• #girls, #dub & OTHER STEPS… W/ BUCCI
    https://radioblackout.org/podcast/girls-dub-other-steps-w-bucci

    ✿ Una luuuunga puntata di cui vi condivido gli appunti preziosi così come li ho utilizzati per trasmettere; sono mezzi scritti in inglese, mezzi in italiano senza fonti e non completi ma potete trovarvi tanti link ed info per esplorare ancora, buon ascolto ✿ 1. Jane Binta Breeze – Mad Woman, dall album ENEA ME […]

    #dub_poetry #dubstep #jo_squillo #post_punk
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/1902girlsdubothersteps.mp3

  • Lille : l’« Offensive » des techies néo-bolcheviques
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/faits-divers/lille-l-offensive-des-techies-neo-bolcheviques

    Toujours en librairie : Nord c’est noir et De la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique Tant que les « antifas » buveurs de canettes organisaient des soirées « Houmous & Climat » pour embrigader des Youth for Climate, la farce oscillait entre comique et pathétique. Mais à Lille, les collectifs L’Offensive, OnEstLaTech et leurs vitrines « antifas » se sont associés aux Soulèvements de la Terre et à Extinction-Rébellion pour éructer, le 16 décembre 2025, une diatribe d’une (…) #Faits_divers

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/lille_et_les_techies_ne_o-bolcheviques.pdf

    • https://offensive.eco
      https://onestla.tech
      https://les-tilleuls.coop

      J’ai croisé pour la première fois les actuels animateurs de L’Offensive pendant l’occupation de Lille 3 contre le CPE en 2006. Ils vendaient à la criée Le Combat syndicaliste. Ils militaient alors à la Confédération Nationale du Travail, la CNT, « syndicat révolutionnaire ». La scission avec la branche « anarcho-syndicale » de la CNT-AIT, où je retrouvais des amis antinucléaires, était alors largement consommée. Nous avions aussi des amis communs au Scalp, la Section carrément Anti Le Pen, avant que le film Antifas chasseurs de skins remette à l’honneur « l’antifascisme de rue » et son look skinhead des années 1980.

      Le temps a passé entre concerts de oï dans les squats et déplacements du RC Lens ; les étudiants remuants sont devenus cadres de la tech payés en K€.

      Suivons la trajectoire de Kevin D., parmi les fondateurs et animateurs de L’Offensive. J’avais croisé ses parents, fort sympathiques, pour un film contre la mythologie minière. Kevin est le fondateur et le « Chief Executive Officer » de la coopérative numérique Les Tilleuls, qui a ses bureaux à Lille, Paris, Nantes, lyon, et des antennes à Tunis et Oujda.

      Kevin est un entrepreneur successfull, son salaire largement au-dessus de la moyenne. Il est le « créateur du framework API Platform », un logiciel fondé sur une base « open source » utilisée aujourd’hui par BeIn Sports, KPMG, Siemens, DHL, Alstom, EDF, Volvo, Cartier, General Electric, Arte, Orange, Renault, BNP Paribas, Decathlon, France Télévisions, M6, Libération, mais aussi En Marche et le gouvernement français lui-même29.

      Avec son statut coopératif, l’entreprise est un sous-traitant d’industriels nuisibles à l’humanité. Qui s’intéresse au logiciel libre à usage anti-écologiste peut suivre les conférences de Kevin à travers le monde (dernièrement à Munich, Amsterdam et Disneyland Paris), sur sa page web personnelle ou sur Linkedin, Bluesky, GitHub, Mastodon, X et Youtube. On ne révèle rien, tout est en ligne.

      Les associés-coopérateurs des Tilleuls sont des techies, comme les surnomment péjorativement les Californiens, et ils en sont fiers : « On tire l’économie mondiale depuis vingt ans. C’est nous qui avons construit tout ça », revendique Kevin D. au sujet de Twitter, Facebook et des grandes industries numériques, auprès du Monde en 2022, pour présenter son collectif « OnEstLaTech », un collectif d’ingénieurs, chercheurs et entrepreneurs engagés pour une technologie coopérative30.

      Le fondateur des Tilleuls précise dans un autre article que « les travailleuses et les travailleurs de la tech sont en mesure de prendre le pouvoir. Ils ont tous les atouts en main : ils disposent des méthodes les plus efficaces, de l’ingéniosité nécessaire et de la capacité à automatiser tout ce qui peut l’être31. » Les ingénieurs au pouvoir ! Et tout le pouvoir aux ingénieurs ! Nicolas Casaux, l’animateur du site Le Partage, s’est intéressé à ces « cadres de la mégamachine » qui fondèrent OnEstLaTech, programmeurs chez Orange, Publicis, IBM, Hachette ou chercheurs à l’EHESS32. Ces dignes représentants de la classe des technocrates prétendent que « l’automatisation » et « l’intelligence artificielle », une fois débarrassées de leurs « actionnaires », permettront de « travailler mieux, moins », de gagner en « autonomie », et même de « réhumaniser » le travail.

      OnEstLaTech propose de prendre en main un environnement numérique que les capitalistes nous ont préalablement imposé pour supprimer les humains des services publics, les services de soins et d’accueil - et jusqu’aux tâches intellectuelles. Macron promettait en 2017 de remplacer 120 000 fonctionnaires par des machines.

      […]

      On avait jusqu’alors prêté peu d’attention à L’Offensive, celle-ci ne prêtant que peu d’attention aux luttes écologistes. En vingt ans, on n’a jamais croisé ses membres dans un rassemblement anti-nucléaire, une vélorution, une manif contre l’agrandissement de l’aéroport, ni même sur la friche Saint-Sauveur à Lille – « enjeu emblématique des municipales » de 2020 d’après Le Monde34, « projet urbain le plus contesté du XXIème siècle » à Lille d’après La Voix du nord35, victoire historique de l’écologie sociale contre la métropole lilloise, d’après moi.

      Pourquoi densifier ? Quelle ville ? Quelle nature en ville ? L’Offensive n’en a jamais rien dit. Elle préfère ânonner un « communalisme » factice et impossible dans une métropole de 1,2 millions d’habitants connectés à la plus puissante centrale nucléaire d’Europe, et dont la survie quotidienne dépend de macro-systèmes techniques mondiaux et criminels. Attendez que les Offensifs réinventent le « Comité de quartier » où débattre de la couleur des pistes cyclables et des jours de collecte des déchets.

      […]

      Contrairement à ce que suggère L’Offensive, « l’écologie sociale » n’est pas une tartiflette verte et rouge, écolo avec une conscience sociale, un truc comme ça, un peu vague. Si Bookchin recycle le terme d’« écologie sociale », c’est pour se distinguer à la fois de l’écologie scientifique, qui refuse de considérer les causes sociales des désastres pour seulement les gérer, et du primitivisme américaine qui ferait peu de cas, selon lui, de nos traditions humanistes.

      On parle en France d’« écologie politique » mais les deux expressions sont synonymes. Quoi qu’il en soit, les manœuvres ont fonctionné puisque les Soulèvements de la Terre s’associent à L’Offensive et à la France insoumise aux municipales.

      […]

      Au moins les vieux staliniens ne prétendaient pas jouer les écolos.

    • ATR — mi faf mi réac ? – L’offensive

      https://offensive.eco/atr-mi-faf-mi-reac

      Soyons donc lucides : ce groupe aux prétentions internationales ne propose rien d’autre qu’un retour réactionnaire aux technologies d’avant la révolution industrielle. À leurs yeux​, seule serait démocratique une technique intégralement maîtrisable seul·e. ​Pourtant la division du travail et la socialisation de la production ne sont pas anti-démocratiques par essence. Le problème n’est pas la complexité de la machine mais sa direction et son appropriation lucratives. Ne détruisons pas l’outil. Saisissons-le pour cesser de produire des marchandises polluantes et inutiles. Planifions démocratiquement un usage rationnel des ressources naturelles. Utilisons l’automatisation. Non pour le profit, mais pour travailler moins et mieux.

