Je ne sais pas, l’article évoque quand même l’appartenance au #libertarisme

      Friedman et Thiel appartiennent à une même école de pensée : le libertarisme, qui prône l’absolue indépendance des individus envers toute forme de gouvernement. Pour échapper aux normes fédérales et à l’imposition, leur vient alors l’idée de profiter des solutions techniques qu’offre la #géo-ingénierie pour construire des îles artificielles, situées en eaux internationales, afin d’échapper à toute règlementation.

    • Oui, au moins celui-ci le dit. Mais citer un « économiste » et une type qui a l’air de savoir faire de l’argent à la Silicon Valley, c’est pas la même chose que de citer comme source de cette idée cet horrible personnage qu’est Ayn Rand, ce qui rappellerait que c’est une escroquerie purement idéologique, sans aucun autres fondements qu’une tarée qui revendiquait l’égoïsme absolu tout en touchant discrètement la sécu sous un autre nom.

      Aux États-Unis, Ayn Rand est connue, et il est régulièrement dit que Atlas Shrugged y est le livre le plus influent après la Bible. Je ne sais pas pourquoi ce n’est pas systématiquement rappelé en France, où l’on préfère tourner autour du pot et balancer des références plus nobles à l’école de Chicago.

    • Ca fait aussi penser aux Georgia Guidestones....
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_Guidestones

      1) Maintenez l’humanité en dessous de 500 000 000 [500 millions d’individus] en perpétuel équilibre avec la nature.
      2) Guidez la reproduction sagement en améliorant l’aptitude et la diversité.
      3) Unifiez l’humanité avec une nouvelle langue vivante.
      4) Dirigez la passion, la foi, la tradition et toute chose par l’usage de la raison et de la modération.
      5) Protégez les peuples et les nations par des lois équitables et des tribunaux justes.
      6) Laissez toutes les nations se gouverner librement, et réglez les conflits internationaux devant un tribunal mondial.
      7) Évitez les lois tatillonnes et les officiels inutiles.
      8) Équilibrez droits individuels et devoirs sociaux.
      9) Privilégiez vérité - beauté - amour - recherche de l’harmonie avec l’infini.
      10) Ne soyez pas un cancer à la surface de la Terre. Laissez de l’espace à la nature. Laissez de l’espace à la nature

      Dix commandements pour l’après-catastrophe
      Randall Sullivan, Courrier International, le 16 décembre 2009
      http://www.courrierinternational.com/article/2009/12/17/dix-commandements-pour-l-apres-catastrophe

      #Georgia_Guidestones #néomalthusianisme

    • #Peter_Thiel #Silicons
      Et en attendant, la pauvreté augmente …

      Mon cousin vit à la Silicon Valley, y bosse en journalier, il vérifie les traductions pour apple, sa femme est prof et travaille aussi. Ils n’ont pas de quoi financièrement vivre ensemble ! Lui a passé 5 ans derrière la frontière mexicaine en attendant sa carte verte, mais l’équation finale donne en résultat leur retour en France, Montpellier justement … Elle laisse ses enfants là-bas.

    • Propeller Island City Lodge Gesamtkunstwerk Hotel Berlin
      http://www.propeller-island.de/english/2/7


      L’allemand a une jolie expression pour ce gendre de discours : abgehoben décrit l’état d’un avion juste après son décollage. C’est devenu une métaphore pour des idée sans aucun rapport avec la réalité. Cet hôtel montre ce qui arrive à toutes ces idées - d’abord on les poursuit avec un enthousiasme d’évangéliste mais une fois qu’on a compris qu’elles ne tiennent pas debout on les modifie jusqu’à ce quelles disparaissent dans une réalisation très banale. Malheureusement pour Peter Thiel (et pour nous aussi) ses projets sont d’une dimension telle qu’il risque d’avoir besoin de plus longtemps que durera son existance avant d’arriver à ce résultat inexorable.

      hotel closed
      for repairs and a new concept
      für unbestimmte Zeit stillgelegt
      Info (nur Presse) 0163 - 256 59 09 / SMS

      propeller island - this means aesthetic sensation for the eye and the ear. propeller island is a pseudonym used by the german artist lars stroschen to publish his audio-visual creations. unlimited diversity, repeating nothing and copying nothing are the guiding principles here.
      the most popular result: the CITY LODGE, a habitable work of art in the heart of berlin, whose wealth of ideas never fails to attract everyone into its gravitational field and to continue inspiring guests long afterwards. a magnet for creative individuals, those weary of consumption, those who see things differently, philosophers and seekers of perspective and vision. frequented by personalities from around the globe, this vision machine is a much-desired shooting site for photo sessions and video clips. is that perhaps the reason these rooms seem so familiar to you...?