      Toujours la même incapacité à faire la différence entre #technique et #technologie. Sans parler que sous le terme d’outils, il rangent en fait des systèmes... En ressortant de plus le cliché rebattu : « la machine est neutre, tout dépend de l’usage que l’on en fait » gna gna gna

      #postmodernisme #naufrage_réactionnaire #néo-léninisme #technophilie #calomnie #imposture #Anti-Tech_resistance

  • Rendre l’écologie irrécupérable
    https://lundi.am/Rendre-l-ecologie-irrecuperable

    Quant à l’écologie à laquelle je me sens appartenir, si elle s’appuie sur cette conception environnementale de la nature, elle ne s’y réduit pas. En effet, elle est largement redevables des idées de Jacques Ellul et de Bernard Charbonneau, qui affirmaient que la défense de la nature et la défense de la liberté doivent marcher de pair, et non s’opposer. Selon ces deux intellectuels, l’écologie politique est à la fois une prise de conscience environnementale, un rapport de compagnonnage au monde vivant et une résistance collective à tous les projets d’incarcération dans une prison sociale.

    Souscrire à une telle vision de l’écologie implique trois choses : refuser toute approche basée sur une sacralisation de la nature et l’apologie d’un « ordre naturel » ; mais également ne pas réduire l’écologie à l’environnementalisme ; enfin, la nécessité d’une révolution non seulement philosophique mais aussi très matérielle contre les structures de la domination qui détruisent et contraignent la nature et les êtres humains. L’écologie est révolutionnaire par nature, elle s’oppose point par point au capitalisme et à l’autoritarisme.

    […]

    Les luttes intersectionnelles, héritières des post modernes, accordent leur attention aux rapports de pouvoirs qui traversent le quotidien. Elles prétendent lutter contre des systèmes, mais bien souvent, en fait, ciblent seulement les individus. Au delà de leurs grandes ambitions affichées, leur seul but semble être en fait de reconfigurer les rapports internes des groupes militants. Comme tout le monde, les postmodernes se prétendent aujourd’hui « écologistes ». Mais c’est une écologie qui a jeté par-dessus bord toute critique sérieuse de la technologie : elle se contente de dénoncer ses prétendues dérives. Ayant renoncé à toute perspective d’ensemble – à toute vision politique – c’est un environnementalisme d’extrême gauche qui se contente de chercher des bricolages idéologiques, cherchant à imaginer une « IA éthique » (revue La déferlante n°12, 2023), un « cyber-éco-socialisme (Cédric Durand), quand ce ne sont pas des « technologies émancipatrices » (TransHackFeminist Convergence, 2013) ou même des « cyborgs anticapitalistes » (Donna Haraway) qui permettraient de « sortir de la mono-humanité » (Emma Bigé) !

    Cette drôle d’« écologie » prétend simultanément que « nous sommes la nature qui se défend » et que « la nature n’existe pas ». Inspirée par les thèses de l’anthropologue Philippe Descola, une partie de l’extrême gauche préfère ainsi se référer au « vivant » : le terme de nature étant évité par crainte de collusions avec les courants réactionnaires. Mais il est là question d’une troisième acception du mot, l’ensemble des éléments qui font qu’une chose est ce qu’elle es, sa substance, son essence, son principe, sa définition. Ainsi, au delà même des questions tactiques, c’est sur un plan philosophique que les post-modernes rejettent toute idée de « nature » pour éviter l’« essentialisation » des sujets.

    […]

    Fondamentalement, la conception antinaturaliste, 100 % culturaliste, promeut une vision du changement social comme table rase totale. Avec deux conséquences : d’une part, le risque de devenir une idéologie d’accompagnement du système technologique, qui a lui aussi tout intérêt à la table rase pour réaliser ses projets de contrôle cybernétique ; d’autre part, elle produit une phobie épidermique pour toute pensée politique divergente qui se revendiquerait des idées universelles de nature, d’humanité ou de dignité humaine – comme le fait justement l’écologie politique.

    Ainsi, ces militants qui oublient bien souvent de cibler ceux qui détiennent réellement le pouvoir (Etats et grandes entreprises) semblent parfois intraitables envers d’autres secteurs de l’extrême gauche qui ne partagent pas leur cadre idéologique. Ces dernières années, on assiste en particulier à une violente campagne de dénigrement visant une partie non-négligeable de l’écologie politique, l’accusant d’être « réactionnaire » – autrement dit, de convergences idéologiques et pratiques avec l’extrême droite. Ces attaques, qui ne reposent sur rien de sérieux, visent à disqualifier ceux qui cherchent à nourrir des luttes écologistes alliant anti-capitalisme, anti-productivisme et anarchisme. Quel paradoxe ! Sont qualifiés de « réactionnaires » (donc d’ennemis de la révolution) les partisans d’une révolution sociale, qui se battent pour le renversement des structures actuelles de la domination, et la mise en place d’autres institutions, d’autres valeurs, d’autres structures. Sans doute payent-ils là à la fois leur attachement à la nature, mais aussi leur volonté de sortir de l’impuissance, de changer le monde, de bouleverser les rapports sociaux, d’en finir radicalement avec ce système qui génère des inégalités sociales, c’est à dire changer la vie de tout le monde y compris des gens que nous ne connaissons pas ; de ne pas se contenter pas de micro-politique, de micro-changements, ou de refuser de chercher des utilisations pseudo-émancipatrices à toutes les avancées du techno-capitalisme.

    Par delà les désaccords tactiques et philosophiques bien réels mais interne au camp anticapitaliste et anti-autoritaire, les vrais fascistes et les vrais réactionnaires doivent bien s’amuser à nous voir nous déchirer ainsi !

    […]

    Les propositions radicalement anti-capitalistes de l’écologie politique peuvent rencontrer les aspirations d’une grande partie de la population. Bien sûr, elles sont incompatibles avec des vies remplies de lave-vaisselles, de notifications Facebook, d’accumulation de marchandises et de stimulations électroniques. Mais elles promeuvent une vie simple, consciente de son inscription dans le vivant, où l’être humain cherche la satisfaction à ses besoins, ses fantasmes et ses douleurs en lui-même et dans son environnement proche, sans se lancer dans une course à la puissance pour s’oublier lui-même. À condition de ne prendre nos contemporains ni pour des moutons, des zombies, des alliés narcissiques d’un système pervers, ni pour des débiles, ni pour des racistes complices d’un système de domination, à condition d’aller à leur rencontre en cherchant ce que leurs vies et leurs combats peuvent avoir de commun avec les nôtres (c’est à dire en les considérant comme nos semblables), les objecteurs de croissance, écologistes radicaux et anti-industriels peuvent à mon avis bâtir, dans les temps troublés qui sont les nôtres, de grands mouvements. Notre époque est propice aux basculements : à nous de faire que ceux-ci s’accomplissent dans des directions honorables.

    #écologie #politique #nature #anarchisme #Nicolas_Bonanni #interview #décroissance

  • La justice saisie après des propos d’Arno Klarsfeld qui appelle à des « rafles » contre les OQTF
    https://www.leparisien.fr/societe/la-justice-saisie-apres-des-propos-darno-klarsfeld-qui-appelle-a-des-rafl

    « Si l’on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser des rafles un peu partout, des sortes de grandes rafles, en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière », a déclaré le fils du célèbre chasseur de nazi Serge Klarsfeld à l’antenne, en appelant à « regarder ce que fait (Donald) Trump » avec sa police de l’immigration (ICE), notamment responsable de la mort d’une femme à Minneapolis au début du mois puis d’un homme ce samedi.

    https://www.humanite.fr/politique/arno-klarsfeld/sur-cnews-arno-klarsfeld-appelle-a-des-rafles-contre-les-oqtf

    « Si on veut se séparer des OQTF (sic), il faut organiser comme fait Trump avec ICE des sortes de grandes rafles, c’est-à-dire en essayait d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière possible, on commet aussi des injustices, on ne peut pas faire ça sans commettre des injustices. (…) Donc c’est compliqué, ça nécessite une stratégie politique avec l’intention même de commettre parfois des injustices. Donc c’est pour le bien de l’État. » Sans subir de contradiction sur le plateau.

    (1) Je n’ai évidemment aucune confiance en la justice pour trouver quoi que ce soit de répréhensible à l’utilisation du terme « rafles ».

    (2) Et je n’ai évidemment aucun doute qu’en dehors de l’indignation d’un député LFI, il n’y aura aucun emballement médiatique et politique de l’ampleur du « aller camper à Tel Aviv » de Mélenchon.

    (3) Et donc j’aimerais savoir à quel moment et pour quelle raison « organiser des rafles un peu partout » aurait perdu sa charge mémorielle au point que ce n’est plus une expression parfaitement antisémite.

  • Make Capitalism History de Sutterlütti & Meretz (2023)

    Cet ouvrage en libre accès propose une alternative au capitalisme et au socialisme d’État à travers la modélisation d’une utopie post-marché et post-étatique. Cette utopie repose sur une valorisation accrue des communs, une économie politique féministe et des approches de planification démocratiques et participatives. L’ouvrage aborde la nécessité, pour la gauche, d’explorer des modes de production non capitalistes, l’incapacité des économies de marché vertes ou socialistes à engendrer un véritable changement social et écologique, et l’impératif de dépasser les conceptions traditionnelles de la réforme et de la révolution. Il examine à quoi pourrait ressembler une organisation socio-économique affranchie de la monnaie, du salariat, de la division patriarcale du travail et de la planification étatique centralisée. Il développe une approche de la transformation sociale fondée sur l’émergence de pratiques communes et de mouvements sociaux. Ce livre intéressera les militant·e·s, les étudiant·e·s et les chercheur·euse·s en quête de transformation sociale fondamentale, d’économie politique et d’économie féministe et marxiste. Cet ouvrage est en libre accès.

    (google trad)

    Simon Sutterlütti is an economist, sociologist, active at the CommonsInstitute and at the Netzwerk Utopie (“Network Utopia”).
    Stefan Meretz is an engineer, computer scientist, co-founder of the
    Commons-Institute and columnist at the Vienna magazine Streifzüge
    (“Wanderings”).
    Both blog on keimform.de and work in the project “Society After Money”.

    https://library.oapen.org/bitstream/id/eac66d20-f909-4855-bc83-4f6ad42d46ea/978-3-031-14645-9.pdf

    #capitalisme #post-monétaire

  • Cette association transforme une #friche en terre d’#accueil pour les exilés

    Près de l’aéroport de #Roissy, une parcelle arrachée aux ronces est un nouveau laboratoire de l’association #A4. Pensé par et pour les personnes exilées, ce projet part de la terre pour déjouer les violences institutionnelles.

    C’est dimanche et le soleil ne s’y est pas trompé : il est resté couché sous une épaisse couverture de nuages. Dans la grisaille, la bêche plantée dans la terre lourde, Habib s’accorde une pause. 37 ans, silhouette haute, mains posées sur le manche, il laisse son regard glisser sur ce bout de friche situé à #Mitry-Mory, à une minute à vol d’oiseau de l’#aéroport_Roissy_Charles-de-Gaulle : les ronces enchevêtrées, les cabanes mordues par les saisons, les pruniers fatigués. Autour de lui, des volontaires tirent des branches, poussent des brouettes, déterrent des années d’abandon.

    Ici, l’objectif est d’abord de rendre la terre cultivable : installer une serre (presque achevée), lancer les premiers semis et poser les bases d’une activité agricole modeste mais concrète. À terme, sur cette friche de 2 820 m² confiée par la Ville, l’association A4 projette de faire pousser #fruits et #légumes, de tester des cultures adaptées aux #sécheresses, et de dégager de premières ressources économiques.

    A4 pour association d’accueil en #agriculture et #artisanat. Née en 2022, cette structure se donne pour mission de récupérer des îlots de terre pour bâtir un système d’#entraide pensé par et pour les personnes exilées — accueil, #formation, #accès_au_travail, #accompagnement_administratif. Une partie des récoltes pourrait donc être vendue, sur place ou sur des marchés locaux, si la mairie donne son accord, afin de financer le fonctionnement de l’association et permettre à d’autres projets agricoles portés par des personnes exilées de voir le jour. Un projet collégial pour déborder les réponses d’urgence, affronter les violences institutionnelles, desserrer l’étau du racisme, et inventer un espace d’#autonomie où, par la terre, on déjoue les assignations.

    Sous un prunus au feuillage frémissant, Agathe, bénévole au sein de A4 et actuellement en formation de #maraîchage, accepte notre micro avec une timidité inquiète — une réserve forgée par des rendez-vous médiatiques déformés. Très investie sur la parcelle, elle résume la journée : « On veut rendre le terrain cultivable. On vide les cabanes, on trie. » Pour elle comme pour les autres, ce terrain reste une première étape : trop petit pour faire vivre plusieurs personnes, mais précieux pour expérimenter, créer du lien, et préparer des installations agricoles à plus grande échelle.

    Plus loin, un groupe creuse des sillons pour les cassis, groseilles, framboises, mûres. « Ça se plante à l’automne et ça met 2 ou 3 ans avant de produire. Alors, il faut commencer vite. » Là, elle imagine des cultures sous bâches tissées : « Mais l’idée, c’est de voir et de décider ensemble. » Le calendrier se construit au fil de l’avancée du chantier et des envies des personnes impliquées, dans une logique assumée d’expérimentation plutôt que de plan figé.

    Luttes des #sans-papiers

    Ici, chaque geste esquisse un futur collectif. L’association, dont une quinzaine de membres forment le noyau dur, se réunit une fois par mois en visioconférence et tous les trois mois en présentiel. Les groupes locaux — en Anjou, à Grenoble, Lannion, en Île-de-France, à Lyon, en Centre-Bretagne — s’organisent en autonomie. Cinq salariés, bientôt huit. Et déjà des expériences concrètes : tests de #semences sahéliennes en Île-de-France ; enquêtes sur l’agriculture et le travail saisonnier ; des serres montées à Lannion — leur première installation agricole menée par des personnes migrantes avec ou sans papiers, même si le contrat s’est depuis arrêté.

    L’histoire de A4 plonge ses racines dans les luttes des sans-papiers, les foyers de travailleurs immigrés, les files du 115. Tarik, salarié, se souvient des années 2010 : les démolitions de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), la gentrification, les déboutés du droit d’asile relégués en hôtels sociaux. Ou pire. « La précarité locative et administrative explosait. Beaucoup de personnes non régularisées se retrouvaient à la rue. » C’est là qu’il rencontre Backo, futur cofondateur.

    Lunettes de protection relevées sur le front, la débroussailleuse encore chaude entre les mains, Backo raconte les années d’#errance en Espagne puis en France : les squats, les salaires indigents, la maison qu’il gardait pour 150 euros par mois, quand un salarié « régulier » se voyait proposer 2 000 euros pour un travail équivalent. « Quand t’as pas les papiers, les patrons t’esclavagisent. Ils savent que t’es dans le trou. Ils en profitent. »

    En France, une personne sans titre de séjour n’a pas le droit de travailler… mais doit prouver une activité salariée pour espérer être régularisée. Habib, soudeur-chaudronnier originaire du Soudan passé par le bidonville de Calais puis la zad de Notre-Dame-des-Landes, souffle : « C’est une contradiction volontaire, qui nous rend vulnérables face aux patrons. » Backo enchaîne : « Ceux qui ont les bons passeports peuvent traverser le monde. Nous, non, sauf pour des boulots dont personne ne veut. »

    « C’est nous qui devons porter les solutions »

    Autour d’eux, le chantier se poursuit. Les silhouettes sont fléchies, et la pluie hésitante. Tarik, Backo et Habib se remémorent les visages croisés au fil des combats : retraités usés du bâtiment ou du ménage, jeunes déplacés de centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) en hôtels sociaux, tous portés par le même sentiment d’être rejetés, tout juste tolérés comme une simple force de travail.