      #blabla

      Albrecht-Achilles-Straße 58, 10709 Berlin
      http://www.openstreetmap.org/node/3051896521

      #Berlin #Charlottenburg #Albrecht-Achilles-Straße #tourisme #art #aviation

    • Exemple de la méconnaissance d’Ayn Rand en France, et là j’avoue que c’est grave de chez grave !
      À la fin de l’émission de philo sur FC, Géraldine Mosna-Savoye demande à la productrice Adèle Van Reeth (censée en connaitre un rayon en matière de philo et d’idéologie)

      Haïe par certains qui voient en elle le mal incarné, elle est aussi portée aux nues par d’autres. En fait, la lire rend, au choix, euphorique ou répugne à souhait. Née il y a tout pile 113 ans, disparue en 1982, ses livres sont encore les plus lus aux Etats-Unis, après la Bible, même si elle reste pourtant une figure méconnue en France…

      Peu importe d’ailleurs car ce qu’elle a dit, fait ou pensé, imprègne l’imaginaire de notre époque, faite de capitalisme, de masse, avec l’égoïsme en porte-drapeau. Cette philosophe, Stéphane Legrand nous en fait un portrait à la fois drôle et effrayant, dans un livre paru aux éditions Nova, de qui s’agit s’agit-il Adèle ?
      – j’en sais rien.

      https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-philo/portrait-dune-femme-capitale

    • Voir aussi:

      Doomsday Prep for the Super-Rich
      Evan Osnos, The New-Yorker, le 30 janvier 2017
      https://seenthis.net/messages/563102

      Pourquoi les millionnaires de la Silicon Valley se préparent à la fin du monde
      Xavier de La Porte, France Culture, le 28 février 2017
      https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/pourquoi-les-millionnaires-de-la-silicon-valley-se-preparent-la-fin-du

      Why Silicon Valley billionaires are prepping for the apocalypse in New Zealand
      Mark O’Connell, The Guardian, le 15 février 2018
      https://seenthis.net/messages/669620

      DOUGLAS RUSHKOFF « DE LA SURVIE DES PLUS RICHES »
      La Spirale, le 14 août 2018
      https://seenthis.net/messages/715011

  • Teaser - BONS BAISERS DE MORUROA - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=o42VnV8qYEQ


    Bons baisers de #Moruroa (Larbi Benchiha, France, 53min, 2016).

    Résumé : Entre 1966 et 1996, #la_France a procédé à 193 essais nucléaires en #Polynésie. Pendant cette période, de nombreux personnels civils et militaires originaires de métropole et de Polynésie ont séjourné sur les #atolls. Des années plus tard certains ont développé des #cancers à répétition. Malgré les dénégations des militaires, les scientifiques sont formels : c’est bien la proximité avec les explosions qui est la cause de leurs maladies. Plus grave encore, nous apprenons dans ce film, que les #radiations subies peuvent engendrer des #malformations_génétiques qui vont se transmettre de génération en génération. Plusieurs témoins, abîmés dans leur chair, s’expriment dans ce documentaire. Ils évoquent une aventure pour la gloire de la France et le prix fort qu’ils en payent aujourd’hui.

    #essais_nucléaires


    Cette photographie en couleurs est le premier document parvenu d’Amerique sur les mystérieuses expériences atomiques qui se sont dérouleés en janvier et février 1951 dans le Nevada.

  • Paradis pourri : « Smart islands » en Polynésie
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=983

    Parution du Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme, début septembre 2017. Voir ici

    En janvier 2017, une étonnante nouvelle surgit brièvement du flot de l’information permanente. Les Siliconiens du Seasteading Institute et le gouvernement de la Polynésie française ont signé un accord pour coloniser les lagons de plateformes de survie high tech. Scientifiques et industriels, entrepreneurs et politiciens, les mêmes technocrates qui en 200 ans de « progrès » emballé ont ravagé la Terre, nous poussent maintenant à la migration vers une autre planète : la Mer. Ce qu’il en reste du moins, une fois qu’ils l’ont vidée de ses poissons et remplie de leurs déchets. De l’eau à dessaler, des minerais, du pétrole, du vent, des courants pour faire tourner des myriades d’éoliennes et (...)