    Comment bâtir un espace autonome, affranchi de ces stigmates ? De fil en aiguille, l’idée d’un réseau national a émergé. « Dans un contexte de répression et de criminalisation des figures de l’immigré, il devenait urgent de lutter contre un système déshumanisant et de considérer chaque individu comme un sujet politique à part entière », dit Tarik. Pas une structure caritative, donc, mais un outil d’#émancipation. « C’est nous qui savons où on a mal, souffle Habib. C’est nous qui devons porter les solutions. »

    Cela passait, pour eux, par la #terre : nombreux étaient paysans dans leur pays de départ et avaient des savoir-faire à revendre. En France, outre une crise de l’accueil, ils pensent pouvoir répondre à une autre problématique : la disparition des #fermes, l’accaparement #foncier, le manque criant de #paysans. « Dans dix ans, 55 % seront partis à la retraite », cite Habib. « Nous, on est là, on est prêts. » Il marque une pause, la joue sur le bois de sa bêche. Et ajoute : « Mais pas pour prolonger un modèle d’exploitation. »

    Obstacles administratifs

    Car A4 a multiplié les « voyages-enquêtes » dans les vergers, à la rencontre de saisonniers logés dans des baraques insalubres, dépendants de patrons qui tiennent leur avenir administratif. Beaucoup viennent de régions rurales du Sahel ravagées par les sécheresses et l’accaparement foncier. Et, ici, la politique migratoire prolonge leur #dépossession : on ne leur laisse accéder à la terre qu’en forçats.

    C’est précisément pour éviter de reproduire ces logiques que l’association a engagé un travail de #formation_politique interne, encore en construction. Deux axes se dessinent : l’un à destination des personnes concernées par l’exil, pour renforcer leur #pouvoir_d’agir, leur place dans la prise de décision et sortir des logiques caritatives ; l’autre à destination des personnes blanches engagées dans l’association ou ses réseaux, afin de travailler les rapports de pouvoir, les biais racistes et les #postures paternalistes en milieu agricole et militant. « On veut empêcher de reproduire les schémas coloniaux », insiste Habib. « Il faut que les personnes concernées soient décisionnaires, et que chacun apprenne à travailler sur un pied d’égalité. »

    Mais rien n’est simple. Backo, qui a posé la débroussailleuse, déplore les obstacles administratifs rencontrés ces derniers mois. « Récemment, par exemple, on a visité une ferme de 10 hectares. On peut acheter. Ce qui bloque, c’est pas l’argent : c’est les papiers, glisse Backo. Pour beaucoup, la terre, ici, devrait être réservée aux Français. Quand on a demandé des formations, on nous a parfois dit qu’on n’entrait pas dans les cases, car on était un “public migrant”. » L’association se finance principalement grâce aux dons.

    Depuis juillet 2024, A4 porte aussi les stigmates de deux #attaques_racistes subies, deux soirs de suite, à #Lannion, dans les #Côtes-d’Armor : des individus ont brisé les vitres et éventré ses serres, en plein entre-deux-tours des législatives. En plantant quelques aromatiques, Aline, qui faisait partie du groupe local lannionnais, murmure : « Ça laisse des traces. » Habib acquiesce : « Ça a pratiquement détruit la dynamique du groupe local. On a pris cher. » Aline a déménagé en région parisienne depuis, et se réjouit de retrouver ses camarades. « Ça fait du bien de voir qu’on continue de repousser ailleurs, malgré tout. »

    Semences du Sahel résistantes à la #sécheresse

    En fin d’après-midi, autour d’un thermos de thé, les discussions dérivent vers l’avenir. Ici, chacun semble projeter quelque chose : un fournil, un restaurant populaire, des paniers de légumes, une activité de formation. Sambala, 31 ans, le dit ainsi : « A4, c’est aussi mettre en valeur les projets de gens qui ont été trop longtemps ignorés. »

    Koné, 39 ans, passé par l’Espagne, rêve d’un four à pain mobile. Diplômé en boulangerie, il n’a jamais pu exercer légalement. « J’aimerais travailler le pain, mais c’est compliqué tant que j’ai pas les papiers. Donc je fais du bâtiment, du ménage… pour survivre. » Il garde l’espérance : « Si l’association continue de se déployer, peut-être que j’aurai cette chance. » A4 entretient des liens avec d’autres organisations paysannes, comme Terre de liens.

    Sambala, lui, raconte ses dix ans de petits boulots sans contrat, de nuits d’incertitude. Son rêve, c’est d’ouvrir un restaurant « gagnant-gagnant » : qui crée des emplois dignes et nourrit sainement celles et ceux qui peinent à finir le mois. Avant de partir, il tient à dire : « Papiers ou pas papiers, ça ne dit rien d’une vie. Je n’ai jamais compris comment ma valeur pouvait se résumer à ça. Un papier, tu peux le déchirer. Une vie, non. En tout cas en théorie. »

    Un autre volet du projet tient dans quelques sachets de #graines : #mil, #gombo, #bissap, #fonio. Lors de leurs voyages-enquêtes, plusieurs agriculteurs ont confié peiner à cultiver faute d’eau. Ces échanges ont nourri une réflexion plus large, portée par A4, sur la circulation internationale des semences et des #savoirs_agricoles, notamment avec des pays confrontés aux conflits ou aux dérèglements climatiques. Des variétés sahéliennes peu gourmandes en eau, testées sur un terrain à #Villetaneuse, sont donc promises à une nouvelle étape ici.

    « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés »

    Justine, nouvelle salariée de l’association, y voit plus qu’un essai agronomique. « Peut-être qu’on va pouvoir apporter une expertise utile à d’autres paysans », avance-t-elle, après une session bêchage, alors que son fils de 6 ans traverse la friche en riant avec un copain. « Tester ces cultures ici, c’est aussi préserver une #autonomie_semencière et reconnaître que les personnes exilées ont autant à transmettre qu’à recevoir », résume Backo. « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés ! »

    Lorsque la pluie et la nuit finissent par s’inviter, le chantier s’éteint. On ne voit plus à 3 mètres. Un avion clignote dans le ciel. On range la débroussailleuse de Backo, la bêche d’Habib, les serpes. Par endroits, la friche apparaît dégagée, noire, humide, comme remise en conversation. Entre les pruniers ressuscités et les cabanes rafistolées, quelque chose naît : un laboratoire de #solidarité_paysanne et de #dignité retrouvée, un réseau d’entraide qui ne demande pas des papiers, mais de l’huile de coude et des idées.

    https://reporterre.net/Pres-de-Paris-ce-reseau-agricole-lutte-contre-les-violences-de-l-exil
    #migrations #France
    via @karine4

  • Face à l’#IA générative, l’#objection_de_conscience

    #Manifeste pour l’#enseignement_supérieur et l’#éducation_nationale

    Nous, membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN), déclarons adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’#IA_générative[1] (#IAg) dans nos institutions.

    L’objection de conscience désigne le #refus individuel, mais aussi collectif en tant qu’il est publiquement partagé, de prendre part à une activité que l’on perçoit comme incompatible avec des #valeurs fondamentales.

    Dans le cas présent, nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de #rationalité et d’#humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser.

    Trois considérations majeures justifient cette position. Pour des raisons de concision, ce manifeste ne les développe pas mais on trouve dans la littérature scientifique de quoi les étayer solidement[2].

    Considération 1.

    L’IAg est un gouffre énergétique et matériel tel que personne ne peut prétendre qu’elle soit compatible avec les grands engagements internationaux tels que l’#Accord_de_Paris sur le climat, et plus généralement avec la #protection_du_vivant. Accepter le déploiement de l’IAg, c’est amplifier le dépassement des limites planétaires. Ceci est une attitude résolument anti-humaniste eu égard à la gravité de la situation. Le caractère écocidaire de l’IAg est en soi une raison suffisante pour en refuser le déploiement au sein de nos institutions.

    Considération 2.

    L’IAg représente un #choix_technologique qui agit comme un accélérateur des #infrastructures_industrielles sur lesquelles repose le secteur du #numérique : #mines, #datacenters, #centrales_électriques, usines de matériel électronique, etc. Ainsi, outre les problèmes de #pollution massive déjà évoqués, ce sont les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés : #travail prolétarisé dans les usines de fabrication et ultraprolétarisé dans le « #travail_du_clic », non-respect des #droits_humains, conflits d’usage (#eau, #métaux, #énergie), rapports extractivistes et néo-coloniaux entre pays du Nord et du Sud, #déstabilisation_géopolitique des régions minières, etc. Dans tous ces domaines, la compétition effrénée à laquelle se livrent les acteurs de l’IAg mènera aux méthodes les plus sauvages et prédatrices. Il nous semble inacceptable de contribuer à une telle dynamique par nos pratiques pédagogiques et scientifiques.

    Considération 3.

    La #banalisation des IAg dans le grand public alimente des usages qui ouvrent la voie à un futur dystopique – qui est, pour partie, déjà là : multiplication des vidéos deepfake, #désinformation à grande échelle par des « usines à trolls », #dépendance affective aux compagnies virtuelles, intensification du #marketing_digital et des #escroqueries, etc. Plus généralement, il permet à des mégafirmes d’accumuler un pouvoir démiurgique, mégafirmes dont les dirigeants ne font pas mystère de leurs projets mégalomaniaques, eugénistes et de leur détestation de la #démocratie. Nos institutions ne peuvent soutenir de telles techno-oligarchies, y compris de manière indirecte.

    *

    Le support principal de l’objection de conscience est le refus de participer à une activité qui contrevient à des valeurs fondamentales. Dans le cas de l’IAg, les trois considérations ci-dessus permettent d’assurer cette #posture au regard de nos missions d’éducation et de diffusion des savoirs.

    Face à ces analyses globales, les arguments les plus fréquents de légitimation de l’introduction de l’IAg dans nos institutions apparaissent immédiatement irrecevables[3]. Notamment, l’idée commune selon laquelle la diffusion de l’IAg dans nos sociétés serait « inéluctable » ne remet aucunement en cause la pertinence de l’objection de conscience. En effet, le principe de l’objection de conscience, voire de toutes les formes de #résistance, consiste à s’opposer à ce qui contrevient à nos valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va « gagner », mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant. Par ailleurs, contrairement à d’autres technologies délétères déjà profondément implantées dans nos sociétés, l’apparition des IAg est récente et par conséquent ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles. Ainsi, l’effet de « verrouillage sociotechnique » empêchant tout retour en arrière n’est pas encore pleinement là avec les IAg et il est encore effectivement possible d’exercer un refus.

    Engagements

    Nous, membres de l’ESR et de l’EN signataires de ce manifeste nous engageons à :

    – adopter face au déploiement des IAg dans nos institutions une posture d’objection de conscience. Face à un phénomène qui nous dépasse mais dont nous savons qu’il est mortifère, nous choisissons d’opposer un refus net, indiscutable, et politique parce qu’il est partagé : nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives. Nous refuserons, autant que nos situations individuelles nous le permettent, de participer à des projets ou à des activités qui les mobilisent (enregistrement et compte-rendu automatique de réunion ; activité pédagogique ; formation à l’usage, fût-il qualifié de raisonné ou éthique, etc.). À tout le moins, nous exprimerons publiquement notre malaise profond face à ces pratiques. Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. S’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être.

    – afficher dans nos activités, nos signatures mails, nos publications, nos diaporamas, etc. notre ralliement à ce manifeste via un logo et/ou le lien vers le présent texte. L’enjeu est de ne jamais laisser l’IAg apparaître dans nos milieux professionnels « comme si de rien n’était » et d’afficher partout dans nos sphères d’activité que « cela ne va pas de soi ». Parvenir à ouvrir des discussions sur le sujet par cet affichage permettrait déjà d’éviter une banalisation qui, dans des institutions prescriptrices comme les nôtres, se confond avec de la promotion.

    – promouvoir autant que possible une réflexion collective sur la place du numérique dans nos institutions. Si les arguments que nous opposons au déploiement de l’IAg nous permettent en effet de refuser une nouvelle « escalade numérique », nous savons également que le système sociotechnique du numérique dans son ensemble est sujet aux mêmes questionnements. Le « stop » opposé à l’IAg pourrait ainsi être l’ouverture d’une séquence d’évaluation de nos dépendances plus générales à un système problématique, qui permette de s’engager vers la « sobriété numérique »[4] en vue d’aboutir à un numérique effectivement soutenable.

    [1]Les IA génératives constituent un type particulier de système d’Intelligence Artificielle, destiné à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM pour Large Language Model) entraînés sur de vastes corpus de données.

    [2]Une bibliographie indicative est proposée en fin de document.

    [3]Celles et ceux qui souhaitent des éléments de discussions plus précis sur ce type d’arguments (l’IA « souveraine », l’IA « sobre », la « praticité », l’IAg « inéluctable », etc.) pourront par exemple consulter le texte « Oui mais l’IAg… » publié sur le site web de l’Atécopol de Toulouse.

    [4]Pour aller plus loin sur ce sujet voir : affiche 10 de l’exposition « Pour la sobriété numérique dans l’ESR » (https://www.irit.fr/exposition-sobriete-numerique).

    –-
    Voici deux logos qui permettront aux signataires d’afficher leur adhésion à cette position. Chacun·e est invité·e à choisir le logo qui lui convient en fonction du contexte et/ou de ses préférences.

    https://atecopol.hypotheses.org/13082
    #intelligence_artificielle #résistance #éducation #ESR #université #enseignement #limites_planétaires #extractivisme #néo-colonialisme #désobéissance

  • Dans les coulisses d’ « Histoire et conscience de classe » de Georg Lukács - CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/lukacs-histoire-conscience-classe-marxisme

    2023 fut l’année du centenaire de la parution d’Histoire et conscience de classe de #Georg_Lukács, sans que cela ne suscite de réjouissances particulières dans les régions francophones. En Allemagne toutefois, la parution de l’ imposant ouvrage de Karl Lauschke, Die Gegenwart als Werden erfassen – soit « Saisir le présent comme un devenir » – a marqué cet anniversaire. Le sous-titre du livre, (« Contenu, contexte politique et réception d’Histoire et conscience de classe de Georg Lukács ») indique bien l’intention de l’auteur qui entend rompre avec une interprétation purement philosophique de l’ouvrage et lui redonner sa dimension d’écrit politique, historiquement situé.

    On sait, au moins depuis les Romains, que les livres ont leur propre destin. Celui d’Histoire et conscience de classe du philosophe hongrois György Lukács (dont le prénom sera le plus souvent germanisé en Georg) est assez singulier. À sa parution, en 1923, il est considéré comme un brûlot gauchiste par la direction de l’Internationale communiste de Grigori Zinoviev, qui le condamne pour son « révisionnisme théorique ». Attaqué par une partie des futurs servants du culte « marxiste-léniniste » instauré par Staline, il sera bientôt renié par son auteur. Il disparaît alors dans les abysses de l’oubli pour ressurgir, contre la volonté de Lukács, à la fin de années 60.

    [...]

    Les essais réunis dans Histoire et conscience de classe (abregé ci-dessous en HCC) fustigeaient à sa parution la conception fossilisée du #marxisme de la IIe Internationale, reprise ensuite par une partie de la IIIe, inspirée par le #positivisme et un déterminisme politique nourrissant une attente passive de l’accomplissement des grandes lois historiques. Le regain d’intérêt des années 1970 est, lui, au service de la critique du « #marxisme-léninisme » orthodoxe, tout aussi momifié et pétri de #scientisme. (...)

    #histoire #révolution #socialisme

  • L’#Île-de-France claque aussi la porte à #Microsoft : place aux solutions 100 % françaises pour ses 550 000 élèves

    Et si les données personnelles de nos enfants n’appartenaient plus, par défaut, aux géants américains de la tech ? C’est le pari que s’apprête à tenir la Région Île-de-France en organisant la sortie de Microsoft de ses lycées. Une décision politique et technique lourde de sens, qui pourrait bien faire des émules.

    Dès la rentrée 2025, la Région Île-de-France mettra fin à l’utilisation des solutions Microsoft pour centraliser et traiter les informations de ses quelque 550 000 lycéens. Ce n’est pas une simple migration technique, mais bien un acte politique fort en faveur de la souveraineté numérique.

    L’Île-de-France abandonne Microsoft pour ses 550 000 lycéens

    Au cœur de cette décision se trouve une préoccupation majeure : la #protection_des_données face à l’extraterritorialité du droit américain, incarnée par le fameux #Cloud_Act. Cette loi permet en effet aux autorités américaines de réclamer des données stockées sur les serveurs d’entreprises américaines... Même lorsque ces serveurs se trouvent à l’étranger.