    « https://chimpanzesdufutur.wordpress.com »
    « http://hors-sol.herbesfolles.org » #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/paradis_pourri_.pdf

    • Pour le magazine Wired , porte - voix des techies , les villes flottantes seraient « le rêve ultime des entrepreneurs de la Silicon Valley : aucun signe de terre ni de civilisation à l’horizon ». Se ule une connexion haut débit les rattacherait au continent. Un tel attrait pour les régions reculées , de la part d’entrepreneurs de la high tech, a de quoi surprendre les Européens. Mais il faut voir, tous les matins, les salariés de Google, Microsoft, Moz illa, Facebook ou la NASA emprunter l’ Interstate 280 depuis San Francisco, longer les Monts Santa Clara, traverser parcs et réserves naturelles, et rejoindre leurs campus de Mountain View où ils se déplacent à vélo. Il faut les voir, partir le week - end en camping sauvage, soit dans les forêts de séquoias, soit aux portes de la Vallée de la Mort, au risque d’une rencontre avec un ours noir – le même qui orne le drapeau californien. On peut être ingénieur informatique la semaine, et aimer la nature sauvage le week - end. Tout techies qu’ils soient, les tâcherons de la Silicon Valley habitent le pays d’ Into the Wild et Captain Fantastic, des romans d’Henry David Thoreau et de Jack London (né à San Francisco), des courants primitivistes à la John Zerzan. Ils sont fascinés par les grands espaces qui ceinturent leur open space . En 2014, Macintosh nommait son système d’exploitation Yosémite, d’après le célèbre parc naturel californien. Alors le Pacifique sud... c’est un « rêve ultime » d’amateurs de nature. Ils l’aime nt, oui, comme les asticots aiment la viande. C’est-à-dire qu’ils la consomment et la détruisent.

      Depuis 2012, les Seasteaders organisent un festival nommé Ephemerisle. C’est l’équivalent aquatique de Burning Man, ce festival pseudo - tribal, autogéré, atti rant 70 000 personnes dans une véritable cité éphémère construite dans le désert du Nevada. Imaginez une sorte de rave party, mais sur l’eau. La bande - son en serait une musique régressive et répétitive, pseudo - chamanique, produite par ordinateur. L’esthéti que serait « tribale », l’organisation « nomade », et les drogues de synthèse. Chaque été, quelques centaines de jeunes ingénieurs de la Silicon Valley, viennent jouer à l’autogestion sur des bâtiments flottants, le plus souvent bâtis de leur main. Ils y l isent de la littérature prétendument anarchiste, font la fête jour et nuit, séjournent dans des maisons flottantes. L’initiateur de l’événement est Patri Friedman, ingénieur chez Google, porte - parole du Seasteading. Il est aussi petit - fils et continuateur de l’économiste ultra-libéral Milton Friedman – petit-fils à grand-papa.

      #hors-sol #enquête #Polynésie #transhumanisme #Seasteading #mer #critique_techno

  • Preparation à l’agrégation interne d’histoire et de géographie : GÉOGRAPHIE DE LA FRANCE

    En vrac, quelques productions graphiques à s’approprier pour produire les schémas et croquis intermédiaires sur la question « La France : géographie générale ».

    => tous les posts sur cette question à retrouver : #AgregInterneHG

    CROQUIS SUR LES ESPACES PRODUCTIFS EN FRANCE :

    Airbus, système productif et réseau mondialisé

    Le système produtif parisien

    Typologie des systèmes productifs en France métropolitaine

    Sochaux et l’espace Peugeot

    L’organisation des espaces méditerranéens en France

    SOURCES :
    http://geobunnik.over-blog.fr/2015/11/des-croquis-des-systemes-productifs-en-france.html
    http://geographica.danslamarge.com/Jura-et-Franche-Comte.html
    http://geotheque.org/lorganisation-des-espaces-mediterraeens-en-france

    LA FRANCE DES RÉGIONS :

    Étude de cas sur la Bourgogne-Franche-Comté

    SOURCE : http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spip.php?article887

    => à compléter avec des représentations graphiques sur les villes de la région :

    Dijon

    Beaune (à partir de la carte topographique)

    => à compléter également avec des productions graphiques sur les anciennes régions

    SOURCES :
    http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spip.php?article607
    http://geographica.danslamarge.com/Dijon-1-25-000.html
    http://geographica.danslamarge.com/Beaune-Cote-d-or-1-50-000eme.html
    http://geographica.danslamarge.com/Jura-et-Franche-Comte.html
    http://geotheque.org/la-cote-de-beaune

    LES VILLES MOYENNES EN FRANCE
    (à partir des cartes topographiques => voir l’ensemble du site Dans la marge, qui propose bien d’autres ressources très utiles !)
    http://geographica.danslamarge.com/-Geographica-.html

    Saint-Etienne


    Documents complémentaires et sources : http://geographica.danslamarge.com/Saint-Etienne-1-25-000-carte-de.html

    Dunkerque


    Documents complémentaires et sources :
    http://geographica.danslamarge.com/Dunkerque-1963-1993-1-50-000.html
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartes/territoires-et-amenagement/c001580-le-port-de-dunkerque-en-2013

    Chambéry


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/Chambery-1-50-000-ou-1-25-000.html

    Caen


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/CAEN-1-25-000.html

    Clermont-Ferrand


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/Clermont-Ferrand-1-50-000-une.html

    Rouen


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/Rouen-Ouest-carte-au-1-50-000eme.html

    La Rochelle


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/La-Rochelle-1-25-000-carte.html

    Bayonne


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/Bayonne-1-25-000eme.html

    Bastia


    Documents complémentaires et source : http://geographica.danslamarge.com/Bastia-1-25-000-de-l-Ile-de-beaute.html

    LES LITTORAUX ET LES ESPACES INSULAIRES EN FRANCE

    La Camargue

    La Polynésie française

    La Martinique

    Le littoral breton

    Sources :
    http://geobunnik.over-blog.fr/2017/03/quelques-croquis-sur-la-france-des-marges.html
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartes/territoires-et-amenagement/c001585-martinique-la-mise-en-valeur-d-une-peripherie-insul
    http://geotheque.org/le-littoral-breton-modele-theorique-bloc-diagramme

    #Agrégation #Agrégation_Interne #Agreg #AgregInterne #Agreg_Interne #Histoire #Géographie #Histoire_Géographie #Histoire_et_Géographie #Géographie_de_la_France #Agrégation_Interne_d_Histoire_et_de_Géographie #AgregInterneHG #Agreg_Intern_HG #Agreg_Interne_Histoire_Géographie #Littoral #Bretagne #Chambéry #Dunkerque #Caen #Beaune #Dijon #Bourgogne_Franche_Comté #Franche_Comté #Jura #Polynésie_Française #Martinique #La_Rochelle #Systèmes_Productifs #Espaces_Productifs #Mutations_des_Systèmes_Productifs #Camargue #Rouen #Bayonne #Croquis #Carte #Schéma #Productions_Graphiques #Bastia #Airbus #Peugeot #Espaces_Productifs #Sochaux #Espaces_Méditerranéens #Saint_Etienne #Saint-Etienne #Clermont_Ferrand #Clermont-Ferrand

  • Oscar #Temaru veut être le candidat de la #décolonisation
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130217/oscar-temaru-veut-etre-le-candidat-de-la-decolonisation

    Le leader #indépendantiste polynésien est de passage dans l’Hexagone afin d’obtenir les parrainages d’élus de sensibilité nationaliste et régionaliste, en vue de l’élection #présidentielle. Il ne cherche pas à être élu, mais plutôt à faire valoir « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

    #France #politique #Polynésie

  • La question du #nucléaire en Polynésie n’est plus « négligeable »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090217/la-question-du-nucleaire-en-polynesie-nest-plus-negligeable

    Explosion nucléaire à Mururoa, en 1966 © Mémorial de Mururoa - murururoa.org L’Assemblée nationale a voté ce jeudi 9 février la suppression du facteur « risque négligeable » dans le calcul des indemnisations des victimes des #Essais militaires français. Pour les élus polynésiens et les associations, c’est une étape importante vers des réparations financières et la reconnaissance « du fait nucléaire » dans le Pacifique.

    #France #indemnisation #Polynésie_Française