    Une perspective jugée inacceptable par l’exécutif régional pour des informations aussi sensibles que les notes, les emplois du temps ou les communications entre élèves, professeurs et parents.

    Le projet consiste donc à fédérer plusieurs briques logicielles souveraines au sein d’une plateforme unique. Pour cela, la Région s’appuie sur un consortium d’acteurs français dont les premiers noms se précisent. La bascule la plus significative, déjà engagée depuis septembre, est la migration des comptes #Microsoft_365 vers le cloud de #Leviia, dont les #data_centers sont situés en France.

    Pour la brique de vie scolaire, le nom de #Docaposte est avancé, la filiale numérique du Groupe La Poste qui a racheté la société #Index_Éducation, éditeur du logiciel #PRONOTE. À terme, l’ensemble de ces services sera intégré dans la plateforme commune MonLycée.net pour les 550 000 lycéens et professeurs.

    Si la transition s’annonce progressive et ne concerne pas, pour l’heure, tous les services informatiques de la collectivité, elle constitue un signal très puissant. L’initiative francilienne n’est d’ailleurs pas un cas isolé puisque la ville de Lyon a déjà amorcé un virage similaire en se tournant vers des alternatives libres comme #OnlyOffice, #Linux ou #PostgreSQL pour remplacer les solutions de la firme de #Redmond.

    https://www.lesnumeriques.com/societe-numerique/l-ile-de-france-claque-aussi-la-porte-a-microsoft-place-aux-solutions
    #arrêt #abandon
    –-

    ajouté à la Métaliste sur les institutions et municipalités qui claquent les portes à #Microsoft :
    https://seenthis.net/messages/1143366

  • #Mauritanie : près de 2 000 « retours volontaires » ont eu lieu depuis le début de l’année

    Le nombre de « retours volontaires » depuis la Mauritanie se multiplie depuis cette année. Selon l’OIM, près de 2 000 exilés ont été ramenés dans leur pays depuis janvier 2025. Le double par rapport à toute l’année 2024.

    Le nombre de retours volontaires depuis la Mauritanie explose. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, entre janvier et septembre, 1 754 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire ». Un chiffre auquel il faut ajouter les 200 migrants rapatriés le 21 octobre dernier.

    Au total, au moins 1 954 migrants ont pu être ramenés chez eux via un « retour volontaire » depuis la Mauritanie. Un chiffre qui a doublé par rapport à l’année 2024. L’année dernière, 995 « retours volontaires » ont été opérés par l’OIM.

    Une majorité de Guinéens

    À l’intérieur de ces vols, on retrouve majoritairement des Guinéens. Depuis le mois d’août, ils ont occupé au moins 762 places, selon nos informations confirmées par l’OIM.

    Ils ont été rapatriés à bord de 4 #vols organisés cet été. Le 5 août, 190 migrants, dont 111 enfants, ont bénéficié d’un « retour volontaire ». Le 2 septembre, 195 migrants (107 enfants et 55 femmes) sont montés à bord d’un vol charter de l’OIM. Quelques semaines plus tard, le 23 septembre, il y avait 177 Guinéens, dont 36 femmes et 120 enfants, à bord du vol. Et enfin, le 21 octobre, ce sont 200 migrants, dont 90 enfants et 53 femmes, qui ont été rapatriés.

    « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles »

    Cette hausse des demandes de « retours volontaires » est notamment due aux conditions de vie des migrants en Mauritanie, selon une source dans le pays à InfoMigrants. « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles. Les contrôles ne s’arrêtent jamais et la police va jusqu’à rentrer dans les maisons pour arrêter des gens », raconte cette même source qui souhaite rester anonyme.

    Selon elle, « près de 2 000 demandes de ’retours volontaires’ de Guinéens sont encore en attente ». « Les prochains prochains retours volontaires assistés sont en cours de planification et préparation », nous explique l’OIM.

    Il évoque également des difficultés avec les #visas, « extrêmement compliqués à obtenir », notamment à cause de la nouvelle législation adoptée en début d’année.

    Il y a trois mois, c’est la communauté sénégalaise en Mauritanie qui dénonçait les mêmes #mauvais_traitements. « Nous sommes un peu perturbés, étonnés et franchement fatigués des rafles qui se multiplient du jour au lendemain », expliquait Oumar Ndaw, le vice-président de la Fédération des associations et groupements des Sénégalais en Mauritanie.

    « Globalement, nous observons une augmentation générale des demandes », acquiesce l’organisation onusienne. Se basant sur « des témoignages recueillis auprès des migrants assistés », elle complète : « Plusieurs d’entre eux évoquent des changements dans la politique migratoire en Mauritanie qui pourraient avoir influencé leur décision de retour ». Mais « ces éléments restent à approfondir dans le cadre d’une analyse plus structurée », ajoute l’OIM.

    Le traitement des migrants a également été dénoncé par l’ONU. Au terme d’une visite de dix jours en Mauritanie en septembre, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants, Gehad Madi, a exhorté Nouakchott à « respecter les norme internationales en matière de droits humains ».

    « Au cours de ma visite, j’ai entendu des témoignages faisant état de cas d’#arrestations_arbitraires, de #détentions prolongées dans des conditions difficiles et d’#expulsions_collectives sans évaluation individuelle ni accès à une assistance juridique », avait-il déclaré Gehad Madi dans un communiqué. « Je suis également préoccupé par la situation des #femmes et des #enfants migrants, particulièrement exposés aux risques de #violence, de #séparation_familiale et de #vulnérabilité accrue. »

    Politique migratoire durcie

    Pour lutter contre l’immigration irrégulière, la Mauritanie serre la vie depuis le début de l’année, période à laquelle une vaste campagne d’expulsions de migrants avait été mené. Elle avait mené à l’expulsion de plus de 28 000 personnes durant les six premiers mois de l’année, selon le gouvernement Mauritanien.

    Un tournant qui s’explique notamment car la Mauritanie, vaste pays désertique situé sur la côte atlantique ouest-africaine, est devenue le principal lieu de départ des canots arrivés aux #Canaries, selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Au cours de l’année 2024, 46 843 exilés ont atteint l’archipel espagnol situé au large des côtes marocaines, du jamais vu.

    Ainsi, inquiète de voir cette route migratoire se réactiver, l’Union européenne a signé un #accord avec le pays en 2024. Au programme : renforcement de la #coopération entre agences, démantèlement des réseaux de passeurs, construction de #centres_de_rétention et délégation des contrôles, le tout grâce à une enveloppe de 210 millions d’euros accordée au pays saharien.

    Et depuis, le nombre de migrants arrivant aux Canaries depuis l’Afrique de l’Ouest a drastiquement chuté. Moins de 14 000 personnes sont arrivées aux Canaries cette années, soit une baisse de 59%.

    Interrogé par l’ONG Human Rights Watch en août, le gouvernement mauritanien « rejette catégoriquement les allégations de torture, de discrimination raciale ou de violations systématiques des droits des migrants ». Il a cité les mesures récentes prises pour améliorer le respect des droits, notamment l’"interdiction stricte des expulsions collectives" et les nouvelles #Procédures_Opérationnelles_Standard (#POS) adoptées en mai 2025 pour réglementer les débarquements et la « prise en charge » des migrants, avec des garanties solides en matière de droits et de protection.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67716/mauritanie--pres-de-2-000-retours-volontaires-ont-eu-lieu-depuis-le-de

    #retours_volontaires #IOM #OIM #chiffres #statistiques #externalisation #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #rafles

    ping @6donie @reka

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    voir aussi :
    Mauritania once again deports a large number of migrants
    https://seenthis.net/messages/1115330

  • « T’es un arabe. T’es là pour violer des Françaises et nous voler ! Ici personne ne veut de toi ! Donc tu vas rentrer dans ton pays, suceur de chameaux ! »

    Cinq policiers nationaux de 30 à 48 ans, en poste à Nice, vont devoir répondre de propos racistes, le 24 octobre prochain, devant le tribunal correctionnel de Nice.

    Ce sont nos confrères du Canard enchaîné qui ont révélé l’affaire. Le parquet de Nice a confirmé les faits.

    Ces propos racistes auraient été tenus en juillet dernier à l’encontre de deux Tunisiens, soupçonnés de faire du trafic de stupéfiants.

    Ce moment a été capté par l’un des deux interpellés qui avait déclenché l’enregistrement audio sur son téléphone. Un audio qui dure 32 minutes et 15 secondes et sur lequel on entend ce qui ressemble à des coups portés.

    Toujours selon l’hebdomadaire satirique, les fonctionnaires auraient déchiré des pages du Coran de l’un des interpellés, puis auraient tenté de les lui faire avaler.

    https://www.nicematin.com/societe/justice/ici-personne-ne-veut-de-toi-cinq-policiers-nicois-juges-pour-des-propos-r

    • https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/06/20/legislatives-2024-les-syndicats-de-policiers-peinent-a-maintenir-leur-neutra

      Nulle part n’est mentionnée la moindre consigne de vote pour les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Mais la lecture du tract incendiaire rendu public, jeudi 20 juin, par le syndicat Alliance-Police nationale, réputé pour ses positions très tranchées en matière de sécurité, ne fait guère illusion. Il pourrait être intitulé « Haro sur le Nouveau Front populaire ».

      https://archive.ph/g5KyM

      Article du Monde que je trouve très complaisant pour nos flics bien-aimés que certains auraient eu tendance à « embrasser » d’un peu trop près depuis 2015.
      Ceci dit, l’enquête menée par la gendarmerie nationale au sujet de quelques colis piégés a été rapidement orientée vers la thèse de la « mauvaise blague » puisque les dispositifs utilisés par leur auteur étaient qualifiés de « faible détonation » par « Ouest-Rance ».
      #naufrage_du_journalisme

      En conclusion, une grosse majorité de flics kiffe le fascisme.

    • Du même tonneau.
      « Pendant que tu travailles, d’autres attendent à la CAF » : quand Cécilia Attias se vautre dans la fange raciste sur la base d’une photo fallacieuse.
      https://www.humanite.fr/social-et-economie/cecilia-attias/pendant-que-tu-travailles-dautres-attendent-a-la-caf-quand-cecilia-attias-s

      L’ex-épouse de Nicolas Sarkozy a publié sur son compte X une photo représentant deux femmes en niqab, prétendument devant un guichet de la CAF, assortie de cette légende : « Pendant que tu travailles, d’autres attendent à la CAF. » Le cliché, qui émane du militant identitaire Damien Rieu, a en réalité été pris dans une fourrière parisienne. L’association La Maison des potes a annoncé le 10 octobre porter plainte pour incitation à la haine raciste.

      Il a fallu d’abord se frotter les yeux et vérifier que le compte X n’était pas un fake. Avant de se rendre à l’évidence : la saillie raciste n’émane pas d’un de ces comptes d’extrême droite, devenus légion sur le réseau d’Elon Musk, mais bien de #Cécilia_Attias.

    • Un rapport épingle le « terreau culturel » sexiste au ministère de l’Intérieur
      https://www.streetpress.com/sujet/1758889428-rapport-epingle-terreau-culturel-sexiste-ministere-interieur

      À l’ère #post-Metoo, la #place_Beauvau reste minée par une ambiance sexiste loin des promesses du ministère. Une situation mise en lumière par l’Inspection générale de l’administration, qui s’est penchée sur la situation des cadres supérieurs.

      Chose rare, ce climat sexiste — #secret_de_Polichinelle pour bien des fonctionnaires de Beauvau interrogés par #StreetPress — a été officiellement ratifié par un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA), remis en 2024 et publié officiellement fin juin 2025. (disponible ci-dessus)

    • https://www.nicematin.com/faits-divers/policiers-poursuivis-pour-des-propos-racistes-mon-client-a-ete-martyrise-

      « Cette fois, Mohamed a pensé au moment de l’interpellation à mettre son téléphone dans son caleçon, il a lancé le dictaphone et tout a été enregistré », précise Me Kada Sadouni. Lors de la garde à vue du jeune Tunisien, l’officier de police judiciaire qui conduit l’interrogatoire prend son téléphone et tombe sur l’enregistrement. « En matière de stup, les policiers exploitent toujours les téléphones. L’enregistrement fait plus d’une demi-heure. Il a été retranscrit, cela fait plus de 50 pages », décrypte l’avocat. L’audio sera, peut-être, diffusé lors de l’audience. Le policier alerte alors l’IGPN, la police des polices, qui a ouvert une enquête pour « violence aggravée et injures non publiques à raison de la religion ».

      https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/12-a-18-mois-de-prison-requis-contre-cinq-policiers-nicois-pour-injures-r

      Le procureur de la République de Nice a requis 12 mois de prison avec sursis simple à l’encontre de l’un des policiers, 15 mois de prison avec sursis simple à l’encontre de deux autres (dont le chef de bord) et 18 mois de prison avec sursis simple pour les deux derniers. Le parquet a également requis l’interdiction définitive d’exercer le métier de fonctionnaire de police nationale pour l’ensemble des prévenus, ainsi que des dommages et intérêts à hauteur de 500 euros chacun. Ils sont par ailleurs suspendus et sous contrôle judiciaire depuis mi-septembre dernier, mais se sont présentés libres devant la justice.

      [Le gras est de France Bleu]

      Les cinq accusés n’auront de cesse pendant l’audience de minimiser les faits. « On regrette tous ces propos, on est des pères de famille, ce ne sont pas nos valeurs, ces mots n’étaient pas des propos racistes » dira l’un d’eux. Un autre renchérit : « On s’est lancé dans une mauvaise blague et ça a dégénéré. On en pouvait plus sous 35 degrés on voulait décompresser. » S’ils reconnaissent les insultes, ils nient tous qu’elles soient racistes et contestent fermement les violences physiques. ["ta gueule", « sale bougnoule », « on veut pas de toi ici, t’es sans papier, retourne dans ton pays de suceur de chameaux », « rentre chez toi dans ton pays de merde », « tu violes la France »]

      https://nicepresse.com/deux-trafiquants-de-drogue-tunisiens-humilies-par-les-forces-de-lordre-d

      Pour sa part, l’avocat Éric Borghini a vivement réagi aux réquisitions, déclarant : « Ces réquisitions sont hallucinantes, vous avez requis la peine de mort, la peine de mort civile peut-être mais la peine de mort quand même ». Il a dénoncé une situation où, selon lui, « un trafiquant de drogue sous OQTF serait mieux traité que des fonctionnaires de la police nationale ». Le tribunal rendra sa décision le 10 novembre.

      Et un petit coup de Figaro pour la fin, parce que c’est toujours instructif de lire les commentaires...
      https://www.lefigaro.fr/flash-actu/nice-prison-avec-sursis-et-interdiction-definitive-d-exercer-requis-contre-

    • ATTENTION c’est du hard bien de chez nous.
      ·
      – Policier : " T’es là pour violer des françaises et voler les français. Donc tu vas rentrer dans ton pays de suceur de chameaux. (...) Tu pleures comme une pute."
      L’enregistrement est diffusé dans la salle. C’est glaçant. Voici les extraits que j’ai réussi à noter :
      – Pourquoi vous faites ça ? S’il vous plait, j’ai rien fait
      – Ta gueule !
      – Pourquoi tu me frappes avec le Coran alors que j’ai rien fait ?
      – Si t’es un Arabe, t’es un voleur
      – Je suis un voleur de quoi ?
      – T’es un voleur de France.
      – Tu m’as frappé avec le Coran tu m’as fait sortir du sang, j’ai du sang sur mon pantalon
      – Mais non il t’a pas frappé
      – (bruits de coups)
      – C’est pas bien, tu déchires le Coran monsieur. Il faut pas déchirer ça (bruit de pages déchirées)
      – Mais non les pages tombent seules !
      – Monsieur s’il vous plait arrêtez de jouer avec le Coran. S’il vous plait respectez-ça (la victime pleure en suppliant)
      – Ta gueule. Y’a écrit quoi là ? C’est quoi c’est de la merde ?
      – Non c’est pas de la merde !
      – Attention à ce que tu vas dire sinon je te casse le nez. Il n’y a qu’un seul Dieu c’est Jésus. Jésus c’est pas ton Dieu de merde ! T’es malade toi !
      – On a essuyé nos pieds dessus, tu veux le garder ?
      – Oui donne moi le, je le garde
      – Non on va le bruler. On n’a pas de briquet.
      – Je veux le garder le Coran, c’est pas bien de jouer avec
      – Non on va le bruler. C’est dur à lire ? Là y’a écrit quoi ?
      – Coran.
      – Ok d’accord. Lis ça.
      – (La victime lit la sourate Al-Fatiha)
      – (Bruits de crachats) Pourquoi tu pleures ? (Rires)
      – C’est pas moi monsieur j’ai rien fait
      – Ta gueule ! Tu connais ta gueule ?
      – Monsieur j’ai rien fait
      – Tu sais ce qu’il a dit tout à l’heure ? Allah c’est comme Jésus (policier à son collègue)
      – C’est Satan ça (autre policier)
      – (Les policiers se mettent à scander un espèce de chant improvisé en criant « amchi l’bled » à 4 ou 5 reprises)
      – La victime pleure en criant aïe aïe aïe s’il vous plait yemma yemma, j’ai rien fait je veux rentrer chez moi (bruits de coups audibles)
      – Ici c’est pas chez toi. Ta gueule !
      – Jure sur le Coran que c’est pas toi ?
      – Le Coran c’est pas moi.
      – Ferme ta gueule l’Arabe !
      Là d’un coup il se passe un truc lunaire digne des pires caricatures. La police met le son « Mon bled » de @rohff
      On entend le début « wesh comoriens, comoriennes » la musique démarre puis disparaît
      – Monsieur j’ai rien fait je viens de revenir de la plage j’étais sur le promenade des anglais. Regardez même les caméras de surveillance. J’ai rien à voir (pleure)
      – (Bruits de coups)
      – Ya Rabbi pourquoi ? S’il vous plait. J’ai rien fait
      – T’as rien a foutre en France. On te ramène parce que t’es un putain d’étranger en situation irrégulière. T’es la pour violer des françaises et voler les français. Donc tu vas rentrer dans ton pays de suceur de chameaux et tu vas arrêter de nous casser les couilles
      – Tu pleures comme une pute.
      – Moi pute ? Je pars pas de France, j’ai ma soeur et ma mère en France.
      – Elle est belle ta soeur ?
      – Pourquoi tu parles de ma soeur ? Ella a 12 ans pourquoi tu parles de ma soeur ? T’as pas honte ?
      – Bah ferme ta gueule. Casse toi, rentre dans ton pays de merde. Rentre chez toi. Y’a rien dans ton pays. Vous êtes tous des grosses merdes.
      – J’ai rien fait.
      – Entre la parole d’un Arabe et la parole d’un flic… La parole d’un Arabe tu crois qu’elle sert à quelque chose ?
      – J’ai rien fait.
      – T’as pas de papiers la con de ta mère ! Arrête de dire que t’as rien fait.
      – Ya rabbi ya rabbi, (pleure en même temps que des bruits de coups)
      – On est de Marseille nous on t’encule
      – Je connais personne à Marseille je suis de Nice
      – T’es quoi toi ? T’es un bougnoule avec tes babouches là ! Blédard.
      – On va voir la police judiciaire.
      – C’est moi la police judiciaire
      – (Hurlements de la victime, bruits de coups) J’ai rien fait, s’il vous plait, j’ai rien fait ! "
      L’enregistrement se termine et l’ambiance dans la salle est crispée. La violence des faits, les pleurs de la victime, les bruits de coups, les injures racistes et islamophobes qui ont retenti, ont jeté un froid glacial https://x.com/FeizaBM/status/1981791000503677291

  • Épisode 1/4 : Electricité partout, sobriété nulle part

    Sobriété et #électrification sont les mots d’ordre de la #transition. Mais, c’est sans compter cette nouvelle infrastructure énergivore qui est en train de se déployer à travers le monde : celle du numérique, de l’#IA et des #data_centers.

    Avant de parler d’énergie, il nous faudra faire un feu, sans allumettes ni briquet - rejouer cette scène primitive - pour mieux comprendre ce qui est à l’oeuvre. La flamme qui jaillit d’un morceau de bois que l’on chauffe c’est surnaturel, immédiatement séduisant. A nous qui sommes des chimères singe-feu, elle emporte les imaginaires. Cette flamme-là vient rappeler que l’énergie, avant d’être une affaire de kWh, est une métaphysique, un lieu de #fantasmes et d’#histoires qu’on se raconte.

    Le vol du feu aux dieux pour en faire don aux hommes, le geste inaugural de Prométhée s’est traduit en Occident par le projet d’une #émancipation fondée sur la maîtrise et la #possession de la #nature perçue comme un ensemble de #ressources à exploiter. Nous pensons aujourd’hui que ce feu mythique a disparu de nos vies. Nous avons tort : il est partout. Dans les voitures, dans les usines, dans les champs, dans les maisons. Notre monde repose sur la combustion. Des milliards de feux invisibles circonscrits dans des machines, brûlent une #biomasse vieille de millions d’années, et apportent #chaleur et #mouvement. L’équivalent énergétique pour chacune et chacun d’entre nous de centaines d’esclaves humains à notre service.

    "Le choix du feu c’est le choix d’une #économie_fossile qui, dès lors, ne repose plus sur les énergies naturelles anciennes - l’eau, le vent, la force musculaire des êtres vivants et le bois - qui imposaient des contraintes et des limites à la #puissance". (F. Jarrige, historien)

    Le choix du feu est aujourd’hui synonyme de catastrophe climatique, et d’#urgence, il faut rendre le feu aux dieux. Dans le langage courant, nous appelons ça « faire une transition ». Le défi est inédit et colossal. 80 % de l’énergie utilisée dans le monde provenant encore du #pétrole, du #gaz et du #charbon. Miser sur des économies d’énergie et sur une électrification massive des usages en produisant une électricité dite décarbonnée, voilà les axes principaux de cette transition. Pour autant :

    "La #transition_énergétique n’est pas une notion scientifique sérieuse. On ne passe pas d’une énergie à une autre. Historiquement ça n’est pas ce qui s’est passé. L’histoire de l’énergie est celle de l’expansion symbiotique de toutes les énergies et de toutes les matières". (JB. Fressoz, historien)

    La France, dont 25% de la consommation d’énergie s’appuie aujourd’hui sur l’électricité, reste dépendante à plus de 60% aux #énergies_fossiles. Sa stratégie de long terme prévoit, à l’horizon 2050, une diminution de 40% de cette #consommation_d’énergie tout en amenant la part de l’électricité à plus de la moitié de son mix énergétique. Néanmoins, la direction qui est en train d’être prise semble contredire cette feuille de route, comme en témoigne le développement effréné de l’#industrie_du_numérique.

    "On a jamais fait moins de 15% de croissance par an en 25 ans. Ca va un peu mieux que l’économie française". (Fabrice Coquio, président de Digital Realty France)

    Dans une odeur de brûlé, à l’heure du #tout_numérique et de la mise en #données du monde, c’est un nouveau prodige qu’on demande à #Prométhée d’accomplir : d’une main tremblante, rendre le feu fossile, et de l’autre, plus assurée, s’emparer des électrons.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/electricite-partout-sobriete-nulle-part-5983160

    #électricité #sobriété #podcast #audio #intelligence_artificielle #AI

  • ufff... looking at what is going on in the #US from the other side ...
    https://diasp.eu/p/17880483

    ufff... looking at what is going on in the #US from the other side of the ocean in #Europe. Quite interesting because most of Western European #posdemocratic elites - or whatever you may call them - are trying to take Trumpism as a blueprint to abolish our foundation here as well - Merz, Starmer, Macron, Meloni, Sanchez (for me he’s of the same kind ) and so on.

    And I am reading #TheNation regularly - many interesting articles arts, literature included. But this article is shocking https://www.thenation.com/article/politics/black-people-threatened-after-assasination/#

    (by the way #Ann-Telnaes was fired for this contribution: https://despora.de/posts/5897a690701c013ef236543d7eeced27 and now #Karen-Attiah see here https://karenattiah.substack.com/p/the-washington-post-fired-me-but) (...)